Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 20 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-10-20
Quebec — Committees
J'aimerais
prendre quelques minutes pour vous présenter le juriste
d'expérience qui a collaboré à la rédaction du projet de loi n° 54,
Me Claude Gélinas, qui est assis à l'arrière. Me Gélinas a été conseiller
au bureau des lois et règlements du ministère de la Justice du Québec. Il a également été avocat-conseil
en législation à l'Assemblée
nationale du Québec.
M. le Président, dès mon entrée en fonction à
titre de ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation,
j'ai affirmé que le bien-être des animaux constituait une priorité. Les divers
cas de cruauté animale exposés dans les médias nous ont tous interpellés et ont
choqué la population du Québec. Il faut que le Québec resserre sa législation.
n'y a plus de doute en 2015 pour nous
et nos concitoyens que les animaux ne sont pas des biens meubles. C'est pourquoi
la première
partie de ce projet de
loi modifie le Code civil
du Québec afin que les animaux soient considérés légalement non plus comme des biens meubles, mais
plutôt comme des êtres doués de sensibilité et ayant des impératifs biologiques. Cette modification est inspirée des
meilleures pratiques législatives européennes, soit celles de la France,
de la Suisse, de l'Allemagne et de
l'Autriche. En ce qui concerne la deuxième
partie du projet de loi, elle édicte la loi particulière sur le bien-être et la sécurité de l'animal, qui s'inspire des lois en
vigueur dans les trois provinces canadiennes occupant la tête du classement de
l'Animal Legal Defense Fund, soit le Manitoba, l'Ontario et la Colombie-Britannique.
Le Québec peut et doit
faire mieux en matière de bien-être animal. Nous nous devons d'être la voix de
nos animaux, qui n'ont que la nôtre pour
s'exprimer. Je terminerai en recitant Gandhi : «On reconnaît le degré de
civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux.» Merci,
M. le Président.
Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre, merci pour vos remarques. J'invite maintenant
le porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Bonjour, M.
le Président. Je veux saluer M. le ministre, les députés du gouvernement qui
sont présents et, bien sûr, les gens du ministère qui vous accompagnent. Je
veux saluer aussi mes collègues qui sont avec
moi et, bien sûr, je veux saluer les gens de la CAQ qui sont
présents. Et je veux saluer toutes les personnes qui nous écoutent, parce
qu'assurément, M. le Président, elles sont nombreuses, elles sont nombreuses,
parce qu'effectivement, comme le ministre vient de le dire, c'est un
projet de loi qui interpelle et qui fait écho dans la population.
Nous avons
tous été, comme parlementaires, assurément interpellés par des citoyens,
notamment par évidemment la tenue de
la commission parlementaire, l'audition, donc, où on a rencontré, je le disais
et je le répète, des gens qui sont des
experts, sont des experts parce que, vous savez, lorsqu'on prend à coeur un
débat ou qu'on prend à coeur un projet, inévitablement, on devient des
experts en la matière. Et ces gens-là sont venus non seulement nous donner leur
avis, sont venus non seulement nous dire...
nous faire entendre, finalement, ou nous faire comprendre qu'ils ont des
attentes importantes par ce projet de loi
là, M. le Président, mais ils sont aussi venus nous transmettre leur passion,
leur passion des animaux. Et donc je
tiens à les saluer et je tiens à leur dire que tout n'est pas joué, bien au
contraire. Je crois que les gens l'ont bien compris. Le ministre s'est
montré très ouvert durant la commission parlementaire, il vient de réitérer
cette ouverture-là. On espère que cela se
concrétisera à même le projet de loi que nous allons étudier d'ici les
prochaines heures et pendant on verra
combien de temps. Mais il faut le faire comme il faut. Et donc tout n'est pas
joué, et j'invite les gens, par le
biais du site de l'Assemblée nationale ou par le biais de nos bureaux
respectifs, de nous faire parvenir leurs suggestions ou leurs
commentaires qu'ils pourraient avoir au cours de cette commission, M. le
Président.
M. le
Président, je le dis et je le répète, je pense que c'est important, nous, les
parlementaires ici, nous sommes le vecteur, finalement, d'aspirations de
nos populations, la population du Québec, et, lorsqu'un projet de loi arrive
ici, à l'Assemblée nationale, souvent c'est parce que justement nos
populations, nos gens sur le terrain nous ont fait bien comprendre que nous
devions apporter des modifications ou tout simplement mettre une loi en place
pour justement répondre à ces aspirations-là.
Ce projet de loi là n'est pas différent des
autres, c'est parce qu'il y a vraiment au sein de la population une inquiétude et, je dirais même, une certaine...
j'essaie de trouver le mot exact, M.
le Président, mais une certaine...
parce qu'on a vu dans les journaux, monsieur... ou à la télévision, dans les
différents moyens de communication, on a vu les atrocités dont a fait état le ministre, certaines atrocités, et évidemment
les gens ne veulent plus que cela se répète, donc, cette indignation
très forte dans la population par rapport au sort qui est réservé parfois à des
animaux. On comprend que c'est des situations
assez exceptionnelles, mais une situation en est une de trop, et je pense
que, le projet de loi que nous avons devant nous, M. le
Président, en tenant compte de ce que les gens nous ont dit en commission
parlementaire, les commentaires qu'ils nous ont apportés, on va pouvoir le bonifier de belle façon. En
fait, moi personnellement... et je pense que c'est l'ensemble des parlementaires, nous avons tous, je pense, ce profond défi là d'arriver à un projet de loi qui sera le mieux fait possible, qui répondra le mieux possible, finalement, aux impératifs que nous nous sommes donnés, parce qu'on dit bien ici : Bien-être, sécurité animale. «Sécurité», je pense
qu'on l'a vu dans le projet de loi, on le sent, hein, on sent qu'il y a une approche qui veut être plus réglementée,
mieux réglementée pour justement assurer la sécurité. Quand on parle de «bien-être», c'est peut-être
un peu plus compliqué, je dirais, M.
le Président, parce que
le bien-être peut-être
subjectif, d'une certaine façon.
Alors, il y aura tout un travail à faire par
rapport au projet de loi pour s'assurer que... et on comprend tous la même chose, finalement, pour que ça puisse
se décliner et qu'il puisse y avoir un bel écho dans la population.
Et, ça aussi, je le dis souvent, M. le Président, un projet de loi, ou un règlement, ou une résolution, ou une motion, lorsqu'on
veut qu'il ait le maximum d'échos dans la population, encore faut-il que
les gens se l'approprient, et c'est pour ça que je disais en début d'ouverture, M. le Président, que j'invite les gens à nous écouter et à écouter la commission
et à ne pas hésiter à faire leurs commentaires pour, justement, s'assurer qu'il y aura un maximum d'échos dans la population par rapport
aux travaux qui vont nous animer durant les prochains jours, prochaines
semaines.
M. le
Président, l'esprit du projet de loi, on se comprend, c'est le bien-être
animal. Il y a une question qu'on ne pourra pas éviter, et je pense que
M. le ministre a fait quelques commentaires à ce sujet-là, quand on parle
d'abattage rituel. Alors, c'est une question
qu'on ne pourra pas éviter, et on ne doit pas l'éviter. On peut penser des fois
que c'est l'éléphant dans la pièce,
mais on ne pourra pas l'éviter, cette question-là. M. le ministre a fait
quelques commentaires à certains journalistes. On aura l'occasion d'en
rediscuter au cours de l'étude
article par article, parce que l'esprit du projet de loi, et là vous me corrigez si je me
trompe, mais c'est justement de s'assurer que ce bien-être animal là
pourra avoir cours sur l'ensemble du territoire québécois. Et là il y a une
question qui vient évidemment, c'est au niveau des abattoirs sous juridiction fédérale. On sait que le projet de loi actuel
n'assujettira pas, finalement, les abattoirs fédéraux, et ce que le ministre nous disait, c'est que ça... et,
quand on sait que tout près de 100 % de l'abattage, M. le Président, se
fait dans les abattoirs... ce n'est pas
100 %, mais ça avoisine pas mal. Si on parle du poulet, si on parle du
porc, etc., il y a beaucoup
d'abattage, énormément, tout près de 100 %, qui se fait dans les abattoirs
sous juridiction fédérale, et, ce faisant, le projet de loi n'aura pas force — excusez la redondance — force de loi au niveau des abattoirs du
fédéral. Et là le ministre nous disait : Bien, ça fonctionnera par protocole. Mais on aura
l'occasion de rediscuter de cela, parce que vous comprendrez qu'il serait malhonnête qu'on ne le dise pas,
finalement. Il faut que les gens le sachent, il faut que les gens sachent
que ce projet de loi là, sur lequel on va
travailler... et assurément on arrivera à quelque chose, en bout de piste, qui
sera sûrement... et qui répondra
sûrement aux aspirations des Québécois en matière de bien-être animal, eh bien,
il faut leur dire qu'il y a comme un problème qui se pose quant aux
abattoirs sous juridiction fédérale.
Bon. Ceci étant dit, M. le Président, ces
précisions étant faites, le ministre peut s'assurer de notre entière collaboration à ce projet de loi là. C'est un
projet de loi qui aura une portée... et, encore là, je le dis souvent, un
projet de loi ou une loi, avant
qu'elle soit souvent réouverte, à moins d'urgence majeure, peut prendre des
années, voire des décennies avant
qu'elle soit retouchée, alors d'autant plus important de le faire comme il faut
et de prendre le temps de le faire comme il faut. J'arrête sur cet
aspect-là, M. le Président, et je demande, tout simplement, pendant que j'ai
quelques instants, je demande au ministre... Peut-être qu'il pourra nous répondre tantôt. On n'a pas
reçu de cahier, mais, bon, je sais que le ministre n'en a pas, et tant
mieux si ça lui sied ainsi de ne pas en avoir, mais, de mémoire de député — ça
fait depuis 2008 que je suis ici — j'ai
rarement, sinon jamais vu ça. Mais on aura l'occasion peut-être
tantôt de rediscuter de cet aspect-là. Et
j'ose espérer, M. le Président... et là je tends la main au ministre,
assurément, et il l'a dit d'entrée de
jeu tantôt, s'il a bien écouté les gens qu'on a rencontrés en commission parlementaire et les mémoires qui ont
été déposés, ainsi que tous les commentaires qui sont sur le site
de l'Assemblée nationale, assurément que le projet de loi doit comporter
certains, pour ne pas dire plusieurs amendements.
Et donc je
tends la main au ministre à savoir si les amendements, parce que son équipe et
lui-même ont sûrement travaillé très fort, j'en suis convaincu, à
justement...
Villeneuve : ... — oui, travaillé, disons — ont sûrement dû travailler à s'assurer que
le projet de loi puisse répondre,
justement, aux interventions des gens, et donc il a sûrement des amendements
entre les mains présentement. Alors,
si c'était possible d'en prendre connaissance — ça peut se faire soit par dépôt à la
commission ou ça peut se faire tout simplement,
que les parlementaires puissent les regarder, les consulter — je pense que ça aiderait à avancer peut-être... je
n'ose pas trop me... peut-être plus
rapidement, mais, à tout le moins, plus efficacement au niveau de l'étude du
projet de loi.
Alors, là-dessus, je tends la main au ministre.
Si tel est le cas, s'il y a des amendements de préparés déjà, qu'on puisse les regarder, je pense que ça
pourrait amener... puis ça permettrait aussi, M. le Président, aux gens qui
sont venus nous rencontrer... bien, ça leur
permettrait aussi de voir jusqu'à quel point l'oreille des parlementaires les a
bien entendus. Alors, voilà, M. le Président, ce sera tout pour mes remarques
d'ouverture. Merci.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier, merci pour ces remarques.
J'invite maintenant la porte-parole du deuxième
groupe d'opposition en matière d'agriculture, pêcheries et...
Une voix : M. le Président...
Le Président (M. Morin) :
Oui, ça va venir par la suite.
Le Président (M. Morin) :
Oui. Mme la députée de Mirabel.
Le Président (M. Morin) :
C'est par après, après la députée de Mirabel. Je m'excuse, là. Allez-y.
Mme D'Amours : Merci, M. le
Président. Bien, M. le Président, tout d'abord, je désire vous féliciter, vous
remercier...
Maltais :
Pardon, M. le Président. Excusez-moi, Mme la députée, mais ce que j'ai vu, moi, d'usage... je vous demande juste de vérifier auprès du
secrétaire, ça peut être juste un petit méli-mélo, là, mais, d'usage, les
députés de l'opposition officielle font leurs remarques préliminaires, et
ensuite les députés de la deuxième opposition font leurs remarques
préliminaires. J'ai devant moi un ancien leader qui connaît très bien ces
règles.
Alors, M. le
Président, je vous demande de revenir à l'usage parlementaire. C'est simplement
parce qu'on veut que ce soit respecté, les usages, là.
Le Président (M. Morin) : Je
conserve ma décision. On commence par les porte-parole des oppositions et
ensuite on revient à ceux et celles qui veulent faire des remarques
préliminaires.
Maltais :
...M. le Président, si vous permettez, simplement, pour bien qu'on se
comprenne, là. Vous maintenez votre décision, mais est-ce que cette décision
est un changement de directive? Parce que, si vous changez une façon de faire, il faut qu'on le sache
immédiatement pour qu'on vérifie et qu'on vous dise tout de suite que, si
vous changez de façon de faire, nous, on va
retourner à l'Assemblée nationale, on va vérifier à ce que ce ne devienne pas
une règle, parce qu'à ce moment-là on va
protester immédiatement puis là on va... Ça fait que ou bien c'est un
changement de règle ou bien c'est correct. Alors, si c'est correct, on y va
comme ça. Parfait.
Président (M. Morin) : Moi aussi, je suis ici depuis 2003 et je
me rappelle très bien de la façon de faire. C'est comme ça, normalement,
qu'on procède.
Maltais :
Parfait. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Mme la députée de Mirabel, je veux vous entendre.
D'Amours : Merci, M. le Président. Bien, M. le Président, moi,
j'aimerais vous remercier, j'aimerais souligner
le travail que vous avez parfaitement mené pour les travaux de la commission du
projet de loi n° 54, par votre approche,
vis-à-vis l'écoute que vous nous avez permise au sujet des groupes que l'on a
reçus, et ça, ça nous a permis de comprendre
l'impact du projet de loi qui est en exemple. Je vous invite, M. le Président,
tout comme les membres de la commission,
à s'en inspirer et à poursuivre les travaux sur le projet de loi n° 54
avec ouverture et de façon constructive.
mon côté, je tiens à vous rappeler que je travaillerai de façon à améliorer le
projet de loi et que je ne suis pas ici
pour faire du temps. Je suis ici pour regarder, parler au nom des gens que je
représente et de m'être fait aussi une
idée sur les dossiers que l'on a reçus, sur les mémoires que l'on a reçus et, à
mon sens, à la lueur de ce que nous avons entendu,
que tous les organismes que nous avons rencontrés, tous étaient en accord avec
ce projet de loi. Alors, je
crois que nous devons nous en inspirer pour nos interventions.
