House Proceedings — 18 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-05-18
Quebec — Debates (Hansard)
Publier une
bande dessinée historique est inédit pour notre institution. Je tiens à
souligner le travail consciencieux de
Christian Blais, historien de l'Assemblée nationale pour la recherche, de Mme
Giguère et également de Magali Paquin. Une oeuvre extraordinaire qui va
nous démontrer la capacité d'être créatif. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député d'Abitibi-Ouest. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Vanier-Les Rivières.
M. Huot : Merci, Mme la Présidente.
J'aimerais souligner par cette déclaration les 100 ans des supermarchés Ferland. 100 ans en affaires, on ne voit pas
ça tous les jours, et c'est une réalisation, un succès qui se partage en
famille pour les Ferland. Épiciers
passionnés, les membres de la famille Ferland ont mis au point une recette qui
leur a permis le rare exploit de
rallier quatre générations. Leur succès repose sur la force de chaque
génération qui a réussi à s'adapter au marché, aux tendances et aux
changements sans jamais perdre de vue les valeurs véhiculées de père en fils et
filles. Et ce qui distingue l'entreprise est
l'ambiance chaleureuse qu'on y retrouve, une atmosphère familiale, même au sein
des employés et des clients.
Cette belle histoire a débuté en 1917,
lorsqu'Oscar Ferland a fondé une épicerie-ferronnerie dans le quartier Saint-Sauveur. C'est alors le commencement d'une
véritable affaire de famille. L'entreprise sera transmise à Roland en 1958, puis à Serge en 1981, et c'est maintenant au
tour de Karyn de perpétuer la tradition familiale, au côté de son père,
depuis l'ouverture de la seconde succursale Metro Ferland, située à Duberger.
Félicitations
donc à la famille Ferland pour les 100 ans d'histoire des supermarchés
Ferland et pour quatre générations d'épiciers
passionnés! Et, Mme la Présidente, vous me permettrez de saluer M. Roland
Ferland et sa petite-fille Karyn Ferland, qui sont avec nous
aujourd'hui. Bienvenue à l'Assemblée nationale.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, bienvenue à la famille
Leblanc à l'Assemblée nationale. Maintenant, pour la prochaine
déclaration, je vais céder la parole à M. le député de Chambly.
Roberge : Mme la Présidente, l'an dernier, de concert avec le
Regroupement Langage Québec, nous avons demandé et obtenu la reconnaissance par le gouvernement du Québec de la
semaine nationale de la dysphasie et la dyspraxie verbale. Aujourd'hui, je souhaiterais porter à
l'attention de mes collègues une autre belle initiative dans ce domaine,
initiée par Parlons dysphasie : une pétition intitulée Recherche,
réadaptation et soutien aux personnes dysphasiques, de la naissance à l'âge
adulte aurait récemment récolté plus de 3 014 signatures. Les
signataires demandent notamment au gouvernement la reconnaissance de la
dysphasie comme un véritable trouble de santé, la reconnaissance de tous les dysphasiques, incluant les dysphasiques sans
code 34 en milieu scolaire, un centre de recherche et des services professionnels pour les dysphasiques de plus de cinq ans. Je remettrai d'ailleurs
une copie de cette pétition au ministre
de l'Éducation et au ministre de la Santé afin qu'ils puissent en prendre connaissance.
En terminant,
Mme la Présidente, permettez-moi de remercier du fond du coeur Parlons
dysphasie, dont plusieurs responsables sont dans les tribunes aujourd'hui,
ainsi que tous celles et ceux qui se battent au quotidien pour faire avancer
les droits des personnes dysphasiques.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
Chambly. Et nous vous souhaitons la bienvenue
à l'Assemblée nationale. Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Blanchette : Merci, Mme la Présidente. Et je prends la peine de saluer
Claude Gagnon ainsi que quelques membres de sa famille dans nos
tribunes.
Avec l'amour
de sa région ainsi que le désir profond d'en assurer la pérennité et la
prospérité, on peut y trouver la
motivation nécessaire pour accomplir de grandes choses, et c'est ce que M.
Claude Gagnon a fait depuis les 50 dernières années au
Témiscamingue. D'abord, avec son entreprise, Les Installations électriques
Gadi, puis par son implication bénévole,
financière ou son mentorat, il a contribué au développement économique du
Témiscamingue. On retient, entre autres,
qu'il a été le fondateur des Régates internationales de Ville-Marie, qu'il a
participé à la création de la corporation de développement économique du
Témiscamingue, et il a aussi aidé au démarrage de Chocolats Martine ainsi qu'au
sauvetage de LVL Global, une usine de
transformation du bois. À cela s'ajoutent de nombreux conseils d'administration
sur lesquels il a été appelé à siéger.
Avec un tel
bilan et pour tout ce que vous avez fait pour le Témiscamingue, M. Gagnon, j'ai
le plaisir de vous remettre, de te remettre la Médaille de l'Assemblée
nationale tout de suite après la séance. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, félicitations, M. Gagnon!
Maintenant, pour la prochaine déclaration, je vais céder la parole à M.
le député de Mont-Royal.
Arcand : Merci, Mme la
Présidente. En tant que ministre responsable de la région de la Côte-Nord, il
me fait plaisir de souligner en cette
Chambre la créativité de deux étudiants de la polyvalente des Baies, de
Baie-Comeau, qui seront présents à
l'Expo Sciences internationale qui se tiendra en août prochain au Brésil. Je
tiens à féliciter Emmeraude Tanguay
et Antony Lapierre pour leurs projets respectifs. Emmeraude Tanguay a présenté
un projet qui porte sur l'impact
d'une exposition prolongée aux écrans sur le cerveau des jeunes. Quant à Antony
Lapierre, il a présenté un projet qui porte sur des prothèses visuelles
qui pourraient permettre à certaines personnes de retrouver la vue.
Encore une fois, bravo! Leur détermination à
acquérir de nouvelles compétences et enrichir celles de leurs collègues a permis de se qualifier afin de faire
partie de cette délégation des plus prestigieuses. Ils peuvent donc être fiers
du travail qui a été accompli. Encore une fois, Mme la Présidente,
permettez-moi de leur réitérer toutes mes félicitations, et nous leur souhaitons
bien sûr bon succès.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Mont-Royal. Maintenant, toujours à la rubrique des déclarations de députés,
je cède la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Je souhaite, ce matin, utiliser cette tribune
pour appuyer les conclusions de la Commission
sur l'éducation à la petite enfance mise sur pied par
l'Association québécoise des centres
de la petite enfance.
déclare donc que, pour Québec
solidaire, les services de garde à la petite enfance sont désormais considérés comme des services éducatifs à part entière. Ils
doivent être gratuits pour tous et toutes, au même
titre que l'école publique.
Il est également essentiel de rehausser la qualité des services éducatifs à la
petite enfance et de s'assurer que ceux-ci rejoignent et incluent les enfants
issus de milieux défavorisés et les enfants en situation de vulnérabilité.
Merci
au travail de l'ensemble des éducatrices et éducateurs en milieu de centres à la petite enfance. Il s'agit là de notre avenir dont vous
vous occupez, et on vous en remercie beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée. Maintenant, au tour de Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Merci, Mme la Présidente. Ce mois-ci, l'Association
québécoise de défense des droits des personnes
retraitées et préretraitées — AQDR —
section
l'Assomption souligne ses 15 ans d'existence, un organisme essentiel dans
ma communauté, qui a pour objectif d'étudier, promouvoir, protéger et
développer les intérêts économiques, sociaux et culturels des personnes
retraitées et préretraitées. L'AQDR défend les droits des retraités et préretraités en les informant, en analysant leur situation
et en proposant des solutions dans des dossiers tels que le maintien à
domicile, l'abus, la violence, les finances, la santé et le transport.
Bravo
à tous les employés et bénévoles qui ont une capacité de dévouement qui nous
semble parfois sans limites! Je tiens
également à remercier chaleureusement sa présidente, Mme
Huguette Plouffe, une femme de tête avec une vision dynamique du
vieillissement et qui s'implique énergiquement. Bonne continuité! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme
la députée de Repentigny.
Maintenant, pour clore cette
rubrique, je vais céder la parole à M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Je vous remercie,
Mme la Présidente. Alors, du 24 février au 4 mars
dernier, la ville d'Alma avait l'honneur
d'accueillir 3 000 jeunes
athlètes dans le cadre de la 52e finale des Jeux du Québec. Du coup
d'envoi jusqu'à la spectaculaire cérémonie de clôture, la région entière
n'avait d'yeux que pour ces jeux.
tiens d'abord à féliciter tous ceux et celles qui sont venus nous montrer ce
qu'ils ont dans le ventre, nous montrer le genre de performance qu'on peut accomplir à force de détermination.
Bravo aussi aux entraîneurs et aux parents qui les ont préparés,
encouragés, accompagnés tout au long de leur chemin vers les jeux.
Permettez-moi
de saluer le travail du comité organisateur, qui se mérite une note parfaite et
qui place la barre haute pour les prochaines éditions de la compétition.
Finalement,
j'aimerais remercier chacun des quelque 3 000 bénévoles qui ont tenu
à bout de bras cet événement mémorable. Votre générosité vous honore et
votre enthousiasme vous distingue. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Et ceci met fin à la
rubrique de déclarations de députés, et je suspends nos travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Il me fait plaisir de vous souligner la présence
dans nos tribunes du haut-commissaire du Royaume-Uni, Son Excellence M. Howard Ronald Drake, à l'occasion
de sa visite d'adieu.
Ainsi
que Mme Roy Verville, ancienne députée
de La Prairie.
Nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : Alors, à l'article a
du feuilleton, Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie présente le
projet de loi n° 139, Loi...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Alors, je
reviens... présente le projet de loi n° 139, Loi regroupant l'Office Québec/Wallonie-Bruxelles pour la
jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office Québec-Monde
pour la jeunesse. Mme la ministre.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Ce projet de loi procède
au regroupement des activités de l'office québécois Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse, de
l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et de l'Office Québec-Monde pour la
jeunesse.
projet de loi apporte également certaines modifications au mandat de l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse ainsi que des modifications de concordance à
quelques lois et règlements pour tenir compte de ce regroupement.
projet de loi contient aussi des dispositions transitoires permettant la
continuation des activités des organismes regroupés au sein de l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse. Merci, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader
adjoint.
M. Rochon : M. le Président, nous nous réservons le droit de demander des
consultations particulières sur ce projet de loi.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
On entend bien, on aura des échanges, M. le Président.
Le Président :
Excellent! Est-ce que l'Assemblée, donc, accepte d'être saisie? C'est adopté.
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article b, s'il vous plaît.
Président : Alors, à l'article b du feuilleton, M. le député de Borduas présente le projet de loi n° 890,
Loi visant à assurer la saine administration de la justice afin
de préserver la confiance du public envers le système de justice. M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Alors, le projet de loi n° 890,
Loi visant à assurer la saine
administration de la justice afin de préserver la confiance du public
envers le système de justice.
projet de loi édicte des dispositions pour assurer la
saine administration de la justice criminelle et pénale afin de
préserver la confiance du public envers le système de justice.
Pour ce faire, le projet de loi modifie la
Loi sur les tribunaux judiciaires pour édicter qu'aux fins
d'assurer le traitement efficace des
instances criminelles et pénales il importe de doter le système
de justice des ressources nécessaires à leur gestion efficiente.
Ce projet de loi modifie également cette loi pour prévoir des dispositions concernant le droit d'être jugé dans un délai raisonnable dans le cadre d'une instance
criminelle ou pénale. Il précise la manière de déterminer, pour la prochaine
année, le caractère raisonnable ou
non du délai écoulé depuis le dépôt des accusations lors d'une instance devant
la Cour du Québec ou devant la
Cour supérieure.
Ce projet de loi prévoit que les dispositions concernant le droit d'être jugé dans un délai
raisonnable s'appliquent indépendamment des dispositions du
paragraphe b de l'article 11 de la Loi constitutionnelle de 1982 et
de celles de l'article 32.1 de la Charte des droits et libertés de la
personne.
Enfin, ce
projet de loi modifie la
Loi sur le Directeur des poursuites criminelles et
pénales afin de prévoir que le respect
du droit de l'accusé d'être jugé dans un délai raisonnable doit être visé par
les orientations que la ministre de la Justice
élabore et les mesures qu'il prend concernant la conduite générale des affaires
en matière criminelle et pénale. Il édicte
également que le Directeur des poursuites criminelles et pénales doit prendre
les mesures nécessaires pour assurer la célérité et l'efficacité des
procédures judiciaires auxquelles il est
partie en tenant compte des intérêts
légitimes des victimes d'actes criminels et de leurs proches. Merci, M. le
Président.
Le Président : Alors, est-ce
que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : M. le Président, je
dépose les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton présentées par le député de Granby le
12 avril 2017, le député de Masson le 2 mai et la députée de Mirabel
le 3 mai 2017.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
À la
rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission des
transports et de l'environnement et député de Papineau.
Iracà : Oui, merci, M. le
Président. Il me fait plaisir de déposer le rapport de la Commission des
transports et de l'environnement qui,
les 10, 11, 16 et 17 mai 2017, a tenu des auditions publiques dans le
cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 132,
Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé.
