Transportation and the Environment — 25 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2015-11-25
Quebec — Committees
(Onze heures trente-sept minutes)
Président (M. Reid) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports et de l'environnement ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques, ce que je vais faire moi-même à l'instant.
La commission
est réunie afin de procéder à des auditions publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet
de loi n° 76, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du transport
collectif dans la région métropolitaine de Montréal.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Boulet (Laviolette) sera remplacée par M. Rousselle (Vimont); M.
Bourgeois (Abitibi-Est), par Mme de Santis (Bourassa-Sauvé); M. H. Plante
(Maskinongé), par M. Polo (Laval-des-Rapides); M. Simard (Dubuc), par Mme
Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne);
et M. Traversy (Terrebonne), par M. Gaudreault (Jonquière).
Président (M. Reid) :
Merci. Alors, voici l'ordre du jour de ce matin. Nous allons débuter par les remarques préliminaires. Par la suite, nous
entendrons l'Association québécoise du transport intermunicipal et municipal.
Alors, nous
commençons par vous, M. le ministre.
Vous avez six minutes pour faire vos remarques préliminaires.
M. Poëti : Merci,
M. le Président. C'est avec grand
plaisir que nous entreprenons aujourd'hui les consultations
particulières concernant le projet de loi
n° 76, intitulé Loi modifiant... — oh! je suis en écho, écho, écho — alors, intitulé Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du
transport collectif dans la région métropolitaine de Montréal, que j'ai
soumis à l'Assemblée nationale le 12 novembre dernier.
Avant d'aller
plus loin, vous me permettrez de souhaiter la bienvenue à tous les
participants. J'aimerais d'abord souligner la présence de mes collègues,
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
la députée de Bourassa-Sauvé, le député de
Vimont, le député de Laval-des-Rapides, M. le Président, évidemment, et toute
votre équipe, ainsi que mes collègues de l'opposition, donc le député de
Jonquière, le député de Masson, également vos équipes.
Je prends quelques instants également pour vous
présenter mon équipe, qui a travaillé très fort au cours de la dernière année sur ce projet de loi : la
sous-ministre, Mme Savoie, le directeur des transports terrestres, M. Martin
Breault, et tous les gens de son équipe, évidemment les gens de mon
cabinet.
Et il ne faut
pas oublier le député de Groulx. Quand même important, alors c'est attrapé à la
dernière seconde.
Je remercie
enfin chaleureusement les représentants des organismes qui ont bien voulu se
déplacer pour nous faire part de leurs commentaires. Je devine aisément
tout le travail que vous avez dû consentir afin de vous préparer à ces
auditions. Je suis d'autant plus reconnaissant de vos efforts que vos
organisations respectives disposaient d'un délai relativement court pour ce faire. Je tiens donc à vous assurer que nous
écouterons vos propos avec beaucoup
d'attention et d'intérêt. Je veux
aussi vous indiquer que nous aborderons cet exercice avec ouverture. Les propositions qui pourraient éventuellement nous permettre de bonifier le projet
de loi seront, évidemment, les bienvenues.
Lors de mon
assermentation à
titre de ministre
des Transports et ministre
de la région de Montréal, le premier
ministre du Québec, M.
Philippe Couillard, m'a notamment
confié le mandat de revoir la gouvernance et le financement du transport collectif dans la région métropolitaine.
Cette réforme nous apparaît nécessaire parce que, de toute évidence, le modèle actuel, de même que le cadre financier
qui y est associé, ne répond plus aux besoins des usagers et des partenaires
impliqués. Voilà donc pourquoi ce projet de
loi propose de modifier l'organisation et la gouvernance du transport collectif
dans la région métropolitaine de Montréal
afin de placer l'usager au coeur de toutes nos préoccupations. Les changements
que propose le gouvernement s'inscrivent
dans le cadre d'une véritable vision métropolitaine et de mobilité durable,
mais il est illusoire de penser que
le transport collectif pourra jouer pleinement son rôle s'il n'est pas, d'abord
et avant tout, efficace et donc attrayant pour l'ensemble de la
clientèle. Or, à l'heure actuelle, l'organisation du transport collectif
métropolitain nous apparaît souffrir de plusieurs lacunes le rendant ainsi
moins attrayant pour les usagers.
C'est pourquoi
le projet de loi que nous avons soumis propose une nouvelle forme de
gouvernance qui se fonde sur les
meilleures pratiques observées au Canada comme ailleurs dans le monde. Les
mesures prévues visent particulièrement
à définir une vision cohérente et à long terme des services de transport
collectif; à assurer une planification
adéquate et
optimale des services de transport collectif en les coordonnant et en
favorisant les meilleures pratiques en cette matière afin d'accroître
l'efficience et l'efficacité des différents réseaux de transport;
troisièmement, à favoriser et simplifier
l'accès aux différents services pour les usagers, incluant ceux à mobilité
réduite, en misant sur l'intermodalité et
en assurant l'intégration tarifaire; enfin, à faciliter la collaboration et la
cohésion entre les différents intervenants en matière de transport
collectif et les municipalités locales.
Dans
cette perspective, nous proposons donc un nouveau partage des compétences avec
la prise en charge des responsabilités
actuelles de l'AMT et des conseils intermunicipaux de transport de la région de
Montréal, soit prise en charge par
deux nouvelles entités, l'Autorité régionale de transport métropolitain pour le
volet planification et le Réseau de transport métropolitain, le RTM,
pour le volet exploitation des trains de banlieue et des services d'autobus sur
le territoire des couronnes nord et sud,
c'est-à-dire les services actuels des CIT. Nous croyons que ce nouveau modèle
de gouvernance permettra d'offrir un
meilleur service aux usagers du transport collectif avec des services
fréquents, confortables, fiables, mais surtout efficaces, de disposer
d'une planification métropolitaine cohérente en séparant les fonctions de planification et d'opération et de simplifier les
structures en réduisant le nombre d'intervenants à cinq organisations de
transport au lieu des 16 actuelles.
grandes orientations préliminaires desquelles découlent les propositions
contenues dans ce projet de loi ont fait
l'objet de discussions avec les principaux intervenants. Nous souhaitons que
ces échanges se poursuivent dans le cadre de la présente commission. Je sais que le projet proposé est volumineux
et suggère des changements majeurs à l'organisation des transports
collectifs dans la grande région métropolitaine. Je suis toutefois convaincu
que ces changements sont essentiels pour assurer une plus grande cohésion des
services pour le bien, encore une fois, des usagers.
Nous
sommes tous conscients des enjeux financiers en matière de transport collectif,
et certains auraient souhaité voir un nouveau cadre financier. Je crois
toutefois qu'il aurait été irresponsable pour le gouvernement de bonifier le financement sans avoir d'abord modernisé une
gouvernance actuelle déficiente. C'est ce que nous faisons avec ce projet
de loi, donner à la région métropolitaine des fondations solides.
Le Président (M.
Reid) : En terminant, M. le ministre.
Poëti : En terminant, le projet de loi comporte néanmoins
plusieurs dispositions permettant une plus grande souplesse dans le financement du transport
collectif. Le modèle de gouvernance proposé est innovant. Nous avons trouvé,
je crois, le meilleur équilibre possible
entre la mise en place respective du secteur municipal et du gouvernement,
entre la valorisation de l'expertise
nécessaire, l'imputabilité des élus et, finalement, entre les rôles et
responsabilités aux niveaux politique, stratégique et opérationnel. Cette
nouvelle gouvernance permettra, pour
la première fois, une véritable planification à l'échelle métropolitaine ainsi qu'une intégration, une optimisation
des services, tout cela pour le bénéfice des usagers.
suis donc impatient de vous entendre. Je suis d'emblée convaincu que nos
discussions seront constructives. Merci à tous. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous allons
passer maintenant au député de Jonquière au nom de l'opposition
officielle. Vous avez des remarques préliminaires pour une durée maximale de
3 min 30 s.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, effectivement,
je suis ici en remplacement de ma collègue députée de Vachon, qui est
retenue à l'extérieur pour quelques minutes, mais qui va prendre la relève
rapidement.
aussi, je veux saluer, évidemment, les collègues qui sont ici, éventuellement
les groupes qui vont défiler devant cette
commission. Je sais à quel point ce sont des groupes engagés, professionnels et
rigoureux dans leur travail, et je pense que le ministre leur a demandé
un effort surhumain dans le temps qui était imparti pour préparer leur mémoire.
veux, évidemment, saluer les gens du ministère des Transports, de la fonction
publique, qu'il me fait toujours plaisir
de retrouver et de reconnaître également leur grand professionnalisme, les
collègues du gouvernement et les collègues également de la deuxième
opposition.
Alors, M. le
Président, quelques commentaires sur le projet de loi n° 76, et qui vont
représenter les premières questions, je dirais, de l'opposition officielle à
cet égard, et qui vont donner également la tendance des travaux qu'on entend
mener dans cette commission parlementaire.
D'abord,
évidemment, nous sommes d'accord avec le ministre que la réforme de la
gouvernance en matière de transport
collectif est nécessaire dans la grande région métropolitaine. D'ailleurs,
nous-mêmes comme gouvernement, nous
nous étions commis à cet égard en déposant la stratégie de mobilité durable,
qui avait été extrêmement bien reçue dans
le milieu des transports à Montréal, particulièrement dans le milieu des
transports collectifs. Donc, dans cette stratégie, nous annoncions cette
réforme de la gouvernance dans la grande région métropolitaine pour les
transports collectifs.
suffit de se rappeler l'inefficacité d'avoir, dans cette grande région, autour
de 600, 700 titres différents, et, juste avec cet élément, je pense que déjà on est convaincu de la nécessité de
faire un ménage là-dedans. Cependant, de quel ménage on parle? De quelle manière on veut travailler? De quelle façon,
on veut bonifier la gouvernance, et non pas empirer une situation qui est déjà complexe? Alors,
évidemment, tout le débat est là. On peut être d'accord sur le principe de
revoir la gouvernance, mais comment le gouvernement veut l'enligner?
Vous savez, les
grandes tendances dans le monde à l'heure actuelle — je veux juste prendre
l'exemple de Vancouver, Toronto — sont dans la diminution de l'influence
politique dans la gestion des transports collectifs. Alors, on va avoir
à se questionner là-dessus, est-ce que, par la création de deux nouvelles
structures, le ministre est en train d'augmenter cette influence politique au
lieu de la diminuer?
Qu'est-ce
qui va arriver également des municipalités, M. le Président, qui sont
actuellement desservies par des CIT,
mais qui sont ignorées par l'actuelle réforme présentée par le ministre comme
Sorel-Tracy, Saint-Hyacinthe, Valleyfield?
Ce n'est pas des petites municipalités dont je vous parle, là, mais qui sont
dans la grande région ou dans la grande zone d'influence de la
communauté métropolitaine.
Un peu comme
je vous le disais sur l'influence politique, quel sera le rôle précis de la
Communauté métropolitaine de
Montréal? Quel type de gouvernance on doit y donner et y accorder? Évidemment,
toute la question du financement parce
que le gouvernement, en même temps, s'est lancé quand même de façon importante
dans un rôle plus actif de la Caisse
de dépôt et placement dans le financement du transport collectif. Alors, comment
il entrevoit l'arrimage? Et comment les
gens qui vont venir témoigner en commission, les groupes intéressés, vont
pouvoir nous éclairer là-dessus aussi? Parce qu'il va y avoir nécessairement des liens entre la Caisse de dépôt et
placement, qui est maintenant un nouveau bras financier pour le
transport collectif dans la grande région métropolitaine, et la question de la
gouvernance.
termine — parce
que je pense que c'est les signaux que vous me faites — simplement, est-ce qu'on s'en va
réellement vers une plus grande simplification et une plus grande efficacité
ou, au contraire, vers une plus grande bureaucratisation? Merci.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Jonquière. Nous passons maintenant au deuxième groupe d'opposition et à son porte-parole pour des
remarques préliminaires pour une durée de 2 min 30 s. M. le député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, j'aimerais d'abord saluer
le ministre et son équipe, ses collègues, donc, de la
partie gouvernementale, ainsi que le député de Jonquière et
mon collègue le député de Masson... d'assister à la présente commission.
Je tiens également
à saluer et à remercier nos invités pour leur apport à nos travaux et nos
réflexions, qui n'ont eu que très peu
de temps, je dois le dire, pour analyser le projet de loi et préparer leurs
interventions, M. le Président. Alors, je
crois sincèrement que leur participation permettra d'accroître l'efficacité de
cette importante réforme, et ce, au bénéfice des usagers des transports
collectifs de la région métropolitaine.
Comme la
majorité des acteurs concernés, nous reconnaissons que la gouvernance actuelle est composée d'un nombre élevé d'intervenants, ce qui crée des
problèmes de planification, d'intégration des services et de fonctionnement.
Alors, nous prenons cependant acte des
préoccupations soulevées par plusieurs depuis l'annonce initiale du ministre en
avril dernier, et à plus forte raison depuis
la présentation de son projet de loi. Alors, certains craignent, par exemple,
que cette réforme réduise la desserte
et l'accessibilité des services aux citoyens, notamment à Sorel-Tracy et à
Saint-Hyacinthe qui sont actuellement
desservies par la CIT, mais semblent ne pas être desservies par le RTM dans le
présent projet de loi.
Une autre
préoccupation majeure est la garantie d'une représentation équilibrée des
couronnes sud et nord au sein du conseil d'administration du RTM, qui
s'occupe des opérations, ainsi que dans la planification stratégique, dont
s'occupera l'ART.
Alors, les
consultations que nous tenons aujourd'hui et demain nous permettront de cerner
les craintes de tous et chacun et de recueillir les commentaires et les idées
qui pourront nous servir pour améliorer ce présent projet de loi. Merci,
M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci beaucoup, M. le député de Groulx.
Alors, nous allons passer aux auditions. Je souhaite bienvenue à nos invités. Vous connaissez le fonctionnement,
vous avez 10 minutes pour faire votre présentation. Par la suite, nous
aurons une période d'échange avec les membres de la commission. Alors, je vous
demanderais de commencer par présenter les
personnes qui vous accompagnent pour les fins de l'enregistrement. Alors, à
vous la parole.
Mme Lavoie
(Diane) : Alors, je me présente, Diane Lavoie, mairesse de Beloeil et
présidente de l'AQTIM. Je suis
accompagnée de M. Normand Dyotte, vice-président de l'AQTIM et aussi
représentant au comité exécutif de la CMM pour la couronne sud, Mme Chantal Deschamps, représentante de la couronne
nord à la CMM, à la Communauté métropolitaine de Montréal, ainsi que
notre directeur général de l'AQTIM, M. Pierre Bélanger.
Alors, d'entrée de jeu, nous allons tout de
suite démarrer. Alors, nous tenons à remercier la Commission des transports et
de l'environnement pour l'invitation qui nous a été adressée à soumettre un
mémoire.
