CRC — 6 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2021-05-06
Quebec — Committees
Le Président (M. Polo) : Ah! En
fait, M. le ministre, je comprends que ça prend le consentement de la
commission. Donc...
M. Ciccone :
Bien, moi, j'ai une question avant, M. le Président.
Le Président (M. Polo) :
Allez-y.
M. Ciccone : Moi, je n'ai pas de
problème à ce qu'on parle du plan d'action parce que je sais que c'est la
ministre qui l'a piloté. Cependant, le livre des crédits, c'est des sommes qui
est sous votre ministère. Puis là je ne parle pas du plan d'action, là, je
parle vraiment... puis j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Lacombe :
Tout à fait. C'est pour ça que j'ai fait la différence, là, en vous
disant : Sur le plan d'action, peut-être que la députée de Bellechasse
pourra répondre aux questions. Je voulais vous le dire d'entrée de jeu.
Sur les crédits,
effectivement, cette question-là, elle est plus technique. Donc, je vous
propose, évidemment, que ce soit moi qui réponde, peut-être en passant la
parole, si vous nous le permettez, à notre sous-ministre adjointe qui s'occupe
de ce dossier-là, étant donné que c'est une question plus technique.
Le Président
(M. Polo) : Avec le consentement de la commission?
M. Ciccone :
Consentement.
Le Président
(M. Polo) : Parfait. Allez-y.
M. Lacombe :
Donc, c'est Mme France Dompierre qui est sous-ministre adjointe au ministère
de la Famille.
Mme Dompierre (France) : Bonjour. On m'a donné l'autorisation d'enlever
mon masque. Pour l'année 2020‑2021, vous avez tout à fait raison de
dire qu'il y a des sommes pour le plan de communication qui ont été périmées.
En fait, le plan a été annoncé en février, donc l'année tirait à sa fin, et,
bien qu'il y ait plusieurs mesures qui pouvaient suivre leur cours et avoir été
entreprises à l'avance, il y en a qui se poursuivaient, d'autres qui étaient
des nouvelles mesures. On a estimé que trois
mesures, notamment sous la responsabilité du ministère de la Famille, ont des
sommes qui sont périmées en 2020‑2021. Donc, on rejoint votre montant. On a le
programme d'aide... le programme de soutien financier Ensemble contre
l'intimidation, pour lequel on n'a pas pu tenir l'appel de projets comme prévu
compte tenu de l'adoption tardive. Donc,
pour celui-là, on périme une somme de 1,1 million. Et on a également deux
éléments importants, qui sont le plan de communication et la stratégie de
communication numérique, pour lesquels on périme des sommes. Donc, ça monte à
2 millions, à peu près, là, si on fait le total de tout ça.
M. Ciccone : O.K. Ma question suivante, là, si on regarde, justement, l'explication
que vous nous avez donnée, maintenant,
j'aimerais savoir pourquoi que... On parle de 1,4 million de dollars.
Pourquoi que, cette année, ce qui a été budgété à la page 11-11, là,
2021‑2022, on a 1,2 million de dollars au lieu du 1,4 million de
dollars de 2020‑2021?
Le Président
(M. Polo) : M. le ministre.
M. Lacombe :
Oui. Est-ce que vous pouvez me préciser vous êtes à quelle ligne, s'il vous
plaît?
M. Ciccone :
Bien, là, c'est 11... c'est la...
M. Lacombe :
Pour quelle dépense, en fait?
M. Ciccone :
Intimidation. C'est écrit : «Intimidation, crédits de transfert, 11-11».
M. Lacombe :
Bien, donc là vous parlez du fait qu'en 2021‑2022 on est à 1,2 million...
M. Lacombe :
...et que, là, en 2020‑2021, en fait, on était à 1,4 million.
M. Ciccone :
Avec l'explication que j'ai comprise. Pourquoi qu'on est à 1,2, là? Est-ce
qu'on a... On n'a pas mis les mêmes sommes ou on a réduit les...
M. Lacombe :
Bien, c'est-à-dire que le budget est dépensé certainement de façon différente,
mais il faut aussi voir qu'au global on a davantage, là, d'investissements.
Donc, je pense que, ça, c'est quelque chose qui est important. Et il y a aussi
eu des transferts. Il y a aussi eu des transferts. Donc, dans plusieurs des
postes budgétaires, si je peux dire, que vous allez voir, vous allez pouvoir
déceler qu'il y a eu des transferts vers d'autres ministères, parce que
c'est un plan d'action qui est interministériel,
donc, évidemment qu'il y a
des mesures, il y en a quelques-unes
qui concernent directement le ministère de la Famille, donc, bien sûr qu'on
garde ces crédits-là, mais ensuite on doit en transférer beaucoup, parce que
c'est nous qui avons l'argent, vers d'autres ministères et organismes pour
qu'ils puissent être en mesure, là, de réaliser les... de rencontrer les
objectifs qu'on s'est tous fixés dans le plan.
M. Ciccone :
Parce que, moi, je trouvais ça un peu bizarre, parce que c'est quand même un
nouveau plan, qu'on annonce de l'argent, mais il y a moins d'argent qui est
attribué. Je comprends que votre travail est transversal aussi puis je
comprends que, l'intimidation, ça ne touche pas juste la Famille, ça touche
tous les ministères, mais je trouvais ça juste... Je voulais une explication.
Mais, pour la Famille, il y a une diminution, là.
M. Lacombe :
Pour la Famille.
M. Ciccone :
Est-ce que je me trompe?
M. Lacombe : Donc, vous parlez
de quelle ligne, là?
M. Ciccone :
Bien, c'est dans le 1,2 million, là. Je parle du 1,2 million, qui est
sous votre responsabilité dans le ministère de la Famille, où, le volet Intimidation,
on est à 1,2 million.
M. Lacombe :
Bien là, vous regardez une ligne, puis je vais peut-être pouvoir céder la
parole à Mme Dompierre après, si
vous voulez des précisions, mais je pense que, là, il faut prendre un pas de
recul quand même. Et c'est comme... On
ne peut pas seulement regarder qu'une ligne et dire : Il y a eu une baisse
de budget, il faut regarder l'ensemble des sommes puis il faut regarder, donc, le portrait global que ça donne. Et
il reste qu'on a eu des sommes supplémentaires, il reste qu'on a fait
des investissements importants puis qu'en bout de ligne on investit davantage.
Je ne sais pas si Mme Dompierre... si vous
souhaitez qu'elle vous donne plus de précisions.
M. Ciccone :
Oui, rapidement, s'il vous plaît.
Mme Dompierre (France) :
Rapidement, oui. En fait, ce que je dirais, c'est qu'avec le nouveau plan aussi
les sommes ne sont pas nécessairement
allouées de la même façon qu'elles étaient par le passé. Comme le
programme d'aide au soutien financier pour... dont moi, je parlais tantôt, qui
va avoir un appel de projets prochainement, bien, on a budgété une somme de
1,4 million au lieu de 2 millions. C'est sûr que le nouveau plan
amène également des changements, là, dans l'allocation des sommes.
M. Lacombe : En fonction des
objectifs qu'on s'est fixés ensemble.
M. Ciccone :
Oui. Vous comprendrez, M. le ministre, que, justement, on est en crédits
aujourd'hui puis on pose des questions à savoir où est l'argent, où il est
distribué.
M. Lacombe : Tout à fait. Je
suis là pour ça.
M. Ciccone :
C'est normal qu'on le fasse. Puis je n'ai pas questionné le fait d'investir des
montants qui sont quand même importants au niveau de l'intimidation. Puis ça,
je pense qu'on en a déjà parlé dans le passé, on félicite le plan d'action.
Je veux aller sur un autre registre, si vous me
permettez. La pandémie a amené une nouvelle réalité. On a vu qu'au niveau de la
cyberintimidation, qui s'est accentuée... et moi, je cherche à savoir, et j'espère
que votre ministère cherche à savoir également, pourquoi tout cela s'est
accentué. Quelques pistes que je peux vous envoyer, là, avec les nouvelles
mesures, là on a obligé des enfants à s'asseoir, des jeunes, des adolescents à
s'asseoir devant des écrans, pour plusieurs. On s'est aperçus que la formation
pour les professeurs n'était pas nécessairement là non plus, comment gérer une
classe. Avec des jeunes devant nous, c'est une chose, il y a un bac en
l'enseignement qui nous apprend tout ça. Maintenant, je suis persuadé que, dans
le bac à enseignement, il n'y a pas le volet comment gérer une classe devant
des écrans, puis on s'est fait prendre de court.
Est-ce que, justement, on a donné des outils ou
on va donner des outils aux professeurs en cette matière-là pour justement
éviter cette accrudescence au niveau de la cyberintimidation, notamment pendant
les cours?
M. Lacombe : Moi, je peux
répondre à votre question, si vous souhaitez, avec plaisir, mais, si vous
voulez que la députée de Bellechasse y aille, étant donné que c'est son dossier...
M. Ciccone :
Bien, j'aimerais ça, que vous commenciez puis...
M. Lacombe : D'accord. Bien, je
vais commencer.
Mme Lachance : J'ai une forte
envie.
M. Lacombe : La députée de Bellechasse
brûle sur son siège, mais 10 secondes pour dire... je trouve que c'est
intéressant, quand même, de laisser de l'espace à nos adjoints, adjointes
parlementaires, on souhaite tous ça, puis de
leur octroyer des mandats précis comme celui de l'intimidation. Donc, je veux
remercier ma collègue de l'avoir fait.
Bien, je le
sais pas, si ça va répondre directement à votre question, mais, dans le plan de
lutte à l'intimidation, il y a quelque
chose qui est clair, c'est qu'on veut mieux comprendre le phénomène. Et ça,
pour moi, c'était superimportant, pour la députée de Bellechasse, ce
l'était tout autant, et pour vous aussi. Je pense que, si on veut régler un
problème, il faut comprendre d'où vient ce problème-là, et je pense que les
travaux qui vont être menés par l'Institut de la statistique du Québec, pour
être capable de dresser un portrait, comprendre ce qui se passe sur le terrain,
bien, c'est une mesure, ça, qui va nous servir à justement bien documenter la
réalité puis... donc, après, d'être capable de prendre les meilleures
décisions, là.
M. Ciccone :
Rapidement, Mme la députée.
Mme Lachance : Rapidement? Rapidement,
vraiment rapidement...
M. Ciccone :
Oui, parce que j'ai seulement 18 minutes. J'ai 18 minutes.
Mme Lachance : Je veux juste
vous rappeler qu'on a...
Le Président (M. Polo) : Oui.
Mme la députée, juste... il faut juste le consentement, parce qu'on ne l'avait
pas donné, le consentement.
M. Ciccone :
Oui, consentement.
Le Président (M. Polo) : C'est
bon. Excellent. Merci.
Mme Lachance : Merci, M. le
Président. Je suis contente de pouvoir répondre à mon collègue le député de Marquette
parce que, vous savez, on a travaillé ensemble sur ce plan-là. Et,
souvenez-vous, là il y a une
partie où vous étiez... où vous n'y étiez pas, il
y avait une collègue qui travaillait avec nous, mais on avait mis beaucoup
l'emphase, justement, sur la cyberintimidation, de sorte que, si je vous
ramènerais au plan, dans le fond, au niveau de l'orientation 1, de
l'orientation 2, systématiquement, c'était d'intensifier les actions pour
réduire la cyberintimidation et assurer un climat sécuritaire et positif pour
l'ensemble des jeunes. C'est quand même 11,4 millions qui étaient investis
en milieu scolaire. Donc, malgré le fait qu'on n'avait pas vu l'impact de la
pandémie, il y avait des mesures qui étaient mises en place déjà pour
permettre, justement, de prévenir ce phénomène-là et de s'assurer que nos
jeunes soient bien outillés dans l'avenir face à la cyberintimidation.
M. Ciccone : Merci beaucoup. Je veux revenir sur le protecteur de l'élève.
J'ai parlé du protecteur de l'élève, M. le ministre, l'année passée. Vous
m'avez référé au ministre de l'Éducation. C'est ce que... C'est ce que j'ai
fait. Le 16 décembre dernier, à 17 heures, nous avions une rencontre,
justement, avec le ministre de l'Éducation. Ma collègue... Ma collègue
était là, de Sherbrooke, et également la collègue de Saint-Laurent. Le ministre était là. Il y avait le député de Richelieu qui y était également.
On sait que, comme ministre responsable de la
lutte contre l'intimidation, votre travail est transversal. Alors, on vient
toucher le Travail, le ministère du Travail, le ministère de la Santé, le ministère
de l'Éducation, la Jeunesse avec le premier ministre parce que, je veux dire,
quand on parle d'intimidation, ce n'est pas seulement au niveau des jeunes,
c'est partout. Moi, j'ai une question bien, bien précise. Pourquoi vous n'étiez
pas là? Pourquoi qu'un membre de votre équipe n'était pas là?
M. Lacombe : Vous voulez dire à
l'étude de crédits?
M. Ciccone : Non, non, pas à l'étude des crédits, mais
quand on s'est rencontré, justement, pour le protecteur de l'élève, il y a eu
une rencontre le 17 décembre dernier... 16 décembre dernier. Je veux
juste savoir : Y avait-u quelqu'un? Vous êtes-vous rencontrés, justement,
avec le ministre pour savoir qu'est-ce qu'il s'est dit? Parce que c'est... il
y a quand même le volet Intimidation qui est là. Moi, je veux juste savoir si vous êtes tenu au courant puis
vous travaillez ensemble sur ce volet-là.
M. Lacombe : Bien, c'est clair que oui, là. On travaille
ensemble. Mais là on comprend tous que... Eh Seigneur! S'il faut que je
sois assis à toutes les tables...
M. Ciccone :
Non, ce n'est pas ça. Un membre de votre équipe. Non, non, mais je vous...
Bien, je veux dire, c'est quand même... Quand on parle du protecteur de
l'élève, l'intimidation prend de la place, là.
M. Lacombe : Bien, c'est plus
large que ça. C'est beaucoup plus large que l'intimidation, là. Je pense qu'on
sera d'accord là-dessus. Puis c'est mon collègue le ministre de l'Éducation qui
mène ce dossier-là. Puis moi, je vais le laisser faire son travail là-dessus, bien
sûr. Mais oui, chaque fois que... Puis dites-vous, là, pour comprendre le
fonctionnement du gouvernement, ces politiques-là, elles sont faites en collaboration
entre les ministères. Enlevez même les élus de ça, là, avant que ça monte
jusqu'au cabinet, par exemple, c'est travaillé avec les différents ministères.
Ensuite de ça, ça monte, par exemple, dans le comité ministériel où je siège
avec mon collègue le ministre de l'Éducation. Donc, on a des discussions avant
même que ce soit présenté au Conseil des ministres, où on peut avoir d'autres
discussions. Donc, quand tout ça atterrit, là, quand une mesure atterrit, quand
il y a une annonce qui est faite, c'est parce qu'il y a eu une concertation,
M. Ciccone :
O.K. Parce que je trouve que c'est juste important que... parce qu'il y a un
volet Intimidation. Moi, c'est sûr que j'étais là puis j'ai parlé... puis je
pense que la députée peut en témoigner, j'ai parlé du volet Intimidation parce
que, pour moi, c'était important. J'avais été invité à cette rencontre-là.
Alors, si j'ai été invité à cette rencontre-là, c'est parce qu'on détermine que
le volet Intimidation à sa place au protecteur de l'élève.
Il ne me reste pas
beaucoup de temps. Juste une petite question rapide, là. J'ai vu, justement,
études des crédits 2021‑2022, la fiche RG124, il y a un comité... deux
comités qui sont sous le Travail... sous le ministère de la Famille et du
secrétariat, le Comité de travail interministériel sur l'intimidation et le
comité des sous-ministres sur l'intimidation. Est-ce qu'on peut savoir est-ce
que vous vous rencontrez à plusieurs reprises? Combien de rencontres vous avez
eues? Est-ce qu'on peut savoir sur quel travail... quels sujets, sur quels
domaines vous travaillez pour en avoir un peu... savoir un peu ce que les deux
comités font présentement?
