Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 25 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2018-04-25
Quebec — Committees
Évidemment,
le PIB, le taux de croissance a été à 3 %, ce qui a été très bon dans les
circonstances, mais on vit aussi dans
un environnement qui change. Alors, je tiens à le dire, l'an passé, quand on
faisait les mêmes crédits, on avait plus
les yeux tournés vers l'Europe, avec le nouvel accord, donc, avec... sur
l'Europe, donc sur un nouveau marché, mais tout au long de l'année on a
vu que ça a évolué, donc, au fait que, oui, l'Europe est devenue un nouveau
marché progressivement, avec, pour certains
produits, un accès immédiat, dont la canneberge, exemple, au Centre-du-Québec,
qui a immédiatement eu des commandes, c'est
vrai aussi pour les petits fruits comme le bleuet, mais, bon, pour le
porc... ça viendra progressivement pour les
viandes. Et on parlait aussi, dans le temps, de l'Asie-Pacifique, donc
l'entente globale, qui donnait accès
à un nouveau marché qui incluait, à ce moment-là, l'Europe... les États-Unis au
sein de ce marché-là. Oui, on donnait accès pour le volet, donc, des
produits sous gestion de l'offre, mais en même temps il y avait une compensation auquel le gouvernement fédéral
s'était penché, donc... s'était engagé, excusez. Alors donc, ça, c'était
ce qu'il y avait à ce moment-là. Mais
soudainement on a vu que notre principal partenaire sur l'ALENA... qu'il y a
des impacts immédiats. Donc, les
Américains, sous l'administration du président Trump, ont décidé de rouvrir
l'ALENA, qui a créé une zone
d'incertitude, malgré, donc... malgré le fait que les Américains ou les
producteurs américains soutiennent toujours cette entente-là, mais l'administration maintient un flou sur les
négociations qui se passent encore aujourd'hui. La ministre fédérale, au Canada, donc, est en négociation, est
en rencontre, à tout le moins, avec les représentants autant du Mexique que des États-Unis, donc, sur la possibilité d'une
entente. Alors donc, on reste vigilants par rapport à ça. Mais ça nous a
rappelé toute l'importance du secteur
américain comme étant un partenaire et qu'on voit bien que les économies sont
intégrées.
Alors donc,
pendant qu'on faisait, donc, la consultation puis les forums sur la politique
bioalimentaire, cette année, l'environnement
d'affaires s'est modifié, rendant, pour d'aucuns... donnant, pour d'aucuns, des
opportunités à l'Europe puis à
l'Asie-Pacifique, qui a été conclu récemment, et remettant en question... En
tout cas, ça nous a permis de douter un peu sur l'accès plus fluide du
côté des États-Unis, puisque c'est, pour d'aucuns des produits, notre principal
marché.
Donc, l'année
a été très active. On s'est dit : Dans cette période-là, ce serait
intéressant non seulement d'avoir des budgets
prévisibles, autant pour l'année dernière, qui était une opportunité d'investir...
Donc, dans le budget de l'année passée, on a eu quand même entre 100 et
200 millions de dollars d'investissement pour les secteurs... autant pour
la production que pour la transformation.
Et, suite aux trois forums qui se sont tenus autant avec les consommateurs,
avec la production, la transformation, donc,
on a conclu, lors d'un sommet sur l'agroalimentaire dernier, donc, en se
donnant des cibles ambitieuses, puis
on aura le temps de le déployer pendant les autres minutes auxquelles j'aurai à
m'adresser à vous.
Donc, pour
tous les secteurs, la politique bioalimentaire, donc, a été adoptée. Le sommet
a donné l'opportunité d'établir les
cibles, les ambitions, les vecteurs de croissance, les orientations ainsi que
les défis. Mais au coeur de ça étaient nécessairement
la confiance des consommateurs et un milieu prospère et durable. Donc, ça,
c'étaient les deux défis qu'on s'était donnés à répondre. Donc, on a
donné des cibles de croissance au nom du bien-être animal et dans des secteurs
de transformation de produits alimentaires québécois, du contenu québécois. La
valeur nutritive, les Québécois sont préoccupés par ça. Donc, ça a donné un
ambitieux plan, et on s'est mis en corédaction, donc, avec autant les gens du
ministère que tous les partenaires qui avaient assisté, donc, aux trois forums
et au sommet, incluant toute l'approche filière, donc, qui nous a guidés dans
l'élaboration de cette politique-là.
On avait dit :
À la politique, ça nous prend des crédits, parce que la crédibilité passe non
seulement par l'adoption d'un
politique, mais un cadre financier. Le cadre financier du dernier budget nous
rappelait, donc... une enveloppe très importante,
sur cinq ans, qui s'ajoutait à celle de l'an dernier, qui s'ajoutait aussi au
fait que durant l'année on avait fixé ensemble,
à Terre-Neuve, le partenariat canadien, donc, pour les programmes qui sont dans
la gestion des risques et ceux qui ne
sont pas dans la gestion des risques. Puis aujourd'hui, avec l'ensemble des
budgets qui nous ont été donnés, on peut dire au monde agricole : Nous avons 1 milliard par année
pendant cinq ans à investir dans les différentes facettes de la politique bioalimentaire, qui incluent aussi le
renouvellement de nos infrastructures d'enseignement et nos
infrastructures de recherche, puisqu'il y a
un montant de 80 millions qui a été ajouté dans le volet des
immobilisations. Il faut enseigner l'agriculture de demain, donc, dans
des infrastructures modernes et non pas dans des installations du passé. J'ai
eu la chance d'aller dans votre comté,
justement, voir une installation, et tout le monde est tourné vers le bien-être
animal, donc vers les stabulations
libres, etc., les robots de traite. Alors, on peut participer puis en profiter
avec les collègues, mais il faut parfois donner l'exemple dans nos
propres institutions.
Et est accompagnée de ça toute la démarche de
mon collègue des Îles, que je tiens à remercier puis à féliciter puisqu'il a fait tout au long de l'année, donc, le
renouvellement de la politique dans le secteur des pêches, et de la
capture, et de la transformation. Donc, ce plan-là sera lancé vendredi, donc,
en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, donc, pour annoncer les sommes qui étaient dans le budget. Donc, on sait qu'on a eu
7 millions de dollars l'an passé, 7,5 et 5 millions cette année, donc il y a 12,5 millions de
dollars pour le lancement du plan des pêches, donc, qui est la portion
Québec, puis on verra comment le fédéral va
réagir. Je les vois demain, donc, en Nouvelle-Écosse pour différents sujets,
dont celui-là. Alors donc, est
accompagné, donc, le plan des pêches, parce que, oui, on fait la promotion des
produits du Québec, autant les
produits de la terre que les produits de la mer, donc, qui complètent l'offre
alimentaire au Québec, incluant l'horticulture ornementale et les autres secteurs qui ne sont pas... qui ne se
retrouvent pas dans notre assiette mais dans notre milieu de vie.
Alors donc,
le secteur... juste pour rappeler l'importance, quand même, du secteur
bioalimentaire au Québec, on dit que
c'est quand même 8 %, le secteur alimentaire, 8 % du PIB, c'est
beaucoup d'argent. C'est aussi 510 000 emplois qu'on retrouve, donc, soit un emploi sur huit, dont plus
de 11 000 emplois ont été créés, donc, en 2017. Le secteur, c'est
aussi 8,8 milliards. Nos exportations,
80 % de nos exportations sont des produits transformés. On dit : Les
recettes monétaires agricoles, elles
ont totalisé 8,8 milliards en 2017, et c'était le meilleur résultat obtenu
à ce jour. On dit... En général, aussi, dans le secteur des pêches, on dit : Le secteur de la
transformation et des livraisons, c'est plus... c'est 630 millions,
on a dépassé le demi-milliard de dollars.
Donc, on est en croissance dans la valeur parce qu'on ramasse à peu près, pour
la valeur des
débarquements, 377 millions, donc on y donne de la valeur ajoutée, puis ce
qu'on vend sur le marché extérieur, donc,
est bonifié. Les livraisons manufacturières, au Québec, en transformation
alimentaire ont crû de 45 %, au Québec, par rapport à 33 % en Ontario et 39 % au Canada. Les
exportations bioalimentaires, donc, ont crû de 11,5 % en
10 ans, alors que la progression en
Ontario a été de 80 %. Puis, en agriculture, les recettes du marché en
production animale ont connu une
progression semblable à celle du Canada, soit 33 % — je ne sais pas combien j'ai de temps de
fait, mais ça s'en vient. Alors, on
dit : Dans les productions végétales, la croissance des recettes a été de
101 %, au Québec, ce qui est supérieur à la progression en Ontario.
Alors donc,
quand on voit l'importance du secteur, autant de la production, de la
transformation, ça conditionnait le fait
d'investir massivement, premièrement, dans la production, puisqu'on voyait que
nos équipements de transformation faisaient en sorte qu'ils étaient
capables de transformer plus que la production qu'on est capables de livrer,
donc, nécessairement, l'amélioration et
l'investissement dans la production, ce qui a conditionné de faire... de lancer
un vaste chantier, là, sur... au nom
du bien-être animal, le plus grand chantier de rénovation et de construction de
bâtiments agricoles, au Québec, de
toute l'histoire du Québec. Plus de 3 200 projets ont été déposés,
puis, avec les presque 200 millions, on sera capables de réaliser l'ensemble de l'ambition de toutes les
productions. Et donc c'est... Et, quand on produit plus, bien, il faut transformer. Et, avec la pénurie de
main-d'oeuvre, qu'on a aussi dans le domaine autant de la production que
de la transformation, bien, on a ajouté des sous, donc plus de 70 millions
de dollars, dans la transformation puis la robotisation,
principalement l'achat d'équipement de production. Alors donc, il y a un
chantier aussi qui est ouvert, donc, qui
est une invitation, à partir du 1er mai, à tous les transformateurs
d'investir dans le secteur de la transformation, qui répondait
d'ailleurs à un besoin exprimé très clairement dans le... par les
transformateurs, en plus de l'amortissement accéléré
qu'il y a eu, donc, dans le budget, qui permet d'amortir sur deux ans, donc,
les achats d'équipement, qui est une demande traditionnelle qui a été
faite par le Conseil de la transformation alimentaire.
Et en plus,
donc, la politique bioalimentaire, ce n'est pas qu'une politique à
l'exportation, c'est avant tout une politique
de développement des territoires, la valorisation des plans de développement de
la zone agricole, donc comment on travaille mieux la terre, comment on
produit plus en serre, comment on est capables de réouvrir des territoires, comment on est capables de produire plus à
l'intérieur des mêmes bâtiments. On a vu des règlements, cette année,
donc, le nombre d'unités animales qu'on peut
produire dans nos porcheries, donc, a passé de 600 à 800, comme quoi, quand
on le fait de façon mature, scientifique, on
est capables d'aller chercher des gains de productivité à l'intérieur de nos
propres bâtiments. Donc, ça a été un gain très appréciable.
évidemment, bon, tout ça est conditionné du fait qu'on veut encourager la
relève agricole, aussi les entreprises et les petites fermes. Donc, il y a un programme sur les petites fermes qui
fait en sorte que, quand tu as 50 000 $ de revenus bruts et moins... Donc, on est venus donner un ton
particulier, là, à une teneur sur l'ensemble du territoire parce qu'on
veut de la diversité.
À la fin,
quand on regarde, oui, il y a des programmes du ministère, oui, il y a les
investissements des entreprises privées,
mais il y a aussi tout le volet de soutien et d'assistance aux entreprises, là,
qu'est La Financière agricole, le bras financier, le bras de
l'assurance. Donc, lorsque les risques se matérialisent parce que le climat
change, on a bien beau prendre soin de nos
sols, la qualité de l'eau, mais, le climat, ça, on ne peut rien faire. Ça a des
avantages positifs parfois puis
parfois un peu négatifs. On le voit, de ce temps-ci, pour la production
acéricole. On voit qu'heureusement qu'on avait une banque de stabilisation, qui permet d'être continuellement sur les
marchés sans s'inquiéter. Alors donc, je pense que le Nouveau-Brunswick, aujourd'hui, a des bien gros
problèmes du fait qu'ils n'ont pas cette banque de sirop d'érable là qui
permet de stabiliser les marchés.
Alors donc,
volet d'assurance, volet de prêts, redressement des plafonds d'investissement,
amélioration pour la relève agricole.
Donc, on a envoyé un message clair que la relève faisait
partie du plan de la
politique bioalimentaire. C'est ce
qui nous permet aujourd'hui, avec ouverture, donc, d'être capables de discuter
des crédits, de regarder ce qui a été fait et de voir par la suite le plan de mise en oeuvre, puisqu'il y aura une
mise en oeuvre, un secrétariat, un dialogue annuel, des relations interministérielles et des relations
avec les partenaires, qui nous amènera l'an prochain, donc, dans des
dates peut-être semblables, à la première rencontre du dialogue permanent avec
le monde de l'agroalimentaire au nom des consommateurs qui font des choix à
tous les jours.
Donc, il y a
à peu près 35 000, 40 000 produits dans les tablettes
d'épicerie. La première dépense des consommateurs, c'est le logement, la deuxième, c'est le
transport, puis la troisième, c'est l'alimentation, tout près avec le
transport. Donc, on est au coeur des
préoccupations de ceux qui font des choix. Donc, on pourrait dire que la
politique Alimenter notre monde,
c'est de la table à la terre, puisque c'est les Québécois qui décident ce
qu'ils vont manger dans leur assiette, et c'est à nous d'y répondre.
Alors, merci,
M. le Président. C'est avec ouverture, donc, que je vais répondre aux questions
des deux oppositions et des échanges
avec mes collègues, et tous les sous-ministres, et les organisations pourront
donner les réponses appropriées, puisqu'on a pris la peine de les faire
déplacer pour ces crédits.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Donc, je regarde
l'opposition officielle. Vous m'avez signifié que vous ne vouliez pas
faire de remarques préliminaires. Et je vais vers la deuxième opposition. Mme
la députée de Mirabel, pour sept minutes.
Mme D'Amours :
M. le Président, j'aimerais saluer le ministre de l'Agriculture, mon collègue
de Berthier et tous les gens qui
participent à cette commission. Et moi aussi, j'aimerais reporter mon temps
pour ma période d'échange. Merci.
Président (M. Hardy) : Parfait. Merci beaucoup, Mme la députée de
Mirabel. Donc, je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de Berthier, la parole est à vous.
M. Villeneuve :
Merci, M. le Président. Vous comprendrez, tout comme la députée de Mirabel, que
ce n'est pas par impolitesse que je
n'ai pas voulu faire de remarques préliminaires, mais c'est parce que le temps
qui nous est imparti est tellement
précieux. Mais je veux vous saluer, saluer les gens qui vous accompagnent, je
veux saluer M. le ministre ainsi que
tout le personnel. Et on est contents de vous voir. Honnêtement, on est
contents de vous voir. On est contents de voir le ministre bien sûr, mais le personnel qui l'accompagne. Ça n'a
pas toujours été le cas. Alors, à chaque fois c'est renouvelé, depuis deux ans, on est heureux que
vous soyez avec nous lors d'un événement aussi important que l'étude des crédits, qui, dans le fond, est quelque chose
que le Québec a acquis, que le gouvernement doit répondre de ses actes
et de ses orientations. Je veux saluer les
députés qui accompagnent, donc, l'aile... la
partie gouvernementale. Mme la
députée de Mirabel, je vous salue, ainsi que
la personne qui vous accompagne. Je veux saluer M. Marc Bouchard, mon
redoutable recherchiste. Et là je me suis trouvé un deuxième redoutable
recherchiste, M. Gilles Tocco.
