Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 10 February 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CAPERN 2023-02-10

Quebec — Committees

Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 10 February 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CAPERN 2023-02-10

Quebec — Committees

(Dix heures trois minutes)

La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.

Alors, à l'ordre s'il vous plaît! Donc, je déclare la séance de la Commission

de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles

ouverte. Je demande donc à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir

éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.

J'aimerais prendre un petit moment pour offrir

toutes mes condoléances, donc, au drame qui est arrivé il y a de cela

maintenant 48 heures à la garderie à Sainte-Rose. En fait, le drame qui a

secoué le Québec est quelque chose qui est innommable, c'est une situation qui

est inacceptable. Alors, bien sûr, je tiens à offrir tout mon soutien aux

personnes qui ont connu cette... qui ont vu de près et de loin ce terrible

événement qui est arrivé. De l'aide psychosociale, naturellement, est offerte à

tout le monde. Et je tiens aussi, en terminant, à saluer tout le courage des intervenants, des policiers, des employés qui

étaient sur place pour porter secours, donc, à tous ces petits enfants. Voilà.

Alors, la commission est réunie afin de procéder

à l'interpellation du député de Jacques-Cartier au ministre de l'Économie, de

l'Innovation et de l'Énergie sur le sujet suivant : le manque de vision du

gouvernement caquiste en matière d'énergie. M. le secrétaire, y a-t-il des

remplacements?

Le Secrétaire : Oui, Mme la

Présidente. M. Bernard (Rouyn-Noranda-Témiscamingue) est remplacé par M. Martel (Nicolet-Bécancour); M. Gagnon

(Jonquière) est remplacé par Mme Boutin (Jean-Talon); et Mme Zaga

Mendez (Verdun) est remplacée par M. Bouazzi (Maurice-Richard).

Présidente (Mme Schmaltz) :

Donc, conformément à l'entente

prévue pour la 43e législature, le deuxième groupe d'opposition

interviendra lors des troisième et sixième séries d'interventions. Je vous

rappelle que le débat ne peut, à moins d'un

consentement, dépasser midi. Comme la séance a débuté à 10 h 05...

10 h 03, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux

au-delà de midi, soit 12 h 03?

Nous allons donc débuter avec les déclarations

d'ouverture. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la parole pour

10 minutes.

M. Kelley : Merci

beaucoup, Mme la Présidente, puis bienvenue, chers collègues. Je veux aussi

juste commencer avec un mot pour les familles de Laval. Je pense

vraiment à des familles qui avaient des enfants à cette garderie-là, les

familles qui n'ont plus un petit enfant à la maison, les parents qui ont des

enfants qui sont toujours à l'hôpital. On est tous bouleversés par ça. C'est

tellement triste. Et, encore, je veux aussi souligner la présence de mon

collègue le ministre, qui est avec nous aujourd'hui, qui est aussi le député de

Sainte-Rose. Je sais que ce n'est pas facile

pour lui, ce n'est pas facile pour sa communauté, mais ils sont chanceux

d'avoir un député de haute qualité, avec un grand coeur, qui est là pour

aider les autres en ces moments difficiles.

C'est sûr qu'on doit continuer de parler des

autres choses et la politique. Puis, aujourd'hui, j'ai demandé une

interpellation pour discuter le manque de vision dans le dossier de l'énergie

de la part du gouvernement. Je veux juste rappeler que l'enjeu devant nous, le

défi de notre société et de notre nation est sérieux. Ça va être pas facile de

décarboniser notre économie, notre société dans les prochaines années. C'est

clair dans les rapports qu'il y a un besoin d'ajouter beaucoup d'énergie, de

conserver l'énergie aussi, d'être plus efficace sur comment on utilise notre énergie. C'est nécessaire pour atteindre nos

cibles des GES. C'est nécessaire pour décarboniser notre économie. Mais c'est... le problème, c'est qu'après environ cinq

ans on a devant nous un gouvernement qui n'est pas prêt du tout de répondre

à ce manque d'énergie qui s'en vient rapidement.

Selon le plan stratégique d'Hydro-Québec, c'est

en 2027 qu'on va avoir plus de surplus ici, au Québec. Aucune marge de

manoeuvre. Chaque térawatt va être aussi important. Il faut être extrêmement

efficace avec chaque térawatt qu'on donne, qu'on crée pour s'assurer que c'est

utilisé correctement. Je pense que Québec, on est capable de faire tout ça,

mais je veux juste rappeler, Mme la Présidente, que cet enjeu ne date pas

d'aujourd'hui.

C'était en 2016, dans le plan stratégique, où

c'était dit qu'on doit et il faut ajouter environ, minimum, 50 térawatts à

notre réserve énergétique. C'est 2016, que c'était écrit. Depuis quatre ans,

qu'est-ce qui a été fait par le gouvernement? Et ce n'est pas juste ça, Mme la

Présidente, parce que, dans une ancienne vie, j'étais un attaché politique puis j'ai travaillé un peu sur ce

dossier. Et je me souviens toutes les périodes de questions où l'ancien premier

ministre du Québec, Philippe Couillard, le

député de Roberval, était obligé de défendre et débattre la nécessité d'ajouter

à notre profil énergétique avec des sources renouvelables.

Et je me

souviens de la bataille qui était faite par la CAQ, de dire que ce n'était pas

une bonne idée, que ce n'était pas

nécessaire. Quand même, en 2014, le début... le débat a commencé, et je veux

juste lire un

titre du Journal de Montréal , que l'État tire à des boulets rouges sur les

éoliennes et les minicentrales. Et ça, je trouve intéressant, parce que je

reviens sur les critères, mais je

trouve ça bien intéressant que, quand le gouvernement de monsieur Couillard a

parlé d'ajouter des projets des énergies renouvelables, que le premier

ministre a dit qu'il faut avoir des études qui démontrent que ça ne va pas augmenter le coût des tarifs pour les

Québécois. Et, quand même, le critique à l'époque, qui est maintenant l'ancien député de Chauveau et maintenant député fédéral, était

aussi pas mal sévère et a critiqué la nécessité d'avoir ces types d'énergie

renouvelable ici, au Québec.

Nous, sur

notre côté, on a toujours défendu que c'était une importante filière qui peut

créer des emplois au Québec, mais

aussi donnez-nous des surplus énergétiques pour continuer de lutter contre les

changements climatiques et décarboniser notre économie.

En 2015, je

peux répéter que l'ancien député de Chauveau était toujours là-dessus puis il a

questionné le gouvernement comment ça va avoir un impact sur nos tarifs

pour les citoyens, que ce n'était pas nécessairement une bonne idée, des

minicentrales, ce n'était pas des bons projets pour le Québec. Ça, c'était un

article qui était encore... LCN Nouvelles. Et, quand même, en 2018, peut-être,

le ton a changé un peu, mais le premier ministre a continué de critiquer que ce n'était pas vraiment nécessaire

d'avoir l'éolienne, seulement si c'était nécessaire. Mais il a dit ça en 2018, Mme

la Présidente, quand il était en campagne.

Puis encore je reviens sur... réalité qu'il y a

un rapport, un plan stratégique qui a été déposé, j'ai quand même une copie

ici. Je suis prêt à déposer ça, si nécessaire, mais je veux garder ça pour moi,

Mme la Présidente, parce que je veux étudier ça partout pendant

l'interpellation, mais c'est écrit qu'il faut augmenter notre capacité, c'est

là, qu'il va y avoir un manque en 2026‑2027, avoir plus des surplus.

Alors, c'était écrit en 2016, puis on a eu un

leader d'une formation politique qui était pas mal contre. Mais je continue

parce que, quand le premier ministre a pris le pouvoir, une chose qu'il a faite,

il a mis fin à 12 projets de minicentrales au Québec. Trois allaient de

l'avant après, mais, quand même, il a bloqué ce projet de loi, qu'il n'était

pas sûr. Et je sais que, dans les notes de mes collègues de l'autre côté, ils

vont parler d'appuyer un projet avec les Innus sur la Côte-Nord, qui est bien

formidable, mais je veux juste souligner tout le travail qui a été fait par

l'ancien premier ministre du Québec

M. Couillard, l'ancien ministre de l'Énergie M. Pierre Arcand puis aussi

l'ancien député de Jacques-Cartier

qui, vraiment, croyaient que c'était un bon projet pour le Québec, que ce

n'était pas juste une consultation avec

les autochtones, mais les Innus étaient quand même actionnaires dans un projet

très intéressant. Alors, oui, en 2019, le CAQ et le gouvernement a annoncé ce

projet, mais c'était un projet qui était planifié par l'ancien gouvernement.

Ça, c'est la réalité, et aussi ces minicentrales.

Mais

maintenant, réflexion, on dit : Peut être que c'était une bonne idée de

commencer le processus. C'est sûr que les minicentrales ne seront pas

bâties dans un an, ça prend du temps, construire des projets comme ça, mais on

est en retard. Alors, maintenant, on va discuter : Est-ce que c'est

nécessaire d'avoir des minicentrales ici, au Québec? Est-ce qu'on va construire dans certaines régions? Je ne sais pas. On va

avoir une discussion là-dessus, j'espère, mais c'est juste... démontre

encore que, sur la grande question d'acheter des surplus, d'ajouter à notre

parc énergétique, la CAQ a quand même bloqué

certains projets. Et c'est écrit dans les mots, dans les articles dans les

journaux, si c'est La Press e ou, quand même, Le Journal

de Québec .

Puis, quand

même, dans ce temps-là, et ce n'est pas une mauvaise chose, Hydro-Québec fait

des investissements partout dans le monde pour augmenter leur portfolio,

investir dans les projets renouvelables. Mais une chose que moi, je trouve un petit peu comme... ça m'a frustré un

petit peu, c'est qu'Hydro-Québec a acheté 13 projets, des minicentrales,

en 2020 au Massachusetts quand on n'est pas

allé de l'avant ici, au Québec, avec certains projets. Je sais que les deux ne

sont pas nécessairement pareils, mais c'est juste un exemple comme... Les

minicentrales ne sont pas nécessairement une mauvaise idée. Hydro-Québec

pense que des projets de minicentrales sont, des fois, une bonne source

d'énergie pour leur portfolio. Alors, je garde tout ça en tête pour juste dire

qu'on arrive maintenant...

Puis j'ai un premier ministre puis un ministre

de l'Économie qui dit une chose et dit une autre chose l'autre journée. Je peux

quand même juste citer l'exemple sur les emplois, puis j'ai hâte d'entendre le

ministre délégué à l'Économie de parler de ça, qu'en commission cette semaine

on a eu un bon débat sur le projet de loi n° 2, certains

de mes collègues étaient présents. Je pense qu'il y a la députée d'Iberville

qui était avec nous pendant les audiences publiques puis l'étude détaillée.

Mais la ministre a clairement dit que, dans les critères pour des nouveaux

projets, les emplois ne sont pas dans les calculs.

Mais j'ai une citation du premier ministre, et,

si je ne me trompe pas, c'est pour leur congrès, qui a dit : Les emplois vont être un facteur dans la décision des

projets de l'avenir. Alors, qui dit vrai? Si ce n'est pas dans les critères présentement,

puis le ministre n'a aucune intention d'ajouter dans les critères, on a eu une

chance de l'ajouter, puis il ne l'a pas

fait, est-ce que les emplois ne sont pas dans les calculs? Ça, c'est une chose

que je veux entendre, mais aussi je veux souligner que les gens, dans la

région du Saguenay, et les syndicats s'inquiètent aussi parce qu'aujourd'hui

ils ont sorti un communiqué de presse pour dire qu'eux autres, leurs emplois

doivent être

partie des critères pour choisir des

projets dans l'avenir. C'est important pour eux autres, c'est important pour

les jobs qui existent en région, qui sont payantes, d'ajouter ou garder

ces emplois-là.

Alors, pour moi, ça, c'est juste un exemple où

des contradictions du premier ministre et le ministre peuvent avoir des conséquences sur le terrain, peuvent

créer un petit peu de confusion pour les travailleurs dans certains secteurs et

certaines industries.

Et, je veux

juste terminer, ça, c'est pourquoi, sur ce côté de la Chambre, nous, on...

demandons une commission itinérante qui va aller dans toutes les régions

du Québec pour discuter l'avenir énergétique puis prendre des décisions tous

ensemble, comme une société.

Présidente (Mme Schmaltz) :

Merci. Alors, je cède maintenant la parole au ministre. Vous disposez également

de 10 minutes.

M. Skeete : Bonjour, Mme la

Présidente, chers collègues. À mon tour de parler de mon comté, Sainte-Rose, qui a été lieu d'un tragique événement. J'ai passé

les deux dernières journées à Laval à rencontrer des citoyens. Je pense

ici à M. Haddad qui a extirpé des jeunes d'en dessous de l'autobus et qui

était en larmes hier à la télé. Je pense ici à monsieur Laflamme, Gabriel

Laflamme, qui, lui, a organisé une vigie le jour même de l'événement, qui a

mobilisé une communauté. Je pense à mon

collègue Yves Robillard, qui était en larmes durant une motion aux Communes. Je

suis avec toi, Yves. Je pense aussi à Flavia, la conseillère municipale

de Sainte-Rose, qui était hier avec moi encore en morceaux. Je pense aux

parents et aux jeunes qui vont vivre un deuil et un moment difficiles.

C'est des

événements insensés, sans définition. Mais, à travers de ça, il y a aussi eu

beaucoup de beauté. On a eu un geste qui a duré 10 secondes, avec

des effets tragiques, mais, après ça, on a vu des citoyens maîtriser un suspect

dans les secondes qui ont suivi, des policiers qui ont fait un bon travail de

maîtriser à leur tour le suspect. On a vu l'intervention sociopsychologique

rapidement déployée, les pompiers qui sortaient les jeunes avec des ballons.

C'était un jeu, on va aller voir les camions de pompiers, pour minimiser le stress.

Il y a eu un moment tragique, mais, à l'intérieur de ça, il y a eu aussi

beaucoup de solidarité, et j'en suis profondément fier, de représenter ces

gens-là. J'ai vu des belles choses à travers

cette tragédie-là, et sachez tous et toutes que je suis avec vous, et on va

vous donner toute l'aide que vous avez besoin. N'hésitez pas à le

demander.

Ramenons-nous sur la raison derrière cette

interpellation. Je rappellerais au collègue qu'il y a eu une élection en

octobre dernier. À l'intérieur de cette élection-là... et on avait proposé des

idées pour réduire le fardeau fiscal des Québécois.

Une des mesures était de plafonner les taux d'Hydro-Québec. C'est une des

dispositions importantes dans le projet de loi n° 2.

Aussi, le

collègue, tantôt, parlait du fait qu'il va manquer de l'énergie. Il a raison.

