House Proceedings — 24 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-05-24
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bon mercredi. Vous pouvez vous asseoir.
Alors, nous débutons
nos travaux à la rubrique de déclarations de députés, et je cède la parole à
Mme la députée de Mirabel.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Oui. Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole
est à vous.
Mme Cadet : Mme la Présidente, aujourd'hui j'ai l'honneur de
vous parler des réalisations du Centre d'excellence en karaté du Québec,
situé dans ma circonscription de Bourassa-Sauvé.
Fondé
en 2018 à Montréal-Nord, il s'agit du seul et unique centre unisport en karaté
au Canada et du plus important groupe de sport-études en karaté au
Québec.
Sous
la direction de M. François Persico et le travail dévoué de sa belle
équipe d'entraîneurs, nos jeunes athlètes ont récolté la moitié des médailles gagnées par le Québec durant les
Jeux du Canada, en février dernier, dont la seule médaille d'or
décrochée par tout le Québec.
Je tiens à féliciter
Anton Gurin, récipiendaire de la médaille d'or, Maroua Mokdad, Mohamed
Cherif Ilbouche et Abdessalam Kerdoussi.
Vous avez fait briller le nom de Montréal-Nord à travers le Canada et tout le
Québec et vous êtes une source de
fierté et d'inspiration pour tous les jeunes de Montréal-Nord. Bon succès dans
tout ce que vous entreprendrez!
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole au prochain
intervenant. M. le député de Vanier-Les Rivières, la parole est à vous.
M. Asselin : Merci, Mme la Présidente. C'est avec beaucoup
d'émotion que je me lève aujourd'hui pour vous parler de l'inauguration
d'une classe extérieure à l'école Notre-Dame-du-Canada. Ça aura lieu le
12 juin prochain.
L'idée
d'une telle classe est venue au printemps 2022, alors que
Mme Catherine Bilodeau, enseignante de première année à cette école, a tragiquement perdu la vie
dans un accident de voiture. Afin de lui rendre hommage, le conseil
d'établissement a décidé de
planter un arbre sur le terrain de l'école, chose qui a été réalisée à
l'automne, en présence des élèves de Mme Bilodeau.
De fil en aiguille, le projet a pris de l'ampleur, et c'est ainsi que je me
rendrai, le 12 juin, inaugurer une plaque commémorative en présence
d'autres dignitaires de la ville de Québec et du personnel de l'école.
veux souligner la participation des étudiants du CFP Fierbourg qui ont procédé
à l'aménagement. Et je voudrais souligner la présence de
Mme D'Ascola, qui est la directrice de l'école, et d'une délégation.
Alors, je veux quand
même souhaiter bonne chance, beaucoup de succès à cette classe extérieure.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente.
J'ai l'honneur d'annoncer en cette Chambre que l'équipe de Génies en herbe d'une école publique de ma
circonscription s'est rendue en grande finale provinciale la fin de semaine
dernière.
Oui, oui, l'équipe de
Génies en herbe de secondaire V de l'école Père-Marquette avait auparavant
remporté la division Montréal avec une
saison parfaite, parfaite de 18 victoires, aucune défaite. C'est
remarquable, particulièrement pour une école qui n'avait même pas de
programme de Génies en herbe il y a trois ans.
Je veux donc féliciter les
herbogénistes Honoré Cassou, qui est membre du top 30 des meilleurs
compteurs de la province, Félix
Larose, Antoine Vallée, Sacha Beaumont, sans oublier Mathias Paradis-Fournier,
qui est en secondaire V et qui a
été le meilleur compteur de la saison dans sa division. C'est d'ailleurs le
seul étudiant du réseau public d'éducation à être dans le top 15 au
Québec.
Messieurs
de Gouin, vous faites la fierté de notre circonscription et du réseau public
d'éducation. Je vous donne toutes mes félicitations.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Merci, M. le député. Mme la députée de... voyons, d'Anjou—Louis-Riel, la parole est à vous.
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, je tiens à saluer
la riche contribution de Marcel Brouillard,
décédé le 12 avril dernier, à l'âge de 92 ans, alors qu'il habitait
depuis plusieurs années Le Chez-Nous des artistes dans ma
circonscription.
journaliste à écrivain, d'imprésario à chroniqueur et aussi conférencier,
M. Brouillard a fait état d'une feuille de route fort
impressionnante. Entre autres, en 1963, il devint directeur des
Publications Péladeau, aujourd'hui Québecor Média. Chroniqueur pour Le Journal
de Montréal et Le Devoir , au début des années 70, il mit sur
pied les Éditions populaires et y publia
plusieurs livres. Durant les années 90, il publia une dizaine d'ouvrages
touchant le monde du spectacle, en particulier celui de la chanson
francophone. On lui doit quelques ouvrages, d'ailleurs, sur Félix Leclerc.
Nommé
chevalier de l'ordre de la plénière en 2006, Yves Duteil écrivit sur Marcel
Brouillard : «Vos livres constituent une véritable mosaïque de
références, on y sent toute une vie de passion consacrée à la [musique].»
Alors, M. Brouillard,
merci. Votre présence parmi nous nous a fait honneur dans le comté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente. Le mois de mai est le
mois de l'héritage juif au Canada, et, en tant que membre de la communauté juive et députée de la
circonscription qui compte la plus forte concentration de résidents juifs au
Québec, je suis fière de l'impact positif et
profond que des institutions de mon comté comme l'Hôpital général juif, le
Centre des arts Segal et le centre communautaire alimentaire Mada ont
sur la société québécoise.
mois de l'héritage juif nous donne l'occasion de découvrir les contributions
positives que la communauté juive et
ses institutions ont eu sur la société québécoise, que ce soit dans les
domaines de la médecine, du droit, des arts, du milieu académique, de la
culture, de l'organisation communautaire, des affaires et de la philanthropie.
Jewish
Heritage Month is the opportunity for us to learn, share, and celebrate all the
positive impacts that the Jewish community has had within Canada and Québec.
C'est
l'occasion de partager notre histoire et notre culture avec tous. Face à la
montée d'actes antisémitiques à Montréal, il
faut que nous poursuivions le dialogue et le soutien que la communauté juive a
toujours ressenti au Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Nous poursuivons avec Mme la députée de Châteauguay.
Mme Gendron :
Merci, Mme la Présidente. Samedi dernier, j'étais invitée à assister à la
cérémonie de revue annuelle du Corps de
cadets 2972 Mercier, une cérémonie très protocolaire, haute en émotions
pour les jeunes et les parents.
Tout au long de leur
parcours, les jeunes ont développé des habiletés qui leur permettent de
naviguer le monde fascinant dans lequel nous
vivons. Les expériences qu'ils ont vécues leur ont fait découvrir des intérêts
et des passions tout en bonifiant leur culture générale.
Félicitations
aux cadets pour leurs prix et leurs accomplissements! Je tiens à souligner
également le travail colossal et
essentiel des parents bénévoles qui rendent le tout possible. Félicitations à
tous les jeunes de continuer de s'impliquer dans la vie communautaire de leur ville et de propager les bonnes habitudes
de vie et de comportement citoyen. Félicitations à tous les jeunes!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Dionne : Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière
avait lieu la 23e édition du festival Le Tremplin de Dégelis. Cet
événement rassembleur participe à la notoriété du Témiscouata mais de tout le
Québec en soulignant le savoir-faire de
notre industrie culturelle. C'est une vitrine incontournable pour la relève de
la chanson francophone et de l'humour d'ici, et ça se passe chez nous,
au Témiscouata.
Je tiens à
féliciter les organisateurs et la centaine de bénévoles qui ont travaillé très
fort pour présenter cet événement de
qualité. Dernièrement, j'ai eu l'honneur de remettre à notre président,
Christian Ouellet, et notre charmante et dévouée Chantal St-Laurent, directrice, le prix Bénévolat-Québec, à l'Assemblée
nationale, une reconnaissance bien méritée quand on constate toute la
mobilisation de nombreux bénévoles qui ont à coeur Le Tremplin et qui
reviennent année après année. Mention spéciale également à Mme France Lavoie,
fondatrice du festival.
Au nom de tous les Témiscouatains, je vous dis
merci et bravo.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Mme la députée d'Iberville, la parole est à vous.
Mme Bogemans : Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
Le territoire
d'Iberville est desservi par trois secteurs de l'AQDR, dont les grands rôles
sont la défense, la protection et la promotion des droits des personnes
aînées. Ces associations organisent multiples activités, telles que des dîners-causeries, des cafés-rencontres, des conférences
et des formations, afin de permettre aux aînés de conserver une vie sociale
et un sentiment de pleine capacité sur leur
vie et de leur évolution, tout en s'informant sur leurs droits. Comme nous,
tous ces secteurs croient à la
nécessité que nos aînés aient un revenu décent, un logement convenable, un
accès aux services et aux soins de santé quand ils en ont besoin, ainsi que les
moyens de transport collectif adaptés à une clientèle plus âgée.
De la part
des aînés de notre comté et de nous tous, merci d'être là, pour l'AQDR, secteur
Monts et rivières, Forts et jardins,
AQDR de Granby, de représenter les gens de chez nous en mettant des outils et
des activités à disposition pour la recherche du bien commun, du respect
et de la dignité des personnes âgées. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Je cède la parole à M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Merci, Mme la
Présidente.
Aujourd'hui,
je veux profiter de cette tribune pour souligner le 35e anniversaire d'un
organisme qui répond aux besoins grandissants de notre collectivité. Je
parle de Moisson Laurentides.
Connu
initialement sous le nom de Moisson Basses-Laurentides, c'est en 1987 que cet
organisme voit le jour, lorsque quelques organismes communautaires ont
voulu se donner un outil permettant d'offrir un dépannage alimentaire aux
personnes en difficulté. Ayant obtenu la modification demandée à sa charte pour
Moisson Laurentides en 2005, établi à
Blainville, il voit son territoire s'étendre du nord au sud, entre Ferme-Neuve
et la rivière des Mille Îles, et de l'est à l'ouest, entre
Lachenaie et Grenville-sur-la-Rouge, couvrant ainsi 10 municipalités
régionales de comté. Membre de Banques alimentaires
du Canada et Québec, doté d'installations modernes adaptées aux besoins et
réalités depuis 2020, ce sont près de
20 000 personnes qui sont aidées chaque mois, dont le tiers sont des
enfants, grâce à 113 organismes approvisionnés par Moisson
Laurentides.
En tant que
député de Blainville, permettez-moi de remercier le C.A. et la directrice
générale, Mme Annie Bélanger, et toute son équipe pour le
dévouement exceptionnel envers notre communauté. Merci de faire la différence
pour nos familles. Bon 35e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. M. le député de Chapleau, la parole est à vous.
Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je me lève
aujourd'hui au salon bleu afin de souligner la présence de près d'une
quarantaine de jeunes dynamiques de Radio jeunesse à l'Assemblée nationale du Québec. Ils sont venus à
la rencontre des élus et ils feront des entrevues tout au long de la journée
qui seront diffusées sur les ondes du 1670 AM, à Gatineau, en
réseau avec 14 radios Web du Québec.
la Présidente, Radio jeunesse, c'est un organisme basé depuis 2005 à La Maison
de la culture de Gatineau, en plein
coeur de mon comté de Chapleau, en Outaouais. L'organisme offre une plateforme
médiatique aux jeunes où ils peuvent s'initier
à la radio et s'exprimer librement. L'objectif, c'est de laisser libre cours à
la créativité de la jeunesse de l'Outaouais tout en prônant l'importance
de la langue française.
Radio
jeunesse a pris de l'expansion et compte maintenant 15 stations radio Web
dans plusieurs écoles secondaires à travers le Québec. Cette radio par
et pour les jeunes permet à des centaines d'étudiants québécois de développer
leurs compétences en communication. Chaque
mois, ils produisent une émission et réalisent des entrevues avec des
personnalités québécoises.
Félicitations
pour votre implication! Vous êtes la relève médiatique québécoise et vous
pouvez en être très, très fiers. Bravo!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, Mme la députée de Champlain, la parole est à vous.
Mme LeBel : Merci, Mme la Présidente. C'est vraiment un
bonheur pour moi d'avoir l'occasion de souligner la magnifique performance de
la troupe de danse Conversion à l'émission Canada's Got Talent . En
effet, ils ont remporté la deuxième
saison en éblouissant le public et les juges grâce à un numéro de danse
inoubliable lors de la finale du 16 mai dernier.
Conversion,
Mme la Présidente, c'est une troupe du studio District 5, qui est situé au
Cap-de-la-Madeleine, dans ma
circonscription, mais c'est aussi 37 jeunes danseurs qui ont mis tout leur
talent, leur coeur et leur énergie dans cette aventure extraordinaire.
Ils sont la fierté de la Mauricie. Ils sont la fierté de tout le Québec.
ne peux pas passer sous silence, Mme la Présidente, le grand talent de Vincent
Desjardins, qui est le propriétaire de l'école, leur professeur, le
chorégraphe qui a su nous émouvoir par ses chorégraphies au style évocateur.
Mais
l'aventure ne s'arrête pas là pour eux. Les danseurs vont poursuivre leur
ascension en participant bientôt à un événement qui est produit par America's
Got Talent à Las Vegas.