Je veux saluer les
gens qui nous écoutent. Je viens de le dire, c'est un moment important. C'est un
moment important parce qu'il y a beaucoup de défis qui sont devant nous, et il
va falloir tôt ou tard, évidemment, les relever.
y a certains défis qu'on relève
moins, moins bien ou en tout cas que des fois on met sur la voie de garage.
Je pense que ce n'est pas une bonne chose. Et je vais commencer par un défi
qui, à mon avis, n'est pas relevé encore, au Québec, et qu'on doit relever, M.
le Président — je
m'adresse par votre entremise, bien sûr, au ministre : la hausse
faramineuse des terres agricoles.
Vous
savez, M. le Président, il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela, pas juste un
facteur, bien sûr. Mais juste vous faire un petit rappel ici, là. On a Lotissement Olympia inc., société
de portefeuille, donc, de lotissement, qui a acquis pour 6 millions
de terres agricoles. On a les Produits et Immeubles SNC, donc, agence, courtier
immobilier. On a Corporation financière
Alpha, société de portefeuille, holding, société de placements, 7 millions d'acquisitions, toujours en
dollars canadiens, bien
sûr. Mario Côté inc., autre
camionnage, 12 millions. Gestion DUB inc., 13 millions. Québec inc., je vous fais
grâce des numéros, là, 14... 15 millions.
Et la Société en commandite Terres d'espérance, pour 39 millions.
Alors,
ça, M. le Président, voyez-vous, ce n'est pas des gens qui cultivent la terre.
Peut-être la font-ils cultiver par d'autres,
mais, de par la mission de leur organisme, on comprend que ce n'est pas
nécessairement du monde agricole. Et ça
pose un problème de spéculation, ça pose un problème de pression à la hausse du
prix des terres. Et notre relève d'être propriétaire de leurs terres, et
c'est un frein carrément.
le ministre a dû sûrement voir que ce matin j'avais donné un point de presse à
l'Assemblée nationale ainsi que sur le terrain adjacent aux terres des
Soeurs de la Charité, donc, dans Beauport. Et évidemment, M. le Président, nous
voulons que des gestes soient posés pour
envoyer un signal clair à l'ensemble des spéculateurs actuels ou futurs, sur
les terres agricoles du Québec, qui les achètent. Ils ont du capital patient.
En fait, ils ont du capital très, très patient.
moi, je voudrais savoir de la part du ministre, M. le Président : Est-ce
qu'il est prêt, parce qu'on lui tend la main, aujourd'hui, là, ici, là, est-ce qu'il est prêt, lui aussi, à s'engager,
M. le Président, après l'élection du 1er octobre, est-ce qu'il est prêt à s'engager, même pas après,
maintenant, à ne pas permettre que ces terres-là soient sorties de la zone
agricole? Alors, si oui, on sera heureux, on
fêtera. Sinon, qu'il m'explique en quoi ces acquisitions-là, M. le Président,
servent notre relève agricole, servent à préserver notre patrimoine
agriculture.
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, bien, moi, je trouve toujours... La question est intéressante. Notre collègue
a soulevé une question qui est d'actualité au Québec, la valeur, l'appréciation
des valeurs des terres.
Deux éléments. Donc, tout
le monde reconnaît qu'avec les faibles taux d'intérêt, nécessairement, il y a
eu un déplacement, une opportunité d'acheter
des terres plus massivement. Et on voit, parce que quand même
la commission... Comment qu'elle s'appelle, la...
M. Lessard :
La CAPERN? La Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation,
donc, la commission ici a étudié le
phénomène d'accroissement puis d'accaparement des terres, et nécessairement,
dans le rapport, ce qu'on voit aussi...
Puis il y a un modèle, là, qui n'est pas un modèle, qui a été étudié,
c'est-à-dire Pangea, à savoir, donc, qu'en
était-il sur la valeur des terres. J'ai lu ce que le président de l'UPA a dit
aussi. Évidemment, au Québec, on voit bien qu'avec les taux d'intérêt qui sont à terre le monde se sont garrochés à
acheter plus de terres, en disant : Mon argent est à la banque, il ne rapporte pas grand-chose... ou
l'argent ne coûte pas cher, à 2 %, puis 3 %, puis 4 %.
Donc, on dit : On est capables d'acheter des lopins de terre.
Quand
c'est un agriculteur qui achète des terres pour agrandir sa terre, je suis rien
que content pour le producteur de terre.
Je ne les connais pas tous personnellement, mais j'ai vu Mario Côté, qui est un
grand producteur de porc, qui était un
des plus grands producteurs de porc au Québec indépendant jusqu'à voilà pas si
longtemps, mais il produit massivement du
porc au Québec, à une échelle assez familiale, mais il en a acheté beaucoup
depuis les années 80. Comme les autres producteurs puis les autres transformateurs, la plupart des
transformateurs sont... F. Ménard est un grand détenteur aussi de
propriétés, pour lesquelles il a des exploitants. Ça fait qu'il y a des modèles
agricoles.
Donc, on voit bien aussi
que ça met de la pression sur les remboursements de taxes. Ça, c'est le pendant
d'augmentation des terres. Donc, on a vu,
cette année, puis autant pour l'an passé, cette année puis l'année
prochaine, il y a quand même une
augmentation de la valeur des terres qui met de la pression sur le programme de
remboursement des taxes, qui était plafonné à 5 %, donc, et on a vu
des écarts... cette année, ça a dépassé jusqu'à 9 %, 10 %. Ça fait
que le gouvernement a dû poser un geste,
puisqu'on avait une table de travail là-dessus. Mais je reviens... on reviendra
tantôt sur le programme de taxes. Donc, on a
quand même 20 millions de dollars pour l'année en cours et l'année
suivante, donc, le temps que le comité trouve des solutions permanentes.
On a dit la
chose suivante : On veut vivre, donc... on veut vivre dans une société de
propriétaires. Et, au Québec, en
général, plus de 80 % des terres sont possédées par des entreprises, donc,
en pleine propriété. Puis le reste, bien, oui, évidemment, il y a de la location pour ceux qui ne veulent pas les
vendre, mais tout le monde doit l'exploiter et respecter le zonage
agricole.
Ça pose la
question suivante sur les terres ici, à Québec. Vous avez posé la question. Les
terres à Québec, il n'y a pas de demande de modification de la Loi de la
protection du territoire, à Québec, sur les terres de la Charité. Et je comprendrais mal, alors qu'on vient de lancer les
termes sur l'agriculture urbaine, dans laquelle Trois-Rivières, le
secteur de Trois-Rivières a reçu le mandat de dresser l'agriculture urbaine...
la ville de Québec lance le plus grand chantier à ExpoCité, à ExpoCité, sur l'agriculture urbaine, en relation des
territoires de Charlevoix, de Portneuf, de l'île d'Orléans pour leurs
nouveaux territoires... donc, je comprendrais mal que ces terres-là ne servent
pas à l'agriculture...
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre...
M. Lessard : ...dans
le cadre d'un plan sur l'agriculture urbaine.
Le Président (M. Hardy) : Je
m'excuse, M. le ministre. M. le député de Berthier aurait une autre question à
vous poser.
M. Villeneuve : Merci,
M. le Président. C'est un peu la même
question. Ma question est très simple, et peut-être que la CAQ aura l'occasion
de se prononcer aussi là-dessus : Est-ce que le ministre, pour protéger les terres
des Soeurs de la Charité, qu'ils
demeurent dans le giron de l'agriculture,
est prêt à utiliser l'article 96 de la loi pour justement s'assurer
que ces terres-là restent dans
l'agriculture? Il est le gardien de l'agriculture, il est le gardien des terres
agricoles, il est le ministre de l'Agriculture, M. le Président.
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. le député de Berthier. M. le ministre.
M. Lessard :
Merci. Donc, dans le même sens, les terres, bon, actuellement, il y a un zonage
agricole, il n'y a pas demande de
modification de zonage ni de changement ni au plan métropolitain d'aménagement,
qui comprenait un plan de
développement de la zone agricole. Donc, actuellement, ces terres-là sont
toujours zonées, et je ne comprendrais pas qu'il y aurait une demande à l'effet contraire, alors que, pas plus tard
que la semaine passée, j'ai rencontré le maire de Québec qui lance le plus grand chantier d'une
exposition agricole et agroalimentaire permanente dans laquelle il y
aura non seulement de l'éducation, il y aura
des laboratoires, il y aura donc une panoplie... Je ne veux pas dévoiler son
plan, mais c'est en construction. Alors, une agriculture de proximité donne
tout son sens à ce qu'il est en train de faire.
Le Président (M. Hardy) : Une
autre question, M. le député de Berthier?
M. Villeneuve :
Oui, M. le Président. La même question mais plus précise encore. On s'approche,
on s'approche. Advenant qu'il y ait
une demande... Parce que, là, il y a un projet déjà de déposé,
6 500 habitations pour une miniville de 20 000 personnes. Advenant qu'il y ait
une demande qui soit déposée à la commission, est-ce que le ministre est prêt
à dire aujourd'hui qu'il s'engage, comme
gouvernement, à se saisir de la demande et de la refuser? La loi le lui
permet. Est-ce qu'il va le faire?
M. Lessard :
En fait, vous voyez, il pose la question puis auquel je n'ai pas toute la
réponse, parce qu'il adresse la question
au gouvernement. Un, il n'y a pas de demande. Deuxièmement, il dit : Si,
dans l'éventualité qu'il y aurait une demande... Ça veut dire qu'il faut
qu'elle soit étudiée par la Commission de protection du territoire agricole,
donc, la commission doit l'étudier. Si la
commission l'étudie, elle va faire une recommandation que je ne peux pas
présupposer la réponse, parce qu'elle a,
selon les critères de certaines lois, l'obligation de tenir compte des
gouvernements de proximité, etc., suite aux modifications. Ils ont des
orientations. Et, à la fin, si la commission donnait ou pas sa décision
favorable... si elle était favorable, là je n'ai plus rien à dire. Si elle
n'était pas favorable, à ce moment-là...
Président (M. Hardy) : M. le ministre, on va essayer d'avoir des
réponses courtes. Des questions courtes, des réponses courtes.
M. Lessard : O.K. J'essaie de donner l'information à ceux qui nous
écoutent aussi, parce qu'il n'y a pas une réponse, c'est oui ou bien
non, parce qu'en plus ça fait appel au gouvernement.
Le Président (M. Hardy) : O.K. M.
le député.
M. Villeneuve :
Non. M. le Président, on chronomètre le temps de parole et de réponse. M. le
ministre, vous connaissez comment ça fonctionne.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Berthier.
M. Villeneuve : Bien, regardez, je vais être encore plus clair.
L'article 96
de la loi, là, il dit ceci : «Le gouvernement
peut, par avis écrit à la commission,
soustraire une affaire à sa compétence.» Alors, on n'a pas besoin d'attendre
que la commission rende une décision. Dès qu'il y a une demande qui est
faite, est-ce que le ministre est prêt à s'engager aujourd'hui, à engager son gouvernement, sa formation politique à utiliser l'article 96 et, si
jamais il y a une demande qui est faite pour les terres
des Soeurs de la Charité, donc, de se saisir de la demande, et d'admettre un
peu de courage politique dans ce gouvernement-là, et de dire : Nous, on va les garder dans
le giron de l'agriculture? Est-ce qu'il est prêt, oui ou non, à le
faire?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard : Bien, M.
le Président, bon, premièrement, je ne suis pas le gouvernement. Quand on fait référence au gouvernement, c'est donc le Conseil des
ministres. Deuxièmement, pour le soustraire de sa compétence, il faut qu'il ait été
soumis à sa compétence. Alors donc, n'ayant pas été soumis à sa compétence, le gouvernement
ne peut pas décider d'avance de ne pas le
soumettre à sa compétence puisque la loi reconnaît qu'elle doit être soumise à
sa compétence pour le soustraire de
sa compétence. Alors, ça, c'est une question de compétence. Alors, à ce moment-là, je dois me soumettre à la loi, là. C'est ça que je veux dire.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Berthier.
M. Lessard : Mais
il n'y a pas d'orientation de vouloir faire ça.
M. Villeneuve : Alors, merci, M. le Président. Moi, je comprends que le ministre ne veut pas
prendre d'engagement parce que ça demande du courage politique
pour le faire. Peut-être réfléchira-t-il et peut-être aura-t-il à répondre
à cette question-là par... M. le Président...
M. Lessard : ...c'est rien que, quand ça relève du gouvernement... Je ne suis pas le gouvernement, d'accord? Donc, je
veux rien que clarifier ces rôles-là, puis ça va être... ça va faciliter nos
échanges, pour ceux qui connaissent la loi, là.
Le Président (M. Hardy) :
Merci. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : M. le
Président, responsabilité ministérielle. Il n'est pas le gouvernement, parce
que le gouvernement, c'est plusieurs ministres, c'est un Conseil des ministres, mais il
est représentant du gouvernement et il a une responsabilité ministérielle.
M. le Président, toujours dans le secteur des terres, le ministre
a dû en entendre parler un petit peu, même s'il ne siège pas sur la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, le
8 février 2018, j'ai déposé une demande à la commission, dans le
fond, afin de statuer sur l'opportunité de demander ou d'exiger au ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation de transmettre le rapport
relatif au suivi des transactions foncières agricoles dans un format de données
ouvertes. Ce qu'on a reçu comme document à la commission, M. le Président, c'est un PDF. On ne peut pas
l'interroger, statistiquement parlant. On peut-u avoir le document qui origine
du PDF, qu'on puisse enfin, les membres de la commission, dont font
partie
plusieurs collègues ici... qu'on puisse enfin pouvoir
interroger les données, et qu'on puisse avoir aussi sur le site Internet un
document et aussi une interactivité, et à jour?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Bien, j'ai eu l'occasion de répondre à la commission et de soumettre tous les
documents qu'il m'était autorisé de
donner en vertu de la
loi sur l'accès à l'information. Je ne peux pas donner
d'informations nominatives. La loi m'interdit de le faire. Donc, je ne
vais pas contraindre la loi. Comment donner accès? Je tiens aussi à mentionner
que n'importe qui... Si je veux avoir une
information sur la ferme de n'importe qui, aujourd'hui, j'ai rien qu'à demander
le numéro de lot à la municipalité, aller au
registre des droits fonciers et de connaître l'information. Ce que la
commission a tenté de faire, puis c'est
correct, c'est de dire : Êtes-vous capable, parce que vous avez les
données des transactions, de donner
le maximum d'informations sur l'ensemble des transactions? Il y a une multitude
de transactions annuelles faites par des
agriculteurs pour juste acheter des terres, échanger des terres, donner une
opportunité d'agrandir, peu importe. Alors donc, on l'a fait, on a donné le maximum d'information. Et, à partir de
là, malheureusement, il y a comme une contrainte, liée par la loi, je ne
peux pas me soustraire à la loi.
