CRC — 20 March 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2015-03-20

Quebec — Committees

CRC — 20 March 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2015-03-20

Quebec — Committees

Le Président (M. Picard) :

Allez-y.

Jolin-Barrette : Donc, à

titre de citoyen du Québec, de député

de Borduas et de porte-parole du deuxième groupe

d'opposition en matière d'immigration, je suis très préoccupé, M. le Président,

préoccupé par la qualité du vivre-ensemble

québécois et de la gestion de la diversité, par la menace que pose le

radicalisme de certains individus pour nos

droits et libertés, par nos défis quant à la défense, et à la préservation, et

à la pérennité de notre culture, de notre langue d'expression française, par les défis liés au vieillissement

démographique et au renouvellement de la main-d'oeuvre, par la difficulté avec laquelle bon nombre de nouveaux

arrivants s'intègrent dans notre société et trouvent un emploi, par l'ampleur

du taux de chômage que connaissent les

immigrants issus de minorités visibles et également par la discrimination dont

un trop grand nombre d'entre eux sont

victimes au Québec, et notre modèle d'immigration, M. le Président, est au

coeur de toutes ces préoccupations.

À

titre de société d'accueil et d'ouverture sur

l'autre, le Québec veut franciser les nouveaux arrivants, les accompagner dans la démarche pour trouver un emploi,

pour les inciter en plus grand nombre à s'établir en région et les amener à adhérer aux valeurs du Québec qui sont

inscrites dans la Charte des droits et libertés de la personne. Cependant,

le régime mis en place par les gouvernements

passés comporte d'importantes failles qui aujourd'hui minent notre capacité

à réaliser ces objectifs et à intégrer les

néo-Québécois de façon responsable et durable à notre société interculturelle,

et je pense que c'est l'avis de tous les partis en cette

Chambre de travailler à favoriser une meilleure intégration, une meilleure

inclusion afin que l'ensemble des individus puissent participer pleinement à

l'essor de la société québécoise.

«S'intégrer à

la société québécoise, c'est être prêt à reconnaître et à respecter ses valeurs

de même qu'à partager sa langue officielle et sa langue commune d'usage

public, le français. C'est aussi avoir la possibilité de participer pleinement aux sphères économique, sociale,

culturelle et politique de la vie collective.» Donc, ces paroles, M. le

Président, ne sont pas les miennes ni

celles de mes collègues de la CAQ, mais, bien que nous partagions cette vision

et que nous tenions un discours qui

abonde dans le même sens, M. le

Président, ces paroles, ce sont celles

de la ministre de l'Immigration. Donc, nous sommes en accord avec ces paroles. Par contre,

c'est sur... au niveau du moyen. Donc, nous croyons que les immigrants ne doivent pas seulement être prêts à le

faire mais qu'ils doivent le faire avec tout le soutien et l'aide gouvernementale nécessaires afin de favoriser leur

intégration. En effet, il est impératif qu'ils le fassent pour garantir

la préservation de la langue française et des valeurs consacrées dans la Charte des droits et libertés de la personne, pour leur permettre de pleinement contribuer à l'essor et au développement de notre société mais aussi pour favoriser leur épanouissement personnel et celui des proches qui

les accompagnent, mais le bilan qu'affiche le Québec quant à l'intégration

socioéconomique et à la francisation de ces

immigrants est bien peu reluisant et illustre l'échec du modèle actuel. J'ose

croire que la ministre de l'Immigration en

est consciente, et c'est d'ailleurs ce qui motive, entre autres, la réforme sur

laquelle oeuvre son ministère actuellement, celle de moderniser la politique

d'immigration du Québec.

Entre 2009 et

2013, le Québec a accueilli 5 442 personnes

immigrantes, en moyenne, par année. Au

niveau de la francisation, parmi celles-ci, 42,6 % ne

connaissaient pas le français en 2013, au

moment de leur arrivée,

comparativement à 36,6 % en 2011,

puis environ 80 % des nouveaux arrivants ne suivent aucun cours de

francisation, ce qui soulève d'importantes

préoccupations pour l'avenir de la langue française, tout particulièrement dans

la région métropolitaine de Montréal, où environ 75 % des

immigrants admis entre 2003 et 2012 résident aujourd'hui.

Au niveau de l'employabilité et de la rétention, M. le Président, en 2014, le

taux de chômage de la population

native du Québec était de 7,1 %

chez les 15 ans et plus tandis que celui des immigrants de la même

catégorie d'âge était de 11,1 %.

Le taux de chômage est plus élevé chez les immigrants reçus dans les cinq

dernières années, à 17,2 %, que chez ceux reçus il y a plus de cinq ans, à 10,1 %, ou de ceux reçus il y

a plus de 10 ans, à 9,6 %. L'écart moyen de 4,7 points qui persiste entre le taux relevé chez la population

native et celui de la population immigrante relègue ainsi la province du Québec au dernier rang quant à

l'intégration économique de ces immigrants lorsqu'elle se compare avec les

trois autres provinces les plus

populeuses du Canada, soit l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta. Les personnes qui immigrent au Québec éprouvent, conséquemment, plus de difficultés à s'intégrer sur le plan économique

que celles qui choisissent de s'installer

dans les autres provinces canadiennes. Il s'agit d'ailleurs d'un des facteurs

permettant d'expliquer pourquoi le Québec

peine à retenir ses immigrants. En effet, malgré les mesures mises en oeuvre

par le gouvernement au cours de la

dernière décennie, seulement 75 % des immigrants permanents admis au

Québec entre 2003 et 2012 y demeuraient toujours en 2014, un chiffre évocateur quant aux capacités du Québec à

retenir les individus qu'il a lui-même sélectionnés dans son processus d'immigration. On les choisit,

mais eux ont décidé que nous ne leur convenons plus, en raison notamment

du fait que les ressources mises à leur disposition ne sont pas suffisantes.

Au niveau de

la connaissance des valeurs inscrites dans la Charte des droits et libertés de

la personne, entre 2011 et 2012,

78,7 % des immigrants admis au Québec n'ont pas été initiés aux valeurs

inscrites dans la Charte des droits et libertés de la personne après

leur arrivée, l'initiation, la sensibilisation à ces valeurs n'étant pas

obligatoires. Outre la signature, devenue

obligatoire en 2008, de la Déclaration des valeurs communes dans le cadre de la

demande de certificat de sélection du

Québec, les initiatives du ministère qui visent à faire connaître et respecter

les valeurs québécoises sont toutes volontaires et rejoignent une

minorité d'immigrants.

Ainsi, à la

lumière de ces constats, force est d'admettre que l'élaboration et la mise en

oeuvre de nouvelles mesures sont

devenues nécessaires et que le gouvernement du Québec doit faire mieux afin

d'assurer la connaissance et le respect des valeurs québécoises inscrites dans la Charte des droits et libertés

de la personne ainsi qu'au niveau de la francisation, de l'employabilité

et de la rétention des nouveaux arrivants.

Tous les membres de cette commission

conviendront alors de la nécessité, et même de l'urgence d'agir, et de moderniser le modèle québécois d'immigration.

Malgré le fait que la ministre et le premier ministre reconnaissent cette

nécessité, cette urgence, ce qui me

préoccupe, M. le Président, c'est que... ma formation politique redoute, c'est

la diligence et le courage dont va faire preuve le gouvernement libéral

pour mettre en oeuvre des mesures d'accompagnement qui correspondent réellement

aux besoins des immigrants et du Québec.

J'ai

présenté, lundi dernier, l'idée d'un nouveau pacte entre le gouvernement et les

immigrants, un pacte qui repose sur

une responsabilité partagée entre le gouvernement et les immigrants quant à la

réussite de l'intégration de ceux-ci, un pacte qui, nous en sommes convaincus, permettrait de remédier aux

défaillances que j'ai évoquées plus tôt. Maintenant, j'ai fait état de mes nombreuses préoccupations et

j'aimerais que la ministre me rassure. J'aimerais qu'elle m'explique comment elle traitera concrètement les enjeux que

le Québec connaît en matière d'immigration, d'intégration socioéconomique

et surtout d'inclusion des néo-Québécois à

la société québécoise. J'aimerais qu'elle me confirme que son gouvernement

entreprendra une avenue responsable et qu'il

considérera sérieusement les mesures que nous avons proposées cette semaine, qu'elle s'en inspirera et, comme je l'ai répété

lors de la commission parlementaire, qu'elle souhaite que tous les partis

présents à l'Assemblée nationale puissent

participer à l'élaboration de la nouvelle politique en matière d'immigration.

Donc, pour

faire un bref rappel, nous proposons, entre autres, pour la catégorie des

travailleurs qualifiés un nouveau régime

constitué d'un certificat d'accompagnement transitoire valide pour une durée de

trois ans accompagné d'un visa de travail

temporaire au lieu du visa de résidence permanente. À l'échéance de ce

certificat d'accompagnement transitoire, les titulaires seraient soumis

à une évaluation afin de valider leurs connaissances de la langue française

d'un niveau intermédiaire,

de leurs démarches d'employabilité et de leurs connaissances de la société et

des valeurs inscrites dans la Charte des droits et libertés de la

personne. J'y reviendrai, M. le Président.

Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant

la parole à Mme la ministre pour une période de 10 minutes.

Mme Weil :

Merci, M. le Président. Mais permettez-moi, à mon tour, de vous saluer, M.

le Président, ainsi que mes collègues du parti ministériel, la députée

de Jeanne-Mance—Viger et

le député de D'Arcy-McGee. Je salue aussi le député de Borduas, et

je n'ai pas saisi le nom de monsieur...

Mme Weil : D'accord. Je n'ai pas entendu, mais... Je vous présente

aussi les personnes qui m'accompagnent : mon sous-ministre, M. Robert Baril; mon attachée politique,

Marie-Pier Richard; ma directrice de cabinet, Josée Guilmette; ainsi

que mon attachée de presse, Marie-Hélène Paradis.

D'entrée de jeu, je tiens à vous dire que je suis très heureuse d'être ici avec vous aujourd'hui pour parler d'immigration, de

diversité et d'inclusion, un sujet passionnant, un sujet qui évidemment

est lié de façon très étroite au développement

économique du Québec, mais en

même temps un sujet qui est très

humain, et je pense que c'est pour ça que c'est un sujet si passionnant. Comme vous le savez, je suis

revenue à ce ministère, que j'ai dirigé auparavant, et c'est avec beaucoup de détermination et d'enthousiasme

que j'ai repris les responsabilités qui me tiennent beaucoup à coeur.

L'histoire du

Québec, comme celle de l'Amérique du

Nord tout entière, a été écrite par

des générations successives d'immigrants.

Nous sommes une société d'immigration, nos 400 ans d'histoire en

témoignent, et notre avenir réside dans notre capacité de profiter de

l'immense potentiel que représentent les milliers de personnes immigrantes qui

font le choix du Québec chaque année. Ils font le choix du Québec pour faire

leur vie, pour contribuer à son développement économique, social et culturel. Notre gouvernement saisit pleinement la richesse que représentent ces personnes. Rien

ne le reflète mieux que les mots de notre premier ministre, qui disait, dans son discours inaugural l'année dernière : «Notre

gouvernement croit résolument que la diversité n'est pas une menace, mais une

richesse. Le Québec grandit chaque fois qu'il accueille les

rêves et les espoirs d'une personne venue d'ailleurs. Nous allons continuer de

grandir ensemble en affirmant [nos] valeurs

communes.» M. le Président, en immigration, nous agissons, bien entendu, dans un contexte de concurrence

internationale pour l'attraction de talents stratégiques marquée à la fois par

des modes innovants de sélection des personnes immigrantes et aussi par

l'ouverture à la diversité.

Au Québec, l'immigration est un incontournable,

en particulier pour le renouvellement et la croissance de sa population en âge de travailler. En effet, au

Québec, contrairement à l'Ontario, au reste du Canada et aux États-Unis, la

population en âge de travailler diminue

alors qu'ailleurs elle est en hausse. Il faut le répéter et le répéter. Notre

gouvernement est donc déterminé à

agir pour que le Québec se démarque sur la scène internationale afin d'attirer

les personnes dont les compétences

répondent aux besoins des entreprises québécoises dans toutes les régions du

Québec, tout en respectant nos engagements humanitaires vis-à-vis les

personnes réfugiées et la réunification des familles.

développement de la société québécoise et l'épanouissement du Québec passent

par la pleine participation des personnes

immigrantes et des minorités ethnoculturelles dans toutes les sphères de la vie

collective. Nous devons défoncer toutes

les barrières qui se dressent encore devant nous. Seules les sociétés qui

parviendront à réussir le défi de la diversité seront des sociétés

gagnantes.

M. le

Président, en début d'année, j'ai annoncé une grande réforme en immigration.

Nous avons tenu des consultations particulières et des auditions

publiques en commission parlementaire sur un projet de nouvelle politique en

matière d'immigration, de diversité et

d'inclusion. Des 49 personnes ou organismes que nous avons entendus et des

60 mémoires qui ont été déposés

nous avons pu tirer un grand nombre de constats. Je n'en rapporterai ici que

quelques-uns : un, que la reconnaissance

de l'emploi comme principal vecteur d'intégration et l'importance d'avoir un

arrimage plus direct entre la sélection

des personnes immigrantes et les besoins exprimés par le marché de l'emploi,

d'où un accueil très favorable à notre

proposition de moderniser notre système d'immigration et introduire une

sélection basée sur la déclaration d'intérêt, un système tout à fait québécois, un système inspiré d'ailleurs mais qui

sera adapté au Québec, c'est-à-dire à l'image de nos villes, de nos régions, de nos espoirs et de nos valeurs

démocratiques, dont nous sommes tous fiers. L'importance d'accorder une attention particulière aussi a été

un constat à la continuité du caractère distinct et francophone de la société

québécoise aux valeurs démocratiques d'égalité, notamment l'égalité entre les

hommes et les femmes, à la neutralité religieuse

de l'État en tant que fondements de la culture publique commune du Québec.

Autre constat : un consensus sur la nécessité d'affirmer et de formaliser l'interculturalisme en tant que modèle

québécois de vivre-ensemble, et je souligne et je suis heureuse de

constater l'adhésion à ce modèle et l'importance de l'officialiser, de la part

de la CAQ.

