CAT — 22 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2023-11-22
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-huit minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous. Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de
l'aménagement du territoire reprend ses travaux.
Alors, nous sommes réunis ce matin afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 31, Loi modifiant
diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
Alors, est-ce que, M. le secrétaire, nous avons
des remplaçants ce matin?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata) est remplacée par M. Lemieux (Saint-Jean) et M. Ciccone
(Marquette) est remplacé par Mme Prass (D'Arcy-McGee).
Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, la dernière fois
que nous avons travaillé le projet de loi n° 31, c'était mercredi
le 8 novembre, et nous étions à l'étude de l'amendement présenté par la
députée de Mille-Îles qui introduisait l'article 10.1 dans le bloc 4,
étant donné que nous fonctionnons par blocs. Alors, nous allons poursuivre les discussions.
Oui, Mme la ministre.
Mme Duranceau : J'aimerais
faire un petit commentaire d'ouverture, si c'est possible.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
Mme Duranceau : Merci,
M. le Président. Alors, en ouverture, alors qu'on reprend les travaux, là, sur
le projet de loi n° 31, je
voudrais simplement souligner des... bien, souligner... en fait, déplorer des
événements, des événements qui
n'auraient pas dû se produire et au sein de la Société d'habitation du Québec
et au bureau de circonscription de ma
collègue des Mille-Îles. On est ici
dans un esprit de collaboration, de faire évoluer les choses dans les règles de
l'art, en discutant entre
parlementaires, puis l'endroit pour faire ça, c'est ici, à l'Assemblée
nationale, c'est pendant les commissions parlementaires. Alors, que des
groupes qui représentent des locataires s'introduisent par effraction et bousculent des employés de la Société d'habitation
du Québec, ou la même chose au niveau du bureau de circonscription de la
députée de Mille-Îles, bien, je veux juste
dénoncer que c'est... c'est inacceptable. Alors, les choses... les forces de
l'ordre ont été interpelées, les
choses se dérouleront, là, selon les règles de l'art et les lois en vigueur au
Québec. Mais je tiens à souligner qu'on
est ici pour travailler ensemble, faire évoluer les choses dans le respect de
la démocratie et des opinions de part et d'autre. Alors, je trouve que c'est ce qu'il faudrait que tout le monde
ait comme vision. Donc, c'est ce que je voulais dire.
Président (M. Schneeberger) :
Merci pour vos commentaires. Et
puis, oui, vous avez raison, je pense que,
peu importe de quelle formation politique nous sommes, peu importe,
bien, le droit de parole, c'est important, mais justement de respecter aussi... Peu importe où nous sommes, ce n'est pas
le grabuge ou de forcer des bras qui... qu'on va faire avancer les
dossiers, c'est en se parlant. Et puis à la fin, bien, on a des discussions, il
y a des décisions qui sont prises, il y a un vote, puis c'est la démocratie.
Alors, voilà. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Je vais être très brève, mais je remercie la ministre pour les
mots. Tout simplement rappeler que la
liberté d'expression, le droit de manifester, c'est un droit fondamental, c'est
indéniable, mais les menaces, la
violence, l'intimidation, ça n'a pas sa place dans notre démocratie, il y a
moyen de dialoguer. Moi, je le souligne,
je suis ouverte à la discussion, à échanger des idées, il n'y a aucune raison
de faire preuve de violence. Donc, je vais m'arrêter là, M. le
Président. Mais maintenant on va travailler de façon constructive comme on le
fait, je pense, depuis le début pour ce projet de loi là. Merci.
Président (M. Schneeberger) :
C'est bon. Alors, député de
Laurier-Dorion, vous vouliez prendre la parole? Oui, on va... Le micro
va s'ouvrir. Voilà, il est ouvert.
M. Fontecilla : Oui,
merci, M. le Président. Je suis bien content d'entendre l'ouverture au dialogue
de ma collègue de Mille-Îles. Et,
concernant les événements qui se sont passés entre autres à son bureau, ça
s'est passé au même temps, je crois, à la Société d'habitation du
Québec. Effectivement, le droit de manifester est quelque chose de très important dans la société québécoise, là.
J'aimerais déplorer que des gens, des employés du bureau de ma collègue se
soient sentis menacés, c'est éminemment
déplorable comme situation. Mais j'aimerais aussi rappeler que les occupations
de bureau, c'est une pratique qui existe depuis longtemps dans la
société québécoise, et, honte à moi, j'ai moi-même participé, dans mon temps de
jeunesse, là, dans des occupations de bureaux. Donc, il faut, évidemment,
déplorer des gestes qui pourraient
être perçus comme intimidatoires. Mais, voilà, c'est ce qui... il faut placer
les choses. Et je suis content que ça n'aille
pas plus loin et que personne n'ait été blessé. Et je déplore, encore une fois,
que des personnes se soient senties intimidées, là, par ces actes-là.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, écoutez, je
pense que c'est la bonne chose à faire. Je remercie la ministre de remettre,
justement, les choses dans leur contexte. Et évidemment on est dans un processus
législatif, c'est un processus démocratique.
Nous avons des mandats, justement, de faire avancer des projets de loi, de les
adopter, ultimement. Les gens peuvent
ne pas être d'accord, il y a des façons de l'exprimer, mais l'intimidation ou
la violence n'ont aucune place dans
ce processus. Et je veux saluer ma collègue de Mille-Îles, lui assurer de notre
soutien et dire, effectivement, je pense, d'une seule voix, là, que
l'intimidation n'a pas sa place dans le processus actuel.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour vos commentaires, chacun.
Alors, nous poursuivons sur... Nous revenons à
nos travaux, là. Alors, nous poursuivons sur l'amendement qui introduit
l'article 10.1. Alors, est-ce que nous avons des commentaires sur l'amendement?
Président (M. Schneeberger) : Est-ce qu'il avait été lu? Oui? Bien, on l'avait déjà lu, vous l'avez
déposé, on l'a suspendu, on le reprend, mais, bon, par la suite, c'est sûr que
ça fait quand même plusieurs jours, voire semaines, presque, alors on oublie
peut-être, des fois, là, l'article lui-même, là.
Mme Dufour : OK.
Donc, si je comprends bien, on revient aux zones différenciées. C'est la
série... Dans le fond, c'est une série d'amendements qui étaient
proposés pour introduire le zonage différencié dans le projet de loi. Et là je
suis obligée de rappeler brièvement ce que c'est, dans le fond, le zonage,
juste pour tout le monde, là. Le zonage différencié,
c'est, dans le fond, ce qui permettrait, de plein droit, de construire plus de
densité lorsqu'il s'agit d'un projet de logement social ou abordable qui
est géré par, dans le fond, un organisme sans but lucratif. Et l'idée, c'est de donner, dans le fond, un bonus de densification,
mais de plein droit, qui ne soit pas négocié à la pièce, et donc donner
de la prévisibilité aux porteurs de projet, de ce qui pourra être construit sur
le terrain, et donc être plus compétitifs lors de l'acquisition aussi du terrain,
parce qu'à l'unité ça fait baisser, à ce moment-là, le coût du terrain par
rapport à un projet de logement à but lucratif. Et donc c'était l'intention de
ces amendements-là.
Après
discussion — quand
même, il y a eu des longues discussions à ce sujet-là — il
y a deux des amendements qui ont été proposés qui seraient modifiés, et
dont le libellé — je
viens de le recevoir — m'a
été proposé, où on ne parlerait plus de «abordables, pérennes», mais de
logements abordables tout court. Et ça, ces deux amendements-là, c'est des amendements qui viennent, dans le fond,
définir, dans les documents de planification des MRC, des municipalités,
de prévoir, dans le fond, des objectifs de
logement abordable et social. Donc, ça, ce que je comprends, c'est ça, c'est
que le gouvernement accepterait ces deux amendements-là.
Par contre, pour ce qui est des autres
amendements, ma compréhension, c'est qu'il y a un projet pilote qui va
peut-être se déployer prochainement, et donc on va aller tester un peu le
zonage différencié dans une ville à déterminer — il
y a eu question de Sherbrooke, mais ce n'était pas encore officiel — et
donc ce serait peut-être prématuré, compte
tenu de ça, d'aller de l'avant. Je considère qu'on devrait. À mon avis, c'est
beaucoup moins problématique, le zonage différencié a beaucoup moins
d'enjeux que l'amendement 37.2 qui a été discuté.
Mais ceci
dit, bon, je comprends. Ça fait que là, ma compréhension, c'est qu'il y aurait
un vote, là, sur chacun, parce qu'ils ont été déposés, là. On voterait,
puis au 10.3, 10.4 je pense que, là, il y aurait un nouveau libellé qui serait
présenté, si je ne me trompe pas. Donc, j'ai essayé de faire le tour de ce
bloc-là, là, parce qu'on en avait parlé abondamment. Là, je ne voulais pas
tout... je ne vais pas faire ça à chaque... à chacun des articles, là.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Mme Dufour : Donc, ça va?
Président (M. Schneeberger) :
Alors, pas de problème. Alors,
est-ce que... S'il n'y a pas d'autre question, on va passer au vote.
Alors, est-ce que l'article 10.1 est adopté?
Mme Dufour : ...un vote par
appel nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : Vote
par appel nominal, M. le président.
Le Secrétaire : Oui. Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président
(M. Schneeberger) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté.
Alors, nous
poursuivons maintenant avec l'article 10.2.
Mme Dufour : Je ne reprendrai pas les
mêmes explications, là, c'est, encore une fois, un amendement qui touche
le zonage différencié. Donc, voilà, je n'en dirai pas...
Le Président
(M. Schneeberger) : OK. Alors, dans le fond, ce qu'on va faire,
c'est qu'on va passer au vote à tour de rôle et...
Mme Dufour :
On va repasser. C'est ça, exactement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui. Est-ce que vous vouliez... Est-ce que vous souhaitez une
suspension?
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 11
h 39
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
reprenons les travaux. Alors, nous en sommes à l'amendement 10.2. Alors, je pense qu'il n'y avait pas d'autre
question là-dessus, alors nous allons procéder au vote. Est-ce que
l'amendement 10.2 est adopté?
Mme Dufour :
Vote par appel nominal.
Le Président
(M. Schneeberger) : Vote par l'appel nominal, M. le
président... bien, le secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Le Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Le Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
Le Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement 10.2 est rejeté.
Alors, nous en sommes à l'amendement 10.3.
Est-ce qu'il y a des commentaires?
Mme Dufour : Oui.
10.3 va être remplacé, donc, 10.3 et 10.4 seront remplacés, donc ce que je
comprends, c'est que je dois les retirer pour les soumettre de nouveau?
Président (M. Schneeberger) :
...si vous voulez remettre... Oui,
alors, à ce moment-là, ça me prend l'approbation de la table pour le
retrait de 10.3. Est-ce que...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Consentement?
Alors, l'article 10.3 est adopté. Alors, à ce moment-là, Mme la députée...
Mme Dufour : Non, il n'est pas
adopté, il est retiré.
Le Président (M. Schneeberger) : Comment?
Mme Dufour : Il est retiré.
Président (M. Schneeberger) :
Pas adopté, il est retiré. J'ai
dit «adopté», hein? Excusez-moi. Alors, est retiré.
Alors, veuillez, s'il vous plaît, redéposer un
nouvel article.
Mme Dufour : C'est ça. Le nouveau...
Ils sont en train de partir.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ils
sont en train de partir. Alors, nous allons suspendre quelques instants afin de
pouvoir en prendre note.
(Suspension de la séance à 11 h 43)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux.
Alors, Mme la députée de Mille-Îles, bon,
l'article 10.3 est retiré, vous souhaitez en redéposer un, au niveau de la
numérotation, qui est le 7.9. Alors, je dois demander le consentement, étant
donné que la numérotation change. Alors, je pense qu'il n'y a pas une
problématique, j'ai le consentement de la table. Alors, je vous laisse y aller.
Mme Dufour : Oui,
merci. Donc, je veux juste expliquer, là, que l'article a pour objectif
d'ajouter au schéma d'aménagement,
dans le fond, la planification de logement social et abordable ou, du moins, de
se mettre des objectifs.
Donc,
l'article 7.9,
article 5 de la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme :
Insérer, après
l'article 7 du projet de loi, ce qui suit :
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme
7.9.
L'article 5
de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1) est modifié
par l'insertion, dans le sixième... dans le paragraphe 6°, pardon, du deuxième
alinéa et après «habitation», de «, y compris en matière de logement social ou
abordable,».
Donc,
dans le fond, c'est ce qu'on vient, là, tout simplement ajouter, cette
notion-là, qu'on ne se limite pas à de l'habitation,
mais on vient confirmer qu'on veut aussi préciser le logement social et
abordable au schéma d'aménagement, et c'est la même chose qui va suivre
après pour le plan d'urbanisme.
Le Président
(M. Schneeberger) : Parfait. Alors, est-ce que nous avons des
commentaires ou questions sur l'amendement déposé? Non, ça va?
Mme Duranceau :
Oui, c'est bon.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Alors, pas de commentaire, alors, à ce
moment-là, nous allons procéder au vote. Est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 7.9 est adopté?
Le Président
(M. Schneeberger) : Adopté? Alors, adopté.
Alors, nous allons poursuivre.
Vous étiez à 10.4 et je pense que, celui-là, vous souhaitez aussi le retirer.
Mme Dufour :
Oui, exactement.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
ça prend le consentement de la table pour le retrait. Consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Schneeberger) : Et, suite à ça, vous souhaitez aussi déposer
un nouvel article. Et je vais demander le consentement aussi tout de suite
étant donné qu'il est numéroté à 10 point...
Le Président (M. Schneeberger) : 7.10,
pardon. Donc, consentement pour la numérologie? Voilà. Alors, allez-y.
Mme Dufour : OK. Donc, c'est dans la
même veine que le précédent, mais cette fois-ci, c'est le plan
d'urbanisme.
Donc,
l'article 7.10,
article 83 de la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme :
Insérer, après
l'article 7.9 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
7.10.
L'article 83 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le paragraphe
5° du deuxième alinéa et après «habitation», de «, y compris en matière de
logement social ou abordable,».
Donc, même chose,
puis ici l'objectif est de venir, dans le fond, dans les documents de
planification, mais, cette fois, au niveau des plans d'urbanisme, préciser pas
seulement des objectifs en matière d'habitation, mais aussi de logement social
et abordable.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci pour les explications. Commentaires,
questions? Non?
