CAT — 21 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2018-02-21
Quebec — Committees
(Onze heures quarante et une
minutes)
Le Président (M. Ouellette) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 155, Loi modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal et la Société d'habitation du
Québec.
Mme la secrétaire, il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine) est remplacé
par M. Giguère (Saint-Maurice);
Mme Richard (Duplessis) est remplacée par Mme Maltais (Taschereau).
Président (M. Ouellette) :
Merci. Je nous rappelle que nous étudions le projet n° 155,
thème par thème, donc sujet par
sujet. Et, lors de l'ajournement de nos travaux, nous avions terminé l'étude et l'adoption
des cinq premiers thèmes, à l'exception des articles 18 et 23, qui
avaient été suspendus parce qu'ils vont être traités à l'intérieur du thème
n° 8.
Ce matin,
nous allons déposer notre feuille de travail pour les thèmes 6 à 10,
c'est-à-dire, je vais faire déposer à M. le ministre cette feuille de
travail là dans une proposition de séquence pour l'étude détaillée.
Et je vous informe aussi qu'on va entreprendre
l'étude du thème n° 6, qui s'intitule Vérification dans les municipalités et, de consentement, nous allons
étudier ligne par ligne à l'intérieur du thème. Pourquoi? Justement
parce que, pour chacun des amendements, il y
a des documents à l'appui qui doivent être traités par ligne par ligne, sans
ça, on aurait un trop grand nombre, on
aurait une pile de documents et, puisqu'on veut faire notre travail de
législateur de la bonne façon, de
consentement, si j'ai le consentement de tous les membres, nous allons procéder
ligne par ligne pour que ce soit le
plus clair possible. Déjà, chacun des collègues de la commission a reçu les
amendements de la première ligne du thème 6, qui va toucher les instances responsables de la vérification des
municipalités de moins de 100 000 habitants, et la présidence vous
guidera pour qu'on puisse s'y retrouver aussi parce que ce sont des articles
qui sont passablement importants.
Donc, je vais
demander, dans un premier temps, à M. le ministre de déposer la proposition de
séquence pour la suite de l'étude
détaillée, pour qu'elle soit déposée de façon officielle, je veux que vous
l'enregistriez au micro. Et le secrétariat, pour les citoyens qui nous
suivent, les gens qui sont venus déposer en commission, en fera le dépôt sur le
site de l'Assemblée nationale pour que tous
les gens qui ont un intérêt au projet de loi n° 155 puissent suivre la
suite de nos travaux. Je vais vous demander le dépôt officiel, M. le
ministre, et après on va entreprendre l'étude
article par article.
Coiteux : Merci, M. le Président. Alors, je dépose, bien officiellement, effectivement, cette nouvelle proposition d'ordre...
dans les articles traités au thème 6 et thème 7 et suivants, demeurant
inchangés par rapport à la proposition
initiale, tout ça dans un souci d'avoir un travail plus fluide qui va faciliter
nos travaux et nos échanges.
Le Président (M. Ouellette) : Donc,
pour la suite des choses, vous avez eu... chacun des membres a eu... on étudiera quatre articles, quatre amendements
dans cette ligne du thème que je vous ai mentionné, du thème 6, vérification
des municipalités, qui sera 19.18, vous avez, dans votre... dans l'ensemble
de vos feuillets, ça couvre deux pages; 19.19, qui couvre une page; 27.3, qui couvre quatre pages; et 27.13, qui, même si
vous voyez dans le bas de vos amendements, c'est un de 14 jusqu'à 14 de
14, il y a une quinzième page qui a été rajoutée, donc ça sera un de 15. Et je
vais vous demander, M. le ministre, on va débuter par l'étude de vos amendements à l'article 27.13,
donc qu'on prenne nos 15 pages, on va les regarder feuille par
feuille et en fonction des différents articles qu'on aura à modifier. Donc, on
commence, M. le ministre, avec 27.13.
M. Coiteux : Oui, 27.13. Donc,
après l'article 27.12, insérer l'article 27.13.
27.13. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 84, de la
section suivante :
«Vérification des municipalités et des
organismes municipaux.
«85. La
commission est la vérificatrice des comptes et des affaires des municipalités
et des organismes municipaux suivants :
«1° la Communauté métropolitaine de Montréal et
[de] la Communauté métropolitaine de Québec;
«2° toute municipalité régionale de comté;
toute municipalité locale de moins de 100 000 habitants;
«4° toute personne
morale qui remplit l'une ou l'autre des conditions suivantes :
«
a) elle fait
partie
du périmètre comptable défini dans les états financiers d'une municipalité
locale de moins de 100 000 habitants ou d'une municipalité régionale de comté;
«
b) une municipalité locale de moins de 100 000
habitants, une municipalité régionale de comté ou un mandataire de l'une
de celles-ci nomme plus de 50 % des membres de son conseil d'administration;
«
c) une municipalité locale de moins de 100 000
habitants, une municipalité régionale de comté ou un mandataire de l'une
de celles-ci détient plus de 50 % de ses parts ou actions votantes en
circulation;
tout organisme visé au premier alinéa de l'article 573.3.5 de la
Loi sur les
cités et villes (chapitre C-19) qui n'est
pas une personne morale visée au paragraphe 4° ou au premier alinéa de
l'article 107.7 de cette loi, lorsque l'une ou l'autre des conditions
suivantes est remplie :
«
a) l'organisme visé
au paragraphe 1° du premier alinéa de l'article 107.7 de la
Loi sur les cités et
villes est le mandataire ou l'agent d'au
moins une municipalité locale de moins de 100 000 habitants ou d'une
municipalité régionale de comté;
«
b) en vertu du
paragraphe 2° du premier alinéa de cet article, le conseil d'administration de
l'organisme est composé d'au moins un membre du conseil d'une municipalité
locale de moins de 100 000 habitants ou d'une municipalité régionale de comté
ou d'au moins un membre nommé par l'une d'elles;
«
c) le budget de l'organisme est adopté ou approuvé
par au moins une municipalité locale de moins de 100 000 habitants ou
une municipalité régionale de comté;
«
d) l'organisme visé
au paragraphe 4° du premier alinéa de cet
article reçoit, d'une municipalité
locale de moins de 100 000 habitants ou
d'une municipalité régionale de comté, une
partie des fonds provenant de
municipalités;
«
e) l'organisme désigné en vertu du paragraphe 5° du
premier alinéa de cet
article a sa principale place d'affaires sur le
territoire d'une municipalité locale de moins de 100 000 habitants ou d'une
municipalité régionale de comté.
«La Commission peut
aussi, si le conseil d'une municipalité le lui demande, agir comme
vérificatrice du vérificateur général nommé
en vertu de l'article 107.2 de la
Loi sur les cités et villes; cette
vérification comporte alors, dans la
mesure jugée utile par la commission, la vérification de la conformité des
opérations aux lois, aux règlements, aux politiques et aux directives
qui sont applicables au vérificateur général et celle de l'optimisation de ses
ressources.»
Le Président
(M. Ouellette) : Vos commentaires.
M. Coiteux : Cet amendement confie à la Commission municipale
les fonctions de vérification des comptes et des affaires des
communautés métropolitaines, des municipalités régionales de comté, des
municipalités de moins de 100 000 habitants
et des organismes assujettis aux règles de gestion contractuelle des
municipalités et des personnes qui leur sont liées. Il permet aussi à la commission, sur demande, d'agir comme
vérificatrice du vérificateur général d'une municipalité de 100 000 habitants ou plus,
vérification qui portera alors sur la conformité des opérations aux règlements,
aux politiques et aux directives qui sont applicables au vérificateur
général et celle de l'optimisation de ses ressources.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le
Président. M. le ministre, on va rentrer dans le vif du sujet. Je veux juste savoir, en commençant, M. le ministre, quelles sont
les grandes différences entre ce que vous avez déposé ce matin et ce qui
nous a été déposé au salon bleu. Qu'est-ce qui a inspiré des changements ou des amendements à ce que vous nous avez proposé la première fois? On avait un tableau du cheminement critique qui nous expliquait un peu
vers où les amendements allaient tendre. On redépose des amendements, il y
a eu des modifications. Je ne dis pas que ce n'est pas correct, je veux juste savoir, M.
le ministre, avant qu'on rentre dans le vif du sujet, à quel endroit vous avez
changé, de façon notoire, les dispositions, qu'on puisse placer la discussion
dans un tout global avant de commencer.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le ministre.
Coiteux : Oui. En ce qui concerne l'article 85 de la loi, là, qui... dans l'introduction de
cette
section X et cet
article 85, ce qui change suite aux consultations, notamment, c'est que la Commission municipale n'est pas vérificateur
des vérificateurs généraux de moins de 100 000 habitants, comme il était
prévu dans la version initiale, à moins que la ville en question en fasse la demande. Donc, il sera toujours possible,
pour la ville, de demander une telle vérification par la Commission
municipale, mais ce n'est plus systématique, comme il était prévu dans la
version originale.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Parfait, M. le Président. Donc, je comprends, M. le ministre, que vous gardez la ligne initiale, à savoir de confier à la Commission
municipale le rôle de vérificatrice des municipalités de moins de 100 000.
Alors, ma première question sera la
suivante. Après avoir entendu plusieurs personnes en commission, après avoir
aussi entendu notre position, en
quoi, selon vous, M. le ministre, votre proposition d'amendement à l'intérieur
du projet de loi est conforme avec la recommandation n° 26 de la
commission Charbonneau?
Coiteux : Bien, d'abord, on était tous là, et la Vérificatrice
générale, lorsqu'elle est venue en
commission, nous a bien dit qu'il n'était nullement question pour elle que ce
soit le Vérificateur général du Québec qui fasse la vérification dans les villes quant à la
conformité aux lois. Elle disait que c'était une très bonne idée en fait que ça
soit la Commission municipale qui exerce cette fonction, elle ne
demandait pas à ce que le Vérificateur général exerce cette fonction. Et, par
ailleurs, bien qu'il y ait eu des questions qui aient été soulevées sur
l'optimisation des ressources et l'utilisation
des vérificateurs externes des villes, en même temps, ce qu'on s'aperçoit, et
la Vérificatrice générale ne s'en cachera
pas, les ressources à la disposition de la Vérificatrice générale déjà sont un
petit peu serrées pour s'acquitter de ses
tâches actuelles, et, même dans le cadre de ses tâches actuelles, il y a
régulièrement, et de façon assez massive, selon des extraits qu'on peut regarder dans le SEAO, par
exemple, utilisation de ressources externes de toute façon. Alors là, on
ajouterait une nouvelle compétence qui est
très spécialisée qui peut très bien faire l'objet, dans le fond, d'un travail
plus spécialisé de la part de la Commission
municipale. En ce qui concerne l'optimisation des ressources, le projet de loi,
vous le savez, dans ses articles, prévoit
que ça va être systématiquement le cas pour les villes de moins de 10 000
habitants, et cette expertise-là va pouvoir
être bâtie. Et donc on ne peut pas penser que l'institution Vérificateur
général du Québec, demain matin, a
les ressources internes sans procéder à l'utilisation de contrats externes.
Donc, il n'y a pas d'argument massif
en faveur d'aller avec la Vérificatrice générale ici. Et, en ce qui concerne la
conformité aux lois, c'est très clair, ils disent que ça doit être la Commission
municipale.
M. Ouellet : Je comprends, M. le ministre, qu'avec la comparution de la VG, en
commission parlementaire, sur la situation
vécue pour ce qui est du bureau de la Vérificatrice générale du Québec, est
venue rajouter des détails quant à la capacité
de déployer des ressources, considérant les nombres de départs qui ont été
annoncés et les enjeux relatifs à la rétention
ou du moins au recrutement de main-d'oeuvre. Mais, quand même, la Commission
municipale va recruter des gens à peu
près dans les mêmes acabits que la VG l'aurait fait de toute façon. Alors, je
trouve un peu hasardeux, M. le ministre,
bien honnêtement, d'imputer la situation organisationnelle à la VG comme étant
un fait qui ne pourrait pas lui donner pleine ampleur quant à sa
capacité d'avoir des ressources dans son organisation pour faire ce travail.
Cela
étant dit, je me demande, M. le ministre, bien honnêtement : Est-ce qu'on
aurait pu mettre le bureau de la Vérificatrice générale en charge de
cette responsabilité-là? Et impartition aurait pu effectivement avoir lieu,
comme la Commission municipale peut le faire.
Alors, je cherche à
comprendre encore quel est le gain ou la nécessité de créer, au sein de la Commission
municipale, un nouveau champ d'expertise, parce que
l'amendement 27.3, c'est un nouveau pan de la loi, c'est
une nouvelle façon de fonctionner. La
présidente-directrice générale nous a expliqué quels seraient les besoins
qu'elle aurait, quelle façon serait
capable d'y arriver. Ma prétention, M.
le ministre, c'est que ça va prendre
du temps avant que ça devienne efficient, efficace, et, quand je dis ça,
là, quatre, cinq, six ans avant que tout ça soit mis en place, alors que ma
prétention et la prétention de notre formation politique, c'est qu'avec la VG, en ayant
déjà, dans son ADN, cette expertise d'audit, il aurait été plus facile pas nécessairement de recruter,
mais, une fois que le recrutement est fait, de déployer les ressources au
bon endroit pour savoir quoi faire, quand faire et comment le faire.
Alors,
la prétention que j'ai, c'est que la commission Charbonneau a édicté dans...
puis vous le faites souvent, M. le ministre,
à plusieurs reprises, lorsque vous avez agi notamment en Sécurité publique,
notamment aux Affaires municipales, vous
vous êtes fait un devoir de relier chacune de vos dispositions à des
dispositions issues de la commission Charbonneau pour nous dire : Écoutez, dans cette disposition-là, la commission
Charbonneau nous a exigé ça, voici ce qu'on a fait. Et, à chaque fois, on a applaudi. On ne sera jamais
contre le fait que le gouvernement décide d'appliquer la commission
Charbonneau et qu'il modifie ses lois. Puis on en aura d'autres à l'intérieur
du projet de loi.
Mais
pour ce qui est de la recommandation 26, nous, on croit difficilement que
ce que vous proposez atteint ce que
la commission Charbonneau a édicté, c'est-à-dire de mettre la Vérificatrice
générale... si ça avait été la Commission municipale, je veux dire, ils
l'auraient mis. Alors, ils ne l'ont pas mis.
M. Coiteux :
Oui. J'ai évidemment un avis sur le sujet, là. D'abord, ce n'est pas en
référence à des questions organisationnelles à l'égard de la Vérificatrice
générale. Dans l'exercice de ses fonctions actuelles, dès que ça sort du périmètre immédiat, là, du gouvernement, il y a
énormément d'impartition, de toute façon. Et ça, c'est bien avant qu'il
y ait les discussions qui ont eu lieu la semaine dernière.