Autre

constat : un rappel de la responsabilité que nous partageons tous afin de

lever les obstacles à l'intégration, en

particulier l'intégration en emploi, et cela a été répété par de nombreux

intervenants en commission parlementaire. En effet, tous les acteurs de la société ont un rôle à jouer pour que

l'immigration et la diversité ethnoculturelle constituent un apport réel au développement économique,

culturel et social du Québec et de ses régions. Je vous donne un exemple,

M. le Président : nous avons créé,

cette année, une certification pour les entreprises ouvertes à la diversité et

à l'inclusion. Désormais,

les entreprises québécoises pourront bénéficier d'une reconnaissance

officielle, un signe d'excellence qui les fera rayonner au Québec et dans le monde. Le ministère a collaboré

pendant des mois avec le Bureau de normalisation du Québec afin de mettre au point cette nouvelle

certification. Elle s'inscrit dans le travail que mène le ministère pour

favoriser l'ouverture à la diversité

et faciliter l'inclusion des personnes immigrantes. Tant pour ces dernières que

pour la société d'accueil, l'accès à

un emploi et la participation à la vie active sont garants d'une intégration

réussie. Ce lancement officiel a été

l'occasion de remettre la certification d'Employeur remarquable — Diversité ethnoculturelle à deux entreprises

qui ont réussi le processus depuis

que le BNQ l'a rendu disponible le 30 juin dernier, il s'agit de Croesus

Finansoft et de Savoir-faire Linux, deux entreprises oeuvrant dans le

domaine des technologies de l'information et de la communication.

Autre

constat : l'importance de miser sur les programmes-phares du MIDI,

notamment le Programme d'expérience québécoise.

En effet, ce programme, créé en 2010, est un des programmes les plus

innovateurs et performants du MIDI, un

programme qui permet un arrimage direct entre les candidats à l'immigration et

les besoins du marché du travail. Il s'agit

d'étudiants étrangers qui étudient dans nos universités ou de travailleurs

temporaires spécialisés déjà en emploi que l'on souhaite retenir chez

nous pour contribuer au développement économique du Québec.

Le dépôt de la

nouvelle politique à l'Assemblée nationale se fera au cours des prochains mois.

À terme, nous pourrons compter sur une

politique structurante et durable, un véritable guide pour nos actions. Parce

que nous sommes engagés dans l'action,

la nouvelle politique sera accompagnée d'une stratégie d'action. Cette

stratégie nous permettra de mieux

cibler les interventions dans le but de faciliter l'inclusion des personnes

immigrantes et des minorités ethnoculturelles,

en particulier au marché du travail, et de favoriser l'établissement de

relations interculturelles harmonieuses, et notre plan de travail pour

l'année ne fait que commencer. Nous étudions les différentes possibilités

permettant de formaliser, de façon ferme et significative, l'interculturalisme

en tant que modèle québécois de vivre-ensemble. La formalisation et l'adoption de la nouvelle politique en matière

d'immigration, de diversité et d'inclusion constituent des assises

solides pour les décennies à venir ainsi que pour les prochaines actions que

nous prévoyons poser cette année.

Comme

je l'ai souligné lors des auditions publiques, des travaux sont en cours au

ministère, visant à mettre à jour la

Loi sur l'immigration au Québec, adoptée en 1968. Une révision en profondeur de

cette loi est devenue nécessaire afin de

permettre au ministère de poursuivre et de compléter la mise en place du

système d'immigration moderne et performant dont le Québec a besoin. Déjà, certains processus d'immigration

connaissent de grandes transformations en s'appuyant notamment sur les nouvelles technologies pour

devenir plus efficaces et efficients. L'objectif est bien sûr de réduire les

délais de traitement des demandes d'immigration et de favoriser l'arrivée plus

rapide des candidats que nous avons sélectionnés. De plus, la nouvelle

Loi sur

l'immigration au Québec nous permettra de mettre en place un système de sélection basé sur la déclaration d'intérêt. Nous

allons nous inspirer des meilleures pratiques internationales afin que le

Québec puisse bénéficier d'un système

d'immigration concurrentiel lui permettant de continuer d'être un véritable

leader dans la course aux talents qui se déroule sur la scène

internationale.

voulais porter à votre attention ces grands moments de notre plan de travail

pour nous donner l'ampleur de nos actions.

Beaucoup d'autres actions sont en cours et seront réalisées aussi durant l'année. Par exemple, d'ici peu, il sera possible

pour des candidats de faire une demande de certificat de sélection en ligne.

Toutes nos actions seront guidées par la

vision développée dans la nouvelle politique en

matière d'immigration, de diversité et d'inclusion, la vision d'un Québec

francophone, inclusif et fier de sa

diversité, un Québec qui aspire à une plus grande cohésion sociale par la

participation de chacune et chacun à

la vie collective et qui conçoit l'immigration comme une richesse essentielle à

son développement aussi bien économique que culturel et social.

Et, si j'ai

30 secondes, j'aimerais saluer le député de Bourget, qui s'est joint à

nous. Merci de votre attention, M. le Président.

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la ministre. Nous allons maintenant

débuter la période d'échange. M. le député de Borduas, vous avez la parole pour

un maximum de cinq minutes.

Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Si vous me permettez, je

compléterai mon intervention préliminaire, en fait, sur le modèle que

nous proposons.

Donc, concrètement,

je tiens à le répéter, donc, nous proposons pour la catégorie des travailleurs

qualifiés un nouveau régime constitué d'un

certificat d'accompagnement transitoire valide pour une durée de trois ans

accompagné d'un visa de travail

temporaire au lieu du visa de résidence permanente. À l'échéance de ce

certificat transitoire, les titulaires seraient

soumis à une évaluation afin de valider leurs connaissances de la langue

française d'un niveau intermédiaire, de leurs démarches d'employabilité et de leurs connaissances de la société

et des valeurs inscrites dans la Charte des droits et libertés de la personne. Les immigrants qui

n'auraient pas réussi cette évaluation mais qui auraient rempli au moins une

des conditions bénéficieraient d'un délai supplémentaire d'une année pour se

soumettre à une nouvelle évaluation, mais,

si après un an les cibles n'étaient toujours pas atteintes, le certificat

d'accompagnement transitoire ne serait tout simplement pas renouvelé, à l'image des visas de travail temporaires.

Ceux qui réussiraient pourraient alors obtenir leur certificat de

sélection régulier leur permettant de demander un visa de résidence permanente

auprès d'Ottawa. Cette nouvelle approche,

plus durable et responsable sur les plans social et économique,

s'accompagnerait d'un engagement ferme de la part du gouvernement du

Québec à déployer les ressources et à offrir les outils nécessaires pour

assurer l'intégration, la francisation et

l'épanouissement de tous les néo-Québécois, d'où l'importance de la

responsabilité partagée.

J'ai entendu,

M. le Président, Mme la ministre, dans le cadre de son allocution, à l'instant,

proposer un nouveau régime basé sur

les meilleures expériences au niveau mondial et basé sur la déclaration

d'intérêt, sur le modèle canadien qui a été mis en place. Ce que nous proposons dans

le cadre de notre document est véritablement de modifier et de moderniser la façon dont nous pourrons rapidement

intégrer les immigrants. Il faut travailler sur la question des délais, parce que vous savez que c'est une des grandes

difficultés au niveau de l'émission actuellement du certificat de sélection.

sais que vous avez... M. le Président, je sais que la ministre a annoncé son

intention, pour l'année 2016, de réduire le délai de l'émission du

certificat de sélection à l'intérieur d'une année, mais nous croyons

véritablement que nous nécessitons un

certificat d'accompagnement transitoire afin de favoriser une venue beaucoup plus rapide, au Québec, des immigrants afin que l'immigration puisse répondre

aux besoins du marché du travail, aux besoins du marché du travail qui est

changeant à tous les mois, donc l'importance de lier directement dans le temps la grille de sélection avec l'état actuel

du marché du travail, parce

que, vous savez, pour quelqu'un

qui a un emploi à offrir, un employeur qui a un emploi à offrir dans une industrie — prenons

cet exemple-là, M. le Président — et

qui transmet cette information au ministère

par le biais des emplois en demande, eh bien, si ça prend une durée de trois ou

quatre ans, bien c'est bien possible que le marché

du travail ait changé et que la

personne qui, à l'origine, a déposé sa demande en fonction de la grille de

sélection de l'emploi

en demande, qui avait des points dans cette grille de sélection là

pour cette demande, bien, se retrouve dans une situation où, au moment de l'analyse de son dossier, en

raison des délais de traitement, elle ne puisse pas obtenir... elle va

être pénalisée, et l'offre d'emploi ne sera plus disponible.

Maintenant,

M. le Président, j'aimerais aborder la question

de la

loi sur l'interculturalisme que nous proposons, cette loi — et

j'aimerais savoir si la ministre est, comme nous, d'avis que le gouvernement doit se doter d'un cadre législatif

visant à préciser ses objectifs en matière de gestion de la diversité — une

loi sur l'interculturalisme québécois, une proposition-phare de notre projet,

un texte de loi qui permettrait de codifier l'interculturalisme comme fondement

du vivre-ensemble de la société québécoise à

titre de cadre clair régissant les relations entre les citoyens

des différentes cultures vivant au Québec. Encadré

par la

loi sur l'interculturalisme québécois,

l'interculturalisme deviendrait une réelle politique de gestion de la diversité et servirait de stratégie

pour offrir un cadre d'intégration des personnes et des groupes issus de

l'immigration. Plus concrètement, cette politique permettrait d'élaborer des

mesures concrètes visant à appliquer et à promouvoir les principes de

l'interculturalisme québécois dans les sphères publiques et privées du Québec.

Donc, la politique d'interculturalisme

québécois exposerait la vision retenue, les enjeux, les orientations et les

axes d'intervention ainsi que les objectifs

que doit poursuivre la société québécoise en matière d'accueil et d'intégration

des nouveaux arrivants, de valorisation de la diversité et d'interaction

entre les collectivités.

Donc,

il s'agit véritablement de doter le Québec d'un cadre pour expliciter ce que

constitue la société québécoise. Et

j'attire l'attention de la ministre sur le préambule que j'ai formulé à la

page 11 de notre document sur ce que constituerait

l'interculturalisme, donc, «l'interculturalisme québécois a pour objectif d'orchestrer

les rapports entre la majorité francophone

et les minorités ethnoculturelles d'une manière qui soit conforme aux exigences

du pluralisme». J'y reviendrai, M. le Président.

Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant

la parole à Mme la ministre pour une période de cinq minutes.

Weil : Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, je vais répondre, au fur et à mesure, aux

questions du député, parce qu'on a des blocs très précis, mais, pour ce qui est du modèle d'interculturalisme, je

veux souligner qu'évidemment, comme je l'avais dit en commission

parlementaire lors de la consultation sur la nouvelle politique d'immigration,

de formaliser de la façon la plus importante

possible, évidemment c'est le désir, le souhait, l'intention que j'ai évoqués à

ce moment-là. Tout ce que je peux dire, c'est que j'apprécie beaucoup le

partage qu'on a de cette vision, parce qu'on a beaucoup entendu des experts parler d'interculturalisme, qu'on veut en

faire un modèle-phare, d'ailleurs, qui va se distinguer du modèle

canadien, puis comment le comprendre. Alors, on a eu beaucoup d'experts qui

sont venus en commission parlementaire. Donc, je pense qu'on est sur la même

page à cet égard.

Pour

ce qui est de la déclaration d'intérêt... Et ce nouveau système, évidemment ça

vient régler tous les problèmes que

le député vient de souligner. Il y a d'autres choses aussi. Le fait que,

maintenant, la demande d'immigration se fait en ligne, tout ça réduit les

délais. Mais aussi on modifie la grille de sélection fréquemment et on vient

d'amener une nouvelle procédure qui fait en sorte qu'on ajuste

franchement, de façon très précise, les besoins du marché du travail avec les compétences qu'on recherche. Donc, tous ces

problèmes et, au fur et à mesure des réponses, des questions et des blocs,

tout ça vont être éclaircis.

Alors,

je voudrais d'entrée de jeu, donc, saluer évidemment le travail sérieux

du député de Borduas. Je pense qu'on part de là. Mais évidemment, avec des connaissances que nous avons ici, de ce côté, avec l'histoire de l'immigration

qu'on connaît, il y a des choses à

clarifier. Il y a des choses, beaucoup d'éléments que l'on fait déjà qui sont

dans les propositions, mais c'est sûr

que d'autres propositions... alors qu'on va regarder la nouvelle politique, le

plan d'action, on pourra échanger au

fur et à mesure. On n'est pas encore rendus là pour le déposer. Alors, par

exemple — je vous

donne des exemples de choses qui sont déjà faites — les immigrants de la catégorie économique

passent déjà un examen de français pour obtenir des points à la grille

de sélection, et nous évaluons leur capacité à parler le français avant de les

sélectionner.

Quand on parle de

valeurs communes, les candidats à l'immigration issus de la catégorie de

l'immigration économique signent déjà la

déclaration des valeurs communes du Québec, un engagement moral par lequel ils

s'engagent à respecter les valeurs

communes de la société québécoise, que j'appellerais des valeurs

démocratiques — c'est

important de le souligner — leur désir à vouloir vivre au Québec dans

le cadre de ces valeurs et apprendre le français s'ils ne le connaissent pas

déjà.

Quand on parle de diversification de l'offre en

francisation, nous répondons toujours à la demande. Ça, c'est important de le

souligner. Nous offrons des cours à temps complet, temps partiel, en classe, en

milieu de travail ainsi qu'en

ligne. D'ailleurs, une personne peut être inscrite au cours de

francisation en ligne dans les 24 heures qui suivent l'octroi de son CSQ, et les contenus des cours de

francisation et des cours d'intégration sont très similaires afin d'assurer

une pleine intégration.

Quand

on parle de modifier la grille de sélection pour accroître les points pour une

offre d'emploi validée, nous l'avons fait tout récemment, idem pour la

révision de la liste des domaines de formation, comme je le disais tantôt. D'ailleurs, on a une nouvelle grille qui fait en

sorte qu'on peut vraiment nous assurer que la personne a des très bonnes

perspectives d'emploi. Mais, grosso modo... dans la minute, et j'y reviendrai, qu'il

me reste, je crois bien, le système proposé,

le système d'immigration, et c'est fondamental, il est inapplicable, non

seulement inconstitutionnel, non seulement irait aussi contre les règles d'immigration qu'on connaît au Canada,

mais les règles d'immigration qu'on connaît dans tous les systèmes modernes d'immigration. Il n'est tout simplement pas

souhaitable en immigration, c'est la vision de l'immigration d'avoir des personnes sans statut qui sont là, sur le

territoire, des citoyens de deuxième zone — ce n'est même

pas des citoyens — et

qui n'ont pas les mêmes droits et qui n'ont même pas un emploi. Lorsque les

gens rentrent chez nous, ils ont une

offre d'emploi, ils travaillent, les immigrants temporaires. On ne peut pas

accepter des gens... Sinon, c'est des

touristes. Et, je pense, j'ai entendu le chef de la CAQ parler de touristes.

