Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 7 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2019-11-07
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-huit minutes)
Président (M. Lemay) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Aujourd'hui, nous
sommes réunis afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 34,
la Loi visant à simplifier le processus d'établissement des tarifs de
distribution d'électricité.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Jacques (Mégantic) remplace M. Campeau
(Bourget); M. Bussière (Gatineau)
remplace M. Girard (Lac-Saint-Jean); M. Kelley (Jacques-Cartier)
remplace M. Ciccone (Marquette); M. Barrette (La Pinière)
remplace Mme Montpetit (Maurice-Richard); Mme Ghazal (Mercier)
remplace Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue); et M. Ouellet
(René-Lévesque) remplace M. Roy (Bonaventure).
Le Président
(M. Lemay) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux, hier,
nous en étions à l'étude d'un sous-amendement proposé par le député de
Laval-des-Rapides. Je suis maintenant prêt à reconnaître une intervention. M.
le député de Laval-des-Rapides, la parole est à vous.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. En effet, je pense que lorsque nous avons
terminé nos échanges, hier, en fin
d'après-midi, c'était mon collègue le député de La Pinière qui avait la parole.
Et, en fait, nous débutions nos échanges sur le sous-amendement à l'article 2, et qui introduit, là, la
notion... Je vais juste le relire si vous permettez, là : «Dans les
120 jours précédents le 1er avril
2021 — donc, la
date est bien précisée ici, 2021, contrairement à 2020 sur l'amendement
du ministre — la
Régie de l'énergie émet un avis concernant le taux applicable en cas
d'inflation ou le taux applicable en cas de déflation et par la suite
chaque année, après avoir obtenu l'avis de la Régie[...], le gouvernement
détermine le taux applicable en cas d'inflation ou le taux applicable en cas de
déflation.»
Donc,
je vais commencer, M. le Président, par statuer qu'en aucun cas, contrairement aux affirmations du ministre, en
aucun cas, et j'ai bien entendu, là, les échanges qu'il a eus hier avec la députée
de Mercier, en aucun cas nous ne proposons ici, sous la forme d'un avis de la Régie de l'énergie, une cause tarifaire. O.K., malgré le fait, dans le sous-amendement qui est proposé ici, qu'on introduit ou qu'on propose
d'effectuer cet exercice sur une base annuelle.
M. le Président, je
pense que le ministre et les collègues ici sont bien conscients qu'émettre un
avis ou recevoir un avis de la part de la Régie de l'énergie n'est en aucun cas
identique à une cause tarifaire telle que décrite, définie, expliquée par le ministre
à de multiples reprises, donc, quand il a référé ici à des centaines, sinon des
milliers d'heures attribuées ou, si on peut
dire, associées à une cause tarifaire, des dizaines de différents mémoires, des
centaines de questions échangées lors d'une cause tarifaire, etc.
Dans le cas présent,
nous proposons, dans la forme de ce sous-amendement-là, un avis de la Régie de
l'énergie. Et la régie a coutume d'émettre des avis, et plus qu'une fois durant
l'année, sur différents dossiers. Un avis n'est pas contraignant. Un avis n'est
pas une directive, n'est pas une décision qui doit être une décision
exécutoire, qui doit être effectuée par le ministre.
Un avis, bien, c'est un avis, tel que tout
le monde comprend le terme «avis», ce
qui veut dire que la régie procède à
analyser, peut-être même à entendre, à recevoir différentes
recommandations, différentes suggestions, différents commentaires,
différents, peut-être, même, mémoires pour...
Parce qu'on va se rappeler la Régie de
l'énergie est un tribunal administratif. Donc, lorsqu'elle rend un avis, bien,
en fait, c'est une décision qui est rendue par la Régie de l'énergie, mais, je
répète, n'est pas une décision qui est exécutoire ou obligatoire envers le ministre. Le ministre se
garde la possibilité, se garde un droit de réserve, se garde... pardon, le
droit de l'appliquer ou non, O.K.? Il
maintient sa prérogative. Il préserve sa prérogative de l'appliquer ou non. Et
donc c'est dans ce cas-là où
l'exercice de la régie peut certainement aider à déterminer sur une base
annuelle quel est le taux applicable, quel est le taux multiplicateur
dans un scénario, dans un contexte d'inflation ou de déflation.
Donc,
j'ai exposé ici, là, certaines explications qui viennent mettre en contexte les
motivations de ce sous-amendement-là. J'aimerais savoir, pour commencer,
un peu comment reçoit le ministre ce sous-amendement-là. Peut-être,
également, il pourrait nous expliquer comment il reçoit,
comme ministre, ou... peut-être pas depuis un an, mais comment le cabinet
reçoit ou le ministère reçoit les différents avis émis par la régie par le
passé.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Par
rapport au sous-amendement qui est soumis, j'aurais besoin d'une légère précision, M. le Président. Quand c'est marqué : «Dans les 120 jours
précédant le 1er avril 2021», dans les 120 jours, ça serait... je
sais qu'on dit dans les 120 jours. Vous voulez dire c'est avant
120 jours?
M. Polo : Je vais préciser, si
vous le permettez, M. le Président. Donc, bien sûr, on part du principe... En
fait, l'amendement est basé sur... le sous-amendement est basé sur l'amendement du ministre. Puis ce qu'il faut surtout ici retenir,
c'est que nous avons modifié la date à partir de laquelle on commence à
reculons le 120 jours, O.K.? Donc, nous proposons
qu'il y ait une période de temps avant le 1er avril,
là. On s'entend, chaque année commence le 1er avril, se termine au
31 mars, O.K.? Et nous jugeons que 120 jours donnent un temps suffisamment
nécessaire pour, par la suite, que le ministère reçoive cet avis-là et puisse
en disposer à sa convenance, à la convenance du ministre, tout d'abord, mais...
M. Polo : Oui, oui, bien sûr, avant. O.K.
Mais ce qu'il est surtout très important ici de retenir de ma question, c'est de savoir comment, par le passé, le ministère
ou le cabinet a réagi dans le cas d'avis. Est-ce que... je veux savoir
comment le ministre interprète justement le fait qu'on
introduit la proposition d'un avis de la Régie de l'énergie sur une base
annuelle.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Oui, je vais répondre à la question, mais j'ai encore besoin d'une petite
précision pour bien comprendre le
sous-amendement, si vous me permettez, M. le Président. Quand on dit «dans les
120 jours», ça voudrait dire en réalité que, dans les 120... ça le dit, «dans les 120 jours», ça veut dire
que le dépôt de l'avis serait 120 jours avant ou 110 jours avant
ou 90 jours avant. Naturellement, nous,
quand on a discutait, parce que ce n'était pas inscrit à l'intérieur de notre
amendement, mais, quand on a eu des
discussions, c'était : Ça serait bien, là, minimum 120 jours avant.
Donc, ça peut être 130 jours avant, 140 jours avant.
Donc, de la
façon, là, qu'il est inscrit ici, là, on veut juste s'assurer que... est-ce
qu'on a la même intention? On veut avoir le temps justement de prendre
en considération l'avis et ses conclusions, le cas échéant où on acceptait ce sous-amendement-là. Et je pense qu'une période de
120 jours serait minimalement nécessaire pour faire en sorte d'appliquer
éventuellement la recommandation. Alors, c'est ça qu'on souhaite... c'est ça
que mon collègue de Laval-des-Rapides souhaite faire, bien qu'il n'est pas
inscrit comme ça?
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Polo :
Oui. Je vais... Bien, en fait, on a précisé ici «dans les 120 jours»...
Il faut être très précis, là, dans le choix de mots, «dans les 120 jours», mais on pourrait, à la rigueur,
effectivement, au lieu de mentionner «120 jours», dire : «Au minimum — O.K.? — 120 jours précédant le 1er avril
2021», et donc, à partir de ce moment-là, bien, c'est-à-dire qu'on revient de... on recule de 120 jours, ça veut
dire, si je ne me trompe pas... 120 jours coïncideraient, quoi, avec le
1er janvier 2021? Donc, bien
avant le 1er janvier 2021, si je ne me trompe pas... Attendez, janvier,
février, mars... Non, c'est 1er décembre 2020, c'est à ce
moment-là, donc bien avant... Et donc ça serait, à ce moment-là, à la
convenance du ministre d'en disposer. Donc,
oui, plutôt que de parler «dans les 120 jours», on peut... Mais peut-être
que j'aurais une question pour le ministre.
Le Président (M. Lemay) : En
fait, M. le député, il y a deux options qui s'offrent à vous, si vous désirez...
M. Polo :
Mais, avant d'arriver à ces options-là... parce que je veux juste préciser
quelque chose. Pourquoi... parce
que, c'est vrai, on a échangé, là, sur la question
du 120 jours, O.K.? Faites juste nous expliquer en quoi ça
représente une contrainte et pourquoi. Moi, je n'ai aucun problème, là,
je vous le dis, là, d'entrée de jeu, je n'ai aucun problème à considérer. J'ai coupé, là, l'intervention du président, parce qu'il allait nous formuler quelques
recommandations, mais en quoi, peut-être juste sur
l'élément de la logistique, l'élément un peu plus technique, en quoi le
120 jours, «au minimum 120 jours»,
versus «dans les 120 jours», ça représente une contrainte qu'il faudrait, à ce moment-là, éviter ou éliminer pour vous, pour le ministère, pour votre
équipe? Peut-être juste nous expliquer, M. le ministre.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui, M.
le Président. Naturellement, on a des discussions préalables, en réalité, à la fois l'amendement et le sous-amendement, avec certaines intentions qu'on a partagées
ou... ce n'est peut-être pas le bon terme, des «intentions», mais des éléments qu'on souhaiterait voir
apportés, et naturellement nous, on a... C'était de manière... dans les discussions
qu'on avait, c'est-à-dire, dans nos commentaires, on disait : Bien, peut-être 120 jours avant, bon. Alors, je conçois que
mon collègue introduit cette notion-là, qui était une idée qui
nous apparaît adaptée, sur 90 jours ou 120 jours, mais, de la façon
qu'il est formulé ici, c'est... Alors, la préoccupation qu'on aurait, c'est... «Dans les 120 jours précédant le
1er avril», ça veut dire que ça
pourrait arriver le 30 mars. Et là, le 30 mars, on obtient l'avis, et
il est un peu tard, en réalité, pour faire en sorte de l'appliquer.
Donc, c'est pour ça que c'est important pour nous que ce soit... C'est-tu...
avant... au minimum 90 jours avant?
120 jours? On suggère 120 jours, mais il faut donner un laps de temps
adéquat. Et, de la façon qu'il est formulé ici, M. le Président, ça
pourrait être la veille au soir, puis là on ne pourrait pas faire l'analyse,
juger de la recommandation, faire une application, modifier, en réalité, également
les systèmes qui feraient en sorte qu'on appliquerait
un taux. Donc, c'est pour se donner un délai pour analyser la recommandation et
pour opérationnaliser la décision.
Président (M. Lemay) :
Alors, M. le député de Laval-des-Rapides, pour les deux options, soit que, par consentement, vous demandez le retrait de votre sous-amendement ou que vous mettez votre sous-amendement aux voix. C'est les deux options qui s'offrent à vous pour apporter une modification, parce qu'on ne peut pas faire une modification à un sous-amendement.
M. Julien : Donc, excusez-moi, M. le Président, je ne suis
pas très connaissant, donc on ne pourrait pas marquer ici «au minimum», plutôt
que «dans les», en conservant le sous-amendement?
Le Président (M. Lemay) : ...
Une voix : ...comprends que
c'est non.
Le Président (M. Lemay) : À
moins que... Je vais permettre une courte suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 53)
Président (M. Lemay) :
Alors nous reprenons les travaux, et la parole est au député de Laval-des-Rapides sur son sous-amendement.
M. Polo : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, je... nous reprenons où nous avions laissé. En effet, je suis d'accord avec le ministre
qu'une décision rendue par la régie à minuit moins une, je concède, un
30 mars pour, en fait, un avis
émis par la régie, malgré que c'est une décision d'un tribunal administratif, mais un avis émis par la régie à
minuit moins une est difficilement applicable
dans la mesure où il faut que le ministre, son équipe, le ministère en fassent
l'analyse et, par la suite, en
disposent, soit favorablement ou pas. Et, si c'est dans un cas favorable, dans
ce cas-là, il faut un délai minimum
raisonnable, un délai raisonnable, pour, par la suite, la mettre en
application, l'opérationnaliser, comme il l'a mentionné.
J'aimerais peut-être élaborer avec le ministre
sur la... sur justement la question de délai minimum raisonnable. Pourquoi... ou, en fait, 120 jours. En quoi
120 jours est raisonnable? Est-ce qu'on peut parler de 60 jours?
75 jours? 90 jours? 100 jours?
Ou peut-être 130 jours ou plus? Peut-être pouvons-nous revenir, j'aimerais
demander au ministre s'il a des cas d'exemples
d'avis, peut-être à son équipe, de cas d'exemples
d'avis émis par la régie, qui ont été exécutés par le ministère et
qui ont été par la suite, là, mis en opération. Peut-être peut-il nous donner
un exemple, et pour justifier pourquoi, à l'intérieur d'un délai de 120 jours, c'est trop contraignant.
Je peux comprendre que le 30 mars, c'est tout à fait comprenable, tout à
fait justifiable de parler d'un délai
beaucoup trop court, mais, entre minuit moins une et 120 jours, il y a quand
même 119 jours. Donc, peut-être nous élaborer sur ce point-là.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Bien, écoutez, M. le Président, dans les discussions qu'on a eues avec le
collègue de Laval-des-Rapides et avec l'ensemble des intervenants ici,
en commission, qui... Soit dit en passant, je trouve que c'est des discussions intéressantes, là, depuis quelques jours, et de
plus en plus, et je vous en remercie. On a mentionné un délai de
120 jours, et je comprends que
la proposition du sous-amendement, qui appartient, naturellement, à mon
collègue de Laval-des-Rapides, bien, convenait que, suite à ces
discussions-là, c'est un délai qui apparaissait raisonnable.
Bon,
naturellement, quel serait le délai minimum? Pour nous, on n'est pas sur un
délai minimum, M. le Président. Il faut comprendre que, quand on
mentionne 120 jours ici, c'est pour les fins utiles, en réalité, de ce
dépôt-là. Parce qu'on demanderait, le
cas échéant où le sous-amendement... mais on ne peut l'accepter dans cette
forme-là, là. Mais, si le sous-amendement
faisait en sorte que la régie donnait un avis, cet avis-là, pour qu'il soit
utile, doit permettre plusieurs choses différentes.
