Health and Social Services — 8 December 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-12-08
Quebec — Committees
donc j'ai dit : On ne dit pas ça de l'alcool, l'alcool récréatif. Et donc
j'ai une suggestion pour... Je pense qu'on doit parler du cannabis
prescrit à des fins thérapeutiques pour le champ thérapeutique et du cannabis
en vente libre pour
celui qu'on est en train de réguler. Mais c'est des modes d'approvisionnement
qu'on est en train de réguler, pas des effets,
et c'est un vocabulaire beaucoup plus approprié, d'autant plus que les produits
sont les mêmes. Que ce soit pour les produits prescrits à des fins
thérapeutiques ou en vente libre, la majorité des produits, aux États-Unis, qui
circulent viennent d'abord du marché des produits... du marché thérapeutique.
ça me permet de revenir sur quelqu'un hier qui parlait du vapotage.
Effectivement, il a raison, aux États-Unis, dans les États sur lesquels on a des données, le joint traditionnel est
minoritaire comme mode de consommation. C'est le vapotage et c'est les
produits comestibles qui vont arriver chez nous dans un an, selon le fédéral.
Alors, il faut tenir compte de ça dans le sens que ce n'est pas juste du monde
qui vont fumer. Oui, mais ce n'est pas que ça.
autre mot de vocabulaire, c'est la définition de la consommation à risque, et
puis là on se demande c'est quelle quantité.
Si je vous dis : J'ai pris deux bières hier, vous allez dire : Bien,
ça ne me regarde pas vraiment. Mais, si je vous dis : J'ai pris
deux bières hier, à 9 heures le matin, avant d'aller travailler. Même
produit, même quantité. Alors, une consommation
à risque, c'est toujours trois éléments : produit, personne, environnement.
Alors, soit un produit frelaté, soit
un produit trop concentré, soit... Et la relation que j'ai avec le produit à
9 heures le matin n'est certainement pas la même que le soir, et
l'environnement dans lequel je consomme.
Alors,
pour comprendre si une consommation devient problématique, il faut arrêter de
focaliser sur le produit et se demander quelle relation, la personne,
elle a avec le produit. Ce n'est pas l'idée si elle a pris ou non un joint.
C'est pour ça à cet effet-là d'ailleurs...
mais vous n'avez pas à me répondre, peut-être vous n'avez pas la réponse, mais
je me demandais... Ça a été tellement
efficace, la taxation selon le taux de concentration d'alcool pour diriger les
gens vers les produits à basse concentration, j'espère qu'on va
reproduire le modèle avec le cannabis parce que c'est un excellent moyen
pédagogique.
L'autre mot de
vocabulaire, c'est protéger les jeunes. Vous savez, protéger peut vouloir dire
deux sens diamétralement opposés. Si je veux
empêcher mon jeune de se faire heurter par une voiture quand il traverse la
rue, je peux décider que je l'enferme
dans la maison jusqu'à ses 18 ans, et il ne se fera pas frapper. Mais je
peux décider aussi que je lui apprends à traverser la rue, à regarder à
gauche, à regarder à droite, et puis qu'un jour il va traverser la rue tout
seul. Est-ce que je vais avoir peur au
début? Oui, mais l'idée, c'est qu'il la traverse tout seul. Et ce n'est pas
avec les interdits qu'on apprend à
quelqu'un à devenir autonome et à faire des choix quand il est adulte. Je
garroche, là, parce que mon temps est comme petit.
mot «dépendance», je voudrais y revenir parce que, ça aussi, on peut aborder ça
dès qu'ils sont petits. Il y a la dépendance aux sucreries, aux jeux
vidéo, à toutes sortes de... Le rapport que la personne établit avec les
produits, on peut en parler déjà très tôt.