Les prévisions de l'Hydro-Québec se

basent sur le passé. Hydro-Québec a tendance à regarder vers le passé pour

anticiper les besoins futurs. Ils ne pouvaient pas escompter le fait

qu'un gouvernement, finalement économique, arriverait avec des projets porteurs

qui nous amèneraient à avoir besoin d'énergie.

Alors, oui, on a enlevé 1 million de

voitures sur le continent nord-américain avec l'entente qu'on a signée avec New

York, ce qui, oui, va prendre de l'électricité. On a aussi été très ambitieux.

On a déployé un plan chiffré pour qu'on réduise de 37,5 % nos émissions

d'ici 2030. Ça prend des actions, ça prend de l'énergie, ça prend la

décarbonation de notre économie. On a aussi poussé l'enveloppe au-delà de ce

qui était attendu en disant qu'on visait la

carboneutralité d'ici 2050. À travers de ça, on a aussi terminé l'exploitation

des hydrocarbures. Alors, oui, il va manquer d'énergie parce qu'on va

être de plus en plus verts. Rappelons-le, le Québec est 99,9 % source

d'énergie verte. C'est une fierté nationale, mais ça vient avec des défis.

Donc, voici le topo. D'ici 2050, le Québec va

avoir besoin de 100 térawattheures supplémentaires pour atteindre cette carboneutralité, ce qui représente

50 % de la capacité actuelle de production d'Hydro-Québec. Je vais le répéter,

là, 50 % de qu'est-ce qu'on fait actuellement va être nécessaire pour

arriver à l'objectif voulu de décarboner l'économie du Québec. Alors, je pense

que c'est... il est clair qu'il va manquer d'énergie.

Dans son plan d'approvisionnement 2023‑2032,

Hydro-Québec anticipe une croissance de la demande, en même temps, d'électricité de 25 térawattheures. Donc, ça inclut

aussi une augmentation de 1 800 mégawatts de capacité ou de

nécessité industrielle. Cette augmentation va être attribuable, bien sûr, au

fait que de plus en plus de gens sont conscients du défi climatique et ils

veulent de plus en plus des voitures électriques, ils veulent de plus en plus

des maisons qui vont consommer de

l'électricité plus verte, alors ils font la transition du mazout vers

l'électricité. C'est aussi les

industries, les industries qui disent : Bien, on comprend que notre

clientèle va vouloir davantage des produits fabriqués de manière neutre pour l'environnement. Donc,

toutes ces forces sont en action pour mettre une pression sur le réseau

actuel de l'énergie.

Puis aussi, il ne faut pas le cacher, l'ambition

du gouvernement fait en sorte qu'il y a, en ce moment, pour plus de 25 000 mégawatts de demandes de

différentes compagnies, souvent très porteuses pour l'économie, qui veulent

investir au Québec à cause de notre énergie verte. Toute la chaîne

d'approvisionnement, actuellement, se redéfinit. De plus en plus, les consommateurs exigent des produits verts, des

produits carboneutres, ce qui fait en sorte que toute juridiction qui va

être capable de définir ses produits comme étant carboneutres va avoir un

avantage.

Vous posez la question, collègue : C'est

quoi, la vision du gouvernement? C'est de nous insérer dans cette chaîne de valeur carboneutre pour tirer avantage

de cette tendance internationale dans le but non seulement d'enrichir l'État du

Québec, mais d'enrichir les Québécois et de nous permettre de payer nos

services sociaux qui nous sont chers.

Donc, ça comporte des défis, ça comporte

également des belles opportunités. Donc, ce qu'on va faire à terme, c'est de

prendre le temps. Vous demandez une commission, il va y en avoir une. On l'a

déjà dit, il va y avoir une commission où

est-ce qu'on va pouvoir questionner Hydro-Québec sur la stratégie, sur le plan

stratégique qu'ils ont déposé. Et

vous pourriez, à votre gré, poser les questions qui vous incombent. Et on va

pouvoir, ensemble, déterminer où

est-ce qu'on veut aller. Vous auriez aussi la chance, durant cette

consultation-là, de poser des questions d'intendance sur la vision

d'Hydro-Québec et par où... et jusqu'où ils veulent aller.

Mais

nous, on voit aussi de belles opportunités. On voit des opportunités aussi de

repenser la filière électrique au Québec. C'est-tu une question

d'utiliser toute notre électricité pour n'importe qui qui le demande? Nous, on

pense que non. Nous, on pense qu'on doit choisir stratégiquement les industries

porteuses d'avenir, les industries qui sont... qui nous permettent d'enrichir les Québécois et qui nous permettent

aussi d'avoir une perspective de l'avenir. C'est la raison pour laquelle

on a réduit l'obligation d'Hydro-Québec de fournir 50 mégawattheures à des

entreprises à cinq mégawattheures dans le but justement de nous permettre de

faire ces choix stratégiques là. Pas pour — puis ça, je l'ai entendu dans

les médias, là — pas

pour contrôler ou décider. C'est le gouvernement, nous, Hydro-Québec, nous, qui

déterminent nos priorités pour l'avenir. Et la vision du gouvernement, c'est de

nous permettre de faire des choix stratégiques qui vont être porteurs.

Donc, on est dans cette logique-là. On est pour

le développement vert, je pense que ça va plaire les collègues, on est pour

l'enrichissement des Québécois, je pense que ça devrait plaire les collègues,

puis on est aussi pour la redéfinition de l'orientation stratégique de cette

richesse qui est le courant hydroélectrique, qui, il faut le rappeler, est à

99,9 % carboneutre.

Donc, ça me

fait plaisir de répondre davantage à vos questions. Ça va me faire plaisir de

vous exposer davantage la vision du

gouvernement, par où qu'on veut aller. Vous allez avoir, comme je l'ai dit, la chance

de même questionner Hydro-Québec, qui nous appartient tous. Et donc ça

me fait plaisir d'échanger avec vous en ce vendredi neigeant, et j'attends

judicieusement la suite de vos questions. Merci, Mme la Présidente.

Présidente (Mme Schmaltz) : Merci. Nous allons maintenant débuter la période

d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la parole pour

cinq minutes.

M. Kelley : Merci, Mme la

Présidente. Je veux juste commencer par une chose que le ministre a dit, qui

est un exemple sur comment il y a un manque

de clarté et de vision. Il a dit, comme le premier ministre a dit, que ça va

prendre 100 térawattheures additionnels, mais, dans le rapport de Dunsky,

on parle de 137. Quand le ministre de l'Économie parle, il dit 150. Une marge de manoeuvre de

50 térawattheures, on ne parle pas d'un petit nombre ici. Ça, c'est

énormément de projets. Quand même,

Hydro-Québec a dit, pour tous les projets qui sont devant nous, puis on peut

sortir les chiffres, mais c'est 13 Romaine. C'est «gigantic», ça.

Alors, quand même qu'on dirait : Bien, entre 100 et 150, on ne sait pas

trop, ça, ce n'est pas une bonne réponse. Ça, c'est pourquoi il y a des gens

qui questionnent présentement pourquoi c'est tellement important d'avoir une

discussion nationale.

Et encore j'entends que le ministre dit :

Bien, ça va être nous, le gouvernement et Hydro-Québec, qui décident pour tout le monde. Mais on vient juste

de passer un projet de loi où Hydro-Québec et le gouvernement étaient

d'accord de continuer d'augmenter les tarifs pour les Québécois à 3 %, «no

problem». Et, avant ça, c'était fixé à l'inflation parce que c'est bon pour les

coffres d'Hydro-Québec. Mais on a... on sait, on sait, on regarde les mesures avec le coût de la vie présentement, on «check»

toutes les mesures qui sont devant nous pour aider des gens dans cette période difficile. On a parlé des fois d'un gel

temporaire, on a discuté ça, mais on sait que, pour les Québécois, la facture

d'électricité, c'est une chose qui, présentement, n'est pas facile pour plein

de gens de payer.

Alors, je veux juste aussi ajouter... ça ajoute

à nos argumentaires pourquoi c'est nécessaire d'avoir une commission qui va

aller dans toutes les régions. Et, quand même, sur la discussion... Sophie

Brochu, le fait qu'elle démissionne, c'est une grosse perte pour nous. Mais

moi, j'ai lu le plan stratégique. C'est sûr que j'ai des questions pour elle, mais moi, j'ai aussi écouté qu'est-ce

qu'elle a dit sur la radio, et tout ça, elle n'est pas là pour la suite des

choses.

Moi, je veux entendre quand la CAQ... et je sais

qu'eux autres ont probablement quelqu'un en tête, moi, je veux entendre la

prochaine personne. Je veux questionner lui. Est-ce qu'on va garder une

certaine indépendance pour Hydro-Québec de prendre leurs propres décisions?

Parce que, quand je regarde le plan stratégique, il y a plein des éléments là

qui sont bien intéressants, mais ils ne parlent pas beaucoup des gros barrages,

par contre. Ils présentent d'autres options

pour les Québécois. Et je ne dis pas que je suis contre les barrages. Je sais

qu'il y a une situation difficile qui s'en vient avec

Churchill Falls. Je comprends que c'est un défi. Mais, de construire un

barrage, ça prend une consultation, une

vraie consultation, et une discussion qui commence probablement avec des

peuples autochtones, mais je reviens un petit peu plus tard.

Et je veux juste être précis, le document que je

parle, Mme la Présidente, c'est le plan énergétique, je pense que j'ai dit plan stratégique, alors, je veux

juste être précis dans mes mots. Mais encore je pense que l'exemple de juste...

on commence à la base avec un chiffre. C'est quoi exactement? Et, quand même,

ce n'est pas nécessaire... 100 térawatts qu'on doit ajouter. Il

faut prendre en considération l'efficacité énergétique aussi.

Une autre place où j'ai trouvé que le ministre

de l'Économie puis le premier ministre a été pas sur la même page, un jour, j'entends le ministre de l'Économie

dire : Bien, moi, quand je suis allé en Chine, j'ai vu là des gens à

habiter dans le froid. Alors,

peut-être les Québécois doivent commencer à baisser leur chauffage. Ça, c'est

comment on va regarder les choses. Puis, le jour après ça, le premier

ministre dit : Non, non, non, ce n'est pas une question de baisser le chauffage, on n'est pas là. Mais le ministre de

l'Économie a aussi quand même soulevé un enjeu. Il faut être efficace avec

chaque térawattheure qu'on utilise ou on peut conserver. Et je veux juste

utiliser un exemple.

Et le ministre délégué à l'Économie, peut-être,

ses dossiers, il peut travailler là-dessus, c'est de convaincre le gouvernement

d'avoir des programmes qui sont un petit peu plus généreux dans les

rénovations. J'utilise l'exemple de mes

parents. Ils doivent remplacer les fenêtres pour quelque chose de plus

efficace, ça coûte environ 20 000 $ pour 12 fenêtres, puis le remboursement qu'ils ont

fait avec les programmes qui existent, c'est seulement 600 $. Mes parents

sont dans une

situation où ils sont capables de payer pour ça, mais il y a plein des gens qui

ne sont pas capables de faire un investissement à 20 000 $.

Puis mon collègue à côté, de Maurice Richard,

soulève souvent cet enjeu, quelque chose qui était dans notre plan ÉCO, c'est

les bâtiments, c'est les propriétaires qui ont des bâtiments qui ne sont pas

efficaces énergétiquement, pas en tout. Quels programmes existent pour eux

autres? Comment on va encourager eux autres d'être plus efficace et pas de

transmettre la facture à des locataires quand on est dans une crise de logement

présentement au Québec? Il faut que ce coût n'est pas passé à eux autres.

Mais il y a plein de bâtiments, je vais penser

juste à Montréal, dans tous les coins, là, il faut avoir une discussion aussi

comment on peut aider des bâtiments, des tours de condos, des appartements, des

triplex, et tout ça, comment on peut aider ces gens-là à faire la transition

énergétique. Et je pense que le gouvernement doit avoir des programmes qui sont

plus généreux sur la question d'efficacité parce que ça va ajouter de l'énergie

à notre portfolio.

19 259

Présidente (Mme Schmaltz) : Merci. Je cède maintenant la parole

au ministre.

M. Skeete : Merci beaucoup, Mme la Présidente.

Le collègue nous ramène sur notre promesse électorale d'augmenter les tarifs ou plutôt de limiter l'augmentation des tarifs

gouvernementaux à 3 %. C'est une chose promise, c'est une chose due. Il

est normal pour ce gouvernement de livrer ses promesses, donc on va le faire.

Je pense qu'un gel, dans toute l'histoire du Québec, n'a jamais eu

l'effet escompté. Non seulement on va privilégier les personnes les mieux

nanties, avec les plus grosses maisons, avec une consommation plus grande, mais

il y a toujours, toujours, toujours un rattrapage ultime pour réduire cet

écart-là. Donc, il serait irresponsable de geler les tarifs d'électricité.

Le collègue parle, encore une fois, des besoins

puis des barrages, etc. Je rappellerais au collègue que, dans son propre plan ÉCO, il faisait la mention de

rajouter 16 térawatts d'électricité, ce qui représente 21 Romaine

fois quatre dans le nombre de barrages. Donc, la question se posait

également à lui et son parti pour savoir, eux, c'était quoi, leur plan, puis où

ils allaient le faire.

Le collègue nous rappelle aussi dans son

intervention qu'on doit miser sur l'efficacité énergétique. J'y suis, on y est tous, c'est important. Les Québécois,

malheureusement, consomment beaucoup plus d'électricité que la moyenne

normale en Amérique du Nord. Donc, il y a du travail à faire, mais je

rappellerais au collègue que lui-même, dans son projet ÉCO, parlait d'aller

chercher jusqu'à 16 térawattheures d'efficacité énergétique. Si vous me

permettez, aujourd'hui, Hydro-Québec fait environ 0,5 térawattheure

d'efficacité énergétique avec les actions très agressives qu'ils font

aujourd'hui. De leur côté, ils visent d'aller chercher 8,2 térawattheures

d'économies. Donc, on veut être dans la moyenne puis même surpasser la moyenne

de l'Amérique du Nord parce que, je le dis encore, l'économie... l'efficacité

énergétique est un vecteur aussi important de tout ce qui est notre

exploitation d'électricité. Puis ils veulent faire ça d'ici 2029.

Mais là le collègue, lui, il dit : On va faire

le double de ça à l'intérieur de notre projet ÉCO. Permettez-moi, Mme la

Présidente, d'en douter. Je ne pense pas que c'est un objectif non seulement

réalisable, mais je ne pense pas que c'est

un objectif crédible, là. C'est une théorie qu'il n'y a aucune manière de

comprendre comment ils vont y arriver. Donc,

il faut comprendre que, de leur côté aussi, ils n'ont pas de réponse par

rapport à comment on va faire pour régler la crise énergétique du

Québec.

