Public Finance — 1 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2019-05-01
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M. Simard) :
À l'ordre, s'il vous plaît!
Alors,
chers amis, la commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Revenu Québec des crédits
budgétaires du portefeuille Finances
pour l'exercice financier 2019‑2020. Une enveloppe de deux heures a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements que vous aimeriez me signaler?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, M. Allaire
(Maskinongé) est remplacé par M. Jacques (Mégantic) et
M. Barrette (La Pinière) est remplacé par M. Kelley
(Jacques-Cartier).
Président (M. Simard) : Je vous remercie. Alors, comme je venais
de le dire, nous avons deux heures de débat. Conséquemment, il n'y a pas
de remarques préliminaires. Nous allons donc échanger nos tours de parole par
blocs de 15 minutes. Et j'ai cru
comprendre, avant le début de nos travaux, qu'il y avait consentement pour
qu'une
partie du temps soit enlevée
au groupe gouvernemental afin que nous puissions terminer à l'heure, puisque
nous ne pourrons pas poursuivre après
13 heures. Il y a caucus dans cette salle, alors, physiquement, on ne
pourra pas y rester. Puis en plus on n'est pas invités pour luncher,
alors... de surcroît. Alors, ça vous va pour... Ça va, tout le monde?
M. le député de
Robert-Baldwin, bienvenue parmi nous. Et je vous cède d'emblée la parole.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, oui, il y a consentement pour qu'on puisse
procéder de cette façon-là. Je me
désole seulement pour nos collègues de la
partie gouvernementale qui vont avoir
un peu moins de temps, mais ça, c'est leur
choix. Bon, alors, bonjour. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, messieurs de
Revenu Québec et tous les collaborateurs qui sont avec vous, du
ministère des Finances aussi et ainsi que de Retraite Québec.
Alors,
on va commencer avec Revenu Québec, justement, et on va aller directement au
but, si vous voulez. J'aimerais qu'on
parle un petit peu de paradis fiscaux et donc de l'équipe spéciale qui avait
été mise en place en 2018, suite au plan d'action pour lutter contre les
paradis fiscaux. Il me semble que l'objectif était d'engager 75 personnes,
75 ressources. Pourriez-vous nous dire où est-ce qu'on est rendu dans cet exercice-là?
M. Girard
(Groulx) : Alors, je passe la parole à M. Gauthier.
Président (M. Simard) :
Alors, il y a, bien
sûr, consentement pour que vous puissiez prendre la parole, cher
monsieur. Auriez-vous l'obligeance de vous présenter et de nous indiquer les
fonctions que vous occupez?
M. Gauthier (Carl) : Oui. Bonjour, tout le monde. Carl Gauthier, président-directeur général, Revenu
Québec.
Le Président (M. Simard) :
À vous la parole, cher monsieur.
M. Gauthier (Carl) : Oui. Concernant le groupe spécialisé sur les planifications fiscales agressives, dans le
fond, là, oui, vous le rappelez, là, dans le plan d'équité
fiscale il était prévu que Revenu
Québec fasse un certain nombre
d'embauches, là, au total de 75. Présentement, on a embauché 74 personnes, des spécialistes des questions
fiscales, donc on a atteint notre objectif. C'est
sûr que ça a été difficile puis ça a
été progressif au cours de l'année. Ces 75 personnes là, évidemment, comme je l'ai dit, c'est un groupe spécialisé qui se distingue des
activités régulières de Revenu Québec, là, dont la spécialité, c'est de se consacrer à la lutte à l'évasion
fiscale et aux paradis fiscaux, puis ils s'ajoutent à 75 personnes, là, qui
étaient déjà en place. Donc, on a 150 personnes au total dans un
groupe spécialisé pour accélérer nos actions en ce sens.
M. Leitão :
Très bien, merci. Et bienvenue, M. Gauthier.
Alors
donc, pour la lutte aux paradis
fiscaux, il y a ces... bon, planifications fiscales agressives, il y a ce groupe-là qui maintenant semble déjà
être pas mal en place, et ce qui est très
bien. Maintenant, pouvez-vous nous
dire si ce groupe-là continue d'avoir...
parce que c'était le cas avant, mais continue d'avoir des
échanges réguliers avec leurs collègues de l'Agence
du revenu du Canada pour coordonner l'action des deux agences dans la lutte à l'évasion
fiscale?
M. Gauthier (Carl) : Oui. Donc, oui, il y a eu beaucoup
d'avancées au cours de l'année, là, avec nos collègues du fédéral. Dans le fond, là, il y a deux groupes qui ont été créés, là, deux comités
d'échange, dans le fond, un comité stratégique et un comité opérationnel, pour mettre en place l'ensemble des mesures.
Ça concerne beaucoup l'échange de renseignements avec nos collègues. Le comité stratégique a eu trois rencontres qui se
sont étalées pendant toute l'année. Il y en a une prochaine en mai prochain. Le
comité opérationnel, lui, a des mandats beaucoup plus spécifiques, puis il y a
eu également trois à quatre
rencontres. Il y a des sous-comités spécialisés, là, dans les transferts, les
prix de transfert, ces ensembles de choses là. Ça nous a également permis
d'avancer avec le renouvellement de l'entente, là, sur l'échange de
renseignements avec le fédéral.
M. Leitão :
Très bien. Merci beaucoup. Et, bon, vous savez qu'il y a eu, donc, dans les
médias, certains commentateurs qui
trouvent que c'est inacceptable que, par exemple, suite aux divulgations dans
les médias, que ce soient les Panama Papers ou d'autres fuites comme celles-là, au Québec on n'a rien fait. Maintenant,
est-ce que vous pourriez... moi, je pense que c'est un peu exagéré, mais est-ce que vous pourriez nous dire
concrètement, donc, suite à la divulgation de ces informations-là, qu'est-ce que Revenu Québec fait pour profiter de
cette nouvelle information et donc aller collecter ce qui doit être collecté?
M. Gauthier (Carl) : Oui. Dans le fond, beaucoup d'actions se sont
intensifiées toute l'année, de sorte que nos résultats, là, sont beaucoup meilleurs, je vais vous en reparler tantôt,
mais laissez-moi commencer par vous parler des actions qui ont été mises
en place, là.
D'abord, je vous ai
parlé des comités conjoints puis de l'échange de renseignements. Ça a permis de
beaucoup intensifier avec le fédéral, là, la régularité de nos résultats puis
des vérifications pour des dossiers sur les échanges de renseignements. On a également mis en place le Programme de rémunération
des dénonciateurs d'opérations. On a fait plusieurs mesures concernant,
également, le commerce électronique.
j'en reviens aux résultats globaux, là, comme vous dites, là, mettons les gens
qui disent : Le Québec ne fait rien, là, il faut d'abord voir qu'évidemment c'est un champ, là, que... ceux
qui sont en fiscalité depuis longtemps savent que c'était uniquement de juridiction fédérale. Le Québec est
beaucoup plus présent qu'auparavant dans ce champ-là. Nos actions sur le terrain se sont beaucoup intensifiées, puis nos
résultats le démontrent. Je vous donne quelques exemples, là. Sur les résultats
des planifications fiscales agressives et de lutte à l'évasion fiscale
internationale, puis ça inclut les paradis fiscaux, évidemment, là, les résultats cette année, là, sont de 415 millions
de dollars au 28 février, là, pour 11 mois. Donc, 415 millions
de dollars, là, ça, au global, pour les PFA,
les divulgations volontaires, là,
c'est quatre fois plus que ce qui était perçu par année il y a tout juste quatre ans. Il faut se
rappeler qu'il y a quatre ans, là, en 2014‑2015, on prélevait 100 millions par année; on est rendus à 415. Les trois dernières années, c'est plus
de 1 milliard de dollars qu'on est allés chercher dans ce domaine-là pour combattre la lutte aux paradis
fiscaux. Et puis ça se voit autant pour les planifications fiscales agressives, où nos résultats sont six
fois plus importants qu'il y a quatre ans, que pour les divulgations
volontaires, où c'est encore trois fois
plus. Donc, en termes de résultats, c'est beaucoup meilleur. Puis c'est la
première année, cette année, qu'avec le groupe spécialisé dont vous avez parlé puis l'entente de renseignements
avec le fédéral, là, dans le fond, on a toute une équipe en place,
maintenant. Donc, ces résultats-là, normalement, vont s'améliorer d'année en
année.
M. Leitão :
O.K. Merci beaucoup, M. Gauthier. Toujours dans le domaine de l'évasion
fiscale mais, maintenant, commerce
électronique, on a mis... certaines mesures ont été mises en place par le
gouvernement précédent. Je parle surtout, donc, de la perception de la TVQ. Et à l'époque je me rappelle qu'on
parlait de taxe Netflix, parce que, justement, on allait créer un nouveau modèle d'enregistrement pour que
les entreprises comme Netflix puissent s'inscrire et donc percevoir la
taxe de vente.
Pouvez-vous
nous dire maintenant combien d'entreprises se sont inscrites? Il y a Netflix,
bien sûr, mais il y en a pas mal d'autres. Pourriez-vous nous dire...
nous faire un petit peu une mise à jour de cette situation-là?
M. Gauthier (Carl) : Oui. Bien, je vous le rappelle, dans le fond,
depuis le 1er janvier 2019, là, les entreprises situées à l'extérieur du Canada qui vendent aux
consommateurs québécois des biens incorporels, dans le fond, vous l'avez dit,
là, doivent s'inscrire au régime spécifique de la TVQ au Québec. Pendant
toute l'année, depuis l'annonce du budget, les équipes de Revenu Québec ont mis en place un système d'inscription
spécifique pour ces entreprises-là, parce qu'on le sait qu'il y a beaucoup de multinationales
étrangères. On a également fait beaucoup de démarchage pour accompagner celles
qui devaient s'inscrire, pour être certains que, sur le potentiel global, dans
le fond, on ait un résultat probant.
Puis,
dans le fond, ce que je peux vous dire ce matin, là, c'est que le premier
trimestre s'étant terminé au 31 mars, les entreprises avaient jusqu'au 30 avril pour faire leurs
déclarations des premiers trois mois, on a 102 entreprises étrangères
qui se sont inscrites au régime pour
percevoir la TVQ et la remettre à Revenu Québec, pour un montant global, pour
le premier trimestre, de
15,5 millions, ce qui est le double de ce qui était estimé au départ pour
l'application de cette mesure-là.
M. Leitão :
Très bien. Merci beaucoup. Et, en effet, c'est tout un succès, je vous félicite,
parce que ce qui n'est pas compris, souvent,
c'est que ce n'est pas seulement une question que les entreprises perçoivent la
taxe, il faut qu'ils la remettent
aussi à Revenu Québec, et ce n'est pas si simple que ça non plus, il faut donc
avoir un régime spécifique pour s'inscrire. Très bien.
Maintenant, étant
donné le succès que vous avez eu, que nous avons eu, au Québec pour les biens
numériques, parlons des biens physiques, les
biens tangibles, parce que, quand on parle de commerce électronique, souvent,
bon, c'est les chemises, les
cravates, les chaussures, etc., ce qui est acheté en ligne. Pensez-vous suivre
la même méthodologie avec les
entreprises, Amazon et autres, du commerce électronique en biens physiques ou
est-ce qu'il faut une nouvelle approche? Enfin, comment voyez-vous la
chose?
M. Gauthier
(Carl) : Oui. En fait, sur
le volet des biens corporels, là, évidemment, ça a une dimension, au niveau
fiscal, plus complexe, parce qu'on sait que
les biens corporels, ça voyage par les douanes, les douanes étant une
juridiction fédérale. La première
étape, sur ce volet-là, ça avait été de mettre en place un projet pilote, là,
avec l'agence des douanes canadiennes,
également avec Postes Canada. Donc, ce projet pilote là est d'une durée d'un an
et est vigueur présentement depuis six mois, parce qu'il a démarré en
octobre dernier.
Donc, c'est
un résultat qui donne, jusqu'à maintenant, des résultats, là, plus mitigés, je
dirais, parce que le contrôle des
biens aux douanes, là, c'est beaucoup intensif en main-d'oeuvre. Nous, au
départ, à Revenu Québec, on avait envoyé huit personnes pour faire ce
contrôle-là des biens à la douane. Les volumes ont baissé, surtout suite à la
grève de Postes Canada. Donc, c'est des
résultats un peu mitigés. Puis on se rend compte que le projet qui avait été
implanté, là, à Montréal, parce qu'on
sait que Douanes Canada, là, fait... Il y a trois centres d'impartition pour le
contrôle des douanes, là : Montréal, Toronto et Vancouver. Donc, les résultats à Montréal, là, c'est environ,
là, sur la période que j'ai donnée, là, de cinq, six mois, 115 000 $ de TVQ, là, pour environ
800 000 à 900 000 $ de TPS et de TVH pour les autres provinces, parce que les biens s'en
vont dans les différentes provinces, après ça, hein, donc on ne peut pas
percevoir la taxe juste pour le Québec.
Donc, on va voir le déroulement de ce projet-là,
parce qu'il y a encore six mois à faire. Puis il y a beaucoup d'entreprises qui
passent par des messageries privées, donc, également, où, là, la TVQ pourrait
être perçue. La suite des choses, c'est sûrement... Parce que vous l'avez vu,
là, il y a eu des projets mis en place par le Québec dans différents domaines
du commerce électronique, là, parce qu'on l'a vu tantôt, avec la mesure pour
les entreprises étrangères et incorporelles, il y a deux volets possibles, là.
Soit qu'on fait une intervention directement à la douane, physiquement, comme on le fait là avec le projet pilote, mais ça nous apparaît quand
même peut-être un peu difficile
dans l'approche. Par contre,
ce qu'on voit comme deuxième option, dans le monde, là, il y a
deux pays qui l'ont fait très, très,
très récemment, l'Australie et
un pays européen, là, on pourrait peut-être obliger également, à un moment
donné, là, effectivement, les entreprises étrangères. Sauf que présentement il y a des discussions à l'OCDE sur toutes ces questions-là,
parce qu'il y a beaucoup
de complexité dans son application. Il faut juste s'assurer que, dans la
coordination mondiale des choses, là... Mais il y a peut-être une option
de ce côté-là, là, pour une prochaine étape également.
M. Leitão : Merci. Oui, en effet, c'est complexe. En tout cas, moi, étant donné le succès qu'on a eu avec les produits numériques, je vous encouragerais aussi à aller de
l'avant et donc avoir un régime spécifique d'inscription pour les entreprises
de commerce électronique. On sait bien qu'il
y en a des milliers et des milliers, de fournisseurs, mais, si on trouve un
régime qui peut englober les plus
grands noms dans le commerce électronique de biens corporels, je pense, ça
enverrait déjà un très bon signal. Donc, je vous
encourage à aller de ce côté-là.
