House Proceedings — 17 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
2022-03-17
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon matin, vous pouvez vous asseoir.
Alors, nous débutons aux affaires courantes, à
la rubrique de déclarations de députés. Et je cède la parole à Mme la députée
de Soulanges.
Mme Picard : Merci,
Mme la Présidente. Je tenais, aujourd'hui, à rendre hommage à une jeune femme
qui a accompli des exploits extraordinaires.
Mélodie Daoust est une joueuse de hockey féminin
qui s'est démarquée depuis son plus jeune âge. C'est à l'âge de cinq ans qu'elle a commencé à jouer au hockey. Elle a
rapidement compris que ce sport deviendrait sa passion. Elle a participé depuis à trois Jeux olympiques. Aux
jeux de Sotchi, en 2014, et elle a obtenu une médaille d'or; aux jeux de
PyeongChang, en Chine, en 2018, elle s'est
mérité une médaille d'argent; et dernièrement, aux jeux de Beijing, elle s'en
est sortie avec une autre médaille d'or. Sa fiche technique est très
impressionnante.
Mélodie croit que la persévérance et l'éthique
de travail, le dépassement de soi et l'engagement à atteindre ses objectifs sont des valeurs importantes à partager.
Elle a su mettre en avant-plan le hockey au féminin et ainsi inspirer toute
une génération de jeunes filles.
En terminant, j'aimerais remercier Mélodie de
nous représenter si fièrement, avec autant de brillance. Mélodie, Saint-Zotique
et tout Soulanges sont fiers de ton rayonnement à travers le monde. Merci!
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée.
Maintenant, je suis prête à céder la parole à M. le député de
Beauharnois.
M. Reid : Merci,
Mme la Présidente. Depuis 18 mois, les étudiants du programme de soins
infirmiers au cégep de Valleyfield
comptent sur un nouvel outil pédagogique moderne et collé aux réalités du
marché du travail dont nous sommes très fiers.
La recette est efficace : de nouvelles
installations dédiées à l'apprentissage, des professeurs et des étudiants passionnés, une équipe médicale formée du Dr
Drolet et d'autres médecins qui offrent des heures de pratique pour des
patients et surtout qui supervisent les futures infirmières et
infirmiers en devenir, le tout en collaboration avec leurs profs. Une recette
gagnante qui a permis d'implanter avec succès une clinique-école en santé à
Salaberry-de-Valleyfield.
Cette clinique-école offre aux futurs
professionnels en santé des stages complémentaires à ceux en milieu hospitalier en y accueillant des patients référés
par le CLSC. Elle propose même à la communauté régionale des périodes de
consultation sans rendez-vous les mercredis en avant-midi, un service de plus
pour mes citoyens.
À tous les
artisans de ce projet de clinique-école, notamment le cégep de Valleyfield, je
tiens à vous féliciter et vous remercier de contribuer au développement de
nouveaux travailleurs essentiels tout en offrant un meilleur accès à des
soins pour notre communauté. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le député.
Maintenant, je cède la parole à M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais prendre le temps de remercier en cette Chambre
M. Christian Gagné, ici présent, pour ses trois années de service à
titre de président-directeur général du CISSS de Laval.
M. Gagné
se démarque, dans un premier temps, par son impressionnant parcours
universitaire, M. Gagné étant détenteur
d'un baccalauréat en sciences sociales et avec une spécialisation en
criminologie et... en psychologie, excusez, de l'Université d'Ottawa, ainsi que d'une maîtrise en administration
publique de l'École nationale d'administration publique. Au fil de son parcours professionnel, il a acquis
une solide expérience, de plus de 25 ans, comme gestionnaire au sein du
réseau de la santé et des services sociaux.
M. Gagné
aura marqué la région de Laval par son profond dévouement durant les trois
dernières années. Je ne peux passer sous silence sa profonde
disponibilité et son grand sens de devoir, qui fut grandement remarqué pendant
les deux années de lutte à la pandémie. Son approche, son soutien et sa rigueur
auront été appréciés de tous.
terminant, Mme la Présidente, je souhaite à M. Gagné beaucoup de succès
pour ses futurs projets. Mes collègues de
Laval-des-Rapides, de Fabre et de Mille-Îles se joignent à moi aujourd'hui pour
le remercier et lui lever notre chapeau.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée
de Bellechasse. Et je vous rappelle que vous
avez une minute pour faire votre déclaration de député et vous demande de
respecter le temps qui vous est alloué. Merci.
Mme Lachance : Merci, Mme la Présidente.
Les 23 et 24 février se sont tenues les Journées de la psychoéducation
sous le thème Faire face à l'intimidation
sous toutes ses formes : les psychoéducateurs et psychoéducatrices, une
présence qui fait la différence .
L'intimidation,
on peut la retrouver partout : dans les écoles, à la maison, au travail,
dans les médias sociaux. Comme députés,
on n'échappe pas au phénomène. Mais on peut travailler à le contrer et
reconnaître l'apport de près de 5 500 psychoéducateurs
et psychoéducatrices pour aider les personnes de tous âges qui sont notamment
victimes d'intimidation.
C'est
en travaillant en prévention et en intervenant que les psychoéducateurs et
psychoéducatrices peuvent faire la différence auprès des enfants, des
adolescents, des adultes et des aînés. Ils sont près de 80 % à oeuvrer
dans le réseau public de l'éducation,
de la santé et des services sociaux. Saluons leur engagement et leur
implication. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Vendredi dernier, j'ai annoncé la création du Comité
de solidarité Jonquière-Ukraine. Ce
comité a pris forme par la volonté de plusieurs acteurs locaux de venir en aide
à des ressortissants ukrainiens qui sont affligés par le conflit actuel.
le passé, un comité de bénévoles s'était mobilisé et avait réussi à parrainer
deux familles syriennes et une famille irakienne.
Le comité bénéficie de leur expertise pour pouvoir accueillir une quatrième
famille de réfugiés provenant de l'Ukraine.
Pour ce faire, une campagne de financement a été mise sur pied par la paroisse
Saint-Dominique afin de récolter un montant de 25 000 $ qui
sera dédié entièrement au parrainage et à l'accompagnement de la famille.
population de Jonquière a répondu positivement à cet appel de solidarité par
différentes initiatives pour soutenir l'action
du comité. Par exemple, des membres du personnel de la polyvalente d'Arvida
recueillent présentement des dons qui seront remis à la campagne de
financement, même chose avec le groupe de musique Mosaïque. Nous les remercions.
Pour tous ceux et
celles qui nous écoutent et qui voudraient soutenir le comité, il est possible
de faire un don en ligne au www.paroissestdominique.org. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. M. le député de Chauveau, la
parole est à vous.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. En février 2007, M. Pierre Cassivi, ici
présent, publiait la toute première
édition d'un journal d'information locale et communautaire le Journal de
L'Ancienne-Lorette . Dans un
univers de plus en plus compétitif, il fallait avoir de la vision pour oser
lancer un média écrit en couleur qui diffuserait uniquement et
exclusivement des nouvelles positives.
15 ans
plus tard, Pierre Cassivi a remporté son pari, Journal.ca regroupant six
journaux de quartier, dont deux distribués dans la circonscription de
Chauveau, L'Écho du lac et Le Journal des Rivières .
succès de ce mensuel repose sur une formule gagnante : la collaboration
des acteurs et des organismes du milieu et l'intérêt soutenu des lecteurs pour
qui ces journaux sont le reflet de leur communauté. Grâce à ses fidèles
partenaires annonceurs et à son
lectorat assidu, M. Pierre Cassivi a démontré la pertinence et
l'importance d'une presse locale dynamique.
Merci, Pierre, d'avoir vu loin et d'avoir vu
grand. Longue vie à Journal.ca!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce que
j'ai votre consentement pour permettre au député de Jacques-Cartier de faire sa
déclaration de députés avec son chapeau? Alors, M. le député, je vous cède la
parole.
Kelley :
Top of
the morning to you, Madam Speaker!
Aujourd'hui, nous célébrons la riche histoire de la communauté
irlandaise du Québec et du Canada. Entre 1816 et 1860, environ
600 000 Irlandais ont entré le pays par les ports du Québec et de
Montréal.
«Need not apply» was a message to the
Irish, who were the unwanted and the unwelcomed. But the Irish worked hard and the Irish succeeded, here, in Canada, and in North
America.
Saint Patrick's Day is a day where
everybody is Irish. It's a day to celebrate diversity and inclusion, no matter
what your last name is or what country you come from.
I would just like to take an
opportunity to thank all the Irish of Quebec for the work they do in their
communities, particularly
the St. Patrick's Society and the United Irish Societies, who do so much to
help out in our local
neighborhoods.
So, to everyone out there today, happy
Saint Patrick's Day! Bonne fête de la
Saint-Patrick! And I will say «Sláinte»!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. M. le député de Chambly, je suis prête à vous
céder la parole.
M. Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Vous savez, dans tous les comtés et dans
toutes les régions du Québec, il y a
des personnes qui ont recours à l'année longue, pas seulement à Noël, suite à
la guignolée, qui ont recours à l'année longue à ce qu'on appelle les services de banque alimentaire. On est
contents de pouvoir les aider, les soutenir avec les fonds du gouvernement, avec la solidarité des Québécois,
les organismes partenaires. Je parle, pour mon comté, d'Aux sources du bassin de Chambly, du Centre de bénévolat de
Saint-Basile-Le-Grand et du Centre d'action bénévole Seigneurie de Monnoir.
Je veux souligner leur travail exceptionnel.
Puis
je veux souligner leur ouverture d'esprit, parce que, cette année, on a fait un
petit spécial, mon équipe de comté et
moi, avec ces organismes au grand coeur, on a procédé ensemble à une
distribution de repas de cabane à sucre. On a appelé ça La cabane à
sucre chez vous. Donc, avec ces organismes-là, on a pu remettre plus de
352 repas, 352 généreux repas, pour
permettre à ces personnes de célébrer comme les Québécois le temps des sucres
et leur donner de l'aide alimentaire festive, pour une fois. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie M. le député. Je suis prête à céder la
parole à la députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je rends hommage, à
titre posthume,
à M. Yvan Roy. M. Roy est décédé alors qu'il entreprenait son
deuxième mandat à
titre de maire de la municipalité de Barraute.
Homme d'affaires
réputé dans la communauté et au niveau régional, il avait également plusieurs
engagements bénévoles. Entre autres, il a
été président fondateur de La foire du camionneur de Barraute, qui faisait
rayonner sa communauté aux quatre
coins de la province. M. Roy a participé activement à la création du
comité en développement économique local, visant à mettre en place des
projets novateurs tels que la serre entrepreneuriale.
M. Roy était reconnu
pour son écoute, sa générosité et sa bienveillance. Homme de peu de mots mais
toujours à la recherche d'innovations pour sa municipalité, M. Yvan Roy
laisse un immense legs à Barraute.
J'ai
eu le privilège de discuter deux jours avant sa chirurgie, d'où il n'est pas
revenu. Son départ laisse un grand vide dans notre MRC.
M. Yvan Roy, merci de
votre engagement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Alors, pour notre dernière déclaration pour aujourd'hui,
Mme la députée de Laporte, la parole est à vous.
Ménard : Merci. Le 20 mars de chaque année nous
célébrons la Journée internationale de la Francophonie. Comme Québécois,
nous faisons
partie d'une large famille de plus de 300 millions de
locuteurs de langue française à travers le
monde. La francophonie, c'est aussi, dans sa forme institutionnelle,
l'Organisation internationale de la Francophonie, dont le Québec est
membre à part entière.
Depuis plus de 50 ans, le Québec est
fermement engagé, à travers l'OIF, à promouvoir la langue française à l'international. C'est également un espace de
discussion et de partage exceptionnel pour promouvoir des valeurs très chères
au peuple québécois, comme la paix, la démocratie et les droits de la personne.
J'invite Québécois et Québécoises à célébrer
notre héritage culturel commun et le travail fait par le passé pour solidifier la place du français dans le monde.
Réaffirmons notre attachement aux institutions qui composent l'espace de la
francophonie ainsi qu'aux différentes
communautés francophones du monde entier. Bonne Journée internationale de la
Francophonie!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique de déclarations de
députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
Président : Mmes, MM. les députés, je vous souhaite un très
bon jeudi. Comme à l'habitude, prenons quelques instants pour nous
recueillir.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, je dépose la réponse du gouvernement à la question inscrite au
feuilleton le 9 février 2022 par le député de La Pinière.
Je dépose également les réponses aux pétitions
présentées en Chambre le 10 février 2022 par le député des
Îles-de-la-Madeleine et le 15 février par la députée de Vaudreuil.
Le Président : Merci. Ces documents
sont déposés.
Nous en
sommes à la rubrique Dépôt de rapports de pétitions. Mme la présidente de la
Commission des transports et de l'environnement et députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre : Merci,
M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des transports et de
l'environnement qui, les 15 et 16 mars 2022, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de la consultation... de consultations, dis-je, particulières sur le projet de loi n° 22, Loi modifiant la
Loi sur
l'assurance automobile, le Code de la sécurité routière et d'autres
dispositions.