À la rubrique
Dépôt de pétitions. Avant de céder la
parole à un premier député, je vous informe que j'ai reçu une demande, de la part du député de Jonquière, afin
de reporter au 30 mai 2017 la présentation de sa pétition dont la date de
présentation est aujourd'hui. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Président : Consentement. Et j'ai une pétition maintenant qui
est celle de M. le député de Richelieu. À vous la parole.
Rochon : Oui, M. le
Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 1 444 pétitionnaires. Désignation :
citoyen et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que
la construction d'un lien routier
permanent, entre Sorel-Tracy et Lanoraie, sous forme de pont ou de tunnel, est depuis longtemps identifiée comme un
projet tant stratégique en termes de transport que porteur pour ces régions;
«Attendu qu'un tel pont ou tunnel favoriserait à la fois le
développement économique, touristique, culturel et social des régions de Sorel-Tracy et de Lanoraie ainsi
que l'allègement de la circulation sur les actuelles voies d'accès à l'île de
Montréal via la rive sud;
«Attendu
que la construction d'un pont a fait l'objet d'une étude de préfaisabilité
commandée par un promoteur privé et
que cette étude, présentée aux gens d'affaires de la Chambre de commerce et de
l'industrie de Sorel-Tracy, puis aux élus et aux populations des deux
rives, a reçu un accueil unanimement positif;
«Attendu
que, le 8 février 2017, le député de Deux-Montagnes a présenté à l'Assemblée
nationale, conjointement avec le
député de Richelieu, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et le député de Groulx, une motion
demandant au gouvernement d'étudier
sérieusement toutes les initiatives de projet de construction d'un pont reliant
Sorel-Tracy et Lanoraie, et que cette motion a été unanimement adoptée;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, réclamons du gouvernement du Québec que le ministère des
Transports, de la Mobilité durable et
de l'Électrification des transports se saisisse de l'étude de préfaisabilité
sur ce pont à péage, l'enrichisse des informations qu'il possède, fixe les conditions de réalisation
du projet et détermine l'appui technique et financier qu'il peut lui
consentir.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
question de droit ou de privilège.
J'ai
été avisé qu'après la période de questions et réponses orales il pourrait y
avoir un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée. Également, je vous avise qu'après la période de questions et réponses
orales sera tenu le vote reporté sur la motion du député de Rousseau débattue,
hier, aux affaires inscrites par les députés de l'opposition.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales. Et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Lisée : M. le Président, hier, la ministre des Affaires
étrangères du Canada a rencontré le secrétaire américain au Commerce pour amorcer les discussions sur
l'ALENA. La semaine dernière, le
président américain a dit qu'il voulait une renégociation massive. Et d'ailleurs
il était sur le point, le mois dernier, de signer un décret affirmant que le bois
d'oeuvre et la politique de gestion de l'offre étaient mauvais pour les États-Unis.
Alors, on s'engage dans une négociation
qui est essentielle pour l'avenir économique du Québec.
deux questions au premier ministre, c'est... D'abord, on sent bien qu'il y
aura une posture défensive pour garder
les acquis, mais on ne peut pas s'engager dans une négociation si on n'a rien à demander. Alors, je lui demande quels sont les
objectifs de gain pour le Québec dans cette négociation massive.
Deuxièmement, lors de la négociation avec l'Europe, le Québec
avait obtenu que son négociateur — dans
ce cas-là M. Johnson, Pierre
Marc — était
à la table des négociations à chaque fois qu'un sujet concernant le Québec
était abordé.
Cette
fois-ci, le premier ministre a-t-il obtenu la même capacité pour le Québec
d'être à la table? Et, dans ce cas-là, qui sera son négociateur?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, le libre-échange est quelque chose qui est très important pour
le Québec. Notre population de
8 millions, pour être prospère, doit absolument se tourner vers
l'exportation et les marchés ouverts. Je crois que là-dessus... pas l'unanimité,
mais je pense que la plupart des membres de cette Assemblée le reconnaissent.
Maintenant,
pour ce qui est de la renégociation éventuelle de l'Accord de libre-échange
nord-américain, il faut quand même
souligner quelque chose qu'on ne se prive pas de faire auprès de nos
interlocuteurs américains, c'est que ce
n'est pas le Canada, le problème de commerce extérieur des États-Unis. Le bilan
commercial Canada-US est à peu près équilibré. Ce n'est pas du tout ce
dont il s'agit actuellement.
Cet accord a été
signé au moment où il n'existait pas d'économie digitale, où d'autres éléments
également de modernisation se sont produits,
des technologies qui n'étaient pas présentes à ce moment-là. Donc, on n'est pas
contre l'idée de renégocier ou plutôt de moderniser l'accord, mais avec
toujours les mêmes objectifs.
rappelle également que nous nous sommes joint des services de deux personnes
très expérimentées à la fois pour le
libre-échange, c'est M. Raymond Bachand, à la fois pour l'Accord du bois
d'oeuvre, c'est M. Raymond Chrétien, qui sont là bien sûr pour collaborer aux négociations, mais également
pour veiller aux intérêts du Québec, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Ça fait que le premier ministre n'a pas bien compris le sens de ma question. Je
voulais lui demander : Les Américains veulent le bois d'oeuvre,
veulent la gestion de l'offre, qu'est-ce qu'il veut, lui? Pas de réponse.
Et pourquoi
est-ce qu'on n'a pas un négociateur à la table? Il y a des conseillers, mais un
négociateur à la table, comme c'était
le cas à l'Europe. Est-ce qu'il l'a demandé et il s'est fait dire non par
Justin Trudeau ou est-ce qu'il a oublié de le demander?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Alors, il ne serait quand même pas anodin de
rappeler à cette Chambre que, dans le cas excessivement hypothétique du succès de l'option représentée par
l'opposition officielle, le Québec se retrouverait éjecté de tous les accords de libre-échange auxquels il
travaille ou participe actuellement. Et il ne serait pas nécessairement, avec
8 millions de personnes, en position de
force pour avoir quelque influence que ce soit. Je pense que ça vaut la peine
de le dire, M. le Président.
Alors, bien
sûr, on connaît nos demandes sur le bois d'oeuvre, on les a très, très bien
indiquées. On voudrait faire en sorte que l'économie moderne, l'économie
digitale soit incluse dans l'Accord de libre-échange nord-américain. On va
vouloir la protection du secteur culturel.
On va vouloir, bien sûr, la protection de notre mode de gestion de l'offre. Et,
en passant, on ne se privera pas de
faire remarquer à nos voisins américains qu'ils ont eux-mêmes un système de
gestion de l'offre pour le sucre de betterave. Alors, s'ils veulent
qu'on discute de notre agriculture...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée : Donc, le premier
ministre nous confirme que le Québec ne sera pas à la table, contrairement à la
négociation avec l'Europe. Donc, c'est un recul de la présence du Québec dans
la fédération, qui avait été obtenue avant,
qui n'a pas été obtenue cette fois-ci. J'aimerais qu'il me dise pourquoi. Et un
conseiller, le fédéral en a un, c'est Brian Mulroney, qui a conseillé au
gouvernement fédéral d'abandonner la gestion de l'offre.
Qu'est-ce qu'il en pense, lui?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, même
question, même réponse. Bien sûr, le gouvernement du Québec et une grande
partie des Québécois, bien sûr, une
bonne majorité des Québécois soutiennent la gestion de l'offre, pas par
attachement à un système administratif, mais par attachement à un modèle
d'agriculture basé sur une ferme de taille familiale sur notre territoire.
Maintenant,
il oublie encore une fois — puis je suis obligé, malheureusement, de lui rappeler — que son option est incompatible avec le maintien de la gestion de
l'offre. Ça, il faudrait qu'il le dise aux producteurs laitiers. Le jour où le
Québec n'est plus dans la fédération
canadienne, il n'y a plus de gestion de l'offre. Pourquoi? Parce que le Québec
produit deux fois plus de lait qu'il
n'en consomme et qu'on a besoin de cette entente pour ne pas fermer la moitié
de nos fermes laitières. Alors, ça,
c'est quelque chose qui n'est pas un détail et que, malheureusement, le Parti
québécois ne mentionne jamais.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Nous, on va défendre
les intérêts du Québec.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, c'est toujours la roue de secours. Lorsqu'il n'a pas de bonne
réponse, il parle d'indépendance. Je
lui réitère mon offre de discuter avec lui, de débattre pendant une heure de
ces questions-là, pas pendant quelques secondes.
Il est
premier ministre, il a échoué à son rôle d'avoir un représentant à la table de
la négociation avec l'ALENA alors que le conseiller de M. Trudeau, Brian
Mulroney, conseille d'abandonner la gestion de l'offre.
Pourquoi le Québec n'est-il pas représenté à la
table?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Il n'y a aucune ambiguïté, M. le Président. Le gouvernement fédéral
soutient la gestion de l'offre, et
ça, de la bouche directe du premier ministre du Canada. On est en soutien total
de nos agriculteurs, de notre production laitière. Et je vais encore une fois rappeler l'importance de
l'appartenance à la fédération canadienne pour pouvoir bénéficier de ce système, qui est un système qui nous permet
de conserver une agriculture à notre image, une agriculture à visage
humain.
Maintenant, on aura
des personnes de très haute compétence qui vont être présentes, autant M.
Bachand que M. Chrétien. C'est plutôt une
bonne nouvelle. Je ne sais pas pourquoi il n'a pas l'air de trouver que c'est
une bonne nouvelle. Évidemment, dans son rêve, il n'y a plus de Canada,
il y a juste le Québec qui va faire face à l'Europe, à l'Asie, aux États-Unis et qui, lui, va se tenir debout, qui va
obtenir toutes les concessions possibles. Dans la vraie vie, ça ne se passe
pas de même.
Le Président :
En terminant.
Couillard : On va faire en sorte de défendre les intérêts du Québec
avec nos partenaires.
Le Président :
Principale, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, en mars 2016, l'émission Enquête a
révélé que l'Agence du revenu du Canada avait accordé une amnistie secrète à des clients multimillionnaires de
KPMG qui avaient caché de l'argent à l'île de Man dans un paradis fiscal. À l'époque, le Parti
québécois avait demandé au premier ministre de confirmer que Revenu Québec
faisait comme le fédéral et accordait une
telle amnistie, et la réponse du premier ministre avait été : «...lorsque
c'est le gouvernement fédéral qui
initie les procédures, le gouvernement du Québec continue dans la même veine...»
Réponse terrible, M. le Président, du
premier ministre qui, d'une certaine manière, autorisait Revenu Québec à
accorder une amnistie à des riches clients de KPMG qui avaient fait de
l'évasion fiscale.
Alors,
question au ministre des Finances, M. le Président : Est-ce qu'on en est
au même point aujourd'hui, 14 mois plus tard? Est-ce que les gros poissons vont encore filer à travers les
mailles du filet? Est-ce qu'il confirme qu'une amnistie a été accordée
par Revenu Québec aux clients multimillionnaires...
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, ce serait une très mauvaise idée de commencer ici, en Chambre, avec
tout le respect que j'ai pour cette
Chambre... de commencer à dire qu'est-ce que Revenu Québec a fait à qui. Je
pense qu'on va se garder quand même une certaine prudence à cet
égard-là.
Pour
ce qui est du cas très spécifique que le collègue a annoncé, a mentionné, écoutez,
Revenu Québec n'a pas conclu
d'entente avec ces clients, ces personnes en question. Revenu Québec poursuit toujours son investigation à cet égard-là, il n'y a pas de décision finale qui a été rendue,
d'un côté comme de l'autre. L'investigation se poursuit.
ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai non plus que le fisc québécois
fait des faveurs aux gros poissons. Ce n'est pas vrai non plus, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, le premier ministre, il y a
14 mois, avait dit que le Québec allait s'accrocher au train
fédéral, qui de toute évidence a déraillé.
Est-ce
que vous êtes en train de nous dire que Revenu Québec a mené sa propre enquête
et qu'il pourrait prendre une décision différente de celle de l'Agence
du revenu du Canada?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : Mais Revenu Québec mène toujours sa propre enquête, c'est pour ça que Revenu Québec existe. Si on n'avait pas Revenu Québec, là on devrait se fier, en effet, à Revenu Canada, mais, puisque
nous avons l'Agence du revenu
du Québec, c'est l'Agence du revenu du Québec qui fait ses propres investigations.
Une bonne
partie
de l'information lui provient de Revenu Canada, oui, alors, des fois, Revenu
Québec doit attendre que Revenu
Canada lui fournisse l'information pour qu'elle puisse compléter son dossier,
mais c'est toujours Revenu Québec qui va au bout des choses, qui complète ses dossiers et qui fait
ses annonces. Ce que Revenu Québec
n'a pas fait, Revenu Québec n'a pas accepté d'entente de divulgation
volontaire parce que...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
...ce n'était pas volontaire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, il y a une différence entre la
réponse du premier ministre il y a 14 mois puis la réponse du ministre
des Finances aujourd'hui; il y a une différence. Le premier ministre avait
dit : «...lorsque c'est le gouvernement
fédéral qui initie les procédures, le gouvernement du Québec continue dans la
même veine...» Ça, c'est la réponse du premier ministre. Moi, je vous entends,
là, je veux que vous me confirmiez que l'entente secrète qui a été conclue par l'Agence du revenu du Canada ne sera
pas reconnue par le Québec, qu'il n'y aura pas d'entente secrète comme
celle qui a été conclue à Ottawa.
Le Président :
On s'adresse à la présidence, je vous le rappelle. M. le premier ministre.
