Institutions — 11 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-06-11
Quebec — Committees
(Dix-neuf heures trente et une
minutes)
Président (M. Ferland) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de laCommission des institutions
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Le mandat de
la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date
fixe.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Richard (Îles-de-la-Madeleine) remplace M. Therrien (Sanguinet);M. Dutil (Beauce-Sud) remplace M. Marsan (Robert-Baldwin);
M. Sklavounos (Laurier-Dorion) remplace Mme St-Pierre (Acadie); et M.
Deltell (Chauveau) remplace M. Duchesneau (Saint-Jérôme).
Président (M. Ferland) :
Merci, Mme la secrétaire. Alors, je souhaite la bienvenue au Directeur général des
élections et à son équipe, qui nous aident dans nos travaux.
De plus, avant de poursuivre l'étude détaillée,
je dépose le tableau du Directeur général des élections intitulé Modalités
de report des élections . Alors, Mme la secrétaire, je dépose le rapport.
Lorsque nous
avons ajourné nos travaux vendredi dernier, le député de Beauce-Sud avait
présenté un amendement introduisant l'article 1.1. Alors, M. le député
de Beauce-Sud, la parole est à vous.
M. Dutil : Merci, M. le Président. Nous désirons retirer cet
amendement, avec la permission de la commission.C'est redondant, puisqu'il existe déjà. Donc, on le retirerait, puis on
en discutera au moment où on arrivera à ce point-là.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
est-ce que j'ai le consentement pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Ferland) :
Alors, il y a consentement. Alors, l'amendement est retiré. À ce moment-là, j'imagine
que je retourne du côté ministériel. Alors, M. le ministre, la parole est à
vous.
Drainville : Merci, M. le
Président. Alors, j'aimerais saluer les collègues tous ici réunis. Je salue,
bien entendu,l'équipe du Directeur
général des élections. Nous avons deux heures devant nous. On va essayer de
progresser le plus possible.
Alors, M. le Président, nous, je veux d'abord
préciser l'état d'esprit dans lequel nous sommes. On a eu des débats — comment dire? — costauds la semaine dernière, c'est le
moindre que l'on puisse dire. Mais ce que je sens icice soir, M. le Président — et j'ai eu des discussions informelles avec
certains de mes collègues aujourd'hui — je penseque ce qui nous anime, c'est une volonté commune de faire avancer le
projet de loi n° 3 et, si possible, de nous rapprocherle plus possible d'une adoption de ce projet de
loi d'ici la fin de la semaine. Je pense qu'il nous reste le temps pour y
arriversans pour autant compromettre
le travail qui est le nôtre, le travail d'étude
article par article, mais je
pense qu'avec le tempsqu'il nous
reste il y a moyen d'y arriver en étant rigoureux et en faisant notre travail d'une
façon qui est diligente et qui est responsable, comme on a l'habitude de
le faire.
M. le Président, nous avons tous, chacun de
notre côté, réfléchi au cours des derniers jours pour essayer de voir comment on pourrait en arriver à un compromis
qui nous permettrait de débloquer l'étude du projet de loi et faireen sorte qu'on trouve l'espèce de compromis qui
nous rallierait à nouveau autour du consensus que nous avions conclu tous
ensemble, tous les partis représentés dans cette Assemblée nationale, autour de
la table du Directeur général des élections, autour donc de ces rencontres au
comité consultatif.
J'ai pris
bonne note, Mme la Présidente… M. le Président, dis-je bien, de... Excusez-moi.
La députée de Mirabel a dû subir, pendant de nombreuses heures, des «M.
le Président». On a finalement réussi à s'habituer, et là il faut se
déprogrammer et revenir non pas à «Mme la Présidente», mais bien à «monsieur».
Le Président (M. Ferland) :
...sereine, ça me fait plaisir de... Allez-y. Allez-y.
