Labour and the Economy — 28 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-09-28
Quebec — Committees
Mme Rotiroti : Oui. Merci,
Mme la Présidente. On pourrait peut-être,
avec la ministre... Elle pourrait peut-être nous résumer un petit peu l'article, juste pour nous
remettre dans le contexte, si c'est possible.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Excellent.
Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Bien
sûr que c'est possible. Bonjour, Mme la Présidente. Avant toute chose, pour les
collègues, j'aimerais présenter Mario Jean, directeur principal de
l'inspection chez Revenu Québec, du côté de la branche opérationnelle;
Me Courtecuisse, directrice aux poursuites pénales chez Revenu Québec, et
merci, maître, d'être présente; et
Me Maude April, procureure également chez Revenu Québec. Donc, avec, évidemment, le consentement des oppositions, s'il
devait y avoir des questions, en plus de Me Hudon, qui est à la Direction
des affaires juridiques, pourront répondre aux questions des collègues.
Donc, oui, Mme la députée, l'article n° 6, donc, on parlait de
«l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique, incluant
son renouvellement, peut être effectué par un organisme reconnu par le ministre
pour agir à cette fin, dans le cadre d'une entente qui fixe les conditions que
cet organisme doit respecter ainsi que la responsabilité qu'il doit assumer».
Donc, l'article 6, pour le résumer, il
donne ou confère à la ministre du Tourisme le pouvoir de reconnaître un organisme
et de lui confier, par une entente, la responsabilité d'effectuer l'enregistrement des établissements d'hébergement touristique, le renouvellement des
enregistrements. En fait, ces organismes pourraient être reconnus par la ministre
et prendre en charge le processus d'enregistrement.
Déjà, la Fédération des pourvoiries du Québec,
qui le fait pour les pourvoiries du Québec, s'est dit favorable à la
possibilité d'être nommée ou déléguée comme responsable, comme étant un
organisme reconnu pour le faire. Donc ça, c'est une des possibilités avec la
Fédération des pourvoiries. Ça pourrait être exactement la même chose avec Camping Québec, qui est déjà un
organisme reconnu par le ministère du Tourisme. Ça pourrait également être
la Corporation de l'industrie touristique,
qui sont déjà des organismes reconnus, comme je dis, qui pourraient, donc,
poursuivre le travail en ce qui a
trait à l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique, incluant
son renouvellement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 6? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, chers messieurs, mesdames. Et
donc, concernant l'article 6, afin d'améliorer ma compréhension, la
ministre nous dit que ça pourrait être des organismes, et le ministère délègue
cette responsabilité à certains organismes. Dans d'autres cas, ça pourrait être
le ministère lui-même, si je
crois comprendre. Voilà. Donc, ça va toujours
être par la délégation à un organisme
reconnu que l'enregistrement va être fait?
Mme Proulx
(Berthier) : Et votre question,
M. le député, c'est donc : Un organisme
qui pourrait être reconnu par la ministre pour l'enregistrement de l'établissement,
le renouvellement, qui est reconnu impérativement par la ministre,
cet organisme-là doit impérativement être reconnu par la ministre?
Cet organisme-là va présenter, par exemple, les rapports annuels, va aller récolter les données qui sont très, très importantes
pour l'industrie touristique pour avoir une mise à jour en continu de
ce qui est disponible en termes d'hébergement touristique au Québec.
M. Fontecilla : Donc,
tous les établissements touristiques vont être rattachés, en quelque sorte, à
un organisme qui va émettre l'enregistrement?
Mme Proulx
(Berthier) : En fait, l'enregistrement, le renouvellement par un
organisme qui est reconnu par la ministre, mais ça pourrait être l'association
des grands hôtels de Montréal qui lève la main, qui vient voir la ministre et
qui demande : Est-ce que, oui ou non, je pourrais être reconnu comme étant
un organisme qui puisse faire l'enregistrement des établissements d'hébergement
touristique?
M. Fontecilla :
Deux questions qui surgissent de vos explications. Tout d'abord, je suppose
qu'il va y avoir une mécanique qui va faire
en sorte que, par exemple, l'association, le regroupement de camping ne va pas
reconnaître les hôtels de 200 chambres et plus, là. Il va y avoir une
délimitation lorsqu'il va y avoir un règlement, des critères, etc. Première
question.
Et deuxième
question : Qu'arrive-t-il... Est-ce qu'il se peut qu'il existe des
établissements touristiques qui soient, en quelque sorte, orphelins, qui
n'aient pas d'association qui les reconnaisse?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Camping Québec, avec les
critères qui seraient établis pour l'enregistrement d'un établissement d'hébergement
touristique avec des critères qui sont établis, pourrait tout à fait lever la
main puis dire : Moi, je souhaite, au-delà des campings, reconnaître, par
exemple, des hôtels de 15 portes et moins. Elle pourrait tout à fait le
faire.
Maintenant,
est-ce qu'il y a des orphelins? Si on me donne l'autorisation de... Me Hudon de pouvoir répondre à la question, M. le
député?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, Me Hudon, je vous invite à bien vous
présenter et donner votre
titre avant de répondre à la question.
M. Hudon
(Alain) : Merci, Mme la Présidente. Alors, Alain Hudon, légiste,
Direction des affaires juridiques du ministère de la Justice.
Alors, l'article 6,
ici, ce n'est pas une obligation pour la ministre de déléguer à des mandataires
le soin de s'occuper de l'enregistrement et du renouvellement de
l'enregistrement. Il y a des opérations qui peuvent se faire à l'intérieur du ministère
sans problème. Donc, il n'y a pas de risque qu'il y ait des orphelins, si je
peux m'exprimer ainsi, dans l'éventualité où, c'est vraiment hypothétique, il y
aurait un organisme qui serait reconnu puis que lui serait reconnu pour être
mandataire uniquement à l'égard de certaines catégories d'établissement d'hébergement.
Dans ce cas-là, si ça se produisait, pour
les autres établissements d'hébergement qui feraient
partie des autres catégories,
bien, ça pourrait être le ministère
qui pourrait s'occuper tout du processus sans problème. Ici, c'est un «peut
être effectué».
M. Fontecilla :
Et comme... Selon quels critères le ministère va choisir quel est l'organisme
mandataire? Parce qu'encore une fois, si on
utilise l'exemple de Camping Québec, je suis absolument convaincu qu'ils ont
toutes les compétences nécessaires
pour enregistrer un hébergement, le terrain de camping. Mais est-ce qu'ils ont
les compétences nécessaires pour reconnaître d'autres types
d'établissements hôteliers? Donc, ma question porte sur les critères utilisés par le gouvernement pour reconnaître un
organisme pour tel secteur, un autre organisme pour un autre secteur.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Camping Québec pourrait
enregistrer, par exemple, que des sites à camper si elle le souhaite. Donc, si
elle désire lever la main, comme elle l'a déjà signifié, d'ailleurs, de ne
reconnaître que les sites de camping ou les prêts-à-camper, elle pourrait le
faire. Mais est-ce qu'elle pourrait voir plus largement son mandat à
reconnaître d'autres? Elle pourrait nous en faire la demande.
Et, comme le
précisait Me Hudon, votre question était pertinente, là, sur les
orphelins, donc ceux qui ne seraient pas représentés vont tomber sous la
responsabilité du ministère pour s'assurer que l'enregistrement d'un
établissement d'hébergement touristique, son renouvellement soit effectué par
le ministère pour la notion d'orphelin à laquelle vous faisiez référence.
M. Fontecilla :
Et, s'il y a deux entités qui demandent d'avoir le mandat d'émettre des
enregistrements et qui sont en concurrence, en quelque sorte, par exemple
Camping Québec qui veut reconnaître un hôtel, une association d'hôteliers
qui veulent aussi reconnaître cet hôtel-là, comment le ministère va faire pour
départager, là? À qui on donne le mandat, là?
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, je vous dirais que ça a toujours été très, très
bien avec les mandataires. Il n'y a jamais eu personne qui a levé pour
dire, par exemple, chez Camping Québec : J'aimerais prendre une portion
des hôtels de, je ne sais pas, moi,
15 portes et moins. Ça fait 20 ans que le modèle opère comme
celui-là, tant par la fédération des pourvoiries, pour ne nommer que
celle-là. Donc, on reconduit, dans le fond, la disposition telle quelle.
M. Fontecilla : Donc, si je
comprends bien, à l'usage, ça fonctionne bien.
Mme Proulx
(Berthier) : Très bien.
M. Fontecilla : Il n'y a pas une
entité qui veut prendre de l'expansion au-delà de son terrain d'expertise. Ça
se passe très bien. On n'a pas besoin d'établir des critères, un règlement ou...
pour départager qui peut faire quoi sur ce terrain-là.
Mme Proulx (Berthier) : Bien, sur
la base des 20 dernières années, je vous dirais, M. le député, que ça a
très, très bien fonctionné. Je ne vois pas pourquoi, avec l'enregistrement d'un
établissement d'hébergement touristique, on ne pourrait pas suivre la même
logique qui a été établie depuis 20 ans, c'est-à-dire Camping Québec
pourrait continuer tout à fait à s'occuper des campings, l'association des
grands hôtels de Montréal, les pourvoiries pour les pourvoiries. C'est un
modèle qui a très, très bien fonctionné. Donc, ces gens-là ont déjà signifié
leur intérêt à poursuivre, donc, leur travail pour l'enregistrement des
établissements d'hébergement.
M. Fontecilla : Bien évidemment, si le mécanisme fonctionne,
pourquoi vouloir le réparer alors qu'il fonctionne? Donc, je me fie aux déclarations
de la ministre. Je n'ai pas d'autre question, madame.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions à l'article 6? Donc, est-ce que
l'article 6 est adopté?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Adopté. Parfait. Alors, nous poursuivons avec l'article 7, Mme la
ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme la Présidente. Alors, l'article 7 :
«Nul ne peut céder l'enregistrement d'un
établissement d'hébergement touristique.»
Somme toute, c'est assez simple, ça interdit la
cession de l'enregistrement d'hébergement touristique. Par contre, par contre,
si l'établissement est vendu à un nouveau propriétaire, eh bien, là, il va y
avoir un nouvel enregistrement qui sera nécessaire à ce moment-là, aussi simple
que ça.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il des interventions à l'article 7?
Mme Perry Mélançon : ...il n'y
a pas de droit acquis possible. Vraiment, ça concerne l'ensemble des
hébergements touristiques?
Mme Proulx (Berthier) :
Exactement. C'est : nul ne peut céder son enregistrement, un, puis, deux,
s'il est vendu, évidemment, on va demander un nouveau numéro d'enregistrement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Alors, il n'y a même pas une période de transition?
C'est-à-dire qu'au moment que la vente se fait, le numéro d'enregistrement de
l'ancien propriétaire n'est plus valide. C'est ça?
Mme Proulx (Berthier) :
Exactement.
Mme Rotiroti : À
l'instant même?
Mme Proulx (Berthier) :
Exactement. Puis ça va prendre un nouveau numéro d'enregistrement pour le
nouvel exploitant.
Mme Rotiroti : Ça
fait qu'il n'y a pas de transition.
Mme Proulx (Berthier) : Non.
Mme Rotiroti :
Parfait.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Excellent. Y a-t-il d'autres interventions à l'article 7? Alors, est-ce
que l'article 7 est adopté?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Adopté. Merci. Nous poursuivons, Mme la ministre, avec l'article 8.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme la Présidente. Donc, on tombe dans la
section III, Refus, suspension
ou annulation de l'enregistrement.
Article 8.
«[La] ministre refuse d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique
lorsque la personne qui entend
l'exploiter ou qui l'exploite, selon le cas, ne remplit pas les conditions
prescrites par la présente loi ou ses règlements.»
Donc, l'article 8,
dans les faits, exige de refuser l'enregistrement d'un établissement d'hébergement
touristique lorsque l'exploitant ne satisfait pas aux conditions qui sont
déterminées dans la loi ou dans un règlement pris en vertu de cette loi. Donc, ça
maintient l'interdiction du premier alinéa de l'article 11. Il faut aller juste un petit peu plus loin, le deuxième alinéa
de cet
article n'a pas été repris puisque le processus d'avis à la municipalité
établi à l'article 6.1 de cette loi au regard de la conformité de la réglementation
municipale d'urbanisme relative aux usages n'a pas été reconduit dans le projet
de loi.
Dans les faits, cet article-là, c'est s'il y a
absence de paiement, s'il y a absence de documents requis, il n'y aura pas de possibilité
d'enregistrement de l'établissement d'hébergement touristique. Il n'y a aucun
pouvoir discrétionnaire qui est consenti à la ministre avec l'article 8. Dans
le fond, le refus vient du fait que l'entreprise ne remplit pas toutes les
conditions de la loi ou des règlements. Vous ne remplissez pas les conditions
de la loi, vous ne remplissez pas les règlements, vous avez omis de présenter
des paiements, il manque des documents, alors, à ce moment-ci, la ministre
refuse d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique.
Donc, on veut s'assurer que toute la
documentation relative à une demande d'enregistrement d'hébergement
touristique, toute la documentation soit complète, qu'il n'y ait pas
d'omission. Dès qu'il y a une omission, on informe l'entreprise lui disant
qu'il manque un paiement, des documents, et devra donc refaire ses devoirs pour
avoir ce numéro d'enregistrement là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre, vous avez dit, dans cet article-là,
vous n'avez aucun pouvoir de
discrétion. Alors, on parle que ça soit sur le refus de la suspension ou de
l'annulation d'un enregistrement, ça s'applique aux trois?
Mme Proulx
(Berthier) : En fait, ici,
on parle... La ministre refuse d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique. Il
y a des articles plus loin où on ira, là, sur la suspension ou l'annulation. Ça
fait l'objet d'autres articles
plus loin, Mme la députée. Donc, ici, on parle de la ministre
qui refuse d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique parce qu'il y a une absence de
paiement, comme je le disais, il y a une absence de documents qui sont exigés par la réglementation pour pouvoir avoir
l'autorisation de la ministre d'émettre, donc, ce numéro
d'enregistrement là.
Mme Rotiroti : O.K.
Ça fait qu'on parle juste du refus d'enregistrement dans cet article-là.
Mme Proulx (Berthier) :
Exactement.
Mme Rotiroti :
Parfait. Merci.
Mme Proulx (Berthier) : Donc,
la ministre refuse d'enregistrer. Après ça, plus tard, on ira sur la suspension
ou l'annulation, mais belle précision à demander. Merci.
Mme Rotiroti : Et l'annulation. Alors, votre pouvoir
discrétionnaire, à ce moment-ci, ça s'applique uniquement au refus
d'enregistrer?
Mme Proulx (Berthier) :
Exactement.
