Institutions — 26 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2015-11-26
Quebec — Committees
(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Ouellette) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte. Veuillez, s'il vous plaît, vous assurer
que vos appareils électroniques sont en mode silencieux afin de ne pas
perturber nos travaux.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 78,
Loi encadrant l'octroi des
allocations de transition aux députés qui démissionnent en cours de mandat.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Iracà (Papineau) remplace M. Tanguay (LaFontaine); M. Drainville (Marie-Victorin) remplace Mme Hivon (Joliette);
M. LeBel (Rimouski) remplace M.
Leclair (Beauharnois); M. Martel (Nicolet-Bécancour) remplace M.
Jolin-Barrette (Borduas); et M. Charette (Deux-Montagnes) remplace Mme Roy
(Montarville).
Le Président (M. Ouellette) : Je veux
aussi souligner la présence de Mme la députée de Gouin.
Lors de notre séance d'hier, M. le ministre,
vous nous aviez remis des amendements à l'article 3 pour que les collègues
puissent en prendre connaissance, et je comprends, ce matin, que vous allez,
effectivement, déposer des amendements à l'article 3. Donc, à vous la parole,
M. le ministre.
M. Fournier : Merci, M. le
Président. Alors, oui, effectivement, la commission a reçu les amendements,
soit un
article 3 pour remplacer l'article 3
du projet ainsi qu'un amendement qui vise à insérer un nouvel article, 3.1,
dans le projet de loi.
Si vous me le
permettez et si j'ai le consentement de nos collègues, je lirais les deux, et 3
et 3.1, pour que tout le monde
comprenne l'environnement et l'ensemble de l'oeuvre. Parce que 3.1 fonctionne
avec 3, alors ça nous permettra de le
comprendre. Et peut-être juste avant pour bien saisir que l'article 3 qui est
dans le projet de loi qui va être remplacé a changé l'expression «Cette allocation», qu'on trouve dans la loi, par
«L'allocation de transition». Et, simplement pour revenir sur l'explication, c'était qu'avec
l'incorporation à l'article 2 du projet de loi, où on a inséré l'article 12.1,
bien là on perd de vue un peu de quelle allocation
on parle. Donc, c'est simplement pour ramener le lecteur dans une zone
de confort et de compréhension.
Alors, ceci
étant dit, voici donc l'article 3. Il s'agit donc de remplacer l'article 3 du
projet de loi par le suivant :
L'article 13 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, au début du premier
alinéa, de «Cette allocation» par «L'allocation de transition»;
2° par l'ajout, après le troisième alinéa, du
suivant :
«Dans le cas
d'un député démissionnaire ayant obtenu une décision favorable en vertu de
l'article 12.1, le montant versé doit
être diminué d'un montant égal aux revenus d'emploi, de service, d'entreprise
ou de retraite que le député reçoit ou qu'il est en droit de recevoir
pendant la période visée au troisième alinéa de l'article 13.»
Maintenant, il y aurait, après cet
article 3,
l'insertion de l'article 3.1, qui se lit ainsi :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 13, du suivant :
«13.1. Si,
pendant la période visée au troisième alinéa de l'article 13, le député
démissionnaire ayant obtenu une décision favorable en vertu de l'article
12.1 a reçu ou a été en droit de recevoir, des revenus d'emploi, de service, d'entreprise ou de retraite, il doit le déclarer
par écrit au Commissaire à l'éthique et à la déontologie dans les 60 jours
suivant la fin de la période visée au
troisième alinéa de l'article 13, en précisant la nature et le montant des
revenus. Le commissaire transmet cette déclaration au secrétaire général
de l'Assemblée nationale.
«Si les sommes
totales versées à
titre d'allocation de transition excèdent ce à quoi il aurait
eu droit, compte tenu des revenus d'emploi, de service, d'entreprise ou
de retraite réellement touchés, l'ancien député rembourse le montant de
l'allocation reçu en trop.
