House Proceedings — 4 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-04-04
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Lévesque) : Bon mardi matin, chers collègues. Nous allons nous
recueillir quelques instants.
Merci beaucoup. Je vous invite à prendre place.
Alors, pour nos travaux, ce matin, M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) :
Bonjour, M. le Président. C'est un plaisir de vous retrouver pour une autre
belle semaine de travaux ce matin. Et je vous demanderai d'appeler
l'article 2 du feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, à l'article 2 du feuilleton, Mme la ministre déléguée à la
Santé et aux Aînés propose l'adoption
du principe du projet de loi n° 11, Loi modifiant la Loi concernant les soins de fin de vie et d'autres
dispositions législatives.
Alors, comme première intervention, Mme la
ministre déléguée à la Santé et aux Aînés.
Mme Bélanger : M. le Président, c'est une étape importante de
l'étude du projet de loi n° 11 que l'on débute ce matin, et je suis très heureuse de prendre la
parole en cette Chambre pour parler du projet de loi modifiant la Loi
concernant les soins de fin de vie.
Je voudrais
débuter par remercier tous les groupes et les personnes entendus lors des
consultations particulières. La richesse
et la complémentarité des expertises et des perspectives exprimées sont
remarquables. Les consultations se sont déroulées avec la rigueur et le respect
qu'impose un sujet aussi délicat et profond que celui de l'aide médicale à
mourir. Je remercie également mes collègues parlementaires pour leur
engagement dans cet exercice.
Il faut
d'ailleurs souligner que nous avons entendu 37 groupes ou experts lors des
consultations particulières, et plus
d'une soixantaine de mémoires ont été déposés, ainsi que près de 135 commentaires
reçus de la part de citoyens sur le site du greffier. Nous étudierons et
analyserons chaque proposition faite, et ce, tant pour l'avis exprimé par un
citoyen que celui d'un expert. La
qualité des mémoires déposés, les présentations effectuées et des
recommandations démontrent toute
l'importance et la complexité des principes abordés par le projet de loi. Ces
derniers permettront d'outiller les membres de la commission pour
l'étude détaillée à venir.
Nous avons,
bien entendu, des inquiétudes, des inquiétudes qui nous ont été soulevées,
ainsi que des bons coups et les
avancées introduites par le projet de loi. Sachez que les préoccupations
concernant le handicap neuromoteur grave et incurable dans le projet de loi seront considérées. D'ailleurs, nous
avons abordé à quelques reprises, lors des consultations particulières, la possibilité d'instaurer un
groupe d'experts, lequel pourrait avoir pour mandat de se pencher sur la notion
de handicap neuromoteur grave et incurable introduite dans le projet de
loi.
Je souhaite
rappeler que l'aide médicale à mourir s'inscrit dans le continuum de soins
palliatifs et de soins de fin de vie
et demeurera un soin d'exception tant pour les demandes dites contemporaines
que pour les ouvertures proposées dans le
projet de loi. Nous tenons à vous assurer que les soins de fin de vie
continueront de se faire avec toute la dignité et la rigueur
nécessaires.
Permettez-moi, M. le Président, de faire un
rapide survol des éléments centraux de la pièce législative proposée.
D'abord, le
projet de loi propose d'élargir l'aide médicale à mourir aux personnes ayant un
diagnostic de maladie grave et
incurable menant à l'inaptitude à consentir aux soins. Le projet de loi leur
permettrait de faire une demande anticipée d'aide médicale à mourir.
À ce sujet, le consensus québécois semble bien
établi. Nous allons continuer le travail pour nous assurer de l'applicabilité
de cette disposition de la loi par les professionnels de la santé et des
services sociaux. Nous avons bien entendu
les enjeux possibles soulevés par les témoins en consultations particulières et
nous allons étudier la question avec toute la rigueur nécessaire.
Le projet de loi propose également d'élargir
l'admissibilité à l'aide médicale à mourir de façon circonscrite aux personnes ayant un handicap neuromoteur grave
et incurable, et ce, à condition que tous les autres critères prévus dans
la loi soient rencontrés. Je crois que c'est la disposition qui a suscité le
plus de discussions entre les parlementaires à l'extérieur des consultations. Les préoccupations soulevées dans les
présentations nous ont réellement fait cheminer et nous questionner à
nouveau sur les meilleurs termes à utiliser dans le projet de loi.
Vous savez,
la pièce législative que nous étudions doit être abordée avec une grande
sensibilité, mais également avec une
très grande rigueur. Les dispositions qui en découlent ont une portée
extrêmement importante. À
titre de parlementaires, nous devons prendre les moyens nécessaires pour
nous assurer que nous prenons les meilleures décisions à cet égard. C'est
important, pour moi, de le souligner en
Chambre aujourd'hui, que, concernant la notion de handicap neuromoteur grave
et incurable, nous
irons chercher les éclairages nécessaires pour en arriver aux meilleurs termes
à utiliser dans le projet de loi dans
l'objectif de soutenir le droit à l'autodétermination des personnes, mais en
évitant que le libellé retenu ne cause des préjudices.
Le projet de loi propose d'interdire
l'admissibilité à l'aide médicale à mourir pour les personnes présentant un
trouble mental comme seul problème médical invoqué. Devant l'absence de
consensus clair, le caractère sensible de ce sujet et la nécessité de
poursuivre la réflexion, le principe de précaution a été privilégié.
Le projet de loi propose également que les
maisons de soins palliatifs ne puissent plus exclure l'aide médicale à mourir
de leur offre de soins. Cette proposition vise à favoriser un accès équitable
aux soins de fin de vie et à offrir une continuité de soins aux patients qui y
sont admis.
Au niveau des professionnels de la santé, le
projet de loi propose que les infirmières praticiennes spécialisées puissent offrir tous les soins de fin de vie, y
compris l'aide médicale à mourir, au même
titre que les médecins.
L'accessibilité à ces soins en sera
ainsi améliorée, et il s'agit d'un pas de plus vers le décloisonnement des
pratiques au bénéfice des usagers. Le projet de loi propose qu'il soit
dorénavant permis aux infirmières et infirmiers de constater les décès, et ce,
tant pour l'aide médicale à mourir
que dans toutes les autres circonstances de décès. Cette disposition donne
suite au pouvoir spécial qui leur était octroyé en pandémie et qui s'est
démontré probant.
Afin de
renforcer davantage le soutien des professionnels impliqués dans les soins de
fin de vie, le projet de loi propose de rendre obligatoire la
constitution de groupes interdisciplinaires de soutien. Ces groupes existent
déjà dans plusieurs établissements sans toutefois être obligatoires. Leur rôle
peut être central pour soutenir et accompagner les professionnels tout au long de la réponse qu'ils doivent offrir à une
personne qui demande l'aide médicale à mourir et à ses proches.
Au sujet de
la Commission sur les soins de fin de vie, celle-ci a pour mandat d'examiner
toute question relative aux soins de
fin de vie et de surveiller l'application des exigences particulières relatives
à l'aide médicale à mourir. Le projet de loi propose d'élargir les
renseignements dont la commission peut disposer pour encore mieux accomplir son
mandat d'évaluation de la situation sur les soins de fin de vie au Québec. On
propose également d'augmenter le nombre de ses membres afin de soutenir la
croissance des demandes d'aide médicale à mourir et l'analyse de la conformité
de leur administration.
En conclusion, M. le Président, je ne pourrai
terminer mon intervention sans souligner la collaboration de tous les
parlementaires siégeant sur la commission. Les discussions que nous avons avec
les porte-parole des autres groupes parlementaires nous aident réellement à
avancer. Le rapport s'inscrit dans une démarche transpartisane et bienveillante
concernant l'évolution de la Loi concernant les soins de fin de vie afin de
permettre l'élargissement de l'aide médicale à mourir.
Ainsi,
aujourd'hui, nous en sommes à l'adoption du principe du projet de loi
n° 11. Il nous reste encore du travail, mais nous espérons pouvoir compter sur une étude diligente du projet de
loi puisque, pour plusieurs, l'entrée en vigueur de plusieurs des dispositions fera une réelle
différence sur leur parcours, de fin de vie. J'invite donc les parlementaires à
voter en faveur de l'adoption du principe du projet de loi n° 11.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Alors, le prochain intervenant, intervenante sera Mme la
députée de La Pinière. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Caron : Merci
beaucoup, M. le Président. J'aimerais simplement vérifier que le temps qui
m'est alloué est bien 20 minutes.
Vice-Président (M. Lévesque) : Comme porte-parole de
votre groupe, vous pouvez aller jusqu'à une heure, Mme la députée.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Alors donc, merci bien, M. le Président.
Premièrement,
je voudrais faire écho à ce que disait la ministre et remercier les
37 groupes qui ont été entendus en commission parlementaire et le
travail de tous les collègues, là, de tous les partis.
Cette loi
porte sur un sujet extrêmement délicat, complexe, aussi, on l'a vu pendant les
témoignages, les auditions, les consultations à la commission parlementaire.
J'irais même jusqu'à dire qu'en fin de compte ce que ce projet de loi tente de baliser et de permettre relève d'une décision
qui est éminemment personnelle pour la personne qui fait la demande
d'aide médicale à mourir.
Je dirais
aussi que c'est impossible d'aborder ce sujet-là en ayant déjà une idée toute
faite au départ, en se disant déjà
pour ou contre. Et, même si une personne pouvait être pour ou contre, je pense
que les témoignages ont été vraiment éclairants.
Mme la ministre disait que les témoignages avaient fait cheminer, nous avaient
fait cheminer, c'est tout à fait... je
suis tout à fait d'accord avec ça. Ça a été, pour moi-même, un exercice très
éclairant, enrichissant et qui porte à réflexion également.
Ce que tout le monde veut éviter, ce sont les
risques de dérapage qui sont présents et qui peuvent être présents à plus ou moins grande envergure, selon le contexte
social dans lequel vit... la société dans laquelle on vit, au Québec. Alors, ça fait en sorte que les discussions doivent être
prises vraiment en écoutant la société, en écoutant les experts, mais aussi
en prenant le temps de réfléchir à tout cela.
a parlé de soins d'exception. C'est un soin d'exception, en fait... Mme la
ministre a dit : C'est un soin d'exception, l'aide médicale à
mourir. Effectivement, et ça doit s'exercer dans la dignité et avec la plus
grande rigueur possible.
J'aimerais apporter
à la discussion que l'intitulé de la
Loi sur les soins de fin de vie n'est
peut-être... Je comprends que c'était
le nom de la loi précédente, donc on vient modifier cette loi-là. Mais,
puisqu'on ouvre la notion, on ouvre la possibilité,
si la loi est adoptée, d'offrir l'aide médicale à mourir à une personne qui
n'est pas rendue en fin de vie, mais qui
a des souffrances incurables, et graves, et insupportables, inapaisables. Ce
serait peut-être... Il y aurait peut-être lieu de modifier le nom de ce
projet de loi là, parce que c'est vraiment de l'aide médicale à mourir.
Aussi, l'aide médicale à mourir, surtout en fin
de vie, on comprend que c'est un euphémisme pour parler d'euthanasie ou de suicide assisté. Et pourquoi je le mentionne? C'est
juste pour qu'on le garde... ce n'est pas pour faire des éclats avec ça, c'est simplement pour qu'on
garde ça en tête quand on réfléchit à toutes les étapes, à tout ce qui a été
demandé ou tout ce qui a été demandé de ne
pas faire dans les témoignages qu'on a entendus durant les consultations à la
commission.
Alors, la
question du handicap a été très éclairante pour moi comme parlementaire, comme
personne non handicapée, et j'utilise
le terme entre guillemets, puisque les personnes qui sont venues nous
rencontrer pour nous parler de cette situation-là
nous ont bien fait comprendre que la personne n'est pas intrinsèquement
handicapée, que le handicap, c'est situationnel.
Certains d'entre eux, mais pas tous, préféraient la terminologie de déficience
ou incapacité grave et incurable. Alors
là, la ministre en a parlé aussi, la définition, le terme utilisé va faire une
différence, et il faudrait prendre le temps vraiment de s'y pencher sérieusement puis prendre le temps
de réfléchir avant d'adopter le meilleur terme qui soit pour ne pas qu'il
soit trop exclusif, mais pour ne pas qu'il
soit trop large non plus, pour éviter les dérives qu'on veut tous éviter, bien
entendu.
Alors, ce qu'on nous a dit, du côté des
personnes qui vivent avec un handicap, c'est que les accommodements pour pouvoir vivre hors CHSLD... dans le cas d'une
des personnes qui est venue témoigner, ces accommodements-là sont plus importants pour lui que l'aide médicale à
mourir. Ce qu'on nous a dit aussi, c'est que, comme personne... une personne
qui n'est pas en situation de handicap n'est
pas la personne la mieux placée, qu'elle soit un professionnel de la santé ou
non, pour déterminer les souffrances
que vit la personne qui a un handicap, et la personne qui a un handicap qui a
les accommodements nécessaires pour
vivre sa vie peut tout à fait contribuer positivement à la société. Et j'ai
senti vraiment une soif de contribuer
et une soif de reconnaître cette contribution positive à la société qu'ont les
personnes avec des handicaps qu'on pourrait qualifier de handicaps
lourds, de notre point de vue de personne qui n'a pas un handicap comme tel.
d'ailleurs, parmi les personnes qui sont venues témoigner, il y avait un homme
qui avait... qui était ingénieur, et je ne me rappelle plus la profession de l'autre personne, mais c'étaient
vraiment des professions dont on a besoin, au Québec, et des personnes qui contribuent tout à fait
positivement à la société. Et ce qui a été... moi, ce qui m'a beaucoup chavirée,
ça a été d'entendre l'une de ces
personnes-là nous dire que son médecin lui avait fait comprendre que, bien,
l'aide médicale à mourir, c'était une
option, ce n'est pas une personne qui... alors... et cette personne-là nous a
dit qu'elle a reçu ça comme une
grande violence. Et je peux comprendre tout à fait, parce que cette personne-là
a le goût de vivre, malgré les limites physiques qu'elle a. C'est une
personne qui a le goût de vivre et de contribuer. Et, dans les balises qu'on
veut mettre, comment on fait pour s'assurer
qu'on ne commence pas à dire aux gens qui ne sont pas rendus là, qui n'en ont
pas fait la demande... C'est
différent si quelqu'un le demande, bien entendu. Mais quelqu'un qui ne le
demande pas et qu'on lui dit : Bien, tu sais, tu as besoin de
beaucoup de soins, tu as besoin de... tu souffres, et tout ça, alors tu sais
que l'aide médicale à mourir, c'est une
option, alors que la personne est peut-être dans la jeune trentaine... Il a
reçu ça comme une grande violence. Et il faut s'assurer que les
professionnels de la santé et la société ne mettent pas une pression sur les
personnes qui ont besoin de beaucoup de
soins en leur disant : Mais, tu sais, finalement, tu pourrais prendre
l'aide médicale à mourir. Là, on parle de vie et de mort, ici. Alors, je
pense qu'il faut vraiment prendre le temps de baliser correctement.
