CAT — 1 December 2021 (42nd Legislature, 2nd Session)
CAT 2021-12-01
Quebec — Committees
(Douze
heures onze minutes)
Le Président
(M. Tremblay) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, bon matin.
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
commission est réunie afin d'entendre les intéressés et de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 201, Loi
prolongeant le délai prévu à l'article 137 de la Charte de la Ville de
Gatineau.
Madame la secrétaire,
y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Bussière (Gatineau) est
remplacé par M. Bélanger (Orford).
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, Mme la secrétaire. Dans un premier temps,
nous en sommes aux remarques préliminaires.
Je vais céder la parole au député de Bourget pour nous exprimer les grandes
lignes du projet de loi. Par la suite, j'irai avec la ministre des
Affaires municipales. Alors, M. le député de Bourget, la parole est à vous.
M. Campeau :
Merci, M. le Président. Bonjour à tous, aux collègues du côté gouvernemental,
collègues des oppositions, à notre personnel politique et aux gens du ministère
qui nous accompagnent. J'aimerais aussi saluer Mme Bélisle, la nouvelle
mairesse de la Ville de Gatineau. Félicitations, Mme Bélisle...
Mme Bélisle
(France) : Merci.
M. Campeau :
...M. St-Pierre, directeur du service des finances et trésorier, et Me Martin
Leblanc, chef de section,
section civile. Ça me touche un peu particulièrement
de parler de Gatineau, parce que j'y suis demeuré quand même une douzaine d'années. Je demeurais dans la
section Angers,
de Masson-Angers, qui avait été englobée, finalement, par le plus grand
Gatineau.
Alors, le projet de
loi n° 201, ce matin, la raison pour se réunir, c'est
une question d'harmonisation du fardeau fiscal. On sait que tout ceci est relié
à l'utilisation d'eau. Et, encore une fois, l'eau, ce n'est pas gratuit. Ça a
toujours l'air gratuit, mais on parle du pompage, du traitement, de l'entretien
du système et de l'administration, et peut-être même que j'en oublie. Alors, ce
qu'on veut faire actuellement, c'est de permettre d'harmoniser ce fardeau fiscal. Il y avait une date butoir qui était
prévue au 31 décembre 2021, et la ville de Gatineau nous demande une
extension pour aller au 31 décembre 2024, parce qu'il y a certains
immeubles qui n'ont pas pu passer, justement, par cette harmonisation du fardeau fiscal, et, vous me corrigerez si j'ai tort,
mais je pense que le nombre est autour de 75 environ.
Alors, voilà, M. le
Président, alors je... c'est terminé. C'est un projet de loi extrêmement court.
Le Président
(M. Tremblay) : Parfait. La parole est à la ministre des Affaires
municipales et de l'habitation.
Mme Laforest : Oui, alors bonjour, Mme la mairesse Bélisle,
M. St-Pierre, M. Leblanc. Bonjour, très heureuse d'être avec vous aujourd'hui. On s'est vu ça ne fait pas
très, très longtemps. Alors, félicitations encore une fois pour votre élection.
Maintenant, c'est
bien, on a étudié précédemment un projet de loi pour les mêmes conditions pour
la ville de Montréal. Donc, je crois que c'est un projet de loi qui est
important pour vous, important pour les citoyens, pour ne pas qu'ils soient
impactés au niveau de, par exemple, la taxation, la taxe d'affaires, si on peut
l'appeler ainsi, pour les entreprises.
Alors, on va procéder à un changement de date, qui serait, normalement, si
c'est accepté, au 31 décembre 2024, si mes collègues sont d'accord,
bien entendu, après avoir étudié ce projet de loi d'intérêt privé.
Je salue mes
collègues, ici, de la
partie gouvernementale et je salue mes collègues, députée
de Vaudreuil et députée d'Anjou—Louis-Riel,
qui vont travailler, pour vous, ce projet de loi. Alors, merci à vous tous.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, Mme la ministre. La parole est à vous, Mme
la députée de Vaudreuil, toujours pour les remarques préliminaires.