Depuis le
dépôt du projet de loi n° 76, le 12 novembre 2015, les instances
municipales perçoivent le p.l. n° 76 comme une atteinte à leur
légitimité, à leur compétence, à l'imputabilité des élus ainsi qu'à l'égard des
citoyens du Grand Montréal et voient ce
projet de loi comme un recul majeur des responsabilités du monde municipal
métropolitain par rapport aux
engagements pris par le gouvernement du Québec lors de la signature du pacte
fiscal en septembre dernier. Vous savez comme nous que le principe de
gouvernement de proximité est la pierre angulaire qui nous permet de se
raccrocher à l'élément le plus positif lors de cette signature.
Nous
constatons que le p.l. n° 76 retire aux couronnes sud et nord l'opération
de leur propre transport collectif en
le remettant entre les mains d'administrateurs indépendants alors que nous
gérons très bien le transport collectif dans nos secteurs. Le p.l. n° 76 retire des
éléments fondamentaux de gestion et de supervision d'un organisme tel que
l'Autorité régionale de transport
métropolitain en nous soutirant la responsabilité d'approuver les budgets et la
grille tarifaire du nouvel organisme
alors que nous sommes appelés à le faire pour l'AMT. Le projet de loi
n° 76 retire la responsabilité de
faire le réseau artériel métropolitain et le remet entre les mains des non-élus
alors qu'il s'agit d'une intrusion directe dans les compétences d'urbanisme liées au PMAD, au schéma d'aménagement
et à la gestion de l'urbanisme local. Le p.l. n° 76 ne nous laisse qu'un seul poste au comité de transition,
et l'ensemble des décisions doivent être approuvées par votre ministère. Vous comprendrez que nous ne
voyons pas dans ce projet de loi une organisation véritablement municipale.
Dans ce projet de loi, on semble s'intéresser seulement à notre responsabilité
fiscale, et plutôt qu'à notre expertise opérationnelle.
Voici donc les éléments du contenu qui doivent
être mis en place pour que nous sentions vraiment que votre ministère puisse considérer les municipalités
comme de véritables gouvernements de proximité à l'instar du pacte fiscal,
faisant en sorte que ce terme «gouvernement de proximité» prenne tout son sens
à la fois pour les élus, gestionnaires, planificateurs, opérateurs que sont les
membres de l'AQTIM ainsi que tous les membres du gouvernement.
Notre
présentation est en trois volets. D'abord, les instances et la
représentativité, que je présenterai. Ensuite, le financement, où je laisserai la parole à M.
Normand Dyotte. Finalement, l'ensemble des mesures liées à la transition, qui
seront présentées par Mme Chantal Deschamps.
Je vais traiter d'abord du Réseau de transport
métropolitain, RTM, où les couronnes sont particulièrement concernées. Le projet de loi prévoit que cette
instance sera composée de 15 membres,
soit 10 administrateurs indépendants, dont
six des couronnes et cinq élus, dont deux des couronnes ainsi que les élus
comptent pour le tiers des membres. Compte tenu que le RTM joue, à
toutes fins pratiques, le même rôle d'opérateur que celui des trois sociétés de
transport, laissez-moi vous dresser un
parallèle. Leur conseil demeure inchangé, soit des élus qui comptent pour au
moins 70 % des membres et des
usagers. Rien ne justifie donc la présence d'administrateurs indépendants au sein du RTM. C'est pourquoi nous
recommandons que le conseil du RTM soit aussi composé d'élus avec deux
représentants des usagers.
Pour ce qui
est des décisions, encore une fois nous dresserons un parallèle avec les
sociétés de transport. Pour cette
dernière, le conseil prend toutes les décisions en matière d'opération du
service d'autobus. Nous sommes d'avis qu'il devrait en être de même pour
les couronnes au sein du RTM. Ainsi, seuls les élus des couronnes seraient
appelés à se prononcer en regard du service
par autobus dans le territoire des couronnes. Rappelons que les contributions
municipales pour ce service ne seront assumées que par les couronnes.
Du côté de
l'Autorité régionale de transport métropolitain, nous recommandons que la CMM
ait l'obligation de nommer cinq élus,
soit pour chacun des secteurs géographiques du territoire de la CMM. En ce qui
concerne la CMM, nous sommes d'avis
que les responsabilités en regard de l'ARTM devraient aussi comporter celle
d'approuver son budget et sa grille tarifaire. La responsabilité du
réseau artériel métropolitain devrait être maintenue au sein de la CMM, une instance où siègent des élus municipaux, et non
pas à être dévolue par l'ARTM. Les artères désignées pour faire
partie
du réseau artériel métropolitain sont des artères municipales.
Alors, en résumé, les recommandations, nous
avons :
Que la CMM approuve le cadre tarifaire du
transport collectif établi par l'ARTM;
Que la CMM approuve le budget annuel établi par
l'ARTM;
l'exploitation d'équipements et d'infrastructures métropolitains tels que les
voies réservées, les terminus, les stationnements d'incitation, etc.,
soit confiée au RTM;
Que la CMM
demeure responsable de désigner un réseau artériel métropolitain et d'établir
les normes de gestion;
Que le
pouvoir de déterminer les usages compatibles aux abords du réseau routier soit
retiré;
Que la CMM
désigne au sein du conseil d'administration de l'ARTM cinq membres élus et
trois administrateurs indépendants;
Que les
membres élus nommés par la CMM soient issus de chacun des cinq secteurs
géographiques de la CMM, à savoir
l'agglomération de Montréal, l'agglomération de Longueuil, la ville de Laval,
la couronne nord et la couronne sud.
Que le
conseil du RTM soit composé uniquement d'élus, auxquels s'ajoutent deux
représentants des usagers, se déclinant
comme suit : quatre élus de la couronne nord, quatre élus de la couronne
sud, trois élus de la ville de Montréal, un élu de la ville de Laval, un élu de la ville de Longueuil, deux
représentants des usagers du transport collectif nommés par la CMM;
Que toutes
les décisions relatives au service par autobus soient prises uniquement par les
huit élus de couronnes à la majorité simple;
Que toutes les séances du conseil soient
publiques;
Qu'un mécanisme
permanent d'information-consultation prenant la forme de directions
territoriales soit établi entre le RTM et les municipalités; et
Que la loi accorde à la CMM le pouvoir de nommer
deux membres du comité de transition.
Le Président (M. Reid) : ...
M. Dyotte
(Normand) : M. le Président, membres de la commission, mesdames et
messieurs. Au niveau du volet financement,
pour ce qui est du financement, un irritant majeur se situe au niveau de la
garantie de remboursement des emprunts.
En effet, le projet de loi rend les municipalités faisant
partie du territoire
de l'ARTM garantes du remboursement des
emprunts effectués par celle-ci. La même obligation s'applique aux emprunts
contractés par le RTM. Le projet de loi...
ainsi que les municipalités garantes du remboursement d'emprunts sur lesquels
les élus municipaux n'exerceront aucun contrôle alors que cette obligation pourrait
avoir pour effet de limiter la capacité d'emprunt des municipalités. Une
telle garantie vient impacter le service de
dette des municipalités. Les municipalités pourraient même se retrouver
garantes du remboursement d'emprunts contractés par l'Agence
métropolitaine de transport qui seront transférés à l'ARTM, puisque l'AMT sera abolie. C'est pourtant le gouvernement
qui a autorisé ces emprunts réalisés par l'agence et qui est aujourd'hui
garant de leur remboursement. Un tel transfert sur le dos des municipalités est
même inacceptable. Le gouvernement devrait demeurer garant du remboursement des
emprunts contractés par l'AMT.
Un autre irritant
majeur découle des contributions de l'ARTM, éventuellement le RTM... pourra
exiger des municipalités sans que son budget
ni ses emprunts ne soient approuvés par la CMM. Ainsi, les élus municipaux supporteraient l'odieux de taxer leurs citoyens pour verser des
contributions pour des services sur lesquels ils ne pourraient exercer aucun
contrôle.
Bien
que le gouvernement ait laissé entendre que de nouvelles sources de financement
puissent éventuellement être
disponibles, le projet de loi n'apporte à peu près rien pour bonifier le
financement du transport collectif. Il se limite, en effet, à habiliter la Communauté métropolitaine
de Montréal à percevoir une taxe sur l'immatriculation des véhicules de promenade. Cette ouverture modeste pour appuyer
le financement du transport collectif repose sur la possession d'un véhicule et n'a qu'un lien ténu avec l'utilisation
des réseaux de transport. L'AQTIM demande que le gouvernement accorde un financement stable et récurrent au transport en
commun pour qu'il se développe davantage dans une perspective de
développement durable.
Et les
recommandations, c'est :
Que le gouvernement
du Québec accorde au transport collectif, effectivement, une aide financière
stable et suffisante;
le gouvernement demeure garant du remboursement des emprunts contractés par
l'AMT qui seront transférés à l'ARTM ou au RTM.
Deschamps (Chantal) : Mesures de transition. Le comité de transition
prendra des décisions déterminantes pour
l'organisation et le financement du transport collectif dans la région
métropolitaine, d'abord par l'élaboration de la première politique de financement et l'élaboration des premiers budgets
de l'ARTM et du RTM. Ces décisions auront un impact important pour les
contributions futures des municipalités au transport collectif. Pourtant, la
seule obligation faite au comité de
transition est d'informer les autorités organisatrices de transport collectif.
Les élus municipaux, eux, auront, par conséquent, un droit de regard
limité sur ces décisions.
C'est
pourquoi l'AQTIM formule trois propositions en matière de mesures de transition
pour le comité de transition :
Que la CMM désigne
deux membres du comité de transition plutôt qu'un seul;
Que le comité de
transition puisse consulter la CMM; et
la première politique de financement élaborée par le comité de transition
puisse être approuvée par la CMM sans l'intervention du ministre des
Transports, comme le prévoit le projet de loi.
Nous
comprenons que l'ARTM sera responsable de l'organisation des services de
transport collectif réguliers et
adaptés. Dans les couronnes, l'organisation du transport adapté relève
d'organismes autres que les CIT et les MRC dans la plupart des cas. Les clientèles des services de transport adapté sont
inquiètes des changements à venir, d'autant plus que le projet de loi
contient bien peu d'information à ce sujet.
Le Président (M.
Reid) : ...
Mme Deschamps
(Chantal) : Il me reste une minute?
Le Président (M.
Reid) : Même pas, mais allez-y, en tout cas.
Mme Deschamps (Chantal) : Alors donc, en fait, moi, j'invite les membres de
la commission d'aller consulter le mémoire
de l'AQTIM au niveau des recommandations. Et bien sûr que je remercie, bien
sûr, vous, M. le Président, et tous les membres de cette commission, et, bien
sûr, M. le ministre.
Le Président (M.
Reid) : Alors, bien sûr, nous allons commencer une période
d'échange qui nous permettra également
d'élaborer sur certains aspects pour lesquels, peut-être, le temps aurait
manqué. Nous allons commencer la période d'échange avec M. le ministre.
Vous avez la parole.
Poëti : Merci, M. le Président. Alors, merci à vous tous, ce matin, d'être ici
et de nous présenter votre mémoire, que
nous avons... auquel nous avons pris connaissance. D'ailleurs, je dois
souligner ici pour l'ensemble des gens que nous avons des rencontres régulières et que je suis toujours
ouvert aux propositions des élus et, évidemment, de l'AQTIM dans ce dossier-là.
D'emblée,
vous me voyez un peu surpris, cependant, sur le ton des propos à l'effet que... En fait,
si je le disais simplement, tout va bien et que 83 municipalités s'entendent vraiment
très bien et pourquoi changer quelque chose qui va bien... Je dois vous
rappeler qu'il y a plus de 500 à 700 titres de transport différents et que la
qualité que je reconnais aux élus,
c'est que chacun, pour leur municipalité, vous faites un excellent travail. Vous faites un
excellent travail pour vos citoyens,
pour les gens que vous représentez. Maintenant, si on veut avoir une vision globale du transport
collectif dans la grande région métropolitaine, on doit tous travailler
ensemble.
L'autre
point qui est important, à mon avis, je pense qu'on a passé rapidement
sur les sources de financement, et vous
avez émis une préoccupation sur la dette de l'AMT. Nous allons, pour balancer
les budgets de l'AMT cette année, déposer
dans leur compte 68 millions de
dollars. Ce n'est pas parce que
tout allait bien. C'est un déficit majeur que vous n'allez pas supporter, que le gouvernement va supporter, mais pas à l'infini. Ce projet de loi là va replacer
les modes de financement, soyez assurés de ça.
D'un
autre côté, lorsqu'on parle des meilleures pratiques à travers le monde, vous
n'avez sûrement pas dû regarder Toronto.
Pourtant, c'est une des meilleures pratiques à travers le monde où on nomme 15
membres indépendants, nommés par le gouvernement. Nous ne sommes pas là. Vancouver, encore un modèle à travers le Canada,
11 membres, dont neuf indépendants et deux élus nommés par le conseil
des maires. Nous ne sommes pas là.
Alors, ce que
je vous dis, c'est que je peux sentir de l'inquiétude, mais l'objectif
ici, c'est de moderniser, de faciliter et
que le seul gagnant, celui qui gagnera le plus à ce nouveau projet de loi là, soit l'usager. Et c'est notre intention de le faire, et, en collaboration avec l'ensemble
des élus, on va aller de l'avant avec notre projet de loi. Cependant, à la
lumière de vos inquiétudes, à la
lumière de vos propositions, on les regarde, il est toujours
temps, avant d'arriver à l'article par article, pour tenter de bonifier.
Je sens votre
inquiétude sur la participation des élus. Ça m'étonne un peu, dans le sens où
je pense que le fonctionnement de vos
CIT ne sera pas ébranlé, dérangé, vos bonnes pratiques peuvent continuer de le
faire. Maintenant, si on veut travailler tous ensemble, bien, il faut
qu'il y ait une planification de faite, centrale, et, à partir de là, je pense
qu'on a intérêt à avoir cette ouverture-là
davantage. Et, si le modèle était à ce point efficient, si ce modèle était à ce
point efficace, bien, on ne serait pas assis ici aujourd'hui. Fort de le
constater, là, vous le savez.
Maintenant,
j'entends ce que vous dites. Je vais en tenir compte, on va le regarder. Et,
comme j'ai toujours fait depuis le début dans tous les projets de loi,
toute suggestion positive, constructive d'amélioration pour l'usager va être
prise en compte.
Le Président (M. Reid) : Mme
la présidente, voulez-vous intervenir?