Et, quand je
disais, tout à l'heure, qu'on veut tous éviter les dérives à ce chapitre-là,
là, tous autant que nous sommes, les
125 députés à l'Assemblée nationale, et je disais que c'est en lien
parfois avec le contexte social, bien, c'en est un, exemple. Par exemple, on ne se cache pas qu'on a de la
difficulté... le réseau de la santé ne répond pas à la demande. Donc, est-ce
que les personnes qui ont des situations qui
exigent beaucoup de soins qu'on ne peut pas leur donner parce qu'on manque
de ressources, est-ce que ces personnes-là
vont être dirigées subtilement vers l'aide médicale à mourir? Est-ce que les
aînés vont être dirigés subtilement vers l'aide médicale à mourir?
Quand on sait que la hausse du coût des loyers
est difficile pour eux, les soins à domicile ne sont pas facilement accessibles, parfois, il faut attendre des
années... On sait qu'il y a des milliers de personnes sur la liste d'attente
pour avoir des soins à domicile.
Quand on sait que les RPA ferment ou se convertissent rapidement à un rythme
qui est assez effarant, quand on sait que les places en CHSLD, bien, il
y a des listes d'attente, les maisons des aînés n'ouvrent pas toujours complètement, par manque de personnel. Bref, c'est
un contexte de pénurie de ressources ou d'organisation des soins dans le
milieu de la santé.
Quelle que
soit la raison, le fait est qu'on a de la difficulté à répondre. Alors, il ne
faudrait pas que ce contexte-là de
manque de ressources fasse en sorte que les personnes sont subtilement dirigées
vers l'aide médicale à mourir, ou pas si
subtilement dans le cas de la personne qui est venue témoigner à la commission.
Vraiment, c'est là que je crains les risques de dérives, et il faut se
pencher ensemble sur comment on peut éviter qu'une telle chose arrive.
On sait que personne ne veut être un fardeau
pour la société, que ce soit une personne qui a un diagnostic d'une maladie qui va faire en sorte qu'elle va avoir besoin de
beaucoup de soutien, que ce soit une personne aînée qui perd son autonomie. Personne ne veut être un fardeau pour
la société. Malheureusement, il y a des personnes qui, veux veux pas,
ont besoin d'aide. Bien, il faut que ces personnes-là reçoivent cette aide-là.
Et, si elles, vraiment, n'en peuvent plus de souffrance
et demandent l'aide médicale à mourir, qu'on puisse lui offrir, bien sûr, dans
des conditions évidemment où ça se
fera avec rigueur et dignité. Mais il ne faut pas diriger les autres vers ça
parce qu'on n'arrive pas à prendre soin d'eux.
Alors,
ça, c'est vraiment dans le contexte actuel. Peut-être que, dans 20 ans,
dans 30 ans, ce sera différent. Mais le contexte actuel, et c'est
actuellement qu'on veut adopter cette loi-là, c'est un élément qui me fait
peur, en fait, que je crains, comme parlementaire, pour mes concitoyens
et concitoyennes.
Et les
personnes qui sont venues témoigner nous ont aussi dit : On réclame l'aide
à vivre, donc tous les soins ou tous
les accommodements qui sont nécessaires pour pouvoir vivre dignement. C'est ce
qu'ils ont demandé, et certains ont dit : On devrait mettre les
ressources sur l'aide à vivre plutôt que sur l'aide médicale à mourir.
Autre chose :
les soins palliatifs. Alors, les soins palliatifs sont méconnus de la
population dans le sens où on associe souvent soins palliatifs à aide médicale
à mourir, ou soins palliatifs à fin de vie, et ce n'est pas toujours le cas.
Une personne peut être suivie...
recevoir des soins palliatifs pendant plusieurs mois, pendant un an, deux ans,
peut-être même plus, avant d'arriver à la fin de sa vie. Et ce que certaines
personnes sont venues nous dire, autant des médecins en soins palliatifs
que des personnes... des membres du public,
je dirais, c'est qu'il faut pouvoir offrir les soins palliatifs, il faut mettre
l'emphase sur les soins palliatifs,
il faut avoir les ressources, bien entendu, pour offrir les soins palliatifs.
Et donc, pour eux, c'était plus important de faire ça d'abord que de
mettre l'accent sur l'aide médicale à mourir.
C'est possible que la confusion entre soins
palliatifs et aide médicale à mourir soit due au fait qu'on a beaucoup entendu
parler de l'aide médicale à mourir dans l'adoption du projet de loi. C'est tout
à fait possible que ce soit ça. Mais il y
aurait lieu de clarifier, de faire comprendre aux personnes que ce n'est pas la
même chose. Oui, les soins palliatifs d'une
personne qui est atteinte de cancer, rendue au bout de sa vie, ça peut
ressembler à l'aide médicale à mourir, mais il y a tout un continuum de
soins qui se donnent avant pour que la personne soit en mesure de vivre jusqu'à
la fin de sa vie, entre guillemets,
naturelle ou quasi naturelle. Alors, il y aurait besoin d'accroître nos
investissements dans le domaine des soins palliatifs.
Et aussi une chose qui a été intéressante, que
j'ignorais, c'est que le Collège des médecins ne reconnaît pas la formation des médecins en soins palliatifs. Alors,
ça décourage certaines personnes d'aller dans ce domaine-là, parce qu'ils
veulent que leur formation soit reconnue.
Alors, il y aurait peut-être quelque chose à faire de ce côté-là pour pouvoir
avoir plus de ressources en soins palliatifs.
Et, dans le projet de loi, on souhaite qu'on
soit obligé, les maisons de soins palliatifs, à offrir l'aide médicale à mourir si une personne le demande. Et je
comprends bien l'objectif, c'est que toute personne aura droit à... bien, une
personne, dans les balises qui sont
là et qui seront peut-être ajoutées dans le projet de loi... donc, une personne
qui aurait droit à l'aide médicale à
mourir, bien, devrait y avoir droit, qu'elle soit dans une maison de soins
palliatifs, ou qu'elle soit à l'hôpital, ou qu'elle soit chez elle.
Alors, dans ce sens-là, je comprends l'obligation.
Par contre,
ce que des maisons de soins palliatifs sont venues nous dire, c'est que, bien,
si on se met à donner l'aide médicale
à mourir, on va donner moins de soins palliatifs, et il y a un manque de soins
palliatifs. Alors, il y a peut-être quelque chose à revoir de ce côté-là, parce
que je comprends aussi... On ne veut pas qu'il y ait une philosophie, dans une
maison de soins palliatifs, qui fasse en sorte qu'on ne veuille pas offrir
l'aide médicale à mourir, mais, en même temps, il y a aussi toute la question de l'accessibilité aux soins palliatifs.
Alors, c'est un point sur lequel on devrait se pencher. Il ne faudrait pas que
l'aide médicale à mourir soit quelque chose que les gens demandent par dépit
parce qu'ils ne peuvent pas avoir de soins palliatifs dans le contexte
actuel du réseau de la santé.
Par ailleurs,
j'ai été un petit peu chavirée, je dirais, et bouleversée par une
partie du
témoignage de la Commission des
droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui recommande que l'aide
médicale à mourir soit accessible aux 14 ans avec des balises claires. Et le tout était en
fonction... était appuyé sur le fait qu'à l'âge de 14 ans une personne
peut accepter, demander ou refuser des soins. Alors, c'était dans un
objectif d'harmonisation des lois.
Et j'avoue que,
à 14 ans, qu'une jeune fille aille chez le médecin sans que ses parents le
sachent pour obtenir une ordonnance
d'anovulants ou qu'un jeune homme aille chez le médecin pour obtenir un
traitement, par exemple, pour une maladie
transmissible sexuellement sans que ses parents le sachent, et qu'il est
capable de le demander, c'est tout à fait légitime, c'est tout à fait correct.
Mais est-ce qu'à 14 ans, alors qu'on ne peut pas conduire, on ne peut pas
voter, on ne peut pas prendre de l'alcool... est-ce qu'on peut demander
l'aide médicale à mourir?
Ce n'est pas
juste un soin comme un autre, l'aide médicale à mourir. On n'en revient pas après.
Et je ne veux pas faire un mauvais jeu de mots, là, mais c'est quand même très
complexe, une décision fort importante. Est-ce qu'à 14 ans on est vraiment considéré apte à prendre cette
décision-là? Je n'en suis pas certaine. Ce n'est pas dans le projet de loi,
mais c'était une recommandation qui
nous avait été faite. Et, en fait, j'espère qu'on n'ira pas dans ce sens-là,
parce que c'est... à 14 ans, c'est très jeune pour prendre une
telle décision, à mon humble avis.
Et il y a d'autres personnes qui nous ont
demandé... Bien, en fait, la commission, aussi, a demandé d'utiliser le terme «handicap», tout ça pour harmoniser avec
la loi fédérale, mais je pense qu'au Québec on peut adopter des lois qui
sont acceptables pour la société québécoise.
Si elles sont harmonisées avec d'autres lois et que ça facilite les choses,
tant mieux, mais je pense qu'on ne
doit pas... ça ne doit pas être l'impératif premier, d'harmoniser notre loi
absolument avec celle du fédéral,
dans un cas comme celui-ci, dans ce type de loi, qui est vraiment très
sensible. La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a aussi
demandé une harmonisation pour les mêmes raisons, pour que les médecins... que ce soit plus facile pour les médecins de poser un
acte et de ne pas s'inquiéter. Je pense qu'on peut travailler, quand même,
notre propre loi pour s'assurer que les soins soient offerts correctement, y
compris celui de l'aide médicale à mourir.
La question
des demandes anticipées, qui a été abordée avec plusieurs groupes, y compris la
Fédération des médecins omnipraticiens
du Québec, c'est bien pour une personne qui a un diagnostic, par exemple, et
qui sait à quel stade elle va arriver,
et qu'elle veut... elle ou il décide que, rendu à ce... quand elle répondra à
tel, tel, tel critère, elle veut recevoir l'aide médicale à mourir, même si, à ce moment-là, au moment où elle aura
atteint les critères son... elle ne sera plus apte à prendre la
décision. Alors, que fait-on, en fait, avec un refus? Et là il est question de
contention chimique, parce que la personne, peut-être, ne
veut même pas qu'on lui touche. Alors, est-ce qu'on est prêts à aller
jusque-là? C'est des questions, donc, importantes qui nous ont été amenées et
auxquelles il faudra réfléchir.
Enfin, pour
ce qui est des IPS, les infirmières, oui, tout à fait, elles devraient pouvoir,
avec la formation, offrir le tout et
puis constater les décès aussi. D'ailleurs, les infirmières, on devrait les
considérer à leur juste valeur et leur permettre d'offrir tous les soins à la hauteur de leur formation partout dans le
réseau de la santé, pas seulement pour l'aide médicale à mourir.
Et enfin, du
côté des demandes anticipées, bien, il y a question de renouvellement, parce
que, peut-être, renouvellement aux cinq ans, il faudrait revoir le tout.
Conclusion :
l'aide à vivre est peut-être plus importante et plus en demande que l'aide
médicale à mourir. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de La Pinière. Je suis maintenant prêt à reconnaître
la prochaine intervenante, et ce sera Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, je tiens à dire que c'est vraiment un réel
privilège pour moi de pouvoir travailler
sur le projet de
loi sur les soins de fin de vie. C'est un sujet qui est très
sensible, qu'il faut traiter avec
délicatesse. Ça a toujours été fait comme ça, au Québec, jusqu'à maintenant, je
pense que c'est encore comme ça, la manière
dont on travaille en ce moment, et je tiens à le souligner, parce que le projet
de loi propose plusieurs modifications quand même substantielles, puis
on a tenu des auditions assez longues, plus longues qu'à l'habitude, pour
pouvoir permettre à beaucoup de groupes de
s'exprimer. D'ailleurs, je remercie le gouvernement pour son ouverture à ce
sujet-là.
On voulait,
entre autres, permettre aux groupes puis aux experts de s'exprimer sur la
notion de handicap qui est introduite
dans le projet de loi, avec la notion de handicap neuromoteur. Et c'est une
nouveauté pour laquelle il n'y avait pas
eu de consultation préalable, donc ça avait surpris, au moment du dépôt du
projet de loi, déjà, le printemps dernier, puis encore dans les derniers mois, et on trouvait ça très important de
recevoir les commentaires des acteurs concernés sur cet ajout-là. Et la première chose que moi, je
retiens, c'est que l'expression de «handicap neuromoteur» fait plutôt consensus
contre elle. De toute évidence, ce n'est pas
le vocabulaire qu'il faut utiliser si on veut éviter de discriminer certaines
personnes. Plusieurs groupes nous l'ont dit, j'ai bien entendu ces
commentaires-là, puis on va prendre le temps de trouver la bonne formulation. Je sais que mes collègues aussi
veulent prendre le temps de faire ça. Certains nous ont conseillé de retirer le
mot «neuromoteur», et donc de garder seulement «handicap». D'autres nous ont
recommandé de parler de déficience, d'incapacité.
C'est des avenues qu'on va étudier sérieusement. On est capables, je pense, de
trouver le bon vocabulaire pour s'assurer de ne pas faire de
discrimination à l'égard de ça.
J'ai aussi
entendu le plaidoyer de plusieurs personnes, de plusieurs groupes pour qu'on
s'assure de vraiment offrir aux
personnes qui vivent avec un handicap tous les moyens de s'épanouir, d'avoir
une belle qualité de vie. Et, en ce moment, il faut reconnaître que
c'est malheureusement loin d'être le cas. Il faut absolument éviter qu'une
personne vive des souffrances psychologiques
ou physiques seulement parce qu'on n'a pas mis à sa disposition toutes les
bonnes ressources dont elle avait
besoin. Quand on parle d'aide médicale à mourir, moi, ce que je souhaite, c'est
que ce soit un libre choix, mais ça ne peut pas être un libre choix si
tous les services ne sont pas au rendez-vous.