M. Leitão :
C'est exactement la même chose que j'ai dite, là, il n'y a pas de
contradiction.
Président : C'est une promotion peut-être qui vous convient ou
qui ne vous convient pas. Je vais vous ramener au poste de ministre des
Finances.
M. Leitão :
Ah! ce qui me plaît quand même assez bien, c'est suffisant... et ministre du
Revenu aussi.
Bon!
Écoutez, il n'y a aucune contradiction entre ce que M. le premier ministre a
dit et ce que je dis. Revenu Québec n'a
pas accepté, donc, d'entente de divulgation volontaire parce qu'il n'y avait
pas de divulgation volontaire, elle n'était pas volontaire du tout. Et bien sûr qu'elle doit attendre les
informations de Revenu Canada pour compléter son investigation, mais le dossier est toujours ouvert. Il n'y a pas
eu d'amnistie, il n'y a pas eu de faveur, non, non. Le dossier est ouvert et,
quand on aura toute l'information requise,
Revenu Québec prendra sa décision. Et Revenu Québec prend toujours la
décision...
Le Président :
Principale, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. Depuis 2008, grâce au gouvernement libéral, les Québécois ont versé plus
de 1,4 milliard de dollars à
TransCanada Énergie. Savez-vous pourquoi, M. le Président? Pour une centrale au
gaz fermée. Cette semaine, Hydro-Québec nous confirme qu'elle renonce à
utiliser la centrale inopérante de Bécancour, qu'elle va demeurer
fermée.
Malgré ça, on va continuer de payer
100 millions par année, car TransCanada ne veut pas négocier la fin du
contrat. Qu'a fait le gouvernement?
Le seul geste qu'il a posé dans ce dossier, c'est d'autoriser une prolongation
du contrat jusqu'en 2036, décision renversée par la Régie de l'énergie,
heureusement.
Est-ce
que le ministre peut nous dire ce qu'il compte faire pour mettre fin à cette
situation absurde? Est-ce qu'il va continuer de trouver normal qu'on
gaspille 100 millions par année pour une centrale inutile qui appartient à
une pétrolière albertaine qui refuse de collaborer avec Hydro-Québec?
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand : Bien, M.
le Président, d'abord, ce que je peux
dire là-dessus, c'est qu'il faut bien comprendre que l'idée de construire cette centrale à Bécancour
remonte à l'époque du gouvernement Landry, et c'était une initiative, entre autres, du président, M. Caillé, à l'époque.
Alors, à l'époque, on pensait qu'on allait manquer d'électricité, M. le Président. Et les choses, au fil du temps, ont changé, et ça n'a pas été
le cas, et l'appel d'offres s'est donc fait par la suite.
Maintenant, vous
comprenez que, compte tenu de l'évolution des choses, compte tenu du fait que
nous avons actuellement beaucoup d'énergie
disponible au Québec, l'utilisation de cette centrale n'est pas nécessaire. Il
y a deux ans, nous avions présenté un
projet dans lequel on pouvait utiliser la centrale de TransCanada, mais
évidemment la régie a refusé parce que, selon elle, on devait recourir à
un appel d'offres.
Aujourd'hui,
avec l'efficacité énergétique, aujourd'hui, avec les mesures qui ont été prises
de l'avant, Hydro-Québec en est venue
à la conclusion qu'il valait mieux terminer de cette façon ce contrat qui n'a
pas été bénéfique, en effet, pour les Québécois.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Richelieu.
Rochon : Ce contrat, M. le
Président, il a été signé par les libéraux, puis les Québécois ont payé, en
pénalités, trois fois ce qu'a coûté à
TransCanada la construction de la centrale, une erreur libérale de
1,4 milliard de dollars, et ça continue.
Est-ce que le
ministre peut nous dire quel était le montant de résiliation prévu au contrat
de 2004? Ce n'était quand même pas trois fois le prix de l'usine?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président, ça
ressemble un peu, d'une certaine façon, à Anticosti, hein? Parce que
l'initiative est venue à l'époque du
Parti québécois, et aujourd'hui on est pris avec ce problème-là, par la suite,
parce que l'initiative avait été prise à cette époque-là.
Encore une
fois, comme vous le savez, en matière énergétique, on peut faire des bons
coups, on en fait des moins bons. Aujourd'hui, on se rend compte que, dans la
situation actuelle, Hydro-Québec, qui avait tenté d'avoir la meilleure entente possible avec TransCanada, n'a pas réussi
à avoir cette meilleure entente. Et compte tenu, actuellement, des besoins énergétiques
et des ententes que nous avons...
Le Président : En terminant.
Arcand :
...l'utilisation de cette...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Richelieu.
Rochon : Je comprends le
malaise du ministre, M. le Président. Je comprends qu'il souhaiterait être
assis sur un autre fauteuil. La
mauvaise nouvelle pour lui et pour les Québécois, c'est qu'il occupe bel et
bien le fauteuil de ministre de l'Énergie.
Alors,
qu'est-ce qu'il va faire, le ministre de l'Énergie, à propos de ce contrat
libéral signé en 2004? Est-ce qu'il va
mettre fin à ce mauvais film, hein? Est-ce que c'est fini, ça, cette
centrale-là dont les Québécois ont déjà payé trois fois le prix?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : Je vous
ferai remarquer encore une fois, M. le Président, que le Parti québécois a été
au pouvoir pendant un certain temps. Ils
avaient le même problème. Ils n'avaient rien fait, entre autres pour permettre
d'économiser des frais également sur cette centrale, M. le Président.
Alors, M. le
Président, les études ont été faites, les analyses ont été faites, et
actuellement, compte tenu de ses disponibilités
énergétiques, M. le Président, encore une fois, la suspension des livraisons de
la centrale jusqu'à l'échéance du contrat demeure, aux yeux d'Hydro-Québec,
la meilleure des solutions actuellement.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, la publicité gouvernementale doit être utilisée pour des
messages d'intérêt public, par
exemple lutter contre l'intimidation ou souligner les risques d'une
consommation excessive d'alcool. Mais la publicité gouvernementale ne
devrait pas être utilisée pour faire la promotion d'un parti au pouvoir.
M. le Président, au cours des dernières
semaines, le gouvernement libéral a carrément inondé les médias de millions de dollars, des millions de dollars avec
une campagne Ensemble, on fait avancer le Québec . Par hasard, la même
signature visuelle que celle du Parti libéral durant la campagne électorale.
M. le Président, je veux, devant tout
le monde aujourd'hui, prendre l'engagement qu'un gouvernement de la CAQ ne
va utiliser...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Est-ce que le
chef du deuxième groupe d'opposition pourrait avoir le même respect que
celui qu'on a donné à tout le monde avant dans la salle? Oui?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le chef du deuxième groupe d'opposition, c'est à vous la
parole.
M. Legault :
M. le Président, je prends l'engagement qu'un gouvernement de la CAQ va
utiliser la publicité gouvernementale seulement pour des messages d'intérêt
public. C'est une question de démocratie.
Je voudrais
savoir : Est-ce que le premier ministre est à l'aise avec la campagne
actuelle Ensemble, on fait avancer le
Québec ou est-ce qu'il va mettre
un frein à ces dépenses publicitaires partisanes payées pas des fonds publics?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, à en juger par le type de publicité faite par
la deuxième opposition, on peut se demander quel serait le type de
publicité mise en ondes par un très, très hypothétique gouvernement de la CAQ.
Maintenant,
moi, je suis plutôt d'avis que c'est de l'intérêt public de connaître les
dispositions d'un budget de leur
gouvernement. C'est de l'intérêt public de connaître les dispositions qui font
en sorte qu'on va développer le Nord. C'est
de l'intérêt public de connaître les dispositions qui vont faire en sorte qu'on
va exploiter tout le potentiel du secteur maritime au Québec. C'est fait de façon positive, il n'y a aucun
commentaire dérogatoire sur quelque adversaire politique que ce soit. Il s'agit uniquement de dire aux
Québécois : Voilà comment ensemble, M. le Président, nous faisons avancer
le Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre a une façon très
sélective d'informer les Québécois. Est-ce que le premier ministre peut
nous dire pourquoi il n'y a pas pris des millions de dollars pour informer les
Québécois de l'augmentation drastique des tarifs de garde?
Donc,
je répète ma question : Quand le premier ministre va-t-il cesser
d'utiliser des fonds publics pour faire la promotion du Parti libéral du
Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Ce qui aurait été partisan dans l'exemple précis que cite mon collègue,
ça aurait été de dire que : Vous
voyez, on a annulé la proposition qui a été faite par nos prédécesseurs, qui
aurait nui aux familles à bas revenus; voici
ce que nous faisons plutôt, qui épargne ces familles à bas revenus là. Les
données sont toutes disponibles sur le site du ministère de la Famille, elles sont très accessibles. Et on parle
souvent aux citoyens de cette question, qu'ils comprennent bien sûr, que dans une société qui redistribue,
les moins fortunés doivent être exemptés des augmentations de tarifs, ce
qu'apparemment la CAQ ne croit pas. Nous, on
pense que c'est important d'être résolument progressistes dans la façon
dont on dispense les services publics.
Maintenant,
encore une fois, je vais lui demander pourquoi, à son avis, ce n'est pas
d'intérêt public de connaître les détails d'un budget du gouvernement ou
des politiques qui ont un impact sur...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...la vie quotidienne des gens.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre oublie que,
durant la campagne électorale, il n'avait pas promis de faire mieux que le PQ en faisant des
augmentations différentes de tarifs de garde, il avait promis de n'en faire
aucune. Il n'a pas respecté sa parole.
Maintenant, quand il parle de la
publicité de la CAQ, il y a une grande différence entre la publicité de la CAQ
payée par la CAQ puis la publicité du Parti
libéral payée par tous les contribuables. S'il veut faire de l'autopromotion,
qu'il prenne donc l'argent du Parti libéral.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, moi, j'aime ça que les Québécois sachent ce qu'on fait
au gouvernement. Et, malgré ce que
voudrait faire notre collègue, j'aime beaucoup ça également... parce que je ne
pense pas de pouvoir compter ni sur lui ni sur mon collègue pour ça.
J'aimerais également
qu'il sache très bien ce qui va mieux au Québec. Ce qui va mieux au Québec,
c'est que, comme on s'y était engagés, on a
équilibré les finances publiques. Comme on s'y était engagés, on a diminué le
poids de notre dette. Comme on s'y était
engagés, on a investi dans l'éducation, la santé et l'économie, dans
l'innovation et on le fait encore de
façon très récente. Comme on s'était engagés, on va poursuivre la lutte du
Québec contre la pauvreté avec un plan de lutte ambitieux que mon collègue
va présenter bientôt.
Moi,
je veux que les Québécois sachent ça, parce que faire avancer le Québec, c'est
faire avancer le Québec pour
tous les territoires, pour tous les Québécois, quelles que soient leurs
origines.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, au Québec, l'avortement est un service gratuit depuis 2006.
Les femmes peuvent se rendre dans un hôpital,
en CLSC ou en clinique privée. Si elles sont couvertes par le régime d'assurance maladie, elles n'auront pas à payer
pour obtenir un avortement. Le fait est que la majorité des femmes vit bien
avec ce choix réfléchi, qui est aussi
un droit protégé. Les femmes doivent donc avoir la possibilité de choisir la méthode d'interruption de grossesse qui leur
convient le plus.
en juillet 2015, Santé Canada a
approuvé une autre méthode d'avortement sécuritaire, soit la pilule abortive.
Pourtant, les médecins du Québec ne peuvent
toujours pas la prescrire aux femmes qui le souhaitent. Ce que je veux, c'est
m'assurer que les femmes pourront se
procurer ce service en clinique afin d'avoir toutes les ressources nécessaires
pour les accompagner et que ce soit gratuit.
Est-ce
que le ministre de la Santé peut nous assurer que la pilule abortive sera
disponible gratuitement et en clinique?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je pense que notre collègue aborde
un sujet qui est d'un grand intérêt pour les femmes du Québec et je tiens à mentionner ici très formellement que
notre gouvernement... et moi, personnellement, je suis certainement en faveur du droit à l'avortement, le droit aux femmes de contrôler leur destin, et particulièrement à avoir ce droit-là.
Maintenant,
sur la question de la pilule
abortive, c'est un sujet qui est, effectivement, d'actualité, et cette
actualité-là, elle est empreinte d'une procédure dans laquelle nous sommes
actuellement. Et la procédure a commencé par Santé Canada, qui a eu à mettre des règles qui ont été, à
certains égards, débattues et qui font en sorte que le milieu de la santé, pour
aller dans la direction de l'administration
de ce médicament-là, doit faire en sorte qu'il mette en place, justement, des
procédures pour protéger les patientes. Alors, nous avons demandé, nous,
à l'INESSS, l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux, de nous faire des recommandations
quant à la pertinence d'administrer ce médicament-là, de le rendre disponible, et les recommandations,
essentiellement, ont été favorables, et, au moment où on se parle, nous
attendons la conclusion des réflexions des ordres professionnels pour
décider dans quelle direction nous allons aller.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, une soixantaine de pays offrent déjà la
pilule abortive. En France, les femmes ont accès à cette pilule depuis
les années 80. Santé Canada l'a approuvée en juillet 2015.