Mme Lavoie
(Diane) : Certainement. Alors, M. le Président, en fait, l'AQTIM, on
vous l'a bien dit puis clairement identifié qu'au niveau de la RTM, où
c'est de la planification, on est tout à fait en accord d'avoir des
administrateurs indépendants parce qu'on
parle de planification. Mais, lorsqu'on parle d'opérations, c'est là où on est
tous inquiets. Vous l'avez dit que
tous nos CIT, on travaille très bien au niveau de notre transport local. Alors,
dans le projet de loi, rien ne nous
indique que nous allons conserver cette autonomie pour conserver notre
transport local. Alors, dans ce contexte-là, c'est surtout l'inquiétude au niveau de la boîte RTM. Donc, on peut
comprendre qu'au niveau de la planification on ait des experts, des administrateurs indépendants,
mais, au niveau de l'opération, c'est discutable. Alors, c'est à ce niveau-là
qu'il y a des choses à améliorer de façon
importante. On parle aussi d'avoir des paliers de... justement, lors du comité
de transition, qu'il puisse y avoir des
places où les élus pourront se retrouver pour parler, justement, de transport
local où c'est nécessaire. Alors,
dans ce contexte-là, c'est vraiment les inquiétudes de l'association québécoise
des transporteurs que je représente
et les 61 municipalités que je représente. Est-ce qu'il y aurait... M.
Dyotte qui voudrait peut-être ajouter.
Le Président (M. Reid) :
Allez-y.
M. Dyotte
(Normand) : Oui. Donc, le fonctionnement, aujourd'hui, des CIT, sur le
conseil d'administration, ce sont majoritairement des maires ou, sinon, des
conseillers municipaux. Donc, ils suivent de très près la qualité de service
qui est offerte à nos citoyens et nos
citoyennes. Alors, évidemment, la réforme qui est proposée ici, oui, elle est
nécessaire. Effectivement, beaucoup
d'organismes de transport, oui, il faut revoir, évidemment, le nombre de
tarifs. On est d'accord avec ça.
Comme le disait la présidente, aussi au niveau de la planification globale
métropolitaine, ça en prend, effectivement. Par contre, on ne veut pas, nous, être à l'écart, les élus, de notre
population. Actuellement, nous rendons un service de qualité à notre population, à nos usagers, et le
fait que le RTM n'aura pas d'élus, donc, demain matin, nous ne sommes plus dans un conseil d'administration de CIT, nous
ne sommes plus non plus sur un conseil d'administration du RTM. Alors, le citoyen, il est loin vraiment de ses
élus pour pouvoir, effectivement, énoncer ses besoins en termes de transport,
du moins local. Parce qu'on comprend qu'au
niveau régional et métropolitain, il va y avoir, effectivement, une entité qui
va, effectivement, revoir ce réseau-là. Donc, au niveau local, il faut
garder le lien, effectivement, avec nos citoyens.
Mme Lavoie (Diane) : Mme Deschamps?
Le Président (M. Reid) : Oui,
allez-y.
Mme Deschamps (Chantal) : Si c'est
possible, M. le Président...
Le Président (M. Reid) : Oui,
oui. Allez-y, allez-y.
Deschamps (Chantal) : ...en fait, à la question pourquoi faire que les
élus tiennent à ce point-là à être sur un
organisme où est-ce qu'on va gérer des opérations, bien, je vous dirais que,
depuis que le transport collectif existe, autant dans les couronnes, donc dans les CIT, que dans les sociétés de
transport... Il y en a trois à Montréal. Alors, tout le monde, on gère le transport collectif à partir de
conseils constitués d'élus, que ça soit des maires ou des conseillers ou
conseillères municipales.
Et moi, je vous dirais, bien, un
organisme de transport, c'est un organisme vivant. Puis pourquoi? Parce qu'on
ne transporte pas des marchandises, on
transporte des personnes. Et c'est là où est-ce qu'on est au coeur de la
sensibilité citoyenne, et c'est ça
qui préoccupe les élus municipaux parce qu'au même
titre que les sociétés de
transport nous sommes le lien vivant entre les préoccupations de nos
usagers que sont nos citoyens sur nos territoires. Et c'est ça qu'on veut préserver dans la nouvelle structure, s'assurer
qu'on soit majoritairement composés d'élus pour être ce lien tangible et vivant avec
nos usagers que sont nos citoyens, et c'est exactement la même chose
actuellement du côté des sociétés de transport.
Le Président (M.
Reid) : Merci. M. le ministre, voulez-vous reprendre la parole?
Poëti : Oui. En fait — M. le Président, merci — sur le RTM, la nouvelle proposition, ça fait
un an qu'on en parle, mais c'est vrai que le projet de loi, il est
récent, là. Je comprends ça, puis on va prendre le temps de le regarder ensemble, mais il y a 15 membres de nommés sur le
RTM, dont huit seront pour les couronne nord, couronne sud. On vous a dit qu'on était pour travailler pour faire
une entité couronne sud, couronne nord suite aux discussions qu'on a déjà
eues avant le projet de loi. J'ai entendu ce que vous avez dit, j'ai cette
ouverture-là, je comprends vos spécificités. Huit
des 15 sont nommés par les élus. En fait, il va y avoir deux élus. En quoi la
présence d'un maire est plus efficiente sur le conseil d'administration
du RTM qu'un indépendant qui a été nommé par un élu?
J'étais
surpris d'entendre, lors d'une discussion, que... Vous savez, lorsque les
citoyens nous disent qu'il y a un arrêt
d'autobus ou il y a une nouvelle ligne qu'on veut tourner à gauche ou à droite,
là, c'est à nous autres qu'ils parlent, là. Que ça soit le maire de la municipalité qui décide de tasser un arrêt
d'autobus ou de déplacer, je suis étonné. Maintenant, ça se peut, mais est-ce qu'une personne
indépendante nommée par les élus ne peut pas faire ce travail-là à la hauteur
de vos attentes? Est-ce que vous avez
cette crainte-là que de ne pas être représentés par des gens que vous allez
identifier, dont huit sur 15?
Le Président (M.
Reid) : Mme la présidente.
Lavoie (Diane) : Bien, en fait, si on fait un comparable aux sociétés
de transport, où la majorité du conseil d'administration, ce sont des élus, c'est là où, au niveau des... Je
vous dirais, là, tout vient dans l'esprit de l'imputabilité et de l'autonomie municipale. Et je vous dirais
que, dans l'opération, on est près de nos citoyens. Quand on a des critiques
ou des plaintes, ça ne va pas être
l'administrateur indépendant qui va recevoir la plainte, ça va être l'élu, ça
va être l'hôtel de ville de chacune
de nos municipalités qui va recevoir la plainte, qui va avoir à gérer le tollé.
Alors, c'est là où nous, on a l'imputabilité, on a été élus parmi nos
citoyens, et c'est là où, pour nous, le bât blesse.
fait, on se compare, en fait, aux sociétés de transport, et le RTM va s'occuper
du transport d'autobus. Alors, pourquoi
nous, on devrait avoir plus d'indépendants que d'élus? C'est là où, pour nous,
c'est inquiétant. Puis, on l'a dit, on est
prêts à avoir des représentants des usagers pour vraiment... au niveau de
l'opération. Parce qu'on parle d'opération. On ne parle pas de
planification, ni de tarification, ni de budget, on parle d'opération de
transport.
Poëti : On regarde actuellement sur le volet d'une voix des
usagers, là, ou de permettre d'entendre les usagers. Ça, c'est au coeur de ma préoccupation. Mais vous
savez qu'actuellement vous avez un représentant sur le conseil d'administration
de l'AMT, un, un seul. Non, mais ce n'est
pas rien, là. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, là, sur le conseil
d'administration, pour représenter tous les gens que vous êtes, il y a
une personne.
moi, c'est sûr que je ne peux pas penser que ça marche comme ça, là. Je pense
que, si on veut bonifier la chose, il
faut faire quelque chose. Alors, on passe de un à huit. À mon avis, sur 15
membres, il me semble qu'il y a, de notre part, une volonté de vous donner de la place et que vous ayez ce pouvoir-là
aussi d'influence dans un conseil d'administration. Puis il me semble bien que les gens que vous allez
nommer vont représenter, évidemment, vos intérêts. On veut ça, mais on part d'un représentant pour l'ensemble des
couronnes pour vous en donner huit. C'est ce que je me disais qu'il y avait
minimalement, pour moi. Mais la voix aussi
des citoyens, il y a aussi des processus possibles qu'on est après arrimer avec
le ministère pour vous proposer la voix des citoyens. Merci, M. le Président.
Lavoie (Diane) : Bien, en fait, nous, là, c'est toujours dans l'esprit
où on parle de transport local couronne nord, couronne sud, l'opération
du transport local, parce que les sociétés de transport ne seront pas impactées
pour le transport local. Alors, on veut
s'assurer que les couronnes nord et couronnes sud, on ait le droit de parole,
qu'on ait la majorité pour prendre les décisions au niveau du transport
local d'autobus. Le RTM va représenter le transport local. C'est là où, pour
nous, c'est important. Mme Deschamps, vous vouliez ajouter aussi quelque chose?
Deschamps (Chantal) : Oui. Bien, en fait, juste porter à l'attention
de tout le monde ici qu'on ne veut pas... En fait, on le souhaite que ça ne
soit pas, cette nouvelle structure, une AMTisation, là. Alors, c'est un jeu de
mots. Et c'est justement, je pense
que la réflexion qui a été faite à travers les années, alors ça a été de
trouver des nouvelles façons de faire
et de s'inspirer des meilleurs modèles. Mais l'AMT, c'est une société d'État,
alors que l'ARTM, ça va être un organisme supramunicipal. Alors, il faut faire la différence entre les deux. Et,
quand on pose la question ou on met en parallèle ce que deviendra — du
moins, ce qu'on en comprend dans le projet de loi n° 76 — le
RTM par rapport aux sociétés de transport,
qui, elles ne se voient pas l'obligation d'avoir des indépendants ou des
experts dans leurs rangs, alors c'est là où vous comprendrez qu'on ne comprend plus cette logique-là parce que,
de tous les temps... Chez nous, à Repentigny, ça fait 30 ans qu'on donne
du service, ça fait 30 ans qu'on n'arrête pas de bonifier nos lignes. J'imagine
qu'on a bien travaillé parce qu'on a reçu
aussi dans ce grand ensemble métropolitain là... on a inauguré, justement, avec
M. le ministre, il y a à peu près un an, un projet extraordinaire qui
est le Train de l'Est.
Alors,
on questionne la pertinence de se retrouver avec des indépendants qui ne sont
pas imputables. Les élus sont imputables,
c'est eux qui vont taxer. Alors là, c'est comme si on va se retrouver avec des
gens, quand même qu'on les aurait
choisis, qui vont décider de la qualité et des niveaux de service pour du
transport local qu'on connaît. Et je vous dirais qu'on fait le boulot exactement comme les élus des sociétés de
transport. Alors, on a un point d'interrogation là, puis on soumet ça,
bien sûr, aux membres de la commission.
M. Poëti :
Écoutez, je vous entends bien, je vous entends très bien. C'est sûr que j'ai
des petits frissons quand on donne en
exemple le projet extraordinaire du Train de l'Est, là, mais je vais laisser
passer l'émotion. Mais ce que je veux vous dire, c'est que, si on veut s'inspirer des meilleures pratiques, les
meilleures pratiques au monde, Toronto, Vancouver — parce qu'on veut regarder chez nous — sont des modèles et dont certains ont connu
au début des difficultés, ils ont dû se réajuster.
Vous
comprenez bien qu'on va s'inspirer de la finalité de leurs meilleures
pratiques : 15 membres indépendants nommés par le gouvernement à Toronto, 11 membres, dont neuf indépendants,
deux élus à Vancouver. C'est à côté de chez
nous, là, ça marche, là, et il faut se questionner là-dessus. Et je sais
que — et je vous
retourne, madame, le compliment — certaines municipalités le font très bien,
ce n'est pas le cas de l'ensemble. On ne veut pas faire un projet de loi pour décider pour une municipalité, pas
pour l'autre, pour un, pour l'autre. Quand moi, ça fait un an que je parle
de vouloir améliorer le système puis qu'un
élu veut renouveler de gré à gré un contrat pour des autobus pour 10 ans, j'ai
un deuxième frisson, madame, et c'est là
que, pour moi, ce n'est pas acceptable, et c'est là que je dis : Non, non,
un instant, là.
Là, il faut
travailler pour l'ensemble des gens. Il peut être plus facile parfois, un
contrat de gré à gré, et il y a des fois
que ça le nécessite. Mais, au moment où on a levé le drapeau puis on vous a
tous dit : On veut travailler ensemble pour améliorer le service, il y a des pratiques qui ne sont pas
acceptables. Je ne vais pas niveler par le bas, je vais prendre les
meilleures pratiques. Et, si votre ville est un modèle, bien, les villes
devraient s'inspirer de ce que vous faites, madame,
chez vous. Et c'est comme ça qu'ensemble on va être meilleurs pour le citoyen,
et c'est pour ça qu'il me semblait et
il me semble que la présence de huit personnes au lieu d'une seule sur un
conseil d'administration pour vous représenter m'apparaissait un
avantage.
Maintenant,
je réitère encore une fois que d'avoir un canal de communication des usagers m'apparaît
vraiment important, et on va y travailler puis être capables de vous présenter
quelque chose à ce niveau-là. Et évidemment, dans notre position, un peu ce que j'ai bonifié, les
mécanismes permettant de tenir compte des besoins de la population, d'impliquer
les élus dans la planification, et la desserte locale, et la qualité des
services aux usagers, il me semble vous retrouver comme élus. Ce que je comprends, c'est qu'il n'y a pas le nombre que
vous souhaiteriez, mais que votre présence soit là. Alors, je l'entends bien, et on va regarder ça.
Mais je vous réitère aussi ce qui me guide énormément. Évidemment, vous avez dit : Ce n'est pas une société d'État,
mais la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, à la
section I,
chapitre
II, Conseil d'administration :
«Au moins les deux tiers des membres du conseil d'administration, dont le
président, doivent, de l'avis du gouvernement, se qualifier comme
administrateurs indépendants.»
Ce n'est pas
juste une idée que j'ai eue sur le coin puis, tiens, allons-y avec les
indépendants, là, je me base sur des
normes. Est-ce qu'on peut bonifier peut-être davantage le nombre de
représentations d'élus municipaux? Je ne ferme pas la porte à ceci, mais
je vous dis d'emblée, cependant, qu'il serait très difficile que vous soyez en
majorité.
Le Président (M. Reid) :
Est-ce que j'ai une intervention? Oui, de votre part.
M. Dyotte
(Normand) : Une des principales préoccupations que nous avons, c'est
qu'effectivement qu'il y ait une
partie des personnes indépendantes qui
fassent
partie des conseils d'administration et qui prennent des décisions importantes. Parce qu'on sait fort bien que le
transport collectif, pour une municipalité, c'est un poste budgétaire
important, d'une part, mais c'est aussi un service important en termes
de qualité pour nos citoyens.
