Culture and Education — 21 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CCE 2013-05-21
Quebec — Committees
(Dix heures quatre minutes)
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : À l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
chers collègues. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 23, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction
publique concernant certains services éducatifs aux élèves âgés de moins de
cinq ans.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Breton (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacé par M. Goyer
(Deux-Montagnes) et M. Sklavounos (Laurier-Dorion), par Mme St-Amand
(Trois-Rivières).
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux jeudi dernier, nous avions terminé une discussion d'ordre général sur
le document distribué par Mme la ministre. Nous reprendrions donc l'étude de l'article 3. Donc, de
consentement, souhaitez-vous reprendre l'étude de l'amendement présenté par la
ministre, qui avait été suspendu
précédemment, ou nous allons directement à l'article 3, ou à l'amendement?
Oui, Mme la ministre.
Malavoy : Alors, Mme la
Présidente, bonjour. Je salue mes collègues après cette bonne interruption
qui a fait du bien à tout le monde, je pense, longue fin de semaine.
Écoutez, en ce qui me concerne, l'amendement, il
éclaire quand même bien mes intentions. Et donc je souhaiterais qu'on reprenne
l'amendement ou, tout au moins, qu'on... à moins qu'il y ait besoin encore
d'une discussion plénière sur quelque chose d'autre. Mais, pour moi, l'amendement,
il faudra en disposer avant de toucher à
l'article 3, parce que c'est déjà un effort de précision que je fais en
indiquant que — juste
pour fins d'enregistrement — je suis prête à mettre, dans
le projet de loi, qu'il s'agit d'enfants de quatre ans provenant de milieux
défavorisés. Donc, je pense que ces deux
précisions-là sont importantes. Alors, moi, c'est là que j'en suis, mais
j'attends de voir où en sont mes collègues de l'opposition avant d'aller
plus loin.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Mille-Îles, est-ce qu'il y a un
consentement pour commencer avec l'amendement qu'avait proposé la ministre?
Charbonneau : Je crois, Mme
la Présidente, qu'à la fin de notre dernière rencontre on avait même
établi qu'on reprendrait les discussions sur l'amendement de la ministre. J'ai
simplement deux questions, une technique, c'est-à-dire
que, puisqu'on avait déjà entrepris quelques discussions, j'aimerais avoir le
temps sur lequel on dispose. La deuxième
ne s'adresse peut-être pas à vous, mais je m'adresse à vous pour la poser,
c'est-à-dire que, sur l'amendement qui a
été déposé, il n'y a pas de changement de phrase ou de façon puisque les
modalités sont venues faire... Puisque vous avez fait une présentation
sur les modalités, il n'y a rien qui a changé en vertu de l'amendement qui a
été déposé. Je pose la question comme ça, là, parce qu'il aurait pu y avoir des
modifications, là.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Mme la ministre.
Malavoy : Oui, bien, en
fait, cet amendement-là, il concerne précisément la question de quatre ans et
milieu défavorisé. Si on veut en faire d'autres sur le même article, ce sera un
autre sujet.
Mme Charbonneau : O.K., parfait.
Malavoy : Mais moi, je...
Dans l'ordre, là, j'ai vraiment ça dans cet amendement-là, parce qu'il a
comme sa substance à lui, là.
Mme Charbonneau : Tout à fait, tout
à fait.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Donc, merci, Mme la ministre. Pour les temps de parole pour l'amendement, Mme
la députée de Mille-Îles, vous avez 8 min 20 s, Mme la députée
de Trois-Rivières, vous avez 15 minutes,
le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques
avait 18 min 55 s, le député de Saint-Hyacinthe avait
18 min 45 s. Et il n'y avait plus de temps pour la députée de
Montarville?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Ah! C'est un 20 minutes. Donc, c'est un 20 minutes, Mme la députée de Montarville. Ceux qui n'ont pas
intervenu ont droit à 20 minutes, et, ceux qui avaient déjà pris le temps
de parole, je viens de dire le temps qui vous restait. Donc, Mme la députée de
Mille-Îles, c'est à vous la parole.
Charbonneau : Merci, Mme la
Présidente. Donc, dans le principe de l'amendement, je comprends bien
que l'amendement est contenu dans le libellé gras, donc, pour me remettre un
peu dans le «beat» de l'amendement : «vivant en milieu défavorisé et ayant
atteint l'âge de 4 ans dans les 12 mois précédant la date déterminée
suivant le troisième alinéa de
l'article 1 pour l'admissibilité à l'éducation préscolaire. Il [...]
définit le sens de l'expression "vivant en milieu défavorisé"
et peut», et là l'amendement s'arrête là, et je reviens au texte, au libellé du
texte.
Je vous
dirais que les modalités et... les conditions et modalités sont venues
spécifier l'aspect du regard que le ministère
va porter sur «vivant en milieu défavorisé». Donc, je suis à l'aise avec la
phrase qui détermine «l'âge de 4 ans dans les 12 mois précédant la date déterminée suivant le troisième
alinéa de l'article 1 pour l'admissibilité à l'éducation
préscolaire». Je suis un petit peu ambiguë par rapport à «il [...] définit le
sens de l'expression "vivant en milieu défavorisé"
et peut — et
je vais me permettre de continuer même si ça fait déjà
partie de l'article de
loi — y
préciser les activités ou services destinés aux parents de ces élèves qu'une
commission scolaire doit organiser en vue de favoriser l'atteinte des objectifs
[et des] services éducatifs.»
Je vous avoue
qu'effectivement le trois jours nous a permis… ou quatre jours, un peu de
recul pour regarder avec peut-être un petit peu plus d'attention l'ensemble
de l'amendement qui est déposé devant nous. Et il reste pour nous une certaine difficulté par «il définit le sens de
l'expression "vivant en milieu défavorisé"». Donc, si on peut peut-être
m'éclairer, me donner le sens, même si je
comprends le sens de la phrase. Par contre, doit-on l'écrire comme si c'était
quelque chose qu'on inventait tout d'un
coup, là? Le «vivant en milieu défavorisé» est mis entre parenthèses plutôt
que de l'identifier tout de suite sur le
principe même de… selon l'indice de milieu défavorisé socioéconomique se
référant au lieu de la... Je pense
qu'il y a moyen d'attacher ça de façon plus précise pour répondre à la vision
que la ministre avait sur l'identification du jeune qu'on va choisir
pour le préscolaire quatre ans.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Malavoy : En fait, Mme la
Présidente, il s'agit de formuler ça pour que ce soit... pour que ça ait à la
fois des précisions mais aussi un petit peu de souplesse. Vous le savez, parce
qu'on a regardé l'ensemble des conditions et
modalités, on a indiqué qu'on choisissait... là, dans ce cas-ci, on a
dit : On va choisir, pour repérer les enfants de milieux défavorisés,
la base de l'unité de peuplement, hein? On a discuté de ça la semaine dernière.
Donc, il faut que la loi permette de définir cette expression.
En même
temps, il faut que et la ministre, au fur et à mesure des années, puisse
s'ajuster selon l'expérience et aussi que les commissions scolaires
aient leur propre marge de manoeuvre, parce que, si elles sont trop encarcanées
dans mon projet de loi, elles vont avoir des problèmes. Parce que, des fois, il
y a la loi, mais il faut aussi que ce soit applicable et à tous les cas qui
vont survenir. Donc, les conditions et modalités viennent préciser ce que veut
dire «vivant en milieu défavorisé», et moi,
je vous ai indiqué, la semaine dernière, que, dans mon cas, ça veut dire :
«les enfants qui ont un indice de défavorisation de leur unité de
peuplement 9 et 10».
Il se
pourrait, là, c'est théorique, ce que je dis, mais il se pourrait qu'à
l'expérience, après un an, deux ans… Parce que, la loi, on ne la rouvrira pas tous les ans, là, pour ça. Rouvrir
une loi, c'est un mécanisme assez lourd. Mais il se pourrait qu'après un an ou deux ans on dise : On a
choisi unité de peuplement, mais on a oublié telle affaire, ou ça a tel effet
pervers, ou il faudrait tenir compte de telle situation, et donc que, dans
conditions et modalités, l'année suivante on ajuste quelque chose pour tenir compte de ce que ça aura donné comme premier
impact, notre définition. C'est pour ça qu'on ne peut, dans la loi, que
dire que c'est la ministre qui définit le sens de l'expression, précisément
pour pouvoir l'ajuster en cours de route.
Mais, vous le savez, les précisions, je les ai déjà données quant à
l'application pour l'année 2013-2014. Je vous ai déjà dit :
Voici la feuille de route, voici comment on va procéder.
Et j'ajoute peut-être, Mme la Présidente, qu'étant
donné que, dans l'amendement, on précise que c'est les enfants… des élèves vivant en milieu défavorisé de quatre ans, il faut
que, quelque part, on puisse définir c'est quoi, «vivant en milieu défavorisé». Je ne peux pas juste, dans
la loi, dire : Ça va être des enfants vivant en milieu défavorisé. Là,
ce serait vraiment trop large, il y aurait
trop de discrétion pour les définir. Et, dans la loi, je mets qu'on va définir
l'expression «vivant en milieu défavorisé»;
c'est ce que j'ai fait l'an dernier, là, avec mon unité de peuplement, par
rapport… hein, vous vous souvenez, on avait le choix entre ça ou encore
le territoire de l'école avec son indice de défavorisation.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Ne pourrait-on
pas dire, puis je pose la question parce que vous avez, alentour de
vous, des gens qui écrivent de façon
légale : «selon l'indice de milieu socioéconomique», économique se
référant en lieu de résidence de l'élève ayant atteint l'âge de quatre
ans? Bon, là, je change un peu, mais, en visant un autre libellé que «vivant en milieu défavorisé», j'ouvre — c'est la prétention que j'ai, là — le
principe en disant : «un milieu socioéconomique», puisque le
socioéconomique peut être différent si je suis à Montréal ou si je suis à
Gaspé, où le regard peut être porté de façon
différente, et ça donne une latitude. En même temps, je vous le dis — là,
je réfléchis à haute voix — parce
que, dans un libellé auquel nous, on
s'accrochait, on se disait : Il y a là quelque chose d'intéressant si on
ne vise pas que le principe défavorisé mais plus
socioéconomique, puisque, là, je vise un regard sur la communauté dans sa
globalité plutôt que dans un indice très précis. Puis ça ouvre... En tout cas,
la prétention qu'on a, c'est que ça donne une marge peut-être plus grande que celle où je vise de façon plus pointue le
milieu défavorisé en y accrochant des indices, soit d'unité de peuplement ou de regard, là. Parce qu'on ne
s'accroche pas de 1 à 10, là. On a compris que ça, c'était ailleurs, qu'on
spécifiait le principe 9-10.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Mme la ministre.
Malavoy : D'abord, l'indice
qu'on utilise actuellement, l'IMSE, là, l'indice de défavorisation, il a un
premier avantage, c'est d'être une façon de
traduire de façon précise ce que vous appelez, on pourrait dire, l'indice ou la
situation du milieu socioéconomique, O.K.? Parce que, si je le laisse trop
large, milieu socioéconomique, je vais avoir beaucoup de mal, par exemple, à dire à une commission scolaire qu'elle ne peut
pas mettre une maternelle dans tel milieu. Il faut que j'arrive à restreindre, il faut que j'arrive à
avoir vraiment les enfants des milieux les plus défavorisés. Et donc
comment juger que des enfants qui vont venir à cette maternelle quatre ans
seront vraiment de milieux défavorisés? Il faut que j'aie un outil. Mon outil, actuellement, c'est l'IMSE, qui est une façon
de traduire la réalité socioéconomique d'un milieu.
Un des
problèmes que nous avons avec cet outil, c'est qu'il n'est pas absolu.
C'est-à-dire qu'il est calculé sur la base de données qui proviennent,
entre autres, de recensements. Puis vous savez comme moi, et ça, c'est à notre
grand désarroi, là, parce que le Québec
n'était pas en faveur de ça, mais le fédéral a décidé de simplifier beaucoup,
beaucoup la cueillette de données à des fins
statistiques, et on va en voir les contrecoups dans bien des endroits mais ici
aussi. Pour fabriquer mon indice, j'ai des données statistiques mais qui
ne sont pas immuables, et donc il se pourrait que cet indice évolue dans le temps. L'indice de milieu socioéconomique, c'est
exactement ce que vous cherchez, il évolue dans le temps et il fait qu'il y a des déplacements… Il y
a des déplacements de population qui font qu'un quartier qui était très défavorisé peut devenir, à la limite, un quartier
plus aisé. Et surtout ma façon de calculer les données, elle est
tributaire de ce qu'on me fournit. Et je crains que le fédéral me fournisse
moins d'outils précis que je n'en avais avant.
Donc, pour le
moment, j'ai encore ce qu'il faut. Pour le moment, je suis encore capable, avec
l'IMSE, de calculer des unités de
peuplement et d'être sûre que les enfants... Par exemple, en 2013-2014, là, je
suis sûre d'être capable d'avoir des enfants qui vivent en milieu
défavorisé. Mais il faut que le libellé de mon projet de loi indique que je
veux parler d'enfants vivant en milieu
défavorisé mais sans m'accrocher de façon absolue à un indice qui peut évoluer
dans le temps.
En fait, il s'agit simplement de se donner les
moyens de ne pas être obligés de rouvrir une loi si, par exemple, l'indice, à un moment donné, ne rendait plus les
services qu'on veut qu'il rende; on en trouverait peut-être un autre.
Vous comprenez? Si je mets l'IMSE dans la loi, je suis comme coincée avec,
alors que ce que je veux, c'est pouvoir dire : Bien, il faudra définir «vivant en milieu défavorisé». Parce que, si je
ne le définis pas, ça peut être n'importe qui, et je retombe dans mon danger de concurrence avec les
services de garde. Là, je vise des enfants qui n'y vont pas,
essentiellement qui n'y vont pas.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : J'ai
l'impression qu'il va falloir que je me mette à parler plus vite si je veux
rentrer dans mon huit minutes puis
arriver à débattre de ce sujet. À ce moment-ci, je comprends l'explication de
la ministre et j'y vois un peu, dans
l'explication, la problématique qui peut être apportée. Je ne dirai pas que je
tiens à «milieu socioéconomique», mais
je vais essayer de voir comment on peut le gérer de la façon qu'il est écrit. À
ce moment-ci, je me demandais pourquoi il n'est pas inscrit, à quelque
chose que l'on tient, je crois, qu'on puisse y référer dans la loi, le principe
qui dit : «se référant au lieu de
résidence de l'élève». Et je comprends quand vous m'expliquez le principe de
l'adresse de l'école qui pourrait ne
pas être dans un milieu socioéconomiquement faible, mais on s'est dit que, dès
la première année, la commission scolaire choisissait le meilleur
endroit pour mettre la classe de la première année du préscolaire quatre ans.
