Labour and the Economy — 7 October 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2014-10-07
Quebec — Committees
Président (M. Cousineau) : Alors, nous reprenons. Voilà, M.
le ministre, tous les députés autour
de la table ont votre amendement. Si vous voulez nous l'expliquer.
Hamad : En fait, je
vais lire l'amendement si vous me permettez.
Le Président (M. Cousineau) :
Allez-y.
Hamad :
L'article 3 du projet de loi est modifié par l'insertion, après l'article 111.30 proposé, du
suivant :
«111.30.1.
Outre les conditions d'emploi des salariés, une entente entre les parties peut notamment
prévoir la mise sur pied d'un comité chargé d'en assurer le respect.»
En fait, là, on a parlé d'un régime particulier.
L'idée, c'est, quand les deux parties... dans les négociations de deux parties, c'est qu'il y ait une entente...
peut prévoir qu'il y a un comité qui sera mis sur pied chargé d'assurer
le respect de l'entente entre les deux parties. C'est juste... on donne
un peu plus de pouvoirs à l'association, pas plus que ça.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. Réactions, M. le député de Berthier?
M. Villeneuve : Je pose la
question au ministre : Est-ce que, si on ne mettait pas cet amendement-là,
cette proposition-là du ministre, est-ce
qu'il y aurait un empêchement quelconque... que les parties ne puissent pas
s'entendre pour mettre un comité en place? En quoi...
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre...
Villeneuve : En quoi cet amendement-là vient obliger... pas
«obliger», mais permettre des choses qui, dans la vie courante, à mon
avis, lorsque les gens s'assoient autour d'une table... peuvent décider de le
faire... Oui?
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : Bonne
question, très bonne question. Par expérience, souvent, le fait de clarifier,
de le mettre, de l'écrire, ça devient comme
une obligation plus que d'autre chose. Alors, c'est sûr qu'il n'y a rien qui
empêche... La réponse, c'est oui, il n'y a rien qui empêche de mettre un
comité, mais le fait de l'écrire, ça encourage davantage de le penser puis de
le faire, mais...
Le Président (M. Cousineau) :
...les bretelles avec la ceinture.
Hamad : Oui, un
petit peu, mais c'est... C'est parce que, quand c'est écrit, c'est encore
mieux.
M. Villeneuve : Bien, ma
question...
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député.
M. Villeneuve : Oui. Je reviens avec ma question.
Ça n'existe pas, ça, là, là. Ça n'existe pas, mettons, là, dans le projet
de loi, là. Il n'est pas là.
Hamad : ...vous
voulez dire?
M. Villeneuve : Ça, là.
Le Président (M. Cousineau) :
L'amendement.
M. Villeneuve : Bien, ce que
vous déposez, M. le ministre.
Hamad : L'amendement.
M. Villeneuve : L'amendement,
là. Ça n'existe pas, là.
M. Villeneuve : En quoi les
parties ne peuvent pas le faire de façon... avec un accord mutuel?
Hamad : Parce
que les salariés peuvent dire :
Regardez — l'employeur,
mettons — là,
ici, là, il y a un
article qui vous dit qu'on peut prévoir la mise à pied d'un comité chargé...
êtes-vous d'accord avec ça? S'il
n'est pas là, il va dire : Je ne veux rien savoir, point final.
Villeneuve : Bien, il peut dire... il peut quand même dire que
je ne veux rien savoir, point final...
Hamad :
Oui, mais c'est écrit dans la loi, ça. C'est écrit dans la loi.
Villeneuve : ...parce que c'est une entente entre les deux
parties, ça fait qu'il peut le dire pareil, là. Il peut dire : Bien... Une des deux parties peut dire : Bon,
moi, je ne suis pas d'accord. Il n'y a aucune obligation. Alors que, s'il
n'est pas là, on peut très bien aussi
procéder puis... L'idée est bonne, je n'enlève rien à l'idée, là. L'idée semble
intéressante. Mais ça serait dans un petit cahier de bonnes pratiques
qu'on pourrait le retrouver pour que les gens puissent s'entendre sur des
choses, là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad : Si le député de Berthier n'en veut pas, de
l'amendement, ça ne me fait rien, moi, là, je peux l'enlever, je peux le
retirer. Honnêtement, pas de problème, là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Berthier?
