House Proceedings — 3 June 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-06-03
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie pour votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas pour
sa déclaration de ce matin. À vous.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Je souhaite profiter de cette tribune afin de
souligner le 30e anniversaire du
Centre de femmes L'Essentielle, un organisme d'action communautaire de La
Vallée-du-Richelieu qui a pour mission de briser l'isolement des femmes
et de les outiller en leur offrant un lieu d'appartenance.
Fondé en 1986, Le Centre de femmes L'Essentielle
se démarque également par ses actions collectives et par l'aide qu'il apporte à de nombreuses femmes vivant
dans la circonscription de Borduas. L'organisme travaille également à sensibiliser la population à la condition féminine, à lutter contre les
violences faites aux femmes et à faire la promotion de l'égalité entre les sexes. Par ailleurs, chaque année, le centre organise des actions spécifiques afin de
souligner des dates importantes
telles que la Journée internationale des femmes et la tragédie du
6 décembre 1989 à la Polytechnique.
En terminant, je souhaite féliciter toute
l'équipe du Centre de femmes L'Essentielle, les membres du conseil d'administration ainsi que toutes les personnes qui ont contribué au succès de
l'organisme au cours des 30 dernières années. En mon nom et celui
des femmes que vous aidez, merci! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Papineau pour sa déclaration de ce matin. M.
le député de Papineau, à vous.
Iracà : Merci, M. le Président. Dans les années 80, le mouvement Albatros
voit le jour au Québec. Il
s'agit d'un mouvement bénévole dont la mission est d'accompagner, sans discrimination
d'aucune sorte, les personnes atteintes de maladies graves en soins palliatifs
ou en fin de vie, et ce, dès l'annonce du diagnostic et jusqu'à la fin de la
vie. Cet accompagnement peut se faire à domicile, en résidence, en établissement
ou en maison de soins palliatifs. Par cet accompagnement, le mouvement Albatros
apporte soutien et répit aux proches aidants et un accompagnement au deuil.
Dans cette perspective, le mouvement Albatros a
aussi pour mission de soutenir et former les personnes à l'accompagnement en soins palliatifs en fin de
vie. Grâce à sa vice-présidente et fondatrice, Mme Marie-Claire Bourassa, celle-ci permet au mouvement de s'installer à Gatineau
dans le secteur Buckingham en février 2014. À ce jour, plusieurs bénévoles assurent un soutien et
un accompagnement aux personnes en fin de vie.
Je tiens à
remercier Mme Bourassa pour son dévouement, son implication dans sa communauté,
sa détermination ainsi que son travail de bénévole. Bravo à toute l'équipe
Albatros!
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Merci, M. le député, de votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Rousseau pour sa déclaration de ce matin. À
vous.
M. Marceau : Merci, M. le
Président. Je tiens à rendre hommage à l'Association féminine d'éducation et d'action sociale de Lanaudière, l'AFEAS, qui a
célébré son 50e anniversaire récemment. Fondée en 1966 par et pour les femmes,
cette organisation compte aujourd'hui plus de 20 sections locales dans
notre région.
L'AFEAS de
Lanaudière oeuvre depuis toujours pour la reconnaissance du travail invisible non rémunéré effectué
par les femmes. La conciliation travail-famille, la laïcité, la lutte contre l'hypersexualisation, la révision
du Code civil et l'égalité des femmes et des hommes sont
également des dossiers prioritaires pour l'association. Tous ces combats, l'AFEAS de Lanaudière les mène non seulement pour
les femmes de la région, mais aussi plus largement pour les familles.
Je tiens à
remercier toutes celles qui se sont impliquées au fil des ans et ont contribué
au mieux-être des femmes. Bravo pour votre dévouement et félicitations
pour votre 50e anniversaire! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député de Rousseau. Je cède maintenant la parole à M. le député
de la Côte-du-Sud pour sa déclaration. À vous.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Je profite de ces quelques instants pour rendre hommage
à la Société du patrimoine, des arts et de la culture de
Saint-Just-de-Bretenières.
22 mai dernier, la Fédération Histoire Québec a remis à la société le prix
Léonidas-Bélanger afin de souligner l'excellence du livre Saint-Just-de-Bretenières — Cent ans d'histoire 1916-2016. Mes
plus sincères félicitations à tous les
gens qui ont contribué à l'élaboration de ce brillant ouvrage, et spécialement
aux responsables attitrés, Mmes Nicole Beaulieu, Céline Guillemette, Louise Lefebvre, et feue Mme Rosanne
Tanguay, ainsi que M. Michel Julien. Je ne peux qu'admirer votre
travail. Il aura fallu beaucoup de motivation et de ténacité pour passer au
travers des longues heures de recherche que
la composition d'un ouvrage comme celui-ci exige. Ce livre est un véritable
petit trésor. Vous avez su souligner
les 100 ans d'existence de votre municipalité avec brio. Les citoyennes et
citoyens de Saint-Just-de-Bretenières vous disent un grand, grand merci!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Viau pour sa déclaration de ce matin. M. le député de
Viau, à vous.
Heurtel : Merci, M. le Président. L'Organisation des Nations unies a
décrété le 5 juin comme étant la Journée mondiale de l'environnement. En
cette journée annuelle, une variété d'enjeux vitaux qui se rapportent à la
protection de l'environ-nement et à ses bénéfices, tant pour la qualité de vie
de la population que pour la survie de la planète, se trouvent à l'avant-scène.
Nous
pouvons déjà constater lorsque nous observons le monde qui nous entoure, les
changements climatiques affectent non
seulement l'environnement, mais aussi l'économie et la qualité de vie de la
population. Le temps presse, nous
devons agir dès maintenant pour limiter l'ampleur de ces impacts. La Journée
mondiale de l'environnement nous donne
l'occasion de réfléchir aux moyens que nous pouvons prendre pour réduire
l'empreinte carbone de nos activités quotidiennes.
Chaque geste posé constitue un pas vers une eau et un air plus sains et
contribue à la préservation de la biodiversité.
J'invite tous mes
collègues et la population du Québec à adopter des comportements responsables
dans leurs activités personnelles et
professionnelles. Par ces actions concrètes, nous participons à la lutte contre
les changements climatiques. La somme
de nos gestes contribue à bâtir une société plus sobre en carbone afin
d'assurer une qualité de vie à nos enfants. Faisons-le pour eux. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le député. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Huntingdon pour sa déclaration de
ce matin. M. le député, à vous.
M. Billette : Merci beaucoup, M. le
Président. J'aimerais profiter de
cette tribune pour vous inviter, citoyennes et citoyens du Québec,
à participer en grand nombre au festival nautique qui se tiendra du 8 au
10 juillet à Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix.
Après
20 ans de relâche, l'édition 2016 du Festival nautique de Saint-Paul
sera le plus grand événement nautique au
Québec. Il vous permettra de découvrir la beauté et la richesse de la rivière
Richelieu et de la région de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix. Plusieurs activités variées et originales sont prévues pour l'occasion : une exposition de bateaux, le Bal en bleu, une grande course de
rabaskas, la parade des bateaux illuminés, un quartier des artisans et des
saveurs, des initiations au sport nautique, des feux d'artifice et de
nombreuses animations familiales pour vos petits mousses.
tiens à féliciter et surtout remercier chaleureusement les organisateurs ainsi que les nombreux
bénévoles qui feront du Festival
nautique de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix un incontournable dans la région. À
tous et à toutes, bienvenue à bord du festival nautique. Bon festival!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je vous
remercie. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Gaspé pour sa déclaration
de ce matin. À vous, M. le député.
Lelièvre : Merci, M. le Président. C'est avec un immense sentiment de fierté que je
souhaite rendre hommage aujourd'hui, à l'Assemblée
nationale, à Mme Laurence Jalbert,
une artiste auteur, compositeur et interprète du Québec issue de notre précieuse Gaspésie.
Laurence
Jalbert est une femme forte, déterminée et entière, tout comme la mer qui borde
son village natal de Rivière-au-Renard. Son
parcours professionnel est remarquable.
Partie très jeune de sa Gaspésie pour
accéder au milieu artistique québécois,
elle réalisa son premier album solo en 1990, lequel fut un grand succès. La
même année, elle reçoit deux félix au
prestigieux Gala de l'ADISQ et se voit reconnue notamment Découverte de
l'année, en plus de recevoir un album platine.
Laurence
Jalbert est également une femme engagée, notamment dans la cause pour
la situation des femmes. Elle dénonce toute forme de violence infligée à celles-ci. Elle n'hésite jamais également
à s'impliquer dans toute cause pour soutenir sa Gaspésie natale, toujours
présente dans son coeur.
Laurence,
merci d'être ce que tu es, une artiste accomplie et une femme entière. La
Gaspésie et le Québec sont fiers de toi! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Et, Mme Jalbert, au nom de la présidence, ça me
fait plaisir de vous accueillir ici, dans la maison du peuple. Alors,
vous êtes la bienvenue. Alors, bonne journée!
Cette dernière déclaration
met fin à la rubrique Déclarations de députés. Les travaux sont suspendus pour
quelques instants.
Suspension de la séance à 9 h 54)
Le Président :
Alors, Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : Alors, à l'article a du feuilleton, Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à
la Santé publique et aux Saines habitudes de vie présente le projet de loi
n° 99, Loi modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres
dispositions. Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
Merci, M. le Président. Ça s'appelle une entrée triomphale.
Alors, je désire
déposer le projet de loi n° 99, Loi modifiant la Loi de la protection de
la jeunesse et d'autres dispositions. Et j'en suis fort honorée.
Alors, ce projet de
loi là révise divers aspects de la
Loi sur la protection de la jeunesse.
D'abord,
le projet de loi propose une harmonisation des règles applicables à un enfant
quel que soit le milieu de vie substitut
auquel il est confié en vertu de cette loi. Il vise également à harmoniser la
notion de famille d'accueil aux fins de l'application de cette loi,
notamment en introduisant la notion de famille d'accueil de proximité.
projet de loi propose par ailleurs des règles visant à favoriser l'implication
des communautés autochtones et la préservation de l'identité culturelle
d'un enfant membre d'une telle communauté.
projet de loi prévoit aussi diverses mesures visant à favoriser la poursuite ou
la conclusion d'ententes impliquant les
parents et l'enfant, dont la possibilité de prolonger et de modifier l'entente
provisoire ainsi que de pouvoir convenir avec eux d'une entente sur une
intervention de courte durée.
Le projet de loi
précise de plus que les situations impliquant l'exploitation sexuelle d'un
enfant se trouvent incluses au motif de compromission à la sécurité ou au
développement portant sur les abus sexuels.
projet de loi prévoit en outre des règles relatives à l'émancipation par la
Cour du Québec d'un enfant assujetti à
la
Loi sur la protection de la jeunesse. De plus, il révise certaines règles
applicables lorsqu'un enfant est confié à un milieu de vie substitut ainsi qu'en matière de divulgation
des renseignements confidentiels et de conservation de l'information
contenue au dossier d'un enfant. Il détermine les responsabilités respectives
du ministre de la Santé et des Services sociaux
et du directeur de la protection de la jeunesse dans l'administration d'un
dossier d'adoption d'un enfant domicilié au Québec par des personnes
domiciliées hors Québec.
En matière
d'intervention judiciaire, le projet de loi révise un ensemble de règles
portant, entre autres, sur les mesures de
protection immédiate, sur l'utilisation des moyens technologiques, sur la
signification et la notification des demandes,
sur les mesures provisoires au cours desquelles un enfant est confié à un
milieu de vie substitut, sur l'application supplétive de la procédure établie par le Code de procédure civile ainsi
que la procédure d'appel à la Cour supérieure et à la Cour d'appel.
En matière pénale, le projet de loi
attribue aux corps de police de nouveaux pouvoirs de surveillance dans
l'application de la Loi de la protection de la jeunesse.
ailleurs, le projet de loi prévoit des modifications au Code de procédure
pénale afin de revoir le régime particulier applicable à une personne âgée de 18 ans et plus pour une
infraction qu'elle a commise avant d'avoir atteint la majorité.
Enfin,
le projet de loi propose des modifications terminologiques en concordance avec
d'autres lois, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte...
Le Président :
Si j'étais malin, je vous demanderais de répéter. Mais je ne suis pas malin.
Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de
l'opposition.
M. Drainville :
Merci, M. le Président. Nous demandons des consultations particulières sur ce
projet de loi, M. le leader du gouvernement.
Le Président :
M. le leader.
M. Fournier :
Cela ne m'étonne pas, M. le Président, et il y aura des...
Fournier : Oui, il y aura donc des consultations particulières.
Probablement qu'au moment où elles se tiendront, M. le Président, on
aura fini de faire le trou en avant puis on va mieux s'entendre, mais ça, c'est
d'autre chose.
Président : Je vous promets qu'on aura peut-être fini de faire
un trou en avant, mais c'est sûr que le trou va s'agrandir quand nous ne serons plus là, à partir de la semaine
prochaine. Ça va être un petit peu plus... Déjà, déjà ça s'est calmé,
vous avez remarqué, c'est mieux. Mais, à partir de la semaine prochaine, nous
allons accélérer le processus.
Alors, c'est adopté?
Adopté.
Il n'y a pas de dépôt
de documents.
À la rubrique Dépôt de
rapports de commissions, M. le président de la Commission de l'aménagement du
territoire et député de Champlain.
Auger : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui, le 2 juin
2016, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 492, Loi modifiant
le Code civil afin de protéger les droits des locataires aînés. La
commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Président : Alors, le rapport est déposé. M. le président de la
Commission des institutions et député de Chomedey.
