CAT — 21 March 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2017-03-21
Quebec — Committees
(Quinze heures seize minutes)
Le Président (M. Auger) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder aux consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 121, Loi
augmentant l'autonomie et les pouvoirs de la Ville de Montréal, métropole du
Québec.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président : M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par Mme
Montpetit (Crémazie); M.
Rousselle (Vimont) est remplacé par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger); et Mme
Richard (Duplessis) est remplacée par Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve).
Président (M. Auger) :
Merci. Nous débutons avec les remarques
préliminaires. J'invite d'abord
le ministre des Affaires municipales
et de l'Occupation du territoire à faire ses remarques préliminaires pour une
durée maximale de six minutes.
Coiteux : Merci, M. le
Président. J'aimerais d'abord saluer les collègues : les collègues du côté
gouvernemental, bien sûr, les
collègues de l'opposition officielle, les collègues de la deuxième opposition.
Et je sais qu'il y a des représentants du
monde municipal, certainement de Montréal, notamment, qui nous écoutent
aujourd'hui, même s'ils ne sont pas tout de suite en commission, puis on
va entendre tout à l'heure les gens de l'APCHQ. Donc, je veux les saluer
également.
Comme vous le
savez, le gouvernement a pris des engagements très importants à l'égard des
municipalités du Québec. Un, de les
reconnaître comme des gouvernements de proximité, ça a fait l'objet du projet
de loi n° 122, qui a fait l'objet
de consultations particulières au cours des dernières semaines. On a déjà
reconnu le statut particulier de la capitale nationale en adoptant le projet de loi n° 109 en décembre dernier.
Et là on arrive à un moment aussi très important dans les engagements
que nous avons pris avec le projet de loi n° 121, qui est celui de
reconnaître le caractère particulier de Montréal
en lui donnant un statut de métropole, avec des pouvoirs qui en découlent pour
que ça veuille dire quelque chose.
On le sait, on dit souvent que Montréal est la
locomotive du Québec, et c'est vrai à bien des égards, Montréal va bien, M. le Président. Montréal va bien, le
taux d'emploi est en hausse, il a augmenté de 3,5 points de pourcentage
depuis mai 2014. Le taux de chômage est en baisse, il a diminué de 1 %
depuis mai 2014. L'année dernière, il s'est créé 70 800 emplois à Montréal. Il y a des projets importants, très
ambitieux qui sont sur les rails comme le projet du REM. Et en plus, M. le Président, c'est une année importante
pour Montréal parce que Montréal célèbre cette année son 375e anniversaire.
Notre objectif avec le projet de loi, mais aussi
parce que ça en fait partie, avec l'entente Réflexe Montréal qui l'accompagne — c'est pour ça que je vais me référer à
l'ensemble, parce que c'est vraiment d'un ensemble dont il s'agit — c'est de donner à Montréal les moyens de
rivaliser à armes égales avec les autres grandes métropoles d'Amérique du Nord, bien sûr, mais pourquoi pas du monde, M.
le Président. On souhaite que Montréal continue à se développer à la hauteur de ses ambitions. Alors, c'est dans ce
contexte-là que, le 8 décembre dernier, on a présenté le projet de loi
n° 121, et qu'on a signé en même temps
cette entente Réflexe Montréal, et, en même temps, la signature d'une
déclaration qui vient reconnaître formellement Montréal comme la
métropole du Québec.
Et, un peu
comme lorsqu'on a discuté du projet de
loi sur le statut de capitale nationale,
ce n'est pas seulement un projet de
loi pour les Montréalais, bien que c'est un projet de loi important pour les
Montréalais, c'est un projet de loi pour l'ensemble des Québécois. Parce que les Québécois ont une grande
métropole, qui est Montréal, comme les Québécois ont une grande capitale
nationale, qui est Québec.
