Transportation and the Environment — 15 February 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2017-02-15
Quebec — Committees
M. Lemay :
Oui. Je ne veux pas être pointilleux, mais, sur la forme...
Le Président
(M. Iracà) : Ah! des coquilles. Oui, allez-y, M. le député de
Masson.
M. Lemay :
Il y aurait deux commentaires. Dans l'amendement, le deuxièmement, quand on dit
«insérer, dans le paragraphe 4°
du premier alinéa», on n'a pas précisé à quel endroit. Habituellement, dans les
amendements subséquents, on voyait :
Insérer, à la fin du paragraphe 4°... Là, je comprends que c'est à la fin,
là, mais ce n'est pas précisé. Je ne veux pas... Je fais juste le
mentionner de même.
Puis,
dans le troisièmement, je crois que, si
on l'adopterait tel quel, il y aurait deux fois le mot «ministre» de suite.
Le Président
(M. Iracà) : Pouvez-vous répéter juste pour ma connaissance, là,
pour qu'on puisse faire...
M. Lemay : Dans le troisième paragraphe, là, de l'amendement, on fait un remplacement, puis, dans ce qu'on remplace, on commence
par «ministre», alors qu'on n'a pas dit qu'on l'enlevait. Donc, il y aurait
comme deux fois le mot «ministre».
Président (M. Iracà) :
Mme la secrétaire? On va pouvoir faire... pour ces coquilles-là, alors, si
j'ai le consentement de tous, on va pouvoir faire les modifications ici,
à l'interne, là, avec Mme la secrétaire.
Une voix :
Consentement.
Président (M. Iracà) : Consentement? Ça vous va? Merci beaucoup, M. le
député de Masson, de votre
oeil aiguisé, ça nous permet de corriger.
Le Président (M. Iracà) : L'oeil de
lynx. Mme la secrétaire, est-ce que les modifications ont été apportées?
La Secrétaire : C'est beau.
Le Président (M. Iracà) : Les modifications :
alors on a enlevé «ministre» et on a indiqué «à la fin», là, du paragraphe...
du premier alinéa. Merci. M. le député de Masson.
M. Lemay : Sur l'amendement.
Le Président (M. Iracà) : Oui.
M. Lemay : Dans le premier paragraphe, on me dit : Insérer,
dans le paragraphe 3° du premier alinéa et après «suspend», «, modifie de sa propre initiative».
J'aimerais savoir pourquoi qu'on voudrait inclure «modifie de sa
propre initiative». Ça sous-entend que quelqu'un d'autre pourrait faire une suspension.
J'aimerais juste avoir un peu plus de précisions, s'il vous plaît.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. Nous avons toujours, aujourd'hui, le seul et unique Me Lessard,
qui pourra répondre à la question, mais vous allez devoir vous présenter comme
d'habitude, là, Me Lessard.
M. Lessard
(Martin) : Oui. Merci, M. le Président. Bonjour, Martin Lessard, avocat à la
Direction des affaires juridiques du ministère du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
Dans le fond, cette modification-là, cet amendement-là, c'est une forme de concordance, parce qu'il va y avoir
une disposition, je pense, qu'on n'a pas étudiée encore là, je pourrai vous
identifier l'article, mais qui donne un pouvoir exceptionnel, là, au ministre de modifier, là, unilatéralement, dans des
cas particuliers, là, une autorisation. Donc, on voulait s'assurer, là, qu'il y ait un recours, là, qui
soit rattaché à ça lorsque ce pouvoir exceptionnel là est utilisé. Écoutez, je
peux, si vous me laissez... je peux le retracer, l'article.
M. Lemay : Ce serait apprécié.
M. Lessard
(Martin) : Il y a le deuxième alinéa de l'article 30 qui a été
inséré par l'article 16 du début, qui donne un pouvoir particulier de modifier une autorisation, là, quand il y a analyse
d'une autre demande d'autorisation. C'est bien ça? Puis, l'autre cas,
lui, on ne l'a pas vu... on l'a vu?
M. Lessard (Martin) : 70.18.1.
70.18.1 dans les matières dangereuses. Je vais aller le regarder aussi, là.
Oui, effectivement.
