House Proceedings — 1 December 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-12-01
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le député, de votre déclaration. Je cède la parole
maintenant à M. le député de Rimouski pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le
député, à vous la parole.
LeBel : Merci, M. le Président. La Fondation des médias de Rimouski,
dont la mission est de venir en aide aux plus démunis, a célébré ses
35 ans d'existence en juillet 2015. C'est avec la satisfaction du
devoir accompli que MM. Gaston Lebel et Gilles Rousseau quitteront la fondation
après 35 ans et 34 ans d'implication.
Membre
fondateur, M. Lebel a travaillé activement comme organisateur du prestigieux
tournoi de golf dont les profits sont remis aux organismes qui offrent
des services de sécurité alimentaire et dont l'argent est redistribué sous forme de bons d'achat d'épicerie. M. Rousseau a,
quant à lui, joué un rôle de leader et a siégé sur le conseil d'administration
pendant plus de 20 ans. Il a toujours
veillé à la bonne mise en marche des activités sans jamais compter ses heures.
C'est grâce à eux que, depuis
35 ans, la Fondation des médias de Rimouski a pu remettre à l'occasion de
la période des fêtes plus de 630 000 $ de bons d'achat à des
familles vivant dans la pauvreté. C'est aussi grâce à leur dévouement et leur
générosité que divers organismes, dont Moisson Rimouski-Neigette, Les Petits
Frères des pauvres, L'Arbre de vie, Le Répit
du passant, Accueil-Maternité et la fondation Rêves d'enfants, ont pu
bénéficier de support de la Fondation de médias afin de contribuer à
l'amélioration des conditions de vie des gens.
Je voulais vous féliciter, M. Lebel et M.
Rousseau, pour votre implication durant toutes...
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le député de Rimouski, pour votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Hull pour sa déclaration
d'aujourd'hui.
Gaudreault :
Merci, M. le Président. Alors, j'aimerais aujourd'hui souligner les succès du
Centre de placement spécialisé du Portage, un organisme communautaire de
l'Outaouais détenant plus de 40 ans d'expertise en employabilité auprès
des adultes judiciarisés.
C'est en 2011 que le centre a mis sur
pied le programme Impacts, Dossier, Juvénile, École, le projet IDJE, qui
vise à sensibiliser les jeunes aux
conséquences d'un dossier juvénile suite à des infractions commises en tant que
mineur et des effets qui en découlent
sur l'emploi, les déplacements à l'étranger, et autres. Le programme IDJE est
offert à des élèves de la troisième
secondaire et à leurs enseignants sous forme d'ateliers interactifs et comprend
un volet pour prévenir la violence et l'intimidation dans les écoles.
Lors
du dernier congrès de la Société de criminologie du Québec, le centre s'est vu
remettre le prix Coup de coeur pour son programme IDJE. Je félicite donc
M. Michel Allard ainsi que toute son équipe pour ce prix qui reconnaît
l'implication d'un organisme dans l'avancement de la justice pénale. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe pour sa déclaration
d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous.
Mme Soucy :
Merci, M. le Président. Je tiens à souligner l'apport exceptionnel d'une
entreprise familiale de Saint-Hyacinthe, le
Groupe Robin. Ce promoteur immobilier est en affaires depuis 40 ans. Il a
su développer une culture d'entreprise
qui prône des pratiques de gestion environnementale tout en assurant un service
de haute qualité. L'ingéniosité et
l'avant-gardisme de ses dirigeants leur ont valu plusieurs nominations et prix
d'excellence, notamment dans le développement écoénergétique. Par exemple, le Groupe Robin a bâti le tout premier
hôtel à être certifié LEED au Canada et le premier au Québec à avoir reçu cinq Clés vertes du
programme de l'Association des hôtels du Canada. De plus, en octobre dernier, à San Francisco, il a reçu le Prix du
développeur de l'année 2015 pour le Holiday Inn Express de
Vaudreuil-Dorion. L'entreprise espère également obtenir la certification LEED
pour cet hôtel.
le Président, derrière cette entreprise prospère se trouvent Robert, Jonathan
et Nellie, une famille de bâtisseurs impliqués dans la communauté, qui
font la fierté des Maskoutains. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, madame. Je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Chauveau pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme la députée
de Chauveau, à vous.
Mme Tremblay : M. le Président, l'Organisation mondiale de la santé a décrété le
1er décembre la Journée mondiale du
sida. Depuis cinq ans maintenant, elle a pour thème Objectif Zéro :
zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination, zéro décès dû au sida. Bien sûr, notre souhait à
tous est de mettre fin à l'épidémie de VIH en tant que menace de santé publique, et ce, partout à travers le monde.
Cependant, le fait est que, chaque jour au Québec, deux nouvelles personnes
sont infectées. On estime à environ 20 000 le nombre de personnes qui
vivent avec le VIH chez nous.
prévention, le dépistage et le traitement demeurent des alliés importants dans
notre lutte collective contre la propagation
du VIH. J'invite donc tous les gens de tous les âges à saisir cette Journée
mondiale du sida pour répéter nos messages
de prévention et contribuer à notre santé collective, notre bonne santé
collective. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, Mme la députée, pour
votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Saint-Jean pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Il me fait plaisir de rendre hommage aujourd'hui au regroupement québécois pour
l'action communautaire autonome de la
Montérégie, qui a tenu le 19 novembre dernier une commission populaire où
plus d'une cinquantaine de mémoires
ont été déposés par différents organismes de la Montérégie afin de parler de
leur financement, de leurs programmes sociaux dédiés à l'ensemble de la
population.
Le RQACA de la
Montérégie fait
partie d'un ensemble de près de 60 regroupements et
organismes nationaux qui ont rejoint plus de
4 000 organismes d'action communautaire autonome sur l'ensemble du
territoire québécois. À travers leur
mission, ils demeurent un carrefour de réflexion important, de formation et
d'information sur différentes questions touchant l'ensemble des
organismes de l'action communautaire autonome.
profite donc de cette tribune pour vous féliciter et vous remercier pour votre excellent travail et qui contribue à
améliorer la qualité de vie de tous les citoyens du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci,
M. le député de Saint-Jean.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata pour sa déclaration d'aujourd'hui.
À vous, M. le député.
D'Amour : Alors, M. le Président, permettez-moi de souligner aujourd'hui l'implication et l'apport
remarquable d'une bénévole de ma circonscription, qui s'est mérité récemment
le prix Hommage Aînés du Bas-Saint-Laurent.
Enseignante
de profession, Mme Béatrice Michaud a oeuvré auprès d'enfants
en difficulté d'apprentissage et de troubles de comportement, et ce, tout en
s'impliquant au sein de la communauté. Désormais à la retraite, Mme Michaud continue toujours son implication citoyenne auprès de nombreux
comités locaux, dont celui du Jardin communautaire de Rivière-du-Loup, qui est tout un succès, également le Carrefour d'initiatives populaires et, finalement, Mourir dans la dignité.
Bénévole active dans
le milieu louperivois depuis plus de 50 ans, Mme Michaud s'est vu remettre
en 2003 le prix Yves-Godbout, de la ville de
Rivière-du-Loup, et dernièrement le prix Hommage Aînés pour le
Bas-Saint-Laurent, qui vise à
reconnaître l'apport de personnes qui oeuvrent bénévolement au mieux-être des
personnes aînées et qui favorisent leur participation accrue à la
société.
Alors, je désire
aujourd'hui remercier Mme Michaud pour sa générosité, son implication sans égal
et bien sûr son dévouement. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le député, de votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à
M. le député de Beauce-Nord pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de
Beauce-Nord, à vous.
Spénard : Merci, M. le Président. Du 28 octobre au
3 novembre dernier se tenaient à Albir, en Espagne, les
championnats du monde de karaté 2015. À cette occasion, l'équipe canadienne
comptait dans ses rangs un résident de Beauce-Nord, le Joselois Steeven
Mathieu, qui a encore une fois fait très bonne figure. En effet, ce jeune
karatéka beauceron de 22 ans a récolté deux médailles d'or. Il a terminé au
premier rang en kata musical et a obtenu le
titre de champion mondial en kata
musical armé. Notons au passage sa cinquième position en kata armé créatif.
Bien
que fier de ses récentes victoires, M. Mathieu n'en est pas à ses premiers
succès sur la scène internationale. Il y a cinq ans, il avait été
couronné de deux titres mondiaux chez les juniors.
Ayant un agenda bien
rempli en raison de ses études universitaires et de ses emplois, Steeven
n'exclut pas de participer à d'autres
compétitions de haut niveau en 2016-2017. D'ici là, je le félicite pour ses
récents exploits en Espagne et lui
souhaite bonne chance dans les compétitions futures auxquelles il prendra part.
Et j'aimerais rajouter que la famille Mathieu sont mes voisins de comté.
Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député, de votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Huntingdon pour sa
déclaration d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
M. Billette : Merci beaucoup, M. le Président. C'est avec un grand plaisir que
j'aimerais souligner la 20e édition des Journées horticoles et grandes cultures des Jardins-de-Napierville.
Au fil des années, cet événement a su se démarquer, et son succès retentissant a placé la région au coeur
de l'agriculture québécoise. Depuis maintenant 20 ans, cet événement
d'envergure réunit et attire des producteurs
et des intervenants du milieu
agricole de partout au Québec. Des ateliers, des expositions, des discussions et des conférences d'une qualité
exceptionnelle sont organisés et permettent aux participants de découvrir ou redécouvrir les produits locaux et
régionaux qui font la fierté de l'activité horticole et des grandes cultures du comté
de Huntingdon.
Année après année, des organisateurs chevronnés s'impliquent avec passion dans l'organisation de cet événement. Leur contribution au développement du savoir-faire
horticole mérite d'être soulignée. À tous les organisateurs et organisatrices, je tiens à vous féliciter
chaleureusement pour votre originalité et votre implication année après année. Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente
20e édition! Merci.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, M. le député, on vous remercie de votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à M. le député du Lac-Saint-Jean, qui a bien hâte de nous communiquer quelque chose. Alors, M. le député, à vous la parole.
Cloutier : Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui, je tiens à rendre hommage à un pionnier de l'économie sociale au Lac-Saint-Jean, M.
Gérald Tremblay, fondateur et directeur du Groupe Coderr pendant 25 ans.
À la fin des années 70, le Groupe Coderr a
pris la question de la récupération des déchets à bras-le-corps au lac Saint-Jean, à une époque où les questions
environnementales commençaient tout juste à intéresser la population
et nos décideurs publics. Très tôt,
cette vocation environnementale s'est doublée d'une vocation sociale. Le Groupe
Coderr a choisi d'offrir des stages de réinsertion socioprofessionnelle
aux personnes les plus éloignées du marché du travail. Au-delà du recyclage des
ressources, c'est le recyclage des personnes qui est devenu la mission du
Groupe Coderr.
Grand
visionnaire, homme de changement, Gérald Tremblay se sera ainsi servi pendant
25 ans de l'environnement et de l'économie
pour combattre l'exclusion sociale. Les valeurs à la bonne place , dit le
slogan du Groupe Coderr, c'est tout à
l'image de Gérald Tremblay, un entrepreneur qui a toujours
mis l'être humain au coeur de tous ses projets. Au nom de tous les
citoyens, je lui souhaite la meilleure des chances, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député, de votre déclaration.
Et cette dernière déclaration met fin à la
rubrique Déclarations du député. Les travaux sont suspendus pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
Président : Bon début
de semaine, chers collègues. Nous allons nous recueillir quelques instants en
pensant à un ancien collègue que
personne ici n'a connu parce que c'était même avant le député
d'Abitibi-Ouest. L'ancien député d'Abitibi-Ouest
de 1970 à 1973, M. Aurèle Audet, est décédé avant-hier, alors nous aurons
une pensée pour sa famille dans ces conditions. Alors, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui. Je vous
demanderais d'appeler l'article a, M. le Président.
Le Président : À l'article a du
feuilleton, M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire présente le projet de
loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions législatives en
matière municipale concernant notamment le financement politique. M. le
ministre.
M. Moreau :
Oui. Alors, M. le Président, je dépose le projet de loi n° 83, Loi
modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale concernant
notamment le financement politique.
Ce projet de loi
apporte diverses modifications concernant le domaine municipal.
Le projet de loi
permet aux municipalités, pour la délivrance de certains permis ou certificats,
d'exiger du requérant le paiement d'une contribution financière.
Le projet de loi propose des changements relativement à la
vérification dans les municipalités. Il oblige notamment toute municipalité locale de
100 000 habitants ou plus à créer un comité de vérification composé
de membres du conseil et de membres
indépendants et prescrit des règles de vérification particulières applicables
aux municipalités centrales d'une agglomération.
Le projet de loi modifie la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités concernant le processus électoral. Il y prévoit expressément que les
bureaux de vote devront être accessibles aux personnes handicapées le jour du
scrutin, révise les dispositions qui
touchent les activités de nature partisane des fonctionnaires et employés
municipaux et apporte une précision concernant l'éligibilité à un poste
de membre du conseil.
projet de loi apporte aussi des
modifications à cette loi concernant le financement politique. Il instaure,
dans les municipalités de 20 000
habitants ou plus, des règles de financement public complémentaire qui assurent
le versement de montants aux partis ou candidats indépendants autorisés
en fonction des montants reçus par ces derniers à
titre de contribution. Il étend également à ces
municipalités l'obligation de prévoir un crédit pour le versement d'une
allocation destinée au remboursement
des dépenses faites pour l'administration courante de tout parti autorisé et
augmente le montant minimal de ce
crédit. Il abaisse de 300 $ à 100 $ le montant total des
contributions qui peuvent être versées par un même électeur au cours d'un même
exercice financier et permet le versement d'une autre contribution maximale de
100 $ lors d'une élection
générale ou partielle. Le projet de loi révise en outre, à la baisse, le taux
de remboursement des dépenses électorales
et prévoit la possibilité d'un versement anticipé, par la municipalité, de la
moitié de ces dépenses et du financement public complémentaire, sur
production d'un rapport. Il révise enfin certaines autres règles en matière de financement, notamment quant aux contributions
faites en argent comptant et quant à la période de remboursement des
dettes électorales pour les candidats indépendants autorisés.
projet de loi apporte des modifications aux mesures relatives au remboursement
des dépenses de recherche et de
soutien des conseillers, notamment en les rendant applicables aux municipalités
de 20 000 habitants ou plus et en établissant,
en fonction de la population des municipalités visées, les montants maximaux de
remboursement auxquels les conseillers ont droit à ce
titre
annuellement.
projet de loi prévoit que les conseils intermunicipaux de transport et les
municipalités organisatrices d'un service de transport en commun sont dorénavant assujettis aux règles d'octroi de
contrats applicables aux organismes municipaux.
