CRC — 23 September 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2014-09-23
Quebec — Committees
Nous
sommes des précurseurs dans l'aide concrète aux aidants. Au cours des 20
dernières années, l'expertise du ROMAN
s'est accrue considérablement jusqu'à aujourd'hui être la référence en ce qui
concerne les aidants pour les personnes âgées en Montérégie. Deux projets
de recherche d'envergure quantitative et qualitative, réalisés par l'Agence de
la santé et des services sociaux de la Montérégie, ont permis de valider cette
expertise et d'en reconnaître sa valeur comme modèle d'intervention efficace.
31 mars 2009, le ROMAN déposait son mémoire à la Commission
des affaires sociales, lors des
consultations à l'égard du projet
de loi n° 6. Trois grandes préoccupations avaient été alors soulevées : la première, une inquiétude
liée à la priorisation des aidants qui prennent soin d'un proche atteint de la
maladie d'Alzheimer ou d'atteintes connexes dans l'offre de services; deuxièmement, le flou entourant la gestion du fonds et le rôle
du PPP; troisièmement, la création d'une nouvelle structure plutôt
que de miser sur les structures existantes.
Malgré nos préoccupations,
le ROMAN s'est associé à L'Appui en 2010, et ce partenariat a eu des retombées
inestimables dans l'offre de services pour les aidants de proches âgés pour la
Montérégie. Durant tout le processus d'implantation
des appuis régionaux, nous avons pu constater la rigueur, le respect des
réalités territoriales, la préoccupation d'une utilisation optimale des sommes dédiées au fonds et une mobilisation provinciale entourant le soutien aux aidants.
termine en vous remettant des lettres d'aidants qui ont voulu témoigner de
l'impact réel que tous les organismes communautaires membres du ROMAN
Appui Montérégie ont dans leur quotidien. Je vous remercie et j'invite Sonia
Lessard, directrice générale, à poursuivre.
Lessard (Sonia) : Bien, en
fait, on a remis les lettres des témoignages à Mme Hallé tantôt. Ça fait que
je ne sais pas si elle est...
Président (M. Picard) :
...je vais vous dire, je l'ai expliqué aux membres de la commission,
c'est des lettres, mais c'est des témoignages qui doivent demeurer
anonymes. Donc, on ne les mettra pas sur le greffier.
Vous pouvez
en prendre connaissance, mais on aimerait que toutes les copies reviennent
ici, s'il vous plaît. Donc, les membres de la commission, c'est
ici. On peut les faire circuler. Comment vous voulez qu'on procède?
Le Président (M. Picard) : O.K.
Mme Lessard, vous pouvez continuer.
Mme Lessard (Sonia) : D'accord.
Merci. Déjà, si on constate le nom de l'organisation, ROMAN Appui Montérégie, on constate la grande souplesse du
modèle utilisé parce qu'on est le ROMAN, mais on est aussi un appui,
alors que partout ailleurs au Québec,
ce sont des appuis. Il y a eu cette grande souplesse-là qui était possible
avec le modèle utilisé, puis c'est en
misant sur l'expérience et l'expertise déjà présentes sur le terrain que nous avions posé
notre premier geste officiel en tant que ROMAN Appui Montérégie en 2010.
Puisque nous ne partions pas de zéro à l'époque,
nous avons fait un portrait des services existants pour ensuite identifier les
zones grises, les trous de service. La grande priorité régionale alors
identifiée tournait autour de l'accessibilité, c'est-à-dire faire en sorte de
répondre aux objections des aidants qui disent : J'utiliserais le service,
mais... C'était, en fait, de trouver des
façons de répondre aux «mais», aux objections nommées par les proches
aidants.
Par exemple, l'objection la plus courante, je ne
peux pas laisser mon proche seul à la maison pour aller participer à l'activité x, y, z, est devenue un projet en réponse à
cette objection-là, c'est-à-dire que l'organisation pouvait
répondre : Il n'y a pas de problème, on va vous envoyer un accompagnateur
répit spécialement formé qui va passer une période de temps, disons quatre
heures, à la maison pendant que vous, vous pourrez avoir accès à une activité
de soutien, ou encore, si vous préférez,
vous pouvez venir reconduire votre proche à halte répit, dans un local à côté
d'où se tient l'activité de soutien. C'est le genre de réponse à la première
objection du «je ne peux pas laisser mon proche seul à la maison».
Il y a encore
l'objection du transport qui est... puisque la Montérégie est constituée de 177
municipalités qui sont, pour la plupart, des zones éloignées des zones
urbaines, c'est beaucoup de ruralité. Une façon de répondre à cette objection-là, c'est d'organiser du transport en
collaboration avec une organisation dont c'est le mandat d'offrir du
transport, ou encore d'organiser du
covoiturage, ou d'offrir des activités à proximité du lieu de résidence des
aidants, d'offrir des services au sein des communautés.
Les obstacles
liés à la langue ont aussi été résolus en adaptant l'offre de services pour les
offrir jusqu'à maintenant en anglais pour que les aidants puissent
participer aux ateliers sur l'estime de soi ou des ateliers de prévention de
l'épuisement dans la langue de leur choix.
Finalement, une dernière objection, qui est
relativement simple à contrer, c'est celle du moment où l'activité a lieu. Souvent, les aidants vont dire :
Bien, moi, le mercredi après-midi, ça ne me convient pas. L'offre de services
que les projets permettaient, c'était d'offrir des services au moment qui
convient le plus pour qu'il y ait plus d'aidants possibles qui participent.
C'est aussi une façon de rendre accessibles les services.
La grande
qualité des projets déployés sur l'ensemble des 1 111 kilomètres carrés de
la Montérégie réside dans leur personnalisation. Chaque aidant est
considéré en fonction de sa réalité, de ses besoins. Il n'est jamais question
de programme mur à mur.
La question de la complémentarité est aussi un
élément extrêmement important, une complémentarité à tous les niveaux entre les acteurs du réseau public et
communautaire mais aussi entre les acteurs communautaires eux-mêmes. Ainsi, un projet qui fait appel à la contribution de tous les acteurs
d'une même communauté connaîtra un
succès assuré, une offre de services intégrée
qui combine les ressources de chacun et qui en fait un tout qui est plus que la
somme de ses parties.
Concrètement,
une aidante peut ainsi avoir accès à un groupe de soutien. Elle peut avoir été
référée à l'intervenant social du
CLSC qui, après avoir fait l'évaluation des besoins de sa personne atteinte
d'alzheimer, a identifié que l'aidante était
épuisée. Celle-ci aura accès à son groupe de soutien la journée qui lui
convient, alors qu'une accompagnatrice répit expressément formée pour sa
tâche sera présente auprès de son mari durant quatre heures, et tout ça
gratuitement, et, en plus, elle profitera de
la voiture d'un autre aidant qui va aussi à l'activité, créant ainsi des liens
d'amitié et brisant son isolement. Voilà une offre de services pertinente
et qui est porteuse d'avenir.
Jusqu'à maintenant, des projets de formation,
d'information, de soutien psychosocial et de répit ont été soutenus
financièrement par L'Appui Montérégie. De petite et de plus grande envergure,
de 10 000 $ à 500 000 $; 10 000 $
pour une activité de développer des capsules radio où des aidants font des
témoignages dans des plus petites municipalités, avec des témoignages
dans les journaux locaux pour que les gens de la communauté
reconnaissent : Ah! un aidant. Ah! bien, c'est Mme Unetelle, je la
connais. Ah! c'est une aidante. Donc, ça fait cheminer puis ça fait démystifier
un peu le rôle d'aidant puis le faire connaître davantage.
Le Président (M.
Picard) : En terminant, Mme Lessard.
Mme Lessard (Sonia) : Oui. Je
pourrais faire le... je pourrais nommer le...
Le Président (M. Picard) : Il
va y avoir des échanges tout à l'heure.
Lessard (Sonia) : Oui. Je
pourrais nommer beaucoup d'exemples parce qu'on a quand même 30 projets en Montérégie, mais c'est un
portrait assez succinct de ce qui se fait, qui démontre que le modèle déployé
par les appuis est un modèle respectueux des besoins des aidants, qui est
efficient, qui est efficace puis que c'est une façon idéale de faire du
maintien à domicile des personnes âgées en protégeant la santé des aidants.
Président (M. Picard) : Merci, Mme Lessard. Nous allons passer
à la période des échanges, 25 minutes au parti gouvernemental, 15 minutes à l'opposition officielle et 10 minutes au
deuxième groupe d'opposition. Du côté du gouvernement, qui brise la
glace? M. le député de Montmorency.
Bernier : Merci, M. le Président. Bonjour, bienvenue. On est heureux
de vous recevoir ce matin. Ça me fait grand plaisir. Merci de
contribuer.
On va
commencer par le début. De quelle façon les gens vous sont référés? De quelle
façon est-ce qu'ils entrent en contact?
Ce matin, j'ai un fardeau additionnel comme proche aidant et j'ai besoin
d'aide. Est-ce qu'il existe un lien avec des organismes locaux pour
identifier des personnes? Est-ce qu'il existe une façon de vous les référer? De
quelle façon est-ce que vous identifiez les proches aidants chez vous?
Lessard (Sonia) : Bien, en fait, il existe plusieurs portes d'entrée.
Je me dis : Plus il y a de portes d'entrée, moins il y a de chances qu'un aidant tombe entre deux chaises. Il y a la
ligne Info-aidant; il y a la campagne de publicité, qui s'est tenue l'année passée à la télévision, où la
ligne Info-aidant était publicisée. Il y a les organisations qui, eux-mêmes,
font la publicité avec leurs partenaires. Il y a la ligne Info-Santé. Il y a le
CLSC, qui peut aussi être une référence vers le proche aidant. Il y a, dans
différents salons... il y a le Salon pour les proches aidants puisque la
première semaine de novembre, c'est la
journée... c'est la Semaine des proches aidants. Il y a des salons un peu
partout sur l'ensemble... partout au Québec. Il y a des salons, il y a
des expositions, il y a différents lieux où on laisse traîner le numéro de
téléphone pour ensuite pouvoir référer vers l'organisation, dans les
communautés.
Bernier : Donc, vous êtes en interrelation avec le milieu de votre...
la Montérégie avec l'ensemble des activités, là, qui sont sur votre
territoire, et vous participez à toutes ces activités. Non, je pense qu'en ce
qui me concerne je vais revenir tout à l'heure. Je vais donner la chance à mes
collègues, là, d'y aller aussi avec leurs questions.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Sherbrooke.
M. Fortin (Sherbrooke) : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. À mon tour de vous souhaiter la bienvenue à l'Assemblée
nationale. Les parlementaires et la commission s'engagent dans un important mandat d'examen du
Fonds de soutien aux proches aidants.
Alors, vous êtes le premier groupe que nous
recevons, et, pour un peu informer tout le monde, j'aurais une question
à vous poser. Vous, vous avez fait le choix, vous avez vraiment
fait le choix d'adopter la structure d'un appui régional. Et évidemment il
y a L'Appui national aussi, et je voudrais que vous nous parliez un petit peu
de la relation entre votre organisation et L'Appui national.
Dans quelle
mesure, outre le financement global qui vous est octroyé... comment L'Appui
national intervient, s'il intervient, dans vos activités au quotidien
et... s'il y a des projets qui sont directement financés par L'Appui national
en Montérégie, par exemple.
Le Président (M. Picard) :
Mme Lessard.
Mme Lessard (Sonia) : Bien, à ce
moment-ci, il n'y a pas de projets nationaux qui sont financés, mais ça, vous pourrez... bien, en lien avec la Montérégie,
chez nous. Il y a la ligne Info-aidant, qui existe en lien avec
L'Appui national, mais c'est surtout au niveau de la suppléance de la ligne.
Quand nous, on est absents, la ligne est transférée à Montréal, donc il
y a une réponse qui est quand même
possible, là, en dehors des heures régulières de bureau, si on veut.
Mais le lien avec L'Appui national, c'est un peu
le lien qu'on a, nous, avec nos organisations membres. C'est un lieu d'échange d'expertises de... c'est un lieu
où on peut discuter entre appuis, c'est un lieu où on peut développer encore plus notre expertise puis
c'est un... c'est comme la tête en haut qui voit un peu à... qui a une vision
beaucoup plus macro de ce qui se passe dans
l'ensemble des régions. Puis il y a l'accompagnement qui a été plus soutenu,
c'est certain, au début du
déploiement de L'Appui Montérégie, mais l'accompagnement qui a été très utile
parce que c'était un nouveau rôle qu'on
prenait comme bâilleur de fonds, entre autres. Il y a eu beaucoup de soutien
qui est venu de L'Appui national. Puis maintenant c'est plus dans le
développement, de s'assurer que les aidants partout au Québec aient accès à une
même qualité de services. C'est à ce niveau-là que L'Appui national est
important.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Sherbrooke.
Fortin (Sherbrooke) : Oui. Vous nous avez parlé de la ligne Info-aidant,
donc qui est un service sur l'ensemble du
territoire québécois, mais... dont, je comprends, vous êtes répondante sur les
heures de service. Lorsque vous n'êtes pas en service, c'est transféré à Montréal, c'est ce que vous dites. Mais
qui finance ce service-là? Est-ce que c'est les appuis régionaux ou
c'est L'Appui national?
Mme Lessard (Sonia) : La ligne en
Montérégie, c'est à l'intérieur de notre budget montérégien, puis, quand il y a un transfert vers L'Appui national, ça
appartient à L'Appui national. Il y a certains services qui sont plus
d'envergure nationale, puis c'est des responsabilités nationales, comme la
campagne publicitaire de promotion, de sensibilisation. C'est une
responsabilité nationale, alors que nous, on a des actions qui sont beaucoup
plus proches de notre région.
Vergara (Anyela) : Si vous me permettez, c'est que le but, c'était de
ne pas avoir... Souvent, les lignes sont du lundi au vendredi de
9 heures à 4 heures. Avec ce concept, on élargit l'offre de réponse
pour l'aidante à n'importe quelle heure,
après le souper. Si elle peut avoir une ligne, bien, on peut transférer à ce
moment-là pour avoir une plus grande ouverture, une plus grande écoute
des besoins des aidants à travers le Québec.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Sherbrooke.
M. Fortin (Sherbrooke) : Oui. Donc,
je veux juste être sûr de bien comprendre. Outre le moment où la ligne
Info-aidant est transférée à Montréal, là ça devient plutôt à L'Appui national.
À ce moment-là, cette portion-là du service
est financée par L'Appui national. Mais, outre ça, il n'y a pas de service
direct aux proches aidants qui est financé par L'Appui national dans
votre région?
Mme Vergara (Anyela) : ...par les
membres. Tantôt, je vous parlais, puis vous avez eu des lettres de gens qui ont les services... nous, on a à peu près une
trentaine d'organisations qui sont membres du ROMAN Appui Montérégie.
Nous, on est devenus des bâilleurs de fonds pour donner des subventions à ces
organismes-là, qui, eux, peuvent offrir des services.
