Culture and Education — 20 March 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-03-20
Quebec — Committees
Je vous
souhaite la bienvenue. Je vous invite à vous présenter. Pour fins
d'enregistrement... Je vous demanderais de procéder à la période
d'échange avec les membres de la commission pour le temps qu'on a. Puis ça va
être prévu.
Le Président
(M. Asselin) : La parole est à vous pour 10 minutes.
Mme Boucher
(Rhonda) : M. le Président, nous vous remercions pour votre invitation
afin de recevoir nos commentaires sur le projet n° 12.
The English Parents' Committee
Association is a coalition of parent committees from English language school boards across Québec representing nearly 100 000 students. In the English language
youth sector, ACPA is a non-profit association funded by the ministère de l'Éducation
et de l'Enseignement supérieur. ACPA advocates for the English public education in Québec and lobbies on issues of
concern of our parents' committee members. Whenever there is an educational
issue, we are the voice of the parents.
ACPA is pleased overall with
the proposed bill 12. We appreciate that the minister of Education and
Higher education applied our recommendations
that the parents communicated to us in our school fees survey we conducted
in December of 2017. We were pleased to
follow up with the ministry in December 2018 regarding the survey as well
as new recommendations from the parents regarding daycares, transportation and
clarity on free education, to name a few.
M. Masson (Pierre) : M. le Président, mon nom est Pierre Masson. Je
vous remercie de nous recevoir pour les commentaires. Mmes les députées
et M. le ministre, je vous remercie également.
Notre présentation va être divisée en sujets.
Elle va être assez brève.
Bon. Le projet de loi n° 12. L'ACPA est
ravie en général du projet de loi n° 12 proposé. Nous sommes
reconnaissants... Excusez, je me suis trompé.
Le droit à la
gratuité scolaire. La consultation publique sur les frais scolaires s'est tenue
du 7 au 25 janvier 2019 et a donné
lieu à plusieurs recommandations principales que les parents appuient. Une
grande proportion des recommandations est
favorable en général à ce que des frais soient exigés pour l'éducation. On
observe que ces recommandations étaient nuancées et proposaient souvent des mesures compensatoires pour les
familles à revenus plus modestes. Plusieurs de ces recommandations
indiquaient que ces frais ne devaient pas être un obstacle à l'accessibilité à
l'éducation. Les écoles anglophones ont mis en place différents calendriers de
paiement afin d'aider les parents qui se trouvent dans de telles situations. Malheureusement, plusieurs écoles ne
récupèrent pas chaque année tous les frais scolaires. Nous aimerions que
le ministère reconnaisse la situation et
aide les familles qui ne sont pas en mesure de payer leurs frais scolaires en
offrant un soutien à ces familles et aux écoles en vue d'éviter tout obstacle à
l'éducation.
Mme Boucher (Rhonda) : A significant proportion was generally
in favor of free and accessible education. Most of
these recommendations stated that education is an investment of society. We
applaud that statement. Without our amazing
teachers in Québec, our society wouldn't be thriving in success. Our anglophone
teachers, schools, school boards and
community are the reason we have the highest success rate in Québec. The
definition of special projects needs to be further defined to clarify which programs would
qualify for charging fees, «sport-études», course options, etc. Parents who decide to register their children in the
special or enriched programs should be able to receive a non-refundable
tax credit of up to 60% of cost of the
programs. This will help to provide a level playing field for non-private
school parents. We would encourage
the ministry to set up a bursary program for those parents that do not have the
financial means to register their children in those special school
projects.
M. Masson (Pierre) : Manuels et matériel didactique gratuits et conseils d'établissement.
Nous souscrivons à la recommandation
émanant du sondage selon laquelle nous devons mettre l'accent sur la réduction
du gaspillage, comme, par exemple,
retourner le matériel non utilisé à la fin de l'année scolaire ou utiliser les
ressources électroniques au lieu du papier.
Les parents aimeraient que le ministère consacre les fonds nécessaires pour
fournir aux écoles ainsi qu'aux centres des tablettes et des ordinateurs portables avec lesquels les étudiants
peuvent faire leurs travaux. Cela non
seulement réduirait le gaspillage,
mais préparerait également les étudiants à la réalité du marché du travail, où on utilise des appareils électroniques.
Pour
que les conseils d'établissement se conforment à l'article 6
de la
Loi sur l'instruction publique, la commission scolaire
veille à ce que ses écoles et ses centres de formation professionnelle respectent les conditions applicables
aux contributions financières exigées et
s'abstiennent, en toute circonstance, d'exiger le paiement des frais contraires
à la loi, dont des frais de nature
administrative, notamment. Les parents ont besoin d'une définition plus précise
du terme «matériel artistique» tel que les pinceaux, l'argile, etc.
Notre
principale recommandation est qu'il y ait une
annexe à l'article 457.2.1
qui comporterait une liste des services et des activités scolaires et qui préciserait les objets et les
catégories de matériel didactique ainsi que les contributions
financières qui relèveront du droit au libre accès.
Centre
de formation professionnelle. Nos centres de formation professionnelle auront
besoin d'une définition et d'une
interprétation de l'expression «matériel didactique». Tout le matériel
hygiénique dont ont besoin les élèves pour suivre leurs cours à option
devrait être compris dans leurs frais scolaires. Le MEES devrait aussi
s'occuper de tout le matériel de sécurité.
Comité
du service de garde et frais connexes. Nous sommes heureux de constater qu'il y
ait un comité de parents du service de garde proposé à
l'article 256. Nous croyons que les parents devraient participer à la
formulation de recommandations concernant
les contributions financières nécessaires pour le service de garde. Il en coûte
chaque année de plus en plus cher d'envoyer un enfant au service de
garde pendant une journée pédagogique. Nombre de parents ont plusieurs enfants qui fréquentent le service de
garde et cela peut devenir très coûteux pour eux. Dans l'article 454.1,
le MEES peut réglementer ce coût pour les parents.
Mme Boucher (Rhonda) : School activities. We are pleased that
the MEES will be paying for two educational field trips per year and one «parascolaire» trip
for every school. Transportation is usually the most costly part of the
outings. It's extremely important all
children are able to attend these activities. The regulation must clarify the
different activities that can and cannot be charged.
Transportation.
The nine English school boards live a different reality to the French school boards
regarding transportation. Our schools'
boundaries cover large territories, such as Western Québec is the size of Nova Scotia. Our transporters may have to
drive 30 minutes just to pick up one student. Our students at risk are not
always given special transportation
when they start school at the secondary level. This is extremely dangerous for
kids at high risk level. Those students
at risk are responsible to take the city bus or metro to get to school and back
home. A very high percentage of students
follow a routine. When that routine is disrupted, students begin to panic and
make bad choices, which put them in a precarious situation.
EPCA hopes that the MEES takes into account these realities when setting the
regulations to ensure that well-being and
safety for all our students along with the amount of time they spend on the bus
is given the consideration it deserves.
In the MEES survey, more than half of
the recommendations, 57.9%, concerning transportation, tended to be in favor of this service being provided at no charge.
M. Masson (Pierre) :
Réglementation du MEES. Le MEES établira une réglementation qui doit déterminer
ce qui est gratuit et ce pour quoi des frais
peuvent être exigés ainsi que des normes pour les contributions financières.
Lorsque nos enfants descendent de l'autobus le matin à leur arrivée de l'école,
au primaire comme au secondaire, les écoles sont responsables de s'occuper d'eux jusqu'à ce qu'ils descendent de
l'autobus à leur retour à la maison. Les parents aimeraient que le coût de supervision à l'heure du dîner soit
financé par le ministère. Une majorité des recommandations,
57,9 %, portant sur le transport scolaire penche en faveur d'une gratuité
de ces services.
Mme Boucher (Rhonda) : Conclusion. In conclusion, we agree
with the three main findings stemming from the consultations. There is a consensus in favor of
maintaining free access to education but with the understanding that
certain fees could be charged for items or
services beyond those normally provided in a school. It is generally accepted
that there are limits to the
principle of free items and services and that some fees should be assumed by
parents under certain conditions.
The recommendations and opinions expressed demonstrate
a clear desire to keep the projects and activities that
have been developed in the schools and are
currently chosen locally. As long as there are guidelines for the fees that
could be associated with them, these
guidelines should not, however, limit the schools' flexibility and should
ensure that the fees are as low as
possible. Although field trips and school activities are recognized as being
important, there is an insistence on
the need for clarification with regard to the cost forward which parents must
be asked to make a financial contribution.
We thank you for giving us the opportunity to submit our
brief and participate in this consultation. Regulations
regarding school supply lists have always
needed clarity for many governing boards. The new legislation will
appease parents' minds that only the required material will be asked for. We
look forward to further...
Le Président (M.
Asselin) : Merci, Mme Boucher.
Mme Boucher (Rhonda) :
Président (M. Asselin) : Merci beaucoup. Le temps est écoulé. Je vous demanderais peut-être
d'écouter M. le ministre pour les neuf prochaines minutes.
Roberge : Bonjour. Je vous remercie pour votre présentation. Désolé d'avoir coupé votre élan, mais
sachez qu'on a tous vos documents et qu'on a
vos mémoires. Je vous remercie d'être venus. Je vous remercie de nous avoir
fait parvenir votre mémoire. Je vous
remercie aussi d'avoir participé aux consultations qu'on a faites en décembre
dernier. Je pense que ça paraît dans le projet de loi qu'on a tenu compte des commentaires
qu'on a eus. Évidemment, on a une pluralité
de commentaires, il y
a des gens qui ne disent pas les
mêmes choses. On ne peut pas tenir à la fois compte des points de vue qui sont divergents, mais, quand
même, je pense qu'on essaie d'être
le plus cohérent possible puis de tenir compte de ça.
Je note que
vous êtes d'accord avec deux mesures qui seront dans le mandat des
mesures budgétaires, mais qui sont au coeur de ce dont on
parle aujourd'hui. J'avais mentionné la gratuité pour le parascolaire au
secondaire, vous avez mentionné la gratuité
pour deux sorties pédagogiques, ce n'est pas dans la loi, mais ce sera dans des
budgets. Vous avez mentionné que vous
étiez d'accord avec la position pour des parents en service de garde. Vous avez dit que vous étiez d'accord pour qu'il
y ait des limites, et qu'on voudrait
bien que tout soit gratuit tout le
temps, partout, mais vous
acceptez qu'il y ait certains frais.
Et là je vous
demande votre collaboration, je vous
demande de nous faire quelques petites suggestions. Nous, on dit que les choses dans lesquelles les élèves
écrivent, dessinent, découpent, des manuels d'arts, des manuels de sciences,
de technologies, matériel d'éducation
physique, tout ça doit être gratuit. C'est ce qu'on propose, c'est ce qu'on met
sur la table. Il y a d'autres choses
pour lesquelles on pourrait facturer. Est-ce que vous pourriez nous aider à
faire cette liste-là, de nous
suggérer des choses? Qu'est-ce qui, d'après vous, devrait être absolument
gratuit? Et qu'est-ce qui, d'après vous, pourrait susciter une
contribution des parents?
Boucher (Rhonda) : Les
sorties, les parents sont préparés pour payer une partie, nous autres, c'est
avec les commissions scolaires anglophones. Le transport, c'est toujours
le plus cher quand on fait une sortie. D'abord, ça, c'est quelque chose qu'on a vraiment besoin d'aide, parce que ça fait des
années qu'il y en a, des écoles, qu'eux font une sortie puis «that's
it», spécifiquement dans les régions rurales. Parce qu'aussi on est sur Québec,
Ontario, là, puis, quand tu passes à Ontario
pour aller voir un musée, là, que les enfants peuvent marcher, là, tu paies un
autre 50 $ à 100 $ pour le transport. D'abord, ça, c'est
quelque chose qu'on veut vraiment que le ministère peut nous aider.
Pour les
frais scolaires, les crayons, qu'est-ce que vous avez dit, on est vraiment...
on veut qu'on sort de «1900s», puis
on vient dans la réalité des 2000, puis on commence à montrer à des enfants d'utiliser
un iPad, le «laptop», puis tout ça. Parce
que, quand il va à l'école secondaire, là, c'est un gros changement. D'abord,
ça, c'est des affaires que les parents ne peuvent pas payer pour. Puis il y a beaucoup des écoles que, tu sais, il
faut qu'ils partagent, puis c'est vraiment quelque chose qu'on veut que
c'est là.
Les frais
pour la supervision dans les écoles élémentaires, là, c'est quelque chose que
c'est toujours... on parle de ça toujours aux «governing boards». Puis
les parents sont d'accord que... bien, ils pensent que, bien, quand les enfants
débarquent de l'autobus, là, puis c'est à
l'école pour les prendre puis prendre soin
d'eux autres, que c'est à eux autres, puis ils ne pensent pas qu'ils devraient payer des frais pour ça. Alors, je ne
sais pas si vous avez d'autre chose à ajouter? Non?
M. Roberge : Je vous
remercie. Si vous permettez, M. le Président, je vais permettre à mon collègue de poursuivre.
Le Président
(M. Asselin) : M. Skeete.
M. Skeete : Bonjour. Merci
beaucoup. Et merci, M. le Président, de me permettre de poser quelques questions.
Vous suggérez
ici un crédit d'impôt de 60 %
pour les activités et vous parlez aussi de bourses pour aider les
parents. Vous n'êtes pas les premiers à
parler de bourses. Je me demande : Est-ce que vous privilégiez un ou
l'autre? Les deux? C'est quoi, votre vision par rapport à cette aide-là?
Mme Boucher (Rhonda) : I'm going to speak in English because
I know that I'm having some people watching me right now for this specific item. There is so
many children out there that deserve to be in enriched programs, OK, and
they just can't. Mr. Pigeon, yesterday, you know, said the reality. Our motto
at the anglophone school boards: we do whatever
it takes, OK? And that was demonstrated yesterday by him. And he spoke about...
there's kids that... the high-risk kids, that... qui va décrocher, là,
tu sais... and just to do something, just to, like, open that door for them
makes all the difference.
do also support the 60% tax break because there is parents that make several
sacrifices for their children. He spoke again, it costs usually $3,000 if you want
to play a hockey team, but if you do go through the school, it's $1,500.
Like, our schools are
trying to give our children every opportunity that they can. And because we
live in such a... our schools are so
spread out, and we cover a lot of rural communities that really don't have, you
know, the means, I'm not sure what the... school comparison is between
the French and English, but I know that there's a lot of them in our English communities, so we really truly believe there
should be some sort of a bursary program that can help these parents,
you know, do that for their children.
Skeete : I think, specifically, what I was asking with regards to the
60% versus the bursary was: Do you see the ultimate
solution being both?