Pourquoi
le ministre n'est toujours pas prêt à rendre cette décision et à laisser la
possibilité aux femmes de choisir la méthode d'interruption de grossesse
qui leur convient?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Ma réponse, elle est très simple, M. le Président,
l'administration de la pilule abortive doit se faire dans un cadre qui est très spécifique. Pourquoi?
Parce qu'elle comporte des risques pour la patiente. Alors, ce n'est pas
une aspirine, ce n'est pas un médicament qui
est sans risque. C'est un médicament qui a peu de risques, peu de risques
dans la mesure où il est administré dans un encadrement qui est spécifique.
D'ailleurs,
cette semaine, je rencontrais le Collège des médecins à cet effet pour voir où
ils en étaient rendus, et ils en
sont, M. le Président, près de la conclusion de guides de pratique qui vont
pouvoir faire en sorte que ce médicament-là sera disponible aux femmes
du Québec lorsque cette position-là...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, j'entends le ministre ce matin.
que je voudrais savoir plus particulièrement, est-ce qu'il peut nous rassurer
sur deux points fondamentaux : d'une
part, que cette méthode d'interruption de grossesse sera gratuite et, d'autre
part, qu'elle sera disponible en clinique seulement?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, évidemment, je pense que notre séance de
débats parlementaires a l'intérêt de mettre sur la place publique la réflexion que nous faisons. Et cette
réflexion-là, nous la faisons dans l'intérêt des femmes du Québec. Et, dans l'intérêt des femmes du Québec, nous
avons à choisir, évidemment, si nous allons le distribuer dans le meilleur
environnement et encadrement possible, et
c'est ce à quoi nous nous attardons actuellement avec les ordres professionnels
concernés.
Je le répète, M. le
Président, les femmes ont le droit à avoir cette possibilité-là, je le crois,
mais nous avons la responsabilité de nous
assurer que cette administration-là se fasse dans un cadre sécuritaire. Et,
lorsque tout sera en place correctement...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...nous prendrons les décisions pour le bénéfice des femmes du Québec.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
M. le Président, merci. Au Québec, l'espérance de vie des femmes est de 84 ans,
celle des hommes est de 80,5 ans. Personne ne peut douter qu'à cet âge on ait
besoin d'un médecin de famille. Pourtant, il y a actuellement 11 919 personnes de 80 ans ou plus, 11 919
personnes de 80 ans ou plus qui se sont inscrites sur le guichet parce
qu'elles ont besoin d'un médecin de famille et qui attendent.
Pensons-y
bien, ces personnes ont plus de 80 ans, elles ont fait confiance au ministre,
qui leur a dit : Venez sur ce
guichet que je vais centraliser, et ça va bien aller. Ça va être quand, leur
tour? 12 000 pour les 80 ans et plus; pour les 70-80
ans, 28 785 personnes stationnées sur ce guichet. C'est inconcevable. Pour
ces personnes, l'accès est bloqué à double tour.
Quand le ministre
s'engage-t-il à ce que ces citoyens, ces patients aient enfin un médecin de
famille?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Évidemment, M. le Président, comme dans tout sujet, on peut voir le verre à moitié plein ou à
moitié vide. Alors, ici, on va plutôt
le constater comme étant presque plein. Pourquoi? Parce que
notre collègue omet de dire que, pour
les personnes de plus de 80 ans,
c'est plus de 96 % de ces gens-là qui ont accès à un médecin de famille. Et ils n'ont pas accès à un médecin de famille par hasard, ils ont accès à un médecin
de famille parce que
nous avons mis en place des leviers pour faire en sorte que les citoyens
aient accès à un médecin de famille.
comprends, M. le Président, et je vous prédis — et je suis sûr de ne pas me tromper — qu'il
restera toujours des gens, même à cet âge-là, qui ne veulent pas
avoir de médecin de famille pour des raisons qui leur sont propres. Mais la
réalité, M. le Président, est que nous
avons mis en place les leviers appropriés pour faire en sorte que les gens aient accès à un médecin de famille. Je le répète, plus de 96 % des gens âgés de plus de 80 ans
ont aujourd'hui accès à un médecin de famille et le voient. N'est-ce pas la chose que
souhaite notre collègue?
Alors, la mécanique que l'on a mise en
place, on lui a donné 18 mois pour se compléter. Nous sommes rendus
à mi-chemin, et je suis bien confiant qu'on va arriver à destination.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Comme pour nos
aînés, personne ne doute que les bébés de moins de deux ans doivent aussi
être vus par un médecin de famille pour la vaccination, le dépistage des maladies, les besoins particuliers
chez les tout-petits. Il faut qu'ils
voient un médecin de famille et vite. 4 823 nourrissons de moins de
deux ans sont sans médecin malgré qu'ils soient inscrits sur la liste
d'attente.
Comment réagirait le ministre
s'il était le parent d'un de ces enfants?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, M. le Président, je vais faire la même réponse. Quand bien même on change de fourchette
d'âge, c'est la même réponse. Alors, on pourrait parler de tous les autres qui
ont un médecin de famille.
je vais vous raconter une anecdote, M.
le Président. Ce matin, en m'en
venant ici, j'ai pris l'ascenseur dans un édifice public, et, dans l'ascenseur, il y a un paquet de monde qui
m'ont dit : Ça marche, votre affaire, on a un médecin de famille, ça fait tant de temps
que je l'attends, et puis mon médecin m'a dit que c'est à cause de vous. Bien,
c'est vrai, c'est à cause de nous, parce qu'on a mis en place un levier qui fait en sorte qu'on a accès à un médecin de famille. Même que la Fédération des médecins omnipraticiens nous
demande de les aider à aller encore plus vite. Nous avons mis en place, M. le
Président, les leviers, ça fonctionne.
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
Nous allons arriver à destination pour le bénéfice des Québécoises et des Québécois.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Au 31 mars 2017, 500 000 personnes,
498 075 personnes sont sur le guichet. Et le problème, c'est que la moitié des médecins de famille n'ont
jamais pris un seul patient sur ce guichet. Et ça, le ministre a le contrôle
là-dessus. Alors, le ministre nous dit que
c'est normal que des personnes de 80 ans et plus et des nourrissons de
deux ans n'aient pas accès à un médecin de famille.
question est : Quand? Quand ces personnes vont-elles avoir accès à un
médecin de famille? C'est un droit fondamental.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, le guichet d'accès aux médecins de
famille, c'est comme un poumon, il y a des gens qui en sortent, il y a des gens
qui y entrent. Et c'est normal de voir ça, ça montre le succès du guichet d'accès aux médecins de famille. Mais, évidemment, notre collègue fait abstraction du fait que, dans
les dernières années, incluant leurs
années au pouvoir, le nombre de gens qui avaient accès aux médecins de famille diminuait. Et elle fait abstraction du fait qu'aujourd'hui nous avons dépassé... nous avons, aujourd'hui, dépassé le cap de 650 000 personnes qui ont maintenant accès à un médecin de famille de plus que quand on est arrivés au pouvoir. Et
notre objectif est d'aller au-delà de 1 million de personnes, M. le
Président. Jour après jour, mois après mois, le nombre de citoyens qui ont maintenant...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...accès aux médecins de famille augmente, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. Hier, une citoyenne de ma circonscription, Mme Caroline Lamarre,
a lancé un véritable cri du coeur dans les
médias. Victime d'agression sexuelle par le maire de la municipalité de
Baie-Trinité, elle
vit un véritable calvaire depuis sa dénonciation en 2013. Maman de cinq
enfants, Caroline a perdu son travail à la municipalité, elle fait l'objet d'intimidation dans son village, et ses
enfants se font même intimider dans la cour d'école.
C'est un véritable
cauchemar familial et un drame humain inacceptable. Son agresseur a pourtant
été reconnu coupable en 2015, mais il siège
toujours comme maire.
Malgré un changement aux lois permettant la destitution d'un
élu qui a écopé d'une peine, ces
changements ne permettent pas de destituer tant que le processus judiciaire
suit son cours. M. le Président, ça a assez duré, ça fait quatre ans que
Caroline se bat pour une justice et simplement vivre.
Est-ce
que le ministre des Affaires municipales s'engage à mettre sous tutelle la
municipalité de Baie-Trinité d'ici la fin des procédures pour redonner
une vie à Caroline?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : M. le Président, je partage les mêmes sentiments que le
député de René-Lévesque à l'égard du caractère intolérable de la situation
pour Mme Lamarre, et bien entendu qu'on pense à elle. Et ce n'est pas que ce
cas-là. Lorsqu'on a fait le travail
l'année dernière avec l'adoption du projet de loi n° 83, j'avais,
effectivement, proposé un
article — et on l'a adopté — qui fait en sorte que, lorsqu'un élu
municipal est reconnu coupable au criminel d'une offense qui est punissable de
plus de deux ans, même s'il a purgé ou non sa peine, ce qui n'était pas le cas
avant le projet de loi, il soit, effectivement, non éligible à siéger et qu'il
y ait une période d'au moins cinq ans avant qu'il puisse même prétendre
se représenter.
se trouve qu'on a quand même un système judiciaire qui prévoit un certain
nombre de recours pour tout citoyen, là, peu importe la situation qui se
présente, et ici le citoyen en question a utilisé ses droits d'appel. Il y a
des délais à respecter en la matière. On me
dit qu'il a jusqu'au mois d'août, là, pour aller jusqu'au bout de son droit
d'appel. Il est donc possible que tout ça soit, heureusement, terminé au mois
d'août. Ça ne nous exempte pas de réfléchir s'il y a d'autres aspects
des lois... et ce n'est pas seulement les lois municipales qui pourraient
être...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : M. le Président, deux élus, ici, de l'Assemblée nationale, soupçonnés d'agression sexuelle ont été exclus du caucus de leur parti et ont perdu leurs
pouvoirs. Le maire de Baie-Trinité, lui, a été reconnu coupable d'agression
sexuelle et garde encore toute son autorité.
Est-ce que
le ministre peut agir par compassion pour la victime et
utiliser tous les moyens à sa disposition pour redonner ses droits à la victime et
sortir cet élu de la municipalité?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : Bien entendu que
je souhaite utiliser tous les moyens que les lois nous permettent d'utiliser.
Il se trouve ici que le maire en question
a fait appel, et il y a encore un délai où il peut faire encore un appel,
j'ai parlé du mois d'août tout à l'heure. Et, dans le cadre des lois actuelles, on a utilisé tous les moyens, on
est en train d'utiliser tous les moyens. Est-ce qu'il y a d'autres
moyens dont on devrait disposer pour l'avenir? Bien là, c'est tout le travail législatif
qu'on a à faire en respectant, évidemment,
la Charte des droits et libertés. Ça, c'est du travail qu'on fait au législatif,
on a aura l'occasion de s'en reparler.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. La tutelle est un moyen. Le village est divisé, M. le ministre. Il y a un climat de terreur qui s'est installé. Et d'ailleurs, le 17 octobre
2016, le tiers des gens de la municipalité de Baie-Trinité demandaient au ministre de suspendre le maire pendant les procédures,
mais aussi de mettre la municipalité sous tutelle. Caroline, hier, ce qu'elle faisait, elle nous tendait la main.
Alors, aujourd'hui, le ministre peut prendre cette main tendue, sortir la victime
de sa noirceur et lui donner un peu de lumière par les moyens qui sont à
sa disposition.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : Je le répète, M. le Président, j'ai exactement les mêmes sentiments face à la situation
intolérable qui est vécue par
Mme Lamarre, exactement les mêmes sentiments, mais l'option de la tutelle
ne règle pas le problème qui est soulevé ici.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Mme la
députée de Taschereau,
je vous entends bien. M. le ministre, s'il vous plaît.
Coiteux : La tutelle ne
réglerait pas ce problème précis, alors ce n'est pas la solution à ce problème
précis. La personne a utilisé son
droit d'appel. Il y a eu un premier jugement qui a confirmé le
précédent, mais il y a encore un droit d'appel qui court jusqu'au mois d'août. C'est malheureux qu'on soit dans
cette situation-là, c'est surtout malheureux pour
Mme Lamarre. Puis j'ai les mêmes sentiments, je le répète, puis je pense
qu'on les a tous...
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
...mais la tutelle ne réglera pas le problème.
Le Président :
En principale, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy :
Merci beaucoup, M. le Président. En 2015, à la suite des terribles attentats
terroristes à Saint-Jean-sur-Richelieu
et également à Ottawa, le gouvernement
libéral s'est engagé à agir, prévenir
et détecter la radicalisation
et l'extrémisme violent dans un grand plan d'action. Une des mesures importantes de ce plan, c'était de réaliser un portrait
de l'évolution des phénomènes de la radicalisation et de l'extrémisme violent.
Alors,
on a voulu savoir où en était le gouvernement deux ans plus tard, nous avons
fait des demandes d'accès à
l'information au ministère de la Sécurité publique parce que c'est ce dernier
qui avait la responsabilité de faire le portrait de la radicalisation.
Il nous a répondu le mois dernier que ce portrait n'a pas encore été réalisé.
Ce fameux portrait de l'évolution du problème était pourtant promis pour
l'automne dernier.
Alors,
pourquoi avez-vous six mois de retard sur le portrait de la radicalisation que
vous aviez promis de nous faire?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Bien, effectivement, c'est une question que nous avons eue
lors de l'étude des crédits. Donc, je vais redire un peu la même chose. Le plan de lutte à la radicalisation
comprend de nombreuses mesures, de nombreuses mesures, dont plusieurs sont déjà réalisées. Il y en a 18
qui sont déjà réalisées. Il y en a d'autres qui sont en cours de réalisation,
effectivement. Ce portrait, c'est l'une des nombreuses mesures qui sont mises
de l'avant.