Donc,
de croire que... parce que c'était un argument. On entendait, on a entendu en
commission : oui, mais peut-être qu'au
début, à tout le moins, la Commission municipale va devoir faire de
l'impartition. Bien, la Commission municipale va faire, dans ces circonstances-là, ce que la Vérificatrice générale fait
actuellement et fait depuis de nombreuses années. Donc, en ce sens, ça
ne peut pas être un argument favorisant la Vérificatrice générale plutôt que la
Commission municipale.
Maintenant,
la Vérificatrice générale elle-même dit qu'un grand pan, peut-être le pan le
plus fondamental associé à la
recommandation de la commission Charbonneau, parce que... la commission
Charbonneau, honnêtement, oui, Vérificatrice générale, mais deux éléments : d'abord, ce qu'ils avaient en tête
d'abord et avant tout, c'était la conformité aux lois, c'était le point focal pour la commission Charbonneau.
Donc, conformité aux lois, c'est ça qui est le plus important. C'est
bien, l'optimisation des ressources, c'est
même une bonne idée, mais, dans le fond, toute la pensée et l'évolution des
travaux de la commission Charbonneau,
c'était : Écoutez, là, il y a des manquements majeurs. Ce n'était pas
tant : On pourrait faire de façon plus économique certaines choses,
c'est qu'il y avait des enjeux de respect des lois, de respect de l'éthique, de
respect des choses du genre. Et là ils recommandent la Vérificatrice générale.
ont recommandé la Vérificatrice générale parce que l'institution était là, mais
surtout parce que c'était avant qu'on
adopte le projet de
loi sur la reconnaissance des villes comme des
gouvernements de proximité. Il ne me viendrait pas un grand doute à
l'esprit que, si ces recommandations-là étaient arrivées après le projet de loi
n° 122 adopté, qu'ils auraient
peut-être dit : Bien, ça prend peut-être une institution spécialisée pour
le monde municipal dans les nouvelles circonstances. Et là on la Vérificatrice générale,
qui est une institution importante, qui nous dit : La conformité aux
lois, ce n'est pas nous qui sommes les mieux
placés pour le faire. On est tout à fait à l'aise avec le fait que ça soit la
Commission municipale.
la Commission municipale, dont le rôle, bien entendu, va être élargi... Puis on
aura l'occasion de discuter des manières
de s'assurer que ça soit fait selon les règles de l'art et avec toutes les
précautions nécessaires pour ne pas mêler les activités de l'une de ses branches avec ce qui serait cette nouvelle
branche de ses responsabilités. Vous allez voir qu'on propose des choses à cet égard pour rassurer tout
le monde. Il y a eu des commentaires qui ont été très bien entendus lors
des consultations. La Commission municipale va pouvoir concentrer une expertise
qui ne pourra jamais être concentrée à l'intérieur
d'une organisation comme le Vérificateur général du Québec, qui doit couvrir un
ensemble extrêmement large de
l'organisation publique. L'expertise va être plus pointue, la connaissance du
monde municipal va être plus pointue, la qualité, donc, des
interventions a toutes les chances d'être plus grande à terme.
À court terme, que ce
soit un chemin ou un autre, puis je pense qu'à long terme le chemin de la
Commission municipale est meilleur, à court
terme, ça se peut que, pour certaines choses, il y a nécessité de faire de
l'impartition. Mais ça aurait été la même chose avec la vérificatrice.
M. Ouellet : Je comprends, M. le ministre, que, dans la commission Charbonneau, il
n'a jamais été question de l'optimisation
des ressources, ce à quoi, effectivement, le plaidoyer de la VG était très
clair, à savoir quelle était la meilleure organisation, et la façon de le réaliser, et la compétence qu'on devrait
obtenir pour réaliser ces mandats-là. Et l'Ordre des comptables agréés aussi est venu nous dire, nous
mettre un peu en lumière qu'est-ce que ça représenterait, faire ce genre
de travail là. Ça, je suis d'accord de ce
côté-là. Ce n'est pas inscrit dans la commission Charbonneau et c'est un plus
qu'on fasse de l'optimisation. Ça, je suis absolument d'accord avec ça.
Mais, si on a créé, à l'intérieur de cette
disposition-là l'opportunité qu'on fasse intervenir la commission municipale,
je comprends que, dans votre logique, M. le
ministre, une fois que la commission municipale interagit dans
l'optimisation des ressources, par effet
levier, ça devient beaucoup plus pertinent pour vous de dire : Bien,
continuons dans la même logique et
donnons la vérification de la conformité sous la Commission municipale
puisqu'elle aura déjà à faire l'optimisation des ressources si
effectivement les municipalités le décident. C'est parce que c'est ce qui a
changé effectivement.
Pourquoi...
puis, tu sais, la commission Charbonneau ne s'est pas posé la question :
Dans le futur, comment est-ce que le
gouvernement légiférerait? Comment est-ce que le gouvernement donnerait de
nouveaux moyens aux municipalités? La
commission Charbonneau s'est posé la question à savoir : Quelle serait
l'organisation la plus crédible, la plus impartiale, l'organisation la plus... qui mérite, dans le
fond, confiance et qui mérite, de la part de la population, une certaine
transparence, mais surtout une certaine indépendance? C'est pour ça
qu'on a mis la Vérificatrice générale dans la commission Charbonneau. Sans même
se projeter à savoir : Est-ce que le gouvernement changerait ses lois et
qu'il donnerait plus d'autonomie? La
commission Charbonneau, elle a pris un état de fait, puis elle s'est dit :
aujourd'hui, avec cet état de fait, si on
avait à corriger la situation, qu'est-ce qu'on devrait mettre de façon
optimale? C'est ça qu'elle s'est posée comme question.
suis d'accord que les lois peuvent évoluer dans le temps. Mais, même si elles
évoluent, le mandat premier de la Vérificatrice
générale était de donner un signal clair sur la situation dans les
municipalités de moins de 100 000. Alors là, on dit : On tasse ça et ce sera la commission,
avec une nouvelle fonction, il y aura des nominations à l'intérieur, d'une
vice-présidente aussi, on le verra un peu plus loin, mais c'est encore sous la
houlette, cette fois-ci... c'est, dans le fond, la prérogative du gouvernement
de nommer ces personnes-là.
Alors, notre
prétention, c'est que, pour le public, pour s'assurer que la conformité soit de
mise, la VG était la personne... l'organisation la plus désignée ou la plus
habilitée à le faire. Alors, je ne vois pas en quoi la Commission municipale a une valeur ajoutée si ce n'est, à vos
propos, M. le ministre, d'être connaissante ou habilitante dans les lois
dites municipales. Je pense que cette
compétence-là peut facilement s'apprendre à l'intérieur de la Vérificatrice
générale du Québec. Je pense qu'elle nous
l'a démontré aussi, la différence entre la capacité d'absorption de
l'information issue des lois
municipales versus la capacité d'absorption des procédures en matière de
vérification et d'optimisation des ressources. Alors, moi, pour ma part, M. le ministre, je trouve qu'on est en deçà de
ce que la commission Charbonneau nous exigeait.
Je comprends votre réflexion, je comprends votre
cheminement, après le 122, pour dire : Selon les positionnements qu'on a faits, selon les amendements qu'on a
apportés, selon l'impulsion qu'on a voulu donner, il est dans notre
lignée de continuer dans ce sens-là. Mais la
commission Charbonneau n'a pas pris acte des volontés ministérielles que vous
aviez à l'époque ou qui pourraient
apparaître dans le futur pour dire : Bien, oui, si ça avait été la CMQ, M.
le ministre, là, ça aurait apparu.
Puis, après les témoignages qu'on a entendus à la commission Charbonneau... là,
vous me direz peut-être qu'aujourd'hui
ce n'est plus le cas, mais, lorsque la commission Charbonneau a siégé, puis on
a vu les témoignages, vous avez pu
comprendre que la situation vécue à la CMQ a assurément teinté la commissaire
et surtout le rapport en disant, au final : Ça devrait être la VG.
M. Coiteux :
C'est parce que de façon très factuelle, très factuelle et très récente, la
Vérificatrice générale du Québec, elle a dit
qu'elle n'est pas du tout, mais pas du tout intéressée à s'occuper de la
conformité aux lois, qu'elle n'est même
pas... que son institution n'est pas meilleure que la Commission municipale,
bien au contraire, pour faire cette partie-là. Alors, j'inverserais un peu comment vous avez présenté les choses.
Elle dit : Si on donne l'optimisation des ressources à la Commission municipale, logiquement, on va faire
la conformité aux lois. Mais la conformité aux lois, elle n'ira pas selon même l'absence de désir de la Vérificatrice
générale, elle n'irait même pas à la Vérificatrice générale. Elle pense que c'est une bonne idée que ça soit la Commission
municipale. Alors une fois que c'est à la Commission municipale, logiquement, bien entendu, les autres aspects en
découlent sur la nécessité d'avoir ce pôle d'expertise dans un lieu
concentré pour autant qu'on aura pris toutes
les dispositions et les précautions nécessaires pour s'assurer que les fonctions d'administration à l'occasion ou d'enquête
de la Commission municipale qui ne sont pas en lien avec les vérifications soient clairement
séparées de ses activités de vérification, ce qu'on a pris soin de délimiter,
comme vous le savez, puisqu'on a distribué
les amendements ici proposés, qu'on a mis de l'avant. Donc, la question ne se
pose pas. La Vérificatrice générale nous dit : Non, ce n'est pas
approprié qu'elle s'occupe de la conformité aux lois.
Maintenant,
retournons en arrière, à la commission Charbonneau. La commission Charbonneau,
sa préoccupation, c'est qu'il y ait
une vérification de la conformité aux lois et c'est qu'il y en ait une par une
institution qualifiée pour ce faire. Bon, il y a une institution qui est
venue nous dire qu'elle n'est pas la mieux placée pour le faire, que la
Commission municipale serait mieux placée
pour le faire. Moi, je combine les deux ensemble, puis, en combinant les deux
ensemble, il me semble absolument logique,
normal, d'autant plus si j'y ajoute l'impulsion qu'on a donnée par l'adoption
de la
loi sur la reconnaissance des
villes comme gouvernements de proximité. Si j'y ajoute ça par surcroît, je ne
vois pas où on peut atterrir autrement qu'à la Commission municipale
pour confier une telle responsabilité. Alors, c'est là qu'on en est, nous, puis
on pense que c'est tout à fait cohérent avec ce qu'on a entendu lors des
consultations, là, tout à fait.
M. Ouellet : M. le ministre, si la
Vérificatrice générale du Québec dit : Je ne suis peut-être pas la bonne organisation, mais on me demande de le faire, elle
va prendre les moyens pour le faire. Ce qui est différent, c'est ce que
la CMQ nous a dit : Je ne l'ai jamais
fait, mais ça me tente de le faire. La CMQ, M. le ministre, elle est sous votre
juridiction, alors il aurait été un peu
embêtant, pour eux, de venir en commission venir dire que ce que vous pensez
être la meilleure chose... ils ne
pensent pas être le meilleur organisme. Ça fait que vous comprenez que je peux
entendre les appréhensions de la VGQ
en disant : Écoutez, peut-être, dans cette partie-là, ça pourrait être
fait différent. Mais, si on demande le mandat à toutes les fois qu'on mandate la VG — parce qu'on a le pouvoir, à l'Assemblée
nationale, de le faire — on la mandate, elle prend
les moyens, elle impartit certains travaux parce qu'elle a besoin d'expertise,
mais elle le fait, elle ne se pose pas la question : Est-ce que je
suis la bonne ou pas? On me demande de le faire, je le fais.
Alors, la
commission Charbonneau, dans toute sa réflexion, dans toute son audition, en
est arrivée à la conclusion que ça
devait être la Vérificatrice générale du Québec qui le fasse. Et là vous me
dites : Bien, elle nous a dit que ce n'était peut-être pas la bonne organisation pour le faire,
mais, quand je vous entends, la CMQ est venue nous dire : Bien,
écoute, moi, ça me tente. C'est sûr que, si
on additionne ça, M. le ministre, je comprends votre position, mais, à notre
avis, puis ça, on n'en dérogera pas,
puis, je veux dire, on ne fera pas un débat pendant deux heures encore, M. le
ministre, on va avancer, puis vous
allez comprendre que... tu sais, à chaque fois qu'on va poser des questions,
bien, on va arriver au même résultat.
Votre proposition est à un chemin qui ne nous rejoint pas. On va poser des
questions de compréhension, mais vous comprendrez
qu'on n'endossera pas la finalité, parce qu'on pense toujours que le meilleur
véhicule aurait été la Vérificatrice générale
du Québec. Ce n'est pas ce que vous proposez. On verra plus tard, dans d'autres
amendements, lorsqu'on parlera des lanceurs d'alerte.
Mais, tu
sais, on eu les discussions avec les municipalités puis on nous a dit :
Ah! bien, écoutez, la VGQ, tu sais, ça fait
son rapport à l'Assemblée nationale, puis c'est nommé aux deux tiers, puis on
ne veut pas de la partisanerie, tu sais. Ça, là, je ne l'ai pas entendu, aujourd'hui, ça fait que je pense que le
discours s'est un peu amoindri, parce qu'on a réussi à leur faire comprendre... bien, écoutez, entre une
nomination aux deux tiers à l'Assemblée nationale puis une nomination du
gouvernement, elle est où, l'autonomie,
là-dedans, là? Je pense que cette partie-là, ils l'ont absorbée, mais le reste
étant que vous allez décider que ce soit la
CMQ, puis l'ensemble des dispositions vont continuer à créer, dans le fond, ses
rôles, ses responsabilités, on aura
assurément des questions à poser sur la durée du contrat, on aura aussi des
questions à poser sur le double rôle joué par les vérificateurs
externes, mais vous comprendrez, M. le ministre, qu'au
sommaire de tout ça on
va rester sur les mêmes positions.
Coiteux : J'aimerais quand même, M. le Président, peut-être essayer de
rassurer un peu mon collègue de René-Lévesque,
parce que j'ai ici le transcript d'une
partie des échanges qu'on a eus avec la Vérificatrice
générale. Permettez-moi juste de lire
cette partie-là... dit alors : «Puis on n'a jamais dit que la conformité
aux lois et règlements, c'est à nous à le vérifier. Je pense qu'effectivement la commission est très bien
positionnée pour le faire, et c'est l'aspect qui est le plus important
de connaître, [...]je vous dirais.»
Alors, moi,
je suis plutôt rassuré. Peut-être qu'en avançant dans nos travaux, parce qu'il
y aura d'autres dispositions qui vont
être examinées, avec des précautions qui seront prises pour s'assurer que ce
soit fait en toute indépendance, avec toute
la rigueur nécessaire, peut-être qu'on va réussir à rassurer l'opposition
officielle. C'est mon souhait. C'est mon souhait.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : ...passer la parole à
mon collègue de Blainville.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Bien, je vous écoute, là, avec le collègue du Parti québécois, je ne
suis pas rassuré, là, M. le ministre, là, mais je vais être beau joueur.