Mme Rotiroti :
Parfait.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Y a-t-il d'autres interventions à l'article 8? Alors, est-ce que l'article...
Oui, députée de Gaspé, vous avez une hésitation?
Mme Perry Mélançon : ...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
On poursuit alors. Est-ce que l'article 8 est adopté? Adopté. Merci. Nous
poursuivons, Mme la ministre, avec l'article 9.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme la ministre... décidément, Mme la Présidente.
Article 9 :
«Le ministre peut refuser d'enregistrer un établissement d'hébergement
touristique lorsque la personne qui
entend l'exploiter a, au cours des trois années qui précèdent la demande
d'enregistrement, été reconnue coupable :
«[Alinéa] 1° d'une infraction à une disposition
de la présente loi ou de ses règlements;
«[Alinéa] 2° d'une infraction à une disposition
d'une loi ou d'un règlement qui, de l'avis du ministre, a un lien avec l'exploitation d'un établissement
d'hébergement touristique, notamment une infraction à l'une des
dispositions de la
Loi sur le bâtiment
(chapitre B-1.1), de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune (chapitre C-61.1), de la
Loi sur la protection du consommateur
(chapitre P-40.1) ou de la
Loi sur la qualité de l'environnement
(chapitre Q-2) ou de tout règlement pris en vertu de l'une ou l'autre de
ces lois.
«Le ministre peut
également refuser d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique
lorsqu'il a, au cours des trois dernières
années, annulé — lorsqu'il
a, au cours des trois dernières années, pardon, annulé — en
vertu du deuxième alinéa de l'article 12, l'enregistrement de cet
établissement alors que la personne visée au premier alinéa en était
l'exploitant.»
Dans le
troisième paragraphe, lorsqu'on dit «le ministre peut également
refuser d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique» et
qu'on le dit «en vertu du deuxième alinéa de l'article 12»... Donc, si on
se réfère à l'article 12, on dit ici «suspend
l'enregistrement pour une période de six mois lorsque l'enregistrement de
l'établissement a déjà été suspendu en application du paragraphe 1°». O.K.?
Donc, du paragraphe 1° de l'article 9.
C'est un pouvoir qui est discrétionnaire selon
le contexte et l'infraction, la pertinence ou non de refuser l'enregistrement
de l'hébergement touristique dans les trois dernières années. Donc, en résumé,
lorsque la personne qui entend exploiter un établissement d'hébergement
touristique et que, au cours des trois dernières années précédent sa demande,
elle a été reconnue coupable d'une infraction aux lois ou aux règlements
mentionnés :
Infraction sur la
loi sur le bâtiment,
trois ans précédemment, la ministre peut refuser d'enregistrer;
La
Loi sur la conservation et la mise en valeur
de la faune, reconnue coupable en vertu de la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune, trois ans précédemment, la ministre peut refuser
d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique;
La
Loi sur la
protection du consommateur, le futur exploitant a été reconnu, dans les trois années
précédentes, a été reconnu coupable, la
ministre peut refuser de lui permettre d'enregistrer un établissement
d'hébergement touristique;
La
Loi sur la qualité de l'environnement, le
futur exploitant a été reconnu coupable d'une infraction à la
Loi sur la
qualité de l'environnement, la ministre peut refuser d'enregistrer
l'établissement d'hébergement touristique ou tout règlement pris en vertu de
l'une ou l'autre de ces lois.
Donc, ce dont on veut s'assurer, c'est que s'il
y a eu des infractions, entre autres, sur les lois nommées à l'article 9,
la ministre peut, donc, refuser l'enregistrement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Vous aviez terminé, Mme la ministre?
Oui. Alors, députée de Gaspé. Députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Quand vous
dites pour certaines lois, dans le fond, ce n'est pas les seules, ça peut être
aussi d'autres chapitres de loi qui s'inscrivent là-dedans concernant
l'habitation ou autres. Est-ce que c'est... ça vise seulement les lois qui sont
là ou est-ce que...
Mme Proulx (Berthier) : ...
Mme Perry Mélançon : Vous avez
dit «entre autres», mais je voulais...
Mme Proulx (Berthier) : Ce
n'est pas limitatif, non.
Mme Perry Mélançon : Ce n'est
pas limitatif, et ça, ça concerne...
Mme Proulx (Berthier) : Vous
allez voir à la fin de l'alinéa 2°, Mme la députée, ou tout autre
«règlement pris en vertu de l'une ou l'autre de ces lois».
Mme Perry Mélançon : O.K. Puis
ça, ça concerne, en fait, les hébergements... bon, ça peut être
loi sur le
consommateur, etc. Ça fait que, dans le fond, ça peut être aussi un exploitant
qui était en lien avec un autre hébergement
touristique, tout ça le suit finalement, là, ces infractions d'autres
hébergements, là. Si on veut en exploiter un nouveau, bien, il ne faut
pas avoir eu d'infraction en trois ans.
Mme Proulx (Berthier) : Ces
infractions, Mme la députée, vont le suivre.
Mme Perry Mélançon : Super.
Mme Proulx (Berthier) : Donc,
c'est un pouvoir discrétionnaire, mais la ministre pourra, donc, refuser
d'enregistrer son nouvel établissement d'hébergement touristique, oui.
Mme Perry Mélançon : O.K.
Parfait. Puis on dit «pourra», pourquoi on n'est pas plus ferme?
Mme Proulx (Berthier) : «[La] ministre
peut».
Mme Perry Mélançon : Oui, bien,
«peut». Dans le fond, quand il y a des infractions assez importantes de ce
genre-là, là, on se laisse quand même une marge de manoeuvre. Dans quel cas
est-ce qu'on pourrait décider quand même de donner un numéro d'enregistrement?
Mme Proulx (Berthier) :
Me Hudon, peut-être apporter des précisions si c'est correct pour vous?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui. Me Hudon.
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente. Alors, ce qui est important ici, à l'article 9, c'est qu'il
faut que l'infraction ait un lien avec l'exploitation d'un établissement
d'hébergement. Donc, on a repris la nomenclature des lois qui sont visées actuellement
dans la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique puis on a ouvert
la porte pour que ce soit d'autres infractions de d'autres lois. Et il y a quand
même un critère de rattachement ici pour que l'infraction, à l'égard de
laquelle la personne aura été déclarée coupable, ait un lien avec
l'exploitation d'un établissement d'hébergement. Si ça n'a pas de lien, bien,
il n'y a pas de raison qu'on refuse d'enregistrer un établissement si une
personne a été déclarée coupable d'une infraction à une autre loi qui n'a aucun
lien avec à un établissement d'hébergement touristique.
Mme Perry Mélançon : Mais là on
parle d'un établissement. Là, ce n'est pas de l'établissement touristique dont
il est question.
M. Hudon
(Alain) : Non, mais ici, on
parle de la personne qui demande l'enregistrement pour son établissement.
Cette
personne-là, si elle a été déclarée coupable de certaines infractions, notamment
en vertu des lois qui sont énumérées ici, mais également d'autres lois,
puis que cette infraction-là a un lien avec l'exploitation d'un établissement d'hébergement, dans ce cas-là, la ministre
va pouvoir refuser de l'enregistrer. Mais, si l'infraction n'a aucun lien
avec l'exploitation d'un établissement d'hébergement, dans ce cas-là, il n'y a
pas de raison ici de mettre un «doit». Donc, ce n'est pas pour toutes les
infractions pénales qu'une personne peut avoir été déclarée coupable qui vont
entraîner un refus d'enregistrement ici.
Mme Perry
Mélançon : Peut-être
une dernière question. On s'est basé sur quoi exactement pour les trois
années qui précèdent la demande d'enregistrement?
M. Hudon (Alain) : C'est le
délai qui existe actuellement en matière d'attestation de classification. Donc,
on n'a pas été plus sévère ou moins sévère, on a gardé la même période de
référence de trois ans.
Mme Perry Mélançon : Puis
est-ce qu'on aurait pu élargir? Par exemple, là, on parle de la personne,
l'exploitant, dans d'autres articles, on fait référence aussi aux administrateurs,
on élargit. Qu'est-ce qui a mené au fait que, là, on vise simplement la
personne? Est-ce que, par exemple, dans une compagnie, il y a un administrateur
qui a commis une infraction pour un type d'établissement, que c'est en lien
vraiment avec la
Loi sur l'hébergement touristique, est-ce qu'on n'aurait pas
pu aussi viser ces personnes-là? Bien là, je m'adresse à vous, mais, en fait,
je veux entendre aussi la ministre sur le sujet.
Mme Proulx (Berthier) : Bien
là, on est dans des points de droit quand même assez précis, là.
Mme Perry Mélançon : Oui.
Mme Proulx (Berthier) : Je ne
prétendrai pas pouvoir...
M. Hudon (Alain) : On a gardé
exactement le même champ d'application qu'on retrouve actuellement en matière d'attestation de classification. Donc, à
la page de gauche de l'article en question... qui s'applique
aujourd'hui, tu as encore la personne qui fait la demande, à l'égard desquels
on contrôle les antécédents. Pour l'instant, on ne l'a pas étendu aux
actionnaires ou encore aux administrateurs, aux dirigeants. Tu sais, on est
vraiment axé sur la personne qui va exploiter l'établissement.
Mme Perry Mélançon : Parce que
ce serait trop difficile à appliquer ou parce qu'on ne souhaite pas aller
jusque-là?
M. Hudon (Alain) : Bien, je
pense qu'on ne souhaite pas aller jusque-là compte tenu que le régime actuellement en application est limité à ce secteur-là puis que ça n'a pas...
à ma connaissance, il n'y a pas eu de
difficulté, là ou il n'y a pas eu de besoin qui a été ressenti d'étendre aux
personnes qu'on appellerait liées au demandeur ici.
Mme Perry Mélançon : Je vais
laisser ma collègue poursuivre.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci,
Mme la Présidente. On comprend, avec l'article 9, qu'on parle de numéro...
à numéro, c'est-à-dire que quelqu'un
peut enregistrer, peut être fautif. Selon les critères que vous avez mis, il
peut être... le permis peut être suspendu ou... On peut enlever leur
numéro d'enregistrement. Mais on parle d'au niveau singulaire, c'est-à-dire que
la personne qui on vise, qui demande le numéro d'enregistrement, peut obtenir
d'autres numéros d'enregistrement avec d'autres... Comment je peux dire? Il peut
louer d'autres logements ou d'autres chalets, résidences principales,
résidences secondaires, etc.
Alors, nous, ici, à l'article 9,
on vise le numéro d'enregistrement qui est fautif ou la personne qui a fait cet
enregistrement, si cette personne-là a d'autres numéros d'enregistrement; on ne
va plus loin dans l'enquête pour voir si les
autres sont conformes à cette loi-là. On cible la personne avec ce numéro d'enregistrement là, peu importe s'il y
a d'autres numéros d'enregistrement ou il tient d'autres résidences. On est au
singulaire, c'est ça?
M. Hudon (Alain) : Ici, on
n'est pas dans la situation que vous évoquez. Ici, on est à la situation où la
personne vient demander d'enregistrement son établissement. Donc, elle n'a pas
de numéro. Donc, on n'est pas dans un cas où
une personne exploite, mettons, quatre établissements d'hébergement puis qu'il
y aurait une infraction qui
serait commise à l'égard d'un, là. On n'est pas dans cette situation-là. Ici,
on est dans une situation où une personne...
Mme Rotiroti : Au
singulaire.
M. Hudon (Alain) : ...se
présente au ministère ou encore auprès de son mandataire puis elle dit :
Bien, moi, j'ai un établissement d'hébergement puis je veux l'enregistrer.
Donc, on est vraiment au début et non pas dans le cadre de l'exploitation d'un établissement.
Mme Rotiroti :
Parfait. Ça répond à ma question.
Mme Proulx (Berthier) : ...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, oui.
Mme Proulx (Berthier) : ...un
élément important sur... en lien avec l'exploitation à l'alinéa 2°, c'est
qu'on vient élargir les pouvoirs de refuser d'enregistrer un établissement d'hébergement
touristique. Par exemple, la
Loi sur la
santé publique, il y a des rassemblements illégaux en pleine pandémie,
il veut avoir un numéro d'enregistrement, reconnu coupable d'une
infraction en lien avec la
Loi sur la santé publique, la ministre peut refuser
de consentir au numéro d'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique. Il a accueilli des gens de façon
illégale, il y a eu des rassemblements dans des chambres, des partys;
donc, en lien avec la
Loi sur la santé publique, la ministre pourrait, donc,
refuser d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
Mme Rotiroti :
...c'est ça? Parce que ce n'est pas...
Mme Proulx (Berthier) : Elle
n'est pas nommée, elle n'est pas nommée.
Mme Rotiroti :
C'est ça, elle n'est pas nommée.
Mme Proulx (Berthier) : Mais,
dans l'alinéa 2°, ce que je souhaite vous dire...
Mme Rotiroti :
C'est ça.
Mme Proulx (Berthier) :
...c'est qu'on élargit les pouvoirs. Ce n'est pas limitatif, comme le disait
Me Hudon. Donc, personne ne souhaite ça, là, mais il y aurait une
cinquième vague puis il y aurait des restrictions, d'interdiction de
rassemblement de trois familles ou 20 personnes dans une chambre d'hôtel,
donc c'est une
loi sur la santé publique.
Donc, à ce moment-ci, la ministre pourrait refuser d'enregistrer un
établissement d'hébergement touristique parce qu'il a contrevenu à une
loi sur la santé publique.
Mme Proulx (Berthier) :
C'est-tu plus clair?
Mme Proulx (Berthier) : Oui?
O.K.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. En effet, ce n'est pas limitatif. À la limite, c'est en utilisant
le notamment, si je comprends bien, là,
c'est n'importe quelle loi du Québec, là. On spécifie certaines lois très
particulières, très liées au monde de l'exploitation d'un établissement
d'hébergement, là, mais, effectivement, ça peut être la
Loi sur la santé
publique ou une autre. Ce n'est pas spécifié.
Mme Proulx (Berthier) : C'est
non limitatif, exactement.
M. Fontecilla :
Voilà. La question que j'ai, là, afin de mieux comprendre : On refuse
l'enregistrement à une personne, mais qu'arrive-t-il lorsque cette personne-là
est un salarié?
Mme Proulx
(Berthier) : Est un?
M. Fontecilla :
Est un salarié, un directeur général. Il n'est pas le... L'exploitant physique,
c'est lui, mais on peut changer cette personne-là, on peut la... et ça peut
être une autre personne, et le véritable propriétaire, c'est une compagnie, là,
qui a déjà eu des infractions, notamment aux lois nommées dans l'article. Donc,
c'est très facile pour une... de refuser à une personne, mais on la change, on
met une autre personne pour le même établissement. Est-ce que vous avez
considéré cette possibilité-là? Je ne sais pas si je me fais comprendre.