Ouellette : Merci, M. le Président. Je dépose ce matin le rapport de
la Commission des institutions qui, les 19,
24, 25, 26 et 27 novembre, les 1er, 2 et 3 décembre 2015, le
27 janvier, le 9, 11, 16, 17, 18 et 23 février, les 8 et 24 mars, les 12 et 28 avril, les 10, 11,
18, 19 et 31 mai ainsi que le 1er et 2 juin 2016, donc après
26 séances et 80 heures de
travaux, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 59, Loi
édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la
violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer
la protection des personnes. La commission a adopté le texte du projet de loi
avec des amendements, dont un au titre.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni de violation de droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Une des pires nouvelles économiques
pour le Québec cette année, ça a été la perte de RONA à des intérêts américains. Une des raisons qui
ont mené à cette perte, c'est la liquidation du bloc d'actions que détenait le gouvernement et qui nous permettait d'agir comme actionnaire
important. L'actuel ministre des Transports, qui était ministre d'Investissement
Québec à l'époque, avait juré la main
sur le coeur au début du mois de
février ne pas avoir approuvé ni même avoir été informé de la vente de ce bloc
d'actions. Sauf que la Vérificatrice
générale est très claire dans son
rapport d'hier, je la cite : «...selon les procès-verbaux du conseil d'administration, ils ont obtenu en décembre 2014 l'accord
du ministre avant de vendre la totalité des actions.» Plus tard dans la journée
d'hier, le porte-parole d'Investissement
Québec a confirmé qu'un membre du conseil d'administration avait transmis
l'accord du ministre au conseil, et
ça, c'est consigné dans le procès-verbal qui est signé par le président du C.A.
d'Investissement Québec. Donc, la
situation est très, très claire. La Vérificatrice générale du Québec et le
porte-parole d'Investissement Québec confirment que le ministre était au
courant de la situation.
Alors, M. le Président, qui dit vrai : le
ministre des Transports ou la Vérificatrice générale du Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais certainement répondre à la question de mon collègue, mais je veux quand
même rappeler certains faits. La mise en vente des actions a débuté en
décembre 2013 alors que le gouvernement précédent
était aux affaires, et il s'agit non pas d'une offre hostile, mais d'une offre
de consensus sur laquelle tout le conseil d'administration a voté à
l'unanimité, y compris la Caisse de dépôt.
Ceci
dit, ceci dit, M. le Président, il semble y avoir des discordances. Moi,
j'ai très bien entendu les déclarations de notre collègue. On n'a pas le
droit ici de mettre en doute sa parole. Il s'est exprimé très clairement. Il
persiste des incohérences apparentes entre ce
qui est écrit dans le rapport du Vérificateur général et les travaux du conseil
d'administration. Moi, je n'aurais vraiment
pas d'objection à ce que M. Lafrance, le P.D.G. intérimaire, vienne
présenter son opinion en commission
parlementaire, par exemple, si les parlementaires de la commission, bien sûr,
appropriée veulent se livrer à cet exercice.
On n'a rien à
cacher ici. Il faut que les choses soient dites clairement, et il faut rappeler
encore une fois le caractère non hostile de cette transaction et
l'accord de tous les membres du conseil d'administration.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. La Vérificatrice générale est très claire que
85 % des actions ont été vendues sous le régime libéral. Et là on ne parle pas du procès-verbal
d'un club de pêche, là, on parle du procès-verbal d'Investissement Québec.
Il y a des
limites à prendre les gens pour des valises, M. le Président : dans
l'affaire du MTQ, le ministre n'a rien vu aller; dans l'affaire de Canadian
Royalties, le ministre n'a rien vu aller; dans l'affaire de Premier Tech, le
ministre n'a rien vu aller; dans
l'affaire de RONA, évidemment, le ministre, encore une fois, il n'a rien vu
aller. Sur quoi s'appuie le premier ministre pour...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
mon collègue est un homme intègre, un homme dévoué, un homme compétent, et je n'ai aucune raison de mettre en doute sa
parole. Cependant, devant les discordances que souligne notre collègue,
je répète mon opinion et ma suggestion. Bien sûr, ce seront les parlementaires
de la commission qui se gouverneront en conséquence,
mais je crois qu'il serait approprié, par exemple pour le P.D.G. par intérim,
M. Lafrance, de venir présenter effectivement le déroulement des faits
devant la commission.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, les explications du ministre des Transports ne convainquent
personne. La Vérificatrice générale
affirme qu'il a été mis au courant de la vente des actions de RONA; le
porte-parole d'Investissement Québec affirme qu'il a été mis au courant
de la vente des actions de RONA; le président du conseil d'administration
d'Investissement Québec a signé le procès-verbal qui dit qu'il a été au courant
de cette vente.
Est-ce que le ministre est en train de nous dire
que tout le monde ment, sauf lui?
Le Président :
Accessoirement, je vais vous demander évidemment de faire bien attention à ce
genre de propos là. M. le ministre des Transports.
Daoust : Oui. Alors, M. le Président, les minutes du conseil
d'administration d'Investissement Québec — on parle
bien de celles qui ont été mentionnées par la Vérificatrice générale — sont celles du 15 décembre. Par ailleurs, la
décision de vente n'a pas été prise le 15
décembre, la décision de vendre a été prise le 17 novembre. C'est une décision
qui a été prise par le conseil d'administration, sans demander la permission au
ministre, pour une raison fort simple, M. le
Président : ils n'avaient pas à demander la permission. Quand il y a eu
une disposition du bloc d'actions en 2013, ils n'ont pas demandé la permission au ministre de l'époque, qui était, à ce
moment-là, de la première opposition officielle; ils n'avaient pas à le
demander. Quand on fait l'acquisition d'un bloc important, il faut demander la
permission au gouvernement...
Le Président : En terminant.
M. Daoust : Quand on le liquide, on
n'a pas à le faire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Écoutez, M. le
Président, là, le ministre
devrait prendre ses responsabilités et cesser de blâmer tout le
monde, sauf lui. Ça fait plusieurs
dossiers qu'il échappe. Le gouvernement a perdu un autre siège social à cause de lui.
Est-ce que
le ministre des Transports va encore congédier un conseiller politique
pour camoufler son incompétence?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Alors, voyez-vous, je pense
qu'on est exactement dans le film contraire, M. le Président, parce que le président d'Investissement Québec, il a
fait l'acquisition de ce bloc d'actions là, et dans les fonds propres d'Investissement Québec, parce que
c'était important de le faire rapidement. Justement,
c'est moi qui l'ai fait, alors j'ai été à la défense du siège
social contre une offre hostile.
Comme l'a dit le premier ministre tantôt, rappelons-nous qu'une offre hostile,
ce n'est pas la même chose qu'une offre
amicale comme celle qui s'est produite récemment. Mais à l'époque, à la défense
de RONA, qui était là? Investissement Québec avec ses fonds propres. Et c'est
une transaction qui était importante, M. le Président, on n'a pas hésité à la
faire, on voulait sauver ce siège social là.
Le Président : Principale, M.
le député de Sanguinet.
Therrien : M. le
Président, une autre tuile tombe sur
la tête du gouvernement libéral. La Vérificatrice générale nous révèle que le gouvernement libéral
s'est ingéré dans le fonds propre d'Investissement Québec pour imposer un cautionnement de 6 millions de dollars pour
les Jeux équestres mondiaux. C'est trois fois plus que la norme permise. Je cite le rapport de la vérificatrice à ce sujet : «...une telle forme
d'intervention ne correspond pas à ce que réalise habituellement
Investissement Québec à même ses capitaux propres.» Elle poursuit plus
loin : «...à l'unanimité, les membres
du conseil d'administration d'Investissement Québec ont décidé d'exprimer au
gouvernement [un] grave inconfort [...]
de voir le gouvernement [recourir à l'argent d'Investissement Québec pour des
commandes du gouvernement].» Un grave inconfort, M. le Président.
Comme par
hasard, quatre membres du comité des Jeux équestres ont contribué à la caisse
du Parti libéral des deux dernières années. Bizarre!
Alors, le gouvernement libéral, qui a tordu le
bras à Investissement Québec pour réaliser ce prêt-là?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, j'ai bien lu en détail tout
le rapport de la Vérificatrice générale. Ce que la Vérificatrice générale dit, c'est qu'il y a clairement des ajustements
à effectuer, et elle donne 10 recommandations à Investissement Québec. Ce que je peux vous dire,
c'est que déjà, dans le document qui a été présenté, le plan stratégique
d'Investissement
Québec qui a été présenté le 14 avril dernier, ils faisaient mention de la
nécessité de revoir la gouvernance. Alors,
ce que nous allons faire, c'est prendre les 10 recommandations et déposer
un plan d'action dans les prochains mois pour répondre aux besoins de la Vérificatrice générale et nous assurer
que toutes les recommandations soient mises en application, pour éviter
ce genre de situation. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
...c'est écrit «un grave inconfort». Si j'étais ministre, là, je regarderais
ça, là, je pense que je prendrais attention à ça, «un grave inconfort». Elle
dit qu'elle se serait attendue «qu'un décret soit obtenu afin de confirmer la volonté gouvernementale de participer». C'est de l'ingérence politique qu'on a fait avec le fonds d'Investissement Québec.
Pourquoi
le gouvernement n'a pas investi son propre argent? C'est qui qui
a tordu le bras à Investissement
Québec pour faire ce prêt-là?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Oui. Je pense
que mon collègue de l'opposition veut se transformer en procureur. Mais la
réalité, M. le Président, c'est qu'il y a eu 10 recommandations qui
ont été formulées par la Vérificatrice générale. La réalité, M. le Président, c'est que le P.D.G. actuel d'Investissement
Québec a identifié, posé un
diagnostic clair par rapport à la gouvernance
et les enjeux entre les fonds propres et le Fonds du développement économique
et que, déjà, lors du dépôt du plan stratégique, on avait identifié la nécessité de faire des
changements, et c'est ce que nous allons faire, M. le Président. Merci.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Écoutez,
je ne veux pas me transformer en procureur, mais j'aimerais beaucoup
que la ministre se transforme
en personne compétente dans son ministère. Moi, je vous dis...
Therrien :
Je vous dis... Oui...
Président : S'il vous plaît, là! M. le député, évitez de faire des... Évitez d'avoir des propos
blessants à l'égard de vos collègues.
Therrien :
On s'attend à des politiques intelligentes de la part de ce ministère-là, M. le
Président. Le rôle d'Investissement Québec, c'est de faire des placements, pas
de financer des événements ponctuels.
question est très simple : C'est qui qui a tordu le
bras à Investissement Québec pour réaliser, encore une fois, un
outil d'intervention politique, M. le Président?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, quant à la compétence, je pense
que je n'ai pas de leçons à recevoir de
l'opposition officielle à ce sujet d'un point de vue économique,
surtout lorsque l'on sait que la cote de crédit du Québec a
été largement augmentée cette semaine, et je pense
qu'on pourrait s'en réjouir. Alors, je n'ai pas de leçons à recevoir de
mon collègue de l'opposition.
Cela
dit, M. le Président, encore
une fois, 10 recommandations spécifiques ont été formulées par la vérificatrice, 10 recommandations
avec lesquelles le plan stratégique, déposé le 14 avril, est totalement en
lien, et c'est ce que nous allons mettre de l'avant pour répondre
clairement au rôle du FDE...
Le Président :
En terminant.
Mme Anglade :
...et au rôle des fonds propres d'Investissement Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Dans l'affaire du MTQ, résumons-nous.
Avant-hier, le premier ministre nous
dit, et je cite : «M. le Président, on ne l'a pas, la clé USB, c'est
l'UPAC qui l'a.» Mais le ministre des Transports, lui, s'en est fait une copie. Il l'a dit le
18 mai, ça a été confirmé par une lettre du Devoir ce matin.
Pendant ce temps, le ministre, lui,
fournit aux médias des documents provenant de la clé USB, M. le Président — fournit aux médias — mais le gouvernement libéral, lui, a
refusé l'accès des documents de la clé USB aux parlementaires.
le Président, à
part le ministre,
là, qui a accès aux documents de la clé USB? Qu'est-ce qu'on fait avec ces
documents de la clé USB? Et à quoi servent les documents de la clé USB, M. le
Président?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Merci, M. le Président. Écoutez, bien simplement, d'abord, la clé USB, qu'est-ce que vous voulez,
on collige les documents à l'intérieur de
ça, on transfère les documents. Ce sont des documents qui n'émanent pas d'un
autre ministère, qui émanent du ministre du Transport, et donc ces documents-là existent déjà au ministère. Lesquels ont été colligés là par l'analyste? Je ne sais pas, c'est
l'analyste qui l'a fait.
Maintenant,
juste pour qu'on soit bien clairs, les documents qui ont été distribués il y a
quelques jours aux journalistes quand
on a fait un point de presse, il y avait une possibilité que certains de ces documents-là qu'on
distribuait soient sur la clé USB en
question. Alors, ce qu'on a fait, et mon sous-ministre, mon nouveau sous-ministre, l'a fait avec beaucoup de prudence, c'est qu'il a tout simplement demandé la permission au Commissaire à la lutte contre la corruption.
«M. le sous-ministre,
la présente fait suite à votre courriel de ce jour me demandant l'autorisation
de rendre publics les documents mentionnés
en objet — qui étaient, bien sûr, les rapports. À cet
effet, je vous autorise à divulguer [lesdits
documents] ainsi que le courriel envoyé par Mme Annie Trudel à
Mme Mélanie Drainville le 23 novembre 2015.»
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
Signé Robert Lafrenière. Et je m'empresse de le déposer...
Le Président :
Première complémentaire... Consentement pour le dépôt? Consentement pour le
dépôt?
Le Président :
Consentement pour le dépôt. Mme la députée de Vachon? M. le chef de
l'opposition.
M. Gaudreault :
Première complémentaire.