Alors, quand
ils appellent à la ligne Info-aidant, c'est quelqu'un de Bedford, bien, on va
pouvoir lui dire, à Bedford : Qu'est-ce
que vous recherchez? Est-ce que vous voulez du répit, du soutien? Nous, on a
toute la liste des services offerts. On peut rapidement référer à
l'aidante quelqu'un.
Alors, ces projets-là, c'est le ROMAN Appui qui
les finance.
Le Président (M. Picard) :
Mme Lessard.
Lessard (Sonia) : Le rôle du national est aussi comme le comité des
pratiques prometteuses, qui a assis plusieurs
acteurs clés pour développer des pratiques prometteuses au niveau du répit, de
la formation, de l'information. Il y a des choses qui se font au-dessus
de nous, mais dont tout le monde bénéficie.
Le Président (M. Picard) :
Merci.
M. Fortin (Sherbrooke) : Ça va pour
moi, M. le Président.
Le Président (M. Picard) : Du
côté gouvernemental, M. le député de D'Arcy-McGee.
Mesdames, je
vais vous demander d'attendre que je vous donne la parole, pour les fins de
l'enregistrement, parce qu'on doit vous identifier lorsque vous parlez,
tout simplement. Merci. M. le député.
Birnbaum : Merci, M. le Président. On vous salue surtout pour le
travail que vous faites dans un domaine qui nous touche, presque tout le
monde, et de plus en plus. Alors, c'est un travail d'une importance
primordiale.
J'aurais deux questions. Dans un premier temps,
je constate, et c'est une constatation du grand besoin, vous parlez de peut-être
quelques 97 000 personnes qui pourraient
éventuellement se prévaloir de vos services et qui auraient besoin de vos services et... par contre, on parle
de 4 % qui sont joints jusqu'à ce point-là. Pouvez-vous nous
expliquer si, à cette étape, vous êtes
satisfaites avec ce chiffre-là et si vous avez des idées, surtout peut-être en
interpellant le national? Comment est-ce qu'on peut atteindre un chiffre
plus intéressant que 4 %?
Le Président (M. Picard) :
Mme Vergara.
Mme Vergara (Anyela) : O.K. En
premier, on sait que les aidants, souvent, ne se reconnaissent pas. Le problème avec le peu de pourcentage d'atteint,
c'est ça, c'est que souvent on rentre dans le rôle, il y a une maladie
qui arrive au conjoint, au parent, et ça devient naturel, on assume le rôle.
Malheureusement, les gens viennent vers nous vraiment vers la fin, en
épuisement. Ils n'ont pas fait le tour des ressources. Souvent, ce qu'on dit
aux gens, c'est : N'attendez pas, dès que la maladie est là, proche d'un
de vos proches, appelez les ressources, informez-vous. Mais souvent les gens ne
le font pas. Alors, c'est pour ça qu'on a ce pourcentage.
Mais, malgré ça, il y a des organismes qui ont
des listes d'attente pour certaines activités parce que les gens arrivent de plus en plus... Bon, nous, ça fait
quand même très longtemps que les organisations existent, alors ça
commence tranquillement à faire écho auprès des populations. Il y a beaucoup de
campagnes de sensibilisation qui sont faites pour, justement, dire aux gens : N'hésitez
pas, n'attendez pas d'être épuisés, appelez maintenant. Alors, même si on
a ce pourcentage peu élevé, je vous dirais que les organisations travaillent
très fort, et on a souvent des listes d'attente aussi pour la clientèle.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Birnbaum : Merci, M. le Président. Il me semble que ça va de soi que
ce genre de population, par le fait qu'ils ont ces difficultés, risquent de ne pas être en mesure de se prendre en
main pour dire : J'ai besoin d'aide, je vais m'avancer pour
chercher.
Est-ce que
vous avez des idées, des stratégies — vous avez fait une petite allusion à
ça — des
idées pour inciter ces gens à comprendre que vous êtes là? Est-ce qu'à
titre d'exemple vous êtes en train de tisser des liens très clairs avec les services de première ligne, où les gens
atteints sont déjà rencontrés pour voir si on peut, une autre fois, faire
bénéficier de vos services davantage?
Le Président (M. Picard) :
Mme Lessard.
Mme Lessard
(Sonia) : Oui. Bien, effectivement, la grande question, c'est
toujours : Comment aller rejoindre les gens qui ne s'identifient pas comme étant des proches aidants? Je pense
que la piste intéressante, c'est de faire beaucoup, beaucoup de sensibilisation pour que, quand la
personne réalise qu'elle est une proche aidante, elle se souvienne
qu'elle a vu qu'il y avait quelque chose qui existe pour elle. Je pense que le
premier pas, c'est ça, c'est d'un peu semer la graine, de dire : Oui, effectivement, je suis un aidant. Ah! je suis un
aidant, bon, ça veut dire que j'ai un impact sur ma vie. Donc, c'est important que je fasse des choses pour ne
pas m'épuiser, pour être capable de prendre soin de mon proche le plus longtemps possible. Je pense que c'est à force de
taper sur le clou puis d'être un peu partout aussitôt qu'il y a des
projets.
Il y a un projet, notamment, avec les GMF puis
avec les écoles de médecine, où il y aura de la sensibilisation faite auprès des médecins de famille, déjà là, dire :
Bien, il y a aussi les proches aidants. Ce n'est pas des gens qui sont malades, mais ils prennent soin d'une personne
malade, puis elle est à risque. Donc, c'est aussi de commencer à
sensibiliser plus largement que les organismes de soutien aux proches aidants,
aller dans les GMF, dans les pharmacies... Il y a différents lieux où l'aidant peut se retrouver puis dire : Ah!
effectivement, c'est des services qui s'adressent à moi. Puis c'est avoir des services dans les
communautés, d'être près des gens puis que, de bouche à oreille, dire :
Bien, tu n'as pas pensé d'aller voir
telle ressource? Tu sais, c'est vraiment comme ça que les gens vont pouvoir
avoir accès aux services davantage.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de D'Arcy-McGee?
M. Birnbaum : Si je peux...
Le Président (M. Picard) :
Bien oui, allez-y.
Birnbaum : Merci, M. le Président. Vous êtes bien placées pour nous aider dans un des moments
essentiels, c'est de voir aux fruits
qu'aurait portés ce projet de loi. Et je le dis parce que votre regroupement était bien ancré, en place
longtemps avant l'adoption de cette loi-là.
Vous avez dit
que vos préoccupations de votre présentation hier, de ces années-là, a été comblée. J'aimerais vous inviter
d'élaborer là-dessus. Qu'est-ce qui était la situation avant, qui est
maintenant améliorée suite à l'adoption de ce projet de loi là?
Le Président (M. Picard) :
Mme Vergara.
Mme Vergara (Anyela) : Au niveau des
préoccupations, je vous les ai nommées tout à l'heure. La première, c'était... dans le projet de loi, on priorisait
les aidants qui s'occupent d'une personne atteinte de la maladie
d'Alzheimer. Notre préoccupation était : Est-ce que les autres aidants
vont passer pour une deuxième catégorie de clientèle? Puis, dans les faits, c'est vraiment
ça, c'est presque 80 % de nos
clientèles qui sont des aidants ou des aidantes de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de démence
connexe. Alors, cette préoccupation, avec notre réalité, je vous dirais
qu'elle n'a pas été là.
L'autre, c'était... on avait des préoccupations
sur le PPP. Nous, on est tous des organismes communautaires, on n'a jamais travaillé avec le privé. Ce projet
de loi nous faisait un peu peur aussi par rapport à toute la gestion de la
société de fiducie. On avait beaucoup de questions, ça fait que c'est pour ça
qu'on avait déposé un mémoire. On a rencontré à plusieurs reprises les
responsables de la société de gestion, et ils nous ont toujours dit depuis le
début : On va vous respecter dans les réalités, on va vous respecter dans
les façons de faire des organismes communautaires, dans votre expertise que vous avez. Parce que souvent notre
inquiétude aussi, là, était : Est-ce que vous arrivez comme des
experts? Et nous, les gens du terrain, qui n'avons pas de maîtrise ou de
recherche scientifique... Et, non, c'était non, on va... Puis, en réalité, ça a
été vraiment comme ça.
Alors, on a
toujours eu un grand respect de notre réalité, une grande reconnaissance de
notre expertise, de nos expériences sur le terrain. Puis chaque
organisation étant dans... la Montérégie est très grande, on a des territoires anglophones, multiculturels, puis il y a des projets qui ont
émané de tout ça, et le respect s'est toujours fait de ce côté-là. Alors, c'est pour ça que je vous disais
qu'on a quand même embarqué, et ça a été vraiment un partenariat qui a
eu des fruits inestimables pour nous, qui
nous a permis aussi d'avoir des fonds. Il y avait beaucoup de nos partenaires
qui avaient des projets cachés dans leurs
organisations, mais on n'avait pas les moyens pour vous dire : On peut
vous donner 100 000 $ ou on peut vous donner
50 000 $, puis là on pouvait le faire.
les gens avaient pour desservir leur communauté, améliorer
la qualité de vie des aidants. Alors, de ce côté-là, je vous dirais que c'est
ça, ça... toutes les préoccupations qu'on avait ont tombé, et puis on ne
regrette vraiment pas d'avoir embarqué avec eux.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Je cède maintenant la parole à M. le député de Montmorency.
M. Bernier : Merci. J'écoutais
attentivement vos réponses aux questions qui vous ont été posées, c'est fort intéressant, et on voit que vous travaillez
pleinement dans votre milieu et vous avez réellement adopté cette
méthodologie.
Qu'est-ce que
vous voyez comme amélioration dans le futur? Qu'est-ce que vous croyez qui
devrait être amélioré par rapport à l'utilisation des fonds? On sait que
les fonds ont été sous-utilisés. On sait qu'au niveau administration... je
regardais, vos frais d'administration sont quand même minimes en ce qui vous
concerne, de 4,24 %, 4 %, donc c'est fort intéressant. Mais qu'est-ce
que vous souhaitez ou qu'est-ce que vous voyez comme amélioration?
Le Président (M. Picard) :
Mme Lessard.
Mme Lessard (Sonia) : À ce
moment-ci, je vous dirais qu'il faudra éventuellement travailler plus fort sur toute la notion de précocité parce qu'évidemment,
dans les premières années, il y a des besoins criants qui sont là puis
qui se manifestent, donc on ne peut pas
juste dire : Bien, on va se centrer sur la précocité. Mais c'est ce qui
m'apparaissait le plus porteur dans
le projet initial, c'est de dire : On va rejoindre les aidants avant
qu'ils se rendent chez nous avec l'élastique presque au point de
rupture.
Donc, c'est
vraiment là qu'il y a beaucoup de travail à faire puis qu'il y a encore
beaucoup, beaucoup d'espace pour améliorer
cet élément-là, puis je vous dirais aussi au niveau de l'accompagnement des
organisations qui soutiennent des projets parce que recevoir des sous,
parfois, c'est très aidant, mais, en même temps, il y a des risques qui sont
reliés à recevoir des sommes importantes
pour une organisation. Donc, il y a tout le volet de l'accompagnement des
organismes dans le déploiement des services sur les territoires. Il y a aussi
là qu'il y aura du travail à faire, notamment.
M. Bernier : La reddition de comptes,
c'est ce que vous...
Lessard (Sonia) : Oui, la reddition de comptes pour vraiment que ça soit un exercice qui soit
intelligent puis qui permette d'améliorer ces pratiques. Parce que ce n'est pas
juste de mettre des chiffres sur des colonnes, c'est vraiment de dire : Bien
là, je constate qu'il y a telle faiblesse dans mon offre de services,
comment je peux l'améliorer? C'est vraiment un exercice de réflexion
vers une amélioration.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député?
M. Bernier : Non, ça me va.
Le Président (M. Picard) : Ça
va? Est-ce qu'il y a d'autres personnes du côté gouvernemental ou... On va à l'opposition
officielle. Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Merci, M. le Président.
Bonjour. Je suis très heureuse de vous revoir, Mme Vergara et Mme Lessard. D'abord, vous dire, puisque vous êtes en Montérégie, que
je peux voir, constater, de mes propres yeux, le travail que vous faites et l'importance que ça a pour l'équilibre de toute notre société et également pour le soutien à des gens qu'on voit, de plus en plus, en désespoir, finalement, par rapport à leur volonté d'accompagner leurs proches le plus longtemps
possible.
Alors, d'entrée de jeu, je veux d'abord vous
féliciter pour le travail que vous faites, pour votre présence dans les
milieux. J'ai vu aussi, comme mesures concrètes, votre participation à la
conférence de presse qui était faite, le 9 septembre dernier, avec
Action-services aux proches aidants. Donc, on voit des collaborations avec la
centaine d'organismes que vous accompagnez. Donc, merci, et bravo.
Moi aussi, j'essaie de voir qu'est-ce qu'on peut
faire pour améliorer l'utilisation de ces ressources qui sont disponibles. Donc, je vois, dans les lettres de
témoignage que vous avez apportées, des gens qui accompagnent leurs
proches aidants depuis 14 ans, hein? On a plusieurs témoignages, là, dans les
lettres, en tout cas, que vous avez apportées, depuis 2000. Alors, dans certaines visites que j'ai faites de certains
centres, je constatais que les gens nous disaient : Bien, on
attend, dans le fond, que les gens décèdent, jusqu'à un certain point, pour
pouvoir offrir une nouvelle plage horaire à des nouveaux patients ou à des
nouveaux proches aidants.
Comment vous voyez qu'on pourrait intensifier
l'ouverture? Comment on pourrait faire en sorte de donner confiance aux
organismes pour dire : Au lieu d'accueillir 26 personnes, je sais que je
suis capable d'en accueillir 40? Comment on peut faire ça pour que les gens
offrent plus encore à plus de gens?
Président (M. Picard) : Mme Vergara.
Mme Vergara
(Anyela) : Je vous dirais qu'une des solutions, c'est peut-être que
les organismes fassent plus d'interventions
individuelles, parce qu'au niveau des
groupes il y a une limitation, hein? En haut de 15 personnes pour un groupe de soutien, c'est un petit peu compliqué,
les gens n'ont pas assez de temps. Mais, si on a un service individuel
par une travailleuse sociale, psychologue,
que ce soit par téléphone — des fois, un petit 10, 15 minutes par téléphone — que
ce soit aussi par l'Internet. On peut utiliser
les médias pour pouvoir permettre... la madame est chez elle, ne peut pas
quitter, elle a juste besoin de ventiler un peu une situation difficile qui
vient de lui arriver, des solutions, des ressources.
Nous, on a participé
sur la création d'un site Web avec des ressources. Souvent, les familles nous
disent : On cherche énormément, on fait
des téléphones, on ne trouve pas. On peut passer une semaine ou deux semaines à
trouver de l'information, ça fait que, là
encore, les organismes peuvent les aider. Puis, c'est vrai, il y a des fois des
groupes qui sont restreints parce que
les gens vont, 14, 15, 20, 25 ans, prendre soin de quelqu'un. Souvent, il y a
certaines de nos organisations où ce
qu'on va faire, c'est qu'on va créer aussi, lorsque la personne aidée décède,
des groupes d'ex-aidants. Parce que souvent les aidants s'isolent dans
le soutien à l'autre, le réseau familial s'effrite, les amitiés, et tout ça,
et, quand le conjoint ou le parent décède, ces gens-là sont très seuls.