Mme Boucher (Rhonda) : Yes.
M. Skeete : ...a
credit and a bursary or... what is your vision?
Mme Boucher (Rhonda) : Well, anyone who receives a bursary would not, obviously, get the
tax break, or whatever. If I had to choose?
M. Skeete : I'm
asking if you're asking us to consider both.
Mme Boucher (Rhonda) : Well, I would like both. I would like both, for sure, yes.
M. Skeete : And,
with regards to the 60% tax credit... tax break, how would you see that? For
instance, an under-privileged family wants
to help their child access whatever program, would you envision it... How do
you see that if they don't have the
barrier to enter... funding the money first and getting it back, and so... is
that a problem that you foresee? Logistically, how do you see that tax
credit applied?
Mme Boucher (Rhonda) : So, the... when you... you're allowed to claim $500 on your taxes
if your child participates in a physical
activity, OK? The bursary program is for the parents who cannot, don't have the
funds at all to even dream of that.
The 60% tax break... we support both of those, but the 60%... because there is
those parents that, well, like, take
a loan or put it on their... like, they go to every means they can, so, for
them, to get some sort of a tax break will make all the difference for that family, because the middle... like the
middle class family has it. Like, we have low-income that would... the
bursary program... they're asking us to comment on and then...
Skeete : Just so that I'm clear: you envision both. For parents who
have the ability to front the money upfront, they can
claim at tax break.
Mme Boucher (Rhonda) : Exactly.
M. Skeete : The
people who can't even do that, you would propose a bursary.
Mme Boucher (Rhonda) : A bursary, yes.
M. Skeete : So, one
that caters to each clientele.
Mme Boucher (Rhonda) : Exactly.
M. Skeete : OK.
Thank you very much.
Mme Boucher
(Rhonda) : You're welcome.
M. Skeete : Merci, M. le
Président.
Le Président
(M. Asselin) : M. le député de Sainte-Rose,
c'est terminé?
Le Président (M. Asselin) : Maintenant, la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le Président. J'aimerais juste revenir... tantôt, j'entendais le ministre de l'Éducation parler de cohérence. J'ai eu la chance de vous entendre aussi lors de
la consultation pour le projet
de loi n° 3, qui retire 900 millions de budgets autonomes dans les commissions scolaires. Et, lorsque vous parlez, justement,
d'aider les parents qui s'assurent de donner
tous les outils à leurs enfants pour les garder à l'école, trouvez-vous que ça
fait preuve de cohérence que, d'une
part, on retire 900 millions de
dollars puis on demande encore aux
parents d'investir davantage
de leurs propres poches, alors qu'ils paient déjà des impôts pour, justement,
une éducation publique gratuite?
Boucher (Rhonda) :
Yes, I mean, the parents are getting tapped out of... every year, the school
fees keep getting
higher and higher, and the reality, we have a lot of kids that... a lot of
families, OK, that have multiple kids in the class, are going to school,
and it is just absolutely crazy. The schools try to work with them too to
reduce the costs, and it just... it
has to happen, we have to start getting some breaks, we have to get more
support. The budget cuts that we
had endured in the past really put us at the
bare bones for different things, and we need to start valuing our students and
giving them all the opportunities they can. I'm not sure if I answered your question.
Mme Rizqy : Kind of. I also want to know: Do you think if the regulation is
ready, because the bill... like the
section
15, saying everything is going to be put out there. Later on, when the
regulation will be finally, like, disclosed by the minister of Education, would you like to read the regulation for
more clarity?
Mme Boucher (Rhonda) : Of course, because there is way too many things that are not
clarified right now. I mean, we're cutting
it down at the wire right now because school fees, school supplies, and all
that, this is April, we start talking
about this in April at our governing board, so, you know, we're worried. You
know, the parents are like: What's going
on? What's going on? And we truly believe that we need to, you know... we have
the right to review this before it becomes a law.
Rizqy : Do you understand that with
section 15 that will be like the
first time the minister of Education can actually propose a bill without any consultation
despite the law requiring to come back with 45 days of consultation? Are
you worried about that?
Boucher (Rhonda) :
We are extremely worried about that, very, very worried, the parents, because this is... this bill has never
touched... like this is a bill that is right affecting the parents. So, we
highly recommend that we are given that 45 days, and I don't know what
would happen if we didn't, because it would not be, you know...
Mme Rizqy : M. le Président, depuis tantôt, le ministre de l'Éducation parle quand
même de certaines affaires qui ne
font pas
partie du projet de loi n° 12, comme, par
exemple, l'art plastique qui va être gratuit. À ce stade-ci, je me
permets de lui demander, comme j'ai demandé
tantôt en Chambre : Est-ce qu'on peut avoir, à tout le moins, le document
de travail que... visiblement ont
devant eux, pour savoir de quoi qu'on parle, qu'est-ce qui va être gratuit qui
ne figure pas dans le projet de loi n° 12? Si
son règlement n'est pas parfaitement peaufiné, mais s'ils ont un document de
travail, je pense que l'ensemble des intervenants, ici, demanderaient de le
voir.
Président (M. Asselin) :
Est-ce que vous souhaitez que le ministre de l'Éducation réponde? Ça prendrait
le consentement, là, peut-être, parce qu'il vous reste deux minutes de votre
temps, oui.
Roberge : Sur votre temps? Bien, écoutez, chère collègue, je n'ai pas
de document de travail devant moi que vous
n'avez pas, je n'ai que les mémoires de nos partenaires et une copie du projet
de loi que j'annote au fur et à mesure de leurs excellentes suggestions.
Mme Rizqy : ...tableau qui est à
côté n'est pas un document de travail.
Le Président (M.
Asselin) : Il vous reste encore 1 min 45 s.
Mme Rizqy : Je vais partager avec ma
députée de... madame... Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci. Merci, M. le Président. Thank you very
much for coming in for your presentation. The minister mentioned, or you mentioned in your presentation
that... you said that whenever the «règlement» comes out and the list comes out, that that list should not
limit the flexibility that the schools have. So, my question to you is: Are you concerned when we see the deposit here, on
article
13, which gives omnipotent power to the minister to decide what will be free and what won't be free, given the fact that
the minority community has the right to manage and control their institutions?
Boucher (Rhonda) :
Extremely. We are extremely scared. We have the right to manage our school boards and that, and that should not be infringed on.
Maccarone : And when they mentioned, because we haven't seen anything
that has been deposited, the part that there will be two outings, and one «parascolaire» outing that
comes. But it's not part of the law, it's potentially part of the budget which we haven't seen yet. What
happens when this isn't in the budget next year or the year after that?
Mme Boucher
(Rhonda) : That
will really hit hard at our schools. You know, we're
going to let... you know, hopefully
it is in the budget, and we were told... we're anxious for
tomorrow, to see. But, no, it will have a very big
impact because, you know, like
when you... you all know, whoever, I have done this before, I always speak
about my little elementary school, post
elementary, 38 kids around, 27 of those kids are from the same family.
And, because we live farther away
from, like from Gatineau, bringing children on their first trip
to the city and into a museum is better than gold, OK? You should see their eyes.
Le Président (M. Asselin) : Merci beaucoup, Mme Boucher, la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Je donnerai la parole à la députée de Joliette pour
1 min 30 s.
Mme Hivon :
Merci. Je vais y aller rapidement. Donc, en ce moment, quand des enfants,
compte tenu de contraintes financières, parce que leurs familles ne sont pas
suffisamment nanties, ne peuvent pas avoir accès à des programmes particuliers, que faites-vous? Et combien de ces élèves-là,
estimez-vous, sont présents dans les programmes avec une forme d'aide ou
autre que vous pouvez leur fournir?
Mme Boucher
(Rhonda) : Malheureusement, je ne peux pas répondre parce que
je ne travaille pas dans la commission
scolaire, mais je sais que les écoles anglophones, ils font beaucoup des levées
de fonds pour des enfants. Même pour
les sorties qu'on fait, on ne demande jamais à des familles qu'on sait sont à
faibles revenus pour payer les frais pour aller pour ça. Puis, comme M. Pigeon a dit hier que... tu sais,
comme ils trouvent la manière pour aider ces étudiants-là pour.
Mme Hivon : Pour
les programmes particuliers qui peuvent aller jusqu'à 1 000 $,
1 500 $, 2 000 $.
Mme Boucher
(Rhonda) : Oui.
Mme Hivon : Donc,
est-ce que vous êtes capable de dire, mettons dans les écoles que vous
connaissez, quel pourcentage vous êtes capable d'aider pour les parents qui
n'ont pas les moyens?
Mme Boucher
(Rhonda) : Je ne peux pas
parler pour les commissions scolaires. Je ne le sais pas. Mais je sais qu'il y en a qui ont fait beaucoup, qui font
qu'est-ce qu'ils ont besoin, comme ils font des... Je sais qu'à l'école
secondaire Hadley Philemon, ils font des levées de fonds spécifiques pour des
programmes, O.K.? Puis je crois que ça aide à diminuer les prix.
Le Président
(M. Asselin) : Je vous remercie. La
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : I'll
speak in French, but feel free to answer me in English.
Il y a des programmes de bourses qui existent pour
les études postsecondaires pour les élèves qui manquent de moyens financiers, mais ne pensez-vous pas que,
pour la période de scolarisation obligatoire jusqu'à 16 ans qui est
touchée par cette loi, le gouvernement devrait couvrir les frais pour tous les
enfants sans qu'ils n'aient besoin de dépendre de démarches de charité comme
vous nous avez décrites?
Mme Boucher (Rhonda) : Oui, on croit que, quand il y a un enfant qui va
à l'école, que tous les frais devraient être...
They should all be covered. You know,
it's... you hear free education in Québec, and, you know, the parents are waiting to... you know, we
don't expect it to be totally free, because we know that our taxes will go up
or whatever. But, we still... like there is... it just keeps getting
more expensive every year.
Mme Hivon :
On aspire à ne pas avoir besoin de campagnes de financement pour que les élèves
puissent participer.
Mme Boucher
(Rhonda) : Tout à fait.
Mme Boucher
(Rhonda) : Merci.
Président (M. Asselin) :
Ça va? Mme Boucher, M. Masson, je vous remercie infiniment de votre
présence à votre Assemblée nationale.
Je suspends les travaux pour quelques secondes,
en attendant que les gens de la commission scolaire des Mille-Îles puissent se
réinstaller rapidement, s'il vous plaît. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
Président (M. Asselin) : À l'ordre!
Alors, on reprend. Je voudrais vous souhaiter la bienvenue, aux gens de
la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Milles-Îles. Je vous invite à vous
présenter de façon à ce que, pendant votre 10 minutes de présentation,
on puisse bien savoir qui vous êtes.
Fortier (Paule) : Alors, M. le ministre Roberge, M. le Président, Mmes
et MM. les députés, bonjour.
Je me présente, Paule Fortier, je suis présidente de la Commission scolaire de
la Seigneurie-des-Milles-Îles depuis 16 ans. Aujourd'hui, je suis accompagnée par deux gestionnaires experts de la commission scolaire. Ils ont été au coeur du dossier des frais facturés aux parents et de la gratuité scolaire au cours des
dernières années, soit Me Josiane Landry, du service des affaires corporatives et des communications, et M.
Hugues Labine du service de la formation générale des jeunes. D'entrée de jeu, je
tiens à vous remercier de nous avoir invités à participer à cette consultation
particulière.
Commission scolaire de la Seigneurie-des-Milles-Îles, que
nous appellerons simplement CSSMI, est située dans la région des
Basses-Laurentides. Quatrième commission scolaire en importance au Québec, nous
scolarisons plus de 36 000 élèves et 6 500 élèves en formation générale et professionnelle.
C'est avec fierté que j'ajoute que la CSSMI est une commission scolaire phare au Québec au regard de la réussite et de la persévérance de
ses élèves. Au cours des 12 dernières années,
nous sommes passés du taux annuel de sortie sans diplôme et qualification de 30 % au taux record
de 7,2 %. À
titre référentiel, le résultat, pour l'ensemble du
Québec, est de 14,6 %.
question des frais facturés aux parents est, depuis longtemps, un sujet
d'actualité à la CSSMI. À la demande du conseil des commissaires, trois
mandats de vérification ont été effectués à ce sujet depuis 2005.
Proactive,
la CSSMI a été parmi les premières à prendre position en collaboration avec les
directions d'école sur certains frais
exigés des parents. Nous avons, actuellement en consultation, un projet de
politique sur les contributions financières demandées aux parents et un
autre pour le secteur des adultes.
nom de la CSSMI, je salue le dépôt du projet de loi n° 12 puisque celui-ci
permettra certainement de clarifier et de baliser les frais facturés aux
parents.
termine en mentionnant qu'il existe de nombreux projets particuliers à la
CSSMI. Ces projets sont porteurs de réussite,
et les parents en sont très satisfaits. Nous croyons profondément en une école
publique accessible et équitable pour tous les élèves, et ce principe
est au coeur de notre position.
J'invite maintenant
Me Landry à vous présenter neuf des 24 recommandations contenues dans notre
mémoire concernant principalement les projets pédagogiques particuliers et les
activités scolaires.
Mme Landry (Josiane) : J'aimerais débuter nos commentaires sur l'analyse
du projet de loi n° 12 avec le sujet des projets pédagogiques particuliers. Notre première recommandation est à
l'effet que le règlement devra énoncer clairement ce qu'est un projet pédagogique particulier. Cette
recommandation, qui peut paraître simple, est au coeur de la problématique et des interprétations qui mènent à
des frais. C'est à partir de cette première recommandation que nous en
déclinerons quatre autres sur le même sujet.
La recommandation n° 3 de notre mémoire préconise l'établissement d'une
nomenclature uniforme, avec des critères
clairs pour chacune des catégories de projets pédagogiques particuliers. Il
s'agit de clarifier les projets qui pourront faire l'objet de frais facturés aux parents ou non. Actuellement, la
catégorisation des différents projets offerts à travers la province est impossible puisque le vocabulaire
utilisé ne fait pas référence au même concept d'une commission scolaire
à l'autre ni même d'une école à l'autre.