Le Président :
Complémentaire, oui, ça va.
Gaudreault : M. le Président, le ministre des Transports a une
première prise dans le dossier RONA, il a une deuxième prise, le
ministre des Transports, dans le dossier des Jeux équestres, il a une troisième
prise dans sa gestion catastrophique du MTQ.
Est-ce que vous trouvez qu'il en fait assez, M. le Président? Nous, on trouve
qu'il en a fait assez.
Comment
le premier ministre peut-il encore avoir confiance en la gestion du ministre
des Transports? Est-ce qu'il va le retirer du Conseil des ministres?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, je comprends, M. le Président, que c'est une activité régulière,
c'est légitime pour les partis d'opposition de faire ce genre de
demande, mais, au-delà de ça, il faut voir l'intérêt supérieur du Québec. Et on
a ici un individu, un collègue de grand
talent, de grand talent, avec un beau parcours qui l'habilite à prendre en main
des dossiers excessivement complexes.
Je peux vous dire déjà que le Québec a grandement bénéficié de cette expérience
et de ce talent et j'entends qu'il continue à en bénéficier.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui, M. le Président. L'intérêt supérieur du
Québec ne commande certainement pas d'avoir une gestion catastrophique qui se multiplie, que ce soit au MTQ, dans le
temps d'Investissement Québec, comme ministre responsable, aux Jeux
équestres, dans le dossier de RONA, qui est de protéger nos sièges sociaux.
Est-ce que le
premier ministre va faire ce qui lui reste à faire : de retirer son
ministre du Conseil des ministres?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
vais quand même rappeler que les actions dans le dossier du ministère des Transports, que, moi aussi, je veux voir élucidées
et éclaircies de toutes les façons possibles, incluant par la commission
parlementaire... Et, encore une fois, si des
faits sont démontrés, ils seront corrigés. Sanctionnés, s'il le faut, mais
certainement corrigés.
Je veux
rappeler que les actions nécessaires sont en cours et depuis longtemps :
que ce soit sur le plan administratif du
ministère des Transports, que ce soit l'intervention de la Vérificatrice
générale, que ce soit l'intervention de l'UPAC sur la base de documents qui lui ont été communiqués, et, si on ajoute à
ça la commission parlementaire à venir, il est difficile de penser à une action supplémentaire qui devrait être
prise.
Ce que je
veux réitérer ici, c'est que nous avons ici, dans cette Chambre, avec mon
collègue, un individu de talent, un individu qui est habilité à prendre
des dossiers très complexes en main et à bien les piloter...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...et je crois que ça
doit continuer, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe de l'opposition.
M. Legault :
M. le Président, en juillet 2012, le ministre libéral Raymond Bachand
a demandé à Investissement Québec
d'acheter un bloc d'actions de RONA, pour une valeur d'à peu près
150 millions de dollars, pour bloquer une tentative de prise de
contrôle par l'américaine Lowe's. En décembre 2014, Investissement Québec
a vendu ce bloc à peu près au même prix,
150 millions de dollars. En février 2015, l'entreprise québécoise
RONA a été vendue à Lowe's, compagnie
américaine, et, si Investissement Québec avait gardé ses actions, il aurait pu,
à l'époque, les vendre 250 millions, 100 millions de plus que
le prix qu'il avait obtenu il y a un an.
Tantôt, le
ministre des Transports nous a dit quelque chose de très surprenant. Il a
dit : Quand on achète un bloc d'actions comme celui de RONA, ça
doit être autorisé par le gouvernement. Mais, si, le lendemain, Investissement Québec le vend, on n'a plus besoin d'avoir
l'autorisation du gouvernement. M. le Président, je voudrais savoir, là, selon
le premier ministre, est-ce que la vente du
bloc d'actions de RONA devait, oui ou non, être autorisée par le gouvernement?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
même la vérificatrice répond à cette question, de même que l'ancien président
du conseil d'administration. Je pense que le collègue devrait prendre référence
sur ces propos.
D'autre part,
il omet de signaler, lorsqu'il revient à la transaction initiale par notre
ex-collègue Raymond Bachand, qu'il
s'agissait, à l'époque, d'une offre hostile. Ce n'est pas du tout la même chose.
Ici, on n'était pas du tout dans le même contexte. Je répète que le conseil d'administration, à l'unanimité, a
décidé de procéder à la transaction. Elle s'est faite avec l'assentiment de tous les membres du conseil,
incluant le représentant de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Alors, M. le Président, les faits sont là. Sur la question de la juridiction et
les nécessités d'interventions, d'autres se sont
exprimés : mon collègue, bien sûr, mais également la Vérificatrice
générale, de même que l'ancien président d'Investissement Québec.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe de l'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre n'a pas répondu à ma question, elle est pourtant claire : Est-ce qu'il considère, oui on non, que la vente du bloc
d'actions de RONA devait être autorisée par le gouvernement du Québec?
Je peux vous dire, là, que, si j'avais été premier ministre, jamais je n'aurais
laissé ce bloc-là être vendu.
Donc,
je voudrais savoir : Lui, là, est-ce qu'il pense que ça devait être
autorisé par son gouvernement, oui ou non?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le premier ministre, c'est à vous la
parole.
M. Couillard : La prudence m'impose de ne jamais commenter de proposition hypothétique, bien sûr.
Mais, ceci dit, je voudrais quand même
signaler que, je crois que c'est ce matin même, la Vérificatrice générale a fait une entrevue avec M. Paul Arcand. Question
de M. Arcand : «Louis Roquet dit qu'on n'a pas besoin de demander au ministre
de vendre ou ne pas vendre.» Réponse
de la vérificatrice : «Il a
raison.» Alors, c'est quelque chose qui est connu, c'est quelque chose qui est également la pratique. Pourquoi? Parce
qu'acheter, c'est prendre un risque, et vendre, c'est se libérer d'un risque,
essentiellement. Ça doit être la logique qui est appliquée.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : Alors, oui, alors, c'est ça. Alors, encore une fois, superficiel, ne
connaît pas le dossier, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre doit s'intéresser à la propriété des
entreprises québécoises. Ça n'a pas de bon
sens de dire : Raymond Bachand demande d'acheter un bloc d'actions, mais
le gouvernement n'a pas besoin d'autoriser la vente du bloc d'actions.
Ça ne se tient pas debout.
Quand le premier
ministre va-t-il sortir de son indifférence totale?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : ...loin d'être de l'indifférence. Pendant qu'on s'époumone
sur tous ces sujets depuis plusieurs jours ici, à l'Assemblée, la cote de crédit du Québec
vient de se voir donner une perspective favorable, une stratégie
numérique a été déposée, une stratégie
aérospatiale a été déposée, ma collègue a reparti le secteur forestier à
Saint-Michel-des-Saints, on a également
redémarré un autre centre de production forestière en Haute-Mauricie. Ça, c'est
les véritables préoccupations puis
la véritable vie de l'économie du Québec. Nos priorités, nos choix sont très clairs :
mieux exporter, innover, susciter l'entrepreneurship.
On est au travail, et les résultats sont visibles, M. le Président, contrairement à ce que mon collègue
dit.
Le Président :
Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, Bombardier, Uber, scandale majeur au ministère des Transports, on
apprend maintenant que le ministre
des Transports a donné son accord en
décembre 2014 pour vendre la totalité des actions de RONA. C'est écrit noir sur blanc dans un
procès-verbal, et Chantal Corbeil, porte-parole d'Investissement
Québec, l'a confirmé hier, le
président de l'époque avait informé le cabinet du ministre de la transaction.
ministre prétend quand
même n'avoir jamais
été mis au courant. Il contredit la Vérificatrice
générale : «Je n'ai jamais
autorisé ça, on ne m'en a jamais parlé.» M.
le Président, le ministre
aurait fait un très bon témoin à la commission
Charbonneau. Après avoir blâmé son chef de cabinet, il blâme maintenant la Vérificatrice
générale.
Comment
explique-t-il que, sur le procès-verbal, on confirme que le ministre avait été informé de
la transaction?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Oui, alors, M. le Président, revenons un petit peu dans ce dossier-là. Je répète : Pour la disposition d'actifs comme ceux-là, parce qu'ils sont dans les fonds propres
d'Investissement Québec, Investissement Québec n'a pas
à obtenir la permission du ministre et ne l'a pas obtenue; elle a pris sa
décision seule. À une réunion du conseil d'administration
en date du 17 novembre 2014, Investissement Québec a décidé de sa propre autorité de disposer du
bloc d'actions.
a été dit aussi, et vous lirez les articles dans les journaux... Je suis persuadé qu'ils les
lisent, M. le Président. Vous
lirez dans le journal à l'effet que le président a dit : On va informer par
courtoisie. La décision était prise de vendre, la commande était donnée, de vente, quand j'ai été informé de ça. Ce
n'est pas une autorisation que j'avais à donner, je n'avais pas à la donner. Et, à preuve, l'opposition officielle, quand ils ont formé le pouvoir pendant
18 mois, il y a eu une disposition
de bloc d'actions, et ils n'ont pas été chercher du tout l'autorisation du
ministre à l'époque, ils n'avaient
pas à le faire. On peut contester la
règle, mais c'est la règle. Alors, ce que ma collègue a bien expliqué, c'est
qu'on était pour...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...les préciser, les règles. J'aurai l'occasion de continuer, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, il faut faire la lumière sur cette nouvelle saga. La vente d'un
fleuron québécois est trop
importante pour qu'on ne sache pas ce qui s'est passé.
Est-ce que
le gouvernement va permettre qu'on entende en commission parlementaire, au-delà d'Yves Lafrance, Louis Roquet, et Chantal Corbeil, et l'ex-chef de
cabinet du ministre des Transports, Pierre Ouellet, à qui le ministre de l'Emploi a eu la brillante idée
de réengager?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Daoust :
M. le Président, je ne pense pas que ce soit à moi de donner la permission aux commissions
parlementaires. Les commissions
parlementaires se gouvernent par
elles-mêmes, et, si elles jugent à propos de le faire, le premier
ministre l'a mentionné tantôt, elles sont pleinement légitimées de le faire,
alors ce sera une décision qui leur appartient.
Mais
je veux simplement vous rappeler que, dans le contexte de cet investissement-là, on peut toujours chercher puis
on peut toujours rejouer la
partie de football le lundi matin, là,
le «Monday morning quarterback», si je peux utiliser l'expression, mais la décision qui a été prise par
Investissement Québec, au moment où elle l'a prise, elle a jugé que
c'était la meilleure décision à prendre, une décision qui lui
appartenait, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, tout ce que touche le ministre
des Transports se transforme en
comédie d'erreurs. L'enjeu de la
vente de RONA ne date pas d'hier. C'est trop important pour qu'il ne sache pas
ce qui s'est passé. Il a manqué à ses responsabilités.
M. le premier
ministre, réalisez-vous que ce ministre n'a plus aucune crédibilité et ne peut
plus occuper ses fonctions?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Je commencerai
simplement par dire, M. le Président, que le commentaire de la fin, il a à peu près la même utilité dans le débat, actuellement,
qu'un cendrier sur une motocyclette. Je ne peux même pas m'expliquer...
Le Président :
M. le leader... M. le député de Granby.
Bonnardel :
...M. le Président, à l'article 79. La question était fort claire. Si le ministre
veut s'inscrire au Festival Juste pour Rire, je vais lui donner le numéro de...
Président : On perd
du temps, mais, en tout cas, on va peut-être comprendre l'explication. Alors, M. le ministre, s'il vous plaît.
Daoust : Simplement,
je répète, la vente des actions de RONA était une transaction comme d'autres se
font chez Investissement Québec, et la pertinence... au moment où on fait la
transaction Investissement Québec a probablement
jugé que le risque d'une offre d'achat
hostile était passé, a décidé de s'en départir. C'est une décision qui lui
appartenait, M. le Président.
Le Président : Regardez-moi pas de même, je ne fume pas et je ne
fais pas de motocyclette, c'est trop dangereux. M. le leader de
l'opposition, en principale.
Drainville : M. le
Président, dans l'affaire du député de
Louis-Hébert, la Vérificatrice
générale est claire, elle n'a pas retracé de document — ce
sont ses mots — qui
explique comment la subvention à Premier Tech est passée de 7,5 millions
à 8,5 millions. La seule chose qui peut l'expliquer, c'est le déjeuner
entre le député de Louis-Hébert et Marc-Yvan
Côté, un déjeuner à 1 million de dollars.
Malgré ça, le premier ministre continue de défendre son député
et refuse de lui demander de quitter.
Il trouve ça normal que la subvention ait été augmentée de 1 million sans
aucune explication.
La ministre
de l'Économie, par contre, elle, a accès à toute l'information, M. le
Président, ça s'est passé dans son ministère,
l'affaire Premier Tech. Alors, elle peut se lever en cette Chambre, M. le
Président, et répondre aux trois questions qui se posent encore ce
matin.
Si ce n'est
pas le député de Louis-Hébert, qui a autorisé l'augmentation de la subvention
de 1 million pour la faire passer de 7,5 à 8,5 millions? Qui,
pourquoi et quand?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Je dois
admettre... et il arrive, des fois, qu'il faut bien reconnaître qu'on n'est pas
entièrement performant. Hier, j'ai cité à
plusieurs reprises un passage du rapport du vérificateur. Je ne crois pas
l'avoir fait suffisamment clairement, M. le Président, je le constate ce
matin.