En terminant, je tiens à dire que je crois qu'il est grand temps qu'un tel projet de loi soit disposé et que nous avons le
devoir de profiter de cette opportunité pour assurer le bien-être... et de la
sécurité des animaux et je pense ainsi à des ajustements qui permettraient des abattages souffrants en lien avec des
raisons religieuses ou des mesures qui pénaliseraient gravement les agriculteurs du Québec.
Alors, je serai ici pour vérifier que ce projet de loi ne brime pas ni
d'un côté ni de l'autre mais que ce soit fait en fonction du bien-être
animal. Merci, M. le Président.
Président (M. Morin) :
Merci, madame, pour ces remarques. Maintenant, qui ai-je l'honneur d'entendre? Mme la
députée de Taschereau ou Hochelaga-Maisonneuve? Hochelaga-Maisonneuve. Je veux
vous entendre.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, bien, ça me fait plaisir de saluer tout le monde et de m'inscrire pour accompagner
mon collègue dans le travail de fond, qui a déjà été
fait par le ministre et son ministère, en lien avec ce projet de loi là.
Il est important... et le ministre l'a dit même lors de ses remarques lors de
l'adoption de principe, de l'importance que le Québec devienne un leader et non pas en fin de ligne sur
sa réputation en lien avec le bien-être animal. Et ça, c'est important.
La mauvaise image du Québec actuel, il n'y a personne qui en est fier ici. Et,
si ce projet de loi là fait en sorte non pas
juste d'améliorer notre image, mais améliorer le bien-être des animaux, bien je pense
que toute la population du Québec va être contente.
but du projet de loi, qui est tant l'encadrement de la vente des
animaux mais aussi l'encadrement de ceux qui maltraitent nos petits
animaux, particulièrement, et même l'ensemble des animaux en tant que tels,
bien, je pense que ça doit faire en sorte de devenir une pratique dont on ne
parle plus au Québec après ce projet de loi là. Il faut que ça devienne un défi pour toute la société québécoise,
que la cruauté animale, ça n'a pas sa place au Québec, et ça, là-dessus, vous avez notre soutien, M. le
ministre, vous pouvez en être garanti.
Cependant, il y a un
sujet qui nous préoccupe, et c'est l'insensibilisation des animaux. À ce
moment-ci, nous n'avons pas la certitude que
ce qui est dans le projet de loi est suffisant pour s'assurer que la règle de
pratique, la règle que les Québécois
s'attendent, qui est l'insensibilisation des animaux avant leur abattage, est
la règle pour tous les animaux et surtout
pour tous les animaux qui se retrouvent dans leurs assiettes. Et ça, on n'a pas
de garantie là-dessus. Il n'y
a pas d'étiquetage garanti, il n'y a pas de traçabilité garantie là-dessus,
et ça fait en sorte que ça crée de l'incertitude. Et, à mon avis, il faut
en venir à rassurer le citoyen à savoir que les animaux au Québec
qui passent à l'abattage l'ont été avec une procédure d'insensibilité. Et ça, je pense que, là-dessus,
on va être assez, tout le monde, d'accord. Il existe effectivement de l'abattage rituel, mais, si la règle au Québec,
c'est l'insensibilité, bien l'insensibilité devra être la règle, tout simplement. Il y a aussi la donne de
l'abattage sous la responsabilité fédérale. Si la règle québécoise,
c'est l'insensibilité, bien ça va être l'insensibilité pour tout le
monde, à mon avis.
Alors, je pense que,
si on se donne des balises aussi claires que c'est l'insensibilisation, au Québec,
qui est la règle, bien, je pense
que tout le monde va s'entendre et que les citoyens québécois
vont au moins savoir que la procédure admise par tous, c'est celle-là
qui fait foi au Québec, et il n'y en a pas d'autre, tout simplement. Alors, je
pense qu'à faire en sorte que nos pratiques
soient généralisées pour l'ensemble du processus fait en sorte que l'ensemble
des Québécois vont connaître une
règle, pas deux, pas trois, une règle, et que, l'abattage, qu'il soit rituel ou
autre, eh bien, on va être sûrs d'une
chose, c'est que c'est le bien-être animal duquel on parle ici. Et c'est
là-dessus qu'il va falloir, à mon avis, revenir. Est-ce que ce qui est plus important, c'est l'abattage rituel ou c'est
l'insensibilisation d'un animal? Et je pense que c'est là-dessus qu'il va falloir avoir une bonne
discussion et s'entendre, à mon avis, pour que la règle soit claire au
Québec, tout simplement.
Alors,
M. le Président, notre intention n'est pas ici de faire du temps ou prétendre
vouloir faire du temps, nous voulons que ce projet de loi là soit adopté
le plus rapidement possible si c'est possible, mais il y a des travaux à faire importants, c'est un projet de loi qui est trop
important. Il y a eu des remarques de faites par les gens qui sont passés
en commission qui sont des remarques très
pertinentes, très, très pertinentes. Et des fois un petit mot vient changer la
donne, mais c'est des mots qui vont valoir la peine d'être changés pour donner
tout son sens à ce projet de loi là.
Alors, M. le
Président, je réitère les propos de mon collègue le député de Berthier, notre
volonté, c'est de travailler à faire de ce projet de loi là, et comme le
ministre l'a dit, le meilleur projet de loi. Merci.
Président (M. Morin) : Merci, Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve. Mme la députée de Taschereau, vous voulez
intervenir?
Maltais :
Oui, M. le Président. Merci, M. le Président. Alors, je suis contente
d'intervenir sur ce projet de loi n° 54,
loi établissant la situation juridique de l'animal. Je salue le ministre, les
collègues qui sont là. Peut-être seront-ils étonnés de voir la porte-parole laïcité être ici, autour de la table,
mais c'est un projet de loi qui m'interpelle, qui interpelle notre parti
et, je pense, qui interpelle les valeurs québécoises.
L'animal n'est pas un bien meuble, l'animal est
un être doué de sensibilité, voilà des choses qui sont acquises maintenant, je pense, dans la société québécoise
et qui méritent d'être inscrites dans une loi, c'est pourquoi nous avons
immédiatement approuvé le principe de ce projet de loi. Mais le ministre a dit
aussi que le bien-être de l'animal est une
priorité. Moi, je pense, c'est là-dessus qu'on va travailler. Une priorité au
long de sa vie, ça veut dire aussi une priorité et son bien-être en fin de vie, et, si on ne doit pas
montrer de cruauté envers un animal pendant sa vie, bien, à la fin de sa
vie, c'est le même principe.
Alors, je participerai aux travaux
particulièrement quand nous en arriverons à voir quelles sont les mesures mises en place pour assurer le bien-être de
l'animal en cas d'abattage rituel. J'avoue qu'à la lecture du projet de loi
ce n'est pas évident. Peut-être que c'est
contenu, peut-être c'est dans l'esprit du ministre, mais mettons que ce n'est
pas encore dans la lettre de la loi,
alors on verra à voir ça, comment on peut établir ça dans la lettre de la loi.
Je suis sûre qu'il sera d'accord étant donné que, concernant l'abattage
rituel, nous avons peu de données quantitatives tant sur le phénomène lui-même que sur la commercialisation et que sur ce
que j'appellerai les flux d'argent que ça entraîne. Je pense que de se
poser des questions sur l'abattage rituel
dans le sens... mais cette fois-ci je serai là simplement là-dessus, là, et ma
présence est pour ça, elle est
simplement dans le sens du bien-être de l'animal. C'est pour ça que je serai
heureuse de participer aux travaux de cette Assemblée, M. le Président.
Président (M. Morin) : Merci, Mme la députée de Taschereau.
Est-ce qu'il y a d'autres membres de cette commission qui veulent
intervenir? Ça va? Oui?
Villeneuve : Avec le consentement, si je peux ajouter quelque
chose avant de débuter, parce que je sais que le ministre va débuter...
Le Président (M. Morin) :
Allez-y.
Villeneuve : ...je pose la question au ministre : Est-ce
qu'il est d'accord qu'on étudie le projet de loi
article par article,
alinéa par alinéa pour le flux des communications et... Ça vous va?
Le Président (M. Morin) : On
n'a pas besoin de consentement pour ça, mais quand même...
M. Villeneuve : ...la parole,
M. le Président, le consentement.
Le Président (M. Morin) :
O.K. Ah bon! Ça va. Donc, nous sommes rendus qu'on prend en considération
l'article 7 du projet de loi. M. le ministre.
Le Président (M. Morin) :
Pardon?
Le Président (M. Morin) :
L'article 1. Oui, l'article 1. Excusez.
Le Président (M. Morin) :
Oui.
M. Villeneuve :
J'aurais un amendement immédiatement à proposer aux parlementaires, à la
commission.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On
en a un aussi.
M. Villeneuve : Ah bon!
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On
pourrait peut-être se l'échanger, on va peut-être aller dans le même
sens.
M. Villeneuve : Non, c'est
ça. J'ai posé la question si on avait un cahier. Le ministre, semble-t-il que
lui, il travaille sans cahier, c'est
correct, c'est fantastique. On posait la question si c'était possible que les
parlementaires puissent disposer d'un
cahier, mais, en fait, M. le Président, c'est que notre amendement est avant
l'article 1, il s'inscrit avant. Donc, est-ce que j'en fais lecture
et on le distribue, M. le Président?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Moi,
M. le Président, sur cette question-là, moi, je ne veux pas faire de procédure pour faire de la procédure. Si ça
précède l'article 1 à ce moment-ci puis ça apporte des éclaircissements,
bien, qu'on le soumette, puis on va le regarder.
Le Président (M. Morin) : Ça
M. Villeneuve : Ça va? J'en
fais la lecture?
Le Président (M. Morin) :
Faites-en la lecture, et ensuite on...
Villeneuve : D'accord. Donc : La Loi visant l'amélioration
de la situation juridique de l'animal est modifiée par l'ajout, après
l'intitulé de la
partie I, de l'article suivant :
0.1. Le Code
civil du Québec est modifié par le remplacement de l'intitulé du livre
quatrième par le suivant : «Des biens et des animaux.»
Le Président (M. Morin) : Je
suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 36)
Président (M. Morin) : Nous reprenons nos travaux. Je vais lire
l'amendement de l'opposition officielle : La Loi visant l'amélioration de la situation
juridique de l'animal est modifiée par l'ajout, après l'intitulé de la
partie I, de l'article suivant :
0.1. Le Code civil du Québec est modifié par le
remplacement de l'intitulé du livre quatrième par le suivant : «Des biens
et des animaux.»
M. le député de Berthier.
Villeneuve : Merci,
M. le Président. Bien, écoutez, on parle évidemment du Code civil du Québec,
toujours pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, là.
Ici, on parle du Code civil du Québec et,
lorsqu'on va, justement, au
chapitre IV... le livre quatrième, pardon, eh bien, on y lit que finalement on fait... en
fait, on ne fait pas de distinction. Et je sais que ça a été soulevé par les
gens... en tout cas, moi, ce que j'ai retenu des auditions, c'est que les gens,
ils veulent que ce soit clair, ils veulent que ce soit clair, qu'on puisse se comprendre, finalement, et s'entendre. Et,
quand on regarde le livre quatrième, il y a... le projet de loi amène
des modifications, entre autres, aux articles 901, 905. Alors, on trouvait
que ça faisait du sens que de justement dire non pas seulement «des biens»,
donc, «de la distinction des biens», mais qu'on dise aussi : «Des biens et
des animaux.»
Donc là, on
vient, d'une certaine façon, poser une première pierre, je pense, en le faisant
ainsi, on vient poser une première
pierre pour s'assurer d'une compréhension, d'une concordance — même, on peut même parler de
concordance, d'une certaine façon — au niveau du Code civil du
Québec.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président. Je pense que je vais utiliser une expression
appropriée : Ce n'est pas bête comme
approche, mais on l'avait considérée, sauf que, quand vous modifiez le Code
civil, vous jouez dans un casse-tête juridique qui est
multidimensionnel.
L'article suivant va vous dire la chose suivante : «Les
animaux ne sont pas des biens.»
Ce que les juristes, experts en législation nous
disent — et,
si vous voulez interroger Me Gélinas, qui nous accompagne, là-dessus, moi, je n'ai pas d'objection — ce qu'ils nous disent, c'est qu'on rejoint
l'objectif avec le libellé que l'on a
présentement. Mais je ne vous en veux pas d'avoir proposé cet amendement-là, on
avait considéré cette façon de faire là. Au niveau du ministère de la Justice, ils
avaient des objections sur l'équilibre du Code civil, et le Code civil n'est
pas une loi que l'on ouvre à tous les jours.
Moi, je me rappelle de la réforme du Code civil, il y a une députée qui va s'en
rappeler aussi, parce que, sa collègue de l'époque pour qui elle
travaillait, je vais la mentionner, Louise Harel et Gil Rémillard sont arrivés,
après 25 ans de travaux, d'études de professionnels, tout ce que vous
voulez, à modifier le Code civil.
C'est
exceptionnel qu'un ministre sectoriel puisse jouer dans le Code civil. Je
remercie la ministre de la Justice de la possibilité qu'elle nous a offerte. Maintenant, on n'ajoute pas, je le
soumets respectueusement, avec votre amendement, de droit comme tel, sur la base du droit, on met en porte-à-faux
certains autres articles — là, je ne peux pas vous exprimer lesquels — puis on
rejoint l'objectif recherché, que l'animal n'est pas un bien meuble. À partir
de ce moment-là, moi, je ne peux pas,
à ce moment-ci, là, endosser une modification qui, bien qu'intéressante, je le
dis comme tel, n'apporte pas d'avantage et va nous forcer à retourner,
parce que la procédure prévoit une telle démarche, au ministère de la Justice. La justice a le bras long, mais parfois
les délais sont à la même longueur que le bras. Si j'avais des gains
potentiels pour l'animal, je vous dirais
oui, puis, si je n'ai pas de gain potentiel pour l'animal, bien je vous dis à
ce moment-ci : On rejoint le même objectif à l'article suivant.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : Juste peut-être que le ministre me précise, parce
que... qu'il fasse une précision, ce que j'entends et ce que je comprends des propos qu'il vient de
tenir, dans le fond, c'est qu'étant donné que ce serait très compliqué
de toucher au Code civil est-ce à dire que,
présentement, le projet de loi qui est devant nous, tout ce qui a trait au Code
civil, donc, on ne peut pas y toucher, là, on ne touche plus à rien, là?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non.
D'ailleurs...
Villeneuve : Non, c'est ça. Bon. Voilà. Je pensais que j'avais
compris ça. Non, c'est parce que je trouve ça important de le savoir tout de suite, là, parce que, si c'est ça, ça
enlève beaucoup de marge de manoeuvre si jamais on a des modifications
ou des amendements à déposer.
