Labour and the Economy — 28 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-05-28
Quebec — Committees
Alors, lorsqu'on doit avoir le rapport et le
conclure, bien, si on donne un délai... sans dire «un délai d'un an, six mois», mais on parle de délai raisonnable, on
part avec l'accord de donner dans les 10 jours... Alors, je pense que ce
n'est pas trop demander au ministre
de regarder avec les juristes, de voir s'il y a une possibilité, sans
extensionner à ne plus finir, là...
Ce n'est pas ça, le but de l'exercice. C'est de donner le temps aux gens de
bien prendre conscience de la conciliation
et de l'entente qui pourrait être entérinée. Alors, c'est le but de
l'amendement à l'article 21, M. le
Président.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Beauharnois. M. le ministre.
Hamad : Je veux remercier mon collègue d'essayer
d'améliorer le système puis je vois sa bonne volonté à mener les procédures, faciliter la conciliation,
aider les citoyens. Je l'apprécie. Évidemment, il faut regarder la réalité, puis la réalité souvent nous rattrape, là, quand
on arrive à ça. En fait, la conciliation, là... et je l'ai vu, comme ministre du
Travail, dans les négociations de conventions collectives, dans n'importe
quelle négociation, souvent, lorsqu'on arrive dans les étapes où on va prendre des décisions,
c'est là que les gens vont réfléchir une dernière fois puis ils vont arriver,
dire : Bon, on va aller en conciliation
ou on va signer la convention collective. Alors, actuellement, ce qui arrive
dans la vie de tous les jours,
c'est : souvent, la conciliation est déclenchée quand on arrive à la cour
puis on dit : On va-tu voir le juge ou on va déclencher le processus?
Donc, je l'apprécie, ce
qu'il fait comme travail, mais, M. le Président, on ne peut pas adhérer à celui-là,
malheureusement. On va voter contre.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre.
Le Président (M. Cousineau) :
Je n'en doute pas. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Bien, je profite de l'occasion... Lorsqu'on est justement
dans une restructuration — le
ministre l'avait dit
d'entrée de jeu — on
ne veut pas rentrer dans les règles puis dans les missions exactement, sauf qu'ici on comprend bien
qu'on fusionne tout ce qui est Tribunal administratif, donc, et on l'a vu hier dans d'autres articles, puis on
dit : Regarde, souvent, on a un
choix à faire entre la règle existante qui est au CLP ou la règle existante qui
était aux normes du travail. Puis cela fait en sorte que, malheureusement
ou heureusement, puis on comprend le sens, c'est de dire : Il y aura des changements pareil dans les habitudes et dans la
fonctionnalité des règles, qu'on le veuille ou non. Lorsqu'on applique une nouvelle règle qui ne s'appliquait pas dans le
passé puis qu'on dit qu'on veut l'uniformiser, dans ces cas-là, bien ça change les règles sur le fond, même si on sait
d'entrée de jeu que le but du projet de loi était plus une fusion puis tenter
de la garder au niveau administratif.
Mais, encore
là, à la défense des travailleurs qui ne font pas
partie d'une association,
bien ça me faisait plaisir de plaider pour eux encore une fois. Puis je
pense qu'on ne demande pas quelque chose qui est impossible. Le ministre a pris sa position, mais je tentais, en un autre
petit 60 secondes, de convaincre le ministre à réfléchir à ces gens-là, qui,
pour eux, un délai raisonnable... On le voit
dans plein d'autres articles de cette loi-là, que le délai raisonnable est
applicable, alors je n'y voyais pas
une grosse obstruction. Mais ce sera mon plaidoyer, M. le Président. Je
n'utiliserai pas des heures et des jours, là, pour en plaider, mais je
pense que c'est plaidable et c'est demandable.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement apporté par M. le député de Beauharnois?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Cousineau) : Rejeté. Donc, nous revenons à
l'article 21. Est-ce qu'il y a des discussions sur l'article 21?
M. Leclair : J'aurais un
autre amendement à l'article 21, M. le Président.
Le Président (M. Cousineau) :
Allez-y, M. le député.
M. Leclair : Alors, elle, je
ne suis pas convaincu, hier, qu'on l'a déposée.
Le Président (M. Cousineau) :
On va suspendre quelques instants, le temps de...
M. Leclair : On avait-u
déposé les deux hier?
Le Président (M. Cousineau) :
Non. À un moment donné, vous avez déposé plusieurs amendements, mais, celui-ci,
on ne l'a pas reçu.
Donc, on va suspendre quelques instants, le
temps d'en faire des copies puis de le distribuer aux membres.
(Suspension de la séance à 11 h 55)
Président (M. Cousineau) : Alors, nous reprenons nos travaux. Donc, nous avons un amendement
qui est déposé à l'article 21 par M. le député de Beauharnois. M. le
député de Beauharnois, à vous la parole.
M. Leclair : Merci,
M. le Président. Alors, je veux juste
spécifier qu'à la première ligne de notre amendement, là, il y
a un «de» qu'il faut qu'il soit
biffé, là. Avant «l'alinéa suivant», là, il y a un «de» qui était de
trop. Alors, je vais le lire. Ça se lirait comme suit :
L'article
21 est modifié par l'insertion, après le premier alinéa, de l'alinéa
suivant :
«Avant la
conclusion de l'accord, le conciliateur en rédige le contenu et en remet une
copie aux parties. Il leur donne un
délai raisonnable afin qu'elles aient l'opportunité d'obtenir un avis
indépendant avant d'y donner leur consentement
final.»
Alors, M. le Président, vous allez dire que je suis tenace. Effectivement, je le suis quelque peu, tenace. Alors ici, on ne donne pas de
temps précis, comme 10 jours, mais, encore là, on demande une deuxième fois au
ministre pour voir... Lorsque la conclusion est prise... de l'accord, le
conciliateur, lui, il rédige le contenu et il doit remettre une copie aux parties, puis, comme le
dit l'amendement, donne un délai raisonnable afin qu'ils aient l'opportunité de
regarder ou même de demander des avis indépendants, qu'ils n'ont pas à
prendre la décision sur-le-champ.
Le Président (M.
Cousineau) : ...député de Beauharnois, et sachez que la
ténacité, c'est une belle qualité.
M. Leclair :
C'est une belle qualité.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
M. Leclair :
Des fois, ça joue sur les nerfs du ministre, mais c'est une belle qualité.
Hamad :
Mais ce n'est pas parce qu'on est tenace qu'on a toujours raison.
Le Président (M.
Cousineau) : Ah! ça, c'est une autre discussion.
Hamad : Alors là,
revenons au sujet. Ce n'est pas comme ça que ça se passe actuellement, M. le Président, et on va l'expliquer, pourquoi. Alors, Me
Poisson, si vous pouvez donner l'explication.
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson. Nous sommes toujours sur le consentement
pour permettre à Me Poisson d'intervenir.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : Oui. Ce
qu'on m'indique, c'est que le conciliateur ne rédige pas toujours une entente
ou un accord de façon formelle, il peut y
avoir des accords qui sont verbaux, il peut y avoir des dispositions que les
parties choisissent de ne pas écrire
de façon très précise. Alors, ce n'est pas dans la tradition du tribunal, en tout cas pas de la CRT, de toujours
avoir un accord qui soit rédigé et signé par le conciliateur. Alors, cette
façon de faire serait nouvelle. Et ce
n'est pas la façon dont habituellement... ce qu'on me dit, là, ce n'est pas la
façon dont on fonctionne habituellement
à la Commission des relations du travail.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Me Poisson. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Alors, je comprends, c'est exactement où est-ce qu'on
est avec ce projet de loi là, M.
le ministre, c'est de dire :
Bien, à la CRT, on ne fait pas toujours ça, parfois on ne fait pas d'écrit.
Mais, bien entendu, dans le futur, le
projet de loi va rédiger pour les membres des tribunaux
administratifs. Il ne va y avoir qu'une seule loi, là, qui va être applicable. Alors, si on dit : Ils n'ont
pas l'habitude à la CRT... mais j'imagine qu'à la CLP tout doit être
écrit, parce que ça a quand même des conclusions qui touchent le futur. Alors,
à la CLP, les conclusions de conciliation sont, à moins que je ne me trompe,
quasi en totalité par écrit.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. M. le ministre.
Hamad : En fait,
le problème, ce n'est pas juste l'écrit, là. Le problème grave dans l'amendement
qui est ici...
Hamad : Grave,
oui, grave, puis grave avec un g. Alors, ici, là, M. le Président, «afin qu'elles aient l'opportunité d'obtenir un avis indépendant», ça, c'est contre la conciliation. La
conciliation, là, les deux font confiance au conciliateur. Ils acceptent d'avoir un conciliateur, ils
négocient ensemble, ils s'entendent. Puis là il dit : Attends un petit peu, là, je vais aller faire...
Ça ne marche pas de même, parce qu'on remet en question, là... L'avis de
conciliateur, ça peut être verbal, ça
peut être écrit, mais, par contre, de demander un autre avis d'un indépendant,
là, on... Là, on ne peut pas faire indirectement
ce qu'on ne veut pas faire directement. Les assesseurs, c'est terminé. C'est
terminé, les assesseurs, mais on peut encore trouver une place pour mettre
des assesseurs.
Hamad : Oui, je
vois ça, mais là c'est toujours les assesseurs qui reviennent. On les appelle
autrement. Des fois, on les met dans
un bureau. Là, on les appelle avis indépendants, mais c'est toujours
ce monde-là qui se promène, là, d'un bord à l'autre.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Hamad : ...en passant, il ne se fait pas de même. Une
fois qu'il a fini sa conciliation, il s'assure que chaque
partie a
compris l'entente. Parce que, des fois, ça peut arriver, on le sait, hein, on
s'entend puis on pense qu'on s'est entendus, mais, dans le fond, on s'est mal
compris. Alors là, lui, il s'assure que le monde s'est bien compris puis il
s'assure que la discussion est bonne
puis les revendications de chacun sont bonnes. Comme là, là, on comprend ici
les assesseurs aussi. Alors là, il n'y en a plus, d'assesseur, là-dedans.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Bien
entendu, loin de là l'idée de donner une autre chance ou un autre palier de
revendications. On comprend, là, tous les délais qui sont déjà prescrits
dans les tribunaux administratifs, puis l'exemple du ministre est très bon. Lorsqu'on dit ou qu'on prétend
dire : On va aller voir quelqu'un qui sera un spécialiste ou on va se
référer à des particuliers ou à un
avis indépendant, mon but n'était pas de dire : Bien, avec l'avis
indépendant, on va contester. Sauf qu'avant de rédiger la conclusion
finale sur une conciliation, tel que le disait le ministre, parfois, on pense
qu'on a compris puis on n'a pas tout à fait compris... la nervosité, blablabla, tout ce qui s'ensuit. Alors, le
but, ce n'est pas de dire : Je
vais créer une autre étape, de dire : Bon, bien, après 10 jours... ou,
exemple, qu'on dirait «un temps raisonnable», j'ai rencontré des gens,
des spécialistes et je revendique la conclusion qu'on a écrite.
qu'on dit, c'est de s'assurer, avant qu'on écrive ladite conclusion, de donner
le temps de réfléchir, quelques dodos.
Je demande neuf dodos. C'est 10 jours. Alors, je ne pense pas que c'est très
grave avec un grand G. C'est pour s'assurer que les gens possèdent bien
et comprennent bien le contenu.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : En
passant, il y a un document qui existe sur Internet à la CLP qui s'appelle Le
cadre d'exercice de la
conciliation à la Commission des lésions professionnelles . Il y a un guide pour les conciliateurs, et je vais
juste lire la table des matières pour
comprendre, là. Tout ce qu'ils demandent est là, à part de l'avis indépendant, parce que
ça ne marche pas, là. L'avis
indépendant, là, on vient mettre en doute la... On choisit quelqu'un, on
dit : Ton opinion, là... tu peux
travailler, mais à la fin, là, je vais aller voir ailleurs
puis je vais te revenir. Ça ne marche pas de même. Le conciliateur...
M. Leclair :
...l'avis indépendant peut être de mon père, mon frère. Pas besoin d'être
spécialiste.
Hamad : Ce n'est
pas grave. Tu peux le demander pendant la conciliation, pas à la fin, là.
Pendant la conciliation, on peut faire ça.
Alors
là, ce qu'on dit ici, là : Le champ d'intervention du conciliateur, le
devoir d'information, devoir d'information, la suspension ou la fin de conciliation, la
rédaction et la signature des accords et des transactions. Alors là, on s'en va
à la signature, parce que,
les conciliateurs, il y a un code aussi de déontologie à respecter. Alors là,
on s'en va à la suspension, rédaction. La rédaction : «La rédaction
de l'accord et de la transaction par le conciliateur assure les parties que les
termes [...] sont conformes au règlement intervenu. [...]L'accord
doit contenir les admissions de faits permettant de soutenir les conclusions recherchées.» Puis là on en nomme, là, plein.
Alors donc, on donne un cadre de travail qui est exactement ce que le député
craint : ils sont tous réglés, ça, ils sont tous là. Alors, vous
comprenez, là, on a une question
de confiance, ça prend l'entente des deux
parties, on choisit un conciliateur. Une fois qu'on l'a choisi, on a fait
confiance, on fait son travail. Le
conciliateur a des obligations, il doit répondre à... d'abord,
c'est le code de déontologie, le respect, informer chacun, le dire, ça, c'est ça que ça veut dire, l'entente,
etc., faire une entente, essayer de l'expliquer, l'entente, qu'est-ce
que c'est, puis après ça, bien, il y a une décision.
Donc,
toutes ces démarches-là sont correctes. Pendant la conciliation, si j'ai des
doutes, mettons, il dit, le père ou,
je ne sais pas qui, le cousin, ou le député de Beauharnois... bien, la
personne peut appeler le député de Beauharnois
puis avoir son opinion, puis on revient après à la conciliation, puis, à la
fin, on a une décision.
Président (M. Cousineau) : Pour le bénéfice des parlementaires autour de la table, M. le ministre, voulez-vous nous redonner la référence pour qu'on puisse...
Hamad : Oui. C'est
sur Internet, Cadre d'exercice, conciliation . Le PDF, on va le trouver,
là, sur... La référence du site Internet, c'est clp.gouv.qc.ca.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci.
Hamad :
C'est clp.gouv.qc. C'est en français.
Hamad :
Oui, je sais. En français.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Beauharnois.
