House Proceedings — 9 March 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-03-09
Quebec — Debates (Hansard)
entreprise, systèmes MJ, s'est entre autres taillé une place de premier plan
lors de la mission commerciale Mexique-Colombie
dirigée par notre premier ministre en octobre dernier. Cette mission a
notamment permis à l'entreprise de
signer la signature d'une entente de distribution locale au Mexique et du
démarchage de clients en Amérique latine. En plus, des ententes de distribution ont déjà été signées au Maroc et
en Europe de l'Est, et maintenant elle vise la France et l'Italie, et
tout cela, Mme la Présidente, en seulement trois ans.
Félicitations,
Marcelina! Ton succès nous inspire tous. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de La Prairie. Et maintenant, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je
cède la parole à M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, Mme la Présidente. La vitalité d'une communauté est étroitement reliée à la présence d'organismes
dynamiques qui, par leur action, transmettent des valeurs d'entraide, de bienveillance et de coopération. Aussi, afin de
souligner la présence et le dévouement de
nombreux bénévoles du comté des Chutes-de-la-Chaudière, une soirée hommage
a été organisée en leur honneur. C'est ainsi
que, le 3 mars dernier, à l'église de Saint-Jean-Chrysostome,
plus de 200 bénévoles représentant plus d'une centaine d'organismes ont
répondu à mon invitation. Cet événement se voulait également une occasion de rencontre et
d'échange entre gens qui ont choisi bénévolement de passer à l'action afin de
créer un milieu de vie actif, convivial et inclusif.
suis fier de dire aujourd'hui que le comté des Chutes-de-la-Chaudière compte de
nombreuses personnes prêtes à
s'investir dans leur milieu, et à cet égard je tenais une fois de plus à leur
témoigner toute ma reconnaissance. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière. Et, maintenant, M. le député de Sherbrooke, la
parole est à vous.
Fortin (Sherbrooke) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais
souligner aujourd'hui le succès de la 50e édition du Carnaval de
Sherbrooke qui s'est déroulée les 27 et 28 février dernier. Depuis 1966,
le Carnaval de Sherbrooke est l'occasion de
célébrer l'hiver québécois en famille ou entre amis. Le temps d'une fin de
semaine, Sherbrooke se transforme en
un immense terrain de jeu. De nombreuses activités hivernales comme les
traditionnelles glissades sur tube
sur la rue King, les balades en traîneau à chiens et la fameuse bataille de
boules de neige sont organisées et font le bonheur des petits et des grands. Cette année, ce sont des milliers de
visiteurs qui ont participé à l'événement sur les sites enchanteurs du
parc Jacques-Cartier, du Marché de la Gare et du centre-ville de Sherbrooke.
J'aimerais
féliciter les organisateurs du carnaval ainsi que les nombreux bénévoles et les
remercier chaleureusement pour leur implication remarquable. Merci et
félicitations! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Sherbrooke.
Et, maintenant Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, à vous de
nous faire votre déclaration.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Une chaude lutte des groupes sociaux
a mené à la création du programme AccèsLogis
en 1997. Ce programme sert depuis presque 20 ans à financer la création de
nouveaux logements sociaux. Alors que
les groupes ne cessaient de demander une augmentation substantielle des
ressources, le gouvernement provincial a plutôt choisi l'année dernière
de diminuer de moitié le nombre d'unités financées. Alors que, seulement à
Montréal, 143 900 locataires doivent
consacrer plus de la moitié de leurs revenus pour se loger, que la politique
nationale en matière de lutte à
l'itinérance reconnaît la pertinence du logement social pour prévenir et
réduire l'itinérance, que les listes des différents offices municipaux d'habitation sont engorgées et génèrent
des années d'attente, je veux rappeler aujourd'hui l'urgence de réinvestir dans le développement de
logements sociaux par le programme AccèsLogis ainsi que les programmes de rénovation et de décontamination afin de donner
aux groupes les moyens de développer des logements sociaux de qualité
permettant aux résidents de tout le Québec de se loger dans la dignité. Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Maintenant, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, à vous de nous faire votre
déclaration d'aujourd'hui.
de Santis : Merci, Mme la Présidente. Je veux féliciter et souhaiter
beaucoup de succès à une jeune dame fort dynamique de mon comté de Bourassa-Sauvé, Janny Gaspard. Janny participe
actuellement à deux rencontres internationales sur l'entrepreneuriat, d'abord à Munich puis à Paris. Déjà récipiendaire
d'un prix lors du concours La Passion d'entreprendre pour son projet
Café Souljazz, Janny a été invitée en tant qu'entrepreneure prometteuse au
Global Leadership and Entrepreneurship
Summit. Nul doute que Janny aura tissé des liens avec des jeunes entrepreneurs
d'ailleurs, et elle nous reviendra
pleine de bonnes idées qu'elle voudra mettre à profit à l'aile jeunesse de la
Chambre de commerce et d'industrie de Montréal-Nord,
qu'elle préside, et au sein du conseil d'administration du Carrefour jeunesse-emploi
Bourassa-Sauvé. Je te souhaite de
réaliser tous tes rêves, Janny. Nous sommes fiers de toi, de ton engagement, de
ton leadership et de ton énergie positive. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Maintenant, toujours à la rubrique des déclarations de députés, je cède
la parole à M. le député de Johnson.
Lamontagne : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens à saluer un grand Drummondvillois, M. Alain Côté, un
dirigeant à la force
tranquille.
M. Côté quittera le
31 mars la direction de La Chambre de commerce et d'industrie de Drummond qu'il
occupe depuis 2006. Sous sa gouverne, cette
chambre qui comprend plus de 650 entreprises membres regroupant près
de 1 400 représentants a souvent été citée en exemple.
Auparavant,
il avait consacré la majeure
partie de sa carrière aux ressources humaines et aux communications dans
le secteur manufacturier à Drummondville, surtout dans l'industrie textile. Parmi ses nombreux engagements au sein de la communauté, je signale son apport aux arts, à la culture et
à l'immigration. Je souligne en particulier la contribution de
M. Côté au Festival mondial de folklore d'hier et au Mondial des cultures
d'aujourd'hui.
Je souhaite
sincèrement que la poursuite de son parcours déjà si bien rempli se fasse sous
le signe de la santé et qu'il soit ponctué de nombreux voyages tout aussi
enrichissants les uns que les autres et de nombreuses surprises qui sauront le
garder jeune et alerte. Bravo, M. Côté!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Johnson. Et maintenant je
cède la parole à M. le député de Nelligan.
Coiteux : Oui, Merci, Mme la
Présidente. Alors, j'aimerais rendre hommage à M. Gilles Meloche, serviteur
engagé et rassembleur des intérêts de ses
concitoyennes et de ses concitoyens de Delson depuis 23 ans, qui est
décédé le 3 mars dernier.
D'abord élu
conseiller municipal en 1993 puis maire en 2009, il a occupé de nombreuses
fonctions, ayant le service public comme
vocation. En effet, il a notamment été président du Conseil intermunicipal de
transport Roussillon, président du Centre local de développement de Roussillon, vice-préfet de la municipalité régionale de comté de Roussillon
et vice-président de la Régie
intermunicipale de police Roussillon, en plus de siéger à la Conférence
régionale des élus de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent et dans diverses
autres instances.
Nous
retiendrons de M. Meloche son dévouement profond à sa communauté. Engagé et
rassembleur, il a servi avec générosité et passion ses concitoyens dans
une vision du développement local qui lui était propre et chère.
tiens à offrir mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de M.
Meloche ainsi qu'à la population de
Delson qui perdent un grand homme et un maire d'expérience dont le dévouement
profond témoigne de l'attachement qu'il avait pour sa région et sa
communauté. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Nelligan.
Maintenant, à vous, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à
souligner le remarquable engagement pour le développement économique de
notre région dont fait preuve le président du Groupe Riotel, M. François Rioux.
Rioux travaille activement à la création du Fonds d'innovation et de
développement économique local, FIDEL, afin de financer des projets
d'entreprises de la Matanie.
Pour
ce faire, M. Rioux a déjà convaincu une soixantaine d'entrepreneurs de faire un
don de 5 000 $, et une somme de
310 000 $ a jusqu'à maintenant été amassée. Les entrepreneurs déjà
très actifs sur notre territoire travailleront ainsi de façon concertée à l'élaboration de nouveaux
projets d'affaires. Leur expérience est un atout majeur pour le développement
économique de notre région et elle sera mise davantage à contribution.
titre de député de Matane-Matapédia, j'appuie cette initiative par une
contribution de 5 000 $ également à même mon budget de bureau.
De plus, je travaillerai activement à convaincre le gouvernement du Québec
d'injecter une somme équivalente à celle
recueillie par les entrepreneurs de la Matanie. Nos entrepreneurs croient en
leur région. Ils en donnent l'exemple. Je les félicite et je suis fier
d'eux. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de
Matane-Matapédia. Et maintenant, Mme la députée de Chauveau, à vous de
nous faire votre déclaration d'aujourd'hui.
Tremblay : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de souligner aujourd'hui le Mois de la nutrition. Le
mois de mars est une occasion supplémentaire
de sensibiliser la population sur les impacts positifs d'adopter et de
conserver en tout temps de saines
habitudes alimentaires. C'est aussi une occasion de rappeler l'importance de
faire au quotidien des choix santé en matière de nutrition et d'y
prendre plaisir.
Cette année,
les diététistes du Canada proposent aux gens de relever le défi des 100 repas,
soit d'appliquer aux 100 repas de mars de petits changements afin
d'améliorer leur santé un repas à la fois.
Puisque l'alimentation est la base de la santé
et du bien-être, je tiens à remercier toutes les personnes qui oeuvrent à la promotion de saines habitudes en
cette matière. Merci de veiller à faire de nous une société en meilleure
santé. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci, Mme la députée de Chauveau.
Ceci met fin à la rubrique des déclarations de
députés et je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Alors, mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui,
il n'y a pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader de l'opposition officielle.
M. Drainville : M. le
Président, pouvez-vous appeler l'article a de notre feuilleton?
Président : Ah! Ha! À
l'article a du feuilleton, M. le député de Lac-Saint-Jean présente le projet de loi n° 590, Loi modifiant la
Loi sur le
vérificateur général. M. le député.
M. Cloutier : Loi modifiant la Loi
sur le vérificateur général, M. le Président. Ce projet de loi...
Président : Il y a,
pour ceux que ça intéresse, présentation
d'un projet de loi. Peut-être
que ce serait intéressant de l'entendre. M. le député.
Cloutier : Projet de loi n° 590, Loi
modifiant la
Loi sur le vérificateur général. Ce projet de loi a pour objet de permettre au Vérificateur
général, pour tout exercice financier au cours duquel il est accordé une subvention par un organisme public ou un organisme du
gouvernement, d'agir à
titre de vérificateur des livres et comptes du
bénéficiaire de la subvention lorsque
ce bénéficiaire est un organisme dont le nom figure dans la liste des
établissements d'enseignement de niveau universitaire.
Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Adopté. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : M. le
Président, je vous...
Le Président : Je suspends
les travaux.
(Suspension de la séance à 10 h 3)
Le Président :
Alors, à l'article b du feuilleton, M. le député de Borduas présente le projet
de loi n° 592, Loi concernant la sélection des sénateurs représentant le
Québec. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Donc, la Loi concernant la sélection des
sénateurs représentant le Québec. Ce
projet de loi a pour objet d'affirmer la participation et le choix du Québec
dans la procédure de sélection des sénateurs représentant le Québec au
Sénat du Canada.
Ce projet de loi vise à établir un cadre juridique servant
d'assise à l'élaboration d'une convention constitutionnelle entre le Québec et le gouvernement fédéral afin
d'assurer au Québec sa participation dans la procédure de sélection des
sénateurs représentant le Québec au Sénat.
Ce projet de loi définit les conditions et modalités de la
procédure de sélection des trois candidats proposés par le Québec au
gouvernement fédéral pour la nomination d'un sénateur représentant le Québec au
Sénat lorsque l'un des 24 sièges réservés au Québec par la Loi
constitutionnelle de 1867 est vacant ou en voie de l'être.
Ce projet de loi prévoit qu'un comité de sélection composé
notamment de membres de l'Assemblée nationale est responsable d'évaluer les candidatures et de désigner dans un
rapport transmis à tous les membres de l'Assemblée nationale les trois
candidats les plus aptes à occuper la fonction de sénateur représentant le
Québec.
Ce projet de loi prévoit que les candidatures des candidats
désignés par le comité de sélection sont soumises à l'Assemblée nationale par motion présentée par le
premier ministre et que chacune des candidatures soumises doit être
approuvée par les trois quarts des membres de l'Assemblée nationale.
Ce projet de loi prévoit que le nom des trois candidats
choisis par l'Assemblée nationale pour occuper un siège vacant de sénateur représentant le Québec au Sénat
est communiqué par une lettre du président de l'Assemblée nationale
adressée au gouvernement fédéral. Merci.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
O.K. Admettons que j'ai été un peu prime. O.K.
À la rubrique Dépôt
des documents, Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président,
conformément au Code des professions, je dépose le rapport de mise en
application du
chapitre VI.1 du Code des professions relativement à
l'encadrement de la psychothérapie.
Le Président :
Alors, ce document est déposé. M. le ministre des Finances.
M. Leitão : M. le Président, je dépose, avec
votre permission, le rapport sur l'application de la
Loi sur les sociétés
par actions.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : Alors, merci, M. le Président. Il me fait plaisir de déposer
aujourd'hui le rapport de l'Administration régionale Kativik 2014 et l'Entente sur la prestation des services
policiers dans la communauté de Mashteuiatsh pour la période du
1er avril 2015 au 31 mars 2016.