Donc, de voir
que des investissements de plusieurs dizaines, sinon de centaines de millions
vont être effectués dans le transport
collectif, et que ce ne sont pas majoritairement des élus qui vont être à la
table pour prendre ces décisions-là, et
que, par la suite, nous allons, nous, dans les municipalités, être dans
l'obligation sûrement de taxer nos citoyens et nos citoyennes, c'est là qu'on a une certaine difficulté.
Alors, il y a comme un arrimage qui devrait se faire entre ceux qui
investissent et ceux qui taxent.
Le Président (M. Reid) : Mme
la présidente.
Mme Lavoie
(Diane) : Alors, juste aussi ajouter, au niveau de la boîte RTM, M. le
Président, il y a aussi... En fait,
ce qu'on souhaite, c'est que tout ce qui est décision au niveau du transport
d'autobus, que ça soit les couronnes nord et les couronnes sud qui puissent prendre des décisions, qu'il y ait...
Je ne sais pas de quelle façon vous pourriez l'ajouter dans le projet de loi, mais, au niveau du
transport d'autobus, c'est le RTM, puis c'est la couronne nord, couronne sud.
Alors, pourquoi que les sociétés de
transport, Montréal, Laval, Longueuil, auraient le droit de décision sur le
transport local des deux couronnes?
On comprend bien qu'à la RTM on a le train de banlieue qui est ajouté. C'est
pour ça que, pour nous, avoir des
élus des autres municipalités, c'est important. Mais, au niveau du transport
d'autobus, pour nous, c'est prioritaire d'avoir au moins une certaine
autonomie pour prendre des décisions au niveau des couronnes.
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre...
M. Poëti : J'entends bien ce
que vous dites.
Le Président (M. Reid) :
Est-ce que j'ai d'autres interventions du côté gouvernemental?
Mme de Santis : Moi, j'ai une
question.
Le Président (M. Reid) : Oui.
Alors, à vous la parole.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. Merci de votre présence. Il y a une
autre préoccupation que j'ai entendue, et
c'était pour l'organisation des services de transport collectif à l'extérieur
du territoire de l'autorité. O.K.? Maintenant, ces municipalités auront la possibilité de faire des ententes
intermunicipales, créer des régies de transport et aussi d'être des municipalités clientes du RTM. Donc, ils
pourraient choisir de faire
partie du RTM. Est-ce que ces choix ne suffisent
pas? Qu'est-ce que vous suggérez, vous?
Le Président (M. Reid) : Vous
avez environ deux minutes pour répondre à la question.
Mme Lavoie
(Diane) : O.K. Merci. Écoutez, pour nous, c'est important. Je suis
présidente du CITVR, le Conseil intermunicipal
de transport de la Vallée-du-Richelieu, et on a trois municipalités en dehors
du territoire de la CMM, et nous,
c'est une préoccupation. Effectivement, l'ART devra prendre des ententes, mais
on soulève le fait qu'on souhaite vraiment
que ces municipalités-là en dehors du territoire de la CMM prennent des
ententes avec la RTM pour ne pas... On
l'a vu dans certaines autres organisations où, finalement, les villes en dehors
du territoire de la CMM vont créer un service
de transport, taxibus ou peu importe, et elles vont venir porter les gens aux
limites du territoire de la CMM, et l'impact
budgétaire, c'est nous qui allons l'assumer parce qu'on devra augmenter le service de transport d'autobus. Alors, pour
nous, cette partie-là est tout à fait importante.
Il y a
aussi les actifs. Certains actifs de certains organismes de transport sont en
dehors du territoire de la CMM, et ça
aussi, il y a beaucoup de préoccupations par
rapport de quelle façon que les
actifs vont être transférés au niveau de la RTM à l'intérieur et à
l'extérieur du territoire de la CMM,
surtout quand ils font
partie d'un conseil intermunicipal de
transport. Alors, oui, c'est effectivement des préoccupations importantes au
niveau du projet de loi.
Président (M. Reid) :
Merci. Est-ce qu'il y a un court
commentaire, M. le ministre? Il reste une minute, oui.
M. Poëti : En fait, pour vous
rassurer là-dessus — on
n'en a pas parlé beaucoup parce qu'on a beaucoup de points — il y
aura un comité de transition qui...
J'évalue à plus ou moins un an son mandat. Et ces préoccupations-là que vous avez sont légitimes, et c'est le comité de
transition qui va s'en occuper, qui va appliquer la transition en tenant compte, évidemment, de ces inquiétudes-là, dont celle que vous avez
soulevée rapidement tantôt sur l'AMT. Ce n'est pas rien, quand
même, 68 millions pour balancer le
budget de l'année passée. Comprenez bien qu'on ne va pas mettre ça sur
vos épaules, d'aucune façon.
Le Président (M. Reid) : Merci,
M. le ministre. Alors, nous allons passer maintenant du côté de l'opposition
officielle. M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de souhaiter la bienvenue aux représentants de l'AQTIM. Mme Lavoie, M.
Dyotte, M. Bélanger, Mme Deschamps, merci
beaucoup d'être ici. Et je répète, et
je réitère grand respect à l'égard de votre travail, de votre engagement
pour le transport collectif dans vos régions respectives. C'est vraiment
reconnu, et je sais que vous êtes très, très préoccupés par ça.
voulais revenir un peu dans la foulée de ce que le ministre
disait parce que j'entends aussi, moi, vos commentaires. Vous êtes très préoccupés de votre présence essentiellement sur le volet opération, opérationnalisation, davantage que planification. Je pense que, là-dessus, on
s'entend puis je pense que, là-dessus, tout le monde s'entend. Bon. Mais moi,
je voudrais vous amener sur le
nécessaire équilibre, je dirais, entre les deux parce que la frontière n'est
pas toujours aussi nette qu'on le
voudrait. Il peut arriver parfois des enjeux d'opérationnalisation qui ont des
impacts sur la planification, et c'est là qu'après ça,
bien, on... comme on dit, le diable se perd dans les détails, là, mais qu'il
peut arriver parfois des événements ou des éléments où les élus sont interpelés pour
faire des changements parce qu'un élu, forcément, est soumis à la représentativité
de sa population. Si on arrive à une période préélectorale, par exemple, il peut y avoir des enjeux d'opérationnalisation qui vont avoir
un impact sur la planification.
Alors, moi,
j'aimerais vous entendre davantage sur comment on peut trouver cet équilibre-là
tout en ayant une planification qui est saine, qui vise vraiment
le transport des usagers d'un point A à un point B. C'est juste ça ici qui nous préoccupe, au fond. Comment on peut, donc,
trouver cet équilibre-là sans verser non plus — on va le dire clairement, là — dans des guerres de clocher, là? Moi, je
vais prendre une région neutre, là. Comme ça, on ne pourra pas créer de froid, là, dans vos régions, mais moi, au
Saguenay, là, ce n'est pas toujours évident entre Chicoutimi puis Jonquière,
là, hein? Ce n'est pas pour rien que,
quand ils ont reconstruit l'église Saint-Dominique après l'incendie de la
cathédrale de Chicoutimi — je regarde le président parce qu'il vient de
ce coin-là aussi — ils ont
fait deux clochers parce que les gens de Jonquière voulaient avoir une
église plus grosse que celle de Chicoutimi, qui était incendiée. Donc là, il
arrive des histoires où le maire voisin veut
avoir le réseau d'autobus qui va passer devant telle rue plutôt que telle
autre. Donc, c'est là le problème,
là. Donc, comment on peut gérer les guerres de clocher, entre guillemets, sans
nuire à cette vision globale qui est nécessaire pour le bien des
usagers? Je ne sais pas si je me suis fait bien comprendre.
Mme Deschamps (Chantal) :
Oui. Moi, j'aimerais répondre à cette question-là parce qu'on a très bien
compris, dans le projet de loi...
Puis d'abord vous dire, hein, que l'AQTIM, ce n'est pas la première fois
qu'elle réfléchit sur les modèles de
gouvernance, c'est quelque chose qu'on souhaitait, et, à ce niveau-là, la
simplification des structures, l'uniformisation de la tarification, l'usager, tout ce qu'on a dit, là, c'est louable.
Mais l'ART, ça va être son mandat.
L'ARTM, ça sera son mandat de planification d'avoir une idée métropolitaine de
la grille tarifaire, mais à partir d'un plan de transport qui n'existe
pas à l'échelle métropolitaine, et j'imagine que ça sera le boulot du comité de
transition de le faire.
à partir du moment où on a un tableau de bord qui s'appelle un plan
métropolitain en transport, il va nous arriver, au niveau des opérations, la même chose qui nous est arrivée avec
l'adoption, à l'échelle de la CMM, du Plan métropolitain d'aménagement et de développement, qui est le
PMAD. On n'en avait pas avant, et vous avez peut-être raison qu'il y avait
à ce moment-là beaucoup de tirage de
couverture à droite et à gauche. Mais à partir du moment... Puis ce n'est pas
un plan qui est parfait, puis il n'en
existe pas, de modèle de transport parfait, mais il n'existe pas de plan
parfait non plus. Mais la seule
chose, c'est que, là, au moment où on se parle, on n'en a pas. Alors, c'est
facile de se faire dire : Vous autres, vous venez des couronnes, vous allez vous chicaner. Mais les mêmes
propos que vous nous servez, ça sert aussi pour les élus qui siègent dans les trois sociétés. Pourquoi
qu'on n'adresse pas cette même problématique là aux élus des trois sociétés
et qu'on vise les couronnes?
Encore
une fois, je vais parler de mon... j'ai envie de dire «de mon patelin»,
alors, parce que, nous, à Repentigny, je
vous l'ai dit, ça fait plus de 30 ans qu'on fait du transport, on est depuis 16
ans dans un grand organisme qui s'appelle le CRTL de Lanaudière. C'est six MRC et c'est plus de 400 000 de
population. Ça fait 16 ans, conseil d'élus au niveau de Lanaudière, conseil d'élus au niveau de ma MRC. On
n'est pas toujours d'accord, comme dans tous les conseils d'administration,
mais on est capables, finalement, de
s'entendre. Pourquoi? Parce qu'on a un plan de transport à l'échelle de la
région puis on a des plans de transport qui concordent, nous, avec les schémas
de nos MRC. Alors, comment l'équilibre va se faire? Bien, il va se faire avec des outils, des outils
aussi performants qu'on a connus en matière d'aménagement et de développement
du territoire à la CMM. Merci.
Le Président (M.
Reid) : Allez-y.
Dyotte (Normand) : ...ajouter qu'effectivement, nous, la planification, nous sommes
conscients qu'actuellement il y a
plusieurs entités et plusieurs organismes qui planifient le transport. Alors,
c'est sûr que cette nouvelle gouvernance là, en termes de planification, elle est la bienvenue. D'avoir un plan
métropolitain, c'est excellent. D'ailleurs, on sait fort bien que
plusieurs organismes de transport, présentement, O.K., principalement, s'en
vont vers Montréal. C'est du mouvement, je
dirais, pendulaire, et aller-retour soir et matin, et vont un petit peu dans
les municipalités à côté. Donc, le
fait de voir développer le transport pour l'usager — parce que c'est l'objectif qu'on entend, M.
le ministre, on est tous d'accord, on
fait ça pour l'usager — de lui offrir une meilleure offre de service, que ça soit nord-sud
ou d'est en ouest, alors cette nouvelle gouvernance là et ce nouveau
plan là métropolitain vont, effectivement, l'aider.
ne faut pas oublier, effectivement, que, dans le PMAD, O.K., il y a aussi des
axes de transport structurants qui ont
été établis, et ça, ça a été travaillé avec l'ensemble des 82 municipalités au
niveau de la CMM. Alors, c'est une bonne base, et on va éviter maintenant d'avoir deux plans. Parce qu'on sait
fort bien que, dans la mission de l'AMT, il y avait le volet planification et, dans la mission de la CMM,
il y avait le volet planification, alors ça ne fonctionnait pas. Alors, dans
ce sens-là, la gouvernance, elle est bienvenue pour en faire un seul, plan
métropolitain, pour le bien de l'usager.
Le Président (M.
Reid) : Merci. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Je vais faire du pouce un peu sur ce que vous venez de dire pour vous
amener à votre recommandation 2.4.1 sur le
mécanisme permanent d'information-consultation. J'aimerais ça que vous nous en
parliez un petit peu plus. Est-ce que
ça, ça ne pourrait pas être une clé pour aussi aider à régler ces fameux
conflits là, là, entre guillemets?
Dans le sens que vous dites : Bon, bien, il y a souvent... il manque
d'information, de contact entre les entités et les élus ou les
municipalités. Alors, expliquez-nous un peu plus, là, comment vous voyez ce
mécanisme permanent d'information et de consultation.
Lavoie (Diane) : Alors, effectivement, écoutez, depuis le début,
depuis avril qu'on sait qu'il y a un projet de loi en gouvernance de transport qui s'en vient, et déjà les
discussions ont lieu par rapport à des possibilités de directions territoriales. On le voit, sur la couronne nord,
on avait déjà deux organismes de transport. Par contre, sur la couronne sud,
c'était peut-être un petit peu plus problématique. Alors, le but des directions
territoriales, c'est justement d'avoir une place
où les élus pourraient se rencontrer, parler de planifier leur transport local,
mais aussi en lien avec les municipalités à proximité. Puis déjà on le fait, les organismes de transport, les CIT,
le font, mais là on va avoir à travailler de façon plus large où, justement, on pourrait parler de
planification. Si on veut établir un nouveau circuit, à ce moment-là c'est
d'intégrer les municipalités
environnantes. Est-ce qu'elles veulent embarquer dans... Et c'est là où ce
lieu-là de discussion, en fait, arriverait.
Il serait un comité de consultation pour amener des recommandations au RTM par la suite. Alors, c'est plus facile pour nous aussi, ça serait une courroie de
transmission aussi entre les usagers et les élus pour amener les informations au niveau du RTM.
M. Gaudreault :
O.K. Mais qui siégerait sur cette instance permanente?
Mme Lavoie
(Diane) : Bien, en fait,
c'est vraiment les élus qui seraient représentatifs au niveau
de ces directions territoriales là
qui représenteraient chacune de leurs municipalités au
niveau des directions territoriales,
mais ils auraient un pouvoir de recommandation uniquement au niveau du RTM. Alors, c'est
plus facile aussi, c'est vraiment une courroie de transmission pour discuter peut-être un peu plus le service de proximité avec les
usagers pour pouvoir parler de circuits locaux, puis ensuite les informations pourraient, par la suite, être transmises au
RTM. Alors, les représentants, probablement,
des directions territoriales seraient nommés pour siéger au Réseau de transport
métropolitain.
M. Gaudreault :
Merci. Il me reste du temps?
Le Président (M.
Reid) : Oui, encore quatre minutes.
M. Gaudreault :
Parfait. Maintenant, je veux vous entendre un peu plus sur ce qu'on pourrait
appeler, entre guillemets, les municipalités orphelines, donc les territoires
de CIT qui ne sont pas couverts, si
on veut, par le futur RTM, là.
