National Assembly — 15 September 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CAN 2016-09-15

Quebec — Committees

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National Assembly — 15 September 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CAN 2016-09-15

Quebec — Committees

Donc, ces

réalités-là font en sorte qu'on a une crainte de perdre soit l'identité, parce

qu'à ce moment-là on atrophie par le nombre dans un territoire comme

l'Abitibi-Témiscamingue... Et souvent nous, on considère aussi la région du Nord-du-Québec. Donc, de

ce côté-là, encore là, l'enjeu devient encore plus, je dirais, d'une taille

démesurée. Et là on se dit :

Bien là, si on va vers le sud, comment on fait pour aller vers le sud? Vers les

Laurentides? Vers l'Outaouais? C'est surréaliste.

Mais il y a aussi un apport de cette population-là, qui a ses couleurs, ses

particularités, qui doit être respecté. Je pense que toute la notion d'offrir à nos populations une

représentativité qui tient compte de cette réalité-là, elle est non

seulement importante, mais essentielle.

Je comprends

que votre rôle n'est pas facile. On vous impose aussi, en contrepartie, des

enjeux en termes de nombre de comtés,

en termes de statistiques. Un individu, ce n'est pas une statistique. Une

région, ce n'est pas une statistique, c'est

autre chose que ça, c'est des gens qui habitent ces territoires-là avec

l'histoire, avec les réalités socioéconomiques, les profils économiques,

et on veut encourager les populations, par exemple, au niveau de l'immigration,

mais, pour pouvoir aller dans cette

dynamique-là, il faut aussi créer des conditions favorables, une appartenance,

une identité, et d'aller jouer dans

les paramètres des comtés, ça a toujours un effet. Et je suis convaincu que, de

ce côté-là, tant mes collègues qui sont de la région métropolitaine, que

ce soit du secteur de Montréal ou de Québec... vont vous l'adresser. Quand on vient jouer dans ces éléments-là, c'est toute

l'identité d'une population en lien avec sa réalité depuis des temps... Je

prends l'Abitibi-Témiscamingue. L'Abitibi, c'est une région jeune, mais

quand même, avec maintenant des municipalités qui

ont plus de cent ans, les gens s'identifient et ont du vécu, et on est déjà aux

troisièmes ou quatrièmes générations dans certains cas. Si on décristallise ces réalités-là pour les retransformer

autrement, ça a des impacts indéniables, une perte d'identité, et je pense qu'on doit porter une

attention toute particulière à cela. Dans une région, de prendre une décision

de ce type-là peut vraiment déstabiliser à

la fois l'appartenance mais également toute la dynamique socioéconomique du

territoire.

Donc, là-dessus, j'adresse humblement ma

préoccupation. Et je crois que les comtés d'exception, ils ont été reconnus,

parce que c'est une réalité du vaste territoire québécois, de son histoire

aussi en termes de développement à la fois

économique mais aussi d'occupation du territoire. Il ne faut pas l'oublier, cet

aspect-là, l'occupation du territoire. Et est-ce qu'on veut favoriser l'occupation du territoire

par l'identité à un territoire, donc avec une reconnaissance spécifique d'une région, ou on veut l'atrophier au bénéfice

d'une concentration vers des grands centres? C'est une question

légitime. La population se la pose.

On a un défi

en région chez nous en termes d'emplois pas parce qu'on manque d'emplois, parce

qu'on manque de travailleurs pour combler ces postes-là, et, là-dessus, la clarté de ce qu'est la

région de l'Abitibi-Témiscamingue, de ce qu'est

le comté d'Abitibi-Est, pour nous, elle est primordiale. On ne peut pas

se permettre de jouer avec les frontières tout simplement sur le fait

d'un facteur mathématique. Il y a, je pense, les autres impératifs, les autres

considérations qui doivent primer un peu

plus là-dessus. Et c'est pour ça que moi, je maintiens que, un, il est important

de maintenir les comtés d'exception à travers le Québec, parce que ce

que je vous dis là, il est tout aussi légitime pour les gens de la Côte-Nord,

pour les gens de la Gaspésie, pour les gens de la Mauricie. Pour moi, les

régions ressources qui ont aidé à développer

le Québec, on doit en tenir compte, parce que, dans une

perspective de développement, si on ne permet pas à ces régions-là de garder leur identité et de

pouvoir éventuellement — soyons optimistes — corriger l'aspect démographique et

l'amener à pouvoir retomber dans les données mathématiques souhaitées...