Je vais
relire le passage 15 de la page 9, je vais le lire tranquillement : «Au
final, le mémoire transmis au Conseil des
ministres repose sur des analyses gouvernementales qui établissent la
pertinence d'appuyer le projet et de le financer par un prêt sans intérêt de
11,2 millions de dollars et par une subvention de 8,5 millions.» Je sais que vous allez dire que
je me répète, mais, dans ce passage-là, on y
retient que, de façon générale, lorsqu'on regarde l'ensemble des faits — ça, c'est au final — on dit
ceci : Il y avait des analyses gouvernementales qui disaient : Il est
pertinent d'appuyer, et par le prêt de 11,2 millions et par la...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...subvention
de 8,5 millions. Il me semble que, là, j'ai été un peu plus clair.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, non seulement la subvention a augmenté de 1 million après le
déjeuner, mais les exigences de
création d'emplois, elles, ont diminué. Avant le déjeuner, le gouvernement
demandait le maintien de 1 150 emplois.
Après le déjeuner, il ne demandait plus que 800 emplois, M. le Président.
Plus d'argent, moins d'emplois. M. le Président, la ministre de
l'Économie ne peut pas juste rester assise, là.
Qui a autorisé la hausse de 1 million de la
subvention? Pourquoi? Et quand?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Si je comprends
bien, nous passons maintenant d'une référence au passage 15 au passage 40.
Pourquoi? Parce qu'au 15 on est sur la prise
de décision, mais au 40 on est au suivi. Alors, parlons du suivi,
passage 40, page 12 :
«Les conventions de financement conclues entre IQ et Premier Tech respectent
les modalités que le gouvernement a reconnues par décret. IQ procède à
un suivi approprié des clauses incluses aux [contrats].»
Je pense que
c'est, encore une fois, clair, c'était selon les documents gouvernementaux. La
vérificatrice dit : Il était pertinent de procéder ainsi. Et, dans
la suite, elle dit que le suivi est approprié. Je suis consentant à répéter
après...
Le Président : En terminant.
Fournier : ...une prochaine question complémentaire.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, c'est fascinant, le refus de répondre de la ministre ne laisse
qu'une réponse, c'est effectivement
l'ingérence politique et l'intervention de Marc-Yvan Côté qui a amené la hausse
de la subvention de 1 million. D'ailleurs,
si on veut le citer, le rapport : La valeur économique du projet n'est pas
rentable. La valeur économique du projet
présenté au Conseil des ministres a été surévaluée. Il n'y a pas de document
pour supporter la hausse de 1 million.
a approuvé la hausse de 1 million si ce n'est pas le député de
Louis-Hébert? Pourquoi a-t-elle été approuvée? Quand? Où est le
dossier...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je pense que ma preuve est complétée, M. le
Président. Le leader de l'opposition, qui a demandé à ce que le VG, tierce
partie indépendante, puisse
regarder les faits, vient de nous dire : Je n'aime pas le rapport du VG, oubliez
le VG, dit-il.
Je ne peux pas l'oublier
parce que le VG nous dit ceci. Je ne répéterai pas le 15, je vous l'ai dit
tantôt, ça dit qu'il y a des analyses gouvernementales qui disent qu'il est pertinent d'appuyer avec la subvention de 8,5.
Ça dit aussi : La demande d'aide financière soumise par
Premier Tech a suivi toutes les étapes prévues. Cependant, deux éléments ont eu un impact sur l'information appuyant le mémoire transmis au Conseil des ministres.
Lorsqu'on regarde l'ensemble, il dit : Au final... Il regarde
l'ensemble, il dit...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...ça s'est
fait correctement. Alors, oui, il faut tenir compte du vérificateur, je ne peux pas l'oublier.
Le Président :
Principale, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
La VG a déclaré clairement qu'on ne pouvait pas utiliser son rapport pour
blanchir le député de Louis-Hébert.
Mais parlons d'une
autre affaire, M. le Président, deux jours après les révélations du député de
Marguerite-Bourgeoys sur les irrégularités
au MTQ, le gouvernement libéral a décidé de forcer la démission de Pierre
Ouellet, directeur de cabinet du ministre des Transports. Le ministre
des Transports a alors déclaré : On le fait par souci de maintenir la confiance de la population. Le premier ministre a
même renchéri, il dit : On le fait afin de rétablir la confiance des
citoyens envers les institutions démocratiques.
Bien, croyez-le ou
non, M. le Président, Pierre Ouellet, limogé par le gouvernement, vient d'être
réembauché par le gouvernement, mais dans le
cabinet du ministre de l'Emploi. C'est-u pas assez beau, ça, M. le Président?
Je le cite : «On a jugé que
c'était la personne qui pouvait très bien nous donner un coup de main.» C'est
le ministre de l'Emploi qui parle, M. le Président. Une petite tape sur
les doigts, on te redonne ta job. C'est la recette libérale. Il dit même, M. le
Président : C'est une proposition qui est venue de l'intérieur du cabinet
du premier ministre.
le Président, comment est-ce que Pierre Ouellet pouvait être indigne de la
confiance et redevenir digne de la confiance?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
M. Blais :
Merci bien. D'accord pour informer mon collègue que M. Ouellet fait bien
partie
de mon cabinet. Il n'est plus directeur de cabinet, mais il fait
partie du
cabinet. Il a une fonction assez importante...
Le Président :
S'il vous plaît.
M. Blais :
...une fonction assez importante parce que le premier ministre s'était engagé à
l'organisation d'un important sommet sur
l'emploi l'automne prochain. Je trouve que M. Ouellet a des compétences que
personne ne va lui nier, c'est-à-dire il a une connaissance intime,
hein, du milieu économique.
Le Président : S'il vous
plaît. S'il vous plaît. Non, on ne rit pas. M. le ministre, c'est à vous la
parole.
Blais : Alors, M. Ouellet a une connaissance intime — tout le monde va le reconnaître — du milieu économique québécois. Alors, on pense qu'il peut jouer un
rôle important dans l'organisation de ce sommet sur l'emploi, c'est pour
ça qu'il est avec nous.
Le Président : Première complémentaire,
M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, le ministre de l'Emploi a déclaré hier, je le cite : C'est une
proposition qui est venue de l'intérieur du cabinet du premier ministre.
Fin de citation.
Comment le
premier ministre explique-t-il aux Québécois que la personne qu'il a mise
dehors parce qu'elle n'était plus
digne de confiance des Québécois... Il l'a mise dehors pour rétablir la
confiance des Québécois dans les institutions démocratiques. Comment
est-ce qu'il explique que son cabinet propose de le réembaucher dans le cabinet
du ministre de l'Emploi? Comment il explique ça?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Blais : Je vais essayer d'être un peu plus précis, là, pour aider mon
collègue. Alors donc, je le réitère, il n'a plus les mêmes responsabilités, il n'est plus directeur de cabinet. On
lui a confié une fonction pour laquelle, hein, il a les capacités, le
potentiel, la connaissance du milieu économique, pour l'organisation de ce
sommet.
L'organisation
de ce sommet, M. le Président, c'est assez important, hein, pour bien des
raisons. Vous savez que l'emploi est
un défi au Québec, compte tenu de l'évolution de la démographie, compte tenu de
l'évolution des attentes des travailleurs, mais aussi du milieu patronal
par rapport à l'organisation de l'emploi.
Le Président : En terminant.
Blais : Donc, on pense que cette rencontre-là est importante et que M.
Ouellet, bien sûr, est une bonne personne pour nous aider à en faire un
succès.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville : M. le Président, je le cite à
nouveau, le ministre de l'Emploi : «On a jugé que c'était la personne
qui pouvait très bien nous donner un coup de
main.» C'est une proposition qui est venue de l'intérieur du cabinet du premier
ministre.
M. le Président,
est-ce que c'est le premier ministre qui a recommandé la candidature de Pierre
Ouellet auprès du cabinet du ministre
de l'Emploi? Parce que visiblement, là, M. le Président, il n'y a pas eu de
problème de communication, le message
s'est rendu. Puis, si ce n'est pas le premier ministre qui l'a recommandé, qui,
à son cabinet, a recommandé Pierre Ouellet pour qu'il soit réembauché au
cabinet du ministre de l'Emploi?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Blais : J'écoute le collègue et, parfois, je me rappelle cette vieille
formule de Karl Marx : «Dans un désert, le moindre arbuste fait de l'ombre.» Écoutez, c'est bien simple. Encore
une fois, c'est bien simple, hein, c'est bien simple à comprendre...
Président : Bon, ça va aller. Ou bien donc je fais aussi une
citation du petit livre rouge. Alors, M. le ministre.
M. Blais : Alors, c'est bien le cas,
M. le Président, dans un désert, le moindre arbuste fait de l'ombre.
Président : Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. En mars 2003, à la une du journal La Presse ,
Jean Charest dit aux Québécois : Je vais remettre sur pied le système de
santé, et la population me jugera sur les résultats. Hier, le bulletin de
Jean Charest, du premier ministre et du Parti libéral est arrivé. Dans un
rapport sur les performances des urgences, le Commissaire
à la santé dévoile que le Québec n'est pas seulement dernier au Canada ou en
Amérique du Nord, mais en Occident.
Depuis 2003, le temps d'attente aux
urgences pour les patients sur civière a baissé d'une heure seulement
pour s'établir maintenant à 15,6 heures. Irrité par le bulletin du
Commissaire à la santé, qu'il veut abolir, le ministre de la Santé a dit :
Wow! On est rendus à se classer dans le monde. On savait déjà qu'on était les
derniers en Occident.
ministre propose des supercliniques pour désengorger les urgences. Ce n'est pas
une mauvaise idée, mais elles sont actuellement boudées par les
médecins.
Alors,
concrètement, qu'est-ce que le ministre de la Santé va faire pour désengorger
les urgences si les médecins n'acceptent pas de lancer des
supercliniques?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je vais le répéter : Ce matin,
est-ce que nous savons quelque chose de
plus qu'hier? La réponse, c'est non,
hein? On savait très bien la situation de nos urgences, mais je vais rappeler
des choses qu'on sait aujourd'hui aussi. Les urgences sont dans la
meilleure situation depuis 10 ans, elles s'améliorent. Et elles
s'améliorent pourquoi? Parce qu'on est en place. Et, quand on...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Barrette :
Et, quand on lit, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre.
Barrette : Et, quand on lit, M. le Président, les recommandations du
Commissaire à la santé et au bien-être, bien, on constate que les recommandations qu'il a faites sont
essentiellement les réformes que l'on met en place et que ces
recommandations sont toutes en voie de mise en application ou appliquées
complètement.
vais donner un exemple, M. le Président. La première : Faire en sorte que,
dans les GMF... Là, je ne le fais pas mot
à mot, mettre en place systématiquement l'accès avancé — c'est un anglicisme, c'est «l'accès adapté».
Combien de fois m'avez-vous entendu
parler de ça? Qu'il y ait une couverture médicale dans les GMF les soirs et les
fins de semaine, c'est déjà dans leur
contrat, c'est signé il y a un an. Qu'il y ait un système de garde partagée
entre les cliniques d'un même territoire
pour assurer une mesure complète en heures défavorables, c'est déjà là. M. le
Président, on a déjà mis ça en place, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...et aujourd'hui on critique ce que je fais?
Le Président :
M. le député de Lévis, en première complémentaire.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, le temps d'attente aux urgences a légèrement baissé
cette année, mais, malgré toutes les
réformes, les lois et les promesses, l'attente augmente dans certaines urgences
et de grande façon : à Granby, augmentation
de sept heures en deux ans; à Saint-Jérôme, LaSalle, Magog, trois heures
d'augmentation; à Saint-Hyacinthe, deux heures d'augmentation.
Pourquoi?
Pourquoi le temps d'attente a-t-il augmenté de deux, trois et même sept heures
dans certaines urgences depuis l'arrivée du ministre?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, M. le Président, je vais lire les nouvelles, moi
aussi, évidemment : Meilleure performance en 10 ans globalement au Québec. Ça, ça veut dire que ça baisse.
Recommandation n° 2 : Que les P.D.G. d'établissement mettent en déploiement l'accueil clinique, que le
ministère fasse le suivi de cette implantation. L'accueil clinique, c'est
les plages de rendez-vous dirigées
directement aux demandes qui viennent des médecins de famille. C'est déjà en
place, M. le Président, c'est la loi
n° 20, la loi contre laquelle la CAQ, le Parti québécois, l'autre
formation politique ont voté contre. C'est déjà là, M. le Président, et c'est en train d'être mis en place. Et à la prochaine question,
M. le Président, ça va
me faire plaisir de passer à la recommandation suivante.
Le Président : En deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, j'ai hâte d'entendre la réponse. M. le Président, le
Commissaire à la santé a rappelé hier
avec son rapport toute sa pertinence. C'est gênant de savoir que le Québec
est dernier en Occident. Ce n'est pas
une raison pour abolir le commissaire, qui a révélé que 1,5 million de visites dépassent les délais maximaux d'attente, ce qui coûte 300 millions de dollars par
année, un rapport essentiel sur la performance du réseau de la santé de la part d'un chien de garde qui doit continuer à exister.
Est-ce que le premier ministre, qui l'a créé, va
revenir sur sa décision de l'abolir?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : ...en profiter
pour en donner deux pour le prix d'un. Recommandation n° 8, il nous recommande de mettre
en place le financement à l'activité
pour les soins donnés aux urgences. On est en train de mettre en place le financement à l'activité pour la totalité des services de
santé et services sociaux.
Bien, tiens,
on va aller à la recommandation n° 4, qui est la mise en place des infirmières
praticiennes spécialisées. M. le
Président, je l'admets, elles ne sont
pas là au moment où on se parle parce
qu'il faut les former. Et on a un engagement électoral qui va faire en sorte qu'on va en former 2 000, M. le Président, en 10 ans, et c'est
commencé. Non seulement c'est
commencé, c'est programmé. Et, mieux que ça, M. le Président, on a l'intention
de diminuer les entrées en médecine à la faveur des infirmières
praticiennes spécialisées.
Le Président : En terminant.
