House Proceedings — 5 November 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-11-05
Quebec — Debates (Hansard)
Lauréate
dans la catégorie Personnalité par excellence, Victoire Kpadé a mis sur pied le
projet Santé des réfugiés, qui a pour
objectif de doter les étudiants en médecine de l'Université McGill de
compétences culturelles afin qu'ils puissent mieux comprendre les
besoins de leur clientèle cible.
Lauréat dans la
catégorie Santé, je salue également toute l'équipe du projet Collaboration
interprofessionnelle montréalaise étudiante,
qui est composée de plusieurs étudiants de l'Université McGill. Ces
derniers offrent un soutien aux nouveaux
arrivants, que ce soit par le biais de séances d'information ou à travers les
rencontres individuelles avec des étudiants en médecine, en travail
social ou avec un traducteur.
Toutes
mes félicitations à ces lauréats, qui contribuent activement à notre société et
qui ont un brillant avenir devant eux. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Maintenant, je reconnais M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci, Mme la Présidente. Je désire saluer une vénérable institution de la mode
établie sur la rue Saint-Louis, à Plessisville, depuis 1930, soit la boutique
John Jalleo & Fils.
Depuis trois générations, les membres de la
famille Jalléo se sont succédé afin d'habiller petits et grands, sans omettre de s'impliquer activement au sein de la
communauté. L'entreprise, située sur le territoire d'Arthabaska‑L'Érable,
créée par un bâtisseur
de la région, M. John Jalléo, a su faire sa place dans le milieu du
commerce de la mode et de la tendance vestimentaire
au gré des années grâce à la passion des membres de la famille ainsi que la
qualité de leur service et de leurs produits.
Avoir pignon sur rue depuis 90 ans est un bel
exploit, qui mérite d'être souligné. C'est pourquoi, Mme la Présidente,
c'est pour moi un grand honneur de rendre
hommage aux artisans de la boutique John Jalleo & Fils, dont
Mme Elisabeth et M. Jean-Michel Jalléo. Je leur souhaite
encore beaucoup de succès à venir.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
d'Arthabaska. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Imaginez, Mme la Présidente, vous avez 15 ans. Vos parents sont Haïtiens,
mais vous, vous êtes né au Québec. Et
là le professeur d'histoire et de citoyenneté demande aux vrais Québécois de la
classe... il dit aux vrais Québécois
de lever la main, alors vous levez fièrement la main. Et là il dit : Non,
non, non, les vrais Québécois, les Québécois de souche. Alors là, vous baissez la main, vous baissez la tête. Le
lendemain, c'est les musulmans de la classe qui doivent s'excuser pour
l'attentat de Charlie Hebdo .
Aujourd'hui,
je veux rendre hommage aux Béliers solidaires de l'école Henri-Bourassa, qui
ont eu le courage de dénoncer
publiquement une situation qui perdurait depuis trop longtemps. Et ce qui est
beau là-dedans, Mme la Présidente : ils ne font pas juste dénoncer, ils amènent des
pistes de solution. Et savez-vous
quoi? Ils exigent aussi une enquête transparente et indépendante pour
vraiment faire la lumière sur toute cette affaire.
Alors, aujourd'hui,
bravo! Je salue les Béliers solidaires. Et je serai avec vous. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Et je cède maintenant
la parole à Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin :
Mme la Présidente, l'accès à un service Internet haute vitesse demeure encore
un enjeu dans plusieurs secteurs de mon comté en raison d'un désintérêt des
grands joueurs de cette industrie.
communautés se mobilisent pour offrir à leurs citoyens ce service vital au même
titre que l'électricité et l'eau potable.
Après une décennie d'efforts, l'OBNL Fibre Argenteuil devrait brancher bientôt,
grâce aux pressions du gouvernement,
ses premiers clients, à prix abordable.
Avec la pandémie, on observe un nouveau phénomène
dans nos noyaux villageois : l'itinérance Internet. En attendant l'accès à un service performant et fiable, les
citoyens de Saint-Adolphe-d'Howard se mobilisent à leur tour pour faire bouger
les choses auprès de ces joueurs industriels et trouver des solutions
temporaires.
salue donc l'engagement de ces citoyens qui se relèvent les manches pour
assurer la vitalité de leurs communautés. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée d'Argenteuil. Et je cède maintenant
la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, la pandémie de COVID-19 a amplifié certains problèmes sociaux
et économiques. L'un de ces problèmes, c'est l'appauvrissement des
aînés, et ça me préoccupe particulièrement.
citoyens de ma circonscription et les organismes d'aide me parlent
régulièrement de ce phénomène, qui s'accélère. À
titre d'exemple, depuis le mois de mars dernier, nous l'avons tous
constaté, notre panier d'épicerie nous coûte beaucoup plus cher. Pour les personnes à la retraite dont
le revenu est fixe, il est difficile d'assumer ces coûts supplémentaires, et
cela devient rapidement une source de stress additionnelle.
plus, les mesures mises en place par le gouvernement fédéral sont nettement
insuffisantes, et l'indexation de la pension
de la sécurité de la vieillesse est dérisoire et ne permet pas de contrer la
hausse de prix des denrées de base. Nos aînés ne peuvent pas attendre indéfiniment que le gouvernement Trudeau
prenne les mesures qui s'imposent, et, une fois de plus, le gouvernement du Québec devra intervenir. Plusieurs mesures
peuvent être implantées, comme par exemple un crédit d'impôt solidarité
aînés, qui permettrait de soutenir directement toutes les personnes qui en ont
besoin.
J'incite donc le
gouvernement du Québec à porter une attention toute particulière à cette
situation et à instaurer rapidement des
mesures qui freineront l'appauvrissement de nos aînés. C'est une question de
respect, de dignité et de solidarité. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
Matane-Matapédia. Maintenant, je me
tourne vers M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Mme la Présidente, je veux saluer ici,
aujourd'hui, une élève du cinquième secondaire de la polyvalente Chanoine-Armand-Racicot de
Saint-Jean-sur-Richelieu, Lili-May Bolduc, qui est récemment repartie du gala
Forces Avenir avec une bourse de 10 000 $ en persévérance
scolaire pour l'aider à réaliser son ambition de devenir médecin.
Il faut dire
qu'elle connaît ça, les hôpitaux, puisque, depuis trois ans maintenant,
elle souffre d'une maladie orpheline qu'aucun médecin n'a encore réussi
à comprendre ni même à identifier.
Pour
l'entendre et la voir raconter sa maladie et son histoire, je vous invite
d'ailleurs à regarder la conversation que j'ai eue avec elle et qui est en ligne sur Studio Saint-Jean. C'est la
chaîne YouTube du député au service de la communauté de Saint-Jean, et qui vient, soit dit en passant,
de franchir le cap des 75 000 minutes vues. Toujours est‑il que
Lili-May Bolduc est un des plus beaux
exemples de ce que je voulais faire avec cette chaîne. Et elle est tellement un
bel exemple de persévérance scolaire!
Félicitations! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Saint-Jean. Et je reconnais
maintenant M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, Mme la Présidente. Durant cette période
difficile de pandémie, les citoyens et citoyennes de Chomedey
ont fait beaucoup de sacrifices pour aplatir la fameuse courbe, protéger nos
hôpitaux, nos aînés ainsi que la population en général.
Depuis le
début du mois d'octobre, certaines entreprises et certains organismes de la
circonscription ont été forcés de refermer leurs portes ou de suspendre
leurs activités à nouveau, étant en zone rouge. Pour ceux-ci, le coup a été
dur. Ils avaient investi pour se procurer le
matériel de protection nécessaire pour assurer la sécurité de leurs clients.
Plusieurs personnes m'ont contacté
pour me mentionner le désarroi ressenti par ceux-ci face à ce reconfinement
partiel dont ils ont été victimes et pour lesquels ils ont fait les frais. Ils
ont besoin de notre soutien plus que jamais. Si vous êtes en mesure de les aider, que ce soit en faisant une commande pour
emporter dans un restaurant ou de toute autre façon, je vous encourage à
le faire.
À ces
organismes et entreprises de Chomedey, j'aimerais dire que la porte de leur député vous
est toujours ouverte, et pour vous offrir du soutien durant cette
période difficile et tout au long de l'année.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Chomedey. Maintenant, je
reconnais M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est toujours
avec plaisir et fierté que je souligne les succès de nos entreprises du
comté de Vanier-Les Rivières.
Depuis
54 ans, dans le quartier Duberger, nous pouvons compter sur l'entreprise
Soucy Aquatik, qui est un leader canadien
dans la conception et la construction d'installations aquatiques. Passionnés
par la beauté de l'architecture de l'eau, les entrepreneurs de cette belle PME sont spécialisés dans la
construction et la conception de projets de type commercial, municipal
ou institutionnel.
L'entreprise
se classe parmi les plus importantes de son domaine au Canada, avec des bureaux
à Edmonton et Vancouver. Depuis 1964,
avec plus de 1 400 projets
à son actif, 50 prix remportés et plus de 100 employés dévoués, Soucy
Aquatik se distingue par la qualité
de ses projets et l'expertise de ses ingénieurs. D'ailleurs, le Canadian Pool & Spa
Awards leur a remis plusieurs prix
pour le projet du Bora Parc du Village Valcartier. La compagnie a récemment
participé à la réalisation de la piscine Lebourgneuf et à la
construction du nouvel enclos d'Eddy, l'ours blanc de l'aquarium de Québec.
Je souhaite à son
président, M. Stéphane Drouin, et toute son équipe une croissance à la
hauteur de vos attentes. Félicitations! Vous
faites rayonner la circonscription de Vanier-Les Rivières partout au
Canada. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Vanier-Les Rivières. Et maintenant je
cède la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : Merci,
Mme la Présidente. Je voudrais saluer
l'implication de quatre entreprises de ma circonscription, car elles ont fait le choix de
l'écoresponsabilité.
Je tiens à
féliciter Station Biotech, la coopérative Comax, Bio Biscuit et le Centre de traitement
de la biomasse de la Montérégie. En posant des gestes concrets en faveur de l'environnement, elles ont franchi le niveau 1 de la certification Écoresponsable du Conseil des industries durables. Ces mesures sont
d'ordre environnemental mais également social et économique. Elles proposent
une nouvelle façon d'aborder les réalités telles que les relations de travail,
les impacts sur la communauté et la gestion des matières résiduelles.
Cette certification démontre leur engagement quotidien dans une perspective de
développement durable.
Je vous
félicite et je vous invite à continuer pour franchir les prochains niveaux.
Encore une fois, toutes mes félicitations pour vos initiatives dans le
cadre de ce programme. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la députée de
Saint-Hyacinthe. Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de
députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, bon jeudi. Prenons quelques instants pour nous recueillir.
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, je dépose les réponses aux
questions inscrites au feuilleton le 15 septembre par le député de
Rimouski et le 30 septembre par le député de Pontiac. Merci, M. le
Président.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de questions
et réponses orale, et je cède la parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Le temps de la gestion de notre économie au jour le
jour doit se terminer. On ne demande
pas au gouvernement d'avoir une boule de cristal, on ne demande pas au
gouvernement d'être des devins. Vous
savez que le virus va apporter des changements en matière notamment de
développement économique, des changements qui vont être permanents et des changements que l'on voit partout
ailleurs dans le monde. Il faut donc réfléchir sur un plan de notre
économie qui soit moderne.
Le ministre de l'Économie, hier, nous
a répondu qu'il croit, en fait, que le virus, c'est une parenthèse, c'est une
parenthèse, et que les fondamentaux de
changent pas. La semaine dernière, quand j'ai questionné le premier ministre,
le premier ministre m'a répondu sur la question de long
terme, il m'a répondu sur les enjeux, les mesures qui sont présentement en
place.
Il est évident qu'on
doit gérer le court terme, mais on doit également se projeter. Ce que nous
demandons au gouvernement, c'est de gérer le
court terme et de mettre en place en même temps, pour les prochains mois, un
plan avec une perspective pour la prochaine décennie.
Gourverner,
c'est aussi gérer l'incertitude, c'est aussi prévoir cette incertitude, et
c'est de le faire avec une vision qui va tenir compte des grands
changements permanents, avec imagination et créativité.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, effectivement, la pandémie va accélérer les changements, a
déjà accéléré beaucoup de
changements, puis notre économie, demain, ne sera pas vraiment... va être
vraiment différente de l'économie
qu'on avait avant la pandémie. Ça veut dire, par exemple... Si on parle
numérisation, robotisation, achat en ligne, tout le monde a compris qu'on va avoir besoin de plus de monde
dans les technologies de l'information. D'ailleurs, mon collègue ministre du
Travail et de l'Emploi travaille très fort pour accélérer les formations, parce
qu'il va falloir que les jeunes soient dirigés vers des secteurs, entre autres, très porteurs, comme les technologies
de l'information. Il va falloir qu'il y ait des adultes aussi qui reviennent se requalifier. Je pense que, dans
les prochains mois, les prochaines années, on va beaucoup entendre parler
de requalification.
pense aussi, M. le Président, que, pendant un certain temps, les échanges internationaux vont être limités. Donc, les possibilités de croissance de nos
exportations vont toujours être là, mais il y a aussi une opportunité de
réduire nos importations en fabriquant au Québec, dans un secteur
manufacturier 4.0, où on doit moderniser. Donc, c'est pour ça qu'Investissement
Québec travaille très fort avec les
entreprises manufacturières québécoises pour ajouter des nouveaux
produits, pour remplacer certaines importations.
M. le Président,
jusqu'à présent, là, depuis la reprise de l'été, le Québec est la province qui
s'en sort le mieux.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
J'entends le message du premier ministre quant aux changements fondamentaux,
l'économie de proximité qui va changer, les inégalités qui sont amenées
par la crise. Ce qu'on demande au gouvernement, c'est de présenter son plan. Il y a une équipe aujourd'hui
qui est en place, qui parle de relance. Quel est le plan du gouvernement?
