Labour and the Economy — 4 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2023-05-04
Quebec — Committees
(Quatorze
heures trente et une minutes)
La Présidente (Mme
Boivin Roy) :
Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
commission est réunie afin de procéder à l'étude du portefeuille Travail pour
l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de
1 h 45 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Boutin (Jean-Talon) est remplacée par Mme Mallette (Huntingdon); Mme D'Amours (Mirabel) est
remplacée par Mme Bogemans (Iberville); et M. Dufour (Abitibi-Est)
est remplacé par Mme Poulet (Laporte).
La Présidente (Mme
Boivin Roy) : Merci beaucoup. Alors, nous allons procéder à une
discussion d'ordre général par blocs d'échange incluant les questions et les
réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui
leur est alloué, soit cet après-midi vers 16 h 15.
Puisque nous avons
débuté nos travaux à 14 h 16 et qu'une période de 1 h 45
doit être consacrée à l'étude de ces crédits, y a-t-il consentement pour
poursuivre nos travaux au-delà de cette heure, jusqu'à 16 h 16?
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Consentement. Merci beaucoup. Alors, je suis
maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, chers
collègues. Bonjour, M. le ministre. Et merci à toute l'équipe et ainsi qu'aux
gens du ministère, donc, d'être présents aujourd'hui pour cet exercice de
crédits.
M. le ministre, donc,
je commencerais cette première période d'échange en vous posant quelques
questions sur la situation des travailleurs
étrangers temporaires et l'encadrement du marché du travail, l'encadrement des
conditions de travail les concernant.
Tout
d'abord, je comprends que l'employeur qui embauche un travailleur étranger
temporaire doit en informer la CNESST en remplissant une déclaration d'embauche
de travailleurs étrangers temporaires si les informations devaient être
conservées pour une période d'au moins 3 ans dans le système
d'enregistrement et de registre de l'entreprise. Ayant ce mécanisme en place, d'emblée, je vous demanderais, M. le
ministre: Combien de déclarations d'embauche sont présentement en
vigueur?
M. Boulet : Bien, merci pour la question. Salutations à tous
les collègues, heureux d'être ici. Je veux simplement, avant de donner
une réponse très mathématique, vous dire qu'on est très heureux d'avoir adopté
un règlement, le 1er janvier 2020, pour s'assurer que les travailleurs
étrangers temporaires soient bien accueillis, que les agences de placement et
de recrutement de travailleurs étrangers temporaires détiennent un permis de la
CNESST, fassent des déclarations d'embauche et n'aient pas le droit de
confisquer des documents, d'exiger des frais, et faire connaître aux
travailleurs étrangers temporaires leurs droits et obligations.
Quant aux déclarations
d'embauche, 41 973 en 2022, collègue.
Mme Cadet : Oui,
2022, oui. Merci, M. le ministre. Donc, la déclaration d'embauche, c'est une
obligation qui s'étend aux agences de recrutement. Donc, les
787 titulaires de permis d'agence, en ce moment, donc, c'était...
M. Boulet : Oui,
c'est bien, ça.
Mme Cadet : Parfait.
L'agence de recrutement de travailleurs étrangers temporaires ou l'employeur
qui embauche directement une travailleuse ou un travailleur étranger temporaire
doit lui remettre un document qui décrit ses conditions de travail ainsi qu'un
dépliant sur ce que le travailleur doit connaître en matière de travail fourni
par la CNESST. J'ai eu l'occasion de
consulter le formulaire, donc, c'est assez complet. Donc, le document explique
les droits des travailleurs et les
obligations des employeurs en matière de travail. Comment la CNESST est-elle en
mesure de valider si ces documents sont remis aux travailleurs?
Boulet : Par des campagnes de sensibilisation,
d'information, de formation, le site Web de l'accompagnement personnalisé dans les langues requises, pour
s'assurer d'une juste compréhension. Et on a mis en place une escouade de prévention où il y a des personnes qui sont spécialisées
dans l'accueil et l'accompagnement des travailleurs étrangers temporaires.
