Public Administration — 3 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAP 2016-11-03
Quebec — Committees
Quant
au prix de départ pour un produit, plus il descend, plus la rentabilité de la
SAQ diminue. Pour le rendement des
produits courants les moins performants, chaque fournisseur doit soumettre un
plan de redressement s'il veut que son produit demeure dans le répertoire des produits de
la SAQ. Or, cette dernière aurait dû recevoir minimalement
180 plans de redressement pendant les années 2012‑2013 à 2014‑2015,
mais elle n'en a obtenu que cinq.
ailleurs, la SAQ n'effectue pas de suivi structuré des
ajouts et des retraits pour ses produits de spécialité. Un tel suivi est important. D'une part, le nombre de produits de spécialité
par lot ne cesse d'augmenter. Et, d'autre part, le taux de rotation de
ces produits est plus faible que celui des produits courants.
autre sujet, la rémunération, nous a amenés à constater qu'il y a un
déséquilibre entre les heures travaillées dans les succursales et les ventes. En 2014‑2015, les journées du lundi
au mercredi représentaient 24 % de l'achalandage alors que les heures travaillées équivalaient à
37 %. Si l'achalandage était mieux pris en compte, cela pourrait
diminuer les coûts et augmenter les ventes.
Enfin, la SAQ a
établi des indicateurs de performance. Cependant, beaucoup d'entre eux
nécessitent des ajustements complexes si
elle veut comparer sa performance globale ou celle de ses réseaux à celle
d'autres sociétés d'État. D'autre
part, l'information rendue publique est incomplète relativement à l'atteinte
des cibles financières qu'elle présente dans son plan stratégique.
terminant, j'aimerais souligner l'excellente collaboration des représentants de
la SAQ. Je tiens à assurer les membres de la Commission de
l'administration publique qu'ils peuvent compter sur mon entière collaboration.
Le Président
(M. Gaudreault) : Merci. Merci beaucoup, Mme Leclerc.
Alors, M. le président et chef de la direction,
M. Brunet, je vous invite à présenter aussi les gens qui vous accompagnent
et faire votre présentation. Vous disposez d'environ 10 minutes.
M. Brunet
(Alain) : Parfait, merci. Alors, merci, M. Gaudreault, le
président, MM. les députés, Mme la Vérificatrice
générale. Je vais vous présenter d'abord Raymond Paré, qui est notre chef de la
direction financière à la SAQ.
Nous sommes bien
heureux d'être ici parmi vous pour donner suite au rapport du Vérificateur
général. Vous le savez, je l'ai dit, il y a quatre mois quand il y a eu
publication du rapport, nous avons accueilli favorablement les recommandations du rapport qui visent à améliorer
les pratiques d'affaires de la SAQ. Et, dans bien des cas, nous étions
en marche et nous allons poursuivre le travail. Grâce à ce rapport, même, on
améliore le travail.
Donc, nous, en effet,
on a scruté à la loupe certains éléments du fonctionnement de la SAQ et
travaillé en étroite collaboration avec le vérificateur, toute son équipe, qui
est ici principalement et qui a été parmi nous pendant 18 mois. Donc, c'est un travail exhaustif qui a été fait. Le
rapport qui en est ressorti est équilibré et traite autant des bonnes pratiques de la SAQ que des processus à améliorer
et nous a d'ailleurs permis d'approfondir nos réflexions sur certains
enjeux et pousser encore plus loin nos actions d'optimisation.
Cette
démarche cadre très bien avec le processus d'amélioration continue dans lequel
nous étions déjà engagés. Nous avons
donc amélioré notre plan d'action ambitieux, qui est déjà en cours de
réalisation, avec certains éléments liés aux huit recommandations du VGQ. Parmi les 37 actions que nous
avons identifiées pour répondre aux recommandations, 18 actions sont déjà entamées. De plus,
12 actions auront été complétées pour le printemps qui vient, en 2017, et
les autres seront déployées, là, tout
au long du plan d'action, qui est sur une référence de trois ans. Donc, ça va
se faire en continu.
