House Proceedings — 9 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-12-09
Quebec — Debates (Hansard)
Au cours de
sa vie, M. Massicotte fut impliqué auprès de plusieurs associations et
organismes du comté de Lotbinière. Il fut
d'ailleurs le fondateur de l'exposition de Saint-Agapit, qui visait à
encourager l'amélioration de l'agriculture dans la région de Lotbinière.
Je tiens donc à offrir toutes mes condoléances à
la famille et aux proches de M. Massicotte.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M.
le Président. En cette fin
d'année 2020, j'ai l'immense plaisir de souligner le 50e anniversaire
de direction chorale de M. Alain Lanctôt et sa contribution
exceptionnelle dans le monde choral.
Chef de
choeur passionné, il est lui-même soliste et choriste. Il a dirigé plusieurs
choeurs pour finalement fonder l'Ensemble choral Opus 16 en
l'an 2000 à Pierrefonds, dans la circonscription de Nelligan.
Sa réputation
et son implication dans le monde choral ne sont plus à faire. Musicien
accompli, communicateur né, rassembleur,
il a animé des stages au Québec, ailleurs au Canada, en France et en
Belgique. Gestionnaire expérimenté, il a occupé des fonctions de
directeur général de l'Alliance des chorales du Québec, a siégé sur de nombreux
conseils d'administration, et, en 1993, il reçoit l'Ordre du mérite choral
de l'Alliance chorale du Québec, la plus haute distinction, réservée à
celles et ceux qui ont rendu des services exceptionnels au milieu choral.
D'innombrables
personnes de tous horizons ont eu le privilège de vivre le bienfait du chant
grâce à sa grande expertise. Félicitations à M. Alain Lanctôt,
chef de choeur! Merci.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Châteauguay.
Mme Chassé :
Merci. Merci, M. le Président. Avec la pandémie COVID, les cas de détresse et
d'anxiété ont augmenté de façon considérable. La mairesse de Mercier,
Lise Michaud, est à l'action. Elle a mis sur pied un comité d'intervention pour porter secours à nos citoyens
ébranlés. L'objectif : travailler de façon concrète, ensemble, à faire
connaître et à supporter les services offerts par deux organismes clés de ma
communauté. Tout d'abord, la Maison sous les arbres, qui est un centre 24/7 de prévention du suicide et
d'intervention de détresse psychologique. Ils accompagnent les gens en crise de façon judicieuse et humaine.
Parallèlement, il y a L'Accolade Santé mentale, qui offre des services de
soutien aux proches de personnes souffrant de problèmes de santé mentale.
désire saluer la mise sur pied de ce comité et remercier ces deux organismes
pour leur travail incommensurable.
En ces temps
difficiles, surtout, j'invite tous mes citoyens à prendre soin d'eux et à être
attentifs à leurs proches. N'ayez pas peur de parler et de chercher l'aide
nécessaire. Vous n'êtes pas seuls. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je reconnais
Mme la députée de Rouyn-Noranda —Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la grande
contribution de Mme Lynn Vaillancourt à la culture dans ma région.
Enseignante
au secondaire, aujourd'hui retraitée, elle fonde, en 1970, à Rouyn-Noranda, l'École de danse PRELV, dont elle est directrice et
chorégraphe.
mois de décembre 2020 marque le 50e anniversaire du premier spectacle
chorégraphié par Lynn Vaillancourt. 50 ans, M. le Président, c'est
plus de la moitié de l'existence même de la ville.
Depuis
cinq décennies, cette artiste travaille avec bienveillance et ferveur auprès
des jeunes de quatre à 20 ans en donnant une éducation culturelle,
artistique et sociale. Ils sont des milliers à y avoir évolué sous ses bons
soins.
À l'heure où la
jeunesse est la grande oubliée de notre société, où 63 % des cégépiens
disent souffrir de troubles dépressifs, Lynn
Vaillancourt veille au grain, adaptant ses cours et assurant chaleur et écoute,
santé physique et mentale à tous ses élèves. Merci beaucoup, Mme Vaillancourt.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Gaspé.
Perry Mélançon : M. le
Président, nous parlons régulièrement des restaurants et bars situés en zone
rouge, mais, en zone orange, les propriétaires vivent également de
grandes difficultés.
Alors
que les appels à limiter les contacts se multiplient, les clients désertent les
salles à manger. Sans mesure d'aide qui
leur soit destinée, ces entreprises tournent au ralenti, et, au-delà des
revenus en chute libre, les impacts se font sentir sur les propriétaires
et leur personnel.
Aujourd'hui, je tiens
à saluer la détermination de ces entrepreneurs et à leur rappeler mon entière
collaboration. À une de mes questions posées
lors de l'étude des crédits la semaine dernière, le ministre de l'Économie m'a affirmé qu'il se penchait sur l'option de rendre accessibles les programmes d'aide
actuellement réservés aux entreprises en région en alerte maximale. Soyez certains que je vais suivre
de près cette nécessaire mise à jour du programme et que je m'assurerai
de sa mise en application.
À vous,
restaurateurs et tenanciers de bars, ainsi qu'à tous vos employés, je souhaite
courage et ténacité. Vous êtes essentiels
au dynamisme régional, à l'attractivité des milieux et à la mise en valeur de
nos richesses gastronomiques. Je souhaite ardemment que vous passiez à travers
cette période, car nous vous voulons toujours présents lorsque les beaux jours
reviendront. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M.
le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Merci, M. le
Président. M. le Président, ce n'est pas un nouveau look pour moi, ce matin,
mais c'est plutôt un message d'appui
inconditionnel à un jeune homme de 16 ans de mon comté,
Romain Giguère, qui livre un combat contre la leucémie.
Romain
a réussi à rassembler toute une communauté derrière lui. Grâce à
Rock Tourigny et Solidarité jeunesse, une journée d'appui à Romain a été organisée le 14 décembre prochain.
Le député fédéral Alain Rayes, le maire André Bellavance, des
professeurs, des étudiants et même le curé vont se faire raser les cheveux en
appui à Romain.
mon côté, j'ai sollicité l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale pour amasser de l'argent pour Leucan. M. le Président, je ne
peux vous dévoiler le montant présentement, car je vais le faire lors de la
journée pour Romain, mais les députés de partout au Québec ont été très
généreux et appuient Romain dans son combat.
Romain,
ne lâche pas, je suis avec toi. Toute une région est avec toi et tout le Québec
t'appuie. Tu vas gagner ton combat. Bravo!
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Louis-Hébert.
Mme Guilbault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, ce matin, j'ai le privilège de souligner
le 35e anniversaire de l'un des organismes les plus actifs chez
nous, dans Louis-Hébert, la Fondation d'aide à l'athlète
carougeois.
Créée
par le Club Lions de Cap-Rouge et de la ville de Cap-Rouge en 1985, leur
objectif demeure toujours le même, soit de soutenir le mieux possible
nos athlètes de Cap-Rouge et de Saint-Augustin-de-Desmaures.
En plus de recueillir
des fonds afin d'attribuer des bourses aux athlètes deux fois par année et de
les faire connaître à notre communauté en
soulignant leurs performances, la fondation leur permet de se concentrer sur
leurs objectifs sportifs et académiques en allégeant le fardeau
financier qui vient avec la pratique d'un sport de haut niveau.
va sans dire, M. le Président, que l'effet positif de la Fondation d'aide à
l'athlète carougeois sur les boursiers est inestimable. Que ce soit sur le plan sportif, personnel ou scolaire, ces
jeunes deviennent des modèles de persévérance et contribuent au
rayonnement de notre Capitale-Nationale au sein de la grande famille du sport
d'élite national, et même international.
Merci
à Mme Suzette Leblanc, présidente de l'organisme, et à la fondation
pour vos nombreux efforts depuis 35 ans. Vous êtes un bel exemple pour notre communauté, et je suis fière de vous
représenter comme députée de Louis‑Hébert. Merci.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Vachon.
Lafrenière : Merci beaucoup,
M. le Président. Nous venons de souligner les 12 jours
d'action contre la violence faite aux
femmes, et, dimanche dernier, c'était la triste commémoration de la tragédie de
Polytechnique. On se souviendra que, le 6 décembre 1989,
14 femmes ont été sauvagement assassinées parce qu'elles étaient des
femmes.
La violence faite aux
femmes prend plusieurs formes, et aujourd'hui j'aimerais parler de violence
conjugale.
2016, plus de 15 000 femmes avaient porté plainte, mais,
détrompez-vous, malgré ces chiffres, il n'y a pas de portrait type en
matière de violence conjugale.
Au Québec, il existe
plusieurs ressources pour venir en aide aux victimes de violence conjugale, et
j'aimerais aujourd'hui souligner le travail
exceptionnel qui est fait par des intervenantes pour venir en aide aux femmes
et aux enfants victimes de violence
conjugale. Ce sont 118 maisons et des centaines d'intervenants qui font un
travail vraiment incroyable, et ce, surtout en période de COVID, en
période qui est difficile. Alors, aujourd'hui, à toutes et à tous, je dis
merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique de
déclarations de députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Président : Mmes et MM. les députés, je vous souhaite un bon mercredi.
Recueillons-nous quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons donc
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui, merci, M. le Président. Pourriez-vous appeler l'article a du
feuilleton, s'il vous plaît?
Président : Et, à
l'article a du feuilleton, M. le ministre
responsable des Affaires autochtones
présente le projet de loi n° 79, Loi autorisant la
communication de renseignements personnels aux familles d'enfants autochtones
disparus ou décédés à la suite d'une admission en
établissement. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, ce projet de loi a pour objet de soutenir les familles d'enfants autochtones disparus ou décédés dans leur
recherche de renseignements sur les circonstances ayant entouré la disparition
ou le décès de ces enfants à la suite de
leur admission en établissement de santé
et de services sociaux, en tenant
compte notamment des particularités linguistiques et culturelles de ces
enfants et de leurs besoins psychosociaux.
Le projet de loi
établit à cette fin qu'un établissement de santé et de services sociaux, un
organisme ou une congrégation religieuse
doit, sur demande d'un membre de la famille et sous réserve de certaines
conditions, lui communiquer les renseignements personnels susceptibles de faire connaître les circonstances
ayant entouré la disparition ou le décès de l'enfant autochtone. Le projet
de loi confie au ministre responsable des Affaires autochtones la
responsabilité de prêter assistance à toute personne qui le requiert pour la
formulation d'une demande et pour le suivi de celle-ci. De plus, lorsqu'il agit dans ce cadre, il lui permet
notamment de prêter assistance à tout responsable de l'accès aux documents ou
de la protection des renseignements personnels d'un établissement ou d'un organisme ou à toute autre personne faisant
partie d'une congrégation religieuse qui le requiert.
projet de loi détermine les règles que doivent respecter les
établissements, les organismes et les congrégations religieuses en
matière de communication de renseignements personnels lorsqu'il est raisonnable
de croire que la personne qui pourrait être un enfant autochtone disparu ou
décédé est toujours vivante, à la lumière des renseignements personnels détenus.
Il prévoit également l'obligation de motiver le refus de communiquer des
renseignements qui concernent une telle personne ainsi que les recours
possibles à la Commission d'accès à l'information à la suite d'une telle
décision.
projet de loi donne au ministre le pouvoir de faire enquête auprès des
établissements, des organismes ou des congrégations
religieuses lorsqu'un ou des éléments laissent croire que des renseignements
susceptibles de faire connaître les
circonstances ayant entouré la disparition ou le décès d'un enfant autochtone
existent, mais n'ont pas pu être communiqués à une personne en
application des mesures qu'il prévoit.
projet de loi prévoit que le ministre peut assister et guider les familles
d'enfants autochtones disparus ou décédés dans leurs démarches entourant
une demande à la Cour supérieure afin qu'elle ordonne l'exhumation.
projet de loi prévoit aussi qu'une personne peut porter plainte au ministre en
cas d'insatisfaction quant aux services reçus lors de ses recherches de
renseignements auprès d'un établissement, d'un organisme ou d'une congrégation
religieuse, selon la procédure qu'il établit.
Enfin,
le projet de loi donne au ministre la responsabilité de rendre compte de
l'application de la loi dans un rapport annuel et prévoit le moment
auquel les mesures qu'il établit cessent d'avoir effet. Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui, merci, M. le Président. On va évidemment prendre connaissance des détails du projet de loi n° 79, quoiqu'on semble reconnaître certains éléments qui avaient été inclus dans le projet de loi n° 31 de l'ex‑ministre de la Santé, la ministre de l'Enseignement supérieur, et qui, à l'époque,
avait été retiré, entre autres, parce que les communautés autochtones souhaitaient davantage
de consultations. Alors, on demandera ces consultations au gouvernement.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, M. le Président, ça va de soi. Je suis convaincu que le ministre est très ouvert, effectivement, à ce qu'il y ait des consultations, le gouvernement aussi.
Donc, nous aurons les discussions appropriées avec les groupes d'opposition.
Le Président :
Merci. En application de l'ordre spécial, j'inviterais les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur la présentation de ce projet
de loi, suivi des députés indépendants. Et je commence par M. le leader
adjoint du gouvernement.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Je vous remercie. En conséquence, cette motion est adoptée.
À nouveau, M. le
leader de... Non, cette fois, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Oui, merci, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article b du
feuilleton.