Drainville : Merci. Je vois que vous êtes dans le bon état d'esprit,
M. le Président.
Alors donc, on a
réfléchi, on a pris note évidemment des déclarations de part et d'autre,
notamment des déclarations de M. le député
de Beauce-Sud, qui, dans un communiqué du 7 juin dernier, déclarait ceci :
«Notre position est claire depuis le début : nous sommes en faveur
des élections à date fixe, mais, comme il est le cas dans plusieurs provinces canadiennes, nous voulons une certaine
flexibilité quant à la date de déclenchement des élections. Si une situationexceptionnelle telle qu'une crise en santé
publique ou une catastrophe naturelle se présente au moment où des élections
devraient avoir lieu, le gouvernement [devrait d'avoir] une certaine latitude.»
Fin de citation.
Alors,
M. le Président, nous, depuis le début, je pense que c'est important de le
noter, on a toujours cru qu'en vertude
l'article 490 le Directeur général des élections avait les pouvoirs de reporter
la date des élections en cas de catastrophe naturelle, par exemple.
L'article
490, M. le Président, je vous rappelle qu'il dit : «Si, pendant la période
électorale ou pendant une période de recensement
ou de révision, le Directeur général des élections constate que, par suite d'une
erreur,d'une urgence ou d'une
circonstance exceptionnelle, une disposition de la présente loi ne concorde pas
avec les exigences de la situation, il peut adapter cette disposition
pour en réaliser sa fin.»
Évidemment,
nous, nous lisions, M. le Président, l'article 490 en prenant pour acquis que
le projet de loi n° 3 allaitêtre
adopté; donc, il y avait, dans la Loi électorale, à la suite de cette adoption,
cette inscription que l'élection doit avoirlieu le premier lundi d'octobre. Donc, on se disait : En vertu de
490, le Directeur général des élections pourrait, s'il y aurgence, s'il y a circonstance exceptionnelle,
reporter la date, hein? «Une disposition de la présente loi ne concorde pas
avec les exigences de la situation», donc, avec l'élection à date fixe du
premier lundi d'octobre, «il peut adapter cette disposition pour en réaliser sa fin», donc il peut, dans notre esprit, c'était
l'analyse que nous faisions, il peut donc reporter la date pour
permettre la tenue des élections à date fixe. C'était notre lecture, M. le
Président, et nous continuons de croire que ça se défend, ça se défend très
bien.
Sauf
que lorsqu'on a posé la question au Directeur général des élections, il nous a
dit : Écoutez, je ne fais pas toutà fait la même lecture que vous de cet
article 490. Le Directeur général
des élections nous a dit : À notre avis, cet
article nous permet de
reporter de quelques heures la durée du vote. Donc, c'est possible, par
exemple, dans un comté où il y aurait eu,
par exemple, une panne de courant, de faire voter les gens plus longtemps,
mais, nous disait le Directeur généraldes
élections, 490 ne nous permettrait pas, selon notre interprétation, de reporter
le vote en cas de catastrophe naturelle.
Alors,
voyant cela, M. le Président, voyant l'interprétation que le Directeur général
des élections donnait à 490et voyant
également que M. le député de Beauce-Sud, porte-parole de l'opposition
officielle, demandait une flexibilitéquant
au déclenchement des élections pour justement prendre en compte une situation
exceptionnelle, telle qu'une criseen
santé publique — on
pense, bien entendu, à une épidémie du genre H1N1 ou une catastrophe naturelle
du genre unverglas, un tremblement
de terre, une grande inondation, un grand déluge, comme on en a connu au
Saguenay il y a quelquesannées de
cela — alors,
voyant tout cela, M. le Président, nous avons décidé de proposer aux députés de
cette commission un amendement et, nous l'espérons, M. le Président, un
amendement qui saura recueillir l'appui de tous les partis ici représentés pour
qu'on puisse enfin s'entendre, s'entendre pour aller de l'avant. On pense, M.
le Président, que cet amendement répond aux
préoccupations de l'opposition officielle, qui veut que la Loi électorale, qui
veut que ce projetde
loi sur les
élections à date fixe prévoie une certaine souplesse pour que le Directeur
général des élections puisse s'adapter, s'ajuster si jamais il y a un cataclysme, si jamais il y a des
circonstances météorologiques qui l'imposent, bien, pour que leDirecteur général des élections puisse s'appuyer
sur une disposition très claire, très précise afin de reporter, comme le
demande l'opposition officielle, d'une semaine la tenue des élections à date
fixe.