Mais nous, encore une fois, on a une vision, on

a une vision qui touche plein d'avenues, que ça soit, oui, la réduction nécessaire de notre consommation

domestique, que ça soit aussi de négocier de bonne foi avec nos partenaires

à Terre-Neuve pour Churchill Falls, et de faire des ententes avec les différentes

communautés, et de s'assurer qu'il va y avoir de l'acceptabilité sociale dans

tous les futurs projets qu'on va développer. On est là et on tente de faire ces

négociations-là. Mais il est vrai, il est vrai, Mme la Présidente, comme je

l'ai dit dans ma dernière intervention, il y a des défis. C'est des défis qu'on est prêts à relever, mais c'est des

défis qui relèvent aussi d'une situation exemplaire du Québec. N'eût été de la

capacité du gouvernement d'aller chercher des contrats des entreprises d'avenir

pour venir s'établir au Québec, on

n'aurait pas les grands problèmes qu'on a aujourd'hui. C'est, en fait, le

dynamisme économique du Québec actuel et, il faut le dire, sous ce

gouvernement qui nous permet d'avoir les défis qu'on a.

Alors, c'est un peu ironique. On doit gérer le

problème qu'on a nous-mêmes créé par notre économie qui va très bien, mais on

va être au rendez-vous, on va le faire, le travail, et on va livrer la

marchandise tant attendue par les Québécois. Puis on va accompagner

Hydro-Québec dans cette démarche-là, parce qu'encore une fois Hydro-Québec, ce

n'est pas une entité loin de nous, là, qui est abstraite, là. Hydro-Québec,

c'est nous. Le gouvernement du Québec, c'est

nous. Alors, il n'y a pas raison de mettre en contradiction le désir du

gouvernement, Hydro-Québec et le peuple.

La Présidente (Mme Schmaltz) :

Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Jean-Talon.

Mme Boutin : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. Moi également, je pense que je ne peux pas débuter mon intervention

sans mentionner ce qui s'est passé à Laval. Moi, comme maman, là, je vais le

dire franchement, ça m'a pris beaucoup de temps à «processer» l'information.

J'ai comme vécu un choc, comme beaucoup de parents, je pense. On ne s'y

attendait pas. Puis je veux dire qu'on est de tout coeur, bon, avec tous les

élus de Laval et toutes les familles de Laval. Puis je remercie mon collègue

d'avoir été si présent, si humain. C'est mon ami également. Alors, on est avec

toi.

Maintenant, le sujet, aujourd'hui, qui est

abordé, c'est hyperimportant. Je pense que c'est spécial, ce que je vais dire, là, moi, c'est un sujet qui est

hyperimportant pour moi depuis longtemps. Il y a très peu de gens qui le savent

ici, mais j'ai travaillé pour le think tank

le plus influent en développement durable au Canada, qui a été malheureusement aboli il y a quelques

années, c'était la table ronde nationale sur l'économie et l'environnement. Et,

il y a 10 ans exactement, bien, presque 11 ans, bref, on avait

déposé un rapport qui parlait justement de la transition énergétique qui était

nécessaire au Canada d'un point de vue

d'urgence climatique, mais aussi d'un point de vue d'opportunité pour le Canada,

pour les provinces canadiennes.

Ça a pris...

Moi, j'ai vécu beaucoup de frustration parce qu'on dirait qu'il y a 10 ans

il y avait peu d'adhésion au niveau des provinces et au niveau canadien.

Puis le Québec a toujours quand même bien performé en changements climatiques, bien, en point de vue énergétique, parce

que nos prédécesseurs, les gouvernements passés, ont eu la vision

d'investir quand même dans les barrages hydroélectriques, puis ce qui fait

qu'aujourd'hui 99 % de notre énergie est verte.

Donc, c'est un sujet que je trouve absolument important. Et, pour la première

fois dans l'histoire du Québec, je sens qu'on a une unanimité et qu'on

veut tous travailler dans la même direction.

Je ne peux pas m'empêcher de faire un petit

retour dans un passé pas si lointain, parce que, bon, le Parti libéral nous reproche

un peu notre manque de vision. Je veux quand même leur donner... il faut rendre

à César ce qui revient à César, en 2016, ils

avaient quand même déposé une politique énergétique quand même intéressante, 2016‑2030,

qui avait une vision qui ressemblait... on voulait revoir la Régie de

l'énergie, on voulait repenser les projets, arrimer les projets économiques et

énergétiques en fonction de la demande, et tout. Malheureusement, quand on a

une vision, il faut également mettre l'argent qui va avec. Puis moi, j'aime ça,

je suis une fille de chiffres, ça fait que je me suis un petit peu intéressée

aux budgets précédents. On regarde la politique énergétique du précédent

gouvernement, ils mettaient seulement 4 milliards de dollars sur

15 ans.

Si on met ça en perspective, juste le Plan pour

une économie verte du Québec, qui a été déposé en 2020, était assorti d'un

budget de 7,6 milliards sur cinq ans. Puis là je ne parle même pas des

projets en transport collectif, parce que,

si on regarde les projets de transport collectif qui sont actuellement en

cours, on a annoncé pour 56,5 milliards de dollars de projets,

à travers le Québec, qui sont en voie d'étude, de réalisation à divers stades.

Pour mettre ça en perspective, en 2018, les libéraux avaient annoncé

3 milliards de dollars, donc, en grande pompe, comme si c'était

révolutionnaire. Il y a quand même une grosse différence. Et Québec solidaire,

eux, c'était autour de 33 milliards de dollars. Donc, les gens qui

critiquent le manque de vision de notre parti, je pense qu'il faut être capable

de regarder les actions, mais surtout l'argent qui est mis.

Bien entendu,

je ne peux pas ne pas parler du Plan pour une économie verte, qui donne un peu

les grandes lignes directrices de notre gouvernement. Ensuite, il y a la

transition énergétique qui est rattachée à ça. Et, étant donné que la plupart des émissions, 70 %, je pense, des

émissions au Québec sont reliées à des enjeux énergétiques, il faut qu'on

fasse une transition énergétique. Mais les grandes lignes du Plan pour une

économie verte reposent essentiellement sur

l'électrification des transports, l'électrification également dans le secteur

industriel, dans le secteur agricole. Comme

mon collège l'a dit tout à l'heure, on s'est engagés vers la carboneutralité en

2050. On est les premiers à avoir dit ça.

On a décidé d'interdire les véhicules à essence... la vente de véhicules à

essence en 2035. On est également les premiers à avoir dit ça. On a

interdit l'exploitation des hydrocarbures, c'est majeur, c'est un pas majeur

qui, quand même, va en dichotomie avec le précédent gouvernement, qui, lui,

était en exploration des projets d'hydrocarbures. Donc, c'est tout à fait

quelque chose.

Puis, juste pour vous dire à quel point nous, on

est en rattrapage en ce moment, parce qu'il y a seulement 9 % des émissions qui ont diminué depuis 1990, et le

précédent gouvernement, qui est vanté par mon collègue de

Jacques-Cartier, puis je n'ai rien contre lui, il sait que je l'apprécie

beaucoup, entre 2014 et 2018, les émissions ont augmenté au Québec.

Donc, c'est difficile. On arrive avec une

situation qui est très, très difficile, beaucoup de défis, mais on est extrêmement motivés, justement, à s'attaquer à ça

puis tout faire en sorte, collectivement, dans le fond, le gouvernement

et la population également, pour atteindre l'objectif de carboneutralité en

2050. Merci.

Présidente (Mme Schmaltz) : Merci. Nous allons débuter la deuxième série

d'interventions. Donc, je cède maintenant la parole au député de

Jacques-Cartier.

M. Kelley : Merci, Mme la

Présidente. Je suis cet échange-là, la politique énergétique, c'était aussi

votre politique par la suite aussi. Alors, c'est important de souligner. Puis,

O.K., vous avez mis plus d'argent là-dedans, mais moi, je reviens à la base.

Pour faire la transition énergétique, ça prend des projets, de la création de

l'électricité. Puis, je le répète... qui est

un projet libéral, vous n'avez pas annoncé des autres projets, vraiment, depuis

2018, pas des grands projets qui étaient nécessaires.

Et maintenant on arrive à un point où c'est

comme : O.K., il faut faire des projets vite, vite, vite, mais ça prend du temps pour planifier et préparer tout ça

et ça prend une vraie discussion. Et encore, je ne reviens pas... ça ne peut

pas juste être Hydro-Québec et le

gouvernement qui décident tout. Plein des groupes demandent une vraie

consultation, pas juste un sommet qui va durer un jour, peut-être deux

si on est chanceux, mais quelque chose qui est vaste et plus large. Alors, je

reviens toujours à cette proposition, Mme la Présidente, d'avoir une commission

qui va dans toutes les régions du Québec pour parler de tout ça.

Mais il y a une chose qui est aussi connue

depuis plusieurs temps, et c'est encore chiffrer des choses, c'est écrit dans le plan stratégique d'Hydro-Québec. Les

articles, cette semaine, du journaliste Thomas Gerbet de Radio-Canada, c'est bien intéressant. Ça va prendre beaucoup des

rénovations pour nos barrages existants, et ça, ça va coûter combien?

En commission cette semaine, le ministre a fait

allusion qu'il y a... ça va coûter beaucoup. Il a utilisé un terme qui était

pas mal général, mais on ne peut pas être général. Si on doit faire une vraie

rénovation à tous nos barrages, je sais que, souvent, on

pense que les grands, grands projets qui existent déjà, mais il y a plein des

mini et moyennes centrales qui existent partout. Alors, comment on va s'assurer

que ces projets qui... excuse-moi, ces barrages qui existent déjà sont capables

de performer à leur plus grande capacité possible? Ça, c'est une discussion, il

faut faire, voir, mais, présentement, on est un petit peu dans le noir dans le

sens qu'on n'a aucune idée comment ça va

coûter. Sauf que, selon des experts, ça va être une dépense puis un

investissement majeur. Mais ça, c'est des discussions... il faut avoir.

Aussi, je veux juste revenir pour la nécessité

d'avoir une consultation vaste. Il y a plein des exemples où on a eu des

projets d'éolienne qui étaient mis en place, qui étaient bien acceptés, on peut

dire Apuiat, bien accepté par la communauté innue là-bas, puis la communauté,

et la municipalité. Mais, hier dans Le Devoir , il y a eu un

article que

tout le monde veut des projets, plusieurs municipalités sont intéressées par

ça. Et pourquoi pas? Pourquoi pas? Ça va créer des emplois, ça va créer des

jobs payants, et tout ça. Mais encore il faut voir comment on va arbitrer tout

ça, qui va prendre des décisions.

Et revenir aussi juste sur le point, sur le

manque de transparence un petit peu. Je suis d'accord avec mon collègue, Québec

a un avantage, dans l'Amérique du Nord, qui est incroyable, mais il faut

continuer d'investir dans nos sources

d'énergie, parce que nos voisins dans le Sud deviennent de plus en plus

compétitifs aussi. Joe Biden a mis 4 milliards de dollars dans

l'énergie renouvelable partout aux États-Unis. Alors, on a un avantage

toujours, on est dans une bonne position,

mais les Américains s'en viennent, ils savent le problème. Il connaît aussi...

Eux autres veulent être dans la game

pour attirer les industries comme nous. Alors, il faut toujours, toujours être

prudents, mais aussi prêts pour faire les investissements nécessaires.

Mais, Mme la Présidente, je veux juste... pour

le ministre de l'Économie, je veux juste entendre encore s'il peut parler un petit peu de l'importance des

critères d'association pour les projets. Parce que le ministre a dit qu'il y a comme

25 projets qu'il trouve intéressants dans une liste de 50. Encore un petit

peu vague, on ne sait pas c'est quels 25 projets

qu'il trouve sont bons pour le Québec, qui ont déjà l'acceptabilité sociale, et

tout ça. En bref, c'était encore une autre déclaration un petit peu

vague et générale. Mais juste d'entendre le ministre quand il parle des

critères pour choisir ses projets de loi,

pourquoi les emplois ne sont pas quelque chose que le gouvernement a décidé

d'ajouter pendant le projet de loi

n° 2? Est-ce que les emplois doivent être

partie des calculs pour les

nouveaux projets qu'on va choisir dans les prochaines années?

La Présidente (Mme Schmaltz) :

Merci. Je cède la parole au ministre.

M. Skeete : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. Je voudrais... J'essaie de trouver la manière de réexpliquer au collègue. Il n'y a pas de différence entre

Hydro-Québec, le gouvernement et les Québécois. Hydro-Québec appartient aux Québécois. Donc, quand Hydro-Québec exploite

l'hydroélectricité, c'est au bénéfice des Québécois. Le gouvernement est

l'actionnaire d'Hydro-Québec. Le gouvernement est élu par les Québécois, donc

c'est nous, là. À tous les égards, c'est nous. D'essayer de créer un...

d'essayer d'extirper le fait que c'est à nous, c'est inexact. Alors,

premièrement, gardons en tête que tout ce qu'Hydro-Québec fait, ils le font

pour nous.

Le collègue

parlait de... les turbines. Je pense qu'il faisait allusion aux turbines

vieillissantes dans les nombreux barrages. Il a raison, il y a un déficit

d'investissement dans les infrastructures qui est criant partout au gouvernement.

Ça vient de deux générations de sous-investissement. Nous, on a mis l'argent

nécessaire à l'intérieur du PQI pour tenter d'amadouer ce grand phénomène là,

puis ça va inclure Hydro-Québec.

Le collègue

parlait de la vision d'avenir pour répondre à cette grandissante crise

énergétique et ce grandissant besoin

d'énergie, mais c'est clair que, dans la stratégie, on pense, entre autres, à

l'éolien, qui va nous permettre, on croit, d'en faire plus. Hydro-Québec

en parle dans son plan stratégique. C'est quelque chose qu'on pense qui est

porteur d'avenir. On doit miser sur le fort potentiel éolien et surtout

l'expertise que le Québec a développée à travers de nombreuses années. En

décembre 2022, il a été annoncé qu'une stratégie visant à assurer le

développement du plein potentiel de l'éolien

du Québec va venir prochainement. Donc, le collègue nous demande qu'est-ce

qu'on fait pour voir à l'avenir, mais en voilà un, plan concret. En

décembre 2022, on a annoncé un plan pour l'éolien.

Puis on ne part pas de rien. La filière éolienne

est bien implantée au Québec, puis les prix baissent. Avant, l'éolien, c'était

difficile d'avoir de l'éolien rentable. Là, maintenant, avec les coûts qui sont

en décroissance, ça devient de plus en plus intéressant. Et le collègue a

raison, il y a de plus en plus de régions qui se disent : Mais, eh! nous aussi on a le goût de jouer dans ce film-là.

Et c'est pratique, parce que l'éolien, plus on est proche du village ou de la

place où est-ce qu'on va consommer l'énergie, mieux c'est. Il y a un fort

potentiel éolien au Québec, mais le défi, c'est le transport. Comment on fait pour apporter l'énergie

où est-ce qu'il vente le plus vers les centres urbains? Alors, le collègue,

il ne le savait peut-être pas, mais on est là-dessus. On essaie de trouver des

solutions novatrices qui vont nous permettre de régler ces défis-là.