La façon de
bien comprendre ce tout, cet ensemble, projet de loi et entente Réflexe
Montréal, c'est de regrouper les principales actions en trois volets. Il
y a un volet que j'appelle Développer Montréal, il y a un volet que j'appelle Vivre à Montréal puis il y a un volet que
j'appelle Décider à Montréal. Et, en même temps, bien, on a le Réflexe
Montréal qui, au-delà du
titre de l'entente
que nous avons signée, est un Réflexe Montréal dans l'élaboration des lois, des
règlements, des directives, des politiques
et des programmes gouvernementaux afin d'affirmer toujours mieux le statut de
métropole de Montréal.
Je vais commencer par développer… Il me reste
quelques minutes? Ça va?
Le Président (M. Auger) : Deux
minutes.
Coiteux : Deux minutes? Alors, on parle d'un nouveau partenariat
économique innovant entre la ville de Montréal
et le gouvernement pour doter la métropole des outils qui assureront son
développement. Une pièce maîtresse de ça, c'est que le gouvernement du
Québec et Montréal s'entendront sur un plan commun de développement pour Montréal et pourront inscrire de part et d'autre,
de façon convergente, leurs actions. Mais, pour que Montréal puisse
profiter pleinement de ce partenariat
renouvelé, on abolit le plafond des subventions aux entreprises pour Montréal,
on lui donne des pouvoirs accrus afin
d'accorder des crédits de taxes et on lui donne davantage d'autonomie pour
créer des sociétés de développement commercial.
Dans le volet Vivre à
Montréal, on reconnaît la spécificité et le rôle de Montréal dans des domaines
comme l'habitation, comme l'itinérance,
comme l'immigration, comme la culture, le patrimoine et l'aménagement, mais
aussi les infrastructures et les équipements scolaires.
y a un volet Décider à Montréal aussi dans lequel on donne une latitude accrue
dans la gouvernance et une plus grande liberté d'action pour que
Montréal puisse décider de son fonctionnement. Je donne quelques
exemples : la possibilité de créer des
OSBL qui auraient pour mandat notamment de fournir les services relevant des
compétences de la ville; la mise sur
pied d'instances consultatives pour assurer le bon fonctionnement et la bonne
gouvernance de la ville; également, le pouvoir de forcer l'entretien des
immeubles détériorés par résolution.
Alors,
c'est ça grosso modo, et bien sûr qu'il y a un certain nombre d'articles qui
vont habiliter Montréal à faire ces choses-là,
à avoir davantage de liberté et de marge de manoeuvre, et c'est ce qu'on va
étudier au cours des prochaines semaines.
Donc, je remercie à l'avance tous les participants pour leur apport à nos
travaux. Et, encore une fois, je réitère notre souhait de gouvernement,
qui est d'offrir aux Montréalais, mais à l'ensemble des Québécois, une
métropole résolument tournée vers l'avenir dont ils seront toujours fiers.
Merci.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant
la porte-parole de l'opposition officielle et députée
d'Hochelaga-Maisonneuve à faire ses remarques préliminaires pour une durée
maximale de 3 min 30 s.
Mme Poirier :
Bonjour, M. le Président, je me permets de vous saluer et saluer la
présidence de la commission, saluer
mes collègues, mon collègue ainsi que notre recherchiste qui nous accompagne,
saluer le ministre ainsi que son équipe, ainsi que les collègues
du gouvernement qui vont participer à la commission, mon collègue de la deuxième
opposition en tant que telle, et toutes les
personnes qui viendront nous rencontrer et nous parler de Montréal. Et ça,
on en est fiers, M. le Président, on en est très, très fiers.
