Culture and Education — 24 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CCE 2013-10-24

Quebec — Committees

Culture and Education — 24 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)

CCE 2013-10-24

Quebec — Committees

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

La Secrétaire :

Oui, Mme la Présidente. M. Roy (Bonaventure) est remplacé par Mme Bouillé (Iberville).

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Merci. La séance débutera par une

représentation faite par les représentants de la Société de télédiffusion et sera suivie

d'une période d'échange avec les membres de la commission.

Mesdames messieurs,

bienvenue à l'Assemblée nationale. Mme Fortin, je vous invite à présenter les

gens qui vous accompagnent et à faire votre

présentation pour une durée maximale de 30 minutes. Par la suite suivra

l'échange avec les parlementaires. La parole est à vous.

Mme Fortin

(Michèle) : Merci beaucoup. Alors, je suis Michèle Fortin, la présidente-directrice

générale de Télé-Québec. Je suis accompagnée, à ma gauche, de Mme Nicole

Tardif, qui est responsable des communications et de l'image de marque;

à droite, M. Denis Bélisle, Denis est directeur général principal, responsable

aussi des ressources humaines, des affaires juridiques et de toutes sortes

d'autres affaires; et Peter St-Onge, qui est le directeur de l'administration, des finances et des

services techniques.

Alors,

je vous remercie. Je vais essayer de faire ma présentation rapidement, en trois blocs. Le premier bloc… Même si vous êtes, sauf Mme St-Pierre, probablement tous nouveaux,

nous sommes venus devant la commission en février 2012, donc on a déjà fait des

présentations qui vous ont peut-être été… Alors, je vais faire un bref rappel

du plan stratégique 2009-2012. Je vais

essayer de présenter pour vous tous les principales caractéristiques de Télé-Québec, et ensuite on va s'attarder sur notre plan

stratégique 2012-2016.

Donc,

durant la période 2009-2012, à la suite de… On a quand même, je veux dire,

comme toutes les agences et tous les ministères du gouvernement, procédé

à des réductions d'effectifs et des réductions du budget. On a quand même

réalisé en grande

partie notre plan stratégique, qui était ambitieux. On a

renforcé la programmation. Je pense

qu'on a accru la production et la visibilité

en région. On a procédé à des développements technologiques importants sur le plan

des antennes, de la numérisation et des médias numériques. On a modernisé, et

on continue de le faire, on en parlera, l'organisation et bien sûr on a

travaillé très fort pour obtenir des ressources externes nous permettant de

réaliser, je veux dire, les principales orientations de ce plan stratégique.

Où en est Télé-Québec

aujourd'hui? Je pense qu'on peut dire que Télé-Québec est une institution

reconnue et respectée du public. Globalement, sur le plan de la programmation, nous occupons toujours

un leadership en jeunesse et famille. 42 % de notre programmation

est dédiée à la jeunesse, sur 24 heures. Nous diffusons 300 demi-heures de dramatiques originales par année. Trois enfants

sur quatre, entre deux et 11 ans, écoutent Télé-Québec chaque semaine. Nous avons huit émissions jeunesse parmi les 10

plus écoutées chez les 2-6 ans. On est probablement, en jeunesse, la

chaîne éducative la plus performante des chaînes éducatives canadiennes. Les

argonautes , notre nouvelle émission pour les 6-9 ans, lors de sa première

année, s'est hissée au premier rang chez les 2-11 ans pour la première saison,

et nos sites Web jeunesse sont les plus

fréquentés. Nous avons aussi une programmation adulte qui est diversifiée et

audacieuse. On a bien sûr des valeurs

sûres, des émissions qui ont plus de 10 ans, que vous connaissez tous, des

magazines d'opinion et des magazines d'information, des documentaires

percutants, des séries audacieuses, du cinéma d'ici et d'ailleurs et des

personnalités qui représentent et définissent L'autre télévision .

Nous

avons réussi, malgré l'augmentation progressive du nombre de chaînes, à

conserver une part de marché de 3 % pour l'écoute générale et nous

voyons présentement une augmentation de 18 % chez les 25-54 ans, tout cela

en respectant notre mandat et en valorisant la programmation pour l'enfant, la

culture, les documentaires, l'innovation et

l'expérimentation. La concurrence est de plus en plus vive à la fois du côté

des télévisions traditionnelles, des chaînes spécialisées et des médias

numériques de toutes sortes.

Nous sommes, au Canada, la chef de file des

télévisions éducatives, et notre performance est meilleure que la chaîne

éducative des États-Unis.

qualité de notre programmation est reconnue par nos pairs. Au cours des 12

derniers mois, Télé-Québec a obtenu 79

nominations et, donc, 22 prix Gémeaux, en étant absente de certaines grandes catégories bien sûr, deux

Olivier — ce qui

est un peu étonnant quand même, on était ravis — le Félix

de l'émission musicale de l'année à l'ADISQ, à Belle et Bum en 2012 — on vient de se faire battre par La voix ,

mais ça, je suppose que c'était inévitable — et ensuite plus de 40 prix de

l'industrie pour nos projets Web ainsi que notre programmation jeunesse et

grand public.

Donc, de façon générale, le milieu et le public

considèrent que nous offrons une programmation de qualité.

Nos téléspectateurs. Nous avons des profils de

téléspectateur assez semblables aux autres chaînes, sauf sur deux groupes. Évidemment, notre accent sur la

programmation jeunesse fait que nous avons une beaucoup plus grande proportion de téléspectateurs chez les 2-11 ans

que les autres chaînes, ce qui évidemment contrebalance le reste de notre

clientèle. Si on regarde par contre, je veux

dire, par rapport au niveau de scolarité, notre télévision se compare davantage à Radio-Canada, mais elle est légèrement

plus forte, je veux dire, chez les gens avec des diplômes collégiaux et universitaires. Nous donnons et nous axons

progressivement nos émissions en donnant priorité à la famille et aux

activités dans la collectivité. L'écoute en

famille est importante, les enfants avec les parents. Parmi les nouvelles

émissions en ondes récemment, si je

mentionne Dis-moi tout, Le grand jeu des animaux, Génial!, Dernier passager ,

ce sont des émissions qui sont

écoutées, parents et enfants

ensemble. Les émissions jeunesse le sont aussi. Je pense qu'une émission comme 1,

2, 3... Géant est probablement écoutée à 50 % par les

enfants, 50 % par leurs parents. Mais ces émissions-là sont davantage

destinées à la famille, puis je pourrais mettre Ciné-cadeau aussi, hein?

On prolonge aussi, de plus en plus, l'expérience

télé par des innovations dans la communauté. On fait, par exemple, des

aventures interactives au Centre des sciences. On fait une tournée

estivale. Je ne sais pas si on a... Si on avait pu vous donner des vidéos…

C'est assez impressionnant de voir les

enfants et leurs parents qui viennent rencontrer les principaux personnages de

leurs émissions préférées aux festivals, à Drummondville, je veux dire,

à peu près dans huit grandes régions du Québec. Nous sommes engagés aussi dans un support au Grand Défi

Pierre-Lavoie pour le programme, en particulier, le programme Aiguise ta

matière grise. Je veux dire, donc prolonger l'impact de nos émissions par des

actions dans la communauté en matière d'éducation et de culture.

Évidemment, et on va sûrement en parler beaucoup

aujourd'hui, nous avons une présence et une diversité croissantes en médias

numériques. Depuis septembre, nous avons une nouvelle zone vidéo disponible sur

tablettes et mobiles. Nous avons beaucoup d'applications mobiles pour nos

émissions, la zone des tout-petits, pour les deux à cinq ans, accompagnée d'une

zone dédiée à leurs parents, et Le Skwat, qui est la communauté

virtuelle pour les six à 12 ans, qui est très fréquentée.

Nous avons aussi, l'an dernier, expérimenté avec

un projet sur la diversité des contenus. On parlait beaucoup à l'époque, si vous vous souvenez, du Nord et même

du Plan Nord. On n'a pas fait, je veux dire, une émission sur

le Plan Nord, mais on a voulu, je vais dire, que les gens

aient une vision plus large de la vie, de l'existence, de ce qui se

faisait dans le Nord. Donc, nous avons diffusé une série de documentaires sur

le Nord, accompagnée d'un site Web extrêmement développé… un portail Web, dans le fond, plus qu'un site, avec trois composantes distinctes, un livre. Et,

consécutivement à ça, nous avons réutilisé

des contenus non utilisés dans la série pour faire une série de 26 demi-heures,

sur Canal Savoir, d'entrevues avec

des chercheurs oeuvrant dans le Nord et nous avons développé et nous sommes en

train de mettre en place ce qu'on

appelle une trousse technoéducative sur le Nord pour accompagner les

professeurs, les enseignants et les étudiants,

les élèves, dans les programmes de sixième année, secondaires I, II et III de ce

qu'on appelle univers social.

Donc, je veux

dire, c'est une expérience, comment on peut concevoir a priori une série, une

intervention beaucoup plus large à la

fois sur le plan de la télévision, sur le plan du Web, sur le plan des écoles,

sur le plan de Canal Savoir. C'est une expérience qu'on aimerait bien

refaire probablement dans d'autres secteurs.

En matière de gouvernance, je pense que… je veux

dire, nous avons revisité, revu notre code d'éthique, nos principes de gestion.

Nous avons présentement renouvelé la moitié de notre conseil d'administration,

des nouveaux membres de notre conseil d'administration et nous venons de terminer le renouvellement de

nos conventions collectives pour une

période de cinq ans avec nos syndicats. Nous avons bien sûr

des partenaires nombreux et diversifiés. On parle de plus de 300 partenaires dans toutes les régions

du Québec. Je parle surtout de partenaires culturels et de

partenaires éducatifs, écoles, universités,

cégeps, plus de partenaires institutionnels de toutes sortes. On en parlera parce que c'est la base de certains de nos projets du plan stratégique 2012-2016.

Globalement, je pense qu'on est une entreprise qui est quand

même

innovante et dynamique. On est centrés présentement sur la diversification de

nos activités. Je l'ai répété souvent, je ne pense pas que la mort de la

télévision est pour l'année prochaine. Je pense que la télévision va toujours

demeurer un médium extrêmement important

pour la grande majorité de la population. Les derniers chiffres du CRTC démontrent

que les Québécois écoutent la télévision des fois sur plateforme ou sur

ordinateur, 35 heures par semaine. 35 heures par

semaine, là, c'est une semaine ouvrable de travail. Je veux dire, on n'est pas

à la veille de disparaître. Mais c'est sûr qu'il y a un glissement chez les jeunes. On utilise beaucoup

les médias interactifs, les plateformes, etc. Et donc, je veux dire, on

est en train de diversifier nos activités dans ce sens-là. Et, avec l'aide de

nos partenaires, on essaie de développer des engagements et des présences sur

le territoire, qui fait que Télé-Québec n'est pas juste une télévision, mais

c'est une institution qui participe au développement de la société québécoise,

particulièrement en éducation et en culture.

Bien sûr, c'est une institution qui rayonne sur

la scène provinciale, et nationale, et internationale avec TV5 Monde.

Télé-Québec

est aussi, et c'est important de le souligner, le principal partenaire de Canal

Savoir depuis cinq ans. Je veux dire,

nous sommes des intervenants majeurs au conseil d'administration. Nos

bureaux régionaux collaborent avec les institutions d'enseignement dans

les régions pour faire de la production. Nous leur offrons du soutien

technique. Cette chaîne-là, elle est diffusée à travers le Canada dans plus de

4 millions de foyers.

Je sais, Mme

St-Pierre, vous riez, là, mais, je veux dire… mais c'est un miracle, cette

affaire-là. J'en suis très fière.

Mme Fortin

(Michèle) : Hein?

Mme Fortin (Michèle) : Donc, globalement, c'est la situation de Télé-Québec

présentement. Si vous voulez, on pourra parler de coupures, de budget,

puis tout ça, mais, je veux dire, vous êtes au courant, moi aussi, alors on

aime mieux parler d'autres choses, mais on peut y revenir.

plan stratégique. Dans ce contexte-là, je vais vous dire comment on entrevoit

notre avenir. Vous avez notre plan stratégique,

je l'ai résumé dans les premières priorités, puis ça se ventile, et puis je

peux répondre à vos questions sur des éléments particuliers.

Premièrement, vous dire, ce qu'il faut, malgré les

difficultés financières, etc. : maintenir la qualité de la programmation de Télé-Québec dans le respect de son mandat et la faire mieux

connaître. C'est important que les gens reconnaissent que, oui,

Télé-Québec, je veux dire, c'est une valeur pour l'ensemble de la société

québécoise. Notre existence en dépend.

Deuxièmement, je veux

dire, c'était un objectif de notre plan stratégique 2012... 2000… l'autre, là…

Mme Fortin (Michèle) : …2009-2012. Ça prend une autre forme, et je pense qu'on a trouvé la

solution maintenant, mais d'accroître la présence et la pertinence de

notre action sur le territoire.

veux dire, la présence de Télé-Québec sur le territoire, ça fait

partie de sa

loi. On a cherché, depuis plusieurs années,

la meilleure façon de le réaliser. Je pense qu'on est en train de développer

quelque chose qui va nous permettre d'être relativement présents de

façon significative et pertinente sur le territoire plutôt que de dire :

On va faire une émission, deux émissions.

Donc, c'est vraiment une préoccupation de l'ensemble de nos activités. Et

l'autre, c'est un incontournable pour

les gens dans notre industrie, je veux dire, il faut se positionner dans les

médias numériques. La question,

c'est : Si vous êtes une télévision éducative et culturelle, comment le

faites-vous de façon distincte, de façon socialement pertinente? Et ça, c'est un élément fondamental, je veux

dire, de nos orientations pour les quatre prochaines années. C'est sûr qu'on peut faire des «chats»,

des blogues sur n'importe quoi. Je pourrais vous donner des exemples un

peu drôles. Mais comment est-ce qu'on peut,

à partir de ce qu'on est, utiliser ces médias-là pour faire davantage et

enrichir notre mandat à la fois culturel et éducatif?

Donc,

ce sont les trois grandes lignes de notre plan stratégique. Et, en sous-groupe,

en sous-question, c'est : pour faire

ça, il faut, je veux dire, que notre organisation s'adapte constamment à ces

nouvelles réalités et il faut qu'on trouve une façon, financièrement, de

le réaliser sans pénaliser nos fonctions de base.

Donc, en termes de programmation, la première

chose, c'est de maintenir et valoriser la qualité de la programmation,

mais en particulier le leadership en jeunesse. Comme vous le savez, la

concurrence en jeunesse est de plus en plus importante. Je veux dire, Yoopa,

Disney Junior, la présence de TFO sur le territoire du Québec, il y a de plus en plus de gens qui sont présents dans le

secteur de la jeunesse. Télé-Québec est toujours la première, Télé-Québec

a encore trois enfants sur quatre qui

regardent les émissions, elle maintient, je veux dire, une visibilité

importante mais au prix de grands

efforts. Je veux dire, nous avons augmenté le nombre de productions originales

grâce à des contributions et à des partenariats

financiers et personnels, et ceci est fragile. En jeunesse, il faut que vous

sachiez que... Disons, on a quatre

grandes séries dramatiques jeunesse. Il y en a une qui s'est faite grâce à la

collaboration de la fondation Chagnon; l'autre, grâce à un partenariat

avec Radio-Canada; une avec un partenariat avec TFO, et nous consacrons, et on pourra en parler si ça vous intéresse, je

veux dire, presque… cette année, c'est 72 % de l'enveloppe du Fonds

des médias du Canada qui est attribuée à

Télé-Québec uniquement en programmation jeunesse et famille. L'an dernier,

c'était 67 %, parce

que l'enveloppe a baissé, donc le pourcentage a augmenté. Mais ça veut dire que le gros de nos investissements

intérieurs et extérieurs sont faits en jeunesse.