Vous me

permettrez également des commentaires. J'ai déjà parlé de la situation de la

Mauricie, qui me préoccupe parce que

je m'imagine, pour les gens des comtés là-bas, que déjà ça doit être une source

importante de préoccupation, à

savoir : Qui serons-nous au lendemain de cette refonte de la carte

électorale? Est-ce que c'est réellement nécessaire par rapport à la

Mauricie? C'est une bonne question à se poser. Et, en parallèle, je regarde la

situation dans la proposition qui est faite

actuellement au niveau des Laurentides et de l'Outaouais. On vit le processus

inversé. En Outaouais, on a des comtés qui sont bien nantis en termes

populationnels. La même chose dans le territoire de Laurentides-Lanaudière.

Mais, cependant, ce que je constate, c'est

qu'en termes de régions... et là je vois mon collègue d'Abitibi-Ouest ici,

nous, la région chez nous, on est

trois comtés. On extensionne avec Ungava. On a la prétention de pouvoir

englober Ungava, donc on est à quatre

comtés. L'Outaouais, ils sont à cinq comtés. Les Laurentides sont à 15

comtés... Laurentides-Lanaudière. Dans

le poids démographique de régions, parce que, oui, il y a des enjeux de comté,

mais il y a des enjeux de régions, quand

on regarde dans la capacité d'accueil, dans la capacité à attirer à la fois des

populations, à la fois des investissements ou des projets, ça a un impact non négligeable. Ce n'est pas juste

mathématique, c'est psychologique. Il y a un impact dans ces

situations-là, et l'équilibre, il est important.

Là, on nous

propose deux nouveaux comtés dans le secteur de Laurentides-Lanaudière, mais on

ne propose pas de nouveau comté en

Outaouais. Mais, l'Outaouais, il y a cinq comtés; Laurentides-Lanaudière, il y

en a 15. Moi, je me dis : Bon,

la répartition de Laurentides-Lanaudière, l'excédent est peut-être plus facile

à faire, parce que déjà, et vous l'avez vu dans vos statistiques, dans la répartition de la population, il y a des

développements domiciliaires qui se font, importants, hein? L'étalement se fait donc sans avoir à

influencer ces situations-là. Cet étalement-là se fait, donc le croisement des

lignes de comté, si je peux dire, est

beaucoup plus facile parce que ça se touche, la population se touche dans ces secteurs-là. Moi, si je veux toucher à mon voisin de Chapleau ou d'Abitibi-Ouest, qui est mon voisin immédiat, là, on a quand même des kilomètres entre les

habitations, là, d'un comté à l'autre, donc la redéfinition, elle est plus

simple pour absorber l'excédent de population par rapport aux statistiques.

Donc, j'adresse humblement, encore, là, cet

aspect. Je m'explique mal pourquoi on aurait besoin d'ajouter deux comtés dans les Laurentides-Lanaudière quand on juge qu'il n'est pas approprié de le

faire en Outaouais. Et, encore là, en Outaouais, dans le secteur plus particulièrement de Gatineau, on le voit, l'explosion démographique qu'il y a

là, elle est encore plus importante

que dans les Laurentides et, de fait, elle est très concentrée aussi dans le

secteur de Gatineau. Je

l'ai vécu encore récemment à une visite dans le secteur, où les développements domiciliaires qu'il y a là et l'activité économique qui s'y rattache...

Les gens ne vont pas s'installer juste pour le fun, là. C'est parce qu'il y a une réalité de territoire

qui fait en sorte que ça crée ces situations-là.