Mais, écoutez, je ne sais pas si... et j'ai très
bien compris les explications du ministre, mais est-ce qu'on peut effectivement discuter un peu avec le juriste qui
est ici au niveau... On aurait peut-être quelques questions par rapport
à cette difficulté-là, là, qui s'installe dès l'ouverture des discussions.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
prend le consentement, M. le Président?
M. Villeneuve : Ah! là, oui,
par exemple.
Le Président (M. Morin) :
Oui.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
prend le consentement de tout le monde.
M. Villeneuve : Consentement.
Président (M. Morin) : On a le consentement, comme d'habitude,
à cette commission sur le bien-être animal.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Le
juriste en question n'a pas d'objection, mais, comme il était au travail pendant votre intervention, il faudrait la
reprendre du début. Ça va? Si vous êtes prêt à la reprendre, il va en prendre
note puis il va y répondre.
Villeneuve : Ce qu'on peut faire, M. le... si on peut
suspendre quelques instants, qu'il prenne connaissance... et puis on
pourra rouvrir après, là. Ce sera peut-être plus rapide comme ça, là.
M. Villeneuve : Bien, O.K.,
je peux le reprendre pour le bénéfice de M. le juriste.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...m'a
dit à l'oreille : Je suis complètement d'accord avec ce que vous
avez dit et je n'ai rien à ajouter. Mais, si vous voulez lui faire dire dans le
micro, il va vous le répéter.
Villeneuve : Là, j'ai un peu de difficultés à suivre et
j'aimerais mieux l'entendre. Et puis, après ça, étant donné que c'est M.
le ministre qui... parce que, ce que je comprends, c'est qu'il est d'accord.
Le Président (M. Morin) : Si
vous voulez vous présenter.
M. Gélinas
(Claude) : Me Claude Gélinas, avocat. Ce que j'ai compris lorsque
le ministre a donné l'explication au niveau de l'ajout de «des biens et
des animaux» au tout début, c'est que, cette possibilité-là, lorsque la
rédaction du projet de loi était en cours,
nous l'avons considérée, nous en avons discuté avec les gens de la Justice,
et — c'est
exactement ce que le
ministre a dit — c'est
que la décision qui a été prise à ce moment-là, c'était de ne pas toucher au
titre du livre quatrième mais de s'en
tenir à la déclaration que les animaux ne sont pas des biens, parce qu'on
atteignait très bien notre but de cette façon-là et que ce n'était pas
nécessaire de procéder de cette façon.
M. Villeneuve : Oui,
peut-être c'est... Je veux juste...
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
M. Villeneuve : Oui, je veux
juste bien comprendre. Bon, ce que vous me dites, c'est qu'avec l'alignement, si je peux dire ça comme ça, ou avec les articles
qui vont suivre il n'y aurait pas une nécessité absolue d'ajouter cela.
Par ailleurs, moi, tantôt, j'amenais
l'argument suivant, à dire que les gens nous ont sensibilisés au fait que ça
soit le plus clair possible au niveau
du projet de loi. Là, je ne tombe pas dans les définitions de qu'est-ce qu'un
impératif biologique, là, mais je parle surtout... on y viendra plus
tard, je parle surtout au niveau de la clarification «bien meuble», «animal»,
etc. J'aimerais savoir de votre part quel
impact le fait d'ajouter cela sur le
titre aurait sur la suite des choses,
surtout qu'on voit que le projet de loi vient, justement, sous les
articles qui suivent sous le titre, vient toucher plusieurs articles :
901, 905, 910, etc.
Donc, sur le plan juridique, c'est quoi,
l'impact d'ajouter tout simplement au
titre «animaux»?
M. Gélinas
(Claude) : Sur le plan juridique, d'ajouter, au niveau du titre,
«animaux», comme tel, ça vient faire une distinction, au niveau des biens, que nous avons les biens, qui sont des
choses inanimées de définition, et nous avons les animaux. Au lieu de procéder de cette façon, ce
qu'on a fait, c'est qu'on a ajouté un
titre avec la «Disposition
générale». Au départ, il y a une disposition
générale qui précède l'ensemble de ce livre pour qu'on puisse dire d'une façon
très claire que «les animaux ne sont
pas des biens», le but étant de faire la distinction entre les biens, choses
inanimées, et l'animal, qui est un être sensible et avec des impératifs
biologiques.
Donc, à ce
niveau-là, je pense qu'on a atteint notre but sans toucher à la structure du
code d'une façon qui viendrait ajouter des titres comme tels.
M. Villeneuve : Oui, je
comprends, vous revenez toujours à nous dire : Le but a été atteint, le
but sur le plan juridique. Mais qu'est-ce que ça viendrait changer de
l'ajouter? Parce que, sur le plan juridique, je comprends que le but est atteint, mais moi, je parle ici de
moi-même, là, hein, sur le plan pédagogique, là, moi-même et mesdames
messieurs qui nous écoutent, là, qui nous
ont demandé de s'assurer d'être le plus clairs possible pour qu'il y ait le moins
d'ambiguïtés possible pour qu'on puisse
enfin se donner une loi qui a... je ne dis pas qu'elle n'a pas un sens, là,
mais qu'elle soit au moins transparente, claire et concise en même
temps.
Mais donc, le
fait d'ajouter le mot «animaux», moi, je veux savoir de votre part est-ce que
ça vient détricoter, si je peux dire ça comme ça, tout le reste ou ça
n'a pas d'impact.
M. Gélinas (Claude) : Non, je ne
pense pas que ça pourrait avoir d'impact comme tel, parce qu'on a quand même une
section qui vient dire «Disposition
générale» qui est à part, qui est vraiment distincte du reste, dans
laquelle on donne une définition de
l'animal. Donc, le but est atteint. Donc, à ce niveau-là, je pense que c'était
un compromis avec la Justice qui était très, très correct.
Le Président (M. Morin) :
Oui. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Je comprends
très bien votre explication. Le but de notre amendement, il est pédagogique,
et, le ministre l'a dit, et vous l'avez répété, vous l'avez regardé. Bien, nous
aussi, on l'a regardé puis on l'a regardé avec d'autres personnes. Et, justement, en lien avec ce que vous venez de
nous dire, l'article 898, dans les dispositions générales, débute par : «Les animaux ne sont pas des
biens.» Alors, effectivement, on vient l'installer là à l'effet que, dans
«biens», je viens mettre «animaux». Alors,
aller le mettre dans le
titre de ce livre-là et de venir installer «biens» et
«animaux» vient justement faire de l'identification très pédagogique
pour quelqu'un qui cherche : Où je vais trouver ça? C'est dans le livre quatre et c'est là que c'est. Alors, Google
va le faire pour nous sûrement, M. le ministre, mais moi, je pense qu'on
est dans un effet pédagogique. Ce que je
pourrais proposer, M. le Président... Je comprends que les modifications au
Code civil, s'il y avait lieu, à être
retenues devront être approuvées par le ministère de la Justice. Je comprends
très bien ça.
Ce que je
pourrais proposer au ministre, c'est : mettons-le sur la glace, suspendons
cet amendement pour qu'il puisse aller le valider à la Justice et on
reviendra, parce que cet amendement-là est très important pour beaucoup de personnes. Et j'aimerais mieux qu'on puisse
suspendre, que vous alliez le valider. Si vous n'êtes pas d'accord, vous
voterez contre plus tard, mais moi,
j'aimerais ça qu'on puisse avoir un moment pour faire valoir l'importance de
cet amendement-là pour ceux à qui s'adresse, finalement, ce projet de
loi là.
Président (M. Morin) : Pour une suspension, ça prend le
consentement des membres. Oui, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je
vais répondre très aimablement : Ça a déjà tout été fait. On est allés essayer de le valider à la Justice, puis la
Justice nous a convaincus, puis ils ne nous ont pas cassé les bras, là, pour
nous convaincre, ils nous ont convaincus
qu'il n'y avait pas d'amélioration au statut juridique de l'animal en procédant
de cette façon-là. Moi, je veux dire,
si je comprenais d'autre chose, si j'avais un doute raisonnable, si
Me Gélinas me disait «ça vaut la peine de retourner», si les autres organismes
qui sont comparus en audition publique qui étaient des spécialistes en
droit international du bien-être animal nous
disaient «vous vous exposez», ça me ferait plaisir de retourner à la Justice.
Mais je n'ai pas entendu rien, rien, rien
puis je vous le dis comme je le pense, là, qui m'incite à retourner pour ne
rien ajouter comme droits à l'animal.
Je vous suis dans la démarche pédagogique. Je
pense que l'argumentation que l'on a présentement, ça fait
partie de la pédagogie. Lorsque les gens vont
taper le mot «biens», etc., ils vont retrouver nos échanges, et on va
avoir atteint notre objectif pédagogique puis on l'aura fait ensemble.
Le Président (M. Morin) :
Oui, Mme la députée.
Poirier : Vous me permettrez de quand même insister, parce que
nous croyons, de notre côté, que le fait de décrire des choses, ce n'est pas banal dans une loi, et particulièrement
dans le Code civil, pour l'avoir vécu assez longuement en travaux. Et, dans ce cas-là particulièrement, et je
comprends les discussions que vous avez eues avec le ministère de la Justice et la volonté de la
Justice de réduire à sa plus simple simplification les choses pour qu'elles
soient le plus facilement compréhensibles,
on se comprend, mais d'un autre côté, ce qu'on vient faire ici, dans ce projet
de loi là, on introduit quelque chose
de nouveau, et, en introduisant quelque chose de nouveau, en ne le nommant pas
spécifiquement dans le titre, ça nous apparaît, question de jugement, ça nous
apparaît ne pas souhaiter vouloir atteindre, finalement, l'objectif que l'on a, qui est vraiment de donner
une spécification importante à ce
chapitre important au livre quatre, de
spécifier et non pas juste dans une
disposition générale, mais dans le
titre en tant que tel. Ça vient nommer les
choses.
Vous avez eu
votre discussion avec le ministère de la Justice, je le respecte, mais moi, je
dis qu'on peut retourner au ministère
de la Justice dans la vie — vous le savez très bien, M. le ministre, pas besoin de vous
convaincre là-dessus — mais on peut retourner
au ministère de la Justice et faire valoir que ce serait important de le nommer
et je pense que le ministère de la Justice pourrait se rallier.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président. Quand je lis la disposition, là, à l'article 1 : Les
animaux ne sont pas des biens, ils sont des
êtres doués de sensibilité et ils ont des impératifs biologiques, j'ai
l'impression d'être allé en
m'inspirant des meilleurs textes législatifs européens, à la limite de ce qu'on
peut aller compte tenu de l'évolution de notre société au siècle où nous sommes et d'avoir effectué pour le
Québec un pas majeur, de l'avant. Si j'avais le moindre doute que d'ajouter dans le
titre un élément
pourrait donner des droits additionnels aux animaux, je m'en irais à la
course, pour ne pas dire à genoux au ministère de la Justice pour les
convaincre.
Maintenant, moi, je vous l'ai dit, là, je vais
avoir un amendement à proposer à l'article 1, et — ils
ne sont pas inflexibles, au ministère de la
Justice, là — l'amendement
que je propose à l'article 1 touche le Code civil et va ajouter des
droits. Ça fait que je veux réserver mes
interventions pour des choses qui améliorent et bonifient le statut de l'animal
et le bien-être de l'animal. Je m'intéresse
à l'aspect juridique, c'est pour ça qu'on est accompagnés des meilleurs
juristes, mais, une fois que les
meilleurs juristes m'ont dit qu'on est allés au bout du rouleau puis qu'on est
à l'endroit où on doit être, je n'ai pas l'intention de leur dire qu'ils
ne sont pas les meilleurs.
Mme Poirier : M. le
Président...
Le Président (M. Morin) :
Oui.
Mme Poirier : ...avec
beaucoup de respect pour les juristes de l'État, nous sommes des législateurs,
et ce sont les législateurs qui décident des
lois, et non pas les juristes, parce que sinon notre société serait décidée
seulement que par les juges. On voit ça
ailleurs. Alors, notre but, c'est d'avoir, dans nos lois, justement, des
encadrements qui viennent répondre à des besoins de la population aussi.
M. le
Président, je ne veux pas qu'on en fasse un long débat, là, mais je nous dis
simplement que de penser qu'il faut arriver à «Disposition générale»
dans le livre quatre pour savoir de quoi parle le
titre m'apparaît ne pas
donner l'importance qu'on veut faire dans ce
projet de loi là. Alors, si je suis obligée de me rendre à 898.1 dans
«Disposition générale» pour savoir que les
animaux ne sont pas des biens, bien j'ai déjà passé le nom du livre, le
titre... j'ai déjà passé tout un
paquet de sections pour me rendre là. Alors, le but est justement de
dire : Avant qu'on n'arrive à «Disposition générale», est-ce qu'on
ne pourrait pas nommer la chose en tant que telle?
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
Moi, ce qu'on m'indique, là, et je n'ai pas vérifié personnellement, puis je
vous invite à le faire, là, mais on s'est inspirés, comme je l'ai dit tantôt,
des meilleures pratiques législatives européennes.
On est dans le cadre, là, du droit civil, le code de Napoléon, ce qui en
découle, France, Suisse, Allemagne et Autriche, et on me dit que ça
n'apparaît pas dans les titres dans ces législations-là non plus. Ça fait qu'à
moins que les Français, les Suisses, les
Allemands puis les Autrichiens n'aient rien compris et qu'on soit à leur image
puis que nous autres, on comprenne d'autres choses qu'eux autres...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non, non, mais, si... Et je ne l'ai pas vérifié
personnellement, je vous le dis, là, c'est
ce qu'on m'indique, que ça ne se retrouve pas dans les titres des endroits ou
des pays desquels on s'est inspirés. Ça fait qu'on tente le plus possible de coller à ces sources d'inspiration
là, parce que, quand on crée et on invente, parfois on est sur la bonne
voie; d'autres fois, bien, ça cause des dérapages.
Le Président (M.
Morin) : Oui. M. le député de Berthier, Mme la députée de
Mirabel me demande la parole depuis tantôt, et je la fais patienter. Allez-y.
D'Amours : Bien, s'il y a encore du temps, parce que...
Le Président (M.
Morin) : Oui, allez-y, allez-y.
D'Amours : Moi, j'aimerais être renseignée sur... Bon. L'amendement,
c'est de changer le
titre dans le Code civil. Est-ce que ça a un impact
au niveau du temps? Est-ce que ça a un impact au niveau monétaire? Comment ça
coûterait pour que les juristes se penchent là-dessus, pour arriver au même
résultat si on rajoutait une phrase? Moi, j'aimerais
ça vous entendre là-dessus. Est-ce que ça se monnaie, est-ce qu'il y a un coût
si on change le
titre du Code civil?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Le coût, c'est le coût de retourner, c'est le
coût en temps. Moi, j'aime autant parler :
Est-ce qu'il y a un bénéfice?, parce que, s'il y a un bénéfice, moi, je dis,
pour le bien-être des animaux, le coût en vaut la chandelle. Mais, s'il n'y a pas de bénéfice... C'est sûr qu'il y
a un coût, mais comment le chiffrer, là? Le Comité de législation, le
ministère de la Justice... Je ne le sais pas, moi, là, là.