Le Président : Merci. Ce rapport est
donc déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, cette fois, M.
le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 370 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, le 5 août 2021, le gouvernement du Québec a annoncé des frais de
services de garde à un tarif de 8,50 $ par jour pour toutes les
familles;
«Considérant
que, le 10 novembre 2021, 1 200 garderies privées ont fait la
grève parce que le gouvernement du Québec
a introduit dans sa mise à jour économique et financière et dans son Grand
chantier pour les familles des mesures qui fragilisent les garderies non
subventionnées qui accueillent 70 000 enfants;
«Considérant
que 1 835 enfants à Laval sont sur des listes d'attente du guichet
unique pour avoir accès à une place en service de garde;
«Considérant que les
places annoncées par le ministre dans les CPE et les garderies subventionnées
prendront plusieurs années à se réaliser;
«Considérant que les
garderies non subventionnées de Laval ont, en moyenne, 40 % de places
vacantes et qu'elles disposent de ressources pour faire
partie de la solution;
«Considérant que la fermeture
des garderies non subventionnées entraînera la perte immédiate de places pour
les enfants alors que les besoins sont criants;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de convertir l'ensemble des
places non subventionnées en places subventionnées afin de permettre des
services de garde équitables pour l'ensemble des familles du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est donc déposé. M. le député
de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le Président.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
107 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les tarifs d'électricité augmenteront en avril prochain de 2,6 %, une
hausse deux fois plus élevée que celle de l'année dernière;
«Considérant que
l'indexation au coût de la vie a augmenté de 5,1 % en janvier 2022;
«Considérant que la
pandémie a affecté beaucoup de familles au Québec;
«Considérant que
l'électricité constitue un service essentiel au même
titre que l'eau potable ou
l'accès aux soins de santé;
«Considérant
que le gouvernement du Québec a présentement le pouvoir de prendre la décision
de ne pas augmenter les tarifs d'électricité le 1er avril 2022;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«Qu'il intervienne
auprès d'Hydro-Québec pour qu'elle procède à un gel des tarifs d'électricité en
cette période de forte inflation;
«Qu'il
redonne à la Régie de l'énergie le mandat de fixer, sur une base annuelle, le
tarif résidentiel de l'électricité.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 426 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement a instauré des primes "escalier d'assiduité" avec
les arrêtés 2020‑035 et 2022‑003 pour certains titres d'emplois et
secteurs pour le réseau de la santé et des services sociaux;
«Considérant
que cette prime "escalier d'assiduité" ne s'applique pas à l'ensemble
des personnes salariées de la catégorie 3;
«Considérant
que le personnel administratif est essentiel pour le fonctionnement du réseau
de la santé et des services sociaux;
«Considérant qu'il y
a un taux de roulement et un grave manque de personnel administratif dans le
réseau qui nuisent à son efficacité et aux services à la population;
«Considérant
que l'iniquité d'application de la prime "escalier" aggrave ce
roulement et ce manque, et nuit donc aux services à la population;
«Considérant que, sans le
personnel administratif, il n'y a :
«Pas d'embauche des
nouveaux employés;
«Pas d'ouverture de
dossiers avec les accès informatiques;
«Pas d'horaire pour
remplacer le personnel;
«Pas de paie pour les
employés;
«Pas d'achat
d'équipements de protection;
toutes les autres tâches essentielles au bon fonctionnement du réseau de la
santé et des services sociaux effectuées par le personnel administratif
qui travaille dans l'ombre;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de reconnaître tout le personnel administratif de la
catégorie 3, sans égard aux secteurs d'activité ni aux titres d'emploi,
pour l'obtention de la prime "escalier".»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est également déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
J'ai
été avisé qu'après la période des questions et réponses orales il pourrait y
avoir un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
vous avise également qu'après la période de questions et de réponses orales
sera tenu le vote reporté sur la motion du député d'Hochelaga-Maisonneuve
débattue hier aux affaires inscrites par les députés de l'opposition.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M. le Président.
Dans ma question, vous allez me permettre de saluer les bébés et les mamans
qui nous accompagnent aujourd'hui. Ça me rappelle de bons souvenirs et de très
courtes nuits.
le Président, en 2018, lorsque le premier ministre est rentré au pouvoir, on
était dans une situation où il y avait toute
la question fondamentale... les questions d'hydroélectricité puis les décisions
qu'il a prises. Mais après ça est arrivée la crise, est arrivée la crise
sanitaire, et il a décidé d'aller de l'avant avec l'urgence sanitaire.
depuis des mois, maintenant, depuis des mois, on demande la levée de l'urgence
sanitaire. La seule chose dont on
avait besoin pour lever l'urgence sanitaire, c'était de ne pas renouveler le
décret. C'était la seule chose qui importait, ne pas renouveler le décret. Or,
hier, le premier ministre et son gouvernement ont déposé un projet de loi, un
projet de loi qui fait en sorte qu'on prolonge l'état d'urgence jusqu'en
décembre 2022.
le Président, la CAQ veut un chèque en blanc. Le Parti libéral ne va pas lui
donner. On ne peut pas comprendre qu'on décide de prolonger l'état
d'urgence, au Québec, alors que ça n'a plus sa place aujourd'hui.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, dans le
projet de loi qui a été déposé hier, la seule mesure qui touche la population
qu'on pourrait garder, c'est le masque dans
les transports en commun. Et, une fois qu'il sera enlevé, on ne pourra pas le
remettre. Donc, c'est le seul geste qu'on pose, dans le projet de loi.
autres possibilités qu'on a, ça touche des mesures opérationnelles,
administratives. Je vous donne un exemple. Il y a des contrats pour entreposer des vaccins, des tests. Bien, on ne
veut pas déménager ces tests, ces vaccins, donc on veut être capable de garder ces contrats-là. Il y
a aussi la possibilité d'embaucher des gens, si c'est nécessaire, pour faire
de la vaccination, éventuellement. On sait
qu'on a embauché des retraités, on a embauché des gens qui n'étaient pas
nécessairement dans le réseau de la santé.
Mais
je reviens, M. le Président, parce c'est important de le dire, là, ce qui
touche la population, on ne pourrait pas, avec le projet de loi, mettre en place un passeport vaccinal, on ne
pourrait pas mettre en place un couvre‑feu, on ne pourrait pas fermer des établissements. Donc, la seule
chose qui reste, pour l'instant, puis c'est temporaire, c'est le masque dans
le transport en commun. Puis, une fois qu'on
l'aura enlevé, le projet de loi dit : On ne pourra pas le remettre. Donc,
je pense, c'est vraiment exagéré, la position de l'opposition.
Président : Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition
officielle.
Mme Anglade : La
dernière fois que le premier ministre a dit que quelque chose était exagéré, ça
a mal vieilli, dans le dossier de l'hydroélectricité, M. le Président.
Le ministre, hier, le ministre de la
Santé, hier, a lui-même dit, en point de presse, que des nouvelles mesures
pourraient en effet être réimposées. M. le Président, ici, là, on
entend tout et son contraire.
Président : M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président, la
cheffe de l'opposition officielle fait référence aux tarifs d'électricité. Je
regarde l'histoire, l'inflation, depuis 18 ans, a varié entre 0 %
et 3 %. Donc, si on avait eu notre projet de loi avant,
ce ne serait pas arrivé, ce qui est arrivé avec le Parti libéral, c'est-à-dire
des augmentations de tarifs d'électricité de 4 %, de 5 %.
Puis, on l'a dit, de façon exceptionnelle, s'il y a une augmentation de 4 %
ou de 5 % l'année prochaine, on ne laissera pas aller les
choses, on va remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois. Puis là-dessus
on est pas mal plus crédibles que le Parti libéral.
Président : Mme la cheffe de l'opposition officielle, à vous la
parole.
Mme Anglade : M. le Président, ce
n'était pas du tout ça, la question, pas du tout. On lui disait qu'il disait
tout et son contraire à cause de la loi qu'ils viennent de mettre en
place pour prolonger l'urgence sanitaire.
Hier, le ministre de
la Santé nous a dit qu'il donnait son assurance morale qu'il n'y aurait plus de
contrats de gré à gré et, d'ailleurs, qu'il
n'y en avait plus depuis un certain temps. Or, aujourd'hui même on apprend
qu'entre le 3 et le 8 mars il y a eu trois contrats de gré à gré.
Ça vaut quoi,
l'assurance morale de la CAQ?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault : M.
le Président, j'invite la cheffe de l'opposition officielle à relire le projet
de loi. Les seuls contrats dont on parle, c'est des contrats pour le bon
fonctionnement des cliniques de dépistage, de vaccination, pour l'entreposage
et la distribution de matériel de protection. Est-ce que la cheffe de
l'opposition officielle est contre ça, qu'on garde les contrats pour entreposer des masques ou pour entreposer des
vaccins? Qu'elle nous dise, là, avec quelle mesure elle n'est pas d'accord.
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, c'est
sûr qu'il faut avoir une urgence sanitaire pour garder des entrepôts, je suis
convaincue de ça. M. le Président, prolonger l'urgence sanitaire, c'est ça
qu'ils sont en train de faire. Ma question que j'avais pour le premier ministre...
Même hier son ministre de la Santé a dit qu'il assurait qu'il n'y aurait pas de
contrats de gré à gré et qu'il n'y en avait
plus depuis longtemps. Or, on apprend aujourd'hui qu'il y en a eu, des contrats
de gré à gré, qu'il y en a eu trois entre le 3 et le 8 mars.
Comment
se fait-il qu'on a une assurance du ministre, mais que, dans les faits, ce
n'est pas ce qui se passe sur le terrain?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault : M.
le Président, le projet de loi, il n'est pas adopté. Si l'opposition collabore
puis qu'elle adopte le projet de loi,
bien, les seuls contrats qu'on va pouvoir signer, oui, c'est pour garder et
entreposer le matériel là où il est actuellement.
Donc,
M. le Président, je répète ma question... non, mais je répète ma
question : Avec quelle mesure, dans le projet de loi, la cheffe
n'est pas d'accord?
Le Président :
S'il vous plaît! Sans commentaire. On continue, bien sûr, de
façon à faire en sorte que notre période de questions se poursuive de
bonne façon.
Question principale,
Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M.
le Président, quand le gouvernement est rentré au pouvoir, en 2018, le premier
ministre a pris la décision, sur les tarifs d'hydroélectricité, de
changer la méthode d'augmentation de ces tarifs-là. Tout le monde était contre, M. le Président,
les associations de consommateurs, les commerces, les industriels, les experts,
les analystes, tout le monde était
contre, sauf le premier ministre. Il a été de l'avant, puis au final, aujourd'hui,
ce sont les Québécois qui paient.
Maintenant, le premier ministre nous a même
dit : Ah! on va vouloir vous compenser, les Québécois. Mais les Québécois,
ils ne veulent pas être compensés. Ce qu'on veut, c'est garder l'argent dans
nos poches.
Alors, la
question que j'ai pour le premier ministre : Est-ce qu'il va arrêter de
s'entêter et faire la seule chose qui s'impose, c'est-à-dire de revenir
à un examen des tarifs annuel d'hydroélectricité?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M.
le Président, depuis 2004, là, je n'ai pas les chiffres avant 2004, mais j'ai
devant moi, pour chacune des années, les taux d'inflation et les
augmentations de tarifs, depuis 2004.
Donc, depuis
18 ans, au Québec — ça,
c'est la vraie vie — l'inflation
a varié entre 0 % et 3 %. Ça veut dire que, si notre projet de loi
s'était appliqué, les augmentations de tarifs auraient été entre 0 % et 3 %.
Maintenant,
la réalité, M. le Président, c'est que deux fois, avec le Parti libéral, les
tarifs ont augmenté, une fois de 4 %, une fois de 5 %, puis
une fois, avec le gouvernement du Parti québécois, les tarifs ont augmenté de 4 %.
M. le
Président, je l'ai déjà dit, de façon exceptionnelle, en 2023, si les tarifs
augmentent de 4 %, 5 % ou si l'inflation est de plus que 4 %
ou 5 %, bien, on va compenser les Québécois.
Je pense que
le Parti libéral est bien mal placé pour parler du portefeuille des Québécois.
Il ne promettait rien, en 2018. Nous, on a promis 2,5 milliards
puis on l'a remis dans le portefeuille.
Président : Première
complémentaire... Et je comprends que vous comprenez que la seule qui a la
parole, c'est la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M.
le Président, le premier ministre nous a dit : Si, si, si, voici un
mécanisme que, peut-être, je pourrais mettre en place. Ça, c'est ce
qu'on appelle de l'improvisation, qui veut compenser pour une erreur historique
que lui-même a commise, M. le Président. Tout
ce que je constate, c'est qu'ici on a un premier ministre qui persiste et qui
signe dans son approche d'improvisation et de paternalisme.
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! Je vous ai demandé, déjà, d'être prudents dans les
termes à être utilisés, ceux qui,
particulièrement, sont sensibles. Je vous demande de faire la même chose en
cette période de questions. M. le premier ministre.
M. Legault : M.
le Président, ce qu'on propose, de notre côté, c'est de donner un montant aux
Québécois dans le portefeuille, puis
ils auront la liberté, le choix de faire ce qu'ils veulent avec ce montant-là.
