Labour and the Economy — 28 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2018-03-28
Quebec — Committees
La Présidente (Mme Richard) :
Est-ce qu'il y a des interventions à ce moment-ci?
M. Leclair : J'essaie juste
de retrouver l'article, là, c'est tellement complexe.
La Présidente (Mme Richard) :
Oui, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Est-ce qu'on peut considérer ça comme un
article
de concordance ou c'est... parce que vous parlez de redondance parce
que, dans le fond, ça se répète.
La Présidente (Mme
Richard) : Oui, Mme la ministre.
Mme Thériault :
Excusez-moi, Mme la Présidente. Lorsque vous regardez dans le cahier que vous
avez, la première colonne, c'est le texte actuel de la loi. La deuxième
colonne, c'est ce que je vous demande de faire comme modification, et vous voyez le
texte modifié. Donc, si vous regardez le premier et le troisième alinéa, un
article qui est un peu plus loin, qui
est le 61, c'est redondant dans le texte actuel de la loi. Donc, ce qu'on vient
faire ici, c'est qu'on vient juste vous demander de faire une modification
de concordance, si vous voulez, là, pour éviter que ce soit redondant.
La Présidente (Mme
Richard) : Est-ce que ça va, M. le député de Drummond—Bois-Francs?
Schneeberger :
Oui, ça va.
La Présidente (Mme
Richard) : Oui. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Sur l'article 9, oui.
La Présidente (Mme
Richard) : Donc, je mets aux voix l'article 9. Est-ce que l'article
9 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Mme la ministre,
article 10.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 10, c'est :
L'article
59.1 de cette loi est modifié par la suppression de «qui demande une licence
pour elle-même ou pour le compte d'une société ou personne morale et».
commentaire : cette modification est apportée puisqu'il existe une redondance avec
le paragraphe 5° du premier alinéa de l'article 61. Donc, c'est pour les
mêmes raisons que l'article précédent.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va pour l'article 10? Est-ce que l'article 10 est
adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Merci.
Article 11.
Mme Thériault :
Article 11, Mme la Présidente, j'aurai un amendement également. Donc, nous vous transmettons copie pour
les collègues et pour vous.
La Présidente (Mme
Richard) : Donc, vous allez nous lire l'article.
Mme Thériault :
L'article
L'article 60 de cette
loi est modifié :
par le remplacement, dans le paragraphe 5° du premier alinéa, de «de l'article
84» par «[par] des articles 84 et 84.1»;
2° par le
remplacement des paragraphes 6° et 6.0.1° du premier alinéa par les paragraphes
suivants :
à moins d'avoir obtenu le pardon, cette société ou cette personne morale, l'un
de ses dirigeants ou, si elle n'est pas
un émetteur assujetti au sens de la
Loi sur les valeurs mobilières, l'un de ses
actionnaires n'a pas été déclaré coupable, dans les cinq ans précédant
la demande :
d'une infraction à une loi fiscale ou d'un acte criminel lorsque cette
infraction ou cet acte criminel est relié aux activités que la personne
entend exercer dans l'industrie de la construction;
«
b) d'un acte
criminel prévu à l'article 45 ou à l'article 47 de la
Loi sur la concurrence;
d'une infraction prévue à l'un ou l'autre des articles 5, 6 ou 7 de la Loi
réglementant certaines drogues et autres substances;
d'un acte criminel prévu au paragraphe 1 de l'article 380 ou à l'un ou l'autre
des articles 467.11 à 467.13 du Code criminel;
d'un acte criminel prévu à l'article 462.31 du Code criminel, dans les cas où
une peine d'emprisonnement de cinq ans ou plus a été imposée;
«6.0.1°
aucun des dirigeants d'un de ses membres dans le cas d'une société ou d'un de
ses actionnaires dans le cas d'une
personne morale n'a été déclaré coupable, dans les cinq ans précédant la
demande, d'une infraction ou d'un acte criminel visé au paragraphe 6°, à
moins d'avoir obtenu le pardon;»;
3° par le remplacement, dans le paragraphe 6.3°
du premier alinéa, de «fiscales ou [...] actes criminels» par «ou [...] actes
criminels visés au paragraphe 6°»;
par le remplacement, dans le paragraphe 6.4° du premier alinéa, de «visée au
paragraphe 6° qui, si elle avait été commise» par «ou d'un acte criminel
visé au paragraphe 6° qui, s'il avait été commis»;
5° par l'insertion, après le paragraphe 6.4° du
premier alinéa, des paragraphes suivants :
«6.5° elle
n'a pas faussement déclaré ou dénaturé les faits relatifs à la demande de la
licence ou omis de fournir un renseignement dans le but de l'obtenir;
«6.6° elle a
fourni une copie d'une pièce d'identité de chaque dirigeant émise par une
autorité gouvernementale et sur laquelle apparaît la photographie de
celui-ci;»;
6° par le remplacement, dans le paragraphe 8° du
premier alinéa, de «à une loi fiscale ou d'un acte criminel, à moins qu'ils aient obtenu la réhabilitation ou
le pardon» par «ou d'un acte criminel visé au paragraphe 6°, sauf s'ils ont
obtenu le pardon»;
7° par l'insertion, après le deuxième alinéa,
des mots suivants :
«Malgré les paragraphes 6° et 6.0.1° du premier
alinéa, dans les cas où l'infraction ou l'acte criminel a donné lieu à l'imposition d'une peine d'emprisonnement,
une licence ne peut être délivrée qu'à l'expiration d'une période de cinq ans suivant la date de la fin du terme
d'emprisonnement fixé par la sentence, sauf si la personne à qui cette peine
a été imposée a obtenu le pardon.
«La copie de
toute pièce d'identité produite suivant le paragraphe 6.6° du premier alinéa
est conservée par la régie jusqu'à la
date de [...] délivrance de la licence, de la décision définitive refusant la
délivrance de la licence ou de l'abandon de la demande de [la] licence. Elle est ensuite détruite conformément à
la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la
protection des renseignements personnels et à la
Loi sur les archives.»
Présidente (Mme Richard) : Merci. Les membres de la commission ont
tous reçu l'amendement. Je pense
qu'à ce moment-ci vous aviez un amendement, les membres de la commission l'ont
reçu, alors vous pouvez aller sur l'amendement, Mme la ministre.
Mme Thériault : L'amendement.
Donc, à l'amendement, à l'article 11 du projet de loi :
1° remplacer le paragraphe 1° par le
suivant :
1° par l'insertion, après le paragraphe 3° du
premier alinéa, du paragraphe suivant :
«3.1° elle
détient une assurance responsabilité dont la nature, la couverture et les
autres modalités sont déterminées par règlement de la régie;»;
2° remplacer, dans le paragraphe 6° proposé par
le paragraphe 2°, les sous-paragraphes d et e par le suivant :
«
d) d'un acte
criminel prévu au paragraphe 1 de l'article 380, à l'article 462.31 ou à l'un
ou l'autre des articles 467.11 à 467.13 du Code criminel;».
Donc, pour les
motifs des amendements, Mme
la Présidente, en note explicative,
le paragraphe 1° de l'article 11, c'est un amendement qui a été proposé lors des consultations particulières par la Corporation des maîtres électriciens et
la Corporation des maîtres mécaniciens en
tuyauterie du Québec. Il prévoit une nouvelle condition de délivrance
d'une licence, soit d'obtenir une assurance responsabilité. Cette
assurance responsabilité est une nouvelle exigence afin de protéger les clients de l'entrepreneur. Cette mesure et la possibilité, pour la régie, d'exiger la liste des travaux en
cours lors de l'annulation ou de la suspension d'une licence sont
proposées en remplacement de l'obligation, pour la régie, d'exiger, par règlement,
un cautionnement d'exécution ou un cautionnement pour gages, matériaux ou
services des entrepreneurs.
Donc, selon
les représentations faites par les
deux corporations, la plupart des entrepreneurs détiennent déjà une assurance
responsabilité. Cependant, aucune exigence n'existe à cet égard. Or, un
consommateur peut être grandement lésé en cas de dommages matériels
causés, par exemple, par un incendie occasionné par les travaux de
construction.
L'ajout de cette nouvelle condition de
délivrance de licence fera en sorte que les entrepreneurs devront, pour maintenir leurs licences, détenir, en tout temps,
une telle assurance. À défaut, la licence de l'entrepreneur pourrait être
suspendue ou annulée en application du paragraphe 2° du premier alinéa de
l'article 70 de la
Loi sur le bâtiment.
L'amendement prévoit que la nature, la
couverture et les autres modalités de l'assurance responsabilité exigée sont déterminées par règlement de la régie.
De cette façon, il sera possible de s'adapter plus facilement à l'évolution
du marché des produits d'assurance et
d'adapter le montant de la couverture responsabilité... excusez-moi, et
d'adapter le montant de la couverture d'assurance exigée. Une telle référence à
un règlement en matière d'assurance responsabilité existe dans plusieurs lois québécoises, notamment
l'article 43 de la
Loi sur la sécurité dans les sports et à l'article 9 de la
Loi sur la sécurité privée. Ça, c'est le premier paragraphe.
Donc, pour le
deuxième paragraphe, cet amendement a été proposé, lors des consultations
particulières, par le comité public sur les suivis des recommandations
de la commission Charbonneau.
Donc,
actuellement, le projet de loi prévoit que les personnes qui ont été condamnées
à une peine de cinq ans ou plus d'emprisonnement à l'article 462.31 du
Code criminel ne peuvent obtenir de licence.
Donc, selon
le comité, aucune peine ne dépassant cinq ans n'a été relevée dans ce domaine,
rendant ainsi la mesure inefficace.
Donc, cet
amendement fait en sorte que la déclaration de la culpabilité en acte criminel
prévue à l'article 462.31 n'est plus
limitée au cas où une peine d'emprisonnement de cinq ans ou plus a été imposée.
Cet amendement permettra qu'une personne ayant été déclarée coupable d'un tel acte criminel ne
puisse obtenir une licence, peu importe la peine imposée.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Bien, sur l'amendement, juste m'assurer... On dit, à l'article
d, ou paragraphe d, là : «D'un acte criminel
prévu au paragraphe 1 de l'article 380», on réfère au Code criminel. On fait cette
référence-là au Code criminel parce que c'est dans ces articles-là qu'on
définit qu'est-ce qui est un acte criminel?
M. Leclair :
C'est bien ça?
Thériault : C'est
dans ces articles-là qu'on va définir lequel des actes criminels
est associé à ce qui... le fait ou non d'obtenir une licence.
Exemple,
il y a des actes criminels, importation de cocaïne, production de drogue, qui
ne sont pas en lien avec l'industrie de la construction, mais c'est des
actes criminels qui sont assez graves pour ne pas émettre une licence. Auparavant,
ce qu'on avait, c'était une licence restreinte, donc ce qui faisait que les
gens pouvaient avoir une licence, mais
pas soumissionner sur les contrats publics, de même manière que, si on fait de
la fraude, du blanchiment d'argent, avant,
on pouvait avoir une licence en tout temps. On a rendu restreint, avec 35, le
fait de venir soumissionner sur des contrats
publics. Aujourd'hui, avec ce qui est là, on applique la même chose,
donc il n'y aura pas de licence qui sera donnée.
Par contre,
on peut faire un acte criminel qui n'est pas en lien du tout, du tout.
Exemple : un accident de voiture arrive,
une conduite en état d'ébriété, c'est une condamnation au criminel, mais on ne
perdra pas sa licence de la régie. Donc, on est obligé de venir définir quels
actes criminels et, pour les fins des travaux du projet de loi, si ma mémoire
est bonne, à 35, on avait inclus blanchiment
d'argent, évasion fiscale, gangstérisme, production de drogue. Donc, on avait
mené beaucoup plus large pour, justement, sortir le crime organisé de
l'industrie de la construction. Dans un premier temps, 35 a fait en sorte qu'ils ne pouvaient pas soumissionner sur des
contrats publics du gouvernement. La commission
Charbonneau nous demandait d'étendre aux permis de la Régie du bâtiment, à l'ensemble des permis, l'interdiction à partir du moment où on
a commis ces actes criminels là d'obtenir une licence.
M. Leclair : Bien. Donc, on comprend bien qu'ici c'est à cet article-là
qu'on introduit tout l'aspect de l'acte criminel face aux permis. C'est dans cet article-là puis c'est ici aussi qu'on dit que, si une
personne a un permis de construction, est un dirigeant, commet un de ces
actes criminels là prévus au code... va perdre son permis.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va?
M. Leclair : Puis la règle est aussi vraie pour le cinq ans après, là. Si quelqu'un
avait commis voilà huit ans, donc il aura à attendre un autre deux ans
pour avoir un permis. Le cinq ans s'applique aussi dans le passé?
Mme Thériault :
Le cinq ans, le délai de carence, s'applique sur tout, à partir du moment où
l'entrée...
M. Leclair :
...la question, c'est si on inclut la rétro là-dedans?
Mme Thériault :
La rétro est incluse?
Thériault : C'est
prévu dans l'article 8, qu'on a déjà adopté.
L'article
8 et cet article-là sont des articles qui sont concordants,
entre guillemets.
M. Leclair :
...Mme la ministre, c'est prévu. Moi, je voudrais juste voir l'exemple que moi,
je veux faire une demande d'un permis de contracteur puis, voilà huit ans, là,
j'ai eu un des actes criminels définis par le code qui m'empêche. Si c'est
voilà huit ans, donc, on dit qu'après ma peine j'ai cinq ans d'attente puis...
La Présidente (Mme Richard) : Mme Marcoux, je vais vous demander quand même de vous identifier
et de nous dire la fonction que vous occupez.
Mme Marcoux
(Nathaly) : Nathaly Marcoux, vice-présidente, enquêtes, à la Régie du
bâtiment.
Alors,
c'est prévu dans les dispositions transitoires qu'on va voir à la toute fin du projet de loi, exactement cette situation-là, qu'est-ce qui arrive avec les entrepreneurs
qui auraient été dans cette situation-là s'ils avaient demandé leur licence à ce
moment-ci, avec ces dispositions-là.
M. Leclair :
On n'en parle pas tout de suite, là, c'est ça que vous me dites, là.
Mme Marcoux (Nathaly) : Ah! certainement. Alors, vous l'avez à l'article... 46? C'est l'article 46 du projet
de loi, lequel prévoit que la
régie pourra suspendre ou annuler une licence d'un titulaire qui ne respecte pas...
Marcoux (Nathaly) : ... — oui — qui
ne respecte pas les nouvelles conditions de délivrance de licence prévues au paragraphe 7° de l'article
8 et au paragraphe 7° de l'article 11 — 8
étant pour les personnes physiques, 11 pour les personnes morales — et
ce, même si elles ne lui étaient pas applicables lors de la délivrance de sa
licence.
M. Leclair : O.K. Et donc, quand on
dit : On pourra, ça va rester aléatoire?
Mme Thériault : C'est selon
les enquêtes.
Une voix : Selon nos
enquêtes.
Mme Thériault : Mme la
Présidente.
M. Leclair : Et donc ce n'est pas automatique. Quelqu'un qui a un dossier criminel puis qui fait
partie des articles du code de 467.11 à 467.13, ça se peut qu'il garde
son permis.