Cette
histoire nous démontre, Mme la Présidente, que poursuivre nos rêves peut nous
mener très loin. Encore bravo!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Pour conclure cette rubrique, je
cède la parole à Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Merci, Mme la Présidente. C'est avec grand enthousiasme que mes collègues
députés de Les Plaines et de Repentigny se
joignent à moi afin de féliciter quatre étudiantes récipiendaires des premières
places de la 16e édition du
championnat des débats d'élèves du centre de services scolaire de la
Rivière-du-Nord, le 12 avril dernier, à Mirabel.
Certaines
présentes aujourd'hui dans nos tribunes. Saluons Doria, Catalina, Riham et Rym.
Elles ont pu nous démontrer tout leur
talent de débatteuses et la profondeur de leur esprit et de leurs opinions sur
des sujets précis et complexes.
Apprendre à se
questionner et à questionner les autres permet d'évoluer des idées et de la
réflexion. C'est d'ailleurs ce que nous faisons tous les jours ici, au salon
bleu.
Alors,
Mme la Présidente, encore une fois, permettez-moi de féliciter toutes les
gagnantes de ce concours. Bravo!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Ceci met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde.
Distingués invités, messieurs dames les députés, nous allons nous recueillir
quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : ...s'il vous plaît.
La Présidente :
À l'article a du feuilleton,
M. le ministre délégué à l'Économie présente le projet de loi n° 17, Loi
modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif. M. le ministre.
M. Skeete : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi,
en premier lieu, de souligner la présence dans nos tribunes de François Vincent, vice-président pour le Québec à la
FCEI et coprésident du Comité-conseil sur l'allègement réglementaire et
administratif du gouvernement du Québec.
me fait plaisir, aujourd'hui, de vous présenter ce projet de loi, qui prévoit
diverses dispositions ayant principalement pour but d'alléger le fardeau
réglementaire et administratif des entreprises.
projet de loi allège différentes dispositions comme les boissons alcooliques,
notamment en éliminant le permis de
livraison, en permettant aux transports publics d'entreposer et de transporter
des boissons alcooliques et en autorisant les titulaires de permis de restaurant à servir ou à vendre, pour emporter
ou pour livrer, des boissons alcooliques à base d'alcool ou de spiritueux définies par le règlement. Il
définit la fréquence de production de rapports par les titulaires de permis de
production artisanale, simplifie les dispositions relatives aux autocollants
qu'ils doivent apposer sur... pardon, apposer et leur permet d'utiliser les
matières premières d'un autre producteur en cas de force majeure. Il prévoit
également des assouplissements se rapportant à la dégustation des boissons
alcooliques ou de marquage de leurs contenants.
ailleurs, le projet de loi prescrit le paiement d'une majoration déterminée par
la Société des alcools du Québec pour la vente des vins produits par les
titulaires de permis de la production artisanale aux titulaires de permis
d'épicerie. Il limite la quantité de
l'alcool et des spiritueux artisanaux fabriqués à partir de grains de céréales,
de pommes de terre ou de lactosérum
qui peut être vendue annuellement. Il modifie différentes dispositions
relatives aux inspections et aux enquêtes et élargit le régime de
sanctions administratives pécuniaires prévu par la
Loi sur la Société des
alcools du Québec.
plus, le projet de loi abolit l'ensemble des normes spécifiques aux concours
publicitaires, y compris celle imposant le paiement de droits à la Régie
des alcools, des courses et des jeux pour la tenue de tels concours.
Le projet de loi favorise l'harmonisation des
normes applicables au Québec en matière de construction et de sécurité des bâtiments. À cette fin, il modifie la
Loi sur
le bâtiment notamment pour garantir que seules les normes les plus exigeantes
puissent être adoptées par les municipalités en ces matières et pour
uniformiser l'application de certaines dispositions portant sur la sécurité du public. Il accorde à la Régie du bâtiment du
Québec le pouvoir de déterminer, par règlement, les pouvoirs que peuvent exercer les municipalités
pour vérifier l'application des normes prévues au Code de construction et au
Code de sécurité sur leur territoire ainsi
que les municipalités qui doivent vérifier l'application de telles mesures...
pardon, de telles normes dans certains cas.
projet de loi modifie certaines exigences relatives au nom des entreprises et
met fin à l'obligation visant certains employeurs de produire une
déclaration annuelle des activités de formation admissibles.
Le projet de loi
modifie la
Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier pour accorder
au ministre responsable de l'application de
cette loi le pouvoir de suspendre le droit conféré par la garantie
d'approvisionnement d'un bénéficiaire dont l'usine a cessé ses activités
depuis plus de six mois et pour habiliter le bureau de la mise en marché du bois à évaluer la valeur des dépenses des
protections et de mise en valeur admissibles. Il modifie également la
Loi sur
les mines pour permettre la prolongation des
baux non exclusifs pour l'exploitation des substances minérales de surface.
projet de loi modifie également des lois du domaine municipal, notamment en ce
qui trait au budget, au programme triennal
d'immobilisations, à la vérification des états financiers et aux contrats ayant
pour objet l'amélioration du rendement énergétique d'équipements et
d'infrastructures.
projet de loi apporte des modifications en matière de publicité des droits,
plus particulièrement pour réduire le délai de publication pour rendre
certains droits opposables au tiers.
projet de loi élimine certaines formalités relatives à différents permis,
principalement en retirant l'exigence de renouvellement pour les permis
d'agence de placement de personnel, d'agence de recrutement de travailleurs
étrangers temporaires et de service de référence de main-d'oeuvre dans
l'industrie de construction.
Le projet de loi
modifie la
Loi sur les contrats des organismes publics relativement à la
déclaration d'intégrité.
Enfin, le projet de
loi apporte des modifications de concordance et contient des dispositions
transitoires.
Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
Présidente : Je reconnais... Alors, est-ce que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet de loi? Adopté. Oui, là, je reconnais le leader de
l'opposition officielle.
Derraji : Bien sûr, Mme la Présidente, nous souhaitons la tenue de consultations
particulières afin d'étudier ce projet de loi. Merci.
Présidente : Maintenant, à la rubrique Dépôt de documents, M. le
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Permettez-moi de déposer
le rapport annuel 2022 de l'Organisme d'autoréglementation du
courtage immobilier du Québec. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente.
Je dépose la réponse à la question inscrite le 5 avril 2023 par le député
de Laurier-Dorion.
Présidente : Ce document est déposé.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de la santé et des services sociaux et député de Beauce-Nord.
M. Provençal : Mme la Présidente, je
dépose le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux qui, les 19 et 20 avril ainsi que les 9, 10,
11 et 23 mai, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le
projet de loi n° 15, Loi
visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 23 650 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
le récent drame survenu à Louiseville où une agente de la Sûreté du Québec a
perdu la vie dans le cadre d'une arrestation policière d'une personne en
état de crise;
«Considérant
que le nombre de drames horribles impliquant des personnes dont l'état mental
est perturbé — PEMP — est
en nette augmentation depuis quelques
années, laissant ainsi dans leur sillage la mort d'enfants, de mères, de pères
ou de grands-parents, et des familles endeuillées;
«Considérant que le
nombre d'appels aux policiers pour qu'ils interviennent pour une PEMP
potentiellement violente est également en augmentation depuis 2018, soit plus
de 35 % seulement pour la Sûreté du Québec;
«Considérant
que les [policiers] et [policières] du Québec doivent être tenus informés avant
leur intervention de la présence sur leur territoire d'une PEMP
potentiellement violente;
«Considérant
qu'il est important et urgent d'intervenir afin de mieux encadrer ces personnes
lors de leur remise en liberté, de même que les décisions de la Commission
d'examen des troubles mentaux du Québec — CETMQ — afin
que la sécurité du public soit davantage prise en compte;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'établir un
protocole entre les différents ministères concernés, afin que la présence de
PEMP potentiellement violentes sur un
territoire donné soit connue par les autorités policières et qu'il y ait un
meilleur encadrement de ces personnes lors de leur remise en liberté;
demander au gouvernement du Canada d'entreprendre une révision législative des
critères de décision de la CETMQ afin de mieux assurer la sécurité de la
population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 6 500... — voyons! — 5 632 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, près de 26 ans après l'adoption de la
Loi sur l'équité salariale,
l'écart horaire moyen entre les salaires des femmes et des hommes est
encore d'environ 10 %;
«Considérant
que, dans le réseau de la santé et des services sociaux, des plaintes pour le
règlement du maintien de l'équité
salariale ne sont toujours pas réglées, et ce, pour plusieurs titres d'emploi,
notamment dans le secteur bureau et de l'administration;
«Considérant
que les tâches et responsabilités liées aux titres d'emploi visés par ces
plaintes ont grandement évolué au cours des dernières années et que le
Conseil du trésor n'a pas tenu compte de ces changements;
«Considérant
que cette situation porte atteinte et préjudice à des travailleuses du réseau,
et ce, depuis plus de 12 ans;
«Considérant
qu'il y a urgence d'agir pour éliminer toute discrimination salariale,
particulièrement dans un contexte difficile en ce qui a trait à
l'attraction et la rétention du personnel;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de régler dès maintenant les
plaintes de maintien de l'équité
salariale afin de mettre fin à cette injustice et de reconnaître un juste
salaire au personnel de bureau et de l'administration du réseau de la
santé et des services sociaux.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est
déposé. J'ai reçu une demande de M. le député de Maskinongé pour la
présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la
présentation de cette pétition? Consentement. M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 350 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
le récent drame survenu à Louiseville où une agente de la Sûreté du Québec a
perdu la vie dans le cadre d'une arrestation policière d'une personne en
état de crise;
«Considérant
que le nombre de drames horribles impliquant des personnes dont l'état mental
est perturbé — PEMP — est en
nette augmentation depuis quelques années, laissant ainsi dans le sillage la
mort d'enfants, de mères, de pères [et] de grands-parents, et des
familles endeuillées;
«Considérant
que le nombre d'appels aux policiers pour qu'ils interviennent pour une PEMP
potentiellement violente est également en augmentation depuis 2018, soit
plus de 35 % seulement pour la Sûreté du Québec;
«Considérant
que les [policiers] et [policières] du Québec doivent être tenus informés avant
leur intervention de la présence sur leur territoire d'une PEMP
potentiellement violente;
«Considérant
qu'il est important et urgent d'intervenir afin de mieux encadrer ces personnes
lors de leur remise en liberté, de
même que les décisions de la Commission d'examen des troubles mentaux du Québec — CETMQ — afin que la sécurité publique soit
davantage prise en compte;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'établir un
protocole entre les différents ministères concernés, afin que la présence de
PEMP potentiellement violentes sur un territoire donné soit connue par les
autorités policières et qu'il y ait un meilleur encadrement de ces personnes
lors de leur remise en liberté;
demander au gouvernement du Canada d'entreprendre une révision législative des
critères de décision de la CETMQ afin de mieux assurer la sécurité de la
population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est
déposé. Et j'ai reçu une demande de Mme la députée de Sherbrooke pour la
présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la
présentation de cette pétition?
Des voix :
Consentement.
La Présidente :
Consentement. Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
2 936 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, près de 26 ans après l'adoption de la
Loi sur l'équité salariale, l'écart
horaire moyen entre les salaires des femmes et des hommes est encore
d'environ 10 %;
«Considérant
que, dans le réseau de la santé et des services sociaux, des plaintes pour le
règlement du maintien de l'équité
salariale ne sont toujours pas réglées, et ce, pour plusieurs titres d'emploi
notamment dans le secteur bureau et de l'administration;
«Considérant
que les tâches et responsabilités liées aux titres d'emploi visés par ces
plaintes ont grandement évolué au cours des dernières années et que le Conseil
du trésor n'a pas tenu compte de ces changements;
«Considérant
que cette situation porte atteinte et préjudice à des travailleuses du réseau,
et ce, depuis plus de 12 ans;
«Considérant
qu'il y a urgence d'agir pour éliminer toute discrimination salariale,
particulièrement dans un contexte difficile en ce qui a trait à
l'attraction et la rétention du personnel;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de régler dès maintenant les
plaintes de maintien de l'équité
salariale afin de mettre fin à cette injustice et de reconnaître un juste
salaire au personnel de bureau et de l'administration du réseau de la
santé et des services sociaux.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole, en question principale, au député de Pontiac.
M. Fortin : Mme
la Présidente, hier, après six jours de consultations, le ministre de la Santé
a mis fin aux audiences sur son
projet de loi mammouth, sur sa réforme de gouvernance du réseau de la santé,
six jours, et ce, même si 55 groupes demandaient de continuer juste
une petite affaire le processus de consultation. Mais, ceux qui sont venus, Mme
la Présidente, qu'est-ce qu'ils nous ont
dit? Que le statu quo ne pouvait pas continuer. Évidemment, il n'y a pas un
Québécois qui est pleinement d'accord ou pleinement satisfait du réseau
de la santé. Mais groupe après groupe nous a dit qu'il ne voyait pas comment le projet de loi améliore les
soins de santé, parce que le plus gros enjeu, en matière de soins de santé,
il est ignoré dans le projet de loi, c'est-à-dire la main-d'oeuvre.
la Présidente, on perd, au net, 10 000 employés du réseau de la santé
à chaque année. Nos ambulanciers sont en
bris de service répétés par manque de main-d'oeuvre. Les travailleurs sociaux
sont en manque dans chaque région parce que le gouvernement refuse d'en
former davantage.