C'est

important aussi de considérer que la programmation pour

adulte, je veux dire, doit demeurer dynamique. Il ne faut pas que les gens considèrent que Télé-Québec, c'est bon juste pour les enfants puis qu'après on s'en va

ailleurs. Télé-Québec a une vocation et un mandat d'éducation, d'information pour la population en général. On fait beaucoup de magazines d'information,

de magazines de débat, on travaille, je veux dire, pour la démocratie, mais il

faut aussi, comme on travaille dans

l'univers de la télé, que les gens nous reconnaissent comme une télévision

dynamique avec des émissions qui font

parler d'elles. Les gens vont dire : Bien, pourquoi vous faites ça, à Télé-Québec? C'est un peu pour avoir notre

place dans l'univers des télévisions et que les gens qui viennent nous voir, je

veux dire, ils ne nous abandonnent pas, une fois que leurs enfants rentrent à l'école secondaire, pour nous

retrouver quand ils sont grands-parents. C'est parce que j'ai rencontré

un sous-ministre qui est un peu comme ça, là, mais j'essaie de le convaincre à

faire d'autre chose.

Donc,

les ressources sont de moins en moins importantes. Donc, il faut trouver des façons de maintenir

le cap avec le plus de partenariats

possible et bien sûr il faut innover et être présents sur le Web, particulièrement en jeunesse, et c'est ce que nous faisons. On pourra en parler tantôt.

Accroître la présence

et la pertinence de notre action sur le territoire. Notre premier moyen, je

sens qu'on va en parler aussi. Pourquoi on

fonctionne comme ça? On est en train de développer pour lancer à l'hiver, en

collaboration avec des partenaires partout

sur le territoire, une vaste plateforme culturelle vidéo sur le Web

et sur les plateformes. Tous nos

bureaux régionaux sont à pied d'oeuvre. Nous sommes en train de réviser leurs

mandats, leurs façons de travailler, les conventions collectives pour

travailler à mettre en évidence la qualité de ce qui se fait en culture partout

sur le territoire. Et, je vais dire, ça, c'est une des façons d'être à

la fois sur le Web et sur le territoire. Nous avions, Mme St-Pierre est fort au courant, un projet

de plateforme d'information régionale et interrégionale. On l'a encore

inscrit dans notre plan stratégique. Ça ne sera probablement pas pour

demain, je veux dire, c'est toujours une question de ressources, mais ce projet-là n'est pas mort, et on y travaille, ça

prendra un an, deux ans, trois ans. Et, dans un sens, la plateforme

culturelle, c'est un peu un laboratoire qui

va nous permettre d'y arriver. Troisièmement, je veux dire, nous avons utilisé beaucoup

Canal Savoir et les partenariats avec les universités et collèges de toutes les

régions du Québec pour mettre en évidence, je vous dis, la contribution des

régions à la recherche, à la science, à l'éducation. Ce que nous souhaitons

faire, c'est de continuer dans ce progrès-là et que Canal Savoir, avec ses

partenaires, fournisse à la fois la télévision

et sur le Web. Remarquez, hein, c'est un plan de quatre ans, hein, on ne fera

pas tout ça demain, je veux dire, une véritable université populaire sur

la base de médias.

Alors, ça,

c'est les trois grands projets qu'on fait de façon séquentielle pour

accroître notre présence et la présence du territoire dans notre institution.

Évidemment, deux de ces projets-là sont directement

reliés à notre façon distincte et socialement pertinente d'être

dans les médias numériques. En plus de ça, évidemment on travaille à

élargir l'offre éducative jeunesse auprès des enfants et de leurs parents. La jeunesse, c'est toujours

une priorité. On travaille avec des éléments, des applications. On fait une application en sciences avec le musée… avec le Centre des

sciences de Montréal, on travaille avec différents organismes pour élargir… Et nous avons même en développement un projet extrêmement original financé par le fonds expérimental du Fonds des médias du Canada,

qui pourrait, je veux dire, nous permettre de créer une véritable

innovation auprès des enfants, en particulier dans le préscolaire.

Évidemment, je veux dire, nos projets nous

amènent à élargir l'information et les débats publics sur le Web et les médias sociaux, dans la culture et dans l'information, et nous sommes à travailler, suite à l'expérience du Nord dont

je vous ai parlé tantôt, à développer, en collaboration avec les gens du milieu

de l'éducation, la SOFAD et d'autres compagnies,

des trousses technopédagogiques pour assister les enseignants dans l'éducation des enfants dans l'utilisation des

plateformes et des tableaux blancs. Je veux dire, peut-être

50 % des classes maintenant

sont… je veux dire, possèdent des tableaux interactifs, mais les

contenus qui sont sur ces tableaux-là sont très pauvres et presque inexistants.

Télé-Québec a une marque, a une réputation, la

confiance des parents et des enseignants, et nous sommes en train de travailler

avec des gens de ce milieu-là pour voir de quelle façon on peut fournir du

soutien utilisable sur ces tableaux et sur

des iPad, les tablettes, etc., pour

enrichir les programmes éducatifs au

niveau du primaire et du

secondaire. On a un projet, on est vraiment

au stade expérimental, mais, comme c'est un plan de quatre ans, ça fait

partie

de nos objectifs.

Évidemment,

pour réussir, il faut faire beaucoup de choses. La première, c'est qu'il faut adapter

l'organisation de façon constante pour faire face à ces nouveaux défis.

La structure organisationnelle de Télé-Québec se transforme avec une plus grande

présence des médias numériques. Les conventions collectives doivent tenir

compte, de façon expérimentale ou finale, de

ces nouveaux modes de production, de ces nouvelles façons d'interagir avec les

milieux. Les bureaux régionaux sont à redéfinir leurs mandats et leur

pertinence en région. Donc, ça, c'est un des éléments qui est toujours... Nous

avons bien sûr un comité de ressources humaines qui nous accompagne là-dedans,

mais c'est un élément qui est encore en progression.

Ensuite, il faut

redéfinir nos relations avec les partenaires. Nous avions des relations

positives, nous sommes un bon partenaire, mais c'étaient des relations plutôt

à sens unique. Nous sommes en train de définir, pour utiliser avec les partenaires, des modes d'utilisation des contenus des partenaires qui leur laissent leur liberté et qui leur

permettent, je veux dire, de

bénéficier de l'effet d'agrégation de la promotion que Télé-Québec peut leur donner pour leur permettre de réaliser encore davantage

leurs mandats culturels et leurs mandats éducatifs, pour ceux qui en ont.

Ensuite, bien sûr, il faut accéder à des ressources

adéquates. La première chose, c'est qu'on essaie de protéger nos acquis, ne pas

trop baisser dans le Fonds des

médias, même si l'enveloppe globale baisse, les crédits, les ventes, je veux dire, les sources de revenus normales, renégocier les ententes que nous avons avec des partenaires ayant trouvé

d'autres… Il faut aussi, bien

sûr, rediriger nos ressources

vers les nouvelles priorités, et ce, ça se fait progressivement, budget après budget,

et trouver des façons originales d'augmenter

le potentiel de nos revenus, mais toujours dans le respect de notre mission et dans la

poussée de notre nouveau plan

stratégique. En fait, les principaux défis du plan stratégique, c'est : il faut

qu'on assure le développement et la pérennité

de Télé-Québec dans une perspective de développement durable mais aussi, je veux dire, dans un contexte

de ressources limitées; ensuite, il faut accroître et valoriser notre présence

sur le territoire. On l'a essayé de multiples façons,

c'est un leitmotiv à Télé-Québec, je

pense que, là, on a un bon filon.

Mais, je veux dire, si on n'est pas présents sur tout le territoire, on n'est pas une véritable institution au service de l'ensemble de la collectivité. Et ensuite il faut faire valoir, je veux dire, les contributions de Télé-Québec, que les gens reconnaissent que Télé-Québec, c'est une institution qui a de

la valeur, et la population et ses partenaires. Ça, ce sont trois objectifs… sous-objectifs

qu'on se donne, je veux dire, dans la réalisation de nos activités.

Donc, je vais

terminer là-dessus. Globalement, je dirais que Télé-Québec se porte bien,

malgré le contexte difficile. Je veux

dire, on réussit encore à ce que ça ne paraisse pas trop. C'est une société qui

est dynamique, qui est bien gérée, appréciée

du public et tournée vers l'avenir. Je pense que le plan stratégique 2012-2016

est audacieux. Il y a deux façons de faire un plan stratégique. Il y en

a un, c'est qu'on se fixe des objectifs facilement atteignables pour avoir une

bonne note à la fin de l'exercice. On s'est fixé des orientations et des

objectifs extrêmement audacieux et courageux. Ils s'inscrivent dans notre double

mandat. On en a sur le plan éducatif, sur le plan culturel. Ça élargit notre

champ d'action dans des zones qu'on n'occupait pas depuis un certain

temps ou qu'on n'a jamais occupées. Ça tient compte des nouvelles technologies

et de l'évolution de l'industrie qui se consolide et qui se transforme de façon

extrêmement rapide et qui propose une vision,

puis elle est globale, de Télé-Québec

comme une institution au service de la

population québécoise.

C'est aussi une

institution qui est à risque, il faut l'avouer, compte tenu des restrictions budgétaires

qui sont imposées depuis plusieurs années et des enjeux considérables auxquels

elle doit faire face dans un environnement qui évolue rapidement.

L'environnement de la télévision et des médias technologiques, ça évolue tellement

rapidement, et Télé-Québec, je veux dire… Je parlais hier, tu sais, assez étonnamment, avec le vice-président de V, je veux dire, qui disait : Nous sommes à peu près

les deux seules télévisions indépendantes sur le marché, tu sais. Oui, il y a

TV5 aussi. Mais, tu sais, nous et V, tu sais, ce n'est pas un naturel, mais une télévision

autonome qui ne fait pas

partie d'un grand groupe, qui n'a pas de moyen

de distribution, ni de satellite, ni de

canaux et qui doit, je veux dire, se positionner dans une niche, se faire

reconnaître avec une… faire reconnaître sa valeur auprès des

téléspectateurs, c'est un enjeu qui fait que c'est intéressant de travailler à

Télé-Québec.

Alors, je vous remercie. Puis on va répondre à

vos questions du mieux qu'on peut, sinon on vous enverra des documents.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci

beaucoup, Mme Fortin. Nous allons

débuter les échanges. Nous allons maintenant du côté du gouvernement. M.

le député de Saint-Hyacinthe, pour commencer.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Je salue mes collègues qui sont ici aujourd'hui,

je salue Mme Fortin, M. Bélisle, M. St-Onge,

Mme Tardif. Alors, bienvenue à l'Assemblée

nationale. J'avais commencé.

Vous savez,

Télé-Québec, pour moi, c'est, vous l'avez bien dit, hein,

c'est la télé du savoir, la télé de l'éducation, la télé de l'information. Et éventuellement vous ferez peut-être plus d'information de type régional, parce qu'on sait que, dans les dernières années, les télés privées ont

coupé beaucoup dans l'information régionale. Je pense que Télé-Québec pourrait en tout cas, dans l'avenir, prendre la

relève puis donner un peu plus d'informations. Je pense que c'est

intéressant.

Je vais vous amener juste, moi, sur une question

pertinente qui concerne les effectifs de Télé-Québec, les effectifs du

personnel. «L'effectif a subi une variation importante résultant d'une

réduction du personnel entamée en 2006. Il est toutefois impossible de vérifier

si cette tendance s'est maintenue après 2008, puisque les rapports annuels publiés à partir de cette date ne fournissent pas

d'information à ce sujet.» Alors, ma question est assez simple : Quels

sont les effectifs de Télé-Québec en 2012,

en 2013 et puis les effets des coupures budgétaires qu'il peut y avoir eu, ces

dernières années, sur les effectifs et sur

la réorganisation, bien sûr? Et en même temps, au niveau régional, on dit qu'il

y a neuf… vous êtes présents dans neuf régions. En tout cas, j'aimerais

connaître pourquoi on n'a pas l'information concernant la présence régionale de Télé-Québec en termes

d'effectifs sur le territoire et en termes peut-être de production, s'il y en

a, nécessairement.

Mme Fortin (Michèle) : Rapidement, je

vais faire une petite introduction. Je vais demander à M. Bélisle de répondre,

puisqu'il est le responsable aussi des ressources humaines.

À Télé-Québec, je veux dire, notre année

financière se termine au 31 août. Donc, notre rapport annuel de l'année va être

approuvé à notre conseil le 22 novembre, d'où est la raison pour laquelle vous

n'avez pas le dernier rapport annuel.

Deuxièmement,

bien sûr, il y a sept ans, on a eu une compression d'effectifs de 110 postes,

importante, et nous avons aussi des

effectifs qui sont des effectifs permanents, dans la base permanente, et nous

avons beaucoup d'effectifs occasionnels, contractuels, dépendant de la

programmation, des activités, etc.

Alors, je vais demander à Denis, qui est

responsable de ce dossier-là, de vous donner les chiffres.

M. Bélisle

(Denis) : Bonjour. Présentement,

on a 218 personnes qui sont employées sur des postes permanents et on a

245 employés occasionnels dans l'effectif total de Télé-Québec.

Plus particulièrement, au niveau des régions comme

telles, en région on a 52 employés, dont 21 employés permanents et 31 employés contractuels. Il faut savoir qu'en région ça

fluctue selon aussi la programmation comme telle. Plus qu'il va y avoir

de produits ou de programmations en région, bien, évidemment, les effectifs de

programmation fluctuent selon les émissions

de télévision ou les produits qu'on fera sur le Web. C'est plus variable. On a

présentement, officiellement, en région 27 postes permanents. Il y a six de ces

postes-là qui sont occupés en ce moment par des occasionnels. Mais,

globalement, on roule toujours entre 50 et 60 personnes en région.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

O.K. Merci. Une sous-question, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Vous avez tout votre bloc… minutes.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Mais, en termes de production régionale, est-ce que

ça a une certaine importance d'une région à l'autre, ou si c'est

concentré dans une région en particulier, ou si c'est réparti sur le…

Mme Fortin

(Michèle) : En fait, ce qu'on

avait, c'est que, dans la production régionale, il y a la production

interne et la production faite par des producteurs indépendants.

Dans la

production interne, je dirais que la région de Québec est dominante, bien, et

aussi dans la production en général, dû à l'ampleur de la population.

Dans les autres régions, je veux dire, la production est moins importante. Par exemple, l'an

dernier, et c'est une émission qu'on a abolie pour faire la plateforme, et je vais

vous expliquer, je veux dire, on

avait une émission de 26 demi-heures. Les régions les plus petites faisaient

deux demi-heures. Les régions de taille

moyenne, là, peut-être... disons, Sherbrooke en faisait quatre, Québec faisait

la différence et Québec faisait l'habillage et la consolidation, je veux

dire, des émissions sur le terrain. Nous avons aussi, bien sûr, des séries qui

sont faites en région par des producteurs. Écoles

à l'examen , avec Claire Lamarche, je veux dire qu'il y avait hier une

émission sur une école de Sherbrooke,

c'est fait par un producteur indépendant. Le dernier passager , qui

recrute, je veux dire, des étudiants

de 57 écoles de toutes les régions du Québec, est fabriquée à Québec.

