House Proceedings — 2 April 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
2026-04-02
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante et une minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bon jeudi. Vous pouvez vous asseoir.
Nous débutons nos
travaux à la déclaration de députés, et je cède immédiatement la parole à Mme
la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest :
Merci, Mme la Présidente. L'année 2026 marque le 50e anniversaire
des Jeux olympiques de Montréal, un moment
historique où notre région a brillé devant le monde entier en accueillant les
compétitions équestres à Bromont.
cet événement a transformé notre région, c'est grâce à l'audace d'un bâtisseur
de chez nous, Roland Désourdy. Sa détermination a permis d'obtenir
in extremis la désignation officielle de village olympique pour Bromont,
propulsant ainsi notre rayonnement bien au-delà de nos frontières.
Ce succès repose
aussi sur l'engagement de Roger Deslauriers, dont l'expertise équestre et
la détermination ont assuré un legs durable
au site, ainsi que sur celui de François Godbout, dont l'expérience
juridique a maintenu le lien vital avec le comité organisateur de
Montréal.
Aujourd'hui, ces
installations arborent toujours les anneaux olympiques et sont plus vivantes
que jamais, accueillant autant l'élite mondiale que la relève des sports
équestres. C'est avec une immense fierté que nous honorons cet héritage
exceptionnel, qui continue de faire battre le coeur de notre communauté
50 ans plus tard. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais souligner et féliciter le Cercle de
fermières de Saint‑Pierre, qui célèbre son
50e anniversaire cette année.
Le cercle de
fermières de Saint-Pierre est composé d'environ 74 femmes qui ont à coeur
la mission de l'organisme, soit le bien-être des femmes, des familles et de
notre collectivité, ainsi que la préservation du patrimoine cultuel et artisanal. Fier de leur implication
sociale depuis toutes ces années, le cercle des fermières de Saint-Pierre offre
de nombreuses activités, dont les arts textiles, comme le tricot, la broderie,
la courtepointe et le tissage.
D'ailleurs, plusieurs
événements ont lieu depuis l'an passé pour marquer cet important anniversaire,
dont un brunch célébratoire le 3 mai prochain. Tout au long des événements
et des fêtes de quartier, les citoyens et citoyennes peuvent toujours compter
sur leur chaleureuse présence et leur soutien.
Bravo aux anciennes
et à la présidente actuelle, Mme Denise Trahan, au conseil
d'administration et aux membres, et surtout mille mercis pour votre
engagement envers notre communauté. Je vous souhaite une bonne et longue
continuation. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je serais prête à
céder la parole à M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, Mme la Présidente. On assiste, au Québec, à un enrichissement sans
précédent des personnes les plus riches pendant que beaucoup de monde peine à
payer leur logement et leur épicerie, tout ça après des décennies d'austérité qui
ont affaibli nos services publics et enrichi le privé.
Aujourd'hui, celles qui tentent de réparer les
trous du filet social sont à boutte, et avec raison. Le réseau communautaire,
c'est le dernier retranchement de l'espoir pour assurer les besoins de base, la
dignité et la sécurité de trop de monde, mais surtout des femmes.
L'épuisement du
communautaire, c'est donc un enjeu féministe pour celles qu'on aide mais aussi
et surtout pour celles qui sont au front.
Protéger les femmes, c'est aussi permettre aux travailleuses du communautaire
de continuer à bâtir notre filet social sans souffrir elles-mêmes de
précarité. Et c'est pour ça que j'irai les rejoindre aujourd'hui dans leur
manifestation devant le parlement. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Saint-François.
Mme Hébert : Mme
la Présidente, l'homme d'affaires sherbrookois, expert en sinistres durant
45 ans, M. Jacques Fortier, que je salue là-haut, a contribué
au développement des carrières en assurances de dommages.
Il s'est impliqué dans le réseau de la santé, le
sport et la philanthropie.
Il a participé au rayonnement du hockey junior
majeur à Sherbrooke avec les Faucons et le Phoenix.
Membre du conseil d'administration du CHUS, puis
du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, M. Fortier a consacré 35 années à
soutenir l'amélioration des soins et services de santé, dont les
17 dernières comme président du conseil. Avec les membres du
CA, il a porté des projets majeurs, comme la construction du Pavillon Enfant
Soleil de l'Hôpital Fleurimont, l'agrandissement de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke
et du Centre de recherche du CHUS.
Grand Estrien récipiendaire de nombreux prix et
distinctions, il a appuyé plusieurs causes, dont la Fondation du CHUS.
M. Fortier, je vous suis profondément
reconnaissante pour votre bénévolat prolifique tout à fait remarquable et
unique.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je me lève aujourd'hui pour souligner le travail
extraordinaire de la Petite Maisonnette Rouge, un centre préscolaire
inclusif, bilingue et sans but lucratif dans ma circonscription qui dessert les
familles de Montréal depuis maintenant 17 ans.
La Petite Maisonnette Rouge a développé un
modèle où des enfants neurodivergents et neurotypiques apprennent ensemble dans
un environnement favorisant l'empathie, l'autonomie et le développement social.
Grâce à des petits groupes, à des thérapies spécialisées et à un accompagnement
individualisé, l'organisme prépare des enfants à une intégration réussie à
l'école et dans la communauté.
I wish to underscore the
presence, today, of their tireless leader, Sharon McCarry, and her
collaborator, Liam Bienstock. Their
dedication and that of the educators, specialists, volunteers, and families has
sustained the Little Red Playhouse. Their work has changed countless
lives, and their commitment reminds us of the importance of ensuring that
innovative services and education are supported.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la
députée de Duplessis.
Mme Champagne
Jourdain : Mme la
Présidente, aujourd'hui, je souligne le 75e anniversaire de
l'incorporation de la ville de Sept-Îles.
Autrefois
village de pêcheurs, Sept-Îles amorce, dans les années 40, une
transformation majeure avec le développement
des mines de fer. L'arrivée des compagnies minières, puis la construction
d'infrastructures importantes, dont le chemin de fer menant à
Schefferville, propulsent la région vers la croissance.
Le développement s'accélère au début des
années 50 avec la construction d'un quai en eau profonde par la compagnie
minière IOC. Devant cet essor fulgurant, Sept-Îles est officiellement
incorporée le 14 mars 1951 et les citoyens élisent leur premier maire,
M. Jack Layden.
75 ans plus tard, Sept-Îles est un pilier
économique de la Côte-Nord, dotée d'un port stratégique et d'un milieu de vie
reconnu pour sa vitalité, ses paysages et l'engagement de sa communauté.
En cette année de célébration, rendons hommage
aux bâtisseurs, aux citoyens et à toutes celles et ceux qui font de Sept-Îles
une ville d'avenir. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Mme la députée de Laval-des-Rapides, à vous la parole.
Mme Haytayan : Merci,
Mme la Présidente. J'aurai le privilège de remettre la Médaille de la députée
de l'Assemblée nationale du Québec au Relais communautaire de Laval.
Cet honneur témoigne bien du rôle essentiel que
joue cet organisme-phare dans la région auprès des personnes en situation de
vulnérabilité ou de réinsertion sociale sur tout le territoire lavallois. On
compte par plusieurs milliers le nombre de personnes qui ont pu, au fil des
ans, bénéficier de l'éventail de services et de programmes du Relais, dont des
paniers de denrées.
Chapeau et merci à toutes les équipes,
administrateurs, direction, employés, bénévoles, donateurs et partenaires du Relais communautaire qui se sont relayés pour
perpétuer la mission et assurer la pérennité du Relais dans la communauté
avec humanité et dévouement. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la
députée de Châteauguay.
Mme Gendron : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner l'essor et la vitalité des
entreprises de ma région.
Dans le grand Châteauguay, la communauté
entrepreneuriale est tissée serré et résiliente, en plus de trouver un allié
fort en la Chambre de commerce et d'industrie du Grand Roussillon.
Le dynamisme des entreprises de chez nous a une
influence qui dépasse largement les frontières du Québec, et certaines doyennes
sont installées chez nous depuis plusieurs décennies. C'est le cas notamment de
Yourbarfactory, CMP, mais également de
Thibert et Storcan, deux piliers de Châteauguay qui fêtent leur
50e anniversaire cette année. Le succès de ces géants novateurs du
milieu des affaires témoigne du sens de l'innovation et de la créativité des
entreprises d'ici. Elles rayonnent à travers leur savoir-faire, leur
originalité et leurs ambitions.
Je suis fière de pouvoir représenter un secteur
entrepreneurial aussi riche et effervescent que le nôtre. Donc, félicitations à
Storcan et à Thibert pour leur cinquantenaire cette année. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Cette année, le Club Lions Anjou pour la vie
célèbre son 10e anniversaire d'existence.
Depuis une décennie, ses membres s'engagent avec
coeur à soutenir les plus vulnérables, à accompagner les jeunes et à renforcer
le tissu social de notre communauté, et ce, par le biais de toutes sortes
d'activités. Par exemple, ses membres vont
permettre aux jeunes angevins et angevines de compléter leur trousse de départ
en fournitures scolaires, ils vont contribuer aux repas sains de La
Cantine pour tous ou ils vont organiser des soupers spaghetti.
Derrière chaque activité et derrière chaque
collecte de fonds, il y a des bénévoles dévoués qui font une réelle différence
dans la vie des gens d'Anjou.
Et cet engagement porte ses fruits, Mme la
Présidente. Je souligne ainsi le parcours remarquable de Mme Diane Boudreau, dont le leadership
l'a menée à la gouvernance du District U-1 Lions. Cette distinction est
une grande fierté pour tout notre milieu local.
Bravo pour
leur implication à Mme Boudreau et aux autres membres! Longue vie au Club
Lions Anjou pour la vie!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Merci, Mme la députée. M. le député de Montmorency, à vous
la parole.
M. Simard : Alors,
Mme la Présidente, le Club Radio Amateur de Québec fête cette semaine un siècle
d'existence. 100 ans, c'est tout un exploit!
fil du temps, ses membres ont contribué à l'évolution des techniques de
communication, participé à la création de la Fédération des clubs radioamateurs
du Québec et joué un rôle important en matière de communication d'urgence. Je pense, en outre, au soutien
exceptionnel qu'ils offrent à la célèbre course de canots du Carnaval de
Québec.
Le club s'est aussi
distingué par des initiatives inspirantes. Par exemple, il a organisé deux
contacts marquants avec des astronautes de la Station spatiale internationale
en 2003 et 2019. Ça, non plus, ce n'est pas banal.
Je salue donc Gaétan
Trépanier, président-directeur général du Club Radio Amateur de Québec, ainsi
que l'ensemble des membres du conseil d'administration qui nous font l'honneur
d'être parmi nous, aujourd'hui, dans les tribunes. On vous aime. À bientôt!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député de Montmorency. Ceci met fin à
la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs, vous êtes nombreux. Oups! J'entends
un téléphone cellulaire. Mme la ministre, fermez-nous ça. Mmes, MM. les
visiteurs, vous êtes nos distingués invités. Bienvenue. Le parlement du Québec,
c'est chez vous. Et je vous rappelle et je rappelle à tout le monde de fermer
son téléphone cellulaire, du moins la sonnerie.
Eh bien, nous allons
nous recueillir quelques instants, messieurs dames les députés et M. le premier
ministre.
Merci, tout le monde.
Veuillez vous asseoir.
Alors, aujourd'hui,
j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de l'ambassadeur
de la République tchèque, Son Excellence M. Martin Tlapa, à l'occasion de
sa visite officielle.
Et nous poursuivons
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard :
Bonjour, Mme la Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article a du
feuilleton, s'il vous plaît.
La Présidente :
À l'article a du feuilleton, M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve présente le projet de loi n° 590,
Loi modifiant la
Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec afin de
reconnaître le tartan du Québec. M. le député.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Juste avant de lire, vous me permettrez quelques
remerciements : la députée actuelle de Huntingdon, la précédente députée
de Huntingdon, Mme Claire Isabelle, Mme Linda Janes, présidente du
Women's Institute, qui avait initié une pétition il y a quelques années, et
tous les amoureux et amoureuses de la culture écossaise qui m'ont appuyé dans
la démarche, en particulier Karoline Boucher-Stanton.
Alors, projet de loi
n° 590. Ce projet de loi modifie la
Loi sur le drapeau et les emblèmes du
Québec afin de reconnaître le tartan «Plaid du Québec» en tant que tartan du
Québec. Merci beaucoup.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi?
La Présidente :
Adopté. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci à nouveau, Mme la
Présidente. Cette fois-ci, je vous demanderais d'appeler l'article b
du feuilleton.
La Présidente :
Oui. À l'article b du feuilleton, Mme la députée de Sherbrooke présente le
projet de loi n° 598, Loi visant à protéger l'enfant et le parent victimes
de violence familiale. Mme la députée.
Mme Labrie :
Merci, Mme la Présidente. Alors, Loi visant à protéger l'enfant et le
parent victimes de violence familiale.
Ce projet de loi
modifie le Code civil afin d'y inclure des mesures visant à protéger l'enfant
et le parent victimes de violence familiale.
Pour ce faire, le projet
de loi prévoit que l'exercice de l'autorité parentale par les deux parents ne
peut être présumé dans l'intérêt de l'enfant.
Le projet de loi
introduit également la présomption selon laquelle la garde confiée, de façon
exclusive ou partagée, à un parent reconnu
auteur de violence familiale n'est pas dans l'intérêt de l'enfant, à moins
d'une preuve contraire.
Enfin, le projet de
loi prévoit que des allégations de violence familiale et tout comportement
visant à se protéger ou à protéger l'enfant sont présumés non pertinents à
l'égard du parent dénonciateur ou victime de cette violence pour statuer sur la
garde d'un enfant ou sur toute autre difficulté relative à l'exercice de
l'autorité parentale. Merci.
La Présidente :
Et est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté?
La Présidente :
Adopté. Maintenant, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente, je vous demande d'appeler
l'article c du feuilleton, s'il vous
plaît.
Présidente : À l'article c du feuilleton, j'ai reçu le rapport de
la directrice de la législation sur le projet de loi n° 205, Loi concernant — pardon — un
immeuble situé sur le territoire de la Ville de Québec. La directrice de la
législation a constaté que les avis ont été faits et publiés conformément aux
règles de fonctionnement des projets de loi d'intérêt privé. Je dépose donc ce
rapport.