vais maintenant vous parler un peu de ces initiatives. Premièrement, un des
points qui a été souligné par la
VGQ concerne des ajustements à apporter à nos indicateurs de performance afin
que la SAQ puisse se comparer à d'autres sociétés de façon efficace. Et je dois
vous dire d'emblée, là, que c'est tout un défi, puisque peu d'organisations
sont exactement comme nous de par notre produit, sa qualité et l'approvisionnement de nombreux pays dans lesquels nous devons travailler. Notre balisage doit donc être excessivement précis,
nous permettre de trouver des indicateurs qui sont pertinents et comparables et qui nous permettent,
là, de nous amener plus loin en
matière de performance. Nous travaillons
actuellement à trouver ces meilleurs indicateurs afin de nous comparer aux
meilleures pratiques dans le commerce de détail. De plus, nous nous engageons à
bonifier notre reddition de comptes publique, notamment en ce qui concerne l'atteinte des cibles figurant dans notre plan
stratégique, les initiatives qui touchent la clientèle et les tendances du
marché. Nous avons d'ailleurs déjà modifié
nos communiqués de presse trimestriels en ce sens. Et ce n'est que le début,
là, on va poursuivre dans ce sens.
autre demande qui nous a été adressée concerne la possibilité de maximiser
l'utilisation des effectifs dans les succursales tout en tenant compte
de l'achalandage, et, depuis longtemps déjà, nous essayons d'arrimer les
horaires en ce sens — les horaires des employés — avec les horaires des magasins. En fait,
nous visons donc à nous assurer que nos employés de succursales soient disponibles quand le client... et quand
l'achalandage est le plus important, donc d'avoir le maximum d'employés
aux moments de pointe. Soulignons d'ailleurs que le taux de satisfaction qu'on
obtient déjà en succursale est à hauteur de
93 %. Mais, en ce moment, la SAQ doit respecter une convention collective
qui a été signée, il y a sept ans, et le commerce de détail, tout comme
notre organisation, a beaucoup évolué au cours des sept dernières années. Donc, nous tiendrons compte de ces
éléments lors du renouvellement de la convention collective des employés
de succursales, dont la négociation débute en janvier 2017.
Donc, on a
vraiment l'opportunité de le faire, et nous croyons que les représentants de
nos employés de magasin auront la
même motivation à trouver des solutions afin de mieux servir notre client.
C'est un enjeu pour nous puis c'est vraiment
une opportunité avec le renouvellement de la prochaine convention. Et pourquoi
c'est principalement autour de la convention que ça va se régler? Bien, c'est
parce que l'adéquation entre le personnel et les heures de pointe, bien,
ça passe par les horaires des employés, et ça, c'est régi par la convention
collective.
Dans un autre ordre d'idées, comme l'a
recommandé la VGQ, nous nous sommes penchés sur notre politique d'achat et de mise en marché. Bien que nous
obtenions déjà le meilleur prix coûtant dans 85 % des cas, là — des tests ont été faits
là-dessus — nous
avons resserré nos conditions d'achat auprès de nos fournisseurs, et notre
politique inclura donc notamment un engagement formel des fournisseurs sur
l'obtention des meilleurs prix coûtants et des pénalités à nos fournisseurs dans le cas où nous n'aurions pas
ces meilleurs prix coûtants. Et en plus nous déployons actuellement de nouvelles façons de faire en lien avec nos achats,
dont les appels d'offres sur la base du meilleur prix coûtant. Avant, on
mettait le prix de détail pour indiquer un
peu ce qu'on recherchait dans les appels d'offres et on ne fait plus ça.
Maintenant, on travaille vraiment à partir de la base de la négociation des
coûtants.