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Le ministre a remis de l'information. Ça, là-dessus, tout le monde s'entend. Ce
qu'on veut, là, enlevez-les, les
éléments qui ne sont pas dans le premier document que vous ne voulez pas qu'on
voie, mais donnez-nous un document qu'on puisse
interroger. Et puis ce n'est pas pour nous, ce n'est pas pour moi, André
Villeneuve, M. le Président, c'est pour le
monde agricole puis c'est pour la société en général. On a un document qu'on ne
peut pas interroger. Ça va prendre
des années pour réussir à faire du recoupement pour trouver des statistiques
qui ont de l'allure avec le PDF qu'il
nous a remis. On veut juste le document original. Enlevez ce que vous ne voulez
pas nous donner, mais mettez les mêmes
données dans le document original puis donnez-nous-le, on va pouvoir, tout le
monde ensemble ici... Les membres de la commission en seraient très
heureux, je suis convaincu, ils font
partie de l'équipe gouvernementale.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Dans les limites qui nous sont données par la loi, on donne le maximum
d'informations. Puis, quand on veut
aller plus loin... Parce qu'on ne peut pas jouer dedans, tu sais, honnêtement,
je ne peux pas donner l'information puis
permettre, par le croisement de l'information, d'accéder à la même information
que je ne peux diffuser. Alors donc, bien honnêtement, j'essaie de
toujours répondre.
Plus
précisément, le registre des droits réels et personnels immobiliers donne accès
à quiconque d'aller voir non seulement
les données nominatives dans une démarche plus personnalisée... Ce que la
commission veut savoir, ce n'est pas si
Albert, Paul, Louise ou Alphonse a acheté une terre. On voulait savoir l'effet
global, le nombre de transactions, la valeur des transactions, le nombre d'hectares négociés. Lorsque ça apparaît, si
on donne un numéro de lot, il faut aller un peu plus loin pour voir combien d'hectares ça peut
représenter, il faut remonter au lot original pour le connaître, ça comprend
donc une information additionnelle.
Après la réforme
foncière au Québec, donc, tous les numéros ont des... c'est 1 500 000
quelques, c'est tous des millions,
là, alors, le numéro de lot, mais, pour connaître le nombre de superficie puis
d'hectares, il faut faire une recherche additionnelle. Grosso modo, le tableau qui a été fourni donne
l'information, qui dit : En général, il n'y a pas énormément
d'entreprises qui achètent beaucoup de terres. Mais, quand ils le font, on
connaît maintenant les gens qui le font.
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier, pour
3 min 40 s.
M. Villeneuve :
Oui, M. le Président, est-ce qu'on peut au moins avoir le nombre, le
pourcentage de terres achetées par
des non agricoles? On peut-u avoir ça? On ne vous demande pas de nom, on veut
avoir le pourcentage de terres en valeur
et en hectares, ou en arpents, ou ça sera comme vous voulez, en pieds carrés,
M. le Président, puis en dollars aussi, évidemment, puis dollars
canadiens. On peut-u au moins avoir ces informations-là?
M. Lessard : Tout
à fait.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Villeneuve : Pourquoi
on ne l'a pas?
M. Lessard :
Non, mais on pourra le fournir. Oui, on s'engage à le fournir. C'est à ça que
servent nos travaux d'aujourd'hui, on peut donner des informations
additionnelles.
M. Villeneuve :
O.K. Et, quand vous me dites... M. le Président, là, lorsque le ministre me dit
qu'il ne veut pas donner
d'information puis il nous remet un PDF, il n'a rien qu'à prendre les mêmes informations
du PDF et le mettre en...
Président (M. Hardy) : Mais, M. le député de Berthier, j'ai
compris que M. le ministre déposerait le document.
M. Villeneuve : Oui, je
sais, mais ça, c'est une
partie des...
Le Président (M. Hardy) : Vous
n'avez seulement qu'à l'envoyer au secrétariat de la commission.
M. Villeneuve : Oui,
exact.
M. Lessard : ...sans qu'il y ait une étude des crédits. À tous les jours, il peut demander une demande d'information, à
laquelle on peut répondre.
Deuxièmement, moi, je ne peux pas jouer dedans, là, je ne perdrai pas mon nom pour
avoir traficoté des listes pour lesquelles
j'aurais donné... Puis ce n'est probablement pas ça qu'il me demande, mais on va lui donner l'information. Donc, au Québec, dans le Canada, on est, au Québec, dans le Canada,
là où les propriétaires de terres agricoles sont les plus nombreux, plus de 80 %. Puis, le 20 %,
savez-vous quoi? Bien, on les loue... ou elles ne sont pas à louer, mais on les
loue à des exploitants agricoles puisque la
finalité, c'est la Loi de la protection du territoire agricole qui l'a
déterminée. Ils peuvent faire des activités...
Le Président (M. Hardy) :
Merci. Merci. Dernière question, M. le député de Berthier.
2 min 10 s.
M. Villeneuve :
M. le Président, le ministre s'est engagé à mettre sous examen le modèle
Pangea. C'est La Financière agricole qui s'en occupe, je pense. En décembre, il
a dit : On a reçu de quoi, on n'est pas contents, on a redemandé à vérifier tout ça, là, mais là on
peut-u... pensez-vous qu'avant le 1er octobre on va obtenir une analyse,
un rapport de quelqu'un, quelque part? Parce que, là, là, c'est long, c'est
long, ça ne finit plus de finir, M. le Président.
M. Lessard : Oui, bien, c'est long et c'est complexe... Je
peux-tu répondre? Peut-être que vous n'avez pas terminé, excusez.
M. Lessard : O.K. Oui, donc, dans le bloc de ce soir, je vais
mettre en ligne l'analyse qui a été faite par le ministère sur les différentes facettes, là, donc de la forme
d'exploitation de Pangea, qui a une forme particulière mais qui est
permise par le Code civil, puis on pourra commenter, si vous voulez, plus
amplement, là, le volet de Pangea.
Le Président
(M. Hardy) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
On peut le reporter à mon autre bloc. Merci.
Président (M. Hardy) :
Vous voulez le reporter? Merci
beaucoup. Maintenant,
je suis prêt à entendre un
député du côté gouvernemental, M. le député de Beauce-Sud, pour une période de
17 minutes.
M. Busque : On vous remercie, M. le
Président. Alors, étant donné que c'est ma première fois que je parle à cette étude des
crédits, je vais en profiter pour saluer le ministre ainsi que les gens qui
l'accompagnent, mes collègues de l'opposition officielle ainsi que mes collègues
de la deuxième opposition, bien entendu, mes collègues de la
partie
gouvernementale.
le Président, j'aimerais vous entretenir, dans les prochaines minutes, d'un
sujet qui me tient à coeur, d'un sujet qui
fait vibrer des cordes en moi parce que j'y ai passé quand même une vingtaine
d'années de ma vie, dans ce secteur-là. Et je parle ici de la promotion
des produits du Québec.
Alors, M. le
Président, les entreprises bioalimentaires québécoises doivent composer avec un
environnement extrêmement compétitif,
extrêmement concurrentiel. Il y a un moyen de percer dans un domaine très
compétitif et très concurrentiel,
c'est de se différencier, se différencier de la compétition étrangère, de la
compétition locale aussi, également, auprès d'acheteurs locaux ou
d'acheteurs étrangers.
ministère de l'Agriculture, il y a des enveloppes qui sont prévues pour faire
la promotion, bien entendu, de nos
produits québécois. Comme je vous l'ai mentionné en entrée, M. le Président,
j'ai oeuvré dans le secteur, non pas bioalimentaire,
mais dans le secteur alimentaire de détail, pendant une vingtaine d'années de
ma vie à
titre de propriétaire de supermarché.
Et, comme je vous disais, je pense que, pour tout le monde ici, c'est connu que
c'est un domaine qui est extrêmement concurrentiel et extrêmement
compétitif.
y a toutes sortes de façons de se démarquer. On le voit au niveau de la mise en
marché, entre autres, il y a ce qu'on
appelle des circulaires, qui vont faire la démonstration de la mise en marché
particulière d'une compagnie, d'un groupe versus un autre groupe. Il y a
aussi, après que la circulaire ait fait son bout de chemin, parce que le rôle
d'une circulaire, c'est d'amener les gens en
supermarché... il y a toute la façon dont on fait cette mise en marché, là, en
magasin pour représenter la promotion de la
semaine, la circulaire qui est distribuée dans les foyers et aussi rencontrer
des enjeux de profitabilité, bien
entendu. Et, au-delà de ça, il y a les produits eux-mêmes. Alors, les produits
eux-mêmes vont également, de par des
promotions qui leur sont désignées à eux, contribuer à faire en sorte d'avoir
le succès en lien avec les promotions et les argents qui sont distribués
en fonction de produits de secteurs bien définis.
peux aussi vous confirmer que les habitudes de consommation, lorsque moi,
j'étais dans le secteur alimentaire, il y a de ça quelques années, on
parle ici des années 80 jusqu'aux années 2000, les habitudes de
consommation étaient différentes d'aujourd'hui, les choses évoluent dans ce secteur-là également comme dans d'autres
secteurs. Simplement une chose qui va
bien identifier cette évolution, dans les années 80, exemple, jusqu'à peut-être
1990, 1995, il y avait très peu de mets préparés dans les supermarchés. Aujourd'hui, il y a énormément
de mets préparés, que ce soit congelé, que
ce soit frais. Alors, la vie d'aujourd'hui fait en sorte que les consommateurs vont rechercher instinctivement,
oui, mais par souci, ou par manque de
temps, ou pour faire d'autres activités... Il y a moins de temps qui sont
dédiés à la cuisine elle-même,
et donc il y a toute une panacée, là,
de produits, là, qui seront développés pour combler des besoins des
consommateurs. Alors, ça, on parle des habitudes de consommation.
Alors, conséquemment
à ces habitudes qui changent, bien, je vous dirais que les produits locaux, les
produits maison, les produits d'ici vont suivre cette évolution-là aussi.
Alors, si je me réfère toujours à ces années-là, aux années 80, 90, vous savez, il
y a toujours eu une promotion, il y a toujours
eu des moments dans l'année où est-ce
qu'on visait la promotion de produits du Québec.
C'était plus limité qu'aujourd'hui, cependant. Alors, moi, je me rappelle très bien qu'il y avait des moments-phares dans les saisons, et là, bien, je vais penser immédiatement au sirop d'érable, pendant le printemps.
C'est sûr que, nous, en Beauce, on sait qu'on a le meilleur sirop d'érable au Québec,
c'est reconnu, ça, par tout le monde. Alors, on en faisait la promotion,
M. le Président.
On sait aussi — j'ai
mon collègue à côté de moi — que
le homard des Îles, le homard des Îles, produit québécois, est reconnu. Il y a le homard de la Gaspésie aussi qui est
bien reconnu, la crevette de Matane. Bon. Alors, ça, c'est des produits
qui même dans ces années-là étaient connus, et aujourd'hui encore ils sont
connus.
D'autres produits qui donnaient lieu à des
festivals, qu'on retrouvait dans les fameuses circulaires dont je vous ai parlé tantôt : lorsqu'arrivait la fin
juin, on avait toujours le festival des fraises, le festival des fraises de
l'île d'Orléans. Aujourd'hui,
il y a des fraises... C'est sûr qu'il y a toujours eu des fraises partout, mais...
Alors, il y avait un moment pour les fraises.
Il y en a encore aujourd'hui, mais aujourd'hui, les fraises, il y en a dans
différents secteurs, on en retrouve dans différents secteurs du Québec. Bien entendu, les petits fruits, les
bleuets, les pommes, etc., il y a toujours bien du plaisir, et les gens
adorent consommer ce genre de produits parce qu'ils les associent beaucoup et
surtout à des produits locaux, à des produits québécois et d'une grande
qualité, d'une grande fraîcheur. Ça fait aussi
partie de nos habitudes de vie.
Si on va plus
loin dans les produits locaux ou québécois, on parle de fruits, j'ai parlé de
fruits, il y a les légumes, bien
entendu, qu'on va retrouver dans les marchés, que tout le monde aime aller... À
partir du moment où est-ce que les marchés
ouvrent le printemps, et ce, jusqu'à l'automne, on adore circuler dans les
marchés, entre autres, pour les fruits.
Il ne faut
pas oublier les fromages. Les fromages, on est reconnus, au Québec, pour nos
fromages. Alors, ce sont tous là des produits qui nous identifient.
Vous allez me
permettre, M. le Président, de parler d'une compagnie de chez nous, une
compagnie d'un village qui s'appelle
Saint-Honoré-de-Shenley, qui relate un peu l'histoire de l'évolution des
produits, là, locaux. Alors, j'ai pris cet exemple-là parce que ça reflète bien ce dont je viens de parler et cette
évolution. Alors, cette compagnie s'appelle Porcella. Alors, Porcella est une entreprise locale, comme
je vous disais, de Saint-Honoré-de-Shenley. Ça, c'est dans le comté de Beauce-Sud. Ces gens-là possèdent des terres en
Beauce, des terres agricoles. Ces gens-là possèdent une meunerie, une porcherie, des équipements de transport, et, tout
récemment, ils ont acquéri une usine de transformation pour justement
faire de la mise en marché de leurs produits.
Alors, ça a commencé en 1982 et, après ça, ils ont intégré leurs fils, là, à la
compagnie en 2006 et, en 2016, ils ont fait
l'acquisition d'une usine de transformation. Alors, vous voyez ici les
étapes, là, où est-ce que tu as les
fondateurs de la compagnie qui, en 1982, achètent des terres, achètent une
maternité et font l'élevage de porcs,
et, au fil des années, voient la
tendance aussi que prend les produits locaux, voient la tendance et se
disent : Bien, nous aussi, on
pourrait produire, aller plus loin puis transformer la viande de porc qu'on
produit. Alors, c'est un peu dans cette optique-là que je voulais parler
de cette compagnie-là. Et, vous savez, cette compagnie-là va, avec son usine de
transformation, toucher différents types de produits, une belle gamme de produits. On
parle ici, bien entendu, de viandes fumées, bacon, jambon fumé, ils vont faire des charcuteries, ils vont y
aller avec des viandes marinées aussi, des côtes levées, des longes de porc, des côtelettes de porc, ils y vont avec des
terrines, des rillettes, des cretons, pâtés de campagne, des mets cuisinés, parce que je l'ai dit, que
c'était à la vogue au cours des dernières années. Alors, cette compagnie-là
démontre bien l'évolution qui a eu lieu, au
cours des dernières années, lorsqu'on parle de produits locaux, de produits régionaux, lorsqu'on parle de l'appétit
sans cesse grandissant de ces produits par les Québécois. Alors, de plus en plus, on en entend parler, et on
va de l'avant avec ça, et on en veut toujours plus.