Même
que, pendant la période de l'étude des crédits, on disait que les recherches
n'avaient pas été faites. C'est faux,
on a financé de la recherche-action au Collège Maisonneuve, on a financé
également le centre de prévention de la radicalisation, qui a remis un rapport, il y a des recherches qui ont
été remises, et c'est sur la base de toutes ces informations qu'on va
dresser le portrait, l'automne qui s'en vient, et on est en...
Coiteux : Bien, c'est le laps de temps qui est prévu dans cette
stratégie. On est tout à fait en phase avec ce qui a été prévu.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Roy : Bon, je vois que vous repoussez votre engagement à
l'automne, donc ce sera un an de retard, un an de perdu.
gouvernement libéral dit vouloir s'attaquer à la radicalisation et à
l'extrémisme violent, nous sommes d'accord avec vous, mais comment le premier ministre peut-il mener une action
efficace contre la radicalisation quand, deux ans après sa promesse,
aucun portrait n'a encore été fait?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux : C'est une question bien
curieuse, M. le Président. Lorsqu'un plan de lutte à la radicalisation comprend des dizaines de mesures qui impliquent
des actions de différents ministères... Il y en a une, là, entre autres, là,
qui s'appelle «le
portrait». Mais, pour faire le portrait, encore faut-il faire toutes les
recherches. Et les recherches, nous les avons financées, et certaines
ont déjà été rendues publiques, par ailleurs.
Alors,
ce portrait, il s'en vient et il entre à l'intérieur du laps de temps de ce
programme, de cette stratégie de
prévention de la radicalisation. Alors, c'est une drôle de question. Je ne peux
pas en dire plus, c'est curieux.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Roy : On est en retard et on a aussi appris, le mois dernier,
du ministère de l'Immigration qu'en deux ans, en deux ans, le gouvernement
libéral n'a même pas réalisé la moitié des objectifs qu'il s'était lui-même
fixés. Dans la réalité, M. le
Président, il n'y a actuellement rien
au Québec qui empêche un prédicateur autoproclamé
d'endoctriner des jeunes et de les pousser vers l'extrémisme violent.
Ça, c'est la réalité.
Allez-vous avoir le
courage d'aborder cette question de front?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Bon, alors, on
vient de passer, M. le Président, du portrait qui est en train de se faire, notamment sur la base des recherches qui ont été financées
par la stratégie de prévention de la radicalisation, et là on est maintenant dans les prêcheurs.
Alors,
bon, écoutez, le plan, il avance. Le plan, il avance.
18 mesures déjà réalisées, il y en a 14 qui sont en cours
de réalisation. On est dans les temps, et le
fameux portrait, bien, l'ensemble des Québécois, l'ensemble des Québécois
et la députée de la deuxième opposition en prendront connaissance très bientôt.
Le Président :
Principale, M. le chef de l'opposition.
Lisée : M. le Président, il y a 150 ans naissait le Parti libéral du Québec, et, dans un texte très bon, l'actuel premier ministre voulait revenir aux sources de l'idée libérale. Et, parmi ces sources,
il parlait d'un drapeau, un drapeau qui
montrait une sensibilité politique particulière : «L'embryon
d'interculturalisme qui est déjà le leur — aux libéraux — en 1837, quand ils adoptèrent le tricolore vert, blanc et rouge pour symboliser
leur combat pour la démocratie et l'inclusion — vert pour l'Irlande, blanc pour la France et rouge pour l'Angleterre.» Fin de la citation du premier ministre, chef du Parti
libéral du Québec.
C'est le drapeau des
Patriotes dont sont issus le Parti libéral, notre parti et l'ensemble de cette
Assemblée. Pourtant, il y a quelques
jours, le premier ministre a refusé notre demande de hisser ce drapeau pour
la fête des Patriotes lundi prochain, comme le font plusieurs municipalités.
Alors, pourquoi est-ce
que le premier ministre renie aujourd'hui le drapeau dont il a dit que c'était
le drapeau fondateur de son propre parti?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, effectivement, ça me permet de répéter que les racines de notre
formation politique,
qui est un grand mouvement politique qui a même dépassé
les frontières de l'Amérique du Nord, qui s'inscrivait dans une tendance
mondiale à l'époque, ses racines remontent jusqu'à l'épisode de la rébellion de
1837-1838.
problème, c'est que, depuis quelques années, en fait, même quelques
décennies, le mouvement indépendantiste essaie de récupérer cette
rébellion en lui donnant une vertu séparatiste, ce qui n'a jamais été le cas.
Si on lit les livres d'histoire, il
s'agissait, effectivement, de l'union de gens qui habitaient sur notre
territoire, de toutes les origines, parlant anglais et français, non pas pour sortir le Québec
du Canada — à
l'époque, c'était le Bas-Canada — mais
plutôt pour parler de gouvernement responsable et démocratique. Et malheureusement, depuis, suite
à l'appropriation unilatérale de ce symbole par le mouvement
indépendantiste et d'autres organisations moins intéressantes, il paraît
difficile de penser que ça va déclencher
l'unanimité parmi notre population. Je peux vous dire qu'il y a beaucoup
de monde qui nous ont contactés, qui nous ont dit : S'il vous plaît,
n'allez pas dans cette direction.
Alors, c'est un
événement historique qui, sur le plan des principes, doit être salué, l'union
des Québécois d'aujourd'hui — Canadiens
à l'époque — de
toutes les langues pour saluer non pas la séparation, la rupture d'un pays,
mais le gouvernement démocratique et représentatif.
Le Président :
S'il vous plaît! Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Donc, le chef du Parti libéral nous dit aujourd'hui
que, parce que des gens pensent que c'est un drapeau indépendantiste, il renie le drapeau dont il
disait lui-même qu'il était un symbole de la source du Parti libéral. Comme
chef du parti indépendantiste, je dis au
premier ministre : Prenez-le. Les sources de nos deux partis vont dans le
parti des Patriotes. Réclamez votre héritage et faites en sorte qu'il
soit sur le mât de l'Assemblée nationale et...
Le Président :
S'il vous plaît! Oui, on perd du temps, puis il ne reste que quelques secondes.
Une seconde, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Faites preuve de conscience historique, réclamez...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je suis très heureux de rappeler, en fait, M. le Président, que
toutes les formations politiques — bon, à l'exception de Québec solidaire, je
vais le concéder — toutes
les formations politiques sont issues du
Parti libéral du Québec. Que ce soit le Parti québécois, que ce soit la CAQ, et
l'ADQ auparavant, tous viennent de ce tronc fondateur qui est la plus grande
tradition démocratique du Québec.
Alors,
je continue à réclamer qu'on redonne à ceux et celles qui ont risqué leur vie à
l'époque ce qui leur revient. C'était
un combat pour la démocratie, le gouvernement représentatif, quelle que soit la
langue, et il n'était pas question de l'avenir
constitutionnel de ce qui deviendrait, un jour, le Québec. Cependant,
malheureusement, c'est un symbole qui a été, à un moment tragique de
notre histoire, lié à la violence, et ça, on ne peut pas le répéter, M. le
Président.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Deuxième complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
Lisée : Le drapeau du Québec, le drapeau du Canada, le drapeau
des États-Unis ont parfois été utilisés par des gens qui étaient en désaccord
avec ce qu'ils signifient pour nous. Le Parti libéral a réclamé et a récupéré
sous Claude Ryan le drapeau du Québec comme le sien, qui était vu par
certains comme le drapeau indépendantiste, à tort.
Maintenant,
est-ce que le premier ministre va avoir le cran de dire : Le drapeau des
Patriotes, c'est notre drapeau à nous tous?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, le drapeau de notre patrie, c'est le drapeau du
Québec. Le drapeau de notre pays, c'est le drapeau du Canada, et on en
est très contents.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Un instant! Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, j'aimerais votre collaboration pour
poursuivre nos travaux, s'il vous plaît.
Alors, nous
en sommes à la rubrique des votes reportés et, comme annoncé précédemment, nous
allons maintenant procéder au vote
reporté sur la motion du député de Rousseau débattue hier aux affaires
inscrites par les députés de l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de rapatrier du gouvernement fédéral le budget de la
Banque de l'infrastructure du Canada correspondant à la part du Québec; et
«Qu'elle demande que soit mise sur pied une
banque de l'infrastructure du Québec.»
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau
(Rousseau), Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. LeBel
(Rimouski), Mme Richard (Duplessis), M.
Rochon (Richelieu), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier
(Lac-Saint-Jean), M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), M.
Ouellet (René-Lévesque), Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy
(Terrebonne), M. Kotto (Bourget), M. Turcotte (Saint-Jean).
Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Blais (Charlesbourg), Mme
Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx
(Jean-Talon), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière), M. Drolet (Jean-Lesage), M.
Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Charlebois (Soulanges), M. Moreau (Châteauguay), M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Vien (Bellechasse), M.
Billette (Huntingdon), M. Fortin (Sherbrooke), Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Bernier (Montmorency),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Ménard (Laporte), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière
(Chapleau), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Auger (Champlain), Mme Vallières
(Richmond), M. Rousselle (Vimont), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic),
M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Boucher (Ungava),
M. Fortin (Pontiac), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy
(Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis (Argenteuil),
Mme Tremblay (Chauveau), M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé
(Fabre), Mme Melançon (Verdun).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville),
M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis),
M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette (Borduas).
M. Surprenant
(Groulx), M. Sklavounos (Laurier-Dorion).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des abstentions? Et, pour le résultat du vote, M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 19
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est rejetée.
Maintenant, nous en sommes à la rubrique des motions
sans préavis, et je vais céder la parole à M. le premier ministre.
M. Couillard : Mme la Présidente, je vais proposer, conjointement avec le chef de
l'opposition officielle et après consultation du chef du deuxième groupe
d'opposition et des députés indépendants :
«Que,
conformément aux articles 62, 63 et 66 du Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale,
Me Ariane Mignolet, directrice générale des affaires juridiques et
parlementaires de l'Assemblée nationale du Québec, soit nommée Commissaire à l'éthique et à la déontologie pour un
mandat de cinq ans à compter du 29 mai 2017 et que ses conditions de
travail soient celles déposées en annexe.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
premier ministre. Et je rappelle aux membres
de l'Assemblée qu'en vertu du Code d'éthique et de déontologie des membres de
l'Assemblée nationale cette motion
doit être approuvée par au moins les deux tiers des membres de l'Assemblée et
elle doit donc être suivie d'un vote par appel nominal.
Alors, je vais mettre
aux voix la motion de M. le premier ministre, présentée conjointement avec le
chef de l'opposition officielle, telle que
lue précédemment. Et que les députés en faveur de cette motion veuillent bien
se lever.
Secrétaire adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Ouimet
(Marquette), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux (Nelligan),
Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée
(Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette
(La Pinière), M. Drolet (Jean-Lesage),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Moreau (Châteauguay), M. Heurtel
(Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Vien (Bellechasse),
M. Billette (Huntingdon), M. Fortin (Sherbrooke),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Bernier (Montmorency),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
Mme Ménard (Laporte), M. Tanguay (LaFontaine), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
M. Carrière (Chapleau), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Auger
(Champlain), Mme Vallières (Richmond),
M. Rousselle (Vimont), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc
(Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte
(Portneuf), M. Boucher (Ungava), M. Fortin (Pontiac), M. Habel
(Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil), Mme Tremblay (Chauveau), M. Busque (Beauce-Sud),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Melançon (Verdun).
M. Lisée (Rosemont),
M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau
(Rousseau), M. Gendron (Abitibi-Ouest),
Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. LeBel
(Rimouski), Mme Richard (Duplessis), M. Rochon (Richelieu), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve),
M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Bourcier (Saint-Jérôme),
Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet (René-Lévesque), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget),
M. Turcotte (Saint-Jean).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Roy
(Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly),
M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne
(Johnson), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord),
M. Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette
(Borduas).
Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Sklavounos (Laurier-Dorion).
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Maintenant, y a-t-il des députés contre cette
motion? Des abstentions? M. le député de Groulx...
Secrétaire adjointe : M. Surprenant (Groulx).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, pour... Vous vouliez
intervenir, M. le député?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, pour le résultat du
vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 99
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée. Alors, nous
en sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je vais
céder la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
J'en ai une, bonne motion, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le chef du deuxième groupe d'opposition, la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et la députée de Vachon, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée nationale des patriotes, qui se
tiendra le 22 mai prochain sous le thème
La mémoire des patriotes ; Qu'elle souligne l'importance de la lutte
menée par les patriotes de 1837 [et] 1838 pour la reconnaissance de notre
nation, pour sa liberté politique et son émancipation, et pour l'établissement
d'un gouvernement responsable et
démocratique; Qu'elle rappelle la nécessité de garder vivante la mémoire des
femmes et des hommes patriotes; Que,
dans le cadre de la Journée nationale des patriotes, l'Assemblée nationale
hisse le drapeau des patriotes; Qu'elle suggère également aux municipalités et arrondissements du Québec d'arborer ce
drapeau dans le cadre de cette journée.» Voilà.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le chef de l'opposition
officielle. Alors, y a-t-il consentement...