C'est pour ça que je dis de dire un jour à quel moment on commence à faire de
la prévention sur les drogues, dès qu'il y a des questions, et sur bien
des objets.
quatre plans à la maison maintenant. Vous savez, j'écoutais les interventions
de... et je me disais : Mon Dieu! est-ce
qu'ils pensent que tout d'un coup la négligence parentale va monter en flèche
au Québec et qu'on ne saura pas ranger son
cannabis, on ne saura pas... Je veux dire, les parents ne laissent pas la
bouteille d'eau de Javel ouverte à côté des boîtes de LEGO. Ils ne laisseront pas leur sac de
cannabis à côté de la boîte de céréales du petit. Je ne sais pas pourquoi
tout d'un coup on se mettrait à penser que
les parents ne prendraient pas de précautions comme ils prennent pour l'alcool, comme ils prennent pour les
médicaments.
Est-ce que la
négligence parentale, ça existe? Oui. Ça n'a rien à voir avec le cannabis. Il y
en avait avant, il va y en avoir après.
Est-ce qu'il arrive des accidents? Oui. J'ai laissé ma sacoche là, le petit a
pris les médicaments. Ça arrive, mais
je ne vois pas pourquoi les parents
n'auraient pas la même vigilance et la même attention, parce qu'il y a
du cannabis dans la maison, qu'ils ont avec tous les produits, les autres
drogues qu'il peut y avoir dans la maison.
Également, je me
demandais... Vous savez, il y a 500 personnes, près de 500 personnes,
à l'heure actuelle, au Québec, qui peuvent cultiver cinq, 10 ou 15 plants
à domicile, dépendant de leurs prescriptions, parce qu'ils ont la permission de Santé Canada de cultiver à la maison
depuis l'arrêt Allard, et ça n'a pas fait un drame. Il n'y a personne
qui le sait, il n'y a pas personne que... L'enregistrement de quatre plants à
la maison, ce n'est pas obligé d'être très, très compliqué, là. Tu peux aller
dire à la ville : Vous pouvez venir voir, c'est sécuritaire.
Également,
la question, Mme la ministre, que vous avez posée : Est-ce qu'avec quatre
plants on peut être gelé pendant
toute l'année, pendant... Bien, vous savez, là, si vous regardez l'alcool que
moi, j'ai dans la maison, là, je peux être ivre toute l'année, 365 jours. C'est une décision de consommer de
cette manière-là, ça ne dépend pas du produit qu'on a dans la maison. Et c'est pour ça que je ne suis
pas obligée de consommer tout ce que j'ai le même soir, parce que... Mon
Dieu! le temps file. Je saute au point suivant.
Facultés affaiblies.
Avoir les facultés affaiblies, ça veut dire ne pas avoir les réflexes nécessaires
pour faire quelque chose. Et donc les
facultés affaiblies peuvent être causées par la fatigue. D'ailleurs, sur la
route, c'est, dépendant des études,
un sur quatre ou un sur cinq accidents qui est causé par la fatigue. Ça peut
être des médicaments qui créent la somnolence, ça peut être la maladie
qui baisse les réflexes, l'âge. Ça peut être toutes sortes d'affaires.
là, tout d'un coup, on décide qu'on allait repérer ceux qui prenaient du THC,
peu importe qu'ils ont ou non les facultés
affaiblies, et on allait sortir tout l'appareillage. C'est vraiment l'industrie
des tests de drogue qui est rentrée dans une peur des gens, mais ce
n'est pas... on n'est plus en facultés affaiblies. Mesurer les facultés
affaiblies, là, c'est que tous les policiers...
Le Président
(M. St-Denis) : En conclusion.
Mme Beauchesne
(Line) : ...aient leurs trois jours de formation pour passer le TSN.
Le Président (M. St-Denis) : En
conclusion, Mme Beauchesne.
Mme Beauchesne
(Line) : Pardon?
Le Président
(M. St-Denis) : En conclusion.
Mme Beauchesne
(Line) : Et donc de faire des tests de réflexes. Et enfin, je veux
dire, l'article 55, moi, je l'enlèverais, en conclusion.