Puis l'autre
pouvoir qu'on n'a pas étudié encore, c'est le 115.10.1, hein, je pense,
115.10.1. Quoique, lui, on l'a couvert par l'autre paragraphe dans le
recours de 118.10. 1. C'est ça? Je pense que c'est beau.
Oubliez le 115.10.1. Lui, il est couvert à
l'article qu'on étudie actuellement, 118.12, le recours est prévu au paragraphe 10°.
Donc, oubliez ça, mais la modification qu'on vient de faire, c'est pour couvrir les deux
autres cas que je viens de vous dire, là.
Le Président (M. Iracà) : Merci, Me
Lessard. M. le député de Masson.
Lemay : O.K.
Merci pour ces explications. Je voulais juste savoir, parce que
le ministre... Dans le
fond, dans l'article 96 qui est renuméroté 118.12, on
dit : «Il en est de même lorsque le ministre», puis là, au 3°, on
dit : «suspend ou révoque», puis là on vient mettre dans l'amendement
«suspend, modifie de sa propre initiative ou révoque».
O.K., je comprends. Bon, bien, je pense que je
croyais... Je viens de comprendre, là, en relisant, là.
M. Lessard (Martin) : ...de sa
propre initiative l'autorisation.
Lemay : C'est le «modifie»,
oui. Mais au début je pensais que c'était «suspend de sa propre initiative»,
mais en faisant la relecture... Merci. Je n'ai plus d'autre question sur ce point
spécifique.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Masson. Toujours à l'amendement 118.12, M.
le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Dans le troisième paragraphe de l'amendement, bien, quand on dit :
«Dans le cas où le ministre
impose un taux en vertu de l'article 39, l'exploitant ou la personne
desservie», je comprends que c'est pour faire une concordance avec ce
qu'on a déjà adopté à l'article 39, entre autres les situations des
personnes qui habitent, par exemple, dans des parcs de maisons mobiles qui sont
desservies par un réseau, là. Maintenant, on avait donné le moyen, à la suite d'une
pétition, là, qu'ils puissent contester. Alors, je comprends que ça vient
attacher ça, si on veut, là.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député de Jonquière. Alors, vous confirmez, Me Lessard?
M. Lessard (Martin) : Oui, c'est en
plein ça.
Le Président (M. Iracà) : Alors, est-ce
qu'il y a d'autres interventions, toujours sur l'amendement, 118.12 proposé à l'article 118? S'il n'y a pas
d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à
l'article 118.12 proposé par l'article 118, tel que lu par M. le
ministre, est adopté?
Président (M. Iracà) : Amendement
adopté. 118.12, est-ce qu'il y a
questions, commentaires, interventions? M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Alors, c'est un volet important, quand même, du
projet de loi parce que c'est évidemment la question des recours devant le Tribunal administratif. On s'aperçoit,
dans cet article, qu'il n'y a aucun pouvoir pour une municipalité ou la population de contester devant
les tribunaux une autorisation qui aurait été délivrée en vertu de la
loi, ce que nous considérons comme étant une
justice à sens unique, d'une certaine manière. Donc, c'est quand même...
On permet à une personne concernée ou à une
municipalité de contester devant le tribunal lorsque le ministre refuse de
délivrer, de renouveler ou de modifier, mais
on ne le fait pas dans le cas d'une autorisation qui a été accordée, ni à la
municipalité, mais aussi ni à toute personne intéressée par une telle
autorisation.
Et pourtant on a eu plusieurs représentations à
cet égard, que ce soit de la chaire de recherche, par exemple, sur le droit de l'environnement, le réseau
national... le Regroupement national des conseils régionaux de
l'environnement, le Centre québécois du
droit de l'environnement, Nature Québec, ont tous intervenu à cet égard. Il y a
eu des rapports également qui ont été
dans ce sens-là, je pense au rapport Nadon, entre autres, qui dit... un extrait
du rapport Nadon, la citation, là, du
rapport, c'est : «Instaurer de nouveaux recours, tant judiciaires
qu'administratifs, permettant à l'ensemble de la société de revendiquer
à moindres coûts et rapidement leur droit fondamental à la qualité de
l'environnement et incitant les pollueurs à
respecter leur obligation législative et réglementaire.» Ça, c'est le rapport
Nadon qui dit ça. Donc, c'est quand
même des éléments importants. On a eu beaucoup de représentations dans ce
sens-là, et, dans le fond, c'est une
question de respect d'un droit qu'on appelle le droit à la qualité de
l'environnement, à un environnement de qualité.