Et on sait
que c'est déjà un enjeu pour les personnes qui souffrent d'une maladie. On a
tous vu, ici, là, les exemples de
difficultés d'accès aux soins palliatifs, mais c'est encore plus vrai en ce qui
concerne le handicap, parce qu'il y a des lacunes majeures dans l'accès aux
services, actuellement. Qu'on pense au transport adapté, aux moyens disponibles
pour adapter sa maison, son logement,
au support qui permet de compléter des études, d'occuper un emploi, il y a
énormément de personnes avec un
handicap qui souffrent, actuellement, parce qu'on ne déploie pas tout ce qu'on
pourrait déployer autour d'elles pour
leur permettre de s'épanouir, et on ne peut pas... on ne peut pas mettre ça de
côté en élargissant l'aide médicale à mourir aux personnes qui souffrent
d'un handicap. Il faut assurément prendre les moyens qu'il y ait plusieurs
options devant ces personnes-là puis qu'on puisse soulager leurs souffrances.
Puis d'ailleurs j'ai senti chez plusieurs
personnes le vif besoin qu'on se penche collectivement sur l'ensemble des besoins des personnes qui vivent avec un
handicap dans toutes les sphères de leur vie. J'espère que la ministre a
entendu cet appel-là comme moi, je pense que oui. J'espère qu'elle en
parle avec son collègue le ministre des Services sociaux, parce que, moi, ce que je ressens au terme des
auditions, c'est qu'on a besoin d'une consultation nationale pour identifier
tout ce que ça prend pour permettre une
inclusion pleine et entière des personnes qui vivent avec un handicap. On peut
bien vouloir les inclure dans le projet de
loi sur les soins de fin de
vie, élargir pour l'aide médicale à mourir, mais elles en ont long à dire sur toutes les autres sphères de
leur vie. Il y a un besoin vif de s'exprimer là-dessus, puis je pense qu'il
faut le faire. Même si ça ne doit pas
nous empêcher d'aller de l'avant avec ce qu'il y a dans le projet de loi
actuel, on doit, en parallèle,
prendre les moyens d'entendre ce qu'ils ont à dire et trouver les moyens pour
soulager les souffrances qu'ils vivent en ce moment.
Un autre
volet important du projet de loi, c'est la nouveauté de la demande anticipée
pour les personnes qui ont une maladie menant à une... à l'inaptitude à
consentir. On a eu des discussions très riches à ce sujet-là. J'en retiens qu'il y a quand même quelques ajustements à faire,
sur lesquels je pense qu'il va y avoir des consensus assez rapidement, mais c'est un ajout qui est globalement bien reçu,
qui va répondre à un réel besoin pour permettre aux gens de mourir dans la dignité en énonçant clairement à l'avance c'est
quoi, les souffrances qui devront éventuellement être constatées avant
d'administrer l'aide médicale à mourir.
Puis
je sais qu'il y a énormément de personnes qui attendent ce changement-là avec
impatience, peut-être même de
l'inquiétude, parce que plus les mois passent, plus ces personnes-là savent
qu'elles pourraient perdre leur aptitude à formuler, éventuellement, une demande anticipée.
Je suis consciente de ça, du temps qui passe, mais il faut quand même prendre le temps de trouver les bons mots pour
rédiger les modalités. Il y a des ajustements à faire, et c'est important,
parce qu'on veut éviter les abus puis on veut aussi réunir toutes les
conditions pour que tout le monde soit à l'aise, y compris les
professionnels de la santé qui vont devoir mettre en oeuvre ces modalités-là,
parce qu'on ne sera pas plus avancés si, finalement,
il y a très peu de professionnels de la santé qui souhaitent mettre en oeuvre
ces dispositions-là puis, tu sais, que la majorité d'entre eux décident
d'exercer leur objection de conscience. Donc, c'est très important de prendre
notre temps là-dessus, même si
j'entends, de la part de beaucoup de citoyens, que... Ils étaient déjà déçus,
le printemps dernier, qu'on reporte ces modalités-là, mais il faut le
faire comme il faut.
Donc,
avant de conclure, je veux prendre le temps de dire aux personnes qui nous ont
appelés à réfléchir à l'inclusion des troubles mentaux pour l'accès à
l'aide médicale à mourir que j'ai entendu vos commentaires. Moi, pour ma part, j'estime qu'à ce moment-ci on n'est pas prêts à
procéder à ces changements-là dans le projet de loi, donc il faut maintenir
l'exclusion. Par contre, j'estime que c'est
nécessaire de procéder à une discussion collective là-dessus pour en dégager
des consensus, donc j'espère que le
gouvernement le fera dans les prochains mois parce qu'il y a vraiment un appel
important qui nous a été lancé. Même
si ça ne faisait pas
partie du projet de loi, plusieurs groupes sont venus
s'exprimer à cet égard-là, et donc prenons le temps de la faire, cette
réflexion.
Donc, c'est un sujet
sensible. Moi, je constate que tout le monde travaille très positivement sur ce
dossier-là, actuellement. On va commencer
par prendre le temps de bien faire les choses pour les élargissements qui sont
déjà prévus dans la loi, et puis continuons de réfléchir ensuite à comment on
pourra éventuellement élargir l'accès à d'autres groupes. Ma collègue a parlé des mineurs, il y a
effectivement des gens qui se positionnent là-dessus, il y a des appels à y
réfléchir. Je pense qu'on n'est pas
prêts en ce moment, mais on ne pourra pas exclure ces réflexions-là indéfiniment,
il faudra y revenir. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Sherbrooke. La prochaine intervention sera celle de
Mme la députée de Roberval. Mme la députée.
Mme Guillemette :
Merci, M. le Président. Je suis ici ce matin pour vous parler du projet de
loi n° 11, la Loi modifiant la Loi
concernant les soins de fin de vie et d'autres dispositions législatives, mais avant, M. le Président, j'aimerais
faire un retour avec vous sur la commission spéciale que j'ai eu l'immense
privilège de présider en 2021.
Vous
allez me permettre de remercier les collègues qui ont participé avec moi à
cette commission transpartisane, transpartisane, il est bon de le rappeler. Je
pense qu'on entend bien le ton ce matin, tout le monde est en collaboration, et
c'est ce qu'on souhaite. Je pense que les
citoyens ne nous permettraient pas de faire de la politique avec un sujet si
important pour nous. Donc, je tiens à remercier le député de D'Arcy-McGee,
David Birnbaum, qui était le vice-président de la commission à ce moment-là, la députée de Joliette, Véronique Hivon,
le député de Rosemont — il
y en a certains que je ne peux pas
nommer par leur nom parce qu'ils sont toujours parlementaires — donc,
la députée d'Abitibi-Ouest, la députée de
Mille-Îles, Mme Francine Charbonneau, le député de Lac-Saint-Jean, la
députée de Saint-François, le député de Mégantic, la députée de Westmount—Saint-Louis, la députée de Soulanges et le député de
Chomedey, M. Guy Ouellette. Et j'aimerais aussi remercier le député de Gouin actuel et la
députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, qui, lors de cette
commission, avaient fait
partie des consultations particulières avec
nous pour la première phase.
Donc,
notre mandat, c'était d'analyser les enjeux reliés à l'élargissement potentiel
de l'aide médicale à mourir pour les personnes en situation d'inaptitude
et pour celles souffrant de troubles mentaux exclusivement. Pour ce faire, nous
avions besoin de dresser le portrait de
l'évolution des soins de fin de vie depuis la première loi, en 2015, et de
connaître l'état des lieux, l'arrêt Carter, la
cause Gladu-Truchon, celle qui a mis fin au retrait, en fait, de la clause
de fin de vie.
En chiffres, la
commission spéciale, c'est deux phases de consultations, 74 auditions,
35 expertes, experts et organismes
entendus à la phase I, 42 personnes et organismes entendus à la
phase II, 75 mémoires déposés au secrétariat de la commission,
3 421 réponses au questionnaire en ligne. Et je vous dirai que j'ai
lu plusieurs de ces commentaires. On en a eu
2 000, d'ailleurs. Donc, également, on a eu 39 séances de travail
avec les membres de la commission et 46 réunions du comité
directeur. De ces nombreuses discussions, nous sommes arrivés à
11 recommandations et sept observations. «Maladie
grave et incurable», «déclin avancé irréversible» et «avoir des souffrances qui
ne peuvent être apaisées dans des conditions jugées tolérables» nous ont
suivis tout au long de nos discussions.
Donc, j'en profite
pour remercier aussi tout le personnel qui nous a accompagnés tout au long de
ce mandat : le secrétariat, la
recherche, le service de référence, la révision linguistique, le graphisme et
les communications. Écoutez, on a eu
une tonne de documents à colliger, il fallait rendre ça digeste. On avait des
discussions, ils ont bien su prendre l'essence de qu'est-ce qu'on ressentait et
qu'est-ce qu'on voulait dans notre projet de loi. Donc, je les en remercie très
sincèrement.
venu par la suite, à la suite de nos recommandations, le p.l. n° 38. Donc, en mai dernier, le temps nous a manqué pour adopter le projet de loi n° 38 sur
l'évolution des soins de fin de vie, mais, tous ensemble, et je tiens à le
dire, tous ensemble, les membres de la commission, accompagnés du ministre, on
a pris l'engagement formel devant vous de ramener le projet de loi
rapidement en commission avec la prochaine législature, peu importe qui serait
de la nouvelle législature.
p.l. n° 11, Mme la ministre, nous y sommes. Durant les
trois dernières semaines, la Commission des relations avec les citoyens a entendu plus de 35 autres
groupes et experts, individus pour être en mesure d'être bien outillée pour les
phases qui s'en viennent, soit l'étude détaillée du projet de loi n° 11,
je l'espère, très bientôt.
Les concepts
d'aptitude et d'inaptitude, d'autodétermination, de demande anticipée et de
directive médicale anticipée, le
refus, le refus catégorique, tous ces aspects ont, encore une fois, été
questionnés et discutés avec toute l'écoute nécessaire et très grande
empathie.
La souffrance
contemporaine versus la souffrance anticipée. La souffrance contemporaine peut
être facilement objectivable, tandis que
celle anticipée demeure plus difficile à valider. La perte de dignité est, pour
plusieurs, un facteur important de
souffrance, en particulier pour la souffrance psychique. Celle-ci devra donc
être prise aussi en considération.
Lors de la
commission spéciale, quelques intervenants nous avaient parlé du handicap, du
handicap neuromoteur, mais, comme ça
ne faisait pas
partie de notre mandat, on n'avait pas eu de discussion profonde
et aucune recommandation n'avait été
formulée en ce sens. Par contre, cet aspect étant présent dans le projet de loi n° 11, c'est celui-ci qui est beaucoup ressorti lors des dernières consultations particulières. Nous avons tous
des questionnements sur l'utilisation et la définition des termes «handicap», «handicap neuromoteur», ça
demeure entier. On va devoir se pencher sur cette question rapidement dans les prochains jours. Est-ce qu'on conserve
«handicap neuromoteur»? Est-ce qu'on met «handicap» ou on utilise, comme
le disait la députée de Sherbrooke tout à
l'heure, un autre terme, comme «affection», «maladie», «condition»? Avec la
clause de soins de fin de vie qui est tombée, on doit vraiment clarifier cette
situation.
Pour ce qui
est du trouble de santé mentale, la recommandation de la commission spéciale
était de ne pas donner accès à l'aide
médicale à mourir pour les personnes qui ont comme seul trouble un trouble de
santé mentale. Et attention, M. le
Président, je ne vous dis pas que ces personnes-là ne sont pas malades et
qu'ils ne souffrent pas. On est conscients de ce qu'ils vivent. Mais il
n'y a pas de consensus du corps médical, donc nous devons appliquer le principe
de précaution. Et on le voit même au fédéral, ils ont sursis sur leur décision
de mars 2023 à mars 2024.
C'est un
sujet qui est très complexe et délicat. Nous avons tous la volonté de faire les
choses correctement. Nous privilégions une approche constructive et
transpartisane. Un équilibre entre l'autodétermination et la protection des
personnes vulnérables demeure au coeur de nos préoccupations. Des mesures de
protection doivent être mises en place ainsi
que des balises pour bien outiller le corps médical ainsi que toute l'équipe de
soins qui gravite autour de la personne, mais aussi sa famille. Comme l'a mentionné, tout à l'heure, une
intervenante, on ne doit pas non plus faire en sorte que, sur le
terrain, cette loi-là ne soit pas applicable. Donc, c'est notre devoir de
trouver des balises pour que cette loi-là soit applicable, mais qu'elle demeure
toujours une mesure d'exception.
Le tiers de confiance, le refus, une signature,
deux signatures chez un notaire, en présence ou non d'un médecin, la
possibilité qu'une IPS puisse administrer les soins, toutes les pierres sont
retournées, et d'autres discussions auront lieu
avant l'adoption finale, je le souhaite. Et là je ne veux pas présumer de
l'adoption du projet de loi, mais je présume, par contre, de la bonne volonté de toutes les
collègues. Et je dis «toutes» les collègues, car nous ne sommes, à la Commission des relations avec les citoyens,
que des femmes pour travailler sur ce dossier-là, M. le Président.
À chaque semaine, M. le Président, j'ai des
appels de gens qui attendent, des gens qui sont à quelques mois de perdre leur inaptitude. Je ne veux pas présumer,
comme je le disais, de l'adoption du projet de loi, mais, comme toutes mes
consoeurs, pour ces gens, je le souhaite de
tout mon coeur. Les discussions se font dans le plus grand respect. Nous avons
chacune et chacun nos croyances, nos valeurs, mais c'est dans un esprit de
collaboration et toujours avec le plus grand des consensus possible que nous
allons y arriver.
L'aide médicale à mourir doit toujours être vue
comme un continuum de soins, un soin pour soulager les souffrances, un soin d'exception, le soin ultime. Nous sommes conscients
que l'aspect des troubles mentaux demeure, comme celui des mineurs, majeurs, dans un projet... dans... C'est toujours
dans la pensée, mais il faut y aller, je dirais, avec la pensée
populationnelle. La pensée populationnelle évolue, donc on va la respecter, on
va l'écouter et on va rester à l'écoute.
Je veux
prendre quelques minutes aussi pour remercier toutes celles et ceux qui sont
venus témoigner durant les consultations particulières. Plusieurs se
sont ouverts à nous avec coeur. Ils nous ont confié des pans de leur vie avec
tellement de générosité. C'est une marque de confiance qu'ils nous ont
démontrée.