Ainsi,
une précision s'impose : il existe, dans les écoles, deux grandes familles
de projets pédagogiques particuliers. La
première couvre les programmes formellement reconnus, que ce soit par le ministère,
comme les sport-études, les arts-études,
ou par l'organisation du baccalauréat
international, comme le PEI. À l'exception du PEI, il s'agit de
programmes qui s'adressent à des élèves de
haut niveau dans leur discipline et qui sont gérés en collaboration avec une
fédération ou un regroupement
officiel reconnu. Les programmes de cette famille coûtent généralement plus
cher aux parents parce qu'ils comprennent
des frais élevés afin de répondre aux obligations imposées par l'organisme
externe qui les chapeaute. Il s'agit d'un choix éclairé du parent.
deuxième grande famille est celle des projets particuliers ou des programmes
d'études locaux, désignés dans la
proposition de nomenclature que vous avez en
annexe sous les termes de
«concentration» et de «profil». Dans ce cas, une école décide de se donner une couleur, utilisant la latitude permise par
le régime pédagogique pour offrir plus de temps à une matière ou à une
activité spécifique à l'intérieur de la grille-matières. L'école agit dans un souci
de réussite et de persévérance pour ses
élèves en offrant un plus à ceux qui s'y inscrivent, afin de répondre à leurs
intérêts. Il en existe sur divers thèmes, comme la robotique, les arts,
la danse, les langues, etc.
fois ce vocabulaire clarifié, nous croyons important de préciser notre position
pour les deux ordres d'enseignement.
Au primaire, la facturation pour les projets pourrait créer un dilemme pour des
parents, qui devront faire le choix entre la fréquentation de leur école
de quartier, qui offre des projets avec des frais, ou la fréquentation d'une
école plus éloignée de leur domicile, sans projets et donc sans frais.
Dans
cet ordre d'idées, dans une perspective d'école de quartier et dans une
perspective d'équité d'accessibilité, pour
la quatrième recommandation, la CSSMI est d'avis que la possibilité de facturer
des frais pour des projets pédagogiques particuliers au primaire devrait se limiter exclusivement aux écoles à
vocation particulière, qui sont reconnues en vertu de l'article 240 de la loi, ou aux programmes
reconnus par le ministère ou l'organisation du baccalauréat
international.
Pour ce qui est des
projets au secondaire, leur utilité n'est plus à démontrer. Les questions qui
se posent actuellement sont plutôt comment
les faire vivre et qui doit les financer. La recommandation n° 5 est à l'effet que la majorité des
programmes de type concentration ou profil offerts au secondaire devraient
comporter peu ou pas de coûts pour les parents.
Lorsque des frais sont applicables, ceux-ci devraient être fixés en favorisant
l'accessibilité et l'équité, et, bien entendu, le financement
ministériel devra être ajusté en conséquence.
Pour
pousser la réflexion encore plus loin, est-ce qu'un regroupement de cours
prévus au programme de formation de
l'école québécoise peut devenir un projet facturable? En d'autres mots, si un
certain nombre de cours à option sont nécessaires à l'obtention du
D.E.S.S., peut-on vraiment les facturer, remettant ainsi en cause le principe
de la gratuité scolaire? La CSSMI est d'avis que non. Il s'agit de la
recommandation n° 2 de notre mémoire. La CSSMI
favorise le maintien d'une offre de cours à option sans frais, et le tout devra
nécessairement être accompagné d'un financement ministériel supplémentaire.
Poursuivons
maintenant avec le sujet des activités scolaires. Pour ce volet, j'attirerai
votre attention sur quatre
recommandations. La recommandation n° 6 concerne la notion
même d'activité scolaire. Ce terme étant nouveau dans la loi, il méritera d'être défini clairement dans le règlement.
Dans la réglementation n° 9, nous sommes d'avis que les balises concernant les frais pour les
activités scolaires devraient s'appliquer uniformément, et ce, peu importe le
programme auquel l'élève est inscrit. En
effet, nous avons une préoccupation pour la disparité entre les activités et
les sorties scolaires qui pourraient être offertes aux élèves inscrits
dans un programme régulier par rapport à celles offertes aux élèves inscrits
dans un programme particulier.
Pour la 10e
recommandation, la CSSMI est d'avis que le règlement devrait distinguer les
voyages de niveau ou de classe des
voyages regroupant des élèves volontaires lorsqu'il est question de frais
pouvant être facturés aux parents. La CSSMI
considère que les frais devraient être les plus bas possible lorsqu'un voyage
regroupe les élèves d'une classe ou d'un
niveau, contrairement aux frais pour des voyages offerts à des élèves
volontaires et qui exercent un choix d'y aller.
Un mot sur le
principe des coûts réels dans le contexte des voyages, des sorties, des
activités parascolaires ou des projets
pédagogiques particuliers : à
titre de 12e recommandation, il est
important de définir cette notion, car des frais indirects sont souvent engagés, et il doit être clair s'ils doivent être
considérés dans le calcul des coûts réels, par exemple, la suppléance,
le transport, la ristourne de taxes, etc.
M. le
Président, voilà un survol rapide de
notre analyse. Vous trouverez la version intégrale de celle-ci, notamment
quant au matériel didactique, dans notre
mémoire. De plus, si vous le souhaitez, nous pourrons vous partager quelques
données statistiques durant la période de questions.
Mme Fortier (Paule) : Merci, Me
Landry. M. le Président, l'intention de notre exposé était de vous partager notre expérience et notre expertise afin de vous
permettre de prendre les meilleures décisions pour les élèves et leurs
parents. Nous désirons rappeler aux membres
de la commission parlementaire la nécessité d'avoir des balises claires, et ce,
le plus rapidement possible. Dans ce contexte, nous sommes préoccupés
par l'entrée en vigueur de l'ensemble du projet de loi n° 12
le 1er juillet 2019. Connaître les balises relatives aux frais avant les
vacances d'été est un impératif.
La CSSMI
estime primordial que les dispositions habilitant le ministre à édicter le
règlement d'application entrent en vigueur au plus tard au mois de mai.
Le Président (M.
Asselin) : Merci beaucoup.
Mme Fortier (Paule) : Excusez. Nous
souhaitons, à l'instar de toutes les commissions scolaires, avoir les conditions gagnantes pour appliquer correctement
les modifications qui seront apportées à la loi de même qu'au règlement
qui suivra.
Et, au nom de la commission scolaire, je vous
remercie infiniment de votre écoute.
Président (M. Asselin) :
Merci beaucoup pour la clarté de votre exposé. Je vous laisse les deux
prochaines minutes avec M. le ministre.
Roberge : Merci bien, M. le Président. Merci à vous. Quelques
précisions. Mais, même avant de commencer les précisions, je veux vous remercier pour le caractère exhaustif de
votre mémoire. Vous répondez de manière exemplaire à plusieurs questions que beaucoup se posent et vous
apportez des réponses, des suggestions. Vous nourrissez définitivement
la réflexion, puis on va tenir compte de vos recommandations. C'est très
intéressant.
Parlant de
choses... Vous dites... Ah oui! C'est nécessaire d'avoir des balises claires
avant le 1er juillet. J'en suis, c'est certain. Quand on dit, à
l'article... le dernier article, je crois,
article 16, que la présente loi
entre en vigueur le 1er juillet, on a
vérifié et validé hier. Si elle était sanctionnée, supposons, je ne sais pas,
le 20 avril ou le 5 mai, vous pourriez déjà
vous en servir pour préparer la rentrée qui suit. Même chose pour un règlement
qui pourrait être déposé ou édicté bien avant le 1er juillet. Vous allez avoir... Et on travaille de façon la
plus rapide possible pour vous permettre de préparer la rentrée. Faites-vous-en pas, on ne vous fera pas
travailler tout le mois de juillet là-dessus. Vous allez pouvoir vous
servir de ce qu'il y a là-dedans.
Une autre
chose, balises claires. Juste pour éclairer ma collègue, tout à l'heure, qui
nous demandait de déposer des
documents de travail par rapport à ce que j'avais mentionné quand je parlais du
fait qu'on a l'intention à ce que soit gratuit
le matériel de laboratoire, d'éducation physique et d'arts. Et tout ça, bien, c'est
l'article 2 que je visais, de la loi, tout
simplement. Ce n'était pas un document de travail. On n'a qu'à se référer au
projet de loi qu'on étudie en ce moment.
Vos annexes
sont très intéressantes, à la fin, puisqu'on voit que vous n'avez pas attendu
le dépôt du projet de loi, là, pour
vous mettre au travail. Il y a des documents 2018‑2019 qui sont utilisés en ce
moment. On va probablement s'inspirer de
votre
annexe avec, c'est-à-dire, une longue liste exhaustive de «ceci peut être
facturé», donc il ne pourrait pas y avoir de problème... ou... pas facturé... facturé ou, disons, demander aux
parents de se procurer tels ou tels items, de manière à ce que ce soit
clair.
Cependant, ma
question, c'est : Est-ce que le cadre actuel, ce que vous mettez là, c'est
ce que vous souhaitez pour l'avenir?
Comme, par exemple, à l'annexe II, c'est écrit : «Effets généraux à payer
à l'école.» Non pas à payer par l'école : à l'école. Donc là, on ne demande pas aux parents d'aller magasiner. On
leur dit : Ne magasinez pas, venez et vous serez facturés. Donc, vous devez payer à l'école,
supposons, abonnement de revue, abonnement numérique, agenda, cadenas, cahiers d'exercices, photocopies, arts plastiques.
Bon, si rien ne change, arts plastiques, ce sera gratuit, puisque c'est
dans l'article 2 du projet de loi. Mais,
quand même, est-ce que ce qu'il y a là, c'est l'état de fait actuel, ou ça
reflète ce que vous souhaitez pour l'avenir, ou les deux?
Mme Landry (Josiane) : Nous nous sommes inspirés de ce qui se faisait
dans une autre commission scolaire ainsi
que la recommandation de la Fédération des comités de parents, l'an dernier,
qui mentionnait qu'ils voulaient avoir un
catalogue. Donc, on a pris le taureau par les cornes dès le printemps dernier
pour mettre en place ce catalogue-là, en se disant : Ce serait plus simple pour nos enseignants de leur
dire : Vous avez le droit de facturer juste telle, telle catégorie.
On a dit : Voici le catalogue. Si vous
pensez qu'il y a des choses qui manquent dans le catalogue, faites-nous signe,
et nous pourrons les ajouter. Donc,
c'est un mécanisme qui est assez flexible. Ça permet toute la flexibilité, et
on peut l'ajouter suite à la
validation. Donc, pour nous, c'est en vigueur
pour les listes de l'année scolaire qui ont commencé l'année passée, donc septembre 2018 à 2019, et on est en train de
réviser le catalogue pour la prochaine année scolaire, on va faire des
ajouts probablement d'un ou deux items. Cette façon de faire là est très
flexible.
Vous
avez mentionné, M. le ministre, que la catégorie arts plastiques ne devrait plus
y apparaître. Je me permets. Dans les
cours d'arts plastiques, il y a beaucoup de matériel dans lequel l'élève écrit, dessine ou
découpe, hein, découpe, dessine.
Donc, c'est ce frais-là pour ce matériel-là qui est acheté en gros par l'école
et qui va être découpé ou dessiné par l'élève.
D'ailleurs, ça m'amène à une de nos recommandations dans notre mémoire à l'effet qu'au secondaire l'élève va découper du vitrail, va découper de l'argile, va
dessiner, peinturer sur des éléments qui sont beaucoup plus onéreux.
Donc, cette spécificité-là, ce serait
intéressant de la retrouver dans le règlement pour permettre aux cours d'arts spécialisés
en arts plastiques, nommément, de pouvoir
charger un frais un peu plus important pour le matériel dans lequel l'élève
écrit, dessine ou découpe, parce que...
ou de le financer différemment, comme on finance, peut-être,
le matériel de laboratoire qui sera à
usage unique. Mais on a des élèves qui réalisent de véritables chefs-d'oeuvre,
et il serait dommage de dire : Bien, finalement, on ne fera plus du
vitrail en cinquième secondaire, on va le faire avec du papier glacé parce que
c'est moins onéreux. Donc, ça serait un peu dommage pour les
chefs-d'oeuvre qui sont réalisés par nos élèves.
Roberge : En tant que
vitrailliste pendant des années, je vais vous dire que je tiens à ce que les
jeunes puissent faire du vitrail.
Oui, je sais, je suis un homme du Moyen Âge, mais c'est quand même
quelque chose d'intéressant que de les faire manipuler du vrai verre, et puis je
pourrais vous entretenir longtemps des tubes de verre. Mais, bon, des fois,
on n'est pas au bout de nos surprises.
Vous
recommandez que la possibilité de facturer des frais pour des projets
pédagogiques particuliers au primaire devrait se limiter aux écoles à
vocation particulière, en fonction de l'article 240, et aux programmes reconnus
par le ministère ou alors ceux qui ont le bac, hein, le fameux bac
international. Si on fait ça, donc on permet des facturations pour ça, mais pas pour les autres, vous voyez
l'avantage que les enfants pourraient aller à l'école près de chez eux,
quoique pas pour les trois dont vous parlez,
peut-être. Mais est-ce
que vous ne pensez pas peut-être
éteindre ou passer des petits nuages gris
au-dessus des couleurs puis des arcs-en-ciel qui se dessinent des fois dans les
écoles primaires? Il peut y avoir d'autres programmes dans des écoles primaires qui peuvent avoir des frais très...
qui ne sont pas des frais dissuasifs, là, ça peut être des fois 50 $,
ça peut être 60 $, et, pourtant, là, on viendrait les interdire, si je
suis votre recommandation.
Labine (Hugues) : Au niveau des frais qui peuvent être chargés aux
parents pour les projets au niveau des écoles
primaires, en ce qui nous concerne, on a 30 écoles sur les 59 écoles primaires
qui offrent des programmes, principalement
en cinquième et sixième année, pour lesquels c'est sans frais dans le cadre du
primaire. Il est possible de réaliser
des projets, des couleurs-écoles avec le financement actuel. C'est sûr qu'une
bonification viendra aider. Mais on a quand
même, comme je vous dis, 30 écoles sur 59 qui offrent aux élèves de cinquième,
sixième année des projets, des couleurs,
que ce soit en sports, en arts, en anglais intensif, et qui sont sans frais.
Donc, on pense que ça devient réaliste, ça demeure réaliste d'aller en
ce sens-là.
Roberge : O.K. Toute la question est de savoir où est-ce qu'on trace
la ligne précisément. Vous ne demandez pas à ce qu'on élimine tous les
programmes, vous ne demandez pas une gratuité totale, mais bien à tracer la
ligne au meilleur endroit possible, puis vous nous faites une suggestion qui va
en ce sens-là.
rapport au volet numérique et aux outils numériques, qui sont de plus en plus
utilisés, que ce soient les tablettes ou
les ordinateurs, je comprends que, parfois, l'ordinateur, la tablette, c'est
manuel, mais quelle est votre vision de ça? Dans le programme d'un
programme régulier, je ne parle pas d'un programme vraiment particulier. Dans
le cadre du programme régulier, est-ce que vous croyez que l'école devrait le
fournir gratuitement ou devrait pouvoir facturer?