M. Lacombe : Est-ce que...
Mme Lachance : Oui, je peux
peut-être répondre à une
partie de la question. Évidemment, les comités, on en
a parlé lors de nos rencontres, si vous vous souvenez bien, ces comités-là se
sont rencontrés à plusieurs reprises lors de
la création du plan. C'est quand même 17 ministères et organismes, hein,
qui travaillent ensemble. Donc, il y a eu, effectivement, plusieurs
rencontres. Et, si vous vous souvenez bien, il y a plusieurs orientations, dans
le travail interministériel, qui nous
venaient au niveau de la cédule de travail de ces rencontres-là, donc,
plusieurs mesures qui vous ont été présentées et qui seront, évidemment,
aussi, parfois portées par d'autres ministères. Donc, oui, le travail se fait
sur une base régulière.
M. Ciccone :
Parfait. Même si c'est important de... Je sais qu'on a fait du travail au
niveau du plan d'action, là, mais je veux juste m'assurer qu'on continue de
travailler avec ces comités-là.
Et, en terminant, je sais qu'il me reste à peu
près deux minutes, si je ne me trompe, M. le Président.
Le Président (M. Polo) :
2 min 40 s.
M. Ciccone : Je vais y aller sur une question un peu plus
personnelle. On a vu que, durant la pandémie... il y a de l'angoisse, il
y a de l'anxiété, on a moins de patience, on a moins de patience. Puis souvent,
bien... il y a une lettre qui a été écrite
aussi par votre premier ministre, justement, sur les réseaux sociaux, de faire
attention. J'ai lu aussi que ma collègue des Sports avait eu maille à
partir avec certains commentaires qui sont tout simplement déplorables sur les
réseaux sociaux.
Alors, moi, je veux juste m'assurer que, quand
on donne... on fait des commentaires, quand on donne, justement, des... il faut se
mettre en exemple. C'est ce que je veux dire. Ça commence par ici,
la maison du peuple. Et, bien humblement, je peux vous dire, personnellement,
que moi-même, j'ai déjà intervenu au sein de certains collègues où j'ai trouvé
qu'ils étaient allés trop loin, où il y a des paroles qui avaient été dites qui
étaient non respectueuses.
Alors, je veux juste savoir, monsieur... Parce
que, moi, en tant que porte-parole également des saines habitudes de vie, bien,
je ne mange pas de la poutine, puis je demande à ma whip de mettre des fruits
et des légumes, puis enlever la...
M. Lacombe : Jamais de poutine?
M. Ciccone :
Je dois démontrer l'exemple. Alors, ma question est bien simple, M. le
ministre : Est-ce que, de votre côté, vous prenez les choses en main et vous
vous assurez de faire des interventions vis-à-vis certains collègues quand on
dépasse les bornes ou si vous en avez déjà fait?
M. Lacombe : Je crois
comprendre ce que vous voulez me faire dire, là, puis je vous dirais très
franchement que, pour moi, le respect, c'est non négociable, aussi clairement
que ça. Dans nos équipes de travail, qu'on soit ministres ou députés, on ne
peut pas... et c'est inacceptable, on n'a aucune bonne raison de ne pas bien
traiter notre personnel ou les gens qui nous entourent, puis je vais dire plus
largement, à l'Assemblée nationale, je pense, oui, même si ce n'est pas toujours
facile. Parce que, des fois, notamment avec mon collègue, vis-à-vis, député de LaFontaine,
ce n'est pas toujours facile, ce n'est pas toujours facile de garder notre
calme. Mais je suis content de savoir que vous faites parfois des rappels à
l'ordre, mais, de mon côté, je vais vous dire que c'est... je pense qu'on est
rendus là puis je pense que les gens qui nous écoutent s'attendent à ça. Puis
que, même si on est sur la patinoire, là, en plein match puis que, des fois,
c'est un petit peu plus dur, il faut être capable de gérer ce stress-là. Comme
on dit en anglais : «If you can't stand the heat, get out of the kitchen».
Donc, c'est un peu ça. Si on n'est pas capables de se gérer, bien, je pense
qu'il faut faire d'autre chose.
Le Président (M. Polo) :
10 secondes, M. le député.
M. Ciccone :
Formidable. Je vous invite à continuer, justement, cette sensibilisation-là
envers vos collègues. Puis je vous fais une promesse que je vais le faire avec
mes collègues. Merci beaucoup, M. le Président.
M. Lacombe : Que j'apprécie beaucoup.
Le Président (M. Polo) : Merci beaucoup,
M. le député de Marquette. Je cède maintenant la parole à la députée de Sherbrooke
pour un bloc de 4 min 45 s.
Mme Labrie :
Merci. Donc, je vais aller directement dans le vif du sujet. C'est quand même
court. Quand on a élaboré le plan d'action, je pense qu'on n'anticipait pas ce
qui s'en venait dans la société, les bouleversements qu'on connaît aujourd'hui.
Puis, quand on a identifié la première orientation et intensifié les actions
pour réduire la cyberintimidation, je pense qu'on a ciblé des choses très
précises qui sont tout aussi pertinentes aujourd'hui, mais on n'avait peut-être
pas vu venir ce qu'on connaît en ce moment, la dégradation du climat social. Je
pense, entre autres, à l'intimidation qui existe en ligne, là, notamment envers
les personnes qui affichent qu'elles se font vacciner, qui respectent les
mesures sanitaires. Bon, il y a quand même un climat qui s'est dégradé. Ce
n'était pas prévu dans le plan parce que je pense que personne ne pouvait
anticiper ça, mais je pense que c'est quand même grave, là, ce qui se passe en
ce moment. Puis je me demande si c'est possible d'envisager, peut-être,
bonifier les enveloppes du plan à cet effet-là pour s'assurer d'intervenir, là,
comme État, sur le climat social.
Une voix :
Est-ce que vous...
Mme Labrie :
N'importe qui.
M. Lacombe :
Veux-tu y aller... Mme la députée de Bellechasse?
Mme Lachance :
Oui. Merci. C'est intéressant, puis c'est vrai que, lorsqu'on a travaillé au
niveau de la mise en place du plan, la
partie Intensifier les actions était
très ciblée parce qu'on était face à des problématiques qu'on connaissait puis
qui étaient existantes. Par contre, quand on regarde Assurer un climat sain...
Puis on le sait, là, ça part de nos
comportements appris. Puis je voudrais porter votre attention sur les mesures
qui sont au niveau du système
scolaire, au niveau des mesures 7 et 8. Soutenir les apprentissages
sur l'utilisation responsable des médias sociaux et technologiques, on a déjà
des investissements, et ça va être d'autant plus important de travailler à ce
niveau-là. On l'a vu. Je pense qu'on l'a eu en plein visage, là, avec la
pandémie.
Mme Labrie :
...pas nécessairement au niveau des jeunes, le problème, là, en ce moment, ce
qu'on voit dans la dégradation du climat
social. Donc, la proposition que je fais, c'est peut-être de bonifier quand
même le plan d'action ou les enveloppes pour s'assurer qu'on est
capables d'intervenir. Cette action-là, à laquelle vous faites référence, c'est
pour les jeunes en particulier, puis moi, ce n'est pas là que j'identifie le
problème en ce moment.
M. Lacombe :
Si je peux peut-être ajouter à ce que notre collègue la députée de
Bellechasse — il
faut que je fasse attention pour ne pas l'appeler par son prénom, c'est
difficile — vient
de dire, c'est une bonne suggestion. Puis moi,
je dirais que, si on doit se revoir pour peut-être lancer des idées puis voir
comment on peut bonifier tout ça, parce que c'est nécessaire, bien, on
le fera. Puis, s'il y a une bonification à y avoir, on verra comment on peut y
arriver.
Il n'y a jamais rien
de simple. Je ne veux pas dire que tout est facile puis que ça se fera en
claquant des doigts, mais, si on doit se revoir pour vérifier comment on peut
bonifier, changer, s'adapter en fonction du climat, là, qui n'est pas facile,
puis d'ailleurs vous en connaissez quelque chose, puis je pense qu'on doit tous
reconnaître que vous avez pris, de votre côté, le problème à bras-le-corps pour
dénoncer ces pratiques-là, entre autres, sur les médias sociaux, donc c'est
tout à votre honneur, bien, moi, je suis très, très prêt avec ma collègue la
députée de Bellechasse à travailler là-dessus avec vous.
Mme Labrie :
Parfait. Donc, je ne sais pas s'il reste du temps.
Le Président
(M. Polo) : 1 min 40 s.
Mme Labrie :
Ah! quand même. O.K.
Le Président
(M. Polo) : Ah mon Dieu!
Mme Labrie :
Quand même. Agréablement surprise. Bien, je vais me permettre d'insister sur le
même sujet parce qu'en fait, moi, je trouve que ça dégénère, là. Tu sais, quand
les gens s'empêchent d'encourager les autres à respecter les mesures sanitaires
ou de signaler qu'ils ont choisi la vaccination... ça reste un libre choix,
mais, quand même, quand les gens s'empêchent de faire la promotion de ces
mesures-là ou de la vaccination parce qu'ils ont peur d'en subir des
représailles ou des menaces, des choses qui sont même des actes criminels
parfois, c'est problématique. Donc, il me semble qu'il y a quand même un besoin
urgent, je dirais, d'intervenir sur ce sujet-là. Là, j'entends l'ouverture, peut-être,
si l'occasion se présentait...
M. Lacombe :
Quand même. Quand même.
Mme Labrie :
...mais moi, je trouve ça problématique puis je... Le gouvernement, lui-même, a
identifié ce problème-là. Je pense que vous le vivez de plein fouet et même
davantage peut-être que nous ici, dans l'opposition, là. Je le dis pour
l'ensemble de la société, là, je pense qu'il y a des moyens à prendre pour
assainir... peut-être des campagnes de promotion pour assainir le climat
social, là.
Lacombe : Bien, je vais être très transparent, là, moi, je suis...
c'est plus que des peut-être on verra. Là, je vous dis, ce n'est quand même pas
anodin, là, on vient de travailler sur un plan, on vient de le livrer, puis, je
vous dis, c'est vrai que la situation a changé. Puis, si vous souhaitez qu'on
se revoie, qu'on essaie de voir comment on peut adapter, peut-être bonifier,
moi, ça me fera plaisir qu'on le fasse. Parce qu'en même temps je ne pense pas
qu'on a la solution, là, cet avant-midi... oui, il n'est pas encore midi. Je
pense qu'il faut regarder.
Puis ça va,
honnêtement, bien au-delà du ministre de la Famille aussi, là. Il y a des
éléments qui peuvent se retrouver du côté de la Sécurité publique, par exemple.
Mme Labrie :
Oui, tout à fait.
M. Lacombe :
Donc, il faut voir ça. Puis j'en aurais eu encore long à dire, mais là on me
fait signe que c'est terminé.
Président (M. Polo) : Merci beaucoup. Je cède maintenant la
parole à la députée de Joliette pour également
4 min 45 s.
Mme Hivon :
Oui. Bonjour, M. le ministre, Mme la députée, mes collègues. Alors, moi, je
voulais juste revenir, un petit peu comme le collègue de Marquette, à savoir
que, c'est ça, tout notre prisme d'analyse a changé et, dans le fond, la classe
s'est transformée en classe virtuelle pour beaucoup d'élèves au cours de la
dernière année.
Et j'étais curieuse
de savoir si on vous a rapporté des nouvelles manières d'intimidation via le
virtuel, mais je ne parle pas de... En fait, le plan d'action, il était
beaucoup axé sur les médias sociaux, les échanges, ce qu'on connaît, mais là la
classe de manière virtuelle, on a vu qu'il y a eu des incidents de toutes sortes.
Est-ce que ça vous a été rapporté? Et est-ce que le plan offre la
flexibilité — on
aurait dû réfléchir, on n'était pas prophètes — offre la flexibilité de
pouvoir transférer des sommes qui devaient plus être concrètement sur le
terrain des écoles à pouvoir être... pour être dans des interventions, que ce
soit pour les enseignants, pour les conseillers, pour les personnes
responsables de la mise en place des gestes pour ce qui est de la classe
virtuelle?
Mme Lachance :
Effectivement, si vous permettez... Je peux répondre, oui?
Mme Hivon :
Ah! oui, oui. Absolument.
Mme Lachance :
C'est vrai que ça n'avait pas été prévu, mais il y a quand même des
flexibilités au niveau du plan. Quand on parle des campagnes, oui, elles
peuvent être axées. Tu sais, ça, ce n'est pas coulé dans le béton comment
seront axées nos campagnes. Maintenant, on a aussi une flexibilité au niveau du
milieu scolaire, puis c'est un peu un adon parce qu'on ne le savait pas,
personne ici autour de la table, la tangente que ça prendrait, mais il y a
quand même beaucoup d'actions dans nos écoles au niveau de l'éducation
proprement dite avec les moyens Web, et c'est ce qu'on a connu.
Pour répondre à la
question, si j'ai des choses ou des situations qui m'ont été présentées ou dénoncées,
je n'en ai pas de particulières qui m'ont été énoncées qui débordent du cadre
du fait que nos jeunes, nos enfants ont été, pendant la dernière année, en
grande
partie devant leur ordinateur. Donc, ça crée peut-être une
multiplication de l'espace-temps, là.
Mme Hivon :
Oui, puis j'inviterais peut-être... je vous inviterais peut-être à vous pencher
là-dessus parce que, notamment, il y a des enseignants qui ont dit à quel point
eux-mêmes étaient victimes de plus d'intimidation, parce qu'il peut avoir
toutes sortes de gestes concertés à distance qui ne se réaliseraient pas
nécessairement dans une classe physiquement, puis même chose pour des échanges
entre élèves pour de l'exclusion d'élèves. Moi, en tout cas, mon souci, c'est
juste qu'on ait cette préoccupation-là que des interventions puissent se faire
dans une idée de prolongement de la classe, qui est aussi une réalité, quand on
est en virtuel, puis qui peut amener son lot de défis.
Donc, j'étais
juste... je voulais juste m'assurer... Parce que, quand je nous relis, là, je
trouve que c'est très ciblé puis je n'étais pas sûre qu'on avait cette
flexibilité-là en termes de somme d'interventions. Quand on parle notamment,
là, des médias sociaux, et de tout, je ne pense pas qu'on avait la classe
virtuelle en tête.
Mme Lachance :
Dans la mesure... C'est vrai que, dans l'orientation 1, Intensifier les
actions pour réduire la cyberintimidation, on était très spécifiques, liés à
des problématiques qu'on avait vécues dans les années précédentes, mais, quand
on regarde l'orientation 2, Assurer un climat sain et sécuritaire et
positif pour l'ensemble des jeunes, je pense qu'on a beaucoup plus de
flexibilité... en fait, non, je ne pense pas, je vois. Puis je vous invite à le
relire, on a beaucoup plus de flexibilité à cet endroit-là pour agir, d'autant
plus que les premiers acteurs sont nos enseignants et nos groupes-écoles. Et
ces mesures-là, elles sont sous la responsabilité du ministère de l'Éducation,
qui va savoir faire bon usage, j'en suis persuadée, des sommes pour pouvoir
contrer cette grande problématique-là.
Mme Hivon :
On espère. Est-ce qu'il me reste du temps, M. le Président?
Le Président
(M. Polo) : 59 secondes.
Mme Hivon :
Oui. J'aimerais savoir, la mesure destinée au milieu autochtone, donc on
parlait qu'on allait développer des mesures notamment en milieu scolaire, est-ce
que vous avez une liste des actions qui ont commencé à être développées dans le
plan d'action?