Premièrement, il doit permettre au ministère de
voir, en réalité, quelles sont les recommandations et de les apprécier pour prendre une décision. Ça, ce n'est
pas le délai le plus long, je vous dirais. Ça prend également un délai parce
qu'une fois que cette décision va être prise il faut informer la clientèle du
tarif L. Et l'objectif, c'est donner aussi une prévisibilité, donc il faut être en mesure d'informer la clientèle de
quel sera, effectivement, le tarif, c'est-à-dire la hausse de tarif qu'elle aura à vivre. Donc, encore là,
c'est un délai d'utilité pour la clientèle. Et naturellement il y a le délai,
également, de mettre à jour les systèmes de facturation pour
Hydro-Québec afin d'appliquer le taux.
Mais
l'élément le plus important, dans ces trois délais-là, je vous dirais,
l'analyse va se faire assez promptement. Je crois que les délais de mise à jour de système, pour changer le taux,
ce n'est pas trois, quatre mois, mais il y a aussi le délai d'utilité
pour la clientèle.
naturellement, bien, moi, j'ai entre les mains, M. le Président, un
sous-amendement qui est proposé, et, pour moi, il ne fait pas sens, «dans les 120 jours précédents le
1er avril 2021», puisque, naturellement, si l'avis était déposé une heure avant la date butoir,
plus aucune utilité à cet avis-là. Et on souhaite, naturellement, que l'avis de
la Régie de l'énergie, le cas échéant
où le sous-amendement était accepté, soit utile à la fois pour la clientèle,
pour permettre une analyse éclairée, et, le cas échéant, pour que la
décision soit éclairée et que la décision soit mise en application.
Donc, on ne
vient pas mettre en place un délai minimum. Je crois qu'il n'y a pas d'enjeu à
augmenter le délai. À la limite, si
quelqu'un disait : Pourquoi ce n'est pas 150 jours avant?, bien, il
faudrait quand même que l'analyse soit probante, aussi. Donc, si l'analyse porte sur des éléments de marché, sur des enjeux
d'entreprise, si le délai est trop long avant la date, peut-être qu'il est moins pertinent... déjà,
l'analyse est moins pertinente. Surtout que la proposition de mon collègue de
Laval-des-Rapides, s'il pense que ces
éléments sont pertinents, de la ramener sur base annuelle, c'est qu'à chaque
année ça pourrait être modifié.
Alors, c'est dans cette perspective-là, là. Alors, je vous dirais que le
120 jours n'est pas une vérité, c'est
une appréciation par rapport à l'utilité qu'on en ferait, à la fois pour la
clientèle, pour des fins d'analyse, pour des fins de décision et pour
des fins d'application.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Polo :
Merci. Parfait. Mais qu'est-ce qui est un délai d'utilité? Actuellement, lorsqu'Hydro-Québec
procède à des changements auprès de
sa clientèle du tarif L, dans leurs
politiques internes, quel est... je
vais reprendre l'expression du ministre, quel est le délai d'utilité
raisonnable? Quel est le délai d'utilité actuellement utilisé? Je vais partir
de là.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Oui, alors, M. le Président, comme je vous disais, l'enjeu d'opérationnalisation,
on sait qu'actuellement sur la base
des causes tarifaires certaines décisions sont émises au mois de février, par
exemple, puis sont appliquées, là, à
la date, là, du 1er avril. C'est-à-dire qu'en termes d'opérationnalisation
ce délai-là, en réalité, n'est pas le principal enjeu. Moi, je parle
beaucoup plus d'un délai d'utilité pour deux raisons principales.
Naturellement,
si on souhaite que la régie fasse une recommandation éclairée, une
recommandation par rapport à un enjeu
suffisamment important pour que mon collègue de Laval-des-Rapides amène un
amendement, et c'est souhaitable, certainement,
de leur part, que cette recommandation-là soit considérée, bien, il faut donner
un délai, naturellement, pour faire
l'analyse, pour la considérer et surtout pour permettre à la clientèle d'être
avisée. Parce que les autres clientèles... Dans le mode de tarification proposé actuellement, comme on le mentionne, au
30 septembre, l'inflation sera connue, on donne la prévisibilité au
système, et la clientèle du L saura, en réalité, quel taux sera appliqué
le plus rapidement possible.
Mais comme je
vous dis, moi, je me ramène à la suggestion du sous-amendement. De ce que je
comprends, à moins que je comprenne mal, la volonté qui avait été émise,
quand on a eu les premières discussions, là, même au début de l'amendement, quand j'ai posé la question,
c'était... bien, c'était 120 jours avant, mais il a été mal formulé. Si
c'est ça, bien, il faudrait le
reformuler. Mais si, pour vous, c'était n'importe quand dans les 120 jours
précédents, je ne comprends pas l'objectif.
Pourquoi, même, il serait là? Il faut que... parce que j'aurais dit : Vous
auriez dû le formuler. Il faut que l'avis soit déposé avant le
1er avril.
Alors, c'est
juste ça, moi, j'essaie de comprendre la cohérence du sous-amendement. Je pense
qu'on voulait dire : Au minimum
120 jours. Mais peut-être que ce n'est pas ça qu'on voulait dire. Mais, si
on regarde cet amendement-là, il ne serait pas acceptable, considérant
qu'on ne peut pas recevoir un avis la veille de la modification.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Polo :
Je suis 100 % d'accord avec le ministre puis je pense qu'on recherche la
même chose, M. le Président. À
vrai dire, le ministre a apporté à mon attention un élément que nous avons
peut-être négligé, effectivement, et je l'en remercie.
Ceci dit,
dans l'esprit où, justement, nous cherchons la même chose, c'est-à-dire
déterminer — je vais
utiliser son expression — un délai d'utilité raisonnable, il a donné un exemple, il a
dit : Actuellement, nous avons appliqué ou déjà... Il a utilisé un exemple d'une décision, d'un
changement, soit... peut-être pas tarifaire, mais d'un changement applicable à
la clientèle du tarif L, annoncé aux clients à partir du mois de février.
Si vous suivez bien le verbatim de nos échanges, M. le Président, je pense qu'il a donné l'exemple du
mois de février. Donc, à l'intérieur d'une période de plus ou moins
60 jours, est-ce que c'est raisonnable?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Naturellement, M. le Président, quand on mentionne la cause tarifaire...
février, même, des fois, même plus
tard que ça, même mars. Mais ce que l'historique nous dit, c'est beaucoup plus
février. Puis ce n'est pas prescrit, hein, mais c'est une décision, ça. Moi, ce que je comprends, M. le Président,
c'est que l'amendement puis... le sous-amendement qu'on souhaite
apporter, c'est de dire : Il y aura une recommandation, suite à une
analyse, un avis qui constituera une recommandation.
Nous, en réalité, si vous souhaitez, là, que
cette recommandation soit bien considérée, qu'elle soit bien prise en compte
pour la décision du taux, il faut se donner un délai. Moi, je trouve que le
délai de 120 jours proposé par mon collègue de Laval-des-Rapides, puisque
c'est sa proposition, ça m'apparaît opportun. Toutefois, s'il veut modifier sa proposition, il faudrait qu'il rajoute le mot «au
minimum», puis nous suggérer 90 jours, puis on en discutera, puis, s'il
souhaite que ça soit 60 jours, on pourra en discuter. Mais je
trouve qu'il n'y a pas avantage à le restreindre trop puis il n'y a pas avantage à trop l'étirer. Moi, je trouve que
120 jours, ça m'apparaît
pertinent. Et sur cette base-là, si c'était «au minimum», telle qu'était
l'intention, je pense, de mon collègue... Je ne veux pas lui prêter
d'intentions, mais, suite à nos discussions, si c'était l'intention ou
bien l'objectif recherché, d'être «au minimum», plutôt que «dans les» — je
crois que c'était ça — bien,
je trouve que 120 jours, je dirais plutôt à mon collègue : C'est une
sage proposition que vous faites, et je trouve ça intéressant.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci, merci. On avance. On avance, M. le ministre, et je suis bien content de cela, et je l'en remercie. Et je
reviens au fait qu'il m'a identifié, effectivement, un enjeu au niveau de
l'utilisation «dans les 120 jours avant le 1er avril 2021». Mais là il m'a aussi allumé sur... il m'a aussi
permis de bien identifier, peut-être, un autre enjeu, M. le Président. Il m'a permis de comprendre qu'avant de revenir
avec le terme «au moins»... Parce que je pense que le «au moins», peu importe le nombre de jours identifiés, le «au
moins» donnerait de la flexibilité, tel que le ministre souhaite, et je reçois bien, là, sa proposition.
Ceci
dit, j'aimerais qu'il me précise d'autres exemples ou, en fait... ou précise
l'exemple qu'il a utilisé. Est-ce que c'est
30 jours, 45 jours, 60 jours? Qu'est-ce qui est raisonnable?
Quel est le délai d'utilité raisonnable minimum — on va utiliser ça, «minimum» — pour
opérationnaliser un avis avec lequel le ministre se sentirait confortable, avec
lequel le ministre se sentirait... serait,
disons, en symbiose pour, par la suite, demander que ce soit appliqué? Donc,
quel est ce délai d'utilité raisonnable?
Parce
qu'effectivement nous avons échangé au préalable sur le principe de
120 jours. Ceci dit, comme je viens de le mentionner, il a évoqué un
exemple du mois de février, donc, disons, on parle plus ou moins entre 30 à
60 jours, O.K.? Et il a utilisé
l'expression «délai d'utilité». Et là je voudrais peut-être, sous la forme
d'exemple... peut-être pas de tableau, là, M. le ministre, là, je sais que vous
en avez un toujours à portée de la main, mais, sous la forme d'exemple, quel serait
un délai d'utilité raisonnable pour
opérationnaliser un avis émis, un avis favorable ou un avis avec lequel le
ministre se sent confortable pour l'opérationnaliser?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
M. le Président, je suis un peu surpris de cette question-là parce que... Je
vais m'expliquer pourquoi. Il y a un
sous-amendement qui est proposé par mon collègue de Laval-des-Rapides, qui a
l'intention, en réalité... qui a été mal
formulé, mais qui a l'intention de venir dire : Bien, non, je voulais dire
«au minimum 120 jours». Alors, il nous fait une proposition et il me demande de lui expliquer en quoi sa proposition
est adéquate. Bien, s'il nous en fait la proposition, c'est parce que, probablement, il a estimé qu'elle
était adéquate. Et moi, quand je la regarde, je trouve que c'est opportun,
je trouve ça bien, 120 jours. Mais si,
pour lui, sa proposition ne tient pas la route, qu'il la retire. Mais sinon,
nous, on trouve que le délai proposé par mon collègue de
Laval-des-Rapides, suite à son analyse, suite à son évaluation, est
intéressant. Mais, s'il me demande d'expliquer à quoi il a pensé, quand il a
fait le sous-amendement, bien, je ne peux pas lui prêter d'intentions, mais je
trouve que c'est adéquat, 120 jours, dans la proposition faite.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci, merci. En effet, j'entends bien, là, les
propos du ministre et je suis d'accord. Je suis le signataire, en fait,
l'auteur de ce sous-amendement-là. Je reconnais que l'expression «dans les
120 jours précédents» peut porter à... peut être très contraignante dans le cas d'un scénario où une décision
ou un avis serait rendu un jour ou quelques jours avant le début, si on
peut dire de l'année financière, donc, le 1er avril.
contre, il a utilisé un exemple. Je reviens sur cet exemple-là. À quel exemple
exactement... Peut-il nous détailler l'exemple auquel il a fait
référence quand il a parlé d'un 60 jours? Je voudrais savoir. En même
temps, je reviens avec ma question précédente, pourquoi a-t-il
parlé de 60 jours? Si 60 jours a été possible dans un contexte
précédent, bien, à ce moment-là, on
pourrait non seulement amender ou corriger le début de la phrase, entre
guillemets, qui est écrit «dans les 120 jours
précédents», on pourrait mettre «au minimum», tel qu'il le suggère lui-même.
Mais, plutôt que de conserver le 120 jours,
on pourrait, à ce moment-là, revoir également : Est-ce
que c'est 120 jours,
90 jours, 60 jours, 45 jours? Moi, je veux bien comprendre, avec les effectifs, avec les
équipes, avec l'expérience au ministère et également,
par la suite, là, d'Hydro-Québec, qu'est-ce qui est un délai d'utilité
raisonnable.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, on a mentionné tantôt que, quand la décision de la régie, actuellement,
sur la base de cause tarifaire, est émise,
elle est émise parfois au mois de février, et, pour l'opérationnaliser dans le
système, bien, c'est fait à la date prévue, au mois d'avril.
qu'on mentionne, en réalité, sur... et là, naturellement, moi, j'entends la
volonté de mon collègue, c'est : Bien, il faut que le délai soit aussi utile, c'est-à-dire que,
naturellement... Et je trouve que le délai de 120 jours proposé par mon
collègue est somme toute, là, je le réitère,
là, assez éclairé. Franchement, j'aurais tendance à dire qu'il ne m'apparaît
pas mauvais du tout, pas mauvais du tout. Félicitations!
Parce qu'on a un
objectif commun, le cas échéant qu'on acceptait l'amendement et le
sous-amendement, ça serait de dire à la
régie : Émettez-nous un avis — parce qu'on est à l'article 2 — sur le taux applicable pour le tarif L,
et cet avis-là, qui sera sous une
forme de recommandation, va être pris en considération, et éventuellement il va
y avoir une décision.
on est sérieux dans notre démarche, et je crois qu'on l'est, bien, il faut qu'il
y ait un délai suffisant également pour
prendre acte de l'avis, de la recommandation. En plus qu'on a demandé, à
l'article, de considérer le principe d'interfinancement,
le maintien de la compétitivité, donc, ce n'est pas juste... Alors, l'avis, ça
ne sera pas juste : Je vous suggère
0,72. Il va y avoir plein d'éléments, en fin de compte, qui vont nous permettre
de considérer la recommandation et de l'apprécier. Ça prend un délai, en
réalité, d'analyse suffisant.
Vous
nous suggérez 120 jours, je ne sais pas pourquoi, mais moi, ça m'apparaît
adéquat. Mais je ne sais pas sur quelle
base vous avez dit 120 jours. Naturellement, si vous disiez 30 jours,
je dirais : Oui, 30 jours, ça m'apparaît un peu court. Mais,
honnêtement, je regarde le 120 jours puis je trouve qu'il est bon. Je
trouve qu'il est bon. On s'entend là-dessus. Alors, je ne sais pas sur quoi on ne s'entend pas et où mène cette
discussion-là puisque vous et moi, on s'entend. Ça serait bien qu'on
poursuive.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci, merci. Bien, en fait, je vais renvoyer les fleurs au ministre. Je vais
renvoyer les fleurs au ministre, M.
le Président, parce qu'en toute transparence, en toute honnêteté, O.K., vous
étiez sûrement absent lors de nos échanges, et c'est bien correct, on a échangé, le ministre et moi, à micro fermé,
et ça fait
partie du travail ici qu'on effectue à l'Assemblée nationale,
et, comme vous le savez, c'est aussi un exemple... Oh! je commence à manquer de
temps, M. le Président?