Quelle est sa vision par rapport à ça? Est-ce qu'il va le déposer? Ce qu'on a
entendu, c'était un plan sur les prochains 28 jours.
Ce qu'on a entendu, c'étaient des choses qui allaient changer dans les
14 prochains jours. On demande au gouvernement d'avoir une
perspective sur le long terme.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, vous le savez, c'était mon dada, avant la pandémie. Le Québec
a un écart de richesse de
14 %... en fait, c'était 15 % quand on est arrivés. On a réussi, en
2019, à avoir la meilleure croissance économique de tous les pays du G7.
Ce n'est pas rien, là. Donc, on a réussi à réduire l'écart de 15 % à
14 % par une surcroissance.
Donc, M. le
Président, on ne réussira pas à effacer l'écart de 14 % en quelques
années, là, c'est un travail des 10,
15 prochaines années, puis il y a des changements qui vont s'accélérer
avec la pandémie. Donc, on y travaille très fort.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, le premier ministre me répond en me disant : Nous avons
déjà commencé à faire des choses,
avant la pandémie, et nous allons poursuivre les meilleures choses après la
pandémie. Le message qu'on lance ici,
c'est qu'il y a des changements permanents qui sont arrivés avec la COVID et
qu'il faut prendre en considération, et que le plan d'avant ne peut pas
être exactement le plan d'après.
Alors, qu'est-ce qui
va changer réellement? Dans quelle perspective de long terme va-t-il
s'inscrire?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président,
j'invite la cheffe de l'opposition officielle à être un petit peu patiente. Il
y a un minibudget qui va être déposé par le
ministre des Finances le 12 novembre. Évidemment, une des grandes
priorités de ce minibudget, ce sera d'ajuster nos
mesures avec la pandémie, avec les conséquences de la pandémie. Puis, la cheffe
de l'opposition officielle a raison, il y a
des endroits où les changements s'accélèrent, puis il faut appuyer nos
entreprises. Donc, je pense qu'elle va être très fière de notre
minibudget du 12 novembre.
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Bien, on va attendre le minibudget. Mais moi, j'invite le premier ministre à
regarder ce qui se fait, par exemple, en France. Ils vivent une crise
énorme, il le sait, il en est conscient, et, il y a deux mois, ils ont déjà présenté un plan de relance. Et j'aimerais juste
dire, par rapport à ce plan de relance là, que le président Macron s'est exprimé
en disant : C'est un projet de conquête
et pas simplement de gestion du quotidien. Donc, ce que j'espère, c'est que
nous aurons, justement, cette vision de long terme qui était prête en
France depuis déjà deux mois.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je pense que la cheffe de l'opposition officielle va être très
fière de notre minibudget du
12 novembre. Puis, suite aux mesures puis aux ressources qui seront
données, entre autres, à Investissement Québec, au MEI, bien, dans les semaines qui vont suivre, le
ministre de l'Économie va pouvoir annoncer notre plan à long terme, là,
qui est en sept chapitres. Donc, je pense que la cheffe de l'opposition
officielle va être impressionnée.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. En attendant le minibudget, le ministre de l'Économie,
justement, a dit hier que les
fondamentaux n'ont pas changé. J'espère qu'il va se convertir rapidement, là,
dans une semaine seulement, parce que dire que les fondamentaux n'ont
pas changé, c'est étonnant et c'est très chargé, comme déclaration.
Nous
traversons une crise sanitaire sans précédent, qui n'est pas terminée,
d'ailleurs, qui a plongé l'économie dans une grave récession, qui s'intensifie encore. Cela va clairement laisser
des traces dans notre économie. Clairement, notre potentiel de
croissance, et donc notre capacité de réduire l'écart de richesse, a diminué,
est en train de diminuer, M. le Président.
Est-ce
que qu'il faut comprendre, dans ce
contexte-là, que la stratégie de la CAQ, c'est que la COVID-19,
ce n'est qu'une parenthèse, et après ça c'est «business as usual»?
Le Président :
Mme la ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. Je suis contente de constater aujourd'hui que le député
de Robert-Baldwin partage les mêmes constats et observations que
nous, ce qui fait en sorte qu'on est dans une crise sanitaire sans précédent puis qu'il nous faut agir à court
terme mais aussi à long terme pour relancer notre économie. C'est ce qu'on
s'apprête à faire, parce que nous, on ne
fait pas que poser des constats, mais on prépare les actions et on pose des
gestes concrets pour les entreprises, les entrepreneurs du Québec.
Notre plan pour la
relance économique est assez clair, mon collègue et moi, on en a souvent parlé.
On pense à l'achat local, renforcer les
économies de proximité, mieux développer les régions. Ça, peut-être
que le parti de l'opposition, ici,
connaît moins ça. On pense aussi à mieux former les gens, à développer les
compétences. Le premier ministre en a parlé tout à l'heure, c'est important
de développer les compétences, et mon collègue à l'Emploi et la Solidarité
travaille extrêmement fort à ce sujet pour s'assurer qu'on renouvelle
notre économie, qu'on relance notre économie et qu'on assure d'avoir une
économie forte pour se démarquer à l'international.
La réforme qu'on a
faite...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...avec Investissement Québec est déjà un bon début
pour la suite des choses.
Président : Je vais
vous demander d'être, cependant, prudents et prudentes. Le ton est bon. Faites attention
dans les propos que vous utilisez, évidemment, et de ne pas prêter flanc à des
insinuations. M. le député de Robert‑Baldwin.
M. Leitão : Non, ce n'est pas
un bon début. Et, non, je ne suis pas d'accord avec vous.
Maintenant, une fois le virus contrôlé,
l'économie ne sera pas la même, M. le premier ministre nous a dit ici. Il
faudrait que son ministre des Finances... son ministre de l'Économie aussi
l'entende.
En fin de compte, nous sommes dans un cycle
économique qu'on pourrait décrire avec la lettre de l'alphabet... la lettre k, c'est-à-dire une petite
partie
de l'économie qui va mieux, tout à
fait, mais une grande
partie qui ne
va pas mieux du tout et qui diminue, une grande
partie qui va vraiment
vers le bas, M. le Président.
Le Président : Mme la ministre
déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : On va vers
le haut ou on va vers le bas, M. le
Président, là? Je me pose la question.
Puis j'ai hâte d'entendre la question, aussi, que je vais répondre en quelque
40 secondes.
Alors, ce que
je veux dire, c'est qu'on a des actions concrètes en ce moment. On est en
crise, ça fait plusieurs fois que je
le mentionne. C'est important de le rappeler, qu'on doit trouver des réponses
rapides, agiles à la situation actuelle des entrepreneurs, parce qu'on est en crise sanitaire, actuellement. Puis ça, je pense qu'on démontre à quel point on est présents
pour les entreprises et les entrepreneurs du Québec.
Avant la
crise sanitaire, nous avions un plan clair pour relancer l'économie... pas pour
relancer, mais pour développer l'économie, qui est en pleine croissance,
au Québec. Donc, c'est ce qu'on continue de faire, actuellement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Mais c'est là le problème, M. le Président, la ministre vient de le dire, c'est
là le problème. Avant la pandémie, on
avait un plan, mais, après la pandémie, ce même plan ne marche pas, ne peut pas
marcher. Il nous faut un nouveau plan adapté à la nouvelle réalité.
Qu'est-ce que la CAQ compte faire comme nouveau
plan?
Le Président : Mme la ministre
déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : En fait, M. le Président, on était visionnaires, parce qu'on ne savait pas que cette crise-là arriverait, au niveau sanitaire, mais on
avait déjà fait la réforme d'Investissement Québec, qui
fait en sorte qu'on a été agiles à
répondre pendant la crise, parce qu'Investissement
Québec était prêt à répondre et à
accompagner les entreprises. Que
veulent-ils de plus, M. le Président? C'est ça qu'on a fait. On a focussé, on a
priorisé sur l'automatisation, la numérisation. Et vlan! Pendant la
crise, il y avait le confinement, il fallait que les gens restent chez eux.
C'est ce
qu'on va faire avec les entreprises. On va continuer de le faire, on va intensifier
l'automatisation puis la réponse à ce besoin important pour les entreprises
de s'automatiser et de se numériser pour mieux agir, augmenter la croissance,
l'exportation...
Le Président : En terminant.
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : ...qui
n'a pas été fait au cours des 15 dernières années.
Le Président : Question
principale...
Le Président : S'il vous
plaît! La parole n'appartient qu'au député de Nelligan.
M. Derraji : M. le
Président, visionnaires avec moins
5,1 % d'Investissement
Québec, je vais me garder une petite gêne.
M. le Président, ce gouvernement avait deux choix : préparer la relance économique et offrir une aide d'urgence aux entreprises pour qu'elles puissent passer à
travers la crise. Le premier ministre nous parle d'un minibudget. Je lui lance
un défi, le défi est le suivant. La
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante demandait au gouvernement
d'apporter des modifications au programme présentement en place. Dans
cette même lettre, ils disent : «Élargir l'accès à l'Aide aux entreprises en
régions en alerte maximale à d'autres secteurs non visés par les restrictions
en zone rouge...» Je vous donne des exemples, M. le Président : des
entrepreneurs privés, des salles de réception, des érablières. On s'entend que
vous avez oublié ces secteurs. Elle est où, l'agilité, M. le Président? Des
demandes simples et efficaces pour des PME québécoises.
Qu'avez-vous fait
depuis la réception de cette lettre, M. le Président?
Président : Mme la ministre déléguée au Développement économique
régional. On s'adresse à la
présidence tout le temps.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. D'abord, je voudrais
donner une petite étoile au cahier du député de Nelligan pour son beau
bricolage d'hier sur mon collègue, c'était pas mal éloquent.
Pour
répondre à sa question, on a mis en place des programmes très clairs, des
programmes accessibles, disponibles pour
les entrepreneurs. Tous les secteurs d'activité sont admissibles en zone rouge,
c'est une zone d'urgence parce qu'on a dû
fermer à cause de la crise sanitaire. On rembourse jusqu'à 80 % des frais
admissibles, jusqu'à concurrence de 15 000 $ par mois, puis on est prêts à l'étendre aux mois
que durera le confinement en zone rouge. Donc, dans cette perspective, je me
demande vraiment ce que mon collègue de l'opposition veut de plus.
plus, on a donné 250 millions dans les MRC au début de la crise. Ces fonds
demeurent disponibles. Le besoin est
là, M. le Président, puisque 194 millions sur les
250 millions initialement octroyés sont utilisés par les entrepreneurs,
pour des moyennes de 35 000 $ par prêt.
entreprises sont là, avaient besoin de liquidités, nous avons agi en
conséquence. Ils utilisent toujours ces fonds, ils sont satisfaits de ce que
nous offrons, et la FCEI...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...a d'ailleurs posé ce commentaire.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Jeanne-Mance—Sauvé.
Mme Rotiroti :
Merci, M. le Président. Dans mon comté, il y a plusieurs salles de réception à
bout de souffle, Buffet Roma, Marina,
Château Classique, et j'en passe, un secteur économique totalement abandonné
par le gouvernement depuis le début
de la pandémie. Après neuf mois, sans réservation et à devoir rembourser
les clients, les coffres sont vides. L'aide du gouvernement est insuffisante,
et la ministre vient de dire qu'il n'y a pas plus d'aide qui s'en vient. La
plupart risquent la fermeture, des centaines d'emplois sont en jeu. À
part des prêts, c'est quoi, votre plan...
Le Président :
Mme la ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : M. le Président, ma collègue nous rappelle
l'importance qu'on rappelle qu'on est avec les entrepreneurs. On est conscients
de la situation à cause de la crise sanitaire, occasionnée par une crise sans précédent au niveau mondial. Ce qu'on vit ici, au
Québec, c'est ce qui se vit partout ailleurs. On est avec les entrepreneurs,
on est à l'écoute des entrepreneurs. Ils
avaient besoin de liquidités, nous avons octroyé et mis de la liquidité dans le
système.
est en zone rouge, on confine. On fait un programme pour les zones rouges, pour
accompagner. On donne des prêts
pardonnables jusqu'à hauteur de 15 000 $ par mois, ce n'est pas rien.
On en fait, des actions. Je tiens à le rappeler...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...on est là pour les entrepreneurs, on va continuer
de l'être. Puis on va s'ajuster.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, ma collègue et moi avons posé des cas réels pour lesquels les
citoyens propriétaires d'entreprise
ont besoin d'un coup de pouce. Hier, la vice-première ministre disait que le
comité économique du gouvernement se réunit toutes les semaines depuis des
mois. Voulez-vous me dire dans quelle tour d'ivoire gouvernementale se
font ces rencontres? Clairement, ce que vous
ramenez comme solutions aux PME ne sont pas adaptées à la réalité de nos
entrepreneurs.
est temps, M. le Président, d'adapter et de ramener de vraies solutions. C'est
aux entrepreneurs du Québec que vous devez répondre, Mme la ministre.
Le Président : Mme la
ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : M. le Président, je vais le répéter, puis je vais le
répéter avec intensité, parce qu'on est
empathiques, on est présents pour les entrepreneurs. On est là depuis le début
de cette crise, on prend cette crise très au sérieux au niveau sanitaire mais aussi au niveau économique. On s'est
ajustés depuis le début. On a octroyé de la liquidité dans le système. On a mis jusqu'à
2,5 milliards de dollars à Investissement Québec. Et, notre réforme étant
réalisée, on était prêts à déjà
accompagner les entreprises, peu importe le secteur d'activité. On a été agiles.
Nous continuons d'être agiles et nous continuerons d'être agiles tant
que la crise ne sera pas terminée.
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Nous sommes là pour les entreprises du Québec.