Le Président :
Et j'appelle l'article b du feuilleton. Mme la députée de Vaudreuil
présente le projet de loi n° 695, Loi visant à fixer une norme pour
la concentration maximale de manganèse dans l'eau potable. Mme la députée.
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Donc, il me fait plaisir de déposer le projet de loi
n° 695, Loi visant à fixer une norme
pour la concentration maximale de manganèse dans l'eau potable, avec une pensée
spéciale aux citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et Acton Vale et les
autres citoyens affectés.
projet de loi vise à fixer une norme pour la concentration maximale de
manganèse dans l'eau potable. Pour ce faire, il modifie le Règlement sur la
qualité de l'eau potable pour indiquer que l'eau potable ne peut contenir plus
de 0,06 milligramme de manganèse par litre.
Président : Merci. En
application de
l'ordre spécial, j'invite à nouveau les leaders parlementaires à m'indiquer
le vote de leurs groupes sur la présentation
de ce projet de loi, suivi des députés indépendants. M. le leader de l'opposition
officielle?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Je vous
remercie. En conséquence, cette motion est également adoptée.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui, merci, M. le Président. Donc, permettez-moi de déposer, au nom de mes
collègues, les documents suivants : le rapport annuel de
gestion 2019‑2020 de la Commission d'évaluation de l'enseignement
collégial, le plan stratégique 2020‑2023
de la Régie de l'assurance maladie du Québec, les états financiers de l'exercice clos le 31 mars 2018
du Fonds
vert et du Fonds de protection de l'environnement et du domaine hydrique de l'État, ainsi que les états financiers du Musée des beaux-arts de Montréal au
31 mars 2020. Merci, M. le Président.
Le Président : Et ces
documents sont déposés.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, je comprends qu'il y a toujours consentement
pour que je procède à des dépôts de rapports de commissions.
Je dépose
donc le rapport de la Commission des finances publiques qui, les 4, 5, 10, 11,
12, 24, 25, 26 novembre 2020 ainsi
que les 1er, 2, 3, 7 et 8 décembre 2020, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 66, Loi concernant l'accélération de
certains projets d'infrastructure. La commission a adopté le texte du projet de
loi avec des amendements.
Je dépose également le rapport de la Commission
des institutions qui, les 2, 3 et 8 décembre 2020, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 75,
la Loi visant à améliorer l'accessibilité et l'efficacité de la justice,
notamment pour répondre à des conséquences de la pandémie de la COVID-19.
La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Nous en sommes à la rubrique Dépôt de pétitions,
M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 036 pétitionnaires.
Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que, depuis mars 2020, le
Québec est plongé dans une pandémie due à la COVID-19;
«Considérant que des consignes sanitaires ont
été mises en place par le gouvernement et la Santé publique du Québec comme la distanciation physique, le lavage
des mains, le port du couvre-visage dans les lieux publics fermés et transports en commun et l'interdiction [de]
rassemblements de plus de 250 personnes avec respect des consignes
sanitaires;
«Considérant
que la [...] majorité des Québécois respectent ces consignes sanitaires depuis
mars 2020 pour limiter la propagation du virus;
«Considérant
que des groupes organisent des rassemblements d'environ 1 000 à
2 000 personnes pour contester les consignes sanitaires;
«Considérant que ces groupes ne
respectent aucune de ces consignes pendant les rassemblements et deviennent,
par le fait même, des vecteurs de la COVID-19 pour ceux qui respectent toutes
les consignes depuis mars 2020;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'exiger
que chacun des organisateurs possède une liste détaillée de tous les
participants, comme dans certains
restaurants et bars, en cas d'enquête de la Santé publique pour une éclosion et
pour [une] émission des contraventions si nécessaire;
«D'accepter
que des manifestations puissent avoir lieu tout en respectant les consignes
sanitaires, sans quoi des contraventions seront émises à tous les
organisateurs ainsi qu'aux contrevenants;
«D'exiger
que tous les participants se rendent dans une clinique de dépistage la semaine
suivant la manifestation pour y subir un test de la COVID-19, étant
donné que les asymptomatiques sont également contagieux.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
vous avise cependant qu'après la période
des questions et réponses orales sera
tenu le vote sur le rapport d'enquête du
6 décembre 2020 de la Commissaire
à l'éthique et à la déontologie au
président de l'Assemblée nationale au sujet de M. Pierre Fitzgibbon, ministre
de l'Économie et de l'Innovation et député de
Terrebonne, recommandant une sanction. Le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale prévoit que, pour être adopté,
le rapport doit être approuvé par au moins les deux tiers des membres de
l'Assemblée.
Nous
en sommes maintenant à la période
de questions et de réponses orales,
et je cède la parole à Mme la cheffe
de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M.
le Président. Il y a deux chefs à la
CAQ, M. le Président, il y a celui dans l'opposition et celui au gouvernement. Le premier
ministre tolère pour son ministre de l'Économie ce qu'il n'aurait toléré pour personne
quand il était dans l'opposition.
Commissaire à l'éthique a été très claire : le ministre
a refusé de se conformer au code d'éthique que nous devons tous ici suivre. Au moment où le rapport de la
commissaire est déposé, on constate que le ministre a enfreint non pas
une, non pas deux, mais trois dispositions du code d'éthique, et sa situation, M. le Président, n'est toujours pas régularisée. Nous pouvons même lire dans le rapport que la commissaire dit la chose suivante :
«Je proroge à plusieurs reprises le délai afin que le ministre se
conforme à l'article 46 du code et lui octroie un ultime délai qui expire
le 25 mars 2019.
«Après
plusieurs interventions auprès du ministre, il m'apparaît qu'il ne prendra pas les mesures
recommandées à cet égard.»
Hier,
en point de presse, le premier
ministre nous a confirmé qu'il y
avait un code d'éthique pour les 124 députés ici, en cette Chambre,
et un code d'éthique pour le ministre de l'Économie.
Quand
on devient ministre, M. le
Président, on connaît les règles,
elles sont claires, elles nous sont présentées. Les règles, M. le
Président, elles s'appliquent à tout le monde.
Est-ce
que le ministre peut se retirer du Conseil des ministres le temps de se
conformer au code et à la satisfaction du Commissaire à l'éthique?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. Vous comprendrez qu'on s'attendait à avoir quelques
questions sur le sujet aujourd'hui. Par contre,
je ne cacherai pas ma surprise de voir que la cheffe de l'opposition officielle
est la première à se lever. Et c'est
intéressant, ce qu'elle a amené dans sa question, parce que ça aurait dû être
appliqué il y a quelques années, au moment où la même Commissaire à l'éthique a déposé un rapport, rapport dans lequel elle
disait quoi? Que le député Pierre
Paradis a utilisé des fonds publics pour aider sa fille, donc un membre de sa
famille, à acheter une maison. Et ça, c'est
l'immense différence entre le rapport contre lequel ils ont voté et le rapport
qui a été déposé. Parce que la Commissaire à l'éthique, essentiellement, dit quoi? Elle dit que, dans
les faits, le ministre de l'Économie
et de l'Innovation n'a pas manqué à
l'éthique. Le ministre de l'Économie et de l'Innovation ne s'est pas servi de
fonds publics pour servir ses intérêts personnels, l'intérêt de ses entreprises
ou l'intérêt de ses amis. M. le Président...
Le Président : Je vais
prendre deux secondes, s'il vous plaît. Je veux tout de suite... permettez-moi,
on est sur un... Non, non, mais, s'il vous
plaît, on est sur un dossier sérieux. Il est légitime d'en discuter, mais je
vais vous demander d'être prudents et d'être attentifs sur le ton, sur les propos, mais
qu'on écoute ce qui est dit et ce qui est répondu, s'il vous plaît.
Complétez.
Caire :
Bien, M. le Président, je vais relancer la question au chef du troisième groupe
d'opposition, il aura l'occasion de se lever. Qu'il m'indique la page où la Commissaire à l'éthique dit qu'il a manqué d'éthique.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, pas un blâme, deux blâmes, M. le
Président, pour une deuxième fois en moins d'un mois et demi. Pourtant,
en août 2018, le premier ministre soutenait la chose suivante : «Il y a la
partie légale et la
partie apparence et perception. En politique, c'est aussi
important, la perception. C'est tolérance zéro à la CAQ.»
Que s'est-il passé
depuis août 2018, M. le Président?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Je rappelle à la cheffe de l'opposition officielle que nous avons voté pour le
précédent rapport.
Par contre,
qu'en est-il de celui-ci? Dans celui-ci, qu'est-ce qu'on reproche au ministre
de l'Économie et de l'Innovation? On lui reproche d'avoir demandé à Investissement Québec de ne pas investir dans une entreprise dont il
était
partie prenante. Ça fait que
ça, maintenant, c'est la nouvelle définition du conflit d'intérêts, M. le
Président. Ça fait que, oui,
effectivement, je ne sais pas dans quel univers empêcher une entreprise
publique d'investir dans ses entreprises, c'est devenu un conflit
d'intérêts, M. le Président, mais, oui, effectivement, on a un certain problème
avec ça. Et, M. le Président, ce que l'on
demande, c'est qu'on modifie le code, parce que, visiblement, le code
d'éthique, et plusieurs députés ont fait...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle. Vous êtes la
seule à avoir la parole.
Mme Anglade :
J'invite le leader du gouvernement à lire l'ensemble des plus de
300 articles du rapport, parce que je pense qu'il y a des éléments qui n'ont pas été lus au complet. Et je
lui demande la chose suivante : Comment est-ce qu'il peut justifier le
paragraphe 158 du rapport, qui dit la chose suivante : «Lors de la
rencontre du 5 juin 2019, le ministre déclare que bien qu'il
n'ait pas lu le code, l'éthique [pour lui, c'est très important]»?
Si l'éthique est si
importante, pourquoi ne pas avoir lu le code, M. le Président?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Bien, M. le Président, ce qui est aussi dit, c'est
que le ministre de l'Économie et de l'Innovation n'a pas utilisé de fonds
publics pour favoriser ses intérêts personnels, ses proches, ses entreprises,
il a fait le contraire. Il y a aussi un paragraphe très intéressant où le
ministre de l'Économie et de l'Innovation dit : Je ne vais pas transférer
mes actifs à ma conjointe parce que
je ne voudrais pas faire indirectement ce que je ne peux pas faire directement,
il faut trouver une autre solution.
Donc,
M. le Président, plusieurs députés en cette Chambre se sont dits favorables à
modifier le code parce que le code
doit s'adapter à la nouvelle réalité. La Commissaire à l'éthique a
demandé à ce qu'on modifie le code parce que... par trop limitatif.
Travaillons à modifier le code pour permettre à des gens comme le ministre de
l'Économie...
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Favorables à renforcer le code, pas l'affaiblir, M. le Président, pas
l'affaiblir. Le commissaire écrit, au paragraphe 87 de son rapport :
«Je lui rappelle — quand il
parle du ministre — qu'agir
ainsi le placerait en situation de manquement
au code, ce à quoi le ministre répond que ça ne le dérange pas [et] que je [peux]
le "mette en manquement".»
le Président, je pense qu'il y a une seule chose à faire : que le ministre
se retire du Conseil des ministres, le temps de se conformer au code de
l'éthique.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Bien, M. le Président, je veux signaler à la cheffe de l'opposition officielle
que le ministre a vendu 11 des
13 participations qu'il avait des entreprises. Dans les deux qu'il reste,
il y en a une qui est placée en fiducie sans droit de regard. Et la seule chose que le ministre de
l'Économie et de l'Innovation demande, c'est que, pour la dernière
participation, il ait l'occasion de liquider ses actifs sans
nécessairement y laisser sa chemise. Je pense que ce n'est pas déraisonnable.
Caire : Ceci étant dit, ceci étant dit, M. le Président, ce
que j'aimerais, c'est qu'on me montre le paragraphe où la Commissaire à l'éthique dit qu'il a pris des fonds publics et qu'il s'en
est servi comme le député Pierre Paradis avait fait pour favoriser
soit ses intérêts personnels, soit ceux de...
Le Président :
Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Hier, M. le Président, à la caméra, le ministre de l'Économie nous a donné sa
définition du conflit d'intérêts, je
cite : «C'est quand une personne met ses intérêts personnels avant les
intérêts de [celles qu'elle sert].» Sur l'une de ses compagnies, il a dit à la caméra : Je ne peux pas m'en
départir, il n'y a pas d'acheteur. Pourtant, dans l'enquête, il a admis
que la compagnie pouvait racheter sa participation au coût, donc il pouvait récupérer
son investissement. Il savait qu'en refusant
il enfreignait le code d'éthique. C'est donc clair que c'est pour l'appât du
gain qu'il a refusé, parce qu'il ne
voulait pas perdre le profit qu'il voyait dans le futur. Et, quand est venu le
temps de choisir entre son intérêt et la crédibilité de l'institution
qu'il sert, ministre de l'Économie, il a choisi son intérêt pécuniaire.
N'est-ce pas là, M.
le Président, la démonstration parfaite de sa propre définition de conflit
d'intérêts?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
M. le Président, c'est le député de La Pinière qui parle d'appât du gain?
Je veux juste lui signaler, quand il a quitté la FMSQ, il n'est pas parti les
poches vides, ceci étant, M. le Président.