Alors,
il y a des groupes aussi que vous avez, des ateliers pour les ex-aidants, parce
qu'ils sont à se reconstruire une vie,
à se reconstruire une estime, plusieurs éléments, là, qui les ont, durant le
parcours de proche aidant ou d'aidant, abîmés un petit peu en quelque part, là, au niveau de la santé psychologique,
physique aussi parfois. Je ne sais pas si j'ai répondu.
Lamarre : Oui, en fait, c'était peut-être aussi dans la perspective de...
Je comprends que les interventions se font en petits groupes, mais
comment augmenter le nombre de petits groupes? C'est un peu ça, ma question.
Mme Vergara
(Anyela) : Si on peut ouvrir plus longtemps, nous, en tout cas, dans
le cas où est-ce que je travaille, on fait
des groupes la fin de semaine. Le dimanche, jusqu'à date, on ne l'a pas fait,
mais probablement ça va venir parce que ça pousse aux portes
actuellement; alors, de soirée. Plus on utilise un peu — Sonia
le disait tout à l'heure — l'éventail de l'horaire pour être flexibles,
bien là, à ce moment-là... Mais ça, encore là, il faut que l'organisme
ait un local adéquat pour recevoir la clientèle. Puis, des fois, ça aussi,
c'est un problème à trouver un local adéquat pour
recevoir les clientèles. Mais, là encore, on peut faire des partenariats,
s'associer à des organisations, et on arrive, des fois, à pouvoir offrir
plus de groupes.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Je crois que... Il y avait Mme Lessard, je pense, qui voulait aussi intervenir.
Excusez.
Le Président (M.
Picard) : Oh! excusez, Mme Lessard. Allez.
Lessard (Sonia) : Je veux juste ajouter une chose, c'est :
Évidemment, en poursuivant le soutien financier offert par le fonds qui
permettra de soutenir le développement des services... Parce qu'on est en
processus de consultation des organisations, des territoires des aidants, qui
vous nous nommer leurs besoins, leurs préoccupations, puis c'est à partir de là qu'on va identifier les services à financer
davantage. Donc, c'est à partir des besoins que les aidants vont nous
dire qu'après ça on va pouvoir déployer encore plus une offre de services qui
correspond, justement pour éviter les listes d'attente puis les gens qui n'ont
pas de service.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Actuellement, vous avez quelques ressources encore qu'il vous reste dans...
Parce qu'on sait qu'on a dû suspendre le
temps peut-être de laisser justement les organismes bien déployer leurs
structures, s'organiser pour être sûrs que ces sommes-là soient
utilisées de façon optimale. Donc, il vous reste encore un peu de ressources.
Le Président (M.
Picard) : Mme Lessard.
Mme Lessard
(Sonia) : Effectivement. Puis on est aussi à l'amorce d'un processus
pour évaluer les projets qui sont en fin de
parcours : Qu'est-ce qui arrive à ces projets-là? Est-ce qu'il y a une
façon qu'ils vont être améliorés, qu'ils vont aller chercher une clientèle différente puis qui, en cours de
projet, ils ont réalisé, bien, qu'il y a ce coin-là du territoire qui n'est pas desservi? Donc, le projet va être un
peu modulé, mais il pourra y avoir des ajouts. C'est certain qu'à
l'heure actuelle, si on continue à la vitesse où on va là, on va arriver, au
bout des 10 ans, où on va manquer de sous. Donc, c'est ce qu'on constate
aujourd'hui.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Alors, je veux, moi aussi, aborder et vous féliciter
pour votre saine gestion parce qu'effectivement, quand on regarde les
frais, vous avez seulement 4,24 % en frais d'administration, 91,55 %
en services directs. C'est vraiment ça qu'on espère de la plus grande
partie de
nos organismes.
Et je vois, du côté de... vous avez
plusieurs groupes régionaux Appui. Est-ce que vous avez des rencontres
entre groupes pour partager peut-être vos bons coups et vos bonnes stratégies
de gestion pour faire en sorte que ce soient les patients et des proches
aidants qui reçoivent le plus possible des sommes qui sont allouées?
Le Président (M.
Picard) : Mme Lessard.
Lessard (Sonia) : Bien, effectivement, justement, la semaine
prochaine, on va être trois jours avec le réseau des appuis pour, comme je disais plus tôt, échanger sur les bonnes
pratiques, sur qu'est-ce qui fonctionne bien dans les régions pour essayer de ne pas réinventer la roue,
mais tabler sur qu'est-ce qui est efficace puis qui est efficient
ailleurs, qu'on peut importer chez nous, tout à fait. Le réseau des appuis est
très, très utile pour avoir une gestion pour avoir plus de services pour les
aidants.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée de Taillon.
Lamarre : J'accorde beaucoup d'importance au fait que vous êtes très,
très proches des gens, et je pense que, quand les gens... on doit toujours écouter davantage les gens qui
restent proches des gens. Qu'est-ce que c'est, la réalité? Parce que je
trouve quand même vraiment héroïque que des personnes âgées accompagnent des
gens avec la maladie d'Alzheimer, par
exemple, pendant des périodes aussi longues que celles-là. Est-ce que ces
gens-là vous disent quand même qu'ils
veulent demeurer à domicile, que c'est un objectif qui... le soutien à domicile
vous apparaît important et répond vraiment à leurs besoins, à leur
volonté de poursuivre le plus longtemps possible, à condition que vous les
encadriez, bien sûr?
Le Président (M.
Picard) : Mme Vergara.
Vergara (Anyela) : Tout à fait. C'est, je vous dirais, à 99 %,
les aidants, c'est ça qu'ils veulent. Souvent, on va les aider à faire des démarches pour augmenter
les services qu'ils reçoivent du CLSC : infirmières,
ergothérapeutes, auxiliaires communautaires.
Ils veulent éviter, dans le fond, l'hébergement, le mettre le plus loin
possible. Alors, c'est là que, nous,
on rentre en relation avec les partenaires qu'on a soit dans le réseau de la
santé, le réseau communautaire, pour faire
en sorte que le maintien à domicile, les services soient ajoutés à ces
familles-là. Parce que, souvent, c'est des grands malades qui sont à la maison. Des fois, on est
très surpris de voir les aidants prendre soin de grands malades à la
maison et, des fois, ils ont peu de services
ou ne les connaissent pas, et, nous, à ce moment-là, on essaie d'encadrer,
parce que ces familles-là ne veulent
pas aller en hébergement, ne veulent pas aller à l'hôpital, veulent rester le
plus longtemps possible. Bien là, je
vous dirais, la majorité des aidants, c'est ce qu'ils souhaitent, même de
mourir à la maison, on dit, pour la dignité.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui. Je constate, au niveau du financement, vous êtes une
des régions qui avez eu le plus de montants
engagés par rapport aux autres. Comment vous expliquez ça? Qu'est-ce qui
pourrait faire que les autres régions se prévalent aussi de certains
montants? Et est-ce que les montants vous ont été versés ou s'ils ont été juste
engagés?
Le Président (M.
Picard) : Mme Lessard.
Mme Lessard
(Sonia) : Bien, en fait, à chaque exercice financier, on dépose les
demandes de projets qui ont été acceptés,
puis il y a un comité qui a évalué la recevabilité des différents projets, puis
ces sommes-là nous sont versées dans
nos coffres, là, en Montérégie, puis elles sont décaissées —excusez-moi, le mot, là — à chaque exercice financier, pour les organisations. Puis le fait d'être une
des... la deuxième région la plus financée, c'est vraiment parce que
c'est proportionnellement au nombre de
personnes âgées sur le territoire. Puis le grand avantage que nous avions,
c'est qu'on était déjà existants,
qu'on avait déjà une structure de concertation, de services, pour les proches
aidants d'aînés. Donc, ça a été juste
de faire plus avec ce qui était déjà sur le terrain, où les organisations
étaient très au fait des difficultés ou des limites qu'ils rencontraient
dans l'offre de services. Donc, avec ces sous-là, bien, ça permettait de
dire : Bon, enfin, cet obstacle-là n'existe plus, puis je peux donner plus
de services.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Alors, ce qu'on comprend, c'est qu'à votre tour
vous allez devoir jouer le rôle d'accompagnement pour les autres appuis
pour les aider à prendre aussi un impact... apporter un impact et multiplier...
J'aurais voulu vous entendre sur les deux projets de recherche parce que je
pense que c'est intéressant de documenter; dans l'action communautaire, très
souvent, on a peu de références.
Mais je voudrais
aussi revenir sur vos moyens de diffuser... Vous avez parlé des GMF, des
pharmacies, des infirmières. Je pense qu'il
y a vraiment une façon de mieux encore rejoindre les professionnels qui sont au
quotidien avec les patients en difficulté. Parce que moi, je vous avoue
que ce n'est pas encore suffisamment connu, d'après moi, et... Je pense aux pharmaciens, entre autres, que je
connais bien : vous savez, au quotidien, on voit des gens qui sont des
aidants, des proches aidants et qui sont désespérés, découragés, qui ont même
des maladies, des problèmes de dépression à accompagner
leurs proches aidants. Donc, je suis sûre qu'il y a une façon de créer des
multiplicateurs de référence encore de façon beaucoup plus dynamique par
rapport à une réalité, là, qui touche un grand nombre de personnes.
Mais peut-être
quelques mots sur votre projet de recherche aussi.
Le Président (M.
Picard) : Mme Vergara.
Vergara (Anyela) : Juste pour répondre à la question. Il y a eu un
projet, avec l'Hôpital Charles-Le Moyne, pour lequel on a travaillé, dans le CSSS Champlain—Charles-Le Moyne, donner un genre de prescription,
là, comme on fait pour les
médicaments, mais pour les aidantes, avec des ressources. Et, je vous dirais,
souvent, les aidants arrivaient avec ça,
mais ça faisait six mois, un an, un an et demi qu'ils avaient ce petit papier.
Le drame là-dedans, c'est que... le réseau s'organise, on a des
partenariats, mais les gens ne vont pas tout de suite à la ressource. Ils ont
l'information, le petit dépliant est là,
proche de la table, de la manette de télévision, mais on attend avant
d'appeler, malheureusement. Alors, il y a tout un message, des campagnes de sensibilisation à faire de ce
volet-là. Parce qu'il y a des beaux projets pour essayer que les gens connaissent, sachent où appeler, sachent
où téléphoner, où avoir de l'information, mais malheureusement les gens
attendent. Ça, c'est pour le volet où est-ce que les aidants ne viennent pas
aux ressources.
niveau de la recherche — c'est dans les années 1994, 1995 — la santé publique a fait deux
recherches : une, quantitative, et qualitative, sur à peu près une
vingtaine de projets en Montérégie, sensiblement des organismes communautaires
qui faisaient des activités de sensibilisation, de promotion de la santé, des
conférences, du soutien psychologique. On a fait des entrevues avec les aidants
pour voir : Est-ce qu'il y avait un changement dans leur quotidien, le
fait qu'elles participent à des groupes d'échange, des groupes d'entraide, des
suivis par une intervenante sociale versus
d'autres qui n'avaient rien? Puis ça, vous pouvez aller sur le site de
l'agence, vous allez pouvoir trouver les deux résultats de ces recherches-là, qui ont aidé beaucoup, qui ont fait...
ajouté un baume, je dirais, pour les organisations. Parce qu'il y avait
des gens qui venaient nous dire : Oui, c'est vrai, vous avez le bon
enlignement.
Souvent,
ces orientations-là au niveau des services étaient faites souvent avec des
aidants qui, eux, nous disaient ce qu'on
veut, ce qu'on souhaite recevoir comme informations, ce qu'on veut comme
échanges, par exemple, dans un groupe d'entraide. Alors, c'était fait
vraiment avec eux, et ça a eu des très bons résultats. Vous pouvez aller le
constater, là, au niveau de la recherche pour la santé publique en Montérégie.
Le Président (M.
Picard) : Merci, Mme Vergara. Il vous reste 30 secondes.
Ça va?
Mme Lamarre :
Simplement vous remercier pour le travail. Et puis, bien, je pense, faire le
suivi entre les sommes qui sont engagées au niveau national et puis leur
répartition auprès de chacune des régions. Est-ce que vous trouvez que ça se
fait bien, ça, cette démarche-là?
Le Président (M.
Picard) : C'est oui ou c'est non.
Mme Lessard
(Sonia) : C'est oui.
Mme Lamarre :
C'est oui.
Président (M. Picard) : Merci. Je dois céder la parole
maintenant à M. le député de Drummond—Bois-Francs pour une période de
10 minutes.
Schneeberger : Merci, M. le Président. Alors, Mme Lessard,
Mme Vergara, bonjour. Je suis particulièrement touché par ce que vous faites parce que, moi, dans ma famille immédiate,
j'ai... c'est ma mère qui est atteinte de sclérose en plaques et puis je
vis le milieu depuis de nombreuses années. Et puis-je vous dire que ce n'est
pas facile, là? Il faut continuellement se battre, autant avec le CLSC local et
autres, pour avoir certains services. Et puis le proche aidant, bien, c'est mon père, et c'est beaucoup de...
psychologique, l'aide, c'est énorme. Ça fait que je voudrais vous
remercier pour ce que vous faites puis aussi
remercier tous les proches aidants du Québec, parce que, sans eux, je pense
que, financièrement, au niveau du Québec, on serait encore plus mal
pris, parce que c'est des millions de dollars que vous faites...
Maintenant, au niveau
des... Vous parliez tantôt, vous avez créé la structure, et autres. Quand vous
avez créé cette structure-là — parce que ce que vous disiez, il n'y avait pas... tu sais, il n'y avait
rien qui... vous êtes partis de zéro, finalement — qu'est-ce
qui a été le plus dur à développer, dans le sens de rapatrier tous les gens du
milieu? C'est quoi qui a été le plus difficile?
Parce que, moi, au niveau du Centre-du-Québec, là, il n'y a pas énormément...
je n'ai pas de halte répit puis je suis en train de travailler un petit
peu là-dessus, là. Alors, je pense que vous êtes une bonne source, là, pour moi
puis pour plusieurs.
Le Président (M.
Picard) : Mme Vergara.
Mme Vergara
(Anyela) : Comme je disais un peu dans la présentation, c'est que
nous, historiquement, on a été une région choyée. En 1994, il y a eu des fonds
qui sont arrivés en santé publique, en Montérégie, et il y a eu des organismes
qui ont présenté des projets qui allaient dans tout l'enlignement du soutien
aux aidants. Alors, ça, ça a favorisé, déjà en 1994, la région de ce cas-là.