D'Amours : M. le Président, je comprends qu'il y a un coût. Moi, ce
que je veux m'éclairer, c'est que, si on arrive au même résultat, est-ce
que cette démarche-là, elle est légitime si on arrive au même résultat? Est-ce
que la démarche qu'on vous demande de faire,
de regarder avec les légistes, le temps qu'ils vont... Ça se monnaie, ça, le
temps qu'ils vont regarder, qu'ils vont le
mettre dans le titre. Après ça, ils vont descendre les articles du code, là, un
après l'autre pour voir si le
titre
va aller avec les... Ce temps-là, là, ces juristes-là, ils ont un coût qui se
rattache à ça, pour arriver au même résultat que si juste, oui, on
regarde l'article, la loi, le Code civil et qu'on rajoute quelque chose.
Entre
les deux, là, si on a le même résultat, est-ce qu'il y en a un qui est peu
coûteux avec moins de temps ou si l'autre, c'est très coûteux avec
beaucoup de temps pour arriver au même résultat?
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Pour le même résultat, là, je vous soumets
bien respectueusement que ce que l'on propose est moins coûteux que
l'amendement que l'on propose en temps, en énergie et en argent.
D'Amours : Pour arriver au même résultat.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Pour arriver au même résultat.
D'Amours : Et, M. le Président, je ne sais pas, je n'ai pas tous les
mémoires, là, en tête, mais cette demande, qui, pour le premier groupe d'opposition, le groupe de l'opposition
officielle... ça leur apparaît pertinent, il n'y a pas aucun groupe qui a parlé de ça, ils avaient l'air tous à
l'aise avec la proposition. Alors, je ne sais pas s'il y a un mémoire
qui m'a échappé, là, que je n'ai pas vu,
pour qu'on puisse en faire un amendement puis qu'on justifie le temps qu'on
passe là-dessus, là, mais il n'y a aucun groupe qui en a parlé. Alors,
je ne sais pas si on peut trouver, pour m'aider à réfléchir sur cet
amendement-là, là, mais...
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça n'a pas besoin de venir d'un groupe, là...
D'Amours : ...juste savoir s'il y en avait un.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...il y a une espèce d'autonomie parlementaire
qui nous permet de proposer des choses
proprio motu, là. Puis je ne dis pas qu'il y a de mauvais motifs en arrière,
là, ce n'est pas ça que je dis, là. On y a même pensé, là, ça fait que
ça ne doit pas être si bête. Je reviens à ça, là.
D'Amours : Oui, mais je voulais juste... et, je l'ai dit d'entrée de
jeu, c'est très légitime, mais je voulais juste savoir s'il y avait un
groupe qui en avait parlé pour que je puisse regarder leur proposition.
Le Président (M.
Morin) : Ça va?
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Vous savez, quand je suis intervenu en début... mes remarques d'ouverture, je
parlais que, lorsqu'on veut qu'un projet de
loi ait le plus possible d'échos dans la population... Je reviens à la
pédagogie, et ce que je comprends des
explications du juriste, c'est que de rajouter «animaux», ça ne vient pas
détricoter d'aucune façon ce qui est déjà
proposé dans le projet de loi ou ce qui est déjà dans le Code civil du Québec.
À notre avis, ça ne fait que rendre les choses plus claires, plus limpides, et je suis assez convaincu que cet
ajout-là permettrait, justement, d'atteindre ce but-là de...
Moi, je vous
le dis tout de suite, pour ma part, deux choses vont me guider durant cette
commission parlementaire sur le
projet de loi n° 54. C'est d'abord d'atteindre l'objectif que nous nous
sommes fixé, à savoir bien-être et santé animale. Comment on y arrive? La meilleure façon d'y
arriver est de s'assurer qu'on a quelque chose de solide qui va bien
répondre. Et l'autre objectif, M. le
Président, c'est de s'assurer que ce soit le plus clair possible pour tout le
monde. Et souvent les gens nous demandent justement d'amener des
clarifications, de s'assurer que ce soit compréhensible, puis je pense que
l'ajout du mot «animaux» ne fait qu'amener une compréhension, c'est que, là, ça
devient très clair. Si vous tapez «animaux»,
là, sur Google , là, ça se peut qu'il vous amène là, là, et imaginez la
surprise du citoyen, là, quand il va voir le titre, là, ça va être «Des biens», il va peut-être dire : Google
s'est trompé, là, alors qu'en ajoutant «biens et animaux», on vient
clarifier.
Et, je vous le soumets, ma collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve vous l'a soumis tantôt, on peut le suspendre, peut-être
y réfléchir davantage chacun de notre côté. Peut-être qu'on reviendra au point
où on en est là, je n'en ai aucune idée, mais au moins qu'on n'en dispose pas
immédiatement. Et peut-être que des groupes qui ne nous ont pas proposé cela... peut-être qu'on fera un appel à
tous, peut-être qu'ils nous diront : C'est une bonne idée de faire ça.
Peut-être que les gens nous diront :
C'est une bonne idée de faire ça. Mais je pense qu'il n'y a pas lieu, à l'heure
où on se parle, de tout simplement,
là, comme disait... ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve a employé un terme
tantôt, là, «en disposer», bref en disposer immédiatement.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Je
vais peut-être répondre indirectement, par le biais de la question du député de Berthier, à la question de ma collègue
la députée de Mirabel : Est-ce qu'il y a un groupe qui vous a
proposé ça?
Le Groupe de
recherche international en droit animal, quand vous allez à son mémoire à la
page 8, nous dit, puis je cite au texte, là, ce qui suit : «Ma
recommandation première aurait été que les animaux, ainsi extraits des biens mobiliers, aient un régime juridique de droit
commun qui leur soit propre. Mais cette option appellerait une réforme
majeure du Code civil du Québec, en ce que le régime juridique des animaux ne
serait plus soumis au droit des biens mais vraisemblablement
au droit de la responsabilité. Au nom d'une nécessaire acceptabilité politique
et sociale, il me faut ici formuler une recommandation qui soit
susceptible d'inciter les opposants à se rallier à la décision du législateur.»
On est là
dans un groupe neutre sur le plan international qui nous dit qu'on fait la
bonne affaire. Y aurait-il moyen d'aller
plus loin? La réponse est : Oui, mais peut-être que, dans 10 ans ou 20
ans, on le fera. Si on veut retarder la mise en application de ce projet
de loi là, il n'y a pas une meilleure façon de s'y prendre que d'enlever une
pierre d'assise, je dirais, du Code civil
comme tel. Vous allez être certains que l'édifice va s'écrouler ou, au moins,
que vous allez avoir des juristes qui vont l'étudier comme ci, des
juristes qui vont l'étudier comme ça, et on va se retrouver ici au printemps prochain, à l'automne prochain ou à l'autre
printemps, puis ma ligne 1 844 animaux, là, à 500 appels par mois, là,
elle va être occupée, puis je n'aurai pas
plus de réponse à donner puis je vais faire face, comme ministre responsable du
bien-être des animaux, à des reportages médiatiques semaine après semaine qui
font en sorte que la cruauté va continuer.
Maintenant, s'il y en a qui souhaitent ça, moi,
je ne peux pas m'opposer à ça, là, tu sais, c'est la démocratie à son oeuvre,
Le Président (M. Morin) : Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Bien, je pense
que ce n'est pas du tout l'intention de l'opposition, en demandant d'ajouter le
mot «animaux» à côté de «biens», que de
réécrire... Ce n'est pas du tout de ça dont on parle, là. On vient interpréter
la volonté, là. Eux voulaient quelque chose
de complètement distinct. Nous, ce qu'on vous dit, c'est que, dans ce qui
existe déjà, pour lequel le juriste a été
très clair, là, on doit aller aux dispositions générales pour savoir que les
animaux ne sont pas des biens. Il
faut se rendre aux dispositions pour le voir et non pas dans le titre. Nous, ce
qu'on dit, c'est : Puisqu'on le
dit dans les dispositions générales, l'inscrire au
titre du livre pour lequel
on traite de cela n'est que de la bonne pédagogie et surtout de la bonne
écriture juridique, à notre avis.
Le Président (M. Morin) :
Oui, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Parce que le ministre nous dit : Le ministère
de la Justice, ils ne veulent pas. Moi, j'aimerais, là... regardez, puis ma collègue... puis je suis
d'accord avec elle, mais on veut le faire correctement, là, on ne veut pas
s'éterniser sur ce point-là, là. D'ailleurs,
c'est pour ça, la suggestion tantôt de le suspendre, puis on y reviendra plus
tard, mais enfin je comprends que, ça, il n'y a pas d'écho pour le
moment, là.
Mais le
ministère de la Justice dit au ministre : On ne touche pas à ça. Nous, ce
qu'on veut savoir, c'est : Pourquoi? Pourquoi le ministère de la Justice dit : Ne touchez pas à ça? Et
on ne veut pas faire un autre livre, là, sur les animaux, parce que c'est ça, le sens, là, de ce que vous avez lu,
M. le ministre, là. M. le Président, le sens de ce qu'a lu le ministre
tantôt, c'était ça, dans le fond :
N'allez pas faire un livre nouveau sur les animaux seulement. Et ce n'est pas
ça, là, on ne parle pas de ça du
tout. Mais j'essaie de décoder, là, ce que j'entends puis ce que je n'entends
pas, là, et j'ai comme... Est-ce qu'on peut le
savoir, si le fait d'ajouter «animaux» au titre, ça a une implication juridique
qu'on ne soupçonne pas de ce côté-ci et que peut-être vous, vous avez évaluée?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Le
ministère de la Justice l'a évalué et le ministère de la Justice a trouvé que
ça n'ajoutait rien aux droits de l'animal. Et, si vous avez des opinions qui
vont à l'encontre et qui sont basées sur une expertise juridique dans ce
sens-là, s'il vous plaît, soumettez-les à la commission. Moi, je suis toujours
intéressé à avoir — j'ai
pratiqué le droit pendant certaines années, là — des éléments
conflictuels.
Maintenant,
quand j'ai le ministère de la Justice, des avocats de l'externe, les avocats à
l'interne au ministère de l'Agriculture,
j'ai à peu près tout le monde... puis les groupes internationaux, qui viennent
nous dire qu'on est sur la bonne voie,
qu'on a des sources d'inspiration législative issues de sociétés européennes évoluées,
je me dis : Démontrez-moi qu'on
fait fausse route, là, qu'on est dans la mauvaise direction, puis je vais être
tout ouïe puis je vais déployer tous les efforts. Mais je n'ai rien entendu, rien vu, rien lu qui font en sorte
que j'irais cogner au ministère de la Justice puis leur dire : Aïe!
Vous vous êtes trompés, là, puis je n'ai rien à vous dire pourquoi vous vous
êtes trompés, sauf que j'ai eu un amendement
qui a été déposé en commission parlementaire par l'opposition officielle, et
c'est son droit le plus strict, là. Je ne pense pas que ça les chavire.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : Mais vous l'avez quand même évalué, alors, on
s'entend, vous l'avez quand même évalué, et je comprends que le
juridique... bon, là, on va être clairs, j'espère avoir bien compris, là, pour
ma part, là — vous
me le direz, là — ça ne change rien sur le plan juridique
qu'on mette le mot «animaux», mais ça n'amène rien de plus. C'est ce que
j'ai compris.
Nous, ce
qu'on vous dit : Sur le plan juridique, c'est vrai. Bien, je vous dirais
qu'on... puis c'est correct, on prend votre
parole, hein, on prend votre parole, ça, vous nous dites que ça ne change rien,
il n'y a pas d'implication a priori, en tout cas, qui pourrait s'insinuer éventuellement, bon, dans un procès
quelconque, ou peu importe, sur la contestation de l'article. Bon, ça, vous n'avez rien vu, tout va
bien de ce côté-là mais là sur le plan juridique. Nous, évidemment, on
vous le soumet sur le plan pédagogique, c'est tout. C'est tout simplement cela.
Alors, écoutez, je n'en ferai pas une guerre de tranchées, là. Vous l'avez évalué sur le plan juridique, nous, on l'a
évalué sur le plan pédagogique, et notre conclusion à nous, c'était que c'était une saprée bonne idée
pour s'assurer justement que les gens puissent s'y retrouver plus
facilement, et donc amener un élément de clarté, de transparence et le moins
d'ambiguïtés possible, et voilà.
Moi, je n'ai
pas autre chose à ajouter, M. le Président. J'aurais aimé qu'on suspende, voire
peut-être qu'il y aura réflexion,
mais, qui sait, peut-être qu'en cours de route le ministre fera la proposition
lui-même après y avoir réfléchi. On ne sait pas. Moi, je n'ai pas
d'autre...
Le Président (M. Morin) :
Est-ce qu'on passe au vote sur l'amendement ou vous le...
M. Villeneuve : M. le
Président, on va le retirer.
Le Président (M. Morin) : Il
y a consentement pour le...
Une voix : Non, non, non.
M. Villeneuve : Non? Ah! On
va passer au vote. On va passer au vote. Tout à fait. Moi, j'avais espoir qu'il
revienne avec.
Le Président (M. Morin) : On
va passer au vote? O.K. Donc, je vous relis l'amendement : Le Code civil
du Québec est modifié par le remplacement de
l'intitulé du livre quatrième par le suivant : «Des biens et des animaux.»
Est-ce que cet amendement est adopté?
Le Président (M. Morin) :
Refusé.
Le Président (M. Morin) :
Appel nominal? Appel nominal.
Le Secrétaire : Alors :
pour; contre; abstention. M. Villeneuve (Berthier)?
Le Secrétaire : Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
Le Secrétaire :
M. Paradis (Brome-Missisquoi)?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Contre.
Le Secrétaire :
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine)?
Le Secrétaire :
M. Bourgeois (Abitibi-Est)?
Le Secrétaire :
M. Giguère (Saint-Maurice)?
Le Secrétaire :
M. Fortin (Pontiac)?
M. Fortin
(Pontiac) : Contre.
Le Secrétaire :
M. Drolet (Jean-Lesage)?
Le Secrétaire :
M. Morin (Côte-du-Sud)?
Le Président (M.
Morin) : Abstention.
Le Secrétaire :
1 abstention, 7 contre, 2 pour.
Le Président (M.
Morin) : Ça va? Donc, on passe à l'article...
Le Secrétaire :
7 contre, 2 pour, 1 abstention.
Le Président (M.
Morin) : Ça va? M. le ministre.
L'article 1.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M. le Président.
L'article 1 : Le Code
civil du Québec est modifié par l'ajout, après l'intitulé du livre
quatrième, de ce qui suit :
«898.1.
Les animaux ne sont pas des biens. Ils sont des êtres doués de sensibilité et
ils ont des impératifs biologiques.
«Outre
les dispositions des lois particulières qui les protègent, les dispositions du
présent code relatives aux biens leur sont néanmoins applicables.»