M. Leclair :
Bien, on pourrait parler des heures pour que je fasse valoir le point, mais
vraiment le point, c'était de
dire : Avant qu'on signe ladite conciliation et les mesures finales de la
conciliation, de donner un petit temps de recul. Je comprends que le ministre ferme les portes puis
dit : Ce n'est pas nécessaire. Pendant la conciliation, il peut aller voir
son frère, sa mère, le spécialiste, mais la
conclusion n'est pas tracée, M. le ministre. Moi, qu'est-ce que je dis, c'est
que, oui, on imagine dans la mesure
des cas, la majeure partie... que les gens font de la conciliation en bonne et
due forme, avec conscience de cause,
mais, lorsqu'on tire sur la ligne, on comprend, peut-être aux normes du
travail, à la CLP... souvent, en
lésions professionnelles, c'est une décision qui va être prise pour le reste de
la vie. Alors, moi, je ne vois pas un problème de dire : Bien, on
se donne un quatre, cinq, jours, une semaine, 10 jours ouvrables, mais...
Hamad : ...là, vous voulez avoir une décision plus
rapidement pour votre santé, ce que le député de Beauharnois a dit hier. Là, on va en ajouter cinq, jours, on
ajoute 15 jours, premièrement. Deuxièmement, la personne accidentée peut
être accompagnée, pendant la conciliation, avec son père, son cousin, l'UTTAM,
le député de Beauharnois. Tout ce monde-là
peut être invité à la conciliation. Troisièmement, M. le Président, la
conciliation, là, le conciliateur, il ne sort pas sa décision d'un tiroir, là. La conclusion, c'est le résultat de la
conciliation qui a eu lieu pendant des heures, des jours, et j'espère
que ce n'est pas des mois. Alors, c'est comme ça, la démarche.
Là, ce qu'il demande,
le député de Beauharnois, il dit : Bon, travaillons, on a fini, attends un
peu, donne-moi cinq jours, je vais aller
voir mon père, puis, après que mon père me parle, je reviens, donne-moi la
chance d'aller te parler, mais je vais discuter avec mon père. Et là,
imaginez, là, c'est... Je comprends qu'il veut que la personne... avoir une opinion. Il a raison. On va lui donner raison
quand même, là. Alors, il peut l'avoir pendant la conciliation. Ça marche?
Puis,
en passant, pour terminer, encore en ajouter une autre couche, à l'article 254 de la loi, c'est que le Code de
déontologie des assesseurs et des conciliateurs de la Commission des lésions,
tel que... Donc, ils ont un code qui est maintenu ici, le code de déontologie
pour les conciliateurs.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça me fait plaisir.
M. Leclair :
Je reviens sur les délais. Le ministre veut en parler, je vais en parler.
qu'on demande, c'est une logique, une logique en temps avant de signer la
conciliation qui va être finale, puis c'est
la dernière étape. On se souvient, lorsque... je ne prends peut-être pas
l'exemple des normes du travail, mais je vais prendre les lésions
professionnelles. On se souvient qu'il y a la demande à la CSST, tout ce qui
s'ensuit. Après ça, il peut y avoir le
Bureau d'évaluation médicale, le BEM. On fait toutes les évaluations médicales
de chaque côté, on se relance, des
fois l'employeur, des fois la CSST, et on a toujours l'accidenté, qui suit son
cours puis qui tente de faire valoir ses points.
Hier, on
disait : La moyenne de cette démarche-là était d'environ 300 quelques
jours. On trouvait ça long. Effectivement,
c'est long. On comprend qu'il y a des délais un peu partout. De rajouter cinq
jours à 300 quelques jours, on ne parle même pas de 1 %, là. Alors,
je ne crois pas que, pour une décision finale, de rajouter cinq jours, c'est ce
délai-là qui est final, là. On n'attend pas après des expertises qui peuvent
s'étirer. On dit : Je vais juste en prendre conscience, avec une nuit de repos pour, demain, lire ça à tête reposée.
On a passé la journée à négocier puis on se met toujours dans la peau,
là... La personne, ce n'est pas un avocat du travail, elle n'est pas
représentée par son syndicat, elle est seule
avec elle-même puis elle a suivi, avec frustration ou non, avec raison ou non,
toutes les étapes, là. Parce que les
gens sont choqués lorsqu'on les envoie suivre une évaluation médicale. Ils
disent : Voyons donc! J'ai mal, puis ils ne me croient pas. Puis on
connaît, là, la suite des événements. Puis je reviendrais sur les délais. Le
ministre, il dit : Le député me demande
de rajouter un délai à la fin, un cinq jours, un 10 jours. Puis je demande
un délai raisonnable. Si on veut donner juste 48 heures, ça serait
encore plus raisonnable de se reculer, d'aller chez soi, faire les appels qu'il
y a à faire pour s'assurer... dire :
Regarde, je pense, dans le cas qui vous intéresse, c'est ça. Mais je veux aussi
préciser au ministre que, si on parle
de délais... le rapport de la Vérificatrice générale, hier, stipulait bien
qu'elle était inquiète de la commission
aux indemnisations, que la hausse importante de 29 % du délai moyen des
traitements... Alors, au lieu de parler
d'un quatre, cinq jours final, si on veut parler des délais, je pense qu'il
faudrait travailler en amont. On ne parlera pas, à la fin d'une conciliation, où est-ce qu'on va éviter des
tribunaux administratifs, de donner un quatre, cinq jours à l'avance.
Alors,
je crois que mon plaidoyer, il est fait, M. le Président, je vois la position
du ministre puis j'aurai tenté ma chance,
mais je pense que dans une logique... Puis c'est ce qui guide ma pensée, M. le
Président. Je l'ai répété à plusieurs reprises,
je le répète encore, ce qui guide ma pensée, c'est de penser au salarié qui est
seul devant la machine, que nous, on
a confiance, que nous, on connaît, puis on dit : Regardez, ils vont juger
de la manière raisonnable le cas avec les données qu'ils ont en main. Bien, ces gens-là, bien
souvent, eux autres, ils se disent : Moi, je suis contre la machine, c'est
sûr que je suis fait.
Alors,
moi, c'est pour s'assurer qu'à la fin on puisse, dans l'article 21, bien,
dire : J'aurai eu le temps de réfléchir. Ça ne changera pas la donnée, bien entendu, mais ça donnera peut-être un
petit brin de confiance au système envers ce salarié-là qui est indemnisé ou qui aura une décision positive ou
négative. Alors, je ne continue pas plus loin, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Beauharnois.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement qui est sur la
table à l'article 21? Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Refusé?
Président (M. Cousineau) : Rejeté. Nous revenons à
l'article 21. Est-ce qu'il y a des discussions sur l'article 21
comme tel?
Le Président (M. Cousineau) :
C'est une inversion. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 21 est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Adopté. Nous allons donc passer à l'article 22. M. le ministre.
Hamad :
«22. À moins que les parties n'y consentent,
rien de ce qui a été dit ou écrit au cours d'une séance de conciliation
n'est recevable en preuve.»
Alors, ces dispositions, dont le libellé reprend les dispositions applicables aux deux tribunaux fusionnés,
protègent la confidentialité des débats en conciliation.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. Discussion sur 22?
M. Leclair : Oui, juste un petit commentaire. On voit que ça remplace l'article 122 de la CRT, puis, à la CLP, c'est l'article
429.45, qui ne dit pas tout à fait la même chose, là, mais il y a sûrement une
explication, là, puis je ne le vois pas dans
l'arrimage. On dit : «À moins que les parties n'y consentent, rien de ce
qui a été dit ou écrit au cours d'une séance de conciliation n'est
recevable en preuve.»
Alors,
pourquoi on enlève cette section-là? Est-ce que c'était juste parce qu'elle était répétée dans les deux puis
le texte vient les combler dans la loi?
Hamad : C'est la
même chose.
M. Leclair : Exact, mais à 429.45, dans l'article
de loi, là... Lui, il n'existera plus, là, on est d'accord?
Ça va être l'article 22 qui va prendre sa place.
Hamad : C'est la
même chose.
M. Leclair : Parfait. Je
comprends. Je veux juste m'assurer que je comprends bien ça.
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va?
Le Président (M. Cousineau) :
D'autres interventions sur l'article 22? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 22 est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Article 23. M. le ministre.
Hamad : «23. Tout accord est constaté par écrit et les
documents auxquels il fait référence y sont annexés, s'il en est. Il est
signé par les parties et, le cas échéant, par le conciliateur et lie les
parties.
«Cet accord
peut être soumis à l'approbation du tribunal à la demande de l'une ou l'autre
des parties. Si aucune demande
d'approbation n'est soumise au tribunal dans un délai de 12 mois à compter de
la date de l'accord, il est mis fin à l'affaire.
«Malgré le deuxième
alinéa, tout accord dans une affaire portée devant la division de la santé et
de la sécurité du travail doit être
entériné par un membre du tribunal, dans la mesure où il est conforme à la loi.
L'accord entériné met fin à l'affaire et constitue alors la décision du
tribunal.»
Cet
article pose l'exigence d'un accord par
écrit pour qu'il mette fin à l'affaire. La suite est différente selon qu'il s'agisse d'une affaire relevant anciennement
à la CRT ou de la CLP. Dans le premier cas, les parties peuvent choisir de faire entériner l'accord ou non. Si elles ne le
font pas, le tribunal ferme simplement son dossier un an plus tard sans autre formalité ou procédure. Cela s'explique par
le caractère privé des affaires soumises à la CRT. En ce qui concerne les
affaires soumises à la division santé et sécurité du travail, auparavant du
ressort de la CLP, celles-ci doivent être entérinées
obligatoirement. Cela se comprend par le fait que les litiges en cause ne sont
pas des affaires purement privées et que les accords vont s'imposer à la
CDSST en matière de santé et de la sécurité, ce qui peut avoir des incidences
financières sur celles-ci.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le ministre.
Hamad :
C'est purement administratif, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Discussion sur l'article 23? M. le député de Beauharnois.
Leclair : Je vais
avoir des petites questions, M. le
Président. Effectivement, à la CRT, on dit que l'accord, il peut être soumis. Lorsqu'on arrive plus en santé et sécurité, on dit
qu'il doit être entériné. Dans l'ancien texte, on disait : Cette décision a un caractère obligatoire. Dans
les explications, là, je comprends, le dernier paragraphe, là, le ministre
nous explique, là, que c'est purement administratif, mais j'aimerais comprendre le sens,
pourquoi qu'on était obligé de lier
les parties avec les écrits, puis que, là, ça peut être soumis, puis on le
répète quand même dans le troisième paragraphe, que ça doit être
entériné par un membre. Alors, juste pour m'expliquer, là... J'ai de la misère
à suivre ces écrits-là, là. Peut-être une explication...
Hamad :
Me Poisson va l'expliquer.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : Oui.
Alors, on a repris, dans le fond, les procédures telles qu'elles étaient prévues
pour chacun des tribunaux. On a vu qu'à la
CRT il n'était pas obligatoire de faire entériner l'accord, parce que
les parties peuvent ne pas y tenir.
Alors, à ce moment-là, pour plus de souplesse, il n'y a
pas d'autre formalité à faire, et la CRT ferme son dossier après un an.
Toutefois, la pratique est différente au niveau de la CLP, ce qu'on a reconduit
au niveau du tribunal, où l'accord doit être
entériné, parce qu'évidemment il va
s'imposer à la CDSST. La différence est dans le libellé. C'est que, dans l'article proposé, on dit que
l'accord entériné met fin à l'affaire et constitue alors la décision du tribunal. Alors, en le réputant être une
décision du tribunal, ça a le même effet, c'est-à-dire que ça devient
obligatoire et ça lie les parties.
Alors, l'effet est
absolument le même que ce qui était prévu à la CLP.
Leclair : C'est vraiment
juste en d'autres mots, parce que le rapport va être fait. À la minute qu'il est
signé, ça devient effectif et final.
M. Poisson
(Jean-Martin) : En disant que ça devient une décision du tribunal,
c'est très fort, ça s'impose.
M. Leclair :
Merci de l'explication.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
Le Président (M.
Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article
23? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 23 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté. M. le ministre.
L'article 24, s'il vous
plaît.
Hamad : «24.
Lorsqu'il n'y a pas d'accord ou que le tribunal refuse de l'entériner, celui-ci
tient une audition dans les meilleurs délais.»
En fait, quand il n'y
a pas d'accord, bien on s'en va au tribunal.
Le Président (M.
Cousineau) : Discussion? Ça va? Est-ce que l'article 24 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 25. M. le ministre.
Hamad : Nous avons
un amendement qui est déposé, mais je vais lire l'article : «25. Un conciliateur ne...»
Président (M. Cousineau) : Oui. Vous avez tous l'amendement entre les mains?
L'article 25, l'amendement?
M. Leclair :
...amendements. On ne les a pas.
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, M. le ministre, allez-y sur votre amendement.
Hamad : «25. Un
conciliateur ne peut divulguer ni être contraint de divulguer ce qui lui a été
révélé ou ce dont il a eu
connaissance dans l'exercice de ses fonctions, ni produire des notes
personnelles ou un document fait ou obtenu dans cet exercice devant un tribunal, un organisme ou une personne
exerçant des fonctions judiciaires ou quasi judiciaires.
«Malgré l'article 9 de la
Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics [ou] sur la protection des renseignements personnels (chapitre A-2.1), nul
n'a droit d'accès à un tel document, à moins que ce document ne serve à
motiver l'accord [de] la décision qui l'entérine.»
L'amendement, M. le Président, est simple, en fait : Remplacer, dans le
premier alinéa de l'article 25 du projet
de loi, les mots «Un conciliateur» par «Une personne désignée par le tribunal
afin de tenter d'amener les parties à s'entendre», compte tenu des
adaptations nécessaires.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci. Alors, des questions sur l'amendement?
Hamad :
...explication à l'amendement.
M. Leclair : J'essaie juste
de voir, dans l'article 25, là... O.K., le «conciliateur» dès le début de l'article
25. «Personne désignée».
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Beauharnois, est-ce que vous préférez avoir l'explication du ministre
avant de...
M. Leclair : Bien, lui, il va
nous la faire. Je voulais juste me retrouver.
Hamad : Normalement,
avec ça, il n'y aura pas de question. On va l'essayer.
M. Leclair : Bonne chance.
Hamad : Alors, on reprend ici le libellé applicable à la
CRT de manière à être bien certain de couvrir les agents de relations de
travail qui effectuent également de la conciliation. Je pense, ça éclaircit.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Mais ça peut quand même être un
conciliateur dans ce cas-là, mais ça les englobe tout. C'est bien ça?
Hamad : Oui, le
conciliateur de la CLP, agent de relations de travail dans le cas de la CRT.
M. Leclair : C'est tellement
clair.
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair : Oui, pour l'amendement.
Président (M. Cousineau) : Oui. Est-ce qu'il y a d'autres questions concernant l'amendement? S'il n'y a pas d'autre question concernant l'amendement
à l'article 25, est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Cousineau) : Adopté. Nous revenons à l'article 25 tel qu'amendé. Alors, est-ce qu'il y a des discussions?
M. Leclair : Oui. Bien, j'aurais une petite question
à l'article 25, dans la première explication. À la CRT, à
137.53, à la fin, au dernier alinéa,
on dit :
Malgré l'article 9 de la
loi sur l'accès aux documentations des
organismes publics et la protection
des renseignements personnels, nul n'a droit à l'accès d'un document,
«à moins que ce document ne serve à modifier l'accord et la
décision» qu'elle entérine suite à une conciliation.