Donc, on s'assure que non seulement ces personnes-là soient conscientes de
leurs droits, mais qu'elles puissent les exercer.
Mme Cadet : Je vous entends, M. le ministre, mais, ici, si je
comprends votre réponse, c'est qu'en fait il n'y a pas de mécanisme qui permet à la CNESST de valider
si les documents qui... donc, qui font l'objet, donc, d'une obligation de la
part de l'agence de recrutement ou de l'employeur. Il n'y a pas de mesure pour
pouvoir valider si c'est bel et bien remis au travailleur?
M. Boulet : Oui,
il y a des façons de faire, bien sûr, sur réception d'une plainte d'une
dénonciation ou on fait des interventions sans plainte ni dénonciation. On a
fait des blitz, souvenez-vous, notamment dans certaines régions. Maintenant,
comme notre escouade est devenue permanente, on le fait dans tous les secteurs.
Donc, on s'assure, par ces interventions-là, du respect de ce qui est prévu
dans le règlement sur les agences de recrutement des TET et de bien informer les travailleurs étrangers
temporaires, puis il y a une vérification qui est faite à chaque... À chaque
fois, on fait les vérifications qui s'imposent pour s'assurer du respect
du règlement et de la
Loi sur les normes du travail. Parce que, rappelez-vous, collègue, le 12 juin 2018 était entrée en
vigueur une révision quand même assez importante de la
Loi sur les
normes du travail, et le règlement en est un d'application d'un des articles,
41, je crois, là, de la
Loi sur les normes
du travail. Et donc il y a des
vérifications qui se font et on s'assure du respect du règlement et de la loi.
Mme Cadet : Merci
beaucoup. Vous avez parlé de l'escouade prévention, qui est belle et bien
devenue permanente dorénavant. Combien d'ateliers en entreprise à l'intention
des travailleurs étrangers ont été livrés en 2022-2023?
M. Boulet : Je
vais obtenir le chiffre, mais je veux aussi profiter de l'occasion... qu'il y a
aussi beaucoup de travail d'information qui se fait auprès des employeurs.
Maintenant, on fait un service d'aide personnalisé pour les employeurs pour
bien les informer de ce que requiert l'accueil et de ce qu'impose le respect
des droits et obligations. Maintenant, quant au nombre, il y a eu
136 ateliers.
Mme Cadet : Et
le service d'aide aux employeurs, donc, c'est l'employeur qui doit en faire la
demande?
M. Boulet : Oui,
mais on l'offre aussi. Quand on se déplace, quand on fait des interventions, on
propose à l'employeur de le rencontrer et de lui expliquer ce que ça... ce que
le règlement demande de faire.
Mme Cadet : Et
ça, combien d'ateliers de services d'aide personnalisés, là, on...
M. Boulet : 484.
On est bon dans les chiffres, hein?
M. Boulet : Il
me semble qu'on étudie les crédits, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Cadet : C'est
l'objectif avec les crédits, on est dans les chiffres, M. le ministre.
y a eu quelques cas malheureux mentionnés dans l'actualité récente, et puis,
bon, vous le mentionnez, donc, vous avez fait une annonce à ce sujet le
1er mars dernier. On sait que les plaintes relatives aux normes du travail
ont augmenté, dans les dernières années, chez les travailleurs
temporaires, là, passant de 16, en 2019, à 477 l'an dernier. Si la tendance se maintient, en 2023, on verra
aussi l'atteinte d'un nouveau record parce qu'il y a déjà 197 plaintes qui
ont été déposées seulement pour les trois premiers mois de l'année. Pour les
plaintes qui ont été déposées en 2022, quel a été le suivi de celles-ci?