J'ai entendu quelqu'un parler de ça.

faut que les gens arrivent à un statut, c'est la seule façon de leur garantir

des droits, et la Commission des

droits de la personne s'est souvent prononcée sur cette question, mais

c'est bien important que les gens comprennent très fondamentalement et que le député de Borduas comprenne cette notion.

Parce que, comme le disait un grand quotidien canadien cette semaine, à la fin de cette période transitoire, on le

renvoie, c'est un retour à l'envoyeur, un «return to sender», hein,

c'est comme ça, parce qu'il n'a pas de stabilité dans sa vie, ses enfants ni

son épouse ou époux. Merci.

Le Président (M.

Picard) : Je cède maintenant la parole à M. le député de

D'Arcy-McGee.

Birnbaum : ...M. le Président, Mme la ministre, chers collègues du côté ministériel, M. le député de Borduas, M. le député de Bourget.

que la ministre a déjà exposé dans ses remarques préliminaires et

dans sa première intervention, évidemment on comprend que l'immigration doit être vue, perçue dans son contexte

global, démographique, sociétal et économique, parce que c'est un levier essentiel qui touche à chacun des... qui nous

interpellent. Sur le plan démographique, on a constaté depuis longtemps que notre taux de naissances est

le plus bas en monde occidental. La proportion de notre population par rapport au reste du pays est

en diminution. Il y a la problématique très présente de dépeuplement des

régions.

le plan sociétal, l'avenir de notre coin unique et précieux et francophone en Amérique du Nord évidemment s'impose dans

toutes nos réflexions en ce qui a

trait à l'immigration dans son ensemble.

Bon, l'économique, à juste titre,

le député de Borduas et le plan de la CAQ en

parlent, avec raison. On parle de quelque 750 000 postes qui

s'ouvriront dans les prochains

15 ans en même temps que, pour la première fois de l'histoire —première fois de l'histoire — on parle de zéro croissance dans la

cohorte des gens aptes à travailler, de 18 ans à 64 ans. Tout cela

pour noter que c'est par l'immigration que

ça se passe, cette adéquation tellement essentielle. Donc,

tout ça, dans un monde concurrentiel, nous interpelle à préparer un accueil à la fois efficace, rigoureux,

transparent et attirant par rapport, oui, à nos concurrents. On a à se vendre. Ce n'est pas juste un fardeau qu'on

peut mettre sur l'immigrant prospectif, c'est un enjeu réciproque, et on a

notre travail à faire ensemble.

Donc,

en constatant tout ce qu'il y a d'intéressant dans les propositions du parti de

la deuxième opposition, je vois mal

dans ce contexte comment des menaces d'exclusion, d'inquisition, en quelque

part, sur la loyauté, l'adhérence aux valeurs

québécoises risquent d'aider, j'imagine mal l'immigrant ingénieur prospectif,

d'un pays francophone ou autre, qui

songe à où aller avec sa famille : Bon, la Suède m'interpelle avec des

programmes de formation d'appoint, l'Australie va m'accompagner dans mes démarches pour m'intégrer; bon, le Québec,

j'ai toujours cru que c'était un endroit où les valeurs démocratiques étaient de mise puis où ça se passe en français,

qui m'intéresse, j'ai l'intérêt à me perfectionner dans cette langue-là. Ah bon! Mais là il y aurait

des tests. Je peux m'installer avec ma famille mais avec l'épée de Damoclès,

qui me dit que, peut-être en trois ans, bon, je ne suis pas à la taille. Il me

semble que, dans un monde où on a besoin d'immigrants

pour nous épanouir, pour qu'ils s'épanouissent avec nous, c'est une recette qui

nous a invités à poser des questions.

Plutôt, il me semble que c'est la concertation, l'inclusion et la collaboration

qui est de mise, et notre gouvernement a bien compris cette

interpellation. L'immigration en arrimage avec l'éducation et l'emploi, voilà

la recette.

Mes antécédents sont

dans le monde de l'éducation, et j'ai vu des commissions scolaires essayer

d'être au rendez-vous avec les nouveaux

arrivants ainsi qu'au rendez-vous avec les jeunes de chez nous de longue date

qui veulent s'intégrer et qui veulent

participer dans cette adéquation incontournable, et il y en a, des obstacles.

Il y en a, des obstacles, alors on a

tout intérêt à comprendre que la concertation entre l'immigration comme

catalyseur de cette adéquation, en travaillant étroitement avec le

ministre de l'Emploi et de la Solidarité ainsi qu'avec le ministère de

l'Éducation, du Loisir et du Sport... voilà la recette qui est de mise.

Donc,

on va continuer à privilégier la concertation avec nos partenaires lors de la

sélection des immigrants, dans l'identification des programmes de

formation, dans l'appui gouvernemental pour la formation d'appoint au sein de l'entreprise. Voilà un partenaire incontournable.

Les immigrants, peu importent les programmes qu'on met en place, vont

avoir besoin de l'accompagnement. Merci.

Le Président (M.

Picard) : ...M. le député. Je dois maintenant céder la parole à

M. le député de Borduas.

Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Mais, écoutez, ce que je

constate, c'est que de notre côté, avec notre proposition, on cherche véritablement à donner les moyens, les outils

aux immigrants et à la société québécoise pour mieux intégrer, pour

mieux franciser et pour permettre d'intégrer plus facilement le marché de

l'emploi.

J'entends

le député de D'Arcy-McGee parler d'exclusion. Mon plan n'est pas un plan

d'exclusion. Le plan de la Coalition

avenir Québec est un plan d'inclusion. Le modèle d'immigration a fait ses

preuves. Les preuves qu'il a faites, c'est

qu'il ne suffit pas, ce modèle, il n'est pas suffisant. Le modèle d'immigration

actuel, celui du Québec, doit être réformé, doit être modernisé, on doit tenter de l'améliorer, et notre proposition

va en ce sens-là. On met l'accent sur les mesures de francisation, sur les mesures d'intégration, de

connaissance de la société québécoise et des valeurs inscrites dans la Charte des droits et libertés. Ce que j'ai entendu,

M. le Président, c'est que, bon, c'est par de la formation, de la sensibilisation, mais, nous, ce qu'on dit, c'est

qu'on rend obligatoire le cours Objectif Intégration, qui par ailleurs est un

bon cours avec un bon cursus. Oui, on veut

le bonifier, on veut accorder davantage de ressources, davantage de formation

aux deux premiers modules de ce cours-là, M.

le Président. Mais ce qu'il faut comprendre de notre proposition, c'est que c'est une proposition qui vise véritablement à

établir un nouveau partage entre le candidat immigrant et la société d'accueil.

La ministre

nous a parlé de la question du statut des immigrants. Actuellement, lorsqu'un

certificat de sélection du Québec est

annulé en vertu de la disposition 3.2.2 de la

Loi sur l'immigration pour l'un

des trois motifs indiqués, la personne qui était titulaire du CSQ et de

résidence permanente se retrouve dans une situation qui est sans statut et ne bénéficie plus des programmes sociaux du Québec.

Ce que nous proposons, nous, M. le

Président, c'est qu'avec le

certificat d'accompagnement

transitoire les immigrants qui arrivent au Québec par le biais de ce

nouveau régime soient couverts par l'ensemble

des protections sociales associées. Donc, ce que nous proposons dans ce

document, c'est de donner les véritables outils aux immigrants pour

favoriser l'intégration.

Donc, la question

derrière la politique d'immigration du Québec, derrière notre proposition, c'est véritablement de jumeler les besoins du marché du travail en lien avec les compétences

des individus parce que c'est important que la grille

de sélection soit adaptée aux besoins du marché du travail, d'assurer une plus

grande pondération aux qualifications professionnelles

qui sont à la grille de sélection, non pas uniquement en fonction de la durée des études du candidat, en fonction de valoriser la formation professionnelle et

technique. La même chose également, M. le

Président, au niveau de bonifier la pondération

associée aux offres d'emploi validées en région, de façon à assurer une

régionalisation de l'immigration. Un autre élément important dans notre proposition, M. le Président, au

niveau des qualifications professionnelles,

à la page 9, c'est de bonifier le Programme d'aide à l'intégration des

immigrants et des minorités visibles en emploi, le programme PRIIME, mais pour

des emplois en région.

Donc,

concrètement, M. le Président, nous avons un plan concret pour accompagner les

immigrants partout au Québec parce

que ce qu'on souhaite, c'est la

réussite de l'intégration. Mais, manifestement, avec le préambule que j'ai

fait au départ, on peut constater, M. le Président, que le système a des failles et qu'on doit travailler plus fort de

part et d'autre pour favoriser

l'intégration des immigrants. Les taux

de chômage chez les personnes

racisées de première et de seconde génération sont beaucoup

plus importants que chez la population native. Luttons

contre cela. Cependant, on constate,

la politique d'immigration date d'il

y a 25 ans, et on est dans une situation

comme celle-ci. Donc, il faut prendre action, il faut agir mais de façon

constructive, et, véritablement, notre plan répond à ces propositions.

Au niveau du respect et de la connaissance des

valeurs fondamentales, je ne comprends pas, M. le Président, que le parti gouvernemental ne soit pas en accord avec

nous de rendre le cours Objectif Intégration obligatoire, un cours qui a été

développé par les précédents gouvernements, un cours qui donne des outils, qui

accompagne les immigrants dans leur

recherche d'emploi, de leur connaissance de la démocratie québécoise, des

valeurs inscrites dans la Charte des droits et libertés, du vivre-ensemble québécois. Donc, concrètement, en rendant

ce cours obligatoire là, un cours de huit modules de trois heures

chacun, on va pouvoir débuter l'initiation aux valeurs inscrites dans la Charte

des droits et libertés.

Le Président (M. Picard) : Merci,

M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la ministre.

Mme Weil : Oui. Merci,

M. le Président. Juste pour, peut-être,

répondre à quelques questions. Il

faut comprendre l'article 3.2.2, il faut comprendre comment les

gens se retrouvent sur le territoire, actuellement, du Québec. Ces personnes-là, dont le CSQ est annulé, ne sont pas ici, sur le territoire,

parce qu'elles ne peuvent pas être ici sans avoir été accordée

la résidence permanente du gouvernement fédéral. Donc, ça n'affecte pas leurs droits, ils sont dans leurs pays, vous

comprenez?

Alors, c'est

ça, le vice dans le concept qu'on a, c'est un vice structurel juridique qui

n'intègre pas cette notion de

résidence permanente. Les gens, quand ils rentrent dans un pays, ils sont soit

étudiants, ils sont travailleurs temporaires, et le travailleur temporaire, il travaille. Il n'est peut-être

pas résident permanent, mais son visa reconnaît le fait qu'il a un travail, il est au travail. Un touriste, c'est un

touriste. Là, on a comme quelque

chose d'hybride où la personne est

sans statut. C'est le commentaire. Non, parce qu'il n'a pas la... Je veux vraiment que...

on est en train de se parler, M. le Président, mais c'est que la personne qui a

une offre d'emploi, qui va être à l'emploi, c'est un gage de réussite au moins

temporaire, et évidemment, par des voix de

transition à l'immigration permanente, on va s'assurer que la personne va

aimer le Québec, et ce travailleur qualifié

va vouloir rester, que son employeur va vouloir le garder. C'est le Programme

d'expérience québécoise. C'est important de

comprendre que tout le système d'immigration est axé vers la permanence pour faire en sorte que les gens puissent avoir un

statut qui leur offre des perspectives de vie, et d'emploi, et d'avenir.

Et je

voudrais aussi revenir sur cette question de grille de sélection. Aux dernières

consultations pluriannuelles sur les

orientations, c'est d'ailleurs à ce moment-là qu'on a changé la grille de

sélection pour faire en sorte que... C'était, à l'époque, plus de 50 % qui devaient avoir des formations en lien

avec le marché de l'emploi. Maintenant, on est rendus à 60 %, dans les

derniers chiffres. Et d'ailleurs, lors de la consultation, on a bien dit qu'on

veut aller encore plus loin. Et c'est pour ça qu'on amène la déclaration

d'intérêt. Toutes les questions évoquées par le député de Borduas vont être répondues, si on veut, dans le nouveau système,

qui fait que les gens sont sélectionnés vraiment en temps réel. La grille sera

simplifiée par ailleurs, parce que le profil

professionnel de la personne, tout de suite, au lieu d'attendre trois ans — parce qu'il parle des

délais d'attente — c'est

instantanément, plus ou moins, qu'on reconnaît : Oui, vous, vous nous

intéressez. Et c'est ce qu'on remarque en Nouvelle-Zélande, en

Australie, et le Canada est en train de faire l'expérience.

Dans les deux

minutes qu'il me reste, je voudrais parler du regroupement familial. La CAQ

propose de négocier avec le gouvernement fédéral pour rapatrier les pouvoirs

touchant la catégorie du regroupement familial. Le problème ici, c'est que cette proposition relève vraiment d'une

incompréhension profonde de la nature humanitaire du regroupement familial.

L'objectif primordial à l'essence même de ce programme, c'est la réunification

des familles, il découle des conventions

internationales auxquelles le Canada est signataire et auxquelles le Québec

adhère.

L'article 16 de la déclaration des

droits de l'homme stipule que «la famille est l'élément naturel et fondamental

de la société et a droit à la protection de la société et de l'État».

L'article 10 de la convention

internationale relative aux droits des enfants, dont le Canada est

signataire, stipule que «toute demande faite par un enfant ou ses parents en

vue d'entrer dans un État

partie ou de le quitter aux fins de réunification

familiale est considérée par les États parties dans un esprit positif, avec

humanité et diligence». Alors, il faut se

demander de façon très sérieuse : Sur la base de quels critères est-ce que

la Coalition avenir Québec voudrait,

elle, traiter les demandes de regroupement familial plutôt que sur la base de

la réunification des familles?

J'insiste sur

ces éléments puis je souhaiterais aussi souligner au député de la CAQ qu'il y a

325 millions de dollars, hein,

que le gouvernement fédéral nous transfère et que cet argent est partagé avec

plusieurs autres ministères qui travaillent à l'intégration, la francisation, nous, et d'autres partenaires, et

c'est en lien avec la résidence permanente. C'est important que le député le comprenne, c'est attaché,

justement, à la notion de résidence permanente. Il n'y a pas d'argent du

fédéral pour le temporaire, parce que

ce n'est pas souhaité par personne. Il n'y a pas un État qui veut des gens dans

un «no man's land». Ils veulent que

les gens aient des perspectives, soient protégés par un emploi, et, ensuite, la

francisation, et que l'État, les gouvernements, la société fassent tout

pour les intégrer dans la société.