Mme Lachance :
Je n'ai pas de liste des actions, M. le Président, qui ont été développées actuellement,
à l'heure actuelle. Il faut comprendre que le plan date quand même de février,
et les actions qui sont portées par les groupes autochtones leur sont dédiées. Maintenant,
je pense qu'avec la bonification qui a été donnée, même si le nombre de mesures
a été circonscrit, il y a une bonification de près de 500 000 $, ça
va leur donner quand même une bonne position pour agir.
Mme Hivon :
Puis c'est quoi, l'échéancier, pour savoir un peu où on s'en va en termes de
mesures pour les nations autochtones?
Le Président
(M. Polo) : En 10 secondes.
Mme Lachance :
Bien, vous savez, si vous vous souvenez, lors de notre dernière rencontre, le
député de Marquette avait fait mention de faire des observations annuelles.
Donc, annuellement, il y a des observations, puis assurément qu'on va pouvoir
voir le cheminement des actions.
Le Président
(M. Polo) : Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 12 h 15, où elle entreprendra l'étude du volet
Famille des crédits budgétaires du portefeuille Famille. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Le Président
(M. Polo) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum,
la Commission des relations avec les citoyens reprend ses travaux. La
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Famille des crédits
budgétaires du portefeuille Famille pour l'exercice financier 2021‑2022.
Une enveloppe de 3 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits. Je souligne que cette séance se déroulera à la fois dans la salle
Pauline-Marois, où je me trouve, et également dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Blais
(Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Lefebvre (Arthabaska);
Mme Sauvé (Fabre) est remplacée par M. Tanguay (LaFontaine);
Mme Dorion (Taschereau), par Mme Labrie (Sherbrooke); et Mme Perry
Mélançon, par Mme Hivon (Joliette).
Le Président
(M. Polo) : Merci beaucoup. L'étude de ce portefeuille sera
divisée en deux parties pour permettre la présence en salle des représentants
des organismes visés par ces crédits. Ce matin, à 12 h 15, jusqu'à
13 h, le ministre sera accompagné des représentants de Retraite Québec,
et, cet après-midi, de 14 heures à 16 h 45, il sera accompagné
du Curateur public.
Pour l'étude de ce
volet, nous allons procéder aux échanges entre les groupes d'opposition et le
ministre par blocs de cinq à 20 minutes pour permettre à chaque groupe
d'écouler graduellement son temps de parole. Le temps d'échange inclut les questions et les réponses. La mise aux voix de ces
crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, à
16 h 45.
Je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de LaFontaine, la parole est à vous.
M. Tanguay :
Merci, M. le Président. Pour 14 min 20 s, je crois. 14, 20.
Le Président
(M. Polo) : 14 min 20 s, exactement.
M. Tanguay :
Merci beaucoup. Alors, vous saluer, M. le Président, saluer le ministre et
saluer les collègues également présents autour de la table.
Au 31 décembre
2020, la liste d'attente des parents sans place en service de garde est à
51 073. Au 31 mars, cette liste d'attente est de combien?
Le Président
(M. Polo) : M. le ministre.
M. Lacombe :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, vous voulez savoir quoi, exactement, le
nombre d'enfants qui sont sur la liste d'attente?
M. Tanguay : La liste de
51 073 du 31 décembre 2020, au 31 décembre, elle est à combien?
M. Lacombe : Bien là on vous a
communiqué le chiffre, effectivement.
M. Tanguay : Au
31 mars, pardon. 31 mars.
M. Lacombe :
Donc, on est à 51 000. Les lectures, les mises à jour se font
deux fois par année, et on compare toujours saison sur saison.
Donc, si vous souhaitez comparer les chiffres qui ont été publiés en décembre,
bien, il faut attendre à décembre de l'année d'ensuite.
M. Tanguay : O.K. Est-ce
qu'il est impossible pour le ministre de la Famille de connaître plus
précisément, dans un délai plus court, le
nombre total d'enfants sur la liste d'attente? Parce que, là, ça fait... c'est
un chiffre qui date de quatre mois. Le ministre, il lui est
impossible d'avoir un chiffre plus récent que ça?
M. Lacombe : Bien, ce n'est pas
le ministère de la Famille, d'abord, qui fait cette lecture-là, c'est la
Coopérative Enfance Famille qui est chargée de faire ça. C'est ce qui a été
décidé sous les précédents gouvernements. Et ça amène, bien sûr, un lot de
défis, je vais dire ça. C'est une des raisons pour lesquelles on s'interroge,
notamment, sur la façon dont on gère ça, actuellement, puis ça fait
partie des
consultations qui viennent d'être lancées. Donc, actuellement, c'est vraiment
la Coopérative Enfance Famille qui fait cette lecture-là.
M. Tanguay : O.K. Le ministre, ça ne lui tente pas de le savoir? Peut-il leur
demander un chiffre plus récent?
M. Lacombe : Bien, il faut être
rigoureux avec ces chiffres-là, ou, je dirais, il faut être prudent. Bien sûr
que c'est quelque chose... c'est une
liste à laquelle j'aimerais avoir accès en temps réel. Comme je vous dis,
actuellement, il y a une réflexion, là, qui est en train d'être faite sur la
meilleure façon de gérer le guichet unique. Est-ce qu'on a actuellement les
meilleures pratiques? Moi, je pense qu'il y a place à amélioration.
Maintenant, tout ça est prévu de telle façon que
c'est géré par une coopérative, sur laquelle siègent notamment des services de
garde éducatifs à l'enfance. Et la lecture qu'ils font, c'est deux fois par année,
et habituellement c'est la lecture de décembre, parce que, si on vous
communiquait les autres lectures, les chiffres diminueraient, et ça ne serait
pas représentatif parce qu'il y a souvent des mouvements au courant de l'année.
Donc, il faut faire attention aussi à quel moment on prend cette photo-là, parce
qu'il y a des moments dans l'année, par exemple, où il y a des mouvements, là,
entre les services de garde et l'école, par exemple.
M. Tanguay : M. le
Président, c'est inconcevable que le ministre de la Famille n'ait pas une
donnée plus à jour qu'au 31 décembre 2020. 51 073 enfants sur la
liste d'attente, et il nous dit qu'il est impossible pour lui d'avoir un
chiffre plus récent que ça. Dans la vie, en politique aussi, on n'y échappe
pas : vous ne pouvez pas améliorer ce que vous ne chiffrez pas.
M. Lacombe : Je suis d'accord.
M. Tanguay : Et ça,
c'est inconcevable.
M. Lacombe : Je suis d'accord. Actuellement,
on travaille avec l'outil qui a été mis sur pied par le gouvernement du Parti
libéral. Et moi, je trouve que cet outil-là, il mérite d'être amélioré, donc
c'est la raison pour laquelle on s'est
engagé à le faire dans les consultations qu'on mène actuellement. Même si l'outil, il est relativement récent, nous, on trouve
que ce qui a été mis sur pied, donc, par le Parti libéral n'est pas à la
hauteur des besoins qu'on a, je vais dire ça comme ça.
M. Tanguay : Oui. C'est
juste plate, parce que c'est faux, ce que vous venez de dire, c'est le Parti
québécois, en 2013, qui l'a mise, la liste.
M. Lacombe : Bien, on peut
parler de l'opérationnalisation. Vous savez, c'est long, tout ça, à mettre sur
pied. En tout cas, ce n'est certainement pas nous, vous serez d'accord avec
moi. Mais moi, je pense que c'est un outil qui doit être amélioré.
M. Tanguay : Si le ministre veut aller là, qu'il vérifie les faits, mais
c'est inconcevable, et je le déplore, M.
le Président, que le ministre n'ait pas demandé d'avoir ce chiffre-là. À la fin
de la journée, c'est un système
informatique, puis on peut facilement avoir cette donnée-là.
M. Lacombe : Bien, on pourrait
demander les chiffres et lancer...
M. Tanguay :
Puis vous ne l'avez pas demandé?
M. Lacombe :
On a des discussions avec la Coopérative Enfance Famille, mais je veux
souligner que, si on se met à lancer des lectures comme ça de la liste
d'attente, probablement que ça pourrait être à l'avantage du gouvernement, c'est-à-dire, ça donnerait l'impression que la liste
baisse. Mais moi, je resterais prudent avec ça, parce que les chiffres
qu'on communique ne sont peut-être pas à notre avantage, mais ils sont exacts
ou, en tout cas, ils se rapprochent le plus possible de la réalité sur le
terrain. Donc, le but, ce n'est pas de sauver la face du gouvernement, c'est de
travailler avec les meilleures données possible. Donc, on s'assure de suivre
les recommandations, bien sûr, de la coopérative actuellement, qui nous dit que
la meilleure façon d'avoir un portrait juste, bien, c'est de comparer la
lecture, année sur année, une lecture qui a été prise au même moment.
M. Tanguay :
Ceci dit, M. le Président, totalement inacceptable. C'est comme conduire une voiture
en regardant dans le rétroviseur, on ne peut pas avancer comme ça.
J'aimerais maintenant
passer sur des témoignages. Vous voyez, j'arbore l'effigie de Ma place au
travail, Ma place au travail, un mouvement qui a été lancé dans la crise
actuelle, que le gouvernement ne reconnaît pas toujours dans son ampleur, une
crise qui nécessiterait un plan complet de réalisation de places en services de
garde. Plus de 51 000 — en
date du 31 décembre, on ne connaît pas le chiffre — parents
ont inscrit leurs enfants sur la liste. J'ai des témoignages, M. le Président,
que je vais lire au ministre, des témoignages et des questions, et ce sont
réellement les parents qui vont lui parler par ma voix, ce sont leurs mots, je
ne changerai aucun mot des messages que je vais lui lire. Puis, en application
du principe de la proportionnalité, je demanderais au ministre, si possible, de
conserver pour chaque intervention un temps équivalent, dans la raisonnabilité
dont il peut faire preuve, pour répondre.
Dans un premier temps,
témoignages qui m'ont été communiqués par Ma place au travail, des parents qui
parlent. La première, Frédérique, de Drummondville, maman d'Elliot, elle
demande au ministre de lui répondre, je la cite : «J'aimerais savoir quand
il a prévu de soutenir les parents sur le bord du gouffre financier. On a
besoin de solutions maintenant, pas dans deux ans. Dans deux ans, j'aurai
clairement fait faillite. Je ne suis pas habituée d'avoir ce genre de stress.
J'ai toujours su bien gérer mon portefeuille, mais là il n'y a juste plus rien
à gérer. Une fois l'hémorragie financière stoppée, nous voulons que nos petits
soient dans des bons milieux, qu'ils socialisent, qu'ils apprennent. J'ai le
coeur brisé, quand mon fils regarde les petits voisins jouer par la fenêtre
alors que, lui, il doit jouer seul.» Que répond le ministre à Frédérique, de Drummondville?
M. Lacombe :
Bien, je lui réponds que c'est pour elle, c'est pour les parents comme elle et
pour le type de famille comme la sienne qu'on fait le travail qu'on est actuellement
en train de faire. Et je le répète souvent, ça peut, au quotidien, clairement,
être une crise pour ces familles-là qui ne savent pas comment elles vont
retourner travailler ou qui, même, parfois, ne peuvent pas retourner
travailler, mais, au gouvernement, quand on regarde l'ensemble de l'oeuvre, on
avance. Donc, ça, c'est la bonne nouvelle, on avance, on prend les bonnes
décisions. Et cette citoyenne, cette maman a une bonne réflexion, c'est-à-dire,
oui, il faut relancer le réseau, on devait le faire, donc, lancer la
construction de nouveaux CPE, de nouvelles garderies. On l'a dit clairement, on
va compléter le réseau, chaque enfant pourra avoir une place, mais, en même
temps, ça prend aussi des solutions à plus court terme.
Et, moi, j'invite
aussi le député de LaFontaine à nous dire, selon lui, quelles sont les
solutions. Moi, je suis très ouvert aux suggestions. S'il a des suggestions à
faire pour des mesures à très, très court terme, pour donner une place à ces
parents-là, bien, moi, je l'écoute. Je ne sais pas s'il en a à nous partager.
M. Tanguay :
M. le Président, d'Alma, Caroline, maman d'Hubert et de Laurence : «Est-ce
que vous trouvez normal que je doive me séparer de mon bébé une semaine sur
deux car je n'ai pas de garderie pour celui-ci? En résumé, mes parents habitent
à une heure de chez nous, donc pas évident pour les grands-parents ou moi de
voyager matin et soir. Alors, une semaine, je vais porter mon bébé pour la
semaine, et l'autre, c'est ma mère qui vient garder chez moi. Et une chance que
je l'ai et qu'elle est en forme pour s'occuper de mon bébé. Je suis de retour
au travail depuis un mois, et c'est vraiment de la gestion d'horaire, un vrai
casse-tête, mais je me console, je peux quand même travailler et avoir un
revenu.» Que répond le ministre à Caroline, d'Alma?
M. Lacombe :
Bien, je lui répondrais sensiblement la même chose : C'est vraiment pour
ce type de famille là qu'on fait... en tout cas, que, moi, je fais le travail
que je fais. Et j'ai eu l'occasion de le dire au député de Lafontaine il n'y a pas si longtemps : Moi,
je suis solidaire de ces parents-là. Ces parents-là, ce sont mes amis qui ont
mon âge, début trentaine, et qui, souvent,
ont leurs premiers enfants, ce sont des gens de ma famille, que — habituellement,
pas dans un contexte de pandémie — je côtoie et qui me questionnent
eux-mêmes parce qu'ils sont à la recherche de places. Donc, je ne suis pas du
tout déconnecté, je suis, en fait, très solidaire de ces parents-là, et c'est
la raison pour laquelle on l'a dit, on a relancé le réseau, mais qu'on ne doit
pas non plus attendre que les CPE, les garderies se construisent, on doit aussi
poser des gestes à court terme, notamment pour le milieu familial. Et, encore
une fois, moi, je pense que c'est un travail d'équipe.
La côte, elle est
abrupte à remonter parce que la crise en milieu familial... on a une crise dans
les services de garde en milieux familiaux, elle est commencée depuis 2014. On
perd en moyenne plus de 4 000 places. Donc, je comprends que, dans le
dernier mandat du gouvernement libéral, il n'y a pas eu de solutions qui ont
été mises de l'avant. Maintenant, on en met, nous, de l'avant. Ce n'est pas
notre bilan, mais c'est notre responsabilité de régler la situation. Puis,
encore une fois, j'invite le député de LaFontaine, peut-être, à contribuer à la
réflexion en nous disant, selon lui, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour donner
une place à ces parents-là plus rapidement qu'avant deux ans.
M. Tanguay :
De Québec, M. le Président, Catherine, maman d'Émilie, elle s'adresse au
ministre, que lui répond-il? «Est-ce que vous trouvez normal qu'Émilie ne voie
jamais ses deux parents ensemble, que maman doit s'épuiser en travaillant de
soir et de fin de semaine pour combler le revenu car nous n'avons pas de place
en garderie?» Catherine, de Québec.
M. Lacombe : Bien, on peut
continuer comme ça longtemps, là. Ces témoignages-là, je vais vous dire, je les
reçois depuis longtemps. En fait, je vais vous dire, je les reçois depuis bien
avant que le député de LaFontaine, là, en tout respect, s'intéresse à cet
enjeu-là. Et c'est la raison pour laquelle on fait ce travail-là.
Donc, oui, le réseau, on est en train de le
relancer, mais je pense que tout le monde comprend qu'on part de loin. Posons
la question à tous ceux qui dirigent un CPE ou une garderie, par exemple. Ils
vont vous dire qu'actuellement on avance mais qu'évidemment on ne peut pas
claquer des doigts et voir apparaître un CPE ou une garderie. Donc, c'est clair que, même si on a baissé le délai de
réalisation moyen d'une garderie ou d'un CPE — bon, on était à 48 mois quand on est
arrivé, on est à 36, on baisse ça à 24, maintenant, parce qu'on a coupé dans la
paperasse — il
reste qu'il y a quand même un délai.
