CAT — 1 December 2021 (42nd Legislature, 2nd Session)
CAT 2021-12-01
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Tremblay) : Alors,
bon matin. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
La commission
est réunie afin d'entendre les intéressés et de procéder à l'étude détaillée du
projet de loi n° 200, Loi concernant la
Ville de Montréal.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bussières (Gatineau) est remplacé par M. Bélanger (Orford).
Le Président (M. Tremblay) : Merci.
Alors, dans un premier temps, nous allons céder la parole au député de Bourget, qui va nous présenter le projet de
loi, faire les remarques préliminaires. Ensuite, si vous permettez, je
passerais la parole à Mme la ministre et ensuite aux groupes d'opposition.
Alors, M. le député de Bourget, la parole est à vous.
M. Campeau : Merci, M. le Président.
J'ai combien de temps?
Le Président (M. Tremblay) : Vous
avez 20 minutes, 20 minutes par intervenant.
M. Campeau : Sûrement que je n'ai
pas besoin de ces 20 minutes là. Premièrement, bonjour, tout le monde.
Bonjour à toute l'équipe gouvernementale. Bonjour aux gens de l'opposition.
Bonjour au personnel politique et aux gens du ministère qui nous accompagnent.
Bonjour aussi à Mme Dominique Ollivier et Mme Stéphanie Rault. Merci d'être là.
Félicitations pour votre élection. Mme Ollivier, j'aurais eu le plaisir de vous
rencontrer lundi matin à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mais
il y avait trop de monde, je n'ai pas eu l'occasion.
Alors, ce matin, on est réunis pour un projet de
loi d'initiative privée, le projet de loi n° 200, qui
est très court. En fait, c'est un... ça a un effet sur la ville de Montréal, et
par rapport à une date butoir du 31 décembre 2021, pour l'harmonisation du
fardeau fiscal et de la structure fiscale. En fait, on peut dire que
l'harmonisation du fardeau fiscal, c'est fait, et que la structure fiscale est
presque complétée. Ceci a de l'effet sur le service de l'eau, et l'eau, on sait que ce n'est pas gratuit. Il faut tenir
compte, dans l'eau, du pompage, du traitement, de l'entretien, de
l'administration. Tout ça, ça a un coût. Et,
si on est capable de minimiser la quantité d'eau qu'on utilise, évidemment, ça
va avoir un effet.
Alors, ceci porte sur les 25 000 immeubles non
résidentiels qui pourraient être affectés par ce changement dans la structure
fiscale. Alors, l'effet de la pandémie de la COVID, je pense, justifie un
report du déploiement de cette écofiscalité pour le financement de l'eau des
immeubles résidentiels, vu que le contexte économique n'a pas été favorable
pour le mettre en place. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le député. La parole est à vous, Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, merci, M. le
Président. Bonjour, chers collègues. Je suis heureuse d'être ici pour étudier
les projets de loi d'intérêt privé. Alors, je salue le député de Bourget,
évidemment. C'est lui, le représentant des PLIP que nous allons étudier ce
matin. Alors, merci, M. le Président. Alors, je pense que, comme mon collègue
l'a bien dit, le projet de loi, oui, il est très, très court, c'est un projet
de loi bref, mais, en même temps, il est important pour la municipalité de Montréal.
Je salue Mme Dominique Ollivier, présidente du comité exécutif, salutations une autre fois, bonjour, ça m'a fait
plaisir de placoter avec vous cette semaine, et également Mme Stéphanie
Rault du service des finances.
Alors, il
faut comprendre qu'on va démarrer tout de suite l'étude détaillée du projet de
loi d'intérêt privé n° 200, qui est essentiel
pour la ville de Montréal, mais aussi, évidemment, pour les commerçants. Donc,
c'est important, on va avoir des informations, on va bien vous expliquer la
situation. Salutations à mes collègues également. Je suis très heureuse qu'on
se retrouve ici, en commission parlementaire. C'est une commission
parlementaire, un PLIP aussi, hein, un projet d'intérêt privé, commission
parlementaire? O.K. C'est bon. Alors, merci, tout le monde.