J'ai
télégraphié, M. le Président, vous me passerez l'expression, un amendement à
cet article. On se souviendra que
plusieurs groupes sont intervenus en invoquant le manque de clarté quant à
l'application de la
loi sur la protection des consommateurs, et, après
analyse, nous avons retenu leur façon de penser, etc., et il y avait une
ouverture assez facile pour clarifier, comme tel.
proposerais, à ce moment-ci, M. le Président, l'amendement suivant : Dans
l'article 898.1 du Code civil du Québec, dont l'édiction est proposée
par l'article 1 du projet de loi, insérer, dans le deuxième alinéa et après
«code», «et de toute autre loi».
Maintenant, on va le
distribuer pour que les gens en prennent connaissance. Vous pouvez suspendre
quelques instants, que les gens prennent le temps...
Le Président (M.
Morin) : Ça va, je suspends quelques instants.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ce n'est pas relativement compliqué, ça clarifie
surtout quant à la Loi de protection du consommateur.
(Suspension de la séance à 16 h 14)
Le Président (M.
Morin) : ...Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Puisque l'amendement du ministre est au deuxième alinéa, est-ce qu'on peut
traiter, dans un premier temps, du premier
alinéa et revenir avec la modification du ministre? Parce que, si nous traitons
de l'amendement et que nous adoptons
l'amendement, on ne pourra pas revenir au premier alinéa. Alors, je voudrais
juste être sûre qu'on puisse discuter du premier alinéa dans un premier
temps.
Le Président (M.
Morin) : Mais, Mme la députée, on peut revenir au premier
paragraphe. On va traiter de l'amendement, mais vous pouvez revenir au premier
paragraphe.
Mme Poirier :
Dit comme ça, ça me convient, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Ça va? Donc, M. le député de Berthier, sur
l'amendement du ministre.
Villeneuve : Bien, écoutez, effectivement, on en a discuté,
certains groupes nous l'ont amené, je vous dirais que l'amendement répond à cela, hein, puis il y avait
aussi évidemment... Bon, le ministre a bien expliqué, là, que ça
apportait... de s'assurer, finalement, que les autres lois qui pourraient être
touchées sont incluses.
y a peut-être juste... ça avait été amené en commission, on parlait de la Loi
sur la protection du consommateur, c'est
ça, et on avait posé la question, quelqu'un avait soulevé la question,
c'est : Est-ce qu'on a fait une liste exhaustive des lois que ça
pourrait toucher, ou autres?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : C'est-à-dire qu'à partir du moment où on propose
l'amendement «et de toute autre loi», on
pense ne pas en échapper. Ça fait qu'à partir du moment où on n'en échappe pas
faire une liste... On pourrait en échapper si on faisait une liste.
M. Villeneuve :
Non, mais je reformule ma question, M. le Président. C'est tout simplement par
culture personnelle, M. le Président, que je pose la question au ministre. Je
ne veux pas effectivement qu'on en fasse la liste exhaustive, parce qu'effectivement on pourrait en oublier une, là, mais
c'est pour ma culture personnelle. Je me posais... puis les gens ont posé la question aussi, on s'est
demandé en audition : Coudon, bon, ça touche la
Loi sur la
protection du consommateur, est-ce que ça
touche d'autres lois? Et c'est pour ça que je me demandais si la réflexion
avait été faite et puis une tentative d'énumération, finalement, des
autres lois que ça peut toucher.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Non. Le seul exemple qui nous a été apporté, là,
à moins que ça m'ait échappé en audience
publique, c'est la Loi de protection du consommateur. Et, par mesure de
précaution, de prévention, de prudence, les trois p qu'on appelle, M. le
Président, on a cru bon d'embrasser plus large sans mal éteindre.
Villeneuve : C'est ça, il n'y a pas eu de vérification. Donc,
on se dit qu'avec l'amendement proposé on est blindé pour la suite des
choses.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : À moins que vous ayez un libellé qui nous
blinderait davantage.
M. Villeneuve :
Non, moi, je n'ai pas de question là-dessus.
Le Président (M.
Morin) : Ça va?
M. Villeneuve :
Moi, ça me va, M. le Président.
Président (M. Morin) : O.K. Donc, je le relis : Dans
l'article 898.1 du Code civil du Québec, dont l'édiction est proposée
par l'article 1 du projet de loi, insérer, dans le deuxième alinéa et après
«code», «et de toute autre loi».
Est-ce que
l'amendement est adopté?
Président (M. Morin) : Adopté. Donc, nous revenons à
l'article 1. Est-ce qu'il y a d'autres questionnements sur
l'article 1? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Le Président (M.
Morin) : Juste me faire un signe pour ne pas perdre de temps.
M. Villeneuve :
Oui. On va lever la main, M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
Oui. O.K. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Alors, écoutez, on aurait un amendement à proposer, donc, je vous en fais
lecture, M. le Président :
L'article
1 de la Loi visant l'amélioration de la situation juridique de l'animal est
modifié par l'ajout, à la fin du troisième alinéa, après le mot
«biologiques», de : «, tels que définis à l'article 1,
paragraphe 5° de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal.
Toutefois, les animaux ne sont pas des personnes.»
M. Villeneuve :
«Ne sont pas des personnes». On va en faire des copies, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Oui. Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 21)
Le Président (M.
Morin) : Oui, M. le député de Berthier, des explications.
Le Président (M.
Morin) : Oui.
M. Villeneuve :
...un petit changement qui fait toute la différence.
Donc :
L'article 1 de la Loi visant l'amélioration de la situation juridique de
l'animal est modifié par l'ajout, à la fin
du premier alinéa de l'article 898.1, après le mot «biologiques»,
de : «, tels que définis à l'article 1, paragraphe 5° de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal. Toutefois, les animaux ne sont
pas des personnes.»
a été soulevé, ça aussi, en audition, de mémoire. Voyez-vous, on essaie d'être
le plus possible le reflet fidèle des gens
qui sont intervenus. Et ça fait sens d'une certaine façon, parce que, dans le
Code civil, on ne retrouve pas, quand on parle d'impératifs biologiques... on le retrouve dans la loi, bien sûr,
mais pas dans le Code civil. Et donc ça permettrait justement, là,
d'être plus clair, selon... et moi, je dirais que... Moi, plus c'est clair, là,
puis je pense que M. le ministre est
d'accord avec ça, là, plus c'est clair et plus on évite... j'aime bien les
avocats, par ailleurs, mais plus on évite des litiges et des situations qui amènent des... j'allais dire,
des dispositions, là, qui peuvent être contestées, des interprétations.
Alors, plus on est clairs, mieux c'est. Alors, je ne sais pas si M. le
ministre... comment il reçoit cet amendement.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. M. le Président, moi, ça m'apparaissait
clair, là — je vais
revérifier — mais
que la définition que vous voulez placer là par amendement apparaît au
cinquième paragraphe de l'article 1.
Dans le
chapitre I, là, «Objet et champ d'application», vous avez la définition
d'«impératifs biologiques». Maintenant, si
vous voulez apporter un amendement à «impératifs biologiques», je soumets bien
respectueusement que la place pour le faire, ça soit mais qu'on soit
arrivés là, et que, de reprendre dans l'article 1 du présent
chapitre ce
qu'on retrouve au sous-alinéa 5°,
«impératifs biologiques», les légistes, ils vont nous dire qu'on est
redondants. Comme je ne veux pas
m'attirer les foudres des légistes, je vais continuer à écouter vos arguments,
là, mais la première réaction que j'ai,
c'est : C'est quoi, un impératif biologique? Là, je m'en vais puis je
regarde, c'est marqué : «...ceux liés, notamment, à l'espèce ou la
race de l'animal, à son âge, à son stade de croissance, à sa taille, à son
niveau d'activité physique [et] physiologique,
à son état de santé, ainsi que ceux liés à son degré d'adaptation au froid ou à
la chaleur.» Ce n'est peut-être pas
complet à cet endroit-là, je ne le sais pas, là, mais qu'on le voit, on s'en
parlera, mais de dire à l'article 1 ce que je reprends un petit peu
plus tard... Il ne peut pas y avoir deux définitions, dans la même loi,
d'«impératifs biologiques» qui ne sont pas les mêmes.
fait que la façon logique de le faire, c'est d'y référer. On le dit une fois,
comme ça tout le monde s'entend que c'est ça. Ça, c'est clair, puis ça
évite les chicanes d'avocats.
Le Président (M.
Morin) : Oui, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je pense que je vais éclairer mon collègue. Il vient
de dire : C'est dans la même loi, c'est dans le même projet de loi, mais on a deux lois : on
a le Code civil puis on a la
loi sur la santé et bien-être. Alors, dans le
Code civil, on vient dire que cette expression, «impératifs biologiques», se
retrouve à l'article 1, alinéa 5° de la
loi sur la santé et bien-être.
Dans le fond, on vient faire une référence au Code civil pour dire aux
gens : Quand vous lisez «impératifs biologiques»,
bien allez vous référer à l'article 1, cinquième paragraphe de la
Loi sur
le bien-être pour savoir de quoi on parle. C'est ça qu'on fait, c'est de
la référence.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je
comprends très, très, très bien le raisonnement. On pourrait faire ça avec
toutes les définitions. Pourquoi le faire juste pour les impératifs
biologiques? On pourrait le faire sur tout.
À un moment donné, là, je pense que le
juge qui va siéger là-dessus, là, il va être capable de comprendre, à
moins qu'on nomme des juges qui ne sont pas
capables de comprendre. Je ne pense pas qu'on fasse ça, au Québec, là, je
pense que les juges sont capables de
comprendre c'est quoi, un impératif biologique, puis ils vont s'adresser à ça,
oui, parce qu'il y a une définition
au Code civil, mais, après ça, il y a une loi d'application, vous avez raison
de le souligner, mais c'est la loi
d'application que le juge applique comme telle en... comment je pourrais dire,
s'inspirant des définitions au Code
civil. Et, la définition au Code civil, c'est clair qu'elle réfère à ça, là.
Moi, je n'ai pas vu un avocat encore, là, qui a dit le contraire, ni au ministère de la Justice, ni
dans les spécialistes qui nous accompagnent, ni au ministère de
l'Agriculture, ni dans les groupes qui sont venus devant nous autres là-dessus,
ne dis pas que c'est mal inspiré, je fais juste dire que ça pourrait être
redondant puis ça pourrait compliquer les affaires.
Le Président (M.
Morin) : Oui, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Je ne pense pas qu'on est dans le redondant, là, je pense qu'on est dans
l'effet que c'est une nouvelle appellation qu'on introduit, qui est les
«impératifs biologiques». On vient créer du nouveau qui n'existe pas actuellement dans le Code civil, on l'ajoute dans
le Code civil et on ne vient pas dire d'où on prend ça. Ce qu'on dit,
c'est que faire une référence à savoir que
cette expression d'«impératifs biologiques» se retrouve à la loi santé et
bien-être des animaux à l'alinéa 5°
n'est que, à mon avis, du bon droit, parce que la façon de faire du
référencement, en général, entre justement
le Code civil et qui définit un concept qu'est l'impératif biologique dans ce
cas-là... fait en sorte qu'en créant le lien vers où on le prend ce
n'est que la facilité à mieux faire de la lecture de droit.
Alors,
le but d'y ajouter : à l'effet que ce terme-là, pour savoir ce que ça veut
dire, ce terme-là, se retrouve dans une autre loi et qui est à
l'article... à l'alinéa 5°, ce n'est que de la facilité et du bon droit. C'est
tout, ce n'est pas plus compliqué que ça.
Une voix :
Je vous laisse aller, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M. le Président. Je comprends l'approche de
technique juridique, mais tantôt,
mais qu'on y arrive, à «impératifs biologiques», là on va peut-être
s'apercevoir qu'on a essayé de penser à tout puis, même si on a essayé de penser à tout, on en a peut-être oublié,
puis, dans la vraie vie, un impératif biologique, ça dépend d'un paquet d'éléments. Puis qui sont les
experts? Bien, on a entendu, en audience publique, l'ordre des
vétérinaires, c'est probablement eux autres
qui sont les experts des impératifs biologiques, puis, si jamais on avait
oublié, dans la loi d'application
statutaire, quelque chose dans la définition, parce que, l'erreur étant
humaine, ça peut nous arriver, même si on travaille tous ensemble à la bonifier, le juge qui va avoir à appliquer
le Code civil va pouvoir se fier à un témoignage d'un vétérinaire
expert. Ça fait qu'à ce moment-là je ne le limiterai pas. Si je l'incorpore
directement, je le limite. Il peut s'en
servir comme source d'inspiration, mais il n'est pas limité. Il va pouvoir se
fier également au témoignage du médecin vétérinaire, qui est l'expert
dans le domaine, au moment où la cause aura lieu.
fait que, dans ce sens-là, je suis un peu plus large dans mon Code civil, un
petit peu plus étroit puis j'espère ne pas
me tromper, puis, si vous avez des amendements à «impératifs biologiques»,
pensez-y tout de suite, là, parce que ça va devenir déterminant tantôt,
Poirier : Je veux juste comprendre ce que le ministre vient de
nous dire, parce que c'est très, très important, ce qu'il vient de dire. C'est que sa définition dans le Code civil
pourrait être plus large que celle qu'il met dans la
loi sur la santé,
bien-être. C'est bien ce que j'en comprends.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Elle pourrait être plus large comme elle pourrait
être plus... Elle est laissée à la discrétion
du tribunal, qui est libre d'entendre la preuve circonstancielle qu'il veut
bien entendre. Bien, moi, j'imagine, dans la vraie vie, que, s'il y a quelqu'un qui invoque des impératifs
biologiques à partir de la définition du Code civil, il va faire témoigner un expert. Quels sont les experts? On
les a entendus. Généralement, les médecins vétérinaires sont en tête de priorité, puis, dépendant de la situation, ça peut
être un agronome. On a entendu les agronomes aussi, là. Mais, l'expert, je
ne pense pas qu'il assigne le ministre, mais je suis disponible s'il m'assigne.
Mme Poirier : Je veux juste nous préciser que la définition est dans la
loi et non pas dans le Code civil, on s'entend.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui.
Mme Poirier :
Et je veux juste comprendre le pourquoi on viendrait laisser, justement, cette
grande marge de manoeuvre là petite ou plus grande mais c'est quoi, l'intention
du ministre, là-dedans. Ne pas vouloir faire une référence directe à ce qu'on prévoit
dans une définition, alors, ça me fait demander pourquoi on met des
définitions.
Alors,
je veux juste comprendre, là, la marge de manoeuvre, qui est peut-être très
nécessaire, là, mais je veux juste le
comprendre. Pourquoi on ne veut pas s'en tenir à la définition qui est là, que
peut-être on amendera tout à l'heure, je n'en ai aucune idée, mais pourquoi on ne veut pas s'en tenir à ça, puisque c'est
ça, l'intention du législateur, dans la loi et qu'on veut que le juge puisse... ou que les experts puissent
aller à l'extérieur de cette définition-là? Alors, pourquoi mettre une
définition à ce moment-là?