La Présidente (Mme Richard) :
Mme la ministre.
M. Leclair : C'est ça que je
comprends?
Thériault : Ce qu'on dit, c'est que, puisque ça prend des
mesures transitoires — il y a des gens qui ont des permis actuellement — donc, dans les mesures transitoires, on
vient dire «peut», donc la régie va pouvoir faire enquête, regarder le
dossier et retirer la licence. Le projet de loi, ce qu'il prévoit, c'est :
toute nouvelle demande, c'est : automatiquement,
la régie doit. Elle n'émet pas de permis. Donc, il faut prendre le temps
d'évaluer également si les gens ont
été reconnus coupables, ça fait combien de temps. Est-ce qu'ils sont au-delà du
délai de carence de cinq ans? S'ils sont
au-delà du délai de carence de cinq ans, ce qui est votre cas, il n'y a pas de
problème. Par contre, ça se peut qu'il y ait des gens là-dedans qui aient des
licences présentement, donc qui tombent dans les règles transitoires, donc
c'est pour ça...
M. Leclair : Et c'est ces
règles-là transitoires qu'on va voir plus loin?
Thériault : Bien, les règles de transition que Mme Marcoux vous
a lues, O.K. Donc, ça se peut qu'il y ait quelqu'un...
M. Leclair : Et qu'on va voir
plus loin?
Thériault : Oui, plus loin, à la fin complètement. Et ce qu'on
me dit, c'est que la décision, c'est à la discrétion du régisseur, mais qu'il a toujours la possibilité
d'annuler la licence. Ça fait
partie de ce que le régisseur pourra faire. Mais
c'est dans les règles de transition.
Parce que je
pense qu'il faut prendre le temps de faire enquête aussi puis regarder...
Parfait. Comme là, on dit : On
ne va pas sur la caution, on va sur l'assurance. L'assurance, on va quand même
prendre le temps de définir les règles. Ça va prendre quelques mois avant d'être capable de la définir, le temps
qu'on consulte nos gens. Bien, si on retire une licence, on fait quoi
avec le chantier qui est en cours? Ça fait que c'est pour ça qu'il faut prendre
le temps de faire les enquêtes correctement,
et, après ça, le régisseur va, lui, décider qu'est-ce qu'il fait exactement,
parce qu'il faut quand même prendre
le temps d'évaluer on a combien de licences comme ça. Et présentement je pense
que ce n'est pas une donnée qui est
disponible non plus, parce que ça va demander des vérifications qui sont plus
exhaustives, à savoir si les gens ont un casier judiciaire puis s'ils
ont commis des actes criminels.
M. Leclair : Est-ce qu'il y a déjà
des gens qui ont des dossiers restreints en ce moment?
M. Leclair : Ces gens-là ne
le perdent pas automatique, moi, à ce que j'entends, là. Ça va être du cas par
cas.
Thériault : Il faut
regarder. Ça va être du cas par cas. C'est la régie, c'est le
régisseur de la régie qui va décider.
M. Leclair : Sans vouloir trop devancer les articles,
là, si on dit que ce moment de transition là, dans cinq ans, ce n'est
plus vrai, il n'y a plus de transition...
La Présidente (Mme Richard) :
Mme la ministre.
M. Leclair : Donc, si on accepte le projet de loi, exemple, ce mois-ci, on dit : Bon, bien, ceux qui ont vécu dans
un passé, là, puis que le projet de loi vient de changer, on est prêts à évaluer cas par cas, puis le
régisseur, là, on jugera que lui
prendra la bonne décision. Mais, dans un futur, il n'y en a pas, de décision à
prendre, c'est automatique, c'est impossible de l'avoir.
Mme Thériault : C'est «doit». C'est pour ça qu'entre le «peut» et
le «doit»... Ici, le «peut» vous a fait réagir, parce qu'effectivement c'est les règles de transition. Mais, dorénavant,
quand le projet de loi sera adopté, c'est : la régie doit suspendre
ou annuler. Elle n'a pas le choix, elle n'a pas de discrétion. Le régisseur n'a
aucune discrétion.
M. Leclair :
Justement, ce «peut»-là de la règle de transition est combien de temps? Cinq
ans?
Thériault : Bien, normalement, on peut présumer cinq ans, mais
on s'entend tous qu'ils vont tous être sous surveillance, ou tous ceux et celles qui ont des licences qui sont
suspendues. Mais, dans cinq ans, c'est comme si la clause n'existe plus, les mesures transitoires vont
tomber d'elles-mêmes, c'est sûr. C'est comme une clause crépusculaire, entre
guillemets, je vais dire comme ça.
Leclair : Là, c'est sûr que la vice-présidente est avec nous, là,
ici, en commission, là. On le sait, combien on a de dossiers à traiter face à ça, là. Tu sais, je veux dire, en ce
moment, là, ceux que... Là, on ne
parle pas de demandeur, on ne peut
inventer un nouveau demandeur de permis, mais ceux qu'on l'a déjà, qui ont des
casiers judiciaires, j'imagine que nos spécialistes savent si ça en
touche deux, cinq, 10 ou 100.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin (Michel) : Bonjour. Michel Beaudoin, président-directeur général de la Régie
du bâtiment du Québec.
Alors,
il y a 109 ou 119 licences restreintes, et je pense que chaque dossier devra
être analysé pièce par pièce pour revoir
quels sont les antécédents de l'ensemble des dossiers, et il y aura
des décisions qui seront prises immédiatement. Donc, ça demande des enquêtes supplémentaires.
M. Leclair :
Combien de temps que ça peut prendre, un dossier?
M. Beaudoin
(Michel) : Je peux vous dire que ça va...
M. Leclair :
Ce n'est pas une histoire d'une semaine, ça, là, là.
M. Beaudoin
(Michel) : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard) : Allez-y.
M. Beaudoin (Michel) : Alors, je peux vous dire que ça va aller assez vite, parce que, connaissant ma vice-présidente enquêtes, sincèrement, je
ne pense pas que ça dorme longtemps sur les...
M. Beaudoin (Michel) : Non, non. Je peux juste vous dire qu'elle est
assez active, là. Combien de temps, là? On va le faire le plus
rapidement possible aussitôt que la loi sera sanctionnée, là.
M. Leclair :
Je comprends.
M. Beaudoin
(Michel) : Dès le jour 1, on va le faire.
Leclair : ...date, à
savoir si, avant le 8 juin ou le 9 juillet... Mais, disons, est-ce qu'on dit que, dans la prochaine année, on aura eu le temps de passer
au travers des dossiers?
Mme Thériault :
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard) : Oui, allez-y, Mme la ministre.
Mme Thériault :
Elle dit : Oui. D'ici la prochaine année, tous les dossiers auront été
réglés, oui.
Leclair : Mais, comme elle dit : Oui, donc je me dis que
de... mettons, les cent quelque dossiers, elle va avoir le temps de les
analyser dans la prochaine année, peut-être avant, au cours d'une année.
Qu'est-ce
qui va se passer avec la personne qui a un dossier criminel qui rentre
exactement en lien à ce qu'on ne voudra
plus dans le futur? Puis on juge que, même s'il est vraiment, là... parce que,
là, vous vous donnez ou il y a quelqu'un, le régisseur, se donne le pouvoir de dire que ce qu'on va reconnaître,
là, entre l'article du Code criminel 467.11 à 467.13, dans un futur, va être impossible que tu aies une
licence... La personne ou le régisseur qui va prendre la décision de
dire : Bien, toi, dans ton cas, là, ça se peut que tu la gardes, on
ne te l'enlève pas, parce que ton cas, avec ce qu'ils auront trouvé dans l'enquête... Il va vivre sur ce
sursis-là pendant combien de temps, lui? Parce que le régisseur, lui, prend...
ça fait qu'on peut arriver, exemple,
dans quatre ans, quelqu'un fait une demande, il dit : Regarde, moi, j'ai
un dossier quasi similaire à lui, puis lui, il y a sa licence, puis moi,
je ne l'ai pas. On ne se trouvera pas en porte-à-faux avec quelqu'un qui a sa
définition d'acte criminel?
Thériault : Non, parce que... Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard) : Oui.
Thériault : Non, simplement parce que, dorénavant, toutes les
nouvelles licences, dans quatre ans, on arrive, on demande une licence et, non, il n'y en a pas, de licence. Il n'a pas
fait son cinq ans, il va revenir au bout de cinq ans, au bout de la
peine qu'il aura eue, là...
Une voix :
Ça, c'est pour un nouveau.
Mme Thériault :
...bien, c'est une période de carence, c'est cinq ans. C'est ça.
Leclair : Je ne suis pas sûr qu'on se comprend. Je comprends
pour le nouveau. Le nouveau, lui, il n'a pas de choix, lui, il arrive,
les règles sont définies, sont claires. On parle de nos 100 dossiers en ce
moment, là.
M. Leclair :
Oui, exact. On dit que le régisseur «peut», «peut», donc, si on dit «il peut»,
ça veut dire que la personne peut être
définie dans ce qu'on dit dans un acte criminel qui, dans le futur, tu ne
pourras pas avoir de permis, donc cette personne-là peut être reconnue
de ça, mais continuer à avoir son permis. C'est ça qu'on comprend.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
M. Leclair :
Pourquoi vous dites : Carence de cinq ans?
La Présidente (Mme
Richard) : Juste pour qu'on se...
M. Leclair :
Excusez-moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard) : ...va falloir à... Je vous laisse aller...
M. Leclair :
Je suis emballé, je suis emballé.
La Présidente (Mme Richard) : ...ça va bien, mais pour ceux qui
auront à transcrire nos travaux, je suis sûre qu'ils vont peut-être avoir un petit peu de difficultés. Donc, pour la
bonne continuité de nos travaux, vous allez essayer de juste parler une personne à la fois, parce que
c'est très difficile. On va laisser le temps, M. le député de Beauharnois, à ce
que la ministre consulte son équipe et elle va vous revenir. Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Oui, merci, Mme la Présidente. Alors, les 109
dossiers seront analysés. Pour ceux qui
présentent ces conditions-là, c'est-à-dire qu'ils ont été reconnus coupables à
un de ces actes criminels là, le dossier sera monté, présenté au
régisseur. Et le régisseur, en vertu de notre loi, c'est lui qui peut annuler
la licence. Alors, les représentations sont faites de façon à ce que la licence
soit annulée.
Leclair : Je comprends ça. Il n'est pas là, mon problème.
C'est : si le régisseur décide : Je ne l'annule pas, ta
licence... C'est là qui est le... bien, pas qui est le problème... J'aimerais
juste comprendre.
C'est
que moi... Je vais prendre un exemple de moi. Moi, là, j'ai mon permis de
contracteur. Je rencontre les règles, puis
je ne sais pas dans quel jeu de cartes que je joue, là, dans les gros, dans les
petits, dans les moyens, puis là, tout à coup, avec ce projet de loi là, on dit que là, là, tel acte criminel, là, tu
n'auras pas le droit d'avoir un permis, d'avoir une licence de
contracteur.
Donc,
là, on dit : Bien toi, là, tu fais
partie des 109 cas, on va t'évaluer. M.
ou Mme régisseur ou régisseuse vont dire :
Bon, bien, toi, là, je ne sais pas, tu es peut-être plus fin que les autres, tu
t'appelles Guy Leclair, on va te laisser avoir encore ton permis de contracteur. Je vais peut-être me faire barrer à
vie, mais en tout cas... plus ou moins d'importance pour les fins de la cause. Donc, si, moi, on
décide, le régisseur ou la régisseuse décide : Bien, c'est correct, toi,
même si tu rentres, tu cadres... Dans un nouveau permis, tu ne l'aurais
pas, mais, dans le cas actuel, tu maintiens ton permis de contracteur. Ce n'est pas un permis d'un contrat
que j'ai avec M. Chalut de lui bâtir un huit logis, là. J'ai mon permis de
contracteur, ça fait que, à vie durant, le projet de loi ne s'applique pas à
moi.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Leclair : Je veux
juste comprendre. Je suis dur de la feuille des fois, mais, un coup que je
comprends, je suis correct.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin va vous répondre.
Beaudoin (Michel) : Alors,
ma réponse sera assez simple. Dans le cas où ces situations, là... il devra
annuler, point à la ligne, le régisseur devra annuler la licence. Et, en
même temps, il faut comprendre qu'un chantier ne durera pas cinq ans, il va rester quelques
mois à finaliser les chantiers. Vous avez des conditions qui s'expriment; entre autres, les personnes, dans un cas,
devront éventuellement nous donner la liste des travaux à réaliser. Et, bien sûr,
dans un cas comme celui-là, il est
clair que le droit administratif
démontre clairement que... les jurisprudences, normalement, ces cas-là
n'existent pas, et des M. Leclair, on ne devrait pas en avoir.
Leclair : Mais, dans
ce cas-là, il faudrait changer le «peut» pour «doit», si on rentre dans ces
conditions-là puis on dit... on ne s'attend pas... Ce n'est pas ces
cas-là qu'on veut régler ou laisser passer.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin (Michel) : Merci,
Mme la Présidente. Simplement dire
que, dans un cas comme celui-là, bien
sûr, après enquête, l'entrepreneur a
droit à ses observations, a droit à dire et à se défendre, même chose, ça fait
partie du droit administratif actuel et... bien, je pense que les
gens sont en droit d'être écoutés, mais, du même coup, je pense que la loi
est assez claire : pour ce qui est de ces infractions-là, la personne
perdra sa licence.
Leclair : Je pensais que je comprenais de plus en plus, je
comprends de moins en moins, Mme la Présidente. On dit : on peut ou on doit, on se donne une période entre les
deux, puis là on me dit : Bien, si vraiment la personne, elle va venir se défendre... Elle n'a pas besoin de venir
se défendre, pour tout le respect que j'ai pour vous, M. Beaudoin, elle a
été jugée par une cour puis elle a un acte
criminel, là. Il y a un juge qui a dit : Toi, c'est une sanction
criminelle, ton acte est reconnu, il y a un jugement de la cour. Elle
viendra... le M. Leclair en question viendra plaider, il se fera faire les cheveux, il se fera faire les dents, ça ne
changera pas que le juge a dit que tu as été coupable d'un acte criminel, dont
le projet de loi vient définir ces actes criminels là. Puis on
dit : Si tu rentres là-dedans, tu ne peux plus.
Donc,
si le «peut» est là pour un autre cas qu'on prévoit, autre que de dire :
Si tu rencontres des actes criminels, bien,
expliquons-le. Parce qu'en ce moment le «peut», moi, ce que je vois, c'est de
dire : Bien, un monsieur Leclair, X, lui, s'il fait sa demande puis il rentre dans les actes criminels, il ne peut
pas avoir son permis, puis l'autre, tout dépendant du régisseur, ça se
peut, même si tu as acte criminel. Je trouve juste que ce n'est pas clair à
temps plein.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Thériault : Mme la Présidente, c'est parce qu'il faut rappeler
que nous changeons la loi en cours de route, puis c'est là où on prévoit
toujours des mesures transitoires. Il y a combien de milliers de permis à la
Régie du bâtiment présentement?