Je vous avais dit, dès le départ, que j'avais un faible pour la Commission municipale.
Moi, j'ai un faible pour la Commission municipale. Mais je vais juste prendre
votre article... le premier paragraphe de la 85, là, «la commission est la
vérificatrice des comptes et des affaires des municipalités», donc c'est deux choses bien différentes. La commission
aurait pu se voir confier le mandat de vérifier les affaires des municipalités
et des organismes, puis la Vérificatrice générale aurait pu se faire confier le mandat de vérifier
les comptes. Ça aurait très bien pu
se faire comme ça. Ça aurait été... Puis moi, là, je le sais que j'ai... le
milieu... de représentants qui m'écoutent, là. Moi, c'est le citoyen
que je défends. Dans un monde idéal, là, pour le citoyen, là, avec la
présentation que nous a faite la Vérificatrice générale,
là, la vérification des comptes des villes aurait dû aller à la Vérificatrice
générale, puis la Commission municipale du
Québec aurait dû avoir à vérifier les
affaires des municipalités, des organismes et tout ça, donc la vérification législative, et tout ça. Ça, ça aurait été dans un monde
idéal. Mais on le sait que le milieu municipal
ne veut pas. Puis ça, M. le ministre,
là, vous, vous... en tout cas, c'est le mandat. Moi, je leur parle, vous leur
parlez. Eux autres, ils ne veulent pas, ils ne veulent pas que la
Vérificatrice générale se mette le nez dans leurs affaires.
comment on fait? Parce que, là, vous me dites : Bon, c'est correct, on...
bon, on s'en va avec la Commission municipale
du Québec. Moi, la Vérificatrice générale, là, je sais que probablement qu'elle
a des représentants qui nous écoutent. La semaine dernière, elle s'est
écorchée elle-même, là, en disant qu'elle avait de la difficulté à recruter du personnel. Donc, ça, ça veut dire que ce n'est pas
facile. Ce n'est pas facile, la Vérificatrice générale, mais ça ne sera pas
facile non plus pour la Commission municipale du Québec. Moi, M. le ministre,
là, ce que je veux que vous me convainquiez,
moi, là... La solution Commission municipale du Québec, là, quand va-t-elle
être applicable? Ça va prendre combien
de temps que ça soit mis en place? Avez-vous des avis ministériels? Avez-vous
demandé... Moi, ce que je veux savoir, c'est l'efficacité de cette
procédure-là.
je juge, M. le ministre, que ce n'est pas efficace, là, je ne ferai pas de
débat éternel, M. le Président, n'inquiétez-vous pas, là, je vais voter contre tous les amendements que vous allez
avoir déposés, parce que je vais penser que ça ne s'appliquera pas puis
que vous ne serez pas capable de l'appliquer, vous n'en viendrez pas à bout. Ça
va être un autre gouvernement qui va être
pogné avec le problème. Puis là, M. le ministre, là, le passé étant garant de
l'avenir, les consultations publiques, vous n'avez même pas encore
accouché de votre règlement sur un projet de loi qu'on a adopté, le 122,
l'année passée.
Donc,
je veux dire, dans combien de temps la Commission municipale du Québec
va-t-elle être capable de vérifier les
comptes puis d'être capable de vérifier les affaires des municipalités, des
organismes, là? Est-ce que vous avez une analyse? Avez-vous demandé à votre ministère? Puis j'aimerais savoir,
s'il y en a un qui vous l'a donné, avoir son nom pour être bien sûr de... il va y avoir un changement de
gouvernement, là, peu importe qu'est-ce qu'il se passera, là, mais de savoir lequel qui vous a conseillé d'aller
là-dedans, là, puis en vous disant que ça va être efficace, puis quand est-ce
qu'on va être capable de le faire. Parce
que, pour le citoyen, là, c'est bien beau qu'on jase tout aujourd'hui puis
qu'on adopte un projet de loi, mais,
si on n'est pas capables de l'appliquer puis que ça va entrer en force rien que
dans trois, quatre ans, parce que
ça va prendre du temps pour le personnel... Avez-vous une étude, avez-vous de
quoi, là, que votre ministère vous a... un avis de votre ministère, un avis ministériel pour vous dire quand est-ce
que ça va entrer en vigueur, quand est-ce que la Commission municipale
va être capable, puis tout ça? Est-ce que vous avez fait ces vérifications-là?
Le Président (M.
Ouellette) : M. le ministre.
Coiteux : Pour mon collègue de Blainville, je tiens à le rassurer,
puis, à travers ce que je vais dire, rassurer l'ensemble de la population. Lorsqu'on fait une proposition législative
comme celle-là, c'est parce qu'on a fait des travaux d'analyse, c'est parce qu'on a fait les
consultations nécessaires, c'est parce qu'aussi on a attaché les fils
budgétaires qui seront nécessaires
pour y arriver. On a déjà prévu, dès 2018‑2019, un montant de 3 millions
de dollars, dès 2019‑2020, un montant
de 8 millions de dollars, qui va permettre à la commission d'avoir la
possibilité d'engager des ressources. Tout à l'heure, on a eu la discussion sur la nécessaire impartition qu'on voit
déjà à l'heure actuelle. C'est fort probable, là, qu'au tout début il y ait de l'impartition du côté de la
Commission municipale. Je ne suis pas en train de le nier. Alors, ça ne
veut pas dire qu'à long terme il n'y aura pas une expertise interne. Mais, à
l'heure actuelle, la Vérificatrice générale elle-même fait massivement appel à cette
expertise externe.
M. Laframboise : Sauf que, M. le ministre, la Vérificatrice générale est nommée aux deux
tiers de l'Assemblée nationale, là, elle a une crédibilité
d'indépendance qui est connue, alors que le président ou la présidente de la
Commission municipale du Québec n'est pas nommé aux deux tiers de l'Assemblée
nationale, là, il est nommé par le gouvernement. Puis là, si vous me dites que
vous êtes pour embaucher des firmes qui vont... Là, ça, ça m'inquiète, là, comprenez-vous? Là, moi, ce que je souhaite,
c'est qu'il y ait une expertise à la Commission municipale du Québec
puis qu'elle soit indépendante de toute
partisanerie politique, le plus possible. C'est ça qui va rassurer la
population. Puis je vous dis ça, là,
ce n'est pas une question... peu importe le gouvernement qui va être là, il
faut s'assurer que le gouvernement qui va
être là, il n'y aura pas de partisanerie politique dans les nominations puis
tout ça, puis qu'on fasse qu'il n'y ait pas de personnel à l'interne,
puis on va tous aller à l'externe avec des firmes qui donnent aux partis
politiques, là, tu sais, ça m'intéresse moins, là.
Coiteux : Non, bien... Évidemment, je ne veux pas trop commenter là-dessus parce que ce n'est
certainement pas l'objectif puis ce n'est
pas comme ça que ça va fonctionner non plus. Il n'y a pas de partisanerie
dans l'exercice des fonctions de la Commission municipale du Québec , je
ne pense pas qu'on puisse prétendre le contraire. Et toutes les dispositions sont prises pour assurer que le
travail de la Commission municipale du Québec se fasse en toute
indépendance, et ces dispositions-là se
trouvent encore renforcées davantage par un certain nombre d'amendements que
nous proposons ici.
d'autre part, nomination par l'Assemblée nationale, nomination différente...
Les faits sont que la Vérificatrice générale
fait massivement appel à des contrats externes pour s'acquitter de sa tâche.
Est-ce que ça remet en question la qualité
de son travail? Est-ce que ça remet en question l'indépendance de son travail?
Pourquoi ça devrait, à court terme? Parce qu'au jour 1, c'est clair
qu'au jour 1, il peut y avoir nécessité d'impartition plus grande qu'une année
après, deux années après, trois années
après. Mais pourquoi ça, ça remettrait en question la qualité et l'indépendance
du travail de la Commission
municipale plus que ça aurait remis en question la qualité et l'indépendance du
travail de la Vérificatrice générale? Je ne crois pas.
Alors, là, disons que je
n'ai pas l'inquiétude de mon collègue là-dessus, aucunement. Moi, je pense que
la Commission municipale fait bien son
travail. Je pense qu'elle est qualifiée pour faire ce travail. Même la
Vérificatrice générale est venue nous dire
en commission qu'elle était tout à fait qualifiée pour faire ce travail-là
aussi, là. Elle est venue nous dire ça. Alors, quand je prends
l'ensemble des avis, je pense que les Québécois ont toutes les raisons du monde
d'être rassurés.
Le Président (M. Ouellette) : Le
député de Blainville.
M. Laframboise : Sauf que, M. le
Président, à moins que... ce que la Vérificatrice générale est venue nous dire, c'est qu'elle avait la compétence par
rapport aux affaires municipales. Mais, par rapport à la vérification des
comptes, là, elle a été claire là-dessus,
là : la Commission municipale n'a pas les compétences. Puis l'histoire de
la Commission municipale du Québec,
là, M. le ministre, en tout cas, si vous... Vous êtes quand même assez récent
comme député, là, mais il reste que
l'histoire fait que ça n'a pas été toujours égal, la Commission municipale.
Puis ça a été très politisé, là. Comprenez-vous,
là? Et vous n'aviez pas déposé justement parce qu'il y a un volet... qu'il y a
un volet vérification des comptes, vous n'avez pas décidé que le
président ou la présidente de la commission serait nommée aux deux tiers de
l'Assemblée nationale.
Moi, là, je regrette, M. le ministre, mais la
seule façon qu'on peut calculer l'indépendance présentement, c'est le fait que
le titulaire du poste principal soit nommé aux deux tiers de l'Assemblée
nationale. Ça lui assure une indépendance,
là. Est-ce que, dans la vraie vie, c'est ça? Mais, pour moi, là, la seule façon
de regarder ça, c'est de... Tu sais, comme
la Vérificatrice générale, dans ma tête, elle est indépendante. Puis, si elle
veut aller à l'externe pour être capable de compléter son personnel parce qu'elle a des mandats spécifiques, moi,
quant à moi, elle a l'indépendance politique pour le faire. Mais la Commission municipale du Québec, si
la présidence est nommée par le gouvernement, est-ce que l'indépendance
d'aller à l'externe dans un dossier par rapport à un autre... est-ce qu'elle a
l'entière indépendance? Moi, je vous le dis,
là, ça va être questionnable, là, parce que, comprenez, là, M. le ministre, là,
la Vérificatrice générale décide
d'aller à l'externe dans un certain dossier, pas dans l'autre? Ça, elle a
l'indépendance parce que, quant à moi, elle est nommée aux deux tiers de
l'Assemblée nationale.
Mais le jour
où va arriver des positionnements, où on va apprendre que telle ville a été
vérifiée à l'externe, telle autre a
été vérifiée à l'interne, puis la décision a été prise par la présidence, puis
la présidence est nommée par le gouvernement,
ça, c'est une apparence de, je vous le dirais, partisanerie politique que je ne
veux pas voir. Mais je ne vous ai pas vu déposer en disant :
Maintenant, le président ou la présidente de la commission des affaires
municipales sera nommé aux deux tiers de
l'Assemblée nationale. Vous ne l'aviez pas fait, là. Donc, à quelque part, en
tout cas, je vous le dis, là, j'essaie de... J'essaie de me convaincre
moi-même à vous écouter, là. J'ai un peu de difficulté.
M. Coiteux :
Je voudrais juste dire une chose. La formulation, là, qui parle des comptes et
des affaires, c'est une formulation
standard qu'on retrouve également dans la loi de la Vérificatrice générale. À
ma connaissance, je pense, c'est bien le cas. C'est un langage standard
sur le plan juridique.
L'article 86 qui va suivre, lui, vient préciser que
c'est la conformité aux lois dont on parle. Donc, il faut prendre l'ensemble
ici.
M. Laframboise : J'ai très bien compris. J'ai lu vos amendements,
M. le ministre. Mais je fais juste vous donner l'image. L'image, elle
est claire quand on lit cet... Il y a un volet de vérification des comptes puis
il y a un volet de vérification des affaires
puis de la législature. C'est ça, la réalité, là. Vous, vous dites : Bien,
ça doit être fait pas le même organisme.
Je vous dirais, ça aurait pu être fait par deux organismes. La Vérificatrice
générale aurait pu s'occuper de tout ce
qui est compte puis la Commission municipale du Québec aurait pu s'occuper de
tout le volet. Puis là dites-moi pas que c'est comme ça puis que...
Dites-moi pas ça, là.
M. Coiteux :
Mais c'est que la vérification des comptes, c'est les vérificateurs externes
qui vont... de chacune des villes, ce n'est pas la Commission
municipale.
M. Laframboise : Bien, vous
allez avoir un volet de vérification qui va s'appliquer, de mise à niveau,
de... On ne se comprendra pas, là, M. le
ministre, là. J'ai beaucoup de difficultés, là, mais je ne ferai pas débat
éternel, M. le Président, là. Je ne suis pas... pas mal positionné, là.
Allez-y, c'est bon, continuez.
Le Président (M. Ouellette) :
Est-ce qu'il y a d'autres questions sur 85? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, M. le
Président. Donc, pour être conforme à ce qu'on vient de discuter, on va déposer
un amendement pour modifier l'article 27.13.
Le Président (M. Ouellette) :
C'est beau. L'avez-vous devant vous? Est-ce qu'il est prêt?
Le Président (M. Ouellette) :
Je vais suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 12 h 21)
Président (M. Ouellette) :
Nous reprenons nos travaux. Nous en sommes à l'étude du projet de loi n° 155, dans le thème 6,
Vérifications dans les municipalités. Et, M. le député de René-Lévesque, vous
vouliez nous déposer un sous-amendement à l'amendement du ministre introduisant l'article 27.13. Veuillez nous
en faire la lecture — ce
sous-amendement a déjà été remis aux collègues — et
après on pourrait avoir une discussion. Donc, lecture du sous-amendement, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Parfait, M. le
Président. Donc, on veut modifier l'amendement introduisant l'article 27.13 par
le remplacement du mot «Commission municipale» par le mot «Vérificateur général
du Québec» partout où il apparaît dans l'article.
Le Président (M. Ouellette) : Vos commentaires.
Ouellet : Bien, écoutez,
M. le Président, on a eu cette discussion-là ultérieurement. J'ai exposé en quoi notre position
était celle du Vérificateur général
du Québec, et nous ne croyons pas que
l'utilisation de l'UMQ, tel que... le CMQ, pardon, pas l'UMQ, la CMQ, tel que présenté dans
le projet de loi, est satisfaisant à notre égard. On aura quand même des questions, parce qu'il nous reste encore plusieurs zones
grises à élaborer, mais on veut quand même signifier au ministre que
notre position ne changera pas à l'intérieur de ces amendements-là.