Mais ce ne sont pas des émissions faites par nos propres effectifs, mais ce sont des émissions qui sont faites

par des effectifs indépendants et qui sont en

partie financées par des

contributions du fonds canadien.

À Québec,

aussi, on est partenaires de la seule compagnie qui fait de l'animation pour enfants

et dans le long métrage, et ça, je veux

dire, c'est une émission, mais c'est 30 employés, sur une base annuelle,

qui travaillent à faire des

émissions, des longs métrages d'animation pour enfants. Et ça, ça se fait dans

la région de Québec. On a été aussi partenaires du long métrage qui a été fait à Matane par la compagnie Vic Pelletier, qui s'appelait La maison du pêcheur , que vous avez vu cette année, et c'est aussi la

série sur le Nord, et les sous-séries et tous les documents

sont faits par un producteur régional, qui est aussi un producteur de

Matane.

Donc, je veux dire, c'est très variable. Vous

avez de la production interne, de la production privée, vous avez de la production télé pour nous, pour canal. Et,

vous savez, maintenant toutes nos ressources régionales sont consacrées

à préparer le matériel pour le lancement de la plateforme culturelle de

l'hiver.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Merci.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Mme la députée d'Iberville.

Bouillé : Oui. Merci,

Mme la Présidente. Bienvenue, Mme Fortin, messieurs mesdames, Mme Tardif, MM.

Bélisle et St-Onge.

Je dois vous avouer que moi, à des périodes de

ma vie, j'ai renoué avec Télé-Québec. Je me souviens, quand j'étais en maîtrise… je ne sais pas si c'est parce

que je voulais moins travailler sur ma thèse, mais j'écoutais beaucoup

Télé-Québec à cette époque-là. Et par la

suite, avec les enfants, bien, étant donné le contenu important au niveau

jeunesse... D'ailleurs, à cet effet-là, Mme

Fortin, vous m'avez battue, j'ai adopté quatre enfants, mais vous en avez plus

que moi. Donc, évidemment, avec les

enfants, tout le contenu jeunesse, j'ai renoué avec Télé-Québec à cette

époque-là. Évidemment, aussi, il y a

l'accent sur la famille, là, entre autres, dans le temps des fêtes, là, les

fameux films de la période du temps des fêtes qui est une belle occasion

pour regarder ça en famille. Mais...

Mme Fortin (Michèle) : On en a une série,

là, dans les prochaines... oui, oui.

Bouillé : Bon,

c'est bon, je suis heureuse d'entendre ça. Je comprends, là, que donc

Télé-Québec consacre autour de 40 % de sa programmation globale...

Mme Fortin (Michèle) : Pour les 24

heures.

Bouillé : ...oui, à jeunesse, mais que vous ne voulez pas

juste être reconnus comme une télévision pour enfants.

Et je comprends aussi que vous avez une part de

marché de 3 %, à peu près. Et j'ai retrouvé un

article qui avait été fait par les diplômés de l'Université

Laval en 2006, où vous veniez d'être nommée patronne de Télé-Québec.

C'est arrivé à peu près à cette époque-là, 2005, 2006?

Mme Fortin (Michèle) : 2005, oui. L'été

Bouillé : 2005. Puis là on disait : Bon, avec la

réorganisation que le gouvernement impose à Télé-Québec,

licenciement d'une centaine d'employés — vous en avez parlé tantôt — compression

de 10 millions de dollars qui avait été

imposée à Télé-Québec, vous arrivez quand même à avoir cette part

de marché là, même si vous ne faites pas d'information, de bulletin d'information, pas de sport, et vous êtes quand

même considérés comme une chaîne

éducative, une chaîne spécialisée, puis

qu'il y a eu, comme vous l'avez dit tantôt, des chaînes qui se sont développées, là, ayant

à peu près les mêmes cibles : Disney, Yoopa, etc. Puis ces chaînes-là,

elles ont des redevances, elles, donc ce qui entraîne une plus grande

compétition pour des produits, par exemple, qui sont développés, un fractionnement

des auditoires.

Mais est-ce que, pour vous, 3 %, c'est

intéressant ou vous visez, justement avec le plan stratégique et tout ça,

d'accroître ça et de combien?

Mme Fortin (Michèle) : Je veux dire, dans

mes rêves les plus fous...

Bouillé : Allez-y,

je veux vous entendre.

Mme Fortin

(Michèle) : ...je veux dire,

j'aimerais ça avoir, tu sais, je veux dire, je les aurais, 4 %, 5 %,

6 %, 7 %, là, tu sais, mais il faut être réaliste.

Je veux dire, 3 %,

c'est, je vais vous dire, la meilleure part de marché des télévisions

éducatives au Canada et aux États-Unis.

C'est déjà ça. Deuxièmement, si vous avez la moitié des enfants du Québec qui

écoutent une émission, hein, ça

serait beau, là, tu sais, mais, je veux dire, vous ne pouvez pas atteindre

1 million de téléspectateurs, il n'y a pas tant d'enfants que ça.

Donc, dans nos...

Mme Fortin

(Michèle) : Non, non, mais, c'est

ça, là. Alors, il y a une espèce d'effet, je veux dire, qui, quand la moitié de votre grille s'attache à

une population plus restreinte... Par exemple, nos émissions pour

enfants, là, les plus... ont autant de parts

de marché chez les 2-11 ans que les plus grands téléromans, qu' Unité 9 ,

que Tout le monde en parle , sauf que c'est appliqué

sur la population des 2-11 ans qui écoute la télévision.

Donc, je veux

dire, on vise à peu près 2 %. Si je regarde l'ensemble des chaînes

spécialisées qui sont… on est une conventionnelle,

mais on est un peu semi-spécialisés, il y en a qui font plus que 3 %. Mais

en général, si j'exclus RDS pendant les séries, là, ou bien RDI pendant

la commission Charbonneau, il y a trois blocs de chaînes spécialisées : il

y a le bloc entre zéro et un, là, je veux

dire, dans lequel vous situerez Canal, mais aussi Argent puis ces chaînes-là;

il y a le bloc entre un et trois, je veux dire, qui est le gros des

chaînes spécialisées; puis il y a le bloc autour de trois et plus, dans lequel

vous allez trouver Canal D, Séries+ et puis...

Mme Fortin (Michèle) : Hein?

Une voix : Super Écran.

Mme Fortin (Michèle) : Et Super Écran,

bien sûr qui est une télévision très, très spéciale.

Donc, c'est une position, je veux dire, qu'on

essaie de conserver. Je serais inquiète si on s'en allait dans le 1,5 %, là. Mais je pense qu'il est

irréaliste, je veux dire, d'essayer d'atteindre une part de marché, sans

changer le mandat et la population, de beaucoup supérieure à 3 %.

Bouillé : Mme la

présidente, merci. J'ai parlé aussi de certaines chaînes qui vont aussi dans

vos cibles, là, mais qui ont des redevances. Est-ce que vous avez...

Mme Fortin (Michèle) : Yoopa et Disney?

Bouillé : Pardon?

Mme Fortin

(Michèle) : Yoopa et Disney vont

chercher 1,8 % de part de marché

à elles. Quand elles n'existaient pas,

ces gens-là venaient automatiquement chez nous parce qu'on était les seuls. Tu

sais, ça fait

partie de notre réalité, et on doit composer avec ça.

Bouillé : O.K.

Mais, étant donné que vous n'avez pas de redevance, est-ce que vous avez

l'intention de tirer des revenus publicitaires de la plateforme culturelle

ou...

Mme Fortin

(Michèle) : Normalement, je veux

dire, la plateforme culturelle, et on pourra en parler en détail, va

être ouverte à la publicité, bien sûr, mais soyons réalistes.

Présentement,

la publicité sur les médias sociaux et sur Internet profite beaucoup à Google ,

YouTube , mais, je veux dire,

n'a pas l'impact de la publicité en télévision. Je vais vous donner un exemple.

Présentement, et on a quand même une

fréquentation importante sur nos sites Internet, je dirais qu'on va chercher,

en publicité télévisée, à chaque année... ça peut varier entre

10 millions et 11 millions, je veux dire. On n'atteint pas encore

facilement le quart de million en Web.

Donc, je veux dire, ce n'est pas une source, à

court terme, de financement régulier et important, et il y a beaucoup, beaucoup

de compétition, bien sûr. Alors, oui, il faut, je veux dire, mettre de la

publicité parce que, même si on réussit à démarrer avec un budget de base, il

faut payer les augmentations de salaire, il faut

payer la mise à jour technique, il faut payer le développement. Et il n'y a pas

encore de modèle d'affaires sérieux, je veux dire, pour financer le

développement de tous ces médias-là, à moins que vous ne soyez propriétaires de

bandes passantes, ce que nous ne sommes pas.

Mme Fortin (Michèle) : Non, on n'a pas de

satellite, on n'a pas de câble puis on n'a pas de bande passante.

Bouillé : Merci.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Je vais prendre le

temps de parole du côté du gouvernement, je vais vous poser quelques

questions, Mme Fortin.

Quand

j'ai regardé… que ce soit par rapport à votre plan stratégique, j'ai regardé

différents rapports que vous nous avez

soumis, ce qui m'a étonnée, c'est qu'on ne retrouve pas — vous y avez fait référence, mon collègue,

tantôt, vous a posé la question — au niveau des effectifs... On

est capable d'avoir les effectifs, comment ils ont évolué, 2006-2007,

2007-2008. À partir de 2008-2009, là, on n'a pas les données.

Mme Fortin (Michèle) : On les fournit au

gouvernement, mais je pourrai vous les envoyer. Je veux dire, dites-nous

exactement ce que vous voulez, et on va vous fournir l'information. On la

fournit à chaque année au gouvernement. Je vais vous dire, c'est juste que ça

n'a probablement pas…

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Oui. Votre collègue nous a répondu tantôt, M. Belzile, sur les…

Mme Fortin (Michèle) : Bélisle.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Pardon?

Mme Fortin (Michèle) : Bélisle.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Bélisle. Excusez-moi. M. Bélisle. Sur les effectifs...

Mme Fortin (Michèle) : Mais, les

effectifs, on les fournit toujours aussi dans les études de crédits.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

D'accord. Oui, mais là vous comprenez que nous, on n'a pas nécessairement

l'habitude…

Mme Fortin

(Michèle) : Oui, oui, mais on va

vous faire un tableau complet. Dites-nous depuis quand vous les voulez,

et on les fera.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Parfait. Merci. Parce que

ça, c'est une interrogation en tout cas, moi, que j'ai particulièrement.

Je proviens

d'une grande région, la région de la Côte-Nord. La présence de Télé-Québec dans

les régions... Moi, je trouve que…

J'adore Télé-Québec, j'ai été parent, mes enfants sont grands, je suis

maintenant mamie, et c'est sûr que j'écoute

beaucoup Télé-Québec quand je garde les petits-enfants à la maison. Mais je

trouve qu'en région, en tout cas, on a

moins de contenu. Vous avez fait référence, il n'y a pas si longtemps, bon,

avec tout le déploiement du développement du Nord… Bon, il y a beaucoup de reportages, c'était très bien. Mais, des

contenus régionaux, moi, j'en retrouve de moins en moins. Je pense que

c'est une des missions que vous vous êtes données, d'être présent dans toutes

les régions du Québec, notre culture.

Québec, je trouve que c'est une grande région. Pour moi, ce n'est pas

nécessairement une région aux termes où, moi, j'ai cette définition de

«région». Je voulais vous entendre là-dessus, parce que je sais que c'est un

des objectifs que vous vous donnez, d'être présent partout sur le territoire.

J'ai vu que,

dans votre plan stratégique, vous avez quatre enjeux. Vous parlez beaucoup, on

le voit, des enjeux, mais, en termes

de cibles, vous êtes capables d'arriver avec des cibles au niveau de votre

clientèle. Mais vous n'avez pas dans

votre plan stratégique... exemple, on se fait telle cible, d'être plus présent

dans telle région avec tels moyens et par la suite on verra si on a été

capable d'atteindre ces cibles-là. Pourquoi pas de cible comme telle?

Mme Fortin (Michèle) : On en a. Nos

cibles : il faut réduire la masse salariale de 1 % par année depuis quatre ans; il faut payer, je veux dire, les

augmentations de salaire négociées par le gouvernement à même nos

budgets de base. Je veux dire, nos cibles sont négatives, dans le moment, là,

alors on ne les annonce pas, on essaie de le faire.

Présentement, cette année, je veux dire… Et on

l'a fait, je veux dire, on a offert à un certain nombre de nos départements, aux gens qui voulaient travailler

quatre jours par semaine, parce que ce sont les gens qui travaillent qui doivent… Je veux dire, ce sont les gens qui

ne travaillent pas, ce sont les postes qu'on coupe puis qui doivent

payer pour les augmentations des gens qui travaillent. Donc, ce qu'on a fait,

on a coupé, il y a six ans, sept ans…

Mme Fortin

(Michèle) : En 2006, on a coupé

110 postes, aucun en région, tu sais, et on a maintenu, depuis là, je

veux dire, nos effectifs en région.

Cette année, je vais vous dire, on a transformé

des postes en région pour essayer, je veux dire, d'avoir une présence plus pertinente. Mais on n'est pas, sur le plan des

effectifs, dans un domaine de croissance. On a un projet, je veux dire, qui demanderait une croissance d'effectifs

relativement minime — Mme

St-Pierre sait de quoi je veux parler, je pense — et les gens nous disent : Mais on ne

veut pas accroître la masse salariale, on veut la réduire. Alors, c'est

ce qu'on fait. C'est pour ça, dans le fond, que, sur le plan de l'effectif, je

veux dire, et sur le plan de la motivation interne, on ne dit pas aux gens :

Voyez-vous, on va couper 10 postes par année pendant les cinq prochaines années. Ce qu'on fait, c'est qu'on

essaie, je veux dire, d'aller chercher des sommes qui permettent de conserver ces

gens-là, de transformer les tâches pour faire les transformations en fonction

des orientations stratégiques à partir du

personnel qui est disponible.

Mais

c'est un peu ce qu'on essaie de faire. Les projets qu'on développe, et sur

lesquels on travaille depuis un certain

temps, évidemment, je veux dire, focussent sur le développement d'activités et

de personnel en région, mais on est encore à la recherche des ressources

pour les implanter.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Merci, Mme Fortin.

Moi, vous allez me dire si je vous ai très bien comprise. Mais, tout

d'abord, je veux vous dire que moi, je félicite tout le personnel qui oeuvre au

niveau de Télé-Québec. C'est un des

diffuseurs, je pense, qu'on a besoin pour notre culture, c'est des produits

québécois, hein, donc c'est notre

langue, c'est notre culture. Je comprends que vous avez des défis énormes, vous

venez d'en faire référence. Vous avez eu des coupures importantes, donc

c'est sûr que ça a eu un impact chez les effectifs, entre autres chez les

effectifs en région.

Vous n'êtes pas une

télé dite commerciale, donc les défis sont immenses pour vous. Mais j'ai bien

entendu votre message. Je voulais juste mieux comprendre.