Vous
savez, ce projet de loi n° 121 a été réclamé par la ville de Montréal,
mais aussi a été réclamé par plusieurs, plusieurs partenaires de Montréal. Pourquoi? Pour que Montréal puisse
avoir des nouveaux pouvoirs, un nouveau statut, avoir de nouvelles
possibilités pour son développement.
rapport de Monique Leroux, on s'en rappellera, était beaucoup plus vaste
que le projet de loi que nous avons devant
nous. Il souhaitait propulser Montréal en lien avec les lois que l'on voit pour
Toronto. Et le texte d'Alain Dubuc nous en fait le
titre assez éloquent : Statut de Montréal :
Une réforme du XXe siècle pour des défis du XXIe. Alors, on se
serait attendu à quelque chose de plus élaboré, on se serait attendu à quelque
chose avec un peu plus de mordant. Malheureusement, il y a là une pâle copie de
ce qu'on aurait pu faire pour lancer Montréal.
projet de loi s'inscrit, M. le Président, aussi dans le cadre, comme l'a nommé
le ministre, de l'entente-cadre sur les
engagements du gouvernement du Québec et de la ville de Montréal, qui s'appelle
le Réflexe Montréal. Alors, c'est intéressant
de voir que le gouvernement vient de découvrir qu'il fallait avoir un Réflexe
Montréal. Ce réflexe existait dans tous
les projets de loi qui se rendaient au Conseil des ministres, il y a bien des
années, où il fallait nommer les impacts sur Montréal. Alors, je
comprends que, là, il a fallu signer une entente pour que cela se produise
maintenant.
vous dirais, M. le Président, que nous sommes pour la révision de la Charte de
la Ville de Montréal. Cependant, je
suis très déçue de ne pas voir en introduction de la loi ce que c'est que la
métropole, ce que l'on vise pour la métropole. Le premier ministre, et le maire, et le ministre des Affaires
municipales ont signé la Déclaration sur la reconnaissance du statut particulier de la métropole. Je pense que
ce texte aurait dû se retrouver en introduction de cette loi. Québec a
eu droit à des paragraphes dans sa loi pour décrire qu'est-ce que c'est, la
vision de la capitale nationale, on ne le voit pas dans le projet de loi
actuel.
Dernier élément, M.
le Président, dans la loi que nous avons adoptée, la précédente session, on a
parlé de l'article 85.5. On ne le voit pas dans le projet de loi actuel,
ce que le ministre n'avait pas nécessairement mis comme intention, mais avait
énoncé qu'on reviendrait avec cet article. Malheureusement, ce n'est pas là, et
j'aimerais que le ministre puisse nous faire connaître ses intentions là-dessus
si la demande est là.
Président (M. Auger) : Merci beaucoup, Mme la députée. Nous allons poursuivre les remarques préliminaires. M. le député de
Blainville, porte-parole de la deuxième opposition, pour
2 min 30 s.
Laframboise : Merci beaucoup, M. le Président. Je vous salue, ainsi
que votre équipe, M. le ministre, toute
votre équipe également, vos collègues de l'équipe ministérielle, collègues
de l'opposition officielle,
évidemment, Élise, qui a la chance de m'accompagner.
Ça me fait plaisir, d'autant plus qu'en tant que
porte-parole de la Coalition avenir Québec pour la métropole on est à un
tournant. Les villes, présentement, mondialement, ont un rôle politique des
plus importants. De plus en plus, les villes à travers le monde font de la politique,
je vous dirais, planétaire, et que Montréal ait son projet
de loi qui s'intitule Loi augmentant l'autonomie et les pouvoirs de la
Ville de Montréal, métropole du Québec,
qu'elle ait son projet de loi pour
être capable de lui donner la marge de manoeuvre pour être capable de rayonner
à travers le monde, moi, je pense qu'on
est vraiment, M. le Président, au tournant — les témoins qui vont comparaître devant
nous, on les remercie — pour être capable de
doter notre métropole véritablement de ce pouvoir-là.
Donc, le projet de loi, ce n'est quand même pas
un projet de loi imposant, 17 pages, mais avec des articles drôlement importants, M. le ministre. Donc, c'est
important qu'on ait la chance d'entendre les témoignages, qu'on en fasse
une analyse bien exhaustive en commission
parlementaire de façon à ce qu'on puisse doter notre métropole de
pouvoirs d'autonomie pour lesquels elle sera capable de compéti