Vous savez,
M. le Président, moi, je me suis engagée en politique pour faire avancer des
causes à caractère humain, en
particulier. Je m'y implique avec beaucoup d'humilité depuis mon arrivée, mais
là j'avoue que je suis honorée et vraiment émue de pouvoir participer au processus du projet de loi n° 11 avec des collègues que je respecte beaucoup. On apprend à se
connaître, on développe des liens qu'on ne développerait pas dans une autre
commission. Le sujet étant tellement sensible, on grandit avec cette
commission-là.
Avant de
conclure, je veux vous dire à quel point je suis fière que l'on puisse faire ce
travail en toute collégialité avec les
collègues de toutes les formations politiques. Ce sont des questions sensibles,
délicates et importantes pour les Québécoises et les Québécois. Je l'ai déjà dit, les Québécois ne nous pardonneraient
pas de faire de la politique avec un sujet tel que l'aide médicale à mourir. Nous sommes vraiment
privilégiés, M. le Président, je tiens à le mentionner, là, de faire
partie
d'une société où on peut discuter de ces
enjeux-là dans le respect de toutes et de tous, et je tiens à le souligner
encore une fois. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Roberval. La prochaine intervention
sera celle de Mme la députée de D'Arcy-McGee. Mme la députée.
Mme Prass : Merci, M. le Président. Donc, premièrement,
d'entrée de jeu, de dire que je suis fière de faire
partie de cette commission et d'étudier ce projet de loi
n° 11, la Loi modifiant la Loi
concernant les soins de fin de vie et d'autres dispositions législatives. Il
s'agit d'un enjeu extrêmement sensible et humain à sa base. En tant que
parlementaires, nous avons tous la
responsabilité de veiller au bien-être de tous les membres de notre société, de
leur donner des choix pour leur autodétermination, mais en veillant que
les moyens qui leur sont disponibles ne soient pas abusés.
Je tiens à
remercier tous les groupes qui ont présenté lors des consultations ou qui ont
déposé un mémoire. Vous avez aidé à
nous alimenter dans nos réflexions. Et je salue spécifiquement le courage des
individus qui ont témoigné de leur situation personnelle. Ça a été très
émotionnel, d'entendre des personnes venir nous parler de l'importance de ce
projet de loi dans leur vie et dans... pour qu'eux ils puissent juste
avoir... justement avoir une dignité dans leurs derniers jours.
Le Québec a
toujours été pionnier dans la matière d'aide médicale à mourir avec la première
version de cette loi en 2014,
continue d'être un pionnier dans cette catégorie. Ce projet de loi propose
d'élargir les catégories de personnes qui pourront se prévaloir de l'aide médicale à mourir pour inclure les
personnes handicap et ceux avec un handicap neuromoteur, que les demandes anticipées pour ceux avec des
maladies neurodégénératives ou avec une maladie grave, incurable menant à
l'aptitude soient incluses, l'introduction du tiers de confiance, de permettre
aux infirmières praticiennes spécialisées d'administrer
la sédation palliative continue de l'aide médicale à mourir et qu'une maison de
soins palliatifs ne peut exclure l'aide médicale à mourir des soins
qu'elle offre, entre autres.
Plusieurs ont salué l'abandon du critère de fin
de vie et presque tous nous ont parlé de l'aide médicale à vivre. Plusieurs ont
salué les avancées, et d'autres ont démontré des inquiétudes à ces
élargissements.
Donc, je vais
commencer. Le seul consensus qui est ressorti des consultations est qu'il n'y a
pas de consensus autour des
définitions de «handicap» et de «maladie neuromotrice». Certains ont suggéré
que ces termes soient retirés, et certains demandent que ces mots soient... excusez-moi, soient bien définis,
d'autres qui suggèrent de les remplacer par deux termes comme
«déficience» et «incapacité grave et incurable», qui, eux aussi, devront être
clairement définis.
Plusieurs se sont
prononcés pour dire qu'il fallait aller davantage en profondeur pour les
définitions qui se trouvent dans ce
projet de loi. Que ce soit la question d'aptitude, inaptitude, de souffrance,
souffrance contemporaine, souffrance anticipée,
physique, parce qu'aussi les souffrances sont... peuvent être physiques ou ça
peut être en la forme d'une perte d'autonomie et une perte de dignité. La
notion des souffrances est difficile à définir parce que ça représente
différentes choses pour différentes personnes.
Au-delà des
notions de handicap, ce sont les définitions que nous devons vraiment préciser
pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté
dans l'administration et dans la compréhension de celles-ci. Ma collègue a
suggéré la tenue d'un forum pour que la population puisse avoir leur mot
à dire là-dessus. Pour qu'on ait un débat éclairci, il faut entendre tout le
monde.
Encore une
fois, c'est un sujet qui affecte certains aujourd'hui, mais qui pourront
affecter... qui affecteront d'autres dans le futur, et il faut s'assurer
que chacun comprenne bien ce qui leur est proposé et les balises qui les
entourent.
Dans un souci
de cohérence, plusieurs des groupes consultés ont prôné pour l'harmonisation de
ce projet de loi avec le fédéral, qui
a adopté une version similaire en début d'année. Par contre, une grande
différence entre la version que nous étudions présentement et la version
qui a été adoptée par le fédéral et la question de l'exclusion des personnes souffrant uniquement d'une maladie de santé
mentale. La question n'a pas été abordée dans ce projet de loi, mais plusieurs
intervenants l'ont amenée. Mais, quand même, encore une fois, un consensus pour
dire que c'est un enjeu dont on ne veut pas
aborder tout de suite. Et, comme on le voit au niveau fédéral, qui a reporté, justement,
cet élément de leur projet... de leur loi, plutôt, d'une année, c'est des
questions profondément humaines et qui méritent beaucoup plus de temps à
étudier si on veut aller de l'avant.
Autant que la grande majorité de ceux entendus
ont salué l'élargissement proposé, certains craignent pour la discrimination potentielle que pourrait apporter
l'ajout de personnes handicap à l'aide médicale à mourir. Il ne faut surtout
pas diminuer l'apport des personnes
handicapées dans notre société. Je ne veux pas que la formulation du projet de
loi soit utilisée pour discriminer les capacités et les contributions de
ces personnes.
La Commission
des droits de la personne et des droits de la jeunesse se préoccupe de l'accès
aux soins palliatifs, qui demeurent insuffisants, et je les cite :
«Priver des personnes en fin de vie de soins palliatifs [qui peuvent soulager leurs souffrances va à l'encontre de leurs] droits
garantis par la charte...» La commission appelle à ce que ces efforts... des
efforts supplémentaires soient respectueux de leur dignité et de leur
autonomie.
L'important,
c'est de viser l'égalité réelle des personnes en situation de handicap. Pour
qu'un véritable choix soit possible,
il faut «s'assurer que les personnes en situation de handicap bénéficient de
soutien et de services pour les aider à composer avec leur condition et leurs
souffrances avant d'envisager l'aide médicale à mourir». Il faut valoriser les personnes
à handicap et non les discriminer contre eux
et les mettre dans une catégorie où ils valent moins qu'eux. Le fardeau pour la... Il ne faut pas non plus que les personnes à
handicap se voient comme un fardeau pour la société, pour leur famille et
choisissent l'aide médicale à mourir plutôt de continuer leurs jours.
Plusieurs
organisations qui ont témoigné et des mémoires qui ont été... qui ont fait état
d'une crainte que le manque de services et soins offerts aux patients mènerait
certains à demander l'aide médicale à mourir en raison des souffrances qu'ils
endurent. Est-ce qu'on devrait demander qu'une évaluation des soins disponibles
pour la personne qui demande l'aide médicale à mourir soit obligée avant
d'effectuer le début de l'administration?
La Confédération des organismes des personnes
handicapées du Québec, dans sa première recommandation, nous dit, et je cite : «Pour l'aide médicale à vivre, augmenter la
capacité et l'offre de services du système de santé québécois de façon
durable avec plus d'humanisme...» Quelque part au Québec, il y a quelqu'un qui
se fait offrir l'aide médicale à mourir
parce qu'on ne peut pas lui offrir de soins. Ça ne peut pas être le cas au
Québec, ça ne peut pas être une alternative aux soins de vie. Il faut que l'aide médicale à mourir soit vraiment le
seul choix quand une personne est en souffrance et ne considère qu'ils
n'ont pas d'autre option.
Encore une
fois, la recommandation 8 de la Confédération des organismes des personnes
handicapées du Québec nous dit qu'«en tout temps, le médecin devrait
vérifier si l'absence de services [et soins] peut expliquer une demande de l'aide médicale à mourir et initier des
démarches sans tarder pour assurer la dispensation de tels services». Encore
une fois, est-ce qu'il ne devrait pas
y avoir un mécanisme d'évaluation de la part des médecins pour s'assurer que
tous les soins sont offerts à la personne avant qu'elle n'ait recours à
l'aide médicale à mourir?
En ce qui concerne les personnes handicapées, la
commission a entendu dire qu'il fallait davantage de soutien financier pour que
les personnes... pour que ces personnes ne vivent pas dans la pauvreté. Un
meilleur accès aux aides sociales, à des logements adaptés pour leur réalité et aux soins de
santé est également important. Sans cela, la commission a entendu dire que les personnes handicapées
pourraient considérer l'aide médicale à mourir comme un moyen de soulager
les souffrances dues à la pauvreté et au manque de services.
Plusieurs ont
émis une crainte que des personnes se tournent vers l'aide médicale à mourir en
raison du manque de services et de soins; un en particulier, Jonathan Marchand,
qui est venu témoigner, un jeune homme qui a un handicap et qui nous a
témoigné que le niveau de souffrance peut être causé ou accentué par un manque
de services qui leur sont ouverts, et je le cite : «...la mort dans la
dignité n'existe pas sans la vie dans la dignité.»
De plus,
l'Alliance québécoise des regroupements régionaux pour l'intégration des
personnes handicapées nous dit, et je cite : On se questionne sur la
capacité du système de santé de faire face à l'élargissement de l'admissibilité
à l'aide médicale à mourir et à offrir le soutien nécessaire et disponible en
santé et services sociaux actuellement afin de soutenir et d'accompagner adéquatement les personnes à
handicap qui vont recourir à l'aide médicale à mourir et ceux qui restent,
leurs familles et les autres proches.
Le sujet de
la manifestation du refus, dans le projet de loi, est qu'elle devrait être
radiée au moment où la personne manifeste un refus, que ce soit physique
ou verbal, et ce, au moment où la personne n'est plus considérée apte. Mon
questionnement est, si la personne signe sa demande de l'aide médicale à mourir
au moment où elle est apte, et qu'au moment
où elle est inapte se manifeste, et que ce refus est accepté, il y a une
incohérence dans tout cela. Est-ce qu'on ne devrait pas préciser dans la
formule, dans le formulaire de demande, que, si un refus est manifesté lors
de... qu'on est considéré inapte, il ne
devrait pas être retenu, et qu'on devrait procéder avec l'aide médicale à
mourir? Même s'il y a une manifestation du refus une fois que la personne est
jugée inapte, ceci ne devrait pas contrevenir à une décision qu'elle a
prise lorsqu'elle était apte.
Est-ce qu'il devrait y avoir un recours à une
sédation chimique? Est-ce que ceci devrait aussi être confirmé dans le
formulaire? Pourtant, dans ce fameux formulaire de demande, pour lequel nous
n'avons aucune idée de ce qu'il contient ou de ce à quoi il ressemble, il
faudrait que ce soit plus clair... le plus clair possible. Quels seront les
éléments à y inclure et avec quelles
précisions? On espère que les personnes pourront s'exprimer plutôt que de
devoir cocher des cases.
Plusieurs ont suggéré que la demande à l'aide
médicale à mourir devrait se faire sous forme de témoignage vidéo pour que la
personne puisse bien décrire le niveau de souffrance qu'il faudrait pour
déclencher l'aide médicale... l'administration de l'aide médicale à mourir et
pour valider leur souhait. Plusieurs ont suggéré qu'il devrait y avoir un mécanisme de confirmation de la demande à des
intervalles de cinq ans pour s'assurer que les souhaits de la personne sont
inchangés, dans le cas où une personne change d'avis, que sa demande soit
retirée tout de suite.
Comment
distinguer les personnes qui naissent avec un handicap de celles qui le
subissent au cours de leur vie? Nous
avons entendu parler de plusieurs organismes qui nous ont démontré des craintes
de discrimination et d'inégalité entre les
personnes qui sont nées avec un handicap et ceux qui subissent un lors de leur
vie, comme par exemple ceux qui subiraient un AVC qui les rendrait
inaptes ou avec un accident qui les rendrait... qui leur donnerait une maladie
neuromoteur.
Est-ce que ces personnes-là auraient droit
également à la même aide médicale à mourir que ceux qui ont les mêmes handicaps, mais qui sont nés avec? Est-ce
qu'il devrait y avoir un délai pour ces personnes qui, nouvellement, vivent
cet handicap, pour voir s'il faut leur
donner un certain temps de suivre des traitements et de s'habituer à leur
nouvelle situation qui les limite?
Toutes des questions qu'il faudrait regarder en profondeur pour qu'il y ait
vraiment une cohérence et une égalité entre le droit à l'aide médicale à
mourir pour ceux qui se retrouvent en situation de handicap.
Étant donné
la nature émotionnelle de l'aide médicale à mourir pour les personnes en
question et leurs familles, on se pose la question s'il ne devrait pas y avoir
une obligation d'une évaluation psychosociale avant que la personne ne fasse
sa demande. Encore une fois, nous avons
entendu des craintes de la part de personnes pour les... en parlant de la
population à handicap, qui auraient
des craintes que soit ces personnes soient convaincues ou plutôt... oui,
convaincues que ça devrait être la
façon dont ils devraient procéder. Encore une fois, l'évaluation psychosociale
pourrait aider à s'assurer que le choix vient vraiment de la personne et que ce n'est pas une influence, que ce
soit de leur famille ou du personnel médical qui les entourent.
Encore une
fois, pas de consensus pour les définitions. Et nous avons entendu l'inquiétude
de la communauté des personnes handicapées envers la discrimination.