Ceci
étant dit, ceci étant dit, M. le
Président, y a-tu vraiment
quelqu'un au Québec qui pense que le ministre de l'Économie et de
l'Innovation est venu en politique
pour s'enrichir? Y a-tu vraiment quelqu'un qui pense que, depuis qu'il est en politique,
ses revenus ont augmenté? Y a-tu vraiment quelqu'un qui pense que le ministre
de l'Économie et de l'Innovation se sert des outils qui sont à sa disposition pour favoriser ses intérêts, favoriser les intérêts d'un membre de sa
famille ou favoriser les intérêts d'une de ses entreprises?
M. le Président, le test est fait et sans appel. Lorsqu'il a été placé dans une situation
où une de ses entreprises bénéficiait d'un
prêt d'Investissement Québec, il a demandé à Investissement Québec de ne
pas le faire, de ne pas le faire. C'est drôle, je n'entends personne
parler de ça. Il a fait très exactement le contraire.
Alors,
M. le Président, on est en pleine pandémie, on est en pleine
pandémie, l'économie du Québec a besoin de quelqu'un comme le ministre de
l'Économie et de l'Innovation, M. le Président.
Le Président :
S'il vous plaît! Première complémentaire...
Président : Je vais
encore vous demander une chose, hein? Je vais, évidemment, tolérer certaines
réactions, le dossier est important,
légitime d'en parler, mais je ne voudrais pas que ça nous nuise dans l'audition
des propos, tant les questions que les réponses, encore une fois, ton,
nuance et vocabulaire. M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Aux dernières nouvelles, M. le Président, j'en ai laissé, de l'argent sur la table, puis je n'ai jamais
été blâmé par la Commissaire à l'éthique.
Même
dans l'entreprise privée, aujourd'hui, on met de l'avant l'éthique comme valeur fondamentale. Le ministre a été à la Caisse de dépôt, à la Banque Nationale,
chez Domtar, où il y a un code d'éthique.
Quand le ministre donne
une conférence devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, devant un parterre d'hommes et de femmes d'affaires,
est-ce qu'il se considère, en matière
d'éthique, l'exemple à suivre ou l'exemple à éviter?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire :
Bien, M. le Président, l'exemple à éviter, je pense que le Parti libéral nous
en a donné une longue liste. Donc, pas besoin d'en rajouter, on en a
suffisamment avec nos amis d'en face.
L'exemple à
suivre? Bien, M. le Président, je vais poser la question aux Québécois :
Comment qualifiez-vous le comportement
d'un ministre qui, lorsqu'il s'aperçoit qu'une institution dont il a la responsabilité se prépare à
investir de l'argent dans une entreprise pour laquelle il a des intérêts,
et qu'il demande nommément à cette institution de ne pas faire ça, de ne pas le faire... Comment on peut qualifier ce
comportement-là, sinon, oui, d'un comportement éthique, M. le Président?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M. le
Président, on est comme dans une cour
d'école. Quand on est obligé de sortir avec son grand frère pour se
défendre, c'est qu'on est trop faible. Au moins, hier, ça aura eu l'utilité de
montrer que la CAQ, c'est un «boys' club». On a des amis, mais peu d'amies.
Mais, au-delà
de tout ça, M. le Président, est-ce
que le ministre de l'Économie se rend
compte que sa désinvolture éthique a aussi jeté un discrédit sur la
fonction de premier ministre?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire : Ah! M.
le Président... Aïe! Ça, c'est le parti politique qui a eu Jean Charest comme chef qui nous parle de jeter le discrédit sur la fonction de premier ministre. Tabarouette! M. le Président, je vais me tasser, parce que
le nez du député de La Pinière est à la veille de me crever un oeil. Ça n'a pas de maudit bon sens, M. le Président, d'entendre des affaires de même, pas de maudit bon sens.
M. le Président, M. le Président, la vérité, c'est que le premier ministre du Québec, dans un premier temps, a donné raison à la Commissaire
à l'éthique, nous avons voté favorablement pour le rapport.
Dans un deuxième temps, le premier ministre a
été solidaire avec son ministre de l'Économie, comme nous le sommes tous, parce que, M. le Président, quand on dit qu'un conflit
d'intérêts, c'est d'empêcher une institution publique d'investir dans ses propres entreprises, je pense que
la notion...
Président : Juste
avant de donner la parole au collègue, je vous demanderais d'être prudents, je vous
l'ai dit il y a deux instants, même dans des propos qui
pourraient faire référence dans l'image à des mots que l'on comprend fort
bien. Je vous demande d'être très, très
prudents dans le choix des mots. Je l'ai dit une première fois, une deuxième
fois, c'est la troisième. J'espère que tout le monde a bien entendu de
tous les côtés de la Chambre, bien sûr.
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M.
le Président, voici le problème : Je referais la même chose demain matin. Ça, c'est la réponse du
ministre de l'Économie. Et écoutez bien ce qu'il referait. Paragraphe 97
du rapport du commissaire : «Le ministre m'indique [...] qu'il a "sept [à] huit compagnies à numéro", [...]dont
il n'a pas fait mention dans [sa] déclaration...» M. le
Président, le ministre détient plusieurs compagnies, il ne les déclare même pas, là.
Pendant ce temps-là, là, ses collègues ministres doivent déclarer les
régimes d'épargne-études de leurs enfants de cinq ans. Mais lui, il referait la
même chose.
Paragraphe 306 : Le ministre a omis de
m'informer des liens entre l'entreprise B et Investissement Québec. M. le Président, le ministre responsable d'Investissement
Québec n'a pas déclaré les liens
entre sa compagnie et Investissement
Québec. Pendant ce temps-là, tous les députés doivent déclarer leurs terres à
bois. Mais ce n'est pas grave, M. le
Président, il referait la même
chose.
En un
mois, en un mois, c'est le deuxième rapport contre le ministre de l'Économie. En
termes d'éthique, là, deux fois, ça fait du ministre un récidiviste. Et
il promet de récidiver encore, à moins que les règles changent.
Comment le premier ministre peut cautionner ça?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon : M. le Président, je vous remercie de pouvoir
m'exprimer. Premièrement, j'aimerais corriger des faits qui sont
erronément rapportés.
Premièrement, le
métier que j'occupais avant d'être en politique était d'investir dans des
compagnies privées. J'avais 13 investissements
que j'ai déclarés lors de mon entrée en politique. 11 ont été vendus dans les
six mois qui ont suivi ma nomination.
Deuxièmement, il n'y a pas sept compagnies à numéro comme le député le
mentionne, il y en avait deux. Et,
principalement, j'ai reporté les sociétés sous-jacentes dans lesquelles j'étais
investisseur qui effectivement... là où il faut faire attention.
Deuxièmement,
dans les deux qui sont restées, il y en a une qui a été transférée dans une
fiducie, il n'y a plus de problème. Il reste une entreprise pour
laquelle la commissaire a parlé de manquement, et, cette entreprise-là, il y a
des mesures qui ont été prises pour empêcher un conflit d'intérêts.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Le premier ministre a dit hier qu'on avait juste à changer le code
d'éthique, puis que le problème du ministre
de l'Économie serait réglé. On aurait
beau changer le code d'éthique, là, les députés vont être obligés de déclarer
leurs compagnies. On aurait beau changer le
code d'éthique, M. le Président, les députés vont devoir déclarer les liens
entre leurs compagnies et Investissement Québec. On aurait beau changer le code d'éthique, les
députés vont devoir se conformer aux consignes de la commissaire.
On n'acceptera pas un
code d'éthique pour le ministre de l'Économie puis un pour tout le monde
d'autre.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Bien, M.
le Président, la Commissaire
à l'éthique elle-même a demandé à ce
que le code éthique soit revu, parce
que la Commissaire à
l'éthique elle-même, dans sa longue
pratique de donner des avis, de rendre des jugements, a compris qu'il y avait des lacunes dans notre
code d'éthique. Plusieurs députés, plusieurs députés ont manifesté l'intérêt
de revoir le code d'éthique parce qu'il y a
effectivement des choses dans le code d'éthique qui, par la pratique on s'en
rend compte, ont besoin d'être modifiées.
Donc, le premier
ministre fait juste écho à des volontés qui ont été exprimées plus largement
par tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale. Et il n'est
pas question d'avoir deux codes d'éthique, mais un qui tient compte de toutes
les réalités.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, la Commissaire
à l'éthique, là, c'est notre juge à
nous tous ici, et c'est la deuxième fois en un mois qu'elle jette le blâme sur le ministre de l'Économie. Le
ministre appelle ça des technicalités, M. le Président, il dit
qu'il referait la même chose.
Je vais vous rappeler
ce que le premier ministre du Québec disait sur ses réseaux sociaux le
10 mars 2014 : «Le refus de
M. Péladeau de se soumettre à la décision de la Commissaire à l'éthique est un test de leadership pour Mme Marois.»
Le même test s'applique aujourd'hui.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui, M. le Président, dit le député qui a voté contre un rapport de la Commissaire à l'éthique qui demandait
à Pierre Paradis de rembourser les sommes publiques qui avaient été détournées au profit de sa fille. Alors, je me
dis, M. le Président, là, que,
quand on habite une maison de verre, on ne lance pas de roche. Ça, c'est le
principe assez de base, M. le Président.
Je rappelle aussi
qu'il y en a eu deux. Le premier, on a voté en faveur parce que les recommandations
étaient raisonnables. Ce que nous disons de
la deuxième recommandation, M. le
Président, c'est qu'elle ne tient pas
compte d'une réalité, que, le code d'éthique, par rapport à une réalité que
vit le ministre de l'Économie, comme d'autres députés ont vécu
précédemment, ce code d'éthique là a besoin d'être revu, M. le Président. C'est
tout ce qu'on dit.
Le Président :
Question principale, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. De toute évidence, le leader adjoint, jadis connu comme le «shérif»,
vient de bousiller sa paire d'éperons
dans la peinture. Je pense qu'il en a jusqu'aux genoux, ça va laisser des
traces indélébiles, ça, M. le Président, parce que son collègue à l'Économie se comporte
comme quelqu'un qui se fait pogner sur l'autoroute à 135 kilomètres-heure,
il va devant un juge puis il dit : Le
problème, c'est le Code de la route, ce n'est pas moi. Moi, j'ai un gros char,
je veux rouler vite, tant pis pour les autres qui respectent les règles.
Tout
le monde ici, les 124, on arrive à respecter les règles. Il y en a un qui n'est
pas capable, puis il faudrait qu'on change
le code pour lui, avec la bénédiction du premier ministre, qui a fait campagne,
je le rappelle, pour mettre fin à ce genre d'attitude, pour mettre fin à
ce genre d'arrogance.
Alors,
la question, elle est simple, pour le ministre de l'Économie : Est-ce
qu'il va avoir la décence de se retirer de son poste le temps de se
remettre les yeux en face des trous et de respecter les directives de la Commissaire à l'éthique?
Président : Je rappelle, avant de donner la parole, il y a des
termes qui ne doivent pas être utilisés. Il y en a un qui a été utilisé,
«arrogance» n'est pas un terme qui est permis également. Alors, je vous
demande, M. le député, d'être extrêmement
prudent, d'éviter, là... Je veux bien laisser une latitude, mais je vous
demande d'être collaboratifs, d'être très prudents dans les propos que
vous utilisez sur un sujet comme celui-ci.
M. le leader adjoint
du gouvernement.
Caire : Oui. Merci, M. le Président. Le député de Rosemont
fait référence à ce passé pas si lointain où je portais un quolibet agréable. Ceci étant dit, M. le
Président, un shérif, ça recherche la justice, et c'était très exactement ce
que nous recherchons aussi, M. le
Président. Mais c'est drôle, je n'ai pas entendu... Parce que les collègues,
ils rigolent, et tout, mais je n'ai pas entendu un seul collègue se
prononcer sur la nouvelle définition de ce qu'est un conflit d'intérêts.
le réitère, la nouvelle définition de ce que c'est un conflit d'intérêts, c'est
un ministre responsable d'Investissement Québec qui demande nommément à
Investissement Québec, qui s'apprêtait à le faire, soit dit en passant, de ne
pas investir dans une entreprise
parce qu'il y détient des participations. Moi, là, j'aimerais ça... Puis je
mets le député de Rosemont au défi de
me dire, dans ce geste-là, qu'est-ce qu'il trouve qui manque d'éthique. Où
est-ce qu'il est, le manque d'éthique, et où est-ce que le shérif a sali ses éperons dans la peinture, comme il
dit? En se disant que, si c'est ça, la nouvelle définition d'un conflit
d'intérêts, bien, j'ai de la misère avec la nouvelle définition du conflit
d'intérêts, oui.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Il n'y
a rien de nouveau ici, là. La Commissaire à l'éthique a appliqué le code qui a été adopté ici. C'est le gouvernement
qui est en train de refaire des définitions «live», «on the spot» pour accommoder
son ministre.