Donc, c'est sûr que, pour les familles dont le
drame, là, ou la crise est maintenant, c'est difficile. Moi, je veux leur
envoyer un message d'espoir en disant : Ces places-là s'en viennent. Et,
en plus de ça, à très court terme, ce mois-ci, on fera une très belle annonce
pour relancer notre milieu familial, qui est en crise depuis 2014. Depuis qu'on
est arrivés, on a travaillé là-dessus, en prenant les propositions notamment
des partenaires qui connaissent bien le réseau. On a fait ça en gérant la
pandémie, donc ça nous a ralentis un peu, mais on arrive, ce mois-ci, avec des
solutions à très court terme.
Puis, encore
une fois, j'invite le député de LaFontaine... et c'est son rôle de critiquer l'action
gouvernementale, de rendre le gouvernement imputable de ses décisions, et je le
salue, il le fait d'une façon très vigoureuse, mais ça peut aussi faire
partie
de sa responsabilité de soumettre des suggestions, comme le font la députée de
Joliette et la députée de Sherbrooke, par exemple. Donc, moi, je serais curieux
aussi, s'il le souhaite, d'entendre ses suggestions pour aider ces parents-là.
M. Tanguay : De
Sainte-Thérèse, dans le comté de Groulx, Maude, maman de Charlie, elle
s'adresse au ministre : «Depuis le début du mouvement Ma place au travail,
les réseaux sociaux sont remplis de témoignages de détresse de parents sans place en garderie, allant même jusqu'à
des mentions d'idées suicidaires. Quel soutien comptez-vous apporter à
ces parents dans l'immédiat? La mise en place d'une ligne d'aide et l'accompagnement
de ces parents dans la recherche d'une place sont-ils envisagés?»
M. Lacombe : Bien, d'abord, ça,
c'est assez épouvantable, là, j'imagine bien que... S'il y a des parents qui sont dans cette détresse-là, ils doivent absolument
demander de l'aide. Et je pense que, lorsqu'on est rendus à avoir des
idées suicidaires, là, bien sûr,
on dépasse, là, largement le mandat qu'on a ici, au ministère de la Famille, mais c'est de demander de l'aide, et ce
n'est clairement pas le ministère de la Famille qui peut offrir cette aide-là,
là, on parle d'une aide professionnelle. S'il y a des gens qui nous écoutent — je
sais qu'il y a beaucoup de parents qui nous écoutent et qui sont dans cette situation-là — bien,
moi, je les invite tout de suite à demander de l'aide. Il y a des ressources
qui existent.
De notre côté, c'est clair qu'on peut les
accompagner dans la recherche d'une place. Il y a toujours les équipes du
ministère, au service à la clientèle, qui sont prêtes à donner un coup de main
à ces parents-là, mais, en même temps, ce serait illusoire de croire qu'on va
pouvoir trouver une place pour tous les parents demain matin. L'important,
c'est qu'on prenne les moyens pour régler le problème.
Je l'ai dit, même avec les places actuellement
en réalisation ou sur le point de l'être, il y en a environ 15 000, au Québec, on va
toujours continuer d'avoir un besoin, il va nous manquer 22 000 nouvelles
places. Et, ces places-là, on a bien l'intention de les annoncer et de les
concrétiser. Donc, les parents peuvent compter sur nous. Je vais vous dire, là,
je n'ai pas entendu un gouvernement, dans les dernières années, affirmer aussi
clairement que ça qu'on allait donner une place à tous les enfants du Québec en
en créant 22 000 nouvelles.
Le Président (M. Polo) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à la députée de
Sherbrooke pour un bloc de 7 min 10 s.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. Bon, sur les 51 000 enfants
sur la liste d'attente, il y en a environ 30 000 qui ont plus d'un an, c'est-à-dire que
leurs parents ne touchent plus de prestation du RQAP, et ils se retrouvent avec
une importante diminution de revenus. Mon collègue a lu des témoignages, j'en
ai d'autres. Une maman qui doit retourner travailler fin mai, qui n'a pas de
place. Elle témoigne avoir de la difficulté à payer sa maison, risquer de
perdre son
titre d'ingénieure. Une autre qui dit : «Moi, j'ai starté un
OnlyFans. Donc, après mon congé de maternité, je vais me concentrer là-dessus.
C'est pas mal ça ou rien. Comme beaucoup d'autres mamans, je ne veux pas finir
sur l'aide sociale.» C'est extrêmement inquiétant.
Je sais que le ministre, lui, il est confiant
que, dans quelques mois, il va y avoir des places qui vont s'ouvrir, mais, en
attendant, il faut absolument que le gouvernement propose de l'aide d'urgence
pour ces familles-là. Il nous a demandé des solutions. Et moi, je pense qu'on
ne peut pas laisser les familles se précariser à cause de la négligence des
anciens gouvernements. Donc, je demande au ministre de trouver des solutions.
Quelques pistes : Est-ce qu'on peut
débloquer des fonds d'urgence pour leur offrir une prestation financière en
attendant qu'ils obtiennent une place pour compenser leur diminution de
revenus? Est-ce qu'on peut prolonger les prestations du
RQAP, par exemple? Est-ce qu'on peut modifier, temporairement, le crédit
d'impôt pour frais de garde pour que ça puisse, par exemple, être utilisé par
quelqu'un de la famille temporairement ou même juste pour les territoires en
déficit de places? Est-ce qu'on peut bonifier le crédit d'impôt pour frais de
garde pour permettre d'embaucher quelqu'un qui va pouvoir prendre soin des
enfants à la maison pour permettre aux parents de travailler? Il y en a, des
solutions à court terme en attendant que les places arrivent. Est-ce que le
ministre réfléchit à ça?
M. Lacombe : Bien, j'entends
les suggestions de la députée de Sherbrooke. Il y a d'autres suggestions avec
lesquelles j'ai déjà été plus en accord. Je vais dire, ça peut avoir l'air
intéressant, lancé comme ça, de dire : On va bonifier le crédit d'impôt
pour frais de garde d'enfants. Par contre, du moment où on fait ça, qu'est-ce
qui arrive? Bien, ça a un impact sur tous
les parents, évidemment, qui ont des enfants qui fréquentent une garderie non
subventionnée. Bon, on peut dire : À la fin, ce sera une bonne nouvelle
parce qu'elles paieront moins, mais évidemment il y a un coût qui vient avec
ça, et cet argent-là, évidemment, s'il est investi à cet endroit-là, n'est pas
investi dans la création de nouvelles places dans le réseau.
Donc, moi, je pense qu'on doit concentrer toute
notre énergie, actuellement, comme l'ont fait certains gouvernements précédents...
Je pense, notamment, au gouvernement du Parti québécois, au début des
années 2000, qui a lancé le
développement du réseau et qui est parti, pas de zéro, parce qu'il y avait,
bon, déjà un réseau communautaire, mais qui a mis ça de l'avant sous le
gouvernement de Lucien Bouchard, avec Mme Marois, en disant : Nous,
on va créer ce réseau-là. Les parents, là, ne s'attendaient pas à avoir une
place le lendemain matin. Ils comprenaient, évidemment, qu'il allait y avoir un
délai. Et ils étaient probablement aussi dans la même situation, ce n'était pas
facile, là, à l'époque, là, pour les parents, de trouver une solution.
Moi, je ferais le parallèle en disant : On
est dans la même situation ou à peu près aujourd'hui. On relance le développement du réseau et on dit : Nous, on
va le terminer, on va donner une place à chaque enfant, mais on ne peut
pas, comme en 1997, s'attendre à ce que ce
soit fait demain matin. Il faut nous laisser, évidemment, le temps de le faire.
Je pense que nos intentions sont claires, et c'est vraiment là-dessus, moi, je
pense, qu'on doit concentrer notre énergie.
Mme Labrie : La différence avec
ce qui se passait, à l'époque, c'est qu'aujourd'hui il y a énormément plus de
femmes qui sont sur le marché du travail. Donc, de ne pas avoir de place, pour
elles, ça représente une diminution de revenus très importante pour leur
ménage. Donc, moi, je demande une solution d'urgence financière pour aider ces
familles-là. Je ne prétends pas avoir la meilleure solution. J'émets quelques
pistes, mais je trouve extrêmement problématique
qu'on leur dise juste d'attendre, que, dans les prochains mois, il va y en
avoir, de la création de places.
Tant mieux si c'est le cas, tant mieux si, dans
six mois, dans un an, dans deux ans, dans trois ans, il y a des
places qui se créent puis qu'on finit par compléter le réseau, mais, en
attendant, ces familles-là se retrouvent avec 50 % de leurs revenus. Ce
n'est pas possible, pour elles, d'arriver financièrement, c'est des familles
qui ne réussissent plus à payer leur maison, leur loyer, qui essaient de s'en
trouver un moins cher, qui ne réussissent pas, parce que vous savez c'est quoi,
l'état, en ce moment, sur le marché immobilier. C'est des familles qui doivent
faire des choix extrêmement difficiles dans... même au niveau alimentaire, là,
pour leurs enfants, de se déraciner d'une communauté pour aller vivre ailleurs
pour essayer de se loger moins cher. Donc, moi, ce que je ne peux pas accepter,
c'est qu'on leur dise d'attendre.
M. Lacombe : Je pense qu'au
Québec on a déjà un filet social assez extraordinaire. Je dis ça... pas parce
que tout est parfait, et je ne nie pas qu'encore une fois, pour certaines
familles, c'est un casse-tête quotidien, pour ne pas dire : Un drame
quotidien de ne pas savoir s'ils vont pouvoir retourner travailler ou de ne pas
pouvoir y aller, mais, en même temps, j'ai envie de dire : Il faut aussi
relativiser les choses. Le Québec, c'est un des états, en Amérique du Nord,
sinon au monde, où on a le plus de soutien pour les familles. Si on prend seulement
le mandat du gouvernement actuel, on a bonifié les allocations famille de façon
importante, on a baissé les taxes scolaires, on est revenus au tarif unique
dans les services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés. Donc, on a
aussi remis beaucoup d'argent dans le portefeuille des Québécois. Je pense qu'à
la fin, quand on regarde tout ça, on a posé des gestes importants pour soutenir
les familles puis on va continuer en s'assurant que chaque famille puisse avoir
une place pour ses enfants. Pas dans deux ans. Oui, les places en CPE, les
places en garderie qu'on va annoncer vont prendre deux ans au moins à se
concrétiser parce qu'il faut construire. Par contre, avec la relance du milieu
familial, qu'on va annoncer très prochainement, bien, moi, je pense qu'on sera
en mesure de créer des places beaucoup plus rapidement, mais je vais
dire : Au-delà, même, de créer des places, on va être capables de stopper
l'hémorragie, qui est en cours depuis 2014,
qui fait en sorte que, même si on bâtit, là, des CPE puis des garderies...
Parce que le nombre de places en CPE puis en garderie augmente, sous
notre gouvernement, mais les places en milieu familial baissent.
Mme Labrie : Le Québec, c'est
aussi un des endroits au monde où il y a la plus importante proportion de
femmes qui sont sur le marché du travail.
Mme Labrie : Donc, oui, on a un
filet social plus important ici, mais c'est lié avec le fait qu'on a plus de
femmes qui sont normalement sur le marché du travail. Le filet social, dont le
ministre parle en ce moment, c'est quoi, c'est l'aide sociale? Parce qu'il y a
énormément de mères qui ne sont pas admissibles au chômage, là, après leur
RQAP. C'est ça? C'est ça, le filet social dont le ministre parle?
M. Lacombe :
Non, c'est plus large que ça. Je parle, bien sûr, des allocations famille qui
sont offertes au...
Mme Labrie : Mais, ça, elles
l'ont qu'elles ne travaillent ou pas.
M. Lacombe : Oui, mais ce que
je veux dire, c'est que le gouvernement est là pour soutenir toutes les
familles, place ou pas en service de garde éducatif à l'enfance. On est un des
États les plus généreux avec les familles et, en plus de ça, on a nos services
de garde éducatifs à l'enfance dont le réseau n'a jamais été complété. Donc, ça
a été commencé...
Mme Labrie : Donc, il n'y a
rien qui est prévu pour les familles qui... En ce moment, là, les 30 000 familles qui ont
un enfant, là, de plus d'un an, qui n'ont pas de place dans le réseau, il n'y a
rien de plus qui est prévu pour leur permettre d'arriver en attendant que les
places finissent par être ouvertes?
Le Président (M. Polo) : En
10 secondes.
M. Lacombe : Bien, ce que nous,
on leur propose, c'est une place pour leur enfant. Il en manque 22 000, au Québec, puis
c'est ce qu'on va créer pour eux.
Le Président (M. Polo) : Merci
beaucoup. Je cède la parole à la députée de...
Le Président (M. Polo) :
Pardon? ...au député de LaFontaine pour une durée de 14 min 10 s.
Merci.
M. Tanguay : Merci, M.
le Président. J'aimerais réellement laisser le temps au ministre, puis, s'il
n'a pas la réponse, il pourra revenir cet
après-midi. Maude, là, maman de Sainte-Thérèse, là, qui l'a constaté, puis on
l'a constaté aussi, puis le monde se
parle : détresse parentale, mention d'idées suicidaires. Ce qui est
demandé, c'est une ligne d'aide, une ligne d'aide, l'accompagnement de
ces parents-là. J'aimerais ça... Puis, si le ministre, il n'a pas la réponse,
ce n'est pas grave, là, s'il peut l'avoir cet après-midi, si on peut
publiciser à quel numéro on peut appeler si on doit faire une ligne d'aide,
j'aimerais réellement, là, lui tendre la main là-dessus pour savoir s'il peut
nous revenir avec quelque chose de plus précis, si on peut publiciser ça.
M. Lacombe : Bien, je peux,
tout de suite, vous donner la réponse, là. S'il y a des parents qui,
actuellement, ont des idées idées
suicidaires, bien, la chose à faire, là, si ces parents-là ont l'intention de
passer à l'acte aujourd'hui, là, et que ce soient des parents, des
grands-parents, n'importe qui, qui a des idées suicidaires, en ce moment, c'est
de téléphoner au 9-1-1. Je pense que ça, c'est clair. Et, si ce sont des
parents qui ont besoin d'aide parce qu'ils ne vont pas bien, bien, la ligne,
elle existe déjà, c'est le 8-1-1. À ce moment-là, il y a du soutien qui peut
être donné.
Là, bon, c'est clair que, s'il y a des parents
qui nous écoutent qui sont dans cette situation-là, s'il y a des gens seuls à
la maison, s'il y a des aînés isolés, s'il y a des jeunes, actuellement, qui
trouvent ça difficile parce qu'ils sont coupés
de leurs amis, tout le monde est dans le même bateau, c'est difficile pour tout le monde, actuellement, puis moi, j'invite, bien évidemment, là,
tous ceux qui ont des idées suicidaires à avoir de l'aide le plus rapidement
possible.
M. Tanguay : Et, si,
d'aventure, il y avait d'autres numéros plus, évidemment, spécialisés par
rapport à la demande qui est faite, par rapport à l'aide spécialisée nécessaire,
dans un contexte peut-être également de milieu familial, j'inviterais le ministre,
peut-être, à nous publiciser un autre numéro que le 8-1-1, qui doit sûrement
exister.
M. Lacombe : Bien là, je veux
juste vous dire, là, on ne traite pas les idées suicidaires de parents qui ne
peuvent pas retourner travailler différemment des idées suicidaires d'un aîné
qui est seul à la maison ou des idées suicidaires d'un ado qui est en peine
d'amour, là. Je veux dire, des idées suicidaires, ce sont des idées
suicidaires.