Mme Thériault :
46 000, 46 000 permis, on parle d'à peine 109 personnes qui
pourraient se voir retirer leur licence. Puis il est bien évident que,
normalement, la discrétion, elle est laissée au régisseur, O.K.? Elle est
laissée au régisseur. On parle de 109 dans
des règles transitoires. Il faut comprendre que, d'ici peut-être un mois, deux
mois, les chantiers sont terminés,
peut-être qu'on n'aura même pas le temps de terminer notre projet de loi qui a
déjà des licences qui... les gens
n'auront pas reparti d'autres chantiers non plus parce qu'ils vont le savoir.
Il peut arriver que le détenteur de
la licence se retire, il va préférer vendre à ce moment-là. Donc, il faut
réévaluer les dossiers, c'est ça qu'il faut faire.
Dans la loi, plus
loin, on se donne le droit d'aller aussi fouiller pour les sociétés-écrans, les
paravents. Quand quelqu'un se retire puis
c'est quelqu'un, puis il y a une toile, on tisse une toile, puis on ne sait
plus c'est qui qui dirige, dans la loi, on se donne le moyen de pouvoir les
retracer. Donc, il est évident qu'à partir du moment où on dit qu'on fait ça... présentement, il y a des gens qui
écoutent nos travaux qui vont essayer de faire une autre structure, ça fait que
c'est sûr qu'il faut être capable de se donner le temps de les analyser, de les
regarder. La plupart du temps, ce qui va arriver,
c'est que les gens vont se retirer de l'industrie carrément, ils vont se
retirer, ils vont vendre l'entreprise, puis c'est un autre détenteur qui va le prendre. Pourquoi?
Parce qu'on ne peut pas arrêter les chantiers comme ça non plus, il y a 109 chantiers. Qui sera pénalisé au final si on
retire les permis comme ça, sans faire d'évaluation de dossier? Bien, c'est
les consommateurs qui vont se ramasser avec
des chantiers qui sont arrêtés, et ce n'est pas l'intention du gouvernement.
Parce que là il faut comprendre aussi que
l'assurance responsabilité, il faut faire les consultations, il faut prendre le
temps de se la doter, de l'obliger, d'informer tout le monde, travailler
avec les compagnies d'assurance, puis ça rentre en application.
fait que j'aimerais vous rassurer, c'est une mesure de transition pour 109
dossiers, dont on vient de parler, puis possiblement, dans un mois, ça va avoir baissé de 109 à 89. Puis, plus
on va avancer, plus ça va baisser dans le temps. Mais c'est juste qu'il faut prévoir des mesures de transition parce
qu'on vient de changer les règles avec ce projet de loi là.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Juste m'assurer que je comprends bien. Ici, on
parle... en tout cas, dans vos explications, vous semblez me parler plus d'un permis pour un projet
spécifique qu'un délai de temps. Comme
vous dites, exemple, je ne sais pas, moi, on est sur un projet x... moi, dans ma tête à moi,
c'est un permis d'autorisation de reconnaissance contracteur. Ça fait que,
moi, pour être un dirigeant de cette entreprise-là,
là, c'est là que ça s'applique, que je peux perdre mon permis de dirigeant, là, ce n'est pas sur une job donnée, là. Ce n'est
pas un permis de construction x que je demande à la ville de Tombouctou pour
faire un 19 logis, là. C'est bien ça que je comprends?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Thériault : Mme la Présidente, M. le député a tout
à fait raison, mais le régisseur doit
considérer s'il y a un chantier qui est en cours ou non.
Thériault : Bien, ça
change que, si ta licence n'est pas valide, tu ne peux pas continuer ton
chantier. Ça se peut qu'il y ait
des gens qui aient des licences présentement qui n'ont pas de chantier en cours sur les 109.
Eux vont perdre leur licence d'entrepreneur automatiquement. Mais ceux qui ont des chantiers qui sont en cours, on
fait quoi? Si je retire la licence,
le chantier est fermé. Donc, c'est pour ça que le régisseur a besoin de la marge de manoeuvre. Ça se peut que le chantier
soit complété à 95 %. On fait quoi? On ne complète pas le chantier?
L'assurance responsabilité, elle n'est pas en cours encore, on doit
prévoir des règles de transition.
Oui, c'est rattaché directement
à la licence de l'entrepreneur, mais...
M. Leclair :
Je ne vous chicane pas, là.
Mme Thériault :
Non, je sais que vous ne me chicanez pas.
M. Leclair :
J'essaie juste de comprendre.
Thériault : Mais
c'est parce que c'est la licence de l'entrepreneur. S'il n'y a pas de chantier qui est en cours,
vous pouvez être assuré que le régisseur va
la retirer, la licence. Quand bien même qu'il vient faire de la représentation, c'est dans la loi, c'est ça, il va le retirer. Mais, s'il y a un
chantier qui est en cours, il faut qu'il prenne en considération tous ces facteurs-là, pour ne pas fermer et pour
ne pas léser. Donc, c'est pour ça qu'on se laisse la marge de manoeuvre
au niveau du régisseur, parce qu'il pourrait
aussi décider de faire accompagner l'entrepreneur pour s'assurer que le
chantier, il est bien terminé aussi, ça fait
partie des pouvoirs du
régisseur.
M. Leclair : O.K. Donc, si je comprends bien, le «peut» — puis là, un jour, s'ils veulent se servir
des galées, ils s'en serviront bien — le «peut» est surtout pour
donner une latitude de dire : Justement, là, pour ne pas faire arrêter quelque chose qui est en cours. C'est vraiment ça
que vous avez en arrière-plan, parce qu'en bout de piste ça ne vous tente
pas vraiment de continuer avec cet
entrepreneur-là s'il a un dossier de Code criminel. Donc on prévoit, les
prochains n'auront pas le droit. Vous me rassurez en me disant ça.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
C'est clair que... M. le président de la régie dit : C'est clair, c'est
ça. On vous rassure.
M. Leclair :
Le M. Leclair en question, c'est son «last call», hein? Je vais l'appeler.
dernière question à ce sujet-là. On revient avec ce M. Leclair là, disons — c'est un nom familier, c'est le fun,
varger dessus, lui, hein? — le
M. Leclair en question se fait aviser par le régisseur...
La Présidente (Mme
Richard) : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
M. Leclair : Le régisseur l'avise, là : Mon champion, je te le dis, là, tu
finis ce contrat-là, mais, après ça, tu ne rentres pas dans les règles,
ça fait qu'on va te retirer ton permis. On va faire ça bien clément, là, dans
un bureau, bien gentiment. Il n'y a pas de problème,
moi, de toute façon, la compagnie, je le transfère à ma femme, c'est elle qui
va continuer, elle va avoir 10 %
des actions, tel quel reconnu comme dirigeant, qu'on a fait plus tôt. Qu'est-ce
qu'on fait dans ces cas-là?
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin (Michel) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est un
prête-nom, donc nécessairement il ne pourra pas continuer, il n'aura pas
de licence, il n'aura pas rien, il est...
M. Leclair :
Tant qu'elle ne sera pas qualifiée, et toute la patente.
M. Beaudoin
(Michel) : Bien, de toute façon, là, ça prend de la qualification,
elle est-u qualifiée, elle est-u... acheté...
une série d'enquêtes. C'est sûr qu'on va enquêter,
mais on va suivre ça de près, là. Madame, normalement, on va la
connaître un petit peu, là. Dans certains cas, on ne les connaît pas, mais,
dans d'autres cas, on les connaît.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux, pour...
Mme Marcoux (Nathaly) : Alors, il
y aura vérification, voire enquête,
et madame devrait, dans votre exemple, démontrer
qu'elle a un contrôle effectif, qu'elle est effectivement active dans l'entreprise,
mais elle ne peut pas être que la façade de l'entrepreneur qui, lui, ne
peut pas se qualifier pour obtenir la licence.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair :
Je suis convaincu.
La Présidente (Mme Richard) : Merci. Nous allons maintenant du côté du député de Drummond—Bois-Francs. Je vous sentais impatient, M.
le député, mais c'est à vous la parole.
Schneeberger : Eh
bien, un peu sur le même sujet. Bon. Là, on s'entend, là, il y a
une mesure de transition. Maintenant, la loi est appliquée, vous détectez une personne
qui a eu des malversations, peu importe, ou est-ce que, là, il y aurait un possible retrait de licence. Il y a
retrait de licence. Est-ce qu'à ce
moment-là vous attendez encore que le
chantier soit terminé ou vous retirez la licence automatiquement?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
On retire la licence, et c'est l'assurance.
Schneeberger :
Et là ça serait l'assurance.
Thériault : C'est l'assurance, absolument. C'est clair comme
ça, là. N'importe qui qui voudrait relire ce qu'on dit, c'est qu'on a dit : On a des mesures transitoires pour
ceux qui ont des permis présentement. Ce qui peut être exceptionnel, que
le régisseur va permettre de terminer s'il y a un chantier qui est en cours, il
va laisser la licence. S'il n'y a pas de
chantier, il va retirer la licence, c'est clair. Par contre, quelqu'un qui, à
partir du moment où la loi est effective, où l'assurance elle est là,
s'il commet un acte criminel puis il est reconnu coupable, «too bad», il perd
sa licence. C'est les règles du jeu.
Maintenant, avoir une licence d'entrepreneur, c'est considéré comme étant un
privilège, et non plus un droit.
Schneeberger : O.K. Pour la personne qui fait bâtir,
admettons, sa maison, où que ce soit, là, le chantier est arrêté. On s'entend que lui, là, il est pénalisé.
Le temps que ça se règle, il peut se passer plusieurs mois. Il peut se passer
plusieurs mois, là.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin?
M. Beaudoin (Michel) : Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Un des
objectifs, bien sûr, dans la loi, et c'est pour ça, autant dans 8 pour une personne morale qu'une personne
physique, on parle d'assurance responsabilité. On veut venir justement
s'assurer, dans un premier temps, que l'entrepreneur a une assurance qui va
protéger l'ensemble des consommateurs,
et, deuxièmement, de savoir quel type de chantier qu'il reste à réaliser. Et,
dans le cadre de la consultation, on
a clairement établi qu'avec nos partenariats, on irait justement en plan B, en
plan C pour s'assurer que la finalité des travaux soit faite.
Alors,
c'est un peu dans cette optique-là qu'on a fait les deux propositions que vous
avez... bien, en tout ce qui touche le
consommateur. Alors, le consommateur, pour nous... est une préoccupation pour
la ministre, elle l'est pour nous aussi.
Schneeberger : Actuellement, au niveau des assurances,
quelles assurances sont obligatoires pour un entrepreneur? Bien, je veux
dire, s'il bâtit une maison, ça passe au feu, il doit être assuré certain.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin (Michel) : Merci, Mme la Présidente. Vous avez des cautions,
bien sûr, certains endroits, bien, les cautions
sont quand même assez importantes, caution de licence est obligatoire. Pour ce
qui est des assurances, ce qu'on a eu dans les consultations, c'est que
la majorité des gens prenaient des assurances, sauf que là on vient donner des
obligations de le faire, et c'est pour ça qu'on va l'encadrer par règlement.
Schneeberger :
Quand vous dites «des gens», vous parlez des entrepreneurs.
M. Beaudoin
(Michel) : Oui, c'est ça, excusez. Oui, tout à fait.
Schneeberger :
O.K. Mais ce n'est pas obligatoire.
M. Beaudoin
(Michel) : Non.
Schneeberger :
Ça, ça veut dire, si l'entrepreneur... je ne sais pas, votre maison, elle passe
au feu, puis que vous avez fait des
avances sur l'autre chantier, puis qu'elle n'est pas assurée, c'est mieux que
le consommateur, je veux dire, le
client soit assuré lui-même. Parce quelqu'un qui a une hypothèque de maison, il
est obligé d'être assuré, là, un autoconstructeur,
je le fais présentement, là, je suis obligé de m'assurer, là, je n'ai pas le
choix, ils ne prêtent pas sinon.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin
(Michel) : Mais il y en a qui ne...
Schneeberger :
Je trouve ça spécial qu'un entrepreneur ne soit pas obligé de s'assurer pour
M. Beaudoin
(Michel) : ...
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin (Michel) : Merci, Mme la Présidente. Je m'excuse. Tout à
fait, vous avez... c'est un peu bizarre, mais, en même temps, la majorité le faisait. Ce qu'on veut s'assurer,
c'est que les gens le fassent obligatoirement parce qu'il y en a qui ne le faisaient pas, et ça, ça
créait des enjeux assez importants. Alors, c'est pour ça qu'on a trouvé
d'autres solutions.
Schneeberger :
Je vais être plus conforme, Mme la Présidente, ça va être mieux. Mme la
Présidente, maintenant, vous parlez d'une
assurance responsabilité, ça comprend la responsabilité, c'est sûr, de se faire
retirer, je veux dire, mais
responsabilité, là, c'est beaucoup plus large que seulement responsabilité, là,
c'est une assurance qui contient aussi le risque de la construction,
j'imagine, ça fait
partie d'un lot.
La Présidente (Mme
Richard) : M. Beaudoin.
M. Beaudoin
(Michel) : Merci, Mme la Présidente. C'est sûr que ça va être plus large
et c'est sûr qu'après consultation, auprès
du BAC et l'ensemble des associations et des partenaires, la CMEQ, CMMTQ, on
s'est engagé à les consulter adéquatement pour avoir la meilleure
protection possible pour l'ensemble des consommateurs.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci. M. le député.
Schneeberger : Oui, Mme la Présidente. Est-ce que vous avez
fait une recherche de combien ça peut augmenter le coût d'assurance pour
un entrepreneur, admettons, de 15 employés?
M. Beaudoin (Michel) : Mme la Présidente, merci. En moyenne,
aujourd'hui, ce qu'on entend, c'est entre 5 $ et 1 000 $ par entrepreneur que ça coûte, une
assurance. À cette heure, il restera à réévaluer en fonction, bien sûr, de la grosseur de l'entreprise, est-ce que c'est des
PME. Alors, c'est un chiffre qui est assez aléatoire, mais, oui, on a fait
certaines consultations, mais on va continuer, bien sûr, à s'assurer
d'avoir la meilleure protection possible au meilleur coût.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, M. Beaudoin. Mme la ministre.
Thériault : Je voudrais juste donner un complément, Mme la
Présidente. C'est que, si on avait appliqué la caution entre 5 $
10 $ du 1 000 $, c'était facile à calculer pour une maison qui
vaut 300 000 $, ça coûtait 3 000 $ supplémentaires. Automatiquement, c'est le consommateur qui l'aurait
payé. Donc là, on comprend que, plutôt que ce soit une maison, pensez à ceux qui font des unités, les
20, 40 condos, etc., donc à
3 000 $ du coût que tu refiles directement au consommateur...
alors que, là, on parle d'une assurance responsabilité que les entrepreneurs ont déjà, pour la plupart.