«Si l'ancien
député ne dépose pas sa déclaration auprès du commissaire dans le délai prévu
au premier alinéa, le secrétaire
général de l'Assemblée nationale doit exiger le remboursement complet de
l'allocation de transition, à moins que l'ancien député ne dépose ultérieurement auprès du commissaire les
renseignements requis dans un délai raisonnable.» Voilà, M. le
Président.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a des remarques particulières, M. le ministre, relativement à vos deux
amendements?
M. Fournier :
Honnêtement, on en a déjà pas mal parlé hier, alors je vais laisser mes
collègues intervenir.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Marie-Victorin.
M. Drainville : Nous sommes
prêts à voter.
Le Président (M. Ouellette) :
Monsieur...
M. Drainville : Prêts. Nous
sommes prêts à voter. Nous sommes prêts à voter.
Le Président (M. Ouellette) : Sur
les deux amendements. M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : On aurait plutôt des
questionnements à soulever. Sans dire qu'on refusera notre accord, mais peut-être poursuivre davantage la réflexion dans
un premier temps parce qu'effectivement, depuis le dépôt, hier, de ces projets de loi, on a essayé d'imaginer quelques
cas de figure. On a beaucoup insisté hier sur le contrat qui avait été
signé, la nécessité de le respecter. Donc,
ce sont tous des éléments, là, qui ont penché dans la balance de notre
réflexion, et on se demandait s'il n'y avait pas lieu de modifier de
nouveau l'amendement pour faire en sorte que ce soient les nouvelles sources de
revenus qui soient comptabilisées, éventuellement déduites de l'allocation qui
serait versée parce que le Commissaire à l'éthique aurait eu un avis favorable.
m'explique. Il y a une nuance, il y a des collègues qui peuvent avoir droit
déjà à certains revenus, que ce soit d'intérêts,
de rentes, ou même des dividendes. Et ça, c'est réellement un acquis, ce sont
des avantages qu'ils ont mérités d'actions
passées, en quelque sorte. Donc, si, dans le calcul de la rente, ils devaient
être pénalisés, ça pourrait donner lieu au cas de figure suivant. Et c'est un exemple qui nous a été donné, un ou
une députée qui serait réellement et sérieusement malade pourrait se refuser de démissionner pour ne
pas être pénalisé sur cette base-là, et ultimement le résultat serait
que les citoyens ou les citoyennes de cette
circonscription-là seraient pénalisés, n'auraient pas droit à une
représentation en bonne et due forme sur le côté de l'Assemblée
nationale.
Donc, on est
d'accord. Et Mme la députée de Gouin nous a fait beaucoup réfléchir sur le
principe d'allocation de transition,
on y adhère totalement. Cependant, cependant, on veut s'assurer que ce soit en
fonction de nouveaux revenus. Donc,
si le député qui a reçu un avis favorable de la part du Commissaire à l'éthique
devait, pour x raison que ce soit, avoir droit à de nouveaux revenus, ce
sont ces nouveaux revenus là qui pourraient être comptabilisés au niveau du calcul de l'allocation de transition, et non pas
des revenus qui étaient déjà acquis chez le député. Donc, je vous pose
la question, et c'est peut-être en
réfléchissant ensemble qu'on trouvera le juste phrasé ou qu'on pourra modifier
l'amendement, là, qui a été déposé hier, tout simplement.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
ministre.
Fournier : Peut-être, je laisserais notre collègue de Gouin
s'exprimer sur le sujet en réaction. Je ne sais pas si elle a une interprétation sur ce qui a été
exprimé. Moi, personnellement, puisqu'elle a la gentillesse de me laisser
commenter dès le moment — et je l'apprécie grandement, bien sûr — je voudrais simplement, peut-être, poser une
question à notre collègue : Est-ce que, lorsqu'on arrivera dans le
79, à l'égard de ceux qui, au départ... Évidemment, je comprends que c'est pour
l'élection de 2022, là, on se comprend, mais, néanmoins, est-ce qu'il va
souhaiter qu'il y ait aussi une modification dans le 79 au même effet?