Le Président (M. Picard) : ...je

cède la parole à M. le député de D'Arcy-McGee.

Birnbaum : Merci, M. le Président. Vous me permettrez de lire un ou

deux extraits d'une lettre qui a paru plus

tôt cette semaine dans La Presse , de M. José Franco,

contrôleur de gestion de Laval. Et il réagit au plan proposé par la deuxième opposition, dont on reconnaît, on l'a dit

déjà, plusieurs éléments qui devraient être les fruits des discussions continues quand il s'agit d'établir nos

orientations, tout ce qui a trait à l'immigration, mais il reste que c'est un

plan dans son ensemble.

Le monsieur

écrit à M. Legault en lettre ouverte : «C'est avec une grande

consternation que j'ai entendu votre proposition

sur l'immigration.» Il parle en détail du cheminement de sa famille immigrante qui a bâti ce pays du Canada, notre

coin du pays aussi, au fil des siècles. Il conclut en notant que, «selon votre proposition, au terme de trois ou quatre ans,

vous auriez renvoyé — je ne sais où — ma mère, mon père, leur fils et leurs quatre

filles. Avec pour conséquence d'envoyer aussi ailleurs leurs 10 enfants et neuf petits-enfants. Est-ce bien

cela votre souhait, M. Legault?» On comprend que ce n'est pas le cas.

Mais, si on

est pour parler de l'immigration comme exercice réciproque où nous avons à

démontrer que le Québec, comme

société d'accueil, ça se passe en français, ça se passe dans un environnement

où des valeurs démocratiques sont des

incontournables, on a besoin de lancer le message à la fois aux immigrants qui

partagent ces valeurs, qui considèrent le Québec, justement, à cause de ces valeurs, qui sont francophones, ou

francophiles, ou dévoués à se maîtriser dans notre langue commune une fois arrivés. Voilà la façon de

faire marcher l'immigration dans l'optique de créer une meilleure société

et dans l'optique de répondre à cette exigence qui est devant nous tous,

c'est-à-dire l'adéquation formation-compétences-emploi.

Permettez-moi

de parler un tout petit peu des résultats en ce qui a trait à cette adéquation

et le rôle du ministère de

l'Éducation comme catalyseur, si vous voulez, de cette adéquation. Bon. Entre

2009 et 2014, le taux de chômage de l'ensemble

des personnes immigrantes a baissé par plus que 20 %; comme le

Vérificateur général, lui, a constaté, en 2014, maintenant quelque 60 % des immigrants travailleurs qualifiés obtiennent

des points pour le domaine de formation parce qu'ils viennent combler des besoins avérés du marché du travail. Bon,

une nette amélioration. En ce qui a trait à l'adéquation, le 26 janvier dernier est entrée en vigueur

une nouvelle liste des domaines de formation en demande au Québec. Donc, la

tâche essentielle d'arrimer l'immigration

avec les besoins du marché du travail du Québec est en premier plan pour notre

gouvernement. Et notre gouvernement

annoncera prochainement d'autres mesures qui accentueront la collaboration

entre l'immigration, l'emploi, l'éducation et l'entreprise. Nous avons

fait en sorte que l'insertion en emploi des personnes immigrantes est maintenant accélérée. Après avoir reçu des services de

francisation et d'intégration, les individus sont dirigés rapidement vers une ressource externe

d'Emploi-Québec spécialisée pour les accompagner dans leurs démarches.

Bon. Alors,

au lieu de demander des assermentations de loyauté de l'État, ou menaces de suspension, de déportation,

ou d'enclencher des débats de première

opposition sur des immigrants «est-ce

qu'ils font

partie intégrante et à part entière de notre société?», est-ce

qu'on peut passer à l'action en privilégiant l'emploi, en privilégiant

l'intégration des immigrants dans les conditions qui nous conviennent

tous? Merci.

Le Président (M. Picard) :

Merci, et je cède maintenant la parole à M. le député de Bourget.

M. Kotto :

Merci, M. le Président. Je vous salue, tout d'abord. Je salue la ministre de

l'Immigration, de la Diversité et de

l'Inclusion, je salue le sous-ministre, je salue mes collègues députés de

Jeanne-Mance et de D'Arcy-McGee, toutes les personnes qui accompagnent

la ministre, également je salue mon collègue député de Borduas et la personne

qui l'accompagne.

Il y a à peine deux mois,

la Commission des relations avec les citoyens entamait, à l'Assemblée nationale

du Québec, ses travaux sur une nouvelle

politique en matière d'immigration, pilotés, donc, par la ministre de

l'Immigration, de la Diversité et de

l'Inclusion, intitulée Vers une politique québécoise en matière

d'immigration, de diversité et d'inclusion . Le document a fait l'objet de consultations particulières lors

d'auditions publiques auxquelles ont participé avec beaucoup de rigueur plusieurs personnes et groupes

concernés et intéressés par l'immigration, que d'aucuns considèrent par

ailleurs comme l'un des grands enjeux mondiaux des 50 prochaines années,

y compris pour le Québec. Je leur renouvelle par l'occasion mes remerciements pour leur contribution notable, qui a été

très appréciée par l'ensemble des membres de cette commission parlementaire. Toutefois, il aura fallu

que cette consultation soit la plus large et la plus transparente possible,

en regard des enjeux gigantesques pour le

Québec. La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion a

déposé son projet de politique le 5 décembre 2014, soit à la toute

dernière journée de la session parlementaire. Les... Les convocations, dis-je, aux groupes et aux personnes

pour qu'ils se présentent devant la commission parlementaire ont été acheminées le 17 décembre 2014, à une semaine

du long congé des fêtes de fin d'année. Alors, compte tenu des délais très courts, plusieurs de ces groupes et de ces

personnes ont dû décliner l'invitation. Conséquemment, de nombreuses voix éclairées

sur ces enjeux importants n'ont pu être entendues au-delà de déposer un simple

mémoire.

ailleurs, plusieurs personnes triées sur le volet à huis clos, discrètement,

ont eu l'occasion, dès le mois de juillet 2014, d'être consultées à propos de cette politique avec une entente de

confidentialité en prime. Par un élémentaire souci d'équité, nous avons demandé, en vain, une prolongation des

auditions. Nous aurions permis à toutes et à tous d'être entendus et aurions eu en main les avis pertinents sur la

politique qui jettera les bases d'un projet de loi que la ministre s'est

engagée à déposer à l'automne 2015.

Nous saluons,

bien sûr, les efforts de la ministre, qui, pour de grands pans de sa politique,

a été inspirée par le projet de loi

n° 71 de notre ancienne collègue, Diane De Courcy. Celui-ci, le projet de

loi, avait pour objet de contribuer, par

l'immigration, à la pérennité du français comme langue commune, à

l'enrichissement du patrimoine culturel et à la prospérité économique, au dynamisme démographique et à la vitalité du

territoire. Nous sommes d'accord pour dire qu'il est temps de moderniser la politique, mise en place en

1990, afin qu'elle soit en phase avec les réalités d'aujourd'hui et celles

de demain. Nous réitérons toutefois que tous

ont le droit de vivre et de travailler en français, selon ce qui est prévu dans

la Charte de la langue française, et

que tous les nouveaux arrivants ont le droit d'apprendre le français et de

bénéficier de mesures raisonnables d'accueil et d'intégration à la vie

québécoise.

À propos des

régions, la ministre de l'Immigration souhaite que l'immigration puisse

contribuer significativement à leur dynamisme, mais, en même temps, en

octobre dernier, il y a de cela cinq mois à peine, nous apprenions la fermeture des bureaux régionaux de son ministère,

à Québec, à Sherbrooke, Gatineau et à Trois-Rivières. Si cette décision devient réalité, il y a lieu de craindre des

impacts sur l'intégration des nouveaux arrivants dans ces régions. La ministre

donne l'impression qu'elle ignore les élus

et les autres acteurs du développement de nos régions qui crient au secours et

qui s'inquiètent de l'avenir de leurs communautés.

M. le

Président, je me permets de réitérer les neuf propositions, les neuf

recommandations faites à la ministre, mais

à... à ses collègues qui siègent à la commission, la dernière fois que nous

nous sommes réunis sur ce sujet. Puis-je déposer le document?

Le Président (M. Picard) :

Oui.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la ministre.

Mme Weil :

Oui. Écoutez, je voudrais, moi, revenir... Je parlais de l'importance...

D'ailleurs, je tiens juste, peut-être, à

dire : Avec le député de Borduas, c'était un échange. Il y a des

propositions, on les regarde, on travaille, on fait avancer les choses,

il y a un intérêt à l'immigration, il s'inscrit. C'est sûr qu'il y a un

problème de structure, des problèmes fondamentaux,

mais je salue quand même la volonté de moderniser

le système d'immigration. À cet effet, on est sur la même page, et je l'ai dit beaucoup

en commission parlementaire. Mais je ne sens pas la volonté de la part du député de Bourget

d'être constructif. Et, s'il y a bien

un dossier où on a besoin, tous ensemble, comme parlementaires... c'est d'être

constructifs et de dire : Bon, il faut aller dans ce sens-là, il faut

mieux les intégrer. Comment les intégrer?

Écoutez,

je reviens sur cette notion de transparence. Il n'y a pas un chat qui a compris

pourquoi le député de Bourget

revenait là-dessus. C'était une commission parlementaire, il y

a eu une entente entre les bureaux du leader, qui faisait en sorte que tout ça était entendu, puis

je pense que ma collègue de Jeanne-Mance—Viger va

revenir là-dessus. Donc, je rejette totalement ce commentaire. Il y avait des consultations en

ligne et il n'y a personne qui a fait ce commentaire en commission parlementaire, tout

le monde a salué l'excellence du

travail, le fait qu'on mette tout ça sur la table de façon très ouverte et transparente, qu'on mette les

défis, les problèmes, les enjeux très ouvertement et qu'on cherche ensemble à

trouver les meilleures solutions pour que tous puissent participer à la société

québécoise.

Maintenant,

je voudrais revenir, suite à la conversation et l'échange que j'avais avec le député de

Borduas, sur cette

notion de temporaire à permanence pour dire qu'un des programmes-phares du ministère de l'Immigration dont je suis particulièrement fière et qui a été,

comment dire, vraiment salué par beaucoup d'intervenants qui sont venus en commission parlementaire, notamment Montréal

International, c'est le Programme de l'expérience québécoise. On a tous un profond attachement à ce programme, parce que

qu'est-ce que c'est? C'est des étudiants étrangers qui étudient dans nos universités partout

au Québec, c'est des travailleurs qualifiés qui sont déjà intégrés en emploi.

Bien, ils tombent en amour avec le

Québec, certains tombent en amour au Québec, et j'en ai rencontré; comme mon

père, d'ailleurs, ça a été un peu ça,

et il a décidé d'immigrer des États-Unis. Et c'est la réalité, mais c'est

surtout qu'ils aiment beaucoup le Québec, ils trouvent ça intéressant, ils veulent rester, et nous, on veut faire

en sorte que ces gens-là puissent intégrer rapidement le marché de

l'emploi.

D'ailleurs,

tout récemment, j'ai eu l'occasion de souligner le cinquième anniversaire de ce

programme, et c'est depuis 2010 que

le programme existe, et j'ai eu à cette occasion la chance de rencontrer deux

jeunes diplômés récemment sélectionnés dans le cadre de ce programme, et

j'ai remis un CSQ. Alors, visiblement reconnaissants de cette marque d'attention, ils ont livré des témoignages

empreints d'une grande sincérité. Rémi André Pierre Vezzoso, originaire de la

France et titulaire d'une maîtrise en sciences de la gestion et marketing de

HEC, il nous a raconté comment, avec son diplôme,

qu'il a qualifié de valorisé et valorisant, il a trouvé un emploi prestigieux

dans une multinationale, et je le cite. Voici ce qu'il a dit : «"Le

Québec, pour moi, c'est aussi des

amis de toutes origines. Quand on voit les rues de Montréal, quand

on voit les gens d'aujourd'hui, c'est comme une boîte de crayons de

couleur", nous a déclaré Rémi.» Et l'autre, Charles Abou Khater, détenteur d'un bac en génie civil de Polytechnique Montréal,

nous a confié, et je cite : «Le

Québec est riche en culture. Quand je

suis arrivé, je suis tombé amoureux de Montréal, mais, depuis, j'essaie le plus

possible de visiter d'autres

endroits. Par exemple, je suis allé à Trois-Rivières et à Québec.

Ça fait cinq ans que je suis ici, et il

y a encore plein de choses que

je n'ai pas encore vues.»

dois vous dire, là, parce que c'est vraiment le côté humain de mon travail, que j'adore, c'est

de rencontrer des gens comme ça qui

parlent un français impeccable et qui veulent rester ici. Puis, nous, ce qu'on

a constaté, il y a un consensus de toute la société, quand

ils connaissent le programme : il faut tout faire pour maximiser le programme.

Alors,

j'ai des résultats que je pourrais vous dévoiler, si vous voulez, dans une

prochaine séquence, mais tout ça pour

dire qu'il n'y a pas de limite au potentiel de ce programme.

En Nouvelle-Zélande, 85 % de

l'immigration permanente est issue de la voie temporaire.

Le Président (M.

Picard) : Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.

Rotiroti : ...merci. Alors, à mon tour de souhaiter la

bienvenue aux collègues de l'opposition — le député de Borduas, le député de Bourget — Mme la ministre, mon collègue de

D'Arcy-McGee et tous les gens qui accompagnent la ministre.

Alors,

je suis très contente d'être ici ce matin et de parler de l'immigration, ça a

été toujours un dossier qui m'a animée,

qui me passionne. D'ailleurs, à l'époque, quand on était dans l'opposition

officielle, j'ai eu le privilège de déposer un projet de loi, justement, qui portait sur les changements que je suis

très heureuse de dire que le ministère travaille dans ce sens-là, qui, dans le fond, a été

essentiellement repris dans plusieurs éléments de la députée et ministre à

l'époque du Parti québécois, qui

s'est inspirée de ce projet de loi pour, justement, faire des propositions,

entre autres, par rapport à l'arrimage

de la main-d'oeuvre au niveau des changements de la grille de sélection pour

être en temps réel, la déclaration d'intérêt, etc.