Le Président
(M. Lemay) : En fait, je crois que vous êtes rendu à la fin de
votre intervention, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Bon, bien, on aura l'occasion de se reparler, M. le Président. Merci beaucoup.
Président (M. Lemay) : Il n'y a pas de problème. Donc, s'il n'y a
pas d'autre intervention... Mme la députée de Mercier, sur le
sous-amendement présenté par le député de Laval-des-Rapides, sur le
sous-amendement? Allez-y.
Mme Ghazal :
Oui. Oui, M. le Président. Je vais essayer, moi aussi, de me forcer pour avoir
des félicitations du ministre. Je
suis un peu jalouse. Donc, si je comprends bien, le sous-amendement, ce que ça
mentionne, c'est que ça vient préciser le temps où le taux devra être
fixé.
Parce
que je me rappelle, hier, quand je posais des questions au ministre, il disait
que, pour le 1er avril 2020... dans son amendement, ça disait «déterminés par le gouvernement au
1er avril 2020», et là je disais : Mais quand est-ce que ça, cette demande d'avis à la régie, va être demandée?
Il m'avait dit : Le plus tôt possible, mais le plus tôt possible, pas
avant avril 2020, mais avant avril 2021. Est-ce que j'avais bien
compris?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Bien, écoutez M. le
Président, la question
que me pose ma collègue, avec le sous-amendement qu'on a sous les yeux... Je vais juste
réitérer puis après ça je vais répondre.
L'enjeu
qu'on voit puis qu'on discute, qu'on a discuté, mon collègue de Laval-des-Rapides et moi, c'est qu'il est inscrit, actuellement à l'intérieur du sous-amendement,
puis on s'est arrêté là pour l'instant parce qu'on n'a pas pu aller plus loin pour voir la pertinence, après ça,
des éléments subséquents, mais qu'on aura l'occasion de discuter ensemble,
chers collègues... c'est qu'on inscrit : «Dans les 120 jours
précédents le 1er avril 2021...» La notion de «dans les», sans interprétation, dirait que la régie pourrait
déposer ça 120 jours avant. Elle aurait l'obligation... Mais ça ne crée
même pas d'obligation parce que ça
pourrait être 150 jours avant, puis là ça dit «120 jours». Ça veut
dire quoi? Elle pourrait le déposer à minuit à la fin mars.
Puis
on dit : Oui, mais ce n'est pas ça, en réalité, je pense, qui était la
volonté du collègue qui a déposé le sous-amendement. Puis ça a été confirmé. Ça fait que, là, on
dit : Bien, ça devrait être «au minimum». Là, je comprends qu'il y a une
procédure réglementaire ici qui fait qu'on ne peut pas changer des mots
dans un sous-amendement. Bon, O.K. j'en suis. Alors, probablement qu'il aurait
été mieux de retirer puisqu'il n'est pas applicable.
Maintenant,
par rapport à votre question, dans la forme actuelle, qu'on aura l'occasion de
discuter si le sous-amendement est
changé, éventuellement — donc, un nouveau sous-amendement qui changerait le «dans le», «au
minimum» — ici, ce
qui est proposé, c'est chaque année. Donc, à
la limite, si c'était accepté et qu'il ne peut pas être accepté dans cette
forme-là, ça serait, bien : la
régie, elle doit déposer, à chaque année, minimum, par exemple, si c'est
minimum... minimum 120 jours avant le mois d'avril, le
1er avril 2021, 1er avril de chaque année, si c'était accepté, un
avis.
Alors,
c'est difficile d'aller plus loin dans nos discussions parce que le
sous-amendement ne fonctionne pas dans sa
forme. Moi, je pense qu'on gagnerait tous à passer à un autre sous-amendement
qui précise cet élément-là. Puis je comprends que, dans la procédure de
commission, on ne peut pas le faire autrement qu'en proposant un nouveau
sous-amendement qui... Lui, de toute façon, ne fait pas le travail, on en
convient, par rapport au «dans le». Puis on pourrait passer à une discussion vraiment sur un sous-amendement qui
pourrait éventuellement être adopté le plus rapidement possible, si on en
convient tous. Mais, ça répond à votre
question par rapport à... Puisque c'est sur une base annuelle, ça sera à la
régie de se gouverner, si c'est accepté, à déposer dans un délai
prescrit.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Mais, si je comprends bien... Si le ministre pouvait faire un sous-amendement,
il écrirait quoi? Il écrirait «avant les
120 jours» ou «le 120e jour avant le 1er avril», pour ne pas que
ce soit justement la veille du 1er avril?
M. Julien : Alors, je ne saurais, en fin de compte, suggérer à mes collègues de déposer un sous-amendement éclairé.
Mais je pense que la discussion
qu'on a eue tout à l'heure, c'était de dire... Probablement que le souhait, c'était «au minimum 120 jours».
M. Julien :
Oui, c'était ça? O.K. Ça serait bien qu'on le corrige.
Mme Ghazal : O.K. Donc, ça serait «au moins dans les
120 jours», O.K. Bien, je
pense que je comprends. Bien, l'idée... l'important, aussi, c'est de comprendre
l'intention, l'intention du ministre. Eux peuvent... mes collègues du Parti libéral pourraient voir comment le sous-amender, mais l'intention... Ça veut dire que, si je comprends bien, le
ministre est d'accord que ça soit fait chaque année?
M. Julien :
Alors, chère collègue de Mercier, ce serait bien qu'on discute un
sous-amendement qui soit, à notre, avis acceptable. Et moi, je m'arrête aux deux premiers mots puis je fais : Non,
ce n'est pas possible, on ne peut pas recevoir un avis la veille. Alors, la discussion qu'on aura, ça sera quand un sous-amendement serait potentiellement faisable, cette discussion-là... Par exemple, si le sous-amendement disait «au minimum», là, on aura toute la discussion sur un amendement qui est fonctionnel et sur la
notion d'annuel, sur la notion de ces éléments-là.
L'amendement ici qui est soumis, ce n'est pas acceptable, pour nous, ce n'est pas
opérable, ça ne fonctionne pas. Un avis qui serait déposé à minuit la
veille ne pourrait pas être analysé, ne pourrait pas être considéré. Puis on
souhaite, naturellement, comme tout
le monde, j'espère bien, qu'un avis
émis par la régie, qu'on considère tous comme étant important,
soit utile. Il deviendrait inutile avec la première phrase. N'allons pas
plus loin. Changeons le sous-amendement, il ne fonctionne pas.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée.
Mme Ghazal :
Mais je peux quand même poser des questions par rapport à des éléments qui sont
écrits ici. Parce qu'on parle quand même de
la question de l'avis, dont on a discuté à plusieurs reprises... bien, tout le
long qu'on discutait de l'amendement du ministre. Donc, je peux poser
des questions. Ça reste qu'il y a un avis, ce n'est pas une nouvelle
proposition qui est faite par mes collègues... Là, je ne sais plus c'était par
qui — je
pense que c'est le député de Laval-des-Rapides — que
le sous-amendement a été soumis. Ce n'est pas nouveau. Ça reste que c'est un
avis. C'est juste la question de la
date. C'est juste qu'ici on dit que ce serait chaque année, alors que, dans la
proposition du ministre, c'était uniquement avant 2021 et, après ça, à
la cinquième année.
Mais
moi, je peux poser des questions sur le «chaque année», l'avis... Parce que
l'avis, ce n'est pas un nouvel élément qui
s'ajoute avec le sous-amendement, il était déjà dans l'amendement du ministre.
Donc, même si on était dans l'amendement du ministre ou si c'est la... Moi, je pose des questions maintenant
sur l'avis et la fréquence à laquelle l'avis va être émis, que ce soit au
minimum ou pas au minimum, ça ne change rien, absolument rien à la discussion.
Donc, je vais répéter ma question :
Est-ce que le ministre est d'accord que, dans la loi, cet avis-là qui sera
demandé par le gouvernement sera soumis par la régie à chaque année?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : M. le
Président, je prends le
sous-amendement dans son entièreté, et, pour nous, les deux premiers mots,
en fin de compte, rendent... à l'effet qu'on
ne peut pas analyser ce sous-amendement-là, il ne fait pas de sens. Et ce n'est
même pas une question de périodicité.
naturellement j'en appelle à l'efficience des travaux en commission, M. le Président. Si tout le monde convient ici
qu'on doit corriger la situation et qu'on veut aller rondement pour adopter un
sous-amendement, moi, je suggère, en réalité,
puisque les deux premiers mots ne fonctionnent pas... Et je sais que ma
collègue de Mercier mentionnait en début des travaux qu'elle souhaitait faire avancer le
débat et modifier et collaborer. Je dis juste : On convient tous que le
sous-amendement actuel est dysfonctionnel, on aura les discussions quand le
sous-amendement sera effectivement fonctionnel. Et on en convient tous. Alors,
je dirais : Puisque les deux premiers mots rendent le sous-amendement dysfonctionnel, je n'irai pas plus loin dans les
discussions des autres éléments puisque ce sous-amendement-là doit être regardé
globalement.
Alors,
sur une base annuelle, quelque chose qui serait déposé la veille, bien, non, ça
ne marche pas. Ça ne marche pas.
C'est un sous-amendement qui ne marche pas. On en convient tous et on en est
tous là. Soyons efficients. Mais je ne peux pas parler d'un
sous-amendement qui, à sa face même, ne fonctionne pas. Alors, j'attendrai la
suite des choses, M. le Président.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Donc, bien, je vais, comme, continuer quand même
à discuter des autres éléments, autres que la temporalité, qui est sur
l'avis, parce que la régie émet un avis concernant le taux applicable. Parce
que je ne veux pas commencer à sous-amender un
sous-amendement de... Je ne sais même pas si, moi, je peux sous-amender. Oui?
Mais je vais y réfléchir parce que j'ai quand même des questions à répondre
là-dessus.
Pour ce qui est de
l'avis, hier, j'avais commencé à poser des questions sur le fait qu'il soit
public, et le ministre m'avait dit que, oui,
il l'est, c'est dans les normes, et on va vous revenir avec la réponse. Est-ce
qu'on est revenus avec la réponse? Et je ne veux pas que ça soit
seulement : Oui, c'est dans la pratique. Ça, je ne serais pas satisfaite
avec cette réponse-là, que ce soit dans la pratique. Est-ce que c'est écrit
légalement dans une loi, la
Loi sur la Régie ou n'importe quelle loi, que c'est
obligatoirement un avis public?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui. Alors, tous les avis émis par la régie sont publics. Ici, on a le principe
général, qui dit — puis
j'accepte de répondre à cette question-là
parce que c'est une question d'hier, alors, je vais accepter : «Toute
personne qui en fait la demande a droit d'accès aux documents d'un
organisme public.
«Ce droit ne s'étend pas aux notes
personnelles inscrites sur un document, ni aux esquisses, ébauches, brouillons, notes préparatoires ou autres documents de même nature.»
Donc, ces
documents-là sont accessibles au public.
Mme Ghazal :
Est-ce que le ministre peut me dire qu'est-ce qu'il vient de lire?
M. Julien :
Ça, c'est le point 9, en réalité, de la loi d'accès à l'information.
Mme Ghazal : O.K. C'est la loi d'accès à l'information. O.K.
Vous l'avez lu un peu vite, excusez-moi. Puis j'étais en train de réfléchir à votre commentaire sur le
fait que, non, vous ne reculez pas quand vous lisez. Ce que vous êtes en
train de faire, c'est juste répondre à une
question d'hier. Vous ne reculez pas en répondant à ma question. J'ai compris
que vous ne reculez pas.
M. Julien :
Alors, mon micro est ouvert ici, alors...
Mme Ghazal : Vous n'êtes pas le seul... le ministre n'est pas
le seul dans ce gouvernement à ne pas reculer. Donc, j'aimerais, s'il
vous plaît, juste que vous me répétiez ce que vous venez de lire.
Le Président
(M. Lemay) : Merci. Est-ce que ce commentaire était nécessaire
aux fins des discussions?
Mme Ghazal : Je ne sais pas. Il n'était peut-être pas
parlementaire, je n'ai aucune idée. J'ai senti le besoin de le faire.
Donc, j'aimerais...
Le Président
(M. Lemay) : Donc, je vous invite toujours à la prudence, Mme la
députée.
M. Birnbaum :
Est-ce que...
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de D'Arcy-McGee, est-ce que c'est...
M. Birnbaum : Est-ce
que je peux inviter le président
d'évoquer un
article qui appuie son commentaire en tant que
président?
Président (M. Lemay) : Bien sûr.
À l'article 35, j'invite la députée à la prudence dans
ses commentaires. Mme la
députée, veuillez poursuivre.
Mme Ghazal : ...comme mon cerveau a été pris avec le
commentaire du ministre, donc je n'ai pas très bien entendu. J'aimerais ça juste qu'il le relise, l'article.
Je suis vraiment désolée, je n'ai pas le temps maintenant,
en direct, de commencer à faire la recherche.
M. Julien : Alors, l'article 9 : «Toute personne qui en fait la
demande a droit d'accès aux documents d'un organisme public.»
Mme Ghazal :
Ah! je comprends.
M. Julien : «Ce droit ne s'étend pas aux notes personnelles
inscrites sur un document, ni aux esquisses, ébauches, brouillons,
notes préparatoires ou autres documents de même nature.»
On comprendra que
l'avis de la régie ne sera pas une esquisse ni un brouillon.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée.
Mme Ghazal : O.K. Donc, l'avis ne sera pas public de façon...
par défaut. Il ne le sera pas, public, sauf si quelqu'un demande... fait la demande d'accès à l'information
pour, lui, avoir le message. Il ne sera pas publié comme les décisions sont
publiées sur le site de la régie.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Bien, la pratique
fait en sorte qu'actuellement tous les avis rendus par la régie sont publics.
Et, naturellement, cet article-là montre l'impossibilité qu'ils ne le soient
pas. Alors... Puis c'est comme ça.