Quand
est-ce qu'on va regarder la réalité en face puis se dire qu'on ne peut pas
ignorer le plus gros problème dans le réseau de la santé?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Bien,
Mme la Présidente, je pense qu'il y a plusieurs choses qu'on s'entend, avec les
membres de l'opposition, mais c'est sûr
qu'on ne s'entend pas sur tout. Et il y a une chose qui est très claire, où on
s'entend, c'est qu'il y a un grand manque de main-d'oeuvre. Puis ça,
tout le monde le reconnaît.
Mais
le projet de loi n° 15, je l'ai dit et je vais le répéter, n'est pas la
seule action du gouvernement pour régler le problème de main-d'oeuvre. On a un enjeu majeur avec nos conventions
collectives, on doit les simplifier, on doit donner des meilleures conditions, et c'est ce que ma
collègue au Trésor fait présentement. Le projet de loi n° 15, pour sa
part, travaille sur d'autres aspects, gestion de proximité, pour qu'entre
autres nos employés soient dans un meilleur environnement de travail.
Alors, il faut faire la différence entre ce qu'on fait avec le projet de loi
n° 15 et ce qu'on fait avec nos autres initiatives.
Alors,
hier, je pense qu'on a conclu une quarantaine de rencontres, il y a à
peu près plus de 100 mémoires qui ont été déposés, ce qui veut dire qu'il y a un momentum important non
seulement de tous les partenaires du réseau de santé à vouloir apporter
une bonification au projet de loi... Moi, je trouve ça très encourageant, Mme
la Présidente...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...parce
qu'on va être capables d'arriver avec un projet de loi intéressant.
Présidente : Première complémentaire.
Fortin : Avez-vous entendu un plan sur la main-d'oeuvre,
Mme la Présidente? La réalité, là, c'est que l'Ontario, cette année, a attiré tellement d'infirmières que
la moitié viennent de l'étranger. Le ministre, lui, veut en attirer 600. 600,
là, ça veut dire à peine une
trentaine pour des régions comme l'Outaouais, l'Estrie, la Mauricie. La
réalité, c'est que l'Ontario vient
recruter nos infirmières, puis le Nouveau-Brunswick aussi, puis nous, on reste
les bras croisés pendant ce temps-là. Parti
comme c'est là, l'été va être long. Les gens sont mieux de s'amener un panier à
pique-nique, à l'urgence, avec déjeuner, dîner, souper, parce qu'ils
vont attendre longtemps.
La Présidente : La réponse du
ministre.
Dubé : Bien, écoutez, on peut en rire, là, mais moi, je
prends ça très au sérieux, ce qu'on est en train de faire. Je regarde, par exemple, ce qu'on a décidé de
faire sur la main-d'oeuvre, juste, par exemple, le projet de loi n° 10, qui nous a permis de
mettre un frein, par exemple, à la main-d'oeuvre indépendante, je pense aussi
que c'est une action très importante qui
a été faite dans les dernières semaines. Je regarde tout le programme de
bourses qu'on vient de faire avec nos préposés aux bénéficiaires, juste à
titre d'exemple, on vise à
aller chercher, cette année seulement, comme on l'avait fait en 2020, plus
de 5 000 préposés aux
bénéficiaires. Je pense que ce sont des actions très concrètes qui vont nous
permettre, pas comme ça...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...mais dans les prochains
jours, dans les prochaines semaines, de faire une différence.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Fortin : Prenons juste une région, Mme la Présidente,
l'Estrie, où c'est enjeu par-dessus enjeu. Dans le prochain mois et demi, là, il y a 5 100 quarts de
travail qui vont être à découvert juste pour les infirmières et les préposés,
puis ça va être la même chose au mois
de juillet puis la même chose au mois d'août. Pendant ce temps-là, il y a des
cadres qui quittent le navire les uns après les autres parce que le climat de
travail y est invivable. Ce n'est pas compliqué, Mme la Présidente, il y
a presque autant de départs au CIUSSS de l'Estrie qu'au ministère de la
Cybersécurité.
Comment le
ministre de la Santé peut nous dire qu'il n'y a pas d'enjeu au CIUSSS de
l'Estrie, que tout va bien?
La Présidente : M. le ministre.
Dubé : Bien, écoutez, premièrement, je n'ai pas dit
que... je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas d'enjeu. Je pense que ce qu'on a, c'est qu'on a des très bons P.D.G.
qui sont en train de faire un changement de culture, qui sont, en ce moment,
en train de demander aux employés, aux
gestionnaires de se rapprocher du terrain pour changer cette culture-là. Et je
pense que ce qui est arrivé...
Le même député me reprochait ce qui se passait
au centre de la Montérégie... pas de la Montérégie, mais au Centre-du-Québec,
Mauricie—Centre-du-Québec.
Il y a une grosse amélioration, depuis quelques semaines, dans les communications entre le P.D.G... On va faire la
même chose, on va suivre la situation de très proche, de ce qui se passe à
Sherbrooke.
Mme la Présidente, on est en train de changer la
culture du réseau de la santé.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Ça ne se fait pas
rapidement, mais ça se fait de la bonne façon. Merci beaucoup.
La Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de D'Arcy-McGee. La parole est à vous.
Prass : Merci, Mme la Présidente. J'ai deux enfants, et
mon plus grand souci, c'est que mes enfants soient heureux. Le pire cauchemar de tous les parents,
c'est de voir leurs enfants en détresse et ne pas recevoir l'aide dont ils ont
besoin rapidement.
Dans les trois dernières années, les parents et
proches de plus de 200 jeunes de moins de 25 ans ont été forcés
d'affronter une atroce douleur, la perte d'un enfant qui s'est enlevé la vie.
C'est une énorme tragédie. La détresse des jeunes est en hausse, et plusieurs de ces récents
suicides ont soulevé d'importantes lacunes dans l'accès aux soins en santé
mentale. Mme la Présidente, 53 % de ces
jeunes qui se sont enlevé la vie étaient connus pour des idées suicidaires ou
avaient déjà consulté pour des
problèmes de santé. Il est impératif d'agir maintenant pour protéger notre
jeunesse et pour fournir plus de soutien et de services en santé mentale
au moment où ces jeunes en ont vraiment besoin.
Quel est le plan du ministre des Services
sociaux, car, clairement, ce qui est en place ne suffit pas?
La Présidente : M. le ministre
responsable des Services sociaux.
Carmant : Bien, merci, Mme la Présidente. Je remercie la
députée de D'Arcy-McGee pour sa question et je joins ma voix à la sienne
pour dire qu'un suicide, c'est toujours un suicide de trop.
Maintenant,
je suis sûr qu'elle connaît les chiffres, comme la plupart d'entre nous aussi
devraient le savoir, que le taux de suicide, actuellement, au Québec,
est au plus bas qu'il ait jamais été, incluant au niveau des adolescents.
Donc, est-ce
qu'on dit qu'on fait un bon travail? Non, on ne dit pas ça. Nous, ce qu'on
fait, on se retrousse les manches puis
on continue le travail. Qu'est-ce que c'est, le travail? On fait de la
prévention, de la promotion de la santé mentale dans les écoles. Je vous ai promis qu'on allait
travailler sur l'améliorer, on est en train de travailler avec les différentes
régions pour améliorer le service. On
inaugure des services sans rendez-vous pour nos adolescents. On est rendus...
J'ai inauguré la 19e Aire ouverte cette semaine à Joliette avec le député.
On va continuer à en ouvrir d'autres dans toutes les régions du Québec, parce que c'est ça que les jeunes nous
demandent, du service sans rendez-vous : Quand je cogne à la porte, je
veux une réponse. Puis c'est ça qu'on est en train de mettre partout au
Québec, Mme la Présidente.
Ensuite, il faut améliorer les services de
crise. Je l'ai dit, il faut que, si on se présente à l'urgence, on soit bien
accueilli. Donc, on va mettre des guichets pour les...
La Présidente : En terminant.
M. Carmant : ...en santé mentale
dans toutes les urgences du Québec. On continue, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Prass : Mme la Présidente, je me lève aujourd'hui pour
vous parler de cas réels, pour ces jeunes adolescents aux prises avec des pensées suicidaires qui ont
passé six jours dans une urgence psychiatrique avec des adultes en crise, et parfois menottés, faute de place dans le centre
de pédopsychiatrie Sacré-Coeur. Le système laisse tomber ces jeunes. Ils
sont carrément abandonnés par le système.
Le ministre
peut continuer de me parler de ses plans, qui ne marchent clairement pas, mais
que va-t-il faire pour répondre aujourd'hui aux familles de ces jeunes
qui ont été complètement abandonnées par le système?
La Présidente : M. le ministre.
Carmant : Je ne suis pas d'accord que le plan ne marche
clairement pas, puisque le résultat, c'est que, dans la dernière année, on a abaissé la liste d'attente
jeunesse de 15 %, Mme la Présidente, c'est significatif, malgré une
augmentation de la demande très importante.
La situation
qu'elle déclare, qu'elle nous rapporte, c'est évidemment exceptionnel puis
vraiment pas désirable, mais je pense qu'ici il faut dire que les médecins, les
équipes traitantes ont décidé de garder ces enfants-là parce qu'ils en avaient
besoin, ils les ont gardés pour sauver la
vie de ces enfants-là, on ne peut pas se plaindre de ça, Mme la Présidente.
Donc, on regarde pour s'assurer que
ça ne se reproduise pas, mais laissons les soignants soigner et occupons-nous
de nos enfants de façon appropriée.
La Présidente : En terminant.
M. Carmant : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Prass : Mme la Présidente, six
jours, c'est longtemps pour ne pas trouver une... aller en psychothérapie.
Lors des consultations sur le projet de loi
n° 15, plusieurs groupes se sont exprimés pour dénoncer le manque d'attention sur les dossiers en services sociaux
tels que la santé mentale. Mme la Présidente, figurez-vous que, tout au long
des presque 2 000 articles du
projet de loi n° 15, zéro fois on mentionne l'autisme, zéro fois on
mentionne la santé mentale. On mentionne le handicap uniquement pour faire
référence à des lois. Aujourd'hui, plusieurs groupes oeuvrant en services
sociaux dénoncent qu'ils n'ont même pas été invités aux consultations.
Présidente : M. le ministre.
M. Carmant : Merci, Mme la Présidente.
Je pense qu'après l'enjeu de 2015, là, puis la loi n° 10,
les services sociaux ont été en stress post-traumatique, là, puis ils ont... ils
sont inquiets du changement. Mais on leur a dit qu'on pensait aux services
sociaux. Premièrement, on met un
directeur des services sociaux dans tous les établissements et à Santé Québec.
Ça, ça n'existe pas actuellement. On
met un conseil pour les services sociaux qui sera sur le même pied que le
conseil des médecins, que le conseil des infirmières. Ça, c'est tout un gain, Mme la Présidente. Et on va faire
la même chose dans chacun des établissements du Québec.
Présidente : En terminant.
M. Carmant : Mon
collègue, il a pensé aux services sociaux. Je l'en remercie.
La Présidente :
Pas de commentaire après les
réponses. En question principale, je reconnais la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la Présidente. Alors, le 30 mars
dernier, je demandais à la ministre des Aînés si elle pouvait s'engager
au nom du gouvernement à ce que les personnes aînées hébergées en CHSLD et en
maison des aînés bénéficient du même ratio
personnel-patients. Elle avait répondu qu'elle ne voulait pas parler de ratio,
et je la comprends, car l'iniquité
est flagrante. Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'il va y avoir plus de
deux fois... jusqu'à deux fois plus d'employés, oui, dans les maisons des aînés que dans les CHSLD. On parle pourtant
ici de deux services publics pour la même clientèle.
vous donne un exemple. À la maison des aînés de Rivière-du-Loup, l'infirmière
de nuit s'occupe de 60 personnes. Dans
la même région, au CHSLD de Rimouski, c'est 112. Et, vous savez quoi, Mme la
Présidente, le ratio sécuritaire, c'est 96. On met en danger la vie
d'aînés qui sont fragiles.
Que va faire la
ministre pour régler la situation?
La Présidente :
Je vous rappelle d'abord de
fermer vos sonneries d'appareils. La réponse de la ministre déléguée à
la Santé et responsable des Aînés.
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente. Merci
pour la question de ma collègue députée de La Pinière. J'ai lu comme vous tous les articles dans les journaux,
dernièrement, concernant les ratios et la différence entre les ratios dans les
maisons des aînés et les CHSLD, au Québec, et je profite de l'occasion pour
répéter que nous sommes en transformation de notre réseau d'hébergement, au
Québec, que ce soit avec l'arrivée des maisons des aînés, mais aussi en lien
avec les CHSLD. Et d'ailleurs
Philippe Voyer, qui est un professeur-chercheur à l'Université Laval, ici, à
Québec, qui a passé plusieurs années de sa vie à travailler sur les ratios en
maison des aînés et en CHSLD, mentionne, lui aussi, que les ratios, en fait,
c'est un minimum requis et que,
surtout, ce qui est important, c'est que l'organisation du travail soit ajustée
en fonction des besoins des résidents. Donc, de comparer des ratios sans
regarder...
Présidente : En terminant.
Bélanger : ...comment l'organisation du travail se fait, comment les
infrastructures sont...
Présidente : Première complémentaire.