Puis honnêtement, là, je vais rester très prudent,
mais je trouve qu'on va vers un terrain, là, qui commence à être glissant. Moi,
je commence à être mal à l'aise, là, puis je vous dis : Je pense qu'on
doit vraiment rester prudents. S'il y a des parents qui nous écoutent, s'il y a
des aînés qui nous écoutent, s'il y a des jeunes qui nous écoutent qui sont
dans cette situation-là, tout le monde est dans le même bain, il y a des
ressources qui existent. Puis moi, j'incite les gens à consulter, mais
j'espère, là, qu'on reste dans une zone où on est capables de s'élever.
M. Tanguay :
Oui, je pense que Maude, maman de Charlie, Sainte-Thérèse et comté de Groulx,
c'était élevé.
M. Lacombe :
Non, mais c'est à vous que je parlais, ce n'était pas à Maude. C'était à vous
que je parlais, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Je ne tomberai pas là, M. le Président. J'ai repris, mot à mot, sa question au
ministre. Maintenant, Carolann de Québec, maman d'Anaé et de Laurelle :
«Pourquoi toutes les annonces faites jusqu'à présent visent à côté du problème
et ne proposent pas de solution immédiate pour les familles qui ont besoin
d'aide maintenant? Je lui demanderais aussi comment est-ce que mes filles
peuvent croire que toutes les portes s'ouvriront à elles,
alors que le système, nos élus et même le premier ministre ne leur accordent
pas l'importance à laquelle elles ont droit?»
M. Lacombe :
Il y a plusieurs problèmes, il n'y a pas un seul problème. Il y a plusieurs
problèmes qui ont tous besoin d'une solution différente. Donc, il y a
évidemment les parents qui n'ont pas de place. Ça, il faut travailler
là-dessus, il faut créer des nouvelles places. On a, à l'intérieur de ce
problème de places là, un problème spécifique aux milieux familiaux. Donc, dans
les milieux familiaux, la particularité, c'est qu'il faut stopper l'hémorragie.
Donc, ça, il y a une annonce, d'abord, pour les places en installation.
J'ai sauté cette
annonce-là. On a, bien sûr, annoncé le fait qu'on relançait le réseau, on a
fait des appels de projets, et j'ai clairement dit qu'il manque 22 000 places au
Québec, actuellement, incluant celles en réalisation, on va les créer.
Pour le milieu familial, bien sûr, on doit stopper l'hémorragie, c'est un autre
problème, cette annonce-là, elle s'en vient très, très prochainement.
Sur la main-d'oeuvre,
on a fait une annonce de 64 millions de dollars. C'est un autre problème,
la pénurie de main-d'oeuvre, dans nos services de garde éducatifs à l'enfance.
On a aussi des problèmes par exemple, avec nos structures. Les outils qu'on a
pour développer le réseau, au ministère de la Famille, souvent, sont exploités
par des coopératives, par d'autres entités,
elles ont besoin qu'on se pose des questions sur leur fonctionnement. Donc, il
y a une consultation qui est en
cours. Donc, chaque problème devant lequel on est, bien, on lui trouve une
solution qui est appropriée.
M. Tanguay :
Maintenant, que répond le ministre à Marie-Pier, de Rouyn-Noranda, maman de
Jeanne : «Pour les grands-parents de Jeanne qui vont mettre leur retraite
sur pause en attendant qu'elle ait une place en milieu de garde, pas avant
septembre 2022 au minimum, on leur offre quoi? Un gros merci pour leur
bénévolat?»
M. Lacombe :
On leur offre une place, on leur offre une place, c'est là-dessus qu'on est en
train de travailler et qu'on travaille depuis le début du mandat. Et je réitère
ma question et mon invitation très polie et très sincère au député de
LaFontaine, qui n'y a pas encore répondu, s'il a des suggestions, et là on a
l'occasion de le faire, là, il pourrait prendre quelques secondes, à peine
quelques secondes pour nous dire quelles sont ses idées. Et, si ce sont de
bonnes idées qui sont applicables, on va les regarder, mais, jusqu'à maintenant,
je vais vous dire : On n'en a pas. Donc, moi, je suis un gars d'équipe, on
veut régler le problème, on a déjà beaucoup d'idées, il y en a qui ont été
soumises par la députée de Sherbrooke, par la députée de Joliette. Si le député
de LaFontaine en a, ça nous fera plaisir de les regarder aussi. Je serais
curieux, est-ce qu'il en a à nous proposer?
M. Tanguay :
Deux mamans de Rimouski. Marie-Ève, maman d'Antoine : «À quel moment
réglera-t-il la problématique de manque de
places avec des solutions à court terme?» Et Chloé, de Trois-Rivières, maman de
Louis : «Pourquoi il n'arrive pas à
appliquer des solutions à court terme, bien que plusieurs pistes de solution
ont été soumises?»
M. Lacombe :
Bien, on en a mis en application, certaines pistes de solution à court terme.
D'ailleurs, ce qu'a fait Ma place au travail... Je veux quand même prendre,
peut-être, quelques secondes, je suis certain que le député de LaFontaine, qui
arbore, d'ailleurs, l'insigne ce matin, cet après-midi, va me permettre de le
faire, de saluer leur mobilisation. Je le disais, tantôt, ces parents-là sont
très représentatifs des gens de mon entourage, je suis solidaire avec eux, ce sont mes amis, ma famille, des gens
que je connais qui sont aussi en attente d'une place pour leurs enfants.
Donc, je veux saluer leur mobilisation, parce que je trouve que, quand les gens
se mobilisent, et je dis souvent ça aux gens dans ma circonscription, quand on
se mobilise, il reste toujours quelque chose de ça. Puis on ne peut certainement
pas blâmer des gens, des jeunes pères ou mères de famille de se mobiliser pour
réclamer des places en service de garde éducatif à l'enfance.
Donc, moi, je veux quand
même saluer leur engagement et leur dire que, parmi toutes les suggestions
qu'ils ont reprises... Parce qu'ils ont fait, bien sûr, le tour des CPE, par
exemple, des garderies privées, des syndicats et, je pense, des oppositions, je
suis pas mal certain, pour prendre certaines des idées qui avaient déjà été
énoncées, qui nous avaient souvent déjà été faites au gouvernement, ils ont mis
tout ça en commun en nous disant : Voici tout un bouquet de mesures que
vous pourriez mettre de l'avant pour régler le problème. Et il y en a
certaines, là-dedans, qu'on a mises de l'avant, il y en a d'autres qu'on a
appliquées, de notre côté, je pense, par exemple, à la localisation temporaire.
Ça, ce n'est pas banal ce qu'on dit. Maintenant, c'est : si un CPE ou une
garderie a obtenu des places et qu'il trouve un local temporaire pour les
offrir pendant que le bâtiment se fait construire, bien, on va tout de suite
émettre le permis, on va verser le financement pour que les parents puissent y
avoir accès tout de suite.
Donc, on pense
vraiment en dehors de la boîte, depuis qu'on est arrivés, pour faire en sorte
que ces places-là sortent le plus rapidement possible. Et tout le travail qu'on
a fait, dans les deux premières années... Je fais toujours la comparaison avec
le printemps, là, on est arrivés, il y avait des roches, des mauvaises herbes
dans le champ, on a nettoyé ça, on a labouré, on a planté, on a arrosé, et là
c'est le printemps, et c'est comme... Dans la nature, là, tout ça va se mettre
à pousser en même temps et ça arrive au courant de l'été. Donc, on devrait
avoir une excellente année, entre 5 000
et 7 000 places
mises sous permis, en installation, en plus de toutes celles qu'on réussira à
créer en milieu familial avec l'annonce qui s'en vient.
M. Tanguay :
Maintenant, Mélissa de Trois-Rivières, maman de Léa : «Qu'avez-vous comme
plan pour les familles qui sont sur le point de tout perdre, car ils n'arrivent
pas à payer leurs comptes, faute de place en garderie?»
M. Lacombe :
Le plan qu'on a pour elle, c'est de mettre des mesures en vigueur très
rapidement. Donc, je le disais, parce que ce qui est intéressant, quand même,
dans les exemples, dans les cas qui nous sont rapportés, très justement, par le
député de LaFontaine, c'est que la réalité des familles, vous voyez, elle n'est
pas très différente d'une famille à l'autre. Il y a beaucoup d'enjeux qui se
rejoignent.
Donc, à tous ces parents-là, clairement, je leur
réponds qu'on n'attend pas que les CPE ou les garderies se construisent pour
agir. Oui, on agit pour que ça se fasse encore plus vite. On est passés de
48 mois à 36 mois, puis là on vise
24 mois maintenant pour réaliser une garderie ou un CPE, pour le
construire. Ça, c'est notre bilan, là. Pourquoi ça n'a pas été fait
avant? Je ne sais pas, mais nous, on trouvait ça important de le faire, on l'a
fait, mais il ne faut quand même pas attendre ça, puis il faut miser sur le
milieu familial, qui est beaucoup plus flexible et qui est beaucoup plus
accessible aussi, je dirais, en région. Donc, il faut vraiment s'assurer de
miser sur ce milieu-là où, les places, honnêtement, on peut les créer très
rapidement parce qu'on n'a pas d'infrastructure à construire.
Mais, en plus de ça, il faut stopper l'exode. Il
y a beaucoup d'éducatrices ou de responsables, plutôt, de services de garde en
milieu familial qui décident de quitter chaque année. Donc, le bilan moyen net,
donc incluant les créations de places et les
départs, bien, il est négatif de 4 000 places
par année depuis 2015. Donc, ça, il faut stopper ça. Et, si on y arrive,
moi, je pense qu'on va y arriver avec notre annonce qui s'en vient, bien, on
sera en mesure de donner des places rapidement à ces familles-là.
M. Tanguay : Leslie,
d'Amos en Abitibi-Témiscamingue, maman de Milan : «Que comptez-vous faire
dans l'ici et maintenant financièrement pour les parents qui tombent entre les
failles du système : pas accès à la Prestation canadienne de relance
économique pour les proches aidants, ni au chômage, considérant qu'ils
finissent leur RQAP et n'ont pas accès à un milieu de garde?»
M. Lacombe : Ce n'est
clairement pas facile pour ces familles-là. Moi, je l'ai déjà vécu, M. le
Président, puis ça ne fait pas tellement longtemps. À ce moment-là, j'étais
chef d'antenne à TVA Gatineau, à Ottawa, et je terminais, en même temps,
mon bac à temps plein avec un bébé à la maison. Et, à ce moment-là, la mère de
mes enfants et moi, on se demandait bien comment on allait faire pour arriver,
là. Moi, je finissais tout juste l'université. En fait, je n'avais pas encore
commencé à TVA à ce moment-là, je n'avais pas d'emploi permanent, ma conjointe,
à ce moment-là, qui est la mère de mes enfants, était dans une situation qui
était aussi précaire, et on se l'est posée, cette question-là. Bon.
Moi, je comprends très bien, là, ce n'est pas du tout déshumanisé. Non seulement il y a des gens autour de moi qui vivent ça, mais je l'ai vécu
il y a à peine cinq ou six ans. Donc, je comprends très, très bien ça, puis
vous pouvez être sûr que, quand je prends des décisions, je garde toujours ça
en tête, parce que moi,je ne sais pas pour le député de LaFontaine, mais moi,
ce stress-là, je sais très bien ce qu'il est parce que je l'ai déjà vécu il n'y
a pas longtemps.
M. Tanguay : M. le
Président, les deux premiers blocs des crédits nous auront permis d'entendre la
voix. On avait vu le visage des parents qui sont sur la liste d'attente, plus
de 51 000, c'est important,
pour nous, de leur donner la parole, et ce sont leurs mots. Et je vais laisser
du temps au ministre pour prendre... il reste du temps uniquement pour une
dernière intervention, on en aurait eu beaucoup d'autres de partout au Québec.
La dernière question sera celle de Laurence de
Saint-Jérôme dans les Laurentides, maman d'Ophélie et d'Édouard : «Je lui
demanderais pourquoi cet enjeu n'est pas une priorité urgente à ses yeux. Que
diriez-vous à une femme qui ne peut retourner travailler et qui,
financièrement, n'y arrive pas?»
M. Lacombe : Je vais dire à
cette maman et à cette femme-là que le gouvernement du Québec, actuellement, en fait une priorité et qu'il s'est engagé à
compléter le réseau des services de
garde éducatifs à l'enfance, qui a
commencé à être construit il y a 25 ans. Donc, ce n'est pas anodin, là, ce
que je suis en train de vous dire, je suis en train de vous dire que les 22 000 places
manquantes, au Québec, on va les créer. On va non seulement les annoncer, mais
on va aussi les créer.
Donc, je pense que je ne peux pas être plus
clair que ça, le premier ministre, lui-même, l'a dit, les mots sont sortis de sa bouche, on a très clairement annoncé
notre intention, je vous la répète aujourd'hui. Donc, à ce que je sache,
ce n'est pas quelque chose qui a été dit, qui a été fait par le précédent
gouvernement. Nous, on le dit, on l'assume, on a cette ambition-là pour les
enfants du Québec, qu'ils puissent tous et chacun avoir une place pour que
leurs parents puissent aller travailler puis pour qu'eux puissent développer
leur plein potentiel. Donc, les parents du Québec peuvent compter sur nous. Ils
ont un gouvernement qui veut terminer le réseau qui a été commencé il y a
25 ans.
Le Président (M. Polo) :
20 secondes.
M. Tanguay : J'ai
terminé, M. le Président. On a eu l'occasion, encore une fois, comme on l'a
mentionné de... après avoir mis le visage de la crise, les témoignages sont là.
il y en a encore beaucoup, beaucoup d'autres. Puis on va continuer le combat,
M. le Président, parce que la situation, elle est intenable partout au Québec.
Le Président (M. Polo) : Je
cède maintenant la parole à la députée de Joliette pour une durée de
7 min 10 s.
Mme Hivon : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, salutations au ministre, à toute son équipe
et à mes collègues. Nous sommes dans la
salle Pauline-Marois, donc je voulais quand même faire un clin d'oeil à Mme Marois...
M. Lacombe :
C'est vrai, c'est vrai, vous avez raison.
Mme Hivon : ...qui
est la mère de la politique familiale, et du réseau de nos services de garde
éducatifs, et des CPE. Et donc j'espère
qu'elle va nous inspirer et inspirer le ministre pour les changements majeurs
et les mesures majeures qui doivent être mis en place.
Je vais vouloir vraiment lui parler de la
pénurie d'éducatrices, mais, juste avant, je veux être certaine d'avoir bien
compris qu'à travers toutes les propositions qui ont été faites, que ce soit
par nous ou par les membres de Ma place au travail, qui sont très actifs, tout
ce qui est mesure à court terme, d'aide financière, de crédit d'impôt, de
prestation pour essayer de passer à travers les prochains mois, donc, de la
crise, en attendant que ces gens-là, ces femmes-là, en grande majorité, aient
une place, c'est exclu de la part du ministre.
M. Lacombe : La priorité qu'on
s'est donnée... et toutes mes énergies sont concentrées sur l'objectif de
pouvoir, d'ici quelques années mais à très court terme, pour beaucoup de
parents, être en mesure de garantir une place pour chaque enfant. C'est
vraiment là-dessus, là-dessus qu'on met toutes nos énergies, en plus, je
veux le dire, là, en quelques
secondes, d'avoir bonifié quand même l'Allocation
famille pour toutes les familles du Québec, d'avoir aboli
la taxe scolaire, d'avoir, par
exemple, fait un retour au tarif
unique. Donc, moi, je pense que les familles québécoises, à l'heure où
on se parle, sont beaucoup mieux servies, en termes de prestations gouvernementales,
qu'elles l'étaient il y a deux ans.