Donc,
pour ceux qui n'en ont pas, bien, ils vont se conformer, donc tu n'as pas un
transfert automatique de facture. Oui,
il peut y avoir une augmentation, on en convient, parce qu'on va le rendre
obligatoire, mais on va travailler avec les gens du marché, mais ça ne
sera jamais aussi considérable que si on avait ajouté une caution
supplémentaire où, là, à ce moment-là, c'est 10 $ du 1 000 $ évalué, où,
là, on était capable de quantifier des centaines de milliers, des millions
de dollars de factures qui auraient été
automatiquement refilées au consommateur, et évidemment on voulait éviter
ça aussi.
Schneeberger :
Non, Mme la Présidente, je suis tout à fait d'accord puis je vous félicite
d'avoir retiré cet article-là. Moi, je pose
des questions parce que je pense que c'est mieux d'être
informé que de dire : Ah! bien là, on n'avait pas regardé ça, mais effectivement... De toute façon, je pense qu'une assurance devrait être
obligatoire, tant qu'à moi. Je veux
dire, moi, je suis obligé de le faire, un entrepreneur n'est pas obligé,
ça n'a comme aucun sens, il ne se protège même pas lui-même, finalement.
Alors, non, c'est très bien. Alors, pas d'autre question, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Richard) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Donc, est-ce que l'amendement...
Oui, M. le député de Beauharnois.
Leclair : Juste une petite
question. Avec l'introduction, là, de tout le Code criminel et les sanctions
pénales que les gens peuvent avoir eues, est-ce qu'on a au moins
réfléchi, là, peut-être pas prévu, parce que la présomption d'innocence
est toujours là, mais... Exemple, quelqu'un a un permis puis il passe à TVA
toute la semaine, là, puis... gangstérisme,
il est accusé, puis ça peut prendre deux, trois ans de délais. Est-ce qu'on a
réfléchi à ça? Peut-être qu'on a décidé,
on ne veut pas embarquer là-dedans, parce que, juridiquement, on ne gagnera
pas, mais je veux juste savoir votre position face à ça.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci. Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci, Mme la Présidente. Alors, notre loi est en
réaction, hein, avec un jugement, ça
facilite la chose. Maintenant, si on est en mesure, en enquête, de faire la
preuve de ces liens-là, alors on a d'autres articles prévus dans la loi qui nous permettraient, à ce
moment-là, de présenter une preuve en vue de recommander au régisseur de
refuser la licence. Mais c'est toujours notre capacité à faire la preuve de ces
liens-là. Tant qu'on est en présence d'allégations, évidemment que le fardeau
est plus difficile à rencontrer.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va? Monsieur...
M. Leclair :
Je savais qu'ils n'avaient rien oublié, Mme la Présidente, je voulais m'en
assurer.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Oui. Question qui m'a échappée tantôt, on parlait d'assurance, vous me dites
que, si un contracteur se fait retirer sa licence, automatiquement, il a un
plan b ou c, c'est-à-dire que c'est un autre qui prend le relais. Maintenant,
il doit se passer un laps de temps. C'est quoi? Parce qu'on s'entend, là, il
peut y avoir des complications, peu importe.
Tu sais, moi, je parle souvent pour une famille qui décide de s'acheter...
acheter leur première maison, étant donné qu'ils ont eu un crédit
d'impôt de 750 $, là, alors...
Schneeberger : Non mais, vous savez, on a tous passé par là,
là, on dit à notre locataire qu'on ne reloue pas l'appartement, on a
deux enfants ou un enfant puis on s'en va dans notre première maison. La
maison, elle n'est pas prête parce que le
contracteur n'est pas là. À ce moment-là, il y a-tu... les assurances, est-ce
qu'il va prévoir, ou est-ce que vous
avez demandé un système de compensation? Parce qu'il va falloir... en même
temps, il faut loger la personne, il peut
y avoir des complications. Parce que moi... ce n'est pas vrai que, dans une
semaine, il y a un nouveau contracteur sur le chantier, puis ça part. En tout cas, tant mieux si ça se fait, là,
mais on s'entend que le père Noël, c'est en décembre.
M. Leclair :
Non, des fois, il est à la fin mars.
La Présidente (Mme
Richard) : M. le député de Beauharnois, là, s'il vous plaît!
M. Leclair :
C'est à la fin mars, on l'a eu hier, là.
La Présidente (Mme Richard) : Ne vous interpelez pas comme ça,
s'il vous plaît, ça va être très difficile pour suivre nos travaux. M.
Beaudoin.
M. Beaudoin (Michel) : Merci, Mme la Présidente. Maison neuve, plan de
garantie, je pense que c'est important de
le rappeler. Et, dans un deuxième temps, pour ce qui est de ceux qui se
feraient enlever leur licence, dans le cas d'un autoconstructeur ou je ne sais pas trop quoi, je pense que ça va être
important d'identifier adéquatement qu'est-ce qui en est au niveau des
travaux à réaliser.
comme je vous disais tout à l'heure, on veut agir rapidement, bien sûr. En
connaissant et en ayant l'information sur
les travaux à réaliser, ça va nous permettre d'agir plus efficacement, que ce
soit avec la CMEQ, la CMMTQ, avec l'APCHQ,
l'ACQ, tous les gens qui se sont engagés à nous appuyer dans cette démarche-là.
Et un des objectifs, c'est le consommateur;
il ne faut pas qu'il soit perdant, et on va s'en assurer dans le cadre de la
démarche, que les travaux... les travailleurs, on s'excuse, là.
Schneeberger :
O.K., c'est bon, ça va, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Richard) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Donc, est-ce que l'amendement à l'article 11 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Est-ce que l'article 11, tel qu'amendé, est
adopté?
Présidente (Mme Richard) : Adopté. Mme la ministre,
article 12.
Mme Thériault :
Oui, merci, Mme la Présidente. Donc :
L'article
61 de cette loi est modifié par le remplacement du paragraphe 2° du premier
alinéa par le paragraphe suivant :
a été dirigeant d'une société ou d'une personne morale qui a été déclarée
coupable, dans les cinq ans précédant la
demande, d'une infraction ou d'un acte criminel visé au paragraphe 6° du
premier alinéa de l'article 60, à moins qu'elle ait obtenu le pardon;».
commentaire, Mme la
Présidente, il s'agit d'une modification de concordance. En effet, l'article 61 de la loi prévoit des motifs de refus d'une demande de délivrance d'une licence
présentée par une personne morale ou une société. Et le deuxième paragraphe du premier alinéa de cet
article est modifié pour tenir compte des nouvelles infractions et des nouveaux actes criminels qui sont introduits à
l'article 60, pouvant mener au refus de délivrance d'une licence ou à une
société ou une personne morale.
La Présidente (Mme Richard) : Merci, Mme la ministre. Est-ce
qu'il y a des questions? Ça va? Donc, je mets aux voix l'article 12.
Est-ce que l'article 12 du projet de loi est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Mme la ministre,
article 13.
Thériault : Merci.
L'article 13 :
L'article 62.0.1 de
cette loi est modifié par le remplacement du deuxième alinéa par le
suivant :
«La régie peut
également refuser de délivrer une licence lorsqu'elle estime, selon le
cas :
qu'il n'y a pas adéquation entre les sources légales de financement [et] la
personne ou de la société qui demande la licence et les travaux de
construction qu'elle entend exécuter ou faire exécuter;
que la structure de la personne ou de la société qui demande la licence lui
permet ou permet à une autre personne ou société d'échapper à
l'application de la présente loi.»
modifications, Mme la Présidente, introduisent des nouveaux motifs de refus de
délivrer une licence. Ainsi, l'article 62.0.1 modifié prévoit que la
régie peut refuser de délivrer une licence lorsqu'elle estime qu'il n'y a pas
eu adéquation entre les sources légales de
financement du demandeur et les travaux de construction qu'il entend exécuter
ou si la structure de l'entreprise permet d'échapper à l'application de la loi.
Donc,
le contenu du deuxième alinéa de cet
article se retrouve déjà actuellement aux
articles 112 à 117 et 129 de la loi.
En conséquence, il est redondant et il peut être supprimé. Et j'ajouterais même
que les modifications sont faites dans l'esprit
de la recommandation 12 du rapport final de la commission Charbonneau, qui
recommandait de reformuler la loi afin d'expliciter davantage le pouvoir de la
régie de vérifier les antécédents judiciaires de tous les dirigeants qui
détiennent indirectement des parts
dans l'entreprise, et ce, peu importe le nombre de niveaux de la structure de
détention. Donc, c'est l'exemple de l'épouse du député de Beauharnois
qu'on vise ici.
La Présidente (Mme Richard) : Merci. Merci, Mme la ministre.
Est-ce qu'il y a des interventions à ce moment-ci? Oui, M. le député de
Beauharnois.
M. Leclair : J'aimerais qu'on m'explique un peu, là. Qu'est-ce qu'on dit, c'est...
De qu'est-ce qu'on parle quand la
régie, elle estime, là, qu'il n'y a pas d'adéquation, là? Donnez-nous des
exemples de ça, là. Je ne suis pas capable de vous suivre.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci, Mme la Présidente. Alors, un exemple, par
exemple, l'entreprise ABC inc., en apparence une petite entreprise, est
la seule entreprise responsable de la construction de tout un développement domiciliaire ou un édifice commercial de plusieurs
étages et il n'y a pas... Ce n'est pas possible qu'une entreprise de cette
envergure-là, avec un tel chiffre
d'affaires, puisse assumer ces responsabilités-là. Il y aura enquête afin de
recueillir la preuve pour démontrer qu'il n'y a pas d'adéquation, là,
entre les sources de financement de cette entreprise-là puis sa capacité à
réaliser ces projets-là. C'est un exemple.
M. Leclair : O.K. Donc, la personne qui a sa licence d'entrepreneur, qui dit :
Bien, moi, je m'embarque justement dans
ce méga gros projet-là, puis les gens la regardent puis disent : Oui, tu
es pas mal petit pour entreprendre une affaire de même... Mais la
personne, si elle embarque dans les cautionnements, dans les ci, dans les ça,
j'embarque dans le questionnement : Qui sommes-nous pour juger si lui, il
pense qu'il se sent bien, bien fort puis il rentre dans toute la
réglementation?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Marcoux (Nathaly) : Alors,
c'est un moyen supplémentaire que nous donne la loi, de façon à faire enquête
et de constituer la preuve à cette fin-là.
Thériault : Parce que l'argent peut venir du crime organisé.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Thériault : Merci, Mme la Présidente. C'est parce que l'argent
peut venir du crime organisé. C'est pour ça qu'il faut s'assurer d'être
capable de trouver la source de l'argent.
Vous
savez, quand j'ai été... à l'époque, quand on fait adopter la loi n° 35, à
Londres, on avait été rencontrer les gens
de Scotland Yard, puis ce qu'ils disaient, c'est : «Follow the money.»
Suivez l'argent. Si vous suivez l'argent, vous allez trouver les sources illégales, vous allez trouver les personnes
qui travaillent au noir, vous allez trouver ceux qui font du blanchiment d'argent, ça fait que c'est pour ça
qu'il faut être capable de faire l'adéquation entre la capacité financière
de réaliser le projet puis la capacité aussi
que quelqu'un te «backe». Quand c'est les vraies institutions
financières, il n'y en a pas, de problème. Mais, des fois, l'adéquation,
c'est là qu'on va trouver qu'il y a quelque
chose de pas correct. Donc, il faut
se donner le pouvoir d'être capable de
suivre l'argent et c'est ce qu'on fait avec l'introduction de cet article-là,
suite aux recommandations de la commission Charbonneau, toujours, je le rappelle.
Donc, ça vient renforcer le pouvoir d'enquête de la commission... de la
Régie du bâtiment.
Leclair : Donc, avec de très, très grandes acrobaties, là, un
petit comme ça, là, qui réussirait... justement, comme tu dis : Suivons l'argent, on va voir
qu'est-ce qui se passe en arrière... mais, avec des grandes acrobaties, réussir
à se faire financer, rendre un
cautionnement pourrait quand même, un jour, arriver à faire un projet un petit
peu ou pas mal plus gros que
qu'est-ce qu'on le pensait capable. Donc, l'adéquation dont on parle ici peut
s'avérer non nécessaire ou dire : Tu
as l'octroi pareil de ton permis. Ce n'est pas un lien direct de dire :
Jos Bine, avec son pickup, il n'est pas capable de grossir, mettons.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux
(Nathaly) : Vous avez raison. C'est juste un moyen supplémentaire
prévu à la loi.
M. Leclair :
Ça me va. Merci.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va?
La Présidente (Mme Richard) : Pas d'autres interventions à ce
moment-ci? Donc est-ce que l'article 13 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté.
L'article 14, Mme la ministre.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente.
L'article
62.0.2 de cette loi est modifié par le remplacement de «dans les faits,
directement ou indirectement, sous la direction ou le contrôle» par
«, directement ou indirectement, sous la direction ou le contrôle
juridique ou de fait».
Donc,
dans les commentaires, Mme la
Présidente, ces modifications permettent de préciser la portée du motif de
refus de délivrance de licence prévu à
l'article 62.02.2 de la loi et cet
article est modifié afin de clarifier que la
régie peut refuser de délivrer une licence lorsque le demandeur est
directement ou indirectement sous la direction du contrôle juridique ou de fait d'une personne qui ne
satisfait pas aux conditions de l'article. Donc, c'est ce qu'on appelle les
paravents et les prête-noms.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Oui, bien, je pense que c'est assez technique qu'est-ce qu'on parle ici. Là, ce qu'on fait,
c'est juste venir faire référence aux trois, quatre autres articles
où est-ce qu'on a dit qu'on donne des
spécificités, là, pour justement la dernière qu'on parle en plus est
là-dedans, on fait référence à tout ça.
Mme Thériault :
Tout à fait.
M. Leclair :
Ça me va.
La Présidente (Mme Richard) : Ça va. Il n'y a pas d'autres
interventions? Donc est-ce que l'article 14 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté.
Article 15, Mme la ministre.
Thériault : Merci, Mme la Présidente.
Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 62.0.2, des suivants :
«62.0.3.
La régie peut refuser de délivrer une licence lorsque la personne ou, dans le
cas d'une société ou d'une personne
morale, l'un de ses dirigeants a, à l'occasion d'une demande antérieure, faussement
déclaré, dénaturé ou omis des faits dans le but d'obtenir une licence.
«[64.0.4.]
La régie peut refuser de délivrer une licence si elle estime que la personne ou
la société qui en fait la demande est
la continuité d'une autre personne ou société qui n'aurait pas [dû] obtenu une
licence si elle en avait fait la demande.»
Donc,
en commentaire, Mme la Présidente, ces deux articles-là visent à ajouter des
motifs de refus de délivrance d'une
licence. Ainsi, cela permet d'augmenter l'intervention de la régie dans son
mandat d'assurer la probité des entrepreneurs et des constructeurs propriétaires. Et l'ajout de ces deux articles
s'inscrit dans l'esprit des recommandations de la commission
Charbonneau, donc ça permet vraiment que la régie puisse jouer pleinement son
rôle.