Nouveau terme
introduit dans ce projet de loi, également, est le tiers de confiance, le tiers
de confiance qui sera celui qui sera désigné dans le formulaire de la demande
et qui sera celui responsable de notifier le personnel de soins de santé que la personne en question commence à
arriver ou est arrivée à sa période d'inaptitude. Qu'est-ce qu'on fait en cas
où la personne qui fait la demande de l'aide médicale à mourir ne désigne pas
un tiers de confiance ou, pour ceux qui en désignent, est-ce qu'il devrait y avoir plus d'un? Est-ce que ça
devrait être un membre de la famille ou non? La question devrait être une
question d'objectivité. Et pour ceux qui n'ont pas pu désigner un tiers de
confiance, à qui sera remise cette responsabilité?
Plusieurs se sont positionnés pour dire que ceci, désigner un tiers de
confiance, devrait être une obligation.
Plusieurs,
également, ont salué l'initiative de ce projet de loi d'obliger les maisons de
soins palliatifs à devoir administrer
l'aide médicale à mourir pour, encore une fois, minimiser les souffrances que
les personnes en fin de vie vont devoir... auxquelles ils devront faire
face.
Nous saluons également, et plusieurs autres,
l'ajout des infirmières praticiennes spécialisées pour administrer l'aide
médicale à mourir. C'est une reconnaissance qui leur est de valeur.
Également, un
enjeu qui n'a pas été abordé dans le projet de loi mais qui nous a été amené à
la table est la question de la... le don d'orgues... le don d'organes,
plutôt, excusez-moi. Donc, nous avons entendu qu'il y a une mauvaise coordination entre l'entité qui est responsable,
justement, des dons d'organes au Québec et les maisons de soins palliatifs.
Et c'est vraiment une perte pour la société
parce que ces gens-là, même qu'ils soient atteints d'une maladie, ont des
organes qui sont complètement en bonne santé et qui pourraient
justement faire toute la différence dans la vie d'une autre personne. Donc, il faudrait un meilleur arrimage entre ceux
qui... l'aide médicale à mourir et l'entité qui est responsable de coordonner
les dons d'organes.
La santé
mentale, qui a été mentionnée par plusieurs, encore une fois, est un sujet qui
demanderait beaucoup plus de temps et beaucoup plus d'attention. Donc, on est
quand même contents que ça ne soit pas inclus dans ce projet de loi, parce
que c'est une question d'une grande sensibilité, qui prendrait énormément plus
de temps, énormément plus de consultations avant de l'aborder.
Nous avons
aussi entendu qu'il devrait y avoir des formations obligatoires pour ceux qui
vont entourer la personne lors de la vérification de leurs souffrances et leur
aptitude. Encore une fois, ce sont des termes qui sont... qui n'ont pas
de définition fixe, et donc il faudrait une
cohérence et une conformité auprès de ceux qui vont avoir la responsabilité de
juger quand la personne est rendue inapte et donc demande
l'administration de l'aide médicale à mourir.
Nous
avons aussi entendu, de la part de plusieurs groupes, qu'une... que des
représentants de la communauté handicap
devraient être présents sur la Commission sur les soins de fin de vie, et nous
sommes tout à fait d'accord. Si ces personnes-là,
si les personnes de la communauté handicap vont être ajoutées à l'aide médicale
de mourir, il ne fait que du sens que
ces personnes-là soient également présentes sur la commission pour qu'elles
puissent donner un point de vue qui est différent et aussi défendre...
bien défendre leur communauté.
Nous avons également entendu la suggestion qu'un
guide de pratiques plus clair soit remis à tous ceux qui vont avoir un rôle à
jouer dans l'administration de l'aide médicale à mourir de ces personnes-là.
Notre devoir, en tant que parlementaires, et
avec ce projet de loi, est d'établir des balises claires et un encadrement
serré pour qu'il n'y ait pas de dérapage. Encore une fois, ce sujet est plus
qu'humain, et le sujet, justement, est la vie humaine, une grande
responsabilité qui nous a été confiée et que nous... nous devons à tous les
Québécois de prendre notre temps pour examiner la question sous tous les
angles, et faire des propositions, et prendre des décisions mesurées,
éclairées.
Nous sommes d'accord avec le principe du projet
de loi et avons l'intention de collaborer avec le gouvernement pour venir avec
des définitions et des balises bien claires. J'invite le gouvernement à
poursuivre sa collaboration pour bonifier le projet de loi pour le bien des
Québécois et de notre société. Nous avons tous un devoir envers la population
québécoise de débattre de ce sujet d'une façon humaine et objective, et nous y
tenons tous, à le faire avec cette notion à l'esprit. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
Merci beaucoup, Mme la députée de D'Arcy-McGee. Y a-t-il d'autres
interventions? M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, à ce stade-ci, si vous ne reconnaissez pas
d'autre intervention, M. le Président, puis avec le consentement des collègues,
je demanderais qu'on ajourne le débat sur le projet de loi n° 11, s'il
vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, la motion d'ajournement est demandée. Y
a-t-il des interventions ou est-ce que la motion est adoptée? Mme la
leader, oui.
Vice-Président (M. Lévesque) :
Adopté. Alors, cette motion est adoptée. Nos travaux sur le projet de loi n° 11 est ajourné. M. le leader adjoint, pour la suite de nos
travaux.
Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais,
à ce moment-ci, d'appeler l'article 10 du feuilleton, s'il vous
plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : À l'article 10 du feuilleton, l'Assemblée
prend en considération le rapport de la Commission des finances publiques sur
le projet de loi n° 9, Loi
modifiant principalement certaines lois instituant des régimes de
retraite du secteur public.
Y a-t-il des interventions? Alors, je reconnais
M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, M. le Président.
Vous allez me permettre une parenthèse d'entrée de jeu, M. le Président, de saluer l'ensemble des collègues qui travaillent
sur le projet de loi n° 11. On a entendu des interventions, là, tout juste
avant que moi, je commence mon intervention,
mais c'est vrai que c'est très humain comme projet de loi. Je tiens à les
saluer puis leur dire de ne pas lâcher leur beau travail.
On est
actuellement rendus à la prise en considération du rapport de la Commission des
finances publiques sur le projet de loi n° 9,
qui concerne principalement certaines lois instituant des régimes de retraite
dans le secteur public. M.
le Président, le projet de loi a été quand même assez expéditif, mais ça ne
veut pas dire qu'il a été moins rigoureux pour autant. Et je pense que les résultats, au final, sont très concluants,
là, pour les personnes qui sont principalement concernées par les
changements.
Donc,
ce projet de loi s'engage, donc, dans sa dernière étape du processus législatif
avant son adoption. Je tiens d'ailleurs à saluer l'esprit de collaboration
entre l'ensemble des parlementaires. Comme je l'ai déjà mentionné, ce
projet de loi propose diverses modifications à certains régimes de retraite des
employés de l'État, qui sont administrés par Retraite
Québec. De plus, il s'inscrit dans les activités courantes du Secrétariat du Conseil du trésor en matière de retraite. Je tiens à préciser que
les modifications donnent suite à des ententes convenues entre les syndicats et
l'association des cadres.
vous rappelle, donc, quels sont les systèmes de ce projet de loi. Il s'agit,
premièrement, de certains crédits de rente
acquis à la suite du transfert d'un régime complémentaire de retraite ou d'un
rachat de service antérieur; ensuite, de la limite à la cotisation salariale versée par les participants au régime
de retraite des agents de la paix aux services correctionnels; de la
remise, dans un régime de retraite du secteur public, de sommes transférées à
Revenu Québec à
titre de biens non réclamés; du processus visant la
participation des membres du personnel du cabinet du lieutenant-gouverneur,
d'un ministre ou d'un député au Régime de
retraite du personnel d'encadrement, le RRPE; d'une disposition particulière en
matière d'emploi occupé simultanément
et de période de qualification au RRPE également; et, dernièrement, de la
composition du comité de retraite du RRPE.
Donc,
si je vous résume ça très rapidement, M. le Président, ce qu'on souhaite, c'est
d'être plus efficients avec le régime
de retraite. Donc, ce n'est pas plus compliqué que ça. Je remercie l'ensemble
des parlementaires qui ont participé notamment aux consultations. On a
pris le temps d'écouter le SFPQ, le RACAR. On a également étudié les mémoires
de l'AREQ et de la CSQ. Donc, je pense, c'est un beau travail d'équipe qui
donne un résultat aujourd'hui. Et je souhaite que l'ensemble des parlementaires,
là, adopte l'adoption, là, de ce rapport-là, là, le plus rapidement possible
pour qu'on puisse procéder à l'adoption finale. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Maskinongé. Y a-t-il d'autres interventions?
Oui, je reconnais Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bonjour,
M. le Président. Effectivement, c'est un projet de loi qui était court, concis.
Vous avez utilisé le terme «expéditif»,
mais, en fait, c'est ce que... Il y a eu des pourparlers avant, et c'est pour
cela que, lorsque le travail est fait
correctement en amont, et qu'on prend le temps de rencontrer des groupes, et je
ne le dis pas pour uniquement envoyer
des fleurs à la présidente du Conseil du trésor... Bien, c'est aussi, je pense,
une pratique qui devrait être coutume, de
s'assurer qu'avant de déposer le projet de loi on puisse entendre les groupes,
les considérations... une négociation qui a eu lieu dans le réseau public puis
des négos qui ont été menées, que... finalement, ont abouti à ce projet de loi
qui est, je dois le dire, attendu par le secteur public.
Il y a quelque chose
que nous, on aurait aimé, par contre, et on a dû voter, malheureusement, sur
division sur un article, parce qu'on voulait faire un amendement pour... vous
en faites mention, mon collègue, sur l'AREQ, donc, le régime au niveau des
enseignants à la retraite. Il y a une petite disparité. Et malheureusement ça
nous a été refusé. Et on avait l'occasion pour régler cette situation une fois
pour toutes avec eux, et malheureusement ça a été refusé par la présidente du Conseil du trésor, en disant
qu'au fond il y a déjà eu une négociation qui a été faite, et, par conséquent,
le projet de loi est tel quel.
Or, même s'il y a eu
des négociations, rien ne nous empêche d'aller un peu plus loin des
négociations. Une fois qu'on a des acquis en
négo, il faut le voir comme une base de conversation. C'est des acquis qu'on a
gagnés lors de la négociation, mais, rendus au projet de loi, on peut toujours
bonifier un projet de loi. Tout est perfectible, M. le Président.
j'aurais vraiment aimé être en mesure de dire : On a eu gain de cause
là-dessus pour l'AREQ. Malheureusement, la présidente du Conseil du trésor n'a pas voulu aller dans le même sens
que nous. Alors, sur cet
article plus précis, qui touche l'AREQ, on a dû voter
sur division. Mais, pour le reste, il y a des gains qui sont maintenant à
portée de main une fois qu'il y aura l'adoption.
Alors,
vous comprendrez que le travail a été fait aussi, de notre côté, de façon
rigoureuse. Je remercie, évidemment, ceux qui sont venus, lors des
consultations, nous donner leur son de cloche, leurs avis. Aussi, ceux qui nous
ont envoyé des amendements par
courriel, merci d'avoir pris le temps. Je remercie les équipes de travail
là-dessus. Un projet de loi a été vraiment
fait, cette fois-ci, je dois... j'ai la bonne collaboration de la présidente du
conseil pour une bonne
partie du projet de loi. Et, M. le Président, je vous dirais qu'on veut qu'il soit adopté
et qu'il rentre assez rapidement pour donner les pleins bénéfices à ceux
qui attendent ce projet de loi.
Évidemment, il va toujours rester la question
sur... certains l'ont appelé les trop-perçus, pour dire : Bien, pourquoi que ça ne retournerait pas dans le côté des
retraités? J'invite toujours à la réflexion la présidente du Conseil du trésor,
si jamais elle voudrait, justement, s'assurer que la cagnotte reste réellement
pour les retraités au grand complet, parce qu'il y a certains gains ont
été conservés mais qui vont rester au Conseil du trésor.
Alors,
M. le Président, ce sera bref comme intervention. Et merci à tous pour cette
bonne collaboration dans ce projet de loi. Merci beaucoup. Et, les autres
ministres, prenez note. Vous voyez. Avouez, là, que je vous surprends. Très
court, concis. Alors, aux autres ministres,
si tout est fait en avance et que c'est bien attaché, vous ne me verrez pas
chialer. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Saint-Laurent. Y
a-t-il d'autres interventions? Alors, il n'y en a pas.
Le rapport de
la Commission des finances publiques portant sur le projet de loi n° 9, Loi modifiant principalement certaines lois
instituant des régimes de retraite du secteur public, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Adopté.
Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Ça va
effectivement bon train, puis on remercie la collègue pour ça et tous les collègues ici, dans cette Chambre. Et je
vous demanderais, à ce stade-ci, d'appeler l'article 11 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, à l'article 11 du feuilleton, M. le
ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie propose l'adoption du projet de loi
n° 13, Loi concernant la ligne d'interconnexion Hertel-New York.
Alors, y a-t-il des interventions? Oui. Je
reconnais M. le député de Masson.
Lemay : Merci, M. le Président. Donc, chers collègues,
c'est un plaisir d'intervenir, à ce stade-ci, sur le projet de loi n° 13, qui est la Loi concernant la ligne d'interconnexion
Hertel-New York. Et, vous savez,
nous avons travaillé sur ce projet de loi là en étude détaillée, dernièrement,
à la CAPERN, bien entendu, et c'est un projet de loi qui permet la mise
en place des conditions nécessaires à la conclusion d'un partenariat
historique. On doit le dire, M. le Président, là, c'est historique parce que c'est un partenariat entre Hydro-Québec et le Conseil mohawk de Kahnawake pour la construction de la
ligne du côté québécois, lequel permettra au conseil d'en devenir
copropriétaire.
Mais on parle ici d'une ligne, là, d'une
interconnexion avec New York en territoire québécois d'environ
57 kilomètres, M. le Président. Et je vous rappelle que cette ligne-là va
servir à quoi? Eh bien, elle servira à amener de l'électricité propre à nos voisins du Sud, jusqu'à la... jusqu'à New
York, le coeur de la ville, et ce, à compter de 2026. Et Hydro-Québec a été sélectionnée quand même par l'Agence de développement énergétique
de l'État de New York pour conclure un contrat qui comprendra la
livraison de 10,4 térawattheures d'énergie hydroélectrique renouvelable à
la ville de New York, et ce contrat-là va
engendrer des revenus totalisant environ 30 milliards de dollars sur
une période de 25 ans. Et donc
il va permettre aussi de réduire 3,9 millions de tonnes de gaz à effet de
serre chaque année. Et ça, si on veut
faire un comparable, M. le Président, ça représente environ 44 % de toutes
les voitures de la ville de New York. Et vous le savez, M. le Président, il y a beaucoup de voitures dans la
ville de New York. Donc, 3,9 millions de tonnes de réduction de gaz
à effet de serre chaque année, ce n'est pas rien.