Mme Fortin (Michèle) : ...protégé, depuis toujours, on a protégé les effectifs en région. Je

veux dire, ça a été une règle de base. Je pense que toutes nos

statistiques peuvent vous le démontrer.

qu'on essaie de faire maintenant, je veux dire, avec le projet de plateforme

culturelle… Parce que nous ne sommes pas les seuls, hein? Les autres

organismes culturels sont tous dans des situations où chacun essaie, du mieux qu'il peut, de remplir son mandat dans un

contexte financier difficile. Ce qu'on s'est dit, collectivement, c'est

que ce serait probablement plus avantageux pour les régions, pour la population

si nous mettions nos efforts ensemble pour faire des choses qu'on ne peut pas

faire de façon individuelle.

Donc, on est en train

de discuter, de négocier avec des partenaires partout sur le territoire pour,

je veux dire, trouver des façons économiques

de fournir des contenus régionaux culturels sur le Web. Normalement, je

veux dire, notre planification sur cette plateforme-là, c'est que 50 % des

contenus viendraient des bureaux régionaux, tu

sais, et les bureaux régionaux actuellement travaillent à créer des contenus et

à négocier des ententes avec, je veux dire, le festival de Tadoussac, le Festival de musique émergente, le musée… tu

sais, bon, l'ensemble des organismes culturels qui eux aussi veulent avoir de la visibilité, veulent

faire connaître leurs activités, ont des missions d'éducation. Et là on

est en train d'essayer de créer, je veux dire, la plateforme à partir des

expertises de Télé-Québec, mais de la contribution en contenu de tous ces organismes-là, je veux dire, pour donner une vision

globale de la culture à l'ensemble du Québec. Mais, comme je dis, je ne

l'ai pas écrit, on a 300 partenaires, j'aurais pu ajouter, enthousiastes mais

pauvres.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Dernière petite question

avant de céder la parole à mes collègues.

Vous

avez fait un tableau, je l'apprécie, parce que, là, on a les données de 2006

jusqu'en 2012. Comment vous avez fait

pour établir votre part de marché? Si je regarde, en 2008-2009, vous aviez 3,6

de part de marché; 2011-2012 est à 2,9.

Mme Fortin (Michèle) : Ce n'est pas nous qui l'établissons. Je veux dire, il y a un organisme

qui s'appelle les BBM qui, je veux

dire… La part de marché, c'est : Quelle est la part de l'écoute de

télévision qui va à votre chaîne parmi toute l'écoute de télévision du Québec francophone, y compris pour la

télévision anglaise, la télévision américaine, les chaînes spécialisées,

etc.? C'est mesuré quotidiennement à partir d'un échantillon d'à peu près 800

personnes, je veux dire, et je dois dire

que, dans le cas de Télé-Québec, nous sommes très sensibles aux variations

d'échantillon. Si l'organisme qui mesure

la part de marché décide de changer une famille avec deux jeunes enfants pour

une famille sans enfants ou avec, je veux

dire, deux adultes, à ce moment-là, notre part de marché est directement

affectée parce que, je veux dire, ces gens-là n'écoutent pas le même

genre d'émission.

Mais

la part de marché, c'est une donnée objective, si on peut dire, mais qui vient

extérieure et qui est mesurée pour toutes les télévisions de la même

façon, à partir d'un échantillon d'une firme qui s'appelle les BBM.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Merci beaucoup.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Oui. Est-ce que vous vouliez rajouter

autre chose?

Mme Tardif (Nicole) : Bien, en fait, le 3 % de part de marché, c'est sur l'écoute

globale mais annuellement. Par exemple, dans le temps des fêtes, on est

à 8 % de part de marché, sauf que ça fluctue selon les périodes.

Mme Fortin (Michèle) : Mais, dans les grosses soirées, là, je veux dire, entre La voix

puis Tout le monde en parle, là, je veux dire, on frôle le

deux…

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Puis quand c'est dans le temps des fêtes

avec Ciné-cadeau ?

Mme Fortin

(Michèle) : Dans le temps des fêtes, on augmente.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Ah bon! d'accord.

Mme Fortin (Michèle) : Ah oui! ça, tu

sais, tu as une part de marché globale, là, tu sais.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Je voulais juste m'assurer que j'avais

bien saisi la façon de mesurer. Merci beaucoup. Monsieur le…

Une voix : Il reste combien

de temps, Mme la Présidente?

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : C'est fini, terminé. On va revenir. Nous allons

revenir dans le second bloc. Donc,

nous allons maintenant du côté

de l'opposition officielle. Mme la députée de Bellechasse, vous avez la parole.

Mme Vien :

Bellechasse. Merci beaucoup. Bonjour à vous tous. Mme Fortin, bienvenue dans votre Assemblée nationale.

Moi, je suis de la génération des Oraliens et des 100 tours de

Centour , hein? Ça vous donne un petit peu l'âge que j'ai. Évidemment, on a grandi avec…

Mme Fortin (Michèle) : Moi, c'est avec Pépinot

et Capucine , là.

Mme Vien : Oui. Je me souviens un peu de ça, quand même. Merci d'être là, c'est très apprécié. On a l'impression aussi

d'en apprendre toujours un peu plus sur Télé-Québec, les visions que vous avez,

les efforts que vous déployez également sur l'ensemble

du territoire du Québec. On est quelques personnes ici, autour de la table, à avoir fait

soit de la radio ou de la télé particulièrement dans le monde de l'information,

et j'en suis.

Évidemment,

tout ce projet, qui est le vôtre, de plateforme d'information qui est dans

l'air nous intéresse vivement. D'ailleurs, notre collègue la députée d'Acadie,

autrefois ministre de la Culture et

des Communications, avait lancé

un vaste chantier avec Mme Payette sur l'avenir de l'information. En est

ressortie, de son rapport, à Mme Payette, donc une résolution… une recommandation, pardon, à

l'effet de mettre en place une plateforme Web sur l'information

régionale. Et, comme si ce n'était pas assez, la Commission de la culture que

nous représentons aujourd'hui a elle aussi formulé une recommandation assez insistante sur l'aval qu'on devrait donner à ce

projet-là. Il y a même la première ministre, faut-il le rappeler, dans son discours inaugural, de

mémoire de femme, qui a bien insisté sur le fait qu'il devrait y avoir

donc une plateforme Web.

Vous nous

apprenez aujourd'hui ou on apprend dans vos documents que maintenant vous avez

comme objectif, dans une première

phase, de lancer une plateforme à caractère davantage culturel. Ça me surprend

un peu. Ça me surprend un peu. J'aimerais en apprendre davantage

là-dessus. Qu'est-ce qui vous a amenés à y aller dans ce sens-là plutôt que de vraiment fixer, dans un premier temps, et

d'arriver très rapidement à cette plateforme d'information régionale? Et

quels sont ces obstacles qui vous empêchent d'aller directement droit au but?

Vous disiez tout à l'heure : Ce n'est pas pour demain, mais le projet n'est pas mort. Je vous cite presque au mot. Vous

comprendrez un peu notre surprise de voir qu'on passe par le culturel

avant d'arriver à une plateforme beaucoup plus générale sur l'information

locale et régionale dans nos régions. Alors,

je lisais dans un

article d'un journal — je pourrais vous le citer, là — qu'on y va donc avec une première

phase. D'abord, expliquez-nous pourquoi vous en arrivez à cet état de fait? Est-ce

que c'est une demande ministérielle? Est-ce que c'est une demande

gouvernementale? Quelles sont ces phases qui vont suivre par après, et combien

y en a-t-il?

Puis

effectivement expliquez-nous quelles sont ces difficultés que vous entrevoyez

de vous attaquer immédiatement, si vous voulez, à l'échafaudage d'un

projet qui était... en tout cas, qui est et qui demeure formidable.

Mme Fortin (Michèle) : Écoutez, je pense

que Mme St-Pierre peut en témoigner, je veux dire, nous sommes toujours

convaincus que c'est un projet important et formidable, mais c'est un projet

qui exige quand même des ressources importantes. Je veux dire, on l'a

réexaminé. On pensait, je veux dire, suite à la campagne électorale, au discours inaugural, que nous pourrions amorcer le projet, je veux dire, dans des délais

assez rapprochés.

La situation

financière, je veux dire, le gouvernement a décidé qu'on ne mettait pas d'argent

là-dedans, et la question

qui se posait pour nous, c'était de dire : Est-ce qu'on attend? Comment est-ce qu'on entre dans le numérique, je veux dire, avec un aspect

significatif pour les régions et, je veux dire, si jamais ça n'arrive pas? Parce

que moi, j'ai été témoin. Et on peut en témoigner, je veux dire, on a travaillé

et on travaille encore beaucoup pour convaincre

l'ensemble des intervenants. Je ne parle pas «sur le terrain». Je

veux dire que ce projet-là est important, essentiel, innovateur et que

nous pouvons le mener à terme.

Donc, après

avoir réfléchi, on pouvait faire deux choses. Quelqu'un nous a dit : On

pourrait peut-être commencer par une région ou deux. Mais, à ce moment-là, ça n'a pas d'impact intéressant parce que ça devient, je veux

dire, quelque chose qui ne peut pas atteindre le niveau d'impact et de

qualité pour convaincre les gens de faire une plateforme à l'échelle du Québec. Deuxièmement, je veux dire, pour faire une plateforme en région, une plateforme

d'information, ça impose des exigences sur

le plan de l'organisation, l'organisation du travail, je veux dire, ça nous prend des

rédacteurs en chef. Je peux reculer un peu. Ce projet-là proposait et propose

encore de créer une plateforme pas en créant une salle de nouvelles, je veux

dire, de personnel à l'emploi de Télé-Québec, mais en regroupant les effectifs

qui travaillent présentement dans les journaux indépendants, communautaires,

journaux, radios, télévisions. Donc, vous prenez un ensemble de journalistes professionnels et bénévoles dans des régions

avec des niveaux de formation différents, des niveaux de couverture

différents et vous essayez d'intégrer ça dans un médium qui est dynamique, qui

reflète l'ensemble de l'information, qui part des régions et qui l'amène au central

avec des dossiers, je veux dire, que les régions se partagent.

Donc, ça

prenait des effectifs en région supplémentaires. Au début, quand on a fait...

on disait : Un red-chef par région.

On avait monté le nombre de régions à 13, parce que nous, on n'a pas de

région, je veux dire, dans la grande région métropolitaine de Montréal,

là, et on ne peut pas faire un média d'information en excluant la moitié de la

province, là. Et, je veux dire, comme il y a des poches

ou il y a des régions qui sont beaucoup moins bien servies, on pense que ça va

prendre, et d'où, je veux dire, notre réévaluation, au moins, dans chaque

région, un journaliste-caméraman-monteur pour compléter l'information, surtout

qu'avec le développement de La Presse + , etc., il y a une exigence maintenant pour ces plateformes-là d'être

alimentées avec du vidéo. Bon. Alors, comme… puis Mme Marois avait dit : Y compris sur le plan culturel.

Comme la culture, c'est notre mandat et que je trouve qu'on n'occupe pas

ce champ-là de façon assez visible — bien sûr, on a Belle et

Bum , on a du cinéma, on a Voir , mais, je veux dire, notre rôle de télévision culturelle n'est pas aussi

affirmé que je le souhaiterais — là on s'est dit : Pourquoi

on ne démarre pas, un peu sur le plan

expérimental mais pour le durer, une plateforme culturelle qui nous permet, un,

je veux dire, de faire face aux différents problèmes? Comment il faut

redéfinir les tâches de nos caméramans-monteurs en région, qu'on puisse faire aussi de la réalisation? Quel est le

nouveau rôle de nos coordonnateurs régionaux? Comment est-ce qu'on fait des ententes avec chacun de nos partenaires pour qu'ils y

tirent leur profit et qu'on puisse avoir sur la...

Et, dans le fond, c'est un laboratoire qu'on est en train de créer, mais c'est un

laboratoire qui est pertinent à notre mandat. Puis, si jamais il n'y en

a pas, d'argent, je veux dire… je ne veux pas dire ça, il va y en avoir, oui,

il va y en avoir, mais,

si jamais il n'y

en a pas, qu'il puisse survivre par lui-même et qu'il

remplisse une fonction fondamentale de Télé-Québec comme télévision

culturelle.

Donc, c'est

un peu ça, là. Ce n'est pas un cheval de Troie, mais c'est une porte ouverte

qui nous permet, à nous, de

dire : Ah, il faut résoudre ce problème-là comme ça. Les problèmes — on

est en train de la préparer, là — ça

surgit tous les jours, là.

Mme Fortin (Michèle) : Oui?

Mme Vien : Mme Fortin?

Mme Fortin (Michèle) : Oui. Mais, s'il

vit comme ça, madame…

Mme Vien : Oui. Bon. C'est

une façon de voir les choses. Moi, ce que je comprends de ce que vous me dites aujourd'hui,

et ce que vous nous livrez comme message, c'est que... et je vous reprends au

mot encore une fois : Je pensais qu'on pourrait y aller plus rapidement.

C'est ce que vous nous avez dit. Et je comprends que vous n'avez pas d'argent

pour procéder.

Une voix : Non, madame.

Mme Vien : C'est ça, la

réalité…

Mme Fortin (Michèle) : Bien sûr.

Mme Vien :

…alors que ça avait été annoncé en grande pompe pour procéder avec la

plateforme Web. Vous me dites :

On travaille à convaincre les intervenants, et ce ne sont pas ceux qui sont sur

le terrain, pour procéder. Qui avez-vous...

Mme Fortin (Michèle) : Je pense qu'avec

Mme St-Pierre, qui a fait sa tournée, on avait fait la tournée, on avait un bon

accord des gens du terrain. Mais, je veux dire, cette année, là, on fait des

coupures et là on arrive avec un projet, je

veux dire, et là les gens disent : Il n'y a pas d'argent pour des nouveaux

projets. Tu sais, on est dans cette situation-là puis on n'est sûrement

pas les seuls, là, je veux dire...

Mme Vien : ...pas d'argent,

à...

Mme Fortin (Michèle) : Bien, c'est le

gouvernement. Le gouvernement a fait un budget, nos crédits sont arrivés, et il n'y avait pas d'argent pour ce

projet-là puis il n'y en avait pas dans le budget d'avant. Puis, bon, est-ce

qu'il va y en avoir dans le budget d'après?

Alors, on a deux positions possibles : ou

on dit : Bien, on va attendre puis on va faire de la TV... Je veux dire, on n'a pas les moyens de prendre nos ressources

puis de les affecter à un projet comme ça, pour... et qu'il réussisse.

Ce n'est pas possible.

Mme Vien : Mme Fortin...

Mme Fortin (Michèle) : Ça prend un

engagement et des sommes.

Mme Vien :

Vous avez raison. Mme Fortin, à combien vous évaluez, en termes d'effectifs et

en termes de budgets, donc de crédits, nécessaires pour procéder? J'ai

lu 10 millions. J'ai entendu «6 millions».

Mme Fortin (Michèle) : Quand on a fait le premier projet, on l'avait évalué à 6 millions.

Mais le travail qu'on a fait nous dit : Il faut renforcer les équipes

régionales avec au moins un journaliste-caméraman-monteur par région supplémentaire, en plus,

là, des médias communautaires. Donc, ça nous amène à peu près 7 millions,

plus, je veux dire, les besoins de formation puis d'entretien.