Le Président : Ce rapport est
déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Je dépose les réponses du gouvernement aux
pétitions présentées par le député de Chambly le 3 décembre 2015, par le député de Saint-Jean le 9 février
2016. Je dépose également la réponse du gouvernement à la question
inscrite au feuilleton le 24 février 2016 par la députée de
Saint-Hyacinthe. Merci.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Donc, à la rubrique Dépôt de pétitions, j'ai
reçu une demande de la part du député de Labelle pour reporter la présentation d'une pétition électronique. En
effet, selon les délais prévus à l'article 46 des règles de fonctionnement
de l'Assemblée nationale, aujourd'hui
est la date limite pour la présentation de cette pétition. Est-ce qu'il y a
consentement pour permettre au député de Labelle de présenter cette
pétition le mercredi 16 mars? M. le leader.
M. Fournier : Oui. Et
simplement pour vous dire qu'il y avait aussi un dépôt de documents de la part
de ma collègue ministre de l'Enseignement supérieur.
Président : Ça va pour le dépôt? Est-ce que je peux demander à
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur de faire son dépôt? J'ai le
consentement.
Mme David
(Outremont) : Avec plaisir, M. le Président. Permettez-moi de déposer
le rapport annuel de gestion 2014‑2015 de la Commission d'évaluation de
l'enseignement collégial.
Le Président : Le rapport est
déposé.
Je reviens à la rubrique Dépôt de pétitions pour
entendre M. le député de Sanguinet.
Therrien : M. le
Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 299 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que plus de 6 000 travailleurs ont été touchés par la fermeture d'Aveos en
2012 — licenciés,
retraités, relocalisés, démissionnaires, réaffectés;
«Considérant
que, depuis 2007, les travailleurs ont demandé à l'Association internationale
des machinistes et des travailleurs
et travailleuses de l'aérospatiale — AIMTA — de ne pas signer le mémoire d'entente sur le
transfert des employés vers Aveos, mais
d'entamer des procédures pour le respect de la
Loi sur la participation
publique au capital d'Air Canada — LPPCAC;
«Considérant
que ces travailleurs n'ont pu voter sur ce mémoire d'entente vu une fin de
non-recevoir de l'AIMTA;
«Considérant que l'AIMTA a travaillé avec Air
Canada dans le transfert des emplois vers Aveos, décision de l'AIMTA
contribuant à la disparition de nos emplois;
«Considérant que les travailleurs ont perdu
confiance envers l'AIMTA;
«Considérant
que les travailleurs s'opposent à leur représentation par l'AIMTA dans toute
procédure légale qui serait intentée à l'endroit d'Air Canada
relativement à la LPPCAC.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«De continuer de s'impliquer dans ce dossier;
«Que l'AIMTA
ne soit aucunement impliquée dans les décisions que le gouvernement prendra dans ce dossier;
«Que les
employés ayant perdu confiance aient le droit d'être représentés par une autre
instance que l'AIMTA;
«De tenir
notre porte-parole, Jean Poirier, et [M.] Julius Grey informés de
tout développement déjà au dossier.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : C'était très
simple. L'extrait de cette pétition est déposé. Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 19 pétitionnaires.
Désignation : citoyens, citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont
les suivants :
«Considérant que le
gouvernement du Québec doit soutenir financièrement les proches aidants pour
leur permettre de vivre dignement, tout en
continuant à accompagner un proche handicapé, malade ou en perte d'autonomie;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
créer un régime d'aide financière aux proches aidants, indépendant du programme
de sécurité du revenu, et que ce régime élimine toute contrainte que
l'on retrouve à l'aide de dernier recours;
«Que
ce régime d'aide financière offre aux aidants prenant soin d'un proche à temps
plein un revenu égal aux sommes versées aux familles d'accueil pour
s'occuper de personnes de conditions semblables;
«Que
ce régime d'aide financière offre aux aidants désirant continuer à travailler
un soutien financier suffisant pour leur permettre de payer les services
d'aide à domicile dont ils ont besoin.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. Mme la
députée, je pense
que vous avez une autre pétition. Nous allons vous écouter.
Lavallée : Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par trois
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
gouvernement du Québec doit soutenir financièrement les proches aidants pour
leur permettre de vivre dignement, tout en
continuant à accompagner un proche handicapé, malade ou en perte d'autonomie;
«Considérant que les
proches aidants permettent à l'État d'épargner énormément d'argent en soins et
en hébergement de milliers de personnes handicapées, malades ou en perte
d'autonomie;
«Considérant que la
sécurité du revenu est une aide de dernier recours et maintient les aidants
dans un état de pauvreté extrême;
«Considérant
que l'État doit soutenir les plus vulnérables de ses citoyens équitablement
sans poser de jugement sur leur choix de vie;
«Considérant
que c'est une question d'équité et de justice sociale que l'aidant, qui prend
soin d'un proche à temps plein, reçoive un soutien financier équivalent
aux sommes qui sont versées aux familles d'accueil pour s'occuper de personnes
de conditions semblables;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Les signataires de
cette pétition demandent au gouvernement du Québec :
créer un régime d'aide financière aux proches aidants, indépendant du programme
de sécurité du revenu, et que ce régime élimine toute contrainte que
l'on retrouve à l'aide de dernier recours;
«Que
ce régime d'aide financière offre aux aidants prenant soin d'un proche à temps
plein un revenu égal aux sommes versées aux familles d'accueil pour
s'occuper de personnes de conditions semblables;
«Que ce régime d'aide
offre aux aidants désirant continuer à travailler un soutien financier
suffisant pour leur permettre de payer les services d'aide à domicile dont ils
ont besoin.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
la députée de Repentigny m'a demandé de déposer une troisième pétition. Je pense que c'est sur le même sujet, sauf erreur, mais qui est non conforme. Est-ce que
j'ai un consentement pour le dépôt de la pétition? Mme la députée, nous vous écoutons.
Lavallée : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 576 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
aidants exécutent 75 % des tâches de soins à la population, totalisant
plus de 9 millions d'heures chaque année;
«Considérant que les
aidants sont les piliers du maintien à domicile;
«Considérant
que le travail des aidants permet au réseau de la santé d'éviter une surcharge
qui compromettrait gravement la prestation de services dans les
différents établissements de santé;
«Considérant
qu'il existe plusieurs catégories d'aidants — parents, enfants, conjoints et amis — qui ont chacun des besoins
différents;
«Considérant
que le manque chronique de services fait mal et rejaillit sur le portefeuille
des aidants qui doivent payer de leur poche plusieurs services et du
matériel;
«Considérant
que l'absence de soutien financier maintient plusieurs aidants en situation de
pauvreté, les menant à l'épuisement,
à la dépression et à la maladie et les pousse à devenir eux-mêmes des
utilisateurs réguliers du réseau de la santé, situation nuisible à la
santé financière du Québec;
«Considérant
que [les] aidants soutenus financièrement contribueront à la richesse du Québec
en achats, en taxes et en impôts;
«Considérant que vivre
dans la dignité est aussi important que mourir dans la dignité;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de soutenir ses aidants pour
leur permettre de vivre dignement,
tout en accompagnant leurs proches vulnérables. Nous demandons également au
gouvernement de donner au dossier des
aidants la considération qu'il mérite, en tenant une consultation ouverte au
public sur la situation des proches aidants du Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en sommes donc rendus à période des
questions et de réponses orales. Je cède la parole à M. le chef de l'opposition
officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Lors des deux derniers budgets du
gouvernement libéral, les familles du Québec
ont vu leur fardeau fiscal augmenter de 1 500 $, M. le Président. Les
parents des jeunes enfants qui fréquentent les CPE sont particulièrement touchés actuellement. Ils vont recevoir la
facture libérale qui est prévue à cette fameuse ligne 434, eux, ces
familles que nous avions promis uniquement d'indexer les frais de garde.
Or, non
seulement on s'en prend aux familles, mais maintenant on s'en prend aux PME. Est-il utile, M. le Président, de vous rappeler, CGI a commencé dans un garage à Québec, Alimentation
Couche-Tard avec un dépanneur à Laval, Pharmacie
Jean Coutu avec une pharmacie sur le boulevard Mont-Royal? Les PME, M. le Président, font la fierté des Québécois et constituent le plus important
tissu industriel et commercial du Québec. Tous les Québécois le savent. Or,
il se trouve que le premier ministre semble l'ignorer. 42 000 travailleurs autonomes et 33 000
petits employeurs verront leur taux d'imposition augmenter de 48 %
en 2017.
Alors, est-ce
que le premier ministre peut nous dire s'il entend maintenir cette
mesure, une décision qui est très mauvaise pour promouvoir...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, M. le Président, je vais quand même brièvement réagir au préambule de notre collègue
pour lui rappeler qu'il fallait
rétablir l'équilibre budgétaire et qu'il s'est lui-même engagé, au cours de la campagne électorale... son parti, plutôt, à faire de même, de même que
le chef de la deuxième d'opposition,
mais personne n'est surpris de voir
que, maintenant que l'équilibre est
atteint, on est contre. Alors, je pense que tout le monde a bien compris
ça, et la population l'aura
bien noté.
Les tarifs
mis en place sont modulés selon le revenu, ce qui est le cas dans tous les pays
modernes, incluant les pays européens
et scandinaves qui ont des services de garde subventionnés par l'État, et on a
plutôt protégé 60 % des familles
qui auraient été affectées sans discernement par la hausse proposée par le Parti québécois, ce qui est particulièrement
difficile pour les femmes monoparentales et les familles à faibles revenus, M.
le Président, je tiens à le dire.
Maintenant,
pour ce qui est des PME, oui, bien sûr, nous connaissons leur importance dans le tissu économique du Québec. C'est la raison pour laquelle nous
procédons actuellement, depuis le premier budget, à une baisse sans précédent
du fardeau fiscal des PME, qui va devenir
égal, non seulement pour le secteur manufacturier, mais également pour le secteur
primaire, à ce qui se fait en Ontario. On avait un facteur de compétitivité qui
était négatif.
Pour ce qui
est des très petites entreprises de moins de trois employés, j'entends bien ce
que le collègue dit, il y a un budget
le 17, il pourra l'écouter. Mais je voudrais lui rappeler également que ce
n'est pas séparé d'une autre discussion que nous avons eue hier sur l'incorporation des professionnels. La
plupart de ces compagnies de professionnels ont un très petit nombre d'employés, moins de trois employés,
et la mesure, bien sûr, visait à assurer l'équité de leur participation fiscale. Maintenant, s'il y a d'autres choses à
faire pour les PME, probablement. Je l'invite à écouter l'excellent budget
qui sera présenté par mon collègue, le deuxième budget équilibré consécutif du
Québec, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Bien, d'abord, je vais inviter le premier ministre à
écouter les 6 000 chefs d'entreprise qui lui ont demandé de surseoir à cette augmentation du
fardeau fiscal. Et est-il utile de rappeler au premier ministre qu'aucun emploi
ne s'est créé depuis les 12 derniers mois
ici, au Québec? Alors, si la croissance économique... et le choix du
gouvernement est
de ne rien faire pour stimuler, justement, la croissance économique, pourrait-il, au moins, cesser de nuire à
celui-ci et laisser nos entrepreneurs pouvoir...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Alors, M. le
Président, si notre collègue veut arrêter de nuire à l'économie lui-même, qu'il
soutienne Bombardier plutôt que de laisser
ça au premier ministre de l'Ontario, hein? Et la même remarque s'adresse au
chef de la deuxième opposition. Qu'il
abandonne son idée destructrice de la séparation du Québec, et il va arrêter de
nuire à l'économie du Québec.
Et, M. le Président, je veux quand même lui
signaler que, lorsqu'il parle de l'emploi, il confond les années de gouverne de son parti avec le nôtre. L'an dernier,
il s'est créé plus de 48 000 emplois. C'est le deuxième meilleur
résultat au Canada. Quand le PQ a-t-il fait aussi bien, M. le Président?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. J'ai eu le privilège de présider le
conseil d'administration de la Fondation de l'entrepreneurship. Nous avons ici, au Québec — et tous le reconnaissent — un retard, justement, pour faire en sorte
de stimuler nos entreprises. Alors,
qu'est-ce que le premier ministre envoie comme message? Partez votre
entreprise, nous allons augmenter votre fardeau fiscal.
Alors,
pourquoi le premier ministre choisit-il de suivre une politique qui ne fait
aucun sens au niveau économique?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
notre collègue a raison, un des problèmes structurels du Québec qui explique
que notre croissance est en retard
par rapport nos voisins, c'est le plus petit nombre d'entreprises créées au
Québec. Maintenant, il y a un
raccourci un peu dangereux, là, entre les mesures fiscales comme celles qu'il
décrit et ce phénomène-là, qui est lié
à beaucoup d'autres facteurs, notamment à l'exposition des élèves dans nos
écoles et plus tard dans la formation en entrepreneuriat, notamment dans nos
cégeps et dans notre formation technique et professionnelle, à des initiatives
qui visent, comme la politique de
l'entrepreneuriat du gouvernement libéral précédent, à augmenter le nombre
d'entreprises au Québec.
Maintenant,
je veux lui répéter et répéter encore une fois très clairement... Et, en
passant, on le sait très bien, dans les régions du Québec...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...que jamais un
gouvernement n'a autant baissé le fardeau fiscal des PME que le nôtre.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Péladeau : Merci, M. le
Président. Selon un sondage de la FCEI, 60 % des PME se verraient forcées
de hausser leurs prix, 53 %, de geler
la rémunération de leurs employés, et 47 %, d'annuler ou de reporter des
projets si le gouvernement maintient sa position de hausser le fardeau
fiscal.