Pourquoi
qu'on ne voit pas le «suite à une conciliation» dans le reste, alors qu'on le
prévoit surtout dans l'amendement, qu'il peut y avoir un conciliateur ou
toute autre personne?
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre ou Me Poisson?
M. Poisson
(Jean-Martin) : On a choisi
la version présentée par la CLP, qui nous semblait plus succincte, en
raison du fait que «qui l'entérine suite à une conciliation» nous semblait un
peu superfétatoire, puisqu'on est dans le processus
de conciliation. On dit que rien qui n'a été dit en conciliation ne peut être
répété, à moins que ce soit pour justifier l'accord. Ça nous semblait
évident, en fait, que c'était dans le contexte...
Leclair : Donc, ça ne l'exclut pas.
M. Poisson
(Jean-Martin) : Non. C'est inclus, pour nous.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, maître...
M. Leclair :
C'était mon inquiétude. Je n'ai pas dormi, quasi, à la fin de la nuit après ça.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Me Poisson. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article 25 tel qu'amendé? Sinon, est-ce que
l'article 25, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
L'article 26. M. le ministre.
Hamad : M. le Président, je pensais que ça va être utile pour les collègues, mais ils ne
l'utilisent pas. Ça vaut la peine de
l'utiliser. Un jour, peut-être. Là, on a fini Conciliation prédécisionnelle et
accords, les articles 21 à 25. Là, on est rendus à Conférence
préparatoire, de 26 à 28.
Alors : «26. Le
tribunal peut convoquer les parties à une conférence préparatoire.»
Président (M. Cousineau) : Ça va? M. le
député de Beauharnois, ça va? Ça va? D'autres interventions? Non?
Alors, est-ce que l'article 26 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté. 27. M. le ministre.
Hamad :
«27. La conférence préparatoire est tenue par un membre du tribunal. Celle-ci a
pour objet :
«1° de définir les
questions à débattre lors de l'audience;
d'évaluer l'opportunité de clarifier et de préciser les prétentions des parties
ainsi que les conclusions recherchées;
«3° d'assurer
l'échange entre les parties de toute preuve documentaire;
«4° de planifier le
déroulement de la procédure et de la preuve lors de l'audience;
«5° d'examiner la
possibilité pour les parties d'admettre certains faits ou d'en faire la preuve
par déclaration sous serment;
«6° d'examiner toute
autre question pouvant simplifier ou accélérer le déroulement de l'audience.
«[Et]
la conférence préparatoire peut également permettre aux parties d'en arriver à
une entente et de terminer ainsi une affaire.»
Alors, je pense,
c'est la démarche.
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. Alors, questions sur l'article 27?
Leclair : Bien, à
moins que je ne me trompe, M. le
Président, bien, autant à la CLP qu'à
la CRT ces textes-là étaient tels quels, les deux. Il n'y a pas de
changement?
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
M. Leclair :
...un petit peu.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Justement,
aux lésions professionnelles, là, le dernier alinéa, cet impact-là qu'on
enlève, ça va donner quoi? Quel est le risque... ou est-ce
que vos craintes sont rassurées qu'en enlevant cet alinéa-là...
M. Leclair :
...ou on l'ajoute, exact, à la CLP...
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : C'est-à-dire que le dernier alinéa qui était prévu dans la disposition applicable à
la CRT spécifie, ou précise, ou
confirme — je pense que c'est le meilleur terme — qu'un accord peut être fait à tout moment.
Alors, si la conférence préparatoire permet
d'en venir à une entente entre les parties, pourquoi pas? C'est une bonne
chose.
Maintenant, il y avait le dernier alinéa du
texte applicable à la CLP qui prévoyait que les assesseurs ou les membres issus pouvaient participer. Alors, comme
il n'y a plus de membres issus des associations patronales et syndicales,
cette disposition n'avait pas à être prise.
Leclair : C'est bien. Ça me va.
Président (M. Cousineau) : Ça va? Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 27? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 27 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 28. M. le ministre.
Hamad : Alors : «28. Le membre consigne au
procès-verbal de la conférence préparatoire les points sur lesquels les parties s'entendent, les faits admis et les
décisions qu'il prend. Le procès-verbal est versé au dossier et une copie en
est transmise aux parties.
«Les
ententes, admissions et décisions qui y sont rapportées gouvernent pour autant
le déroulement de l'instance, à moins que le tribunal, lorsqu'il entend
l'affaire, ne permette d'y déroger pour prévenir une injustice.»
Le procès-verbal, on
envoie ça à tout le monde puis on les informe des décisions.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre.
M. Leclair :
Une petite question, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Allez-y, M. le député de Beauharnois.
Leclair : Au nouvel
article 28, O.K., les membres
consignent au procès-verbal de la conférence préparatoire les points sur
lesquels les parties s'entendent. Alors, si on va dans le texte actuel, à la
CLP : «Un procès-verbal de la conférence
préparatoire est dressé, signé par les parties...» Est-ce qu'il y a une
différence? Est-ce que je l'interprète mal, que, là, dans la nouvelle loi, il y aura un procès-verbal seulement sur
les points sur lesquels ils s'entendent, alors qu'avant il y avait un
procès-verbal sur tout ce qui était dit, ou c'est une mauvaise interprétation
de ma part?
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
M. Poisson
(Jean-Martin) : Bien, je pense que le texte applicable à la CRT était
plus précis sur ce que doit contenir le
procès-verbal, puisque la conférence préparatoire a pour but d'en venir à des
ententes sur certains points. Ce qui
est important, c'est de savoir sur quels points on s'est entendus lors de cette
conférence parce que c'est ce qui va guider la tenue de l'audience. Par exemple, si on admet des choses en preuve ou on fait des admissions, ces admissions-là sont versées au dossier, et maintenant, s'il y a des
choses qui n'ont pas été admises et dont la preuve doit être faite, le
procès-verbal de la conférence n'a pas à le mentionner, puisque le
débat, de toute façon, devra être fait devant le tribunal.
Alors,
ce qui est important pour le procès-verbal, c'est vraiment ce qui va guider la
tenue de l'audience, donc les admissions et les faits sur lesquels on
s'entend. C'est ce qu'on doit savoir.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Oui. Pas très, très convaincu. Ce n'est pas une
grande chose, là, je le remarque, mais un procès-verbal est un
procès-verbal de ce qu'on a discuté, puis, si ça a à suivre le...
Hamad : Mais il y a une importance, là, c'est qu'ici on
écrit les choses qu'on s'entend. C'est déjà une première étape, de s'entendre. Alors là, si plus tard on revient
puis on dit : Bien, on ne s'est pas entendus... C'est déjà réglé, là. Dans
le fond, la conférence préparatoire... Parce
que ça se peut qu'à la conférence préparatoire on n'aura plus d'autre chose
après. Ça devient une entente finale.
M. Leclair :
Je suis d'accord.
Hamad : Alors donc, on dit de quoi on s'entend puis ce qu'on
ne s'entend pas, ce qui justifie le tribunal plus tard ou d'autre chose après. Alors donc, c'est une
façon de voir, là. Vous pouvez me dire : Bien, ils devraient écrire si on
ne s'entend pas. Ça se peut qu'on ne finisse plus d'écrire, là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Bien, c'est un peu technique, là, bien entendu, mais,
lorsqu'on est sur un procès-verbal, en temps normal, d'une rencontre puis on dit... Ici, c'est parce qu'on le
spécifie, là. Je croyais que c'était mon interprétation, là, qui n'était pas si restreinte que ça, mais je
pense que je le comprends bien. Si on le spécifie... donc, le procès-verbal, ce
qui sera retenu, c'est sur ce que les
parties s'entendent. C'est ce que je viens de me faire expliquer. Je ne suis
pas tout à fait d'accord, mais je ne vois pas que ça va créer une
guerre, là.
Hamad :
Mais des fois c'est plus difficile d'écrire ce que les deux ne s'entendent pas,
parce qu'ils ne s'entendent pas.
Donc, ils ne s'entendront pas sur le procès-verbal. Mais, ce qu'ils
s'entendent, ils vont être contents de le voir écrit.
Leclair : Mais, même si c'est difficile, ça ne veut pas dire
que ce n'est pas pertinent, par exemple.
Hamad :
C'est très intéressant.
M. Leclair :
Exact. Donc, j'ai cette inquiétude-là. Au-delà de ça, on va passer l'autre...
Donc, lorsque le procès-verbal, sur
qu'est-ce qu'on s'entend... est-ce qu'il y a des copies qui sont envoyées par
la suite? Est-ce que ça fait
partie de la... pour s'assurer que... c'est
comme toute commission, les procès-verbaux sont entérinés ou...
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson, peut-être des précisions.
Poisson (Jean-Martin) : Ce qu'on me dit, c'est que... pas normalement,
mais toujours le procès-verbal est transmis
aux parties, qui ont quelques jours pour faire des commentaires pour que la
personne qui a présidé à la conférence préparatoire puisse s'assurer que
ce qu'elle a consigné au procès-verbal confirme bien l'entente entre les
parties.
M. Leclair :
C'est précisé où?
M. Poisson
(Jean-Martin) : Ce n'est pas précisé...
Leclair : Ce ne serait pas plus dur de le préciser ici, là, que
«cette copie de procès-verbal soit»... blablabla, ce qui va avec, là.
Mais, encore là, M. le ministre...
Poisson (Jean-Martin) : En fait, c'est la pratique du tribunal, ce que
je vous dis, c'est la pratique du tribunal.
M. Leclair :
C'est la pratique, mais il n'y a pas d'obligation, parce qu'il n'est pas écrit.
Donc, il n'y a pas d'obligation.
Poisson (Jean-Martin) : Non. Je dois admettre qu'il n'y a pas
d'obligation, mais c'est une chose normale que, si on fait un
procès-verbal, de s'assurer que les parties sont d'accord avec son contenu.
M. Leclair : Puis, dans le fait justement, là, d'une conciliation ou
d'un processus, on ne veut pas rien échapper pour prendre la meilleure position possible. Ou, lorsqu'on va... le
meilleur jugement possible, ça ne vous agace pas de dire que le
procès-verbal ne contient pas les discussions qu'il y a eu autour de la table?
Hamad :
...n'était pas avant, là.
Leclair : Pour la
personne qui n'était pas là, pour le futur qui va suivre à d'autres étapes, je
pose une question.
Hamad :
Oui, mais ce n'était pas écrit avant.
M. Leclair :
Moi, je trouve ça intéressant de lire les procès-verbaux.
Hamad : Ce n'était
pas écrit avant, puis c'est la pratique. Alors, il n'y rien qui dit qu'on va
arrêter cette pratique-là.
M. Leclair :
Avant, ce l'était, écrit.
Hamad :
Non, non. Où ça?
M. Leclair :
Oui. À la CLP, à 429.35 : «Un procès-verbal de la conférence préparatoire
est dressé...» Tandis qu'aujourd'hui on dit...
Hamad :
«Est dressé». Il n'est pas envoyé.
Leclair : «Est
dressé». Bien là, je ne parle pas sur l'envoi, là, M. le ministre, je suis d'accord avec vous, mais là je parle sur le fond. Tandis qu'aujourd'hui on dit : Un
procès-verbal sur les points sur lesquels ils s'entendent. Je vous dirais, au-delà de la copie envoyée, pour moi,
l'important est plus qu'est-ce qui
s'est dit autour de la table pour, si on passe à une autre étape puis
quelqu'un qui n'était pas présent dit : Bon, je vais au moins lire le
procès-verbal...
Hamad : O.K. On
recommence. Les façons, lorsqu'on s'entend, c'est important
de le mettre. Tout le monde va
s'entendre de ce qu'on s'entend. Ce qu'on ne s'entend pas, parce qu'on ne se
comprend pas...
M. Leclair :
Je suis d'accord.
Hamad : Alors donc, tu ne pourras jamais l'écrire, de quoi
on ne se comprend pas, parce qu'on va aller en cour après. Alors, ce qui
est important...
M. Leclair : Exact, mais le
juge peut le lire, le procès-verbal, lui.
Hamad :
Bien là, c'est parce que, là, il va dire : Moi, je pense que... Là, ça ne finira plus, sur la partie... on ne s'entend pas. Puis, sur la
partie qu'on
s'entend, c'est plus clair de le mettre par écrit, parce que
ça va aider plus tard.
M. Leclair : Je soulevais la question,
M. le ministre. Choquez-vous pas, là.
Hamad : Je ne suis
pas choqué. Tu ne m'as pas vu choqué encore, là, mais...
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair : Ça me va.
Le Président (M. Cousineau) :
Alors donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 28? Sinon, est-ce
que l'article 28 est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Adopté.
Le Président (M. Cousineau) :
Hamad : On change
de bloc, alors...
Le Président (M. Cousineau) :
«Instruction».
Hamad : Ça ne
change rien de leur dire, là, mais c'est Instruction, O.K.?
M. Leclair : On est dans
l'autre bloc, là.
Hamad : Alors, on
peut faire le bloc au complet.
M. Leclair : On défile. Ça va
bien.
Hamad : Oui, c'est
«29. Toute
affaire est instruite par un membre du tribunal, sauf au regard d'une
accréditation accordée en application de l'article 28 du Code du
travail.
«Le président peut, lorsqu'il le juge approprié,
assigner une affaire à une formation de trois membres.»
Alors, ça
peut arriver qu'il... quand c'est complexe, il peut mettre trois... pas des
assesseurs, là, trois membres.
Le Président (M. Cousineau) :
D'accord. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : J'ai quelques questions, effectivement. Je ne parlerai pas d'assesseurs, je ne voudrais
pas que les poils du ministre
se hérissent, mais effectivement j'aimerais juste, question de compréhension... Lorsqu'une
affaire est entendue par plus d'un
commissaire, alors, ça arrive souvent, parce
qu'un commissaire doit lâcher la cause ou... C'est dans ces cas-là qu'on
prévoit plus d'un commissaire ou...
Le Président (M. Cousineau) :
Me Poisson.
M. Poisson
(Jean-Martin) : Non. En fait, on ne prévoit pas qu'un commissaire va
cesser d'occuper dans une cause. À ce moment-là, on ne le nommera pas.
Quand une...
M. Poisson
(Jean-Martin) : S'il y a un imprévu, le commissaire va être remplacé,
mais on va le voir plus tard.
M. Poisson (Jean-Martin) :
Quand le tribunal forme une formation de trois commissaires, c'est que la
question se révèle notamment complexe, parce qu'il y a un point de débat
dont on voudrait peut-être qu'il soit réglé de façon définitive au sein du tribunal. Donc, c'est vraiment l'ampleur de la
question qui est soumise, sa complexité qui vont justifier la formation
de trois membres, mais, ce qu'on me dit, c'est assez exceptionnel.