Mettons que la commissaire
vous dit : Vous ne devez pas faire ça, je vous avise. Même si on ne l'aime
pas, la commissaire, puis qu'on est furieux contre elle... Mettons
qu'elle dit : Je vous avise que vous ne pouvez pas faire ça, puis
vous le faites pareil, ce n'est pas une question de définition, c'est une question
d'attitude.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Bon, je
constate que le député de Rosemont n'a pas relevé mon défi. Ça, c'est une première
réponse, en soi.
deuxième réponse, M. le Président, je suis d'accord avec lui, je suis d'accord avec
lui, c'est ce qu'on dit, le code d'éthique,
c'est un carcan peut-être un peu trop rigide, qui ne permet pas à la Commissaire à l'éthique de voir la nuance en
fonction de certaines circonstances. Et c'est probablement... Et c'est probablement pour cette raison-là que la Commissaire
à l'éthique elle-même dit qu'on devrait
revoir le code. Non pas pour accommoder le ministre de l'Économie et de l'Innovation, mais pour lui
permettre d'adapter ses décisions en fonction de situations particulières.
rappelle que, sur 13 investissements, le ministre de l'Économie l'a dit,
11 on ont été liquidés dans les six
premiers mois, un 12e est en fiducie
sans droit de regard, puis il y en a un pour lequel il y a des solutions qui ont
été mises en place.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
La définition de la justice, c'est écouter la Commissaire à l'éthique et à la déontologie quand elle nous demande de faire quelque chose. La commissaire a
demandé au ministre de ne pas intervenir, il est intervenu. Ça, ce n'est pas la
justice, c'est l'injustice, M. le Président.
Hier, le premier ministre a eu l'audace de demander aux autres parlementaires de modifier le code
d'éthique, d'abaisser les règles pour faire plaisir à son banquier
préféré.
Au nom de ma formation
politique, je lui donne une réponse, au premier ministre : «Over my dead
body!»
Président : S'il vous plaît! Soyons prudents dans les termes utilisés, dans les façons de faire. Je
pense que tout est dans le ton, l'attitude et le choix des mots. M. le
leader du gouvernement.
Caire : Wow! Bien,
moi, j'ai... D'abord, je ne ferai rien avec le «body» du... Pas question.
Donc, je vais décliner son invitation. Sur cet aspect-là seulement, par
contre.
Mais,
M. le Président, moi, j'ai hâte d'entendre le leader du deuxième groupe d'opposition aller dire aux Québécois qu'il est totalement injuste qu'un ministre
intervienne auprès d'une institution publique pour l'empêcher d'investir dans ses entreprises. Moi, j'ai hâte d'aller faire un
débat avec lui sur la place publique puis j'ai hâte d'entendre la réponse des
Québécois. J'ai hâte de savoir si les Québécois vont se dire : La nouvelle définition d'un conflit d'intérêts, c'est un ministre qui
empêche une institution publique d'investir dans des entreprises pour
lesquelles il y a des intérêts.
M. le Président, on
ne veut pas un code plus souple, on veut un code plus juste.
Le Président :
M. le chef du troisième groupe d'opposition, à vous pour la principale.
M. Bérubé :
M. le Président, la Commissaire
à l'éthique a de nouveau blâmé le
ministre de l'Économie pour ses infractions
au code d'éthique qui nous gouverne tous. Les conclusions de la commissaire
sont limpides : Le ministre doit choisir entre ses intérêts
personnels et son poste de ministre.
ministre, lui, a décidé de défier la commissaire, défier une institution
fondamentale de notre démocratie. Ce n'est
pas comme ça que ça marche. Il veut garder son entreprise, même si elle fait
affaire avec le gouvernement, ce qui est formellement interdit par le code pour des raisons évidentes. Les
libéraux ont déjà joué dans ce film, il y a même un
article du code
d'éthique qui porte le nom de David Whissell. Manifestement, il y a de la
place pour un deuxième.
Deux
choix s'offrent au gouvernement : soit respecter un code qui régit les
parlementaires et notre démocratie et qui
assure la confiance du public ou protéger l'un des leurs. Ils ont décidé de
protéger l'un des leurs. La session parlementaire se termine vendredi, mais aujourd'hui se termine toute prétention de la CAQ de pouvoir parler d'éthique et
d'intégrité, à partir d'aujourd'hui, en forçant ses députés à protéger
un des leurs, qui menace probablement de quitter s'ils ne le font pas.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Bien, M. le Président, je vais rassurer le chef du troisième groupe
d'opposition immédiatement, l'engagement du ministre de l'Économie et de l'Innovation envers les Québécois va bien au-delà de
la Sainte Inquisition à laquelle les oppositions souhaitent le
soumettre.
Ceci
étant dit, M. le Président, je n'ai aucun problème à regarder le chef du troisième groupe d'opposition dans les yeux et lui demander à lui, le
député de Rosemont a refusé le défi, je vais donc le proposer, s'il me laisse...
s'il m'écoute, évidemment, parce que ce n'est pas son habitude, mais peut-être
qu'il pourrait faire une exception maintenant, donc, M. le Président, de relever le
défi et de me dire à moi, M. le
Président, je m'adresse à la
présidence, je vois le leader... Non, non, le règlement ne dit pas qu'il
faut le regarder, il faut s'adresser à lui. Alors, je m'adresse à lui...
Président : S'il vous plaît! Deux secondes, deux secondes. Non, non, deux secondes! M. le leader adjoint du gouvernement, c'est parce que... Je comprends le problème, c'est que vous ne me
voyez pas quand je me lève, quand vous regardez trop par là. Jetez un
petit oeil de ce côté-ci, s'il vous plaît. Je vous rappelle... Adressez-vous à
la présidence. Idéalement, évitez d'interférer et de faire des signes. Et
poursuivez dans votre réponse.
Caire :
Absolument, M. le Président. Et je vais continuer à m'adresser à vous, M. le Président, il n'y a aucun problème.
Donc,
peut-être qu'il pourrait me dire, lui, s'il considère que
c'est un manque d'éthique, pour un ministre, de demander à une société
d'État de ne pas investir dans une entreprise pour laquelle il détient des
parts. Parce qu'à date l'opposition officielle
n'a pas relevé le défi, le deuxième groupe d'opposition n'a pas relevé le défi.
Peut-être que le troisième groupe d'opposition pourrait s'y risquer.
Le Président : M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, vous savez qui a relevé le défi? La Commissaire à l'éthique. Elle a un rapport complet qui évoque tout ça. Comme avocat du ministre, il est aussi crédible, présentement, que
Rudolph Giuliani, c'est-à-dire qu'il devrait invoquer saint Jude, le patron des causes désespérées,
parce que c'est franchement pathétique. Ils ont un choix à faire. Puis les députés sont mal à l'aise, là, il y en a
qui regardent en bas depuis tantôt, il y en a qui sont contents de ne pas être
là. Le premier ministre ne votera pas,
tantôt. Ils choisissent de défendre un des leurs. Ils n'auraient jamais dit ça dans l'opposition, mais là
ils sont confrontés à une réalité...
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le leader adjoint du gouvernement.
Le Président : S'il vous
plaît! La parole n'appartient qu'au leader adjoint du gouvernement.
Caire :
M. le Président, j'entends le chef du troisième groupe d'opposition faire des
effets de toge, des bonnes blagues de
boutons de manchette dont il a le secret, mais habilement, et très habilement,
je le reconnais, il évite la question que
je lui ai posée. Parce que la question,
elle est fort simple, puis je pense qu'on devrait la poser aux Québécois : Dans quel univers, dans quel
univers un ministre qui demande nommément à Investissement Québec de ne pas investir, comme ils s'apprêtaient à le faire, dans une entreprise
parce qu'il y possède des intérêts... dans quel univers est-ce que
ça, c'est un conflit d'intérêts? Est-ce qu'il faut comprendre qu'une modification
au code d'éthique viserait à empêcher un ministre d'empêcher les conflits
d'intérêts? C'est-u ça?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, page 54 du rapport, que le ministre n'a pas lue, là :
Il s'est placé dans une situation où «son intérêt personnel pouvait
influencer son indépendance de jugement dans l'exercice de sa charge».
Aujourd'hui,
la Coalition avenir Québec décide de mettre tout son poids pour accommoder un
ministre, au détriment de notre
institution qui garantit la confiance du public et nos règles pour travailler
ensemble. Des renoncements, en politique, il y a plein de gens qui en font pour leurs familles, pour des gens
malades. Ce n'est pas trop payer, de se conformer aux règles qui nous
régissent à l'Assemblée nationale. Le ministre...
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement. À vous la réponse.
Caire :
Oui, M. le Président, je comprends la lecture de l'article en question. C'est
très exactement ce qu'on disait sur
la rigidité du code. Je comprends la conclusion. C'est la démarche... Puis, à
l'école, là, à l'école, on donne des points
pour la démarche pas mal plus que pour la réponse. Et la démarche, là, c'est de
juger le ministre en disant : Bon, O.K., là, vous avez demandé à Investissement Québec de ne pas investir dans
une entreprise qui vous appartient en partie, dans laquelle vous avez
des intérêts, donc vous avez empêché que des fonds publics soient utilisés dans
une entreprise pour laquelle vous avez des
intérêts, mais le code ne me laisse pas le choix, je dois en arriver à la
conclusion que c'est un conflit d'intérêts. M. le Président, je ne sais
pas dans quel univers c'est vrai, mais dans...
Le Président : Question
principale...
Le Président : Question
principale, M. le député de Nelligan. On poursuit sur le même ton. M. le
député.
M. Derraji :
M. le Président, hier, le premier ministre disait en conférence de presse qu'on
était chanceux d'avoir un ministre de l'Économie... un homme de cette
compétence au sein de son gouvernement, et il est tellement bon qu'on peut tout se permettre
avec lui, même des manquements à l'éthique. Le problème, pour les caquistes, ce
n'est pas leur ministre de l'Économie, mais c'est le code d'éthique, M.
le Président.
Hier,
le PM a profité de la tribune que lui a donnée la Commissaire à l'éthique pour
vanter les mérites et les talents de
son ministre. Le député de La Peltrie en rajoute ce matin. Le problème,
c'est que son bilan ne marche pas avec les propos du premier ministre,
et voilà pourquoi.
Rectifions les faits. Flying Whales, c'est qui?
Flouer 25 000 actionnaires
de Nemaska, c'est qui? Recruter un ami à la tête d'Investissement Québec, c'est qui? Autoriser des bonis à
Investissement Québec avec un rendement négatif, c'est qui? Des
programmes d'aide qui ne marchent pas après des mois, c'est qui?
le Président, le ministre de l'Économie n'est plus l'homme de la situation, et
les propos du ministre ne lui font pas confiance...
Le Président :
M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon :
Alors, M. le Président, je veux juste revenir, je pense, sur le sujet de
l'heure. Ce qu'il est important de
noter, c'est que, d'une part, la Commissaire à l'éthique n'a fait aucune
référence à irrégularités, malversations, il n'y a pas eu de manque à l'éthique. Ce qui est arrivé,
c'est que, dans le code... Et c'est très clair qu'il faut disposer des intérêts
privés que nous avons dans les sociétés qui
ont un marché avec l'État, ce que j'ai reconnu. Et, en début de mandat, sur les
13 investissements que j'avais, j'en ai
vendu 11, l'autre est réglé. Il en reste une qui est problématique, une seule. Cette
société, contrairement à ce que le
député de Lotbinière a dit, je n'ai pas eu d'offre pour l'acheter. Oui,
j'aurais pu la vendre au coût, mais,
quand je suis rentré en politique, il y avait un gain qui avait été fait.
Alors, si le gain qui avait été fait m'avait été donné, je l'aurais
pris. J'ai un sacrifice que je suis prêt à faire en politique pour le futur,
pas pour le passé. Donc, l'erreur... le commentaire du député était faux.
Maintenant,
s'il y avait un marché pour vendre cette société-là — c'est le seul manquement qu'il y a
présentement dans ma
déclaration — s'il y
avait un marché, je la vendrais. Maintenant, vu qu'il n'y a pas de marché, ce
que j'ai fait, j'ai pris des mesures
pour protéger autant le ministre que la compagnie contre des malversations, et
je suis satisfait de ces mesures-là.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, qu'on soit clairs, la Commissaire à l'éthique a dit clairement
qu'il s'est placé en conflit d'intérêts.
Ceci
étant dit, on voit pourquoi l'aide n'arrive pas. Le ministre de l'Économie
avait d'autres préoccupations. Je réponds
quoi à Sébastien Gagnon, P.D.G de Brasserie Dunham? Dans le cas de l'aide
provinciale, c'est toute une autre histoire. C'est d'une complexité sans fin, ça rappelle Les 12 travaux
d'Astérix , et, à ce jour, personne n'a vu la couleur de l'argent promis.
M. le Président, le
ministre de l'Économie abandonne les PME avec son inaction. C'est gênant.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
...passer à l'autre sujet, maintenant, parce que le député de... — je m'excuse, d'où? — Nelligan a fait référence au bilan du
ministre de l'Économie, puis c'est dur d'être juge et partie. Je trouve un peu
aberrant, je trouve aberrant que le
Parti libéral reproche la perte qui a été faite à Investissement Québec alors
que cette perte-là, à 90 %, est causée par la CSeries et par
McInnis. McInnis, on va en parler dans les prochains jours.