Mme Nichols : Parfait, merci
beaucoup. Merci, M. le Président. Bonjour, bienvenue à cette commission
parlementaire. Félicitations, Mme la mairesse, pour votre élection. Toujours
palpitant, hein, les élections. Puis c'était dans un
contexte, aussi, un peu particulier, là, étant donné les mesures sanitaires,
donc je pense que les élus, à travers le Québec, méritent des doubles
félicitations pour avoir tenu, pendant la pandémie, des... Il y avait des
enjeux et des contraintes, là, assez spéciaux. Alors, voilà.
Ce qui concerne, là, votre demande aujourd'hui,
bien, je me permets de remercier la direction générale, puisqu'il y avait... on
a eu évidemment, là, une demande, là, pour avoir certaines précisions, là,
relativement au projet de loi. Ce que je comprends, puis on vient de le faire,
là, avec... comme disait Mme la ministre, là, on vient de le faire avec la
ville de Montréal, donc, là, je comprends que c'est un petit peu dans le même
sens, mais, bien sûr, là, j'aurai, évidemment, là, quelques questions suite à
votre présentation, mais, habituellement, ça va quand même assez bien, des
projets de loi d'intérêt privé de la sorte.
Mais, peut-être... je ne sais pas si c'est prévu
dans votre présentation, mais plus de détails, là, relativement aux secteurs,
aux catégories d'immeubles. Bien sûr, on a compris, là, que c'était du non
résidentiel, mais il y a des gens qui nous écoutent, là, qui sont évidemment,
là, intéressés pour... ou intéressés et/ou concernés par la demande qui est
faite aujourd'hui à la commission, à l'Assemblée nationale. Donc, voilà, bien
hâte d'entendre le contenu de votre présentation. Merci. M. le Président.
Président (M. Tremblay) :
Merci, Mme la députée. D'autres interventions pour les remarques
préliminaires? Ça va?
Alors, comme nous sommes en ondes, je resalue
les collaborateurs de la ville de Gatineau. Je vous invite très simplement à
vous présenter à nouveau, s'il vous plaît, et, aussi, vous disposez de cinq
minutes, évidemment, pour nous exposer les grandes lignes du projet de loi.
Alors, la parole est à vous.
Mme Bélisle (France) : Merci,
merci beaucoup de nous entendre. Et, M. le Président, je vais me permettre une
petite précision. On parle, ici, de 94 entreprises, commerces qui sont
touchés sur le territoire de Gatineau, plus spécifiquement dans l'est de notre
ville. Et je rappelle que M. St-Pierre est directeur des finances et
trésorier à la ville et, monsieur... maître, en fait, Martin Leblanc, chef de
la
section civile aux affaires juridiques.
Membres de la commission, je vais me permettre
de faire un peu l'état des lieux qui nous amène à la demande aujourd'hui. Donc, le 20 décembre 2000, l'Assemblée
nationale adoptait le projet de loi n° 170, portant
réforme à l'organisation territoriale municipale des régions métropolitaines de
Montréal, Québec et de l'Outaouais. Ce projet de loi, notamment, instituait la
nouvelle ville de Gatineau, qu'on connaît à l'heure actuelle, qui est le
résultat d'une fusion des anciennes villes de Gatineau, Hull, Aylmer,
Buckingham et Masson-Angers. Cette fusion a fait en sorte de regrouper des villes dont le niveau de taxation,
donc le fardeau fiscal, n'était pas du tout le même d'un secteur à
l'autre.
Ce projet de loi, je vous le rappelle, édictait
la nouvelle Charte de la ville de Gatineau, laquelle contenait des dispositions fiscales, qui permettait d'accorder
un dégrèvement afin de limiter les augmentations de taxes pour certaines
propriétés. À la fusion, les taux de taxation variaient de façon importante
entre les secteurs, particulièrement dans le non résidentiel. Donc, on parle
ici d'entreprises et de commerces, et mes collègues pourront expliciter ou
répondre à vos questions un peu plus tard. Je vous rappelle que l'actuelle
ville de Gatineau est composée de cinq secteurs.