Je reviens à
ce que je disais en entrée, lorsque je parlais, là, de promotion de produits, faire
la... avec une circulaire, la mise en marché, la mise en valeur de produits, et
tout ça. Vous savez, au ministère de l'Agriculture, on a également un
outil de promotion pour les produits du Québec. Cet outil de promotion
s'appelle le Conseil de la promotion de l'agroalimentaire
du Québec. Alors, essentiellement, le conseil va, de par ses actions, faire en
sorte d'assurer, justement, la promotion
de nos produits québécois, d'assurer de maximiser cette promotion-là, d'assurer
de maximiser la compétitivité mais
surtout aussi de faire en sorte que nos produits québécois se démarqueront des
produits de marques nationales ou des produits
autres qui peuvent venir de l'extérieur. Je pense aux fromages qui viennent de
l'extérieur, je pense... Il y a plein d'autres
produits, là, qui peuvent venir de l'extérieur avec lesquels les produits
québécois sont en compétition, ce qui rend ce secteur ou ce marché-là très compétitif. Alors, il y a toutes sortes
de façons de faire aussi la promotion de produits. Vous savez, en tant que consommateurs, on est un
peu bombardés de toutes sortes de façons de faire la promotion, si je ne
pense qu'à, exemple, le sans sucre, le
produit sans sucre, des produits sans gluten, des produits bios, des produits
faibles en sel, du poulet nourri au grain,
O.K., des oeufs de poules en liberté. La façon de faire de la promotion a un
sens très large, et l'objectif est
toujours le même, celui de se démarquer de la compétition, celui de s'élever au
rang de... qui va faire en sorte que les consommateurs québécois en
feront leur premier choix.
Alors, moi,
ce que j'aimerais poser comme question à mon ministre de l'Agriculture,
j'aimerais savoir de la part de mon
ministre, considérant cette évolution et considérant ce momentum qu'on
voit — je pense
que tout le monde en est bien
conscient — au
niveau de la... cet appétit grandissant pour des produits québécois, j'aimerais
savoir, moi, quel est le plan, quel
est le plan du ministre, quel est le plan du ministère pour, justement,
répondre à cette demande et faire en sorte d'aller plus loin dans la
promotion, dans la vente des produits locaux au Québec, des produits «made in
Québec».
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. le député de Beauce-Sud. M. le ministre.
M. Lessard : Il
me reste combien de temps, s'il vous plaît?
Le Président (M. Hardy) :
5 min 30 s.
M. Lessard :
5 min 30 s. Parfait. Donc, on voit que c'est quelqu'un qui a eu
une épicerie, là, c'est quelqu'un qui connaît bien l'alimentation, dans
ses départements des fruits et légumes, des viandes, donc la mise en marché,
mais certainement la préoccupation des Québécois,
qui sont des consommateurs. À tous les jours, on mange, trois fois par
jour, sept jours par semaine, 365 jours par année, ainsi que toute la
visite qui va venir nous voir, donc toujours avec la même qualité.
Nécessairement,
au coeur de la politique Alimenter notre monde, c'est nécessairement nourrir le
consommateur qui est exposé, donc, à se
nourrir, à nourrir sa famille, soit qu'il le produit soit qu'il l'achète déjà
tout fait. Nécessairement, son premier
contact va être à l'épicerie, donc, à tous les jours, un marché de proximité,
un marché public l'été, quand tu es dans le domaine du frais. Alors
donc, on a répondu à cette demande-là en faisant de la sensibilisation. Donc,
il y aurait des sommes
attribuées pour l'éducation alimentaire, l'identification de produits, la
promotion de produits, les appellations, les termes valorisants.
On en parlera tantôt, le marché institutionnel.
En fait, il y a, oui, l'épicerie, après ça le restaurant, mais aussi, évidemment, au gouvernement de faire preuve aussi
d'exemplarité dans ses institutions, les centres de petite enfance, soit
à l'hôpital, dans les milieux d'éducation,
comment on peut augmenter... Donc, on a des cibles, là, d'augmenter, donc, je dirais, dans les objectifs qu'on avait, donc, dans les cibles de base,
c'est donc d'augmenter, d'ajouter de 10 milliards
de dollars le contenu québécois dans les produits bioalimentaires. Donc, c'est
un effort considérable.
Et là on va mettre en place... Parce qu'il y a eu quand
même plusieurs initiatives de la
région du Québec. Puis là, quand on se regarde tous à la table, donc, dans la campagne de promotion
de... j'entendais mon collègue de Beauce-Sud,
de faire arriver ça avec les arrivages, la différenciation des produits en
tenant compte des territoires. Si on est dans l'Outaouais, mon collègue de
Chapleau, bien, il va boire du lait de l'Outaouais, hein, la laiterie
outaouaise, donc une coopérative, il va
faire l'exercice d'avoir un lait plus spécialisé, un lait de production locale
dans lequel ils ont répondu... Puis probablement qu'il se décline de ça
de la crème et autres sous-produits.
Si on est aux
Îles-de-la-Madeleine, bien, nécessairement la campagne de promotion arrivera
avec le homard. Dans ce temps ici, c'est
le crabe qu'on voit à la télévision. Donc, on voit qu'avec Aliments du Québec ,
la marque de commerce du conseil de promotion, donc il y a une
stratégie. Si on regarde la télévision actuellement, il y a de crabe du Québec.
Bientôt, après ça, il y aura la crevette du
Québec. Là, les pêcheurs vont commencer à y aller. J'en ai mangé hier, de
la crevette de Matane, à Québec, et donc
parce que... et le restaurant en faisait la promotion, hein? On a, dans la
gamme de produits, donc... et ainsi
de suite, sur les saisons ou sur les arrivages, avec les chambres de
coordination, sur la fraise du Québec
ou Les Fraîches du Québec. Et ça nous rappelle qu'on a, aujourd'hui même,
publié le règlement sur les fruits et légumes
du Québec en vrac, donc, pour être capable de les identifier quand je vais à
l'épicerie, pour voir est-ce que ce sont des pommes du Québec, est-ce que ce sont des légumes du Québec et est-ce
que le document ou... Quand je vais chercher mon pamphlet publicitaire, donc, ma campagne de publicité qui va avec
ça, ils doivent identifier aussi dans le document que ces produits-là
sont du Québec.
Donc, il faut
permettre aux consommateurs d'avoir des choix, d'être capables de les exercer
puis de faire en sorte que le
gouvernement, en respectant les accords de commerce, augmente le contenu de
produits québécois, puisse faire la promotion.
Ils peuvent faire des expériences même institutionnelles. Il y a eu une
trentaine, d'expériences, qui ont été faites
avec différentes organisations, que ce soit au Saguenay—Lac-Saint-Jean, des légumes de proximité pour
nourrir l'hôpital, que ce soit... Donc, dans les différentes régions du Québec,
il y a eu des expérimentations.
Avec ce groupe-là, il y a un chantier qui est
lancé, donc, qu'on appelle le chantier institutionnel, donc, pour augmenter la présence de produits, donc, dans les
différentes institutions. Et parfois nos produits se distinguent, que ce
soit les formages du Québec, mais aussi ça
peut être le maïs de Neuville. Donc, il y a des termes valorisants. S'il y a
des modes de production... On achète
biologique. Bien, c'est un mode de production. Et donc on a rajouté des sous au
conseil, donc, des appellations et des
termes valorisants, donc, en disant : Achetez du maïs, pas n'importe quel
maïs, le maïs de Neuville, le maïs
sucré de Neuville. Achetez ou buvez les cidres du Québec, le cidre de glace du
Québec. Alors donc, il y a différentes stratégies comme ça qui vont être
lancées pour atteindre les cibles qu'on s'est données et en mettant à
contribution, là, les organisations.
Alors, c'est un peu comme ça, donc, qu'on va
faire les campagnes de promotion selon les saisons, selon les arrivages, et puis avec les organisations, plus la
diffusion Web, je tiens à le dire, M. le Président. Ça a beaucoup
changé. Ça fait que, là, on est retourné à
ce que quand, moi, j'étais jeune, on appelait ça la commande. À cette heure, tu
te fais livrer ta boîte ou tu vas
ramasser ta boîte de commande. Donc, le marketing a changé aussi. Le temps de
vie des Québécois est occupé. Puis je vais aller chercher mon épicerie
quand je veux plutôt que quand... juste si c'est ouvert le matin ou l'après-midi.
Donc, je peux envoyer... La technologie est au service du consommateur, et
l'industrie doit y répondre.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Maintenant, le
temps du côté gouvernemental est écoulé. Je cède la parole au deuxième
groupe d'opposition pour 17 min 30 s. À vous la parole, Mme la
députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Merci, M. le Président. Je vais avoir des questions courtes, parce que j'ai
énormément de sujets à vous parler.
Donc, le premier sujet que je voudrais vous aborder... que je voudrais aborder
avec vous, c'est le soutien à la certification
biologique. Quand vous avez fait l'annonce de la politique bioalimentaire, vous
avez dit en grande pompe que vous
vouliez doubler la superficie du biologique, mais vous aviez oublié de dire
qu'il n'y en avait que 2 %. Donc, doubler
2 %, c'est 4 %. À mon avis, ce n'est pas très ambitieux. J'aurais
pensé qu'on aurait eu plus d'ambition au niveau du biologique. Et, quand
on regarde la politique, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de soutien pour la
certification biologique, puis il y a
plusieurs producteurs qui m'interpellent, un, entre autres, il y a à peine une
heure, qui me disait qu'il était rendu à
1 400 $, depuis un an, et il n'a pas encore sa certification. Donc,
qu'entendez-vous faire à court terme pour remédier à cela?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Donc, courte réponse courte. Ça a pris 30 ans pour obtenir
49 000 hectares. D'ici 2025, on va doubler, on va passer à 98 000 hectares. Ça prend
quand même trois ans, devenir biologique, c'est un mode de production.
Alors, quand on parlait que la filière
biologique, qui constitue tous les membres, bon, c'est un mode de production,
il y en a que c'est des érablières,
il y a en a que c'est de la production de veau, de la production de porc, ils
nous ont dit que la cible, là, elle
était correcte. Maintenant, on a un programme aussi pour soutenir, je l'avais
lancé l'an passé, et que j'ai bonifié cette année. Donc, il y a un soutien à la conversion biologique dans toutes
les sphères. Alors donc, peut-être juste parce que l'an passé j'avais lancé la
stratégie de renouvellement sur un certain nombre d'années puis cette année je
suis venu bonifier les montants pour m'assurer, là, qu'on soit au
rendez-vous.
Alors donc,
je vous enverrai peut-être le programme, l'état du programme, parce que j'avais
lancé l'an passé le renouvellement,
avant même qu'on fasse la politique, puis, cette année, on a rajouté des sous
dans la politique pour atteindre les objectifs. Je pense que j'en ferai
l'annonce dans les prochaines semaines, sur la stratégie.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Merci, M. le Président. Est-ce qu'il va y avoir des sommes qui vont être
allouées pour le soutien, pour que les producteurs agricoles puissent
avoir... pour avoir cette certification-là? Parce qu'il y a des coûts qui sont rattachés à ça, et il y a beaucoup de temps aussi
qui est rattaché à la certification. Alors, est-ce qu'il va y avoir
quelque chose qui va être fait en fonction de réduire le temps? Est-ce qu'il va
y avoir aussi des montants pour que ces gens-là puissent avoir de l'aide pour
arriver à une certification biologique plus rapidement?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Les coûts sont donnés pour le temps de la conversion parce que, pendant qu'il
produit, donc, il a peut-être moins de rendement. On dit, il y a un
programme, donc, dans le volet 1, Soutien à la conversion d'unités de production végétale, acéricole et apicole. L'aide
financière est versée à l'étape de la précertification et de la
certification, en fonction du montant établi par unité de production et selon
le type de production. Exemple, on va donner pour la précertification dans le domaine de l'horticulture maraîchère et
fruitière, donc, 2 500 $ l'hectare, et lorsqu'il obtient la certification, c'est encore 2 500 $
l'hectare. Les cultures en serre, c'est 0,50 $ le mètre carré, parce que
ça se calcule en mètres carrés, pour
chacune des étapes. Le pâturage est à 25 $ l'hectare. L'acériculture,
c'est plutôt en termes de cents l'entaille.
Et cette année, donc, le programme a répondu, il a donné des soutiens, donc,
aux différentes productions. Alors donc,
l'aide financière qui est versée dans le cadre de ce volet peut atteindre
20 000 $ par entreprise agricole, soit 10 000 $ pour
la précertification puis 10 000 $ pour l'étape de la certification.
Le Président (M. Hardy) : Mme
la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Merci, M. le Président. J'aimerais aussi vous entendre sur les taxes foncières.
Il y a eu, bon, avant vous, un
ministre qui voulait faire une réforme des taxes foncières, c'était même une
promesse de votre gouvernement. Et on
se retrouve à la fin du mandat, à la fin de la législature, et vous n'avez
toujours pas réglé le problème. C'est comme si vous le repoussiez. Vous nous parlez, puis vous nous avez parlé, tout à
l'heure, qu'il y avait un comité qui travaillait sur ce dossier-là. J'aimerais savoir depuis combien de
temps il travaille sur ce dossier-là et à quel moment allez-vous déposer
un rapport final sur comment on va faire
pour régler ce problème. Et dans ce... et aussi, le comité, qui siège
là-dessus? Est-ce que le milieu est assis à cette table-là, de
discussion, ou si c'est que des experts?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Trois volets, donc. Dans les engagements de réformer, la réforme par mon
collègue antérieurement avait été
faite, donc, étant passée, n'était plus un programme de remboursement mais un
crédit de taxe qui donnait à la fin de l'exercice, donc, plus de souplesse,
nécessairement, moins d'administration. Le constat, c'est qu'à la fin l'Union
des producteurs agricoles, ils n'en étaient
pas satisfaits, parce qu'ils indiquaient que ça ne donnait pas tous les
bénéfices qu'ils avaient espérés.
Puis, quand on regardait l'analyse, parce que M. Godbout, qui est un
expert, a analysé, a demandé de faire analyser,
là, la réforme qui avait été déposée pour savoir, hein, ce qui était fait,
parce qu'on était rendus très, très loin, là, le ministre des Finances
en était saisi, il y a même un programme qui a été mis en place, alors, ça
donnait beaucoup de réduction
d'administration, de plusieurs dollars, sauf que l'impact pour les producteurs était plus élevé qu'escompté,
parfois pas des grandes sommes, mais pour un
grand nombre. Ce qui veut dire qu'il
y avait pour quelques
millions de dollars... des impacts directement aux producteurs, même si c'était simplifié, moins
d'administration. Les gains étaient plus du côté gouvernemental, dans la lecture de Godbout, mais il disait : Grosso modo, le programme
de remboursement des taxes devrait être amélioré.