Caron : Mme la Présidente,
la direction du CIUSSS de l'Estrie confirme qu'elle applique des ratios
distincts aux CHSLD et aux maisons
des aînés. Le président du Conseil de la protection des malades, lui, s'insurge
contre le système à deux vitesses que le gouvernement est en train de
créer, et la Communauté de pratique sur les soins à l'aîné en centre
d'hébergement, qui est affiliée à l'Université Laval, dénonce cette iniquité.
Alors, je répète la
question : Comment la ministre va-t-elle corriger la situation?
La Présidente : Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, écoutez, je
pense que j'ai eu l'occasion de le mentionner, là, on est vraiment en très grande transformation dans notre réseau
d'hébergement, au Québec. Et ce n'est pas seulement les maisons des aînés.
Vous savez, j'ai annoncé, il y a environ une
dizaine de jours, que 19 CHSLD publics, au Québec, vont être reconstruits
en maisons des aînés. Donc, les gens
en veulent, des maisons des aînés, y compris la grande majorité des députés. On
est en train de transformer
l'organisation du travail. Puis j'en profite pour mentionner que, dans nos
CHSLD publics, énormément de travail a été fait pour améliorer la
qualité des soins et services. La grande majorité des résidents et des
proches...
Présidente : En terminant.
Bélanger : ...sont satisfaits des services, et on va poursuivre, Mme
la Présidente, dans ce sens.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Caron : Mme la Présidente,
je viens de citer des experts du réseau de la santé. Ils demandent une
chose : l'équité. L'équité au niveau des soins, au niveau des
services, au niveau des ratios personnel-patients.
Est-ce
que la ministre va écouter les experts, même en transformation, mettre fin au
système à deux vitesses que le gouvernement est en train de créer et garantir
des ratios sécuritaires dans les CHSLD autant que dans les maisons des aînés?
Présidente : Mme la ministre.
Mme Bélanger :
La question de la sécurité des
soins est fondamentale, et je rejoins tout à fait ma collègue dans ce sens-là.
Dans les CHSLD, il y a eu énormément de travail de fait. Souvenons-nous que
nous avons ajusté les ratios de préposés
aux bénéficiaires, au cours des trois dernières années. Nous avons mis des
gestionnaires dans l'ensemble des CHSLD. Nous avons aussi rehaussé le
nombre d'infirmières auxiliaires et d'infirmières.
Cependant,
c'est évident qu'avec la lourdeur de la clientèle il faut continuer d'ajuster,
et c'est le rôle des gestionnaires et des équipes, dans chacun des CHSLD
au Québec, de répondre aux besoins en fonction des réalités des personnes.
Présidente : En terminant.
Bélanger : Et ce n'est pas seulement des ratios chiffrés. Le ratio,
pour moi, c'est un minimum, et on...
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de
Mont-Royal-Outremont.
Setlakwe : Mme la Présidente, après le chaos à la SAAQ et tous les
autres défis que connaît le virage numérique,
le ministère de la Cybersécurité continue de perdre des employés clés. Nous
apprenons qu'un poste de plus s'ajoute aux
dizaines vacants à ce ministère, et non le moindre, le directeur général de la
sécurité de l'information gouvernementale. Il a quitté. Ce poste est névralgique, Mme la Présidente, surtout suite
aux révélations récentes de consultation illégale de dossiers médicaux.
Québécois ont très hâte que leur gouvernement entre au XXIe siècle dans
l'offre informatique, mais ils sont aussi
inquiets, avec raison, que des informations les concernant demeurent
confidentielles. Ils sont aussi inquiets que le ministère à qui le premier ministre a confié la tâche de coordonner la
toile numérique du gouvernement n'est plus à la hauteur.
ministre de la Cybersécurité peut-il rassurer cette Chambre que les Québécois
n'ont pas à s'inquiéter de tous les
postes vacants à son ministère, et plus spécifiquement qu'il traitera
prioritairement celui du D.G. à la sécurité de l'information
gouvernementale?
Présidente : M. le ministre de la Cybersécurité.
M. Caire : Oui. Bien, d'entrée de jeu, je vais rassurer ma
collègue, parce que ce poste-là est déjà comblé. Il fallait comprendre que la personne en question était un
prêt de service, et c'était un spécialiste de la sécurité physique, qui est une
expertise extrêmement ponctuelle, et on est
arrivés au terme du prêt de service, et cette personne-là est retournée dans
son ministère d'origine.
Mais il faut
comprendre, Mme la Présidente, que le ministère de la Cybersécurité et du
Numérique, c'est 1 903 ressources
régulières et occasionnelles. Dans la dernière année, c'est 475 ressources
de plus. Donc, quand on fait le solde de ceux qui sont
partis à la retraite, ceux qui ont accepté des postes ailleurs ou ceux qui ont
démissionné, c'est un solde de 134 ressources de plus. Donc, quand on dit,
là, qu'il y a une hémorragie, je ne sais pas où on prend ça.
Mais ce qui est d'autant plus intéressant, Mme
la Présidente, c'est que, quand on regarde par rapport au privé, nous avons recruté 204 ressources directement
du privé, et 72 de nos ressources sont parties pour le privé. Ça veut dire que
c'est un solde migratoire positif de 132 ressources. Alors, je pense que
le ministère est attractif.
l'expertise, Mme la Présidente, c'est 1 201 ressources qui
travaillent en ressources informationnelles. Je pense que, oui, on peut
rassurer les Québécois...
La Présidente : En terminant.
M. Caire : ...nous avons l'expertise
pour réaliser nos mandats.
La Présidente : Pas de commentaire.
Première complémentaire.
Mme Setlakwe : Parlons-en,
d'experts. On attend toujours le rapport du comité d'experts créé il y a un an.
En Ontario, un rapport équivalent a déjà été
publié. Ce comité est constitué de membres reconnus dans l'industrie et du
milieu académique, doit fournir un apport considérable aux réflexions
que mènent les professionnels du ministère.
Mme la
Présidente, doit-on comprendre que le ministre de la Cybersécurité et du
Numérique, dans son rôle autodécrété de conseiller transversal, peine à
se faire lui-même conseiller?
La Présidente : M. le ministre.
Caire : Bien, un, le mandat de conseiller, il est dans la
loi pour laquelle le Parti libéral a voté. Donc, il n'y a pas
d'autodécrété là-dedans.
Deuxièmement,
le comité d'experts, on l'a mis en place pour nous aider dans les travaux qu'on
a à faire. Le comité d'experts nous
aide dans l'élaboration de la stratégie de transformation numérique et de
cybersécurité que nous allons déposer prochainement.
Le comité d'experts nous aide dans l'élaboration d'une politique nationale de
cybersécurité parce qu'il faut comprendre
que le ministère a maintenant un mandat de cybersécurité sur le territoire
québécois. Ça amène une réflexion, les
experts nous aident là-dessus. Et le comité d'experts nous aide aussi dans une
éventuelle politique au niveau de l'utilisation et de l'intégration
éthique de l'intelligence artificielle.
Donc, les experts sont à contribution, Mme la
Présidente, ...
La Présidente : En terminant.
M. Caire : ...et il y aura
différents rapports qui découleront de cette aide-là qu'ils vont nous donner.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Setlakwe : ...la sécurité de l'information des Québécois et
des Québécoises, ce n'est pas banal. Sans pilote, sans équipage, sans orientation claire et bien
définie dans des zones de turbulence, on a l'impression de naviguer autour d'un
vide, dans ce ministère de la Cybersécurité et du Numérique.
Face à SAGIR,
à SAAQclic et le nuage gouvernemental, sommes-nous devant le triangle des
Bermudes du gouvernement?
La Présidente : M. le ministre.
Caire : Aïe! elle me parle de SAGIR, Mme la Présidente.
Alors, on va faire l'historique de SAGIR. SAGIR : projet qui a été lancé par le gouvernement libéral
en 2004 pour remplacer les systèmes d'administration du gouvernement du Québec. En 2018, sur les sept modules SAGIR, il
y en avait deux qui avaient été livrés. 14 ans, deux modules. Il me
semble que vous ne devriez pas parler de SAGIR.
Ceci étant
dit, Mme la Présidente, le ministère de la Cybersécurité, au niveau de la
sécurité de l'information, est en action.
On a déployé le Réseau gouvernemental de cyberdéfense, on a créé le Centre
gouvernemental de cyberdéfense. On travaille
maintenant en collaboration, en partage plutôt qu'en silo. Et je pense que les
systèmes d'information des Québécois n'ont jamais été aussi bien
protégés que maintenant.
La Présidente : Je
vous rappelle qu'on s'adresse à la présidence. Question principale, le chef du
deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente.
Hier, le premier ministre a défendu sa hausse de 30 000 $ du salaire
des députés en nous disant, et je cite,
qu'un jeune père de famille a le droit d'aller gagner le plus d'argent possible
pour donner le plus possible à ses
enfants. Puis vous savez quoi, Mme la Présidente? Il y a du vrai dans ce que
dit le premier ministre. Il y a des
centaines de milliers de mères et de pères de famille au Québec qui veulent
donner le mieux à leurs enfants. Je pense
aux profs qui préparent leurs cours des fois jusqu'à minuit la veille, aux
infirmières qui font du temps supplémentaire puis qui ne sont même pas capables de dire à leurs enfants s'ils vont
arriver à l'heure le soir à la maison. Je pense au monde qui ont deux jobs, au
monde qui travaillent de nuit, au monde qui sortent tard de l'usine. Tout ce
monde-là veut aussi, veut aussi donner le mieux à leurs enfants.
Toutes les familles
font face à la hausse des taux d'intérêt, à la hausse des loyers, à l'explosion
de leur facture d'épicerie, mais les
familles du Québec n'ont pas le privilège de se voter à elles-mêmes une
augmentation de 30 000 $ par année. Nous l'avons ici, à
l'Assemblée nationale, et ce n'est pas normal.
premier ministre est à court d'arguments. Il réalise, comme tout le monde, que
son projet de loi pour augmenter le
salaire des députés de 30 000 $ par année, il est complètement
déconnecté du quotidien des Québécois et des Québécoises.
Est-ce qu'il peut
faire la chose honorable et reculer?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui,
Mme la Présidente, le chef du deuxième groupe d'opposition nous parle, entre
autres, des enseignants, des enseignantes.
Ceux qui étaient ici lors du dernier mandat vont se rappeler du débat qu'on a
eu souvent ici, à l'Assemblée nationale, parce que notre gouvernement
voulait augmenter le salaire des enseignants de 15 % à 18 %,
contrairement aux autres employés, où on offrait une offre de 7 % à
8 %. Et je me rappelle, à plusieurs reprises, d'avoir interpelé Québec solidaire, qui défendait les
syndicats, qui voulait la même hausse pour tout le monde. Donc, Québec
solidaire n'était pas d'accord qu'on donne une augmentation plus grande
aux enseignantes, de 15 % à 18 %. Donc, vous allez comprendre, c'est un peu spécial de voir le chef
de Québec solidaire se lever, aujourd'hui, puis dire : Bien, on voudrait
donner des augmentations plus grandes
aux enseignantes. À l'époque, il défendait les syndicats qui voulaient la même
augmentation pour tout le monde.
Maintenant,
Mme la Présidente, je reviens sur le salaire des députés. Le Bureau de l'Assemblée nationale a nommé un
expert indépendant avec Lise Thériault, ex-députée du Parti libéral, Martin
Ouellet, ex-député du Parti québécois. Ils ont fait des recommandations pour valoriser la profession de député,
puis les recommandations ont été directement appliquées dans un projet
de loi.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Ça fait plusieurs fois
que j'entends le premier ministre dire qu'il faut valoriser la profession
de député et qu'augmenter le salaire des
membres de l'Assemblée nationale, ça va aussi être une manière de recruter
mieux en vue des prochaines élections.
c'est ça, la motivation qui l'habite, si sincèrement ce qu'il veut, c'est des
meilleurs salaires pour les députés pour recruter pour la prochaine législature, accepte-t-il la proposition de
Québec solidaire de repousser la hausse à la prochaine législature?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je le répète, on suit la
recommandation du rapport. Le rapport qui a été déposé, avec un expert en ressources humaines, avec une
représentante du Parti libéral, un représentant du Parti québécois, dit que
les augmentations doivent être appliquées dès maintenant.
Donc,
Mme la Présidente, je comprends, là, que le député de Québec solidaire a une
position qui est différente. Il a refusé
de participer au comité indépendant. Sa députée de Mercier a été très claire
avec notre whip : Nous, on aime mieux ne pas participer à ça...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...pour pouvoir chialer
après.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
La Présidente : Silence, s'il vous
plaît!
Nadeau-Dubois : Le premier ministre a complètement évité ma
question, qui est pourtant simple. Il nous dit qu'il veut bonifier les salaires de 30 000 $ par année pour
les députés et il nous dit que sa motivation, c'est recruter du meilleur
monde la prochaine fois. Bon, je ne trouve
pas ça gentil pour ses 89 collègues, mais, sérieusement, là, si c'est ça,
sa motivation, c'est son projet de
loi, il le dépose, il a le pouvoir de le modifier. Accepte-t-il la proposition
de Québec solidaire de repousser la hausse après 2026?
La Présidente : M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
on applique le rapport tel qu'il a été déposé.