Labine (Hugues) : La CSSMI est d'avis que, pour tous les élèves, que
ça soit primaire ou secondaire, qu'ils soient dans un programme régulier
ou dans un programme particulier, les élèves, au XXIe siècle, doivent avoir ces
outils-là entre les mains. Que ça soit les
tablettes, les ordinateurs, les modules de robotique, le livre numérique qui
est à nos portes, donc, les élèves doivent avoir accès à ça, et c'est à
l'école de fournir ce matériel-là gratuitement.
où une clarification devient nécessaire, c'est en ce qui concerne les
abonnements numériques, parce que, là, on a de plus en plus de maisons d'édition qui fournissent soit des manuels
ou des cahiers d'activité dans lesquels l'élève écrit, dessine ou découpe, mais virtuellement. Alors,
c'est là où il y a une clarification qui devrait arriver en ce qui
concerne le matériel technologique qui remplace, en
partie ou en totalité, un
manuel ou un cahier d'exercices. Donc, la nuance est à faire pour ce type d'outil là. Mais ce qu'on pourrait
appeler le matériel plus lourd, la tablette, l'ordinateur, le robot,
l'imprimante 3D, tout ça, il faut que ça soit accessible à tous et au coût de
l'école.
M. Roberge : O.K. Donc, je résume. L'ordinateur, la tablette, c'est
fourni. Le manuel, parce que, des fois, ce sont des manuels numériques,
c'est fourni. Le manuel, qu'il soit papier ou numérique, c'est fourni.
Cependant, le cahier didacticiel dans lequel
l'élève pourrait écrire normalement, si c'est numérique, à ce moment-là, il
pourrait y avoir un petit coût d'abonnement.
voix : Tout à fait.
Le Président (M. Asselin) : On pourrait poursuivre les échanges maintenant
avec la députée de Saint-Laurent...
malgré qu'on a appris que soyez essayiste vitrailliste.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le
Président. J'aimerais continuer sur
cette même lancée parce qu'hier on parlait justement de tout ce qui était numérique, et il semblait clair du côté du ministre de l'Éducation que le
numérique, ce n'était pas facturé aux
parents. Ici, on s'entend que, si on remet une tablette et un iPad... moi, je
prends mon crayon, je peux écrire sur
mon crayon. Hier, la position du ministre, c'était que c'était encore à la
charge de l'école, donc, par le gouvernement, qui devait financer le
virage numérique. Est-ce que c'est ce que vous comprenez, vous aussi?
M. Labine
(Hugues) : C'est sûr qu'aussi, pour poursuivre sur la lancée, il y a
des abonnements numériques qui sont un mélange de manuels et de cahiers
d'activités. Alors, c'est là où...
Mme Rizqy :
Je vous arrête tout de suite. Ma question, je commence d'abord par la tablette.
Est-ce que la tablette... Êtes-vous d'accord qu'on peut quand même
écrire sur une tablette?
M. Labine
(Hugues) : Tout à fait.
M. Labine
(Hugues) : Mais, pour nous, ça fait
partie du matériel qu'on va
qualifier du matériel plus lourd, qui doit être fourni et payé par
l'école.
M. Labine
(Hugues) : Oui.
Mme Rizqy :
Comment ça coûte, une tablette, ces temps-ci?
Mme Landry
(Josiane) : ...peut en avoir à 250 $.
Mme Rizqy : ...les logiciels, parce que les logiciels, ça
commence à coûter pas mal plus cher maintenant que les tablettes...
M. Labine
(Hugues) : On travaille beaucoup
avec les logiciels libres, c'est les... Au niveau de la commission
scolaire, l'ensemble des élèves sont outillés avec des logiciels libres, qui
sont sans frais et qui sont très performants.
Mme Rizqy : O.K. Alors, vu qu'ils sont sans frais, il ne devrait
pas y avoir de problématique à ce
que... pour inclure que non seulement
le iPad ainsi que les logiciels libres devraient être gratuits et aux frais de
l'école, par conséquent, que le gouvernement
s'assure que la Stratégie numérique soit aussi gratuite pour les étudiants, vu
qu'on fait un virage numérique partout au Québec.
Mme Landry (Josiane) : On a des logiciels libres, effectivement, et
c'est vers ça qu'on va dès que c'est possible. Par contre, quand il y a un frais, l'abonnement numérique est
individualisé. Donc, on ne peut pas... Par exemple, avant, on achetait une série classe de manuels ou de cahiers
d'exercices, on faisait des photocopies et on pouvait reprendre ça année
après année. L'abonnement numérique, on
s'abonne à un site qui devient un site de contenu et d'exercices, et le frais
est individualisé par élève et est annuel.
Donc, ce frais-là, c'est ce frais-là qui est problématique parce qu'on n'est
pas financés, et il n'y a pas nulle part où c'est clair qu'on peut le
facturer aux parents.
Mme Rizqy :
Me Landry, effectivement, ce n'est pas financé. Est-ce que vous pensez, vous,
que c'est justement... tant qu'à
faire une stratégie numérique globale pour le Québec, est-ce que ça devrait
être financé par le gouvernement pour s'assurer
que tous les élèves aient tous les outils, puis ça reste accessible? Parce que,
d'abord, la loi, le principe, c'est la gratuité, et les exceptions
doivent être interprétées de façon restrictive. Puisqu'il y a un virage
important qui est fait, pensez-vous que ça
ne devrait pas, justement... le financement devrait inclure, du gouvernement,
non seulement pour la tablette, mais
aussi ce qui vient avec la tablette? C'est comme, par exemple, quelqu'un qui
s'achète une Ferrari mais pas de moteur, ça ne va pas très loin.
Mme Landry (Josiane) : La position de la CSSMI est à l'effet que ça doit
être clair. Que ça soit financé que ce soit permis d'être facturé aux
parents, il faut que ça soit nommément inscrit dans le règlement.
Mme Rizqy :
D'accord. Puis j'aimerais continuer. Tantôt, vous avez parlé d'arts plastiques,
et tout cela. Hier, on avait
différents intervenants qui nous disaient que, justement, dans les écoles
primaires, par souci d'hygiène, évidemment, l'art plastique, la pâte à modeler, usage unique,
mais que c'est toujours aux frais de l'école. Là, vous, vous nous amenez
vers l'école secondaire, où est-ce
qu'effectivement... la pâte à modeler, ça coûte beaucoup moins cher que,
probablement, du vitrail, puis même chose
dans les cours d'ébénisterie. Pensez-vous que c'est, encore une fois, quelque
chose qui devrait rentrer dans la
mission de l'État et qu'il devrait s'assurer que, justement, le financement
suive son cours pour s'assurer que,
justement, les cours d'arts plastiques, du primaire au secondaire, ça reste
gratuit, ce qui inclut effectivement le matériel?
Mme Landry
(Josiane) : La CSSMI est
d'avis qu'au primaire et au secondaire, pour le matériel d'art plastique
de base, il y a une
partie dans laquelle l'élève écrit, dessine ou découpe qui
va être amenée par l'élève, donc peut-être sa peinture
ou des choses comme ça, comme il va amener son crayon dans un autre cours. Par
contre, effectivement, de base, il doit y avoir un financement pour le
matériel didactique en arts plastiques.
Par contre,
je vous amène, quand vous me parlez de la plasticine, au préscolaire et aux
classes spécialisées, qui, eux, ont
des besoins très spécifiques en termes de matériel de manipulation, en termes
de matériel de... j'oublie le terme... de renforcement, motricité fine, donc, qui ont des difficultés à obtenir ce
matériel-là, qui est usé rapidement au fil du temps, qui, pour des raisons d'hygiène, sont à usage
unique. Là, à ce moment-là, on a une problématique qui se pose et on a
soit un financement à avoir ou une
possibilité de facturer aux parents, et ça, ça doit être clairement indiqué
également dans le règlement pour le préscolaire et les classes
spécialisées, parce que c'est du matériel différent.
Je me permets de dire que, souvent, dans ce type
de classe, nous avons moins de frais qui vont être chargés à d'autres types, par exemple, ils n'auront pas
autant de cahiers d'exercices, ils en auront peut-être un. Donc, il y a peut-être une balance à faire à ce
niveau-là. Par contre, c'est des élèves qui vont avoir des frais sur d'autres
choses, donc...
Mme Rizqy : Merci, Me Landry. Je comprends que vous, vous
jouez votre rôle d'avocate puis, je comprends, vous devez minimiser absolument le risque de poursuites, et ça, vous le faites parfaitement, vous demandez plus de clarté.
Je vais me
tourner vers Mme Fortier, parce que j'aimerais vous entendre sur la
mission éducative et le rôle de l'État là-dessus ainsi que... parce que,
depuis tantôt, je vois que Me Landry met beaucoup l'emphase sur le droit de
pouvoir facturer, et, pour moi, c'est
hyperimportant qu'on revienne toujours à la base, sur le principe de gratuité,
et que les exceptions doivent
vraiment être, un, restrictives, et très claires, parce qu'effectivement on ne
veut pas avoir d'autres poursuites qui vont encore coûter plus cher, en
définitive, aux contribuables.
Mme Robitaille,
aujourd'hui, vous, est-ce que vous êtes à l'aise de ne pas avoir le règlement,
de ne pas voir le détail de, au fond,
qu'est-ce qui va être facturé? Ou est-ce que vous aimeriez avoir un règlement
ou, à tout le moins, un document de travail pour être en mesure
aujourd'hui d'être devant nous puis de dire : O.K., on peut aller de
l'avant?
Mme Fortier
(Paule) : Bien, on espère que, pour le règlement, bien, on pourra être
consultés, donner notre avis sur le règlement, parce qu'il sera très
important.
Mme Rizqy : Si je ne me trompe
pas, est-ce que c'est bien...
Mme Fortier (Paule) :
On pense aussi chaque enfant doit poursuivre le parcours scolaire qui répond à
ses aspirations, le plus possible dans la
gratuité. Je pense que ça, c'est un principe qu'on défend. Puis, en ce qui
concerne la mission éducative, je ne sais pas si, M. Labine, vous
vouliez ajouter quelque chose par rapport à ça.
Président (M. Asselin) : Merci beaucoup pour la qualité de vos
échanges. On peut peut-être continuer avec la députée de
Joliette.
Mme Hivon :
Oui, merci. Alors, écoutez, vous parlez... vous nommez expressément, à la page 10
de votre mémoire, là, les risques de
discrimination, évidemment, des frais qui sont imposés. Donc, je veux
comprendre... parce que vous faites effectivement un mémoire
extraordinairement étoffé, je vous en remercie.
Dans votre
réalité à vous, quand vous parlez des couleurs particulières, même au primaire,
presque 50 % en ont, mais, au
secondaire, j'aimerais vous entendre sur... à l'exception, là, de sport-études,
arts-études et programme international, les frais peuvent ressembler à
quoi, et comment vous vous assurez que tous les enfants y ont accès.
M. Labine
(Hugues) : Donc, évidemment, on a des chiffres intéressants pour vous.
Donc, on a, à la commission scolaire Seigneurie-des-Mille-Îles, quand
même 25 % de notre clientèle au niveau secondaire qui fréquente un projet particulier sans sélection, c'est-à-dire une
couleur-école, comme on l'a mentionné. Et, pour ces élèves-là, le projet
dans lequel ils sont inscrits, et qui répond à leur intérêt, et qui favorise
leur trajectoire vers la réussite, les frais se situent entre 30 $ et 300 $. Donc, ça, c'est important vraiment de distinguer
ce type de projet là, les couleurs-écoles, parce qu'on a souvent entendu parler de l'autre, là, les
arts-études, les sport-études. Effectivement, arts-études, sport-études
correspond à une infime
partie chez nous,
c'est 5 % de la clientèle. Et, effectivement, pour les entraîneurs, les
services professionnels, la location des plateaux, on pense aux arénas,
oui, on l'a entendu, ça peut monter à quelques milliers de dollars. Mais il y a une vaste... un bon nombre d'élèves, comme je
vous dis, 25 %, qui ont des projets, des couleurs-écoles, pour
lesquelles on varie de 30 $ à 300 $. Ce n'est pas un frais excessif.
Le Président
(M. Asselin) : Merci.
Mme Hivon :
...que ça devrait être gratuit ici.
Le Président (M. Asselin) : Rapidement,
parce que...
Mme Hivon :
Je laisse ma collègue aller.
Le Président
(M. Asselin) : Oui, c'est la députée de Sherbrooke...
Mme Labrie :
Merci... va dans le même sens. Je voulais aussi vous entendre, à la
page 10, justement, vous reconnaissez
que certains frais peuvent avoir un caractère discriminatoire et, même, vous
proposez des pistes de solution par rapport à ça, notamment un meilleur
financement du ministère de l'Éducation, mais également un système de prêts et bourses comme on le connaît pour les études
postsecondaires. Ne pensez-vous pas que, comme on parle de scolarisation
obligatoire ici, ça devrait être totalement
assumé par le ministère de s'assurer d'une égalité des chances et que tout le
monde ait accès sans avoir besoin de passer par un système de prêts et bourses
ou de charité?
Mme Landry (Josiane) : Le principe de prêts
et bourses, ce serait pour les programmes reconnus, arts-études,
sport-études et PEI, parce que ça devient un choix de devenir un sportif
d'élite ou de devenir... Nos programmes d'arts-études,
la façon dont c'est fait, là, c'est pour aller étudier à l'université en
musique ou des choses comme ça. Ce n'est
pas pour quelqu'un qui veut faire plus de danse dans son quotidien. C'est
vraiment de l'élite, et ça, on croit que ça ne devrait pas être
totalement gratuit.
Les gens qui ne sont pas en mesure d'y accéder parce qu'ils
n'ont pas les moyens, là, il faut les aider. Et comment on
peut les aider de la façon la plus
efficiente possible? À notre avis, c'est par un système de prêts et bourses
similaire aux études postsecondaires pour la simple et bonne raison
qu'on ne peut pas compter sur des fondations qui périclitent. Des fois, il y en a des excellentes, des fois, des moins bonnes. C'est
encore des parents qui tiennent ça à bout de bras. Donc, comment est-ce
qu'on peut organiser ça? Pour nous, la meilleure façon, c'est un système, mais
uniquement pour les projets... les programmes, pardon, reconnus de type
sport-études, arts-études de haut niveau.
Mme Labrie :
...25 %, est-ce que l'idéal, c'est que ce soit gratuit?
Fortier (Paule) : Oui.
Président (M. Asselin) : Je vous remercie infiniment pour votre
contribution, M. Labine, Me Landry, Mme Fortier.