Donc, je veux la déposer, et, s'il n'y a pas
d'autre discussion, je serais prêt à la voter, M. le Président.
Président (M. Ouellette) : M. le député de Blainville, sur le sous-amendement déposé par M. le député de René-Lévesque.
M. Laframboise : Ça va me permettre
de clarifier ma position, là, parce que je sens que le ministre ne comprend pas bien, là. C'est évident que la Vérificatrice générale, par
rapport aux affaires... puis je
maintiens, là, qu'il y a une
différence entre les comptes puis les affaires municipales, là. Puis ce n'est
pas pour rien que le texte est écrit comme ça. Mais je comprends, M. le
ministre, que, dans cet article-là, ce n'est pas nécessairement ça. Sauf que
pourquoi que je vous dis ça? Parce que la Vérificatrice générale nous
dit : Je peux tout faire. Par contre, tout ce qui est législation et
conformité aux lois, et tout ça, ce n'est pas son apanage à elle, là. On se
comprend, là, tout le monde, là, ce n'est pas sa
tasse de thé. Elle, c'est les chiffres, plus, sa tasse de thé. Donc, ce n'est
pas pour rien que l'optimisation des ressources, les vérifications
financières, c'est ce qu'elle nous demandait.
Évidemment,
moi, dans ma tête à moi, dans un monde idéal, les chiffres, la vérification
financière, l'optimisation, on confie
ça à la Vérificatrice générale, et le respect des lois, la conformité, à la
Commission municipale du Québec. Ce n'est pas le choix qu'a fait le
gouvernement, là, puis ça, je ne maintiens pas ça, je veux dire, je ne veux
pas... c'est la position du gouvernement
puis du Parti libéral, puis c'est un choix que vous avez, là. Par contre, par
rapport à... puis je reviens, là, je
reviens à la Commission municipale du Québec, là, pour être capable de faire
les conformités aux lois, et tout, et
aussi il y a un volet comptabilité parce que l'optimisation des ressources des
municipalités de moins de 10 000, c'est la Commission municipale du
Québec qui va les faire, là, il va en avoir, des chiffres, là-dedans à
calculer, là.
Donc, c'est
ça que je veux me faire rassurer : La commission, est-ce qu'elle est
capable? C'est pour ça que je vous dis...
c'est que, s'il y a des mandats qu'elle doit donner à l'interne pour
l'optimisation, entre autres, parce que je vous dirais... c'est-à-dire des mandats confiés à l'externe, bon,
peut-être qu'ils ont prévu aussi, peut-être pour les conformités des
lois, il faudrait... je ne sais pas,
peut-être qu'ils n'ont pas le personnel, là. Je veux juste que vous
m'expliquiez, là, comment ça va fonctionner
dans les premiers mois, là, s'ils n'ont pas le personnel pour être capable...
parce que la conformité législative, ça
veut dire qu'ils vont faire affaire à l'externe avec des bureaux d'avocats...
tu sais, puis comprenez-vous, là, les bureaux d'avocats, là... puis c'est peut-être la même chose aussi, dépendant de
la taille des villes, là, mais il n'y en a pas beaucoup qui sont spécialisés dans le milieu municipal.
Donc, souvent, on fait affaire avec des firmes qui font déjà affaire avec
les villes. Donc, juste, expliquez-moi comment ça va fonctionner, là.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
ministre.
M. Coiteux : C'est certain que,
comme elle n'a pas eu ce mandat-là par le passé, elle n'a pas... tant et aussi longtemps
qu'on n'aura pas adopté la loi, immédiatement, toutes les ressources dont elle
aura besoin... et c'est prévu, et elle le
sait qu'une fois que la loi serait adoptée, qu'elle va mettre en place le plan pour y arriver. Mais, en
ce qui concerne la conformité aux
lois, la Vérificatrice générale ne serait pas là non plus de toute façon. Alors, il y a quand
même... on a créé, là, récemment, l'AMP. On a créé des institutions par le passé puis, au jour 1, ces institutions-là n'avaient pas
les ressources, mais ont engagé les processus de recrutement, ont fait appel, dans
certaines circonstances, à une impartition intelligente et ciblée. Ça va
être la même chose avec la Commission municipale.
Mais, au
terme de tout ça, ce qui est le côté positif de tout ça, c'est qu'on aura une
concentration d'expertise à l'intérieur
d'une institution clé qui sera une institution majeure pour le monde municipal,
qui va être un pôle d'expertise majeur pour le monde municipal.
Maintenant,
vous le savez très bien, mon collègue de Blainville le sait extrêmement bien,
qu'il y a des centaines et des
centaines et des centaines de municipalités, dont certaines sont toutes
petites. Alors, que ça aurait été la Vérificatrice générale ou pas, il y aura un procédé par
échantillonnage. Nous, ce qu'on a introduit, dans ce projet de loi là, c'est
qu'au moins... à
chaque quatre ans, il y ait au moins deux vérifications d'optimisation des
ressources qui soient faites du côté des villes de 10 000 à 100 000, mais, dans les plus petites, plus
petites, plus petites, évidemment, ça va procéder beaucoup plus par
échantillonnage, c'est ça qui va être la façon de faire.
On va prévoir également, on va prévoir également
que ces vérifications-là vont être publiées sur le site de la Commission municipale. Donc, non seulement ils
vont être remis au conseil municipal, mais les gens vont pouvoir les voir aussi, le public en général, les Québécois en
général, ils vont même pourvoir regarder un peu comment ça se passe dans
différentes villes. Donc, nous, notre
souhait aussi, c'est qu'en concentrant cette expertise-là au sein de la
Commission municipale les meilleures pratiques finissent par être adoptées un
peu partout, qu'il y ait un sens de l'émulation.
Au jour 1,
bien, comme nous a dit la présidente de la Commission municipale, bien, il va y
avoir la création de la vice-présidence
aux vérifications, il va y avoir, donc, l'embauche de personnel, il va y avoir
la mise en branle des processus, comme
chaque fois qu'on donne une nouvelle responsabilité à une organisation
existante et, encore plus, lorsqu'on crée une nouvelle organisation à
partir de zéro, comme ça nous est arrivé dans le passé, puis on a eu des bons
succès.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Puis, c'est
important, là. Puis pourquoi je veux qu'on en discute là, parce qu'une fois qu'on... Si on décide d'appuyer la Vérificatrice générale, bien là il va se faire un... C'est un effet
domino, là, on va le faire... En tout
cas, je ne sais pas ce que le Parti québécois a l'intention de faire, mais quant à... Il faut lui confier le mandat
plutôt que ce soit aux autres.
Je reviens toujours
avec mon problème avec la Commission municipale du Québec, c'est qu'encore vous parlez d'une vice-présidence.
La vice-présidence va être nommée par le gouvernement. C'est ça que je... Tu
sais, c'est tout ça qui est très,
très difficile pour moi, là, de voir... D'abord, un, ce n'est pas facile, déjà,
la réputation de la Commission municipale du Québec, elle est déjà... puis ils le savent, là, je pense que, bon...
puis ce n'est pas parce que la personne qui est là ne fait pas du bon travail, ils font du bon travail, mais
ils ont été écorchés par le passé, puis ils ont été écorchés par la
commission Charbonneau, donc il faut leur donner la marge de manoeuvre pour
être capable de redorer leur image.
Donc, moi,
mon questionnement, c'est... D'abord, il faut que je sois convaincu qu'ils vont
être capables d'atteindre leurs
objectifs. Quand vous m'avez dit de 3 millions à 8 millions, ça veut dire qu'en
2019‑2020, là, vous allez... Le budget va être de 8 millions?
M. Laframboise : Ça veut dire 2018‑2019 :
3 millions. 2019‑2020 : 8 millions. Puis là, bon, ce que vous souhaitez...
Évidemment, le problème de recrutement de personnel, ce que... Exemple, là,
bien bête, là, de la... La vérificatrice
disait que ce que lui permettait de payer, parce que vous avez des normes, au
Trésor, là, faisait qu'elle avait 30
personnes qui n'appliquaient pas, là. Ça, est-ce que ça ne sera pas revu, le
Trésor, là? C'est-à-dire qu'il va falloir vivre avec ça, là, les normes de paiement, et tout ça, là, c'est des normes
qui sont... Vous avez déjà été là, là, vous connaissez ça plus que moi, là. Donc, à quelque part, là, c'est
des normes... Tu ne peux pas dépasser un certain seuil, là, hein? C'est
ça, c'est la réalité?
Coiteux : Bien, il y a évidemment des normes au Trésor, puis elles
évoluent dans le temps. Ceci dit, elles ne sont pas figées pour
l'éternité, ces normes-là, elles changent, notamment, il y a des... Et puis il
y a des... Quand j'ai été président du
Conseil du trésor, il arrivait régulièrement que des dérogations étaient
octroyées pour des bonnes raisons, également,
donc c'est... Il y a des normes, mais, en même temps il y a des mécanismes qui
permettent une certaine flexibilité. Évidemment,
les évaluations de budgets nécessaires ont été faites en discutant avec le
Trésor. Ces discussions-là ont eu lieu entre le ministère, la Commission
municipale et le Trésor pour s'assurer que les budgets soient suffisants pour
que l'organisation soit en mesure de bien jouer son rôle. Donc, ces évaluations
étaient faites vraiment avec le souci que la Commission municipale ait tous les
outils nécessaires pour procéder.
Laframboise : Et donc vous,
vous êtes convaincu, là, que 2019‑2020, là, la Commission municipale du
Québec devrait avoir pris son envol, puis devrait être capable de contrôler ces
choses et tout ça, là.
Laframboise : Parce qu'au
point de vue ressources avez-vous déjà fait le partage en ce qui serait
finalement ce qu'on peut appeler, là, la
conformité aux lois, puis... moi, j'appelle ça la
partie plus vérification des
comptes, là, mais en tout cas, je vous dirais, là, vérification de
l'optimisation des ressources, là. Avez-vous fait le calcul?
Coiteux : Oui, on a fait...
c'est... Je n'ai pas le détail, là, avec moi ce matin, mais c'est clair que,
dans l'évaluation complète des crédits
qui seront nécessaires, il y a les deux aspects qui ont été considérés. Il ne
faut pas oublier que ça va couvrir
l'ensemble des 10 000 assemblées, là, en ce qui concerne la conformité aux
lois. Ça va concerner, à tout le moins dans
un premier temps, exclusivement les moins de 10 000 pour l'optimisation
des ressources. Ou ça va se faire sur une base d'échantillonnage, là. On ne va pas systématiquement faire toutes,
toutes, toutes les villes chaque année, il y en a énormément au Québec.
Surtout que l'aspect... Si on revient
aux recommandations de la commission Charbonneau, ce qui préoccupait le plus la commission Charbonneau, puis, je pense,
qui préoccupe le plus l'ensemble des Québécois quant à
l'assujettissement des villes à des exercices
de vérification rigoureux, c'était surtout la conformité aux lois. Mais
l'optimisation des ressources est importante aussi, puis c'est utile
également. Les villes de 10 000 à 100 000 procéderaient avec leurs
vérificateurs externes, à moins qu'elles choisiraient
de s'assujettir à la compétence de la Commission municipale, éventuellement,
mais ça, ça sera leur choix. Et auquel cas,
évidemment, à travers le temps, bien, s'il y aurait des villes qui adhéreraient
à ça, il faudrait prévoir une augmentation des crédits, ça, c'est clair,
là, mais ces discussions-là auront lieu en fonction de l'évolution de la
situation. Mais, pour l'instant, les crédits prévus dûment évalués devraient
être suffisants.
M. Laframboise : Parce que, M. le Président, c'est sûr que, tu sais, on... l'Ordre des
CPA nous a dit qu'il n'y avait pas...
en tout cas, ils souhaitaient que les villes de 10 000 à 100 000,
c'était qu'ils souhaitaient que ça soit la Vérificatrice générale. Bon, là, ils sont revenus un peu sur
leur position, mais il reste quand même que c'était ça. Quand ils nous
ont déposé leur mémoire, c'était ça, là.
Donc, c'est pour ça que la Vérificatrice générale est si importante, là. Tu
sais, quand l'Ordre des CPA te dit : Bien là, que chez les
vérificateurs externes, on n'a pas la capacité d'être capable de faire l'optimisation des ressources pour les villes de
10 000 à 100 000, bon, bien là, à ce moment-là, c'est mieux la
Vérificatrice générale. Donc, si on en confie
à la Vérificatrice générale, les 10 000 à 100 000, on confier aussi
les... puis la Vérificatrice générale,
puis ça, je suis d'accord avec vous, là, ça ne se fait pas... ce n'est pas
partout, il y a une rotation, puis il y a une façon parce que ça ne peut pas se faire. Sinon, ça coûterait trop cher,
là. Mais il reste quand même que le débat est là, là, tu sais, que... Et je vous disais, M. le
Président, c'est un effet de dominos, là, tu sais, parce que, là, la
Vérificatrice générale, en tout cas,
si on lui confie certaines tâches... si on le fait à la Commission municipale
du Québec, moi, je vais vous dire, bien honnêtement... je vous ai dit
que j'avais un faible pour la Commission municipale du Québec.
seul problème majeur, M. le ministre, mon problème, c'est la nomination. Je
vais vous le dire, je vais... en tout cas,
je suis en train de regarder pour préparer un amendement pour voir si on ne
pourrait pas nommer la présidence et les deux vice-présidences comme ça se fait dans d'autres organismes, aux
deux tiers de l'Assemblée nationale, pour rassurer. Ça, je vous le dis, là. Je vois que ça n'a pas
l'air à susciter un intérêt chez vous. Mais, moi, ça va me sécuriser dans
ma position. Je vais déposer probablement un
amendement. Mais, si je fais ça, ça veut dire que je vais faire confiance à
la Commission municipale du Québec, et, un
jour, il restera juste à en faire la nomination aux deux tiers, de ces
personnes-là, quand il y aura un changement de gouvernement, si jamais
ça arrive.
Mais,
en tout cas, pour l'instant, je vais accepter... en tout cas, vos budgets
semblent réalistes. Je vais vous suivre avec la Commission municipale du
Québec, là. Comme je vous dis, mon souhait, ça serait, si c'était possible, que
la présidence et les deux vice-présidences soient nommées aux deux tiers de
l'Assemblée nationale. Je vais déposer un amendement
en conséquence. Je vais vous laisser le temps d'y penser. Mais, pour l'instant,
je vais donc... si je prends cette position-là, je vais être contre
l'amendement qui a été déposé par mon collègue du Parti québécois.
Le Président
(M. Ouellette) : C'est beau. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur le sous-amendement de M. le député de René-Lévesque avant
qu'on passe au vote?