Alors, nous allons
passer au vote. Est-ce que l'amendement qui introduit l'article 7.10 est
adopté?
Le Président
(M. Schneeberger) : Adopté? Alors, adopté.
Nous en sommes
maintenant à l'article 10.5. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Cet article-là, toujours en lien avec le zonage
différencié, là, c'était de déterminer... déterminer... c'est ça, voilà. OK, voilà, c'était de déterminer
les secteurs propres au développement de logements sociaux abordables et
pérennes, c'est ça. Ça fait que c'est en lien avec le zonage différencié. Il
n'est peut-être pas plus... En tout cas, on va quand même demander le vote pour
celui-là. Ça, c'est 10.4, lui...
Le Président
(M. Schneeberger) : 10.5. Non, non, on est à 10.5.
Mme Dufour :
Ah! 10.5. C'est ça, OK.
Le Président (M. Schneeberger) : 10.4
a été retiré.
Mme Dufour :
10.5. Alors, on va demander le vote pour 10.5.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Alors, nous allons procéder au vote de l'article...
l'amendement qui introduit l'article 10.5, est-ce que l'article 10.5
est adopté?
Le Président
(M. Schneeberger) : Appel nominal. M. le secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président
(M. Schneeberger) : Abstention. Alors là, l'article...
l'amendement qui introduit l'article 10.5 est rejeté.
Nous en sommes
maintenant à l'article 10.6. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Alors, le 10.6, là,
vient introduire le règlement, là, relatif... Bien, en fait, c'était... on
faisait référence au règlement relatif au zonage différencié, donc ça fait
partie de la série. Alors, je demanderais le vote par appel nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous allons passer au vote nominal. Est-ce que l'amendement qui
introduit 10.6 est adopté?
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. M. le secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)... Mme Jeannotte
(Labelle)? Excusez-moi.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président
(M. Schneeberger) : Abstention. Alors, l'article 10.7 est
rejeté.
Nous en sommes
maintenant à l'amendement qui introduit l'article...
Une voix : ...c'est
10.6 qui est rejeté.
Le Président
(M. Schneeberger) : 10.6? Excusez-moi, 10.6. Alors, pour les
fins... c'est moi qui étais trop d'avance. Là, nous en sommes à 10.7, c'est ça?
Alors, Mme la députée de Mille-Îles, 10.7.
Mme Dufour : Oui.
L'article 10.7,
ça, c'était le coeur des dispositions concernant le zonage différencié.
C'est vraiment tout ce qui venait établir ce qu'était... comment fonctionnait,
là, la mécanique. Alors, c'est le plus important de tous. Alors, c'est évident
que je vais demander un vote par appel nominal.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui, alors nous allons procéder au vote pour
l'amendement qui introduit l'article 10.7 par appel nominal, M. le
secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté.
Nous en sommes maintenant à l'article...
l'amendement qui introduit 10.8. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
10.8, je vais juste le regarder. Ah! OK, ça, c'est une mesure transitoire, si
je ne me trompe pas, qui venait avec le zonage différencié. Donc, je
vais demander un vote par appel nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, nous allons procéder au vote par appel nominal pour l'amendement
qui introduit 10.8. M. le secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président
(M. Schneeberger) : Abstention. Alors, l'article 10.8 est
rejeté.
Nous en sommes
maintenant à l'amendement qui est introduit...
Le Président
(M. Schneeberger) : Comment?
Le Président
(M. Schneeberger) : Ah! OK. Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 11
h 55)
Le Président
(M. Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Alors,
nous allons réparer une petite problématique, nous avons oublié d'appeler au
vote la députée de D'Arcy-McGee pour les articles de 10.1 à 10.7. Alors, je
pense qu'on pourrait les... Je pense que ça doit être le même vote que sa
collègue. Alors, je pense qu'on pourra les voter en bloc pour tous les
articles. Alors, M. le secrétaire, je vous laisse prendre le vote, là, pour ces
articles-là, de 10.1 à 10.7, comme étant pour, ayant été adoptés. C'est ça?
Président (M. Schneeberger) : Voilà. Parfait. Alors, c'est bon.
Alors, nous
poursuivons à 10.9.
Le Président
(M. Schneeberger) : 10.8 n'avait pas été... OK. Bon, excusez-moi.
Le Président (M. Schneeberger) : 10.9,
hein? OK. Bon, j'avais tracé 10.8, alors, peut-être, j'ai été trop
d'avance. Alors, non, c'est bon, c'est 10.9. Alors, députée de Mille-Îles,
allez-y.
Mme Dufour : Oui. Bien, ici, c'est
une... c'est la même chose, c'est toujours pour le zonage différencié,
mais, cette fois-ci, pour les villes qui ont des chartes particulières. Donc,
encore une fois, je demanderais le vote...
Le Président
(M. Schneeberger) : Par appel nominal?
Mme Dufour :
Le vote par appel nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'amendement qui introduit 10.9 est adopté? M. le secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeanotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président
(M. Schneeberger) : Abstention. Alors, l'article 10.9 est
rejeté.
Nous en sommes
maintenant à l'amendement qui introduit 13.1. Mme la députée de Mille-Îles.
Le Président
(M. Schneeberger) : 12? Ah! vous ... OK. Vous voulez faire le...
Le Président
(M. Schneeberger) : OK. Moi, je l'avais à la suite parce qu'il y
avait des... Ça, ça avait été rajouté sur ma feuille. Alors, au lieu de faire
13, on va faire le 12.1.
Mme Dufour :
Oui, 12.1. OK. Dans le tableau, ici, ça dit 13.1, c'est pour ça que je
n'étais pas sûre. Mais, dans le fond, cet amendement là, dans le fond, vient...
c'est toujours en lien avec le zonage différencié, mais il vient, dans le fond, s'insérer là, dans la
Loi sur les compagnies
pour... comme pour s'assurer, dans le fond, que le zonage différencié soit vraiment pour les organismes sans
but lucratif. Donc, il y a un... il y a une introduction, là, dans la
Loi sur les compagnies. Alors, encore une fois, je demanderais le vote par
appel nominal.
Le Président
(M. Schneeberger) : Par appel nominal. Alors, est-ce que
l'amendement qui introduit 12.1 est adopté? M. le secrétaire, vote par appel
nominal.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeanotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
Le Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président
(M. Schneeberger) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté.
Nous en sommes
maintenant à 13.1. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. OK. Cette fois-ci,
c'est dans... c'est toujours pour le zonage différencié, mais cette fois-ci
on vient insérer des éléments dans la
Loi sur les coopératives, comme... ça
fait partie, là, du processus pour s'assurer que ce soient seulement des
organismes sans but lucratif qui y aient accès. Donc, encore une fois, je
demanderais le vote par appel nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons procéder au vote. Est-ce que l'article qui introduit
13.1 est adopté? Vote par appel nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Pour contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Secrétaire : Mme Jeanotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
Des voix : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Abstention.
Le Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'article est rejeté.
Nous en sommes maintenant à l'amendement qui
introduit l'article 13.4. Madame...
Le Président (M. Schneeberger) : OK,
ça a été modifié. Parfait. Alors... excusez-moi, c'est modifié. Alors, c'est
14.1. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Bon, bien, merci, M. le Président. Bien, cette fois-ci, c'est toujours pour le
zonage différencié, mais cette fois c'est dans la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme, qui vient introduire, là, des éléments dans cette loi-là, parce qu'évidemment ça fait partie, là...
Ça fait que, bref, encore une fois, je demanderais un vote par appel
nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
un vote par appel nominal, M. le secrétaire, pour l'amendement qui introduit
l'article 14.1.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Le Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Abstention.
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'article est rejeté.
Alors, je pense que cela met à terme au
thème 4. Je ne sais pas maintenant, Mme la ministre, sur quel thème vous
voulez poursuivre.
Mme Duranceau :
On est à 37.2, qui est dans le thème 4, là, qui serait le dernier
article du...
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
OK, c'était... OK. Est-ce qu'il avait été suspendu, cet article-là?
Mme Duranceau : Oui, il a été
suspendu.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait. Alors, on le reprend, alors, allez-y.
Mme Duranceau : Est-ce qu'on
peut suspendre?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
vous allez pouvoir suspendre, certainement.
Mme Duranceau : Juste pour que
je partage.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 04)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux.
Alors, suite
aux discussions que nous avons eues quant à la... en mettant la session
suspendue, Mme la ministre souhaite retirer l'amendement qui
introduisait l'article 37.2, alors... et aussi Mme la députée de
Mille-Îles, qui avait un sous-amendement sur cet article, étant donné qu'il
tombe caduc.
J'ai besoin du consentement pour le retrait du
sous-amendement et de l'amendement. Est-ce que j'ai le consentement de la
table?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement. Parfait. Alors, étant donné qu'il est retiré...
Alors, Mme la ministre, je vous laisse
introduire le nouveau 37.2.
Mme Duranceau : Oui.
Alors, le nouvel
article 37.2... Est-ce que vous me permettez de lire
seulement l'ajout, hein, on peut-tu?
Le Président (M. Schneeberger) : ...bien,
à moins qu'il était... Il était très long, lui, hein?
Mme Duranceau : Il était très
long, et c'est vraiment un ajout, le dernier paragraphe là, «Le rapport
doit :».
Président (M. Schneeberger) : Oui. Non, normalement, selon les règles de l'art,
il faudrait le lire au complet. C'est plate, hein, mais c'est...
Mme Duranceau : Désolée.
OK, donc, un instant, là, je vais m'assurer que je ne me mêle pas. OK. Alors
donc, je relie. Pardonnez-moi, je vais essayer de faire ça de manière efficace.
Donc : Insérer, après l'article 37.1
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant — alors, c'est un
nouveau 37.2 :
«37.2. Une municipalité locale peut...» Et puis
je vais vous signaler quand est la modification.
Ça fait que : «37.2. Une municipalité
locale peut, avant le (indiquer ici la date qui suit de cinq ans celle de
la sanction de la présente loi), autoriser un
projet d'habitation qui déroge à la réglementation d'urbanisme local en
vigueur sur son territoire lorsque le projet comprend la construction d'au
moins trois logements et que l'une des conditions suivantes est respectée — d'abord :
«1° le projet est composé majoritairement de
logements sociaux abordables ou de logements destinés à des personnes aux
études au sens de l'article 1979 du Code civil;
«2° la population de la municipalité est de
10 000 habitants ou plus et le plus récent taux d'inoccupation des
logements locatifs publié par la Société canadienne des hypothèques et du
logement à l'égard du territoire de la municipalité
ou d'une région métropolitaine de recensement qui comprend ce territoire est
inférieur à 3 % à un moment entre le (indiquer ici la date de la
sanction de la présente loi) et le (indiquer ici la date qui suit de
cinq ans celle de la sanction de la présente loi).
«Aucune autorisation ne peut toutefois être
accordée en vertu du premier alinéa si le projet est situé :
«1° à l'extérieur
d'un périmètre d'urbanisation délimité dans un schéma d'aménagement et de
développement en vigueur sur le territoire de la municipalité;
«2° dans un
lieu où l'occupation du sol est soumise à des contraintes particulières pour
des raisons de sécurité publique, de santé publique, de protection de
l'environnement ou de bien-être général;
«3° dans une zone où aucun usage résidentiel
n'est autorisé.
«Une
autorisation visée au présent alinéa peut comprendre l'autorisation, malgré
toute disposition d'un règlement municipal
relatif à la démolition d'immeubles, de démolir un immeuble compris dans le
site d'implantation, à l'exclusion d'un immeuble qui comprend un
logement ou d'un immeuble patrimonial au sens de l'article 148.0.1 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
«La résolution par laquelle le conseil municipal
accorde l'autorisation prévoit toute condition qui doit être respectée aux fins
de la réalisation du projet. Elle peut notamment prévoir que l'autorisation est
conditionnelle à la conclusion d'une entente
entre le demandeur et la municipalité qui établit des règles permettant
d'assurer, pour la durée qu'elle
détermine, le caractère social ou abordable des logements ou qu'ils demeurent
destinés à des personnes aux études.
«La résolution doit être précédée d'un projet de
résolution soumis à une consultation publique comprenant une assemblée publique lors de laquelle le
représentant de la municipalité explique le projet de résolution et entend
les personnes et organismes qui désirent s'exprimer. La municipalité annonce
l'assemblée publique au moyen d'un avis publié au plus tard le septième jour
qui précède sa tenue.
«La résolution doit, pour entrer en vigueur,
être conforme au schéma d'aménagement et de développement en vigueur sur le
territoire de la municipalité. Cette conformité est établie selon les règles
applicables aux règlements d'urbanisme, dont celles prévues aux
articles 137.2 à 137.5 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, avec
les adaptations nécessaires.
Malgré toute
disposition inconciliable, la procédure suivante s'applique à l'égard de la
résolution :
«1° la
municipalité régionale de comté doit se prononcer dans les 30 jours
suivant la réception de la résolution;
«2° si la municipalité régionale de comté fait
défaut de se prononcer dans le délai prévu au paragraphe 1°, la résolution
est réputée conforme au schéma d'aménagement et de développement;
«3° la
municipalité régionale de comté ne peut refuser de se prononcer pour le motif
que la municipalité est en défaut
d'apporter une modification de concordance à son plan d'urbanisme ou à l'un ou
l'autre de ses règlements d'urbanisme;
«4° dans le cas d'une municipalité dont le
territoire n'est pas compris dans celui d'une municipalité régionale de comté,
une personne habile à voter du territoire de la municipalité ne peut pas
demander à la Commission municipale du Québec un avis sur la conformité de la
résolution au schéma d'aménagement et de développement.
«Le conseil de ville de la Ville de Montréal, de
la Ville de Québec ou de la Ville de Longueuil peut déléguer à un conseil
d'arrondissement l'exercice du pouvoir prévu au présent article.»
Et là c'est ce qui est nouveau :
«Une municipalité doit produire un rapport sur
l'exercice du pouvoir prévu au présent
article pour chaque année civile au
cours de laquelle elle accorde une autorisation en vertu du premier alinéa.