Je suspends les
travaux jusqu'à 15 heures, heure où nous reprenons. Merci.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
Le Président (M. Asselin) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La
Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je vous
demande de bien vouloir éteindre la sonnerie de vos appareils électroniques.
poursuit les auditions publiques dans le cadre des consultations particulières
sur le projet de loi n° 12, n° 12, c'est la Loi
visant à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre
l'encadrement de certaines contributions financières pouvant être
exigées.
après-midi, on va entendre la
Centrale des syndicats du Québec conjointement avec la Fédération des
syndicats de l'enseignement. On va entendre
aussi la Fédération autonome de l'enseignement. On va entendre l'Association
provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec et la Fédération des
commissions scolaires du Québec.
souhaite la bienvenue à nos trois représentants. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour nous exposer
votre situation, puis on va procéder après à une période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter parce
qu'il y a des gens qui... Et puis la parole est vous. Je vous laisse aller.
Mme Éthier (Sonia) : Alors, bonjour, M. le Président, M. le ministre
de l'Éducation, membres de la commission. On vous remercie beaucoup de
nous avoir conviés à participer aux auditions sur le projet de loi n° 12.
Vous
connaissez bien Mme Josée Scalabrini, qui est présidente à la Fédération des
syndicats de l'enseignement. Moi,
Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec, et on est
accompagnées de Nathalie Chabot, qui est conseillère à la centrale.
Donc,
la CSQ compte, dans ses rangs, près de 200 000 membres, dont
125 000 en éducation. Et on est ici pour porter leurs voix, qu'ils soient membres du personnel enseignant,
professionnel ou de soutien. Et je vais débuter par vous faire part des
principales raisons qui expliquent notre accueil, qui a quand même été plutôt
mitigé sur le projet de loi.
D'abord, il
faut se rendre compte qu'on se prononce sur un projet de loi qui nous donne
certaines informations mais que
plusieurs choses seront précisées ultérieurement par voie réglementaire. Donc,
on a quand même une vision partielle de tout le dossier. Mais il y avait une réflexion,
quand même, qui était nécessaire pour les contributions financières
exigées aux parents, ces frais qui sont de
plus en plus élevés, depuis plusieurs années, et qui apportent des difficultés
pour certaines familles, pour le
personnel scolaire et notamment pour le personnel enseignant. Donc, on avait de
grandes attentes par rapport à ce
projet de loi, qui, à notre avis, n'a pas visé à diminuer les frais scolaires
pour deux éléments : garantir le droit à une éducation publique gratuite et favoriser une plus grande égalité
des chances pour les enfants de familles moins nanties.
Donc, ce
qu'on voit, c'est que ce projet de loi là vise à tenter de départager ce qui
est gratuit ou non et en ayant comme
unité de départ que les frais scolaires, c'est acceptable. Donc, pour nous, la
réflexion aurait été, aurait dû se faire dans une perspective beaucoup plus large. Et, au lieu de renforcer les
principes d'égalité des chances, ce projet de loi les affaiblit. Bien
que le projet de loi ne soit pas volumineux, je pense qu'il est lourd de
conséquences pour les élèves et les familles.
Donc,
j'aborderai les projets particuliers, l'article 1 particulièrement, qui
vient permettre, vient légitimer les frais de participation aux projets pédagogiques particuliers. Et, pour nous,
il s'agit de l'accès à un service éducatif, donc, qui devrait être gratuit. En légitimant ces frais,
bien, finalement, on accepte que plusieurs enfants soient exclus de ces
projets parce que leurs parents ne sont pas
en mesure d'en assumer les coûts. Donc, on ne vient pas corriger les
inégalités, on vient les légitimer.
C'est pourquoi, pour nous, on devrait retirer l'article 1 du projet de loi
et ce qu'on demande, c'est que le gouvernement
se penche, une fois pour toutes, sur le développement des projets particuliers,
qu'il s'agisse au niveau des coûts, mais aussi des pratiques de
sélection des enfants pour ces projets.
notamment, une deuxième recommandation : qu'on adopte une politique
gouvernementale à ce sujet. Et je passe la parole à ma collègue.
Mme Scalabrini (Josée) :
Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats d'enseignement.
On voit qu'un
nouveau mot pourrait maintenant faire son entrée dans la Loi de l'instruction publique, c'est-à-dire
les «activités scolaires». Pour nous, il est
clair que, si jamais on ajoute ce mot, «activité scolaire», il devra être très
bien défini, et qu'on devra voir, noir sur
blanc, qu'est-ce qu'il veut dire. Jamais il ne faudra qu'il y ait de confusion
avec le fait de venir confondre des
services complémentaires qui doivent être reconnus, qui sont reconnus dans la
Loi de l'instruction publique, avec des activités qui pourraient se
faire. Donc, pour nous, c'est questionnant, mais on espère que, si le mot «activité scolaire» faisait son entrée, il aurait
un caractère éducatif. L'activité scolaire est une continuité à ce qu'il se
vit à l'école. Donc, pour nous, il est clair
que ça doit être éducatif, et ça peut être large, éducatif, on en est
conscients, mais ça vient expliquer
pourquoi ces activités-là doivent être gratuites, ça vient expliquer la
nécessaire gratuité pour que, quel que soit le milieu socioéconomique ou
géographique d'où vient l'élève, il puisse participer à ces activités-là.
Deuxième élément important, le matériel didactique
et les manuels scolaires. Il est reconnu, dans la Loi de l'instruction publique, qu'il appartient à
l'autonomie professionnelle de choisir ses manuels, de choisir son matériel.
Le problème avec ce qu'on a vécu dans les dernières années de coupures continuelles...
on vivait une confusion entre autonomie
professionnelle et le fait de pouvoir appliquer les programmes. Si, dans les
programmes, tu dois tracer au pastel ou
travailler avec de l'argile, mais que tu n'as pas le budget pour être capable
de te payer le pastel puis l'argile, là, tu dois charcuter dans ton programme. Mais on dit : Il appartient à
l'enseignant de choisir le matériel, de choisir ses manuels. Donc, encore là, pour nous, il doit être clair que le
financement doit être adéquat et que jamais on n'ait à choisir entre le
budget de l'école et le programme. S'il y a un programme reconnu par le
ministère, c'est qu'on doit être capable d'enseigner ce programme-là.
Autre élément très important : les cahiers
d'exercices. Vous savez qu'à travers les années ça s'est transformé, l'utilisation des cahiers. Il existait, dans le
passé, là, officiellement, les manuels et le cahier d'exercices. Depuis
quelques années, même quand des cahiers
d'exercices sont excellents et sont reconnus par le ministère, des enseignants
se voient refuser la demande au
conseil d'établissement d'utiliser certains cahiers, parce qu'on dit : Il
y a trop de contenu dans le cahier
d'exercices et pas assez d'exercices à faire. Pour nous, si l'autonomie
professionnelle de l'enseignant permet de choisir ses manuels et qu'il est reconnu par le ministère que le
matériel peut servir, ce n'est pas normal que le financement de l'école vienne empêcher de choisir les manuels.
Donc, pour nous, si la gratuité des manuels... Parce que nouvelle
réalité, si on pouvait en tenir compte,
l'enseignant pourrait décider s'il veut un manuel reconnu par le ministère ou
s'il veut se faire un cahier d'exercices maison. Mais ça, ce choix-là
doit lui revenir à lui, comme enseignant. Donc, si on a le financement à la hauteur, on pourra faire ces
choix-là. Ça rendra service pour l'apprentissage de l'enfant et ça rendra
service aux parents aussi, étant donné que les mêmes montants seront là pour
tous les élèves au Québec.
Enfin, la
liste de matériel scolaire, on sait que c'est proposé au conseil
d'établissement par la direction et on sait que le travail généralement des besoins est fait par les enseignants. Le
problème, c'est qu'il n'est pas reconnu, la participation du personnel enseignant, pour faire cette liste-là.
Donc, pour nous, ce serait important qu'on ajuste, dans la loi, le fait
que les enseignants, dans la liste du
matériel à usage personnel... soit fait avec la participation du personnel
enseignant. Donc, pour l'instant... Sonia, si tu veux conclure.
Éthier (Sonia) : Alors, en
conclusion, on a quand même évoqué quelques éléments, là. Vous avez eu,
quand même, notre mémoire, avec les 14 recommandations. Et, justement,
il y a une recommandation qui, pour nous, est très importante parmi les autres, c'est le fait qu'on
demande que ce règlement soit publié afin que l'ensemble des acteurs
puisse apporter leur point de vue et l'enrichir puis de poursuivre la discussion
sur ce sujet, qui est tellement important.
Vous
rappeler aussi qu'en décembre, quand on avait participé à la consultation, on avait dit que cette réflexion-là pourrait aussi porter sur... On devrait tenir en compte de
l'accessibilité aux services éducatifs complémentaires. Et nous avons une recommandation qui est la recommandation 5, pour
insister à l'effet que les budgets pour l'accès aux services éducatifs complémentaires soient assurés. Et, notamment,
il y a une chose aussi qu'il ne faut pas oublier, c'est toute la question des services de garde à l'école, où on a tendance à
avoir un système à deux vitesses, pour les parents qui ont l'argent pour faire
des sorties et les autres qui ne l'ont pas. Donc, une attention particulière à
porter là-dessus aussi.
Le Président (M. Asselin) : Merci
beaucoup pour votre exposé. On
commence à la période d'échange avec un 16 minutes avec l'équipe
ministérielle. À vous la parole, M. le ministre.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. Merci pour votre présentation.
J'ai
plusieurs petites questions suite à votre présentation puis à la lecture du
mémoire. Votre recommandation
2, vous dites : «Que le ministre de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur adopte une politique gouvernementale
afin de définir clairement ce qu'est un
projet pédagogique particulier.» Je sais que vous n'êtes pas les premiers ou
premières à nous parler de ça. Il y a
des projets pédagogiques particuliers, il
y a... des fois, on les appelle les
cours à options, les couleurs, enfin, il y a un paquet de noms qui se
sont développés au fil des dernières années là-dessus.
Mais
on m'a soumis que des projets pédagogiques particuliers, c'étaient ceux qui
étaient reconnus par le ministère et
qui impliquaient une modification ou une compression du temps pour l'enseignement des matières de base. Est-ce
que c'est une définition qui est partagée
dans le réseau? Parce que j'ai entendu ça, là, en posant des questions, mais
est-ce que ce n'est pas, justement,
une définition qui est connue et reconnue, qu'un projet particulier, c'est celui qui est reconnu et qui indique
une modification à l'horaire?
Mme Éthier (Sonia) : Bien, je pense que cette définition-là qu'on vous
a donnée, là, elle a pris les... Les projets particuliers, dans les établissements scolaires, ont pris toutes les
formes, et puis on a un petit peu de difficultés à se retrouver dans tout ça, et de le clarifier. Pour nous, c'est important que le ministre de l'Éducation nous clarifie ce qu'est un projet pédagogique particulier, parce que,
justement, il y a beaucoup... je ne dirais pas de dérives, mais beaucoup...
D'ailleurs, on ne peut pas avoir
l'inventaire de l'ensemble des projets particuliers qui existent au Québec,
et ça, pour nous, ça serait important,
d'abord, de faire l'inventaire, de voir ce qui est approprié et puis, suite à
ça, d'établir les principes qui devraient guider la mise en place des
projets pédagogiques particuliers. C'est dans ce sens-là que notre recommandation
vous est soumise.
Roberge : Les options, les
couleurs, les concentrations, les projets pédagogiques ont été conçus au fil
des années beaucoup par vos membres, les gens des équipes-écoles,
pour répondre aux besoins ou pour motiver les jeunes. Est-ce que vous considérez que c'est une bonne chose,
d'avoir une variété d'options, de concentrations ou vous souhaitez
qu'elles disparaissent?
Mme Scalabrini (Josée) : Je vais faire un bout. Quelle que soit la
couleur, la concentration, l'option, là, ce qui est clair, c'est qu'on n'en a pas, de données, on
n'en a pas, de registre. Les seules données qui existent, c'est celles
que la FSE a faites il y a quelques années,
parce que, quand on s'adressait au ministère pour savoir où on en était avec
les projets particuliers, il n'y avait aucune statistique, il n'y avait
aucun chiffre.
Maintenant,
est-ce qu'on veut faire disparaître les projets particuliers? On n'a jamais dit
ça, mais on a dit, par exemple, très
clairement que tout ce qui était projet particulier sélectif ou qui demande des
coûts, pour nous, viennent nuire au développement de tous les élèves. Donc,
on ne veut plus... On veut revenir à une mixité scolaire.
Donc,
que, dans des établissements, il y
ait les couleurs, il y ait
un projet particulier qui vient répondre au besoin de l'ensemble
des élèves, on n'a pas de problème avec ça. Pourquoi il s'en est développé de si
différents à travers les années? C'était
même devenu une question de survie dans... Il y avait la compétition,
c'est d'abord et avant tout une compétition avec le privé qui a amené à développer ces projets particuliers là. Et,
après que les projets particuliers ont eu commencé en concurrence avec le privé, on s'est mis à avoir
une concurrence entre les écoles. Parce
que chaque école veut survivre,
chaque école se donne sa couleur.
Donc,
nous, on dit que cette concurrence-là n'est pas saine, et c'est ce qui a amené
autant de dérives et qu'on n'a plus
cette mixité scolaire là. Donc, il
faut baliser les projets, premièrement, savoir qu'est-ce qu'il se fait
comme projet particulier et,
deuxièmement, il faut être capable de baliser ces projets particuliers et
décider, comme société, au Québec, qu'est-ce qu'on attend de l'école.
Roberge : J'ai de la misère à vous suivre avec... Quand vous
dites : Chaque école veut survivre, là, je n'ai pas entendu parler d'école secondaire... à moins que
ce soit une école de village, qu'il reste 22 élèves, puis, encore, on
essaie de les sauver, ces écoles-là, on ne
les abandonne pas à leur sort. Mais je ne me souviens pas, là, au fil des 25
dernières années, avoir entendu parler d'une
école publique qui se battait pour sa survie, c'est-à-dire qui allait fermer,
comme une entreprise, parce que, mon
Dieu, il n'y avait pas un programme d'éducation internationale, ou une
concentration sport, ou une option sciences. Donc, qu'est-ce que vous
voulez dire, les écoles se battent pour leur survie?
Mme Scalabrini (Josée) : Moi, je ne sais pas, là, mais... Je ne sais pas
si on a accès aux mêmes médias puis aux mêmes journaux. Chaque année, là, moi, je vois le palmarès des écoles.