Donc,

on évalue présentement la plateforme à 7,5 millions. Mme Marois avait

parlé dans son... de 10 millions. Le 10 millions, c'est qu'à

partir de ça, je veux dire, l'intérêt, c'est de créer une émission

d'information régionale sur l'antenne de

Télé-Québec pendant les 39 semaines. Les 2,5 millions, c'est pour

l'émission de télévision. La plateforme comme telle, c'est 7,5 millions si on veut vraiment s'assurer que,

dans chaque région, on a un journaliste supplémentaire caméraman-monteur

pour être capable de tout couvrir.

Mme Vien :

Mme la Présidente, je passerais la pôle à ma collègue d'Acadie.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Parfait. Mme la députée d'Acadie, à vous

la parole.

St-Pierre :

Merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme Fortin.

Mme Fortin

(Michèle) : Bonjour, madame.

St-Pierre :

Je veux vous saluer, ainsi que votre équipe. C'est toujours un plaisir de vous

voir. Et je reconnais, dans la réponse que

vous donnez à ma collègue, votre côté très pragmatique, et vous cherchez toujours

à trouver les solutions à des problèmes qui sont souvent insolubles.

C'est

sûr que c'est une déception de voir que les sommes n'ont pas été au

rendez-vous, parce que les sommes ont été

promises. Et, lorsque les sommes ont été promises, bien tu penses que ça y est,

ça va y être. Et il y a un

article qui a paru dans Le Journal

de Montréal le 3 novembre 2012, où le ministre actuel dit : «On va le

préciser dans les prochaines semaines.»

Donc, on est au mois de novembre 2012, on va le préciser dans les prochaines

semaines. On est 52 semaines plus tard. Ça, c'est mon petit éditorial.

Cependant,

je pense que... et en toute... Vraiment, je vous le dis, je pense que votre

idée de faire la plateforme culturelle, c'est une bonne idée pour nos

créateurs. On a à coeur nos créateurs, on veut qu'ils soient diffusés. Puis les

créateurs au Québec ne sont pas juste à Montréal, les créateurs, il y en a

partout au Québec. Et, si vous êtes capables d'arriver

avec cette plateforme-là, tant mieux. Sauf que vous nous dites que vous n'avez

pas d'argent à faire la plateforme d'information locale et régionale,

puis vous avez de l'argent pour faire la plateforme culturelle. Je m'excuse,

mais je ne vous suis plus, là.

Mme Fortin

(Michèle) : Bon. Dans le...

St-Pierre :

Combien elle vous coûte, la plateforme culturelle?

Mme Fortin (Michèle) : Dans le moment, je veux dire, il y a deux options. Moi, j'ai demandé de

l'argent pour la plateforme

culturelle. Je veux dire, dans le moment, je l'attends, mais il y a deux volets, là. Vous connaissez ce

dossier-là aussi bien que moi, là, je veux dire...

St-Pierre :

Mais vous avez demandé combien pour votre plateforme culturelle?

Mme Fortin

(Michèle) : Bien, c'est ça. Dans le budget d'immos, on a l'argent, hein,

donc l'argent pour le développer et qui nous

permet de développer l'infrastructure qui va servir à l'autre. On peut le faire maintenant.

Donc, on parle d'argent de fonctionnement. Dans l'argent de fonctionnement, on

calcule à peu près 750 000 $ par année, je veux dire, et il y a une

partie des sommes qu'on a, je veux dire, qu'on

a prise à l'intérieur. On a un poste qu'on a reconverti. On a reconverti des postes, mais, je veux dire, on est

loin de 6 millions, 7 millions, là, tu sais…

St-Pierre : Donc, je comprends que vous allez utiliser les

ressources que vous avez sur le milieu, qui sont...

Mme Fortin (Michèle) : Dans le moment, on utilise les ressources qu'on a puis on espère qu'on

va convaincre, avec la qualité du produit, qu'on va pouvoir poursuivre.

St-Pierre : Puis, comme vous n'avez pas... ces ressources-là

ne sont pas des journalistes professionnels...

Mme Fortin

(Michèle) : Non.

St-Pierre : …vous préférez les occuper dans leur mission,

qui est une mission culturelle, et de dire : Bien, que vous allez

vous moderniser, vous allez travailler sur ce concept-là. Vos fournisseurs de

contenu, il va falloir que vous les rémunériez?

Mme Fortin (Michèle) : C'est un peu différent. Dans le cas de la plateforme d'information,

vous vous souvenez sûrement, je veux dire, on avait défini qu'on

achetait les contenus des journaux communautaires, etc., c'était une façon de

les soutenir.

Là, là, c'est un défi différent et un peu

complexe. C'est que chaque partenaire… on discute et on négocie des ententes différenciées avec chaque partenaire,

avec, je dirais, des partages de responsabilités et de coûts. Par

exemple, je veux dire,

là, on fait les partenaires institutionnels, la Grande Bibliothèque. On

s'assoit avec la Grande Bibliothèque, on regarde la somme des activités culturelles, je veux dire, et ils

fournissent des contenus, parfois on partage les coûts, parfois ils les

fournissent eux-mêmes, ils négocient les droits. C'est un peu le modèle qu'on

avait commencé à développer, le Canal Savoir, avec le Musée national des

beaux-arts de Québec, avec le Musée de la civilisation, avec La Société des

musées, avec le Festival de musique émergente. Là, on est en train... Tu sais, c'est

tout. Écoutez, on est dans le bricolage,

madame, là, je veux dire. Je dis toujours : On finit bricoleurs et

tricoteurs, là. Alors, je veux dire, on a, avec le festival du court métrage du Saguenay, qui avait

des contributions de Téléfilm, qu'on va reconvertir… Chaque dossier est divisé comme ça. La STM veut mettre en relief tous

les artistes qui ont fait des arts dans le métro. Eux, ils ont de l'argent, ils

vont payer pour le contenu. Dans un autre cas... Et là on essaie de fédérer.

Et ça... Nous, notre contribution, c'est la plateforme,

c'est l'agrégation, c'est la promotion parce que, quand... et c'est aussi

l'expertise. Mais en contrepartie eux autres, ils ont du contenu.

Et, si je

peux me permettre, il y a une

partie de la plateforme qui est, aussi, ouverte

aux contributions des artistes, des créateurs, je veux dire, de façon

spontanée, là, tu sais.

St-Pierre :

Alors, je trouve ça encore une fois très intéressant puis je reconnais, là,

votre côté «trouver des solutions à

des problèmes» puis... Cependant, je fais le souhait que la plateforme

d'information locale et régionale ne se retrouve pas à la 50e priorité,

mais que ça soit peut-être le prolongement de cette plateforme culturelle là

rapidement.

J'ai une question sur votre plan stratégique.

Nous sommes dans une société, au Québec, une société qui est changeante, une

société qui est vieillissante, mais une société aussi qui accueille, année

après année, une cinquantaine de milliers d'immigrants, des gens qui ont besoin

de s'intégrer, des gens qu'on veut amener en région, des gens qui arrivent avec

leurs bagages riches, intellectuels et tout ce qu'ils ont à offrir. Mais en

même temps on leur demande de s'intégrer, on

leur demande de nous comprendre, on leur demande de vraiment... Et ce n'est pas

hier, c'est tout de suite, maintenant. Ce

n'est pas demain, c'est tout de suite maintenant, fais-le, puis tout ça. Je

suis un petit peu… à moins que je l'ai lu trop vite, je suis un petit

peu déçue quand je regarde votre plan stratégique parce qu'on ne fait

aucunement mention des communautés culturelles.

Et vous dites ici, l'enjeu 1,

orientation 2, vous dites : «Mettre en ondes au moins deux émissions

nouvelles marquantes par année.» Donc là, ça vous prend plus d'argent, bien

sûr, mais...

Mme Fortin (Michèle) : …je veux dire.

St-Pierre : C'est

budgété, les deux émissions de plus?

Mme Fortin (Michèle) : C'est que dans...

St-Pierre : Mais

ma question est : Pourquoi vous n'avez pas dans votre philosophie, qui est

une philosophie culturelle mais aussi une

télévision qui est une télévision pour enfants… pourquoi vous ne sautez pas sur

cette occasion-là de faire en sorte que Télé-Québec devienne également un

acteur dans l'intégration des immigrants et un acteur aussi dans la

compréhension des immigrants puis des gens qui viennent ici?

Vous le

faites peut-être par le cinéma, vous le faites peut-être par d'autres moyens.

Mais, je veux dire, pourquoi il n'y a pas, dans votre plan stratégique,

quelque chose qui dit carrément que ça pourrait faire

partie des priorités de

la philosophie de Télé-Québec?

Mme Fortin (Michèle) : En fait, c'est

parce que ça fait

partie de notre quotidien.

Je pense que ce qu'on a essayé de mettre dans le

plan stratégique, c'est de concentrer sur un certain nombre d'orientations plus nouvelles. Je veux dire,

présentement… et je ne sais pas si… on fait beaucoup de choses dans les écoles, je veux dire, où les enfants des

communautés culturelles sont très, très, très impliqués. Nous

travaillons aussi, je veux dire, dans les

émissions pour adulte. Ça fait partie… et on fait des rapports à chaque année,

ça fait

partie de notre vie réelle, quotidienne.

Parallèlement

à ça, on est en train d'examiner — je ne vous dis pas qu'on va le faire,

là — mais, je

veux dire, avec les gens du ministère

de l'Immigration et des Communautés culturelles, de quelle façon on peut

contribuer, via Canal, via le Web,

etc., la francisation des immigrants. On est très préoccupés par les questions

de langue française, je veux dire, ils sont préoccupés par… Et on est en

train d'essayer de voir comment on peut… ça, ça en est un, ça, comment on peut utiliser, par exemple, auprès des jeunes enfants,

la popularité de nos personnages pour les amener à s'acculturer, je veux

dire, à la culture du Québec. Mais le projet qui est vraiment à ses

balbutiements, c'est comment on peut amener, en partenariat avec les gens qui sont en relation avec les communautés immigrantes,

des efforts de francisation pour les gens, par exemple, qui ne sortent

pas vraiment.

Alors, je

veux dire, on le fait. Je veux dire, ce n'est pas un élément de notre plan

stratégique, c'est un élément de notre vie quotidienne.

St-Pierre : Mais

moi, je vous soumets que, lorsque vous faites des présentations... Là, vous

faites la présentation aux députés, mais vous en faites, des présentations,

vous en faites, des conférences. Moi, je vous soumets que c'est quelque

chose qui devrait faire

partie du…

Mme Fortin (Michèle) : Je prends note,

oui. Vous avez raison. Vous avez raison.

St-Pierre : …dans vos PowerPoint, et tout ça, de vraiment,

vraiment, vraiment faire un point là-dessus parce

que c'est majeur, puis vous rejoignez une clientèle… Vous le dites vous-même,

là, c'est, quoi… trois enfants sur quatre vous écoutent?

Mme Fortin

(Michèle) : Tout à fait.

St-Pierre : Vous avez le potentiel de vraiment travailler et

participer à cette grande oeuvre d'intégration des immigrants, là. Je ne

sais pas s'il nous reste du temps, non, pour poser des questions? On a fini?

Mme Fortin

(Michèle) : Si je peux me permettre, Mme St-Pierre…

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Il vous reste une minute, Mme Fortin.

Mme Fortin (Michèle) : Si je peux me permettre, Mme St-Pierre, je veux dire, on a une nouvelle

zone vidéo, vous pouvez revoir toutes

nos émissions. Et hier, dans l'émission sur Écoles à l'examen , vous

aviez toute une émission sur une école

de Sherbrooke, sur l'intégration des enfants immigrants, je veux dire. Alors,

vous pouvez l'avoir sûrement… Si vous avez une heure ce soir… 45 minutes

ce soir, je vous le recommande.

St-Pierre :

Merci. Bien, il reste 30 secondes.

St-Pierre : Moi, je veux juste faire le point. Il ne faut

pas juste que ce soit Télé-Québec qui le sache, il faut que l'ensemble

du Québec soit au courant de ça. Il faut que les gens soient au courant que ça

existe. Et je sais que la publicité, ça coûte cher, là, mais il faut trouver

les moyens de communiquer cette information-là qui, à mon avis, est très

fondamentale. Voilà.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Merci. Nous allons maintenant du côté du

deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Montarville, c'est à vous la

parole.

(Montarville) : Oui. Merci beaucoup, Mme la

Présidente. Bonjour à vous tous. Et, bonjour, je vous resalue à nouveau.

Mme Fortin

(Michèle) : Bonjour.

Mme Roy

(Montarville) :

C'est agréable de revoir les visages que j'ai connus dans une autre vie.

J'ai beaucoup de

questions. J'ai moins de temps que mes collègues, alors je vais… Naturellement,

je voulais parler aussi de cette plateforme

en information, c'est un incontournable pour moi, avoir pataugé là-dedans

pendant 22 ans. Je comprends

qu'effectivement on la souhaite, cette plateforme, et on sait que c'est très,

très lourd, faire de l'information télévisée.

On sait jusqu'à quel point c'est pesant et ça coûte cher. Nous avons été

sensibilisés par les journaux indépendants.

Je comprends que vous

voulez alimenter votre plateforme Web avec les journaux communautaires…

Mme Fortin

(Michèle) : Et indépendants.

Mme Roy

(Montarville) :

...et indépendants, également. Je voulais avoir votre position là-dessus, parce

qu'eux — on sait qu'il y a deux grandes familles, là,

Transcom, Québecor — on les

connaît, ils ont déjà tout ça, mais, les indépendants et dépendants,

donc il y a une ouverture à cet égard-là?

Mme Fortin (Michèle) : Oui, oui, on les a rencontrés

au moment du développement de la plateforme, on les a rencontrés

dernièrement.

Mme Roy

(Montarville) :

Bien, c'est ça que je veux savoir, là, oui, et…

Mme Fortin

(Michèle) : Ils sont toujours là, tu sais, oui, oui, oui. D'ailleurs, M.

Bélisle siège au Conseil de presse et, à ce moment-là, il les a aussi rencontrés, oui, les journaux, radios, télévisions

communautaires, indépendants, oui.

Mme Roy

(Montarville) :

Donc, mais les indépendants et dépendants qui ont déjà d'ailleurs du…

Mme Fortin

(Michèle) : Ils sont là. Ils sont là, virtuels.

Mme Roy

(Montarville) :

Oui. Et, sur le monde Web, ils sont déjà là avec du bon matériel, donc il

pourrait y avoir une entente, un partenariat.

Mme Fortin (Michèle) : Ah, aucune

difficulté. Puis d'ailleurs ce sont probablement ceux qui sont le plus avancés par

rapport aux partenaires futurs de cette nouvelle plateforme.

(Montarville) : Bien, ça me réconforte, parce que je

ne savais pas où on était rendu là-dedans, puis on avait eu des sons de cloche

différents.

Alors,

c'est une avancée à cet égard-là parce

que c'est quand même

une industrie, ce sont des entreprises locales, et ce sont des emplois, beaucoup

d'emplois. Alors, si Télé-Québec peut aider puis on peut trouver un partenariat,

ce serait fantastique. Je suis contente de l'entendre aujourd'hui.

Cela

dit, autre question. Je parle vite parce que j'ai peu de temps.