Mais en même temps, si l'école choisie est
dans un milieu économiquement fort, puisqu'elle est à côté d'un autre milieu,
mais que c'est là qu'il y a de la place-élèves, l'adresse de l'école m'importe
peu. Mais, pour m'assurer que, dans l'application de ce que je m'apprête à faire et adopter puis… pour m'assurer que je
puisse faire les bons gestes, pourquoi n'inscrit-on pas dans l'article 3 — puisqu'on
a dit qu'on commençait à l'envers pour bien faire les choses — le
principe qui dit : «se référant au lieu de résidence de l'élève»? Et je
sais que... Et je ne devrais pas anticiper la réponse, là, je le sais...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
...Mme la députée des Mille-Îles…
Mme Charbonneau : ...oui, qu'il ne m'en
reste pas gros, hein?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
...qu'il vous reste deux minutes.
Mme Charbonneau : O.K. Alors, je ne
vous donnerai pas la raison que vous allez me donner, mais je vais l'entendre.
Alors, Mme la ministre.
Mme Malavoy : Mais je sens que vous anticipez ma réponse. Mais, en fait, c'est pour
se donner la possibilité, sans
changer la loi, de faire des ajustements. Le lieu de résidence de l'élève,
c'est l'unité de peuplement. Mais, s'il advenait que, d'ici un an, deux ans, on se dise : Finalement, c'est
compliqué, finalement, ça fait que des élèves, d'un côté de la rue, ont droit à quelque chose puis, de l'autre côté,
ils n'y ont pas droit, si les commissions scolaires, qui vont savoir
mieux que moi, là — ils
vont savoir mieux que moi — comment
on organise ça, de fait, une classe, s'ils me disaient : Écoutez, dans vos conditions et modalités, Mme la ministre,
on aimerait que vous reveniez sur la définition de «milieu défavorisé»
et que vous procédiez plutôt par l'indice de défavorisation de l'école, du
territoire de l'école, il ne faut pas que je sois obligée de rouvrir la loi si
je veux rouvrir la question. C'est juste ça.
je mets le lieu de résidence de l'élève, là, j'ai le lieu de résidence code
postal, unité de peuplement, mais, si dans un an ou deux ans je dois revoir cette question-là, il ne faut pas que
je sois obligée de rouvrir la loi, parce que je vais avoir... ça va être
beaucoup trop lourd, alors que je peux rouvrir la discussion, dire : En
fait, les conditions et modalités, elles ne
sont pas figées, elles sont ce qu'on pense faire de mieux pour commencer.
Chaque année, on aura à les revoir. Dans les règles budgétaires… Vous connaissez le principe des règles
budgétaires : chaque année, on revoit tout dans nos règles budgétaires. Puis, au printemps 2014, on aura
à revoir les règles budgétaires pour l'année suivante et à s'ajuster, s'il
y a lieu. Parce que, si je le mets dans la
loi... Imaginez que je mets le lieu de résidence, que c'est l'unité de
peuplement puis que, l'an prochain, on se
dit : Bien, les commissions scolaires me convainquent que l'autre approche
serait beaucoup mieux, il faut que je rouvre la loi. Je ne veux pas
rouvrir la loi pour ça.
faut que la loi soit quand même toujours assez large, en même temps qu'en
rajoutant «milieu défavorisé» et «quatre ans» on la rétrécit
passablement, là, la loi. Puis je pense que c'était utile de le faire, compte
tenu de tout ce qu'on a entendu. On l'a rétrécie passablement.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : En 30 secondes, je vous dirais que ça revient au
même, Mme la Présidente. Ça revient au même
parce que, si mon école est dans un milieu défavorisé, les lieux de peuplement
qui acceptent les enfants sont en milieu
défavorisé. Ça fait que de le préciser m'assure que, dans un milieu riche et
confortable, une famille reconnue en milieu...
dans un… socioéconomiquement faible a accès à un service, tandis que, si je
suis une école en milieu défavorisé, bien, tous mes élèves viennent du
milieu défavorisé. Leur adresse vient juste concorder avec l'adresse de l'école...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : ...Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : C'est tout, je pense que mon argument est fait.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions à ce
moment-ci? Oui, Mme la ministre.
Mme Malavoy : Bien, moi, simplement pour peut-être revenir sur le mot «vivant»,
«vivant en milieu défavorisé», c'est
«résidant», ça veut dire qu'il habite dans un milieu qui est considéré comme
défavorisé. Puis là on a dit ailleurs : «sur la base de l'unité de
peuplement». «Vivant», c'est «résidant». En fait, on a mis «vivant» parce que c'est
le mot, je crois, classique.
Mme Malavoy :
Dans le régime pédagogique, on parle d'enfants vivant à tel endroit mais dans
le sens d'«habitant», «habitant à tel endroit».
Mme Malavoy : Oui. Et c'est aussi, me dit-on, Mme la députée, c'est aussi pour éviter
les questions de garde partagée, et tout ça, là, O.K., donc de domicile
principal, domicile secondaire, etc. Mais le «vivant» veut dire que c'est un
enfant qui habite dans un milieu défavorisé.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à ce moment-ci? Oui, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy (Montarville) : Oui. Bonjour tout le monde, bon début de semaine.
Mme la ministre, nous sommes à l'étude
de votre amendement de l'article 3 du projet de loi n° 23.
Personnellement, pour ce qui est de l'amendement que vous avez ajouté, moi, ça me paraît une précision
qui était fondamentale, il fallait écrire que cette maternelle s'adresse
aux enfants issus de milieux défavorisés. Cependant, j'aurais une question à
poser, là je ne sais pas, je veux quand même profiter
d'un peu de temps et ne pas avoir une simple petite réponse, pouvoir échanger
un peu, Mme la ministre, à cet égard. Vous
venez de le répéter, l'article de loi, le 461.1, commence en disant : «Le
ministre — la
ministre en l'occurrence — peutétablir [les]
conditions et modalités…» Nous en avons amplement parlé la semaine dernière, et
vous nous avez soumis le document pour nous expliquer qu'elles étaient
les conditions et modalités que vous entrevoyez pour ce projet de loi. C'est un exercice qui a été très, très utile dans
la mesure où nous considérons qu'effectivement il y a de ces conditions
et modalités qui devraient, selon nous, se retrouver dans la loi. Je comprends
que modifier une loi n'est pas une mince affaire, mais il y a quand même des
choses primordiales, comme le fait d'y inclure que cette maternelle s'adresse spécifiquement pour les enfants vivant dans les
milieux défavorisés, ce que vous avez fait en ajoutant cet amendement.
Cela dit, j'aurais une question d'ordre légal ou
plus technique à vous poser. «Le ministre peut établir [les] conditions et
modalités», la question est la suivante : Nous sommes des législateurs,
nous sommes là pour faire des lois et règlements, donc quelle est la valeur légale ou la force légale
de ces conditions et modalités? Autrement dit, de toutes celles qu'on ne
pourra pas entrer dans la loi en tant que telle, comme cette modification que
vous avez faite, là… Moi, j'aimerais savoir quelle est la force probante, la
valeur légale, la force légale des conditions et modalités.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, Mme la députée de Montarville. Et je veux juste vous
rappeler que vous disposez d'un temps d'échange de 20 minutes. Mme la
ministre.
Malavoy : Je vais commencer
une réponse, mais je vais demander à M. Boily, peut-être, d'éclairer le
plan parfaitement légal. En fait, ce que dit d'abord cette première phrase, c'est
que la ministre peut établir des conditions, modalités
de services éducatifs de l'éducation préscolaire, O.K.? Le sens fort de
l'article, c'est d'introduire la possibilité d'offrir des services éducatifs pour des enfants de quatre ans de
milieux défavorisés, O.K.? Ça, c'est le coeur de l'article. Parce qu'actuellement
il n'existe pas de services éducatifs pour des enfants de quatre ans à temps
plein, O.K.? Donc, on introduit une possibilité.
Et moi, j'ai
demandé d'ailleurs, dès le début de la rédaction du projet de loi :
«Conditions et modalités», pourquoi ces mots-là? Alors, peut-être,
M. Boily pourrait prendre la parole, parce que ce sont des mots qui sont
des mots, je dirais, classiques dans la
législation. Ces «conditions et modalités», c'est des mots qui couvrent, bon,
l'ensemble de tout ce qu'on a regardé
la semaine dernière. Mais, M. Boily, peut-être vous pourriez, sur le sens
même de ces mots et sur leur portée légale, vous pourriez, je pense,
nous éclairer.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Est-ce qu'il y a consentement pour permettre à M. Boyer d'intervenir?
Merci. M. Boyer, vous avez la parole. Je vous demande de vous identifier
ainsi que la fonction que vous occupez au sein du ministère. Merci.
M. Boily (Mathieu) : Oui. Alors, mon
nom est Mathieu Boily. Je suis avocat à la Direction des affaires juridiques du
ministère de l'Éducation.
Donc, sur la
portée des «conditions et modalités», en fait, je dirais que c'est peut-être de
l'ordre d'une directive. C'est en
quelque sorte… le document qui a été soumis à l'étude en commission plénière,
c'est en quelque sorte un cadre normatif
qui va régir l'offre de services de maternelle quatre ans par les commissions
scolaires, complété par les règles budgétaires pour ce qui est du
financement des classes, complété par les conventions collectives pour les
questions de ratio, etc. Et je pense que ce qui est important de relever, c'est
que l'enfant de quatre ans, une fois admis par la commission scolaire puis
inscrit dans une des écoles, il va bénéficier des droits et services que la Loi
sur l'instruction publique confère aux
élèves, là. C'est un élève au même
titre que d'autres élèves à partir du moment
où il est inscrit. C'est seulement…
Son droit à l'inscription, lui, n'est pas universel comme ce qu'on retrouve à
la maternelle cinq ans, première année, etc. Et donc je ne sais pas si
ça répond en
partie à...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Oui. Merci, M. Boily. Puis je tiens à m'excuser. J'avais
mal compris, j'avais dit M. Boyer. Merci beaucoup, M. Boily. Donc, oui, Mme la
députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Si je peux
poursuivre l'échange, c'est... En partie, vous me dites : C'est de l'ordre
d'une directive. Étant néophyte en la
matière et nouvelle députée, quelle est la valeur, donc, légale ou la force
légale d'une directive?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
M. Boily.
M. Boily
(Mathieu) : Bien, la force
légale, c'est qu'à partir du moment où elles sont établies c'est… Le
cadre juridique de l'offre de maternelle quatre ans temps plein, c'est celui qu'on
retrouve dans ces conditions et modalités là.
Il n'y a pas d'autre... C'est ça qui fait naître, dans le fond, le droit puis
qui est complété après par tout ce qu'on retrouve, là, dans la
Loi sur l'instruction
publique et qui s'applique aux élèves, là, comme tel.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Mme la députée.
Mme Roy (Montarville) : Oui...
Mme Malavoy : Je peux ajouter...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui, Mme la ministre.
Mme Malavoy : Bien, j'ajoute que ces conditions et modalités vont s'ajouter, dans les
règles budgétaires, à ce qui est déjà discuté avec les commissions
scolaires chaque année. Chaque année, il y a des règles budgétaires qui prévoient combien ils vont avoir pour chaque
enfant, quelles sont les règles, finalement, de transfert d'argent du
ministère de l'Éducation aux commissions
scolaires. Et, une fois qu'on s'est entendus, c'est vraiment... Ce qui est
appliqué, c'est très, très normatif,
c'est-à-dire, si on dit : On vous donne tant par enfant, O.K… Alors,
mettons, mes maternelles, on vous donne tant par enfant plus tant pour... on a dit une ressource additionnelle,
dont on a discuté la semaine dernière, ça devient un engagement ferme qui est signé. Donc, on est liés
par ça pendant toute l'année. C'est revu chaque année, puisque les
budgets sont revus chaque année, mais, une
fois que c'est entendu et signé — généralement
à la mi-juin, je crois, à ce qu'on m'a dit, c'est à la mi-juin, les règles budgétaires
qui sont, je crois, signées — c'est
un engagement ferme sur lequel on ne peut pas revenir pendant l'année.
Mme Roy (Montarville) : Ça, c'est pour les normes budgétaires,
l'engagement ferme. C'est parce que j'aimerais qu'on me précise ces conditions et modalités sur lesquelles nous
travaillons et qui sont extrêmement importantes. Dans la mesure où vous ne pourriez y répondre pour une
raison... Par exemple, le fait que nous voulions deux enfants... deux
adultes, pardon, dans les classes de maternelle quatre ans pour les enfants...
si, par exemple, les normes budgétaires ne vous permettent pas d'y arriver, malgré votre intention qui est fort louable,
et que la condition et modalité dit que vous allez le faire mais que
vous ne pouvez pas le faire, quelles sont les... Autrement dit, il n'y a pas de
force légale dans cette modalité, cette
directive que vous avez dite parce que vous n'êtes pas liée par ces modalités
et conditions si vous n'arrivez pas à
les respecter. Elle est là, ma question. C'est pour ça que je disais que la
force légale des modalités et des conditions... Si, par exemple, vous ne
trouvez pas le 1,6 million qui est nécessaire pour le deuxième adulte...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la ministre.
Mme Malavoy : Bien, votre question, je la comprends très, très bien. En fait, moi, je
vais devoir préciser ça. Je ne peux pas parler de façon vague, O.K.? C'est-à-dire,
si je dis : Je suis prête à ajouter une ressource d'un deuxième adulte
pour chaque classe de maternelle, il faudra que je le chiffre. C'est ça qu'on
est en train de faire. On est en train de
voir quelle est la somme d'argent qu'il faudrait avoir, à peu près, par classe
de maternelle multipliée par le nombre de classes qui seront offertes.
Et c'est là qu'on pense qu'il faudra dégager 1,6 million.
Mais, le jour où mes
règles... mes conditions et modalités vont être finies de travailler avec les
commissions scolaires, elles vont être
finies d'être alignées, je me serai engagée. Je ne pourrais pas signer quelque
chose qui ne soit pas précis. Je ne
pourrais pas dire : Je m'engage à vous fournir en cours de route une
deuxième ressource, puis dire : Bien, je suis désolée, finalement je n'ai pas l'argent. Je ne peux pas faire ça.
Je devrai dire : Je vous donne une deuxième ressource, vous aurez tant par classe, puis c'est ferme pour
toute l'année scolaire. Parce que, sinon, ça serait une discrétion, là,
qui pourrait rendre la vie beaucoup trop compliquée. Il faut que les
commissions scolaires sachent exactement à quoi s'en tenir pour préparer et implanter leurs classes de maternelle. Il
faut qu'elles sachent de combien d'argent elles vont disposer, de
combien de ressources, y compris cette ressource dont on a parlé.