Alors, est-ce
que le premier ministre pense que nos PME vont devenir plus concurrentielles,
qu'elles vont réussir avec des
mesures de cette nature? Est-ce que le premier ministre peut nous dire si c'est
ça, la politique économique que nous attendons ici, au Québec, depuis
deux ans?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vois que notre collègue est très constructif dans ses remarques, mais je
voudrais quand même lui rappeler
encore une fois que... Je vais répéter la dernière phrase de ma dernière
intervention : Jamais un gouvernement
n'a autant baissé le fardeau fiscal des PME du Québec que notre gouvernement.
Les chiffres sont là, les chiffres le
prouvent. C'est d'abord pour le secteur manufacturier, également pour le
secteur primaire. On est passé de 8 % de taux d'imposition sur le bénéfice
à 4 %, ce que l'ensemble du milieu économique réclamait depuis des années.
Nous, on n'en a pas parlé, on l'a
fait, et on va continuer à alléger le fardeau fiscal des PME et également leur
fardeau administratif.
Vous ne serez pas surpris de savoir,
M. le Président, que, récemment, notre gouvernement a été salué par la même
fédération dont il parle quant à ses initiatives...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...d'allégement réglementaire pour les entreprises, M. le
Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Par la confusion qu'elle entretient sur le mariage,
la ministre de la Justice met carrément en danger le maintien des protections prévues au Code civil,
acquises pourtant de longues luttes, comme le patrimoine familial. Elle n'a jamais répondu hier à une question pourtant
simple : Va-t-elle changer sa position devant la Cour d'appel et plaider
que tous les mariages doivent être déclarés
à l'État civil? Alors, aujourd'hui, on va essayer un autre chemin qui va
peut-être enfin nous donner une
réponse, mais surtout nous sortir de la confusion, alors qu'on croyait
pourtant, après le désaveu du premier ministre, que la situation était
claire.
La ministre peut-elle
nous dire si elle va plaider en Cour d'appel l'existence d'unions spirituelles
dans notre droit, cette notion qu'elle a
inventée la semaine dernière? Peut-elle nous dire si ça va être ça, sa
position? Et, si ça va être ça, est-ce qu'elle pourrait nous expliquer
quelle en est la définition?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, je vais répéter et répéter : Le
droit est clair au Québec. Notre Code civil, il a été adopté ici à l'unanimité par l'ensemble des
membres de l'Assemblée nationale. Notre Code civil encadre de façon très
claire les droits et les obligations qui
découlent du mariage. Notre Code civil encadre de façon très claire la façon
dont est célébré un mariage au Québec
et les obligations qui sont dévolues aux célébrants ou aux ministres du culte
qui sont autorisés. Le droit est
clair, M. le Président, et soyez assuré que, lors de nos représentations, nous
ferons tout afin de dissiper toute confusion qui pourrait persister.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Jeudi dernier, au micro de Paul Arcand, une jeune
femme, Annie, a déclaré qu'elle s'était mariée devant un imam avec témoins, et tout, mais que la déclaration de
mariage, à la suggestion et en accord avec l'imam, n'avait pas été
transmise à l'État, faisant d'elle une épouse au sens religieux, mais pas au
sens civil.
Alors
que cette situation apparaît tout à fait contraire à l'ordre public et au Code
civil, est-ce que la ministre peut nous dire si, pour elle, cette
situation correspond à sa notion d'union spirituelle?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le droit est clair, tout célébrant,
tout ministre du culte autorisé à célébrer un mariage en vertu des dispositions du Code civil a
l'obligation de transmettre la déclaration au Directeur de l'état civil. En cas
de défaut, il y a des mesures qui
s'appliquent et qui permettent au Directeur de l'état civil de revoir et de
rectifier la situation.
En cas de
défaut, M. le Président, il y a une protection également pour les époux et les
épouses qui seraient lésés par la question. Alors, le code prévoit et répond à toute cette préoccupation. Et il
n'y a au Québec qu'un seul mariage, celui qui est prévu...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...à notre code.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Est-ce que la ministre peut nous dire clairement pour une fois si cette
situation, qui a été décrite au micro
de Paul Arcand, va contre l'ordre public et si, donc, elle va changer sa
position devant la Cour d'appel et qu'elle va rejeter toute forme
d'union religieuse, d'union spirituelle qui ne serait pas en même temps un
mariage civil?
C'est clair, la question est
simple : Est-ce que cette notion d'union spirituelle, elle va la plaider,
oui ou non, devant la Cour d'appel ou bien si elle va maintenir les
protections du Code civil?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, je ne sais pas comment dire et redire. Notre code est clair.
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Vallée :
Le Code civil est clair, nous allons veiller à assurer et nous veillons au
quotidien à assurer le respect des
obligations qui sont prévues au Code civil. Il n'y a qu'une forme de mariage au
Québec, c'est le mariage tel que le reconnaît notre Code civil. Tout le
reste ne constitue pas un mariage au sens du droit québécois.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Hier, le premier ministre a sorti un lapin de son
chapeau. Il nous a annoncé qu'on n'a pas le choix, il va falloir augmenter de 10 000 le nombre
d'immigrants au Québec, donc passer de 50 000 à 60 000 par année
alors qu'on a déjà des graves lacunes
dans l'intégration des immigrants. Et, quand je dis des graves lacunes, là, les
faits sont têtus, 41 % des immigrants ne connaissent pas le
français, 71 % ne suivent pas de cours de français, 80 % ne suivent
pas de cours sur les valeurs qui sont
inscrites dans notre charte. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas de cours
obligatoires au Québec.
le Président, les Québécois sont inquiets de voir que l'apprentissage du
français puis de nos valeurs n'est pas plus
défendue par le gouvernement libéral. Et, faut-il le rappeler, le premier
ministre a une responsabilité historique comme chef de la seule nation francophone en Amérique du Nord. Cette nation
sera toujours vulnérable. Donc, il faut prendre les moyens pour la
protéger.
Donc,
ma question est claire : Est-ce que le premier ministre, aujourd'hui, peut
s'engager à ce qu'à l'avenir des cours de français et des cours sur nos
valeurs soient obligatoires pour tous les immigrants?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Heureusement, M. le Président, la question s'est mieux terminée qu'elle avait commencé.
Parce que j'écoutais les premières
paroles de même que certaines déclarations récentes de notre collègue, et je
n'attribue pas l'intention, j'émets
une crainte, qu'on enfourche, du côté de la deuxième opposition, le mouvement de ressac
anti-immigration qu'on observe au sud
de notre frontière et en Europe. Je vois que ce n'est pas le cas parce qu'il
n'a pas dit qu'il était contre l'immigration. Je suis rassuré également.
Il dit comme nous que
les immigrants au Québec, d'abord dont on a grand besoin parce que notre population
active baisse, baisse au Québec,
que les immigrants doivent continuer à être accueillis, intégrés dans notre société.
La majorité des immigrants maintenant connaissent le français
à leur arrivée au Québec. Ceux et celles qui ne le connaissent pas disposent de ressources pour la francisation.
Il va toujours falloir porter une attention particulière à ça.
Mais de laisser planer l'idée qu'on
pourrait se passer de l'immigration au Québec, diminuer nos efforts d'accueil, c'est une grave
erreur contre le développement économique du Québec.
Moi,
je veux saluer la très grande qualité de la politique présentée par la ministre de l'Immigration, qui — je pense qu'il devrait être content de ça — permet l'adéquation presque en temps réel
entre les besoins du marché du travail et la sélection des immigrants dont le Québec, maintenant, a la
responsabilité. Trois grandes missions pour l'immigration au Québec : soutenir le développement
économique, mitiger l'impact de la démographie et soutenir le fait français au
Québec, qui est important dans sa mission unique, comme il le dit très
bien.
Alors, unissons-nous
plutôt ici pour ouvrir plus grandes nos portes encore à des employés, des
immigrants qualifiés prêts à intégrer le
marché du travail, sur lesquels on fera tous les efforts nécessaires pour les
intégrer, y compris sur le plan de la langue française, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, en Allemagne, les cours de langue sont obligatoires pour les
nouveaux arrivants. Au Danemark, les
cours de langue sont obligatoires pour tous les nouveaux arrivants. Est-ce que
le premier ministre va dire que l'Allemagne puis le Danemark, ce sont
des pays qui sont anti-immigration?
M. le
Président, quand le premier ministre va-t-il avoir le courage de défendre notre
identité? Est-il, oui ou non, d'accord pour des cours de français et de
valeurs obligatoires pour les nouveaux arrivants?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
c'est un peu triste. Alors, on fait une comparaison ici entre le régime
d'immigration de pays européens où il
n'y a aucun processus de sélection, on le voit, les gens arrivent par centaines
de milliers dans les pays européens
sans aucune évaluation préalable, alors qu'on a au Québec la capacité de
sélectionner les immigrants avec une grille d'évaluation qui comprend les
éléments liés à la connaissance du français.
Je crains
fort, M. le Président, que la deuxième opposition souffle encore une fois,
comme ils l'ont déjà fait, sur les braises de l'intolérance.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Là, le premier ministre, à l'article 35, nous prête des intentions. Jamais,
jamais, nous n'avons dit... que mon
chef a dit que nous étions contre l'immigration. On lui demande une
question : Est-ce qu'il veut imposer des cours de français
obligatoires aux immigrants? C'est tout.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, les questions sont posées, elles sont répondues. On a bien entendu que
le chef de la deuxième opposition parlait de cours et on sait qu'il a
aussi l'idée d'avoir des tests de déportation. Ça va ensemble, M. le Président.
Président : On peut
faire ça tout l'avant-midi, mais je vais inviter le chef du deuxième groupe d'opposition à poser sa deuxième question complémentaire, en
vous demandant d'éviter les imputations de motifs de part ou d'autre. M.
le...
M. Legault : Le premier
ministre dit : C'est différent
de l'Europe parce qu'on les choisit, ici. D'abord, 30 % sont choisis par Ottawa, 41 %
arrivent ici sans parler le français. C'est les chiffres. Les chiffres sont
têtus.
M. le
Président, je répète ma question : Est-ce que, oui ou non, le premier
ministre est d'accord avec des cours de
français puis des cours sur nos valeurs? L'égalité hommes-femmes, ça semblait
le préoccuper. Est-ce qu'il est d'accord pour des cours obligatoires
pour tous les nouveaux arrivants, oui ou non?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Malheureusement,
M. le Président, le chef de la deuxième opposition continue sur sa pente
glissante. Je n'ai pas oublié, je
n'ai pas imaginé son allusion au fait, comme l'a dit mon collègue, qu'il y
aurait, pour les immigrants, un
examen au bout de trois ans, puis, si tu coules l'examen, tu t'en retournes
chez vous. J'ai bien compris le message, l'ensemble des immigrants au Québec ont très bien compris le message,
l'ensemble du milieu économique, qui a besoin d'ouvriers qualifiés, ont
très bien compris le message également.
Contrairement
à ce qu'il dit, un pourcentage élevé des immigrants connaissent déjà le
français à leur arrivée. Ceux qui ne
le connaissent pas — et j'en
suis témoin moi-même dans ma région ces jours-ci — ont accès à des ressources de très grande qualité pour apprendre le français et
intégrer rapidement le marché du travail. Alors, qu'il ouvre donc ses bras
et son coeur, un peu.
Le Président : En terminant.
Principale, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Oui, nous avons ouvert nos bras et notre coeur, et nous défendons aussi la langue
française. On peut faire les deux en
même temps, M. le Président. Force est de constater, cependant, que les difficultés d'intégration
socioéconomique que connaissent les immigrants se sont accentuées
au fur et à mesure qu'on a augmenté le nombre de personnes qu'on accueille au Québec. Et, si la tendance se
maintient, si on continue à augmenter le nombre de nouveaux arrivants, les problèmes d'intégration vont continuer à
s'accentuer. Il faut écouter les experts, plusieurs ont mis en garde le gouvernement sur les risques
d'une éventuelle hausse des niveaux d'immigration. Selon eux, l'immigration n'est pas
rentable économiquement si l'intégration et la francisation des nouveaux
arrivants ne sont pas efficaces et si on dépasse notre capacité
d'absorption culturelle, sociale et financière.
Maintenant, on apprend que, malgré ces
avertissements, le premier ministre a déjà tranché, et il veut recevoir 60 000
immigrants par année. C'est 10 000 de plus qu'actuellement.
Alors, est-ce
que la ministre, elle est à l'aise de
se faire imposer cette augmentation avant même que la population ait été consultée?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
M. le Président, j'aimerais dire dans un premier temps à quel point je suis
ravie des consultations publiques
qu'on a tenues. Le consensus, un consensus très fort sur toutes les
orientations qu'on a prises — et je vais réitérer les points les plus importants — comme a mentionné le premier ministre, c'est
d'avoir un système de sélection performant, flexible et rapide qui nous permet de sélectionner les personnes dont on
a besoin pour combler les besoins du marché du travail mais aussi le grand consensus d'avoir des cours de francisation
adaptés aux besoins. Pourquoi? Parce que les gens intègrent plus rapidement le marché du travail,
ils ont besoin de cours adaptés. Mais aussi un consensus sur la promotion
du français, car tous étaient d'accord que l'immigration contribue à la
vitalité et la pérennité du fait français, et c'est exactement ce qu'on met dans la politique. Et aujourd'hui on a les deux
grands quotidiens, Le Devoir et La Presse , qui
sont tout à fait d'accord avec cette
orientation et qui nous applaudissent. On est sur la bonne voie, il y a un
consensus, et donc je suis très ravie aujourd'hui de constater ce
consensus.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Oui. M. le Président, la promotion du
français, ce n'est pas l'obligation de l'apprendre. Et on va parler de l'intégration, justement, je
vais vous donner des chiffres que personne n'a mentionnés jusqu'à présent.