Le Président :
Question principale, M. le leader du deuxième groupe de l'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Depuis des semaines, Québec solidaire demande au gouvernement qu'il publie les
avis scientifiques qui justifient ses
décisions politiques. Depuis des semaines, le premier ministre répond la même
chose : Ça ne marche pas de même,
il n'y en a pas vraiment, là, des avis écrits. Eh bien, ce matin, nous avons la
démonstration que c'est faux. Ce
matin, on a appris que la directrice régionale de la santé publique de Montréal
a fourni la semaine dernière au
gouvernement du Québec un avis écrit, basé sur la science, qui recommande des
modifications aux mesures de confinement social à Montréal. On parle de 12 pages, des recommandations basées
sur des sources scientifiques, où les recommandations sont, tenez-vous bien, justifiées et expliquées de
manière transparente. Donc, finalement, ce n'est pas si difficile que ça,
faire des avis écrits et transparents.
excuses du gouvernement ne tiennent plus la route. Il y a des avis écrits, ils
existent. Il y en a même un qui circule dans les médias aujourd'hui, la
Dre Drouin le commente publiquement.
Pour augmenter
l'adhésion, pour diminuer la confusion, le ministre va-t-il publier cet avis?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, écoutez, M. le Président, je veux juste être clair, ce que le député de
Gouin mentionne ici, ce n'est
aucunement une recommandation qui a été faite au gouvernement. Il faut être
très, très clairs. Lorsque le... Il peut y avoir des discussions entre les
scientifiques, par exemple, dans le cas de la Santé publique à Montréal, et il
est tout à fait normal qu'il y ait
des discussions, qu'il y ait des échanges d'expertise entre la Santé publique
régionale ou la Santé publique du Dr Arruda, mais ce n'est pas de ça qu'on parle. On parle... Lorsqu'on a besoin
d'avoir une recommandation qui est faite formellement par l'équipe de santé publique au gouvernement, on
a toujours été excessivement transparents. Nous avons des points de presse à toutes les semaines. Lorsqu'il est
nécessaire, on publie la documentation. Mais, écoutez, ce n'est pas de ça qu'on
parle ici, cette semaine, là, c'est un
document qui a été probablement discuté au niveau de Santé publique Montréal
entre des experts. Puis moi, je demanderais d'arrêter de faire de la confusion
à de la documentation qui n'est qu'un échange entre experts.
Le Président :
En terminant.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader du deuxième groupe de l'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, ce qui génère de la confusion, au Québec, ce qui érode
l'adhésion des Québécois et des
Québécoises à l'effort collectif de
lutte contre la pandémie, c'est le manque de transparence du gouvernement du Québec, un manque de transparence systématique
depuis le début de la crise. L'avis, il circule dans les médias. La Dre Drouin
donne des entrevues, elle parle
ouvertement de ses recommandations. Pour diminuer la confusion, la chose à faire,
c'est de rendre public cet avis. Le ministre de la Santé va-t-il le
faire?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien, je pense que, le député de
Gouin, c'est son droit, là, de dire que Mme Drouin — en
passant, qui fait un excellent travail à Montréal — est
en train de créer de la confusion. Je vais laisser... Non, mais c'est...
Président : Je comprends... Non, je m'excuse. Deux secondes.
C'est parce que... Bien, on peut avoir de l'interprétation, là. Vous dites des choses, on comprend autre chose. Je
pense, c'était assez clair dans le propos, là, et ce n'est pas le message que j'ai entendu. Je vous
demande de vous asseoir, là-dessus, puis de... Comprenons bien ce qui a été
dit. Dans ce cas-ci, ce n'est pas ce que moi, j'ai entendu. Allez-y.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je vais répéter exactement ce que je viens de dire pour
le député de Gouin : Il ne faut
pas créer de la confusion dans la population. Il n'y a pas eu d'avis formel qui
a été fait par le Dr Arruda concernant des discussions qu'il y a eu lieu entre la Santé publique nationale, qu'on
appelle, et la Santé publique Montréal. Lorsque ces recommandations-là
nous viendront du Dr Arruda, nous allons les discuter et les publier.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader.
M. Nadeau-Dubois :
Le ministre dit qu'il n'y a pas eu d'avis formel, alors je vais procéder à son
dépôt en Chambre, M. le Président.
J'aimerais déposer l'avis écrit de la Direction régionale de santé publique de
Montréal, que le gouvernement a sur
son bureau depuis le 26 octobre dernier. Vous voyez, M. le Président, la
transparence, ce n'est pas si difficile que ça.
Président :
Consentement pour le dépôt du document? Il y a consentement? Consentement. M.
le ministre de la Santé et des
Services sociaux.
Président : S'il vous plaît!
M. Dubé : Alors, je répète exactement ce que j'ai dit :
Il y a des documents qui ont dû être discutés entre la Santé publique Montréal
et le Dr Arruda, mais il n'y a jamais eu une recommandation de la part du
Dr Arruda qui a été faite au gouvernement.
C'est exactement ce que j'ai répondu. Et, ce document-là, j'en prendrai
connaissance, mais ce document-là n'a
jamais été présenté par le Dr Arruda comme une recommandation formelle.
S'il vous plaît, arrêtez de créer de la confusion dans la population.
Merci.
Président : Soyez... Non, mais je vous l'ai dit tout à l'heure,
arrêtez de vous prêter des intentions. Quand même, dans la mesure où on
l'a bien expliqué, M. le leader du deuxième groupe, je pense, c'est clair. Je
rappelle l'avis : Soyez prudents dans
les propos, arrêtez de penser, ou d'insinuer, ou de prêter des intentions. Vous
savez comment ça fonctionne.
Question principale, maintenant. Question
principale, Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Ça fait maintenant six semaines que les Québécois ont appris l'avortement du
procès dans l'affaire de Nathalie
Normandeau et de ses coaccusés. Ça fait 10 jours que nous savons que ce
jugement ne sera pas porté en appel.
Et, depuis
tout ce temps, pas un mot du ministre de la Justice. Alors que l'échec est
complet, que le jugement révèle des éléments troublants, que les
questionnements fusent, que les Québécois vivent encore une fois une grave perte
de confiance, tout ce à quoi on a droit de
la part du ministre, c'est un assourdissant silence, alors qu'il devrait se
sentir totalement responsable, qu'il devrait sentir une urgence de
parler aux Québécois. C'est sa responsabilité de le faire.
Est-ce qu'il peut donc enfin s'exprimer et dire ce qu'il pense
de la tournure des événements et
surtout ce qu'il entend faire pour rebâtir la confiance face à cet autre
échec monumental du système?
Le Président : M. le ministre
de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le juge Perreault, de la Cour du
Québec, a rendu, le 25 septembre dernier, un jugement dans l'affaire Nomandeau, dans l'affaire
Marc-Yvan Côté. On se souvient des faits qui ont mené à l'arrestation de Mme Normandeau
lors de la journée d'un budget déposé par le gouvernement libéral. Le juge
Perreault, dans son jugement, énonce
plusieurs éléments pour arriver à sa décision. La Directrice des poursuites
criminelles et pénales a décidé de ne pas porter en appel ce jugement.
Vous savez
que, depuis 2005, la poursuite en matière criminelle et pénale relève d'une
personne indépendante, qui est la Directrice des poursuites criminelles et
pénales. Or, à
titre de ministre de la Justice, je vais toujours m'assurer de
faire en sorte de défendre
l'indépendance de l'institution mais surtout de m'assurer... Et je souhaite
envoyer un message à la population.
Sous notre gouvernement, nous nous sommes assurés de faire en sorte qu'à la
fois la Directrice des poursuites criminelles
et pénales, à la fois le directeur de l'Unité permanente anticorruption et à la
fois le directeur de la Sûreté du Québec seront nommés de façon indépendante
par un vote des deux tiers ici, à l'Assemblée nationale, de façon à garantir
l'indépendance de nos institutions. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Malheureusement, le ministre nous donne exactement les réponses qu'il déplorait
quand il était dans l'opposition.
C'est lui, le premier responsable de la justice, et il n'a pas d'opinion sur la
tournure des événements. Et, comme si ce n'était pas assez, après l'avortement
de ce procès, après toute l'opacité autour de la suspension de Martin
Prud'homme, voici qu'on apprenait mardi le départ prématuré de qui? Me
Murphy, la Directrice des poursuites criminelles et pénales.
Est-ce que cette fois le ministre ne va pas
attendre six semaines et va nous dire ce qu'il pense de ça, qui ne fait
qu'ajouter à la méfiance et à la...
Le Président : M. le ministre
de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, Me Annick Murphy, qui est
procureure au Directeur des poursuites criminelles et pénales depuis le début des années 80,
40 ans de service public, M. le Président, dont environ six à
titre de
Directrice des poursuites criminelles et pénales, m'a annoncé lundi,
lors d'un échange téléphonique, qu'elle quittait pour des raisons personnelles. Je tiens à la remercier pour le
travail qu'elle a accompli au cours des dernières années. Il relève de sa
décision de quitter ses fonctions une
année plus tôt, M. le Président. Et ce que je peux assurer, c'est qu'un avis de
publication d'un concours sera effectué au cours des prochaines semaines
pour doter le poste, parce qu'en fonction de la nouvelle loi le Directeur des poursuites criminelles et pénales,
ici, sera choisi par les deux tiers des membres de l'Assemblée nationale,
en toute indépendance.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Ce n'est pas le type de réponse que j'espérais du nouveau ministre de la
Justice. J'espère qu'il est conscient
de la perte de confiance énorme dans nos institutions et de la confusion qui est entraînée par cette annonce
encore cette semaine.
Alors, il a une
chance de se reprendre. S'il croit à l'importance de la transparence, de la
reddition de comptes et de rebâtir la confiance, est-ce qu'il va voter
avec nous avec la motion qu'on va déposer, qui vise précisément à poser un
premier geste en ce sens en entendant la Directrice des poursuites criminelles
et pénales en commission parlementaire?
Le Président :
M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, durant des années, au Québec,
durant les 15 dernières années, il y a eu des scandales de collusion, des scandales de
corruption qui ont été mis au jour par, notamment, la commission Charbonneau. Un précédent gouvernement aurait eu l'opportunité
de s'assurer de faire le ménage mais a préféré continuer de mêler la
politique, la justice et la police, M. le Président. Nous, ce n'est pas ce que
nous allons faire. Nous sommes le premier gouvernement
à séparer formellement les fonctions de DPCP... la nomination du directeur du DPCP,
de l'UPAC et de la Sûreté du Québec par un vote aux deux tiers de l'Assemblée
nationale pour assurer l'indépendance.
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : Il n'y aura
plus de politique mêlée avec la police ni avec la justice, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le...
Président : S'il vous
plaît! Sans commentaire sur les réponses, vous connaissez les règles. M. le
député de Vimont, à vous la parole.
M. Rousselle : Merci, M.
le Président. Il y a deux semaines, à la suite de la demande de la part des
producteurs laitiers canadiens pour faire
pression sur le gouvernement fédéral afin d'obtenir des compensations justes et
équitables, nous avions demandé au ministre de l'Agriculture de démontrer son support aux producteurs laitiers
québécois en faisant pression sur le
gouvernement fédéral pour que les compensations arrivent rapidement. Le ministre
nous avait dit : Ne vous inquiétez pas, les aides financières arrivent incessamment. Incessamment, pour
vous, c'est quand? Ça fait deux semaines, deux sorties des producteurs,
puis il n'y a rien qui bouge, actuellement.
Allez-vous
commencer à faire de la pression sur le fédéral ou continuez-vous à démontrer
le laxisme qu'on vous connaît?
Le Président : Vous vous
adressez toujours à la présidence, encore une fois. M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, premièrement, c'est des propos
blessants, de la part du député de Vimont. On commence à être habitués qu'il ne dise
pas réellement les vrais faits, lorsqu'il fait des interventions...
Président : Non, s'il
vous plaît! Attention, encore une fois. Vous connaissez ces notions, d'imputer
aussi la notion de vérité, et tout
ça, vous les connaissez. Maintenant, je pense que les choses ont été bien
dites. Vous vous adressez à la
présidence, vous êtes prudents dans les propos. M. le ministre de l'Agriculture, s'il vous plaît, votre réponse, à partir
de maintenant.
M. Lamontagne : M. le Président, je remercie encore mon collègue
pour sa question. Je pourrais faire le tour, avec lui, d'un certain
nombre d'enjeux, présentement, parce que, dans le milieu agricole, dans le
milieu de la transformation alimentaire, présentement, M. le Président, il y a
plusieurs enjeux qui peuvent susciter des inquiétudes soit auprès des consommateurs soit auprès des transformateurs, des
producteurs. Naturellement, bien, je n'en entends pas parler de mon collègue. Ce qu'il a appris, dans son lexique, là,
c'est parler des demandes des producteurs laitiers, de parler des règlements
suite aux accords de commerce qui ont été conclus par le gouvernement fédéral.
Alors, ce que
je peux assurer encore mon collègue, s'il a écouté les nouvelles — on vit dans la même ville — moi, j'ai entendu, là, que la ministre avait
annoncé que le paiement allait se faire au mois de décembre ou au mois
de janvier 2021 au plus tard. Alors, je
rappellerais à mon collègue qu'il peut, il peut, écoutez, estimer que la parole
qui a été prononcée n'a pas de
valeur, il peut prêter toutes les intentions possibles au gouvernement fédéral ou à ma collègue qui est ministre de l'Agriculture et
agroalimentaire Canada, moi, j'ai pris bonne note des commentaires de la
ministre Bibeau...
Le Président : En terminant.
M. Lamontagne : ...et puis ce
que je comprends, c'est que le gouvernement va faire les paiements en décembre
ou janvier 2021, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Vimont.