Pour ce
faire, en décembre dernier, à la demande de l'Union des producteurs agricoles, qui avait demandé l'arrêt de la
réforme, c'est ce qu'on a fait, on a... Et après ça le président de l'Union des
producteurs nous a réécrit pour demander de relancer le comité. C'est ce qu'on a fait. Depuis décembre, donc, ils
ont travaillé directement avec le ministère à partir des bases, donc. Le rapport Godbout disait : Vous n'avez pas travaillé sur
les mêmes bases, sur la même période, la même méthodologie. Ça fait que décembre a été pour fixer la méthodologie,
donc, et les bons paramètres pour évaluer la réforme. Janvier a permis, avec l'UPA directement et le ministère, donc le département de Mme Doddridge, qui
est la sous-ministre
responsable, et ses équipes de professionnels, de faire des simulations, ce que
j'ai demandé, de voir les impacts.
Dans les
différents scénarios — il y a une vingtaine de scénarios qui ont été
simulés entre l'Union des producteurs et,
donc, le gouvernement — on en a retenu entre quatre et six. Et, dans les six, à la fin,
même, l'UPA disait : J'ai deux ou trois
que je recommanderais, mais actuellement on n'a pas éprouvé la robustesse.
Donc, devant le manque de temps et devant
le fait que le cap d'inflation sur les terres avait passé de 5 %,
154 millions plus 5 %, que le gouvernement prenait, mais dépassé ça, donc, on est allés... on s'est
dit : Il nous reste du travail à faire. On a pris l'année en cours et
l'année qui s'en vient, donc, en
augmentation, puis on a envoyé 20 millions de dollars aux producteurs
agricoles, le temps que le comité travaille pour
finir la réforme appropriée, basé sur un programme de remboursement de taxes et
non pas sur un crédit d'impôt.
Le Président
(M. Hardy) : Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Est-ce que vous avez une date butoir qu'ils vont... au moment où ils vont
déposer ce rapport-là? Est-ce que vous leur avez demandé...
M. Lessard :
O.K. Donc, il y a deux étapes, c'est... avant d'aller voir le monde municipal,
parce que, nécessairement, s'il y a
des impacts du côté des producteurs, qui sont bien contents de trouver une
nouvelle solution sur la valeur des
terres à payer et leur contribution... Parce que le même constat qu'on a fait,
peut-être, avec le président de l'UPA, c'est
la chose suivante : je ne connais pas un budget municipal qui a monté de
6 % sans que le maire perde ses élections. Et actuellement le budget des remboursements de taxes
qui va dans les poches des agriculteurs — bien, on va se le dire, ils se
retournent puis ils l'envoient aux municipalités, là, c'est de l'argent direct
aux municipalités — a
non seulement passé les 5 %, puis on
voit la tendance, l'année passée, cette année puis l'année suivante, après on
voit qu'il y aura peut-être une
baisse sur les terres, mais, quand ça passe, tu es rendu à 9 % puis à
10 %, là, tu sais que c'est rien que le producteur agricole qui
pige dans ses poches. Et l'effort sur la collectivité, sur la redistribution de
cette valeur-là... Là, on voit qu'il y a du déplacement de la charge fiscale.
On va s'entendre sur les projets — je termine — on s'entend sur les méthodologies qu'on veut mettre de l'avant, on va
aller voir le monde municipal pour être capables de se comprendre dans
cet univers-là et voir les solutions finales.
Le Président
(M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Si je fais une lecture de ce que vous venez de me répondre, là, en gros, c'est
que ça peut prendre encore un autre quatre ans?
M. Lessard :
Bien, ça peut prendre l'année, puisqu'il faut parler au monde municipal aussi.
Alors donc... On a avancé beaucoup
sur les simulations, on est à quatre simulations qu'on a réservées, sur la
vingtaine qui avaient été faites. Là, maintenant,
il faut aller tester avec le monde municipal pour dire : Voici la
solution, qui a un impact chez vous. Maintenant, comment on doit gérer
Le Président
(M. Hardy) : Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Merci. M. le Président, je dois réagir sur les propos de mon collègue de
Beauce, qui parlait des produits régionaux, les produits transformés.
Vous
savez, moi, je suis dans le domaine, puis, depuis plusieurs années, il y a eu
beaucoup, beaucoup d'efforts qui ont
été faits, c'est vrai. Moi, j'en ai noté, là. Il y a eu des émissions de
télévision qui ont été subventionnées en
partie par le gouvernement, il y a eu la tournée des chefs,
les cuisines régionales, il y a eu des tables de concertation, qui sont
encore là, qui sont, à mon avis,
sous-utilisées, les tables de concertation agroalimentaire du Québec, partout
dans toutes les régions. Il y a eu le PDZA, qui était, au, début
obligatoire, ensuite fortement recommandé, puis là on n'en parle plus, mais on souhaite que les villes participent puis qu'elles
fassent le PDZA. On a à peu près... je ne sais pas si j'ai le bon, là, mais un peu plus que la moitié des
villes qui se sont dotées du PDZA. Pour le PDZA, c'est le plan de développement de la zone agricole.
J'écoutais
ça puis je me disais : Bien, il
y a encore deux grands sujets
oubliés, dans la politique bioalimentaire,
parce que, même si on a plein de bonne volonté puis qu'on veut
faire encore de la promotion pour les produits du Québec, si on ne parle
jamais d'étiquetage puis de réciprocité, on n'y arrivera jamais.
Moi,
le consommateur, s'il va à l'épicerie, je veux lui donner le choix. Je ne veux
pas être celle qui dit : Non, non, non, pas de produits d'ailleurs,
juste les produits du Québec, mais je veux lui donner le choix. Je veux que, sur
l'étiquette, ce soit marqué que... si c'est
du produit de l'extérieur puis qu'ils peuvent arroser avec des produits que,
chez nous, on ne peut plus. Il y a un
coût qui est rattaché à ça pour le producteur
agricole. Donc, la nuance entre le prix, c'est aussi de la façon dont ça
a été cultivé puis de quelle manière on l'a cultivé. Alors, si le consommateur
n'est pas capable de prendre un produit,
dans une épicerie, avec une étiquette qui va mentionner tout ça, avec la
réciprocité aussi des produits, bien, on va toujours être dans... vouloir, avoir de bonnes volontés, puis toujours
être dans le même sens, et toujours vouloir aider puis faire de la promotion, puis... Je pense que le
travail de promotion, il doit être fait, oui, mais avec de la réciprocité
puis avec de l'étiquetage convenables. On
n'en parle pas, dans votre politique, ou très peu, en tout cas, dans votre
politique bioalimentaire. Qu'est-ce que vous allez faire?
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, O.K. Donc, premièrement, dans... je pense qu'il n'y a pas de doute que les
efforts sont faits sur l'identification des produits du Québec, depuis
des années...
M. Lessard :
Oui, mais... O.K. Donc, moi, ce que je... Quand ils mangent Québec, ils mangent
avec la meilleure qualité, puis des
valeurs nutritives, puis des valeurs agroenvironnementales qui font la
promotion d'une utilisation restreinte des pesticides et autres. Et je
pense que personne ne remet en question la valeur des produits québécois.
contrepartie, je suis d'accord avec vous, donc, on demande de la réciprocité.
Quand on a des accords, l'ALENA, l'accord
avec l'Europe, en fait, dans la règle, c'est que c'est la norme nationale qui
prévaut. Si quelqu'un veut exporter un produit d'Europe vers le Québec,
vers le Canada parce que c'est la destination, c'est une compétence fédérale
sur les produits de l'importation, il doit
respecter la norme nationale, donc c'est-à-dire la nôtre, pas la leur. Alors
donc, ils doivent se mettre aux normes. Puis là il y a plein de mises
aux normes, etc.
Maintenant,
et c'est là qu'on se dit souvent... Puis j'ai sensibilisé le ministre fédéral
là-dessus parce qu'on est avec l'Agence
canadienne d'inspection des aliments, Santé Canada, le service d'inspection des
aliments du Québec, avec les différentes
mesures de contrôle. Alors donc, on dit : Ceux qui nous envoient des
produits, bien, il faudrait qu'ils respectent les mêmes normes. Puis parfois, bien, ils sont un peu «wise». Alors, on
dit à Santé Canada puis à l'agence d'inspection d'aliments canadiens : Allez vérifier ce qu'ils font. Vous avez
homologué, exemple, des abattoirs. Nous, ils sont inspectés
24 heures sur 24; au fédéral, sept jours par semaine. Puis là-bas vous
avez reconnu une équivalence. Est-ce que cette équivalence-là est la même, de même niveau? Ils utilisent tel type de
produit, là-bas, avant... ils le mettent dans le sol. Non, ils ne le
mettent pas sur le produit. Mais nous, on l'interdit. Alors, il faut demeurer
vigilants pour être sûrs que les Québécois,
quand ils choisissent un autre produit que le nôtre, qu'ils s'assurent qu'on a
l'équivalence et donc la réciprocité des normes.
Nous autres,
on ne rentre pas en Europe facilement de même. Il faut faire des cahiers de
charges, il faut changer la façon
dont il est étiqueté, il est identifié, etc. Puis là, après ça, on peut rentrer
sur le marché européen. On demande la même affaire. Donc, il y a des contraintes à rentrer. Mais parfois on est
très critiques pour penser qu'ailleurs, parfois, pas qu'ils trichent, mais que ça s'en rapproche. Alors donc,
sur la fraude puis sur le mauvais étiquetage, donc, il y a des
stratégies, autant du Canada que du Québec,
pour s'assurer que les Québécois en ont pour leur argent puis que ça représente
leurs valeurs.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Merci. On va
laisser la chance à Mme la députée de Mirabel pour
2 min 11 s
Mme D'Amours :
Oui. J'aimerais revenir sur l'étiquetage puis sur la réciprocité. Dites-moi ce
que vous avez fait de concret, parce
que de parler de solliciter le gouvernement fédéral, de lui demander de faire
son travail, mais, si on ne fait
rien, nous, ici, au Québec, puis qu'on n'arrive pas avec nos propres règles au
niveau de l'étiquetage, qui vont être sur les tablettes du Québec...
Qu'est-ce qu'on peut s'attendre, avec la politique bioalimentaire? Parce qu'on
aura beau en parler... Je me souviens que
votre collègue, le ministre avant vous, en a parlé puis... mais on en reparle
encore, vous et moi, ensemble, là. Est-ce qu'on va continuer à en parler
ou si à un moment donné on va agir?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
...on met des sommes considérables pour la promotion des produits du Québec.
Ça, vous le reconnaissez, tout le
monde reconnaît ça. On engage en plus de nouveaux inspecteurs qui font de
l'échantillonnage pour s'assurer de la détection des produits, donc,
selon une analyse de risques.
Pour vous
dire de quoi de concret, dans le budget, il y a de l'argent pour engager des
ressources additionnelles. Les ressources
qui sont déjà disponibles, incluant les inspecteurs de la ville de Montréal,
qui sont de notre service d'inspection, on en a à peu près plus de 300. Ce qu'ils font, c'est qu'ils font la recherche,
l'analyse, la détection, l'échantillonnage pour s'assurer que le produit qu'on mange, O.K., est de la même qualité,
qu'il soit importé ou que ce soient des produits du Québec. Ça, c'est
des actions très concrètes.
Alors donc,
on identifie mieux, on fait de la vérification des produits, on travaille avec
Santé Canada et l'agence d'inspection
des aliments. Le ministre fédéral a dû faire des inspections des abattoirs
d'importation des produits du canard puis
du veau, suite à une demande du Québec, et ils sont allés faire la vérification
sur place, qu'ils respectent. C'en est, un ensemble d'actions qu'on pose ensemble pour s'assurer qu'on a, donc, les
produits puis que la réciprocité est respectée.
Mais il faut
rester vigilants parce qu'en affaires il y en a qui sont très «wise», autant
avec la fraude alimentaire, qu'on a
réussi à détecter, à l'occasion, entre du veau puis du porc... Alors donc, même
si la présence n'était pas importante, elle
était frauduleuse. Si j'achète du porc, je veux que ce soit 100 % porc. Il
y en a qui ont des allergies. Il y en a qui ont des enjeux religieux, même, par rapport à ça. Alors
donc, pour l'authenticité du produit, donc, il y a une série d'actions
qui est posée au ministère pour garantir ça, et les budgets sont en
conséquence.
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. le ministre. Le temps est malheureusement écoulé. Je cède la parole,
maintenant, du côté gouvernemental, pour une période de
16 min 41 s, à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie :
Merci, M. le Président. D'abord, soyez salués. Je salue le ministre,
Mme Lizotte, la directrice de cabinet,
son équipe, bien sûr, les sous-ministres et les fonctionnaires, ainsi que les
députés de l'opposition, les députés du côté gouvernemental.
M. le Président,
je vais aborder un thème qui m'est beaucoup cher, c'est toute l'industrie de la
pêche, qui touche, évidemment, le
Québec maritime. Et, comme on est en avril puis bientôt en mai, c'est le grand
début de l'ouverture des pêches, que ce soit le pétoncle, qui est déjà
commencé, le crabe également, le homard, le poisson de fond, bientôt, les moules, les huîtres, donc une variété de poissons et de
crustacés extrêmement intéressants et dont les consommateurs québécois et du
monde entier raffolent.
Évidemment,
ce sont des activités importantes pour nos communautés. C'est des activités qui
sont également... qui font
partie de
la structure économique de plusieurs communautés maritimes. Et on parle de
retombées économiques tant au nombre
de capitaines propriétaires de bateaux, les aides-pêcheurs, les ouvriers
d'usine, les chefs d'entreprise, les cadres,
tout ça. Alors, c'est réellement, dans l'industrie des pêches, une importance
capitale pour le Québec maritime. Et on
a effectivement des produits de qualité, souvent pas nécessairement en grand
volume, mais de très grande qualité et appréciés, et donc plusieurs pays
souhaitent faire affaire avec le Québec.
Mais
j'aimerais souligner des événements qui vont avoir lieu très bientôt avec le
début de la pêche au homard. Et, vous
savez, la pêche au homard, ça relance un peu, je vous dirais, presque
officiellement les activités au niveau des pêches, même si les pétoncles
sont commencés, et le crabe, le homard, évidemment, a une importance assez
majeure dans l'ensemble de l'industrie.
Parce qu'il a une flottille, si on parle de la Gaspésie et des
Îles-de-la-Madeleine, une
flottille assez importante et même un petit peu au niveau de la Côte-Nord. Et on a, en fin de semaine, la Gaspésie
qui lance l'ouverture de la pêche au homard, samedi le 28 avril,
dont je pense que le ministre va être présent. Et aux Îles-de-la-Madeleine
c'est le 5 de mai.