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Je reprends l'esprit de la discussion d'hier, c'est-à-dire le respect d'un
contrat, en quelque sorte, on serait
certainement... Enfin, on est déjà ouverts à discuter de la question, ce n'est
pas le sujet. Mais ce serait sans doute plus approprié pour nous de
trancher cette question-là dans le 79 que dans le 78 parce que l'idée, elle
n'est pas mauvaise. Encore une fois, on
adhère totalement à l'esprit d'allocation de transition, mais, pour les députés
qui ont convenu d'une formule, qui ont déjà droit... Parce qu'on parle
d'actions ou de dividendes pour des actions passées, donc des droits acquis, en
quelque sorte.
C'est là où
ils seraient pénalisés et c'est là où on se dit qu'un ou une collègue pourrait
être sérieusement malade, donc privé
de sa capacité de bien représenter
ses concitoyens, ses concitoyennes, et elle pourrait refuser, cette
personne, de démissionner, et la résultante, c'est de faire en sorte qu'on aurait
des citoyennes, des citoyens qui n'auraient pas droit à une juste
représentation à l'Assemblée nationale. Et c'est un cas de figure qui a été
vécu dans d'autres Parlements, et c'est des éléments qui nous ont été rapportés
et qui nous ont permis, là, de réfléchir à la question depuis le dépôt des
amendements hier après-midi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Si je ne suis pas encore intervenue,
c'est parce que je réfléchissais et que
moi aussi, j'essaie d'imaginer ce qu'on appelle les cas de figure, les
circonstances, mais j'ai peur d'ouvrir trop la porte. Puis en même
temps, depuis hier, à quelques reprises, on s'est dit : Bon, il faut quand
même répondre à des vraies questions qui
peuvent se poser autour de vraies personnes. Donc, je n'ai pas de fermeture,
mais j'essaie de comprendre où ça nous mène. Un
député démissionne parce qu'il est très malade, ce député a droit à
l'allocation de transition, c'est évident, puisqu'il ne peut pas, au moins pour
un certain temps en tout cas, retourner au travail. Donc, il a droit à une
allocation de transition.
Là, si je
comprends bien, la question est la suivante. Si, auparavant ou en même temps
qu'il était député, c'est un peu ça
que je comprends, il avait des revenus, mettons, d'intérêts, mettons — puis on est probablement assez
nombreux à en avoir d'une manière ou d'une
autre — est-ce
que le fait d'avoir des revenus d'intérêts va diminuer l'allocation de
transition? Je pose, au fond, la question au
rédacteur de l'amendement. Je n'avais vraiment pas pensé à ça. Je vais être
honnête avec vous, je ne le sais pas.
Est-ce que c'est légitime, juste, pertinent? Je ne suis pas tout à fait
certaine. Mais, d'un autre côté, si ce
député, qui, disons, a un certain âge, avait déjà, mettons, plus de 65
ans — puis je
peux en parler, c'est la vie — avait
déjà droit au Régime de pensions du
Canada — ce n'est
pas très élevé, mais en tout cas — est-ce qu'on va diminuer l'allocation
de transition du 500 $, 600 $ par
mois reçu du Régime de pensions du Canada? Ce sont de bonnes questions.
J'aimerais ça, vous dire, M. le Président, que j'ai une opinion bien claire sur
la question. D'habitude, j'en ai, mais là, non. Peut-être qu'on peut y
réfléchir ensemble.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
ministre.
M. Fournier : Bien, je pense
qu'il y a une façon d'aborder la question — puis ma collègue, en tout
cas, certainement, va me suivre parce que je pense que je la suis presque dans
cette voie de raisonnement — qui
est de dire : L'allocation de
transition, expression qu'on utilise, qu'on utilisait aussi avant, mais
maintenant qui est proposée par L'Heureux-Dubé comme étant de
transition, transition vers quoi? Bien, transition vers une capacité à subvenir
à ses besoins. Alors, ce n'est pas... il n'y
a pas de... Prenons le cas... Puis je vais prendre l'allocation de tr