Et ce qu'on dit souvent, c'est que, même pour ces palmarès-là, on veut attirer les gens qui vont
nous permettre d'augmenter et... une meilleure réussite dans chacune de
nos écoles. Et on sait que, pour attirer ces
gens-là, ce sont les projets particuliers qui font qu'il se fait du magasinage,
l'année avant d'arriver au secondaire, pour
savoir qu'est-ce qui va répondre le plus aux besoins de mon enfant. Et nous, on
n'est pas en train de dire que les parents
ne sont pas en droit de ne pas vouloir ce qui est le mieux pour leur enfant,
mais on dit que le jour où, à ce
niveau-là, il y aura des projets particuliers partout, mais pas des projets
particuliers en concurrence, oui, ce sera mieux.
Et, si on dit qu'il n'y a pas d'écoles
secondaires qui se battent pour leur survie, moi, je peux vous dire qu'il y
a des écoles secondaires qui se battent pour
leurs projets et pour attirer, souvent de façon sélective, les élèves qui
réussissent le mieux pour être capable de
rehausser l'image et les couleurs de l'école. Oui, ça existe, et c'est
médiatisé. On en entend beaucoup parler à chaque année.
Roberge : Je comprends, là, ce n'est pas une question de fermeture
d'école, c'est une question d'avoir des élèves ou... enfin, des élèves
qui pourraient, peut-être, augmenter des statistiques. Je comprends ce que vous
voulez dire.
Vous
parlez des projets particuliers, vous dites qu'ils sélectionnent ou qui ont des
coûts. S'il n'y avait pas de coût, si c'était
la gratuité pour un programme, une couleur, une option, est-ce que la sélection
poserait problème? Et, à l'inverse, le contraire, s'il n'y avait pas de
sélection, que tout le monde était admis, on ne demande pas de test de
concentration, de résultats scolaires, mais qu'il y avait un coût qui pourrait
être qualifié de raisonnable, on va dire, de 50 $, 100 $, 150 $ — on ne parle pas de milliers de dollars — est-ce que ce serait acceptable ou c'est une
fin de non-recevoir? Pour vous, il ne peut n'y avoir aucunement, nulle
part sur le territoire du Québec, ni sélection ni coût.
Éthier (Sonia) : Bien, je pense que la réponse, elle est à la
page 5 de notre mémoire, là. Pour nous, on demande
la gratuité. C'est pour les principes qu'on disait tout à l'heure
d'accessibilité, de possibilité et d'égalité des chances. Donc, si les
projets particuliers sont dans les milieux, bien, pour nous, le premier
principe, c'est cette question-là.
Mais
il faut se rappeler aussi que ce n'est pas uniquement une question d'argent
pour lesquels les enfants n'ont pas
accès aux projets particuliers, il y a aussi, comme vous le dites, de la
sélection basée sur les notes. Il y a un paquet de facteurs qui font en sorte que les enfants n'iront
pas dans ces projets particuliers là, basés, notamment, sur les notes ou
autres éléments socioéconomiques, là.
Alors,
à la centrale et à la FSE, il n'y a
pas d'opposition à l'encontre des projets sélectifs, il n'y a
pas d'opposition à l'encontre, mais
il faut vraiment, comme on vous a dit dans la recommandation, il faut vraiment qu'il y ait des travaux qui soient faits là-dessus pour évaluer, pour
regarder ce qui existe et aussi toujours avoir en tête qu'il faut s'assurer de l'égalité
des chances pour les enfants qui sont issus
de milieux moins bien nantis ou encore qui ont des indices de
vulnérabilité importants. Donc, c'est dans ce sens-là.
Parce que, pour être
moi-même enseignante et avoir, disons, participé, comme présidente de syndicat,
là, à l'élaboration de projets, pas moi
comme telle, mais d'avoir vu, dans le milieu, comment c'est parti, il y a des
endroits où il n'y avait aucune
sélection sur le plan des notes, mais sur le plan des intérêts, donc, des
intérêts des enfants pour les motiver et
puis pour assurer la réussite éducative et puis garder ces jeunes-là à l'école,
mais pas sur une base sélective. Et, au fond, tous les enfants devraient
avoir accès à quelque chose qui les accroche.
moi, comme enseignante, je pourrais vous dire que ce n'est pas normal que la
classe régulière, maintenant, ne soit
plus quelque chose qui soit un attrait pour les jeunes et pour les parents. Les
classes régulières avec des services, avec des outils, avec de l'argent, avec des services complémentaires
devraient être attrayantes pour les parents et pour l'école. Et on ne devrait pas, au Québec, être rendu à
obliger les parents à aller faire le tour des écoles de leur commission
scolaire pour voir qu'est-ce qui serait le
plus intéressant. Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus. Puis ça, ça a
forcé nos écoles à être en
concurrence les unes contre les autres pour avoir des enfants. Puis, même si on
pense que ce n'est pas en jeu, la question
du nombre d'élèves dans les écoles, oui, c'est arrivé, ça, c'est arrivé chez
nous, concurrence entre les écoles, mais aussi avec le privé.
Mme Scalabrini (Josée) : Moi, je veux quand même ajouter un petit élément
très important pour moi. Ce qui me crève
plus le coeur... Je suis une fille d'un petit village, je suis une enseignante.
Mais, moi, d'avoir entendu des enfants de sixième année dire, en larmes — parce que j'y ai assisté, là — moi, l'an prochain, je ne veux pas rester
avec les poches... Qu'est-ce qu'on
appelait les poches? C'étaient ceux qui étaient pour être dans des classes
dites régulières, parce qu'ils avaient
peur de ne pas être acceptés dans des projets... Ce n'est pas normal,
socialement, qu'on soit rendu là. Il faut que même les enfants comprennent qu'on a tous les mêmes chances et qu'on
essaie tous de viser la même réussite pour ces enfants-là. C'est important, parce que ce qu'on a construit à travers
les années, quand c'est rendu que ce sont même les enfants entre eux qui
amènent des exemples comme ça, ce n'est pas normal dans notre société.
Président (M. Asselin) : Il reste quatre minutes.
M. Roberge :
Je vais laisser mon collègue de Richelieu poursuivre.
Président (M. Asselin) : Oui. Collègue de Richelieu.
M. Émond :
...M. le ministre. Je suis content de vous entendre parler des projets
particuliers puis des possibilités qui peuvent apporter l'égalité des chances
pour tous, je pense qu'on en est tous.
Dans
mon coin... moi, je suis dans la région de Sorel, que Mme la présidente connaît
bien. J'entends ce que vous dites,
Mme Scalabrini, quand vous évoquez des étudiants qui peuvent manifester, pas le
mécontentement, mais leur volonté de
se retrouver dans des projets particuliers ou ne pas vouloir aller dans des
classes de type régulières. Moi, je peux vous dire, puis vous en êtes
conscientes, j'en suis certain, que les projets particuliers font de très
belles choses, et pas seulement pour des
élèves au niveau sélectif, là, il y a des étudiants qui ont un parcours
scolaire plus difficile, qu'on réussit à accrocher au sein de notre
système en les intégrant dans ces projets particuliers là.
Maintenant,
on parle le même langage quand on dit que les chances doivent être égales pour
tous et qu'on doit les accompagner,
ça ne doit pas être un frein financier qui fait en sorte qu'ils ne peuvent pas
participer. Tantôt, vous avez parlé des palmarès puis que les écoles tombent en
compétition. Moi, je peux vous dire que, dans mon coin, le palmarès, ce
n'est pas très jojo, là. Puis je salue la volonté, entre autres, des
enseignants, qui travaillent très fort pour essayer d'améliorer les choses par
toutes sortes de moyens.
Tantôt, vous
avez parlé d'attrait. J'aimerais vous entendre à savoir si vous êtes en faveur
à la volonté du gouvernement d'amener
les deux sorties obligatoires et pour tous, qui ne sont pas uniquement pour des
classes sélectives, mais bien pour l'ensemble des élèves, tant au niveau
culturel. Est-ce que c'est quelque chose qui vous parle, cette...
Scalabrini (Josée) : Moi, je
vais dire tout de suite, là, que je ne l'ai pas lu dans le projet de loi, là.
Je l'ai entendu aux nouvelles comme
tout le monde, là, qu'on devrait peut-être aller vers deux activités pour
chaque enfant, et je ne le comprends
pas. Parce que je me dis : À partir du moment où ce n'est pas dans la loi,
est-ce qu'on pourra changer ça, tout dépendant du financement ou du
budget annuel? Est-ce que ça appartiendra à chaque nouveau ministre qui sera nommé de décider si c'est deux, si c'est trois, si
c'est quatre, si c'est un? Et moi, je pense que... nous pensons qu'on
peut, une année, avec des élèves, pouvoir
avoir à vivre trois activités, et, d'autres années, peut-être une activité.
Donc, on n'est pas d'accord qu'il
faudrait limiter à deux, mais on sait qu'il y a un conseil d'établissement qui se
penche sur le projet d'activité qui
est soumis, et, à partir du moment où le conseil d'établissement dit :
Oui, c'est une activité à caractère éducatif, puis on l'autorise, on ne
doit pas le limiter. On doit permettre qu'en continuité des programmes on puisse
participer à des activités.
Le Président (M.
Asselin) : Il resterait deux...
Le Président (M.
Asselin) : Oui. Alors, à vous, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Merci beaucoup, M. le Président. Je tiens à vous
rassurer : oui, on lit les mêmes journaux que vous. Alors, quand vous dites que certaines écoles
luttent pour leur survie, je le comprends, parce qu'au fond plusieurs des
bons élèves vont dans d'autres écoles
privées. Ça reste qu'il y a beaucoup d'élèves qui restent dans le secteur
public. On voit qu'il y a aussi
beaucoup plus d'enfants avec des plans d'intervention, puis qu'au final c'est
les enseignantes qui, durant l'été,
sont brûlées, qui sont sur le... K.-O., qui doivent reprendre la session
suivante. Et, quand on parle de survie, c'est aussi celle des enseignantes, celles qui doivent à chaque fois composer
avec les nouvelles réalités, qui sont bien plus que simplement enseignantes, qui sont souvent les psychologues,
les travailleurs sociaux de ces enfants. Je me rappelle, une de mes enseignantes, quand on lui avait posé la
question, on avait sept ans : Vous avez combien d'enfants? Elle a
dit : J'en ai 32. On était dans l'autobus pour faire une sortie éducative.
On a dit : 32? Elle a dit : Oui. Vous êtes tous mes enfants. Puis c'est comme ça qu'on le voit, puis
c'est comme ça qu'on devrait toujours le voir, le rôle que vous jouez,
parce que c'est vrai que vous menez, à bout de bras, tout ça.
Puis, aujourd'hui, ce projet de loi doit donner
des outils à l'enseignant et d'emblée, Mme Scalabrini puis Mme Éthier, vous l'avez dit, puis nous autres
aussi, depuis le début des travaux, on le répète, qu'on a l'impression de jouer
dans un film où est-ce qu'on vient donner le
droit d'imposer des frais, alors que le principe est la gratuité et que
l'exception devrait être les frais chargés aux parents.
Pensez-vous qu'on devrait prendre aussi un pas
de recul puis d'avoir une réflexion beaucoup plus large pour réfléchir à comment qu'on aide nos enseignantes,
comment qu'on aide nos élèves, comment qu'on aide nos jeunes garçons qui sont dans une plus grande proportion
qui décrochent, comment qu'on assure la mixité sociale, comment qu'on réduit toutes nos inégalités. Et, si les projets
particuliers que beaucoup tiennent à coeur sont vraiment tellement bons
pour aider justement à accrocher nos jeunes,
si on a les moyens puis qu'on a vraiment les coffres pleins, pouvons-nous
assurer la gratuité pour l'ensemble de tous
ces projets si ça peut aider la réussite éducative de l'ensemble de tous les
Québécois, peu importe s'ils viennent d'un petit village ou de la grande région
métropolitaine?
Scalabrini (Josée) :
Pouvons-nous assumer la gratuité, nous, on pense que oui, et c'est ce qu'on
tente de démontrer dans notre
mémoire. On pense que, socialement, on a choisi, un jour, d'aller vers la
gratuité pour tous les élèves, et on peut aller là.
Est-ce qu'il
est temps de prendre un temps d'arrêt et d'avoir une vision d'ensemble? Je
pense que, tout le monde, depuis
quelques années, si vous avez entendu les positions de la FSE, ça revient
chaque fois qu'on vient rouvrir la loi de l'instruction publique et
faire des modifications à la pièce. Ça fait longtemps qu'on dit : On n'en
peut plus, de ces modifications-là à la
pièce. Il faudra prendre un temps d'arrêt, de recul, et avoir une vision
d'ensemble qu'on n'a plus. Présentement, même dans la loi de
l'instruction publique, il y a des articles de loi qui viennent en
contradiction avec d'autres articles de loi. On n'a jamais fait l'ensemble de
tout ce qu'on a ajouté à la pièce dans les dernières années.
Donc, si on
nous demande : Est-ce que ça prend un pas de recul, est-ce qu'on est
rendus, ensemble, comme société et comme gens qui sont dans les
établissements scolaires, à échanger sur ce que l'on veut en éducation? Oui, on
est rendus là.
Rizqy : J'aimerais aussi savoir, pour les enseignants plus
particulièrement, comment qu'on assure, entre guillemets, de compenser la charge pour les enseignantes qui sont
justement dans tous les cours à option, dans tous les projets particuliers, qui s'investissent très,
très souvent, et donc aussi c'est sur leur temps à eux, personnel? Parce
que, si on veut justement donner tous les
outils aux enfants, est-ce qu'on devrait aussi, bien, un, d'une part, connaître
l'inventaire de tous
les projets particuliers qui existent au Québec, de savoir qui s'en occupe, et
si ces enseignantes-là... parce qu'on parle aussi, dans un autre
dossier, de valoriser l'enseignement, de savoir si, un, elles ont aussi une
compensation, ces enseignantes et enseignants.
Mme Scalabrini (Josée) : Si on me demande s'il y en a une, compensation,
il n'y en a pas présentement. Et ça fait longtemps qu'on dit que la
charge de travail et la complexification de tâche est venue avec tous les
changements de société qu'il y a eu, mais
surtout à cause de la composition de la classe parce que la mixité scolaire
n'est plus là. Parce qu'on a promis
aux enseignants, un jour, de les appuyer et de les aider à vivre une
intégration des élèves en difficulté, socialement,
puis on n'était pas contre, là. On a accepté d'intégrer les élèves en
difficulté, mais ça devait s'accompagner d'un appui, d'une aide, de soutien,
de personnel de soutien et de soutien professionnel.