Paradis (Brome-Missisquoi) :
...vous l'avez bien cadré, là, le Code civil est une loi d'application
générale. La loi statutaire, issue de la common
law, elle est une loi d'application stricte, plus précise, etc. Quand vous
travaillez au niveau du Code civil,
vous laissez une évolution jurisprudentielle s'effectuer, et elle va
s'effectuer. Il va y avoir des causes, là,
dans... Les pays où on a vérifié, il y a eu une évolution jurisprudentielle.
Plus vous balisez, plus vous cristallisez dans le temps la jurisprudence
et moins vous permettez son évolution. On ne traite pas, au XXIe siècle,
certaines espèces d'animaux comme on les
traitait au XVIIe siècle ou au XVIIIe siècle, etc. Je ne veux pas
dire, là, qu'on ne modifierait pas le Code civil une autre fois de mon
vivant, là, mais les chances sont minces.
Donc, je
laisse aux tribunaux le soin d'apprécier l'évolution de la société puis de
l'évolution des termes que l'on utilise comme les autres juridictions où
on s'en est inspiré l'ont fait. Ils ont laissé aux tribunaux la possibilité
d'avoir une évolution jurisprudentielle. Généralement, elle va, quand on
regarde l'évolution des sociétés, dans un sens d'être plus stricte que moins
stricte.
Mme Poirier : Ça dépend des
tribunaux.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
dépend des tribunaux, je suis d'accord avec vous, mais, à un moment donné, ils
ont le dernier mot.
Mme Poirier : Malheureusement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
dépend des causes.
Mme Poirier : Je suis quand
même inquiète, M. le Président. Je comprends les arguments du ministre, je les
comprends, mais, si on revient spécifier, dans le premier paragraphe, dans «Disposition
générale»... On l'a dit tout à l'heure, là, ça, les dispositions générales, là,
c'est vraiment pour venir préciser ce qu'on vient faire, là. Alors, on est venus dire que les animaux, ce n'est pas des
biens, on vient dire qu'ils sont des êtres doués de sensibilité et qu'ils ont
des impératifs biologiques, et ça, «impératifs biologiques», là... qu'ils sont
des êtres doués de sensibilité, tout le monde comprend
ça, mais «des impératifs biologiques», ce n'est pas tout le monde qui comprend
ça, d'où le fait qu'on a été mettre dans la loi d'application une
définition qui vient dire c'est quoi, «impératifs biologiques».
Alors, mon
inquiétude, c'est de savoir que la définition qui est reliée aujourd'hui à
«impératifs biologiques» pourrait ne pas être tenue en compte du tout
dans une volonté large d'explications d'un juge ou d'une implication d'un
juriste qui pourrait faire en sorte de dire
que, finalement, le législateur était dans le champ dans son «impératif
biologique» puis ce n'est pas pantoute, selon lui, selon tel
vétérinaire, puis qu'il va plaider devant un juge que ce n'est pas ça du tout.
Est-ce que
c'est vraiment ça qu'on veut, que quelqu'un puisse aller à l'encontre de ce que
l'on veut avoir, qui est la définition
qui est là? Est-ce qu'on voudrait donner la marge de manoeuvre à quelqu'un de
faire en sorte qu'«impératifs biologiques» ne soient pas cela? Moi, ça,
ça m'inquiète. Ça, ça m'inquiète.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Moi,
M. le Président, je vais tenter de répondre à l'inquiétude de Mme la députée, de me faire rassurant. À partir du moment
où on utilise, dans le vocabulaire du législateur, les mots «impératifs biologiques», on ne peut pas en arriver à la
conclusion que vous nous soumettez, là, que le juge ne peut pas en tenir
compte du tout, parce que, là, il faudrait aller à l'encontre de la maxime et
de la règle d'interprétation qui prévoient que le législateur ne parle pas pour
rien dire. Donc, il faut qu'il en tienne compte. Autrement, ça ne ferait pas
partie du texte législatif, et là on pourrait se retrouver dans une situation
où il pourrait ne pas en tenir compte. Autrement dit, il faut l'interpréter a
contrario.
Mme Poirier : Mais, malgré la
bonne volonté du ministre, là, faire en sorte qu'on puisse donner une autre définition à «impératifs biologiques» m'inquiète
dans le sens où, si je... Parce que le ministre vient de nous le dire,
là... et, puisque le législateur ne parle pas pour rien, là, en cette Chambre,
là, il vient de nous dire qu'il est dans...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...il peut, là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : En
commission, parfois, il peut, mais pas dans le texte législatif.
Poirier : M. le ministre, vous savez bien... Ce que le ministre
vient de nous dire précédemment, c'est qu'il nous dit qu'on pourrait
plaider, on pourrait faire venir des experts qui pourraient remettre en
question cette définition d'«impératifs
biologiques» soit en la réduisant ou en lui donnant une plus large portée. Mais
là, M. le Président, je suis inquiète.
Pourquoi on donne une définition si on est prêts déjà à ne pas en tenir compte,
en tant que tel, et que ça devient une balise et ça ne devient pas une
définition? Alors, ça, c'est assez inquiétant, parce qu'on arrive avec du droit
nouveau et là on vient dire : Une définition, bien, vous pourrez en faire
un peu ce que vous voulez. J'ai un petit peu de misère.
Moi, je pense
que, si on veut tenir compte de la définition qui est là, qui me semble, à
première vue, quand on la lit comme
ça, avoir assez de paramètres dans sa définition en tant que telle... Est-ce
qu'on pense qu'il y a des paramètres qui manquent puis que le ministre veut nous apporter des amendements? Moi,
je n'ai pas de problème s'il pense qu'il y a des choses qui manquent, mais penser qu'on pourrait, finalement, dire que,
l'impératif biologique, bien, pour cet animal-là, sa taille, puis son état de santé, puis son degré
d'adaptation au froid, ça, on n'en tient pas compte, on prendrait des
bouts de définition puis on organiserait ça comme on veut, alors, je... en tout
cas, si c'est la nécessité qui commande ça, pas de trouble, mais je ne pense
pas qu'on est là-dedans, là.
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
M. le Président. Premier élément, là, on va tirer ça au clair : il n'y a pas de droit nouveau là-dedans, là, on vous a
donné nos sources d'inspiration, là, c'est du droit européen. Il n'est pas
âgé, parce que ce sont des modifications
législatives qui ont été adoptées... je pense que c'est l'Autriche qui est le
plus ancien, là, corrigez-moi... vous
me corrigerez, mais on parle d'une vingtaine d'années d'expérience
d'application. On ne part pas de rien non plus, mais on n'est pas dans
100 ans ou 200 ans, là, on est dans une vingtaine d'années
d'interprétation. Premier élément.
Deuxième
élément, si vous avez des poursuites qui sont prises en vertu du droit
statutaire, de la common law... et là, lorsqu'on va arriver à la
définition d'«animaux», on va être en plein dans le coeur du projet de loi.
Donc, si vous poursuivez, si vous êtes le
ministère de la Justice, pour une infraction à la loi en vertu du statutaire
comme tel, vous allez aller à la définition
que l'on retrouve à «impératifs biologiques». Si ce n'est pas couvert par la
deuxième loi, que vous allez en fonction du Code civil comme tel parce
que vous n'êtes pas couvert dans la deuxième loi, vous êtes un autre type d'animal qui n'est pas couvert, à ce moment-là
vous plaidez le Code civil. À ce moment-là, en plaidant le Code civil
comme tel, vous avez une définition
d'«impératifs biologiques» qui va être à la discrétion — j'utilise les mots consciemment,
là — du
tribunal qui va commander une preuve d'expert. Et les experts ne sont pas figés
dans... leur expertise n'est pas figée dans
le temps ni dans la définition, ils se font... comment je pourrais dire, ils
vont faire
partie d'une évolution jurisprudentielle comme ils en ont
fait
partie dans les pays européens.
Mme Poirier : Je pose une
question, parce que vous venez d'amener quelque chose, M. le ministre, puis je trouve ça pertinent qu'on puisse le nommer puis je
vous ai très bien suivi, là. La
Loi sur le bien-être prévoit une
définition pour des animaux. D'autres animaux pourraient ne se retrouver
seulement que sur le Code civil. Qui?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Les
animaux qui ne seront pas... Bien là, je ne peux pas présumer de ce que
la commission puis que l'Assemblée nationale va faire, mais ce qu'on a soumis,
comme tel : les animaux sauvages, un exemple, de la faune, on a créé une
exception — puis
là j'y vais de mémoire — pour
le vison et le renard d'élevage quand ils sont en cage, mais, quand ils sont en
liberté, ils ne sont pas soumis à la loi comme telle, mais ils vont être soumis
au Code civil.
Mme Poirier : ...à
comprendre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Je ne
vous dis pas que c'est simple, là. Mettre ça ensemble, ça été... J'ai
eu, dans ma vie politique, à mettre ensemble
certaines pièces législatives, et ce n'est pas la plus simple, je vous concède
pourquoi, parce qu'il y a différentes
catégories d'animaux, différents types d'animaux, différents usages. Ça va de
la naissance ou de... ça vient au
monde quand, là, puis ça meurt dans la dignité quand, puis, entre les deux, on
traite ça comment. Ce n'est pas un édifice juridique qui a été facile à
mettre ensemble. Puis c'est pour ça qu'on apporte... Moi, j'ai apporté un amendement, déjà, là, puis on est à
l'article 1, puis on va en avoir d'autres à apporter, parce qu'on l'a
construit ensemble, qu'on a eu l'avantage d'entendre une quarantaine de
groupes, puis il y en a d'autres qui nous ont fait parvenir des mémoires, puis, ce qu'on peut incorporer dedans,
là, on l'incorpore parce qu'on a le même objectif depuis le début, là,
c'est de faire en sorte qu'on ait la meilleure loi possible mais applicable
aussi puis qui nous tient dans une situation, là, d'équilibre sur le marché
nord-américain, entre autres.
Le Président (M. Morin) : Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Je comprends très bien ce qu'il vient de nous dire, là, c'est excellent. Est-ce
qu'on pense qu'«impératifs biologiques» pourraient vouloir dire quelque
chose d'autre, ou complémentaire ou moindre, pour des animaux qui ne sont pas
sous la juridiction de cette loi-là?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Par
définition, un animal qui relève du ministère de la Faune, ils ont leur
propre common law qui administre ça puis
qui, j'imagine, là... parce que je ne les connais pas tous par coeur — j'ai eu l'occasion d'être ministre de la Faune seulement que six mois
de temps, ça fait que je n'ai pas pu tout apprendre du ministère — mais ils ont des approches qui sont
différentes, là. Je veux dire, c'est certain que ce n'est pas des animaux
d'élevage, c'est certain que ce n'est pas des animaux de compagnie. Mais est-ce
qu'ils sont couverts par la définition du Code civil? La réponse est oui.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : ...aura la discussion plus tard, parce qu'on
parlait lors des auditions que... si on parle du chien, entre autres, que ça fait des dizaines de milliers
d'années qu'il est domestiqué, et donc il entre dans la loi, mais il y a
des animaux dits sauvages qui, depuis deux,
trois, quatre générations... on ne sait plus, là, ils vont se situer où. Est-ce
qu'ils sont domestiqués ou pas? Et certains groupes
semblaient nous dire qu'ils sont domestiqués, et on devra en tenir compte.
Alors, c'est un débat qu'on aura probablement plus tard.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Lorsqu'on arrivera à la définition d'«animal»,
c'est ça qui va définir ce qui va être soumis au cadre statutaire versus
ce qui va rester sous la couverture du Code civil.
M. Villeneuve : Toujours sur le même article, M. le Président... Ça va,
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve?
Villeneuve : Toujours sur le même article, j'invite votre oeil
à regarder la dernière phrase, là, où on parle : «Toutefois, les
animaux ne sont pas des personnes.» C'est l'UPA, entre autres, qui nous avait
soumis cela. Je peux peut-être vous le lire,
là, question de précision. Donc, en fait, c'est un commentaire de l'UPA, qui
disait : «L'union met en garde
le ministre contre toute initiative qui viserait à personnifier les animaux
d'élevage.» C'est pour ça qu'on vous le soumet, encore une fois. Voyez-vous, on a bien entendu les groupes nous
interpeller sur des aspects qui ne leur semblaient peut-être pas
suffisamment clairs. J'aimerais peut-être entendre le ministre sur ce point-là
qu'on lui soumet par amendement.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M. le Président, l'UPA a apporté cet élément
de mise en garde contre la personnification de l'animal comme tel, et
beaucoup d'autres groupes nous ont amené l'élément contraire : il ne faut pas que ce soient des biens. C'est pour ça qu'on a
choisi une définition qui leur est propre. On n'a pas voulu tomber ni dans la personnification ni dans le bien, on a
voulu tomber dans une définition qui cadrait bien, puis je la reprends,
là : «Les animaux ne sont pas des
biens. Ils sont des êtres doués de sensibilité et ils ont des impératifs
biologiques.» À partir de ce moment-là, ils ne rentrent pas dans la
définition de «personnes» non plus.
Villeneuve : Oui, on vous entend, M. le ministre, puis on
comprend que c'est ce que vous en déduisez, là. Parce que «les animaux ne sont pas des biens. Ils sont des êtres doués
de sensibilité et ils ont des impératifs biologiques.» Alors, on ne sait
pas où ils sont, là, ils sont...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On n'a pas dit qu'ils étaient des personnes puis
on ne veut pas non plus que ce soit considéré comme des personnes, parce
que, là, on entre dans toute une autre dimension du Code civil.
Villeneuve : Oui. Bien, c'est la raison pour laquelle on
apporte cet amendement-là, M. le ministre, pour le clarifier, pour qu'on
puisse tirer la ligne quelque part et s'assurer qu'on ne tombe pas dans le
piège.
Pour revenir à la
discussion que vous avez eue avec ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve,
effectivement, c'est une préoccupation qu'on
a de ce côté-ci, une préoccupation importante. Parce que, si on ne retrouve
nulle part... on laisse, dans le Code
civil, seulement «impératifs biologiques», alors là peut-être que ça sera à sa
plus simple expression et peut-être que ça sera très largement... J'ai
compris vos explications, là, mais, de ce côté-ci, on trouvait que ça faisait
sens aussi de faire référence...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il n'y a rien qui empêche le législateur
d'ajouter, de soustraire, de modifier ou de maintenir la
loi sur la
faune et ses définitions.
Le Président (M.
Morin) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
J'ai compris la réponse du ministre sur l'ajout de «Toutefois, les animaux ne
sont pas des personnes», mais ce que je n'ai pas compris, c'est pourquoi ne le
considère-t-il pas, cet ajout-là.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Il est dans le
chapitre des biens. C'est pour ça
qu'on a considéré de dire que ce n'était pas un bien. Si on avait été
dans le
chapitre des personnes, on aurait probablement...
Mme Poirier :
...dit : Ce n'est pas une personne.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Bien, vu qu'on se trouvait dans le
chapitre des
biens, on voulait mettre ça clair. Mais on n'a pas besoin de la même
clarification, parce qu'on n'est pas dans le
chapitre des personnes.