M. Boulet : Bien,
mon Dieu! Quand il y a des... C'est intéressant parce que vous référez à un
article... Rappelez-vous, il y a L'actualité
puis il y a Le Devoir . Moi, s'il y a des plaintes, c'est signe qu'on
informe bien des droits puis de l'obligation des employeurs de respecter ces
droits-là. Et ce qu'on a réalisé, c'est qu'en 2022, par rapport à 2021, il y avait eu plus de réclamations, une
augmentation importante de réclamations pour accidents de travail ou maladies
professionnelles des TET, mais une augmentation moins importante que
l'augmentation du nombre de TET. Comme les réclamations, il y a eu une
augmentation de 14 % alors que le nombre a crû de 27 %.
Donc, les plaintes...
quand il y a une plainte, bien, vous le savez, on a la même formation
préalable, puis le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve le sait, évidemment, on dépêche des personnes, on
fait une enquête, on vérifie, on a les pouvoirs des commissaires
d'enquête, donc on peut requérir des documents, on peut vérifier, on peut
s'assurer que tout est compatible, on peut demander des livres de paie, on peut
faire des rencontres avec des personnes pour s'assurer qu'elles répondent bien
à nos questions, mais c'est : vérification, enquête, après ça on détermine
le suivi à apporter et ça peut aller
ultimement à un avis de correction et, après ça, à des constats d'infraction,
des amendes et tout ce que le processus nous permet de faire.
Mme Cadet : M. le ministre, donc,
vous avez dit que nous étions dans les chiffres, et puis vous avez raison, et je fais bel et bien référence à un
article du Devoir
de la semaine dernière sur l'augmentation du nombre de plaintes, mais, au niveau du nombre de lésions professionnelles, moi,
ce que je vois, là, c'est qu'il y a eu cinq fois plus de... en fait, que les
travailleurs étrangers temporaires ont été cinq fois plus nombreux à se blesser
au travail et à contracter des maladies professionnelles qu'il y a six ans,
alors que leur augmentation, comme vous l'avez dit, autour de 27 %, donc,
sont trois fois plus nombreuses. Je pense qu'on s'accorde sur ce chiffre-là,
mais...
M. Boulet : Les pourcentages que je
vous donnais, c'est si on fait la soustraction des cas découlant de la COVID,
parce qu'il y en a beaucoup qui ont contracté la COVID, mais, si on les met de
côté, l'augmentation des réclamations est moins importante que l'augmentation
du nombre. Puis, encore une fois, puis j'ai lu l'article, puis elle le
soulignait, la CNESST... on a annoncé une bonification des mesures de
prévention et la permanentisation de l'escouade de prévention et des services
additionnels pour les protéger. Puis, vous le savez, puis, si vous embarquez
dans des cas particuliers, il y a des circonstances qui sont inadmissibles puis
il faut s'assurer qu'au Québec, on ait un environnement dans les entreprises
qui est compatible avec la dignité de ce que nous impose l'intégration des
travailleurs étrangers temporaires.
Mme Cadet : Merci, M. le ministre.
Vous parlez, donc, de la bonification des mesures dont vous avez parlé, dont
l'article fait état aussi. Donc, en 2022, la province a accueilli
38 500 travailleurs étrangers temporaires. Il y a quand même eu une
hausse assez fulgurante, là, depuis 2019. Vous me disiez plus tôt qu'il y a
41 973 déclarations d'embauche en vigueur. Donc, on est encore en
croissance. Est-ce que vous pensez que le ratio d'agents de plus qui a été
annoncé pour l'escouade prévention est suffisant pour répondre à la demande?
M. Boulet : Actuellement, oui, mais
Mme Oudar, qui est ici, pourrait me confirmer, mais moi, je veux m'assurer
qu'on réponde aux besoins. Il y a des ressources qui peuvent être requises,
additionnelles. On a... Au-delà de nos agents de prévention qui font
partie de
l'escouade, on a autour de 300 enquêteurs qui peuvent faire des
interventions, qui peuvent supporter nos conseillers qui sont spécialisés et
qui font
partie de l'escouade de prévention pour les travailleurs étrangers
temporaires. Et je n'aurais pas de crainte de demander des ressources
additionnelles si