M. Rousselle :
M. le Président, j'aimerais ça qu'il arrête d'écouter les nouvelles puis que le
ministre commence à être en action,
comprenez-vous, parce que de toute évidence les résultats ne sont pas au
rendez-vous. La réalité, en ce moment, là, les producteurs agricoles
sont sous pression. Les règles sanitaires imposent des coûts supplémentaires. Imaginez-vous, là, une perte de 8 % de marché
avec les accords du libre-échange, puis là on ajoute en supplémentaire les
règles sanitaires. La santé financière est difficile.
À quand une
réaction vigoureuse du ministre pour assurer la santé financière des
entreprises laitières au Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
M. Lamontagne :
M. le Président, je vais rappeler à mon collègue que l'impact des accords qui
ont été signés s'étale sur des années
et des années, M. le Président. Alors, quand mon collègue mentionne une perte
de marché d'un certain nombre de pour cent, j'aimerais ça qu'il rectifie ses
termes, parce qu'au moment où on se parle il n'y a pas eu cette perte de
marché là de 8 %, ou de 7 %, ou de 9 %, M. le Président.
Ce qu'il faut
comprendre, c'est que l'implantation de ces accords-là va se faire sur un
certain nombre d'années. L'an passé, il y a
eu un versement de la part du fédéral, un montant, là, équivalent à à peu près
28 000 $ par ferme, qui visait à compenser l'impact des
accords avec l'Europe.
Le Président :
En terminant.
M. Lamontagne :
Le gouvernement fédéral a mentionné qu'il allait faire des paiements en
décembre et janvier, et puis on est en attente de ces paiements, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Vimont.
M. Rousselle :
Écoutez, M. le Président, je l'écoute, là, puis il fait juste écouter les
nouvelles puis il ne fait aucune pression.
Je n'ai entendu rien, aucune pression, actuellement. Écoutez, ça ne va pas
bien, actuellement, là. Bien beau, dire : Oui, il y a des choses qui s'en viennent, là... Moi, je me suis levé
deux fois ici. L'association des laitiers, ça fait deux fois aussi qu'ils se lèvent là-dessus. Combien de fois
il va falloir que les producteurs se lèvent pour que ça bouge? Puis combien
de fois il va falloir que je me lève en Chambre aussi pour que vous agissiez?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
M. Lamontagne :
Ce que je dirais à mon collègue, bien, c'est de se lever moins souvent, de
rester assis mais lire les journaux, écouter les nouvelles, prendre son
téléphone, appeler les gens concernés. Moi, je suis en contact avec le président des producteurs de lait du Québec sur
une base hebdomadaire, très souvent. Je suis en contact avec la ministre Bibeau
à toutes les semaines. Cette semaine, là, si
vous avez manqué cette annonce-là, il y a 7,5 millions de dollars qui a
été annoncé pour les producteurs,
pour améliorer les conditions des travailleurs à la ferme. M. le député, quand
vous dites qu'il n'y a rien qui se fait, il y a des choses qui ont été
faites cette semaine.
Alors,
écoutez, j'invite mon collègue à suivre l'actualité puis à prendre le téléphone
puis appeler les gens de la filière, je pense qu'il va avoir plusieurs
réponses aux questions qu'il se pose aujourd'hui, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Le premier ministre est arrivé au pouvoir en promettant
de tourner la page sur les années
sombres du Parti libéral, de, bien sûr, réparer la confiance blessée de la
population envers la classe politique. Bien, ça n'a pas pris deux ans
avant que la CAQ commence à prendre les mauvaises habitudes que le premier
ministre dénonçait dans l'opposition.
semaine dernière, le ministre de l'Économie a été lourdement blâmé par la
Commissaire à l'éthique pour avoir donné
un accès privilégié à un ami lobbyiste. Ça rappelle des choses. Les hauts
fonctionnaires l'ont averti, il n'a pas écouté. La commissaire l'a rencontré. Il n'a démontré, et je le cite, «aucune
volonté réelle de s'amender». Hier, à la période de questions, il n'a
même pas daigné se lever pour offrir ses excuses à la population.
M. le Président, le ministre de l'Économie, en plus, ce n'est pas n'importe quel
ministre, là. On est en pleine crise, c'est
lui qui choisit quelle entreprise il va sauver ou pas avec notre argent public.
Sa conduite doit être exemplaire, comme toute notre conduite, d'ailleurs.
Alors, il doit démontrer qu'il comprend ses obligations éthiques envers la population.
Alors,
je demande au premier ministre : Est-ce qu'il va demander à son ministre de
l'Économie de s'excuser auprès des Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre, à vous la parole.
M. Legault : Oui, M.
le Président, effectivement, il y a eu un rapport de la Commissaire à l'éthique
concernant le ministre de l'Économie.
Le ministre de l'Économie l'a dit, il a été imprudent, il n'aurait pas dû
rencontrer un ami. Par contre,
ce qu'il faut quand même retenir, c'est qu'il a rencontré
un ami qui est venu lui présenter trois projets : deux pour des entreprises,
qui ont été refusés, puis un pour une municipalité, qui a été accepté par un
autre ministre.
ministre de l'Économie cherche tous les projets disponibles, ami, pas ami, et
les évalue de façon complètement
indépendante. La Commissaire à l'éthique a dit clairement qu'il n'y
a aucune intention de malversation, aucune intention de favoriser qui
que ce soit puis de mettre de l'argent dans ses poches.
Donc,
M. le Président, on l'a dit, on va accepter le rapport de la Commissaire à l'éthique, contrairement à ce que le Parti
libéral avait fait pour Pierre Paradi. Et je pense que le ministre de
l'Économie a eu sa leçon.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : M. le
Président, je pense que le premier ministre oublie une chose fondamentale. La démocratie, là, ce n'est pas juste... lorsqu'il est question
d'éthique, ce n'est pas juste de dire : Ah! j'aurais pu faire mieux,
c'est de dire : Non, attention, là, j'ai commis une erreur, et par
conséquent je m'excuse auprès des Québécois et
Québécoises.
Je ne comprends pas
le laxisme avec lequel le premier ministre prend cette chose-là. C'est notre
réputation qui est en jeu.
Est-ce qu'il va lui
demander de s'excuser auprès des Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, je répète ce que j'ai dit.
Le ministre de l'Économie a été imprudent. Il a fait un point de
presse, il a admis qu'il était imprudent.
Maintenant,
M. le Président, je pense que tout le monde va reconnaître,
là, que le ministre de l'Économie
était de bonne foi, et qu'est-ce
qu'il cherchait, c'est le maximum de projets possible, parce qu'on est contents
de voir qu'actuellement le Québec se
relève plus rapidement que les autres provinces quand on regarde la croissance
économique. Je pense qu'on
peut tous être très fiers de notre ministre de l'Économie.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : Écoutez, M. le
Président, lorsqu'à un micro on lui a
demandé s'il reconnaissait que... les propos de mon collègue de Rosemont, qui disait que, dans le fond, il gère son ministère
comme une business, ça le dérangeait, la réponse a été : Je gère ça comme une business. Alors là, il y a
un problème. Un ministère, ce n'est
pas une business. Et, par
conséquent, la démocratie, ce n'est pas être à la tête... P.D.G. d'une entreprise.
Est-ce que le premier
ministre va aller au-delà et exiger des excuses?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, j'invite la cheffe du deuxième groupe d'opposition à aller choisir au hasard 10 hommes ou femmes d'affaires parmi les plus importants au Québec. Ils
vont tous vous dire, là, qu'on est chanceux d'avoir quelqu'un du calibre du ministre de l'Économie qu'on a.
On a quelqu'un, là... On n'a pas vu ça depuis longtemps, quelqu'un qui est
capable de bien comprendre les propositions
des entrepreneurs, que ce soient des petites entreprises ou des grandes
entreprises. Puis son objectif,
là, c'est de faire grandir le Québec. Et il
n'a jamais eu d'intention de mettre
de l'argent dans ses poches. D'abord, il n'en a pas besoin. Et il
rencontre des amis...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
M. Legault :
...il rencontre des non-amis, mais le but, c'est...
Le Président :
Question principale...
Le Président :
Question principale. Question principale, Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Le 26 octobre dernier, dans un reportage de Radio-Canada, deux femmes
victimes de violence conjugale dont
les conjoints alcooliques sont devenus violents lors d'une première
grossesse racontent non seulement le cauchemar vécu avec le conjoint
violent, mais aussi le cauchemar d'une DPJ qui, malgré des plaintes répétées à
la police, des accusations de voies de fait,
des menaces de mort, de tentative de meurtre, décident, dans un cas, d'accorder
la garde des enfants au père violent
et, dans l'autre, d'imposer une garde partagée, car la DPJ voudrait que le père
revienne dans la vie de l'enfant.
Pourtant, il
est reconnu depuis longtemps que les enfants sont sévèrement affectés et même
traumatisés par la violence
exercée du père envers la mère. Le ministre reconnaît le problème et le besoin
de réviser la loi.
Est-ce que le
ministre s'engage aujourd'hui à modifier la loi rapidement afin de protéger la
santé et la sécurité des enfants?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. C'est un dossier qui est
extrêmement préoccupant. Et vous savez que, présentement, la commission Laurent tient des travaux en lien avec
la DPJ, et très certainement, lorsque nous aurons les recommandations de la commission Laurent, il y
aura fort probablement, M. le Président, des modifications législatives en
lien avec les recommandations du rapport Laurent.
La présidente
de la commission Laurent, Mme Régine Laurent, a demandé un délai
supplémentaire afin de pouvoir compléter
son rapport. Le gouvernement du Québec a décidé d'accorder ce délai
supplémentaire là, puisqu'on souhaite que le rapport soit le plus complet possible. Mais il est certain, M. le
Président, que le gouvernement du Québec entreprendra des modifications législatives en fonction des
recommandations qui seront présentées par la commission Laurent, à laquelle
participent d'ailleurs l'ensemble des
formations politiques. Je tiens à rappeler qu'il y a un représentant ou une
représentante par formation politique qui siège actuellement sur la
commission Laurent.
Et nous
attendons avec impatience, M. le Président, le rapport de la commission, parce
qu'au Québec, M. le Président, ce qui doit primer, c'est l'intérêt des enfants. Les orientations qui doivent
être données doivent être en fonction de l'intérêt des enfants, et je
pense que tout le monde ici, en cette Chambre, s'entend sur ce point-là.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : La commission
Laurent, son rapport a été reporté à cinq mois. L'urgence pour les enfants,
c'est aujourd'hui. En réaction au reportage de Radio-Canada, une directrice explique que la DPJ est obligée d'aller vers le parent
le plus neutre, celui qui ne parle pas contre l'autre, qui ne fait pas
d'aliénation parentale, et trop souvent c'est le parent coupable de violence conjugale qui se voit accorder la garde ou la garde
partagée. Le ministre a reconnu le problème, il y a urgence d'agir.
Est-ce que le ministre peut aujourd'hui
s'engager à mettre fin à ces situations...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, ce que la députée de Notre-Dame-de-Grâce soulève est un bon point, M. le Président. La loi relève de la
responsabilité de mon collègue ainsi que de la mienne, et nous étudierons cette
possibilité-là parce que c'est fondamental de faire en sorte que les
personnes qui sont victimes de violence conjugale ne soient pas pénalisées. Et ce qui est soulevé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce fait
partie également d'un des enjeux qui sont vécus à la fois par la DPJ et à la fois dans le système de
justice. Or, c'est fondamental de protéger les victimes de violence
conjugale mais surtout de s'assurer de faire en sorte que les enfants soient
protégés et, surtout, que leur intérêt supérieur prime. Alors, je peux rassurer
la députée de Notre-Dame-de-Grâce que nous allons agir.
Le Président : Deuxième complémentaire,
Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : M. le
Président, je demande aux
parlementaires de se mettre à la place de ces femmes victimes de violence conjugale qui voient la DPJ placer
leurs enfants entre les mains de celui qui les a battues, qui les a violentées.
M. le Président, en tant que femme, en tant que mère, j'ai été vraiment heurtée,
troublée par ce que j'ai lu, et ça m'a profondément choquée.
Est-ce
que le premier ministre du Québec trouve acceptable la façon de faire de la
DPJ?
Le Président :
M. ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, tel que je viens de le
dire, c'est un enjeu qui est sérieux, qui requiert l'attention des parlementaires et sur lequel le gouvernement agira. C'est fondamental de penser à l'intérêt des enfants et de faire
en sorte que les victimes de violence conjugale soient
protégées. Je pense que c'est non négociable, et nous allons agir sur ce
point-là.
ce qui concerne la façon dont la DPJ gère ces dossiers-là, ce sera regardé par
mon collègue ministre
délégué à la Santé et aux Services
sociaux. Mais une chose qui est
fondamentale dans notre société, M.
le Président : la violence n'a pas
sa place, la violence conjugale n'a pas sa
place. Et l'État québécois sera là pour soutenir les victimes de violence
conjugale et surtout de s'assurer de la protection de l'intérêt des enfants.
Le Président :
Question principale, Mme la députée Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Ça tombe très
bien, on va parler de l'intérêt des
enfants puis de la violence. Moi, j'ai le goût de parler d'un enfant de sept
ans qui va à l'école Méandre, à Rivière-Rouge. Ça fait maintenant
un an qu'il est violenté par un autre garçon.
Le petit gars de sept ans, ça ne lui tente plus d'aller à l'école, puis c'est
rendu un vrai cauchemar. Il se fait lancer des roches par le même enfant, il se fait frapper avec des branches
d'arbre, il se fait mettre à terre et se fait rouer de coups. Puis
récemment son ecchymose, là, était grosse comme ça sur le visage.