Poirier : Je vais vous poser une question plus juridique, là.
Probablement que vous allez avoir la réponse, puisque vous avez bien
fait vos travaux. Le fait d'être dans le
chapitre des biens nous exclut que des
biens sont des personnes?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Répétez-moi ça, là.
Mme Poirier :
Le fait qu'on est dans le
chapitre des biens nous exclut que les biens sont des
personnes, selon vous?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
parce que...
Poirier : Puis, je ne
sais pas, peut-être que, juridiquement parlant, puis je... Est-ce que c'est une
certitude, ça?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Bien,
l'interprétation jurisprudentielle du Code civil a été constante. Est-ce
qu'ils pourraient changer d'idée? Je pense
qu'il y a des cours d'appel s'ils changeaient d'idée, là. Tu sais, c'est assez
majeur, là. Tu as des chapitres... vous le
savez, là, il y a des chapitres complètement distincts, là, des livres. C'est
plus que des chapitres, c'est des livres.
Mme Poirier : Je comprends
votre explication, là. Mais, quand je pense qu'un groupe a pris la peine de
nous l'écrire, c'est qu'ils ont dû faire une validation, je ne peux pas croire,
je leur fais confiance et je me pose la question : Pourquoi nous ont-ils demandé cela? Ils ont quand même des avocats, là,
à l'UPA, là, puis ils en ont des bons, là. Alors, est-ce qu'on comprend le pourquoi ils ont insisté
pour, justement, nommer cela? Pourquoi ils ont demandé cet ajout-là
s'ils avaient un doute sur la chose?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Bien,
ma perception — puis
c'est une perception, puis prenez-la pas pour plus que ça — je
pense que c'était pédagogique.
Mme Poirier : Vous voyez
comment c'est extraordinaire d'être pédagogique, M. le ministre?
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Berthier.
M. Villeneuve : Bien, moi,
j'aimerais, M. le Président, que le ministre nous donne un argument solide, là,
pourquoi ne pas le mettre là, puis un
argument solide, là, pas juste nous dire : Bien, écoutez, on pense que ça
ne devrait pas être là puis ça devait
être correct comme ça. Alors, moi, j'aimerais avoir un argument solide, là, qui
viendrait nous persuader qu'on n'a pas à le mettre là. Puis, encore là,
c'est mon analyse-là, j'ai l'impression que l'UPA — et ce n'est que mon impression, là — avait peut-être peur à certains dérapages,
éventuellement, et c'était plus que pédagogique, je pense, c'était
quelque chose qui est dans le possible. Étant donné qu'on est dans le possible,
ils se sont dit : Bien écoutez, réglons la
situation, soyons clairs, on le met, et comme ça il n'y a plus d'ambiguïté.
Mais, au-delà de me dire : Bien, on l'a évalué puis... est-ce que
le ministre peut nous amener quelques arguments solides qui feraient en sorte
qu'il réussirait à nous convaincre, finalement, hors de tout doute que la
pertinence de le mettre là... il n'y en a pas, de pertinence?
Le Président (M. Morin) : M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
«Hors de tout doute»; je trouve le fardeau élevé. Par prépondérance de preuve,
on peut toujours fonctionner. Je pense, et là il faudrait vérifier avec l'UPA,
habituellement, quand ils ont une recommandation juridique — vous
l'avez mentionné, ils ont un bon contentieux, c'est Me Brodeur, l'ancienne
bâtonnière, qui est là — ils nous envoient un amendement puis on
l'évalue. Dans ce cas-ci, moi, j'ai l'impression — puis
c'est une impression — qu'ils ont des craintes appréhendées à cause
du mouvement, du côté américain, de la personnification comme telle de l'animal, sauf que, à moins que je
me trompe, là, du côté américain, ils n'ont pas un code civil qui
distingue des livres de biens puis des livres de personnes.
Ça fait que je pense qu'on a une protection
additionnelle qui peut éviter ce type de dérapage là au Québec. Moi, je partage leur objectif, là, je ne veux pas
que ce soient des personnes. Je l'ai dit clairement, comme législateur,
je ne peux pas être plus clair, là, les gens
qui... Mais, à partir du moment où on a dit ça, on n'a pas d'avantage à ajouter
dans le livre des biens que ce n'est pas des
personnes, là, vu que c'est dans un livre différent, on n'est pas dans le même
livre, mais il y a des limites. Puis, à partir du moment où on définit
clairement, on n'a pas ces risques de dérapage là.
Villeneuve : Donc, ce que j'entends du ministre, selon lui,
avec ce qu'on en connaît présentement au Québec, à tout le moins, là, le
risque, il serait pratiquement zéro, mais...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Le
risque de contestation n'est jamais zéro. Quelqu'un peut contester
n'importe quoi n'importe comment, mais les chances de gagner...
M. Villeneuve : Tantôt, on
faisait référence... puis c'est correct de le faire, le ministre faisait
référence... on s'est inspirés de ce qui se
fait en Europe, de ce qui se fait de mieux et pourquoi... Ça ne nous empêche
pas d'être avant-gardistes, M. le Président, même si on s'inspire de ce
qui se fait de mieux ailleurs, là, et les craintes qui ont cours présentement de la part de l'UPA à ce qui se fait
ou ce qui se... j'allais dire, se trame, ce n'est pas le bon terme, se
passe aux États-Unis les invitent justement à nous dire : Attention,
législateurs, il serait peut-être important que vous vous assuriez de fermer ça à double tour pour éviter,
là, tout dérapage en ce sens-là. Et le ministre a entendu comme moi, là,
les gens de l'UPA, il a lu les mémoires comme moi, donc assurément que lui et
son équipe ont été sensibilisés à ça. Et je comprends
que la conclusion passée — parce que, là, on est en mode ouverture ici, tout le monde — du ministre et de son équipe, c'est dire :
On n'a pas besoin de le mettre. On vous le soumet tout de même, parce que, vous
venez de le dire, le risque n'est pas
zéro, puis on n'y arrivera probablement jamais, au risque zéro, mais ce que
nous disent les groupes, c'est que,
pour éviter les dérapages, pour s'assurer que ce soit clair, de l'insérer
viendrait fermer... on met la clé dans le coffre-fort, là, on s'assure que personne ne pourra éventuellement dire :
Bien, écoutez, personne ne pourra arriver à personnifier, d'une façon ou d'une autre, du plan... Je veux voir si
le ministre, sur le plan juridique... tantôt, on a eu des explications par
rapport à l'autre item, là, de l'amendement,
là, il ne voulait pas cristalliser le Code civil en mettant des définitions
qui... On n'est toujours pas convaincus, de ce côté-ci, mais, en tout
cas, on a bien entendu la réponse du ministre.
Sur le plan juridique, le fait de l'ajouter, ça
pose problème?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça pose
problème, puis, sur le plan du raisonnement comme tel — j'ai aussi la responsabilité d'être
ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation — s'il
fallait que ça soit des personnes, là, si tu
t'alimentes de personnes, tu appelles ça du cannibalisme. Ça fait que, tu sais,
à un moment donné, là, si on est rendus à marquer ça dans les projets de
loi au Québec, là, moi, j'ai des problèmes de compréhension.
Mme Poirier : M. le
Président.
Le Président (M. Morin) :
Oui, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : L'explication
du ministre, elle est excellente.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Mais
ça, c'est les fleurs, attendez le pot.
Une voix : Puis il est gros,
je dois vous dire.
Poirier : Parce que, si je pars de sa logique et surtout du
projet de loi, on vient dire, dans le
titre «Biens», et qu'on ne veut pas appeler «Animaux»... dans le
titre «Biens», on dit dans sa disposition générale : «Les animaux ne
sont pas des biens.» Alors, suivant cette logique et la logique du ministre,
pourquoi on ne vient pas écrire dans le
chapitre «Personnes» que «les animaux
ne sont pas des personnes»?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Parce qu'on ne l'a pas ouvert.
Mme Poirier : Bien, même si
on ne l'a pas ouvert...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On a
voulu le garder hermétiquement fermé.
Mme Poirier : Oui, mais on ne
vient pas le fermer, là, on le laisse ouvert, parce qu'à partir du moment...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Non,
non, non, on ne l'a pas ouvert.
Mme Poirier : Puisqu'on le
fait dans «Biens», puisqu'on le fait dans «Biens»...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Parce qu'on l'a ouvert.
Poirier : Oui. Bien, je veux bien croire, mais à ce moment-là
il y a un bout qui n'est pas fait. On s'entend qu'il y a un bout qui n'est pas fait, le bout «personnes». À ce
moment-là, la volonté de l'UPA, qui est de venir fermer la porte au fait
qu'un animal n'est pas une personne, ce que vous avez fait dans votre propre
projet de loi puis qui était l'interprétation du juriste, alors, disant que ça,
ça fermait la balise, que les animaux ne sont pas des biens... mais «les
animaux ne sont pas des personnes», qui est la demande de l'UPA, lui, on n'a
pas fermé la porte.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Moi,
je suis habitué aux demandes de l'UPA. Habituellement, quand ils demandent de quoi de précis dans leurs mémoires,
ils nous le formulent, puis là ils nous ont fait part d'une appréhension
sans nous le formuler. Donc, ils ont
peut-être compris que ça serait... tu sais, ils ont compris qu'on n'avait pas
ouvert le livre sur les personnes, ça
fait qu'ils nous ont dit : Assurez-vous de ne pas l'ouvrir. Ça fait qu'on
les assure, là, on ne l'a pas ouvert, puis ce n'est pas l'intention de
l'ouvrir.
Mme Poirier : Mais ne pas
l'ouvrir, c'est ne pas fermer la porte, on s'entend.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Si
tu ne l'ouvres pas puis que la porte est fermée, tu n'as pas besoin de la
fermer deux fois.
Mme Poirier : Non, non. Non,
non, la porte n'est peut-être pas ouverte, mais la précaution n'est pas
assurée.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
C'est-à-dire qu'un législateur, un jour, pourra se présenter devant
l'Assemblée nationale du Québec et proposer d'ouvrir la porte.
Poirier : ...pourquoi vous ne le faites pas, M. le ministre?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Parce que ça ne me tente pas pantoute de
l'ouvrir, parce que, si je l'ouvrais, je prendrais des chances puis des risques que les autres articles
s'appliquent. J'ouvre une canne de vers si je fais ça. Ça fait que je réponds à la demande de l'UPA en
disant : Je n'ouvre pas la porte, je vous laisse ça fermé comme c'est.
Maintenant, dans le livre des biens, elle,
je l'ai ouverte, puis je ne veux pas que le monde pense qu'un animal, c'est un
bien. Ça fait que, là, je le clarifie.
Mme Poirier :
Mais vous n'êtes pas prêt aujourd'hui à aller dire qu'un animal, ce n'est pas
une personne.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je n'ai pas besoin de le dire. Et, comme le
législateur ne parle pas pour ne rien dire, je n'ai pas besoin de le
dire, il est mieux de se taire.
Mme Poirier :
Ce que l'on comprend de ce côté-ci, c'est que vous n'avez pas cette intention.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Absolument pas.
Mme Poirier :
On le comprend. C'est clair. Ça ne peut pas être plus clair que ça, là, qu'on
comprend que l'intention du ministre, ce n'est pas de venir fermer cette porte.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Elle n'est pas ouverte.
Poirier : Elle est ouverte à partir du moment où on traite de
l'ensemble de ça. On a ouvert la porte des biens, qui nous ouvre presque
la porte personnes, puisqu'il y a un lien, là, il y a...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Clairement, là, ce n'est pas de notre intention,
puis je ne vous accuserai pas de vouloir m'en prêter, des intentions,
parce que c'est interdit par le règlement.
Mme Poirier :
Elles sont bien. Alors, le ministre a été clair, il ne veut pas venir fermer
cette porte-là et...
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...
Le Président (M.
Morin) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Mais il n'y a pas juste l'UPA qui a soulevé cela,
là. Et, peu importe qui l'a soulevé, là, il n'en demeure pas moins que,
vous savez, une idée ou une réflexion, ça a une genèse en soi, hein, ça a des
origines, et ces origines-là, c'est un peu
le fait qu'il y a des craintes par rapport à cela, par rapport à des possibles
dérapages. Alors, je ne veux pas
qu'on pense, là, que, si un groupe, peu importe le groupe, est venu en
commission parlementaire, parce qu'il ne nous envoie pas un libellé
écrit, ça...
M. Villeneuve :
Non, je veux juste dire que... C'est parce qu'à un moment donné, moi, je veux
bien, là, argumenter, là, mais, bon, je veux
juste... Donc, ce n'est pas parce qu'un groupe ne nous envoie pas le libellé
écrit d'un amendement possible que
cet amendement-là n'est pas recevable ou ne peut pas être rediscuté ou ne peut
pas être regardé de plus près. Il y a une crainte, elle existe, elle est
là, elle est présente. Elle est présente.
le ministre nous dit que — et je ne lui prête pas des intentions, M. le Président — il n'a pas l'intention, donc, d'ouvrir... ou de s'assurer, finalement, qu'il n'y
en aura pas, de dérapage, dans le futur. C'est ce qu'on comprend. Alors,
il n'y a pas vraiment d'ouverture pour la
suite des choses. Je ne sais pas si ma collègue a des choses à ajouter. Ça
n'aura pas été à défaut d'essayer de
s'assurer, encore une fois, M. le Président, que de le faire de façon le plus
claire possible. C'est ça, l'objectif, là.
Poirier : Mais je pense qu'il y a... Excuse-moi. Il y a un
effet aussi de... Je dis toujours que ce qu'on dit ici a des effets chez
les gens qui sont venus ici, là.
notre travail, c'est d'être les porte-parole de ceux qui sont venus ici et de
plaider ce qu'on pense de ce qu'ils ont demandé qui nous rejoint et qui
fait en sorte de ça, et c'est ce qu'on fait présentement et c'est pour ça qu'on
dépose des amendements. Et, pour nous, à
notre lecture, cette demande, qui a été faite par des groupes, de dire :
Venez fermer la porte... selon le
ministre, qui n'est pas ouverte, mais venez fermer la porte au fait qu'un
animal n'est pas une personne, on comprend
qu'aujourd'hui, le ministre, ce n'est pas dans son intention d'aller vers cette
dynamique-là, mais ça veut dire qu'en
quelque
part il y a une notion qui reste là en suspens, qu'un autre ministre,
un jour, viendra probablement colmater cette brèche, qui reste ouverte.
Le Président (M.
Morin) : M. le ministre.
