CRC — 7 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2020-10-07
Quebec — Committees
Nous avons
énormément consulté pour ce projet de loi. La première consultation s'est tenue
un 11 décembre 2018, et, dans cette consultation, plusieurs
groupes nationaux sont venus, et ils pensaient vraiment qu'on était pour leur
déposer déjà la matrice d'une politique, et c'est surtout ce que nous n'avons
pas fait. On a voulu entendre les groupes, leurs commentaires, c'était quoi,
pour eux, une définition, comment ils voyaient une politique des proches
aidants, quelles sont les actions qu'on devrait mettre en place.
Il y avait des groupes qui représentaient à la
fois, parce qu'on en a parlé récemment, les personnes issues des Premières
Nations, mais aussi toute la question qui entoure les organismes qui
soutiennent les personnes avec... au niveau
de la santé mentale : L'Étoile de Pacho... Écoutez, là, tous les enfants...
Puis je regarde ma collègue de Soulanges, parce que, quand on parle
d'une politique pour les proches aidants, étant donné que, dans mon titre, je
suis ministre responsable des Aînés, on peut peut-être penser à tort que ça ne
s'adresse qu'aux personnes âgées, mais ce n'est pas du tout... Le but de
l'exercice, c'est de toucher l'ensemble des proches aidants.
D'ailleurs, notre définition est large. Et, au
fur et à mesure... Parce qu'après cette consultation-là il y a eu d'autres
consultations en ligne. Il y a eu un comité des proches aidants qui s'est formé
aussi pour... qu'on a consulté davantage. Nous avons
consulté les Premières Nations. On a énormément consulté. On a colligé ces
données-là. Ça nous a permis de commencer vraiment à rédiger une politique, et,
quand je dis «rédiger», c'est de mettre ensemble des idées qui proviennent de
ces multitudes de consultations.
On s'est rendu compte aussi du souhait des
personnes d'avoir une loi. Alors, j'ai proposé l'idée de déposer une loi, qui a
été acceptée par le premier ministre du Québec. Ça prenait une acceptation
parce que, dans une loi, on va beaucoup plus loin qu'une politique. D'une part,
on vient enchâsser la politique nationale des proches aidants. On vient
enchâsser un plan d'action. On vient enchâsser aussi le fait qu'il y aura un comité
de partenaires composé de personnes proches aidantes, et un observatoire
québécois de la proche aidance, puis il y aura déjà un amendement concernant le
titre de cet observatoire, la Semaine nationale des personnes proches aidantes,
et surtout, ce que je considère important, l'impact : lorsque les
différents ministères du gouvernement du Québec déposeront des projets de loi
ou des modifications réglementaires, de tenir compte de l'impact des proches
aidants. C'est dans leur loi. Ça touche les personnes proches aidantes. Ça,
c'est réellement une très grande avancée.
De plus, dans le rapport annuel qui accompagne
le plan d'action, il faut tenir compte de la santé et du bien-être de la
personne proche aidante. On va reconnaître la personne proche aidante. On ne
veut plus l'instrumentaliser. Il faut que la personne proche aidante se sente
libre de pouvoir être proche aidant ou de ne pas continuer à être proche
aidant.
Donc, il y a un respect. Et, avec une loi, c'est
que nous allons dépasser les cycles électoraux. Nous allons dépasser aussi
toute forme de partisanerie. Et c'est une politique qui va... C'est une loi qui
va faire en sorte que la politique va pouvoir évoluer, tout comme le plan
d'action, dans le temps, au fur et à mesure que les connaissances autour des
personnes proches aidantes vont évoluer.
Alors, je suis très contente d'être ici
aujourd'hui avec mes collègues pour ce projet de loi qui est finalement
extrêmement historique. Je l'ai mentionné en Chambre, ce n'est pas pour moi que
je fais ce projet de loi là. Je suis revenue en politique, oui, parce que ça me
touchait, les proches aidants, mais c'est pour l'ensemble des personnes proches
aidantes du Québec.
Et je crois qu'ensemble, avec les oppositions
qui sont ici, tout le monde est concerné par les personnes proches aidantes. Je
regarde, justement, la députée de Westmount—Saint-Louis, tout comme la députée
de Vaudreuil, des femmes qui auraient pu rester à la maison parce qu'elles ont
des enfants en très grande situation de vulnérabilité. Elles ont choisi de
venir faire de la politique. Pourquoi? Pour faire avancer des causes
importantes, des causes de société.
Et souvent, vous savez, on mesure, hein, les...
On aime les courbes pour mesurer, mais il y a des choses qui ne se mesurent
pas. Ça ne se mesure pas, la détresse psychologique. Ça ne se mesure pas,
l'angoisse. Ça ne se mesure pas, tout le
travail que les personnes proches aidantes peuvent mettre dans cet
accompagnement. Il y en a qui accompagnent pendant sept mois. Il y a
d'autres personnes qui accompagnent un être, entre autres, atteint d'un
trouble, vivant avec un trouble
neurocognitif majeur, ça peut durer 12 ans, 13 ans. C'est toute une
partie de la vie qui est touchée à ce moment-là.
Alors, je tiens, premièrement, à remercier les
groupes qui sont venus ici, qui sont importants. Je tiens aussi à remercier
aujourd'hui tous mes collègues ici présents de la Coalition avenir Québec, mes
collègues de l'aile gouvernementale, les oppositions aussi, pour votre travail constructif que vous
allez faire, que nous allons faire ensemble
pour améliorer ce projet de loi là, pour léguer au Québec... Et je souhaite que
ce soient des débats non partisans. Les personnes proches aidantes, là, c'est
au-delà des partis politiques. Je pense qu'on est rendus, au Québec, à devoir
se doter d'une loi qui va faire en sorte qu'on va reconnaître davantage les
proches aidants.
Alors, je veux remercier aussi les juristes qui
m'accompagnent, Mme Michèle Archambault, qui travaille actuellement
énormément sur toute la question de l'écriture de la politique,
Vincent Defoy, qui est de la Direction des aînés et des proches aidants,
et évidemment mes attachés politiques.
Alors, Mme la Présidente, pour l'instant, ce
seront mes remarques préliminaires. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Je me tourne maintenant du
côté de la députée de Fabre et porte-parole de l'opposition officielle pour ses
remarques préliminaires, d'une durée maximale de 20 minutes.
Mme Sauvé : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, d'entrée de jeu, je veux saluer la ministre, je veux
saluer les collègues.
Mme la Présidente, c'est évidemment un projet de
loi qui est fort attendu et important. Moi, je veux rassurer, Mme la
Présidente, tout de suite la ministre et lui assurer notre appui, mais aussi
notre travail très constructif à faire des propositions, à faire en sorte qu'on
bonifie le projet de loi. Très, très, très inspirée par ce que les groupes, les
18 groupes, sont venus nous dire en consultations particulières. Ils nous
ont amenés dans des zones de réflexion même qu'on n'avait pas présumé. Alors,
ça a été excessivement riche. Et, en tout respect, je veux non seulement les
saluer, mais leur dire qu'ils ont déjà contribué à nos travaux de par leurs
réflexions, leurs mémoires et leurs présentations.
Alors donc,
ça sera dans ce mode de collaboration que nous allons travailler, parce qu'il
faut travailler à faire en sorte que les proches aidants soient soutenus. Il faut
faire en sorte que les proches aidants aient tout l'accompagnement nécessaire.
Et, pour nous, clairement... Puis j'ai souvent posé la question après la
présentation de chaque groupe. Qu'est-ce que le projet de loi va venir changer
dans le quotidien des proches aidants? Et je pense qu'on devra avoir cette
question-là, au fur et mesure de nos avancées dans nos travaux, à se dire
qu'est-ce qui va changer, qu'est-ce que ce projet de loi va venir changer.
Moi, j'ai le grand
privilège d'être entourée... Parce que, je l'ai mentionné, je ne suis pas
l'experte, ce sont les groupes qui le sont. Alors, je suis très humble devant
toute l'expertise qu'ils ont. Dans mon rôle de législateur, c'est bien sûr de
pouvoir exprimer plusieurs points de vue qu'ils ont amenés, mais j'ai aussi le
privilège d'être entourée de collègues, donc j'ai ma collègue de Westmount—Saint-Louis
qui porte avec elle, dans sa réalité personnelle, la réalité d'une maman auprès
de ses enfants, et également mon collègue de Vimont, qui, lui, présentement,
est proche aidant auprès de ses parents, et sa réalité qu'il vit qui est
parfois très difficile. Alors, c'est sûr qu'au travers de tout le travail qu'on
fera ensemble je serai très à l'écoute, d'abord et avant tout, aussi de mes collègues
et de ce qu'ils vivent dans leur quotidien.
Je veux vous dire que les groupes... tous les
groupes, évidemment, ont salué... sont favorables au projet de loi. En même
temps, il y a une question qui s'est posée : Est-ce qu'on avait besoin
d'un projet de loi? Je pense que la ministre a clairement, et dans ses
remarques mais tout au long des consultations, expliqué que la politique s'en
viendrait assez rapidement. Et je pense que ça sera le souhait des groupes
aussi de faire en sorte qu'une politique puisse atterrir, forts des
commentaires qu'ils auront faits, mais qu'une politique puisse être devant nous
assez rapidement. Parce que les groupes, s'ils saluent le projet de loi, ils
nomment tout de même que nous avons besoin d'actions concrètes, d'actions concrètes
comme du répit, comme des partenariats aussi qui mettent ensemble une
concertation de ressources autour du proche aidant, le soutien psychologique,
alors donc, je pense que ce seront des éléments pour lesquels on sera très
vigilants, mais toujours en mode collaboration.
Moi, je veux un peu annoncer mes couleurs.
Écoutez, je trouve ça important puis je pense que la ministre ne sera pas
vraiment surprise, Mme la Présidente, il y a des aspects de cette étude
détaillée qui vont davantage retenir mon attention et celle de mes collègues,
et je veux ici les nommer. Donc, on est un peu en train de dire clairement ce qui... bien que tous les aspects du projet de loi
sont intéressants, mais il y a des aspects sur lesquels on va vouloir peut-être
se pencher davantage, alors, je les nomme d'entrée de jeu.
Je pense que la définition, ça va être un
élément très important, parce qu'il y a eu beaucoup d'éclairage de la part des
groupes, et autant sur le mot «significatif» que sur la révision de la définition
dans son sens le plus large. Parce que, clairement, on veut inclure le plus de
proches aidants possible, mais, en même temps, quand on fait cela, il y a un
impact directement sur l'attribution du soutien financier, les différents
programmes qui sont offerts et l'accessibilité aux ressources. Alors donc, il y
a plusieurs enjeux qui tournent... ce n'est pas simplement de mettre des mots,
c'est vraiment... Il faut penser à la réalité très humaine des proches aidants
dans la définition, mais aussi l'impact que cette définition aura pour leur
permettre l'accessibilité. Donc, ça, c'est un premier élément pour lequel on
aura des belles réflexions.
Je pense que la notion du dossier médical, la
ministre nous en a reparlé aussi, je pense qu'elle est, bien sûr, très ouverte à regarder cette notion-là, mais — et
je vais la nommer — Sophie
Éthier est venue nous parler aussi d'un modèle fort intéressant qui pourrait
s'ajouter, qui pourrait être lié au dossier médical, et c'est tout le plan d'accompagnement individualisé autour des proches aidants. Et j'ai senti de la part de la
ministre une ouverture à travailler sur cet aspect-là. Alors,
clairement, nous, c'est un aspect qui va nous intéresser parce qu'on fait en
sorte que les ressources et les programmes tournent autour du proche aidant.
Il y a eu la notion aussi du statut légal. On a
un petit peu amorcé une réflexion avec certains groupes, jusqu'où on va dans la
reconnaissance et le statut légal, est-ce qu'on va vers un registre. Alors,
c'est des réflexions qu'on aura à avoir tout au long. Mais je vous dirais que
c'est des éléments importants pour nous, puisque ces éléments-là nous semblent
assez fondateurs de l'ensemble du projet de loi.
On nous a nommé, en cours de consultations également,
oui, quelques structures, parfait, mais n'oublions pas les soins, n'oublions
pas la qualité des soins qu'on donne et aux aînés, et aux proches aidants, et
aux parents. Donc, ça, évidemment, il y a des structures qui sont avancées dans
le projet de loi, le comité de suivi gouvernemental et le comité de
partenaires, en plus de l'observatoire. Je pense que, s'il y a quelque chose à
retenir de ce côté-là, c'est que les proches aidants ont le goût d'être
entendus. Et dans la composition de ces structures, je pense qu'il faudra leur
faire toute la place, il faudra entendre ce qu'ils ont à nous dire.
Alors, vous aurez compris, Mme la Présidente,
qu'on est en mode collaboration, de façon constructive. On aura des
propositions. On sera dans le respect des propositions qui nous ont été faites
aussi par les groupes. Et je souhaite... Parce qu'on se l'est dit entre nous,
mais clairement, avec la pandémie, les proches aidants ont été... ont vécu des
éléments dramatiques dans leur vie, et je pense que le but de ce projet de loi,
avec tout notre travail collectif, c'est de ne plus jamais les oublier. Alors,
merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je me tourne maintenant
vers la porte-parole du deuxième groupe de l'opposition — bienvenue,
Mme la députée de Sherbrooke — pour les remarques préliminaires, pour
une durée maximale de 20 minutes.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je vais être très brève. Simplement dire à la ministre que j'ai
bien entendu son appel à la collaboration puis aux propositions constructives
sur le projet de loi. C'est la manière dont je comptais travailler de toute
façon. Donc, j'attends en retour, j'imagine, beaucoup d'ouverture de sa part
parce que je sais à quel point ça lui tient à coeur. Puis je suis certaine
qu'on est capables de travailler ensemble ici, d'autant plus qu'on a, autour de
la table, plusieurs personnes qui ont un très gros bagage de proche aidance
dans leur propre vie. Donc, je suis certaine qu'on va être capables d'améliorer
encore plus ce projet de loi. Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Maintenant, je
me tourne du côté du député de Rimouski, représentant du troisième groupe
d'opposition, pour ses remarques préliminaires. Et vous avez un maximum de
20 minutes.