M. Tanguay :
Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Je vais maintenant céder la parole... Alors, je vais céder
la parole à M. le député de Masson pour sa motion sans préavis.
M. Lemay :
Alors, Mme la Présidente, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec le député de
Rousseau, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la députée de Vachon et le député
de Groulx. Donc :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de confier au BAPE le mandat de
tenir une consultation publique sur les impacts du projet de dépotoir de
déchets nucléaires à Chalk River sur la santé et l'environnement du Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
Masson. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Il n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.
Maintenant, pour la prochaine motion, je vais céder la parole à Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante conjointement avec la députée de
Taschereau et la députée de Vachon :
«Que
l'Assemblée nationale constate l'urgence de combler le manque à gagner de 40 millions
de dollars par année pour permettre
au Conseil des arts et des lettres du Québec et aux institutions développées au
fil des ans de remplir leurs missions, ainsi qu'aux artistes québécois
de vivre décemment;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de répondre à ce rattrapage
prioritaire avant d'investir dans sa nouvelle politique culturelle.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.
Alors,
s'il n'y a pas d'autre motion sans préavis, nous allons passer à la rubrique
des avis touchant les travaux des commissions. Et je vais céder la
parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la
Commission de l'aménagement du
territoire entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité
et à augmenter à ce
titre leur autonomie et leurs pouvoirs, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, ainsi que le mardi
30 mai, de 10 h 30 à midi, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 130, Loi
modifiant certaines dispositions relatives à l'organisation clinique et à la
gestion des établissements de santé et de services sociaux, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle du Conseil
législatif, ainsi que le mardi 30 mai,
de 10 heures à midi, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice
Pamphile-Le May;
La Commission des
institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 98, Loi modifiant diverses lois concernant principalement l'admission
aux professions et la gouvernance du système professionnel, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des transports et de l'environnement entreprendra les consultations
particulières à l'égard du projet de
loi n° 137, Loi concernant le Réseau électrique métropolitain, le
30 mai 2017, de 9 h 45 à midi, à la salle du Conseil
législatif;
finalement, Mme la Présidente, la Commission des finances publiques
entreprendra... entendra, pardon, entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de loi
d'intérêt privé, n° 223, Loi concernant la continuation de Sous les Auspices de l'association des éleveurs de
bétail du district de Beauharnois inc., le mardi 30 mai 2017, de
10 heures à midi, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le leader adjoint du
gouvernement. Alors, est-ce qu'il y a
consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions? Il y a consentement.
Alors, pour
ma part, je vous avise que la Commission de la santé et des services sociaux se
réunira en séance de travail
aujourd'hui, à 13 heures, pour une durée de 30 minutes, à la salle
RC.161, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de pétitions concernant le
rétablissement des services de répit spécialisés offerts à la famille de
Jonathan Cadieux par le Centre intégré de santé et de services sociaux de la
Montérégie-Ouest.
Maintenant,
nous en sommes à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Et, s'il n'y a pas de demande de renseignements, je vous avise
que l'interpellation prévue pour le vendredi 2 juin 2017 portera sur le
sujet suivant : La région de
l'Estrie négligée par le gouvernement
libéral. M. le député de Jonquière s'adressera alors à M. le
ministre responsable de la région de l'Estrie.
Maintenant,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons passer aux
affaires du jour, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Tanguay : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vous prierais d'appeler l'article 29.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 29 du
feuilleton, Mme la ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l'intimidation propose l'adoption du projet
de loi n° 115, Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure
en situation de vulnérabilité. Et, sans plus tarder, Mme la ministre, je vous
cède la parole.
Mme Charbonneau : Merci, Mme
la Présidente. Je vous avoue que c'est avec émotion que je me lève en Chambre
aujourd'hui. Beaucoup de chemin a été
parcouru depuis 2014, et permettez-moi de vous en parler un peu. En premier,
je vais vous dire qu'au Québec on a quand
même, depuis plusieurs années, je vous dirais, à la mémoire, là, des documents
que j'ai consultés depuis le début, au moins
sept ans... un document qui s'appelle le PAM, le plan d'action pour contrer
la maltraitance chez nos aînés, un document
qui a fait son chemin dans les organisations et parmi les intervenants, qui a
fait en sorte qu'on a mis en place plusieurs mesures qui ont marqué le Québec
pour protéger nos aînés.
Je vous en
nomme quelques-unes : la ligne Aide Abus Aînés, hein, le
1 888 489-2287, qui fait appel aux gens, mais qui fait appeler les gens et qui fait en
sorte qu'à chaque fois qu'on parle de maltraitance, que ce soit ici, en Chambre,
en commission ou par des bandes-annonces, le
téléphone sonne plus, les questions se posent plus, et on parle encore plus de ce sujet qui s'appelle la maltraitance. Ça a
pris une personne pour nommer, pour en parler. Et, sur ce sujet, Mme la Présidente, je vous dirai que je serai toujours
reconnaissante à Marguerite Blais, qui, un jour, a nommé la chose et qui a
dit : Oui, il y a de la maltraitance à
plein d'égards sur plein de sujets, mais n'oublions pas qu'il y a aussi de la
maltraitance chez nos aînés. Et Mme Blais nous a ouvert la porte
sur cette faculté qu'on a au Québec de vouloir protéger notre monde. Dans cette même perspective là, le PAM a
mis en place des coordonnateurs au Québec, qui fait en sorte qu'on en a 17 qui sont à travers le Québec et qui posent
des gestes dans le quotidien et dans l'ensemble des mesures pour s'assurer
que l'information se rende partout.
Il y a eu la
création de la chaire de recherche, hein, Marie Beaulieu, que nous, on a
rencontrée en commission, je vais vous
en parler un petit peu plus tard, mais qui fait en sorte qu'on s'attarde plus
longtemps, plus attentivement à ces petits
gestes insidieux et où on a fait en sorte aussi qu'on a fait des définitions
claires de sept mesures qui sont des signes de maltraitance ou des
gestes de maltraitance.
Donc, mon collègue de Rimouski
aura le plaisir de vous les rappeler parce que, je dois vous avouer, Mme la
Présidente, qu'à aucun moment, pour ce projet de loi là, il n'y a eu de
la mauvaise foi. Je ne suis pas gênée de le dire, j'ai le privilège... et j'ai siégé avec vous sur une
commission importante où il n'y avait pas de partisanerie. Eh bien, Mme la
Présidente, pour parler de la maltraitance des aînés, le député de Lévis
et le député de Rimouski n'ont pas été des gentlemen, ils ont été des grands partisans de la volonté de
faire avancer ce projet de loi, et c'est tout à leur honneur parce que, souvent,
ce qu'on voit à la télévision de nous, ce
n'est pas toujours la plus belle chose. Mais, quand c'est le temps de parler
des vraies affaires puis de faire en sorte qu'on avance des projets puis
qu'on protège notre monde, bien, mes collègues ont été au rendez-vous. Je vous dirais même qu'à quelques reprises on a
eu du plaisir en commission, mais ça, il ne faut pas trop le dire parce qu'en commission on n'est pas supposés d'avoir
trop de plaisir, on est supposés de travailler fort.
Ceci
dit, je reviens à ma chaire de recherche, qu'on a accueilli Marie Beaulieu, qui
nous a expliqué qu'à travers les études qu'elle fait et les recherches
qu'elle fait elle a eu le privilège d'aller à travers le monde, entre autres,
en Australie, pour pouvoir parler de ce principe
ou de cette attitude qu'on peut avoir, mais aussi de l'implication que ça a
si jamais on oblige la divulgation ou si on la rend juste accessible. La
différence entre les deux, je vous le disais...
Je vais vous revenir
un petit peu plus tard, je veux juste faire le tour des grands gestes posés par
le PAM. La dernière, ce serait, et vous vous
en souvenez sûrement, la campagne grand public, sensibilisation, où là on
parlait de gestes insidieux dont on
pouvait être témoins, nous, comme voisins, comme enfants, comme proches aidants mais aussi comme intervenants dans la santé et qui pouvaient faire
en sorte qu'on n'avait pas jamais associé ce geste-là à de la maltraitance. Et les campagnes de sensibilisation ont fait en
sorte, soit par la voix d'Yvon Deschamps, qui l'a fait pour les francophones, parce qu'il y avait aussi un intervenant pour les anglophones, ou par la campagne La
vie en rose ... qui faisaient en sorte que, là, tout d'un coup, on voyait quelque
chose. Puis j'en rajoute un peu parce que
j'ai eu le privilège de voir cette campagne-là naître, celle sur l'intimidation, la lutte qu'on fait contre
l'intimidation, et on a gardé quand
même dans une de nos publicités
une publicité unique pour le principe de
l'intimidation chez nos aînés, mais qui mène aussi à la maltraitance si on ne
la diagnostique pas assez tôt. Donc, tous ces gestes posés avec une
perspective toujours unique, c'est-à-dire éveiller la population à ces gestes
insidieux auxquels on peut être témoins ou, quelquefois, qu'on peut même
poser sans même se rendre compte.
existe plusieurs intervenants, au Québec, qui peuvent nous aider à adresser cette
problématique-là et qui nous guident
dans le principe de comment dénoncer, comment faire avancer. Il y a
des mesures nombreuses qui sont dans les principes législatifs. Je vous
nomme quelques intervenants dont les Québécoises et les Québécois connaissent
bien : le Protecteur du citoyen, qu'on cite régulièrement
ici, le Curateur public, qu'on a reçu et dont je vais vous parler un peu
plus tard, la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, qui sont tous des endroits où on peut dénoncer et faire avancer des dossiers par rapport à la maltraitance. Et
malgré tout, malgré tout ça, malgré tout ce filet de sécurité qu'on cherche à mettre en place puis
qui fait en sorte qu'on peut dénoncer puis aller plus loin, bien, notre filet, il avait des trous, il avait des trous, puis il
fallait les regarder avec attention. Les situations dénoncées sont souvent dans
les journaux, mon collègue de Lévis nous le
rappelle souvent. C'est triste, c'est inacceptable, mais ce qui l'est tout
autant, c'est les situations qu'on ne dénonce pas, des gens qui vivent dans la
peur, dans l'inquiétude, qui sont fragiles, qui sont vulnérables et qui, à tous les jours, se posent la
question : Est-ce que je pourrais trouver de l'aide? Et dans cette
volonté-là, dans cette perspective-là, le projet de loi n° 115 a
été pensé.
vous dirais que ça n'a pas été simple parce qu'il fallait partir de quelque
chose. Puis parler de la maltraitance des
aînés, ce n'est pas un sujet plaisant, ce n'est pas un sujet qui était le fun.
C'est pour ça qu'on dit : On a eu du plaisir à travailler ensemble en commission, mais il ne
faudrait pas dire qu'on a eu du plaisir parce que ce n'est pas un sujet facile.
On a été capables de le traiter avec sérieux
puis avec engagement. Et ça, là-dessus, je vous le dis, Mme la Présidente,
c'est quelque chose que je reconnais
chez les collègues, mais aussi les collègues qui m'ont accompagnée, de notre
gouvernement, qui étaient assis de
notre côté de la table et qui alimentaient la discussion et la réflexion pour
qu'on arrive au meilleur projet de
loi possible. Je ne tairai jamais assez d'éloges pour ces temps-là où nos
collègues qui accompagnent un ministre ou
une ministre sont assis à une grande table et doivent échanger, mais de façon
discrète, pour aider à avancer les choses parce que les questions sont souvent posées à la ministre, mais mes
collègues l'ont fait avec élégance et beaucoup de jugement.
Donc,
revenons au projet de loi et à ce principe de filet de sécurité. Mardi, on a
passé l'étape du projet de loi qui s'appelle
la prise en considération. Je terminais mon allocution avec une citation, une
citation de Me Christine Morin, qui
est titulaire de la Chaire de recherche Antoine-Turmel sur la protection
juridique des aînés. Elle avait fait une lettre ouverte, dans La Presse , qui était très intéressante.
Nous, on l'a gardée puis on s'en inspire. Quand, des fois, on perd un
peu l'idée, on s'en inspire parce que sa lettre a été très émouvante. Je vous
lis la dernière citation que j'ai lue à mon allocution
de mardi, puis vous allez voir pourquoi, à la fin de ce discours, ce moment-là
a été précieux. Alors, je cite Me Morin :
meilleure législation ne réussira jamais à résoudre tous les problèmes si la
société ne s'intéresse pas davantage au
sort des personnes âgées qui sont en situation de vulnérabilité. De meilleures
lois peuvent certes améliorer la situation, mais face à un problème
social, chacun de nous doit se sentir concerné.» Me Morin, dans sa lettre,
nous rappelait les gestes qu'on avait à
poser, nous le rappelait dans cette perspective où, oui, il y a une volonté de
mettre des lois en place, oui, il y a
un filet de sécurité, mais chacun d'entre nous a une responsabilité comme
témoin, comme accompagnateur.
Mais
aussi, Mme la Présidente... Puis là j'ai taquiné le président qui était en
place mardi, là, je ne vais pas vous taquiner.
Je vais vous parler de quelqu'un qui est très important dans votre vie, puis
que vous accompagnez, que vous rencontrez,
puis avec qui vous avez énormément de plaisir, parce que j'ai eu le privilège
de la rencontrer, mais... votre mère,
qui est une femme qui travaille encore, qui est une femme qui est active dans
la société puis, je vous dirais, qui fait honneur à cet âge qu'on appelle «les personnes aînées», hein, parce que
tout le monde est un peu gêné de dire qu'il est un aîné. Mais, si les gens
rencontraient cette femme, ils verraient une femme coquette, engagée et qui a
donné la force à ses enfants de se prononcer puis d'avoir du caractère.