Le projet de loi modifie la
Loi sur la
fiscalité municipale afin de majorer, pour certains exercices financiers, les
pourcentages pour les compensations tenant
lieu de taxes versées aux municipalités par le gouvernement pour les immeubles
du réseau de l'ensemble primaire et
secondaire et des réseaux de l'enseignement supérieur et de la santé et des
services sociaux.
Le projet de loi supprime
l'obligation, pour les municipalités et certains organismes municipaux, de
transmettre leur budget au ministre
des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire et prévoit certaines
règles applicables concernant l'exécution d'un jugement rendu en faveur
d'une municipalité.
Le projet de loi prévoit que
l'agglomération des Îles-de-la-Madeleine est désignée «Communauté maritime des
Îles-de-la-Madeleine».
projet de loi apporte par ailleurs des modifications à la
Loi sur la Société
d'habitation du Québec afin de permettre au
gouvernement de constituer un office régional d'habitation sur le territoire de
toute municipalité régionale de comté
qu'il désigne ou un office municipal issu de la fusion d'offices municipaux
existants. Le projet de loi prévoit
de plus des mesures concernant la
destination et l'utilisation des contributions exigées des organismes
bénéficiaires en vertu de
certains programmes d'habitation ainsi qu'une disposition permettant à la Société
d'habitation du Québec de désigner, dans
certains cas, une personne pour la gestion de travaux majeurs de réparation ou
d'amélioration relativement à des immeubles d'habitation à loyer
modique.
Enfin, le projet de
loi contient diverses dispositions de nature technique et transitoire. Voilà, M.
le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
M. Drainville :
M. le Président, ça ressemble encore une fois à un mammouth, hein? Et on se réjouit, il semble y avoir les dispositions qu'on a demandées
et qu'on demande depuis plusieurs mois sur le financement des partis politiques municipaux, il semble y avoir des dispositions à ce sujet-là dans le
projet de loi, on s'en réjouit parce que c'est ce qu'on demandait, mais,
pour le reste, il semble y avoir tout un amalgame d'autres mesures également.
Alors,
bien entendu, M. le Président, nous allons souhaiter avoir des consultations au
moins particulières, peut-être particulières
élargies, on verra bien à la lecture du projet de loi, mais, enfin, ce seront
des consultations, on l'espère, qui seront à la mesure du mammouth qu'on
semble nous présenter aujourd'hui, là.
Le Président :
M. le leader.
M. Fournier :
Peut-être une petite précision pour notre collègue et toute cette Assemblée,
surtout ceux parmi nous qui oeuvrent ici depuis
un bon bout de temps, M. le Président : Il est assez connu qu'en fin de
session nous assistons à des dépôts
d'omnibus municipaux, c'est plutôt l'exception lorsqu'il n'y en a pas, et on ne
les a jamais, au cours des dernières décennies, affublés de ce
titre
d'animal.
Ceci étant, nous
aurons, bien sûr, des discussions sur les consultations particulières à tenir
sur le sujet.
Président : Alors, je comprends que l'Assemblée accepte d'être
saisie de ce projet de loi? Alors, c'est adopté.
Alors,
avant de procéder à la rubrique Dépôt de documents, vous me permettrez
sûrement, puisque je viens de l'apercevoir,
de vous présenter notre ancien collègue, Luc Ferland, député d'Ungava pendant
de nombreuses années, qui est avec nous.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de la Sécurité publique.
M. Moreau :
Oui, suppléant. Alors, M. le Président, il me fait plaisir de déposer les
rapports annuels de gestion 2014‑2015 de l'École nationale de police du Québec
et de l'École nationale des pompiers du Québec.
Le Président :
Ces documents sont déposés. Et je me suis fait dire, péremptoirement, qu'il
fallait que je dise : M. le ministre responsable de l'Accès à
l'information et de la Réforme des institutions démocratiques, je vous écoute.
Fournier : ...M. le Président. À
titre de ministre responsable, donc, de la Réforme des
institutions, je dépose la lettre du Commissaire
au lobbyisme, M. Jean Dussault, en réponse à celle que je lui adressais, le 20
novembre 2015, ayant comme objet l'assujettissement des organismes à but non lucratif à la
Loi sur la transparence en matière de lobbyisme, tel que proposé au projet de loi n° 56. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Très bien. Ce document est déposé. Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, je dépose, aujourd'hui, un document
intitulé Portrait statistique de l'évolution de l'égalité entre les femmes et les hommes — Faits saillants — Octobre 2015 , de même que les rapports détaillés sur les
activités du Fonds Accès Justice 2012‑2013, 2013‑2014 et 2014‑2015.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, il me fait plaisir de déposer, aujourd'hui, le plan
stratégique 2015‑2018
du ministère de l'Énergie et
des Ressources naturelles.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le vice-président de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles et député
de Côte-du-Sud.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles, qui, les 20,
21, 27, 28, 29 octobre, 3, 4, 5, 12, 18, 19, 24, 25 et 26 novembre 2015,
a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 54, Loi visant
l'amélioration de la situation juridique de l'animal. La commission a adopté le
texte du projet de loi avec des amendements.
Président : Alors, ce
rapport est déposé. M. le président de la Commission
de la santé et des services sociaux et député de LaFontaine.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux qui, les 26 novembre et 1er décembre 2015, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi n° 66,
Loi sur les activités
funéraires.
Le Président :
Ça devait être bon. Dépôt des rapports de commissions. M. le président de la
Commission de l'aménagement du territoire et député de Champlain.
M. Auger : Merci, M. le Président. Je dépose les rapports de la Commission de l'aménagement du territoire qui a siégé, le 1er décembre
2015, afin d'entendre les intéressés et de procéder à l'étude détaillée des projets de loi d'intérêt
privé suivants : projet de loi
n° 210, Loi concernant un immeuble situé sur le territoire de la Ville de Québec,
la commission a adopté le texte de ce
projet de loi sans amendement; et le projet de loi n° 213, Loi concernant
la taxe foncière applicable à PF
Résolu Canada Inc. à
titre d'autoconsommatrice de l'énergie électrique produite
par ses installations hydroélectriques sur
le territoire de la Municipalité de Saint-David-de-Falardeau, la commission a
adopté le texte de ce projet de loi sans amendement.
Le Président :
Est-ce que ces rapports sont adoptés?
Le Président : Hein, les rapports sont
adoptés? Adopté. Mme la présidente de la Commission de la culture et de
l'éducation et députée de Jeanne-Mance—Viger.
Rotiroti : Merci, M. le
Président. Je dépose le rapport de la Commission de la culture et de
l'éducation qui a siégé le 1er
décembre 2015 afin d'entendre l'intéressé et de procéder à l'étude détaillée du
projet de loi d'intérêt privé n° 216, Loi concernant la vente d'un immeuble situé sur le rang Bois-Franc Ouest
à Notre-Dame-du-Sacré-Coeur-d'Issoudun. La commission a adopté le texte
du projet de loi sans amendement.
Le Président : Est-ce que ce
rapport est adopté?
Le Président : Adopté. M. le
président de la Commission des finances publiques et député de Montmorency.
Bernier : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission des
finances publiques qui, le 1er décembre 2015, a procédé à l'audition des
intéressés et à l'étude détaillée du projet de loi n° 217, Loi concernant
la continuation de La Mine Belleterre Québec
Ltée (libre de responsabilité personnelle) et de la Société Minière de la Baie
de Boston Ltée. La commission a adopté le texte du projet de loi avec
des amendements.
Le Président : Est-ce que ce
rapport est adopté? Adopté.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Dubuc.
Simard : Merci, M. le Président. M. le Président, permettez-moi de
saluer M. Luc Simard et Mme Caroline Tremblay ici présents, qui sont les
initiateurs de cette pétition.
Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
6 308 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que nous connaissons tous des
personnes qui ont perdu la vie à la suite d'accidents impliquant l'alcool au
volant;
«Considérant que, malgré les campagnes
d'éducation visant à mettre fin à ce fléau, l'hécatombe se poursuit;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de modifier le Code de la
sécurité routière du Québec en le
rendant plus sévère à l'égard des contrevenants de l'alcool au volant, qu'ils
soient récidivistes ou à leur première infraction.
«Nous demandons
également : qu'en cas de récidive, un éthylomètre soit installé à vie dans
le véhicule du contrevenant; que les juges aient
davantage de latitude quant à la sévérité des sentences imposées; que le
montant des amendes soit
considérablement augmenté; qu'il soit impossible de procéder à
l'immatriculation d'un véhicule sans permis de conduire; que soit appliquée toute autre mesure jugée susceptible de
faire diminuer le nombre d'accidents reliés à la conduite avec facultés
affaiblies.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition, M. le Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu une demande de dépôt
de pétition qui est non conforme, encore une
fois, par M. le député de Dubuc. Est-ce que j'ai consentement? Consentement. M.
le député de Dubuc.
Simard : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 26 596 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que nous
connaissons tous des personnes qui ont perdu la vie à la suite d'accidents
impliquant l'alcool au volant;
«Considérant que, malgré les campagnes d'éducation
visant à mettre fin à ce fléau, l'hécatombe se poursuit;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de modifier le Code de la sécurité routière du Québec
en le rendant plus sévère à l'égard
des contrevenants de l'alcool au volant, qu'ils soient récidivistes ou à leur
première infraction.
«Nous demandons également :
qu'en cas de récidive, un éthylomètre soit installé à vie dans le véhicule [des
contrevenants]; que les juges aient davantage
de latitude quant à la sévérité des sentences imposées; que le montant des
amendes soit considérablement augmenté;
qu'il soit impossible de procéder à l'immatriculation d'un véhicule sans permis
de conduire; que [soient appliquées toutes
les autres mesures jugées susceptibles] de faire diminuer le nombre d'accidents
reliés à la conduite avec facultés affaiblies.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. J'ai aussi reçu de la part de M. le député de Drummond—Bois-Francs
une demande de dépôt d'une pétition non conforme. Est-ce que j'ai un consentement?
Consentement. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Oui, merci, M. le Président. Alors, j'ai l'honneur de déposer l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 213 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes de la
grande région de Drummondville.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que nous, membres du comité environnement de l'école secondaire Jeanne-Mance,
sommes profondément préoccupés par l'avenir de la forêt Drummond, joyau
patrimonial de notre région, nous vous invitons à signer cette pétition pour la sauvegarder et la protéger, afin
qu'elle soit une priorité dans un plan régional de développement
durable;
«Attendu que la forêt
est l'habitat et le refuge de plusieurs espèces animales, surtout durant la
rude saison hivernale;
«Attendu qu'il est
primordial de préserver la qualité de notre environnement, le respect de la
biodiversité;
«Attendu que la forêt
contribue directement au ralentissement du réchauffement climatique;
«Attendu que la forêt
contribue à l'assainissement de l'air que nous respirons;
«Attendu que la forêt
est un lieu de prédilection lors des journées chaudes et humides de la saison
estivale;
«Attendu
que la forêt est un lieu calme et sain, qui contribue à la détente, au repos,
au ressourcement, à la relaxation et à faire le plein d'énergie
positive;
«Attendu que la forêt
est un lieu où l'on peut pratiquer des activités physiques respectueuses de la
nature;
«Attendu que les
espaces verts en milieu urbain contribuent à notre santé physique et
psychologique, à notre bien-être intégral.»
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, citoyens et
citoyennes de la grande région de Drummondville, souhaitons ardemment conserver
la Forêt Drummond pour le respect de la
biodiversité et son apport indispensable au maintien de la santé et de
l'équilibre environnemental.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
je voudrais, M. le Président, saluer les élèves et le personnel de l'école
Jeanne-Mance que nous avons eu la chance de visiter ensemble il y a
quelques semaines. Alors, salut, les jeunes. Merci.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le vote reporté
sur la motion de Mme la ministre du Tourisme
proposant que le projet de loi n° 67, Loi visant principalement à
améliorer l'encadrement de
l'hébergement touristique et à définir une nouvelle gouvernance en ce qui a
trait à la promotion internationale, soit adopté.
Nous
en sommes maintenant à la période
des questions et de réponses orales,
et je cède la parole à Mme la députée
de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup, M. le Président. Vendredi dernier, la Vérificatrice générale a
dénoncé un montant de 400 millions de dollars de versé en trop et un autre 400 millions qui va s'ajouter, versé aux
médecins. M. le Président, les
Québécois ne l'acceptent pas, ils sont révoltés, on les entend partout. Le
ministre va dire : Je ne peux pas récupérer,
alors que, quand il s'agit d'argent aux retraités, aux infirmières, aux
prestataires de l'aide sociale, là, il trouve des astuces pour
récupérer. Alors, pourquoi on a versé ces 400 millions de dollars en trop?
le Président, ces luxueux cadeaux privent dans les faits les patients de
services essentiels pour la simple raison que le ministre veut enrichir sans fin ses collègues médecins. Il ne
peut pas se raisonner à répartir l'argent auprès des plus démunis. C'est
un puits sans fond et, si personne ne l'arrête, ce ne sera jamais assez.