Hamad :
S'il voit un problème d'application ou pas de nécessité, je n'ai pas de
problème.
M. Villeneuve :
M. le Président, est-ce qu'on peut suspendre une minute? Je veux juste en
discuter avec mes collègues, là, parce que...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, d'accord. Bien, nous allons suspendre, bien
sûr.
Villeneuve : Écoutez, ça ne me semble pas être une valeur
ajoutée, c'est ce que je veux dire. Mais on peut quand même le regarder.
Honnêtement, là...
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. Alors, on suspend quelques secondes.
(Suspension de la séance à
15 h 34)
Le Président (M.
Cousineau) : Alors, on reprend nos travaux.
Hamad :
M. le Président, est-ce que je peux le retirer?
Le Président (M.
Cousineau) : Bien, avec le consentement, oui.
Hamad : O.K. Retiré. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Cousineau) : Bien, c'est retiré, le ministre l'a retiré.
M. Villeneuve :
...prendre la parole pareil?
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, bien, allez-y. Oui, oui, c'est votre droit.
Villeneuve : Écoutez,
je veux tout simplement dire et peut-être répéter ce que j'ai dit tantôt : L'intention
est bonne, effectivement, mais, d'une
certaine façon... Moi, en tout cas, on me dit qu'il faut que les lois soient
le plus claires possible et de ne pas
mettre de superflu. Ce n'est pas que c'est superflu, l'idée est excellente,
mais, dans la loi comme telle, la
mettre là... Les gens peuvent s'asseoir puis arriver à la même
conclusion, et on espère qu'ils utiliseront cette idée-là pour le faire éventuellement.
Voilà. Alors, voilà.
Hamad :
Vous avez raison.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le député de Berthier. M. le ministre,
on revient à 111.31, je crois.
Hamad :
«111.31. L'employeur ou le propriétaire d'une exploitation agricole est tenu de
permettre le passage et de donner accès au
lieu où sont logés des salariés à tout représentant d'une association de
salariés muni d'un permis délivré par la commission conformément au
règlement adopté à cette fin en vertu de l'article 138.»
Hamad : Alors, peut-être l'explication, juste un petit peu
de...
L'article 111.31 doit être lu en conjonction avec l'article 5 du Code du
travail.
Hamad :
Ça, c'est l'article 111.31... prévoit que la Commission des relations du
travail peut délivrer un permis autorisant
le représentant d'une association de salariés, conformément à un règlement
adopté à cette fin, d'avoir accès à
tout lieu où logent des salariés d'une exploitation agricole. L'objectif
principal d'un tel accès est de permettre au représentant syndical de
recueillir l'adhésion d'un travailleur à l'association de salariés en tenant
compte du fait que plusieurs travailleurs agricoles logent chez leur employeur.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça va, M. le ministre?
Le Président (M.
Cousineau) : Oui? Réactions, s'il vous plaît.
M. Villeneuve :
Réaction-action, oui, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Je vais y aller d'abord une question qui n'est pas
sur le fond, mais je veux en profiter pendant qu'on aborde ce sujet-là, là. Ce n'est pas sur le fond, et j'y
reviendrai, sur le fond de l'article, tantôt. Mais j'aimerais savoir, M.
le Président... J'aimerais qu'on éclaircisse le mot «association». J'aimerais
que...
le ministre, mettons-nous en situation, là. Il y a 30 travailleurs, deux qui
sont permanents, il y a 28 travailleurs saisonniers, et ils décident de se créer une association. Moi,
j'aimerais savoir c'est quoi, la mécanique de la création d'une association. Parce que je crois que l'association
devra être reconnue par les Relations du travail éventuellement. Donc,
il y a nécessairement à quelque part des représentants à identifier, j'imagine.