Mme Ghazal :
...puis ils sont publics de quelle façon? Est-ce qu'ils sont... Parce que les
décisions de la régie sont publiques, mais je n'ai pas besoin de faire une
demande d'accès à l'information et d'attendre... Je pense qu'il y a un délai de... combien de jours pour recevoir une
réponse? Et souvent il y a tellement de demandes que ce délai-là,
malheureusement, n'est pas toujours respecté, puis il faut y penser. Les
décisions de la régie sont toutes publiques, et même, hier ou avant-hier, je ne sais plus, le ministre m'avait dit :
Ah! oui, il y a telle décision, mais, écoutez, allez sur le site de la régie, elle est là. Il ne m'a pas dit :
Allez faire une demande d'accès à l'information. Donc, ma question c'est :
Est-ce que c'est... L'avis de la régie de l'énergie, est-ce qu'il va
être sur son site Internet?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, légalement, c'est la loi de l'accès à l'information, et la pratique fait
en sorte que les avis de la régie sont disponibles au public sur leur
site Internet.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : O.K. Donc, l'avis,
ici, qui sera à l'article 2 avec l'amendement du ministre... puis là il y
a le sous-amendement aussi qui parle de
l'avis... l'avis sera public sur le site de la régie. Ça, c'est garanti? Parce
que, pourquoi je pose la question, parce que je me dis : Est-ce
qu'on ne devrait pas écrire dans le sous-amendement... faire un autre
sous-amendement et mentionner : Cet avis sera public?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : M. le Président, je
crois qu'on n'est pas sur le sous-amendement. Si ma collègue souhaite proposer d'autres sous-amendements avec des ajouts, on en
discutera. La pratique, c'est : c'est rendu public sur le site Internet de
la régie, et la loi précise que ces
documents-là sont publics. Alors, naturellement, si on retourne sur le
sous-amendement... Ça me ferait plaisir, M. le Président.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Je ne comprends pas qu'est-ce qui vient de changer aujourd'hui, parce
que, tout le temps, on étudie l'article
et on pose des questions, toutes sortes de questions sur l'article. Il n'y a
pas uniquement les 120 jours. On parle d'un avis. C'est écrit, dans le sous-amendement, «dans les
120 jours précédents le 1er avril 2021, la Régie de l'énergie émet
un avis», mais ça dit «concernant», puis là
ça dit qu'est-ce que ça concerne. Mais je pose des questions sur cette
phrase-là, je ne comprends pas. Je ne
suis pas en train de dire : Je vais faire un sous-amendement, je pose des
questions et je veux avoir des réponses du ministre.
Donc là, je
pose la question : Un avis public, il sera public? Pas besoin que j'écrive...
C'est une garantie que cet avis-là,
plus précisément, sera public? Tiens, je vais poser la question différemment.
Les décisions qui sont sur le site de la Régie de l'énergie... la Régie de l'énergie, pourquoi elle met ces
décisions et ces avis-là sur son site? Parce qu'elle, elle a envie
d'être transparente ou parce que c'est obligatoire dans un
article de la loi
qui dit, ou dans un règlement, que c'est obligatoire
qu'ils soient sur le site? C'est ça que je veux aller chercher, cette référence
qu'il me le garantit, parce que, si elle
existe, cette référence, dans la loi ou dans un règlement qui le garantit, je
n'ai pas besoin de faire un sous-amendement. Donc, c'est pour ça que je
pose des questions.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
M. le Président, avant de répondre à la question, ce que je mentionnais
d'entrée de jeu et qu'on a discuté de ce sous-amendement-là, c'est qu'il est
convenu, entre nous, ici, d'efficience, de collaboration et d'ouverture. Et
nous travaillons essentiellement à
faire en sorte que ça arrive. Il est convenu également que le sous-amendement,
de la façon qu'il est formulé là, n'est pas celui qui aurait dû être préparé et
qu'il y a une... L'erreur qui s'est glissée,
c'est «au minimum». Il est convenu également
que, si cette erreur-là était corrigée, on aurait une discussion
sur l'ensemble des éléments du sous-amendement. Je comprends que ma collègue de Mercier souhaite faire cette discussion-là
deux fois, parce qu'on aura à
la refaire le jour que sera inscrit «au minimum», alors on aura cette discussion-là
deux fois, pour toute l'efficience des travaux de la commission.
Mme Ghazal : ...pourquoi est-ce
que... Oui.
M. Julien : Maintenant, pour la
réponse à...
Mme Ghazal : Mais attendez, je veux juste répondre à ça, vu
que vous avez fait un commentaire. Je ne peux pas...
Le Président
(M. Lemay) : Un instant, Mme la députée de Mercier. Est-ce que
c'est une question de...
Mme Ghazal : J'ai besoin de
faire un commentaire. Non, non, parce qu'il a dit : Je fais un commentaire...
Le Président (M. Lemay) : Est-ce
que c'est une question de règlement?
Mme Ghazal : Non, j'ai...
Président (M. Lemay) :
Alors, il y a seulement une personne qui a la parole, c'est le ministre.
M. le ministre,
poursuivez votre...
Mme Ghazal : Je m'excuse, M. le
ministre, il a dit : Je vais faire un commentaire...
M. Julien : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée, c'est le ministre qui a la parole.
Mme Ghazal : Je vais répondre à
ce commentaire.
M. Julien : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Lemay) : Non,
je n'ai pas... Il finit son commentaire. Après, ce sera votre tour.
M. Julien : Merci,
M. le Président. Donc, naturellement, on a bien mentionné que la loi prévoit que les documents
sont publics. Et on a mentionné également
que la pratique de la régie, qui est un tribunal administratif indépendant, est de publier ses décisions, publier
ses avis en toute transparence.
Donc, à la
fois légalement, il y a un élément qui oblige que ce soit rendu public, et, à
la fois la pratique de la régie, elle le fait. Alors, pour nous, les
avis qui seront éventuellement, si le sous-amendement est accepté, qui seront
émis seront publics.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme Ghazal :
Tout à l'heure quand j'ai voulu prendre la parole, ce que je me suis trompée,
j'aurais dû dire : Je fais un appel à un règlement, ce n'est pas un
commentaire. Ce que je voulais dire, c'est que le ministre me prêtait des intentions en disant que je voulais faire la
discussion deux fois. Non, moi, je veux poser des questions sur le caractère public
des avis. Et, après ça, s'il y a un autre
sous-amendement qu'un collègue ici souhaite soumettre, je ne vais pas refaire
le même débat sur les questions de l'avis... sur le caractère public des
avis.
Donc, c'est
là que je mentionne, c'est... je ne sais plus c'est quel article, que le
ministre me prêtait des intentions.
Président (M. Lemay) :
L'article 35.6°. Alors, j'invite tous
les membres de la commission à avoir la prudence, effectivement. À la
lumière des informations, on ne peut pas imputer des motifs ou prêter des
intentions à d'autres personnes. Mme la députée, veuillez poursuivre votre
intervention.
Mme Ghazal :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, je vais revenir à ma question. Est-ce...
Qu'est-ce... Donc... En fait, si je
comprends bien, la Régie de l'énergie met ses décisions et ses avis sur son
site Internet pas parce qu'elle est obligée,
elle pourrait ne pas le faire aussi, c'est juste parce que c'est une pratique.
Est-ce que c'est ça ou il y a un
article qui l'oblige à le faire?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, c'est une pratique de la régie comme tribunal indépendant et
transparent. Ici, l'article 9 permettrait à quelqu'un, si ce n'était pas le cas, de faire l'accès par la voie de
la demande d'accès à l'information. Mais la régie, comme pratique,
publie tous ses avis et jamais elle n'a été contrainte de le faire. C'est sa
pratique.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal :
Très bien. Donc, c'est une pratique, ce n'est pas légal. Et après ça c'est la
loi d'accès à l'information qui s'applique.
Puis pour ce
qui est d'émettre cet avis, quand elle va émettre cet avis-là, pour le préparer
et répondre aux questions du ministre
puis qu'il y ait tous les éléments qui soient dans cet avis, notamment, je sais
que ce n'est pas dans le sous-amendement,
mais tout ce qui est du principe d'interfinancement, le maintien de la
compétitivité du tarif L et d'autres choses, puisqu'il y a le
«notamment», donc tout ça, pour le faire, elle doit parler avec toutes sortes
d'organismes, des spécialistes, des experts
pour s'assurer qu'on... la réponse ou le taux applicable qu'elle va remettre au
ministre, eh bien, qu'il soit le plus juste possible et qu'il permette
tout de... à la régie de répondre à tous les impératifs, là, que la loi lui... l'oblige, c'est-à-dire
l'équilibre, là, que ce soit entre tous les tarifs, et aussi répondre à... Je
ne m'en rappelle pas, comment c'est écrit, mais c'est à
l'article 25 que la... pas l'article 25, mais il y a un autre
article
qui dit que la régie doit s'assurer que toutes les décisions qu'elle prenne, ou
les avis, et tout ce qu'elle fait soit dans le bénéfice de tout le monde.
Pour faire ça, elle doit rencontrer des gens.
Ça, comment est-ce qu'elle va le faire? Est-ce qu'elle peut le faire par des
audiences publiques? Et je m'en rappelle que j'avais posé la question hier,
puis là je n'étais pas certaine si le ministre
était en train de dire que, pour émettre son avis, elle ne pourra pas faire
d'audiences publiques, même si l'article 25, le troisième
paragraphe, le lui... ou le troisième alinéa, paragraphe, le lui permet.
Donc, est-ce qu'il va y avoir, donc, un
amendement du ministre? Juste pour nous permettre d'éclairer notre réflexion, est-ce qu'il va y avoir un amendement
du ministre sur l'article 25 aussi qui va venir pour empêcher la régie de
faire ce travail-là, avant d'émettre son avis, d'avoir des audiences publiques?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Naturellement, dans le délai imparti, par rapport au sous-amendement et par la
nature même de sur quoi porte l'avis,
nous, on croit, et c'est notre intention — je révèle notre intention — que des audiences publiques ne sont pas
appropriées et qu'il ne devrait pas y avoir d'audiences publiques. Ici, en
réalité, et dépendant du délai qui sera assorti, mais, naturellement, c'est sur
base annuelle, on vient fixer un taux. Donc, la régie aura le loisir de faire
des analyses, de discuter, d'aller chercher ses sources d'information, mais pas
d'audiences publiques. Mais, ici, le sous-amendement ne précise pas ces éléments-là sur la nature de
l'avis, qui seraient précisés dans l'article 5 ou dans... dans
l'article 5, éventuellement, quand on y arrivera.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Donc, par rapport
à ce que le ministre mentionne, quand on va arriver à l'article... ça veut dire
qu'il va y avoir une modification de l'article 25.
M. Julien : Notre projet de loi
comporte 22 articles, donc il n'y aura pas d'amendement à
l'article 25.
Président (M. Lemay) : Alors, M. le ministre, je crois que Mme la
députée parle de l'article 25 de la
Loi sur la Régie.
M. Julien : Alors, la notion
d'audience publique va être regardée à l'article 5 de notre loi.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal :
Donc, je sais que, là, on n'est pas rendu là, mais, dans cet article-là parce
qu'ici on parle des avis, dans ce sous-amendement-là, c'est ça,
l'objectif, avec un délai puis une fréquence à laquelle cet avis-là sera émis.
Mais c'est important de savoir aussi le
processus par lequel cet avis va être émis. Là, on est en train de regarder le
«public». Je n'ai pas eu une réponse
tout à fait satisfaisante si c'est obligatoire que c'est public, mais on est en
train de faire des recherches, et je pourrais y revenir éventuellement.
Et, pour ce qui est d'avoir des audiences
publiques, ce ne sont pas des causes tarifaires. C'est une audience publique
sur un sujet très précis qui est celui... le taux applicable pour le
tarif L. Et donc je pose la question par rapport à l'article 25 de la Loi
sur la Régie de l'énergie, qui, lui, mentionne que, lorsque...
c'est-à-dire : «La régie doit tenir une audience publique : [...]2° lorsqu'elle détermine[...]; 3°
lorsque le ministre le requiert sur
toute question en
matière [d'énergie]», ou il y a un autre élément... Ah! elle peut
également prévoir avoir la tenue d'une audience publique.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée de Mercier...
Mme Ghazal : Oui, c'est ça.
O.K., j'y vais. Excusez-moi, c'est parce que je lis en même temps.
Président (M. Lemay) :
...attendez juste un instant, j'essaie de suivre votre interrogation sur l'article 25,
qui sera étudié à l'article 5...
Mme Ghazal : O.K. Je vais vous
expliquer.
Président (M. Lemay) :
...de notre projet de loi en cours puis j'essaie de faire le lien avec le sous-amendement. Si vous pouvez arriver
avec le lien, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui, c'est
ça, des fois, c'est... comme mes réflexions sont longues, ça prend du temps,
mais suivez-moi, écoutez.
Donc, moi, ce que mentionnais, c'est, dans ce
sous-amendement-là, il y a un avis. On parle d'un avis dans les 120 jours, etc., et que cet avis-là soit...
va être émis et présenté au gouvernement à chaque année. L'avis qui est
mentionné, j'avais
une question par rapport à ce qu'il est public ou pas. Et là le ministre avait
répondu : Oui, c'est dans la pratique de le rendre public, et tout ça,
mais ça, je vais y revenir encore parce que je n'ai pas une réponse
satisfaisante. Je vais revenir là-dessus.
maintenant ce que je disais, c'est : Est-ce qu'il va y avoir des audiences
publiques de la régie? Est-ce qu'elle va tenir des audiences publiques pour pouvoir émettre cet avis? Puisque, de
toute façon, elle, elle va rencontrer toutes sortes de personnes, toutes sortes d'experts, des gens,
elle va consulter pour pouvoir donner la bonne réponse au ministre sur le
taux qui doit être applicable. Comment elle va le faire? Derrière des portes
closes? Non. La Loi de la Régie de l'énergie permet
à la régie de tenir des audiences publiques. Elle peut le faire, et c'est écrit
à l'article 25, qui va être modifié dans le projet de loi n° 34. À l'article 5, c'est écrit : «La
régie peut, si elle le juge nécessaire, convoquer une audience publique
lorsqu'elle procède à l'étude du plan directeur en transition,
innovation, efficacité énergétiques[...]. Elle peut aussi convoquer une audience publique sur toute — c'était ça, la phrase que je cherchais — question qui relève de sa compétence.»
Elle peut dire : Bien, moi, j'ai un
avis à faire parce que le gouvernement me le demande, pour avoir... mettre un
taux applicable. Pour émettre cet avis-là, bien, j'ai besoin de
faire... je veux faire une audience publique. La loi, l'article 25 le lui
permet.
Et ma question au
ministre, c'était : Est-ce que vous allez le modifier? Est-ce que vous
allez modifier cette prérogative que la
régie a de tenir des audiences publiques au lieu de faire ça derrière des
portes closes, comme j'avais compris
que c'était ça que le ministre aurait aimé
que ce soit fait? Parce que, lui, ce qui l'inquiète, c'est qu'il y ait une
cause tarifaire. Mais il ne s'agit
pas du tout d'une cause tarifaire. Il s'agit, pour la régie, simplement
d'émettre, de faire un avis sur un point très précis et de le faire publiquement. Et donc, si je regarde les
modifications, je n'ai pas l'impression qu'à l'article 5 du projet de loi, qui modifie l'article 25 de la
Loi sur la Régie, qu'elle va supprimer :«Elle peut aussi convoquer une
audience publique sur toute question
qui relève de sa compétence.» Donc, la réponse : Pour que cet avis-là soit
présenté, elle pourrait tenir une audience publique? C'est une question
que je pose au ministre. Est-ce que la régie pourrait...