Qu'est-ce que le
ministre va faire pour redonner aux patients pour réparer ses erreurs?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, la députée de Taillon nous parle d'erreur et m'accuse de
vouloir enrichir les médecins, alors
qu'encore une fois je ne fais qu'exercer la volonté du Parti québécois. Faisons
un peu d'histoire, M. le Président.
J'entends le député de Verchères nous dire : Ah, tiens! M. le Président,
j'informe l'Assemblée nationale qu'en 2003
le gouvernement du Parti québécois avait comme ministre de la Santé l'actuel
chef de la deuxième opposition, a mis en
place un comité pour évaluer le différentiel de rémunération des médecins entre
le Québec et le reste du Canada. Il est ici, monsieur, l'auteur de cet exercice-là, M. le Président, il peut
nous expliquer pourquoi. Alors, pour faire cette analyse-là, M. le
Président, le gouvernement du PQ a nommé l'ancienne ministre de la Santé
libérale au fédéral, économiste de formation,
et après, M. le Président, le gouvernement est allé en médiation avec un
mandarin de l'État québécois, le regretté M. Guy Coulombe, lui-même appointé
à divers postes de haute direction dans l'État québécois par René Lévesque lui-même. La roue qui se termine ici, M. le Président, là, par l'étalement que j'ai négocié, elle a été mise en place par
eux. Et, encore une fois, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...ils viennent contester ce qu'ils ont commencé.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : C'est
bizarre, M. le Président, on a lu le rapport de la vérificatrice, ils ne disent pas que c'est la
faute de René Lévesque, ou du chef de
la CAQ, ou des séparatistes, ils disent que c'est sa faute. C'est son entente
qui a donné 400 millions de plus
non prévus, puis personne ne l'a vu au gouvernement. Mais la vérificatrice,
elle l'a vu puis elle dit que, ces
sommes-là, le ministre de la Santé actuel a dû aller les chercher où? Dans les
autres programmes de santé et de services sociaux. Ça veut dire des lits
abolis en réadaptation, la santé mentale pâlit, des centres de jour ferment,
Jusqu'où vous allez
couper pour enrichir vos amis...
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Le Président :
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
14 h 22)
Président : Ça va?
Merci. On peut dire que c'est une question qui avait du punch. M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, quand bien même le député de
Rosemont voudrait dire que c'est mon entente, il n'en reste pas moins que c'est le Parti québécois qui a généré cette
situation-là. C'est juste un fait, ce n'est pas subjectif, c'est un
fait.
Les services,
M. le Président, ont été rendus, et ça aussi, la Vérificatrice générale l'a dit
clairement. Et elle a dit, la vérificatrice...
elle n'a pas dit qu'il y avait eu des coupures de services, elle a dit qu'il y
a des choix qui étaient difficiles à faire.
Il y a
un choix qui a été fait, M. le
Président, par le Parti québécois, qui n'a pas aboli l'entente. Ils ont été là pendant 18 mois, ils auraient pu faire quelque chose, ils n'ont rien fait. À la place, pour ne pas couper les services, ils
ont créé des déficits. Nous, on
revient à l'équilibre budgétaire, on maintient les services, on va donner accès à
la population, contrairement au Parti québécois...
Le Président :
Complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville : M. le
Président, l'actuel ministre de la Santé a déclaré ceci : On savait
d'avance que ça allait dépasser. Ça, c'est
votre déclaration. Il négociait pour les spécialistes, les médecins
spécialistes, il savait que ça allait coûter des centaines de millions trop cher puis il a quand même décidé de
signer cette entente-là. Il aurait pu protéger l'intérêt des
contribuables et des citoyens, M. le Président, il a choisi de protéger
exclusivement l'intérêt des médecins.
Est-ce qu'il a un petit peu honte aujourd'hui,
M. le Président, d'avoir...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : S'il y en a un qui devrait avoir honte, c'est bien le
leader de l'opposition officielle, M. le Président, quand il se lève en sachant qu'il était au pouvoir
pendant 18 mois. Il était là. Alors, je rappelle à l'opposition, qui vient
de s'exclamer devant la vérité...
Président : S'il vous plaît! Il n'y a rien qu'une personne qui
a le droit de parole ici, c'est le ministre. M. le ministre, nous vous
écoutons.
Barrette : M. le Président, l'opposition va s'y faire, parce que la
vérificatrice a vérifié le passé, et le passé, c'est le temps où le PQ était au pouvoir, et l'entente en question, M.
le Président, elle était en vigueur. Ils auraient pu changer le... de
l'entente et ils ne l'ont pas fait, M. le Président, et aujourd'hui il vient me
demander...
Le Président : S'il vous
plaît! M. le leader.
M. Drainville : La question
était claire : Est-ce qu'il est fier d'avoir détroussé les Québécois pour
des...
Président : Wo! Wo! Wo! Oh! Oh! Oh! Celle-là, elle ne pourra
pas passer. Je vais vous demander de retirer vos propos, là, M. le
leader. Merci. M. le ministre, voulez-vous terminer, s'il vous plaît?
Barrette : Alors, M. le Président, le leader est-il fier de son
gouvernement qui n'a rien fait après avoir engagé...
Le Président : Principale, M.
le député de Labelle.
M. Pagé : M. le Président,
c'est clair, pour payer le fameux 400 millions des riches médecins,
finalement, il faut passer la quête, il faut passer le chapeau, et là on s'est
arrêtés au ministère de la Famille. Les parents, les enfants, on leur demande, l'année
dernière, 174 millions, cette année un nouveau 120 millions. Les
conséquences vont être graves. On
parle du financement lié aux activités des enfants de moins... de 23 %
jusqu'à 40 % de moins pour le service aux enfants, une réduction d'heures travaillées de moins de
16 % pour les éducatrices. Donc, il y aura un impact, c'est clair, le
ministère l'a confirmé aux quatre associations qui se sont retirées.
Est-ce que la
ministre peut prendre l'engagement de défendre les familles? Est-ce qu'elle
peut prendre l'engagement de nous garantir qu'il n'y aura pas de perte
d'emploi, qu'il n'y aura pas de fermeture de CPE?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : Merci, M. le Président. M. le Président, on ne
parle pas de ratio, donc il n'y aura pas de coupure chez nos éducatrices
et nos éducateurs dans nos services de garde.
à quoi je m'engage, c'est défendre les familles du Québec, et, pour ce faire,
bien, on s'assoit avec les associations et on parle de comment mieux faire les choses. En ce moment, c'est là
qu'on est, M. le Président. C'est quoi, mieux faire les choses? Bien, c'est de s'assurer que les uns
et les autres arrivent à mettre en place un service de qualité, en sécurité,
avec des professionnels pour les enfants du Québec.
Donc,
quand on me demande de prendre un engagement pour les familles du Québec, je
pense que mon collègue devrait faire
la même chose, parce qu'en ce moment ils sont en train de prendre un engagement
pour les associations, et c'est honteux, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire. M. le député de Labelle.
Pagé : M. le Président, pendant que tout son réseau ne lui
parle plus, pendant que les parents sont inquiets, pendant qu'on coupe en éducation, qu'on coupe et
qu'à peu près tout le monde au Québec est contre elle, peut-elle se lever
debout et faire comme le ministre de la
Santé, qui, lui, défend ses médecins, défendre les parents et défendre les
familles du Québec?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le Président, à chaque fois que je me lève
en Chambre, c'est pour défendre les parents du Québec, c'est pour
défendre le service aux enfants et s'assurer que partout au Québec il y a un
service pour nos familles.
y a quelques semaines, mon collègue se levait pour dire qu'il y avait trop de
places de disponibles. En ce moment, on
se lève pour dire : Peut-elle défendre les familles? Bien, c'est ce que je
fais à chaque fois que je me lève en Chambre. On défend les familles, les services qu'ils ont le droit de recevoir et
la qualité des services qu'ils reçoivent. C'est exactement l'engagement
que j'ai pris, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Labelle.
Pagé : M. le Président, tous les jours, il y a 230 000
enfants qui sont dirigés vers des garderies. C'est près de 20 000 éducatrices et éducateurs qui, à tous
les jours, vont donner un service dévoué. Pendant ce temps-là, elle ne dit pas
clairement qu'il n'y aura pas de fermeture
de CPE. Elle ne dit pas clairement qu'il n'y aura pas de coupe, les coupes de
120 millions plus le 174 millions. Qu'elle se lève et qu'elle le dise
clairement.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le Président, depuis le début du mandat,
c'est 7 000 places de plus. Je ne sais pas ce qu'il ne comprend pas dans le principe qu'on veut des places, mais
c'est dit clairement. Deuxièmement, il est clair, et je le redis en Chambre,
je l'ai dit à l'extérieur de la Chambre, je l'ai dit devant les journalistes,
je le redis devant mon collègue, j'ai répondu encore la semaine passée :
Les ratios ne changent pas, M. le Président. Il n'y aura pas de coupe auprès de nos éducatrices puisque les
ratios ne changent pas au niveau des services de garde du Québec.
Le Président :
Principale. M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, on le voit à chaque jour, pour être capables de bien financer nos programmes
sociaux, ça va prendre une croissance économique qui est très supérieure
à ce qu'on vit actuellement. Depuis un an et demi, le gouvernement libéral, depuis son arrivée, on a vu une très faible
croissance économique. Et, jeudi dernier, le ministre des Finances nous a annoncé que, l'année prochaine,
donc pour la troisième année du mandat libéral, la croissance économique
va être seulement de 1,7 % au Québec.
Pour comparaison, M. le Président, en Ontario, on parle de 2,4 % pour la
même période; aux États-Unis,
2,6 %. Et le ministre des Finances n'arrête pas là : pour 2017, il
prévoit seulement 1,7 % puis, pour 2018 à 2020, seulement
1,5 %.
le Président, les solutions, on les connaît, il faut être capable de mieux
utiliser Investissement Québec pour augmenter de façon importante les
investissements des entreprises au Québec. Or, M. le Président, depuis deux
ans, il n'y a pas de plan stratégique chez Investissement Québec.
Est-ce
que le ministre de l'Économie, qui est là depuis 19 mois, peut nous
expliquer pourquoi il n'y a toujours pas de plan stratégique chez
Investissement Québec?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, peut-être faire un petit peu le point avec
cette Chambre et pour répondre à la question du leader de la deuxième opposition : les prévisions économiques
que nous utilisons pour bâtir notre cadre financier sont très conservatrices. Nous le faisons ainsi pour
s'assurer que nous allons atteindre nos chiffres budgétaires, ce que nous
avons fait.
Donc,
en 2014‑2015, le déficit anticipé était moins élevé que prévu parce que les
revenus étaient au rendez-vous. En
2015‑2016, cette année, nous allons atteindre l'équilibre budgétaire parce que
les revenus étaient au rendez-vous parce que nous avions prévu des revenus d'une façon conservatrice. Pour les
deux années suivantes, nous continuons d'utiliser des hypothèses de
croissance du revenu qui sont assez conservatrices. C'est la façon responsable
de bâtir un cadre financier qui tient la route.
sait qu'est-ce que l'avenir nous réserve? Donc, il faut qu'on soit
conservateurs, nous le sommes. Notre cadre financier est très robuste, à tel point que nous avons été capables,
dans la mise à jour de la semaine dernière, d'annoncer un réinvestissement additionnel dans l'éducation.
C'est comme ça qu'on fait un budget, M. le Président, c'est comme ça
qu'on s'assure que ce budget tient la route...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
...ce qui nous permet de reprendre notre capacité d'action.
Le Président :
Première complémentaire. M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, j'ai appris une chose en
affaires : quand on n'a pas d'objectif, quand on n'a pas de plan, on est sûr de ne pas atteindre ces
objectifs ambitieux. M. le Président, ma question est pour le ministre de
l'Économie. À ce que je sache,
Investissement Québec ne se rapporte pas au ministre des Finances,
Investissement Québec se rapporte au ministre de l'Économie.
Pourquoi, après 19
mois, il n'y a toujours pas de plan stratégique? Pas de plan, pas de résultat.
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
M. le Président, je suis forcé de me lever à nouveau et de répondre à la question
du leader du deuxième groupe d'opposition.
Nous avons un plan. Nous avons un plan qui est très ambitieux, le plan de retour
à l'équilibre budgétaire, chose que
lui aussi, en campagne électorale, suggérait que c'était important
qu'on le fasse. Alors, nous aussi, nous sommes d'accord, c'est important
de le faire. Et nous l'avons fait, nous avons atteint l'équilibre budgétaire.
partir de maintenant, M. le
Président, tout est possible. Puisque
nous avons repris le contrôle de nos finances publiques, tout est possible à partir de maintenant, et vous allez
voir, dans les mois qui vont venir, nous allons mettre en place des mesures qui vont faire en sorte que la
croissance s'accélère. Mais elle va demeurer, à des fins de prévisions,
à des fins budgétaires...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão : ...elle va demeurer
conservatrice.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, on a un gouvernement qui manque d'ambition, qui est résigné à ce que
le Québec ait une croissance maximale de 1,7 % d'ici cinq ans. De la vraie résignation.
question au ministre de l'Économie : Comment explique-t-il qu'après 19
mois il n'y a toujours pas de plan stratégique chez Investissement
Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Daoust : Alors, dans un premier temps, M. le Président, le plan
stratégique qui avait été déposé au moment où nous avons été élus, au moment où nous avons été portés au pouvoir...
et je n'étais pas satisfait du plan stratégique qui était... Pour répondre un peu à votre question, il n'était pas
suffisamment ambitieux. Alors, je l'ai retourné sur la table à dessin et, récemment, j'ai eu l'occasion de
rencontrer le conseil d'administration pour leur donner des directives plus
précises parce que le plan stratégique
n'arrivait pas. Je sais qu'actuellement le conseil d'administration, qui a été
saisi de ma demande, travaille de
façon assidue, de façon acharnée, de façon rapide, pour déposer un plan
stratégique et, au cours des prochains mois, on aura l'occasion de le
déposer ici, à l'Assemblée nationale.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, dans son rapport dévastateur sur la
rémunération des médecins, la Vérificatrice
générale a dévoilé que les médecins ont reçu 416 millions de dollars de
plus que prévu entre 2010 et 2015. Pour compenser cette erreur coûteuse, le
ministère a pigé dans d'autres programmes du réseau de la santé, explique la
VG. Depuis vendredi, le ministre de la Santé
se défend en disant deux choses : Ça coûte plus cher parce que les
médecins ont fait plus d'actes médicaux,
et qu'il est intervenu dès son arrivée en poste pour colmater la brèche qu'il
avait identifiée alors qu'il négociait pour les médecins. Il l'a même
reconnu à la télévision hier.