Alors, dans
ce sens-là, on aimerait savoir comment le ministre réagit face à ces questions
que j'ai, d'une part, mais, d'autre
part, face au fait qu'il y a quand même plusieurs groupes qui nous ont plaidé
que c'est inacceptable en droit de ne donner aucun pouvoir, pour la
population ou les municipalités, de contester une autorisation qui est
délivrée.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député de Jonquière.
M. Heurtel : Me Lessard va
commencer.
Le Président (M. Iracà) :
Me Lessard, pour commencer.
M. Lessard
(Martin) : Oui, bien, sur ce point, moi, je voudrais juste peut-être
rappeler, donc, il y a les recours, là, de droit commun, donc, qui demeurent, là, les recours judiciaires. Donc,
nécessairement, bon, il y a l'injonction, à 19.1, là, de la loi, là, qui est ouverte à tous les citoyens
et puis il y a toujours la possibilité, là, de prendre des actions en
nullité, là, en Cour supérieure, par exemple
lorsqu'il y a des tiers qui considèrent qu'il y a une autorisation qui a été
donnée par le ministre ou par le ministère, là, qui ne respecte pas la
loi. Donc, là-dessus, on est restés, là, à ce niveau-là, ce qui existe déjà.
Quand on
tombe dans l'univers des autorisations, bien, le choix qui a été fait, dans le
fond, c'est que, pour quand même donner une bonne sécurité juridique, si
on veut, à la personne qui a fait une demande d'autorisation puis qui a obtenu son autorisation, bien, effectivement, là,
la loi, comment qu'elle est articulée, là, elle ne permet pas, par
exemple, à avoir un recours administratif à
un citoyen ou à un tiers, là, qui voudrait contester l'autorisation, mais il y
a les recours judiciaires habituels, là, qui existent déjà, qui
demeurent.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, Me Lessard. M. le ministre.
M. Heurtel :
Pour compléter également, c'est inexact de dire que la population et les
municipalités n'ont aucun recours,
comme le dit le député de Jonquière. Il y a des exemples presque mensuels de
recours devant les tribunaux exercés par
des citoyens et par des municipalités qui contestent des autorisations. Alors,
je crois qu'il faut modérer les affirmations de ce côté-là. Il n'y a personne qui est exclu de pouvoir contester,
selon les recours qui existent déjà, la validité d'une autorisation. Alors, il y a un accès aux
tribunaux, il y a des recours judiciaires qui sont à la disposition tant de la
population, de groupes ou de municipalités et il y a plusieurs exemples qui
confirment cette affirmation-là, M. le Président.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. C'est qu'ici on parle quand même, dans le projet de loi, de contestation
devant le Tribunal administratif,
alors que le ministre et les juristes me répondent par soit le recours par
injonction ou les recours extraordinaires en contrôle judiciaire, comme le pouvoir d'évocation, etc. Donc, ce
n'est pas du même type de recours qu'on parle. On s'entend là-dessus, M. le Président, qu'un recours
devant un tribunal administratif comme le Tribunal administratif du Québec, ce n'est pas la même procédure qu'un
pouvoir ou un recours en injonction ou qu'un recours extraordinaire en contrôle judiciaire. C'est beaucoup plus complexe.
La preuve n'est pas la même, la procédure n'est pas la même, également,
qu'un recours devant le Tribunal administratif.
Je voudrais juste dire que, cette possibilité de
recours de la part des parties intéressées, qui peuvent être des citoyens, moi, je suis favorable à ce qu'on puisse
baliser ça et s'exprimer là-dessus. Mais néanmoins ce type de recours existe en Ontario, où une charte en environnement
a été adoptée en 1993, qui donne aux résidents de l'Ontario le droit
d'en appeler d'une décision du ministère au
sujet de certain