Mais, pour
les régions — parce que, bon, Sonia a travaillé beaucoup
avec les autres régions... des appuis — qui commençaient... par exemple, pour vous, qui
n'avaient pas beaucoup... je vous dirais que la concertation, c'est
vraiment le plus
important : avoir les partenaires, que ça soit la CRE, que ça soit le
CLSC, l'hôpital, essayer de rassembler ces gens-là pour ensemble... Parce que, souvent, même entre
eux, des fois, ils ne se connaissent pas. On commence à se connaître, à connaître les ressources de l'autre, à déployer ce
qui manque en termes de ressources. Et ce qu'il y a comme ressources, bien, de l'informer, de faire la promotion,
puis... En tout cas, c'est un petit... Je verrais, comme ça,
peut-être de commencer avec des régions où est-ce qu'il y a très peu de
choses. Mais, nous, dans notre cas, là, ça a été ça qui a fait en sorte que ça a été comme un cadeau du ciel qui est
arrivé en 1994 et le déploiement s'est fait rapidement dans notre
territoire.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Schneeberger : Tantôt, vous parliez d'offres de services...
Parmi les offres de services, je veux dire, au niveau de l'accessibilité,
actuellement, il y a des choses qui ont changé et il y a certaines choses peut-être
qui ont moins changé ou qui sont encore à
retravailler. Puis est-ce qu'il vous vient, comme ça, à l'idée certains points
qui restent encore à travailler, mettons, chez vous, des points qui
pourraient peut-être aider les autres appuis, des choses comme ça, pour
améliorer puis être plus efficaces, finalement?
Le Président (M. Picard) :
Madame...
Schneeberger : C'est un peu une question qui... comme on dit,
une question qui tue, mais, des fois, c'est des petites questions,
comme, pour moi, qui sont importantes, là.
Le Président (M. Picard) :
Mme Lessard.
Mme Lessard (Sonia) : Bien, en fait,
je vous dirais qu'il y a toujours des choses à améliorer puis des choses à
travailler, mais je vous dirais de vraiment travailler sur une grande valeur
que nous portons, au ROMAN-Appui Montérégie,
c'est la notion d'équité, de dire qu'un aidant, peu importe où il se trouve,
qu'il ait accès aux mêmes services que l'aidant qui est dans une région
à côté. Je me dis : Si c'est ça, le point de départ... Puis de toujours
mettre l'aidant comme la préoccupation principale. Souvent, on l'oublie, on tombe dans : C'est le temps
des budgets, c'est le temps de faire ci, faire ça. Mais l'aidant, lui,
il ne faut jamais, jamais, jamais l'oublier, toujours le ramener, dire :
Pour qui on est là? Pourquoi on fait ce qu'on fait? C'est pour l'aidant, pour
qu'il puisse faire ce qu'il fait le
plus longtemps possible à la
maison. Alors, il s'agit vraiment de toujours le ramener au coeur des préoccupations,
c'est toujours l'aidant, toujours l'aidant.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Mme Vergara (Anyela) : Je
rajouterais...
Le Président (M. Picard) :
Oui, Mme Vergara.
Mme Vergara (Anyela) : Je
rajouterais juste : Au niveau de l'accessibilité aussi, c'est d'avoir une flexibilité
dans nos services. Donc, souvent, l'organisation va regarder plus au niveau gestion, donc du lundi au vendredi, de 9
heures à 4 heures. Mais ce n'est pas ça, il faut que les services... Si on
parle d'accessibilité, c'est flexible le plus possible. Je vous dirais que ça
serait une orientation peut-être à avoir.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
Schneeberger : Tout
à l'heure, vous parliez... Ça, ça me... bien, pas ça me touche, mais ça me
questionne beaucoup, parce
que, justement, c'est un projet que
j'aimerais avancer chez nous à Drummondville, ce qu'on appelle les haltes répit. Actuellement, chez nous à Drummondville,
il y a déjà des places où est-ce
qu'on peut héberger les
personnes, mais c'est des places permanentes,
alors qu'au niveau des haltes répit, à
part le... pas le CSSS, mais le CHSLD de
Drummondville, il n'y a pas rien... tu sais, il n'y a aucune place de répit, et
ça, je pense que ça manque cruellement dans
notre région. Et, moi, ce que je voudrais savoir : Vous, vous avez
plusieurs haltes répit. La manière que vous avez mis ça en place, avez-vous mis ça en place avec les
CLSC, avec des organismes qui existaient déjà? Qu'est-ce qui a fait en sorte que ça a été mis sur pied? C'est
une question très large mais qui est très... dans le fond, c'est vraiment...
Moi, je le vis au point de vue un peu...
bien, je ne pourrais même pas dire «personnel» parce que ce n'est pas moi le
proche aidant, mais je le vis proche
et puis j'ai aussi d'autres personnes. Qu'est-ce qui fait en sorte que vous
avez été capables de mettre en place ça et comment vous l'avez fait?
Mme Lessard (Sonia) : Bien...
Le Président (M. Picard) :
Mme Lessard.
Lessard (Sonia) : Donc, si vous permettez, je vous reprendrais parce
que vous dites que vous n'êtes pas un proche aidant, mais vous avez la
préoccupation, donc vous n'êtes pas loin de l'être.
Schneeberger : ...je
suis très loin de mon père, on s'entend, là.
Mme Lessard (Sonia) : En
fait, la mise en place des haltes répit, ça s'est fait, avant, avec l'enveloppe
du répit à domicile, avec l'agence et
les CSSS. C'est beaucoup avec le partenariat. Il y a eu combinaison organismes
communautaires-CLSC-coop... une entreprise d'économie sociale, formation
d'accompagnateurs répit. Donc, c'est tous ces éléments-là mis ensemble qui ont fait en sorte qu'on a pu avoir une halte répit
combinée à autre chose, parce que ça, c'est un élément qui est
important. Parce que le répit en soi, de passer quatre heures de courir à
gauche, à droite, à l'épicerie, chez le nettoyeur,
ça n'a pas beaucoup de valeur, mais un quatre heures où tu vas te ressourcer,
tu vas recharger tes batteries, tu vas créer des liens avec des gens de
ta communauté, ça, ça a une valeur.
Puis
une halte répit, c'est intéressant parce que souvent les personnes aidées vont
avoir envie de participer, parce que
c'est des activités intéressantes où ils ont la possibilité encore de faire des
choses puis de se prouver à eux-mêmes qu'ils sont encore capables de faire des choses, puis c'est des lieux aussi qui...
ils peuvent créer des liens avec d'autres personnes. Puis halte répit,
ça dépend aussi du niveau d'atteinte de la personne, il y a différents
aménagements possibles, mais halte répit,
c'est une façon intéressante puis économique aussi. C'est bête à dire, mais...
Parce qu'en halte répit c'est un ratio d'un accompagnateur pour trois
participants, c'est plus avantageux que du un à un à domicile. Donc, il y a
plusieurs avantages en halte répit, mais, je vous dirais, si vous avez envie
d'en démarrer une, venez me voir puis je verrai qu'est-ce que je peux faire
pour vous aider.
Le Président (M.
Picard) : Merci. M. le député, il vous reste deux minutes.
Schneeberger : Deux minutes? O.K. Alors, je vous dirais,
quand vous parlez de proches aidants, c'est sûr qu'il y a souvent l'aspect financier. Est-ce que c'est
un aspect qui revient le plus souvent? Parce qu'on sait bien qu'un
proche aidant, souvent, il met aussi son
travail de côté. Est-ce que c'est un aspect qui est très courant ou c'est
vraiment l'aide psychologique, là, l'information courante... ou ce qui
est le plus... bénéfice pour les aidants naturels?
Mme Vergara
(Anyela) : Bien, c'est sûr, au niveau psychologique...
Le Président (M.
Picard) : Mme Vergara.
Vergara (Anyela) : ...vous en avez, mais, si on parle financièrement,
nous, souvent, les familles, ça va être pour du matériel. On va avoir
besoin rapidement. Une maladie arrive, un handicap, on a besoin de matériel.
Bon, l'assurance privée ne paie pas. On peut
les avoir pour location, puis c'est compliqué, on les veut rapidement, souvent
on va aller chercher du financement pour ça.
Adapter la maison, il y a des programmes qui existent, mais, des fois, c'est
long avant qu'on puisse venir à la maison et
pouvoir le faire. Alors, si la famille veut le faire rapidement, on a des
fondations qui vont nous donner des fonds pour aider ces familles.
Il y a, vous l'avez
dit tout à l'heure, beaucoup de femmes qui quittent leur emploi pour s'occuper
de leur parent à temps plein et là il y a
une grande perte financière pour, souvent, des femmes; là, il y a certains
mouvements qui veulent des revendications financières. Parce que c'est
du 24 heures sur 24 dans certains cas, et, oui, je vous dirais qu'il y en a qui
voudraient avoir une reconnaissance financière, un genre d'allocation ou
quelque chose pour aider ces femmes-là qui, des fois, s'appauvrissent à aider
l'autre 24 heures sur 24.
Schneeberger : C'est aussi une forme de stress psychologique
parce que, veux veux pas, à un moment donné, le loyer ne se paie pas
tout seul, comme on dit, hein, il faut le payer, aussi, O.K.?
Est-ce qu'il me reste
du temps ou...
Le Président (M.
Picard) : 30 secondes... 20 secondes.
Schneeberger : O.K. Alors, pour ça, bien, je veux vous
remercier pour ce que vous faites et puis j'espère de pouvoir coopérer,
dans les prochaines semaines, avec vous. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Je vais céder la parole à M. le député de
Montmorency, il restait quelques minutes tout à l'heure au groupe...
M. Bernier :
Oui. Merci, M. le Président. J'ai abordé avec vous, tout à l'heure, la
reddition de comptes. De quelle façon vous assurez-vous de la qualité des soins
ou des services qui sont rendus par les organismes à qui vous accordez une aide
financière?
Lessard (Sonia) : Donc,
bien, on a la chance... parce qu'on était préexistants puis on avait déjà des
pratiques d'établies, on rencontre les intervenants régulièrement, ils viennent
à des réunions chez nous où ils échangent de l'expertise. Puis on est proches
de nos organisations. Donc, on discute avec eux régulièrement, on les visite,
on suit les activités. On est proches,
proches, proches de ce qu'ils font; donc, à ce moment-là, on est à même
de s'assurer de la qualité. Puis il y a aussi des mécanismes de qualité,
qui ont été établis par L'Appui national, d'évaluation. On est en processus d'évaluation de la ligne Info-aidant puis le processus d'évaluation des services, de la satisfaction des aidants par rapport aux services
reçus. Il y a aussi des mécanismes qui sont mis en place pour s'assurer de la
qualité puis que les sous sont bien investis.
Bernier : Vous recevez un
feed-back de la part des gens qui bénéficient des services des organismes
qu'on retrouve dans votre milieu. Et ce que vous faites, c'est qu'à ce
moment-là vous faites le suivi. Oui, madame?
Vergara (Anyela) : Souvent, il y a
des évaluations, là, qui sont faites dans les activités,
voire : Est-ce qu'on
répond vraiment aux besoins des aidants? Dans la reddition de comptes, c'est
deux fois par année que les projets nous
déposent des choses comme ça. Ça fait que, dès qu'il y a quelque chose, la
directrice va voir l'organisation : Est-ce que l'organisation a
besoin peut-être d'un redressement? Elles ont mal compris les orientations
qu'elles devaient faire? Il y a un suivi très, très serré, au niveau des
projets.
Pour nous,
c'est important que la qualité soit là, que les services répondent réellement
aux besoins. Parce que la Montérégie,
c'est grand, et c'est très différent d'un à un autre. On vous parlait tantôt
des différentes... multiples de... au niveau
du répit et des services, mais ça peut être aussi dans le soutien qui va être
fait de différentes façons, dépendamment des clientèles. Mais, de ce côté-là, je vous dirais que c'est assez
suivi serré. Mais, en même temps, il y a un accompagnement : quand
le projet va plus ou moins, la direction est là, Sonia avec son équipe, pour aider
les gens, à leur donner un petit coup de main pour que le projet réponde aux
objectifs.
Bernier : Merci. Donc, ce qu'on constate, c'est que les gens de la
Montérégie sont choyés de vous avoir. On veut vous féliciter. Merci de
votre collaboration et de votre travail que vous faites.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Donc, je vous remercie pour votre présentation.
Je suspends les travaux quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 57)
Président (M. Picard) : Je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants de L'Appui Bas-Saint-Laurent.
Je vous invite à vous présenter et à faire votre exposé. Vous disposez de 10 minutes
pour votre présentation. Allez-y.
M. Couture (Pierre) : Merci, M. le
Président. Je me présente, Pierre Couture, je suis président de la table de concertation du Bas-Saint-Laurent. Ce matin,
je suis accompagné de Mme Marie-Hélène Chouinard, qui est directrice
générale de L'Appui Bas-Saint-Laurent, ainsi que de M. Gérald Beaudry, qui est
directeur général de la CRE Bas-Saint-Laurent. Je vous remercie de
l'opportunité que vous nous donnez de vous rencontrer ce matin, et vous avez dû
recevoir divers documents qui vous ont été remis, là, et mes propos, qui seront
très brefs, sont inspirés effectivement de ces documents.
Nos objectifs
de communication ce matin sont simples : vous informer et
vous sensibiliser d'abord à la réalité des proches aidants d'aînés du Bas-Saint-Laurent
et ensuite au travail accompli en concertation avec nos partenaires pour améliorer la qualité de vie des proches aidants d'aînés. Mes propos, eux, seront regroupés en trois thèmes. Le
premier, notre raison d'être; par la suite, je parlerai de notre contexte; et,
enfin, je terminerai avec notre façon de faire.
En premier,
notre raison d'être se résume à défendre bec et ongles la nécessité d'investir pour assurer aux
proches aidants une meilleure qualité de
vie. Comme nous l'avons mentionné à des députés de notre région lors d'une
rencontre récente, cette préoccupation est devenue, au XXIe siècle, une
préoccupation partagée par plusieurs intervenants. L'Organisation mondiale de
la santé propose le modèle vieillissement actif et en santé, et les
spécialistes en santé publique du Québec
nous inspirent une telle préoccupation. Bref, il en émerge une volonté appuyée
de soutenir les proches aidants d'aînés, de renforcer leur place dans la
société et d'agir en prévention. Cette réflexion est à la base de notre
mission, de notre vision, de nos valeurs et de notre plan organisationnel et
stratégique 2013‑2016.
Je passe maintenant à notre contexte, bref, au
contexte général du vieillissement. L'Institut de la statistique du Québec est clair à ce sujet : la
proportion des 65 ans et plus a plus que doublé entre 1970 et 2011. En 2013, ce
groupe d'âge représente 16,6 % de la population. Leur proportion devrait
passer de 14 %, en 2006, à 26 % en 2031. Cette population, au
Bas-Saint-Laurent, atteint 20 % et même plus dans certaines MRC; Les
Basques, 21,3 %; la Matanie, 21,8 %; et le Témiscouata, 21,3 %.
En 2031, on estime que les personnes de plus de 65 ans représenteront
35,5 % de la population.
La question du prendre soin devient donc un
enjeu de notre société. Notre région, un très grand territoire qui couvre
320 kilomètres de littoral, est répartie en huit MRC, 114 villes, est l'une
des régions les moins densément peuplées au
Québec. Les défis qui nous interpellent sont l'accessibilité et le maintien des
services de proximité, puis les efforts,
les coûts et les distances pour rejoindre les personnes aidantes et les
partenaires et, enfin, l'impact sur la participation sociale.