Entre 2003 et 2012, pendant l'ère libérale,
le Québec a admis 473 000 immigrants. Croyez-vous qu'ils se sont tous
bien intégrés? Bien non, M. le
Président. Le quart, soit 115 000 immigrants, ont quitté le Québec
pour retourner dans leur pays d'origine ou aller ailleurs au Canada.
Taux de chômage alarmant, francisation absente et non obligatoire.
Comment la ministre peut-elle croire faire mieux
si on accepte davantage d'immigrants?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
Écoutez, je pense que la députée de Montarville, elle dépeint un portrait
extrêmement sombre de l'immigration au Québec. Franchement, je trouve ça
absolument incroyable.
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Weil :
C'est vraiment une expérience très positive, tous les... On dirait que la
députée n'était pas présente en consultation. Il n'y a personne qui a
dépeint un portrait aussi sombre.
Mais ce que
je vous dirais : Ils sont très d'accord avec le fait qu'on adopte une
nouvelle politique, une nouvelle orientation, une orientation moderne.
Pourquoi? Parce que, les gens, tous les pays de l'Ouest, des pays développés, s'arrachent les talents stratégiques du monde
entier. Il faut un système plus performant, c'est pour ça que les gens sont
d'accord avec nos orientations.
Le Président : En terminant.
Weil : Mais j'aimerais corriger le tir : 90 % des
travailleurs, des requérants principaux parlent français maintenant.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : On va en
parler, des consultations, M. le Président. Lors de ces consultations, le grand
économiste Pierre Fortin est venu nous dire, en parlant des risques d'une
augmentation du nombre d'immigrants, et je le cite : «Nul doute qu'elle exposerait le Québec aux dangers d'une
déferlante excédant la capacité d'absorption raisonnable de sa population
et destructive [en termes] de cohésion sociale.»
la ministre, allez-vous écouter les avertissements des experts ou bien c'est
décidé, hein, ce sera 60 000,
peu importent les conséquences pour le Québec? Les chiffres sont têtus.
Le Président : On s'adresse à
la présidence, je vous le rappelle. Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
Juste une des belles phrases que j'ai lues ces derniers jours, juste une, parce
qu'il y en eu tellement, de belles
phrases sur l'immigration au Québec. C'est Brian Myles, ce matin, qui
dit : «L'immigration
façonnera une grande
partie de l'avenir du Québec, comme
elle a forgé son passé.»
C'est une belle expérience qu'on a
avec l'immigration. Je ne comprends pas du tout l'attitude de la députée parce que, d'ailleurs, ce n'était pas du tout son
approche en commission parlementaire. Ce n'est pas parce qu'on est ici, à
la période de questions, qu'il faut soudainement dépeindre un portrait si
sombre de l'immigration; au contraire, notre avenir
passe par l'immigration, une bonne sélection et de pouvoir faire en sorte que
tout le monde travaille à l'intégration au marché du travail, tout le monde. Ça commence par la sélection et
l'ouverture des entreprises, l'ouverture de la société à ces talents...
Le Président :
En terminant.
Mme Weil : ...stratégiques
qu'on va chercher partout dans le monde. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ça va! Ça va. Ça va. Merci. C'est bien beau, les effets de toge, là, mais ça va
être...
Principale, M. le député de
Drummond.
Schneeberger : Merci, M. le Président. En 2012, le
Vérificateur général blâmait sévèrement le gouvernement libéral pour sa gestion partisane de la
phase I du programme au soutien infrastructures sportives. La
phase II, le gouvernement péquiste
a fait la même chose, malheureusement. La phase III de ce programme a été
lancée il y a trois semaines avec environ 21 % de l'argent
dépensé.
On constate
que rien n'a changé : jusqu'à présent, M. le Président, des
10 millions annoncés, 9 sont allés, comme par hasard — eh
oui, le hasard fait bien les choses — à des projets situés dans des
comtés libéraux. Encore une fois, M. le
Président, ça sent le favoritisme. Alors, ma question est fort simple :
Par souci de transparence, est-ce que le ministre peut, aujourd'hui,
nous déposer la liste complète des projets acceptés et la liste complète des
projets refusés?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président.
D'abord, je veux remercier le collègue pour sa question, j'aurai l'occasion peut-être de lui en parler, puis je pourrais le
faire, de façon personnelle, avec lui et pour l'ensemble des collègues pour
deux raisons : la première, c'est que ça me fera plaisir de collaborer,
comme je le fais avec tous les collègues de cette Assemblée lorsqu'ils ont des questions. J'en ai réglé d'autres et on va
le faire encore. J'aurai l'occasion de regarder tout ça. Vous savez qu'avec la nomination ce n'est pas
quelque chose qui est venu encore sur mon bureau. Je vais faire le tour des projets. Il y a des demandes qui sont faites
particulièrement, M. le Président, et ce serait mentir que de dire ici que
j'ai eu le temps de regarder tout ça, M. le
Président, autant pour les projets qui ont été acceptés dans le passé que les
projets qui ont été refusés. Est-ce
que la tendance — laquelle
semble vouloir laisser entendre le collègue — est vraie? Je n'en ai aucune idée pour l'instant, M. le Président. Vous
allez me permettre de faire la vérification. Ça me fera plaisir de revenir
au collègue. Et, si je peux faire quoi que
ce soit par rapport à ça, je ferai les annonces en conséquence, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Drummond.
Schneeberger : Oui, M. le Président. Alors, le ministre
semble très ouvert. Alors, aujourd'hui qu'il s'engage publiquement à déposer
ces deux listes par souci de transparence. Je répète les chiffres : 21 %
du fonds du programme déjà dépensé,
10 millions, 9 sont allés dans des circonscriptions libérales.
Alors, si le hasard est rouge... ou encore on constate une autre récidive,
encore une fois, et je... malgré le
rapport du Vérificateur général, qui blâmait sévèrement le gouvernement dans le
passé, M. le Président.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Bien, M. le Président, sur la même... J'ai une réserve et je l'ai exprimée. Je
vais l'exprimer encore, M. le
Président. Je n'ai pas connaissance des deux listes. Je n'ai pas connaissance
d'aucune liste pour l'instant. Alors, avant de prendre un engagement, je vais
prendre le temps de regarder tout ça, M. le Président, et je m'engage auprès du
collègue de lui revenir. Et, s'il veut me
poser une question ultérieurement sur ça, il pourra le faire. Mais, pour
l'instant, M. le Président, ce n'est
pas à ma connaissance. Si ce n'est pas à ma connaissance, je vais prendre le
temps de le regarder. Je pense que c'est ce qu'on s'attend de nos
parlementaires, M. le Président.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, j'ai l'impression qu'une solide
dose de toxines libérales sont venu à bout des anticorps caquistes de
mon collègue.
qu'on lui demande, ce n'est rien de mystique, ce n'est rien de mystérieux,
c'est de la transparence. On le sait, tout le monde sait, il y a une
liste des projets qui ont été acceptés, il y a une liste des projets qui ont
été refusés.
Est-ce
qu'il peut s'engager, au nom de la transparence, qu'il a déjà défendue dans une
autre vie, à rendre publique cette liste-là plutôt que de proposer des
consultations secrètes?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Bien, M. le Président, les propos du collègue ne m'atteignent pas beaucoup pour
deux raisons. La première, c'est,
d'abord il le sait, ce à quoi il a fait référence, je n'en ai jamais fait
partie. Deuxièmement, il me parle de transparence.
Je veux bien parler de transparence, je ne peux pas être plus transparent que
ce que je l'ai été, M. le Président. Ma nomination date d'une dizaine de jours, je n'ai pas eu encore
l'occasion... Il y a des projets sur la table qui sont déjà sur mon bureau. Il n'y a pas, dans ces
dossiers-là, de projet sur mon bureau, il n'y a pas de liste sur mon bureau. Je
vais prendre le temps de regarder
tout ça. Et le plus transparent possible, M. le Président, je vous dis :
Je vais revenir. Ce ne sera pas fait
en secret. Ce sera fait avec le collègue personnellement s'il me le demande, ce
sera fait avec tous les collègues s'ils me le demandent et ça sera fait
avec vous lorsque vous me reposerez la question dans quelques jours.
Le Président :
Principale, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, la taxe famille libérale réserve de
bien mauvaises surprises aux familles du Québec. Une maman qui s'est séparée en septembre dernier m'a fait part de sa
situation. Comme la plupart des mamans, c'est elle qui avait signé l'entente de service de garde
lorsqu'elle était en couple. Elle était donc responsable de 100 % des
frais de garde, mais, à l'époque,
cela avait peu de conséquences. À la séparation, les parents ont décidé
d'assumer 50 % des frais de garde
chacun. Surprise! La mère a reçu récemment un relevé 30 pour
155 jours de garde et le père pour 27 jours. L'entente survenue à la séparation ne s'appliquerait pas
pour la période antérieure à la séparation, et, comme la taxe famille est basée
sur le revenu familial de 2014, époque où le couple était ensemble, la
facture est très, très salée. Cette mère monoparentale doit
assumer cette année une contribution additionnelle de 1 000 $; pour
le père, c'est 175 $.
Alors,
M. le Président, est-ce que le ministre des Finances peut nous dire s'il trouve
ça normal que sa taxe famille désavantage clairement les femmes?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : Ouf! M. le Président, c'est tout un préambule. D'abord, il
n'y a pas de taxe famille. Ce que nous avons fait, ce que nous avons fait, c'est de moduler les tarifs de garde selon
le revenu des personnes. Ce que le collègue de l'opposition voulait faire quand il
était au pouvoir, c'était d'augmenter, pour toutes les familles du Québec, les
frais de garde de 7 $ à 9 $ pour
tout le monde, du plus bas revenu au plus haut revenu. Ce que nous avons fait,
c'est de moduler cette hausse-là selon le
revenu de la famille. Ça veut dire que 60 % des familles québécoises vont
payer moins que ce qui aurait été le cas avec la taxe famille du Parti
québécois.
Maintenant,
pour les cas spécifiques, je ne pourrais pas me prononcer, je n'ai pas les
informations pour le faire, mais, si
une famille va payer un tel montant, c'est certainement parce qu'elle a un
revenu de loin plus élevé que la médiane du Québec. Mais, pour ce qui est des détails en particulier, je ne les
ai pas avec moi, M. le Président, je ne peux pas vous donner
d'information là-dessus.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, lorsqu'on a étudié le projet de loi
n° 28, on a dit clairement au ministre que ça ne s'appliquerait pas
facilement et que ça serait compliqué avec la taxe famille dans le cas de
séparation. Et là il y a deux
problèmes : premièrement, l'entente de service de garde initiale continue
de s'appliquer malgré la séparation, puis, deuxièmement, on calcule la
taxe famille sur la base du revenu de 2014 plutôt que de 2015.
sont vos choix. La taxe famille, on n'était pas d'accord, c'est une mauvaise
chose. Et là la taxe famille, en plus de ça, elle s'applique puis elle
attaque clairement les femmes. Profitez donc de votre budget pour la retirer.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Finances.
Leitão : ...je suis un peu enrhumé, M. le Président, je n'ai pas de
problème de... j'entends très bien. Pas besoin de lever le ton,
j'entends bien.
Maintenant,
on revient à la question, donc, des frais de garde. J'en conviens très bien
qu'on peut avoir des cas très spécifiques
qui puissent être compliqués. C'est clair que ça peut arriver. Ce n'est
certainement pas le cas pour toutes les familles du Québec, M. le Président. Et, quand il y a des cas comme ça,
nous sommes prêts à les regarder au cas par cas.
député de l'opposition a mentionné l'entente de garde entre le CPE et cette
famille-là qui s'est séparée par la suite. Peut-être cette entente de
garde là peut être revue. Chaque cas est particulier...
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Labelle.
Pagé : M. le Président,
là, voilà ce qui arrive quand on brise une promesse électorale. On se dépêche
pour bâcler, puis se faire oublier,
puis évidemment, bien, on se retrouve avec des mesures bâclées
qui pénalisent principalement les femmes.
C'est ça qui arrive et c'est ce qu'avait prévu la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Mélanie Sarazin, en disant que ces
mesures étaient des mesures antifemmes.
Alors,
pour nous, M. le Président, cette taxe famille est une honte. Cette taxe
famille brise le budget des familles, brise une promesse
électorale. Cette taxe famille doit être retirée le plus rapidement possible.
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : Il ne s'agit pas
d'une taxe famille. Pour la troisième ou quatrième fois, il n'y a
pas de taxe famille, il y a modulation des services de garde selon le
revenu. Ça me surprend que les soi-disant, les soi-disant progressistes de ce côté-là de la Chambre, M. le Président, sont contre
la modulation. Selon eux, tout le
monde devrait payer le même montant.
Vous avez un salaire de 20 000 $
ou un salaire de 200 000 $, vous payez le même montant. Bravo pour le
progressisme, vraiment, XXIe siècle! Bravo, franchement!
Maintenant,
il n'y a pas de taxe famille. La mesure que nous avons mise en place, M. le
Président, c'était pour assurer la pérennité des services de garde...
Le Président :
S'il vous plaît!
Leitão : ...un système
dont nous sommes fiers de son existence. Il faut qu'il soit capable
d'être durable et de continuer grâce aux changements que nous avons
faits, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier :
M. le Président, le ministre a bien compris, on est entièrement contre la taxe
famille. Puis l'austérité libérale, le problème,
M. le Président, là, c'est que ça semble être à deux vitesses.
Pendant qu'on coupe des centaines de
millions dans nos universités, plusieurs de nos recteurs et administrateurs, eux, continuent de piger dans le plat à bonbons : parachute doré de
620 000 $ pour le recteur de l'Université Bishop's; prime de départ
de 750 000 $ pour l'ex-rectrice
de l'Université McGill; bonis d'après-mandat de 1,4 million pour des hauts
dirigeants de l'Université Laval; traitement
royal pour le rectorat de l'Université de Montréal, et carrément des bonis
illégaux de 1,2 million versés à des cadres des universités du Québec, M. le Président. C'est carrément
indécent. Il est grand temps de mettre de l'ordre dans l'administration de nos universités. Il est grand
temps de donner tous les pouvoirs à la Vérificatrice générale pour enquêter
sur l'ensemble des universités au Québec.