Et c'est ça, les aînés du Québec.
Les aînés du Québec, ce n'est pas
juste des gens malades en CHSLD, c'est aussi des gens actifs. Et, au nom de
ces gens-là, je me lève en Chambre pour les
défendre puis parler d'eux, puisque tout le monde devrait être fier de
dire : Je suis un aîné. Et, à
chaque fois que je dis à quelqu'un : Vous savez, vous êtes un aîné, à
chaque fois, à chaque fois je me fais reprendre, je me fais faire faire
des gros yeux. Les gens me font comme : Non, non, non! Comme si c'était
honteux.
Bien,
contrairement à vous, Mme la Présidente, moi, je n'ai pas ma mère. Elle est
partie. Elle n'a pas eu le privilège de
dire qu'elle était une aînée, comme votre père d'ailleurs. Je pense qu'être un
aîné, ce n'est pas une tare, c'est quelque chose qu'on devrait vraiment valoriser. Je vais y revenir un peu plus
tard, le temps de laisser passer l'émotion, pour être encore aussi
sérieuse et plaisante.
2014, quand j'ai eu le privilège d'avoir cette responsabilité supplémentaire à
titre de ministre responsable des Aînés,
voici ce que le premier ministre m'a écrit dans une lettre pour dire :
Voici votre mandat, Mme la ministre. Il y avait : améliorer les conditions de vie des aînés,
travailler à la protection des personnes aînées qui ne peuvent exercer
pleinement leurs droits, encourager
la mise en place des services qui répondent aux besoins et aux intérêts des
aînés du Québec. Et naturellement il
a rajouté un mot pour dire : Notre gouvernement s'engage à déposer un
projet de loi pour lutter contre la maltraitance. Et, Mme la Présidente,
nous avons tenu promesse.
partait d'un document qui était déjà écrit, mon collègue va peut-être vous le
rappeler, mon collègue de Lévis, qui
s'appelait le 399. Mais dès le départ du mandat, en 2014, j'ai eu le privilège
de parcourir le Québec, rencontrer des organisations.
Je suis allée en Outaouais, mais je suis allée à Portneuf, je suis allée
partout. Et chacune des organisations, qu'elle
soit très structurée comme la FADOQ ou l'AREQ ou qu'elle soit un peu moins
structurée mais très locale, les clubs d'âge
d'or, les organisations locales soit de pétanque ou de différents aspects, ou
même des intervenants privés qui avaient le goût de me rencontrer pour me parler de leur projet ou de leur vision
des aînés du Québec, chacun d'entre eux a été interpellé jusqu'à un moment donné où ils m'ont dit : Bien,
allez-vous déposer quelque chose? Parce que je leur disais : Parlez-moi de la maltraitance, parlez-moi de ce
que vous en pensez, dites-moi ce qui serait peut-être le meilleur aspect
pour parler de maltraitance parce que je suis un peu ambivalente.
Vous
le savez comme moi, quand une ministre ou un ministre dit qu'il est ambivalent
sur une question, l'intervenant qui
est devant lui s'empresse à lui donner des conseils puis de dire : Voici
comment je vois ça. Et chacun d'entre eux tenait un discours qui se ressemblait, à savoir : Il faut faire quelque
chose. Il faut faire quelque chose parce que ce n'est pas tout le monde qui fait quelque chose. Ce n'est pas tout le
monde, d'ailleurs, qui connaît le fameux jour du 15 juin, le ruban mauve.
Vous savez, cette journée où on s'arrête, au
Québec, puis dit : Hé! c'est la journée où on se prononce sur la lutte
contre la maltraitance des aînés. Par
contre, chacun d'entre nous, à chaque fois qu'on en a la chance... Puis j'en
fais distribuer partout au Québec,
puis je vous envoie personnellement une lettre qui dit : S'il vous plaît,
portez-le. Chacun d'entre nous le porte avec fierté.
Dans
cette perspective-là, il y avait un élément de départ qui s'appelait le 399,
celui de Marguerite Blais, où elle nous
donnait une consigne très précise : dénonciation obligatoire avec
sanctions. On l'a regardée de tous les côtés, on l'a bien étudiée puis on l'a proposée un peu aux gens
en disant : Qu'est-ce que vous en pensez? Naturellement, au moment où on a commencé à le regarder avec plus de
précision, on a parlé beaucoup à la chaire de recherche, puis celle-ci nous
disait : Vous savez, on a consulté
150 groupes, et, dans les 150 groupes, un seul a dit qu'il fallait
que ça soit obligatoire. Tous les autres groupes nous ont dit : Il
y a peut-être une façon autrement de faire les choses.
Alors,
on est partis avec ce principe-là puis on a concocté un projet de loi qu'on a
déposé le 19 octobre 2016 puis qu'on
a laissé les gens prendre connaissance. On est revenus en janvier puis on s'est
dit : On va faire des consultations particulières, comme souvent
l'opposition nous le demande. On a reçu 32 groupes, 45 mémoires, et,
par la suite, des échanges et des modifications par rapport au projet de loi.
Je vais vous parler des amendements après.
8 février, on faisait l'adoption de principe, et l'étude détaillée a commencé
pendant cinq jours, du 23 février au 11
avril. On pourrait dire : C'est long, cinq jours, hein? Entre février et
avril, il y a eu la pause de deux semaines, vous le savez, Mme la
Présidente. On fait une pause ici pour être dans nos circonscriptions puis pour
ajuster la conciliation famille-travail pour être avec les enfants quand ils
sont en congé. Mais aussi cette pause nous a procuré à nous, le gouvernement, un moment d'arrêt pour aller voir des amendements qui... après avoir
entendu les gens, comment on pouvait ajuster
notre projet de loi pour qu'il réponde le mieux possible aux
objectifs qu'on avait puis, à la limite, je vous dirais, comment on pouvait rejoindre la voix d'une
collègue de l'opposition pour faire
en sorte que ce projet de loi leur ressemble aussi parce qu'à la fin quand il sera adopté
j'espère qu'il pourrait être adopté à l'unanimité, mais c'est la voix du gouvernement qui parle. Et, quand on dit «ensemble», bien, c'est toute la Chambre, les 125 députés
qui vont porter ce projet de loi là puis qui vont pouvoir dire à leurs
organisations : Regardez, on fait quelque chose pour la maltraitance chez
nos aînés.
Dans les gens qu'on a
reçus en consultations particulières, il y avait des gens de toutes les
formations, des formations publiques,
privées, des individus comme des grands regroupements. Je vous en donne
quelques-uns, promis, je ne nomme pas
les 32 : la FADOQ, la conférence des tables de concertation, qui est une
table qui fonctionne partout au Québec. Il y en a une partout, il y en a une chez vous,
il y en a une à Rimouski, il y en a une à Québec. Ils sont venus faire
une représentation pour nous donner leur philosophie par rapport au projet
de loi.
Société de gestion de soutien des proches aidants parce que, oui, quand on
parle de maltraitance, on parle aussi des
proches aidants puis ce qui se passe alentour d'eux. La fédération des préposés
aux bénéficiaires du Québec, donc des
gens sur le terrain. Me Ménard, peut-être que ça vous dit quelque chose, Mme la Présidente, puisque vous avez eu le privilège
de le rencontrer à plusieurs reprises dans le dossier que vous avez porté sur
l'aide... mon Dieu, l'aide médicale à
mourir, donc mourir dans la dignité. Vous avez eu un rôle important
dans ce dossier puis vous avez eu des échanges avec Me Ménard.
y a eu le Curateur public et il y a eu, parce qu'il faut le savoir, ils sont
venus nous interpeler en disant : Enfin, quelqu'un nous interpelle pour nous parler, le Regroupement des
commissaires aux plaintes et à la qualité du Québec qui sont venus nous interpeler non seulement sur notre perspective et le rôle qu'ils ont à jouer, mais aussi sur la
méconnaissance du regroupement qu'ils
sont et du rôle qu'ils jouent à l'intérieur de notre système de la santé parce qu'on ne les connaît pas bien.
Donc,
s'ajoutent à ça plusieurs autres groupes, mais vous avez compris, Mme la Présidente, qu'il y avait du syndicat, il
y avait du public, il y avait de l'individuel. 32 différentes personnes qui
sont venues nous parler des différents aspects du projet de loi. 75 % étaient pour le projet de loi, hein, en faveur de l'enlignement qu'on prenait. 25 % étaient
inquiets du fait qu'on enlevait la
dénonciation obligatoire. Ils voyaient là avec inquiétude... Donc, on a entendu
ces gens-là et on est revenus avec des amendements
pour le projet de loi.
Le dépôt du
rapport par le président de la commission a été fait le 12 avril — c'est
un peu le parcours d'un projet
de loi — et
la prise en considération, je le disais un peu plus tôt, le 16 mai. Le 19
octobre, Mme la Présidente, quand on a fait cette conférence de presse là pour annoncer le dépôt du projet de loi, on était très, très fiers. Du moins, je portais une fierté qui, je vous dirais... Ça m'a habitée
pendant quelques jours parce que je me disais : On avance, on fait quelque
chose. On ne fait pas juste parler,
on fait quelque chose. On s'engage. Je faisais la conférence de presse, mais je
ne la faisais pas seule. Je crois sincèrement, Mme la Présidente, qu'on ne peut jamais porter quelque chose
seul. Le premier ministre porte le
Québec sur ses épaules, mais il le porte avec chacun d'entre nous. Comme ministre,
quand tu t'avances pour faire quelque chose, il y a toujours des gens
avec toi.
Hier, je faisais une conférence de presse avec
la ministre de la Justice pour parler de l'homophobie puis la transphobie parce que ça fait
partie d'un gouvernement responsable de dire : On ne travaillera pas en silo, on
va travailler de façon alignée pour que tous les ministères qui peuvent
oeuvrer auprès d'une politique y soient.
Alors,
j'étais là avec qui? J'y étais avec monsieur... mon collègue de la Santé. Il ne
faut pas que je les nomme par leur
nom, hein? Il faut que je fasse attention. Le ministre de la Santé et des Services sociaux. J'y étais avec la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la
jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie. Et nous
accompagnait la ministre de la Justice. Pourquoi? Bien, parce que le projet de
loi n° 115 ne se porte pas que par un ministère.
Il se porte par plusieurs ministères, qui fait en sorte que chacun d'entre eux
est interpellé, dépendamment du geste ou de l'article écrit par ce
principe-là qui s'appelle protéger nos aînés contre la maltraitance.
Le projet de
loi n° 115, quand il a été fait, a envoyé un message clair : La
maltraitance chez les aînés et toute autre personne en situation de vulnérabilité est inacceptable. Mais,
nécessairement, vous avez compris que les questions qui ont été posées
n'ont pas été posées nécessairement sur le projet de loi mais sur ses impacts
puis comment ça pourrait être interprété.
Alors là, je
me suis fait plaisir, Mme la Présidente, puis je vais lire... je vais citer mon
collègue de la Santé pour rassurer
mon collègue de Lévis puis de Rimouski. Parce que c'est une question qui reste,
hein? Puis je leur ai dit que j'étais pour
être vraiment le chien de garde de cette phrase-là. Alors, je vous mets la mise
en contexte. On est en conférence de presse,
la conférence de presse se fait, les questions fusent des journalistes. Ils
sont superintéressés. Mais il y a une question qui revient au ministre de la Santé, qui dit ceci : Bien, c'est
bien beau, donner des responsabilités au commissaire aux plaintes, mais, d'un coup qu'il est débordé,
qu'est-ce qui va arriver si le commissaire aux plaintes trouve qu'il en a plein
ses bottes? Alors, mon collègue s'est
approché du micro et a dit ceci... Et, contrairement à comment, lui, il l'a
dit, je vous dirais... Je ne vais pas m'autociter, je vais le citer
lui-même. Donc, le ministre de la Santé a dit ceci : «Évidemment, il y a des impacts potentiels dans le réseau de la
santé et des services sociaux. Je peux vous dire aujourd'hui que — je vais dire — comme [ma collègue] vient de vous le
dire, nous utilisons d'une façon plus avancée les ressources qui sont
en place, et j'ai la ferme intention de
faire en sorte que, pour [le commissaire], par exemple, [puisse] exercer
pleinement leur travail, s'il y a un besoin d'avoir des ressources
supplémentaires, on ne parle pas ici de créer une nouvelle infrastructure, là,
mais on parle de faire en sorte que ces gens-là qui ont la responsabilité
d'exercer certains nouveaux pouvoirs et
certaines nouvelles obligations... — puis là je l'ai souligné — s'il y a lieu d'avoir à mettre en place
certaines ressources, on sera au rendez-vous.»
Je la garde,
cette phrase-là. Vous avez compris, Mme la Présidente, quelquefois il faut nous
autorappeler qu'on a dit des choses
puis qu'on s'est engagés. Et je garde cette phrase pour rassurer mes collègues
et dire : Le ministre s'est engagé,
et je vous assure qu'il sera au rendez-vous. Si le commissaire aux plaintes
lève la main... Puis même les commissaires aux plaintes sont venus nous rencontrer. S'ils lèvent la main pour
dire : On est débordés, il n'y aura là que de l'écoute de la part du ministre de la Santé, parce qu'il faut
s'assurer que les enquêtes et les gestes à poser se posent rapidement. La
maltraitance, ça ne s'arrête pas dans trois mois, ça s'arrête tout de suite. De
ce fait, tout sera mis en place.