La Présidente (Mme Richard) : Merci, Mme la ministre. Est-ce
qu'il y a des questions? Oui. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, Mme la présidente. Bien, je ne suis pas un
juriste, là, mais je regarde toutes les autres modalités qu'on s'est données
dans possibilité de refus, je ne vois pas ici qu'est-ce qu'on se donne de plus
qu'on ne s'était pas trop, trop donné
à tous les autres articles pour être capable de refuser une licence. Juste
comprendre, là, il doit avoir un aspect technique, là, qui m'échappe.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, M. le député. Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Bien, à 62.0.3, c'est spécifiquement le cas d'une
fausse déclaration ou d'une omission, alors
c'est un entrepreneur qui a tenté une première fois de tricher, entre
guillemets. C'est, en soi, un problème de probité. Alors, quand il se retente de nouveau pour obtenir
une licence, bien, on va lui reprocher ses fausses déclarations antérieures.
M. Leclair :
Non, ça me va.
La Présidente (Mme Richard) : Ça va? Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, M. le
député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
C'est que, bon, 62.0.4 : «...estime que la personne ou la société qui en
fait la demande est la continuité
d'une [...] personne ou une société qui n'aurait pas [dû obtenir] une licence»,
c'est-à-dire «qui n'aurait», au conditionnel. Ça veut dire qu'elle aurait pu déjà
faire une demande, elle ne l'a pas fait ou... Pouvez-vous m'expliquer ça, là?
Je trouve c'est, comme, elle a fait une
demande, elle n'a pas été acceptée, puis là elle la refait par la voix
interposée ou...
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci,
Mme la Présidente. Je vais vous
répondre par un exemple. Alors, l'entreprise
a un problème de probité reconnu et
l'entrepreneur va perdre sa licence, met en place une nouvelle structure, mais
qui a tellement de liens avec la précédente que, dans le fond, c'est juste la continuité de celle-là. Et, par cet article-là, on
pourrait venir refuser de délivrer la licence.
Mme Thériault :
En disant...
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre, oui.
Thériault : ...en
disant, bien, les liens sont trop étroits, tu as la même
adresse, tu as la même place, c'est l'équipement de l'autre que tu
utilises, tu as juste changé de nom de compagnie puis tu m'as mis une façade
comme administrateur, mais tu as la
même adresse que l'autre puis c'est le même équipement que l'autre. Ça fait
qu'ils vont dire : Non, c'est de la façade, c'est les mêmes
employés. Donc, ils vont refuser carrément.
Schneeberger : O.K. C'est comme à l'époque où quelqu'un qui
déclarait faillite puis il repartait, le lendemain, sous un autre nom
avec la même affaire.
Mme Thériault :
C'est ça.
Schneeberger :
O.K. Bon. Parfait. C'est bon. O.K.
La Présidente (Mme
Richard) : Donc, est-ce que l'article 15 est adopté?
La Présidente (Mme Richard) :
Adopté. Merci.
Article 16, Mme la ministre.
Thériault :
L'article
16, Mme la Présidente, j'aurai également un amendement. Donc, on va commencer par l'article, là.
Donc, l'article 65.1 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, dans le paragraphe 1° du
deuxième alinéa et après «l'article 45», de «ou de l'article 47»;
2° par l'ajout, après le paragraphe 4° du
deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
«5° lorsque
son titulaire est inscrit au registre des entreprises non admissibles aux
contrats publics en vertu de la
Loi sur les contrats des organismes
publics.»;
3° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Malgré le paragraphe 1° du deuxième alinéa,
dans les cas où l'infraction ou l'acte criminel a donné lieu à l'imposition d'une peine d'emprisonnement, la
licence comporte une restriction jusqu'à l'expiration d'une période de
cinq ans suivant la date de la fin du terme d'emprisonnement fixé par la
sentence.»
Donc, en commentaires, Mme la Présidente.
L'article est modifié pour ajouter deux nouveaux cas de
restriction de licence. Donc, la
condamnation à l'article 47 de la
Loi sur la concurrence, qui vise les
accords ou les arrangements en concurrence — ce
qu'on appelle le trucage d'offre — et
l'inscription au registre des entreprises non admissibles aux contrats publics, qu'on appelle le RENA. Donc, cet
article
est également modifié pour prévoir que, dans le cas où
l'infraction ou l'acte criminel prévu à cet
article a donné lieu à
l'imposition d'une peine d'emprisonnement, la licence comporte une restriction jusqu'à l'expiration d'une période de
cinq ans suivant la date de la fin du terme d'emprisonnement fixé par la sentence. C'est en droite ligne avec la recommandation n° 11 du rapport final de la commission
Charbonneau. Et nous avons un amendement.
Présidente (Mme Richard) : Tout le
monde a en possession l'amendement qui a été déposé par la Mme
la ministre? Oui. Merci. Donc, vous pouvez en faire la lecture, Mme la
ministre.
Thériault : Merci, Mme la Présidente. Donc, remplacer le 1° de l'article 16 du projet
de loi par le suivant :
1° par le remplacement du paragraphe 1° du
deuxième alinéa par le suivant :
«1° lorsque son titulaire ou, dans le cas d'une
société ou d'une personne morale, une personne visée par le paragraphe 6° du
premier alinéa de l'article 60 a été condamné, depuis moins de cinq ans :
«
a) pour un acte criminel prévu à l'article 45
ou à l'article 47 de la
Loi sur la concurrence;
«
b) pour une
infraction prévue à l'un ou l'autre des articles 5, 6 ou 7 de la Loi
réglementant certaines drogues et autres substances;
«
c) pour un acte criminel prévu au paragraphe 1
de l'article 380, à l'article 462.31 ou à l'un ou l'autre des articles 467.11 à
467.13 du Code criminel.»
Et le motif
de l'amendement, Mme la
Présidente, est effectué par souci de
cohérence avec ceux qui modifient le paragraphe 8° de l'article
58 et le paragraphe 6° de l'article 60 de la
Loi sur le bâtiment. Ces derniers
donnent suite aux propositions faites
par le Comité public de suivi des recommandations de la commission Charbonneau
lors des consultations particulières.
Donc, actuellement, le projet de loi prévoit que les
personnes ayant été condamnées pour une peine de cinq ans ou plus
d'emprisonnement à l'article 462.31 du Code criminel, donc les recyclages de
produits de la criminalité, ne peuvent obtenir une licence.
Donc, selon
le comité, aucune peine qui dépassait cinq ans, donc c'est le fait de dire
qu'on enlève le cinq ans à partir du moment où tu auras été reconnu coupable, peu importe la peine. Donc,
ce n'est pas juste cinq ans, on va ratisser beaucoup plus large pour
éviter de donner une licence.
Donc, les amendements
proposés vont faire en sorte que la déclaration de culpabilité à un acte criminel ne sera
plus limitée aux cas où une peine d'emprisonnement seulement a été imposée. Ces
amendements permettront qu'une personne ayant été déclarée coupable d'un tel
acte ne puisse obtenir de licence, peu importe la peine imposée.
De la même manière, actuellement, la
Loi sur le bâtiment prévoit que seules les
personnes ayant été condamnées à une
peine de cinq ans ou plus d'emprisonnement à l'article 462.31 voient leur
licence restreinte pour l'obtention d'un contrat.
Donc, par
souci de cohérence, il est proposé de modifier le paragraphe
1° du deuxième alinéa de l'article 65.1 afin de prévoir qu'une personne ayant été déclarée coupable de l'acte criminel
prévu à l'article 462.31 voie sa licence restreinte, et ce, peu importe la peine imposée. Donc, c'est
la concordance avec ce qu'on fait depuis ce matin pour pouvoir faire en
sorte que le cinq ans ne soit plus pris en compte, mais à partir du moment où
on est coupable.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Oui. Juste m'assurer, ici, on vient stipuler, là,
dans cet article-là plus que dans les autres, qu'on vient
parler du RENA. Qui est géré par qui, ça, le RENA?
Mme Thériault : C'est le
Trésor...
M. Leclair : C'est le Trésor
qui gère le RENA?
Mme Thériault : C'est le
Trésor, c'est le registre des entreprises non admissibles.
M. Leclair : Bon. Puis, après ça, on vient aussi ajouter la
Loi sur la concurrence, qui vise les arrangements entre concurrents, et tout, je comprends bien. Si on ne
l'aurait pas inscrit, on n'aurait pas plus le droit de servir sur les lois des
concurrences? Là, on doit absolument
venir... Je parle... C'est technique, là. Mais on l'ajoute parce qu'on veut être certain que...
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci,
Mme la Présidente. Alors, on vient
faciliter les choses, on spécifie explicitement qu'en cas de
condamnation voici ce qui s'applique.
Leclair : O.K.
Autant dans ce cas-ci, autant que dans les autres articles
précédemment, on n'a pas regardé le pardon après cinq
ans. On va le voir plus loin?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Leclair : Une
personne qui a un acte criminel, qu'elle a le droit de demander pardon puis qui
reçoit son pardon, est-ce que c'est prévu plus loin ou...
La Présidente (Mme
Richard) : S'il vous plaît, évitez de vous interpeler. Mme
Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci,
Mme la Présidente. Alors, eu égard à
la restriction de licence, le pardon n'est pas considéré et il n'est
pas...
Leclair : Je demande
une deuxième réponse, je ne comprends pas ça. Je ne suis pas sûr que je
comprends ce que vous voulez dire. Donc, quelqu'un qui demande un
pardon, ce n'est pas effectif?
Mme Marcoux
(Nathaly) : Alors, dans ce cas-là, la licence va être restreinte.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
M. Leclair :
Ça n'a pas de l'air clair.
Thériault : Parce que
c'est le registre des entreprises non admissibles. Tu es inscrit ou tu n'es pas
inscrit. Tant que tu es inscrit,
quand bien même tu demandes un pardon, tu es inscrit, tu viens de perdre ton
privilège. Si tu n'es pas inscrit, tu
es conforme. Donc, c'est pour ça qu'ici la notion de la demande de pardon ne
s'applique pas, parce que c'est un registre. Donc, si tu es inscrit,
c'est parce que tu n'es pas correct.
Leclair : ...gérez ce
registre-là. À la minute qu'il est inscrit, tu es inscrit, donc tu es sur ce
registre-là, on vient te dire que tu
ne peux pas. Le pardon n'a directement pas de lien avec ça. Je m'en excuse. Ma question
était plutôt sur le sens de dire...
Dans ce qu'on vient de voir, on vient partout de parler de cinq ans, et le
«peut», le «doit», mais on n'a pas pris en compte le pardon dans ces articles-là.
Est-ce qu'on va le prévoir plus loin?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Thériault : Oui. Mme la Présidente, pour répondre à la question de mon collègue, c'est : ça a été
vu... la notion du pardon, elle a été vue à l'article 8 et à l'article
11, qu'on a adoptés précédemment.
M. Leclair :
O.K., il était dedans? C'est parce que...
Mme Thériault :
Oui, oui, il était dedans.
Leclair : ...pour
moi, elle l'a dit pas fort, je ne m'en souvenais pas. Je savais que je l'avais
lu quelque part, mais
je me demandais si ça revenait plus loin puis... Bien, c'est parce que
je me demande juste... Tu sais, on reconnaît le pardon pour les actes criminels et tout, puis c'est bien correct, je
n'ai pas de problème avec ça, la régie va le reconnaître aussi pour certains cas. Là, ici, je ne suis pas
très familier, là, avec le RENA, là, comment est-ce qu'ils font pour dire : Tu es inscrit au registre des entreprises non admissibles. Donc, cette
étiquette-là, est-ce que, dans ce registre-là, elle t'est accolée à toi
ou à ton entreprise à vie? Il y a-tu une manière de l'enlever?
La Présidente (Mme Richard) :
Oui, madame...
Thériault : Oui, le RENA, de la manière...
M. Leclair :
Je me demande... Je ne sais pas si vous êtes familiers, là...
Thériault : Bien, le RENA de la manière comment il fonctionne,
c'est que, si, mettons, tu es en défaut de paiement, bien tu as ça. Pour un entrepreneur en construction, bien, tu
dois t'assurer que tes sous-contractants sont enregistrés, paient leurs
impôts, vous ne faites pas de blanchiment d'argent, déclarent la quantité
d'heures... Ça fait qu'à partir du moment où
t'es en défaut, ça vient dans ton dossier. Parce que c'est dans ton dossier, tu
ne peux pas soumettre sur dans le
RENA, O.K.? Tu vas être inscrit automatiquement. Donc, c'est sûr que ça oblige
l'entrepreneur à faire un minimum de vérifications puis à se conformer.
Sauf
que ça, ça peut être bon pour le registre des entreprises non admissibles aux
contrats publics, ce n'est pas que
pour la construction. Ça peut être quelqu'un qui n'a pas payé ses impôts, puis
c'est un fournisseur du gouvernement. Bien,
si tu es en défaut de payer tes impôts, on s'entend-tu que tu vas régulariser
ta situation? Un coup qu'elle est régularisée, ta situation, dans le cas qui nous occupe, quelqu'un qui n'a pas payé
ses impôts, là, le nom va être retiré de la liste. Mais le Conseil du trésor, qui gère ce registre-là, a
toute une série de clauses, de combien de temps, de conformité, de
non-conformité. Donc, de manière générale...
M. Leclair :
Il ne faut pas que tu sois «on-off».
Thériault : Oui, tu peux être «on-off», certain, parce que ce
n'est pas une question, tu fais affaire à vie ou on te retire le droit de faire affaire à vie, là. Je pense qu'il faut
avoir certaines discrétions. Ça se peut qu'on oublie de payer les impôts, ça se peut qu'on paie une journée en
retard, sauf que c'est sûr qu'il faut que les entreprises se conforment.
Et là c'est au trésor de faire les vérifications nécessaires.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va, M. le député?
M. Leclair : Bien, ça me rassure pour le registre, bien entendu. Après ça, si vous
êtes un peu familier avec la
Loi sur
la concurrence, lorsqu'une personne qui vise les accords ou les arrangements
entre concurrents, là, le trucage d'offres, est-ce que ça fonctionne un peu comme ça, ça aussi? C'est un délai de
carence qui dit : Bien, pendant cinq ans, tu n'as pas le droit? Je
ne suis pas familier, parce que là, là, on vient de l'introduire ici, ça fait
que...
La Présidente (Mme
Richard) : Oui, Mme la ministre.
Mme Thériault :
Oui, Mme la Présidente, la
Loi sur la concurrence, c'est une loi fédérale.
Donc, à partir du moment où il y a trucage
d'offres puis que tu es reconnu coupable, bien on dit : Plus de licence.
Mais c'est une loi fédérale.
Mme Thériault :
Bien, c'est comme la même chose qu'on vient de dire : tu es reconnu
coupable, tu as...
M. Leclair :
Au bout de cinq ans, tu es correct après.
Mme Thériault :
Pardon?
M. Leclair :
Si tu demandes un pardon, tu es correct.
Thériault : Bien, ça dépend de ce que le gouvernement fédéral
va faire, mais, normalement, le fédéral, à partir du moment où tu es reconnu coupable pour trucage d'offres, bien
tu vas perdre tes droits et privilèges, puis il y a une sentence qui va
sortir.
fait que nous, on vient dire : Bien, parfait, avec la sentence, au bout de
la sentence, c'est un plus cinq ans. Donc, il est évident... bien, juste que parce que tu as fait du trucage
d'offres, on vient de se dire : On retire la licence, on l'enlève.