M. LeBel : Merci, merci. Bien sûr,
on va collaborer, là. Je pense qu'on le doit pour les proches aidants. Moi,
j'ai été proche aidant, pas longtemps, une semaine ou deux, quand ma mère est
décédée, et je le disais hier, moi, ça m'a bouleversé. Mais j'imagine les gens
qui sont proches aidants à l'année, toujours, c'est... Puis ce qu'on a entendu
en commission, je me souviens des deux femmes, là, qui... Ça nous a
bouleversés. Et, pour eux autres... Ce qu'on va faire, notre travail, c'est
pour eux autres. C'est pour les reconnaître, puis reconnaître ce qu'ils font,
puis les remercier pour ce qu'ils font, puis les accompagner. Puis il y en a
partout au Québec, là, des gens qui sont proches aidants.
Moi, j'ai...
La ministre a participé, j'avais organisé, il y a un an, un colloque sur Bien
vieillir dans Rimouski-Neigette , et il y avait un élément,
là-dedans, sur la proche aidance, et les gens disaient : Bon, ça nous
prend de la formation, de l'accompagnement. Et j'ai l'impression que ce qu'on
est en train de faire là, bien, je réponds un peu pas mal aux gens de chez nous
aussi qui ont demandé... Et je disais, hier au principe, ce qu'on est en train
de faire, là, il faut aussi ne jamais oublier que ça s'intègre dans une société
où on veut... qu'on va prendre... on voudrait prendre mieux soin des aînés,
puis des personnes vulnérables, des personnes handicapées.
C'est un élément, ce qu'on est en train de faire
là, mais il y a d'autres choses qu'il faudra faire aussi pour faire en sorte
qu'au Québec, bien, ce soit une société où on va faire participer nos aînés
puis qu'on va arrêter de voir le vieillissement de la population comme un
problème, comme un... Les aînés, ce n'est pas un passif, c'est un actif. Quand
on regarde... On l'a vu, là, pendant la pandémie, beaucoup de groupes
communautaires ont perdu des bénévoles, mais pourquoi? Parce que les 70 ans et
plus restaient à la maison, et il y a plein de bénévoles qui n'étaient plus là.
Puis là on s'est aperçu que c'est des bénévoles, c'était beaucoup des aînés
partout, partout, qui organisent des festivals dans les villages, qui organisent...
Ça fait que c'est un actif, les aînés, je voulais aussi le dire.
Le projet de loi qu'on est en train de faire,
c'est un projet de loi-cadre. C'est pour ça qu'il est important. Moi, j'ai déjà
participé à l'élaboration d'un projet de loi-cadre, il y a plus longtemps, sur
la loi-cadre pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale en 2002.
J'étais directeur de cabinet à l'époque. Et cette loi-là est toujours là, et,
depuis, il y a eu cinq plans d'action qui sont toujours liés au projet de loi
qu'on a discuté ensemble en 2002. Ça fait que ce qu'on est en train de faire là, ça va nous projeter plus loin, ça fait
que c'est important que ça soit bien fait. C'est les bases, c'est la
fondation des prochaines politiques. Il y en aura des bonnes, des moins bonnes,
on ne sait pas, tu sais, les gouvernements
changent, on ne sait pas comment... mais les bases qu'on est en train de faire,
c'est les fondations, ça fait que c'est important qu'on le fasse bien,
et, pour moi, vous avez toute, toute ma collaboration.
On a mentionné, pendant la commission, qu'il y
avait beaucoup de quincaillerie, là, on disait : Bon, l'observatoire, le
comité de partenaires, le comité d'experts... Certains disaient : Bien,
c'est beaucoup d'argent qu'on va mettre là, peut-être qu'on aurait pu mettre
cet argent-là... Moi, je pense que faire participer des gens, il n'y a rien... c'est toujours bon, mais il faudrait s'assurer,
par exemple, que ces comités-là servent à quelque chose. Moi, je vais poser
sûrement la question : Ces comités-là vont faire des rapports à la
ministre, est-ce qu'on pourrait peut-être s'assurer qu'ils soient un peu plus
publics puis que les gens puissent suivre le suivi? Comme la ministre qui doit
faire un rapport sur le suivi une fois par année sur Internet, est-ce qu'on
pourrait rendre ça un peu plus public? Je pense que oui, on ne se trompe jamais
quand on va vers la transparence, et on pourra regarder comment qu'on peut
faire ça.
Il y a des enjeux de fond, j'en nomme juste
deux, l'appauvrissement des proches aidants pendant la proche aidance, il faut
mieux les outiller, les aider. Et j'ai appris le mot, là, la «postaidance», ça
fait que je vais revenir avec ça, c'est certain. Pour moi, c'est important, les
gens qui ont été proches aidants tout le temps, puis surtout les femmes qui ont
laissé tomber des promotions, qui ont arrêté de cotiser, ils se retrouvent,
après leur période de proche aidance, avec un rattrapage à faire, et là il
faudra voir comment on peut faire pour les aider.
J'en profite pour le dire aussi, j'espère que
les prochains plans d'action... Au Québec, depuis les années 90, on s'est
donné... on appelle ça l'ADS, l'analyse différenciée selon les sexes. C'est une
analyse où on analyse nos politiques pour
voir l'impact qui est différencié selon les femmes et les hommes. Moi, j'espère
que les prochaines politiques, on fera ça aussi, on s'assurera qu'on
aura fait cette analyse-là, parce que la proche aidance, ça a un visage puis
c'est souvent les femmes. Et je pense qu'on devrait s'assurer qu'on analyse nos
actions en cette fonction-là.
L'autre enjeu, c'est le maintien à domicile.
Pour moi, c'est majeur, puis le maintien à domicile partout. Je ne m'en
souviens plus lequel, elle a parlé de son village, là, dans Bellechasse, là, mais
je trouvais ça intéressant. C'est que, si on veut faire du maintien à domicile,
il faut s'assurer qu'il y ait égalité des chances. Que tu demeures dans un
village en ruralité, la personne veut rester à domicile, bien, le proche aidant
doit être aussi accompagné même s'il demeure dans le village. Je parle de la
formation et de l'accompagnement en général. Ça fait que ça, c'est un enjeu
pour moi qui est important aussi.
Je vais aussi... Je vais dire un mot sur... Je
ne peux pas passer à côté. Les proches aidants ont vécu ça difficile, ce
printemps passé, quand ils ont été comme complètement rejetés des CHSLD ou des
habitations, ou ils ont été obligés, dans souvent des cas, de laisser mourir,
décéder des gens proches d'eux puis sans avoir accès à eux autres. Il y a eu un drame qui s'est passé au printemps
passé, on ne peut pas comme ne pas regarder ça. Beaucoup de monde ont ça
sur le coeur, puis ils veulent être guéris de ça, ils veulent comprendre ce qui
s'est passé. Je n'en fais pas un grand débat, mais je fais ma parenthèse. Je
pense qu'on doit avoir une politique... une commission d'enquête qui est
publique, qui est indépendante. Ça ferait
partie de la
guérison. Et on est capables d'imaginer des choses, là, avec la Commissaire à la santé, le Protecteur du citoyen, on est
peut-être capables d'imaginer des choses pour que ce soit public et
indépendant, et on ne pourra pas passer à côté de ça.
Enfin, ce que je souhaite pour la ministre,
parce que je sens que c'est un projet qui lui tient à coeur beaucoup, quand on
avait adopté le projet de
loi sur la lutte à la pauvreté, tout le monde avait
voté en Chambre, tout le monde s'était applaudi, les gens dans les tribunes
avaient applaudi, ça avait été un beau moment. Ces moments-là, en politique, ça
n'arrive pas souvent, mais je lui souhaite ce moment-là, je lui souhaite ce
moment-là, puis ça va être un moment touchant pour tout le monde. Ça fait qu'on
va travailler ensemble. Il y a des choses à changer, mais ce que je visualise
dans ma tête, c'est ce moment-là. Merci.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres membres
de la commission qui souhaiteraient faire des remarques préliminaires? Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. C'est bizarre, je vais répéter un peu ce que j'ai dit dans la
Chambre hier, je souhaite prendre la parole et je ne souhaite pas prendre la
parole, parce que, comme plusieurs personnes l'ont soulevé, c'est un sujet qui
est très personnel pour moi, émotionnel pour moi. Alors, vous me pardonnez tous, collègues, si je pleure un peu, si mes
émotions sortent un peu, parce que... peut-être parce que c'est une semaine où
je me sens plus fragile que d'habitude, parce que c'est une semaine où, comme
proche aidante, j'aurais dû peut-être rester à la maison pour aider mes enfants
parce qu'ils sont en besoin beaucoup cette semaine.
Et ma collègue la députée de
Marguerite-Bourgeoys l'avait mentionné hier — elle est psychologue — puis
elle avait mentionné que, oui, la détresse psychologique pour les proches
aidants, c'est très important. Ça fait que ça prend vraiment un soutien. Mais
souvent, c'est parce que, quand on est proche aidant, on sent la culpabilité.
Je me sens coupable d'être ici, quand je sais que je suis déchirée, parce que
j'ai plusieurs personnes, des personnes qui ont des grands besoins, qui ont
besoin de moi, mais j'ai choisi d'être parmi vous parce que je me suis dit que
ce projet de loi est très important, très important.
Et je veux vous aider, je veux accompagner mes
collègues, la ministre dans la bonification du projet de loi. Puis je veux,
c'est sûr, apporter un peu d'une expérience personnelle pour amener la voix des
proches aidants et des personnes qui sont souvent invisibles, alors d'amener un
peu de visibilité à cette communauté, surtout parce qu'on dit : Les
proches aidants sont essentiels, mais c'est vraiment... ils sont essentiels à
notre société. C'est une aide tellement importante puis c'est facile à oublier,
qu'est-ce qu'ils font. Alors, je suis reconnaissante, de la part de la ministre,
d'avoir déposé un tel projet de loi, parce que je pense que c'est le temps qu'on en discute, de
ce qu'ils font, ces personnes.
Moi, je fais
partie de la génération sandwich,
encore... Oui, je m'occupe de deux personnes jeunes, mes enfants qui sont
handicapés, mais je m'occupe aussi de ma mère qui est aînée puis qu'elle est
veuve, elle est toute seule. Alors, souvent, je suis interpellée à aller des deux
bords, soit pour aider une personne qui a ses propres problèmes de
vieillissement qui... On va tous être là à un moment donné. Alors, je suis très
sensible à ce qu'elle est en train de vivre, puis j'ai beaucoup d'empathie pour
elle, et j'essaie d'être le plus proche pour l'aider, possible, sans oublier
que j'ai aussi des obligations pour aider mes enfants, et de trouver une
conciliation famille-travail.
Alors, comme recommandation à l'intérieur du projet
de loi, j'ai hâte à avoir cette discussion. J'ai la chance d'avoir des
collègues qui m'appuient beaucoup, qui m'offrent la possibilité d'avoir une
conciliation famille-travail, quand j'ai vraiment un grand besoin, ou qui sont
à l'écoute, et je me sens vraiment épaulée ici, mais je sais que ce n'est pas toujours
le cas de plusieurs personnes qui se retrouvent face à faire un choix
entre : Est-ce que je vais au travail, ou est-ce que je m'occupe de mes
enfants, mes parents, mes proches parce qu'ils ont vraiment un grand besoin? Et
il y a pas mal de discrimination, à quoi qu'ils font face, quand on essaie de
trouver un emploi ou de garder un emploi, qui rajoute à l'appauvrissement.
Comme mon collègue vient de mentionner, c'est vraiment un enjeu qui est très
grave pour ces personnes.
Alors, de parler de la sensibilisation, pour
moi, évidemment, c'est très important. Je suis très d'accord avec mon collègue
quand on parle, souvent, que c'est une bataille qui est souvent menée par les
femmes, mais, je pense, de plus en plus, on voit que c'est aussi une bataille qui
est menée par les hommes. Puis il faut aussi amener cette visibilité à ces gens
et aussi de dire qu'on est en 2020. Alors, c'est tout à fait normal, possible
et nécessaire que, les hommes, on change un peu des perceptions que nous avons
de leur rôle, de briser ce... parce qu'ils sont autant importants, impliqués et
nécessaires quand on parle de l'aide essentielle que les proches aidants
amènent pour aider ces familles.
Moi aussi, j'ai été très touchée par les
témoignages que les personnes qui sont venues en commission ont partagé avec
nous, que ce soit leur histoire personnelle ou que ça soit... que c'était
vraiment une expérience pertinente et importante parce qu'ils sont des experts
en matière de santé, de services sociaux, des personnes proches aidants ou des
organismes qui représentent cette communauté. Je pense que ça va vraiment
alimenter notre réflexion dans la direction où nous aimerions y aller,
ensemble. Je suis d'accord. Pour moi, c'est vraiment un enjeu qui est
apolitique. J'ai hâte à travailler en collaboration avec les collègues. J'ai
hâte à faire des recommandations puis de voir comment que nous pouvons vraiment
bonifier ce que nous avons déjà vu à l'intérieur du projet de loi.
Je ne vois pas d'enjeu dans le projet de loi,
c'est plus que j'aimerais voir plus du concret. J'aimerais voir plus, comme ma
collègue la députée de Fabre a mentionné, un statut légal. Le statut légal pour
les proches aidants, c'est tellement important, tellement important, parce
qu'avant... mettons, si on est proche aidant des enfants puis on n'a pas de
statut légal, bien, on n'est pas nécessairement éligible pour avoir des
subventions au niveau fédéral, par exemple. Il y a des
choses à changer pour avoir un statut légal, mais c'est un levier que nous
pouvons utiliser pour éviter la discrimination envers ces personnes-là à
l'intérieur de la Charte des droits et libertés de la personne. Alors, je pense
qu'aussi ça, c'est quelque chose qu'il faut en discuter.
On a parlé un peu...