M. Leclair :
O.K. Puis, dans le futur, ça va être toujours possible, là...
M. Poisson
(Jean-Martin) : Oui. On le verra...
Leclair : ...une
formation de trois membres qui n'est pas nécessairement nécessaire,
mais ça pourrait être trois juges.
M. Poisson
(Jean-Martin) : Oui. Bien, c'est ce que prévoit le deuxième alinéa, effectivement.
Leclair : O.K. Mon
autre question. Dans le cas de la CRT, dans le deuxième alinéa, à l'article
124, on dit : «Le Président
peut, lorsqu'il le juge approprié, assigner une affaire à une formation de
trois commissaires, dont au moins un
est avocat ou notaire et la préside.» On dit qu'on biffe ça, dans le futur,
parce qu'on ne le revoit pas dans l'autre côté, ou c'est pris ailleurs
puis je ne l'ai pas vu?
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : Le projet de loi prévoit actuellement que tous les membres du tribunal sont avocats.
Poisson (Jean-Martin) : Le projet de loi prévoit actuellement que tous les membres du tribunal sont avocats...
Hamad :
Et notaires.
M. Poisson
(Jean-Martin) : ...ou notaires. Pardon.
Hamad : Ou notaires. Mais on va en discuter, de ça, là. On
n'est pas rendus là. Je ne vous le donnerai pas tout de suite, pour ne
pas faire une autre conférence de presse, mais...
Leclair : Bien, on aime ça faire ça, passer à la TV. On pogne
le AM puis le FM de ce temps-là. Le signal est bon, on en profite.
Hamad :
Oui, c'est ça.
Le Président (M.
Cousineau) : Laissez ça aux galées.
M. Leclair :
Des fois, il y a du bruit sur la ligne.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci. Je ne suis pas sûr que c'est rentré, il faut
que j'envoie le pigeon. Bon, trêve de plaisanterie, M. le Président. Donc, si je comprends bien, ce
sera à l'article 50 qu'on va voir tout ce qui est les avocats et notaires. Je
vais passer outre.
Hamad :
...on adopte les trois articles un après l'autre ou...
Le Président (M.
Cousineau) : Est-ce que ça va pour 29, M. le député de
Beauharnois? Ça va pour 29? Pas d'autres interventions? Est-ce que l'article 29
est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
L'article 30. M. le ministre.
Hamad : «30. Le président peut, s'il l'estime utile,
adjoindre à un membre siégeant dans la division de la santé et de la
sécurité du travail un ou plusieurs assesseurs nommés en vertu de l'article
84.»
Alors,
on va la clarifier, celle-là, là. Cette disposition permet à la division de la
santé et sécurité du travail, comme c'était
le cas à la CLP, d'avoir un recours à des assesseurs pour seconder les membres
dans des questions de nature médicale, professionnelle
et technique. Il faut faire attention de distinguer les assesseurs dont il
question ici des membres patronaux et syndicaux...
M. Leclair : ...M. le
ministre, j'aime ça.
Hamad :
...qui pouvaient siéger à la CLP et que plusieurs appellent aussi des
assesseurs. Alors, les assesseurs dont il est question ici sont des
employés du tribunal chargés d'appuyer les membres sur des questions
techniques.
que je disais hier, c'est qu'on a quand
même des spécialistes qui peuvent
aider les gens, et surtout le tribunal, sur des questions très précises,
techniques. J'ai vu : Des médecins et...
Hamad :
Professionnels ou techniques, là. Professionnels, ingénieurs, là?
Hamad :
O.K. Alors, je recommence : De nature médicale, d'ingénierie ou technique.
Une voix :
On va élargir plus aux professionnels.
Hamad :
Vous voyez comment les avocats, ils parlent juste des autres, là.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. Mais donc, là, lorsqu'on parle des assesseurs
ici, là... Parce que, là, ce matin, je m'étais fait dire : On n'en parle plus, des assesseurs, là. On
est à trois, quatre articles plus tard puis on en reparle, donc on va en reparler. Je n'ai pas d'amendement pour apporter les assesseurs, le ministre les apporte lui-même,
mais, si je comprends bien, à cette
étape-ci, M. le ministre, les assesseurs dont on parle, c'est des
assesseurs qui ne seront pas en poste
à temps plein, donc c'est juste lors de demandes d'expertise. Puis est-ce que
le mot «assesseur» est vraiment défini ou un assesseur peut être toute
autre personne?
Hamad : Oui. C'est
ma faute à moi, là. Je parlais d'assesseurs tout le temps, là. Je vais le
reprendre. Ça, les assesseurs, c'est
des gens à temps plein qui travaillent pour le tribunal pour conseiller en
termes médicaux, professionnels et techniques. Les autres que je disais,
et je vais le corriger, M. le Président, c'est des membres issus.
M. Leclair :
Le Tribunal administratif. Des membres issus, effectivement.
Hamad : Les
membres issus. Ça fait qu'on va... Alors, je sais que ceux qui écrivent les
galées vont tout corriger ça, là,
mais les membres issus, là, c'est ceux qui étaient nommés par les patrons, les
syndicats; les assesseurs, c'est les membres qui sont nommés par le
tribunal pour donner... sur les questions médicales et techniques. Puis, dans
la loi, actuellement, ils s'appellent comme ça aussi.
Leclair : O.K.
Puis là on explique à l'article 30 qu'à l'article 84 on va définir les
assesseurs. Est-ce que c'est ça qu'on dit?
Hamad :
On va les nommer.
M. Leclair :
On va les nommer. Le président nomme les assesseurs.
Hamad :
C'est les nominations.
M. Leclair :
Donc, ces assesseurs-là, là, si je me réfère à 84, n'existent qu'en santé et
sécurité.
Hamad :
Exact, parce que les questions sont techniques.
M. Leclair :
C'est bien, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va?
Président (M. Cousineau) : D'autres questions sur l'article 30? S'il n'y a pas d'autre question,
est-ce que l'article 30 est
adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
L'article 31. M. le ministre.
Hamad : «31. Le président peut déterminer, pour une
saine administration de la justice, qu'une affaire doit être
instruite et décidée d'urgence ou en priorité.»
Président (M. Cousineau) : Merci. Discussion? Pas de
discussion. Est-ce que l'article 31 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
L'article 32. M. le ministre.
Hamad :
«32. Tout membre qui connaît en sa personne une cause valable de
récusation est tenu de la déclarer dans un écrit versé au dossier et
d'en aviser les parties.»
Président (M. Cousineau) : Merci. Alors, discussion? S'il n'y a pas de discussion, est-ce que
l'article 32 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 33. M. le ministre.
Hamad :
«33. Toute
partie peut, à tout moment avant la décision et à la condition
d'agir avec diligence, demander la récusation d'un membre saisi de l'affaire si
elle a des motifs sérieux de croire qu'il existe une cause de récusation.
demande de récusation est adressée au président. Sauf si le membre se récuse,
la demande est décidée par le président, ou par un membre désigné par
celui-ci.»
Président (M. Cousineau) : Merci. Discussion sur 33? Pas de discussion. Est-ce que
l'article 33 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
Article 34. M. le ministre.
Hamad : Oui.
«34. Lorsqu'une enquête a été effectuée par le tribunal, le rapport
d'enquête produit est versé au dossier de cette affaire et une copie en
est transmise à toutes les parties intéressées.
«Dans un tel cas, le
président et les vice-présidents ne peuvent entendre ni décider seuls de cette
affaire.»
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. Est-ce qu'il y a des discussions sur
l'article 34?
M. Leclair :
Ce serait juste pour compréhension. Le deuxième alinéa : «Dans un tel cas,
le président et les vice-présidents ne peuvent entendre ni décider seuls de cette
affaire — alors
qu'on parle d'un rapport d'enquête.» Je ne vois juste pas le lien, là,
je ne comprends pas le sens.
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : Oui.
C'est une disposition qui nous provient de la Commission des relations du travail.
Commission des relations du travail a pour mandat de faire certaines enquêtes qui
peuvent déboucher sur des auditions... sur des affaires, en fait, qui
sont entendues par le tribunal. On pense notamment à l'accréditation, où il peut y avoir certaines questions
qui sont déférées au tribunal, mais d'autres lois particulières qu'on verra
plus tard aussi confient le mandat à
la Commission des relations du
travail de faire enquête avant de
prendre une décision. Or, comme les autorités administratives ont une
certaine emprise sur la façon dont l'enquête est tenue, sur certaines décisions
qui peuvent être prises, on préfère que ces
personnes-là, qui ont participé de près à l'enquête, finalement, qui l'ont
dirigée, d'une certaine façon, ne
soient pas seules à décider. Alors, c'est une distance qu'on donne entre
l'administratif et le juridictionnel.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Oui. Juste
comme précision. Des gens nous parlaient justement, là, de positions des juges
administratifs qui pourraient juger
de deux cas. Ici, on dit «ne peut décider seul de cette affaire» parce qu'il y aurait été mêlé, mais il peut être quand même
partie prenante
de la décision.
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
M. Poisson (Jean-Martin) :
C'est bien ce que le texte dit, qui reprend le texte de l'article 137.5.
Leclair : Puis est-ce que
ça reprend les mots du ministre, qui disait qu'il y aurait des murs puis
que le monde ne pourrait pas être dans un et dans l'autre?
M. Poisson
(Jean-Martin) : Bien, c'est-à-dire qu'ici on...
M. Leclair : Est-ce qu'on
pourrait avoir une enquête aux normes du travail qui se retrouverait...
Hamad : Je vais répondre, là, il parle de moi, là. Parce que
tu ne me fais pas parler.
M. Leclair :
Hein, on va les corriger, les galées, là. Moi, je vais vous faire dire des
affaires, là.
Hamad :
Oui, oui, je le sais.
Le Président (M.
Cousineau) : Allez-y, M. le ministre.
Hamad : Je ne
dirai pas qu'il dit n'importe quoi, mais il me fait... Alors, c'est : Les
divisions ne changent pas, M. le
Président. Ce qu'on a dit, c'est très
important, c'est un cas, c'étaient les cas de harcèlement
psychologique. C'est que, s'il y a
un cas de harcèlement psychologique, à la CLP, qui touche la santé, c'est complètement différent des cas de harcèlement
psychologique selon les normes du travail. Ça, c'est deux éléments qui sont
vraiment complètement indépendants
et différents et c'est là qu'on dit qu'on ne mêlera pas les deux situations
ensemble et on ne prendra pas... Le membre du tribunal ne peut pas
décider pour les deux. Ça, c'est clair.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Bien là, je ne me suis pas sorti un éventail
d'exemples, là, qui pourraient peut-être arriver, mais moi, j'osais faire confiance au ministre de dire :
Lorsqu'il y aura un juge administratif qui... où est-ce qu'il a toujours
travaillé, aux normes du travail, va
traiter des normes du travail et des gens à la CSST vont traiter de la CSST,
puis on va tenter de garder ça comme ça puis de ne pas faire jouer quelqu'un
dans les deux files, si je peux jargonner comme ça.
Hamad : C'est
confirmé, mais je demanderais au député de Beauharnois de faire confiance
au tribunal puis à moi, là, c'est
mieux. En fait, là, il faut dire que le... tu sais, on ne va pas empêcher des
changer puis aller... il ne faut pas l'empêcher.
M. Leclair :
Ça, je suis d'accord avec vous.
Hamad : Mais ce
que je dis, c'est : En même
temps, là, s'il y a
une cause entre les deux qui chevauche, là, c'est clair, là, on va faire
attention. Vous voulez ajouter, là? Vous avez envie de parler, je pense.
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
M. Poisson
(Jean-Martin) : Oui. Tout ce que je veux vous dire, c'est que c'est
des choses qui sont traitées... Quand une
enquête précède une affaire entendue par le tribunal, c'est nécessairement
que ça relève de la même division, c'est une enquête dans un certain domaine qui débouche sur une affaire,
mais, par l'article 34, il ne peut pas y avoir de changement de division. Une enquête appartient toujours
à la même division du tribunal que l'affaire qui va être
entendue. Il n'y a pas de changement possible. Ce n'est pas à 34
qu'on voit ça, finalement, là. À 34, c'est vraiment les choses qui sont campées. Comme, l'enquête sur
l'accréditation, qui appartient à la division des relations du travail, lorsque
le tribunal va entendre l'affaire sur
l'accréditation, c'est du ressort de la même division. Même
chose pour une enquête qui est faite sur
le congédiement d'un employé municipal — on
va voir que ça se peut — c'est
de la juridiction, l'enquête de la division des relations du travail... l'affaire qui va être entendue va être de la
juridiction de la division des relations du travail. Alors, ce n'est pas
parce qu'il y a des enquêtes qu'il y a un mécanisme où il y a un cumul de
recours où il peut y avoir des changements. Là, on est ici vraiment à
l'intérieur toujours d'une même division.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
Leclair : Je
comprends très bien ce que vous me dites puis je comprends bien qu'à
34 on spécifie ces relations de
travail. C'était déjà prescrit comme ça : si quelqu'un
s'occupait de, il ne pouvait pas prendre à lui seul après... On fait un copier-coller. Sauf que — si
vous avez assisté à tous nos débats depuis le début — moi,
il faut que je prépare le ministre
tranquillement pas vite, puis là, bien, en
en parlant ici, à 34, que je veux m'assurer qu'on va ériger un mur, bien, vous
savez, c'est de la motivation positive pour le futur, lorsqu'on arrivera dans
un bon article.
Alors,
je tenais à souligner le point pour être certain qu'on se prépare à bien
arriver, bien atterrir tous ensemble.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair :
Moi, ça me va.
Le Président (M.
Cousineau) : Très bien. Alors, est-ce que...
Hamad :
...de lui dire : J'ai hâte qu'on atterrisse, M. le Président.
M. Leclair :
On vient juste de décoller, on n'a même pas attaché notre ceinture.
Hamad : C'est loin, Valleyfield, hein?
Le Président (M. Cousineau) : Je vois que vous faites confiance au tribunal,
vous faites confiance à Me Poisson puis vous faites confiance au ministre
en même temps.
M. Leclair :
Et au président de la commission. Vous voyez, ça va bien.
Le Président (M.
Cousineau) : Est-ce que l'article 34 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
L'article 35.
Hamad :
«35. Avant de rendre une décision, le tribunal permet aux parties de se
faire entendre par tout moyen prévu à
ses règles de preuve et de procédure. Il peut toutefois procéder sur dossier
s'il le juge approprié et si les parties y consentent.»
Le Président (M.
Cousineau) : Merci.
Leclair : Question
purement technique, M. le Président. On voyait dans l'ancien texte, justement
à l'article 117, qu'on
parlait en matière d'accréditation,
et on ne le revoit plus dans le nouveau projet de loi. Techniquement, c'est
quoi? C'est parce que ça englobe tout
le nouveau texte et... Parce qu'on spécifiait vraiment un paragraphe, là, pour
les matières d'accréditation.