Alors, ma question à
la ministre : Est-ce qu'elle est d'accord avec nous pour mettre de l'ordre
et enquêter sur l'ensemble des universités?
Le Président :
Mme la ministre de ministre de l'Enseignement supérieur.
David (Outremont) : Oui. Je remercie pour mon collègue de s'intéresser
à cette question et je le prendrai peut-être
de court parce que j'ai déjà posé trois gestes depuis mon arrivée. On parlait
d'une dizaine de jours... Écoutez, il y a eu un rapport du Vérificateur
général qui a mis effectivement le doigt sur un certain nombre de dépassements au
niveau de la loi n° 100. Les gestes que j'ai posés, et c'est déjà... et je
peux déposer les lettres, si vous le voulez, ça va me faire un grand plaisir,
d'abord que la sous-ministre écrive à tous les recteurs pour leur dire de lui
faire parvenir, dans les meilleurs délais, copie des politiques, règlements,
règles, guides d'application, taux ou échelles
de traitement, résolutions des instances et tout autre document relatif à la
rémunération, conditions de travail, avantages directs et indirects de
l'emploi de chaque membre du personnel de direction supérieure de votre établissement.
sous-ministre s'est aussi engagée à faire un suivi beaucoup
plus précis, en temps réel, parce que c'est une des questions, et je suis entièrement d'accord avec le collègue là-dessus... et je
pense, je vous le redis : Je
vais pouvoir aller plus loin que lui et plus vite que lui dans cette
question-là, parce que...
Le Président :
En terminant.
David (Outremont) :
...savez-vous quoi, je veux qu'on parle d'autre chose par rapport à l'enseignement
supérieur.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Le problème, M. le Président, c'est qu'il n'y a pas un rapport du Vérificateur général, il y a
deux rapports du Vérificateur général. Celui qui a été rendu public la semaine
passée, on ne vient pas d'apprendre la problématique des bonis illégaux, vous
le savez depuis un an.
Alors,
ma question, c'est : Combien avez-vous récupéré de ces
sommes qui ont été versées en trop? Quels gestes avez-vous posés? Et êtes-vous d'accord avec nous pour dire que ça prend
un enquêteur indépendant pour mettre de l'ordre dans l'administration de
nos universités?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David
(Outremont) : Je vais encore vous surprendre un petit peu. Non
seulement je suis beaucoup, beaucoup au
travail et que la sous-ministre a écrit à tous les recteurs — la lettre a été envoyée, je peux la
déposer — j'ai
donné une lettre-mandat à ma sous-ministre
de répondre à toutes ces questions-là rapidement et de mettre un processus
en action. Et je rencontre déjà... le
rendez-vous est fixé au Bureau de coopération interuniversitaire. C'est le
premier point à l'ordre du jour, parce que, savez-vous quoi, j'ai aussi
hâte que lui de parler d'autre chose, de parler de la qualité de l'enseignement supérieur au Québec, de parler des
progrès immenses dans les collèges, les universités depuis 40, 50 ans.
Il vient du Lac-Saint-Jean. Il devrait être fier de, justement, cette
création...
Le Président :
En terminant.
David (Outremont) : ...du réseau des Universités du Québec.
Le Président : M. le député
de Lac-Saint-Jean, complémentaire.
Cloutier : M. le Président, là, juste pour que tout le monde
comprenne, le Vérificateur général a le pouvoir d'enquêter uniquement dans le réseau des Universités du Québec. On ne le
sait pas pour Sherbrooke. Le vérificateur ne s'applique pas pour l'Université de Montréal, pour l'Université McGill,
pour l'Université Laval. La seule façon de savoir s'il y a des bonis illégaux qui ont été versés,
comme c'est le cas dans le réseau des Universités du Québec, c'est d'étendre
les pouvoirs du Vérificateur général.
Alors, je
repose ma question : Est-ce que la ministre est d'accord avec nous pour
étendre les pouvoirs du Vérificateur général?
Le Président : Mme la ministre
de l'Enseignement supérieur.
Mme David
(Outremont) : Je ne veux pas
répéter le paragraphe que je viens de lire, mais l'énumération est très, très longue, en vertu d'articles pour
lesquels nous avons déjà des pouvoirs, justement.
Et deuxièmement — c'est
une chose intéressante, je pourrai le déposer aussi — je
cite le ministre de l'Enseignement
supérieur en 2014. Le 4 février 2014,
je pense que c'était le Parti québécois qui était au pouvoir. Le ministre, M.
Duchesne, acceptait avec plaisir le
traitement donné à Mme Suzanne Fortier, la nouvelle rectrice : «Je note
toutefois avec satisfaction la
volonté exprimée par Mme Fortier d'accepter des conditions salariales — on parle d'autour de
400 000 $ — relativement
simples et transparentes, ce que je désire autant...
Le Président : En terminant.
Mme David
(Outremont) : ...et comparables à celles d'un poste similaire dans le
secteur public.» Et il permettait même, dans la mesure où la...
Le Président : Monsieur...
C'est fini, terminé. Là, j'ai terminé, j'ai 45 secondes de faites.
Le Président : Alors, bien,
je vais vous écouter, mais je...
Drainville : ...la question, c'est sur le Vérificateur général. Est-ce qu'elle est d'accord pour que ses pouvoirs s'appliquent à
l'ensemble des universités?
Le Président : La question
avait été posée, j'ai entendu la réponse. M. le leader.
Fournier : Je pense
que, si on laisse notre collègue répondre à la question, il va se rendre compte
qu'elle parle justement des conditions dans les universités,
qui est le thème de la question. Je suis étonné, mais évidemment je vais
me rasseoir...
Le Président : M. le député
de Chambly, en principale. Je pense que vous allez continuer le débat.
Roberge : Oui, M. le Président. Depuis plusieurs années, les scandales se multiplient dans le
réseau universitaire. À l'Université Laval, ils ont versé 1,4 million en primes d'après-mandat aux
dirigeants. À l'UQAM, la Vérificatrice
générale nous a appris l'an dernier
que 350 000 $ ont été versés en bonus illégaux. Il y a
deux semaines, la Vérificatrice
générale en a rajouté, révélant que
800 000 $ supplémentaires
ont été versés illégalement à des dirigeants d'université. Quand est-ce que ça va arrêter? Peut-être que pour le Parti
libéral, bof, c'est normal, primes, bonus. Moi, je ne m'habitue pas, je vous
le dis, je ne m'habitue pas à ça. Moi, je pense aux étudiants qui n'ont pas de
services, aux contribuables qui paient énormément de taxes et d'impôt.
La ministre
nous dit : Ah! j'ai écrit des lettres aux recteurs. C'est bien beau, mais est-ce que
les sommes versées illégalement vont être remboursées? C'est ça, la
question.
Le Président : Mme la ministre
de l'Enseignement supérieur.
Mme David (Outremont) : Alors, vous
me permettrez de continuer, parce que quand même il manquait un petit bout
intéressant à cette lettre-là. Vous pouvez rester assis pour l'instant, vous
vous lèverez après si vous voulez. Alors,
enfin... Et je continue la lettre du ministre de l'époque de l'Enseignement supérieur,
4 février 2014 — ça vous rappelle des souvenirs? — Pierre
Duchesne : «Enfin, dans la mesure où la...»
Le Président : M. le leader
de l'opposition... du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
L'article 79. 30 secondes de passées, puis là, M. le Président, on
revient sur la question de l'opposition
officielle. Y a-tu quelque chose qui m'échappe, là? Appliquez le règlement, M.
le Président, c'est de répondre directement à la question de mon
collègue, là.
Le Président : J'avais
compris que vous vouliez déposer un document. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Simplement, sur la question de règlement de mon
collègue, vous allez sans doute me permettre de réagir. Il dit que
quelque chose lui échappe; c'est le fait que la question était sur le même
sujet que la précédente, concernant les conditions dans les universités, et ma
collègue...
Le Président : Alors...
Le Président : Oui, oui, c'est
ça. C'est bon, vous avez donc une bonne compréhension. Mme la ministre de
l'Enseignement supérieur, veuillez continuer, s'il vous plaît. Et est-ce que
vous aviez un dépôt? Vouliez-vous...
Mme David (Outremont) : Alors, je
continue.
Mme David (Outremont) : Alors, je
vais me préparer à me rasseoir bientôt, mais quand même. «Enfin, dans la mesure où la loi le permettrait de nouveau — on parlait de la loi n° 100 — je considérerais raisonnable que
l'Université McGill puisse accorder à la principale un boni au rendement
pouvant atteindre 10 % de son salaire de base — quand c'est 400 000 $, ça veut
dire que 40 000 $ de boni. Si votre intention était d'excéder ce
seuil...» Donc, on prend pour acquis en partant que, justement, la
principale peut augmenter de 10 % sans autre forme de soumettre une lettre à l'approbation du ministre. «Si votre
intention était d'excéder ce seuil, comme le prévoient les dispositions du
contrat, je m'attends à ce que le cas soit porté à mon attention au
préalable...
Le Président : En terminant.
Mme David (Outremont) : ...comme le
prévoit la règle budgétaire 5.10.»
Président : Avez-vous l'intention de déposer votre document? M.
le député de Chambly, en complémentaire.
Roberge : Oui, que la ministre dépose les lettres, on les lira
nous-mêmes, hein? Pendant que les dirigeants reçoivent des bonus
illégaux, je vous rappelle que les contribuables paient toujours plus de taxes,
que les étudiants universitaires se font
couper des services, que, quand des profs dans les universités prennent des
retraites, les postes ne sont pas comblés, le nombre d'étudiants
augmente dans les classes, mais la ministre nous lit des lettres. C'est assez incroyable. C'est un niveau de déconnexion que je
ne pensais pas atteindre. Parce qu'on l'avait déjà vécu précédemment
avec les autres ministres, mais quand même.
Est-ce que la
ministre va prendre des moyens pour que les sommes soient remboursées — c'est la question — remboursées?
Le Président : Mme la
ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David (Outremont) : Écoutez,
justement, il y a une politique qui dit que, si ça dépasse, l'université... s'il y a une nouvelle politique budgétaire,
l'université doit soumettre au ministre. Et je me souviens des réponses de mon
collègue, à ce moment-là, pour une certaine
université qui est dans la belle ville de Québec, et justement cette rétention
est encore en vigueur,
M. le Président. Donc, la loi, elle est appliquée, les règles budgétaires sont
appliquées, mais je vais encore plus
loin, je veux... et je le répète, j'ai donné un mandat à ma sous-ministre, nous
avons écrit à tous les recteurs, la sous-ministre a écrit à tous les
recteurs, et nous voulons non seulement obtenir des établissements l'ensemble
des informations, mais, oui, nous allons mettre en oeuvre...
Le Président : En terminant.
Mme David (Outremont) : ...un
processus extrêmement rigoureux en temps réel.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, les rapports de la vérificatrice ont été
tablettés par le gouvernement libéral parce qu'il y a des sommes versées
illégalement, puis on n'exige pas le remboursement. Au Parti québécois, ils
disent : Ah! il faudrait étendre les
pouvoirs de la Vérificatrice générale, comme ça, il y aurait plus de rapports.
Ça fait qu'il y en a qui veulent tabletter des rapports, il y en a qui
veulent qu'on visse d'autres tablettes.
Moi,
j'aimerais ça qu'on donne suite au rapport de la Vérificatrice générale, que
les sommes versées illégalement soient
remboursées. Et, si la loi ne le permet pas en ce moment, bien, qu'on change la
loi puis qu'on dépose un projet de loi-cadre pour qu'on puisse...
Le Président : Mme la
ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David
(Outremont) : Savez-vous quoi? La seule tablette que j'ai, c'est mon
iPad, M. le Président. Les autres tablettes,
ça ne m'intéresse pas. Et, s'il y a une question qui est importante justement,
et j'appelle la collaboration de mes deux
nouveaux critiques, justement, en matière d'enseignement supérieur, c'est
justement de dire : Nous avons des processus à travers nos règles budgétaires. Et il y avait eu
quelque chose à l'Université Concordia; là on parle de l'Université Laval,
les montants sont retenus. Ce n'est pas une
question de rembourser, c'est qu'on a la prise, on a juste à retenir cet
argent-là. C'est, pour l'Université
Laval, un certain montant x. Nous ne versons pas la subvention, c'est
l'équivalent qu'eux nous remboursent. C'est exactement la même
chose : si je ne donne pas un chèque...
Le Président : En terminant.
Mme David (Outremont) : ...de paye à
quelqu'un, c'est l'équivalent de lui demander de me faire un chèque.
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. L'entreprise Graphic Packaging, de
Jonquière, a procédé à la fermeture sauvage
de sa cartonnerie l'année dernière. Je présume que le premier ministre est au
courant puisqu'il est le responsable de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Après avoir acheté l'usine, Graphic Packaging a décidé de délocaliser les 142 emplois. C'est le député de Jonquière qui a
informé le gouvernement, lui n'était pas au courant, et, depuis ce temps,
le gouvernement est resté les bras croisés.