Ma collègue, elle avait mentionné la définition, pour moi aussi. J'ai vu que la
ministre avait déjà déposé un amendement par rapport à la définition. Alors,
j'ai hâte à avoir le débat par rapport à c'est quoi, la définition. Puis je
suis contente que, lors des consultations qui ont été faites en décembre 2018,
il y avait quand même une bonne réflexion qui était amenée, qui a probablement
aidé la ministre à déposer c'était quoi, le premier
article pour la définition,
ou deuxième
article pour... Premier, deuxième, je ne m'en souviens pas, Mme la
Présidente, mais c'est au début pour la définition. Parce que, quand... si ce
n'est pas clair, «significatif», ça veut dire quoi? Comme proche aidante moi-même, c'est sûr j'ai quelqu'un
qui vient m'aider dans mon entourage. Est-ce que cette personne-là,
c'est un proche aidant? Comment que ce serait défini pour s'assurer que l'aide
va vraiment dans la meilleure place pour les meilleures personnes qui sont en
besoin?
J'ai hâte aussi à
avoir de l'aide qui est ponctuelle puis qui sera disponible pour les proches
aidants avant que les personnes ne craquent.
On a tous lu le mémoire du Réseau Avant de Craquer. C'est un groupe que j'aime beaucoup,
parce qu'on ne parle pas assez souvent de la santé
mentale des personnes. Mais, comme Mme Anouk Lanouette Turgeon, nous avons
partagé dans son témoignage lors du décès de son enfant. Comme la postaidance,
comme mon collègue vient de mentionner, c'est tellement pertinent parce que ça
n'arrête pas à ce moment-là. Puis, quand elle avait besoin d'avoir de l'aide puis elle est allée au CHSLD,
bien, dans le fond, elle s'est fait dire : Mais là ce n'est pas
pour maintenant, désolé,
l'aide, c'est pour telle personne. C'est bien qu'on aide les personnes qui sont
malades, c'est bien qu'on aide les personnes handicapées, c'est bien qu'on aide
les aînés, mais il faut aussi avoir une pensée pour les personnes qui sont là
pour leur épauler avant et l'après. Je pense qu'on ne peut jamais assez parler
de ceci.
Le répit, le partenariat,
ça aussi, je pense que c'est des sujets qui sont très importants pour nous à
aborder, car je vois vraiment en large ce que nous pouvons faire pour aider les
proches aidants. Puis, à l'intérieur, oui, d'un projet de loi, à l'intérieur
d'une politique nationale, à l'intérieur d'un plan d'action, mais les mesures vraiment
concrètes où ils vont pouvoir se voir à l'intérieur de la législation, je pense
que ça aussi, c'est vraiment primordial et très important. Je rajouterais aussi
que ça va être important de parler de financement, les mesures concrètes qui
vont suivre, car la majorité des personnes ont dit que c'est bien, je suis
contente, je pense que tout le monde est heureux que nous sommes en train de
parler des proches aidants, mais il va falloir aussi s'assurer qu'on ne fait
pas des promesses qui ne seront pas tenues nécessairement parce qu'il n'y a pas
de financement qui va suivre. Puis c'est toujours une préoccupation. Ça fait
que, c'est sûr, je pense que la communauté des personnes proches aidantes vont
être vraiment heureux de savoir qu'il y a du financement qui vient. On a des engagements politiques
qui vont suivre à l'intérieur des mesures financières, car souvent,
quand on dit, par exemple : On a besoin du temps, mais du temps, ça veut dire
qu'il faut que je retire de mon emploi, il faut que
je prenne un arrêt de travail, alors ça se peut que je ne serai pas rémunéré
puis... ou que j'ai besoin d'avoir des soins professionnels. Souvent, c'est
cher, c'est privé. J'ai besoin d'avoir un soutien financier pour ceci, ou j'ai
besoin d'avoir du répit, ou j'ai besoin d'avoir des soins à domicile, pas
nécessairement pour la personne à qui que j'aide, mais pour moi-même. Alors,
j'espère qu'on va être sensible à ceci, parce que j'ai une mini-inquiétude que
nous allons créer des attentes. Mais, quand on crée des attentes, il faut vraiment
fournir puis rejoindre ces attentes.
Plusieurs
groupes, entre autres quand on parle de parents, Parents jusqu'au
bout!, ou que ça soit L'Étoile de Pacho, la Société québécoise de la
déficience intellectuelle, plusieurs autres groupes ont parlé de créer peut-être
un fonds d'urgence, quelque chose qui, je pense, pourrait être utilisé d'une
façon ponctuelle, quand on a un besoin, ainsi qu'à l'intérieur des mesures plus
financières qui sont stables qu'on va pouvoir utiliser ou s'appliquer.
Et je dis ça comme
proche aidante, d'avoir autres papiers à remplir pour faire preuve de quelque
chose, bien, ça aussi ce n'est pas souhaité. Alors, d'essayer de trouver le
chemin qui serait le plus facile et le moins lourd pour ces personnes, malgré
qu'ils vont peut-être lever la main pour dire : Au secours! J'ai besoin
d'aide. Mais, mon Dieu! donne-moi pas un autre 12 papiers à remplir, puis
un temps d'attente pour avoir une approbation. Je pense qu'à l'intérieur de ce
que nous avons déjà établi, qui est lourd, d'éviter qu'on en ramène, du
travail, à ces personnes, parce que, au secours! je n'en ai plus besoin, j'en
ai vraiment assez. Puis je sais qu'on a trouvé des moyens, à l'intérieur du projet
de loi n° 18, pour le Curateur public, d'essayer
d'éviter de faire ceci. Alors, j'ai de l'espoir que ce serait aussi répété, à
l'intérieur du projet de loi n° 56, parce que je
pense qu'il y a une manière de faire ceci.
Puis je vous dirais, en
terminant, Mme la Présidente, je pense que ce qui est très important pour moi,
c'est qu'on ramène souvent la voix des personnes non seulement qui sont venues
témoigner en commission parlementaire, mais les gens aussi qui nous envoient
des messages régulièrement pour dire que... j'ai besoin d'aide, je me sens invisible, j'ai besoin d'avoir votre soutien, pour
qu'eux, ils sachent que nous sommes tous ici pour être leurs porte-parole, pour mener une bataille pour eux pour améliorer leur vie, leur situation.
Puis, en leur aidant, bien, c'est sûr, on va aider la personne proche qu'ils
sont en train de soutenir, parce que ça prend vraiment... c'est vraiment un
cercle. Si on peut boucler le cercle, si on peut aller du début jusqu'à la fin,
bien c'est sûr, on peut juste aider tout le monde. On dit souvent «It takes a
village».
Alors, si vous me le
permettez, Mme la Présidente, juste en terminant, un peu en anglais, parce que
je sais qu'on a quand même des personnes qui nous écoutent.
It's
very important for me, for the people that are listening that are caregivers,
to understand that we see you, we hear you. We understand that the battle that
you are currently fighting is important, and that it's not easy and that we want to help.
And I think that we have an
opportunity inside of this bill to be able to do something to help those
people. So, I think it's very much a good start. I see that there's a lot of
opportunities to improve the bill and I know that we're going
to work together collaboratively, in a fashion that is apolitical, I hope, as much as possible, in
an effort to ensure that these people receive the visibility that they need
because it's really, really not easy to be a caregiver. I think it's even
harder than what people realize.
Everyone
of us is slightly to pass by that road, to be a caregiver. The support that we
bring to the people that we're helping is hugely important. Not only does it support health, social service programs because
you relieve a burden for those individuals, but I think it's also important that you understand that what you
do, nobody else can do. Nobody else can replace what it is that you are doing.
And when you are a parent of a child that is handicapped, you don't choose to
be a caregiver, you're just a caregiver, it is your responsibility. And you are
a caregiver for your entire life or the life of the person that you are
supporting.
I think that I want and what's very important for me is for people to understand that we know, there are people
around the table that are very sensitive to this, and I think that people
absolutely want to do their best to improve the lives with a legal status, to
ensure that we've got a proper definition, to ensure that there's going to be
programs, and services, and place to support you in your time of need, whether
it's before, during or after, to ensure that we understand that there are needs
to be a work-life balance, that the psychological weight of the burden that
you're carrying is huge. And we want to make sure that we help you, that we
understand that there is discrimination, whether it's for employment or access
to services, and I think that that's something we need to have the discussion,
that we understand, that we need to discuss about measures for financing. I
totally understand that we want to make sure that we are following through with
this, but, most importantly, that you need to understand that we see you,
because I know from personal experience just how difficult it can be, so...
Merci,
Mme la Présidente. Merci, Mme la ministre. Au plaisir d'avoir des débats
constructifs et de travailler ensemble avec mes collègues, puis tous les
collègues, parce que je sais qu'on a beaucoup de sensibilité autour de la
table, que ça soit de la part du gouvernement, de l'opposition officielle ou
des deux autres groupes de l'opposition. Alors, merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme
la députée. Chaque parlementaire ici,
chaque membre de la commission a 20 minutes, Mme la ministre, et je
vois que la députée de Soulanges veut prendre son...
Mme Blais
(Prévost) : ...j'allais justement lui passer la parole parce que je
trouvais que c'était important qu'elle parle.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Oui, effectivement. Alors, je reconnais
également la députée de Soulanges, qui dispose d'un temps de 20 minutes
pour des remarques préliminaires.
Mme Picard :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je ne sais pas si je peux l'appeler
Marguerite, mais je vais me permettre. Marguerite, merci beaucoup pour ce beau projet
de loi là. J'ai été sept ans proche aidante à temps plein. Maintenant, je
suis proche aidante à temps partiel, si on veut, mais c'est un projet de loi qui
a tout son sens aujourd'hui. Je me rappelle avoir appelé Marguerite avant
d'être candidate en politique, et puis Marguerite m'avait dit : Marilyne,
c'est la place que tu peux être où que tu peux faire le plus de changements.
Puis, aujourd'hui, je me sens vraiment privilégiée
d'être ici. Marguerite, on va faire beaucoup avancer les choses et on est une
bonne équipe. Et merci beaucoup à toute l'opposition aussi.
C'est un projet de
loi superimportant. Si je peux me permettre de répondre à la question :
Pourquoi un projet de loi? Selon moi, ça fait tout son sens parce que
ça va devenir illégal de ne pas prendre en compte nos besoins, donc ça fait
vraiment une grande avancée selon moi. Donc, j'adore mon nouveau métier, puis
c'est des journées comme ça où je me sens vraiment privilégiée. Et merci
beaucoup à tous, ça va être des beaux moments qu'on va vivre ensemble.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y
a d'autres parlementaires qui voudraient faire des remarques préliminaires?
Moi, je vais me permettre — ça
ne sera pas des remarques — à
titre de présidente, je me permets d'avoir une pensée aujourd'hui pour les
aidés, parce qu'on est beaucoup de proches aidants élus ici, à l'Assemblée
nationale, donc pour les aidés, pour nous permettre... sans savoir ou peut-être en étant tout à fait conscient, de
nous permettre d'être ici aujourd'hui pour travailler sur ce beau projet de
loi. Alors, je termine là-dessus.
Est-ce qu'il y a des...
est-ce qu'on a des motions préliminaires? Alors, s'il n'y a pas de motion
préliminaire, je vais donc prendre en considération l'article 1 du projet
de loi. Mme la ministre, la parole est à vous. Je vais vous demander d'en faire
la lecture, de l'article 1, de faire la lecture et de nous donner les
explications. Allez-y.
Mme Sauvé :
Merci, Mme la Présidente. Avant de débuter l'étude détaillée, je voulais
simplement signifier qu'à moins d'indication contraire, conformément à
l'article 245 de notre règlement, nous demandons à ce que le projet de loi
soit étudié
article par article, alinéa par alinéa, paragraphe par paragraphe.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Ce sera fait ainsi.
Sauvé : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, je vous demande, Mme la ministre, de
faire la lecture du premier article, de nous donner les explications.
Mme Blais
(Prévost) : Oui. Peut-être, mentionner que j'ai déposé aussi 15 amendements,
alors...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Allez-y.
Mme Blais
(Prévost) : «1. La présente loi a pour objet de guider le gouvernement
dans la planification et la réalisation d'actions visant à faire connaître la contribution
des personnes proches aidantes, à la faire reconnaître et à soutenir ces
personnes dans leur rôle.
«À cette fin, elle
prévoit notamment que le gouvernement doit adopter une politique nationale pour
les personnes proches aidantes ainsi qu'un plan d'action pour la mettre en
oeuvre.
«Elle prévoit aussi
l'institution du Comité de partenaires concernés par le soutien aux personnes
proches aidantes ainsi que de l'Observatoire québécois de la proche aidance.»
Commentaires :
Cet
article a pour but de présenter l'objet de la loi, soit de guider le gouvernement
dans la planification et la réalisation d'actions visant à faire connaître la
contribution des personnes proches aidantes, à la faire reconnaître et à
soutenir ces personnes dans leur rôle.
L'article établit
également les principales mesures que la loi prévoit, soit l'adoption d'une
politique nationale pour les personnes proches aidantes prévue au
chapitre II du projet de loi, un plan d'action pour la mettre en oeuvre,
que l'on verra au
chapitre III du projet de loi, ainsi que le Comité de
partenaires concernés par le soutien aux personnes proches, institué au
chapitre V du projet de loi, et, enfin, l'Observatoire québécois de la
proche aidance, qui se retrouve au
chapitre VI du projet de loi.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Donc, la parole est à la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, dans un premier temps, je veux
rapidement, là, moi aussi, avec un commentaire qui s'ajoute, vous dire qu'on
aborde cette étude détaillée... Je veux remercier tout de suite mes collègues,
alors donc, ma collègue que j'ai nommée, Westmount—Saint-Louis, mais également mon
collègue de D'Arcy-McGee, qui aura, je pense, une sensibilité toute
particulière pour le soutien psychologique comme porte-parole au niveau de la santé
mentale.