Alors, pourquoi qu'on avait besoin de faire ce
projet de loi là? C'est parce que la loi actuelle ne permet pas à Hydro-Québec d'avoir les dispositions nécessaires de faire la cession de la ligne
d'interconnexion. Et c'est pour ça qu'à la suite de l'adoption du projet de loi Hydro-Québec pourra, après avoir
construit la ligne, en céder la propriété en faveur d'une personne morale, d'une société constituée
par Hydro-Québec et le Conseil mohawk de Kahnawake. Et donc le projet de loi détermine, d'ailleurs, l'objet de cette
personne morale ou de cette société, et ça lui octroie les mêmes pouvoirs que
détient Hydro-Québec dans l'exercice des
activités de transport d'électricité. Donc, c'est important, c'est une
technicalité, M. le Président, qu'on vient faire avec ce projet de loi
Enfin, le
projet de loi, il prévoit aussi une procédure d'expropriation allégée, applicable
aux acquisitions effectuées par
Hydro-Québec et nécessaire à la construction de ces installations. Et ce que je
dois rappeler à ce stade-ci, M. le Président, c'est que la ligne
Hertel-New York sera entièrement souterraine. Ça, ça va permettre aux propriétaires
visés de continuer d'utiliser la
surface de leurs terrains, une fois les travaux terminés, et les lots seront
remis en état une fois les travaux réalisés, et les propriétaires seront
dûment indemnisés pour les inconvénients subis.
Là, vous allez
me dire, M. le Président : Mais comment est-ce possible qu'on puisse
enfouir une ligne hydroélectrique ainsi
sur une distance de 57 kilomètres? Mais, vous savez, la majorité de nos
lignes que nous avons ici, au Québec, sont sur le système alternatif, là. C'est une ligne avec le système continu. Donc,
vous avez sûrement entendu parler du groupe AC/DC, bien, on parle de ça,
ici. Donc, c'est du «direct current», et c'est pour ça que c'est permissible
d'être enfoui. Et c'est voulu que ce soit
comme ça, ça permet d'avoir une interconnexion pour venir protéger notre réseau
en cas de panne majeure sur le continent nord-américain.
Donc, c'est des technicalités, M. le Président,
mais sachez qu'il y a une raison bien particulière, pourquoi que c'était beaucoup plus simple, puisqu'elle était
enfouie aussi du côté sud de la frontière, de poursuivre la même façon de
faire jusqu'à la ligne... jusqu'au point d'interconnexion.
Alors,
ce qui est arrivé durant les consultations, c'est qu'Hydro-Québec, le Conseil
mohawk de Kahnawake ainsi que la
Fédération des producteurs forestiers du Québec, ils ont fait part de leurs
impressions, qui sont somme toute positives, envers le projet de loi. Et ce que
je dois vous mentionner, M. le Président, c'est que ce projet de loi représente
un pas de plus vers la conclusion d'un partenariat novateur qui va mener
à l'ouverture d'un
chapitre prometteur pour l'avenir des relations entre Hydro-Québec et les communautés
autochtones, en s'inscrivant dans une tendance canadienne où ces modèles
et ces engagements se multiplient.
Alors, de plus, le partenariat constitue aussi
une première en ce qui a trait à la copropriété d'une infrastructure de transport d'électricité avec une communauté
autochtone. C'était désiré, et ça faisait
partie de l'entente, et c'est pour ça
que nous allons de l'avant avec le projet de
loi. Entre autres, la communauté recevra des revenus associés à sa
participation dans le projet et
prendra part activement à la gestion du partenariat. Une telle source de
financement stable pourrait, entre autres,
financer des projets d'infrastructures pour amener l'eau potable et les égouts
dans les lieux éloignés et financer le développement
de leurs communautés, de leurs écoles et de leurs lieux communautaires. Donc,
vous voyez, c'est gagnant-gagnant sur toute la ligne, M. le Président.
Et, parmi les
préoccupations qui ont été soulevées lors des consultations, il y avait la
question environnementale qui a
occupé une place centrale, notamment sur la perte des milieux naturels et
forestiers. Et je dois vous rappeler que, puisque c'est une ligne souterraine qui va longer... la
ligne souterraine va longer les emprises routières, alors des mesures de
mitigation des impacts y sont prévues, M. le Président. Et le
gouvernement du Québec est sensible aux enjeux environnementaux, il va continuer de voir à la préservation des
milieux naturels, de concert avec les propriétaires forestiers, les organismes
de conservation et les acteurs locaux.
Donc, M. le Président, pour toutes ces raisons,
en terminant, je crois fermement que l'adoption du projet de loi n° 13 est une avancée dans le monde
actuel de l'énergie et qu'il démontre la volonté gouvernementale de
rapprochement avec les Premières Nations, et c'est pourquoi que nous
recommandons son adoption. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Masson. Y a-t-il
d'autres interventions? Et alors, oui, je reconnais Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
McGraw : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, nous
sommes rendus à l'adoption... le vote sur l'adoption du projet de loi n° 13.
On ne va pas vous le cacher qu'on va voter pour ce projet de loi, on trouve que
c'est un très bon projet. Et j'aimerais reprendre quelques remarques de mon
collègue. Justement, on a regardé, on a vraiment fait le triple bilan, M. le Président de ce projet-là,
c'est-à-dire le triple bilan selon le développement durable, c'est-à-dire l'économie,
la société et l'environnement. Alors, on va conclure avec, un peu, cette
approche intégrée et équilibrée.
Donc, c'est surtout au niveau du volet social,
c'est vraiment une entente novatrice avec... entre Hydro-Québec et la nation mohawk. Et on a eu la chance
d'écouter la grande cheffe Sky-Deer de la nation mohawk de Kahnawake, et
puis ça nous a beaucoup rassurés. Et
d'ailleurs elle nous a souligné, pendant ses remarques en consultations
particulières, que l'État de New
York, ils ont choisi ce projet-là... sans l'appui, sans l'approbation et le
partenariat avec la nation mohawk, ils
n'auraient pas choisi Hydro-Québec. Alors, ça a été... c'est un partenariat
essentiel et donc vraiment à souligner. Ça a été un élément... ça a été
l'élément clé. Alors, ça, il ne faut jamais l'oublier.
Et ça nous
rassure beaucoup surtout au niveau de l'environnement parce que, dans les six,
sept points qu'a soulignés la grande
cheffe, elle a parlé de la participation de la nation mohawk vis-à-vis les
évaluations environnementales. Alors, nous,
on va suivre de très près, s'assurer que, vraiment, les retombées économiques,
sociales et environnementales sont vraiment là.
Ça nous
rassure aussi, M. le Président, parce qu'au niveau de l'environnement, ce n'est
pas un... ce n'est pas un 100 %,
hein, ce n'est pas une note de 100 %. C'est-à-dire qu'il y a deux choses.
Premièrement, on comprend que les changements climatiques, c'est un enjeu
mondial. On comprend que ce projet-là, très prometteur en termes de réduire les
GES, le... je pense qu'il y a 44 millions d'autos à New York, est d'aider
New York à atteindre leur cible de carboneutralité. Par contre, juste pour être très claire, même si
ça a un effet positif sur les changements climatiques, c'est
excellent, nous, ça ne nous aide pas, au Québec, à atteindre nos
cibles, pas du tout. Ça, ça va compter pour New York, donc très bien au
niveau des changements climatiques, mais nous, ça ne nous aide pas à atteindre
nos cibles.
Et on n'a pas
encore de plan, on est encore rendu avec des demi-mesures, M. le Président. Tel
que souligné par la Commissaire sur le développement durable, on est encore
rendu à des demi-mesures. Même, elle avait dit : On navigue à l'aveugle sur les changements climatiques. On
navigue encore à l'aveugle sur le plus grand enjeu du XXIe siècle. Alors,
ça demeure un problème, des demi-mesures, pour une cible qui n'est pas
ambitieuse, qui n'est pas à la hauteur de la science.
Ça fait qu'on a beaucoup de travail à faire, M. le Président. Et ce projet va
dans la bonne direction au niveau des changements
climatiques pour le monde, bravo, c'est une contribution importante, mais ça ne
nous aide pas nous. Alors, il nous faut un plan.
Alors, c'est
pour ça, M. le Président, que je reviens au rapport du BAPE qu'on a attendu. Le
gouvernement a décidé de déposer ça à la toute dernière minute. Le
ministre l'avait sur son bureau à partir du 1er mars, ils ont attendu les 15 jours, c'est-à-dire le 16 mars à
14 heures. On a reçu ça, on était déjà rendus en étude détaillée. Donc, ça
nous a nui dans notre travail, M. le Président, mais on a passé à
travers, justement, parce que c'est un bon projet.
Mais je
prends le temps de souligner encore une fois que, dans son rapport, qu'on a
finalement vu le 16 mars à la dernière minute et après que la
P.D.G. du BAPE s'est désistée des consultations particulières... Alors,
c'est... ça a été surprenant. On s'est posé la question : Pourquoi la
P.D.G. du BAPE se serait désistée de présenter à une commission, justement, qui a rapport avec un projet très important?
Alors, lorsqu'on a reçu le rapport, on a compris : Ah! peut-être parce qu'il y a des enjeux très importants. Et le
BAPE est sorti hors mandat, M. le Président, très rare, le BAPE qui est
sorti hors mandat pour dire, justement : Compte tenu de l'importance de
ces enjeux, on devrait avoir des consultations générales publiques sur notre
futur énergétique, M. le Président.
Et c'est
justement notre... notre chef, lorsqu'il a rencontré le premier ministre en
janvier de cette année, c'était une de ses priorités, justement,
M. le Président, c'était pour souligner le besoin d'avoir une commission
itinérante sur notre avenir énergétique, M.
le Président. Et c'est exactement ce qu'a dit le BAPE dans leur rapport, qu'ils
sont sortis de leur mandat pour dire que... c'est vraiment, quand même,
extraordinaire, justement, pour avoir cette commission ou au moins des consultations générales. Parce que le rapport
du BAPE, ça a été ciblé, ça a été des consultations ciblées, donc on n'a
pas toutes les informations au niveau de l'environnement. On a juste les
informations sur les enjeux et des consultations très ciblées. Cet aspect-là, ça nous a rassurés, mais il nous manque de
l'information et il faudrait suivre ça de très, très près, M. le
Président.
Donc, on a
parlé du volet social, encore une fois, une entente novatrice, historique entre
Hydro-Québec et la nation mohawk, donc, excellent, et ça pourrait suivre, il me semble, d'exemple
pour d'autres. C'est sûr qu'il va y avoir des leçons apprises qui vont sortir
de ça, mais, en tant que... de base, l'idée est extraordinaire. On fait
vraiment de l'avance sur ce que moi,
je n'appelle pas juste la réconciliation, M. le Président, mais la
«réconciliaction», c'est-à-dire, on se réconcilie dans les gestes, parce que c'est là, vraiment, la
réconciliation se fait dans les gestes. Ça fait que c'est... Vraiment, je
souligne, je prends le temps de souligner, c'est vraiment excellent et
c'est la raison principale pour laquelle on appuie ce projet.
Comme je le
dis, il y a des enjeux au niveau de l'environnement qui nous préoccupent, M. le
Président, mais aussi au niveau de l'énergie, de notre futur énergétique. On
sait que, maintenant... puis c'est décevant puisqu'on n'a pas de stratégie ou
de vision globale sur notre futur énergétique, M. le Président. On nous dit...
Le gouvernement nous dit qu'ils vont
sortir avec quelque chose en mai, mais ce n'est pas clair. Est-ce que ça va
être... Est-ce que ça va être quelque chose de très précis? Est-ce que
ça va être...
En tout cas, à date, ça a été de l'improvisation
et même, je dirais, M. le Président, de la contradiction. On sait même qu'il y une contradiction entre le ministre
de l'Économie et de l'Innovation, qui parle de faire... exemple, Volkswagen,
lorsqu'on a perdu ce projet-là, ça a été en Ontario, qui dit : C'est parce
qu'il nous manquait de l'énergie. Dans le même article, à Hydro-Québec : Bien, non, non, ce n'est pas ça du tout, c'est
une question de pénurie de main-d'oeuvre. Ça, c'est une autre question, M. le Président. Mais c'est à
cause du manque de... de la pénurie de la main-d'oeuvre qui demeure une
situation très sérieuse au Québec. Mais il y a la contradiction entre le
ministre et Hydro-Québec.
On n'a pas de plan, on n'a pas de vision, on n'a
pas de stratégie globale sur l'enjeu numéro un du XXIe siècle, c'est-à-dire
notre énergie... notre avenir énergétique, et s'attaquer aux changements
climatiques, et atteindre la carboneutralité
d'ici 2050. On n'a pas de plan, M. le Président. Donc, on attend toujours le
plan. On est rendus en 2023. Les
cibles intérimaires, c'est 2030, ensuite c'est 2050. Ça, ça ne se fait pas à la
dernière minute, ça se fait maintenant. Ça fait qu'on... comme je le dis, on navigue à l'aveugle ou, je devrais
dire, comme la commissaire sur le développement durable dit, on navigue
à l'aveugle. Donc, on suit de très près, M. le Président.
Et, encore
une fois, on invite le gouvernement de créer une commission itinérante qui va
aller dans toutes les régions du Québec,
vraiment des consultations publiques, générales et approfondies avec toutes les
parties prenantes dans les régions, les
experts, les scientifiques, les groupes environnementaux, les groupes sociaux,
vraiment un projet de société, M. le Président. C'est ça qu'il nous
faut, au Québec, face à notre avenir énergétique.
Donc, malgré
ces préoccupations, parce que c'est important de les souligner parce qu'on va
suivre ça de très près, M. le
Président, on... à cause de l'entente avec la nation mohawk, aussi, les
retombées importantes au niveau de l'économie, ce n'est pas... c'est quand même important aussi, c'est surtout à cause
de ces deux volets-là, économie, société, qu'on appuie le projet, on suit de très près l'environnement. Et,
s'il va y avoir d'autres impacts environnementaux, suite... on espère des
consultations plus généralisées. Mais ce qui
prime, là-dedans, c'est l'avenir énergétique. Parce que, M. le Président, on
l'appuie, ce projet-là, mais on ne sait pas,
par faute de... manque de vision, manque de stratégie, manque de plan, on ne
sait toujours pas comment, si et comment le
Québec va pouvoir combler ses besoins énergétiques dans le futur et exporter.