Mme Proulx
(Berthier) : Mais, Me Hudon, à la lumière de... peut-être
rajouter les explications à ce que vous aviez ajouté un peu plus tôt à la
députée de Gaspé.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui.
M. Hudon
(Alain) : Merci, Mme la Présidente. Ici, ce qui est important, c'est
la personne qui entend exploiter l'établissement d'hébergement. Donc, en
principe, si la personne n'est pas celle qui entend exploiter l'établissement
d'hébergement, mais que c'est un «front», elle ne peut pas présenter une
demande d'enregistrement.
M. Fontecilla :
O.K. Mais c'est souvent...
M. Hudon
(Alain) : Donc, il faut que ça soit la personne qui entend
l'exploiter.
M. Fontecilla :
C'est la personne qui a été reconnue coupable de l'avoir...
Mme Proulx
(Berthier) : ...refuser de lui donner un numéro d'enregistrement.
M. Fontecilla :
Parfait.
Mme Proulx
(Berthier) : Comme on disait, c'est un nouvel enregistrement.
Excusez-moi, je suis
désolée, Mme la députée.
Mme Proulx
(Berthier) : Si vous voulez
qu'on suspende pour que vous puissiez discuter, il n'y a pas de problème
pour moi, là, on peut le faire. Voulez-vous suspendre?
Une voix :
Non, non, non.
Mme Proulx (Berthier) :
Non? O.K.
C'est pour un nouveau
numéro d'enregistrement. Donc, elle vient déposer une demande d'enregistrement.
La personne vient déposer une demande d'enregistrement. Donc, lorsqu'elle la
dépose, cette demande-là, on vérifie si, dans les trois années précédentes,
il y a eu une infraction aux lois dont on fait la nomenclature dans l'article
ici non limitatif. On donne l'exemple de la santé publique, si il, ou elle, est
reconnu coupable dans les trois années précédentes, la ministre peut donc refuser.
M. Fontecilla :
Je comprends.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui, députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Puis, dans le cas, en fait, qu'on refuse
d'enregistrer un établissement parce que l'exploitant a déjà été fautif, si, plus tard, on arrive avec
une même demande, mais avec un nouvel exploitant, il y a-tu quelque
chose qui est fait pour s'assurer que ce
n'est pas une façon de contourner, que c'est bien... que l'exploitant en cause
n'est plus...
Mme Proulx
(Berthier) : Celui qui veut demander un nouveau numéro
d'enregistrement?
Mme Perry
Mélançon : Oui. Est-ce qu'il y a quelque chose qui est fait à ce
niveau-là? Comment on peut...
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, je peux demander peut-être à Me Hudon. Est-ce
qu'on peut suspendre quelques minutes? Madame, est-ce que c'est correct?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui.
(Suspension de la séance à 10 h 20)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, qui avait posé une question? Je pense...
Mme Rotiroti : ...alors,
je ne sais pas si je dois le faire.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, alors vous reformulez votre question, oui.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la Présidente. Alors, la question était
simple, c'est de dire si un exploitant a une résidence principale avec deux
chalets, il doit enregistrer les trois. Alors, si je suis un exploitant fautif
par rapport à ma résidence principale, mes
deux numéros d'enregistrement pour chacun de mes chalets sont encore valides,
alors je peux continuer. Même que le
fait que je... que la ministre a refusé l'enregistrement ou elle enlève mon
numéro d'enregistrement, les deux chalets peuvent... je peux quand même
continuer à les louer ou l'exploiter, là?
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la
Présidente. Là, on est juste dans émettre un numéro d'enregistrement,
O.K.? Il peut refuser l'enregistrement. À l'article 11, vous allez voir,
on va y aller, vous allez comprendre que, là, c'est en lien avec
l'article 9.
Mme Rotiroti :
Oui, tout à fait.
Mme Proulx (Berthier) : Mais on
ne peut pas lire l'article 11 tout de suite, on doit rester à
l'article 9. Mais, si vous lisez le 11, ça vient répondre à votre question
sur l'article 9.
Mme Rotiroti :
Oui, mais on est toujours dans l'article 11, on est toujours dans le cas
de l'exploitant fautif avec un numéro d'enregistrement. On est toujours dans le
similaire, c'est-à-dire que...
Mme Proulx (Berthier) : Mais on
pourrait... s'il y avait une culpabilité qui était reconnue, par exemple à la
résidence principale, puis qu'il y a une exploitation de résidences secondaires
ou de chalets — corrigez-moi
Me Hudon — il
pourrait y avoir également une suspension. Mais là c'est parce qu'on est dans
les articles plus loin, là, c'est pour ça, là, il y a comme une séquence, là.
On est dans : Je peux refuser d'enregistrer un établissement d'hébergement
touristique si l'exploitant a été reconnu coupable à travers les lois.
Mme Rotiroti : Je
comprends ça.
Mme Proulx (Berthier) :
Maintenant, plus loin, vous allez voir, pour ce qui est de suspendre,
d'annuler, ça arrive plus tard. Donc, s'il est reconnu... Vous, vous faites une
demande pour votre résidence principale, je vous la refuse parce que vous avez
commis une infraction, vous exploitez vos chalets, aux articles subséquents,
vous allez voir que je peux suspendre complètement l'exploitation de vos
chalets ou de les annuler carrément à l'article 11.
Mme Rotiroti :
Mais ce n'est pas de la manière que je lis l'article...
Mme Proulx (Berthier) :
Me Hudon, voulez-vous rajouter quelque chose?
Mme Rotiroti :
...11, par contre. Mais, parce qu'on est toujours dans le... Quand tu
dis : J'ai le droit de suspendre ou annuler les autres enregistrements, ce
n'est pas comme ça que c'est libellé, là. Ce n'est pas comme ça que c'est
écrit.
Mme Proulx (Berthier) : Bien,
en fait, là, je n'ai pas lu l'article. En fait, je fais un résumé. On le lira
plus tard. Ce que je vous dis, c'est que,
là, on est à la première étape de la possibilité, qui est donnée à la ministre,
de refuser de donner un numéro
d'enregistrement pour exploiter son établissement d'hébergement touristique. Après ça, lorsqu'on parle de la suspension,
de l'annulation... Me Hudon?
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente. C'est exactement ça. Là, on est au début du processus pour un
nouvel établissement. Donc, ce qu'exige la loi, c'est que, bien, si tu veux
exploiter un nouvel établissement d'hébergement touristique, peu importe sa catégorie,
viens chercher un numéro d'enregistrement.
Mme Rotiroti :
Oui. Ça, c'est «basic», là, oui.
M. Hudon (Alain) : Donc, il
fait une demande, il va remplir puis là il va déclarer, dans son formulaire, est-ce
que, dans les trois dernières années, il a été déclaré coupable à l'une ou
l'autre des... à une infraction à l'une ou l'autre de ces lois-là ou de toute
autre loi qui pourrait avoir un lien. Donc, dans le formulaire, il devra
déclarer si, oui ou non, il a été déclaré coupable.
Donc, si on prend le cas de figure que c'est une
personne qui n'a pas d'autre établissement d'hébergement, actuellement,
d'enregistré...
Mme Rotiroti :
D'enregistré.
M. Hudon (Alain) : ...donc là
on regarde ce cas-là fermé...
Mme Rotiroti :
Précis.
M. Hudon (Alain) : ...puis là
on décide si, oui ou non, l'infraction a un lien avec l'exploitation. Si oui,
on peut refuser de délivrer l'enregistrement.
Mme Rotiroti :
O.K. Puis dans le cas où, quand vous regardez l'historique...
M. Hudon (Alain) : Là, mettons
qu'on est dans un cas où quelqu'un a deux résidences de touristes, puis une
résidence de...
Mme Rotiroti :
Chalet.
M. Hudon (Alain) : ...sa
résidence principale, puis il a un chalet, en tout cas, peu importe, là,
puis... donc, il aurait trois numéros d'enregistrement, puis cette personne-là
est déclarée coupable d'une infraction...
Mme Rotiroti :
Pour un des... ou les trois.
M. Hudon (Alain) : ...pour un,
ou même ça pourrait être une infraction en vertu de la
Loi sur le bâtiment. Ça
pourrait être une infraction en vertu de la
Loi sur la qualité de
l'environnement, ça pourrait être une infraction en matière de la
Loi sur la
protection du consommateur, donc pas nécessairement en lien avec un
établissement à l'égard duquel il exploite actuellement. Ça pourrait être
n'importe quelle infraction, il a l'obligation — on va le voir à
l'article 11 — d'aviser
la ministre qu'il a été déclaré coupable, et là la ministre va recevoir cette
déclaration de culpabilité là, puis va examiner : Est-ce que cette
infraction-là nécessite que j'intervienne puis que je suspende un
enregistrement... qui détient un établissement qui est enregistré? Puis ça
pourrait être la totalité des établissements qui sont enregistrés.
M. Hudon (Alain) : Donc,
l'article 11 ne limite pas le pouvoir de la ministre à un seul
établissement si la personne en a plusieurs.
Mme Rotiroti :
O.K. Bien...
Mme Proulx (Berthier) : Est-ce
qu'on peut suspendre quelques minutes?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui.
Mme Proulx (Berthier) :
J'aimerais pouvoir, là, vous partager quelque chose de bien simple, mais de
bien efficace pour... Vous permettez?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 27)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : ...merci,
Mme la Présidente. Alors, on fait un peu de «back and forth», comme on dit en anglais. Non, dans le fond, c'est juste pour
m'assurer... Écoutez, l'explication de M. Hudon a été très claire, mais ce
n'est pas de la façon que je l'interprète
dans le libellé de l'article 9. Alors, je comprends que la ministre
a toujours son pouvoir discrétionnaire et je
comprends aussi très bien que la personne... que l'exploitant qui va faire la
demande pour le numéro d'enregistrement doit déclarer s'il a été... il y a une
infraction depuis les trois dernières... je pense que c'est trois dernières
années, je crois.
Mme Rotiroti :
Trois dernières années, là, dans l'application de son numéro d'enregistrement.
Ça, ça va. Ma question est... Et je vais répéter que l'explication de Me Hudon
a été très claire, mais ce n'est pas la façon que je le lis dans la loi. C'est de dire que, si
l'exploitant qui demande le numéro d'enregistrement a d'autres établissements, que ce
soient deux chalets, trois chalets, ces chalets-là, ils ont un numéro d'enregistrement.
Je comprends que là, on est dans un établissement... une demande singulaire
d'un nouveau numéro d'enregistrement. Il peut y avoir des antécédents. Alors, qu'est-ce
qu'on fait avec les antécédents si
l'exploitant est reconnu fautif par
rapport à... les lois que vous
spécifiez dans votre... dans l'article 9?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
On donne la parole à Me Hudon, oui.
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente. Je vais essayer d'être plus clair encore, là, dans
l'explication. Donc, 9, on est vraiment lors d'une demande d'enregistrement
d'un nouvel établissement d'hébergement. La personne qui fait la demande, soit
qu'elle n'a aucun autre établissement d'hébergement d'enregistré qu'elle
exploite ou qu'elle en a d'autres. Donc, si
elle n'a pas d'autre établissement d'hébergement qu'elle exploite, bien, on regarde cette demande-là silo. Elle nous déclare que, mettons,
elle a été déclarée coupable d'une infraction. On décide si, oui ou non,
ça a un lien. Si on dit que ça a un lien, on refuse de l'enregistrer. Premier
cas de figure. C'est le plus simple, celui-là.
Donc, l'autre cas, qui est plus compliqué, c'est
le cas où la personne qui se présente veut obtenir un numéro d'enregistrement
d'un nouvel établissement, mais elle a déjà deux autres établissements, pour
les fins de l'exemple, à l'égard desquels...
qu'elle exploite puis qu'à l'égard desquels elle a un numéro d'enregistrement. Puis elle nous déclare dans
son formulaire qu'elle a été déclarée coupable d'une infraction, on va dire,
mettons, pour les fins... à la Loi
sur la protection du consommateur,
fausse représentation, puis, justement, dans une offre d'hébergement d'un
établissement qu'elle exploite déjà. Donc,
la ministre, là, elle a deux chapeaux. Elle a le chapeau de l'article 9, à
l'égard de la demande d'enregistrement
du nouvel établissement, puis elle a également le chapeau de l'article 11,
qui concerne un établissement d'hébergement qui est déjà en opération,
qui est déjà enregistré. Donc, lors de la même demande, la ministre pourrait
décider, compte tenu que l'infraction, c'est de la fausse publicité, publicité
mensongère à l'égard d'une offre d'hébergement, à l'égard d'un établissement
enregistré, elle pourrait décider, un, je refuse d'enregistrer ce nouvel
établissement là, puis, «by the way», je te suspends ou annule ton
enregistrement à l'égard d'un autre établissement d'hébergement. Et les deux
articles vont s'appliquer au même moment. Donc, ce n'est pas un cas ou... autre
cas, là, mais c'est sûr que la loi, elle est rédigée... on y va dans un
contexte d'une nouvelle demande, dans un premier temps, puis dans un contexte
de quelqu'un qui est déjà en opération, qui a un établissement. Mais il n'y a
rien qui empêche, dans la pratique, qu'on puisse fusionner les deux
dispositions, qui vont s'appliquer à deux situations, au même moment, mais des
situations différentes.
Je ne sais pas si c'est plus clair, mon
explication. Puis le libellé qui est... la rédaction que vous ne trouvez pas
claire, c'est que, tu sais, en légistique, on ne parle pas un ou plusieurs
établissements ou, tu sais, c'est... «Un», ça veut dire... ça peut signifier
plusieurs. On écrit toujours au singulier, puis «un», c'est un pronom indéfini,
là, tu sais, ça peut viser plusieurs établissements. Donc, on n'a pas besoin de
dire «un ou plusieurs» ou...
Mme Rotiroti :
Oui, c'est... Je comprends votre explication, Me Hudon, là. Je ne suis pas
avocate, mais vous dites qu'un numéro d'enregistrement peut s'appliquer... On
comprend que ça peut être plusieurs établissements. Moi, ce n'est pas la façon...
Chaque établissement a son numéro d'enregistrement.
M. Hudon (Alain) : Oui, oui,
vous avez... Si j'ai laissé entendre qu'une personne qui a deux établissements d'hébergement peut avoir le même numéro, c'est non, il va y avoir un numéro pour
chaque établissement. Donc, si j'ai un...
Mme Rotiroti :
Puis, si je comprends votre explication, la ministre pourrait en suspendre deux
du même exploitant en même temps, si on met les deux, l'article 9 et le
11, ensemble. C'est ça?