Barrette : M. le Président, on a un rapport qui fait des
recommandations que je reçois favorablement, puisqu'on les met, au
moment où on se parle...
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Cette semaine, une école illégale de l'avenue du Parc, à Montréal, a été le
théâtre d'une intervention de la DPJ.
On apprend ce matin que les cours ont déjà repris, aucune conséquence. Pire
encore, le directeur de l'école dit
ouvertement que la
Loi sur l'instruction publique ne s'applique pas à eux. Je
cite le directeur : «Nous n'avons aucune obligation comme école de donner une formation autre que celle que nous
donnons. C'est pour cette raison que nous n'avons pas de permis du
ministère, car nous n'en avons pas besoin.»
Résumons, M.
le Président. D'un côté, on a un directeur qui viole la loi impunément et
ouvertement et, de l'autre, depuis
deux ans, des ministres qui passent, qui disent toujours la même chose :
Nous n'avons pas les outils légaux pour agir. M. le Président, pendant ce temps, des centaines de jeunes sont
abandonnés et n'ont aucune chance d'obtenir leurs diplômes.
Est-ce que le ministre de l'Éducation, comme
législateur, peut aujourd'hui nous confirmer qu'il aura...
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Proulx : Oui, M. le
Président. D'abord, peut-être expliquer aux collègues que l'établissement en
question n'est pas une école, M. le
Président, il ne s'offre aucun service éducatif. Ma préoccupation maintenant,
c'est de s'assurer que les enfants
qui fréquentent cet établissement sont scolarisés. Si ce n'est pas le cas, M.
le Président, il faut travailler à leur scolarisation.
C'est ce que nous souhaitons faire parce que nous sommes en lien, au ministère
de l'Éducation, avec la direction de la
protection de la jeunesse pour s'assurer de faire en sorte qu'ils puissent être
scolarisés dans l'avenir. Parce que,
s'ils ne le sont pas aujourd'hui, réponse à laquelle je ne peux pas donner
d'information, je ne le sais pas, M. le Président, on va... Actuellement, les vérifications à l'égard
de cette population-là... S'ils ne le sont pas, il faut trouver les façons de
les faire adhérer à notre système
d'éducation. Il y a plusieurs façons d'aller à la scolarisation. Il y a dans
nos écoles, il y a d'autres moyens
comme la scolarisation à la maison, mais il faut s'assurer que, dans les faits,
ils aient accès à une scolarisation.
Ce que j'ai
dit hier, M. le Président, c'est qu'effectivement il va falloir se doter
d'outils, mais il va falloir aller dans
une démarche également, oui, de discussion avec les communautés, oui, avec un
cadre peut-être plus rigide que ce que nous avons aujourd'hui parce
qu'il y a des gens qui n'adhèrent pas à nos façons de faire.
Mais, troisièmement, M. le Président, ce n'est
pas vrai qu'on peut arriver là, demain...
Le Président : En terminant.
M. Proulx
: ...avec un autobus pour faire
en sorte que ces gens-là quittent l'école ou quittent l'établissement où
ils sont, il faut...
Président : Complémentaire, M. le député de Rosemont. C'est ça?
Complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Lisée : M. le Président,
il s'est passé quelque chose de très, très important mercredi. La direction de
la protection de la jeunesse a décidé de
protéger une jeunesse qui, jusqu'à maintenant, ne l'était pas suffisamment. On
sait que ces jeunes passent les
heures normales de scolarisation dans un lieu qui ne leur donne pas accès au
savoir. Le bureau de la ministre
responsable de la direction de la jeunesse a dit hier : Ah! ça se peut
qu'on ferme le dossier. Ce n'est pas le signal qu'il faut envoyer, M. le
Président. On va aider ces jeunes jusqu'au bout.
Le Président : Mme la
ministre de la Réhabilitation.
Charlebois :
Bien, tout d'abord, M. le Président, je ne sais pas où il a entendu ça, le
député de Rosemont, parce que, d'une part, il faut savoir qu'on s'est
donné des moyens, au Québec. Les DPJ traitent des dossiers de façon confidentielle. En aucun temps la ministre ne doit
s'immiscer dans les dossiers des enfants. En aucun temps. On s'est dotés d'une loi qui fait la protection de la
jeunesse et on a donné des pouvoirs aux DPJ. Le député de Rosemont le sait
très bien, et en aucun temps je ne peux
décider d'ouvrir ou de fermer des dossiers. Ceci étant dit, la DPJ fait son
travail, laissons-les procéder, et nos officiers travaillent d'un commun
accord à protéger les enfants parce que c'est quoi...
Le Président : En terminant.
Charlebois :
...qu'on a en intérêt? C'est la protection de nos enfants.
Le Président :
Complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : La vraie question qui se pose, M. le
Président, je l'adresse au premier ministre : Comment ça se fait que le gouvernement du Québec, l'État
québécois, n'a pas les moyens de s'assurer que tous les enfants fréquentent
la scolarité obligatoire, tel que prévu par
la
Loi sur l'instruction publique? C'est ça, la vraie question, M. le
Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Merci beaucoup.
Merci beaucoup. C'est une excellente question, très pertinente. Oui, on veut, effectivement, que tous les enfants suivent le programme éducatif d'une façon ou d'une
autre. Il y a au moins deux formules, à l'école ou en
milieu hors école, mais il faut que ce soit encadré et que ça corresponde à des
spécificités techniques reconnues, des objectifs reconnus et une mesure des
résultats reconnue.
Pour ça, il
faut effectivement... Et il a raison, notre collègue,
l'État ne s'est pas doté de tous les outils nécessaires depuis plusieurs
années, y compris lorsque son gouvernement était aux affaires il y a à peine
quelques mois. On va avancer là-dessus.
J'espère qu'on aura la collaboration des partis d'opposition parce qu'il y a
des outils très précis et très importants qu'on va vouloir mettre à la
disposition — je
dirais, au-delà des communautés, au-delà des écoles — à la
disposition des enfants, qu'on ne veut pas laisser derrière...
Le Président : En terminant.
Couillard : ...et qu'on veut voir parcourir notre programme éducatif
jusqu'à la réussite.
Le Président :
Principale, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. Les nouvelles règles de la
Commission de la construction du Québec devaient mettre fin au placement syndical, à l'intimidation et à la
discrimination sur les chantiers de construction du Québec. Pourtant, plusieurs travailleurs de la construction que j'ai
rencontrés continuent d'être exclus de plusieurs chantiers sur la base de
leur allégeance syndicale. Pire, ils disent
que les nouvelles règles sont contournées et que le placement syndical continue
de se faire.
2015, seulement 6 % des embauches en construction passaient par la CCQ. En
fait, le système fait l'unanimité contre
lui. Hier, dans tous les médias, les syndiqués, les syndicats et les employeurs
étaient tous du même avis, ça ne marche pas, M. le Président. Même Rambo Gauthier affirme que le placement
syndical a toujours cours, mais en cachette, tout simplement.
Mercredi,
j'ai demandé une commission parlementaire pour faire le bilan des nouvelles
règles de placement des travailleurs à la CCQ. Est-ce que le ministre du
Travail est d'accord pour qu'on tienne rapidement cette commission
parlementaire? Merci, M. le Président.
Le Président :
Mme la ministre du Travail.
Vien : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, on va se
rappeler que cette Assemblée nationale a voté à l'unanimité le projet de
loi n° 33, qui a été porté, d'ailleurs, par notre collègue vice-première
ministre aujourd'hui. Pourquoi? Pour mettre
fin au placement syndical et à l'intimidation sur les chantiers qui étaient
liés à l'embauche, c'est important de se le rappeler, et qu'ainsi nous
avons mis en place le Carnet Référence Construction . Pour faire quoi, M. le Président? Premièrement, qui permet à tous
les travailleurs, peu importe leur allégeance syndicale, de se faire valoir
auprès des employeurs. Deuxièmement, cela
permet à tous les employeurs d'avoir accès à un bassin très large de candidates
et de candidats. Résultat, M. le Président,
c'est l'employeur qui décide de qui travaille sur son chantier et du nombre de
travailleurs dont il a besoin. Alors, il ne
se fait plus imposer aujourd'hui ni le nom d'un travailleur ni le nombre.
Alors, nous avons donné, je pense, aux employeurs leur droit de gérance.
Ceci
étant dit, il est important de souligner que même le monde syndical, M. le
Président, entre autres le trésorier de
la CSD-Construction, juge que les cas d'intimidation ont diminué sur les
chantiers. Il y a un sondage également, conduit par la Commission de la construction du Québec en 2015, à l'automne
2015, qui vient, effectivement, dire que la situation...
Le Président :
En terminant.
Mme Vien :
...s'est améliorée. Quant à la commission, c'est du législatif, c'est à la
commission de décider.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, nous allons procéder, comme prévu, aux
motions sans préavis. Et on m'a
informé qu'il y avait consentement pour modifier l'ordre. Alors, si je n'ai pas
de réaction, ça veut dire que c'est exact. Alors, je reconnais un membre du
groupe formant l'opposition officielle et je désigne M. le chef de l'opposition
officielle pour la présentation de sa motion sans préavis. À vous.
M. Gaudreault :
Oui, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec la députée de Joliette, le premier ministre, le chef du deuxième groupe
d'opposition et la députée de Gouin, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale félicite M. Yannick Nézet-Séguin pour sa nomination
à
titre de directeur musical du Metropolitan Opera de New York;
«Qu'elle salue cette reconnaissance du talent
exceptionnel de M. Nézet-Séguin, qui contribue magnifiquement au
rayonnement du Québec et de sa culture sur la scène internationale.»
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
Sklavounos : ...nous nous sommes entendus sur des interventions d'environ trois minutes, à commencer par le chef de l'opposition officielle, qui est l'auteur de la motion, suivi du chef du deuxième groupe d'opposition, la députée
de Gouin et, pour terminer, notre premier ministre.
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît! Oui, un instant, là. Est-ce que... J'avais omis. Alors, oui, Mme la
députée de Gouin.
Vice-Président (M. Gendron) :
Bon, un instant. Si on veut l'entendre, il va falloir avoir un
peu de silence. Alors, autant que possible, ce qu'on comprend, c'est que oui, on va en débattre, des interventions, à peu près, de trois minutes. Je cède la parole à M.
le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. M. le Président, le Metropolitan Opera de New York
figure parmi les plus grandes institutions culturelles au monde, toutes disciplines
artistiques confondues, et c'est à un
chef d'orchestre québécois que le Met
a accordé sa confiance. M. Nézet-Séguin deviendra littéralement l'autorité
artistique de cette institution vénérable de 133 ans. Ce chef d'orchestre rêvait déjà à l'âge de 10 ans
d'avoir une baguette entre les mains
et de diriger l'exécution des plus grandes oeuvres musicales, il voit aujourd'hui
ses rêves se réaliser.
Au nom de l'opposition officielle et au nom du Parti
québécois, c'est avec beaucoup de fierté que je félicite Yannick Nézet-Séguin pour sa nomination à
titre de
directeur musical du Metropolitan Opera de New York. M. Nézet-Séguin
est seulement la troisième personne à
occuper ce poste, créé en 1973, et il
succède au grand James Levine, qui s'est retiré après 40 ans d'engagement.
La nomination de M. Nézet-Séguin témoigne du savoir-faire exceptionnel du
jeune chef d'orchestre et contribue de façon magnifique au rayonnement du
talent québécois à travers le monde.
À cet égard,
on va comprendre aisément qu'il fallait déjà avoir à son actif un parcours
inspirant et remarquable pour occuper
pareille fonction. Celui qui atteint aujourd'hui les plus hauts sommets a déjà été directeur de
l'Orchestre Métropolitain de Montréal.
Il a également dirigé l'Orchestre philharmonique de Rotterdam.
Il fut chef invité principal
de l'Orchestre philharmonique de Londres. En 2012, il est devenu le chef
principal de l'Orchestre de Philadelphie.
L'immense
talent de Yannick Nézet-Séguin allie un génie musical affirmé, une
compréhension intime des grands compositeurs ainsi qu'une qualité
d'écoute et une sensibilité extraordinaires qui permettent à ses musiciennes et
à ses musiciens de tirer le meilleur d'eux-mêmes. Mais, plus
encore, Yannick Nézet-Séguin voue un amour profond à son art autant
qu'au public.
On est dans les citations aujourd'hui. Alors,
Emmanuel Kant disait de la musique qu'elle est le langage des émotions. Grâce au talent de Yannick Nézet-Séguin,
ce langage universel, qui fait vibrer la scène du Met, aura des notes de
fierté québécoise qui vont résonner à travers le monde. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le chef de l'opposition officielle. Et, toujours sur cette
même motion, je cède maintenant la parole à M. le chef du deuxième
groupe parlementaire. M. le chef, à vous la parole.
M. Legault :
Oui. Merci, M. le Président. Le parcours de Yannick Nézet-Séguin force
l'admiration. Diplômé du Conservatoire
de musique du Québec à Montréal, il s'est rapidement fait connaître comme un
chef d'orchestre dynamique, audacieux.
On le connaît surtout pour son implication à l'Orchestre Métropolitain, où il
est devenu, à l'âge de 25 ans, le directeur
artistique et le chef principal. On se
souvient très bien de l'enthousiasme qu'il a soulevé à ses débuts.
Grâce à lui, je pense qu'on peut dire
que beaucoup de Montréalais, de Québécois se sont mis à
s'intéresser à la musique classique. Il en a fait quelque chose
d'accessible, d'attirant. Il a renouvelé et il a élargi le public de
l'Orchestre Métropolitain.