Alors, toute la perte
incombe aux décisions du gouvernement précédent. Alors, je trouve ça un peu
aberrant, aujourd'hui, que le député de
Nelligan se lève en Chambre et authentifie que la CAQ a été responsable de
choses qu'ils ont faites eux-mêmes. Je pense qu'il est temps de remettre
les pendules à l'heure.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, ce qui est très aberrant, aujourd'hui, c'est que le ministre
de l'Économie avait le temps, depuis la
première pandémie, de répondre à nos PME. La preuve : aujourd'hui, il lance un communiqué de presse pour rectifier ses erreurs du lancement des projets d'aide aux PME. M. le Président, ce qui est gênant, aujourd'hui, c'est que
le ministre de l'Économie se lève et il parle directement aux PME que ses mesures d'aide fonctionnent. M. le Président, je l'invite à juste lire la revue de
presse, il y a des tonnes d'exemples. C'est ça qui est gênant, M. le Président.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, si nous avions écouté le Parti libéral, au mois de juin dernier, les pertes auraient été énormes. Le gouvernement, qui est un gouvernement rigoureux, a voulu suivre l'évolution des entreprises, et je pense qu'on a très bien fait.
Effectivement, ce matin, j'ai annoncé des mesures correctrices pour le programme
d'AERAM, pour le programme PACTE, il
y en a eu huit, en fait, qui sont le reflet de l'écoute que nous avons eue des
différentes entreprises, que ce soit agents
de voyages, que ce soit la période sur laquelle les compagnies étaient
ouvertes. Alors, nous avons répondu à l'appel.
Alors, quand
on gère une crise comme celle-ci, il faut écouter, il faut avoir de la rigueur,
et je pense que le député de Nelligan a de la misère à comprendre ça.
Le Président : Question
principale, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Depuis quelques semaines, les caquistes jouent aux
grands défenseurs du français, mais,
en deux ans, ils n'ont pratiquement rien fait. Pire : cet automne, ils ont
décidé de rendre la vie plus difficile à ceux et celles qui veulent
apprendre le français.
Au Québec, on
est fiers d'offrir gratuitement des cours de francisation aux demandeurs d'asile.
C'est la meilleure manière de
favoriser leur intégration et de consolider le français au Québec, la ministre
de l'Immigration le sait très bien. Mais,
depuis le mois d'octobre, on leur demande de présenter un certificat
d'acceptation du Québec, le CAQ, et un permis d'études du fédéral avant d'avoir accès aux études. M. le Président, ça
n'a aucun sens. On envoie les demandeurs d'asile dans la maison des fous d'Astérix avant d'avoir accès aux cours de
français. Ces gens-là demandent juste d'apprendre le français. On
devrait tout faire pour les aider, pas leur mettre des bâtons dans les roues.
Est-ce que la ministre va leur permettre
d'apprendre le français sans passer par un labyrinthe bureaucratique?
Le Président : Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Girault : Merci, M. le
Président. M. le Président, depuis maintenant deux ans, on a augmenté de façon exponentielle le nombre d'accès aux cours de
francisation pour les immigrants. En fait, depuis deux ans, même depuis la
dernière année, on a même augmenté de 175, nombre de professeurs pour la
francisation.
Donc,
beaucoup d'efforts ont été mis en francisation de façon à permettre, justement,
aux immigrants qui veulent apprendre
le français d'être capables d'avoir un poste... pas un poste mais une place
dans un cours de français très rapidement. Et c'est exactement ce qu'on fait actuellement, M. le Président.
D'ailleurs, les cours de français, l'admission aux cours de français,
tant temps partiel que temps plein, a augmenté entre 15 % et 25 % en
Donc, oui, M. le Président, on met beaucoup
d'efforts, et les immigrants ont accès aux cours de français.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
C'est très bien d'avoir davantage de professeurs. Il faudrait avoir beaucoup
plus d'élèves devant eux, là.
J'ai reçu un
témoignage très inquiétant d'un professeur de francisation du Centre-du-Québec.
Je cite : «Je peux vous dire par expérience sur le terrain que ces
nouvelles exigences nuisent à l'intégration des nouveaux arrivants. Les élèves
sont découragés par la complexité de
la demande et de ses coûts importants.» Est-ce que la ministre se rend compte
qu'elle décourage l'apprentissage du français pour les nouveaux arrivants?
Le Président : Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Girault : Merci, M. le
Président. M. le Président, quand on regarde l'admission aux cours de français,
il y a trois choses importantes qui ont été faites. D'abord, on a augmenté
notre budget de 70 millions pour l'amener à 170 millions, depuis
juillet 2019. Ensuite, je parlais tout à l'heure des cours à temps plein.
Les cours à temps plein, les inscriptions aux cours à temps plein ont augmenté
de 20,5 %, et les inscriptions aux cours à temps partiel, de 31 %, M.
le Président. 31 % de plus d'inscriptions à temps partiel.
Donc, je ne
vois pas, M. le Président, comment on peut dire que l'admission est difficile,
aux cours de français, pour les immigrants. Au contraire, on a une
augmentation d'un tiers, 31 % de plus. Merci, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Est-ce que la
ministre est prête à nous dire que le ministère de l'Éducation n'impose pas de nouvelles mesures, ne demande pas de nouvelles
preuves de toutes sortes pour l'inscription dans les cours à temps plein, là?
Ça devrait être une priorité, les cours de
français, là. Voyons donc! La francisation, ça devrait être un chantier
national. Si on veut que les immigrants apprennent le français, vivent en
français, travaillent en français, il n'y a pas 36 solutions : moins
de barrières, plus de cours.
Est-ce que la ministre s'engage à tout faire
pour faciliter l'apprentissage du français au Québec?
Le Président : Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Girault :
Merci, M. le Président. M. le Président, je peux sécuriser mon collègue le
député, tout est fait pour, justement, faire en sorte que les immigrants
soient francisés, au Québec, et apprennent le français dans les meilleures
conditions : plus de professeurs, plus de cours en français, un
accompagnement personnalisé, M. le Président, où on commence l'accompagnement dès l'étranger pour,
justement, faire en sorte que, quand ils arrivent ici, ils sont déjà inscrits
dans des cours de francisation, et que ça aide à leur intégration dans
la société du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Bonjour, M. le Président. En août 2019, le ministre de l'Éducation a été
chercher son sous‑ministre, une personne qui travaillait déjà dans son comté,
qui était déjà directeur général dans son comté. Et, malgré ça, la levée
de boucliers de certains du milieu qui ont
été très surpris par cette nomination, il a quand même décidé que c'était son
homme de confiance. Il a fait plus ou
moins un an, puis par la suite, le 13 octobre au soir, nous, on a appris qu'il était dégommé puis qu'il
sautait parce que, finalement, l'information ne circulait pas ni avec le réseau
scolaire, mais, même avec le ministre de l'Éducation, il n'arrivait pas à
recevoir les avis de la Santé publique.
Aujourd'hui, moi je suis un peu surprise, parce
qu'il y a un nouveau décret, puis on apprend que le même monsieur qui a été dégommé et dont le contrat a
été résilié, et qui avait droit à seulement trois mois de congé de traitement,
vient de recevoir l'équivalent d'un Gagnant à vie!, trois années supplémentaires
à 200 000 $ par année.
Est-ce qu'on parle vraiment du même M. Eric
Blackburn?
Le Président : Madame... M.
le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, merci,
M. le Président. Bien, écoutez,
comme la députée de Saint-Laurent n'est pas sans le savoir, parce qu'à son époque le député
d'Outremont, qui était président du Conseil du trésor,
nous l'a rappelé à de très nombreuses reprises,
il y a des contrats qui se signent avec les employés de l'État, avec les
Emplois supérieurs. Ces contrats-là, évidemment, contiennent des clauses, ces clauses-là doivent
être respectées. Le gouvernement respecte les clauses de contrat avant,
pendant et après l'embauche de la personne en question.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Ça, c'est le contrat initial. Ça, c'est le décret initial. Résiliation :
trois mois de traitement. Bizarrement, trois
mois plus tard, il a droit à un autre trois ans pour 200 000 $, puis
il va être tabletté. Ça commence à coûter cher la tablette.
Alors là, M. le Président, moi, je veux savoir
qu'est-ce qui est arrivé, parce que, le 12 novembre, ça fait à peine un mois, le ministre... bien, en fait, le leader a
dit : Nous, là, les gens qui sont moins compétents, bien, on ne les garde
pas, puis c'est pour ça qu'on leur
donne des contrats. Alors, pourquoi vous avez senti l'urgence de donner trois
ans de salaire à 200 000 $ par année?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire :
Dans le cas qui nous préoccupe, M. le Président, je veux rassurer la députée de
Saint-Laurent, ce n'est pas une
question de compétence, c'est une question personnelle à M. Blackburn, que
je n'évoquerai pas ici. Mais, M. le Président...
D'ailleurs, je souligne à ma collègue, puis ça a été un peu... les collègues de
l'opposition officielle se sont un peu
gaussés de cette mesure-là, et c'est drôle, ce qu'elle me dit, parce que c'est
un peu en contradiction avec ce qu'ils ont amené précédemment, quand on
a annoncé que les sous-ministres, notamment, seraient embauchés à contrat, on
s'est fait dire : Ah mon Dieu! c'est
épouvantable, ça va être du patronage, il va y avoir toutes sortes de choses.
Puis là, bien, on respecte les contrats précédents, puis là on se fait
dire qu'on respecte les contrats puis c'est épouvantable.
Le Président : En terminant.
Caire : Ça fait
que, là, à un moment donné, il faudrait s'entendre, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent, s'il vous plaît.
Mme Rizqy :
...pas le contrat puis vous ne respectez pas non plus votre parole. La personne
a travaillé à peine un an puis reçoit quatre ans de salaire. C'est du
jamais-vu. Pour le même, là, nombre de salaire que lui a, là, ça donnerait
600 purificateurs d'air, on aurait 600 classes avec des purificateurs
d'air avec son salaire.
Honnêtement,
M. le ministre, tantôt vous parliez du nez, là, qui est en train de crever
votre oeil; moi, ça commence aussi à me crever l'oeil, là, je n'en reviens pas.
Sincèrement, là, moi aussi,
j'aimerais peut-être ça, là, avoir, là, travaillé un an puis me retrouver avec quatre ans de salaire
à 200 000 $ par année. Moi
aussi, je serais contente. Mais ce n'est pas ça, la vie.
Alors, est-ce que vous allez respecter le
premier contrat puis annuler le...
Le Président :
Réponse. Évidemment, je vous rappellerai que ce qui avait été dit précédemment
pour éviter d'utiliser l'image. Ça se répète également pour vous, Mme la
députée. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui, M. le Président. Je trouve ce moment-là absolument savoureux parce que,
si, pendant les 15 années libérales,
il n'y avait pas eu de nomination vraiment partisane, ce n'est pas des
purificateurs d'air qu'on achèterait, c'est l'usine de production, M. le Président. Alors, je veux dire, on a nommé
à la SEPAQ... on a nommé à la SEPAQ, sous les libéraux, quelqu'un dont la seule compétence, c'était d'avoir fait du
camping une fois dans sa vie. Alors, M. le Président, s'il y en a un ici qui est au courant, parce que
c'est un petit peu ma job de scruter ça... Des nominations partisanes sous les
libéraux, là, il y en a une liste, on ferait le tour du building à faire la
liste, M. le Président.
Ceci étant
dit, dans le cas qui nous préoccupe, on va respecter les engagements envers
l'individu. Et, à partir de maintenant, les sous-ministres que nous
allons mettre en poste seront à contrat. J'espère que la députée...
Le Président : Question
principale. Question principale, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. En
novembre 2019, la ministre des Affaires municipales a fièrement déposé le
projet de loi n° 49 sur l'éthique et la
déontologie en matière municipale et diverses dispositions législatives en
éthique et déontologie.
Depuis
maintenant plus d'un an, plus d'un an, le gouvernement caquiste nous dit que
les consultations particulières auront lieu, que le projet de loi est
une priorité. Pourtant, toujours aucune motion, aucun geste dans ce sens.
Pendant ce
temps-là, il y a de nombreux cas d'éthique qui sont soulevés un peu partout.
Plus de 100 municipalités québécoises
doivent se soumettre à un audit éthique. 24 maires et conseillers
municipaux sont reconnus coupables par la Commission municipale du Québec. Un maire déclaré coupable de fraude
électorale continue à siéger. Définitivement, le gouvernement ne semble pas trop pressé de traiter l'éthique, alors que
les cas se multiplient, s'accumulent et nécessitent des interventions.
Si la CAQ s'intéresse vraiment aux questions
d'éthique, pourquoi reporter, reporter et reporter?
Le Président : Mme la
ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Merci. J'aime bien cette question parce que je pourrais dire d'emblée :
Pourquoi nos commissions parlementaires
sont si longues? Parce que moi, j'ai tellement hâte d'étudier le p.l. n° 49, évidemment, j'ai vraiment hâte.
La première
chose que j'ai faite, quand je suis arrivée en poste, on a donné, grâce au
ministre des Finances, plus de
montants à la Commission municipale du Québec. Pourquoi? Parce que la
Commission municipale du Québec demandait plus de montants pour aller dans
les régions pour étudier des cas particuliers.
Le projet de
loi sur l'éthique et la déontologie est essentiel pour
toutes nos municipalités. On a de
très bons maires, de très bonnes
mairesses, au Québec. Par contre, maintenant, il faut donner plus de pouvoirs à
la CMQ pour qu'elle agisse immédiatement.