M. Hudon (Alain) : Effectivement,
on pourrait refuser d'enregistrer une nouvelle demande d'enregistrement d'un établissement,
d'un nouvel établissement. On pourrait suspendre un ou deux enregistrements si
la personne à l'égard de laquelle il y a eu une déclaration de culpabilité,
l'infraction est telle que, aïe! ce n'est pas vrai qu'elle va continuer, que la
ministre est d'avis que ce n'est pas vrai qu'elle va continuer à pouvoir opérer
un établissement d'hébergement, compte tenu de la nature de l'infraction. Donc,
on peut frapper...
Mme Rotiroti :
...à plusieurs portes, comme on dit. On peut frapper à plusieurs portes?
M. Hudon (Alain) : «Frapper»,
c'est mal exprimé, mais on peut rendre une décision qui va s'appliquer sur plusieurs
établissements d'hébergement.
Mme Proulx
(Berthier) : Ultimement, on
peut annuler, là. Donc, il y a une espèce de gradation ici. Je peux
refuser le numéro d'enregistrement pour la résidence principale, parce qu'elle a commis une infraction à
une des lois nommées dans le présent projet de loi, je peux suspendre son exploitation de deux chalets ou je peux annuler son
exploitation. Donc là, on part, comme le disait Me Hudon, d'un nouvel établissement.
Vous arrivez chez moi, vous voulez exploiter un nouvel établissement. Avec le
numéro d'enregistrement, oup! je vois que vous avez été coupable d'une
infraction. Vous avez une exploitation d'autres chalets, je vais aller voir les
autres chalets ou l'autre type d'hébergement que vous exploitez et, à ce
moment-là, je vais pouvoir suspendre, en fonction de la culpabilité que vous
avez, oui, pour votre demande d'enregistrement d'un nouvel établissement. Ou on
peut aller plus loin, je peux carrément annuler...
Mme Rotiroti :
...dépendamment...
Une voix :
...de l'infraction.
Mme Rotiroti :
La gravité de l'infraction, c'est ça.
Mme Proulx
(Berthier) : Exactement. Exact.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, y a-t-il d'autres interventions? Oui,
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme
la Présidente. Si je comprends bien,
tout cela est fondé un peu sur l'autodéclaration, là. Donc, si la personne
qui veut obtenir un numéro d'enregistrement déclare une infraction... ou avoir
été reconnue coupable d'une infraction, donc, elle le déclare, et là il y a un mécanisme
discrétionnaire qui s'enclenche, et... C'est très bien, mais est-ce qu'il y a
une vérification
sommaire ou exhaustive du ministère de cette autodéclaration
ou on se fie... et c'est très bien, hein, je ne critique pas nécessairement
cela... on se fie à l'autodéclaration uniquement pour... sans autre vérification?
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, sauf erreur, il pourrait y avoir des déclarations
de culpabilité, d'infraction à la
loi sur l'impôt, par exemple, où Revenu
Québec aurait cette information-là. Et n'oubliez pas que le numéro d'enregistrement
est lié avec Revenu Québec, là, pour s'assurer que tout est «legit», en mauvais
français. Donc, il pourrait y avoir une reconnaissance de culpabilité à une loi
sur l'impôt ou une loi fiscale, on lèverait le drapeau et on pourrait avoir ces
informations-là. Je ne sais pas si, Me Courtecuisse, vous souhaitez ajouter davantage
de détails.
M. Fontecilla :
...informations, par exemple, une infraction aux directives de la Santé
publique. Est-ce que le ministère a accès à ces informations-là si la personne,
elle ne le déclare pas?
Mme Proulx
(Berthier) : ...donc, si c'est une infraction criminelle, évidemment,
le ministère va avoir cette information-là. À moins d'avis contraire, Me Hudon,
M. Hudon
(Alain) : ...il faudrait faire quand même une recherche dans le
plumitif pour voir les déclarations de
culpabilité, si on voulait vraiment faire une enquête, là, pour savoir à l'égard
du dossier. Mais, effectivement,
c'est de l'autodéclaration, mais il y a quand même des dispositions pénales qui
s'appliquent si jamais la personne omet de fournir un renseignement tel
qu'exigé, puis qu'on s'en aperçoit a posteriori. Il y a du pénal qui va
s'appliquer, articles 25 et suivants, là, par rapport à ça.
M. Fontecilla :
Tout à fait. Donc, comment dire, les conséquences d'une fausse déclaration sont
très importantes, mais ça peut arriver. Mais, si je comprends bien, là,
on se fie, avant tout, à l'autodéclaration, à la véracité de l'autodéclaration, sauf dans des cas particuliers,
comme, par exemple, pour Revenu Québec, là, où on a accès directement aux informations. Et, étant donné que les
conséquences d'une fausse déclaration sont considérables, c'est
l'autodéclaration qui fait foi, là, de la bonne foi de la personne.
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, sauf erreur, puis corrigez-moi si je me trompe, il
pourrait y avoir une infraction qui a été commise au Code de la route. Je veux
dire, est-ce que...
M. Fontecilla :
Qui ne serait pas liée à l'établissement, là?
Mme Proulx
(Berthier) : Il est possible qu'il n'y ait pas une autodéclaration à
une infraction commise selon le Code de la sécurité routière. Est-ce qu'à ce
moment-ci c'est pertinent de déclarer qu'on a commis une infraction en vertu de
la
loi sur la sécurité routière? Vous comprenez?
M. Fontecilla :
Tout à fait. Je vous pose une question dans ce sens-là : Si, par exemple,
un exploitant a été reconnu coupable de
conduite avec facultés affaiblies — ça
n'a pas directement rapport à l'exploitation d'un établissement
touristique — selon vous, là, est-ce que cette personne-là
devrait ou ne devrait pas avoir un numéro d'enregistrement?
Mme Proulx
(Berthier) : ...moi, je crois à des gens qui commettent des erreurs et
qui veulent se reprendre en main. Si quelqu'un a été jugé coupable d'une
infraction, par exemple, au Code de la sécurité routière, qu'il en a payé le
prix, qu'il a eu une suspension de permis, bien, ce n'est pas en lien avec
l'exploitation. Il a-tu commis une faute en lien avec la Faune, la Régie du
bâtiment, la Protection du consommateur, comme disait Me Hudon, une fausse
publicité ou une publicité mensongère? Mais ce n'est pas lien avec
l'exploitation. Ceci dit, vous me demandez un commentaire personnel. Je ne
pense pas que ce soit le lieu ni la place pour émettre de tels commentaires,
mais je crois, moi, à des gens qui commettent des erreurs et qui veulent se
ressaisir dans la vie.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions à l'article 9? Oui, députée de
Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Je reviens un peu... Juste pour avoir plus de précisions,
là, quand il ne s'agit pas nécessairement d'une personne physique. Là, on est
plus dans la société de personnes, bon, et autres types. Est-ce que, quand on refuse d'enregistrer, ça s'applique
à la société ou est-ce que ça va quand même suivre ceux qui en font
partie, là? Parce que ce n'est pas... c'est... bon, on l'a indiqué comme ça
dans l'article, là, on parle de toute personne, puis on le sait qu'à
l'article 2 il y a la définition de «personne», puis ça inclut personne
physique, morale, fiducie, tout ça. Donc là, on ne prend pas pour acquis que
c'est nécessaire de spécifier administrateur, ou autres, là, on est vraiment,
dans l'article 9, «lorsque la personne qui entend l'exploiter». J'aimerais
juste savoir : Quand on refuse, est-ce qu'un exploitant pourrait revenir à
la charge d'une autre façon et...
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente.
L'article 9 s'applique à l'égard de la personne, au sens
large, qui va exploiter l'établissement. Si c'est une personne morale, ça
s'applique à la personne morale. Si c'est une société de personnes, ça
s'applique à la société de personnes. Si c'est un individu, une personne
physique, ça s'applique à l'individu, personne physique, mais ça ne s'applique
pas aux administrateurs d'une personne morale ou aux associés d'une société.
Mme Perry Mélançon : Et donc on
ne croit pas bon qu'une personne, un administrateur qui a commis des
infractions vraiment liées à sa demande d'enregistrement pour un hébergement
touristique soit tenu en compte dans cette demande-là?
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente. Pas dans le contexte de l'article 9, comme... Actuellement,
à l'égard de l'attestation de la classification, on applique exactement... on
reproduit le même régime.
Présidente (Mme IsaBelle) : Y a-t-il d'autres interventions à l'article 9? Alors,
est-ce que l'article 9 est adopté?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Adopté. Parfait, merci. Mme la ministre, l'article 10.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente.
Article 10, donc on est à la phase suivante :
«[La] ministre suspend ou annule
l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique lorsque la
personne qui l'exploite ne remplit plus les conditions prescrites par la
présente loi ou [...] règlements.»
Donc, l'article 10 du projet de loi prévoit
des situations où la ministre suspend ou annule, sans discrétion possible,
l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique.
C'est en
cohérence avec l'article 8, si vous souhaitez vous y référer, donc
lorsqu'on parle de la ministre qui refuse d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique. Donc, en
cohérence avec l'article 8, la ministre, conséquemment, doit
suspendre ou annuler l'enregistrement. La ministre refuse, hein, à
l'article 8, d'enregistrer un établissement d'hébergement touristique,
conséquemment, elle doit soit suspendre ou annuler son enregistrement.
On mentionne, à
titre d'exemple, que
deux attestations de classification qui ont été annulées en raison de
non-conformité à l'obligation de détenir l'autorisation du syndicat de
copropriété... quand on parle d'annulation, O.K. Donc, pour la résidence
principale, vous êtes dans une tour à condos, puis c'est votre résidence
principale, vous voulez l'exploiter, en tout
ou en partie, une chambre ou deux chambres de votre résidence
principale, qui est dans une tour à
condos. On se rappelle qu'on doit avoir l'autorisation écrite du syndicat de
copropriété pour en faire l'exploitation. Vous êtes dans un plex, vous
êtes dans votre résidence principale, vous louez un quatre et demie dans un
quadruplex. On se rappelle qu'on doit avoir l'autorisation écrite du
propriétaire du plex pour en faire l'exploitation.
Donc, ici, lorsqu'on parle d'annulation, à
titre
d'exemple, ça pourrait être quelqu'un qui n'a pas eu l'autorisation écrite du
syndicat de copropriété pour pouvoir en faire l'exploitation de sa résidence
principale, ou quelqu'un qui est dans un plex et qui n'a pas eu l'autorisation
écrite du propriétaire du plex pour en faire l'exploitation de sa résidence
principale.
Lorsqu'on parle de suspension, il y a une
obligation de détenir une preuve d'assurance responsabilité de 2 millions
de dollars. Donc, si un établissement d'hébergement touristique ne fournit pas
cette preuve-là d'une assurance responsabilité de 2 millions de dollars,
il pourrait voir son enregistrement suspendu jusqu'à ce qu'il transmette la copie prouvant qu'il a une assurance
responsabilité. Ou, dans le cas d'annulation, si jamais il y avait une rencontre avec le syndicat de copropriété, et que,
là, on décidait de changer et de permettre de l'exploitation, le
propriétaire de la résidence principale
pourrait retourner et dire : Voici, le syndicat de copropriété s'est
réuni, finalement, nous, on donne l'autorisation
à l'exploitation, par exemple, de la résidence principale. C'est-tu clair? O.K.
C'est simple et complexe à la fois.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci, Mme la ministre. Y a-t-il des interventions à
l'article 10? Alors, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 10 est adopté? Est-ce que l'article 10 est adopté?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Adopté, merci. Alors, nous poursuivons avec l'article 11.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme la Présidente. Là, on y arrive, à l'article 11 :
«Le ministre peut
suspendre ou annuler l'enregistrement d'un établissement d'hébergement
touristique lorsque la personne qui l'exploite a été déclarée coupable d'une
infraction visée à l'article 9.
«Cette personne est tenue d'informer sans délai
le ministre de toute infraction visée à l'article 9 pour laquelle elle a
été déclarée coupable.»
Donc, encore ici, on parle du pouvoir de
suspendre ou d'annuler l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique lorsque la personne qui
l'exploite a été reconnue coupable d'une infraction. On revient sur, par
exemple, la loi du bâtiment, la
Loi sur la
santé publique, la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune. Et on se rappelle que c'est non limitatif à la nomenclature...
des infractions dont on a fait la nomenclature dans l'article 9.
Le deuxième alinéa de l'article 11 impose à
l'exploitant l'obligation d'informer la ministre s'il a été déclaré coupable à une infraction aux lois et règlements
qui sont mentionnés au premier alinéa. Et je veux juste, en terminant,
dire que ce pouvoir discrétionnaire là ne peut être délégué. Donc, le pouvoir
du ou de la ministre de suspendre ou d'annuler ne peut être délégué à
quiconque.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui. Alors, députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Je veux juste m'assurer... Au moment que la ministre
décide de suspendre ou, encore, annuler le
numéro d'enregistrement d'un établissement, est-ce
que la ministre a la responsabilité
d'informer les organismes qui ont le mandat de confier leur enregistrement sur
les plateformes numériques, c'est-à-dire d'avertir... Ce numéro d'enregistrement là se
rend sur TripAdvisor, etc. Au moment que la ministre décide qu'il y a une infraction qui a été commise
suffisamment grave pour annuler ou suspendre le... je dirais plutôt «annuler», parce
que c'est encore plus grave.. mettons, annuler le numéro d'enregistrement, est-ce
que l'obligation revient à la ministre de s'assurer que ce numéro d'enregistrement
est retiré sur toutes les plateformes numériques? Comment ça fonctionne? Parce
qu'on peut suspendre ou annuler le numéro d'enregistrement, puis ce numéro d'enregistrement
pourrait se retrouver dans les plateformes numériques pour un certain temps, il
y a comme un... tu sais, avant qu'on réalise, bien, ce numéro-là a été annulé.
Alors, comment qu'on s'assure qu'au moment que la ministre annule le numéro d'enregistrement
c'est automatiquement retiré sur les plateformes numériques?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, Me Hudon.
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente. Non, il n'y a pas d'obligation pour la ministre d'informer les
plateformes. Un, il n'y a pas une obligation, pour les établissements
d'hébergement, d'utiliser des plateformes d'hébergement, là, d'annonces pour
des hébergements, donc il n'y a pas aucune obligation, en vertu de la loi, pour
la ministre d'informer les tiers, on va les appeler les tiers, là, des
décisions qu'elle prend en vertu de l'article 11.
Mme Rotiroti : Alors, la ministre pourrait annuler un
numéro d'enregistrement, et ce numéro d'enregistrement là pourrait
vivre encore sur des plateformes numériques.