Le projet de
loi n° 115, quand il s'annonçait, il s'annonçait sur différents aspects,
mais c'est cinq grandes mesures. Quelles
sont ces grandes cinq mesures? Je vous les nomme — j'essaie d'aller un peu plus rapidement, je
vois le temps qui file — donc : l'adoption obligatoire d'une
politique de lutte contre la maltraitance. Et à ça on a rajouté un principe...
un amendement, dans la loi, qui dit qu'il
faut absolument que ça soit donné à tout le monde. Donc, on a demandé, par
amendement, que ça soit accessible sur le
site Internet de l'établissement et que les membres significatifs de la famille
de l'usager reçoivent une copie. C'est bien beau faire une politique dans
chaque établissement, mais, si les gens ne la connaissent pas puis ils ne
savent pas qu'elle existe, ça ne donne pas grand-chose d'en avoir une. Donc là,
on donne l'obligation aux gens qui sont en
titre des établissements de la donner à la famille du nouveau résident qui
arrive ou du résident qui est en
place, de la mettre sur son site Internet. Si je vais sur le site Internet de
la Maison du boisé machin, bien, je
suis capable de la retracer sur le site Internet. Et on a aussi demandé qu'elle
soit affichée. Comme ça, si quelqu'un vient
au comptoir pour demander de l'information, peut rapidement voir que, ah!
tiens, ils ont une politique, ici, sur la maltraitance, je vais la regarder pour la comparer
soit à un autre établissement ou voir si ça répond à mes attentes à moi.
Donc, une volonté de faire en sorte que tout
le monde prenne conscience que non seulement ça existe, mais il y a des gestes
qui sont inacceptables et qu'on met en place, dans cet établissement-là, des
mesures pour le contrer.
deuxième règle, la bonification du rôle du commissaire local aux plaintes et à
la qualité des services. Je vous en parlais sur l'engagement de mon
collègue. Parce que, tel que mentionné dans le mémoire du regroupement du commissaire aux plaintes et de la qualité des
services, ils accueillent non seulement favorablement la bonification de leur
rôle, mais ils trouvent que c'est... ils
sont l'expertise en place, dans nos institutions, pour pouvoir accompagner les
familles puis poser les gestes.
a parlé un peu de leur indépendance. Ils nous ont dit de vive voix, puis, si on
va voir les galées, on va voir ce qu'ils ont dit, ils nous ont dit de
vive voix qu'ils étaient autonomes. Oui, ils sont nommés puis rattachés au
conseil d'administration, mais un coup de
téléphone du commissaire aux plaintes et les choses se placent rapidement,
parce qu'ils ont cette autonomie-là pour parler et de faire en sorte que
la justice se pose partout dans les établissements.
levée de la confidentialité et du secret professionnel, Mme la Présidente.
Cette phrase-là semble passer un peu comme
si ce n'était pas grand-chose, mais la levée du secret professionnel, c'est
quelque chose qui est très, très précieux. On a là une entente et une volonté de dire aux professionnels de la
santé : Si vous voyez quelque chose, si vous êtes témoins, mais, si vous pensez... vous percevez un
agissement, vous allez voir un résident, puis, tout d'un coup, à chaque fin de
visite, il est agité parce que cette personne-là l'a un peu interpellé,
bien, il a cette porte ouverte là qui dit que, s'il le fait de bonne foi et sans mauvaise intention, bien, il
peut ouvrir cette porte-là sur le principe du secret professionnel. Et on a
rajouté, pour s'assurer que les gens
lisent bien le principe, la protection contre les représailles et l'immunité
des poursuites. Quand c'est fait de
bonne foi, pas dans un jeu syndical, pas dans une volonté de mesquinerie, quand
c'est fait de bonne foi, la personne
qui va ouvrir la porte puis donner de l'information sera protégée. Ça se doit
d'être comme ça, mais ça ne peut pas être fait n'importe comment.
Quatrièmement,
l'encadrement des caméras de surveillance. Ah! là, on a eu par contre un peu
plus de médias qui se sont attardés à cette nouvelle-là puis qui ont regardé
comment on voulait faire ça. On a quand même, le 6 décembre, regroupé un groupe des 30 pour faire en sorte
qu'on puisse parler un peu plus, aller voir c'était quoi, les inquiétudes. Et,
le 18 janvier en commission, j'ai
déposé les orientations ministérielles, le règlement n'est pas complètement
écrit, mais les orientations données,
à mes collègues, la réflexion que le groupe des 30 avait faite, et mes
collègues l'ont accueillie favorablement.
Nécessairement, je me suis engagée de leur parler du règlement aussitôt qu'il y
aura une... qu'il sera écrit, parce que c'est important.
a eu le privilège de parler à plusieurs personnes de ce principe de caméra,
parce que, Mme la Présidente, vous l'avez sûrement entendu, il y a des
chambres qui sont partagées, il y a une intimité du résident. Et Me Ménard nous
a emmenés sur une réflexion par rapport à la
caméra en disant : C'est bien beau mettre des caméras, mais, si vous
mettez des petites affichettes au
début qui dit : Dans cette chambre, il y a une caméra, bien, il n'y a rien
qui empêche quelqu'un de poser un
geste pour qu'on ne voie pas. Il nous a donné un exemple. Il fut un jour où il
y avait une caméra dans une chambre,
et les intervenants le savaient. Donc, pour donner les soins, puisqu'ils
étaient contre la caméra, pour donner des soins, ils fermaient les lumières. Alors, vous avez compris qu'à la
noirceur le soin se donnait, mais on ne sait pas trop comment puis on ne
sait pas trop ce qui arrivait parce qu'on ne voyait rien.
Donc,
ce qu'on a demandé... Puis la façon que la recommandation a été faite par Me
Ménard, qui était tout à fait acceptable,
c'est : quand vous allez rentrer dans un établissement où il y aurait
peut-être des caméras dans une chambre, dès l'entrée de l'établissement, on va vous dire : Bien, dans cet
établissement, gardez votre sourire parce que ça se peut que vous soyez filmés. Dans les lieux communs, ça
arrive fréquemment qu'il y ait des caméras, mais, dans les chambres, c'est moins fréquent. Alors, on s'est dit :
Voilà là une disposition intéressante. C'est-à-dire qu'un membre de la famille
qui rentre, un préposé qui donne des services ne saura peut-être pas identifier
la chambre mais saura qu'en quelque part dans cet établissement il y a des caméras. On trouvait que c'était une
belle façon d'aller chercher l'anonymat mais en même temps le
vedettariat d'une personne qui voudrait poser des gestes qui sont inacceptables.
prends le temps de vous dire, Mme la Présidente, que, malheureusement, les
gestes inacceptables ne sont pas posés
en majorité par quelqu'un qui donne des soins. Malheureusement, les gestes qui
sont posés, qui vont à l'encontre de la dignité, et qui fait en sorte
qu'on peut poser une question sur le principe de la maltraitance, sont, plus
souvent qu'autrement, un proche, quelqu'un à
qui on fait confiance, quelqu'un qui, pour toutes sortes de raisons, que ce
soit la fatigue, la méconnaissance du
geste ou qui est intentionnel... c'est un enfant, un conjoint, un membre de la
famille. Et, de ce fait, on se doit de protéger nos aînés de tous ces
gestes.
Donc,
je vous le dis parce que je ne voudrais pas qu'on interprète le fait qu'on mette
des caméras pour surveiller les gens
qui donnent des services, ce n'est pas ça, le principe. Le principe de la
caméra, c'est pour dire : Si, les gens, on a un doute, si on pense qu'il se passe quelque chose,
si on pense... si le personnel pense qu'il y a un membre de la famille qui
pose des gestes, le résident aura toujours
le droit de poser une caméra. Il y aura des règles pour bien utiliser les
images puis s'assurer que les autres résidents sont protégés de cette volonté-là. Mais,
nécessairement, vous avez compris, Mme la Présidente, qu'on veut faire en sorte que, si on a à
utiliser des images pour dénoncer un geste, bien, on les aura, elles seront
utilisées de la bonne façon.
dernière grande ligne du projet de
loi, qui est quelque chose qui est vraiment extraordinaire, puis on saura, dans les années, en parler beaucoup
plus, c'est le processus d'entente sociojudiciaire. On en a parlé, nous, et quelquefois on a l'impression que, quand on en parle ensemble... les collègues, on
en a beaucoup parlé, mais il y a encore peu de gens qui
connaissent ce principe-là.
Donc, si vous
ne le savez pas déjà, Mme la
Présidente, à Trois-Rivières, on a fait un projet pilote. On l'a fait parce qu'il y a des hommes qui se sont levés — je dis «des hommes» parce que c'est
deux hommes qui se sont levés — un jour et qui
ont dit : On pourrait mettre en place un processus qui ressemble un peu à
un processus de protection de la jeunesse mais pour ces personnes aînées qui habitent chez eux. Puis je m'arrête
là pour vous dire, Mme la
Présidente : Le projet de
loi n° 115, contrairement au n° 399, ce n'est pas un
projet de loi qui ne s'adresse qu'aux gens qui sont en résidence. Je vous
ai parlé de plusieurs mesures en résidence, mais la mesure 5 se
rend jusque dans la maison. La personne
aînée qui habite chez elle depuis longtemps, bien, elle est protégée
comme si elle était en résidence, puisqu'on met en place un processus pour
l'aider à sortir d'une situation malveillante.
Alors, M.
Richard Lévesque, du service de Police de Trois-Rivières, a participé au projet
pilote avec son collègue M. Boisvert,
si je me souviens bien — ne bougez pas, oui, avec M. Boisvert — et
ils ont fait en sorte qu'une table de concertation
se mettait en place aussitôt que quelqu'un levait la main. Donc, si un aîné faisait un coup
de téléphone au service de la police,
si un membre de la famille posait un coup de téléphone à soit Aide Abus Aînés,
ou dans son CISSS ou son CIUSSS, pour
dire : Je crois que mon parent, mon voisin, mon ami subit quelque chose, tout de suite le comité se mettait en place.
Plusieurs personnes s'assoient à cette
table-là : il y a le service de la police, la sécurité du Québec, il y a
les CIUSSS ou les CISSS, la Coordonnatrice
régionale spécialisée en matière de maltraitance, la Commission des droits de la personne
et des droits de la jeunesse, le directeur de la poursuite criminelle et pénale, le ministère
de la Justice, et on peut même avoir des invités-vedettes. Le Curateur public peut être un invité-vedette si le principe de la malfaisance est là et
appelle à lui, comme les gens de la banque du village ou de la ville qui
interpellent parce que c'est une maltraitance financière. Vous savez, ça
existe, Mme la Présidente.
Donc, de ce
fait, le principe de l'entente sociojudiciaire, qui est la cinquième grande disposition de la loi, fait en sorte que,
partout au Québec, nous allons les mettre en place et faire en sorte
qu'un aîné aura toujours appel à quelqu'un. Il
pourra toujours faire appel, s'il est à l'intérieur du système de la santé, au
commissaire local aux plaintes. Mais, s'il est à l'extérieur du système de la santé puis que ça se subit d'une
différente façon, il aura droit au comité sociojudiciaire, qui va
l'accompagner, qui...
Moi, je vous
le dis, Mme la Présidente, là, à Trois-Rivières, pendant deux ans, plus de 80 des cas ont été résolus à
l'intérieur d'une trentaine de jours. Ça n'a l'air de rien, mais une histoire
qui se finit bien entre un fils et sa mère ou encore un père et sa fille, ça
fait toute la différence pour le reste de sa vie. Alors, les familles sont
accompagnées, et, contrairement à ce qui se passe au commissaire aux plaintes,
bien, le comité sociojudiciaire, des fois, peut faire en sorte que la famille règle la problématique, et l'aîné
peut continuer à avoir une relation saine avec sa propre famille. Et ça, c'est
la volonté qu'on a.
Donc, un
merci tout spécial aux gens de Trois-Rivières qui nous ont fait la démonstration de cette
volonté-là de pouvoir faire en sorte
qu'un signalement ou une inquiétude d'un aîné qui habite chez lui, dans sa
résidence, bien, on peut déclencher un comité puis faire en sorte qu'on
peut l'accompagner.
signalement obligatoire a été longuement discuté. Ça ne
fait aucunement
partie des cinq mesures, là, mais on en a longuement discuté, parce que
le n° 399, c'était notre élément de départ, puis c'était
le point du n° 399, l'obligation. Donc,
on a reçu des amendements, on a rejeté des amendements, de notre côté. On
a eu la chance de discuter avec mon collègue
de Lévis, parce
que, pour lui, il y avait
là une... puis c'était fait de bonne
foi, là, il y avait là une importance plus capitale, je vous dirais, que je regardais, parce que, de notre côté, on
se disait : Il ne faut pas oublier l'autodétermination des aînés.
Je reviens à
votre mère, Mme la Présidente. Si elle voit quelque chose, elle est toujours
capable de... puis elle a toute sa
tête, elle est capable de dire : Écoute, il se passe quelque chose, je
n'aime pas ça, je ne me sens pas bien là-dedans. Elle a son autodétermination. Mais mon