Dans vos conditions de réussite que vous nous avez présentées, entre autres, il

y a «augmenter le potentiel de vos

revenus». Télé-Québec peut maintenant mettre des commerciaux en ondes, ce qu'il ne pouvait pas à

l'époque où moi, j'étais toute petite et que j'écoutais. Cependant, je

crois comprendre que vous ne mettez pas le

maximum de minutes commerciales dont vous pourriez disposer.

Naturellement, c'est pour la qualité du

visionnement des émissions que l'on écoute. Cependant, je me demandais,

avez-vous fait le calcul, comme on a

besoin de revenus, le calcul d'un ajout, par exemple, d'une publicité

de 30 secondes par bloc? Pourrait-on, sans naturellement taper trop sur

la tête des téléspectateurs, avoir une légère augmentation du nombre de pubs

pour aller chercher ces revenus dont, en quelque part, vous vous privez, parce

qu'il y aurait une marge de manoeuvre qui serait possible pour vous?

Mme Fortin (Michèle) : En fait, lors des grosses compressions de 2006, je veux dire, on est

allés au CRTC et on est passés à 12 minutes à l'heure.

est passés à 12 minutes à l'heure, mais, soyons francs, je veux dire, on est

contraints par le fait qu'on a de la programmation

jeunesse, par une règle, je veux dire, de l'ensemble à huit minutes à l'heure.

Donc, pour la moitié de notre grille,

veux veux pas, on est à huit minutes à l'heure et on est contraints aussi par

les règles de la publicité qui s'adresse, je veux dire, dans les

émissions pour enfants.

Dans les autres, la

publicité des chaînes commerciales est déréglementée. Il n'est pas rare de

voir, dans les émissions les plus

populaires, jusqu'à 12, 13, 14 minutes à l'heure, là, tu sais. Nous, on se

limite à 12 minutes à l'heure et, l'an dernier, pour faire face aux

compressions, et on a eu quelques réactions mais pas trop, on a ouvert une

plage de trois minutes, je veux dire, ce que

j'appelle une pause commerciale dans le cinéma. On ne faisait jamais de pub

dans le cinéma. On a ouvert un trois

minutes dans le cinéma pour, je veux dire, une pause d'intermission. Je veux

dire, on y va très prudemment parce qu'on a un auditoire qui est assez

réfractaire à ça, et je ne pense pas que, je veux dire… qu'on pourrait aller

très loin. La question, c'est de voir, quand on fait ça, combien d'argent de

plus ça nous rapporte versus combien d'insatisfaction les gens manifestent. En

général, je veux dire, je doute, quel que soit ce qu'on fasse, qu'on puisse aller beaucoup au-delà de 10, 11, 11,5

millions, 12 millions. On essaie de trouver des commanditaires. Je

veux dire, augmenter le nombre d'auditeurs

entre 25 et 54 ans nous aide parce que c'est uniquement là-dessus que les

commanditaires… Mais on fait face à deux

contraintes importantes. Premièrement, le regroupement, les blocs, je

veux dire, quand vous allez… Et c'est la

même chose pour les acquisitions d'émissions pour la vente de publicité, je

veux dire, vous faites face à

Vidéotron, Radio-Canada, Bell. Ils offrent 22 chaînes, je veux dire, ou ils

veulent acheter une série, ils la paient pour passer sur leur chaîne principale, sur le ci, sur le Web, etc.

Quand vous n'avez pas ces véhicules-là, puis vous… je veux dire, vous

n'êtes pas capables d'offrir le montant que ces gens-là offrent pour…

Même

chose pour la publicité. On a travaillé des dossiers longtemps avec des

commanditaires à tendance un peu sociale.

Mais les gens, ils veulent 1 million de téléspectateurs. À Télé-Québec, il

n'y en a pas, de 1 million de téléspectateurs, je veux dire, puis

on ne peut pas dire : Tu vas le prendre sur nos trois chaînes, là.

Donc, je veux dire,

on essaie d'être le plus agressifs possible, mais il faut être quand même

réalistes sur la capacité d'aller chercher de l'argent de ce côté-là. On a

travaillé beaucoup à développer des partenariats financiers, je veux dire,

travailler avec d'autres médias qui en paient une partie.

Par exemple, je veux dire, on fait une

émission avec TFO, qui nous rapporte, là… qui nous permet d'introduire,

parce qu'il y a une codiffusion, 800 000 $ de plus, qu'on n'aurait

pas sans ça. On a une entente de ce type-là dans les émissions pour enfants

avec Radio-Canada, mais ça présente ses limites, quand même.

(Montarville) : Donc, vous devez faire preuve de

beaucoup de créativité, c'est ce que je comprends, à cet égard-là, pour

aller chercher des revenus.

Mme Fortin

(Michèle) : Ah! oui, oui.

Mme Roy

(Montarville) :

Merci de nous avoir expliqué la problématique particulière pour aller chercher

le financement via le contenu commercial, compte tenu du fait que vous n'avez

pas de bouquet à offrir, là, de package.

Mme Fortin

(Michèle) : Non, non.

Mme Roy

(Montarville) :

Parfait.

Mme Fortin

(Michèle) : Ça joue beaucoup.

(Montarville) : Parfait. Maintenant, dans votre

rapport, votre exercice financier qu'il y a ici, j'ai une question à

poser. Je ne suis vraiment pas douée en chiffres, alors je lis ça, je vois

quelque chose, mais je voudrais me le faire expliquer.

la page 40 de votre rapport annuel, j'aimerais comprendre l'augmentation de la

dette nette. Elle est passée... elle

a fait un bon important, mais je suis sûre qu'il y a une bonne explication puis

je voudrais l'entendre de votre part. En 2011-2012… donc, en 2011, la

dette nette…

Mme Fortin (Michèle) : Ah, c'est le

changement de formule, Peter, je pense.

Mme Roy

(Montarville) : Donc, en 2011, la dette nette, si je vais à

la fin, la dernière ligne, était de 76 millions, et, en 2012, on se ramasse à 85 millions.

C'est quand même un montant important. Donc, c'est une augmentation

importante de 8 millions de la dette nette. Donc elle s'explique comment,

en l'espace d'un an? À la page 40 de votre...

M. St-Onge

(Peter) : Oui, je comprends. C'est entièrement relié à l'achat de nos

immobilisations dans l'année 2012.

Nous avons acheté pour 9,2 millions de dollars d'actifs. Et le financement de

Télé-Québec par rapport à ces actifs-là représente une dette. On les achète, et le gouvernement du Québec

garantit le repaiement de ces montants-là. La dette est sur nos livres

comme tels avec une garantie du gouvernement du Québec pour la repayer.

Mme Roy

(Montarville) :

Parfait. Alors, je comprends...

M. St-Onge (Peter) : Donc, l'augmentation

est entièrement reliée à l'achat.

Mme Roy

(Montarville) : C'est de l'immobilisation. Est-ce qu'on

parle d'immeubles? Est-ce que vous avez acheté des bâtiments ou c'est

plutôt du matériel?

M. St-Onge (Peter) : Non, non, non,

absolument pas. Non, non, c'est des investissements en studios, en

postproduction, en serveurs informatiques. On investit dans nos immeubles. On a

seulement deux immeubles : celui à

Montréal, celui à Sept-Îles comme tels. Mais c'est l'ensemble de nos

investissements en immobilisations. Et, étant donné qu'on a l'autorisation, jusqu'à un certain moment,

une enveloppe par année, qui est déterminée par le ministère comme tel, et on respecte ces enveloppes-là, mais ça

reflète... c'est reflété comme une dette sur nos livres, garantie par le

gouvernement du Québec.

Mme Roy

(Montarville) :

Bon, je suis heureuse de l'entendre. Ça éclaire et ça précise. Cela dit,

vous...

Mme Fortin (Michèle) : On n'est pas

propriétaires, nous-mêmes, de notre bâtisse. La seule bâtisse dont nous sommes

propriétaires, madame, c'est l'école à Sept-Îles.

Mme Roy

(Montarville) : Donc, il y a deux immeubles. Donc, si je

comprends, vous êtes locataires des locaux du gros Télé-Québec à

Montréal, et celui-ci, à Québec, également.

M. St-Onge (Peter) : Oui, c'est l'entente

que nous avons. C'est qu'on est locataires, mais, en même temps, responsables

pour les améliorations locatives de l'immeuble.

Mme Roy

(Montarville) :

Maintenant, si...

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : M. St-Onge,

malheureusement, Mme la députée de Montarville, c'est tout le temps dont

vous disposez.

Mme Roy

(Montarville) :

Je vous remercie.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Vous pourrez revenir dans

le second bloc. Nous allons du côté du gouvernement. Mme la députée

d'Iberville, c'est à vous la parole.

Bouillé :

Merci, Mme la Présidente. Ça a été abordé tantôt un peu par ma collègue la

députée de Montarville, mais

j'aimerais ça que vous nous expliquiez les conséquences pour Télé-Québec des

dernières transactions de certains grands

groupes médias, dont notamment la transaction Astral Media... Bell-Astral, je

veux dire, et l'incidence que ça a ou aura

sur Télé-Québec autant au niveau programmation jeunesse que programmation adulte.

Comment vous voyez la situation?

Mme Fortin

(Michèle) : C'est difficile de

prévoir dès maintenant. Il y a une couple de choses qui se dessinent. Je

veux dire, on vit l'expérience du

regroupement, de la concentration autour de Québecor, je veux dire. Donc là,

maintenant, on a deux grands groupes.

L'aspect positif, peut-être, c'est que, s'ils se chicanent entre eux, ils vont

nous laisser tranquilles.

Mais, en dehors de ça, je veux dire, c'est que

la capacité de ces gens-là d'acheter du produit et de l'utiliser sur plusieurs

plateformes ou sur plusieurs chaînes, je veux dire, la facilité qu'ils ont

d'utiliser les fonds fédéraux avec plusieurs

chaînes et, je veux dire, leur capacité d'offrir aux annonceurs à des prix

relativement bas, je veux dire, énormément... Ils ont de l'inventaire, ça leur

sort par les oreilles.

Donc,

je veux dire, ça a un triple impact.

Le premier, c'est que, je veux dire, sur le plan des acquisitions, ils ont un pouvoir d'achat. Écoutez, nous autres, on

achète ça à la pièce il faut presque, pour avoir une série, un film, etc.,

je veux dire… il faut

que personne ne le veuille ou qu'on le découvre avant que tout le monde soit au

courant. Ça, c'est… on est, je veux

dire… On avait… il y a une série, là, qui est très populaire et qui est

intéressante, on a eu cette expérience-là et souvent même on l'a même avec Radio-Canada. Je veux dire, Downton

Abbey , ça aurait été une série qui aurait été très appropriée pour nous. On l'a offert, le

compétiteur a offert le double, on l'a perdu. Mais, avec le double, il va

probablement le passer à Radio-Canada, à

ARTV, à Tou.tv . Mais là moi, j'ai Télé-Québec, Télé-Québec, Télé-Québec.

Alors, je veux dire, ce regroupement-là, ça, c'est très difficile.

Deuxièmement,

je veux dire, l'impact sur les revenus publicitaires, on ne peut pas mesurer…

mais, je veux dire, la capacité de ces gens-là d'offrir des ententes à

bas prix à des commanditaires, pour des gros volumes d'écoute mais sur 14 chaînes, je veux dire, on ne peut pas

compétitionner avec ça non plus. Qu'est-ce qu'ils vont faire, je veux dire, avec leurs chaînes? Comment ils vont

aller? Comment ils vont se développer? Un des avantages peut-être que ça va nous donner, c'est qu'on demeure une chaîne

à dimension humaine, je veux dire, qui est préoccupée par la qualité de ses contenus. On n'est pas complètement obnubilés

par la rentabilité, je veux dire. Ça nous amène de l'intérêt quand on recrute du personnel, des gens qui veulent, je

veux dire, travailler dans une institution qui est moins gigantesque et

qui est moins orientée vers ça. Mais ça demeure encore à voir.

a essayé… j'ai essayé même à trois reprises… d'essayer d'obtenir, à la suite de

la transaction Bell-Astral, des sommes

en avantages tangibles pour soutenir le Canal Savoir. Je suis allée trois fois

devant le CRTC. Là, je suis retournée lors de la transaction

Corus-Astral, mais, je veux dire, c'est Bell qui décide. Le CTRC n'intervient

pas. Ils ont discuté que l'éducation, ce n'était pas dans leurs priorités. Eux

autres, ce qu'ils voulaient, c'est la santé mentale. Bon, bien, tant mieux, là,

mais moi, je ne suis pas dans la santé mentale.

Bouillé :

O.K. Mais je vous ai demandé aussi l'impact en termes de programmation côté

jeunesse, programmation côté adulte. Je comprends...

Mme Fortin

(Michèle) : Côté… oui.

Bouillé :

...que vous avez fait référence à des séries qui étaient comme…

Mme Fortin (Michèle) : Je pense que le gros … Côté adulte, c'est

toujours, je veux dire, sur la capacité de financer des nouveaux

produits et de l'acquisition. Alors, il faut espérer que leur appétit de

profit, je veux dire, les tienne éloignés des types de produit qui nous

intéressent.

les enfants, bien, je pense que le gros des enfants… je veux dire, on a eu

l'impact quand ils ont créé Yoopa, Disney

Junior, tu sais, c'est quand même 1,8 %, ce sont des chaînes régulières.

Les autres chaînes d'Astral… il y a Vrak qui est dans le domaine adolescent. Je doute qu'ils développent énormément

de chaînes pour enfants, je veux dire, au-delà de ça, parce que l'économie n'est pas très

intéressante. Yoopa ne fait pas beaucoup d'argent, je veux dire, mais eux

autres, ils travaillent la chaîne, le

magazine, la publicité, etc., là, toute, toute la déclinaison. C'est pour ça

que nous, on veut vraiment travailler

de plus en plus avec les milieux, les parents, les écoles, les garderies, de

devenir, je veux dire, plus vivants et sensibles auprès des populations.

Mais il faut toujours surveiller un petit peu.

L'autre

chose, l'autre élément où ça peut influencer, mais je ne sais pas comment,

c'est que le Fonds des médias du Canada... Ça, le Fonds des médias du

Canada, c'est un fonds qui est financé à peu près à 130 millions par le gouvernement fédéral, et le reste, là, jusqu'à

360 millions, par les revenus des câblodistributeurs. Là, je veux dire, le

dernier budget fédéral annonce que peut-être qu'ils vont introduire, chez les câblodistributeurs,

un système de choix de chaînes, là, je veux

dire, qui vont détruire des bouquets. Donc, ça risque, ça, d'avoir un impact,

si ça se réalise, sur les revenus des câblodistributeurs. Et la

contribution des câblodistributeurs au Fonds des médias est en pourcentage de

leurs revenus.

Donc, il va y avoir

une baisse de revenus, je veux dire, du Fonds des médias, donc une baisse de

notre contribution.

Nous, on va

chercher... pas nous, les producteurs indépendants qui travaillent avec nous

vont chercher à cette source-là à peu près

8 millions par année. Cette année, on a perdu 400 000 $, qui équivaut à notre part, qui

est à peu près 9 %, de la chute,

je veux dire, de l'enveloppe du côté français. Si cette enveloppe-là continue

d'être réduite, c'est sûr que ça va avoir un impact sur les sommes qu'on

va pouvoir mettre dans les productions, je veux dire, qui nous concernent. Et

nous, on utilise notre Fonds des médias à 70 %... 68 % l'an

dernier... 67 % l'an dernier, 72 % cette année… pour de la production jeunesse. Alors, toute baisse de

ce fonds-là va avoir un impact important sur notre production jeunesse

ou sur nos autres produits. Mais, les autres

produits, on va chercher à peu près 10 % par catégorie. Donc, c'est à peu près ça, là, tu sais,

mais c'est sûr qu'on surveille ça de très près. Mais on ne sera jamais

un gros groupe, tu sais. Et là, hier, tu sais, O.K., juste comme ça, là,

je reçois un appel de V qui veut qu'on fasse une coalition des indépendants.