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : Oui. C'est que le texte qui était au deuxième
alinéa de l'article 117 réfère à une matière qui est spécifiquement
relative au Code du travail, alors cette règle-là a été reportée dans le Code
du travail, on va la retrouver plus tard. Parce qu'ici c'est le tribunal qui
s'occupe des affaires qui sont issues d'une cinquantaine de lois. Alors, nous n'avons conservé que les règles très
générales d'application et d'intérêt pour l'ensemble des recours. Mais, cette règle-là étant vraiment spécifique à
l'accréditation, on l'a laissée dans le Code du travail. Donc, vous allez la
retrouver plus tard.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair :
Oui. Oui, c'est bien.
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres questions sur l'article 35? S'il
n'y a pas d'autre question,
est-ce que l'article 35 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) :
L'article 36. M. le ministre.
Hamad :
Nous avons un amendement qui a été déposé.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, je vois.
Hamad : Alors, je
vais lire l'article 36 : «36. Le tribunal peut siéger à
tout endroit du Québec, même un jour férié.
Lorsqu'il tient une audience dans une localité où siège un tribunal judiciaire,
le greffier de ce tribunal accorde au tribunal
l'usage d'un local destiné aux tribunaux judiciaires, à moins qu'il ne soit
occupé par des séances de ces tribunaux.»
ça, c'est une question de clarification. L'amendement, M. le Président, je vais le lire, je vais l'expliquer après. L'amendement, c'est le suivant : Insérer, dans l'article
36 du projet de loi, le mot «gratuit» après «l'usage». On l'a dit à
tout le monde, que c'était gratuit, et on voulait juste s'assurer que tout le monde voie que c'est gratuit. Donc, ça, ça répond à l'UTTAM et à la
CSQ, qui voulaient s'assurer que c'est gratuit.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de...
Hamad :
Et, encore une fois, on honore ce qu'on a dit, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : C'est formidable. M. le député de Beauharnois.
Hamad :
Ce n'est pas entendu...
Le Président (M. Cousineau) :
Non, non, c'est...
Hamad :
...dans les galées. Vous avec dit quoi? «Formidable»?
Président (M. Cousineau) : Non, non. C'est parce que je suis en contact avec monsieur en arrière, puis
c'est bien entendu que c'est le...
Hamad : Oui, O.K.
«Formidable». C'est bon. «Formidable».
Le Président (M. Cousineau) :
Effacez donc ça. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Oui. C'est formidable, c'est formidable, mais
j'aime bien voir le mot «gratuit», effectivement, parce
qu'on va avoir des demandes de gratuité un
peu plus loin dans les autres articles. Alors, lorsqu'on ouvre la porte aux
frais, ici on parle de gratuité, c'est bien. Mais juste pour m'assurer...
Hamad : ...la
limite.
Hamad : La carte de
crédit a une limite.
M. Leclair : Elle n'était pas
pleine déjà?
Hamad : Elle était
pleine.
M. Leclair : Ah! il y a
d'autres limites.
Hamad : Non, non,
il y a une limite.
M. Leclair : On regarde ça ensemble, M. le... Juste
question d'écriture, on dit : «Le greffier de ce tribunal accorde au tribunal l'usage [gratuit] d'un
local — tel
que spécifié dans l'amendement — destiné
aux tribunaux judiciaires, à moins qu'il
ne soit occupé...» Ça veut dire que, s'il est occupé puis il nous donne un
local, là il va falloir le payer, le prochain local? Je veux juste
comprendre la technicalité.
Hamad : Non, c'est que, s'il est occupé, bien là on va
trouver une autre heure, une autre journée pour le prendre.
M. Leclair : Mais il va être
gratuit quand même.
Hamad : Bien oui, il reste toujours gratuit. Ça, c'est
gratuit, parce qu'il existe. Si on
demande des services qui n'existent pas, c'est sûr qu'on ne peut pas
être gratuit.
M. Leclair : «Muchos pesos».
Hamad : C'est, en
termes d'ingénierie, Lavoisier là, hein, c'est : il n'y a rien qui crée,
rien qui...
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair : Ça me va, ça me
Le Président (M. Cousineau) :
Merci. Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Oui. Merci, M. le Président. Bien, tout comme mon collègue de Beauharnois, je me réjouis de voir le mot
«gratuit», effectivement, pour la location des lieux, utiliser des salles
qui existent, qui sont là et que nous payons déjà. Alors, je pense qu'il
y a un souci de cohérence ici et je remercie le ministre de l'avoir inclus.
Par ailleurs, à
titre informatif... Je lis l'article, que je trouve très intéressant, effectivement que le tribunal siège à la grandeur du Québec — fantastique — en tout lieu, mais aussi on dit «même un
jour férié». Alors, juste à
titre informatif, pouvez-vous m'informer? Parce que, devant les tribunaux de droit commun,
on ne siège pas les jours non juridiques. Ici, on siège les jours fériés. C'est à
titre informatif.
N'ayant jamais travaillé devant un de ces
tribunaux administratifs... Pouvez-vous me donner des exemples... quand
on fait du férié, quand on siège lorsque c'est férié?
Hamad : Très bonne question, M. le Président. C'est : dans les services essentiels, on est obligé de siéger
dans les jours fériés parce qu'il ne faut pas couper les services aux
citoyens.
Mme Roy
(Montarville) : O.K. Alors, c'est vraiment des cas d'exception
qui permettent qu'on siège les jours...
Hamad : Oui,
surtout les services essentiels, à la Commission des relations du travail.
(Montarville) : Merci.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, Mme la députée de Montarville?
Mme Roy
(Montarville) :
Oui, tout à fait.
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de l'article 36? Sinon, est-ce que l'amendement à l'article
36 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
Président (M. Cousineau) : Un instant. Nous revenons à 36 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des questions sur 36 tel qu'amendé? Sinon, est-ce que l'article
36, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté. Merci. Alors, 37. M. le ministre.
Hamad :
«37. Un avis est transmis aux parties dans un délai raisonnable avant
l'audience mentionnant :
«1° l'objet, la date,
l'heure et le lieu de l'audience;
«2° le droit des
parties d'y [...] assistées ou représentées;
le pouvoir du tribunal de procéder, sans autre avis ni délai, malgré le défaut
d'une
partie de se présenter au temps et au lieu fixés, s'il n'est pas
justifié valablement.»
M. Leclair :
Copier-coller.
Hamad :
C'est ça, papier collé.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois, ça va?
M. Leclair :
Non, c'est...
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur 37? Est-ce que
l'article 37 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 38. M. le ministre.
Hamad : «38. Si
une
partie dûment avisée ne se présente pas au temps fixé pour l'audition et
qu'elle n'a pas fait connaître un
motif valable justifiant son absence ou refuse de se faire entendre, le
tribunal peut procéder à l'instruction de l'affaire et rendre une
décision.»
Président (M. Cousineau) : Merci. C'est clair. On est toujours à 38. Est-ce
qu'il y a des discussions sur 38?
M. Leclair :
Non, je pense que c'est clair. Ça regroupe bien la CRT, la CLP. C'est du
copier-coller.
Président (M. Cousineau) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres personnes, d'autres parlementaires qui veulent se... Non. Ça va? Est-ce que l'article 38 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 39. M. le ministre.
Hamad : 39, M. le Président, c'est : «39. Une
partie qui désire faire entendre [les]
témoins et produire des documents procède en la manière prévue aux
règles de preuve et de procédure.»
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. Questions, interventions? Est-ce que l'article
39 est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Adopté.
L'article 40. Vous avez un amendement, M. le ministre.
Hamad :
Oui, M. le Président. Ça va faire plaisir encore une fois aux collègues.
Hamad : Oui. C'est
encore mieux, lui.
Président (M. Cousineau) : Je pense qu'on va avoir le temps de lire l'article 40 et votre amendement,
puis par la suite on discutera de ça cet après-midi.
Hamad :
L'article
avant. Oui. Parfait. À 3 heures?
Le Président (M. Cousineau) :
Oui.
Hamad : O.K. Alors : «40. À moins qu'il n'en soit
autrement prévu dans les règles de preuve et de procédure du tribunal, toute personne assignée à témoigner
devant le tribunal a droit à la même taxe que les témoins en Cour supérieure et
au remboursement de ses frais de déplacement et de séjour.
«Cette taxe est payable par la
partie qui a
proposé l'assignation, mais la personne qui bénéficie de son salaire durant
cette période n'a droit qu'au remboursement des frais de déplacement et de
séjour.
«Lorsqu'une personne est dûment assignée [...]
l'initiative du tribunal, cette taxe est payable par le tribunal.»
c'est 40. L'amendement, M. le
Président, c'est : Modifier l'article 40 du projet de loi par le
remplacement, dans le premier alinéa,
d'«À moins qu'il n'en soit autrement prévu dans les règles de preuve et de
procédure du tribunal» par «Sauf
devant la division de la santé et de
la sécurité». En fait, là, l'explication de ça, c'est :
Préserver le statu quo. Ça veut dire : Aucune taxe n'étant prévue à la CLP... alors donc, ça, c'est des
demandes qui étaient faites aussi par les groupes, l'UTTAM, je pense. Donc, il
n'y a pas de taxe. Parce qu'ils se demandaient s'il y avait une taxe ou une ouverture de taxe;
statu quo, il n'y a pas de taxe.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Bon, eh
bien, avant de suspendre... on
m'avise que vous pouvez laisser vos choses dans la salle, parce que ce
sera barré. Étant donné que nous revenons...
Le Président (M. Cousineau) :
Pardon?
Président (M. Cousineau) : S'il vous plaît! Étant donné que nous revenons à 15 heures, parce que
la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, vous pouvez
laisser vos choses dans la salle.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Cousineau) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons poursuivre nos travaux.
Je rappelle
que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 42, Loi
regroupant la Commission de l'équité
salariale, la Commission des normes du travail et la Commission de la santé et
de la sécurité du travail et instituant le Tribunal administratif du
travail.
Lors de la
suspension des travaux, nous en étions à l'article 40. Il y a
un amendement qui avait été déposé par le ministre.
Alors, M. le ministre, on vous laisse discuter sur votre amendement.
Hamad : Je l'ai lu,
mon amendement.
Le Président (M. Cousineau) :
Vous l'avez lu.
Hamad : Et je l'ai
même expliqué.
Le Président (M. Cousineau) :
Vous avez même lu l'article 40 puis l'amendement de l'article 40.
Hamad : Exact, et j'ai expliqué pourquoi
qu'on le fait. En fait, là, c'est une demande de l'UTTAM, et cette demande-là, en fait, c'est une clarification. Et
même, si je me rappelle, j'ai dit : On va honorer nos paroles en disant
que, par le fait qu'il n'y a pas de taxe là-dessus pour les... en ce qui
a trait à la CLP.
Président (M. Cousineau) : Parfait, M. le ministre. Alors, discussion sur l'amendement à l'article 40. M.
le député de Beauharnois.
M. Leclair : À l'article 40, l'amendement,
il faut que je le retrouve, M. le
Président. Donnez-moi deux petites
secondes.
Président (M. Cousineau) : Écoutez, il n'y a pas de problème. On peut vous laisser deux petites secondes.
Leclair : On modifie,
au début de la ligne à l'article 40... on dit : Sauf devant la santé et
sécurité du travail. Donc, à tous les autres endroits, on va être
exempté de payer, mais là on va payer.
Hamad :
C'est le contraire.
Hamad : Bien, on
paie ce qui est là, là. Ce qu'on paie... Actuellement, on paie. Pourquoi?
Parce que, je me souviens, moi, le député de Beauharnois
lui-même parlait des accidentés et dans quelle situation difficile qu'ils sont.
Et l'UTTAM demandait ça, de ne pas avoir des
taxes sur les gens de la santé et sécurité. L'UTTAM, la demande, c'est
de ne pas en avoir, de taxe, et, les autres, c'est le statu quo, on ne change
pas.
M. Leclair :
Puis, dans le passé, ils les payaient? Là, on les enlève?
Hamad : Non, on ne
les payait pas. On a maintenu le statu quo. Mais, pour clarifier et rassurer
les gens... En fait, dans le passé, il y avait
la possibilité, mais là on vient de
clarifier qu'il n'y a pas de taxe pour la CLP puis, les autres, c'est le
statu quo.
M. Leclair :
O.K. Donc, on vient juste de confirmer : on maintient ce qu'il y avait
d'acquis avant.
Hamad :
Oui, mais on vient clarifier qu'il n'y en a pas.
Leclair : Exact. Sauf qu'avant, si je vous suis bien, à la CRT,
il y avait une possibilité. Elle est maintenue.
Hamad :
On ne le faisait pas.
M. Leclair :
Avant, il n'y en avait pas à la CLP puis il n'y en a pas plus là.
Le Président (M.
Cousineau) : Voulez-vous qu'on suspende quelques instants? Nous
allons suspendre.
(Suspension de la séance à
15 h 5)
Le Président (M.
Cousineau) : Donc, on reprend nos travaux. Oui, M. le ministre.
Hamad : Alors,
pour répondre à la question, c'est
qu'à la CRT, lorsqu'on amène les témoins, c'est les parties qui paient. Ça, c'est correct. On maintient le
statu quo. La réponse : C'est statu quo partout. Puis on a clarifié qu'à
la CLP... parce que l'UTTAM, ils se doutaient... puis on a ici, là, une
preuve qu'il n'y en a pas.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Beauharnois.
Leclair : O.K. C'est parce que, là, le ministre, il parle de
l'UTTAM. Je comprends très bien, mais il y a plusieurs gens qui... Parce
que, plus loin, on va parler des formulaires, et tout. On ne règle pas ce
problème-là ici, là.
M. Leclair :
Non. Exact. O.K. Bien, c'est bien.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 40? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Cousineau) : Alors, l'amendement étant adopté,
discussion sur l'article 40? Est-ce qu'il y a des discussions sur l'article 40 tel qu'amendé?
S'il n'y a pas de discussion, est-ce que l'article 40, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Adopté. Merci. Alors, M. le ministre, nous passons à l'article 41.
Hamad :
«41. Un membre peut visiter les lieux ou ordonner une expertise par une
personne qualifiée qu'il désigne pour l'examen et l'appréciation des
faits relatifs à l'affaire dont il est saisi.
propriétaire, le locataire et l'occupant des lieux que désire visiter un membre
sont tenus de lui en faciliter l'accès.»
Hamad : ...à la
fin.
Président (M. Cousineau) : Oui. Je n'en doute pas. Alors,
est-ce qu'il y a des discussions sur l'article 41? Allez-y, M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Donc, je regarde l'ancien texte, que l'on modifie
quelque peu, l'article 429.40 de la CLP. Dans le deuxième alinéa,
on disait : «Dans la division de la prévention et de l'indemnisation des
lésions professionnelles, le commissaire est accompagné [de] membres visés à
l'article...» Donc, lorsqu'on parle d'aller...