Ça fait qu'on vient juste donner encore plus de pouvoir à la Régie du bâtiment
du Québec pour dire : Dans ce cas-là précisément, on retire. Et je veux
toujours rappeler, c'est une recommandation de la commission Charbonneau aussi.
M. Leclair : Ça a bien de l'allure. Je n'ai pas l'intention de vouloir défendre les
gens qui tentent de faire de la malversation
ou du trucage, là. C'était juste pour bien comprendre s'ils ont des délais, ils
reviennent «on-off», comme d'autres. Alors, merci des précisions.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, M. le député de Beauharnois.
Schneeberger :
Oui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Richard) :
Oui, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Alors, si je comprends bien, admettons que la personne se fait retirer sa
licence parce qu'elle a commis un
acte criminel. Il y a un emprisonnement, c'est-à-dire la personne sort de
prison. De cette journée-là, là il y a une
période de cinq ans supplémentaire qui s'additionne avant que la personne
puisse redemander un permis? C'est ça? Une licence, pardon, une licence.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
Oui. Mme la Présidente, c'est cinq ans après la fin de la condamnation. Donc,
si on a pris cinq ans, le cinq ans, on n'a
pas le droit, parce que présentement, quelqu'un qui est en prison peut demander
une licence, là. On va lui donner. Il
n'y a rien dans la loi qui nous dit de lui enlever. Donc, on dit : Ta
peine, c'est cinq ans. Même si tu es libéré
au tiers, bonne conduite, la peine c'est cinq ans jusqu'au bout de la peine,
puis, au bout de la peine, plus cinq ans. Ça fait qu'on rajoute. Ça fait que, si tu fais une peine de deux ans,
deux ans plus cinq ans. Tu es reconnu coupable, tu n'as pas de peine, tu
as une amende, cinq ans, parce que tu n'as pas fait de prison. Mais c'est cinq
ans.
Schneeberger : O.K. Mme la Présidente, on parlait de la
demande de pardon. Ça fait que ça n'a aucun lien avec ça, là. ...c'est
complètement un autre dossier, là.
Thériault : Bien, tu ne peux pas demander un pardon tant que tu
n'as pas fait ta peine. Il faut que tu fasses ta peine puis, après ça, il faut
que tu aies un certain nombre de temps pour te faire...
Mme Thériault :
C'est ça, c'est cinq ans, ta demande de pardon.
Schneeberger : Ta demande de pardon, c'est minimum, je
pense, une période de cinq ans avant de pouvoir...
Mme Thériault :
Cinq ans.
Schneeberger :
O.K., parfait.
Mme Thériault :
C'est ça.
M. Leclair :
Ça fait que, que tu aies reçu le pardon ou non, ça se peut que, cinq après,
tu...
La Présidente (Mme
Richard) : Est-ce que ça va pour tout le monde? Oui? Donc,
est-ce que l'amendement à l'article 16 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Donc, est-ce que l'article 16, tel
qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Parfait. Mme la ministre, nous allons à
l'article 17.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente.
L'article
65.4 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de
«sous-section» par la «loi».
modification qui vise à préciser que la notion de contrat public est pertinente
pour l'application de l'ensemble de
la loi, et non pas seulement pour la sous-section intitulée Licence restreinte
aux fins de l'obtention d'un contrat public.
Donc,
c'est une modification qui s'inscrit dans le cadre de la modification qui est
prévue... projet de loi ajoutant un nouveau paragraphe au premier alinéa, c'est
un paragraphe qui prévoit un nouveau motif d'annulation ou de suspension de
licence pour le cas d'un titulaire de licence qui a fait une soumission sur un
contrat public alors que sa licence était restreinte.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, Mme la Présidente. Bien, je veux juste m'assurer, dans le projet
de loi... pas dans le projet de loi,
dans le code, tel qu'il était avant, on semblait avoir une
section qui parlait
plus précisément des contrats publics, si je comprends bien, puis c'était ici. Donc là on enlève le côté public
puis on dit : Ça s'applique à tout le monde. Je veux juste faire
certain que je comprends bien, là.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Thériault : C'est que la définition ne s'appliquait qu'à la
sous-section. Là, on vient dire :
La définition va s'appliquer à
toute la loi, donc on englobe encore plus grand. C'est par souci de cohérence
avec tout ce qu'on a fait auparavant.
Présidente (Mme Richard) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, Mme la Présidente. Donc, ici et dans l'article 65.4, là, qu'on modifie,
on est dans une sous-section de tout ce qui
est public. Est-ce que c'est ça que je comprends? Parce que je n'ai pas tout le
code devant moi, là.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci, Mme la Présidente. Plus simple que
ça : pour éviter des questions d'interprétation.
M. Leclair :
Aidez-moi, je suis dur de la feuille.
Mme Marcoux (Nathaly) : À 65.4, ça commençait par : «Pour
l'application de la présente sous-section...» De façon à ce qu'il n'y
ait pas d'ambiguïté, la notion de contrat public s'applique à l'ensemble de la
loi. Point.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Thériault : Pour
éviter que les entreprises contestent la légitimité de la loi, ici, on
vient dire : Ça ne s'applique pas
à la section, ça s'applique à toute la loi, donc ça donne plus de pouvoirs à la
régie, moins de pouvoirs de contestation par quelqu'un qui pourrait
dire : Non, non, ça ne s'applique pas. Parce qu'ici c'est écrit
«sous-section», donc on peut sous-tendre que
les autres sous-sections, la balance de la loi, ça ne s'applique pas. Donc, on
enlève «sous-section» puis on met «loi» pour l'appliquer partout.
M. Leclair :
Est-ce qu'on a beaucoup de sous-sections dans...
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux
(Nathaly) : Non.
M. Leclair : O.K. Non, mais juste une question.
J'imagine, là, vous avez bien fait votre ouvrage, là, mais j'imagine que la question est plus à dire : Bien, est-ce qu'on pense
qu'on peut avoir oublié une sous-section quelque part? Si on prend
la peine d'enlever le mot «sous-section» ici, bien... pour ce lien-là... Ça me
va, Mme la Présidente, merci.
La Présidente (Mme Richard) : Merci, M. le député de Beauharnois. Ça va? Donc, je mets aux voix l'article 17.
Est-ce que l'article 17 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté. Mme la ministre,
article 18.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 66 de cette
loi est modifié par le remplacement de «, ceux des personnes physiques visées
[par] l'article 52, les numéros de licences,
les catégories ou sous-catégories de ces licences ainsi que, le cas échéant, la
restriction apposée en vertu de l'article 65.1» par «et ceux des
répondants des sociétés et des personnes morales, les numéros de licences, les catégories ou sous-catégories de ces
licences, les noms des cautions ainsi que, le cas échéant, toute restriction
aux fins de l'obtention d'un contrat public».
Donc,
il s'agit d'une modification de concordance qui tienne compte de la notion de
répondant, qui est maintenant introduite
à l'article 52 de la loi, et cette modification à l'article 66 prévoit
également que les noms des cautions devront maintenant être inscrits au registre public tenu par la régie. Donc,
l'ajout des noms de caution sur le registre public permet de mieux informer le public quant à l'existence
d'un cautionnement d'indemnisation et pour l'exercice de différents recours
à cet effet.
La Présidente (Mme Richard) : Merci, Mme la ministre. Est-ce
qu'il y a des questions
au sujet de l'article 18? M. le député? Non? Ça va. Donc,
je mets aux voix l'article 18. Est-ce que l'article 18 est adopté?
La Présidente
(Mme Richard) : Adopté.
Article 19, Mme la ministre.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente.
L'article 67 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«67.
Le titulaire d'une licence doit, dans les 30 jours, informer par écrit la régie
de tout changement à sa structure juridique, notamment en cas de fusion,
de vente ou de cession.
doit, dans le même délai, aviser par écrit la régie de toute modification à un
renseignement ou à un document qu'il lui a fourni, notamment en ce qui concerne
les infractions ou les actes criminels dont lui-même, un prêteur d'argent
ou, s'il s'agit d'une société ou d'une
personne morale, une personne visée au paragraphe 6° ou 6.0.1° du premier
alinéa de l'article 60 a été déclaré coupable.
«Le répondant doit
également, sans délai, informer par écrit la régie lorsqu'il cesse d'agir à ce
titre.»
Donc, en commentaire, Mme la Présidente, le but de cette modification est de préciser
les obligations du titulaire
d'une licence. Ainsi, le premier alinéa
prévoit que le titulaire d'une licence doit informer la régie de tout
changement à sa structure juridique,
ce qui est plus large que le libellé de l'article actuel. De plus, le deuxième
alinéa prévoit l'obligation au
titulaire d'une licence d'informer la régie de toute modification à un
renseignement ou à un document qu'il lui a fourni, notamment en ce qui concerne les infractions ou
les actes criminels. Une modification de concordance est également proposée
à l'actuel deuxième alinéa de
l'article 67 pour référer à la notion de répondant, et cet alinéa devient
le troisième alinéa de l'article 67, suite aux modifications qui
sont proposées.
Donc, c'est dans l'esprit des recommandations de
la commission Charbonneau et il y a une modification de concordance avec la
notion de répondant.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce que ça va? Il n'y a pas d'interventions à ce
moment-ci?
La Présidente (Mme Richard) :
Oui, M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
C'est assez technique, effectivement, cette section-là. Mais là, grosso modo,
on dit c'est la responsabilité des dirigeants
de toute compagnie d'aviser la régie. Puis on explique, là, tout changement qui
devrait être expliqué. Si les personnes
ne le font pas, il se passe quoi? On dit que c'est la responsabilité du
titulaire d'une licence d'informer, par écrit, la régie. Sinon, il se
fait couper une main, une tête ou...
La Présidente (Mme Richard) :
Mme la ministre.
Mme Thériault : La première étape, c'est des amendes, Mme la Présidente. Donc, c'est
ce qu'on appelle le pénal. Et il y a certainement un barème. Vous voyez les gens qui s'affairent en arrière de moi pour
vous donner de combien à combien. Donc, on me dit... Ah! c'est une suspension
ou annulation de licence, même. C'est encore mieux. Dans le cas d'une fausse déclaration, mauvaise déclaration,
donc c'est l'article qui nous occupe ici, suspension ou annuler les
licences. Ce n'est même pas pénal. C'est encore mieux.
M. Leclair : Dans le
fond, je suis bon joueur, Mme la Présidente. Je veux juste annoncer un peu mes couleurs ici. Parce
que je comprends, là, la régie,
elle doit se donner des règles puis des balises puis doit dire aux gens :
Regardez, là, vous avez des responsabilités, vous devez vous y conformer. On a entendu plusieurs
groupes venir nous dire : On comprend que, là, la régie, avec la commission
Charbonneau, qui dit, là, là, les
fraudeurs, puis ceux qui recommencent, là, tout le monde est d'accord à dire que ces gens-là, il faut que ça
cesse, puis on prend les moyens. Les gens vous appuient, les oppositions aussi
face à ça.
Mais on
semblait avoir de la misère à départir
lorsqu'on a entendu certains groupes à dire : Bien là, là, on ne parle
pas du fraudeur, là, on ne parle pas du gars
qui fait mal intentionné dans le but de frauder, on parle d'un plus petit ou un
moyen entrepreneur, parce que la grosseur a
peu d'importance, qui est débordé dans l'ouvrage puis qui a oublié d'émettre
un dit document, quelque chose que la régie
peut dire : Bien, c'est très, très important. Mais de là à perdre son
permis, les gens ont critiqué ça.
Puis là je vois qu'on rentre là-dedans parce que... Pourquoi que j'en parle
ici, Mme la Présidente? Bien, c'est
parce qu'on dit : «notamment en ce qui concerne les infractions ou les
actes». «Notamment», mais «notamment» peut vouloir dire pas tous les
oublis qu'on peut avoir, là. On parle d'échapper une gomme, à un criminel.
Donc, je
voudrais juste m'assurer, là, que, dans les prochains articles, on voie ça,
puis de voir un peu... vous dites :
Bien, la personne qui ne fait pas ça, bien
là vous... Je pense que les gens de la régie, là, tentent de nous sortir des
chiffres un peu, là, puis ils vont nous l'expliquer dans la réponse, bien
entendu. Mais de voir c'est quoi, la gradation, là, de ces affaires-là, là. Tu sais, si c'est un demi-oubli,
on a envoyé la lettre à la mauvaise adresse, on a passé les 30 jours, on est à
35 jours, on coupe-tu la main, le bras, le cou, la jambe, alouette? Je vous
laisse me répondre.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Thériault : Oui. Mme la Présidente, si on regarde l'article correctement, c'est écrit : doit aviser le délai...
il doit aviser sans délai... dans le même
délai — pardon — la régie, mais pour une modification de
renseignement aux documents,
notamment en ce qui concerne les infractions, les actes criminels, dont
lui-même, un prêteur d'argent ou, s'il s'agit...
tu sais, c'est pas on a oublié d'acheter un paquet de gommes, là, c'est comme
pas mal plus compliqué, ici, là : si tu omets sciemment. Ça fait
que tu dois le dire, ou sans délai, ou avec délai, tout dépendant c'est quoi.
Mais je pense
qu'il est important de rassurer aussi les gens qui nous écoutent : le
régisseur, là, il a quand même une
certaine discrétion. Quand c'est quelque chose d'aussi grave que ça, O.K.,
c'est soit une suspension ou une restriction. Puis là on me dit qu'en plus il peut y avoir du pénal. Mais, si c'est
pour une petite chose anodine, on comprend qu'on... Ce n'est pas ça, là, on va se ramasser avec
peut-être une petite amende, et, encore, ça ne veut pas dire qu'il va y avoir
une amende. Je pense que le régisseur
a une marge de manoeuvre justement parce que c'est le gros bon sens qui doit
s'appliquer entre j'ai déménagé puis
j'ai oublié de donner mon bureau, exemple, la suite. Bien oui, il manque
quelque chose, mais, tu sais, c'est
comme : je t'ai avisé pareil. Ça fait que c'est pour ça que je vous
dis : Il y a une différence entre dire : Il y a eu une
petite erreur de bonne foi quand on a transmis une modification ou qu'on a
passé une journée... mais, quand tu es reconnu d'un acte criminel, là, je
m'excuse, il n'y a pas de pardon, hein?
M. Leclair :
C'est plus que de la gomme.
Mme Thériault :
C'est plus que de la gomme.
Mme Marcoux
(Nathaly) : Comme vous dites.
La Présidente (Mme
Richard) : Ça va?