Maintenant, le chef de Québec solidaire nous dit
qu'il veut étirer l'étude du projet de loi. Moi, je me rappelle très bien, au Parti libéral, il y avait deux
experts pour étirer les projets de loi : Henri-François Gautrin et Pierre
Paradis. Donc, imaginez-vous que le
nouveau chef de Québec solidaire, qui prétend faire de la nouvelle politique,
se retrouve dans le même groupe qu'Henri-François Gautrin et Pierre
Paradis. Que c'est triste!
La Présidente : En question
principale...
La Présidente : Je suis debout. Il
n'y a qu'une personne qui a le droit de parole.
Présidente : Je vous écoute, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition, je vous entends très bien. M. le premier ministre également.
Il n'y a qu'une personne qui a le droit de parole ici maintenant, c'est la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
en question principale. On l'écoute.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Ça fait plusieurs fois
que les mots du député d'Abitibi-Est dépassent sa pensée quand il parle de nos frères et soeurs autochtones. Ça fait
plusieurs fois que le gouvernement doit essayer de réparer les pots cassés par le député d'Abitibi-Est. Cette
fois, c'est la fois de trop. Dire à des femmes qui ont pris tout leur courage
pour dénoncer des situations d'abus physiques, d'agressions sexuelles qu'elles
ont menti, ça nous fait reculer de 20 ans.
Le premier ministre
est toujours fier de dire qu'au Québec l'égalité entre les hommes et les
femmes, c'est fondamental, et que les
femmes qui ont été abusées doivent dénoncer. Il a raison. Comment est-ce qu'il
peut laisser le député d'Abitibi-Est avoir une telle attitude?
Puis est-ce
qu'il y a quelqu'un, dans ce gouvernement-là, ministre de la Condition
féminine, des Relations avec les
Premières Nations, ministre de la Justice, le premier ministre, qui va prendre
ses responsabilités puis dire que les propos du député sont
inacceptables?
Présidente : M. le ministre des Relations... responsable, pardon, des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.
Lafrenière : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Mon collègue s'est excusé. Il a avoué
qu'il s'était exprimé sous le coup de
l'émotion. Et vous savez quoi, Mme la Présidente? Je suis entièrement d'accord.
J'étais présent, à Val-d'Or, j'ai vu la réalité, et effectivement il faut
travailler. On le fait avec mon collègue ministre de la Sécurité publique. Ses
mots ont dépassé sa pensée. Je suis en total désaccord avec ce qu'il a
dit. Pourquoi? Parce qu'on on agit, Mme la Présidente. On a agi pour la
commission Viens, on a agi aussi suite aux recommandations d'enquête en 2015.
On est dans l'action, Mme la Présidente. Ça n'arrêtera pas, on va continuer.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Massé : On me dit : Il s'est excusé. Alors, il s'est
excusé des propos qui ont touché la sensibilité des gens. Il s'est excusé de peut-être avoir été mal
compris. Ce que les femmes qui ont eu le courage de dénoncer ont besoin
d'entendre, c'est qu'il leur fait
confiance qu'elles ont nommé la réalité qu'elles ont vécue. Ça a donné
naissance à la commission Viens. Elles ont été courageuses.
Qu'en dit la ministre
de la Condition féminine?
Présidente : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Mme la Présidente, ce que j'ai
dit tout à l'heure, en 2015, je connais bien la situation, j'étais au SPVM, j'étais déployé à Val-d'Or.
Pourquoi? Pour soutenir les différents groupes autochtones, pour soutenir aussi
les victimes. Et, Mme la Présidente,
ce qui a changé à Val-d'Or, depuis ce temps-là, c'est la façon de faire de la
police même. On a un groupe de police
mixte présentement, à Val-d'Or, avec des policiers autochtones, allochtones,
des travailleurs sociaux. Il y a eu des changements, des changements qui sont
profonds. Pour la commission Viens, Mme la Présidente, 86 recommandations,
86 recommandations en application ou en voie de l'être.
Alors,
ce qu'on vous dit présentement, Mme la Présidente, c'est que, dans notre
gouvernement, notre façon de voir les choses, c'est d'agir, d'agir sur le terrain. La semaine passée, j'ai parlé aux
différents partenaires qu'on a sur le terrain pour leur confirmer...
Présidente : En terminant.
Lafrenière : ...notre volonté de continuer d'agir, puis on va le
faire, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Massé : Mme
la Présidente, moi, ce que j'entends, c'est que ces propos du député d'Abitibi-Est
étaient inacceptables. C'est ce que
j'entends. L'enjeu, c'est que la fragilité de la chaloupe qu'on est en train de
construire en matière de rebâtir la
confiance avec les femmes abusées, en matière de nos relations avec les
Premières Nations, bien, le député, il a tiré dans la chaloupe avec un bazooka. Et là on se retrouve dans une
situation où il y a plein de gens qui demandent sa démission. Je
n'entends pas la ministre de la Condition féminine...
Présidente : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Puis, oui, on travaille en équipe, la collègue a raison, le
ministre de Sécurité publique, le
ministre responsable des Services sociaux aussi, on travaille en équipe.
Pourquoi, Mme la Présidente? Parce que la situation de Val-d'Or, elle
est complexe.
c'est un faux débat, de penser que c'est une opposition entre autochtones et allochtones,
à Val-d'Or. On a un problème de criminalité. On a un problème aussi
d'itinérance.
Pour
ce qui est des femmes, Mme la Présidente, j'ai contacté moi-même Femmes
autochtones, j'ai contacté moi-même les partenaires pour leur assurer notre
intention de continuer à travailler ensemble, oui, de rebâtir cette confiance-là,
de mettre en application les recommandations de Viens.
Nous, on agit, Mme la
Présidente, puis on n'arrêtera pas.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Merci, Mme la Présidente.
Ma question, aujourd'hui, va être très simple et très courte. Le premier
ministre aime se comparer à l'Ontario. Il veut un rattrapage avec l'Ontario
dans tous les domaines.
Est-ce
qu'il considère que les enseignants québécois méritent de gagner moins que les
enseignants ontariens, oui ou non?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente,
quand on compare les salaires des enseignants puis des professionnels au Québec avec ceux de l'Ontario, il y a un écart
d'à peu près 10 % pour tous les professionnels. Donc, on a fait un
rattrapage de 15 % à 18 %. Cet écart est
maintenu. Donc, je pense qu'il faut quand même tenir compte du fait qu'il y a
un écart de coût de la vie puis qu'il y a effectivement un rapport, là,
qui est raisonnable, dans le dossier des enseignants.
Par contre,
on est en train de voir comment on peut alléger leurs tâches, entre autres en
ajoutant des aides dans les classes. Donc, je pense que ce que demandent
les enseignants, aussi, c'est d'alléger la tâche.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, je rappelle au premier ministre que c'est lui qui a augmenté le salaire des médecins spécialistes. Quand il l'a
fait, il a choisi de faire le rattrapage en fonction de quoi? En fonction du
salaire des médecins spécialistes de l'Ontario.
Donc, à
nouveau, est-ce qu'il considère que les enseignants québécois méritent
de gagner moins que les enseignants ontariens? Oui ou non?
La Présidente : M. le premier
ministre.
Legault : Oui, Mme la Présidente, ce qu'on a fait avec les médecins spécialistes, c'est de garder cet écart d'environ 10 % entre le Québec et l'Ontario. Donc,
c'est vrai pour les enseignants. C'est vrai pour les médecins spécialistes.
C'est vrai pour à peu près toutes les professions. Donc, je demande au
chef du Parti québécois de se renseigner un petit peu.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
St-Pierre Plamondon : Bien, parlant de renseignements, Mme la
Présidente, je vais citer ce que disait la députée de Hull lorsqu'elle était présidente du Syndicat
de l'enseignement de l'Outaouais : «Au Québec, il faudrait, à tout le
moins, se rapprocher de la moyenne canadienne, qui est autour de
84 000 $. On est loin de cette moyenne-là.»
À nouveau,
est-ce que le premier ministre considère que c'est normal que les enseignants
québécois gagnent moins que les enseignants ontariens? Juste oui ou non.
La Présidente : M. le premier
ministre.
Legault : Oui, il y a un écart de 9 %. Maintenant, j'ai
été très surpris, aujourd'hui, d'entendre le député de Matane, du Parti québécois, dire qu'on devrait comparer le
salaire des députés de la nation québécoise avec ceux de l'Ontario. On peut
comparer des économies, mais de dire... Puis
il ne veut pas se comparer avec le fédéral. Depuis quand le PQ dit que, dans le
fond, c'est plus important le poste de député à Ottawa que celui à Québec? Je
ne reconnais plus le Parti québécois.
La Présidente : Pas de commentaire.
En...
Présidente : Je suis
debout. À l'ordre! Attendez que je vous reconnaisse avant que vous preniez la
parole. Alors, je reconnais M. le député de Matane-Matapédia, pour une question
de règlement, j'imagine. Lequel évoquez-vous?
M. Bérubé : ...question de
privilège. Je mets au défi le premier ministre de fournir la déclaration.
La Présidente : Bon, alors, ce n'est
pas une vraie question de règlement. Maintenant, on poursuit. En question
principale, je reconnais la députée de Mercier. La parole est à vous, juste à
vous. On l'écoute.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Ce matin, Radio-Canada
nous apprend qu'un enseignant de Lanaudière a été arrêté pour crimes à
caractère sexuel. La semaine passée, Le Devoir a sorti une enquête sur
l'école Louise-Trichet, à Montréal.
Plusieurs jeunes filles ont été agressées par un prof, qui a continué de sévir
dans d'autres écoles. Au mois de mars,
deux profs du collège Stanislas ont été arrêtés pour des crimes plus
dégueulasses les uns que les autres. La semaine passée,
j'étais avec des parents en pleurs parce que leur fille de sept ans, qui a
aujourd'hui 10 ans, a été agressée à plusieurs reprises par un
autre élève dans une école de l'Estrie, et leurs plaintes n'ont jamais été
entendues par la direction ni le personnel de l'école.
Moi, Mme la
Présidente, je suis tannée. Je suis tannée d'entendre ces histoires d'horreur.
Les étudiantes des cégeps et des
universités sont mieux protégées que nos élèves des écoles primaires et
secondaires. Ça n'a pas d'allure. Ça prend une loi-cadre.
Quand est-ce
que le ministre de l'Éducation va sortir de son entêtement, de son isolement,
et travailler avec nous pour protéger les élèves du Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Éducation.
Drainville : Mme la Présidente, on est tous tannés puis, si
vous me permettez, Mme la Présidente, on est tous écoeurés de toutes ces histoires qui se
multiplient. Et ce que j'ai dit à de multiples reprises, Mme la Présidente,
c'est que, s'il faut ajouter des mesures de protection pour nos élèves, on va
en ajouter. Je ne suis pas fermé à ça. Je ne suis pas bucké là-dessus. Tout ce que j'ai dit, Mme la
Présidente, depuis le début de ce dialogue que j'ai avec la députée de Mercier,
c'est qu'il y a plusieurs mesures qui sont en place.
J'ai procédé,
la semaine passée, à la nomination des 17 protecteurs régionaux, ils
auront un mandat spécifiquement dédié
à la protection des élèves qui sont victimes de violences sexuelles. Il y aura
aussi... En vertu d'une loi à laquelle la députée de Sherbrooke a collaboré, il y aura des séances de formation
auprès du personnel enseignant, auprès des directions d'établissement, sur la question des violences
sexuelles. Parce que ça, c'est un des arguments de la députée de Mercier, de
dire : La loi-cadre, c'est de la prévention. Il y aura de la prévention à
même les mesures qu'on a déjà adoptées.
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : Alors, s'il faut en
ajouter, on en ajoutera, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Ghazal : Le protecteur national de l'élève ne pourra pas
empêcher que de nouvelles agressions sexuelles se produisent. Le protecteur national de l'élève, on
est d'accord avec ça, mais, lui, ce qu'il fait, c'est qu'il agit quand le mal
est fait, quand il est trop tard. La
loi-cadre, ce qu'elle permet, ce n'est pas juste de la formation, c'est
beaucoup plus que ça, c'est d'agir en
amont, de rendre l'école sécuritaire pour que les élèves se sentent en sécurité
d'en parler avec un adulte de
confiance puis que cet adulte-là sache quoi faire quand il reçoit ça, que ce ne
soit pas ignoré comme dans tous les cas dans les médias.
Qu'est-ce qu'il répond, le ministre de
l'Éducation, aux parents?
La Présidente : M. le ministre.
Drainville : Mme la Présidente, je réponds aux parents comme je
réponds aux enseignants, comme je réponds aux membres de cette Chambre, qui sont tous touchés, évidemment, par ces
histoires d'horreur qui se multiplient. Je leur réponds que nous avons mis en place un cadre, et on va voir comment ça
fonctionne, à partir de septembre prochain, avec les protecteurs régionaux de l'élève, qui auront un mandat
spécifiquement en matière de violence sexuelle. Il y aura des formations
qui seront liées à ça, etc. Je l'ai déjà fait, Mme la Présidente.
La députée de
Sherbrooke, qui a participé à l'adoption de ces mesures, a dit : La
réforme du protecteur de l'élève, c'est des gains considérables. Il y
aura un mécanisme accéléré pour traiter des enjeux...
La Présidente : En terminant.