Marilyn, sa mère, son cri du coeur à l'école n'a
pas été entendu. Elle demande, là, la chose la plus évidente : séparer les
enfants. Ils ne peuvent plus être dans la même classe, il se fait constamment
frapper par l'autre enfant. Marilyn se fait répondre : On ne peut pas les séparer parce que la directive du ministère de l'Éducation, c'est qu'une fois qu'on a fait les
bulles-classes on n'y touche plus,
aux bulles-classes. Ça n'a pas de bon sens. Je comprends les règles sanitaires,
mais les règles sécuritaires les plus élémentaires
ne sont pas respectées. Et là, aujourd'hui, on a un enfant qui, lui, est victime d'intimidation
et de violence.
Je demande au ministre
d'envoyer une directive claire de permettre de séparer les bulles-classes.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. C'est une situation très particulière dont ma
collègue nous parle. J'ai reçu de
l'information concernant cette situation-là. Je peux vous dire que la mère,
enfin, la famille est en contact constant avec la direction d'école, qui a mobilisé son équipe-école pour réagir,
mais même prévenir cette situation-là, mais réagir aussi ensuite. Je peux vous dire qu'on a adapté les périodes de
récréation, on a ajouté des services de surveillance, on a mobilisé la personne qui occupe le rôle de
technicienne en éducation
spécialisée, on applique le programme qui s'appelle Vers le pacifique. Donc, je pense que, vraiment,
la mère a bénéficié d'une excellente écoute et que l'enfant est bien pris en
charge dans un contexte de bienveillance.
n'est pas ici... Il n'y a personne qui est dans le déni, il n'y a personne qui
banalise la situation. Au contraire, je vous dirais que l'équipe est
mobilisée. Le dialogue est continu entre la famille et l'école. Je sais même
qu'aujourd'hui il y a une autre rencontre,
enfin, un rendez-vous qui est pris en fin d'après-midi pour voir qu'est-ce
qu'on peut faire de plus et de mieux pour assurer la sécurité de tout le
monde.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Aujourd'hui, c'est la Journée internationale contre la violence et le
harcèlement en milieu scolaire. Ce
qui est ironique, M. le Président, c'est que le ministre, aujourd'hui, va
participer à une conférence en partenariat avec l'UNESCO sur le harcèlement et la violence en milieu scolaire.
Personnellement, M. le Président, je serais mal à l'aise de me présenter à cette conférence en sachant qu'un
petit bonhomme violenté dans mon système scolaire ne veut plus aller à l'école.
J'espère qu'il va prendre des notes, car on doit être des leaders dans la
matière ici, au Québec.
Comment, maintenant,
le ministre va s'assurer qu'un tel drame ne se reproduise jamais?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : M. le Président,
je pense que mon collègue a raison de nommer qu'aujourd'hui est une journée spéciale, effectivement, c'est une journée
internationale pour la lutte contre la violence, le harcèlement,
l'intimidation, la cyberintimidation. J'ai participé ce matin à cette rencontre
internationale, à l'invitation du ministre de l'Éducation, M. Jean-Michel Blanquer. On a discuté
ensemble avec plusieurs autres ministres, plusieurs représentants d'autres
États de tout ce qu'on peut faire
d'un point de vue législatif, d'un point de vue budgétaire, d'un point de vue
éducatif pour lutter contre la
violence, contre l'intimidation et contre la cyberintimidation. Il va falloir
qu'on mobilise, toute la société, qu'on inclue les parents dans le
dialogue pour, ensemble, faire avancer cette bulle de protection autour de nos
enfants.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous
allons maintenant passer à la rubrique Motions sans préavis. En fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation, je reconnais Mme la ministre de la
Culture et des Communications.
Mme Roy :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de débattre de la
motion suivante conjointement avec la députée de Verdun, la députée de Mercier,
le chef du troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey, la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale félicite les récipiendaires des Prix du Québec 2020, qui
constituent la plus haute distinction gouvernementale en culture et en science;
«Qu'elle rappelle que
les récipiendaires des Prix du Québec sont des femmes et des hommes qui ont
contribué à l'enrichissement individuel et
collectif de la société québécoise de même qu'au rayonnement du Québec à
travers le monde.» Merci, M. le Président.
Président : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, il y a consentement pour un
débat de deux minutes par intervenant, dans l'ordre suivant : Mme la ministre
de la Culture et des Communications,
Mme la députée de Verdun, Mme la députée de Mercier et M.
le leader du troisième groupe d'opposition.
Le Président : Je répète et je comprends qu'il y a consentement
pour qu'il y ait quatre intervenants et pour que la durée des
interventions soit limitée à un maximum de deux minutes chacune. Mme la
ministre, à vous la parole.
Mme Roy : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'ai
l'honneur d'offrir aujourd'hui nos plus sincères félicitations aux
lauréates et aux lauréats des Prix du Québec 2020.
Comme
vous le savez, c'est la plus haute distinction remise par le gouvernement du
Québec. Le ministre de l'Économie et de
l'Innovation, M. Pierre
Fitzgibbon, et moi-même avons d'ailleurs dévoilé hier les noms des
récipiendaires, qui méritent notre
plus grande reconnaissance pour leur apport significatif à la société
québécoise dans les domaines de la culture
et de la science. En raison des mesures sanitaires que nous vivons, la remise
de ces prix s'est faite de façon virtuelle, mais leurs noms et leurs réalisations n'en resteront pas moins gravés à
jamais dans la mémoire du Québec. Ces femmes et ces hommes sont des
modèles non seulement pour leurs concitoyens, mais aussi pour les générations à
venir.
Alors, les lauréates et les lauréats
des Prix du Québec 2020 sont, pour le volet culturel : M. André
Laliberté, qui reçoit le prix
Albert-Tessier; Mme Carole David, le prix Athanase-David; M. Yvon
Deschamps, le prix Denise-Pelletier; Mme Malaka
Ackaoui et M. Vincent Asselin, le prix Ernest-Cormier; Mme Solange Chalvin,
le prix Georges-Émile-Lapalme; M. Claude Dubé, le prix Gérard-Morisset;
M. Mohamed Lotfi, le prix Guy-Mauffette; et M. Pierre Bourgault, le
prix Paul-Émile-Borduas. Et, pour le volet scientifique, maintenant, les
lauréats sont : Mme Isabelle Peretz reçoit le prix Armand-Frappier; M. Charles Morin, le prix
Léon-Gérin; Mme Claire Deschênes, le prix Léon-Boulet; Mme Mireille
Cyr, le prix Marie-Andrée-Bertrand;
Mme Anne de Vernal, le prix Marie-Victorin; M. William Foulkes, le
prix Wilder-Penfield; et Mme Valérie Langlois, le prix Relève
scientifique.
Collectivement,
nous pouvons tous être très fiers de ces 16 personnes d'exception qui par
leur créativité, leur audace, leur approche
innovante et leur détermination ont contribué et contribuent toujours
à enrichir notre identité et à faire évoluer le Québec. Félicitations à
tous! Vous nous rendez fiers.
Et, en terminant, je tiens à annoncer
que le prochain appel de candidatures pour les Prix du Québec aura lieu de la mi-janvier à la mi-mars 2020‑2021.
Félicitations à tous! Merci beaucoup, M.
le Président.
Le Président :
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci, M.
le Président. C'est un honneur pour
moi de prendre un moment en cette Chambre pour rendre hommage aux
récipiendaires des Prix du Québec 2020.
Vous
comprendrez, M. le Président, qu'en deux minutes c'est impossible de
rendre justice à ces géants de la société. Cependant, je vais tenter de
ramener tout ça à l'intérieur du temps qui m'est offert.
Aujourd'hui, les
récipiendaires des Prix du Québec 2020 reçoivent la plus haute distinction
décernée par le gouvernement du Québec en culture et en sciences. Il est bien dommage
qu'à cause des circonstances actuelles de la pandémie nous ne puissions
pas souligner cette reconnaissance à sa juste valeur. À chaque année, il s'agit
d'une des plus belles cérémonies de notre Parlement, une des plus émouvantes
aussi.
Je veux donc
dire aux 15 récipiendaires, que je n'ai pas le temps de nommer — puisque
la ministre l'a fait, je pense que
c'était bien fait — au nom de ma formation politique et de tous
les Québécois, de toutes les Québécoises, merci pour votre contribution à la vivacité culturelle et
scientifique du Québec. Vous êtes des personnes remarquables, qui contribuez
à l'essor de votre domaine et qui faites rayonner le Québec sur la scène
nationale et internationale.
Quelle tristesse de ne pas vous voir recevoir en
personne ces prix importants! J'espère que cela ne diminue en rien la fierté que vous ressentez aujourd'hui.
Espérons que, quand les choses redeviendront à une relative normalité, nous
pourrons vous serrer la main et souligner d'humain à humain votre contribution
à notre société.
Merci, encore une fois, et bravo aux 16 récipiendaires
des Prix du Québec!
Le Président : Merci. La
parole appartient maintenant à la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, M. le Président. Il me fait plaisir, à mon tour, de souligner la
contribution exceptionnelle des récipiendaires des Prix du Québec.
Québécoises et Québécois ont contribué à enrichir notre patrimoine culturel et
scientifique. Jamais, avant la pandémie,
nous n'avons pu prendre autant la mesure de l'importance de la science et des
scientifiques dans nos vies, mais aussi
des artistes, qui nous manquent tellement en ce moment. Je pense aux salles de
spectacle vides, aux scènes inoccupées. Le Québec, aujourd'hui, ne serait pas le même s'il n'avait pas pu
entendre L'Osstidcho d'Yvon Deschamps, récipiendaire,
aujourd'hui, du prix Denise-Pelletier en culture. Vivement que nous puissions
nous retrouver tous avec nos artistes.
J'ai pris
plaisir à lire le portrait des récipiendaires des prix scientifiques et de
découvrir leur expertise sur des sujets aussi variés que la science hydraulique, la médecine et les sciences du
langage. Comment ne pas être fière quand on lit le portrait d'Anne Vernal, pionnière en recherche sur
les changements climatiques et récipiendaire du prix Marie‑Victorin? J'espère qu'en lui remettant
ce prix, aujourd'hui, l'Assemblée
nationale se souviendra que la
meilleure façon d'honorer tous ses efforts et ce qu'elle a fait est de
s'assurer que la lutte aux changements climatiques soit enfin une priorité.
J'aurais aimé
parler longuement de tous les récipiendaires, mais le temps me manque.
Permettez-moi quand même de souligner la contribution du lauréat du prix
Guy-Mauffette, M. Mohamed Lotfi. Je suis le parcours de M. Lotfi
depuis très longtemps. Je suis
d'ailleurs une adepte de son extraordinaire et touchante émission radiophonique,
les Souverains anonymes , quel
beau nom. Pendant 30 ans, ce grand humaniste a aidé sans relâche des
prisonniers à s'évader de la prison de Bordeaux. Oui, c'est qu'il a fait, il leur a permis d'être libres à travers la
poésie, la littérature, l'imaginaire, bref, la culture. Vous savez, la façon dont une société traite ses prisonniers
en dit beaucoup sur elle. Le projet de M. Lotfi nous a
permis collectivement d'aller à la rencontre de ces hommes, et ça nous a
permis de devenir plus humains et plus sensibles.
Je terminerai
en donnant la parole à M. Mohamed Lotfi, comme il l'a lui-même donnée
pendant toutes ces années aux
prisonniers : «La sécurité, ce n'est pas seulement de parquer des gens
derrière des murs en attendant leur sortie. La vraie sécurité, c'est de leur permettre de sortir beaucoup
moins criminels et dangereux, et peut-être même plus épanouis.» Merci.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le
Président. Je suis heureux de
féliciter, au nom du Parti québécois, une pléthore de récipiendaires des Prix du
Québec 2020. Ces gens-là ont une carrière exceptionnelle, qui mérite qu'on
la souligne.
Tout d'abord, M. André Laliberté,
marionnettiste d'avant-garde, directeur artistique, véritable mentor pour des
générations d'artistes. Son parcours professionnel est couronné de succès ici
et à l'étranger.
Mme Carole
David, on la reconnaît comme force créatrice, la grandeur de sa plume et la
profondeur de son engagement
dans sa communauté.
M. Yvon
Deschamps, aussi humble que grandiose, ce monument de l'humour bien de chez
nous a su toucher son public comme
nul autre, de façon extraordinaire. Chaque Québécois possède une référence à
l'un de ses monologues. On aime Yvon Deschamps parce qu'il nous aime.
Mme Malaka
Ackaoui et M. Vincent Asselin, ce sont des artistes de la ville, des
créateurs de milieux de vie, des visionnaires
paysagers. On leur doit plusieurs aménagements urbains durables qui font notre fierté et celle
d'autres pays.
Mme Solange
Chalvin, on reconnaît aussi sa considérable contribution à la francisation de nos milieux de travail et de notre Administration
ainsi qu'au rayonnement de la promotion de français.
M. Claude
Dubé. Cet architecte, urbaniste et professeur s'est consacré à la protection et
la mise en valeur du patrimoine québécois,
convaincu que plus une population est attachée à celui-ci, plus elle sera fière
et aura envie de participer activement à sa vie communautaire.
M. Mohamed
Lotfi. Cet homme a donné une voix aux détenus pendant des décennies. Il leur a
permis de s'exprimer librement dans leurs propres mots.
M. Pierre Bourgault,
sculpteur de renom. Il a à coeur de rendre ses oeuvres accessibles et les
mettre à la disposition du public pour favoriser l'interaction et la
réaction.
Mme Isabelle
Peretz est une pionnière. Elle a pratiquement créé une science, la neuroscience
de la musique, pour laquelle l'avenir s'annonce prometteur.
M. Charles
Morin. C'est un leader mondial de la recherche sur l'insomnie, et ses travaux
ont eu un effet bénéfique sur des millions de personnes.
Mme Claire
Deschênes, experte des phénomènes hydrauliques régissant les turbines, a pavé
la voie aux jeunes femmes intéressées par le génie.