Le Président (M. Tremblay) : Merci, Mme
la ministre. Maintenant, je cède la parole à la porte-parole de l'opposition
officielle, Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Merci, M. le
Président. Bonjour, chers collègues. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, Mme
Ollivier et Mme Rault. Merci d'être parmi nous. Vous comprendrez que c'est
essentiel que vous soyez là puisqu'on traite, de façon particulière, vos
demandes. C'est l'objectif des PLIP, là, qu'on fait souvent, en fin de session
parlementaire, des projets de loi d'intérêt privé.
Avant de commencer, là, l'étude
article par
article, là, bien sûr, il y a de nombreuses questions. On a eu évidemment, là, l'occasion d'avoir des
explications, des explications, là, un peu plus précises, là, sur le pourquoi
ledit projet de loi est présenté aujourd'hui, mais il y a quand même des gens
qui nous écoutent, qui auront certainement besoin, là... plus de détails.
Alors, juste, M. le Président, là, sur la façon
de fonctionner, auriez-vous, là, la gentillesse de nous indiquer... là, on est
dans les remarques préliminaires?
Le Président (M. Tremblay) : Oui.
Mme Nichols : Donc, est-ce qu'il y
aura une présentation du projet de loi? Là, je le sais qu'il a été fait par...
Le Président (M. Tremblay) : Oui.
Nichols : Mais nos invités
présenteront le projet de loi. Très bien. Alors, c'est avec beaucoup
d'attention qu'on écoutera la présentation de votre projet de loi et que nous
poserons évidemment, là, les questions en lien. Merci beaucoup, M. le
Président.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
Mme la députée. Mesdames, bien que vous vous soyez présentées tout à l'heure,
pour des raisons plus techniques, je vous invite à vous présenter à nouveau.
Vous avez cinq minutes pour nous présenter les grandes lignes du projet de loi,
et, suite à ça, il y aura une période d'échange avec les membres de la
commission. Juste avant, est-ce qu'il y avait d'autres membres qui souhaitaient
intervenir? Non. Alors, voilà, je vous invite à vous présenter. Bienvenue.
Mme Olivier (Dominique) : Merci
beaucoup, M. le Président, Mme la ministre, Mmes, MM. les membres de la
commission. Alors, je suis Dominique Ollivier, je suis la présidente du comité
exécutif de la ville de Montréal et je suis accompagnée par notre conseillère
du service des finances, Mme Stéphanie Rault.
Alors, bonjour à toutes et tous et merci, tout
d'abord, de nous donner l'occasion de vous présenter ce projet de loi d'intérêt privé qui a pour objet de
reporter la date butoir de l'harmonisation du fardeau fiscal ainsi que les
structures fiscales applicables aux territoires des anciennes municipalités qui
composent aujourd'hui la ville de Montréal.
Je veux vous rappeler qu'en vertu de
l'article 198 de la charte, la ville de Montréal doit avoir terminé, au
31 décembre 2021, l'harmonisation des structures fiscales de toutes les
nombreuses anciennes municipalités qui chacune
avaient leurs particularités qui ont été reflétées dans des choix fiscaux
différents. Ça a été un exercice colossal, et, même si plusieurs de ces
municipalités ont choisi, par la suite, de quitter Montréal pour se reconstituer,
les différences entre les 13 secteurs montréalais qui forment la ville
actuelle sont demeurées nombreuses.
Alors, les différentes administrations qui se
sont succédé à la tête de la ville ont posé plusieurs gestes, depuis les
fusions de 2001, pour harmoniser la fiscalité des différents secteurs. Le terme
«secteur», ici, correspond au nom donné par la loi aux anciennes municipalités
locales. L'harmonisation du fardeau fiscal, afin que tous les secteurs
contribuent aux recettes fiscales de la ville de façon proportionnellement
équivalente, s'est réalisée rapidement. Ce jalon
a été atteint quelques années après les fusions, soit dès 2007. Toutefois, en
matière de structure fiscale, l'exercice était beaucoup plus complexe
parce qu'il existait différents outils fiscaux dans plusieurs secteurs de la
ville qui ont nécessité de nombreux échanges et des réflexions pour convenir
d'une structure fiscale harmonisée.