Mme Proulx (Berthier) : Bien,
je vous dirais qu'avec la résidence principale, par exemple, qui est en lien
direct avec Revenu Québec... Parce qu'on se rappelle, là, qu'on est en lien
direct lors du numéro d'enregistrement de la résidence principale. La résidence
principale, c'est là où on a nos liens d'affaires avec le gouvernement, entre autres, bon, nos permis de conduire, notre carte d'assurance maladie, nos rapports d'impôt, surtout le rapport d'impôt. Donc, le numéro d'enregistrement est en lien
direct avec Revenu Québec. Donc, lorsqu'on fait référence, par exemple, à la résidence principale, le numéro serait complètement
annulé, et il y aurait un «flag» envoyé à Revenu Québec qui indique, donc, que le numéro d'enregistrement, par exemple, pour la résidence principale est soit suspendu,
soit annulé.
Mme Rotiroti : Parfait. Ça, c'est... J'ai compris le... Quand vous
dites : Il va y avoir le «flag» par
rapport à Revenu Québec, ça va,
c'est une infraction... Bon, c'est parfait. Moi, je parle plutôt sur les
tribunes, les plateformes numériques. Moi, là, quelqu'un qui est rendu
fautif est coupable suffisamment... a commis un geste suffisamment grave pour
que la ministre retire le numéro d'enregistrement...
Ça peut... Ce numéro d'enregistrement là peut vivre sur les plateformes
numériques pour un certain moment. À quel moment ça va être retiré? Parce que
cette personne-là, dans les yeux de la ministre,
est coupable, ça fait qu'on retire, mais il peut quand même continuer
illégalement pour un petit bout.
Mme Proulx (Berthier) : Le
numéro devient invalide, donc...
Mme Rotiroti : Ça
veut dire que, si je fais la recherche, ce numéro d'enregistrement qui se
retrouve sur la plateforme, si je veux aller pour louer, ça va me dire :
Non, plus valable. C'est-tu ça?
Mme Proulx (Berthier) : Le
numéro est invalide, et là, à ce moment-là, on informe Revenu Québec. Dès que
moi, je suspends ou j'annule le numéro d'enregistrement, le numéro
d'enregistrement devient invalide, je me retourne vers Revenu Québec et je leur
dis : Ce numéro d'enregistrement là n'est plus valide. Donc, quand même
que vous souhaiteriez entrer ce numéro-là, il n'est plus valide, et, dès qu'il
n'est plus valide, lors d'une suspension ou d'une annulation, il est transféré,
cette information-là est transférée à Revenu Québec.
Mme Rotiroti : Revenu Québec
aura l'obligation de s'assurer que c'est inactif sur toutes les plateformes,
c'est ça?
Mme Proulx
(Berthier) : En fait, dès qu'il y a eu une annulation à un numéro
d'enregistrement pour l'exploitation d'une
résidence touristique, il y a un courriel qui est envoyé directement aux
inspecteurs, aux inspections chez Revenu
Québec, et, à ce moment-là, Revenu Québec peut poursuivre son rôle de
surveillance, d'enquête et d'inspection et de s'assurer, donc, que, dès que le numéro est invalide, parce qu'il est
suspendu ou annulé, les pouvoirs qui sont consentis aux inspecteurs de Revenu Québec... Eux, c'est ça,
leur job, là. Avec la résidence principale, on l'a vu, les enquêteurs de
Revenu Québec entrent sur les plateformes
numériques auxquelles vous faites référence. Eux, ils savent que ces
numéros d'enregistrement là ont été annulés, ou suspendus, ou ils deviennent
invalides. Donc, les enquêteurs de Revenu Québec s'assurent, sur les
plateformes...
Mme Rotiroti :
Et, à ce moment-là, si c'est... puis je n'ai pas de raison de ne pas croire
qu'est-ce que vous dites, Mme la ministre...
pourquoi qu'on ne le clarifie pas dans la loi? Ce serait peut-être mieux qu'on
dise, à ce moment-là, qu'une fois qu'on annule l'enregistrement, on
suspend l'enregistrement, comme c'est écrit dans le libellé pour
l'article 11, qu'on va s'assurer que ce numéro-là n'existera plus ou est
bloqué sur les plateformes numériques. Ça ne vaudrait pas la peine de
l'inscrire, pour que ce soit clair?
M. Hudon (Alain) : ...quand la
personne reçoit une décision de la ministre comme de quoi que son numéro
d'enregistrement est suspendu, tu sais, il y a suspension, annulation, là, elle
a l'obligation, elle, de se retirer des plateformes, parce que, si elle conserve
ses annonces sur les plateformes, elle est comme considérée continuer à faire de l'offre d'hébergement. Et, lorsqu'une
personne... On va le voir dans les dispositions pénales, là, les amendes les
plus élevées qui sont prévues dans le pénal, c'est à l'égard des personnes qui
continuent d'exploiter leur établissement d'hébergement touristique lorsqu'ils
ont eu, obtenu un avis, justement, comme de quoi soit qu'on a refusé
l'enregistrement, puis ils le font pareil, ou encore, on a suspendu ou annulé leur
numéro d'enregistrement, puis ils continuent d'exploiter leur établissement. Donc, ça
peut aller, là... c'est 100 000 $,
je pense, le maximum pour la première infraction.
En cas de récidive,
c'est 200 000 $, on double, puis, en cas de récidive, on est rendus à
300 000 $, l'amende potentielle.
Donc, les
personnes qui, sciemment, continuent... En principe, s'ils reçoivent une
décision de la ministre à l'effet que
leur établissement d'hébergement est suspendu, bien, ces personnes-là
devraient, en toute cohérence, fermer leur dossier dans les plateformes d'hébergement à l'égard desquelles ils
offrent leur établissement d'hébergement en location.
Mme Rotiroti :
C'est ça. Alors, on se fie toujours sur l'exploitant, qui va s'assurer
d'enlever son numéro d'enregistrement sur les plateformes. On fait confiance à
l'exploitant. Sinon...
M. Hudon
(Alain) : Oui, mais, si jamais
ce n'est pas le cas, puis que Revenu
Québec a été informé qu'il y a un numéro qui a été annulé, justement, avec le processus que la ministre
a décrit précédemment, bien là, il s'expose à des dispositions... à un constat d'infraction puis à une amende, une des plus... la
plus élevée, là, dans nos dispositions maintenant.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions à l'article 11? Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : C'est un sujet intéressant,
là. Effectivement, on fait reposer sur les épaules de la personne qui exploite un établissement d'hébergement touristique ou sur les institutions, telle que Revenu Québec, là, de vérifier, etc. Effectivement, les amendes
peuvent être très salées. Mais ce ne serait pas plus simple que les plateformes
par où passent la grande majorité de l'hébergement touristique, là, exigent
l'utilisation de ce numéro d'enregistrement?
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme la Présidente. Comme un peu avec l'article 9, à l'article 28, M. le député, on va avoir, là, des explications claires
sur les amendes, et, suite aux enquêtes qui sont faites par Revenu
Québec, qui pourraient être imposées aux exploitants, des amendes extrêmement
salées, comme l'expliquait Me Hudon. Donc, des gens qui vont exploiter de façon
illégale, parce qu'on a refusé de leur émettre le numéro d'enregistrement,
qu'on l'a suspendu ou qu'on l'a annulé, au risque de me répéter, cette
information-là est envoyée aux inspecteurs de Revenu
Québec, le numéro est invalidé. Mais, s'il y a des gens qui continuent
d'afficher ce numéro-là, et Revenu Québec et ses enquêteurs savent déjà que ce numéro est annulé ou suspendu,
directement, ils vont entrer en contact avec l'exploitant, et il y aura
des amendes qui seront imposées, parce qu'ils vont faire de l'hébergement
touristique illégal, ils n'ont pas de numéro d'enregistrement, il est suspendu
ou il est annulé. Et donc les enquêteurs de Revenu Québec, dont le nombre a été
augmenté, là, depuis l'arrivée de la nouvelle définition de la résidence
principale, font ça à temps plein pour s'assurer qu'il n'y a pas de
l'hébergement touristique qui soit fait de façon illégale au Québec à l'égard,
par exemple, des hôteliers qui, eux, sont dûment enregistrés, paient leurs
taxes sur l'hébergement et autres. Donc, ces pouvoirs-là, Revenu Québec les a
pour imposer des amendes.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Excellent. Y a-t-il d'autres interventions?
M. Fontecilla : Effectivement,
on peut croire que le nombre d'exploitants qui, ayant vu leur numéro d'enregistrement
annulé ou suspendu, continuent quand même à annoncer sur les plateformes
numériques, ça va être un nombre très restreint, étant donné les conséquences
que cela peut avoir, là. Mais, on le sait, la très... dans les... les cas de personnes
qui n'ont jamais demandé un numéro... les exploitants qui n'ont jamais demandé
un numéro d'enregistrement et offrent leur résidence principale comme établissement d'hébergement touristique, là, sont très, très importants, là. Donc, encore une fois, la responsabilité revient à l'État du Québec, là, de chercher une aiguille dans une
botte de foin, là, alors qu'on le sait, les chiffres nous le disent, la très
grande majorité des annonces sur les plateformes comme Airbnb et autres plateformes similaires, la très grande majorité
ne possèdent pas un numéro d'enregistrement.
Là, on est dans le cas précis des exploitants
qui ont vu leur numéro annulé ou suspendu. Ça va être une très faible minorité,
je pense, là, un nombre très, très restreint. Mais le problème reste entier
pour l'ensemble des exploitants qui n'utilisent pas le numéro d'enregistrement
pour annoncer sur les plateformes numériques, et on confie cette tâche-là à une
armée d'inspecteurs qui devrait, de toute évidence, grossir de plus en plus,
parce que le phénomène est grandissant, là, alors qu'il suffirait
d'exiger de ces plateformes-là de demander le numéro d'enregistrement
pour pouvoir annoncer, là. Donc, encore une fois, on se ramasse avec tous les
coûts, et ces plateformes numériques, là, qui font beaucoup d'argent, soit dit
en passant, là, se ramassent avec tous les avantages. C'est les contribuables québécois, là, qui paient, finalement, pour ce
système de contrôle, qui est appelé à devenir de plus en plus exigeant,
là, si on veut arriver à contrôler la bête. Donc, pourquoi — la question, au fond, là — la ministre se refuse à demander, à
exiger de ces plateformes numériques, là, que les personnes qui veulent
annoncer, les exploitants qui veulent annoncer aient obligatoirement un numéro
d'enregistrement?
Présidente (Mme IsaBelle) : Député de Laurier-Dorion, est-ce qu'on est sur l'article 11? Je
pense qu'on...
M. Fontecilla : On va y arriver
tantôt, si ce n'est pas, là...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Pardon? Je n'ai pas bien...
M. Fontecilla : On va arriver à
cette question-là dans les articles suivants, ce n'est que
partie remise.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, vous avez devancé. Alors, on va rester sur l'article 11 en
ce moment. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Oui, il y avait la députée de Jeanne-Mance—Viger, et ensuite ça sera la...
Mme Rotiroti :
Merci. Merci, Mme la Présidente. C'est juste pour ma gouverne, parce que la
ministre faisait... dans son explication,
tout à l'heure, nous disait que, dès qu'il y a une infraction par rapport à
Revenu Québec... Je voulais juste savoir c'est quoi, les outils à Revenu
Québec, c'est quoi, le nombre d'inspecteurs, comment... Est-ce qu'ils sont
outillés, ou ils ont-tu suffisamment de ressources nécessaires pour être
capables... Parce que, d'après moi, là,
c'est des petits cas, là, pour vous, là, comparés à qu'est-ce qu'ils ont à
gérer à Revenu Québec. Ça fait que je me disais : Est-ce qu'il y a
des inspecteurs dédiés uniquement à ça ou est-ce que, dépendamment... qu'est-ce
que vous voyez dans les demandes ou les informations que vous obtenez, que vous
traitez les cas individuellement? Comment ça fonctionne chez vous?
Mme Proulx (Berthier) : On a
l'autorisation de tous de pouvoir donner la parole à M. Jean, directeur
principal de l'inspection chez Revenu Québec. Consentement?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, un instant. Est-ce que nous avons le consentement? Oui. Alors,
M. Jean, je vous invite à bien vous présenter, donner votre
titre avant de
répondre à la question.
M. Jean (Mario) : Merci, Mme la
Présidente. Donc, Mario Jean, je suis le directeur principal de l'inspection à
Revenu Québec.
Donc, en réponse à votre question, nous avons
reçu avec la... lorsqu'on a pris le mandat de l'inspection et des enquêtes à
Revenu Québec, 25 ETC, donc des employés à temps complet... Ce n'est pas
25 personnes qui sont... qui travaillent spécifiquement à l'inspection, il
y a des gens qui travaillent à l'inspection, il y a des gens qui travaillent
dans la recherche, il y a des gens aussi qui travaillent du côté des poursuites
pénales, donc, et on a un nombre x, là, d'inspecteurs rattachés. Parce qu'on
n'entrera pas dans les détails du nombre de personnes spécifiques, parce qu'on
dévoilerait nos stratégies d'intervention. Donc, pour répondre à votre
question, Revenu Québec a en main plusieurs bases de données, donc il peut
faire du croisement. Donc, c'est le... on a une équipe spécifique, et ils
travaillent avec des recherches sur... entre
autres sur Internet avec des croisements de données — c'est comme ça qu'on vient de
découvrir un petit peu, là, les contrevenants — et ces dossiers-là sont
transférés à l'inspection, dans ma direction principale.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci. Députée de... oui, Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti :
Bien, merci beaucoup pour l'explication, M. Jean, ça nous permet aussi
d'être rassurés que vous avez suffisamment
de ressources aussi pour être capable de trouver ces exploitants fautifs.
Alors, merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Bien... Oui. En
fait, je me demandais justement... la question des mécanismes à
l'interne, parce que, là, on s'en remet un peu à la personne qui est tenue
responsable d'informer en cas d'infraction... En cours de route, on remet ça
comme entre les mains de l'exploitant, alors qu'on sait que c'est... Mais c'est
bien de le faire, mais ce ne sera pas... peut-être pas
respecté, là, par l'ensemble. Donc, ce que je comprends, c'est qu'il y aura
quand même... Avec les données recueillies, il y a la possibilité, pour la
ministre, de suspendre, de retirer, tout ça, même si la personne ne se déclare
pas, là, fautive, là.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, est-ce qu'il y avait une question?
Mme Proulx
(Berthier) : Oui, c'est ça, c'est parce que...
Mme Perry
Mélançon : Pourquoi, en fait, la responsabilité revient à la personne
de se déclarer? Est-ce que... Bien, on a parlé de la question : Est-ce
qu'il y a suffisamment de surveillance, de personnes qui vont être responsables
des enquêtes?