M. Leclair : Bien, je ne veux pas enlever l'intelligence au régisseur, tu sais, de
prendre des bonnes décisions, dépendant
de la gravité, mais la seule inquiétude que j'ai, c'est que je me dis : Le
régisseur, ça va être le même régisseur qui était là voilà un mois, qui était là voilà cinq ans, puis il y a des
postes qui changent. Alors, ce qu'on introduit ici, dans le projet de loi, c'est pour lui donner encore
plus de mordant, parce que le régisseur, j'imagine que, dans le passé, il
voyait cette personne-là... là, on
parle... là, je pense qu'on parle, en premier lieu, des pires cas, là, on
parle... mais moi, je veux juste
m'assurer qu'ici on lui donne le mordant qu'il avait besoin pour les pires cas,
mais ce n'est pas de lui enlever du mordant
pour les moins pires cas, mais je veux m'assurer puis rassurer les gens, les
entrepreneurs qui ont venus nous dire : Écoutez, là, nous, si on
fait une petite erreur humaine, une faute de toutes sortes d'histoires, puis,
même, ça se répète trois fois, parce que je
suis vraiment dans le jus dans le temps que vous me demandez ces 10 documents
là, bien, je ne veux pas me
retrouver, à la première ou deuxième offense, à perdre mon permis. Mais je veux
juste m'assurer qu'on a bien compris ces gens-là, puis le but, ce n'est pas de
les défendre, mais de mettre une logique derrière et un sens derrière
tout ça.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, M. le député. Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci, Mme la Présidente. Je vous rassure, ce
jugement-là est appliqué. Vous avez raison.
M. Leclair : O.K. Parce que les gens semblaient craintifs lorsqu'ils lisaient les
écrits, mais vous les rassurez et vous me rassurez, puis tant mieux, puis j'ai
entièrement confiance aux gens qui travaillent pour la régie et qui entourent
la ministre, là, bien entendu, j'imagine, ils ne sont pas fous à temps plein,
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Leclair :
Pas à temps plein. Bon, mais, écoutez, je me garde une porte.
La Présidente (Mme
Richard) : Sur cette fin, M. le député...
La Présidente (Mme Richard) : Sur cette fin de votre
intervention, M. le député de Beauharnois... Est-ce que, M. le député de Drummond—Bois-Francs, ça va? Ça va. Donc, je mets aux voix
l'article 19. Est-ce que l'article 19 est adopté?
Thériault : Oui, il est adopté, Mme la Présidente, et je vous
rassure, ils ne sont pas fous à temps partiel non plus.
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente (Mme
Richard) : Donc, l'article 19 est adopté.
Article 20, Mme la
ministre.
Thériault : Oui, Mme la Présidente.
L'article 69 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «la personne visée à l'article 52» par «le
répondant».
Donc,
il s'agit d'une modification de
concordance qui tient compte de la notion de répondant qui a été introduite
par l'article 52 de la loi. Donc, on est dans la concordance.
La Présidente (Mme
Richard) : Merci, Mme la ministre. Ça va? Est-ce que l'article
20 est adopté?
La Présidente (Mme
Richard) : Adopté.
Article 21, Mme la ministre.
Thériault : Et à l'article 21, Mme la Présidente, j'aurai également
un amendement, donc on vous achemine les documents.
Présidente (Mme Richard) :
Le temps qu'on va faire la distribution de votre amendement, vous allez nous
faire la lecture de l'article 21, Mme la ministre.
Mme Thériault : Certainement.
Merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 70 de cette loi est
modifié :
1° par le
remplacement, dans le paragraphe 3° du premier alinéa, de «des faits relatifs à
la demande de la licence» par «un fait relatif à la demande de [la]
licence ou a omis de le déclarer»;
2° par le remplacement des paragraphes 3.1° et
3.2° du premier alinéa par les paragraphes suivants :
«3.1° n'a pas
transmis un document ou un renseignement à la régie alors qu'il était tenu de
le faire en vertu de la présente loi ou de ses règlements;
«3.2° conclut
un contrat de prêt d'argent avec un prêteur alors qu'il a été avisé par la
régie que ce prêteur ou un dirigeant
de ce prêteur a été déclaré coupable d'une infraction ou d'un acte criminel
visé au paragraphe 8° du premier alinéa
de l'article 58 ou au paragraphe 6° du premier alinéa de l'article 60, sans
avoir obtenu le pardon, ou d'une infraction prévue au paragraphe 2° de
l'article 194;»;
3° par la suppression, dans le paragraphe 3.3°
du premier alinéa, de «fiscales»;
4° par le remplacement du paragraphe 4° du
premier alinéa par le paragraphe suivant :
«4° a fait défaut de se conformer à une
ordonnance délivrée en vertu de la présente loi;»;
5° par l'insertion, après le paragraphe 5° du
premier alinéa, des paragraphes suivants :
«5.1° a
présenté une soumission pour un contrat public ou conclu un tel contrat alors
que sa licence comportait une restriction aux fins de l'obtention d'un
contrat public;
«5.2° a agi comme entrepreneur ou comme
constructeur-propriétaire alors que sa licence était suspendue ou annulée;»;
6° par le remplacement du paragraphe 6° du
premier alinéa par le paragraphe suivant :
«6° a un dirigeant qui n'a pas obtenu sa
libération à la suite d'une faillite;»;
7° par le
remplacement, dans le paragraphe 8° du premier alinéa, de «à l'article 84» par
«à l'un des articles 84 ou 84.1»;
8° par l'ajout, à la fin du premier alinéa, du
paragraphe suivant :
«13° n'a
pas fourni à la régie les moyens nécessaires pour qu'elle puisse effectuer une
vérification ou un contrôle.»; et
9° par le remplacement du deuxième alinéa par le
suivant :
«Elle doit en outre annuler une licence lorsque
son titulaire ou, dans le cas d'une société ou d'une personne morale, l'un de ses dirigeants a été déclaré
coupable, selon le cas, d'une infraction ou d'un acte criminel visé au paragraphe 8° du premier alinéa de l'article 58 ou
au paragraphe 6° du premier alinéa de l'article 60, alors qu'il avait
déjà été déclaré coupable de l'un ou l'autre de ces infractions ou actes
criminels dans les cinq ans précédant la nouvelle déclaration de culpabilité, à
moins qu'il n'ait, dans l'intervalle, obtenu le pardon.»
Donc, dans
les commentaires, Mme la Présidente, l'article 70 est modifié afin d'ajouter de
nouveaux motifs pouvant mener à la
suspension ou l'annulation d'une licence. Vous comprenez évidemment que c'est
dans l'esprit des recommandations de
la commission Charbonneau. Ce sont des nouveaux motifs de suspension et
d'annulation de licence qui sont en
lien avec les amendements à 8 et 11 qu'on a adoptés un peu plus tôt,
donc : l'omission de déclarer un fait relatif à l'émission de la licence, ne pas transmettre une
information qu'il doit transmettre, faire défaut de se conformer à l'ordonnance de la Régie du bâtiment, présenter
une soumission à un contrat public alors que la licence est restreinte,
avoir agi comme entrepreneur ou...
Thériault : ...consultant
propriétaire, pardon... alors que la licence était suspendue ou annulée, avoir
un dirigeant qui n'a pas obtenu sa libération à la suite d'une faillite. Donc, tous
ces motifs-là sont des motifs pour pouvoir suspendre ou annuler la
licence, et on les introduit dans nos lois. Et j'ai un amendement.
Présidente (Mme Richard) :
Les membres ont reçu l'amendement que la ministre a déposé. Donc, Mme la
ministre, vous pouvez nous faire la lecture de votre amendement.
Mme Thériault : Merci, Mme la
Présidente. Donc : À l'article 21 du projet de loi :
1° insérer, avant le paragraphe 1°, le
suivant :
«0.1° par le remplacement du paragraphe 2° du
premier alinéa par le paragraphe suivant :
"2° ne remplit plus l'une des
conditions requises aux articles 58 à 62.0.4 pour obtenir une licence;"»;
2° remplacer le paragraphe 1° par le
suivant :
«1° par le remplacement du paragraphe 3° du
premier alinéa par le paragraphe suivant :
"3° a faussement déclaré des faits à la
régie ou les a dénaturés, ou omis de lui fournir un renseignement;"; et
3° supprimer le paragraphe 7°.
Donc, le
motif de l'amendement, Mme la
Présidente, c'est un amendement
qui a été proposé lors des consultations par la Corporation des maîtres
électriciens et la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie.
L'objectif
de cet amendement est de modifier le paragraphe de la
Loi sur le
bâtiment pour préciser à quels articles ce paragraphe réfère lorsqu'il est question
de conditions requises pour la présente loi pour obtenir une licence
le deuxième, cet amendement est présenté par souci de cohérence avec l'article
70.0.1, en effet, qui inclut les amendements proposés et prévoit que la régie peut suspendre ou annuler
lorsqu'un répondant a fait une fausse déclaration,
dénaturé des faits ou omis de fournir un renseignement.
Le paragraphe
3° du premier alinéa, qui prévoit une disposition similaire à l'égard
du titulaire d'une licence, limite la fausse déclaration, le fait de
dénaturer des faits et l'omission à un fait relatif à la demande d'une licence.
Donc, cet amendement
pour objectif de permettre à la régie de suspendre ou d'annuler
une licence lorsque son titulaire fait une fausse déclaration pour des
faits autres que l'obtention d'une licence.
Donc, le
nouveau paragraphe 3° pourrait être utilisé lorsque le titulaire
fait une fasse déclaration à la régie pour le maintien de sa licence ou pour tout autre renseignement ou document
qu'il fournit à la régie, par exemple, lorsque celle-ci exerce ses fonctions de vérification
ou de contrôle.
Et le paragraphe 7°, c'est : il s'agit
d'une modification de de concordance.
En effet,
le paragraphe 7° de l'article 21 a pour seul objet de modifier l'article
70 de la
Loi sur le bâtiment pour prévoir
que la régie peut suspendre ou annuler une licence lorsque son titulaire voit
son adhésion ou cautionnement visé à l'article 84.1 prendre fin, alors que l'article
26 du projet de loi, qui introduit l'article 84.1 à la
Loi sur le
bâtiment, est supprimé par amendement.
Donc, par
conséquent, le paragraphe 7° de l'article 21 doit être supprimé lui aussi. C'est vraiment
de la concordance, celui-là.
La Présidente (Mme Richard) :
Ça va, Mme la ministre? Merci. M. le député de Beauharnois.
Leclair : Oui, merci, Mme la Présidente. Oui, il
y a du stock ici, là. Mais là, justement,
tantôt, à l'autre
article avant, j'avais un petit peu introduit, là, ma
position face à prendre un bazooka pour tuer une mouche, là. Puis, ici, c'est
encore inquiétant, là, si je les prends mot
par mot. Je comprends, tantôt, la vérificatrice
nous a dit : Bien non, inquiétez-vous pas, là, on n'est pas fous à
temps plein.
Mais je
regarde ici, là, il y a plein de mots qui disent qu'on peut suspendre pour
avoir omis de... même, là, juste à
l'amendement, Mme la Présidente, là, on dit : tout remplacement de
paragraphe... Oui, «omis de [...] fournir un renseignement». Je ne sais pas qui est-ce qu'on veut viser, là, quel
type de renseignement, là. Tantôt, je comprends, là, la ministre m'a bien expliqué. Là, on parle de
quelqu'un qui est criminel puis qui nous le cache, là. Moi, je me disais :
Je n'ai pas trop de trouble avec le
criminel qui essaie de nous le cacher, on peut peut-être lui donner un bon coup
de tapette à mouches à lui, mais là, un petit renseignement, là, on
parle de quel type de renseignement?
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, M. le député de Beauharnois. Mme Marcoux.
Marcoux (Nathaly) : Merci,
Mme la Présidente. Au premier chef, ce serait un élément qui, si on l'avait
connu au moment de la demande de licence, il
ne l'aurait pas eue, sa licence. Alors, c'est un renseignement qui affecte
sa capacité à détenir la licence.
Leclair : O.K. Donc, on ne
vise pas ici du courant, on vise vraiment une information, là — puis ça, vous me rassurerez si vous me dites ça — on vise une information que, si on l'aurait
eue avant d'émettre un permis, vous n'auriez pas eu le permis, puis là
on prend connaissance de. Donc, on peut, pour le fait même, vous le retirer, le
permis.
La Présidente (Mme Richard) :
Mme Marcoux.
Marcoux (Nathaly) : Merci, Mme la Présidente. Exactement, on ne vise pas des erreurs, on vise quelque chose qui affecte la capacité de
détenir la licence.
Leclair : O.K.
Puis... Bien, c'est ça, le but. C'est ça qu'ils nous disent, c'est ça, le but,
de l'annuler s'il ne rentre pas dans les règles. Mais je vais... Je
prends un autre... Dans l'amendement, on dit : «Supprimer le paragraphe
7°.» Paragraphe 7°, que, lui, stipule : Dans «le cas échéant, son adhésion à un plan de garantie visé à l'article 80
[prend] fin». Je reviens dans...
Moi, là, je
ne prends pas le criminel, là. Je prends le monsieur, là, qui est dans le jus,
qui a de l'ouvrage puis la compagnie roule. Il est dans son rush, il
fait beau, il se dépêche, il a oublié de renouveler son paiement. Puis là,
bien, ça fait 30 jours. On lui enlève son
permis ou on fait la logique qui s'applique, dire : Oui, là, ce n'est quand même
pas le pire des bandits qu'on a vu
passer. Mais là c'est important que tu aies ta garantie. Donc, est-ce qu'on a l'intention de lui enlever?
La Présidente (Mme Richard) :
Mme Marcoux? Mme la ministre, oui.
Thériault : Oui. Je
vais juste faire un petit commentaire avant, O.K.? Puis je vais vraiment me permettre... parce que
le cautionnement, c'est drôlement important pour la suite des choses. Puis c'est comme... on
va le comparer à nous, les
députés : si on ne met pas, nous, notre rapport d'états financiers de nos associations locales, de notre formation politique au 31 mars, donc bientôt, là, bien on peut être
démis de nos fonctions. C'est notre responsabilité, nous, comme députés, de s'assurer que nos
déclarations sont faites correctement auprès du Directeur général des élections.
Bien, quand
tu parles d'un cautionnement, bien, c'est la même chose. Tu as l'obligation
d'avoir ton cautionnement puis d'y
voir. Si tu n'as pas renouvelé ton cautionnement, c'est grave. Si jamais
il arrive quelque chose cette journée-là, c'est
quoi, le mode, le recours que la personne va avoir? Elle n'en a plus, de recours, tu ne
l'as pas renouvelé. C'est un défaut
qui est grave. Ça fait que ce n'est pas pour une petite affaire de
rien. C'est quelque chose qui est gros puis qui est grave. Maintenant,
si maître... si la vice-présidente Mme Marcoux veut compléter, je pense que
j'ai répondu en vous donnant un exemple.
La Présidente (Mme Richard) :
M. le député de Beauharnois, est-ce que... oui? Est-ce que...
M. Leclair : Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Richard) :
...une question. Allez-y.
Leclair : Comme depuis le
début du projet de loi, je ne veux pas douter des gens. La seule affaire que
j'ai en tête, c'est les entrepreneurs
qui ont venu s'asseoir en avant de nous. C'est ça qui m'inquiète, de dire...
Parce qu'eux, là... Je reprends des
mémoires, j'en ai trois, quatre ici, puis on est directement à l'article 21,
qu'ils disent : Bien là, là, ça n'a pas de bon sens, puis, toutefois, puisqu'il arrive fréquemment des
petites situations, on peut-u perdre le permis? Je pourrais tous vous les relire, là, puis on pourrait passer
l'après-midi, puis ça me ferait plaisir de le faire, parce que les gens ont
pris la peine de venir nous jaser.