Le ministre est en poste depuis avril 2014. Les
informations de la VG couvrent la période 2010‑2015. Le ministre peut-il
nous garantir aujourd'hui que, depuis son arrivée en poste, il n'y a eu aucun
dépassement de coûts pourtant identifié par la Vérificatrice générale?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je vais quand même rappeler une
deuxième fois que la situation actuelle a été mise en place originellement par
le chef de la deuxième opposition officielle. Il n'en reste pas moins que c'est
lui qui l'a mise en place.
le Président, ce que la vérificatrice a relevé, c'est une erreur dans le calcul
des prévisions, hein? Et, pendant ces
prévisions-là, le Parti québécois n'a pas coupé de services, ni nous, et il y a
eu des dépassements, et ce sont des services rendus, M. le Président. Ces services-là ont été rendus à un moment où
tout le monde dans la société demande d'avoir plus de services, incluant la deuxième opposition, M. le Président. Non
seulement on a corrigé la chose, et le député de Lévis devrait lire les documents... La problématique du calcul a
été corrigée dans l'étalement puisque la fameuse évolution de pratique est maintenant calculée et évaluée au
réel. Et on a mis en place la loi n° 20, M. le Président, pour donner
encore plus de services pour
satisfaire la population. Et je rappellerai au député de Lévis qu'il s'est levé
dans cette Chambre pour voter contre
la loi n° 20, qui est une loi pour donner plus d'accès à la population, et
aujourd'hui il vient me reprocher un passé dont je ne suis pas
responsable, qui a donné plus de services...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...à la population.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, le ministre peut-il faire face à sa réalité? Le
premier ministre a dit qu'il ne pouvait
pas récupérer ces 400 millions, mais la VG explique — alors, elle n'a pas compris — qu'à partir de 2018 l'étalement de la hausse des salaires des médecins ne va pas
générer des économies comme le prétend le ministre, mais qu'il y aura
peut-être une facture additionnelle de 150 millions.
Comment
le ministre peut-il garantir aux contribuables qu'il n'y aura pas d'autre
mauvaise surprise budgétaire de centaines de millions dans la
rémunération des médecins?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : J'invite le député de Lévis à lire attentivement et
lentement le paragraphe n° 17 où on fait référence à ce qu'il vient de dire. Ce que la Vérificatrice
générale dit dans ce paragraphe, c'est que l'économie, é-co-no-mie, ne sera pas de 394 millions, mais
245,5 millions de dollars. Cette économie-là sera réalisée, mais elle dit
aussi, dans le même paragraphe, que,
compte tenu du fait que la base budgétaire récurrente est surestimée, si rien
n'est fait, l'économie tombera à zéro.
Or, ça fait trois semaines, M. le Président, que je dis dans toutes les
entrevues et dans cette Chambre que la base budgétaire récurrente va
être abaissée du montant vérifié...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...de la Vérificatrice
générale de 23 millions.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
le ministre devrait lire tous les paragraphes également du document. 77 %
de la rémunération des médecins provient des
actes médicaux et très peu pour la prise en charge. Il y a 11 000 cas
de facturation, et la RAMQ a géré
l'an dernier 55 millions de demandes de paiement. Selon la VG, la RAMQ ne
fait pas suffisamment de vérification. On dépense des milliards en
rémunération sans contrôle adéquat, sans indicateur.
Le ministre qui est responsable de la RAMQ
convient-il que son organisme ne fait pas le travail et que son laxisme coûte
cher à l'État?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, je
répète que ce qui a été dépensé a été dépensé pour donner des services à la
population. Et bien des gens, depuis vendredi dernier, laissent entendre qu'il
n'y aurait pas eu de service additionnel.
Alors, grande
nouvelle pour le député de Lévis, M. le Président, et ça, c'est public, allez
tous le voir, il y a eu une augmentation
des services, dans la période, de 96 millions à 101 millions de
services médicaux. 5 millions de services médicaux de donnés à la population du Québec, c'est plus que la moitié
de la population qui a eu des services de plus, M. le Président. Je répète que nous devons en faire plus. On le fait, et
la deuxième opposition a voté contre ça, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, depuis son arrivée au pouvoir, le
gouvernement libéral est le roi de l'improvisation en éducation. En campagne, il promettait de
préserver les services aux étudiants, et même les ajouter, mais, une fois
qu'ils sont arrivés là, ils ont coupé l'aide aux devoirs, l'achat de
livres, l'aide alimentaire.
L'an dernier,
le gouvernement annonçait des fusions de commissions scolaires; bien, ils ont
changé d'idée. Ils ont dépensé 20 millions pour tenir des élections
scolaires pour ensuite annoncer la fin des élections scolaires, tout en permettant que se tiennent en ce moment des
élections scolaires partielles. Ils commencent à être durs à suivre, là. Il y a
aussi le projet de
loi sur la
gouvernance, dont on parle depuis un an, mais qui n'a jamais été déposé. Et
finalement, le tour de passe-passe du
siècle, l'annonce d'un supposé investissement de 20 millions cette année,
alors que, dans les faits, ces fonds ne font que diminuer l'ampleur des
coupures.
Comment
peut-on accorder de la crédibilité à ce gouvernement et à ce ministre qui
disait encore, il y a quelque temps, qu'il était dangereux d'investir en
éducation?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Merci, M. le Président. Donc, il n'est jamais dangereux
d'investir en éducation quand on investit au bon moment et quand on investit au bon endroit. Alors, j'espère que mon
collègue ne veut pas gâcher lui non plus mon plaisir. On
a annoncé, en fin de semaine, des investissements importants, hein? Il s'agit
de 80 millions de dollars sur une
base annuelle, des embauches de plus de 800 enseignants et professionnels. Et
où? Au bon endroit, M. le Président. Et
où sont nos priorités? Dans la réussite scolaire. Et où est l'enjeu le plus
fragile de la réussite scolaire au Québec? Dans les milieux les plus
défavorisés.
Et l'intervention que
nous proposons, notamment... on aura l'occasion d'en discuter, mais notamment,
c'est d'appuyer les écoles primaires en
milieux défavorisés et appuyer les élèves au niveau de la lecture et
l'écriture. Pourquoi? Parce que la lecture et l'écriture, vous le savez
très bien, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
...c'est des vecteurs importants de la réussite scolaire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, on vient d'entendre le ministre
de l'Éducation qui nous dit qu'il ne
fallait pas investir en éducation.
Mais, malgré ses beaux discours, il y
a une foule d'élèves qui n'auront pas encore cette année les services auxquels ils ont droit, des élèves en difficulté.
Le ministre a beau nous dire qu'il a réinvesti 20 millions cette année,
dans les faits tout le monde sait qu'il remet seulement une infime
partie de l'argent qu'il a lui-même coupé.
Est-ce
que le gouvernement pense vraiment qu'il a berné la population avec le tour de
passe-passe de la semaine dernière?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais :
Je pense qu'il y a une question d'information, là, qui est problématique. La
création de 72 classes maternelles en
milieu défavorisé quatre ans, est-ce que c'est un ajout ou pas? Il me semble
que c'est un ajout. Est-ce que d'ajouter
dans le réseau plus de 600 enseignants, plus de 200 professionnels en
appui direct, et j'insiste là-dessus, en appui direct à la réussite scolaire, pensons, par exemple, au secondaire, en
appui par des plans d'intervention individualisés aux mathématiques, au français, aux sciences... Est-ce
que ça, ce n'est pas un type d'intervention qu'il nous fallait, au Québec,
pour continuer à rehausser la réussite scolaire dans les milieux les plus
défavorisés du Québec? Quand même!
Président : Bon, bien, quand même. Troisième complémentaire, M.
le député de Chambly, en faisant attention à votre vocabulaire pour
éviter de blesser.
M. Roberge :
On a fini par le réveiller. Wow! Enfin, aïe! Quand même! Ça a pris du temps,
mais c'est fait.
Mais il faut dire que
son annonce de la semaine dernière, là, c'est entre un quart et un demi-prof
par école au Québec, ça fait qu'on va en
revenir. On va se souhaiter qu'il va continuer à se lever puis à défendre
l'éducation au Conseil des ministres. Et peut-être qu'il va arrêter de
dire que l'éducation est une priorité, qu'il va faire de l'éducation une
priorité.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais :
M. le Président, je me calme, d'accord?
Blais : Ce qui est
important, ce qui est d'important, et je pense que mon collègue
va être d'accord là-dessus :
quand on regarde les spécialistes, ce qu'ils
nous ont dit, là, ces dernières années : Vous avez, oui, investi en éducation,
mais vous avez fait beaucoup,
beaucoup de mur-à-mur qui était très cher et pas nécessairement porteur du point de vue
de la réussite scolaire. Ce que l'on
fait, là, c'est très précis, ça va exactement dans les mesures, hein, robustes du point de
vue de la réussite scolaire, et je pense que là-dessus on doit tous être heureux de l'investissement et aussi de la vision pour l'avenir que l'on a de l'éducation.
Le Président :
Principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, les Québécois ont bien compris que le gouvernement libéral a trouvé 400 millions
pour les médecins spécialistes, mais ils
sont incapables de venir en aide aux 240 élèves de l'école-hôpital
Irénée-Lussier, une école qui
accueille pourtant des élèves qui ont tous une déficience intellectuelle importante, notamment des enfants
autistes ou sourds, dans des locaux qui sont complètement inappropriés.
Alors, M. le
Président, là, malgré les nombreuses invitations qui ont été faites au
ministre, il refuse toujours d'aller visiter
l'école. Alors, pour aider, M. le Président, le ministre, là, à comprendre
ce qui se passe, là, je lui ai amené un petit tableau imagé, là, dans lequel on peut voir un escalier, M. le
Président. J'aurais aimé ça lui montrer un ascenseur, mais la réalité, c'est qu'il n'y en a pas, d'ascenseur,
dans cette école-là et que certains élèves, ça leur prend jusqu'à
20 minutes pour se rendre dans leur salle de classe. L'école
Irénée-Lussier est complètement inappropriée.
Quand allez-vous enfin donner l'autorisation
pour aller de l'avant avec la nouvelle école?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Alors, M. le Président, l'école Irénée-Lussier a un mandat
assez important, c'est un mandat régional. C'est une école qui accueille des enfants extrêmement handicapés, donc
qui demande d'être adaptée correctement. Les investissements ont été faits pour
que cette école-là soit adaptée.
Maintenant,
il y a un projet, hein, en cours qui a été discuté pendant longtemps, mais qui
n'avait jamais atterri sur le plan
administratif. Ce projet, c'est de construire, hein, une nouvelle école dont le
coût serait de plus de 50 millions de dollars, donc c'est une somme
extrêmement importante, c'est une somme extrêmement importante. Ce que je suis heureux d'annoncer, c'est que, maintenant, ce
projet-là, il suit un cours normal au ministère de l'Éducation, on n'est plus
dans une orientation politique, mais
vraiment administrative. On va évaluer le projet, sa valeur pour les enfants,
mais avec d'autres projets, bien sûr, qui nous seront proposés, là, dans
les prochaines années.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président,
400 millions pour les médecins spécialistes... Là, ce qu'on s'attend du
ministre de l'Éducation, c'est que ce projet-là soit priorisé.
M. le
Président, ça, c'est la toilette de l'école, imaginez-vous donc qu'il n'y a pas
de porte à la toilette. Savez-vous
pourquoi, M. le Président? C'est parce que la toilette est tellement petite
qu'ils sont incapables de fermer la porte parce que plusieurs des élèves
ont besoin d'être accompagnés.
M. le
Président, c'est une école qui a été raboutée, une école qui est inadéquate, un
projet qui doit être priorisé pour nos plus vulnérables de notre
société.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Sincèrement, M. le Président, je ne réglerai pas la question
de l'avenir de cette école, je ne la réglerai pas ici avec mon collègue, je l'avertis tout de suite. C'est un projet
extrêmement important, mais ça s'adonne que, sur l'île de Montréal, il y a aussi beaucoup d'autres projets importants. La
bonne nouvelle, c'est qu'ils ont décidé de déposer en bonne et due forme le projet au ministère pour
qu'on l'étudie. Je pense qu'il y a eu une rencontre récemment, si je ne m'abuse, avec les fonctionnaires pour vérifier,
hein, la compréhension commune du projet. Il avance, mais je ne le réglerai
pas ici, dans cette Chambre.
Président : Troisième
complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean. Oh! Je m'excuse. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier :
Hochelaga-Maisonneuve. Alors, M. le
Président, l'école Irénée-Lussier est
tellement inadaptée que, pour combler le manque d'espace, on avait ajouté des roulottes.
Mais, comble de l'ironie, le gouvernement a coupé les
budgets, cette année, pour enlever les roulottes. Alors, M. le Président, les parents sont ici, dans les gradins, présentement.
Est-ce que le ministre accepte de les rencontrer
afin d'expliquer pourquoi il ne fait rien pour leurs enfants?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : C'est assez
malheureux d'entendre ça, M. le
Président, là : Pourquoi
on ne fait rien pour ces enfants-là? Je
comprends qu'il y a un projet, hein, je comprends qu'il y a
une mobilisation, on voudrait avoir une nouvelle école. Ça coûte
plus de 50 millions de dollars, ça doit passer par le PQI gouvernemental. On a des procédures pour faire avancer ce type de projets là.