Et lui, qui
était invité un peu partout dans le monde pour diriger les orchestres les plus
prestigieux, est quand même resté fidèle à l'Orchestre Métropolitain, qui l'a
vu naître. Et, cette semaine, Yannick Nézet-Séguin est nommé le troisième
directeur du Metropolitan Opera de New
York. Je ne suis pas surpris, mais, en même temps, on doit être très fiers parce
que Yannick Nézet-Séguin, c'est un
passionné, c'est un surdoué et c'est un ambassadeur exceptionnel pour la
culture québécoise.
Aujourd'hui, avec sa nomination, on peut dire qu'il est passé d'une étoile montante
au firmament, et donc, en mon nom et
en celui de la formation politique, je tiens à lui transmettre nos plus sincères félicitations pour sa nomination. Son succès nous remplit de fierté. Merci, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le chef du deuxième groupe. Et, pour la poursuite, je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Gouin pour son intervention. À vous.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Ce n'est vraiment pas inutile, hein, de
rappeler, et le chef de la deuxième opposition vient de le faire, que M.
Nézet-Séguin a étudié au Conservatoire de musique de Montréal, une institution dont nous pouvons vraiment être fiers, une institution publique, et ce
que ça vient nous dire, c'est que, lorsque les enfants du Québec ont la capacité de pouvoir aller au bout de leurs
rêves, de pouvoir vivre et étudier dans une institution qui leur est accessible, bien mon Dieu! jusqu'où
peuvent-ils se rendre, ces enfants-là?
À l'âge de 13
ans, M. Nézet-Séguin commençait à diriger des choeurs. Je pense, le mot
«surdoué», dans son cas, est assez
bien choisi. À 20 ans, il fonde l'ensemble vocal et instrumental La Chapelle de
Montréal. Ce n'est quand même pas rien, M. le Président. On l'a dit, il dirige l'Orchestre Métropolitain de Montréal
depuis 2000 mais, en même temps, c'est ça qui est fascinant, l'Orchestre
philharmonique de Rotterdam depuis 2008, chef d'orchestre invité principal de l'Orchestre philharmonique de Londres. À 37 ans,
il devient chef principal de l'Orchestre de Philadelphie. Bref, c'est comme
si tout lui était permis et tout était
possible pour lui, un jeune Québécois. Je pense qu'il faut vraiment
en être fiers. Et là, bien sûr, il vient d'être nommé directeur musical
du prestigieux Metropolitan Opera de New York.
M. Nézet-Séguin disait lors de sa nomination
qu'il ne se souvenait pas d'un jour de sa vie où il avait été plus heureux et
honoré. On le comprend vraiment. J'aimerais dire aussi qu'hier soir, à un
moment donné, j'ai pu écouter Edgar
Fruitier, que tout le monde connaît, parler de M. Nézet-Séguin, il y avait
aussi une autre dame, et ce qu'on disait de lui, au-delà de son immense talent musical, c'était que c'était un
homme attachant, proche de ses musiciens, un homme très amical, un homme
chaleureux et que tout le monde avait envie de travailler avec lui.
Eh bien, je dis bravo à Yannick Nézet-Séguin et
bravo au Québec, qui a pu produire, grâce à ses institutions publiques, un
musicien de cette envergure.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie, Mme la
députée de Gouin.
Et, sur la même motion, je cède maintenant la parole à M. le premier
ministre. M. le premier ministre, à vous.
Couillard : Merci, M. le Président. À mon tour de m'exprimer avec fierté sur cette
belle nouvelle. Hier, le Metropolitan
Opera de New York, le fameux MET, a annoncé la nomination de
Yannick Nézet-Séguin à
titre de directeur musical. Cette prestigieuse institution est l'une des maisons d'opéra les plus reconnues
au monde, et cette nomination place le jeune chef d'orchestre québécois
sous les projecteurs de la scène musicale internationale, d'où il pourra faire rayonner notre culture, on l'a dit, mais également,
comme l'a bien dit notre consoeur de Gouin, également les résultats
de notre système d'éducation, qui lui a permis d'aller au bout de ses rêves et de
ses talents. On a parlé de Londres, Rotterdam.
Il est également directeur musical de l'Orchestre de Philadelphie depuis 2012.
Il prendra le relais du réputé James Levine, qui a mené l'orchestre du
MET pendant 40 ans pour en faire l'institution qu'elle est aujourd'hui.
Dès son plus
jeune âge, M. Nézet-Séguin aime passionnément les concerts symphoniques et rêve déjà de devenir chef d'orchestre. Nommé chef attitré de
l'orchestre métropolitain de Montréal à 25 ans, il a fait de cette formation
un pôle majeur de la musique
classique au Québec. Sa venue, et je pense que c'est une de ses plus
grandes réussites et il y en aura beaucoup d'autres à venir, sa venue y a
amené un public nouveau et nombreux. Au Québec, même celles et ceux qui fréquentent peu les salles de concert connaissent
ce jeune chef et le tiennent en haute estime, car, encore une fois, on apprécie
sa capacité à faire apprécier les grands répertoires au public néophyte.
Depuis ses
débuts au MET en 2009 avec l'opéra Carmen , encensé par la critique
new-yorkaise, sa carrière est jalonnée
de grandes oeuvres : Roméo et Juliette , de Gounod; Don Carlo ,
de Verdi, ainsi que l'inoubliable Faust , de Gounod. Sa conception personnelle de la musique, son
respect des musiciens et du public, sa loyauté et sa générosité de même que
sa personnalité charismatique lui valent
l'affection de tous ceux et celles qu'il croise à la ville comme à la scène. Il
est, en effet, éminemment respecté de ses consoeurs et confrères pour
son dynamisme et son charisme.
M. le Président, Yannick Nézet-Séguin a reçu en 2011 le prix Denise-Pelletier, la plus
haute distinction remise par l'État québécois
pour les arts de la scène. Il est ainsi le plus jeune récipiendaire des Prix du
Québec de notre histoire. En 2015,
il a reçu le
titre prestigieux d'officier de l'Ordre national du Québec. Encore
là, il nous a prouvé que la valeur, comme
on le dit, n'attend pas le nombre des années et que la jeunesse ajoute parfois
à l'art une plus-value formidable. Son style passionné et son amour de
la musique, sa détermination à obtenir le meilleur de ses musiciens ont fait de
M. Nézet-Séguin l'un des chefs d'orchestre les plus en demande sur la scène internationale.
Je suis sûr
que mes collègues, comme on l'a entendu, se joignent à moi pour
lui souhaiter la meilleure des chances dans cette nouvelle mission d'excellence,
à M. Yannick Nézet-Séguin, un homme qui fera encore plus rayonner notre
talent québécois sur une des plus grandes scènes musicales du monde. Merci, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, M. le
premier ministre. Est-ce que
cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) :
Adopté. Maintenant, je
cède la parole à un membre du deuxième groupe de l'opposition et j'invite
M. le député de Borduas à présenter sa motion. M. le député de Borduas, à vous.
Jolin-Barrette : M. le
Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la ministre de la Justice, la députée de Joliette
ainsi que la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la 11e édition de la Semaine des victimes
et survivants d'actes criminels, qui se déroule du 29 mai au 4 juin;
«Qu'elle
réitère l'importance de bien soutenir les victimes et salue la contribution
exceptionnelle des nombreux citoyens et organismes qui contribuent à
mieux faire connaître les ressources d'aide et de soutien à la disposition des
victimes.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Vice-Président (M. Gendron) :
Bien, on va attendre d'abord s'il y a consentement, puis, s'il y a consentement,
on va regarder si on peut ajouter... Y a-t-il consentement?
Sklavounos : Oui,
il y a consentement pour le débat, mais, sur la présentation de la motion, on
n'a pas de problème à ce que Mme la députée
d'Arthabaska soit conjointe. Pour le débat, deux minutes par intervenant :
le député de Borduas, la députée de
Joliette, la députée de Gouin, la députée d'Arthabaska et notre ministre de la
Justice, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il y a consensus pour ajouter la députée d'Arthabaska?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors,
procédons. Alors, allez, M. le député de Borduas, pour la présentation
de votre motion. Environ deux minutes. À vous.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui avec mes collègues pour souligner la Semaine des victimes et
survivants d'actes criminels, qui en est à sa 11e édition.
Avec l'objectif
d'assurer une meilleure justice, une meilleure équité et une meilleure
sécurité, le Québec s'est doté
au fil des ans, que ce soit le gouvernement ou à la suite de la formation d'un groupe ou d'un
organisme, de nombreuses ressources pour soutenir les victimes et les
survivants d'actes criminels.
C'est en 1970
que les maisons d'hébergement pour les femmes violentées et les premiers
centres d'aide pour les victimes d'agression émergent. Puis, en 1972, la
Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels a permis aux victimes de recourir à une indemnisation et de
recevoir les soins adéquats et nécessaires à leur rétablissement physique et social, ainsi que leur réadaptation
professionnelle. Afin de faire respecter les droits des victimes, et, entre autres, sous les représentations de
Plaidoyer-Victimes, l'Assemblée
nationale adopta en 1988 la
Loi sur
l'aide aux victimes d'actes criminels,
créant, par le fait même, le BAVAC, le Bureau d'aide aux victimes d'actes
criminels. C'est ce bureau, d'ailleurs, qui
coordonnera l'implantation et le maintien des CAVAC, qui seront financés par
le Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels.
L'évolution de la législation en matière
de soutien, d'aide et de protection
des victimes d'actes criminels, ainsi que
le nombre grandissant d'organismes, de centres ou de maisons d'hébergement oeuvrant dans le milieu, n'aurait pas été possible et accessible
sans la contribution et le travail exceptionnel des citoyens et des intervenants
du milieu communautaire, judiciaire, de la
santé et des services sociaux et policier qui, chaque jour, accompagnent,
conseillent et supportent les
victimes et les survivants d'actes criminels. Leur travail, M. le Président,
est essentiel. Il est donc important de
souligner que ces citoyens et citoyennes québécois contribuent effectivement à
faire connaître les ressources d'aide et de soutien à la disposition des
victimes d'actes criminels.
Finalement,
M. le Président, malgré les ressources actuellement mises en place, nous pouvons toujours les améliorer et les moderniser, et, malheureusement, de nombreuses failles persistent. En ce sens, il
est essentiel que les parlementaires québécois agissent, qu'ils amènent des idées et qu'ils
élaborent des projets de loi afin de soutenir et d'aider les victimes et les survivants d'actes criminels à affronter et
à traverser les passages houleux et difficiles. À ce titre, M. le Président, nous avons déposé, le 16
mars dernier, un projet de loi, le projet
de loi n° 596, modifiant le Code
civil afin d'abolir la prescription
pour les recours judiciaires pour les victimes d'agression à caractère sexuel.
Nous pensons qu'il serait opportun, M. le Président, d'adopter ce projet
de loi.
Je joins donc ma voix à cette motion, qui souligne
la semaine nationale des victimes d'actes criminels et l'importance de soutenir
les victimes et de mettre à leur disposition toutes les ressources nécessaires.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
On vous remercie, M. le député de Borduas. Et, pour la poursuite, je cède
la parole à Mme la députée de Joliette pour son intervention. Mme la députée, à
vous.
Hivon : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je salue
l'initiative de mon collègue de Borduas de déposer cette motion, à laquelle bien sûr nous souscrivons
de l'ensemble des côtés de cette Chambre, pour souligner la Semaine des
victimes et des survivants d'actes criminels.
Je pense que le Québec peut, de manière générale,
être fier du soutien qu'il apporte aux victimes d'actes criminels. On a beaucoup d'institutions, les CAVAC sont un
organisme exceptionnel pour soutenir les victimes d'actes criminels, nous avons de bons régimes, et je pense que, de
manière générale, c'est un signe de solidarité. C'est un signe aussi que
nous estimons que collectivement nous devons
partager cette responsabilité-là et s'assurer d'une entraide pour les personnes
qui, de manière totalement inopportune, sont victimes d'actes criminels.
Mais,
évidemment, il y a encore des choses à améliorer, et j'ai deux choses à
souligner. La ministre ne sera pas surprise de m'entendre. D'une part,
il y a, oui, le Bureau d'aide aux victimes d'actes criminels, les centres
d'aide aux victimes d'actes criminels, mais
il y a ce Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels qui est financé en très,
très grande
partie par les
contributions que nous payons tous, les Québécois, quand nous avons des
infractions pénales, et ce fonds compte
des surplus de près de 30 millions, alors qu'on sait qu'il y a des besoins
importants encore non comblés pour les victimes.
Alors, je demande à la ministre de s'arrêter à cette situation-là de manière
très urgente. Et l'autre élément, c'est évidemment les délais de
traitement pour les dossiers criminels mais, je dirais, de manière générale,
pour les dossiers où il y a des victimes qui
sont faites, et on l'a vu hier avec la question du dossier CINAR; ça a pris des
dizaines d'années pour en arriver à un règlement. Alors, c'est quelque
chose qui mine la confiance dans notre système.
Je sais que la
ministre est préoccupée par la question des délais en matière criminelle et je
l'invite vraiment à travailler avec
l'ensemble de ses partenaires pour amener des solutions innovatives pour que
les victimes soient au coeur de toutes nos préoccupations et qu'elles ne
fassent pas les frais de délais indus. Merci.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée de Joliette. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Gouin pour son intervention sur cette
même motion. À vous.
Mme David
(Gouin) : Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, j'ajoute tout
simplement ma voix à celle de mes collègues
pour dire que c'est important de saluer les victimes et les survivants d'actes
criminels, des personnes innocentes, des
personnes qui ont subi des crimes, qui ont subi des agressions, qui ont besoin
d'aide, qui en trouvent, de l'aide, comme l'a dit ma collègue la députée
de Joliette, mais il reste des choses à faire, effectivement.
D'abord,
la question du délai de prescription, je pense que c'est extrêmement important.