Il y a des maires vraiment particuliers, et on agit, ne soyez pas inquiets. La
CMQ s'en va tout de suite sur place,
comme ça s'est passé la semaine passée à Saint-Jérôme. Maintenant, les élus
doivent avoir une formation en éthique, parce que, pour être élus, aujourd'hui, les élus ont une formation de
six heures sur quatre ans, sur huit ans, sur 12 ans. Imaginez. Six
heures de formation, M. le Président.
Alors, il faut les
aider. Notre projet de loi va être étudié bientôt, je l'espère, évidemment.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui. En fait, je ne veux pas généraliser avec le dossier de tous les élus
municipaux puis je ne veux pas dire
que les élus municipaux sont malhonnêtes, au contraire, mais il y a des
formations qui sont importantes puis qui sont obligatoires, et il n'y a aucune vérification qui est faite par les
Affaires municipales. Ça fait plus de 10 ans que la
loi sur l'éthique et la déontologie municipales a été
adoptée, et on devait la moderniser voilà un an, ce qui n'est toujours pas
fait. Le temps presse. Il y a une élection municipale qui va se tenir en
novembre 2021.
Quand la ministre va
nous présenter la nouvelle mouture de son projet de loi?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui. Merci beaucoup pour la question parce que, là, je viens juste d'entendre
la réponse. Évidemment, on dit : Depuis
10 ans, mais, moi, ça fait juste deux ans que je suis là, alors je ne peux
pas prendre le blâme... ah! «blâme», peut-être qu'on ne peut pas dire
ça, mais je ne peux pas prendre la responsabilité.
Mais
je vais prendre la responsabilité pour mon projet de loi n° 49, parce que
ce n'est pas normal que des élus, des maires,
des mairesses, des conseillers, conseillères, préfets, préfètes ne soient pas
outillés, n'aient pas de formation en éthique pour la gestion d'octroi de contrat. Il y a un manque de formation. On
travaille avec l'UMQ, qui, elle, donne une formation de 10 heures, imaginez, et avec la FQM, la
Fédération québécoise des municipalités, qui donne une formation de six heures.
Imaginez, pour être élu, aujourd'hui...
Le Président :
En terminant.
Mme Laforest :
Il faut mieux les outiller. Merci, M. le Président.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
comme annoncé précédemment à la rubrique Votes reportés, nous allons maintenant
procéder au vote sur le rapport
d'enquête du 6 décembre 2020 de la Commissaire à l'éthique et à la
déontologie au président de l'Assemblée nationale au sujet de
M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation et
député de Terrebonne. On recommandait une
sanction. Je rappelle aux membres de l'Assemblée que la commissaire a
recommandé qu'une réprimande soit imposée au ministre de l'Économie et
de l'Innovation et député de Terrebonne.
En application de
l'ordre spécial, j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de
leurs groupes sur l'adoption de ce rapport. M. le leader adjoint du
gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Président : M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Je vous remercie. En conséquence, le rapport est
considéré comme rejeté. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Juste une précision, parce que, lors du dernier vote sur une motion de blâme
par rapport au ministre de l'Économie, le ministre
s'était retiré ou s'était abstenu de voter. Est-ce que c'est possible de savoir
s'il y a eu de telles indications pour ce vote-ci également?
Président : Ça appartient au ministre, évidemment, et vous
l'aurez compris, ça appartient spécifiquement au ministre et au gouvernement.
Et là, vous voyez comme moi, pas de suite à cette demande.
M. le leader du
deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : En fait, en vertu de l'ordre spécial qui a été
négocié par les leaders parlementaires, le leader adjoint du gouvernement parle pour les députés de
son groupe parlementaire. J'aimerais donc que vous me confirmiez qu'en votant pour le leader adjoint du gouvernement a
également exprimé le vote du député de Terrebonne, et que, donc, le député de Terrebonne aura
inscrit un vote pour, dans le procès-verbal de notre Assemblée.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Caire :
M. le Président, je comprends le spectacle, là, mais c'est à l'ordre du jour,
le député se retire. C'est à l'ordre du jour.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Je parlais, bien sûr, du vote contre du leader
adjoint du gouvernement. Je vous demande une réponse à la question que
je vous ai posée.
Président : Vous
comprendrez, en ce qui nous concerne, évidemment, il n'y a pas de spectacle,
hein, tout le monde fait son travail ici. Je veux bien qu'on comprenne
bien, là. La question est légitime. Ceci dit, ce sera inscrit au procès-verbal
de notre rencontre d'aujourd'hui, comme tous les autres votes de son groupe...
qui a été annoncé.
J'en suis maintenant
aux motions sans préavis. Je reconnais d'abord Mme la députée de Les
Plaines.
Lecours (Les Plaines) :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante
conjointement avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée de Gaspé, le
député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte qu'un
article du " New York Times "
publié le 4 décembre 2020 fait état que l'entreprise montréalaise MindGeek
Canada héberge du contenu pornographique infantile et juvénile sur le Web;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que les allégations très graves à l'effet que
cette entreprise, qui possède le site pornographique
"Pornhub", profiterait financièrement de l'exploitation sexuelle des
mineurs;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de travailler avec le
gouvernement fédéral afin qu'il
prenne les mesures coercitives qui s'imposent contre l'hébergement de vidéos
"démontrant des crimes sexuels de masse comme le viol, la traite,
la maltraitance et l'agression d'enfants";
«Que
l'Assemblée nationale apporte son appui au projet de loi d'intérêt public du
Sénat, S-203, "Loi limitant l'accès en ligne des [majeurs] au
matériel sexuellement explicite";
«Que
l'Assemblée nationale [démontre] les multiples atteintes à la dignité des
personnes, notamment des femmes, contenues dans les vidéos hébergées sur
les plateformes comme "Pornhub";
«Que
l'Assemblée nationale demande aux gouvernements du Québec et du Canada
d'accroître la responsabilité des opérateurs, hébergeurs et
propriétaires de sites pornographiques comme éditeurs de contenu;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de présenter rapidement
un plan d'action pour lutter plus efficacement contre l'exploitation
sexuelle des mineurs;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement du
Québec de revoir l'admissibilité aux
incitatifs fiscaux afin que les compagnies
en technologies de l'information oeuvrant dans les domaines pornographiques qui
ont été reconnues coupables d'une
infraction criminelle en lien avec notamment la pornographie juvénile ne
puissent bénéficier d'avantages fiscaux.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Fortin :
Il n'y a pas de consentement, M. le Président.
Président : Pas de
consentement. Nous en sommes maintenant à Mme la députée de Maurice-Richard pour sa motion sans préavis. Mme la
députée.
Mme Montpetit : Je vous remercie, M. le Président. Alors, je
sollicite le consentement afin de présenter la motion suivante conjointement avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, le leader
du deuxième groupe d'opposition, le
député de Rimouski, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que les personnes qui reçoivent des traitements contre le
cancer vivent des moments difficiles et que le support moral de leurs
proches est essentiel;
«Qu'elle
souligne que plusieurs de ces traitements causent des effets secondaires
importants, notamment la fatigue, l'anxiété et la détresse
psychologique;
«Qu'elle réitère l'importance des mesures
sanitaires dans la lutte contre la pandémie de la COVID-19, tout en rappelant
l'importance de proposer des traitements empreints d'humanité et de compassion
aux personnes malades;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour permettre
la présence d'un proche aidant
tout en s'assurant de protéger les patients face à un risque additionnel de
contamination lors de leurs traitements contre le cancer.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Il y a
consentement, sans débat, M. le Président.
Président :
Consentement, sans débat. D'abord, vos votes respectifs, bien sûr. M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
du... M. le député de Rosemont?
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Cette
motion est donc adoptée. Je reconnais M.
le leader du deuxième groupe d'opposition. Vous êtes arrivé juste à temps, c'est à vous.
M. Nadeau-Dubois : M. le Président,
je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de LaFontaine,
le leader du troisième groupe d'opposition, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que la
récente décision du gouvernement du Québec...»
Non, pardon, M. le Président, je dispose de la mauvaise motion. C'est le problème de faire beaucoup
trop de choses en même temps. Alors, je vous lis, cette fois, le bon
libellé :
«Que l'Assemblée nationale réitère sa confiance pleine et entière envers la Commissaire à l'éthique et à la déontologie
de l'Assemblée nationale;
«Qu'elle rappelle que l'ensemble des
élu-es sont tenu-es de respecter la lettre et l'esprit du Code d'éthique et de
déontologie de l'Assemblée nationale, peu importe leur situation personnelle et
leurs occupations passées;
«Que
l'Assemblée nationale réitère que les député-es, ministres ou non,
doivent se conformer aux conclusions et aux recommandations de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie de l'Assemblée
nationale.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Pas de consentement, M. le Président.
Président : Pas de consentement. Je reconnais maintenant M. le
leader du troisième groupe d'opposition. À vous la parole.
M. Ouellet :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de LaFontaine, le leader du
deuxième groupe d'opposition, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale réitère sa confiance envers l'expertise et la compétence de la
Commissaire à l'éthique, Me Ariane Mignolet, et de toute son équipe pour
l'interprétation et l'application du Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale;
«Qu'elle rappelle que
le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale a été
adopté à l'unanimité le 3 décembre 2010;
«Qu'elle souligne
l'importante décision rendue le 26 mai 2011 par la présidence confirmant
le principe de convention parlementaire et le fait que, pour préserver l'équilibre
démocratique lors des délibérations parlementaires, les modifications [du]
règlement doivent être adoptées à l'unanimité des membres de l'Assemblée;
«Qu'elle exige que
toute modification [du] Code d'éthique et de déontologie des membres de
l'Assemblée nationale soit adoptée à l'unanimité.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Absolument, M. le Présiden, il y a consentement, avec grand plaisir.
Le Président :
Consentement. Je vous demande de m'indiquer les votes de vos groupes
respectifs, suivi des députés indépendants. M. le leader du troisième groupe
d'opposition?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est ainsi adoptée. Toujours dans les motions sans préavis,
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, M. le Président, je sollicite le
consentement afin de déroger à l'article 84.1 du règlement afin de présenter une motion concernant un mandat confié à
la CSSS ainsi que deux motions de consultations particulières, à la
suite d'une entente entre les groupes d'opposition et les députés indépendants.
Le Président :
...une motion sans préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement pour déroger à
l'article 84.1 de notre règlement afin de permettre la présentation de ces autres motions sans préavis.
Je comprends qu'il y a donc consentement. M. le leader du gouvernement.
Caire : Oui,
merci, M. le Président. Donc, mandat confié à la Commission de la santé et des services sociaux :
«Que
l'Assemblée mandate la Commission de la santé et des services sociaux afin
d'entendre le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio
Arruda, au sujet de la pandémie de la COVID-19 le mercredi 9 décembre
2020, de 15 heures à 18 heures;
«Que
l'exposé du directeur national de la santé publique soit d'une durée maximale
de 15 minutes et l'échange avec les membres de la commission d'une
durée maximale de 2 heures 45 minutes partagées ainsi :
1 heure 22 minutes et 30 secondes pour le groupe parlementaire
formant le gouvernement, 55 minutes pour le groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 13 minutes
45 secondes pour le deuxième groupe d'opposition et [...] 13 minutes
45 secondes pour le troisième groupe d'opposition;
«Que les temps de
parole dans le cadre de ce débat soient répartis ainsi :
«Un bloc de
vingt minutes pour le groupe parlementaire formant l'opposition officielle;
«Un bloc de
vingt minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement;
«Un bloc de
treize minutes quarante-cinq secondes pour le deuxième groupe
d'opposition;
«Un bloc de
[vingt-cinq] minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement;
«Un bloc de
[vingt-cinq] minutes pour le groupe parlementaire formant l'opposition
officielle;
«Un bloc de
treize minutes quarante-cinq secondes pour le troisième groupe
d'opposition;
«Un bloc de
vingt minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement;
«Un bloc de
quinze minutes pour le groupe parlementaire formant l'opposition
officielle;
«Un bloc de
vingt-deux minutes trente secondes pour le groupe parlementaire
formant le gouvernement;
«Que tout temps non
utilisé soit réparti proportionnellement entre les groupes parlementaires;
«Que lors de son
audition, le directeur national de la santé publique puisse être accompagné de
5 membres de son équipe;
«Que ce mandat soit
prioritaire sur tout autre mandat de la commission;
«Que ce mandat ne
donne lieu à aucune décision de la commission;
«Que le rapport de la
commission [de] l'Assemblée [...] soit composé [...] du procès-verbal de la
séance;
«Que la présente
motion ait préséance sur toute autre disposition incompatible du règlement.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
Caire :
Oui, il y a consentement, certain!
Président : Passons donc au vote de vos groupes respectifs.