Mme Roy
(Montarville) : Je vous suis à cet égard, Mme la ministre, et voici où
je veux en venir. C'est dans l'hypothèse...
Et on souhaite ces deux adultes par enfant, absolument, puis c'est une
condition qui nous tient vraiment à coeur
pour la réussite de ces maternelles. Mais, dans l'hypothèse où vous arrivez
avec les normes budgétaires mi-juin, juin, mi-juin, nous, on est partis
d'ici. Et, dans l'hypothèse où on n'a pas les sous pour cette deuxième
ressource… Comment peut-on accepter cette loi-ci sans savoir si les sous seront
là pour la deuxième ressource, chose que nous devrions savoir vers la mi-juin?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la ministre.
Mme Malavoy : Peut-être, je peux préciser d'abord qu'on travaille avec différents
outils qui se complètent. Alors, il y a les règles budgétaires dont je
vous parle, qui couvrent beaucoup de choses. Dans ce cas-ci, il y a les
conditions et modalités qui viennent préciser tout un nouveau pan. Il y a les
conventions collectives qui sont d'autres outils avec lesquels on doit travailler. Donc, on a, je dirais, au moins trois
sources, là, d'alimentation pour être capables de savoir quelles vont
être les conditions d'exercice et d'implantation de cette maternelle.
travail qu'on fait ici, nous, c'est de donner les moyens, par une loi, qu'on
implante des maternelles quatre ans. Mais
après ça il y a tout un travail qui se fait, de toute façon, en dehors du cadre
législatif. Les commissions scolaires, vous pensez bien qu'elles sont
aux aguets. Elles m'ont entendue dire que je trouvais légitime d'avoir une
deuxième ressource. Donc, elles m'ont
entendue le dire, puis c'est dûment enregistré, puis je ne passerai pas à côté,
là. Ce que je ne peux pas mettre de façon extrêmement précise aujourd'hui,
c'est : Est-ce que j'ai vraiment terminé mon travail pour avoir l'argent? Mais je suis en train de le faire,
et il est fort possible que, d'ici la fin de nos travaux, je puisse vous
dire : Bien, oui, mon sous-ministre en
titre m'indique que j'ai la somme d'argent.
Mais, même si on
réglait ça pour les ressources additionnelles, il y a d'autres affaires qui
vont, malgré tout, se discuter avec les
commissions scolaires en dehors de l'étude du projet de loi. C'est notre
travail, dans cette espèce d'aller-retour continuel, de nous ajuster, de
discuter des conditions d'implantation, entre autres, de ces maternelles, et de
plein d'autres choses aussi, là. Il y a
toutes sortes de décisions à prendre continuellement. Par exemple, vous voyez
en ce moment dans l'actualité qu'il y a des
régions où des écoles craignent de ne pas avoir assez d'élèves pour rester
ouvertes. Bon. Alors, la loi dit des choses,
puis après, moi, avec les commissions scolaires, on discute de tout ce qu'on
peut faire pour garder des écoles
ouvertes. Et ça, c'est notre travail de prendre... puis, à un moment donné,
prendre des décisions, de dire : Ça
arrive exceptionnellement, c'est des cas malheureux, mais ça peut arriver que
des écoles soient fermées. C'est arrivé dans mon comté il y a deux ans,
puis ça peut arriver.
Donc, si je reviens à
ce dont on parle, il y a des choses que je peux préciser dans la loi, «vivant
en milieu défavorisé». Il y a des choses que je vous dis clairement dans les
conditions et modalités puis il y a des choses qui sont en train d'être discutées avec mon sous-ministre, parce que, le
jour où je donne, par exemple, un chiffre, bien, il faut que je sois
appuyée, parce que, sinon, je cause des problèmes à tout le ministère. Mais ça
se peut que, d'ici la fin de nos travaux, là, on soit rendus assez loin pour en
discuter. J'en discute, entre autres, demain avec le sous-ministre dans une
réunion de travail.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, Mme la ministre. Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres
intervenants qui... Oui, M. le député de Saint-Hyacinthe.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
Moi, je veux revenir sur un point qui a été soulevé par la représentante de l'opposition, là, la porte-parole de l'opposition.
Je comprends mal qu'on dise qu'on amène l'élément milieu défavorisé quand on voulait mettre «milieu socioéconomique»,
parce qu'actuellement, là, on prend... le projet de loi va s'appliquer sur les indices de défavorisation 9 et 10. Les
indices de défavorisation 9 et 10 sont déjà identifiés, et ils sont déjà...
on a déjà les écoles identifiées dans nos milieux. Alors, il y a des milieux où
il y a des jeunes qui ont peut-être... qui vivent peut-être dans une famille défavorisée mais qui ne sont pas dans une
école d'indice 9 et 10, puis ces jeunes-là reçoivent les services dans
ces écoles-là quand même, là.
Donc, à ce moment-là, les jeunes — c'est
ça que j'essaie de comprendre — les jeunes qui sont dans une école indice 9 et 10, bien, ils sont dans un
milieu défavorisé, ils sont déjà identifiés. Et, s'il y en a qui vivent à
l'extérieur, dans un autre milieu — puis il y a des jeunes qui
sont pauvres dans d'autres milieux aussi que dans les écoles d'indice 9 et 10 — ces jeunes-là, ils vivent... ils vont dans les
écoles de leurs quartiers quand même, là, tu sais, puis ils ne sont pas pénalisés pour autant. Alors, j'ai une
misère à comprendre l'objection, là, de l'opposition là-dessus, sur l'indice,
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, M. le député de Saint-Hyacinthe. Est-ce qu'il y a d'autres
demandes d'intervention? Est-ce que vous êtes prêts à disposer de l'amendement?
Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Adopté. Donc, nous retournons à l'article 3.
Charbonneau : À ce moment-ci,
Mme la Présidente, je déposerais un amendement, mais on va finir de l'écrire correctement, parce qu'on avait tout mis
dans le même truc puis on vient de comprendre que, dans la technicalité,
ce n'est pas la même chose. Donc, si vous nous donnez quelques instants, ce
serait peut-être...
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Parfait. Je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 41)
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : La commission reprend ses travaux. Mme la députée de Mille-Îles,
vous avez déposé un nouvel amendement. Donc, Mme la députée de Mille-Îles, je
veux juste vous préciser que les membres de
la commission l'ont reçu. Nous avons procédé aux photocopies. Votre nouvel
amendement a été distribué, et la parole est à vous, Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Charbonneau : Merci, Mme la
Présidente. Avec excitation, je vous dirais que je suis à mon premier
amendement. C'est vraiment... Cette commission va avoir apporté des premières
fois à plusieurs égards.
L'article 3
sur lequel on travaille en ce moment… et on vient d'adopter un amendement qui
le modifie. Par contre, dans
l'article 3… il commence comme suit, ça dit : «Le ministre…» Et je
suis d'accord avec la ministre qui dit : J'ai bien hâte de voir un «la ministre» écrit autant que «le
ministre», mais «le ministre peut établir des conditions et modalités
visant l'organisation, par les commissions scolaires, de services éducatifs de
l'éducation préscolaire destinés à des élèves», et l'amendement qu'on a adopté
précédemment embarque.
Ce que nous
suggérons, c'est de pouvoir modifier l'article de loi en disant… plutôt que
«peut établir», c'est que le ministre
«établit», et par la suite «peut y préciser» par «établit», puisque la ministre
a fait l'exercice, la semaine passée, de nous déposer ce qu'on appelle Conditions et modalités , ce qui
nous offre une belle porte pour voir la visée qu'on veut avec l'article
de loi.
Mais, quand on dit : «La ministre peut…» On
ne veut pas mettre «la ministre doit» — puis je fais toujours la blague… parce que je l'ai vu, je l'ai vu, de mes
yeux vu quand Mme Doyer faisait la différence entre «peut» et«doit» — mais
en même temps on dit : «La ministre établit les conditions et modalités»,
puisqu'à chaque année elle les revoit,
elle les recense et est sensible, de par ces modalités-là, par les règles
budgétaires aussi. Donc, plutôt que dire «peut», on dit : «La
ministre établit».
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Malavoy : Oui. Vous attendez que
j'intervienne? Bon. Je réfléchis à la question.
Quand on met dans une
loi «le ministre peut établir», on garde malgré tout une ouverture pour ne pas
figer quelque chose pour les
50 prochaines années, quel que soit l'état des finances de l'État ou quel
que soit ce qui peut arriver. Donc,
on dit : «Le ministre peut établir des conditions». On lui donne ce droit
d'établir des conditions pour des services éducatifs très, très pointus,
très, très précis, qui ne sont pas... Ce n'est pas un droit universel, on l'a
bien dit. C'est un droit
qui est limité, donc il faut pouvoir établir les modalités de ce droit qui
n'est pas universel. Il faut pouvoir le faire, puis, chaque année, ça doit être revu, à cause des règles budgétaires
dont je vous ai parlé tout à l'heure. Toutefois, je peux peut-être indiquer aussi, tout de suite, parce que
je vois qu'à la fin, au lieu de «peut y préciser…» Attendez un petit
peu…
Mme Charbonneau : Dans le fond, c'est le mot «établit» qui revient, puisque,
dans le regard qu'on porte sur le rôle
du ministre de l'Éducation, on se dit : Ce n'est pas une latitude, c'est
une obligation. Mais, dans une loi, il est très ardu de dire «le ministre doit», puisque normalement un
ministre n'est pas dicté dans ses responsabilités. C'est pour ça qu'on dit : «la ministre ou le ministre établit»,
puisque ce n'est pas quelque chose qu'il peut faire, ce n'est pas quelque
chose qu'il doit faire, c'est quelque chose
qu'il fait. Et, comme vous le dites si bien, puisque c'est une responsabilité
qui peut, à la mesure qu'on s'en
parle, devenir annuelle, parce qu'on va s'ajuster puis... Alors, «établit»,
c'est clair, il n'y a pas de latitude,
il n'y a pas de verbe qui vient complémenter pour dire : Bien, il aurait
pu, mais il n'a pas pu. Non, non, non, la ministre établit les
conditions et modalités, ce qui donne une obligation mais qui ne dicte pas par
le principe de doit établir ou peut établir. C'est : La ministre établit
et elle rend en acte.
Puis,
on dit : Bien, elle peut préciser. Bien, non, la ministre, elle a établi,
donc elle ne précise pas. Elle établit, et les commissions scolaires, dans la latitude qui leur est donnée à partir
des articles de loi, bien, font avec les conditions et modalités dont vous avez disposé. Et, dans les
conditions et modalités, je nous rappelle qu'il y a cette marge de
manoeuvre là, là, pour les commissions scolaires.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Malavoy : Je vais le reprendre en essayant d'être un peu plus claire que tout à
l'heure. Ce sont des services qu'on
offre… qu'on offrira — prenons en septembre prochain — qu'on offrira pour des enfants de quatre ans
de milieux défavorisés, une classe
par commission scolaire. On ne fait pas une loi pour introduire... Je sais que
je répète des choses, mais, pour comprendre mon raisonnement, il faut
que je les répète. On sait qu'on n'introduit pas un nouveau droit universel, O.K.?
Donc, je ne suis pas en train de dire : Tous les enfants de quatre ans…
même pas tous les enfants de quatre ans de
milieux défavorisés auront droit à cette maternelle, O.K.? Donc, je n'introduis
pas un nouveau droit universel. Donc,
l'État — ce
n'est pas juste moi comme ministre — l'État
du Québec ne prend pas un engagement pour un nouveau droit universel. Ça
entre donc dans ce qui est négocié ou, je dirais… «négocié» est peut-être un
mot un peu fort, mais en tout cas ce qui est
discuté chaque année avec le Conseil du trésor. Il faut que le Conseil du
trésor m'autorise à utiliser, dans mes règles budgétaires, de l'argent
pour ça.
Conseil du trésor, je ne lui demande aucune permission pour les maternelles
cinq ans ou pour la première ou la deuxième année parce que c'est un
droit universel. Le Conseil du trésor ne pourrait pas me dire, par
exemple : Bien, désolé, Mme la
ministre, nous n'avons plus d'argent pour les maternelles cinq ans. Il ne peut
pas me dire ça, O.K., parce que c'est
un droit pour tous les enfants du Québec. Donc, on doit se débrouiller pour
financer les maternelles cinq ans, et le primaire, et le secondaire.
Dans
le cas de mes maternelles quatre ans, milieux défavorisés, comme ce n'est pas
un engagement universel, c'est un
engagement, il y a tout lieu de croire que cet engagement, il pourra se répéter
d'année en année. Mais les règles budgétaires
qui le permettent font
partie de ce qui est voté au Conseil du trésor chaque
année. Ce n'est pas des enveloppes qui sont garanties à vie, O.K.? Il se
pourrait, par exemple, mais je ne souhaite pas voir ça de mon vivant de
ministre de l'Éducation, mais il se
pourrait, à un moment donné, qu'on dise : Les finances de l'État sont
telles que, tout ce qui n'est pas dans notre mandat premier, bien, on
est obligés de le mettre entre parenthèses pour un certain temps. Ça pourrait arriver, bon, et c'est pour ça... Le «peut», c'est
à cause de ça. C'est parce que, si on met «établit», ça m'oblige à
garantir qu'on le fait chaque année, indépendamment du contexte dans lequel on
peut être. Ce n'est pas en lien avec ma
volonté d'engagement à moi, c'est en lien avec le fait que ce n'est pas une
règle universelle et que, donc, c'est soumis aux règles du Conseil du
trésor, qui sont annuelles, parce que j'ajoute quelque chose mais qui est...
Autrement dit, je
pourrais le retirer, mais comprenez bien que ce n'est pas mon intention, là,
mais je pourrais, avec une offre comme
celle-là, la retirer, alors que je ne peux pas retirer l'offre de scolarisation
des enfants, parce que ça, c'est un
droit qu'ils ont. Mais là ce n'est pas un droit que les enfants de milieux
défavorisés ont, d'avoir une maternelle à plein temps. Ce n'est pas un droit que je leur confère. C'est un service
que j'offre, que j'ajoute à ce que l'État du Québec a offert. Il a
offert des services de garde, il offre actuellement des maternelles mi-temps,
là il va offrir des maternelles plein temps en milieu défavorisé.
Alors,
le «peut» est une précaution législative, puisque je ne suis pas moi-même... je
dirais, je ne suis pas moi-même la
personne qui peut décider de l'avenir de cette mesure de façon absolue. J'irais
au-delà de ce qu'on m'octroie comme pouvoir. Toutefois, l'autre, j'étais
en train de... tant qu'à y être, j'étais en train de regarder l'autre élément
de votre amendement, le deuxième, «peut y
préciser», là, avant «les activités ou services». Là, je n'ai pas de problème à
dire, par exemple, «il y précise». Je n'aurais pas de problème à mettre
le deuxième verbe au... comment on appelle ça, au...