Alors, nous abordons
cette étude détaillée avec le premier article, et je sais qu'il y a plusieurs
groupes qui sont venus nous dire, Mme la Présidente, à quel point c'était
important qu'il y ait, donc, une politique nationale qui arrive, et des actions
concrètes, des mesures concrètes qui puissent arriver rapidement, donc, suite
au projet de loi. Alors, j'aimerais qu'on puisse déposer un amendement, si vous
le voulez bien, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, l'amendement doit être déposé sur
Greffier.
Mme Sauvé :
Oui. Est-ce qu'on peut suspendre?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 06)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Nous reprenons nos travaux. Donc, je vais vous
demander, Mme la députée de Fabre, de lire votre amendement.
Mme Sauvé :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, on comprend bien que l'amendement qu'on
dépose est en lien avec le deuxième alinéa de l'article 1. Alors
donc :
L'article 1 du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin
du deuxième alinéa, des mots «6 mois suivant l'adoption de la présente
loi».
Alors, l'article se
lirait ainsi : «La présente loi a pour objet de guider le gouvernement
dans la planification et la réalisation d'actions visant à faire connaître la
contribution des personnes proches aidantes, à la faire reconnaître et à
soutenir ces personnes dans leur rôle.
cette fin, elle prévoit notamment que le gouvernement doit adopter une
politique nationale pour les personnes proches aidantes ainsi qu'un plan d'action
pour la mettre en oeuvre 6 mois suivant l'adoption de la présente loi.
«Elle prévoit aussi
l'institution du Comité [des] partenaires concernés par le soutien aux
personnes proches aidantes ainsi que de l'Observatoire québécois de la proche aidance.»
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Donc, on comprend que l'amendement, c'est au deuxième alinéa.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Blais (Prévost) : Oui, tout à
fait, Mme la Présidente. Premièrement, dans l'un des amendements qu'on a
proposés au niveau de la politique, on veut que... justement, indiquer
six mois pour la politique. Donc, on aurait six mois pour déposer la
politique. Mais un plan d'action, étant donné qu'on va renouveler les plans
d'action à tous les cinq ans, il faut au moins donner un an pour que
les plans d'action soient rédigés.
Alors, pour
le plan d'action, c'était 12 mois.
Alors, moi, je suggère qu'à l'article 42 on puisse conserver... on puisse ajouter,
comme nous l'avons proposé dans l'amendement, six mois pour la politique
et 12 mois pour le plan d'action.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Fabre...
Mme Blais (Prévost) : Et peut-être
ajouter que... Puis c'est important, juridiquement, Me Cheang vient de me
l'indiquer, puis nous avons aussi Me Bérubé avec nous, puis je ne savais pas,
mais ma chef de cabinet est avec moi, Pascale Fréchette, alors merci. C'est une
mesure qui doit se retrouver dans les dispositions transitoires et non dans
l'objet. Là, actuellement, on est dans l'objet. Alors, on va retrouver ça
ultérieurement dans l'article 42. Donc, ça va répondre en
partie à ce que la
députée de Fabre demande. Donc,
six mois pour la politique et 12 mois pour le plan d'action.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...des interventions? Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Oui. Je comprends bien
qu'on est tous dans l'intention d'y aller avec l'échéance plus précisée du
six mois, et là j'entends : plan d'action, un an, mais il y a aussi
l'endroit où il se trouve dans le projet de loi. Moi, si on me dit que... Parce
qu'en même temps, Mme la Présidente, je veux vous dire qu'on a reçu, là, ce
matin, les amendements. Nous, on devra avoir un temps pour nous permettre
d'étudier et d'analyser les amendements qui ont été déposés, on apprécie qu'ils
ont été déposés, mais on se donnera un temps pour bien les étudier. Mais, quand
la ministre me dit : Ça va répondre en
partie à ce que je souhaitais
déposer comme amendement, bien, ce n'est pas complètement. En partie, ce n'est
pas complètement. Puis, pour moi, la différence entre l'objet, les premiers
articles du projet de loi et les mesures
transitoires, c'est deux choses complètement différentes. Je trouve que c'est quand même
assez fondamental que, dès le début du projet de loi, on puisse
retrouver la notion d'échéance.
Et, pour moi, c'est important parce que c'est le
reflet de ce que les groupes sont venus nous dire. Alors donc, ils sont venus
nous dire, puis la Protectrice du citoyen la première, mais les centres communautaires
pour aînés, bref, tout le monde sont venus vraiment nous dire, en consultations
particulières, à quel point le projet de loi doit mener vers des actions concrètes. Ça passe par la politique, qu'on souhaite
vraiment... Il y a même des groupes qui nous ont dit : Nous, tant que la politique n'est pas là, ça ne change
rien dans le quotidien des proches aidants. Même s'ils se disent favorables à
l'intention de la ministre, ça prend une politique. Alors, je comprends que la
ministre veut honorer la notion d'échéance, d'échéance aussi qui a été
prescrite par l'AQRIPH. Mais, en même temps, moi, l'endroit où ça va se
retrouver dans le projet de loi, j'ai vraiment besoin d'avoir cette notion-là
clarifiée. Puis aussi je vais vous demander qu'on puisse se donner le temps
d'examiner un peu plus attentivement les amendements qui ont été déposés ce matin.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : ...Mme la
Présidente, ce n'est pas la première fois que les amendements sont déposés sur
place, là. Ça se fait régulièrement, d'autant plus qu'il y a eu l'adoption de
principe hier, puis qu'on est ici en commission
parlementaire. Alors, l'adoption de principe a eu lieu... s'est terminée hier
soir, alors ce n'est pas de mauvaise foi de déposer les amendements. On
en a 15, c'est déjà un bon dépôt d'amendements.
Et moi, il faut que je fasse confiance aussi aux
avocats, aux juristes, là, il y a comment est constitué une loi. Si on me dit
qu'on ne met pas une mesure qui se retrouve dans l'objet, dans l'article n° 1 et que je mentionne que, oui, pour la politique, c'est
six mois, quand je dis que ça ne répond pas totalement, c'est parce
qu'elle aurait aimé, la députée de Fabre,
que ce soit six mois à la fois pour la politique et à la fois pour le plan
d'action. Comme on fait une loi qui va perdurer dans le temps, qu'on
veut pérenne, il va falloir laisser le temps à rédiger les plans d'action.
Pourquoi? Parce que les plans d'action sont constitués d'actions concrètes et
chiffrées. Ça prend des budgets, les budgets sont à chaque année.
Donc, si on
veut avoir des plans d'action solides, on ne peut pas les faire aux
six mois, il faut les faire à chaque année. Il faut que les budgets
des proches aidants augmentent pour être en mesure d'augmenter les actions. Il
y a actuellement 40 millions de dollars qui n'étaient pas là il y a deux ans,
justement, pour mettre en place des actions. Ça fait partie, ça va faire
partie
des actions du plan d'action qui va découler de la politique nationale des
proches aidants.
Alors, il va falloir laisser le temps à tous les
parlementaires dans le temps, nonobstant les gouvernements en place, de pouvoir
rédiger des plans d'action qui suivent un budget. Alors, c'est pour ça qu'on a
mis un an pour le plan d'action. Ça ne
veut pas dire qu'on ne déposera pas notre plan d'action avant, mais, dans une
loi qui va rester dans le temps, il faut que ça soit un an, et on est
d'accord pour six mois pour la politique.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Bien, clairement, je
voulais simplement une clarification, pourquoi on ne le met pas au début du
projet de loi. Je posais une question, parce qu'autour de cette table moi, je
ne suis pas légiste, évidemment, et je voulais simplement
comprendre, j'avais une question de clarification, mais d'aucune façon je
remettais en question... D'ailleurs, je salue le fait que l'échéance est
reconnue puis qu'on puisse l'intégrer, mais pourquoi on le met à cet endroit-là? C'était une question de clarification,
tout simplement, parce que, pour moi, on peut passer ensuite à la suite de
l'étude détaillée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Oui.
Bien, je voudrais aussi réconforter la députée par rapport à sa question, très
pertinente. À l'article 11, c'est clairement indiqué que «le Comité de
suivi de l'action gouvernementale pour le soutien aux personnes proches
aidantes, le Comité de partenaires concernés par le soutien aux personnes
proches aidantes et l'Observatoire québécois de la proche aidance sont
consultés dans le cadre de l'élaboration et du suivi du plan d'action.» Alors,
c'est pour ça aussi qu'on va faire un comité de partenaires, l'observatoire de
la proche aidance, qu'il y aura un comité
aussi gouvernemental interministériel, pour faire en sorte de pouvoir canaliser
correctement les actions pour les faire évoluer dans le temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je reconnais le député de Rimouski.
M. LeBel : Pour m'éclairer un
peu, là, les plans d'action, c'est sur cinq ans. Il y a un plan
d'action... La politique, ce n'est pas dit que la politique pourrait changer un
jour, là. Avec la loi qu'il y a là, un gouvernement pourrait modifier sa
politique, c'est ça? O.K. Ça veut dire que... Puis là ce que j'ai compris des
débats qu'on a eus la semaine dernière, la politique est pas mal prête. Vous
avez travaillé déjà là-dessus, c'est ce que je... Ce que je comprends, dans le fond, c'est que, la politique, vous avez déjà
travaillé là-dessus, vous savez pas mal où vous vous en allez, c'est le plan
d'action qu'il reste des choses à corriger.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Bien,
quand on regarde la loi, il y a des axes de la politique, là, qui se retrouvent
dans la loi qu'on présente. On n'est pas parti du fait de présenter une loi et,
par la suite, une politique et un plan d'action. On s'était engagé à déposer
une politique nationale des proches aidants. C'était ça, l'engagement du
gouvernement, et c'est pour ça qu'on a consulté dès le
11 décembre 2018. Donc, il y a eu une multitude de consultations. De
ces consultations-là, il y a eu énormément de matériaux pour être en mesure
d'avoir une idée précise de ce que les groupes, de ce que les proches aidants ont besoin au niveau d'une politique.
Donc, la politique n'est pas terminée parce qu'on a déposé aussi une loi
et qu'on veut qu'il y ait un arrimage. C'est important qu'il y ait cet arrimage
entre la politique... qu'est-ce qu'on va modifier à l'intérieur de la politique
en lien avec ce qu'on discute ici, aujourd'hui, avec les amendements qui seront
proposés. C'est la raison pour laquelle il y a ces discussions-là. Mais une politique
peut toujours être modifiée dans le temps,
là. Tu sais, si, dans 15 ans, on parle d'une politique des proches aidants
et d'un plan d'action, bien, j'ose
croire qu'il y aura eu des évolutions, et qu'on ne va pas se retrouver dans une
situation stagnante, là. Forcément, ça va évoluer.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. LeBel : Je posais la question.
Dans le fond, ça va être la première politique nationale puis ça va être le
premier plan d'action, c'est de ça qu'on parle, qui va être déposé suite à la
loi, la première politique nationale, puis le premier plan d'action. Vous dites
que la politique nationale, vous êtes capable de la faire rapidement, en six mois,
c'est faisable. Le plan d'action qui va donner suite à la politique, vous avez
besoin de plus de temps. Vous dites un an, à peu
près. Bien, je veux juste comprendre, moi. Si c'est ça, je trouve que c'est
logique, là, mais je veux juste comprendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Oui, c'est ça.
On se donne un échéancier, Mme la Présidente, de 12 mois pour le plan
d'action, mais il n'y a rien qui dit qu'on peut le... on ne peut pas le déposer
à l'intérieur de huit mois, mais on ne peut pas dépasser un an, on ne
peut pas dépasser 12 mois.
Et, à l'article 24, on parle du comité de
partenaires qui peut faire au ministre toute recommandation qu'il juge
nécessaire concernant la Politique nationale pour les personnes proches
aidantes, le plan d'action gouvernementale ou toute autre question relative aux
personnes proches aidantes. Donc, on a déjà prévu dans la loi qu'il pourrait y
avoir des transformations à l'intérieur même de la politique et du plan
d'action, donc une évolution au fil du temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je reconnais la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci. Bon, je
comprends que tout le monde ici souhaite accélérer, finalement, la mise en oeuvre de tout ça. Moi, je vois, dans les
amendements proposés par la ministre à l'article 42, quelque chose qui me
convient au niveau des délais, je pense que c'est aussi le meilleur
endroit pour inscrire ces délais-là.
Par contre, j'aurais
une question, juste de clarification. Évidemment que je ne m'attends pas que la
politique nationale soit déjà totalement rédigée parce qu'on a encore la
possibilité ici de modifier le projet de loi. Mais, bon, il y a eu des consultations déjà qui ont été faites
dans les derniers mois. Je veux juste m'assurer qu'il va y en ravoir d'autres
après l'adoption de la loi dans la mesure où on pourrait modifier ici, par
exemple, les principes directeurs de la politique nationale, les orientations.
Donc, est-ce que la
ministre compte faire de nouvelles consultations, comme mentionné ici à
l'article 3, ou elle s'est basée et compte se baser seulement sur les
consultations qui ont été faites auparavant?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Bien, pour l'instant, la très, très vaste majorité des
consultations pour cette première politique nationale, les consultations sont
faites. Mais, dans le temps, il y aura forcément toujours des consultations
puisqu'il y aura des recommandations, d'une part, du comité des partenaires, où
des proches aidants vont se retrouver, où il y aura aussi l'observatoire.
Pourquoi un observatoire? C'est pour faire en sorte d'avoir des données pas mal
plus probantes aussi par rapport aux proches aidants pour faire évoluer à la
fois la politique, les plans d'action, pour faire évoluer les mesures, pour
aussi faire en sorte que, dans les différents ministères du gouvernement, on
puisse en ternir compte. À
titre d'exemple,
au niveau de l'emploi, il va falloir que les ministres concernés par l'emploi
soient sensibilisés à l'importance des proches aidants parce que ça va
les toucher directement. Donc, effectivement, il y aura des consultations dans
le temps par rapport aux proches aidants... personnes proches aidantes.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Oui. Bien, en fait, je m'attends tout à fait à ce qu'il y en ait d'autres, des
consultations, dans le temps. Simplement, je veux savoir, pour l'élaboration de
la première politique, est-ce qu'il va y en avoir d'autres, des consultations.