M. Ouellet : Je vais faire du rebond sur le collègue de la deuxième opposition. Je
pense qu'il n'est pas le seul à réfléchir sur la suite ou la possibilité
à donner à ce projet de loi là. Je veux juste lui mentionner que la nomination
du vice-président va apparaître à l'article 27.5, alors j'aurai un
amendement, moi aussi, sur la nomination, assurément.
fait que je ne veux pas pousser le débat vers en avant, là, mais on est
présentement à la législation concernant le rôle que pourrait jouer la commission versus le Vérificateur général du
Québec. Alors, tout a été dit de notre côté, M. le Président, je ne veux pas étirer le débat. Je
pense que le ministre a appuyé ses propos selon sa ligne de réflexion. On
en a une différente. Alors, je pense que,
pour faciliter la suite du débat, mais surtout la suite, parce qu'il y aura
plusieurs questions, M. le
Président... Il y a plusieurs pages aux amendements. Je pense qu'il y a des
précisions à obtenir quand même parce que le gouvernement étant
majoritaire, il y aura adoption du projet de loi et il y aura application.
Alors, on veut quand même savoir, dans l'application et dans la résultante,
qu'est-ce qu'il en sera.
Alors, je serais prêt
à voter, M. le Président, sur l'amendement.
Le Président
(M. Ouellette) : Est-ce que le sous-amendement introduit par M.
le député de René-Lévesque est adopté?
Une voix :
Vote nominal.
Le Président
(M. Ouellette) : Le vote nominal est demandé. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire :
M. Coiteux (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Rousselle (Vimont)?
M. Rousselle : Contre.
La Secrétaire : M. Hardy
(Saint-François)?
La Secrétaire :
M. Giguère (Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. St-Denis (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Laframboise (Blainville)?
M. Laframboise : Contre.
La Secrétaire :
M. Ouellette (Chomedey)?
Le Président (M. Ouellette) :
Je m'abstiens. Donc, le sous-amendement déposé par M. le député de René-Lévesque est rejeté. On continue la discussion sur
l'amendement de M. le ministre de 27.13 à l'article 85,
introduisant le... bien, concernant le nouvel
article 85 de la
Loi sur la
Commission municipale. M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Bon. C'est parce que, tantôt, je vous ai
mentionné que j'avais un amendement, je voulais déposer un amendement par rapport aux nominations de la présidence et
des deux vice-présidences. Mon seul problème, M. le Président, c'est : j'aurais aimé juste qu'on m'indique où on
pourrait le faire. C'est-à-dire, je ne veux pas que ce soit... si c'est là ou quoi que ce soit. Ça fait que soit
que vous suspendiez ou soit que je parle, que je parle, puis mon
collègue... mon adjoint va aller vous rencontrer pour voir. Parce que je
voudrais juste savoir... Je ne veux pas manquer mon coup, là. C'est-à-dire, je veux savoir si c'est à ce
moment-ci que je le fais ou si je le fais plus tard. Moi, je n'ai pas de
difficulté, en autant que j'ai la chance de le faire, tout simplement, là.
C'est juste ça.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
ministre.
Coiteux : Mes experts en la matière me disent que, si un tel
amendement devait être déposé, la logique voudrait que ce soit au 27.6,
à l'article 27.6.
M. Laframboise : Ça me va. Ça va
pour moi.
Le Président (M. Ouellette) : 27.6?
M. Coiteux : Oui. C'est ce qu'on me
dit, et moi, je me fie sur l'expertise.
Le Président (M. Ouellette) : Bien,
27.6, ça va être un petit peu plus loin.
M. Laframboise : ...c'est plus loin,
là, c'est ça?
Président (M. Ouellette) :
Non, c'est plus loin, c'est dans le troisième volet du thème 6. Ça fait que je
vais m'assurer, M. le député de Blainville,
qu'à 27.6... Je note le deux tiers, pour que ça revienne et pour que tout le
monde y pense.
Donc, on continue la discussion à l'article 85.
M. le député de René-Lévesque, est-ce qu'il y a d'autres questionnements de
votre part pour l'article 85?
M. Ouellet : Non, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui, c'est
juste les... Bon, quand on... «toute personne morale qui remplit l'une ou
l'autre des conditions suivantes»,
là, lesquelles ont été mises de côté, dans les personnes morales, là, qui... Tu
sais, juste pour qu'on comprenne, là,
tu sais. Parce qu'on dit les communautés, les municipalités locales et...
les municipalités régionales et «toute personne
morale qui remplit l'une ou l'autre des conditions». Peut-être nous donner des
exemples ou nous donner celles qui ne seront pas couvertes par ça, tout
simplement.
Coiteux : Là, avec le consentement, je demanderais à un de nos experts
de venir nous éclairer là-dessus.
Le Président (M. Ouellette) : Nous répéter votre nom pour l'audio et compléter
la réponse de M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Savoie (Jocelyn) : Alors, Jocelyn Savoie, directeur général des politiques au ministère
des Affaires municipales et de
l'Occupation du territoire. En ce qui concerne les personnes morales, l'article
reprend intégralement ce qui était déjà prévu dans la loi, donc c'est
l'ensemble des personnes morales, là, qu'une municipalité pouvait créer en
vertu de ses pouvoirs habilitants.
Laframboise : Sans en mettre de côté, là?
M. Savoie
(Jocelyn) : Non, on n'en a pas retiré. Ce qui est ajouté, vous pouvez
le trouver à 107.7 de la LCV.
Laframboise : O.K., parfait. C'est bon.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va? Pas d'autre commentaire à l'article 85? M.
le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. Pourquoi, M. le ministre, maintenant, de donner
le choix aux municipalités de décider si, effectivement, je m'en vais
vers la CMQ ou je garde la...
M. Coiteux :
...je ne l'ai pas lu encore, le 86.
M. Ouellet : Bien oui, juste là, dans le commentaire, de permettre à la commission
la vérification de la conformité.
M. Coiteux :
Oui, mais c'est parce que, là, je ne l'ai pas lu, moi, le 86 encore.
M. Ouellet :
Non, non, je ne suis pas dans le 86.
Le Président (M.
Ouellette) : Vous l'aviez mis dans votre commentaire de 85, M. le
ministre.
M. Coiteux : Ah! oui, oui, oui. Excusez-moi, excusez-moi. Si
une municipalité le lui demande. Non, mais ça, c'est...
M. Coiteux :
Ah! oui, mais de celles de 100 000 et plus. De celles de 100 000 et
plus.
Ouellet : Mais ça n'existait pas avant dans...
Coiteux : O.K., ça va, ça va.
C'est parce que je pensais à un autre... je pensais à
l'optimisation des ressources. Là,
ici, on est dans autre chose. O.K. Bon, vous savez qu'il y a eu des cas, par le
passé, où il y a eu des questionnements des autorités
municipales à l'égard de leur vérificateur général. Vous savez ça, hein? Vous
n'êtes pas sans savoir ça.
M. Ouellet :
J'ai ce malheureux souvenir, M. le ministre.
Coiteux : Oui. Alors, imaginez qu'une telle ville sentirait la
nécessité de faire vérifier son VG, en d'autres termes. Quelle est l'instance la plus appropriée pour faire une telle
vérification si ce n'est pas l'instance qui serait déjà désignée pour faire la vérification de la
conformité aux lois dans toutes les villes en bas de 100 000, pour ce cas
particulier? Dans une version antérieure de
l'article en question, avant cet amendement, il y avait comme une vérification
des VG des villes de 100 000 et
plus. Ce n'est pas toujours nécessaire. Ce n'est pas systématiquement
nécessaire, et on a jugé que ce n'était
pas approprié de le rendre systématique. Par contre, on ne voulait surtout pas
perdre la possibilité, pour une ville, de dire : J'en ai besoin.
S'il vous plaît, faites-le. Et c'est ce que ça vient faire ici.
M. Ouellet : La façon de demander cette vérification-là, est-ce qu'on va la voir plus loin, M. le ministre? Il y
a-tu des dispositions qui vont nous...
M. Coiteux :
C'est une...
M. Ouellet :
Une simple demande?
M. Coiteux :
Bien, c'est le conseil, hein, c'est à travers le conseil, donc c'est par
résolution du conseil.
M. Ouellet : Donc, on mandate la commission
de procéder à l'audition du vérificateur
général de la municipalité. O.K.
Tout simplement. O.K.
M. Coiteux :
Oui. Par résolution de lui en faire la demande.
M. Ouellet :
Par résolution. Merci.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 85? M. le
ministre, lecture de l'article 86, toujours dans votre amendement
de 27.13. Juste pour ceux qui nous suivent, nous aurons à nous pencher
sur l'article 85, 86, 86.1 à 86.10, et
après, nous voterons votre amendement à 27.13. Donc, 86, pour lecture, M. le ministre.
Coiteux : «86. La
vérification des comptes et des affaires des communautés métropolitaines, des
municipalités régionales de comté, des
municipalités de moins de 10 000 habitants et des organismes municipaux visés
au paragraphe 4° du premier alinéa de
l'article 85 et qui sont liés à ces municipalités de la manière prévue à ce
paragraphe comporte, dans la mesure
jugée appropriée par la Commission, la vérification de la conformité de leurs
opérations aux lois, aux règlements, aux politiques et aux directives
qui leur sont applicables et celle de l'optimisation de leurs ressources.
«La vérification des
comptes et des affaires des municipalités de 10 000 habitants ou plus mais de
moins de 100 000 habitants et des organismes municipaux visés au paragraphe 4°
du premier alinéa de l'article 85 qui sont liés à ces municipalités de la manière prévue à ce paragraphe comporte, dans
la mesure jugée appropriée par la commission, la vérification de la conformité de leurs opérations aux lois, aux
règlements, aux politiques et aux directives qui leur sont applicables. Elle comporte également, dans le cas
d'une municipalité au sein de laquelle est en vigueur un règlement
adopté en vertu de l'article 108.2.0.2 de la
Loi sur les cités et villes (chapitre C-19) ou de l'article 966.2.2 du Code
municipal du Québec (chapitre C-27.1), la vérification de l'optimisation de ses
ressources ainsi que de celles des organismes visés aux paragraphes 4° et 5° du
premier alinéa de l'article 85 qui lui sont liés de la manière prévue à ce
paragraphe.
«Ces vérifications
sont effectuées, au moment, à la fréquence et de la manière que la commission
détermine.
«Lorsque
l'application du présent article, de l'article 107.7 ou 108.2.0.1 de la
Loi sur
les cités et villes ou de l'article 966.2.1
du Code municipal du Québec confie à plus d'un vérificateur le mandat de
vérifier certains aspects des comptes
et des affaires d'un organisme visé à l'article 573.3.5, la vérification de ces
aspects est effectuée exclusivement par le vérificateur désigné comme
suit :
«1° le vérificateur
général de la municipalité dont la population est la plus élevée;
«2° si aucun
vérificateur général d'une municipalité n'est concerné, la Commission
municipale du Québec;
si ni un vérificateur général d'une municipalité ni la commission ne sont
concernés, le vérificateur externe de la municipalité dont la population
est la plus élevée.
Le Président (M.
Ouellette) : Vos commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux :
Alors, dans le cadre de son mandat de vérification, la Commission municipale
vérifierait si les communautés
métropolitaines, les municipalités régionales de comté, les municipalités de
moins de 10 000 habitants et les organismes
qui leur sont liés ont respecté les lois, règlements, politiques et directives
qui leur sont applicables dans le cadre de leurs opérations.
même, elle vérifierait si leurs activités ont été réalisées de façon à
favoriser une administration responsable et productive, selon les
pratiques les meilleures.
Quant
aux municipalités de 10 000 habitants ou plus mais de moins de
100 000 habitants et aux organismes liés à ces municipalités, la commission ne vérifierait que la conformité de
leurs opérations. C'est aux vérificateurs externes des ces municipalités que serait confié le mandat de
vérifier l'optimisation des ressources de ces municipalités et des
organismes qui leur sont liés, sauf dans le
cas d'une municipalité qui aurait adopté un règlement pour s'assujettir à la
compétence de la commission en vertu de
l'article 108.2.0.2 de la
Loi sur les cités et villes ou de l'article 966.2.2
du Code municipal.
à l'égard d'un même organisme, l'application des dispositions conférant mandat
en vérification confiait certains aspects
du mandat à plus d'un vérificateur, soit
un vérificateur général d'une municipalité ou à plusieurs d'entre eux,
soit à la Commission municipale du Québec,
soit à un vérificateur externe d'une autre municipalité ou à plusieurs
d'entre eux, le présent amendement
prévoit alors une exclusivité de mandat selon l'ordre de priorité
suivant : D'abord, au Vérificateur général de la municipalité ayant la plus grande population puis à la Commission municipale et finalement
au vérificateur externe de la municipalité ayant la plus grande population.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Oui. Quelques questions, M. le ministre. Deuxième paragraphe. Lorsque c'est
indiqué que «la vérification des comptes et
des affaires des municipalités de 10 000 habitants ou plus mais de moins
de 100 000 habitants et des
organismes [...] visés[...], comporte, dans la mesure jugée appropriée par la
commission», qu'est-ce qu'on veut dire par «dans la mesure jugée
appropriée par la commission»? Il va y avoir un jugement. Il va y avoir un...
M. Coiteux :
Bien, c'est toujours... Encore une fois, c'est un terme général, là. Ça lui
donne la latitude de déterminer la
fréquence, l'ordre. C'est de se donner un plan pour procéder. Donc, ça lui
donne la latitude voulue pour opérer.
M. Ouellet :
Donc, on ne verra pas... Ou on va voir plus loin, peut-être, là, parce que,
là... Parce qu'à quelle fréquence... Je comprends qu'on ne choisisse pas le
moment... C'est-u le mois de mai, c'est-u le mois d'avril?
Coiteux : On a la même formulation dans la loi de la Vérificatrice
générale du Québec, hein? C'est le même principe. Donc, on transpose
ici. C'est pour faire son plan d'action.
M. Ouellet : Bien, je comprends
que... vous a inspiré.
Coiteux : Écoutez, toutes les institutions existantes qui ont des lois
nous inspirent, mais elle nous a dit qu'elle ne voulait pas s'occuper de
Ouellet : La deuxième...
Dans le fond, mon autre question aussi s'en vient dans le même sens. Le
troisième paragraphe : «Ces
vérifications sont effectuées, au moment, à la fréquence et [à] la manière que
la commission détermine.» Ça, de quelle façon ça va être déterminé? Par
loi, par règlement ou... J'essaie de voir, là. Est-ce qu'on...
Coiteux : C'est la
Commission municipale qui, de manière impartiale, va déterminer son mode de fonctionnement
à cet égard de manière indépendante, impartiale.
Ouellet : Mais est-ce qu'on
va voir un peu plus loin? Il va être audité aux deux ans? Est-ce que ça, ça va
être inscrit dans la loi? Parce que là...