L'approche qui est paternaliste, c'est de dire : Bien, on va, nous, geler
les tarifs d'électricité. Ça va surtout aider les gens qui ont des grosses
maisons, puis ça va surtout ne pas aider les locataires, parce que, dans
la proposition libérale, il n'y a rien pour les locataires.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
les Québécois sont vraiment pris à la gorge, l'épicerie augmente, l'essence augmente, les logements augmentent, puis tout ce
que le premier ministre nous fait, aujourd'hui, c'est qu'il cautionne son
erreur historique qui permet au gouvernement
d'aller piger dans les poches des Québécois. C'est ça qu'il fait. Peut-être
que lui, il trouve ça normal, M. le Président, mais, moi, jamais je ne
trouverai ça normal.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
on va remettre un chèque aux Québécois pour compenser la différence, puis les Québécois vont choisir. Les Québécois sont des
adultes, la plupart vaccinés, et sont capables de choisir ce qu'ils veulent
faire avec l'argent.
Le Parti libéral, ce qu'il propose, c'est une
approche paternaliste, de dire aux Québécois...
M. Legault : ...non, non, mais de dire aux
Québécois : Voici, on va aider à réduire les tarifs d'électricité pour
ceux qui ont des grosses maisons puis on ne donnera rien pour les locataires.
M. le Président, le Parti libéral oublie les locataires.
Le Président :
Je vais vous demander, encore une
fois, d'être collaborateurs et surtout attentifs. Je sais que vous
voulez aller là, alors soyons cohérents. M. le député de Robert-Baldwin, à vous
la parole.
M. Leitão : M. le Président, les
propriétaires des grandes maisons ont surtout bénéficié de la baisse de la taxe
scolaire. Ça, c'est directement dans leurs poches. Mais, bon, ce n'était pas
ça, la question, je m'excuse, c'est une joke interne.
Jusqu'à
la semaine dernière, jusqu'à la semaine dernière, le premier ministre et le
ministre de l'Énergie répétaient sur
tous les toits, sans cesse, que leur projet de loi n° 34,
c'était la merveille de la planète, que de lier les tarifs résidentiels
à l'inflation, c'était la meilleure des choses, ça donnait de la prévisibilité.
Mais, si c'était si bon que ça, comment se fait-il
que, cette semaine, le premier ministre, en point de presse, dise : Non,
non, non, ce ne sera pas 5 %, là, on va trouver une patente, un mécanisme quelconque pour nous
assurer que ce ne sera pas 5 %? Alors, pourquoi, si le projet de loi était
vraiment si bon que ça...
Alors,
allez-vous faire la chose qu'il faut, de ne pas... de référer, je vais dire, de
référer à la Régie de l'énergie la fixation des tarifs?
Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : Oui, merci, M. le
Président. Effectivement, puis on l'a clairement mentionné, puis on le répète
encore aujourd'hui, le projet de loi
qui a été adopté visait justement à éviter les jeux de yoyo qu'on a connus par
le passé sur les tarifs hydroélectriques.
cours des 25, 26 dernières années, l'inflation a toujours été entre
0 % et 3 %, c'est-à-dire, d'une manière assez stable, en fin de
compte, une progression contrôlée par l'indice des prix à la consommation, qui
était stable. Dans cette période-là, on a vu
des hausses à quatre fois l'inflation des tarifs, des hausses à trois fois
l'inflation des tarifs, des hausses à
la moitié de l'inflation des tarifs. Mais, quand on prend 10 ans,
15 ans, 20 ans, 30 ans, 60 ans, on voit que la corrélation
avec l'inflation, sur le moyen et long
terme, est parfaitement corrélée. Ça ne peut pas être 60 ans de hasard.
Mais on veut éviter les chocs et on pense que le contrôle de l'inflation
permet, justement, de lisser la hausse.
Maintenant, on a une
situation exceptionnelle qui nécessite des mesures exceptionnelles et on va
prendre des mécanismes pour faire face.
Président : Première complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : M. le Président, on
pourrait discuter longuement de ces affaires d'inflation. Et j'invite le député
de Saint-Jérôme, peut-être, à expliquer un peu comment ça marche à ses
collègues.
mécanisme que vous cherchez, il existe, ça s'appelle la Régie de l'énergie. Tous les États développés du monde, quand il s'agit d'un monopole réglementé, fixent les tarifs avec un
organisme indépendant, public. C'est la Régie de l'énergie.
Faites-le.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le député, je vous entends trop.
M. le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : Oui, M. le Président, je tiens à rassurer mon
collègue, là, les tarifs d'hydroélectricité sont réglementés, au Québec, et seule la Régie de l'énergie peut fixer les tarifs d'hydroélectricité. On a une loi qui fait en
sorte que, dorénavant, la Régie de l'énergie va le faire aux 60 mois. On a une loi qui dit que, dans l'intervalle,
la progression des tarifs annuels sera à l'inflation. On a une loi qui
confirme que les tarifs d'hydroélectricité sont réglementés selon les bonnes
pratiques.
Maintenant, ceci
étant, aux cinq ans, il y aura un «rebasing». La régie va faire la cause
tarifaire.
Le Président : En terminant.
M. Julien :
Et, naturellement, face à une situation exceptionnelle, on va agir, M. le
Président.
Président : Deuxième complémentaire...
Président : Mon
oreille gauche aimerait que ce soit un petit peu moins bruyant. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : La réalité de leur loi, là, c'est qu'ils font payer les gens quand ils
sont déjà pris à la gorge. Quand l'essence monte, l'Hydro va monter. Quand l'épicerie monte, l'Hydro va monter.
Quand les loyers montent, l'Hydro va monter. Quand les gens n'ont pas
les moyens, l'Hydro va monter. C'est ça, le choix qu'a fait le gouvernement.
Est-ce
qu'ils peuvent prendre un petit pas de recul, M. le Président, se rendre compte
que leur projet de loi, il n'a pas
fonctionné? Est-ce qu'ils peuvent geler les tarifs immédiatement et revoir la
loi, qui ne fait aucun bien au portefeuille des Québécois?
Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : Oui, M. le Président.
Vous savez, on m'a qualifié d'historien parce que je retournais dans le passé.
Je conviens que le Parti libéral ne doit pas apprécier qu'on retourne dans le passé. À leur place, je ne
l'apprécierais pas non plus.
Maintenant,
si on avait appliqué la loi qu'on a actuellement à partir de 2003, les
contribuables québécois auraient payé 1,2 milliard de moins de tarifs
d'hydroélectricité. Si le Parti
libéral avait fait le choix qu'on a
fait, 1,2 milliard de plus
aurait été laissé dans le portefeuille des Québécois, parce que, oui, il y a
une corrélation entre l'inflation et la hausse tarifaire. Cependant, les
tarifs, sous le règne des libéraux, ont augmenté plus vite que l'inflation.
Nous, on y a vu.
Président : Question principale, M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. Arseneau :
M. le Président, on demande depuis des mois la fin de la gouvernance par
décrets, et le projet de loi n° 28 qui a été déposé hier par le ministre de la Santé, bien, il fait tout
le contraire. En fait, plutôt que de mettre fin au régime d'exception,
d'inscrire des mesures transitoires dans une loi, bien, il maintient les
décrets adoptés sous l'état d'urgence, on ne
sait pas trop lesquels, jusqu'à la fin de la présente année. D'ailleurs, il se
garde même la possibilité d'adopter d'autres décrets d'ici à ce que le
projet de loi soit adopté et soit en vigueur.
le Président, le gouvernement ne peut pas dire sérieusement qu'on lève l'état
d'urgence mais qu'on garde les décrets
en vigueur. Il faut passer à autre chose. Pourquoi ne pas nous indiquer, M. le
Président, très clairement dans la loi les mesures, les pouvoirs dont le gouvernement estime vraiment avoir besoin?
Parce que, là, évidemment, vous comprendrez que les Québécois sont
confus.
Est-ce qu'il est possible pour le gouvernement de
s'engager, en toute transparence, à inscrire les mesures, les pouvoirs
dont il veut jouir d'ici la fin de l'année dans le projet de loi n° 28
avant qu'il soit adopté?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président,
j'espère... ou, en tout cas, je propose au chef parlementaire du troisième
groupe d'opposition de lire le projet
de loi, parce que c'est exactement ce qu'il y a dans le projet de loi. Dans le
projet de loi, il y a huit mesures
qu'on peut maintenant utiliser. Il y en a sept qui sont opérationnelles,
administratives, comme l'entreposage des
vaccins, puis il y en a une qui touche la population, ce sont les masques, qui,
pour l'instant, encore pour quelques semaines, s'applique seulement dans le transport en commun. Puis c'est écrit dans
le projet de loi : une fois qu'on va avoir retiré les masques dans le transport en commun, on ne pourra
pas les remettre. Donc, plus de passeport vaccinal, plus de fermetures d'écoles ou quoi que ce soit. On n'a plus le
droit, selon le projet de loi. On a une seule mesure qu'on a le droit de garder
qui touche la population, ce sont les masques. Donc, j'invite le chef à lire le
projet de loi.
Président : M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M.
le Président, on a lu le projet de loi. Il y a huit articles, dans le projet de
loi, mais les huit éléments auxquels
fait référence le premier ministre ne sont pas inscrits dans la loi. On n'a
jamais vu le mot «masque», dans la loi, on n'a jamais vu le mot «entreposage», ou
«vaccination», ou quoi que ce soit. On dit simplement que les décrets qui ne
sont pas en vigueur au moment de l'adoption de la loi sont caducs.
Alors, si le premier ministre veut être
cohérent, qu'il les inscrive, ces éléments-là, dans le projet de loi.
Le Président : M. le premier
ministre.
Président : Il y a un
échange entre le troisième groupe et le gouvernement, j'aimerais qu'on soit
tous attentifs.
M. Legault : M.
le Président, je m'excuse, là, mais qu'il relise le projet de loi. Il va voir
qu'on parle des vaccins, qu'on parle
d'entreposage. Puis, pour ce qui est des masques, ce qu'on dit clairement,
c'est : Pour les mesures qui touchent la population, on n'a pas le droit de remettre des mesures qu'on a
enlevées. La seule mesure qui va rester, c'est le masque dans le transport
en commun. Donc, j'invite le chef du Parti québécois à relire comme il faut le
projet de loi.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M.
le Président, visiblement on ne s'entendra pas. On n'a pas la même lecture du
projet de loi, c'est le cas de le
dire. Mais, le projet de loi, ce qui serait intéressant qu'il fasse, c'est
qu'il permette au gouvernement de nous dire qu'il va véritablement rendre des comptes notamment sur les contrats de
gré à gré qui ont été convenus depuis deux ans sans qu'on sache véritablement si on en a eu pour notre argent, si les
Québécois, les contribuables, en ont eu pour leur argent.
Alors, est-ce
que le gouvernement peut s'engager, que ce soit dans le projet de loi ou
aujourd'hui, là, à déposer le rapport d'événement non pas à la fin des
travaux parlementaires, avant la fin des travaux parlementaires?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M.
le Président, j'invite le chef du troisième groupe d'opposition à aller sur son
téléphone, son ordi, taper
«gouvernement du Québec» et, quand on demande quel sujet vous voulez traiter,
taper «SEAO», donc, pour système électronique d'appel d'offres. Il va
avoir, mois par mois, tous les contrats, quel service a été donné, quel est le
montant, à qui ça a été donné. C'est tout déjà là, SEAO.
Le Président : Question principale,
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. M. le Président, au mois de janvier, le premier ministre nous
a promis qu'il travaillait sur une loi transitoire pour mettre fin à l'urgence
sanitaire. Ça lui a pris deux mois pour faire ça, le projet de loi n° 28.
Le projet de loi n° 28,
c'est l'état d'urgence mais sans les mots «état d'urgence». Pas de
transparence, pas de consultation. Les
contrats de gré à gré sont maintenus, les conditions de travail des soignantes
sont encore suspendues. Le gouvernement
garde totalement son pouvoir discrétionnaire. Est-ce qu'il pense vraiment que
je suis née de la dernière pluie, là? Je ne pense pas. Mais c'est la
même affaire, mais ça n'a pas le même nom.
Le plus gros
adon, c'est que, dans tous les scénarios, le premier ministre se garde le
beurre puis l'argent du beurre. Ce
que je veux dire, c'est que le projet de loi n° 28
qu'il nous propose d'adopter maintenant, puisque ça ne change rien, c'est la même affaire, c'est la même affaire que
l'urgence sanitaire. M. le Président, on est, en 2022, dans la même impasse
démocratique qu'on l'était à l'époque, je nous rappelle, du projet de loi n° 61, qu'il était nécessaire d'adopter là, là, là, mais qui avait
beaucoup, beaucoup de failles.
Est-ce que le premier ministre va tout
simplement retirer et recommencer son travail? Parce qu'on a besoin de
démocratie.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M.
le Président, en vertu de l'urgence sanitaire, le gouvernement avait le droit
de mettre en place un passeport vaccinal. En vertu du projet de loi qui
est déposé, on ne peut plus le faire. Même chose pour les couvre-feux, même chose pour les fermetures
d'écoles, même chose pour toutes les mesures sauf une, une qui reste, les
masques dans le transport en commun.
Donc, quand la cheffe du deuxième groupe d'opposition nous dit : C'est la
même chose, je l'invite à aller... Cet après-midi, il y a un briefing
technique qui va être donné.