Aux Îles-de-la-Madeleine, l'ouverture de la pêche au homard, ça déborde, ça déborde de l'activité économique. C'est une activité
sociale, communautaire, culturelle. D'ailleurs, on va célébrer... c'est plus de...
je pense, c'est la 141e édition de la
mise à l'eau des cages, telle qu'on l'appelle, aux Îles-de-la-Madeleine, donc un événement annuel qui a plus de 100 ans, comme je le mentionnais, qui est un symbole de la
reprise des activités économiques. Et c'est une fête qui débute la veille. La pêche au homard, aux Îles, va
débuter le 5 de mai. Le 4 de mai, déjà, il y a beaucoup
d'activités sur les quais, sur les ports. Les familles passent les
nuits... Il y a tout un protocole pour le lancement des bateaux,
qui partent du quai et qui se dirigent vers le large pour aller, comme
on dit si bien aux Îles, tendre leurs cages.
Et, bien sûr,
j'invite tout le monde à participer à ces événements aux Îles et en
Gaspésie. Mon collègue de Berthier semble
intéressé. Bien, je vous invite très officiellement. Je sais que mon collègue
de Rimouski sera présent également. Donc, c'est un événement en soi qui dépasse
le cadre purement économique ou de l'industrie. C'est un événement
social et communautaire, comme je le mentionnais.
Maintenant,
je disais que les pêches, c'est un secteur important pour le Québec
maritime. Mais le Québec
maritime, c'est quoi? C'est trois régions principales : la Côte-Nord, la
Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
Bien sûr, parler des pêches, on parle de la
capture, on parle de la transformation, on parle également de la commercialisation de nos produits. Et je vous mentionnerais
que, de façon générale, l'industrie de la pêche se
porte bien. Les captures sont
présentes, le stock est présent, en moyenne, la relève se dit présente à
remplacer les plus expérimentés, et la
demande des produits est assez forte, particulièrement dans nos produits-vedettes. Mon collègue de la
Beauce le mentionnait. Le homard, le crabe, la crevette, ce sont des
produits qui sont beaucoup aimés.
Par ailleurs, il y a aussi des enjeux, il y a des dossiers qui
évoluent, il y a des préoccupations dans le secteur des pêches. On parle de certains stocks qui peuvent
être en légère baisse. On peut mentionner, par exemple, la crevette,
qui, au cours des... l'année passée, cette année aussi, on considère que le
volume va diminuer, les quotas vont probablement diminuer également. Un autre enjeu, c'est les mesures de réduction ou de
contraintes imposées par le MPO et à partir des États-Unis aux pêcheurs versus la présence des baleines dans le golfe,
la mise en place d'un fonds Québec-Canada tel qu'il a été fait aussi par
rapport aux provinces maritimes.
On a un
élément extrêmement positif avec le sébaste, le sébaste qui est un poisson de
fond, une chair très fine, qui, dans les années 90, était beaucoup
apprécié. Et, lorsque vous demandiez un «fish'n'chips» dans vos restaurants
préférés, fort probablement qu'il était fait à partir des filets de sébaste qui
provenaient des Îles-de-la-Madeleine ou en Gaspésie.
On a également
des éléments intéressants comme le soutien éventuel, et par le passé également,
aux entreprises maricoles et aquacoles. Le développement de l'industrie
du phoque aussi, l'industrie du phoque qui est extrêmement importante
aux Îles-de-la-Madeleine. Et là aussi c'est traditionnel, la chasse au phoque aux Îles-de-la-Madeleine. Et,
ce qu'il y a d'intéressant, c'est fait dans
une approche écologique de la protection du cheptel, l'utilisation de
l'entièreté de la bête, la fourrure,
la viande, les huiles. Et on a certaines difficultés, au cours des derniers
hivers, avec l'approvisionnement, avec la capture. La couverture de
glace est souvent difficile, très mince, et ce n'est pas facile d'en faire la
chasse.
On sait qu'il
y a des enjeux, il y a du potentiel, et je pense que... je sais très bien que
M. le ministre est très proactif, son
ministère également, par rapport à l'ensemble de l'industrie. Alors, M. le
Président, j'aimerais ça que le ministre nous fasse un bon état de
situation par rapport à l'industrie des pêches, tant en Gaspésie, aux
Îles-de-la-Madeleine que sur la Côte-Nord.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Avec tout ce que c'est que vous avez dit, j'ai
hâte que le homard arrive, M. le député. M. le ministre, à vous la parole.
M. Lessard :
Alors, j'ai combien de temps pour...
Le Président (M. Hardy) :
6 min 40 s
M. Lessard :
Six minutes. Parfait. Alors, je veux remercier mon collègue des
Îles-de-la-Madeleine qui a, pendant quelques années, donc, dirigé, donc,
la politique, les orientations de la politique, le renouvellement. En fait, ça
sera la troisième
politique, moi, depuis que je suis là. J'avais signé... Puis c'était le
sous-ministre actuellement qui est en titre, qui était sous-ministre de bien des affaires, dont les pêches, à ce
moment-là, avec le sous-ministre en titre, qui avait fait le premier plan des pêches, qui considère donc autant
la capture, la transformation, la commercialisation, la concertation, la
promotion. Alors donc, plusieurs éléments
qui ont été repris dans un deuxième plan, accompagné aussi d'argent, et
un troisième plan maintenant, puisqu'on a vu
que, dans le budget de l'an passé puis cette année, c'est 12,5 millions.
C'est un secteur à peu près entre
10 millions et 12 millions qu'on met par année dans les crédits
réguliers. Et là on a un plan de 12,5 millions de dollars sur les
cinq prochaines années pour accompagner le plan qui va donner des cibles, en
fait, le plan qu'on va annoncer...
Tout
le monde comprend qu'au Québec on fait une gestion responsable de la ressource.
Bon, il y a une allocation des quotas
qui tiennent compte de la disponibilité marine. Deuxièmement, même si on a des
quotas en réduction, que ce soit dans
la crevette, autant les Îles-de-la-Madeleine qui a, au fil des années, diminué
le nombre de remontées, diminué le nombre
de casiers pour éviter l'effort de surpêche, on sait que la croissance de la
population mondiale est bien au-delà de la disponibilité de la mer. Donc, on a un produit de grande qualité.
L'objectif, c'est d'augmenter le rendement qu'on peut obtenir de nos produits de qualité. Alors, il y a
un effort qui sera mis sur la valorisation, donc, des produits. Puis, je
vous dirais, les sous-produits aussi parce que beaucoup... On s'en souvient,
dans la crevette, avant, on jetait les carapaces; maintenant, on en fait des produits de beauté et autres produits
médicaux. Et on ne valorise toujours pas les carapaces de homard et de crabe, alors que d'autres pays comme
l'Islande, donc, donnent une valeur ajoutée à ça, autant la protéine,
donc, de l'animal comme tel.
Donc,
le plan qui sera lancé... Et je tiens à le dire au fédéral, puisque j'aimerais
les rencontrer. Ça fait un an qu'on pousse parce que le fédéral avait
complètement oublié et mis de côté la portion Québec maritime dans l'annonce du
325 millions qui a été donnée, donc, à
l'alliance de l'Atlantique, excluant, donc, le Québec. Alors donc, on a
demandé au fédéral qu'ils puissent faire
leur part. Le Québec fera sa
part vendredi en investissant plus de
12,5 millions additionnels, à peu
près, aux 10, 11 millions qu'il a annuellement dans ses crédits. Et
demander... Demain, je rencontre le ministre fédéral pour lui dire qu'il soit au rendez-vous. On espère
d'avoir un investissement de l'ordre, donc... une contribution, du côté fédéral, d'au moins 30 millions. Donc, je pousse pour qu'il puisse l'annoncer,
mais le Québec va se prononcer vendredi. On avait donné
une date d'avril, on va le faire.
Donc,
on fera la promotion et les arrivages. Sans le dire, là, quand tu as quelque chose d'exceptionnel, il faut être capable
de bien l'identifier. On voyait comme une petite difficulté aussi de bien
identifier le produit du Québec. On mange souvent du homard du Québec. Mais, à
un moment donné, quand il en manque,
bien, ils en achètent d'ailleurs. Et comment faire la différenciation entre le nôtre puis celui qui vient du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard? À tout le moins, sur la grosseur, pour les Québécois, trompez-vous pas,
là, en haut d'une livre, c'est sûr que ça vient du Québec; en bas d'une livre, c'est sûr que ça ne vient pas
du Québec. On a des identifiants puis on travaille autant
sur les certifications de nos produits,
qui est le premier passeport d'accès aux marchés nationaux et internationaux.
On voit que, donc, autant la crevette, le homard, le crabe, on aura
aussi du flétan, donc, on a un objectif d'augmenter la croissance, donc, des
produits identifiés.
Puis
parfois, bien, on peut être suspendus dans nos certifications. On a vu qu'il y avait...
la contrainte de la baleine noire,
donc, a amené une suspension de nos certifications. Mais on travaille au
rétablissement. Le fédéral a posé des gestes récemment pour limiter, donc, certaines cohabitations, en tout cas, certaines activités de pêche pendant... Donc, il y aura des
sous pour toujours augmenter, puis on va donner des cibles, ce qu'il
n'y avait pas dans les anciens plans, je pense que c'était... autant qu'on a fait dans la politique
bioalimentaire, parce que, c'est inscrit là-dedans, le bioalimentaire vient
du fait que c'est les produits de la terre,
les produits de la capture, donc c'est pour ça qu'on parle de produits
bioalimentaires, donc pas biologiques, seulement
biologiques... Alors donc, il y en aura, donc, autant pour l'achat de nouveaux
équipements, des nouveaux bateaux. Si la
pêche au sébaste, tel qu'on le voit avec le rétablissement des stocks...
l'apport historique du Québec, détenu principalement par les Îles-de-la-Madeleine, donc, fera en sorte qu'on aura des bateaux de
plus grande taille, donc, il faut être capable de les financer, il faut
changer... On a eu des programmes pour la relève, donc.
Dans
le secteur des pêches aussi, on va rehausser autant la contribution que, un peu, l'âge parce qu'on en a de l'apparenté puis de non apparenté. On va travailler aussi sur la
sécurité, hein, des bateaux, parce qu'on a eu quand même des décès, cette
année, donc, pendant le parcours de la pêche. La certification des usines, je
tiens à le mentionner parce que, si le produit est certifié, bien, il
faut que l'usine aussi le soit, puis la traçabilité, et le repérage, donc, qui
est un facteur important. Quand on a ouvert sur l'Europe puis enlevé les tarifs...
Pour rentrer en Europe, il faut que le bien-être et la certification puissent être reconnus là-bas ainsi que la traçabilité,
autant de la mer jusque dans l'assiette des consommateurs. Donc, on aura
des cibles sur ça.
tout le secteur maricole, que mon collègue a mentionné, pour lequel il a travaillé fort, il y a
un organisme de financement, là-bas, qu'on a dû revoir au complet
dans sa gouvernance, dans son
financement, dans les produits qu'ils offrent à l'industrie. Parce qu'on
produit maintenant des huîtres, au Québec, ce qui n'était pas vrai il y a une
dizaine d'années. Alors, le réchauffement de
l'eau a permis des nouvelles possibilités et des innovations, de faire des
huîtres au Québec. Elles sont excellentes.
On a des moules, on a de la mactre de Stimpson, on a plusieurs produits puis on
va faire la promotion. Et c'est là
qu'il faut faire connaître aux Québécois, par les différentes stratégies, par
les différentes recettes, par les
différents médias sociaux, donc, une nouvelle stratégie de la promotion. Donc,
ça va couvrir l'ensemble du spectre et annoncer, donc, une bonne
nouvelle au secteur, qui va bien, en général. Merci.
Président (M. Hardy) : Merci, M. le ministre. Maintenant, je cède
la parole à l'opposition officielle pour une période de 20 minutes.
M. le député de Berthier, la parole est à vous.
M. Villeneuve :
Merci, M. le Président. M. le Président, lorsqu'on va rencontrer le monde
agricole, sur le terrain ou ailleurs,
dans les différents congrès, la chose dont ils nous parlent immanquablement,
c'est de la prévisibilité, que ce soit pour la relève, qui a besoin,
justement, de pouvoir rassurer les banquiers, si nécessaire... — et le
FIRA, on en reparlera — que ce soit pour la relève ou que ce soit
pour tous les agriculteurs du Québec. Pour eux, la prévisibilité, c'est quelque chose d'essentiel. Pourquoi? Parce qu'il
peut y avoir, évidemment, la météo qui joue un rôle important
dans : on fait ou pas une bonne
récolte. Il y a le marché des productions qui... effectivement, le marché
international, même, on peut dire,
avec des échanges avec les différents pays. Ça aussi, c'est important, parce
que ça peut varier beaucoup. Et il y
a aussi tout l'aspect... Attendez un petit peu, M. le Président, j'ai perdu le
fil. Oui, c'est ça. Donc, les
récoltes, je le disais, le prix du marché, donc, prévisibilité.
Il y a
eu, en 2015, un rapport qui a été remis au ministre, un rapport sur la
sécurité du revenu. Depuis, on va se le
dire, des petits, très petits changements ont été apportés, mais c'est vraiment
le point majeur, je vous dirais, puis on ne retrouve pas grand-chose dans la politique agroalimentaire
déposée par le gouvernement en
termes de sécurité du revenu.
En fait, c'est pratiquement l'éléphant dans la pièce. Tout le monde en parle,
mais on ne le voit pas dans la politique, d'aucune
façon, je vous dirais. Et le gouvernement a forcé, vous le savez comme moi, les
agriculteurs à faire un choix entre
l'Agri, hein, et l'ASRA. Et, dans le
fond, si La Financière, aujourd'hui, fait des... si elle fait des surplus, bien, c'est en grande
partie parce que les programmes
ne répondent pas aux besoins des agriculteurs. Et ça, ils vont tous vous
dire ça. Là, je n'invente rien, ils vont tous vous dire ça.
Alors,
M. le Président, moi, j'aimerais savoir de la part du ministre
qu'est-ce qu'il entend faire pour, justement, remédier à cela. C'est quelque chose qui est majeur. Il faut améliorer la sécurité du revenu du monde
agricole, il faut adapter les programmes.
Et là moi, j'aimerais vraiment que le ministre me dise, là, deux, trois éléments, là, précis,
là, qui vont avoir un impact, justement, sur la sécurité du revenu du
monde agricole.
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Lessard : Oui, bien, c'est parce qu'il disait qu'il ne
le retrouvait pas dans la politique bioalimentaire. Je le réfère à la page 47, Soutenir la gestion
des risques et les chaînes de valeur . Donc, peut-être juste regarder ce
petit élément là qui traite...
Deuxièmement, on voit dans la répartition du budget du ministère de l'Agriculture deux éléments. Il y a le bloc... La moitié, à peu près, de l'argent va directement au ministère pour son financement et ses programmes, puis l'autre va à La Financière agricole
pour quatre volets.
premier, nécessairement, ils font des prêts. On a eu un rehaussement
encore récemment de la valeur, parce que,
une des critiques qui étaient faites, on disait... il y avait un plafond à
5 millions. On vient de le redresser à 15 millions de dollars. Donc, ça vient d'être annoncé, ou ça
vient d'être accepté par le gouvernement. Deuxièmement, sur... Ça, c'est
les prêts. Donc, ils prêtent beaucoup annuellement. Donc, on pourra parler du
nombre de prêts.