Là, on s'engage à exporter, mais on ne sait
pas l'impact, à court terme, à long terme, si on va pouvoir combler nos propres
besoins.
Alors, M. le
Président, je termine là-dessus, c'est-à-dire que, nous, c'est l'approche du
développement durable, mais, pour les communautés autochtones, on parle
de prendre des décisions sept générations à l'avance, M. le Président. Donc, ça nous rassure que, dans la présentation de
la grande cheffe Sky-Deer, elle a parlé des sept générations. Justement,
c'est le concept du développement durable, c'est-à-dire s'assurer qu'on puisse combler nos propres besoins
maintenant, aujourd'hui, sans pour
autant nuire au futur, à la capacité des générations futures à combler leurs
propres besoins, et c'est ça, le développement durable.
Alors, sans un plan, sans une stratégie, sans
une vision globale face à notre avenir énergétique, ce n'est pas clair où ce projet-là va s'inscrire là-dedans.
Donc, on espère qu'on va avoir un plan, une stratégie, une vision qui vont nous
permettre de combler nos propres besoins, au
Québec, de façon durable, sans pour autant nuire aux prochaines générations,
et c'est le concept, je devrais dire, de
l'équité intergénérationnelle et ça nous rejoint beaucoup. C'est une valeur
libérale et ça nous rejoint beaucoup.
Alors, M. le Président, en conclusion,
j'inviterais ma formation à voter pour cette motion-là à cause de l'entente
novatrice avec la nation mohawk, à cause des retombées économiques importantes.
Et on va suivre de très près les enjeux
environnementaux et aussi l'avenir énergétique, qui, on espère, fera l'objet
d'un vrai projet de société pour le Québec. Merci encore, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Pour la prochaine
intervention, je reconnais M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le Président. D'abord, je vais commencer
par remercier mes collègues ici présents. Et puis, durant cette commission, nous avons pu échanger
sur ce projet de loi... revenir un peu sur les différents enjeux que nous,
on a vus pendant le projet de loi. Est-ce que je pourrais juste avoir le
lutrin, s'il vous plaît? Ça m'aiderait.
Donc, rappelons donc
les faits. L'objectif de ce projet de loi est de connecter notre réseau
électrique au réseau électrique
nord-américain, donc, des États-Unis pour pouvoir fournir de l'électricité à la
ville de New York... que ce projet de
loi aussi vise à permettre à Hydro-Québec de créer une filiale qui serait...
qui appartiendrait à Hydro-Québec elle-même et au Conseil mohawk de
Kahnawake pour ensuite, évidemment, vendre l'électricité.
Donc,
nous, notre position, d'abord, sur les questions des partenariats avec les
Premières Nations, je pense, c'est vraiment un point important qui a été
d'ailleurs abordé par ma collègue de la première opposition, c'est un
partenariat important. L'histoire
qu'Hydro-Québec a avec les Premières Nations, malheureusement, était souvent
une histoire douloureuse. Et le fait qu'on soit proactifs dans ces nouveaux
contrats et qu'on prenne la responsabilité de créer des partenariats, de travailler avec les Premières
Nations pour définir des solutions gagnant-gagnant, évidemment, est quelque
chose qu'on applaudit et qu'on pense important.
Ceci
étant dit, il y a plusieurs manières de partager les revenus. Il y a plusieurs
manières d'exercer ces partenariats. Et,
nous, l'idée de créer une filiale qui pourrait échapper à l'autorité de la
Régie de l'énergie nous inquiète. Nous avons déposé un amendement qui va dans ce sens pour clarifier
le fait que cette filiale doit être sous la Régie de l'énergie. On nous a
beaucoup rassurés, même si l'amendement n'a pas été accepté par le
gouvernement. Et, plus largement, on est inquiets de l'affaiblissement de la Régie du logement dans un certain nombre de
projets de loi qui touchent à l'énergie au Québec et on espère que
celui-ci n'en fera pas partie.
Donc,
le contrat, en tant que tel, avec la ville de New York semble, à première vue,
très positif. Sur la question des Premières Nations, évidemment, il
l'est, mais, plus largement, pour le Québec, on parle d'une retombée économique
de 30 milliards de dollars à terme. On
parle aussi, en fait, d'une interconnexion qui n'aura pas de conséquence grave
sur la connectivité, donc, pour
déstabiliser... n'aura pas la conséquence de déstabiliser notre réseau
électrique ici, au Québec.
parle du potentiel de diminuer de 44 % les gaz d'effet de serre de la
ville de New York, avec un gros astérisque, M. le Président : il n'y a pas, dans ce contrat, l'obligation de le
faire. Et donc, si la ville de New York a une croissance de consommation
d'énergie, dans les prochaines années, de 44 %, il n'y aura aucune
diminution de gaz à effet de serre de la ville. C'est un des problèmes classiques de la... des différentes
politiques de lutte contre les augmentations de gaz à effet de serre mondiaux.
C'est que l'idée de penser que, par magie, le fait qu'où on crée des nouvelles
sources d'énergie renouvelable ou on
crée des nouvelles technologies moins gourmandes en énergie, etc., pourrait
régler le problème... malheureusement, on sait que ça ne fait que
participer, en fin de compte... en tout cas, ça ne participe pas à régler le
problème si ce n'est pas accompagné
d'engagements et de politiques restrictives qui obligent les diminutions.
Souvent, quand on se retrouve à mieux
consommer, on se retrouve aussi à consommer plus, et donc à ne pas diminuer les
gaz à effet de serre. Et donc on trouve évidemment important que toutes
les politiques publiques d'optimisation d'énergie puissent garantir, et non pas
juste espérer, des baisses de gaz... de production de gaz à effet de serre.
Plus
largement, ce projet de loi a été accompagné d'un BAPE dans son analyse, et je
dois dire que, naïvement, de ma courte expérience de député, je pensais que le
gouvernement allait nous le fournir avant qu'on commence l'analyse du projet de loi pour pouvoir comprendre quelles
étaient les conséquences de cette
loi sur les questions écologiques. Je
rappelle qu'un BAPE a pour objectif de donner... de conseiller le gouvernement
pour qu'il puisse prendre les meilleures décisions
possible dans ce qui a trait... les politiques publiques, les projets de loi
pour pouvoir comprendre quelles sont les conséquences sur les questions
écologiques au Québec. Malheureusement, pour une raison qui, je dois dire, me
dépasse totalement, le gouvernement a
préféré attendre jusqu'au dernier moment légal où il avait lui-même
l'obligation, donc, de nous fournir ce projet de loi, après, même, que
nous ayons voté le principe, ce qui est franchement très décevant.
Maintenant,
ayant lu le BAPE une fois qu'on l'a obtenu et qu'on l'a demandé pendant des
longues heures, ayant lu le BAPE, on
comprend mieux pourquoi le gouvernement ne voulait pas nous le donner plus
vite. Nous avons une critique récurrente
de la politique ou de la stratégie de lutte contre les gaz... les émissions de
gaz à effet de serre et, plus largement, les politiques énergétiques au Québec ou la stratégie énergétique au
Québec. C'est tout simplement l'absence de stratégie, hein? Moi, je mets
au défi les gens ici présents de nous indiquer le document qui explique la
stratégie du gouvernement d'ici 2030, voire 2050, sur les questions
énergétiques. Il n'y en a tout simplement pas.
le BAPE qui avait été commandé nous dit clairement, et là je cite, à la... dans
les parties de conclusion... C'est qu'ils se sont penchés non pas juste sur les
conséquences écologiques locales, mais aussi sur les questions de la transition
énergétique, et puis il dit : «En conséquence, la commission d'enquête est
d'avis que, face à l'urgence climatique et à l'imminence
du besoin d'augmenter l'approvisionnement énergétique du Québec, la transition
énergétique devrait être fondée sur une planification qui concilie [des]
besoins en approvisionnement et ses projets d'exportation d'électricité. Et
comme cette transition implique d'importants changements sociaux qui
engagent plus que la seule responsabilité[...], [...]de la société civile. Cela permettrait un débat à partir duquel
[des] grandes orientations stratégiques seraient déterminées tout en
obtenant un éclairage sur les divers enjeux de développement durable qu'une
telle planification soulève.»
est en train de signer un contrat, donc je le rappelle, de
10,4 térawattheures d'électricité sur 25 ans. Si mes souvenirs
sont bons, ça correspond à 8 % à 9 % de nos productions québécoises,
alors que nous n'avons pas de plan, un contrat sur 25 ans, alors que nous
n'avons pas de plan.
Quand
on sait l'importance de cette transition énergétique et l'importance de la
réussir, le rapport du BAPE lui-même nous dit que les surplus seront finis
d'ici 2026‑2027 avec ce contrat, 2026‑2027. Nous sommes en 2023. Je rappelle
qu'un projet comme La Romaine, par exemple, où il y avait quatre barrages
associés, peut prendre plus qu'une décennie
à mettre en place. Ici, on nous dit que, dans trois ans, nous allons manquer
d'électricité, possiblement et possiblement pas. Ça dépend du plan qui est quelque part, peut-être, on l'espère, et
possiblement nulle part, malheureusement, de la transition énergétique, car c'est, encore une fois, ce projet
de loi, un petit morceau du puzzle qui apparaît à chaque fois, un projet de loi
sur les tarifs d'électricité qui apparaît,
on a un projet de
loi sur un contrat pour New York qui apparaît, on sait qu'on
a un contrat très important de
Churchill Falls qui arrive en fin de vie en 2041 et qu'il va falloir le
renégocier, on a... Tout d'un coup on
passe de surplus à manque d'électricité. On a des gros, gros investissements
étrangers, dont celui de Volkswagen qui a été, entre autres choses,
avorté ou, en tout cas, qui n'a pas eu lieu pour des questions de connexion et
d'accès à l'électricité au Québec. C'est quand même assez incroyable qu'une
chose pareille puisse arriver.
Et surtout on ne
comprend pas dans quel contexte exactement tout ceci est en train de se faire.
Il y a des contrats pour produire de
l'électricité à partir d'éoliennes. Tous ces contrats-là sont donnés,
d'ailleurs, au privé. C'est quand même incroyable, encore une fois, que
l'histoire d'Hydro-Québec, qui est une histoire de réappropriation de notre
pouvoir énergétique bâti par des visions de politiciennes et de politiciens qui
ont su imaginer le Québec de dans 50 ans, alors qu'il n'y avait pas encore la question de la crise climatique dont on
parlait, mais tout simplement l'idée de se réapproprier, nous, en tant que Québécois, notre production
énergétique, de ne pas être à la merci d'un certain nombre d'acteurs du secteur
privé dans ce qui a trait à quelque chose de
très important, qui est notre production d'électricité, on se retrouve
aujourd'hui, en gros, probablement à
ne plus jamais construire de nouveaux barrages, mais plutôt principalement des
éoliennes, et que 100 % de ces
éoliennes sont faites par le privé sous prétexte peut-être que, d'un côté, on
nous dit que les... D'un côté, on nous
dit que les éoliennes, bien, il n'y a pas d'expertise à Hydro-Québec comme s'il
y avait une expertise à Hydro-Québec pour faire des barrages quand on a
décidé de faire Hydro-Québec.
C'est
vraiment la vision de cette grandeur-là qui était importante. Et aussi, comme
si avoir une turbine qui tourne dans l'air serait plus compliqué qu'un barrage
avec une turbine qui tourne dans l'eau. Je vous dis que la turbine qui tourne
dans l'eau est bien plus compliquée, mais
c'est une décision politique, je dirais même idéologique de ce gouvernement,
qui consiste à transférer une
partie de notre richesse au privé.
Il y a des affaires à
se faire dans l'énergie. J'ai été moi-même à un gros événement de producteurs
d'énergie renouvelable au Québec, et le
président, devant un parterre de compagnies, se félicitait du fait qu'il va y
avoir des contrats pour tout le
monde. Ayant travaillé moi-même dans le domaine économique pendant une
quinzaine d'années, on a du mal à
voir comment on pourrait au moins profiter de la libre concurrence pour pouvoir
avoir des meilleurs prix si tout le monde va avoir des contrats, sachant que le privé, contrairement au public,
évidemment, a l'objectif de se faire des gains, en plus du coût que
coûte l'infrastructure en question. Bref, il y a des affaires à se faire, et
non pas une vision énergétique.
les questions d'éoliennes et de privatisation de la génération d'énergie au
Québec, il y a aussi des affaires à se
faire, clairement, dans la vente de notre électricité, entre autres choses,
comme on voit dans ce contrat vers New York. C'est comme si le fait de voir les 30 milliards de dollars sur 25
ans fait en sorte qu'on est prêt à signer tout et n'importe quoi sans
avoir décidé en amont quel serait notre plan énergétique.
au-delà du fait qu'il est possible que ce projet de loi soit absolument
exceptionnel une fois qu'on aura ce plan, parce qu'il est très, très possible que les revenus excèdent les
problèmes associés à ce contrat, il est aussi possible qu'étant donné qu'on respire le même air, que c'est une
très bonne... un très bon investissement de notre électricité propre de
diminuer les gaz à effet de serre de
nos voisins du Sud, il est aussi possible que ce soit une énorme bêtise de
signer ce contrat-là et de faire ce
transfert-là, alors que nous ne savons pas encore quel est le plan pour pouvoir
éviter des pénuries d'électricité en 2026
ou même on va se retrouver à acheter nous-mêmes de l'électricité à un prix
absolument exorbitant sur le marché de l'électricité
instantanée. Ce serait quand même tout un exploit que ce gouvernement pourrait
faire en nous... en faisant en sorte qu'on soit... on manque d'électricité en
2026, sachant que quand il est arrivé au pouvoir, il y a quatre ans, tout le
monde parlait d'excès, de surplus d'électricité.
Bref, ayant dit tout
ça, le projet de loi, étant donné qu'il met un précédent sur les collaborations
avec les Premières Nations, aussi le fait
qu'on n'a pas non plus de preuves tangibles que c'est une très mauvaise
décision, on manque tout simplement d'information et on trouve assez
cavalier de la part du gouvernement de prendre des décisions comme celle-là sans avoir toutes les données qui lui
permettent de le faire, nous allons voter pour ce projet de loi, M. le
Président, tout en rappelant quand
même l'importance d'avoir un véritable dialogue de société et les informations
qui nous seront utiles pour pouvoir prendre ces décisions.