Mme Mireille
Cyr enseigne la psychologie depuis plus de 30 ans. Elle s'est penchée plus
spécifiquement sur les savoirs et les pratiques concernant les
agressions sexuelles visant les enfants.
Mme Anne
de Vernal nous est essentielle pour comprendre les changements climatiques.
Elle lit dans les sédiments marins, nous permettant ainsi d'expliquer
l'évolution de nos écosystèmes et du climat.
M. William
Foulkes, lui, s'illustre dans le domaine de la recherche médicale. Il a
identifié les facteurs héréditaires pouvant favoriser l'apparition de
certains cancers.
en terminant, celui de la Relève scientifique, Mme Valérie Langlois est
honorée en raison... pour ses travaux sur les contaminants dans les cours d'eau et leurs effets sur les vertébrés.
Cette leader jouera sans doute encore un rôle de premier plan dans notre
transition verte.
M. le Président,
voilà des Québécois et des Québécoises qui ont marqué notre temps. Il est temps
de leur rendre hommage. Merci, M. le Président.
Président : J'invite maintenant les leaders à me faire
connaître leurs votes respectifs, de même que les députés indépendants.
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. Je reconnais maintenant Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Rimouski, le leader du deuxième groupe d'opposition, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que la grande majorité des aînés souhaitent demeurer à
domicile le plus longtemps possible;
«Qu'elle
rappelle que dans un contexte de vieillissement de la population, le soutien à
domicile est essentiel à la qualité de vie et au vieillissement actif
des aînés;
«Qu'elle réitère que
le soutien à domicile demeure une solution basée sur les besoins spécifiques
des aînés;
«Qu'elle
souligne que selon les données du ministère de la Santé et des Services
sociaux, 13 000 personnes sont actuellement en attente de services
pour des soins à domicile, dont plus de la moitié depuis plus de 90 jours;
«Qu'elle
souligne que la pandémie a mis en évidence l'importance de reconnaître comme
services essentiels le soutien à domicile;
«Qu'elle demande au
gouvernement de tenir rapidement un vaste chantier de réflexion spécifique au
soutien à domicile; et
«Qu'enfin,
elle exige du gouvernement d'octroyer dans la mise à jour économique le 100 M$
de plus en soutien à domicile
confirmé par la ministre responsable des Aînés dans une entrevue accordée à La
Presse le 28 octobre dernier, ce qui porterait les
investissements à 500 M$ supplémentaires au total.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Président : Pas de
consentement. Je reconnais, à ce moment-ci, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Je demande le consentement de l'Assemblée pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie, la députée de Laporte, le
député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la mobilisation importante, depuis plus
d'un an, de millions de personnes en Algérie réclamant un État de
droit;
«Qu'elle
prenne acte du résultat du référendum sur la constitution de l'Algérie du 1er novembre
ainsi que du fort taux d'abstention de la population;
«Qu'elle condamne le climat de répression dans
lequel s'est déroulé le référendum;
«Que
l'Assemblée nationale demande aux autorités algériennes de respecter les droits
humains et de libérer les détenus d'opinion et des prisonniers
politiques.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. Je vous demande vos votes
respectifs. M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Oui, M. le
Président?
M. Nadeau-Dubois : Un petit
instant, je vérifie. Oui, pour. Merci
Le Président : M. le leader
du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée. Je reconnais maintenant Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le député de LaFontaine, le leader du deuxième groupe d'opposition, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale souligne l'importance d'une bonne collaboration entre l'UPAC, les
corps policiers et le DPCP pour le maintien de la confiance du public envers
l'administration de la justice;
«Qu'elle déplore l'absence d'explications face aux
nombreuses questions laissées en suspens par les événements récents
impliquant ces institutions;
«Que l'Assemblée nationale réitère l'importance de préserver
la confiance du public envers ses institutions, laquelle est
présentement gravement mise à mal;
«Qu'elle
reconnaisse que la transparence est un élément central au rétablissement de
cette confiance;
«Que, dans cette optique, l'Assemblée nationale mandate la
Commission des institutions afin d'entendre la Directrice des poursuites criminelles et pénales, le Commissaire
à la lutte contre la corruption et toute autre personne qu'elle jugera
pertinent, et ce, avant le 11 décembre prochain.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Pas de consentement, M. le Président
Le Président :
Pas de consentement.
Nous en sommes à la
rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président, j'avise cette Assemblée que la Commission des finances
publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 66, Loi
concernant l'accélération de certains projets d'infrastructure, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, ainsi que le mardi 10 novembre, de
10 heures à midi, aux salles Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des
relations avec les citoyens
poursuivra les consultations
particulières sur le projet de loi n° 70, Loi visant à protéger les personnes contre les thérapies de conversion
dispensées pour changer leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre, aujourd'hui, après les affaires courantes,
pour une durée de 1 h 35 min, et de 15 heures à
17 h 25, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 46, Loi
modifiant la
Loi sur la conservation
du patrimoine naturel et d'autres dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle du Conseil
législatif;
La Commission des
institutions entreprendra les consultations particulières sur le projet
de loi n° 72, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant
principalement des organismes du domaine de la sécurité publique, aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée de 1 h 50 min et de
et de 15 heures à
15 h 45, ainsi que le mardi 10 novembre 2020, de
10 heures à 11 h 35, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des transports et de l'environnement
entreprendra les consultations particulières sur le projet de loi n° 71,
Loi sur les véhicules hors route, le mardi 10 novembre et de 10 heures à
11 h 50, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Le Président : Merci. Pour ma part, je
vous avise que la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs
se réunira en séance de travail virtuelle le mardi 10 novembre, de
8 h 30 à 9 heures, afin d'organiser les travaux de la
commission.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée,
je vous rappelle que, lors de l'interpellation prévue pour demain, vendredi 6 novembre 2020, M. le
député de LaFontaine s'adressera à M. le ministre de la Famille sur le sujet
suivant : Déclin de l'offre, depuis
octobre 2018, de nos services de garde éducatifs à l'enfance sous la mauvaise
gouverne caquiste.
La période des travaux... des affaires courantes,
plutôt, étant maintenant terminée, nous allons passer aux affaires du jour.
Et je suspends pour
quelques instants. Merci de votre collaboration.
(Suspension de la séance à
11 h 9)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et je vais
céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, Mme
la Présidente. Pourriez-vous appeler l'article 7 du feuilleton, s'il vous
plaît?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. À
l'article 7 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le
4 novembre 2020 sur l'adoption du principe du projet de loi n° 67,
Loi instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones inondables des lacs et des cours d'eau,
octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à
répondre à certains besoins et modifiant diverses dispositions.
moment de suspendre ou d'ajourner ce débat, Mme la députée de Saint-Laurent,
c'est vous qui aviez la parole, et vous disposez encore d'un temps de
parole de cinq minutes. Alors, la parole est à vous.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup. Alors, hier, je parlais sur ce projet de loi, dont je disais :
Oui, c'est un omnibus, mais j'aimerais concentrer mon propos vraiment
sur l'article 81. C'est celui-ci qui m'interpelle le plus et qui me
préoccupe énormément. Et je suis contente
parce que, maintenant, j'ai en face de moi mon cher et estimé collègue de
Québec. Alors, vous n'avez pas eu la chance de m'entendre hier. Donc, je vais
pouvoir faire mon plaidoyer à vous, parce que je sais qu'un gars de
Québec va encore mieux comprendre mon propos d'hier.
Hier,
j'expliquais que, malheureusement, avec le phénomène d'Airbnb, plusieurs
quartiers ont perdu leur vie de quartier
parce que certains propriétaires ont décidé de récupérer des logements. Donc,
des familles sont mises dehors, et on voit
maintenant le va-et-vient de valises au lieu d'avoir le bruit des enfants dans
nos vies. Alors, vous l'avez vu aussi dans le Vieux-Québec, il y a même eu des articles là-dessus, à cet effet,
qu'on voyait, là, s'effriter cette vie de quartier pour faire place, dans des logements, à du Airbnb, des gens
qui viennent et qui vont, mais qui ne consomment pas nécessairement local,
qui n'iront pas faire leur épicerie juste à côté, qui n'iront pas faire remplir
leurs prescriptions à la pharmacie du coin.
ça, ça enlève quelque chose de très, très important. Non seulement ça brise les
vies de quartier, mais, surtout, c'est que ça crée une concurrence très,
très déloyale. Envers qui? Bien, envers nos autres entrepreneurs, qui, eux,
comme Mme Germain, des hôtels
Saint-Germain, bien, eux paient leurs impôts, engagent du monde d'ici. Puis, si
vous faites le tour des hôtels de Mme Germain, vous remarquerez, là, que
le mobilier est fait au Québec. Savez-vous pourquoi? Parce qu'elle est fière d'être Québécoise. Puis, elle,
acheter local, c'est superimportant. Et elle, elle paie tous ses impôts, comme
tous les autres hôteliers québécois. Mais, Airbnb, vous savez, le pourcentage
qu'eux prennent, là, ça s'en va dans les paradis
fiscaux. Puis vous connaissez mon dédain et mon... hein, je suis allergique aux
paradis fiscaux. Ça me donne la nausée,
puis je fais même des plaques. Vous ne pouvez pas les voir parce que je suis
basanée, là, mais ce n'est pas grave, ça me fait des plaques pareil. Alors,
ça, pour moi, c'est très important qu'on règle cette question.
Et d'ailleurs tous
les maires, là, ça, là, c'est unanime, l'article 81, ils vous le disent,
c'est dans leur champ de compétence, le zonage. Pourquoi? Parce
qu'on veut laisser la voix citoyenne
s'exprimer. Laissons, là, les Québécois, quartier par quartier, décider des règles de zonage. Pourquoi?
Parce qu'on veut s'assurer que, les règles de bon voisinage,
bien, les gens qui vont avoir les effets d'une loi devraient être les
principaux concernés. C'est eux, là, qui devraient aller, par référendum, comme ça s'est fait dans plusieurs quartiers à Montréal... qui ont dit :
Moi, dans nos rues, ici, pour nous, c'est des quartiers résidentiels, donc on ne touche pas à ça. Dans les rues
plus à caractère commercial, on peut comprendre que, là, O.K., on va
laisser quelques logements pour du Airbnb.
Alors
ça, pour moi, ce serait mon grand plaidoyer à vous. Je vous le dis, n'allez pas
dans l'article 81. On le retire, merci, bonsoir. Et, de toute façon, il n'y en a pas, d'urgence, parce
que presque toutes les locations
Airbnb ont été annulées à cause de la
pandémie, à
part certaines personnes qui louent des chalets pour faire des
mégapartys, puis ça, c'est illégal, je tiens à le rappeler. Alors, vous
voyez, on va faire d'une pierre deux coups. On est encore unis, on règle nos
affaires.
finalement... Là, je vous ai joué un petit tour, là. Je vous
ai dit j'allais concentrer mon propos sur ça. Oui, c'est ça. Bon, ça, c'est fait. Mais je ne
peux pas m'empêcher de parler d'une dernière petite affaire. Je vais le faire rapidement.
Au niveau
des digues, transférer la responsabilité de l'entretien des digues aux municipalités,
je tiens à rappeler que l'assiette
fiscale des municipalités, là, est très, très restreinte, ils
n'ont pas un champ de taxation comme le gouvernement fédéral ou le gouvernement du Québec. Donc, une responsabilité doit venir
aussi avec les outils et l'argent, parce
que, sinon, on va juste pelleter un problème dans la cour des municipalités,
arrangez-vous avec ça. Mais on sait très, très bien que ça coûte de l'argent, entretenir des digues. Et, lorsque ce n'est pas
bien fait, bien, évidemment, ça peut occasionner ce qu'on a vu à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, pas juste des
dommages, évidemment, financiers mais beaucoup plus graves, des
dommages au niveau, même, humain, où est-ce qu'on a vu des gens
avec des drames, même de la déprime, la dépression, et c'est ça qu'on essaie d'éviter, parce que la maison, je
l'ai dit hier, je vais le répéter, c'est notre forteresse, c'est ce que... plusieurs Québécois ont économisé pour
payer leur maison, pour s'en acheter une, et ils veulent la préserver.
Alors, là-dessus, Mme
la Présidente, c'est là-dessus que je vais conclure, en rappelant...
Mme Rizqy :
Oui, M. le ministre? D'accord. Désolée. Je pensais que vous vouliez attirer mon
attention. Mais vous l'avez.
Mais tout simplement,
Mme la Présidente, que, pour moi, oui, je comprends, c'est un projet de loi
omnibus, habituellement, omnibus, j'essaie
d'avoir certaines réserves, je n'aime pas trop ça, mais c'est un article, un
seul que je ferai une bataille, c'est l'article 81. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Saint-Laurent. Et je suis prête à reconnaître un prochain intervenant, et ce
sera Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Merci,
Mme la Présidente. Donc, à mon tour,
très heureuse de prendre la parole dans le cadre du débat sur l'adoption
du principe sur le projet de loi n° 67, avec un
titre long et descriptif, Loi
instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones inondables des lacs et des cours d'eau,
octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à
répondre à certains besoins et modifiant diverses dispositions.
D'entrée de jeu, je tiens à préciser, comme mes collègues, que nous sommes en faveur du
principe de ce projet de loi
omnibus, bien que nous aurons, évidemment, et nous avons, évidemment, des
inquiétudes, des clarifications à aller chercher
et certainement des propositions à faire. Et, comme le
titre
l'indique et la nature même du projet
de loi, on y traite d'un
éventail d'enjeux bien compliqués, et, Mme la Présidente, qui dit omnibus, dit
vaste et complexe.
En effet,
le projet de loi n° 67 est un projet
de loi qui comporte 138 articles
et qui modifie principalement la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
mais aussi 16 autres lois et cinq décrets qui touchent beaucoup
de domaines du vaste monde municipal.