Il y a, par exemple, Sorel-Tracy, ce que j'ai compris, Saint-Hyacinthe, Marieville, Valleyfield, par
exemple. Alors, ça fait comme créer un genre de vide, là. Est-ce que
vous suggérez d'élargir le territoire du RTM? Qu'est-ce que vous suggérez, de
leur donner un rôle plus grand, justement, dans l'espèce de mécanisme d'information,
là, dont on vient de parler? Comment vous voyez ça, là? C'est quoi, les
craintes, d'abord, reliées à ça? Et comment on peut y pallier?
M. Dyotte
(Normand) : Oui, je peux y aller. Donc, dans un premier temps, c'est
sûr qu'il a fallu définir un territoire, hein? Au même
titre qu'il y avait
un territoire de l'AMT, il a fallu définir un territoire
dans ce projet-là. Et le territoire de la CMM comme tel, dans un premier temps, a été retenu, mais là on voit aussi que maintenant
Saint-Jérôme s'est ajoutée, fort probablement à cause du train
de banlieue qui en fait partie. Donc, à
ce moment-là, les services qui sont
donnés actuellement par les CIT aux municipalités
hors CMM, c'est via des ententes de service ou certains contrats. Ce
qu'on entend, c'est que tous ces contrats-là vont se poursuivre jusqu'à leur
échéance et vont être respectés.
terme, évidemment, ce sont des sources aussi, je vous dirais, de
financement quand même importantes, un service aussi important qu'on donne à certaines municipalités, et il faudrait que le RTM puisse, dans le futur, offrir ses
services de transport à ces
municipalités-là qui vont faire en sorte d'étudier la proposition qui va être
donnée par le RTM et d'aller de l'avant,
d'embarquer dans cette offre de transport là qui sera faite. Alors, ce sera un
choix, ce qu'on en comprend, des municipalités,
mais il faut, évidemment, respecter les ententes qui sont en cours aujourd'hui.
C'est fort pertinent pour le bon fonctionnement des CIT.
Le Président (M.
Reid) : Oui, allez-y, Mme Deschamps.
Deschamps (Chantal) : Juste une petite précision. En fait, pour
montrer comment le transport, c'est vivant, à partir du moment où on délimite un territoire, alors c'est sûr que
toute la population active, dans le fond, se déplace. Alors, il faut aussi, en toute logique, là, si on
veut être cohérent dans tous les grands principes qui supportent ce projet
de loi... il faut faire en sorte que ce qui
n'est pas inclus dans le territoire de la CMM, que ça ne devienne pas un mur de
Berlin, mais, bien au contraire, qu'on
puisse continuer à encourager tous les efforts qui ont été faits de par le
passé pour bonifier le transport
collectif parce que... Et c'est sûr que les grands axes routiers, avec cette
population de travailleurs qui se
dirigent vers le coeur de la métropole, il faut continuer à bonifier ça. Donc,
c'est l'interface, alors, dont il faut tenir... il faut avoir à coeur
cette préoccupation-là en transport.
Mme Lavoie (Diane) :
M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : Oui, allez-y, Mme la présidente.
Lavoie (Diane) : Alors, en
conclusion, en fait, on veut s'assurer de ne pas ignorer ces municipalités-là
en dehors du territoire de la CMM, mais, je vous dirais, aussi faire
attention, il y a plusieurs municipalités aussi qui sont à l'intérieur de la CMM et qui ne font pas
partie
de nos conseils intermunicipaux de transport, et, là aussi, la donne est
très importante au niveau financier de toutes les municipalités. Pourquoi la
ville de Beloeil paierait pour des villes limitrophes
qui ne contribueraient pas au transport
collectif? Ça aussi, c'est important de s'assurer que le suivi va se faire
à ce niveau-là aussi, des deux côtés.
Gaudreault : Oui.
Puis ajoutez à ça en plus le territoire du PMAD, là, qui s'ajoute par-dessus parce qu'il y en a qui doivent chevaucher vos CIT, mais qui ne sont pas dans le PMAD, ils
ne sont pas dans la CMM et... Alors, ça commence à être compliqué à
gérer, effectivement, tout ça. Oui, M. Dyotte, allez-y rapidement.
M. Dyotte (Normand) : C'est au niveau de la politique de financement pour faire suite à Mme Lavoie. Effectivement, je pense qu'il faut regarder de quelle façon va être redistribué
l'ensemble des revenus qui vont tous aller dorénavant dans l'ART et
comment est-ce qu'ils vont être redistribués au niveau des territoires et des municipalités.
Alors, il y a, effectivement, des gens qui utilisent des services, des infrastructures de transport
collectif à l'intérieur et qui,
aujourd'hui, bon, ne paient pas, que
ce soit le 0,01 $ du 100 $ d'immobilisations, que ce soit le
0,01 $ sur la taxe sur l'essence.
Alors, il y a un équilibre à faire à ce niveau-là, c'est important. Et, cette
politique de financement là qui va être mise en place, nous croyons qu'au niveau de la CMM et au niveau de
l'AQTIM d'être impliqué au niveau du comité de transition pour cette
première politique de financement là.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Alors, nous passons maintenant au deuxième groupe d'opposition et à son
porte-parole, M. le député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, merci d'être présents avec
nous aujourd'hui. Donc, je vous salue, Mme Lavoie, M. Bélanger, Mme
Deschamps et M. Dyotte, qui porte le même nom que ma mère, en passant.
Alors, je
voudrais donc parler des structures. Je comprends un peu dans ce que vous dites
qu'actuellement il y a Montréal,
Laval et Longueuil qui sont des villes avec une forte densité déjà bien établie
et que, sur la Rive-Nord, sur la Rive-Sud,
il y a peut-être plusieurs municipalités où il y a moins de densité. Alors,
est-ce que je peux penser que vous auriez
aimé que le ministre se concentre d'abord sur les trois villes du milieu puis
vous laisse plus de latitude pour travailler avec la croissance des municipalités, là, qui vous concernent, donc de
créer peut-être une gouvernance différente au niveau des entités
couronne nord, couronne sud?
Mme Lavoie
(Diane) : Bien, en fait, c'est une question d'équité aussi au niveau
de la CMM, là. Écoutez, veux veux
pas, c'est la Communauté métropolitaine de Montréal, et on travaille, tout le
monde ensemble. On l'a fait pour le plan métropolitain d'aménagement
durable, alors on veut le faire de la même façon au niveau du transport. On a
tous avantage à travailler. Ça, on est tous
d'accord. Mais on veut s'assurer qu'au niveau... Comme on le disait et on le
répète, au niveau de la
planification, on est d'accord avec les propositions, pourvu que les cinq
secteurs soient représentatifs au niveau
des élus. Mais, au niveau de l'opération, quand on parle du RTM, où c'est
vraiment le transport local avec le train, c'est là où, pour nous, il y
a une importance, là, de conserver quand même l'autonomie au niveau de notre
transport d'autobus et les décisionnels surtout. M. Dyotte.
M. Dyotte
(Normand) : Oui. Je pourrais ajouter aussi pour répondre à la
question, juste donner quelques statistiques intéressantes. Depuis les
six dernières années, la population dans les couronnes s'est accrue de
19 %, et l'achalandage, de 44,3 %.
Alors, c'est beaucoup et c'est plus que sur le territoire de la STL, de la STM,
de la RTL. Alors, effectivement, les
couronnes sont en croissance. Alors, c'est un objectif de tous de mettre plus
de gens dans le transport collectif, de diminuer les gaz à effet de
serre, de mettre moins de véhicules sur la route pour diminuer la congestion. Alors, on est tous conscients de ça. Donc, c'est
important pour nous qu'on ait une structure qui va faire en sorte, dans cette
nouvelle gouvernance là, de continuer à
appuyer le développement du transport collectif dans les couronnes. Parce que
ce n'est pas terminé non plus, il y a
beaucoup d'autres projets qui sont en cours. Alors, dans ce sens-là, je pense
que ce qu'on demande, c'est tout simplement d'être près du niveau
décisionnel pour pouvoir bien servir nos citoyens.
Mme Lavoie
(Diane) : Et, il faut se le dire aussi, au niveau de chaque
municipalité, c'est un facteur attractif pour les gens qui veulent aménager dans nos territoires. Les principales
choses qu'ils vont vérifier, c'est est-ce qu'on a bien du bon transport en commun, est-ce que c'est bien
calibré, est-ce que la fréquence est bien établie, est-ce qu'on a... Même
le train de banlieue, pour certains, des
vérifications sont faites en ce sens-là. Alors, pour le facteur d'attractivité,
on veut quand même conserver un petit
peu d'autonomie pour continuer, nous, à offrir les services que nos usagers
veulent avoir sur nos territoires municipaux. Ça aussi, c'est important.
Surprenant : Est-ce que vous trouvez que ça ne va pas trop vite au
niveau, là, de la concertation de tout le monde? Il n'y aurait peut-être pas un processus qui pourrait se faire en
deux étapes, d'abord les trois villes du centre, puis de travailler à améliorer le service en
coordination avec tout le monde, de simplifier la base tarifaire puis peut-être
de créer des sociétés de transport de
la couronne nord puis de la couronne sud
avec une gouvernance différente, puis d'apprendre à tous travailler ensemble, puis, dans un
deuxième temps, éventuellement peut-être, de là, tout mettre tout le monde ensemble au sein d'une
seule gouvernance? Qu'est-ce que vous penseriez de ça?
Mme Lavoie (Diane) : Oui. Bien, je
pense, tout le monde veut répondre, mais je vais vous laisser, Chantal.
Deschamps (Chantal) : Bien, en fait, moi, je peux vous dire, je siège
à la CMM depuis ses tout débuts, et
on a manqué quelques rendez-vous de cet ordre-là en matière de gouvernance en
transport métropolitain. Moi, je me souviens — puis c'est encore documenté, là — le fameux rapport Mireault, alors, où,
finalement, on s'est concentré sur le
cadre financier métropolitain, 82 villes, puis on s'est entendu, puis je
vous dirais que les discussions ont commencé autour de 2003, 2004. Alors, on a manqué plusieurs rendez-vous. Là, je
pense qu'on a un projet de loi, on a un rendez-vous, il faut bien le faire puis il faut le faire de
façon équitable, comme Mme la présidente le disait, et ça, ça veut dire avec
tous les partenaires. Dans la CMM, il
y a cinq secteurs. On a nommé les trois grandes villes, et il y a aussi les
deux couronnes, couronne nord,
couronne sud, et il faut qu'on soit capables de réussir ce nouveau modèle de gouvernance
là tous ensemble, mais qu'on y trouve aussi notre compte, tout le monde.
M. Surprenant : Vous voulez ajouter?
Mme Lavoie
(Diane) : En fait, effectivement, pour nous, c'est, effectivement,
très important. Puis il ne faut pas se leurrer,
là, l'AQTIM souhaitait une modification au niveau de la gouvernance en
transport, on était en accord. Et on doit travailler tous ensemble si on veut que le transport en commun soit
efficace et efficient, et ça, on ne peut pas le faire en deux étapes avec les trois grosses villes, et, par
la suite, nous, on se ferait imposer des décisions. On doit le faire ensemble,
et ça, on est d'accord. On le fait, de toute
façon, à la CMM. Les discussions, tout le monde est autour de la table, et on
discute, puis il y a...
Oui, effectivement, des fois, on a des prises de bec par rapport à certaines
municipalités, on est tout à fait
d'accord à ça. Mais, par contre, on est capables de travailler quand même
ensemble pour arriver à un consensus. Pas à une entente parfaite, un
consensus.
Alors,
ça, c'est important. Le faire en deux étapes, je ne pense pas que ce serait la
solution. Effectivement, ça a été rapide,
on a dû travailler énormément, on a même ficelé certains documents ce matin. On
est tout à fait d'accord, mais, par
contre, oui, on doit aller vers une nouvelle gouvernance, mais on veut
s'assurer que l'autonomie municipale va rester quand même une
préoccupation au niveau du ministère et du gouvernement.
Surprenant : Alors, j'ai une autre question. À la page huit de votre
rapport, le dernier paragraphe, puis je vais le lire rapidement :
«Par ailleurs, l'ARTM hérite de la responsabilité de désigner le réseau
artériel métropolitain — le
RAM — et d'en prescrire les normes minimales de
gestion, actuellement dévolue à la CMM. Le RAM constitue un réseau uniquement municipal et, de ce fait, il ne peut
être justifié qu'il passe à l'autorité de l'ARTM. De plus, le fait de
déterminer les "usages
compatibles aux abords des réseaux" constitue une intrusion dans les
pouvoirs des municipalités en matière d'urbanisme.»
Voulez-vous
élaborer sur le risque que vous voyez au niveau de l'intrusion dans les
pouvoirs des municipalités?
Dyotte (Normand) : En fait, le réseau artériel métropolitain n'est pas
juste sur le territoire de la grande ville, hein, il touche aussi, évidemment, des municipalités couronne nord,
couronne sud. Alors, en ce sens-là, aujourd'hui, avec la loi de l'aménagement, O.K., donc, de
l'urbanisme, évidemment, sur notre territoire, on peut, au niveau de nos routes
locales, effectivement, prendre des
décisions qu'il faut à cet effet-là. Alors, si on donne à une autorité, O.K.,
qui est l'ARTM le rôle de la
coordination et la possession du RAM, donc il va venir intervenir, donc, on le
sait, avec des membres indépendants, entre
autres, sur le conseil d'administration sur notre réseau local, bien,
évidemment, on a un malaise avec ça. Alors, c'est dans ce sens-là qu'on dit que le RAM doit rester
au même endroit où il est, au niveau métropolitain, où ça a été discuté
avec l'ensemble des 82 municipalités qui font
partie de la CMM.
Surprenant : O.K. Alors, j'ai une autre question. À la page 15 de
votre mémoire, la recommandation 4.3.1, c'est à l'effet «que tous les employés
[du] CIT, du CRT Lanaudière, des municipalités, des MRC actives en transport en
commun, d'organismes de transport adapté
dont les fonctions sont liées à celles confiées à l'ARTM ou au RTM soient
transférés à ces deux instances sans accorder de discrétion au comité de
transition à cet égard».
Alors,
quand on regarde l'article 83, on parle donc, là, d'«identifiés par le
président du comité de transition». Alors, encore une fois, ici, quelles craintes avez-vous au niveau de cette discrétion-là, quant aux changements qui
pourraient s'opérer? Est-ce que vous craignez qu'il y ait des pertes
d'emploi?