Hamad : Des membres
issus. On revient encore; les membres issus.
M. Leclair : C'est bien, ça.
Moi, j'aime ça qu'on en parle.
Hamad : ...en
parler longtemps, mais ça ne donnera pas grand-chose.
M. Leclair : Mais je veux
surtout comprendre, M. le ministre, donc. Parce qu'ici l'article 429, là,
c'était : Le commissaire peut aller visiter les lieux. On s'entend, là, on
se met dans le contexte, il va visiter les lieux. Dans le deuxième paragraphe, on disait : Il pouvait
être accompagné, exemple, des membres issus. Donc, à l'article 374...
c'est 374 de... pas l'actuelle loi,
là, parce qu'on ne se rend pas là, donc, on fait référence que ça, ça existait
à l'article 374. Comme le
ministre dit, dans le temps, il pouvait apporter avec lui des membres issus
pour aller faire la visite de ces lieux-là. C'est ça que je dois en
comprendre?
M. Leclair :
Donc, comme qu'on les enlève, on n'en a plus besoin. C'est pour ça qu'on enlève
le paragraphe. Je comprends bien. Merci beaucoup. Clarifié.
Président (M. Cousineau) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 41? Est-ce que l'article 41 est
adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Adopté. Nous passons à l'article 42. M. le ministre.
Hamad :
«42. Lorsque, par suite d'un empêchement, un membre ne peut poursuivre une
audition, un autre membre désigné par
le président peut, avec le consentement des parties, poursuivre cette audition
et s'en tenir, quant à la preuve testimoniale, aux notes et au
procès-verbal de l'audience ou, le cas échéant, aux notes sténographiques ou à l'enregistrement de l'audition, sous réserve, dans
le cas où il les juge insuffisants, de rappeler un témoin ou de requérir
toute autre preuve.
«La même
règle s'applique pour la poursuite d'une audition après la cessation de
fonction d'un membre siégeant à l'audience et pour toute affaire...»
Je suis fatigué, M. le Président. Alors, je
recommence :
«La même
règle s'applique pour la poursuite d'une audition après la cessation de
fonction d'un membre siégeant à l'audience
et pour toute affaire entendue par un membre et sur laquelle il n'a pas encore
statué au moment où il est dessaisi.
«Si une affaire est entendue par plus d'un
membre, celle-ci est poursuivie par les autres membres.»
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le ministre. Est-ce que
vous avez des explications supplémentaires? Non? Ça va comme ça?
Le Président (M. Cousineau) :
D'accord. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : On est bien à
40, là?
Le Président (M. Cousineau) :
Nous sommes à 42, M. le député.
M. Leclair :
42. Excusez. O.K. Je voudrais juste savoir... À la fin de l'alinéa, pour ce qui
a trait à la CRT, au dernier alinéa,
on dit : «Si une affaire est entendue par plus d'un commissaire, celle-ci
est poursuivie par les autres
commissaires.» Dans le nouvel
article, on a changé «commissaires» par «les autres membres». On arrête la
phrase là, donc, tout le reste, qui
est : «Lorsque [l'opinion se partage] également
sur une question, celle-ci est déférée au président de la commission ou à un commissaire désigné par celui-ci parmi les commissaires pour
qu'il en décide selon la loi», donc là on vient enlever ça.
Alors,
j'aimerais juste savoir est-ce qu'on l'avait prévu ailleurs, où on le retrouve.
C'était juste une question pour s'assurer de la concordance.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Beauharnois. Je crois, c'est Me Poisson qui... Vous allez répondre?
M. Poisson (Jean-Martin) : Oui, tout
à fait. Alors, sur le document
sommaire que vous avez reçu, on voit qu'il y a
une sous-section IV sur l'instruction et une sous-section V sur la
décision. Alors, comme ce segment de la disposition traite de la décision, ça a
été rapporté dans la
section sur la décision. Alors, la règle à laquelle vous
faites référence, on va la retrouver plus tard.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Beauharnois, ça va?
M. Leclair : Pour cette
question-là. J'en ai une autre petite dernière.
Le Président (M. Cousineau) :
Allez-y.
M. Leclair :
On va maintenant, dans le même article, à la CLP, à l'article 429.52. On
dit : Toute affaire doit être entendue
par un commissaire et sur laquelle il n'a pas encore été... c'était dans le
texte qui est actuel, qui «n'a pas encore été statué au moment où il
cesse d'exercer ses fonctions est entendue du nouveau».
Je voudrais
juste comprendre qu'est-ce qu'on voulait dire par «est entendue de nouveau»
dans l'actualité en ce moment. Est-ce qu'on dit : On recommence la
cause, «est entendue de nouveau»? Alors, dans le fond, on reprend la cause
lorsqu'on a affaire à la CLP. Donc, je voudrais vous entendre là-dessus, là,
juste pour me rassurer. Donc, si ma compréhension
est qu'on réentend toute la cause de nouveau lorsqu'on a à remplacer... bien,
est-ce que cela est prévu aussi dans le nouveau projet de loi actuel ou
est-ce que je ne le vois pas, qu'il est reproduit?
Le Président (M. Cousineau) :
Me Poisson?
M. Poisson (Jean-Martin) : Alors,
effectivement, on disait à l'article 429.52 que l'affaire était entendue
de nouveau lorsqu'il n'y avait pas encore eu
de décision. Cependant, on a repris la règle telle qu'elle est à la CRT
actuellement en disant que, si les
parties y consentent, le nouveau membre du tribunal qui est chargé de l'affaire
peut se servir de la preuve
testimoniale ou des notes sténographiques qui ont été produites. C'est une
mesure d'économie. Beaucoup de parties se
plaignent, lorsqu'on doit recommencer une audition, qu'ils doivent réassigner
des témoins, refaire leur preuve, replaider devant le même tribunal. C'est beaucoup de frais, c'est des frais
importants lorsqu'un membre a dû cesser d'occuper et qu'il faut
recommencer.
Alors, la...
Excusez-moi, je dois être aussi fatigué. La disposition de la CRT est plus
souple à cet effet-là pour dire que,
si les deux parties y consentent, le nouveau commissaire, lui, peut se
satisfaire des notes sténographiques pour rendre sa décision. Donc, on
n'a pas à recommencer l'audition au complet, ce qui implique souvent des
délais, ce qui implique des frais. Mais c'est seulement si les deux parties y
consentent.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Me Poisson. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Permettez-moi de
douter quelque peu de ça. C'est un changement qui est quand même majeur. Puis,
juste pour que je vous suive bien... c'est où est-ce qu'on dit «si les deux
parties y consentent»? Donc, si une des deux parties n'y consent pas, on
reprend l'audience? Est-ce que je comprends ça?
Le Président (M. Cousineau) :
Me Poisson.
M. Poisson (Jean-Martin) : Oui, tout
à fait.
M. Leclair : Et on le voit
où, Me Poisson, dans les écritures, s'il te plaît?
M. Poisson (Jean-Martin) :
Au début, à l'article 42 : «Lorsque, par suite d'un empêchement, un
membre ne peut poursuivre une audition, un autre membre désigné par le
président peut, avec le consentement des parties — donc, ça implique que ce sont les deux parties — poursuivre cette audition et s'en tenir,
quant à la preuve testimoniale, aux notes et au procès-verbal...» Donc, on voit vraiment que ça prend le consentement
des deux parties. Si les parties n'y consentent pas, on doit
recommencer.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Me Poisson. M. le député de
Beauharnois.
M. Leclair :
Oui. Je vais prendre deux petites secondes juste pour relire, pour m'assurer,
M. le Président... Je suis désolé.
Le Président (M.
Cousineau) : Aucun problème.
M. Leclair :
Oui. Ça semble clair. Donc, M. le Président, ce que je veux m'assurer, c'est
justement que ça n'avantage pas autant une
partie qu'une autre dans des cas de litige comme ça. Puis ça semble clair. Si
une des deux parties dit : Moi,
j'aimerais mieux qu'on réentende la cause, je veux réexpliquer mes faits, je ne
veux pas me fier aux notes... Donc, à
la minute qu'une des deux parties ne donne pas son consentement, on va
recommencer la cause. C'est bien ça que...
Le Président (M.
Cousineau) : Des précisions, Me Poisson?
Poisson (Jean-Martin) : Oui. Il y a parfois des détails qui
m'échappent des deux lois. Écoutez, je ne les connais pas toutes par coeur, mais, quand on lit 429.52,
auquel vous faisiez référence, en conjonction avec 429.53, on voit à 429.53
que cette possibilité-là était offerte, que
le commissaire puisse continuer à partir des notes sténographiques. Donc, il
fallait lire 429.52 avec 429.53 pour
retrouver la règle équivalente. Sauf que nous, nous les avons fusionnés en un
seul article.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Me Poisson. M. le député de
Beauharnois.
Leclair : O.K. Sauf que, comme que vous me disiez, dans biens
des cas, on veut sauver des coûts. Donc, ce n'était pas utilisé tant que
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
Leclair : Parce que, là, on ne l'élimine pas. On vient le
reprendre aussi là, mais... Parce que vous disiez : On ne le
faisait pas à la CRT. Donc là, ça va être applicable à la CLP.
Poisson (Jean-Martin) : Non, non, c'était la règle qui était prévue à
la CRT dans la disposition 137.8 et c'est la règle qui est prévue aussi à la CLP, sauf qu'à la CLP l'ensemble des
règles qu'on a dans cet
article étaient prévues dans trois articles
différents : 429.41, 429.52 et 429.53.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair :
Oui. Merci beaucoup de l'explication.
Président (M. Cousineau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 42? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 42
est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 43. M. le ministre.
Hamad :
«43. En l'absence de dispositions applicables à un cas particulier, le
tribunal peut y suppléer par toute procédure compatible avec la présente
loi et ses règles de preuve et de procédure.»
Président (M. Cousineau) : Questions? Pas de question sur l'article 43. Est-ce que l'article 43 est adopté?
Président (M. Cousineau) : Adopté. Nous en sommes à l'article 44, et je crois que vous avez un amendement sur la version anglaise, M. le
ministre.
Hamad :
Oui, définitivement, M. le Président, et déposé déjà.
Président (M. Cousineau) : Oui. Nous avons tous reçu... Vous avez reçu l'amendement
sur la version anglaise?
Le Président (M. Cousineau) :
Ça a été distribué au tout début avec la liasse d'amendements que le ministre a
déposée au tout début de nos travaux.
Hamad :
O.K. Je vais lire l'article, là, en attendant — ils vont le trouver,
là :
«44. L'affaire
est décidée par le membre qui l'a instruite.
«Lorsqu'une affaire
est instruite par plus d'un membre, la décision est prise à la majorité de
ceux-ci.
«Lorsqu'une
affaire est poursuivie par deux membres en application du troisième alinéa de
l'article 42 et que les opinions
se partagent également sur une question, celle-ci est déférée au président ou à
un membre désigné par celui-ci pour
qu'il en décide selon la loi. Dans ce cas, le président ou le membre qu'il a
désigné peut, avec le consentement des parties,
s'en tenir, quant à la preuve testimoniale, aux notes et au procès-verbal de
l'audience ou, le cas échéant, aux notes sténographiques ou à l'enregistrement de l'audition, sous réserve, dans
le cas où il les juge insuffisants, de rappeler un témoin ou de requérir
toute autre preuve.»
Le Président (M.
Cousineau) : L'amendement, M. le ministre.
Hamad :
L'amendement, en fait c'est de l'anglais, M. le Président. Il me semble
que j'en ai lu un pareil comme ça il n'y a pas longtemps.
Alors
donc, 44, c'est : Remplacer «If a matter is heard» par «If a matter is
continued».
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. Pour l'amendement, seulement.
Hamad :
...«entendue» au lieu de «poursuivie», simplement, là.
Président (M. Cousineau) : D'accord, «entendue» au lieu de «poursuivre», oui. Alors, discussion
sur l'amendement?
Leclair : Bien,
j'imagine que c'est pour faire de la concordance, là. Je ne ferai pas mon
spécialiste en langues française et anglaise, mais c'est pour faire...
Hamad :
En français, on dit «poursuivie», puis là on avait écrit «heard»...
M. Leclair :
«Entendue».
Hamad :
...«entendue», et «continued», c'est «poursuivie», continue.
M. Leclair :
Exact. Puis, dans l'ancien texte de loi, on disait... c'est juste «entendue»,
mais... Non, ça me va, M. le Président.
Hamad :
C'est purement la traduction, là.
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. Des commentaires sur l'amendement pour le
texte anglais? Sinon, est-ce que l'amendement, à l'article 44, pour la
version anglaise est adopté?
Président (M. Cousineau) : Adopté. Nous en sommes sur l'article 44 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
discussions?
L'article 44 tel qu'amendé, est-ce qu'il y a des
discussions? Sinon, est-ce que l'article 44, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 45. M. le ministre.
Hamad :
«45.
Sous réserve d'une règle particulière prévue dans une loi, le
tribunal doit rendre sa décision dans
les trois mois de la prise en délibéré de l'affaire et, dans le cas de la
division de la santé et de la sécurité du travail, dans les neuf mois
qui suivent le dépôt de l'acte introductif.
président peut prolonger tout délai prévu par la présente loi ou par une loi
particulière. Il doit, auparavant, tenir compte des circonstances et de
l'intérêt des personnes ou des parties intéressées.»
Le Président (M.
Cousineau) : Vous avez déposé un amendement à 45?
Le Président (M.
Cousineau) : Lecture.
Hamad :
Alors, l'amendement : Insérer, dans le deuxième alinéa de
l'article 45 du projet de loi et après le mot «particulière», ce
qui suit : «pour rendre une décision».
Président (M. Cousineau) : Merci. Discussion sur l'amendement à
l'article 45?
M. Leclair :
Non. C'est bien, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres parlementaires
qui veulent s'exprimer sur l'amendement à l'article 45? Sinon, est-ce que
l'amendement à l'article 45 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté. Alors, discussion sur l'article 45
tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des discussions sur l'article 45 tel
qu'amendé? Sinon, est-ce que l'article 45, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
L'article 46. M. le ministre.
Hamad :
«46. Le défaut par le tribunal d'observer un délai n'a pas pour effet de
dessaisir le membre, ni d'invalider la décision, l'ordre ou l'ordonnance que
celui-ci rend après l'expiration de ce délai.
«Toutefois, lorsqu'un
membre saisi d'une affaire ne rend pas sa décision dans le délai applicable, le
président peut, d'office ou sur demande d'une des parties, dessaisir ce membre
de cette affaire.
«Avant de procéder
ainsi, le président doit tenir compte des circonstances et de l'intérêt des
parties.»
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va?
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. Discussion sur
l'article 46?
Leclair : Bien, c'est juste de bien s'assurer... Ces
dispositions-là existaient déjà. Donc, c'est des conséquences de
non-respect de délai. Donc, il n'y a pas de nouveauté là-dedans.