Vous me permettrez également

d'adresser, je pense, une préoccupation qui est d'un autre ordre mais qui est

quand même importante, c'est toute la

question de l'identification d'un comté à sa dénomination. On a vu qu'il y a

certains députés qui ont adressé à la

commission des demandes par rapport aux noms des comtés. Encore là, ça fait

référence à l'appartenance, à la

réalité de ces territoires-là. Changer le nom d'un comté, on ne fait pas ça

juste par plaisir, on le fait parce qu'il y a comme cette notion-là de vouloir bien attacher le comté

avec la population, et je pense que les députés, dans ce sens-là, avec leurs

représentants de la population, quand ils

présentent ces demandes-là, en général, c'est parce qu'il y a eu, justement, une

mûre réflexion ou des commentaires sur ce

qui s'est fait dans le passé, pour dire : Ce n'est pas nous autres, ce

comté-là. Cette identification, ce

n'est pas nous. Nous, on se retrouve soit dans l'ancienne identification avec

une modulation en lien avec la

réalité du territoire ou carrément parce qu'on souhaite vraiment s'identifier

de façon plus spécifique avec soit l'histoire, la réalité géographique

de ce comté-là, et je pense que là-dessus la commission doit être sensible

parce que c'est la population soit

directement ou via le biais de son député qui adresse cette notion-là, et moi,

je pense qu'on doit y accorder une attention toute particulière.

Le Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député d'Abitibi-Est,

pour ces commentaires, ces représentations.

Il reste deux minutes. Je ne sais pas si vous souhaitez réagir, M. Reid... ou

les membres de votre équipe.

M. Reid (Pierre) : En fait, je pense que le député a bien exprimé les difficultés que

posent les régions, les grandes régions

comme l'Abitibi, ou la Côte-Nord, ou la Gaspésie, et effectivement, comme la

loi nous le permet, les considérations, les explications que peut donner le député viennent justifier les

raisons pour lesquelles il y a des circonscriptions d'exception. Je l'ai dit l'autre jour, oui, il y a des

circonscriptions d'exception, mais c'est sûr que la commission ne peut pas

prétendre aujourd'hui qu'il y a des

droits acquis. Les seuls droits acquis... puis, là encore, c'est peut-être un

peu fort, parce qu'il appartiendra au législateur d'en décider, il y a

seulement les Îles-de-la-Madeleine qui sont protégées dans la loi.

Quand

vous abordez l'Outaouais, Laurentides-Lanaudière... effectivement, l'Outaouais

est sur le bord, là, d'être en... une

sous-représentation, et on est tous

conscients que les prochains travaux vont probablement nous amener à

regarder du côté, particulièrement, de l'Outaouais.

côté de Laurentides—Lanaudière, je

le répète, ce n'est pas une augmentation à la marge, c'est une augmentation

importante. Déjà, vous avez deux circonscriptions en exception, et on regarde

pour 2020 : ça va être presque cinq circonscriptions.

On se doit d'agir parce qu'on revient... Je comprends qu'on semble, en tout

cas, nous dire, nous reprocher... en

tout cas, nous demander d'être prudents. Quand on nous dit : Ce n'est pas

juste un calcul mathématique, il n'y a pas seulement des chiffres, mais il y a quand même le principe d'assurer une

représentation effective de chaque électeur, que chaque électeur ne voit pas son vote diminuer par rapport à un électeur

d'une autre région. C'est le grand défi, là, auquel on doit faire face.

Le Président (M. Ouimet) : Très bien. Merci. Alors, cela met un terme aux

discussions concernant Abitibi-Est. Allons maintenant du côté de notre

collègue vice-président de l'Assemblée nationale, Abitibi-Ouest, qui est élu

sans interruption depuis près de 40 ans

aujourd'hui et qui a sûrement vu beaucoup de réformes de la carte électorale.

Alors, je lui cède la parole. M. le député d'Abitibi-Ouest.

Gendron : Oui. Je vous remercie, M. le Président de la

commission, et je vous salue. Je salue également les collègues de la commission. Je salue les membres,

M. le président d'abord, de la Commission de la représentation électorale

ainsi que madame et les autres membres.

C'est

clair que, d'entrée de jeu, je tenais à participer à cette commission-là pour

bien des raisons, là. La longévité y

est pour quelque chose, mais c'est plus le principe fondamental que j'ai

toujours défendu. Je suis convaincu d'être un représentant des régions du Qu

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CollectionQuebec — Committees
CitationCAN 2016-09-15
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux parlementaires commissions can 41 1 journal debats CAN 160915.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier8b4d486e73d05e6b6025ac3e09a0bc0182cae0aa

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