Nous avons
aussi travaillé sur l'assortiment de produits par tranches de prix. Comme la
VGQ l'a exprimé, nous analysons
constamment les parts de marché des ventes ainsi que les tendances et nous nous
ajustons continuellement. Les goûts des consommateurs évoluent, et c'est
notre rôle de bien répondre et, je dirais même, d'anticiper les besoins. D'ailleurs, depuis octobre 2014, nous avons fait
une grande
partie du rééquilibrage de la catégorie des petits prix, qui
compte maintenant 155 produits. Nous
avons même lancé en juillet dernier un appel d'offres pour introduire des vins
autour de 8 $, ce qui manquait
aussi dans l'offre. Par ailleurs, nous travaillons actuellement à maximiser la
performance de nos produits de spécialité, toujours en fonction de la
demande du client.
En ce qui a trait aux produits courants, la SAQ a choisi des mesures visant à accélérer l'identification des nouveaux produits performants et la sortie beaucoup plus
rapide des produits qui le sont moins pour éviter, justement, d'avoir à faire
des plans de redressement. On veut plutôt agir à la source, les produits moins
performants seront retirés très rapidement. Nous sommes d'ailleurs déjà en
action dans 40 succursales, et ça fonctionne très bien. Donc, on va
pouvoir déployer dès la prochaine année financière.
Pour
compléter le survol de notre plan d'action, permettez-moi maintenant
de mettre l'emphase sur un dernier élément.
Il constitue, selon nous, un des points les plus importants de notre plan
d'action, et c'est celui qui va demander le plus de travail. Je parle ici
de la modification de la structure de majoration. Donc, la majoration ou les
marges, là, dans un langage un peu
plus courant, c'est le montant qu'on prélève à chaque bouteille qui nous permet
d'opérer l'entreprise et de dégager
un dividende qui est remis au gouvernement du Québec. C'est aussi une façon de
fixer le juste prix pour que le prix de
l'alcool vise aussi une consommation responsable. En fait, la majoration, c'est
la pierre angulaire de notre structure de prix, qui a été revue de façon partielle au cours des dernières années.
Exemple, en février 2014, on a diminué la majoration sur les champagnes,
on a eu des bons résultats. On a aussi, en juillet 2015, fait la diminution des
vins grand format, 1,5 litre, les
magnums. Et finalement, là, on est à travailler à faire la diminution des
majorations sur les produits qu'on appelle panachés ou souvent appelés,
là, les «coolers».
Mais, comme
vous le savez, le prix de nos vins est souvent ciblé, puis, dans certaines
catégories, il y a un travail à faire. Le rapport était bien éloquent
là-dessus, puis il s'agit d'une demande récurrente de la part de la clientèle.
C'est pourquoi nous avons déjà entrepris de réviser l'ensemble de la structure
de majoration pour faire un travail qui est beaucoup
plus global, qui est beaucoup plus large, qui est assez fondamental et qui va
toucher, dans un premier temps, le prix des vins pour nos consommateurs.
Et le but, c'est de diminuer l'écart dans les marchés comparables et d'amener
vraiment le prix à un juste prix et qu'il soit comparable au marché qui nous
entoure.
Donc, par
ailleurs, vous avez sûrement entendu la nouvelle la semaine dernière, nous
souhaitons nous attaquer dès le
départ au vin. Et, dès le début du mois de novembre, donc, pour être plus
précis, le 9 novembre, nos clients vont pouvoir observer une baisse
de 0,50 $ du prix de vente sur les 1 600 vins. Ça touche les
produits courants et les produits en approvisionnement
continu. Ce que ça veut dire, ça, en fait, ça touche les vins qui sont en
grande distribution. C'est 80 % de nos ventes. C'est une première
étape, et puis on va poursuivre pour les prochaines années.
Donc, on a
une feuille de route, un plan d'action qui dure sur plusieurs années. Et là ce
qu'on fait dès le 9 novembre, c'est
une première étape qui est quand même d'ampleur. Mais ce changement dans la
structure financière profonde de la SAQ
demande du temps parce que c'est justement au fondement de tout ce qui est
financier pour la SAQ où on va aller travailler. C'est un projet...
Le Président (M. Gaudreault) :
Je vais vous demander de...
M. Brunet (Alain) : Oui, j'ai
fini. J'ai presque fini, là, j'ai une page... en fait, j'achève.
Donc, je vais
aller à ma conclusion. Ce qu'on