M. Poisson
(Jean-Martin) : C'est des principes qui existaient déjà.
Hamad :
Oui. La réponse, c'est oui.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
Président (M. Cousineau) :
L'article 46, est-ce
qu'il y a d'autres intervenants? Non?
Alors, est-ce que l'article 46 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté. Et nous passons à l'article 47.
Hamad :
«47. Toute décision du tribunal doit être communiquée en termes clairs et
concis.
«Toute
décision qui, à l'égard d'une personne, termine une affaire doit être écrite,
motivée, signée et notifiée aux personnes
ou aux parties intéressées. Elle est également notifiée à la Commission des
droits, de la santé et de la sécurité du travail lorsqu'elle est rendue
par la division de la santé et de la sécurité du travail.»
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. Discussion?
Leclair : Je veux
juste bien comprendre. Lorsqu'on dit : Une décision communiquée en termes concis... O.K. Si ce terme-là est utilisé dans la décision, elle
doit être concise. Cela semble difficilement applicable à des décisions d'un
tribunal si ça risque d'entrer en contradiction avec la nécessité de clarté.
Alors, pourquoi qu'on précise le «concis»?
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson ou M. le ministre?
Me Poisson?
Poisson (Jean-Martin) : Oui. En fait, bien, ce sont deux obligations
différentes. En termes clairs, c'est prévu, la décision doit être
claire, et on demande un exercice de concision pour ne pas que le juge,
écoutez, fasse preuve de motifs trop
abondants, si on veut. Alors, pour une meilleure intelligibilité des décisions,
on demande qu'elles soient claires mais évidemment pas trop longues pour
qu'on puisse les comprendre.
Hamad : Mais elle était là avant, on n'invente pas, là...
Leclair : Ce n'est pas le cas. Il s'agit juste de comprendre.
Parce que, lorsqu'on dit : Une décision claire, la décision est
claire et concise.
Hamad :
Elle peut être claire et longue. Claire et concise, c'est clair que c'est
concis.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le député?
M. Leclair :
Bien, il faut être certain...
M. Leclair :
Non, mais il faut être certain, parce qu'il ne faut pas que ça soit une source
de motivation ou de démotivation de dire : Bien, ce n'est pas assez
concis. Lorsqu'une décision est prise, c'est clair, il y a des faits, puis...
Hamad : Me Poisson me dit : Le mot «concis», ça
veut dire «pas sur les deux pages». Ça peut être 100 pages. C'est concis pareil. Alors, concis, c'est :
N'essaie pas de mettre trop, là... Tu sais, des fois, les questions aussi
peuvent être concises et claires. Alors, concis. Dans les cas, les
questions; la même chose : concis et clair.
Hamad :
Des questions, vous me parlez?
Hamad :
Oui, c'est ça.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Oui. Bien, c'est parce qu'autant ça a de l'air qu'on
s'accroche dans les définitions, mais c'est quand même... à la CLP, ça
n'y était pas avant, là. Tu sais, le ministre, il dit : Oui, c'était comme
ça avant, mais à la CLP...
Hamad : Non. Mais on vient de dire qu'où elle était, à la CRT, il
y avait des décisions de
100 pages, puis on demandait qu'elles soient concises.
M. Leclair :
Oui, je suis d'accord.
Hamad : ...ne sera
pas frustré qu'on lui dise qu'on veut avoir un jugement concis. De toute façon, on va faire à sa tête pareil
en fin de journée, là. Il va être concis selon lui, pas concis pour moi. Comme
moi, des fois, je peux trouver les questions
concises, des fois elles sont longues. Ça dépend. C'est relatif. Celui qui la
pose, il peut la trouver concise; celui qui reçoit peut trouver ça long.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Ça me va, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : D'autres discussions sur l'article 47?
D'autres intervenants? Non. Est-ce que l'article 47 est adopté?
Le Président (M.
Cousineau) : Adopté.
Article 48. M. le ministre.
Hamad :
«48. La décision entachée d'une erreur d'écriture ou de calcul ou de
quelque autre erreur matérielle peut être rectifiée, sur dossier et sans
autre formalité, par la personne qui l'a rendue.
la personne est empêchée ou a cessé d'exercer ses fonctions, un autre agent de
relations du travail ou un autre membre du tribunal, selon le cas,
désigné par le président peut rectifier la décision.»
Le Président (M.
Cousineau) : Merci. Est-ce qu'il y a des discussions sur
l'article 48?
M. Leclair : Lorsqu'on dit
que le tribunal peut rectifier la décision... rectifier ce qui n'est pas
lisible, là, pas la décision comme telle, finale. On s'entend bien, là?
J'imagine que...
Hamad : ...si le
tribunal rend une décision puis il y
a une erreur là-dedans,
une erreur d'écriture, de français, de
virgule, là, au lieu de recommencer, on dit : Le même membre du tribunal
peut le corriger. S'il est parti à la retraite, bien le président va en
nommer d'autres pour le faire. C'est bon? Parce que sinon on ne recommencera
pas, là.
M. Leclair : Donc, ce que vous me dites, c'est que, s'il y a une erreur de français mais pas une
erreur de décision... on ne partira
pas de : On a jugé bleu, puis on va juger rouge. On parle d'une erreur, ça
s'efface, on lit mal le mot, et on n'aurait peut-être pas dû prendre ce
mot-là, mais ça ne change pas la décision finale. C'est juste ça, ma question.
Hamad : C'est ça. Pour ça, on l'appelle «une erreur
d'écriture ou de calcul ou de quelque autre erreur matérielle».
Le Président (M. Cousineau) :
D'autres questions, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair : C'est bien pour
moi.
Président (M. Cousineau) : D'autres questions de la part des
parlementaires? Non? Est-ce que l'article 48 est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
L'article 49. M. le ministre.
Hamad :
«49. Le tribunal peut, sur demande, réviser ou révoquer une décision, un
ordre ou une ordonnance qu'il a rendu :
«1° lorsque
est découvert un fait nouveau qui, s'il avait été connu en temps utile, aurait
pu justifier une décision différente;
lorsqu'une
partie intéressée n'a pu, pour des raisons jugées suffisantes,
présenter ses observations ou se faire entendre;
«3° lorsqu'un vice de fond ou de procédure est
de nature à l'invalider.
«Dans le cas
visé au paragraphe 3° du premier alinéa, la décision, l'ordre ou
l'ordonnance ne peut être révisé ou révoqué par le membre qui l'a
rendu.»
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. Discussion? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Bien, je veux juste m'assurer... À l'article 429, à la CLP, on ne parlait
pas de «partie intéressée». On l'enlève, là... bien, on l'ajoute ici,
dans... Attendez, je veux juste faire certain, là.
Hamad : ...dit «une
partie», mais on ne dit pas «intéressée». Dans le temps, elle ne l'était pas.
Peut-être aujourd'hui elle l'est, intéressée, là.
M. Leclair :
Est-ce qu'on peut suspendre deux petites secondes? Je veux juste m'assurer...
Le Président (M. Cousineau) :
On va suspendre, pas de problème.
(Suspension de la séance à 15 h 29)
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, nous reprenons. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Cousineau) :
...l'article 49.
M. Leclair : Exact. Lorsqu'on lit le texte actuel qui est la CLP, nous parlions
de «partie», alors que, dans la nouvelle écriture, on parle de «partie
intéressée». Donc, plusieurs groupes sont inquiets de dire, lorsqu'une décision
sera prise à la CLP, que des parties
intéressées pourraient se joindre pour dire : Non, on va faire le lobby
puis pouvoir avoir recours, alors qu'en ce moment c'étaient les parties
vraiment en cause. Alors, c'est un risque.
Donc, ces
gens-là ont levé un petit drapeau pour dire : Vous n'avez pas peur que
d'autres groupes viennent, les parties intéressées justement,
s'impliquer puis avoir des recours différents de la
partie qui est jugée?
Le Président (M. Cousineau) :
Me Poisson.
Hamad : On n'est pas peureux de nature, là, mais on va
vérifier.
Poisson (Jean-Martin) : Alors, le terme «partie intéressée» d'abord
comprend les parties au procès. Alors, ça,
c'est sûr que c'est maintenu par la CLP. Maintenant, ce qu'on m'a indiqué,
c'est que, une
partie intéressée, l'intérêt en droit n'a pas le même sens que l'intérêt comme on l'entend en
général. Ce n'est pas parce qu'un dossier nous intéresse, qu'on lui
trouve un certain intérêt qu'on peut nécessairement intervenir. Il faut qu'on
démontre un intérêt davantage juridique.
C'est-à-dire que la décision peut avoir des conséquences sur notre propre
dossier. On me dit que c'est très utilisé en matière de relations du travail, mais il faut vraiment démontrer,
faire une preuve qu'on est une
partie intéressée. Alors, ce n'est pas
juste...
Poisson (Jean-Martin) : Alors, comme je vous disais, là, ce n'est pas
juste un intérêt théorique, il faut vraiment que ça touche nos droits en
tant que tels.
Hamad : Il faut qu'ils soient touchés, là. Ce n'est pas
parce qu'il y a un lien qu'il y a un intérêt. Il faut que tu sois touché
par le jugement ou la poursuite.
Leclair : Bien, justement, exemple, un employeur sur le même
boulevard que, lui, sa cause... Il a la même cause. Il est intéressé, lui, par la jurisprudence qui va s'y rattacher.
Donc, il pourrait être une
partie intéressée qui est visée directement, là. Ce n'est pas quelqu'un qui arrive
du champ gauche complètement qui... Donc, c'est juste de s'assurer que... Pour vous, vous dites : Une
partie
intéressée, ce n'est pas tout à fait juste un intéressement. Mais, lorsqu'on
parle de CLP, les employeurs qui vont
avoir à payer dans un futur justement parce qu'une décision se prend... il
dit : Moi, j'ai un intérêt, ici, là, d'apporter ça à un autre
niveau puis de... Alors, de là vient l'inquiétude.
Le Président (M.
Cousineau) : Me Poisson.
Poisson (Jean-Martin) : Mais c'est ça, ce n'est pas de ce type
d'intérêt dont il est question. Ce n'est pas parce qu'il y a une décision qui est à peu près au même
effet que mon dossier... Ça va m'intéresser, oui, comme citoyen parce que j'ai un dossier qui est semblable, mais cette
décision-là n'aura pas d'impact sur mes droits. Je vais quand même, dans
mon dossier, devoir recevoir jugement dans
mon dossier. Alors, ce n'est pas... j'ai toujours le même mot, là, ce n'est pas
une question d'intérêt, parce que ça va me
dire un peu peut-être comment, dans mon dossier, les choses vont se diriger.
C'est vraiment une question que :
Est-ce que mes droits sont concernés par leur décision? Or, si, comme
employeur, je ne suis pas
partie à cette décision-là, je n'ai pas
d'intérêt.
M. Leclair :
Ce n'est pas si clair que ça, là.
Une voix :
Ce n'est pas clair pour vous?
M. Leclair :
Non. Bien, pourquoi qu'on n'enlève pas «intéressée» s'il touche quasiment
personne?
Hamad :
Bien non. «Partie intéressée», là, en droit, là, c'est l'ingénieur qui vous
dit, là...
Le Président (M.
Cousineau) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende quelques
minutes pour que...
Hamad :
Non, non. Là, M. le Président... parce que, là, on ne fera pas de traduction à
chaque fois qu'on suspend, là. Parce que,
là, je pense qu'il a fait un... Même ma voisine, là, M. le Président, elle ne
s'intéresse pas à ça. Elle a compris ce qu'il vient de dire.
M. Leclair :
...ce qu'on parle, là, M. le ministre. Sérieusement.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Beauharnois.
Hamad :
Mais c'est où, le problème? Ce qu'on dit, là...
Leclair : Bien, le problème est : À la CLP, des parties
intéressées ne pouvaient pas intervenir. Là, on leur donne la
possibilité, aux parties intéressées, d'intervenir. Alors là, c'est la
définition du «intéressée». L'intérêt arrête où? À deux kilomètres? À trois kilomètres? Le même employeur qui a quatre
usines, il est intéressé, lui, par la cause de l'usine b. Il est le
propriétaire des quatre usines. Bien, vous me dites non. Écrivez-moi-le,
montrez-moi-le.
Hamad :
On ne va pas te l'écrire, on va juste te l'expliquer, parce que c'est important
de comprendre.
M. Leclair :
C'est bien. À date, vous ne m'avez pas convaincu.
Hamad : C'est que, lorsqu'une
partie intéressée... il y a
une phrase après. La phrase après, ça dit : «...n'a pu, pour des raisons jugées suffisantes, présenter ses
observations ou se faire entendre.» La
partie intéressée, pour des raisons,
n'a pas pu se faire entendre. Là, on ne
parle pas de géographie, deux kilomètres, trois kilomètres. Lorsqu'on
dit : Mes droits sont touchés,
donc je suis une
partie intéressée; pour des raisons, je n'ai pas pu être
entendu, c'est là qu'on parle...
M. Leclair : Ça touche exactement
ce que je vous explique depuis tantôt.
Hamad : Mes droits.
Je suis directement...
M. Leclair : Un employeur qui a un salarié qui lui arrive une
décision, il dit : Moi, je suis intéressé,
je suis intéressé.
Hamad :
...qu'il fasse
partie de la poursuite, là. Ça se peut qu'un autre, c'est une
autre poursuite, c'est un autre...
M. Leclair : On parle de
lésions professionnelles, là, ici, M. le ministre, donc c'est employeur,
travailleur.
Hamad : Non, non,
mais, s'il y en a deux, travailleurs qui sont blessés par un accident, s'il y
en a un... L'employé n° 1, il est en poursuite, lui, il est intéressé dans
cette cause-là. Le deuxième employé...
M. Leclair : Là, c'est la
partie. Il n'a pas d'intérêt, c'est la partie.
Hamad :
Lui, il fait
partie des parties intéressées. Le deuxième employé ne fait pas
partie de cette partie-là, mais il peut faire
partie d'une autre cause.
M. Leclair :
Exact. L'employé, je suis d'accord avec vous, lui, il ne peut pas aller se
mêler... Mais l'employeur, lui, c'est ses deux employés. Lui, il
est intéressé par les deux causes parce que c'est ses employés.
M. Leclair :
Exact. Donc, lui, il aurait le droit de dire : Moi, je demande, je suis
un... Mais c'est ça que je vous dis. Ce n'était pas là avant.
Hamad :
Il faut qu'il se défende s'il pense qu'il faut qu'il se défende. Ce qu'on
dit : Il n'a pas eu la chance de s'entendre, il faut qu'il aille là
pour parler. C'est normal.
Hamad :
...employeurs, par exemple, deux employeurs, là, l'autre, il ne fait pas
partie
de ça, ça ne lui touche pas, mais...