Je termine par notre façon de faire en matière
de gouvernance. Dans la foulée des actions soutenues et déjà entreprises par la conférence régionale des élus,
la création d'une table de concertation, un modèle unique de gouvernance
au Québec, à l'intérieur des appuis
régionaux a été choisie. Ce choix est en lien étroit avec la culture bas-laurentienne. Nous n'avons pas la prétention de dire ou même de
penser que notre modèle est meilleur. Nous avons cependant la conviction
d'agir dans un esprit d'un développement partenarial qui, nous le souhaitons,
aura le dessus sur une approche de travail en silo qui, trop souvent, prive les
acteurs régionaux et locaux d'une synergie plus grande au bénéfice des
personnes et des communautés.
Nos actions en matière d'intervention seront précisées plus
tard par Mme Chouinard. Pour l'instant, je passe la parole à M. Beaudry
pour rapidement établir un bref rappel sur notre approche. Gérald.
M. Beaudry (Gérald) : O.K., merci.
Très rapidement, car je sais que vous êtes préoccupés, à juste titre, par les résultats : Qu'est-ce
qui fait le choix dont M. le président vient d'apporter, de créer une table
plutôt qu'une instance traditionnelle incorporée? C'est qu'en 2008 la conférence
des élus du Bas-Saint-Laurent coordonnait la première entente sur l'amélioration des conditions de vie des aînés, et l'une de
ses priorités qui est dégagée des travaux de cette entente-là, c'était le soutien, effectivement, aux
proches aidants des aînés. En 2010, bien, c'est sûr que nous avons saisi
l'opportunité du déploiement du réseau des appuis, avec la contribution du
fonds, pour faire en sorte, compte tenu de nos
approches dans le cadre de l'entente qui réunissait déjà les partenaires, autant
de l'agence de santé et services sociaux, des organismes communautaires... Tout ça a fait en sorte que
l'orientation privilégiée était effectivement de créer une table de concertation, et la CRE assumait, à ce
moment-là et depuis, le rôle de fiduciaire des ententes, fiduciaire du fonds,
et assure également l'ensemble de la gestion
administrative comme telle, ce qui allège beaucoup les frais liés à
l'organisation.
Dans une
région comme la nôtre, l'approche intersectorielle, nous le répétons, le
renforcement du tissu communautaire et le support à la mobilisation des
communautés sont des conditions gagnantes pour soutenir les proches aidants des
aînés et contribuer ainsi au maintien à domicile des aînés et à l'amélioration
de la qualité de vie des aidants.
C'est un très
bref rappel. On aura l'occasion d'y revenir, dans la période de questions, pour
préciser les tenants et aboutissants
de ces choix. Mais je laisse maintenant la parole à Marie-Hélène, la directrice
de L'Appui, pour vous entretenir des résultats et des actions.
Le Président (M. Picard) :
Mme Chouinard.
Mme Chouinard (Marie-Hélène) :
Mesdames messieurs, merci. Alors, effectivement, nous avons choisi ce modèle
unique sous table de concertation. En fait, on l'a choisi parce que, dès le
départ, on savait qu'il fallait avoir un
travail de mobilisation et de concertation. Et, compte tenu que, déjà au
Bas-Saint-Laurent, il y avait une force vive autour de la conférence régionale des élus en termes de
développement social, de mobilisation et de concertation, bien, ça nous
est apparu comme une évidence de poursuivre
dans ce chemin-là. On a travaillé fort dès le début à se donner des
principes directeurs, une vision de
développement. Et quatre enjeux sont sortis de notre première planification
stratégique, qui a toujours cours lors de 2013‑2016, et qui sont le
déploiement de l'offre de service aux personnes proches aidantes, bien entendu, la primauté de la qualité de vie des
personnes proches aidantes, l'accessibilité et la qualité des services
offerts aux personnes proches aidantes d'aînés et la performance du partenariat
régional.
Bas-Saint-Laurent, on reçoit une enveloppe de 580 000 $ par année,
donc on fait
partie des appuis régionaux qui sont dans un financement plus petit, je dirais, et on a vraiment...
compte tenu de cette enveloppe-là, compte tenu qu'on avait huit
territoires et que, dès le départ, on a fait nos deux premiers appels de
projets ou de propositions, on s'est rendu compte
que, si on continuait dans l'approche conventionnelle d'appel de projets, on
allait créer une inéquité dans notre territoire.
C'est-à-dire que certaines MRC ont développé des réflexes rapides
d'intervention, de développement. Ils se sont concertés, ils agissent rapidement, ils sont performants, entre guillemets.
Et là on se voyait que, si on continuait comme ça, certaines autres MRC
de notre territoire, qui fonctionnent avec un mécanisme un petit peu plus lent
d'organisation, tout ça, bien, on créerait
une inéquité, alors que, pour nous, à la table de concertation, L'Appui
Bas-Saint-Laurent, la valeur de
l'équité, c'est une des premières valeurs qui est ressortie. Donc, dans ce
contexte-là, on s'est dit : On doit revoir notre façon de gérer le
fonds qui nous est accordé.
Donc, c'est d'ailleurs pour ça qu'à l'automne
2012 on a adopté notre approche de justice distributive. C'est un document qui
vous a été soumis et qui vous a été expliqué, là, rapidement. En fait, c'est
une enveloppe régionale qui sert à opérer le fonctionnement et une enveloppe
services qui est dédiée au soutien à des projets réalisés par des partenaires locaux et, toujours dans une
proportion 30 % enveloppe régionale et 70 % enveloppe de... pour
distribution à des fins de réalisation de projets.
Donc, on a mis en place cette approche de
justice distributive là et, dès qu'on a fait ça, on a senti qu'on avait rassuré nos partenaires, autant nos partenaires
régionaux à la table que nos partenaires locaux, parce qu'on
s'inscrivait dans une démarche où on leur
disait : Nous, on souhaite gérer efficacement, on veut une approche
concertée et on va respecter votre rythme dans le déploiement de votre
offre de service. Donc, tant et si bien que chaque MRC s'est vu réserver une
enveloppe qu'elle a la responsabilité, j'oserais dire, d'investir
judicieusement dans le déploiement d'une offre pour ces personnes proches
aidantes.
Actuellement,
nos enveloppes... Et vous aviez aussi un petit tableau qui vous avait été
présenté. Actuellement, nos huit territoires de MRC sont en action dans
le déploiement de l'offre. On a, pour le moment, 34 projets qui ont été réalisés, dont la grande
partie est toujours
opérationnelle, donc chaque MRC, j'oserais dire, est dans le train par
rapport à ces projets-là, et on a différents projets de soutien psychosocial,
bien entendu, parce que, quand on a fait nos forums, en 2011, ça a été une des
premières actions que l'on a menées...
Le Président (M. Picard) :
...Mme Chouinard.
Mme Chouinard (Marie-Hélène) : Déjà
terminé?
Président (M. Picard) : Oui, mais vous allez pouvoir échanger
avec les parlementaires sur...
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : Alors, je vais pouvoir répondre à vos questions plus
tard.
Président (M. Picard) : C'est bon. Merci beaucoup. Du côté
gouvernemental, M. le député de Sherbrooke.
Fortin (Sherbrooke) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Messieurs,
madame, bienvenue à l'Assemblée nationale.
Comme je le disais au groupe précédent, les parlementaires, on s'engage dans un
important examen du Fonds de soutien aux proches aidants. Évidemment,
vous savez un petit peu le contexte des finances publiques. Alors, on veut
s'assurer que tout l'argent public est bien administré et que les citoyens en
ont le plus possible pour leur argent.
Je voyais, dans le
rapport annuel, les chiffres vous concernant. Il y a des charges
administratives de près de 66 000 $
sur un budget de 505 976 $, ce qui en revient à des charges
administratives d'environ 13 %. La Montérégie, qu'on a reçue avant
vous, eux avaient des charges administratives de 4 %, la moyenne des
appuis régionaux est autour de 8 %. Alors, je voudrais savoir comment vous
expliquez cette différence-là.
M. Couture
(Pierre) : D'abord, premier...
Le Président (M.
Picard) : M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : Pardon?
Président (M. Picard) :
M. Couture. Je m'excuse, je vais préciser. À des fins d'enregistrement, je dois vous identifier pour les gens.
M. Couture
(Pierre) : Oui, oui, j'avais compris, j'avais simplement oublié cette
particularité.
Le Président (M.
Picard) : C'est bon. Allez-y, M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : D'abord, pour vous rassurer, je dois vous dire que nous ne
dérogeons pas, je dirais, au règlement ou aux façons de faire de L'Appui national, mais il y a
des particularités. Et je vais laisser Mme Chouinard vous expliquer
cette question-là.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : En fait, c'est toujours une...
Le Président (M.
Picard) : Mme Chouinard.
Chouinard (Marie-Hélène) :
Oui, pardon, M. le Président. En fait, c'est toujours une question
de volume, hein? On a une petite
enveloppe de 580 000 $,
vous comprendrez que... Mais on a les mêmes responsabilités administratives
qu'un appui régional qui pourrait avoir une enveloppe de 1,5 million par
année. Alors, c'est sûr que ça, ça joue sur la proportion de... parce que ça prend quand même toujours du personnel.
Dans notre équipe, il n'y a que deux personnes : il y a moi, qui
travaille 35 heures semaines, et ma collègue, qui travaille 20 heures
semaines. Alors, on est quand même une très,
très petite équipe. Mais, quand même, c'est des frais qui sont existants. Et
nous, on a vraiment choisi de travailler
la mobilisation de nos huit territoires, donc c'est un travail où on met
beaucoup d'énergie, parce qu'on s'est rendu compte assez tôt qu'il fallait encourager l'entrepreneuriat social de
nos communautés pour qu'elles puissent s'inscrire dans le développement
de l'appel d'offres de projets. Alors, c'est une des réalités qui est celle du
Bas-Saint-Laurent.
Le Président (M.
Picard) : Monsieur le...
M. Couture
(Pierre) : Est-ce que vous permettez, M. le Président? Un complément
d'information.
Le Président (M.
Picard) : Oui, oui, allez-y, M. Couture.
Couture (Pierre) : J'ai mentionné, tantôt, le territoire qui est très
vaste, hein, une densité de population très faible. Également, ça demande, pour cette question d'accessibilité aux
services et cette question évidemment d'être proche des services de proximité, d'être présent un peu
partout sur le territoire. C'est pour cette raison-là qu'avec la
directrice générale, souvent, moi, je me permets de me déplacer pour rencontrer
les gens et les convaincre de souscrire à notre mouvement et de présenter des
projets, parce que les besoins, ils sont grands également.
Chouinard (Marie-Hélène) : Je voudrais peut-être compléter, M. le
Président, en rassurant les membres de la
commission que, dans l'exercice 2013‑2014, on est quand même revenus à un
pourcentage de 7 %. Donc, on est vraiment dans, je dirais, une
amélioration de notre performance régionale en termes de... à ce niveau-là.
Le Président (M.
Picard) : Merci. M. le député de Sherbrooke.
Fortin (Sherbrooke) : Bien,
je vous félicite pour ça, je pense que c'est important de pouvoir diminuer
nos charges administratives pour en donner davantage aux clientèles qu'on dessert,
et c'était la directive qui avait été donnée, d'ailleurs, par le
Secrétariat aux aînés à cet effet.
Vous nous
disiez tantôt... Bon, vous avez un plus petit bassin de population, vous avez
un grand territoire, vous avez quand
même les mêmes charges administratives. Alors, est-ce que ça, pour vous, ça
relève... ça soulève plutôt un problème dans la gouvernance du fonds?
C'est-à-dire, toujours dans l'optique où on veut en donner davantage aux
Québécois pour leur argent, on est dans une
structure où il y a L'Appui national qui a des frais administratifs de
10 %, il y a les vôtres qui viennent s'ajouter à ça, il y a ceux
des organismes que vous financez également qui viennent s'ajouter à ça.
Alors, pour vous, est-ce que ça, c'est un... la
structure en soi est un problème? Et, si oui, quelles seraient vos recommandations, qu'on puisse améliorer ça pour
qu'il y ait davantage d'argent qui aille directement aux proches aidants?
M. Couture (Pierre) : Justement...
Le Président (M. Picard) : M.
Couture.
M. Couture (Pierre) : ...pour
répondre à votre question, on a été très, très sensibles à cette
préoccupation-là. Et c'est pour cette
raison-là que, dès le départ, on a mis en place une structure innovatrice au
Québec, celle des liens avec la conférence
régionale des élus. Et d'ailleurs, de cette façon-là, on évite de travailler en
silo, d'une part, et, d'autre part, on évite également les coûts
redondants d'administration. C'est une des raisons pour laquelle on est passés
de 13 % à 7 % récemment. Mais là-dessus je peux peut-être inviter M.
Beaudry à compléter la réponse.
Le Président (M. Picard) : M.
Beaudry.
M. Beaudry
(Gérald) : C'était, dans cette optique-là, d'assurer le maximum de
services; tout le déploiement, toute l'implantation
de L'Appui Bas-Saint-Laurent étaient supportés par la CRE. Ce n'est qu'au cours
des deux dernières années que, là, il
y a une contribution financière du fonds de L'Appui à la gestion comme telle de
la CRE, qui est de l'ordre de, si ma mémoire est bonne...
M. Beaudry (Gérald) : ...8 000 $
par année, ce qui implique tous les frais à la fois de secrétariat, d'accueil, administratifs, etc. Ça fait que c'est une façon
de diminuer, encore là, les frais purement administratifs de la gestion
des projets comme tels. Ça fait que c'est ce qui explique aussi cette tendance
à une diminution des frais comme tels.
Le Président (M. Picard) : Ça
va? M. le député de Montmorency.
Bernier : Merci, M. le Président... Non, c'est beau. Merci. Écoutez, effectivement, vous avez un grand territoire et vous
avez un territoire également où le vieillissement de la population est
omniprésent, ça, on est tous conscients. C'est
intéressant, votre lien au niveau de la CRE, je pense qu'à ce moment-là ça
devient une responsabilité nouvelle. En ce qui nous concerne, c'est la première fois que ça nous est présenté. Ça
serait peut-être intéressant... Vous avez parlé d'une table. Qui sont
les gens qui sont assis sur cette table-là, puis qu'est-ce que la CRE fait
exactement ou qu'est-ce que la CRE a fait, puis qu'est-ce que la CRE va faire
par rapport au développement?
Le Président (M. Picard) : M.
Couture.
M. Couture
(Pierre) : J'insiste sur le
fait que ce n'est pas un conseil
d'administration, vous avez compris
ça, c'est une table de concertation. Et qui participe à cette table de
concertation? Bien, c'est différents représentants du milieu qui sont actifs dans le domaine des proches aidants et qui ont
cette préoccupation sociale là. Je pense que, parmi vos
documents, les membres de la table sont effectivement identifiés, et vous voyez
cet esprit de concertation là par l'ensemble des représentants qui y siègent,
de sorte que ça facilite, ça, les liens de proximité et ça facilite également les liens avec les proches aidants, parce que
chacune de ces personnes-là a une connaissance très fine de ce qui se passe sur son territoire.