Nous le demandions déjà, à Québec
solidaire, dans une motion datée du 5 décembre 2014. La deuxième opposition
présente un projet de loi. Je pense qu'il
y a beaucoup de gens qui veulent l'abolition du délai de prescription et que,
dans la liste des crimes qui figure à l'annexe de la loi, tous les
crimes contre la personne soient considérés, y compris les crimes à caractère
sexuel, y compris la marchandisation et la traite des humains. Donc, je pense
que ça, c'est très important.
Très
important aussi de s'assurer des délais de traitement, ça, c'est clair, et,
donc, de s'assurer qu'aussi l'ensemble des
organismes qui viennent en aide aux victimes d'actes criminels ont les
ressources nécessaires pour pouvoir s'en occuper correctement. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Gouin. Je cède maintenant
la parole, toujours sur cette même motion, à Mme la députée
d'Arthabaska.
Roy (Arthabaska) : M. le Président, tout d'abord, je veux dire
que je suis aussi d'accord avec l'extinction du délai de prescription pour les crimes d'agression sexuelle, mais je
ne suis pas au diapason avec mes collègues, je pense qu'il nous reste
plus à faire pour les victimes d'actes criminels.
Vous savez que j'ai
partagé beaucoup de propos ici, en cette Chambre, puis j'ai beaucoup de travaux
pour les victimes d'actes criminels. Je ne comprends pas que quelqu'un qui
commet un acte criminel au moyen d'un véhicule automobile soit plus exonéré que sa victime. Je ne comprends pas, M. le
Président, que quelqu'un
qui fasse un acte criminel au travail soit plus exonéré par la CSST que
sa victime. Je ne comprends pas que des femmes que j'ai rencontrées personnellement et qui n'ont pas vu leurs enfants tués par leurs conjoints parce qu'elles n'ont pas été témoins du crime ne soient pas exonérées. Je
m'excuse, là, mais la moutarde me monte un peu au nez. On ne peut pas toujours
se flatter la bedaine ici, là, puis on a des
travaux à faire, et puis moi, je
pense que les victimes, là, ça
devrait être une priorité. M. le
Président, je vais arrêter là. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je
vous remercie, Mme la députée d'Arthabaska, de votre intervention
et je cède maintenant la parole à Mme la ministre de la Justice. Mme la
ministre, à vous.
Mme Vallée : Alors, M.
le Président, ça me fait évidemment plaisir de joindre ma voix à celle de mes collègues
pour souligner cette 11e Semaine nationale des victimes et survivants
d'actes criminels. Je l'avais soulignée en début de
semaine ici, en cette Chambre, par voie d'une déclaration de députés et je
l'avais soulignée également par voie de communiqué,
mais vous comprendrez que jamais on ne saluera assez le travail, dans un
premier temps, de ceux et celles qui au quotidien travaillent pour
soutenir les femmes, les enfants, les hommes qui sont victimes d'actes
criminels.
a des milliers de citoyens à travers le Québec qui, à travers différents
organismes, organismes communautaires, à travers le réseau des CAVAC, accompagnent les victimes, les aident et
leur apportent un soutien mais les dirigent aussi à travers le système judiciaire et à travers les
différentes étapes qui mèneront, un jour, ces victimes à retrouver le chemin
d'une vie normale, parce qu'ultimement c'est
ce qu'on souhaite, M. le président, c'est qu'une victime puisse retrouver
une paix intérieure, puisse retrouver les
moyens de vivre sa vie malgré toutes les séquelles, malgré tout le traumatisme
qu'a causés l'acte criminel dont elle a été victime.
C'est
important de rappeler que le Québec, de toutes les provinces canadiennes
réunies, est la province offrant le
réseau d'aide, le programme d'aide le plus généreux. C'est plus de
112 millions annuellement qui est consacré à l'aide directe, à l'indemnisation directe aux victimes
d'actes criminels, et à ça s'ajoute le financement du réseau CAVAC, qui est financé à travers le Fonds d'aide aux victimes
d'actes criminels, et le financement aussi d'organismes communautaires,
tels la ligne SOS-agression sexuelle et les différents organismes
communautaires qui soutiennent les victimes d'actes criminels.
Alors,
M. le Président, le Québec n'a pas à être gêné. Est-ce qu'on peut faire mieux?
Est-ce qu'on peut faire plus? Certainement.
Tout est perfectible, mais je dois vous assurer qu'ici, au Québec, on a des
gens dévoués sur le terrain dans 171
points de service qui accompagnent, au quotidien, les gens les plus vulnérables
de notre société. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, Mme la ministre de la
Justice. Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je cède maintenant la parole, toujours aux
motions sans préavis, à un membre du
groupe formant le gouvernement, et il s'agit de M. le ministre des Affaires municipales.
M. le ministre des Affaires municipales, à vous.
Coiteux : Oui. M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de
René-Lévesque, le député de Blainville et la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne l'édition 2016 du Mérite municipal, dont les prix sont
décernés depuis 1990 à l'occasion de la Semaine de la municipalité;
«Qu'elle rende
hommage aux individus, aux municipalités ainsi qu'aux organismes ayant oeuvré
de façon exemplaire au service de leur communauté.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Oui, M. le Président. Nous nous sommes entendus sur un débat, maximum, deux
minutes, à commencer par notre ministre des
Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, suivi du député de René-Lévesque,
du député de Blainville et de Mme la députée de Gouin.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, il y a entente qu'autant que possible,
dans le temps imparti... On parle de deux minutes, mais on va être... M.
le ministre, à vous.
M. Coiteux :
...vendredi 3 juin 2016, au restaurant Le Parlementaire , de l'Assemblée nationale, mon adjoint parlementaire, le député de
Côte-du-Sud, va remettre les prix du Mérite municipal à neuf personnes,
organismes ou municipalités dans les
catégories de mérite, là, qui peuvent être Citoyen, Relève municipale,
Organisme à but non lucratif, Municipalité
et développement durable, et ça vient souligner
leur travail exceptionnel, le travail exceptionnel donc de ces lauréats qui
proviennent de plusieurs régions du Québec et qui est reconnu, d'ailleurs, par leurs municipalités.
ce qui concerne les élus de ces municipalités, chacun recevra une plaque commémorative afin d'immortaliser cette reconnaissance publique d'engagement communautaire. Les prix du Mérite municipal visent
à saluer l'engagement des citoyens et d'organismes qui, par leurs
actions, améliorent la qualité de vie et le mieux-être des Québécois.
Alors, j'invite ici
les membres de l'Assemblée nationale à se joindre à nous pour adopter cette
motion.
Et, en même temps, je
vais déposer la liste des lauréates et des lauréats du Mérite municipal 2016.
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, M. le ministre des Affaires municipales et du Territoire.
Alors, évidemment, il y a consentement pour
le dépôt. Alors, c'est réglé. Je cède maintenant la parole au porte-parole de
l'opposition officielle en ces matières, alors, je veux dire, le député de
René-Lévesque, pour son intervention.
Ouellet : Merci, M. le
Président. Pendant un mois et demi ce printemps, les municipalités et les
arrondissements du Québec ont pu soumettre leurs candidatures pour
recevoir un prix du Mérite municipal.
Depuis 1990, ces
prix sont décernés aux acteurs du monde municipal qui se sont démarqués durant
l'année par leur travail et leur
dévouement pour leurs communautés. Les gens... le travail, pardon, de ces gens,
qui s'investissent dans le service
public par passion et par vision, mérite d'être souligné. Aux quatre coins du
Québec, des projets porteurs sont initiés
par ces hommes et ces femmes de grand talent. Un des principaux défis du
Québec, à l'heure actuelle, est de continuer d'occuper ses régions de façon dynamique et prospère afin que nos
régions demeurent un endroit attirant et vivant. Les hommes et les femmes qui seront récompensés demain
ont un rôle déterminant pour l'avenir du Québec. M. le Président, je viens d'une région qui vit des heures
difficiles, et j'ai travaillé en développement économique, et je suis bien
placé pour savoir qu'il faut des gens
de passion créatifs et visionnaires pour garder notre territoire actif et
continuer d'attirer les jeunes familles.
Les prix du Mérite municipal récompensent des
citoyens, des organismes et des municipalités qui sont des sources d'inspiration pour l'ensemble du Québec.
En tant que porte-parole des affaires municipales, c'est avec un plaisir
pour moi de lever mon chapeau à ces hommes et ces femmes du monde municipal, qui
bâtissent notre Québec.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le député de René-Lévesque. Toujours sur cette
même motion, je cède la parole maintenant à M. le député de Blainville pour son
intervention. M. le député, à vous.
Laframboise : Merci
beaucoup, M. le Président. Il me fait plaisir de prendre la parole au nom de ma
formation politique, bon, sur cette journée, parce qu'au moment où on se
parle il y a des municipalités qui sont fébriles.
C'est la
remise du prix du Mérite municipal. Depuis 1990 que ce prix est remis. Et c'est
important, parce que, de toute façon,
j'ai eu la chance de diriger pendant trois ans, de 1997 à 2000, l'Union des
municipalités du Québec dans un
moment où les municipalités avaient une grande fébrilité. C'est sûr qu'on a
vécu, au cours des dernières années, avec la commission Charbonneau un certain moment un petit peu plus sombre. Et
c'est pourquoi des journées comme aujourd'hui,
c'est très important. Parce qu'on a vu, au cours des dernières années, des
maires s'illustrer. On l'a vu dans le cas
de la tragédie de Lac-Mégantic, où la mairesse, Colette Laroche, a ressorti
comme une gestionnaire importante, malgré la terrible tragédie, une
gestionnaire de crise.
Et, encore
une fois, c'est important qu'on puisse souligner les efforts qui sont faits
dans le milieu municipal. Il ne faut
jamais oublier qu'il y a plus de 1 100 municipalités au Québec. Et c'est
des hommes, des femmes, des maires, des mairesses, des conseillers et des conseillères qui travaillent fort avec
les organismes du milieu pour être capables d'améliorer la qualité de vie de leurs citoyens et de leurs
citoyennes. Donc, le prix du Mérite municipal a toujours été pour les
municipalités et leurs organismes un moment important. Donc,
aujourd'hui, de prendre le temps de saluer... Il y en a neuf qui vont avoir la chance... J'en ai une dans ma circonscription — le ministre a déposé la liste tantôt — donc, évidemment, Héritage Anneplainois pour Sainte-Anne-des-Plaines recevra
le prix tantôt, je serai avec eux. Mais c'est important, parce qu'outre ce passage à vide, je vous dirais, du moment
de la commission Charbonneau il ne faut jamais oublier qu'on a, au
service des citoyens et des citoyennes, des gens dévoués qui donnent du temps.
Puis ce n'est pas l'argent, M. le Président,
parce que, vous le savez, la rémunération des conseillers et conseillères, ce
n'est pas ça qui fait la différence, mais la différence, c'est le coeur
à l'ouvrage qu'ils ont de rendre une meilleure collectivité.
aujourd'hui, le prix du Mérite municipal, c'est un bon moment pour elles et
pour eux de recevoir les éloges qu'ils méritent. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
On vous remercie, M. le député de Blainville, et je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Gouin pour son intervention sur cette même motion. À vous.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Écoutez, à mon tour, il me fait
vraiment plaisir de souligner cette édition
2016, donc, du Mérite municipal parce qu'elle nous permet, je pense, de dire
toute l'estime que nous portons, et toute l'affection, je dirais même,
dans beaucoup de cas, aux gens qui s'occupent de nous, qui s'occupent de leurs concitoyennes et concitoyens dans des quartiers,
dans des villes, dans des villages, dans toutes les municipalités du Québec.
C'est un très beau prix, et nous devons saluer ce prix-là.
prix-là nous rappelle aussi que les municipalités, bien sûr, sont animées par
des élus, que nous saluons, dont nous
voulons féliciter le travail, bien entendu, et le collègue qui vient de parler
a raison de dire que ça n'est certainement pas pour l'immense rémunération qu'ils reçoivent, dans bien des cas,
qu'ils font ce travail. Donc, des gens très dévoués et au service de leurs concitoyennes et
concitoyens, mais je remarque que ce prix veut récompenser aussi des organismes
et des personnes qui travaillent au coeur des municipalités, ça peut être dans
le monde culturel, socioéconomique, communautaire, écologiste, et nous le vivons, ça,
M. le Président, dans nos circonscriptions, puisque nous sommes en lien évidemment avec le terrain, avec les gens de
nos arrondissements, dans certains cas, de nos municipalités ou villes dans d'autres cas, et nous le savons, qu'une
ville, une municipalité, un milieu est vivant quand l'ensemble de ses citoyens
y participent et, dans certains cas, je
dirais, certaines et certains citoyens y participent plus que d'autres et sont
très, très actifs à vouloir rendre le milieu convivial, à vouloir
développer une municipalité.
Donc,
la seule toute petite tristesse que j'ai, c'est de me dire qu'année après
année, élection après élection, on n'a pas
encore la parité au niveau des élections municipales. Nul doute qu'avec
beaucoup d'efforts qui se font en ce moment de la part de certains organismes comme Femmes, Politique et Démocratie
nous y arriverons, mais il y a là encore un petit peu de... pas mal même, de travail à faire. Donc,
je souhaite à mon tour saluer le dévouement, la générosité et, je dirais,
tout le sens de la créativité des organismes et des personnes qui vont recevoir
ce prix.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Gouin. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, cette motion est adoptée. Je cède la
parole à Mme la leader adjointe du gouvernement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Non, il n'y a pas de...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Oui. Excusez, excusez. C'est parce qu'on... oui,
vous avez raison, on avait rayé
quelque chose. C'est moi qui ai fait l'erreur. Alors, Mme la députée de Gouin,
vous avez une motion à présenter. Nous sommes toujours à la bonne
rubrique. Allez pour présenter votre motion.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Donc, je présente la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que les travailleurs et travailleuses de l'industrie du
taxi contribuent quotidiennement à la santé économique du Québec;
«Qu'elle affirme que
ces travailleurs et travailleuses ont le droit de vivre et de travailler sans
crainte d'une concurrence déloyale.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
Mme Vien :
M. le Président, nous proposons de l'adopter sans débat.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Est-ce que l'adoption sans débat est agréée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Pardon?