Mme Malavoy : À l'indicatif présent? Ah là là! La ministre de l'Éducation, il
vaudrait mieux qu'elle sache ce qu'est
l'indicatif présent, hein? Notre grammaire est parfois un petit peu loin. Mais
donc je pourrais… Dans le deuxième cas,
à partir du moment où, de fait, j'en aurai établi, des conditions et modalités,
je pourrais très bien dire, après «vivant en milieu défavorisé», si je comprends bien votre amendement, je
pourrais très bien dire : «il y précise», au lieu d'«il peut y
préciser». Parce que, là, c'est évident que, si on offre de ces services-là, on
va y préciser les activités.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : J'ai compris
l'explication. Je suis perplexe parce que, malgré le fait qu'on me dit
qu'on établit une règle qui pourrait changer
l'année prochaine, et j'en conviens... D'ailleurs, les règles budgétaires, à
chaque année, viennent poser des entraves et
des conditions dans les commissions scolaires. Ce qui m'inquiète, c'est qu'on
me demande de travailler sur un projet de
loi qui pourrait disparaître l'année prochaine. Ça ne me plaît pas. Ça ne me
plaît pas. Je vous dis pourquoi : Parce
que, dès le départ, j'y crois. J'y crois. Je suis très sincère. J'ai passé
trois jours dans mon milieu, puis je
me suis fait interpeller, puis les gens me disaient : Coudon... Non, non,
j'y crois. Moi, j'y crois. Moi, je pense que, partir de chances égales
les enfants, c'est une responsabilité gouvernementale.
Un coup que j'ai dit ça, j'entends que
peut-être — puis
ça m'inquiète, là, mais je vais essayer de gérer mes inquiétudes — peut-être
que, si le ministre responsable du Conseil du trésor décide, la semaine
prochaine, que, pouet, ça ne marche
pas puis que, savez-vous quoi, ils en feront s'ils sont capables parce qu'il
n'y aura pas d'argent pour ça, bien là,
ça tombe. Et là je me dis : Non, non, je suis en train de créer une
attente, je suis en train de mettre en place quelque chose d'innovateur. Puis je vous le concède, là, parce que,
tu sais, on ne penserait pas qu'une députée libérale pourrait dire
que... mais, oui, moi, je pense que c'est
quelque chose que j'apprécie, puis vous avez une vision de cette maternelle qui
me plaît.
L'attacher,
par contre, ça me frustre parce que... J'utilise toujours le mauvais mot, mais
je vais gosser sur les mots. Il y a des bouts qui me frustrent parce qu'on
ne veut pas... on veut l'attacher, mais on ne veut pas vraiment l'attacher, puis on a peur que, puis... Non, non. La ministre
établit des conditions et modalités. Elle établit des conditions et
modalités. Si, dans ces conditions et
modalités là, le premier
article dit : S'il n'y a pas d'argent dans... du
Conseil du trésor pour faire ça, il
n'y en aura pas, mais ce n'est pas «la ministre peut établir», parce que, là,
je sens qu'il y a du mou qui fait en sorte que mes modalités et
conditions peuvent être laissées pour compte une année ou une autre. Et, malgré
le passage des gouvernements, une bonne loi
fait le travail qu'elle a à faire, et, quel que soit le ministre ou la
ministre, il doit faire acte et se dire présent à des conditions sur
lesquelles on veut établir un Québec meilleur.
Ceci dit, je
crois qu'il serait responsable de notre part de dire que «la ministre établit
des conditions et modalités», et
c'est dans celles-ci, si j'ai bien compris le principe de conditions et
modalités, où là on pourra rectifier le tir si jamais ça ne marche pas. Mais, si on garde «peut», bien, je
vais refaire un sous-amendement puis je vais dire «doit», parce que, là,
je vais devenir force de l'ordre, puis qui dit : Ça se doit d'être fait.
Mais «la
ministre établit», pour moi, vient poser une ouverture, et en même temps un
endroit très précis où elle peut, c'est dans les conditions et modalités
visant l'organisation. Des fois, je suis lousse, des fois je suis entêtée. Là, je suis un peu entêtée sur le principe de «la
ministre établit». Je ne veux pas qu'on joue avec le «doit» et le «peut». Je
pense que c'est la responsabilité de... quelle que soit la personne qui occupe
cette chaise, de dire : «elle établit».
Puis, balle
au bond, je vous dirais, la ministre décide qu'elle n'établit pas de conditions
et modalités parce que le Conseil du trésor ne lui donne pas l'argent
pour mettre en place le préscolaire quatre ans en milieu défavorisé, bien, le gouvernement qui va décider ça prendra ses
responsabilités puis les tomates qui viennent avec. Mais, au moins, si
on écrit «la ministre établit», on met en place quelque chose de concret et une
responsabilité gouvernementale sur une volonté de partir les petits enfants à
chances égales.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la députée de Mille-Îles. Mme la ministre.
Mme Malavoy : Ça nous renvoie au
coeur de ce projet-là. Si on avait voulu mettre une obligation, on aurait
modifié le régime pédagogique pour dire que les enfants de quatre ans vivant en
milieu défavorisé ont droit à des services
éducatifs. Puis je dirais que, d'un point de vue de valeurs de société, là, je
ne pense pas qu'on ait, en soi, je dirais... qu'on soit réfractaires à cette idée-là, mais, pour toutes sortes de
considérations, d'une part, parce qu'il existe des services de garde qui rejoignent les trois quarts des
enfants de quatre ans, d'autre part, parce qu'on est à une étape
d'expérimentation, puis je le dis
dans le sens de l'implantation progressive, et on veut voir ce que ça va
donner, on ne le sait pas encore, puis, d'autre part, parce que les services, donc, qui ne sont pas universels
sont sujets à des ajustements en cours de route, selon les finances de l'État,
ce n'est pas chaque ministre qui décide ça, pour ces raisons-là, on a
dit : On cadre ça pour des enfants de quatre ans en milieu défavorisé,
mais on n'en fait pas une règle universelle.
Que vous
mettiez «établit» ou «doit établir», c'est pareil. Si vous enlevez le «peut»,
vous en faites une obligation et vous faites une obligation de quelque
chose qui est un ajout de service mais pas un engagement de l'État d'offrir ça
à tous les enfants de quatre ans. C'est un engagement de l'offrir, de regarder
ce que ça va donner, de présupposer. Je présuppose
comme vous que ça devrait être bénéfique, mais je fais quelque chose de nouveau
et je ne suis pas en train d'étendre la mesure. Il se pourrait qu'après
un certain temps on ajuste autrement les responsabilités du ministère de la Famille puis les responsabilités du ministère
de l'Éducation. On le voit bien d'ailleurs, il y a actuellement un effort
de complémentarité, mais en même temps, bon,
on veut être bien certains qu'on fait les bons choix. Donc, on se donne
là toute cette marge de manoeuvre et pour le bien, je dirais, de ce projet et
compte tenu des règles de l'État.
Et il faut toujours se dire aussi que ce qu'on
écrit dans un projet de loi, ce n'est pas lié à un gouvernement en particulier. C'est lié à quel que soit le
gouvernement. Alors, si on met «établit» ou «doit établir», on prend un
engagement qui est vraiment formel et qui va plus loin que ce que normalement,
comme ministre, je mets au jeu, là. Ce que je mets,
ce que j'offre, c'est quelque chose de plus ciblé, et je ne veux pas en faire
une obligation plus loin que ça, d'autant plus que je ne l'ai pas encore vécu, ça. Tu sais, je n'ai pas encore
suivi le projet. Il faut que je me donne la latitude de le suivre au fur et à mesure de son développement.
Peut-être qu'à un moment donné... je ne sais pas, peut-être qu'à un
moment donné, on voudra déborder de ce cadre
plus restreint et on rouvrira la loi. Mais, pour l'instant, il faut que je me
donne les moyens d'établir les conditions et modalités
dont on a abondamment parlé mais sans en faire une obligation stricte, parce que, là, je me coince à différents... sous
différents angles. Je me coince pour la suite des choses. Je me coince,
et des gens qui me succéderont... Parce que
ce n'est pas un genre de projet de loi qu'on rouvrira, j'imagine, trop
allègrement, là. Il y en aura d'autres qui toucheront d'autres sujets.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Je vous entends et plus j'en parle, plus j'y pense, plus
je m'y perds. Je crois que la volonté, elle est là. Je ne crois pas que les
gens qui vous entourent souhaitent — de notre côté, en tout cas,
ce n'est pas ça — de voir quelque chose s'établir dans la loi
et s'éteindre l'année prochaine. Je ne crois pas non plus que c'est une
expérience. Je crois que c'est quelque chose qu'on a vu émerger, qu'on
apprécie, qui a fait ses preuves en quelque sorte,
que… par les six projets de la FAE ou l'école Saint-Zotique, sur laquelle — je vous le rappelle parce que je ne l'ai
pas dit quand elle est venue — la directrice de cette école a insisté de
façon incroyable auprès... au moment où elle a insisté… de la ministre de l'Éducation
pour avoir ce projet pilote.
Nous
savons que ça donne une chance égale aux enfants, ou du moins dans la mesure du
possible. Nous savons qu'on ne veut
pas rouvrir la loi, puis, l'amendement précédent, là, on disait : Lâchez
prise parce qu'on ne veut pas rouvrir la loi pour la définition de «vivant en milieu défavorisé». Et,
honnêtement, vous m'avez eue, j'ai lâché prise puis j'ai dit : Je
vais arrêter de m'entêter par rapport à «vivant en milieu défavorisé».
Effectivement, peut-être que n'ouvrir la loi que pour des mots, ce n'est
peut-être pas une bonne chose puis...
Mais
là on est sur un principe qui dit que «la ministre établit des conditions et
modalités visant à l'organisation». Moi,
je veux bien qu'on vous dise que ça vous attache, que, là, vous allez avoir une
camisole de force, qu'on ne pourra plus rien faire puis que, pour enlever un mot, il va falloir rouvrir la loi.
Mais, à partir du moment où on me dit que la responsabilité de la
ministre est de voir, annuellement s'il le faut, les conditions et modalités
qui visent l'organisation de quelque chose, c'est là où se situe le rapport de
force, parce que je vais l'appeler comme ça, entre la ministre et l'ensemble
des organisations qui s'y rattachent.
Donc, pour le
principe de responsabilité, à vous ou aux personnes qui suivront, parce que la
loi dicte les comportements et la volonté,
la ministre établit des conditions et non quelqu'un d'autre qui pourrait aussi…
Parce que, dans une autre modalité,
je pourrais retrouver : M. Machin Chouette peut aussi établir des
modalités et conditions dans les...
Moi, pour moi, la responsabilité ministérielle, elle se situe là, et l'ensemble
du ministère se mobilise pour dire : Bien, on va faire en sorte que les conditions et modalités qui visent
l'organisation sont une responsabilité du ministère ou, je vais aller plus loin, de la ministre, parce qu'un
ministère pourrait dire : Bien, non, savez-vous quoi, le Trésor nous a dit
qu'il n'y a pas d'argent. Ça fait que, dans les conditions et modalités, on...
Tandis que la ministre pourrait, du rôle qu'elle occupe, parler à la première ministre, parler au Conseil du trésor puis
dire : Non, non, non, c'est une mesure nécessaire. On va regarder
ailleurs dans le budget du ministère, mais on va établir cette condition-là
puis on va faire en sorte que les conditions et modalités répondent aux enfants
de quatre ans en milieu défavorisé. Il n'y en a pas, d'enfant en milieu
défavorisé? Il n'y a pas de classe. C'est déjà établi dans les conditions et
modalités.
Donc,
puisque c'est une responsabilité qui se rattache non à la classe, non aux
enfants, mais plutôt aux conditions et modalités
qu'on oblige à la commission scolaire, je pense que... Puis c'est vrai que je
ne veux pas mettre le mot «doit», parce
que, pour moi, le mot «doit» est autre chose. Mais «la ministre établit», ça
fait
partie de ses responsabilités et, pour moi, ça va d'emblée dans le
rôle qu'elle occupe.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Malavoy :
J'aimerais ça réfléchir à quelque chose, là. Je ne sais pas si vous préférez qu'on
suspende un instant.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait. Nous allons suspendre nos travaux
quelques minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 15)
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : La commission reprend ses travaux. Nous avions
suspendu quelques minutes. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Je pense que c'est...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la ministre?
Charbonneau : Oui, c'est ça.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait. Mme la ministre, vous avez la parole.
Malavoy : Oui. Je vais vous
proposer quelque chose, mais ce n'est pas, comme telle, une réécriture,
mais je voudrais qu'on s'entende sur le sens. Si on s'entend sur le sens des
choses, on pourra éventuellement continuer la discussion… (panne de son) …mais
je veux m'assurer qu'on se comprend sur ce qu'on souhaite avoir plutôt que de
continuer à discuter simplement sur le «peut» ou le... Bon.
Ce que je suis prête
à essayer de réécrire, mais on ne le fera pas sur le coin de la table, c'est l'idée
que, si on s'entend, la ministre peut établir des services éducatifs, O.K.? La
première idée, c'est que, des services éducatifs, on peut en établir pour des enfants de quatre ans vivant en milieu
défavorisé. Ça n'est pas un service universel, donc on peut en établir.
Puis je ne vous demande pas de dire oui ou non tout de suite, là, mais
juste que nous, on retravaille après, éventuellement, le texte.
Donc, première idée
dans ce projet de loi : la ministre peut établir des services éducatifs
pour des enfants de quatre ans vivant en
milieu défavorisé. Dans un tel cas, peu importent les mots qui seront écrits,
«le cas échéant» ou je ne sais pas
quoi, mais, dans un tel cas, elle établit les conditions et modalités et elle
précise les services offerts aux parents. Donc, je dirais, le premier bout de phrase, c'est : «La ministre peut
établir des services éducatifs», pour toutes les raisons qu'on a expliquées, là, que ce n'est pas un droit
universel, etc., mais, quand elle le fait, elle établit, donc elle s'engage
à établir des conditions et modalités et à préciser des services aux parents.
oblige à réécrire le... C'est le même esprit de la loi, mais ça oblige à
réécrire le texte. Puis je veux qu'on le fasse correctement. Je ne veux pas que ce soit fait n'importe comment.
Mais, si on s'entend, de part et d'autre, sur le fond de la question, parce que c'est ça que je sens
derrière vos propos, on va le réécrire puis on verra après,
techniquement, comment on procède avec les amendements qui ont été déposés.