Mme Proulx
(Berthier) : Moi, je vous croyais assurée, là, avec la déclaration de
M. Jean, puis, je le répète, là, le
nombre ou les effectifs qui sont déployés à la recherche de gens qui sont en
infraction sur la
loi sur l'exploitation de l'hébergement touristique va
demeurer secret pour les fins de pincer, justement, ces gens-là qui font de
l'exploitation de façon illégale. Oui, c'est une déclaration qui est
volontaire, Mme la députée de Gaspé, mais on a bonne foi, là, comme je vous dis, s'il y a une infraction à la
nomenclature des lois qu'on est venus préciser dans l'article 9.
Maintenant, comme je le mentionnais, s'il y
a une infraction, par exemple, au Code
de la sécurité routière, je pense que
ça appartient à la personne de décider ou non d'informer la ministre
s'il ou elle a été reconnue coupable d'une infraction au Code de la sécurité
routière, qui est «irrelevant» ici, qui n'a pas de lien avec le fait qu'il ou
elle veuille exploiter un hébergement... un type d'hébergement touristique...
un établissement d'hébergement touristique.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait.
Mme Perry
Mélançon : Et, dans... Puis, pour divulguer tout ça, là, au nouvel
exploitant qui va devoir se plier aux
nouvelles règles et à la nouvelle loi, tout ça va être indiqué de quelle façon,
là, les processus? À quel moment est-ce qu'on va dire, par exemple, à un
exploitant qu'il doit passer par... qu'il doit le faire? Je veux dire, c'est
inscrit dans la loi, mais l'exploitant ne le saura peut-être pas
nécessairement. Donc, c'est par... quand... à sa déclaration au début, quand il
reçoit le numéro d'enregistrement, que tout ça lui est expliqué?
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, en fait, dès... Les informations, si évidemment le projet
de loi est adopté, ces informations-là... En fait, déjà en amont, on l'a vu en
consultations particulières, l'ensemble des joueurs de l'industrie s'est exprimé sur ce projet de loi, donc ils ont déjà pris connaissance, les exploitants d'hébergements
touristiques, du projet de loi
n° 100 et ses implications,
surtout sa simplification, là, où il n'y a plus de visite de classificateur et
d'attestation.
Maintenant, pour ce
qui est de la résidence principale, en fait, on... déjà, on peut l'exploiter
depuis mai 2020, si ma mémoire ne me fait pas défaut. Donc, l'exploitant,
pour la résidence principale, connaît déjà les normes, les paramètres
dans lesquels il doit opérer pour faire l'exploitation, en tout ou en partie,
de sa résidence principale. On y faisait référence, là, lorsque la ministre
décide de ne pas émettre un numéro d'enregistrement, c'est parce qu'il va manquer, par
exemple, des papiers, des informations, par exemple le syndicat de copropriété, qui donneraient
l'autorisation de l'exploitation de la résidence principale. Donc, pour la RP,
la résidence principale, les gens sont informés.
Maintenant, depuis le
dépôt du projet de loi, avec toutes les consultations particulières qu'on a
menées plus tôt en août, évidemment, les
exploitants d'hébergement touristique au Québec sont au courant du détail de
cette loi-ci, et avec qui on a travaillé évidemment en amont, et avec
qui on va travailler évidemment après.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions à
l'article 11? Alors, est-ce que l'article 11 est adopté?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Adopté. Merci.
L'article 12, Mme la
ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : ...une précision avant l'article 12?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui.
Mme Proulx
(Berthier) : Parce qu'il y a une information intéressante à partager
avec les collègues. Il y a également les ministères, ce n'est pas des silos.
Donc, il pourrait y avoir le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs qui avise la ministre ou le ministre du
Tourisme d'une infraction, donc ce n'est pas uniquement de
l'autodéclaration, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, la Loi
sur la conservation de la faune. Par exemple, quelqu'un qui opère une
pourvoirie de façon illégale, donc, le ministère de la Forêt, des Faunes et des
Parcs informe évidemment le ministère du Tourisme, et boum! là, déjà, on sait
qu'on a identifié quelqu'un qui fait de l'exploitation illégale. Donc, oui, il
y a de l'autodéclaration, mais il y a également de l'information qui est entre
d'autres ministères pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'exploitation illégale,
par exemple dans une pourvoirie. Je voulais apporter la précision.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, nous pouvons poursuivre avec l'article 12. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 12 du
projet de loi n° 100 :
«À la demande d'une municipalité, le ministre
peut, dans les cas prévus par [le] règlement du gouvernement et conformément au deuxième alinéa, suspendre ou
annuler l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique.
«Lorsque la demande est fondée, le ministre :
«1° suspend l'enregistrement pour une période de
deux mois;
«2° suspend l'enregistrement pour une période de
six mois lorsque l'enregistrement de l'établissement a déjà été suspendu en
application du paragraphe 1°;
«3° [la ministre] annule l'enregistrement qui a
déjà été suspendu en application du paragraphe 2°.
«Pour l'application du premier alinéa, les cas
déterminés par règlement doivent notamment considérer des infractions à tout
règlement municipal en matière de nuisances, de salubrité ou de sécurité.»
Donc, ici, il y a une gradation, donc on fait
toujours référence aux alinéas précédents. Donc, à la demande d'une
municipalité, la ministre peut, premier alinéa, suspendre l'enregistrement pour
une période de deux mois; elle suspend
l'enregistrement pour une période de six mois lorsque l'enregistrement de
l'établissement a déjà été suspendu pour une période de
deux mois. Vous me suivez? Donc, il y a une gradation ici. Au troisième
alinéa, annule l'enregistrement qui a déjà été suspendu en application du
paragraphe 2°. Donc, s'il y a une infraction, à la demande d'une municipalité,
la ministre suspend pour une période de deux mois l'enregistrement; elle
suspend l'enregistrement pour une période de six mois lorsque
l'enregistrement de l'établissement a déjà été suspendu — tu es
déjà suspendu pour deux mois, tu es suspendu pour une période de
six mois lorsque l'enregistrement de l'établissement a déjà été suspendu;
troisièmement, annule. Donc, c'est vraiment une gradation ici.
C'est un processus de suspension ou d'annulation
qui est le même que celui prévu actuellement dans la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique. C'est un mécanisme qui a été adopté lors de la
Commission de l'aménagement du territoire
lors de l'étude détaillée du projet de loi n° 67. La Fédération québécoise
des municipalités, évidemment,
insiste beaucoup sur cet article-ci, et la FQM appuie la mesure qui permet de
retirer l'enregistrement de tout exploitant
qui ne respecte pas la réglementation des municipalités. Évidemment, les
municipalités ont le pouvoir d'émettre leurs règlements, et la FQM
appuie cette mesure-là. Les municipalités sont, elles, responsables de veiller
à la qualité de vie de leurs citoyens dans
leurs quartiers. C'est, donc, primordial que le règlement, ici, vienne
s'appliquer. Donc, c'est un peu l'essence de
l'article 12 sur... à la demande d'une municipalité, donc, de suspendre
pour deux mois, pour six mois ou carrément annuler l'enregistrement, le
numéro d'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, Mme la ministre. Y a-t-il des interventions? Députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la Présidente. J'étais pour
dire : Mme la ministre. La ministre déteint sur moi. Juste pour
être claire, pour ceux qui nous écoutent, Mme la ministre, quand vous
dites : «Lorsque la demande est fondée, le ministre suspend
l'enregistrement pour une période», puis là on parle des... annulation et
suspendre, etc., quand vous dites «la demande est fondée», qu'est-ce qui fait
en sorte qu'une demande est fondée ou pas, pour ceux qui nous écoutent?
Mme Proulx (Berthier) : C'est à
la lumière des règlements des municipalités.
Mme Rotiroti :
C'est-tu la
Loi sur l'hébergement touristique?
Mme Proulx (Berthier) : Non.
Mme Rotiroti :
Juste pour être sûre.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui? Alors, Me Hudon.
Mme Rotiroti : Me
Hudon.
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme la Présidente.
Mme Rotiroti :
Désolée.
M. Hudon (Alain) : Alors, ce
qui va être prévu à l'article 12 pour qu'il puisse entrer en application,
c'est que, dans la réglementation qui va être prise en vertu de la présente
loi, on va identifier des éléments, des cas où les municipalités, lorsque ça se
produit, vont pouvoir s'adresser à la ministre pour obtenir une décision
concernant l'enregistrement d'un établissement d'hébergement. Donc, ça va être
dans notre réglementation qu'on va prévoir des infractions. On exige notamment, dans le dernier alinéa, là, que ce soient
des infractions en matière de réglementation municipale sur les
nuisances, salubrité ou sécurité, mais ça pourrait être également d'autres
types d'infractions, mais elles devront être identifiées dans notre
réglementation.
Mme Proulx (Berthier) : Par
exemple, un exploitant de résidence principale, un chalet sur le bord d'un lac,
et il est en infraction par rapport à un
règlement municipal en matière de nuisances, il fait des partys jusqu'à trois
heures du matin, puis systématiquement, chaque fois qu'il
loue son chalet... Donc, la municipalité pourra se tourner vers la ministre et
lui dire : Suspends l'enregistrement pour une période de deux mois,
suspends l'enregistrement pour une période de six mois lorsqu'il a déjà été
suspendu une première fois pour trois mois, et la ministre pourra annuler
l'enregistrement... le numéro d'enregistrement s'il a été suspendu six mois
avant et initialement suspendu trois mois.
En clair, quelqu'un qui ne se soumettra pas à
tout règlement municipal, par exemple en matière de nuisances, en matière de
salubrité... il fait l'exploitation de son chalet la fin de semaine, puis, à
chaque fois que les clientèles partent, les
poubelles sont pleines, il y a des ratons laveur — bonjour, Mme la Présidente — il y a des ratons laveurs partout, ça
crée de la nuisance, à la demande de la municipalité, la ministre pourrait
suspendre deux mois, six mois ou annuler. En matière de sécurité, par exemple,
des quatre-roues qui passent carrément sur son terrain, en matière de sécurité,
il pourrait y avoir quoi... Oui.
Mme Rotiroti :
Bien, ça... Oui. Ça, Mme la ministre, c'est assez clair dans le libellé de l'article 12.
Moi, ça serait plutôt... qu'est-ce qui m'intéresse, c'est quand Me Hudon nous
parle des cas de figure qui pourraient s'insérer dans le règlement. Le
règlement, c'est à votre discrétion. Alors, moi, je veux juste qu'on soit clair
dans... Quand vous dites : La demande, il faut qu'elle soit fondée, dans
les cas de qu'est-ce qui appartient de la municipalité, que ça soit la
salubrité, nuisances, la sécurité, ça, ça va. Dans des cas, je vous dirais,
plutôt exceptionnels ou des cas où est-ce qu'on ne mentionne pas qu'ils
n'appartiennent pas au règlement de la municipalité, à ce moment-là, c'est
décrété par la ministre dans son règlement. J'ai bien compris, Me Hudon?
M. Hudon (Alain) : Oui, vous
avez bien compris.
Mme Rotiroti :
Alors, moi, ma question, c'est : Dans ces cas-là, qui sont décrétés, qu'on
ne retrouve pas présentement sous la juridiction municipale, ces cas de figure
là pourraient être quoi? Donnez-moi un exemple. Et, dans ce règlement-là qui
est régi par la ministre, il est consulté combien de fois, mis à jour combien
de fois? C'est quoi, le mécanisme pour être capable de répondre, justement pour
s'assurer, là, que les... qu'on maintient la paix, si je peux dire ça, dans les
municipalités?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Mme la ministre, est-ce que c'est vous ou Me Hudon?
Mme Proulx (Berthier) : Me
Hudon...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Me Hudon? Parfait, merci.
M. Hudon (Alain) : Là, c'est
parce qu'on présume du contenu d'un règlement qui n'est pas encore écrit, là.
Donc, c'est difficile pour moi de vous dire quels seraient les cas, parce que
ça va être déterminé par règlement, puis le règlement n'existe pas encore, là.
Mais je sais qu'il y a un cas de figure qui avait été présenté lors de l'étude détaillée
du projet de loi n° 67, là, qui a donné naissance à
cet article-là qu'on retrouve dans la loi actuellement, puis un des cas qui avaient été identifiés, c'était le
cas où la personne a été déclarée coupable à deux infractions en
matière de salubrité, sécurité, nuisances à l'intérieur d'une période de
12 mois. Donc, si jamais... Bien là, si on présume que ça va être inclus
dans la réglementation, puis qu'on prévoit ce cas de figure là, puis ça se
produit, bien, la municipalité pourrait venir frapper à la porte de la ministre
en disant : Il y a un établissement d'hébergement sur mon territoire.
Voici deux déclarations de culpabilité à l'égard de cet... en matière de
salubrité, sécurité, nuisances qui touchent cet établissement-là, je te demande
de suspendre l'enregistrement de ça. Donc, c'est un cas. Mais c'est vraiment
juste théorique, parce que je n'ai pas le règlement,
le règlement n'est pas écrit, là. Ça se pourrait que ce ne
soit pas ça, mais...
Mme Rotiroti :
Bien, c'est ça. Alors...
Mme Proulx (Berthier) : On va
travailler avec les municipalités, avec la FQM, avec l'UMQ pour établir la liste des infractions où il pourrait y avoir une suspension
de l'enregistrement pour une période de trois mois, de six
mois ou une annulation, là. C'est vraiment eux qui connaissent le mieux les
nuisances dans leurs municipalités. Donc, lors de la rédaction des règlements,
je veux vous rassurer, là, ça va être travaillé avec la FQM, avec l'UMQ, évidemment
avec toutes les municipalités pour s'assurer qu'on couvre, donc, la liste des
infractions à tout règlement municipal en matière de nuisances de façon large.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci.
Est-ce que vous voulez laisser la parole à d'autres ou bien
vous voulez...
Mme Rotiroti :
C'est correct. Je veux juste finir sur un petit point puis je vais peut-être
revenir par la suite. C'est juste que je comprends que le règlement n'est pas
écrit, et je comprends très bien. Je fais confiance à la ministre quand elle me
dit : On va travailler ça avec nos partenaires au niveau municipal. Très
bien, mais ce n'est pas écrit à nulle part dans la loi. Alors, moi, je veux
bien faire confiance et... Mais, quand ce n'est pas écrit, ça laisse l'interprétation
très large, et il n'y a rien qui lie la ministre, dans le fond, à changer
d'idée ou de dire : Bien, finalement, je vais décréter... je vais imposer,
exemple, dans le règlement tel cas ou tel cas. Alors, tu sais, moi, je veux
bien faire confiance, mais, moi, j'ai appris très... à un très jeune âge que,
quand ce n'est pas écrit dans la loi, bien,
ça laisse l'interprétation : on peut faire qu'est-ce qu'on veut. Alors,
moi, je veux juste m'assurer que... Puis là je me demande
si on devrait apporter un amendement, de dire, de spécifier que la ministre a
l'obligation de consulter ses partenaires au niveau municipal.