On a aussi, chez Hydro-Québec, développé une

cartographie qui va préparer les terrains et les endroits pour mieux investir,

pour savoir qu'est ce qu'on fait puis où est-ce qu'on va le faire. Puis tout ça

doit s'arrimer aussi avec l'acceptabilité sociale, qui est de plus en plus

difficile. Les citoyens informés posent des questions qui, elles, doivent être

répondues avant qu'on puisse déployer les projets. Donc, moi le premier, le

premier ministre aussi, voudrais que ça aille beaucoup plus vite, mais les

règles de gouvernance modernes nous obligent, et c'est bien comme ça, de bien consulter les communautés qui vont être affectées.

Si on veut transporter des lignes vers les centres urbains, bien, c'est qui

qui va être impacté? C'est à qui qu'on parle puis combien ça coûte? C'est des

grands défis, mais c'est des bonnes nouvelles.

Tout ça est basé sur le fait que l'économie du Québec roule à fond et que le

taux de chômage est à son plus bas historique.

Alors, les choses vont bien,

puis nous, on va se mettre en action de manière responsable puis on va répondre

aux attentes des Québécois. Et surtout souvenons-nous qu'Hydro-Québec, c'est

aussi nous.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Je cède maintenant la parole à M. le député de Nicolet-Bécancour.

Martel : Merci, Mme la Présidente. Bien, je veux saluer mon

collègue de Sainte-Rose, collègues de Jean-Talon, Iberville, de

l'opposition, Jacques-Cartier et Maurice-Richard.

Bien, moi

aussi, juste un petit mot par rapport au drame qui nous a tous affligés cette

semaine. Je veux partager ma tristesse puis, en même temps, je veux donner

toute mon appréciation à la classe politique dont, Mme la Présidente, vous avez fait partie. Que ça soit au niveau

municipal, provincial, fédéral, on est un peu sans mot devant ces

catastrophes-là. Moi, j'étais très fier des représentations de tout le monde.

Aujourd'hui,

on est appelés à réagir sur une motion du Parti libéral qui dit : manque

de vision du gouvernement caquiste en matière d'énergie. Je me suis

presque offert pour venir intervenir, parce qu'on voulait parler un petit peu de la batterie, mais moi, je voulais aussi parler

un petit peu d'héritage. Tu sais, ceux qui disent qu'on manque de vision

en matière d'énergie, bien, c'est peut-être bon de regarder d'où est-ce qu'ils

viennent.

Je suis avec la CAQ depuis les débuts. Après mon

passage en politique, je vais regarder ça d'un point de vue assez personnel puis je pense que je vais être

très fier de la plupart du travail qu'on va avoir fait. Ça se peut qu'il y ait des

choses qu'on soit moins fiers, mais

j'espère, à la fin, être très, très fier de ça. Puis ceux qui sont au Parti

libéral aujourd'hui, ils ont un peu l'obligation de regarder ce qui

s'est passé dans les dernières années.

Moi, j'ai 58 ans, j'ai... j'aimerais ça en

avoir encore 30, mais la vie étant ce qu'elle est, au moins, un des avantages

qu'on a de vieillir un petit peu, c'est d'avoir des souvenirs. Puis moi, je

veux vous parler un petit peu de souvenirs dont j'ai eu connaissance chez nous,

notamment dans le parc industriel de Bécancour. Je vais essayer de vous faire

un portrait, une histoire assez brève, là, mais juste vous mettre en contexte,

il y a une centrale au diesel, dans le parc

industriel de Bécancour, qui s'appelle la centrale TAG. Cette centrale-là, elle

est là un peu pour... à l'époque de

la centrale nucléaire que je vous parlerai un petit peu plus tard, elle était

là un peu en «backup», excusez l'expression, là. Si la centrale nucléaire

venait qu'à manquer de fournir l'électricité, il y avait la centrale TAG qui

était juste à côté. Pour vous donner

un aperçu, la centrale nucléaire, c'est à peu près 625 mégawatts. La

centrale TAG, c'est à peu près la moitié, et celle-ci fonctionne au

diesel. Elle fonctionnait, elle fonctionne toujours aussi diesel.

Si on se rapporte aux années libérales, il y

avait deux projets. Il y en avait un troisième, mais je veux parler de deux projets. Il y avait... Au gaz naturel, il

y avait le projet du Suroît, ça, on se rappellera, c'est un projet

d'Hydro-Québec qui avait passé toute la panoplie d'audiences et ça

respectait les objectifs de Kyoto en termes d'émissions de GES. Par contre, il y avait de l'opposition au niveau de

Greenpeace. Mais la Régie de l'énergie, elle, elle s'était prononcée en

faveur puis elle disait que c'était dans l'intérêt public.

En même temps que ça, il y avait aussi le projet

de TransCanada Énergie, à peu près une centrale similaire à installer dans le

parc industriel de Bécancour. Et le président de l'époque était Thierry Vandal,

qui avait été président de la commission politique du Parti libéral quelques

années auparavant.

Hydro-Québec avait aussi l'objectif de

transformer la centrale au diesel en gaz naturel. On parlait d'un projet d'à peu près 120 millions et moins. Le

gouvernement libéral à l'époque, il avait mis de côté le projet de la centrale

Suroît compte tenu des oppositions qu'il y avait eu. Il avait délaissé

de transformer la centrale diesel en gaz naturel et il avait accepté le projet de TransCanada Énergie, un projet qui venait de

l'Ouest canadien, un projet à peu près similaire au projet du Suroît. Cette

centrale-là, on parle de vision d'avenir, ça avait été mis par le Parti

libéral, n'a jamais fonctionné. Elle est toujours là, dans mon comté. On

a payé, de 2008 à 2014, pour qu'elle ne fonctionne pas, 134 millions par année et, de 2014 à 2026,

120 millions de dollars par année, donc, pour avoir une centrale qui

avait été le choix, qui avait été la vision...

La Présidente (Mme Schmaltz) : O.K.

Merci. Merci. Nous allons débuter la troisième série d'interventions. Je cède

maintenant la parole au député de Maurice Richard.

M. Bouazzi : Merci, beaucoup, Mme la

Présidente. Je voudrais d'abord, moi aussi, exprimer toutes mes pensées aux familles de Sainte-Rose. Je suis moi-même père de famille. Mon fils est actuellement à la CPE.

À chaque fois que je pense à ce drame, je vous avouerai que j'ai le coeur

serré. J'ai aussi, dans ma famille, perdu un frère dans un accident de voiture

à un très jeune âge et je sais que c'est des blessures, pour mes parents, et

donc pour les parents, qui ne sont jamais

cicatrisées, et je comprends toute la douleur. Et je salue le travail du député

de Sainte-Rose, de son humanité, de sa proximité pour les citoyens.

Aujourd'hui, on est ici pour parler d'énergie,

et je voudrais parler de la question de la transparence. On va se le dire, le débat est très mal engagé. D'abord, il

y a toute la crise qui entoure notre fleuron national, Hydro-Québec, où il y a des départs, des démissions dans les postes les

plus importants, que ce soit la présidence du conseil d'administration ou

madame, évidemment, Sophie Brochu, la P.D.G., et d'autres vice-présidents, le

manque de transparence, évidemment, entourant tout ça, le refus du

gouvernement d'inviter Mme Sophie Brochu pour nous expliquer son plan

stratégique. En parallèle, on a un gouvernement qui manque de vision et qui

n'est pas capable de nous exposer un plan. Tout ce qu'on a, c'est un certain nombre d'opinions dans une approche affairiste.

Les enjeux sont immenses. La transition écologique qui nous attend est

vraiment importante.

Et aussi on a un gouvernement, donc, qui se

contredit à chaque fois qu'on parle de critères. Un jour la création d'emplois est importante, un jour, on parle de

création de richesse pour des compagnies qui ne paient même pas d'impôts

et à qui, en plus, on vend l'électricité moins chère. Et

il y a un manque d'écoute, je l'ai vécu moi-même pendant la commission parlementaire, un manque d'écoute face

à la société civile pendant le projet de loi n° 2. Et j'en viens, pour

le manque d'écoute, il y a une véritable

demande actuellement qui est sur la table, qui est signée par plus de

100 associations de la société civile qui demandent un BAPE

générique. Et un BAPE générique, ça permettrait justement à dépolitiser la

situation et, avant tout, à nous permettre d'avoir des faits.

Et aujourd'hui, étant

donné qu'on n'est même pas capables d'avoir les faits du gouvernement, on pense

que c'est important, pour la confiance et

pour avoir un vrai débat de société, de répondre à cette demande. Je rappelle

que les commissaires ont un pouvoir

d'enquête qui permet de sortir les vrais enjeux. Je vous donnerais, par

exemple, l'exemple du BAPE sur Énergie-Est, où, une fois qu'on a eu les

faits, les choses que la société civile a mises de l'avant, plusieurs choses

qui n'étaient pas relayées dans les médias sont ressorties concernant les pipelines,

les filiales, à qui appartiennent... où va le pétrole, etc., et qui a fait en

sorte que nous avons réussi à avoir un vrai débat de société qui a changé

l'ordre des choses pour un projet qui était très négatif pour les... Québec.

Et là ce que nous dit

le ministre, c'est qu'on ne veut pas de BAPE parce que ça pourrait durer de

deux à trois ans. Encore une fois, là,

on est plutôt dans les faits alternatifs, parce que, dans les faits, c'est le

ministre lui-même qui définit la

durée du BAPE, que, depuis un quart de siècle, il n'y a aucun BAPE générique

qui a duré plus qu'un an, même depuis 1900. Il faut revenir à 1900, à

plus d'un siècle, pour trouver un BAPE qui a duré plus que 14 mois.

Donc,

nous, ce qu'on veut, c'est plus de transparence, une véritable écoute de la

société civile, et puis revenir, justement, d'abord aux faits, parce qu'on

n'est pas capables, actuellement, de comprendre où s'en va le gouvernement.

On voit bien qu'il y a des affaires qui vont se faire derrière des portes

closes.

Si je reviens au

projet de loi n° 2, contrairement à ce que vient de dire le ministre, ce

n'est pas Hydro-Québec et le gouvernement qui décident. C'est clairement statué

que c'est le ministre lui-même qui va définir des critères. Il n'y a aucun

espace qui donne de la transparence à ces critères. On ne sait pas comment il

est défini, on ne sait même pas s'ils vont

être publics. C'est le ministre lui-même qui va dire est-ce que les critères,

ou pas, sont rencontrés et, en fin de

compte, c'est le ministre qui va décider lui-même si une compagnie est

raccordée à notre électricité. C'est assez étonnant, aussi peu de saine

gouvernance.

Donc, nous, notre

demande est claire, on veut... D'abord, pourquoi le gouvernement n'accepte pas

que Mme Sophie Brochu se rende à l'Assemblée et pourquoi il ne répond pas

à la demande d'un BAPE générique?

La Présidente (Mme

Schmaltz) : Merci. Je cède maintenant la parole au ministre.

M. Skeete : Le gouvernement, c'est nous. Hydro-Québec, c'est

nous. Alors, je ne vois pas d'enjeu de transparence. Hydro-Québec

déploie un plan stratégique qui est public. On va discuter du plan stratégique

en commission. À la demande d'Hydro-Québec, on réduit de 50 mégawatts à

cinq mégawatts les projets où Hydro-Québec est obligée de raccorder.

situation actuelle est que n'importe quelle entreprise qui veut s'établir au

Québec et qui veut un raccordement de 50 mégawatts, on n'a pas le droit de

dire non. Ça, ça peut être pour n'importe quelle industrie, une industrie

polluante, par exemple, une industrie qui n'est pas stratégique, par exemple,

une industrie qui ne rajoute pas de valeur ajoutée à l'économie

québécoise. On n'a pas le choix, on doit lui donner 50 mégawatts. Il y

avait même des entreprises, connaissant ce

règlement-là, qui arrivaient puis qui faisaient des demandes pour 49 justement

pour passer en dessous du seuil, pour nous empêcher, nous-mêmes, de

faire des choix stratégiques.

Alors, à la demande

d'Hydro-Québec, on intervient pour enlever cette disposition-là qui nous

empêche, et, quand je dis nous, je veux dire le gouvernement, je veux dire

Hydro-Québec, je veux dire nous, à faire des choix.

Le collègue, depuis

tantôt, même le collègue de Jacques-Cartier, parlait de ce genre d'opposition à

la création de richesse et emplois. Mais le collègue le sait, il a travaillé

dans le domaine, il y a plusieurs façons de créer de la richesse. On peut créer

de la richesse par une hausse généralisée des salaires, on peut créer de la

richesse avec une augmentation des investissements privés, on peut créer de la

richesse avec l'augmentation de la productivité. Alors, il n'y a pas

d'opposition entre la création de richesse et la création d'emplois. Puis

l'analyse se fait sur des critères objectifs de création de richesse. Ça peut

être parfois des emplois, ça peut être parfois accroître la productivité, ça

peut être d'inciter des investissements privés avec des retombées économiques.

Alors, il n'y a pas de contradiction à ça, et ce n'est surtout pas un enjeu de

transparence.

Je rappellerais

aussi, pour une deuxième fois, il va y avoir une commission. Vous allez être

invitées, les oppositions, pour venir discuter. Le fait même que je suis ici

aujourd'hui avec vous est une démonstration de transparence. Nous avons des

règles qui nous gouvernent, qui m'obligent à être ici pour expliquer la

démarche du gouvernement. Et c'est correct comme ça, c'est sain. Vous avez la

chance d'inviter la P.D.G. d'Hydro-Québec lors d'une commission au dépôt de son plan stratégique et vous allez pouvoir

lui parler. Et c'est sain, que vous pouvez faire ça. On a un processus législatif qui permet au gouvernement au pouvoir

de déposer des projets de loi, et vous êtes invités à commenter ces

projets de loi là.

Alors, de lancer ce

mot, «transparence», comme s'il n'y en a pas, ça m'inquiète. Ça m'inquiète

parce que les citoyens, ils s'attendent à une certaine transparence, puis de

faire allusion au fait qu'il n'y en a peut-être pas, c'est inquiétant. Alors,

vous avez des leviers, on a une responsabilité et, je dois dire, une légitimité

politique d'intervenir. Non seulement on a promis tout ça en campagne

électorale, le gel des tarifs d'électricité pour les citoyens, de miser sur

l'hydroélectricité pour s'enrichir à l'avenir... élections qu'on a gagnées et

oeuvre qu'on met en marche.

Alors, je cherche et je peine à trouver l'enjeu

de transparence. Peut-être, dans le prochain bloc, on va pouvoir avoir un peu plus d'information, mais je ne le

vois pas, cet enjeu-là de transparence. Je vois un désaccord philosophique,

puis ça aussi, Mme la Présidente, c'est sain, mais je ne

vois pas d'enjeu de transparence. Au contraire, je vois un gouvernement qui

répond aux questions des collègues avec transparence et ouverture. Merci.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Je

cède maintenant la parole à Mme la députée d'Iberville.