Nous allons l'examiner à la hauteur d'autres demandes qui nous sont faites.
Et je le
réitère en tout respect pour ma collègue, je ne réglerai pas cette question-là
ici, en Chambre. Il y a des lieux qui sont bien meilleurs, je pense, qui nous permettent d'entendre à la fois
la voix de ce projet-là, mais d'autres projets que nous avons sur l'île
de Montréal.
Le Président : M. le leader.
M. Drainville : Il ne va pas
dans les écoles, il ne rencontre jamais les gens qui viennent ici...
Le Président : M. le ministre,
veuillez poursuivre, s'il vous plaît. Monsieur...
Le Président : M. le ministre.
M. Blais : Oui. Donc, j'ai déjà rencontré la présidente, là,
du conseil d'administration là-dessus.
Elle m'a fait part du projet. Maintenant,
il faut qu'il progresse du point de vue...
Le Président : Principale, M.
le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, les producteurs de lait du Québec vivent un problème très sérieux qui les affecte
au plus haut point. À la frontière
américaine, il y a des camions remplis de protéines laitières à bas
prix qui rentrent par centaines au Québec,
passant outre la gestion de l'offre et faisant chuter le prix du lait à la
ferme. Les producteurs le savent et le
subissent très durement, le ministre le sait, le gouvernement le sait, le gouvernement fédéral le sait. À chaque jour qui passe, la situation des producteurs
s'aggrave.
La source du
problème est connue, c'est que les règles fédérales permettent l'importation de
ces protéines laitières. C'est une
faille flagrante dans la réglementation, et Ottawa refuse de fermer cette brèche. Certains
producteurs perdent jusqu'à 25 000 $
par année, et la situation continue à se dégrader.
Qu'est-ce que
le ministre de l'Agriculture attend pour faire en sorte que le fédéral agisse
pour mettre un frein à l'entrée de protéines de lait sur notre marché? Et, M.
le Président, je veux les saluer, les producteurs sont dans les tribunes.
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui.
M. le Président, les producteurs laitiers — producteurs moyens, là, 60 vaches laitières — perdent en moyenne 1 000 $ par
semaine depuis plusieurs mois. Ça affecte la rentabilité de leur
entreprise. Dans certains cas, ça met la survie de l'entreprise à risque.
On a besoin d'un meilleur contrôle des
frontières. Là, l'entente avec l'Union européenne n'est pas encore en application, l'entente avec l'Asie-Pacifique n'est pas encore en application, et on se doit de profiter de ce
moment-ci pour resserrer les
contrôles aux frontières, mais ça ne se fait pas seul. Ça se fait en
collaboration avec les ministres de l'Agriculture de l'ensemble des
juridictions canadiennes.
J'ai déjà
établi des contacts avec mon collègue de l'Ontario. J'ai pris la peine
d'appeler mon collègue du fédéral, qui
vient d'être nommé. On va se rencontrer en début d'année à Ottawa, et ce qu'on
tente de faire, c'est un front commun de l'ensemble des juridictions
provinciales pour obtenir un meilleur contrôle des frontières canadiennes.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, un coup de téléphone ne suffit
pas. Le ministre semble être conscient de la situation que c'est gens-là vivent. C'est des pertes
financières importantes. Ça vient fragiliser les entreprises de production
laitière au Québec. La situation, M. le Président, commande des gestes
immédiats.
Alors,
est-ce que le ministre peut s'engager à faire plus qu'un coup de téléphone? Il
y a urgence en la matière. Alors, ce
serait peut-être intéressant que le ministre se secoue un peu les puces, M. le
Président, et bouge dans le dossier.
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : M. le Président, vous me permettrez, suite à
cette intervention du député de Berthier,
de vous citer La Terre de chez nous de demain, et le président des
Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, dit ce qui suit : Il presse pour sa
part le nouveau gouvernement
Trudeau «d'assurer un meilleur contrôle aux frontières». À son avis, la solution aux importations américaines de
concentré protéique, dont le lait diafiltré, est politique, et il revient au
gouvernement de trancher. La courbe d'apprentissage du nouveau gouvernement
devra être rapide.
Vous pouvez
compter sur le ministre de l'Agriculture du Québec pour que cette courbe soit
extrêmement rapide.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : M. le
Président, le ministre semble avoir des informations avant tout le monde par
rapport à La Terre de chez nous , mais, s'il se mettait à l'électronique, il l'aurait
eu deux jours avant. Malheureusement, il est en retard d'un coup.
M. le
Président, le ministre est conscient des risques que les gens... Il est
conscient des risques. Présentement, il y a des entreprises qui pensent à
vendre, des entreprises qui sont établies depuis plusieurs générations. Ces
entreprises-là, ces producteurs laitiers, M. le Président, pensent à vendre, à
se départir de leur ferme, et le ministre, tout ce qu'il a à nous dire
aujourd'hui, c'est qu'il a lâché un
coup de téléphone ou il va lâcher un coup de téléphone. C'est inacceptable.
Qu'il bouge plus vite, M. le...
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président. Je vais continuer à défendre les producteurs laitiers du Québec, mais je vais également les amener à la
réflexion suivante : le projet constitutionnel de nos amis d'en face fait en sorte
que le système de la gestion de l'offre n'est pas menacé, il va
être détruit si jamais ça devait s'avérer quelque chose qui se réalise. Les producteurs de lait québécois
produisent deux fois le lait que l'on consomme au Québec...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : S'il
fallait que le Québec se sépare, c'est une vache sur deux qui serait
détruite.
Le Président : Principale, M.
le député de La Peltrie.
Caire : Merci, M.
le Président. Voici un décret adopté par l'ancien gouvernement qui fait obligation
aux ministères de procéder à la révision de leurs programmes. Par demande d'accès à l'information, on a souhaité faire un suivi de
cette demande-là, pour s'apercevoir qu'il
n'y avait aucune révision de
programmes qui était faite par les ministères, ce qui
a été confirmé d'ailleurs par la commission Robillard puis ce qui a été confirmé par l'actuel
président du Conseil du trésor,
à notre grande surprise.
Mais notre
surprise a été encore plus grande quand, dans une autre demande d'accès à l'information, on a appris qu'au total c'est
une centaine de personnes dans les ministères qui étaient affectées à la révision de
programmes, pour un budget total de 10 millions.
Alors là, on
se dit : Mais, s'ils ne font pas de révision de programmes, est-ce que
le président du Conseil du trésor
peut nous dire, les 100 personnes qui sont affectées à ça, elles font
quoi, puis les 10 millions, ils vont où?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
Coiteux : Une question
sur la révision des programmes, évidemment, ça, c'est une fleur pour moi, parce que c'est
un sujet qui est extrêmement important. Vous savez que... D'ailleurs, dans l'exercice de
retour à l'équilibre budgétaire, l'aspect révision de programmes était fondamental.
Plutôt qu'aller avec un petit coup de baguette magique équilibrer le budget, par
exemple, à la mode du gouvernement du Parti québécois à d'autres époques, d'envoyer 37 000 personnes à la retraite ou de couper les salaires de 20 %,
nous, on a décidé de faire une revue systématique de l'ensemble des programmes,
ce qu'on a fait dans une première phase avec
la commission présidée par Mme Robillard. Mais il y a une suite à ça, puis
la suite à ça, c'est de mettre en
place des mécanismes permanents qui vont être basés sur la définition
d'objectifs clairs, avec des
indicateurs de suivi clairs, avec une méthodologie claire pour évaluer les
résultats et déclencher un exercice de révision systémique chaque fois que les résultats ne seront pas atteints. C'est
exactement ce qu'on est en train de mettre en place pas seulement dans
le cadre du gouvernement actuel, mais pour les gouvernements qui suivront, M.
le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
Ah! M. le Président, j'aime ça quand le président du Conseil du trésor patine
comme ça. Ma question, elle est
supersimple, là. Il ne se fait pas de révision de programmes, on s'entend? Il y
a 100 personnes qui sont affectées à ça, ça coûte 10 millions.
Je veux juste savoir ils font quoi, ce monde-là. Puis les 10 millions, ils
vont où?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
Coiteux : Bien, dans le cadre des affaires habituelles, c'est très
clair que le Conseil du trésor, le Secrétariat du Conseil du trésor en particulier, demande de façon
régulière aux ministères d'évaluer les programmes qui sont déjà en place, mais nous, on considère que c'est... Donc,
forcément, il y a des gens qui font ça, il y a des gens qui font ça dans les
ministères. Nous, on considère que c'est
insuffisant, puis c'est pour ça que, dans le sillage du rapport final de la
commission présidée par
Mme Robillard, lorsqu'on a dit quelles étaient les suites qu'on allait
apporter à ça, on a dit essentiellement
qu'on allait créer un bureau de révision des programmes au sein du Conseil du trésor, ce qui a déjà été fait. On a dit qu'on allait mettre en
place une culture de l'évaluation puis on a déjà lancé des exercices qui vont
nous permettre de faire à l'avenir des choses qu'on n'a jamais faites auparavant,
qui vont être...
Le Président : M. le député
de La Peltrie, en deuxième complémentaire.
Caire : M. le
Président, j'ai un paquet de réponses
des ministères qui me disent : Ils n'en font pas, de
révision de programmes,
ils n'en font pas, mais il y a 100 personnes qui sont affectées à la révision de
programmes. Vous me suivez jusqu'à date? Ils ne font
pas de révision de programmes, mais ils sont affectés à ça.
100 personnes qui font quoi? 10 millions
qui vont où? Simple comme question.
Le Président : M. le président
du Conseil du trésor.
Coiteux : Ça va être
simple... Si la question est simple, la réponse va être exactement
la même. Il y a des gens, actuellement, qui répondent à
des demandes d'évaluation de programmes, et donc il y a des gens, dans les ministères,
qui travaillent à faire ça. Mais d'implanter, à l'intérieur de l'administration
publique, une culture de l'évaluation systématique
avec des exercices obligatoires de révision des programmes en amont du cycle budgétaire,
ce qui n'a jamais été fait au sein de
l'administration publique québécoise, c'est ce qu'on est en train de mettre en oeuvre, et ça va faire une énorme
différence pas seulement cette année, mais pour les 10 et les 20 années à
venir.
Le Président : Principale, M.
le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, la semaine passée, on déposait la mise à jour économique et,
dans la mise à jour économique, on
voyait qu'il y avait un ralentissement important depuis que le gouvernement
libéral est au pouvoir. L'austérité,
jumelée à l'inaction libérale, fait en sorte que les Québécois se sentent de
plus en plus mal économiquement.
Alors que des
gens aimeraient reprendre le marché du travail, alors que des gens aimeraient
reprendre... avoir de l'espoir, cette
inaction gouvernementale leur donne du désespoir. Actuellement, depuis six
mois, il y a 33 000 emplois à
temps plein qui ont été perdus au Québec contre 80 000 gains dans le reste
du Canada. Ce sont des drames humains en arrière de ce chiffre, M. le Président. La semaine passée, on
apprenait : 180 emplois, dans la Mauricie, disparus; Bombardier qui
veut délocaliser leur économie en Inde, au Mexique.
le Président, ma question pour le ministre de l'Économie : Quand est-ce
qu'il va sortir de sa torpeur? Combien de pertes d'emploi? Combien de
vies brisées ça va prendre pour que ce ministre-là passe à l'action, M. le
Président?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, je dois corriger notre collègue, parce qu'on
ne peut pas dire n'importe quoi dans cette Chambre, M. le Président. Alors, mise à jour, mise à jour économique la
semaine dernière, page A.6, page A.6 : croissance économique, PIB réel, M. le Président, 2013,
1,2 %, 2013, quelqu'un était là; 2014, 1,5 %; 2015, 1,5 %. Où
est le ralentissement? Où est le
ralentissement, M. le Président? La croissance économique au Québec, elle est
modeste, mais elle est soutenue, elle se maintient dans un environnement
international qui est très incertain et très difficile.
Pour revenir
à l'emploi, pour revenir à l'emploi, M. le Président, en avril 2014, niveau
total de l'emploi, à peu près
4 040 000; en octobre 2015, M. le Président, c'est 4,1 millions
et quelques. Donc, il y a 58 000 nouveaux emplois depuis que nous
sommes au pouvoir, M. le Président, 58 000 de plus, pas de moins.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, ce ministre-là, quand il a déposé son budget, nous avait
promis une croissance de 2 %. Je
lui avais demandé : Est-ce que c'est optimiste? Il dit: Non, c'est
réaliste. On est rendus à 1,5 %, puis l'année n'est pas encore terminée, M. le Président.
Actuellement, ce qui baisse actuellement sa croissance économique,
l'investissement privé a baissé encore cette année. Depuis deux ans, ça
baisse. L'emploi a diminué, 33 000 en six mois.
Qu'est-ce que ça va lui prendre pour comprendre?
Qu'est-ce qui monte actuellement au Québec? Le taux de chômage, le salaire des médecins, c'est ça qui monte au Québec. Quand
est-ce que vous allez établir une vraie politique économique?
Sortez-nous pas avec des boutades comme ça!
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, l'emploi augmente au Québec, l'emploi
progresse au Québec. On aimerait tous que ça se fasse de façon plus rapide, on aimerait tous que ça se fasse en
ligne droite continuellement. Il y a des mois où, des fois, il y a un recul, mais, quand on prend avril
2014 à octobre 2015, il y a une progression nette de l'emploi au Québec.
L'économie du Québec progresse dans un
climat macroéconomique mondial qui est très incertain. D'ailleurs, au Canada
en général, M. le Président, pour l'économie
canadienne, la croissance économique était de 2,4 % en 2014. Aujourd'hui,
cette année, c'est 1,2 %. Là, il y a
une forte décélération de l'économie canadienne. Nous, dans un tel
environnement, nous maintenons notre croissance, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, 250 000 emplois promis. Au début, c'était une promesse.