Deschamps (Chantal) : Bien,
en fait, on vit le cas chez nous. Les employés qui travaillent au CIT, ce sont
des employés soit municipaux
ou qui relèvent de la MRC. Donc, ça revient à la même chose, et ces
employés-là, bien sûr qu'ils sont
syndiqués. Et, au moment où on se parle, là, le projet de loi, dans le fond, ne couvre pas cette qualité d'employés, si vous voulez. Ça fait que, moi, je me dis : C'est peut-être un oubli, mais c'est
de là l'importance que, si on a prévu
des mesures pour les employés des CIT
qui ne sont pas des employés municipaux ou de MRC, bien, on puisse inclure
aussi ces spécificités-là, là, parce que ça existe, ça existe sur les
deux couronnes.
Président (M. Reid) : Merci. Alors, oui, le temps est terminé.
Alors, Mme Lavoie, Mme Deschamps, M. Dyotte, merci beaucoup pour votre
contribution aux travaux de notre commission.
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, cet après-midi. La salle sera
sécurisée, donc on peut laisser nos documents.
(Suspension de la séance à
12 h 51)
Président (M. Bérubé) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Je vous rappelle que la commission
est réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 76, Loi modifiant l'organisation et
la gouvernance du transport collectif dans la région métropolitaine de
Montréal.
après-midi, nous entendrons les groupes suivants : l'Union des transports
adaptés et collectifs du Québec, la Fédération des transporteurs par
autobus et Transport 2000 Québec.
je souhaite la bienvenue à nos premiers invités. Je vous demande de bien vouloir,
d'abord, vous présenter. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la suite,
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. La parole est à vous.
Beaudry (André) : Alors, merci, M. le Président. Je me présente, André
Beaudry. Je suis membre du conseil d'administration de l'UTACQ, donc
l'Union des transports adaptés et collectifs. Et je suis accompagné de Mme Hélène Desmarais, de la MRC
Marguerite-D'Youville, et de M. Pierre Lamoureux, de la MRC de
L'Assomption.
Alors, d'entrée de jeu, merci de nous
avoir donné la possibilité de faire certains commentaires à la commission.
Et on vous salue aussi, M. le ministre, de cette possibilité.
D'entrée de jeu, je
voulais présenter de façon à mettre tout le monde de la commission à niveau
concernant l'UTACQ... L'UTACQ est une union
de transports adaptés et collectifs du Québec. Nous regroupons 87 organisations
qui couvrent, au niveau du service, 800
municipalités à travers le Québec. Comme vous l'avez, le mémoire, entre les
mains, bien sûr, là, je n'en ferai
pas la lecture d'une façon intégrale. Donc, je vais y aller davantage d'une
façon diagonale, là, en partant du principe que vous avez le document
entre les mains.
Alors, au niveau de
nos membres, on a aussi 57 organisations qui font à la fois du transport adapté
et aussi du transport collectif. Si on entre plus spécifiquement sur le projet
de loi n° 76 concernant la gouvernance du transport collectif sur le
territoire montréalais, il y a 12 organismes directement concernés qui sont des
organismes d'autorité et d'organisation de
transport, qu'on appelle les OTA. Il y a aussi 10 organisations de transport
qui sont visées dans le contexte de loi en lien avec la couronne nord et
la couronne sud. Donc, ça veut dire qu'il y a plusieurs organisations membres
chez nous qui sont touchées par ce projet de loi.
L'ensemble de ces
services desservent sur le territoire du projet de loi 86 municipalités,
comptent plus de 10 000 usagers admis au transport adapté et effectuent
ensemble 600 000 déplacements par année, pour un budget de
14 millions. Ces chiffres-là sont basés sur les statistiques que nous
avions de 2013. Cela représente un grand nombre d'usagers et plus de déplacements que la STL ou le RTL, le réseau de
transport. Au total, le présent projet de loi concerne environ 50 %
de toutes les personnes admises au transport adapté au Québec et plus de
4 millions, annuellement, de transports. Alors, pour dire que le projet de
loi a un impact important par lequel on se sent concernés.
D'entrée
de jeu, on suggère à la commission de clarifier la notion de la définition,
alors la définition des termes. À différentes occasions, on appelle le
transport de personnes, on appelle le transport collectif, on appelle le
transport collectif en milieu rural, le
transport adapté. Donc, ça pourrait être intéressant que, dans le cadre du
projet de loi, il y ait une définition qui vient camper ce qu'on entend
par transport collectif de façon à savoir si c'est la grande famille de l'ensemble des citoyens qu'on considère comme
dans le transport collectif et, après ça, faire des sous-groupes concernés par
ladite loi ou ledit transport.
Au niveau
de l'organisation des services maintenant, concernant la loi, l'ensemble des territoires
concernés s'est développé depuis
1979, et, à cette époque-là, la loi permettait d'avoir à la fois des organismes
sans but lucratif et/ou des contrats
avec des entreprises privées. C'est pourquoi, dans ce contexte-là, on retrouve aujourd'hui une diversité d'organisations qui
offrent le service sur le territoire métropolitain visé par le projet de loi. Donc, les services de transport adapté sont tantôt intégrés aux MRC ou tantôt aux CIT pour ce
qui concerne la couronne nord, alors que, si on regarde la couronne sud,
on a des OBNL, on a des régies
intermunicipales, on a aussi des MRC,
on a aussi des CIT et/ou des municipalités qui ont la responsabilité du transport adapté. Donc, on
comprend, bien sûr, que le projet de loi cherche à harmoniser l'ensemble
des structures, mais on a quand même
plusieurs interrogations qui découlent du projet, et, entre autres, est-ce que
la gestion et l'exploitation de ces services des couronnes demeureront
entières dans la disponibilité du service.
a aussi des questionnements sur les normes des services offerts à la fois au
niveau des plages horaires, à la fois au
niveau des journées, du service offert en termes de couverture et à la fois au
niveau des délais et de la disponibilité. Alors, avec le nouveau projet de loi, est-ce que le service offert sera
le même à l'ensemble du territoire, couronne nord et couronne sud? On parle toujours dans le
contexte des personnes avec des limitations, donc transport adapté. Est-ce que,
dans le même projet de loi, la notion de la
proximité, qui est une notion importante ou une caractéristique importante pour
le transport adapté, sera tenue en compte? Il faut savoir que le transport
adapté est un service de porte-à-porte. Donc, la notion de proximité est
importante parce que les gens sont en situation de fragilité.
même temps, depuis le temps, il s'est développé aussi une possibilité de
transport hors territoire. Donc, dans le
projet de loi, est-ce qu'on tient compte de l'aspect du déplacement hors
territoire par rapport à un territoire de municipalité ou de résidence
des individus qui fréquentent le transport adapté? La même chose, l'AMT avait
développé avec les organisations la
possibilité que les gens se déplacent partout sur le territoire. Est-ce que
cette réalité-là sera maintenue dans
le projet de loi? C'est une question qu'on a. Et avec quel type de budget cette
possibilité-là de déplacement à travers les territoires sera maintenue?
niveau d'une autre préoccupation, c'est l'expertise. Vous savez, le transport
adapté existe depuis 30, 35 ans. Alors,
les gens qui sont des travailleurs dans ces organisations-là, vous en avez cité
dans le projet de loi comme quoi les gens
seraient, entre guillemets, protégés, mais qu'est-ce qui arrive pour ceux qui
travaillent dans des OBNL? Qu'est-ce qui arrive pour ceux qui
travaillent dans des MRC en termes de ces emplois-là? Et on n'a pas vu de texte
qui vise ces personnes-là à l'intérieur du projet de loi.
veut aussi, bien sûr, alléger les structures organisationnelles, mais on
mentionne, on attire à votre attention qu'il
y a certaines organisations qui ne sont là que pour compiler des statistiques
et/ou servir de boîtes à malle au niveau du budget, qui s'occupent, à ce moment-là, de faire une stricte
répartition, alors, dépendamment des couronnes qui sont sur le
territoire.
L'autre
élément de nos préoccupations, c'est la représentativité des décideurs. Quand
on regarde la nomination qui sera
faite à l'autorité ou au Réseau de transport métropolitain, on se dit :
Est-ce qu'il y aura une représentation suffisante des décideurs? Est-ce qu'il y aura un espace pour
des personnes qui sont confrontées avec des mobilités réduites? Et ça, pour nous, c'est important de façon à ce que les
gens concernés par ce type de transport puissent amener leur point de vue
à la fois sur la qualité, sur la disponibilité des horaires, etc., à
l'intérieur du nouveau conseil d'administration des nouvelles structures.
pourrait être intéressant aussi d'avoir un certain profil... On en parle dans
le projet de loi, mais on amène à votre
préoccupation d'avoir un profil d'expertise de quelqu'un qui connaît le
transport adapté qui pourrait siéger à l'intérieur des entités
décisionnelles qui seront créées.
L'autre
élément, c'est le financement. Il reste une minute? Alors, la notion du
financement est une préoccupation, est
une pierre angulaire. Historiquement, le transport adapté, dans les programmes,
était financé à la hauteur de 75 % des enveloppes ou des budgets admis. Maintenant, le financement est descendu
en pourcentage. Non pas en argent liquide, mais en pourcentage de participation, et maintenant, pour certaines
organisations, il se situe entre 30 % et 60 %. Alors, la notion du budget est une pierre angulaire
importante si on tient compte du vieillissement de la population, si on tient
compte des orientations où on veut de plus
en plus que les personnes à mobilité réduite soient des personnes actives
à l'intérieur de nos sociétés.
Finalement,
on vous suggère de mettre en place un sous-comité. Dans la loi, il est
possible, au comité de transition, de mettre en place un sous-comité qui
permettrait de travailler sur la préoccupation du transport adapté.
On constate que 10 minutes, ça passe très
vite.
Président (M. Bérubé) : Vous allez pouvoir vous reprendre dans
les échanges, M. Beaudry. Je vous remercie de votre présentation. Nous allons maintenant, justement, débuter la
période d'échange. M. le ministre, la parole est à vous, et votre groupe
parlementaire dispose de 25 minutes.
M. Poëti :
Bien, merci, M. le Président. Alors, bienvenue, M. Beaudry,
M. Lamoureux et Mme Desmarais. Merci d'être là aujourd'hui, de venir nous exprimer, évidemment, vos attentes,
vos inquiétudes, vos satisfactions et vos préoccupations sur ce projet
de loi là. D'emblée, je vais vous dire vraiment que, si, pour nous, n'était pas
l'intention d'améliorer les services pour
les personnes à mobilité réduite, on ne serait pas là. L'objectif est
strictement d'améliorer l'ensemble
des services. Et ça implique également les vôtres, ceux pour lesquels vous êtes
ici aujourd'hui, et, d'aucune façon,
on ne mettra en péril le service que vous avez déjà. Vous l'avez bien dit, la
population vieillissante, les personnes à mobilité réduite ne sont pas
des personnes handicapées, et je pense que l'ensemble de nos exercices depuis
que nous sommes au gouvernement ont été
adaptés, justement, pour tenter d'améliorer le réseau... ce que j'appelle
régulier pour permettre à des gens de pouvoir en profiter.
Dans la
région de Montréal et avec la STM, on travaille également sur des projets
pilotes pour essayer d'offrir davantage.
Au-delà des ascenseurs qu'on fait, et qui prennent du temps, et qui coûtent
beaucoup d'argent, il y a la faisabilité d'améliorer ça. Donc, je veux vous rassurer, il n'est pas de notre
intention d'aucune façon... Et, d'ailleurs, on l'a démontré sur les budgets, le 90 millions que le
gouvernement met chaque année est toujours présent, et on va toujours continuer
à travailler directement pour faciliter le déplacement des gens à mobilité
réduite.
principales dispositions, évidemment, du projet de loi, je vais vous en noter
quelques-unes. La mission de l'autorité prévoit spécifiquement la prise
en charge de la mobilité réduite. Donc, la prestation des services tiendra compte des particularités locales de la couronne
nord et de la couronne sud. Vous en aviez émis une inquiétude tantôt.
La politique
de financement sera établie par l'autorité et tiendra compte des besoins
financiers pour l'ensemble du
territoire. L'autorité va établir les mécanismes établissant sa contribution
financière ainsi que celle des municipalités desservies. La politique de
financement va être approuvée par la CMM.
Rien dans le projet de loi n'empêchera le RTM de
travailler avec des organismes de transport adapté pour la fourniture des services d'aucune façon. Le modèle
de gouvernance proposé favorisera la mobilité des personnes handicapées en éliminant certaines limites territoriales. On va
plus loin, on va faire tomber ces limites territoriales là qui, parfois,
étaient sûrement des considérants
négatifs. Et on pense qu'une planification métropolitaine des services par un
organisme régional permettra une meilleure cohérence et une meilleure
harmonisation de l'offre des services.
Vous l'avez dit tantôt, évidemment vous êtes
préoccupé pour l'extérieur de l'île de Montréal. Vous avez dit qu'évidemment 85 organismes de transport
adapté, dont 57 offrant du transport collectif... 10 des 85 organismes sont
situés sur le territoire de la CMM.
Donc, comprenez bien que notre mission, c'est contribuer au développement du
transport adapté et collectif dans l'ensemble du Québec. Il n'y a pas de
raison que, dans ce projet de loi — et je dirais bien au contraire — il n'y ait pas d'amélioration de ce qu'on
connaît déjà. C'est l'intention du projet de loi, c'est notre façon de
pouvoir le faire, la possibilité aussi du conseil d'administration de nommer
une personne qui a l'expertise que vous soulignez.
D'ailleurs,
c'est aussi notre intention, avec ce projet de loi là, de permettre davantage
de ce qu'on appelle dans les termes d'experts indépendants. Alors, dans
votre cas précisément, les organismes que vous représentez, un expert
indépendant, avec la connaissance requise que vous soulevez, serait
avantageusement bien positionné sur le conseil d'administration. Alors, à partir de là, ce sera, évidemment, à la CMM
et, évidemment, le RTM de voir à cela, et il y aura cette possibilité-là
et d'avoir cette représentativité.
Donc, à
partir de là, je veux vous rassurer, d'aucune façon notre intention, lorsqu'on
abaisse les structures puis, évidemment,
qu'on diminue les structures, qu'on diminue le service. En fait, on veut faire
mieux. Et, lorsqu'il y a des spécificités particulières, et les
organismes que vous représentez le nécessitent, on sera là et on va être là à
travers spécialement le comité de transition
également qui va tenir compte de ces besoins-là, et que, lors de la
transition... Parce qu'effectivement
c'est important comme changement, c'était un besoin depuis fort longtemps. Sur
ça, je pense que ça fait l'unanimité,
le changement était nécessaire, le statu quo n'était plus la solution.
Maintenant, pas au détriment de personne, au contraire, et encore moins pour
les personnes à mobilité réduite et, dans certains cas, les personnes les plus
vulnérables de notre société lorsqu'on parle de déplacements, évidemment, à
travers les grands centres, mais aussi à l'extérieur des grands centres.