En conséquence, M. le
député de Vanier-Les Rivières présente le projet de loi d'intérêt privé
n° 205, Loi concernant un immeuble situé sur le territoire de la Ville de
Québec.
Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
La Présidente :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, Mme la Présidente, conformément au premier alinéa de
l'article 267 du règlement, je propose la motion suivante :
«Que le projet de loi
d'intérêt privé n° 205, Loi concernant un immeuble situé sur le territoire
de la Ville de Québec, soit renvoyé pour consultation et étude détaillée à la Commission
de l'aménagement du territoire et que la ministre des Affaires municipales soit
membre de ladite commission pour la durée de ce mandat.»
Présidente : Et cette motion est-elle adoptée? Adopté.
Maintenant, à la
rubrique Dépôt de documents, M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le plan
stratégique 2027‑2030 de la Société des alcools du Québec. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Ce document est déposé.
M. le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer des ententes
concernant la pratique des activités de chasse à des fins alimentaires,
rituelles ou sociales entre le gouvernement du Québec et la Nation Micmac de
Gespeg, une entente en matière de gestion, de conservation et de mise en valeur
de la faune entre le gouvernement du Québec et la Première Nation Abitibiwinni,
ainsi qu'une entente modifiant l'entente en matière de conservation et de mise
en valeur de la faune au sujet du territoire de Parke et de terrains de
piégeage entre le gouvernement du Québec et la Première Nation Wolastoqiyik
Wahsipekuk. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés.
M. le ministre
responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.
M. Lafrenière : Oui, Mme la Présidente, permettez-moi
de déposer le rapport annuel 2025‑2026 de l'application de la Loi autorisant la
communication de renseignements personnels aux familles d'enfants autochtones
disparus ou décédés à la suite d'une admission en établissement. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Ce document est déposé. Maintenant, M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Mme la Présidente,
je dépose les réponses aux pétitions déposées le 24 février par la députée
de Mercier et la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés.
Pour ma part, je
dépose le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
Maintenant, à la
rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission des
finances publiques, M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Mme la Présidente, je dépose le rapport de la Commission des finances
publiques qui, les 26 et 31 mars et le 1er avril 2026, a procédé à la
poursuite du débat sur le discours du budget.
Présidente : Ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des questions et réponses orales seront tenus
les votes reportés suivants — il y en a plusieurs,
il y en a quatre : le vote reporté sur l'adoption du projet de loi
n° 9, le vote reporté sur la motion de M. le député de Laurier-Dorion débattue hier aux affaires inscrites par les députés de l'opposition et
le vote reporté sur l'adoption du projet de loi n° 3.
j'ai été avisée qu'après la période des questions et réponses orales il
pourrait y avoir un vote requérant l'approbation des deux tiers des
membres de l'Assemblée. Voilà.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et,
pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de
l'opposition officielle.
M. Fortin : Mme la Présidente, pour sa dernière journée à
titre de
premier ministre, tout à l'heure on va saluer sincèrement
et chaleureusement le premier ministre et le remercier pour ses nombreuses
années de travail au service des Québécois. Mais, avant ça, on va lui
faire le cadeau d'une vraie bonne dernière période de questions. Et, puisqu'on
a déjà abordé les promesses brisées de la
CAQ sur tous les projets de transport en commun, puisqu'on a déjà parlé de
l'échec lamentable sur le
90 minutes à l'urgence et que tout le monde comprend l'état des finances
publiques après huit ans de gouvernement de la CAQ, on va lui
parler d'éducation.
C'était sa grande priorité, c'était sa raison de
revenir en politique. Et, il y a huit ans, il était plein de belles
promesses et plein de belles ambitions. Mais, Mme la Présidente, le taux de
diplomation au secondaire, c'est pas mal l'indicateur
numéro un, en éducation, et le taux de diplomation, en cinq ans, au
secondaire, il a chuté, sous la gouverne du premier ministre. Quand il est
arrivé, le taux de réussite, il était de 76,2 %, et le premier ministre
disait qu'on avait pris un sérieux retard en matière de diplomation. Mais,
aujourd'hui, ce n'est plus 76,2 %, c'est 72,9 %. Il y a moins
d'élèves aujourd'hui qui terminent leur secondaire en cinq ans qu'à
l'arrivée du premier ministre. Alors, je vois mal comment, aujourd'hui, il
pourrait nous dire que c'est mission accomplie, en éducation.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Je pense que tous ceux qui ont travaillé avec moi, autant au Parti québécois
qu'à la CAQ, savent que l'éducation, pour moi, c'est la priorité. Je viens
d'une famille ordinaire, comme on peut dire,
et la raison pourquoi j'ai réussi à faire mon chemin, entre autres en affaires,
c'est à cause de l'éducation.
Et, Mme la Présidente, on a investi comme
jamais, là, 58 % d'augmentation du budget en éducation. Et puis une des premières promesses qu'on avait faites,
quand on a lancé la CAQ, c'était d'augmenter le salaire des enseignants. Et,
quand on regarde le salaire des enseignants, là, au maximum, aujourd'hui, puis
qu'on compare à 2019, on a augmenté le salaire de 31 %, ce qui est
plus que les autres employés, que les augmentations de salaire pour les autres
employés. Et, aussi bizarre que ça puisse paraître, c'est la première fois dans
l'histoire du Québec qu'on augmente d'une façon différenciée les salaires d'un
groupe d'employés, parce qu'on pense qu'au-delà du beau discours, en éducation,
il faut aussi agir. Si on veut valoriser
l'éducation, il faut valoriser les personnes qui sont les plus importantes dans
notre société après les parents, c'est-à-dire les enseignants.
Évidemment,
Mme la Présidente, on va tous se souvenir qu'au Québec comme à peu près partout
dans le monde on a dû fermer les écoles pendant un certain temps à cause
de la COVID.
Je continuerai, Mme la Présidente.
La Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, en 2018, là, quand le premier ministre est arrivé au
pouvoir, il disait que l'heure du redressement national, en éducation,
il a sonné. Et, l'éducation, on fait ça pour les élèves, alors la première
chose à considérer, c'est s'ils réussissent à terminer leurs études. Mme la
Présidente, le taux de réussite, le taux de diplomation, en cinq ans, il a chuté. Il avait promis une
plateforme pour les élèves en difficulté, il ne l'a pas livrée, Mme la
Présidente. Les élèves, ils ne sont pas plus avancés qu'il y a huit ans.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, bien, Mme la
Présidente, le chef de l'opposition officielle choisit certaines données bien
précises, je veux lui en donner d'autres. Quand on est arrivés, en 2018, le
taux de diplomation, après sept ans... Parce qu'on
le sait, au Québec, il y a une certaine difficulté à faire diplômer les gens
dans le délai qui est requis. Donc, il y a des jeunes, heureusement, qui
reviennent aux études. Donc, en 2018, le taux était de 81,8 %, le taux de
diplomation, puis, en 2024, la dernière donnée qu'on a, c'est
82,4 %. Donc, c'est une petite augmentation. Il faut en faire encore plus.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, une augmentation de 0,6 %, là, ce
n'est pas un redressement national. Un élève qui est aujourd'hui en secondaire V
était en troisième année quand la CAQ est arrivée au pouvoir, quand le premier
ministre est arrivé. Il a fait la très grande majorité de son parcours scolaire
sous un gouvernement de la Coalition avenir Québec. Et les élèves en secondaire V,
aujourd'hui, là, leur taux de réussite aux examens de français, c'est
67 %, alors que c'était 75 % à leur arrivée.
Comment il peut expliquer ça?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, j'en ai souvent discuté avec les gens, je sais qu'il y a des gens
de mon cabinet qui sont ici, l'éducation, ce n'est pas toujours payant, entre
guillemets, en politique, parce que ça donne des résultats à long terme. Mais
il reste que quand même, à court terme, on a eu une augmentation de 0,6 %.
Donc, oui, on est passés de 81,8 % à 82,4 %.
Mme la Présidente, les efforts qu'on a faits, au cours des dernières années, en
ajoutant des orthophonistes, en ajoutant des aides à la classe, je pense que ça
va continuer de paraître dans les prochaines années, puis c'est le meilleur
investissement qu'on ne puisse pas faire pour l'avenir du Québec.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, il avait promis des maternelles quatre
ans pour tout le monde, ce n'est pas arrivé.
Il avait promis une plateforme pour les élèves en difficulté,
ce n'est jamais arrivé. Il avait promis une offensive contre le
décrochage, mais il y a moins d'élèves qui réussissent leur secondaire en cinq
ans. Il avait promis la valorisation de l'enseignement
du français, et il y a plus d'élèves qui échouent leurs examens de français
secondaire V que jamais. Une chance que l'éducation, c'était sa
priorité, Mme la Présidente.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, dans les maternelles quatre ans, quand on est
arrivés, en 2018, il y avait 7 000 élèves. Il y en a aujourd'hui 19 000,
donc presque trois fois le nombre qu'il y avait en 2018.
Est-ce qu'on aurait
voulu en faire plus? Bien sûr. Mais rappelons qu'on a ajouté
100 000 enfants, avec l'immigration
temporaire, puis on a privilégié de donner l'éducation à ces personnes-là
plutôt que d'étendre la maternelle quatre ans. Mais, je continue à
penser, là, puis je le dis pour les prochains, la maternelle quatre ans, il est
temps que ce soit en place partout au Québec, si on veut...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
Il faut commencer à agir tôt pour nos enfants.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci, Mme la Présidente. Parlons de la DPJ. Le rapport de la commission
Laurent, en 2021, proposait des transformations majeures, mettre l'intérêt
supérieur de nos enfants au coeur de toute décision et d'assurer que leurs
droits soient respectés et protégés. Cette réforme incluait la réduction des
signalements et du nombre de placements, le renforcement du soutien aux
familles, formation continue en violence conjugale, fournir des services de
soutien aux jeunes de 18 à 25 ans, diminuer les cas de lésion de droits et
créer une charte des droits de l'enfant.
Six ans plus tard, on
constate que les lacunes du système dénoncées en 2021 demeurent : 141
signalements, des mères victimes de violence conjugale qui ont perdu leurs
enfants, 30 % des jeunes se retrouvent dans la rue, augmentation des
lésions de droits et pas de charte.
Est-ce que le premier
ministre est fier de son bilan en matière de protection de la jeunesse?
Présidente : La réponse de la ministre de la Santé et responsable des
services sociaux.
Mme Bélanger :
Oui. Mme la Présidente, il y a eu énormément de chemin parcouru au niveau
de la protection de la jeunesse, au Québec,
notamment depuis la tragique histoire de la petite fillette de Granby, qui nous
a tous très touchés. Et, le rapport
de la commission Laurent, qui a eu des recommandations, la grande majorité des
recommandations sont en cours ou en voie de l'être, Mme la Présidente.
début de semaine, j'étais avec Mme Lesley Hill, qui est notre
sous-ministre adjointe, qui est la grande cheffe de la protection de la jeunesse. Nous avons annoncé notre stratégie
jeunesse avec les recommandations, notamment, de la commission Laurent.
La protection des
enfants, Mme la Présidente, c'est quelque chose qui est extrêmement important,
au Québec, puis on a amélioré la situation,
puis on veut donc continuer d'entreprendre un virage vers la première ligne,
vers la première ligne, parce que beaucoup trop d'enfants arrivent, à un
moment donné, à être signalés, alors qu'on aurait pu agir avant.
Présidente : En terminant.
Mme Bélanger :
Et c'est ça qu'on est en train de faire, Mme la Présidente, au Québec, pour
continuer...
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Garceau : Mme la Présidente, ça fait
six ans que le rapport a été déposé. L'année passée,
141 000 signalements, une année record, du jamais-vu. On parle de cas
de négligence, d'explosion de la violence conjugale,
abus physiques, abus, agressions sexuelles. On parle de nos enfants. S'attaquer
au nombre croissant de signalements, ça faisait
partie de la... des
recommandations du rapport Laurent.
Donc,
encore une fois, est-ce que le premier ministre reconnaît son échec en matière
de protection de la jeunesse?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, écoutez, là, on a travaillé à réviser l'ensemble des
grandes modalités, au niveau de la protection de la jeunesse. Il y a eu de la
formation à tous les intervenants dans les centres jeunesse.
Alors, Mme la
Présidente, on continue d'accompagner nos intervenants. On est allés de l'avant
avec la grande majorité des recommandations de la commissaire Laurent. Cette
commission, elle était importante. C'est notre premier ministre qui a demandé
pour qu'on ait cette commission. Alors, Mme la Présidente, nous, quand on
demande une commission, qu'on demande un rapport, bien, on fait le suivi, Mme
la Présidente, contrairement aux oppositions, malheureusement.
Présidente : En terminant.
Mme Bélanger :
Alors, Mme la Présidente, oui, il faut être fiers de ce qu'on a fait pour
la protection. Et il y a encore du travail à accomplir, Mme la...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Garceau :
Vous êtes fiers de qu'est-ce qui s'est passé en Mauricie—Centre-du-Québec
en 2025, rapport accablant...
Présidente : Vous vous adressez à la présidente. Poursuivez.
Mme Garceau :
En avril 2025, la CDPDJ a émis un rapport accablant en ce qui a trait à la
DPJ Mauricie—Centre-du-Québec.
Conclusion : l'existence d'une culture organisationnelle qui a mené à de
nombreuses lésions de droits d'enfants. 140 dossiers de jeunes placés ou
adoptés qui n'auraient jamais dû l'être et des parents qui ont subi des
dommages irréparables. Des informations ont été manipulées...
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, toutes les situations, en protection de la jeunesse,
nous affectent, nous touchent. On ne souhaite pas ça pour nos enfants au
Québec, Mme la Présidente. Puis ce n'est pas juste d'être touché puis d'avoir
de l'émotion par rapport à ça, Mme la Présidente, c'est d'avoir des actions
concrètes pour s'assurer que nos enfants soient bien protégés, au Québec. Et il
y a du travail qui est fait, et puis, sur les listes d'attente, notamment, on tente de diminuer, puis on est revenus vraiment
à des données qui sont très encourageantes pour prendre en charge plus rapidement les enfants lorsqu'ils sont, donc,
déclarés, alors, au niveau de la protection de la jeunesse. Mais ce que je veux
vous dire, Mme la Présidente, ce qui est important, c'est tout le
travail qu'on doit faire avant, avant...