Paradis (Brome-Missisquoi) : M. le Président, juste reprendre quelques
arguments, là. Non, les gens qui viennent en commission, là, je vous reprends,
ne sont pas obligés de nous envoyer des amendements par écrit, là, je vous le dis comme tel, sauf que l'UPA est équipée
habituellement, puis, quand ils y tiennent à tout prix, je vous dis, ça
arrive assez bien rédigé, mais ce n'est pas tous les gens qui sont aussi bien
équipés, etc.
genre de discussion qu'on a, moi, je ne suis pas réfractaire à ça du tout, là,
j'en ai eu avec Mme Harel dans probablement
la commission parlementaire qui a été la plus longue de l'histoire de
l'Assemblée nationale du Québec, la
Loi sur la sécurité du revenu, dans le milieu des années 80. Ça a été plus long
que la loi 101. Ça fait que moi, je veux dire, quand on est dans des sujets qui touchent l'ensemble de
la population, il faut prendre le temps de le discuter correctement,
moi, je n'ai pas de problème avec ça, là, puis c'est stimulant
intellectuellement.
Le Président (M.
Morin) : Est-ce qu'on est au vote sur l'amendement?
M. Villeneuve :
...M. le Président, alors on demande le vote.
Le Président (M.
Morin) : Oui? Est-ce que vous y allez par l'appel nominal?
M. Villeneuve :
Appel nominal.
Le Président (M.
Morin) : Oui. Est-ce que vous voulez que je vous relise
l'amendement ou on en a assez discuté pour comprendre? O.K.
Le Secrétaire :
M. Villeneuve (Berthier)?
Le Secrétaire :
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Mme D'Amours (Mirabel)?
D'Amours : Vu que je n'ai pas eu le temps de dire un mot, je vais
m'abstenir.
Le Président (M.
Morin) : Est-ce que vous avez demandé la parole?
D'Amours : Oui, mais ce n'est pas grave, M. le Président.
Le Président (M.
Morin) : Je m'en excuse.
D'Amours : Non, il n'y a pas de problème, je m'abstiens.
Le Président (M.
Morin) : O.K.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : M. le Président, je sais que le vote a été
appelé. Si on avait un consentement unanime, on pourrait revenir à
l'étape où on retire l'appel au vote puis on laisse le droit de parole à Mme la
députée de Mirabel.
Mme Poirier :
Définitivement.
Le Président (M.
Morin) : Avec consentement à cette commission, en plus, qui est
très objective, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Merci, M. le Président. Sur l'amendement qui a été proposé,
moi, il y a des questions qui me sont venues
en tête et surtout sur «ne sont pas des personnes», puis on a cité l'UPA. Moi,
j'aimerais ça vous entendre, M. le ministre, sur... M. le Président,
j'aimerais entendre le ministre sur des questionnements qu'on se pose dans le milieu agricole; je vais prendre les producteurs
de porc. Si on a une personne qui est attitrée à ce que les porcs qui
sont dans un genre d'enclos, qu'ils doivent
transférer pour aller dans un autre endroit... ça fonctionne par : on
pousse le porc, hein, parce qu'il y
en a qui ne veulent pas, c'est récalcitrant, ça ne veut pas avancer, donc on a
un petit bâton ou une main puis on pousse, puis là le porc trébuche,
oui, ou...
D'Amours : ...oui, ou le porc trébuche, qu'est-ce que ça va impliquer?
Au niveau de l'amendement, tu sais, on
parle, là, que ce ne sont pas des personnes. Hein, une personne, on n'a pas le
droit de pousser quelqu'un. Mais, un porc, est-ce qu'on peut le pousser?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Étant donné qu'on n'a pas ouvert le livre sur les
personnes, ça implique que ce n'est pas une personne.
D'Amours : Quand on parle des choses. des... attendez, je vais le
dire, qui ne sont pas au niveau biologique, là, tu sais, je veux dire, eux autres aussi, les impératifs biologiques,
c'est que le porc, en principe, n'est pas non plus supposé de se faire pousser... ou comme un enfant. Je vais
prendre un autre exemple : un enfant va jouer avec des animaux,
puis c'est un enfant, puis il est un peu
brusque avec les animaux. Est-ce qu'on va faire la distinction entre un animal
et une personne? Si ce n'est pas marqué dans l'amendement, est-ce qu'on
va faire la différence entre un animal et une personne qui...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : La réponse est : Oui, une distinction très
claire. Le livre sur les personnes n'est pas touché, là, n'est pas ouvert, comme tel, par cette pièce
législative. Le livre sur les biens est ouvert, donc on est dans le livre sur les biens, il faut le spécifier et on le
spécifie, que ce n'est pas un bien. Si on était dans le livre sur les
personnes, on ferait la même chose pour garder l'équilibre législatif comme
tel.
Maintenant,
là vous êtes un petit peu loin dans le projet de loi quand vous parlez
de : Quand vous manipulez un porc,
c'est quoi, la norme? On les a entendus, les éleveurs de porc, en commission
parlementaire, puis il y a un guide de bonnes
pratiques. Puis, même, je dirais qu'au Québec, là, pour ce qu'on a vu, etc., on
n'est pas en arrière de la game, si vous me passez l'expression, dans la façon de les traiter. D'ailleurs, s'ils
occupent une place prépondérante sur les marchés internationaux, c'est qu'ils se sont bâti une réputation à tous les
niveaux, y inclus la façon dont ils traitent leurs animaux.
D'Amours : Depuis tantôt, vous parlez de l'aspect juridique, mais, si
j'arrivais avec une maltraitance d'un animal
puis que le propriétaire de cet animal-là le considère comme qu'il fait
partie
de sa famille, que c'est presque sa fille
ou son fils — et il y
a des gens qui aiment les animaux autant que leur enfant — comment ça va être traité, ça, si ce n'est pas... parce que c'est relatif pour chacun,
comment ça va être traité si ce n'est pas spécifié que ce n'est pas une
personne?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça va être traité en fonction de la définition
que l'on retrouve au Code civil. Et, tantôt,
on va voir si c'est un... Probablement, ce que vous me décrivez, c'est un
animal de compagnie, là. Je prends pour acquis que c'est un animal de
compagnie. Ça va être traité en fonction de ses impératifs biologiques. Ça fait
qu'il y a deux éléments sur lesquels il va
falloir être prudents tantôt, la définition d'«animaux» comme telle, «animal de
compagnie» puis «impératifs biologiques», pour savoir si notre définition, elle
est complète.
D'Amours : Je comprends. Merci, M. le Président.
Président (M. Morin) : Oui, ça me fait extrêmement plaisir,
madame. Je n'avais pas vu votre signe de la main. Donc, on était
rendus...
Mme Poirier :
Bien, ça m'amène une question, parce que... Non, non, mais ça...
Mme Poirier :
Bien non, mais ça m'amène sur d'autre chose, là, parce que ce que vous dites...
Mme Poirier :
On peut les faire après?
Mme Poirier :
O.K. Parfait. Bien, moi, je l'aurais fait tout de suite, là, parce que ça a un
lien avec le...
Président (M. Morin) : Parce que, là, si on veut être
logiques — on a
fait une permission spéciale, madame, à cause du président, qui n'avait
pas vu le signe de Mme la députée de Mirabel — nous en sommes à
l'acceptation de l'amendement de l'opposition officielle.
M. le secrétaire, on
recommence.
Le Secrétaire :
Donc, M. Villeneuve (Berthier)?
Le Secrétaire :
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Mme D'Amours (Mirabel)?
Mme D'Amours : Je vais être contre.
Le Secrétaire :
M. Paradis (Brome-Missisquoi)?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine)?
Le Secrétaire : M. Bourgeois
(Abitibi-Est)?
Le Secrétaire : M. Giguère
(Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
M. Fortin (Pontiac) : Contre.
Le Secrétaire : M. Drolet
(Jean-Lesage)?
Le Secrétaire : M. Morin
(Côte-du-Sud)?
Le Président (M. Morin) : Je
m'abstiens.
Le Secrétaire : 2 pour, 7
contre, 1 abstention.
Le Président (M. Morin) : Ça
va? Est-ce qu'il y a d'autres questions sur l'article 1? Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : On vient de dire que l'animal n'est pas un bien, il
n'est pas une personne — en tout cas, on ne le dit pas, mais on se le dit entre
nous. Est-ce que l'animal a des droits?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça va
être les droits qui vont être définis, sur le plan statutaire, dans ce
qu'on va voir s'il rentre dans la définition du projet de loi, définition que
nous adopterons un peu plus tard.
Poirier : Je vais aller un petit peu plus loin. On sait qu'il y
a une cause, là, actuellement, aux États-Unis, d'un animal qui poursuit pour... qui a le pouvoir de poursuivre, en tout
cas on lui a donné le pouvoir de poursuivre. Moi, j'aimerais plutôt
qu'on parle de nos intentions en tant que telles. Est-ce que nous pensons qu'un
animal a le droit de poursuivre?
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Si on
ouvrait le
chapitre des personnes, on pourrait théoriquement donner le
droit à un animal d'ester en justice. Vu qu'on ne l'ouvre pas, la question ne
se pose pas.
Mme Poirier : C'est bien
important, là, parce qu'on voit qu'ailleurs ça se fait. Ils n'ont pas le même
système juridique, là, on s'entend. Mais
c'est important pour comprendre qu'ici, au Québec, notre intention, elle est
claire, c'est de ne pas donner un
pouvoir juridique de poursuite. On appelle ça ester en justice, dans notre
langage juridique, là. Mais, pour rendre
ça facile, là, dans le fond, c'est qu'un chat ou un porc... c'est pour ça que
je faisais le lien avec ce que ma collègue disait, le porc ne pourrait
pas poursuivre la personne qui l'a poussé fortement, disons, ou maltraité,
finalement, là, en tant que tel, là.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...ne
peut pas poursuivre, mais, si quelqu'un a été témoin puis il est médecin
vétérinaire, il peut porter plainte :
1 844 animaux ou il porte plainte directement, puis c'est le
Procureur général ou son substitut qui poursuit pour faire appliquer les
dispositions.
Mme Poirier : Mais, dans
notre système à nous, l'animal n'a pas ce droit.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : N'a
pas la possibilité d'ester en justice.
Poirier : Je veux juste qu'on soit clairs, là, parce que ça
répond aussi à la collègue, qui... probablement, son intention, ce n'est
pas de penser que l'animal avait ce droit de poursuite lui-même, là, mais c'est
beaucoup plus dans le système... Si on regarde aux
États-Unis, par exemple, il y a eu une reconnaissance, en tout cas, puisqu'on a
permis à l'animal d'intenter une poursuite.
Nous, dans notre système québécois, on ferme la porte, là, on la ferme pour le
vrai, on ferme la porte complètement à une possible éventuelle poursuite
intentée par un animal.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : On
n'a pas besoin de la fermer, on ne l'a pas ouverte.
Mme Poirier : J'aime toujours
cette phrase.
Villeneuve : ...le sujet, justement, de droit de poursuite.
J'ai bien compris la réponse du ministre. Encore une fois, la porte n'a pas été ouverte, donc on...
Est-ce qu'il peut y avoir des droits de propriété? Est-ce qu'un animal
pourrait être affublé de droits de
propriété — je
n'irais pas jusqu'à dire «droits d'auteur» — droits de propriété? Parce que la
cause dont on faisait état tantôt, c'est...
je trouve ça un peu particulier de la raconter ici, à l'Assemblée nationale,
mais, à tout le moins, c'est des
photos prises par un macaque, et semble-t-il qu'il pourrait avoir des droits de
propriété sur les photos prises.
Alors, question de s'assurer qu'on comprend bien... et ça, c'est une cause aux
États-Unis évidemment et c'est une question
que quelqu'un m'a soulevée : Est-ce que les animaux auraient, évidemment
par l'entremise d'une tierce personne, pourraient obtenir des droits de
propriété quelconques?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
...un droit de propriété?
M. Villeneuve : Comme la
cause qui est en suspens présentement aux États-Unis.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Je
n'ai pas vu ça, moi, là...
M. Villeneuve : Moi non plus,
je n'ai pas vu ça.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : ...ni
dans le Code civil ni dans les lois statutaires au Québec, là. Mais on
ne voit pas tout, hein? Si vous avez un indice, donnez-moi-z-en un, là, mais...
Villeneuve : Tantôt, M. le ministre faisait allusion à des
choses qui se passaient aux États-Unis, alors ça m'a fait penser à cette
cocasse chose qui se passe présentement. Mais, bon, on comprend que ce ne
serait pas le cas ici.
Est-ce qu'au
niveau des assurances, l'article 1, là... Je pense que c'est un
article
important, là, très important. Alors là,
les gens, les questions qu'ils nous demandent, c'est : Est-ce que ça va
avoir des incidences, exemple, au niveau des assurances? Est-ce que le fait de changer le statut comme on le fait
présentement... en tout cas, de le clarifier, ce n'est pas un bien, mais il est quand même dans la
section
des biens, là, il a des impératifs biologiques, etc., est-ce que ça
pourrait avoir une incidence quelconque au niveau des assurances? Je pense aux
éleveurs, je pense aussi, évidemment, là, aux particuliers et aux citoyens qui
ont des animaux.
Est-ce que vous avez évalué ça? Est-ce que vous
avez pensé regarder ça? Est-ce que vous avez pris des avis quelconques en quelque part? Est-ce que vous avez
pris la peine de regarder? Parce que, s'il y a des incidences... vous allez me dire : On pourra peut-être le savoir
dans six mois, un an, cinq ans, mais j'imagine que vous avez quand même
regardé cet aspect-là, et c'est un aspect important, ça pourrait avoir un
impact.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) :
L'expérience de vie nous enseigne que tout est assurable. Ça peut avoir
des incidences si vous décidez de l'assurer.
Les gens qui ont des animaux généralement vont soit les placer sur leur
police d'assurance habitation, ils ne
créeront pas, là, à moins qu'une compagnie y voie un intérêt financier ou
pécunier spécifique, un produit spécifique parce qu'on change cette
loi-là.
Maintenant,
est-ce que ça augmente la responsabilité de la personne? La réponse est :
Oui, ça augmente, mais vous le
quantifiez comment puis vous le diluez comment compte tenu de l'ensemble des
politiques d'assurance que vous détenez, et quel est l'effet?, parce qu'il y en a aussi sur... Je vais vous
donner un exemple bien pratique : l'assurance stabilisation des
produits agricoles. Est-ce que ça a une incidence, si ça en a une, sur ton coût
de production? Est-ce que pour tes productions
qui sont sous gestion de l'offre tu l'inclus dans ton coût de production? Tout
ça va être évolutif puis tout ça va dépendre du niveau d'application de
la loi. Mais qu'on arrive aux articles qui vont commander des modifications aux
bâtiments, à l'équipement, à ces choses-là, à partir du moment où il y a des
coûts monétaires, il y a des systèmes qui prévoient
l'inclusion de ces coûts-là dans les coûts de production. Est-ce que La
Financière agricole a regardé le projet de loi? La réponse, c'est oui. Est-ce que les offices de producteurs ont
regardé le projet de loi? La réponse, c'est oui. Ils sont venus
nous en parler en commission parlementaire.
Donc, ce n'est pas sans incidence, parce que,
quand vous avez une responsabilité additionnelle... bien, je pense que les gens ont compris que, quand vous
avez la responsabilité d'un animal, vous en avez la responsabili