À l'époque, la ville a choisi de procéder à
l'ajustement, tel que prescrit à la loi, sur plusieurs années pour ne pas
imposer un fardeau trop grand pour les commerces et les entreprises. Ça fait en
sorte, bien sûr, que le compte de taxes progressait graduellement pour
2011. C'était la cible initiale, je vous le rappelle.
Rapidement,
on s'est rendu compte que la cible de 2011 était peu réaliste. En 2003, à la
suite des revendications des municipalités, la date limite
d'harmonisation a donc été repoussée au 31 décembre 2021, avec l'adoption
du projet de loi n° 9 concernant la consultation des
citoyens sur la réorganisation territoriale de certaines municipalités.
Au cours des dernières années, la ville avait
amorcé une réflexion pour ajuster le taux afin de respecter le délai. Gatineau,
comme le monde, a été bousculée par la pandémie et il nous semblait inopportun,
considérant les difficultés financières de
plusieurs de nos entreprises et commerces, de parcourir le dernier droit pour
À ce jour, le rattrapage n'est donc pas complété
pour certaines propriétés dans les secteurs Buckingham et Masson-Angers de
notre ville, où l'écart était significatif au départ. Bien que des milliers de
dossiers aient été normalisés — merci, d'ailleurs, à l'administration
municipale — 94 propriétés
sont toujours sujettes au rattrapage. Devant ce constat, le 13 septembre
dernier, le conseil municipal de la ville de Gatineau a adopté une résolution
demandant une prolongation de trois ans des dispositions de notre charte, nous
permettant d'appliquer un dégrèvement, ce qui nous permettrait d'amener
pratiquement tous les dossiers progressivement au taux de la nouvelle ville de
Gatineau. Sans modification à la charte, la grande majorité de ces entreprises
et commerces feront face, en 2022, à une augmentation entre 5 % et 15 %,
et même plus dans certains cas. À cela s'ajoutent, bien sûr, les augmentations
de taxes décrétées par le conseil.
Dans un contexte post-COVID, toutes les mesures
facilitantes, bien sûr, méritent d'être considérées, et, pour cette raison,
nous demandons à l'Assemblée nationale d'adopter le projet de loi n° 201 et d'accorder à la ville de Gatineau une extension
de trois ans pour terminer l'exercice d'harmonisation du fardeau fiscal sur
notre territoire.
En terminant, nous tenons
à remercier le député de Bourget, M. Richard Campeau, d'avoir accepté de
parrainer le projet de loi prolongeant le délai à l'article 137 de la
Charte de la Ville de Gatineau. Merci aux membres de la Commission de
considérer cette demande. Nous allons entendre vos questions, et
M. St-Pierre et M. Leblanc vont m'appuyer dans les réponses. Merci.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Merci beaucoup pour la présentation. Alors, effectivement, nous avons
cinq minutes pour les échanges. Mme la ministre, d'abord, pour 2 min 30 s.
Mme Laforest : Oui, j'ai une
simple question. Vous parlez qu'il y a deux municipalités, Angers et
Buckingham, si je ne me trompe pas, qui sont plus impactées, qui sont plus...
qui vont être touchées vraiment pour l'augmentation des taxes ou qui n'ont pas
été traitées de la même manière. C'est quoi, les raisons? Pourquoi ça a été comme
ça avec seulement deux municipalités?
Mme Bélisle (France) : En fait,
le premier élément de réponse, Mme Laforest, c'est que, initialement,
c'est vraiment dans ces municipalités où il y avait un déséquilibre, et le
déséquilibre était très grand. On a réussi à normaliser dans les autres
secteurs de la ville, mais, dans ces deux secteurs de la ville de Gatineau,
Masson-Angers et Buckingham, le déséquilibre
était vraiment important, donc la stratégie a été différente, je ne sais pas si
M. St-Pierre veut ajouter, dans la réflexion qui a été faite à
l'époque.
M. St-Pierre (Mario) : Non...
Merci, Mme la mairesse. Effectivement, l'écart était important, on parlait,
dans le commercial, par exemple, de taux qui était trois à quatre fois moins
élevé que le taux de la nouvelle ville. Donc, c'est essentiellement, là, le
facteur déterminant qui fait en sorte qu'aujourd'hui encore ça a été difficile
d'harmoniser certaines de ces propriétés.
Mme Laforest : O.K. Je
comprends. Bien, merci beaucoup. Je n'