«1° faire
état des autorisations accordées et décrire
sommairement, pour chacune d'elles,
la nature des dérogations à la réglementation d'urbanisme;
«2° indiquer le nombre de logements construits
ou aménagés grâce à une telle autorisation;
mentionner toute demande d'exercer le pouvoir prévu au présent
article qui a
été reçue par la municipalité, mais qui n'a pas donné lieu à une
autorisation.
«Le rapport est déposé en séance du conseil
municipal ou du conseil d'arrondissement, selon le cas, au plus tard le 1er avril qui suit la fin de l'année
sur laquelle il porte. Lors de cette séance, un membre du conseil ou un
fonctionnaire de la municipalité doit décrire l'objet du rapport. Le
rapport est transmis dès que possible au ministre responsable de l'habitation
et publié sur le site Internet de la municipalité ou, si elle n'en a pas, sur
celui de la municipalité régionale de comté dont le territoire comprend le
sien.»
Alors, l'amendement proposé introduirait dans le
projet de loi un nouvel article, bon, 37.2, lequel permettrait aux municipalités locales d'autoriser, à certaines
conditions, un projet d'habitation qui déroge à ses règles d'urbanisme.
On répète que c'est un pouvoir qui est là pour
une période limitée à cinq ans. Donc, voilà.
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a des commentaires
sur le nouvel amendement qui introduit l'article 37.2? Députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui,
M. le Président. D'abord, j'aimerais ça savoir si les instances municipales
comme l'Union des municipalités du Québec ou la FQM ont été consultées
sur cette demande ou cet ajout — pour le rapport — de
faire un rapport.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Je ne
crois pas, mais je vais valider. Je pense que... En fait, cet ajout-là reflète
les préoccupations qui ont été
discutées ici, là, en Chambre. Comme, c'est ça, c'est un pouvoir qui est
extraordinaire, qui dure pour cinq
ans, alors on ne s'attend pas à ce qu'ils perçoivent ça comme un fardeau
administratif monstre, considérant tous les autres éléments moins
compliqués qu'on vient enlever.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que ça va comme ça? Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : OK.
Mais, c'est ça, je comprends qu'ils n'ont pas été consultés. Je vais devoir
vraiment prendre le temps de le lire,
mais de... Je vais peut-être reculer juste sur un élément, que je n'avais pas
saisi précédemment, du libellé
antérieur, quand on dit qu'«une personne habile à voter [...] ne peut pas
demander à la Commission
municipale du Québec un avis sur la conformité». Ça fait que, là, je
réalise, dans le fond, c'est ça, c'est qu'il n'y aura plus possibilité... c'est-à-dire que... On dit que le
projet devra être conforme au schéma d'aménagement. Ça, c'est ce qu'on
dit, là, que ça fait
partie des conditions, là, pour que ce superpouvoir-là
puisse être en vigueur, là. C'est une des exigences, là, que ça doit respecter
le schéma d'aménagement. Là, je le cherche, là... Voilà. C'était...
excusez-moi, il fait quelques pages... Ah! voilà. La...
Le Président (M. Schneeberger) : ...préféreriez-vous
une suspension pour en prendre connaissance?
Mme Dufour : Non. Non, non, je
l'ai trouvé.
Le Président (M. Schneeberger) : Non.
Mme Dufour : La...
Bien, c'est sûr que, pour la suite... mais je veux juste... j'ai juste une
question qui vient de me sauter aux
yeux. Donc, on dit que «la résolution doit, pour entrer en vigueur, être
conforme au schéma d'aménagement», et ça,
c'est, d'habitude, là, la MRC qui... tu sais, c'est que, si une ville fait une
demande pour un projet, là, c'est la MRC qui, elle, va se pencher sur la conformité, mais on dit que «dans le cas
d'une municipalité dont le territoire n'est pas compris dans [une] MRC,
une personne habile à voter du territoire de la municipalité ne peut pas
demander à la Commission municipale du
Québec un avis sur la conformité [...] au schéma». Alors, comment? Comment on
va s'assurer qu'il y a une conformité?
J'essaie de comprendre, là, elle est où, la... il est où, le gardien, là, ici,
dans un cas comme ça, quand on dit que,
si elle ne fait pas
partie d'une MRC, elle ne peut pas demander à la Commission
municipale un avis de conformité?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme ministre, oui.
Mme Duranceau : J'aimerais
laisser mon sous-ministre adjoint répondre à cette question-là plus technique.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons avoir besoin du consentement de la table pour que
M. Savoie puisse prendre la parole. Consentement. M. Savoie, allez-y.
M. Savoie
(Jocelyn) : Donc, Jocelyn Savoie, sous-ministre adjoint aux Impacts
climatiques, fiscalité, finances et infrastructures au ministère des
Affaires municipales et de l'Habitation.
Dans le cas
des municipalités qui sont distinctes de leur MRC, effectivement, il n'y a pas
ce processus d'appel là qui est privé, actuellement. La MRC étant une
entité distincte, il n'y a rien de prévu à cet égard. Dans le cas des
villes-MRC, là, si on peut dire, les villes exerçant les compétences de MRC, il
est vrai qu'en ce moment il existe un processus, compte tenu que c'est la même
ville qui va faire son évaluation. Dans le cas présent, on ne prévoyait pas
reproduire le mécanisme parce que ça faisait
partie des éléments, là, qui
avaient été identifiés comme permettant d'accélérer la réalisation des projets.
Mme Dufour : Permettez-moi, là,
j'essaie de comprendre. Quand on est une ville-MRC, on s'entend que le processus de... est assez, d'habitude, rapide, là,
de conformité. Je suis et je m'autojuge, ça va assez... mais il n'y a
pas de barrière, si le moindrement il y a une certaine complaisance, là, il n'y
a pas moyen... il n'y a pas moyen, là, avec cet amendement-là, de venir le contester, alors que, dans le cas où une
ville dépend d'une MRC, qui est distincte, au minimum, ce n'est pas les
mêmes personnes qui prennent les deux décisions, il y a une certaine
barrière. On s'assure, tu sais, que, s'il y avait complaisance, ce n'est pas
les deux mêmes personnes qui... tu sais. Ça fait que je suis inquiète, je
vous avoue, par ce quatrième alinéa là, que je n'avais pas vu avant, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Est-ce qu'on a une réponse ou...
Le Président (M. Schneeberger) :
Micro, micro, Mille-Îles.
Dufour : Dans le fond, toutes les autres villes, outre les
villes-MRC, doivent faire appel à la MRC pour valider la conformité, ça fait partie... il y a comme une mesure là,
ici, de contrôle, entre guillemets. Mais une ville-MRC, c'est quand même
déjà des superpouvoirs, ça va déjà beaucoup plus vite, dans son cas. Donc,
qu'il y ait un quelque chose qui vienne, tu sais, comme... parce que c'est
comme vraiment des superpouvoirs. Mais là je pense qu'il faut... il faut au
moins, c'est ça, se protéger un minimum. C'est un minimum, ça reste un minimum.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Alors...
Mme Dufour : Ça reste que — je
vais continuer pendant qu'ils jasent — tu sais, si le projet, il
n'est pas... ne respecte pas le schéma d'aménagement, il faudrait que quelqu'un
soit capable de lever le drapeau rouge. Et là ce qu'on vient dire, c'est que
personne ne peut le faire. Si la ville-MRC juge que, elle, ça respecte son
schéma alors que ça ne le respecte pas, personne ne peut venir lever le drapeau
rouge, là. Ça fait qu'il y a comme un élément, ici... C'est ça.
Président (M. Schneeberger) : Alors, est-ce que nous avons des
explications sur le... en tout cas, vous avez des... plusieurs...
Mme Dufour :
Oui, j'ai des questions.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...plus de commentaires que de questions, mais quand
même des...
Mme Dufour :
Bien, c'est des inquiétudes...
Le Président (M.
Schneeberger) : Des inquiétudes.
Mme Dufour :
...puis je me demande si c'est vraiment nécessaire, tu sais, on gagne
énormément de temps avec tout le reste. Si c'est vraiment une question de
conformité au schéma, on s'entend, là, que c'est au niveau, un schéma, quand même, mais ça peut... tu sais, si on
ne le respecte pas, bien là, on ne respecte pas non plus les objectifs
gouvernementaux, il y a bien d'autres éléments qu'on ne respecte pas. Et donc
de dire... de venir enlever le droit de venir demander à la Commission
municipale du Québec de valider ça, je trouve ça risqué.
Mme Duranceau :
Non, mais juste comment on fait... M. le Président?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Comment on fait pour réduire les délais, là? Ce n'est pas une mesure,
ça, là, pour... Honnêtement, c'est une
mesure pour que ça aille plus vite, là. Il y a déjà tous les garde-fous. Il y a
déjà plein de monde qui se penchent sur les questions dans les villes,
puis qui analysent, puis qui ne finissent plus d'analyser. Là, des fois, il
faut qu'il y aille de l'avant, le projet, puis on donne... C'est comme un droit
de veto ultime pour les villes, là, mais ils
vont s'en servir, moi, je pense, de manière intelligente dans le contexte où on
a une crise, puis il faut que... Ça a été décrié par toutes les unions
municipales, la FQM, l'UMQ, le «pas dans ma cour», il est dramatique, en ce
moment, et contreproductif. Ça fait que, là, je ne veux pas m'en venir avec un
article qui vient encore difficilement tout régimenter, on l'a, la panoplie de
règlements qui régimentent trop, alors... c'est ça.
Mme Dufour :
Il y a une iniquité, un petit peu, ici, là, c'est qu'on dit «une ville qui
fait
partie d'une MRC». Il y a un moyen de contrôle, qui est la MRC, qui va
donner son avis de conformité. Mais une ville-MRC, elle, n'a plus de mesure de
contrôle parce qu'une personne habile à voter ne pourra même pas interpeler la
Commission municipale du Québec.
Mme Duranceau :
Mais ça prend combien de temps faire ça, encore, là?
Mme Dufour : C'est assez rapide. C'est
30 jours pour répondre à un avis de conformité. Je l'ai vu chez
nous.
Mme Duranceau :
Tu sais, c'est 30 jours pour faire ça. Après ça, un 60 jours pour
la réponse. Moi, je vais donner deux jours, là.
Mme Dufour : Mais c'est quoi, les
impacts si on ne respecte pas le schéma d'aménagement? Est-ce qu'on
pense à ça aussi? Quels vont être les
impacts à long terme si on ne respecte pas le schéma? C'est quand même assez
majeur, généralement, quand on ne respecte pas un schéma, là. Ça fait que ça ne
devrait pas... il ne devrait pas y avoir beaucoup
de cas, on s'entend, ça ne touche que les villes-MRC, ici. Donc, c'est limité,
là, on parle juste des villes-MRC, là, pour le 4°. Peut-être que votre
sous-ministre pourrait répondre à la question. Moi, je connais Laval, là, mais
après ça je sais qu'il y en a d'autres, là, il y a Mirabel...
Mme Dufour :
Mais il est où, le garde-fou?
Mme Duranceau :
Bien, ce n'est pas un garde-fou, cet
article de loi là. Ce n'est pas un
garde-fou.
Mme Duranceau :
C'est un
article pour permettre d'aller plus vite, parce que, je l'ai dit à
maintes reprises, tout le monde a peur d'avoir peur, tout le monde est pris
dans des règles trop rigides. Là, il faut que ça avance.
Mme Dufour :
Quand on...
Mme Duranceau :
Je suis raide, là, mais c'est ça.
Mme Dufour : Mais,
quand on dit que la résolution doit être conforme au schéma d'aménagement,
c'est parce qu'on a ça en tête, qu'on veut
respecter le schéma d'aménagement, sinon on ne l'écrirait pas. Mais après ça,
si ce n'est pas le cas, dans le cas d'une MRC... d'une ville qui n'est
pas une ville-MRC, là la MRC va pouvoir venir dire : Non, ce n'est pas
conforme au schéma, mais, dans le cas d'une ville-MRC, là, il n'y a plus
personne qui peut le dire.
Mme Duranceau : Oui. Sauf que,
comme je l'ai dit, les villes-MRC, là, c'est probablement nos plus grandes
villes, là, qui sont quand même en territoire...
Mme Dufour : Montréal n'est pas
une ville-MRC. Montréal n'en est pas une. Québec n'en est pas une...
Mme Duranceau : Donc, on peut
sortir la liste, mais moi, je m'attends à ce que le...
Mme Dufour : ...Laval, Mirabel.
Mme Duranceau : Bien, c'est ça,
Laval, Mirabel.
Mme Dufour : Ce n'est pas les
plus grandes villes, là.
Mme Duranceau : Non, mais il y
a quand même des médias. Il y a quand même des gens qui sont capables de sortir
dehors, là, quand ils ne sont pas contents.
Mme Dufour : Mais il n'y a plus
de... il y a plus de moyens de le contourner.
Mme Duranceau : Bien,
ce n'est pas par là qu'on donne des moyens. On enlève des moyens quand
quelqu'un décide de se prévaloir de 37.2 parce qu'il faut que ça avance, parce
qu'ils vont avoir rencontré toutes les embûches possibles, puis là il faut
conclure.
Mme Dufour : Donc, dans le
fond, le respect du schéma d'aménagement, ce n'est pas une priorité, là.
Mme Duranceau : Bien,
c'est une priorité, c'est qu'à un moment donné... Moi, je ne m'attends pas à ce
que ça soit utilisé pour faire des folies, là, cette histoire-là, ça va
être pour permettre d'avancer dans un contexte où tout ça a été amplement
discuté dans une communauté.
Mme Duranceau : Bien, en tout
cas, c'est une mesure qui a été très saluée par les unions municipales, par tous les développeurs, tout le monde qui veut
avancer. Là, il faut leur donner des pouvoirs, des possibilités de bouger, je veux dire, ça fait... On le dit, les constructions sont au plus bas au
Québec. Ça ne bouge pas, il y a tellement de contraintes, c'est trop compliqué, de construire au Québec.
Bien, c'est enfin une mesure qui tient compte de ça puis que, là, il
faut...