Drainville : ...de violence sexuelle. Laissons à cette nouvelle
institution le temps de se faire valoir, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Ghazal : J'entends le ministre, mais ce que je veux qu'il
entende, ce n'est pas juste ce que moi, de Québec solidaire, je suis en train de lui dire, c'est ce que les
jeunes, les parents lui disent. Il y a même, ce matin, un
article dans Le Devoir
qui appuie la... Le Devoir lui-même appuie la proposition de Québec
solidaire.
Il y a quatre ans, dans la foulée du
mouvement #moiaussi, le gouvernement et les partis d'opposition ont travaillé
conjointement contre les agressions
sexuelles. Est-ce que le ministre va faire, lui aussi, preuve de leadership et
travailler de manière transpartisane contre les agressions sexuelles dans
les écoles?
Quand est-ce qu'il va
nous rencontrer? Il s'est engagé à le faire. Je lui ai envoyé deux courriels...
Présidente : M. le ministre.
M. Drainville :
Oui. Mme la Présidente, si la
députée de Mercier souhaite me parler, là, elle peut le faire après la période
des questions. Il n'y en a pas, d'enjeu là-dessus, là, O.K.? Et, qu'on le
travaille d'une manière transpartisane, je suis tout à fait d'accord.
Maintenant,
quitte à me répéter, Mme la Présidente, moi, je suis très sensible à ce qui se
passe. Ma première mission, si on
peut dire, comme ministre de
l'Éducation, c'est de veiller sur la
sécurité de nos élèves pour s'assurer que, quand ils vont à l'école, ils soient biens, qu'ils aient le
goût d'y aller, qu'ils aient le goût d'apprendre et qu'ils se sentent en
sécurité. Il y a un certain nombre de
mesures qui ont été mises en place, on va voir comment ça fonctionne. Et, s'il
faut en ajouter d'autres. Mme la Présidente...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...on en ajoutera d'autres. Et on le fera de manière
transpartisane. Aucun problème.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais la députée de Westmount—Saint-Louis. La parole est à vous.
Mme Maccarone :
Mme la Présidente :
«Personne n'agit et on laisse agir la violence. On a perdu le contrôle de
nos établissements.» Ça, ce sont les propos
du président du syndicat des agents de services correctionnels. Tellement perdu
le contrôle que le nombre de jours d'absence pour maladie ou accident de
travail, chez les agents de services correctionnels, a littéralement explosé depuis l'an dernier :
plus de 4 000 jours d'absence de plus que l'an dernier pour un
accident de travail, près de
14 000 jours de maladie de plus que l'an passé. Ça ne va pas bien. On
a perdu le contrôle. Des agents sont blessés, en arrêt de travail. Les
menaces envers les agents sont omniprésentes, la violence augmente de façon
alarmante.
Mme la Présidente,
les agents correctionnels ont besoin d'aide. Ils veulent des gestes concrets.
Qu'est-ce qu'il
attend pour agir, le ministre de la Sécurité publique?
Présidente : La réponse du ministre de la Sécurité publique.
Bonnardel : Mme la Présidente, qu'est-ce qu'on attend pour agir? Dans
les six derniers mois, j'ai visité une
demi-douzaine d'établissements de détention partout sur le territoire
québécois. Je suis allé mesurer jusqu'à quel point, oui ou non, il pourrait y avoir... il pouvait y
avoir des problèmes en termes de relations de travail, ou autres, ou de
sécurité. Il y a des disparités entre les centres de détention. Il y en
a des plus neufs, il y en a des plus vétustes.
Mais,
au-delà de tout ça, pour moi, ce qui était important, c'est d'assurer la
sécurité des établissements. Et, lors du dernier budget, le ministre
des Finances nous a accordé une somme
considérable, considérable, pour avoir des systèmes de protection, augmenter la technologie, empêcher les
livraisons par drone dans les différents centres de détention au Québec.
Donc,
je prends au sérieux la sécurité. Je prends au sérieux aussi les relations de
travail entre l'employeur et les employés,
nécessairement. Et je peux assurer la députée, dans ce cas-ci, qu'on travaille
à améliorer le processus jour après jour. Les établissements doivent être plus
sécuritaires dans le futur. Et c'est ce qu'on va faire dans les prochaines
semaines, prochains mois.
La Présidente :
Première complémentaire.
Maccarone : Avec beaucoup
de respect, Mme la Présidente, agir, ce n'est pas visiter; agir, c'est de
mettre en place les correctifs. On est en manque de personnel. Selon les
syndicats, il y a 50 % de manque de personnel à travers nos
systèmes correctionnels. C'est grave. C'est pour ça que nous avons une
augmentation de violence.
ne sais pas s'il a écouté ma question principale. On a perdu le contrôle :
4 000 jours d'absence de plus que l'an dernier, 14 000 jours de plus de maladie en comparaison après
l'année dernière. Ça, c'est les chiffres qui sortent du ministère. Qu'est-ce
qu'il va faire pour mettre en place les correctifs...
La Présidente : M. le ministre... ou
Mme la présidente du Conseil du trésor.
LeBel : Oui. Mme la Présidente, ça me fait plaisir
d'annoncer, d'ailleurs c'est déjà fait depuis quelque temps, qu'avec les services correctionnels, les agents de
services correctionnels, on a réussi à conclure une entente et, justement,
on a pris en compte la réalité qui est
mentionnée là, l'attraction et la rétention du personnel. On leur a même
accordé une prime d'attraction et de
rétention, à l'intérieur, parce qu'on a tenu compte de leur réalité
particulière. C'est ce qu'on fait, on fait des négociations
différenciées, donc on tient compte de la réalité de chaque groupe.
Également, on
a tenu compte de la modification de la réalité à l'intérieur des centres de
services correctionnels, et on a
réévalué les tâches, ce qu'on appelle un reclassement, et on leur a accordé un
rangement additionnel, ce qui donne un impact financier substantiel.
Donc, quand
on parle de ce qu'on a fait, on l'a fait à travers les conventions collectives,
c'est une des clés, et on a agi, avec le syndicat.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Maccarone : Les commentaires du président du syndicat, c'est
de la semaine passée. Ça fait que bravo pour tout ce qui a été fait, mais ça reste que, la réalité sur le terrain, il
n'y a pas de correctif, il y a toujours une pénurie de personnel. Les gens sont épuisés, les jours de maladie sont
en place. Puis ça reste que les gens qui travaillent présentement dans le
système correctionnel ne sont même pas
formés. On parle de gens qui viennent à temps partiel pour venir porter de
l'aide, mais ça reste qu'il n'y a pas assez de gens qui sont formés.
Est-ce qu'on
attend à avoir un autre drame, un autre décès puis plus de violence pour mettre
des correctifs en place aujourd'hui?
La Présidente : M. le ministre de la
Sécurité publique.
M. Bonnardel : Il faut faire
attention aux propos que la députée dit. Des drames, on n'en veut pas. Ma
collègue responsable du Conseil du trésor l'a mentionné, c'est avec le syndicat
eux-mêmes qu'ils ont négocié et qu'ils ont signé.
Est-ce qu'il y a des problèmes de rétention?
Est-ce qu'il y a des problèmes de main-d'oeuvre? Dans tous les secteurs d'activité, oui. Oui. C'est le défi
autant avec les agents correctionnels que les constables spéciaux dans les
palais de justice. On a un énorme défi. On doit mieux former et
augmenter, donc, ces cohortes dans les prochaines semaines, prochains mois, pour être capables d'augmenter,
encore une fois, les effectifs en termes d'agents correctionnels dans les
centres de détention partout sur le territoire du Québec.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Nelligan.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, la session tire
à sa fin, le leader du gouvernement a le plein contrôle de l'agenda des projets de loi. Nous avons déposé
plusieurs projets de loi qui parlent aux Québécoises et aux Québécois, je peux en nommer au moins trois : premier
projet de loi, l'obsolescence programmée, le don d'organes, les nominations
aux deux tiers. Mais, jusqu'à maintenant,
Mme la Présidente, on n'a aucune idée si le leader du gouvernement a
l'intention d'appeler un de nos projets de loi déposés lors de cette
session.
Ma question
est très simple : Dans le cadre de cette planification, au-delà qu'on nous
menace de bâillonner un ou deux projets de loi, est-ce qu'on peut avoir
l'intention très claire, sur l'agenda de ce qu'il nous reste, est-ce qu'il
compte appeler un de nos projets de loi, Mme la Présidente?
La Présidente : Et attention aux
propos. Vous parlez de menaces, attention. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui. Alors, Mme la Présidente, ça me fait plaisir
de pouvoir intervenir sur des questions de procédure durant la période
des questions.
Alors,
écoutez, Mme la Présidente, dans un premier temps, je pense que c'est important
de rectifier les choses. Il n'a jamais
été question de bâillon pour quoi que ce soit, hein? Alors, je pense que c'est
important que le leader de l'opposition officielle ne dise pas des
choses qui ne sont pas avérées et qui n'existent pas.
Alors, moi,
je compte sur la bonne collaboration de tous les collègues ici, en cette
Chambre. Puis je pense que ça va relativement
bien. Bon, il y a peut-être un petit enjeu avec Québec solidaire, présentement,
avec le leader de l'opposition... du
deuxième groupe d'opposition, mais je suis convaincu que nous allons réussir à
réaliser les travaux parlementaires ensemble.
la Présidente, vous me connaissez, moi, je ne fais que travailler dans la
collaboration avec mes collègues des oppositions.
On trouve des voies de passage. La démonstration, Mme la Présidente, c'est que,
depuis votre arrivée, je trouve que
le climat, à l'Assemblée nationale, est relativement très bon, et je tiens à
vous féliciter pour la conduite de nos travaux, Mme la Présidente.
Présidente : Je suis debout. J'aurais le goût de commenter, je
ne le ferai pas. Alors, cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis.
Et, pour ce faire, je cède la place à notre première vice-présidente.
Merci et bonne fin de journée à vous toutes et tous.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, nous poursuivons à la rubrique des motions
sans préavis. En fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant l'opposition officielle. Mme la
députée de D'Arcy-McGee, la parole est à vous.
Prass : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée
de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le programme de subventions pour le
soutien aux familles a été créé en
1995 afin de notamment soutenir financièrement les familles qui vivent avec un enfant
ayant un handicap physique, une déficience intellectuelle ou un trouble
du spectre de l'autisme;
«Qu'elle
constate que l'un des principaux objectifs de ce programme vise à prévenir
l'épuisement des parents en leur subventionnant du répit et qu'il contribue
également à maintenir les enfants dans leur milieu de vie;
«Qu'elle prenne acte que les montants octroyés
aux familles par le biais de ce programme n'ont pas été indexés depuis 1995;
«Qu'elle
rappelle que le taux d'inflation et les prix à la consommation ont
considérablement augmenté au Canada depuis 1995 et que de plus en plus
de familles peinent à boucler leurs fins de mois;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement caquiste de présenter d'ici l'automne une révision
du programme qui inclura notamment une augmentation des montants
octroyés aux familles pour du répit.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, Mme la
Présidente, il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cette
motion est-elle... Oups!
M. Derraji : ...vote nominal, s'il
vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, il y a une demande d'appel par vote nominal. Donc, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix de la motion présentée par Mme la
députée de D'Arcy-McGee.
Que les députés qui sont en faveur de cette
motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint :
M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass
(D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey), Mme Caron
(La Pinière), M. Morin (Acadie), Mme Cadet (Bourassa-Sauvé),
M. Ciccone (Marquette).
M. Jolin-Barrette
(Borduas), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), M. Bonnardel (Granby), Mme LeBel
(Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet (Trois-Rivières),
M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Proulx (Berthier), M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Lecours (Les Plaines), Mme Biron
(Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy (Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville
(Lévis), M. Carmant (Taillon), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), Mme Bélanger
(Prévost), M. Lamontagne (Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette
Vézina (Rimouski), M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain
(Duplessis), Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny),
M. Lafrenière (Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), M. Simard
(Montmorency), M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Provençal (Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Chassin (Saint-Jérôme), M. Jacques
(Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger (Orford),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond), M. Caron
(Portneuf), M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières),
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel), M. Bussière (Gatineau),
M. Lamothe (Ungava), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Lemay (Masson), Mme Abou-Khalil (Fabre), M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque),
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Bogemans (Iberville), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull),
Mme Schmaltz (Vimont), Mme Guillemette (Roberval), Mme Poulet
(Laporte), M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron (Châteauguay),
M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Ghazal (Mercier),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Bouazzi (Maurice-Richard),
Mme Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre Plamondon
(Camille-Laurin), M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
Mme Nichols
(Vaudreuil).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que
les députés qui sont contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il
des abstentions? M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 103
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
cette motion est adoptée. M. le leader de l'opposition officielle, je
pense que vous aviez une demande.
M. Derraji : Oui,
merci, Mme la Présidente. Nous souhaitons qu'une copie de cette motion soit
transmise à Autisme Montréal, Société
québécoise de la déficience intellectuelle, Fédération québécoise de l'autisme,
association des parents d'enfants handicapés du Québec. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Ce sera fait. Merci, M. le leader. Maintenant, je suis prête à reconnaître un
membre du deuxième groupe d'opposition. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, Mme la Présidente.