Ensuite, c'était un objectif. Maintenant,
c'est rendu un mythe, M. le Président. On a perdu, à temps plein, 33 000
emplois depuis six mois. Ça prend 250 000
emplois sur cinq ans. À un moment donné, il faut être réaliste, puis arrêter de
se conter des peurs, puis passer à l'action.
Retroussez-vous les manches. Les Québécois, ils attendent après ça. Il est
temps d'avoir une politique économique qui
fasse en sorte qu'on améliore la situation économique des citoyens qui
attendent pour retrouver le marché du travail. Passez à l'action, M. le
ministre.
Le Président : Monsieur...
Le Président : S'il vous
plaît. M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, comme j'ai dit au début de la période de
questions, une fois qu'on atteint l'équilibre budgétaire tout devient possible. La base, la base essentielle d'une
politique économique qui tienne la route, qui puisse mener à des situations beaucoup plus heureuses que
celle que nous vivons aujourd'hui, c'est une politique financière, une politique fiscale saine. Ça nous a pris 18 mois
pour reprendre le contrôle de nos finances publiques. Nous l'avons fait,
et en même temps nous avons réussi à croître l'économie québécoise, et en même
temps nous avons réussi à créer 58 000 nouveaux emplois au Québec, M. le Président. Dans le
contexte, nous avons fait un très bon travail, chose qu'eux, ils n'ont
pas été capables en 18 mois, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, le gouvernement libéral, dirigé par des
médecins, refuse de donner aux infirmières la place qui leur revient pour améliorer l'accès et pour faire le suivi
des patients. Si les libéraux refusent de saisir cette occasion, cette opportunité pour le système de
santé, les entrepreneurs privés, eux, n'ont pas l'intention de la laisser
passer. Un entrepreneur, à Québec,
veut développer un réseau de cliniques privées d'infirmières où les patients
devront payer pour avoir accès à des
soins : trois consultations par an, 150 $. Il y a deux semaines, un
nouveau concept de clinique privée abordable
dirigée uniquement par des superinfirmières était annoncé sur la Rive-Sud de
Montréal. Le ministre ne bronche pas. En refusant un modèle gagnant, le
ministre dirige directement les patients au privé et les oblige à payer encore.
Est-ce
que le ministre refuse de financer les cliniques d'infirmières publiques pour
favoriser le développement d'un réseau privé?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, je suis content que la députée de Taillon me pose cette
question-là. Ça va me permettre de répéter
ce que j'ai déjà dit. On ne va pas, notre gouvernement, développer un réseau
parallèle, mais nous saluons encore aujourd'hui l'initiative qui a été
prise par les infirmières dans la clinique SABSA. Mais, au moment, M. le
Président, où, pour la première fois du l'histoire, on va déposer un plan
d'effectifs médicaux qui va être basé exclusivement sur les besoins
populationnels, on va envoyer des médecins dans des GMF qui auront, à cause des
ententes, l'obligation fonctionnelle de
travailler avec des infirmières. On veut des infirmières en équipe dans des
points de service complets qui
incluent des médecins de famille, des infirmières, d'autres professionnels, M.
le Président. C'est ça qu'on veut, et
on met en place toutes les mesures pour que ça arrive. Oui, au travail autonome
des infirmières. Avec ma collègue, la
ministre de la Justice, on a, cette année, mis en place des nouveaux champs
d'activité ouverts aux infirmières et
on va continuer à le faire. C'est ça qu'on fait. On ne fait pas ici de la
politique basée sur les articles de journaux, on fait de la politique
basée sur les besoins de la population...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...et on pose des gestes pour arriver à la destination que la population...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : ...dans un GMF donnent encore 60 000 $ de plus aux
médecins. Actuellement, 50 millions de frais accessoires pour les patients, 10 000 $ par cycle de FIV
pour les couples infertiles, des stationnements à 25 $ dans les
hôpitaux, services de buanderie au privé puis des cliniques d'infirmières
privées.
ce n'est pas un assaut du privé en santé depuis l'arrivée du ministre des médecins
spécialistes, pouvez-vous me dire ce que c'est?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, à chaque fois que la députée de
Taillon se lève, je pourrais invoquer une panoplie d'articles comme celui qui dit qu'on ne peut pas
dire des choses qui ne sont pas vraies. Ce n'est pas vrai, là, ce qu'elle
dit, M. le Président. On a un cadre de gestion... Oui?
Président : Faites attention à vos propos, M. le ministre.
Faites attention à vos propos, M. le ministre. Et je vais vous demander de faire attention à vos propos encore
une fois.
Barrette : M. le Président, ça doit être la fatigue de la période de questions... Mais je
ne suis pas fatigué, ce n'est pas vrai.
Alors, M. le Président, il n'est pas réel de dire qu'on envoie 60 000 $ aux
médecins, M. le Président. Lorsqu'un groupe de médecine de famille
choisit de fonctionner correctement, l'État pourvoit un montant d'argent pour
payer l'infirmière praticienne spécialisée dans son cabinet...
Président : En terminant.
M. Barrette :
...et ainsi, M. le Président, donner plus de services autonomes par...
Le Président :
Et cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Alors,
tel qu'annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté
sur la motion de Mme la ministre du
Tourisme proposant que le projet de loi n° 67, Loi visant
principalement à améliorer l'encadrement de l'hébergement touristique et à définir une nouvelle gouvernance en ce
qui a trait à la promotion internationale, soit adopté.
Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Fournier (Saint-Laurent), M. Paradis (Brome-Missisquoi), M. Hamad
(Louis-Hébert), Mme Boulet
(Laviolette), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux (Nelligan), M. Moreau
(Châteauguay), Mme David (Outremont),
M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau),
M. Barrette (La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Arcand (Mont-Royal), Mme
Charbonneau (Mille-Îles), M. Daoust (Verdun), Mme Vien (Bellechasse), M. Billette (Huntingdon), M. Blais
(Charlesbourg), Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid (Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), Mme Vallières (Richmond),
M. Bernier (Montmorency), M. Ouellette (Chomedey), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
Mme Charlebois (Soulanges), Mme Ménard (Laporte), M. Sklavounos
(Laurier-Dorion), M. Girard (Trois-Rivières), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet
(Jean-Lesage), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Matte (Portneuf), M. Simard (Dubuc), M. Tanguay (LaFontaine), M.
Bolduc (Mégantic), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé),
M. Iracà (Papineau), M. Rousselle (Vimont), M. Auger (Champlain), M. Habel
(Sainte-Rose), M. Giguère
(Saint-Maurice), M. Fortin (Sherbrooke), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Boucher
(Ungava), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M. Hardy (Saint-François), M.
Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil), Mme Tremblay
(Chauveau), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Busque (Beauce-Sud), Mme
Sauvé (Fabre).
M. Péladeau (Saint-Jérôme), M.
Drainville (Marie-Victorin), M. Marceau (Rousseau), M. Therrien (Sanguinet),
M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre
(Taillon), M. Lelièvre (Gaspé), M. Bergeron (Verchères), M. Leclair
(Beauharnois), M. Gaudreault (Jonquière), Mme Maltais (Taschereau), M. LeBel
(Rimouski), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont), M. Pagé
(Labelle), M. Cousineau (Bertrand), M. Ouellet (René-Lévesque), M. Rochon
(Richelieu), M. Villeneuve (Berthier), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Kotto
(Bourget), Mme Richard (Duplessis), M. Roy (Bonaventure).
Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M.
Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M.
Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette (Borduas).
Le Président :
Est-ce qu'il y a des députés qui sont contre cette motion? Est-ce qu'il y a des
députés qui s'abstiennent?
La Secrétaire adjointe :
Mme David (Gouin), M. Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Président : M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 106
Contre :
Le Président :
En conséquence, le projet de loi n° 67 est adopté.
Alors, nous en sommes
à la rubrique Motions sans préavis. Je comprends qu'il y aurait une entente à
l'effet d'inverser le cycle des motions sans préavis entre la séance d'aujourd'hui et celle de jeudi de manière à ce que le gouvernement puisse faire la première
motion aujourd'hui. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président : Consentement.
Alors, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député
d'Abitibi-Ouest et troisième vice-président de l'Assemblée, le leader du
deuxième groupe d'opposition, le député de Mercier et la députée
d'Arthabaska :
«Que
l'Assemblée nationale souligne les 35 ans de vie parlementaire du député de
Brome-Missisquoi», M. le Président.
Le Président : Je comprends qu'il
n'y a pas consentement pour débattre de cette...
Des voix : Ha, ha, ha!
Président : Alors, il y a consentement, donc, pour débattre de
cette motion, j'imagine? Il y a consentement, je vous écoute.
Sklavounos :
Nous proposons notre leader du gouvernement comme premier intervenant, suivi du
troisième vice-président et député d'Abitibi-Ouest,
par la suite le leader du deuxième groupe d'opposition, le député de Mercier...
et ce sera tout, M. le Président.
Le Président : Je vous
remercie. Alors, nous allons écouter d'abord M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Merci, M. le Président. Chers collègues, avant d'aborder l'hommage à notre
collègue de Brome-Missisquoi, je me
permettrai, M. le Président, rapidement, parce que je sais que, ce soir, il y
aura un événement à cet effet... je
voudrais saluer les 30 ans de vie parlementaire de vous-même, notre
président d'Assemblée, ainsi que les 10 ans de notre collègue de
Verchères.
Le Président :
Il y a un vide, il paraît. Allez, allez, M. le leader, nous vous écoutons.
M. Fournier : J'allais dire, M.
le Président, dans votre cas, au-delà de votre intérêt pour le rayonnement de l'Assemblée à travers le monde, qui est d'ailleurs
tout à votre honneur, je tiens à souligner le précédent exceptionnel d'avoir
été choisi comme président de cette
Assemblée sous trois premiers ministres et deux partis politiques différents
formant le gouvernement. C'est un
exploit que... je ne suis pas certain si l'Assemblée a fait ses recherches,
mais qui n'est sans doute pas près de se répéter, si jamais il a déjà eu
lieu, M. le Président.
Je tiens
aussi à souligner, pour les 10 ans de vie parlementaire de notre collègue
de Verchères, qui s'ajoutent aux 12 ans passés au Parlement
fédéral, ce qui est quand même assez exceptionnel — on est à deux ans de
la parité — je
tiens aussi à souligner avec grand plaisir que nous partageons ensemble un
intérêt pour la francophonie — dites avec moi — canadienne.
C'est un peu plus difficile, cette partie-là.
M. le Président, comment parler de Pierre Paradis — si
vous me permettez de l'appeler ainsi pour quelques minutes — sans
reconnaître qu'il n'a pas vraiment vieilli depuis 35 ans dans ce parlement?
D'ailleurs, rien qu'à voir les photographies
qui hantent les murs de ce parlement, pour le voir sur plusieurs de nos
mosaïques et s'apercevoir qu'il a toujours
le même regard plutôt puissant qui, sans nous dévisager un peu... Il est le
seul à avoir cette recette, d'ailleurs. Mais, s'il n'a pas beaucoup vieilli, il a quand même eu quelques
changements. Il faut quand même l'avouer aussi, il a quelques
changements.
Récemment, il
y a eu une fête dans son comté, et on rappelait sa course au leadership où,
tout jeune, il avait choisi comme
slogan Enfin Paradis . Aujourd'hui, c'est plutôt Encore Paradis !
Il va bientôt dépasser Taschereau, il faut quand même le faire. Dans deux ans, il va dépasser Gérard D. Levesque et il
sera alors le seul, avec le député d'Abitibi-Ouest, à avoir occupé la
fonction si longtemps, c'est exceptionnel.
Pour prendre
la pleine mesure de son exploit, je tiens à souligner qu'à la première élection
provinciale où j'ai eu le droit
d'exercer mon droit de vote il en était déjà à sa réélection. Cet exploit,
c'est, évidemment, un succès démocratique, c'est un succès de comté, c'est un succès de terrain. Il est et a été
ministre pendant 11 ans. Il a été leader de l'opposition pendant
neuf ans, leader du gouvernement pendant deux ans. Mais il a surtout été député
depuis 35 ans. Député, c'est parce que
ça fait toujours référence à son hôpital, son palais de justice, ses maires,
son comté. D'ailleurs, si jamais il y avait dans le Larousse une définition pour le comté de Brome-Missisquoi
et qu'on devait l'illustrer, je pense que ce serait la photo de Pierre Paradis qu'on mettrait à côté du
comté de Brome-Missisquoi. Il connaît son territoire, il l'a marqué, il l'a
marché. Il marche sur son terrain, que ce
soit une montagne ou une terre agricole. Il connaît la réalité du terrain parce
qu'il l'a marché, M. le Président. C'est peut-être ce qui explique qu'on
le voit si souvent en pieds de bas et sans souliers.
Cela dit, il
connaît mieux son terrain que la bureaucratie aussi. Vous savez, lorsqu'on lui
demande si son comté est en
Montérégie ou en Estrie, il nous répond toujours qu'il est dans les Cantons-de-l'Est,
une région que la bureaucratie n'a pas encore découverte, il est toujours un
petit peu en avant de son temps. C'est d'ailleurs l'une des raisons de son
succès, il est au courant avant les
autres de tellement de choses. N'est-ce pas lui qui a annoncé à Guy Chevrette
qu'il perdait ses fonctions de leader
du gouvernement? Toujours au courant d'une nouvelle ou d'une rumeur avant tout
le monde. Ça, je l'avais écrit parce
qu'il l'a fait il n'y a pas longtemps. Mais là il m'a cassé mon punch parce
qu'il vient de le refaire, il est le
seul parlementaire qui peut se lever en Chambre et répondre une journée en
citant La Terre de chez nous du lendemain. Il fait ça trop
souvent, même.