Mais on est tellement différents, les indépendants, là. Tu sais, on a

Serdy, V, TV5, New, TFO puis Pelmorex, là, qui fait la chaîne de météo,

là, tu sais.

là, si on fait une coalition, on va viser quel objectif commun, là, tu sais?

Ce n'est pas évident, là, tu sais, je veux dire, mais, coudon, ça fait

partie de la réalité, là, tu sais. C'est comme Le Devoir , tu sais.

Bouillé : Mais

vous parliez tantôt de la transaction, là, les sept chaînes d'Astral, là, qui

sont en processus d'achat par Corus.

Mais est-ce que je me trompe, que plusieurs de ces chaînes-là

sont anglophones et que c'est beaucoup des contenus qui proviennent d'acquisitions, et tout ça, alors que vous

autres, vous êtes, en tout cas aux dernières nouvelles que j'ai, le

diffuseur québécois qui...

Fortin (Michèle) : Vous avez raison de me rappeler ça. C'est qu'ils

ont... oui, en acquisitions, mais ils ont aussi, je veux dire, la possibilité, tu sais, et en acquisitions et en production, de

travailler sur les deux marchés, c'est-à-dire

vous achetez… je ne sais pas quoi, là, vous achetez pour le marché anglais puis

le marché français, pour le Canada.

Donc, pour un

producteur qui travaille sur les deux marchés, évidemment c'est une offre

plus intéressante que si moi,

j'achète juste pour le marché francophone. Même si je m'associe, il faudrait

que je m'associe à une télévision anglaise. Laquelle, tu sais? Là, il y a TVO, là, tu sais, parce que Radio-Canada, ils sont ensemble. Mais Télétoon fonctionne toujours anglais, français. Et, dans le groupe de Corus, Nelvana, il y a

des producteurs, surtout en animation, de produits anglophones, je veux dire, qui versent du côté français avec de la traduction. Mais ça, ça existe déjà,

c'est juste qu'ils vont être regroupés différemment. Mais la pression va

peut-être être plus forte, vous avez raison.

Bouillé : Mais

vous restez le diffuseur québécois qui offre le plus de dramatiques jeunesse

produites puis créées ici, là.

Mme Fortin (Michèle) : Oh, oui, c'est évident.

Le seul, oui.

Bouillé : Ça,

vous, vous êtes le seul sur le marché par rapport à ça.

Mme Fortin

(Michèle) : Oui. On travaille un

peu avec Radio-Canada, qui en fait aussi mais qui en fait beaucoup moins

que nous et qui n'en fait pas dans les mêmes plages horaires.

Bouillé : O.K.

Parfait.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

M. le député de Saint-Hyacinthe.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Merci, Mme la Présidente. Madame, je vais revenir sur tantôt, sur une question

qui a été posée par la première opposition, mais que... vous aviez quand même

répondu avec beaucoup d'intelligence et de

satisfaction. Ce qui me chicote, c'est qu'un petit peu… qu'on revienne... On dit que Mme la première ministre avait

fait une promesse électorale de prioriser la page Web… justement, la plateforme

Web. On mentionne 7,5 millions pour

la... pas la production, mais la plateforme elle-même, et 2,5 millions

pour l'information. Mais c'est bien sûr,

hein, quand on fait une plateforme électorale, c'est sur quatre ans. Ça, on ne

l'a pas mentionné, l'autre côté. Mais là on a un an de fait. Alors,

c'est normal que je pense que les engagements... On ne savait pas qu'il allait

y avoir un trou de 1,6 milliard. Vous

avez bien dit que... Vous l'aviez bien dit, que ça ne vient pas juste seulement

d'une année. Les difficultés de

Télé-Québec, je pense, ne remontent pas à 2012, là, au 4 septembre 2012, les

difficultés de Télé-Québec remontent à beaucoup plus loin que ça. Si on

regarde les coupures qu'il y a eu, en 2006, pour 110 employés, je pense que ça

a empêché Télé-Québec de se développer puis de se projeter dans l'avenir aussi.

Je regardais l'examen

du plan stratégique, justement,

2009-2012. À un moment donné… C'est à la page… je vais me rendre à la

page en question. À un moment donné, c'est mentionné, dans les

perspectives : «La priorité de Télé-Québec pour les prochaines années est le développement d'une plateforme d'information régionale et interrégionale sur le Web. Ce projet, évoqué dans la foulée des recommandations issues du rapport du Groupe de travail sur le journalisme et l'avenir de l'information au Québec…»

Ça, c'était le rapport Payette, un rapport qui date de bien avant 2012, là,

hein, à ce que je sache, c'est un rapport qui date…

Mme Fortin

(Michèle) : Notre plan stratégique va être sur les quatre prochaines années aussi. Alors, on est…

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Oui, oui, je comprends, mais, sauf que c'est un rapport…

Mme Fortin (Michèle) : ...on est dans les

mêmes horizons, là.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Non, mais c'est un rapport qui date de 2012. Mais, si on veut faire de

la politique ici aujourd'hui…

Mme Fortin (Michèle) : Ah! oui. Moi, je

ne fais pas de politique.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) : …c'est qu'on peut remonter à 2006, on peut remonter à 2003. Et, à ce moment-là, si la plateforme Web ne

s'est pas développée, c'est probablement… c'est qu'il y a eu un manque d'argent

à Télé-Québec et un manque de ressources qui a été dû à la gestion antérieure à 2012

du gouvernement. Alors, ça, je voulais le souligner parce

qu'on mentionnait tantôt… on a mis beaucoup l'accent là-dessus. Et je pense que

moi… si on pense qu'on veut développer la plateforme Web, tel qu'on le veut,

avec de l'information en région, bien on a un mandat de quatre ans, qu'on nous laisse le temps de gérer, puis je pense que vous

allez être capables… on va être capables de répondre aux besoins de

Télé-Québec.

J'ai une autre question qui pourrait être en

partie… Vous dites que vous êtes une télévision bien gérée, Télé-Québec. Sur

quoi appuyez-vous cette affirmation? Ou est-ce que vous avez… tous les

principes de gouvernance sont appliqués intégralement

chez vous? Et je voyais dans vos prévisions ou dans l'orientation 2012-2016 que

vous aviez quand même des principes

d'éthique, des principes de gouvernance. Mais, quand vous dites que Télé-Québec

est bien gérée, j'aimerais

ça en savoir un peu plus là-dessus. Et en même temps pouvez-nous me dire… le

plan stratégique de 2009-2012 était sur trois ans, et le plan

stratégique 2012 maintenant est sur quatre ans. Là, pourquoi ce n'est pas sur

trois ans, pourquoi sur quatre ans?

Mme Fortin

(Michèle) : À la première

question : Oui, je pense qu'on est bien gérés, on respecte nos budgets,

on respecte la loi n° 100. Des fois, on trouve ça difficile, tu sais, de

gérer dans ces catégories-là.

Mais, au-delà

de ça, je veux dire, je pense qu'on réussit à maintenir, je veux dire, des

bonnes relations avec nos employés, à

maintenir la motivation de nos employés, même si on passe par des phases

difficiles. On a renégocié sans conflit nos conventions collectives avec

des récupérations pour les cinq prochaines années. Je veux dire, on est une

télévision ouverte.

On a

présentement un nouveau conseil d'administration, on a cinq nouveaux membres de

conseil d'administration. Je veux

dire, on a renouvelé nos principes, notre politique, notre code d'éthique. On

travaille, je veux dire, très près de

nos gens et de nos partenaires. Dans le moment, on est en train de développer

la télévision, la plateforme, je veux dire, avec une foule de partenaires qui veulent travailler avec nous. Donc, ça veut

dire qu'on a réussi à maintenir, auprès des gens avec qui on travaille, la réputation d'être un bon partenaire, un

partenaire, je veux dire, qui est équitable,

qui respecte ses promesses. Je veux dire, ce sont des valeurs de gestion qui

sont importantes. Pour moi, bien sûr

on respecte nos budgets, on fait tous les rapports à temps puis… mais

globalement, sur le plan des ressources humaines, je veux dire, on réussit à maintenir un climat de travail, à

résoudre nos problèmes, négocier nos conventions collectives. On est en

train de transformer complètement le rôle de nos gens en région, avec eux.

Pour moi, ça, c'est un des éléments aussi de

bonne gestion. Je veux dire, on travaille, de façon très étroite, à essayer de valoriser le travail de nos partenaires

autour de la table. Ce sont des éléments qui nous distinguent et qui

nous permettent, je veux dire, d'assurer un avenir à cette télévision-là parce

qu'elle n'est pas comme les autres. C'est L'autre télévision , puis on

essaie de faire les choses autrement.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

Alors, merci. Pendant que vous parliez des... Vous parlez de la convention

collective avec les employés, que vous avez mentionnée en début. Je pense,

c'est pour cinq ans. Vous avez signé un contrat de cinq ans?

Mme Fortin (Michèle) : Oui.

M. Bélisle (Denis) : …en juin 2017.

Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Vous savez, de ce temps-ci, on

parle beaucoup de la gestion des régimes

de retraite. Chez vous, est-ce qu'il y a des difficultés à ce niveau-là ou

si...

M. Bélisle (Denis) : …régime de retraite,

c'est le régime de la CARRA, du gouvernement du Québec.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

O.K., donc...

M. Bélisle (Denis) : On ne contrôle absolument

rien du régime.

M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :

O.K. C'est bien. Merci beaucoup.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Oui, mais il vous reste encore quelques minutes. Parfait.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Oui?

Bouillé : O.K., je

pensais que, Mme la Présidente, vous vouliez poser une question.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Non, pas moi, non. J'offrais les quelques minutes qu'il vous restait. Allez-y.

Bouillé :

O.K. Merci. Dans le plan stratégique, vous mettez beaucoup l'emphase sur les

médias numériques et vous voulez vous démarquer par rapport à ça. De

quelle façon?

Mme Fortin

(Michèle) : D'abord, je veux

dire, on n'est pas embarqués dans les médias numériques à la même vitesse que les autres, un, parce qu'on n'avait

pas de ressources, et puis, deuxièmement, je veux dire, c'est très

coûteux, puis il n'y a pas de plan d'affaires, il n'y a pas d'argent,

là-dedans, là, tu sais.

Mais c'est évident qu'on se dit : Comme

télévision éducative et culturelle, je veux dire, qu'est-ce qu'on peut apporter

de différent et qui rende service? C'est sûr qu'avec le Fonds des médias du

Canada... J'en parle beaucoup parce que c'est très contraignant pour nous. Ils nous imposent, avec

chacune des émissions, d'avoir ce qu'ils appellent un site Web que nous autres, on appelle «Rich and

Famous», là, mais élaborer des applications, etc., puis on le fait parce

que ça fait

partie de ça. Mais on essaie de donner à ces initiatives-là une valeur

ajoutée, soit, je veux dire, éducative et culturelle.

Mais on a vraiment réfléchi en disant : Comment est-ce qu'on peut se

servir de ça, que ça ne soit pas juste, là, je veux dire, tout le monde qui écoute des émissions puis qui

disent : Aïe, regardons ça, là, qu'est-ce que tu en penses? Puis là dire, bon, tu sais : Aïe, elle est-u

laide, la robe de Mme Bazzo… ou, tu sais, tout le temps des affaires de

même, là, ce n'est pas intéressant pour nous, ça, là, c'est le deuxième écran

qui fait juste jouer autour des émissions. Là, on dit : Comment on peut se servir de ça pour augmenter la

valeur de nos contenus sur le plan éducatif, sur le plan culturel? Et

c'est pour ça qu'on a privilégié la plateforme, les interventions au Centre des

sciences, au Biodôme dans les organismes et qu'on commence à développer, à

partir de nos contenus, du matériel pour les tableaux interactifs et les

écoles.

Et, en

faisant ça, on est tout à fait dans la ligne de notre mandat, on se positionne

dans les médias numériques, mais on se positionne comme un média

éducatif et culturel. Et ça, je pense qu'on y est, là.

Bouillé : Puis il

y a aussi l'aspect, j'imagine, information régionale, interrégionale...

Mme Fortin (Michèle) : Ah, ça, c'est sûr,

c'est sûr, c'est sûr.

Bouillé : ...qui

rentre dans la plateforme, là?

Mme Fortin (Michèle) : Phase II.

Oui, oui.

Bouillé : Phase

II. O.K. Parfait.

Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle et nous débutons

avec Mme la députée de Bellechasse. C'est à vous la parole.

Mme Vien : On ne peut pas

passer à côté, on va faire une mise au point, c'est trop important, quand même.

M. le député de Saint-Hyacinthe, pour qui j'ai le plus grand des respects, oublie

de mentionner un certain nombre de choses.

Vous savez, être en politique ou être au gouvernement, c'est gouverner,

c'est de faire des choix. Et je pense

que le gouvernement, actuellement, a fait un choix, Mme la Présidente, c'est de

ne pas, tout simplement, financer cette plateforme

Web d'information locale et régionale, point à la ligne, alors

qu'ils ont décidé de financer bien d'autres choses que nous, nous

n'aurions pas nécessairement financées. Et on serait probablement allés, nous,

dans cette voie-là, puisque cette impulsion a été donnée, rappelons-le, par

notre gouvernement et par la voix de l'ancienne ministre

de la Culture et des Communications. Et je rappellerais au député de Saint-Hyacinthe

que, oui, c'est vrai, un mandat, normalement, c'est quatre ans, mais on n'est pas dans un gouvernement majoritaire, de un, et, de deux, c'est le bureau du ministre

lui-même, au mois de novembre 2012, qui disait très clairement

qu'un budget allait être déposé et qu'on allait connaître les budgets dédiés à la plateforme

Web d'information locale et régionale dans les semaines qui

allaient suivre. Alors, il y avait vraiment une intention, à ce

moment-là, de débourser les sous.

Il faut

dire les choses telles qu'elles sont, là. Alors, il n'a jamais

été question d'étendre ça sur quatre ans, il était question

d'y aller, point à la ligne, et on a finalement laissé tomber le projet, ce qui est évidemment

très triste. On reconnaît donc l'ingéniosité des gens qui sont avec nous

aujourd'hui, qui essaient de faire des pieds et des mains pour sortir ce

projet-là dans une nouvelle mouture, mais on comprend que vous voulez procéder

dans ce sens-là.

Ceci étant dit, je vous amène maintenant dans quelque

chose d'un peu moins sexy, si vous me passez l'expression, on va parler

de budget. Et je remercie la commission, d'ailleurs, Mme la Présidente, qui

nous a fait un tableau récapitulatif, là, de

l'ensemble des chiffres, de l'évolution des ressources financières de

Télé-Québec. Je ne veux pas, là, endormir

tout le monde avec des chiffres à ne plus finir, mais deux, trois, quand même,

Mme Fortin, si vous me permettez, deux, trois aspects, là, qu'on

aimerait saisir davantage, notamment au niveau des frais financiers, là, qui

sont passés de 32 194 $ en 2007-2008 à 1,3 million.