Je veux
vraiment juste m'assurer de ça, puis je ne veux pas mettre personne en doute
là-dedans. C'est de dire : Bien
là, on parle de quelque chose qui est grave. La ministre me donne le cas d'un
plan de garantie. Oui, effectivement, là, je n'ai peut-être pas pris le bon cas, mais il était dans l'amendement.
Puis là je dis : Bien, le plan de garantie, si la personne n'en a pas du tout, là je peux comprendre qu'on
lui enlève son permis. On dit : Tu dois avoir ça pour la protection de
tout le monde. Mais que la personne
dise : Mon plan de garantie prend fin le 12 octobre, je n'ai pas envoyé le
chèque, eux autres courent après moi,
puis là j'ai dit à ma femme qu'elle fasse ça, puis, en fin de compte, les
enfants ont sorti de l'école puis je n'ai
pas encore envoyé le chèque, je vais-tu perdre mon permis ou bien donc, là, je
vais juste payer, parce que j'avais 30
jours? Il y a quand même encore une marge, même si ça peut être grave s'il n'en
a pas, il y a une marge en disant : Je suis en retard de paiement, défaut de paiement de 30 jours, je
perds-tu mon permis? Y a-tu une gradation, de dire : Aïe! Ça, là... si, dans 30 jours, tu n'as pas réglé ça,
c'est fini? Ou bien on arrive tout de suite avec le huissier, on l'attache, on
pète les «tires» du pickup puis on dit : C'est fini?
Présidente (Mme Richard) :
M. le député de Beauharnois, je comprends, comme nous tous, que ce dossier
est extrêmement important, c'est un projet de loi important, vos questions sont
toujours pertinentes.
Mais,
compte tenu de l'heure, la commission va suspendre ses travaux jusqu'à
15 heures. Vous aurez donc l'occasion de continuer cet après-midi. Je veux vous souhaiter, à tous et à toutes,
un bon appétit. On se retrouve à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
Présidente (Mme Richard) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Donc, bonjour, Mme la
ministre. Bonjour, chers collègues.
La commission
reprend ses travaux, et je vous rappelle que le mandat de la commission
est de poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi n° 162, Loi
modifiant la
Loi sur le bâtiment et d'autres dispositions législatives afin
principalement de donner suite à certaines recommandations de la
Commission Charbonneau.
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre toute
sonnerie de leurs appareils électroniques.
Et, lors de
la suspension de nos travaux, nous en étions rendus à l'amendement qui était proposé par la
ministre à l'article.
Mais, juste
avant, je voudrais apporter à votre attention, qu'il y a eu un correctif à l'article 11 qui avait
été déposé à un amendement
au paragraphe 2°. Et il se lisait auparavant : Remplacer le paragraphe 1° par le suivant. Et maintenant,
ça va être : Remplacer dans le paragraphe 1° par le suivant. Donc, on
rajoute... on change un mot, on rajoute «dans».
Présidente (Mme Richard) : C'est important, vous avez bien raison, Mme la ministre. Donc, le correctif a été apporté, nous pouvons poursuivre. Et, quand nous nous
étions quittés pour l'heure du dîner, la parole était au député de
Beauharnois. M. le député, vous avez la parole. Nous sommes toujours sur
l'amendement de la ministre.
M. Leclair :
Bien, sur l'amendement de la ministre, on était toujours, nous, sur le point de
faire valoir les points de... lorsqu'on parle de suspension, que les groupes
étaient venus nous voir, ils avaient porté à notre attention que, si on veut suspendre un permis à un entrepreneur, il
faut que les raisons soient valables, puis eux croyaient... dans plusieurs
mémoires dont je n'en ferai pas la
lecture... Je voulais juste assurer que, lorsque c'est un manquement non
volontaire ou par inadvertance, qu'on ne se
retrouve pas avec un permis suspendu. Les gens, je pense qu'on a posé la
question sur plusieurs articles, puis ils
semblent vouloir nous dire que, si ma compréhension est bonne, c'est si jamais
ces informations-là étaient un
manquement qui aurait enlevé un permis dès la demande, ça pourrait être quelque
chose qu'on retire. Mais, si c'est
quelque chose d'un peu moins sévère, puis on comprend que le but n'est pas
d'enlever un permis pour le fun, là, à quelqu'un
parce qu'il aura manqué une journée, deux journées... Ça dépend vraiment. On
s'attend à quelque chose de grave pour enlever un permis. Donc, moi, ça
me va.
La Présidente (Mme Richard) :
Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à ce moment-ci?
Présidente (Mme Richard) :
Ça va. Bon. Donc, je mets aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement
à l'article 21 est adopté?
La Présidente (Mme Richard) :
Adopté. Est-ce que l'article 21, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme Richard) :
Adopté. Merci. Nous allons maintenant à l'article 22. Mme la ministre.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. Cette loi est modifiée par... Ah! excusez-moi, on a
un autre petit amendement également que je m'empresse de vous
transmettre pour copie à mes collègues.
Présidente (Mme Richard) :
...la lecture de l'article, Mme la ministre, puis on va distribuer votre
amendement aux membres de la commission.
Mme Thériault :
Certainement. Merci, Mme la Présidente. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 70, du suivant :
«70.0.1. La
régie peut suspendre ou annuler une licence lorsqu'un répondant lui a fait une
fausse déclaration ou a fait défaut de respecter l'une ou l'autre des
obligations qui lui sont imposées par la présente loi ou ses règlements.»
Donc, en
commentaire, Mme la Présidente, la loi est modifiée par l'insertion d'un nouvel
article permettant à un régisseur de
suspendre ou d'annuler une licence lorsqu'un répondant fait une fausse
déclaration ou lorsqu'il est en défaut de respecter une obligation
prévue par le règlement.
C'est une
modification de cohérence qui est faite dans l'esprit des recommandations de la
commission Charbonneau.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, Mme la ministre.
Mme Thériault : Est-ce
que vous voulez qu'on passe à l'amendement?
La Présidente (Mme Richard) :
On va passer à l'amendement. Allez-y.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. Donc, l'amendement : Remplacer l'article 22
du projet de loi par le suivant :
22. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 70, du suivant :
«70.0.1. La régie peut suspendre ou annuler une licence
lorsqu'un répondant lui a faussement déclaré des faits ou les a dénaturés, a omis de lui fournir un renseignement ou a fait défaut de respecter l'une ou l'autre des obligations
qui lui sont imposées par la présente loi ou ses règlements.»
Et le motif
de cet amendement, Mme la
Présidente, c'est proposé dans un
souci de cohérence également avec les articles 8, 11, 21 et 38 du projet
de loi.
Donc, ça a
pour objectif d'ajouter comme motif d'annulation, de suspension
de licence le fait, pour un répondant, de dénaturer des faits ou encore
d'omettre de fournir à la régie certains renseignements.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci, Mme la ministre. Ça va? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : La ministre, elle me recherche encore, ça fait
que je suis obligé encore de revenir. Je regarde l'ancien texte qu'on avait, par rapport à l'amendement, on dit : «a fait une fausse déclaration», puis, ici, on
dit : «faussement déclaré» puis,
après ça, on dit : «a omis de lui fournir un renseignement». On tombe encore dans les petites
choses, là : si j'oublie de fournir un renseignement, je perds mon
permis.
Alors, je me
répète, encore une fois, je ne comprends pas trop pourquoi qu'on change ça,
puis je comprends, là, la lecture se
fait très bien puis... mais, encore là, on diminue, là, on dit : Bon,
bien, s'il me manque un renseignement, on t'enlève le permis. Donc, je veux juste réitérer, on ne s'en va pas dans
le sens que, s'il manque un renseignement, on n'a pas donné le numéro de
sa femme, bien, il perd son permis.
Présidente (Mme Richard) : Merci, M. le député. Mme Marcoux.
Mme Marcoux
(Nathaly) : Mme la Présidente, merci. Je vais vous donner un exemple
d'un cas vécu. On a constaté 14 fausses
déclarations au formulaire de demande de licence, bien... et on a constaté ça
alors qu'il était en licence. Alors, c'est un cas où on va intervenir.
Leclair : Je ramène ma question. Dans ce qu'il y avait déjà
dans le projet de loi... bien, premièrement, je trouve ça spécial, j'imagine que ça existait avant, là,
ce paragraphe-là, ce n'est pas nouveau, là, que quelqu'un fait une fausse
déclaration.
Une voix :
Bien, fausse déclaration, non.
M. Leclair :
C'était déjà là, ça.
Leclair : Non? Ça
fait qu'avant on avait le droit de faire des fausses déclarations à la régie?
Vous étiez toute une passoire.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme la ministre.
Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente. Simplement que, dans la loi, ce n'était pas
prévu. Là, on vient dire nommément : Si tu fais une fausse déclaration,
c'est un motif pour pouvoir suspendre ou retirer ta licence. Donc, on
vient l'écrire.
M. Leclair :
Je comprends.
Thériault : Ça fait
que quelqu'un qui fait une fausse déclaration, puis encore plus
quelqu'un qui le fait à répétition... Donc, c'est pour ça
qu'au début, dans l'article 22, O.K., on modifiait par l'insertion, après l'article,
donc on venait de dire ici nommément
qu'on pouvait suspendre ou annuler quand on fait une fausse déclaration, O.K.? Ce
qui est nouveau, c'est qu'on l'impose pour le répondant aussi.
C'est la seule chose qui est nouveau, O.K., avec le fait qu'on vient l'encadrer.
La Présidente (Mme
Richard) : M. le député.
Leclair : Juste pour
me faire rassurer, Mme la Présidente. Dites-moi, quelque part, dans le règlement de la Régie du bâtiment, quelqu'un disait : Si tu fais une demande d'un permis
ou d'un... puis tu fais une fausse déclaration, tu peux être suspendu ou bien tu peux ne pas recevoir
ton permis. Ça existait sûrement avant, là, j'imagine qu'on n'invente pas
ça cette année, suite à la commission Charbonneau.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux
(Nathaly) : Oui, c'est à l'article 70, alinéa 3°.
Leclair : O.K.
Bon. Parfait. Là, je reviens sur ma question première, vous me rassurez, c'est
ça que je me disais, j'imagine que quelqu'un n'a pas le droit de faire
une fausse déclaration avant aussi.
Alors,
vous me donnez l'exemple de dire : Dans un cas particulier, on a fait 12,
13, 14 fausses déclarations. Alors, moi,
ce que je vous dis, c'est que, dans ce qu'il
y avait déjà
dans le projet de loi avant l'amendement, ça le disait déjà : «La régie peut
suspendre ou annuler une licence lorsqu'un répondant lui [...] fait une fausse
déclaration...» Donc, j'imagine qu'à
14 on en a plein notre truck, il va la perdre encore plus vite, sauf que là on
rajoute ou «omis de lui fournir un renseignement». Alors, vous voyez la petitesse dont je veux
faire certain, que ce n'est pas pour cibler, je comprends la personne qui va faire une fausse ou 14 fausses
déclarations, aucun doute, je ne juge pas ça, je vous appuie. Mais, lorsqu'une
personne omet de fournir un renseignement, j'espère que ce renseignement-là
doit être capital.
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Alors, je vous referais les mêmes commentaires que tantôt. Alors, on est d'accord avec vous.
M. Leclair :
Alors, pourquoi l'amendement devrait rajouter le renseignement?
La Présidente (Mme
Richard) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Merci. Ce qui est nouveau, c'est que la disposition vient dire : «La régie peut suspendre ou annuler une licence lorsqu'un répondant», et
ça, ce n'était pas dans la loi. À 70.3°, ce que vous avez, c'est : «...lorsque
le titulaire [...] a faussement déclaré ou dénaturé des faits relatifs à la
demande de [la] licence.»
Leclair : Je vous
suis, je vous suis sur le répondant, moi, je vous parle plus du petit bout de
phrase «a omis de [...] fournir un renseignement».
La Présidente (Mme Richard) :
Mme la ministre.
Thériault : Oui. Je
vais me permettre de réitérer ce que Mme Marcoux a dit si justement
un peu plus tôt. C'est
que, si la personne sait qu'elle est sur le coup d'un dossier criminel, elle
est reconnue coupable puis qu'elle omet de donner ce renseignement-là, bien, c'est exactement la même chose, alors que, dans le formulaire que la régie va donner, il y a une
série de conditions. Tu dois dire : Bien, je n'ai pas ça, je n'ai pas ça,
je n'ai pas ça, ça fait que tu peux omettre volontairement.
C'est ce renseignement-là.
M. Leclair : Je suis d'accord,
mais...
Thériault : Si la
régie a besoin de renseignements
supplémentaires, elle peut demander d'aller chercher telle affaire, telle affaire. Mais ce n'est pas...
Le but, là, c'est... Je veux vous rassurer. Les discussions et les
représentations que les groupes vous
ont faites, qu'ils nous ont faites ici, en commission... On l'a vu sur l'article
précédent, le 21. C'est la même
chose. Ce qu'on est en train de faire, c'est une modification de cohérence, qui est cohérent avec ce qui a été
fait avec l'article 21, dans la lignée des recommandations de la commission
Charbonneau. C'est l'article 8, l'article 11, l'article 21, le 22, et, quand on arrivera au 38, on pourra
vous rassurer encore une fois. Ce sont tous des articles de cohérence
qui exigent... qui viennent dire : Bien, vous devez remettre ces renseignements-là
à la régie.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci. M. le député.
M. Leclair : Je n'en passerai pas la fin de l'après-midi là-dessus, promesse. Mais ça reste que, lorsque quelqu'un,
O.K...
Dans les lignes, on dit : Quelqu'un fait une fausse déclaration, donc il omet de
donner des renseignements. Donc, dans
la même phrase, on dit : Fait une fausse déclaration ou faussement,
dénaturés, puis après ça, bien, on vient rajouter «omet de [...] fournir un renseignement». Moi, pour moi, là, j'enlèverais cette ligne-là, là, puis c'est la même chose. Tu fais une fausseté dans ta
déclaration, c'est la
même chose qu'omettre un renseignement. Mais, bref, si les juristes disent que ce mot-là est très important, je ne vous en tiens pas rigueur, puis
vous me rassurez déjà en me disant : Bien, ce n'est pas pour une question d'un petit renseignement qui aurait été oublié. Alors, je vais en revenir, Mme la Présidente, et ça me va.
La Présidente (Mme Richard) :
Merci. M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Je
comprends, là... Bon. Quand tu as dit : La régie... Bon, ça
s'applique aux répondants, je comprends ça. «A faussement déclaré des faits
[...] ou les a dénaturés», bien, ça, ça se retrouve, pour le titulaire, à l'article
3°, 70, troisième alinéa, O.K., «a faussement déclaré ou dénaturé des faits
relatifs...» «A omis de lui fournir un renseignement ou a fait défaut de respecter...» Donc, «a omis
de lui fournir un renseignement», ça se retrouve où pour le titulaire?
Mme Marcoux (Nathaly) : 60.
La Présidente (Mme Richard) :
Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Nathaly) : Oui. Merci,
Mme la Présidente.
Article 70, alinéa 3°.
Laframboise : Alinéa trois, c'est ça : «a faussement déclaré ou dénaturé
des faits». On ne parle pas de «a omis de lui fournir un