Mme Proulx (Berthier) : Bien,
je dois vous rappeler tout de suite à l'article 12, là. Ça a été travaillé
avec l'UMQ et la FQM lors de l'adoption du projet de loi n° 67.
Mme Rotiroti :
67. Ça, je... Oui.
Mme Proulx (Berthier) : Donc,
ça, là, c'est vraiment là, c'est...
Mme Rotiroti :
C'est calqué, tout à fait.
Mme Proulx (Berthier) :
...c'est un mécanisme qui a été adopté par les membres de la commission de
l'aménagement lors du p.l. n° 67, c'est eux qui
voulaient ça.
Mme Rotiroti : Je
sais, j'ai ma collègue de Vaudreuil qui... Elle s'est fait un devoir pour
s'assurer que ça soit inscrit dans la loi. Alors, je sais que c'est copié-collé
du 67, ça, j'en conviens.
Mme Proulx (Berthier) : Exact.
Mme Rotiroti :
Là, on est dans le règlement, que là c'est à la discrétion de la ministre. Là,
on est dans les ouï-dire, là, M. Hudon m'a dit : Bien, écoutez, la
ministre va consulter ses partenaires municipaux, ça va être fait avec l'UMQ,
etc., et tous ses partenaires. Très bien, je n'ai aucune indication de ne pas
croire la ministre. Mais ce n'est pas
spécifié dans la loi, ce n'est pas écrit dans la loi. Alors, je vais laisser
parler... je vais laisser mes collègues... puis, peut-être, je vais
revenir... je vais juger si c'est nécessaire d'apporter un amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci. Alors, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Donc, on détermine quand même, dans
l'article 12, certains domaines d'intervention, là, dont les
municipalités pourraient faire usage pour avertir le gouvernement, là,
concernant un permis de... un numéro
d'enregistrement, et on nomme notamment des infractions à tout règlement
municipal en matière de nuisances, de salubrité ou de sécurité.
Effectivement, il peut y avoir des problèmes dans ce champ-là.
Et il y en a un autre dont je me pose la
question pourquoi ça n'a pas été considéré, c'est la question du zonage. On sait que plusieurs municipalités zonent
l'hébergement touristique transitoire des plateformes numériques, là,
les résidences principales en particulier, là, dans certaines rues de certaines
villes, donc c'est là que c'est permis, et d'où la nécessité d'avoir un avis de
conformité qui doit être présenté au tout début du processus, si je ne me
trompe pas. Mais il peut arriver qu'une
municipalité, pour une raison ou une autre, par exemple pour... à cause de
l'étendue de l'utilisation de certaines formes d'hébergement
touristique, décide de changer son zonage pour restreindre ou... on va aller
dans le cas de figure de la restriction, donc un territoire moins étendu, et,
par conséquent, toutes les résidences principales qui sont utilisées pour de
l'hébergement touristique à l'extérieur du zonage ne pourraient plus avoir un
numéro d'enregistrement. Donc, il y a matière là à infraction, si je ne me
trompe pas.
Et pourquoi ne pas avoir inclus la question du
zonage dans cet... dans l'article 12, là, donc d'ajouter «en matière de
nuisances, de salubrité, de sécurité ou de zonage»?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme la Présidente. Parce qu'on l'a réglé à l'article 5. Vous n'étiez pas
là. Donc, dans une demande de numéro d'enregistrement, on a complètement inversé
le processus. Donc, vous voulez faire de l'exploitation d'hébergement
touristique, vous faites la demande à la municipalité. Avant, on le faisait au
Tourisme, qui l'envoyait à la municipalité, qui disait oui ou non, que c'était
conforme à leur zonage, revenait à la ministre, avisait l'exploitant. Dans une
volonté de simplification, et ça fait plein de bon sens, celui ou celle qui va
vouloir faire de l'exploitation va d'abord et avant tout faire la demande à la municipalité.
Donc, la municipalité va dire : Oui ou
non, vous avez le droit de faire l'exploitation d'une résidence secondaire ou
d'une résidence principale là où vous souhaitez le faire,
géographiquement parlant.
Donc, dès le départ, dès l'intention de vouloir
exploiter de l'hébergement touristique, l'exploitant doit immédiatement aller voir la municipalité pour savoir si c'est conforme ou non. Si c'est
conforme, donc là on peut donner un numéro
d'enregistrement à celui ou celle qui souhaite l'exploiter. Si la municipalité dit non, aucun moyen d'exploiter.
M. Fontecilla : Je me suis sans doute mal fait comprendre. C'est
dans le cas où il y a déjà un numéro d'enregistrement d'octroyé, avec un avis de conformité, etc., et
une municipalité, dans les pouvoirs qui lui sont conférés, modifie son zonage
pour le restreindre, par exemple, et il y a toute une série de résidences
principales utilisées à des fins d'hébergement touristique, là, qui ne sont
plus dans les zones permises, là. Donc, à la demande d'une municipalité, la... et dans les cas prévus... et la municipalité signale au gouvernement, là : Cette liste de résidences principales
utilisées à des fins d'hébergement touristique, là... ne sont plus en
conformité avec le zonage, et donc il faut procéder à leur enlever... à annuler, dans ce cas-ci, là,
je suppose, là, l'enregistrement de ces... l'enregistrement pour ces
personnes-là. C'est dans ce cas de figure là. Pourquoi ne pas avoir écrit «le
zonage»? Parce qu'il peut arriver qu'une municipalité change son zonage, justement,
par exemple, pour restreindre les zones où est-ce qu'on peut faire de l'hébergement
touristique. Voilà.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. On laisse la parole à Me Hudon?
M. Hudon
(Alain) : Merci, Mme la Présidente. La situation que vous évoquez,
elle soulève quand même une problématique importante en matière de droit municipal, c'est la question des droits acquis. Lorsqu'on
a enregistré, comme la ministre l'a très bien décrit, on a enregistré,
mettons, un établissement de résidence principale parce que la personne est
venue puis que le zonage le permettait, parce qu'on a eu un contrôle de zonage
au départ, si jamais la municipalité décide de modifier son règlement de zonage puis
de ne plus permettre l'exploitation d'une résidence principale à des
fins d'hébergement, mais toutes les résidences qui avaient obtenu une
autorisation en bonne et due forme avant la modification réglementaire... là,
je pense qu'il y a une problématique.
Je ne suis pas un
expert en droit municipal, mais je pense qu'il y a une problématique de droits
acquis, parce qu'au moment où on les a autorisés à exploiter, à utiliser leur
résidence principale à des fins d'hébergement, la réglementation le permettait.
Si on vient, par la suite, modifier cette réglementation-là, moi, vite comme
ça, là, je ne serais pas prêt à dire qu'ils n'ont plus le droit d'exploiter. Je
pense qu'on n'a plus le droit d'enregistrer des nouveaux établissements de résidences principales sur le
territoire visé par la réglementation, mais je pense qu'il y a une
problématique de droits acquis que votre situation pourrait mettre en cause,
là, ici.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Oui.
M. Fontecilla :
La ministre a dit tantôt que les municipalités ont les prérogatives de
s'occuper des questions de qualité de vie, et pas uniquement, ils doivent
mettre en place des politiques et une réglementation municipale qui favorisent
l'hébergement des populations locales dans les villes. Et, même si on est tous
et toutes pour l'arrivée des touristes, etc., une municipalité peut juger, à un
moment donné, que la situation est devenue tellement problématique dans une
zone donnée, par exemple, bien, presque la totalité des logements utilisés
autour des zones permises, et il n'y a plus
de résidents, c'est utilisé à des fins touristiques, là, et elle peut
considérer, dans le cadre de ses prérogatives, que c'est une situation
problématique et elle peut vouloir utiliser son pouvoir, son pouvoir politique,
là, pour corriger cette situation-là et restreindre de façon drastique ou moins
drastique, ça dépend de la municipalité, l'utilisation de... restreindre
l'exploitation d'hébergement touristique. Cela n'est pas contemplé par cet
article de loi là, mais c'est une situation qui peut arriver. Effectivement, il
y a la question de droits acquis, mais il me semble que la ministre devrait
avoir une idée plus ou moins claire de ce qu'il pourrait arriver là.
Est-ce que le droit
acquis a préséance sur les volontés politiques des villes, là, de favoriser,
par exemple, le maintien des populations dans les villes, ou c'est le
contraire, là? C'est la question que je lance à la ministre : Qui a
préséance, les droits acquis ou les municipalités?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : M. le député, ce n'est pas l'essence, je pense,
de l'article 12. Est-ce que nous sommes vraiment sur l'article 12 en
ce moment?
M. Fontecilla :
Tout à fait, Mme la... Maintenant, on est dans la thématique de l'article 12,
là. Moi, je demande d'inclure... je me
demande pourquoi ne pas avoir inclus le zonage dans un cas très bien
précis que j'ai expliqué à deux reprises, là. Et donc, on est dans le...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. D'accord. Alors, on va laisser... si
vous êtes d'accord, on va laisser la ministre...
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Prenons l'exemple de la
résidence principale. On revient, donc, sur l'obligation de détenir un numéro d'enregistrement.
On a l'obligation d'avoir une assurance. On a l'obligation, avant d'avoir ce
numéro d'enregistrement là, d'avoir l'autorisation écrite d'un syndicat de copropriété.
On a l'obligation, si on n'est pas en
syndicat de copropriété, d'avoir l'autorisation du propriétaire du plex pour
pouvoir faire l'exploitation, en tout ou en
partie, de sa résidence principale. Mais les municipalités, au-delà de ce
chapeau de règlement là, ont le
pouvoir d'ajouter des règlements, des limitations dont elles seront
responsables d'appliquer. C'est le pouvoir des municipalités.
Donc, nous, à travers
la nouvelle définition ou le nouveau type d'hébergement touristique qu'est la
résidence principale, on a mis les paramètres dans lesquels les gens pouvaient
faire de l'hébergement touristique. Maintenant, on a été très, très clairs dès
le départ, les municipalités ont ce pouvoir de limiter l'exploitation de la
résidence principale sur leurs territoires. La ville de Montréal l'a fait. Il y
a d'autres municipalités qui l'ont fait également encore récemment. On
reconnaît, évidemment, le pouvoir des municipalités d'ajouter des règlements
dont elle sera responsable dans l'application.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Alors...
Mme Perry Mélançon :
...ça inclut les droits acquis. Donc, une municipalité pourrait... et ça le
permet, en fait, là, de considérer que ce règlement-là entre en vigueur pour
tout le monde, même ceux qui avaient déjà obtenu l'autorisation de faire de
l'hébergement.
Mme Proulx (Berthier) : Bien
là, comme disait Me Hudon, c'est du droit municipal.
Mme Perry Mélançon : C'est ça,
on tombe dans le...
Mme Proulx (Berthier) : Je ne
suis pas en mesure de répondre à cette question-là. Par contre, nous, avec
l'arrivée de la résidence principale, on s'est bien assuré, là, que tout ça
soit très clair, mais surtout, surtout que les municipalités aient le pouvoir de régir et de permettre ou d'interdire
de l'hébergement touristique en résidence principale, par exemple, sur une
partie de son territoire, sur
un bord de lac. La municipalité pourrait interdire à toutes les
résidences secondaires et même principales, en bord de lac, de pouvoir faire de
l'hébergement touristique. C'est la prérogative des municipalités, c'est un
pouvoir qui leur appartient et c'est surtout un pouvoir qu'on leur reconnaît.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, député, oui, de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : La question, Mme
la ministre, c'est surtout, de mon point de vue, si la municipalité peut
retirer des permis, peut retirer un droit acquis sur...
Mme Proulx (Berthier) : Bien,
il va falloir vérifier avec le ministère des Affaires municipales. Pour le
moment, on n'est pas en mesure de répondre à cette question-là, Mme la
Présidente, parce que ça relève évidemment du ministère des Affaires
municipales.
M. Fontecilla : Je pose la
question, Mme la Présidente, là, parce que c'est un cas de figure qui peut
arriver, là, c'est-à-dire l'utilisation des
plateformes numériques pour l'hébergement touristique est devenue tellement
répandue que ça constitue une menace directe pour... et qui contribue à la
crise du logement, là, dans certaines villes du Québec, là. Donc, une municipalité pourrait être amenée à vouloir restreindre, malgré un premier zonage
qui aurait permis l'exercice d'exploitation de l'hébergement touristique
dans des résidences privées, elle pourrait vouloir restreindre parce que la
situation est devenue telle qu'il fallait... il faut faire marche arrière. Ça
arrive dans la vie, surtout avec le développement exponentiel de ce type
d'exploitation touristique, là, tel qu'Airbnb.
Donc, la question est : Si une municipalité
demande à la ministre de suspendre des numéros d'enregistrement parce qu'il y a
eu un changement de zonage plus restrictif, là, qu'est-ce que le ministère va
faire, là?
Mme Proulx (Berthier) : Bien,
au risque de me répéter, Mme la Présidente, je n'ai pas la réponse. On est à la
chercher. C'est aux Affaires municipales. Maintenant, maintenant, le cadre dans
lequel on opère présentement, là... vous
faites référence, d'abord et avant tout, M. le député de Laurier-Dorion, à la
résidence principale parce qu'on ne parle pas, là, d'hôtel, on ne parle pas d'hôtel, là. Je ne pense pas que c'est
ce à quoi vous fassiez référence. On parle, d'abord et avant tout, là...
parce que vous faites référence à une crise du logement, j'imagine que vous
faites référence à la résidence principale.
C'est clair,
lorsqu'on l'a établie, la nouvelle... voyons, la résidence principale étant une
nouvelle catégorie, pardon, d'hébergement touristique, on a été très,
très clairs, les normes dans lesquelles ça a été établi, c'est très clair, et
les municipalités, avec lesquelles on a
travaillé étroitement sur la résidence principale, nous ont dit :
Mme Proulx, Mme Proulx, vous
allez... Oui, vous avez tous les pouvoirs. Évidemment, nous, c'est un
règlement. Les municipalités ont le pouvoir de permettre ou d'interdire. Maintenant, si c'est consenti à une résidence
principale, est-ce qu'on peut le retirer après avoir donné l'autorisation? Au risque de me répéter, on
va consulter des juristes puis on va vous revenir. Je n'ai pas la
réponse.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, il y a peut-être une suggestion. Oui?