La semaine dernière, le ferrailleur qui a acheté
l'usine l'a mise en vente. Parfait pour un terrain de golf, un camping ou un
site d'enfouissement. Est-ce que c'est comme ça que le premier ministre
entrevoit le développement économique des
régions et la création de richesse? A-t-il pensé aux 142 travailleurs et
familles qui ont perdu leur emploi? Alors,
la question est simple, M. le Président : Est-ce que le premier ministre
va faire quelque chose et va s'opposer à ce que ce site soit transformé
en camping ou en site d'enfouissement?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : C'est incroyable
encore une fois, M. le Président, mais, que voulez-vous, c'est la réalité ici.
Alors, oui,
bien sûr, on a déploré la façon très, très cavalière dont l'entreprise s'est
comportée. En passant, le député de Jonquière puis moi, on l'a appris en
même temps. On l'a appris en même temps parce que ça a été annoncé de façon, encore une fois, brutale et cavalière par
l'entreprise et on s'est chargé de leur indiquer notre façon de penser. Je
rappelle également qu'il y a une autre entreprise, au Québec, de la même
entreprise, à East Angus, également.
Maintenant,
je suis surpris encore une fois, compte tenu de l'expérience en affaires de
notre collègue, qu'il pose ses questions sur ce ton-là. Il y a eu des
dizaines de milliers d'emplois perdus dans l'entreprise qu'il dirigeait. Est-ce
qu'il a eu les mêmes préoccupations lorsqu'il y a eu des faillites, lorsqu'il y
a eu des fermetures, lorsqu'il y a eu des ventes?
Alors, il est conscient comme moi des réalités du marché, des réalités
difficiles de cette industrie-là. On fait tout en notre possible pour protéger notre industrie forestière malgré
les immenses pressions qui sont appliquées actuellement. Développer
l'innovation, on vient d'investir en Mauricie avec Kruger pour transformer une
usine. On est ouverts à tous les
projets. Tous les projets d'innovation que les industriels nous amèneront, on
va les aider, on va les faire progresser et on a envoyé le signal de façon
très claire à tous les industriels.
Maintenant,
soyons un peu réalistes et gardons le contact avec la réalité. Oui, il faut
développer les emplois, oui, il faut
protéger l'industrie de la forêt, mais il devrait reconnaître
publiquement les immenses pressions économiques que ce
secteur subit actuellement, comme son secteur subissait actuellement... à l'époque, lorsqu'il a mis des dizaines de milliers de
personnes à la porte, M. le Président.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses... Oui, M. le leader.
Bonnardel : Question de règlement, M. le
Président. Suite aux réponses du ministre de l'Éducation à mon collègue de Drummond sur le
programme destiné aux infrastructures sportives, je demanderais le consentement
au ministre, au leader du gouvernement...
L'article 80 : «Réponse
différée. Le ministre à qui une question est posée peut y répondre à l'issue de la période de questions ou au cours d'une séance
subséquente.» Donc, je demanderais le consentement pour que cet
article
puisse s'appliquer.
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : Il s'applique
en tout temps, M. le Président. Il n'y a pas une difficulté avec ça. Mon
collègue n'a pas été... a été d'un exemple
de transparence que vous auriez dû même célébrer. Il appelle même que vous en
posiez d'autres, questions. Il n'y a pas de problème avec ça, M. le
Président.
Le Président : Alors, ça met
fin à la période de questions et de réponses orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, nous en sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation de ces motions, je vais céder la parole à M. le député
de Terrebonne.
Traversy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige du ministre de l'Environnement qu'il suspende à la
fois le certificat d'autorisation octroyé le 29 février 2016 à
TransCanada pour la réalisation de relevés sismiques dans le fleuve
Saint-Laurent;
«Qu'il
suspende également l'analyse actuelle effectuée par son ministère en vue de
l'octroi d'un certificat d'autorisation
pour la réalisation de relevés sismiques dans la rivière des Outaouais, et ce,
tant et aussi longtemps que TransCanada
ne se sera pas conformée à la procédure d'évaluation et d'examen [d'impact] sur
l'environnement, [qui inclut] notamment le dépôt d'un avis [et] de
projet [...] d'une étude d'impact.»
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député
de Terrebonne. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, malheureusement, il n'y a
pas de consentement. Je vous invite, membres
de cette Assemblée, à être un peu plus silencieux lors de la présentation des
motions. M. le député de Lévis, la parole est à vous.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, Mme la
Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Taillon et le député de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'étudier sérieusement, dès
maintenant, la possibilité de mettre fin à l'incorporation des
médecins.»
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Y a-t-il
consentement... Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas ce
consentement. Et, pour la prochaine motion, je suis maintenant prête à céder la
parole à Mme la ministre responsable de l'Enseignement supérieur.
David (Outremont) : Mme la Présidente, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le député de Lac-Saint-Jean, la députée de
Repentigny et le député de Mercier :
«Que l'Assemblée
nationale salue la mémoire du père Benoît Lacroix, décédé le 2 mars dernier;
«Qu'elle rende
hommage à cet homme de foi et à cette figure intellectuelle marquante pour tout
le Québec;
«Que les membres de
l'Assemblée nationale observent une minute de silence en sa mémoire.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente. Nous proposons des interventions
d'une durée maximale de deux minutes par
intervenant, dans l'ordre suivant : notre ministre de l'Enseignement
supérieur, qui est l'auteure de la motion, ensuite le député de Bourget, qui prendra la parole pour
l'opposition officielle, la députée de Repentigny, et le député de Mercier,
pour Québec solidaire, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, c'est très bien, M. le leader adjoint du
gouvernement. Et, Mme la ministre, je vous cède la parole à l'instant.
Mme David (Outremont) : Merci, Mme la Présidente. Depuis l'annonce du
décès du père dominicain Benoît Lacroix, les hommages ne cessent
d'affluer, témoignant de la marque indélébile qu'il a laissée sur le Québec.
Saluons
le parcours de cet homme inspirant, devenu centenaire en septembre dernier, qui
fut un des grands intellectuels et
humanistes du Québec. Ce théologien, médiéviste, philosophe, essayiste et
enseignant a notamment fondé le
Centre d'études des religions populaires, en plus d'avoir occupé les postes de
chercheur associé à l'Institut québécois de recherche sur la culture et de professeur puis de directeur du Centre
d'études médiévales de l'Université
de Montréal.
Généreux
de son savoir et de ses réflexions, il s'est vu décerner de nombreuses
distinctions, que l'on pense au prix
Léon-Gérin, à la médaille Pierre Chauveau de la Société royale du Canada et
au doctorat honoris causa de l'Université de Sherbrooke. Il était également
officier de l'Ordre du Canada et grand officier de l'Ordre national du Québec.
se souviendra longtemps de cet humaniste, brillant orateur, homme de foi
et d'esprit qui faisait
partie des grands sages de notre époque. Il a été acteur et témoin, au cours du siècle de
son existence, de tous les changements majeurs du Québec, que ce soit au
niveau identitaire, social, religieux ou moral. Benoît Lacroix était un phare
pour de nombreux Québécois de tous horizons, nationalités ou croyances
religieuses.
Face
à tous les enjeux sociaux et religieux des sept dernières décennies, Benoît
Lacroix proposait une sagesse, une
ouverture d'esprit, une écoute et un dialogue qui nous manqueront énormément.
Nous avons collectivement besoin de ces hommes et de ces femmes qui nous
aident à vivre et à réfléchir.
me sens personnellement un peu orpheline depuis le 2 mars. Je salue donc
sa mémoire et je vous invite à joindre votre voix à
la mienne pour offrir nos plus sincères condoléances à ses proches. Je vous
remercie.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la ministre. Et, pour
la prochaine intervention, je cède la parole à M. le député de Bourget.
Kotto : Merci, Mme la
Présidente. C'est un privilège pour moi de prendre la parole, au nom de mon collègue député de Lac-Saint-Jean aux
prises avec un projet de loi actuellement, afin de souligner la vie
exceptionnelle et la contribution inestimable du père Lacroix à la société
québécoise.
Théologien,
philosophe, essayiste, docteur en sciences médiévales, il a étudié à Paris,
Harvard et Cambridge. Le père Lacroix
a une feuille de route tout aussi longue qu'impressionnante. Professeur
d'université passionné et inspirant, communicateur
hors pair, il consacra plus de 40 années de sa vie à transmettre ses
multiples passions aux étudiants du Québec, mais aussi de la France, du
Rwanda en Afrique, et même du Japon.
Pierre
Savard, professeur titulaire du Département d'histoire de l'Université
d'Ottawa, le décrivait récemment, et
avec justesse, comme un savant au visage humain et un animateur intellectuel
incomparable qui a su si heureusement faire le pont entre son savoir de
l'ancien monde et ses racines du nouveau.
père Lacroix était un érudit, un grand intellectuel. Par son intelligence, sa
curiosité et sa culture infinie, il a inspiré
plusieurs Québécois. Le père Lacroix était aussi un amoureux de sa
région et de l'ensemble des régions du Québec, comme plusieurs d'entre
nous ici. Il est né dans une famille de cultivateurs, milieu modeste, à Saint-Michel-de-Bellechasse,
une terre ouverte sur le fleuve, dans la région de Chaudière-Appalaches.
Tous s'entendaient pour
dire que, bien qu'il appartenait à l'Église catholique, la grande force de père
Lacroix consistait à rallier et à réunir des
gens de confessions diverses, des non-croyants et des gens de toutes origines.
Mme la Présidente, force est
d'admettre que cette incarnation de l'humanisme, l'humanisme infini, était un
être d'exception. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Bourget. J'invite maintenant Mme la députée de Repentigny à prendre la
parole.
Mme Lavallée : Merci, Mme la
Présidente. Nous saluons aujourd'hui la mémoire d'une figure marquante et certainement
emblématique de la société et de la culture québécoises. Le père Lacroix était
un homme de foi, un enseignant, un
chercheur, un philosophe, un grand intellectuel qui aura su faire profiter le Québec
de son érudition et nous éclairer de sa lumière.
En plus de sa
foi en Dieu, c'est peut-être sa foi en l'être humain surtout que nous
retiendrons. L'humain était au coeur
de son action religieuse et intellectuelle. Pour lui, il n'y avait
pas de barrière ni entre les cultures ni entre les religions. Il a déjà écrit : «La laïcité ne me fait pas peur, elle est
positive : avant d'être catholique, juif, musulman, je suis laïque.» En ce sens, le père Lacroix était
un grand humaniste et certainement un très habile communicateur. Parce que le père Lacroix parlait vrai, avec des mots justes, mais jamais de haut malgré toute sa grandeur, un homme simple
et un géant à la fois. Il
fut un phare pour le Québec, un phare à la fois religieux, spirituel
et intellectuel, un phare qui éclaire notre passé et qui montre la voie de notre avenir. Avec aisance, il
aura su montrer cette voie de manière limpide et inspirante sans jamais
imposer ses vues. Il avait le don de convaincre par son écoute, dit-on de lui.
nous aura communiqué ses enseignements en toute liberté d'esprit, avec
franchise et respect. Son propos aura toujours été libre de toute contrainte. Le père
Lacroix ne s'est pas enfermé dans l'Église, il en a plutôt ouvert les portes.
On dit de lui, d'ailleurs, qu'il était un
spirituel plus qu'un religieux. Il nous aura donné d'innombrables réponses,
mais il nous aura aussi enseigné à
accepter que nous n'avons pas toutes les réponses. Son indépendance d'esprit et
son intégrité sont des sources d'inspiration.
Devant
cet homme extraordinaire, on a beau chercher, il n'y a pas d'équivalent au
Québec désormais. Le Québec a perdu l'un de ses piliers intellectuels, spirituels et humanistes. Sa
mémoire et ses enseignements vont demeurer, mais le père Lacroix sera à tout jamais irremplaçable. Son
humilité, son ouverture à l'autre, sa générosité, il y a tant de belles choses
à dire de ce grand homme, mais rien ne
saurait mieux le définir que le mot «amour», parce qu'en définitive le père
Lacroix était un homme dédié à l'amour, à l'amour des autres, à l'amour
du Québec aussi.
terminant, à la question suivante : Après votre mort, que voulez-vous
qu'on se souvienne de vous?, il a répondu : Il nous a
aimés. Une réponse à son image, en toute simplicité, en toute grandeur. Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de
Repentigny. Maintenant, M. le député de Mercier, la parole
est à vous.
Khadir :
Merci, Mme la Présidente. Il y a peu de choses à ajouter après les hommages qui
ont été rendus par la ministre, par mon collègue de Bourget et surtout par ma
collègue de Repentigny, qui, je pense, traduit bien l'admiration dont on est immédiatement rempli à penser à la contribution du père
Lacroix, à l'érudition, à la communication, à la réconciliation avec l'idée que l'Église, que la religion peut aussi être
un vecteur d'humanisme et d'ouverture vers les autres.
Odile
Tremblay disait de ce dominicain qu'il aura presque fait goûter l'Église aux
Québécois les plus réfractaires, rare prêtre à avoir autant investi l'espace public en abordant la
spiritualité avec humour, ouverture d'esprit et humanisme, allergique à tous les dogmatismes qui enferment
l'esprit dans une cage et le tuent. Le père Lacroix disait d'ailleurs, dans
la citation qu'en a fait... qu'en a donné ma
collègue de Repentigny... dans la même phrase, il disait : «Avant d'être catholique, juif [et] musulman». Donc, il était vraiment un oecuméniste.
En tout cas, on peut se réjouir du fait qu'il a en tout cas vécu assez longtemps pour voir arriver à la tête de l'Église le pape François, parce que
les deux ont une communauté d'esprit
dans leur vision du monde, axée sur une vision progressiste et humaniste de la planète, toujours prêts à reconnaître les grands défis que, parfois, nous-mêmes ici, dans les
centres du pouvoir, on a de la difficulté à reconnaître, par exemple le très grand problème
que vit notre planète, les inégalités croissantes que parfois nos
décisions aggravent, le défi écologique majeur qui menace la survie de l'espèce
humaine et des autres espèces, que décrit
très bien dans son encyclique le pape François et qui doit avoir, je suis
persuadé, réjoui avant son repos éternel le père Benoît Lacroix.