On traite
notamment de l'habitation, du logement, de l'hébergement touristique, incluant
la plateforme Airbnb, des zones
inondables, de la foresterie, de l'autonomie municipale, du tramway de Québec,
du transport en commun, de la fiscalité municipale et des élections municipales. Évidemment, je n'aborderai pas
toutes ces questions, j'ai fait mon choix sur les questions et les
enjeux dont je voulais parler. D'autres ont pu décrire d'autres enjeux ou
réagir à d'autres enjeux.
Premier
commentaire, je veux reprendre les commentaires de ma collègue la députée de Vaudreuil.
Elle se désole que la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme soit
modifiée dans un projet de loi omnibus et qu'il soit ainsi modifié,
donc, en ses mots, à la pièce. Elle a
souligné en cette Chambre l'importance de cette loi qui existe depuis
40 ans et qui concerne de
nombreux aspects de la vie en société et de la vie en communauté. À quelque
part, les maires — on
aime beaucoup cette expression,
«vivre-ensemble» — je
pense que c'est les premiers acteurs de ce fameux vivre-ensemble mais sur tous
les horizons possibles d'activités
humaines. Et elle a souligné que la ministre elle-même avait même promis
d'ouvrir la loi afin d'amener des modifications structurées et
cohérentes au lieu d'aller à la pièce.
Alors,
19 groupes ont été entendus en consultation particulière, 29 mémoires
ont été déposés, contenant des propositions
pour corriger et bonifier le projet de loi, parce que c'est un projet de loi omnibus,
évidemment, ce n'est pas comme...
d'habitude il y a comme un thème général, dans un projet de loi, et
généralement il y a des pour, et des contre et des entre les deux, mais là, évidemment, c'étaient des points de vue sur toutes
sortes d'enjeux. Et c'est toujours très utile, ces commissions
parlementaires, parce qu'elles nous permettent... ça nous éclaire, ça nous
permet de poser des questions, d'entamer des discussions avec le ministre ou la
ministre qui porte le dossier.
J'aimerais
souligner les mesures que le projet
de loi prévoit en lien avec la COVID-19.
J'ai commencé avec ça parce qu'évidemment
on est vraiment là-dedans, il y a urgence d'agir, on l'a tous
reconnu, et, évidemment, au palier municipal, ils vivent
aussi un contexte extrêmement difficile, ces municipalités, et les entreprises
qui y travaillent aussi.
Alors, un, on
prévoit permettre aux municipalités locales d'emprunter pour financer des
dépenses liées à la pandémie. Deux,
on prévoit autoriser un emprunt à leurs fonds généraux ou à leurs fonds de
roulement pour financer des dépenses liées à la pandémie. Trois, aider, pour une période de trois ans, les entreprises
de leur territoire. Et, quatre, permettre aux MRC de constituer, pour
une période de trois ans, un fonds de soutien aux entreprises en difficulté
financière.
On comprend
que les finances des municipalités sont dans une situation très précaire dans
ce contexte de pandémie. Il sera
important de s'assurer que les mesures permettant aux municipalités
de s'endetter ne résultent pas en un déplacement du fardeau sur les épaules des contribuables municipaux. Encore une fois, ma collègue de
Vaudreuil l'a souligné, et des intervenants l'ont souligné. Évidemment,
c'est la première réaction quand on voit ces mesures. Donc, elle a évoqué, évidemment, la nécessité d'avoir des échanges de
fond avec la ministre. C'est deux députés, bon, une ministre et critique
de l'opposition, qui ont beaucoup
d'expérience dans le domaine municipal. Et elles ont fait plusieurs projets de
loi ensemble et, ma collègue l'a bien
dit, elles travaillent bien ensemble. Donc, je pense qu'elles ont toutes la
capacité, là, de trouver des solutions à ces différents enjeux, comme je
l'ai dit, fort complexes.
Une autre inquiétude que nous avons est
l'article 135, qui concerne la fiscalité municipale et qui empêche les entreprises de contester leur rôle d'évaluation à
la lumière des impacts de la pandémie de COVID-19. Nous comprenons et nous
appuyons la volonté de préserver les revenus des municipalités, toutefois, il
faudra trouver des solutions concrètes pour
les milliers d'entreprises victimes de la COVID qui souffrent d'une baisse
drastique de leur clientèle et de leurs revenus. Et, lorsqu'ils se trouvent en zone rouge, beaucoup d'entre elles doivent
fermer leurs portes. Ces questions reviennent tous les jours dans les journaux, dans les médias, ici,
à l'Assemblée nationale. Alors là, ils auront l'occasion d'échanger pour
voir quelles sont vraiment, profondément,
les bonnes solutions pour tous maintenant, pendant et après, des solutions
durables.
Pour les élections municipales, ça m'intéressait
de regarder cette dimension-là. Donc, c'est un commentaire rapide sur les dispositions du projet
de loi qui touchent les élections municipales.
Le projet de loi propose des modalités très sensées pour le
vote par correspondance — on
voit beaucoup de ça ces temps-ci dans les médias, par rapport aux élections
américaines — pour
les élections générales de novembre 2021 et permettra, comme aux élections
provinciales, le vote à domicile de
l'électeur incapable de se déplacer pour des raisons de santé. Et ça, c'est une
disposition que tous les députés connaissent au palier
provincial. Donc, évidemment, ce serait vraiment excellent de voir ces dispositions
au palier municipal. Évidemment, ça devrait susciter l'adhésion de tout un
chacun. Et, en effet, Élections
Québec est très, très favorable à ces nouvelles modalités proposées.
Je pense que c'est important de le dire, parce
que c'est le fondement de la démocratie, le palier municipal joue un rôle
tellement important. Et on est tous en train, actuellement, de parler de
démocratie, actuellement, pas juste aux États-Unis,
mais en Amérique du Nord, dans le monde, en Europe, etc., et chaque vote
compte. Et c'est vraiment les leçons qu'on
retient de ces derniers jours. Et voilà que le projet de loi traite exactement
cette valeur démocratique bien importante.
Là, j'aimerais vous parler d'un aspect du projet
de loi qui inquiète beaucoup le monde municipal. Il s'agit de l'article 81, la disposition empêchant les
municipalités de recourir à la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin
d'empêcher l'hébergement touristique
de type Airbnb sur leur territoire, qui soulève beaucoup, beaucoup d'opposition
dans le milieu municipal.
Donc,
c'est sévère, le jugement. «[Les] municipalités accusent le gouvernement de
profiter de la crise actuelle pour retirer
en douce, et je cite, "un droit fondamental en démocratie municipale",
celui des citoyens de voter sur un changement de zonage. Les dispositions prévues à l'article 81 ne prévoient
toutefois le retrait de ce droit que pour les locations de [...] Airbnb pour les résidences principales et c'est ce
qui soulève l'indignation [de tout le palier municipal et] du président de la
Fédération québécoise des municipalités...» Et je le cite, je le cite :
«"Il est totalement incompréhensible qu'en pleine pandémie, alors que le tourisme vit des moments difficiles, le
gouvernement profite d'un projet de loi important dans plusieurs
domaines pour retirer un pouvoir aussi fondamental aux citoyens et aux
municipalités", a-t-il déclaré par voie de communiqué. "Pourquoi?
Pour servir quels intérêts? Les locations de type Airbnb provoquent des
conflits de voisinage importants...» Et ça,
ça a été bien décrit lors de la consultation, donc, quand on parle de
vivre-ensemble et de paix sociale. C'est
pourquoi je pense que cette disposition a vraiment ébranlé beaucoup d'acteurs au
niveau municipal. Et donc on veut
empêcher les citoyens de se prononcer sur
cet aspect important de la gestion de leur territoire.
C'est la question que pose le maire, c'est totalement
incompréhensible... ou le président.
Alors, ma collègue
de Vaudreuil a aussi fait part de la réaction qu'elle a reçue
du milieu municipal. Elle nous a dit qu'elle a reçu 400 résolutions de
municipalités à travers le Québec pour contester cette disposition dans le
projet de loi. Elle nous a aussi dit
qu'elle a reçu des résolutions semblables d'une MRC et qu'il faut compter, dans
une MRC, à peu près 23 municipalités. Donc, son calcul, c'était qu'en tout
cela représente 700 municipalités qui sont venues dire en commission
parlementaire que l'article 81 était inacceptable, et elles
demandaient ces demandes d'aller dans le sens de demander carrément le retrait de cet article. Il n'y a pas
de nuance, il n'y a pas de modification à apporter, pas de changement, pas
d'amélioration, carrément l'enlever. Et
évidemment on a bien compris ce qui dérange, et ils le disent, au plus haut
point, c'est qu'on leur enlève leur droit, le droit de zonage.
Alors, il y a
vraiment un consensus sur cet enjeu. Je pense que les discussions seront
certainement fructueuses, parce que,
quand on voit que... On a tous eu cette expérience, des fois, un élément dans
un projet de loi, ceux qui ont vécu la législation
d'un bord ou de l'autre, qui vraiment détonne avec le reste. Personne n'est
d'accord, et finalement les ministres et
les gouvernements se rangent avec l'opinion, à moins d'une urgence
exceptionnelle ou quoi que ce soit, mais ça, c'est le genre de... moi,
je perçois que c'est le genre de clause que le gouvernement va vouloir
corriger.
La gestion
des zones inondables est un autre dossier très important. En 2017 et 2019, on
se rappelle, nous avons vécu de très
grandes inondations qui ont causé beaucoup de dommages. Inimaginable, l'étendue
des dommages, d'ailleurs, aux propriétés. Et surtout on se rappelle la
détresse, hein, des propriétaires, et c'est encore très vif dans nos têtes. Et on parlait, à l'époque, de comment trouver des
solutions, et notre gouvernement cherchait aussi des solutions pérennes. Et là le gouvernement propose donc que ce soit le
ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
qui serait responsable de la cartographie
des zones inondables, des lacs et des cours d'eau, ainsi que des zones de
mobilité, et qui pourra déléguer aux organismes municipaux la
réalisation de la délimitation de ces zones.
Évidemment,
les municipalités, les organismes municipaux sont souvent les mieux placés, car
ils sont sur le terrain. Ils
connaissent les particularités de leur région, de leur terrain, alors on ne
peut pas être contre le fait qu'on délègue ces pouvoirs-là à nos
municipalités, à nos MRC.
Encore une
fois, dans le cas d'accorder une écoute ou un rôle aux municipalités, dans la
loi, c'est bien le ministre qui aura
le dernier mot. Donc, la responsabilité ultime appartient au ministre de
l'Environnement ou appartiendra car c'est il ou elle qui devra approuver les
délimitations. Là, évidemment, plusieurs intervenants ont mis de l'avant des
modifications et propositions par
rapport à cet enjeu important. Ma collègue la députée de Vaudreuil a bien dit
qu'on devra s'attarder de façon profonde
et longuement à toutes ces mesures pour être sûrs qu'on règle... Est-ce qu'on
pourra régler une fois pour toutes? Je ne sais pas. Mais l'importance,
donc, de régler cet enjeu.
Donc, nous
sommes... Excusez-moi. Nous sommes en faveur, donc... Non, je me trompe. Donc,
oui, je voulais vous dire, pour vous donner un peu une idée de l'étendue de la
participation de ceux qui sont venus en commission parlementaire, c'est
des groupes très variés. Donc, il y a eu, évidemment, la Fédération québécoise
des municipalités et l'Union des municipalités
du Québec. Alors, voilà deux organismes avec qui je pense que tous les députés
ont des relations, parce qu'on a chacun des municipalités, hein, dans nos
comtés et on interagit directement avec ces maires et mairesses. Et, leur
réalité, il faut toujours en tenir compte. Au palier gouvernemental,
évidemment, on a une vision commune mais des démarches à entreprendre pour régler des problèmes, mais c'est vraiment ces
acteurs-là à ce palier très terrain qui peuvent nous éclairer, que ce soit sur des enjeux, évidemment,
d'aménagement du territoire, là, c'est une loi bien complexe, mais aussi tous
les aspects de développement, de
développement économique aussi. Ils ont leur mot à dire parce que la détresse
que vit une municipalité, bon, ça
affecte les recettes de cette municipalité et sa capacité, finalement, à rendre des services, justement, à ses
citoyens.
Donc, les discussions qui auront lieu,
j'imagine, beaucoup vont tourner autour de leurs recommandations, leurs opinions
et les échanges que les députés avec la ministre pourront avoir pour être sûrs
de bien traduire dans cette loi... traduire
et s'assurer que les mesures qui sont proposées permettent, dans cette période
de pandémie, d'une part, de transiter, si on veut, vers des... comme
disait un certain ex-premier ministre qui était... — il était député ou peut-être
qu'il était premier ministre — des journées plus ensoleillées. Je pense
qu'on rêve tous et toutes à ces journées plus ensoleillées, au moins le soleil, dans notre tête et notre coeur. Et
donc, ce palier-là, on va certainement... tous les élus, mais certainement de notre bord, l'opposition
officielle, qui a eu l'occasion de
travailler beaucoup avec ce palier municipal au fil des années, on sera à l'écoute, et je pense
qu'il y aura beaucoup d'allers-retours pendant l'étude de ce projet de loi.