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Nelligan.
M. Derraji : Mme la Présidente, on
apprend aujourd'hui, dans Le
Journal de Québec , sous la plume
de Nicolas Lachance, que la ministre de la Santé est allée chercher
de l'aide pour le DSN, le fameux Dossier santé numérique, parce que ça n'avance
pas depuis un bon moment. Mais pas n'importe quelle aide, Mme la Présidente.
Elle est allée chercher le «picosseux» en
chef, l'ancien bras droit du député de Granby, qui nous a coûté cher avec SAAQclic. Pour
jouer quel rôle? Pour être le conseiller stratégique de Mme la ministre, pour
être ses yeux et ses oreilles en lien avec Santé Québec.
Mme la Présidente, j'ai
une question à Mme la ministre. Qu'est-ce qu'elle a appris du scandale
SAAQclic? Comment elle peut aujourd'hui dire aux Québécois qu'elle est allée
chercher la personne qui nous a entourloupés, Mme la Présidente?
La Présidente : Oui, M. le leader du
gouvernement. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, on vise des gens qui servent l'État québécois,
Mme la Présidente, qui sont des employés de cabinets politiques, Mme la
Présidente, ça ne se fait pas...
La Présidente : Merci, M. le leader.
J'aimerais tous et toutes nous rappeler une règle ici. Je vous réfère à l'article 35.7°. Attention au langage
lorsqu'on parle d'un tiers, d'une personne qui n'est pas assise ici. Je vous le
rappelle. Et il y a également un mot
qui est au lexique. Faites attention. Ce n'était pas une accusation à l'égard
d'un collègue. Faites attention. Il vous reste cinq secondes.
M. Derraji : Mme la Présidente,
pourquoi la CAQ s'entoure d'incompétents?
La Présidente : Est-ce la réponse du
leader du gouvernement?
La Présidente : La réponse.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, est-ce que le député de Nelligan a pris connaissance du rapport de
la commission Gallant, qui a indiqué que les collègues ministres se sont fait
mentir par les hautes autorités de la Société de l'assurance automobile du
Québec, Nathalie Tremblay, qui avait été désignée par le Parti libéral du
Québec, puis, quand ça a commencé à mal fonctionner, SAAQclic, avec les... le
contrat qui avait été signé par le Parti libéral du Québec... Parce que, vous
savez, le ver dans la pomme, Mme la Présidente, il a été créé par le Parti
libéral du Québec. Et encore une fois on le souligne, Mme la Présidente, en
matière de contrats informatiques, c'est le Parti libéral, les anciens
présidents du Conseil du trésor avaient autorisé ça, Mme la Présidente. Au
Parti québécois, Mme la Présidente, c'est eux qui ont retiré le contrat de
l'approbation du Conseil du trésor, Mme la Présidente.
On a des gens qui travaillent dans les cabinets,
qui servent l'État québécois, qui font en sorte de poser des questions, Mme la Présidente. Ça ne décharge pas
les hauts fonctionnaires de l'État québécois de renseigner adéquatement les députés, les parlementaires, les ministres
pour prendre des décisions. Si on nous ment, Mme la Présidente, il doit y avoir
des responsables, mais ce n'est certainement
pas M. Généreux qui est à la genèse de tout ça, Mme la Présidente, c'est
plutôt les hauts fonctionnaires de la SAAQ.
Présidente : Alors, je vous demanderais à toutes et à tous
d'être prudents, comme je vous disais, avec des gens qui ne sont pas
ici. Première complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente,
je m'adresse à la patronne d'Alain Généreux aujourd'hui. C'est elle qui l'a
engagé. Je vais lui rappeler ce qu'elle a dit devant la commission
Gallant : «Alain Généreux a admis avoir confondu les concepts de contrat et de projet. Il a aussi amalgamé les
livraisons 2 et 3 parce qu'elles concernaient toutes deux le service
à la clientèle.»
Est-ce qu'elle n'est pas gênée, aujourd'hui, la ministre
de la Santé, d'engager quelqu'un qui a contribué au fiasco SAAQclic? C'est elle
que je veux entendre. Qu'elle se lève, qu'elle nous réponde, Mme la Présidente.
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, quelle question mesquine, mesquine!
La Présidente : Mme la ministre...
Présidente : S'il vous plaît! Je vous entends. Je suis debout,
gardez le silence. Mme la ministre, je vous invite à retirer ces paroles,
qui sont non parlementaires, et de poursuivre. Vous retirez?
Mme Bélanger : ...bien,
écoutez, il reste que c'est une question assez particulière, on va dire ça
comme ça. De cibler des employés dans
nos cabinets qui sont des conseillers politiques, qui se voient attitrer des
dossiers pour conseiller les ministres, je trouve ça assez ordinaire,
Mme la Présidente.
Alors, Mme la
Présidente, moi, je veux vous dire, la responsabilité du Dossier santé
numérique, là, c'est notre société d'État
qui a été créée, c'est Santé Québec qui a la responsabilité de déployer le
Dossier santé numérique. Est-ce qu'on peut se réjouir de ça, au Québec, mesdames
et messieurs...
Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...qu'on va avoir un
dossier santé numérique dans le système de santé? Bien, Mme la Présidente...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente, c'est
gênant, c'est gênant. Oui, c'est gênant, M. le député de Granby, c'est très
gênant...
Présidente :
Article 32. C'est bon pour tout le monde.
La Présidente :
M. le député de Blainville, je vous ai entendu. Je vous entends tous et je n'ai
pas l'intention de vous nommer tous. Je suis debout, gardez le silence.
Demeurez respectueux.
La Présidente : S'il vous plaît!
Article 35.4°. On ne
s'interpelle pas des deux côtés de la Chambre. Il y a des gens qui vous
regardent ici. Il y a trois mots : Gardez le silence. Faites ça.
Écoutez-vous de façon respectueuse.
Poursuivez. Vous avez
24 secondes. Et vous vous adressez à la présidente.
M. Derraji :
Mme la Présidente, le premier ministre a attaqué la cheffe de cabinet du
député de Granby, qui était la patronne
d'Alain Généreux. Mme la Présidente, ma question est très simple. Aujourd'hui,
nous avons le conseiller stratégique
de Mme la ministre, qui a contribué à falsifier des documents envoyés aux élus,
qui est maintenant son bras droit.
Présidente : M. le leader du gouvernement, quel est votre rappel au
règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le collègue a-t-il lu le
rapport de la commission Gallant ou il veut faire, refaire le...
La Présidente :
Merci, monsieur. Merci, M. le
leader. Je vous rappelle que notre règlement s'applique également
lorsqu'on tient des propos à l'égard d'une personne qui n'est pas ici. Nous
devons faire attention.
J'aimerais avoir la
réponse, il vous reste deux secondes...
La Présidente :
Vous me laissez gérer la chose. Il reste deux secondes. Demeurons respectueux.
M. Derraji :
Comment peut-elle se fier à ce monsieur, Mme la Présidente?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, s'il y a une chose que je ne me fie pas, dans ma vie
politique puis dans mes responsabilités de ministre, c'est des avis du Parti
libéral, Mme la Présidente.
Alors, Mme la
Présidente, le Dossier santé numérique, là, c'est important. On peut-tu finir
ça sur une touche positive, là? Le Dossier
santé numérique va nous permettre d'intégrer 2 500 systèmes
différents qu'on a dans le système de
santé, Mme la Présidente. C'est incroyable! Alors, on tente d'unifier tout ça.
Santé Québec ont des experts avec eux, ils ont une
direction, des ressources informationnelles de très haut niveau, Mme la
Présidente. C'est eux qui vont livrer les deux projets vitrines, là, qui s'en
viennent dans le nord de l'île de Montréal et en Mauricie. Moi, je suis très
fière, Mme la Présidente. Et je suis ça de près.
Présidente : En question principale...
La Présidente :
Une seule personne a maintenant le droit de parole. J'aimerais qu'on l'écoute
attentivement. Je reconnais la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Permettez-moi, pour ma dernière question au premier ministre, de dévier
à une règle de français. Ce matin, c'est le féminin qui l'emporte parce que le
communautaire est à boutte.
Les travailleuses de
1 882 organismes communautaires ont mis sur pied une mobilisation
historique, depuis deux semaines. D'ailleurs, elles sont ici, à l'Assemblée
nationale, j'invite tous les députés à aller les voir. Elles sont épuisées parce que le gouvernement de la CAQ les
laisse tomber, alors qu'il sait très bien que, sans elles, c'est notre filet social
qui disparaît. Elles tiennent à bout de bras le Québec, souvent avec des
salaires crève-faim.
Investir...
investir dans le communautaire, ça crée de la richesse économique et humaine.
C'est un investissement avec zéro risque. Pour illustrer ce que je dis,
je vais utiliser le langage du premier ministre : La moyenne au bâton
d'investir dans le communautaire est très élevée.
Aujourd'hui, les
travailleuses du communautaire sont à l'Assemblée nationale et demandent
quelque chose de simple. Elles demandent d'être respectées à la hauteur de leur
expertise et de ce qu'elles apportent à notre société.
premier ministre a l'opportunité de laisser un legs différent de celui des
gaspillages et des fiascos. J'ai un deal à proposer au premier ministre,
avec un excellent retour sur investissement : financer le communautaire à
la hauteur des besoins. Est-ce qu'il accepte?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente,
avant d'être ministre, premier ministre, on est tous députés. Et j'ai le
plaisir, d'ailleurs, d'avoir les gens
de mon comté qui sont ici. Je le vois à chaque semaine, les organismes
communautaires font un travail extraordinaire, extraordinaire, Mme la
Présidente. Et on apprécie tout ce qu'ils font.
De dire qu'on n'a
rien fait, Mme la Présidente, je vous donne des faits. Quand je suis arrivé, le
budget des organismes communautaires était
de 1 100 000 000 $. Il est aujourd'hui de 2 200 000 000 $.
Ça, c'est une augmentation de 100 %. Donc, on peut-tu convenir, au
moins, que c'est un petit peu exagéré de dire qu'on n'a rien fait? On a doublé
le budget des organismes communautaires.
Mais je le sais, Mme
la Présidente, qu'il y a encore du travail à faire, puis on va continuer, en
tout cas j'espère que ceux qui vont me remplacer vont continuer de le faire,
parce qu'on a besoin de nos organismes communautaires. Puis moi, j'en profite,
là, pour leur dire un énorme merci pour leur travail.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, les travailleuses n'ont pas juste besoin de bravos puis
de remerciements, elles ont besoin de
ressources. Mais je vais quand même faire plaisir au premier ministre, c'est
vrai que la CAQ a donné beaucoup plus
que le... les anciens gouvernements du Parti libéral de l'austérité. Ça, c'est
vrai. Mais se comparer au pire, ce n'est pas glorieux.
donne l'opportunité au premier ministre de donner plus que des mercis et des
bravos. Je lui donne l'opportunité de donner un message d'espoir aux
travailleuses et un engagement clair. Elles l'écoutent.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, il y a certaines personnes qui parlent du déficit
qu'on a, au Québec. On a augmenté de
58 % les budgets en éducation, je le disais tantôt, très important
d'augmenter le budget de l'éducation. Même chose en santé et en services
sociaux. D'ailleurs, content de revoir mon collègue qui a été ministre des
Services sociaux. Il a fait beaucoup, beaucoup
pour les familles, pour les jeunes, pour ceux qui ont des problèmes de santé
mentale. Puis on sait qu'il y en a de plus en plus dans notre société.
On a, Mme la
Présidente, aussi augmenté de 50 % l'aide...
Présidente : Deuxième complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais
le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente. Vous savez, au début de la grève, des ministres
puis des députés de ce gouvernement-là ont dit aux travailleuses et aux
travailleurs du communautaire que de donner des bons salaires allait leur faire
perdre leur efficacité puis leur sensibilité, que le communautaire, c'était un
gouffre financier, que le mouvement allait s'essouffler rapidement. Mais,
malgré tous ces préjugés-là, Mme la Présidente, qui ont été véhiculés par les
élus caquistes, le communautaire à boutte est toujours deboutte.
Est-ce que les deux
candidats à la chefferie de la CAQ peuvent s'engager à rencontrer le
communautaire, une fois élu?
Présidente : La réponse de... Il y a trop de bruit, j'entendais mal la
question. La réponse de la ministre responsable de l'Action communautaire.
Mme Rouleau : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Le milieu communautaire, il est vrai, est un pilier de notre filet
social. Et nous avons une énorme reconnaissance envers les travailleurs, les
travailleuses du milieu communautaire.
Le premier ministre
l'a dit tantôt, lorsqu'on est arrivés au pouvoir, Mme la Présidente, on a
comblé un déficit historique, Mme la Présidente. En 2000, quand le Parti
québécois était au pouvoir, le financement des organismes communautaires était de 473 millions de
dollars. Le Parti libéral a coupé en cours de route le financement des
organismes communautaires...
Présidente : En terminant.
Mme Rouleau :
...Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la Présidente.
Enfin, on commence à le comprendre. Pour la ministre de l'Habitation et
pour la CAQ, la crise du logement, ce n'est qu'une suite de cas particuliers.
Hier, c'était le cas
particulier de Mme Jubinville, qui paie 90 % de ses revenus pour son
loyer dans un logement que le gouvernement qualifie d'abordable. La ministre
s'est engagée à lui trouver un supplément au loyer.
Aujourd'hui, c'est le
cas particulier de Mme Marie-Josée, qui se retrouve à la rue parce
qu'aucun propriétaire n'accepte son chat et son chien. La ministre va-t-elle
lui trouver un logement ou bien lui dire de se débarrasser de ses animaux, qui
sait?
Et, pour le reste des
millions de locataires qui subissent la crise, est-ce qu'ils vont devoir
attendre chacun leur tour pour que la ministre règle leurs cas particuliers?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Proulx :
Oui, bien, Mme la Présidente, on revient sur un cas, là, qui a été...