Je demande le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante
conjointement avec le chef du troisième groupe d'opposition, le député de
Jacques-Cartier et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale procède à l'étude du plan stratégique
d'Hydro-Québec 2022‑2026 à la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles;
«Que
dans le cadre de cette étude soit entendu en audition le futur
président-directeur général dès son entrée en poste.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre. Je souhaite reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition.
M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Mme la Présidente, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Saint-Laurent, la députée de Mercier et la
députée de Vaudreuil, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale affirme que les enseignantes et enseignants du Québec
méritent une rémunération égale aux enseignantes et enseignants
ontariens.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le leader. Comme il n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre.
Je suis prête à reconnaître un membre du
groupe formant le gouvernement. Bon, excusez-moi. Mme la ministre responsable
de la Condition féminine, la parole est à vous.
Mme Biron : Mme
la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement
avec la députée de Robert-Baldwin, la députée de Mercier, le chef du troisième
groupe d'opposition et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale souligne le 50e
anniversaire du Conseil du statut de la femme;
«Qu'elle
reconnaisse que le conseil a développé une expertise unique sur les enjeux
d'égalité entre les femmes et les hommes; et
«Qu'elle
salue la décision du gouvernement du Québec d'inscrire sa création au
Répertoire du patrimoine culturel comme événement historique.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la ministre. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
il y a consentement, sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Cette motion est-elle adoptée? Monsieur...
M. Leduc : Un vote par appel
nominal, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Nous avons une demande de vote
par appel nominal. Donc, que les députés qui sont en faveur de cette
motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Laframboise
(Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), M. Bonnardel
(Granby), Mme LeBel (Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet
(Trois-Rivières), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Proulx (Berthier), M. Charette
(Deux-Montagnes), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière),
Mme Roy (Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Carmant
(Taillon), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne
(Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette Vézina (Rimouski),
M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain (Duplessis),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), Mme Duranceau
(Bertrand), M. Lafrenière (Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose),
M. Simard (Montmorency), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal (Beauce-Nord),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Jacques (Mégantic),
Mme Boutin (Jean-Talon), Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand
(Richmond), M. Caron (Portneuf), M. Sainte-Croix (Gaspé),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel), M. Bussière (Gatineau), M. Lamothe (Ungava),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Lemay (Masson), Mme Abou-Khalil
(Fabre), M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque),
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Mallette (Huntingdon),
Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Bogemans
(Iberville), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay
(Hull), Mme Schmaltz (Vimont), Mme Guillemette (Roberval),
Mme Poulet (Laporte), M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron
(Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que les
députés qui sont contre cette motion veuillent bien se... Oups! Ah! vous n'aviez pas terminé? Excusez-moi.
Le Secrétaire adjoint : M. Derraji
(Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
Mme Garceau (Robert-Baldwin), Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin (Acadie), Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Bouazzi (Maurice-Richard), Mme
Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Les députés qui sont contre cette motion veuillent
bien se lever. Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général, pour
le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 93
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
cette motion est adoptée.
Donc,
nous allons poursuivre. À la rubrique Avis touchant les travaux des commissions,
M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, j'avise
cette Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail poursuivra les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de
loi n° 25, la Loi visant
à lutter contre l'hébergement touristique illégal, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à 16 h 35,
à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 14, la Loi
modifiant diverses dispositions relatives à
la sécurité publique et édictant la Loi visant à aider à retrouver des
personnes disparues, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 16, la Loi
modifiant la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme et d'autres dispositions,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des finances publiques entreprendra l'étude détaillée du projet de
loi n° 7, la Loi concernant la
mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le budget du
22 mars 2022 et modifiant d'autres dispositions législatives,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Commission des relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 11, la Loi
modifiant la Loi concernant les soins
de fin de vie et d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, de 15 heures à
18 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera
à l'étude détaillée des projets de
loi d'intérêt privé suivants, et ce, dans l'ordre ci-après indiqué :
d'abord, le projet de loi d'intérêt privé n° 200,
la Loi concernant l'annulation d'une servitude grevant certains lots situés en
la Ville de Carignan, puis le projet
de loi d'intérêt privé n° 201, Loi concernant la
Municipalité de Morin-Heights, et par
la suite le projet de loi d'intérêt privé n° 202,
Loi concernant la Ville de Saint-Jérôme, le mercredi 31 mai 2023, de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le leader.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission des relations avec les citoyens se
réunira en séance de travail le jeudi 25 mai
2023, à 8 heures, pour une durée de 30 minutes, à la salle Louis-Joseph-Papineau, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition
concernant la nomination d'un ou d'une ministre responsable de la Lutte contre
l'homophobie et la transphobie.
Maintenant, nous
allons à la rubrique Renseignements des travaux de l'Assemblée.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et, pour ce faire, M. le leader du gouvernement,
pouvez-vous nous indiquer la suite des travaux?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 4
du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : À
l'article 4 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat, ajourné le
23 mai 2023, sur l'adoption du
principe du projet de loi n° 24, Loi
donnant suite aux recommandations du rapport du Comité consultatif
indépendant sur la révision de l'indemnité annuelle des membres de l'Assemblée
nationale.
Y a-t-il des
interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente.
J'avais commencé mon intervention, hier. Je ne sais pas exactement
combien de temps il me reste. Je vais m'avancer quand même.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Vous
aviez utilisé 5 min 27 s de votre temps de parole, et votre
temps de parole est de 20 minutes.
Cliche-Rivard : Excellente nouvelle. Merci beaucoup.
Alors,
c'est un thème récurrent à l'Assemblée, ici, depuis plusieurs années, on parle
de salaire des députés. Ça fait, en fait, des années. Hier, mon co-porte-parole
et collègue de Gouin nous a quand même fait une présentation assez détaillée,
assez instructive sur plusieurs... en fait,
les étapes, là, qui ont mené à la situation dans laquelle on en est
aujourd'hui, où, à chaque fois, on a
bien compris qu'on s'était dit, en tant que parlementaires, qu'on ne se
retrouverait plus, idéalement, dans la même situation où on serait à se
voter nous-mêmes une hausse salariale.
Malheureusement,
on est encore ici à se poser cette même question qui nous met, à notre avis,
dans une situation de conflit
d'intérêts où on est, nous-mêmes, à se voter, à s'octroyer une hausse
salariale, alors que, pourtant, la solution était simple, la solution
demeure simple, la solution aurait dû être mettre mise de l'avant, celle de
mettre en place un comité indépendant et exécutoire qui ferait en sorte qu'on
n'aurait pas, éventuellement, dans deux, trois, quatre, cinq, 10 ans d'aujourd'hui, à recommencer le même mécanisme, à
se remettre dans une situation malaisante, particulière et difficile. Et on
pourrait enfin ne pas avoir à se prononcer nous-mêmes sur nos propres
conditions, notre propre salaire, ce que personne ne peut ou personne ne fait,
là, du moins certainement pas par voie législative, à
part les parlementaires
dans ce genre de scénario, en fait.
Alors,
malheureusement, alors que c'était demandé, alors que c'était mis en place,
alors que c'était proposé, le gouvernement
n'en a pas fait une modification législative comme il aurait pu le faire dans
le p.l. n° 24. Alors, c'est évident, on en a parlé, l'augmentation de l'indemnité de
30 %, on s'y oppose. On s'y oppose sur le principe, sur comment ça se
fait, sur comment ça se passe et sur
le fait de s'autovoter, évidemment, une hausse salariale qui, à notre humble
avis, nous place, donc, dans une situation de conflit d'intérêts. Les députés
ne devraient pas se voter à eux-mêmes une augmentation salariale. De notre humble avis, il en va de la
confiance de la population envers les institutions, confiance qui est centrale
à notre démocratie, à notre procédure parlementaire, à notre confiance envers
l'administration du système. Et ça, c'est à la croisée des chemins ou au centre de la confiance, c'est... Le déclin de
cette confiance-là, malheureusement, on en entend parler ici et partout à
travers le monde. On voit le cynisme qui augmente. On a un rôle à jouer, et il
faut le combattre et il faut que la
population soit à même d'avoir confiance en leurs parlementaires. Et on ne
croit pas que s'auto-octroyer une hausse, dans la façon dont c'est
présenté actuellement, va permettre de lutter contre ce cynisme.
Évidemment,
d'où vient cette proposition d'augmentation? Elle vient d'un comité de
révision. Le problème, c'est que le
mandat du comité était beaucoup trop restreint. Avoir le mandat d'analyser une
partie, qu'une
partie du salaire des députés,
et donc de hausser à la pièce ce salaire sans revoir la rémunération globale,
c'est insuffisant, ça ne sert à rien, ça ne fonctionne pas, ça nous ramène toujours à débattre de la même
problématique, de la même histoire, de la même enveloppe quelques années
plus tard.
Ce que nous,
on dit, ce qu'on a dit, c'est qu'il faut revoir l'ensemble des conditions. Il
ne faut pas limiter le mandat, il ne
faut pas circonscrire l'objectif à une seule question, ça doit être une
question ou un débat holistique qui doit se faire dans l'ensemble des conditions, dans l'ensemble
des privilèges, dans l'ensemble des enveloppes, et non pas seulement limité
à une seule et simple question précise qui est celle de l'indemnité de base.
Alors, on
revient sur ça. Il faut revoir l'ensemble des conditions de travail. Et on est
fiers, je suis fier aussi, de la position politique qu'on maintient,
celle qui est cohérente depuis le début, depuis l'époque d'Amir Khadir, depuis
les débuts de Québec solidaire. Cette
position, elle est claire, elle est ferme, elle est historique, et il faut
confier la révision de l'ensemble des
conditions à un comité vraiment indépendant et exécutoire, tel que le recommandait
le rapport L'Heureux-Dubé dès 2013.
Et exécutoire, ça veut dire qu'on ne peut pas ou qu'on ne doit pas s'y
prononcer : Voici telle quelle l'exécution de la décision du comité. Et c'est de cette façon-là qu'on pourra, nous,
se sortir de toute question d'apparences et de conflits d'intérêts.
Je le répète,
les avocats ne doivent pas voter sur leur propre salaire. Il faut tout faire
pour éviter cette proposition, pour
éviter d'envoyer ce message qu'on peut s'auto-octroyer des hausses salariales.
J'espère que le message sera entendu, par respect pour les citoyens qui, eux,
n'ont certainement pas le luxe de se voter, de se décider de s'octroyer des
hausses salariales.
Il faut
reprendre l'exercice du début en faisant la seule chose qui soit cohérente, qui
soit la bonne. C'est pour ça que je
dis qu'il faut revoir toute rémunération des conditions de travail des députés
en plus des indemnités de base, donc inclure les allocations, les autres
indemnités, l'ensemble de l'enveloppe. Il faut faire un ménage là-dedans. Il
faut que les primes soient revues, il
faut que les rôles attribués aux charges soient revus, les rôles attribués aux
fonctions, les vice-présidences de commission,
la commission, etc. Il faut faire le ménage là-dedans. Il faut que tout soit
revu et révisé et que cette augmentation de 30 % de l'indemnité de base, finalement, ne puisse pas passer
dans les procédures ou dans le processus qu'il est, actuel.
Et je
rappelais, hier, et c'est un élément important, que seulement 10 des
125 députés de l'Assemblée nationale touchent véritablement cette
indemnité de base. C'est donc dire que 115 autres reçoivent beaucoup plus
que ce montant. Et, je le disais hier,
ce fameux club des 10, nous en sommes les principaux, là, dans mon groupe
parlementaire, sept des 10 en font partie. Et nous jugeons, bien que nous
soyons ceux qui recevons le moins dans cette Chambre, que la procédure actuelle ne nous permet pas, ne permet pas à mon
groupe parlementaire d'aller de l'avant avec le mécanisme, avec la façon
dont ça s'est passé.