M. Legault : Non,
non, mais, écoutez, M. le Président, on ne peut pas dire : C'est la même
chose, alors qu'on n'aurait pas le droit, selon le projet de loi, de mettre des
mesures qui forceraient la population, autre que le masque dans le transport en commun... Puis, une fois qu'on va
enlever le masque dans le transport en commun, c'est clair dans le projet de
loi, on n'a plus le droit de le remettre. Donc, comment la cheffe de Québec solidaire
peut-elle dire : C'est la même chose? J'ai de la misère à la
suivre.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. Je vais l'expliquer bien simplement. Le premier ministre
oublie de dire une affaire, c'est
que, si on adopte son projet de loi, là, bien, il peut... Puis qu'il dise ce
qu'il vient de dire là, je n'ai pas besoin de briefing technique, je
l'ai compris. Mais il peut réunir son Conseil des ministres la semaine
prochaine et redécréter l'état d'urgence
sans nous consulter un instant. Alors, ça, à mon sens, il n'a pas voulu
modifier cette dimension-là de la
Loi sur la santé publique, et donc on
se retrouve à la case départ.
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : S'il vous
plaît! Attentifs aux questions et aux réponses.
M. Legault : M.
le Président, bon, on avance, je pense. La cheffe de Québec solidaire vient de
nous dire : Effectivement, en
vertu du projet de loi, on ne pourrait plus mettre des mesures qui touchent à
la population. Mais elle dit : On pourrait remettre en place l'urgence sanitaire. Bien là, on s'engage
à ne pas le faire. Deuxièmement, c'est justement pour ça qu'on dépose ce
projet de loi là, pour ne plus utiliser
l'urgence sanitaire. Puis ce n'est même pas la CAQ qui a mis en place cette
loi-là, c'est les anciens gouvernements. Donc, M. le Président...
Le Président : En terminant.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : ...M. le
Président, ce qui est de plus en plus clair, là, c'est que le projet de loi...
Le Président : Deuxième
complémentaire...
Président : Je vous
demande d'être attentifs. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, nous sommes attentifs à votre deuxième
complémentaire.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. C'est exactement ce que je voulais démontrer. C'est-à-dire
que, dans le fond, ce projet de loi
là, là, il ne change rien parce que la base de la démocratie, qu'on demande
depuis des mois... C'est que, pour redécréter l'urgence sanitaire, vous gardez
les mêmes pouvoirs que vous aviez, parce que vous ne changez rien ici.
Et en plus c'est qu'on a zéro consultation,
la population ne saura pas quand vous allez décider de relancer l'urgence
sanitaire et de remettre des mesures sans notre accord.
Le Président : M. le premier ministre.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le premier ministre.
M. Legault : M.
le Président, bon, on avait l'urgence sanitaire, on remplace ça par un projet
de loi. Là, au moins, on est d'accord
avec Québec solidaire que ce projet de loi là ne nous permet pas de fermer des
écoles, de remettre des masques partout,
de mettre un passeport vaccinal. Ça, là-dessus, on s'entend. Donc, est-ce qu'on
peut voter cette loi-là puis la mettre en place pour le reste du temps?
C'est ça qu'on propose.
Président : S'il vous plaît! J'entends beaucoup de
commentaires. Je vous demande d'être collaboratifs. La parole appartient
maintenant à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
M. le Président. Il y a un an aujourd'hui, Myriam Lapointe-Gagnon, une maman
incapable de trouver une place en
service de garde, décide de partir un groupe Facebook pour discuter avec des
parents qui vivent la même situation
qu'elle. En quelques heures, des milliers de parents ont rejoint Ma place au
travail, un groupe qui demande au
gouvernement une chose toute simple : avoir une place en service de garde
pour pouvoir retourner travailler. C'est simple.
Et pourtant,
un an plus tard, la liste d'attente n'a pas baissé. Les places en milieu
familial ont continué de fermer, les autres places se réalisent au
compte-goutte. Le projet de conversion prend une éternité à se mettre en place.
Les éducatrices sont épuisées et quittent le réseau, les parents sont
désespérés. Ça, c'est la réalité.
Le ministre va
nous dire toutes les annonces qu'il a faites, mais, concrètement, rien n'a
changé. Les parents peuvent en témoigner. Ils sont ici aujourd'hui avec
leurs bébés parce qu'ils n'ont toujours pas de service de garde.
M. le Président, le budget arrive, les parents
ont besoin d'aide. Est-ce que le gouvernement va aider?
Le Président : Mme la ministre de
l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Oui,
M. le Président. En remplacement de mon collègue le ministre de la Famille,
d'abord, je voudrais saluer les
parents et les petits bébés qui sont avec nous aujourd'hui. C'est tellement
agréable d'entendre les sons de ces petits enfants.
Et, je vais
vous dire, M. le Président, le ministre de la Famille, et moi-même, et notre
gouvernement, on comprend la frustration et la détresse de ces parents, de ces
familles. Et, je vais vous dire, M. le Président, le ministre de la Famille
a un gros retard à rattraper, un retard des
précédents gouvernements. Il faut quand même le dire, là. Et c'est un gros
chantier qu'il a mis en place, 37 000 places
de plus d'ici 2025, et c'est très, très avancé. On a déjà
19 000 places qui sont en voie d'être créées, M. le Président,
et 17 000 qui sont en appel de projets, dont 1 000 pour nos
communautés autochtones. Gros chantier. Et, M. le Président, dans un
article qui est paru récemment dans Le Soleil , on dit que, depuis 2015, les places étaient en chute libre,
mais maintenant...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...la tendance
s'inverse, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Quelle réponse,
M. le Président! Myriam Lapointe-Gagnon n'a pas le goût de fêter. Elle avait trouvé une place en milieu familial, mais là
elle l'a perdue, le service est fermé. C'est ça, la réalité des familles. Quand
tu gagnes la loterie des places en service
de garde, ne fête pas trop vite. Tu peux perdre ta place et tu peux aussi vivre
des ruptures de service. C'est ça, la réalité.
Les familles crient à l'aide. Est-ce que le
gouvernement les entend?
Le Président : S'il vous plaît! M.
le premier ministre, vous avez la parole.
M. Legault : M. le
Président, je veux, moi aussi, saluer les parents qui sont présents. Il y a
effectivement 37 000 personnes
qui attendent pour une place. L'argent est disponible. Ce qu'on attend,
maintenant, pour accélérer le processus, c'est un projet de loi. On est rendus à
50 heures de discussion avec les oppositions pour enlever ce qu'on a
appelé les mesures Tomassi.
Donc, on veut
accélérer la construction des 37 000 places. J'espère avoir l'appui
des oppositions pour y arriver.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oh là là! M. le
Président, nous sommes à quelques mois des élections. Quand le premier ministre
et le ministre de la Famille
quittera son cabinet pour partir en élection, il y aura moins de places en
service de garde qu'à son arrivée, la
liste d'attente sera plus longue qu'à son arrivée. Bref, il y aura plus de
familles en détresse. C'est ça, la réalité. Ce sera le premier gouvernement à avoir fermé plus de places qu'il n'en
aura ouvert. C'est ça, son bilan. C'est ça, le bilan de la CAQ.
Président : Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Bon, bien, qu'ils
adoptent, hein, M. le Président, le projet de loi. Ça va accélérer les choses,
comme dit le premier ministre, M. le Président.
la tendance s'inverse, actuellement, M. le Président. On a augmenté de
30 % les subventions en milieu familial puis on a donné beaucoup aux familles, bonification du crédit d'impôt
pour les frais de garde, abolition de la taxe libérale et tarif unique,
augmentation de l'allocation familiale, augmentation des salaires des
éducatrices de garde et de leurs conditions, amélioration et
bonification de la prestation du Régime québécois d'assurance parentale, M. le
Président.
Président : En terminant.
Mme McCann :
Alors, il faut adopter ce projet de loi dans les meilleurs délais.
Président : Question principale, Mme la leader du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Labrie :
M. le Président, ça fait un an, aujourd'hui, que des milliers de femmes se
sont unies pour crier à l'aide parce
qu'elles sont obligées de renoncer à un retour au travail et de rester à la
maison. Le réseau de services de garde a été tellement négligé par les
derniers gouvernements que les femmes, au Québec, ne peuvent plus être
certaines qu'elles vont pouvoir être mères
sans devoir faire une croix sur leur autonomie financière. C'est là qu'on est
rendus, au Québec, et c'est un recul qu'on ne devrait pas accepter.
toutes les belles promesses de la CAQ, il n'y a rien pour les femmes qui ont
déjà leurs bébés dans les bras et qui vivent des impacts financiers
majeurs, comme celles qui sont ici ce matin. Et pourtant on sait qu'elles vont
subir des conséquences financières, des impacts jusqu'à leur retraite.
Est-ce
qu'on est vraiment en train de sacrifier l'autonomie financière d'une
génération de femmes en se contentant d'avoir annoncé des bonnes nouvelles pour
dans deux, trois ans, peut-être, si ça va bien? On vit une inflation
historique. Ces femmes-là se privent de salaire contre leur gré. Hier,
j'ai proposé de les aider.
Pourquoi la CAQ
refuse de leur verser une prestation d'aide d'urgence?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Bien, M. le Président,
encore une fois, on comprend, là, la frustration et la détresse. Mais là, je
vais vous dire, M. le Président, le projet de loi, là, dont on parle, là,
comment ça se fait que les oppositions n'accélèrent pas l'adoption de ce
projet de loi? 50 heures. 50 heures.
le Président, c'est la priorité, oui, pour ces familles, pour ces parents, pour
ces enfants. Il faut adopter le plus rapidement
possible ce projet de loi, M. le Président, pour qu'on puisse accélérer
l'ouverture des 37 000 places, M. le Président. Alors, qu'est-ce que les partis d'opposition
attendent pour le faire? Moi, je peux juste répéter ça, parce qu'on est en
travail, actuellement, là... ce n'est pas un jeu de mots, mais, en tout
cas, on veut que ça s'accélère, M. le Président.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Les questions sont importantes, les réponses tout autant. Mme la leader
du deuxième groupe d'opposition.
Mme Labrie : Le projet de loi
avance rondement. Le ministre de la Famille le sait.
Le Président : S'il vous plaît!
Mme Labrie : Le ministre de la
Famille...
Président : Attendez, attendez. Attendez, Mme la leader! Mme
la leader, arrêtez! Je suis debout. Mme la leader, vous allez reprendre... Je suis debout. Ce que je
veux, là, c'est que les gens écoutent. Alors, attendez deux secondes. Vous
allez vous relever, vous n'avez pas perdu de
temps, mais tout le monde va écouter. Alors, je vous demande votre
collaboration.
Vous pouvez reprendre. C'est maintenant plus
silencieux.
Mme Labrie : Le
projet de loi n° 1 ne règle en rien la précarité financière des
femmes qui sont ici en ce moment. Elles sont contraintes de rester à la maison
contre leur gré, mais on n'est pas obligés de les forcer à devenir pauvres.
Le ministre des Finances, il est économiste.
Est-ce qu'il peut, ici, dire à ces femmes-là qu'il n'y aura aucune conséquence sur leur autonomie financière,
qu'elles n'en vivront pas des impacts jusqu'à leur retraite? Est-ce qu'il peut
leur certifier ça? S'il n'est pas capable de certifier ça, est-ce qu'il peut
mettre sur pied...
Le Président : Mme la ministre de
l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : M. le Président,
pourquoi on ne commence pas par adopter le projet de loi, là, pour accélérer...
M. le Président, je dirais même, il faut
accoucher le plus rapidement possible de ce projet de loi, absolument, c'est la
première condition. Alors, il faut la
collaboration des partis d'opposition. On est tous solidaires, là, de ces
femmes et de ces enfants. Puis on va les créer, ces
37 000 places, le plus rapidement possible. Puis chaque enfant du
Québec... On a le meilleur régime, là, en
services de garde, au Québec. On peut être fiers, vraiment. Ce n'est pas
pareil, là, à travers le reste du Canada. Au Québec, on a un régime
vraiment intéressant.
Le Président : En terminant.
Mme McCann : Alors, travaillons
ensemble et accouchons de ce projet de loi, M. le Président.
Le Président : Deuxième...
Président : Je vois des gens applaudir. Je pense, c'est une
règle que vous connaissez, hein? Vous êtes des députés... j'en vois
d'expérience. Alors, respectez également ce décorum.
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition,
en deuxième complémentaire.
Mme Labrie : La
CAQ sait très bien que les places qu'ils ont annoncées pour dans deux, trois
ans, si tout va bien, ne répondent pas du tout aux besoins des parents
qui ont déjà leurs enfants dans les bras. La CAQ sait aussi très bien que, pour les parents qui n'ont pas de place en ce
moment, il y a des conséquences financières importantes et à long terme. Moi,
je n'ai pas entendu le contraire ici.
Savez-vous
quoi? Moi, ça ne me surprend pas, qu'ils abandonnent ces femmes-là. Ce qui me
surprend, c'est qu'ils continuent de dire qu'ils sont féministes.
Le Président : M. leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, s'il y a des gens ici qui accompagnent les familles, au Québec,
c'est bien les partis d'opposition, qui font tout pour bloquer les
projets de loi, M. le Président...
Président : On ne commencera pas... Non, M. le leader, on ne
va pas renchérir. Je comprends. Non, mais il y a une question de règlement, j'imagine, sur un propos. Je vais demander
rapidement de la compléter pour qu'on puisse poursuivre.
M. Jolin-Barrette : On
prête des intentions. Je vous demanderais que la leader de l'opposition retire
ses paroles, parce que, premièrement, ce n'est pas vrai, et on est... en vertu
de l'article 35, et c'est inapproprié d'utiliser cela à l'Assemblée.
Président : Je vous demande encore une fois d'être respectueux
et d'être prudents dans les termes à être utilisés. Nous allons
poursuivre. Et on ne renchérit pas à travers une question de règlement, bien
sûr.