Deuxièmement,
il y a le volet de l'assurance récolte dont on a beaucoup parlé, parce que,
dans l'Ouest canadien, ils parlent
beaucoup de l'assurance récolte comme une valeur symbole. Eux autres, ils
produisent beaucoup de céréales. Nous, on produit beaucoup, donc, du
point de vue des productions animales. Donc, il y a l'assurance récolte, que
j'ai demandé de faire une révision pour voir
pourquoi elle a fait... eux, du côté de l'Ouest, ils veulent plus garder
l'assurance récolte que les Agri,
c'est-à-dire les autres régimes d'assurance. Donc, on a donné un montant
important pour faire ça.
a demandé aussi, pour la relève agricole... Parce que vous voulez avoir des
exemples concrets. À la Fédération de
la relève agricole, quand je suis allé, les différents items de contribution,
d'allègement pour la relève agricole, donc, ils ont été relevés une à
une par La Financière agricole, et j'ai annoncé 1,4 million pendant
les cinq prochaines années, 7 millions
de redressement pour faciliter, donc, les liquidités dans la relève agricole.
Et il y a un plan aussi sur les petites fermes et l'accompagnement, donc les primes à l'établissement, les
primes à l'investissement, donc il y a une... puis je pense que la Fédération de la relève, dans La
Terre de chez vous , a l'air à être... se dit quand même assez favorable à
ce qu'on avait fait, en plus des outils de
financement comme le FIRA, qui est une création carrément, avec la... qui est à
mon goût, puis je suis un peu déçu de voir
qu'il y en avait encore, de l'argent, dedans. Donc, on devrait changer les
paramètres pour... Donc, c'en est une, série d'exemples concrets qui permet
d'aider à la relève agricole.
Le Président
(M. Hardy) : Merci. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. M. le Président, le ministre nous a énuméré ce qu'il a fait, ce qui est
fait. Ça, on le sait, mais est-ce
qu'il admet avec moi que les agriculteurs considèrent qu'ils ne sont pas...
actuellement les programmes ne sont pas adaptés comme il se doit à leur situation? Est-ce qu'il est capable au
moins d'admettre ça et nous dire comment il va arriver à corriger la
situation, donc quelque chose qu'il va faire, pas qu'est-ce qu'il a fait?
c'est lui-même qui disait qu'il y a un petit élément dans la politique, là,
qu'il vient de déposer. Ce n'est pas moi qui l'ai dit. Tantôt, il a
dit : Un petit élément. Alors, concrètement, qu'est-ce qu'il entend faire,
M. le Président, pour améliorer les choses?
Le Président
(M. Hardy) : M. le ministre.
M. Lessard :
Bien, concrètement, on vient de relever les plafonds à 15 millions.
C'était une demande directe d'eux. On
vient de relever... de baisser la demande de liquidité pour la relève agricole.
Deuxièmement, on a un plan sur la relève agricole, avec un budget qui
rehausse les primes à l'établissement, qui reconnaît le travail à temps
partiel, le nombre d'heures travaillées en dehors des fermes, etc., qui a été
salué, et c'est une demande spécifique d'eux.
Après ça, il y aura donc
une politique.
Malgré la politique bioalimentaire, il y aura une politique
directement avec la relève agricole. En plus
de ça, donc, on a dit, pour les petites fermes... Parce qu'ils sont souvent
aussi dans les petites fermes. Alors
donc, il y a un budget spécifique pour ceux qui ont 50 000 $ de
revenus et moins. C'est souvent en relève
agricole. Alors donc, il me reste la modulation et l'adaptation, la modulation
dans les programmes pour les territoires éloignés. Donc, on l'a faite,
la modulation, pour ceux qui sont en dehors de la plaine du Saint-Laurent, pour
la relève agricole, puis le nombre de productions a augmenté.
Le Président (M. Hardy) : Merci.
Là, M. le député de Berthier...
M. Villeneuve : Ça ne
demeure pas moins que, sur le terrain, les gens, ce qu'ils nous disent, c'est
que les programmes ne sont pas adaptés. La preuve, c'est que La Financière
fait des surplus année après année.
M. le Président, moi, j'aimerais savoir de la
part du ministre... On sait que les intégrateurs, là, ne sont pas différenciés dans les différents programmes.
Je parle des intégrateurs ici au
niveau des assurances. Alors, un
intégrateur qui contrôle toute la chaîne de
production est autant couvert qu'un producteur indépendant. Est-ce que le
ministre a évalué de faire un réajustement par rapport à cette
situation-là?
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard : Bien, écoutez, je veux terminer sur qu'est-ce qu'on a fait dans
la sécurisation des risques. On a signé le cadre canadien aussi, qui donne de la prévisibilité dans l'investissement. Donc, les sommes seront au rendez-vous
autant dans les programmes
de la non-gestion des risques, c'est-à-dire l'innovation, l'investissement, et la
gestion des risques. Donc, c'est ce qui faisait en sorte qu'on pouvait
dire qu'il y a 1 milliard par année pendant cinq ans.
Sur la notion
des intégrateurs dans le modèle, il y a une révision du coût du modèle, alors...
et du coût de production dans le
porc, et actuellement c'est sous analyse. Ils sont en train de roder puis faire
des simulations pour voir, effectivement, est-ce qu'il y en a qui captent plus que d'autres des modèles à cause de
leur structure, donc dans les grands producteurs. Donc, actuellement, ils sont en rodage là-dessus.
J'ai le président-directeur de La Financière agricole qui peut en
parler, si mon collègue le souhaite.
Le Président (M. Hardy) : Oui.
Est-ce qu'il y a consentement pour...
M. Villeneuve : ...qu'est-ce
que j'ai comme réponse. M. le Président, je veux remettre une enveloppe dans laquelle se trouvent 29 réclamations de
producteurs qui ont été touchés par les inondations dans Berthier. Et
j'aimerais, M. le Président, qu'on ne la dépose pas au secrétariat, qu'on la
remette au ministre en main propre parce qu'il y a des choses nominatives, et
je ne voudrais pas que ça se retrouve sur le site de l'Assemblée nationale.
M. le
Président, vous le savez, les inondations de l'année passée ont été très, très,
très dures. Et, dans le secteur dont je
vous parle, donc Visitation-de-l'Île-Dupas ou encore Saint-Ignace-de-Loyola,
Saint-Barthélemy ou Saint-Cuthbert, c'est
normal, les inondations ont été très longues. L'eau a pris tellement de temps
avant de se retirer que les gens n'ont pas
pu semer dans les terres prescrites par La Financière. Ce faisant, bien,
ils ont des animaux à nourrir, bien, ils ont dû acheter le fourrage, ils
ont dû acheter ce qu'il fallait pour nourrir les animaux. Ça leur a coûté
énormément de sous, M. le Président.
On parle de
29 producteurs, on parle d'une somme d'environ 1 million de dollars.
Ce n'est pas beaucoup, ce n'est vraiment pas beaucoup. Ils ne sont pas
couverts présentement par aucune assurance parce que ceux qui n'ont pas pris
l'assurance ne sont pas couverts. Mais je sais que le gouvernement a accepté de
mettre en place Agri-relance au Lac-Saint-Jean dans le comté du premier
ministre, et, même si les gens n'avaient pas d'assurance, ils n'avaient pas
pris l'assurance à cause de la grêle, ils
ont quand même été dédommagés. Pourquoi ce qui est bon pour pitou n'est pas
bon pour minou, M. le Président? Je suis content
pour les gens du Lac-Saint-Jean puis les gens des autres régions qui ont pu
profiter d'un programme même s'ils n'étaient
pas assurés. Et, quand on me parle d'Agri-relance, M. le Président, que les inondations,
ce n'est peut-être pas couvert, le Manitoba a eu recours à Agri-relance, les
gens ont été compensés. Pourquoi, au Québec, ces gens-là n'ont pas le
droit?
Et je rappelle, M. le Président, c'est
important, que la vice-première ministre, qui parlait au nom du premier ministre, est venue à Visitation-de-l'Île-Dupas au
printemps, les pieds dans l'eau, nous dire qu'on n'oublierait pas les
gens du monde agricole. On n'oublierait pas les gens du monde agricole, comme
on n'a pas oublié les gens possédant des résidences qui ont été endommagées,
puis tout le monde est content, on est une nation solidaire, M. le Président.
Moi, je
voudrais, de la part du ministre, M. le Président, un engagement ferme que ces
gens-là, et sans jeu de mots, que ces gens-là vont recevoir toute
l'attention qui leur est due et que le gouvernement va respecter sa promesse
qu'il a faite de n'échapper personne. Et là,
présentement, j'ai 29... il y en a probablement autant dans le comté de
Maskinongé. Ce n'est pas à moi à faire le recensement, je pense que le
gouvernement devrait le faire. Alors, M. le Président, le gouvernement a un
devoir de résultat, et ces gens-là attendent une réponse positive pour être
dédommagés.
M. Lessard : Premièrement, je vais donc accepter le dépôt de l'enveloppe que vous avez remis, donc il sera remis au sous-ministre, qui a été transmis. D'ailleurs,
ça va dans le même sens que les demandes qu'on avait faites
antérieurement lorsque vous m'avez sollicité là-dessus en nous demandant
des cas concrets.
Grosso modo,
sur les inondations de l'an dernier, peu importe, ils ont dit : On va le
faire, nous. On a l'obligation de répertorier
l'ensemble des producteurs qui ont été touchés. 188
producteurs des régions touchées ont été soutenus administrativement,
parce qu'on voulait avoir un canal unique dans le régime de protection, donc
dans la mesure de protection publique.
Alors, on a dit aux producteurs, les 188 : Venez, on va vous donner le
soutien administratif, on va remplir
les formules puis on va l'envoyer au ministère de la Sécurité publique. Ça,
c'est la première chose qui est faite.
Dans ceux qui
se sont présentés, les 188, un, ils ont leurs propres assurances personnelles,
s'ils ont des dommages à leurs biens;
la sécurité publique, si les dommages sont d'une autre nature. De ceux qui se
sont présentés, les 188, donc 133
étaient couverts par une assurance récolte et 133, parce qu'ils ont une
assurance, ils ont différentes franchises, 78 ont été indemnisés, un demi-million de dollars. Pour
ceux, maintenant, qui ont dit... parce que j'ai entendu aussi la
question, on a dit : Oui, O.K.,
l'assurance récolte, ça va, là, ça m'est payé. Ceux qui n'ont pas de revenu...
alors, sur l'assurance revenu, je dois aussi dire à cette Assemblée qu'à
cause des programmes d'assurance du Québec, tous les producteurs qui le souhaitaient, donc, il y a une assurance sur les
revenus, pas sur la récolte, mais sur les revenus. Pour chaque dollar
qu'ils mettaient dans leur compte de banque dans les dernières années, le
gouvernement accote chaque dollar qu'ils ont mis jusqu'à un montant maximum, je pense... je pense, c'est
50 000 $, ou peu importe, s'il est cumulatif... Donc, pour
tout le monde qui avait mis de côté un régime d'autoassurance, ils ont pu
prendre, les 188, cette enveloppe-là malgré qu'ils n'étaient pas couverts, ou qu'il n'y a pas eu de couverture, ou qui
n'étaient pas assurés, ils ont pu prendre dans leur propre compte
l'argent, le leur, plus l'argent du gouvernement qui a été appuyé là-dedans.
L'autre
affaire, parce qu'il faut compléter quand même la demande, à la Sécurité
publique, on a fait un suivi pour voir qu'est-ce qu'il en est ou
qu'est-ce qui... Tantôt, on pourra toujours s'en reparler, parce que ça va
continuer, les échanges. Donc, la Sécurité
publique, on me dit qu'il n'y a pas eu de téléphone de fait. On a relancé,
suite à la demande de lettre que vous
m'avez déposée pour voir qu'est-ce qui se passe à la Sécurité publique, parce
que le programme de Sécurité publique,
il prévoit la couverture pour des dommages puis enlever des détritus, etc.,
puis on me dit que, là, ils n'avaient pas été répondus.
Alors, moi,
dans mon travail... je ne sais pas si vous êtes allé faire les crédits de
Sécurité publique, mais moi, quand je
regarde la feuille de la Sécurité publique, ça dit, à la fin : «Aux fins de
l'application du présent chapitre, sont considérés comme essentiels — excusez, j'ai des lunettes — à l'exploitation d'une entreprise les
terrains, les bâtiments, les infrastructures, les équipements, les stocks et les terres agricoles. Les dommages réclamés
sont reliés essentiellement au nettoyage, à la remise en état des terres agricoles.» Donc, ça, c'est le volet Sécurité
publique. Après ça, il y a le volet des revenus pour lesquels ils ont droit et qu'ils ont pris, il y en
a qui l'ont pris, puis après ça il y a l'assurance des récoltes comme
telle. Alors, il va me rester, maintenant, le programme... à répondre sur
l'Agri-relance, peut-être que je reviendrai avec ça.
Le Président (M. Hardy) :
Merci. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
...tout simplement, parce que le temps roule très vite, tout simplement dire un
ministre qu'il y a... le premier
ministre a pris un engagement par la voie de la vice-première ministre. Qu'il
le respecte et qu'il rencontre donc les agriculteurs, que j'ai donné la
liste, pour leur parler puis leur dire ce qu'il vient de me dire là. Je pense
qu'il va avoir des réponses.
M. le Président, à ce stade-ci, si vous êtes
d'accord, mon collègue aimerait prendre la parole.
Le Président (M. Hardy) :
Parfait. M. le député de Rimouski. Six minutes.
M. LeBel :
Six minutes, O.K. Bonjour, tout le monde. M. le ministre. Je vais poser mes...
Je ne perdrai pas de chance, je vais poser mes deux... J'ai deux
questions, je vais les poser tout de suite en partant.
La première,
ça va dans le sens d'Agri-relance. Vous connaissez la situation qu'il y a eu
dans l'Est du Québec, une sécheresse,
48 jours... 45 jours sans pluie. Il y a eu des dépenses
extraordinaires qui ont dû être faites par les producteurs, creuser des nouveaux puits, des lacs d'irrigation.
Les productions ont été beaucoup affectées. J'ai posé des questions,
j'ai déposé une question au feuilleton. Le
ministre me revient toujours en me disant qu'il y a des programmes
d'assurance qui sont là. Les producteurs
sont intervenus, l'UPA est intervenue aussi, vous connaissez bien le dossier.
On pense que c'est des dépenses extraordinaires, que ça doit être pris
en considération, comme la grêle a été prise en considération au Lac-Saint-Jean. On pense que c'est... on devrait être
équitable envers les gens de chez nous et on devrait aller vers le
programme Agri-relance. Ça, c'est ma première question.