Parce qu'on pourrait tout à fait, ici, modifier l'article 4,
l'article 5, ce sont des choses qui ont quand même un impact sur le contenu de la politique. Donc, moi, je trouve ça
très bien qu'il y ait déjà eu du travail de fait en amont pour faire des
consultations, mais, s'il advenait qu'on modifie ces articles-là, peut-être que
ça nécessiterait quand même de retourner un peu voir ce qui en est auprès des
personnes proches aidantes, voir toute la nécessité de l'article 3. Je
pense qu'il faudrait quand même ne pas prendre pour acquis que le processus de
consultation, il est terminé pour la première politique.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Bien, écoutez, on a consulté, là, tellement, par rapport à
cette politique-là, je pense qu'on n'a jamais autant consulté. Il n'y a jamais
eu autant de personnes proches aidantes. Quand on a fait, par exemple, une
consultation Internet, là, une quantité incroyable de personnes proches
aidantes qui ont fait des témoignages, des groupes... On a consulté les groupes
nationaux, on a consulté les groupes locaux, on a eu un comité des proches
aidants, d'où va découler aussi le comité des partenaires.
On a un bilan ici, on
a eu une consultation d'experts en proche aidance, une deuxième consultation
nationale, après la première consultation nationale, une consultation
d'organismes nationaux en proche aidance, une consultation des Premières Nations et des Inuits, une
consultation... puis ça, ça a duré trois jours, une consultation des
établissements du réseau de la santé et des services sociaux. Puis il va
y avoir une structure de gouverne mise en place comme un comité
interministériel, qui existe déjà, un comité ministériel, un comité de
personnes proches aidantes.
Donc, pour cette
première politique, s'il s'avérait qu'il y avait tellement de modifications à
l'intérieur du projet de loi, il n'y a rien qui nous empêcherait de consulter,
mais on est déjà dans des avancées puisque nous avons consulté. Et, comme je
l'expliquais, Mme la Présidente, le projet de loi découle... évidemment, que
c'était un rêve, mais ça découle du fait que les personnes, pendant la
consultation, nous ont mentionné que ce serait intéressant d'avoir une loi, et
c'est comme ça qu'on se retrouve ici aujourd'hui. Donc, ça découle des
consultations que nous avons eues, parce que fort probablement qu'on ne serait
pas en train de discuter d'un projet de loi. Ce sont les personnes qui l'ont
demandé elles-mêmes.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, Mme la Présidente. Je veux juste m'assurer qu'il y ait une compréhension
mutuelle et claire sur le chronomètre, parce que notre amendement parle d'un
délai de six mois, et, nécessairement, on y référait par la ministre, son projet
d'amendement sur l'article 42. Si je lis 42, qu'on soit clairs, on parle
d'un délai prescrit de 18 mois — 18 mois, pas 12, pas
six — avant
qu'on va avoir un plan d'action. Parce que, si je lis l'amendement de proposé,
comme je dis, c'est normal qu'on soit en discussion là-dessus parce que notre
amendement s'adresse à ça, on parle d'une politique nationale six mois
après l'adoption de la loi devant nous. Après ça, le chronomètre commence sur
les 12 mois, comme délai de prévu, pour l'adoption d'un plan national
gouvernemental — alors,
juste pour qu'on se comprenne, on est en 2022 — avant l'adoption d'un premier
plan d'action. Est-ce que j'ai bien raison?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Bien là, je vais répéter ce que j'ai dit tout à l'heure. À
l'article 42, justement, on a déposé un amendement pour faire en sorte que
la politique soit déposée à l'intérieur des six mois de l'adoption de
cette... si on adopte cette loi, et de 12 mois pour le plan d'action.
Alors, c'est déjà prévu, là. C'est là.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Allez-y.
M. Birnbaum : Oui. Si je peux juste
comprendre, comme je dis, le libellé de l'amendement parle d'une
séquence : six mois pour une politique nationale, un autre
12 mois pour un plan d'action gouvernemental. Alors là, je veux savoir si
on parle d'une obligation d'avoir en place un plan d'action gouvernemental en
mars 2022.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Moi, ce que je
dis, plus on va aller vite, plus on va adopter le projet de loi, plus on va
déposer notre plan d'action... Non, mais c'est vrai, là, au fond, là. Le plan
d'action... On aura l'obligation de déposer un
plan d'action, mais, comme on a déjà des sommes de disponibles pour le plan
d'action... Moi, je souhaite qu'on dépose un plan d'action le plus
rapidement possible, mais, dans une loi, il faut quand même donner le temps aux
futurs gouvernements, qui vont devoir par la suite mettre en... rédiger un
autre plan d'action.
Alors, la
politique, ça va aller assez rapidement, puisque, déjà, on a beaucoup
d'éléments, puis le plan d'action, bien, ça va découler les sommes d'argent que nous disposons, en tant que
gouvernement, pour financer des actions, parce que c'est ça, et on dispose déjà
de sommes d'argent pour être en mesure de financer certaines actions qui vont
découler justement de la politique, qui vont s'insérer à l'intérieur du
plan d'action.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Oui. Bien, c'est sur le même sujet, hein, parce
qu'effectivement, quand on lit... Moi, je comprends que la ministre veut aller
le plus rapidement possible, mais peut-être, à ce moment-là, puis on le fera
peut-être quand on sera rendus là, là, à l'amendement de l'article 42
qu'elle nous propose, il faudrait que ce soit inscrit que le premier plan d'action va être soit, au plus tard, six mois après l'adoption
de la politique nationale, soit, au plus tard, 12 mois après
l'adoption... après la sanction de la loi, parce que, là, c'est vrai que, quand
on lit... le collègue nous allume sur le fait que
ça va être 18 mois. Donc, évidemment, ce n'est pas l'objet de l'article 1,
là. On pourra en parler plus tard, mais il y a un enjeu là,
moi, dans... Ça fait que la façon dont c'est inscrit, ce serait 18 mois,
et c'est trop long.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : On peut-tu
arrêter quelques instants, suspendre?
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
On va prendre une pause.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous reprenons les travaux. Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Alors, oui,
j'acquiesce. On va mettre, à l'article 42, «six». C'est correct, ça?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai des interventions sur l'amendement déposé
par la députée de Fabre? Mme la députée.
Mme Sauvé : ...a eues et puis ce
qu'on vient d'entendre, moi, je suis prête à retirer l'amendement qu'on avait
déposé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, l'amendement est retiré. Ça prend le consentement
pour retirer l'amendement. J'ai consentement? Donc, nous revenons à
l'article 1. Est-ce que j'ai des interventions sur l'article 1? Donc,
je vais mettre l'article 1 aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. Mme Blais (Prévost)?
Mme Blais (Prévost) : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
La Secrétaire : Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Pour.
Secrétaire : M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Samson (Iberville)?
Mme Samson :
Je ne le sais plus. Non, non! Pour, pour, pour.
La Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
La Secrétaire :
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire :
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee)?
M. Birnbaum :
Je vais suivre les conseils de ma collègue d'Iberville. Pour.
La Secrétaire :
Vote par procuration : Mme Sauvé (Fabre) pour M. Kelley (Jacques-Cartier)?
Mme Sauvé :
Oui, excusez-moi. Pour.
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. LeBel (Rimouski)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Les Plaines)?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Abstention. Nous en sommes maintenant...
L'article 1 est maintenant adopté. Excusez-moi, c'est ma première... Ça va
venir. Nous en sommes maintenant à l'article 2. Je vais inviter Mme la ministre à lire l'amendement puisque l'article 2 est entièrement modifié de par l'amendement. Mme la
ministre.
Mme Blais (Prévost) : Alors, l'article 2. L'amendement, c'est remplacer l'article 2 du projet de loi par le
suivant :
«2. Pour
l'application de la présente loi, "personne proche aidante" désigne
toute personne qui apporte un soutien à un membre de son entourage qui présente
une incapacité temporaire ou permanente de nature physique, psychologique,
psychosociale ou autre, peu importe son âge ou son milieu de vie, avec qui elle
partage un lien affectif, familial ou non.
«Le soutien apporté
est continu ou occasionnel, à court ou à long terme, et est offert à
titre non
professionnel, de manière libre, éclairée et révocable, dans le but, notamment,
de favoriser le rétablissement de la personne aidée [...] et l'amélioration de
sa qualité de vie à domicile ou dans d'autres milieux de vie. Il peut prendre
diverses formes, par exemple le transport, l'aide aux soins personnels et aux
travaux domestiques, le soutien émotionnel ou la coordination des soins et des
services. Il peut également entraîner des répercussions financières pour la
personne proche aidante ou limiter sa capacité à prendre soin de sa propre santé
physique et mentale ou à [assurer] ses autres responsabilités sociales et
familiales.»
Commentaires :
Cet amendement vise à modifier la définition de «personne proche aidante» afin
de prendre en considération les recommandations proposées par les personnes et les organismes
lors des consultations particulières. Elle
s'inspire fortement de celle proposée par Mme Sophie Éthier et le RANQ, et
comporte plusieurs éléments proposés par les autres groupes, notamment le
retrait de la référence à un soutien significatif et au cadre informel du
soutien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Avant de demander s'il y a des interventions, je veux juste
m'assurer, Mme la ministre... Dans le texte que vous avez lu, vous avez omis de
lire le mot «le maintien». Est-ce qu'il fait
partie de
l'amendement? «De favoriser le rétablissement de la personne aidée, le
maintien». Il y a juste eu un petit manque dans la lecture. Il en fait partie?
Mme Blais (Prévost) : Bien oui, oui,
oui, tout à fait, tout à fait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, merci. Donc, est-ce qu'il y a des interventions
sur l'amendement déposé? Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci. Je reconnais
effectivement plusieurs modifications qui étaient souhaitées par les groupes.
C'est tout à fait bienvenu. J'aimerais juste
avoir des explications sur... Je me questionne sur à quel point c'est
intéressant d'inclure dans la définition la question des répercussions
financières. Pas que je pense qu'il n'y a pas de répercussions financières, là.
Je veux même que ce soit bien inscrit à certains endroits dans le projet de
loi. Mais, dans la définition même de la proche aidance, j'aimerais juste qu'on
en discute. Quel est l'intérêt de l'inscrire dans la définition, qu'il peut y
avoir des répercussions financières?
Puis une
autre question que j'aurais, c'est... Dans le mémoire du Regroupement des
aidants naturels, on mentionnait qu'il faudrait aussi reconnaître que plusieurs
personnes proches aidantes puissent agir auprès d'une même personne aidée,
et ça n'a pas été inclus dans l'amendement de la ministre. Donc, je me
demandais s'il y avait des raisons pour ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Mme la
Présidente, c'est parce que, dans un autre amendement, à l'article 5,
justement, entre autres, au quatrième
alinéa, on parle de : «Le développement d'environnements conciliants
[soutenant et favorisant] le maintien et l'amélioration des conditions
de vie des personnes proches aidantes, notamment [sur le plan de la]
précarisation financière.»
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Et, sur le deuxième
volet de ma question, sur le fait que plusieurs... qu'il puisse y avoir
plusieurs personnes proches aidantes pour une même personne aidée, est-ce qu'il
y a une raison pour laquelle ce n'est pas inclus dans la définition?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Est-ce qu'on
peut suspendre quelques instants?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 39)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous reprenons les travaux. Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Oui, Mme
la Présidente. Si on ajoutait : «Un ou plusieurs membres de son entourage»...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Labrie : Ça répondrait à ma
préoccupation et à celle du Regroupement des aidants naturels.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ce que je peux vous proposer, c'est de retirer votre
amendement et d'en déposer un nouveau.
Mme Blais (Prévost) : Parfait,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, ça me prend le consentement pour le retrait.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Je veux juste mentionner votre nom, Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Pendant
que nous sommes en train de parler de modifications potentielles, avant de
retirer puis de faire le travail deux fois, est-ce que ce serait ici qu'on
pourrait mentionner le statut juridique des proches aidants
ou ce serait plus tard, une autre place? La raison, c'est que c'est sur...
Plusieurs personnes ont dit que ce serait bien que ça fait
partie de la
définition d'un proche aidant. Alors, est-ce qu'il y a une autre place, un
autre
article où c'est souhaité d'identifier le statut juridique, d'abord?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Non, ce
n'est pas dans le projet de loi n° 56.
Mme Maccarone : D'abord, à
l'intérieur de la définition, il n'y aura aucune mention d'un statut juridique
pour les proches aidants, ce qui est souhaité par plusieurs, pour s'assurer que...
Comme je le mentionnais dans mes remarques préliminaires, Mme la Présidente,
pour éviter la discrimination, pour s'assurer qu'ils sont vus à l'intérieur de
la charte des droits... de la charte pour la défense des personnes ainsi que
pour avoir accès à des soins, des services, ça prend quand même un statut
légal.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Oui. Ce n'est
pas le chemin qu'on a pris puis ce n'est pas le chemin que tous les groupes voulaient non plus. Puis je vais demander,
si vous le permettez et si... Mme la Présidente, que Me Cheang prenne la
parole et qu'il puisse expliquer.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : J'ai besoin du consentement pour que Me Cheang puisse
prendre la parole. Me Cheang, la parole est à vous.
Cheang (Sokun C.) : Oui.
Alors, je me présente, Sokun Cheang, avocat à la Direction des affaires
juridiques du ministère de la Santé et Services sociaux.
Pour répondre
sur l'aspect juridique, ici, on est
dans la définition de la personne proche aidante, dans l'application de la
présente loi. Donc, ici, là, vraiment, la définition pour... dans le cadre de
la mise en place de la politique, du plan national, c'est vraiment dans
ce cadre-là qu'on vient camper la définition.