Mme Proulx
(Berthier) : Je voulais
juste dire que la FQM puis l'UMQ, parce
que là, on revient à l'article 67,
là, auquel vous avez fait référence, Mme la députée, la ville de Montréal
souhaite qu'on reprenne cet article-là, l'Union des municipalités du Québec
veut qu'on reprenne cet article-là, l'UMQ aussi veut, et ça a été un
article
longuement débattu dans le projet de loi n° 67. Vous
étiez peut-être présidente à ce moment-là, Mme la Présidente, mais ça a été un
article
qui a été longuement, longuement débattu, tant par la ville de Montréal, par la
FQM, puis l'UMQ et qu'en plus on élargisse à
d'autres types de résidences. Donc, on n'est plus uniquement dans la résidence principale, mais on est également dans la
résidence secondaire et dans les chalets, on est là-dedans, qui, je le
rappelle, vont être déterminés par règlement, les pouvoirs des municipalités de
demander la suspension du numéro d'enregistrement ou le retrait.
Mais je vous dis : Cet article-là, l'UMQ,
la FQM, surtout la ville de Montréal disent que c'est un
article extrêmement important,
de continuer... de conserver le pouvoir qui est consenti aux villes et aux
municipalités. Lorsque la municipalité va débarquer chez la ministre pour vous
dire : Je souhaite qu'on suspende pour deux mois, pour six mois, ou qu'on
annule parce que l'exploitant de chalet, parce que l'exploitant résidence
secondaire, parce que l'exploitant de la résidence principale a contrevenu à
des règlements municipaux en matière de nuisance, en matière de salubrité ou en
matière de sécurité, ça, c'était extrêmement clair tant de la FQM, de l'UMQ et
de la ville de Montréal.
Dans
le p.l. n° 67, et je cite la ville de Montréal : «La
ville de Montréal se déclare satisfaite de constater que les dispositions introduites par le p.l. n° 67 ont été maintenues et seront appliquées aux autres catégories
d'établissements et qu'elles permettront notamment de refuser un
enregistrement, de le suspendre ou de l'annuler à la demande de la
municipalité. Pour la ville de Montréal, les municipalités sont responsables de
veiller à la qualité de vie de leurs quartiers,
et il est donc primordial que le règlement qui viendra préciser les modalités
de ces nouvelles dispositions tienne compte les règlements municipaux en
matière de nuisance, en matière de salubrité ou en matière de sécurité.» Ça,
c'était la déclaration de la ville de Montréal lors de l'adoption, comme vous
l'avez mentionné, un copié-collé, là, pour vous citer, du p.l. n° 67.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, Mme la ministre. Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Avec Mme la
ministre, je reconnais tout à fait la pertinence et je salue la volonté des
villes de protéger la qualité de vie de ses résidents. Dans ce sens-là,
effectivement, cet
article de loi, inspiré de ce qui a été approuvé dans le projet
de loi n° 67, vient confirmer cette situation-là.
Moi, je soulève un nouveau cas de figure, là,
qui est la situation où une municipalité veut restreindre l'hébergement
touristique, là, par... via le zonage. Ça, je me place dans l'hypothèse de la restriction,
non pas dans la première demande avec un
avis de conformité, dans une zone où c'est déjà permis, et cela n'est pas
contemplé dans le projet de loi, et je demande un temps de suspension
pour étudier la possibilité d'un amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, je comprends qu'on demande de suspendre l'étude de l'article 12.
Est-ce que c'est bien ça que vous demandez ou une... hein, c'est bien ça?
Alors, est-ce qu'on a le consentement pour suspendre l'étude de
l'article 12 le temps...
Mme Proulx (Berthier) : Non, on
ne suspend pas l'étude de l'article 12.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
O.K.
Mme Proulx (Berthier) : Moi, je
pense qu'il faut aller chercher des réponses aux questions parce qu'il y a des
impacts sur les articles suivants. Donc, moi, ce que je propose, c'est qu'on
puisse aller chercher l'information que souhaite avoir le député de
Laurier-Dorion avec nos juristes, et suspendre pour aller trouver ces réponses.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Donc, on suspendrait quelques instants actuellement, là, présentement?
Mme Proulx (Berthier) : Oui.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
O.K. Alors, nous allons suspendre afin de donner la chance à la ministre de
trouver la réponse.
Alors, nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 11 h 44)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente. Donc, revenir un peu sur les propos du député de Laurier-Dorion
et son inquiétude face au parc immobilier, particulièrement sur la résidence
principale. Donc, sa question était : Est-ce qu'une municipalité peut, à
un moment donné ou à un autre, retirer le droit d'exploitation d'un type
d'hébergement touristique, et, si oui, est-ce qu'il y a ou non droits acquis?
Donc, deux réponses, avec votre permission, collègue de l'opposition, Me Hudon
en premier, et Me Courtecuisse par la suite.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, Me Hudon.
M. Hudon (Alain) : ...Mme la
Présidente. Donc, comme j'avais spécifié avant, je ne suis pas un expert en
droit municipal, ça fait que je suis allé chercher l'information, puis voici ce
que j'ai comme information, qui est quand même assez intéressante. Je vous fais
un résumé de la règle qui a été décidée, notamment, qui est réaffirmée dans une décision de la Cour d'appel, en matière de droits acquis
pour une propriété. Donc, on dit ici : «...l'utilisation d'une
propriété est génératrice de droits acquis pour l'usage précis de la propriété
exercé au moment du changement législatif, si [l']utilisation était non
accessoire...»
Donc, dans le contexte de l'utilisation d'une
résidence principale à des fins d'hébergement, on peut penser que l'utilisation
à des fins d'hébergement de la résidence principale, c'est un accessoire de la
résidence principale qui serait utilisée pour héberger le résident; le
propriétaire, donc, dans ce cas-ci, il ne bénéficierait pas de droits acquis.
Mais il y aurait quand même des droits acquis pour quelqu'un à l'égard duquel
l'établissement est utilisé à des fins principales à des fins d'hébergement. Donc, mettons qu'il y
aurait un règlement de zonage qui dirait qu'on ne veut plus de résidence de tourisme. Là, la notion de
droits acquis pourrait s'appliquer, même chose pour les hôtels, etc.,
donc.
Mais, à l'égard d'une résidence principale, les
critères développés par la jurisprudence laissent penser qu'une municipalité
pourrait modifier son règlement de zonage pour interdire l'utilisation d'une
résidence principale à des fins d'hébergement, et qu'ultimement les personnes
qui, avant la prise de ce règlement-là, utilisaient la résidence à des fins
d'hébergement en toute légalité, bien, elles pourraient perdre ce droit-là, ce
ne serait pas un droit acquis.
Je ne sais pas si c'est assez clair, ce que j'ai
mentionné.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait.
Mme Proulx (Berthier) : Me
Courtecuisse.
Présidente (Mme IsaBelle) : Est-ce qu'on laisse... Est-ce
qu'on a le consentement pour que Me Courtecuisse puisse prendre la parole? Oui? Alors,
je vous invite à bien vous présenter avant de répondre à la question.
Mme Courtecuisse
(Véronique) : Alors,
Véronique Courtecuisse, directrice principale adjointe aux poursuites
pénales de Revenu Québec.
Donc, comme mon confrère Me Hudon, je ne suis
pas une spécialiste, ce n'est pas mon mandat de parler de droits acquis, mais
je peux... La réponse de mon confrère est très, très claire, et je peux
rajouter qu'au niveau de résidence principale la définition que le projet de
loi présente, clairement, indique un endroit locatif qui est l'endroit d'activités familiales, sociales, qui est donné,
comme adresse, à tous les ministères. Donc, on s'entend que c'est vraiment... ça
va être des cas de figure où la personne qui va louer va être très limitée,
selon moi, dans l'utilisation de la location et dans la durée, parce que c'est
l'endroit qu'elle va fournir à la SAAQ, au ministère du Revenu, partout, ça va
être son adresse principale. Donc, je crois que l'impact va être minime par
rapport à, peut-être, l'inquiétude du pacte locatif quand ce sera des cas de
résidence principale. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je veux bien
comprendre. Ce qui me paraît essentiel ici, là, c'est que le droit acquis n'est
pas, dans le cas d'une propriété, là... comment dire, le droit acquis ne tient
pas si c'est pour une utilisation accessoire. C'est ce que vous avez dit?
Mme Proulx (Berthier) :
Exactement. Ça veut dire que votre résidence principale, c'est là que vous
passez la majorité de votre vie...
Mme Proulx (Berthier) : ...où
vous avez votre correspondance avec le gouvernement du Québec. Quelques jours par année, deux semaines l'été, vous décidez
d'aller en Gaspésie passer vos vacances, vous louez votre résidence
principale à Saint-Jean-de-Matha, donc c'est uniquement cette période. Le reste
du temps, c'est votre vie que vous passez dans les quatre murs de votre
résidence principale.
M. Fontecilla : Voilà. On
est...
Mme Proulx (Berthier) : Donc,
ce droit-là.
M. Fontecilla : Oui, tout à
fait, là, c'est... On est dans les... comment dire, dans une vision théorique,
là. Il faut, empiriquement, savoir si,
effectivement, cette vision un peu idyllique, là, ça fonctionne dans 100 %
des cas, là. Ce n'est peut-être pas la situation. Mais ce qui
m'intéresse, moi, de savoir, là, c'est qu'une ville, une municipalité peut restreindre, par son règlement de zonage,
l'utilisation de l'hébergement touristique, là, de la résidence principale
parce que cette utilisation-là est
accessoire. Donc, on peut passer outre le droit acquis. C'est ce que je
comprends de votre explication, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Me Hudon.
M. Hudon
(Alain) : Merci, Mme la Présidente. À
l'égard de la résidence principale, effectivement, on pourrait
passer... il y aurait... Dans le fond, ce que je comprends, c'est qu'il n'y
aurait pas de droit acquis à l'utilisation d'une résidence principale à des
fins d'hébergement dans l'éventualité où la municipalité décidait d'interdire,
dorénavant, cette activité-là.
M. Fontecilla : Puisqu'elle est
accessoire.
M. Hudon (Alain) : Puisqu'elle
est accessoire, exact.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député de Laurier-Dorion, oui? Bien, nous avons reçu un amendement.
M. Fontecilla :
Tout à fait.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Voulez-vous toujours le déposer?
M. Fontecilla :
À moins que... Oui, oui.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui?
M. Fontecilla :
Tout à fait.
Présidente (Mme IsaBelle) : D'accord. Alors, je vous invite...
Vous l'avez tous, effectivement, l'amendement? Alors, je vous invite à
le lire, s'il vous plaît.
M. Fontecilla :
Donc :
L'article 12 du projet de loi est modifié par l'insertion,
après «nuisances», «de zonage,».
Aussi simple que ça. Est-ce
que je peux...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui, c'est ça. Non, c'est bien compris.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est que j'attends de voir... d'avoir
l'explication, oui.
M. Fontecilla :
Donc, je suis bien content d'avoir reçu les explications, puisqu'on vient de
confirmer que les droits acquis ne s'appliquent pas dans la question du zonage
appliquée à l'hébergement touristique d'une résidence principale, là, et l'article 12,
en tant que tel, et de façon très spécifique, là, nomme que, pour l'application
du premier alinéa et la suspension de l'enregistrement pour une période de deux
mois... «doivent notamment considérer des infractions
à tout règlement municipal en matière de nuisances, de salubrité, de sécurité
et de zonage». Parce que, voilà, cela
donne... permet notamment et
nommément aux municipalités de restreindre, par le règlement
de zonage, l'utilisation de l'hébergement touristique dans des
résidences principales et retirer des permis... des numéros d'enregistrement. C'est
l'objectif de cet amendement-là, de, nommément, permettre aux municipalités, là, d'utiliser leur pouvoir de modifier, dans un sens ou dans
l'autre, dans ce cas-ci, dans le sens de la restriction, le zonage afin de
contrôler, si l'on peut dire, là, l'utilisation de la résidence principale à
des fins touristiques. Voilà.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Excellent. Mme la ministre, oui.
Mme Proulx
(Berthier) : Oui, je vous invite, avant de déposer ou de poursuivre la
discussion sur l'amendement, M. le député, à lire l'article 22, qui
vient très, très, très clairement, ici, répondre aux inquiétudes que vous
manifestez au sujet du pouvoir d'une municipalité d'interdire, sur son
territoire, l'utilisation de la résidence principale à des fins d'hébergement
touristique. Donc, c'est un
article qui est très précis, ici, qui vient... Et
on ne peut pas lire l'article ici, là, parce que ça ne nous le permet pas.
Donc, ça, à l'article 22, ça répond en entier à la question que vous
soulevez et à l'amendement que vous avez déposé. Donc, je vous invite à le
consulter.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui, excusez-moi. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Tout à fait. Cet article-là est considéré dans mon amendement.
L'article 22 parle de l'interdiction. Moi, je ne parle pas
d'interdiction, je parle de modification du règlement de zonage. Dans l'esprit
qui anime mon amendement, c'est la possibilité d'une modification dans le sens
de la restriction. Je n'ai pas parlé d'interdiction, là, et ce n'est pas dans
l'esprit tout à fait de mon amendement, là. Moi, je parle de capacité de la
ville à restreindre, dans ce cas-ci très précis, là, par exemple, le zonage
afin de limiter, par exemple, l'hébergement touristique pour la résidence
principale. Je n'ai pas parlé d'interdiction.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait, merci.
Mme Proulx
(Berthier) : Mme la Présidente, moi, je vous demanderais : Est-ce
que le député de Laurier-Dorion a parlé aux
unions, à l'UMQ? Est-ce qu'il a parlé à la fédération des municipalités du
Québec? Est-ce que c'est ce qu'elles demandent? Parce que, nous, à la
lumière du p.l. n° 67, où la collègue, d'ailleurs, de Jeanne-Mance—Viger a
précisé que le dernier paragraphe était un amendement du Parti libéral dans le
p.l. n° 67, qui a été approuvé, qu'on retrouve ici...
Moi, ma question, c'est : Est-ce que vous avez parlé à l'UMQ? Est-ce que
vous avez parlé à la FQM? Est-ce que vous avez parlé aux municipalités? Parce
que ce qui est clair pour elles, là-dedans, c'est de ne pas toucher à cet article-là.
Donc, je veux savoir si vous avez eu des discussions avec eux avec l'amendement
que vous proposez.
M. Fontecilla :
Je ne vois pas l'objet de la question, mais je peux dire à la ministre que j'ai
parlé à beaucoup de gens, y compris du monde municipal, et beaucoup... j'ai
parlé à beaucoup d'associations de défense des locataires, j'ai parlé à beaucoup
de locataires. Je connais énormément de gens qui sont affectés par cette situation-là,
donc je suis parfaitement informé de la situation.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Oui. Me
Hudon, vous souhaitiez ajouter au sujet de la demande d'amendement et d'y
inclure «de zonage»?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, Me Hudon.
M. Hudon (Alain) : Merci, Mme
la Présidente. Effectivement, juste