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée, je comprends votre lien puis la
question...
Président (M. Lemay) : ...mais la question d'audience publique ou
pas n'est pas en lien avec le sous-amendement. Donc, on doit rester sur
le sous-amendement.
Mme Ghazal :
Puisqu'on parle d'un avis, et, moi... non, le sous-amendement ne parle pas
juste des 120 jours qui préoccupent le ministre dans ou avant minuit, il
parle de plusieurs choses. C'est quand même une longue phrase qui prend quatre lignes, il ne parle pas
uniquement, pas uniquement des 120 jours, ni du 1er avril, ni, par la
suite, à chaque année, il parle... la
Régie de l'énergie émet un avis, et moi, je pose des questions sur l'avis.
Donc, c'est extrêmement lié. Il y a
plusieurs aspects qui sont touchés par ce sous-amendement-là, notamment l'avis,
et là je pose des questions sur l'avis et le processus. Est-ce que...
Le Président
(M. Lemay) : Sur l'avis, ça va.
Mme Ghazal :
C'est bon. O.K. Donc, je suis là-dessus depuis le début. Il y a beaucoup de
mots dans mes phrases, mais je suis
là-dessus. Si vous me suivez, M. le Président, vous allez voir, je ne parle que
de l'avis. Donc, l'avis, ma question au
ministre... tiens, je vais poser la question simplement au ministre :
Est-ce que, pour émettre cet avis qui est mentionné dans le sous-amendement de mon collègue le député
de Laval-des-Rapides, est-ce que, pour soumettre cet avis, est-ce que la
Régie de l'énergie peut tenir des audiences publiques?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
La notion, en fin de compte, d'avis sera traitée à l'article 5. Avec grand
plaisir, on aura toute cette discussion-là, puisque c'est à l'article 5 du
projet de loi qu'on traite de ces demandes-là spécifiques.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : Bien non, je suis désolée, M. le Président, l'article 25
ne traite pas des avis, il traite des audiences publiques, et, moi, ma question, c'est : Est-ce que l'avis qui est
mentionné au sous-amendement, est-ce qu'il va être fait à la suite de la tenue d'audiences publiques par
la Régie de l'énergie? Je ne pose pas la question juste pour... je sens que
le ministre est dérangé par mes questions,
je ne veux pas prêter d'intention, mais ce que je veux dire, c'est que je pose
des questions tout à fait légitimes puisqu'une des caractéristiques de
ce projet de loi est de ne plus tenir de cause tarifaire et que tout soit fait... que ce ne soit pas fait
de façon publique, et les gens, c'est ça qui les inquiète, ils demandent que ce
soit public.
Là, le ministre
arrive avec un amendement qui demande à la régie de le conseiller sur le taux
applicable pour le tarif L, et on est très
heureux de ça et que ça soit la régie qui le conseille. Maintenant, est-ce que
ça va être fait de façon publique, cet élément, puisque tous les autres
éléments, pendant cinq ans, ne seront plus publics, tout sera derrière des portes closes, et ça va être seulement aux cinq
ans qu'on va savoir quel est le résultat de tout ce travail-là pendant cinq
ans? Donc, sur cet élément-là précis,
est-ce qu'il va y avoir une audience publique? Et cet élément-là n'est pas dans
l'article 5 ni dans l'article 25, il est dans le
sous-amendement qui est devant moi : «...la Régie de l'énergie émet un
avis...» Pour remettre un avis, est-ce qu'il va y avoir des audiences
publiques?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, il y a deux éléments, là, que ma collègue de Mercier a mentionnés, que
je voudrais rectifier. Alors, l'information
va être rendue disponible publiquement, en réalité, puisque les avis, le cas
échéant que le sous-amendement est
accepté... mais il ne sera pas accepté parce qu'il n'est pas correct, mais on
en discute quand même avec grand plaisir. Alors, l'information va être rendue annuellement.
L'article 5 du
projet de loi mentionne qu'est-ce qu'il couvre, il couvre l'élément «lorsque le ministre le requiert sur
toute question en matière énergétique». Ça, c'est l'avis qui est inscrit ici,
c'est à l'article 5 qu'on voit qu'il va être traité, cet élément-là.
Alors, cette demande-là, c'est à
l'article 5 qu'on va le regarder avec grand plaisir et qu'on en discutera.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal :
Bien, est-ce que le ministre est capable juste de répondre à ma question? Oui
ou non, est-ce que la régie va tenir des audiences publiques pour
remettre cet avis qui est dans le sous-amendement?
M. Julien :
C'est à l'article 5 qu'on traite si, oui ou non, la régie fait des audiences publiques, alors on le
traitera à l'article 5, M. le Président.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Donc, comme dans l'article 5 : «Elle
peut également prévoir, avant la tenue d'une audience publique,
la tenue de séances...» Non, ce n'est pas celle-là. «Elle peut aussi convoquer
une audience publique sur toute question
qui relève de sa compétence.» Donc, la réponse, c'est oui.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : On traitera de ces questions-là
à l'article 5.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Ce serait tellement simple de me répondre, il me
semble qu'on perdrait moins de temps, puis ce serait plus efficace.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : M. le Président, est-ce
qu'elle me prête des intentions de perdre du temps, ici?
Président (M. Lemay) : Effectivement, Mme la députée, on invite à la prudence, toujours
sur le même article.
Mme Ghazal : Franchement!
J'avais toujours l'impression de me faire prêter ces intentions.
Président (M. Lemay) :
Vous avez invoqué ce règlement-là tout
à l'heure, donc le ministre
invoque le même règlement. Je vous invite à la prudence.
Mme Ghazal : O.K. Donc, on ne
saura pas si c'est public. Parce que c'est une question qui ne me préoccupe pas
juste personnellement, c'est une question qui préoccupe tout le monde à l'effet
que ça soit public. Pour une fois qu'il y a
un élément... ici, là, en plus, on parle de chaque année, mais il y a beaucoup
d'éléments qui étaient traités de façon publique par la Régie de
l'énergie et qui sont totalement
enlevés dans ce projet de loi. Et là, ici, il y a un avis, et c'est une
question très importante qui préoccupe les gens que ça soit tenu par des
audiences publiques.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, moi, je me réfère au sous-amendement, M. le Président. Dans sa forme actuelle, je réitère que le sous-amendement ne fonctionne pas. Je ne demande pas mieux que ce
sous-amendement là soit modifié de ce qu'on a convenu de
ce qui devait être modifié, avec «au minimum» ou «au moins 120 jours
avant». Ici, on parle d'un avis et, à
l'article 5, on parle, en réalité, du fonctionnement quand une
demande est faite du type avis. Ça nous fera grand plaisir, quand on sera rendus à l'article 5, d'avoir
toutes les discussions relatives à ça, et je souhaite qu'on s'y rende
le plus rapidement possible.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Donc, lui, le ministre,
sait si l'avis... s'il va y avoir une audience publique ou pas, mais on va attendre plus tard pour me répondre. Mais, s'il me
répondait maintenant, je ne poserais plus la question
quand on va être rendus à l'article 5. Parce que, là, on est sur
l'avis, alors que l'article 5, c'est les audiences publiques de façon
générale.
Président (M. Lemay) : Est-ce que vous aviez une question?
C'était...
Mme Ghazal :
Oui, c'est une question.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
Mme Ghazal :
Ce serait plus rapide, je ne poserai plus la question rendue à l'article 5.
M. Allaire :
M. le Président.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Maskinongé, est-ce que c'est une question
de règlement?
Le Président
(M. Lemay) : Allez-y.
M. Allaire : J'évoque l'article 82. Je comprends que la députée
de Mercier veut... essaie d'avoir une réponse du ministre.
M. Allaire :
Mais, en vertu, effectivement, de l'article 82, il n'est pas tenu de
répondre, simplement.
Le Président
(M. Lemay) : Bon, parfait. Ça fait qu'en fait... Très bien.
Merci, M. le député de Maskinongé. Il
appartient à la députée de reformuler sa question si les réponses... Si
elle veut avoir une réponse, elle peut reformuler sa question.
Mme Ghazal : Écoutez, j'ai reformulé ma question tellement de fois,
puis je sentais que ça agaçait. Je ne veux pas prêter des intentions, mais, je veux dire, je sentais, on peut parler au
je, je sentais, et je ne veux pas en rajouter... Mais ce que je comprends du député ici, de mon collègue
qui vient d'intervenir, c'est que, oui, en effet, le ministre
ne veut pas répondre pour dire s'il
va y avoir des audiences publiques, alors que c'est une question
qui préoccupe énormément les gens, qu'il y ait des audiences publiques.
Président (M. Lemay) : Mme la députée de Mercier, on ne peut pas mentionner que le ministre
ne veut pas répondre. Le ministre répond.
Mme Ghazal :
Mais c'est ce que le député a dit.
Président (M. Lemay) :
Et la question de règlement est claire là-dessus, les articles 79 à 82,
on ne peut pas... C'est à vous de reformuler votre question. Le ministre
fournit des réponses. Si vous n'êtes pas satisfaite, vous pouvez reformuler
votre question.
Mme Ghazal : Donc, je vais reformuler ma question : Est-ce qu'il va y avoir une audience publique pour que la
Régie de l'énergie puisse émettre son avis?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, M. le Président, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 34, dans lequel on est pleinement investis depuis quelques semaines, régulièrement, on fait référence qu'on regarde un
article, qui est l'article 2, qui parle des taux, et là on regarde un sous-amendement qui parle, en fin de compte, de
d'autres éléments. Je réitère, ce sous-amendement, dans sa formulation actuelle, ne
peut pas être accepté, puisqu'il est incongru en termes, en
fin de compte, de délais.
Je comprends, en
réalité, qu'on travaille, puis on en discute, et qu'on passe du temps sur un
amendement qu'on a tous convenus que ce
sous-amendement-là n'était pas dans sa bonne forme pour être acceptable. C'est
correct. Et je réitère à ma collègue
qu'il me fera grand plaisir de répondre à toutes ses questions par rapport à la
notion d'audiences publiques, par
rapport aux travaux de la régie, et que ce traitement-là est à l'article 5
du projet de loi n° 34, et que c'est là que les discussions
vont avoir lieu.
Alors, si vous
souhaitez qu'on s'y rende, continuons de bon train avec l'analyse de
l'article 2.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Il ne me reste plus beaucoup de temps, donc je ne
vais pas aller sur les audiences publiques, je ne veux pas reformuler ma question puis continuer, vu
que le ministre dit qu'il préférerait qu'on attende à plus tard, mais, par
rapport au fait que cet avis-là va être
rendu public, puis la réponse peut être juste non, est-ce qu'il y a un
article
qui oblige la Régie de l'énergie, un
article de loi quelconque, qui
oblige la Régie de l'énergie à ce que l'avis soit rendu public sur son site
Internet ou c'est juste une pratique? Ça peut être non, la réponse, puis ça
finit là.
Président (M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, je réitère que, légalement, c'est l'article 9 de l'accès à
l'information qui fait en sorte que des documents sont publics ou non et que, non, il n'y a pas une loi qui
oblige la Régie de l'énergie à publier l'avis, bien que ce soit la
pratique qu'elle utilise et qu'elle l'a toujours fait sans législateur et sans
intervention.
Mme Ghazal :
Ça répond à ma question. Merci, M. le ministre.
M. Julien :
Merci de l'avoir précisée.
Mme Ghazal :
J'ai terminé, merci.
Le Président
(M. Lemay) : Merci. M. le député de D'Arcy-McGee, pour votre
intervention, toujours sur le sous-amendement présenté par le député de
Laval-des-Rapides.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. J'avais en tête tout un autre ordre de questionnement,
que je vais poursuivre avec la permission du président quand on va convoquer à
15 heures, mais je veux juste comprendre le sous-amendement, qu'on continue, de façon constructive, à discuter,
pour voir sa pertinence, si ça peut être éventuellement peaufiné, on va voir. Dans cet amendement, on voit le mot «avis»,
qui est repris de l'amendement proposé par le ministre de l'article 2, où
on trouve le mot «avis». Lorsqu'on va conclure en bonne et due forme nos
discussions sur ce sous-amendement devant nous
et d'autres sous-amendements, peut-être on va revenir à l'article 2, où le
mot «avis» va apparaître à nouveau. Alors, est-ce que je peux, M. le
Président, demander au ministre de nous clarifier sa lecture, sa compréhension,
l'intention du législateur en ce qui a trait
au concept et au mot «avis» qui est dans notre sous-amendement et ainsi répété
dans l'amendement qu'on va éventuellement discuter à nouveau à
l'article 2?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Il est vrai qu'on a inscrit dans l'amendement et
qu'il est inscrit dans le sous-amendement
la notion d'avis, qui vient essentiellement d'une discussion que j'ai eue avec
mon collègue de Laval-des-Rapides,
disant : Ça serait bien d'obtenir l'avis de la Régie de l'énergie par
rapport aux taux prévus à l'article 2. Et, dans ces discussions-là, on a dit : Oui, mais ça ne
sera pas, en réalité, là, des causes tarifaires, là, ça va être une analyse
puis... Oui, oui.
Alors,
la notion d'avis qu'on a amenée à l'intérieur de l'amendement et qui est
répétée pour venir préciser certains éléments,
bien que je réitère que «dans les 120 jours», on convient tous que ça ne
fonctionne pas, mais on en discute encore, c'est la notion même, en fin de compte, et l'intention apportée par
votre collègue de Laval-des-Rapides, et on souhaite que cet avis-là permette justement, par
recommandation, de venir fixer, prendre une décision sur le taux applicable au
tarif L. Donc, cet avis-là, en réalité, va émaner de la Régie de
l'énergie.
Président (M. Lemay) : Alors, je vous remercie à tous de votre
collaboration et je suspends les travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président (M. Lemay) :
Alors, bonjour à tous et à toutes. Nous reprenons nos travaux.
vous rappelle que nous sommes réunis afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 34, la Loi
visant à simplifier le processus
d'établissement des tarifs de distribution d'électricité. Merci de bien vouloir
éteindre la sonnerie de vos appareils électroniques.
Lors de la suspension
de nos travaux, nous en étions à l'étude du sous-amendement proposé par le
député de Laval-des-Rapides. Et je suis prêt,
maintenant, à reconnaître un intervenant. M. le député de La Pinière, la
parole est à vous.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, si je comprends bien, on est encore sur le
sous-amendement sur lequel on a terminé hier matin, c'est ça, ou hier
après-midi?