Juste être rassuré, là. Ça dit qu'on va faire des audits, mais de la façon dont
on va le faire, ce qu'on va aller
regarder, le moment, la fréquence, c'est laissé à la commission. Mais est-ce
qu'il y aura une obligation de résultat quand qu'un nombre x et devoir
avoir été passé une fois par mandat? J'essaie juste de voir...
Coiteux : On a exactement la même formulation ici que dans la loi
constituant les vérificateurs généraux des villes de plus de 100 000 habitants, donc ça donne toute la
latitude voulue pour établir un plan de travail. Dans certains cas, elle pourrait même aller plusieurs fois dans une
même année, dans une seule et même municipalité, parce qu'elle le juge
nécessaire et approprié.
Ouellet : Dans le fond, ma
question était... Puis je comprends, M. le ministre, là. Ma question était
plutôt à quel... Est-ce qu'il y a un
délai pour faire une vérification dans les municipalités? C'était plutôt...
Puis je comprends qu'elle, elle va
décider, je vais y aller quatre fois. Je vais y aller le lundi. Elle, elle va y
aller au moment qu'elle juge que c'est le moment. C'est-u lundi matin, c'est-u vendredi matin? Ça, ça lui
appartient. Je vais y aller 15 fois dans le mois ou une fois par mois pour faire mes vérifications. Ça, ça lui
appartient, mais est-ce qu'il y a un endroit dans la loi, M. le ministre,
où ce que... à quel endroit... ou plutôt,
dites-nous dans quel endroit on va dire : Les municipalités de 10 000
à 100 000 ou les organismes liés vont être vérifiés aux deux ans,
aux trois ans, ou aux quatre ans, ou une fois par mandat, ou... Est-ce que ça,
ça existe plus loin dans le projet de loi?
Coiteux : On va le faire en toute indépendance. On commence à mettre
les détails, les détails. Ça va l'empêcher de fonctionner en toute indépendance. Donc, c'est vraiment une
formulation standard, celle qu'on a utilisée dans d'autres lois pour assurer l'indépendance totale dans le
travail, dans l'exercice de vérifications. Ceci dit, les comptes des
municipalités vont continuer d'être audités, et vérifiés, et certifiés à
la fréquence que prescrit la loi, c'est-à-dire à chaque année.
Une voix : À chaque année.
Coiteux : À chaque année. Mais ça, ce n'est pas la Commission
municipale, ce sont des vérificateurs externes qui vont faire ça.
Président (M. Ouellette) :
Merci, chers collègues. Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 15 h 30, où elle poursuivra son mandat dans cette même salle. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Ouellette) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 155, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le
domaine municipal et la Société d'habitation du Québec.
Lors de la
suspension de nos travaux cet avant-midi,
nous en étions rendus à l'étude de l'amendement de M.
le ministre introduisant l'article 27.13. Par ailleurs, au sein de cet article,
nous en étions à discuter de l'article 86, et la discussion était entre M. le
député de René-Lévesque et M. le ministre.
Donc, M. le député de René-Lévesque, je pense que
le ministre avait répondu à votre dernière question, et on entame une nouvelle
round de questions avec vous.
Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, l'heure du lunch m'a
permis de recentrer sur l'essentiel que je cherchais à obtenir. La CMQ va faire
la vérification de l'optimisation des ressources dans les municipalités de 10 000
habitants et moins dans les MRC et des organismes reliés. Lorsqu'on regarde
dans les municipalités de 10 000 à
100 000, l'optimisation des ressources peut se faire par le vérificateur
externe ou par la CMQ. Dans la première version que vous nous avez
remise des amendements, il y a une indication à l'article 27.2 et 19.20 qui
parle que l'optimisation doit se faire à
tous les deux ans. Donc, ma question initiale de ce matin, c'était :
Est-ce qu'il est prévu, dans le projet
de loi, un temps, une référence, à savoir à quel moment la Commission
municipale va faire? Est-ce qu'il y a une...
M. Coiteux :
...c'est à tous les deux ans, effectivement.
M. Ouellet : Donc, l'optimisation des ressources, tout comme le vérificateur
externe, se ferait par la commission à tous les deux ans. Dans le cas de
la conformité, est-ce qu'on est au même endroit ou...
Coiteux : On ne prescrit pas. On laisse la Commission municipale,
comme on laisse les vérificateurs généraux des villes de plus de 100 000, comme pour les organismes du
gouvernement, on laisse la Vérificatrice générale décider du moment de
l'objet. Ça peut être plus fréquent, ça peut être moins fréquent, selon les
besoins.
M. Ouellet : Dans le cas des municipalités de plus de 100 000, le VG, c'est son
travail à temps plein. Il fait ça à temps
plein, de vérifier la conformité dans la municipalité. Les municipalités n'ont
pas quelqu'un à temps plein. J'essaie juste
de savoir, M. le ministre, de quelle façon on va déclencher le processus.
C'est-u lorsqu'une municipalité va faire une demande ou la CMQ va
décider que c'est le temps d'y aller parce qu'elle ne l'a pas fait encore?
J'essaie de voir, là, qu'est-ce qui va
déclencher l'arrivée. Est-ce que c'est suite à une demande ou suite à une
planification, la CMQ va dire : J'ai regardé tout ce que j'ai à
couvrir, j'ai mis ça sur une séquence de quatre ans pour un mandat, et là,
présentement, je suis rendu à faire cette municipalité-là?
Coiteux : Ça peut être une série de choses. D'abord, ça peut être le
plan même de la CMQ, qui s'est dotée d'un plan qui lui permet de faire la revue d'un certain nombre de villes sur
un enjeu particulier. Par exemple, ça peut être lié à des plaintes qui auraient été portées à l'attention de
la Commission municipale du Québec. Ça peut être lié à des articles dans
les journaux qui soulèvent un certain nombre
de questions. Ça peut être à la demande même d'une ville. Et il n'y a
absolument rien qui exclut les différents cas de figure.
M. Ouellet : O.K. Permettez-moi, M. le ministre, quand même de douter, parce que la
pratique passée de la CMQ nous a mis
un peu à douter sur sa volonté d'aller enquêter, ce qu'on a entendu à la
commission Charbonneau. J'espère que ça
sera corrigé du côté de la CMQ, qu'on sera plus proactifs pour dire :
Bien, si on n'entend pas dans les médias, si on n'a de demande, il y a
quand même un travail de fond qu'il faut faire puisque c'est... Vous liez
toujours l'apparition de la commission à la
recommandation 26 de la commission Charbonneau. Il va falloir qu'elle soit très
proactive. C'est ça qu'on cherche à voir.
Dans
le cas de son plan, la façon dont elle va fonctionner, comment elle va le
témoigner aux municipalités? Parce que si elle... vous disiez, tout à
l'heure, exemple, elle décide d'y aller sur un thème : Allons vérifier tel
pan dans les municipalités, comment est-ce
qu'elle va communiquer ça? Est-ce qu'elle va... Est-ce que c'est prévu qu'elle
communique avec les unions ou elle va faire une distribution de l'information
dans toutes les municipalités pour dire : Dans les trois prochaines années, attendez-vous à ce que la Commission municipale
aille vérifier la conformité dans les municipalités de moins de 100 000 habitants sur les sujets
précis? Est-ce qu'il y aura une divulgation de ces actions dites plus
nationales?
Coiteux : ...c'est que ça va être remis à la fois à la municipalité
concernée, ces analyses, tout comme rendues publiques sur le site de la commission. Donc, il y aura une transparence
totale à cet effet. Est-ce qu'elle va dire d'avance : L'année prochaine, je vais vérifier telle chose?
Peut-être que oui, peut-être que non. Ça, ça va lui appartenir. On lui
laisse l'entière liberté de se doter de son
plan d'action, pas plus que... À moins qu'on fasse une demande express à la
Vérificatrice générale, elle va communiquer d'avance l'objet de ses examens
annuels.
M. Ouellet :
Je sais, M. le ministre, que, lors de l'étude des crédits, la commission, elle
est là, notamment les crédits des affaires
municipales, où est-ce que vous siégez. On a l'opportunité de leur poser des
questions. Est-ce que... Parce que je
cherche aussi une façon aussi de... je ne veux pas dire les challenger, mais
d'avoir une certaine discussion sur l'efficacité
des moyens qu'ils auront pris puis de l'intensité avec laquelle ils auront fait
des vérifications et le suivi des recommandations
qu'il aura données. Est-ce que, selon vous, M. le ministre, est-ce que c'est
exclusivement à l'étude des crédits
qu'on devrait faire ça ou on devrait prévoir un moment où est-ce que ces
discussions-là entre membres de l'Assemblée nationale et la commission
pourraient avoir lieu?
M. Coiteux :
Bien, je pense que ça va être un moment extrêmement approprié pour le faire,
d'autant plus que le résultat des
vérifications va avoir été communiqué publiquement puis sera accessible aussi
aux membres de l'Assemblée nationale, qui forcément pourront consulter
le site de la commission puis pourront préparer les questions à cet effet.
M. Ouellet : Bien, c'est ça.
Coiteux : La Commission de l'administration publique, on me le
rappelle aussi. C'est vrai que je n'y siège pas puis je n'y ai pas
pensé, mais également lors de son passage à la CAP.
M. Ouellet : Qui est un passage
annuel, hein?
Une voix : De mémoire, qui est
annuel, mais aussi sur demande, là.
M. Ouellet : Sur demande, hein?
O.K., O.K.
Le Président (M. Ouellette) : Ça
devrait être annuel.
M. Ouellet : Oui, hein? Il me
semble, c'est annuel. Ça devrait être annuel, mais...
Le Président (M. Ouellette) : Oui,
ça devrait être annuel.
M. Ouellet : Mais je me souviens
qu'à chaque année on les rencontre.
Le Président (M. Ouellette) : On
devrait.
M. Ouellet : Mais M. le ministre
parle... effectivement, sur demande, sur certains mandats, on pourrait effectivement les convoquer. Je passerais peut-être la parole à mon collègue de Blainville
s'il veut rajouter quelque
chose.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député Blainville, sur 86.
M. Laframboise : Oui, merci,
M. le Président. Quand je lis le
premier paragraphe de 86, là, «la vérification des comptes [...]
des affaires des communautés métropolitaines, des municipalités régionales de comté, des municipalités de moins
de 10 000» et, à la fin du
paragraphe, «la conformité de leurs opérations aux lois, aux règlements, [et]
aux politiques et aux directives qui
leur sont applicables et celle de l'optimisation de leurs ressources». Et là
vous avez enlevé... Il y avait paragraphe 4° et 5° de 85. Vous avez
enlevé le 5° de 85. Pourquoi?
Le Président (M. Ouellette) : Ne
bougez pas, la réponse va venir bientôt. Est-ce qu'il est là, le 5°?
M. Laframboise : Parce que le 5° de 85, c'est tout organisme qui ne sont pas des...
Finalement, 4°, c'était toute personne morale. Puis c'est tout organisme
qui ne sont pas des personnes morales. Mais je me demande pourquoi ces
organismes qui ne sont pas des personnes morales ne sont pas soumis aux mêmes
règles. Comprenez-vous, là?
Le Président (M.
Ouellette) : M. le ministre.
Coiteux : J'ai besoin d'un éclaircissement d'un légiste, hein, parce
que ce n'est pas un argument de changement d'orientation, c'est très, très, très légal, là, comme modification. Ça
n'a rien à voir avec une intention de faire autrement. Deux secondes.
Le Président (M. Ouellette) : Je
vais suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. Nous en sommes toujours
à l'amendement de M.
le ministre introduisant l'article 27.13, et, à l'intérieur de l'article 27.13,
il y a quelques articles. On a procédé aux discussions de 85, on était sur les discussions de 86, et, suite
à une discussion avec M. le député de Blainville, on s'est aperçu que la version originale
de ce matin de l'amendement conviendrait mieux que la version que nous étudions
présentement.
Donc, une
copie a été faite, remise aux parlementaires, et, M. le ministre, je vais vous
demander, dans un premier temps, de
retirer l'amendement avec la version caviardée que nous avions ce
matin et je vais vous demander de nous lire, peut-être, les huit premières
lignes qui vont introduire ce qui avait été biffé au niveau du cinquièmement, s'il vous plaît.
Donc, de consentement, on retire 86 de 27.13, il
y a consentement. M. le ministre, pour lecture des...
Coiteux : Ayant retiré, je
redépose, donc, l'amendement original et je vais lire les deux premiers
paragraphes, qui contiennent des éléments où il y avait une différence.
Le Président (M. Ouellette) : Oui, M.
le ministre.
M. Coiteux :
Alors : «86. La vérification des comptes et des affaires des communautés
métropolitaines, des municipalités
régionales de comté, des municipalités de moins de 10 000 habitants et des
organismes municipaux visés aux paragraphes
4° et 5° du premier alinéa de l'article 85 et qui sont liés à ces municipalités
de la manière prévue à ces paragraphes, comporte, dans la mesure jugée appropriée par la commission, la
vérification de la conformité de leurs opérations aux lois, aux règlements, aux politiques et aux directives
qui leur sont applicables et celle de l'optimisation de leurs
ressources.
«La vérification des comptes et des affaires des
municipalités de 10 000 habitants ou plus mais de moins de 100 000 habitants et des organismes municipaux
visés aux paragraphes 4° et 5° du premier alinéa de l'article 85 qui
sont liés à ces municipalités de la manière
prévue à ces paragraphes, comporte, dans la mesure jugée appropriée par la
Commission, la vérification de la conformité
de leurs opérations aux lois, aux règlements, aux politiques et aux directives
qui leur sont applicables. Elle comporte également, dans le cas d'une
municipalité au sein de laquelle est en vigueur un règlement adopté en vertu de
l'article 108.2.0.2 de la
Loi sur les cités et villes (chapitre C-19) ou de
l'article 966.2.2 du Code municipal du
Québec (chapitre C-27.1), la vérification de l'optimisation de ses ressources
ainsi que de celles des organismes visés
aux paragraphes 4° et 5° du premier alinéa de l'article 85 qui lui sont liés de
la manière prévue à ces paragraphes.»
Le reste demeure inchangé.
Le Président (M. Ouellette) : Merci.
M. le député de Blainville ou...
M. Laframboise : Et juste peut-être
expliquer le dernier paragraphe, là, que vous n'avez pas lu, là :
«Lorsque
l'application du présent article, de l'article 107.7» puis 108.2, là, bien,
évidemment, la Loi des cités et villes,
et l'article 962.2 du Code municipal confie à plus d'un vérificateur de mandat
de vérifier, là... Pourquoi vous avez utilisé la stratégie que vous avez
déposée, là?