Mme Proulx :
Vous me le dites, si je vous dérange, hein?
Présidente : Alors,
article 32, les gens ici l'ont compris,
rappel au décorum. Et par ailleurs vous ne vous interpelez pas des deux côtés
de la Chambre. Ça, c'est 35.6°.
Mme la ministre, vous
parlez à moi. Et vous, de ce côté-ci, vous gardez le silence.
Mme Proulx :
Merci, Mme la Présidente. On fait référence ici au Tribunal administratif
du logement, qui dans un cas très particulier, Mme la Présidente, a rendu une
décision très particulière. On ne reviendra pas sur le cas de cette personne-là
où le jugement a été rendu, c'est vraiment une décision pour un cas extrêmement
précis.
Maintenant, la loi l'indique clairement, la loi
l'indique clairement, le député le sait, on en a discuté, aujourd'hui, Mme
la Présidente, là, j'ai vraiment l'impression que le député essaie de faire du
temps, parce qu'honnêtement, sur le dossier
de l'habitation, on frise le 8 milliards d'investissement depuis 2018, lever du
logement social, lever du logement abordable.
s'en va ici, dans la région de Québec, après la période de questions, nouveau
projet avec Maisons Canada. Je comprends
que les souverainistes ne veulent pas de l'argent du fédéral. Moi, je vais le
prendre. Aujourd'hui, on va annoncer, donc, un investissement majeur
ici...
La Présidente :
En terminant.
Mme Proulx :
...à l'îlot Saint-Vincent, pour aider les gens qui ont des difficultés
financières.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fontecilla :
Très bien, Mme la Présidente. Au lieu d'agir sur chaque cas
particulier, est-ce que la ministre pourrait
mettre fin aux clauses d'interdiction des animaux de compagnie afin que des
milliers de gens comme Marie‑Josée
puissent se loger convenablement? Elle pourrait aussi investir dans le logement
social afin que tout le monde puisse se
loger à un prix véritablement abordable, pas juste Mme Jubinville. Elle
pourrait anonymiser les dossiers au TAL afin que les locataires puissent
se défendre sans craindre de... les représailles.
La ministre
va-t-elle...
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Proulx :
Oui, je suis consciente que, Mme la Présidente, la recherche de logement,
là, ça peut être difficile pour certains locataires, particulièrement ceux et
celles qui souhaitent vivre avec leur animal. Maintenant, ma volonté, ça
demeure de maintenir un équilibre qui va être juste, Mme la Présidente, durable
entre les droits des locataires et les
droits des propriétaires. C'est ça, la responsabilité de la ministre de
l'Habitation à l'égard du cas que soulève le collègue de Laurier-Dorion, c'est de conserver et de garder cet
équilibre-là. Il est permis, au Québec, d'interdire, dans un logement,
d'avoir des animaux.
La Présidente :
En terminant.
Mme Proulx :
Il est permis, Mme la Présidente, de l'interdire.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fontecilla :
Tant qu'à toujours parler de cas particuliers, Mme la Présidente, moi, j'en
ai un, cas particulier, pour la ministre. À
Montréal, le tiers du parc locatif appartient à 0,46 % des propriétaires,
des spéculateurs massifs, des compagnies géantes, qui sont nombreux à
user de pratiques douteuses ou malhonnêtes pour augmenter leurs profits en
évinçant illégalement leurs locataires, en négligeant l'entretien ou le
chauffage ou en exigeant des hausses de loyer abusives.
Est-ce que la
ministre va agir sur ces cas particuliers et briser l'oligopole spéculatif?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Proulx :
Mme la Présidente, c'est la raison pour laquelle on a déposé le projet de loi
n° 20, pour venir corriger, analyser des lacunes qu'on a observées au fil
du temps, où ni le Parti libéral ni le Parti québécois a modifié, donc, la
loi sur l'habitation depuis de nombreuses
années, de rendre le Tribunal
administratif du logement beaucoup
plus efficient, d'éviter de se ramasser au tribunal et que les locateurs
et les locataires puissent s'entendre ensemble. J'invite encore le député de
Laurier-Dorion à travailler avec nous dans le cadre de l'étude détaillée du
projet de loi n° 20...
La Présidente :
En terminant.
Mme Proulx :
...qui devrait s'amener dans les prochaines semaines, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, Mme la Présidente. Ce matin, on apprend
que ça tourne souvent carré, en matière d'informatique, dans le système de
santé. Les patients et les professionnels le dénoncent d'ailleurs dans un
rapport dont La Presse a fait écho aujourd'hui. Ils
doivent composer avec des logiciels inadéquats qui compliquent leur vie plutôt
que la faciliter.
On aimerait avoir espoir que la situation change
avec le Dossier de santé numérique, le DSN, mais comment ne pas être inquiets? Ce projet-là devait
commencer en 2022, puis ensuite on l'a reporté à novembre 2025. Là,
maintenant, la date, c'est le
9 mai prochain. On avait des coûts initiaux, pour les deux projets vitrines,
de 265 millions, on est rendus à 402 millions. On fait affaire
avec une firme américaine, Epic Systems, qui a connu des ratés et des
dépassements de coûts dans plusieurs autres juridictions. Et aujourd'hui on
apprend que la... on apprend la nomination d'un des acteurs du fiasco SAAQclic,
Alain Généreux, comme responsable du dossier auprès de la ministre.
Alors, comment la population peut-elle avoir
confiance en ce projet alors que les délais s'accumulent et que les coûts
explosent?
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui.
Excusez-moi, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, écoutez, c'est
une très bonne question du collègue du Parti québécois.
Alors, le Dossier santé numérique, j'ai eu
l'occasion de le mentionner, c'est un dossier qui est extrêmement important
pour les patients d'abord, pour les usagers, pour les intervenants, pour les
professionnels, pour les médecins. Est-ce que mon collègue trouve ça normal
qu'au Québec on ait plus de 2 500 systèmes informatiques différents
dans notre grand réseau de la santé et des
services sociaux? Eux autres, ils en ont mis un peu, là, il y a quelques
années, eux autres en ont ajouté, puis là ils se sont passé ça à tour de
rôle.
Nous, Mme la Présidente, ce qu'on fait, c'est
d'avoir vraiment une vision intégrée, une vision intégrée, qui s'appuie sur le
plan santé, sur la
loi sur la santé et services sociaux, sur l'excellence, sur
l'humanisation des soins.
Alors, on va
avoir deux projets vitrine, là, un qui démarre sous peu, dans quelques jours,
quelques semaines, en Mauricie—Centre-du-Québec, et ça va bien. Moi, ce qu'on
me dit comme information...
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...c'est que ça
se déroule bien, Mme la Présidente. Est-ce que le député pense que ça va...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Arseneau : Merci,
Mme la Présidente. En fait, vous avez raison, le lancement, c'est pour le
9 mai. Vous tentez de nous rassurer, vous nous parlez des
objectifs, on les partage. Le problème...
La Présidente : ...M. le député, que
vous vous adressez à moi.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, on tente de nous rassurer, mais ce qu'on entend des échos sur le
terrain, c'est qu'il y a des gros problèmes avec la formation et l'utilisation
du système. Dès le lancement, on nous dit qu'il va y avoir 50 % moins de
rendez-vous aux patients dans la région de la Mauricie. Les formateurs ne sont
pas capables d'avoir... de donner des réponses aux professionnels qui vont
utiliser le système.
Comment la ministre peut-elle nous rassurer?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, on est en train de déployer quelque chose qui ne s'est jamais fait
au Québec, c'est majeur. Santé Québec a le leadership de ce dossier-là, cette société d'État a la
responsabilité de s'assurer de la mise en oeuvre du Dossier santé
numérique. Ils ont des ressources extrêmement compétentes. Je suis l'évolution
de ce dossier, notamment avec mon conseiller politique, là, qui est dénoncé ici
aujourd'hui parce qu'il pose des questions, Mme la Présidente. Bien, les questions que mon
conseiller politique pose, là, c'est parce que la ministre, elle lui pose des
questions aussi, à lui, et aussi à Santé Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : Et je suis le
tableau de bord. On est enlignés sur les bonnes choses. Puis le contrôle des
coûts, Mme la Présidente...
La Présidente : Deuxième
complémentaire...
La Présidente : Et attendez.
On garde le silence. Je vous entends faire des petits sons, là, des
gloussements. Deuxième complémentaire.
M. Arseneau : Bien, parlons,
justement, des coûts. La ministre m'a répondu, lors de l'étude des crédits, que
ça coûterait 400 millions puis que,
pour le reste, c'est-à-dire 32 autres régions, on verrait plus tard. En
2021, on parlait d'un projet de
2,9 milliards de dollars. Aujourd'hui, on est rendus à combien avec
la même firme, la firme à laquelle on est liés par contrat et par la
technologie qu'elle nous propose? Comment est-ce qu'on va s'en sortir?
Est-ce qu'on est rendus à 3, à 6, à
9 milliards de dollars, dans la projection pour l'ensemble du réseau?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Bélanger : Mme la Présidente,
mon collègue avance des chiffres ici, là, je ne sais pas où est-ce qu'il les a
pris là, mais, au moment... au moment où on se...
Mme Bélanger : Il les a pris au
ministère? Ce n'est même pas le ministère de la Santé et des Services sociaux,
Mme la Présidente, qui gère ce dossier-là. Il faut que vous appeliez Santé
Québec, accès à...
La Présidente : ...Mme la ministre.
La Présidente : Attendez. Je
suis debout.
Alors, deux choses. Quand je suis debout, vous
gardez le silence, hein, pas trop compliqué. La deuxième chose, vous ne vous
interpelez pas. Et, tiens, je vais rajouter une troisième chose : nous
avons une indépendante qui a une question, et je préserve son droit de parole.
Alors, Mme la ministre, votre réponse.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, écoutez, là, c'est très, très important, on a mis en place une
société d'État, au Québec, justement pour
qu'ils puissent travailler directement avec les intervenants, pour que ce soit
sur le terrain. C'est ça qu'on est en
train de faire. Le Dossier santé numérique, là, il faut qu'on le mette en
place. C'est 400 millions de dollars qui a été autorisé,
au-to-ri-sé, 400 millions...
La Présidente : En question
principale...
La Présidente : M. le
leader de l'opposition officielle, je vous entends trop dans mon oreille de
gauche.
En question principale, je reconnais maintenant
la députée de Chicoutimi. On vous écoute, madame.
Mme Laflamme : Mme
la Présidente, ce matin, on lisait que les contracteurs qui font affaire avec
l'État arrivent aux mêmes conclusions que le Parti québécois. Après huit
ans de caquisme, la réputation du gouvernement comme donneur d'ouvrage est au plus bas, et je cite : «On n'a plus
nécessairement confiance au Plan québécois des infrastructures.»
Pour
nous, c'est clair, le chantier prioritaire en infrastructures, c'est de
restaurer la confiance en refaisant du gouvernement un donneur d'ouvrage
fiable. Ça veut dire de ne pas promettre n'importe quoi et aller de l'avant
pour vrai quand on annonce un projet.
Comme par hasard, le
député de Lévis, aspirant chef de la CAQ, a annoncé hier que, s'il est élu,
bien, il va mettre un frein sur le tramway de Québec, après des années de
préparation, alors que les travaux viennent tout juste de commencer.
Ma question au
ministre des Infrastructures : Est-ce qu'il reconnaît que les reculs et
déclarations comme celles du député de Lévis
sont précisément ce qui mine la réputation du gouvernement comme donneur
d'ouvrage, oui ou non?
La Présidente :
La réponse du ministre
responsable des Infrastructures, mais vous êtes le ministre du Transport et
de la Mobilité durable. Allez-y
M. Julien : Transports. Toujours Transports et
Mobilité, moi. Il y a quand même des infrastructures, en transports et
mobilité. Parce qu'il y a quand même un élément qui a été mentionné sur,
également, le tramway de Québec, TramCité.
Je rassure ma collègue, le projet avance, le projet est sur les rails. On
travaille avec CDPQ Infra, avec la ville de Québec, avec MIQ, Mobilité
Infra Québec. Et c'est un projet qui nous tient grandement à coeur. Les travaux
préparatoires sont déjà en cours, et il va
se réaliser, un réseau structurant d'envergure pour Québec, parce qu'on en a besoin,
et c'est un bon projet.
Maintenant, pour les
travaux d'infrastructures, oui, on a fait une grande révision puis on a mis les
modes collaboratifs en place. Mais quelqu'un
qui pense que les modes collaboratifs, qui part de l'appel d'offres, la planification,
la réalisation... vous comprenez, Mme la Présidente, qu'on les met en place, il
faut franchir ces étapes-là. Et les résultats qu'on va obtenir vont être
probants parce que c'est plus de concurrence, c'est une réduction des coûts et
c'est plus d'efficience, mais il faut
attendre que les projets cheminent jusqu'à la fin de leur réalisation. On a mis
ça en place il y a deux ans et on va obtenir de bons résultats, parce
que partout ailleurs où on a mis des modes collaboratifs, où on a un partage de
risques, où on a une vraie contribution du secteur privé mais en collaboration,
on ne parle pas ici d'un PPP, bien, ça donne des résultats concluants, ça
réduit les coûts et ça fait en sorte qu'on en fait plus avec notre argent.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Laflamme : Mme la Présidente, est-ce
qu'on est rassurés? Pas vraiment. Et, visiblement, devant l'incapacité
de qualifier les propos de son collègue et peut-être futur patron, allons
ailleurs. Est-ce qu'on peut au moins reconnaître l'échec du gouvernement avec les projets en santé? Par exemple, le bloc
opératoire de Chicoutimi est au PQI depuis 2013. Après des années
d'annonces, il est encore stationné dans les limbes du PQI.
Alors,
est-ce que le ministre admet que les tergiversations de la CAQ, comme dans le
dossier du bloc opératoire, nuisent à la réputation de l'État auprès des
entrepreneurs et finissent par faire exploser les coûts?
Présidente : Le ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Julien : Oui, bien, encore une
fois, Mme la Présidente, les gens qui tiennent des discours de cette nature-là
puis qui parlent que les projets sont... J'ai entendu dire un stationnement.