Beaucoup de ces étapes ont été réalisées au
cours des années, notamment l'abandon des taxes locatives, la réduction de certains tarifs fixes,
l'harmonisation de plusieurs pratiques de facturation, l'abandon de certaines
tarifications à l'occupant. Et chaque fois,
des déplacements fiscaux ont dû être constatés et ensuite expliqué aux
citoyens. Ainsi, pour nous, les
dernières étapes de l'harmonisation de cette structure fiscale pour les
immeubles résidentiels ont été terminées depuis 2021. La diversité des
structures fiscales et la volonté des administrations de laisser le temps aux
citoyens de s'adapter, d'une manière
graduelle, aux changements qu'on proposait expliquent pourquoi ça a pris
20 ans pour y arriver.
Maintenant, pour ce qui est des immeubles non
résidentiels, il reste une dernière étape à franchir, qui est l'harmonisation
de la structure fiscale pour le financement... C'est ainsi que, dans le cadre
de l'adoption de son budget 2020, la ville a annoncé, à la fin de
l'année 2019, une orientation pour ce dernier volet qui était basée sur
une combinaison de taxes foncières et de tarification volumétrique de l'eau
dans une perspective d'implantation d'une mesure d'écofiscalité sur l'ensemble
du territoire. Alors, une telle mesure, c'est cohérent avec les recommandations
énoncées dans la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable, et ce plan prévoyait
la sélection d'un modèle final qui aurait été présenté au printemps 2020
accompagné d'un exercice de facturation à blanc.
L'objectif poursuivi par
la ville, c'était de sensibiliser, dans un premier temps, les propriétaires
d'immeubles et ainsi leur permettre d'ajuster leur comportement avant l'entrée
en vigueur d'une tarification volumétrique. La nouvelle tarification aurait
ensuite été déployée en deux ans de façon à atteindre progressivement le même
niveau sur l'ensemble du territoire en 2022. Et l'entrée en vigueur graduelle
de tout changement fiscal est un facteur important de succès dans ce domaine
comme vous le savez très bien.
Cependant, la
pandémie qui nous a frappés a engendré une période d'imprévisibilité et de
difficultés économiques qu'on n'avait
jamais vue auparavant pour plusieurs entreprises dans la métropole. Et, dans
cette situation économique difficile,
bien, nous en sommes arrivés à la conclusion que la dernière étape de
l'harmonisation fiscale devait être reportée.
Il est important de noter que, si la
modification législative n'est pas apportée, la ville de Montréal devra mettre
en place une structure fiscale pour tout le territoire, qui s'appliquera à
compter du 1er janvier 2022, ce qui nous laisserait avec deux options, soit
abandonner complètement l'option de la tarification volumétrique de l'eau, donc
le principe d'écofiscalité qui s'aligne aussi avec les orientations de la
stratégie québécoise d'eau potable, ou bien installer une tarification
volumétrique à un taux unique et selon les mêmes modalités dans tous les
secteurs dès le 1er janvier 2022.
Dans les deux scénarios, on a constaté que ça
implique un déplacement de fardeau fiscal important entre les entreprises
montréalaises. C'est pourquoi la ville de Montréal souhaitait obtenir un délai
supplémentaire de trois ans afin de procéder à une implantation graduelle d'une
tarification volumétrique de l'eau, telle qu'on l'avait décidé à la fin de 2019, soit quelques mois avant la présente
pandémie. Alors, voilà, en gros, je dirais, l'argumentaire de notre
propos.
Le Président (M. Tremblay) : Parfait.
Merci beaucoup pour la présentation. Alors, pour la période d'échange, je cède
la parole à Mme la ministre. Vous disposez de 2 min 30 s.
Mme Laforest : Oui.
Bien, merci beaucoup pour les explications. C'est certain q