Je terminerai
en disant que le père Lacroix, pour ceux qui se souviennent de sa plume, dans Le Devoir a déjà dit : «Quand la loi prend le dessus
sur la liberté, c'est la perversion de la religion.» C'est sûr que ça résonne beaucoup
aujourd'hui quand on réfléchit à ce qui frappe le monde, au désordre dans la
planète dans lequel des groupes bien organisés, bien financés utilisent la religion pour arriver au pouvoir, pour semer
la pagaille. Et parfois nos décisions, malheureusement,
ne tiennent pas compte du fait que c'est au nom de la religion et non pas pour
la religion, et non pas pour la véritable interprétation
humaniste que nous pouvons donner de la religion que ces gens-là font ça, et ça
doit être pris en compte dans nos décisions. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci, M. le député de Mercier.
Alors,
je comprends que cette motion est adoptée. Alors, je vous invite à vous lever, nous
allons observer une minute de silence à la mémoire du père Benoît
Lacroix.
• (11 h 17 — 11
h 18) •
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Et nous allons poursuivre cette rubrique des motions sans préavis, et, M. le
député de Mercier, la parole est à vous.
M. Khadir : Mme la
Présidente, je demande le consentement de la Chambre pour présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Beauce-Nord et la députée d'Arthabaska :
«Que l'Assemblée nationale
dénonce l'amnistie offerte par l'Agence du revenu du Canada aux clients de la
firme KPMG qui a avoué sa complicité dans des stratagèmes d'évasion fiscale
vers l'île de Man;
«Que
l'Assemblée presse l'Agence du revenu du Canada et l'Agence du revenu du Québec
de mettre fin à l'approche de
divulgation volontaire qui permet aux entreprises et personnes qui pratiquent
l'évasion et l'évitement fiscaux de ne pas faire face à des accusations
criminelles.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
...pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement.
Nous
allons maintenant passer à la rubrique des avis touchant les travaux des
commissions, et je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission des
transports et de l'environnement poursuivra
les consultations particulières et auditions publiques sur le document
d'information sur le transport
rémunéré de personnes par automobile aujourd'hui, à compter de
11 h 30 pour une durée de 1 h 30 min et de
15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations
particulières à l'égard du projet de
loi n° 81, Loi visant à réduire le coût de certains médicaments
couverts par le régime général d'assurance médicaments en permettant le recours à une procédure d'appel
d'offres, dès maintenant pour une durée d'une heure et de 15 heures
à 18 heures, à la salle du Conseil législatif;
Commission de la culture et de l'éducation, quant à elle, poursuivra les
consultations particulières à l'égard du
projet de loi n° 86, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance
des commissions scolaires en vue de rapprocher l'école des lieux de
décision et d'assurer la présence des parents au sein de l'instance
décisionnelle de la commission scolaire, aujourd'hui, de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine; finalement
Commission des relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 77,
Loi sur l'immigration au Québec, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, et de 15 heures à 18 heures, à la salle
des Premiers-Ministre, 1.38, de l'édifice Pamphile-Le May. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le leader adjoint
du gouvernement. Et, pour ma part, je
vous avise que la Commission des institutions sera réunira en séance de travail
aujourd'hui, de 11 h 30 à
12 h 30, à la salle RC.161
de l'hôtel du Parlement, afin de statuer sur la demande de mandat
d'initiative du député de Borduas concernant les conditions de détention, l'administration
de la justice et la prévention de la criminalité au Nunavik.
Nous en sommes maintenant
à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Et, puisqu'il n'y a pas d'intervention, la période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant
passer aux affaires du jour, et je cède la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Auriez-vous l'amabilité d'appeler l'article 8 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 8 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 8 mars 2016 sur l'adoption
du principe du projet de loi
n° 70, Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la
formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi.
Je suis prête à reconnaître le
prochain intervenant et je cède... Un moment, je vais vérifier du temps...
Alors, on me dit que c'est 6 min 12 s, et, M. le député
de Bertrand, la parole est à vous.
Cousineau : Alors,
merci, Mme la Présidente. Alors, lorsqu'on s'est quittés, hier soir, à
21 h 30, il me restait à peu
près six minutes, et puis j'en étais
sur le règlement qui doit accompagner le projet de loi n° 70. Alors, on parle beaucoup
du règlement qui accompagnera le projet de loi n° 70, mais on ne connaît
pas encore ce règlement.
Beaucoup
de questions nous viennent à l'esprit : Qu'est-ce qu'un emploi convenable?
Sera-t-il en lien avec les affinités
du jeune ou lui sera-t-il imposé, toujours avec la menace d'accepter, sinon la
pénalité tombera? À quelle distance de son milieu de vie le jeune
devrait-il aller travailler? Ce n'est pas clair, le ministre est nébuleux sur
ce point. Quel sera le suivi à partir du moment où le jeune entrera dans son
nouvel emploi? Les gens d'Emploi-Québec nous disent qu'ils sont débordés, les
coupures de poste des dernières années ont grandement alourdi leurs tâches, le
suivi risque d'être inadéquat, voire même
inexistant. Nous savons tous que le manque de suivi peut conduire à un autre
échec pour le jeune.
Rappelons,
Mme la Présidente, que les CJE, les carrefours jeunesse-emploi, faisaient un
suivi avant, pendant et après. La
démarche était personnalisée et constructive. Les jeunes se sentaient encadrés,
ils se sentaient en sécurité, ils sentaient
qu'on les considérait comme des personnes importantes. Aujourd'hui, ils
deviennent des numéros, ils doivent entrer dans le modèle qu'on leur
propose, sinon la pénalité tombera.
réforme déposée par le gouvernement, ce projet de loi n° 70, a pour
objectifs principaux de baisser le nombre d'assistés sociaux, mais surtout d'empêcher les jeunes d'obtenir un
premier chèque d'aide sociale. Cette voie est dangereuse et discriminatoire parce qu'elle s'inscrit dans
une approche mercantile : on pense économiser des millions, mais on risque
plutôt d'engendrer des coûts immenses en
santé et services sociaux. Si on procède par menace et coercition, les bénéfices
escomptés ne seront pas au rendez-vous.
ministre a dit qu'il n'exclut pas de mettre de côté la pénalité prévue au
projet de loi n° 70 pour ceux et celles qui refuseraient
l'imposition d'une démarche forcée. J'encourage le ministre à garder cette ligne
de pensée. Il a aussi dit qu«'il n'y aura
"pas nécessairement" de pénalité finalement». Je cite le
ministre : «Ce qui est important pour moi, c'est de maintenir un
incitant. [Un] incitant, ça peut être un incitant financier positif.»
Voilà, Mme la Présidente,
le ministre doit se gouverner en ce sens et prendre la voie de la valorisation,
ce qui implique la bonification de la
prestation de base, l'encouragement vers le retour aux études, le soutien
financier adéquat avant, pendant et
après la démarche d'intégration. Mais surtout, Mme la Présidente, il faut que
le soutien psychologique soit
disponible et dispensé par des professionnels en santé mentale, dans un cadre
personnalisé, en parallèle et en collaboration avec les intervenants
d'Emploi-Québec, qui font un travail merveilleux.
la Présidente, pourquoi le décrochage scolaire a-t-il pris tant d'ampleur dans
les dernières années? C'est sans
doute parce que les programmes actuels ne conviennent pas à tous et à toutes.
Certains élèves ne se retrouvent pas dans
le système scolaire actuel, ils décrochent et se retrouvent rapidement exclus.
Ces jeunes auront aussi des grandes difficultés à suivre un parcours
d'intégration à l'emploi, il faut donc les accompagner.
la Présidente, nous devons mettre un visage, un vécu, un passé sur le dossier
du jeune demandeur. Nous devons
l'écouter, l'entendre, l'encourager, l'accompagner. Il faut arrêter de le
considérer comme un numéro de dossier, l'écoute
est la clé du succès pour entrer en relation
avec le jeune. Il faut combattre les préjugés, les étiquettes négatives et blessantes. On a tous entendu des phrases
irréfléchies et creuses, blessantes comme : Ce sont tous des paresseux. Ce
sont tous des parasites, des sans-coeur, des
profiteurs qui se font vivre par la société. Il faut, je crois, Mme la Présidente, que, si la nouvelle réforme
proposée par le projet de loi n° 70
voit le jour, elle soit axée vers la valorisation, vers le positivisme, vers le soutien des individus, avec
un cheminement personnalisé. Il faut que cette réforme change les mentalités.
Il faut qu'elle éduque les citoyens et les citoyennes en faisant tomber les
préjugés.
la Présidente, le ministre a la responsabilité, par le projet n° 70, de
jeter les bases vers une nouvelle façon de penser en faisant en sorte que les bénéficiaires d'aide sociale
soient considérés comme des personnes à part entière, avec des droits.
Il faut prendre conscience collectivement que ces personnes ont des problèmes,
des vrais problèmes difficiles à surmonter : dépendance aux drogues,
dépendance à l'alcool, problèmes d'argent, problèmes d'itinérance, problèmes de détresse psychologique, problèmes de
violence conjugale, de violence psychologique, le mal de vivre, quoi. Il
faut que le projet de loi n° 70 prévoie toutes les mesures nécessaires
pour accompagner les jeunes demandeurs, ceux
et celles qui sortent des centres d'accueil, qui ont vécu une adolescence en
dents de scie, qui ont perdu l'estime de soi, ceux et celles qui ne savent pas comment se diriger dans la vie, qui
n'ont jamais eu de guide, de modèle, qui ne voient aucune lumière au
bout du tunnel.
conclusion, Mme la Présidente, le ministre devrait retirer son projet de loi
dans sa forme actuelle et retourner à sa table à dessin. Nous ne sommes
pas contre les objectifs du projet de loi, mais nous doutons des moyens
proposés. Nous ne croyons pas que la méthode
coercitive soit la bonne. Dans sa formule actuelle, nous ne croyons pas que le
projet de loi permettra de briser le
cercle de la pauvreté. Nous croyons plutôt qu'il alimente les préjugés envers
les assistés sociaux. La grande
majorité des groupes rencontrés en commission parlementaire — et je l'ai présidée, d'accord? — nous disent qu'ils sont contre toute
mesure coercitive. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Alors, merci, M. le député
de Bertrand. Et je suis maintenant prête à céder la parole à M. le
député de Berthier.
M. Villeneuve :
Merci, Mme la Présidente. Je vous salue et je salue les collègues de
l'Assemblée nationale. Mme la Présidente,
j'invite tous les parlementaires à apprécier — peut-être en faisant la relecture suite aux
galées du discours que mon collègue
de Bertrand vient de tenir, Mme la Présidente — un discours empreint d'humanisme. Et je ne
saurais dire mieux que mon collègue de Bertrand en la matière. Alors, je
nous invite tous à réfléchir à ses propos. J'invite évidemment, surtout, le ministre à bien lire le discours que mon
collègue vient de nous livrer. Je pense qu'il y a là matière à réflexion et je pense qu'il a déboulonné
plusieurs mythes, Mme la Présidente, qui, malheureusement, perdurent dans
notre société, et c'est par la pédagogie et
c'est par des gens comme mon collègue, je pense, que nous arriverons à faire
mieux, à faire beaucoup mieux, Mme la Présidente.
la Présidente, un jour, un journaliste a posé la question... et je ne nommerai
pas la personne, parce que je ne suis
pas certain de l'attribuer à la bonne personne, mais la maxime est très bonne,
Mme la Présidente, vous allez comprendre. Un jour, un journaliste a posé une question à un éminent personnage, et
la question allait comme suit : Que pensez-vous de la civilisation? Et l'éminent personnage a répondu
du tac au tac : Voilà qui serait une excellente idée. J'espère que nous
pourrons, comme parlementaires, comme
société, arriver à faire en sorte que cette civilisation-là, elle ait bel et
bien... qu'elle soit bel et bien existante dans sa totalité.
Mme la Présidente,
sur ces mots, je vais passer au projet de loi n° 70 comme tel, mais, un
petit peu avant, peut-être, un petit peu
avant, je parlerai un peu de la motion d'hier. Vous savez qu'il y a eu une
motion de scission qui a été présentée par mon collègue de
Marie-Victorin. Il y a eu un débat de deux heures sur la motion, une motion,
Mme la Présidente, qui a été reçue par la
présidence de façon positive, et d'ailleurs on a la décision, là, qui est
disponible pour les collègues. Malheureusement, vous savez, le
gouvernement, les députés libéraux ont voté contre la scission. Pourtant, pourtant, il me semble que ça allait de soi. Ça
allait de soi dans le sens où il y a effectivement deux principes dans le
projet de loi que nous étudions
actuellement, ça, la présidence l'a reconnu de par la jurisprudence, de par les
décisions antérieures qui ont été
soumises. Deux principes de loi, donc, qui peuvent vivre indépendamment l'un de
l'autre, sont contenus dans le projet de loi n° 70.
la Présidente, je nous ramène à 2009. Vous vous rappelez sûrement les... il y a
plusieurs parlementaires qui étaient
ici à l'époque, nous avons fait une... une refonte, pardon, nous avons fait une
refonte, si on peut dire, de nos règles parlementaires, et il y en a une, entre autres, qui dit que, lors des
bâillons, ce qu'on appelle les bâillons, donc lorsqu'il y a suspension des procédures, on dit que seulement un
projet de loi peut être amené dans un bâillon, parce que, vous savez, à une autre époque, on faisait un projet de loi puis
on mettait plein de principes à l'intérieur du projet de loi et là on débattait
pendant 18 heures, 14 heures, 16 heures, peu importe, le cadre
temporel était très limité, on débattait, et évidemment, évidemment, plusieurs coquilles apparaissaient au
bout de quelques semaines ou quelques mois, des coquilles qui nécessitaient
de la part des parlementaires évidemment de
revoir certaines dispositions de la loi ou du projet de loi qu'on avait adoptés
en session extraordinaire.