Coiteux : C'est parce qu'il arrive parfois que des entités municipales
sont financées par plus d'une municipalité ou MRC et, auquel cas, quel est le vérificateur qui va avoir préséance
sur les autres s'il y a plus d'un vérificateur? Alors, il y a un ordre de préséance qui est proposé ici.
Mais alors, d'abord, si l'un des contributeurs est une ville de 100 000
habitants ou plus, qui a son vérificateur, il a préséance sur les autres.
S'il n'y en a pas et qu'il y a l'une des
municipalités dont le vérificateur serait normalement la Commission municipale
et qu'elle est aussi la plus populeuse, ça sera la Commission municipale et,
s'il y a ni l'un ni l'autre des deux premières, bien, ça va être le
vérificateur externe de la ville la plus populeuse qui contribue au financement
de l'organisme.
M. Laframboise : Ça me va. C'est
beau.
Président (M. Ouellette) :
M. le député de René-Lévesque, est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
Ouellet : Oui, un peu pour
faire du rebond sur la question du collègue de Blainville, M. le ministre,
c'est un peu ce que la conseillère
municipale de ville de Saguenay est venue nous témoigner lorsqu'est venu le
temps de dire : Si on changeait
les lois... Ça, c'était le plus petit dénominateur qui faisait foi de la
vérification. Là, vous avez corrigé en disant : Dans le cas d'une
municipalité, bien, on va prendre le VG en premier, puis, après ça, on descend
avec la CMQ. O.K.
Coiteux : Tout à fait. D'ailleurs, je m'étais engagé à regarder ça attentivement,
puis on a fait l'analyse, puis il y a
des cas de préséance qui auraient pu s'appliquer à d'autres situations que
celle de Saguenay, mais, clairement, Saguenay nous a signalé la
problématique.
Ouellet : J'aurais peut-être
une question, M. le Président, à ce sujet aussi. Là, les municipalités vont
avoir le choix d'être avec un
vérificateur externe pour l'optimisation des ressources ou s'en aller vers la
CMQ. La prétention qu'on a, c'est que
ce choix va peut-être être un choix financier, à moins que je me trompe, mais
la vérification de l'optimisation des ressources par un vérificateur
externe doit être à la charge des municipalités. Si, effectivement, je demande
à la commission de s'occuper, elle ne sera
pas à la charge des municipalités mais à la charge de la commission et donc à
ce budget, M. le ministre, que vous avez fait mention tout à l'heure. Est-ce
qu'il est...
M. Coiteux : Si un tel choix est
fait, oui, ça va être avec les ressources de la Commission municipale. Mais,
maintenant, il peut y avoir différentes raisons pour lesquelles une ville
voudrait ou non s'assujettir. On ne veut pas d'aller-retour, cependant. Il faut
comprendre qu'une fois qu'une résolution est adoptée, on est avec la Commission
municipale. Alors, c'est un choix définitif à ce moment-là.
M. Ouellet : Et final. O.K.
Ouellet : O.K. Parce que ça
nous a été soulevé par différents élus municipaux, à savoir que l'optimisation
des ressources allait être une...
subséquente à assumer par les municipalités. Je sais que les villes en haut de
100 000 ont déjà des sommes à
assumer, eux autres, pour leur vérificateur général municipal. Là, en toute
équité, je pense que c'est tout à fait normal
que les municipalités aient à supporter leur optimisation. Cependant, pour
certaines municipalités, surtout celles de... tout près de 10 000, là, disons-le
comme ça, la taxe foncière étant leur seul et souvent unique revenu, ça peut
avoir une pression à la hausse, dans certains cas, sur les dépenses.
Cela étant
dit, il se pourrait aussi que... parce que c'est ce que les comptables agréés
sont venus nous raconter aussi, il
n'existe pas beaucoup d'expertise en VOR présentement, elle doit se bâtir. Il y
a tout près de 60 % des firmes qui font déjà la vérification financière... pardon, 60 %
des vérifications financières qui se font au Québec dans les municipalités
sont contrôlées par trois firmes au Québec,
et donc vous avez compris que, peut-être, dans ce cas-là, on considère qu'il
n'y aura peut-être pas beaucoup de
compétition, ou on va faire affaire avec les mêmes gens. Il serait peut-être
opportun, pour une municipalité, au-delà de l'aspect financier, de faire
affaire avec la CMQ.
Ma crainte, ou mon interrogation, M. le
ministre, est-ce que vous craignez qu'il y ait vraiment beaucoup de municipalités qui s'en aillent avec la CMQ et
qu'on ait, heureusement ou malheureusement, dès le départ, une
augmentation de la demande, et donc le
budget ne soit pas suffisant pour arriver à ce que vous avez déjà prévu au
départ? Ou vous avez déjà des
scénarios pour dire : Bien, on serait prêts à absorber une augmentation de
20 % à 30 % de la demande issue des municipalités avec le budget en question? Sinon, est-ce qu'il y a des
mécanismes qui prévoient des budgets supplémentaires selon l'intensité que la commission aura voulu
faire ses VOR, mais surtout, la demande des municipalités de faire
affaire avec la CMQ?
Coiteux : ...qu'on ait un ordre de grandeur en tête, si... les villes
concernées, entre 10 000 et 100 000, il y en a 93, et la compétence de la Commission municipale
avec les plus petites, il y en a à peu près 1 000. Alors,
théoriquement, si toutes décidaient de se prévaloir de cette option, j'appellerais
ça d'«opting in», là, si jamais, bien, ça ajouterait 93 sur 100 000. Donc,
ça ne devrait pas...
M. Coiteux : Sur 1 000. J'ai
dit combien?
Des voix : 100 000.
1 100, vous vouliez dire.
Coiteux : Non, mais quel excès d'enthousiasme! Alors, faites le ratio,
hein? Alors, ça fait une augmentation qui est quand même gérable, là, mais, s'il y avait des besoins additionnels
de ressources, nul doute qu'il y aurait une discussion avec la
Commission municipale. On n'a jamais hésité à donner les ressources
nécessaires. Mais ce n'est pas très, très significatif comme impact potentiel.
Ouellet : Dans le cas des
municipalités qui désireraient demeurer ou qui font le choix de demeurer avec
un vérificateur externe, est-ce qu'il y aurait un programme supplémentaire
financier pour les aider à assumer les...
M. Coiteux : ...il n'est pas prévu.
Ouellet : Il n'est pas
prévu. O.K. Donc, le choix est fait, vous assumez, mais, une fois qu'on va avec
la CMQ, on ne revient pas.
M. Coiteux : C'est une question
d'autonomie, ici. Je sais que beaucoup de villes souhaitaient utiliser leur vérificateur externe. Elles ont cette option,
clairement. C'est l'option par défaut, hein? C'est l'option par défaut.
Mais il y a un mécanisme d'«opting in», là,
qui est possible aussi. Je pense qu'il était adéquat que le choix soit
également possible ici.
M. Ouellet : Ça va pour moi, M. le
Président.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Blainville, sur 86.
Laframboise : Oui, je vais
continuer là-dessus parce que c'était un de mes questionnements. Parce que vous savez que la Commission
municipale, tel qu'on en a discuté depuis le début de la commission, M. le ministre,
bon, elle ne sera pas apte à entrer
en fonction, son personnel, bon, on estime en 2019, 2020, là, où elle devrait
être bien assise, là, avec ce qu'elle
a de besoin, là. Ça, ça veut dire qu'entre-temps elle va aller à l'externe. Il
y a quelques firmes, puis ça, on ne l'invente pas, là, c'est l'Ordre des
CPA qui nous a dit qu'il y a quelques firmes spécialisées.
Donc, ça veut dire que les villes de 10 000
à 100 000 qui faisaient déjà affaire avec ces quelques firmes vont pouvoir y aller en passant par la Commission
municipale puis finalement faire payer la facture — parce que, de toute façon, c'est
probablement les mêmes firmes qui vont le faire — par la Commission
municipale.
Tu sais, je
comprends, là, je comprends votre objectif, puis ça me ramène à discuter de la
Vérificatrice générale, qui disait :
Moi, je vais les faire, les optimisations des ressources, je suis prête à les
faire. Là, il risque d'en avoir plus que vous pensez. C'est ça que je
veux vous dire, là. Il risque d'en avoir plus que vous pensez, ne serait-ce que
par la facture.
Peut-être
juste, M. le ministre, expliquer optimisation des ressources, là. Pour les
citoyens qui nous écoutent, là, qu'est-ce que ça peut représenter, là,
comme mandat, là, juste très rapidement, s'il vous plaît.
Coiteux : Bien, par exemple, on pourrait vérifier si les activités
liées au déneigement sont effectuées au meilleur coût possible dans les circonstances particulières d'une ville qui a des
enjeux particuliers. Est-ce qu'il y aurait des pratiques qui permettraient de
réduire la facture, par exemple? C'est de ça qu'il s'agit. Donc, ce n'est pas à
savoir est-ce qu'on fait les choses
en conformité aux lois, en conformité aux règlements qui s'appliquent au monde
municipal, c'est simplement : Est-ce que, dans le fond, la ville,
dans la livraison d'un service particulier, le fait au meilleur coût possible,
avec les meilleures pratiques possible? Est-ce qu'elle peut s'améliorer?
Donc, ce
n'est pas pour la prendre en défaut sur quoi que ce soit, la ville, c'est pour
l'aider à améliorer sa gestion. Tout
comme nous, comme gouvernement, parfois, on nous dit qu'on pourrait faire mieux
les choses, hein, en la matière. On
ne dit pas qu'on a failli à nos obligations, on nous dit simplement parfois
qu'on pourrait améliorer nos pratiques. Il est sage que les villes
puissent avoir aussi ce type de service là. C'est ça qui est visé.
M. Laframboise : Et ils ont une
obligation de le faire aux deux ans?
M. Coiteux : Bien, il faut en faire
au moins deux par mandat. C'est ça, grosso modo, qu'on recherche pour qu'ultimement on soit capable de faire le tour des
différents services puis qu'on ait un input de vérification qui permet
à la ville de s'améliorer constamment dans
la gestion de ses services. Puis, ça, vous allez être sensible à ça, M. le député de Blainville, c'est pour le bien-être
des citoyens.
M. Laframboise : Ah oui! Je n'ai aucun problème
avec ça. C'est juste pour qu'on comprenne. Puis, quand ils font
l'optimisation des ressources, c'est dans tous leurs départements?
M. Coiteux : En général, ça va
aller service par service.
M. Laframboise : Service par service. Donc, c'est quand même
un mandat qui est quand même... Tu sais, au point de vue,
comment je vous dirais, dépense municipale, c'est quand
même un mandat qui est d'une certaine
importance, là, je pense qu'on se comprend, là, par rapport...
M. Coiteux : Et j'imagine très bien que, dans le cas des...
notamment des vérifications dans les plus petites, qui, d'office, sont à la Commission municipale,
moi, j'imagine très bien qu'ils vont... D'abord, ils ne vont pas faire...
Dans ce cas-là, il n'y a
pas cette obligation de faire deux par mandat parce que, là, il y a
trop de cas. Ça va être beaucoup plus par échantillonnage.
Mais ils vont peut-être vouloir... puis je les laisserai décider de
l'opportunité de faire ainsi, mais ils vont peut-être décider : Bon,
bien, là, cette année, on va faire quatre, cinq villes sur telle affaire, puis
quatre, cinq villes sur telle autre
affaire, puis quatre, cinq villes sur telle autre chose, puis faire de la
rotation comme ça pour être capable de faire le tour des services municipaux. Puis, à travers la divulgation publique de tout
ça, permettre aux villes de voir un peu comment elles se comparent, mais
en contextualisant leurs contextes, là... en contextualisant leurs situations,
pardon.
M. Laframboise : Parfait. C'est
bon.
Le Président (M. Ouellette) : M.
le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Ça va pour moi, M.
le Président.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
ministre, lecture de 86.1.
M. Coiteux : «86.1. Aucune
vérification faite conformément aux articles 85 et 86 ne doit mettre en
cause le bien-fondé des politiques et des
objectifs des municipalités, des vérificateurs généraux ou des organismes dont
les comptes et les affaires sont vérifiés.»
Le Président (M. Ouellette) : Commentaires.
M. Coiteux : Alors, cette
disposition précise que le mandat de vérification de la commission doit
demeurer hors du contrôle politique ou d'opportunité des décisions des conseils
municipaux, des vérificateurs généraux ou des organismes vérifiés.
Pour la
compréhension de tout le monde, en fait, c'est que ce n'est pas de remettre en question
des décisions liées au processus
démocratique. C'est est-ce qu'on a... Par exemple, pour la conformité aux lois,
est-ce qu'on a agi conformément aux lois puis aux directives? Par
rapport à l'optimisation des ressources, est-ce qu'effectivement on a les
meilleures pratiques pour rendre les
services dans le meilleur intérêt des citoyens au plus bas prix possible pour
une qualité de service? C'est de ça
qu'il s'agit. Il ne s'agit pas de dire : Si moi, j'avais été maire,
j'aurais fait telle autre chose plutôt que telle autre chose. Ce n'est pas leur rôle que de faire de la
politique ici. C'est ce que ça veut dire. C'est déjà inscrit dans d'autres
lois, ce type de mention là.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Je présume, là. Je ne suis pas un expert,
mais dans le cas des vérificateurs externes,
dans leur charte, c'est effectivement inscrit qu'ils doivent se lier
directement au mandat qui leur est confié. Alors, le mandat d'habitude
qui leur sera donné sera circonscrit par le conseil municipal et non pas à
prendre effectivement jugement
sur le type de politiques qui ont été prises, la pertinence ou la
non-pertinence de l'avoir fait. Alors, c'est pour ça que vous venez le circonscrire au sein de la
commission, mais aussi du côté des vérificateurs généraux. Ça ne l'était
pas. C'est ce que je comprends?
M. Coiteux :
Bien, c'est parce que, là, il peut y avoir vérification des vérificateurs
généraux.
M. Ouellet :
Donc, ce n'est pas les...
M. Coiteux :
Donc, c'est pour ça qu'on l'introduit.
M. Coiteux : Et, en passant, dans la
Loi sur le Vérificateur général du Québec, on a un libellé à peu près identique à ça.
M. Ouellet :
C'est pour ça que je voulais qu'on aille là.
M. Coiteux :
Bien, parce qu'on parle de vérification.
M. Ouellet :
Ça va pour moi, M. le Président.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Oui. Je veux qu'on comprenne bien, là. Entre l'écrit et... Parce que, bon, O.K.
«Aucune vérification faite conformément [à]
85 et 86 ne doit mettre en cause le bien-fondé des politiques...» Mais c'est
possible que les recommandations ou l'analyse qui est faite mettent en cause le bien-fondé. C'est-à-dire que jamais l'écrit ne dira ça, mais, par
contre, si, dans l'optimisation des ressources
dans un service, on dit : Bon, bien, quelque part, il faudrait
gérer de façon différente ou quoi que ce
soit, ça pourrait mettre... Donc,
c'est juste ça, là. C'est parce que vous, vous ne voulez pas, mais est-ce
que... Moi, je ne veux pas empêcher
la Commission municipale de faire son travail. Moi, je ne veux pas.