Non. Le Plan québécois des infrastructures, depuis les dernières années, c'est
une piste d'accélération.
Quand on est arrivés
au gouvernement, Mme la Présidente, il s'investissait réellement moins de
10 milliards par année en
infrastructures. Dans les deux dernières années, c'est plus de
19 milliards qui s'est investi dans les infrastructures. De
l'argent sonnant. Les sommes sont investies, plus du double que dans les
dernières années. Mais les besoins sont immenses.
L'état des infrastructures des années 60, 70 avait besoin de plus d'amour,
de plus d'investissement en maintien d'actif, ce qu'ils n'ont jamais
fait, les libéraux. On le fait. On fait du rattrapage.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Laflamme : Mme la Présidente, les
exemples abondent. La piste d'accélération n'accélère pas, visiblement,
puisque ce gouvernement-là paquette le PQI depuis 2018, et, faute de livrer
quoi que ce soit, il récupère des annonces qui
n'en sont pas vraiment. HMR, ça devrait être évident; on attend encore le
montage du projet, on parle encore de travaux dans le stationnement pour
un projet qui n'avance pas.
gestion chaotique du PQI dans des projets comme le tramway, le troisième lien,
le bloc opératoire de Chicoutimi, HRM, ont miné la réputation du
gouvernement. Est-ce que vous contredisez les contracteurs?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. C'est plutôt la collègue qui contredit les faits. L'année dernière seulement, pour plus de 19 milliards de
dollars en réalisation, de l'argent qui est sorti. Donc, ce n'est certainement
pas ce que l'on appelle un stationnement. Il y a quelques années à
peine, sous les libéraux, on n'arrivait pas à réaliser pour 10 milliards
par année. On est du simple au double. La collègue oublie de mentionner, et ce
n'est certainement pas un stationnement,
plus de 100 écoles construites depuis 2028‑2029, des progrès... des
projets d'agrandissement pour 200 écoles, de nombreuses
institutions, autant au niveau scolaire que du domaine de la santé...
La Présidente : En terminant
M. Charette : ...qui ont été
réalisées, ce sont 305 projets qui ont été réalisés depuis...
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant
une députée indépendante, qui pourra poser toutes ses questions, je
reconnais la députée de Rimouski.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, c'est la
dernière journée du premier ministre à
titre de premier ministre, puis
j'ai envie de lui poser une question sur le secteur de la forêt.
En début de
semaine, il y a de nombreux acteurs qui se sont... qui se sont mobilisés,
l'Alliance des communautés forestières,
l'Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles, l'Association québécoise
des entrepreneurs forestiers, le Conseil de l'industrie forestière, la
Fédération québécoise des coopératives forestières, les acteurs de la forêt
privée, qui sont venus ici, également, pour demander, demander qu'il y ait des
ajustements qui soient faits dans la façon dont on gère nos forêts. Ça fait des
mois qu'ils le demandent.
En septembre dernier, le premier ministre a
dit : 30 000 emplois perdus, 30 000 emplois. Depuis, des
mesures cosmétiques ont été faites, mais, ils le disent, ce n'est pas
suffisant.
Avant de partir, allez-vous leur dire d'aller
chez Hydro?
Présidente : Et vous vous adressez à la présidente. La réponse
du ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
M. Simard : Eh bien, Mme la
Présidente, je remercie ma collègue pour la précieuse question qu'elle nous adresse, parce que c'est pour moi l'occasion de
rappeler en cette Chambre des mesures structurantes, très loin d'être
cosmétiques, comme elle le prétend, que notre gouvernement a mises de
l'avant au cours des derniers mois pour venir en aide de manière urgente à
l'industrie forestière.
Dans le cadre de l'actuel projet de loi, qui est
piloté de manière très habile par le ministre délégué aux PME, nous annonçons
deux mesures majeures, la première, historique, demandée depuis plus d'une
décennie par l'industrie forestière, que celle d'abolir la rente annuelle.
Cette rente annuelle à elle seule équivaut à plus de 20 millions de
dollars. Nous provisionnons cette annonce pour les cinq prochaines années.
De surcroît,
nous avons annoncé, pour assurer une meilleure prévisibilité des marchés,
l'abolition tant demandée du Bureau de mise en marché, l'abolition des enchères
dont elle avait la responsabilité, pour revenir à un prix historique
basé sur les cinq dernières années, ce qui va donner aussi beaucoup d'oxygène à
l'entreprise.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : Ce
n'est pas moi qui le dis, Mme la Présidente, ce sont les acteurs de la forêt,
ce n'est pas suffisant. Il y a aussi des actions qui peuvent être posées pour
la forêt privée. Ce sont des PME. On parle ici au ministre délégué à l'Économie et aux PME. Il y aurait des amendements
qui pourraient être apportés au projet de loi pour alléger le fardeau
réglementaire, qui vont toucher directement la forêt privée. Malheureusement,
une rencontre avec le ministre, la semaine dernière, n'a pas donné les
effets escomptés.
Que vont-ils faire pour les acteurs de la forêt
privée?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Simard : Eh
bien, Mme la Présidente, à ces annonces très importantes dont je viens de vous
parler, j'aimerais vous rappeler également un ajout qui est pour moi
très symbolique, qui est celui d'un rapprochement historique avec les Premières Nations. Nous avons annoncé, dans le projet de
loi n° 11, la possibilité de mettre en oeuvre des projets pilotes, la plus importante décentralisation
jamais opérée par le ministère au cours de son histoire, qui se portera à
l'écoute du milieu. Nous avons, à la ville de La Tuque, en présence de
son maire et du grand chef de la nation attikamek, il y a 15 jours ou à peu près, avec mon collègue
responsable des Affaires autochtones, annoncé une annonce historique avec la nation
attikamek, au grand plaisir...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : C'est
particulier que le ministre revienne sur cette rencontre et cette entente,
puisque c'est moi qui avais piloté
une rencontre de plus de six heures pour arriver à trouver des solutions dans
le secteur forestier puis avec les Attikameks. Tant mieux...
La Présidente :
Attendez. Attendez, Mme la
députée, j'arrête le chronomètre. Alors, on garde le silence. Et j'aimerais
entendre la question de la députée de Rimouski. Allez-y, poursuivez.
Mme Blanchette
Vézina : Tant mieux si les choses avancent et qu'il continue le
travail qui a été débuté. Il a une occasion
de proposer des amendements dans un projet de loi pour aider des milliers
d'entrepreneurs forestiers de la forêt privée. Vont-ils déposer ces
amendements, les amendements demandés?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Simard :
Mme la Présidente, je serai franc avec vous, la collègue nous a laissé en
héritage un champ de ruines, que nous avons
contribué à pouvoir changer le climat, le climat d'affaires qui était tant
demandé par l'entreprise. Et, pour une femme qui prétend défendre les régions,
hein, qui était à Rimouski et qui annonce maintenant sa candidature dans
La Peltrie, je comprends que ça finit en i dans les deux cas, mais ce
n'est pas du tout pareil. On n'a pas de leçons à recevoir de cette députée-là,
Mme la Présidente.
Présidente : Alors, cela met fin à cette période de questions et de
réponses orales. Je vous invite à demeurer en place pour la tenue des votes
reportés. Et, oui, merci, on garde le silence.
Donc, il y aura des
votes reportés, tel qu'annoncé. Vous êtes toutes et tous à vos places. Alors,
comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur
la motion de M. le ministre responsable de la Laïcité proposant que le
projet de loi n° 9,
Loi sur le
renforcement de la laïcité au Québec, soit adopté. Le vote est maintenant
ouvert.
Le vote est
maintenant terminé. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 76
Présidente : La motion est adoptée. En conséquence, le projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec, est
adopté.
Présidente : Pour le
bénéfice des gens qui nous écoutent, à cette étape-ci les députés ont le droit
d'applaudir.
Second vote. Nous
allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le député de Laurier-Dorion
débattue hier aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, qui se
lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que, dans le contexte de la crise du
logement, de nombreux locataires renoncent à faire valoir leurs droits par
crainte que le caractère public des dossiers au Tribunal administratif du logement
nuise à leur recherche de logement;
«Qu'elle constate que
cette situation compromet l'accès à un logement, favorise des hausses de loyers
abusives et contribue au maintien de conditions de logement insalubre ou non
[résolues];
«Qu'elle prenne acte
du fait que plusieurs autres juridictions, notamment la Colombie-Britannique,
l'Alberta, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, ne rendent pas publics
les noms des locataires qui exercent leurs droits;
«Qu'enfin elle
demande au gouvernement du Québec d'agir dès maintenant afin d'anonymiser les
dossiers des locataires reconnus non fautifs au Tribunal administratif du
logement.»
Le vote est
maintenant ouvert.
Et, pour le bénéfice
des gens qui nous écoutent, les micros sont fermés pendant le vote.
Alors, le vote est
maintenant terminé. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 10
Présidente : Et la motion est rejetée.
Suivant.
Autre vote reporté. Nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la
motion de M. le ministre du Travail proposant que le projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail, soit adopté. Le vote est maintenant ouvert.
Je vous annonce que
le vote est maintenant terminé. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 70
La Présidente :
La motion est donc adoptée. En conséquence, le projet de loi n° 3,
Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail, est adopté.
Maintenant, à la
rubrique Motions sans préavis, je reconnais pour sa motion M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, je propose, après consultation auprès des partis de
l'opposition et des députés indépendants :
«Que conformément aux articles 58 à 58.3 de la
Charte des droits et libertés de la personne, madame Andréanne Malacket, professeure agrégée [à la] Faculté de
droit [de l'Université] de Sherbrooke, soit nommée membre à temps
partiel de la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, volet droits de la jeunesse, pour un mandat de cinq ans à compter des
présentes.»
Présidente : Alors, je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour
être adoptée, cette motion doit être approuvée par au moins les deux tiers des
membres de l'Assemblée. Elle doit donc être suivie d'un vote électronique.
Alors, je mets aux
voix la motion de M. le premier ministre telle que lue précédemment. Le vote
est maintenant ouvert.
Alors, le vote est
terminé. Maintenant, pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
Présidente : Alors, la motion est adoptée. M. le leader du
gouvernement, je vous écoute.
M. Jolin-Barrette :
Oui, Mme la Présidente, je vais vous demander une courte suspension, s'il
vous plaît.
Présidente : M. le leader, elle sera très courte, puisque nous allons
passer, pour la suite des choses, à des allocutions.
Donc, courte, très courte suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 11)
La Présidente : M. le leader
du gouvernement, je vous reconnais.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la
Présidente, avec votre permission et avec le consentement des collègues, nous pourrions procéder, à ce moment-ci, à
l'hommage au premier ministre avec des interventions dans l'ordre suivant : le leader du gouvernement, le chef
de l'opposition officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef
du troisième groupe d'opposition, la députée de Laporte et le premier ministre.
La Présidente : Alors, avant de
poursuivre nos travaux, je comprends, M. le leader, que tous les parlementaires
ont convenu que nous puissions, à ce moment-ci, rendre hommage à M. le premier
ministre, qui participait aujourd'hui à sa dernière période des questions à
titre
de premier ministre. Oui, M. le leader.
M. Jolin-Barrette : Consentement.
Présidente : Consentement. Et vous devez être assis. Voilà.
Donc, je cède la parole, tel que convenu, d'abord au leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. M. le premier ministre, quand on m'a demandé de prendre la parole pour souligner votre départ, j'avoue avoir
hésité, non pas parce que les mots me manquent, loin de là, mais parce que vous rendre hommage aujourd'hui implique de
vous dire au revoir. Et ça, ça n'est pas facile. Je dirais même que c'est «dicile».
Quiconque ayant croisé votre chemin aura été
marqué par votre amour indéfectible pour le peuple québécois, la capacité que vous avez à comprendre et à entrer
en contact avec les Québécois, peu importent leurs conditions sociales
et économiques. C'est admirable et ça inspire le respect. Pour reprendre la
célèbre formule d'un de vos prédécesseurs, vous ne tolérez pas que l'on méprise
notre monde. Vous avez plutôt choisi de l'écouter, et vous avez toujours oeuvré
à faire avancer ses intérêts. Vous êtes resté fidèle à votre peuple en tout
temps, en toute circonstance.
C'est d'ailleurs cette écoute du peuple qui vous
a amené à développer une troisième voie et à réussir avec brio le pari
audacieux de créer un tout nouveau parti. Vous avez su bâtir une grande
famille, la Coalition avenir Québec, rassemblant des personnes de différents
horizons, tous animés par le désir de faire avancer notre pays réel.
Grâce à ce nouveau projet nationaliste, vous
avez donné corps aux ambitions politiques des Québécois, eux qui souhaitent
avant tout que le Québec soit plus fort et plus autonome. Vous avez marqué
l'histoire politique du Québec en mettant un terme à l'immobilisme dans lequel
le clivage entre les oui et les non nous avait trop longtemps enlisés. Vous nous avez ainsi permis
collectivement de renouer avec la fierté et l'espoir. Vous nous avez redonné le
courage de nous tenir debout pour ce que nous sommes, pour ce à quoi
nous aspirons. Comme premier ministre, vous avez donné vie à cette troisième
voie en alliant prospérité économique et fierté québécoise, car, comme vous
l'écriviez à juste titre, en 2015, sans la prospérité la fierté manque de
moyens, et, sans la fierté, la prospérité manque de sens. Ces
deux fondements ont guidé chacune de vos prises de décisions et se sont
traduits par des résultats concrets, des changements qui restent et qui ont une
portée bien au-delà d'un mandat électif. Votre bilan à cet égard est
exceptionnel. À ceux qui en doutent encore, je me permets de répondre en
reprenant une expression que vous aimez bien : Les faits sont têtus.
Quand nous
étions à l'opposition, vous répétiez que, pendant que le Québec marche,
l'Ontario court. Vous n'avez jamais lâché le morceau, et aujourd'hui, grâce à
votre vision, le Québec a battu l'Ontario et a battu le reste du Canada. Depuis
que vous êtes devenu premier ministre, en 2018, le PIB réel par habitant a
davantage augmenté au Québec qu'en Ontario. Pour la même période, le pouvoir
d'achat des ménages québécois s'est amélioré de près du double, au Québec, versus l'Ontario et dans le reste du
Canada. Tous les indicateurs en témoignent : sur le plan économique, votre
legs est majeur. Vous avez réussi à opérer un rattrapage essentiel et
historique avec le reste du Canada. CQFD.