Alors,
on a même ajouté de l'argent, 1 million, dans l'adaptation des véhicules
automobiles pour les personnes à
mobilité réduite, personnes handicapées. La Société d'assurance automobile du
Québec aussi travaille davantage à ce niveau-là.
Et on est conscients que la démographie... on est conscients que la société,
évidemment, vieillit, mais que notre société
est plus en forme qu'elle ne l'était. Ça fait que les gens ne sont plus cloués
à la maison, qu'ils ont des options de sortir.
Donc, on n'a absolument pas, d'aucune façon, l'intention de diminuer vos
services. On pense, d'ailleurs, davantage que le regroupement et la
nouvelle philosophie de ce projet de loi là vont permettre davantage.
Le Président (M. Bérubé) :
M. Beaudry, vous voulez réagir? C'est un échange.
M. Beaudry
(André) : Bien, la réaction, elle est à deux niveaux. On parle du
comité de transition, puis je n'ai pas
eu le temps d'aller dessus tantôt parce que le temps manquait, là. On est
d'accord pour la notion du comité de transition parce que ça va en prendre un pour bien asseoir la volonté
gouvernementale de modifier les organisations. Mais, en même temps, on a la préoccupation, puis comme c'est
mentionné aussi dans le projet de loi, de vous sensibiliser à l'idée de mettre
en place un sous-comité consultatif qui
travaillerait avec les partenaires sur la notion du transport adapté et comment
ça se travaille.
On comprend la notion de la mobilité au niveau
du transport régulier. Le vieillissement de la population en général, oui, même s'ils sont actifs, c'est les
gens qui se promènent, c'est les gens qui se déplacent et qui sont en mesure
de prendre le transport régulier, ce qui
n'est pas le cas quand on a des limitations à la mobilité, que ce soient des
limitations physiques,
intellectuelles ou santé mentale. Alors, c'est dans ce sens-là qu'on se
dit : Un sous-comité de travail pourrait être intéressant et pourrait aussi alimenter la réflexion sur comment ça
pourrait se déployer à l'intérieur de la couronne nord et à l'intérieur
de la couronne sud.
L'autre
réaction d'accessibilité, c'est aussi la notion des tarifs. Alors, on a cette
préoccupation-là parce que les tarifs,
sur couronne nord et sud... Et ça, mes deux collègues, là, pourraient le
confirmer, mais les tarifs de passage varient et sont basés généralement sur la capacité des milieux et la capacité
des personnes à assumer les frais de transport, toujours dans la notion du transport adapté. Donc, il y a aussi cette préoccupation-là et comment on
sera en mesure d'influencer l'autorité
sur des décisions et des choix qu'elle aura à faire qui seront avec des impacts
significatifs, là, dans la population.
Alors, c'est un peu... À moins que mes collègues... On a combien de temps, M.
le Président?
Le Président (M. Bérubé) :
Bien, on a un échange d'une durée de 24 minutes...
M. Beaudry (André) : Ouverte?
Le Président (M. Bérubé) :
...mais c'est un échange entre le ministre et votre organisme.
M. Beaudry (André) : Ah! O.K.
M. Poëti : Mais, si vous voulez, je pourrais répondre déjà à
votre proposition d'un sous-comité qui représenterait les personnes à mobilité réduite. Je ne l'avais pas
souligné, mais cette proposition-là vient aussi également pour les usagers
réguliers, où on dit : On aimerait ça
avoir un sous-comité d'usagers réguliers qui viennent nous dire des choses.
Alors, à ce titre-là, je suis loin
d'être en désaccord avec ça. Au contraire, votre idée est fort intéressante, pertinente également,
et je n'ai pas besoin de l'ensacher dans la
loi pour pouvoir le créer, là. Alors, je vous dirais de vous rassurer, je
voudrais vous rassurer sur le fait
que la faisabilité de ça, c'est possible et souhaitable. Ça vous permettra, ça
permettra à ces gens-là d'exprimer leurs besoins.
Vous avez
aussi souligné tantôt : Au
niveau de l'AMT, qu'est-ce qui va
arriver? L'AMT avait certaines orientations, là
elles n'existeront plus. Dites-vous que tout ce qui existait à l'AMT sur le
volet opérationnel, donc, évidemment, du transport
de citoyens, donc de transport de passagers, tout ce qui
existait d'opérationnel va être transféré au RTM. On n'abolit pas les
bonnes pratiques, on n'abolit pas ce qui existait déjà. On transfère la responsabilité,
évidemment, du transport de passagers par
train, mais également des gens à mobilité réduite, là, ça vient avec.
Ce n'est pas aboli. C'est un déplacement de responsabilités, c'est tout,
et toujours dans l'objectif de l'améliorer.
Le Président (M. Bérubé) :
M. Beaudry.
M. Beaudry
(André) : On comprend bien, à ce moment-là, M. le ministre, que... Je
comprends la notion de l'AMT, qu'on
n'abolit pas les... on modifie la structure, point. Mais ça veut dire aussi que
la mobilité qui est accessible, qui est disponible maintenant va être maintenue, de même que les budgets
attitrés pour le permettre, là. C'est ça que je comprends dans votre
intervention?
M. Poëti :
Vous comprenez très bien. Et d'ailleurs, dans l'ensemble de l'exercice
financier, il n'est pas illusoire de
croire que la gestion financière va être meilleure, que les revenus vont être
mieux, que la possibilité du financement va être plus élevée. Je vous rappelle que, dans l'ensemble des projets et
des budgets qui étaient déposés, le taux de réalisation des projets, toutes catégories confondues, était
de 60 %, il restait 40 % sur la table et, je l'ai dit, pour des
bonnes ou des mauvaises raisons dont on pouvait être responsables pour
un pourcentage, les sociétés de transport, pour un autre pourcentage. Alors, nous, on fait nos devoirs, on
modifie ça. Ce n'est pas des règles gouvernementales qui vont maintenant
empêcher des sociétés de transport qui n'avaient pas fini ou terminé un projet
ou qui avaient des difficultés dans l'échéancier du
projet dans l'année qu'ils l'utilisaient de ne pas pouvoir le transférer dans
un autre. Ça, c'étaient des responsabilités
politiques de législation auxquelles tout le monde faisait face. Je me suis
engagé à les modifier, c'est ce que
je fais aujourd'hui dans ce projet de loi là. Donc, il y a déjà ce 40 % là
qui n'était pas utilisé, qui, je l'espère, va l'être, donc qu'on ait un
taux de réalisation de projets beaucoup plus élevé.
Dans
un deuxième temps, au niveau du financement, on donne aussi des pouvoirs à la
CMM d'étendre, évidemment, la
tarification, là, du 45 $ sur les plaques d'immatriculation. Et il y a
aussi, lors de la dernière étude économique, le bilan économique qui a été fait, mise à jour économique,
où il y a une augmentation aussi pour les véhicules à haute cylindrée par catégories pour l'ensemble du Québec qui va
ramener, bon an mal an, une trentaine de millions, sinon plus, spécialement
dans le transport collectif. Alors, il y a
des sources de financement nouvelles qui pointent à l'horizon. Il y a une
meilleure gestion aussi qui est
exigée des gestionnaires. Il y a un ajout d'experts indépendants qui viennent,
je dirais, moi, bonifier la prise de
décision sur le développement. Et, bien, en terminant, je vous dirai aussi,
également, que l'ensemble des élus comprennent
aujourd'hui que travailler en silo, ce n'est plus une solution. Je l'ai dit, je salue les élus municipaux, qui, souvent, dans leurs municipalités, font des bons coups en
matière de transport collectif, mais comprenez bien que l'interrelation, cependant, entre une région et une autre est un peu
difficile. On va le voir dans un grand ensemble métropolitain, on va le voir aussi pour les gens qui sont à l'extérieur
de la CMM pour leur permettre davantage. C'est l'objectif de ce projet
de loi.
Le Président (M.
Bérubé) : M. Beaudry.
Beaudry (André) : Bien, merci. Il y a plusieurs réponses, en tout cas,
que vous donnez qui correspondent à des préoccupations qu'on a mentionnées et
qu'on avait. Bien sûr qu'on reçoit favorablement les commentaires. Il restera à voir maintenant l'évolution des travaux,
puis on espère être sollicités d'entrée de jeu pour être capables de donner
des lectures qu'on a de la réalité terrain.
Et là, bien sûr, le projet de loi vise la couronne Montréal, Laval et
Longueuil, et mes collègues, là,
seront tout à fait disponibles pour parler d'une façon beaucoup plus spécifique
que moi de la réalité des territoires concernés, mais il reste que toute
la notion du transport adapté...
Voyez-vous, là, ça
l'est aussi, la notion de la définition, la première intervention. Quand on
parle de transport collectif puis qu'il y a 60 % de réalisation de
projets, c'est dans le cadre d'un programme en transport collectif, et le transport adapté est un autre programme à côté. Et
l'objectif, c'est qu'il y ait la possibilité d'une meilleure utilisation, et
ça, je comprends bien. En même temps, la réalité des personnes ayant des
limitations... ont des besoins spécifiques de déplacement, et ces
besoins-là, qu'on soit dans un grand centre ou dans une plus petite ville, ces
besoins-là sont importants.
les municipalités, vous l'avez mentionné, dans plusieurs territoires... puis je
ne veux pas faire de politique parce que
ce n'est pas mon rôle, là, mais ont donné des efforts. Quand on parlait des
pourcentages de participation financière tantôt, quand le pourcentage de participation gouvernementale diminue,
c'est à la fois les usagers et les municipalités qui ont pris charge de compenser la différence parce
que les coûts n'ont jamais arrêté de progresser. Alors, c'est un peu ça,
la réaction, M. le Président, là, que j'aurais, à moins que mes collègues aient
des propos à ajouter.
Le Président (M.
Bérubé) : Ça va?
M. Beaudry
(André) : Ça va.
Le Président (M.
Bérubé) : Ça va. M. le ministre, autre chose à ajouter?
Poëti : Je ne sais pas si j'ai des collègues qui avaient une
question. Moi, pour moi, c'est terminé. Et je veux vous dire que
j'entends bien et bien lu votre mémoire également.
Le Président (M.
Bérubé) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : Merci, M. le Président. Dans votre mémoire, vous dites que
les services de transport adapté sont intégrés
aux MRC et aux CIT de la couronne nord et, pour la couronne sud, il y a divers
modèles de gestion qui cohabitent. Il
y a des OBNL, régies intermunicipales de transport, MRC, CIT et municipalités.
Pouvez-vous nous expliquer, dans le cas de la couronne nord, quand vous dites que les services de transport
adapté sont intégrés, qu'est-ce que ça veut dire, «sont intégrés»?
M. Lamoureux
(Pierre) : Ce que ça veut dire, c'est que les modèles d'organisation
ont...
M. Beaudry
(André) : ...je vais laisser la parole à mon collègue Pierre
Lamoureux.
Le Président (M.
Bérubé) : J'allais le dire. Alors...
M. Beaudry
(André) : M. le Président, j'ai...
Le Président (M.
Bérubé) : Ça va, on facilite les échanges. M. Lamoureux,
c'est à vous.
Lamoureux (Pierre) : Merci.
C'est sûr, comme on le dit dans le mémoire, depuis 1979 que le transport adapté
s'est mis en place au Québec. Souvent, ça a
démarré dans certaines municipalités via des clubs sociaux, via des organismes
sans but lucratif. Il
y a eu toutes sortes de formes d'organisation, et le service a démarré parce
que les gens avaient des préoccupations
pour les gens à mobilité réduite qui n'avaient pas de facilités de déplacement,
et donc ça s'est développé au fil du temps.
Depuis
quelques années, je ne me souviens plus en quelle année exactement, mais, sur
le territoire de la couronne nord, on
avait le CRT Lanaudière, le Conseil régional de transport Lanaudière, et, au
moment de sa création, les municipalités
régionales de comté, les six MRC qui le composent, ont déclaré leur compétence
en matière de transport collectif.
Donc, pour la MRC L'Assomption et la MRC Les Moulins, ce sont les MRC qui
organisent le transport, autant collectif
régulier que collectif adapté, donc régulier et adapté, alors que, pour la région
de Laurentides, c'est un conseil intermunicipal
de transport qui s'est mis en place
et, au fil du temps, donc, qui s'est développé,
s'est agrandi et qui livre le service, qui planifie le service et qui le
fait.
Pour les deux autres MRC, c'est que chaque MRC a
ses propres effectifs qui s'occupent du transport et qui s'occupent de la gestion des contrats. Le service
est fait via des contrats avec des fournisseurs, autobus ou taxis. C'est
elles, les MRC, qui s'occupent aussi de
toute la
partie administrative, donc l'admissibilité, parce qu'au transport
adapté les gens doivent être admis
selon la politique d'admissibilité du ministère des Transports. Donc,
l'administration, l'admission sont
faites par les employés de la MRC, la répartition, la réception des demandes de
déplacement. Donc, c'est chacune des MRC qui s'en occupe.
Et nous,
c'est une des questions qu'on a, c'est que, dans le projet de loi, il est
mentionné que les employés des CIT et
du CRT deviennent des employés du RTM et/ou de l'ARTM, mais notre
questionnement... Et nous, parmi nos membres,
il y a beaucoup d'inquiétude actuellement. C'est que tous ceux qui travaillent,
justement, dans les MRC, ce n'est pas
spécifié tel quel, les municipalités, les organismes à but non lucratif,
qu'est-ce qu'il en est pour eux, et je peux vous dire qu'actuellement il y a beaucoup d'inquiétude dans le milieu.
Est-ce que c'est un oubli de la part du ministère dans le projet de loi? Est-ce qu'on croyait que le
CRT englobait les deux MRC comme L'Assomption et Les Moulins? C'est la
question qu'on a, entre autres, qu'on pose dans notre mémoire.
Le Président (M. Bérubé) : Mme
la députée.
Mme de Santis : Est-ce que la situation
est différente pour la Rive-Sud?
Lamoureux (Pierre) : C'est pareil, sauf que, sur la Rive-Sud, on
retrouve d'autres types d'organisations comme une régie intermunicipale de transport, des organismes à but non
lucratif qui, eux, ont été créés à l'époque pour s'occuper du transport
adapté, et donc ils font la gestion. Et il y a des MRC aussi, et il y a CIT. On
retrouve toute cette variété d'organisations.
Le Président (M. Bérubé) :
Mme la députée, autre chose?
Mme de
Santis : J'ai une autre question. Vous avez une préoccupation quant au
financement et vous demandez qu'on regarde ça. En anglais, on
dirait : Let's think outside the box. Est-ce que vous, vous avez des
suggestions, des recommandations à faire quant au financement?
M. Beaudry (André) : Vous me
permettez, M. le Président?
Le Président (M. Bérubé) :
Oui, allez-y, M. Beaudry.