Parlons, donc,
de relations fédérales-provinciales. Un enjeu aussi qui est beaucoup
dans les médias, beaucoup de commentaires des commentateurs, c'est le rapport d'impôt
unique. Je comprends bien que c'est une question plutôt politique, ce n'est pas à Revenu Québec de
décider ou ne pas décider si on a un rapport d'impôt unique, mais, en attendant
cette décision politique, dans la vie concrète de tous les jours, qu'est-ce que
Revenu Québec fait pour simplifier la vie des contribuables
en termes de préparation, d'élaboration de rapport d'impôt? Je parle ici d'un sujet qui
était déjà parlé avant. J'aimerais savoir si ça avance ou quoi, si c'est... à défaut d'avoir un
rapport d'impôt unique, un formulaire unique ou encore des formulaires préremplis par les agences, l'agence
du Canada et du Québec, pour simplifier la vie des contribuables. Où
est-ce qu'on est dans l'évolution de ces projets-là?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Puisque votre question
réfère directement à ce qui est fait actuellement, je vais passer
la parole à M. Gauthier.
Le Président (M. Simard) :
Merci.
M. Gauthier
(Carl) : Oui. Donc, c'est
certain que Revenu Québec vise toujours à simplifier la vie des contribuables,
vous le savez, vous avez été également ministre des Finances.
Dans le fond, le premier élément dont j'aimerais vous parler, c'est le virage
clientèle de Revenu Québec, là. Vous le savez, depuis deux ou trois ans, dans le fond, on a une
approche qui se situe plus en accompagnement en amont pour aider les particuliers et les entreprises,
là, qu'elles soient en affaires, à produire leurs déclarations. On a beaucoup de mécanismes
pour améliorer, de ce côté-là, là,
l'approche de Revenu Québec puis on a des résultats probants, là, comme, dans le fond, le nombre de plaintes a diminué de moitié, là, depuis trois
ans. Donc, c'est certain que, dans l'approche...
M. Leitão : ...interrompre,
mais... parce que le temps file, je m'excuse, je ne veux pas vous couper la
parole, ce n'est pas ça, mais, spécifiquement pour ce qui est d'un préremplissage des rapports d'impôt et puis de les
envoyer aux clients, ça simplifierait
beaucoup la vie. Je comprends qu'il y a
toutes sortes d'enjeux avec les fournisseurs privés, etc., mais est-ce qu'il
y a là une avenue que vous allez
explorer à l'avenir pour faciliter la vie des... ou c'est quelque chose qui a été regardé dans le passé et que maintenant on ne le fait
plus? C'est surtout à cet égard-là que j'aimerais avoir une réponse.
M. Gauthier
(Carl) : Bien, à chaque année, on fait des améliorations. Comme vous le savez, maintenant, là, il
y a neuf particuliers sur 10 qui
produisent leurs déclarations électroniques, donc c'est sûr que ce qui est en
place, actuellement, c'est l'utilisation de logiciels. Il faut rappeler
que, oui, il y a des gens qui paient leurs logiciels, mais, pour
les clientèles plus vulnérables,
bien, ces logiciels-là sont offerts gratuitement. Puis neuf sur 10, vous le
savez, c'est une très bonne moyenne, ça veut dire qu'au niveau électronique, là,
pour les gens... parce que le logiciel permet d'optimiser les choses. Puis,
quand les gens parlent beaucoup
de la déclaration préremplie, on se dit : Bien, ce serait Revenu Québec qui mettrait les chiffres directement dans les déclarations, bien, il faut
savoir que, la déclaration d'impôt, les logiciels, c'est ça qu'on fait déjà, on
appelle ça le téléchargement des données
fiscales. Donc, lorsque vous ouvrez le programme avec le logiciel, vous
demandez à Revenu Québec... nous,
avec Mon dossier, un instrument qu'on a développé sur nos systèmes, les gens
peuvent récupérer directement leurs données fiscales, ce qui est
l'équivalent d'une déclaration préremplie. Ils peuvent ensuite ajouter les dimensions plus particulières à leur situation,
parce qu'avec la déclaration préremplie c'est quand même un enjeu important,
cette question-là. Si Revenu Québec le
faisait tout seul de son côté, quand vous avez des frais de garde, des frais
médicaux, etc., là... C'est ça qui
rend difficile, parce qu'au Québec, vous le savez, on a beaucoup de déductions,
de crédits d'impôt. Même les
situations matrimoniales doivent être prises en considération. L'application de
tout ça sans l'intervention du contribuable lui-même serait très,
très... peut-être plus difficile à appliquer.
Donc, on a un
résultat, aujourd'hui, de neuf sur 10, sur les déclarations au niveau
électronique, ce qui est très bien. Puis
on a, au cours de la dernière année, mis en place, on est les premiers à
l'avoir fait, l'authentifiant unique avec les institutions financières... C'était l'année dernière,
excusez-moi. Puis cette année on a même, via les textos et les courriels avec...
qui sont toujours sécurisés, évidemment, il faut que ça vienne à la
demande du contribuable, ils peuvent faire une demande pour avoir accès directement à des numéros et accès à Revenu Québec, à
leur code, au niveau, là, de Mon dossier, pour le citoyen.
Donc, il y a
quand même presque 3 millions des contribuables, aujourd'hui, qui
l'utilisent Mon dossier citoyen, puis c'est une très, très belle avancée
en termes de simplification pour les contribuables.
M. Leitão :
Très bien. Merci. Je vous encourage même à poursuivre dans cette direction et à
universaliser cette mesure pour que
tout le monde puisse avoir accès à un logiciel. On verra bien qui paierait pour
ce logiciel, mais tout le monde puisse avoir accès à ce logiciel, et
donc, dans les faits, tout le monde puisse avoir accès au préremplissage.
Une question
un peu plus politique, M. le ministre : Où est-ce qu'on est avec le
rapport d'impôt unique? On a entendu la réponse du gouvernement fédéral.
Quel est le «next step», de votre côté?
M. Girard (Groulx) : Bien, j'ai
entendu la même réponse que vous. Dans un contrat, il y a deux parties. Si le gouvernement actuel n'est pas intéressé à
négocier, bien, ce ne sera pas possible avec eux. Il y a une élection fédérale,
d'autres partis ont démontré plus d'ouverture.
Alors, je
vous dirais que le rapport d'impôt unique, c'est une demande de l'Assemblée
nationale unanime, je crois, je crois
qu'on est rendus à sept résolutions unanimes sur ce sujet. Donc, c'est une
demande qui fait consensus. L'application de ça, évidemment, nécessite
la collaboration du gouvernement fédéral.
Alors,
entre-temps, je pense que la simplification et l'harmonisation des deux
déclarations est un objectif pratique, noble, qui était une solution
temporaire, mais quand même qui serait une amélioration.
Président (M. Simard) : Merci beaucoup, M. le ministre. Alors,
nous venons de compléter notre premier bloc de 15 minutes.
Avant de
céder la parole au député de Richelieu, à qui je confère neuf minutes, étant
donné le recalcul, comme dirait la machine, de notre temps, je voulais
simplement saluer, M. le ministre, la formidable équipe qui vous accompagne.
Je ne l'avais pas fait d'entrée de jeu, je
m'en excuse. Ils sont là, hein, on les salue tous. Puis en particulier je
voulais souligner la présence d'un ancien membre de cette Assemblée nationale,
qui a siégé ici pendant près de 20 ans, qui a été député, d'abord, du comté de Limoilou, qui a changé par la suite de
nom pour devenir le comté de Jean-Lesage. Il a servi trois premiers ministres,
ce n'est pas rien. M. Michel Després, je vous salue. Merci d'être là.
Alors, voilà. M. le député de Richelieu, à vous
la parole.
M. Émond : Merci beaucoup...
Excusez.
M. Girard (Groulx) : ...vous
vouliez dire en qualité et non en nombre, là.
Le Président (M. Simard) : Ah! Bien,
les deux, d'une certaine façon. Merci beaucoup. M. le député.
M. Émond : Oui,
merci, M. le Président. À mon tour de saluer l'ensemble des collègues, partis
d'opposition, collègues de la
banquette gouvernementale, M. le ministre et l'ensemble de vos collaborateurs,
nombreux, qui sont avec vous pour cet exercice important qu'est l'étude des
crédits.
Et vous ne
m'en voudrez pas, M. le Président, de prendre quelques secondes pour avoir une
petite pensée pour nos citoyens qui
partout à travers le Québec, même si la situation se calme... qui font quand
même face à la problématique liée à
la crue des eaux, aux inondations, je
dis partout au Québec, mais tout particulièrement chez moi, dans la circonscription de Richelieu. Entre autres, je pense à deux municipalités,
là, M. le Président, la toute petite municipalité de Yamaska, qui
a une certaine portion, là, qui est touchée par la crue des eaux, et chez moi,
à Sainte-Anne-de-Sorel... j'y habite, je suis originaire
de là, et chez moi tout va bien, là, mais un petit peu plus loin, sur le chenal
du Moine, qui mène aux magnifiques îles
de Sorel — je
parle du pays du Survenant , du roman de Germaine Guèvremont — mes concitoyens, qui sont particulièrement touchés, bien, tout ce
monde-là... J'aurais envie de dire, M. le Président, qu'on est habitués, chez
nous, à Sainte-Anne, on apprend quasiment
à marcher avec des bottes d'eau dans les pieds, là, mais quand même c'est une
situation qui n'est pas facile. Et
tous ces gens-là peuvent compter sur non seulement une équipe, les élus
municipaux qui sont en place, entre autres la mairesse De Tonnancourt, à Yamaska, et M. Péloquin,
et l'ensemble du conseil, qui font un excellent travail, mais les pompiers, policiers, les nombreux bénévoles qui ont
mis l'épaule à la roue, là, je pense... Entre autres, on a l'équipe de football de mon coin, de l'école
secondaire, qui ont préparé pas moins de 1 000 sacs de sable. Alors,
on a une pensée pour eux. Puis
j'aurais envie de leur dire, M. le Président, que nous étions là avant, nous
sommes là maintenant pour les soutenir et nous serons là après, une fois
que les eaux se seront résorbées, pour continuer à les soutenir.
Ceci
dit, M. le Président, je reviens à nos moutons et donc à cet important exercice
de l'étude des crédits, qui, je pense...
qui doit aussi avoir un certain... un côté pédagogique, à travers cet
exercice-là. Alors, j'aurais envie, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent... Et ils sont quand
même nombreux, M. le Président, parce que, moi, sûrement comme l'ensemble
de mes collègues députés, il y a beaucoup de
nos citoyens écoutent la période de questions au salon bleu, là, ce moment béni
où il règne une franche camaraderie entre tous les parlementaires, mais je dis
toujours aux citoyens : Écoutez aussi les travaux des commissions, parce qu'à ce moment-là il y aurait quand
même... il règne une collaboration entre chacun des parlementaires.
Donc, pour le
bénéfice des personnes qui nous écoutent, j'aurais envie de demander à M. Gauthier,
si vous le permettez, M. Gauthier, de
peut-être présenter votre organisation, et brièvement les résultats que vous
avez obtenus dans la dernière année. Et par la suite M. le ministre aura
sûrement un commentaire à apporter. Merci.
M. Gauthier (Carl) : Oui. Merci, M. le député. Oui, effectivement,
d'abord, je tiens également à souligner, je ne l'ai pas fait tantôt, là, la
présence parmi nous de tous mes collègues. Donc, je les salue, évidemment, puis
je les remercie de m'accompagner.
effet, concernant la mission de Revenu Québec, là, au fil du temps le mandat de
l'administration fiscale québécoise, là,
a évolué, et la mission s'est beaucoup élargie également. Revenu Québec, ce
n'est pas une administration fiscale standard, contrairement à plusieurs d'entre elles, elle a une vaste mission, puis
c'est loin de se limiter à ce que les gens pensent des fois, seulement la perception des impôts et des
taxes dus au gouvernement. Ces activités sont, bien sûr, essentielles, là,
pour répondre à l'objectif ultime de
l'action gouvernementale, soit d'offrir des services de qualité à la population
québécoise. Toutefois, notre rôle va
bien au-delà de ces activités, aussi importantes soient-elles. Ainsi, Revenu
Québec, je le souligne, là, j'ai plusieurs points, on fait notamment
l'administration provisoire des biens non déclarés, de leur liquidation. On fait
également l'administration du Programme de
perception des pensions alimentaires, grâce auquel Revenu Québec est fier
d'avoir versé aux parents gardiens près de
96 % des sommes auxquelles ils avaient droit depuis son implantation, en
On fait également, M.
le Président, la perception des sommes dues à quelque 20 ministères et
organismes du gouvernement, qui permet de
générer des économies d'échelle pour l'ensemble au gouvernement. Quand on
regarde l'ensemble de ces revenus-là,
c'est 115 milliards par année, environ, qu'on va chercher, là,
70 milliards d'impôt et taxes et 45 milliards pour les fonds
spéciaux des ministères et organismes.
Revenu Québec
administre aussi de nombreux programmes sociaux fiscaux. On pense au crédit
d'impôt, notamment, pour la solidarité, on
pense au crédit d'impôt pour maintien à domicile des aînés, le programme
Allocation au logement, le crédit
d'impôt pour frais de garde d'enfant, la prime au travail, le crédit pour
l'infertilité et l'Incitatif québécois à l'épargne-études. Et ce ne sont
que quelques exemples.
plus, Revenu Québec possède une expertise et un savoir-faire reconnus en
matière de recouvrement. D'ailleurs, on
a signé des ententes de service encore tout dernièrement avec les ministères et
organismes tels que la Société de l'assurance automobile du Québec et le ministère de la Justice. En plus du
rôle-conseil, comme vous le savez, qu'on joue au niveau du régime, là, d'abord pour moduler le régime
fiscal en fonction des besoins de la population, on met en place
les différents crédits d'impôt
annoncés par le gouvernement, les programmes sociaux fiscaux également. On
informe le ministre des Finances en continu sur les entrées fiscales gouvernementales.
On a toutes les mesures mises en place pour lutter contre l'évasion fiscale
dans les secteurs spécifiques. On a mis en place des mécanismes de compensation
gouvernementale, comme vous le savez, des
créances également. Puis on travaille évidemment en concertation
avec les autres corps policiers sur les enquêtes policières.
Dans le fond, quand on regarde la vaste clientèle, là, pour vous donner quelques
chiffres, là, c'est près de 7,1 millions de contribuables en impôt sur le revenu,
dont 6,5 millions de particuliers et environ 600 000 sociétés.
C'est près de 750 000 entreprises
ou particuliers en affaires qui sont mandatés par Revenu Québec pour percevoir
les taxes. C'est 2,8 millions de
ménages qui bénéficient du crédit d'impôt pour solidarité puis c'est
274 000 créanciers ou débiteurs de pensions alimentaires avec
qui on fait affaire.
Évidemment,
pour gérer tout ça, on est un grand organisme, là, on dispose d'un budget de
dépenses, oui, de plus de
1 milliard de dollars et on emploie plus de 11 800 employés, ce
qui représente environ 11 000 employés sur une base régulière, à temps plein, évidemment tout ça pour
offrir, la grande majorité des effectifs de Revenu Québec, là, des services
directs à la population, là. Il faut savoir
qu'à Revenu Québec 87 % de l'ensemble de nos employés travaillent en services
directs à la population.
On administre
également plus de 100 mesures. C'est important de le rappeler. Quand je
dis : Le régime fiscal québécois est
complexe, c'est pour, souvent, apporter des soutiens à des clientèles plus
spécifiques, notamment les plus vulnérables.