Depuis
qu'on a pris ces décisions-là, continuellement, on a été en sous-financement,
on a été en coupures. Donc, on est
rendu à l'étape où il devrait y avoir une équité même dans la classe. Moi,
souvent, j'entends le débat, là, que les conventions collectives
viennent nuire à l'enseignant qui rentre dans le système et qui a la classe
difficile, tandis que l'enseignant
d'expérience a la classe la plus... Pardon? Qui fait la conception de ces tâches-là?
Est-ce normal qu'on ne soit pas
capable de donner le soutien à nos classes pour avoir des classes qui peuvent
répondre aux besoins de tous les élèves au Québec? Ça se fait. On est
capable de le faire, mais on ne le fait pas.
Donc,
la compensation, c'est revoir l'intégration, revoir les décisions qu'on a
prises sur les classes spéciales. On ne
dit pas ne plus avoir de classes spéciales, mais on dit : les classes
spéciales qui existent doivent être... il doit y avoir des formules pour composer ces classes spéciales là et
ça ne doit pas nécessairement être différents groupes, différents âges
et différents niveaux qui se retrouvent dans
ces classes spéciales là. Mais surtout, quand on décide, après évaluation,
d'intégrer des élèves, il faut que l'appui soit
là. C'est comme ça qu'on pourrait compenser les enseignants et revenir à des
tâches qui auraient des conditions beaucoup plus humaines pour les
enseignants au Québec.
Mme Rizqy :
...de votre présence pour poser une question qui peut sembler éloignée du
projet de loi n° 12. Mais c'est bien beau tous ces projets
particuliers, mais, si les enseignants ne sont plus là pour les offrir, on a un
beau problème. Dernièrement, ça fait cinq
ans qu'au Québec on voit qu'il y a plus d'enseignantes qui quittent vers
l'Ontario. Est-ce que vous avez sondé les
raisons? Est-ce que vous avez... selon vous, de votre expérience, pourquoi
qu'on en perd puis que ça continue à augmenter le nombre qu'on perd
d'enseignants?
Mme Scalabrini
(Josée) : On n'est pas dans le projet de loi, là, mais je vais
quand même dire que tout gouvernement qui a
été au pouvoir, dans les 10 dernières années, là, a souvent beaucoup
valorisé ce qu'il se faisait en Ontario. On a beaucoup vanté ce qu'il
arrivait en Ontario, en ne contextualisant pas la réalité de l'enseignement en Ontario. Donc, il faudra peut-être arrêter juste
de vanter ce qu'il se passe en Ontario, et travailler à rendre
l'enseignement au Québec et les
enseignants... valoriser les enseignants. Parce qu'on parle souvent du
20 % d'enseignants qui quittent dans les cinq premières années, mais on oublie tous les enseignants qui
partent à la retraite avec pénalité parce qu'ils n'en peuvent plus de ces
classes-là et des décisions qui se prennent à la pièce et qui ne tiennent pas
compte de la réalité de la composition de la classe.
Mme Rizqy :
Puis pour présentement... parce que je veux revenir... je me suis permis, vu
que vous étiez présente, d'avoir
cette réponse-là, mais je vais revenir dans le projet de loi n° 12.
Trouvez-vous que c'est correct que la très grande
partie de la clarification va venir par la suite
dans un règlement que personne n'a vu jusqu'à présent? Ce règlement,
grâce à l'article 15, on n'aura pas l'occasion de pouvoir échanger. Il n'y
aura pas de consultation. Comment vous trouvez cette façon de faire?
Mme Éthier (Sonia) : ...inacceptable. C'est ce que je vous disais
d'entrée de jeu, là, dans la conclusion. Il faut vraiment avoir accès parce qu'il faut continuer la discussion, il faut
être
partie prenante, il faut que les
acteurs concernés soient en mesure de regarder ce que le ministre propose
dans ce projet de règlement et puis d'avoir l'occasion de donner nos recommandations en lien avec ça, parce que
c'est quand même... c'est important, là. Je le disais au départ : On a
une vue partielle de ce qui nous attend, et ça serait important pour nous
d'avoir la globalité et de pouvoir intervenir.
Président (M. Asselin) : 1 min 45 s.
Rizqy : ...plus rapidement. La loi prévoit qu'habituellement c'est
45 jours pour consulter lorsqu'on dépose le règlement. Je ne pense pas que le ministre aura probablement le temps
avec 45 jours, mais, à tout le moins, quel serait un minimum, pour
vous, pour qu'on puisse avoir le temps de consulter, une quinzaine de jours,
vingtaine?
Éthier (Sonia) : Je ne pourrais pas vous avancer un chiffre,
mais...
Mme Rizqy :
...exemple, on vous dépose....
Éthier (Sonia) : ...je pense qu'on a du temps, là, on veut le
maximum.
Mme Rizqy : ...maximum, c'est
45 jours.
Éthier (Sonia) : Bien, ce n'est certainement pas deux semaines.
Mme Rizqy : D'accord, je vous
remercie beaucoup.
Le Président (M.
Asselin) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci
beaucoup. J'ai combien de temps?
Le Président (M.
Asselin) : 2 min 40 s.
Hivon : Merci.
Alors, bien, merci de votre présentation, merci du coeur et du ressenti qu'on
reçoit. Je partage deux choses avec vous,
d'abord un malaise de voir un projet de loi qui est supposé, évidemment, être
sur la gratuité, mais qui, en fait,
consacrer la non-gratuité, et que l'exception n'est plus l'exception, mais est
plus une généralisation, et le fait
qu'on s'embarque là-dedans, mais sans avoir fait le tour d'horizon d'où on en
est. Moi, je ne suis pas capable d'avoir à cette information-là, de
savoir l'ampleur du phénomène et de la sélection, de la double sélection aussi,
notamment, évidemment, financière.
Donc, il y a
quelque chose qui me préoccupe, tout comme vous, c'est les définitions ou
l'absence de définition de ce que
sont les activités scolaires. Donc, je vous ai entendu dire d'entrée de jeu que
vous estimiez que ça pouvait couvrir toutes
sortes de choses, donc qu'il fallait préciser ça. Évidemment, on n'a pas le
règlement, on demande un document de travail,
on ne l'a pas. Vous, selon vous, là, qu'est-ce qu'il faut que ce soit, la
définition des activités scolaires prévues dès l'entrée de jeu du projet
de loi?
Scalabrini (Josée) : Il faut
que l'activité scolaire réponde à un caractère éducatif. Donc, à partir du
moment où est présentée au conseil d'établissement une activité qui permet la
continuité de ce qui répond aux objectifs de ce qu'amène l'école dans notre société, on est dans une activité scolaire
éducative. Et, oui, si j'ai été capable d'en exprimer les objectifs et
que le conseil d'établissement l'a accepté, je dois être capable de le vivre
gratuitement avec mes élèves.
Hivon :
Donc, pour vous, c'est comme antinomique qu'on parle d'activité scolaire qui
pourrait ne pas être gratuite
puisque, par sa définition même, une activité scolaire n'est pas une activité
parascolaire, est une activité qui fait
partie des apprentissages et
donc des objectifs éducatifs.
Mme Scalabrini (Josée) :
C'est une continuité.
Mme Éthier (Sonia) :
Je peux juste vous amener à la page 6, où ce qu'on... on disait que, pour
éviter toute confusion, «l'expression
"activités scolaires" devrait être circonscrite aux sorties scolaires
à caractère éducatif — pour nous, c'est important — et certaines activités s'apparentant à ces
sorties, mais offertes en classe», comme, par exemple, une troupe de
théâtre. Pour nous, c'est la définition qu'on donne.
Hivon :
Puis, quand on parle, justement, des sorties culturelles et sorties éducatives,
pour vous, le fait qu'à l'heure
actuelle ça arrive, qu'il y a des frais d'imposés pour ça, on devrait s'assurer
qu'il n'y a aucuns frais. Et, si je vous suis, les réponses que vous avez données à ma collègue, vous, vous
dites... parce que le ministre s'est engagé à deux sorties culturelles gratuites par année, vous préférez
avoir une latitude avec un budget — je veux bien vous suivre — pour décider un peu du nombre, et
tout ça.
Le Président (M.
Asselin) : ...peut-être qu'on pourrait switcher au... pour la
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci. D'abord, bon, je
suis assez surprise que le ministre vienne de découvrir que nos écoles
publiques sont en mode survie, hein? Ça fait quand même deux jours qu'on entend
des groupes nous le dire assez explicitement.
Et ça m'inquiète, parce que ça veut dire qu'il n'est pas en train de chercher
des solutions à notre réseau, qui étouffe sous le sous-financement.
J'aimerais
vous demander : Pensez-vous que l'école publique au Québec, en ce moment,
au moment où on se parle, favorise l'égalité des chances pour tous les
élèves? Et, sinon, qu'est-ce que le ministre devrait faire pour y arriver?
Éthier (Sonia) : Je vais
vous donner une réponse, on... Je pense qu'on va avoir la réponse demain. On
devrait avoir une bonne réponse demain...
Mme Labrie : Mais au moment où on se
parle.
Éthier (Sonia) : Parce que
les ressources manquent cruellement, hein, au niveau de l'école publique, et il est plus que temps, on a vécu des années
d'austérité très importantes, qui ont dénudé les écoles des moyens dont elles
devaient disposer pour assurer la réussite de tous les élèves, et de donner des
conditions d'exercice, des conditions de travail au personnel enseignant notamment,
et des autres professionnels, et personnel de soutien. Et je pense que,
quand on veut, quand on dit que l'éducation,
c'est la priorité, il faut s'assurer d'avoir les moyens pour permettre aux
établissements de réaliser leur mission première.
Mme Labrie :
Et donc, en ce moment, ce ne serait pas le cas, on attend de voir demain.
Scalabrini (Josée) : ...on
nous parle souvent de recherche, on nous dit que les enseignants doivent
retourner vers la recherche, qu'on doit
tenir compte de la recherche. La recherche vient dire que, pour donner
l'égalité des chances, ça prend une mixité scolaire, et présentement
nous ne vivons pas la mixité scolaire. Donc, il faut travailler, ça s'est
déconstruit sur 30 ans, ça prendra des années à le reconstruire, mais il faut
travailler en ce sens-là. Et pourquoi deux activités,
et pourquoi deux activités de ce ministre-là? Quel sera le nombre d'activités
quand arrivera un autre ministre? Où est-ce que ça va être écrit?
Labrie : Vous demandez, dans
votre mémoire, que l'article 1 soit retiré, donc vous pensez que les programmes particuliers devraient être gratuits, donc
financés par le gouvernement. Pouvez-vous expliquer, pour le bénéfice du ministère de l'Éducation, pourquoi ça serait la
meilleure orientation à prendre, de rendre les programmes particuliers
gratuits ?
Éthier (Sonia) : S'il y a
des projets particuliers, des projets pédagogiques particuliers, bien, le fait
de les rendre accessibles... Parce
que la gratuité, ça enlève un obstacle pour les enfants qui sont issus des
milieux plus modestes, plus
défavorisés. Alors, en partant, c'est un élément, pour nous, qui est important,
c'est une des bases, hein, l'accessibilité puis l'égalité des chances.
Président (M. Asselin) :
Merci infiniment pour la contribution à cet exposé aux travaux de la
commission.
Je suspends
les travaux pour quelques instants, le temps que nos prochains visiteurs se
révisent. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
Le Président (M.
Asselin) : Je voudrais souhaiter la bienvenue aux membres de la
Fédération autonome de l'enseignement. Je
vous rappelle que, pour les 10
prochaines minutes, vous allez avoir droit à votre temps pour l'exposé, et puis après, à la suite de ça, il va y avoir une
période d'échange avec les membres de la commission. Mais je vous
invite, donc, à présenter chaque personne, et puis, bien, allez-y, c'est à
vous.
Mallette (Sylvain) :
M. le Président, M. le
ministre, Mmes, MM. les députés, mon nom est Sylvain Mallette, je suis président de la Fédération autonome de l'enseignement. Je suis un enseignant d'histoire au secondaire. Participera à la présentation Mme Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle. Mme Morel est une enseignante du
primaire. Nous accompagne M. Yves Cloutier, conseiller au service de la vie
professionnelle.
La FAE représente près de 45 % des
enseignantes et enseignants de commissions scolaires francophones, soit 43 000 femmes et hommes qui travaillent dans
tous les secteurs d'enseignement. La FAE est présente dans sept régions,
Montréal, Laval, Québec et Outaouais, dans
lesquelles se trouvent les quatre plus grands pôles urbains du Québec, ainsi
que dans les Laurentides, l'Estrie et la
Montérégie. Depuis sa fondation en juin 2006, la FAE défend l'école
publique, sa mission ainsi que les valeurs
qui la caractérisent. En ce sens, il appartient à l'État de garantir le
maintien, l'accessibilité, l'universalité et la gratuité des services
publics sans aucune concession aux intérêts privés et à la logique marchande.
Le projet de loi n° 12,
qui propose des modifications à la
Loi sur l'instruction publique, est une
conséquence directe de la conclusion du
recours intenté au nom des parents du Québec visant 68 commissions scolaires
concernant des frais pour des services facturés depuis 2009‑2010. Au terme de
longues négociations, les parties en sont venues à une coûteuse entente pour laquelle les commissions scolaires en cause
s'engageaient à rembourser plus de 150 millions de dollars. À ce sujet, nous réclamons du
gouvernement qu'il compense financièrement, via une mesure budgétaire
protégée, les commissions scolaires pour les pertes encourues.
Bien que le
ministère de l'Éducation n'était pas au nombre des intimés dans cette affaire,
personne ne peut nier que tous les
gouvernements ont contribué à la marchandisation de l'école publique. Hélas,
loin de réaffirmer et de protéger adéquatement
le principe fondamental de gratuité scolaire pour tous les services éducatifs,
le projet de loi qui fait l'objet des travaux de la commission forge, à
même la
Loi sur l'instruction publique, les fers de l'iniquité.