Mais moi, je serais prête à faire ce bout-là, là, mais en distinguant bien les
deux parties, les deux parties.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Charbonneau : Vous savez, Mme la Présidente, dès le départ, on a dit : On va
travailler ensemble pour la rendre meilleure, puis je pense que ça la
rend meilleure, puisqu'effectivement le principe du service éducatif n'est pas inscrit dans celui-ci, hein, dans
l'article 3. C'étaient vraiment les conditions et modalités. D'ailleurs,
c'est pour ça qu'on a changé l'ordre
de présentation puis c'est pour ça qu'on a passé un après-midi à parler des
conditions et modalités. Et, honnêtement, moi non plus, je ne sais pas
comment est-ce qu'on va faire ça. On va sûrement suspendre, vous allez nous
proposer un sous-amendement ou quelque chose comme ça, mais...
Je suis très à l'aise
avec la proposition que vous faites, puisque la volonté que vous mettez sur la
table, c'est qu'effectivement, à partir du moment où je donne le service — et c'est
là que j'en étais, vous avez très bien compris — la
ministre établit les conditions et modalités, donc a cette responsabilité-là
qui fait en sorte qu'elle prend son
rôle et le pose concrètement. Et, au départ, pour le service éducatif, bien là,
ce sera au gouvernement qui est en place,
ou qui sera en place, ou qui… tu sais, dans l'avenir, qui devra prendre cette
responsabilité-là sur 461.1, sur est-ce qu'il va offrir le service à
partir du moment où le Conseil du trésor va dire oui ou dire non. Mais j'apprécie
cette précision qui dit qu'il y a le service
éducatif, puis après ça il y a des responsabilités qui en découlent, et, de ce
fait, la ministre établit. Donc, je suis très à l'aise avec... je ne
sais pas comment, mais je suis très à l'aise.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la députée de Mille-Îles. Je peux
vous soumettre de peut-être suspendre votre amendement. On peut attendre que la
ministre revienne avec sa proposition. Est-ce que ça vous convient?
Mme Malavoy :
Ou encore, s'il y a d'autres éléments, on peut poursuivre puis suspendre cet
aspect-là.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : …Mme la ministre. On pourrait juste suspendre l'amendement
de la députée des Mille-Îles…
Mme Malavoy :
Ah! D'accord. Pas nos travaux.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Non, pas nos travaux. On convient de continuer
ainsi? Parfait, merci. Donc, la parole est à la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Bien, écoutez, si on poursuit sur l'amendement de ma
collègue, qui vient d'être suspendu, moi, je
comprends très bien ce que vous faites, Mme la ministre, je suis tout à fait
d'accord avec vous de séparer le fait qu'il y ait des services et qu'il y ait
des modalités... des conditions et modalités et que vous vous laissez la porte
ouvertedans la possibilité qu'il y
ait des services. Mais, si services il y a, vous avez l'obligation d'établir
des modalités et conditions.
Alors,
ça, c'est très clair, effectivement. Je pense que ça règle un problème de
rédaction, de la façon dont ça a été fait,
parce que, là, vous n'aviez aucune obligation ministérielle, alors que, là,
l'obligation vient dans la mesure où le service sera donné. Cela dit, puisque cet amendement-là est suspendu ou aboli,
on poursuit de quelle manière, sur quel article?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Nous allons revenir à l'article 3, Mme la
députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Parfait. Et je pourrais y aller d'un amendement?
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Oui.
Mme Roy
(Montarville) : Que vous pourriez amender à votre tour? Est-ce
possible ou… Faut-il qu'il soit parfait ou on peut ajouter des trucs dessus?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : C'est possible. Vous pouvez juste amender.
Mme Roy (Montarville) : Bon, bien, je vais vous soumettre un amendement
pour le même article, l'article 3.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Allez-y, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Et je vais vous... Voulez-vous que je vous le lise ou
je vous situe? Je vais faire la distribution de l'amendement.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Vous pouvez en faire la lecture, et, à ce moment,
nous, on va le distribuer.
Mme Roy (Montarville) : Alors, ce fameux
article 3 serait amendé, et
on ajouterait… à l'article 461.1, après les mots «destinés à des élèves», vous ajouteriez les mots suivants,
alors : «destinés à des élèves n'ayant jamais fréquenté des
services de garde ou d'accueil».
voici le pourquoi de cet amendement-là, pourquoi il est important pour nous. Et
même la ministre l'a dit tout à l'heure,
lorsqu'elle discutait avec nous, elle a dit : Vous savez, ce n'est même
pas tous les enfants de milieux défavorisés qui auront droit à ces
maternelles. Ce n'est pas un droit qu'on crée, mais on ouvre une nouvelle
porte. Alors, comme l'esprit de la loi… plus que l'esprit de la loi, je vous
dirais, le but même de cette loi, et la ministre nous l'a bien fait comprendre à maintes reprises durant la commission
parlementaire, c'était justement de faire en sorte que des enfants
qui n'avaient jamais eu accès à quelque stimulation que ce soit, qui n'étaient
jamais allés en garderie, en CPE, en service d'accueil,
qui n'avaient pas participé à Passe-Partout, ces enfants qui demeurent à la
maison et qui n'auront jamais eu quelque stimulation autre avant d'arriver
à la maternelle cinq ans… C'était le but ultime de la loi, c'est la raison pour
laquelle Mme la ministre veut instaurer ces
garderies dans les milieux défavorisés. Alors, comme c'est le but ultime,
ce sont ces enfants, je considère que cet amendement-ci, ce qu'il fait, c'est
qu'il précise à qui s'adresseront ces maternelles quatre ans, et je le répète,
à des enfants n'ayant jamais fréquenté des services de garde ou d'accueil.
ici j'ouvre la porte à des amendements sur l'amendement dans la mesure où on
pourrait peut-être insister sur un délai, ajouter un délai durant la
dernière année de référence, par exemple, pour s'assurer qu'on ne vide pas les
CPE, pour que les enfants ne quittent pas
les CPE, alors qu'ils sont en CPE, pour aller à la maternelle, puisque le but,
c'est de les stimuler, et ils sont déjà stimulés s'ils sont en CPE.
Alors, je soumets respectueusement qu'on pourrait faire d'autres amendements, j'imagine, à la suite de celui-ci.
Mais moi, je vous soumets qu'il est primordial dans la mesure où il
définit la clientèle. Et cette clientèle, ces petits enfants fragiles qui n'ont
pas connu autre chose, c'est à eux que s'adresse cette loi-là, et je crois sincèrement que c'est effectivement un amendement
qu'on doit ajouter, parce que c'est à eux que la loi s'adresse. Donc, on
précise la clientèle pour qui sera cette maternelle. Voilà.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la députée de Montarville. Mme la
ministre.
Mme Malavoy :
Oui. Là, je comprends très bien le sens de l'amendement qui va dans le sens de
préciser les clientèles. Là,
toutefois, on est confrontés, avec ça, à plusieurs ordres de difficulté. Il
faut toujours penser que, notre loi, il faut
qu'elle soit précise mais en même temps qu'elle n'interfère pas avec, par
exemple, d'autres éléments comme le droit des parents, O.K.? Les parents ont le
droit de choisir l'endroit où ils pensent que leur enfant sera le mieux.
C'est
vrai que cette loi, elle est faite pour viser les enfants qui ne sont pas
rejoints actuellement par des services d'accueil
et d'intégration. Et d'ailleurs toute la mise en place de ça, tout le repérage
des enfants qu'on veut avoir, il indique bien qu'on veut viser des enfants qui ne vont pas ailleurs, tellement
que, dans les conditions et modalités, par exemple, on va dire : On
veut que les comités consultatifs des services de garde nous donnent leur avis,
O.K.? On sait que les services de santé, les
CLSC… je sais que les commissions scolaires ont déjà commencé à leur demander
d'identifier des familles qui pourraient en bénéficier. Donc, tout ce qu'on
met comme moyens pour remplir nos premières classes de maternelle quatre ans, ça va effectivement dans le sens de viser les
enfants dont vous avez parlé, là, qui proviennent de milieux où on pense qu'ils n'ont pas la
préparation adéquate pour des études, bon, à partir du premier cycle du
primaire.
Cela
dit, je n'en fais pas une règle qui enlève des droits aux enfants... aux
parents, plutôt. Si je mets ce que vous dites dans la loi, ça veut dire qu'un parent... Parce qu'une loi, c'est
une loi pour tout le monde. Donc, si je mets dans la loi que c'est des élèves n'ayant jamais fréquenté des
services de garde ou d'accueil, vous comprenez que je peux avoir un enfant
qui a été en service de garde pendant un an, qui est revenu à la maison, qui
correspond à mes indices de défavorisation
et que je voudrais voir dans la maternelle quatre ans, puis, à cause de ma loi,
il n'y aura pas accès. Il ne faut pas
que ma loi me crée trop de contraintes. Il faut qu'elle me permette de cibler
les enfants que je veux cibler mais pas avec des contraintes telles que
j'aurai des cas d'exception ou de parents qui me diront : Bien, moi, je…
pour telle, et telle, et telle raison... Je vous donne des cas hypothétiques
mais qui pourraient s'avérer. Mettons des parents qui ont déménagé, leur enfant, il a été en service de
garde, mais là eux, ils disent : Bien… puis ils correspondent à nos
critères d'indice de défavorisation. Il
dit : Moi, j'aimerais ça l'envoyer à la maternelle quatre ans. Il ne faut
pas que ma loi empêche tous les cas de figure, parce que ça va devenir
très, très difficile à gérer pour les commissions scolaires.
Donc, moi,
j'essaie, dans mes conditions et modalités, de préciser le plus de choses
possible. Peut-être qu'il faudra en
rajouter, des conditions et modalités, l'an prochain. Je ne le sais pas. Là, on
a essayé d'en prévoir déjà pas mal. Mais, si la loi est très, très, très restrictive, je vais avoir des cas de figure
qui vont me rendre la vie difficile, surtout pour les parents ou pour
les enfants.
Puis j'ajoute
le droit fondamental des parents de choisir un service, puisqu'il n'y a pas
d'obligation. Le parent n'a pas le
droit de décider si son enfant ira ou non à l'école, encore que, s'il garantit
qu'il peut avoir de l'éducation à la maison, il peut le faire. Mais,
sinon, le parent, là, il est libre, devant un service de garde, d'avoir autre
chose. Je comprends bien votre intention,
mais, si je le mets dans la loi, je vais vous dire, il y a des gens qui vont
avoir des casse-tête à répétition.
Mme Roy
(Montarville) : D'où ce que
je vous disais, Mme la Présidente et Mme la ministre : Peut-être yaurait-il lieu de modifier cet amendement? Si nous
donnions, par exemple, un moment de référence, si on dit : «durant
la dernière année de référence», donc c'est
une façon de s'assurer qu'on parle de cet... enfin, pendant qu'il a trois ans,
là, l'enfant, là. Donc, il est déjà
collé sur un service, là, peut-être pour... Comme vous parlez de cas de figure,
si on dit : «n'ayant jamais fréquenté
un service de garde ou d'accès durant la dernière année de référence», alors,
déjà, ça nous limiterait dans le temps.
Outre ça, vous nous dites : Je ne fais pas
une règle… je ne veux pas faire une règle qui enlève un droit aux parents. Cependant, tout à l'heure, vous nous
dites : Je ne crée pas un droit pour ces enfants, c'est un nouveau service
que j'ouvre. Dans la mesure où ce n'est pas
un droit universel, comme vous nous dites depuis le début, je pense qu'on
peut mettre ces précisions justement parce que
ce n'est pas une loi universelle et un droit universel mais une porte de plus
qu'on ouvre. Donc, ça pourrait permettre d'identifier la clientèle.
Vous nous
dites : Une loi doit être une loi pour tout le monde. Encore là, cette
loi-ci n'est pas pour tout le monde puisque c'est une nouvelle porte qu'elle
ouvre pour une clientèle spécifique. Et déjà vous créez une catégorie en disant : «les enfants de milieux
défavorisés». Alors, on peut rajouter une sous-catégorie ou un amendement
disant : «les enfants de milieux
défavorisés qui n'ont pas fréquenté de service d'accueil ou de garde au cours
de la dernière année». Déjà, ça nous
limiterait, là, ça serait plus précis puis ça pourrait éviter les casse-tête,
comme vous dites, de cas d'espèce, de parents ayant déménagé, arrêté,
retourné, pour naturellement, le but ultime, que ces enfants qui n'aient eu
accès à rien aient quelque chose et, d'un autre côté, pour ne pas faire les
portes battantes, là, déshabiller Pierre pour habiller Jean ou… finalement,
sortir des enfants qui seraient déjà en CPE pour les envoyer en maternelle
quatre ans. Là, je pense qu'on créerait une
problématique même qui pourrait être... qui pourrait peut-être amener de la...
une problématique qui pourrait faire
en sorte qu'il y aurait peut-être un peu de difficultés à appliquer la loi,
parce que, là, on se heurtera aux conventions collectives, aux gens des
CPE qui se verraient perdre la clientèle ou... Vous comprenez, là? C'est pour
tenter de faire en sorte qu'on ne heurte pas
non plus nos CPE, qu'on ne les vide pas, qu'on ne les déshabille pas au profit
des écoles et que ce soit vraiment la clientèle que vous visez.
Alors, je ne
retiens pas l'argument lorsque vous me dites qu'on enlève un droit au parent,
puisque vous nous dites que ce n'est
pas un droit universel qu'on crée. On ne crée pas de nouveaux droits pour les
enfants, on ouvre une porte pour une
catégorie bien spéciale, bien spécifique de clientèle. Alors, je vous
dis : Bien, précisons-la davantage mais, naturellement, d'une façon
qui soit... qu'elle soit facilement applicable, avec probablement un délai pour
une année de référence, un délai précis au cours duquel l'enfant n'aurait pas
fréquenté de service de garde ou d'accueil. Alors, c'est ce que je vous soumets
bien respectueusement.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la députée de Montarville. Mme la députée de Trois-Rivières, je vous
ai vue, mais je vais permettre à la ministre de répondre, et ce sera la parole
à vous par la suite. Mme la ministre.
Malavoy : Oui. Là, plus ça
va, plus j'ai des éléments à ajouter. Peut-être le premier… parce qu'ils ne
sont pas du même... ils ne sont pas tous du
même ordre. Le premier, c'est la liberté des parents de choisir un service,
c'est un droit. Nous... Quand je dis : Ça n'est pas un droit que
tous les enfants de quatre ans aient une maternelle, ça, c'est du point de vue de l'État. Et, du point de vue du
parent, le parent, lui, il peut choisir de garder son enfant à la maison, il
peut choisir de l'envoyer en service de
garde — CPE,
service de garde en milieu familial, service de garde en milieu
privé — il
peut actuellement décider de l'envoyer dans une maternelle à demi-temps qui
existe, il peut s'inscrire à des projets Passe-Partout,
et là j'ajoute que, pour des milieux défavorisés, il peut envoyer son enfant
dans une classe de quatre ans. C'est sa liberté de choisir ça. Moi, je
ne peux pas lui dire : Devant les cinq choses que je viens d'évoquer, il y
en a qui ne vous sont pas accessibles. C'est sa liberté de choisir ça.