Juste avant de
déposer ce texte, M. le Président, je veux d'ores et déjà répondre à une
question, qui viendra peut-être des membres
de la commission, possiblement du député de Fabre, qui est toujours très rigoureux
et qui nousarrive toujours avec des
questions très précises. Peut-être que le député de Fabre va nous dire :
Oui, très bien, mais, sijamais c'est
une catastrophe naturelle d'une telle ampleur qu'un report d'une semaine n'est
pas suffisant... Je le vois hocherde
la tête. Je ne sais pas si on peut dire «hocher» quand ça va dans ce sens-là,
mais je pense qu'il est en train de me signifier très amicalement qu'il avait effectivement l'intention de me poser cette
question-là. Or, je tiens à lui dire qu'on a déjàprévu une réponse à cette question-là. Si
effectivement le report d'une semaine n'était pas suffisant parce que l'épidémie,
la pandémie, la catastrophe météorologique nécessitaient un report de plus d'une
semaine, je tiens à l'assurer d'ores et déjà que la
Loi sur la sécurité civile
prévoit, à l'article 93, un certain nombre de dispositions.
L'article
93, dis-je bien, s'inscrit dans le prolongement de l'article 88, qui prévoit
une déclaration d'état d'urgence nationale. Alors, la
Loi sur la
sécurité civile, donc, prévoit que :
gouvernement peut déclarer l'état d'urgence national, dans tout ou
partie du
territoire québécois, lorsqu'un sinistre majeur, réel ou imminent, ou un autre
événement qui perturbe le fonctionnement de la communauté au point de
compromettre la sécurité des personnes exige, pour protéger la vie, la santé ou
l'intégrité des personnes, une action immédiate
qu'il estime ne pas pouvoir se réaliser adéquatement dans le cadre des règles
de fonctionnement habituellesdes
autorités responsables de la sécurité civile ou des ministères et organismes
gouvernementaux concernés ou dans le cadre du Plan national de sécurité
civile.»
Et ce qui est
intéressant, M. le Président, c'est que, à l'article 93 donc, on dit :
cours de l'état d'urgence, malgré toute disposition contraire, le gouvernement
ou le ministre[, etc.,] habilité à agir
en vertu de cette déclaration [de l'état] d'urgence peut, sans délai[,] sans
formalité, pour protéger la vie [et] la santé ou l'intégrité des
personnes...» Alors là, il y a toute une série de mesures, par exemple :
«Ordonner la
fermeture d'établissements dans le territoire concerné; contrôler l'accès aux
voies de circulation[…];[…]ordonner
de cesser l'alimentation en énergie ou en eau par aqueduc [dans une
partie du
territoire]; requérir l'aide de toute personne en mesure d'assister les
effectifs[…]; réquisitionner les moyens de secours[,] lieux d'hébergement[…]; réquisitionner
[…] denrées, vêtements et autres biens[…]; rationner…», etc. Et, à la fin de
cet
article 93, on dit bien :
«Dans les mêmes conditions, le gouvernement
peut, en outre, prendre toute autre décision nécessaire.»
Alors, après
vérification, M. le Président... C'est une autre vérification qu'on s'est
imposée parce qu'effectivementce
scénario d'une catastrophe naturelle, nous l'avions anticipé lorsque nous avons
rédigé le projet de loi n° 3. On pensaitqu'il était couvert par 490, on s'est rendu compte que c'était une
interprétation qui n'était pas partagée par tout le monde. Et on avait
prévu également... En vertu de l'article 93 de la Loi su