Aussi, je veux ajouter, l'objet du projet de
loi, c'est de guider le gouvernement pour la mise en place de la politique et des plans d'action. Donc, ce n'est
pas le véhicule pour amener les droits, le statut légal de la personne proche
aidante, parce que, là, à ce moment-là, ce serait plutôt... Il faudrait voir, à
ce moment-là, quels sont les droits, quelles sont
les limitations des responsabilités de ces personnes-là, et ce n'est pas le
véhicule qui est envisagé actuellement. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Sauvé : Écoutez, bien, je vais
laisser ensuite ma collègue revenir, mais, honnêtement, ça me questionne beaucoup, parce que plusieurs sont venus parler du
statut légal, et on est en train de parler de la définition du proche aidant,
donc d'envisager sa reconnaissance, et, pour nous, c'est totalement lié, là, de
pouvoir envisager au moins une réflexion sur
la reconnaissance du statut légal, au même
titre que de travailler à
l'élaboration de la définition. Ça va dans le même sens de l'intention
du projet de loi, qui est la reconnaissance du proche aidant.
Alors, on en a parlé, d'ailleurs, lors des
consultations particulières. Quand on a parlé de statut légal, on a clairement
mentionné qu'un statut légal, quelque forme qu'il peut prendre, peut amener non
seulement une information simplifiée, parce
que, ça aussi, il a été question de ça beaucoup dans les consultations
particulières, simplifier l'information pour le proche aidant, lui
donner un meilleur accès aux ressources, lui faire valoir ses droits, et tout
ça. Alors donc, il y a plusieurs, plusieurs aspects qui étaient bénéfiques.
Puis, pour moi, c'est intimement lié de travailler à l'élaboration de la
définition, mais de reconnaître, avant même de parler... Puis je ne veux pas
revenir sur les éléments qui seront dans les prochains articles, mais on va
parler de structure. Bien, pour moi, c'est clair qu'on est dans l'ADN du projet
de loi alors qu'on est en train de définir
et reconnaître la proche aidance et le proche aidant. Alors, je suis un peu
surprise, là, d'entendre la réaction,
de dire qu'il ne sera pas question de ça du tout comme discussion dans la cadre
de l'étude détaillée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Oui, bien, le
projet de loi, premièrement, c'est un premier projet de loi dans l'histoire du
Québec. On se comprend, là, il faut commencer à quelque part. Comme le
mentionnait aussi le député de Rimouski, c'est un projet de loi cadre et ça va
évoluer dans le temps. Le projet de loi n° 56 ne vise pas spécifiquement à
accorder un statut juridique particulier aux personnes proches aidantes. Il
s'avère qu'il s'agit de mesures très complexes — c'est complexe — qui
nécessitent notamment une concertation entre les différents acteurs du gouvernement
pour examiner sa faisabilité avant d'envisager de l'inclure dans une loi-cadre
éventuelle.
Quand on parle de statut juridique, on parle à
la fois de droits mais également d'obligations, puis on ne voulait pas entrer
là-dedans, sauf que, dans le projet de loi n° 56, les ministères, les ministres,
quand ils vont déposer des projets de loi, vont devoir tenir compte de l'impact de leurs
lois ou de leurs modifications réglementaires sur les personnes proches aidantes. Ça
fait que ça, là, ça va être dans la loi. Il y a déjà cet aspect-là. Alors,
voilà.
Et ce serait faux de prétendre que tous les
groupes ou, en consultations, tout le monde nous a demandé de reconnaître d'un point de vue juridique les
personnes proches aidantes. C'est faux. Si la question avait été autant
soulevée, on l'aurait fort probablement envisagée
dans le projet de loi. Mais, au contraire, il y en a plusieurs qui nous ont dit
de ne pas aller dans cette direction-là, pas avec un premier projet de
loi sur
les personnes proches aidantes.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je reconnais le député de Rimouski.
M. LeBel :
Moi, je suis plutôt d'accord avec cette version... cette vision-là des choses,
mais est-ce que c'est interdit de penser que, dans une politique ou dans un
plan d'action, avec l'observatoire ou avec... qu'il y ait un chantier qui soit ouvert sur une meilleure reconnaissance
des proches aidants? Est-ce que ça pourrait être... Ça fait qu'on pourrait
éventuellement aller vers là, vers quelque chose de plus réfléchi. Moi, ça me
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Je suis tout à fait d'accord avec ça. D'ailleurs, c'est un
mandat qu'on pourrait donner pour étudier... On avance avec ce premier projet
de loi là. On donne un mandat d'étudier cette faisabilité avec d'autres acteurs
gouvernementaux pour être en mesure de le faire, et on le fait ultérieurement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : J'entends la ministre puis je comprends que c'est
complexe. C'est juste qu'on est face à de la législation. Alors, si ce n'est
pas ici, je me demande ce serait fait où. Puis je comprends que c'est complexe
puis j'entends que ce n'est vraiment pas facile. On aurait peut-être un peu de
temps, alors je ne sais pas si on peut proposer qu'on passe du temps à avoir une réflexion pour déposer un amendement
futur à l'intérieur du projet de loi pour avoir une définition de ce serait
quoi, le statut juridique. Je comprends que ce n'est pas tous les groupes qui
ont demandé ceci. Je n'ai pas dit que c'était le consensus de tout le monde.
Chacun a écrit leur mémoire à leur guise puis à la réflexion de leur situation ou leur organisme, mais il y en a quand même plusieurs qui
ont dit que ça va être difficile, sans avoir une reconnaissance
formelle, légale, pour avoir accès aux soins et services.
Alors, pour éviter la
complexité pour ces personnes quand ils vont placer la demande à la suite de la
politique, à la suite du plan d'action, est-ce qu'on peut penser à trouver une
solution? Si ce n'est pas aujourd'hui, mais d'avoir une réflexion... On a plein de cerveaux autour de la table qui ont une
expérience puis une expertise, peut-être, pour nous aider à rajouter
quelque chose par la suite, si ce n'est pas à l'intérieur de cet article, mais
plus tard. Ce n'est pas une question de : Il faut que ça soit fait ici
exactement, mais est-ce qu'on peut avoir une réflexion pour avoir cette
définition plus tard à l'intérieur du projet
de loi, «a commitment», pour dire que ça s'en vient? Il me semble, c'est très
important. Je comprends que c'est
complexe, mais on est face à une législation, puis d'attendre un autre deux ans
pour avoir un statut juridique, je pense que ce serait une opportunité
manquée de notre part de ne pas faire ceci maintenant.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Blais (Prévost) : J'aime beaucoup la sagesse du député de Rimouski. Il
comprend c'est quoi, une loi-cadre, une loi qui vient enchâsser une politique
et un plan d'action, que le comité gouvernemental et qu'un mandat puisse
être donné, entre autres, à un organisme qui
découle de la loi pour étudier la faisabilité, avec le gouvernement, d'un
statut juridique pour faire évoluer dans le temps... mais, à ce
moment-ci, ce n'est pas le projet de loi n° 56.
Si, au cours de nos
consultations, les proches aidants, les groupes avaient été unanimes pour qu'il
y ait cette reconnaissance du statut juridique, je ne serais pas devant vous
aujourd'hui à parler du contraire. Je suis devant vous pour vous présenter un projet de loi qui reflète sensiblement la
majorité de ce que les personnes nous ont proposé durant les diverses
consultations que nous avons faites. C'est sûr qu'on a eu ici des personnes qui
ont déposé des mémoires, qui ont parlé de statut juridique. C'est très bien. Ce
sont des personnes qui sont... qui font
partie de cette mouvance-là, de
protection juridique, et qui aimeraient ça. On va y aller dans le temps, mais,
actuellement, là, quand même qu'on tergiverserait, qu'on discuterait autour du
statut juridique pour voir comment on peut le mettre dans la loi, ce n'est pas
l'objet de cette loi-là, parce que l'objet de cette loi-là, c'est de guider le
gouvernement dans la planification et la réaction d'actions concrètes. On vient
de dire qu'on avait besoin d'actions concrètes. C'est effectivement ce que nous
sommes en train de faire, de faire des actions le plus rapidement possible.
C'est la raison pour
laquelle j'ai acquiescé à la demande, entre autres, de la députée de Fabre et
de la députée de Sherbrooke, de faire en sorte que le plan d'action soit déposé
à l'intérieur de six mois plutôt que d'un an, pour avoir des actions concrètes,
pour être en mesure de pouvoir soutenir davantage les personnes proches
aidantes. Alors, ce n'est pas le moment opportun pour faire ça, mais je suis
convaincue que, dans le temps, ça va se faire.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions
sur l'amendement?
M. LeBel :
...de la ministre.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : L'amendement de la ministre à l'article 2,
en fait, qui change l'article 2 au complet. M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Oui, bien, moi, j'ai un autre sujet. La question que je me pose, c'est le
soutien offert à
titre non professionnel. Je ne me souviens plus... En tout cas,
il y a quelqu'un qui était venu nous en parler. Il y a, des fois, des proches
aidants qui ont accès au chèque emploi-service. Est-ce que qu'en mettant «non professionnel»,
comme ça, on vient créer un problème ou non?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Non, pas
du tout, parce que, là, on a ajusté, entre autres, le chèque emploi-service
pour des parents qui avaient des enfants en situation de handicap. Auparavant,
les parents ne pouvaient pas recevoir le chèque emploi-service. Maintenant, les
parents sont en mesure de pouvoir le recevoir. Donc, ça ne touche pas ça.
C'était beaucoup plus dans le contexte d'instrumentaliser le proche aidant et
qu'on prenne le proche aidant comme un professionnel, parce que les proches
aidants peuvent poser certains gestes professionnels actuellement par rapport à
la personne aidée, et on ne voulait pas instrumentaliser la personne
proche aidante. Mais j'ai une voie de passage. Me Cheang vient
de me proposer une voie de passage par rapport au statut juridique. Alors, je
vous propose cette voir de passage, de prévoir, d'analyser le statut juridique
dans le premier plan d'action.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Qui serait donc ajouté au texte plus loin? Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, merci, Mme
la Présidente. J'aime beaucoup qu'on fait des avancées avec l'idée. Ça fait que
merci beaucoup pour la recommandation. J'aimerais réfléchir un peu là-dessus seulement parce que je
comprends qu'il y a une réflexion de mettre là-dedans... Puis je ne dis
pas que la ministre n'essaie pas de trouver un chemin pour concilier un peu
l'idée d'avoir un statut juridique pour ces personnes, sauf que ça a été la
première recommandation de Parents jusqu'au bout! Ça a été une recommandation
de la Société québécoise de la déficience intellectuelle. Ça a été la recommandation de L'Étoile de Pacho.
Je pense que c'est des personnes sur le terrain qui comprennent exactement
qu'est-ce qu'ils ont besoin, eux, puis les difficultés à qui... qu'ils sont
face.
Alors, je suis contente d'entendre qu'on peut
avoir une réflexion, mais, c'est sûr, je cherche quelque chose qui est beaucoup
plus concret. La raison pour l'avoir concret, c'est parce que je ne pense pas
qu'on peut attendre. Comme on a dit, 18 mois, c'était trop long. Alors, je
suis contente qu'on va avoir raccourci l'échéancier pour le dépôt de la
politique et le plan d'action pour 12 mois, mais je ne pense pas que les
personnes proches aidantes peuvent attendre un an, un an et demi pour avoir un
statut légal, parce que ça les met dans une situation précaire, pour... serait
en mesure de prendre avantage des mesures fiscales puis de dire que c'est...
Mais on n'a pas beaucoup de monde qui ont fait la demande. On vient d'accepter
de faire un amendement à l'article dans lequel... que nous sommes en train de
faire un débat, puis c'est seulement un groupe qui a fait une demande pour
avoir cette modification-là. Alors, c'est parfait, je pense qu'il faut être à
l'écoute de tout le monde, mais j'ai vraiment une inquiétude que nous sommes en
train de faire quelque chose...
On a parlé aussi qu'ils ont besoin d'avoir...
C'est bien d'avoir une politique, mais on a besoin du concret qui va suivre. On
a besoin d'avoir un engagement financier, puis je sais qu'on ne parlera pas de
l'argent à l'intérieur du projet de loi, mais, à la suite de l'adoption du projet
de loi... Puis j'ose croire que ça serait adopté, évidemment, qu'il y aura un
engagement concret pour eux, qu'ils se voient à l'intérieur de ceci pour
dire : Bien, voilà, là, je sais où je peux y aller, moi, quand je vais
être face à une porte potentiellement fermée... de dire : Je suis proche
aidante, comment que ça va être... Si ce n'est pas entamé dans la loi, bien,
c'est sujet à l'interprétation.
Malgré que nous avons quand même une définition
ici, je pense que ça leur prend un statut juridique s'ils ont un appel à la
cour ou autre. Ça va être important qu'ils se voient de cette façon.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Oui, bien,
écoutez, quand on propose, dans une loi, un plan d'action... Quand on propose
d'enchâsser, dans une loi, un plan d'action, c'est certainement parce qu'on
veut mettre de l'argent dedans, c'est certainement
parce qu'on veut mettre des actions concrètes. Sinon, on ne ferait pas un
projet de loi, hein? On pourrait faire une politique puis, après ça,
laisser courir, mais on vient enchâsser une politique et aussi un plan
d'action.
Ça veut dire qu'on a le courage de dire qu'on va
financer les actions. C'est ça qu'on vient dire, parce que, quand c'est une
loi, c'est une loi. Il faut qu'elle soit respectée. Ça fait qu'on a le courage
de dire que, le plan d'action, il y aura du
financement pour les personnes proches aidantes. On a le courage de dire que le
proche aidant va être reconnu. On a le courage de dire qu'il y aura un
plan, appelons ça comme on veut, un plan d'intervention pour la personne proche aidante, au même
titre que la personne
aidée, qu'au niveau, justement, des dispositions médicales, quand le médecin
ou quand l'ensemble du corps médical va s'occuper de la personne malade, bien,
il va aussi s'occuper de la personne proche aidante. Déjà, on est dans des
actions concrètes même dans la loi comme telle.