Moi, je ne
suis pas obligée d'offrir ça à tout le monde, mais, dans ce qui est offert, le
parent choisi en fonction de ses
intérêts, ses valeurs, les circonstances aussi, quelquefois très, très... tout
simplement pratiques de la distance entre sa maison et un CPE ou la distance entre sa maison et, je ne sais pas, moi,
la maternelle à demi-temps, dans ce qui se passe actuellement. Le
parent, il a une liberté que je ne peux pas contraindre. Je ne peux pas lui
dire : Ça, ce n'est pas pour vous. Bon, ça, c'est un premier ordre de
réflexion.
J'ai tout un
autre ordre de réflexion sur, je dirais, l'encadrement que vous faites dans une
loi. Ce dont vous parlez, pour moi, ce serait plus, si ça devait être
quelque part, dans des conditions et modalités, parce que, dans la loi, vous introduisez un mécanisme très, très lourd, dans la
loi, là, un mécanisme très lourd, où il va falloir qu'il y ait de l'échange
de renseignements entre tous les services de garde et l'école
pour savoir si un enfant va à un endroit ou ne va pas à un autre. Il y a une certaine lourdeur bureaucratique
par rapport à ça. Il va falloir qu'on soit capables de faire du
microrepérage de chaque enfant, parce que vous mettez ça dans une loi.
Ce dont vous
parlez, pour moi, ça pourrait être après une première année, parce que, moi, ce
que je souhaite, c'est qu'on se donne
une année de... quand je dis «expérimentation», en fait, ce n'est pas une
expérimentation comme si les enfants étaient des cobayes, mais c'est
juste qu'on implante progressivement quelque chose et à une échelle quand même
assez grande, puisqu'on aura une classe par commission scolaire et, après un
an, on va voir ce que ça donne.
Moi, j'ai
tendance à croire qu'avec les balises qu'on a on va rejoindre des enfants qui ne
vont pas ailleurs. C'est pour eux qu'on fait ça. Mais, s'il y a des cas
d'exception, on les regardera. On verra s'il faut ajuster les conditions et modalités. Mais, si je mets ça dans la loi, je
crée d'abord une pression très grande aux commissions scolaires, en lien
avec les CPE, en lien avec tous les... le
ministère de la Famille, pour être capables de les repérer. Or, ni vous ni moi,
pour le moment, je pense en tout cas, ne croyons que c'est les enfants
qui sont en service de garde qui vont se précipiter en maternelle quatre ans. On pense vraiment que c'est pour les enfants qui
ne vont nulle part, pour la simple raison que, quand des enfants sont
dans des services de garde et qu'ils y sont bien, les parents les laissent là
où ils sont. Ce pour quoi on le fait, c'est pour ceux qui ne vont nulle part et
qu'on va devoir approcher.
Moi, je sais
qu'actuellement il y a des commissions scolaires, bon, qui me parlent et qui
me... J'étais, l'autre jour, en
Gaspésie, et puis il y a une commission scolaire où ils m'expliquent qu'ils ont
repéré des familles qui pourraient en bénéficier mais que ce n'est pas
évident que les parents vont vouloir les emmener à la maternelle quatre ans. C'est
sûr qu'ils n'enverront pas en service de
garde. Il y a même un endroit où on m'a dit qu'on avait introduit une
garderie CPE dans un milieu particulièrement défavorisé bien avant qu'on parle
de notre projet de loi. Il n'y a pas eu un enfant d'inscrit, pas un. Ils ont dû la fermer parce qu'ils parlent à des
parents qui ne veulent pas aller vers des services de garde. Puis là ils disent : Maternelle quatre ans
plein temps dans le milieu de l'école, on verra, mais en tout cas on fait tous
les efforts qu'il faut pour essayer de convaincre les parents.
Donc, ce
n'est, en principe, pas les mêmes clientèles. Mais, si vous me demandez de
mettre ça, de fixer ça très précisément
dans la loi, je donne à tous les gens qui vont me suivre, là, et qui ont à
faire l'organisation de ça vraiment une contrainte importante. S'il fallait revenir là-dessus, moi, je le
mettrais en temps et lieu dans des conditions et modalités, mais pas dans la loi, parce qu'on va se donner
vraiment, vraiment des délimitations très, très, très importantes dans la
loi.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Trois-Rivières, vous avez la parole.
Mme St-Amand : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, je vous ai bien écoutée attentivement, Mme la ministre. Évidemment, il y a des balises qui sont
claires depuis le départ dans ce projet de loi là. Ça me chatouille un
peu quand je vous entends dire : On
mettra des choses en temps et lieu dans les conditions et modalités. On sait
très bien que c'est quelque chose sur
lequel on n'aura plus de prise ici, personne. Et qui sera le ministre? On n'est
pas là, c'est hypothétique.
Il a été clair, il a été clair dès le départ que
ce projet de loi là, les maternelles quatre ans, pour lequel on s'est dit favorables, s'adressait aux enfants qui ne
fréquentaient pas un service de garde. Les groupes qu'on a entendus ont
été très clairs à cet égard-là. On leur a
dit. Ils ne veulent pas se sentir menacés, et on leur a répondu, on a dit ça,
là — c'est
écrit dans les galées — tout
le monde ici, que ça ne s'adressait pas aux enfants ni en CPE ni en service de
garde privé… subventionné, ou privé, ou en milieu familial, peu importe.
Maintenant,
vous nous parlez de la liberté de choix des parents. Là, ça fait plusieurs fois
que ça revient. Pourtant, on a été
très clairs, je le rappelle, on a été très clairs : On parle d'enfants
d'un milieu défavorisé qui ne fréquentent pas un service de garde. Alors là, vous me parlez d'expérimentation. Je
comprends qu'on va expérimenter, je comprends qu'il y en a déjà eu, une
expérience, hein, il faut d'abord se le dire, là, parce qu'on l'a entendu.
Maintenant, de l'étendre à toutes les commissions scolaires, une classe, ce
sera un autre niveau d'expérimentation, mais il faut quand même s'assurer que l'on
met des balises.
Alors, nous,
à cet égard-là... moi, j'aurais un… puis ça sera vous, Mme la Présidente, qui
me direz la procédure, là, si c'est
un sous-amendement à l'amendement qui est déjà là, mais dans le même sens que
ma collègue, avec un peu plus large, mais qui va dans le 12 mois,
qui précise... On aimerait ça déposer, Mme la Présidente, un... je vais l'appeler
un sous-amendement, puis vous me direz si
c'est correct ou pas, mais qui viendrait... Parce que c'est absolument
important... Et ça ne vient rien changer
dans l'expérience, ça ne vient rien changer dans la gestion de la commission
scolaire, ça ne vient rien changer... Ça vient mettre une balise, une
balise d'intention qui, depuis le départ, est très claire, et ceci pour assurer
à nos gens de services de garde qu'on va être cohérents avec ce qu'on a dit dès
le départ, et ceci afin aussi de donner un cadre aux commissions scolaires.
Alors, évidemment, peut-être... Je ne sais pas
si vous voulez que je le lise, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui. Mme la députée de Trois-Rivières, je préfère que vous en fassiez la
lecture maintenant. Par la suite, je vais suspendre pour que nous puissions en
prendre connaissance, et nous vous reviendrons...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : ...avec la décision, si c'est un amendement ou sous-amendement.
Donc, allez-y pour la lecture. Donc, allez-y pour la lecture.
St-Amand : Alors, l'article 3 du projet de loi est modifié par l'ajout,
à la suite du troisième alinéa, de ce qui suit :
«Les
conditions et modalités établies par le ministre doivent [confirmer] que les
enfants admissibles aux services éducatifs de l'éducation préscolaire
destinés à des élèves vivant en milieu défavorisé ne peuvent avoir fréquenté un
service de garde ou d'accueil dans les douze mois précédant son inscription.»
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la députée de Trois-Rivières. Donc,
je suspends les travaux quelques instants pour que nous puissions en prendre
connaissance.
(Suspension de la séance à
11 h 48)
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Nous reprenons nos travaux. Mme la députée
de Trois-Rivières, c'est un amendement que vous nous avez déposé. Il ne
peut pas être considéré comme un sous-amendement de l'amendement de la députée
de Montarville. Donc, vous pourrez y revenir un peu plus tard.
Pour l'instant, nous
allons continuer avec l'amendement de la députée de Montarville. Mme la
députée, vous avez la parole.
Mme Roy
(Montarville) : Oui. Bien, écoutez, compte tenu de l'amendement qui s'en
vient, et qui est très pertinent, et qui
modifiera de façon intéressante le mien, donc je vais retirer mon amendement
pour que nous puissions discuter de l'autre amendement qui s'en vient.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait, Mme la députée de Montarville. Il y a
consentement pour retirer l'amendement? Consentement.
Donc,
l'amendement de la députée de Montarville est retiré, et nous revenons avec
l'amendement de la députée de Trois-Rivières. Mme la députée, c'est à
vous, la parole.
Mme St-Amand : D'entrée de jeu, Mme la Présidente, nous aurions une petite
modification à l'amendement. Alors :
«Les conditions et modalités établies par le ministre doivent stipuler», au
lieu de «confirmer». C'est simplement rayer «confirmer» pour «stipuler».
Alors,
évidemment, je pense que j'ai donné des explications tout à l'heure assez
clairement sur le pourquoi de cet amendement-là et bien sûr que j'ai
bien hâte d'entendre la ministre, parce que j'espère sincèrement, pour tous les
gens des services de garde qui nous écoutent, qu'elle y donnera suite.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci. Mme la ministre.
Mme Malavoy : Bon, il nous reste peu de temps, mais je sens qu'on va continuer à
discuter de ça, même après les deux,
trois dernières minutes. Je comprends les préoccupations des services de garde.
En même temps, il faut que ma loi
soit viable pour tout le monde. Je ne peux pas, pour rassurer les services de
garde, mettre des affaires avec lesquelles on aura beaucoup de difficultés à vivre. Si on met quelque chose comme
ça, ça veut dire que les commissions scolaires, quand elles ouvrent une classe, doivent vérifier chacun des cas des
enfants, O.K.? C'est des milliers de cas, là, à travers le Québec. Pour le moment, c'est un peu plus de
1 200 enfants l'automne prochain. Mais, mettons que mon projet se
réalise comme je le souhaite, on est deux
fois plus de classes, trois fois plus de classes dans les années qui viennent,
donc c'est des milliers d'enfants.
veut dire que les commissions scolaires doivent vérifier le cas de milliers
d'enfants, doivent éventuellement prendre
la parole des parents qui, dans certains cas, pour avoir une place, se mettront
peut-être en position d'infraction par
rapport à cette loi-là. Ça veut dire qu'il y aura des cas précis où, par
exemple, un frère et une soeur sont à l'école,
la famille sera dans un milieu défavorisé, il y aura un petit enfant qui, lui,
aura été un bout de temps en service de garde. Les parents voudraient, puisque cette maternelle est quelque
chose de nouveau qu'on offre, voudraient que, mettons, le troisième de
la famille aille à la maternelle plein temps. Il ne pourra pas. Il ne pourra
pas parce que l'enfant aura été en service
de garde. Et là on se donne vraiment, pour rassurer les services de garde, des
contraintes énormes, une analyse cas
par cas de milliers d'enfants, chaque année à travers le Québec, et avec en
plus — je
vous le dis parce que je vérifiais ça, là,
tout à l'heure — possibilité
que des parents, très certainement, contestent la décision, parce que les
parents diront : J'ai le choix. De par la loi, les parents ont le
droit de choisir l'école de leurs enfants. Il y a un
article qui indique ça.
Les parents ont le droit de choisir l'école, et je me mets donc une contrainte
énorme et je m'expose à ce que des parents contestent
ce choix au nom de leur droit de choisir ce qui leur apparaît être le mieux
pour les enfants. Alors, vraiment, c'est très, très lourd...
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Merci, Mme la ministre. Je...
Mme Malavoy :
...pour rassurer les services de garde.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci. Donc, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses
travaux sine die.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : À l'ordre! À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour, chers collègues.
Nous allons reprendre. Donc, la Commission de la culture et de l'éducation
reprend ses travaux. Je demande à nouveau à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 23, la Loi modifiant
la
Loi sur l'instruction publique concernant certains services éducatifs aux
élèves âgés de moins de cinq ans.
Avant la
suspension, nous en étions à l'étude de l'amendement proposé par la députée de
Trois-Rivières. Mme la ministre,
avant, vous avez la parole. Donc, souhaitez-vous poursuivre votre intervention?
Parce que, quand nous avons terminé, c'était vous qui aviez la parole ce
matin.
Malavoy : En fait, Mme la
Présidente, vous comprenez que, dans l'intervalle, moi, j'ai retravaillé, de
mon côté, un amendement qui pourrait répondre aux questionnements qu'on a eus
ce matin. Pour faire ça, ce que je vous suggérerais,
ça ne... comment je dirais, ça n'empêche pas du tout qu'on reprenne la
procédure plus formelle de l'étude des sous-amendements
et amendements. Mais ce que je vous soumettrais, c'est qu'on puisse, le temps
au moins que j'explique ça, se transformer en comité plénier, parce que,
si on est juste dans la procédure, il faut disposer des amendements précédents. Or, je pense honnêtement que ma
proposition va satisfaire, je pense, au moins la première question qu'on
posait. Je ne dis pas que ça va répondre à toutes les interrogations, mais vous
vous souvenez que, dans notre discussion précédente, l'opposition officielle
avait demandé qu'on introduise des mots très, très précis en disant — …
Malavoy : …oui, c'est
ça : Le ministre, au lieu de «peut établir», «établit».
Et j'ai rediscuté, de mon côté, du libellé du projet de loi et j'aurais
une proposition à faire qui, je pense, réécrit l'article dans la logique que
nous souhaitons, je le pense. Mais, si je
pouvais au moins le dire de façon un peu spontanée puis qu'on ait un échange
là-dessus de façon plus informelle, pour ne pas être pris dans nos
minutages et puis notre procédure de sous-amendement, amendement, j'offre ça,
là, je pense que ça pourrait nous être utile.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Merci, Mme la ministre. Donc, ce que je comprends, c'est :
comme nous l'avons fait la semaine dernière,
nous avons eu une discussion d'ordre général, donc, avec le consentement,
vous pourriez déposer le document sur lequel
vous voulez qu'ait lieu la discussion. Nous pourrions en faire des
photocopies, les distribuer aux membres de la commission, et il pourrait y
avoir un échange de 30 minutes avec les membres de la commission. Est-ce
que cela vous convient?