J'ai
connu Pierre Paradis, M. le Président, de proche, de très proche pendant ses
neuf années comme leader de l'opposition
et je tiens à vous dire et à dire à l'ensemble de nos collègues : C'était
une véritable école. Il a été et restera le maître de cette Assemblée, M. le Président, et je suis certain que
cette opinion que j'ai est partagée par plusieurs qui ont siégé à cette
époque-là et sans doute aussi par Jean Rochon.
ne raconterai pas tous les moments de parlementaire qu'il nous a donnés, je ne
voudrais surtout pas donner, au
passage, des idées à l'opposition. Je vais me permettre d'en rappeler certains,
mais c'est d'abord en soulignant fortement pour l'ensemble des parlementaires que, depuis ce temps-là, le règlement
a changé, la politique a changé, le monde a changé, et ça ne se fait plus. Alors, maintenant que ces
mises en garde sont faites,
permettez-moi de vous rappeler un soir où une commission, à l'époque, était
conviée à se réunir jusqu'à minuit, la commission à dû ajourner ses travaux après seulement 30
minutes. Le sujet était important, c'était l'agriculture, et l'ami
Pierre considérait que la salle 1.38 ne convenait pas à ce sujet à l'étude. Donc, 30 minutes suffisent pour
terminer les travaux. Cécile Vermette, notre ex-collègue de Marie-Victorin et présidente de la commission à l'époque, pourrait nous partager tout le
plaisir qu'elle éprouva devant cette plaidoirie lui disant que, finalement,
on n'avait pas choisi la bonne salle.
Le président Pinard
pourrait, lui, nous raconter cette soirée de fin de session où il tenta
d'expulser Pierre. Le lendemain, le président
Charbonneau avait changé le sergent d'armes. C'était la première fois et la
dernière où le sergent d'armes est devenu un sergent armé.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Fournier : Et c'est
réel. Imaginez un officier de l'exécutif armé dans le salon du législatif. Je
ne vous dis pas le bonheur que nous
avons eu à plaider pour le respect de la démocratie, l'abus de l'exécutif,
l'atteinte à nos droits. C'était un moment de parlementarisme, et il
fallait être là pour voir ça, M. le Président. Et là aussi, si jamais le
président Charbonneau nous écoute, il a d'autres émotions, je pense, par
rapport à ce souvenir.
l'époque où je suis whip de l'opposition et lui leader, durant la journée, cette
journée-là, il y avait un vote en plénière
suivant l'étude des crédits supplémentaires. À ce moment-là, il faut
vous rappeler les règles de l'époque sur les plénières et les votes à ce
moment-là, les cloches ne sonnaient
pas, et seuls les députés en Chambre avant l'appel au vote pouvaient voter. Et,
dès ce moment-là, les portes étaient verrouillées et empêchaient la venue
tardive des autres députés. D'ailleurs, on devait tenir les portes, les pages devaient
tenir les portes pour éviter que les gens entrent. C'était un moment magique. Ce jour-là, nous avons amené peu
de députés à la période des
questions, on s'était assuré que les autos n'étaient pas dans le
stationnement et puis, durant la plénière, on a entassé les députés dans son
bureau et dans l'antichambre. Au moment
approprié, nous avons envahi dans une grande déferlante le salon bleu, et les
portes se sont verrouillées. Dans un
grand chaos, le vote fut pris, et l'opposition a battu le gouvernement sur ses
crédits, et là tout le monde se demandait si on avait renversé le
gouvernement sur un vote de confiance. Du grand Paradis, M. le Président!
voudrais saluer Louisette Hébert, qui a enduré Pierre dans son bureau de comté
depuis très, très longtemps. Je voudrais
aussi dire un mot spécial pour le grand complice de Pierre que nous avons eu,
plusieurs d'entre nous, le bénéfice de
rencontrer assez souvent. Son nom, c'est Fernand Archambault, mais personne ne
le connaît sous ce nom, il s'appelle «Fern».
Je voudrais aussi, bien sûr, saluer tes enfants, François, Hélène, tes
petits-enfants, Léa et Raphaëlle, et surtout, évidemment, ta complice,
qui est avec nous, Anne. Les députés des autres partis...
Fournier : Les députés des autres partis, certainement, et
même, Pierre, tes collègues des 35 dernières années de ton propre parti
qui t'ont connu de proche sont certains qu'Anne, c'est une sainte.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Fournier : Nombreux sont ceux qui savent également que tu es un
véritable passionné des sports équestres et des chevaux. C'est sans doute cet amour des animaux qui t'a amené à
présenter le projet de loi n° 54 concernant le statut juridique de l'animal et visant à assurer son
bien-être. Cela m'amène à dévoiler publiquement — pour la première fois, je crois, publiquement — que l'enfant que tu as baptisé en cette
Chambre, il y a 18 ans, considère que cette loi te confère le
titre de
meilleur ministre. Pour ceux qui veulent connaître l'histoire, ce sera en
privé.
termine, Pierre, en te remerciant pour toutes ces années de service public. Tu
as laissé ta marque, tu peux être fier.
Et je sais, M. le Président, je sais qu'il y aura encore de nombreuses années
de Pierre Paradis parce qu'enfin c'est terminé, c'est encore Paradis.
Président : Merci, M.
le leader. Je vais demander maintenant à M. le
député d'Abitibi-Ouest et vice-président de l'Assemblée de prendre la
parole.
Gendron : Alors, je
vous remercie, M. le Président. C'est clair que c'est avec énormément de plaisir que je souscris à la motion du leader
du gouvernement pour saluer les mérites de notre ami Pierre. Je voudrais également,
M. le Président, vous dire qu'on sait que, ce soir, aussi ce sera
votre tour pour votre 30e anniversaire, de même que mon collègue pour
ses 10 ans. Additionnés aux 12 à Ottawa, ça fait quand même un parlementaire
chevronné.
Puis moi,
bien, écoutez, j'ai un méchant problème, là, parce que
je suis allé souligner dans son bastion, dans son comté, son 35e anniversaire, puis moi, j'avais la
conviction que j'avais préparé tout un beau discours. On m'a demandé aujourd'hui : Ça te tenterait-u de dire un petit mot? Puis on m'a dit : Autant
que possible, il ne faut pas que tu parles trop, trop. Puis je vais
refaire ça encore à soir. Alors là, j'ai dit : Qu'est-ce que je fais? Et,
comme j'avais reçu une carte de félicitations... Permettez-moi de lire ça — d'ailleurs,
je salue ta conjointe ainsi que ton personnel — c'était écrit : «Malgré les taquineries, M. le député, je vous remercie énormément de votre excellente allocution. Elle était
empreinte d'amitié, de respect et
d'admiration — c'est
toujours ta maître de cérémonie qui m'écrit ça, mais c'est
vrai, je le partage entièrement, là — et
on vous remercie énormément de votre générosité à l'endroit de votre confrère
de l'autre côté de la Chambre, ce qui
démontre parfois que ce n'est pas parce
qu'on est de l'autre côté qu'on ne
peut pas avoir de l'amitié envers certaines
personnes qui ont donné, et c'est votre cas.» Donc, j'ai dit : Si elle me
dit que j'ai fait un excellent discours, la meilleure façon, c'est d'en
refaire un petit bout parce que je suis convaincu, effectivement, que je
m'étais forcé pour souligner, avec raison, tous les mérites de ce député un peu
extraordinaire comme personnage politique.
Il y a
cinq ans, M. le Président, j'étais à votre place, dans le fauteuil, il y a
cinq ans, j'étais sur le même siège que vous êtes, et mon ex-collègue de Johnson avait demandé le consentement à cette Chambre pour souligner les nombreux mérites des 30 ans de vie parlementaire de Pierre en tant que député
de Brome-Missisquoi d'abord
parce que c'est clair que c'est surtout là-dessus qu'il
faut insister, il a toujours,
d'abord et avant tout, été député
de. Et, comme je l'ai enseigné à plusieurs, ça me fait toujours plaisir de rappeler
que c'est le problème de plusieurs qui ont passé ici, ils ont oublié ça, qu'on
doit toujours, d'abord et avant tout, être député de. Donc, ça me fait plaisir
de le rappeler avec énormément d'insistance.
Mais également ils ont dit — et là on est toujours il y a
cinq ans, là — ils
voulaient parler aussi du personnage politique émérite, spécial, particulier, spécifique, un
modèle qui ne se fait à peu près plus, et quoi encore. Alors là, comme vice-président,
j'ai été obligé d'entendre ça. Il a bien fallu que j'écoute ce fleuve d'éloges
de la part de mes collègues parlementaires, tous partis confondus. Puis là on
n'est pas aujourd'hui, on est il y a cinq ans.
Il y a
15 jours, l'organisation de son comté me demande : Ça te tenterait-tu
de venir faire un petit exposé dans son
château fort sur ce qu'est Pierre? Alors, j'ai dit : Ça va me faire
plaisir d'aller en remettre une couche, là, une bonne couche de peinture sur
tout ce que j'avais entendu de beau, de bon, de sublime à son sujet. Donc,
c'est sûr que c'est avec énormément de plaisir et enthousiasme que j'y
ai participé, mais c'est plus simple que ça, c'est surtout parce que j'apprécie Pierre, l'individu, le député, et c'est
exactement pour les mêmes raisons que j'ai accepté aujourd'hui de vous dire quelques mots.
Vous savez
tous que nos destins se ressemblent. Et là ce n'est pas pour commencer quelque chose qui n'est pas mon cas aujourd'hui, le 40e va venir parce que j'ai terminé 39 ans de vie politique,
moi. Donc, moi, je suis un 76, puis lui, c'est un 80 dans une partielle.
On appelle ça de même. Moi, j'ai 39; lui, il a 35. On a présidé, tous les deux,
des événements dans cette Chambre, lui comme doyen quand on a été au pouvoir. Quand
moi, je suis au purgatoire, c'est lui qui
menait parce que, quand tu es au purgatoire, l'opposition... Là, je reviens dans mes fonctions de doyen, j'ai le droit de
présider l'élection d'un président de l'Assemblée nationale. Tous les deux, on
a été leader de l'opposition. Tous les deux,
on a été leader du gouvernement. Les temps ne sont pas importants.
Tous les deux, dans nos biographies, il
y a à peu près la même écriture. Il a été 10 fois réélu. Moi également,
11 fois. La différence, c'est que, lui, c'était une partielle, moi,
c'était dans une générale. Et tous les deux,
on a assumé la même responsabilité : il est ministre
de l'Agriculture, j'ai été ministre
de l'Agriculture.
Mais, malgré
toutes ces similitudes, je me disais que... C'est ça qui me fatiguait un
peu, là, j'ai dit : Si j'accepte de
lui rendre hommage dans le comté, puis un hommage, là, senti, articulé, quelque chose de bien, là, quelque chose de bien,
là, de très marqué, de très vibrant, il va peut-être décider d'accrocher
ses patins puis il va arrêter de me souffler dans le cou — parce que
ça fait longtemps qu'il me souffle dans le cou — et
il va laisser le record de longévité tranquille. Parce que je le sais, que c'est ça qui le tenaille. Puis
là, bien, je me demandais s'il en ferait une affaire personnelle. J'en ai la
ferme conviction, qu'il en fait une affaire
personnelle, parce que j'ai battu son ex-collègue le regretté Gérard D.
Puis là moi, j'ai un méchant problème
avec ça, parce qu'à chaque fois qu'on
me demande : Qu'est-ce que tu fais, Gendron, à la prochaine? bien
je réponds toujours la même chose : Ça dépend de Pierre.
Des voix : Ha, ha, ha!
Gendron : Ça fait
que, là, les gens se demandent...
Gendron :
Bien oui. Les gens se demandent : Pourquoi que ça dépend de Pierre? Alors
là, bien, je suis obligé de
dire : Bien, je ne sais pas, moi, ce qu'il va faire. Moi, à force d'en
mettre, puis le beurrer, puis le louanger au 30e, au 35e, aller dans son
comté, recommencer ce soir la même chose, il va peut-être bien finir par
comprendre.
Des voix : Ha, ha, ha!
Gendron :
Il va peut-être bien finir par comprendre que c'est assez, là, ce serait un bon
temps de prendre sa retraite puis faire du cheval. Faire du cheval, il
aime ça. Il aime ça, l'industrie chevaline, il aime ça, s'occuper de sa conjointe, voyager un peu. Puis, écoute, le
collègue leader, il vient de mentionner qu'il est jeune, il n'a pas changé
trop, trop. Bon, il n'est pas si
jeune que ça, mais il se fait accroire qu'il est encore jeune. Puis là, bien,
ça ne donne rien de le cacher,
écoutez, il a fait du purgatoire, lui aussi. Le purgatoire, c'est l'opposition,
ça. Puis après ça il en a fait, même ministre. Son ex-premier ministre lui a donné un méchant congé de maladie, là, il
a été neuf ans en retraite. Il a été
neuf ans pour se reposer puis
s'occuper de ses électeurs dans son comté, ça fait qu'il est tout frais,
il est tout prêt à continuer sa mission.
Alors,
il est en bonne forme, puis ses électeurs l'aiment — bien,
en tout cas, c'est ce qu'ils m'ont fait accroire quand je suis allé là — et
c'est ce que j'ai senti également. J'ai senti que ses électeurs l'aimaient, parce que
c'est un bon député. Puis, comme je
l'ai mentionné, il a compris, lui, il a compris que, lorsqu'on
reçoit le mandat de représenter nos électeurs,
c'est le fondamental de notre carrière. Ça devrait toujours
être le
titre le plus honorable qu'on porte, c'est-à-dire être désigné pour
représenter notre monde, peu importe, dans les temps durs comme dans les temps
moins durs, que ça aille bien ou que ça aille mal, et je pense que
Pierre a compris ça.