Alors,

c'est un dossier qui m'a toujours intéressée, qui m'a toujours passionnée. Et

je trouve ça un peu malheureux que le

député de Bourget, ce matin, fait encore allusion à la commission parlementaire

qu'on a eue. Ça va être un parmi d'autres,

parce qu'on va avoir deux autres commissions parlementaires à faire ensemble.

Et il a fait plusieurs... et je l'ai corrigé

à l'époque, lors de cette consultation, quand il faisait référence du fait de

la transparence. Moi, je vais vous dire, M. le Président, je trouve ça désolant qu'aujourd'hui le député se

rabatte là-dessus au lieu d'être ici puis travailler avec nous sur une base constructive pour faire des

propositions pour améliorer notre système d'immigration. Oui, il y a des

obstacles, mais on est toujours dans un mode

proactif pour être capables de, justement, proposer et améliorer, parce que

les immigrants qui viennent ici, au Québec, ils viennent parce qu'ils cherchent

une meilleure vie.

Moi,

je suis une fille de deuxième génération. Mes parents sont venus ici très

jeunes et mes grands-parents sont immigrés

ici avec une valise, très peu d'argent, parce qu'ils voulaient se trouver une

meilleure vie, ils voulaient faire une vie,

et je vais vous dire que mes parents sont venus jeunes ici, ils ont étudié ici,

ils ont fait une vie ici et ils ont fait des enfants qui sont trilingues aujourd'hui. C'est la preuve que la langue

française, ça s'apprend. Le français, c'est une langue qui peut s'apprendre. Nous, ici, au gouvernement,

on a tout mis en place par rapport à nos programmes de francisation qui... d'ailleurs, le député de Borduas a fait

référence en disant qu'il faut travailler en amont. C'est exactement qu'est-ce

qu'on fait, M. le Président. Nous, on a mis

en place des formations, un test qui est un est standardisé, d'ailleurs. Ça

fait que, quand le député de Borduas

parle de tests, bien, ça existe, M. le Président. Il y a un test où est-ce que

les immigrants doivent écrire. C'est

un niveau qui est assez élevé pour être capable de passer la grille de

sélection. Alors, c'est ce gouvernement,

c'est le gouvernement libéral, qui a toujours investi dans les programmes de

francisation. D'ailleurs, le budget

de la francisation n'a jamais été aussi élevé, M. le Président. Alors, ça

démontre l'importance qu'on met sur la langue, et ça se fait de ce

côté-ci de la Chambre, M. le Président.

Ceci

dit, moi, j'ai eu l'honneur et le privilège, lors de la nomination de la

ministre de l'Immigration, d'avoir été chargée

du dossier de la reconnaissance des acquis. C'est un dossier qui touche

évidemment les ordres professionnels et

les métiers réglementés. Lors de la consultation qu'on a eue, ça a été dit et

redit qu'effectivement c'est un obstacle que les immigrants ont,

c'est-à-dire ils arrivent ici avec plein de compétences et ils ne sont pas

capables de se trouver un travail dans leurs

domaines, dans leurs champs de compétence parce que cette reconnaissance-là n'est

pas donnée par l'ordre professionnel

qui ne reconnaît pas ces compétences-là, mais je vais vous dire qu'il y a

déjà... Parce qu'on laisse l'impression

qu'il n'y a rien qui a été fait. Alors, je vais juste faire un petit résumé

d'où on part et d'où on veut s'en aller dans ce dossier-là.

Alors, le ministère a déjà

signé des ententes avec une trentaine d'ordres professionnels, ceux qui

reçoivent la majorité des demandes de

personnes formées à l'étranger. Je rappelle également que le gouvernement du

Québec a créé, en 2009, le poste du

Commissaire aux plaintes en matière de reconnaissance des compétences

professionnelles. D'ailleurs, c'était

la ministre de l'Immigration d'aujourd'hui, qui à l'époque était ministre de la

Justice, qui, justement, a fait en sorte de mettre en place ce Commissaire aux plaintes là, ça a été rattaché aux

ordres professionnels du Québec, et le commissaire a pour mission de s'assurer de l'accès équitable,

efficace, efficient aux professions régies par un ordre professionnel. C'est

tout?

Le Président (M. Picard) :

Votre temps est écoulé.

Rotiroti : Bon.

O.K. bien, je vais continuer, oui.

Le Président (M. Picard) : M.

le député de Borduas.

Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. J'aimerais revenir, M. le

Président, sur la

loi sur l'interculturalisme que nous proposons.

Tout à

l'heure, j'ai énoncé pour le bénéfice des collègues quel était le préambule de

notre

loi sur l'interculturalisme, et

puis la ministre s'est montrée ouverte à l'adoption d'une telle loi, mais je

dois l'en informer, que la

loi sur l'interculturalisme que l'on souhaite n'est pas une loi qui vise à

enchâsser les principes du multiculturalisme canadien, parce que la société

québécoise est véritablement distincte, et,

dans ce propos, il y a certaines visions qui sont différentes à travers les

différents partis, et nous avons une

proposition concrète pour établir véritablement de quelle façon la gestion de

la diversité, les balises de la société

québécoise vont être définies. Donc, c'est important de lier la

loi sur

l'interculturalisme aux caractéristiques fondamentales de la société

québécoise.

Nous vous faisons une proposition de cinq

caractéristiques qui devraient dicter les grandes lignes de la

loi sur l'interculturalisme, et cette loi devrait, dans

notre esprit, être un outil interprétatif pour interpréter la législation

québécoise. Cette loi doit constituer

une loi fondamentale du Québec au même

titre que la

Loi sur l'Assemblée

nationale, la Charte des droits et

libertés de la personne ou la Charte de la langue française. Donc, les cinq

principes que nous énonçons seraient que

le français est la langue publique et officielle de la nation, que le Québec

est une société qui s'emploie à respecter les minorités ethnoculturelles, que le Québec prône le respect des

valeurs communes inscrites dans la Charte des droits et libertés de la personne, que le Québec constitue

une société de droit fondée sur l'égalité des sexes et que la nation québécoise,

en tant que francophonie nord-américaine,

est titulaire de droits collectifs et que sa culture doit être préservée. Et

j'insiste sur ce point, parce que, je fais le parallèle avec... Tout à

l'heure, M. le Président, la ministre a abordé la question du regroupement

familial.

Il est

reconnu que le Québec forme une nation, et ce que l'on s'aperçoit en réaction à

notre proposition, c'est de dire :

Ne touchons pas à l'entente Canada-Québec

de 1990, qui en soi constituait un prolongement des revendications du Québec qui se retrouvaient dans l'accord du lac Meech. Cependant,

il y a un pan qui a été oublié dans cet accord-là, le pan du regroupement familial. Il est tout à fait normal pour toute

nation d'avoir la pleine maîtrise d'oeuvre de sa politique d'immigration et de la quasi-totalité de la sélection de ses

immigrants. Ainsi, le Québec dispose déjà de la juridiction en vertu de l'article 95 de la Loi constitutionnelle de 1867, une

compétence partagée, mais ne sélectionne actuellement — son champ de juridiction — que

sur l'immigration économique et les réfugiés.

Ce que nous

souhaitons, à la Coalition avenir Québec, dans le cadre d'un nationalisme

d'ouverture, c'est de détenir la

totalité des pouvoirs, d'étendre les pouvoirs du Québec de façon à ce que

l'intégration des immigrants... les ressources en matière de francisation puissent favoriser une meilleure intégration

en ayant la mainmise sur l'ensemble de la sélection québécoise. Et je sais que la ministre attribue le

regroupement familial à une immigration humanitaire, et la proposition

de la Coalition avenir Québec va en ce

sens-là. Le fait de respecter les conventions internationales est dans

l'objectif de la proposition de la

Coalition avenir Québec. Ce qu'il faut dire par contre, c'est que le Québec

devrait être en mesure de gérer la

question du regroupement familial. Et j'espère que la ministre pourrait être en

accord avec le fait de revendiquer davantage

de pouvoirs pour le Québec, vers le gouvernement fédéral. Parce que, vous savez,

la position traditionnelle libérale

est de ne rien faire face aux aspirations de la nation québécoise. D'un autre

côté, j'ai constaté que le député de Bourget

avait, lundi, suite à notre proposition, dit : «Plusieurs des idées mises

[de l'avant] par la CAQ ne peuvent s'appliquer actuellement au Québec, puisque nous ne contrôlons pas toute notre

politique d'immigration.» Ce qu'on propose, c'est d'aller chercher la totalité des pouvoirs en

matière d'immigration. Donc, on constate que le député de Bourget est en faveur

de notre programme, mais, selon lui, bien ça

doit uniquement passer par la souveraineté. Et la grande problématique de cette option, c'est que, dans l'état actuel des

choses, il faut pouvoir travailler à aller chercher davantage de pouvoirs pour

le Québec. Donc, concrètement, M. le Président, c'est important de

prendre action.

Mme Weil :

O.K. Bien, il faut que je revienne sur le regroupement familial pour que le

député comprenne comment ça fonctionne. Qui fait les demandes de regroupement

familial? C'est des Québécois. Le regroupement familial, c'est toujours

le reflet des travailleurs qualifiés qu'on a choisis quelques années auparavant,

peut-être une génération avant, c'est toujours le

reflet des choix que le Québec a faits en matière de travailleurs qualifiés.

Qu'est-ce que le gouvernement fédéral fait? Le problème, c'est qu'il utilise le mot

«sélection». Il n'y a pas de sélection en regroupement familial,

il y a du traitement de dossiers. Nous, on émet un certificat d'acceptation du Québec pour vérifier la capacité de parrainage. Le

fédéral ne fait que ce qu'il fait dans tous les dossiers, puis on est bien

contents que le fédéral le fasse, c'est la vérification sécurité-santé. C'est un traitement de dossiers. C'est pour ça que

l'entente a été tellement

célébrée... l'entente Canada-Québec en

matière d'immigration, parce que, les pleins pouvoirs, là où ça compte, l'immigration économique, les travailleurs

qualifiés, et les entrepreneurs, et les immigrants investisseurs, c'est le

Québec qui contrôle ces programmes-là. Et déjà, dans le regroupement familial,

qu'est-ce qu'on constate? Il y a une progression

constante des membres de cette catégorie qui parlent français. Pourquoi?

Parce qu'ils reflètent les francophones, les

immigrants francophones qu'on a sélectionnés. D'ailleurs, j'aurai l'occasion

dans un autre bloc de lui expliquer l'évolution du volume de personnes qui parlent français à

l'entrée. Dans les travailleurs qualifiés, on est rendus à plus de 83 %

des travailleurs qualifiés qui parlent français. Il y a un test de français et

il y a aussi le niveau français intermédiaire avancé. Donc là, actuellement, après des années de sélection

d'immigrants francophones, le regroupement familial. Donc, il n'y a rien qui changerait dans ce que propose

le député, sauf qu'il y aurait 325 millions de dollars de moins du fédéral,

à moins d'être capables de négocier autre

chose mais certainement pas avec le cadre juridique de non-statut de ces

personnes que propose la CAQ, où le

travailleur qui serait ici... mais il ne serait même pas un travailleur, la

personne de deuxième zone qui serait, sur notre territoire, sans emploi,

c'est certain qu'il n'y aurait pas l'argent transféré pour son intégration, sa

francisation. Donc, je ne sais pas comment la CAQ propose de financer ce grand

projet.

Moi, je vous

dis que l'entente Canada-Québec fonctionne très bien et, je tiens à le

souligner parce que je connais très

bien le dossier, c'est de façon...

je pense, c'est hebdomadaire... en tout

cas, les conversations sont au moins hebdomadaires entre les deux ministères.

On me dit, au sein du gouvernement, que c'est les deux ministères,

le ministère de l'Immigration du Canada et le ministère

de l'Immigration du Québec,

qui se parlent le plus souvent. Pourquoi? Parce

que c'est compliqué, l'immigration. Au-delà des grands programmes qu'on a, il y a des choses, il y a

des complications, donc c'est important que les deux ministères puissent

se concerter et qu'ils puissent trouver des solutions rapides.

Moi, ce que

le ministre de

l'Immigration, M. Chris Alexander, me

dit, et je pense que le ministère l'entend aussi : ils apprécient beaucoup, beaucoup

l'efficacité du MIDI. D'ailleurs, c'est reconnu comme un des ministères... et d'ailleurs par le Conseil du trésor, comme un des meilleurs ministères,

sinon le premier de classe, honnêtement — je

vais vous sortir peut-être éventuellement... — dans

ses façons de faire, vraiment moderniser, informatiser ses façons de faire pour justement... Parce que

c'est un... comment dire, un projet très complexe, hein, de faire venir des

gens d'ailleurs. Il faut travailler avec le gouvernement fédéral. C'est important de toujours, en tout temps, travailler étroitement par

rapport à l'entrée sur le territoire. C'est le territoire d'un pays, hein, c'est le territoire

d'un pays. Puis, une fois qu'ils sont ici, ils ont la mobilité, ils peuvent aller n'importe où. Donc, on comprend bien

que le gouvernement du Canada contrôle les frontières. Et, au-delà du ministère de l'Immigration,

c'est le ministère de la Sécurité publique du Canada qui le fait.

Je vais

revenir rapidement sur le Programme d'expérience québécoise, parce que,

j'insiste, on a vraiment l'intention d'aller

très loin dans ce programme, parce que tous les Québécois que je rencontre et

les Québécoises, tous les employeurs, les

universités, tout le monde apprécie ce programme parce que c'est des gens qui

sont déjà intégrés, donc la question de l'intégration ne se pose même

pas. Alors, le programme ne cesse de croître en popularité : depuis 2010,

près de 22 000 certificats de sélection

ont été délivrés dans le cadre du programme, il y a une augmentation, en

moyenne, de 30 % du nombre de

demandes traitées par année, depuis 2010. Notre intention, M. le Président, c'est

qu'il n'y aura pas de limite. Il n'y

a pas de limite déjà, mais on va mettre beaucoup d'efforts avec des partenaires

comme Québec International et Montréal International et toutes les

entreprises pour le promouvoir encore plus. Merci.

Le Président

(M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.

Rotiroti : Oui. Merci,

M. le Président. Je vais revenir, parce que

je n'ai pas eu le temps de vous expliquer le mandat que j'ai eu par rapport au comité qui a été mis en place pour la reconnaissance des compétences. Alors, je vais revenir là-dessus, parce que

le temps file et j'ai l'impression que, si... Je vais m'en tenir à ce

comité-là, sinon je n'aurai pas le temps de vous expliquer d'où on est

partis et où on veut s'en aller. Ça va peut-être répondre un petit peu à des questions

qui ont été soulevées lors des interventions tout à l'heure avec le député de Borduas.