M. Beaudry
(André) : Alors, là-dessus,
ça fait plusieurs occasions qu'on jase avec le ministre
aussi, là, ou les représentants du cabinet. C'est sûr qu'on a des attentes au niveau du transport adapté de façon à ce que le
pourcentage de la participation financière gouvernementale remonte un
peu. Quand on dit qu'actuellement le pourcentage varie entre 30 % et 60 %, on est loin du 75 %
initial qui existait à l'époque. Alors, dans ce sens-là, dans d'autres
occasions et d'autres mémoires, on a
parlé d'un objectif à atteindre autour de 65 % des coûts admissibles au
transport adapté, ce qui n'est pas le cas actuellement.
À même titre,
dans les budgets, pour donner des précisions, il y a une majoration possible
des organismes pour la notion qu'on appelle l'achalandage.
Historiquement, la notion de l'achalandage était financée par le ministère sur l'année précédente à une hauteur de 90 % à
100 %. Maintenant, à cause des compressions puis, bien sûr, de
l'orientation gouvernementale, ce financement-là de rehaussement de
l'achalandage est autour, si ma mémoire... je vous dis ça de mémoire parce que je n'ai pas les chiffres devant
les yeux, mais est autour de 45 %. Alors, ce que ça crée dans les organisations — et ça, c'est à travers le Québec, là, ce
n'est pas juste en lien au projet de loi — ce que ça crée, c'est des pressions importantes pour les organismes de
transport adapté. À
titre d'exemple, il y a des organismes qui ont eu à assumer,
à ce moment-là, une perte de
65 000 $, à peu près, dans l'année parce que, dans le budget, ils
avaient budgété un achalandage selon
les programmes existants. Alors, dans ce sens-là... Et c'est pour ça qu'on
ramène tout le temps, en lien avec la capacité du gouvernement, oui,
d'atteindre une bracket d'à peu près 65 % des coûts admissibles au niveau
budgétaire.
Mme de
Santis : Mais est-ce que vous avez des recommandations à faire quant à
d'autres sources de financement?
M. Beaudry
(André) : Bien là, on le sait que, dans certains territoires, donc, à
Montréal, il y a la taxe sur l'essence qui
se parle. On le sait que, dans le territoire de la Gaspésie, il y a aussi une
taxe spéciale sur l'essence qui existe pour supporter le transport adapté et collectif. Est-ce
que c'est une opération qui devrait s'étendre à travers le Québec? Bien embêtant, mais on le sait que c'est une mesure qui
peut être utilisée. On sait aussi qu'il y a une taxe sur les grosses
cylindrées. Alors, ça, il faudrait voir
comment le législateur décide de maintenir ces orientations. Parce que ce qu'on
ressent dans les territoires, c'est que les usagers ont de la difficulté
à absorber des hausses de tarifs de par leur propre situation financière, et
les municipalités passent de plus en plus de messages comme quoi elles ne
veulent plus rehausser leur contribution financière, et ça, c'est des éléments
importants au niveau des limites budgétaires. Je ne sais pas si je...
Le Président (M. Bérubé) : Il
ne nous reste que quelques...
M. Beaudry (André) : Je ne peux pas
aller beaucoup plus loin que ça.
Président (M. Bérubé) : Il ne nous reste que quelques secondes.
En fait, on est arrivés à échéance, et ça serait au tour maintenant de l'opposition officielle, qui dispose d'un bloc de
temps de 14 min 24 s. Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Merci, M. le Président. Vous me permettrez de saluer M. le ministre, les
députés du gouvernement, les députés de la CAQ, vous saluer. Merci de
votre présence, MM. Beaudry, Lamoureux et Mme Desmarais.
Selon votre
compréhension du projet de loi, on voit que, dans votre mémoire, là, vous
parliez qu'il y a, dans le fond, 22
organismes touchés, dont 12 que vous appelez AOT et 10 organismes de transport
adapté qui travaillaient, là, avec les CIT et les différents réseaux de
transport, là. Mais, avec le nouveau projet de loi, ces organismes-là vont être
appelés — puis je voulais avoir votre
compréhension — j'imagine,
à travailler avec les nouvelles structures qui sont créées, et qu'en sera-t-il des territoires qui sont, je
dirais, délaissés par le nouveau découpage? Parce que les nouveaux territoires
ne couvrent pas l'ensemble des CIT, des neuf
CIT anciens qui sont abolis, donc comment vous pensez que le travail va se
faire avec... Comme les CIT n'existeront plus, comment vous allez faire pour
couvrir les territoires non couverts?
Le Président (M. Bérubé) : M.
Beaudry...
M. Beaudry (André) : Pierre, mon
collègue, va répondre à cette question.
Le Président (M. Bérubé) : M.
Lamoureux, c'est à vous.
Lamoureux (Pierre) : Bien,
je vous donnerais un exemple chez nous, où, effectivement, on est
affectés, dans le sens que le territoire de la CMM n'inclut pas deux municipalités
qui font
partie de la MRC L'Assomption et pour lesquelles, actuellement, la MRC
L'Assomption organise le service de transport collectif régulier et adapté. Et,
sur la couronne sud, c'est encore là où on
retrouve la plus grande complexité. Alors, quand on essaie de comparer les
territoires de la CMM, des MRC, des
CIT, c'est très variable à ce
niveau-là encore plus. C'est certain
que, nous, notre lecture du projet de loi semble dire qu'au niveau du
RTM il y aura possibilité d'établir des ententes avec des municipalités à l'extérieur du territoire en autant qu'il y ait au
moins une municipalité du territoire du RTM qui est desservie. C'est ce qu'on comprend puis c'est ce qu'on voit qui
pourrait être fait. Mais c'est certain qu'encore là, actuellement, quand on
regarde les territoires de chaque organisme
de transport adapté, les municipalités qui se trouvent à être exclues de la
CMM, on peut comprendre que, pour les
clients, pour les employés, pour les gens qui sont concernés par ces
déplacements-là, actuellement ça laisse beaucoup d'incertitude.
Et comment tout ça va se passer? Comment ça va
venir affecter le service qu'ils ont? On comprend que oui, il y a
une possibilité de le faire via ce qui est inclus dans le projet de loi. Mais comment ça va se faire et quand est-ce que ça va se faire, actuellement il y a comme une zone
d'incertitude qui est très grande, là.
Le Président (M. Bérubé) : Mme
la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Et, par
exemple, si on prend la ville de
Saint-Jean-sur-Richelieu, qui n'est pas incluse dans le territoire de la
CMM, comment vous pensez que le transport adapté va pouvoir être desservi?
Le Président (M. Bérubé) : M.
Beaudry.
M. Beaudry (André) : Je vais laisser
ma collègue de la couronne sud. Je ne sais pas... Es-tu en mesure?
Desmarais (Hélène) : Bien,
on ne sait pas trop ce qui va arriver avec Saint-Jean, là. Moi, je ne le sais
pas.
Le Président (M. Bérubé) :
Mme Desmarais, allez-y.
Desmarais (Hélène) : On ne
le sait pas, là, qu'est-ce qui va
arriver avec Saint-Jean. Je ne peux pas vous répondre.
M. Beaudry
(André) : Je compléterais en disant que c'est un peu un défi des
municipalités qui seront tout à fait limitrophes,
hein? Mais ça, c'est la même réalité de défi territorial que d'autres
territoires vivent. L'interpénétration, sans jeu de mots, là, entre les MRC, par exemple, c'est variable, et chaque
territoire n'a pas le même niveau de desserte dans ce contexte-là. Donc, on pourrait présumer que
l'autorité et/ou le réseau de transport métropolitain pourraient prendre
une entente, dépendamment des niveaux budgétaires, avec les personnes
concernées de Saint-Jean-sur-Richelieu ou Saint-Jean
Iberville pour être capables de faire le transport. Mais, en même temps, on est sur une notion hypothétique parce qu'on est limitrophe.
Le Président (M.
Bérubé) : Mme la députée.
M. Beaudry
(André) : Je ne sais pas si ça répond, Mme la députée, là, mais...
Mme Ouellet : Bien, ce que je comprends, c'est qu'en fait ces régions-là qui sont
délaissées, c'est qu'on ne sait pas
du tout comment le service... puis que vous êtes aussi dans l'ignorance de
comment vous allez être capables d'offrir le service de transport adapté dans ces secteurs-là qui sont délaissés,
là, dans le nouveau découpage qui est présenté des nouvelles structures par
rapport aux anciens CIT.
Beaudry (André) : La nuance
que je ferais, c'est à moins d'ententes qui existent actuellement, qui permettent aux gens, par exemple, de Saint-Jean-sur-Richelieu, Iberville et compagnie de se rendre sur le
territoire de Longueuil par des transits pour, ensuite, être capables d'aller sur le territoire
de Montréal. Et ce qu'on vous donne comme information, c'est qu'on ne possède pas suffisamment l'information pour vous répondre d'une façon très précise à la question
que vous posez dans l'exemple, là.
Le Président (M.
Bérubé) : Mme la députée.
Mme Ouellet : Et j'imagine que, dans les organismes, là, les 22 organismes qui sont
touchés du côté du transport adapté
avec le projet de loi n° 76...
Comment ils appréhendent le travail qu'ils auront à faire? Parce que, là, ils
sont habitués de travailler avec
différents intervenants qui sont en place, comment ils appréhendent le
changement de travailler avec les nouveaux organismes?
M. Lamoureux (Pierre) : Bien, encore là, je vous dirais qu'il y a
beaucoup d'incertitude. On n'a aucune idée de qu'est-ce qui va se passer exactement, et les gens sont beaucoup dans
l'inquiétude, effectivement. Je vous dirais qu'il faut comprendre qu'au
transport adapté c'est un service qui est très, très spécialisé. Ne serait-ce
que pour former une personne qui est capable, là, de recevoir les demandes de
déplacement, de faire la répartition, donc ça prend une connaissance de multiples variables, une connaissance du territoire qui
est importante. C'est certain que c'est long à former, ces gens-là, déjà, et là tous ces gens-là,
actuellement il y en a beaucoup qui sont inquiets et qui se demandent qu'est-ce
qui va se passer, et là est-ce qu'on attend...
Ceux
qui sont mentionnés dans le projet de loi se disent : Bon, on va
travailler pour le RTM, semble-t-il. Mais ça va être où? Ça va être quoi? Comment ça va se passer? Et, pour tous
les autres, c'est certain que, là, encore plus, on n'a aucune idée. Ceux dans les MRC, dans les
municipalités, là, il n'y a aucune certitude, du tout, et c'est pour ça qu'on
tient à reposer cette question-là :
Est-ce que c'est un oubli dans le projet de loi? Est-ce que ça va être englobé?
Est-ce que ça va être intégré? Mais
ce qui est un peu inquiétant pour nous comme gestionnaires, je vous dirais,
c'est que beaucoup de gens, devant
cette incertitude-là, vont peut-être se dire : Bien, je n'attendrai pas
qu'on m'impose quelque chose qui est à venir
peut-être à court terme, et ces gens-là risquent déjà de bouger pour peut-être
chercher autre chose comme emploi. Et ça, ça va amener une période de perturbation, là, pour la livraison du
service parce que, comme je vous dis, c'est quand même très long avant de former quelqu'un pour
qu'il devienne performant. Ça fait que c'est vraiment une période actuellement
qui n'est pas très drôle, là, pour l'ensemble des employés, là.
Le Président (M.
Bérubé) : Mme la députée.
Mme Ouellet : Oui. Est-ce que vous pensez que les 22 organismes touchés de votre côté
vont être maintenus tels quels avec les nouvelles structures?
M. Lamoureux (Pierre) : Bien, je vous dirais qu'actuellement ce n'est pas
ce qu'on croit voir, ça nous étonnerait. On s'attend tous à ce qu'il y ait des changements. Donc, on entend
parler déjà depuis plusieurs mois à savoir que les services tels quels de transport adapté seraient maintenus.
J'imagine qu'au RTM, quand on nommera les gens qui s'en occuperont, du comité de transition, ils auront à envisager
toutes sortes de possibilités par rapport à la façon de faire le service de
transport adapté, la façon qu'il sera
fait. Oui, ça pourrait, mais je pense qu'il n'y a personne qui s'attend à ce
que ce soit maintenu tel quel. Ça, c'est clair.
Le Président (M.
Bérubé) : Mme la députée.
Mme Ouellet : Oui. Donc, ce n'est pas clair pour vous, dans le projet de loi, si, par
exemple, vos organismes de transport
adapté qui offrent le service, là, directement aux personnes à mobilité
réduite, s'ils vont être maintenus, donc. Parce que ce que je comprends, c'est que le réseau va avoir à
coordonner, mais ce n'est pas lui qui va offrir directement le service.
Il va encore passer à travers vos organismes ou si ça va être offert
différemment?
M. Lamoureux (Pierre) : La question
est entière pour nous aussi.
Beaudry (André) : Moi, je compléterais sur le principe... André
Beaudry.
Le Président (M.
Bérubé) : Allez-y.
Beaudry (André) : Alors, sur le principe, dans la notion du transport adapté, c'est la répartition dans
la livraison de service et aussi le transport par véhicules. Alors, si
la question est à savoir est-ce que, dans les deux couronnes, les organisations vont rester telles quelles, on pense que non parce que le projet de loi vise à harmoniser. Est-ce
qu'il y aura des collaborations en lien avec les réalités territoriales qui composent la Rive-Nord et
qui composent la Rive-Sud? C'est la question
qu'on pose, et on espère que oui, que ces ententes-là pourront se prendre avec
l'autorité et/ou avec le Réseau de transport métropolitain qui sera mis
en place.
Le Président (M.
Bérubé) : Mme la députée.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, des informations disponibles pour
l'instant, et on aura probablement
l'occasion de requestionner le ministre à ce sujet-là... Donc, le projet de loi
ne fait pas état de comment les différents organismes de transport adapté
seront réorganisés. Donc, les gens qui sont dans ces organismes-là ne savent
pas si l'organisme va rester tel quel, s'il y aura
des fusions, s'il y aura une livraison différente du service, là. Pour
l'instant, là, il n'y a pas d'information concernant ce point-là.
J'aimerais changer de secteur et parler du financement
parce que vous l'avez abordé un petit peu plus tôt. Et j'ai eu l'occasion de
rencontrer des organismes de transport adapté, mais dans les régions — pas
dans la région métropolitaine,
mais dans les régions, là, du Saguenay—Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent — et
ils m'expliquaient qu'il y avait
eu des diminutions importantes de budget, et ce qui a amené des diminutions importantes
de services. Donc, ce qu'ils tentaient de faire, c'était de maintenir le
service pour aller à l'hôpital, par exemple, mais les services pour contrer l'isolement des personnes, par exemple
l'exercice physique, les amener à la piscine ou de les amener, pour contrer l'isolement, jouer aux cartes dans des organismes communautaires, ils étaient obligés de
couper ces services-là parce qu'ils n'avaient
plus le financement. Donc, j'aimerais vous entendre sur la situation de la
région métropolitaine concernant ce fi