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition.
Mme Labrie : Le
ministre a dit plus tôt, cette semaine, que ces femmes-là, c'était la dernière
génération à vivre la crise. Est-ce que c'est une génération sacrifiée?
Le Président : Mme la ministre de
l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : M.
le Président, au contraire, c'est une génération qu'on veut aider. On est un
gouvernement qui est très proche des familles. Je l'ai dit tout à l'heure puis
je vais le répéter, là, tout ce qui a été donné, et on continue : la
bonification du crédit d'impôt pour les frais
de garde, l'abolition de la taxe libérale et la création d'un tarif unique, l'augmentation des allocations familiales, puis
l'augmentation des salaires des éducatrices de garde et l'amélioration de
leurs conditions, la bonification de la prestation du Régime québécois
d'assurance parentale, M. le Président.
Mais là, je vais vous dire, là, encore une fois,
allons-y — puis
je parle aussi aux parents qui sont avec nous aujourd'hui — accélérons
les travaux du projet de loi...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...adoptons le
projet de loi pour qu'on puisse les avoir, ces 37 000 places, le plus
rapidement...
Le Président : Question principale,
Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : M. le Président,
pour le gouvernement de la CAQ, l'environnement, c'est un embarras, c'est un fardeau. On le sait, le gouvernement de la CAQ
refuse d'écouter la science et le BAPE. C'est le cas quand la CAQ veut creuser un tunnel de 10 milliards sous le fleuve
sans aucune étude environnementale. C'est aussi le cas quand la CAQ veut
augmenter la norme nickel dans l'air contre les avis des directions de santé
publique.
On ajoute à
cette liste récente la décision qui permet à une mine sur la Côte-Nord de déverser
pendant 20 ans ses résidus miniers dans huit lacs à Fermont. Au total,
c'est 1,3 milliard de tonnes de déchets miniers en 20 ans. Ça, ça
représente 30 millions de camions lourds qui seront déversés dans
des lacs.
M. le
Président, qui dirige le ministère de l'Environnement? J'ai un choix de
réponses pour vous : a, le ministre
de l'Économie, b, le ministre des Ressources naturelles, c, le ministre de la Forêt,
ou, d, il n'y en a pas, de ministre de l'Environnement, à la CAQ?
Le Président : M. le ministre de
l'Environnement.
M. Charette : M.
le Président, La Presse et Le Devoir , ce matin, nous rappellent
une triste page de notre histoire, c'est-à-dire la gestion du Parti libéral en
matière d'environnement. Triste page de son histoire parce que des engagements
ont été pris, on a bombé le torse à l'international à l'égard d'objectifs très,
très ambitieux, et on est loin du compte. Les
rapports qui sont publiés ces jours-ci sur le PACC, celui qui a précédé le PEV,
donc la gestion libérale, démontrent qu'on a fait du FECC, du Fonds vert, exactement un fonds consolidé du
gouvernement. On finançait tout et son contraire, avec un résultat très, très, très simple : on est à
2,7 % de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, alors qu'on
devrait être à 20 %. Donc, on parle essentiellement de quoi? On
parle d'un échec libéral en matière d'environnement.
Donc,
lorsqu'on se lève, aujourd'hui, et on prétend avoir l'environnement à coeur, on
regarde leur bilan, et, malheureusement,
on est bien, bien loin du compte. Nous sommes à corriger ces erreurs à travers
le PEV, à travers le...
Le Président : En terminant.
M. Charette : D'ailleurs,
dans les prochaines semaines, nous ferons une mise à jour. Et, contrairement
aux libéraux...
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Bien, voici un extrait du rapport du BAPE : «...l'initiateur [a] fait
la démonstration que les solutions retenues
pour la gestion des rejets miniers [ne] sont [pas] celles qui minimisent les
impacts sur les milieux humides et
hydriques[...]. En conséquence, la commission recommande que le projet ne soit
pas autorisé tel que présenté.» C'est rare
que le BAPE va aussi loin, M. le Président. Mais, au lieu d'écouter la science,
la ministre donne à l'industrie un permis de polluer nos lacs. C'est
honteux. Si le gouvernement ne protège pas...
Président : M. le ministre de l'Environnement, à vous la parole.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Hier, le député de LaFontaine nous disait : Une faute à moitié avouée...
en fait, une faute avouée est à moitié
pardonnée. Le Parti libéral récidive. La cheffe a nommé dans le poste de
critique en environnement celle qui
était ministre de l'Environnement. Elle nomme l'ancien ministre des Finances
responsable des changements climatiques, celui qui a détourné la mission
même du Fonds vert au fil des années...
Président : M. le leader de...
Président : S'il vous plaît! M. le leader de l'opposition officielle,
en question de règlement.
M. Fortin : M. le Président, l'article 79.
1 min 15 s à la première réponse, 25 secondes à la deuxième
réponse, toujours aucune mention des lacs.
La question porte sur des déversements de résidus miniers dans les lacs. Est-ce
qu'il peut répondre à la question, s'il vous plaît?
Président : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...mais mon estimé
collègue, M. le Président, le ministre de l'Environnement établit et énonce
des faits qui sont connus de tous. Il y avait un problème de gouvernance au
fonds. Écoutez, ils finançaient...
Le Président :
C'est correct, M. le leader du
gouvernement, je vous interromps parce que, là, on est en débat sur une
question, ce n'est pas le but de l'exercice. Il y a M. le ministre de
l'Environnement qui avait la parole...
Le Président :
M. le leader du gouvernement... M. le leader du gouvernement, je vous remercie
de vous asseoir lorsque je suis debout et de respecter le fait que la parole
appartient au ministre de l'Environnement.
M. Charette : Merci. D'ailleurs,
l'ancien ministre des Finances, qui est aujourd'hui critique en changements
climatiques, depuis sa nomination, sauf erreur, je pense qu'il ne m'a pas posé
une seule question. Donc, ça démontre toute l'importance que l'on accorde à l'environnement, du côté du Parti
libéral. Mais ces erreurs commises par le passé, elles sont en train d'être
corrigées...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le député de
D'Arcy-McGee, est-ce que j'ai entendu ce que vous avez dit? Je pense que
oui. Très fort. Trop fort. On poursuit dans la réponse, on est encore dans la
réponse...
Le Président :
Non. Et là on va tous se calmer.
Mme la députée de Verdun. J'aimerais que tous soient attentifs, pour ne
pas aller plus loin.
Mme Melançon : Je parle de lacs, M. le
Président. Alors, en 2022, c'est inconcevable de mettre 30 millions de
camions de déchets dans un lac. On se croirait en 1950. Et ce n'est pas parce
que c'est dans le Nord que c'est correct de faire ça. C'est un dangereux précédent que le ministre vient de faire.
On ne remplirait pas le lac Memphrémagog, on ne remplirait pas le lac Simon, on ne remplirait pas le lac des
Deux-Montagnes de résidus miniers. On ne ferait jamais ça.
Il y a des mines qui
s'en viennent opérer partout au Québec, en Outaouais, en Estrie. Est-ce que...
Président : M. le ministre de l'Environnement, la parole,
maintenant, vous appartient. Merci, Mme la députée, votre temps est complété.
M. le ministre de l'Environnement. Et votre attention, chacun. Je ne veux
plus... Je veux que vous soyez attentifs à la réponse.
Président : Madame...
Non, je m'excuse, là, deux secondes, attendez. Ça s'adresse aussi à vous, là.
Il s'appelle le ministre de l'Environnement, il est le seul à avoir la
parole, et tous doivent respecter ce droit de parole.
M. Charette : Merci, M. le Président.
C'est plutôt étonnant de voir le Parti
libéral se réclamer du BAPE alors
que, lorsqu'il était au pouvoir, il faisait tout pour le contourner. On
se souvient encore aujourd'hui, et tristement, de la cimenterie McInnis. Ils ont tout fait pour se décharger de la
responsabilité au niveau des évaluations environnementales.
Pour
ce qui est du projet dont elle parle, il faut savoir que le BAPE n'est pas une
instance décisionnelle, c'est une instance-conseil qui permet de bonifier
un projet. Et, depuis que le projet a été soumis à l'évaluation du BAPE, il a
effectivement été bonifié, ce qui nous permet, naturellement, d'aller de
l'avant sans parler d'un chèque en blanc. Des autorisations environnementales
seront requises, nous assurerons...
Président : En terminant.
M. Charette :
...que le projet se réalise de façon conforme. Et c'est très différent...
Le Président :
Question principale, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand :
Merci, M. le Président. Suite à l'assassinat de son fils de 16 ans à
la sortie d'une école en octobre dernier,
une mère de famille de mon comté, Mme Charla Dopwell-Bailey, est incapable
d'avoir le soutien psychosocial auquel elle
a droit, et donc de recevoir de l'aide dans le cadre de l'indemnisation pour
les victimes d'actes criminels. Cette mère doit remplir formulaire sur formulaire, et ça dure depuis des semaines.
Ce manque d'empathie, M. le Président, est totalement inacceptable.
Président : M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président.
J'apprécie la question du député de Mont-Royal—Outremont. Dès que nous avons été informés des
difficultés administratives qui ont été avérées dans ce cas-là, nous avons
apporté le soutien nécessaire à la famille.
Donc, notamment par le biais du CAVAC, ils vont être accompagnés pour faciliter
le fait de remplir les différents documents et également pour obtenir
toute l'aide nécessaire qui est prévue en vertu de l'IVAC.
faut dire, M. le Président, que cette famille, avant la réforme de l'IVAC que
nous avons adoptée tous ensemble ici, à l'Assemblée nationale, n'aurait
pas eu droit aux indemnisations financières et psychologiques, et ils vont y
avoir.
y a eu, malheureusement, dans ce cas-ci, une difficulté qui a été éprouvée
parce que, justement, à l'époque ils n'auraient
pas eu accès à cette aide-là. Mais la situation est corrigée. J'ai demandé
personnellement qu'on accompagne la famille, parce que ces familles-là
dont un enfant est assassiné, désormais, ont droit à tout le soutien financier
et tout le soutien psychologique. Parce que,
lorsqu'arrive un événement comme ça, notamment qu'un enfant mineur est
assassiné, vous comprendrez que c'est toute la famille qui souffre de ce
décès-là.
Alors, c'est ce qu'on a voulu faire ici, à
l'Assemblée, avec le projet de loi qu'on a adopté. C'est que, lorsqu'il y a une personne victime, ce n'est pas uniquement la
personne qui est victime, mais tout son entourage. Et le nouveau régime
va couvrir tout le monde. Et, notamment, dans ce cas-ci, c'était une erreur, et
la situation est corrigée.
Président : Cela met fin à la période de questions et de réponses
orales.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
je vous demanderais de garder le silence. O.K. Chers députés et les
personnes qui... les invités, s'il vous plaît, attention.
Nous allons tout de
suite procéder à la rubrique des votes reportés, alors, comme annoncé
précédemment, le vote reporté sur la motion
de M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, débattue hier aux affaires inscrites
par les députés de l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte
de la montée constante de l'inflation qui a un énorme impact sur le coût
de la vie pour les citoyennes et les citoyens et plus particulièrement pour les
personnes ayant un revenu modeste;
«Qu'elle
constate que l'augmentation du salaire minimum prévue par le gouvernement ne
permet pas aux travailleuses et aux travailleurs d'absorber
l'augmentation des coûts;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de présenter un plan
d'augmentation graduelle du salaire minimum à au moins 18 $ de
l'heure d'ici le 1er mai 2023 afin d'assurer une prévisibilité des hausses;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'inclure dans le plan
d'augmentation du salaire minimum des mesures de soutien pour les
petites entreprises et le milieu communautaire.»
Donc, que les députés
en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti (Jean-Lesage),
Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve),
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), M. Marissal (Rosemont),
Mme Dorion (Taschereau).
M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), M. Ouellet (René-Lévesque), Mme Perry
Mélançon (Gaspé), M. Gaudreault (Jonquière), M. Bérubé
(Matane-Matapédia).
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Que les députés contre cette motion veuillent bien
se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Legault (L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise
(Blainville), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), Mme D'Amours
(Mirabel), M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet),
M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay
(Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby),
M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Lamontagne
(Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Chassé (Châteauguay), Mme Hébert (Saint-François),
Mme Proulx (Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières),
M. Lafrenière (Vachon), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond),
Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Caron (Portneuf), M. Asselin (Vanier-Les Rivières),
M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Thouin (Rousseau), M. Jacques (Mégantic), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Lemieux
(Saint-Jean), M. Bussière (Gatineau), M. Provençal (Beauce-Nord).
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Y a-t-il des abstentions?
La Secrétaire adjointe : Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Fortin (Pontiac), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Melançon (Verdun),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
Mme Ménard (Laporte), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Barrette (La Pinière), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Sauvé (Fabre), M. Polo (Laval-des-Rapides), M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Ciccone (Marquette), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Rousselle (Vimont).
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le secrétaire général, sur le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 15
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. La motion est rejetée.
Maintenant, à la
rubrique des motions sans préavis, M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
je propose, après consultation auprès des partis d'opposition et des députés
indépendants :
«Que conformément aux
articles 1 et 2 de la
Loi sur le Protecteur du citoyen, monsieur Marc-André
Dowd, ex-Commissaire à la déontologie
policière, soit nommé Protecteur du citoyen pour un mandat de cinq ans à
compter du 27 mars 2022 et que
la rémunération et les autres conditions de travail de monsieur Marc-André
Dowd, soit celles contenues dans le document ci-annexé que je dépose.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour être adoptée, cette motion
doit être approuvée par au moins les deux tiers des membres de l'Assemblée.