D'abord, M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Président : Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, M. le Président. Motion de consultations
particulières, projet de loi n° 59. Je fais motion, conformément à
l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission de l'économie et du travail, dans le cadre de l'étude du projet
de loi n° 59, Loi
modernisant le régime de santé et de sécurité au travail,
procède à des consultations particulières et tienne des audiences publiques le mardi 19 janvier 2021 de
9 h 30 à 12 h 10, de 14 heures à 18 h 05 et
le mercredi 20 janvier 2021 de 9 h 30 à
11 h 55, de 14 heures à 18 h 05 et le
jeudi 21 janvier 2021 de 9 h 30 à 12 h 45 et
de 14 heures à 18 h 05;
«Qu'à
cette fin, la commission entende les personnes et organismes suivants : Ordre des conseillers en ressources
humaines agréés, Conseil du statut de la femme, Union des producteurs
agricoles, Union étudiante du Québec, Conseil d'intervention
pour l'accès des femmes au travail, Parkinson Québec, Alliance du personnel
professionnel et technique de la santé
et des services sociaux, Commission des droits de la personne et des droits de
la jeunesse, Fédération
interprofessionnelle de
la santé du Québec,
[...]Rachel Cox, professeur expert, Centrale des syndicats démocratiques, Conseil du patronat[...], Confédération
des syndicats nationaux, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante,
Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Fédération des chambres
de commerce du Québec, Centrale des syndicats du Québec, Manufacturiers
et exportateurs du Québec, Collectif des organismes de défense des droits des
personnes en situation de handicap, Conseil
provincial du Québec des métiers de la construction-International, Association
des entrepreneurs en construction du
Québec, Syndicat québécois de la construction, Réseau de la santé publique en
santé au travail, Équipe SST, M. François Simard, président,
Dr Patry, spécialiste en médecine du travail au CHUM;
«Qu'une période de
12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la
manière suivante : 6 minutes au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 4 minutes au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 1 minute au deuxième groupe d'opposition et 1 minute au troisième
groupe d'opposition;
«Que la durée maximale de l'exposé de chaque organisme
soit de 10 minutes et l'échange avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de 35 minutes
partagées ainsi : 17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
11 minutes 40 secondes pour l'opposition officielle,
2 minutes 55 secondes pour le deuxième groupe
d'opposition et 2 minutes 55 secondes pour le troisième groupe
d'opposition;
«Que les témoins
auditionnés puissent l'être par visioconférence;
«Qu'une suspension de
5 minutes soit prévue entre les échanges avec chaque personne et
organisme;
«Que
le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.»
Le Président :
Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Consentement, M. le Président.
Le Président :
Alors, vos votes respectifs. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition?
Le Président :
M. leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Cette motion est donc adoptée. Pour votre troisième
motion, M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. Donc, une motion de consultations particulières pour le
projet de loi n° 77. Je fais motion, conformément à l'article 146 du
règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles, dans le cadre de l'étude du
projet de loi n° 77, Loi
sur l'Institut de technologie agroalimentaire du Québec, procède à des consultations particulières
et tienne des auditions publiques le jeudi
14 janvier 2021 de 9 h 30 à 12 h 10 et de
14 heures à 18 h 05 ainsi que le vendredi
15 janvier 2021 de 9 h 30 à 11 h 05;
«Qu'à cette fin, la
commission entende les personnes et organismes suivants : Fédération de la
relève agricole du Québec, Conseil de la
transformation alimentaire du Québec, Association étudiante de l'ITA,
Équiterre, l'Institut de tourisme et
d'hôtellerie du Québec, Centre d'expertise en gestion agricole, Centre de
référence en agriculture [...] agroalimentaire
du Québec, l'Union paysanne, la Coopérative pour l'agriculture de proximité
écologique, L'Union des producteurs agricoles du Québec;
«Qu'une période de
12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, réparties de la
manière suivante : 6 minutes au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 4 minutes au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 1 minute au deuxième groupe d'opposition et 1 minute au
troisième groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
11 minutes 40 secondes pour l'opposition officielle,
2 minutes 55 secondes pour le deuxième groupe
d'opposition et 2 minutes 55 secondes pour le troisième groupe
d'opposition;
«Que les témoins
auditionnés puissent l'être par vidéoconférence;
«Qu'une suspension de
5 minutes soit prévue entre les échanges avec chaque personne et
organisme;
«Que
le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.»
Le Président :
À nouveau la question : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Caire :
Consentement.
Le Président :
Vos votes, bien sûr. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée.
Nous en sommes aux avis touchant les travaux des
commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui. Merci, M. le Président. Donc, j'avise cette
Assemblée que la Commission des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 68, Loi
visant principalement à permettre l'établissement des régimes de retraite à prestations cibles, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle du Conseil législatif,
de 15 heures à 18 heures, à la salle Pauline-Marois, ainsi que
de 19 h 30 à 22 h 30, à salle du Conseil législatif;
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra les consultations particulières sur le projet de loi n° 73, Loi modifiant
diverses dispositions en matière de procréation assistée, aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une
durée de 1 h 35 min, et de 19 h 30 à
21 h 55, à la salle Pauline-Marois;
La Commission de la santé et des services
sociaux entendra le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, au sujet de la pandémie de
la COVID-19 aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la salle du
Conseil législatif;
La Commission des institutions entreprendra
l'étude détaillée du projet de loi n° 72, Loi modifiant
diverses dispositions législatives
concernant principalement des organismes du domaine de la sécurité publique, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à
la salle Marie‑Claire‑Kirkland;
La Commission
de l'aménagement du territoire entendra les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 218, Loi
concernant la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de
loi n° 46, Loi modifiant la Loi
sur la conservation du patrimoine naturel et d'autres dispositions,
aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui. Merci, M. le Président. Je voudrais apporter une précision concernant les
demandes qui ont été faites par les
oppositions, parce que le député de Terrebonne nous a informés qu'il ne
souhaitait pas participer... prendre part au vote. Donc, je souhaite que
ce soit inscrit, M. le Président.
Président : Je dois cependant demander un consentement. Le vote
étant maintenant terminé, la question étant posée, alors, j'ai besoin
d'un consentement pour accepter cette inscription. Y a-t-il consentement?
M. Nadeau-Dubois : M. le
Président, il m'apparaît que notre règlement
stipule que, si un député ne souhaite pas prendre part au vote, en vertu, là, de l'entente spéciale, il doit le
signaler. Il faudrait que le député de Terrebonne le fasse, selon ma compréhension du règlement,
ou sinon qu'il nous indique la nature de son vote.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
M. Fortin : En fait, M.
le Président, ma compréhension de
l'entente est la même que celle du leader du deuxième groupe
d'opposition, et je vous demanderais
une clarification à savoir si c'est
possible, même avant d'offrir quelconque consentement, si c'est possible que,
plusieurs rubriques plus tard, un député veuille indiquer un vote, un
changement de vote lors d'un vote qui a été pris précédemment. Ça m'apparaît
une première. En six ans, là, je ne me souviens pas d'une telle situation. Lorsqu'on veut s'abstenir, lorsqu'on
veut voter contre un vote, on le fait lors
du moment du vote. Je vous demanderais un avis là-dessus, M. le
Président.
Président : Je vous
dirai qu'en fonction de l'entente mutuelle que vous avez eue ça change, évidemment, la façon de faire habituelle.
Ce que l'on comprend, c'est que, par consentement, on peut tout faire également,
mais ça prend un consentement pour aller plus loin sur cette volonté-là. S'il n'y a
pas de consentement, ça ne peut être fait. M. le leader du gouvernement.
Caire :
M. le Président, je comprends ce que vous dites sur la notion de consentement,
sur la notion d'indication de vote.
L'entente qui a été acceptée par tous fait en sorte que le leader peut énoncer
les positions de son groupe parlementaire, M. le Président. Donc, là-dessus, moi, je fais cette précision-là que je
n'ai pas faite tout à l'heure. Et donc, M. le Président, pour le reste,
ça appartient à mes collègues, qui semblaient vraiment vouloir avoir
l'information. Je leur transmets l'information.
À partir de là, ça leur appartient, de décider si cette information-là prévaut
sur à quel moment ça a été fait.
Président : ...justement vous dire, je comprends... je vous
donne la parole, M. le leader de l'opposition officielle, mais je comprends qu'à partir du moment... C'est à
vous qu'appartient la décision. S'il n'y a pas consentement, on oublie tout ça. S'il y a un consentement, vous pouvez le
faire également en fonction de ce qui a été dit précédemment. Alors, je
vous laisse continuer, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Une question toute simple, M. le Président. En
fait, si je comprends bien le propos et la demande du leader adjoint du gouvernement, c'est de changer
le vote du ministre de l'Économie, qui de facto avait voté contre la motion
et qui maintenant, à
11 h 20, soumet à l'Assemblée qu'il veut voter... qu'il veut
s'abstenir de la motion. C'est bien la demande du député ou du leader
adjoint?
Le Président : M. le leader adjoint
du gouvernement.
Caire :
Non, ce que je dis, c'est que c'était à l'ordre du jour, qu'au moment de faire
le vote je n'ai pas mentionné cet
élément-là. J'en prends l'entière la responsabilité. Maintenant, j'avise cette
Assemblée de la situation, et c'est à mes collègues de décider s'ils
vont donner ou non le consentement.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe.
M. Nadeau-Dubois :
Pour donner un consentement, il faut savoir quelle est la nature de la demande.
À quoi nous... Pour quoi
sollicitons-nous notre consentement? Dans notre règlement, il y a trois votes
possibles : pour, contre ou abstention. «Je n'étais pas là», ce
n'est pas dans les options dans notre règlement.
Donc, est-ce
que la demande du leader du gouvernement, c'est d'inscrire un vote contre, de
la part du député de Terrebonne, un
vote contre, un vote pour ou une abstention, sur le rapport? S'il répond à
cette question-là, je pourrai par la suite répondre si je donne mon
consentement ou pas.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Caire :
...un député se retire du vote, je ne sais pas exactement ce qui est écrit au
procès-verbal, alors... Mais c'est le député... Le député a indiqué
qu'il se retirait du vote.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
M. Fortin : M.
le Président, ce n'est pas une
option. Il y en a trois, options : pour, contre ou abstention.
Alors, je demande au leader adjoint de clarifier la position que veut avoir le ministre de l'Économie.
Président : Bien, je comprends, là, que la demande est que, sur le procès-verbal notamment,
on indique que le député de Terrebonne, ministre de l'Économie, n'ait
pas pris part au vote. C'est la demande que vous faites?
Président : Bien, en
fait, c'est pour la compréhension mutuelle, hein? Parce que
vous demandez ce que l'on doit faire. Il y a une notion de consentement
unanime ou pas.
M. Caire : Mais la chose est
très simple. Je ne sais pas... Dans un vote à main levée, je ne sais pas ce qui
est inscrit quand un député se retire du
vote, mais ce que j'indique à cette Chambre, c'est que le député
de Terrebonne, le ministre
de l'Économie et de l'Innovation, ne souhaitait pas prendre part au vote, et que
la table se gouverne en conséquence, M. le Président, là.
Le Président : Écoutez, moi,
je vous suggère, M. le leader du troisième groupe d'opposition, je vous
suggère... Parce que, là, il y a une notion, c'est quand même important...
c'est en fonction de l'ordre spécial, de l'entente qui est intervenue. Je vous propose de suspendre quelques
instants pour qu'on puisse véritablement clarifier la demande puis que vous
puissiez ensuite prendre position.
Mais, juste avant, M. le leader du troisième
groupe d'opposition, je vous écoute.
M. Ouellet : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Si vous me permettez, juste une courte intervention
pour expliquer pourquoi,
lors de la dernière entente qu'on a signée, il y a eu cette modification-là. Moi-même, personnellement, j'avais
une entreprise et je me trouvais mal à l'aise de voter pour un amendement
qui avait été présenté dans un projet
de loi qui, M. le Président, allait avantager mon entreprise. Donc, avec la Commissaire à l'éthique, et ensemble,
on avait convenu que, dans le cas de
l'entente spéciale, qui fait que, lorsque les leaders se lèvent, ils enregistrent le vote
prépondérant parce que sa formation politique n'est pas présente, et c'est considéré comme un vote par appel nominal... on a fait inscrire cette disposition-là
qui permettait à quelqu'un d'inscrire une dissidence à sa formation politique
pour voter différemment.
Donc, évidemment,
M. le Président, en tout respect, c'est l'ordre spécial qui doit
tenir compte, aujourd'hui, du vote. Ce
n'est pas un vote à main levée, c'est un vote par appel nominal. Lorsque les
leaders se lèvent, sont inscrits dans les minutes l'ensemble des députés de la
formation politique, présents ou absents. Donc, dans ce cas-là, je joins ma
voix à celle du leader du deuxième
groupe d'opposition. Il faut connaître, avant de donner notre consentement,
quelle est la volonté du député de Terrebonne quant à la teneur de son
vote. Merci.
Président : Alors, je
résume un peu. On revient à la demande de consentement, bien sûr. Je comprends
également les préoccupations que vous
avez, la clarification. Je vous rappelle qu'on peut suspendre quelques instants
pour relire l'ordre spécial et
l'entente intervenue pour clarifier la situation. Si vous le souhaitez, prenons
quelques minutes, ce sera plus clair pour tout le monde.
Alors, je suspends les
travaux pour quelques instants, pour fins d'information et de discussion.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
Président : Mmes, MM. les députés, toujours à la rubrique Renseignements sur les
travaux, sur une demande qui a été faite précédemment, M. le leader de l'opposition
officielle, vous voulez nous informer?