Mme Bogemans : Merci beaucoup, Mme

la Présidente. Premièrement, je tenais à saluer tous les élus qui sont ici, mais aussi à saluer les premiers

intervenants du drame à Laval qui ont eu à faire face à l'horreur. Puis je

voulais aussi saluer le courage de tous ceux qui restent. Je suis

profondément touchée, puis mes pensées vont directement aux familles des

victimes puis aux familles aussi qui vont vivre avec les conséquences de ce

qu'ils ont vu au courant des derniers jours.

Maintenant, si on se ramène au sujet qui nous

préoccupe, soit la stratégie gouvernementale, parce que ce qu'il faut

comprendre, à la base, en termes, oui, d'hydroélectricité, mais, à la base, le

gouvernement, bien, on est un gouvernement d'économie. Puis je comprends que ça

peut être difficile à comprendre pour certaines personnes, parce que, pour une des rares fois dans

l'histoire, on a un parti qui est capable d'arrimer un plan de lutte aux GES

avec un véritable virage économique.

Tantôt, on parlait avec le député Jacques-Cartier,

et puis, des fois, je me demande s'il a assisté à la même commission

parlementaire que moi, parce qu'il disait qu'on ne considérerait pas la

création de nouveaux emplois. Juste notre projet, quand on parle

d'électrification des transports uniquement, on parle de

15 500 nouveaux emplois. On parle,

simplement pour convertir des autobus à propulsion diesel en électrique, de

115 emplois juste pour la conversion. Puis ça, en plus de ça, on ne parle pas de tous les GES qu'on va sauver.

En plus de ça, au niveau des autobus électriques qu'on a annoncés, bien, on

parle d'un investissement de 5 milliards dans les prochaines années pour

électrifier la moitié des autobus urbains qui vont circuler partout au

Québec. On parle de 2 148 autobus très précisément. Puis ça, bien, ça

double le carnet de commandes de tous les autobus électriques en Amérique du

Nord. Ça fait que, quand on nous parle de manque de vision, qu'on est à la

traîne par rapport à l'international, on peut certainement se dire qu'on est un

leader en Amérique du Nord.

Et puis ça, en plus de ça, on n'a même pas parlé

ou effleuré le sujet du secteur aérien. On est un leader aéronautique ici, au Québec, puis on veut l'être

en plus dans l'aéronautique vert. Donc, juste là, tu sais, en juillet 2021, on

a annoncé un investissement de 245 millions, puis ça, c'est à

part la

contribution du fédéral. Donc, on est vraiment capable de se positionner

vers les marchés de demain, c'est un tremplin, en plus d'avoir un effet

spectaculaire sur la sauvegarde des GES au Québec.

La production québécoise d'électricité, bien,

c'est parmi les plus sobres en carbone du monde. C'est une fierté nationale, comme disait le ministre tout à

l'heure. Puis, en plus de ça, on est capables de s'illustrer à l'international

grâce à ça. On décarbone le Québec puis on

peut compter sur une électricité qui provient à 99 % de sources

renouvelables. Pendant des années et

des années, Hydro-Québec a eu des surplus d'électricité. Il y a eu, en

simultané, des projets éoliens, des projets privés, 500 millions de

projets privés. On vivait de purs surplus. Ça n'avait aucun sens. Ce sont des projets qui, souvent, se sont développés ou ont

été proposés près des grands centres par des privés et puis qui ont déchiré des

communautés à feu et à sang.

Et puis nous, ce qu'on a fait en arrivant au

premier mandat, on s'est dit qu'on s'attaquerait aux surplus pour être capable de rentabiliser notre société d'État,

et puis on a réussi à vendre notre électricité dans l'État de New York,

et puis on a baissé leurs émissions de GES de 37 millions de tonnes. On

parle de l'équivalent d'un demi-million de voitures de retirées des routes. Ça

fournit l'équivalent de 1 million de foyers avec un à deux enfants

dans l'État de New York. En effet, ce n'est pas un impact de GES sauvés au

Québec, mais, pour l'ensemble de la planète, sauver des GES, que ça soit sauvé ici, au Québec, que ce soit sauvé chez nos

voisins dans l'État de New York, ça compte dans la balance. Puis,

nous autres, au lieu de faire des surplus, par exemple, inutilisés ou de ne pas

les mettre à profit au maximum pour les GES, la première chose qu'on a faite,

c'est qu'on les a mis à profit pour réduire nos GES. On a eu une stratégie pour

s'améliorer concrètement.

Puis maintenant on veut poser des gestes

significatifs pour électrifier le secteur des transports parce que ça

représente 43 % de tous les GES au Québec. Puis, pour faire ça, bien, il

faut prioriser nos projets, parce que, oui, on va tout faire pour électrifier

nos transports, mais en même temps, actuellement, on a une stratégie qui

dit : Premier arrivé, premier servi

pour tous les projets de 50 mégawatts et moins. Puis, nous autres, ce

qu'on dit, c'est qu'en haut de cinq mégawatts on veut la preuve que

c'est les meilleurs projets structurants pour le Québec. On veut la preuve que ça va créer des emplois chez nous puis la preuve

que ça va valoriser nos régions, qui sont mises à profit dans l'économie

verte de demain, qui peuvent être durement touchées par les transitions économiques.

Merci.

Présidente (Mme Schmaltz) : Nous allons débuter la quatrième série

d'interventions. Je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier.

M. Kelley : Merci, Mme la

Présidente. Le député de Nicolet-Bécancour vient de dire : Peut-être,

nous, on doit regarder dans le miroir de notre histoire. O.K. Moi, je suis

tellement fier de la Baie-James, je suis tellement fier de la Manic, je suis tellement fier de la Romaine. Quand le premier

ministre se lève en Chambre pour dire : Bien, nous, au Québec, les GES per

capita, on est un des meilleurs dans le monde, il y a une raison pour ça, Mme

la Présidente, c'est parce qu'il y a

des gouvernements libéraux, des René Lévesque, quand il était avec le Parti

libéral, des Godbout, des Lesage, des

Bourassa, des Charest, des Couillard qui ont eu une vision de créer de

l'électricité propre. Je suis tellement fier de ça. Alors, sur notre côté de la Chambre, c'est

sûr, est-ce que chaque projet a fonctionné? Est-ce qu'il y a eu des décisions

que, des fois, peut-être ce n'était pas... O.K., «fine», on peut accepter ça,

mais, quand je regarde le portrait global, je suis tellement fier.

C'est tellement drôle de voir le ministre de

Lutte contre les changements climatiques accepter un prix, en 2018‑2019, pour

le Québec parce qu'on est un des meilleurs dans la lutte contre les changements

climatiques. Ce n'est pas grâce... si... gouvernement sous la CAQ qu'on a reçu

ce prix-là. C'est un petit peu comme l'élève dans le projet de groupe qui reçoit

un A, qui a fait pas grand-chose, mais a la même note que les autres qui ont

fait tout le travail avant. Alors, c'est juste un petit peu comme ça que je

vois des fois, quand j'entends la CAQ. C'est comme eux autres, ils ont découvert l'énergie propre : C'est nous qui ont

fait ça. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Il y a plein de

gouvernements libéraux, et je vais ajouter des gouvernements... le Parti

québécois, qui a quand même fait des investissements dans l'énergie propre au

Québec.

Et «one reason, Madam Speaker, I love

history, she has a long memory». Alors,

on va parler de notre héritage. Et moi, j'ai mon cahier quand j'étais un

attaché politique, et je me souviens, le premier ministre quand il a dit, concernant le projet d'Énergie Est, en 2013, oh!

ça, c'est bon, que «le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, demande au premier ministre de sortir de son

immobilisme et de prendre tous les moyens possibles pour s'assurer que le

terminal maritime d'Énergie Est soit construit au Québec». Ah! bien

intéressant, notre collègue. Et vous étiez là depuis le début. Vous étiez là

pour l'Énergie Est et toujours, probablement, pour l'Énergie Est, mais

probablement pas capable de dire ça publiquement, parce que ça, ce n'est pas

bon dans les yeux du premier ministre maintenant. Mais ça, c'est votre héritage. Et votre héritage de bloquer plein des

projets au Québec quand nous étions au pouvoir, de critiquer l'énergie

renouvelable, ça, c'est votre legs aussi. «History is long, history remembers.»

Une autre

chose, M. le ministre, c'est intéressant, parce qu'il va parler que, quand le

PQI... les anciens gouvernements

n'ont rien fait. Mais, quand je regarde dans le PQI présentement, il n'y a

aucun projet pour des rénovations des barrages. Est-ce que le ministre

est en train de prendre engagement pour son gouvernement que, dans le prochain PQI, on va voir des investissements majeurs dans

les barrages, et la rénovation des turbines, et tout ça? Je pose la question parce

qu'à cette date-là je ne vois pas grand-chose, sauf des projets routiers qui

sont dans le PQI présentement, qu'on a des projets pour les routes forestières,

et tout ça, mais je ne vois pas aucun projet concernant des barrages

directement dans le PQI. Alors, si le ministre est prêt à prendre cet

engagement, O.K., on est prêts à discuter ça.

Puis moi, je reviens un petit peu juste sur la

question de la transparence, la discussion qui a été lancée par mon collègue de Maurice-Richard. Une chose, c'est les projets qui sont sur une liste, qui sont sur le

bureau du ministre. Il a pris l'engagement de déposer la liste de tous

les projets, puis on attend toujours pour la liste d'être déposée pour le

public. Je pense que ça, c'est un bon exemple, si le gouvernement va être

transparent, déposer la liste des projets qui existent. Hydro-Québec a cette

liste-là, le ministre a cette liste-là, mais nous, comme élus, puis, quand

même, le grand public, on ne sait pas.

Et je suis d'accord avec la députée d'Iberville

quand elle dit : Comme l'entente avec New York, ça va enlever des chars.

Il y a un chiffre qui est associé avec ça, le nombre de chars qu'on enlève des

routes de New York, ça retire les GES

du monde. C'est vrai, mais, en même temps, il faut toujours poser une question

quand on accepte un projet : C'est quoi, les impacts sur le Québec?

Comment on veut réduire les GES ici avant de juste penser ailleurs? Ça,

c'est une chose qu'il faut prendre en considération pour s'assurer qu'on

atteint nos objectifs et nos cibles. Ça, c'est aussi un élément très, très

important dans nos projets qu'il faut prendre en considération aussi.

Et aussi, sur le projet de New York, en

révision aussi, 10 térawattheures... on doit donner à New York, quand

le gouvernement était au courant qu'il y a un manque de surplus qui s'en vient,

ne pas construire plus de ressources pour le Québec...

La Présidente (Mme Schmaltz) : Conclusion.

M. Kelley : ...c'est problématique.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Je cède maintenant la parole au ministre.

M. Skeete : Je commencerais par

dire : Nous aussi, on l'aime, Robert Bourassa. C'est un grand nationaliste

québécois.

J'ajouterais au collègue que nous, on ne voit

pas le défi climatique dans une perspective uniquement québécoise. Quand on

enlève 1 million de voitures à l'État de New York, la planète gagne.

Alors, moi, je ne mets pas en opposition le fait qu'on aide nos voisins à se

décarboner avec notre désir de faire pareil.

Quand on parle d'héritage, c'est vrai, la CAQ

n'était pas au pouvoir avant 2018. Puis il y a eu des choses qui se sont

faites, des belles choses qui se sont faites, des moins belles choses qu'on

tente de réparer aussi. Alors, on ne renie pas le legs des barrages. En fait,

c'est le Parti libéral qui tourne son dos à son legs quand il dit, et je

cite : Les barrages, c'est des projets d'une autre époque, quand ils

disent qu'on... quand ils insinuent que l'avenir n'est pas porteur avec notre

hydroélectricité, d'accepter ce nouveau mantra que l'hydroélectricité est

polluante et pas voulue par les Québécois. Ce n'est pas nous qui renie ça.

Alors, sachons que nous, ici, on est fiers de l'hydroélectricité. Puis, oui, la

CAQ n'existait pas, alors on ne pouvait pas le faire, mais on l'aurait fait si

on avait été là.

Le collègue veut parler de qu'est-ce qu'on fait,

puis de quelle direction qu'on va aller, puis... mais ce que je n'entends pas,

c'est les questions précises, là. Moi, je suis ici pour répondre aux questions

des collègues. Il me parle de l'héritage. Lui, il ne fait plus les barrages.

J'essaie de lui dire : Bien, nous, on veut parler avec les communautés pour voir qu'est-ce qu'on veut faire. Lui, il dit qu'il veut

faire pour 16 térawatts de projets avec ÉCO. Nous autres, on dit :

Bien là, ça, c'est de la Romaine pas mal. Alors, comment tu vas faire ça? Ça

fait qu'on est en discussion avec les collègues pour voir comment qu'on peut

faire atterrir les choses.

Je rappellerais au collègue qu'il n'y a aucune

gêne pour le ministre de l'Environnement de recevoir un prix pour le Québec en

2019. Tous les Québécois, encore une fois, ont gagné ce prix-là par notre

vision collective. Puis nous, on pousse la balle plus loin. C'est nous qui

avons un plan chiffré pour 2030. C'est nous qui a mis la fin à l'exploitation

des hydrocarbures. C'est nous qui a mis fin aux voitures à combustion à

l'avenir très rapproché, ce qui cause des défis énergétiques, en passant. Puis

c'est aussi nous qui continue les actions et qui vise la carboneutralité en

2050. Alors, tous les Québécois doivent être fiers de ce qu'on a fait par le

passé et qu'est-ce qu'on veut faire aujourd'hui. C'est juste normal que c'est à

notre tour de porter le bâton, et on va le faire en l'honneur des Québécois.

Donc, pour ma

part, ce que je pourrais dire au collègue, pour revenir sur la question des

enjeux d'infrastructures, il n'y a rien dans le PQI, je rappellerais au

collègue que le PQI ne comporte pas les rénovations d'Hydro-Québec. Ce n'est pas dans le même budget. Hydro-Québec est

une société autonome. Ils gèrent leurs réparations et les investissements.

C'est sûr que, s'ils ont besoin d'aide, ça va être discuté, puis on va les

aider quand on peut, mais ce n'est pas dans le PQI, les rénovations

d'Hydro-Québec. Alors, de notre côté, on va être à l'écoute pour tout, qu'il y

ait de l'efficacité, augmentation de la productivité pour nous permettre de

faire plus avec notre énergie et aussi nous permettre d'aller vers l'avenir.