Mme Dufour : Je
ne voudrais pas qu'on laisse sous-entendre que parce qu'on s'inquiète puis
qu'on se préoccupe de certains éléments dans un
article de loi, on est
contre de vouloir avancer, là, ce n'est aucunement ça. Mais ça reste qu'il nous faut des balises dans notre société,
parce qu'on ne peut pas construire tout et n'importe comment, n'importe
où, là, et c'est pour ça qu'on a des schémas d'aménagement. On ne veut pas une
usine en plein milieu d'un secteur résidentiel
et vice versa. Bien, il faudrait au minimum que, si jamais le schéma n'est pas
respecté, il y ait moyen de lever le drapeau rouge, là, parce que, comme
je l'ai dit, s'il y a de la complaisance et que ce n'est pas tout à fait la
réalité, qu'on dit qu'une ville-MRC dit : Bien non, moi, ça respecte mon
schéma, puis ça ne le respecte pas, je voudrais au minimum qu'il y ait quelque chose. Ce n'est pas énorme, là, ce qui est
demandé, ça touche peu de monde, peu de villes. Puis c'est comme exceptionnel, c'est rare. C'est rare, des gens qui
demandent à la Commission municipale du Québec un avis sur la conformité, c'est très, très, très
rare. Mais là d'en venir à enlever... Déjà, on vient enlever le droit de
s'opposer, mais là, en plus, on n'a même plus le droit de s'adresser à la
Commission municipale du Québec. C'est gros, là, c'est vraiment gros.
Mme Duranceau : Bien,
je vais offrir un dernier commentaire, encore là, c'est une mesure exceptionnelle
à utiliser dans un contexte qui sera
exceptionnel. Et là, quand on vient soulever que les villes-MRC, bien, il n'y a
plus de recours possible, on parle de Gatineau, Îles-de-la-Madeleine,
Laval, La Tuque — qui
est peut-être la plus petite — Lévis, Longueuil, Mirabel, Montréal,
Québec, Rouyn-Noranda, Saguenay, Shawinigan, Sherbrooke, Trois-Rivières.
Alors, moi, je regarde ça puis je me dis, encore
une fois, toute cette mesure-là, c'est coûts-bénéfices puis... pas
coûts-bénéfices, mais, tu sais, le risque versus le rendement sur cette
mesure-là, puis je pense que le risque, considérant
les municipalités dont on parle, bien, il n'est pas nécessairement... Je
l'apprécie comme étant peut-être plus faible, puis ce n'est pas
nécessairement une problématique, là.
Mme Dufour : Est-ce
qu'on sait il y a combien de gens qui demandent un avis de conformité à la
Commission municipale du Québec par année?
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce qu'on a une réponse?
Mme Duranceau : On n'a pas de
réponse.
Le Président (M. Schneeberger) : Non.
On n'a pas de réponse.
Mme Duranceau : On peut
l'obtenir, par contre.
Mme Dufour : J'aimerais bien
avoir cette information pour voir à quel point c'est problématique d'avoir ce
droit-là, présentement, je serais curieuse, parce que c'est assez exceptionnel,
à mon avis, là, c'est très, très rare.
Mme Duranceau : Par rapport à
l'amendement proposé.
Mme Dufour : Mais là il va
falloir prendre le temps de l'analyser, là. Moi, je m'excuse, on en prend connaissance maintenant, puis là ce que je
comprends, c'est que l'Union des municipalités du Québec et la FQM n'ont
pas été consultées.
Mme Duranceau : Non,
ils ont été consultés, on vient de me le confirmer, ça fait qu'ils sont
d'accord avec ça, comme l'ensemble de...
Mme Dufour : Parfait. Moi, je
vais laisser, je ne sais pas, j'imagine, d'autres collègues, puis après ça
j'aurai un amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, merci, M.
le Président. J'aimerais bien comprendre cet amendement-là, qui est quand même majeur, qui arrive en plein milieu de l'étude
détaillée. Encore une fois, ça aurait été très apprécié et très
pertinent qu'il soit... qu'il ait été
présenté dès le début, comme ça différents groupes peuvent l'analyser, prendre
le temps d'analyser et se prononcer. Mme la ministre nous dit que les
municipalités sont d'accord, les développeurs sont d'accord, très bien, mais j'ai parlé avec un urbaniste, il me dit
qu'il n'est pas d'accord. Donc, il me semble que ce n'est pas la bonne
façon de travailler. Mais j'aimerais qu'on prenne le temps, quand même, de bien
comprendre qu'est-ce que ça signifie comme modification, là.
J'aimerais savoir si les dispositions contenues
dans cet amendement-là font en sorte que des projets peuvent déroger au plan... au schéma d'aménagement, là,
d'une municipalité en termes de densité, en particulier, là, la hauteur tout particulièrement. Donc, un plan d'aménagement
dit que c'est trois ou quatre étages, et on pourrait aller à
10 étages, par exemple, donc déroger, et on donne l'opportunité et la
possibilité aux villes, aux municipalités de déroger au plan d'urbanisme... au
schéma d'aménagement, pardon.
Président (M. Schneeberger) : Merci pour la question. Est-ce que nous avons une
réponse de la ministre?
Mme Duranceau : Bien,
c'est un
article qui permet de déroger au règlement d'urbanisme en vigueur, ça
veut dire que tu peux augmenter le nombre
d'unités, le nombre d'étages, tu peux réduire le nombre de cases de
stationnement, tu peux choisir d'avoir un revêtement extérieur qui n'est pas
prévu par les règlements d'urbanisme. Ça permet de sauter toutes les étapes
d'approbation pour un projet donné. Alors, c'est ça que ça a permis. Il ne
vient pas mettre des contraintes, cet
article là, il vient les enlever.
M. Fontecilla : Parfait. On
s'entend que l'intérêt d'un développeur, un promoteur, c'est de rentabiliser
son investissement, comment dire, augmenter son gain, et donc il sera porté à
proposer des projets d'une grande... avec une
plus grande densité, non seulement avoir plus d'unités de logement sur le même
espace... et je ne dis pas que c'est nécessairement négatif, comment
dire, encore une fois, c'est le cran d'arrêt, jusqu'où on doit s'arrêter pour
éviter des horreurs qu'on a malheureusement
trop connues dans le passé et pour... à cause desquelles, justement, on a mis
en place des schémas d'aménagement,
des plans d'urbanisme, etc., c'est pour, comment dire, faire en sorte que le
développement des municipalités soit planifié, soit cohérent, et etc.
Donc, il y a la question de la densité, il y a
la question de l'aspect extérieur, c'est deux aspects importants, là. Donc, toute la notion, si je peux m'exprimer
ainsi, de la beauté de la chose ou la laideur de la chose, là, c'est pour ça
qu'on a les comités consultatifs d'urbanisme.
Donc, la
ministre, étant donné le contexte actuel, elle propose de donner... autoriser
les conseils de ville à déroger... à
cause de cet article, de déroger aux règlements d'urbanisme, et on pourrait
accepter, par exemple, des édifices d'un plus grand volume, etc., mais ne craint-elle pas qu'il y ait une exagération
puis qu'on se retrouve, d'ici cinq ans, avec, justement, des horreurs
comme on a déjà connues? Parce que ce n'est pas quelque chose qui sort du...
qui est complètement hypothétique, là, on a
vu que l'absence de... en l'absence de règles d'urbanisme, à cause de
l'existence de liens privilégiés entre
des développeurs et des conseils... des membres des conseils municipaux, on
assiste à l'autorisation de constructions qu'on regrette et qu'on regrette pendant longtemps. Donc, comment faire
un cran d'arrêt, là? Est-ce qu'elle a considéré cette possibilité-là,
Mme la ministre, là, d'éviter les abus, finalement, là?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau : Écoutez, moi,
l'esprit dans lequel j'ai déposé cet amendement-là, c'est vraiment de m'en
remettre aux villes. Les villes ont des pouvoirs, elles sont malheureusement
prises, en ce moment, les villes, avec des règlements qui sont trop
contraignants.
Au cours des
cinq prochaines années, compte tenu du projet de loi n° 16 de ma collègue
aux Affaires municipales, les villes vont revoir... les schémas
d'aménagement vont être revus puis, à travers ça, les villes vont revoir leur
réglementation, et tout, mais ça, ça va se faire... C'est ce qui m'a poussée à
proposer cette proposition-là, c'est que je comprends que tout ça va se faire
puis sera allégé, mais seulement au fil du temps, puis là c'est maintenant
qu'il faut construire puis débloquer les
projets. Alors, les villes vont faire ça dans une logique qu'ils sont en train
de développer au niveau de la mise à jour de leur réglementation.
Alors, je
pense qu'à un moment donné, là, il faut faire aussi confiance à tous les
urbanistes qui sont dans les villes puis
les élus qui sont en place. On le sait, qu'il y en a eu, des cas d'élus qui
n'avaient pas d'allure puis là ils ont été jugés, ces gens-là. Je pense
qu'on est ailleurs. Je pense qu'il y a des mécanismes, on l'a bien expliqué la
dernière fois, il y a des mécanismes de
surveillance qui sont, somme toute, présents. Là, je viens ajouter une
modification pour s'assurer qu'il y a
de la transparence à l'égard de l'utilisation de cette mesure-là. Alors, les
gens pourront... les élus ou les administrations ne pourront pas
l'utiliser en catimini puis penser que ça ne fera pas surface jamais, il va y
avoir un rapport déposé à chaque année.
Nous, on va l'avoir aussi au niveau de l'Habitation pour vraiment quantifier,
là, les effets favorables de la mesure.
Donc, dans le contexte de crise, je m'en remets au bon jugement de tout le
monde pour faire débloquer les projets.
Puis allez-y,
là, dans l'analyse de ça, comme on a géré la pandémie, là, je veux dire, il y
avait une crise, il fallait agir.
Puis, à un moment donné, tu te fies aux gens sur le terrain, puis tu avances
dans la crise en cherchant des solutions concrètes. Ce n'est pas un
article
pour venir contraindre, là, ça, c'est pour venir aider, là. Puis est-ce qu'il y
a des risques? Peut-être qu'il y a des
risques, mais ces risques-là sont moindres que tous les effets bénéfiques qu'on
peut aller chercher. Je pense que, quand on pèse risques, rendements ou
bénéfices, bien, il va y avoir plus de bénéfices à cette histoire-là. Est-ce qu'on va... Est-ce qu'il n'y
aura pas un problème dans tout le Québec? Peut-être, mais un pour tout
ce qui va être débloqué, je pense, ça vaut la peine d'aller de l'avant puis de
ne pas se contraindre parce que sinon on n'en sortira pas, là. C'est ce que je
peux vous dire.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je veux
clarifier un élément, là. Donc, je comprends bien, le projet de loi n° 16
a donné l'opportunité... enfin, l'obligation
aux municipalités de revoir le plan d'urbanisme et de l'adapter aux nécessités
actuelles, là, et cet amendement-là vient comme remplir cet espace-là, ce
délai-là d'ici cinq ans. Ça se tient.
J'aimerais
clarifier, là, si la ministre... parce que la crise du logement ne s'est pas
réabsorbée, là, d'ici cinq ans, là, comment
qu'elle voudrait, comment dire, renouveler cette disposition-là? Est-ce qu'elle
doit passer par un autre projet de loi ou elle peut le faire de façon
réglementaire? Question comme ça.
Mme Duranceau : Bien là, je
présume que c'est dans la loi, ça fait que ça va être dans la loi. Il n'est pas
prévu de renouveler ça de manière
réglementaire. On dit que c'est une mesure qui est exceptionnelle, qui est pour
cinq ans. Puis, comme je le mentionnais tantôt, on s'attend à ce qu'avec le
PL n° 16 puis l'obligation, là, de mettre à jour tous les schémas
d'aménagement puis les règlements d'urbanisme, bien, que les villes vont avoir
évolué, mais c'est en attendant qu'elles aient fait tout ce travail-là qu'on
vient leur permettre, leur donner une voie de dépassement pour accélérer. Ça fait que, dans cinq ans, on verra ce
qu'il y a à faire, mais, pour le moment, on est... une mesure
exceptionnelle.
M. Fontecilla : M. le
Président, comme je l'ai dit à plusieurs ministres avant vous, je vous souhaite
d'être là dans cinq ans, mais ça se peut que
ce ne soit pas le cas, il y a une possibilité, disons, là, ça va être une autre
personne. Je ne sais pas quelles vont être ses intentions, l'intention du
gouvernement dont elle fait partie, là, mais elle va dire : Je suppose que
ça va être dans un autre projet de loi. J'aimerais être sûr, là, est-ce que
c'est dans un autre projet de loi qu'on peut renouveler cette disposition-là ou
pas?
Mme Duranceau : Oui,
oui, c'est dans la loi, ce n'est pas un règlement, ça fait que ça va prendre
une modification à la loi pour modifier le cinq ans, pour le prolonger.
M. Fontecilla : Très
bien. Est-ce qu'elle a songé à au moins inclure, par exemple, un rapport du
comité consultatif d'urbanisme dans cette... pour aider le conseil de ville
à prendre une décision... un avis, pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui, bien, ça,
c'est les CCU. Effectivement, ça, ça permet de passer par-dessus le CCU, c'est ça. C'est ça, la beauté de l'histoire, là,
dans cet amendement-là. Ceci dit, encore une fois, moi, je m'en remets
aux élus locaux de dire : Bien, sais-tu
quoi, moi, je vais aller le chercher, cet avis-là pour x, y raison. Ils ont la
flexibilité de faire ce qu'ils veulent dans les circonstances, selon
l'acceptabilité sociale du projet, comment ils voudront se protéger ou pas,
comment ils voudront documenter, mais au moins ils ont le choix.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui,
M. le Président. On sait que le comité consultatif d'urbanisme, le CCU, peut
constituer... peut être une procédure assez longue, mais qui, à travers toute
l'histoire de l'existence de cette instance-là, a permis quand même, même si ça prend du temps, d'améliorer
grandement les projets et d'assurer une insertion harmonieuse de ces projets-là dans les trames urbanistiques
locales, donc. Et je ne voudrais pas non plus qu'aujourd'hui on dise...
bon, bien, comment dire, par un cheminement logique, qu'on dise : Bien, un
des grands fautifs de la crise du logement actuelle, c'est le comité
consultatif d'urbanisme. Il faut faire attention de ne pas jeter le bébé avec
l'eau du bain, là.