De plus, le projet de loi consacrera, s'il est
adopté en l'état, une école à trois vitesses : les écoles privées, qui sélectionnent leurs élèves et en éjectent en cours
d'année, alors qu'elles continuent d'être grassement subventionnées à même les fonds publics; les projets pédagogiques
particuliers, qui prolifèrent dans le réseau des écoles publiques, qui
sont mis en place justement pour lutter
contre la concurrence déloyale faite par les écoles privées et qui alimentent
la logique de la concurrence entre les
écoles publiques elles-mêmes — certains projets pédagogiques particuliers
sélectifs contribuent à accentuer le phénomène de ségrégation scolaire,
qui se répand aussi dans le système scolaire; finalement, la classe ordinaire, qui l'est de moins en moins puisqu'elle
se compose d'un nombre anormalement élevé d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage et
d'élèves à risque et pour laquelle les services professionnels et les
mesures de soutien continuent de manquer
cruellement. Encore aujourd'hui, faute de moyens financiers suffisants, les
directions d'établissement demandent aux
enseignantes et enseignants d'identifier, parmi leurs élèves, lesquels pourront
recevoir des services.
projet de loi n° 12 est le troisième visant la LIP à
être soumis à l'examen des députés depuis les récents débuts de la 42e législature. Déjà, en septembre 2016, lors de l'étude
du projet de loi n° 105, nous dénoncions le fait que la loi soit devenue une véritable courtepointe
bigarrée, résultat de plus de 50 ans de changements à la pièce rarement
faits dans l'intérêt des élèves et des
enseignantes et enseignants ainsi que de la mission de l'école publique. Nous
nous attendons à ce que les travaux
que vous menez sur le projet de loi n° 12 soient guidés par
la volonté de protéger et de valoriser l'école publique, la seule
capable d'assurer l'égalité des chances.
J'invite Mme Morel à
poursuivre la présentation.
Mme Morel (Nathalie) : M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les
députés, bonjour. Dans un premier temps, permettez-moi d'élaborer un peu
plus sur les notions de gratuité et d'équité.
Actuellement,
l'article 3 de la
Loi sur l'instruction publique est le socle du principe de la
gratuité scolaire, comme vous le
savez tous.
L'article 1 du projet de loi n° 12 constituerait une
brèche à ce principe que la FAE juge totalement inacceptable. Le Conseil supérieur de l'éducation a pourtant bien
documenté les conséquences néfastes induites par le manque d'équité du système scolaire québécois.
Parmi les facteurs d'iniquité, les inégalités socioéconomiques arrivent
en première place, constituant, par le fait même, un des principaux facteurs de
décrochage scolaire.
Déjà,
le système scolaire québécois encourage les inégalités économiques en
subventionnant à même les fonds publics
l'école privée, comme vient de le dire mon collègue, ce qui profite ainsi à une
minorité favorisée qui l'emporte sur
ce qui devrait bénéficier au plus grand nombre. En se fondant sur les données
de l'enquête PISA de 2012, le Conseil supérieur
de l'éducation nous apprend que seulement 6 % des élèves des écoles
publiques du Québec sont dans des écoles favorisées, contre 20 % dans le reste du Canada. Toujours selon le Conseil supérieur de
l'éducation, 72 % de l'effectif des écoles privées vient d'un milieu favorisé dont les revenus sont de
100 000 $ et plus. Rappelons aussi que, selon le ministère des
Finances, en 2015, 71,4 % des contribuables québécois avaient un revenu
annuel inférieur à 50 000 $, dont 34 % inférieurs à 20 000 $. Comme la FAE le dénonce depuis sa
fondation, il est inconcevable qu'au Québec la majorité, dont les plus défavorisés, subventionne les privilèges d'une minorité de bien
nantis. Or, l'ajout proposé à l'article 3 de la
Loi sur l'instruction publique aurait pour effet de consacrer la possibilité
pour les commissions scolaires de
facturer des frais pour les projets
pédagogiques particuliers et priver ainsi un très grand nombre d'élèves de s'y
inscrire en raison de leur statut socioéconomique.
En effet, que ce soit au primaire ou au
secondaire, les frais présentement exigés aux parents atteignent régulièrement
plusieurs centaines, voire milliers de
dollars. À l'iniquité du financement public de l'école privée, l'article 1
du projet de loi en proposerait donc
un élargissement au PPP, communément appelé projet pédagogique particulier.
Nous sommes conscients que la
situation est déjà telle dans de nombreux projets pédagogiques particuliers,
mais nous nous serions attendus à ce
que le gouvernement, devant cette brèche dans le principe de la gratuité
scolaire, la colmate et rétablisse l'équité pour tous les élèves qui fréquentent nos écoles publiques. Faire
autrement contrevient au droit à l'éducation, mais aussi au traité liant le gouvernement du Québec en
perpétuant des inégalités dont les élèves de milieux défavorisés et leurs
profs sont les premières victimes et en exacerbant la crise de confiance à
l'égard de notre système éducatif.
somme, par ce projet de loi, le ministre consacre le principe, oui, de l'école
à trois vitesses : l'école privée, les projets pédagogiques particuliers, sélectifs et payants, et la classe
ordinaire. Dans les faits, c'est cette dernière, souvent composée d'une population scolaire combinant... et
non pas d'une clientèle, d'une population scolaire combinant plusieurs facteurs de risque en plus d'une haute
concentration d'élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage, qui fera le
plus les frais du fameux projet de loi n° 12.
Dans
ces circonstances, devant des obstacles financiers insurmontables pour de
nombreuses familles, que ce soit 50 $,
100 $ ou 200 $, M. le ministre, et au nom du droit à l'éducation, à
la gratuité scolaire et à l'égalité des chances, la FAE exige le retrait de l'article 1 du projet
de loi n° 12. Conséquemment, les projets pédagogiques particuliers
devraient être compris dans l'offre de
services éducatifs gratuits,
moyennant, bien sûr, que le ministère
s'assure que les commissions scolaires respectent les dispositions
législatives correspondantes.
En ce qui a trait aux
autres éléments contenus dans le projet de loi n° 12, l'article 2 du
projet de loi propose quelques retraits et
ajouts à l'article 7 de la LIP. Une proposition de modification au premier
alinéa de ce dernier
article a de
quoi nous faire sourciller. On remplacerait les termes «l'enseignement des
programmes d'études» par «l'application des programmes d'activités ou d'études». Le retrait du terme
«enseignement» dans le contexte de cet
article et de la
Loi sur l'instruction publique dévaloriserait, à notre
avis, la profession enseignante. Nous proposons donc que la formulation suivante soit plutôt retenue : «l'application
des programmes d'activités ou l'enseignement des programmes d'études».
manière correspondante, les articles du projet de loi contenant des
propositions similaires devraient reprendre le libellé que nous proposons. Les modifications suivantes proposées par
l'article 2 viennent préciser les portées de la gratuité de certains items en précisant davantage
les dispositions précédentes. On parle, entre autres, de matériel
didactique visé au premier alinéa,
comprenant notamment le matériel de laboratoire, d'éducation physique et
d'arts. Alors, malgré le libellé
ouvert de cet ajout grâce au terme «notamment», nous sommes d'avis qu'il
devrait être bonifié par l'addition d'une référence pour matériel
informatique.
L'article 6
du projet de loi semble faire double emploi avec certaines autres dispositions
de la LIP, dont, entre autres,
l'article 218.2. On y trouve cependant une mention interdisant
spécifiquement les frais de nature administrative. Nous suggérons
toutefois de renforcer cette disposition en ajoutant, à la suite de «des frais
de nature administrative», «et des frais d'admission».
L'article 13
du projet de loi propose de conférer au ministre le pouvoir de réglementer les
modalités du principe de la gratuité scolaire tel qu'on en a entendu
parler un peu plus tôt.
L'article 15,
par contre, du projet de loi, semble vouloir soustraire la première version de
l'éventuel règlement mentionné
précédemment au processus prévu à la
Loi sur les règlements, soit une
publication à la Gazette officielle et une période de consultation de 45 jours. Disons les
choses franchement, il s'agirait alors d'un décret et non d'un
règlement.
Le Président (M.
Asselin) : Je vous inviterais à conclure.
Mme Morel (Nathalie) :
Oui. Étant donné que cet éventuel règlement aurait des répercussions éminemment
concrètes dans les milieux, la FAE est d'avis qu'il est impératif de soumettre
à la consultation et de permettre aux enseignantes et aux enseignants d'avoir
voix au
chapitre et de pouvoir être consultés formellement sur ce projet de règlement
avant son adoption. Merci.
Le Président (M.
Asselin) : Merci beaucoup, Mme Morel. M. Mallette, je vous
invite aux échanges. Je vous remercie de votre exposé, et je laisse la parole,
pour 16 minutes, au ministre.
Roberge : Merci bien, M. le Président. Merci pour votre présentation.
Vous avez soulevé plusieurs points. En
16 minutes, on n'aura pas le temps, c'est sûr, de faire le tour, mais, bon, on
a votre mémoire. Une des dernières choses que vous avez soulevées, qui a soulevé mon intérêt, qui m'a amené
rapidement à consulter des membres de mon équipe, question très pertinente : Pourquoi on avait
enseignement des programmes d'études et maintenant application? Je me souviens qu'on s'en était parlé. Des fois, les
mots sont importants, hein, quand on fait les projets de loi. On m'a dit,
puis on a va se trouver une façon de le
formuler qui respectera votre préoccupation, c'est à cause du préscolaire. Vous
savez qu'on travaille à revoir un programme
cycle du préscolaire, quatre ans, cinq ans, quelque chose de cohérent, solide,
basé sur une approche mixte qui inclut
notamment aussi l'approche globale, là, pour ceux qui veulent acheter des
épouvantails puis à penser qu'on assoit tous
les enfants en rang d'oignons puis qu'on les scolarise méchamment, ce n'est pas
le cas.
Donc, si c'est écrit «application», c'est pour
considérer qu'on ne fait pas d'enseignement, à proprement dit, nécessairement auprès des quatre ans, justement. Mais
on trouvera une formulation peut-être pour application préscolaire,
enseignement au primaire et secondaire, puis on pourra même vous revenir avec
des questions là-dessus. Il faut faire attention
aux mots, hein, je pense que l'acte d'enseigner puis le verbe «enseigner», ça
doit se retrouver quelque part dans le projet de loi, c'est une notion
qui est intéressante et importante.
Ensuite, vous savez, je pense, c'est intéressant
de regarder dans quel cadre ce projet de loi là arrive avant de regarder, là,
article par article, c'est dans un
contexte... il faut reculer de plus d'une décennie. Vous savez qu'en 2007
la commission des droits de la personne et
de la jeunesse venait faire une gifle au gouvernement de l'époque, en
disant : Écoutez, là, il y a des problèmes
d'application de la
Loi sur l'instruction publique, il y a même des
malversations. Il y avait le mot
«pratiques illégales» carrément, «pratiques illégales», dès 2007. Puis on
disait : C'est urgent, là — le gouvernement de l'époque était le gouvernement libéral — vous devez corriger la
Loi sur l'instruction
publique. Ça a continué, 2008, 2009,
2010, semble-t-il qu'on a trouvé une tablette quelque part pour ce rapport-là.
2011‑2012, woup! on a changé de gouvernement,
ça n'a pas plus éveillé les soupçons. 2012, 2013, 2014, woup! on a rechangé de
gouvernement, on est retourné encore à l'autre parti. Et il n'y a
toujours eu rien jusqu'à quelque part fin 2018, où là, admettant que c'est un changement de loi qu'il fallait, le précédent
ministre est allé d'un règlement, en juin 2018, et il a déposé un
règlement qui, de mon point de vue et du point de vue de plusieurs enseignants
à qui j'ai parlé, amenait passablement de confusion.
Mais vous qui
parlez à vos membres, j'imagine, assez fréquemment, j'aimerais savoir comment
ça a été reçu et surtout comment ça
s'est vécu cette année, qui est une espèce d'année de transition, là, entre la
loi qu'on avait et la loi qu'on aura,
année où on devait se baser à la fois sur le règlement, la directive du
ministre et l'interprétation qu'en faisaient les directeurs généraux des différentes commissions scolaires. Comment ça
s'est vécu? Est-ce qu'il y a eu des disparités d'une école à l'autre, d'une commission scolaire à l'autre ou ça s'est
bien passé? Puis qu'est-ce qu'il s'est passé avec les sorties, est-ce
qu'il y en a eu autant ou il y en a eu moins, cette année, avec le cadre
législatif qu'on connaît, avec la directive qu'on a en ce moment?
Mallette (Sylvain) : Bien,
nous, M. le ministre, on s'est déplacés pour réagir à la mise au jeu que vous faites, et vous êtes dans votre plein droit de proposer au
Parlement des modifications à la
Loi sur l'instruction publique.
L'ancien gouvernement a été sanctionné, il a
perdu le pouvoir, il forme maintenant l'opposition officielle. Donc, nous, on
est ici pour réagir au projet de loi
n° 12, qui vise à consacrer la mise en place d'un système d'une école à
trois vitesses. Et donc, pour ce qui est... on aura l'occasion, si vous
le souhaitez, de faire état de la situation qui a prévalu avec la directive ministérielle qui a été lancée dans le réseau,
mais je pense qu'il serait peut-être préférable que nous nous concentrions
sur le projet de loi n° 12.
M. Roberge : Mais c'est parce que le
projet de loi n° 12 s'inscrit dans un cadre historique. On ne le dépose pas pour le plaisir. On le dépose parce qu'on ne
veut pas avoir un autre recours collectif qui viendrait encore
ponctionner de l'argent dans le réseau
public. Vous avez d'ailleurs recommandé que le gouvernement sorte de l'argent
pour compenser les commissions
scolaires, là, qui ont dû sortir 153 millions. Mais je comprends que vous
voulez regarder en avant plutôt que regarder ce qu'il s'est passé par le
passé.
Vous
recommandez d'autres choses aussi, des mesures compensatoires pour des familles
à faibles revenus. Il me semble avoir vu ça dans votre mémoire. Non? Ce
n'est pas ce que j'ai vu?
Roberge : O.K. Vous
recommandez, à ce moment-là, la gratuité pour l'ensemble des programmes dans
le réseau public. Quand vous parlez d'écoles
à trois vitesses, est-ce que vous acceptez que, quelque part dans un réseau
public, et admettant le cas où il y aurait
une gratuité totale, il pourrait y avoir quelques programmes qui sont plus
exigeants que d'autres, des
programmes élites pour un jeune qui s'en va aux Olympiques, ou je ne sais trop,
et qui feraient donc une compression
du nombre d'heures dans les cours de base, là, français, maths, histoire?
Est-ce que ça se conçoit, pour vous, dans le réseau public, ça, ou c'est
inconcevable?
Mallette (Sylvain) : Mme
Morel va y répondre, mais simplement, la solution la plus simple, qui éviterait
des recours dans le futur, c'est le fait
d'instaurer la gratuité, notamment pour les projets pédagogiques particuliers,
et donc ça éviterait au gouvernement
d'avoir, via la mesure, par exemple, qu'on vous réclame, là, de compenser les
commissions scolaires qui ont dû, dans le cadre d'une entente hors cour,
avancer plus de 150 millions de dollars.
Je vais laisser Mme Morel répondre à votre
deuxième question.
Morel (Nathalie) : Pour ce
qui est de l'encadrement des PPP, tout à l'heure... si vous ne l'avez pas
déjà reçue... oui, c'est fait?... on vous a