Le collègue, à son tour, rappelle des enjeux de

transparence. Je vais rappeler que ma présence même ici est une indication qu'on est transparent. Notre

présence, même à la période des questions, notre présence à la commission

parlementaire, notre présence à la discussion qui va avoir lieu sur le plan

stratégique d'Hydro-Québec est encore témoin du fait qu'on ne cache rien à

personne. Je pense qu'il y a un enjeu de société. On va gérer l'enjeu de

société, on va discuter avec les gens puis on n'est pas trop bons pour accepter

les bonnes idées de personne. Alors, on va être à l'écoute de tous les

Québécois et, en temps et lieu, on va arriver avec une nouvelle vision

québécoise pour notre hydroélectricité.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Jean-Talon.

Mme Boutin : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. C'est une discussion qui est vraiment très intéressante. Moi aussi, je suis très contente que nos

prédécesseurs aient eu le courage, parce que ça ne devait pas être facile

d'investir dans des gros projets de

barrages hydroélectriques. On a surfé longtemps là-dessus au Québec, mais

aujourd'hui le contexte a changé.

Dans les

dernières années, en cinq ans, c'est complètement fou à quel point le contexte

a changé. On est passé d'un contexte de surplus énergétique en mode on veut

vendre notre hydroélectricité, on veut justement aider nos voisins, à un

mode oh, mon Dieu! On a déposé le Plan d'économie verte, on s'en va vers la

carboneutralité en 2050, on interdit les véhicules à essence en 2035. Ça, ça

envoie des messages au marché, ça envoie des messages à la population. Donc,

les gens se sont mis en liste d'attente. Moi la première, j'attends ma voiture

électrique. Pour avoir des voitures

électriques, on s'est dit : Parfait, le gouvernement est au rendez-vous,

il y a des subventions pour nous aider, il va y avoir plus de bornes

électriques.

Donc, on est en mouvement. Ça a fait un contexte

de surplus à un contexte de besoins énergétiques. Et le plan stratégique

d'Hydro-Québec, qui est public, moi, je l'ai lu au complet pendant la campagne

électorale parce que je faisais des débats

en environnement, est complètement arrimé sur le Plan d'économie verte et notre

désir d'atteindre la carboneutralité. C'est d'ailleurs, je pense, à la

page 2 qu'on dit qu'Hydro-Québec dit que plus de 100 térawattheures

additionnels d'électricité vont être nécessaires pour atteindre 2050. Donc, je

pense qu'on est quand même assez transparent,

là. Même le Plan d'économie verte, tous les plans d'action, de mise en oeuvre,

tout est public, quand même. Il est

très intéressant. Ceux qui n'ont pas lu, j'encourage fortement tout le monde à

lire le plan stratégique d'Hydro-Québec, qui n'est pas quelque chose

pour les initiés seulement, là, c'est vraiment très bien fait. Et ce plan-là

est arrimé vraiment à la vision, aux choix

qu'on doit faire collectivement comme société pour atteindre la

carboneutralité, la vision du gouvernement qui s'oriente autour de

quelques grands piliers dont reconnaître l'efficacité énergétique comme source

prioritaire d'énergie. Autant les Québécois, on est dans les citoyens qui

émettent le moins... en fait, en Amérique du

Nord, on est ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre, autant on est

dans ceux qui consomment le plus

d'électricité. On a toujours pris ça pour acquis, l'électricité n'est pas très

chère. On va en Europe, c'est totalement différent, ils sont en mode

d'économie d'énergie énormément, alors que nous, on pense moins à ça. Donc,

c'est sûr qu'il y a des efforts qui vont être faits en ce sens-là.

Il y a également de développer le plein

potentiel des énergies renouvelables. On a parlé du parc éolien, mon collègue le ministre l'a mentionné, c'est de moins

en moins cher, donc c'est de plus en plus intéressant d'investir dans l'éolien.

Si on vend notre électricité à 0,07 $ le kilowattheure, il ne faut pas que

ça nous coûte 0,14 $ le kilowattheure à produire. Il faudrait que ce soit minimal rentable. Il y a plusieurs

autres sources d'énergie qui sont regardées, la géothermie. Je parlais

au ministre de l'Énergie régulièrement : As-tu vu qu'est-ce qui se passe

en Suède? C'est rendu que les Suédois importent des poubelles carrément, tout

ce qui tourne autour de la revalorisation des déchets, finalement. Donc, il y a

beaucoup, beaucoup de potentiel, tout est regardé.

Augmenter également la production... la capacité

de nos barrages parce que, mon collègue le ministre l'a dit, exactement, il y a

un potentiel d'investissement en innovation, en technologie dans les barrages

qui sont existants, on parle de, oui, possiblement rebâtir des barrages dans le

futur, mais c'est une autre... ce n'est pas encore décidé, mais je pense qu'il y a

quelque chose à faire au niveau de la production actuelle, mais également

soutenir toute l'innovation en énergie puis en développement économique.

En ce moment, bien, moi, je travaille sur la SQRI 2 , qui est la

Stratégie québécoise en recherche et investissements, il y a des filières,

justement, et on va soutenir les entreprises, justement, qui vont vouloir se

spécialiser dans des domaines d'avenir, dont l'énergie propre.

Donc,

on a un potentiel immense au Québec. Oui, il y a des défis, parce qu'on veut

ça, ça génère un potentiel immense. Puis mon collègue, je ne sais pas s'il va

parler des zones d'innovation, entre autres

à Bécancour, ce qui se passe en batterie — j'aimerais beaucoup qu'il en parle, en fait, je le

dis tout de suite — en

ce moment, puis tout n'est pas encore

public, mais il y a plein de projets de centres d'innovation et de zones

d'innovation, au Québec,

qui sont en train d'émerger, puis certains se positionnent, justement, dans des

secteurs pour aider, justement, l'énergie propre.

Donc, quand on envoie

un message, comme gouvernement, quand on dépose un plan aussi ambitieux, qui

est le premier Plan d'économie verte du

Québec, quand Hydro-Québec suit puis dit : Parfait, nous autres aussi, on

embarque, on va travailler là-dessus, bien, ça envoie aussi un message

dans le secteur économique. Il y a d'autres secteurs qui vont émerger. Puis

moi, je fais... le temps file, là, mais je fais des missions aux États-Unis

régulièrement, et, en ce moment, on ne parle

que de ça, investir dans les énergies renouvelables, dans les Cleantech. Donc,

le Québec, on a un potentiel, et on a

un devoir de se positionner en Amérique du Nord, mais mondialement dans ces

secteurs-là, parce qu'il en va de notre futur puis notre richesse

collective. Merci.

Présidente (Mme Schmaltz) :

Merci. Nous allons débuter la cinquième série d'interventions. Donc, je cède

maintenant la parole au député de Jacques-Cartier.

M. Kelley : Alors,

Mme la députée de Jean-Talon, il y a des plans pour les parcs d'innovation qui

ne sont pas publics encore, mais vous êtes

au courant. Rends ça transparent pour nous. On veut savoir aussi ces projets-là

très intéressants. Et aussi je reviens sur le plan stratégique

d'Hydro-Québec. Et elle parle de contexte. C'est vrai que le contexte a changé, ça a changé en 2016 dans la

politique énergétique, qu'elle a quand même citée avant, où on a mentionné

qu'en 2016, au minimum, manque de 50 térawatts par 2030. Le plus grand

bloc, le 100 à 150 ou 137, on n'est pas sûrs

encore, tout l'autre côté... Chambre, ça, c'est pour 2050. Alors, le contexte

est déjà changé. Puis le gouvernement, depuis

2018 et 2022, qu'est-ce qu'ils ont fait pour adresser cet enjeu -là? Ça, c'est

pourquoi on est ici, pour discuter tout ça.

Puis aussi, je veux

être très clair, nous, sur notre côté de la Chambre, on ne va pas être

dogmatique dans l'avenir si c'est une

question d'un barrage. On comprend le contexte de Churchill Falls en 2041, on

comprend tout ça. Mais qu'est-ce que nous et la société en général veut

avoir une discussion là-dessus, c'est quand même cité dans le plan stratégique d'Hydro-Québec 2022, c'est

sur la question : C'est quoi, le meilleur choix pour notre société? Puis

eux autres ont écrit noir sur blanc

que, et je cite, «par ailleurs — on

parle de l'avenir énergétique du Québec — l'accroissement

de la puissance de notre parc

hydroélectrique existant et le recours à des filières renouvelables, comme

l'éolien et le solaire, qui pourraient être déployées rapidement à

plusieurs endroits comme source d'énergie complémentaire représentent des

options intéressantes pour combler les besoins additionnels». Je trouve ça bien

intéressant et une piste qu'il faut explorer rapidement. Et ça, c'est où on

doit avoir le débat de société.

Et ça, c'est une

autre chose, des fois, j'entends quand même l'autre côté critiquer notre projet

d'ÉCO, mais nous, on a pris le rapport de

Dunsky, on a dit : Il faut construire plus d'énergie, il faut ajouter plus

d'énergie au Québec, c'est clair.

Puis on veut... on ajoute, pour nous, c'était d'aller à 160 térawatts pour

le Québec, qui n'est pas loin de 150, cible du ministre de l'Économie.

Alors, on comprend.

Puis,

des fois, je sais qu'il veut critiquer nous sur l'hydrogène, mais, moi, encore

une autre contradiction. La semaine dernière, j'ai le ministre de l'Économie

qui dit : Pas d'hydrogène au Québec. Et, ce vendredi, il était là pour

faire une annonce avec Alstom pour un train à hydrogène. Et ça, c'est

pourquoi nous, sur notre côté, on a proposé un plan pour l'hydrogène, c'est

parce que l'hydrogène peut remplacer les hydrocarbures qui sont dans... si

c'est les gros bateaux maritimes, si c'est

dans des grosses machineries, sur les sites miniers, ça, c'est temporaire, une

solution pour remplacer certains hydrocarbures.

Puis aussi, un autre

plan qui est plus long terme, de peut-être exporter l'hydrogène. Il y a une

raison pour quoi l'Allemagne a fait une

visite, un tour au Canada pour visiter deux des différents projets qui ont

parlé de l'hydrogène, parce qu'eux

autres cherchent des différentes sources d'énergie pour remplacer le gaz

naturel qu'ils ont coupé de la Russie. Alors,

c'est juste pourquoi nous, on a mis ça de l'avant. Et, quand même, c'est dans

le plan stratégique d'Hydro-Québec, que

l'hydrogène, c'est une avenue qu'il faut exporter dans l'avenir. Mais peut-être

que la porte est fermée ou pas, je ne sais pas, c'est difficile à

suivre.

Finalement, je n'ai

pas beaucoup de temps qui reste dans ce bloc ici, Mme la Présidente, mais une

chose qui, je pense, est aussi très importante, c'est... je reviens sur la

question de l'efficacité. Et, si le ministre peut encore juste nous éclairer, si... qu'est-ce qu'il pense, le

rapport de la VG pour mieux s'assurer que les infrastructures d'Hydro-Québec,

les lignes de transmission sont plus smart, mettre en place cette smart... les

îlots. Ça, c'est les différents types de technologie qui ont besoin de s'assurer

que les gens sont plus efficaces, mais aussi d'entendre le ministre qu'est-ce

qu'il pense qui était encore dans notre plan ÉCO, c'est pour les bâtiments,

puis s'assurer qu'eux autres sont plus efficaces,

et comment on peut peut-être marquer les bâtiments comme il fait ailleurs dans

la classification, A, très efficace, B, moins efficace, C, D, on dit D,

c'est le plus pire, c'est eux autres qui doivent faire le travail le plus

rapidement que possible. C'est quoi, la

vision du gouvernement dans ce sens-là pour aider si c'est, oui, des bâtiments,

des grosses entreprises qui ont des grands espaces, qui... pour le

stockage? Comment on va s'assurer qu'eux autres sont efficaces dans la

consommation d'énergie aussi? Parce que ça, c'est un gros bloc, c'est l'efficacité

pour la population...

La Présidente (Mme

Schmaltz) : En conclusion.

M. Kelley : ...mais aussi pour les

PME.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Je cède maintenant la parole au ministre.

Skeete : Merci, Mme la Présidente. Là, je suis perplexe.

Là, on nous demande de s'ingérer dans Hydro-Québec pour être sûr qu'ils

font ce que le gouvernement demande. Je ne suis pas sûr que c'est la façon de

faire. On est un actionnaire d'Hydro-Québec,

on est présents sur le conseil d'administration. Les grandes orientations, on

les approuve, mais, dans le quotidien... ce n'est pas à nous de s'ingérer dans

le quotidien d'Hydro-Québec. Alors, je suis perplexe, je suis perplexe

sur quelle direction qu'on veut prendre.

J'aimerais qu'on parle, justement, de

l'hydrogène vert. Ça a été, pour moi, une belle annonce quand que mon collègue le ministre de l'Énergie, et de

l'Innovation, et de l'Économie s'est présenté pour faire le projet du projet

pilote à Charlevoix. Parce qu'on l'a toujours dit, pour le Parti libéral, dans

son projet ÉCO, 100 milliards, tout passe par l'hydrogène. Nous, on

a toujours dit : L'hydrogène, si on regarde une tarte, là, c'est un

morceau de la solution, surtout dans les secteurs suivants, quand qu'on parle

de transport lourd, que ça soit les camions, que ça soit les trains, que ça soit les grands bateaux maritimes. On le

sait, le premier ministre a une passion pour le transport maritime, on l'a vu

dans son livre Cap sur un Québec gagnant .

Il faut utiliser l'hydrogène vert de la meilleure manière possible, et ce n'est

pas de le mettre partout.

Il y a aussi les industries. Les industries,

quand je pense peut-être aux aluminiers et aussi aux entreprises qui font du

fer, eux, ils ont besoin d'une grande température très haute. Puis

l'électricité, ça ne peut pas arriver à cette température-là.

Oui, il y a un rôle à jouer pour l'hydrogène dans ces secteurs-là. Alors, il

n'y a personne qui parle d'encore une fois mettre en opposition

l'hydroélectricité avec l'hydrogène vert.

C'est la

raison pour laquelle, dans la Stratégie québécoise de l'hydrogène vert et les

bioénergies, on a annoncé ça en printemps 2022, on prévoit de générer un

potentiel, là, de 4 millions de tonnes équivalent... d'une réduction,

pardon, de 4 millions de tonnes

équivalent de CO2 par année avec cette stratégie, justement, de l'hydrogène

vert, soit 13 % des réductions qu'on a de besoin pour atteindre

notre cible de 2030. Alors, oui, l'hydrogène va nous aider à réduire nos gaz à effet de serre, puis ça représente

13 % de l'objectif voulu de la réduction des gaz à effet de serre du

gouvernement. Donc, nécessairement, ça joue un rôle.