Est-ce que la ministre aurait peut-être... Et
les conseils de ce comité consultatif d'urbanisme peuvent être d'une grande
aide pour améliorer les projets, et on pourrait songer, puis on en a déjà
discuté ici, là, à une procédure allégée,
peut-être ne pas passer à travers l'ensemble du processus, première lecture, deuxième
lecture, troisième lecture, là, ce
qui est assez long, j'en conviens, là, mais au moins, au moins avoir un avis,
un avis du comité consultatif d'urbanisme sur la présentation des
projets afin d'outiller les élus municipaux qui ne sont toujours pas... qui ne
sont pas toujours des urbanistes ou qui ont une conscience très aiguë de la
nécessité d'une bonne insertion de ces bâtiments-là dans les trames locales.
Est-ce qu'on
pourrait... la ministre a au moins songé à ce que le CCU donne un avis sur les projets
présentés afin d'aider, aider, justement, les conseillers, conseillères
municipaux à prendre une décision?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le député de Laurier-Dorion. Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui,
bien, je vais répéter ce que j'ai dit : Un conseil municipal pourra
demander l'avis du CCU s'il le souhaite. Il a le choix, c'est optionnel,
là, il peut le demander, comme il peut ne pas le demander. Alors là, on vient assouplir les règles pour permettre à des
projets d'avancer plus vite. Je ne suis pas en train de dire que les CCU
ne sont pas utiles, je suis en train de dire
que chaque ville pourra décider si, oui ou non, ils demandent l'avis du CCU,
selon les délais, pour un projet x. Alors,
c'est ce que je peux dire, là, c'est une mesure qui vise à accélérer les
choses, «that's it».
Fontecilla : Vous dites, dans votre amendement — dans
37.2, c'est ça — que
les municipalités, les MRC, les municipalités régionales de comté auront
30 jours pour se prononcer, là, et en même temps vous dites que, si... la municipalité ne peut refuser de se prononcer,
parce que... pour les motifs que la municipalité est en défaut d'apporter
une modification de concordance à son plan d'urbanisme. Mais, si... Je veux
bien comprendre pour quelles autres raisons une MRC pourrait refuser de se
prononcer. Est-ce qu'il existe une autre raison, autre que celle mentionnée
ici? Pourrait-elle refuser de se prononcer pour une autre raison? J'essaie de
voir...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y...
M. Savoie (Jocelyn) : Dans le
fond...
Le Président (M. Schneeberger) :
...M. Savoie.
M. Savoie (Jocelyn) : Oui,
pardon. Dans le fond, la disposition vise simplement à prévoir la possibilité,
advenant qu'une MRC ne se prononce tout simplement pas, elle ne juge pas
opportun de se prononcer, puis éviter qu'il y ait un vide juridique, à ce
moment-là, par défaut, il est considéré qu'elle... la conformité est confirmée.
Dans le cas contraire, il faudrait prévoir une démarche si jamais ils ne
répondent pas. Le plus simple, dans la plupart des dispositions qu'on écrit, c'est qu'à défaut de se prononcer dans les
délais la conformité est constatée. C'est la même chose pour la ministre
lorsqu'elle doit rendre son avis sur la conformité des schémas d'aménagement,
elle doit le faire dans un délai prescrit, à défaut de quoi la conformité est
constatée par défaut.
M. Fontecilla : Très bien. Vous
parlez de 30 jours suivant la réception de la résolution. Est-ce que c'est
un délai suffisant? Est-ce qu'on ne pourrait pas, si... Je ne connais pas la
mécanique de réunion d'une MRC ou d'une municipalité,
mais ça me paraît un peu juste. Est-ce qu'on ne pourrait pas songer à un
45 jours pour permettre, justement, à ce que les MRC se prononcent
de façon aisée, là, sur ces projets-là?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui. On juge
que le 30 jours, là, c'est suffisant. On fait passer ça de 120 à 30.
Encore là, c'est une mesure d'accélération, ça fait qu'on n'est pas dans
l'attente, là, on est dans l'exécution. Alors, si des élus puis une ville
décident qu'ils vont... qu'ils se prévalent de cet article-là, c'est parce
qu'ils considèrent qu'ils ont tout essayé
puis que, là, il faut avancer. Donc, je pense que 30 jours... Puis
n'oubliez pas, là, c'est projet par projet, là, que ça, ça va être utilisé. Donc là, tu sais, as-tu besoin
de 90 jours pour te prononcer sur un projet? Je ne pense pas. Il faut
que les gens soient en mode... Encore là, il
y a une crise, que tout le monde... je le dis depuis le début, il faut que les
gens soient tous au même rythme, là, dans l'exécution puis la volonté de
trouver des solutions à cette crise-là.
M. Fontecilla : Mais voilà,
justement, les MRC se réunissent une fois par mois, aux 30 jours. Si un
conseil municipal, je ne sais pas, se
réunit... adopte une résolution pour déroger au plan d'aménagement et autoriser
un projet immobilier, là, bien, en fait, les
délais font en sorte que la réunion du MRC, qui va se prononcer, arrive après
la date d'échéance. Il me semble que c'est
une question de quelques jours, hein, ça peut être une semaine, plus d'une
semaine, moins une semaine, là. Surtout que
la MRC, dans la version que nous présente la ministre, dans cet article-là, ça
constitue le seul rempart, outil existant pour, justement, constater qu'il y a
des horreurs et pourrait se prononcer contre cette disposition, cette
décision-là d'un conseil de ville, là.
Donc, pourquoi ne pas lui donner, je ne sais
pas, 15 jours de plus, là? Ce n'est pas la... On passe déjà de 120 à 30 jours, une réduction draconienne, on va
se le dire, là. Mais n'y aurait-il pas lieu de passer de 30 jours à
45 jours, par exemple? Ça ne va pas ralentir énormément les
projets, mais ça va donner le temps à nos instances démocratiques, là, de se
prononcer, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui,
bien, il n'y a rien comme un délai serré pour réagir. Alors, ça, c'est ce que
j'aimerais vous dire. L'autre chose, c'était 120 jours, le délai, parce
que, quand les choses s'en vont à un autre niveau, c'est beaucoup plus large
qu'un projet, là, c'est de réviser les schémas, et tout ça. Là, on intervient
sur un projet. Alors, j'ai-tu besoin
d'étendre les délais à ne plus finir? Non, c'est un projet. On vient
vraiment... Ça va être restreint, comme demande d'intervention. Alors,
30 jours, c'est amplement raisonnable. Bien franchement, je pense, je le
réduirais.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. J'aimerais
avoir des précisions sur ce que la ministre de l'Habitation a rajouté dans sa deuxième version, le rapport. C'est très bien
de... Je suis tout à fait d'accord avec cet ajout-là, donc, de faire en sorte
que les municipalités soient dans
l'obligation de rapporter... de faire un rapport, là, incluant ces éléments-là.
Bon, on pourrait voir dans le détail, là, je n'ai pas eu le temps
d'étudier dans le détail, parce que ça a été présenté maintenant, là, d'étudier le détail de ce rapport-là. Mais, à la
base, là, que chaque municipalité ait le droit de le faire, c'est très bien...
ait le droit... ait l'obligation, pardon, là, mais c'est le législateur
québécois qui introduit cette mesure-là qui risque d'avoir des conséquences
très concrètes dans les différentes municipalités du Québec, là.
Mais est-ce qu'il ne reviendrait pas au
législateur de faire... de présenter aussi un rapport général sur ces... les conséquences de cet amendement-là? Pourquoi la
ministre ne se donne-t-elle pas elle-même l'obligation de faire un
rapport, là, sur l'application de cet article-là, alors qu'elle le donne de
façon atomisée, segmentée, compartimentée à chaque municipalité? Il va être beaucoup plus difficile d'avoir une vue
d'ensemble sur les conséquences de cet amendement-là sur le terrain.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
est-ce qu'on a une réponse rapide ou, sinon, je vais suspendre
Mme Duranceau : ...une
réponse rapide, là, puis je vais conclure sur ça. Ce n'est pas pour rien qu'on
demande les données, c'est pour être capables de rapporter sur ces données-là.
Alors, on va s'assurer d'une transparence à notre niveau aussi.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup.
Alors, compte tenu de l'heure, je suspends les
travaux jusqu'à 15 heures. Bon appétit!
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
la Commission de l'aménagement du territoire reprend ses travaux cet
après-midi.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 31, Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière
d'habitation.
Nous sommes rendus à l'article 37.2, mais
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 31)
Le Président (M. Gagnon) : On
reprend. Nous sommes en ondes. On reprend l'article 37.2.
Où est-ce que nous en étions rendus cet
après-midi, c'est le député de Laurier-Dorion, vous étiez en échange. Est-ce
que vous voulez poursuivre votre échange?
M. Fontecilla : Oui, tout à
fait, M. le Président. Écoutez, encore une fois, cet amendement-là arrive de
façon, comment dire, abrupte. On ne s'y attendait pas, ça ne faisait pas
partie
de la version originelle du projet de loi n° 31. Ça implique quand même beaucoup, beaucoup de
changements pendant une période de cinq ans. On va donner, en quelque
sorte, carte blanche aux différentes municipalités pour développer, densifier — c'est
ça, l'objectif, là, densifier leur territoire — faisant...
en passant outre toute une série d'architectures institutionnelles qu'on a
mises... en termes d'aménagement, là,
qu'on a mises en place à travers les années, qu'on les a mises en place, pas
pour rien, là, parce qu'on voulait, justement, mieux... avoir un
meilleur contrôle sur le développement domiciliaire au Québec pour éviter les
horreurs qu'on a déjà connues dans le passé et aussi respecter les milieux
locaux, les populations locales.
La ministre de l'Habitation nous a dit que cet
amendement-là avait suscité beaucoup d'enthousiasme dans certains milieux, en fait, les deux milieux qui
sont les plus intéressés à développer, c'est-à-dire les municipalités. On
dit que, structurellement, les municipalités
veulent favoriser le développement et même l'étalement urbain, là, parce que
ça leur amène plus de taxes foncières dans un contexte où notre modèle de
financement du monde municipal est fondé principalement sur la perception d'une
taxe foncière. Donc, il y a un intérêt structurel des municipalités à vouloir
développer davantage pour recevoir, percevoir plus de taxes foncières.
Et, d'autre
part, la ministre l'a nommé aussi, un appui enthousiaste de la part des développeurs,
des promoteurs immobiliers, parce qu'eux, évidemment, c'est... leur pain
et leur beurre, c'est de développer. Et cela, évidemment, dans un contexte très particulier qui dure depuis
quelques années, la crise du logement qui se manifeste, entre autres,
par un déficit de construction de nouvelles unités d'habitation, là.
Mais
j'aimerais... ce n'est pas tout le monde, quand même, qui saute d'enthousiasme
par rapport à cet amendement qui arrive de façon... à la dernière
minute, là. J'aimerais citer quelques voix qui manifestent quand même certaines
réticences, là, en particulier l'Ordre des urbanistes, qui, dernièrement, il y
a quelques jours, le 10 novembre dernier, a émis un communiqué qui dit — et je
cite le communiqué de l'Ordre des urbanistes : «L'Ordre est conscient que
la réglementation de l'urbanisme dans
plusieurs municipalités ne permet pas la construction de logements, mais il met
en garde contre une densification à la pièce via des procédures d'exception»,
comme celle qu'on est en train d'étudier en ce moment, là.
Et il
continue, on cite un des officiers de l'Ordre des urbanistes,
M. Gariépy : «"Si le zonage n'est plus adapté aux
besoins, la meilleure réponse, c'est de le modifier! — avec
un point d'exclamation, s'il vous plaît. Il est essentiel de densifier nos
villes, mais il faut le faire de manière réfléchie, avec une vision d'ensemble
et des règles transparentes. À notre sens,
l'approche la plus prometteuse est d'adopter des nouvelles orientations
gouvernementales qui exigent que les municipalités développent un plan
de match sérieux pour construire les logements qui manquent sans étalement
urbain", poursuit M. Gariépy.
«Dans son
mémoire sur les orientations gouvernementales en aménagement du territoire,
l'ordre a notamment recommandé que chaque MRC soit obligée de développer
des stratégies pour pallier le manque de logements, d'effectuer une évaluation
exhaustive du potentiel de densification et de consolidation des secteurs
urbanisés, ainsi que revoir le zonage pour permettre la densification douce
généralisée dans les quartiers.» Fin de citation.
Donc, ma
question, c'est : Pourquoi la ministre n'a pas... n'a-t-elle pas choisi
une approche moins... comment dire, plus consensuelle, et en suivant les
recommandations de l'Ordre des urbanistes, et en obligeant les MRC, par
exemple, à effectuer une évaluation exhaustive du potentiel de densification et
revoir le dézonage pour permettre la densification douce généralisée dans les
quartiers?
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Duranceau : Bien, écoutez, je vais répéter ce que j'ai dit
tantôt, là, le projet de loi n° 16 prévoit que les municipalités devront mettre à jour leurs
règlements de zonage pour s'adapter aux OGAT puis aux plans
d'urbanisme... pas d'urbanisme, mais aux schémas d'aménagement, et tout ça va
se dérouler dans les cinq prochaines années.
Je répète qu'on est en crise du logement, qu'il
faut trouver des solutions pour qu'à très court terme les projets qui peuvent voir le jour puissent débloquer, et
c'est l'objet de cette mesure-là. Ce n'est pas une histoire de ne pas
consulter, de ne pas vouloir entendre qui que ce soit, c'est une histoire de
donner des pouvoirs aux villes dans des circonstances qu'elles jugeront pertinentes,
compte tenu des besoins dans leurs municipalités, de pouvoir agir pour faire
débloquer les choses. Et ce sera tout pour mes commentaires.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Laurier-Dorion, il reste
environ 2 min 30 s.
M. Fontecilla : 2 min 30 s?
Le Président (M. Gagnon) : Oui.
M. Fontecilla : J'aimerais savoir plus particulièrement si la
ministre ne pourrait-elle pas considérer la possibilité d'inciter
fortement, même obliger les différentes municipalités à, comment dire,
planifier et faire l'inventaire, un inventaire
plus exhaustif, là, des zones à densifier dans chaque municipalité et leur
permettre de... comment dire, d'effectuer plus rapidement des
modifications au plan de... au schéma d'aménagement, là, afin de faciliter la
densification douce. Est-ce que ça ne pourrait pas être aussi une avenue
qu'elle pourrait envisager?