Évidemment,

le dossier de la reconnaissance des compétences et des acquis, c'est un dossier

majeur, puisque c'est au

coeur de la question de l'intégration en emploi pour tous ceux et

celles qui ont choisi le Québec pour y vivre et y travailler. La récente consultation, évidemment,

la plupart des groupes qui sont venus en consultation nous ont réitéré

et confirmé l'importance de cet enjeu, qui est un enjeu crucial. La reconnaissance des acquis et des compétences constitue en effet la

pierre d'assise de l'inclusion et de la pleine participation à la société

québécoise des personnes de toutes origines. Le Québec fait face à d'importants défis d'ordre démographique, évidemment,

et économique qu'on a dits tout à l'heure, et nos entreprises ont des besoins croissants de main-d'oeuvre. Dans ce

contexte, l'immigration et la diversité représentent des atouts incontournables pour notre développement

économique, culturel et social mais à la seule condition que les personnes

immigrantes puissent contribuer à l'essor du

Québec à la pleine mesure de leurs aspirations et leurs talents. Nous devons

donc mettre en oeuvre... pour que ces

personnes immigrantes réussissent leur intégration. Ainsi, tout le monde, on

sera gagnants.

Pour assurer

la croissance et la prospérité du Québec, il y a une urgence d'agir pour mettre

à profit les compétences des professionnels immigrants. Je pense qu'on a

tous, en tant que députés, eu des cas dans nos bureaux de comté, où est-ce que

les gens arrivent ici avec plein d'espoir, ils ont un métier dans leur pays

d'origine, sont des ingénieurs, ils arrivent ici en pensant qu'ils peuvent

pratiquer leur métier puis être ingénieurs et, finalement, ils se trouvent

avant une panoplie de paperasses et

d'obstacles par des ordres professionnels qui ne leur permettent pas d'exercer

leur métier. Alors, j'ai dit tout à l'heure que j'ai eu le privilège de

diriger un comité qui a été mis sur pied, qui rassemble presque tous les ministères concernés

et les acteurs qui jouent un rôle dans ce processus de reconnaissance d'acquis

et de compétences.

Je dois vous

dire, M. le Président, c'est un travail qui se fait, qui est très sérieux,

parce qu'on s'est dit : On ne peut plus se permettre de

sélectionner... Parce qu'on sélectionne ces gens-là, hein? Il faut le dire.

Nous, le Québec, on a ce pouvoir-là que d'autres pays n'ont pas, d'autres

provinces n'ont pas, c'est que nous, on sélectionne, on choisit notre immigration. Alors, ça, on ne le dit pas assez. Et

ces gens-là, ils arrivent ici et ils veulent contribuer à l'essor du Québec,

ils veulent travailler, ils ne sont pas

intéressés de rester chez eux, être isolés et d'embarquer sur l'aide sociale.

Ce n'est pas leur rêve, ces gens-là.

Leur rêve, c'est d'arriver au Québec, de se trouver un emploi et de participer

pleinement à l'essor du Québec.

Alors, une fois qu'on a dit ça, M. le Président,

cet obstacle-là demeure, c'est un obstacle qu'on a entendu en commission parlementaire, et je voulais rassurer

les parlementaires qu'on travaille là-dessus avec tous les intervenants concernés, justement pour être capables

d'accélérer ce processus-là. On regarde même aussi de le faire en amont, même

avant que l'immigrant arrive ici, de savoir exactement qu'est-ce qu'il vaut,

son diplôme, qu'est-ce qu'elle vaut, leur compétence

qu'ils ont, c'est quoi, la valeur de cette compétence-là. Est-ce que cette

personne-là peut arriver au Québec et

exercer ce métier-là? Et sinon on peut lui proposer : Bien, tu ne peux pas

être ingénieur tout de suite, voici qu'est-ce que vous devez faire. Mais vous pouvez vous trouver un emploi au niveau

de technicien entre-temps que vous pouvez faire vos cours ou la

formation qui vous manque pour exercer votre métier.

Alors, dans

le fond, qu'est-ce qu'on veut, c'est que l'immigrant, en arrivant ici, il

arrive en connaissance de cause et

qu'on n'ait plus cette situation où est-ce que l'immigrant arrive et

dise : Bien, je ne m'attendais pas à ça, monsieur, tu sais, je ne m'attendais pas à ça, je pensais que

je pouvais arriver puis travailler dans mon métier. Alors, on veut corriger ça.

On veut aussi améliorer la qualité

d'information qui est destinée à l'immigrant puis on veut faire ça à partir de

leur pays d'origine, M. le Président. Alors, nous, qu'est-ce qu'on veut,

c'est qu'on veut donner le maximum d'informations.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas.

Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Eh bien, j'entends bien ce

que la députée de Jeanne-Mance—Viger... ce sur quoi elle

travaille. Et, nous, notre proposition est véritablement de permettre aux

immigrants d'intégrer le marché du

travail avec les offres d'emploi disponibles, mais ce qu'on souhaite, c'est que

le tout soit fait directement au Québec le plus rapidement possible.

Donc,

on vise à modifier le régime, et le régime qu'on propose, du certificat

d'accompagnement transitoire, et le nom le dit, c'est véritablement un

accompagnement des immigrants, donc de donner des ressources, de véritablement

les amener à intégrer le Québec. Et

surtout le certificat d'accompagnement transitoire va mener à un certificat de

sélection du Québec, et c'est une

mesure préalable au CSQ. Et je tiens à souligner qu'au niveau de la grille de

sélection l'ancienne ministre de

l'Immigration, la députée de Crémazie, à l'époque où elle était ministre de

l'Immigration, a haussé la grille de sélection

au niveau de la connaissance du français d'un niveau 6 à un niveau 7. Dans le

cadre de notre proposition, on maintient

la grille de sélection telle qu'est est actuellement au niveau de la

connaissance du français, mais par contre on modifie, on bonifie la pondération associée aux compétences, aux qualifications

des individus de façon à permettre à tous les individus qui souhaitent intégrer le Québec, qui souhaitent venir

partager leurs compétences, leurs qualifications en lien avec le marché du travail de pouvoir venir au

Québec, mais ce qu'on fait dans le cadre d'une approche responsable d'un

partage des responsabilités, c'est qu'on

offre des cours de francisation, une formation en matière d'initiation à la

société, aux valeurs inscrites dans

la Charte des droits et libertés. Donc, véritablement, c'est de donner les

outils aux immigrants pour favoriser

leur intégration. Donc, il s'agit véritablement d'un accompagnement et de

favoriser une meilleure intégration.

Au niveau du

regroupement familial, je ne

comprends pas pourquoi la ministre ne souhaite pas que le Québec soit

titulaire des pleins pouvoirs en matière de sa politique d'immigration. Elle

mentionne, M. le Président, que ce n'est pas de l'immigration sélectionnée et que les individus qui viennent du

regroupement familial, bien, c'est la suite logique des travailleurs qualifiés. Cependant, elle oublie

de mentionner que, sur les travailleurs qualifiés qui sont sélectionnés,

il y a toujours un requérant principal et

parfois, à l'intérieur même de la demande de statut, sous la catégorie de travailleurs

qualifiés, bien... mais toute la famille aussi immigre en même temps que le

requérant principal. Donc, ce n'est pas 30 000, 35 000 requérants

principaux qui font des demandes au niveau de la catégorie de travailleurs

qualifiés, mais seulement 12 000, et le

reste, ce sont la famille du requérant principal. Donc, c'est important aussi

en matière de regroupement familial

que le Québec puisse établir quelles sont les balises. Est-ce

que le regroupement familial s'étend aux oncles, aux tantes, neveux,

nièces? Est-ce que le Québec, dans cette perspective-là, ne pourrait pas avoir

les pleins pouvoirs pour véritablement

favoriser le développement des ressources en matière d'intégration des

immigrants, en matière de francisation? Donc, ce sont des points

principaux.

M. le Président, je tiens également à faire un point — on n'en a pas beaucoup parlé, mais c'est un

point essentiel aussi de notre

proposition en matière d'immigration — au niveau d'immigrants investisseurs. Incluant les personnes à charge, 3 792 immigrants investisseurs

ont été admis au Québec en 2013, environ 1 050 requérants

principaux, comparativement à

4 432 en 2012. Le Programme d'immigrants investisseurs a été modernisé

récemment en ce qui concerne les

montants requis. Cependant, il y a une grande difficulté avec les immigrants

investisseurs, c'est le taux de rétention, le taux de présence au Québec. Les données statistiques démontrent que le

Programme d'immigrants investisseurs éprouve de sérieuses lacunes, donc, le taux de rétention est de 22,8 % pour

la période de 2003 à 2012. Ça signifie qu'en 2014 seulement 4 432 des quelque 19 500

immigrants investisseurs admis pendant cette période étaient toujours présents

au Québec, ce qui correspond à un peu plus d'une cohorte.

voudrais savoir, M. le Président...

On sait que les droits exigibles pour un immigrant investisseur vont passer

de 10 106 $ à 15 000 $

par demande. Je voudrais savoir à quoi vont servir ces 5 000 $

supplémentaires là pour les immigrants investisseurs.

Est-ce que ces sommes vont être véritablement investies dans le cadre des

programmes d'intégration, de francisation afin d'accompagner les

immigrants? Et surtout combien au total et de quelle façon le gouvernement va

s'assurer d'un plus grand taux de présence des immigrants investisseurs sur le

territoire québécois?

Le Président (M. Picard) :

Merci. Mme la ministre, c'est à vous.

Mme Weil : Bien, je veux revenir sur la question

du regroupement familial. Nous, on, oui, traite le dossier avec le gouvernement

fédéral. Le gouvernement fédéral fait le traitement sécurité-santé. Est-ce que vous êtes en train de dire que vous plaidez pour un Québec souverain? Non, je

vous le dis parce que vous confondez territoire, entrée sur le territoire.

C'est le Canada, c'est...

Mme Weil : On aura

l'occasion, peut-être lors des crédits, de revenir ou de s'en parler. Je

réitère que ça ne changerait rien, ce n'est

pas sélectionner, c'est juste le reflet naturel du mouvement des travailleurs qualifiés

qui sont venus. Et c'est toujours en

ascendance, descendance, hein, le regroupement familial. Donc, c'est des

parents, des grands-parents dans tous

les systèmes de regroupement familial et les enfants. Et donc nous, oui, on le

traite pour vérifier la capacité de supporter

le membre de famille qui va venir, et le fédéral fait la vérification

sécurité-santé, et on le souhaite ainsi parce que c'est important pour l'entrée au territoire. Ils ont des

informations qu'on ne pourrait avoir. Ce serait énormément coûteux pour

que le Québec entreprenne ces responsabilités.

Je veux

revenir sur la question du français puis j'aimerais vraiment clarifier la

question du 42,6 %, la déconstruire pour que les Québécois et Québécoises puissent vraiment comprendre c'est

quoi, ce commentaire de la CAQ sur cette question. Lorsque la CAQ mentionne

qu'il y a 42,6 % des personnes immigrantes qui ne connaissent pas le

français sans donner aucune

précision, c'est vraiment d'un grand simplisme. Il faut comprendre... Donc, on regarde

un... qui se trouve dans cette donnée qui est avancée comme étant

problématique. Tout d'abord, on y retrouve des enfants et des adolescents. C'est environ 20 % de ce

montant, de tous les immigrants... tous les immigrants, en fait, qui sont âgés

de moins de 15 ans. Ces

personnes sont francisées via notre système scolaire. Donc, un sur cinq, déjà.

Alors, c'est important, c'est la

francisation en temps réel et continu. Moi, c'est comme ça que j'ai appris le

français, parce que je suis de langue maternelle

anglaise. On parlait anglais à la maison, j'ai été scolarisée en français, ça

donne des bons résultats : on peut être députée ici, à l'Assemblée

nationale. Donc, il n'y a pas à avoir d'inquiétude là-dessus.

On retrouve

aussi, dans cette donnée, des réfugiés. Il va de soi, M. le Président, que les

personnes réfugiées ne sont pas

choisies sur la base de leurs compétences linguistiques, il s'agit, après tout,

d'immigration humanitaire. Ce que l'on

constate par contre, c'est que les réfugiés sélectionnés à l'étranger

participent à nos cours de francisation dans une proportion de 76 %. Donc, ça, c'est très, très intéressant.

Alors, c'est assez désolant, le chiffre est répété souvent, donc nous, on aura vraiment à répéter souvent que la

francisation va très bien, va très bien. De plus en plus, les travailleurs

qualifiés affichent... 83 %

parlent français à l'entrée. Il y en a d'autres qui, à cause du système de

points... fait en sorte qu'ils rentrent parce que c'est des talents

extraordinaires mais qui prennent des cours de français.

L'autre tendance qu'on a remarquée, c'est que,

parce que de plus en plus les travailleurs qualifiés intègrent le marché du travail, à cause de tous les changements

qui ont été apportés ces dernières années dans la grille de sélection — et ça,

c'est important que le député le sache — les facteurs reliés à l'emploi correspondent

à 44 % de la grille de sélection. Qu'est-ce que ça comprend?

L'expérience de travail, domaines de formation et offres d'emploi validées, des

points atteignables en tout, suivis des

connaissances linguistiques. Le reste, évidemment c'est l'âge, qui donne des

points, et la famille aussi, les membres de sa famille, qui fait en sorte que

ça donne une note de passage pour entrer ici, partager leur vie avec

nous.

Donc, déjà,

toutes les questions de formation, de compétences, la reconnaissance,

l'arrimage en temps réel... c'est comme ça que je l'appelle... parce que

l'intégration, je le dis tout le temps, commence par une bonne sélection. Et, depuis 2011, surtout depuis la dernière

consultation, on s'est adressés à toutes ces questions-là, puis il y avait un

consensus, et on a changé nos façons

de faire. La déclaration d'intérêt va aller encore plus loin avec le

rehaussement des volumes du PEQ pour faire en sorte que cet arrimage va

être très direct, comme nous a évoqué Montréal International.

Donc, je

pense que c'est important d'apprécier le fait... Ma collègue l'a mentionné

aussi... de Jeanne-Mance—Viger,

que l'offre de francisation, on pourra la regarder

en étude des crédits, on répond à la demande, mais il y a eu un consensus,

et je l'ai bien noté. Merci.

Le Président (M. Picard) : Je

cède maintenant la parole à Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.