M. Fortin : Oui. Merci,
M. le Président. Si on comprend bien,
là, effectivement, la demande qui a été faite de la part du leader adjoint du gouvernement, c'est que le ministre puisse être enregistré comme ne prenant pas part
au vote. C'est ce qu'on a compris de la demande après échange, de la
demande du leader du gouvernement.
Nous allons
offrir notre consentement, M. le
Président, à fonctionner ainsi et à
ce que le vote du ministre de
l'Économie change de contre à ce qu'il ne soit pas enregistré.
Cependant,
M. le Président, je tiens quand même à indiquer le fait
qu'à plusieurs reprises il y a eu des indications que ce vote-là aurait lieu ce matin, que vous en avez parlé hier,
lorsque vous avez dit que le ministre
de l'Économie renonçait à son droit de parole, que le vote, nécessairement,
serait ce matin. Vous y avez fait référence vous-même plus tôt aujourd'hui. Il y a eu le vote, il y a
eu les interventions de ma part, de la part du leader du deuxième groupe d'opposition officielle. Et à
chacun de ces moments le leader adjoint du
gouvernement mais aussi le ministre de l'Économie auraient pu... avaient eu
l'opportunité de transmettre à la table des indications par rapport à son vote.
Ça n'a pas eu lieu, M. le Président.
Donc là, on
se retrouve à la fin des renseignements sur les travaux, le leader adjoint du gouvernement nous demande de procéder de façon exceptionnelle pour permettre au ministre de l'Économie de ne pas prendre part au vote. On convient
que c'est fort probablement une erreur de
bonne foi, mais quand même, M. le
Président, il y a eu plusieurs opportunités
pour le ministre de l'Économie lui-même... non pas à travers son leader, mais de
le faire lui-même, et on comprend tous que ça n'a pas été fait.
Ceci étant, M. le Président, nous offrons notre
consentement de façon exceptionnelle sur cet enjeu.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Sans vouloir rallonger les échanges, juste pour inscrire ma voix, très
simplement dire qu'en effet on a pris
la peine de faire préciser au leader adjoint du gouvernement ses intentions, cette
occasion-là n'a pas été saisie. Néanmoins,
parce que ce Parlement a besoin de collaboration pour fonctionner
convenablement, nous allons donner notre consentement pour que le
procès-verbal soit corrigé.
Je me permets
de souhaiter, M. le Président, que cet esprit de justice entre les groupes
parlementaires soit respecté dans
l'avenir lorsque d'autres groupes parlementaires feront appel à la
collaboration du gouvernement pour la bonne marche de nos travaux.
Le Président : Merci. M. le
leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, à la
lumière des échanges que nous avons eus avant de reprendre nos travaux, et avec ce que le collègue de la
deuxième opposition et de l'opposition officielle viennent de souligner, je
m'inscris au même endroit. Évidemment, on
reconnaît que c'est une erreur de bonne foi et que, donc, ce genre de chose
peut arriver dans une législature, dans une
période de questions, parfois, même, mouvementée, qui nous amène parfois à être
focussés sur des choses et oublier des fois
certaines choses qui peuvent paraître aussi essentielles, comme l'inscription
d'un vote. Donc, le leader adjoint
nous a effectivement avoué que c'était une erreur, donc on est prêts à
pardonner cette erreur. Autant faut-il que ce pardon puisse un jour être
utilisé aussi pour les membres des oppositions. Merci, M. le Président.
Président : Alors, compte tenu du consentement, le nom du
ministre ne figurera pas au procès-verbal lors de ce vote. Clair et
décision prise. Merci à toutes et à tous.
Et, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Et je suspends nos travaux pour quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 48)
Le Vice-Président (M. Picard) :
Donc, nous reprenons nos travaux. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, M. le Président. Alors, je vous demanderais d'appeler l'article 25 du
feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) : À l'article 25, M. le ministre
de la Justice propose l'adoption du projet de loi n° 70, Loi visant à
protéger les personnes contre les thérapies de conversion dispensées pour
changer leur orientation sexuelle, leur identité de
genre ou leur expression de genre.
Y a-t-il des interventions? M. le ministre de la
Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Ça me fait plaisir d'intervenir sur l'adoption finale du projet de
loi visant à protéger les personnes
contre les thérapies de conversion dispensées pour changer leur orientation,
leur identité de genre ou
leur expression de genre, le projet
de loi n° 70, M. le Président, car aujourd'hui nous posons un geste
important pour le Québec, une action concrète et pérenne qui aura un
réel impact positif pour l'intégrité et la dignité des personnes.
Avec
l'adoption du projet de loi n° 70 qui vise à protéger les personnes contre les thérapies de
conversion visant à changer
l'orientation sexuelle, l'identité de genre et l'expression de genre, nous envoyons un message clair : Au Québec,
les thérapies de conversion n'ont pas leur place.
Il était plus
que temps de mener à terme ce projet de loi, que nous considérions crucial.
Personne au Québec ne devrait être...
ne devrait se sentir discriminé, jugé, réprimé en raison de son orientation
sexuelle, son identité ou son expression de genre. Il s'agit du premier projet de loi que j'ai déposé en tant que
ministre de la Justice et responsable de la lutte contre l'homophobie et
la transphobie. C'était une priorité pour moi.
Nous en
sommes aujourd'hui aux dernières étapes de l'adoption du projet de loi
n° 70 visant l'abolition des thérapies de conversion et nous en sommes très fiers. Nous n'en serions pas là
sans la précieuse collaboration des organismes et des groupes LGBTQ qui ont notamment participé aux
consultations particulières et de tous ceux qui ont continué de communiquer
avec nous tout au long des travaux. Je tiens
à vous remercier. Vous nous avez apporté un éclairage important sur ce
phénomène. Grâce à vous, nous
connaissons mieux les différentes formes que peuvent prendre ces pratiques
discriminatoires et leurs dangers.
Un merci
spécial aux personnes qui ont accepté de partager leur expérience personnelle
avec nous. Vous nous avez permis de constater l'ampleur des répercussions
que ces pratiques barbares peuvent avoir sur les personnes qui les subissent.
Cela prend beaucoup de courage pour se
livrer ainsi, et votre témoignage aura des répercussions importantes auprès
d'autres personnes qui se questionnent aujourd'hui sur elles-mêmes.
Nous sommes
également très reconnaissants du travail des collègues de l'opposition qui ont
permis que ce projet de loi progresse
rapidement et de manière constructive. Ce climat de travail productif et
positif a porté ses fruits, nous le constatons
aujourd'hui. Et je sais à quel point c'est un projet de loi qui tient à coeur à
la députée de Westmount—Saint-Louis et je tiens à la remercier
sincèrement pour sa collaboration dans le dossier.
Je tiens également à remercier, M. le Président,
l'ensemble des collègues parlementaires, des oppositions, mais principalement
les collègues de la
partie ministérielle, M. le Président, qui ont contribué,
tout au long du projet de loi, à l'étude de
celui-ci et à l'adoption. Et, M. le Président, ce serait un manque de ma part
de souligner la collaboration et le travail
du député de LaFontaine qui nous accompagne dans les différents projets
de loi en matière de justice et qui, je sais, sera d'une très grande aide,
au cours des prochains mois, dans les autres différents projets de loi que nous
adopterons, rapidement, parce que je sais qu'il aime bien travailler, mais dans
un délai serré pour faire en sorte d'adopter l'agenda législatif du gouvernement au bénéfice de l'ensemble des Québécois et de
sa population dans la circonscription de LaFontaine. Je sais qu'il partage cet intérêt avec le
gouvernement.
M. le
Président, nous sommes convaincus que la démarche améliorera considérablement
le respect des droits des personnes
et des minorités sexuelles et de genre. Celle-ci s'inscrit dans une volonté
profonde et sincère de mettre fin à la discrimination
basée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Nous contribuons ainsi
aux efforts pour une société plus juste et plus ouverte.
Nous
entendons par «thérapie de conversion» toute pratique ayant pour but d'amener
une personne à changer son orientation,
son identité de genre ou son expression de genre. Les consultations
particulières nous l'ont confirmé, ces thérapies de conversion sont nocives et dangereuses pour les personnes qui les
subissent. Elles sont une atteinte à l'intégrité et à la dignité de la
personne et peuvent avoir de graves répercussions pour ceux et celles qui les
suivent.
Plusieurs
dispositions maintenant ajoutées au projet de loi grâce aux propositions des
groupes, mais également grâce aux
discussions lors de l'étude détaillée, permettent d'assurer une meilleure
protection des personnes victimes de ce type de pratique. Je pense notamment à la mention explicite dans la
Loi sur
l'assurance maladie et le règlement sur l'assurance maladie que les
services dont le coût est assumé par la régie, en vertu de l'article 3, ne
peuvent inclure une thérapie de conversion; à l'élaboration d'un plan d'action gouvernemental
pour informer et sensibiliser la population quant aux conséquences des
thérapies de conversion.
Par ailleurs, pour alléger le fardeau de la
preuve, nous reconnaissons de façon explicite et absolue que ces thérapies portent atteinte aux droits fondamentaux
d'intégrité et de dignité de la personne. Ces droits sont inaliénables et sont
protégés par la charte québécoise des droits et libertés de la personne. Ainsi,
celles et ceux qui veulent intenter une poursuite n'auront pas à procéder à la
démonstration des dommages subis lors de telles pratiques. Nous souhaitons, par
cette mesure, simplifier leur recours et leur permettre d'obtenir la réparation
du préjudice subi.
Nous proposons aussi de modifier le
Code des professions pour interdire à tout professionnel, peu importe l'ordre
dont il est membre, de dispenser une thérapie de conversion. Cette pratique
sera désormais considérée comme un acte dérogatoire à la dignité des
professions.
projet de loi prévoit également l'interdiction formelle que ce soit à
titre
onéreux ou gratuit, ou au nom de la spiritualité
d'offrir une thérapie de conversion à une autre personne sous peine d'une
amende importante. En effet, toute personne
qui contreviendrait à la loi serait passible d'une amende entre
5 000 $ et 50 000 $, ainsi que de 15 000 à
150 000 pour les personnes morales. L'interdiction de pratiquer des
thérapies de conversion s'applique tant aux personnes physiques qu'aux personnes morales, ainsi qu'à toute autre
organisation qui voudrait porter atteinte aux droits de ces personnes de
minorités sexuelles et de genre.
le Président, avec l'adoption du projet de loi n° 70, nous mettons fin à
un phénomène qui a déjà fait trop de victimes
dans la communauté LGBTQ. Nous avons élaboré des mesures visant à couvrir
toutes les formes de thérapies de conversion,
incluant les plus subtiles et les plus pernicieuses. Il est capital de protéger
les personnes de ces pratiques dangereuses
qui peuvent avoir des répercussions dramatiques. Chacun doit pouvoir s'épanouir
au sein de la société sans craindre
la répression, la discrimination ou le harcèlement. Le gouvernement a un rôle
fondamental à jouer pour assurer et protéger cette liberté.
Québec se positionne ainsi en leader en allant encore plus loin que la plupart
des autres juridictions canadiennes. Avec
l'adoption de ce projet de loi, nous franchissons une étape supplémentaire afin
d'ajuster la loi aux réalités de la société qu'il encadre, une société
juste ouverte et qui lui assure la protection et l'épanouissement de toute la
population.
Québec est un phare en matière de droits des personnes LGBTQ et nous pouvons en
être très fiers. En effet, depuis des décennies, nous sommes au coeur du
progrès pour un plus grand respect de la diversité, notamment sexuelle. Et, M. le Président, je me fais un honneur et un
devoir, à
titre de ministre responsable de la Lutte contre l'homophobie et la
transphobie, de poursuivre dans cette voie,
et je suis heureux de pouvoir collaborer à cet égard avec les groupes des
communautés LGBTQ.
Enfin,
M. le Président, je tiens à souligner, encore une fois, l'esprit de
collégialité partagé avec les différents groupes, ainsi qu'avec les oppositions tout au long de
l'élaboration de ce projet de loi qui fait consensus. Nous sommes ainsi
parvenus tous ensemble à construire un projet de loi majeur au bénéfice
de l'ensemble de la population québécoise.
je tiens à dire, M. le Président, que c'est fondamental, dans des dossiers
comme celui-ci, de prendre les actions nécessaires
et d'y aller par voie législative pour faire en sorte, M. le Président,
d'envoyer un message très clair que ce genre de thérapies n'ont pas leur
au Québec, qu'elles doivent être réprimées, et surtout de dire aux personnes
qui en sont victimes que l'État est là pour
eux, pour les soutenir, pour les accompagner et pour leur faciliter la vie dans
l'obtention de la réparation de leur préjudice. Et c'est pour ça, M. le
Président, qu'on a facilité le recours civil avec une présomption irréfragable, qu'on a fait en sorte de permettre
des poursuites de nature pénale et de faire en sorte que des professionnels qui
offriraient ce genre de thérapie de
conversion là commettraient un acte dérogatoire à la dignité de la profession,
parce que ça va à l'encontre de la protection du public.
Alors,
M. le Président, je suis fier de
conclure sur l'adoption finale du projet de loi n° 70 et souligner qu'il s'agit d'une avancée
majeure, l'adoption de ce projet de loi, pour fai