On pense à 2,8 millions de ménages qui reçoivent 1,6 milliard par
année en crédit d'impôt solidarité, c'est 600 $ en moyenne pour chacun
d'entre eux. On pense aux jeunes familles qui se sont partagé, en fonction de
leur niveau de revenus, plus de
650 milliards... millions, excusez-moi, en guise de support au paiement
des frais de garde d'enfants; 325 000 aînés qui se voient verser un
montant annuel de 1 400 $, pour 460 millions au total; puis,
pour favoriser le maintien en emploi, c'est 400 000 particuliers
qui obtiennent la prime au travail, pour un total de 300 millions de
dollars.
J'aimerais
vous parler aussi du virage clientèle de Revenu Québec, là. Comme on le sait,
depuis plusieurs années, on s'est rapprochés de nos nombreuses
clientèles avec une approche en amont, ce qui permet des conditions favorables à l'application des
règles fiscales. Donc, cette nouvelle approche là nous a permis, là, dans le
contrôle fiscal, d'être basés sur
l'accompagnement des contribuables et mandataires. On fait beaucoup plus de
sensibilisation et de prévention qu'auparavant
puis on favorise désormais l'augmentation de la conformité fiscale volontaire
en privilégiant des mesures favorisant les changements de comportement et les
contrôles en amont. La nouvelle approche a permis notamment la création
du Bureau de protection des droits à la clientèle, l'adoption de la Charte des
droits des contribuables et des mandataires,
le développement accéléré dans notre offre de services en ligne, la mise en
place d'un programme d'assurance qualité
de la réponse téléphonique, où nos moyennes sont à 85 %, la création d'un
programme d'accompagnement pour les PME et les particuliers en affaires,
dont le taux de satisfaction se situe aujourd'hui à 98 %...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Gauthier (Carl) :
Merci.
Président (M. Simard) : On va arrêter à 98 %, on franchira
le 2 % manquant plus tard. Merci beaucoup, cher monsieur. Je cède
maintenant la parole au député de Rosemont pour une période de 9 min
25 s.
M. Marissal :
Oui, merci. Merci, M. le Président. Bonjour, chers collègues. Bonjour, tout le
monde. C'est assez impressionnant de voir autant de gens du fisc en même
temps dans la même pièce. Ça fait quasiment peur.
Des voix : Ha, ha, ha!
Une voix : As-tu payé tes
impôts?
M. Marissal : Je tiens à dire
que je suis à jour, là. «For the record», je suis à jour.
Bonjour, M.
le ministre. Je vais commencer par une question sur un sujet d'actualité, dont
on a parlé encore hier, c'est-à-dire
Airbnb. Je vais lire mes notes en même temps, ça va aller plus vite, parce que
je n'ai pas beaucoup de temps.
Selon une
étude récente de l'Université McGill, il y a plus de 24 000 annonces
Airbnb qui ont reçu une réservation l'an dernier. Il y aurait, toujours selon
cette étude, entre 2 600 et 6 400 logements entiers retirés du
marché de l'habitation. Ça, c'est à
Montréal. Toujours selon cette étude, 5 % du parc de logements juste sur
le Plateau et de Ville-Marie, donc le centre-ville
de Montréal, servent à du Airbnb, et le taux de croissance annuel du nombre
d'annonces est de 21 %. Ça aussi, ça fait peur pour vrai. Le phénomène
prend aussi des proportions alarmantes dans les quartiers centraux de Québec,
ça se voit à l'oeil nu.
Pendant ce temps, les inspecteurs du secteur de
l'hébergement touristique, qui relèvent maintenant de Revenu Québec, ne parviennent pas, apparemment, à
endiguer le fléau. Donc, une toute récente demande d'accès à l'information
révèle que le nombre d'inspections avec
avertissement pour toutes les catégories d'hébergement touristique, incluant
les hôtels, les gîtes, les résidences
de tourisme, à Montréal, a été de 19 en décembre, de sept en janvier et de
trois en février. On s'en va dans le mauvais sens, là. Les chiffres sont
semblables pour la région de la Capitale-Nationale, où le nombre d'avertissements a été de neuf en décembre; 23,
janvier; sept, février. On reste dans la marge. Évidemment, ce sont des chiffres qui démontrent que ces inspections sont
dérisoires. Pour tout le Québec, en date du 8 avril dernier, aucun constat
d'infraction, aucun, n'avait été émis pour des logements... des occupations illégales.
J'ai envie de
vous demander, M. le ministre : Devant la croissance exponentielle
d'Airbnb — on ne
peut pas parler d'un phénomène
marginal, ça devient endémique — dans un contexte, en plus, où il y aura
pénurie de logements, selon les autorités municipales de Montréal, probablement
dès juillet prochain, on va revivre ce qu'on a vécu il y a quelques années,
qu'est-ce que votre gouvernement peut faire
pour rendre imputables les offres de logement qu'elles affichent sur leurs
sites et pour obliger ces gens qui font des offres de logement à
communiquer à Revenu Québec les renseignements sur les transactions, comme le prix payé, l'adresse et le nombre de nuitées, ce
qui permettrait aux inspecteurs de disposer d'informations traitables
pour faire respecter notre souveraineté législative?
M. Girard
(Groulx) : Je vous remercie pour cette question étoffée. Je tiens à
dire que le gouvernement du Québec est un leader au niveau de la lutte contre
l'évasion fiscale et que nous avons une approche incitative qui vise à inciter
à la conformité. Et, dans le cas particulier
auquel vous référez, ce qu'on fait actuellement et ce qu'on pourra faire mieux,
je vais passer la parole à M. Gauthier pour ce sujet.
M. Gauthier
(Carl) : D'abord,
effectivement, je suis content que M. le ministre l'ait dit, là, il faut
voir qu'ici, dans le domaine de
l'économie collaborative, là, tout va très vite, là, puis on le voit dans
plusieurs gestes que déjà le Québec a posés,
là, on est un précurseur, souvent on est les premiers à agir, parce que tous
les gouvernements sont pris avec cette économie-là
qui évolue à des dimensions quand même phénoménales. Puis, oui, vous avez
raison de le dire, là, c'est un phénomène qui... pour l'hébergement
touristique, cette année, là, on voit des chiffres, là, qui sont assez
astronomiques.
D'abord, il
faut voir qu'on a été les premiers, là, avec l'entente avec Airbnb, là, à avoir
une entente de conformité fiscale, ce
qui n'est pas peu de chose, là, donc ce qui a permis au Québec de se distinguer
à ce niveau-là et de contrôler un peu, là, je vais dire, entre
guillemets, le trafic dans ce domaine-là.
Par ailleurs, il est
certain que la dimension que ça a pris cette année, là... Vous avez raison, là,
au départ, là, Revenu Québec avait été
mandatée pour effectuer des blitz d'inspections. Ça a été très fort les
premiers mois, à partir de juin l'année dernière. Ça a été réduit, après
ça, par la suite parce que, dans le fond, il reste des questions réglementaires
à régler dans tout ça, M. le député, des questions qui
relèvent, oui, du gouvernement du Québec mais également des discussions avec nos collaborateurs que sont les
municipalités, les agences touristiques. Vous avez vu la sortie de la ministre
responsable, cette semaine, qui nous a dit
qu'on avait besoin de changements réglementaires, puis c'est ce qui a freiné
l'élan de Revenu Québec cette année,
parce qu'on n'aurait pas pu décerner d'amende où, dans le fond, on aurait été
solides au niveau légal.
Donc,
on a ralenti le rythme volontairement pour permettre d'attendre ces
changements-là. Lorsque ces changements-là seront faits... Vous l'avez
vu, au total on a procédé à plus de 4 000 inspections. On connaît les
adresses, donc on pourra réaligner le tir, là, avec une nouvelle phase où on
rentrera en action. Mais on a besoin des changements réglementaires.
M. Marissal :
Je fais vite. Merci pour la réponse succincte. Est-ce que vous êtes
d'accord — la
question vaut autant pour le ministre que pour vous, M. Gauthier — à
demander davantage, à être un peu plus proactifs dans les demandes, non pas seulement s'en remettre aux dénonciations
individuelles, mais demander, par exemple, à ce que les locataires... les
locateurs, pardon, d'Airbnb déclarent le
prix payé, leur adresse, ça va de soi, le nombre de nuitées et d'augmenter le
nombre d'inspecteurs qui devraient, normalement, faire respecter nos
règles fiscales?
M. Gauthier (Carl) : En fait, comme je le disais, là, avec le
changement à la réglementation, vous
avez raison, c'est un domaine où, là,
on agit sur la taxe sur l'hébergement, donc ça va permettre d'intensifier les efforts
pour les inspections, puis Revenu Québec sera prêt, là, parce que ça fait
partie également de notre mandat,
pour le volet des amendes, lorsqu'il
y a lieu, lorsqu'on aura un règlement qui nous permet d'agir de façon
claire pour l'ensemble des gens sur le terrain. Parce que, vous savez, il y a
des questions, là-dedans, de résidence principale, de résidence secondaire, de
propriétaire, de locataire, de
locateur également, et puis on a besoin du fait que tout le monde, dans le fond, soit à l'aise avec ces concepts-là, là, qui
seront prévus par règlement.
Par ailleurs, je dois vous dire que... Tantôt, je vous ai donné, là... je vous ai
parlé de l'entente de perception fiscale avec Airbnb. Dans le fond, ça a permis, là... puis là je vous divulgue le chiffre parce qu'Airbnb lui-même nous permet de le rendre public, là, c'est plus de 7 millions de dollars, là, que ça a permis, au
niveau de l'hébergement touristique, ça, en entrées fiscales. Puis nous,
au niveau de Revenu Québec, en contrôle fiscal...
M. Gauthier
(Carl) : Sur quelle période, vous me demandez? C'est pour
l'exercice financier 2018‑2019, au 28 février,
donc une période de 11 mois. Puis nous, au niveau des activités de
contrôle fiscal, là, parce qu'on ne se limite pas juste au volet de la taxe d'hébergement, nous, Revenu Québec, on a
agi pour une valeur de 7,1 millions de dollars et sur 1 993 établissements, donc, sur le
volet de la taxe sur l'hébergement, avec l'entente de conformité fiscale, mais
il y a également le contrôle fiscal de Revenu Québec dans ses activités
de vérification.
M. Marissal :
O.K. Politiquement, maintenant, M. le ministre, est-ce qu'il n'y aurait pas
lieu de sonner l'alarme puis de
mettre un frein au développement parfois un peu anarchique, là, dans certains
quartiers de Montréal et même ici, dans
le Vieux-Québec? Je comprends qu'on doit faire les vérifications puis assurer
le respect des règlements fiscaux, mais là on va se retrouver avec un autre problème pas mal plus grave, qui est
notamment la crise de logement, la raréfaction des logements, qui sont
récupérés par des gens qui font juste du Airbnb.
vous l'ai déjà dit dans d'autres commissions, moi, je le vois,
là, sur ma rue chez nous, là, tous les jours je vois des touristes se promener
avec le cellulaire en main puis des valises. Il n'y a pas d'hôtel, dans mon
comté, ou à peu près pas, là. Ils ne sont pas à l'hôtel, ces gens-là,
là, ils cherchent l'adresse pour faire du Airbnb. Les gens qui y habitaient,
qui étaient mes voisins avant, maintenant je n'ai plus de voisin, c'est
des touristes.
Alors, politiquement,
est-ce qu'il n'y a pas un leadership à prendre aussi, au-delà des mesures
fiscales, là, un leadership à prendre pour freiner la prolifération presque
anarchique d'Airbnb à Montréal?
Le Président (M. Simard) :
Pour une période de 30 secondes, M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : 30 secondes. O.K.
Bien, je tiens à souligner que nous sommes un leader dans le monde quant
à la conformité fiscale d'Airbnb. Le règlement est perfectible, et c'est pour
ça que la ministre du Tourisme a fait son annonce.
Nous avons annoncé, dans le dernier budget, que tous les opérateurs de
plateformes électroniques de ce genre devront se conformer. Donc, le modèle Airbnb s'appliquera à tous. Alors, on
répond, on est à l'avant-garde, mais on est toujours ouverts à
faire mieux puis on va continuer.
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, M. le
ministre. Je cède maintenant
la parole au député de Beauharnois
pour une période de 8 min 30 s.
M. Reid :
Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour à tous. Bonjour, chers collègues. Très
heureux d'être ici aujourd'hui puis d'entendre Revenu Québec parler de son ministère
et de ce qui est fait.
va parler d'activités d'enquête, si vous le permettez. Comme vous le savez, en
fait, pour notre gouvernement,
l'équité fiscale est primordiale. C'est extrêmement important dans notre pays,
dans notre nation. Et, à travers ça, Revenu
Québec doit s'assurer que les
contribuables s'acquittent de leurs obligations fiscales et que chacun paie
l'ensemble des sommes donc il est
redevable afin qu'elles puissent continuer à financer les services publics. Et
on sait que cette semaine, en fait, c'était la date, le jour J pour les
impôts des particuliers.
Bien que la majorité des
contribuables s'acquittent de leurs obligations, Revenu Québec doit exercer
certaines activités de contrôle fiscal, notamment
l'inspection, les enquêtes, les poursuites pénales qui en découlent. Comme on
sait, Revenu Québec, c'est un acteur clé dans la lutte gouvernementale
contre l'évasion et la fraude fiscales, notamment en intervenant dans des secteurs plus à risque. Et, si je pense à ma
région, en fait, dans la région de Beauharnois, en fait, nous sommes pris avec le fléau de la contrebande de tabac dans le lac
Saint-François. C'est une activité qui est très, très lucrative et... Donc, il y a des interventions qui
sont faites par la police, donc, pour contrer ce fléau actuellement. Et la lutte contre la criminalité, en fait, nous amène également,
à travers ça, à penser à l'impact de l'arrêt Jordan au niveau fédéral.
Donc,
j'aimerais savoir, à travers ça... Puis, quand on regarde les statistiques au niveau de la contrebande, les chiffres, les amendes ont augmenté considérablement.
J'aimerais savoir les mesures qui ont été mises en place par Revenu Québec pour lutter plus efficacement
contre la fraude fiscale et surtout les activités criminelles.
Le Président (M. Simard) : Oui,
M. le ministre. Monsieur...
M. Gauthier
(Carl) : Oui, d'accord. Bien,
comme vous le savez, c'est une priorité pour nous, évidemment,
là, comme percepteurs des montants d'impôt et taxes, mais évidemment
c'est une question d'équité fiscale.
D'abord, du
point de vue du renseignement, ce que vous demandez, là, pour les activités
d'enquête, et les amendes, et... le renseignement, c'est le nerf de la
guerre, là, pour nous. Dans le fond, au cours des dernières années, la fonction
renseignement, elle s'est considérablement
développée pour mieux cibler et préparer en amont les enquêtes à réaliser et
d'en réduire le cycle de traitement. Dans le
fond, vous me parliez de l'arrêt Jordan, là, ses... Revenu Québec, là, dans le
fond, on a fait preuve de proactivité dès le
début. On a apporté également des changements, là, puis on a ajouté
13 effectifs pour se préparer,
là, à ce phénomène-là, dans le fond, sept pour les activités de poursuite
pénale puis six pour les activités d'enquête.
C'est, évidemment, cohérent avec la stratégie gouvernementale, là, pour
s'assurer que les dossiers aboutissent.