Elle doit donc être suivie d'un vote par appel nominal.
Je mets aux voix la
motion de M. le premier ministre, telle que lue précédemment.
La Secrétaire adjointe : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), Mme D'Amours (Mirabel), M. Girard (Groulx),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant
(Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Skeete
(Sainte-Rose), Mme Chassé (Châteauguay),
Mme Hébert (Saint-François), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet
(Trois-Rivières), M. Lafrenière (Vachon), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand
(Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Caron (Portneuf), M. Asselin (Vanier-Les Rivières),
M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Thouin (Rousseau), M. Jacques (Mégantic),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), Mme Boutin (Jean-Talon),
M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Lemieux
(Saint-Jean), M. Bussière (Gatineau), M. Provençal (Beauce-Nord).
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Melançon (Verdun),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), Mme Ménard (Laporte), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Barrette (La Pinière),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Sauvé (Fabre), M. Polo (Laval-des-Rapides), M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont),
M. Ciccone (Marquette),
Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Rousselle (Vimont).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Labrie (Sherbrooke),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti (Jean-Lesage),
Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve),
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), M. Marissal (Rosemont),
Mme Dorion (Taschereau).
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
M. Ouellet (René-Lévesque), Mme Perry Mélançon (Gaspé),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Bérubé (Matane-Matapédia).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que
les députés contre cette motion veulent bien se lever. Y a-t-il des abstentions?
M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
La motion est adoptée. Maintenant, nous allons procéder aux motions sans préavis. En fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un
membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la parole est à vous.
Mme Massé : Merci, Mme la Présidente.
Je tiens bien sûr, à mon tour, à saluer les femmes de Ma place au travail
et leurs enfants qui sont avec nous.
je demande donc le consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de Westmount—Saint-Louis,
la députée de Joliette, le député de Bonaventure, le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale déplore que le manque criant de places de qualité et
abordables dans le réseau de services de
garde éducatifs à l'enfance empêche des milliers de personnes, en particulier
des femmes, de retourner sur le marché du travail après la naissance de
leur enfant ou la fin de leur congé parental;
«Qu'elle reconnaisse
que les parents placés dans cette situation vivent une précarité financière,
laquelle peut entraîner des situations de vulnérabilités sociales pouvant être
préjudiciables au développement de leur enfant;
«Qu'elle
rappelle que la pénurie de places en services de garde éducatifs à l'enfance
touche les enfants de tous âges, mais que la situation est encore plus
critique pour les enfants de moins de 18 mois;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de mettre en place une mesure
d'aide financière d'urgence jusqu'au
18ième mois de l'enfant, jusqu'à ce que le réseau de services de garde
éducatifs à l'enfance soit en mesure d'offrir une place à chaque enfant
au moment où les parents en ont besoin.»
Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée.
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader.
M. Schneeberger : Il n'y a pas
de consentement.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons procéder. Prochaine
intervenante, alors, un membre du troisième groupe d'opposition, Mme la
députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme
la Présidente. Très heureuse aussi de retrouver les femmes du mouvement
Ma place au travail, des membres et leurs enfants. C'est le fun de vous voir
dans les tribunes aujourd'hui.
Mme la
Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec la
leader du deuxième groupe d'opposition, le député de Bonaventure et le député
de Rimouski, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que plus de 51 000 enfants sont en
attente d'une place dans un service de garde
éducatif à l'enfance au Québec, et qu'il s'agit du combat de toute une
génération de parents qui refusent de voir le Québec régresser à cet
égard et de voir les femmes en payer le prix;
«De plus,
considérant l'importance de consacrer les principes d'accessibilité et
d'universalité du réseau, ainsi que la qualification des éducatrices et
l'importance d'offrir à chaque enfant une place de qualité, que l'Assemblée
nationale inscrive le droit
fondamental de chaque enfant d'avoir une place en CPE ou en milieu familial
dans le projet de loi n° 1, Loi modifiant la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance
afin d'améliorer l'accessibilité au réseau des services de
garde éducatifs à l'enfance et de compléter son développement.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée.
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger : Pas de
consentement.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Comme il n'y a pas de
consentement, je vais passer la parole à un membre du groupe formant le
gouvernement. M. le ministre de la Santé et des Services sociaux, la parole est
à vous.
M. Dubé : Alors,
oui, Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale affirme sa volonté de mettre fin à l'état d'urgence sanitaire et ce
dans les plus brefs délais;
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
l'importance de conserver l'agilité nécessaire à maintenir certaines mesures opérationnelles essentielles et
temporaires, puisque le virus circule encore dans la communauté et que nous ne
sommes pas à l'abri de l'apparition de nouveaux variants;
«Qu'elle
demande la collaboration de l'ensemble des élus pour étudier et adopter le plus
rapidement possible le projet de loi n° 28;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de déposer le rapport d'événement
prévu à la loi à la fin de l'actuelle période de travaux
parlementaires.»
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je crois que nous avons une
question de Mme la leader du deuxième groupe d'opposition, parce
qu'elle...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Ah! O.K. Parfait. Je n'ai pas eu le temps de vous poser la question. Je
croyais que vous aviez une question de règlement, puisque vous vous étiez levée
tout de suite, avant même que j'aie fini de... qu'il ait fini de la
lire.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors... O.K. M. le député, merci de garder le silence. Alors, nous
allons passer à la dernière motion
sans préavis. Alors, un membre du groupe formant l'opposition officielle, Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
Mme la Présidente. À mon tour de saluer la présence des femmes qui représentent
Ma place au travail qui sont ici avec nous, dans les tribunes.
Je sollicite
le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la leader du deuxième groupe d'opposition, la députée
de Joliette, le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Que l'Assemblée nationale souligne le premier
anniversaire du mouvement Ma place au travail;
«Qu'elle
souligne [...] depuis le 17 mars 2021, dans un mouvement sans précédent,
des milliers de parents se sont unis afin de se faire entendre auprès du
gouvernement caquiste;
«Qu'elle
rappelle que l'accès à une place en service de garde s'est détérioré dans les
3 dernières années au Québec;
«Qu'elle constate que depuis 3 ans, le nombre
d'enfants sur la liste d'attente en service de garde a atteint un sommet historique;
«Qu'elle
dénonce que ce manque de places amène des parents, et plus particulièrement les
femmes, à renoncer à un retour au travail, plongeant ainsi ces familles en
situation de stress et de précarité financière en pleine période d'inflation;
«Qu'elle
constate que les milliers de places annoncées par le gouvernement caquistes
depuis 3 ans se réalisent au compte-goutte;
«Qu'elle
souligne que les ruptures en services et les fermetures de services de garde
s'accumulent de façon alarmante;
«Qu'elle
constate que depuis la naissance du mouvement Ma place au travail, non
seulement la situation ne s'est pas améliorée, mais elle s'est
détériorée;
«Qu'elle
exige du gouvernement caquiste de reconnaître dès maintenant l'urgence d'agir
en intégrant un véritable droit à une place en service de garde dans le projet
de loi n° 1 sur les services de garde éducatifs à l'enfance,
et ce, afin d'améliorer
l'accessibilité au réseau des services de garde éducatifs à l'enfance et de
compléter son développement, comme c'est le cas pour le droit à
l'éducation.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie. Alors, nous allons poursuivre nos
travaux.
À la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions, M. le leader du gouvernement.
M. Caire :
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission des
transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 102, Loi visant principalement à renforcer l'application
des lois en matière d'environnement et de
sécurité des barrages, à assurer une gestion responsable des pesticides et à
mettre en oeuvre certaines mesures du
Plan pour une économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures
à 16 h 30, ainsi que le mardi 22 mars 2022, de 9 h 45
à 12 h 30, à la salle Pauline-Marois;
Commission des finances publiques poursuivra les consultations particulières
sur le projet de loi n° 12, Loi
visant principalement à promouvoir l'achat québécois et responsable par les
organismes publics, à renforcer le régime d'intégrité des entreprises et à accroître les pouvoirs de
l'Autorité des marchés publics,
aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée de
1 h h40 min et de
14 heures à 15 h 40, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du
projet n° 96,
Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de la
santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet n° 15, Loi modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions
législatives, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures
à 16 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le
mardi 22 mars 2022, de 9 h 45 à 12 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 9, Loi
sur le protecteur national de l'élève, le mardi 22 mars 2022, de
9 h 45 à 12 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 101, Loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance envers les aînés et toute
autre personne majeure en situation de vulnérabilité ainsi que la surveillance de la qualité des services de
santé et des services sociaux,
le mardi 22 mars 2022, de 9 h 45 à 12 h 30, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le leader. Aujourd'hui, il n'y a pas d'avis de la présidence.
Alors, nous allons à
la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Effectivement, là, je souhaite, à la
rubrique Renseignements sur les travaux
de l'Assemblée, m'enquérir auprès du leader du gouvernement de l'état d'avancée
des choses suite au dépôt, le 8 décembre
dernier, du rapport des membres de la Commission spéciale sur l'évolution de la
Loi concernant les soins de fin de vie, qui avait, à ce moment-là,
déposé un rapport unanime de 11 recommandations.
comité spécial, Mme la Présidente, c'est des parlementaires de chaque formation
politique, ici, là, qui ont passé des
heures à étudier la question de l'aide médicale à mourir. Et, comme vous le
savez, l'aide médicale à mourir, Mme la Présidente, dans ce rapport-là on identifie qu'elle doit être élargie
aux personnes inaptes, comme les personnes souffrant d'alzheimer, de
démence, mais pas uniquement aux personnes dont le seul problème médical est un
trouble mental.
C'est une question qui est éminemment humaine. Vous le savez, on en a
déjà débattu ici, dans cette Assemblée. C'est une question qui touche énormément de Québécois. Et,
Mme la Présidente, le gouvernement, à ce stade-ci, a un horaire législatif incroyablement
chargé, en matière de santé et de services sociaux. La Commission sur la santé
et les services sociaux, elle est
particulièrement occupée. Le rapport en question, il est entre les mains du
ministre. Le projet de loi, j'en conviens, n'est toujours pas déposé, mais
c'est un projet de loi, alors qu'on voit l'échéance électorale approcher,
qui... pour nous, de notre côté de la Chambre, il semble inévitable qu'on doit
déposer ce projet de loi là, qu'on doit pouvoir en débattre, qu'on doit pouvoir
l'adopter, même s'il suit les recommandations en place formulées par le comité
de la commission spéciale sur l'évolution de la
loi sur les soins de fin de
vie.
Alors,
Mme la Présidente, dans ce cas-là, j'aimerais avoir des précisions de la part
du gouvernement quant à ses intentions sur le dépôt rapide, je l'espère, de ce
projet de loi là pour donner suite aux recommandations qui ont été formulées
par les différents parlementaires mais également aux demandes des nombreux
Québécois et Québécoises qui ont des proches dans une situation comme celle-là,
qui sont eux-mêmes touchés par une situation comme celle-là et qui croient
fondamentalement à la nécessité d'élargir l'aide médicale à mourir. Je vous
remercie, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie. M. le leader du gouvernement, si
vous voulez répondre.
M. Caire :
...d'accord avec mon collègue,
c'est une question qui est hautement sensible, hautement importante. D'ailleurs, j'en profite pour saluer le travail
qui a été fait par la commission. Je pense que tout le monde conviendra que
c'est un travail extrêmement important, extrêmement précieux, qui a été fait
avec beaucoup de sensibilité. Maintenant, c'est
un sujet qui est effectivement très sérieux, qui nécessite, pour les suites à
donner, qu'on puisse étudier, je vous dirais, correctement et en détail l'ensemble de ce qui a été soumis à la
commission, l'ensemble de ce que la commission nous a soumis. Et aussi
rapidement que possible le ministre arrivera avec les solutions appropriées.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie. Mme la leader du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
J'ai également une question, je veux m'enquérir du projet de loi n° 1, de son cheminement, parce
que le gouvernement laisse entendre que la création de places dépend beaucoup
de ce projet de loi là. Or, il ne
figure pas aux travaux, aujourd'hui. On a reçu les avis touchant les travaux
des commissions pour mardi, il n'y figure pas non plus. C'est un projet
de loi qui chemine habituellement rondement. Je vois la présidente de la Commission des relations avec les citoyens qui est
ici aujourd'hui, qui pourrait en témoigner. Donc, je m'inquiète de ne pas voir au menu aujourd'hui ce projet de loi là,
ni, non plus, mardi prochain. Donc, j'aimerais comprendre pour quelles
raisons le projet de loi ne va pas siéger, parce que nous, on est tout à fait
disposés à étudier ce projet de loi là.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, Mme la députée. M. le leader du
gouvernement.
M. Caire :
Oui. Visiblement, ma collègue et moi, on n'a pas la même définition de ce qui
avance rondement. Ceci étant dit, Mme la
Présidente, comme le disait le leader de l'opposition, le menu législatif, dans
les commissions, est extrêmement
chargé. Comme vous le savez, on vient maintenant, grâce à la levée des mesures
sanitaires, de récupérer une commission
parlementaire, qui va nous permettre de faire avancer plusieurs projets de
front. Il y a beaucoup de projets très importants qui sont à l'étude. Celui-là
en fait partie, et on va lui donner les suites appropriées.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie. Y a-t-il d'autres interventions?