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Collègue des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci,
M. le Président. Je voulais revenir, tout d'abord, là, sur l'ajout à
l'article 37.2, qui a été signifié
ce matin, qui, en fait, permettrait de vérifier après coup s'il y a eu des
usages de cette dérogation-là et quels sont les dommages,
essentiellement, et je... ça ne répond pas, à mon point de vue, à ce qu'on
souhaite, du moins de notre côté,
c'est-à-dire d'éviter que l'on crée des aberrations sur le plan urbanistique ou
sur le plan de l'harmonisation des usages dans les municipalités du Québec. Alors, c'est, au contraire, ce qu'on
essaie d'éviter en amont, c'est que de mauvaises décisions soient
prises.
Alors,
l'ajout de cet article-là nous permettra de constater jusqu'à quel point la
suspension des règles d'urbanisme peut
avoir créé des aberrations, et je pense que ce n'est pas une protection
acceptable. Si nous sommes des législateurs responsables, c'est
d'essayer de faire en sorte que, oui, des projets puissent débloquer, mais
qu'ils puissent aussi être ceux qui
permettent, justement, aussi de préserver l'harmonisation des usages et
également, là, être dans la suite de ce qu'on souhaiterait dans le
développement, la densification, le développement de nos villes et nos
municipalités. Donc, ça, c'est une petite remarque que je voulais faire
d'entrée de jeu.
Je voulais aussi faire du pouce sur le
questionnement de ma collègue députée de Mille-Îles, qui parlait de la question
du schéma d'aménagement. Et ce que je comprends de l'article, à l'heure actuelle,
c'est qu'on souhaite effectivement que les
résolutions qui sont prises dans le sens de la dérogation proposée
conviennent... soient, finalement... puissent...
ne contreviennent pas, en fait, au schéma d'aménagement et de développement des
MRC, et on a soulevé la question des
villes-MRC qui, elles, n'auraient pas de garde-fou, qui n'auraient pas de
possibilité de valider la décision qui est prise par les élus, et ça me
semble être une imprudence de la part du législateur si on allait de ce
côté-là. Et je voulais savoir, puis ma question s'adresse, évidemment, à la
ministre, si la question, c'est de véritablement accélérer les choses, donc l'obtention des permis, par
exemple, de construction ou est-ce que c'est se soustraire aux règles qui
sont applicables aujourd'hui, particulièrement pour la question du schéma
d'aménagement. Est-ce que... le fait d'avoir une dizaine, une douzaine ou une
quinzaine de villes-MRC qui n'ont pas cette espèce de balise-là, est-ce que ça
permet véritablement d'accélérer les choses ou c'est... ça permet... ou est-ce
que ça peut permettre d'aller... de passer outre aux règles et aux
prescriptions du schéma d'aménagement et de développement?
Le Président (M. Gagnon) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
j'apprécie, là, les risques potentiels que vous soulevez, mais, je tiens à le
rappeler, il y a une crise. Il faut trouver une solution, quand il y a une
crise, puis une solution pour agir rapidement. Alors, c'est ça que ça vise,
37.2.
Pour ce qui est des MRC, on en a discuté tantôt
puis on va modifier en conséquence, là, où la députée de Mille-Îles
propose un amendement à cet égard-là, ça fait qu'on va écouter ce qu'elle nous
propose. Mais je pense qu'il faut
arrêter de brandir, là, l'épouvantail que ça va partir dans tous les sens. On
présume que les municipalités font leur job comme il faut, autant les élus que les administrations, puis les gens
qui ont vraiment la volonté de faire bouger les choses puis qui vont agir de bonne foi vont pouvoir se prévaloir
d'outils, là, qui sont disponibles en attendant qu'ils changent toute
leur panoplie de règlements. C'est ça, l'idée, parce qu'on le sait, c'est long,
toute la réglementation. Alors là, c'est un outil qui permet d'agir rapidement,
compte tenu du contexte, projet par projet.
M. Arseneau : Moi,
je suis d'accord que, dans la vie, en général, il faut présumer de la bonne foi
des gens puis il faut présumer aussi que les gens respectent les règles
puis les lois. Et malheureusement si c'était le cas et puis qu'on pouvait
suspendre toutes les règles qui nous gouvernent dans la société québécoise, on
viendrait de perdre notre job de législateur, là.
La raison pour laquelle il existe toute une
panoplie de règles et de lois dans le milieu municipal, c'est parce qu'on a une histoire qui fait en sorte que le
législateur a jugé qu'il fallait se donner des paramètres, des balises pour
s'assurer que les gens ne puissent pas faire
n'importe quoi, n'importe où, n'importe quand, à leur guise, selon leur bon vouloir
parce qu'ils sont propriétaires d'un lot ou d'un terrain quelque part au
Québec. Alors, ça, c'est le principe qui fait en sorte qu'on est ici, on a une
job à faire, et qu'il y a un corpus législatif, là, qui nous précède d'au moins
presque 200 ans.
Alors, moi,
j'ai de la difficulté à penser que, tout d'un coup, là, on fait sauter les
règles puis c'est sans conséquence parce que tout le monde se comporte
correctement avec de la bonne volonté, de la bienveillance pour son voisin, là,
et puis que ça va bien fonctionner. Je pense qu'il faut reconnaître,
particulièrement dans une situation de crise, qu'on peut accélérer les choses tout en se donnant un certain nombre de
balises pour éviter de faire n'importe quoi dans la hâte. Moi, je pense qu'on peut tout aussi bien dire que
les gens vont bien se comporter en situation de crise comme de dire que les gens vont faire n'importe quoi parce que c'est
la crise, et c'est la raison pour laquelle je ne souscris pas à
l'argument de la ministre de dire : Suspendons les règles pendant cinq
ans, puis ensuite, un an à la fois, on va voir si on a créé des monstres ou si
on a vu des aberrations être admises par les uns ou par les autres. Et je pense
qu'il y a une certaine candeur dans cette approche-là, qui peut être, au demeurant,
généreuse, mais qui nous éloigne de notre rôle et de notre responsabilité.
Je reviens sur la question du schéma
d'aménagement et de développement. Sur la question des villes-MRC, lorsqu'on disait, tout à l'heure, là, qu'il y
avait peut-être une faille, j'espère qu'il y aura un amendement, on va
l'écouter tout à l'heure. Mais pourquoi est-ce qu'on devrait avoir une balise?
C'est parce qu'on vient suspendre la capacité et la possibilité,
démocratiquement reconnue à l'heure actuelle, pour le citoyen de faire appel
d'une décision qui pourrait apparaître injuste, ou inéquitable, ou
discriminatoire, ou carrément illégale de la part d'un groupe d'élus qui aurait
été mal informé, qui aurait été mal
intentionné ou que sais-je encore. Donc, il y a une espèce de procédure
d'appel, puis ça fonctionne dans le
milieu juridique et judiciaire, ça fonctionne également, dans certains cas, au
municipal. Et là on vient de faire sauter... On en parlait tout à l'heure, ce matin, là, mon
collègue ici, de Laurier-Dorion, parlait du fait que le CCU n'est pas systématiquement consulté sur les
projets qui pourraient émaner du conseil... des conseils municipaux.
Alors, on vient de faire sauter une balise, là. Il n'y a pas d'analyse, là,
neutre, objective ou externe au jugement des élus. On vient de la faire sauter, on dit : Bien, s'ils veulent y faire...
en faire... y faire appel, c'est bien, mais sinon, non. Alors, quand on
fait, comme ça, là, sauter des verrous, bien, ça donne place à toutes sortes de
situations potentielles que l'on souhaiterait éviter. Alors, moi, je veux
réitérer qu'il est important de mettre des balises pour la question du respect
du schéma d'aménagement et développement du territoire pour les MRC et
j'accueillerai avec beaucoup d'intérêt la proposition que nous fera notre
collègue.
Mais je
voudrais revenir sur la question de la crise, parce qu'on entend la ministre,
depuis la semaine... depuis il y a deux semaines et encore aujourd'hui,
nous dire que cette crise-là dans le milieu de l'habitation est telle qu'il faut prendre des mesures absolument draconiennes,
exceptionnelles, qui consistent essentiellement à suspendre les règles,
comme, évidemment, les élus le souhaiteront ou pas, sur une période de cinq
ans.
La première
constatation, c'est que cette crise-là, elle n'est pas survenue il y a deux
semaines. Pendant quatre ans, nous
avons plaidé auprès du gouvernement actuel le fait qu'il y avait crise et qu'il
fallait agir, et les gestes ont été timides.
Le mot en c a été banni, tabou pendant quatre ans, et là aujourd'hui on veut
nous faire passer à travers la gorge l'idée
que la crise est telle qu'il faut suspendre tous les règlements d'urbanisme
dans... à deux conditions. Puis j'aimerais savoir, là, dans... quand ces deux conditions-là sont... l'une ou l'autre
des conditions sont rencontrées, là, combien ça va exclure de
municipalités. Probablement aucune. Soit les municipalités vont avoir des
projets, là, de trois habitations ou plus... de trois logements ou plus ou
encore elles font plus de 10 000 habitants. J'ai l'impression qu'on
donne le droit à toutes les municipalités de
faire n'importe quoi, comme bon leur semble, et ça, moi, ça m'inquiète un peu,
ça m'inquiète un peu.
Et je parle de la crise, non seulement, pendant
quatre ans, on a nié la crise, mais il y a un peu plus d'un an, la crise était là, une ministre, une nouvelle
ministre de l'Habitation a été nommée, et pendant, je vous dirais, quoi, huit
mois, là, entre le mois de novembre et le
mois de juin, on a travaillé sur un projet de loi pour agir sur la crise qu'on
commençait, du bout des lèvres, à admettre. Le projet de loi est déposé juste
avant la pause de... estivale en juin dernier, et j'ose imaginer que l'ampleur
de la crise avait été véritablement saisie par le ministère et par la ministre.
Alors, moi, la question qui tue :
Pourquoi est-ce que l'amendement qu'on nous présente aujourd'hui ne faisait pas
partie de la mouture originale du
projet de loi qui a été déposé en juin, alors qu'il y avait crise, et qui
n'était pas moins grave que celle que l'on peut voir aujourd'hui, et
celle que la ministre semble invoquer aujourd'hui pour nous passer ce sapin du
32... du 37.2, de l'article 37.2? Pourquoi on n'y a pas pensé avant?
Le Président (M. Gagnon) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui,
merci. On y avait pensé avant, je vous rassure, là. Ce que j'ai répété à
maintes reprises, c'est qu'en juin on
a déposé un projet de
loi sur les éléments qui touchaient uniquement mon carré
de sable, Habitation. Quand il faut
toucher à d'autres ministères, il y a plus de discussions, il y a plus de
choses à regarder, puis c'est juste ça qui
a fait en sorte qu'on a déposé cet amendement-là plus tard. Alors, pas plus
simple que ça, pas de grande conspiration, c'est parce qu'en juin on
s'est... on a adressé les questions qui touchaient le Tribunal administratif du
logement, la SHQ puis les éléments du Code civil qui touchent les relations
locataire-locateur.
Je vous
rappelle que j'ai été nommée en même temps que vous, OK, qu'on a commencé à
travailler au mois de janvier ou
qu'on est rentrés en Chambre au mois de février et qu'en un très court laps de
temps on a fait des consultations parlementaires
avec la députée de Labelle, on a rencontré des gens puis on a rapidement agi
sur les éléments qui étaient dans mon carré de sable, et pendant l'été
on a poursuivi ces travaux-là puis on a étendu le carré de sable. C'est tout.
M. Arseneau : Vous savez, je
viens des Îles-de-la-Madeleine, j'aime beaucoup les carrés de sable. En fait, on
a des centaines de kilomètres de carrés de sable chez nous, là, mais je
n'achète pas l'argumentaire de la ministre, M. le Président, cet après-midi,
lorsqu'elle nous dit que le carré de sable était délimité sur l'Habitation dans
le cadre de la mouture initiale du projet de
loi et qu'elle l'a déposé en toute connaissance de cause, sachant qu'il était
incomplet, sachant que des consultations
particulières seraient tenues et feraient abstraction d'une panoplie d'autres
articles, d'autres éléments assez
importants, voire fondamentaux, et qu'ils seraient soustraits à l'analyse et à
l'appréciation des différents groupes,
des associations et de tous les intervenants du domaine municipal ou de
l'habitation qui auraient pu, et auraient dû, et voudraient aujourd'hui
se prononcer sur la chose.
Alors, est-ce que j'ai bien compris, là, que ce
que la ministre a dit, M. le Président, c'est qu'on savait que le projet de
loi, il était incomplet en le déposant et on savait qu'on irait en
consultations particulières sachant qu'on soustrairait un certain nombre
d'articles à la consultation?
Le Président (M. Gagnon) : Mme
la Présidente... Mme la ministre, pardon.
Mme Duranceau : Oui.
Écoutez, je savais que je travaillerais tout l'été, tout l'été, sur différents
amendements possibles, puis très heureuse
d'avoir pu déposer un amendement comme celui-là, qui a été salué par tous les
gens qui veulent régler ou aider à
régler la crise. Alors, je pense que c'est une bonne chose, puis, écoutez, ça
s'est dessiné pendant l'été. Ça s'est dessiné pendant l'été, je ne peux
rien dire de plus que ça, là. Il n'y a pas de... comme je vous dis, il n'y a
pas de conspiration. C'est quelque chose qui a été rendu possible avec le
travail de toutes nos équipes et qui voit le jour aujourd'hui. Ça ne s'est
jamais vu, effectivement, mais c'est une mesure qui vient répondre à la crise.
Situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.
Là, on peut brandir tous les drames
possibles, je pense qu'il faut soupeser les risques puis les bienfaits de ça.
C'est ce qu'on a fait cet été. On a soupesé
les pour et les contre d'une mesure comme celle-là. Il y a des gens très
compétents qui travaillent au gouvernement, et ensemble, on a travaillé sur
cette proposition-là, qui, d'ailleurs, est très, très bien reçue par les
principaux intéressés.
M. Arseneau : Bien, en fait, comment
savoir si les principaux intéressés, là, ont bien reçu ce projet de loi
alors qu'ils n'ont pas tous été invités à se prononcer sur des articles qu'ils
ne connaissaient pas, que vous alliez présenter avant les consultations
publiques?