Peut-être, Gérald, vous voulez compléter.
Le Président (M. Picard) : M.
Beaudry.
Beaudry (Gérald) : Effectivement, quelle est la valeur ajoutée de cette présence, la proximité avec la
CRE? C'est ce que je comprends de votre question. D'abord, il faut dire que le Bas-Saint-Laurent
est une région qui a une tradition, là, de concertation et d'approche
intersectorielle, notamment auprès des jeunes avec toute notre approche COSMOSS , là, qui a fêté ses 10 ans, son 10e anniversaire
cette année. Mais, de façon plus particulière,
Marie-Hélène parlait, tout à l'heure,
de l'approche, là, de répartition des fonds par territoire. C'est de bénéficier
d'une expérience, le fait qu'elle soit aussi à l'intérieur d'une équipe
de travail qui est celle de la CRE, bénéficier de l'expérience des années antérieures. Cette approche de répartition, on l'a
expérimentée, elle est en place au niveau du Fonds de solidarité,
inclusion sociale. C'est également une approche qu'on a développée, au fil des
ans, avec les budgets de Réunir Réussir. Donc, il y a une complémentarité et un support à la mobilisation des
territoires de nos huit MRC sur un ensemble de facettes du développement social. Et
c'est dans ce sens-là que L'Appui peut bénéficier des avancées qu'on a faites à
cet égard-là et de la relation, je
dirais, de confiance qui s'est établie dans ce partenariat régional-local
également, qui est à bâtir, là, de façon régulière, là, quel que soit le
domaine d'intervention.
Ça fait que c'est un
aspect qui nous démarque. Pourquoi c'est ainsi dans le Bas-Saint-Laurent puis
ça ne l'est pas ailleurs? C'est une question
de contexte, de conjoncture. Comme je vous le disais tout à l'heure, le rôle
qu'on a joué dans la première entente
et surtout cette culture d'approche intersectorielle, on est un réseau tissé
très serré, notamment avec le mouvement
communautaire, avec l'agence de la santé et des services sociaux, depuis nombre
d'années, sur plusieurs dossiers. Et c'est dans ce sens-là que c'est
facilitant.
Une voix :
Vous vouliez rajouter, oui?
Le Président (M.
Picard) : Mme Chouinard.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : Oui, peut-être juste pour vous donner un exemple
concret de ce que ça a permis, ce genre de modèle là. D'emblée, nous, lorsqu'il
a été question d'implanter ce qui était, à l'époque, appelé un guichet unique,
une ligne d'information de soutien aux personnes proches aidantes, les
partenaires autour de la table étaient unanimes à penser que cette ligne-là
devait être rattachée à l'organisation des réseaux de la santé, parce que — puis effectivement on vient de faire un
sondage qui nous le démontre — la très, très grande majorité des
personnes proches aidantes ou de la population, si on leur demande : Vers
qui vous allez vous tourner si vous avez besoin de services, c'est leur CLSC,
c'est le réseau de la santé.
Alors, ça a permis de
créer, chez nous, un partenariat assez novateur entre un CSSS, gestionnaire du
service Info-Social, qui offre notre service
Info-aidant à l'intérieur de son service Info-Social et qui répond à des
personnes proches aidantes de la même
façon que l'on pourrait le faire, nous, si on avait une ligne Info-aidant à
même nos bureaux et qu'on avait une
conseillère aux proches aidants à même nos bureaux. Mais là on bénéficie d'une
équipe de neuf professionnels, travailleurs sociaux, qui peuvent offrir
ce service-là 365 jours par année, 24 heures sur 24. Et ça, ça s'est
clairement dessiné autour de la table, c'était une volonté commune et assumée.
Bernier : Donc, la ligne info est, si on veut, décentralisée, là, par
rapport à ces organisations-là. Vous n'avez pas une ligne spécifique
comme...
Mme Chouinard (Marie-Hélène) : En fait, c'est le service Info-Social régionalisé
qui offre le service d'information
et d'orientation à nos personnes proches aidantes auprès d'aînés. Et nous,
comme partenaire, bien, on s'assure de faire la promotion de ce service-là, de
ramener les gens vers le service Info-Social. Et, encore plus, qu'est-ce qui
est intéressant, c'est que, très souvent, le service Info-Santé est très connu,
donc une personne appelle, dit : Je ne vais pas bien, j'ai des palpitations. Et là on se rend compte, en l'écoutant,
que cette personne-là est proche aidante de quelqu'un qui est à la
maison, donc elle fait de l'anxiété, elle ne va pas bien. Les intervenants
passent le relais à Info-Social, et là il y
a une intervention psychosociale qui se fait avec cette personne-là. Alors,
c'est vraiment, je pense, un bel exemple de complémentarité, là, qu'on
est en tain de mener à bien, là, actuellement dans ce service-là.
Bernier : Vous avez mentionné à quelques reprises, en ce qui regarde
votre enveloppe de 500 quelques mille dollars... On sait qu'en ce qui
regarde le fonds il y a des surplus qui sont non utilisés, O.K.? À ce
moment-là, dans le cadre du déploiement — vous avez dit que vous aviez
un plan stratégique pour les années à venir — dans le cadre de votre plan
stratégique de développement ou d'implantation de nouveaux services un peu
partout dans votre grand territoire,
j'imagine que vous avez procédé à une évaluation des possibilités, là, de voir
arriver des nouveaux services ou d'accroître
la capacité de ceux qui sont existants et qu'à ce moment-là... la détermination
des montants requis. Est-ce que cette
enveloppe-là — j'imagine
que vous pouvez négocier pour être capables de l'augmenter avec un
accroissement du nombre de services
ou un accroissement des disponibilités qui sont données sur votre
territoire — est-ce
que vous avez... De quelle façon vous travaillez cette facette-là, là,
de vos budgets, là?
Le Président (M.
Picard) : Mme Chouinard.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : Très concrètement, je vais vous donner un exemple.
Nous, avec notre approche de justice
distributive, on s'était dit qu'on aurait une enveloppe de 406 000 $
annuellement que l'on distribuerait à nos
partenaires au plan local. Cette année, en 2014‑2015, dans mon budget, j'ai
demandé à L'Appui national un budget extraordinaire.
J'ai une enveloppe de 525 000 $ dans mon budget et, la semaine
dernière, j'ai pris contact avec L'Appui national pour leur
demander : Écoute, je vais avoir besoin de plus, on va monter à
548 000 $ d'investissement. Donc, le
fait qu'on ne dépense pas annuellement l'ensemble de notre enveloppe, il y a
une réserve de créée à L'Appui national. Donc, quand on le sait...
comme, là, nous, on est en pleine vitesse de croisière, je dirais, on a le vent
dans les voiles, donc là on sait qu'on va
avoir besoin de plus cette année et on va l'obtenir, on va avoir cette somme
d'argent là. Donc, ce qui nous permet
d'estimer que, d'ici 2016, nos cinq premières années, on aura engagé
pratiquement 100 % de ce qu'on avait engagé comme... dans nos services. Mais, en termes de décaissement,
c'est sûr que, là, il y a un petit peu une différence. Mais, en termes
d'engagement, on aura engagé la quasi-totalité des sommes qu'on avait prévues.
Bernier : Mais, si vos services se développent davantage, si l'offre
est plus grande, vous vous adressez au central pour qu'on puisse
augmenter vos budgets. C'est ce que vous me dites?
Chouinard (Marie-Hélène) : Tout à fait. Tout à fait. Et on sensibilise
énormément nos partenaires au fait qu'on ne sera pas toujours là, donc
il faut que l'offre de services que l'on soutient, elle développe aussi des
ancrages locaux, c'est pour ça qu'on a
vraiment développé une approche locale, pour que le milieu se mobilise et voie
déjà à penser à la pérennité de ces services-là. Alors, nous, on se
considère comme un levier, on impulse un déploiement de services aux proches aidants, mais notre façon de travailler
avec chacune des instances locales, qui, elle-même est composée des mêmes intervenants du réseau de la santé,
d'organismes communautaires, parfois du monde municipal, bien, ces
gens-là sont conscients qu'ils doivent s'assumer dans ce déploiement d'offres
de services là.
M. Bernier : O.K. Merci.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Du côté de la partie... M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Merci, M. le
Président. MM. Couture, Beaudry, Mme Chouinard, bienvenue. Nous avons parlé, il me semble, beaucoup, et c'est très
légitime, de votre approche, des structures en place, et tout ça. Je suis très
frappé par l'étendue de votre territoire, la
faible densité de population, et on parle déjà des usagers potentiels. Même en
région métropolitaine, ça, c'est la solitude, le sens d'incapacité, d'être tout
seul dans nos défis qui s'imposent, ce qui devrait être un fardeau davantage dans votre territoire. Pouvez-vous nous parler
un petit peu de la réaction, depuis que vous êtes en place, de vos usagers, des défis? Est-ce que vous
êtes en mesure d'offrir, par le biais des services, du répit compte tenu
de cette faible densité de population? Spécifiquement aussi, comment L'Appui
national peut et... actuellement, peut vous aider et vous aide actuellement à
confronter ces genres de défis énormes?
Le Président (M. Picard) : M.
Couture.
M. Couture
(Pierre) : Oui. Bien, en premier lieu, ce qui nous importe, c'est ce
que nous appelons les services de proximité. C'est très, très important
pour nous de pouvoir rejoindre très rapidement les personnes impliquées dans le
processus. Et ça, c'est un défi important
parce que ça demande de la concertation. Il y a à peine deux ans, il y avait
quelque peu de tiraillement, chose qui
n'existe plus maintenant. Maintenant, il y a une volonté de travailler ensemble
et d'exploiter ce que j'appelle le
synergisme des différents intervenants dans le milieu. Des mesures de répit, oui,
il en existe, et, sur les différentes mesures, je pense que je vais
laisser Mme Chouinard, qui a produit un excellent document qui faisait la
synthèse de nos activités là-dessus.
Le Président (M. Picard) :
Mme Chouinard.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : En fait, ce
qu'on constate au Bas-Saint-Laurent, c'est que pratiquement une personne proche
aidante sur trois est elle-même une personne aînée, donc, ça, déjà en partant,
ça nous interpelle. On estime qu'on a à peu
près un bassin de 18 000 personnes proches aidantes qui auraient besoin,
d'ici une dizaine d'années, là, de
services et de soins. Alors, c'est sûr que cette réalité-là, ça module l'offre
de services. Donc, oui, les proches aidants nous disent qu'ils ont besoin de répit, mais ce qu'ils veulent surtout, c'est
du répit d'urgence. Donc, je dois me rendre à quelque part, j'aimerais avoir rapidement, facilement,
sans passer par toute batterie d'évaluations... Parce que, souvent, on
évalue le répit au niveau de l'aidé, mais, si on l'évaluait en fonction du
besoin de l'aidant, on devra avoir plus de souplesse dans l'attribution de ces
heures de répit là. Donc là, il y a encore... il y a quelque chose à travailler
à ce niveau-là, assurément, d'ici les
prochaines années. Les personnes proches aidantes, donc, veulent un répit qui
n'est pas un répit aussi cadré que ce
qui existe actuellement dans l'offre de services. Et notre approche à nous,
c'est vraiment d'essayer de soutenir des projets où les personnes
peuvent tenter des initiatives nouvelles et voir si ça répond à ces besoins-là.
Ce que les
personnes proches aidantes nous ont dit et nous ont redit dans notre récent
sondage, c'est que le soutien, l'accompagnement est encore grandement
nécessaire. On travaille, dans notre approche, avec des organisations qui sont à la fois pourvoyeurs du carrefour
d'information aux aînés, que vous connaissez sans doute... Souvent, on nous
dit : Bon, bien là, tu vois, on offre
ce carrefour d'information là aux aînés, mais on répond aussi à des aidants. Tu
sais, je pense qu'il faut réaliser
que c'est un binôme, là, hein, l'aidant et l'aidé, et particulièrement dans
notre réalité régionale, où une personne sur trois est une personne
proche aidante aînée.
Et ce que les gens voudraient davantage, c'est
avoir accès à du répit en hébergement spécialisé, donc à l'intérieur du réseau
de la santé, mais de façon temporaire, c'est-à-dire : Moi, j'aimerais que
mon aidé puisse aller deux jours à quelque
part et que je sois rassuré que je ne me casserai pas la tête à savoir s'il a
tous les soins qu'il faut parce qu'il
est dans un hébergement qui offre ce type de soins là. Ça, ça nous est demandé,
et actuellement c'est difficile, là, de... Il va falloir réfléchir de
façon collégiale à ça pour répondre à ce besoin-là.
Le Président (M. Picard) : M.
le député.
M. Couture (Pierre) : Est-ce que je
pourrais...
Le Président (M. Picard) :
Allez-y.
Couture (Pierre) : Il y a une autre dimension importante à la question,
celle de l'appauvrissement des proches aidants. Ça, c'est une réalité
avec laquelle on est confrontés, et, dans le Bas-Saint-Laurent, on est
particulièrement touchés.
Parce qu'il y a des municipalités régionales, comme celle des Basques, par
exemple, où les besoins financiers sont grands puisque les proches
aidants sont davantage appauvris par leur réalité de tous les jours.
Le Président (M.
Picard) : Allez-y, M. le député.
Birnbaum : Merci, M. le Président. Ça m'amène à vous poser une
question sur un des constats que vous avez faits, que j'apprécie. Vous avez parlé de votre préoccupation d'équité,
mais en même temps j'imagine qu'il y a des coins, des MRC où les besoins sont plus frappants. Et des
fois la préoccupation tout à fait légitime pour l'équité risque de faire
en sorte qu'il y a des besoins de non
comblés dans d'autres coins. Comment vous vous réconciliez avec cette réalité?
Et, entre autres... Je suis sûr qu'il
y a une autre inéquité. Des fois, dans un coin, il n'y a aucun service, sur
leur terrain, intermédiaire. Comment vous réagissez à ces réalités-là?
Le Président (M.
Picard) : M. Couture, en quatre minutes, s'il vous plaît.
Couture (Pierre) : C'est la question de la justice distributive. Elle
prend en considération des paramètres, des variables qui prennent en compte le degré d'appauvrissement, et donc, à
ce moment-là, l'enveloppe prend en considération cet aspect-là. Et ces
municipalités régionales de comté ne sont pas perdantes dans l'opération,
compte tenu de leur situation financière. Ce n'est pas une règle de trois que
l'on applique, là. On ne prend pas la quantité d'aînés puis on applique...
C'est beaucoup plus complexe que ça. Il y a différents paramètres qui rentrent
en compte.
Le Président (M.
Picard) : Mme Chouinard.