M. Lelièvre :
...la députée de Vachon.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Oui. O.K. Est-ce
que vous êtes d'accord
que ce soit conjoint avec la députée
de Vachon?
Mme David
(Gouin) : Je m'excuse, M. le Président, j'avais omis ce point.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Non, non, mais ce n'est pas grave, tout le monde a un consentement, alors on va ajouter : Conjointement avec
Mme la députée de Vachon.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : D'où vient cette nervosité?
Bonnardel :
...vous ne m'avez pas donné le temps. Je voulais que, si on donnait notre
consentement, il y ait un débat.
Bonnardel : Bien,
regardez, je demande le consentement du gouvernement, et de l'opposition officielle, et de Québec solidaire. Je donne mon
consentement, mais je veux avoir un débat de deux minutes.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Non, mais je viens d'entendre... La question
a été posée. Adopté sans débat. J'ai demandé s'il y avait consentement,
je n'ai pas eu aucune réaction.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Non, mais le problème, c'est que la
décision était prise. Alors, j'ai un problème avec ça. Alors, merci.
Je cède maintenant la
parole à Mme la leader adjointe du gouvernement.
Vien : Oui, M. le Président. Je fais motion pour une consultation générale sur le cahier de
consultation sur la planification de
l'immigration au Québec pour la période 2017‑2019. Donc, c'est une seconde motion de notre formation
politique.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant. C'est pour ça que, là, je dois demander...
et là il faudrait que tout le monde soit attentif, parce qu'il va arriver des
choses comme on vient d'entendre.
Pour
faire ce que la leader veut, ça prend le consentement de cette Chambre, parce
que c'est une deuxième motion. Y
a-t-il consentement de l'ensemble des parlementaires de cette Chambre pour
qu'elle puisse faire la présentation de sa motion?
Alors, je n'entends
pas de non-consentement, donc il y a consentement. Allez.
Vien : Alors : «Que la Commission des relations avec les
citoyens procède à une consultation générale et tienne des auditions publiques à compter du mercredi
17 août 2016 sur le cahier de consultation sur la planification de
l'immigration au Québec pour la période 2017-2019 déposé à l'Assemblée
nationale le 2 juin 2016 par la ministre de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion;
«Que les mémoires et
les demandes d'interventions soient reçues au Service des commissions au plus
tard le mercredi 3 août 2016;
«Que
la commission tienne de façon complémentaire une consultation en ligne sur le
questionnaire déposé par la ministre et que cette consultation en ligne
prenne fin le mercredi 3 août 2016; et finalement
«Que la ministre de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion soit membre de ladite
commission pour la durée du mandat», M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Adopté.
Nous
en sommes maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions,
et à nouveau je cède la parole à Mme la leader adjointe du gouvernement
pour la présentation de sa motion.
Mme Vien : Vous avez les
commissions?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui.
Vien : Alors, j'avise
cette Assemblée, M. le Président, que la Commission
des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 87, Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes
publics, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 101, Loi
donnant suite aux recommandations de la Commission Charbonneau en
matière de financement politique, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, c'est à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le
mardi 7 juin 2016, de 8 h 30 à midi, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 92, Loi
visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec et
modifiant diverses dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle du Conseil législatif, ainsi que le mardi 7 juin 2016,
de 10 heures à midi, à la salle des Premiers-Ministres, le 1.38, de
l'édifice Pamphile-Le May;
Et finalement la
Commission des relations avec les citoyens entreprendra des consultations
particulières à l'égard du projet de loi n° 103, Loi
visant à renforcer la lutte contre la transphobie et à améliorer notamment la
situation des mineurs transgenres, le mardi 7 juin 2016, de 9 h 45
à midi, ce sera à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Vous ne l'avez peut-être pas remarqué, mais il y
a une modification légère à l'horaire
des travaux et, pour ce faire, il faut vérifier s'il y a consentement. Est-ce
qu'il y a consentement pour la modification légère aux travaux pour la commission qui va siéger mardi prochain? La
réponse, c'est oui, il n'y a pas de désaccord.
Avis de la
présidence. Pour ma part, je vous avise que la Commission de l'administration
publique se réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice
Pamphile-Le May : en séance de travail, après les affaires courantes jusqu'à 14 heures, l'objet de cette
séance est d'entendre à huis clos le Commissaire à la lutte contre la
corruption dans le cadre du mandat de
la Commission de l'administration publique portant sur la gestion
administrative et les engagements financiers du ministère des Transports
du Québec et en suivi du
chapitre 5 du rapport du Vérificateur général de l'automne 2015 intitulé Réseau
routier : inspection et planification de l'entretien des structures ;
puis, en séance de travail, de 14 heures à 14 h 30, afin
de discuter de la suite des travaux de la commission.
Est-ce
qu'il y a des renseignements sur les travaux de cette Assemblée? Je n'en vois
pas. Alors, la période des affaires courantes étant...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Oui. Oui. Oui, M. le député de Granby, à vous la
parole.
Bonnardel : Une petite question. M. le Président, le projet
de loi n° 27, qui est à l'adoption de principe depuis le 10 février 2015, l'ancienne ministre
avait mentionné... ou avait fait, depuis le temps, une consultation
ministérielle, qui est assez
particulier, sur les places fantômes. Est-ce que la leader adjointe peut nous
informer si le projet de loi n° 27 va être appelé dans les
prochains jours?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la question est posée. Oui, c'est une
question qui est recevable pour la rubrique Renseignements des travaux.
Je vous cède la parole.
Vien : Je ne vais pas juger du fond de la question ni de
l'aspect pertinence ou quoi que ce soit, M. le Président, je n'ai pas d'information à l'égard de la question
qu'il pose. Je l'invite à utiliser une des périodes de questions la semaine
prochaine pour s'adresser directement à la ministre responsable du dossier.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Voilà le commentaire. Est-ce qu'il y a d'autres
questions concernant la conduite des travaux? Il n'y en a pas.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, Mme la leader adjointe du
gouvernement, indiquez-nous nos travaux.
Mme Vien :
Oui. Bien, merci beaucoup, M. le Président. Je vous invite à appeler
l'article 12.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, à l'article 12 du feuilleton de ce jour, c'est : L'Assemblée
reprend le débat ajourné le 2 juin 2016 sur l'adoption du
principe du projet de loi n° 100, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant
principalement les services de transport par taxi. Et moi, je suis prêt à
entendre la ou les prochaines interventions. Je reconnais Mme la députée
de Mirabel pour son intervention. À vous la parole.
D'Amours : Merci, M. le Président. Je vais commencer par deux, trois
phrases que je vous avise que je vais répéter à plusieurs reprises durant mon allocution : Ce n'est
pas Uber que nous défendons, mais l'innovation dans le
secteur de mobilité urbaine; il faut faire la distinction entre Uber et le
modèle Uber; et évidemment Uber doit être légal et payer ses taxes.
M. le Président, étant donné que je suis la
première personne aujourd'hui à parler de ce projet de loi, je vais commencer par vous raconter deux petites histoires,
là, puis vous allez voir après le parallèle afin que j'arrive au sujet
du projet de loi.
«Économie
de partage», vous savez, ça existe, ces deux mots-là existent depuis toujours.
Et je pense qu'on en a toujours fait, de l'économie
de partage, tantôt du partage, tantôt de l'économie, et puis là le mot
arrive, là, à ce temps-ci, parce qu'il faut innover, et on a appelé ça
de l'économie de partage.
Je vais
commencer par le mot «partage». On va reculer dans le temps. Mes ancêtres sont
des Hurons. Et les Hurons, qui
vivaient dans des «longhouses», qu'on appelle, les Hurons... les femmes
vivaient dans ces «longhouses» là avec leurs familles, leurs parents,
leurs frères et les enfants. Mais la femme, avant d'avoir des enfants, avait
des prétendants qui venaient la visiter. Et,
lorsque les prétendants arrivaient la visiter, ils apportaient énormément
de présents. Là, la femme côtoyait le
prétendant, ne l'aimait pas, l'envoyait chez lui, dans sa «longhouse» à lui,
gardait les présents et partageait ces présents avec ses soeurs, ses
frères et les enfants et les parents qui vivaient dans cette «longhouse».
M. le Président, je vous ramène un peu moins loin. Je demeure en Abitibi, je suis venue
au monde en Abitibi, je suis native
de l'Abitibi. Et mes parents à l'époque
n'étaient pas très fortunés. Ça a toujours été des gens du peuple, des gens honnêtes, mais peu fortunés. Alors, pour
commencer leur vie de couple, et c'était souvent, souvent la coutume, c'est
que deux couples prenaient un logement
ensemble pour partager les frais. Comme ça, il y avait une économie qui se
faisait, et, au fil du temps, mes
parents ont commencé à avoir un peu plus d'argent, avoir un logement à eux,
s'acheter une maison et acquérir des
biens. Mais, au départ, ils étaient ensemble avec un autre couple pour avoir
des économies, donc ils partageaient. Ça date!
Ensuite, je
me suis mariée avec un producteur agricole en milieu rural. De l'économie de
partage, on en fait depuis des
années, en milieu rural. On n'a pas, jamais, utilisé ce terme, parce que ça
fait
partie du quotidien. J'ai besoin d'une pelle, je n'en ai pas, je vais voir mon voisin, mon voisin me prête une
pelle. Il a besoin de quelque chose dans mon garage : Bien, vas-y, va te le chercher, mon cher. On
faisait de l'économie de partage et on en fait toujours, ça a toujours existé.
Quand vous
regardez tout ça, ça veut dire que l'économie de partage existe depuis des
lunes, là, on n'a rien inventé. Par contre, on a une nouvelle façon de
faire l'économie de partage qui s'en vient.
Vous savez,
je prends comme exemple... pour ce qui est de l'industrie du taxi, je vais
prendre comme exemple, là... On a peur que l'industrie du taxi soit
privée de clients, que ça ne fonctionne plus. Je pense qu'on ne met pas le doigt sur le problème exactement. Je vais vous
parler des montres, hein? Les montres étaient vendues, on avait des horlogers,
joailliers, les montres étaient vendues,
tout le monde avait une montre. Et un jour il y a eu une recherche — j'ai les dates ici : en 1967, la première montre-bracelet
quartz du monde, la Beta 21; en 1969, la montre à quartz commercialisée,
mais aussi la première montre à Dell et la première montre à cristaux
liquides; en 1971, la première montre en plastique; en 1970, la Pulsar, qui est une montre qui était faite d'or, elle fut
présentée comme le premier ordinateur de poignet. Elle se vendait à l'époque 2 100 $, ce qui
équivaut à 121 000 $ en 2014, soit 150 $ de plus qu'une Rolex.
Est-ce que les horlogers se sont adaptés? Oui, M. le Président, ils se
sont adaptés.
La preuve,
c'est que la richesse du partage... Je vais vous lire un texte qui vient de L'économie
du partage : une économie idéale? C'est inscrit : «Il
va de soi que partager, collaborer est la richesse même de l'économie du
partage dans sa recherche d'horizontalité : le consommateur est
susceptible d'être un producteur, contributeur. [...]Dans une société collaborative, la créativité et
l'innovation sont décuplées : elles s'enrichissent de la diversité, et
permettent en même temps à chacun de
garder son individualité et de rechercher son épanouissement.» Le développement
est révélateur ici : optimisons des ressources, Internet et
systèmes, et autres.
Vive la
corévolution! . Ce que je vais vous lire, ça date de 2012. Cet ouvrage
montre... Parce que c'est un livre, Pour
une société collaborative ,
d'Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot. Cet ouvrage montre en quoi le phénomène collaboratif influence profondément nos
organisations. «L'émergence du Web participatif facilite la mise en réseau et
encourage la transparence des
échanges : cette logique imprègne peu à peu notre façon de penser, d'agir,
de consommer, mais aussi [d'apprendre à] militer et [à] manager.
Qualifiée de "radicale" par certains hommes d'affaires américains convaincus de l'urgence de travailler en bonne
intelligence pour construire le mode durable de demain, la collaboration
peut renouveler nos façons de faire à différents niveaux de la société. En les
faisant passer [de] "moi" à "nous", la corévolution donne
un autre espace de déploiement concret au développement durable.»
Vous savez,
depuis... en fait hier, j'ai écouté religieusement tous les députés ici qui
avaient quelque chose à dire au sujet
de la loi. Et je le répète, ce n'est pas Uber que nous défendons, mais
l'innovation dans le secteur de la mobilité urbaine. Il faut faire une distinction entre Uber et le modèle Uber.
Évidemment, Uber doit payer ses taxes. J'entendais hier la députée de Vachon nous dire qu'on
encourageait une entreprise filou, que... et le débat, il me semble que ce
n'est pas sur Uber. On dirait qu'on
s'écarte du sujet parce que, là, on veut mettre un point là-dessus. C'est comme
si la loi était faite pour être
contre Uber, et c'est là qu'on voit que ça ne fonctionne pas. On n'est pas pour
Uber, on n'est pas contre Uber, on est pour une loi qui va faire en sorte que, les
15 prochaines, les 20 prochaines années, cette loi-là soit
avant-gardiste et qu'elle réponde à ce qui va s'en venir. Parce qu'il y
a d'autre chose qui s'en vient. On ne sera pas à l'a