Donc, on a également pris des mesures pour
accélérer le traitement des dossiers, dans le fond, ce qui a permis, évidemment, là, avec nos collègues, nos
collaborateurs, de circonscrire les dossiers potentiels de Jordan. Quand on
regarde le résultat de tout ça, là,
c'est qu'en date du 28 février 2019 Revenu Québec a reçu 400 requêtes
en arrêt des procédures sur la base
de l'arrêt Jordan. 200 de ces requêtes-là ont été laissées tomber par les
demandeurs. Donc, il en restait 200. Puis il y en a environ 100,
là-dessus, qui ont été rejetées par les tribunaux, là. Donc, il y en a 84, au
net, qui ont été accordées. Donc, c'est un
excellent résultat, compte tenu, là, que Jordan, évidemment, ça impose à toutes
les organisations, là, des délais très, très, très limités pour faire
les dossiers. Puis, dans le fond, quand on regarde l'ensemble de nos dossiers,
on avait 4 576 dossiers de
poursuite actifs au 28 février, puis il y en avait seulement 5 %, là,
pour 233, qui étaient à risque, là, sur
le délai de 18 mois. Mais, comme je l'ai dit tantôt, on les gère de façon
très serrée pour s'assurer qu'on a des résultats à ce niveau-là.
Par ailleurs,
vous me posiez la question sur la lutte contre la criminalité et la fraude
fiscale. Dans le fond, là, je vous donne
les résultats nets, là, de l'année 2018‑2019 au 28 février, dans le
fond. On a obtenu la condamnation de 2 831 individus et sociétés qui ont été impliqués dans des fraudes
fiscales, lesquels se sont vu imposer des amendes de 246 millions de
dollars, ce qui est un record, et aussi 63 peines d'emprisonnement.
Sur le volet
de la fraude fiscale, là, c'est 299 condamnations pour 186 millions
d'amendes. Et, quand vous me parliez du
tabac, là, sur les actions de Revenu Québec, dans le fond, c'est également
60 millions d'amendes qui ont été décernées dans ce secteur-là, c'est ça, 60 millions, pour des condamnations
totales de 2 500 individus et de trois sociétés, pour l'année
courante.
Donc, en
termes de résultat, je pense que c'est là. D'ailleurs, on voit que la lutte
concernant le tabac, là, au cours des
dernières années, ça s'est réduit de beaucoup. Il en reste encore, mais Revenu
Québec est présent sur le terrain, puis les résultats sont là pour le
confirmer.
M. Reid :
À terme, en fait... Vous avez parlé d'augmentation des effectifs, mais quelle
est votre stratégie? Oui, ça a diminué au niveau... on parle de la contrebande
de tabac, ça a diminué, mais, à terme, quel est le plan de Revenu Québec
pour essayer de contrer davantage ces situations-là?
M. Gauthier
(Carl) : En fait, le plan,
bien, c'est d'être présents sur le terrain. Nous, on a les inspecteurs, les
enquêteurs. Donc, je vous ai donné le
nombre. Je peux vous donner le nombre d'inspections qu'on fait sur... Dans le
fond, sur les enquêtes, là, les
dossiers en cours, on a 106 dossiers, présentement, là, qui sont en cours,
on a 101 mandats de perquisition et puis on a également
181 ordonnances de communication. Donc, c'est d'être très présents, c'est
ça, sur le terrain.
Puis évidemment, nos activités reliées à ça, je
ne peux pas divulguer ici toute la stratégie reliée à ces interventions-là, mais, oui, on est présents. On
collabore également avec les corps policiers. Puis c'est une action concertée
de l'ensemble des intervenants, là, qui nous permet d'atteindre ces
résultats-là.
M. Reid :
...question, si vous permettez, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Deux
minutes, monsieur.
M. Reid : Deux minutes. En fait, justement,
le partenariat avec... vous n'êtes pas seuls sur le terrain. Comment ça, ça fonctionne, là? Je sais qu'il y a des choses
que vous ne pouvez pas mentionner, mais vous n'êtes pas seuls. Bien entendu,
il y a le fédéral qui est impliqué
là-dedans, il y a probablement également la Sûreté du Québec, ainsi de suite.
Comment ça fonctionne, les
partenariats? Ça va bien? Est-ce que ça se développe davantage pour contrer
encore plus l'évasion fiscale?
M. Gauthier
(Carl) : Il faudrait peut-être qu'à ce niveau-là je demande à
un de mes vice-présidents de venir me dépanner, parce que moi-même, je ne suis
pas un spécialiste, là, des interventions terrain. Je demanderais peut-être à
Sylvain Vinet, là...
M. Reid : Oui, si
on a le consentement. Consentement?
Président (M. Simard) : Oui, consentement, bien sûr. Pourriez-vous,
s'il vous plaît, cher monsieur, vous nommer et mentionner vos fonctions?
M. Vinet
(Sylvain) : Oui. Bonjour. Sylvain Vinet, directeur général des
enquêtes, de l'inspection et des poursuites pénales.
Donc, en
réponse à votre question, brièvement, oui, on fait beaucoup d'échanges
d'information, tel que prévu par la loi, et les relations vont extrêmement bien
avec l'ensemble des corps policiers et des ministères et organismes qui
font des enquêtes. Donc, on s'assure d'être vraiment présents avec eux et de
concerter nos actions.
M. Reid : Merci.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Beauharnois, il vous reste 1 min 30 s.
M. Reid :
1 min 30 s. Bien, écoutez, si vous pouvez... je croyais qu'il
restait moins de temps, mais, si vous pouvez élaborer davantage sur les
partenariats...
M. Reid : Oui, je vais la
conserver, davantage, parce que je pensais qu'il restait à peu près
30 secondes, c'est pour ça que je vous ai...
M. Vinet (Sylvain) : ...en
30 secondes.
M. Reid :
Oui, c'est ça, oui, exactement, c'est pour ça, si vous pouviez élaborer un
petit peu plus. Oui, ça va bien, mais
quelles sont les actions, à terme? Les relations vont bien au niveau... avec
les partenaires, mais, si on pousse un peu plus loin, est-ce que ça fonctionne relativement bien ou est-ce qu'il y
a toujours un peu... Parce que des fois on fonctionne en silo, là-dedans. Là-dedans, ça évolue vers
quoi? Parce que, moi, comme je vous dis, dans mon coin, c'est un fléau, la
contrebande d'alcool et de cigarettes. En
fait, le lac Saint-François est reconnu historiquement pour ça, en fait, d'où
originent les bootleggers, qui traversaient la boisson, dans le temps.
M. Vinet
(Sylvain) : Donc, en fait, en réponse à votre question, il y a plusieurs
programmes de mis en place, entre autres
les projets ACCEF, ACCES Tabac, ACCES Construction, ACCES Cannabis, etc. Donc, il
y a différents comités de concertation qui sont mis ensemble, et toutes les
parties prenantes sont là. Et ce qu'on fait, c'est qu'on... une façon de le
dire, c'est de se partager les cibles, et de
voir qui est le meilleur pour réussir à faire les interventions qu'il y a à faire dans chacun des domaines, et de s'assurer de partager notre expertise, à ce moment-là, quand il y a des dossiers à faire. C'est la façon dont ça fonctionne pour s'assurer, justement,
que les citoyens soient bien desservis et qu'on fasse échec à la
fraude et l'évasion fiscale. Donc,
les différents comités sont en place, les parties prenantes sont là, incluant
les poursuites pénales...
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. Merci
beaucoup, cher monsieur. Alors, nous
venons de compléter le présent bloc
d'échange. Je cède maintenant la parole au député de René-Lévesque, pour une période, cher collègue, de 9 min 25 s.
M. Ouellet : Merci
beaucoup, M. le Président. M. Gauthier, on vient d'avoir un échange intéressant sur les actions que Revenu Québec fait pour lutter contre la fraude. J'ai cru voir que vous aviez des
notes préparées par l'équipe de fonctionnaires. Est-ce que ce serait possible
de nous les déposer ici, à la commission, pour prendre connaissance des informations
que vous venez de nous aiguiller, qui sont un tableau
sommaire des actions qui
ont été prises?
M. Gauthier
(Carl) : Oui. Dans le fond, je ne pourrai pas vous déposer intégralement la note que j'avais entre
les mains, mais, pour les tableaux des résultats, il n'y a pas de problème
à déposer ces résultats-là, oui.
M. Ouellet : O.K. Dans l'ancienne législature, M. Gauthier,
j'ai participé à une initiative de ma formation
politique, c'est-à-dire Priorité PME, on a fait le tour du Québec,
on a rencontré une centaine d'entrepreneurs partout dans les régions du Québec, et plusieurs
de nos entrepreneurs nous ont parlé de l'excès de zèle joué par les employés de
Revenu Québec. L'ancien gouvernement disait avoir mis en place, à l'époque, un bureau de protection des
droits de la clientèle et élaboré un plan d'action, à la suite des
révélations cinglantes de la Protectrice du citoyen.
Donc, M. Gauthier,
si les quotas ou objectifs de récupération fiscale ont été abolis, le
nombre de plaintes en lien devrait
être en diminution. Donc, est-ce que vous pouvez nous confirmer si
le nombre de plaintes en lien avec les excès de zèle sont en hausse ou
en baisse?
M. Gauthier (Carl) : Oui. En fait,
vous me parlez essentiellement du virage client adopté par Revenu Québec, effectivement, parce que, dans l'approche de Revenu
Québec... et même moi, là, comme
nouveau président-directeur général
de Revenu
Québec, là, ça a été une très belle
surprise, et évidemment c'est, dans l'évolution des 30 dernières années, là, de l'approche de Revenu Québec, en même temps
précurseur, parce que, vous le savez, Revenu
Québec, on peut agir... Quand on dit... la perception des revenus, on est en
conformité fiscale, donc, on peut cotiser sur des revenus non déclarés, des
choses comme ça, des cotisations
mal établies, mais l'approche, c'est, dorénavant, d'agir plus en amont, en prévention, et pas
juste, comme on dit, là, en agissant
sur... prendre des gens en défaut sur un résultat fiscal. Donc, on agit en
amont. Agir en amont, ça veut dire
qu'on a mis en place, notamment, là, des volets structurants, au niveau
de Revenu Québec, là, notamment à partir de la Charte des droits des
contribuables, un ensemble de principes qui énoncent les droits et les responsabilités des contribuables. On a également mis en place le bureau de
protection des droits des contribuables.
Puis,
quand vous me parlez des plaintes, là, c'est effectivement ça, ces dernières
années, sur trois ans, le nombre de plaintes
est passé d'environ... je ne sais pas si j'ai les chiffres précis près, mais on
a réduit de près de 50 %. Dans le fond, on était autour de 3 800, 3 900, puis, cette année, on a fini
l'année autour de 2 015 plaintes. Donc, c'est une amélioration
certaine, pour un même nombre de cotisations
dans l'année, parce que c'est important, ça. Dans le fond, Revenu Québec
fait toujours son travail sur le terrain, hein, puis etc.
Puis
également on a jumelé à ça la mise en place d'autres programmes structurels. On
accompagne les particuliers en
affaires et les entreprises, on se déplace sur le terrain à la demande des
entreprises et des particuliers en affaires. Et on a fait, ces dernières
années, près de 15 000 accompagnements de PME et d'individus, donc ce
qui veut dire qu'on va les rencontrer un deux à trois heures dans un après-midi
chez eux, avec un programme déjà défini, mais on répond aux besoins de ces gens-là pour les accompagner dans
leurs premières obligations fiscales. Donc, l'ensemble de ces résultats-là,
c'est un gain important dans l'approche.
Le Président (M. Simard) :
M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Donc, si je comprends bien, il y a eu une baisse du nombre de plaintes. Le
chiffre, c'est... on est maintenant rendu à 2 015 plaintes.
Vous nous dites que vous avez les chiffres. Si vous ne les avez pas tout de
suite, ce n'est pas grave, on les déposera à la commission pour suivi.
Ce serait important pour nous.
Président (M. Simard) : Je vous rappelle les notions d'équité
dans le partage du temps, réponse, question. Merci. À vous la parole.
M. Ouellet : Toujours dans ma tournée Priorité PME, M. Gauthier, beaucoup
d'hommes et de femmes d'affaires ont
vertement critiqué les modalités qui régissaient les pénalités imposées par Revenu Québec, c'est-à-dire qu'ils trouvaient, d'ailleurs, que les pénalités
ou sanctions imposées par Revenu
Canada étaient plus justes ou plus
conséquentes. Est-ce que vous pouvez
nous dire s'il y a une révision de ces pénalités qui est présentement en cours ou complétée chez Revenu
Québec?
M. Gauthier (Carl) : Oui, en fait, on a une approche, là, où Revenu Québec applique effectivement les pénalités. C'est sûr que le taux prescrit, présentement, il est de 6 %, là, c'est le taux aux grandes entreprises plus 2 %. Par
ailleurs, on a revu entièrement, là, l'application de l'article 94.1,
qui nous permet d'appliquer ou de renoncer aux intérêts, pénalités.
Donc,
oui, la mise à jour de l'ensemble de l'approche de Revenu Québec envers
l'application des pénalités et intérêts a été faite, puis ça donne des résultats probants, parce que, comme vous
l'avez vu tantôt, je vous ai parlé de la baisse du nombre de plaintes au global, mais on a des
baisses également au niveau du nombre d'avis d'opposition, ça a été réduit,
depuis trois ans, de 40 %, les
avis d'opposition à Revenu Québec, parce que vous savez que les entreprises
comme les individus, quand ils ne
sont pas d'accord avec une cotisation de Revenu Québec, ils peuvent s'opposer
directement, ce qui est un tribunal administratif, puis ça a diminué de
40 %.
Donc,
les résultats sont là globalement. Puis on a beaucoup moins de plaintes. Si les
pénalités et les intérêts, dans le fond, étaient davantage contestés, on
le verrait au niveau des plaintes, ce qui n'est pas le cas. Puis on a même eu
les félicitations, là, de beaucoup... de la
Protectrice du citoyen et également, là, d'organismes qui représentent
notamment les PME, comme la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante,
qui ont vu le succès et le virage, là, qui a été fait, avec beaucoup d'efforts, oui, parce que c'est une
grande organisation, 12 000 employés, Revenu Québec, mais c'est une
fierté.
On a même remporté un
prix, l'automne dernier, M. le député, là, le prix de l'Institut
d'administration publique du Québec, comme... le virage clientèle, donc ce n'est pas
rien. Puis présentement, bien, notre trophée est en tournée dans l'ensemble
du Québec pour en faire bénéficier chaque employé qui y a participé.
M. Ouellet : Merci, M. Gauthier. D'ailleurs, félicitations pour ces prix. Ça veut dire que
c'était la bonne chose à faire. Et on
vous encourage, M. Gauthier, vous et votre organisation, à aller dans ce même
sens-là, parce que ce que les entrepreneurs nous expliquaient, c'est que
Revenu Québec, dans certains cas, était un frein à leur projet d'affaires, un
frein à leur développement, même un frein à leurs affaires directes. Donc, je
suis content d'entendre qu'il y a un virage qui a été entrepris et que vous êtes sensibilisés, effectivement, à cette
fragilité malheureuse de nos petites et moyennes entreprises, qui doivent faire face des fois, dans leurs
premières années, à une incompréhension, comment ça fonctionne. Ils ne sont
pas de mauvaise foi, ils commettent des
erreurs, mais malheureusement ils sont hautement pénalisés, et ça peut effectivement fragiliser leurs liquidités.