Vous avez
également mis de l'avant une vision énergétique ambitieuse qui continuera de
profiter à l'ensemble des Québécois.
En matière de
défense de notre identité, vous avez su remettre au coeur du débat politique
des questions d'importance existentielle
pour la nation québécoise : la laïcité de notre État, la gestion de
l'immigration et, bien sûr, la pérennité de notre langue.
Grâce
à votre détermination et à votre pragmatisme, notre gouvernement a réussi là où
d'autres ont échoué avant lui, en ralliant les Québécois autour de consensus
solides, qui s'incarnent désormais dans plusieurs lois fondamentales.
Je m'en voudrais, par ailleurs, de passer sous
silence le grand héritage que vous laissez en matière sociale. Il faut d'abord souligner le réinvestissement
historique dans les services et missions de l'État. Comme vous l'avez souvent
rappelé, la richesse n'est pas une fin en soi, mais elle nous donne les moyens
de nos ambitions. Pensons aussi à la plus importante modernisation du régime
d'assistance sociale des 20 dernières années.
Enfin, je tiens à saluer votre soutien
indéfectible aux nombreuses réformes menées dans l'intérêt des femmes, notamment le déploiement des tribunaux
spécialisés, les bracelets antirapprochements, la réforme de l'IVAC, ainsi que
la hausse importante des salaires des infirmières, des éducatrices, des
enseignantes, des préposées aux bénéficiaires, et j'en passe.
Je crois
sincèrement que ce qui hisse un politicien au rang de grand homme, ce qui fait
basculer la carrière en destin, c'est la faculté de créer l'irréversible.
Et, M. le premier ministre, j'ai la conviction que votre destin aura
profondément fait évoluer le Québec.
Vous vous apprêtez à tourner une page de votre
carrière exceptionnelle au service des Québécois. Vous avez consacré près de
30 ans de votre vie active, de votre vie de famille à la politique. J'ai
une pensée pour Isabelle, votre pilier, et
vos deux fils, qui ont dû vous partager, notamment, avec... — et ça, ça n'a pas dû être facile — avec les instances du Parti québécois, de la CAQ, avec le bureau de comté, les médias,
les milliers d'allers-retours sur la 20 et la 40 et les innombrables
déplacements au Québec et ailleurs. Ce sacrifice est réel et il impose un grand
respect.
En terminant, je tiens, M. le premier ministre,
à vous remercier personnellement pour la formidable aventure des
15 dernières années. À la blague, je vous dis souvent : Vous êtes ma
plus longue relation après ma conjointe. Nous avons... — on me signale que la députée de Berthier
dit elle aussi — nous
avons connu ensemble les premiers moments de la CAQ, les premières
déceptions, les premières défaites, mais aussi les petites et grandes
victoires, qui vous ont permis de propulser le Québec vers de nouveaux sommets.
Pour beaucoup, vous aurez été une figure rassurante dans les moments difficiles, un modèle de vaillance et
de loyauté. Pour moi, vous serez toujours aussi un mentor et mon premier
ministre. Cela aura été un véritable privilège de servir à vos côtés pour la
nation québécoise. Sachez que vous aurez toujours en moi un allié pour
continuer à défendre vos idéaux.
M. le premier ministre, au nom de votre famille
politique et de tous ceux qui auront marché à vos côtés, j'ai l'honneur de vous
dire merci — je
vais la reprendre — merci
d'avoir été là pleinement quand le Québec avait besoin d'être défendu avec
clarté, coeur et ambition. Merci pour tout.
La Présidente : Merci, M. le leader du gouvernement. Je reconnais maintenant le chef de
l'opposition officielle.
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. Au nom de l'opposition officielle ici, à
l'Assemblée nationale, au nom du Parti
libéral du Québec, ça me fait réellement plaisir d'offrir nos remerciements au
premier ministre pour ses huit années — c'est bien, ça, Marc, huit ans, oui, huit ans? — pour ses... pour ses huit années à
titre de
premier ministre, mais aussi ses 24 années à
titre de député ici, à
l'Assemblée nationale, ce qui en fait notre doyen, Mme la Présidente.
Mme la Présidente, les collègues ici me
connaissent comme un... comme un fier représentant de l'Outaouais, où je suis
né, où j'ai passé la majorité de ma vie, mais j'ai aussi... j'ai aussi
l'honneur d'avoir été un des tout premiers commettants du premier ministre. En
1998, j'avais 16 ans, je commençais à peine mes études au cégep, et je me
souviens que nos voisins, chez moi, chez mes parents, à L'Épiphanie, parlaient
avec fierté du nouveau jeune député de la région, ils en parlaient avec
admiration, un ministre pour la région, le ministre de l'Éducation, la grande
prise de Lucien Bouchard. Ils avaient raison d'être fiers, Mme la Présidente.
Leur député, mon député, avait tout un parcours devant lui. Les gens de
Lanaudière l'ont élu en 1998, mais, signe de grande complicité et de grande confiance,
ce que... ce que très peu d'entre nous
réussissent à mériter ici, ils l'ont réélu en 2003, en 2007, en 2008, en 2012,
en 2014, en 2018 et en 2022.
On l'a dit, l'aventure du... l'aventure
politique du premier ministre a commencé en 1998, quand le premier ministre
Bouchard a réussi à recruter un homme d'affaires qui l'impressionnait à tel
point qu'il l'a nommé ministre de l'Industrie sans même qu'il soit élu. Mme la
Présidente, pour outrepasser la démocratie habituelle, il faut être extrêmement
confiant que le nouveau ministre va être à la hauteur des attentes des
Québécois, qu'il va être un grand atout pour le Québec, et M. Bouchard
avait clairement une confiance absolue dans sa nouvelle recrue. Il faut dire, Mme la Présidente, que le nouveau ministre arrivait
avec un CV impressionnant. C'était le PDG et le cofondateur d'Air
Transat, mais il était aussi passé par Quebecair, par Nationair Canada, par Ernst & Young.
Et, même s'il était né d'origines modestes, mais fières et honnêtes, il
arrivait au gouvernement avec un parcours impressionnant. Il y en a qui vont dire que le premier ministre, c'est un
«self-made man», Mme la Présidente, mais il y en a d'autres qui vont dire qu'il
est aussi le produit d'une des grandes avancées du Québec, l'époque de la
démocratisation des études supérieures, qui a mené à un nouveau Québec inc.
francophone, fier, affirmé, dont il faisait partie.
Mme la Présidente, une fois au gouvernement, il
n'a certainement pas chômé. Après l'Industrie et l'Éducation, il a atterri à la Santé. On ne peut clairement pas
dire qu'on lui réservait les tâches les plus simples, mais il était toujours là
pour relever le défi.
Et, parlant de défi, le premier ministre n'a pas
choisi la voie facile. Il a choisi de fonder son propre parti. Il avait
décelé... Avec le sens politique qu'on lui connaît, il avait décelé qu'à cette
époque il y avait de la place sur l'échiquier pour une
nouvelle voie, et il a fondé la Coalition avenir Québec. Et, malgré des années
pas toujours faciles, au début, il a
persévéré, et pas une fois mais deux fois il a remporté des gouvernements
majoritaires, à notre grand dam, Mme la Présidente, en 2018 avec
74 députés, en 2022 avec 90. Et, de mémoire récente, il n'y a que Robert
Bourassa qui a fait mieux. Alors, vous me permettrez de dire au premier
ministre qu'il se trouve en excellente compagnie.
Pour beaucoup
de Québécois, le premier ministre va toujours être indissociable de la
pandémie. En 2020, il y a un lien unique qui s'est tissé entre le
premier ministre et les Québécois. Jamais, jamais les Québécois n'ont été
accrochés jour après jour aux lèvres d'un chef politique, un exercice qui, je
n'en ai aucun doute, était particulièrement difficile pour lui. Comment à la
fois préparer les Québécois aux jours difficiles, maintenir une adhésion aux
règles, soutenir le moral des Québécois alors qu'ils faisaient face au deuil, à
la peur, à la colère, à l'incompréhension? Chaque mesure, chaque décision a été
et sera probablement longtemps encore scrutée, analysée, comparée, jugée, mais
c'est évident pour tout le monde, Mme la Présidente, que le premier
ministre, pendant cette période, a
tout donné et a offert le meilleur de lui-même aux Québécois dans une
période très pénible de notre histoire. Et, pour ça, c'est toute la nation qui
lui en est reconnaissante.
Mme la Présidente, la joute parlementaire étant
ce qu'elle est, on a passé les huit dernières années à critiquer l'action
politique du premier ministre et à avoir des échanges souvent tendus, mais la
réalité, c'est que tout le monde, ici, a
beaucoup en commun : notre volonté de servir les Québécois, notre désir de
leur offrir les meilleurs services publics, notre amour de la langue
française, nos valeurs profondément québécoises. Et ça, ce sont des valeurs
qu'on a reconnues quotidiennement chez le premier ministre.
Alors, enfin, Mme la Présidente, une carrière
politique sur 28 ans, ça se fait... ça ne se fait pas sans un très grand sacrifice familial. Et je sais que le
premier ministre... le premier ministre a toujours compris l'importance
d'atteindre cet équilibre familial là, mais il faut reconnaître
l'ampleur de la tâche, l'ampleur de sa tâche spécifique à lui, qui a assurément
mené à des moments de privation pour son épouse, Isabelle, et pour ses fils, et
pour lui-même.
Alors, à mon député et à notre premier ministre,
merci. Puis on espère que l'avenir vous réserve des moments de quiétude, des
moments de bonheur en famille, des moments que vous avez pleinement mérités.
Présidente : Merci, M. le chef de l'opposition officielle. Je
reconnais maintenant Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. C'est un moment émouvant, très touchant, historique, même. Alors, à
mon tour, Mme la Présidente, au nom de Québec solidaire, de remercier le
premier ministre pour toutes ces années de service public. C'est le temps,
maintenant, de mettre les gants de boxe de côté, de les réserver pour le ou la
prochaine première ministre, et de saluer la longue carrière du premier
ministre, une carrière politique importante, florissante, une carrière aussi
longue que l'attente du retour de la coupe Stanley à Montréal, quand même, il
faut le faire.
Je veux saluer vos principaux faits d'armes, M.
le premier ministre. Vous avez été député depuis 1998. Je me rappelle, moi
aussi, de votre venue, j'étais au cégep. Vous avez aussi été à la tête de
ministères importants, ministre de la Santé, ministre de l'Éducation, des
missions importantes pour l'État québécois. Vous avez aussi fondé un parti politique. On en sait quelque chose, ce n'est pas
facile. Vous avez aussi été chef du deuxième groupe d'opposition avant
de devenir premier ministre. Ça, ça me donne de l'espoir.
Une carrière comme celle-là, c'est plus qu'un
simple parcours politique. Il faut le reconnaître, vous avez littéralement
marqué l'histoire récente du Québec. Je pense à tout ce que vous avez dû gérer
comme premier ministre, toutes les
responsabilités : des crises, des tempêtes, une pandémie mondiale. Ce
n'est pas rien. Les Québécois, pendant cette période très difficile, ont
vu l'homme bienveillant qui aime son peuple derrière le politicien, et ils vous
ont fait cadeau, hein, d'une majorité historique en 2022.
Pour durer comme vous l'avez fait, M. le premier
ministre, bien, ça prend de la détermination, ça prend du courage, ça prend de
la résilience, ça prend une grande discipline et aussi, peut-être je vais vous
étonner, mais du talent, hein, ça prend du
talent. Ça prend quand même beaucoup de talent pour éviter une question
difficile en parlant de hockey ou de
jus d'orange, hein? J'ai pris... J'ai pris note de ça. Et puis, il faut le dire
franchement, vous avez aussi été un adversaire redoutable, toujours bien
préparé, prêt à débattre.
Honnêtement, Mme la Présidente, et à tous mes
collègues, après un an à débattre avec vous à la période de questions, je commençais sincèrement à savoir sur
quel bouton, hein, peser pour vous piquer. Quand vous vous fâchez, c'est parce
que c'est moi qui a... hein, qui a placé les bonnes... les bonnes piques au bon
endroit. Je dois avouer sincèrement que j'y
prenais beaucoup de plaisir. J'espère que je vais avoir autant de plaisir, je ne sais pas si je vais avoir le temps avec le prochain... le futur premier
ou première ministre.
Évidemment,
tout le monde le sait, nos ambitions pour le Québec, notre vision pour le
Québec sont très éloignées, pour ne pas dire diamétralement opposées,
mais, au-delà de nos divergences politiques profondes, il y a quelque chose d'important qui demeure, c'est le respect de
l'engagement. J'ai énormément de respect pour les gens qui s'engagent en politique
et qui ont une carrière comme la vôtre, M. le premier ministre, parce que
choisir de servir, de s'exposer publiquement, d'encaisser les critiques, des
fois justifiées, d'autres fois non, de prendre des décisions qui ne font pas
l'unanimité, bien, ça demande quelque chose que peu de gens sont prêts à
donner. La politique, c'est loin d'être un long fleuve tranquille. Ça demande
des sacrifices personnels, tout le monde le reconnaît ici. C'est exigeant,
c'est ingrat, c'est imprévisible. Et pourtant vous avez choisi d'y consacrer
une grande
partie de votre vie. C'est tout à votre honneur.
Et aujourd'hui vous
tournez une page importante. C'est un moment qui mérite d'être souligné avec
respect, avec sincérité. Je souhaite... Je vous souhaite de profiter pleinement
de ce nouveau
chapitre dans votre vie, de prendre du temps pour vos proches, de ralentir, de faire toutes ces choses que
la politique nous empêche de faire, de prendre soin de soi aussi, de
faire du sport, de bien manger, d'avoir du temps. Je suis quasiment jalouse.
Non, ce n'est pas vrai.
Bon, là, sincèrement, là, hein, je pense qu'il
est temps qu'on la prenne, cette bière, hein, ça fait longtemps qu'elle attend.