Mme Duranceau :
Bien, je vous invite à communiquer avec eux, là. C'est ce qu'on a fait,
puis on a tenu des consultations
particulières cet été, au mois d'août. On en a tenu d'autres ouvertement, là,
en commission parlementaire, on a entendu tout le monde. Vous pouvez
revoir les mémoires. Puis c'est quelque chose qui était demandé, donc je ne
sors pas du champ gauche, là, avec cette mesure-là. C'est quelque chose qui
était attendu par le milieu puis qui est très, très... qui sera très bénéfique.
M. Arseneau :
Bien, encore une fois, c'est...
Mme Jeannotte : M. le Président, est-ce
que je pourrais poser une question, M. le Président, à mon collègue?
Le Président
(M. Gagnon) : Mme la députée.
Mme Jeannotte :
Bonjour. Je vais prendre une petite seconde pour... Je suis surprise parce
que moi, là, tous les jours, je me fais dire par les entrepreneurs... je ne
sais pas vous, dans votre comté, là, mais à quel point c'est lent, les
processus, puis j'aimerais savoir si... Ça me surprend qu'un député ne se fasse
pas dire ça, qu'on ne va pas assez vite, que
c'est lent, les permis, que tout est trop lent, faites quelque chose. Je vous
le demande bien humblement, est-ce que
vous ne vous faites pas interpeler dans votre comté, vous-même, à ce sujet-là,
le fait qu'on doit faire quelque chose au gouvernement pour que ça
change? Moi, je me le fais dire tous les jours.
M. Arseneau :
Moi, je questionne, à l'heure actuelle... puis je reviendrai sur votre
question, chère collègue, parce qu'il y a la
question d'accélérer les choses puis de faire sauter les règles, pour moi,
c'est deux choses complètement différentes.
Est-ce qu'on veut suspendre les règles ou est-ce qu'on veut accélérer les
processus? Et moi, je pense qu'il y a une confusion, dans l'approche
gouvernementale, entre les deux.
Est-ce que les règles
sont inadéquates? Est-ce qu'on devrait faire n'importe quoi, n'importe où,
comme bon le semble, parce qu'il y a crise, ou est-ce qu'on devrait se garder
un certain nombre de règles mais accélérer l'étude des projets
d'investissement, par exemple?
J'aimerais continuer
ce que je suis en train de dire, si vous le permettez, M. le Président. Je
pense qu'il y a un collègue, ici, qui veut intervenir pour me couper la parole.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : ...
Le Président (M. Gagnon) :
Est-ce que c'est une question de règlement, M. le député?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : En tout respect pour mon collègue des Îles-de-la-Madeleine,
on peut avoir tous les débats, ici, prendre tout le temps qu'il faut, on est là
pour ça, mais là je soulève un règlement, là, on nous prête des intentions,
«faire n'importe quoi, n'importe comment». Moi, M. le Président, je n'accepte
pas ça.
M. Arseneau :
M. le Président...
Le Président
(M. Gagnon) : J'ai bien entendu. Je vais inviter tous les députés
à la prudence, mais allez-y, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, vous
comprenez.
M. Arseneau :
D'accord. Bien, moi, je ne prête d'intentions à personne dans le cadre des
travaux, ici, de l'Assemblée. Ce que je dis, c'est qu'à partir du moment où il
y a un
article qu'on est en train d'étudier, le 37.2, qui dit que la
municipalité peut autoriser un projet d'habitation qui ne correspond pas aux
règles d'urbanisme, donc, ça sous-entend, chez moi, le fait qu'on peut faire pas
mal n'importe quoi, n'importe où, comme bon nous semble, parce que les règles
sont, de par cet article-là, suspendues. Alors, c'est simplement ce que je dis.
Alors, à partir de ce
moment-là, je veux revenir sur le... pour savoir si j'ai bien compris, là. On a
travaillé tout l'été sur un projet de loi qui avait été déposé en juin, et la
question que je me pose, c'est : Pourquoi on ne l'a pas soumis, le fruit
des travaux de l'été dernier, à la consultation pour qu'on puisse constater...
Ce que la ministre nous dit aujourd'hui, c'est que tous les intervenants
rêvaient de cet article-là, mais on ne leur a pas soumis cet article-là dans le
cadre de la consultation, des consultations particulières.
Mme Duranceau :
...il n'était pas prêt.
M. Arseneau : Parce qu'il
n'était pas prêt.
Mme Duranceau :
Il y avait... Ça s'est tout fait dans les dernières semaines et mois, avec
des consultations de tout le monde puis le travail de tout le monde à
l'interne. C'est un processus, là, en constante itération puis amélioration.
Alors, c'est comme ça, là.
M. Arseneau : Bien, je
comprends que la ministre n'avait pas toute l'information ou que le travail
n'était pas complété, mais alors mettez-vous à notre place, on a... on peut
avoir l'impression que les processus que l'on suit normalement, où un projet de loi est déposé, on va entendre les gens sur
l'ensemble de la pièce législative et ensuite on apporte des amendements ensemble comme législateurs, on bonifie le
projet de loi, ce processus-là ne semble pas respecter les règles de l'art. Et de nous dire que des
consultations qui ont été tenues depuis les quelques dernières semaines en
privé, par téléphone ou que sais-je encore,
peuvent être reconnues comme étant des processus ou des procédures admissibles
pour la commission sur laquelle on siège
présentement, ça me semble un peu fort, un peu lourd et difficile à
admettre, parce que ce processus-là de rencontres et de consultations qui suit
les consultations publiques ici, filmées devant les caméras et devant les citoyens, bien... on n'a pas les moyens de
contre-vérifier, de contre-interroger non plus ceux qui disent... qui vous disent qu'ils apprécient
beaucoup ce nouvel article. Et est-ce que c'est une procédure qui est
classique ou qui respecte les règles qu'on
se donne normalement à l'Assemblée nationale? Moi, il me semble qu'il y a un
enjeu là.
Mais les
choses étant ce qu'elles sont, je vais revenir sur la question de... la
question de fond, sur les effets d'une proposition comme celle-là, et je
veux revenir sur la question de l'accélération des projets versus la suspension
des règles pour permettre à des projets
d'aller de l'avant. Est-ce qu'on a une idée du nombre de projets qui sont
bloqués parce qu'ils ne respectent pas les règles d'urbanisme versus
ceux qui n'ont pas été autorisés parce que les délais d'analyse et de réponse
sont plus longs ou sont jugés trop longs? Est-ce que vous comprenez la
différence que je veux amener?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, moi, je sais juste que l'APCHQ me dit qu'il y a 25 000 unités, en
ce moment, qui sont bloquées, puis ça, c'est leur sondage interne, qui
n'est pas exhaustif. Alors, je pense que juste ça, ça justifie de donner des
moyens pour avancer. Parce qu'on peut s'empêtrer, là, dans plein de théories,
là, mais il y a du monde qui attendent des logements. Plus on aura d'offres,
plus on va être capables d'avoir un effet sur les prix puis de calmer les
hausses de prix. Alors, moi, je cherche des façons d'aider les gens pour que ça
sorte plus rapidement.
Et je tiens à souligner qu'on présume que les
villes, que leurs administrations et que les élus ne feront pas des hérésies.
S'il y en a, bien, écoutez, je suis sûre que vous allez me le renoter en temps
et lieu, mais, pour le moment, je pense
qu'on va présumer de la bonne foi de tout le monde. C'est une mesure qui est
très saluée par tous les acteurs du milieu et qui s'est peaufinée au fil
des recommandations, là, à l'automne, avec les commentaires de tout le monde.
Donc, je
comprends ce que vous soulevez comme risque, je le vois, moi aussi, mais je
pondère... encore une fois, je le répète, je pondère risques versus
rendement puis opportunité de faire débloquer les choses, puis je pense que,
dans un contexte de crise, si on veut rester les deux pieds dans la mélasse, on
peut, ou on peut aussi dire : Bien, tu sais-tu
quoi, je le prends, le risque parce que je pense qu'il faut agir pour le monde
puis arrêter d'avoir peur d'avoir peur. Alors, c'est ma position,
écoutez, et je la partage.
Le Président (M. Gagnon) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine, pour information,
3 min 30 s.
M. Arseneau : Oui.
Parce que la question des... Bon, on parle de... le chiffre que vous évoquez,
25 000, quelle est la part de ces projets-là qui ne débloquent pas
et qui ne respectent tout simplement pas les règles d'urbanisme des villes auxquelles les villes, les élus et les
citoyens tiennent? Parce que c'est l'élément qu'on peut opposer à un
argument comme celui-là.
Si on me dit
qu'on a adopté des règles à travers les années... Et, M. le Président, en ma
qualité de maire, à une certaine
époque, nous avons dû harmoniser l'ensemble des règlements municipaux des
différentes anciennes municipalités des
Îles-de-la-Madeleine, nous avons adopté un schéma d'aménagement et de
développement du territoire. Et c'est vrai que ça a été long, mais c'est
vrai aussi qu'on ne peut pas fonctionner dans l'absence de règles, et ces
règles-là, elles devaient correspondent,
évidemment, à la fois aux besoins de développement, et de création de
logements, et de création de richesse et de zones industrielles, et
ainsi de suite... et de protection des zones agricoles et forestières, et ainsi
de suite, mais elles ont été élaborées de façon démocratique sur une certaine
période.
aujourd'hui il est clair que ces règles-là, elles peuvent empêcher certains
projets de se réaliser tout simplement parce
que ces projets-là ne correspondent pas aux principes que l'on s'est donnés
collectivement et démocratiquement pour
le développement harmonieux de notre communauté. Je suppose que c'est la même
chose un petit peu partout dans les municipalités à travers le Québec,
d'où la question que moi, je juge pertinente, à savoir : Est-ce que les
projets qui sont actuellement supposément
bloqués, c'est parce qu'ils contreviennent aux règles que les municipalités et
les villes se sont données
démocratiquement ou c'est parce qu'il y a une lenteur dans l'administration des
processus? Parce que, si l'objectif de la ministre consiste à lever les
règles pour que des projets qui seraient, à leur face même, inacceptables aux
yeux d'une majorité de citoyens soient permis parce qu'il faut agir et faire
débloquer les projets, quels qu'ils soient, bien ça, il y a quelque chose
d'extrêmement dangereux.
Puis je vous
soumettrai que, si les élus ont été, évidemment, là, mis en place par leurs
citoyens, ce n'est pas... c'est pour
gérer, oui, les municipalités et les villes avec une administration en support
à leurs décisions et une administration qui comporte un secteur de l'urbanisme et de l'aménagement du
territoire, et qui a ses propres règles, et qui doit y obéir, et qui a également un comité consultatif
composé d'un certain nombre de personnes neutres, objectives, externes,
qui peuvent apporter un point de vue, et
c'est comme ça qu'on prend les meilleures décisions à la fois pour le
développement, à la fois pour l'habitation, à la fois pour augmenter la
prospérité et la richesse de nos communautés...
Le Président
(M. Gagnon) : En terminant.
M. Arseneau : ...mais tout en
ayant un certain nombre de balises, qui, là, seront suspendues par un article,
s'il était adopté comme il est libellé aujourd'hui.
Président (M. Gagnon) : Merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de
Laurier-Dorion, 1 min 35 s.
M. Fontecilla : ...pas
grand-chose à faire dans 1 min 35 s. Je dépose un amendement, M.
le Président... un sous-amendement.
Le Président (M. Gagnon) : Qu'on
n'a pas reçu, donc on va suspendre.
M. Fontecilla : Ça s'en vient,
monsieur...
Le Président (M. Gagnon) : On
suspend.
(Suspension de la séance à 16 h 17)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
nous reprenons, à la salle La Fontaine. Nous sommes rendus au sous-amendement introduisant l'article 37.2.
Collègue de Laurier-Dorion, est-ce que vous voulez en faire lecture, s'il vous
plaît?
M. Fontecilla : Juste un
instant, M. le Président, je suis en train de le chercher, justement, là, dans
Greffier... OK, je l'ai. Donc, c'est un
sous-amendement à l'article 37.2 qui consiste à modifier l'amendement créant
l'article 37.2 du projet de loi en
retirant, au premier paragraphe du premier alinéa, le mot «majoritairement» et
en remplaçant, au premier paragraphe du sixième alinéa, le chiffre «30»
par le chiffre «45».
Donc, je fais la lecture de...
L'article tel
qu'amendé se lirait ainsi,
article 37.2 :
Insérer, après l'article 37.1 du projet de loi
tel qu'amendé, le suivant :
«37.2. Une municipalité locale peut, avant le
(indiquer ici la date qui suit de cinq ans celle de la sanction de la présente
loi) autoriser un projet d'habitation qui déroge à la...»
Le Président (M. Gagnon) : ...
Président (M. Gagnon) : ...faire une proposition, c'est libre à vous, si
vous voulez lire l'article au complet ou si vous voulez juste aller
directement. Je vous offre l'opportunité, à vous de choisir.
M. Fontecilla : On va y aller
directement, là. Donc, dans le deuxième alinéa, le premier paragraphe :
«1° le projet est composé de logements sociaux
ou abordables ou de logements destinés à des personnes aux études au sens de
l'article 1979 du Code civil;».
On barre «le projet est composé
majoritairement», premier amendement.
Ensuite, on
s'en va plus loin. OK, là, je vais vous dire c'est où, là... Ensuite, au
premier paragraphe du sixième alinéa — j'y arrive — l'article
se lirait :
«1° la municipalité
régionale de comté doit se prononcer dans les 45 jours suivant la
réception de la résolution», au lieu de «30 jours».
Je vais commencer par ce dernier. Donc, écoutez,
une municipalité régionale de comté, en général, possède beaucoup plus d'expertise et de ressources qu'une
municipalité, tout dépendamment de la taille de cette municipalité, mais
on sait qu'au Québec, là, on retrouve
beaucoup, beaucoup de petites municipalités avec des ressources humaines
limitées, ce qui limite, en même temps, l'expertise
concernant des éléments urbanistiques. C'est ce qui nous occupe
aujourd'hui.