On était tous et toutes en connaissance de cause
des conditions offertes au poste de député, on le savait. Certains d'entre nous ont fait plusieurs campagnes. Moi,
j'en ai fait deux dans la dernière année. J'ai mis tous les efforts, j'ai mis
toutes les volontés. Et on était plusieurs, hein, sur la ligne de mêlée à
vouloir obtenir ce siège, malgré... ou bien heureux face aux conditions qui étaient mises de l'avant, qu'on
connaissait. Et d'aucuns ont laissé présager qu'une augmentation substantielle, telle que celle qui est mise de
l'avant, leur permettrait enfin de pouvoir jouer ce rôle-là de député, que,
sans cette augmentation-là, ils ne
seraient pas allés tenter leur chance pour être élus. Au contraire, tout le
monde qui était ici, tout le monde qui était là, tout le monde qui ont
fait la course et l'élection étaient en connaissance de cause des moyens, en connaissance de cause de ce qui était offert et se
sont tous et toutes... nommément aussi des candidats des partis adverses,
se sont tous lancés dans l'aventure, bien
heureux, heureuses de le faire dans les conditions telles qu'elles étaient
avant la présentation de ce projet de loi. Et quand j'ai pris cette
décision, et quand j'ai prêté serment, et quand nous avons prêté serment, nous
savions exactement les conditions dans lesquelles on s'engageait.
c'est pour éviter ce conflit d'intérêts que mon groupe parlementaire a soumis
l'amendement à la proposition, la procédure,
à l'effet que cette hausse-là soit pour la prochaine législature, la 44e, pour
qu'on soit à même de dire... si c'est vrai qu'on cherche à attirer des nouveaux talents,
alors qu'on soit à même de dire que, oui, c'est pour l'élection prochaine,
c'est pour le prochain mandat. Et donc, à ce moment-là, si certains, certaines
n'avaient pas voulu, à l'époque... ça me surprendrait,
là, mais, s'il existait des gens qui attendaient cette hausse-là absolue de
30 000 $ pour se lancer dans la course, bien, les voici rassurés, ils pourront alors se
présenter, et la porte leur sera ouverte, en 2026, si telle est leur décision. Mais
s'autovoter, aujourd'hui, une hausse rétroactive, en mars, pour notre propre
législature ne me semble pas la voie à suivre. Il me semble qu'on devrait plutôt faire bien
autrement et envoyer cette proposition-là dans la réelle recherche de talents,
dans la réelle volonté de,
finalement, démarcher, c'est ce qu'on a soumis, pour attirer des nouveaux
talents, pour être certains, certaines que les moyens qui sont soumis,
les raisons qui sont soulevées... donc, que cette hausse cherche, finalement, à attirer d'autres talents, qui... à mon humble
avis, envoient un message à l'effet que peut-être, je ne sais pas, nous — je
parlerai pour moi — ne
sommes pas les talents recherchés, là, ça m'envoie un message un petit peu
difficile et certainement encore plus
dans le contexte où il y avait des candidats, candidates des autres partis,
même de la
partie gouvernementale, qui tentaient, à ce salaire-là... et qui était le candidat tout
désigné, le choix de leur parti. Alors, à mon humble avis, ces gens-là étaient
déjà extrêmement talentueux, et de leur dire que le 30 000 $
supplémentaire permettra d'aller chercher des gens davantage talentueux me
semble un terrain périlleux. Il me semble qu'on envoie le message — et
moi, je le prends, là, et je parle seulement en mon nom personnel — que,
s'il y avait eu 30 000 $ de plus, probablement qu'il y aurait eu des
gens plus talentueux que moi à l'élection. C'est une possibilité, mais je
reçois cet argument-là un petit peu difficilement, quoique, finalement, les
citoyens et citoyennes ont fait leur choix à l'élection.
Alors,
évidemment, est-ce que le salaire doit être augmenté, pas augmenté? C'est une
question qui mérite d'être débattue.
Mais le problème, c'est de s'auto-octroyer... c'est le processus, c'est que les
députés vont se lever... on va se lever et on va devoir dire oui, dire non sur une propre augmentation
salariale. C'est ça, le problème, c'est le processus, c'est comment ça
fonctionne.
si enfin, au moins, on mettait de l'avant une procédure, un mécanisme, un
comité indépendant exécutoire, bien, ce
comité aurait eu pour mandat aussi d'évaluer l'ensemble de la rémunération,
parce qu'il y a des choses qui fonctionnent différemment dans notre règlement, dans nos procédures, qui ne sont pas
exactement les mêmes que celles dans d'autres législatures. On a procédé, et les médias l'ont fait aussi, à la
comparaison entre les salaires, voire les indemnités dans différentes législatures — évidemment, on n'est pas les seuls à se poser ces
questions-là, on voit comment ça fonctionne — et l'allocation de dépenses au Québec, ce que l'Assemblée nationale fait, elle est la
seule Assemblée législative provinciale où une allocation de dépenses est versée aux parlementaires. Ça, c'est
les médias qui nous le rapportent. Et donc il faut tenir compte de ça
directement dans l'évaluation et ne pas limiter seulement la question, bien
sûr, à l'indemnité ou aux autres éléments.
donc, évidemment, le travail de député, c'est un travail qui est très
difficile, qui est ardu, c'est un travail dans lequel on met de longues heures.
J'entendais, je lisais des collègues me dire qu'ils ont de la difficulté à voir
leur famille, pas autant qu'ils le
veulent. On est effectivement séparés de nos proches plusieurs jours par
semaine. Mais on se lance en politique,
et ça, je le vois dans tous mes collègues, pour le bien public, et ça, je le
vois ici, je le vois en face, je le vois à ma droite, je le vois à ma
gauche, et, bien évidemment, tout le monde a à coeur l'intérêt du public.
Alors, c'est pour cette raison-là qu'il faut plutôt mettre en place rapidement
un comité exécutoire qui va s'assurer de nos conditions.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre un autre intervenant.
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la parole est à vous.
Mme Massé : Merci, Mme la députée...
Mme la Présidente, pardon. J'étais en train de penser à ce qu'il venait de
me dire. Merci, Mme la Présidente. Je
suis... je ne sais pas, j'avais envie de dire : Je suis contente
d'intervenir sur le projet de loi
n° 24, mais, dans les faits, je ne suis pas contente, parce que j'aimerais
qu'il n'existe pas. Mais, la démocratie étant ce qu'elle est, puisque le gouvernement a décidé de le déposer, puisque le
gouvernement a même décidé de l'appeler, assez rapidement, d'ailleurs, je ne
vois pas où elle est, l'urgence, mais bref, puisqu'il a décidé de tout faire ça
rapidement, bien sûr que je veux,
aujourd'hui, intervenir sur un certain nombre d'éléments, que je veux m'assurer
que, bien sûr, les députés qui sont
présentement en Chambre mais aussi les gens qui nous écoutent voient et
comprennent l'odieux de la situation actuelle.
collègue vient de faire la démonstration que ça n'a pas de maudit bon sens que,
dans la vie, les gens votent leur
propre salaire. Ça n'a pas de bon sens. Pourquoi? Bien, parce qu'en
connaissez-vous d'autres qui peuvent aussi aisément décider d'augmenter de 30 % leur salaire de base,
alors que nous sommes dans une période où le Québec crie, les besoins de l'État crient à l'urgence d'investir, et
surtout nos concitoyens se retrouvent dans des situations totalement
intolérables?
D'ailleurs,
je me suis dit... ça m'a fait penser à Marie-Antoinette. Vous allez peut-être
dire : Voyons! Où c'est qu'elle s'en
va, la députée? Vous savez que Marie-Antoinette a déjà dit au peuple français,
qui n'avait plus de pain pour se nourrir : «Qu'ils mangent de la brioche», hein, c'est une phrase célèbre, je
dirais. Bien, cette réponse de la reine de la France, en fait, montrait
toute la distance qui existait entre le peuple et la noblesse.
Moi,
je trouve, Mme la Présidente, qu'on se retrouve exactement dans cette
situation-là. Comment se peut-il qu'un gouvernement,
appuyé par une opposition — en
tout cas, c'est ce qu'on croit entendre entre les branches, actuellement — considère
acceptable, recevable que les parlementaires
se votent rapidement... se votent une augmentation de salaire de 30 %,
applicable dès maintenant, alors que
nos concitoyens ont énormément de difficultés, actuellement, à arriver à
joindre les deux bouts? Nos
concitoyens et concitoyennes n'arrivent pas, malgré le fait que, dans la
famille, les deux parents travaillent, malgré le fait qu'on a considéré, du côté du gouvernement, qu'augmenter le salaire
minimum seulement de 1 $ en pleine crise du coût de la vie, ça, c'était... c'était ça qui était acceptable. Alors,
comment peuvent-ils trouver, d'un côté, de maintenir les plus pauvres dans la pauvreté et de ne pas hésiter
à s'augmenter de 30 % de salaire comme députés? Moi, je ne comprends pas
ça, ça me dépasse.
fait neuf ans que je suis au Parlement, Mme la Présidente, ça fait neuf ans que
c'est exactement la même situation qui se répète.
À l'époque, il n'y avait que Françoise David et Amir Khadir qui étaient là pour
entendre le rapport L'Heureux, le
rapport qui venait dire aux parlementaires : Oui, il faut réviser la
situation des revenus des parlementaires, mais on ne peut pas et on ne
doit pas, surtout, faire ça à la pièce.
Qu'est-ce
qu'a fait le gouvernement de la CAQ, en complicité avec l'opposition du Parti
libéral? Ça a été de dire : On
va mettre sur pied un comité qui va être indépendant, avec une ex-députée
libérale, un ex-député péquiste et quelqu'un des Ressources humaines, on va mettre sur pied un comité, on va lui
donner un mandat très restreint, puis après ça on va prendre les recommandations. J'entendais
d'ailleurs le premier ministre, encore ce matin, répondre à mon co-porte-parole,
le député de Gouin, et de dire : J'applique les recommandations du comité.
Pouvez-vous
m'expliquer comment ça se fait que, depuis le rapport L'Heureux-Dubé, où la
démonstration est faite de façon
limpide que les députés, avec, bien sûr, leur salaire de base mais en plus une
allocation de dépenses de 38 000 $ qui est rajoutée, et en plus un
système de retraite, ô, ma foi, combien bon système de retraite, en plus une
assurance collective payée à 100 %, ensuite toutes sortes
d'indemnités additionnelles, pouvez-vous m'expliquer pourquoi...
2014, on a fait le débat ici, à l'Assemblée nationale. Les gens en place ont
rejeté le rapport Dubé. Ils ont voulu augmenter
les salaires. En 2000... je ne me souviens même plus des années, c'est arrivé
deux, trois autres fois... deux fois, minimalement, depuis ce temps-là,
et Québec solidaire a toujours eu la même cohérence, Mme la Présidente.
Pourquoi? Bien, ce n'est pas parce qu'on réfute le fait que peut-être que les
députés ne gagnent pas assez, peut-être qu'ils gagnent trop — en
tout cas, quand on additionne un certain nombre d'indemnités, des fois, on
pourrait se le dire — mais
c'est parce qu'il faut revoir ça de
façon globale. Tout employeur au Québec le sait très bien, que tu ne peux pas
prendre la rémunération d'un employé
seulement par le bout salarial. Tout le monde sait bien que tes conditions de
travail, tes indemnités, comme je viens de vous parler, font
partie de
ce revenu.
D'ailleurs,
ça a été tout un chiard qui s'est passé ici quand le Canada a décidé d'imposer
la portion des indemnités au Québec,
la portion canadienne de l'allocation... des indemnités au niveau du Québec.
Pourquoi ça a créé ça? Bien, parce qu'en plus, à ce moment-là, en plus de ça,
les allocations... les indemnités n'étaient pas imposables. Ça fait que ça,
c'était une autre affaire qui venait se rajouter sur le tas. Alors, pourquoi
pas, pourquoi ne pas profiter du moment pour réellement faire ce ménage-là?
la dernière législature... bien, en fait, au début de celle-ci... non, de
l'autre avant, donc, au début 2018, on s'était entendus, toutes les formations politiques, pour
mettre sur pied un comité complètement extérieur, un comité qui aurait le
mandat de revoir l'ensemble de la
rémunération, incluant les assurances collectives, le régime de retraite, les
allocations données tantôt parce que
tu restes un peu plus loin, tantôt parce que ci, parce que ça, parce que tu
présides une commission, parce que tu
assistes à ça, parce que tu as été nommé adjoint à ceci, à cela. On reprend
tout ça, on rebrasse tout ça. Et là ce comité
indépendant, accompagné, bien sûr, par des gens compétents, pas juste parce
qu'ils ont été d'ex-députés, mais parce que c'est leur... bien, en fait, on avait même... on s'était même
entendus sur la composition, Mme la Présidente, on s'était entendus sur
la composition, sur le mandat, sur le... On était rendus à s'entendre sur
est-ce que ce comité-là est exutoire ou
non... exécutoire, pas exutoire, c'est une forme... en tout cas, exécutoire,
et finalement, bien, la CAQ a décidé de tirer la plug sur cette idée qu'enfin on enlevait aux députés les deux mains
dans le plat de bonbons. Mais on disait qu'on était prêts à revoir l'ensemble de la rémunération parce
que la question est vraiment légitime. D'ailleurs, depuis L'Heureux-Dubé,
2013, on se pose cette question-là.
Malheureusement, le
projet de loi n° 24, qui est présentement sur la table, est une très
mauvaise réponse à cette question légitime.
Et c'est d'ailleurs pourquoi Québec solidaire, on va voter contre. Et,
j'espère, chaque minute qu'on prend... ce
n'est pas parce que je n'ai rien d'autre à faire, c'est parce que je veux
toucher le coeur des gens, parce qu'ils le savent comme moi, ils reçoivent aussi des gens dans leur
comté, ils croisent aussi des gens dans leur comté, ils entendent ce que
les gens ont à dire de cette augmentation de salaire là.
Moi,
j'ai lancé un appel sur mes réseaux sociaux, j'ai lancé un appel, en
disant : Écoutez, le projet de loi n° 24, là, il est en train de...
il est à l'étude, et, voilà, j'ai envie de vous lire quelques-uns des messages
que j'ai reçus, que je trouve assez
percutants. Alors, citation : «C'est insultant.» Un autre : «Ils font
de la politique pour plus de pouvoir et d'argent ou pour contribuer à la
société?» Un autre : «Absurde. 30 000 $? Il s'agit de mon
salaire annuel.»
la Présidente, je suis allée faire un petit... je suis allée vérifier, là,
rapidement, vous savez que, 30 000 $, là, il y a près de 3 millions de Québécois et
Québécoises, 3 millions de Québécois et de Québécoises qui
gagnent 30 000 $ et moins
par année? Et ici, nous... Pas parce qu'ils ont décidé qu'eux autres, ils
aimaient ça avoir un salaire minimum à 15,25 $, là, pas parc