Je l'accepte. C'est sûr qu'Hubert, mon chum, va venir aussi avec nous. Pour ne
pas faire de jaloux, vous pouvez aussi
inviter Isabelle. On pourrait aller au Dieu du ciel!, où j'ai croisé un de vos
fils récemment, dans mon comté. Après ça, on va aller au théâtre, hein,
une belle vie du plateau.
D'ici là, M.
le premier ministre, profitez du fait de redevenir simple député, hein? C'est
une fonction noble, qui est importante pour notre démocratie.
Profitez-en.
Merci, encore une fois, d'avoir consacré une
partie de votre vie à servir les Québécois et Québécoises. Merci.
La Présidente : Je vous
remercie beaucoup, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Et je
reconnais maintenant pour son allocution le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. St-Pierre
Plamondon : Merci, Mme la Présidente. C'est difficile, en cinq
minutes, de résumer 28 ans d'engagement politique, 28 ans de
service public. Mais, avant de le faire, je veux dire tout le bien que je pense
de l'allocution du leader, député de Borduas, la sincérité, et ma propre
émotivité quand je vois les liens qui peuvent unir des gens en politique. Et à tous ceux qui disent que les députés sont
des plantes vertes puis qu'il y a juste du mensonge puis des choses négatives... pardon, moi-même, je suis
émotif, mais revisionnez le discours du député de Borduas. Il y a du beau,
en politique, il y a des convictions, en politique, et malheureusement pour
nous tous il y a des désaccords.
Donc, 28 ans de service public, comment le
résumer? Bien, moi, je résumerais de la manière suivante : Le premier
ministre du Québec, François Legault, aime profondément le Québec. Si on a à
résumer, c'est ça qui me vient à l'esprit.
Tout le reste découle de ça. Il aime profondément les Québécois. Et, malgré nos
désaccords profonds sur ce que l'avenir doit nous réserver, jamais je
n'ai douté une seule seconde de sa sincérité dans cet amour du Québec.
Je dois parler de ses débuts en politique, parce
que c'est au Parti québécois. Je pense que je ne me trompe pas si je dis qu'il a fondé les débuts puis l'ensemble
de sa carrière sur son idole, qui est René
Lévesque. On se souvient tous de cet
homme d'affaires déterminé, la vedette du Parti québécois, qui arrive d'Air
Transat, devenu ministre de l'Industrie avant même d'être élu, se voyant
confier les plus gros ministères, Éducation et Santé.
Je vais prendre un moment, donc, pour le
remercier d'avoir été 10 ans à la cause du Parti québécois, à la cause de la souveraineté du Québec, là. Puis je... On a
des désaccords, là, je pense que les gens, à ce stade-ci, sont au courant, mais
quand même c'est une contribution qui m'a guidé, là, dans une large mesure.
Donc, on raconte sur François Legault qu'il
était un des plus passionnés, un des plus décidés, sur la question de l'indépendance, et je ne doute pas que ce soit
vrai. Et, parmi son héritage, il y a une grande
partie de sa vie qui aura été
consacrée, quand même, à faire du Québec un endroit où on décide par
nous-mêmes, entièrement, un pays normal. Et on
ne pourra jamais dire que le premier ministre n'a pas essayé, n'a pas consacré
tous les efforts. Et, dans le fameux budget de l'an 1, qui nous a amené un nombre incalculable de questions et
de réponses, quand même, je mentionne sa pédagogie et son courage puis
le fait que, largement, le travail que nous, on a entrepris, c'est celui du
premier ministre, et que son travail, à l'époque, était bien fait. C'est un
travail qui est, donc, pénible, et il l'a fait.
Ensuite,
après son passage au Parti québécois, il a fait un choix, puis c'est un choix
que je respecte, c'est celui de fonder
la CAQ et de poursuivre son engagement à travers une autre idée, celle de faire
des gains pour le Québec à l'intérieur du
Canada. C'est un choix qu'il a fait en espérant réaliser d'importantes avancées
pour les Québécois et les Québécoises sur
le plan de leur autonomie collective. Je veux souligner avec beaucoup de
sincérité l'exploit remarquable qui consiste à créer de toutes pièces
une nouvelle formation politique puis, en l'espace de sept ans de la création
du parti, prendre le pouvoir. Je ne suis pas
sûr qu'il y ait de comparable dans l'histoire politique du Québec depuis
l'Assemblée nationale, depuis que nous sommes une démocratie.
Finalement, à travers toutes les époques, je
pense sincèrement que le grand mérite du premier ministre aura été de permettre
aux Québécoises et aux Québécois de s'approprier à nouveau un peu, pas assez à
mon goût, mais de se réapproprier le débat
sur leur avenir collectif et d'être capable de nommer des sujets, des choses et
de les faire avancer. Puis, ensuite, on peut débattre des heures sur
comment on devrait les faire avancer, mais, pendant 15 ans, nous avions
devant nous un gouvernement, un gouvernement des libéraux, là, pour ne pas les
nommer, qui nous avait confisqué tout débat sur
les enjeux nationaux, rappelons-nous que c'est là qu'on était, confisqué ce que
nous sommes comme peuple. La discussion sur notre avenir venait avec des sermons ou même une culpabilisation de
notre différence et de nos choix démocratiques qui ne... qui sont
différents de ceux du Canada à certains égards. Nous avions, à l'époque, un
gouvernement qui niait la précarité du français et qui trouvait davantage de
suspicion dans la défense de notre identité, qui présentait, en fait, la laïcité, la planification de l'immigration, le
français comme les preuves des braises de l'intolérance au Québec. Bien, le
premier ministre a changé la donne, et il a apporté ces sujets-là, puis on a
été capables d'en discuter, et ce sont des lois, aujourd'hui. On en a débattu longuement, mais ça doit être nommé. Il
aura fait en sorte que la normalité, ce soit à nouveau défendre notre nation,
travailler pour le Québec dans sa spécificité et dans sa différence. Et je veux
dire merci pour ça.
Même si nous étions
en désaccord sur l'efficacité des mesures, la manière d'agir, je dois
reconnaître qu'il a redonné au Québec un certain goût de lui-même, un certain
goût de se battre ou, à tout le moins, des fois, l'idée de se battre. Des fois, je voulais qu'on aille plus loin. Moi, je
n'ai jamais eu de plaisir à essayer de faire choquer le premier ministre, j'étais toujours dans l'espoir de le
convaincre, puis ça a donné beaucoup d'échanges passionnants. Mais prenons
cette proposition évoquée par le premier ministre lors de la dernière élection,
cette idée de tenir un référendum sur les pleins pouvoirs en immigration. Donc,
des fois se battre, des fois simplement l'idée de se battre, mais quand même ça
semble avoir inspiré plusieurs personnes. Ça a même inspiré l'Alberta
peut-être, à voir le nombre de référendums auxquels
ils vont eux-mêmes participer. Bref, un certain goût de rêver mieux.
Minimalement, on peut tous s'entendre sur un goût de relever la tête,
relever la tête, et je veux le souligner.
la Présidente, les seules fois que j'ai réussi à faire rire le premier
ministre, c'est lors... c'est lorsque, durant la pandémie, il y avait
des rencontres hebdomadaires entre les chefs et que je lui faisais des blagues
sur Justin Trudeau. Encore aujourd'hui, je dis «Justin Trudeau» et je vois
sa réaction. Si ça a amené à se côtoyer à
titre de chefs respectifs de nos formations politiques, François Legault a
été péquiste, il a été caquiste, mais je pense qu'il n'a jamais été militant
libéral, ni du PLC, ni du PLQ. C'est un
bleu. Et le hasard, ce matin, fait en sorte qu'il y avait un vote sur la
laïcité, il y avait 76 votes pour, et c'était le vote des bleus.
Donc, je lui avais
promis une question, je lui... je lui pose la question, mais c'est une question
pour laquelle il y aura une réponse peut-être, un jour, mais je repose ma
question : Que retient-il de sa tentative de faire des demandes dans le Canada? C'est une question qui est
fondamentale pour la suite. Je vous pose la question. Puis un jour, peut-être, peut-être
aussi on pourra avoir une bière ensemble. Mais je suis... je continue
d'espérer, viendra un jour où peut-être, comme il en a rêvé souvent et l'a dit
souvent, on sera tous unis. Nous avons été unis, ce matin, dans un vote.
j'aimerais terminer sur une chose qui est sous-estimée dans le parcours du
premier ministre, c'est l'instabilité dans
le cadre de laquelle le huit ans comme premier ministre de François Legault a
eu lieu, c'est-à-dire que huit ans où on
peut dire que plusieurs choses anormales se passaient, et le premier ministre
devait garder le cap, huit ans de
bouleversements. Et, durant cette période de pandémie et de situation
géopolitique incertaine, il y avait un premier ministre qui, chaque matin était
là tous les jours, travaillait. Et, cet aspect vaillant, fiable,
hypertravaillant, j'ai toujours eu une
sincère admiration pour ça. Ça a marqué les gens durant la pandémie, mais, si
vous avez donné, M. le premier ministre, 28 ans de votre vie au
service public, c'est toujours avec cette vaillance. Et c'est une qualité que
j'admire, et je vous le dis avec toute la sincérité du monde.
Donc,
c'est aujourd'hui la fin d'un parcours politique impressionnant pour le premier
ministre, mais j'ai la certitude que ce n'est pas la fin d'un engagement
profond envers le Québec. Et moi aussi, un jour, je la veux, ma bière avec
François Legault. Et donc merci pour tout, M. le premier ministre, avec
beaucoup d'admiration.
La Présidente :
Merci, M. le chef du troisième
groupe d'opposition. Et je reconnais maintenant pour son allocution Mme
la députée de Laporte.
Mme Poulet : Merci, Mme la Présidente.
Alors, je prends la parole au nom des députés indépendants pour saluer le premier
ministre, M. Legault, pour les nombreuses années qu'il a consacrées à la
vie publique et au service du Québec.
Sachant
qu'il est un amateur de tennis, permettez-moi d'emprunter cette métaphore pour
évoquer son parcours, un parcours qui, comme un match de tennis, s'est
construit point par point au fil des échanges, car la politique, comme le
tennis, est exigeante. On s'y lance avec conviction, on s'y maintient par
discipline et on progresse par le travail, les ajustements et la détermination. Parfois, il faut savoir se placer en
position d'attente, retourner le service, tenir l'échange, franchir le
filet des enjeux complexes et s'ajuster souvent très vite, en attaque comme en
défense.
Au fil des années, il
a occupé le terrain avec constance. Il a pris part à des débats importants, il
a posé des gestes qui ont marqué le Québec
et il a assumé les responsabilités des plus hautes fonctions. Au fil des
années, il a livré de nombreux matchs politiques, ajustant ses
positions, s'adaptant constamment et imposant parfois le rythme.
En politique comme au
tennis, il faut accepter que chaque geste soit observé, que chaque décision
laisse une trace. En politique comme au tennis, on ne joue jamais seul. Il y a
les équipes, les collègues, les conseillers et tous ceux qui, souvent dans l'ombre, contribuent à faire avancer le jeu, à
l'image de l'entraîneur ou des ramasseurs de balles. Ce qui distingue un parcours comme le sien, c'est
de rester dans le jeu malgré la pression, malgré les moments plus difficiles.
amour pour le Québec, il a choisi de continuer à servir pleinement année après
année. Et, derrière ce parcours, il y
a aussi une réalité familiale faite de sacrifices et d'adaptation. Nous
souhaitons saluer son épouse, Isabelle, et ses fils, pour qui la vie politique
a façonné le quotidien pendant près de 30 ans.
Il quitte ses
fonctions de premier ministre mais demeure dans le jeu comme député, une
transition, un engagement qui se poursuit autrement, toujours au service du
public, car, en politique comme au tennis, ce qui compte, c'est de continuer à
jouer son rôle avec rigueur.
En démocratie, les
joutes politiques sont faites de débats, de visions différentes, parfois de
franche opposition, mais elles reposent
avant tout sur le respect, le respect de celles et ceux qui choisissent de
s'engager et de servir le public. Et, comme dans tout long match, il y a
des tournants, des transitions, des jeux décisifs, des élans. Et, en fin de
match, il est juste de reconnaître le parcours accompli, ses réussites, ses
défis et l'héritage qu'il laisse.
C'est donc avec
respect que nous soulignons son parcours, sa contribution et son engagement
constant au service du Québec.
Présidente : Merci beaucoup, Mme la députée de Laporte.
Je suis debout. Je n'ai pas l'intention de faire de longs discours. M. le premier ministre, nous
devons vous donner la parole avant, mais j'annonce mes couleurs. M. le
premier ministre, c'est à votre tour de nous parler.
M. Legault : Mme la Présidente,
M. le chef de l'opposition officielle, Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition, M. le chef du troisième groupe d'opposition, tous les collègues
de tous les partis, bien, d'abord, merci à ceux qui ont pris la parole pour vos
bons mots. Vous allez me permettre de saluer aussi mon épouse, Isabelle, qui
est dans les tribunes. Elle a été avec moi
pendant toutes ces années. Elle a fait des sacrifices pendant toutes ces
années. Merci, Isabelle.
Évidemment, c'est une journée remplie d'émotions
pour moi. Dernière journée comme premier ministre ici, à l'Assemblée nationale.
Ça fait sept ans et demi, sept ans et demi que je suis ici comme le
premier ministre des Québécois. C'est le
plus grand honneur que j'ai eu dans ma vie. Mais il y a encore des jours où...
puis Isabelle le sait, où je ne le réalise pas. J'ai encore un peu le
syndrome de l'imposteur, parce que, comme certains disaient, je viens... le petit gars de Sainte-Anne-de-Bellevue, un milieu
populaire. Mes parents n'ont pas fini leur 10e année, mais ils m'aimaient,
ils m'aimaient. Et, le plus grand regret,
mon père est mort jeune puis il n'a pas vu ce que j'ai fait, ni chez Air
Transat ni en politique.