Il y a eu, évidemment, la Fédération des
producteurs forestiers du Québec, aussi, la foresterie, un enjeu bien important, que nous qui vivons en ville, à moins
de pouvoir bénéficier d'endroits où aller dans des régions où il y a beaucoup
de forêts... je pense qu'on est sensibilisés à l'importance de cette industrie
aussi, de ce secteur de l'économie; l'Ordre des urbanistes, bon,
Élections Québec, qui est venu pour nous parler de cette dimension qui fera
certainement consensus, l'association des aménagistes du
Québec, l'Union des producteurs agricoles. On revient donc à l'importance de ce
milieu-là quand on parle de ce que vivent
ces producteurs en temps de pandémie, mais, je dirais plus largement, en tout
temps. Les défis pour les producteurs agricoles, ce n'est pas d'hier
qu'on entend les défis. Les modes de consommation changent, les modes de distribution changent. Je pense qu'on a tous à
coeur Le Panier bleu, dans tout son sens élargi, mais ici on pourrait peut-être parler de panier vert
aussi. Mais les Québécois sont très, très, très attachés à cette réalité
agricole, autant les urbains... Des fois, les députés qui viennent
d'autres régions ne peuvent pas se douter de l'importance qu'on y accorde, parce qu'on est quand même les
bénéficiaires de cette production et du terroir québécois magnifique. Et les
modes ont changé pendant la pandémie,
d'ailleurs. Il y a eu des conséquences. Je connais des gens qui travaillent
dans ce milieu, et, comment dire, les pratiques de consommation ont
changé aussi. Donc, il y a, là aussi, des éléments importants de recommandations
qu'ils font et qu'il va falloir être très alertes et de trouver des réponses adéquates.
La ville de Montréal,
la ville de Québec, la ville de Gatineau aussi qui sont venus, la
municipalité de Saint-Donat et le Regroupement des offices d'habitation du
Québec, l'Association des groupes de ressources techniques, la FADOQ, le
Regroupement des organismes de bassins
versants du Québec, la Communauté
métropolitaine de Montréal, Vivre en
ville, l'Institut national de la
recherche scientifique, M. Guillaume Lavoie, de l'école nationale... Donc,
je trouvais intéressant, quand j'ai
vu la liste de tous ceux... Moi, je n'ai pas pu lire, évidemment, tous ces
mémoires, mais ça traduit bien ce côté, cette qualité de projet de loi
un peu... j'allais dire «mammouth», mais très élargi, très important.
Alors, Mme la
Présidente, pour conclure, nous sommes en faveur du principe du projet de loi,
et ma collègue de Vaudreuil sera
présente pour étudier le projet de loi
article par article. Il s'agit d'une
pièce législative très technique qui, comme
tous les omnibus, touche à une panoplie de lois, de décrets, de domaines, et
nous porterons une grande attention, lors de l'étude détaillée, afin
d'en préciser et bonifier les dispositions. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Et, avant de
céder la parole à notre prochain intervenant, je vous informe que deux débats
de fin de séance se tiendront aujourd'hui, à 13 heures, en application de
l'ordre spécial. Le premier débat portera sur une question adressée par M.
le député de Robert-Baldwin à la ministre déléguée au Développement économique
régional concernant la nécessité d'avoir un
plan crédible pour la relance économique, et le deuxième débat portera sur une
question adressée par Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce au ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux
concernant les décisions de la direction de la protection de la jeunesse
de confier la garde d'enfants à un conjoint violent.
Alors, le débat se poursuit, et je vais
maintenant céder la parole à Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, à mon
tour d'intervenir sur l'adoption du principe du projet de loi n° 67, alors, Loi instaurant un nouveau régime d'aménagement
dans les zones inondables des lacs et des cours d'eau, octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à
répondre à certains besoins et modifiant diverses dispositions.
D'entrée de
jeu, Mme la Présidente, je veux saluer, comme c'est important de le faire,
l'apport et la contribution des groupes
qui sont venus en consultation. C'est un projet de loi, une grande pièce
législative, un projet de loi omnibus avec ses 135 articles. Alors, on
avait bien sûr... tous les collègues
avaient besoin de cette richesse de réflexion qui nous vient des groupes
qui sont venus lors ce des consultations.
Vous me
permettrez aussi de saluer ma chère collègue porte-parole, collègue de Vaudreuil.
En fait, je veux plus que la saluer,
je veux lui rendre hommage, parce que, lorsqu'elle travaillera et qu'elle
travaille déjà aux différentes étapes de ce projet de
loi, elle le fait avec toute l'expertise qu'elle a, sa grande connaissance des
affaires municipales pour avoir été mairesse
et préfète, mais aussi sa grande humanité. On l'a bien vu défendre, avec
passion, les citoyens lors des précédentes inondations, et je sens et je sais aussi qu'elle
sera en mode constructif, collaboration avec la ministre. Alors, j'ai le goût
de lui rendre hommage, de lui dire qu'on est avec elle à travers tous
ces travaux. Et je veux la remercier au nom de mes citoyens, qui, on le sait, à
Laval, les citoyens de Fabre, du comté de Fabre, sont particulièrement préoccupés par toute la situation des zones inondables
puisqu'ils ont été bien souvent victimes, avec leurs propres drames humains, au
fil des deux dernières inondations de 2017 et 2019.
Alors, Mme la Présidente, vous serez... Sans surprise, évidemment, quand on est devant une pièce législative de cet
ordre, on ratisse très, très large. C'est très bien. Nous serons en appui, bien sûr,
au projet de loi, mais, en
même temps, à ratisser très
large, parfois, on se retrouve devant certains actes manqués. Et cela, il
faudra être vigilant, il faudra se permettre
d'être, de façon toujours constructive, dans des propositions qui permettent de raffiner, d'aller plus loin, d'élargir
certains principes vertueux, mais qui méritent qu'on s'y attarde un peu ou peut-être
beaucoup davantage.
Alors, je reviens à mon élément de... Sans surprise,
vous comprendrez que je vais m'adresser particulièrement à trois articles, les articles de 100 à 102 du projet de loi, puisqu'ils viennent toucher les aînés. C'est là où il n'y a pas grande
surprise. Mais avant de parler des aînés, je
veux quand même vous parler des mes citoyens,
mes citoyens qui ont vécu les deux inondations, 2017,
Je veux vous
parler des drames humains, le privilège que j'ai eu de tenter de les aider
parce qu'ils étaient dans ces drames
humains. Et particulièrement, je vous dirais, les citoyens
de Laval-Ouest, je veux leur dire à quel point j'ai beaucoup d'admiration pour leur courage et
leur résilience, parce les citoyens de Laval-Ouest, leur maison au bord de
l'eau, c'est l'histoire de leur vie très
souvent. Alors donc, c'est l'histoire de leur vie, c'est les souvenirs de toute
une famille. C'est le plaisir, au fil
des ans, de rénover, de faire en
sorte qu'une petite maison devient un
grand chez-soi. Et j'ai vu et j'aurai toujours
à mon esprit, dans mon coeur, cette dame d'un
certain âge qui était venue à mon bureau avec son dossier, épais comme ça, et qui me disait : J'ai
juste de l'émotion, je ne sais plus vers qui me tourner. Et, bien sûr, on
l'avait aidée, on l'avait accompagnée de
la meilleure façon qu'on le pouvait, mais cette dame qui était démunie puis qui
était en train de nous parler autant de ces formulaires qu'elle avait remplis que des souvenirs qui étaient dans
sa maison. Alors, à tous ces citoyens de Laval-Ouest et de mon comté qui ont vécu les inondations et
auxquels j'ai toujours pensé très fort et souhaité aider, je sais qu'ils
suivront avec beaucoup d'attention tout le débat autour des zones
inondables.
Et, quand on
parle de zones inondables, les décisions gouvernementales se prennent à la base
d'une information juste, mise à jour,
fiable et régulière. Et avant de parler des aînés, il faut que je vous dise
que, quand on regarde l'article 95 qui parle de la révision de la
cartographie et de la cartographie, mes collègues de Vimont et, bien sûr, la
porte-parole ma collègue de Vaudreuil l'ont
déjà nommé, clairement, il faut plus qu'une révision simplement régulière.
Quand le gouvernement prend des décisions par rapport à l'information fiable,
ça prend une cartographie qui est révisée au fil d'un certain temps et
de façon systématique. Si on n'a pas ça,
bien, on n'est pas en train de prendre les bonnes décisions, et le régulier
peut être un peu mis de côté, puis,
tout d'un coup, on laisse passer un grand laps de temps alors qu'il y a un
historique de données qui devrait être pris en considération.
Alors, je
souhaite vraiment que, pour les citoyens, pour les bonnes décisions qui devront
être prises, donc, par rapport à la
réalité des citoyens dans les zones inondables, je souhaite qu'il y ait une
cartographie qui soit à jour de façon très systématique. Que ce soit cinq ans, que ce soit 10 ans, les
discussions iront bon train dans ce sens-là, mais je souhaite vraiment que ce soit quelque chose de très, très bien
attaché. Et non seulement ça bénéficiera au gouvernement et aux prises de
décision, mais il faudra que cette
information-là liée aux cartographies, ce soit bien transmis, en toute
transparence, de façon très bien
communiquée à l'ensemble des citoyens, parce que franchement, là, franchement,
je prends les citoyens de Laval et les
citoyens de mon comté, tout l'historique de la révision des cotes de crues, on
s'y perd. C'est un peu le chaos et c'est surtout des familles et des citoyens qui ont été bien souvent lésés et
brimés dans leur nouvelle réalité de révision de cotes de crues. Alors, il faut un processus plus simple,
il faut une cartographie fiable et révisée de façon très bien campée dans
le temps.
Alors donc,
voilà pour ce qui est de mes citoyens, que je veux saluer, et qui ont fait
preuve d'une grande résilience à travers ces épreuves et ces drames
humains.
Nous arrivons
donc à la portion, évidemment, du projet de loi, les articles 100 à 102. Et
clairement je vais m'inspirer beaucoup de ce que la FADOQ a écrit dans son
mémoire, ce qu'ils nous ont présenté. J'espère pouvoir être à la hauteur
de la réflexion qu'ils ont eue. Clairement, les propositions qu'ils ont faites,
les éclairages qu'ils ont amenés méritent qu'ils soient au coeur des discussions lorsqu'on sera rendus à cette portion de
la pièce législative. Alors, je rappellerai bien sûr que la FADOQ, qui est un acteur incontournable au Québec,
représente 550 000 membres, les personnes âgées de 50 ans et
plus, et, à chaque fois qu'on se retrouve
devant un débat législatif, ils ont une réflexion qui est en profondeur, qui
est rigoureuse et qui peut nous emmener beaucoup plus loin.
Alors,
tantôt, je parlais un peu de projet
de loi qui ratisse très large. Même quand on est dans une portion du projet de
loi comme les articles 100 à 102, il me semble qu'on pourrait faire un peu
du coude. Et c'est un peu ce que la FADOQ vient nous dire, parce qu'un des premiers éléments dans le projet de
loi, dans l'article 100, c'est de dire que maintenant, par rapport à la
loi sur le Tribunal administratif du
logement, il y aura la possibilité, donc on pourra permettre la présentation
de demandes conjointes par des locataires
d'une même résidence privée pour aînés, donc une RPA, le fameux acronyme
RPA. Et moi, je vous dirais, Mme la
Présidente, que c'est intéressant, là, parce qu'avant on ne pouvait pas
permettre ça. Là, donc, deux voisins
ou quelques locataires vont pouvoir, donc, déposer une demande conjointe alors
que les clauses aux différents baux
sont identiques, évidemment, donc une représentation collective qui pourra être
faite et acceptée. Très bien.
Une bonne nouvelle. Et la FADOQ dit : Oui, c'est une bonne nouvelle. Mais
la FADOQ dit aussi, c'est ce qu'on peut retenir tout au long de leur
mémoire... la FADOQ dit : Bonne nouvelle, mais est-ce qu'on pourrait
faire plus? Bonne nouvelle, mais on est
quand même préoccupés. C'est ça qu'ils viennent nous dire, et je veux un petit
peu passer à travers les différents aspects de leur réflexion. Alors,
concernant cet aspect-là spécifique, de dire : On permet maintenant, au Tribunal administratif du logement de recevoir des
demandes conjointes, c'est bien, mais là on va se ramener un petit peu à
une zone d'humanité, là.
On va se
mettre à la place... Parce qu'il faut savoir aussi que, dans les RPA, la
moyenne d'âge, là, c'est 82 ans, des personnes qui sont souvent vulnérables. Et là j'aurais beau avoir...
imaginons, là, puis je vais prendre l'exemple parce que c'est peut-être mieux expliqué que ce que je vais
être capable de faire, et ça nous vient du Protecteur du citoyen, donc c'est
excessivement éloquent et pertinent, mais clairement, là, les aînés en RPA,
75 ans, 80, 85 ans, ils ont beau savoir, là, qu'à côté, là, dans le corridor, il y a eu des demandes conjointes qui
ont été faites au tribunal administratif parce qu'il y avait des clauses complètement inacceptables dans le
bail, l'aîné, là, avant qu'il se décide à dénoncer, avant qu'il se décide à
contester, c'est la peur au ventre qu'il a, c'est la crainte des représailles.
Il a peur qu'il y ait des impacts par rapport à sa dénonciation.
Alors, je
vais reprendre l'exemple, parce qu'il est vraiment, vraiment bien, bien écrit
et il est dans le mémoire de la FADOQ.
Alors, dans le rapport de 2016, le Protecteur du citoyen relève cette réalité
qui crée des situations aberrantes. Par exemple, un regroupement de
quelques locataires d'une même résidence de 100 unités, donc une RPA de
100 unités locatives, qui pourraient intenter un recours pour
contester la légalité de clause de leur bail et avoir gain de cause, mais ceux-ci seront les seuls à bénéficier de la
décision du Tribunal administratif du logement parmi l'ensemble des occupants
des lieux.
Alors,
imaginons qu'il y en a cinq qui sont conjoints, qui déposent. Il y a une
décision du tribunal administratif, mais la décision, elle ne s'étend pas à l'ensemble des 100 résidents,
là. C'est ça que la protectrice nous dit et c'est ce que le projet de
loi aussi dit. Alors, les autres locataires demeureront aux prises avec leur
bail intact et ces clauses déclarées illégales, à moins d'entreprendre eux aussi les mêmes
démarches devant la Régie du logement, donc, évidemment, qui a changé de
nom. Donc, le