Et je rappelle ici
que ce BAPE, par exemple, vient réaffirmer cette importance-là d'avoir un plan,
mais aussi la demande de plus d'une centaine
d'associations de la société civile, d'experts, de personnes qui travaillent à
se demander comment on va pouvoir
centaine d'associations qui demandent
un BAPE générique qui permettrait, en moins d'un an, d'avoir exactement tous
les paramètres dont on pourrait... qui vont sous-tendre, en fait, les décisions qui
touchent à la transition énergétique et plus précisément à notre politique
énergétique.
Est-ce qu'il y a...
Est-ce que c'est une bonne idée de transformer tous nos parcs automobiles à
essence en parcs automobiles électriques? Est-ce
que c'est même faisable? Est-ce que nous avons assez de matières premières?
Est-ce que c'est une bonne idée de construire plus de barrages quand on
pourrait économiser plus d'énergie? Quels devraient être nos objectifs de diminution de consommation d'énergie?
Quels sont nos objectifs de sobriété? Toutes ces questions-là sont essentielles, et on pense qu'il va falloir faire
appel à des scientifiques et laisser la partisanerie de côté pour pouvoir avoir
des paramètres qui permettent à ce gouvernement de prendre des décisions justes
plutôt que de sortir un jour et nous dire :
Bien, c'est important de prendre des douches tièdes, ou qu'il ne faut pas
lancer la machine à laver à un autre moment que minuit, ou je ne sais pas
quelle autre aberration aux yeux des vrais enjeux qui sont mis de l'avant par
les scientifiques. Voilà.
Donc, en conclusion, M. le Président,
nous déplorons clairement le manque de vision générale de notre politique énergétique,
nous ne voyons pas comment ce projet
de loi s'insère dans cette vision,
puisqu'elle n'existe pas, mais on salue évidemment l'accord historique qu'il y a avec des membres des Premières
Nations dans ce projet de loi et on espère, on espère que, dans moins de quatre
ans maintenant, nous n'allons pas regretter amèrement cette manière cavalière
de voir des coups de cash, des coups
de... des contrats alléchants plutôt que de comprendre la science et
l'importance d'avoir un vrai plan de lutte contre le réchauffement
climatique. Merci., M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Maurice-Richard. Y a-t-il d'autres interventions? Il n'y en
a pas.
Alors, le projet de
loi n° 13, Loi concernant la ligne d'interconnexion
Hertel-New York, est-il adopté?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Adopté. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement,
pour la suite de nos travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : À ce stade-ci, là, M. le Président, il reste
quelques minutes, je vous demanderais de bien vouloir suspendre nos
travaux à la période des affaires courantes, à 13 h 40, s'il vous
plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, afin de permettre la tenue des affaires
courantes cet après-midi, les travaux sont suspendus jusqu'à
13 h 40.
(Suspension de la séance à
11 h 57)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Vous pouvez vous asseoir. Bon mardi.
Nous débutons nos
travaux aux affaires courantes, à la rubrique de déclarations de députés, et je
cède la parole à M. le député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire rendre hommage à
Mélanie Deslongchamps, présente dans les tribunes en compagnie de ses parents,
son conjoint et quelques personnes d'Agiro, qui a consacré plus de 23 ans
comme directrice générale chez Agiro.
Mélanie est arrivée
au sein de l'organisme l'APEL, aujourd'hui Agiro, en mars 2000 avec l'objectif
de le hisser au rang d'acteur incontournable
de la région de Québec et ce qui touche la préservation, la restauration et la
mise en valeur des milieux naturels et la gestion de l'eau. Bravo,
Mélanie! Mission accomplie.
Reconnue
comme celle qui a crédibilisé Agiro en faisant rayonner le travail des
professionnels bien au-delà du bassin versant
de la rivière Saint-Charles, le lieu prioritaire d'intervention d'Agiro,
Mélanie poursuivra sa carrière comme directrice des opérations
provinciales chez Canards illimités.
Merci, Mélanie, pour
ta contribution inestimable à la protection de l'eau du lac Saint-Charles et la
cause environnementale. Bon succès dans tes nouvelles fonctions! Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Nous poursuivons avec Mme la députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : En tant
que députée de Chomedey, ce fut un honneur de participer aux activités commémorant la journée du 25 mars et le
202e anniversaire de l'indépendance de la Grèce, organisées par la
Communauté hellénique du Grand Montréal, organisme établi au Québec
depuis 1906.
Québec, nous comptons sur plus de 70 000 personnes d'origine grecque,
et à Chomedey se trouve sa plus grande population. Fiers nous somme de compter
sur ces personnes qui contribuent depuis des décennies à notre société
québécoise.
Lors du dépôt
des gerbes au cénotaphe et de la levée du drapeau de l'hôtel de ville de Laval,
nous avons eu l'occasion de réfléchir au parcours de cette nation, qui s'est
battue pour ses droits, à la défense et au soutien de la liberté et des valeurs humaines, y compris lors de deux
guerres mondiales. La Grèce est, depuis son indépendance, un pilier solide
et un exemple de démocratie stable dans le monde.
Félicitations aux participants pour le grand
succès de la parade du dimanche. À tous mes concitoyens d'origine grecque, «xronia
polla»! Merci à vous.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Mme la
députée de Châteauguay, la parole est à vous.
Mme Gendron : Merci,
Mme la Présidente. Nous sommes tous au fait que le milieu de la santé connaît
des journées chargées en travail et en émotions. À l'Hôpital Anna-Laberge, à
Châteauguay, la cheffe d'unité de médecine pédiatrie 2 est,
Mme Maria De Simone, a mis sur pied le Comité du bonheur dans le but de
motiver le personnel de son département.
Chaque mois,
elle lance un défi à 90 professionnels de la santé, tel que faire 10 000
pas par jour ou encore de boire deux à trois litres d'eau par jour, et
également elle organise des journées thématiques. Cette initiative apporte
beaucoup de joie et de cohésion dans
l'équipe. Le Comité du bonheur se démarque tellement que des patients et
d'autres employés participent également.
Je tenais à
saluer l'initiative de Mme De Simone et du Comité du bonheur, qui ont entrepris
de mettre de la lumière dans les journées chargées du personnel de l'hôpital.
Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la parole est à vous.
Mme Massé : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à souligner la persévérance des gens du Comité
social Centre-Sud et des cinq centres d'éducation populaire de Montréal.
Cette année
encore, ils ont dû prendre la rue. Nous étions plus d'une centaine, vendredi
dernier, devant les bureaux du
ministère de l'Éducation pour faire comprendre la gravité de la situation. Pour
pouvoir poursuivre leur mission et offrir un lieu d'apprentissage et d'appartenance aux citoyens de nos
circonscriptions, les centres d'éducation populaire doivent être reconnus pour leur rôle éducatif. Le
ministère de l'Éducation doit assumer ses responsabilités face aux gens qui
apprennent autrement.
Ça fait neuf ans que les ministres se succèdent
et maintiennent les participants et participantes dans un état d'insécurité. Ça
suffit. Il est temps d'accorder aux centres un financement récurrent
satisfaisant, parce que l'éducation populaire, c'est la responsabilité du
ministre de l'Éducation. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Je suis prête à céder la parole à M. le député de
Nicolet-Bécancour.
M. Martel : Mme
la Présidente, vendredi dernier, j'ai eu le plaisir de participer à
l'inauguration de deux nouveaux services
de garde éducatifs dans la municipalité de Grand-Saint-Esprit. 12 enfants
peuvent donc maintenant profiter de services de garde éducatifs dans une
municipalité où il n'est pas possible d'avoir de garderie en installation.
Ce petit
miracle est le résultat de réflexions et de discussions que j'ai eues l'an
dernier avec le ministère de la Famille. Le projet pilote qui en résulte
prévoit une application différente du cadre légal et réglementaire.
La municipalité de Grand-Saint-Esprit et son
maire, Sylvain Laroche, ont accepté de mettre un vaste local à la disposition
des responsables de services de garde, et le tout s'est fait avec la
collaboration du bureau du coordonnateur, Mon autre maison, dont la directrice
est Mme Julie Boudreault.
Cette
réalisation démontre bien que, si on y met de l'énergie et de la volonté, il
est possible d'adapter nos services pour répondre adéquatement aux besoins de
nos municipalités rurales et d'assurer la qualité de vie de leurs concitoyens.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Mme la députée des Mille-Îles, la parole est à vous.
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. En tant que porte-parole de l'opposition officielle
responsable de la région de Laval, je tiens aujourd'hui à souligner le groupe
Les danseurs et musiciens de l'île Jésus, qui célébrait son
40e anniversaire le 25 mars dernier.
organisme, qui a pour mission de promouvoir la musique traditionnelle et la
danse folklorique québécoise, est un vecteur important de développement pour
les domaines culturels et artistiques de Laval. Né d'une initiative citoyenne
en 1978 et développé au cours des décennies
par une équipe passionnée, bien, l'organisme offre aujourd'hui des ateliers de
danse ainsi que des démonstrations partout à Laval.
remercie Les danseurs et musiciens de l'île Jésus de contribuer à préserver le
patrimoine culturel du Québec et de porter le flambeau pour les générations
futures. Vous contribuez à créer une communauté fière, engagée et enracinée.
Longue vie aux
Danseurs et musiciens de l'île Jésus!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. M. le député de Chapleau, la
parole est à vous.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui,
j'aimerais souligner un moment important
d'une association féminine de la région de l'Outaouais, soit le
80e anniversaire de la Fédération 15, Cercles de fermières de
l'Outaouais.
faut savoir que, par les actions et les différentes oeuvres de bienfaisance
qu'ils soutiennent, les cercles de fermières contribuent à l'amélioration des
conditions de vie de la femme et des familles ainsi qu'à la préservation et la
transmission du patrimoine culturel et artisanal.
fédération rassemble, en Outaouais, près de 600 femmes, réparties dans 16
différents cercles de fermières. Elle a notamment comme rôle de faciliter la
participation active de ses membres à travers la promotion d'activités et de
contribuer au recrutement et à l'adhésion de nouvelles femmes.
la Présidente, en terminant, j'aimerais prendre le temps, au nom de mes
collègues députés de Papineau, de Gatineau
et de Hull, de remercier et de féliciter Mme Sylvie Garant, présidente de
la Fédération 15, Cercles des fermières de l'Outaouais, ainsi que toutes les membres qui en font
partie pour
leur engagement envers la transmission du patrimoine culturel et
artisanal. Toutes mes félicitations et bon 80e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Taillon.
M. Carmant : Merci, Mme la Présidente.
Je souhaite souligner que nous entamons le Mois de l'autisme sous le
slogan Faisons briller l'autisme dans toute sa diversité .
Mois de l'autisme est l'occasion de sensibiliser la population à la réalité
vécue par les personnes présentant un trouble du spectre de l'autisme
mais également de célébrer la neurodiversité.
soutien qui leur est offert, tant dans l'enfance qu'à l'âge adulte, me tient
énormément à coeur. On doit favoriser l'intégration de ces personnes uniques et
leur donner la possibilité de développer leur plein potentiel. Cela commence
par un dépistage précoce afin d'intervenir rapidement et d'offrir des services
adaptés à leurs besoins.Le programme Agir tôt
s'inscrit dans cet objectif, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous
avons déployé le repérage systématique lors du rendez-vous de
vaccination à 18 mois d'âge.
veux souligner l'engagement des intervenants du Québec qui oeuvrent auprès de
ces personnes vivant avec un trouble du spectre de l'autisme et leurs familles.
Chaque personne est unique. Tout au long du mois, faisons briller l'autisme.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux
rendre hommage à une figure marquante du secteur touristique qui tire sa révérence au terme de 23 années à la tête
de Tourisme Centre-du-Québec, soit M. Yves Zahra, que je
salue, ainsi que les membres qui l'accompagnent.
Yves oeuvre avec coeur et passion
depuis plus de deux décennies afin de faire rayonner l'ensemble de la région.
Il a toujours fait preuve de curiosité, de
dévouement et d'originalité afin de faire découvrir aux touristes des circuits
branchés, des escapades inoubliables
et des saveurs délectables du Centre-du-Québec, pour ainsi donner ses lettres
de noblesse à notre belle région.
Très
impliqué, il n'a jamais hésité à défendre les intérêts de l'industrie
touristique, en plus de collaborer à de nombreux dossiers majeurs, notamment l'adhésion de la taxe sur l'hébergement et
la création de l'Alliance de l'industrie touristique du Québec. Aujourd'hui, le
moment est venu pour lui d'explorer de nouveaux horizons et de suivre les
plaisirs et le charme qu'offre la retraite.
Yves, je te souhaite
une bonne et belle retraite. Et merci pour tout, mon ami.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Richelieu.
M. Émond :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très heureux de prendre la parole
aujourd'hui afin de souligner le
25e anniversaire de la Fondation du cégep de Sorel-Tracy, qui, depuis
1998, joue un rôle essentiel dans la vie de nombreux étudiants.
Et je tiens à
souligner, Mme la Présidente, la présence, dans nos tribunes, de la directrice
générale du cégep de Sorel-Tracy,
Mme Stéphanie Desmarais, du président du conseil d'administration de la
fondation, M. Denis Cossette, de la directrice générale, Myriam Arpin,
et du directeur adjoint, Vincent Deguise.
Depuis sa création,
la fondation a financé plusieurs projets pédagogiques, technologiques, ainsi
que des bourses d'études, au plus grand
bénéfice des étudiants et des étudiantes. Et, Mme la Présidente, la fondation
est un partenaire incontournable, et
j'invite mes collègues à se joindre à moi pour saluer la Fondation du cégep de
Sorel-Tracy et son travail remarquable au fil des ans. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique de
déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 53)
La Présidente :
Mesdames messieurs, bonjour à
vous tous. Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir un
tout petit instant.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme la
Présidente. Je dépose la réponse du gouvernement à la pétition présentée en
Chambre le 22 février 2023 par la députée de Saint-Laurent. Merci.
Présidente : Ce document est déposé.
Pour
ma part, je dépose les prévisions budgétaires 2023‑2024 et le rapport
financier préliminaire 2022‑2023 du Directeur général des élections du
Québec et de la Commission de la représentation électorale.
dépose également le rapport sur l'application des règles de financement du
Directeur général des élections du Québec inti