Cela étant
dit, le temps file très rapidement. Monsieur... On a parlé, tout à l'heure, du rapport de la Commission
des finances publiques sur les paradis fiscaux. J'aimerais attirer votre attention sur une des recommandations de la commission qui faisait mention que
le gouvernement du Québec devrait abolir la divulgation volontaire, sauf si
elle se rapporte à des activités faites de bonne foi et en impliquant
les faibles valeurs.
Donc, ma question, elle est toute simple : M.
le ministre, pouvez-vous nous dire si vous entendez maintenir le programme de
divulgation volontaire ou l'abolir pour les gros poissons?
Le Président (M. Simard) : ...reste
2 min 30 s. M. Gauthier.
M. Gauthier
(Carl) : Oui. En fait, le programme
de divulgation volontaire, quand vous posez la question, Revenu Québec, effectivement... Moi, je ne
vous répondrai pas au niveau politique mais au niveau administratif. On
administre ce programme-là. On pense que c'est un programme qui a ses effets. C'est
sûr qu'on peut questionner l'à-propos ou pas. Par ailleurs, le fédéral a également un programme semblable. D'autres
juridictions ont également ce genre de programme là. Puis évidemment ça
permet d'éviter, comme vous le savez... un, ça permet de détecter...
M. Ouellet : Si vous me
permettez, vous l'appliquez.
M. Gauthier (Carl) :
On applique le programme de divulgation volontaire.
M. Ouellet : Donc, je vais aller du côté du ministre.
Qu'est-ce qu'on fait, M. le ministre?
On l'abolit ou on le garde pour les gros poissons?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre, à vous la parole.
M. Girard (Groulx) : On le
garde. On continue.
M. Ouellet : On continue. O.K.
On continue.
M. Gauthier, vous avez fait mention, tout à
l'heure, de la collaboration qu'il y a entre l'Agence du revenu et Revenu Québec, notamment pour les paradis
fiscaux. J'aimerais savoir, M. Gauthier, est-ce que cette collaboration va
aussi loin pour que l'Agence du
revenu du Canada échange des informations contenues dans la Base Erosion and
Profit Shifting ou elle vous échange aussi des informations suite à
l'accord d'échange de renseignements en matière fiscale? Bref, est-ce que, présentement, les accords que le
Canada signe à l'international pour échanger des données fiscales avec les
autres pays, ce genre d'information
là vous est transmis, à Revenu Québec, pour faire aussi les mêmes recherches et
aller chercher ces sommes qui sont malheureusement perdues au nom du
fisc du Québec?
M. Gauthier (Carl) :
Peut-être juste, pour répondre à votre... avant de laisser mon collègue vous
donner plus spécifiquement la réponse à
votre question, là, il faut savoir que, oui, dans le domaine des conventions
fiscales, de l'échange de
renseignements, souvent on aimerait que le Québec soit à part entière
là-dedans, mais c'est des juridictions, effectivement, nationales qui signent ces accords-là avec les
pays étrangers. Dans notre cas, c'est le Canada. Mais il faut savoir que, via
les échanges de renseignements qu'on a déjà
avec le fédéral, quand le fédéral a accès à tous les renseignements, c'est bon
également pour le Québec directement. Nous,
on aimerait avoir ça directement, accès à ces renseignements-là aussi, parce
que ça permet d'intensifier et d'accentuer l'effort de vérification,
évidemment, dans ce domaine-là.
Par ailleurs, il faut savoir que, oui, avec le fédéral, cette année, on a déjà des
résultats, là. Je vous ai parlé tantôt... Sur l'échange de renseignements, là, on a déjà... il y a
cinq nouvelles déclarations, cette année, où on s'est entendus avec le fédéral pour avoir accès aux banques de
données. On a déjà 50 dossiers d'ouverts au niveau
des vérifications en paradis
fiscaux.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. Alors, voilà ce qui clôt notre bloc de discussion, j'en suis désolé, M.
le député de René-Lévesque, je sens que vous aviez encore beaucoup de sujets.
Président (M. Simard) :
Ah! Ce n'est que
partie remise, vous savez. Alors, je cède maintenant
la parole au député de Chomedey pour une période... très courte période
de deux minutes.
M. Ouellette : Deux minutes. Donc, je salue tout le monde. Plusieurs visages que je connais déjà. On a juste un
tout petit peu vieilli, tout le monde.
J'ai trois
questions. Par rapport à la question 108 — parce que
je vais dans les cahiers de crédits, là, vous n'avez pas passé des semaines à préparer ça pour rien — la question 108, ma première question
va être : Quelle direction générale, chez Revenu Québec, s'occupe
des lanceurs d'alerte ou des dénonciateurs? Et je pense que M. Gauthier
pourrait avoir une réponse, M. le ministre, parce que ça va dans le sens des questions que je vous ai
posées en période de questions. Et la réponse
va être directement reliée à la question 108, parce qu'on parle des vérificateurs fiscaux, et
vous avez 42 démissions et cinq congédiements. Est-ce que, comme
dans d'autres ministères, ça a un rapport avec les lanceurs d'alerte?
Je vais vouloir avoir une réponse par rapport à ça. Je vais vous poser les deux autres questions aussi, ça va
permettre aux gens de se préparer. Question
n° 7, je veux avoir les détails sur deux contrats,
deux contrats de services professionnels, un qui a été donné à Accuracy Canada sur l'évaluation des valeurs mobilières, je veux savoir quand et
c'est quoi, et l'autre, qui a été donné à Gestion Jean Bourdeau, une formation en lien avec la
norme ISO 37001, je veux savoir quand et dans quel contexte, parce que vous ne faites pas
partie du projet pilote du Conseil
du trésor, et c'est la seule place, à
Revenu, où on parle de la norme anticorruption.
Donc, c'est
mes trois questions dans... Je ne sais pas s'il reste un petit peu de temps et si M. le
Président peut être indulgent,
au moins pour que je puisse entendre les réponses.
M. Gauthier (Carl) :
Oui. En fait...
Le Président (M. Simard) : Très,
très brièvement. Pour 10 secondes, s'il vous plaît.
M. Gauthier
(Carl) : Sur votre première question,
effectivement, c'est notre équipe de vérification interne qui s'occupe des lanceurs d'alerte. À votre deuxième question,
il me semble, là, oui, nous imposons des sanctions...
Président (M. Simard) :
On n'aura pas le temps de l'aborder. Alors, merci beaucoup.
M. le député d'Orford, pour une période de neuf minutes.
M. Bélanger :
Merci, M. le Président. Je tiens à
saluer M. le ministre, mes collègues députés, ainsi que ceux de
la fonction publique, et le personnel de soutien.
Moi, il y a
deux sujets qui me tiennent à coeur : un, c'est la conformité fiscale, et
l'autre, c'est le virage entreprises. Depuis
1985 jusqu'à 2018, j'ai eu 17 entreprises, où j'étais propriétaire, toutes
des PME. Certaines faisaient de la recherche et du développement, d'autres avaient des bureaux en Europe ou aux États-Unis, donc, au niveau conformité fiscale, c'était quand même
des enjeux importants. Et souvent, dans des dossiers comme ça, ça
m'obligeait à travailler avec des firmes... on les appelait les Big Five
ou Big Six, et puis ça représentait des coûts énormes, parce que souvent les
petites firmes comptables ont un peu de la difficulté à suivre les nouvelles
mesures.
Ça fait que
moi, je voulais savoir, M. le
ministre, qu'est-ce que vous entendez faire pour aider les entreprises à ce
que ce soit plus facile au niveau de la conformité fiscale.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Alors, je
vais passer la parole à M. Gauthier spécifiquement pour ce qu'on fait pour
les entreprises.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, M. Gauthier, à vous la parole.
M. Gauthier
(Carl) : Oui. Dans le fond,
je l'ai un petit peu abordé tantôt, lors ma précédente intervention, dans
le fond, là, ce que j'aimerais vous parler,
c'est du virage entreprises. C'est sûr que c'est un domaine où... Quand on
pense à la crise de 2008, là, au niveau de Revenu Québec, il y a déjà eu
des cibles de récupération fiscale de fixées à cette époque-là, c'était très exigeant, évidemment on était vers le
retour à l'équilibre budgétaire, mais c'était peut-être trop demander
à un organisme comme le nôtre, là, avec les
cibles établies. Ça a généré beaucoup d'insatisfaction, à cette époque-là, sur le
terrain, évidemment, puis des
cotisations qui étaient beaucoup remises en question, puis de la frustration chez
les entreprises et les particuliers.
Le virage entreprises a permis de consolider une
action, là, au niveau de l'ensemble de l'organisation, sur un ensemble des cotisations justes et raisonnables,
je vais les appeler comme ça, qui permettent aujourd'hui, là, d'avoir apporté
des améliorations à différents niveaux, au niveau
de la clientèle, notamment des PME. Puis c'est des avancées importantes
parce que, comme je l'ai dit, là, on a beaucoup moins de plaintes qu'avant. La
fédération canadienne des entreprises indépendantes, là, à plusieurs reprises
est sortie pour nous féliciter à l'égard des actions qui avaient été
entreprises.
Ça a demandé,
évidemment, beaucoup d'efforts, du côté de l'organisation, au niveau de la vérification. Ça a permis... Quand je vous parle un peu de façon quantitative,
là, auparavant, en récupération fiscale, on allait chercher 3,8 milliards;
aujourd'hui, depuis trois ans, on est aux environs... à un
équilibre de 2,7 milliards de dollars dans nos interventions. Puis il faut voir aussi que les interventions plus
fortes les dernières années, ça a permis beaucoup, dans des domaines
comme... où il y avait plus d'évasion fiscale et de pertes fiscales,
entre guillemets, là, avec les mécanismes que Revenu Québec avait mis en place, l'attestation fiscale, notamment,
dans le domaine de la construction, les contrats publics, tout ça, de ramener, disons, beaucoup d'équité fiscale, là,
dans l'application pour les entreprises. Puis évidemment, bien, on a moins
de plaintes, puis je pense que tout le monde est plus à l'aise, aujourd'hui, au
niveau de cette approche-là de la clientèle.
M. Bélanger : Bon, vous parlez surtout au niveau...
parce que j'ai fait l'introduction en parlant de mes 17 entreprises
qui étaient des PME, mais, au niveau
de la conformité, c'était beaucoup plus en ce qui a trait aux particuliers,
conformité, là, fiscale au niveau des particuliers, puis je voulais
entendre M. le ministre à ce niveau-là.
M. Girard (Groulx) : En fait...
Merci. M. le Président, il me reste combien de temps? On a combien de temps?
Président (M. Simard) :
3 min 55 s, cher collègue. Excusez-moi, c'est parce que ma
secrétaire était en train de me dire, justement, qu'il nous restait
3 min 55 s.
M. Girard
(Groulx) : Non, non, je ne vous juge pas, je voulais simplement
l'information.
Alors,
je voulais prendre la parole, aujourd'hui, car je crois qu'il est important
pour le ministre des Finances de rappeler
à tous l'importance de respecter les règles fiscales. Revenu Québec a comme mandat de s'assurer que chacun paie ce que les lois prévoient qu'il paie, pas plus,
pas moins, ce qui est prévu par les lois. C'est ainsi, entre autres, en plus
d'une économie vigoureuse et en croissance, que nous pouvons assurer le financement
et la qualité de nos services.
L'évitement
fiscal et l'évasion fiscale sont deux phénomènes importants. Revenu Québec joue d'ailleurs un rôle de
premier plan dans la lutte gouvernementale à l'évasion et à l'évitement fiscal. En fait,
il constitue le principal allié du gouvernement pour favoriser l'intégrité du régime fiscal. En
plus d'entraîner des pertes de revenus importantes pour le gouvernement du Québec, l'évasion et l'évitement fiscal créent une
situation inéquitable envers les contribuables, qui, dans une très grande proportion, s'acquittent de leurs
obligations. Il faut noter que ces phénomènes préoccupent les administrations
fiscales à l'échelle mondiale et que, pour certains des cas les plus importants,
la solution doit justement passer par une concertation mondiale.
Québec, les pertes fiscales proviennent principalement de quatre sources. Les
trois premières ont en commun la particularité de résulter de gestes
illégaux, soit la non-déclaration de revenus légaux, dont le travail au noir ou
la non-déclaration de revenus de placement
ou de gains en capital; la dissimilation de revenus illégaux provenant, par
exemple, du commerce de la drogue; la
désobéissance aux règles fiscales, par exemple la demande frauduleuse de
remboursement de taxe sur intrants. Quant à la quatrième source, il
s'agit de l'évitement fiscal, soit l'utilisation de stratagèmes qui ne contreviennent pas à la loi, mais qui ne sont pas
conformes à son esprit. Les profits détournés par les multinationales dans
les paradis fiscaux par des paiements de
transfert, entre autres, en sont un exemple. Ces stratagèmes ne sont pas
illégaux, mais ils ne respectent pas l'esprit de la loi.
Pour
avoir une plus grande équité fiscale, Revenu Québec mise sur des activités de
contrôle, dont l'inspection, les enquêtes
et la vérification, ainsi que sur des actions concertées de lutte contre
l'évasion fiscale réalisées en collaboration avec différents ministères et organismes. Aussi, Revenu Québec travaille
sans cesse afin de trouver le juste équilibre entre la simplification de ses façons de faire pour
aider les citoyens et les entreprises à s'acquitter de leurs obligations
fiscales et la mise en place de mécanismes efficaces pour identifier
ceux qui, au contraire, ne s'y conforment pas.
Combien de temps,
monsieur...
Le Président (M. Simard) :
58 secondes, cher collègue.
M. Girard
(Groulx) : Je vais essayer de conclure. Revenu Québec collabore aussi
avec le ministère des Finances afin d'évaluer les pertes de revenus pour
le trésor public associées à la déclaration de revenus légaux. Ces évaluations permettent de déployer les efforts de lutte contre
l'évasion fiscale là où ils sont les plus rentables. Chaque année, Revenu
Québec planifie ses interventions de
contrôle en fonction notamment des particularités de chaque secteur d'activité,
du risque de non-conformité et des ressources disponibles.
Revenu Québec a
entrepris un virage important en ce qui a trait à ses activités de contrôle
fiscal, sa nouvelle approche est davantage axée sur l'accompagnement des
clientèles, et je crois important de saluer ce changement. Il est toujours
préférable d'amener les contribuables à se conformer par eux-mêmes aux règles
fiscales.
Président (M. Simard) : Je vous remercie beaucoup, M. le
ministre. Je cède maintenant la parole au député de Robert-Baldwin pour
une période de 18 min 10 s.
M. Leitão :
10 secondes. Alors, pour prendre les 10 secondes, j'aimerais surtout
parler à nos amis de Retraite Québec. Alors,
je remercie Revenu Québec d'être présents. M. Prud'homme, j'aurais des
questions à vous poser, là, on parlera de ça une autre fois, les MEV taxis, j'aime bien ça, les MEV taxis, et un
sujet qui m'avait toujours fasciné, les indices de richesse, mais on
parlera de ça une autre fois.