Mme Malavoy : Oui, d'autant plus que
je crois que la photocopie est déjà faite.
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Parfait. Donc, nous allons demander au secrétariat ou... M.
Boily de distribuer ledit document. Merci.
Donc, Mme la
ministre, vous pouvez commencer à en faire la lecture le temps qu'on continue
la distribution. Puis par la suite on va débuter les échanges. On
convient ensemble pour une durée de 30 minutes?
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Parfait. Allez-y, Mme la ministre.
Malavoy : Ça pourrait être
ça, le maximum. Donc, vous voyez que ce que je vous soumets, ça remplace
l'article 461.1. Donc, il est... on
réécrit le premier alinéa, O.K., juste pour qu'on se comprenne, et on le
réécrit. En fait, on en fait deux au lieu d'un, parce qu'on précise les
choses dans ce qui me semble être la logique qu'on souhaite ce matin.
Alors,
l'article 461.1 dirait ceci : «Le ministre peut permettre
l'organisation, par les commissions scolaires, de services éducatifs de
l'éducation préscolaire destinés à des élèves vivant en milieu défavorisé et
ayant atteint l'âge de 4 ans dans les 12 mois précédant la date
déterminée suivant le troisième alinéa de l'article 1 pour l'admissibilité
à l'éducation préscolaire — donc,
ça, ça renvoie à la Loi de l'instruction publique.
«Dans un tel
cas, il établit des conditions et modalités visant l'organisation de tels
services. Il y définit le sens de l'expression
"vivant en milieu défavorisé" et y précise les activités ou services
destinés aux parents de ces élèves qu'une commission scolaire doit
organiser en vue de favoriser l'atteinte des objectifs de ces services
éducatifs.»
Puis le 2°, bon, c'est une concordance,
O.K. : Remplacer «premier alinéa» par «deuxième alinéa».
Si vous
permettez, je vais expliquer un petit peu ce qu'il y a dans ce nouveau texte.
Il y a l'idée que le ministre peut permettre l'organisation de services
éducatifs. Le premier élément de la logique, là, c'est que... Puis moi, je
tenais à ce qu'on puisse dire «peut» de ce point de vue
là, puisque ce n'est pas universel. Donc : «Le ministre peut permettre l'organisation, par les commissions scolaires, de
services éducatifs…» Puis on a inclus là-dedans les enfants de milieux
défavorisés de quatre ans. Dans un tel cas, si on les permet, là, le ministre
établit des conditions et modalités.
Ce qui vous dérangeait ce matin, si j'ai bien
compris, c'était que, dans la formulation précédente, on disait : «Le ministre peut permettre l'organisation [...]
de services éducatifs». Et on disait… Pardon. Et on disait : «…peut
établir des conditions et modalités». Et ce
que vous m'avez dit : Ce n'est pas qu'on ne veut pas que le fait d'établir
des conditions et modalités soit à la discrétion du ministre. On veut
que, s'il établit des services éducatifs, s'il en décide, il devra avoir des conditions et modalités. C'est ça, la logique
que je vous propose et qui me semble répondre à une préoccupation que
nous avions.
Alors, je
vous le soumets. On peut en discuter, là. Mais je ne dis pas que ça répond à
tout, mais ça répondait, je crois, à un premier élément de logique.
Et vous avez...
Tout le monde a deux pages? Alors, sur la deuxième page, vous avez l'amendement
intégré. Donc, si vous voulez lire le nouveau cas de 161.1 au total,
dans son intégralité, vous l'avez. Et puis on a même souligné, pour des fins
pédagogiques, ce n'est pas pour des fins de projet de loi, mais on a souligné
les éléments importants : «peut permettre», puis «dans un tel cas, il
établit», et «y précise».
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Ça va, Mme la ministre?
Malavoy : Oui. Moi, pour mon
explication, ça va. Et je crois répondre, avec ça, à la préoccupation qu'avait
la députée de Mille-Îles dans son amendement. L'autre question qu'on a abordée
après, on y verra plus tard, là, mais dans son amendement.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Merci, Mme la
Présidente. Effectivement... puis là j'allais vous taquiner, Mme la
ministre, en disant : On ne peut pas dire que c'est le 461.1 au complet puisqu'il
y a probablement d'autres amendements qui vont
y venir pour le modifier, mais pas dans cette particularité-là, parce
qu'effectivement ça répond à l'interrogation de ce matin qui disait : Bon, les conditions et
modalités ne peuvent pas être quelque chose à laquelle on peut ou ne peut
pas faire.
Par contre, à partir du moment où vous dites…
Puis je pense que le législateur, à ce moment-ci, parle très bien en disant : «[La] ministre peut
permettre l'organisation, par [la commission scolaire], de services éducatifs».
Et là on identifie la clientèle, on dit : «4 ans — les
quatre ans — dans
les 12 mois précédant la date [déterminant]…» Et le deuxième alinéa, qui vient cette fois-ci vraiment
canner le principe, qui dit : «Dans un tel cas…» Donc, vous l'avez
permis. «Dans un tel cas, [les] conditions
et modalités visant l'organisation de tels services». Donc, ça répond au
principe qui veut que le «peut», qui
disait que vous pouviez peut-être établir des modalités, vient de disparaître,
puisque, si le service se donne, les modalités s'appliquent, et c'est ce
que, de notre côté du moins, on cherchait à faire.
Par contre,
je dis une deuxième fois, juste pour être sûre, il y a déjà un amendement de
suspendu, de notre collègue, et... de
mes deux collègues, et il y aura probablement un troisième amendement d'apporté
pour finaliser le 461.1. Mais, oui, ça répond exactement à l'attente que
nous avions, là. C'est une belle réécriture. Merci.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Oui, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Oui, si je
peux me permettre en complément d'information, je pense que c'est plus simple, c'est plus clair et puis ça rejoint plus
précisément ce que vous vouliez faire dans la mesure où vous dites : Le
service, si nous pouvons le mettre en place, eh bien, voici ce à quoi je m'engage,
et je devrai, lorsque vous dites que vous établirez les conditions au deuxième
paragraphe... Alors, effectivement, je trouve que ça simplifie la lecture, et
puis c'est plus précis.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Allez-y, Mme la ministre.
Malavoy : Alors, c'est sûr
qu'il faudra qu'on retombe sur nos pieds, là, formellement, mais, si ça
agrée à mes collègues des oppositions, ça
veut dire, dans mon esprit, que l'amendement que la députée de Mille-Îles
proposait pourrait être retiré au bénéfice de celui-là.
Charbonneau : L'amendement
que j'ai déposé par rapport au «peut» et qui stipulait l'autre petit bout
de phrase, là, qui se raccrochait, qui
disait : «et stipule», ou quelque chose comme ça. Mais ça n'enlève pas
l'amendement qui veut… ou qui vise les modalités établies pour la clientèle qui
a déjà fréquenté, ça ne touche pas à ceux-là.
Mais, oui,
effectivement, ça pourrait faire en sorte que le premier amendement déposé, qui
disait, à l'article 3 : Le remplacement du premier alinéa par…
«peut établir», on remplaçait le mot par «établit». Ça répond exactement à la demande que nous faisions. Alors, oui, on pourrait
lever l'amendement, puisque vous avez atteint l'objectif avec la réécriture.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Bon, juste pour votre information, si vous
voulez poursuivre dans le même sens, parce
que vous acceptez les... ce que vous a proposé la ministre, bon, on pourrait...
Parce qu'il faut comprendre que,
quand nous avons abordé l'article 3, la ministre a fait un amendement,
précédemment, que nous avons adopté. Donc, il faudrait que la ministre
le retire — c'est
bien ça, Mme la secrétaire? — et que… Par la suite, on pourrait ouvrir avec le
dernier amendement proposé par la ministre. Vous pourriez en débattre comme
vous pourriez en disposer, là, l'adopter ou...
Mais on peut
suspendre quelques secondes pour que tout le monde comprenne bien. Parfait.
Mme Malavoy :
Je comprends ce que vous dites.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Est-ce qu'il faut vraiment revenir... Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 24)
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Donc, je vais vous reformuler à nouveau les
discussions que nous avons eues quand nous étions suspendus, si on s'entend
tous. La commission a redébuté.
Donc, nous
retirerions l'amendement qui avait été député par la députée de Mille-Îles… qui
avait été déposé, c'est-à-dire, par Mme la
députée de Mille-Îles. Nous... bien, c'est-à-dire, vous retireriez l'amendement
précédent qui avait été déposé par la
ministre. Et la ministre peut débuter son intervention sur le dernier
amendement qu'elle vient de déposer, qui est toujours en référence avec
l'article 3. Il faut vraiment retirer les autres, en tous cas, pour une
meilleure compréhension. Tout le monde s'entend là-dessus?
Charbonneau : J'ai une question.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau : Question technique, Mme la Présidente. J'entends ce que vous me dites
et je suis d'accord avec le principe où on retire mon premier
amendement, comme le principe où on retire celui de la ministre. Mais je nous
rappelle qu'il y a d'autres amendements en suspension, puis ceux-là, ils
restent en action.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Absolument, vous avez raison.
Charbonneau : Parfait, parfait. J'ai tout compris.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Et vous savez que, même avec celui que vous allez
discuter, vous pouvez le sous-amender également. Ça va pour la
compréhension de tous et toutes? Parfait.
Donc, Mme la
ministre, avec consentement, nous retirons l'amendement précédent... Mme la
députée, il y a consentement?
Charbonneau : Oui, oui.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la députée de Mille-Îles, il y a
consentement pour retirer...
Charbonneau : Pour retirer.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Parfait, nous retirons donc l'amendement, aussi,
de la députée de Mille-Îles.
Et nous poursuivons — Mme
la ministre, la parole est à vous — avec l'amendement que vous
venez de déposer, qui est toujours en référence avec l'article 3.
Mme Malavoy : Alors, la seule petite différence d'avec ce qu'on vous a passé, c'est
que ça va s'appeler : Modifier l'article 3
du projet de loi, au lieu de : Modifier l'article 3 tel qu'amendé,
puisqu'on a retiré notre amendement, O.K.? Donc, ça s'appelle : Modifier
l'article 3 du projet de loi.
je ne sais pas si vous avez besoin que je le relise. Je pense que je l'ai lu et
je l'ai expliqué. Mais il vient mettre, dans la logique que nous
souhaitions — moi,
je suis très à l'aise avec ça — l'idée de la possibilité d'organiser des
services éducatifs pour nos enfants de quatre ans en milieu défavorisé, et,
deuxièmement, l'obligation — on
le comprend — et : «Dans un tel cas, [le ministre] établit
[...] des conditions et modalités [...] et y précise les activités ou services destinés aux parents...» Donc, si on
s'entend, je suis prête à répondre à des questions, s'il y en a, mais, en ce
qui me concerne, je suis très à l'aise avec ce nouveau texte.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Donc, si on n'a pas d'intervention à ce
moment-ci...
Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Oui. S'il n'y a pas d'intervention
à ce moment-ci, nous allons passer au vote pour l'amendement proposé par Mme la
ministre.
Donc, est-ce que l'amendement
proposé par Mme la ministre est adopté?
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Parfait. Donc, Mme la députée de Mille-Îles?
Mme Charbonneau : Bien là, techniquement, j'ai besoin de vous, Mme la Présidente, parce
que je ne sais pas si on revient à
l'amendement que ma collègue de Montarville a déposé ou si on revient à
l'amendement que nous, on a déposé par rapport aux conditions et
modalités.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) :
...juste vous rappeler, Mme la députée de Mille-Îles, que l'amendement déposé
par la collègue députée de Montarville a été retiré, celui de la députée de
Trois-Rivières est suspendu, et nous sommes à celui qui vient d'être déposé par
Mme la ministre...
Charbonneau : Qu'on a adopté.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Qu'on a adopté et que vous pouvez discuter. Ou,
si vous voulez...
Charbonneau : Oh! mais je pensais qu'un coup qu'il était adopté, Mme
la Présidente, je reviendrais à l'amendement de ma collègue de Trois-Rivières.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) : Libre à vous. Donc, nous allons avec l'amendement
déposé par la députée de Trois-Rivières. Est-ce que la parole est à la
députée de Trois-Rivières?
St-Amand : Bien, c'est-à-dire qu'on attendait pour voir la ministre...
Je pense que j'avais déjà fait la représentation
que je devais faire. Alors, à cet égard-là, on était à voir avec la ministre
comment... Parce qu'en fait ce qu'il faut
savoir, Mme la Présidente, ce n'est pas compliqué, c'est… Il y a eu des
engagements qui ont été pris très clairement, autant quand je regarde la
revue de presse puis que je ressors Mme Léger... la ministre, je m'excuse, la
ministre de la Famille, à la conférence de presse, qui disait qu'elle allait
voir comment on peut davantage resserrer les choses pour s'assurer qu'on répond à ces enfants-là qui ne
fréquentent pas les centres à la petite enfance. Depuis le début, depuis
le début, c'est clair que le gouvernement, dans ce projet de loi là, va
s'assurer qu'on ne touchera pas aux enfants qui fréquentent déjà les services
de garde. Depuis le début, ça a toujours été clair.
Alors,
moi, ce que je veux, puis je suis ouverte si la ministre a des propositions à
nous faire, d'un autre libellé, je n'ai pas de souci avec ça,tout
ce que je veux, c'est m'assurer... Nous, on a fait un projet d'amendement. Moi,
ce que je veux, c'est m'assurer que, tel que
la ministre elle-même l'a dit, tel que sa collègue ministre de la Famille elle-même
l'a dit… rassurer et faire en sorte que les
enfants... qu'on mette une mécanique pour faire en sorte que les enfants qu'on
touche… On a une cible, c'est les 27 000 enfants qui ne fréquentent pas...
Mme St-Amand : ...les 27 %, oui, je m'excuse, 27 % d'enfants qui ne
fréquentent pas les services de garde du Québec, eh bien, je veux m'assurer que l'on puisse introduire dans la
loi quelque chose, un item qui fera en sorte qu'on va s'assurer qu'on va
viser cette cible-là. Et, sincèrement, je suis ouverte à toutes les
propositions, mais je dois vous dire que je
vais y tenir mordicus. C'est une priorité depuis le début, c'est la parole du
gouvernement. On y a cru, c'est pour ça qu'on a embarqué dans ce projet
de loi là. Alors, moi, je m'attends à ce que ou on nous fasse une autre
proposition ou qu'on l'inclue dans le projet de loi.
La Présidente (Mme
Richard, Duplessis) : Mme la ministre.