Le Président
(M. Lemay) : Hier après-midi. Effectivement, c'est le même.
M. Barrette :
C'est celui-ci? Bon. Alors, je me souviens que j'étais, à ce moment-là, dans un
échange avec le ministre. Est-ce que vous pouvez m'indiquer combien de
temps qu'il me reste? 16 minutes?
Le Président
(M. Lemay) : Environ.
M. Barrette :
Parfait. Je vous invite à m'indiquer périodiquement combien de temps qu'il me
reste, là.
Alors, M. le
Président, j'étais dans un échange avec le ministre sur la façon dont on
calcule... dont la régie fonctionne
quand elle évalue... évaluait, parce qu'à partir de maintenant ça va changer.
Et j'avais exprimé mon étonnement sur le fait que le ministre nous avait annoncé
qu'à partir de maintenant, là, le gouvernement souhaitait, voulait, allait
faire en sorte que la consultation...
C'est-à-dire que la régie n'allait pas avoir de consultations publiques
lorsqu'on lui demanderait son avis,
et je lui faisais remarquer que sa loi le demande. Alors, est-ce que le
ministre nous dit aujourd'hui qu'il va y avoir des amendements
spécifiques de déposés, qui vont statuer d'une façon définitive sur le fait que
la régie ne fera pas de consultations?
M. Julien :
Oui, M. le Président. Comme on en a discuté ce matin, par rapport aux éléments...
Alors, un avis, naturellement, c'est ce qu'on qualifie, là, à l'article 5,
là, juste pour le qualifier, en réalité, M. le Président, si vous permettez, c'est : «Lorsque le ministre le
requiert sur toute question en matière énergétique.» C'est là que la régie peut
tenir, en réalité... peut donner son
avis. Alors, tous ces éléments-là vont être regardés à l'article 5 quand
on y sera, effectivement, rendus, par rapport à ces éléments-là.
Donc,
actuellement, on regarde le sous-amendement qui a été déposé, et toujours en
réitérant que le fait qu'actuellement, le
sous-amendement, comme il est libellé... On mentionnait, ce matin, que c'est
marqué «dans les 120 jours précédents le 1er avril», et on
convient tous que la bonne formulation aurait dû être «au minimum
120 jours», «au moins 120 jours». Donc, dans sa forme actuelle, le
sous-amendement qu'on regarde, il ne pourrait pas être acceptable. Mais je
m'attends, naturellement, qu'il y aura une proposition éventuellement pour bien
clarifier que c'est dans au moins, au minimum 120 jours qu'on pourra
faire, avant le 1er avril 2021, l'émission de la régie, le cas échéant.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Je n'ai pas parlé au ministre de
l'article
L'article 5 ne parle pas de la question que je viens de
poser. Je n'ai pas parlé de la formulation. Je ne lui ai pas demandé s'il
trouvait que la formulation de l'amendement était bonne ou non. Je lui ai demandé quelque chose de bien
simple. Est-ce qu'il va y avoir un amendement qui va dire à la régie :
Non, vous ne ferez pas de consultations?
M. Julien :
Alors, M. le Président, si amendement il devait y avoir, à cette question-là,
ce serait à l'article 5 qu'il serait apporté. Alors, puisqu'on est
à l'article 2, je parle du sous-amendement et de sa formulation actuelle.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
M. le Président, le ministre lui-même a dit qu'il voulait qu'il n'y ait pas de
consultations, et je lui demande de m'expliquer pourquoi.
M. Julien :
Alors, la notion de consultations publiques se réfère à l'article 5, et
nos intentions seront d'en discuter à l'article 5, M. le Président.
M. Barrette :
M. le Président, je vous vois hocher de la tête. Il en a parlé dans le
sous-amendement. C'est lui qui a amené
le sujet. Je lui demande donc de répondre maintenant à une question qui traite
d'un sujet qu'il a amené lui-même.
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien : Dans l'éventualité où on voudrait faire en sorte
de modifier la notion d'audiences publiques, ça serait à l'intérieur de
l'article 5 que ces discussions auront lieu, et je ne présumerai pas,
avant d'être rendu à l'article 5, des discussions que nous aurons.
M. Barrette : M. le
Président, il n'y a aucune référence
à des consultations dans l'article 5. Tout ce que je demande au ministre,
c'est de s'expliquer sur l'expression, oui, très affirmée, selon laquelle il ne
veut pas qu'il y en ait, de consultations. C'est quoi, le problème? Qu'est-ce
qu'il y a de difficile à répondre à cette question-là?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, M. le Président. Je rappellerais à mon collègue de La Pinière qu'à
l'article 5 il est mention d'audiences
publiques. Donc, les consultations publiques, on appelle ça des audiences
publiques à la Régie de l'énergie,
et on traitera de ces éléments-là au bon article, à l'article 5.
M. Barrette : M. le
Président, le ministre peut bien jouer au fin finaud, ça ne me dérange absolument pas, je peux
le faire aussi souvent que lui. Est-ce qu'il peut nous orienter sur la chose?
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de La Pinière, s'il vous plaît, on
vous demande de rester respectueux dans vos propos.
M. Barrette :
Bien, je suis respectueux. Est-ce que le mot «fin finaud» n'est pas
parlementaire?
Président (M. Lemay) :
Donc, M. le député de La Pinière,
peut-être qu'il n'est pas inscrit dans le registre des propos non
parlementaires, mais je vous invite à la prudence quand même et à adresser vos
propos de façon respectueuse.
M. Barrette :
Vous avez donc constaté que j'ai respecté notre protocole de propos
parlementaires. Alors, je pense que,
là, on finasse. «Finasse», c'est un verbe en français, alors le ministre
finasse. C'est lui qui a amené le sujet. Est-ce qu'il peut nous
expliquer pourquoi? Et il l'a dit comme ça : Nous ne voulons pas qu'il y
ait des consultations. Pourquoi?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
M. le Président, ici, ce n'est pas une question d'être fin finaud ou non. À
partir du moment où on travaille l'article
par article... Depuis le début des travaux qu'on a parlé de l'annexe I au
quatrième chapitre, qu'on a parlé, en fin de compte, des tarifs, justement. Là on parle des audiences publiques,
qui sont traitées à l'article 5. Il me fera grand plaisir d'avoir
les discussions sur les notions d'audiences publiques par rapport aux avis à
l'article 5. Actuellement, on a un sous-amendement
proposé, sur lequel je souhaite discuter, et ce qui est inscrit ici, c'est sur
ces éléments-là que je suis prêt à discuter.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Barrette :
M. le Président, le sous-amendement traite d'avis qu'on demande à la Régie de
l'énergie. La Régie de l'énergie a un
protocole à suivre, et le ministre nous annonce à l'avance qu'il ne veut plus
que le protocole soit suivi. C'est en
plein dans le sous-amendement. C'est en plein dans le sous-amendement. Pourquoi
ne veut-il plus que la régie tienne des audiences publiques?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : M. le Président, la
notion d'audiences publiques et le traitement des audiences publiques figurent
à l'article 5 du projet de loi n° 34, et, avec grand plaisir, j'en
discuterai en temps et lieu, si on s'y rend.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député, juste pour votre information, après vérification, c'est inscrit, le
terme «fin finaud» est un propos non parlementaire.
M. Barrette : C'est-tu vrai?
Le Président (M. Lemay) : Oui.
M. Barrette : M. le Président,
je ne le prononcerai plus. Vous voulez que je ne prononce plus «fin finaud»?
Le Président (M. Lemay) : S'il
vous plaît.
M. Barrette : Très bien. Je ne
le dirai plus au ministre qu'il fait le fin finaud.
Le Président (M. Lemay) : Vous
ne pouvez pas faire ce que vous venez de faire, M. le député.
M. Barrette : Je ne faisais
qu'acquiescer à vos souhaits, M. le Président.
Le Président (M. Lemay) :
Poursuivez.
M. Barrette : Merci,
M. le Président. Alors, M. le Président, j'ai posé des questions très claires précédemment et je vais revenir... Bien, M. le Président, arrêtez à ce sujet-là, c'est fini, là. Bon, vous me distrayez, M. le Président, c'est grave.
Alors, M. le Président, est-ce que ça veut dire, dans les commentaires du ministre,
qu'il ne considère pas que la régie fait adéquatement son travail?
M. Julien : Est-ce que mon
collègue de La Pinière peut préciser sa question?
M. Barrette : Oui, c'est très clair, M. le Président. Est-ce qu'il considère que la Régie
de l'énergie, dans le passé, dans le mandat que la régie avait, que,
manifestement, le ministre veut changer, la régie a bien fait son travail?
Dans le cas contraire, elle a mal fait son travail?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : La régie a rempli ses responsabilités. Le projet de loi n° 34 vient modifier la
Loi sur la Régie. Et ici
on est sur un sous-amendement qui demande, en réalité — par
mon collègue de Laval-des-Rapides — d'être rapporté à
l'article 2, et je l'étudie avec mes confrères pour en discuter.
M. Barrette : M. le
Président, on demande juste au ministre
de répondre aux questions. Et je pense que vous allez être d'accord avec moi qu'on n'est pas ici sur une
réglementation qui nous oblige à débattre de chaque mot et de chaque virgule. On parle ici d'une consultation auprès de
la régie. Précédemment, j'ai demandé au ministre s'il considérait que,
selon lui, les écarts de rendement étaient des
trop-perçus. Dès que je me suis approché du mot «trop-perçus», le ministre
a arrêté de répondre. Il nous a sorti sa réponse répétée, habituelle, du salon
bleu, communément appelée sa cassette. Ce que je demande au ministre,
M. le Président, c'est simple. Selon
lui, la régie — pas de
l'assurance maladie, évidemment, mais de l'énergie — fait-elle,
selon ces balises, ces critères, un travail correct?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
M. le Président, je ne sais pas c'est quoi, le lien avec le sous-amendement,
mais moi... La Régie de l'énergie a des responsabilités qu'elle remplit
adéquatement.
M. Barrette :
M. le Président, c'est un sous-amendement qui traite de la Régie de l'énergie
qui va se voir demander un avis concernant le taux applicable en cas
d'inflation ou le taux applicable en cas de déflation. Si ça, ça ne traite pas,
M. le Président, hein, du travail de la régie, je ne sais pas ce qu'il lui
faut, là. Ce n'est pas un amendement, là, qui traite simplement de la date de la demande de l'avis, ça traite aussi de la
demande de l'avis. Est-ce que le ministre peut répondre à la question?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Dans le sous-amendement, on parle d'avis. C'est ce qu'on étudie actuellement.
Le sous-amendement apporté par mon
collègue de Laval-des-Rapides demande que la régie fasse des avis. Légalement,
la régie peut faire des avis. Et on étudie le sous-amendement qui fait
en sorte que, s'il était accepté, ce qui ne sera pas le cas spécifiquement,
celui-là, à cause des termes initiaux, bien, il y aurait des avis qui seraient
demandés à la régie.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
M. le Président, vous considérez que ça, c'est une réponse à une question?
Le Président
(M. Lemay) : Il appartient à vous de reformuler votre question.
M. Barrette :
Bien, je vais la reformuler, M. le Président. Je n'ai pas de réponse à ma
question. Je lui pose une question
simple. Est-ce qu'il considère que la Régie de l'énergie a, jusqu'à ce jour,
fait un travail adéquat selon les paramètres qui lui sont imposés? C'est
une réponse, M. le Président, qui devrait être oui ou non.
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien :
Bien, je réitère la réponse que j'ai donnée. La régie a des responsabilités qui
sont inscrites à l'intérieur de la
Loi sur la Régie de l'énergie et elle répond
adéquatement à ces responsabilités.
M. Barrette :
Ah! M. le Président, on a une ébauche de réponse. Le ministre vient de nous
dire que la régie, essentiellement, a fait
un travail adéquat. C'est son mot. Moi, je peux dire qu'«adéquat», en français,
ça veut dire qu'elle a fait un bon travail selon les critères qui lui
sont imposés. Est-ce que le ministre est d'accord avec mon interprétation?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Ma réponse, je la reformule, c'est la même. La régie a des responsabilités qui
sont inscrites à l'intérieur de la
Loi sur la Régie de l'énergie et la
régie applique adéquatement, en fin de compte, ses responsabilités.
M. Barrette :
Parfait. Alors donc, la régie a bien fait son travail. Le ministre vient de
nous l'accorder. Est-ce que le ministre peut
nous indiquer quels sont les paramètres que la régie doit prendre en
considération pour déterminer, donner un conseil, une recommandation sur
l'augmentation des tarifs d'électricité ou leur diminution?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
M. le Président, il appartiendra à la régie, en réalité, de prendre les
informations, effectuer les analyses et effectuer les travaux, comme
elle le fait quand elle émet un avis, pour émettre son avis, le cas échéant.
M. Barrette :
M. le Président, est-ce que le ministre est en train de nous dire qu'il ne
connaît pas les paramètres sur lesquels la régie se base pour déterminer
la recommandation sur l'augmentation des tarifs d'électricité?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien :
Les paramètres, en fin de compte, lors d'une demande d'avis, sont précisés à
l'article 5 du projet de loi actuel, et ils seront analysés en
temps et lieu.
M. Barrette :
M. le Président, les paramètres en question ne sont pas prévus à
l'article 5 du projet de loi actuel. Je lui parle du travail que la régie
a fait à date. Est-ce que le ministre connaît les paramètres par lesquels elle
doit se gouverner pour déterminer une augmentation ou une modification des
tarifs d'électricité?
M. Julien :
M. le Président, ici, on parle du sous-amendement à l'article 2, qui
mentionne spécifiquement, et c'est d'ailleurs
ce qui a été décrit également lors du dépôt de l'amendement et du
sous-amendement... du taux auquel sera appliqué les tarifs L en lien avec l'inflation à l'IPC des autres tarifs.
Alors, pour se gouverner, lorsqu'un avis est demandé, il y a des éléments auxquels la régie doit se référer, qui
sont à l'article 5. Et, naturellement, c'est une demande spécifique, un
avis particulier qui est proposé, en réalité, dans l'amendement et dans
le sous-amendement, et on ne peut pas présumer des paramètres qui seront
utilisés sur cet avis-là.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
M. le Président, contrairement à ce que dit le ministre, et évidemment contrairement à son attitude actuelle, je lui demande s'il sait ce sur quoi la
régie se base pour faire sa détermination aujourd'hui, le ce sur quoi
qu'il veut modifier. Alors, s'il sait
ce qu'il veut dans le futur puis qu'il veut changer le passé, il devrait savoir
le passé. Alors, est-ce que le ministre
peut m'indiquer ce sur quoi actuellement la régie se base pour déterminer la modification des tarifs d'électricité
aujourd'hui?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Alors, M.
le Président, ici, le sous-amendement ne parle pas de fixation des tarifs. Il parle de fixation du taux qui sera utilisé pour multiplicateurs à
l'indexation des tarifs généraux pour obtenir le tarif L. Donc, on est
complètement dehors le sous-amendement par rapport à cette notion-là. Ici, on n'est pas à une question
de tarifs. On est sur un taux bien circonscrit à l'intérieur de l'article 2.