Le remplacement des énergies fossiles par

l'hydrogène vert ou les bioénergies est en complémentarité avec l'efficacité

énergétique et l'électrification directe. Donc, on doit réduire nos effets...

nos gaz à effet de serre. On doit accroître

notre résilience économique, parce qu'en ce moment on les importe, ces

biens-là, diversifier et aussi sécuriser l'approvisionnement, parce

qu'encore une fois, dans un monde de moins en moins certain, il faut être sûr

qu'on a ce qu'il nous faut. Regardez la crise qu'on a vécue juste avant la

pandémie avec la crise ferroviaire, il a presque manqué de propane au Québec. Comment on fait pour être sûr qu'on a ce qu'on a

de besoin pour exploiter et de pouvoir continuer à utiliser ces produits-là en cas de problème dans la chaîne

d'approvisionnement? On est là-dessus, ce n'est pas dans notre angle

mort, on le voit et on agit.

On veut aussi

améliorer notre balance commerciale, ça va nous aider. Quand qu'on parle de

richesse collective, c'est aussi de réduire notre balance commerciale avec nos

voisins. Moins on importe, plus on a de richesse locale. Et aussi c'est

sans négliger le fait qu'on va créer des emplois à bonne qualité.

Donc, quand qu'on pense à l'environnement et

l'opportunité qui est la décarbonation de l'économie du Québec, nous, on voit

le 360, on voit tant l'obligation morale de lutter contre le changement climatique,

mais aussi comment on fait pour devenir source fiable pour nos voisins dans

cette filière-là d'énergie, réduire les gaz à effet de serre pour nous-mêmes, mais pour nos voisins. Je vous rappellerais que

le Québec, lui, représente 50 % des émissions per capita que nos

voisins américains et canadiens. Donc, si on peut les aider à réduire leur

empreinte, bien, on s'aide collectivement. Je pense que le Québec a un rôle à

jouer là, d'être un fournisseur fiable de ces produits-là. Que ça soit la bioénergie ou l'hydrogène vert, alors, on

a un rôle à jouer, mais, contrairement à l'opposition officielle, pour nous, ce

n'est pas une panacée, ce n'est pas juste comme ça qu'on va régler les

problèmes de demain. Merci Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Je cède maintenant la parole à M. le député de Nicolet-Bécancour.

M. Martel : Merci, Mme la

Présidente. J'écoute les commentaires de tout le monde, puis là j'ai entendu deux défis, un défi du député Jacques-Cartier puis un de ma collègue de Jean-Talon. Le défi du collègue de Jacques-Cartier, il dit : Vous étiez

d'accord avec le projet Énergie Est et vous n'êtes pas game de dire ça au

micro. Bien, moi, je ne suis pas gêné de

dire qu'effectivement on avait un préjugé favorable compte tenu que les besoins

en gaz, en pétrole, ça demeure actuel.

Mais il y avait quand même trois conditions. Il fallait que ça respecte toutes

les règles environnementales, il fallait qu'il y ait une acceptabilité sociale,

puis ce que le collègue de Jacques-Cartier oublie de mentionner aussi, c'est qu'il

devait y avoir des compensations. Autrement dit, on n'était pas juste une

terre, il fallait qu'il y ait de l'argent.

Peut-être une des distinctions puis quelque

chose que je suis très, très fier au parti avec lequel je suis, c'est qu'on

n'est pas un parti dogmatique. Tantôt je parlais d'héritage, puis le député Jacques-Cartier,

il a raison d'être fier de l'héritage libéral, mais il faisait allusion à

quelque chose de voilà à peu près 50 ans. Puis ce que Robert Bourassa a

fait à l'époque, moi aussi, je serais quand même assez fier. C'est... On peut

être très, très, très contents de ça.

Moi, je suis un petit peu plus contemporain, là.

J'étais dans la période 2005‑2018 où le Parti libéral avait nommé, à la tête d'Hydro-Québec, Thierry Vandal,

qui, comme je le mentionnais tantôt, était président de la commission politique du Parti libéral auparavant. Tantôt je mentionnais

qu'il y avait la Centrale TAG, puis je veux juste finir cette petite histoire là. La Centrale TAG, la convertir au gaz naturel,

ça aurait coûté moins de 120 millions. On a choisi de faire... de

donner le contrat à TransCanada Énergie, et ça nous coûte... ça nous a coûté

2,4 milliards depuis le début de cette

centrale-là, qui n'a jamais fonctionné. Pire, une des justifications qu'il y

avait pour construire cette centrale-là, c'est qu'on disait : Elle va fournir de la vapeur à l'usine Norsk

Hydro, qui était juste à côté. Mais Norsk Hydro a fermé avant que

l'usine ait été complétée.

Donc, je

parlais d'héritage. Je parlais de... Parce que c'est dur. Quand il dit... les

libéraux disent qu'on manque de vision en matière d'énergie, moi, je me

dis : Bien, il faut regarder, là, avant d'émettre des critiques aussi

sévères que ça, il faut regarder dans son miroir.

Puis là je

n'ai pas parlé de la centrale nucléaire. Je vais faire ça quand même assez

rapidement. Le Parti libéral a beaucoup tergiversé par rapport à la

reconduction de la restauration de la centrale nucléaire, de sorte que, quand

ils sont arrivés à la fin de leur mandat, les travaux n'avaient pas été

entrepris. Et le Parti libéral... le Parti québécois, qui est arrivé au pouvoir

en 2012, puis ça, je vais toujours leur remettre sur le nez, premier conseil

des ministres, le Parti québécois dit :

Nous, on met fin aux travaux de la centrale nucléaire. On avait dépensé

2 milliards, on a pris 2 milliards qu'on a jetés directement

dans le fleuve. On parle de vision, là. On parle de vision, d'énergie. On a

pris 2 milliards, on a mis ça dans le fleuve. Il y avait 850 employés

attitrés à Hydro-Québec, des bons emplois. Ces emplois-là ont été transférés.

Mais le pire, le pire, c'est qu'au Québec, grâce à Hydro-Québec, on avait une

expertise reconnue mondialement au niveau de l'énergie nucléaire. On a tout

foutu ça en l'air. Donc c'est très, très triste.

Très rapidement, très content de ce qui se passe

dans le parc industriel actuellement sous le règne libéral. Moi, j'ai toujours dit qu'on pouvait faire un

bilan du Parti libéral au niveau du développement économique en fonction

des résultats du parc industriel. On s'est servi du parc industriel pour

annoncer des projets Rio Tinto qui ne se sont jamais réalisés, Société

internationale métallique, qui ne se sont jamais réalisés, IFFCO, un projet

d'urée qui ne s'est jamais réalisé, Stolt LNGaz. On les a annoncés, là, pas

loin de la campagne électorale, ils ne se sont pas faits.

De notre côté, GM POSCO, qu'on a annoncé, très

gros projet relié à la filière de la batterie, les travaux d'excavation sont en

train de se faire. Nemaska Lithium, l'achat du terrain a été fait, les travaux

vont commencer ce printemps. Nouveau Monde

Graphite, déjà, Nouveau Monde Graphite a un plan expérimental sur le

territoire. Je ne parle pas de Virentia, je ne parle pas de NEAS, je ne

parle pas de... etc.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Nous allons débuter la sixième série d'interventions. Je souhaite maintenant la

parole au député de Maurice-Richard. Vous avez une minute.

M. Bouazzi : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. J'ai entendu le ministre nous dire qu'il n'y avait pas de problème

de transparence. Je pense que le ministre confond entre une opinion et un fait,

et nous, on préfère les opinions documentées. Je signale que le ministre nous a

dit qu'il a enlevé 1 million de voitures sur les routes, que la députée

d'Iberville a parlé d'un demi-million. Je suis étonné qu'on parle dans le

passé, vu que c'est des questions du futur,

et que dans le passé, depuis que le gouvernement est là, c'est 200 000 voitures

de plus, camions légers, qu'il y a sur les routes.

L'opinion du ministre Fitzgibbon, c'est dire

qu'un BAPE, ça dure de deux à trois ans. Dans les faits, ça dure moins qu'un an. L'opinion du député de Sainte-Rose, ici présent, c'est que, si on n'augmente pas les prix de

l'électricité, c'est les riches qui vont en profiter. Dans les faits, ce

sont les plus démunis qui paient la plus grosse proportion de leur électricité

et que c'est eux que ça impacte avant tout. Dans les faits, c'est le 1 %

le plus riche qui pollue jusqu'à 20 à

30 fois plus que le 50 %, 50 %, de moins nantis au Québec. Dans

les faits, les autochtones ont peur pour... les groupes autochtones ont

peur pour leur environnement de travail. Dans les faits, les gens les plus

démunis vivent dans des demi-sous-sols qui vont vivre des catastrophes

climatiques...

La Présidente (Mme Schmaltz) : En

terminant.

Bouazzi : ...dans les faits, nous avons besoin d'un débat

démocratique sain, et c'est d'un BAPE générique dont nous avons besoin.

Présidente (Mme Schmaltz) : Merci. Nous en sommes maintenant aux dernières

interventions. M. le ministre, vous avez la parole pour 10 minutes.

M. Skeete : Merci, Mme la Présidente.

Historiquement, moi, je me souviens du grand débat des trop-perçus d'Hydro-Québec. Moi, je me souviens de l'époque où

est-ce que le gouvernement libéral avait encaissé des milliards en trop-perçus. Et nous, on est venus régler ce

problème-là avec une garantie, une promesse morale pour tous les Québécois que

jamais le prix de leur électricité augmenterait plus que l'inflation.

Mais on vit une situation exceptionnelle, c'est

une situation anormale, dans les 50 dernières années. Alors, dans le cadre du projet de loi n° 2, en phase avec cette promesse, cette promesse qu'on a fait aux

Québécois non seulement dans la dernière campagne,

mais en général, que les trop-perçus, ce n'était pas acceptable, on vient

corriger cette aberration-là.

Je l'ai dit, historiquement, à toutes les fois

que les gouvernements ont tenté de freiner l'augmentation de l'énergie, il y a eu deux conséquences. La

première conséquence, c'est que, dans le fond, tu sauvais aujourd'hui, mais

tu payais le double demain, puis ça, ça avait un choc tarifaire qui était

inacceptable non seulement pour les Québécois de classe moyenne, mais que ça

affectait beaucoup plus fort et plus durement les Québécois à bas revenu. Mais, après ça, ces gens-là étaient pognés ou on

créait, pardon, un environnement où est-ce que les gens surconsommaient.

Ça nous amène au problème qu'on a aujourd'hui où est-ce que les Québécois sont

parmi ceux qui consomment le plus l'électricité. Alors, quand qu'on ne valorise

pas adéquatement une ressource, elle est gaspillée. Donc, moi, je pense qu'on a

trouvé le juste équilibre, équilibre qui a été validé le 3 octobre

dernier, pendant l'élection.

J'aimerais parler d'efficacité énergétique parce

que les mesures de gestion de la demande qu'on propose sont orientées vers les

clients commercial et industriel. Le collègue parle que c'est les gens qui vont

payer le plus cher. Je ne suis pas d'accord.

De notre côté, on vient dire que, dans l'augmentation qui va avoir lieu suite à

l'élection, suite au projet de loi n° 2, on ne

gèle pas les tarifs industriel et commercial. Et je me fais appeler par des

commerces et des industries parce qu'ils ne sont pas toujours contents avec

cette décision-là, mais nous, on pense que c'est la chose à faire pour deux

raisons. Un, ces industries, ici, qui consomment notre électricité ont leur

part à faire par rapport à l'utilisation de notre énergie. Et, deuxièmement, la

promesse qu'on a fait n'était pas pour les entreprises, elle était pour les Québécois, qui, eux, sont propriétaires d'Hydro-Québec.

Donc, je pense que c'est sain que le tarif applicable L soit utilisé

seulement et augmenté seulement au taux de l'inflation pour les entreprises.

Puis ça ne nous fait pas toujours des amis, là. Comme je vous ai dit, Mme la

Présidente, il y a des gens en industrie qui nous demandent de le geler, mais

ce n'est pas la chose à faire, parce qu'on veut qu'eux aussi soient rigoureux

avec l'énergie qu'ils utilisent.

Tantôt, le collègue me demandait les projets

qu'on avait en cours. Je vais répondre à sa question. On a reçu des demandes d'alimentation de plus de cinq

mégawatts totalisant pour plus de 23 000 mégawatts. Donc, dans

l'inventaire de dossiers qu'on a reçus de plus de cinq mégawatts, on en

a pour 23 000 mégawatts.

Des nouvelles

demandes continuent d'arriver parce que le mot s'est passé, Mme la Présidente,

le Québec va bien, l'économie roule. Alors, les gens, ils viennent nous

voir puis ils ont des projets importants pour les Québécois, des projets dans le comté de mon collègue de Nicolet-Bécancour.

Il y a des projets un peu partout, que ça soit à Shawinigan, que ça soit

même à Laval, que ça soit à Bromont et à Sherbrooke, il y a des beaux projets

qui s'en viennent, puis on a l'embarras du choix, Mme la Présidente, l'embarras

du choix.

Et la prochaine étape, maintenant, c'est de

regarder ces 23 000 mégawatts de demande et de choisir ceux qui sont

les plus stratégiques parce que, comme l'a dit une personne qu'on connaît bien,

on ne veut pas être le Dollarama de l'électricité en Amérique du Nord. On veut

que les projets qu'on va soutenir soient structurants pour l'avenir du Québec. On souhaite que les entreprises qui

viennent s'établir ici avec notre ressource chère, précieuse et rare

l'utilisent pour enrichir les Québécois et enrichir la capacité de

l'État de livrer sa mission première. Tout ça est dans ça, là.

Quand on dit «tout est dans tout», là, pourquoi

parler de création de richesse? Pourquoi parler de choisir des projets d'Hydro?

Pourquoi parler de réduire un peu notre consommation d'électricité? Tout ça,

c'est dans le but de payer nos garderies, de

payer nos services de santé, de payer les services dont les Québécois demandent

du gouvernement. Et c'est la raison

pourquoi le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie se réveille

à tous les jours, tous les employés, pour regarder les projets qui sont

porteurs d'avenir, et on va le faire, Mme la Présidente.

Dans ces 23 000 mégawatts, il y en a à

peu près 8 000, 10 000, mégawatts qui sont vraiment porteurs, on

pense qu'ils vont se réaliser. Peut-être ils ne se réaliseront pas tous, mais

on pense qu'ils vont se réaliser. Pour ce faire,

on va avoir besoin des nouvelles capacités d'approvisionnement, O.K.? Ce que ça

veut dire, ça, c'est que l'énergie qu'on a aujourd'hui et l'énergie

qu'on a de besoin demain, ce n'est pas en phase. Comment on fait pour combler

cet écart-là entre ce qu'on prévoit qui va

venir puis ce qu'on a comme capacité? Puis la raison qu'on en parle, Mme la

Présidente, c'est simple, c'est qu'antérieurement Hydro-Québec se fiait

sur le passé, mais on n'a jamais été aussi bons

à générer des projets d'envergure. Alors, si on se fie à une croissance

limitée, on va dire un plateau antérieur, mais là, maintenant, la courbe, elle

monte, et, avec cette augmentation-là de la courbe, les augmentations de

demande sont là aussi. Puis on n'est pas obligé de choisir entre aider nos

voisins puis d'avoir des projets porteurs, parce que, si l'objectif

premier, c'est de réduire le carbone, bien, il faut le réduire pour tout le

monde. Alors, on a un rôle à jouer aussi.