Rotiroti :

C'est encore moi, M. le Président. Alors, je vais aller un petit peu sur les

propos du député de Borduas. Il a

parlé de donner des outils pour favoriser une meilleure intégration, et, pour

lui, ces outils-là, si je comprends bien,

doivent aller avec un certificat temporaire. Un certificat temporaire va

permettre de donner les outils nécessaires à l'immigrant qui veut venir

au Québec, les outils pour mieux s'intégrer sur le marché du travail.

Moi, je vais vous dire, M. le Président, je

comprends que c'est la proposition de la CAQ d'avoir un certificat transitoire. De la façon que moi, je le comprends,

et je pense que le député de Borduas

aura le temps peut-être de rectifier certaines choses, c'est la façon que moi, je le

comprends, c'est d'alourdir le système et de créer une instabilité avec la

personne qui veut venir s'établir au Québec.

Si la préoccupation du député de Borduas, c'est que notre immigrant, il doit

travailler — puis,

je pense, là-dessus

on est d'accord — et ça doit passer par évidemment

la francisation en premier temps, moi, je peux lui rassurer que les

outils qu'on a mis en place et qu'on continue à bonifier par rapport à la

francisation, ils fonctionnent. Ils fonctionnent tellement, M. le Président,

que je vais vous dire que, dans les travailleurs qualifiés — puis,

je pense, la ministre a eu l'occasion de le dire, puis je vais le répéter parce que

c'est important de le dire — il y a au-dessus

de 80 % des immigrants qui

arrivent ici qui connaissent déjà le français. Ils doivent le connaître, M. le

Président, parce que, s'ils veulent immigrer ici, ils doivent passer par la grille de sélection, et, la grille de

sélection, M. le Président, le niveau qui est exigé par rapport au français,

c'est un niveau qui est intermédiaire avancé, qui est assez élevé, d'ailleurs.

Alors, non seulement que les exigences sont

élevées, mais on a mis tous les outils en place pour s'assurer, incluant le

test standardisé, que l'immigrant qui

arrive au Québec a plus qu'une certaine connaissance du français, parce qu'il

va falloir qu'il passe ces exigences-là. Alors, si on parle d'outils, M. le Président, au niveau de la

francisation, je pense que le gouvernement est sur la bonne voie.

Quand on

parle des valeurs communes... évidemment, la ministre a fait allusion, tout à

l'heure dans son discours, je pense,

même dans son discours d'ouverture, que l'immigrant doit signer une attestation

où est-ce qu'il adhère à nos valeurs

communes. Toutes les valeurs qui ont été dites par le député de Borduas, qui

fait référence à la charte de nos... pas à la charte de nos valeurs,

c'est-à-dire — excusez-moi,

un gros lapsus, ça, c'est le Parti québécois — mais qu'ils adhèrent à nos valeurs communes, M. le Président,

ils le signent, ils savent c'est quoi, nos valeurs. Il y a un guide, Apprendre

le Québec , où est-ce que nos valeurs sont clairement identifiées dans ce

guide-là, que les immigrants ont accès à partir de l'étranger.

Quand on

parle de l'arrimage par rapport à la grille de sélection, là, là-dessus, M. le

Président, je pense que le député de Borduas a des bonnes intentions, et je

pense qu'il est dans la bonne voie, et je veux le rassurer qu'on travaille

déjà là-dessus. La grille de sélection est déjà mise à jour. On arrime déjà

notre sélection par rapport à la pénurie de main-d'oeuvre

et on va le faire davantage, puisque mon collègue ici, le député de

D'Arcy-McGee, que je vais lui céder la

parole dans quelques secondes, il va vous expliquer qu'on travaille déjà avec le

ministère d'Emploi-Québec de s'assurer que

ça va se faire en temps réel, cet arrimage-là va se faire en temps réel pour

s'assurer, justement, que ces gens-là vont être capables d'arriver au Québec et de se trouver un emploi. Mais ça aussi,

M. le Président, il va falloir qu'on soit partenaires avec les

entreprises qui sont, justement, à la recherche de ces talents-là, et de

s'assurer avec eux, avec l'ensemble des partenaires,

que cette sélection soit faite, justement, en temps réel, et de s'assurer que

ces gens-là vont arriver et se trouver un emploi.

Alors, je

pense, M. le Président, quand on voit les propositions faites par le député de

Borduas, je salue son initiative, mais vous voyez que le gouvernement

travaille déjà dans ce sens-là, M. le Président.

Le Président (M. Picard) : M.

le député de D'Arcy-McGee, en 24 secondes.

M. Birnbaum : Pas grand-chose à

ajouter dans les quelque 21 secondes qu'il me reste, mais la députée de Viger—Jeanne-Mance, elle l'a bien exprimé. Tout cela

pour dire qu'on a entendu ensemble les témoignages lors de la commission

parlementaire, c'est en arrimant nos efforts, en travaillant ensemble avec à la

fois l'éducation, l'emploi et l'entreprise qu'on va trouver la solution.

Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Compte tenu que la

séance a débuté à 10 h 2, et afin de permettre au député de Bourget d'avoir une dernière

intervention de cinq minutes, j'aurais besoin d'un consentement pour qu'on

puisse terminer à 12 h 2.

Des voix : Consentement.

Le Président (M. Picard) :

Consentement, Mme la ministre?

Le Président (M. Picard) :

Oui? O. K. M. le député de Bourget, pour cinq minutes.

M. Kotto :

Merci, M. le Président. La ministre, adoubée de ma collègue de Jeanne-Mance, me

demande d'être constructif. Je l'ai

été, et preuve en est que j'ai proposé neuf recommandations au terme des

séances d'auditions... enfin, de

consultation sur la politique, la prochaine politique d'immigration, et ces

neuf recommandations avaient été rejetées en bloc. Et c'est la raison

pour laquelle j'ai réitéré les neuf propositions, qui sont des propositions

très structurantes, constructives, pour

reprendre le terme la ministre. Mais, pour le bénéfice de nos concitoyennes et

concitoyens qui, probablement, sont

deux, ou trois, ou quatre à nous écouter cet après-midi ou ce soir,

permettez-moi de spécifier ce que le gouvernement du Québec contrôle en

matière d'immigration et d'intégration.

gouvernement du Québec contrôle la grille de sélection pour les travailleurs

qualifiés — ça

comprend les points et les critères qui déterminent ces points — contrôle

les deux tiers des admissions au Québec. Le gouvernement du Québec ne contrôle pas la définition des

catégories, il ne contrôle pas la définition d'«enfant à charge», il contrôle

le délai de délivrance des CSQ, et le nombre évidemment, qui sont traités

dans chaque catégorie. Le gouvernement

du Québec ne contrôle pas les délais de délivrance des visas de

résidence permanente, il ne contrôle pas non plus la citoyenneté, les critères pour

l'obtenir, la préparation relative à l'exercice qui y mène et l'attribution non

plus. Il ne contrôle pas la participation, participation et inscription

aux services d'intégration et de francisation, parce que le Québec est certes responsable de ces services selon l'Accord Canada-Québec, par contre

on ne peut pas obliger les personnes immigrantes à s'y inscrire notamment parce que nous

n'avons pas de recours s'ils ne s'y inscrivent pas et on ne peut pas non plus

les expulser une fois admis au Canada par le fédéral.

gouvernement du Québec ne contrôle pas la réunification des familles, il

ne contrôle pas non plus l'immigration

humanitaire. Le message canadien, le

multiculturalisme, le bilinguisme officiel, ce n'est pas le gouvernement québécois qui le contrôle, c'est le fédéral. Il contrôle, le

gouvernement du Québec, l'inscription aux écoles françaises des enfants

immigrants permanents. Par contre,

d'un autre côté, il a peu de contrôle sur le visage français du Québec,

sur l'utilisation du français dans le milieu du travail. 75 % des personnes admises sont adultes et

elles ne seront pas francisées par les écoles. Le gouvernement du Québec

ne contrôle pas la visibilité du Québec aux points d'accès au Québec :

aéroports, ports, frontières sous la responsabilité du Canada, incluant douanes

et immigration.

Alors,

ma question à la ministre : Est-ce que la ministre croit pouvoir obtenir les

pouvoirs du gouvernement fédéral en

immigration? Si je l'ai bien entendue tantôt à une question posée par mon

collègue de Borduas, la réponse est non.

Cela

dit, je veux revenir sur la proposition de la CAQ de mettre à la porte un

immigrant qui aurait échoué au test d'employabilité

et de français au terme de trois années. Je réitère ce que j'ai dit

publiquement, que cela ne tient pas la route. Pourquoi? Parce qu'en vertu de

l'Accord Canada-Québec il est stipulé à l'article 12a, à la page 3,

que le Québec est responsable de la

sélection et que le Canada... de l'admission. Le certificat de sélection doit

donc être émis avant et non après que

le fédéral ait passé les examens de santé

et de sécurité, et, par la suite... passage qui permet d'émettre un visa. C'est d'autant plus vrai que, depuis plusieurs

années, le MIDI a conclu une entente globale avec plusieurs

bureaux d'alliances françaises,

Service culturel des ambassades de

France, ainsi que la mise sur pied

d'un site Internet, j'en conviens, très convivial pour l'apprentissage

du français avant l'émission du certificat de sélection. Une fois sur notre

territoire, on ne peut obliger les immigrants à assister à nos cours.

Le Président (M.

Picard) : M. le député, votre temps est, malheureusement,

écoulé.

Président (M. Picard) : Merci. Nous en sommes maintenant aux

dernières interventions. Mme la ministre, vous avez la parole pour 10

minutes.

Weil : Comme on a pu le constater, M. le Président, lors de nos

échanges, les questions d'immigration, de diversité et d'inclusion sont

absolument passionnantes mais plus complexes qu'il n'y paraît.

Au Québec, l'enjeu de

l'immigration et de l'intégration est déjà guidé par le principe de la

réciprocité, par un engagement partagé entre les personnes immigrantes et la

société québécoise, à tout le moins, depuis l'énoncé de politique en matière

d'immigration et d'intégration adopté en 1990. D'un côté, les personnes

immigrantes s'engagent à utiliser tous les

moyens mis à leur disposition afin que leur francisation et leur intégration

soient une réussite et s'engagent à

participer activement à la vie collective dans le respect des valeurs

démocratiques et des balises qu'impose la culture publique commune. De l'autre côté, la société

d'accueil, la société québécoise, s'engage à s'ouvrir à la diversité, à

respecter les droits de la personne et à mettre en oeuvre des moyens

efficaces qui favorisent la participation et l'inclusion des personnes

immigrantes. Et cet engagement n'est pas seulement la responsabilité du

gouvernement. Toute la société québécoise

ainsi que tous ses acteurs sont interpellés par cette démarche de la main

tendue envers les personnes immigrantes.

Cet engagement va

bien au-delà de l'expression de bons sentiments. C'est un engagement à agir

pour que les personnes nouvellement arrivées

puissent trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences. Les entreprises

québécoises dans toutes les régions

du Québec ont un rôle majeur à jouer. Nous pouvons d'ailleurs compter sur des

exemples de plus en plus nombreux

d'entreprises qui se sont développées ou qui ont repris un véritable essor

grâce à la présence d'équipes diversifiées

et novatrices. C'est un engagement à agir pour que les personnes immigrantes et

les minorités ethnoculturelles puissent prendre une part active dans les

centres de décision. Les conseils d'administration d'entreprise, d'institution et d'organisme ont un rôle à jouer. C'est un

engagement à agir pour que les personnes immigrantes et des minorités puissent

contribuer à la vie de leurs milieux. Tous les milieux de vie dans toutes les

régions du Québec ont un rôle à jouer, et j'inclurais aussi tous les élus à

tous les paliers et tous les acteurs de la société civile.

le mentionnais dans l'introduction de cette interpellation, le ministère

a pris le nom de ministère de

l'Immigration, de la Diversité et de

l'Inclusion. C'est parce que la réussite de l'immigration ne repose pas

uniquement sur les immigrants eux-mêmes,

c'est toute la collectivité qui a intérêt à s'ouvrir à la diversité et à

réussir l'inclusion afin que toute la société y gagne.

Pour

réussir l'intégration, il est évident que la connaissance du français est

primordiale pour vivre et travailler au Québec, et cela fait consensus dans notre société. Bon an, mal an, le

ministère répond à la demande en ce qui concerne la francisation des

personnes nouvellement admises, car, comme je le précise souvent, les personnes

immigrantes ne s'inscrivent pas toutes à un

cours de français la première année de leur arrivée, et toutes n'ont pas

nécessairement besoin de se franciser. Pensons notamment aux nombreuses

personnes immigrantes en provenance de la France, du Maghreb ou de

l'Afrique francophone. En matière de francisation, le ministère peut compter

sur des mandataires très dévoués, et l'enseignement dépasse largement l'apprentissage

de la langue pour inclure aussi la société québécoise, ses valeurs et ses

codes culturels. Je tiens à souligner d'ailleurs

les Mérites du français, des prix qui sont remis par le ministère, le MIDI, dans

le cadre de la Francofête, et qui se tiendra sous peu, qui visent à saluer

l'excellent travail de ces partenaires.

cahier de consultation sur la nouvelle politique en matière d'immigration, de diversité et

d'inclusion faisait grand état des

obstacles qui se dressent à l'embauche des personnes immigrantes. Mes collègues

vous ont abondamment parlé des

actions entreprises pour favoriser l'employabilité des personnes immigrantes et

l'importance de l'ouverture à la diversité en milieu de travail. On

aurait beau imposer des tests aux personnes immigrantes pour mesurer leur degré

d'intégration et les menacer d'expulsion,

les obstacles à l'intégration demeureront parce que l'ensemble du problème ne

serait pas pris en compte. Parfois, c'est nous-mêmes qu'il faut questionner,

notre propre société, notre ouverture à la diversité alors que nous nous

définissons comme une société démocratique interculturelle, plurielle, inclusive

et, je le souligne, égalitaire. C'est

pourquoi la nouvelle politique et sa stratégie d'action visent notamment à

promouvoir l'ouverture à la diversité, le droit à l'égalité et à lutter

contre toute forme de discrimination.

L'immigration

au Québec, c'est l'histoire de générations qui se sont succédé, de bâtisseurs, des personnes qui ont apporté au Québec leurs rêves de

réussite, de bien-être et de liberté. Plusieurs de ces personnes

font aujourd'hui

partie de

notre patrimoine historique. Vous conviendrez avec moi que la richesse d'une

contribution est liée à la qualité de l'accueil et de l'inclusion. Ce que cette histoire nous enseigne aussi, c'est que

l'adhésion et le sentiment d'appartenance à la société d'accueil se bâtissent graduellement, à des rythmes qui

varient d'une personne à l'autre.