Chouinard (Marie-Hélène) : Oui, il y a trois indices socioéconomiques
qui, effectivement, ont été pris en compte pour... Mais ce qu'on fait
surtout, je vous dirais, c'est qu'on accompagne les milieux locaux. Là, on a
réussi à mettre en place, dans chaque unité
MRCéenne, une instance de concertation qui s'adresse aux personnes proches
aidantes. Donc, avec ces instances locales
là, on les accompagne pour réfléchir puis trouver la bonne façon d'offrir les
services, la bonne manière d'offrir les services.
vous dirais qu'on a... puis ça, je pense que c'est généralisé à la grandeur du
Québec, la question des proches aidants,
on a beaucoup de travail pour les sensibiliser. Ma collègue Mme Lessard en
a parlé tout à l'heure, beaucoup de personnes
ne se reconnaissent pas la fonction de personne proche aidante. Alors, ça,
c'est... On a beaucoup de travail à faire pour sensibiliser ces gens-là à l'idée qu'il y a des services pour eux
puis qu'ils ont avantage à les prendre s'ils veulent faire ça longtemps. Parce que, chez nous, c'est
une dizaine d'années que les personnes sont proches aidantes, là, alors
c'est quand même considérable pour des personnes aînées.
Président (M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
intervenants? M. le député de Beauce-Sud, deux minutes.
M. Dutil :
Oui, merci, M. le Président. Vous avez mentionné tout à l'heure qu'il y aurait
35 % de personnes de 65 ans et
plus, là, ce qui fait de votre région une des régions les plus âgées du Québec,
et j'imagine que ça pose des problèmes
pour avoir des proches aidants. Si les proches aidants sont eux-mêmes des
personnes vieillissantes, ça ne doit pas être facile. J'aimerais avoir
votre constat là-dessus. Est-ce que je me trompe en disant ça ou si c'est une...
Le Président (M.
Picard) : M. Couture.
Couture (Pierre) : Effectivement, vous ne vous trompez pas. Et moi qui
suis originaire de Montréal, là... et je suis arrivé au
Bas-Saint-Laurent en 1990, j'ai été frappé par le degré de vieillissement plus
hâtif de la population, effectivement. En plus de ça, s'ajoute à ça... et ça,
c'est un autre constat que j'ai fait lors des visites qu'on a eues sur l'ensemble du territoire avec la direction
générale, c'est que l'affaire des proches aidants, c'est une affaire de
femmes. Chez nous, il y a beaucoup plus de
personnes impliquées non seulement en termes de proches aidantes, mais
également en termes de personnes qui
s'occupent des affaires administratives des proches aidantes, de femmes. Moi,
je vous dirais que 80 % à 90 % des personnes que j'ai
rencontrées lors des visites dans l'ensemble du territoire étaient des femmes.
Peut-être rajouter
des...
Chouinard (Marie-Hélène) : Effectivement, c'est un constat, c'est
beaucoup de femmes qui s'occupent de cette question-là. Toute cette
problématique-là, des personnes proches aidantes, je pense que c'est... il faut
la voir comme en évolution. Les personnes
proches aidantes que l'on a aujourd'hui ne seront pas celles que nous aurons
dans 10 ans, ils vont changer de profil. Actuellement, on s'intéresse
beaucoup, nous, aux personnes qui sont des proches aidantes secondaires,
c'est-à-dire ma mère prend soin de mon père, mais, moi, comme enfant, je prends
soin de ma mère. Donc, tous les services aux
proches aidants périphériques, je vous dirais, sont aussi importants que la
personne proche aidante directe, d'où
l'importance d'avoir des services d'information et d'orientation parce que c'est
souvent — à la
lumière de nos statistiques — ces enfants-là qui appellent pour savoir
comment conseiller leur mère ou leur père qui est dans le feu de l'action. Donc, il faut vraiment penser
famille. Il ne faut pas penser individu, il faut penser famille. C'est le
constat que l'on fait actuellement.
Président (M. Picard) : Merci, Mme Chouinard. Maintenant,
je cède la parole à Mme la députée de Taillon pour une période de
15 minutes.
Lamarre : Merci, M. le Président. Alors, merci encore d'être là
aujourd'hui, de nous expliquer clairement les besoins, les préoccupations et de soutenir, dans le fond, tout ce
réseau de proches aidants, qui est indispensable à, je vous dirais, un équilibre social, hein? C'est vraiment
dans cette dimension-là maintenant qu'on doit voir nos proches aidants.
Dans un premier temps, j'avais justement pointé
l'élément, dans votre région, de l'impact sur les gens — et j'avais écrit «les femmes» — encore aptes au travail, parce qu'on parle
de personnes qui ont entre 45 et 64 ans. Donc, ça a un impact également sur la disponibilité au niveau du marché
du travail et les revenus à moyen terme et à court terme.
Le Président (M. Picard) :
M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : Effectivement, vous avez tout à fait raison de le voir de
cette façon-là. Et c'est, je dirais, une situation qui engendre des
préoccupations particulières chez nous. On est très attentifs à cela. C'est
pour ça que la direction générale de L'Appui
Bas-Saint-Laurent est très accessible. Marie-Hélène doit souvent se déplacer
pour aider les personnes à monter
leur proposition, on le fait en concertation. Vient ensuite toute la question
de surveillance de la façon dont les
sommes sont dépensées. Là également, ça se fait en collégialité. Et nous
essayons d'être le plus près possible des besoins de la région. On essaie en ce moment de limiter autant que
possible les différents paliers d'intervention. Vous savez, ces fameuses interfaces qu'on met en place, bien,
chez nous, on essaie autant que possible de les éliminer. Et, de cette
façon-là, bien, on augmente l'efficacité de nos actions auprès de nos
concitoyens.
Je ne sais pas si j'ai répondu à votre question,
Mme Lamarre. Oui? Ah! O.K.
Mme Lamarre : Bien, vous avez
confirmé, en tout cas, la préoccupation que l'on essaie de traduire, donc. Et,
dans votre vision des choses, la population du Bas-Saint-Laurent, les personnes
âgées, même lorsqu'elles ont une responsabilité de proche aidante, elles
souhaitent demeurer à domicile le plus longtemps possible?
M. Couture (Pierre) : Tout à fait.
Marie-Hélène...
Le Président (M. Picard) :
Mme Chouinard.
Chouinard (Marie-Hélène) : Oui, elles souhaitent demeurer à domicile
le plus longtemps possible, mais elles souhaiteraient pouvoir être dans
leur maison, seules, quelquefois. Parce que, souvent, plus elles sont âgées,
les personnes proches aidantes, plus elles
donnent de temps, c'est du 20, 24 heures par jour. Et ce qui est difficile pour eux... Il y a
de très bons services, pour ne pas les nommer, Baluchon Alzheimer, par exemple, qui va permettre à des personnes proches aidantes de prendre un
sept jours ou un 14 jours de répit. Mais, dans notre cas, chez ces
personnes-là qui ont un certain âge, ils ne
savent même pas quoi faire d'une semaine. Ils ne partiront pas avec leur petit
baluchon pour aller au Jardin
botanique. Vous comprenez? Donc, ils voudraient pouvoir rester dans leur maison
et avoir un service qui permet de prendre
soin de leur aidé, quelques jours par mois, de façon sécuritaire. C'est
bien, le service à domicile, c'est apprécié, mais ils voudraient pouvoir avoir un peu de liberté dans leur propre environnement, ce qui est rendu contraignant, là, à un certain nombre d'heures
données, là.
Et les femmes sont des femmes qui sont malheureusement
prises avec des enfants à la maison, des parents à prendre soin. Donc, ça, c'est une réalité aussi. On soutient actuellement, avec l'Université du Québec
à Rimouski, une étude sur la conciliation famille-travail-soins,
donc on est préoccupés par comment l'entreprise privée pourrait faciliter aussi les conditions de vie de ces personnes proches
aidantes pour faciliter... Beaucoup de choses se font de façon informelle, mais il
y a encore place à améliorer toutes
les conditions des travailleurs, des
travailleuses — parce
que c'est principalement des travailleuses — qui
doivent prendre soin d'un...
Et, vous
savez, je le suis, moi, proche aidante de ma mère, et ce que j'ai besoin, c'est...
Si j'ai besoin d'aller avec elle pour
voir l'ophtalmologiste six fois dans le mois, je vais pouvoir y aller, alors
qu'il y a certaines personnes proches aidantes qui ne peuvent pas avoir accès à ce genre d'ouverture là, et ça, je
pense que c'est un travail qu'on devrait socialement soutenir, là.
Le Président (M. Picard) :
Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui. Ce que j'entends de la première
partie de votre réponse
aussi, c'est que peut-être que, dans certaines régions, comme celle du
Bas-Saint-Laurent, il y aurait des besoins particuliers pour un répit
d'hébergement court, dans le fond.
Mme Chouinard (Marie-Hélène) : Oui,
tout à fait.
Mme Lamarre : Alors, c'est peut-être
une autre façon de voir les besoins que la population a.
Il est sûr
qu'on est ici pour examiner le rapport sur les activités du Fonds de soutien
aux proches aidants, donc je vais vous poser quelques questions aussi
dans ce sens-là. Est-ce que vous trouvez, après avoir fait le portrait, là, des
besoins de votre région, que les sommes
accordées correspondent aux besoins? Est-ce que l'offre suit la demande?
Et est-ce que le processus, les relations avec L'Appui national sont efficaces
et appropriés?
Le Président (M.
Picard) : M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : Je vais commencer par vous dire que notre préoccupation,
nous, ce n'est pas de gérer l'offre, c'est
de gérer la demande, effectivement. Et je pense que, oui, on répond à cette
préoccupation-là, puisque les demandes sont
en augmentant, en ce moment. Et les témoignages que l'on a des personnes qui
gèrent les projets sont des témoignages très positifs. Et là je vais
laisser à Marie-Hélène le soin d'aller plus loin dans ce domaine-là.
Le Président (M. Picard) :
Mme Chouinard.
Mme Chouinard (Marie-Hélène) : En
fait, ce qu'on constate, c'est que, de plus en plus, vu la vasteté du territoire, on fait beaucoup de soutien
téléphonique, des intervenants psychosociaux qui font de l'intervention
téléphonique durant une demi-heure, parfois davantage. Donc, ils appellent les
gens, les gens les... La plupart du temps, c'est... ils appellent les gens. Nos proches aidants se déplacent peu : une
question de voiture, une question d'habileté à conduire, même, dans
certains cas. Donc, il y a toute cette question-là, de raffiner l'offre en
fonction de la réalité des personnes proches aidantes, qui sont souvent
isolées, malheureusement. On a des territoires qui sont, en termes de densité
de population, neuf personnes par kilomètre
carré, alors c'est... si vous comprenez, ce n'est pas une intervention qui est
facile.
Donc, ce
qu'on apprécie, à ce moment-ci, avec le réseau, c'est cette ouverture-là à
s'adapter à nos réalités régionales parce qu'on ne peut pas faire de
mur-à-mur dans le soutien aux personnes proches aidantes. Ça ne se peut pas.
C'est personnalisé, c'est une approche
personnalisée. Alors ça, à ce niveau-là, on a une belle ouverture. Jusqu'à
maintenant, on a près de 3 000
interventions de faites auprès de personnes proches aidantes, ça constitue près
de 8 000 heures de services directs à ces personnes-là, et je
vous dirais qu'on est en apprentissage de leur réalité encore. Alors, je pense
que c'est quelque chose qui est en continu, ce déploiement d'offres de services
Le Président (M. Picard) :
Mme la députée.
Lamarre : Quand vous faites vos demandes à L'Appui national, la
réponse, elle arrive assez rapidement? Les
projets sont bien reçus et vous êtes assurés du financement rapidement? Ce que vous avez traduit tantôt, Mme Chouinard,
comme expérience, ça reflète vraiment ce qui se passe actuellement?
Le Président (M. Picard) :
M. Couture.
M. Couture (Pierre) : Oui. Il y a effectivement,
moi, je dirais, une complicité entre L'Appui national, et nos actions, et nos
décisions...
Mme Chouinard (Marie-Hélène) : Nos préoccupations.
M. Couture
(Pierre) : ...nos préoccupations, voilà, et cette complicité s'exerce tous les jours. Ils sont
disponibles. Quand Marie-Hélène a un souci ou un point d'interrogation, elle
appelle à L'Appui national, et c'est très, très rapide, comme réponse, comme
intervention.
Le Président (M. Picard) : Mme
la députée.
Lamarre : Votre région, en tout cas, pour les quelques mémoires qu'on a regardés, les gens semblent
avoir compris beaucoup mieux la façon de
vous utiliser, jusqu'à un certain point, là, ce qui est positif dans ce
sens-là. Quels conseils vous auriez à
donner peut-être aux autres régions qui, dans certains cas,
semblent avoir des budgets, mais ne les utilisent pas parce que la communication... Est-ce que
vous pensez que c'est vraiment votre réseau de justice distributive ou si
vous avez aussi d'autres conseils que vous pouvez aussi nous...
Le Président (M. Picard) :
M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : C'est
carrément... Il faut établir une complicité avec les personnes avec qui on
travaille. Bon, moi, je vous ai fait part...
ça fait deux ans à peu près — un
an et demi, deux ans — que
je suis à la présidence de la table
de concertation, je vous avoue qu'au départ il y avait des tiraillements,
mais maintenant cela n'existe plus. Il y a une telle complicité que je ne me
souviens pas d'avoir animé, à ce jour, une réunion où on avait des points
difficiles à discuter. Comme la question
de la justice distributive, ça a été adopté à l'unanimité. Notre plan
organisationnel et stratégique 2013‑2016, il y a des points, là-dedans,
extrêmement, tu sais, particuliers, je dirais, pour les différents membres à la table de concertation, et, là encore,
ça a été accepté à l'unanimité. Quand nous arrivent les projets et vient
le temps, à la table de concertation, d'accepter ces projets-là, parfois il y a
des tiraillements. Il y a des... je sens contre... il y a même des complicités qui s'établissent, il y a des gens qui
discutent de certains aspects du projet, mais finalement il est accepté
à l'unanimité.
Ça fait que ça, ça me démontre, là, qu'il y a
une volonté de concertation chez les membres de la table, qui ne peut être que
gagnant, parce que, quand ils retournent dans leur milieu, bien, on en parle
dans les chaumières et on établit des liens
avec les autres municipalités régionales de comté pour venir à bout d'un
problème qui est particulier. On a même accepté récemment, je pense, un
projet qui émane de différentes MRC, je me souviens de ça. Marie-Hélène...
Chouinard (Marie-Hélène) : Oui, un projet régional, en fait, avec la
Société d'Alzheimer du Bas-Saint-Laurent,
qui va pouvoir déployer un projet identique dans différentes MRC. Donc,
effectivement, je pense que ce que
dit M. Couture, c'est toute l'approche basée sur la confiance, il faut
faire confiance. Mais, pour ça, pour faire confiance, il faut se faire confiance, et la table, là,
maintenant, est dans une maturité d'organisation où c'est inscrit, cette
confiance-là, et c'est ce qu'on témoigne, je pense, à nos partenaires.
Le Président (M.
Picard) : M. Beaudry.
Beaudry (Gérald) : Et, je dirais, ne sous-estimez pas l'énergie qu'il
faut mettre à établir des dialogues avec des partenaires en périphérie.