Alors, le problème qu'on a à régler ensemble,

les Québécois, puis c'est la raison pourquoi qu'on en parle beaucoup, hein, les

Québécois, ils se disent : Mais comment ça se fait qu'on parle de ça tout

à coup?, c'est parce qu'il y a des beaux

projets qui vont être énergivores. Et comment qu'on fait pour, au Québec,

maximiser l'opportunité qu'on a de s'enrichir, oui, mais de décarboner

l'économie et de s'insérer dans cette chaîne d'approvisionnement là tant critique...

Parce que, bientôt, il y a des entreprises qui vont dire : Mais, toi, là,

ta voiture, là, elle a été faite avec de l'acier, puis ton acier a été fait

avec du charbon ou avec de l'huile, alors on ne l'achète pas, parce que, nous,

nos clients qui achètent les voitures, ultimement, cherchent une voiture verte.

Alors, si le Québec peut s'insérer dans cette chaîne, là, pour dire :

Bien, attends une seconde, notre aluminium, notre fer, lui, il est vert, on va

pouvoir se démarquer et s'insérer dans la chaîne d'approvisionnement de ces

grandes entreprises, ce qui va créer de la richesse, ce qui va améliorer

l'emploi, ce qui va aider le Québec à remplir sa mission auprès des Québécois.

Quand je dis que tout est dans tout, c'est comme ça qu'il faut le voir.

Et le défi qu'on a,

c'est de s'assurer qu'on a l'électricité pour faire ces grands projets là.

C'est ce qui alimente, sans jeu de mots, c'est ce qui alimente le quotidien du

ministère que j'ai le privilège de représenter. C'est comment on fait pour attacher

ces différentes variables pour introduire le Québec dans la chaîne de valeur

des entreprises, qui vont leur permettre de livrer un

produit non seulement carboneutre, mais à la hauteur des attentes et des défis

qu'on a en environnement dans le XXIe siècle. Puis c'est le fun, c'est le

fun d'être à l'horizon de beaux projets

comme ça, mais ça nécessite des conversations, des conversations comme

aujourd'hui, comme on a aujourd'hui, des conversations qu'on va avoir

lors du dépôt du plan stratégique officiellement puis où est-ce que la

présidente ou le ou la futur président ou

présidente va venir nous expliquer c'est quoi, la vision d'Hydro-Québec. Puis

les oppositions et tout le monde va avoir la chance de s'exprimer, de se

faire entendre là-dessus. Puis c'est correct, c'est bien. Ayons ces

discussions-là.

Et, entretemps, les

projets vont continuer à rentrer au ministère, et on va continuer à les

regarder au mérite. Parce qu'une chose qu'on ne dit pas assez, c'est que

l'analyse des projets se fait de manière... avec des critères objectifs. Ces

projets-là, ce n'est pas deux, trois personnes dans une salle qui

décident : Bien là, on va le faire, ce projet-là, hein? Ce n'est pas de

même que ça marche. Puis d'insinuer que c'est comme ça que ça marche, ça fait mal

à la confiance institutionnelle des Québécois.

Il y a des mécanismes

en place pour être sûr que l'argent est dépensé de manière judicieuse. Est-ce

qu'en matière d'investissement on peut être parfait? C'est impossible, mais il

y a des mécanismes en place pour le faire. Puis

on a des défis ici, au Québec, de choisir les projets les plus porteurs, ceux

qui amènent le plus de valeur ajoutée, le plus de revenus, le plus de

sous, les meilleurs emplois, la plus faible empreinte écologique. Tout ça,

c'est dans le défi qu'on a pour la prochaine décennie, prochain centenaire.

Alors, voilà.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier également pour

une période de 10 minutes.

M. Kelley : Merci,

Mme la Présidente. Je veux juste rappeler que, pendant les audiences publiques

pour le projet de loi n° 2, on a entendu plusieurs groupes dire que, quand

même, avec le p.l. n° 2, on va toujours avoir des trop-perçus. Alors, on

n'a pas réglé le problème, c'est toujours un enjeu pour les citoyens du Québec.

C'était un plaisir

d'avoir ce débat ici aujourd'hui, mais... et on va continuer d'avoir le débat.

On demande qu'il y ait toujours quelque chose qui est une discussion plus large

avec la société.

J'essaie

de comprendre mon collègue le ministre et député de Sainte-Rose quand il dit

que moi, je veux mêler, dans Hydro-Québec, l'indépendance, quand son

propre premier ministre annonce qu'il va construire les barrages, quand

Hydro-Québec dit dans le plan stratégique : Ce n'est pas probablement la

meilleure chose à faire. Alors, je ne sais pas. Moi, je n'ai pas pensé que j'ai

dit que je veux mêler dans Hydro-Québec, mais, quand j'entends le premier ministre... arrive, dit : Moi, je vais

construire les barrages, c'est pas mal de mêler dans les affaires

d'Hydro-Québec et d'avoir l'ingérence politique.

Qu'est-ce que je

comprends et ne comprends pas, mais sur la question des critères, pour moi, ce

n'est pas toujours très évident quand on va

choisir des fameux projets qui sont sur le bureau du ministre de l'Économie

présentement. Est-ce qu'on parle juste des projets à l'extérieur? Est-ce

qu'on parle des projets du Québec? Parce que je veux rappeler tout le monde ici

le rapport de Dunsky, et c'est important de rappeler que, quand même,

Hydro-Québec a confirmé ça en commission, que le 100 térawattheures, c'est

juste pour le Québec, c'est pour notre décarbonisation. Ce n'est pas de vendre l'électricité à l'extérieur ni nécessairement

d'importer plus de grands projets. Alors, ça, c'est une autre chose

qu'il faut mettre sur la table.

C'est

important aussi, quand on parle des coûts, qui va payer pour les projets de

l'avenir, les approvisionnements énergétiques. Une chose qu'Hydro-Québec

a aussi dite en commission et, quand même, dans leur document, leur mémoire,

chaque fois qu'on ajoute les projets, ça va coûter, nous, comme une société,

plus. Qui va payer pour ça? Eux autres. Et je

vais juste citer : «Il faut souligner que tout raccordement impliquant des

achats d'électricité supplémentaires aura des impacts tarifaires qui

devront être répartis à travers les différentes clientèles en raison du coût

des nouveaux approvisionnements qui sont plus élevés que les tarifs.» On a posé

la question à Hydro-Québec, juste clarifier ce point-là. Il dit : Oui,

chaque projet qu'on ajoute va coûter plus.

Alors, ça, c'est où

on commence à se lancer dans un débat. Bien, est-ce que des parcs solaires, des

parcs éoliens sont la meilleure option pour les clients du Québec ou un

barrage? Il faut avoir les calculs, il faut avoir les débats. Est-ce que les minicentrales, c'est une bonne option? Il y a

certaines énergies qui sont moins efficaces que les autres. Encore, ça,

c'est pourquoi on demande une discussion nationale, une commission pour aller

dans les régions du Québec pour discuter ça exactement. Je pense, c'est très

important de...

Et je sais que le

ministre a dit : Bien, la période des questions et interpellation, ça,

c'est la transparence, mais la vraie transparence, c'est aller plus loin que

ça, parce qu'il est obligé d'être ici aujourd'hui, il n'a pas de choix. Le

gouvernement ne peut pas dire : Non, on ne participe pas à

l'interpellation. Il peut dire : On ne participe pas à quelques périodes

des questions. Et, Mme la Présidente, je sais que vous avez maintenant eu

l'expérience de participer à des périodes

des questions. C'est vraiment la période des questions et, souvent, pas la

période des réponses. Souvent, il y a des... pas des grandes réponses

directement à des questions qui sont posées. Ça, c'est un petit peu le

spectacle puis le théâtre de la période de questions.

Mais on va continuer.

Moi, j'ai toujours pensé que l'idée d'une commission avec tous les partis

politiques, puis des experts, puis des acteurs, et des groupes comme les

autochtones, comme les groupes environnementaux, d'aller partout au Québec

parler de ça tous ensemble, ça va faire de vraies consultations nationales.

Et ce n'est quand même pas nous, le Parti

libéral, qui a dit : On va avoir un débat national. C'est le premier

ministre qui a dit, dans son discours d'ouverture, qu'il veut avoir ce débat

avec nous. Et, quand je dis «nous», la grande société

québécoise, et c'est lui qui a lancé cette idée dans l'air, puis on a seulement

accepté ça. Et encore, je répète, un sommet

d'un jour, ce n'est pas suffisant. Ça doit être quelque chose qui est plus

large. Et je suis convaincu, Mme la

Présidente, qu'on est capable de faire une consultation comme ça, produire un

rapport avec des recommandations et faire ça tout dans un an.

Et ça n'empêche pas le gouvernement d'aller à

l'avant pour annoncer des projets, peut être, comme des parcs éoliens ou

solaires. Ça ne dit pas qu'on arrête puis à mettre un frein à tout avant de

prendre toutes les décisions, là. On comprend qu'Hydro-Québec a déjà lancé les

appels d'offres. Il n'y a pas grand monde au Québec qui est contre les lancements des appels d'offres des projets.

C'est plus d'avoir une discussion sur les plus grands, comme on a entendu

des groupes d'ajouter 100 térawatts par

heure. On parle de milliers d'éoliennes qu'il faut ajouter ou des panneaux

solaires. C'est énorme. Alors, ça, c'est pourquoi, je pense, c'est

important.

Quand j'ai lu, comme j'ai dit, l'article dans Le

Devoir d'hier, que des municipalités veulent avoir cette discussion, quand

je vois dans La Presse qu'il y a un groupe de 110 différentes

personnes et organismes qui veulent avoir une discussion nationale, quand je

vais vois des différents experts qui appellent et lancent... faire une demande et lancer l'appel pour une consultation nationale,

je dis : Je pense qu'il y a pas mal un bon consensus de faire quelque

chose et une vraie... et une discussion nationale avec tout le monde,

qui va produire un consensus de société là-dessus.

Mais il y a une chose qui, je pense, est très

importante de souligner ici, c'est qu'on n'a pas parlé beaucoup des autochtones. Mais c'est facile pour le

ministre de dire : Nous sommes le gouvernement, nous sommes Hydro-Québec,

mais il y a une réalité que, pour tous ces

projets de loi... Et, quand le premier ministre dit : On peut construire

des parcs éoliens ou, quand même, des

barrages dans le Grand Nord, bien, il dit ça puis il n'a pas parlé avec aucun

groupe autochtone.

Quand j'ai demandé à Hydro-Québec : Le

premier ministre a dit que peut-être on a la place pour quatre ou cinq

barrages, est-ce que vous avez consulté les autochtones?, la réponse, c'était

non. Alors, déjà, on lance dans une direction où on va dire : Hé! voici

les projets qu'on va faire, est-ce que, les autochtones... est-ce que vous êtes

d'accord ou non? Ça, c'est pourquoi ils sont toujours frustrés, et on commence

déjà à dire qu'on va peut-être bloquer certains

projets parce qu'on n'est pas

partie de la discussion, on n'est pas inclus.

C'est... Toujours, ça arrive à la dernière minute ou après le fait.

Et une mise en garde : je suis fier de la

Baie-James, mais, à l'époque, M. Bourassa a décidé de construire des

barrages dans les rivières cries sans parler avec eux autres vraiment, puis ça

a lancé toute une bataille juridique qui, finalement, a produit une des

meilleurs... la meilleure entente, à l'époque, entre une nation puis un

gouvernement, un traité moderne, qui est l'entente de la Baie James, qui

continue d'évoluer jusqu'à cette date aujourd'hui. Je sais que le gouvernement

a signé une entente dans la dernière législature. Je sais que le Parti

québécois a signé une entente, la «Paix des Braves», à une certaine époque.

Alors, c'est une entente qui est toujours en évolution, qui est une bonne chose. Mais, déjà, on lance dans cette direction

de construire des projets, puis moi, je trouve que les autochtones ne sont

nulle part.

J'ai

énormément de respect pour le ministre des Affaires autochtones, mais lui, il

ne peut pas faire ça tout seul. Quand on parle d'une relation de nation

à nation, on manque déjà un bon bout, et ça, c'est d'inclure les autochtones

dès le début et comme des actionnaires des projets, pas juste quelqu'un qui va

avoir les redevances des projets.

Alors j'espère que ça, ça va changer. Et j'espère

que le premier ministre du Québec va accepter l'offre du grand chef Ghislain

Picard d'avoir une commission spéciale ici, à l'Assemblée nationale, pour

parler de notre avenir ensemble, pas juste

en énergie, mais tout, avec toutes les formations politiques et les différents

chefs. Je pense que c'est toujours une bonne idée, mais c'était toujours

refusé par le gouvernement.

En terminant, je sais qu'il n'y a pas beaucoup

de temps qui reste. Pour moi, comme... depuis janvier pas mal, mais un petit

peu avant ça, il y a plein de contradictions entre qu'est-ce que le ministre a

dit puis le ministre de l'Économie a dit. Et ça, je pense que c'est pourquoi il

y a aussi plein de gens sur le terrain présentement qui disent : Qu'est-ce qui se passe? On y va où? J'ai un

ministre qui dit : Je dois baisser le chauffage et un premier ministre qui

dit : Non, ce n'est pas nécessaire, ce type de choses là. Ce n'est pas des

petites phrases qui vont rassurer la population, mais une vraie vision, puis interaction, puis, c'est

sur, encore, comment on va aider la classe moyenne, la classe des travailleurs

à faire la transition eux-mêmes. Pour des gens qui habitent présentement... qui

sont des locataires, qui ont déjà une misère

de payer leur loyer chaque mois, comment on va aider eux autres à avoir un

appartement, ou un condo, ou une maison qui est plus efficace

énergétiquement? Ça, c'est un très important élément et, des fois, c'est

quelque chose que je pense qu'on ne discute pas spécifiquement ici, en Chambre,

et en société en général. Parce qu'on sait qu'on peut conserver beaucoup

d'énergie, on peut mieux utiliser chaque térawatt, Mme la Présidente, mais ce

n'est pas fait présentement, et ça, c'est quelque chose qu'il faut améliorer

rapidement.

Alors je veux

juste dire merci à mes collègues d'être ici aujourd'hui pour cet excellent

échange sur un dossier qui est tellement important.

La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.

Donc, compte tenu de l'heure, je lève la séance, et la commission, ayant

accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die.

(Fin de la séance à 12 h 03)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAPERN 2023-02-10
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions capern-43-1 journal-debats CAPERN-230210
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier7f1e9bf4d4025496e42b260a2524f29975994b23

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