Mme Hivon :
J'invite le ministre à garder une ouverture par rapport à ça, parce que
lui-même est bien conscient que, même s'il nous dit qu'il va y avoir des
annonces de places, on a bien hâte de voir ça, avant que ça se concrétise, ça
prend du temps. Donc, je pense qu'il doit sentir le désespoir et les impacts
énormes que les familles du Québec traversent en ce moment, principalement les
femmes, pour avoir cette ouverture-là, de penser à des moyens à très, très
brève échéance de les aider à passer à travers la crise.
Je veux lui parler... Je vais revenir, évidemment,
sur toute la question des places, en après-midi, là, mais je veux... Parce
qu'on peut annoncer des places, puis on espère qu'il va y en avoir, mais, si on
n'a pas d'éducatrices puis on n'a pas, donc, de personnel qualifié pour offrir
ces services de garde là, on va avoir tout un problème. Et donc, cette semaine, il y a eu deux déclarations
assez marquantes du premier ministre. La première, c'est qu'on a appris que, pour le premier ministre, là, un emploi qui
est en bas d'une rémunération de 56 000 $
par année, c'est un problème.
Puis, par
ailleurs, il a fait une sortie, dimanche dernier, dans le cadre des
négociations de conventions collectives, où il a mis de l'avant quelques professions. Et il a dit,
essentiellement, que, pour les autres, on ne pouvait pas s'attendre, là, à de grands miracles. Et il n'a pas nommé les
éducatrices comme étant un groupe prioritaire, ce qui m'a énormément
surprise et déçue, parce que c'est un métier qui doit être valorisé en soi
compte tenu leurs compétences. C'est la
technique, j'imagine que le ministre sait ça, qui est la moins bien rémunérée,
lorsque les femmes, en grande majorité, complètent le travail, et il n'a
pas été ciblé. Et c'est d'autant plus essentiel que nous traversons la pénurie
que nous connaissons à l'heure actuelle. Donc, évidemment, et comme le
rappelait des femmes mobilisées, aussi, dans l'autre mouvement, le casse-tête
rouge, cette fois, Valorisons ma profession, l'urgence devrait être de stopper
l'hémorragie.
Donc, moi, je
veux savoir : Est-ce que le ministre va faire entendre raison au premier
ministre sur l'urgence de donner des conditions de travail grandement
rehaussées? Parce que je lui rappelle que le salaire d'une éducatrice est de
16,75 $, quand elle commence, un manoeuvre en construction, 35 $ de
l'heure. Donc, vous imaginez la différence pour
des femmes pourtant très qualifiées. Est-ce que, donc, il s'engage à un
rattrapage salarial massif pour les éducatrices?
M. Lacombe : Bien, d'abord, je
veux dire, je pense qu'on a déjà envoyé des signaux très positifs. Je vais vous
dire pourquoi. Dernières négociations avec les responsables de services de
garde en milieu familial, bon, publiquement, je pense que c'est une évidence
qu'il y avait de la tension, là, parce que les responsables de services de
garde en milieu familial sortaient d'une négociation précédente où ça avait été
très, très difficile, où elles avaient terminé la négo avec 4 % seulement
d'augmentation. Donc, c'est clair que ce genre d'augmentation là, très minime,
ça tend à creuser un fossé. Dans le cas de la dernière négo, qui était la
première sous notre gouvernement, on a terminé cette négociation-là à 12 %
d'augmentation. Et, en plus de ça, on a aussi dit... on était aussi d'accord
pour mettre sur pied un comité qui se penche...
Mme Hivon : M. le
Président, je vais revenir sur les éducatrices en milieu familial, mais là je
parle vraiment des éducatrices dans le secteur public qui sont, en ce moment
même, là... Vous avez l'occasion, en ce moment, de leur montrer que leur
travail est important.
M. Lacombe : Les négos
commencent, oui. Bien, je trouve que c'est quand même pertinent de voir d'où on
part pour voir où on va. C'est important de savoir d'où on part pour savoir où
on va. Et, dans le cas des éducatrices en milieu familial, je pense qu'on a
très bien démontré qu'on pense que c'est une profession, un emploi qui est
important, puis on a été beaucoup plus généreux que l'an passé.
Donc, je pense que, quand on regarde ça, ça peut
vous mettre dans l'état d'esprit qui correspond à la négo qui commence,
c'est-à-dire on n'ira certainement pas avec des hausses faméliques comme ce qui
a été le cas dans le passé. Nous, on pense qu'elles font un bon travail. Moi,
je pense qu'elles font un bon travail, un travail qui mérite de voir la... un travail qui fait en sorte qu'elles
méritent de voir leur rémunération augmenter. Les négociations
commencent, et ces discussions-là vont avoir lieu à la table de négo.
Mme Hivon :
Je suis surprise d'entendre le ministre dire que les négociations commencent,
parce que ça fait un an. Même, le gouvernement avait dit qu'il fallait activer
les choses en début de pandémie, mais...
M. Lacombe : Bien, ils viennent
de déposer, là... Bien, je ne veux pas entrer là-dedans, là, mais il n'y a pas
de chicane, là. Actuellement, là, le processus commence.
Mme Hivon : Ce
que je veux juste dire au ministre, c'est que j'aimerais qu'il prenne
l'engagement que, pour lui, c'est un combat fondamental puis qu'il va
convaincre son premier ministre que les éducatrices... La prochaine fois qu'on
va entendre le premier ministre parler publiquement, il va les nommer, parce
que, oui, elles sont une
partie fondamentale de la solution.
En ce moment, vous savez quoi, M. le ministre,
il y a des éducatrices qui laissent leur travail pour aller travailler dans la
restauration, des exemples en Abitibi, sur la Côte-Nord, parce que c'est plus
payant. Ça n'a aucun sens quand ces femmes-là ont un D.E.C., quand ces
femmes-là ont des années d'expérience et qu'elles s'occupent de la prunelle de
nos yeux.
L'autre élément, bien sûr, ce sont les
éducatrices en milieu familial. Et ce qui est très consternant, c'est que le
ministre nous dit que la crise...
Le Président (M. Polo) :
Désolé, Mme la députée de Joliette, le temps est écoulé.
Mme Hivon : Oui.
On va continuer ça cet après-midi.
Le Président (M. Polo) : Compte
tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
Merci à tous.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente
(Mme David) : Alors, nous allons reprendre nos travaux. Je
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet
Famille des crédits budgétaires du portefeuille Famille pour l'exercice financier 2021‑2022.
Cet après-midi, 2 h 45 min seront
allouées à l'étude de ce projet, et les blocs d'échange seront d'une durée
d'environ 15 à 22 minutes. M. le ministre est accompagné du Curateur
public et de son équipe.
Alors, nous
commencerons avec un bloc d'intervention de l'opposition officielle. M. le député de LaFontaine, la parole est à vous. Vous avez
21 min 20 s.
M. Tanguay : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, heureux de vous retrouver. Merci de présider nos
travaux. Puis moi et M. le ministre, on va essayer de ne pas trop vous rendre
la vie difficile cet après-midi, ça fait qu'on va essayer de bien se comporter.
Ça commence toujours avec de belles intentions, mais je pense qu'on devrait
être capables d'y arriver.
J'arbore le logo, Mme la Présidente, du
regroupement Valorisons ma profession, qui est un casse-tête rouge, et, ce
matin, c'était le casse-tête violet, ou mauve, de Ma place au travail. Et
maintenant le casse-tête rouge, qui compte, à l'heure actuelle,
5 500 éducatrices et éducateurs sur leur groupe privé, et, évidemment,
Valorisons ma profession, c'est les éducatrices et les éducateurs qui joignent
le mouvement de Ma place au travail. Alors, je suis très heureux, je les salue,
très heureux d'arborer leur logo. C'est important.
Mme la Présidente... Puis là on essaie toujours
de gérer, là, je sais qu'on a beaucoup de blocs, on a du temps, mais on a
tellement d'informations qu'on s'adapte. Alors, ce matin, j'ai posé une
question au ministre relativement à la publicité qui a été retenue par les
parents de Leïa dans L'info du Nord de Sainte-Agathe. C'est un quart de
page avec trois photos de Leïa. Cet échange-là a fait l'objet d'un
article sur
le site de Radio-Canada, signé par Thomas Gerbet. Et le journaliste Thomas
Gerbet a parlé à la mère de la petite Leïa, et il la cite, Mme Kim Légaré,
et je la cite : «On ne peut pas se permettre qu'un de nous deux ne
travaille pas.» Fin de la citation. Quand on parle réellement du visage de la
crise, on en donne un exemple.
Moi, Mme la Présidente, vous ne m'entendrez jamais
condamner les parents qui sont à bout de ressources, qui ne savent pas comment
s'y prendre pour avoir une place. Les C.V., jadis, étaient envoyés uniquement
de façon privée aux décideurs. Par la suite, il y en a quelques-uns qui sont
arrivés sur les réseaux sociaux, et, par la suite, bien, ce que l'on voit, à partir d'aujourd'hui, que moi, j'ai constaté. Puis ce
n'était l'objectif, là, aucunement, de condamner les parents, loin de
là, ils ne savent pas à quel saint se vouer, mais, quand on est rendu à retenir
une page de publicité dans l'hebdo, je pense que ça démontre réellement
l'ampleur du... Ils ne font pas ça de gaieté de coeur, Mme la Présidente, là,
réellement pas, là. Des commentaires que l'on peut voir de l'article de Thomas
Gerbet, ils ne font pas ça de gaieté de coeur. Ils ont besoin de solutions
tangibles immédiatement, là, dans l'immédiat. Et j'aimerais permettre au
ministre de réagir à cet article, qui fait suite à notre échange ce matin.
La Présidente
(Mme David) : M. le ministre.
M. Lacombe :
Merci, Mme la Présidente. Ça me fait plaisir de vous retrouver pour la première
fois. C'est la première fois qu'on a l'occasion de travailler ensemble en
commission, comme ça.
Je vais continuer sur
la lancée de ce matin, parce qu'encore une fois le député de LaFontaine nous
soumet le témoignage d'une famille pour qui c'est tout un casse-tête. Et, comme
lors de toutes les interventions ce matin, je vais redire que c'est pour ces
parents-là, et je le répète parce que c'est fondamental, c'est pour ces
parents-là qu'on fait le travail qu'on est en train de faire. C'est pour ces
parents-là qu'on a décidé, au tout début du mandat, de relancer le
développement du réseau.
Le véhicule, là, il
était encrassé dans la rouille, si je peux vous donner une idée. Il a fallu le
repartir. C'est difficile, ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais ce
n'est pas parce que c'est difficile qu'il ne faut pas le faire. Donc, ça, on
l'a fait, et toutes les places qui dataient de 2011 et 2013, on les a relancées.
Actuellement, il y a 10 000 places qui sont en réalisation, au
Québec, donc qui sont entre les mains des promoteurs. La plupart des rubans vont se couper cette année. Seulement pour cette
année, ce sera de 5 000 à 7 000 places qui seront mises sous
permis. Donc, on a fait le ménage dans ce qui datait d'il y a longtemps.
En même temps, on a continué de lancer des appels de projets. Seulement cet
été, il y a autour de 5 000 nouvelles places qui vont être attribuées
à des nouveaux promoteurs qui vont pouvoir partir et construire.
Et, en même temps, je
le répète parce qu'encore une fois c'est fondamental, on n'attend pas que ces
CPE et ces garderies se construisent non plus pour offrir une solution aux
parents. On est conscients que, malgré tout, même si on a relancé le
développement, puis ça, c'est majeur, ça prend aussi une réponse à plus court
terme pour répondre à la crise qu'on connaît en milieu familial, qui a commencé
en 2014.
Donc, c'est la raison
pour laquelle, dans les prochains jours, j'aurai l'occasion de faire une
annonce pour relancer le milieu familial, pour, d'une part, nous assurer qu'il
y ait moins de départs, parce qu'on perd des places, et que, de l'autre côté,
on réussisse à en créer davantage. Donc, plutôt que d'arriver à la fin de
l'année avec une perte moyenne nette, comme actuellement, depuis 2015, d'un peu
plus de 4 000 places, bien, on arrivera avec un gain à chaque année.
Donc, c'est le pari qu'on fait pour répondre aux besoins de cette maman-là,
notamment.
Présidente (Mme David) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Alors, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci, Mme la Présidente. Le ministre vient de faire référence à une perte
moyenne de 4 000. À quoi faisait-il référence, perte moyenne annuelle de
4 000?
M. Lacombe :
C'est la perte de places en milieu familial. Donc, si on retourne à 2015 et
qu'on fait la moyenne jusqu'à aujourd'hui, en moyenne, à chaque année, on perd
4 000 places. C'est la moyenne nette. Donc, bien sûr, il y a de la
création, mais il y a aussi des départs. Ça fait qu'au net on perd
4 000 places par année.
M. Tanguay : Quand le ministre est arrivé en poste, je me
rappelle, le 20 février 2019, point de presse important, il en avait fait une obsession, à l'époque, c'était
8 000 places en milieu familial non utilisées. Par la suite, on a eu
quelques échanges soit dans les crédits soit
dans les interpellations. C'était, à un moment donné, rendu à
13 500 places. Puis là le dernier
chiffre que nous avions, je pense que c'est lors d'une interpellation... non,
lors des crédits, le 20 août 2020 — le 20 nous suit, 20 février 2019 — c'était
rendu 24 000. À l'heure où on se parle, c'est rendu combien?
M. Lacombe :
Là, vous parlez du nombre de places qui ne sont pas réparties?
M. Tanguay :
En milieu familial, non occupées.
M. Lacombe :
Qui sont non occupées?
M. Tanguay :
Oui, sur le 91 000, j'y vais de mémoire de total, là. C'est-tu ça? En
milieu familial, il y en a combien qui ne sont pas utilisées par manque
d'éducatrices?
M. Tanguay : 22 000? O.K. Est-ce que le chiffre d'août 2020, à
24 000, n'était pas bon? Parce que, là, c'est comme si on avait eu un gain
de 2 000. Je vois une dame qui fait non de la tête, là.
M. Lacombe :
Est-ce que vous souhaitez qu'elle réponde? C'est notre sous-ministre.
M. Tanguay :
Ah bien, oui, tout à fait. Si elle le désire, je le sollicite.
M. Lacombe :
C'est vous, la dame, Mme Julie Blackburn, sous-ministre au ministère
de la Famille.
Présidente (Mme David) : Alors, est-ce qu'il y a consentement?
Oui? Ça doit.
M. Tanguay :
Oui, oui, pardon. Consentement. Oui, oui.
Mme Blackburn (Julie) : Bien,
en août dernier, on parlait vraiment de 22 000.
Mme Blackburn
(Julie) : Donc, on est à 22 000.
M. Tanguay : Ah, O.K.,
donc, ça... O.K. Mais, à l'époque, puis le ministre pourra me le confirmer, on
parlait vraiment de 24 000, dans ce qu'on disait, là, dans l'échange du
20 août 2020. Je me rappelle c'est la collègue de Joliette qui avait
soulevé ça, puis qui avait fait dire 24 000.
M. Lacombe : Écoutez, il
faudrait peut-être que...
M. Tanguay : Je peux
gager une piastre avec le ministre, là, mais je vais gagner ma piastre,
M. Lacombe : D'accord. Je ne
gagerais pas ma paie de la semaine, ceci dit, là-dessus, là, mais ce que je peux vous dire c'est qu'actuellement le nombre de
places qui ne sont pas réparties, là, parce qu'on manque d'éducatrices
ou... de responsables, plutôt, de services de garde en milieu familial,
s'établit à 22 000.
M. Tanguay :
Bon, à cette heure qu'on a le vrai chiffre, donc, depuis août, il était... puis
je vois Mme la sous-ministre, il était, donc, août 2020, de
22 000. Depuis, on a vu qu'il y a eu, bon, de l'information à l'effet que
beaucoup de milieux familiaux ont fermé. Ce chiffre-là n'a pas évolué à la
hausse? Il n'y a pas d'autres places qui sont, depuis août 2020,
inoccupées?