M. Barrette : M. le
Président, tout étant dans tout, évidemment,
surtout chez Hydro-Québec, là, pour ce qui est des tarifs, tout est connecté, la question est parfaitement légitime. Je réitère ma question.
Le ministre, peut-être
qu'il ne le sait pas. Il pourrait
nous répondre : Je ne le sais pas; ou encore : Je n'ai jamais
réfléchi à ça, ça ne m'intéresse pas, je vais le changer. Mais il pourrait aussi se reprendre et nous dire : Oui,
la régie, lorsqu'arrive l'exercice
qui vient avec la demande d'avis, voici ce qu'elle prend en considération.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, par cette sous-question, et même précision, mon collègue de La Pinière
montre bien qu'il y a une grande
distinction entre ses deux demandes. Cette demande d'avis n'est pas une cause
tarifaire. D'ailleurs, son collègue de Laval-des-Rapides
nous l'a reprécisé à plusieurs reprises, on n'est pas dans une cause tarifaire,
on est dans un avis. Et je conviens très bien avec mon collègue de
Laval-des-Rapides que ce n'est pas du tout, du tout la même chose.
Maintenant, si mon
collègue de La Pinière souhaite que je lui décrive en quoi consiste une cause
tarifaire, ce n'est pas du tout en lien avec le sous-amendement. Et son
collègue de Laval-des-Rapides l'a bien mentionné à plusieurs reprises : Non, non, ce n'est pas une cause
tarifaire, c'est un avis sur le taux. Alors, je ne comprends pas le lien avec
la sous-amendement, de décrire à mon
collègue de La Pinière comment fonctionne une cause tarifaire pour la fixation
des tarifs.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
M. le Président, est-ce que le ministre peut nous dire quel est le lien entre
le tarif L et le tarif général? Y a-t-il un lien, d'abord?
Le Président
(M. Lemay) : C'est en lien avec le sous-amendement?
M. Barrette :
Absolument, M. le Président. Le ministre plaide qu'il n'y a pas de lien entre
ma question et le L. M. le Président,
ce dont on parle ici, là, c'est un taux. Le taux vient faire le lien entre le L
et le reste. Qu'on ne vienne pas me
dire qu'il n'y a pas de lien, là. Le taux, là, va être appliqué à un tarif qui
va devenir une proportion de l'autre. Allo, la terre! Je comprends que le ministre, là, peut-être qu'il
ne le sait pas, puis ça le met mal à l'aise, puis qu'il essaie d'éviter la
question. S'il répondait, M. le
ministre, on avancerait. Alors, comme on parle ici d'un facteur — en mathématiques, ça s'appelle un coefficient — qui va être appliqué sur la chose à propos
de laquelle je pose des questions, comment plus lié que ça peut être, M.
le Président?
Président (M. Lemay) : M. le député, merci pour votre
explication. Je dois vous rappeler, cependant, selon nos articles que nous avons,
article 81,
article 82 aussi, que le ministre émet des réponses, hein? Vous
dites : Le ministre ne répond pas. On ne peut pas dire qu'un
ministre ne répond pas. Il appartient à vous de reformuler vos questions.
Maintenant, je
comprends votre lien avec le sous-amendement, et, M. le ministre, la parole est
à vous.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Donc, mon collègue député de La Pinière fait
référence aux tarifs généraux qui,
sur ce qu'il en dit, puisque le tarif L est en lien avec les tarifs généraux
avec un taux... Le projet de loi n° 34, comme mentionné, on est à l'article 2. Le référent
par rapport aux tarifs généraux, c'est qu'ils seront dorénavant indexés à
l'inflation. Et ici le taux, c'est de
trouver le bon taux multiplicateur, ou coefficient, s'il préfère, pour faire en
sorte que la capacité de maintenir un
tarif L compétitif et attractif soit maintenue. Mon collègue de
Laval-des-Rapides me mentionne : Ce n'est pas une cause tarifaire. On veut que la régie donne
une bonne évaluation de ce taux par un avis. Maintenant, mon collègue de
La Pinière se réfère au processus de cause tarifaire, qui n'est pas du tout en lien avec le sous-amendement, M. le
Président.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M. le
Président, la question que j'ai posée
était très simple. Je la repose. J'ai posé une question simple au début, là. Est-ce qu'il considère que la
régie faisait bien son travail? Il nous a dit que la régie, selon ses critères,
faisait son travail adéquatement. D'habitude, en français, «adéquatement», ça veut dire qu'il fait bien son travail. C'est
comme un taux multiplicateur, hein?
Le français, c'est une langue précise. On n'est pas obligés d'utiliser deux
mots pour en signifier un seul. «Taux
multiplicateur», c'est un coefficient. Alors là, je lui demande, encore une
fois : Si, comme il le considère, la
régie fait bien son travail, est-ce qu'il peut m'expliquer les paramètres qu'il
connaît sur la base desquels la régie établissait une augmentation ou
diminution du taux... du tarif, pardon?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, la régie n'établissait pas une augmentation ou une réduction du taux.
L'article 2 précise qu'il y a un taux
multiplicateur ou coefficient qui est introduit à l'intérieur du projet de loi n° 34 pour maintenir par rapport à
l'inflation... qui va être appliqué aux tarifs généraux, indexé, donc, à l'IPC
pour maintenir le regard du tarif L compétitif, attractif. Alors, mes
collègues et moi avons convenu qu'il pourrait être opportun de demander un avis
à la régie, et c'est sur ce taux-là et non
pas sur un tarif, c'est sur un taux multiplicateur, puisque l'augmentation
tarifaire des tarifs généraux se fera à l'inflation.
M. Barrette :
M. le Président, tout revient à ça, tout revient à ça. M. le Président, je
brandis moi aussi encore le tableau du
ministre. Je vais le brandir à la caméra. La régie, sur la base de paramètres
établis qui prennent en considération la
situation d'investissement d'Hydro-Québec, établissait une variation du taux,
qu'on va qualifier de général, sur lequel venait, à la fin, s'appliquer un coefficient pour le tarif L, et le
ministre considère que la régie faisait son travail adéquatement sur la
base de paramètres établis.
M. le Président, je
peux... Probablement que le ministre a déjà regardé le rapport de la
Vérificatrice générale sur ce sujet-là en
2018, qui, elle, semble-t-il, est capable de comprendre et d'exprimer la
mécanique interne de la Régie de l'énergie,
que le ministre refuse d'exprimer ici. C'est ça, la réalité. Et ce travail,
fait adéquatement, M. le Président, faisait en sorte que, dépendamment de la situation d'investissement
d'Hydro-Québec, la régie pouvait recommander une augmentation au-delà de
l'inflation ou bien sous l'inflation. Est-ce que ça, M. le Président, le
ministre est d'accord que la régie, qui, selon lui, faisait adéquatement son
travail, pouvait recommander une augmentation du tarif inférieure à
l'inflation, oui ou non?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, pour le travail adéquat de la régie, je réitère que la régie, dans sa
loi, a des rôles et responsabilités et qu'elle les assume adéquatement.
Maintenant,
je vais reprendre des éléments mentionnés par mon collègue de La Pinière,
qui disait : Oui, mais, avant, la
régie, elle faisait bien ça, elle trouvait, en fin de compte, le coefficient
multiplicateur du tarif général pour arriver au tarif L. Bien non, ce n'était pas comme ça du tout que ça
fonctionnait, M. le Président, pas du tout comme ça. On n'a jamais dit ça.
Ici, sur l'intervalle de cinq ans, on vient
dire : On fixe à l'inflation le tarif général et on va appliquer un
coefficient qui va être
représentatif, représentatif des résultats depuis 2014, parce qu'en 2014 il y a
eu un décret qui a fait en sorte que le tarif L ne progressait plus
comme le tarif général.
Quand on a regardé
l'historique sur six ans, on a constaté que la hausse du tarif L, sur cette
base-là, avait été de 6,6 % et que, sur
le tarif général, elle était de 10,1 %. Alors, ici, dans l'intervalle
entre deux causes tarifaires, la prochaine cause tarifaire qui serait dans cinq ans, le cas échéant, qu'on
acceptait le projet de loi n° 34, ça serait 0,65 % de l'inflation
pour le tarif L ou 1,35 en cas de déflation.
est en train de discuter maintenant un amendement... de dire : Plutôt que
de mettre ces taux-là qui sont basés
sur l'historique de six ans, on pourrait demander à la régie de nous donner un
avis. À la lumière, en fin de compte, de cet
avis-là, qui serait une recommandation, on pourrait prendre une décision, et c'est toujours
sur le taux multiplicateur par
rapport à l'inflation, prévu au projet
de loi. Alors, ce n'est pas ce qui se
faisait avant. L'avis qui se ferait ici n'a rien à voir avec ce qui se
faisait avant, mais la régie donnerait un avis éclairant pour recommander le
bon taux.
M. Barrette : M. le
Président, je n'ai pas eu la réponse.
Est-ce que la régie pouvait, oui ou non, en faisant bien son
travail, recommander une augmentation des tarifs généraux inférieure à
l'inflation, oui ou non?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Au cours des
années, la régie pouvait effectivement autoriser des hausses tarifaires
supérieures à l'inflation, des hausses tarifaires inférieures à l'inflation.
Sur une période de 15 ans, ça a été supérieur à l'inflation. Sur certaines années, spécifiquement, ça a été supérieur à
l'inflation, d'autres années spécifiques, ça a été inférieur à l'inflation. Globalement, 2,4 milliards de plus de payés en ayant appliqué sur cette période-là la cause
tarifaire par rapport à l'inflation. Donc, chaque année, surprise, plus
ou moins l'inflation. Nous, on donne de la prévisibilité et de la
stabilité.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Barrette : Donc, on avance.
La régie fait bien son travail. Quand elle fait bien son travail, elle peut
générer des augmentations inférieures à l'inflation, par la méthode actuelle,
dans une période où, si la régie avait fait son travail toujours, comme d'habitude, adéquatement, le taux d'augmentation du tarif d'électricité aurait pu être inférieur, oui ou non, à
l'inflation, évidemment.
M. Julien : C'est le principe même du projet de loi n° 34, M.
le Président. En 2014, ça a été trois
fois et demie l'inflation. L'an
dernier, ça a été moins que l'inflation. Globalement, sur la longue période, ça
a été plus que l'inflation. Et effectivement
une année, ça peut être plus que
l'inflation, puis, l'autre année, ça peut être moins que l'inflation. Donc,
dans tous les cas de figure, les deux situations se peuvent.
M. Barrette : Très bien. On
avance, M. le Président. Donc, le ministre nous dit très officiellement que, si
la... pas «que si», que la régie fait son
travail correctement. Et, quand on sait que la régie détermine l'augmentation sur la situation économique d'Hydro-Québec, bien, s'il n'y a pas d'investissement, et ainsi de suite, ça va être, en général, sous l'inflation, parce que la régie prend un parti pris pour le
consommateur. Donc, ce que le ministre nous dit, là, c'est qu'en période de faible investissement, qui devrait normalement générer des
hausses sous l'inflation, bien, le ministre, lui, il nous dit : C'est bien plate,
là, mais vous allez payer plus cher parce que nous, on en a décidé ainsi,
n'est-ce pas, point d'interrogation?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Écoutez, mon collègue de La Pinière... Premièrement, je réitère que tout ce qui est discuté présentement, et ça me fait plaisir d'en discuter, n'a rien à voir avec le sous-amendement qui est apporté, qui est un avis pour fixer le taux qui sera... auquel sera appliqué... par rapport aux tarifs généraux, qui seront à l'inflation, selon le projet de loi n° 34.
Maintenant,
si mon collègue de La Pinière sait à l'avance quels seront les investissements... Nous, pour l'instant, on
constate que, sur base historique, la hausse a été supérieure à l'inflation.
Alors, pour nous, oui, il y a une relation quand on fait une cause tarifaire. Bien que ce n'est pas l'état du sous-amendement, il y a plusieurs paramètres qui sont pris en considération
pour faire en sorte que la cause tarifaire finit par une augmentation tarifaire
ou par une variation tarifaire.
Alors, le projet de loi n° 34...
Je redis : Avec les responsabilités actuelles qu'a la Régie de l'énergie à
l'intérieur de sa loi, elle applique
adéquatement ses responsabilités. Le projet de loi n° 34
change la Loi de la Régie de l'énergie, et je suis assuré que la régie applique, là, encore une fois, adéquatement ses
responsabilités selon la nouvelle mouture de sa loi.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Barrette :
Je n'ai pas entendu de contestation de ce que je viens de dire. Est-ce que le
ministre a oublié de répondre à ma question?
Le Président (M. Lemay) : M. le
député, pouvez-vous poser une autre question? Pouvez-vous reformuler...
M. Barrette : M. le Président,
vous me demandez régulièrement de reformuler ma question.
Le Président (M. Lemay) : Je
vous demande de reformuler votre question.
M. Barrette :
Bien, voilà, je la reformule. Je
viens de le faire. M. le Président, je n'ai pas entendu de négation de mon
affirmation. Est-ce que le ministre a oublié de répondre à ma question?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Non. Alors, est-ce qu'il acquiesce au fait
qu'il est possible qu'en temps normal, si on ne modifie pas le fonctionnement de la régie, que, dépendamment
d'une situation favorable à Hydro-Québec, que la régie
aurait recommandé une augmentation des tarifs généraux inférieure à
l'inflation? C'est oui ou c'est non.
Le Président (M. Lemay) : En
lien avec le sous-amendement. Allez-y.
M. Julien : M. le Président,
j'ai répondu à quatre reprises à cette situation-là. Une année, ça peut être
supérieur, une année, ça peut être inférieur. Dans tous les cas de figure, les
tarifs, en réalité, par cause tarifaire, peuvent être soit au-dessus, soit en
deçà de l'inflation. Historiquement, ils se sont situés majoritairement
au-dessus et sur une période... En réalité, sur la période qu'on observe, elle
s'est située nettement au-dessus de manière cumulative.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
Ce qui signifie donc, M. le Président, que le consommateur va perdre l'avantage
qu'il avait à date provenant d'une
organisation, qui est la régie, qui travaillait avec un parti pris favorable au
consommateur en permettant des augmentations sous l'inflation.