Je ne veux pas qu'elle remette en cause la
décision municipale. Mais c'est possible que le constat qui est fait
sur l'opération d'un service fasse que ça va mettre en cause les
décisions.
Coiteux : Bien, c'est un
libellé assez général, et qui existe notamment dans la Loi du Vérificateur général du Québec, et qui n'est pas interprété comme voulant
remettre en question des grandes orientations qui seraient prises par la municipalité ou par le gouvernement pour ce qui concerne la
loi sur le VGQ. Par contre, ça peut amener la
vérification à dire : Écoutez, pour
pas la meilleure méthode, peut-être
que vous gaspillez des ressources. Je ne pense pas qu'on se donnerait comme
orientation politique au sein d'une municipalité :
Nous souhaitons gaspiller des ressources. Nous souhaitons donner tel service.
Est-ce qu'on le fait de manière efficace?
C'est beaucoup plus là-dessus que porterait le jugement d'un vérificateur. Et
donc, par précaution, dans ce type de législation,
on dit : Vous n'êtes pas là pour représenter un courant politique qui
vient questionner le choix de la municipalité, vous êtes là pour aider
la municipalité à faire mieux.
M. Laframboise : Je peux comprendre pour le... Parce que la Vérificatrice générale
n'envoie pas son rapport avant de le... Est-ce qu'elle envoie son
rapport avant de le déposer?
Une voix :
Dans les ministères?
M. Laframboise : O.K., elle l'envoie avant qu'il soit déposé ou quoi
que ce soit. Tu sais, parce que... C'est juste ça. C'est-à-dire, mon
questionnement, c'est... Je comprends que la Vérificatrice générale, bien, elle
fait affaire avec les ministères, il
n'y a pas un ministère
qui va contester. Moi, c'est juste parce
qu'une ville pourrait décider, quand
elle a le rapport avant qu'il soit
rendu public, de contester judiciairement puis dire : Non, non, non! Tu
sais, ton rapport, là, moi, je ne veux
pas pantoute qu'il soit rendu public, parce
que je considère que ça met en
danger, tu sais, mes politiques puis mes objectifs, puis j'empêche que
ton rapport, là...
M. Coiteux : ...peut très
bien émettre des commentaires, ne
pourra pas contester sur le plan juridique, alors que la...
M. Laframboise : ...cet article-là pour dire, tu sais : Je mets une
injonction sur ton rapport parce que je ne veux pas qu'il soit rendu public,
là. C'est ça que je veux dire, là.
M. Coiteux : Non, non, non. Elle peut émettre un commentaire,
mais pas contester l'acte même de vérification.
M. Laframboise : O.K. Parfait.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
...dispositions justement pour ce qui est de cette immunité.
Président (M. Ouellette) :
Eh oui, vous le devancez. Vous avez hâte d'être rendu à 10, je pense, M. le député de René-Lévesque. Ça va pour
ce 86.1? Lecture...
Laframboise : ...pour le
bénéfice du député de René-Lévesque, je le sais très bien. C'est juste que je
fais mon travail
article par article, et les citoyens qui nous suivent
ne le savent pas. C'est ça qu'il faut se dire.
Président (M. Ouellette) :
Non. Et, même si on leur dit, M. le
député de Blainville,
comme quand on élève des enfants, il faut répéter souvent.
Lecture de 86.2, M. le ministre, s'il vous plaît.
Coiteux : Oui. «86.2. Toute
municipalité ou tout organisme municipal assujetti à la vérification en vertu
de l'article 85, de même que leurs fonctionnaires ou employés, sont tenus de
fournir, sur demande, à la commission, les registres,
rapports, documents ou données, quelle qu'en soit la forme, que cette dernière
juge nécessaires à la réalisation de son mandat. Ils doivent également
lui fournir tout renseignement et explication s'y rapportant.
commission peut tirer copie des registres, des rapports, des documents ou des
données obtenus conformément au premier alinéa.»
Le Président (M. Ouellette) : Les
commentaires.
Coiteux : Alors, aux fins de l'exécution de son mandat de
vérification, la loi obligerait toute municipalité ou tout organisme
assujetti à cette vérification à collaborer en donnant accès aux renseignements
et aux documents requis par la commission.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Je suis convaincu
que ça se trouve dans les pratiques et dans la loi du VGQ. Je me trompe-tu?
Pas de commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Ça me va.
Président (M. Ouellette) : M.
le ministre, lecture de 86.3. Je rappelle à ceux qui nous écoutent, et particulièrement aux élus municipaux, que ce sont
des nouveaux articles de la
Loi sur la Commission municipale qui vont être introduits par un amendement
à l'article 27.13 du projet de loi n° 155. Lecture, 86.3, M. le ministre.
Coiteux : «86.3. Aux fins de
la réalisation de son mandat de vérification, la commission peut détacher
ses employés, ses experts et ses techniciens auprès d'une municipalité ou d'un
organisme municipal visés à l'article 85. Ceux-ci doivent leur fournir les
locaux que la Commission estime nécessaires.»
Afin de
faciliter la réalisation de son mandat de vérification, la commission
pourrait détacher ses représentants pour qu'ils exécutent leur travail
dans les locaux de la municipalité ou de l'organisme vérifié.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Oui. Je comprends,
M. le Président, que, dans
le fond, il ne faut pas qu'il y ait
une municipalité qui fasse de l'obstruction en ne rendant pas
accessible... et en favorisant aussi un lieu de travail pour procéder aux
recherches. Est-ce que, pour l'avoir déjà vu à l'époque, là, dans une
ancienne vie, est-ce qu'il est interdit à une municipalité de
dire : Écoute, moi, c'est correct que vous soyez ici, mais je vais vous
mettre un employé qui va vous suivre? Tu sais, est-ce qu'il y a une disposition qui fait que la commission peut agir en toute
impunité sans se voir imposer un employé municipal qui serait là pour
surveiller? En tout cas, j'ai déjà vu ça, là, honnêtement, dans la vérification
d'entreprise.
Coiteux : Bien, l'important, c'est qu'ils soient tous en mode
collaboration puis qu'il n'y ait pas d'obstruction. Donc, ils doivent fournir les documents si
nécessaire et, sur demande de la commission, qu'ils fournissent des locaux
pour travailler. Est-ce que ça veut dire
qu'ils vont donner un interlocuteur pour faciliter le travail de divulgation et
de transmission des documents? Ça leur appartient, mais il n'y a pas un
vérificateur interne dans la municipalité du vérificateur. C'est le
vérificateur qui est indépendant pour faire son travail.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Je comprends. C'est quand même une nouveauté pour certains.
Effectivement, ils peuvent mettre un employé
municipal pour servir d'interface afin de trouver les documents au bon endroit,
on peut mettre une interface aussi pour,
je vous dirais, supporter la commission. Mais est-ce que la commission, elle
est obligée d'accepter cette aide qui est offerte? Est-ce qu'elle pourrait la refuser? Parce
que cette aide-là pourrait effectivement venir interférer dans son
travail de collecte d'informations, de données. Je ne suis pas dans un film
d'espionnage, là, mais je...
Coiteux : J'imagine que sa décision, c'est une décision qui lui
appartiendra. J'imagine que... Je ne vois pas ça comme un enjeu, là, en tant que tel. C'est surtout qu'ils vont demander
accès à certaines informations, certaines données. Ça va les amener à
parler avec un certain nombre d'employés municipaux qui sont en mesure de
fournir les documents demandés. Mais il n'y
a pas d'obligation à cet effet, là, il n'y a pas de... Je ne pense pas qu'on
doive la prévoir non plus.
Le Président (M. Ouellette) : On va en parler aussi à 86.5 aussi, M. le député
de René-Lévesque. Ça va? M. le député de Blainville, à 86.3.
M. Laframboise : Mais, à 86.3, on parle de locaux, là. Les commentaires disent : il
doit fournir le représentant, là, à
86.3, dit : «Aux fins de la réalisation de son mandat de vérification, la
commission peut détacher ses employés — c'est la
commission qui détache ses employés — ses experts et ses techniciens auprès d'une
municipalité[...]. Ceux-ci doivent leur fournir les locaux que la commission estime nécessaires.» Ça fait qu'on
ne parle pas de personnel, là. On parle de locaux, là.
M. Coiteux :
Non, non, c'est ça. C'est pour ça que je...
M. Laframboise : Sauf que, dans vos commentaires, les commentaires disent «pourrait
détacher ses»... Ah! oui. »La commission pourrait détacher ses
représentants». C'est ça, c'est ça, c'est juste les locaux.
Le Président (M. Ouellette) : C'est parce que tantôt, on va parler des
documents puis ça ne se fait pas tout seul. Ça va, pour 86.3? M. le
ministre, lecture de 86.4.
M. Coiteux :
«86.4. La commission peut également procéder à la vérification des registres,
des dossiers, des documents et des comptes
d'une personne, d'un établissement, d'une institution, d'un organisme, d'une
association ou d'une entreprise
relativement à l'utilisation de toute aide qui lui est accordée par une
municipalité ou par un organisme municipal visés à l'article 85.
bénéficiaire d'une aide de même que ses employés sont tenus de fournir, sur
demande, à la commission tout document
ou toute donnée, quelle qu'en soit la forme, que cette dernière juge nécessaire
à la réalisation du mandat prévu au premier alinéa. Ils doivent également
lui fournir tout renseignement et toute explication s'y rapportant.
«La commission peut
tirer copie des documents ou des données obtenus conformément au deuxième
alinéa.»
vais lire le commentaire, mais, je vous le dis tout de suite, le deuxième paragraphe
du commentaire doit être biffé parce qu'il est là par erreur, là, il
n'ajoute aucun commentaire particulier par rapport à l'article.
La commission
pourrait vérifier comment a été utilisée toute subvention ou toute autre forme
d'aide qui a été accordée par une
municipalité ou un organisme assujetti à son mandat de vérification, notamment
si l'aide a été accordée sous condition. La commission pourrait vérifier
le respect de celle-ci.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Donc, si je comprends bien, la commission peut aller jusqu'à enquêter
le bénéficiaire d'une décision que la
municipalité ou qu'un organisme aurait prise en fonction des engagements qu'il
y aurait eu. On peut aller jusque-là.
Coiteux : On peut aller jusque-là. C'est également standard dans des
opérations de vérification comme celle-là, parce que, si une ville, par exemple, octroie une subvention liée à une
condition qui n'est systématiquement pas respectée, il y a une vérification
et un constat de vérification qui est utile, là, pour les citoyens de la ville
concernée.
M. Ouellet : Parce que, souvent, ce qui nous était rapporté, c'est que ce n'était
pas en constatant... à l'endroit où est-ce
que la décision avait été prise ou, du moins, à l'endroit où est-ce que les
documents n'étaient pas présents puisque c'était le bénéficiaire qui avait effectivement obtenu une subvention
qui était en rupture de respect des conditions, alors... puis là il disait : Tu ne peux pas venir
m'inspecter, parce que ce n'est, bon, pas ta juridiction, alors... Je pense
que, celle-là, on va assez loin. Celle-là, elle me plaît, je vous la
confirme.
Le Président (M.
Ouellette) : Ça va? M. le député de Blainville, sur 86.4.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le ministre, lecture de 86.5, s'il vous plaît.
Coiteux : «86.5. Le vérificateur des comptes et des affaires du
bénéficiaire d'une aide visé à l'article 86.4, doit, à la demande de la
commission, lui transmettre avec diligence une copie des documents
suivants :
«1° les états
financiers annuels du bénéficiaire;
«2° son rapport sur
ces états;
«3° tout
autre rapport fait au conseil d'administration, à la direction ou au dirigeant
du bénéficiaire, le cas échéant, sur ses constatations et
recommandations.»
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires, M. le ministre.
Coiteux : En corollaire de la disposition précédente et aux fins de
permettre à la commission d'avoir accès à tous les documents lui permettant de réaliser son mandat, le
vérificateur général d'un bénéficiaire d'une aide devrait fournir des
copies des documents que demanderait la commission.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Non, c'est beau, ça me
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui. Juste
pour fins de la compréhension des gens qui nous écoutent, là, donnez-nous
donc quelques exemples de bénéficiaires
d'une aide, là. Vous en avez sûrement, des exemples, vos fonctionnaires ont ça,
Coiteux : On me cite le cas de Promotion Saguenay, par exemple. Tout
organisme créé, paramunicipal, qui pourrait
recevoir des sommes de la municipalité, une entreprise bénéficiaire d'une
subvention. Donc, il y a plein de cas de figure possibles, bénéficiaires
d'un projet financé par la municipalité.
Coiteux : Et on me dit : Ça peut aller jusqu'au bénéficiaire
d'une subvention donnée par un organisme comme Promotion Saguenay.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va
pour...
M. Coiteux : Donc, on suit l'argent
jusqu'à la dernière instance.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va
pour 86.5, messieurs? Oui? M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : Peut-être on le
verra plus loin, là, est-ce qu'il y a... c'est quoi, la procédure si les gens
ne respectent pas cette demande-là de
la commission, de la CMQ? Tu sais, je dois fournir le document, je dois montrer
diligence, mais je ne les fournis pas puis je ne suis pas diligent,
c'est quoi, la... Peut-être qu'on le voit plus loin, là, mais je...
M. Coiteux : On va vérifier, mais je
pense que c'est la cour, là, mais...
M. Coiteux : Je pense que ça peut
être ça, il peut être poursuivi.
M. Coiteux : Oui. C'est la cour qui,
à ce moment-là, doit trancher le... est forcé.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va?
M. le ministre, lecture de 86.6.
Coiteux : «86.6. Au plus tard le 30 septembre de chaque année, la
commission fait un rapport constatant les résultats de la vérification de chaque municipalité ou organisme visés à
l'article 85 qu'elle a effectuée pour l'exercice financier se terminant
le 31 décembre précédent.
«Ce rapport
indique notamment tout fait, irrégularité ou déficience que la commission juge
opportun de soulever à la municipalité ou à l'organisme.
«En outre, la Commission peut, à tout autre
moment, transmettre à une municipalité ou à un organisme visés à l'article 85
un rapport faisant état de constatations ou de recommandations qui de son avis,
méritent d'être portées à son attention.
commission divulgue, dans tout rapport qu'elle produit, toute situation
susceptible de mettre en conflit l'intérêt de l'un de ses commissaires
ou employés et les devoirs de leurs fonctions.»
Cette disposition, donc, oblige la commission à
faire rapport de ses travaux annuels.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Donc, c'est un
sommaire de l'ensemble des interventions qu'elle aura fait pendant l'année. Ce
rapport es