Mme Blackburn (Julie) : Bon,
bien, je veux juste rappeler qu'en août 2020, je pense que c'est
l'opposition qui a parlé de 24 000, mais ce n'est pas en août qu'elle en a
parlé, de 24 000, c'est à l'interpellation du mois de mars. Puis nous, le
chiffre, c'était 22 000. En août, on était à 13 000, comme vous avez
parlé tout à l'heure. Ça fait que, là, je pense qu'il y a une confusion dans
les chiffres, mais pour vous dire qu'en août on était à 13 000. Après la
lecture du mois de décembre, on est tombé à 22 000.
M. Lacombe : Donc, c'est un peu
le même principe que pour le reste, là, la dernière lecture qu'on a est à
22 000. Moi, je vais vous dire, ça me préoccupe, là, ce
22 000 places qui ne sont pas accessibles en ce moment à des
tout-petits, à leurs familles parce qu'on n'a pas assez de responsables des
services de garde pour les offrir, donc c'est la raison pour laquelle je vais
faire une annonce, prochainement.
M. Tanguay : M. le
ministre, votre piastre est-elle prête?
M. Lacombe : J'ai dit que je ne
gagerais pas ma paie de la semaine là-dessus.
M. Tanguay : Ou c'est
Mme la sous-ministre qui va me devoir une piastre?
M. Tanguay : Crédits,
20 août 2020, ministre, ouvrez les guillemets : «Le nombre de
places en milieu familial qui sont réellement occupées est de 67 691.
Donc, si on fait le calcul, il y a quelque 24 000, si on arrondit, places
qui ne sont pas occupées.»
M. Lacombe : Bien, écoutez,
moi, le chiffre que je vous donne, aujourd'hui, c'est 22 000. Là, je pense
qu'on peut s'entendre, là, qu'il y a des variations mais aujourd'hui...
peut-être qu'à l'époque, je me suis trompé, c'était peut-être un lapsus, comme
lorsque je vous ai dit tantôt qu'on avait aboli la taxe scolaire, c'était un
lapsus.
M. Tanguay : Ce n'était
pas une annonce.
M. Lacombe : Ce n'était pas une
annonce, sinon je ne me ferai... il y a peut-être des gens qui seraient
contents mais je ne me ferai pas d'ami dans l'équipe ministérielle. Je dois
vous dire, aujourd'hui, c'est 22 000.
M. Tanguay : O.K.,
22 000, et je reviens avec ça juste pour être parfaitement sûr, parce que
je trouve ça un peu difficile à concevoir que, depuis, donc, août, ce
chiffre-là est resté stable, il n'a pas bougé.
M. Lacombe : Bien, c'est la
dernière lecture qu'on a.
M. Tanguay : Parce que,
ce matin, M. le ministre, vous avez dit : Le problème, c'est le
milieu familial.
M. Tanguay : Ça fait
que, tout de suite, moi, j'avais le 24 000 puis j'ai dit je vais lui
poser, après-midi, la question, le 24 000, il est-tu rendu à 28 000?
À 30 000?
M. Lacombe :
On est à 22 000. La dernière lecture qu'on a est à 22 000.
M. Tanguay :
O.K. À quoi faisiez-vous référence ce matin? Vous avez dit : Le
problème — parce
que vous avez dit ça, je paraphrase, là — c'est le milieu familial,
c'est ça, le problème.
M. Lacombe :
Bien, c'est qu'on a une crise en milieu familial. Vous vouliez que je
reconnaisse l'existence d'une crise, il n'y a pas si longtemps, la crise, elle
existe dans le milieu familial, c'est le secteur...
M. Tanguay :
Puis pas ailleurs?
M. Lacombe :
Bien, ailleurs, je dirais qu'il y a des casse-têtes quotidiens pour des parents
qui veulent une place, mais la création, elle roule, donc il y a une
augmentation, année après année, du nombre de places en CPE, en garderie
subventionnée. Par contre, en milieu familial, l'essentiel de la crise, la
raison pour laquelle c'est une crise, c'est qu'on perd des places à chaque
année, donc on recule. Si on n'agit pas, on recule.
M. Tanguay :
O.K. Vous, ce matin, vous m'avez fait grief, puis, vous avez vu, je ne suis pas
tombé dans cette... de ne pas avoir fait de
proposition. Vous avez bien vu qu'on avait fait une proposition pour les
milieux familiaux, entre autres. La première proposition, c'était un
incitatif, 3 000 $ — puis on pourra me dire : Ah! ce
n'est pas 3 000 $, c'est 4 000 $, c'est 2 000 $ — un
incitatif pour que des nouveaux milieux ouvrent.
M. Lacombe :
Donc, entre 2 000 $ et 4 000 $, vous seriez heureux.
M. Tanguay :
Bien, on proposait 3 000 $. Si c'est moins que 3 000 $, je
vais l'être un petit peu moins que je serais heureux à 4 000 $,
disons ça de même.
M. Lacombe :
O.K. C'est noté.
M. Tanguay : Ça, c'est une
chose. Pour qu'elles ouvrent les... pour que des femmes, parce que c'est
majoritairement des femmes, en milieu
familial, ouvrent, donc un incitatif de 3 000 $. Ce qui, grosso modo,
représente, à peu près, selon ce qu'on avait vu... Puis le ministre et
moi, on avait eu un débat l'an passé... avec, entre autres, la négociation en milieu familial, ils gagnent un peu plus — ils gagnaient à l'époque moins que le
salaire minimum, là, on verra combien ils
vont gagner avec les négociations — mais ce qui représente un 10 % de
bonification de leur rémunération. Si on offrait un 3 000 $, c'est à peu près 30 000 $,
31 000 $, selon les chiffres que nous avait donné, à l'époque
également, la FIPEQ.
Aussi, pour stopper
l'hémorragie, un incitatif pour celles qui sont déjà là, une bonification sur
trois ans. 3 000 $, an un, 3 000 $, an deux,
3 000 $, an trois, sur ça, pour arrêter l'hémorragie. Bon. On dit
qu'ils étaient à 22 000 $, puis ça n'a pas bougé depuis août. Le
ministre aura-t-il des propositions pour les éducatrices en milieu familial
actuelles, pour ne pas qu'elles quittent?
M. Lacombe :
On va faire une annonce dans les prochains jours, donc, évidemment, je ne
«scooperai» pas mon annonce.
M. Tanguay :
Mais je ne lui parle pas de son sept, huit, neuf, là, autre que le... Je le
sais, il l'a annoncé, il va donner quelque
chose, un bonus. Pour que celles qui sont à six puissent décider de passer à
sept, huit ou neuf, elles doivent engager une ressource, donc vous allez
sûrement annoncer, vous l'avez annoncé sur toutes les tribunes, il va y avoir quelque chose pour les inciter à, mais celles qui
veulent rester à un, deux, trois, quatre, cinq, six, peut-être qu'elles se
posent la question. Parce qu'aussi ce n'est pas toutes, là, qui ont le goût de
faire sept, huit, neuf, puis d'engager quelqu'un.
M. Lacombe :
Je comprends.
M. Tanguay :
Il va-tu y avoir quelque chose pour elles, un à six?
M. Lacombe :
Il va y avoir un plan complet. Moi, je vais dire que c'est un plan pour
relancer le milieu familial. Puis, bon, les gens qui nous écoutent peuvent
croire que j'ai l'air de ne pas vouloir répondre à la question, puis ils ont raison, je ne veux pas y répondre
parce que l'annonce, elle n'est pas prête. Évidemment, je ne ferai pas
un fragment d'annonce aujourd'hui, je vais attendre, mais dans quelques jours,
là, sinon quelques semaines — mais je préfère dire quelques jours — on
sera capables.
M. Tanguay :
O.K., mais est-ce qu'elles vont avoir quelque chose? Est-ce qu'elles vont être
incluses, celles qui sont à un, deux, trois, quatre, cinq, six?
M. Lacombe :
Vous aurez la surprise à ce moment-là, mais je vais vous dire, moi, je pense
que vous allez être content, M. le député de LaFontaine. Je pense que vous
allez avoir... vous n'aurez pas beaucoup de... je pense, vous allez avoir plein
de bonnes raisons de vous réjouir.
M. Tanguay :
Ça fait que vous ne me donnerez pas d'autres raisons de vous poser une question
en Chambre, là.
M. Lacombe :
Bien, je pense que vous allez continuer, puis vous faites bien. C'est votre
rôle, vous le jouez bien.
M. Tanguay : Une
question que j'ai retenue, mais là je vais la poser là, là, que j'aurais pu
vous poser, là : Il faut que vous m'expliquiez le PQI.
M. Lacombe : Oui. J'ai un
tableau.
M. Tanguay : Bon. Moi
aussi, j'en ai un. J'espère qu'on a le même.
M. Lacombe : Je pensais que ça
allait être la députée de Joliette, là, qui allait sortir son tableau. On vient
de la «scooper».
M. Tanguay : Moi, j'ai
le tableau à B.91, là. Ça ressemble-tu à ça, là? B.91.
M. Lacombe : Bien, moi, j'ai un
tableau pour démystifier le PQI en petite enfance, parce que ce n'est pas la
même chose que pour les écoles ou pour la santé.
M. Tanguay : O.K. Bien
là, je suis au niveau d'investissements au PQI, Bonification du parc . Et
ici on est dans, évidemment, sous le
chapitre 2.17, là, Services de
garde éducatifs à l'enfance , Bonification du parc . Je ne sais pas si
vous êtes à la même ligne que moi. Je vous dirais que, l'an passé, le PQI,
services éducatifs à l'enfance, qui était le
même chapitre, là, 2.17.1, services
éducatifs... Services de garde — pardon — éducatifs
à l'enfance , Bonification
du parc , l'an passé, le budget prévoyait, pour 2021‑2022, 70 millions,
et, pour 2022‑2023, 40 millions. 2022‑2023, c'est l'année prochaine. Là, ça, ça a changé avec le dernier budget. Il
y a un 30 millions qui était prévu cette année qui va être dépensé l'an prochain. Donc, cette année,
41,2 millions, et, l'an prochain, j'arrondis, 70 millions — 69,6 millions.
Pouvez-vous me l'expliquer, celle-là? Pourquoi
on a pris 30 millions qui étaient prévus cette année pour bâtir des CPE?
Puis, d'abord, mes chiffres, est-ce qu'ils sont exacts ou ils sont faux?
M. Lacombe : Bien, en fait,
moi, je vais prendre un pas de recul, sur le PQI, en vous disant que, pour nos
CPE, les inscriptions au Plan québécois des infrastructures, ce sont des
prévisions. Ce sont des prévisions, ça ne reflète
pas nécessairement ce qui est réellement fait. Et le meilleur exemple pour ça — je
peux montrer le tableau qu'on a fait — vous voyez, par exemple, 2014‑2015,
en mauve, ici, en violet, vous avez la prévision puis vous avez le réel. Donc,
par exemple, vous voyez, ici, les estimations, les prévisions étaient plus
élevées, plus élevées que ce qui a été réalisé, 2016‑2017, beaucoup plus. Et ma
compréhension, c'est que le Parti québécois, il n'y a pas si longtemps, avait
fait un appel de projets important, donc il y avait une prévision qu'il y avait
beaucoup de réalisations. Finalement, ça ne s'est pas concrétisé en 2016‑2017.
Et, vous voyez, après, 2017‑2018, 2018‑2019, les prévisions étaient somme toute
assez basses parce que les prévisions s'adaptent au rythme de création. Et les
réalisations ont été plus élevées depuis ce temps-là. 2020‑2021, même chose que
ce qui était prévu dans le PQI. Donc, le fait qu'il y ait une prévision dans le
PQI, ce n'est pas un frein.
M. Tanguay : Sous un
gouvernement...
M. Lacombe : Bien, sous notre
gouvernement, ce que vous voyez, là.
M. Tanguay : C'est
quelles années?
M. Lacombe : 2018‑2019, 2019‑2020,
2020‑2021, on a toujours réalisé davantage que ce qui était prévu au PQI. Donc,
le PQI, c'est une prévision très objective qui regarde ce qui a été fait dans
le passé, qui regarde les projets ont été annoncés à quel moment et qui essaie
de prévoir il va y en avoir combien, à peu près, de réalisés, si tout va bien.
Dans notre cas, on a accéléré le développement, donc on a dépassé les
prévisions du PQI. Dans d'autres cas, bon, sous un précédent gouvernement, les
réalisations étaient moins élevées que les prévisions.
M. Tanguay : Est-ce
qu'on peut garder, s'il vous plaît, le tableau, Mme la Présidente? Puis est-ce
que le ministre peut me pointer... Donc, le foncé, c'était le prévu, et le
pâle, le bleu pâle, c'est le réel, le réalisé?
M. Lacombe : Le réel, oui.
Donc, vous voyez une remontée, là.
M. Tanguay : O.K. La
première colonne... Est-ce que le ministre peut nous dire, donc, la première
colonne, c'est quoi, quel est l'exercice financier de la première colonne?
M. Tanguay :
O.K. 2014‑2015, 2015‑2016, 2016‑2017. 2016‑2017, le prévisible, là, il
est au plafond, là.
M. Lacombe :
Oui, parce que, et là on pourra me corriger, mais, lorsque le Parti québécois a
été au pouvoir, là, pendant un an et demi, deux ans, il y a eu beaucoup
d'annonces qui ont été faites. Donc, c'est une donnée qui est objective. On prévoit qu'en raison de ces
annonces-là il y a beaucoup de réalisations qui vont arriver, et là il y a eu un exercice de rigueur budgétaire qui a fait en
sorte que ces places-là ne se sont pas concrétisées sous le précédent
gouvernement.
M. Tanguay :
O.K. Puis, si on continue sur votre tableau, donc la... excusez-moi, c'est 2016‑2017,
hein, la grande colonne, là, foncée, là, c'est 2016‑2017?
M. Tanguay :
Parce que je suis visuel puis là je travaille pour... O.K., 2016‑2017. 2017‑2018,
2018‑2019, là, ça commence à être vos années, là.
M. Lacombe :
Ça remonte.
M. Tanguay :
Quand on regarde le réel, là, sur la colonne plus pâle, on voit par la suite...
et la dernière pâle, ça, c'est les années à venir, ça?
M. Lacombe :
2020‑2021, ça, c'est...
M. Tanguay :
La troisième avant-dernière.
M. Lacombe :
Bien, c'est-à-dire, les trois qui sont là, c'est parce qu'effectivement il n'y
a pas encore de réalisation, là, on n'est pas encore en mesure de faire le
comparatif. Ça s'en vient.
M. Tanguay :
Puis vous n'en prévoyez pas plus que ça, ce petit morceau là?
M. Lacombe :
Bien, encore là, si vous voyez, depuis 2018‑2019, on dépasse constamment les
prévisions qui sont au PQI. Donc, le PQI,
pour les CPE, ce n'est pas un frein, ce n'est pas une clôture qui dit :
Quand vous arrivez à ça, vous ne pouvez plus dépasser, c'est une
prévision. On essaie de prévoir ça du mieux possible, parce qu'évidemment il y
a des coûts qui y sont rattachés. En même temps, ça ne coûte pas le même prix
qu'une nouvelle école ou un nouvel hôpital. Et il faut dire, je vous le dis de
façon très transparente, que, dans les dernières années, reculez, là, de
plusieurs années, je ne sais pas, de cinq, six ans, le rythme de réalisation a
beaucoup ralenti au ministère de la Famille,
parce que, notamment, il y a eu un exercice de rigueur budgétaire. Donc, ça a
fait en sorte que, de façon objective, les prévisions se basent sur le
passé pour dire : Bien, on pense que ça... on va rester conservateurs,
mais, si on les dépasse comme on fait, et là ça remonte de plus en plus, bien,
bien sûr, qu'on finance les projets.