M. Leclair : Un ex-employeur
du même travailleur?
Hamad :
Mais, s'il fait
partie de la poursuite au début, il est dans la
partie
intéressée. S'il est un ex-employeur, mais
ce n'est pas lui qui a causé les dommages, mettons, ce n'est pas dans son
usine, mettons, bien là l'ex-employeur va... je ne sais pas s'il va
regarder ça. Il va regarder le hockey avant, là.
M. Leclair : Mais on ne
l'avait pas mis à la CLP avant, hein? Là, on le met.
Hamad : ...ou c'est
vraiment une raison?
M. Leclair : Exact. C'est ça.
C'est ça que je me demande.
Hamad : Dis oui ou
non, ça va régler le problème.
M. Leclair : C'est un
caprice.
M. Poisson (Jean-Martin) : Non.
Hamad : C'est sûr
qu'il va vous dire non. Voyons donc! C'est des gens compétents. Il ne mettra
pas de caprice là.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député.
M. Leclair : Mais on voit que ça change. Ça va
changer toute la manière de faire ressortir un dossier, c'est sûr et certain. On dit qu'on ne touche pas à la mission
directe, mais on ouvre des portes ici avec le mot «intéressée». De dire qu'il va y avoir 3 millions de cas la semaine prochaine... je suis d'accord avec vous, mais de dire que ça ne change rien...
moi, je risque de voir
les parties intéressées s'intéresser,
alors qu'avant elles ne pouvaient pas
s'y intéresser parce que
c'était vraiment la
partie qui était jugée.
Hamad :
Il y a deux conditions : qu'elle soit intéressée mais qu'elle n'ait pas eu la chance, pour des raisons
raisonnables, de se faire entendre. Alors, il y a deux conditions, là. C'est vraiment
des gens qui sont concernés, là.
M. Leclair : ...une raison qui est raisonnable, là, justement,
un deuxième employeur qui n'est pas
au courant du fait, il voit
sortir ça, il dit : Wo!
Hamad : ...employeur,
ce n'est pas une
partie intéressée. Ce n'est pas la cause de l'accident, là. On
va parler d'usine, vous connaissez
ça, l'usine, là. Je suis employé d'une compagnie ABC, une usine, je travaille
dans une usine; un accident de
travail, je poursuis. Je pense qu'il y a un problème, je m'en vais voir la...
En fait, la
partie première, c'est la CSST.
Puis là, bien, ça, c'est la
partie intéressée. C'est la CSST qui se défend, là.
Il dit : Nous autres, on paie moins, lui, il paie d'autres... C'est
ça, là.
Hamad : Oui, mais
la
partie intéressée, c'est ça. Une autre usine à côté...
M. Leclair :
Avant, c'était la partie, c'était ce que vous dites, la partie. «Partie
intéressée»; moi, je vois plus large que juste la
partie prenante, comme
vous dites, le travailleur, et son dossier, et son cas.
Hamad : ...te
l'expliquer, mais on va voir s'il peut...
Le Président (M. Cousineau) :
Me Poisson.
M. Poisson
(Jean-Martin) : En fait, c'est que, dans l'exemple... on va reprendre
votre exemple, dans l'exemple de
l'employeur qui est deux commerces à côté, il n'aurait pas eu le droit
d'intervenir dans la cause. Si jamais, pendant l'audition, il avait demandé d'intervenir, le commissaire de la CLP lui
aurait dit : Tu n'as pas d'affaire dans cette cause-là, tu n'es pas
partie
d'une cause et tu n'as pas d'intérêt juridique, tes droits ne seront pas
touchés. Mais la personne qui, elle, aurait
eu droit d'intervenir et ne le fait pas pour des raisons jugées suffisantes
peut intervenir. Et on me soulignait, et je remercie les avocats de la Commission de la santé et sécurité au
travail, que c'est déjà un critère qui est appliqué, on permet déjà aux personnes intéressées d'intervenir, et le
meilleur exemple, c'est la CSST. La CSST, de par la LATMP, a un droit
d'intervenir dans tout dossier.
Alors, il est
possible qu'elle ne le fasse pas, mais, à l'étape de la révision, si jamais la
décision a un impact ou une incidence
qu'elle juge utile de soulever, elle peut intervenir. Ça a été jugé aussi
effectivement le cas pour une mutuelle de
prévention qui n'était pas
partie mais qui avait un intérêt certain sur l'issue
du litige. On lui a permis d'intervenir.
Alors...
M. Leclair : ...intéressée ferait une demande à la CSST, puis
elle, si elle le juge pertinent, dans le cas échéant, peut...
M. Poisson (Jean-Martin) : Pas à la
CSST, à la CLP.
M. Leclair : À la CLP.
Excusez.
M. Poisson
(Jean-Martin) : Alors, dans
le cas de la CRT, on l'avait noir sur blanc, si je comprends bien, et, dans
le cas de la CLP, la jurisprudence le permettait, mais on vient confirmer ce
qu'il se fait.
M. Leclair : O.K., mais il
n'était pas écrit.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député.
M. Leclair : Là, il est
écrit, il est clair.
Le Président (M. Cousineau) :
Est-ce que ça va?
M. Leclair : Bien, ça va, mais moi, je vois quand même
un risque. Est-ce qu'il est béant? Est-ce qu'il va y avoir 100 millions
de plaintes ou 100 millions d'intéressés? Mais il n'était pas là avant.
Puis, par procédure, interpeller par en arrière en jurisprudence, et tout, c'est autrement à justifier, se
servir de jurisprudence, alors qu'il est écrit noir sur blanc, là, mais je n'en ferai pas de cas pendant
12 heures, M. le Président, mais je crois que le point est à apporter pour
dire : Il y a un risque qui se crée.
Président (M. Cousineau) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 49? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 49 est adopté?
Président (M. Cousineau) : Adopté. Nous en sommes à l'article
50. M. le ministre, vous avez un amendement de la version anglaise.
Hamad : Oui, encore. Alors : «50. La demande de
révision ou de révocation est formée par requête déposée au tribunal, dans un délai raisonnable à partir de
la décision visée ou de la connaissance du fait nouveau susceptible de justifier une décision différente. La requête
indique la décision visée et les motifs invoqués à son soutien. Elle contient
tout autre renseignement exigé par les règles de preuve et de procédure.
«Sous réserve de l'article 17, la
partie
requérante transmet une copie de la requête aux autres parties qui peuvent y répondre, par écrit, dans un délai de 30
jours de sa réception ou, s'il s'agit d'une décision rendue en application
d'une disposition du
chapitre V.1 du Code du travail, dans le délai qu'indique
le président.
«Le tribunal
procède sur dossier, sauf si l'une des parties demande d'être entendue ou si,
de sa propre initiative, il juge approprié de les entendre.»
Alors, l'amendement
que nous avons, M. le
Président, c'est — en
anglais : Remplacer «A review or revocation proceeding» par «An
application for review or revocation».
Le Président (M. Cousineau) :
Merci. Discussion sur l'amendement à l'article 50, s'il vous plaît.
M. Leclair : Non, c'est beau
pour l'amendement anglais, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Il n'y a pas
d'autre discussion? Est-ce que l'amendement apporté par le ministre à
l'article 50 est adopté?
Le Président (M. Cousineau) :
Adopté. Alors, nous discutons maintenant de l'article 50 tel qu'amendé.
M. Leclair : Oui, j'aurais un
amendement à l'article 50, M. le Président.
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, on va suspendre, le temps que vous nous donniez votre amendement.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, nous reprenons. M. le député de Beauharnois, vous nous déposez un amendement
à l'article 50.
M. Leclair : Exact, à l'article 50, M.
le Président. Bien.
L'article 50
est modifié par le remplacement, au deuxième alinéa, des mots «partie
requérante» par les mots suivants «le tribunal».
Le but de ça,
c'est qu'à l'article 50... Lorsqu'on veut transmettre une
copie, bien c'est le plaignant qui doit payer pour transmettre les copies à tout
le monde au lieu que ça soit le
tribunal qui dise : Regarde, moi, j'ai reçu la copie de la requête, on va s'assurer que toutes les parties en
aient une partie. Alors là, c'est le plaignant ou c'est... Alors, ça devrait
être le tribunal qui s'assure de tout le
monde ait la copie. Alors, encore là, c'est une question de frais, bien
entendu, pour les personnes moins riches, les non-syndiqués de cette
planète.
Hamad : ...a fait
une bonne job, en passant.
M. Leclair : ...parce que
vous en parlez aussi souvent que moi, hein? C'est bon?
Hamad : Oui, mais
je pense qu'ils vous ont appelé pas mal souvent. C'est bien, correct. On va
essayer de répondre à vous et à l'UTTAM en même temps.
M. Leclair : C'est notre
devoir de représenter les gens, M. le ministre.
Hamad : Mais on va
répondre aux deux. Ils nous écoutent, probablement.
Le Président (M. Cousineau) :
Sûrement. Alors, M. le...
M. Leclair : Mais il y a la
CSQ qui avait cette demande-là aussi.
Le Président (M. Cousineau) :
Oui. Me Poisson.
M. Poisson (Jean-Martin) :
Alors, dans l'article tel qu'il est proposé, c'est la
partie requérante,
effectivement, qui transmet les
procédures parce que c'est le cas actuellement à la CRT. Devant la CRT, c'est
la
partie requérante qui le fait. Évidemment, vous avez raison, à la Commission
des lésions professionnelles, c'est fait par le tribunal, c'est pourquoi
on a ajouté la mention «sous réserve de
l'article 17». Si on va voir à l'article 17 : «La notification
des actes de procédure est faite
conformément aux règles établies par le tribunal.» Alors, le tribunal va
pouvoir le prévoir, que les procédures en matière de révision sont
signifiées par le tribunal.
M. Leclair :
L'article 17 de l'actuelle loi?
Hamad :
Donc, ça répond à votre demande, on n'a pas besoin d'un amendement.
M. Leclair :
Pas besoin de le faire, parce qu'à l'article 17 de la présente loi...
Hamad :
De la loi proposée.
M. Leclair :
O.K., de la loi proposée. Donc, le tribunal s'en sert.
Hamad :
On dit que le tribunal, pour la CLP, le fait. Donc, pour l'UTTAM, il n'y a pas
de problème.
M. Leclair :
Je n'ai pas besoin d'aller la lire, là, je peux vous faire confiance. Pas
besoin d'aller la relire.
Hamad : Bien, ils
vont vous rappeler de toute façon si ça ne marche pas. Ils vont nous envoyer un
e-mail si ça ne marche pas.
M. Leclair :
Bien, c'est bien.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va? Oui, Mme la députée de Montarville, sur l'amendement.
(Montarville) : Oui, sur l'amendement, M. le
Président, parce que
nous avions le même, mais j'aimerais avoir un petit peu plus
d'explications de la part de maître...
(Montarville) : Poisson. Pardon. Je comprends que vous faites référence à l'article 17,
qui dit : Selon les règles de preuve du tribunal. Cependant,
c'est qu'on va lire l'article 17, puis, les règles de preuve du tribunal, on ne
les a pas. Alors, comment nous
garantir qu'effectivement... parce
que, de la façon dont est libellé l'article 50
actuellement, ce
qu'on fait, c'est qu'on crée plus d'obligations pour les requérants, qui avant, lorsqu'ils
se présentaient devant la Commission
des lésions professionnelles,
n'avaient pas ces obligations-là. Donc, on crée plus d'obligations. Parce que je suis
allée le lire, l'article 17, avant que vous nous disiez d'aller le voir,
mais... C'est où, ça, «selon les règles du tribunal»? Pouvez-vous nous
dire...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui. Me Poisson, des précisions?
Mme Roy
(Montarville) :
...l'article des règles du tribunal qui nous dit que tous les demandeurs ou
tous les requérants n'auront pas à transmettre les documents et que ce sera fait
par le tribunal et non les requérants?
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Mme la députée de Montarville.
Me Poisson, des précisions?
Poisson (Jean-Martin) : Oui.
Alors, évidemment, le règlement qui va être adopté en vertu de la nouvelle loi
n'est pas encore adopté. Donc, le règlement
n'existe pas actuellement, mais on verra dans les dispositions transitoires qu'on maintient
les règles actuelles d'ici à ce qu'un règlement soit adopté. Alors, au lendemain de l'entrée en
vigueur de la loi, la situation va demeurer la même en matière de
lésions professionnelles.
Mme Roy
(Montarville) :
O.K. Donc, on va trouver ça dans le règlement.
Poisson (Jean-Martin) :
Éventuellement, ce sera dans le règlement, mais les dispositions transitoires feront
en sorte que c'est la règle qui va s'appliquer jusqu'à l'adoption d'un règlement.
Mme Roy
(Montarville) :
Merci, maître.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, Mme la députée?
Mme Roy
(Montarville) :
Oui.
Le Président (M. Cousineau) : D'accord. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement que vous avez déposé, M. le député de Beauharnois?
Leclair : Bien, je
voudrais juste savoir : Est-ce
que ce règlement-là va être prépublié
pour s'en assurer, de... Il va être prépublié?
Une voix :
Ça va, M. le ministre?
Hamad : Oui, mais
ma réponse, c'est : Le premier, non, mais on va en discuter; le deuxième règlement,
oui.
Le Président (M.
Cousineau) : Le premier règlement, non; le...
M. Leclair :
C'est «noui», la réponse.
Le Président (M.
Cousineau) : M. Poisson, voulez-vous apporter des
précisions, s'il vous plaît?
Poisson (Jean-Martin) : Oui.
Alors, les règles de pratique du nouveau tribunal sont approuvées par le gouvernement. Alors, du fait qu'elles sont approuvées par le gouvernement, elles sont toujours publiées à
titre de projets et publiées à
la Gazette officielle avant leur entrée en vigueur.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va? M. le député de Beauharnois.
Leclair : Si je ne me
trompe pas, il n'y a pas une exception, dans cette loi-là, qui dit que
vous n'êtes pas obligé d'afficher les règlements?
Hamad :
...là, il y a de quoi. Mais là, à date, je me fie à Me Poisson. Il est
meilleur que moi.
Une voix :
Pas besoin de vérifier.
Hamad :
O.K. Il me dit : Pas besoin de vérifier. Correct.
Poisson (Jean-Martin) : Oui. On le verra à l'article 260, c'est le
règlement qui permet de prendre des mesures transitoires particulières pour l'application de la loi, c'est là-dessus
qu'il y a eu des discussions en commission parlementaire, mais, pour le règlement sur les règles de
pratique, il n'y a jamais eu de discussion, et ce règlement a toujours été
soumis à la publication de projets et à l'approbation du gouvernement.
Leclair : O.K. Donc, la réponse est oui. Donc, si vous acceptez
notre amendement, il est écrit dans la loi, ça ne nous enlève absolument rien. C'est juste qu'il est
là, on est sûr qu'on ne l'échappe pas dans les règlements. C'est déjà votre
intenti