Je ne veux pas être
plus long, parce que je vais être obligé d'en refaire un autre ce soir, mais je
voudrais juste raconter une anecdote pour
montrer, des fois, qu'il y a des petites nuances dans les anecdotes. Moi, j'en
avais plusieurs quand je suis allé rencontrer ses militants. Mais
laissez-moi raconter un petit peu la soirée, là, particulièrement épique,
parce que, du temps, à l'Assemblée nationale, est-ce que Pierre nous en a fait
perdre pas mal? La réponse, c'est oui.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Gendron : Est-ce que
c'est un excellent parlementaire sur le plan... ce que j'appelle de la procédure parlementaire? C'est probablement le meilleur, c'est probablement le meilleur. Et il fut un temps où on travaillait
quasiment tous les soirs, donc,
souvent, pour se désennuyer, il y avait presque des ententes entre les leaders pour
dire : Bien là, là, on va leur faire un peu de procédure pour
changer la dynamique.
Alors, ce fameux soir
là, là — M.
le leader du gouvernement en a parlé un peu, mais c'est plus grave que ça, là — il
a mis K.-O., là, deux vice-présidents dans le temps de le dire, qu'il s'apprêtait...
puis il s'apprêtait à achever le troisième,
il a eu besoin de renfort. C'est ça, les faits. Le V.P. en question, dont je vais
taire le nom par charité chrétienne, même
si ça a été mentionné tantôt, il ne faisait pas le poids pantoute, là, il ne
faisait pas le poids au talent de procédurier de Pierre. Le vice-président, à bout de nerfs, et on peut le comprendre, a complètement pété les plombs, c'est ça qui
est arrivé, là — j'étais ici, je l'ai vécu intensément — a complètement pété les plombs face à un
acharnement procédural de Pierre, puis là, là, le mot «acharnement», là,
c'est mineur, là, c'est presque un petit mot, un euphémisme, si vous me permettez. Le vice-président l'a... l'a
expulsé, pardon, de la Chambre. S'ensuit, là, écoutez, le crime de
lèse-majesté : il n'avait pas suivi la procédure d'expulsion.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Gendron : Alors,
Paradis, hein, M. Pierre, est complètement d'accord qu'avec tout ce qu'il avait fait ça méritait
plus, ça méritait un châtiment pire que
l'expulsion, mais Pierre, il n'a pas apprécié la méthode. Alors, ce n'est pas
tant se faire expulser qui le dérangeait, mais c'était la manière. Comme
je dis, là, lui, quelqu'un qui commet une erreur de procédure, tu ne dois pas
accepter ça. C'était un problème de lèse-Parlement, si vous me permettez
l'expression.
Alors, moi, je
m'arrête là. Mais, cher Pierre, en toute amitié, c'est sûr que cette anecdote — puis
j'en avais plusieurs, mais on ne peut pas
toujours refaire les mêmes hommages — cette anecdote démontre, et je pense que
c'est essentiel de rappeler ça, la passion, la passion qui t'habite, la
passion que tu as mise autant à servir les tiens qu'à défendre des causes que tu prétendais justes et correctes dans ta
responsabilité. Il faut toujours regarder le chapeau qu'on porte. Tu
étais leader de l'opposition officielle et, comme leader, tu as défendu avec
acharnement... et tu connais le fonctionnement
de cette Assemblée comme le fond de ta poche. Alors, c'est clair qu'il n'y a
pas beaucoup de députés qui ne peuvent pas te rendre hommage pour ce que
tu as été.
dans la conclusion que j'avais à faire lorsque j'étais avec tes militants, j'avais dit — c'est
vraiment la conclusion : Tu es un vrai de vrai, un modèle unique. Bref, tu
es un personnage politique au Québec, c'est pourquoi je ne suis pas surpris que tu aies eu la confiance des tiens pendant 35
ans, mais principalement dû à deux choses fondamentales : ton enracinement dans le comté et ton ardeur à bien les représenter. Ne lâche pas, mais,
si ça te tente de regarder autre chose, là, gêne-toi pas.
Président : Merci, M.
le vice-président. Je vais maintenant inviter M. le leader du deuxième groupe d'opposition et député de Granby.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Je suis très honoré de prendre la parole sur cet
hommage en honneur de mon voisin de circonscription. On dit souvent que six mois en politique, c'est une éternité;
on peut imaginer 35 ans de vie politique active, 35 ans de règne, sans partage, sur le
comté de Brome-Missisquoi, qui n'ont réellement été menacés qu'une
seule fois, Pierre : en 2012, tu avais gagné par 303 voix.
Pierre,
je me souviens, le lendemain de l'élection de 2008, tu as été le premier à
m'appeler, j'avais gagné par 63 voix, tu
m'as dit : François, comment ça
va? Ouf! Ça ne va pas tellement
bien. Et là, avec ma petite expérience de 18 mois, je t'ai posé la question : Pierre, 63
voix, ça va-tu bien aller lors du recomptage judiciaire? Tu disais :
Inquiète-toi pas, François, c'est une grosse majorité. Tu m'as presque
rassuré. Et, une semaine plus tard, j'avais gagné sept voix.
Des voix : Ha,
ha, ha!
Bonnardel :
Merci, Pierre. Ce geste témoigne bien de qui est Pierre Paradis, un homme
attentionné et généreux qui, au-delà
de la joute parlementaire, porte un profond respect envers nos institutions et
tous les hommes et femmes qui les représentent.
Au cours de
toutes ces années, Pierre, tu as occupé un très large éventail de
responsabilités à l'Assemblée nationale, tu as été ministre, leader parlementaire du gouvernement, leader parlementaire
de l'opposition officielle, vice-président de commission, président de commission, membre d'à peu près toutes les
commissions parlementaires; tu n'as peut-être pas eu juste le poste de président à l'Assemblée nationale. La liste des
dossiers dont tu as été le ministre ou le porte-parole est très, très
longue, tellement longue que, si je la nommais toute, tu m'accuserais peut-être
de faire de l'obstruction parlementaire. Un mot nous vient en tête quand on
pense au député de Brome-Missisquoi : «persévérance».
Au cours de
ta carrière, tu auras connu des hauts et des bas, mais tu n'as jamais abandonné
ni reculé devant rien, faisant preuve d'un engagement et d'une
détermination exceptionnels. D'ailleurs, tu as fait un retour remarqué au Conseil des ministres en 2014, soit près de 20 ans
après l'avoir quitté en 1994. Il s'agit là certainement d'un record qui ne sera probablement jamais battu. Entre 1994 et
2003, Pierre, tu as marqué notre institution en étant un leader parlementaire
de l'opposition plutôt efficace, avec certains députés libéraux de l'époque,
dont l'actuel leader du gouvernement, Jacques
Dupuis, Thomas Mulcair. Vous formiez un groupe de choc redoutable que certains
auront nommé le «rat pack». Ce
qualitatif, même si un peu caricatural, rendait assez bien justice non
seulement à ton style, à l'efficacité, mais également au talent d'un grand parlementaire, de quoi
inspirer tous ceux qui vous ont et qui t'ont succédé. Vous avez d'ailleurs
repris là, Pierre, où vous aviez
laissé dans l'opposition, en 2012 et 2013, où votre influence s'est fait sentir
au sein de votre équipe, parce qu'un
certain chroniqueur du Devoir vous a même qualifié de mentor du «rat
pack» libéral. On vous soupçonne... et moi, je te soupçonne d'avoir
souri, peut-être rougi, en lisant l'article.
Pierre,
depuis 35 ans, tu as su inspirer plusieurs générations de députés, tu as laissé
ta marque dans notre Assemblée nationale.
Je te félicite pour toutes ces années au service de la population et de la
démocratie, au service de notre grande institution et au service du
Québec tout entier. Merci.
Le Président : Merci, M. le
leader du deuxième groupe d'opposition. J'inviterais maintenant M. le député de
Mercier à prendre la parole.
M. Khadir : Merci, M. le Président. C'est un
plaisir pour moi et un honneur également de participer à cet éloge de notre collègue de Brome-Missisquoi, d'autant
plus que ce genre d'occasion est une espèce de petit moment de paix, le temps d'une petite paix où, après toutes sortes
de débats qu'on a ici, parfois houleux, où on critique nos adversaires, bien, ça nous donne l'occasion de calmer un peu le jeu, de retrouver nos
esprits. Évidemment, on n'oublie pas nos doléances, nos critiques, mais on peut ensemble, d'un commun
accord, reconnaître ce qui doit être reconnu à sa juste valeur, et c'est
le cas du député de Brome-Missisquoi.
Évidemment,
il fut une époque où peut-être que le travail de notre député dans d'autres
fonctions aurait suscité les plus
violentes critiques si Québec
solidaire était à l'Assemblée nationale. Je ne veux pas rentrer dans le détail, mais il
peut deviner. Mais, depuis que moi, je le
connais à l'Assemblée nationale, c'est un ami que je retrouve de temps en temps, bon, lorsqu'il n'avait pas
de fonction ministérielle, au fond... enfin, dans le dernier wagon du train,
sur le dernier siège en arrière, ou
simplement dans le couloir, parce
qu'il partageait le même étage quand
j'étais rentré avec notre petite équipe, où il prenait le temps, de
temps en temps, de faire un arrêt, de nous saluer, de nous souhaiter bonne
chance, de nous donner quelques conseils, ce
qui faisait qu'avec le temps, bien, on s'accrochait à l'espoir d'une petite
confidence de nature politique, mais,
malheureusement, ça n'est jamais venu, en loyal député libéral qu'il est, mais
ce qui ne l'a pas empêché de nous
prodiguer quand même quelques bons conseils sur l'importance d'être... comme notre
collègue d'Abitibi-Témiscamingue l'a
mentionné, quelques bons conseils sur l'importance d'effectuer un bon travail
terrain, d'être appréciés de ses commettants en étant toujours à leur
service.
Donc, autrement dit, tout ça pour dire que le député de Brome-Missisquoi... on
pourrait faire plusieurs analogies, là, dans les choses qui s'améliorent avec le temps, mais moi, j'aime mieux
le tapis persan, hein? Vous savez que le tapis persan s'améliore avec le temps, prend de la valeur, et en fait, quelle
que soit l'adversité, il ne suffit pas... point besoin de le laisser à un endroit tranquille à l'abri de
la lumière comme d'autres choses, on peut le laisser au grand vent. Sous
les pas de l'adversité et, je dirais, de
l'abrasion du temps et des éléments, il prend encore plus de la valeur. Alors,
c'est un peu à l'image de notre collègue.
J'ai vu
dernièrement toute l'attention qu'il mettait — je voudrais conclure avec ça parce que
je pense que ça nous rejoint — dans son projet de loi à, disons, améliorer
la reconnaissance du statut juridique de l'animal. J'en parle parce que j'ai su d'un de mes collègues... enfin, d'un des
membres de mon bureau qu'il y a une époque qu'affectueusement il m'a
traité d'animal politique.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Khadir : Alors, j'en suis maintenant très
réconforté à l'idée que, dans le fond, nous sommes mieux protégés, mais, je dirais, «nous» parce que, s'il considère
que je suis un animal politique, je pense que lui aussi, il va être tout aussi
bien protégé par son projet de loi. Salut.
Le Président :
Merci, M. le député de Mercier. Peut-être auriez-vous un mot à dire. Sinon, je
conclurai après la conclusion de cette adoption.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Très brièvement, avec votre permission, M. le
Président.
Le Président :
Bien, je vais vous donner une permission, pour une fois.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Merci. Au doyen de l'Assemblée nationale, qui a
entamé sa 40e année : il faut le faire, parce que chaque année qui
s'ajoute, ça pèse en termes de responsabilités, ça ne diminue pas avec le
temps. M. le Président, vos 30 ans, j'en
parlerai ce soir à la petite réception; d'ailleurs, également, les 22
années — on en
célèbre 10 à l'Assemblée nationale — de notre collègue de
Verchères.
Trois conseils que tout le monde peut vivre dans
son quotidien — François
y est revenu à quelques reprises pendant son allocution : toujours demeurer la courroie de transmission des
besoins de la population de notre comté vers Québec et non l'inverse, c'est une garantie de longévité;
entourez-vous d'une équipe compétente et dévouée, autant au niveau de votre circonscription électorale qu'au niveau
de l'Assemblée nationale du Québec; respectez et appréciez les collègues,
même ceux et celles de l'opposition. À
chaque jour, «fais ce que dois» et, un jour, tu te retrouveras au paradis.
Merci.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Le Président :
Avant d'aller au paradis, est-ce que cette motion est adoptée?
Président : Adopté. Je dirais tout simplement deux mots. Le leader du gouvernement nous a
dit, à Stéphane, Pierre et moi-même,
que nous n'avions pas changé — alors,
je parlais surtout de Pierre — mais
c'est une façon comme une autre de
regarder quelqu'un. Toutes les photos
qu'on a prises pour les maquettes de l'Assemblée nationale depuis
35 ans, 12 ans ou 30 ans, on les a prises de face. Si on avait
commencé à regarder d'en arrière, on aurait remarqué qu'il y a eu beaucoup de changements, surtout beaucoup moins de
cheveux — oui, tu
peux te pencher encore un peu — et, dans ce cas-là, je pense qu'il y
a eu un changement assez important.
Deuxième
commentaire : 40 ans, 35 ans, 30 ans, quand on y pense, là,
puis la ministre de la Justice va certainement être d'accord avec moi... La plus grosse sentence qu'on peut avoir en
droit criminel au Canada, c'est 25 ans. On est rendus à 35, 30 et 40; pour moi, on a fait quelque chose
de pas mal grave. Félicitations, Pierre, pour les 35 ans de vie politique!
C'est un exploit extraordinaire que
peu — bien, à
part notre collègue ici — peuvent dire : Je l'ai déjà fait. Mais aussi, 10 ans, on a... quelques-uns d'entre nous
sont passés par ici, 10 ans. Quand on sait que, puis je le rappelle, la
moyenne de vie politique d'un député
au Québec depuis 225 ans, c'est 6,7 années de vie politique, alors
imaginez combien de vies vous avez vécues, messieurs. Merci beaucoup, à
la prochai