Ça nous a

apparu beaucoup de… En tout cas, comme saut, là, c'est comme assez

spectaculaire. Certainement que vous avez une bonne explication pour

nous.

M. St-Onge (Peter) : Oui. On cherche la

page.

Mme Vien : Oui, je ne l'ai

pas avec moi, la page.

Mme Vien : Ça, c'est la page

de ça, c'est parce que c'est le document de la commission.

La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

C'est la page 38, M. St-Onge.

Vien : Merci. Merci, Mme la Présidente.

M. St-Onge (Peter)

: Merci beaucoup. Donc, c'est les frais rattachés au financement des

immobilisations du gouvernement et c'est un montant qui est rattaché au financement

des actifs de Télé-Québec.

Comme

j'expliquais tantôt, on a l'autorisation de procéder avec un plan d'immobilisations pour une année. On dépense

les sommes. Les montants sont donnés à Télé-Québec sur un financement court terme. Le gouvernement dit c'est à quel moment que… Le gouvernement disait : Après que l'enveloppe a été complètement débalancée, donc

9,2 millions de dollars en 2012, de passer à un financement long terme. Ce

que vous voyez là, c'est les intérêts sur les prêts du gouvernement pour financer

nos immobilisations court terme, long terme.

M. St-Onge (Peter)

: C'est un financement, il y a une charge, là, mais c'est entièrement

rattaché à un système de financement pour nos immobilisations qui est contrôlé

par le gouvernement, donc. Mais c'est représenté dans nos bilans.

Vien : Parfait. Autre

petite question pour vous, qui va être une formalité, j'en suis

sûre. Droits de télédiffusion et de distribution, la dernière année, on parlait

de 35 millions… bien, en fait, 2010-2011, de 35,9 millions.

Ça monte à 38,2 millions. D'abord, qu'est-ce que c'est, ça, exactement,

puis pour quelle raison ça monte de, je dirais, près d'un peu moins de 2 ou 3 millions,

M. St-Onge (Peter)

: Dans une simple phrase, c'est : Les coûts de nos émissions diffusées

à Télé-Québec. L'augmentation de 1,8 million

de dollars et 2,2 millions de dollars est rattachée à un financement qu'on a eu en

cours d'année pour financer la fête nationale et une émission qui s'appelle… Je

ne lis pas mon écriture.

Une voix : Objectif Nord , peut-être?

M. St-Onge (Peter)

: Non, ce n'est pas Objectif Nord .

Mme Fortin

(Michèle) : Bien, c'est parce que…

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Oui, allez-y, Mme Fortin.

Mme Fortin (Michèle) : C'est qu'on a, je veux dire, à chaque année, dépendant des années, des

financements ad hoc pour financer un certain nombre d'émissions. Et, je veux

dire, il y a des années où on en a plus, là, comme

on avait eu, par exemple, pour Québec horizon culture, par exemple, je veux

dire, et ça fait comme une petite poche. La base du financement de la

grille est autour de 35 millions, et, malgré les coupures, je veux dire,

on essaie de la garder à ce niveau-là. Mais

35 millions, c'est la grille à l'intérieur de nos budgets. À ça il faut

ajouter la somme, par exemple le 8 millions, qui vient du Fonds des médias, pas

à Télé-Québec, mais aux producteurs qui aident à financer aussi les

émissions.

Donc, on est dans une

grille autour de 42, 43 millions.

Vien : Parfait. Dans vos produits, donc, dans l'argent qui

entre dans vos coffres, il semble n'y avoir qu'un seul poste à ce

niveau-là, ventes, services et autres produits, passant de 15,5 millions à

20,5 millions en 2011-2012. Comment ça se ventile, tout ça, parce qu'il ne

semble pas y avoir de ventilation assez précise là-dessus?

M. St-Onge (Peter)

: …18,9 millions de dollars qui passent à 20,5 millions de

dollars, si je vous suis.

Vien : O.K. Oui, c'est exactement ça, oui. C'est parce que moi,

je passais de zéro, sept, huit à… Les ventes à 20 millions, là, les

ventes, c'est quoi?

St-Onge (Peter) : Les ventes sont de l'ordre, de cette année-là, de

10 750 000 $. Et les ventes sur le Web, de cette année-là, c'est 253 000 $. Les

autres sommes peuvent comprendre les autres subventions, dont, de façon

ponctuelle, un financement pour des produits

comme le Triathlon du français , Le

Plan Nord , des projets qui

s'ajoutent en cours de route, donc ne font

partie du budget d'ouverture.

Donc, les écarts,

effectivement ce n'est pas rattaché aux ventes publicitaires comme telles. Ils

sont stables, fixés pour l'année.

Mme Fortin (Michèle) : Une chose qu'il est important

que vous sachiez aussi, en termes de revenus, on a nos revenus de ventes, mais,

je veux dire, on loue les studios. On a des revenus de studios, on a des

revenus de location d'édifices, d'antennes,

etc., là, je veux dire, qui font aussi

partie de nos revenus. Puis on a des

ententes ad hoc avec différents partenaires, qu'on fait en cours d'année

et qui sont reflétées dans ça.

Mme Vien : Mme Fortin, une

dernière question, puis ensuite je laisse la parole à mes collègues, je vois

que vous avez bureau à Toronto, non?

St-Onge (Peter) : Non, non.

Mme Fortin (Michèle) : Non, non. O.K. C'est les ventes. On fait

des ventes au Canada, à Montréal, mais on fait des ventes à Toronto.

Il y a des

annonceurs, je veux dire, qui n'achètent qu'à Toronto. On n'a pas un bureau, on

a un contrat avec une agence, qui vend la programmation

de Télé-Québec à GM et puis à toutes sortes de compagnies qui

achètent de la pub, qui est localisée à Toronto, et, je veux dire, cette

entente-là est sur une base de commissions.

Donc,

les deux tiers de nos ventes proviennent de notre personnel qui travaille au

bureau de Montréal, et un tiers vient du personnel de cette

agence-là à Toronto. Mais on n'a pas de bureau, on n'a pas d'effectif, là,

c'est juste un contrat pour les revenus publicitaires.

La Présidente (Mme

Richard, Duplessis) : Merci. Mme la députée de l'Acadie.

St-Pierre : Merci,

madame. Alors, évidemment, tout à

l'heure, j'aurais dû vous féliciter

pour votre prix Gémeaux. Et je sais qu'on vous surnomme la maman de la

télé, c'est formidable. Vous êtes une bonne maman de la télé, et je pense qu'il

faut le souligner, je l'ai oublié tout à l'heure en début… souligner ce prix

qui était… Ça a été, j'imagine, pour vous un

grand honneur de le recevoir, mais pour nous c'était vraiment

plaisant de savoir que vous receviez ce prix de l'académie cette année.

Mme Fortin (Michèle) : Je

voudrais remercier aussi le témoignage que l'Assemblée nationale, je veux

dire, a fait à cette occasion-là. Je pense que c'était… Bien sûr, il y a

une fierté personnelle, mais les gens de Télé-Québec étaient tellement

contents.

St-Pierre : Vous êtes très généreuse, d'ailleurs, avec vos

équipes. Et je veux, moi aussi, faire une petite mise au point parce que, vous savez, les téléspectateurs qui écoutent

cette commission parlementaire là sont suspendus à nos lèvres et

écoutent chacune des minutes.

Une voix :

Il y en a au moins 200 000.

St-Pierre :

Et on a plus de cotes d'écoute.

Mme Fortin

(Michèle) : On a sûrement 1 million cette fois-ci, là.

St-Pierre :

Le rapport Payette a été rendu public — pour le député, mon gentil

collègue de Saint-Hyacinthe, juste pour qu'on mette les dates à la bonne place — en

janvier 2012. À la suite du rapport Payette, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition

féminine a entrepris une grande tournée de toutes les régions du Québec

pour aller chercher les réactions au rapport Payette et sur la possibilité de

mettre en place justement cette… et c'était sur l'information locale et

régionale, l'information, la diversité des voix.

la suite de cette tournée-là, vous avez confié à Mme Drainville… Je ne sais pas

si elle est encore à Télé-Québec.

Mme Fortin

(Michèle) : Elle est à Paris, cette semaine, en vacances.

St-Pierre :

Elle est chanceuse…

Mme Fortin

(Michèle) : C'est pour ça qu'elle n'est pas ici.

St-Pierre :

…alors, Mme Drainville, qui a été chargée de vraiment concevoir toute la

plateforme.

Donc,

le projet conçu est arrivé pas tellement loin de la campagne électorale, juste

pour que mon collègue député comprenne très bien la séquence des événements

parce que c'est important aussi de dire les choses comme elles sont.

a été important, cette annonce-là, parce que, quand un premier ministre fait un discours d'ouverture au salon bleu et qu'il parle de la volonté gouvernementale, le premier

ministre avait… La première ministre a vraiment parlé de cet engagement électoral, qui

était inspiré de notre initiative, de mettre en place la plateforme. Et,

lorsqu'elle a fait son discours, évidemment

elle ne pouvait pas ne pas connaître la situation financière du gouvernement du Québec, et au budget, quelques semaines après, on

parle du mois de novembre, 3 novembre, on va préciser dans les prochaines

semaines. Donc, on n'a pas dit : On va

le préciser dans les quatre prochaines années. On va préciser dans les

prochaines semaines. Alors, tout le

milieu s'attendait à ce qu'il y ait une annonce claire de la réalisation de cet engagement-là. Donc, on peut se lancer la balle très

souvent, mais je pense que c'est très important de dire les choses comme elles

se sont déroulées.

Je vous amène encore

à votre plan stratégique. Vous parlez de… En fait, le plan stratégique, c'est

l'ancien. Il y avait «accroître — c'était dans 2009-2012 — la

présence de Télé-Québec sur tout le territoire — ça, on a bien compris — en

partenariat avec les divers niveaux de gouvernement, les organismes régionaux». Vous avez parlé tout à l'heure des organismes régionaux. Mais, quand vous parlez

des divers niveaux de gouvernement, j'imagine que vous parlez des gouvernements municipaux, vous ne parlez pas de gouvernement… le gouvernement fédéral n'est pas là-dedans, là, ce n'est pas dans le portrait.

Est-ce que vous avez réussi

des partenariats justement avec des gouvernements municipaux?

Mme Fortin

(Michèle) : C'était dans le cadre de la plateforme d'information qui,

je veux dire… qui a pris une autre tendance.

Nous

sommes en train de travailler avec des gouvernements municipaux dans leur volet culturel. Nous avons des

ententes Montréal-Longueuil et nous travaillons sur le territoire, mais… Parce

que, comme vous le connaissez bien. Madame…

J'allais dire «Mme la ministre». Quel lapsus! Comme vous le connaissez

bien, il y a des ententes, je veux dire, entre le ministère

de la Culture et les municipalités, avec des volets, je veux dire, d'activités

culturelles conjointes. Et, je veux dire, on

voudrait, sur la plateforme culturelle, mettre en relief et en évidence les

produits de ces ententes-là, tu sais.

St-Pierre : En

fait, c'est justement là-dessus que je vous amenais parce que

les ententes de développement culturel entre le ministère de la Culture

et les municipalités sont vraiment des ententes qui font des petits un peu

partout. Puis ils essaient. On a toujours essayé d'accroître le nombre des

ententes de développement culturel.

Mme Fortin (Michèle) : …le CALQ aussi. On a une entente sur la

plateforme, on a un protocole qui est sur le point d'être signé avec le CALQ, je veux dire, pour fournir des produits

originaux sur la plateforme et pour avoir accès aux artistes qui bénéficient des contributions du CALQ, je veux dire,

comme partenaire. On est là-dedans,

là, tout à fait, oui.

St-Pierre : Bon.

Alors, c'était justement pour dire que ces canaux-là aussi peuvent être très

intéressants, puis vous l'aviez compris.

J'ai une question

plus philosophique. Vous nous parlez beaucoup des budgets, ce qui s'est passé

dans les dernières années, puis ce que vous

n'avez pas eu cette année, puis, enfin, vous êtes toujours

en train… vous dites souvent, presque à toutes les phrases : On n'a

pas beaucoup d'argent, on n'a pas beaucoup d'argent. Vous faites vraiment des miracles. Quel est, pour vous, l'avenir de Télé-Québec? Est-ce que Télé-Québec, dans tout cet univers télévisuel là, avec

tous les nouveaux canaux puis avec la possibilité que les bouquets ne soient

plus disponibles... Quel est l'avenir de Télé-Québec? Et est-ce

que Télé-Québec devrait envisager… Je

sais que vous n'êtes pas d'accord avec ce que je vais dire, là, mais, quand

même, est-ce que Télé-Québec — parce que je vous en ai déjà parlé — est-ce que Télé-Québec devrait sérieusement envisager de faire un passage vers uniquement les médias, le Web,

et ainsi être planétaire et diffuser de la culture québécoise,

l'identité québécoise et notre langue partout à travers la planète?

Mme Fortin (Michèle) : Vous connaissez mes convictions là-dessus,

mais je vais le répéter. Je vais dire : Pour moi, la télévision… Je l'ai dit beaucoup

dernièrement, là, je veux dire, on confond souvent la télévision puis le

téléviseur. Là, je veux dire, le téléviseur,

c'est un meuble. Quand on fait du Web, on fait… je veux dire, on fait de la

télévision, on fait du contenu. Que les

contenus soient véhiculés par, je veux dire, la télévision, le grand écran, le

petit écran, par une plateforme, par le Web, etc., c'est du contenu

télévisé.

Je pense que Télé-Québec...

et là, je veux dire, c'est... mon objectif ultime, c'est d'assurer la pérennité

de cette institution-là qui est une institution de média présentement en télévision parce que la télévision, c'est

ce qui est le plus répandu, le plus accessible, le plus disponible, le

moins cher, c'est ce qui rejoint à peu près tout le monde, je veux dire, y compris les communautés culturelles qui

ont un abonnement au câble, qui ne sont pas nécessairement sur le Web.

Je veux dire, la transformation va se faire,

va se faire comment, jusqu'où? Il faut que Télé-Québec soit là. C'est intéressant. Et notre plateforme culturelle, je veux dire, devrait

permettre le rayonnement international. Il faut qu'on règle la question

des droits. Je suis très, très, très matérialiste là-dessus, comment on gère, je veux dire, la question

des droits, la géolocalisation, même l'utilisation, sur le territoire du

Québec, des droits surtout dans une plateforme de vidéo.

plateforme écrite, la plateforme d'information ne nous posaient pas ces questions-là parce qu'on achetait les contenus. Et, je veux dire, c'est très, très

simple, le journaliste est l'employé du journal et, je veux dire… puis il n'a pas de droit autonome, dans le moment, en tout cas. Dans le cas de la plateforme, et ça nous fait une école particulièrement

utile, c'est qu'il faut s'interroger sur

comment on introduit, je veux dire, la diffusion des oeuvres sur une plateforme

Web à l'international, quels sont les coûts, c'est quoi, le modèle financier,

comment on négocie avec les unions, l'UDA, la SARTEC et tous ces… C'est vraiment,

je veux dire, de la création

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2013-10-24
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-40-1 journal-debats CCE-131024
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier80dfe5bef9009dc97d6176bc81ce4b2e9a2267ac

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