Mme Malavoy :
Bien, je réitère qu'effectivement l'engagement qu'on a pris, c'est de viser des
enfants de quatre ans de milieux défavorisés
qui ne sont couverts par aucun service. C'est plus qu'un engagement, en fait,
c'est pour ça qu'on fait le projet de
loi, c'est pour eux qu'on fait le projet de loi. Je veux dire, si ces enfants
n'existaient pas ou si tous les enfants
de quatre ans avaient un service d'accueil ou d'intégration, tu sais, on ne
serait pas là en train de discuter,
parce qu'on serait sûrs qu'ils ont accès à quelque chose.
Donc,
on vise vraiment ceux qui sont... je ne veux pas dire laissés pour compte,
parce que des enfants qui sont dans leurs familles... Puis
on eu a le témoignage, vous vous souvenez très bien, d'une maman, franchement,
qui était tout à fait positive par
rapport à son choix de garder son enfant à la maison
mais qui avait elle-même constaté que, rendu à l'âge de fréquenter l'école,
il lui manquait des choses, entre autres au plan de la socialisation. Je me
souviens très bien, elle avait expliqué
qu'elle était heureuse d'être dans le projet Saint-Zotique parce que, son
enfant, ça lui permettait de faire des apprentissages qu'il n'avait pas
faits avant. Donc, on comprend bien que c'est ces enfants-là qu'on vise, là, ce
n'est pas d'autres enfants qu'on vise.
Ce que moi, je veux
éviter par ailleurs... parce que je veux bien essayer de trouver quelque
chose pour préciser ce dont on parle, mais, moi, ce que je veux éviter par ailleurs, c'est
d'avoir un libellé, dans la loi, qui devient un casse-tête,
dans son application, pour les commissions scolaires.Parce que le casse-tête,
ce n'est pas moi, là… ce n'est pas
moi qui vais devoir scruter le cas de chacun des enfants admis en classe. C'est
les commissions scolaires et les écoles
qui auront cette tâche-là. Et, dans le libellé tel qu'il est là, si j'imagine
l'application de ça, ça veut dire que tous les cas d'enfants doivent
être scrutés à la loupe, alors que ce qu'on veut, c'est bien réitérer qu'on
fait ce service-là en complémentarité avec
ce qui existe. Mais je ne pense pas que l'intention du législateur, là, dans
notre exercice, c'est d'avoir un
processus bureaucratique trop pointu et trop complexe pour repérer le cas de
chaque enfant. Parce que même les gens, je pense, qui nous réclament une maternelle quatre ans en milieu
défavorisé, ils nous diraient : Vous nous avez rendu la tâche lourde, là. J'imagine, les écoles qui se
retrouvent avec cette obligation trouveraient ça probablement pénible dans
son application.
Mais, peut-être avant de chercher une alternative à ce
texte-là, moi, ce que j'aimerais peut-être bien comprendre de la part de
mes collègues, c'est : Est-ce que l'intention,
c'est de s'assurer qu'on est bien en complémentarité, que le ministère de la Famille, par exemple, qui est
concerné, est bien associé quelque part à la démarche ou que notre
service est bien en complémentarité avec ce qu'ils offrent, plutôt que de le
prendre par le biais de chaque enfant dont on devra déterminer s'il a été ou non dans un service de garde?
Il y a un
certain nombre de choses qu'on a dites tout au long de l'élaboration du projet
de loi et même des consultations,
c'est : Assurons-nous qu'il y a consultation. Dans
les modalités, entre autres, il y a un endroit où on indique clairement qu'on souhaite que le comité
consultatif des services de garde, je pense que c'est comme ça qu'il s'appelle...
Bon. Je vais lire ce qu'il y a dans les
modalités. Je veux savoir si c'est de ça que vous voulez qu'on s'inspire pour
essayer de peut-être trouver un libellé qui reprend l'idée
mais qui ne nous coince pas dans des détails trop complexes.
Dans les modalités, à Choix de l'école, le
troisième point disait : «La commission scolaire consulte son représentant au comité consultatif sur la
répartition des places instituées en vertu de tel
article de la
Loi sur les
services de garde éducatifs à l'enfance.» Ça, c'est dans les conditions et
modalités. Il y a une consultation. Si vous voulez qu'on essaie d'ajouter quelque chose dans la loi, la loi, c'est quand même toujours une portée assez large, mais dans la loi, dans ce
même esprit, on peut le regarder, mais pas une contrainte aussi pointue, parce qu'elle va être très difficile d'application.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Trois-Rivières.
St-Amand : Il est clair, et puis je peux
vous le dire très clairement :Ça
n'a pas de lien avec la consultation des
modalités, depuis le début. Et là je vais vous reprendre un autre bout, là, de
l'article... de la conférence de presse : «Ces services, nous les
mettrons en oeuvre en complémentarité. […]l'objectif recherché n'est pas de
déplacer des enfants d'un service à un
autre, mais plutôt, comme je le mentionnais, d'offrir l'un et l'autre de ces
services à un plus grand nombre pour s'assurer de leur complémentarité.»
Il est clair,
Mme la ministre, et je le répète, Mme la Présidente, je le répète, depuis le début, l'esprit de cette loi-là, c'est de s'assurer qu'on rejoigne le 27 % des
enfants qui présentement ne sont dans aucun service de garde. Alors...
et ni à Passe-Partout. C'est ça, l'esprit de la loi. Il faut que, dans la loi,
on le retrouve. Ce n'est pas nulle part où on dit que les enfants... Et effectivement on a le devoir, vous tout comme moi, là... C'est
près du tiers des gens qui sont venus ici nous parler pour nous dire que c'était important que les enfants qui
fréquentent des services de garde puissent y rester. Donc, dans cet
esprit-là, il me semble que c'est prioritaire. Ça fait
partie des grandes
lignes de ce projet de loi là.
Il faut trouver
une façon de libérer… Et je comprends très
bien quand vous me parlez de contraintes pour les commissions scolaires, mais... En tout
cas, on pourra y revenir, là, parce qu'il me semble que,
quand un enfant s'inscrit à la commission scolaire, il y a des cueillettes de données, là.
Mais, ceci
étant dit, pour moi, il est incontournable que, dans la loi — on en
a assez parlé ici depuis le début — on puisse retrouver quelque chose qui nous
dit à qui on s'adresse. Et à qui on s'adresse? C'est le 27 % des
enfants qui ne fréquentent pas des installations
présentement.
Alors, je
vous le dis, moi, je suis ouverte qu'on change le libellé. On a fait une
proposition, ma collègue en avait fait une
autre ce matin. Je n'ai pas de problème. Ceci étant dit, il faut absolument
qu'on retrouve dans la loi quelque chose qui va nous dire que ce ne sera
pas des enfants qui présentement sont en... Ce n'est pas à eux qu'on s'adresse.
D'ailleurs, on ne
serait pas là;vous l'avez dit tantôt, puis j'adore ça, vous venez
de le redire, là. Alors, on s'entend, on se comprend. Là où il y a un
problème, c'est qu'on s'entend, on se le dit, mais on ne l'écrit pas.
Alors,
comment on peut faire pour l'écrire — et là je sais qu'on a des spécialistes, des
gens ici qui sont bons pour nous
écrire des textes — comment
on peut faire pour le mettre dans la loi pour dire clairement que c'est à cette
clientèle-là qu'on s'adresse? Bien, moi, je suis ouverte.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la députée. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Merci, Mme la
Présidente. Souvent, un exemple, ça peut devenir boiteux, mais ça vous
donne une idée de ce qu'on peut améliorer dans ce principe-là. Puis je crois
que c'est important aussi de souligner qu'effectivement
on ne veut pas rajouter des contraintes à l'inscription. Mais, à chaque année, on fait des inscriptions.
Dans la Loi de l'instruction publique, la pierre
angulaire de l'inscription dans une école, et elle est dictée par la loi, c'est la proximité. Si l'élève est accepté
dans une école et que le principe de la proximité a été oublié ou bafoué, bien, c'est peut-être
parce que c'est une 2-24. Puis c'est quoi, une 2-24? Bien, c'est une école qui
a une condition spéciale parce que la
ministre lui permet les écoles qu'on dit
régionales, les écoles alternatives qui vont plus loin dans une aire de desserte. Mais la pierre angulaire d'une aire de
desserte et d'un critère d'inscription dans une école, c'est la
proximité. Ça fonctionne pratiquement partout.
Il y a des endroits où, la proximité, c'est beaucoup plus loin. On a vu
un
article où des enfants anglophones faisaient
deux heures d'autobus, mais l'école la plus proche
était à deux heures d'autobus, puis c'est ce qu'on a conclu comme
volonté pour envoyer ces enfants à l'école.
Donc, je
reviens à l'argumentaire qui dit : On va rajouter une complexité. À chaque
année… J'ai trois enfants qui ont fait
le système public de A jusqu'à Z. Bien, à chaque année, j'étais épatée qu'il
fallait que je remplisse la fiche d'inscription.
Je me disais : Bien, c'est clair qu'ils vont continuer dans... Mais les
directions d'école m'ont expliqué, puis,quand je suis tombée dans les postes de
commission scolaire, on m'a dit : Bien non, c'est clair qu'il faut se
réinscrire à chaque année. On valide
un peu les informations, on coche oui, on est restés à la même adresse, on ne
change pas l'adresse.
Donc, dans une formule d'inscription, on peut
facilement, je vous le dis, là, faire un petit carré de plus qui dit : Avez-vous fréquenté un service de garde
dans les 12 derniers mois? Ce n'est pas
très complexe. C'est vrai que ça rajoute
quelque chose par rapport à la fiche d'inscription puis ça cible une clientèle
très précise, hein? On cible quatre ans de milieux défavorisés. Mais le comité
qui va être mis en place ou qui est déjà en place pour étudier les possibilités
d'approcher certaines familles plutôt que d'autres aura à aussi regarder cet
aspect-là.
Donc, je
comprends qu'on peut y voir là beaucoup de papier, mais, dans le fond, une
ligne, un carré, cochez oui, cochez non : Est-ce
que mon enfant a fréquenté un service de garde dans les 12 derniers mois? Si la réponse, c'est non, j'ai accès au service beaucoup plus facilement. Si la réponse,
c'est oui, bien, je suis sûre, parce que je pense que je l'ai vu dans d'autres articles de loi, que la
ministre peut permettre, puis elle le disait elle-même la semaine passée,
permettre une exception pour s'assurer d'une création d'un groupe de 15 pour
arriver à la moyenne. Et ce n'est pas si complexe que ça de dire : Je vais cibler précisément de par la loi puis
accepter des exceptions si jamais je n'arrive pas à trouver mon objectif.
Mais ce n'est pas plus compliqué que d'écrire «Francine
Charbonneau» sur un formulaire que de cocher
oui, cocher non, j'ai fréquenté un service de garde dans les 12 derniers mois,
et la décision se prend à partir de là.
La Présidente (Mme Richard, Duplessis) :
Merci, Mme la députée de Mille-Îles. Mme la ministre.
Malavoy : Oui. Ce qui est
compliqué dans l'approche, c'est justement de viser les enfants avec une
coche. C'est une loi qui est, malgré tout, large,
et, si je regarde la Loi de l'instruction publique, elle dit : «La
commission scolaire inscrit annuellement les élèves dans les écoles
conformément au choix des parents de l'élève» et «les critères d'inscription doivent donner la priorité aux
élèves qui relèvent de la compétence de la commission scolaire». Ça veut
dire qu'il y a priorité aux enfants qui sont sur un territoire. Le parent
continue à avoir un droit d'inscrire ces enfants-là où il le souhaite, mais on
ne donne pas la priorité à ce parent si son enfant n'est pas sur le territoire.
Mais c'est quand même des choses larges.
Là, vous demandez que,
dans une loi, on exclue de façon systématique tout enfant, même si son
frère et sa soeur sont déjà à l'école, même
si ses parents ont déménagé. Vous comprenez? Imaginez un enfant qui a déménagé,
il vient, mettons, je ne sais pas, de l'Outaouais puis il s'en vient en
Montérégie, il a fréquenté un service de garde en Outaouais, et là les parents
font le choix... Et c'est des cas... On comprend qu'on gère des cas d'exception,
là, O.K., mais il faut les prévoir. Et les
parents, parce que c'est plus proche de chez eux, parce qu'ils ont, je ne sais
pas, telle ou telle raison, parce que
les autres enfants sont à l'école, les parents font le choix de dire… cas d'exception,
cet enfant-là qui ne serait pas dans votre petite case, les parents font
le choix de l'envoyer à tel endroit.
Moi, ce que
je souhaite, et je ne crois pas que ça trahisse l'esprit de la loi… C'est juste
que ça ne doit pas devenir un critère
d'exclusion absolue. Par contre, si vous me demandez : Est-ce qu'on peut… Parce que c'est une autre approche, hein? On
peut soit avoir l'approche de dire : Ayons des cases, là, pour que les
enfants cochent s'ils sont admissibles ou
pas, ou encore ce qu'on pourrait faire pour répondre à votre préoccupation,
c'est ajouter un élément de consultation du ministère de la Famille, qui
n'est pas dans la loi actuellement. Actuellement, tout élément de consultation
est dans les modalités, n'est pas dans la
loi. Si on voulait s'assurer qu'il y ait... que notre esprit de complémentarité
soit atteint, on pourrait, dans la loi, rajouter quelque chose qui
implique une consultation du ministère de la Famille. Mais c'est, à ce
moment-là, eux qui deviennent partenaires, dans le fond, pour établir les
conditions et modalités.
Si le
ministère de la Famille est là aussi, bien, il peut indiquer des règles, mais
les enfants ne sont pas pointés, eux, cochés,
parce que même le ministère de la Famille pourrait très bien convenir que, dans
certains cas, il trouve logique que tel petit enfant aille à notre
maternelle quatre ans, à
titre exceptionnel.Mais il faut quand même que les exceptions soient couvertes. Il faut quand même que notre loi
permette de gérer tous les cas et que les commissions scolaires n'aient
pas le rôle, assez désagréable quand même, de dire à des parents : Pour telle et telle
raison, vous voudriez que votre enfant aille
dans cette maternelle quatre ans, mais on vous l'interdit. Tu sais, moi,
j'imagine, là, des parents, moult parents, là... enfin, peut-être pas énormément de parents, mais des parents assez
particuliers, dire : Écoutez, de quel droit est-ce qu'on m'empêche?
Par contre,
si on ajoutait… c'est une des possibilités, si on ajoutait, dans notre texte, que le ministère
de la Famille est consulté pour établir les modalités... les conditions
et modalités, là on leur donne un rôle qu'ils n'avaient pas, à l'heure
actuelle, dans notre projet de loi.
La P