La deuxième,
c'est concernant l'acériculture. Les acériculteurs du nord du
Nouveau-Brunswick, qui font la frontière chez nous, dans la région du Bas-Saint-Laurent, les acériculteurs ont eu
droit à un investissement du fédéral autour de 10 millions pour améliorer leurs équipements puis leurs
installations, ce qui fait en sorte que ce n'est pas équitable par rapport aux acériculteurs qui sont dret l'autre
côté de la frontière, chez nous, au Témiscouata, un peu dans notre
région, la région du Bas-Saint-Laurent. Les
acériculteurs ont demandé au fédéral : Est-ce que vous pourriez investir
chez nous? Et ce que le fédéral nous
dit, c'est qu'ils sont prêts à y aller, mais c'est Québec qui ne veut pas...
parce qu'il y a une participation du
Nouveau-Brunswick dans ce programme-là, et le fédéral avait offert au
gouvernement du Québec de participer à un programme similaire, et il y aurait eu un refus du côté du Québec.
Est-ce que c'est vrai? J'aimerais ça le savoir en termes d'équité pour
nos producteurs.
Ça fait que c'est mes deux questions.
Le Président (M. Hardy) : M. le
ministre.
M. Lessard :
Bien, peut-être deux éléments de réponse. L'Agri-relance dont on parle, pour
ceux qui nous écoutent, donc, c'est
un programme fédéral-provincial, donc il y a des critères d'admissibilité.
Donc, nous, on n'a pas abdiqué au fait de faire
les représentations. Je pense que vous avez eu l'occasion de nous amener des
cas précis dans lesquels ils atteignent des seuils. C'est un programme
catastrophe dans lequel on demande de déclencher.
Honnêtement, nous, on fait les représentations
d'usage auprès du fédéral, on le documente, toutefois, parce qu'honnêtement, à l'échelle... puis les réponses
qu'on a eues antérieurement, c'est qu'ils disaient : Ça ne déclenche
pas à cause de la nature de la catastrophe,
l'ampleur, le niveau de dommages. Il y a l'expérience collective, les
répercussions négatives, les coûts
exceptionnels, la capacité de gestion des productions malgré les programmes
existants. Donc, il y a une série de
critères que, quand on les soumet... Moi, je suis rendu avec eux autres, de
dire : Bien là, ça va me prendre un écrit. Puis c'est vrai aussi pour ce qui s'est passé lors de la saison des
pluies ou des inondations dans le secteur... de tout le secteur qui a été couvert l'an passé. J'ai même demandé au
président-directeur général de La Financière agricole de regarder...
Là, je vais
prendre l'inondation puis je vais revenir avec vous sur les... Qu'est-ce qui
s'est passé dans le Richelieu, dans
le temps, donc, quand, le Richelieu, il y a des inondations, il doit y avoir
des correspondances puis il doit y avoir des processus. C'est de l'eau,
c'est de l'eau, ça fait à peu près les mêmes genres de dommages.
Maintenant,
vous autres, vous avez un autre problème, c'est la sécheresse. Quant à la
sécheresse, avec les données que vous
avez demandées, on va soumettre un document. Il faut avoir un écrit, au lieu de
se relancer : Tu peux, tu ne peux pas,
etc. L'échelle est-u assez grande? Les paramètres ne sont pas rencontrés, parce
que jusqu'à maintenant, on est dans le même
bateau, on a encore un doute. Donc, on va faire une demande formelle comme pour
le cas, donc, des inondations. Il faut en avoir le coeur net.
Maintenant,
sur le volet du fédéral, nous autres, quand même, on a un projet qui... donc,
pour l'investissement en acériculture, pourtant, on a lancé
200 millions d'investissement dans les secteurs bâtiments, équipements, et
on a un programme même sur l'efficacité énergétique, là, puis sur la
conversion. Sincèrement, je pense que la seule affaire qui ne manque pas au Québec actuellement, là, dans le domaine agricole,
c'est de l'argent pour accoter n'importe quel plan fédéral. Il faudrait peut-être demander une
précision, là, peut-être faire un écrit pour être capable de cibler ça, parce
que moi... Même les producteurs, tout le
monde, peu importe la production au Québec, ils peuvent appliquer dans le
programme pour les différents équipements
fixes, puis, principalement à cause de la conversion énergétique, on a un plan
spécifique. D'ailleurs, ça a été les
premiers à en profiter dans le domaine de l'acériculture, premièrement les
bouilleuses qui ont été transformées.
Mais il faudrait voir les autres équipements, parce que, comme je vous dis, ce
qui ne manque pas au Québec actuellement, c'est de l'argent.
Le Président (M. Hardy) : M. le
député de Rimouski, 1 min 30 s.
M. LeBel : Bien, merci pour Agri-Relance, là. On donne un
autre coup de roue, je pense qu'on
peut faire... on peut travailler ça ensemble. C'est une bonne nouvelle
pour notre monde.
Là, par
rapport au fédéral, c'est que, comme je dis, c'est sur la frontière. Ça fait
que les gens se connaissent, hein? Les
gens disent : Bien, ton érablière est du côté du Nouveau-Brunswick, tu as
le droit à ce montant-là; moi, je n'ai pas le droit. Les gens se posent des questions, est-ce... Puis
10 millions, c'est quand même un programme... Puis c'est vraiment toucher dans cette zone-là, tu sais, ce n'est pas
l'ensemble du Nouveau-Brunswick, ça, c'est dans cette zone-là. C'est la même zone que la mienne, dans le fond. Ça fait
que, s'il y a moyen de regarder ça, je pense qu'on pourrait travailler
aussi ensemble, voir s'il y a moyen d'aller chercher ces argents-là du fédéral.
Tant qu'on est dans le Canada...
M. Lessard :
Venant de vous, je vais le prendre au bond, mais les érablières ne connaissent
pas de frontière. Donc, c'est les
peuplements... Je pense... Quand tu es dans le bois, je pense que c'est... La
demande me semble recevable. Je ne vois pas pourquoi on ne les
financerait pas puis nécessairement on vient pairer avec l'argent fédéral. On
n'a rien qu'à regarder ce qui en est, on va
le documenter. Je pense qu'on a rencontré l'acériculture récemment dans...
peut-être moins parlé, mais là
peut-être le phénomène est plus précis. Donc, je pense qu'il faut toujours
rester à l'écoute de ça, là, puis aller chercher le maximum d'argent fédéral. Moi, je suis comme vous, je veux
aller chercher le maximum d'argent fédéral, parce que souvent, ça
soulage nos coffres, puis de toute façon, c'est nos impôts qu'ils nous
retournent.
Président (M. Hardy) : Merci beaucoup. Donc, le temps accordé à
l'opposition officielle est terminé. Je me retourne du côté gouvernemental pour une période de temps de
17 minutes et je reconnais M. le député de Saint-Maurice.
M. Giguère :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, moi, c'est la première fois que je
prends la parole pour ces crédits
ici. Donc, je voudrais vous saluer, M. le Président, votre équipe, saluer notre
ministre et son équipe, qui est très efficace, et aussi saluer, là,
M. Dion, sous-ministre, qui, avec sa grande expérience, c'est très
apprécié, qu'est-ce que vous amenez.
Moi, je vais
vous parler un petit peu, là, de la relève agricole. Vous savez, depuis
plusieurs années, le domaine de l'agriculture, le domaine agricole
attire énormément nos jeunes ici, au Québec. On voit que la relation avec la
nature, avec la matière vivante, on a une réaction instantanée.
J'ai mis un
petit vidéo pour le fun sur mon site Facebook, j'en mets quelques-uns, je suis
agriculteur aussi, et à chaque fois qu'on met de quoi de vivant, des
animaux, on voit une réaction instantanée puis on voit les jeunes qui ne connaissent pas ça venir liker. Au Québec, on a
quand même, là, 29 000 entreprises puis on a 7 500 jeunes
qui sont actifs sur les entreprises agricoles. Et puis au Canada, bien,
c'est le taux le plus haut.
Vous savez, les jeunes qui s'en vont en
agriculture — en
passant, nos institutions sont pleines, ils en refusent pratiquement, là, des jeunes, là — ils ne sont pas différents des autres de
notre société, les autres jeunes de notre société. Une des priorités qu'ils ont, c'est d'avoir du
temps libre. Nos jeunes, ils veulent avoir du temps libre. Il y en a
beaucoup qui ont été élevés sur des entreprises
agricoles, mais ce temps-là, c'est important pour eux. Et puis moi, j'en
connais beaucoup qui hésitent pour aller en
agriculture, mais, une fois qu'ils ont décidé d'y aller, ils y vont... et c'est
de voir ces jeunes-là, après ça, qui fondent une famille, qui prennent
du temps pour eux et leur famille.
Mais, pour
prendre du temps, bien, il faut le gérer, ce temps-là. Il faut se trouver des
outils différents. On le voit aussi,
exemple, dans la robotisation, surtout dans la production laitière, avec les
fameux robots de traite. Je suis convaincu que mon collègue de l'opposition a vu fonctionner ça. C'est très
performant. Ça ne libère pas nécessairement du temps sur une base de sept jours, ça déplace le temps,
ce qui fait que les gestionnaires... Ils font beaucoup plus de gestion,
les propriétaires de ces équipements-là. Et
ça libère, après ça, du temps, exemple, les fins de semaine ou pour des
vacances.
On voit aussi
nos jeunes qui veulent se regrouper pour travailler ensemble, surtout les
jeunes qui ne sont pas du milieu
agricole, qui ont étudié, qui sortent de l'école et qui veulent se regrouper
ensemble pour former des entreprises justement
encore pour avoir du temps libre. Exemple, surtout dans la culture maraîchère,
on le voit beaucoup, circuit court, on
en a parlé tantôt, mon collègue en a parlé, on en parle, ces jeunes-là le font.
Ils amènent aussi des solutions, c'est de... pour gérer leur temps, savoir déléguer. Vous savez, les agriculteurs,
agricultrices, ils ont un petit problème, ils ont de la misère à déléguer. C'est leur entreprise, ils y
ont mis leurs tripes, des efforts, là, énormes. Et puis, quand c'est le
temps de déléguer, bien, ma collègue de la deuxième opposition pourrait
corroborer, on a un petit peu de misère puis... mais la nouvelle génération, eux, ils sont prêts à aller plus loin. Aussi, côté
coopératif, ils sont très forts sur ça aussi, des coopératives de
travailleurs, des échanges de travailleurs, de temps. Il y en a beaucoup qui
sortent, justement, qui sont formés. Les conseils
et la formation... Ils sont ouverts à aller chercher des conseils et puis de la
formation, à mettre de la formation à jour. On voit les jeunes, là, qui
sont très impliqués.
On voit le
modèle agricole qui change. Ce n'est pas le même modèle agricole de voilà
20 ans, voilà 30 ans, voilà 50 ans.
Moi, je suis convaincu que M. le ministre, là, dans sa jeunesse, il avait un
modèle agricole et, aujourd'hui, il est conscient que ce n'est plus le même modèle, plus du tout. Un, juste la
robotisation, la mécanisation a changé. Il est parti... Bien, je ne dirais
qu'il est parti des chevaux, mais pas loin, et, avec sa très grande expérience...
Et aujourd'hui, avec toute la mécanisation et puis...
M. Giguère :
Oui, M. le ministre. Oui, il a un certain âge. Notre ministre, il a un certain
âge, quand même, et puis on voit la progression, on voit aujourd'hui...
Je regardais, là, cette semaine, avec nos producteurs, là, de la région de Saint-Hyacinthe, entre autres, qui commençaient
les semences avec des tracteurs et de la machinerie, là, donc très
avancée, de la technologie très avancée.
Donc, on voit
que nos jeunes, aujourd'hui, ils voient l'agriculture d'un autre angle de la
business qu'ils font, et puis moi, je
trouve ça fabuleux. On voit aussi que nos jeunes, qu'est-ce que c'est qui est
surprenant quand on voit nos jeunes qui sortent des institutions, il y en a 50 % des diplômés qui ont déjà
un outil d'épargne. C'est déjà un avancement car ils sont conscients que... On a parlé tantôt, là, les prix
des terres... Le prix de s'installer en agriculture, c'est difficile et se
retirer aussi. Et ces jeunes-là, diplômés,
ils ont déjà l'esprit à l'épargne, ce qui fait que quand on va arriver à...
quand leurs enfants vont vouloir prendre la relève, ça risque d'être
beaucoup plus facile.
Comme j'ai
dit, il y a plusieurs modèles qui se dessinent. Il y a des chocs
générationnels. On voit des transferts de fermes qui ne fonctionnent pas
parce que... la raison, c'est le choc générationnel. Les parents ou les
actionnaires de l'entreprise veulent... ils ont un petit peu de misère à
laisser la place à nos jeunes, qui pourtant sont bien formés.
On voit aussi
au Québec une chose que je suis très fier : la relève entrepreneuriale
féminine. Moi, j'ai une fille, et puis,
si elle veut prendre la relève, ça va être super. Et j'ai un garçon aussi. Et
puis, quand on voit les filles reprendre la relève des entreprises agricoles avec tous les outils qu'ils ont
aujourd'hui, ils sont capables de faire aussi bien qu'un garçon. Et
souvent, je dis, ils sont beaucoup meilleurs, même, surtout, exemple, en
gestion, même en... peu importe. J'ai une collègue,
là, une amie qui demeure à Saint-Tite, qui est en production bovine — on n'en voit pas beaucoup — qui prend la relève, là, de son père
qui est décédé, mais ça fait plusieurs années qu'elle est impliquée. On voit,
là, qu'il y a de la place pour eux. Et moi, je leur dis : Bienvenue. Ça
fait changer les mentalités, ça fait évoluer, puis c'est bien.
M. le
ministre, j'aimerais ça que vous me parliez un petit peu des programmes qu'on a
pour la relève agricole. Comment que
vous amenez vos programmes? Comment qu'on fait pour supporter notre relève, qui
est très important?
Le Président (M. Hardy) :
Merci, M. le député de Saint-Maurice. M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, bien, merci. Donc, quand même, je peux mentionner : Au Québec, dans
le Canada, c'est là où les programmes
de relève sont les plus importants. Donc, si on peut prendre toutes les
provinces, si on additionnait tout ce qui se fait dans les provinces,
là, je pense qu'il y aurait un pâle reflet de ce qui peut se faire, quand même,
ici.
Principalement,
et la fédération de la relève l'a toujours dit, encourageons, un, la formation.
Première affaire. Puis on a vu qu'au
fil des années... Et, à la formation, encourager ceux qui vont en faire. Donc,
dans un portrait de la relève agricole
qui a été rendu public récemment à la fédération, on a pu voir, puis j'étais
content de voir ça, que la formation... parce que c'est eux, ils disaient : Si tu encourages
l'établissement ou la relève, assure-toi qu'elle soit formée; pas formée
par ses parents sur les pratiques
traditionnelles, basées sur la gestion des entreprises agricoles, etc., sur le
bien-être animal. Alors donc, j'ai vu...
Puis, dans le rapport, ce que ça indique, c'est que la progression... les
jeunes sont de plus en plus formés,
et la proportion de la relève qui possède un diplôme postsecondaire continue de
progresser. Elle était de 74 % en 2006,
de 79 % en 2011 puis elle atteint maintenant 82 % en 2016. Alors
donc, c'est intéressant de voir que... Et, quand on les soutient...
Puis
là, financièrement, tu as la prime à l'établissement, tu as la prime à
l'investissement