Donc,
alors, M. Després, bonjour. M. Montour, bonjour. Alors, Retraite
Québec, écoutez, on va essayer de... moi, j'ai trois sujets que j'aimerais couvrir avec vous, dans les
18 minutes, et maintenant un peu moins que ça, les trois sujets étant le programme de soutien aux enfants
lourdement handicapés, les régimes complémentaires de retraite du secteur privé
et aussi l'enjeu des retraites anticipées ou des retraites reportées. On va y
aller dans l'ordre.
D'abord, pour le
programme de soins aux enfants lourdement handicapés, une critique qu'on entend
souvent, dernièrement, c'est qu'il s'agit
d'un programme tout croche, qui a été fait sur un coin de table. Je ne pense
pas que ce soit le style de Retraite
Québec de mettre en place des programmes tout croches. Alors, j'aimerais savoir
si vous pourriez nous décrire
rapidement comment ce programme-là a été mis en place et surtout qui l'a fait.
Moi, j'ai l'impression que c'étaient des spécialistes qui avaient mis ça en
place, donc... et généralement les spécialistes ne font pas de choses toutes
croches. Alors, si vous pourriez peut-être nous...
M. Després
(Michel) : Je vous remercie, M. le député, de la question...
Le Président (M. Simard) :
Excusez-moi, M. Després. Donc, je comprends qu'il y a consentement pour
que M. Després puisse prendre la parole. M. le ministre?
M. Girard
(Groulx) : Je passe la parole à M. Després. Et ce n'est
certainement pas moi qui a cité les mots que M. Leitão... auxquels
il fait référence.
Le Président (M. Simard) :
Formidable. M. Després, vous êtes très bien connu en cette Chambre,
mais, pour les fins de la transcription de nos débats, auriez-vous
l'amabilité de vous présenter, s'il vous plaît?
M. Després (Michel) : Oui, ça fait déjà quelques
années. Merci, M. le Président. Michel Després, président-directeur général de Retraite Québec.
ferai peut-être un court préambule sur le programme
et permettre à Isabelle Merizzi... qui est la vice-présidente du service à
la clientèle, qui a à opérer effectivement tout le volet du programme de soutien aux enfants
et du programme de soutien aux enfants nécessitant des soins
exceptionnels.
Effectivement, quand il a été constitué... Vous savez, Retraite Québec est
l'administrateur. On est mandataires pour le ministère de la Famille pour administrer un programme. Et c'est d'ailleurs le seul volet pour lequel le gouvernement du Québec accorde des crédits
à Retraite Québec, pour administrer ce programme-là.
Effectivement, quand le programme a été mis en place, il y a
eu des critères qui ont été établis entre le ministère de la Santé, le ministère de la Famille, et naturellement
l'équipe médicale de Retraite Québec y a participé, naturellement, à établir ces critères-là, mais ils ont été
validés aussi par le réseau de la
santé. Une fois que ça a été fait,
nous avions la responsabilité d'implanter ce nouveau programme
là. Il faut dire, à la base, qu'on parle d'un programme
où il y a, dans le programme de soutien aux enfants
handicapés, plus de 39 000 enfants qui sont dans le programme de
base, si je peux m'exprimer ainsi, du soutien aux enfants handicapés. Et,
lorsque ce programme a été déposé, ça permettait à un certain nombre de familles de pouvoir appliquer à ce
nouveau programme. Il y a eu plus de 5 000 demandes d'application,
qu'il a fallu analyser au niveau médical et, par la suite, rendre des
décisions.
l'application... Parce qu'effectivement c'est un programme qui est très émotif,
M. le député. Vous savez, quand vous avez un enfant handicapé, vous
appliquez dans un programme qui a des critères bien établis. Si vous êtes
accepté, ça va bien. Si vous ne l'êtes pas,
c'est toujours difficile, autant administrativement. Mais je veux vous dire, à
la base, que ce programme-là n'est
pas administré... Quand on parle de la fonction publique, il y a tout un volet
de l'équipe médicale qui se trouve à superviser ces demandes-là.
laisserai peut-être la parole à Mme Merizzi, qui a la responsabilité d'opérer l'ensemble de ce programme-là, de vous donner quelques informations supplémentaires.
Mme Merizzi
(Isabelle) : Oui. Alors, en fait, c'est un programme qui touche...
Le Président (M. Simard) :
Madame, auriez-vous l'amabilité de vous présenter, s'il vous plaît?
Mme Merizzi
(Isabelle) : Isabelle Merizzi, vice-présidente du service à la
clientèle à Retraite Québec.
Alors,
effectivement, c'est un programme qui touche une
clientèle parmi les plus vulnérables, donc on parle d'enfants qui présentent des handicaps très importants.
On a donc cette clientèle-là, près de 2 000 enfants
reçoivent présentement du supplément
pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels, un programme que
l'on met en oeuvre et on veut qu'il agisse rapidement. Donc, c'est ce
qu'on avait fait à l'époque. C'est des médecins omnipraticiens et des médecins
spécialistes qui ont mis en place les critères avec, effectivement, les
partenaires gouvernementaux.
Et je crois et on
croit, à Retraite Québec, que tout programme est perfectible, c'est-à-dire que
nous, on travaille excessivement bien l'expérience
client, et c'est ce qu'on a souhaité faire dans les derniers mois et les
dernières années, et c'est ce qu'on
va poursuivre, et c'est ce qu'on va continuer à faire. Alors, est-ce que... Il
y a des parents qui ont trouvé les critères
parfois difficiles à comprendre. Alors, on a fait beaucoup, beaucoup de
pédagogie. On espère en faire davantage encore. Les assouplissements ont été faits également dans les derniers
mois. Les parcours, on a essayé de limiter les démarches des parents aussi, parce qu'on sait que c'est des
clientèles qui n'ont pas beaucoup de temps pour les démarches gouvernementales.
Alors, on parle beaucoup d'expérience client, de réduire l'effort de notre
clientèle, et c'est ce qu'on a fait.
Alors,
ça a touché près de 2 000 enfants, 2 600 au total, parce qu'il y
a des gens qui atteignent 18 ans et qui quittent ce programme-là. Mais, pour nous, c'était
important, nos médecins étaient très impliqués, les infirmières également. Et,
un parent qui veut avoir de l'information additionnelle, on est toujours
disponibles, à Retraite Québec, aussi.
M. Leitão :
Très bien. Merci beaucoup. Oui, parce qu'il me semblait que, généralement, ce
n'est pas la façon de faire de
Retraite Québec ou du gouvernement en général, de mettre en place des
programmes tout croches. Merci, Mme Merizzi.
Maintenant,
j'aimerais, M. Montour, peut-être, à votre tour, parler un petit peu des
régimes de retraite, surtout du secteur privé. C'est un enjeu qui nous a
été soulevé par la Fédération canadienne des retraités, parce qu'un enjeu
auquel ils font face, c'est le suivant :
des personnes qui ont travaillé toute leur vie dans une entreprise qui a un
programme de retraite, un fonds de
pension, et puis l'entreprise, pour toutes sortes de raisons, fait faillite, et
les travailleurs... les retraités se trouvent soudainement avec un
problème majeur. On n'a qu'à penser ici, à Québec, à l'entreprise White Birch,
mais plus récemment, au niveau canadien,
l'entreprise Sears, où donc les retraités, soudainement, font face à une
problématique assez préoccupante de voir leur pension, leur fonds de
retraite coupé, ou diminué, ou etc.
Dans
d'autres provinces canadiennes, il y a des régimes d'assurance pension, en
Ontario, par exemple, aux États-Unis aussi, et pas depuis hier, depuis
déjà des décennies, mais au Québec il n'y en a pas.
Maintenant,
pouvez-vous nous parler un peu... Je
comprends que ça demanderait surtout une réponse politique, mais
pouvez-vous nous dire quel serait l'obstacle à mettre en place un tel programme
au Québec aussi?
Le Président
(M. Simard) : Merci. M. Després. Oui, M. Després.
M. Després
(Michel) : Juste peut-être une petite entrée, M. le
Président, pour vous dire qu'effectivement pour la première fois on a eu
une demande de rencontre. On a rencontré ces gens-là, de la fédération, le 10 janvier dernier, à leur demande. Et, lorsque vous parlez de ce fonds d'assurance, il y a
une province, à l'heure actuelle, qui a instauré, effectivement, un fonds
d'assurance, dans le cas où certaines entreprises font faillite, pour protéger, effectivement, la retraite de ces gens-là.
Donc, c'est à partir de ce moment-là que je vous dirais qu'on est plus à l'étape de regarder, effectivement, ce qui se fait ailleurs,
donc, entre autres en Ontario, et quelle serait la possibilité de le faire. Mais, il faut se dire, comme tout fonds d'assurance, la journée qu'on instaure quelque chose il y a un coût qui est relié aussi à ça. Donc, c'est de
voir quelle pourrait être l'ampleur de ce fonds, quel serait le coût,
qui paierait ce fonds-là aussi. Il faudrait que ce soit réparti, naturellement,
à l'ensemble des régimes complémentaires de
retraite, il y en a plus de 984 qui viennent du secteur privé, que ce soient les universités, les municipalités ou carrément les entreprises privées, qui sont soumis à la
Loi sur les
régimes complémentaires de retraite.
Ça fait que c'est une démarche qui serait tout
de même assez importante et qui demande une certaine forme d'analyse avant même de se prononcer administrativement, et la même chose,
naturellement, avant de penser de pouvoir en parler à notre ministre au niveau politique. Mais c'est quelque chose
auquel on a été sensibilisés, comme je vous dis, la dernière fois.
Je laisserais peut-être à Michel Montour de
pouvoir, peut-être, compléter quelques informations.
Le Président (M. Simard) :
Alors, il y a consentement pour que M. Montour puisse intervenir?
Monsieur, pourriez-vous, s'il vous plaît, vous présenter?
M. Montour
(Michel) : Bonjour. Michel Montour, vice-président aux politiques et
programmes à Retraite Québec.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Montour
(Michel) : Oui. Alors, effectivement, ce groupe-là de la Fédération
canadienne des retraités ont sollicité une
rencontre. Ce qu'ils demandent, c'est un peu l'équivalent de l'Ontario, mais
ils n'ont pas précisé les paramètres. Donc, ils demandent... Ils ont appelé ça un régime d'assurance pension. Ils
voyaient ça aussi pancanadien. Donc, au Québec, par exemple, si un travailleur relève de... travaille
pour une banque, donc, qui est de juridiction fédérale, pour eux, il fallait
couvrir ça aussi, et non pas juste les juridictions provinciales.
Je vous
dirais que ce qu'il y a eu comme discussion, en fait, c'est que... ce qu'on
leur a dit, c'est : Ce n'est pas à nous à décider, mais c'est une des options, mais ce n'est pas la seule
option, un fonds de garantie. Il y a aussi l'administration des rentes de
retraite des employeurs qui font faillite. Retraite Québec les prend, les
bonifie de 5 % à 10 %. Il y a même des rentes qui sont garanties par le gouvernement. On sait qu'il y avait
eu des mesures d'allègement dans les régimes et qu'on avait mis en place
cette formule-là.
Donc,
l'option de créer un fonds, évidemment, les paramètres n'avaient pas été
établis, quand ils sont venus nous rencontrer.
On leur a demandé : Dans votre tête, quelle est la formule de cotisation?
Qui paie? Si le fonds est vide, qui paie? Donc, il y avait beaucoup de paramètres, là, je vais en sauter, là, mais
pour vous dire que l'idée qu'ils ont était d'un peu faire un fonds de
garantie, mais ils n'avaient pas les paramètres.
Ce que je vous dirais, par expérience, le fonds
de l'Ontario, bon, premièrement, il limite la protection des rentes à
1 500 $ par année. Il y a une formule aussi où ça coûte...
Dépendamment de la solvabilité de l'entreprise qui offre le régime de retraite, ça peut coûter jusqu'à
600 $ par participant. Donc, évidemment, c'est une assurance pension.
Comme toute assurance, il y a une prime à payer. Donc, à 600 $ par année
par participant, il faut se poser la question : Est-ce que c'est la meilleure formule? Est-ce que ce
600 $ là, s'il était mis dans le fonds de retraite pour augmenter sa
situation financière... est-ce qu'il serait mieux investi là? Donc, ce
n'est pas évident.
Ça a déjà été étudié, en 2006, cette histoire-là,
et, comme le Québec a un peu moins de volume que l'Ontario, bien, il s'agirait d'un gros employeur qui fait
faillite, le fonds pourrait se vider. Donc, nous, on estime que ça coûterait
quand même pas mal plus cher que
l'Ontario, là, au-delà de 115 à 120 millions, là, très préliminaire, là,
par année. Donc, il faut que quelqu'un paie ça.
M. Leitão :
Je comprends. Et, bien sûr, il faut toujours que quelqu'un paie ça. Je pense
que l'objectif était aussi de ne pas
mettre en oeuvre des fonds publics. Ça devrait être, donc, financé par l'industrie
et les participants, et c'est quelque chose
qui se ferait à terme. Mais je pense que l'idée elle-même... je pense que c'est
quelque chose sur lequel on devrait se pencher.
Et j'invite M. le ministre à poursuivre ses discussions, surtout avec,
aussi, ses homologues des autres provinces, parce qu'en effet un tel système, à mon avis, pourrait fonctionner
seulement si on pourrait, donc, étendre les coûts partout au Canada et pas seulement une province. Donc, ça
demanderait la participation des autres provinces, particulièrement les
plus grandes.
Donc, M. le ministre, dans vos prochaines
discussions fédérales-provinciales, je vous invite à poursuivre cette discussion-là, parce que, dans le cadre des
discussions qu'il y a eu, il y a quelques années, pour le régime complémentaire
de retraite, le RRQ-2, ce sujet avait été
abordé par plusieurs provinces aussi. Donc, je pense que l'espace est là pour
pouvoir aller un peu plus loin. Et,
le point que la Fédération canadienne des retraités nous avait soulevé, je
pense qu'ils ne s'attendent pas à une solution immédiatement, mais à
avancer dans cette direction, et je vous encourage à le faire.
Très bien. Merci.
Alors, puisque le temps file, il y a un dernier sujet que j'aimerais aborder
avec vous, je pense que ça a été... on en a beaucoup parlé dans les
dernières années et tout dernièrement, c'est justement l'Institut canadien des actuaires qui a publié un rapport, et on parle de
l'âge de la retraite. On ne va pas commencer à rentrer dans le... est-ce qu'on
devrait l'abaisser, le
hausser, ce n'est pas ça que je vais parler, mais je vais rester, donc, dans le
facultatif, c'est-à-dire la notion
qu'on pourrait reporter jusqu'à l'âge de 75 ans la date à laquelle on peut
commencer à recevoir nos prestations du RRQ. Bien sûr, en le faisant
plus tard, on va bonifier ces versements-là, dans l'esprit d'une rente de
longévité, qui a aussi été beaucoup discutée. Présentement, on peut le remettre
à l'âge de 70 ans, mais que pensez-vous de pouvoir le prolonger jusqu'à l'âge de 75 ans, donc, ceux
qui souhaitent pourraient retarder la réception de leur pension du RRQ à
75 ans, sachant que ça leur donnera un montant pas mal plus élevé,
s'ils le font?
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. Montour.