Je pense que le danger, le piège, c'est de tomber dans une approche qu'on
appelle silo, là. Un ensemble de partenaires
doivent... puis ça a été les étapes par lesquelles on a passé, là, bien saisir
le rôle de L'Appui, la valeur ajoutée, la complémentarité que ça peut
avoir auprès des organismes communautaires, auprès du réseau de la santé et des services sociaux. Ça fait que les
phases d'établir ces complicités-là, ce n'est pas du temps perdu, loin de
là, et ça permet après... Comme on dit souvent : Agir seul, ça permet
d'aller vite; agir ensemble, ça permet d'aller plus loin, là. Ça fait que c'est
beaucoup de cette approche-là qu'il faut y consacrer les énergies également
voulues.
Le Président (M.
Picard) : Mme Chouinard.
Chouinard (Marie-Hélène) : Peut-être pour conclure aussi, je pense que
L'Appui Bas-Saint-Laurent, elle met
la lumière sur la personne proche aidante, et actuellement, dans l'organisation
des services de santé et des services sociaux, cette lumière-là, elle
était plutôt faible, et je pense que ça... notre intervention, notre présence
permet de mettre cette lumière-là, de la
garder sur eux. Parce que c'est très facile de dire : On va donner des
services à l'aidé, comme ça l'aidant, il va être correct, mais ce n'est
pas aussi simple que ça. La personne proche aidante a ses propres besoins. Je
pense que c'est notre rôle, à nous, d'être les chiens de garde de cette
réalité-là.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée, il vous reste deux minutes.
Lamarre : Merci. Alors, on nous parle de 3 000 interventions à ce
jour, là. On sait que notre population est vieillissante, mais
aujourd'hui à quel pourcentage des besoins vous considérez répondre?
Le Président (M.
Picard) : Mme Chouinard.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : C'est une excellente question, mais ce n'est pas une
question à laquelle je pourrais répondre maintenant. Notre historique est
encore très faible, hein, notre petite histoire... On est en pleine vitesse de
croisière, je vous dirais. Dans deux ans, je vais pouvoir répondre à cette
question-là, mais maintenant je pourrais vous dire n'importe quel chiffre, et
ce serait faux.
que je sais, par contre, c'est qu'on a la préoccupation de la personne proche
aidante, et ce qui me réjouit à ce moment-ci de notre histoire, c'est
que tous nos territoires de MRC ont embarqué dans le projet, et ça, c'est...
c'est ça, la grande... À ce moment-ci, pour nous, notre grande fierté, c'est
que tous les milieux font
partie du déploiement, parce qu'on ne peut pas être
une région puis avoir des beaux succès dans un territoire et pas de succès dans
l'autre. Pour nous, c'était important, comme table, que ça se déploie de façon
équitable, cette offre de service là.
Le Président (M.
Picard) : Merci.
Mme Lamarre :
Alors, c'est sûr qu'on a, nous aussi, des préoccupations de bien gérer les
sommes qui sont allouées, mais aussi
d'anticiper les besoins, qui risquent d'être en croissance, en mettant le citoyen
au coeur des décisions. Je pense que c'est vraiment ce que vous avez
décidé de faire.
note peut-être une forme de réseautage des aidants, aussi, qui peut
peut-être être un élément multiplicateur, parce qu'on va certainement atteindre certaines limites,
et le soutien, aussi, à ces proches aidants, un certain soutien
financier, qu'on entend, puisque certaines personnes sont pénalisées. Mais tout
ça, c'est une réalité qui s'avance vers nous à vitesse grand V et à laquelle on n'a pas bien planifié, je pense,
des mécanismes de soutien financier qui vont être à la mesure de ce qui
arrive devant nous, là, à très grande vitesse.
Alors,
je vous remercie beaucoup, M. Couture, Mme Chouinard et
M. Beaudry. Merci pour votre témoignage, pour la saine
organisation, la vision que vous avez eue aussi sur l'organisation. Merci.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Drummond—Bois-Francs
pour 10 minutes.
Schneeberger : Merci, M. le Président. Alors, bonjour à vous
trois. Tout d'abord, j'aurais une question plus d'ordre administratif. Tout à l'heure, le député de Sherbrooke
soulignait le taux de frais d'administration assez élevé chez vous, qui a baissé, d'ailleurs, et puis là...
suite, justement... il a baissé suite au... justement, à la collaboration avec
la CRE, que je salue, d'ailleurs... je pense, justement, ont travaillé
en collaboration et... éviter le travail de silo, c'est une excellente
initiative.
Cependant, j'aurais
une question, peut-être pour le directeur général. M. Beaudry, pour vous,
est-ce que ça a occasionné une augmentation,
chez vous, des frais d'administration suite à la collaboration? Parce que, bon,
on a beau dire,
vous avez baissé vos frais d'administration, mais, si ces frais-là ont été
transférés à la CRE, je veux dire, on n'a pas baissé les frais
réellement, là.
Le Président (M.
Picard) : M. Beaudry.
M. Beaudry (Gérald) :
Les frais d'administration n'ont pas été augmentés. Nous aussi, on est dans des
phases de restrictions budgétaires. Il faut dire que, dans cette approche-là,
d'abord, il y a une rigueur en termes de processus,
là, et d'autonomie de la table, également, dans l'analyse et les
recommandations, là, des choix de projets. Nous, c'est mon personnel administratif, là, qui assure le suivi au niveau...
à la fois des protocoles, l'élaboration des mécanismes de reddition de comptes, etc., mais toujours en lien
direct avec la direction de L'Appui. Je dirais que... Et aussi ce qui...
n'emmène pas de surcharge.
conseil d'administration de la CRE a délégué à la direction générale le pouvoir
d'engagement des sommes, de sorte
que, lorsque la table fait ses recommandations, tout ça a passé par le
processus d'analyse des projets. Moi, je n'ai pas à retourner ni à
l'exécutif ni au conseil d'administration de la CRE, et ça, ça aurait été une
approche qui aurait amené beaucoup de lourdeur et d'augmentation de frais supportés
par la CRE. Donc, on a maintenu... ce que M. Couture disait tout à
l'heure, on a éliminé au maximum les interfaces pour rester efficaces et
efficients. Ça fait que, dans ce sens-là, il
n'y a pas de transfert de surcharge comme tel. Il y a une part qui est assumée,
là, comme on disait tout à l'heure, par les budgets de L'Appui, mais
vraiment le minimum, là, le minimum comme tel.
y a des tâches qui se font en commun, qui sont en commun. Lorsque le
vérificateur externe fait la vérification, mais... au lieu d'avoir 54 projets séparés... il y en a 55, là, le 55e
étant L'Appui, là. Ça fait que ce n'est pas ça qui amène des... Il y a
des économies d'échelle, que je dirais, là.
Le Président (M.
Picard) : M. le député.
Schneeberger : Est-ce que... économies d'échelle aussi au
niveau des personnes-ressources, j'imagine, dans le sens que, vous, probablement, avant, vous aviez
affaire à l'extérieur, alors que, là, vos personnes-ressources peuvent
le faire, et puis... Bon, bien, en tout cas, félicitations pour ça!
M. Beaudry
(Gérald) : Je le disais un petit peu tout à l'heure, je le
répète : Le fait que la direction soit dans une équipe de professionnels,
également, qui interviennent au niveau social, c'est une valeur ajoutée, ça
amène une connaissance très pointue de la
mobilisation des territoires parce qu'on est plusieurs qui interviennent dans
ce champ-là, donc ça accélère aussi le travail, ça évite certains
écueils. Et ça nous emmène également... De façon très spontanée, on a amorcé, il y a deux ans, toute l'approche,
là, intersectorielle du vieillissement en santé. Donc, L'Appui, c'est un
des joueurs majeurs de cette réflexion-là, au même
titre que d'autres, que les
agents communautaires, que l'agence, etc. Ça fait que c'est une synergie qui
est spontanée et qui est très performante.
Le Président (M.
Picard) : M. le député.
Schneeberger : Tout à l'heure, vous disiez que vous... Bon,
c'est sûr que votre territoire est très grand. Dans la MRC des Basques,
tout ça, moi, j'y ai été souvent, moi, dans mon ancienne vie, avant d'être
député, dans ce coin-là, et puis, oui, effectivement, les distances sont
longues. Je voudrais savoir : Au niveau des frais, vous, là, au niveau de l'administration, c'est-u vrai que les frais de
départ, j'imagine, déplacements font
partie des frais d'administration?
C'est quoi, l'ordre de grandeur au niveau des frais? En tout cas, si vous
n'avez pas les chiffres en tant que tels, mais...
Mme Chouinard (Marie-Hélène) :
J'ai les chiffres, mais je n'ai pas les pourcentages. Mais je vous dirais que
c'est tout à fait... Pour nous, ça ne devient même plus une... ce n'est pas une
dépense, c'est un investissement. C'est-à-dire
que, si on veut démontrer à nos équipes locales qu'on travaille avec eux, il
faut se rendre vers eux. Il ne faut pas toujours attendre que ce soient
eux qui viennent vers nous et qui... Je pense qu'on n'est pas dans une approche
«top-down», on est vraiment dans une
approche «bottom-up» puis on se rend à ces gens-là. Ça fait que, pour nous, ça
fait
partie de notre responsabilité que de le faire.
M. Couture
(Pierre) : Puis, si on ne le fait pas, ces gens-là vont nous rappeler
qu'on doit le faire.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : Qu'on doit le faire... c'est... oui, effectivement.
Le Président (M.
Picard) : M. le député.
Schneeberger :
Tout à l'heure, vous mentionniez que... Bon, on prenait l'exemple de la MRC des
Basques, qui a un taux de population qui est très vieillissante. Aussi, c'est
une région qu'au niveau économique, tu sais,
on traîne de la patte; ce n'est pas évident, justement, d'attirer les jeunes.
Est-ce que... Je regardais les chiffres, au niveau des pourcentages, là, des personnes aidantes, où est-ce que vous
disiez qu'il y avait une personne sur trois qui était elle-même âgée...
Bon, bien, c'est des chiffres, et autres, mais, est-ce qu'à ce moment-là, en
étant conscients de ça, vous, avez-vous une
projection? Admettons, vous dites... D'ici 10 ans, c'est où que vous vous
voyez? Dans le sens que les générations
changent... Moi, je regarde maintenant... Nos grands-mères, à l'époque, avaient
10, 12 enfants, puis on dirait qu'elles
étaient capables de... Aujourd'hui, on en a deux, puis, des fois, on est
débordés. Alors, j'imagine qu'en vieillissant on
va être un peu la même... Est-ce que, justement... Est-ce que les plus jeunes
d'aujourd'hui, qui vont être plus âgés tout
à l'heure, vont accepter de faire les mêmes travaux, les mêmes services que ces
gens-là font aujourd'hui? Ou est-ce que
vous voyez, justement, qu'à un moment donné ces gens-là vont dire : Non,
c'est assez, là, on... Parce que ça, c'est une problématique, là. Et
étant donné que, vous, justement, il y a moins de jeunes, plus de personnes
âgées, plus... Tu sais, c'est une roue sans fin, comme c'est là.
Le Président (M.
Picard) : Madame... Non? M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : Oui, c'est une roue sans fin, effectivement, mais comment
entrevoir comment les générations futures vont voir le lien proche aidant-aidé,
j'ai de la difficulté, moi, également, à le saisir en ce moment.
Mme Chouinard
(Marie-Hélène) : Mais, une chose est certaine, ils seront davantage en
demande de services que ces personnes aînées
là qui, actuellement, n'osent pas déranger — ça fait
partie du contrat de
mariage — alors
que je pense que, dans la génération qui va
venir, ce ne sera pas tout à fait cette même réalité-là. Et je crains qu'on ne
soit pas, actuellement, prêts à faire face à cette affluence de demandes de
service qui va venir de ces personnes-là. Parce qu'eux, la conscience d'être
proche aidant, ils vont l'avoir davantage que la génération qui les précédait.
Le Président (M.
Picard) : Monsieur...
Schneeberger :
Le Président (M.
Picard) : Oups! M. le député, s'il vous plaît, M. Beaudry
voulait intervenir.
Schneeberger :
Excusez-moi.
M. Beaudry
(Gérald) : La loi du nombre fait en sorte... Moi aussi, je n'ai pas de
boule de cristal pour dire qu'est-ce que ça va être, mais la loi du nombre,
ayant beaucoup moins d'enfants, etc., fait en sorte qu'il faut déjà anticiper
une problématique au niveau de la demande de service, d'où l'importance de
mobiliser les communautés pour que ça ne
soit pas le seul fait de l'aidant. C'est un tissu social qui doit préparer,
justement, cette réponse à des besoins qui seront grandissants. Parce
que, oui, le maintien à domicile, c'est toujours ce qui est voulu, et c'est... le
maintien à domicile dans le domicile où nous
sommes et dans une réalité très rurale comme nous avons, ça pose également
un grand défi, d'où l'importance de la mobilisation de la communauté.
Le Président (M.
Picard) : Merci. J'aurais
besoin d'un consentement pour poursuivre nos travaux. Ça va pour tout le monde?
Pour qu'il... M. le député.
Schneeberger : Oui. L'aspect que vous avez, justement... On parlait de distances. Au niveau des
requêtes des proches aidants, est-ce que le phénomène de la distance — les
dépenses dues aux déplacements — est une réalité qui revient très souvent
chez vous? Parce que, bon, on veut bien aider, mais, en même temps, si on
dépense à chaque fois 25 $ d'essence pour aller voir la personne, bien, souvent c'est des coûts qu'on assume,
on a plus souvent d'assumer... Est-ce que chez vous c'est une réalité qui est
encore plus vraie, là?
Le Président (M.
Picard) : M. Couture.
M. Couture
(Pierre) : Je ne sais pas si je
comprends. Votre question s'adresse pour les proches
aidants, là? Est-ce que c'est une réalité pour les proches aidants de
dépenser davantage pour avoir les services? C'est ça?
Schneeberger : C'est
ça. Bien, pour avoir les services, mais aussi pour les donner, dans le sens que
les aidants naturels, eux, à un
moment donné, on sait que c'est des coûts, mais ont plus... Tu sais, c'est
comme être bénévole. Tu sais, on veut
aider, mais en plus il faudrait débourser 50 $ pour aider. À un moment
donné, on va dire : Wo! Ça fait, là, tu
sais, on...
M. Couture
(Pierre) : Oui. Écoutez, c'est une
réalité à laquelle on fait face, là, puis on n'a pas
le choix de le faire. Il faut le faire
si on veut assurer le succès de l'opération. C'est pour ça qu'on a à coeur de développer ce qu'on appelle les
services de proximité. Vous savez, essayez de vous mettre en perspective une
personne de Percé qui devrait être... qui est proche aidante, mais, pour
avoir des services, il faudrait venir à Rimouski. Ça n'a aucun sens, là, ça n'a
pas de sens. Donc, on est préoccupés par ça
puis on essaie de moduler notre façon de faire pour répondre à cette
demande-là. C'est dans ce sens-là que je disais tantôt que nous, on a la
prétention de gérer la demande et non pas de gérer l'offre, actuellement. C'est la demande qu'il faut
gérer.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Donc, je remercie
Mme Chouinard, M. Couture, M. Beaudry
pou