M. le Président, je vais aborder maintenant cet
article-là sous l'angle de l'interfinancement, un sujet qui semble intéresser les autres parlementaires. M. le
Président, l'interfinancement, on comprend ce que c'est, là : il y a un
ensemble et il y a un parti pris favorable au consommateur. À partir du
moment où, dans une période donnée, M. le Président... normalement, la régie aurait recommandé des
augmentations inférieures à l'inflation. Là, avec ce que le ministre propose,
ça va être automatiquement à l'inflation, M.
le Président. Alors, l'interfinancement, est-ce que, là, le ministre nous
annonce que l'interfinancement va maintenant être en faveur de
l'entreprise?
Le Président (M. Lemay) : Bien
que l'interfinancement est traité à l'intérieur de l'amendement...
M. Barrette : M. le Président,
c'est une question que je pose, là.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Mais, écoutez, la régie, à l'intérieur de sa loi, dit qu'elle ne peut modifier
les tarifs d'une catégorie de consommateurs afin d'atténuer
l'interfinancement entre les tarifs applicables à des catégories de
consommateurs. On vient préciser, à
l'intérieur de l'amendement, qu'elle doit tenir compte du principe
d'interfinancement, ce qui est déjà inscrit à l'intérieur de sa loi et auquel elle doit tenir ses responsabilités.
Et je mentionne également qu'elle tient adéquatement ses responsabilités.
Pour ce qui
est du reste de la question de mon collègue de La Pinière, ça n'a rien à
voir avec la notion d'interfinancement.
M. Barrette : M. le Président, moi, j'aime ça quand le ministre
répond à côté de la question, parce que ça montre à quel point ça crée
un certain malaise intellectuel dans la chose.
M. le
Président, à partir du moment où on fixe l'augmentation du tarif à un maximum,
alors qu'elle pourrait être inférieure,
donc, à l'inflation, les autres augmentations vont aller où?
L'interfinancement, là, tout ce que ça dit, là, c'est que ça protège le
consommateur.
Là, à partir
du moment où le consommateur, on le fait... on lui impose, dans une période
donnée, un taux maximal, alors qu'il aurait pu être inférieur, qui
bénéficie? Qui bénéficie, M. le Président?
Et là ça nous
amène exactement au sous-amendement. Le sous-amendement, c'est le coefficient.
Alors là, si c'est un coefficient
d'un maximum, alors qu'il aurait dû être inférieur, alors que lui, le ministre,
voulait le mettre à 0,65... pour faire quoi? Là, on fait de
l'interfinancement négatif pour l'entreprise?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, M. le Président, permettez-moi encore une fois de préciser la notion
d'interfinancement, qui semble
peut-être ne pas être... bon, ne pas être celle que comprend mon collègue de
La Pinière. Mon collègue de La Pinière, j'aimerais qu'il précise pour moi, si vous
permettez... M. mon collègue de La Pinière, c'est quoi, pour vous, un
consommateur?
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Barrette : Oui, M. le
Président, les questions, ici, vont dans ce sens-là. Elles ne vont pas dans
l'autre sens.
M. Julien :
Parfait. Bien, je vous remercie, M. le Président. Donc, naturellement, la
notion d'interfinancement vient mentionner
que la régie ne peut modifier les tarifs d'une catégorie de consommateurs.
Donc, les consommateurs, là, il y a plein
de catégories, il y a des consommateurs de toute nature. Peut-être, en réalité,
que mon collègue de La Pinière voulait parler des résidents, ou des citoyens, ou du résidentiel en comparaison
avec l'industriel, le commercial, etc., mais ici la notion de consommateur, c'est une notion plus
large que le consommateur dans sa maison. C'est tous les consommateurs.
Et ce que doit préserver la notion
d'interfinancement, c'est l'équité entre les consommateurs. Et naturellement, si les tarifs montent pour tout le monde à
l'inflation, on comprend que la notion d'interfinancement n'est pas affectée.
Et, si c'était plus que l'inflation,
la notion d'interfinancement ne serait pas affectée. Et, si c'était moins que l'inflation,
la notion d'interfinancement ne serait pas affectée puisque ça serait
équitable pour tous.
L'élément
sous-jacent, toutefois, M. le Président, c'est par rapport au tarif L. Et,
depuis 2014, le tarif L, effectivement, progresse de manière distincte par rapport aux tarifs généraux, avec un
taux de progression plus faible. On veut, à l'intérieur du projet de loi, maintenir cette attractivité,
cette compétitivité-là. On avait suggéré des taux. Les gens nous ont dit :
Oui, mais qu'est-ce qui nous assure
que c'est le bon taux? On a dit : Bien, c'est la base historique. Oui,
mais on aimerait ça, avoir un avis de
la régie. On travaille sur ce sous-amendement pour que la régie puisse donner
un avis éclairé qui sera, le cas échéant, utilisé pour prendre la
décision
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de La Pinière.
M. Barrette : Moi, je n'en reviens pas, M. le Président, le talent que le ministre a pour être encore une fois à côté
de la question. M'avez-vous entendu prononcer le mot «consommateur», vous? Pas
du tout.
Une voix :
Certainement.
M. Barrette :
Bien non! M. le Président, là, je parle du groupe, là, général sur lequel
s'applique le coefficient. Ce groupe-là, là,
le tarif général sur lequel s'applique le coefficient, on le fixe à un maximum
pour toutes les périodes, incluant les
périodes où il pourrait être inférieur, si la régie continuait à faire son
travail, ce qui, par définition... s'il est trop haut et qu'ils veulent 0,65, ça vient augmenter le
tarif L anormalement, ce qui va exiger que le coefficient soit fluctuant dans
le temps.
Alors,
ça veut dire que la régie, dans son avis, là, à partir de maintenant, ne sera plus avec un parti pris en faveur
du consommateur — là,
oui, j'ai utilisé le mot «consommateur», étant le commun des mortels, évidemment, un concept qui semble étranger au ministre — mais
bien à celui de l'entreprise.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député, ceci complète cette période d'échange.
Le Président
(M. Lemay) : Oui, vous pouvez y aller, M. le ministre.
M. Julien : Oui, ça va me faire grand plaisir. Donc, on ne
vient pas fixer quelque chose à un maximum qui serait à tout égard négatif,
bien au contraire. Je rappellerais à mon collègue de La Pinière qu'en 2014 la fixation de l'augmentation
tarifaire suite à une cause tarifaire était
de 4,3 %, tandis que le taux d'inflation, tel que prévu au
projet de loi, était de 0,97 %. En 2015,
c'était 2,9 %, l'augmentation, tandis que le taux d'inflation prévu au projet
de loi était de 1,06 %.
Donc,
essentiellement, l'inflation sur base historique,
je le réitère, aurait été une meilleure solution pour l'ensemble des
consommateurs, et les consommateurs, ici, représentent tous les consommateurs
de tous les tarifs, ceux, bref, qui consomment de l'énergie.
Alors,
le projet de loi, avec le gel et la hausse à l'inflation, justement, prend en
considération les consommateurs à tout égard pour offrir des tarifs les
plus concurrentiels.
Le Président
(M. Lemay) : Merci. M. le député Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Combien de temps il me restait, M. le Président?
Le Président
(M. Lemay) : 10 secondes.
M. Polo :
Bon, M. le Président, j'en profite, à ce moment-là. La suggestion... En fait, à
travers les discussions que nous
avons eues avec le ministre, je vais retirer mon sous-amendement et je vais en
proposer un nouveau, amendé, bien sûr corrigé suite aux discussions que
nous avons eues, là, sur le sous-amendement.
Le Président
(M. Lemay) : Parfait. Est-ce qu'il y a consentement pour retirer
le sous-amendement?
M. Julien :
Il reste seulement 10 secondes?
Président (M. Lemay) : Bien, son temps est écoulé, mais la
question, c'est : Est-ce qu'il y a... M. le député de Laval-des-Rapides fait la demande de retirer son
sous-amendement, donc je dois demander : Est-ce qu'il y a le consentement
de retirer le sous-amendement?
M. Julien :
On va consentir.
Le Président
(M. Lemay) : Consentement? Donc, le sous-amendement est retiré.
Maintenant, nous
revenons à l'article 2, et j'ai compris que le député de Laval-des-Rapides
avait un nouveau sous-amendement.
M. Polo :
Oui. Suspendez, là, le temps qu'on...
Le Président
(M. Lemay) : Est-ce que le sous-amendement est disponible?
Le Président
(M. Lemay) : Donc, je vais suspendre quelques instants pour en
permettre la distribution.
(Suspension de la séance à
15 h 39)
Le Président (M. Lemay) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Lors de la suspension, M. le député de Laval-des-Rapides
a fait la distribution de son sous-amendement. À la lecture, s'il vous plaît.
M. Polo : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, le sous-amendement
proposé, qui viendrait modifier l'amendement
proposé par le ministre, se lit comme suit :
Modifier
l'amendement proposé à l'article 2 par le remplacement,
dans le deuxième paragraphe, des mots «déterminé par le gouvernement au 1er avril 2020 et par la suite tous les
cinq ans, après avoir obtenu l'avis de la Régie de l'énergie» par les mots «déterminés par le gouvernement au 1er avril 2021 et tous les ans par la suite. Le gouvernement doit au préalable obtenir un
avis de la Régie de l'énergie sur les taux applicables. La régie doit donner
cet avis au moins 60 jours avant la date où les taux doivent être
déterminés par le gouvernement.»
Le Président
(M. Lemay) : Merci. M. le député, pour vos commentaires.
M. Polo : En fait, M.
le Président, je vais tout de suite
céder la parole à mon collègue de La Pinière, qui a certainement plusieurs éléments à
échanger avec le ministre. Merci beaucoup.
Le Président
(M. Lemay) : Aucun problème.
M. Barrette : Ah! bien, merci, M. le Président. Et merci à
mon collègue de me permettre de continuer sur la lancée que j'avais. Et
on va remettre, M. le Président, les choses en perspective en commençant par
quelques questions.
ministre, n'est-ce pas, nous a admis que la régie, par son bon fonctionnement,
pouvait déterminer des augmentations
des tarifs d'électricité, sur lesquels on allait appliquer le taux dont on
parle, là, dans le sous-amendement, inférieures à l'inflation, n'est-ce
pas?
M. Julien :
Je n'ai pas admis ce qui a été dit par mon collègue de La Pinière.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
Bien oui, parce qu'il a pris lui-même son graphique, il a dit lui-même :
Bien, vous voyez bien que la régie peut
déterminer des taux d'augmentation de l'électricité, là, inférieurs à
l'inflation. Il l'a dit lui-même. Là, je lui demande simplement de
répéter qu'il l'a déjà dit, tu sais.
M. Julien :
Alors, par le principe de cause tarifaire, la régie peut déterminer des hausses
de tarifs qui seront soit au-dessus ou en dessous de l'inflation.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
Évidemment, n'est-ce pas, parce que la régie fait bien son travail.
M. Julien :
La régie a un cadre législatif pour faire ses interventions, pour faire ses
responsabilités, et la régie répond adéquatement à ses responsabilités.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Barrette :
M. le Président, je comprends que c'est difficile pour le ministre de dire que
la régie fait bien son travail, mais mettons
que tous ceux qui nous écoutent comprennent qu'«adéquatement» ça veut
dire «fait bien son travail». Est-ce que le ministre est au courant...
déjà vu le plan stratégique 2016-2020 d'Hydro-Québec?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
Barrette : M. le Président, dans le plan stratégique — j'en
informe ici les gens, là, c'est le plan stratégique, je ne le déposerai pas, le ministre dit que, quand
c'est public, on n'a rien qu'à aller le voir nous-mêmes — mais
ça dit que, dans le plan stratégique, Hydro-Québec, entre 2016 et 2020,
s'engageait à limiter les hausses tarifaires à un niveau inférieur ou égal à l'inflation. J'insiste :
inférieur. N'est-ce pas là une admission que tant la régie qu'Hydro-Québec considèrent possible d'avoir,
dans une période donnée, des augmentations tarifaires pour les citoyens, vous,
moi, inférieures à l'inflation?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Alors, M.
le Président, on a déjà eu cette
discussion-là au préalable. Alors, il y avait effectivement un décret de préoccupation qui avait été émis par le
précédent gouvernement. Naturellement, après s'être beurré à deux reprises
avec un 4,3 % d'augmentation en 2014 et
un 2,9 % d'augmentation en 2015, qui était plus de trois fois l'inflation
et plus de deux fois l'inflation,
l'ancien gouvernement a cru bon, en fin de compte, de faire un décret de
préoccupation qui a été inscrit à l'intérieur du plan stratégique
d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Barrette :
Encore une fois, le ministre est en dehors du sujet. Le décret, il le sait,
c'est pour un an. Ça ne sert à rien
de répéter ça. Le décret 2014, pour un an, ça fait 2014-2015. S'il le
souhaite, dire que c'est 2015, 2015‑2016. Le plan stratégique d'Hydro-Québec, c'est
2016-2020, après le décret et après la terminaison de l'application du décret.
Donc, si Hydro-Québec considère qu'il était
possible d'avoir des augmentations tarifaires inférieures à l'inflation,
n'est-il pas vrai, M. le Président, que, lorsqu'on le fixe à
l'inflation, on abuse du citoyen?
M. Julien :
Alors, je rappellerai à mon collègue de La Pinière que, sur les cinq
prochaines années, cumulativement, la
hausse cumulative sera de 70 % d'inflation sur la période de cinq ans, et
la cause tarifaire, après cinq ans, sera effectuée par la régie. Donc,
nous, on donne la garantie que, sur cinq ans, ce sera inférieur à l'inflation.
M. Barrette :
M. le Président, le ministre sait très bien que le 500 millions a été
retourné dans tous les cas, là. Alors, ça,
c'est un argument qui ne tient pas la route. Les faits sont incontestables.
Dépendamment de la situation d'Hydro-Québec, la régie, dans son fonctionnement normal, aurait pu, probablement,
décréter des hausses de tarifs d'électricité inférieures à l'inflation, ce qui était en accord avec le plan
stratégique d'Hydro-Québec. Je ne connais pas de changements chez Hydro-Québec
qui ne justifieraient pas le contraire pour le futur.
Donc, le
ministre nous annonce qu'il est bien confortable avec le fait que les citoyens
aient l'inflation et probablement bien au-dessus de ce que la régie
aurait octroyé, n'est-ce pas?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Pas du tout, M. le Président. Il faut bien comprendre, en réalité, que le
décret de préoccupation émis en 2015
concernant... c'était marqué, même, à sa hauteur : «Concernant la forme,
la teneur et la périodicité du plan stratégique d'Hydro-Québec.»
Donc, il y
avait un décret de préoccupation émis. Hydro-Québec a répondu à ce décret de
préoccupation, je réitère, après, justement, deux années faramineuses de
hausses, 4,3 %, alors que l'inflation était inférieure à 1 % sur une
base comparative de ce qui est prévu au
projet de loi et 2,9 % en 2015, près de trois fois l'infl