M. Tanguay :
Question qui me brûle les lèvres. Pourquoi, de grâce, en 2024‑2025, il y a
100 000 $ puis, en 2025‑2026, il y a 0 $?
M. Lacombe :
Je ne suis pas certain de comprendre votre question.
M. Tanguay :
Dans le PQI, Bonification du parc , à la page B.41, l'année
financière 2024‑2025 est, à toutes fins pratiques, 0 $ — elle
est à 100 000 $, là.
Présidente (Mme David) : M. le député de LaFontaine, il
vous reste 1 min 34 s.
M. Tanguay :
Oui, c'est ça. Le ministre va être sauvé par la cloche.
M. Lacombe :
Bien, en fait, moi, je vous aurais proposé peut-être de passer la parole aux
gens qui s'occupent des ressources financières au ministère pour vous
l'expliquer.
M. Tanguay :
Mais ça, c'est important, c'est fondamental, là, ça relève de vous, là, vous
devez connaître la réponse, là. 2024‑2025... Parce que c'est correct, là, vous
nous accusez, gouvernements libéraux, de tous les maux de la terre puis de ne
pas avoir investi, mais là, je veux dire, entre ne pas investir puis mettre
0 $ deux années de suite, je ne la comprends pas, vous devez avoir une
réponse pour ça.
M. Lacombe :
Bien là, je n'ai pas la fiche dont vous parlez sous les yeux, mais moi, ce que
je veux que les gens retiennent, là, puis ce que je souhaite que vous reteniez
aussi, c'est que le PQI , c'est une prévision qui se base sur des données
objectives...
M. Tanguay :
Là, vous le prévoyez à 0 $?
M. Lacombe :
...et, lorsqu'on réalise davantage, bien, on réalise davantage. Là, ce matin,
je vous ai dit, on va créer 22 000 nouvelles places, on va offrir une
place à chaque enfant, donc on peut bien s'accrocher les pieds dans le PQI,
mais ce que je vous dis, c'est qu'on va faire ce que ça prend pour être
capables de le réaliser.
M. Tanguay :
O.K. Mais, là-dessus, puis je sais, Mme la Présidente, qu'il me reste quelques
secondes, mais... bien, moins d'une minute,
mais le ministre ne peut pas dire ça, en tout respect, «s'accrocher les pieds
dans le PQI». Le PQI, c'est ce qu'il
compte investir, puis c'est une décision fondamentale, puis c'est des gros
montants dans son budget.
M. Lacombe :
Ce n'est pas limitatif. Ce n'est pas limitatif.
M. Tanguay :
Mais vous le mettez à 0 $ pour...
M. Lacombe :
Bien, je vous reviendrai, je vous reviendrai avec la réponse, bien honnêtement,
là, puis il doit y avoir une réponse très objective là-dessus.
M. Tanguay :
Mais vous comprenez que c'est fondamental, ça. Comment pouvez-vous accepter ça?
M. Lacombe :
Mais ce n'est pas limitatif. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'on va aller de
l'avant avec la création de 22 000 nouvelles places...
M. Tanguay :
Mais l'argent n'est pas prévu.
M. Lacombe :
...et ce sera prévu comme ça doit être prévu dans le PQI pour que ça arrive.
M. Tanguay :
Mais l'argent n'est pas prévu, vous avez mis à 0 $. 100 000 $,
2024‑2025, et à 0 $, 2025‑2026.
Présidente (Mme David) : Je dois vous interrompre, M. le
député de LaFontaine, vous aurez plein d'autres occasions. Alors, je passe la
parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme David) : ...
Mme Labrie :
Merci. Ça fait plusieurs fois, depuis ce matin, que le ministre parle de
22 000 places. J'aimerais ça qu'il
nous ventile ce 22 000 places-là, qu'il nous explique c'est quoi.
Est-ce que c'est la somme des places déjà annoncées? Est-ce qu'il y a
des nouvelles places, là-dedans? Est-ce qu'il bonifie le
4 300 places, l'appel de projets de l'automne dernier? C'est quoi, le
22 000 places?
M. Lacombe :
Bien, je n'entrerai pas dans tous ces détails-là, quand on aura une annonce
plus formelle à faire, on la fera, mais je pense que le signal que je
souhaitais envoyer, aujourd'hui, il est clair, c'est-à-dire : en plus des
places qui sont actuellement en réalisation, on compte, nous, en ajouter
22 000, parce qu'on pense qu'au Québec on est rendu là, à faire en sorte
que chaque enfant puisse avoir une place.
Mme Labrie :
Donc, celles de l'appel de projets de l'automne dernier ne sont pas en
réalisation?
M. Lacombe :
Celles de... bien, elles sont tenues en compte dans notre calcul, là,
c'est-à-dire.
Mme Labrie :
Elles sont dans le 22 000 ou elles sont dans les autres?
M. Lacombe :
Il y a 10 000 places actuellement en réalisation. Donc, les
directeurs, directrices de CPE, les propriétaires de garderie ont le ballon,
ils sont en train de réaliser ça. Il y en a qui vont être... autour de
5 000, qui vont être octroyées cet été, et, à tout ça, ce qu'on souhaite,
c'est ajouter 22 000 nouvelles places.
Mme Labrie :
À quelle échéance, 22 000 nouvelles places plus 10 000?
M. Lacombe :
On fera une annonce, on fera une annonce quand on sera prêts à en faire une,
mais ce que je vous dis, aujourd'hui, c'est qu'on a cet objectif-là, puis,
quand je dis quelque chose, je le fais.
Mme Labrie :
O.K. Je vais quand même essayer d'avoir plus de clarifications, parce qu'il y a
quand même un écart, là, dans... On va travailler avec les annonces qui sont déjà
faites, vu qu'on ne peut pas avoir le détail de ce qui n'est pas annoncé. En ce
moment, les chiffres du ministère sont quand même assez clairs, là, il y a 78 %
du territoire pour lequel il y a un déficit de places. Il y a eu un appel de
projets qui a été fait l'automne dernier pour 4 300 places puis il y
a un écart vraiment, vraiment important entre l'appel de projets et le déficit
de places.
Je lui donne quelques
exemples, puis là on ne m'accusera pas d'être malhonnête, là, je ne prends même
pas le nombre de personnes sur la liste d'attente par région, je vais prendre
le déficit par région pour comparer l'écart, O.K.? En Estrie, il prévoyait développer
350 places, le déficit — pas la liste d'attente, le déficit — c'est 1 922. Capitale-Nationale,
il prévoyait en développer 1 132, le déficit, c'est 3 581. Rimouski,
il voulait développer 166 places, le déficit, c'est 400. Trois-Rivières,
il voulait développer 151 places, le déficit, c'est 699. Ça, c'est les
déficits estimés par le ministère et c'est le nombre de places prévues dans
l'appel de projets de l'automne dernier.
Donc, je pense qu'il
y a comme eu un petit manque d'ambition, là, au niveau de l'appel de projets.
J'entends qu'il y a des annonces qui s'en viennent, mais est-ce que...
M. Lacombe :
Au niveau de l'appel de projets, pas en général, juste au niveau de l'appel de
projets. C'est quand même bien.
Mme Labrie :
Je n'aurais pas assez de temps, malheureusement, à ma disposition pour étaler
tout ce qui manque d'ambition au sein de ce
gouvernement, mais disons que, oui, pour l'instant, on va parler de l'appel de
projets. Donc, est-ce que le ministre peut s'engager à autoriser plus que les
4 300 places prévues l'automne dernier?
M. Lacombe :
Ce que je m'engage à faire, et le premier ministre du Québec l'a lui-même dit,
c'est compléter le réseau, donc offrir à chaque enfant une place en en
ajoutant 22 000.
Mme Labrie :
Sauf que les 4 300 places qui ont été annoncées l'automne dernier,
les projets ont été déposés, on a reçu des
projets pour plus de 17 000 places et on attend une réponse
éminemment, dans les prochaines semaines, pour que ces projets-là
puissent être lancés.
Donc, comme le
ministre refuse de nous dire, les 22 000 places, c'est dans quel
horizon temporel, moi, je veux savoir, celles qui vont être lancées dans les
prochaines semaines en lien avec l'appel de projets, est-ce qu'il va en
autoriser plus que 4 300?
M. Lacombe :
Moi, je dirais, dans la vie, tout est une question de perspective. Là, vous
dites que je refuse d'expliquer comment on va faire atterrir
22 000 nouvelles places. Moi, je le prendrais de l'autre sens, en
disant que je m'avance beaucoup en vous
annonçant aujourd'hui qu'on a l'intention de créer 22 000 nouvelles
places au Québec pour que chaque enfant puisse en avoir une. Donc, je
pense qu'en soi c'est déjà une nouvelle qui est réjouissante.
Puis je pense que les
gens qui nous écoutent vont comprendre qu'on va bien faire les choses, qu'il y
a plein d'outils qui s'offrent devant nous pour être capables de réaliser ces
places-là et qu'en temps et lieu, bien, on fera des annonces. Il y en a déjà une très rapide qui s'en vient en milieu
familial. On va avoir besoin de beaucoup de nouvelles places en installations, donc je vous ai parlé de
nouveaux appels de projets qu'on lancera, puis, quand on sera capable de
donner plus de détail, on le fera, mais
c'est clair qu'il y a beaucoup d'outils devant nous, il y a beaucoup de
possibilités.
Mme Labrie :
Est-ce que les 22 000 places, elles vont se concrétiser avant la fin
de ce mandat-ci?
M. Lacombe :
On ne peut pas honnêtement prétendre qu'on serait capables de créer
22 000 nouvelles places accessibles aux enfants. Il n'y a pas un
gouvernement qui est arrivé à faire ça, tu sais, ne serait-ce qu'au tout début
du réseau, là. Même lorsqu'il y avait beaucoup de places qui étaient créées, on
n'a jamais atteint ce rythme-là. De mémoire, la meilleure année de mise sous
permis de places en CPE s'établit à 7 700 pour une année. Cette année, on
aura une très bonne année, d'ailleurs.
Mme Labrie :
Oui. Je comprends ça, que ce n'est pas nécessairement possible de créer les
22 000 places de plus que les 10 000 déjà en réalisation.
M. Lacombe :
Bien, c'est important de donner un horizon, par contre, oui.
Mme Labrie :
Oui, je comprends, mais c'est juste que, bien, c'est ça, c'est important de
donner un horizon, puis là on ne l'a pas, l'horizon, parce que, quand il nous
dit...
M. Lacombe :
Bien là, je viens de vous l'annoncer, ça fait une heure, une heure et demie,
là, juste avant le dîner. Donnez-nous un peu de temps, on va le faire. On va le
faire.
Mme Labrie :
Oui, bien, c'est parce qu'il nous dit : On s'engage à compléter le réseau,
une place pour chaque enfant. En tout cas, moi, j'aspire à ça, je pense qu'on
est nombreux autour de la table à aspirer à ça. C'est juste que, si c'est un objectif
pour dans 10 ans, dans 15 ans, on n'est pas sortis du bois, là.
M. Lacombe :
Bien, quand on donnera le plan de match, comme je vous connais, vous êtes
studieuse, vous êtes à votre affaire, je suis persuadé que vous allez en
prendre connaissance avec votre équipe puis que, si vous trouvez que ça n'a pas
de bon sens, vous allez le dire haut et fort, je vous fais confiance, puis que
vous allez amener des propositions constructives si vous trouvez que ce n'est
pas parfait, ce qu'on présente. Puis je vous fais confiance que vous serez au rendez-vous,
mais laissez-nous la chance de vous le présenter, là. On va le travailler puis
on sera en mesure de faire l'annonce quand on fera l'annonce.
Mme Labrie : O.K. Et
donc, pour le moment, il n'y a pas d'engagement d'autoriser plus que les 4 300 places prévues
l'automne dernier dans les prochaines semaines, là, quand les réponses seront
données?
M. Lacombe :
L'annonce que je vous fais aujourd'hui, c'est qu'on va compléter le réseau en
ajoutant 22 000 places à toutes celles qui sont déjà là. Ensuite, on
a besoin d'un coffre à outils pour faire ça. Dans ce coffre à outils là, il y a
plein de possibilités, on va mettre ça sur papier, on va préparer quelque
chose, évidemment, puis on annoncera nos couleurs au moment où on sera prêts à
le faire.
Mme Labrie :
C'est juste que j'ai de la misère à concevoir que, pour le ministre, ce soit
nouveau. Donc, ça veut dire que la volonté de compléter le réseau, dans
l'absolu, un jour, au Québec, c'est une annonce, pour lui. Donc, c'est nouveau
que la CAQ veut faire ça. C'est ça qu'il...
M. Lacombe :
Ah! ce n'est pas nouveau. Moi, je pense que... j'allais dire tous les
gouvernements, non, mais je pense que beaucoup de gouvernements travaillaient
en ce sens-là, pas toujours à la même vitesse. Vous savez, parfois, on se dit : Ah! il faudrait bien que
je fasse ci ou que je fasse ça à la maison, puis on se donne plusieurs
semaines pour le faire, ça traîne, puis ça ne se fait jamais. Je pense qu'il y
a probablement eu beaucoup de gouvernements qui avaient cette ambition-là, mais il n'y a jamais personne qui l'a fait.
Moi, ce que je vous dis, c'est que, bien sûr, on voulait travailler en ce sens-là, mais que, là, compte tenu de la
situation difficile dans laquelle on est, nous, on prend la décision de
dire : On va compléter ce réseau-là, c'est trop important pour le
développement des enfants puis pour l'économie.
Mme Labrie :
O.K. Bien, moi, ce que je retiens de ce que le ministre me dit, c'est que, dorénavant,
on ajoute la CAQ à la liste des formations politiques qui veulent compléter le
réseau. Tant mieux. C'est heureux.
M. Lacombe :
Qui vont le faire.
Mme Labrie :
Mais on n'a aucun horizon, donc ça ne nous avance pas tellement.
M. Lacombe :
Bien, dans notre club, là, Mme la députée de Sherbrooke, de gens qui
disent : On va annoncer 22 000 places, moi, je ne vois pas
d'autre membre. Je n'ai pas vu...
Mme Labrie :
Bien, on va y aller sur les 22 000.
M. Lacombe :
Je n'ai pas vu le Parti québécois récemment, je n'ai pas vu le Parti libéral,
de mémoire, je ne sais pas pour Québec solidaire... bien, en tout cas,
nécessairement pas au gouvernement.
Donc, un gouvernement
en place qui dit : On va ajouter 22 000 places et compléter le
réseau — je
ne parle pas de plateforme électorale, mais
je parle d'un gouvernement en place, d'un ministre de la Famille qui dit
ça — moi, je pense que je suis pas mal tout seul
dans ce club-là, dans les dernières années, en tout cas.
Mme Labrie :
O.K. Les 22 000 places, est-ce qu'on parle de nouvelles places ou il
y a de la conversion là-dedans?
M. Lacombe :
Nouvelles places.
Mme Labrie :
Donc, c'est des nouvelles places en plus de la conversion. À propos de la
conversion de places, il y avait eu un appel de projets qui était pour 17...
pas 17 000, 1 750 places dans les derniers mois. Le ministre a
reçu 269 propositions. Ça totalise combien de places, les propositions?
M. Lacombe :
De mémoire, est-ce qu'on est autour de 15 000, 20 000? 15 000.
Mme Labrie :
O.K. Intéressant. Est-ce que le ministre s'engage à convertir davantage de
places que les 1 750 prévues dans l'appel?
M. Lacombe :
Bien, l'engagement qu'on a pris pour la conversion, c'est d'y aller avec un
premier projet de 3 500 places