Vous savez, on travaille souvent pour ses
parents. C'est là qu'on voit comment c'est important, la famille, parce qu'il
faut motiver ses enfants. Et ils l'ont fait avec moi. Ils ont toujours cru à
l'éducation. Oui, j'ai travaillé l'été, les fins de semaine. Oui, j'ai eu des
prêts et bourses, mais mes parents m'ont aidé financièrement parce qu'ils
croyaient à l'éducation. Puis c'est à cause de l'éducation que le petit gars de
Sainte-Anne a été capable, d'abord avec des associés, de lancer une compagnie
aérienne.
Et c'est pour
ça, je vois Pascal, là, mais je vois tous ceux qui ont travaillé avec moi au PQ
ou à la CAQ, je pense qu'il n'y a pas personne qui va douter que ma
priorité, c'est l'éducation, parce que l'éducation, c'est la clé pour grandir
comme être humain, mais c'est aussi la clé... c'est le plus grand moteur de
développement individuel et collectif, et on ne
le répétera jamais assez. Je sais, des fois il y en a qui me disent : Ah!
ce n'est pas payant, François, politiquement, là, moins payant, parce que ça rapporte à long terme,
mais c'est ce qu'il y a de plus important, puis on a un devoir, tout le monde, de penser au long terme, de penser aux
prochaines générations, puis la priorité des priorités, ça doit être
l'éducation.
Après Air Transat, j'ai accepté l'aventure de la
politique. Pourquoi, hein? Pourquoi? Pourquoi? Je dirais... puis tantôt le chef
du troisième groupe parlait d'une des... à cause de deux personnes, René
Lévesque puis Lucien Bouchard. René
Lévesque, bien, ça a été vraiment ma grande inspiration, dans ma vie. C'est lui
qui m'a donné cet amour du Québec et
des Québécois. J'ai senti comme le besoin de dire : Il faut que tu fasses
ta part. J'ai été chanceux, choyé, et il faut, en retour, faire quelque chose. Lucien Bouchard,
bien, écoutez, c'est lui qui m'a donné ma chance en politique. J'ai toujours
été impressionné, même encore, par Lucien Bouchard, son charisme. Ça a été un
plaisir, travailler avec lui, un homme avec
un énorme leadership, puis je le remercie de m'avoir donné cette opportunité. Inquiétez-vous
pas, je ne me suis jamais pris pour ni René Lévesque ou Bouchard.
J'ai été
d'abord au Parti québécois. J'ai fondé la CAQ avec Martin Koskinen, Brigitte,
toute la gang. Et, peut-être pour un
début de réponse à la question du chef du troisième groupe, sur la question
nationale, sur cette volonté de protéger notre identité, je pense que
les objectifs, les objectifs du PQ puis de la CAQ sont proches, ils ne sont pas
très différents. Les moyens sont différents. Vous savez que j'aime le hockey.
Pour moi, il y a une phrase de Martin St‑Louis,
le coach du Canadien, qui résume bien ce que
je pense : Il faut prendre ce que la game te donne. Il faut prendre ce que
la game te donne. Je n'irai pas plus loin que ça pour aujourd'hui.
C'est vrai,
là j'ai appris que la cheffe du deuxième groupe faisait exprès pour peser sur
des pitons, je disais hier au ministre de l'Environnement, c'est mon
idole, tu sais, il est capable, lui, d'être toffe mais en restant calme. Moi, j'ai un petit peu de misère. Je me donne ça comme
objectif, au début de la période de questions, mais c'est rare que... que
je suis capable d'y arriver.
Oui, on a eu des débats corsés, mais sincèrement
on est capables de travailler ensemble. Et puis on en parlait tantôt,
évidemment, la pandémie. Écoutez, ça a été admirable, comment on a travaillé
ensemble pour les Québécois, puis je vous
dis un énorme merci à tout le monde pour votre solidarité durant cette période
difficile qu'on a vécue. Merci.
Bon, avant de m'éclipser, là, parce que vous... je
ne veux pas faire d'ombrage à la personne qui me remplacera, donc je vais
surtout être dans mon comté, et puis, en tout cas, j'ai plein de projets dans
mon comté, j'ai du rattrapage à faire, hein, je vois un de mes maires qui est
là et qui va être d'accord avec ça, trois messages, trois messages, vous en
ferez ce que vous en voulez, mais trois messages pour l'avenir du Québec que je
veux vous lancer.
Le premier
message, puis ça s'adresse même aux gens sur mon bord : le rôle de l'État
québécois dans l'économie. D'abord, il faut se rappeler que, dans
l'histoire de notre nation, ceux qu'on appelait, à l'époque, les Canadiens
français, pour toutes sortes de raisons, ont été moins impliqués en affaires.
Résultat des courses, quand on regarde le portefeuille de nos entrepreneurs, bien, il y a moins d'entrepreneurs, au Québec, qui
ont des moyens de mettre de l'argent dans des grands projets. En tout
cas, c'était comme ça. Ça s'est amélioré un peu, entre autres durant ce qu'on a
appelé la Révolution tranquille. Ça a été possible, entre autres, grâce à la
création de la Caisse de dépôt par Jean Lesage et Jacques Parizeau. Ça a été
possible aussi... Il y a un gars pour qui j'ai beaucoup d'admiration pour ce
qu'il a fait en économie, c'est Bernard
Landry. C'est vrai que c'est moi, dans mes trois mois de ministre de
l'Industrie et Commerce, où j'ai annoncé le lancement d'Investissement
Québec, mais c'était Bernard Landry
qui avait tout préparé ça, infatigable. Écoutez, Bernard Landry, quand
il sortait les chiffres de chômage, il ouvrait une bonne bouteille quand ça
avait baissé. Donc, ils ont fait
beaucoup, mais il reste un écart de richesse. Puis, oui, écoutez, là, c'est
rendu que même un avocat comprend ça, là, c'est bon, au cours... au
cours des sept dernières années — ou
sept et demie, mais j'ai des chiffres juste pour sept, excusez, monsieur... LaFontaine — on
a réduit de six points, ça n'a l'air de rien, là, mais c'est beaucoup de
milliards, de six
points notre écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada. Puis
pourquoi on a fait ça? Bien, pour moi, là, allez voir la croissance des investissements des entreprises. On a aidé
25 000 entreprises. Et la croissance des investissements des
entreprises a été beaucoup plus forte au Québec que dans le reste du Canada,
pendant ces sept années, puis ça a amené le reste, c'est-à-dire le PIB par
habitant, le revenu disponible, les salaires, etc., etc. Mais, malgré nos
efforts, il en reste encore un, un écart avec
le reste du Canada, puis il y a un écart encore beaucoup plus grand avec les
États-Unis. Puis, évidemment, pas
besoin de vous dire, là... parler du protectionnisme puis de la situation, là.
Il y a encore beaucoup de travail à faire.
Donc, la vérité,
c'est que même encore aujourd'hui, malgré tout ce qu'on a fait, il y a moins
d'entrepreneurs qui ont des moyens
d'investir dans les grands projets au Québec que dans le reste du Canada. Donc,
la vérité, c'est qu'on a encore besoin de l'État québécois pour suppléer.
Et il ne faut pas être naïfs non plus, tous les États, là, tous les États dans
le monde mettent en place des incitatifs pour attirer des emplois payants.
Pourquoi? Bien, parce qu'ils se repaient avec
les impôts additionnels qui sont payés sur ces emplois payants. Je comprends,
surtout quand on est en politique, que ce n'est pas facile de gérer le
risque qui est associé à ça. Sur 25 000 projets, s'il y en a
quelques-uns qui marchent mal, trompez-vous pas, là, ces personnes-là vont choisir.
Mais je veux vous dire une chose, puis c'était la même chose quand j'étais en affaires : Quand on ne prend
pas de risques, on n'avance pas. Et il ne faut pas que les échecs nous
paralysent.
Bon, évidemment,
quand on parle d'économie, aussi, il y a Hydro-Québec. Ça aussi, c'est ma
grande fierté. Quand je suis arrivé, il n'y en avait pas, de projets chez
Hydro-Québec, on manquait de clients industriels. Puis on a pris notre petite
valise puis on est allés en chercher. Et on a 200 milliards de projets,
actuellement, chez Hydro-Québec. Et je suis
convaincu que l'avenir économique du Québec passe beaucoup par Hydro-Québec. On
est chanceux, au Québec. Puis ce
n'est pas moi, là, qui a... qui a fait ça, là, peut-être les nouveaux projets,
mais il y a des gens avant moi, René
Lévesque, Robert Bourassa, tous ceux qui ont mis ça en place.
L'hydroélectricité,
hein, l'hydroélectricité, là je fais une parenthèse, là, c'est comme une
batterie, on fait couler l'eau puis on a
l'électricité quand on veut, là. Quand je vois mes collègues des autres
provinces me dire : François, on va faire un partnership, nous, on
va faire l'éolien, puis toi, tu vas... Parce que l'éolien, c'est intermittent,
le solaire, c'est intermittent, mais nous, on a la chance d'avoir
l'hydroélectricité. Puis, quand notre ami Trump, aux États-Unis, il dit :
Je veux des alumineries, bien, il n'y a pas d'énergie, tu sais. Ça fait que,
bon, profitons-en.
Donc, mon premier
message, les autres vont être plus courts, mon premier message, c'est qu'on a
encore besoin de l'État québécois pour se
donner les moyens de nos ambitions. Ce n'est pas une fin en soi. Tu l'as bien
compris, ça aussi, Simon. Ce n'est pas une fin en soi, mais il faut
avoir des moyens pour investir dans nos programmes, puis ça, c'est... il faut
créer de la richesse.
Mon deuxième message,
ça concerne notre identité comme nation. Il faut qu'on réalise tous, là, de se
retrouver à parler encore français, au Québec, après quatre siècles, c'était
très improbable. Tu sais, s'il y avait eu quelqu'un qui avait eu à gager, il y a quatre siècles, on va-tu encore parler
français, entourés d'anglophones, c'était très improbable. Mais, depuis
400 ans, nos ancêtres, ils se sont battus, ils se sont battus pour
protéger notre langue, nos valeurs, notre culture. Puis, quand je regarde la situation à Montréal, je suis inquiet, je suis
inquiet, parce que, peu importe le critère qu'on utilise, que ce soit la langue à la maison, au travail, sur
la place publique, il y a un déclin. Puis je pense que chaque député ici a une
responsabilité d'inverser ce déclin-là. Il en va de l'avenir de notre
nation.
J'ai
le goût d'ajouter un petit complément de réponse au chef du troisième groupe
d'opposition. Quand on vote, à Ottawa, il faut regarder qui promet de
transférer des pouvoirs en immigration et autres. En tout cas, je ferme la
parenthèse.
oui, on a le droit de souhaiter protéger nos valeurs. C'est vrai qu'avec les
nouveaux arrivants notre nation évolue, mais on a le droit de souhaiter que le
Québec reste le Québec, on a le droit. Et on doit continuer d'investir en
culture.
Une de mes grandes
fiertés, j'ai eu beaucoup de pression d'Isabelle là-dessus, là, mais c'est
d'avoir augmenté de façon importante le financement en culture. Même le
ministre des Finances commence à comprendre ça. Puis je visitais, hier, le futur Musée national de l'histoire du Québec. Il est
temps que ça existe, puis qu'on se permette d'être fiers de notre
histoire. Puis il y aura aussi, à Montréal, un musée de la chanson et de la
musique. On peut être fiers de nos chanteurs, chanteuses. On peut être très
fiers. N'oublions jamais que la culture, c'est l'âme de notre nation.
Je termine avec mon
dernier message, un message d'espoir. Vous savez, même si je viens d'un milieu populaire, quand j'avais 25 ans, là, je
sentais que tout était possible. Puis aujourd'hui, bien, avec Trump, avec les
guerres, je comprends qu'il y a des gens qui sont inquiets, qui sont
pessimistes, mais il faut faire attention de ne pas devenir cyniques. Il ne
faut pas que le cynisme remplace l'espoir. Chaque personne ici a la
responsabilité de donner de l'espoir, donner
de l'espoir aux prochaines générations, croire en l'avenir, croire en l'humain,
croire en nous. Merci, tout le monde.
Présidente : Merci, M. le premier ministre. Je serai très brève, je
vous l'ai dit d'entrée de jeu.
le premier ministre, vous avez exercé et incarné les plus hautes fonctions,
incarné la fonction de premier ministre, une fonction si importante pour
la démocratie au Québec.
M. le premier
ministre, j'ai été à même de vous voir aller. 14 ans, ça passe vite. Je
vous ai vu aller et je vous ai vu exercer cette fonction et l'incarner avec ce
qu'il y a peut-être de plus important pour nous tous et nous toutes. Vous avez incarné vos
fonctions et les avez occupées avec fierté — qu'est-ce que vous l'avez dit, ce mot — avec authenticité et avec amour du Québec.
Merci pour tout, M. le premier ministre.
Alors, maintenant, nous allons suspendre
quelques secondes pour passer aux motions sans préavis, le temps de faire le
changement de présidence. Merci infiniment. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 12)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous poursuivons nos travaux à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre
de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un groupe...
un membre du groupe formant le gouvernement. M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Et donc je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec les députés d'Acadie, de Maurice-Richard,
de Jean-Talon, de Chomedey, de Saint-Laurent et de Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale souligne le travail
important qu'accomplit la Société québécoise d'information juridique en contribuant à l'accessibilité du
droit et à la justice pour l'ensemble de la population québécoise, et ce depuis
maintenant 50 ans;
«Qu'elle rappelle que SOQUIJ oeuvre à la
diffusion et à la valorisation du droit québécois dans la langue officielle de
la justice, le français, par la publication de la jurisprudence et par ses
services de traduction des jugements;
«Qu'elle reconnaisse l'apport de SOQUIJ en
matière de démocratisation et de modernisation du droit, notamment grâce au
développement d'outils technologiques comme la plateforme d'information
juridique JuridiQC;
«Qu'elle
souligne également le soutien essentiel qu'offre SOQUIJ à de nombreux
partenaires clés de l'écosystème juridique, pour rendre la justice
toujours plus accessible à tous les Québécois;
«Qu'enfin, l'Assemblée nationale souligne
solennellement le 50e anniversaire de SOQUIJ et qu'elle réaffirme son
appui à la mission de cette institution essentielle pour l'ensemble de la
population québécoise.»
La Vice-Présid