M. Montour
(Michel) : Oui, bien, l'âge de la retraite, c'est un débat qui ne date
pas d'hier, évidemment. Il y a plusieurs pays de l'OCDE qui ont haussé
leur âge de retraite pour ce qui est, par exemple, des pensions, je dirais,
plus fédérales, là, donc à 67, jusqu'à 69.
Donc, plusieurs pays de l'OCDE l'ont fait. On se souvient que le Canada avait
essayé de porter la pension de vieillesse à 67 ans. Finalement, ça
a reculé avec l'autre gouvernement.
Il y a aussi
le premier âge de retraite du RRQ qui est important, qui est 60 ans. Pour
ce qui est de la question de pousser
à 75 ans, ce que je dirais, c'est que le Régime de rentes du Québec donne
déjà beaucoup de flexibilité sur le choix de l'âge de la retraite. Donc, quelqu'un peut le prendre aussi tôt qu'à
60 ans mais subira des pénalités ou des facteurs de réduction par rapport à l'âge normal qui est fixé
à 65 ans. La personne peut différer sa rente RRQ déjà jusqu'à 70 ans,
et ça, c'est payant de le faire, puisque dépassé... entre 65 et 70, M.
le député, il y a une bonification de 8,2 % pour chaque année où les gens reportent. Est-ce que c'est un
incitatif suffisant? Je l'espère, parce qu'à 8,2 % de bonification par
année, je pense, ça vaut la peine.
Donc, il y a aussi... on se donne, dans les prochaines années, là, une mission
de littératie financière, de publiciser ça, que retarder la retraite,
c'est payant.
Maintenant, à 70 ans, je dirais, il y a
moins de 1 % des Québécois et des Québécoises qui prennent leur retraite. Dépassé, même, 70 ans, là, c'est moins de
1 %. Donc, à 75 ans, ce ne serait pas compliqué à faire, mais il y
aurait peu d'effet, à mon avis, sur
la pénurie de main-d'oeuvre, un, et, deux, sur l'impact, là, pour les citoyens.
Donc, ce seraient peut-être juste les gens qui sont très riches et qui
ont de l'épargne qui pourraient prendre leurs épargnes en attendant et garder, évidemment, le report le plus loin possible.
Actuellement, pour les autres régimes de retraite, à
part le RRQ, évidemment,
bien, il y a un plafond fiscal où on peut différer jusqu'à 70 ans... 71.
M. Leitão :
Je comprends. Merci. Le temps file, une dernière petite question rapide. Ça
affecte aussi très peu de personnes,
mais pourquoi est-ce qu'une personne qui a 71, 72 ans et qui travaille
encore, il n'y en a pas beaucoup, mais il
y en a certains qui travaillent encore... pourquoi ces personnes-là doivent
contribuer au RRQ? Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas exempter ces
personnes-là de la contribution au RRQ, puisqu'elles ne vont pas vraiment
recevoir une énorme bonification de leur retraite si... Donc, pourquoi on fait
M. Montour
(Michel) : Bien, c'est une bonne question. C'est un choix. Le régime
du RRQ est un régime d'assurance sociale.
Donc, évidemment, actuellement les gens qui travaillent puis qui cotisent en
même temps, ça apporte un revenu. Si on décidait de tout simplement les
exempter de cotiser, il faudrait monter le taux de cotisation au RRQ.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. Montour. Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au député
de Mégantic pour une période de 7 min 20 s.
M. Jacques :
Merci, M. le Président. Chers collègues de l'opposition et du gouvernement, M.
le ministre, membres du cabinet et membres du ministère, bonjour.
Dans un premier temps, j'aimerais demander à
M. Després qu'il nous présente, pour le bénéfice de tous, son organisme,
qui est Retraite Québec.
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. Després.
M. Després
(Michel) : Merci beaucoup.
Pour plusieurs, le nom de Retraite Québec est quelque chose, quand même,
qui est tout de même assez récent, parce que
Retraite Québec a été créé au 1er janvier 2016, donc nous sommes dans
notre quatrième année sur le nom de Retraite Québec. Je dirais qu'on est
une jeune organisation avec beaucoup d'ancienneté et beaucoup d'expérience et d'expertise, parce qu'avant c'était la Régie
des rentes du Québec, qui existait depuis 50 ans, et la CARRA, qui
était la Commission administrative des régimes de retraite, qui, elle, existait
depuis 43 ans, donc deux organisations
qui étaient très bien connues au niveau de la population du Québec. Donc, je
vous dirais qu'on a un défi à le faire connaître, parce que les gens,
souvent, sont encore au RRQ ou à la CARRA.
Donc, c'est
une organisation, vitement, une fois regroupée, qui regroupe
2 000 personnes, qui a un budget de frais d'administration, de frais réels, la dernière
année, de 256 millions. Et on a six responsabilités, au sens de la loi, à
Retraite Québec. La première, c'est d'administrer, effectivement, le Régime de
rentes du Québec, qui dessert 2 000 bénéficiaires, 4 000 cotisants. C'est un fonds de
72 milliards. Naturellement, Retraite Québec a la responsabilité de sa
politique de placement, et l'argent
est placé à la Caisse de dépôt, qui, elle, a la responsabilité de la politique
d'investissement. Ça, c'est notre première responsabilité.
La deuxième responsabilité qu'on a, c'est
d'administrer les régimes de retraite du secteur public. Dans les faits, il y a 31 régimes, mais 98 % de ces
31 régimes-là, c'est le RREGOP, que tout le monde connaît, qui est le
régime de retraite de l'ensemble des
employés de l'État, en réalité, et le RPE, qui est le régime d'encadrement
des... le régime de retraite des cadres du gouvernement. Donc, dans les faits, ces
deux régimes-là à eux seuls regroupent 98 %, mais, si on prend la masse
totale, tous les autres régimes représentent
2 %. C'est, encore là, 81 milliards de dollars qui sont placés à la
Caisse de dépôt. Si vous additionnez
le 72 et le 81, vous allez réaliser que 50 % des actifs de la Caisse de
dépôt sont administrés par Retraite Québec.
Nos autres responsabilités sont aussi... Il y a
eu une question tantôt, de l'aile parlementaire, sur les régimes complémentaires de retraite. Nous sommes
responsables de l'encadrement, pas de l'administration mais de l'encadrement
législatif, réglementaire des régimes
complémentaires de retraite. Il y en a 984. C'est l'équivalent de
177 milliards, au Québec, comme tel.
On a aussi la responsabilité de l'encadrement de
ce qu'on appelle, la loi qui a été adoptée en 2014... du régime volontaire d'épargne-retraite, qui, elle, regroupe
effectivement toutes les entreprises. L'objectif de cette loi-là était de
rejoindre tous les objectifs qui
n'offraient pas de régime d'épargne collectif ou de CELI pour s'assurer que l'ensemble des Québécois...
ce qui a permis d'aller rejoindre
collectivement, aux entreprises, 800 000 personnes
qui n'étaient pas couvertes par des régimes de retraite.
On a aussi l'administration de la mesure de
l'Allocation famille, je vous en ai parlé tout à l'heure, parce que Retraite Québec est un organisme, tout de même,
extrabudgétaire, donc qui se finance à même les fonds de chacun des régimes,
sauf pour la
partie de l'Allocation famille,
qu'on a la responsabilité et on obtient des crédits du ministère de la Famille.
Donc, on administre ce qu'on appelle le soutien, effectivement... ce qui
était le soutien aux enfants, M. le ministre, et qui est devenu, lors de la mise à jour économique du
ministre des Finances, maintenant le programme Allocation famille, et
d'ailleurs qui a été bonifié pour le
deuxième et le troisième enfant. On administre, on en a parlé tout à l'heure,
le programme de soutien aux enfants.
Et l'Allocation famille, il ne faut pas l'oublier, là, c'est 884 000 familles
qui en reçoivent, c'est 2,2 milliards de prestations. Le supplément aux enfants handicapés, c'est 39 000 familles
bénéficiaires, c'est 136 millions qui sont versés par année. Il y a le soutien aux frais scolaires
aussi qui a été ajouté sur... l'année dernière, en 2018, aussi, qui est
l'équivalent de 110 millions par année qui est versé.
On a aussi la
responsabilité de s'assurer de promouvoir la planification financière auprès
des Québécois. On sonde d'ailleurs à
chaque année l'ensemble des Québécois pour savoir s'ils sont sensibilisés, la
fourchette, pour nous, qui est la plus
préoccupante, c'est celle des 35-54 ans, pour s'assurer que, justement,
les gens planifient bien leur retraite, comme tel.
Je vous
dirais que, depuis la réalisation de Retraite Québec, ce qu'il est important
aussi de retenir... parce que vous savez,
quand on fait des regroupements, on a toujours l'impression que... Est-ce qu'on
va sauver effectivement des coûts en regroupant des organisations? Je
veux juste vous dire que l'objectif qui nous avait été donné, à l'époque,
d'atteindre 20 millions d'économies, a
été atteint, parce que c'est 23,4 millions qu'on a atteints au bout du
31 décembre 2018. Et, ces économies-là, je veux juste vous dire
qu'elles n'ont pas été faites de n'importe quelle façon, parce que le conseil d'administration, par son comité de vérification,
avait mandaté la vérification interne de s'assurer que l'administration se
donnerait des critères bien précis pour
s'assurer que ses dépenses budgétaires étaient des dépenses budgétaires
récurrentes qui ne reviendraient pas
dans l'organisation, et ils étaient déposés au conseil d'administration. Donc,
à chaque année, nous avons eu un
rapport de vérification qui est venu, justement, justifier que l'argent qu'on
avait identifié comme des économies était bien là. Et, juste de vous
dire, si vous trouvez une organisation au gouvernement du Québec qui a réussi,
du 31 décembre 2015 au
31 décembre 2018, à avoir baissé ses frais d'administration de
6,3 %, qui étaient de 275 millions... Nous sommes à 256 millions présentement, et ça ne tient pas compte
des besoins, les conventions collectives, qu'on a eus à absorber pour
qu'il y a quatre ans.
Donc, je vais
vous dire que l'objectif de s'assurer, effectivement, de bien intégrer ces
organisations-là au niveau administratif, de dégager des économies, de
mettre en valeur, effectivement, l'expertise de Retraite Québec, on l'a fait. Donc, à chaque année le budget a diminué et les
frais réels d'administration ont diminué. Et on a l'intention qu'à chaque
fois qu'on pourra effectivement trouver des économies on le fera. On est en
train de le faire, à l'heure actuelle, sur la relocalisation
de notre personnel pour diminuer, effectivement, le nombre d'emplacements,
parce que les deux organisations étaient
situées sur des sites différents, et on a fait accepter au conseil
d'administration — qui n'est
pas dans le 23 millions — une proposition qui fait que, sur les 12 prochaines
années, on va économiser 6 millions en termes d'espace d'édifice à
bureaux.
Donc, je veux
vous rassurer que le regroupement a été bon administrativement, bon pour la
population en matière de service à la clientèle. Donc, les objectifs
qu'on s'était fixés, on les a atteints.
Président (M. Simard) : Alors, M. Després, on sent en vous
beaucoup d'expérience. Cela met un terme à nos échanges. On s'ennuie de
vous, M. Després, on espère vous revoir bientôt.
Alors, chers
collègues, je dépose d'abord... je dépose les renseignements aux demandes de
l'opposition, les cahiers qui sont devant moi.
Je suspends nos travaux jusqu'à
19 h 30. Bon lunch à tous et à toutes.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Simard) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons donc reprendre nos travaux.
La commission est réunie afin de
procéder à l'étude du volet Finances, Société québécoise du cannabis, des
crédits budgétaires du portefeuille
Finances pour l'exercice financier 2019‑2020. Une enveloppe de deux heures a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Mme la secrétaire, la
grande question que tous se posent : Y a-t-il des remplacements ce soir?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Alors, M. Allaire (Maskinongé) est remplacé par
M. Jacques (Mégantic); M. Bélanger
(Orford) est remplacé par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); et M. Ouellet (René-Lévesque)
est remplacé par M. Gaudreault (Jonquière).
Le Président
(M. Simard) : Très bien.
Alors, comme la
coutume le veut, puisque nos travaux vont durer deux heures, il n'y aura pas de
remarques préliminaires. Nos échanges seront
d'environ 15 minutes par bloc. Comme nous avons commencé deux ou trois
minutes en retard, nous allons,
comment dire, gruger dans le temps de la
partie gouvernementale, à la demande
générale, semble-t-il. Est-ce que cela fait consensus? Je vois que tous
opinent du bonnet.
Alors, M. le député
de Robert-Baldwin, porte-parole de l'opposition officielle, je vous cède la parole.
M. Leitão :
Pour 15 minutes, c'est ça?
Président (M. Simard) : Oui, pour 19 minutes, cher collègue,
19 minutes. Excusez-moi de ne pas l'avoir mentionné.
M. Leitão :
19 minutes. Très bien. Ça va très bien. Et je veux partager aussi un peu mon
temps avec mon collègue le député de Nelligan.
Alors,
bon, merci. Bonsoir. Bonsoir, madame messieurs, bonsoir. Merci. Merci d'être
là. Donc, nous continuons notre
exercice d'étude des crédits. Pour vous, c'est la première fois, c'est une
toute première à la société d'État, et donc bienvenue dans notre
commission parlementaire. Bon, vous avez votre présidente du conseil
d'administration qui, elle, a déjà vu d'autres commissions parlementaires.
Bon,
dans votre cas, et puisque c'est la première fois, puisque la société elle-même
a été créée il y a à peine... peu de
temps, à peu près un an, un petit peu, même, moins qu'un an, et puis... Il y a
eu, depuis sa création, bien sûr, des questions d'approvisionnement. On l'a vu dans tous les bulletins de nouvelles un
peu partout sur la planète, même.
Pouvez-vous nous expliquer un peu qu'est-ce qui s'est passé? Comment se
fait-il qu'on a ouvert les portes et puis que la demande avait vraiment
excédé de beaucoup l'offre? Est-ce
qu'il s'agit d'un mauvais calcul ou
alors est-ce qu'il s'agit du fait que ça a pris un peu de temps avant de mettre en place toute l'infrastructure, et donc, quand le jour J est arrivé, il y avait
des problèmes d'approvisionnement. Donc, est-ce que
vous pouvez juste nous expliquer un peu qu'est-ce qui s'est passé?
Le Président
(M. Simard) : Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : Alors, il me ferait plaisir de passer la parole à
M. Bergeron, qui est notre expert.
Président (M. Simard) : Très bien. J'aurais besoin d'abord, bien
sûr, du consentement pour que M. Bergeron puisse... Oui, M. le
député de Rosemont.
M. Marissal :
...mais on ne présente pas les gens qui sont devant nous. Alors, par simple
courtoisie et pour savoir qui, à
part
le ministre, qu'on connaît un petit peu... Donc, je connais quelques noms,
mais... Je suis désolé, je ne connais pas votre nom madame, par exemple,
alors...
Président (M. Simard) : C'est une très, très, très bonne idée.
Peut-être que M. le ministre pourrait présenter les personnes qui
l'accompagnent. Par la suite, nous pourrons, avec votre consentement, céder la
parole à M. Bergeron.
M. Girard
(Groulx) : Alors, c'est moi qui fais les présentations, selon les
souhaits du député de Rosemont. Alors, Mme Brunet est présidente du
conseil d'administration de la SAQ et de la SQDC. Elle enseigne aussi à
l'université...