Maintenant, on a dit que ce n'était pas le
véhicule. Oui, il y a des groupes qui ont mentionné le statut juridique, j'en
conviens, mais il y en a d'autres qui ont mentionné : Non, parce que, dans
un statut juridique, il y a des droits, mais il y a aussi des obligations pour
la personne proche aidante. Ça demande plus de temps d'étude, plus de
réflexion. Et Me Cheang a trouvé une voie de passage en disant qu'on va
inscrire, dans le premier plan d'action, justement, comment on peut analyser
cette situation-là de statut juridique pour le faire évoluer puis éventuellement
pour faire en sorte qu'il y en ait un, mais ce n'est pas ce qui est prévu actuellement.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Je reconnais le député de Rimouski.
M. LeBel :
Moi, je vais vous dire, je ne me sens pas... Je ne pense pas que j'ai toute l'information
pour avancer sur l'idée d'un statut juridique. Effectivement, il y a des droits
qui peuvent être larges, qu'on peut aller dans... qui touchent beaucoup de ministères,
beaucoup de... puis des devoirs, aussi, à la personne, mais moi, je ne sais pas
comment qu'on pourrait rapidement,
là, intégrer... prendre une décision, là, mais je ne suis pas fermé. Je me
dis : Il y a quelque
chose à faire avec ça, puis c'est là, peut-être, que je pense qu'est utile les
comités qui ont été mis en place, les partenaires qui connaissent ça, qui vont
se jaser de ça, les experts qui vont aller voir peut-être ailleurs ce qui se
fait, puis l'observatoire. Ça fait que, si ça passe à travers ce filtre-là,
puis ça arrive, puis on prend l'engagement que, dans le premier plan d'action,
on va régler cette affaire-là, moi, je suis porté à faire confiance. Je suis
porté à dire : Bien, on saura mieux
comment définir le statut puis on ne fera pas des erreurs. Moi, je suis
plutôt... Si cet engagement-là est clair, moi, je me rallie.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Oui, Mme la Présidente, on va en faire un engagement clair
de l'examiner. Ça va être dans le premier plan d'action. Il y a un comité gouvernemental.
Il y a un comité des partenaires. Il y a un observatoire de la proche aidance. Je pense que ces personnes...
Il y a un comité interministériel. Je crois sincèrement que ces personnes
peuvent se concerter, se consulter et faire
en sorte qu'on soit en mesure
d'étudier quels sont les droits. Mais les obligations... c'est important de
savoir c'est quoi, les obligations juridiques que les proches aidants auront,
là, parce que droits et obligations, là... Alors, écoutez, je suis
contente de la réponse du député de Rimouski.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Compte tenu de l'heure, nous allons suspendre jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, la Commission
des relations avec les citoyens reprend ses travaux. Je demande évidemment à
toutes les personnes qui sont ici d'éteindre la sonnerie de leurs téléphones et
de leurs appareils électroniques.
Nous
allons poursuivre l'étude détaillée du projet
de loi n° 56,
Loi visant à reconnaître et à
soutenir les personnes proches aidantes et modifiant
diverses dispositions législatives.
Donc,
lors de la suspension de nos travaux cet avant-midi, nous étions rendus
à l'étude de l'amendement déposé par Mme la ministre, et j'ai vu,
juste avant que nous ajournions, la main levée de la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
Merci, Mme la Présidente. Bon après-midi, tout
le monde. Alors donc, je voulais un
peu revenir... on a des réflexions qu'on a amorcées par rapport au
statut légal. Je ne sais pas si, du côté de la ministre, il y avait des
éléments sur lesquels elle souhaitait revenir. Chose certaine, c'est que, pour
ce qui est de l'amendement qui a été présenté
à l'article 2, j'aurai aussi beaucoup
de questions, alors je ne sais pas si je commence avec ça, Mme la Présidente, ou je pourrais peut-être entendre une proposition du côté de
la ministre, sinon je reviens avec mes questions plus précises sur le
libellé.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre, nous avions une proposition d'amendement.
Mme Blais
(Prévost) : Bon. Je ne veux pas parler de proposition, mais il a été
beaucoup question de statut juridique, et on
en était venu à l'idée de faire en sorte que, dans le premier plan d'action, on
se mette à étudier la possibilité du statut juridique. Si, aujourd'hui,
dans cette loi, on disait : On s'en va vers un statut juridique, premièrement,
la définition que l'on donne à la personne proche aidante serait pas mal plus
réduite. Là, on donne une définition large. Ce serait une définition plus
réduite, il y a plusieurs personnes proches aidantes qui pourraient être
exclues justement de cette définition-là. On
pourrait poser la question : Quels soins, combien d'heures pour être une
proche aidante, aidant de qui, aidant de quoi? Donc, le p.l. n° 56, c'est parce qu'on veut être inclusif. Sinon, la
définition, au niveau du sens juridique, vient rétrécir, en quelque sorte, la
définition qu'on donne ici. Alors, quand on va l'étudier, ça pourrait, entre autres, arriver dans un projet de loi qui touche
l'emploi, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, où il vient
donner un caractère beaucoup plus
juridique, beaucoup plus légal au niveau de l'emploi par rapport aux proches
aidants, comme quoi on ne peut pas les mettre à la porte, parce que le proche
aidant a également des droits et aussi des obligations. Je voulais
préciser ça.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de
Fabre.
Mme Sauvé :
En fait, clairement, j'entends ce que la ministre dit, puis j'avais... je pense
qu'on avait constaté la complexité, là, on
était dans un début de réflexion autour du statut légal, c'est ce que ça se
voulait. Je comprends aussi l'intention de la ministre de vouloir être
le plus inclusif possible, mais, en même temps, je ne suis pas certaine d'avoir
bien compris que ce n'est pas possible de le faire, de maintenir cette
définition-là, très large, même dans le cadre d'un statut
légal. Alors donc, moi, c'est un peu la question que je voulais poser, pourquoi
on peut, dans le libellé de l'article de la
loi, être aussi large, puis on serait dans l'obligation de restreindre, donc, de réduire un peu la portée si on le
mettait dans le cadre de statut
légal. J'avais juste besoin... puis là je ne suis pas en train de... peut-être,
juste besoin d'explications par rapport à ça, Mme la Présidente.
Mme Blais
(Prévost) : Mme la Présidente, je demanderais à Me Cheang de bien
vouloir répondre, si tout le monde est d'accord.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce qu'il y a consentement pour que Me
Cheang puisse répondre à la question?
me Sauvé : Bien sûr.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Me Cheang, la parole est à vous.
Cheang (Sokun C.) : Merci, Mme la Présidente. Pour répondre à
la question de la députée de Fabre, juste pour vous rappeler que la définition
ici est quand même... c'est une forme de statut juridique, le fait qu'on le met
dans une loi, tu sais, que cette
définition-là va lier le gouvernement via l'entente dans la politique nationale et dans
la politique. Donc, ça va obliger le gouvernement, les ministères à
tenir compte de la personne proche aidante dans le cadre de la définition qui
est prévue dans le projet de loi.
Donc, l'élément qu'on
ne peut pas... bien, qu'on ne peut pas, que ce n'est pas l'outil pour aller
plus loin, c'est de donner des droits et obligations parce que, là, on va plus
loin. Comme en a fait
part le député — je ne me rappelle plus de son
nom — c'est
très complexe comme enjeu de prévoir des droits et obligations qui vont, à ce
moment-là, toucher d'autres responsabilités d'autres ministres aussi, là. Et
souvent, quand on parle de statut juridique, ça s'ajoute dans le Code civil
parce que ça va s'appliquer dans tout le corpus législatif. C'est ça, le
contexte et c'est ça, les enjeux.
Bien, comme je vous
dis, ici le... ça va quand même... dans la définition dans une loi qui... un projet
de loi qui va reconnaître les proches aidants, les personnes proches aidantes,
et dans une définition très large, ça va quand même lier le gouvernement dans
sa politique nationale. Et, à ce moment-là, comme en fait
part la ministre, si
on voulait qu'à ce moment-là les intervenants, le milieu puissent analyser la possibilité,
la faisabilité de donner des droits et obligations... Parce qu'il y a quand
même des impacts, là, par rapport à offrir des droits et obligations. C'est
dans ce contexte-là que... Ici, on est dans le cadre, vraiment, voyez-vous,
dans la politique nationale, mais il y a quand même une forme, là, de
reconnaissance juridique, là, de le mettre dans une loi ici, puis c'est une
loi-cadre qui va s'appliquer, à ce moment-là, dans toutes les interventions et
dans toutes les actions du gouvernement et des ministres. On a vu des dispositions plus loin qui vont lier les ministres
à en tenir compte de la politique nationale. Et dans la politique nationale,
vous allez retrouver cette définition-là.
Mme Blais
(Prévost) : Et j'irais plus loin, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Oui, j'irais plus loin, étant donné que les différents ministères
du gouvernement, les différents ministres dans les différents ministères,
lorsqu'ils déposent des projets de loi, lorsqu'ils déposent une modification
réglementaire, vont devoir tenir compte de l'impact des proches aidants dans
leurs futures lois et dans leurs futurs
règlements qui seront déposés, et ça, c'est vraiment, je dirais, un atout fort
du projet de loi parce
que, bien sûr, on reconnaît
dans la loi, on l'enchâsse dans la loi, une politique, et un plan d'action, et,
bon, le comité observatoire, mais on fait
plus, on vient lier les différents ministères au fait qu'ils doivent tenir compte, dorénavant,
dans les lois qu'ils vont déposer, des personnes proches aidantes.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci. Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
Oui. Alors, merci pour les éclairages qu'on a reçus. C'est ça
aussi, c'est éducatif pour nous. Au-delà
du travail qu'on a à faire pour bonifier les projets de loi, on apprend
évidemment beaucoup. Je vous dirais que, dans la reconnaissance qu'on souhaite,
et dans les clarifications qui ont été faites par rapport au statut légal, puis
avec les précisions de maître, j'aimerais peut-être qu'on puisse suspendre un
instant parce qu'on aurait un amendement... un sous-amendement, pardon, à
déposer en lien avec l'amendement qui a été proposé par la ministre.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, nous suspendons les travaux.
(Suspension de la séance à
15 h 13)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous reprenons les travaux. Donc, nous en étions, dans les
discussions, à l'amendement. Mme la ministre, vous aviez... vous vouliez
prendre la parole.
Mme Blais
(Prévost) : Oui. Bien, étant donné, qu'on veut déposer un sous-amendement,
je vais retirer mon amendement pour que le tout soit cohérent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Et je comprends que vous allez en déposer un nouveau.
Mme Blais (Prévost) : Exactement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, nous allons suspendre pour recevoir votre amendement,
votre nouvel amendement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, effectivement, je m'excuse, est-ce qu'il y a
consentement pour retirer l'amendement? Il y
a consentement. Donc, l'amendement est retiré. Et vous allez déposer un nouvel
amendement.
Mme Blais (Prévost) : Oui, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, nous allons attendre votre nouvel amendement. Nous allons
donc suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 16)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, nous reprenons les travaux. Nous en étions donc au
dépôt... Nous avons retiré... La ministre a retiré son amendement, fait un
nouveau dépôt, donc un dépôt d'amendement. Je
vais vous demander, Mme la ministre, avant de lire votre amendement,
pour savoir sur quoi nous faisons l'amendement,
de lire l'article 2.
Mme Blais (Prévost) : Oui, Mme la
Présidente : «Pour l'application de la présente loi, "personne proche
aidante" désigne toute personne qui, de façon continue ou occasionnelle,
apporte un soutien significatif à un membre de son entourage qui présente une
incapacité temporaire ou permanente et avec qui elle partage un lien affectif,
qu'il soit familial ou non.
«Le soutien est offert à
titre non
professionnel, dans un cadre informel et sans égard à l'âge, au milieu de vie
ou à la nature de l'incapacité du membre de l'entourage, qu'elle soit physique,
psychique, psychosociale ou autre. Il peut
prendre diverses formes, par exemple, le transport, l'aide aux soins personnels
et aux travaux domestiques, le soutien émotionnel ou l'organisation des
soins.»
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Maintenant, je vais vous inviter à lire l'amendement que
vous venez de déposer et que tout le monde a consulté sur Greffier.
Mme Blais (Prévost) : Pour
l'application de la loi, «personne proche aidante» désigne toute personne qui,
de façon continue ou occasionnelle, apporte
un soutien à un membre ou plusieurs membres de son entourage qui présentent
une incapacité temporaire ou permanente et avec qui elle partage un lien
affectif, qu'il soit familial ou non...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 24)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Nous reprenons les travaux. Donc, Mme la ministre, vous
avez lu l'article 2. Je vous invite maintenant à lire l'amendement qui a
été déposé sur Greffier.
Mme Blais
(Prévost) : «Pour l'application de la présente loi, "personne proche aidante" désigne toute
personne qui apporte un soutien à un
ou plusieurs membres de son entourage qui présentent une incapacité temporaire
ou permanente de nature physique, psychologique, psychosociale ou autre,
peu importe leur âge ou leur milieu de vie, avec qui elle partage un lien
affectif, familial ou non.
«Le soutien apporté est continu ou occasionnel,
à court ou à long terme, et est offert à
titre non professionnel, de manière
libre, éclairée et révocable, dans le but, notamment, de favoriser le
rétablissement de la personne aidée, le maintien et l'amélioration de sa
qualité de vie à domicile ou dans d'autres milieux de vie. Il peut prendre
diverses formes, par exemple le transport, l'aide aux soins personnels et aux
travaux domestiques, le soutien émotionnel ou la coordination
des soins et des services. Il peut également entraîner des répercussions
financières pour la personne proche aidante ou limiter sa capacité à prendre soin
de sa propre santé physique et mentale ou à assumer ses [propres]
responsabilités sociales et familiales.»