Non.
Alors,
nous allons aux renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Je vous rappelle
que, lors de l'interpellation prévue
pour demain, vendredi 18 mars 2022, M. le leader du troisième groupe
d'opposition s'adressera à M. le ministre des Finances sur le sujet suivant : Le manque de vision du gouvernement
caquiste pour aider les familles québécoises à faire face à
l'augmentation du coût de la vie.
vous avise de plus que l'interpellation prévue pour le
vendredi 25 mars 2022 portera sur le sujet suivant :
L'incertitude économique à laquelle est confronté le Québec. M.
le député de Robert-Baldwin s'adressera alors à M. le ministre des Finances.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader du gouvernement, si vous voulez
m'indiquer la suite des travaux.
M. Caire :
Oui. Mme la Présidente, pouvez-vous appeler l'article 19 du feuilleton,
s'il vous plaît?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Bien sûr. Alors, l'article 18, vous m'avez
dit?
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
19. Alors, à l'article 19 du
feuilleton, Mme la ministre de la Sécurité publique propose l'adoption du projet de loi n° 24, Loi modifiant la
Loi sur
le système correctionnel du Québec afin d'y prévoir le pouvoir
d'exiger qu'une personne contrevenante soit liée à un dispositif permettant de
savoir où elle se trouve. Y a-t-il
des interventions? Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente. Bien sûr qu'il y a une intervention, en
tout cas une de ma part, du moins,
parce qu'aujourd'hui c'est un jour très important, Mme la Présidente. Hier, on
a fait la prise en considération du rapport
de la Commission des institutions par rapport à ce projet de loi là, 24, et
j'ai dit, hier, que j'allais être relativement concise, ne l'étant pas suffisamment à mon goût, comme toujours, mais,
quand même, relativement concise, en disant : Je vais réintervenir à l'adoption finale demain. Et
donc, aujourd'hui, c'est l'adoption finale, donc je vais me permettre d'être
un peu plus exhaustive, notamment dans mes remerciements.
Mais je veux
quand même refaire un petit peu le portrait, la genèse de cette situation-là,
qu'est-ce qui nous a conduits à
l'adoption finale de ce projet de loi là, 24, aujourd'hui, Mme la Présidente,
un miniprojet de loi, quatre articles, dont un sur l'entrée en vigueur
de la loi, donc, en fait, trois articles, qui nous permet de faire des
modifications à la
Loi sur le système correctionnel du Québec pour pouvoir nous
assurer qu'on va pouvoir implanter confortablement, en réduisant au minimum les risques de contestation judiciaire,
le fameux bracelet antirapprochement, Mme la Présidente. Et ça, en soi,
là, et je choisis mon terme sciemment, c'est une petite révolution qu'on est en
train d'installer au Québec, Mme la Présidente, avec l'implantation du bracelet
antirapprochement.
Le bracelet antirapprochement, c'est quoi? Tout
le monde, je pense, le sait ici, mais c'est essentiellement un dispositif en deux parties. Il y a une
partie qui
est portée par l'auteur de violence conjugale, l'autre
partie qui est portée
par la victime de cet auteur de violence conjugale. Et il y a une
géolocalisation réciproque permanente, si bien que la femme, si jamais l'homme
s'approche trop près de la femme, dans une zone interdite autour de la femme,
va être sécurisée par les policiers,
et, ensuite de ça, l'auteur de violence conjugale, qui va être en bris de
conditions parce qu'il n'aura pas... il va s'être approché trop proche,
va être arrêté.
Et ça, ce
moyen-là, extrêmement concret, efficace, technologique, permet à ces femmes-là
qui sont sous l'emprise d'un homme
qui, malheureusement, récidive trop souvent, qui sont dans la hantise de tomber
sur cet homme-là, de le voir surgir chez elles, qui sont privées de leur
paix d'esprit, qui sont privées du contrôle sur leur vie, qui sont privées de pouvoir avoir une certaine autonomie puis un
certain bonheur de vivre au quotidien, de vivre une vie normale, et tout ça,
qui sont privées de tout ça par ces hommes-là qui, malheureusement, je l'ai
dit, récidivent trop souvent, et qui, pour plusieurs,
rêvent de pouvoir avoir un tel bracelet, de pouvoir compter sur cette
technologie-là pour espérer justement récupérer, en partie, du moins,
mais, on l'espère, en totalité, peut-être, un jour, cette paix d'esprit qui
leur est dérobée.
Donc, ça, Mme la Présidente, je l'ai dit, c'est
une révolution. Ça s'ajoute à une panoplie de moyens qu'on a mis en place, des moyens financiers, des moyens
avec les organismes communautaires, des cellules d'intervention rapide,
avec une synergie dans le continuum de services autour des victimes de violence
conjugale. Ça s'ajoute à ce qu'on fait aussi
pour l'aide pour les organismes qui viennent en aide aux hommes. Parce que, je
l'ai souvent dit, et ça a longtemps été un tabou politique chez les précédents gouvernements, personne n'a
jamais voulu parler de l'aide qu'on doit fournir aux hommes parce qu'ils avaient peur de se mettre des
groupes à dos, puis c'était compliqué, puis, bon, c'est toujours moins
compliqué de ne rien faire que de faire quelque chose. Mais nous, on l'a nommé,
ce problème-là, Mme la Présidente, et on a mis des moyens en conséquence. Mon
collègue député de Chauveau, qui est, d'ailleurs, ici, a fait un incroyable travail avec les organismes pour hommes... qui,
d'ailleurs, provient de ce milieu-là, qui est criminologue de formation. Mon
adjointe parlementaire, députée de Lotbinière-Frontenac, a fait le même genre de travail avec les maisons d'hébergement pour femmes, qui sont évidemment une
partie
prenante très importante dans ce continuum de services qu'on a installé et
qu'on souhaite renforcer autour des victimes de violence conjugale.
Mais, en plus
de cette panoplie de moyens et du demi-milliard de dollars qu'on a déjà investi
en matière de lutte contre la violence qui est faite aux femmes, Mme la
Présidente, on ajoute aujourd'hui, avec la finalisation de ce projet de loi là, le fameux bracelet antirapprochement,
qui est assorti d'un budget de 41 millions de dollars pour pouvoir
l'implanter sur deux ans. Deux ans, Mme la Présidente, à l'échelle de la
cadence gouvernementale, c'est très court.
Et, je me souviens, en étude détaillée il y a
certains collègues de l'opposition officielle qui continuellement disaient : C'est long, deux ans, pourquoi ça
n'a pas été fait avant, pourquoi on ne le fait pas partout en même temps?, et
qui se plaignaient que c'était trop peu,
trop long. Bien, Mme la Présidente, là, je vais me permettre ici, une fois pour
toutes, d'asseoir le fait que ce
bracelet-là a commencé à être utilisé par... Le premier pays qui l'a utilisé :
le Royaume-Uni, en 2004. En 2004. On est en 2022. Et, de 2004 à 2018, le
Parti libéral a été là en permanence, à l'exception d'un an et demi le Parti québécois, et jamais ils n'ont manifesté la
moindre intention concrète d'implanter ce bracelet-là. Pourtant, ils ont été là
pendant 14 ans, pendant lesquels ce
bracelet-là a été utilisé dans le monde, et ils n'ont jamais rien fait, et ils
se permettent, en commission, de dire que nous, on ne le fait pas assez vite,
on ne le fait pas assez bien, puis ça ne marche pas, puis ils critiquent.
Donc là, Mme la Présidente, je me permets de le
dire ici parce que je trouve ça audacieux et je trouve ça à la limite de la
décence élémentaire que de critiquer le rythme d'implantation, la manière de
l'implanter ou la volonté de l'implanter de la CAQ, alors que nous, on va le
faire, on va le faire correctement. Il faut le faire progressivement. Ça ne sert à rien de se garrocher dans n'importe quoi
qu'on ne connaît pas encore sans prendre le temps de le faire comme il
faut. Donc, on le fait sur deux ans. On commence à Québec parce qu'ici la
synergie entre les partenaires est déjà bien installée, et donc c'est la
meilleure place pour commencer, sous recommandation de ma Direction générale
des services correctionnels, qui va être
responsable du développement, de la coordination et de l'implantation du
bracelet antirapprochement partout au Québec. Et graduellement, d'ici
décembre 2023, on l'aura implanté partout.
Alors, Mme la Présidente, vous savez,
moi, je suis extrêmement fière de ce projet de loi là. C'est mon septième
projet de loi comme ministre de la Sécurité publique, j'en ai fait sur à peu près tous les sujets qui
sont sous ma responsabilité, au ministère
de la Sécurité publique. J'en ai fait sur les affaires policières, j'en ai fait
en sécurité civile, j'en fais un aujourd'hui sur le correctionnel, j'en ai fait sur la Régie des alcools, des courses et des jeux, j'en ai fait sur l'UPAC, sur le BEI, sur le coroner. J'en ai fait sur à peu près tout ce
dont je suis responsable. Mais, parmi les sept, peut-être qu'on n'est pas
supposé dire ça, mais, s'il y en a
un, sur les sept, dont je serai la plus fière, c'est celui-là, Mme la
Présidente. C'est un legs incroyable que notre gouvernement va laisser,
en espérant qu'on pourra faire un prochain mandat... bien sûr, il y a une
élection cette année, mais, s'il y a une
chose dont je serai fière dans ce mandat-là, c'est d'avoir institué
l'implantation sur deux ans de ce
bracelet antirapprochement, parce que, la façon dont on est en train de le faire,
Mme la Présidente, ça va survivre à n'importe
quel résultat de l'élection, là. On est en train d'installer ça, donc ça va se
faire. Et c'est grâce à la collaboration de plein de gens.
Puis là je vais me
permettre d'insister sur les remerciements, parce qu'une petite révolution
comme ça, je l'ai dit, on ne fait pas ça
toute seule. Moi, c'est moi que vous voyez et que vous entendez aujourd'hui,
là, mais, par ma voix, c'est toute l'équipe qui m'entoure, grâce à qui
j'ai été capable de faire ça sur deux ans au lieu de cinq ans comme ça aurait
pu être le cas. Et là je vais nommer les personnes en question, parce que c'est
vraiment historique, ce qu'on fait aujourd'hui,
là, le bracelet antirapprochement. Il y a seulement six pays qui font ça en ce
moment : le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie, la France,
l'Espagne, le Portugal. On sera la septième nation.
le hasard fait que, tout à l'heure, je rencontre mon nouveau vis-à-vis... bien,
de moins en moins nouveau, le ministre fédéral de la Sécurité publique,
et je compte l'entretenir de ça, d'ailleurs, parce qu'en ce moment, ce qu'on
fait, ça va toucher seulement les peines qui
sont sous notre juridiction, au Québec, donc les peines de deux ans moins un
jour. Alors, tous ceux qui ont des
peines de détention de plus de deux ans, on n'a pas de contrôle là-dessus.
Donc, il faudrait que le gouvernement
fédéral, symétriquement à ce qu'on fait, fasse en sorte d'utiliser aussi le
bracelet antirapprochement pour les
peines fédérales. Donc, ce sera, j'espère, dans une deuxième étape. Je vais le
sensibiliser tout à l'heure, mais au moins, pour ce qu'on contrôle, désormais on pourra avoir ce bracelet-là pour
les peines de deux ans moins un jour. Quatre instances auront la
possibilité d'ordonner des bracelets : les juges, bien sûr, les
commissaires de la Commission québécoise des libérations
conditionnelles, les directeurs
d'établissements provinciaux, d'établissements de détention provinciaux, et les
agents de probation de la Direction générale des services correctionnels.
Alors,
je parlais, tout à l'heure, des remerciements, les personnes qui ont permis de
faire ça. Puis, vous savez, au ministère
de la Sécurité publique, on a une direction générale des services
correctionnels, qui constitue un très gros morceau de nos ressources
humaines et de notre budget, dont on ne parle jamais. C'est très méconnu, les
prisons. Il n'y a jamais personne qui a
envie d'entendre parler de ça, pour des raisons évidentes. La criminalité, on
n'aime pas ça se rappeler que ça existe. Mais ça existe, Mme la
Présidente, et ça prend des gens pour la gérer, et ce sont les... le personnel
des services correctionnels. Et ce sont eux
qui vont être responsables de toute l'implantation de ce beau projet, un beau
projet positif pour les femmes, pour
la lutte contre la violence qui est faite aux femmes. Donc, moi, je suis fière
que notre personnel correctionnel, au-delà
de travailler dans nos prisons, soit responsable de cette belle révolution
qu'on est en train de faire dans notre société québécoise, alors je veux
les remercier.
Et il y a plusieurs
personnes qui m'ont permis d'arriver à ce résultat-là. Je vais commencer par le
ministre des Finances. C'est toujours bon de
commencer par remercier le ministre des Finances, c'est le genre d'ami qu'on
veut garder dans la vie. Donc, merci
au ministre des Finances, qui est un homme très progressiste et qui est
vraiment un allié dans tous les
combats sociaux qu'on mène pour les gens vulnérables, notamment les femmes et
les enfants, parce que je suis aussi responsable de la lutte contre
l'exploitation sexuelle des mineurs, un dossier sur lequel je travaille
beaucoup avec ma collègue de Repentigny, qui
est justement ici, d'ailleurs, et là-dessus aussi le collègue des Finances a
été très collaborateur. Donc, merci au ministre des Finances.