Comment ces représentants-là, on va les identifier? Et l'association, comment
elle va se créer de façon formelle? Est-ce qu'on s'enregistre tout simplement
au palais de justice comme association, comme
une association de tir à l'arc, ou de bowling, ou peu importe, là, de
bridge? Tiens, allons-y aussi avec le bridge, pourquoi pas? Moi, j'aimerais
savoir...
m'excuse si je ne vais pas sur le fond tout de suite, mais c'est parce que ça
me titille beaucoup, cette question-là, puis j'essaie d'imaginer les gens qui vont devoir travailler avec cette
loi-là, parce qu'on comprend que le gouvernement est majoritaire, alors nécessairement ils vont devoir
y travailler tôt ou tard avec ce projet de loi n° 8 là. Alors, j'aimerais
ça entendre le ministre par rapport à ces questions-là que... Alors,
mettons-nous en situation. Comment ça commence puis comment ça finit, tout ça?
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad : Juste lui rappeler un principe important, avant, M.
le Président. Ce n'est pas parce qu'un gouvernement
est majoritaire qu'il peut faire n'importe quoi. Il faut faire ça dans le
respect de l'opposition et l'opinion de l'opposition et dans l'intérêt
des Québécois, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Très sage, M. le ministre.
Hamad :
Puis ça sera un abus de pouvoir de faire ça, et vous pouvez compter sur moi de
ne pas le faire. Maintenant, en fait, l'association, d'abord, c'est un
article
qu'on ajoute, mais on peut l'enlever aussi parce que les deux peuvent s'entendre de dire que l'association
peut avoir un accès sur les lieux, là. En passant, ils peuvent
s'entendre, les deux, et dire : Écoute,
tu veux visiter, viens, dis-moi à quelle heure, puis je vais être là, puis ils
peuvent rentrer. Ça, c'est... une autre fois, là, c'est le même
principe.
Maintenant,
une association, là, c'est que, quand les... ce qu'on dit, là, quand les
travailleurs d'une ferme, là, au lieu de
former un syndicat, peuvent former une association. Donc, là, les deux qui
travaillent d'une façon ordinaire et continue, plus les travailleurs
saisonniers ou travailleurs étrangers, ils forment une association, ils présentent leur demande. Ils jasent ensemble avant, ils
décident c'est quoi qu'ils veulent demander à l'employeur, ils font leur
demande. Puis on a mis une procédure des demandes.
on est vraiment en train de créer un régime particulier. Je le
rappelle, c'est important, ça. Parce
qu'on a dit au commissaire des
droits des personnes, là, on lui a dit : C'est un régime particulier qu'on
crée ici, ce qu'il n'y avait pas avant.
C'est vraiment la réponse à la Cour supérieure du Québec et inspirée de l'arrêt Fraser ou la Cour
suprême, c'est qu'on crée un régime
particulier. Puis nous, on va plus loin dans la création du régime particulier
qu'ailleurs, c'est-à-dire on donne des détails sur ce régime-là.
de détails de ce régime-là : l'association, c'est quoi qu'elle peut faire.
Et là, comme j'ai dit, les gens s'entendent ensemble, ils vont présenter leur offre. Et l'employeur, mettons... Ici,
on donne le droit d'avoir un accès de l'association sur les lieux. Pour
avoir un accès, droit d'accès, l'employeur va dire : Qui êtes-vous pour
avoir l'accès? Donc, on réfère à l'article 5 du Code du travail, qui fait
ça pour une association syndicale. Mais ici, c'est une association, mais elle n'est pas une association syndicale, mais c'est
une association des travailleurs, donc ce que la Cour suprême demandait.
Président (M. Cousineau) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. En fait, est-ce que ça prend des lettres
patentes, exemple, pour créer une association formelle? Si l'association doit être reconnue par la
Commission des relations du travail, est-ce que ça prend des lettres patentes?
Parce que sinon on est dans un flou, là. Et
ça prend une adhésion, la personne peut adhérer et peut aussi se désaffilier,
dire : J'adhère à l'association, et : Je m'en retire, elle a le droit
de le faire aussi. Mais comment tout ça formellement s'inscrit?
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre?
Hamad :
En fait, on ne fait pas de syndicat, là, lettres patentes du syndicat...
M. Villeneuve :
Je ne