Cette
réforme, Mme la Présidente, il faut la comprendre notamment au niveau de la
suspension des règles, donc des
bâillons, il faut la comprendre assez largement pour savoir que je pense que
nous avons décidé, comme parlementaires, de ne pas procéder par des projets de loi où il y a plusieurs principes.
Malheureusement, vous avez vu comme moi, les députés libéraux ont voté contre la motion de scission. Ça m'amène à
cette réflexion, Mme la Présidente : j'invite encore une fois les députés libéraux... je l'ai déjà fait
ici, au salon bleu, j'invite les députés libéraux à se rappeler les résultats
de la dernière élection, où moins d'un
Québécois électeur sur trois, Mme la Présidente, a voté pour le gouvernement.
Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'il
y a 70 % des électeurs, en chiffres absolus, Mme la Présidente, qui ont
voté pour les députés donc de ce
côté-ci, notamment de la première opposition. Or, j'invite les parlementaires
de la
partie gouvernementale, les
députés libéraux, à prendre acte de cette décision-là, vous savez, parce qu'il
y a des conséquences à ça, Mme la Présidente, entre autres de s'assurer de travailler avec l'ensemble des
parlementaires. Et là on avait tendu la main avec une motion de scission, Mme la Présidente. Ça aurait permis
assurément de faire avancer le débat, de un, beaucoup plus rapidement et, j'en suis convaincu, de façon aussi très
constructive. Malheureusement, on a vu qu'ils se sont braqués encore une fois
et ils ont voté contre cette
scission-là, donc rejet de la motion. Je tenais à faire cette précision-là, je
pense que c'est important. On est
tous là pour travailler pour faire des lois qui reflètent bien les aspirations
des Québécois et des Québécoises, et en ce sens prendre acte des résultats de la dernière élection, ça serait la
moindre des choses de la part de mes collègues d'en face.
Mme la Présidente, je
veux aussi dire qu'on avait demandé des consultations générales, ce qui a été
refusé. Honnêtement, là, nous sommes un
Parlement, c'est un Parlement, et le Parlement appartient au peuple, et, s'il y
a une demande des citoyens du Québec
de venir rencontrer les parlementaires, de venir sur place... on peut
évidemment déposer des mémoires,
c'est possible pour tous, mais, de venir ici, sur place, rencontrer les
parlementaires pour faire état d'une position, peu importe le dossier,
Mme la Présidente, je pense qu'on doit permettre cela. Et donc il y a eu un
refus de consultation générale et il y a eu, entre autres... je vais nommer
juste deux groupes, Mme la Présidente, mais il y a eu deux groupes qui ont été refusés, entre autres le Syndicat de la
fonction publique du Québec, et juste dire que, dans un autre projet de loi, Mme la Présidente, le Syndicat de
la fonction publique du Québec a aussi été refusé d'être entendu par le gouvernement. C'est quand même assez
extraordinaire. Alors là, de façon systématique, le gouvernement refuse
d'entendre en commission
parlementaire... alors que tout ça devrait se faire dans la plus grande
transparence, Mme la Présidente, et dans la plus grande ouverture de la
part du gouvernement. On se rend compte que de façon systématique il y a des groupes que le gouvernement refuse d'entendre en
commission parlementaire. Alors, je déplore cela. Il y a le RAPSIM qui a été refusé aussi. Évidemment, ça n'empêche
pas aux gens de déposer des mémoires, j'en conviens. Mais, de venir parler directement au gouvernement, au ministre et
aux parlementaires, je pense que ça devrait être quelque chose qu'on
devrait davantage privilégier, Mme la Présidente.
Mme la Présidente, autre chose que je
déplore, c'est que nous avons, au Québec, un plan de lutte à la pauvreté,
et là on est présentement en train de revoir
ce plan-là. Pourquoi ne pas avoir, Mme la Présidente, attendu de revoir le plan
de la lutte à la pauvreté pour après ça...
Mon collègue tantôt de Bertrand l'a très bien démontré, hein, il y a beaucoup
de préjugés par rapport à l'aide
sociale, par rapport aux prestataires de l'aide sociale, il y a beaucoup de
préjugés par rapport à la pauvreté.
Alors,
le plan, donc, de lutte à la pauvreté, c'est un moment extraordinaire, justement, idéal pour pouvoir, et j'en suis le premier, Mme la Présidente, mieux
comprendre des phénomènes qui évidemment existent dans la société. Et, en ce sens-là, le gouvernement, je pense, Mme la Présidente, aurait dû, d'abord
et avant tout, faire avec la population, la société civile... donc, s'arranger pour faire le plan de
lutte à la pauvreté et, après ça, amener une réforme de l'aide sociale, entre autres,
une réforme comme on voit présentement. Et on travaille un peu à l'envers, et je trouve
ça très malheureux, très malheureux.
Mme la Présidente, autre chose : j'ai rarement vu... En fait, j'ai été étonné. Ça,
c'est la revue de presse, hein, du projet de loi, c'est recto verso.
C'est une revue de presse extrêmement abondante et c'est intéressant. Moi, je
l'ai lue et j'invite les parlementaires à faire de même. Même si on n'a pas toujours du temps pour ce
faire, ça vaut la peine. C'est important,
parce que ce qu'on retrouve dans cette revue de presse là, Mme la Présidente, c'est beaucoup de méfiance par rapport au gouvernement actuel. Et on peut les comprendre. Évidemment,
on peut comprendre les gens d'avoir beaucoup
de méfiance. Et là vous allez me permettre
de faire une petite incartade, si
vous voulez bien. Hier, on a eu une déclaration du ministre des Transports, qui dit que c'est icitte que ça se passe, là.
Alors, on se rappellera que, lors de la campagne électorale, le gouvernement actuel, les libéraux, Mme la
Présidente, ils n'ont pas annoncé la
moitié... puis, encore là, je pourrais mettre plus que ça, ils n'ont pas
annoncé la grande
partie des mesures qu'ils mettent en place aujourd'hui, notamment
le démantèlement des régions. Et peut-être que serai-je rappelé à l'ordre,
monsieur... peut-être qu'on va me dire : Est-ce qu'il peut parler du projet de loi n° 70?,
mais je suis pile dedans, parce que, le projet
de loi n° 70, Mme la Présidente, on remarque que c'est une centralisation. Pourquoi?
Parce que c'est icitte que ça se passe, Mme la Présidente. C'est les paroles du ministre des Transports d'hier :
«C'est icitte que ça se passe.»
Alors
là, on a avec le projet de loi... puis on a vu pareil avec le projet de loi au niveau de la santé, du ministre de la Santé, le projet
de loi n° 10, le projet de loi n° 20, où il
y a une centralisation incroyable, Mme la Présidente, aux mains du gouvernement actuel, comme si celui-ci voulait tout contrôler. En fait, il veut tout
contrôler, et c'est très malheureux. C'est
très malheureux parce que, lorsqu'on
fait cela, Mme la Présidente, on se prive d'expertise, on se prive de savoir-faire. Et Dieu sait que, dans nos régions du Québec, Mme la Présidente, les gens ont du savoir-faire, ont de l'expertise. Alors là, le gouvernement, en n'ayant jamais parlé de démanteler les
régions du Québec par les mesures qu'il a mises en place, hein... Et d'ailleurs je vais vous lire
un
article d'un journal, Mme la Présidente, qui est
fort éloquent à ce sujet-là : «Depuis quelques années, plusieurs décisions du gouvernement ont porté un dur
coup au développement des régions rurales, ce qui pourrait
laisser penser que freiner la dévitalisation des régions n'est pas une priorité
de Québec.»
Quand
je vous dis, Mme la Présidente, que ce qu'on retrouve dans la revue de presse
sur le projet de loi n° 70, là, une
méfiance, là... les gens, ce qu'ils disent d'abord, c'est : Oui, on
sait bien, le gouvernement, il veut faire une réforme. Pourquoi?
Parce qu'il va sauver 40 à 50 millions. Alors, le ministre est obnubilé par les 40 à
50 millions que la réforme va
pouvoir finalement apporter. Donc, c'est la continuation, si je peux dire, de l'austérité
libérale, Mme la Présidente. Donc,
cette méfiance-là, on la comprend lorsqu'on regarde l'ensemble de l'oeuvre.
Alors, moi, je suis capable de comprendre
que les citoyens du Québec, là, ils sont méfiants, très méfiants par rapport au
gouvernement à l'heure actuelle, et notamment le projet de loi
n° 70 ne peut finalement que nous amener à beaucoup de méfiance.
Mais — juste pour revenir aux régions, Mme la
Présidente — c'est
assez incroyable. Quand je vous dis, là, que les gens sont méfiants... Parce que le gouvernement n'a jamais annoncé
lors de la campagne électorale qu'il était pour abroger... ou mettre fin au fonds de soutien aux 152 territoires
dévitalisés du Québec, un programme qui a fait ses preuves, qui a permis à des villages, à des régions de
repartir sur une nouvelle base, Mme la Présidente. Pareil, Mme la Présidente,
ils se sont désengagés au niveau de la route verte : coupure, des
millions, sur la route verte, qui est pourtant reconnue à l'international comme étant extraordinaire, et d'autant plus pour nos
régions, pour nos villages par où elle passe, c'est un moteur économique, c'est vraiment quelque
chose, sur le plan économique, important. Ils ont, Mme la Présidente, coupé
60 millions, 60 millions en abolissant des structures et le fonds de
soutien aux territoires dévitalisés.
Vous
savez, Mme la Présidente, je ne peux pas, en lisant la revue de presse, faire
abstraction de l'ensemble de l'oeuvre
du gouvernement à l'heure actuelle, Mme la Présidente, qui crée une méfiance,
et d'autant plus... et là, Mme la Présidente,
j'arrive au n° 70, j'invite mes collègues... j'ai répertorié, dans le
projet de loi n° 70, pratiquement autant «on décidera par règlement» que
du nombre d'articles qu'il y a dans le projet de loi. «Par règlement», «par
règlement»; alors, ça revient sans cesse. Alors, on discute
présentement, Mme la Présidente, du projet de loi n° 70. On n'a pas la
moindre idée de ce que ça va donner sur le terrain, parce que justement on dit
toujours : Bien, ce sera par règlement. Exemple :
«emploi convenable». On retrouve dans le projet de loi n° 70 la notion
d'«emploi convenable», Mme la Présidente. Moi, j'aimerais beaucoup que le ministre ou un des parlementaires du
Parti libéral se lève et nous explique clairement c'est quoi, un emploi convenable. Mais non! Ça sera
par règlement. Cette méfiance que les gens ont par rapport au gouvernement actuel, Mme la Présidente, c'est
clair que, si le gouvernement veut tout faire derrière des portes closes,
bien les gens, ils n'ont pas confiance. Donc, ça serait intéressant... et
j'espère qu'on y arrivera — on
n'abandonne pas — j'espère qu'on arrivera à faire dire au
ministre et au gouvernement libéral ce qu'il entend par la notion d'«emploi
convenable», ce qu'il entend aussi par la notion
d'accepter un emploi. Mais là on n'a pas de distance. Ça aussi, ça sera
par règlement, on verra comment ça va se passer.
Alors, il y a
beaucoup d'éléments comme ça dans le projet de loi, Mme la Présidente, qui, à
sa face même, moi, ne me permet pas,
comme parlementaire, à tout le moins — je ne sais pas les autres, Mme la
Présidente, mais je parle pour moi, là — ne me
permet pas, comme parlementaire, de bien saisir la finalité, de bien saisir la
portée, de bien saisir les
conséquences qu'aura le projet de loi n° 70. Et je reviens au discours de
mon collègue de Bertrand, tantôt, hein : Un peu d'humanisme, hein, ça fait du bien, c'est toujours agréable, Mme la
Présidente. On tend vers cela, j'ose l'espérer.
Mme la Présidente, ce
qu'a fait le projet de loi, pour les gens qui nous écoutent aussi peut-être,
entre autres, Emploi-Québec est aboli. Il
est aboli, et, par la même occasion, la notion de prestation de services
publics d'emploi qui apparaissait
dans l'énoncé de la mission, donc, d'Emploi-Québec n'est pas reconduite. Ce
n'est pas anodin, là, ce n'est vraiment
pas anodin. Autre chose, Mme la Présidente, le projet de loi n° 70 :
modification apportée à la
loi sur le ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale et sur la commission du partenariat du marché du travail, la
Commission des partenaires du marché du
travail, Mme la Présidente. C'est assez incroyable. Quand je vous disais tantôt
que le gouvernement tend à tout
centraliser, à s'arroger tous les pouvoirs, là, bien ça, c'est un autre
exemple. La Commission des partenaires du marché du travail, Mme la
Présidente, c'est le patronat et le syndicat qui sont nommés sur la commission.
Mais là ça ne sera plus ça. Là, c'est fini,
et le ministre va décider qui va être là, Mme la Présidente. Moi, je ne sais
pas, là, mais, si on veut s'assurer
qu'on va avoir une formation qui va correspondre à l'adéquation formation et
emploi, si on veut s'assurer d'avoir la meilleure formule, la bonne
formule, je pense que de s'assurer que, sur la commission, il y ait des gens du
patronat puis du syndicat, je pense, c'est
une maudite bonne idée, moi. Moi, j'ai été e