Merci,
bien sûr, à mon cabinet, et plus particulièrement, dans mon cabinet, mes trois
directeurs, Pierre-Yves Boivin, Louis
Breault et Alexandre Lahaie, et aussi ma conseillère politique, Frédérique
Simard, qui m'aide aussi beaucoup sur tous ces dossiers-là qui touchent
les personnes vulnérables, et qui ont tous travaillé beaucoup, mon attachée de
presse, tout mon cabinet, en fait, a beaucoup travaillé, ma sous-ministre
Brigitte Pelletier.
Et là je vais me
permettre de nommer toutes les personnes dans mon ministère, qui ne sont pas
des personnes connues, là, c'est des
personnes... des professionnels de mon ministère, mais je veux nommer chacune
de ces personnes-là, Mme la
Présidente, parce que, je l'ai dit, on a bousculé beaucoup de choses pour
réussir à le faire en deux ans. On a été au maximum des marges de manoeuvre
possibles pour aller vite, en respectant les procédures, en respectant les
règles des marchés publics, en
respectant tout ce qu'il faut respecter, c'est important, mais je suis allée au
maximum de ce qu'on pouvait faire en
termes d'accélération des processus au gouvernement. Et c'est grâce à mon
équipe de sous-ministres et aux gens qui sont dans leurs équipes à eux.
Donc,
ma sous-ministre Brigitte Pelletier. Et, à la Direction générale des services
correctionnels, ma sous-ministre associée Line Fortin, Jolyane
Berthiaume, Geneviève Bisson, Nathalie Bonenfant, Marie-Ève Boyer, Myriam
Coutu, Vanessa De Beaumont, François Demers, Catherine Drolet, Christian
Dumas, Marie-Pier Dumont, Stéphanie Fradette, François
Grenier, Hugo Hang-Hong, Claude Lapointe, Justine Le Blanc, Claudia Lévesque,
Olivier Matte, Nathalie Pinard, Karine Tailly, Christine Tremblay et
Nathalie Vachon.
À la Direction
générale des affaires policières, ma sous-ministre associée Catherine Beaudry,
Étienne Boisvert, Josianne Cantin, Catherine Claveau-Thibault, Lucie Gagnon,
Valérie Gingras-Précourt, Joannie Lambert-Roy, Samuel Loubier-Demers, Laurence
Pelletier-Simard, Jimmy Potvin et Jennifer Savard.
Et, à la Direction
générale des services à la gestion, ma sous-ministre associée Lise Girard,
Mohamed Arfaoui, Stéphane Blanchet,
Marie-Josée Brouard, Julie Drapeau, Abel Fouopi Lemouchele, Julie Grenier,
Danijela Manojlovic, François Rose, Marie Sarone Rose Kolfir, Nelson
Ruest et Alexandre Zambon.
Et, à la Direction des
affaires juridiques, Me Kathy Plante, la directrice, et Me Julie Dufour.
Il y a
possiblement d'autres personnes qui ne sont pas nécessairement dans cette
liste-là, mais toutes ces personnes-là ont
fait en sorte qu'on est capable de faire ce qu'on fait aujourd'hui, Mme la
Présidente. Ce sont des gens qu'on ne nommera peut-être jamais ailleurs qu'ici, mais je voulais prendre le temps
aujourd'hui de les mentionner, parce que je tiens à ce qu'ils sachent que c'est remarquable et exceptionnel, ce
qu'on est en train de faire ensemble aujourd'hui. Je veux les remercier publiquement et devant tout le monde et qu'ils
réalisent la valeur inestimable de ce qu'on est en train d'implanter en ce
moment. Et chacune de ces personnes-là a
joué un rôle là-dedans. Un ministre ne peut jamais rien faire seul, un
gouvernement non plus, on a besoin de nos équipes. Alors, un grand merci
à toutes mes équipes au ministère de la Sécurité publique.
Et merci à
mes collègues — on
a besoin aussi des collègues, en commission parlementaire — à mes collègues du gouvernement qui étaient avec moi en commission parlementaire et aux
collègues des oppositions aussi, qui, malgré tout ce qu'on peut dire, sont des collègues que
j'apprécie. Je vois le député de Vimont, il y a aussi des collègues à lui qui
ont été sur la commission, le député de Laurier-Dorion et la députée de
Gaspé qui ont été aussi sur la commission.
Ça a été rondement. Il faut prendre le temps de
bien faire les choses, mais ça a été quand même, somme toute, rondement, parce que je pense que tout le monde
trouvait ça important qu'on puisse aller de l'avant. J'espère pouvoir installer
notre premier bracelet ici, à Québec, au
mois de mai. Et, ce jour-là, Mme la Présidente, j'espère que chacune des
personnes ici présentes prendra une
petite
partie de ce crédit-là, chaque personne à mon ministère et tous ceux qui
auront fait en sorte qu'on va pouvoir
sauver, je l'espère, une première femme, dès le mois de mai, et plusieurs
autres avec la suite de l'implantation de ce bracelet.
Tout ce qu'on fait, on le fait pour les femmes.
Alors, à toutes celles — je
vais terminer là-dessus — à
toutes celles qui vivent de la violence, qui
se sentent menacées, qui ne se sentent pas à l'aise dans un milieu familial,
n'hésitez jamais à dénoncer. On fait
tout ce qu'on peut pour faire en sorte que le système s'adapte enfin aux
victimes, que les services soient disponibles
et, bientôt, que vous puissiez, je l'espère, récupérer la paix d'esprit qui est
si chère et qui, malheureusement, vous est dérobée par des hommes
violents. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la ministre. Je prends cet instant avant de passer la parole aux prochains intervenants. Je vous
informe qu'un débat de fin de séance se tiendra aujourd'hui, à 13 heures,
en application de l'ordre spécial. Ce
débat portera sur une question adressée par M. le député de Robert-Baldwin au
ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles concernant la hausse
démesurée des tarifs d'électricité.
Sur ce, nous allons poursuivre avec Mme la
députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, Mme la
Présidente. À mon tour de remercier le travail des parlementaires pour
l'adoption de ce projet de loi là, le projet
de
loi sur les bracelets. Je pense que l'augmentation importante des
féminicides, des meurtres de femmes,
dans les dernières années... Je pense qu'on a une responsabilité de se donner
vraiment tous les moyens nécessaires. Et,
comme l'avait déjà identifié le travail qui avait été fait de façon très
collégiale pour rebâtir la confiance des femmes envers notre réseau public, que ce soit au niveau du
système judiciaire ou d'enquête, je pense que le bracelet vient occuper une
place. Et, dans ce sens-là, effectivement, aujourd'hui, c'est un jour auquel on
n'aurait jamais voulu être obligés d'arriver, mais qu'on est contentes
que ce soit fait, maintenant.
Les victimes
de violence conjugale doivent être au coeur, cependant, de toutes les actions
gouvernementales visant à lutter
contre les violences faites aux femmes. Restaurer la confiance des victimes
envers nos institutions doit également être au coeur de nos actions. Les
groupes de femmes l'ont souligné, les bracelets sont un moyen, Mme la ministre
aussi vient le dire, un moyen de plus pour
lutter contre les violences et les récidives. Mais il ne faut pas espérer, là,
un remède miracle. Les femmes qui
sont venues nous ont régulièrement dit qu'il était important de se rappeler que
le bracelet n'est pas une alternative
à l'incarcération. Lorsqu'il y a besoin, on doit reconnaître, l'agresseur doit
reconnaître, et nous, comme système,
on doit reconnaître que l'incarcération, c'est aussi une façon de protéger les
femmes, et, dans certains cas, c'est même la seule façon de bien les
protéger.
Il est essentiel, et je pèse mes mots, de bien
et de mieux évaluer le degré de dangerosité des contrevenants. Les bracelets sont là pour protéger les femmes. On ne
dit jamais... On ne doit jamais, pardon, perdre cet objectif de vue. La
ministre nous a présenté son plan de déploiement des bracelets
antirapprochement, mais on est resté un peu vague sur la collaboration entre son ministère et les
représentantes autochtones. Or, Femmes autochtones du Québec a été clair sur la
nécessité de prendre en compte les réalités des femmes autochtones pour
qu'elles aussi soient adéquatement protégées. Il est d'une importance capitale
de profiter des deux ans prévus de déploiement du projet pilote et
l'atterrissage, dans deux ans, du
déploiement à la grandeur du Québec. Il est donc impératif de créer les liens
nécessaires avec les représentants autochtones
pour s'assurer que l'usage soit adapté aux réalités particulières des femmes
autochtones vivant de la violence, qu'elles soient en communauté ou en
milieu urbain.
Bien sûr qu'on ne réglera pas tous les enjeux de
violence conjugale et/ou de violence faite aux femmes avec le bracelet, mais il y a eu un travail monstre qui
a été fait ici, au Parlement, par une collaboration extraordinaire entre les
quatre partis, qui a donné naissance au
rapport Rebâtir la confiance . Il y a un jalon de plus qui vient d'être
installé aujourd'hui avec la... qu'on
va installer aujourd'hui avec l'adoption du projet de
loi sur les bracelets
électroniques. Mais Rebâtir la confiance nous rappelait
que, dans le fond, la seule façon de contrer les violences faites aux femmes,
c'est de coordonner notre action, de coordonner notre action, les bouts qui
nous appartiennent comme État. C'est de le coordonner pour mettre fin
éventuellement aux violences conjugales et sexuelles. Et c'est pourquoi,
puisque la vice-première ministre est aussi responsable, le premier ministre lui a donné cette
responsabilité-là. C'est pourquoi je nous rappelle que le bracelet, c'est
un outil, mais qu'il y en a un autre qui est
dans le même rapport, Rebâtir la confiance , et d'ailleurs qui est le
socle de ce rapport-là pour la réussite, c'est-à-dire la recommandation
189 et 190.
Pour notre gouverne, Mme la Présidente, je nous
rappelle que la recommandation 189 instaure un... propose d'instaurer un secrétariat à la coordination et à
l'intégration des actions en matière de violence conjugale et sexuelle et que
ce secrétariat soit imputable au plus haut
niveau de l'organisation gouvernementale, ce qui veut dire au Conseil exécutif.
La deuxième recommandation, c'est de confier
à ce secrétariat-là la responsabilité de la coordination et de l'intégration
des actions en matière de violence
conjugale et sexuelle, et que ce secrétariat-là et les gens qui s'en occupent
ont la responsabilité de coordonner le déploiement et la logique du
déploiement des 190... bien, des 188 autres recommandations du rapport. Non pas que je ne reconnais pas qu'il y ait du
travail de fait, je le reconnais. Ceci étant dit, un des enjeux, et c'est ça
que nous avions identifié lors du travail collectif, c'est de
dire : Oui, mais si on veut vraiment arriver au bout, c'est en se coordonnant, et ça, c'est à travers un outil qui
n'existe pas pour le moment, qui est un secrétariat rattaché au Conseil
exécutif.
Alors, je
tenais à le rappeler parce qu'on souhaite profondément que le bracelet soit un
outil, mais il faut que tous les autres soient au rendez-vous, parce que
le bracelet, c'est quand le coup... c'est quand le contrôle a été exercé sur la
femme, et donc qu'il y a une pénalité, entre
guillemets, qui a été donnée à l'agresseur, c'est là qu'on peut utiliser ce
bracelet-là, mais je pense que, toutes les féministes, toutes les
femmes, ce qu'on souhaite, c'est que ce coup-là ne soit jamais porté, ce contrôle-là ne soit jamais fait, que cette
femme-là n'ait jamais eu à vivre, dans sa vie, de l'abus, soit en matière
conjugale ou de violence sexuelle...
de violence conjugale ou de violence sexuelle. Alors, dans ce sens-là, je pense
qu'un des moyens qu'on pourrait... et je nous invite à continuer à
travailler dans ce sens-là, c'est la mise sur pied du secrétariat.
Bref, il est
essentiel que le gouvernement s'engage rapidement à... parce que le premier
ministre a remis ça entre les mains
de la vice-première ministre et ainsi que d'autres ministres qui sont bien
occupés, qui ont beaucoup de dossiers, beaucoup de chats à fouetter. Et,
dans ce sens-là, je pense que la sagesse des recommandations 189 et 190
était de dire : Bien, donnons-nous les
moyens d'atteindre nos objectifs. Et, pour ça, ce que je vous dirais, c'est la
raison la plus logique, c'est parce
que, comme femmes, nous méritons, bien sûr, toutes de pouvoir vivre en paix,
sans violence. Alors, nous sommes très heureuses et nous allons voter
pour, avec bonheur, pour ce projet de loi là. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Je suis prête à reconnaître un autre
intervenant. M. le député de Vimont, la parole est à vous.
M. Rousselle : Merci, Mme la
Présidente. Un drame humain, c'est un drame de trop. Et l'implantation de cet outil-là, parce qu'on parle d'un outil, est
vraiment, effectivement, primordiale. Actuellement, comme vous le savez, il y a
des 810 qui se font. 810, pour ceux qui ne
savent pas, bien, un 810, c'est comme... c'est un ordre, un genre d'ordre de la
cour qui dit, bien : Tu ne peux pas te
rapprocher de telle personne. Mais comment vérifier tous ces 810 là? C'est
pratiquement impossible. Les gens, il
faut que... tu les prends sur le fait, puis ce n'est pas nécessairement
évident. C'est sûr qu'avec la venue...
puis on est très heureu