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Alors, je vais prendre les
interventions. J'ai la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci. Je réalise, à la lecture de l'amendement, que je me suis peut-être mal
exprimée tout à l'heure, parce qu'en fait ma préoccupation, c'était les cas...
puis je n'avais pas donné d'exemple, là, c'est peut-être pour ça que je n'ai
pas été claire, il y a plein de situations, par exemple, où il peut y avoir
plus qu'un proche aidant pour une même personne, par exemple deux parents ou,
par exemple, deux frères, un frère, une soeur qui prennent soin d'un parent. Et
puis, dans le mémoire du Regroupement des aidants naturels, on nous soulignait
qu'en ce moment le système repose souvent sur le principe qu'il y a une
personne proche aidante principale, et donc ça fait en sorte que les autres n'ont pas nécessairement accès à du
soutien. Puis on l'a vu, d'ailleurs, dans la pandémie, que parfois il y avait
un seul proche aidant qui était autorisé à avoir accès à son proche, alors
qu'il peut y avoir plusieurs personnes qui jouent le rôle d'un proche aidant
auprès d'une personne aidée. Donc, je pense que c'est bien, là, ce qu'on
utilise ici, mais je veux juste m'assurer que la définition qu'on va mettre en
place ne va pas empêcher de reconnaître les besoins et le soutien qu'une
personne pourrait avoir besoin, s'il y a plus qu'une personne proche aidante
pour un aidé. C'est ça, mon souci, en fait. Est-ce que c'est plus clair?
Mme Blais
(Prévost) : Bien, écoutez, je pense que c'est implicite, là, puisqu'on
a entouré pas seulement un membre de son
entourage, mais un ou plusieurs membres de son entourage. Ça veut dire qu'il y
a d'autres personnes, là, qui...
Mme Labrie :
Mais, quand je lis ça, moi, je comprends que c'est «apporte un soutien à un
ou». Le membre de son entourage, c'est la
personne aidée, là, apporte du soutien à une ou à plusieurs personnes,
finalement. Moi, je parle des situations où il y a plusieurs personnes
qui apportent du soutien à un seul aidé.
Mme Blais
(Prévost) : Oui, bien, c'est exactement... On parle de la même chose.
Mme Labrie :
Moi, je ne le comprends pas comme ça parce que, quand on dit : «Toute
personne qui apporte [du] soutien à un ou à
plusieurs membres de son entourage», donc, pour moi, quand je lis ça, je
comprends... Par exemple, moi, je pourrais apporter du soutien à mon
père et à ma mère. Bon, moi, je comprendrais que ma situation est couverte par
cette définition-là, mais si, par exemple, moi et mon frère, on apportait du
soutien à ma mère, je ne suis pas certaine que ça serait couvert par cette
définition-là.
Mme Blais
(Prévost) : Je comprends.
Mme Labrie :
Je veux juste m'assurer que jamais une personne qui est aussi proche aidante
pour quelqu'un d'autre ne va être pénalisée dans l'accès soit à des mesures
fiscales, à des mesures de répit, des soutiens ou quoi que ce soit que va mettre en oeuvre le plan d'action
sous prétexte qu'il y aurait une autre personne qui serait le proche aidant
principal. C'est ça, mon souci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Oui, c'est un bon souci. Je vais demander à Me Cheang
si...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : J'ai besoin d'un consentement pour donner la
parole à Me Cheang . Me Cheang, la
parole est à vous.
M. Cheang
(Sokun C.) : Oui, Mme la
Présidente. Pour répondre à la préoccupation de la députée de Sherbrooke,
ici, c'est une définition, ça concerne la personne. Donc, s'il y a deux
personnes qui répondent à cette définition-là, ça va s'appliquer, ces deux
personnes vont être retenues en tant que personnes proches aidantes dans le
cadre de cette définition-là. Ça, c'est clair, là, c'est vraiment... Si vous...
Si la personne répond à la définition, à ce moment-là, elle va être considérée
comme personne proche aidante.
Mme Labrie :
Parfait. Donc, l'intention du législateur, c'est de couvrir toutes ces
situations-là et qu'il n'y ait pas nécessairement une seule personne qui puisse
accéder à ces services-là.
Mme Blais
(Prévost) : Absolument, Mme la Présidente, parce que ça arrive
souvent, vous avez tout à fait... la députée de Sherbrooke a tout à fait
raison, là, ce n'est pas seulement une personne proche aidante, parfois, dans
une famille, là, c'est plusieurs membres de
la famille qui peuvent devenir des personnes
proches aidantes pour une même
personne.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions? Le
député de Rimouski.
M. LeBel :
Moi, je reviens à ma question de ce matin, là. C'est allé vite, puis on est
passés à autre chose rapidement, là, mais je veux juste être sûr. Quelqu'un qui
est proche aidant mais qui reçoit le chèque emploi-service, ça fait que c'est
un... il a un chèque emploi-service, ça fait qu'il est payé par l'aidé. Si on
dit «offert à
titre non professionnel », ça n'exclut pas cette
personne-là?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Bien, écoutez,
le chèque emploi-service, actuellement, pour les proches aidants, ce n'est pas
rendu là. Mais ce que je dis, c'est qu'il y a actuellement, pour les parents
qui ont des enfants en situation de handicap, la possibilité que les parents
obtiennent le chèque emploi-service, ce qui n'était pas le cas auparavant.
M. LeBel : Je comprends.
Mme Blais (Prévost) : Auparavant, la
personne qui recevait le chèque emploi-service devait embaucher quelqu'un de
l'extérieur; maintenant, il y a une porte qui s'est ouverte, et le parent qui a
un enfant handicapé peut se prévaloir du chèque emploi-service.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. LeBel : Mais, si le parent reçoit
le chèque emploi-service, dans ce cas-là, comme vous dites, est-ce que le
parent demeure un proche aidant ou, parce qu'il est en train de faire un geste
professionnel, il est payé? Est-ce qu'il reste... Parce que j'ai juste peur
que, quand on dit «non professionnel », ça enlève des personnes. Je ne
voudrais pas que ça arrive, c'est tout.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
M. LeBel : Si vous me dites non...
Mme Blais (Prévost) : Non, mais,
écoutez, on parle d'un plan d'action où, inévitablement, on va devoir soutenir
davantage les proches aidants. Alors, on s'en va dans une vision...
M. LeBel : Non, je comprends.
Mme Blais
(Prévost) : ...on s'en va dans un chemin qui va faire en sorte qu'on
va pouvoir soutenir financièrement les proches aidants, là.
M. LeBel : Je comprends.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député.
M. LeBel : Je comprends ça. Je veux
juste être sûr que, quand on dit «à
titre non professionnel», ça n'exclut pas
les proches aidants qui recevraient un chèque emploi-service, comme des
parents.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Absolument.
M. LeBel : Ça ne les exclut pas?
O.K. Merci.
Mme Blais (Prévost) : Oui,
absolument.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. LeBel : Vous êtes sûre, oui?
Mme Blais (Prévost) : Oui, oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député, ça va?
M. LeBel : Non, c'est bon. Je lui ai
demandé s'ils étaient sûrs, ils m'ont dit oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : O.K. Mme la députée de Fabre? Mme la députée de Fabre.
Sauvé : Merci, Mme la Présidente. Alors, maintenant que la ministre a
déposé et retiré l'amendement, déposé
celui-ci, un peu dans l'esprit de ce que j'ai dit précédemment, je serais en
mesure de déposer un sous-amendement. Alors donc, je demanderais
suspension pour qu'on puisse déposer un sous-amendement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 33)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Nous reprenons les travaux. Donc, nous en
étions au dépôt d'un sous-amendement par la députée de Fabre. Je vais vous
demander d'en faire la lecture.
Mme Sauvé :
Merci, Mme la Présidente. Alors donc, le sous-amendement à l'article 2,
donc : L'amendement à l'article 2 du projet de loi est modifié
par :
1° le remplacement
des mots «Pour l'application de la présenter loi» par «Une»; et
2° le remplacement du
mot «désigne» par «est défini comme étant».
Donc,
l'article 2 se lirait ainsi : «Remplacer l'article 2 du projet
de loi par le suivant :
«Une
"personne proche aidante" est définie comme étant toute personne qui
apporte un soutien à un membre de son entourage qui présente une
incapacité temporaire ou permanente de nature physique, psychologique,
psychosociale ou autre, peu importe son âge ou son milieu de vie, avec qui elle
partage un lien affectif, familial ou non.
«Le soutien apporté est
continu ou occasionnel, à court ou à long terme, et est offert à
titre non
professionnel, de manière libre, éclairée et révocable, dans le but notamment
de favoriser le rétablissement de la personne aidée, le maintien et
l'amélioration de sa qualité de vie à domicile ou dans d'autres milieux de vie.
Il peut prendre diverses formes, par exemple le transport, l'aide aux soins
personnels et aux travaux domestiques, le soutien émotionnel ou la coordination
des soins et des services. Il peut également entraîner des répercussions
financières pour la personne proche aidante ou limiter sa capacité à prendre
soin de sa propre santé physique et mentale ou à assumer ses autres
responsabilités sociales et familiales.»
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Mme la députée, je veux juste
préciser que, dans le nouvel amendement, on avait ajouté... la ministre avait
ajouté «un membre»...
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : ...«un ou à plusieurs membres...»
Mme Sauvé :
Ah oui! d'accord.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Et, dans votre sous-amendement, ça
n'apparaît pas.
Mme Sauvé :
Oui. Alors, c'est une erreur.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : On va l'ajouter.
Mme Sauvé :
Absolument, oui.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup.
Mme Sauvé :
Merci à vous.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, le sous-amendement ayant été
lu et expliqué, je vais prendre les...
Mme Sauvé :
Lu seulement, pas expliqué.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Lu. Expliquez, allez-y.
Mme Sauvé :
Alors, merci, Mme la Présidente. En fait, ce sous-amendement reflète un peu les
discussions qu'on a eues préalablement sur la notion du statut légal. J'ai
relu, dans la... avant de revenir ici, en commission, j'ai relu les propos des
différents groupes. J'ai bien entendu aussi les commentaires qui ont été
amenés, les précisions. Et je comprends bien que l'intention de la ministre
est, dans sa définition, d'inclure le plus grand nombre de proches aidants
possible. Et la complexité d'amener la notion de statut légal comme tel, ça
pourrait restreindre la portée. Donc, j'ai entendu tout ça. J'ai entendu aussi
la ministre qui a parlé de privilèges, et de droits et de reconnaissances mais
aussi d'obligations. Donc, j'ai entendu toutes les complexités liées à la
notion de statut légal.
En même temps, on est un
peu, Mme la Présidente, dans un droit nouveau parce que c'est un nouveau projet
de loi. Comme le dit la ministre, c'est
historique. Alors, ce qu'on souhaite vraiment, à défaut d'avoir un statut légal
comme tel, on tente de s'en rapprocher.
Et la voie de passage qu'on suggère aujourd'hui,
c'est vraiment de dire : Cette définition-là, qui est très inclusive, qui
est fort intéressante, est-ce qu'on ne peut pas faire en sorte qu'elle soit
transversale et non pas attachée uniquement au projet de loi n° 56? Ça
fait en sorte, concrètement, parce qu'il faut toujours se ramener au concret du
quotidien du proche aidant, que le proche
aidant s'adresse au ministère du Revenu ou qu'il s'adresse au réseau de la
santé, tous les ministères liés à
toutes les lois en cours vont reconnaître cette définition-là, qui devient
parfaitement transversale.
Alors, à défaut d'avoir un statut légal comme
tel, je pense qu'on va quand même assez loin. Moi, je trouve que c'est une avancée qui serait assez extraordinaire
parce que, là, on vient vraiment de dire :
La définition, telle qu'entendue, elle s'attache à tous les ministères
et toutes les lois existantes. Alors, je pense que c'est une belle avancée puis
qui ne nous emmène pas sur un terrain très, très, très complexe, qui est le statut légal — bien, ça, ça appartiendra bien sûr
aux autres réflexions — ce qui n'empêche pas ce qui a été
considéré ce matin, d'envisager quand même une réflexion dans le plan d'action
en ce qui a trait au statut légal. Mais, en attendant, c'est un jalon excessivement
important que de dire : On rend cette définition-là complètement
transversale. Alors, voilà ce qu'on propose.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Blais (Prévost) : Bien, Mme la
Présidente, on ne peut pas appliquer ça d'un point de vue juridique. Et
j'entends... Puis je vais demander à Me Cheang de nous expliquer, mais il
y a quand même... On parle des différents ministères puis de les rattacher, que ce soit transversal,
mais, à l'article 15 de cette présente loi, c'est : «Afin
de le soutenir dans l'exercice de ses responsabilités, le ministre met
en place un comité de suivi de l'action gouvernementale pour le soutien aux
personnes proches aidantes.»
Et je demanderais maintenant à Me Cheang de
nous expliquer, si tout le monde est d'accord, les raisons pour lesquelles ça
ne peut pas fonctionner, juridiquement parlant.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai un consentement pour laisser la parole à
Me Cheang? Consentement. Me Cheang, la parole est à vous.
M. Cheang (Sokun C.) :
Oui. Dans le corpus législatif, lorsqu'on amène une définition, il faut le
préciser, dans quelles circonstances qu'on va appliquer cette définition-là.
Vous dites : Ici, ce n'est pas précisé, on ne sait pas. Est-ce que
ça peut porter, à ce moment-là, à ambiguïté? Est-ce que ça doit s'appliquer
à d'autres... à quelles lois, à quels éléments?
Actuellement, c'est bien indiqué que c'est dans
l'application de la présente loi qu'on utilise cette définition-là. La
proposition que vous faites, on fait juste lancer la définition. Donc, à ce
moment-là, ça pourrait porter à confusion dans quelles... Est-ce que ça doit
s'appliquer ou non dans d'autres lois, dans d'autres mesures? C'est ça qui
cause problème par rapport à votre sous-amendement.
Mme Sauvé : Écoutez, je...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Sauvé : Ah! excusez-moi, Mme la
Présidente. Oui. Écoutez, j'entends la réponse, mais, en même temps, tantôt,
avec les explications qu'on avait eues, c'était très clair que la définition,
elle était liée au projet de loi n° 56, qui va
découler sur une politique, qui va découler sur un plan d'action. Mais, dans la
réalité du quotidien, et je sais que c'est peut-être une nouvelle approche que
d'y aller de cette façon-là, mais, clairement, on est