Donc, les
MRC, en ayant cette expertise-là, peuvent développer un regard plus juste, un
regard critique, également, là, sur les projets présentés par les
municipalités membres de cette MRC là, mais il nous paraît qu'étudier un projet
dans toutes ses dimensions en seulement 30 jours par des urbanistes d'une
MRC... puis ce n'est pas toutes les MRC qui ont une équipe d'urbanistes non
plus, là, il se peut qu'il y ait un urbaniste qui a la tâche d'étudier
l'ensemble des dossiers urbanistiques dans une MRC, donc le temps pour cette
unité-là — on
va l'appeler comme ça — d'urbanistes
d'étudier le projet sous toutes ses
coutures, s'en faire une tête et produire un avis destiné à la MRC, ça va leur
prendre du temps. Ensuite, il faut attendre
que la réunion de la municipalité régionale de comté ait lieu. Et tout cela, ça
peut dépasser aisément les 30 jours,
là. Donc, pour permettre aux MRC de faire un travail correct, là, de faire leur
travail, le travail qui est commandé
par les lois, il nous semble que 30 jours, c'est nettement insuffisant, il
faudrait au moins leur donner 45 jours.
On a entendu
la ministre de l'Habitation nous dire, nous informer, tantôt, que le délai
actuel, c'est de 120 jours, là, donc plusieurs... quatre mois, à toutes
fins pratiques, et elle l'a coupé à 30, mais qu'elle serait même prête à aller jusqu'à... elle aurait
été même prête à couper ça à 15 jours, là, ce qui court-circuite carrément la
possibilité aux MRC de donner... de
se faire et adopter une position, là, sur les projets présentés. Donc, cela
entraîne encore plus un risque accru de
se retrouver avec des projets qui constituent... qui, comment dire, défigurent
les milieux locaux, soit par la volumétrie, donc la densité, une très grande densité, et aussi par des aspects
architecturaux, les matériaux utilisés, le revêtement, etc.
Donc, pour
permettre à nos institutions, celles que nous avons créées à travers les
décennies, les municipalités régionales de comté... il faudrait au moins
leur donner un temps suffisant pour faire le travail correctement, là, et
45 jours, là, me paraît essentiel pour accomplir cet objectif, sinon on
est en train, carrément, de couper les ailes aux MRC pour faire correctement leur travail, là. J'en suis, il faut créer
davantage de logements, il faut, en autant que possible, assouplir le
règlement actuel, le rendre plus agile, mais on ne doit pas non plus faire en
sorte que... de, comment dire, amoindrir grandement le mécanisme actuel à un
point tel qu'ils ne pourront plus faire, accomplir les mandats, les mandats qu'ils ont pour faire leur travail. Donc,
45 ... Et tout ça, ça dépend aussi d'une question de temps, là. Si on
veut que les institutions fassent correctement leur travail, il faut leur
donner le temps nécessaire, et une façon d'annuler la possibilité pour que ces institutions-là fassent leur travail, c'est de
leur donner peu de temps pour accomplir leur mandat.
D'autre part, encore, j'ai un grand
questionnement, là, et je passe au deuxième élément de l'amendement, c'est le
premier alinéa. En fait, «le projet est composé majoritairement de logements
sociaux ou abordables ou de logements destinés à la personne aux études au sens
de l'article 1979 du Code civil», qu'est-ce que ça veut dire, le «majoritairement»? 50 % plus un? Pourquoi
est-il là? Est-ce que le projet... Donc, si le projet est composé
majoritairement de logements sociaux, on
suppose qu'il est complété par un autre type de logement — enfin, j'ose croire que c'est des logements — donc on pourrait avoir des projets mixtes et
des projets... par exemple, on pourrait penser à une partie, 50 % plus un, des logements sociaux et 49,9 % de
condominiums, par exemple. Là, on est en train de compliquer
excessivement la réalisation des projets, parce que, plus on ajoute des
éléments issus... de différentes natures, là — le condominium et le logement
social n'est pas... n'a absolument pas la même nature — plus
ces projets deviennent compliqués à réaliser,
ne serait-ce que pour faire les montages financiers requis pour assurer la
viabilité financière de ces projets-là.
Donc, en
enlevant «majoritairement», ça simplifie grandement cet élément-là, et les
projets destinés à des logements sociaux
abordables uniquement seraient exemptés des procédures... si la municipalité le
décide ainsi, seraient exemptés de
toutes les procédures d'approbation qui existent en ce moment, là. Donc, la
question est à savoir quel est le rôle joué par le «majoritairement». Moi, à mon avis, il ne joue aucun rôle, ça ne
vient que complexifier la tâche et la compréhension. On va se rappeler qu'il est probable... Bien, en tout
cas, beaucoup, beaucoup d'agents dans la société civile, soit des
développeurs, soit les municipalités, soit des simples citoyens, vont essayer
de comprendre ça veut dire quoi, le «majoritairement». Ils auront beaucoup de
difficulté à essayer de comprendre l'intention du législateur en utilisant ce terme, «majoritaire». Ça peut aussi qu'un jour
cette disposition-là se retrouve devant des tribunaux, et, encore une
fois, on va se poser la question : Qu'est-ce que le législateur voulait
dire par le «majoritairement des logements sociaux»? Si ce n'est pas
majoritaire, ça veut dire quoi? Et quelle est... et surtout quelle est l'autre
partie du majoritaire? La
partie minoritaire, on va l'appeler comme ça, il
s'agit de quoi? Le texte qui a été présenté est muet par rapport à cet
élément-là. Donc, c'est un mot qui vient complexifier inutilement, et il
faudrait l'enlever, selon moi.
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec le
sous-amendement introduisant l'article 37.2? Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Bien, en
fait, c'est ça, on comprend que le 30 jours, il a été inscrit dans
l'article par le ministre pour réduire le délai des deux tiers, là, si je
comprends bien, on est passés de 120 jours à 30 jours. En fait, c'est
même davantage, c'est du quart, là... c'est du trois quarts, c'est ça. Est-ce
qu'on peut... Si on veut se prononcer sur le 30 jours, sur le
45 jours, est-ce qu'il y a des avis qui ont été donnés par des MRC, par
exemple, disant qu'il était réaliste de penser que, sur une période de
30 jours, en mettant tous les efforts, avec l'expérience, évidemment, des
MRC, c'était tout à fait possible et souhaitable ou est-ce qu'on le voit comme
un défi? J'aimerais savoir sur quoi repose l'identification du 30 jours versus
120, versus 45 ou 90. Est-ce qu'on peut nous éclairer là-dessus?
Le Président (M. Gagnon) : Mme
la Ministre.
Mme Duranceau : Oui. Alors, on
a présenté cet amendement-là à la FQM, ils étaient très favorables, dans sa
version initiale, donc il n'y avait pas d'enjeu avec le 30 jours. Et je
tiens à rappeler qu'on n'est pas en train de proposer... Quand on va utiliser
cet article-là, on l'utilise pour un projet spécifique, donc c'est très
circonscrit, comme demande, là, ou comme révision qui devra être faite. Alors,
ce ne sera pas une problématique, 30 jours, là, compte tenu de la nature
de la demande. Ce n'est pas comme une révision de toute la réglementation, où
là les délais seraient... devraient être plus longs.
M. Arseneau : D'accord. Puis
l'autre question que j'avais, mais, bon, peut-être que vous y avez un peu...
que la ministre l'a un peu abordé, c'est... compte tenu que les assemblées
publiques municipales se tiennent, dans la plupart des cas, une fois par mois
et qu'il peut y avoir des réunions de MRC également une fois par mois, est-ce
qu'il ne peut pas y avoir... En fait, je me
pose la question à savoir si, justement, compte tenu que la MRC devra se
prononcer, j'imagine, c'est le conseil des maires qui devra se prononcer,
est-ce que c'est l'assemblée publique, l'étude par l'administration, et tout ça, tout ça doit se faire dans les
30 jours de réception... est-ce qu'il n'y a pas là, effectivement,
un peu comme l'avance mon collègue de Laurier-Dorion, non pas tellement la question
de l'étude de la résolution, mais de... je dirais, de la tenue des réunions
formelles pour décider tout ça? Il n'y a pas un enjeu là-dedans?
Mme Duranceau :
Bien, les réunions, ils peuvent en tenir quand ils veulent, là, des
réunions spéciales, au besoin, ils peuvent
en tenir. Moi, là, je les rencontre, les préfets, là, dans les MRC, ils veulent
tous que ça bouge, là, alors on leur donne ces pouvoirs-là. S'ils
veulent faire débloquer un projet, ils vont s'organiser pour que ça rentre dans
les délais, donc ils peuvent tenir leurs
réunions quand ils veulent. Puis par ailleurs 30 jours, pas de temps pour
étudier la... Oui, pour étudier la résolution puis un projet, bien,
c'est très raisonnable, là, et je répète ce qu'ils nous ont dit, là. Ce n'est
pas moi qui le dis, c'est ce qu'ils nous ont dit.
M. Arseneau : Oui,
mais là vous dites... la ministre dit : On leur donne ce pouvoir-là. En
fait, c'est un devoir, là, c'est
«doit se prononcer», donc c'est une obligation qu'on leur impose. Parce qu'ils
ont déjà le pouvoir, j'imagine, d'aller beaucoup plus rapidement que les 120 jours qu'ils ont à leur
disposition, mais la question, c'est : Pourquoi ils ne font pas déjà?
Mme Duranceau : Je l'ai dit,
là, moi, j'inculque un... je souhaite inculquer un sentiment d'urgence à tout
le monde. Alors, ceux qui ne l'ont pas, bien là, ils vont l'avoir.
M. Arseneau : Moi,
j'ai terminé. En fait, c'est difficile de se prononcer, justement, parce que,
bon, il faut voir si effectivement
les MRC sont à l'aise, et sont confortables, et sont aptes à répondre, parce
qu'il faut bien comprendre que, s'ils
ne le font pas bien, bien, ils sont réputés l'avoir approuvé, là, si je
comprends bien, là, les paragraphes suivants, là. À défaut de répondre dans les 30 jours, c'est
comme s'ils avaient répondu favorablement, c'est ce qu'il faut
comprendre?
M. Arseneau : Oui? C'est ça,
donc, oui, effectivement, là, l'obligation est là. Je voudrais... en tout cas,
je voulais juste exprimer cet état de fait
qui leur exige, oui, de se prononcer dans 30 jours, à défaut de quoi,
c'est comme s'ils avaient dit oui.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions? M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Moi,
je voudrais... Merci, M. le Président. Je voudrais connaître le sens du mot
«majoritairement des logements sociaux ou
abordables» et quelle est l'autre
partie du majoritaire, là, qui n'est pas
abordée dans cet article-là.
Le Président (M. Gagnon) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
majoritaire, là, c'est 50 % plus un. Donc là, vous, ce que vous proposez, c'est d'enlever le «majoritaire» et donc de faire
en sorte que, pour les plus petites municipalités, les projets qui
pourraient voir le jour seraient des projets
strictement composés de logements sociaux ou abordables ou destinés à des
personnes aux études. Je pense que c'est contraignant aussi pour les petites
municipalités. On ne veut pas empêcher que... la mixité dans un site donné.
Évidemment, «majoritairement», ça veut dire
qu'il y aura majoritairement, donc plus de 50 %, des unités qui seront
sociales, abordables ou pour des étudiants, mais on veut permettre une mixité,
encore là, pour permettre aux villes de réaliser le meilleur projet pour leur
population. J'en ai trop vu, des projets non pertinents, là, puis qui sont...
qui ne tiennent pas compte des besoins... adéquatement des besoins des gens
dans une municipalité donnée. Alors, cet article-là est vraiment proposé pour
de la souplesse et non être contraignant.
M. Fontecilla : Donc,
est-ce qu'on pourrait considérer... J'essaie de voir, vraiment, là, quelle est
la forme... le résultat final, là, de ces projets, là, composés
majoritairement de logements sociaux. Est-ce que ça pourrait être, par exemple, la moitié — on va parler comme ça — des
logements sociaux et dans le même bâtiment, là, sur le même lot, l'autre
moitié, des condominiums; la moitié, des logements sociaux et, l'autre
moitié, des logements locatifs au prix du marché, par exemple? Est-ce qu'on
pourrait envisager ça?
M. Fontecilla : Très
bien. Est-ce qu'en ce moment le programme PHAQ, là, qui finance des logements
abordables, permet cette possibilité-là?
Mme Duranceau : Il y a une
mixité qui est prévue. Mais, dans le programme PHAQ... Bien, écoutez, je n'ai
pas tous les éléments en tête, là, sauf que, dans le programme PHAQ, tu
pourrais très bien bâtir, je pense, quelque chose puis tu vas avoir une
subvention pour la part des logements qui sont sociaux, abordables ou pour
étudiants. Les logements qui ne se qualifient pas parce que les loyers sont
trop élevés, ils ne se qualifient pas, ça fait qu'ils sont-tu dans le PHAQ? Ils
ne sont pas dans le PHAQ, mais ils pourraient être dans la même,
potentiellement... probablement pas dans la même bâtisse, non, ou... ce serait
une propriété distincte, là.
M. Fontecilla : Donc,
si je comprends bien, le seul programme québécois qui finance, en ce moment, du
logement abordable ne prévoit pas... d'après ce que j'entends, ne prévoit pas
cette possibilité-là. Donc, c'est un bâtiment
composé à 100 % de logements abordables, et il n'y a pas de «majoritaire»,
c'est à 100 %, ici, là... et il n'y a pas de programme,
là, qui permettrait cette mixité-là dont vous parlez. Peut-être qu'il va y en
avoir un, peut-être que vous allez
m'annoncer qu'il va y avoir un programme qui finance cette mixité-là, donc, du
logement abordable et du logement... bien, exemple des condominiums?
Mme Duranceau : Donc,
dans le PHAQ, dans le programme, effectivement, il faudrait que ce soit une
détention qui est distincte. Par contre, je pourrais très bien avoir un
immeuble qui est déjà construit ou qui va être rénové, puis un certain nombre
d'unités vont avoir droit au PSL, donc ça va être des logements sociaux, puis
l'autre portion des unités n'y aurait pas droit, puis il pourrait y avoir des
loyers qui ne sont pas exactement dans l'abordable, et là, bien, votre
modification ferait qu'on serait contraints, puis ça ne fonctionnerait pas
nécessairement.
Alors le
«majoritairement», je pense qu'il vient permettre une mixité pour les petites
villes. Parce qu'on s'entend, là, en
faisant ça, c'est aux petites municipalités que vous nuisez, parce que le
deuxième élément leur permet de faire ce... permet aux grande