Lors

des audiences publiques, plusieurs intervenants ont souligné les difficultés

que rencontrent les personnes des

minorités ethnoculturelles nées au Québec. On ne parle pas d'immigrants. Ces personnes sont

nées au Québec, elles ont

reçu une éducation dans nos écoles et ont joué dans nos parcs et dans nos

quartiers. Nous avons, en tant que société, un

grand défi à relever afin que ces personnes y trouvent leur place, bâtissent

leur avenir et s'épanouissent à la hauteur de leurs aspirations. Les

meilleures méthodes de sélection, les méthodes les plus innovatrices ne

donneraient que des résultats mitigés si nos

entreprises, nos employeurs, la société entière ne se mobilisent pas pour découvrir,

apprécier et profiter de ces talents,

de cette richesse. Tous ceux qui ont vécu cette expérience reconnaissent en

effet qu'elle est enrichissante non seulement au plan du succès des

entreprises, mais aussi sur le plan humain.

voudrais rappeler, en terminant, que l'immigration est plus qu'un domaine

d'intervention dans notre société, plus qu'une problématique à laquelle nous devons

prêter attention, c'est un projet de société pour lequel le Québec a une grande expertise.

cours de son histoire, le Québec a fait preuve d'ouverture, de sensibilité, de

dynamisme et d'originalité pour saisir

les occasions offertes par sa diversité ethnoculturelle et intégrer avec

succès. Il a su bâtir graduellement l'interculturalisme québécois,

qui conjugue l'identité québécoise et son caractère distinct, francophone, pluriel

et dynamique à la diversité ethnoculturelle

grandissante de la population. C'est aussi une vision, la vision d'un Québec

francophone, inclusif et fier de sa

diversité, un Québec qui aspire à une plus grande cohésion sociale par

la participation de chacune et de chacun à la vie collective et qui

conçoit l'immigration comme une richesse essentielle à son développement.

Voilà

notre plan de travail pour l'avenir, M.

le Président. Évidemment,

je n'ai pas eu l'occasion de beaucoup parler du

fonctionnement de la déclaration d'intérêt et j'ai quelques minutes pour compléter. Essentiellement, l'immigration doit desservir tous les territoires du Québec. Ça

a été un enjeu important souligné par tous les intervenants ou les intervenants intéressés, les organismes communautaires qui s'occupent de francisation,

intégration dans tous les territoires, toutes

les villes, toutes les régions. Et je pense que j'ai ressenti que tous les

parlementaires étaient intéressés à faire en sorte que les régions aient

voix au chapitre, même en amont.

C'est

une idée novatrice qu'on ne retrouve pas dans les autres systèmes de

déclaration d'intérêt, parce que je veux que ce nouveau système que nous allons adopter, qui sera très différent

d'autres qu'on voit, basé, oui, sur un arrimage plus serré, plus direct

entre les talents et les compétences des personnes qui postulent, si on veut,

et qui cherchent un certificat de sélection, et nos besoins... je voudrais

qu'on ait des perspectives régionales des besoins et qu'on puisse mettre des entreprises, des acteurs

socioéconomiques, les élus, les villes, les MRC en action avec nous pour voir

leurs besoins, parce que, et je l'ai dit auparavant — je

le répète souvent — l'intégration,

on ne réussira pas... les résultats seront

plutôt mitigés, si on veut, bien qu'ils sont quand même très bons, mais si

on n'est pas capable de répondre à ces besoins

dans les régions. Et la façon de faire, c'est de faire des constats, de faire

en sorte qu'ils puissent nous dire : Voici ce dont j'ai besoin, et que par la suite, une fois qu'ils ont adhéré à

l'immigration, ils soient conscients du rôle qu'ils ont à jouer pour mobiliser leur société d'accueil. On

peut bien vouloir mettre tout le fardeau sur le gouvernement du Québec,

on n'est que le gouvernement du Québec.

C'est les milieux, les milieux inclusifs qui vont assurer le succès de

l'intégration.

Il ne me reste qu'à

vous remercier, M. le Président, remercier les députés, le député de Borduas,

le député de Bourget pour leur participation. J'aurais pu continuer

encore plus longtemps. Je pense qu'on trouve tous passionnant... Alors, je voudrais particulièrement saluer la

contribution et remercier mes deux chers collègues, la députée de Jeanne-Mance—Viger,

le député de D'Arcy-McGee, pour leurs extraordinaires, je dirais,

compétences en la matière, mais aussi

leur vision de l'immigration, leur vision d'une société inclusive, leur

passion aussi de l'être humain. Merci

beaucoup.

Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas

pour une période de 10 minutes.

M. Jolin-Barrette : Merci, M. le

Président. M. le Président, je débuterais ma conclusion par les propos de la ministre :

Nous ne sommes que le gouvernement du Québec, les milieux doivent participer.

Oui,

les milieux doivent participer, mais c'est le rôle du gouvernement du Québec

d'exercer tout le leadership requis

pour favoriser l'intégration, la francisation, l'employabilité des immigrants,

et c'est en ce sens-là qu'on a déposé notre

proposition qui vise à moderniser le régime québécois d'immigration. On propose

un régime transitoire qui vise à mieux accompagner

les immigrants. L'idée, c'est de donner les ressources aux immigrants afin de

favoriser leur intégration à la société

d'accueil. Et puis je souhaite revenir sur les propos de ma collègue la députée

de Jeanne-Mance—Viger, qui

nous disait : Il y a un test

standardisé à l'accueil... bien, en fait, on moment du dépôt de la candidature,

et, ce test-là, en fonction du niveau

de français qui est reconnu, vous pouvez obtenir jusqu'à un maximum de 16

points dans la grille de sélection. Cependant,

pour pouvoir se qualifier, le système requiert un 55 points pour le requérant

principal. Donc, un individu qui ne

parle pas français à l'entrée peut très bien se qualifier aussi, peut réussir à

se qualifier, bien sûr. C'est le cas actuellement en fonction du nombre

d'individus qui n'obtiennent pas de point en vertu de la grille de sélection.

Un autre élément aussi que je tiens à souligner,

c'est que les efforts doivent être faits de part et d'autre. Et je reprends les propos de la ministre que j'ai cités

ce matin en introduction : «...c'est être prêt à reconnaître et à respecter

ses valeurs de même qu'à partager sa langue

officielle et sa langue commune d'usage public, le français.» Donc, en réponse

à l'intervention du député de D'Arcy-McGee,

c'est qu'il ne suffit pas simplement de mettre des mesures incitatives, mais

il faut véritablement accompagner les

immigrants. Il y a un réel investissement à faire, un accompagnement, et c'est

ce qu'on propose dans le cadre du

certificat d'accompagnement transitoire. Et je vous dirais que je salue

l'ouverture, M. le Président, de la

ministre à étudier nos propositions, mais ce que j'entends du point de vue

gouvernemental, c'est qu'on ne touchera

pas à l'Accord Canada-Québec. On est dans une position de statu quo. Il faut

aller de l'avant, il faut revendiquer afin d'améliorer notre système d'immigration.

L'objectif ultime... et je pense que la modernisation de la politique d'immigration du Québec, c'est véritablement de

l'actualiser et de s'assurer en tant que nation que le Québec puisse avoir

et être le maître d'oeuvre de sa politique

d'immigration sur la quasi-totalité des individus qui font le choix du Québec.

Donc, pour nous, c'est primordial. Et il

s'agit en fait de rehausser les critères au niveau de la francisation, au

niveau de l'intégration et au niveau

de l'employabilité de sorte que les gens qui viennent au Québec puissent

occuper un emploi à la hauteur de

leurs compétences, et surtout participer de façon pleine et entière à

l'évolution de la société québécoise, et surtout s'épanouir.

Donc, un

autre élément, M. le Président, au niveau de ce que le député de Bourget

mentionnait en lien avec notre proposition :

en aucun temps il n'est question d'expulsion des individus. La question, c'est

l'accompagnement, la transition vers

un certificat de sélection du Québec de façon à accompagner les gens et à leur

permettre... en leur donnant les outils et d'atteindre certains objectifs que la société québécoise souhaite

retrouver chez les gens qui font le choix du Québec. Et cette proposition de renégociation de l'entente

Canada-Québec aussi s'inscrit dans le cadre de travailler concrètement à

la modernisation de la politique d'immigration.

Donc, il faut

réussir l'intégration pour garantir la préservation de la langue française et

des valeurs consacrées dans la Charte

des droits et libertés de la personne

pour permettre aux immigrants de contribuer pleinement à l'essor et au développement

de notre société mais aussi pour favoriser leur épanouissement personnel et

celui des proches qui les accompagnent.

Parmi les

mesures que l'on propose, il y a des mesures en matière de francisation. On

vise à s'assurer une meilleure adéquation

entre l'offre et la demande des cours de francisation notamment par une

bonification de l'offre de cours à temps partiel en entreprise et par une meilleure répartition de ceux-ci sur

l'ensemble du territoire québécois; en bonifiant les crédits budgétaires

accordés aux différents programmes de francisation comme le Programme d'aide

financière pour l'intégration linguistique des immigrants — et

ça, M. le Président, c'est une proposition que nous avons dans notre document, qui j'espère, va trouver écho auprès du

ministère de l'Immigration, parce qu'il s'agit véritablement de donner,

encore une fois, des outils aux immigrants pour l'adhésion aux cours de

français et l'inscription à ces cours-ci en leur facilitant la tâche, donc on

est encore dans le cadre d'une responsabilité partagée; en faisant la

promotion, auprès des entreprises

québécoises, du crédit d'impôt pour francisation en milieu de travail, qui est

peu utilisé. La langue française est la langue officielle du Québec. Il

faut que les crédits budgétaires soient suffisants pour permettre une

francisation adéquate et efficace des

nouveaux arrivants. Les immigrants devraient également être encouragés à suivre

des cours en ligne avant même de

s'établir au Québec. Je sais que c'est un désir de la ministre, mais il faut

vraiment mettre l'accent sur ce point.

En résumé, le

ministère de l'Immigration doit jouer un rôle plus central dans la coordination

de l'offre de services de francisation et offrir les ressources

nécessaires aux immigrants pour y parvenir.

Je reviens au

rôle du gouvernement du Québec. Le gouvernement du Québec, c'est le seul

gouvernement de la nation francophone

en Amérique du Nord, il a un rôle de leader à jouer. Je dis à la

ministre : C'est bien, les efforts qui sont faits. Allons plus loin, allons chercher l'ensemble des pouvoirs en

matière d'immigration. Soyons performants, soyons efficaces, soyons

audacieux et, véritablement, valorisons l'immigration et surtout l'intégration

des immigrants.

Au niveau des

qualifications professionnelles, nous proposons d'accroître la pondération

accordée aux qualifications professionnelles

dans la grille de sélection de façon à ce que les travailleurs se qualifient

davantage par leurs compétences et leurs bagages professionnels ainsi

que par leur volonté de s'établir en région.

Il faudra faire preuve de flexibilité et de

pragmatisme pour s'arrimer aux besoins réels du marché du travail notamment par

l'instauration d'un programme de stages en entreprise et dans les organismes

publics afin de doter les immigrants d'une

première expérience de travail québécoise — et ça, je pense que les membres de cette

commission vont être en accord avec

moi, pratiquement toutes les personnes qui sont venues en commission

parlementaire ont souligné la

difficulté pour un immigrant d'intégrer le marché du travail en raison de

l'absence d'expérience québécoise parce que les employeurs n'ont pas de balise pour évaluer la candidature d'un

individu; par la mise en place d'outils de jumelage entre les

entreprises et les immigrants; par l'augmentation de la pondération associée à

une offre d'emploi validée à l'extérieur de la grande région de Montréal et par la

bonification du Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des

minorités visibles en emploi pour des emplois en région.

On ne peut

parler aujourd'hui de la régionalisation de l'immigration, mais

c'est un sujet qu'on doit aborder, et on doit mettre des mesures incitatives et concrètes en place pour

réellement régionaliser l'immigration. Cette proposition vise à inciter davantage

les employeurs à embaucher des immigrants qualifiés et à surmonter la

discrimination fondée sur l'origine ethnique.

Dans le budget 2012‑2013

du gouvernement libéral, une bonification de 8 millions de dollars en trois ans devait permettre de financer jusqu'à

50 % du salaire de près de 1 000 immigrants. Ce plan a été

abandonné dans le budget 2013‑2014 du gouvernement de la 40e législature, le gouvernement péquiste. Ainsi, avec une bonification de 4 millions par année, il serait possible

d'accroître le nombre de participations d'environ 500 par année au lieu de 300

comme le prévoyait le budget de l'ancien ministre des Finances et

député d'Outremont. Nous souhaitons que cette mesure soit adoptée et

que le gouvernement adhère à cette mesure.

Le troisième

pilier du plan concerne la connaissance et le respect des valeurs fondamentales

du Québec. Outre la Charte de la langue française, les valeurs inscrites dans la Charte des

droits et libertés de la personne sont au fondement même de

la société québécoise. Nous proposons de rendre obligatoire et

d'améliorer le cours Objectif Intégration afin de s'assurer que tous les immigrants de 18 ans

et plus soient initiés aux valeurs inscrites dans la Charte des droits et

libertés.

Donc,

concrètement, M. le Président, il

s'agit, dans le cadre de notre proposition que nous avons présentée, d'un plan

concret qui vise à doter le Québec d'une politique d'immigration moderne. Le nouveau partage des responsabilités entre le Québec

et les candidats à l'immigration qui souhaitent intégrer et venir enrichir le Québec

doit être revu, révisé. C'est un

nouveau partage des responsabilités. Et, comme je l'ai mentionné en commission parlementaire, je souhaite que l'ensemble des formations

politiques puissent travailler en collaboration

sur cet élément, mais il faut garder à l'esprit, M. le Président, qu'il faut

rehausser les critères au niveau de la qualification professionnelle des

immigrants en lien avec les besoins

du marché du travail, au niveau de la connaissance de la langue française,

et au niveau des critères au niveau de

l'employabilité de façon à construire un Québec qui va réussir à bien

intégrer ses immigrants, à mieux les intégrer, ainsi qu'au niveau des défis démographiques de la société québécoise auxquels elle va faire face au cours des prochaines années.

Donc, concrètement, c'est un projet positif,

concret auquel on souhaite que le gouvernement adhère et que la politique soit

modifiée en ce sens. Merci, M. le Président.

Président (M. Picard) :

Merci, M. le député de Borduas. À mon tour de re

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2015-03-20
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-41-1 journal-debats CRC-150320
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier814e5d0e64883307ea023682b1c378e0e382bb79

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