M. Girard
(Groulx) : ...HEC, voilà. M. Pierre Côté est notre sous-ministre
aux Finances, et M. Bergeron est le président de la SQDC. Il était par intérim, et, après évaluation, nous
l'avons nommé en permanence avec plaisir. Et j'aimerais lui passer la
parole.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Donc, il y a consentement. M. Bergeron, pouvez-vous quand même vous
représenter et mentionner vos fonctions pour les fins de la transcription?
M. Bergeron
(Jean-François) :
Oui. Jean-François Bergeron... Merci, M. le Président. Jean-François Bergeron,
P.D.G. de la Société québécoise du cannabis.
Pour
répondre à la question au niveau de l'approvisionnement, en fait, ça fait à
peine six mois que la légalisation s'est faite au Canada, donc, c'est depuis le
17 octobre dernier. Il est évident que l'approvisionnement a été l'enjeu
premier. En fait, ça a été l'enjeu
majeur depuis le début. On s'attendait à un démarrage difficile au niveau de
l'approvisionnement. C'est d'ailleurs
pour cette raison que la Société québécoise du cannabis avait contractualisé
pour l'équivalent d'au-delà des
besoins pour la première année dans les premiers moments. Dès mars dernier, on
avait évalué le marché du Québec, pour la
première année, à peu près à 50 tonnes et on avait contractualisé
60 tonnes. Mais la réalité, c'est que les producteurs n'ont été capables
de fournir que 50 % des commandes. Et je tiens à dire que ce n'est pas la
SQDC qui a été en rupture de stock, c'est
l'industrie au grand complet, toutes les provinces. Et ce n'est pas non plus
parce que la demande était supérieure aux prévisions. Encore une fois,
on a reçu 50 % des stocks.
puis je vous dirais aussi que je ne voudrais pas jeter la pierre aux
producteurs, parce que je pense qu'ils n'ont pas eu tant de temps non plus à
s'organiser. On parle d'une culture qui prend un cycle normal d'à peu près cinq
mois. Et je vous rappelle qu'encore au mois de juin dernier les deux
projets de loi, tant au niveau fédéral que provincial, n'étaient toujours pas adoptés. Alors, je pense qu'avec le
peu de temps que l'industrie a eu... je pense qu'on a bien fait, somme toute.
Mais, ceci dit, on
voit de l'amélioration. Ça a forcé le Québec à avoir des succursales qui
opèrent quatre ou cinq jours-semaine plutôt
que sept jours, mais déjà, je vous dirais, dans les dernières semaines, on voit
que l'approvisionnement est beaucoup
plus stable. On pense être en mesure d'ouvrir sept jours. On ouvre de nouvelles
succursales. On a un carnet de
commandes assez musclé pour la prochaine année. Alors, d'ici à quelques mois
encore, je crois qu'on va avoir atteint un niveau beaucoup plus
acceptable.
M. Leitão :
Très bien. Merci. M. le Président, vous avez rajeuni.
Maintenant,
en termes d'approvisionnement, est-ce que vous comptez aller chercher des
contrats avec des fournisseurs à
l'extérieur du Québec? C'est juste temporaire ou ça fait
partie du plan
d'affaires, de diversifier les sources de matière première?
M. Bergeron (Jean-François) : L'approvisionnement
doit se faire par les producteurs autorisés par Santé Canada.
Alors, on n'est pas limités aux producteurs
du Québec. On favorise, évidemment, ceux qui ont un
pied-à-terre au Québec. Actuellement, on fait affaire avec six producteurs et on est
en appel d'offres, qu'on appelle appel de produits, depuis le
mois de décembre. On a signé des lettres d'entente avec plusieurs nouveaux. Mais
au Québec on a aussi une validation supplémentaire qui est celle de l'AMP. Alors,
il faut que les producteurs obtiennent leur autorisation de l'Autorité des marchés publics, et ils sont en processus de l'obtenir. Dès qu'ils l'obtiendront, on
pourra ajouter à nos six producteurs. Mais, les six producteurs actuels, je tiens à dire que ce sont quand même
les plus gros qu'on retrouve au pays, donc ce sont les plus matures en termes de capacité de production. Et à seulement six producteurs le Québec a réussi à mettre la
main sur l'approvisionnement pour l'équivalent de 30 % du marché
national, alors, ce qui n'est quand même pas si mal.
M. Leitão :
Très bien. Merci. Alors, si je comprends bien, maintenant vous avez
14 succursales. C'est ça?
M. Bergeron
(Jean-François) : Oui.
M. Leitão :
Et, alors, quel est votre plan d'affaires? Vous pensez avoir combien de
succursales dans combien de temps? Et je vous pose la question parce que
vous avez mentionné aussi... excusez-moi, mentionné aussi qu'une des raisons qu'il y a eu ces problèmes, au tout début,
c'est que les projets de loi, tant fédéral que provincial, ont pris un peu
plus de temps que prévu, et donc ça a créé
une certaine incertitude. Là, maintenant, il y a un nouveau projet de loi qui
circule, qui fait le tour du
processus parlementaire, donc ça se pourrait que ça change encore. Alors,
comment vous allez déployer... D'abord,
quel est votre plan de déploiement de succursales? Et puis comment vous allez
conjuguer ça avec un éventuel nouvel encadrement qu'on ne sait pas
encore trop comment ça va se faire?
M. Bergeron
(Jean-François) : Merci. D'abord, vous êtes très bien informé,
parce qu'on est effectivement à 14 succursales
depuis ce matin, alors c'est tout récent. On a un plan de déploiement de se
rendre à 43 succursales dans l'année financière en cours, donc on parle de
29 succursales de plus. Et je vous dirais qu'on va y aller à un rythme
d'une à deux par mois pour les
prochains mois, mais rapidement le rythme va s'amplifier, pour la deuxième
moitié de l'année, pour arriver à 43. Et je vous dirais que c'était le
plan original.
Alors, je vous dirais
qu'en cours d'année on va revenir sur notre plan de cinq ans, c'est-à-dire
d'être autour de 110 à 150 succursales
à terme. Évidemment, on verra si la demande est là. On verra la façon que la
vente en ligne performe aussi, hein, parce
que la vente en ligne peut jouer un rôle important. Alors, je vous dirais qu'on
pense vraiment être capables de
déployer ces 29 succursales additionnelles et que l'approvisionnement ne
sera donc plus un enjeu majeur. Et ça va toujours être à surveiller pour encore
une prochaine année, mais ça va devenir de la commodité. Selon nous, dès
l'année prochaine, ce ne sera plus un problème. Il y a beaucoup de
capacité qui s'en vient, alors ce ne sera pas un enjeu.
Pour
répondre à votre question, le deuxième volet, concernant l'impact du projet de
loi n° 2, c'est ce que vous me demandiez, écoutez, pour le
déploiement de succursales, on tient déjà compte des nouvelles balises, donc
des nouvelles distances, entre autres. On
tient aussi compte, dans nos prévisions de ventes, de l'âge minimum à
21 ans. Alors, c'est déjà bien amalgamé avec notre plan d'affaires
aujourd'hui, on ne voit pas d'impact majeur avec ça.
M. Leitão :
Très bien. Et, avec ce plan de déploiement, donc, il y aura quand même une
bonne augmentation de la vente, donc
du volume de ventes. Moi, je n'ai pas de problème avec ça, mais il me semble
que le gouvernement actuel, lui, a, disons, une perspective un peu plus restrictive en
termes de volume de ventes. 29 succursales de plus cette année, 110 à
150 à terme, ça va faire une bonne augmentation de volume de ventes.
Dans cette
perspective-là, vous pensez, combien de temps ça vous prendra pour prendre une
bonne part de marché? Et par ça je veux dire : Combien de temps vous
pensez que ça va prendre pour vraiment mettre de côté le marché noir? Parce que c'est un peu l'objectif de tout le
monde, c'est de tasser un peu le marché noir. Alors, comment vous voyez, d'un
côté, une politique gouvernementale qui a
tendance à vouloir ralentir le rythme de ventes et, de l'autre côté, le besoin
qu'il y a, à mon avis, d'augmenter la cadence pour tasser le marché
noir? Comment vous allez jongler avec ça?
M. Bergeron
(Jean-François) : Bien, en
fait, notre objectif, dans un premier jalon, c'est d'atteindre 30 % du marché noir. À l'origine, on espérait l'atteindre dans la première année ou les
deux premières années. On a atteint 15 % du marché noir.
Et comment on
calcule ça? C'est qu'on évalue que, le marché noir, actuellement, aujourd'hui,
il se vend 150 tonnes, 150 millions de grammes au Québec sur
le marché noir. Ça, c'est le fédéral qui établit ça, on verra si ces
chiffres-là s'avèrent réels. Mais actuellement on est allés chercher 15 %
du marché noir, donc 15 % de ce 150 tonnes là. Et nos prévisions, avec nos commandes, étaient d'aller
chercher 30 %, et on est pas mal confiants, avec les premiers six mois,
que, si l'approvisionnement avait été là, on aurait été chercher le
30 %.
Maintenant,
notre ambition, sur un horizon de cinq ans, c'est d'aller chercher 70 % du
marché noir. Je ne crois pas qu'on
pourrait prétendre aller chercher 100 %. On voit, dans certains États
américains, quand on arrive au seuil de 80 %, c'est déjà un excellent travail. On verra. Mais
moi, je prends... je lis des six mois qu'on vient de vivre, parce que ça fait
à peine six mois, que les consommateurs sont prêts à payer le juste prix pour
un produit de qualité, dont il y a une traçabilité,
mais surtout qu'il y a une protection au niveau du contenant... ou du contenu,
en fait. Et, si le prix est à la bonne place,
si on a le juste prix, on va aller chercher le 70 % du marché noir. Après
ça, on verra où on sera. Mais ça, là, on parle de cinq ans, à peu près.
M. Leitão : Très bien. Avant de
passer la parole à mon collègue, je vais quand même vous parler un petit peu du site Web. Je l'ai ici, et ça semble être assez
bien établi. Est-ce que sera possible pour un Canadien d'une autre province
de commander du produit de la SQDC à travers le site Web ou...
M. Bergeron
(Jean-François) : Oui, en fait, il faut avoir 18 ans.
Est-ce que vous avez l'âge? Je blague. Mais, aujourd'hui,
notre site, il est géographiquement bloqué, alors, si on saisit un code postal
autre qu'un code postal du Québec... Et
c'est vrai pour toutes les provinces, donc tous les sites légaux, évidemment,
là, je parle ici des sites légaux, tous les sites légaux sont, ce qu'on appelle dans le jargon
informatique, «geoblocking». Donc, si
ce n'est pas le code postal de la province, on ne peut pas aller plus
loin, on ne peut pas compléter le cycle de commande.
M. Leitão : Très bien. Merci.
Je passerais la parole à mon collègue le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Merci de venir nous éclairer.
J'ai une
série de questions. Première question, j'ai vu que vous avez des ventes en ligne de 20 %, 80 % en succursale. Ma question très simple : Quel genre
d'informations vous avez accès suite aux ventes réalisées, que ce soit en
succursale ou en ligne?
M. Bergeron
(Jean-François) : En fait, on n'a pas de... on n'a pas
d'information, pardon, en succursale. La vérification
d'âge se fait à l'extérieur du commerce ou dans ce qu'on appelle le vestibule,
mais on n'enregistre pas aucune donnée au niveau de la consommation. Et ça,
c'est voulu comme ça. Et, quand l'acte de vente se fait, soit par un paiement
carte de crédit, ou carte de débit, ou en argent comptant, c'est fait, mais il
n'y a aucune donnée qui est conservée.
Par contre,
sur le site Web, lorsque le client commande, bien, évidemment, on a l'adresse,
on a l'âge, on a l'âge parce qu'on
demande une saisie d'âge, et on a l'information des produits qu'ils ont
achetés. C'est à peu près la seule information qu'on a.
M. Derraji :
...donc, l'information que vous avez, c'est uniquement en ligne, et la seule
vérification... Parce que je viens d'essayer de m'enregistrer, pas pour acheter
le pot mais pour valider un peu comment je peux m'y prendre. La seule
vérification, vous pensez, que j'ai, je déclare : J'ai 18 ans, donc
c'est fait.
M. Bergeron
(Jean-François) : Non, en fait...
M. Derraji : Est-ce qu'il y a
une double vérification? Parce que je ne suis pas allé très loin.
M. Bergeron
(Jean-François) : Oui. En
fait, on va vous redemander à peu près la même vérification lorsque vous
confirmez votre panier d'achats, mais la vérification réelle se fait
physiquement lors de la livraison. Donc, c'est à la livraison qu'on vérifie l'âge. On fait la même chose au niveau de
l'alcool. Donc, c'est vraiment de personne en personne qu'on vérifie
l'âge.
M. Derraji :
O.K. Donc, je fais ma commande en mon nom, j'ai en bas de 18 ans. Au moment de la livraison par Postes
Canada ou par le transporteur que vous utilisez, il ne laisse pas la commande
devant la maison sans parler avec la personne et vérifier sa carte
d'identité.
M. Bergeron
(Jean-François) : Absolument.
Et ça, c'est dans notre contrat avec Postes Canada. C'est dans le
protocole.
M. Derraji :
Donc, Postes Canada vérifie toutes les livraisons des 20 % faites par le
Web avec les clients.
M. Bergeron (Jean-François) : Absolument. Et, si vous n'êtes pas à la
résidence, le paquet n'est pas laissé là, il s'en va à son point de chute. Avec
Postes Canada, c'est souvent des petits bureaux de poste tout près de chez vous
ou dans une pharmacie. Et c'est l'agent du bureau de poste qui vérifie
l'âge, si jamais ça ne s'est pas fait lors de la livraison première.
M. Derraji :
Donc, vous confirmez que, dans le cas contraire... Je me présente au bureau de
poste, j'ai ma carte, je n'ai pas 18 ans, l'agent de Postes Canada
va m'interdire de prendre mon...
M. Bergeron
(Jean-François) : Absolument.
M. Derraji :
Et c'est quoi, la procédure, par la suite?
M. Bergeron (Jean-François) : Bien, en fait, là, le produit reste... le colis,
en fait, parce qu'ils ne savent pas... tu sais, c'est un colis, là, le colis
reste au bureau de poste un nombre de jours, et, si le propriétaire avec l'âge
légal, là, ne vient pas le réclamer, il retourne au point de départ, qui
est dans notre entrepôt de gestion de colis.
M. Derraji :
Avez-vous eu des cas pareils, depuis que vous avez commencé la vente en ligne,
de retours à cause de l'absence de l'âge légal?
M. Bergeron (Jean-François) : En fait, on n'a pas vraiment de retours à cause
de l'âge. Quand je dis «on n'a pas vraiment», je suis à peu près certain
à 100 %, je vais me garder juste une petite gêne, mais on a vraiment une
traçabilité très bonne, en fait, alors moi,
je suis assez confiant quand je vous dis que, non, ça ne se produit pas. Par
contre, il y a eu un cas où le commis
de Postes Canada n'avait pas fait son travail adéquatement et avait laissé
aller le colis. Mais ça, c'est une erreur humaine qui peut se produire
dans tous les cas, mais ce