Président (M. St-Denis) : Merci beaucoup. Alors, merci pour votre
exposé. Nous allons alors débuter la période d'échange. Mme la ministre,
la parole est à vous.
Mme Charlebois :
Merci, M. le Président. D'abord, vous saluer, Mme Beauchesne. C'est un
plaisir de vous retrouver. Vous avez fait
plusieurs de nos consultations publiques, et je vous retrouve avec la même
vivacité d'esprit, mais surtout la même passion quand vous affirmez vos
propos. Je suis contente que vous soyez venue, on va avoir un bon échange.
vais faire vite puis je vais vous donner l'occasion de continuer sur ce que
vous aviez commencé, mais je veux d'abord
aller à l'âge. Donc, vous considérez, vous, que ce n'est pas tant l'âge comme
la capacité qu'on aura de faire de la prévention, de l'éducation, de la
sensibilisation, tant auprès des enfants que des parents de ces enfants-là pour
leur permettre d'avoir un comportement
responsable. Est-ce que je comprends bien que 18 ans, vous, ça ne vous
fatigue pas?
Mme Beauchesne
(Line) : Oui. C'est beaucoup plus le discours qu'on va mettre autour,
de prévention.
Mme Charlebois :
D'accord.
Mme Beauchesne
(Line) : Le site Internet, à cet égard, peut être extraordinaire.
Mme Charlebois :
Le site Internet de la société québécoise?
Beauchesne (Line) : Oui, le site Internet, moi, je ne le vois pas
comme un site de vente, même s'il y a vente. Je vois onglet «produits», pour acheter, mais je vois plein
d'autres onglets pour faire les liens avec les informations aux parents, les informations aux jeunes, les
informations, si tu veux suivre quelque chose. Mais je vois un site qui est la
porte d'entrée et je voudrais que ce site-là, quand on discute à table :
Non, non, oui, oui, ce n'est pas... On va aller voir sur le portail de la SQC.
Et, tu sais, je trouve que ce site-là peut être un lieu extraordinaire.
Mme Charlebois :
Quelque chose que vous ne nous avez pas parlé, c'est la quantité de possession.
On a mis, dans le projet de loi, la
même quantité que pour le cannabis thérapeutique, soit, à l'achat, 30 grammes
à la fois et 150 grammes de possession, à la maison, de cannabis
séché. Êtes-vous à l'aise avec ça?
Mme Beauchesne
(Line) : Oui, mais pour les raisons suivantes. C'est que, pour le
moment, il y a un marché illégal et
il faut que les policiers puissent distinguer si quelqu'un est dans le marché
illégal ou est dans une consommation régulière.
Moi, je pense qu'à la
longue, lorsque le marché illégal sera très marginal, ça ne voudra pas rien
dire. On peut emmagasiner ce qu'on veut chez
nous en alcool. Mais, pour le moment, on est dans une situation où il y a un
marché illégal, et la police, elle a
besoin de savoir si la personne est en train
de faire du commerce ou si c'est pour ses fins personnelles.
Charlebois :
Bien, c'est un peu ça, le but, puis ce n'est pas tout le monde qui aura la
chance d'avoir la boutique à côté de chez eux, alors peut-être qu'ils vont
s'approvisionner pour un peu plus longtemps.
lieux de consommation, en ce moment, vous savez que c'est tabac plus. On a
ajouté les campus universitaires, les
collèges, mais, pour ce qui est de lieux publics, on laisse de l'espace libre à
chacune des municipalités, si elles veulent réglementer plus fort. C'est déjà
interdit dans les parcs où il y a des enfants. C'est déjà interdit dans les cours
d'école. C'est déjà interdit, bon, à plein d'endroits, comme le
tabac. Mais, comme exemple... J'ai donné un exemple hier : à la
plage. Je prends la plage de Saint-Zotique,
c'est encore permis de fumer, mais est-ce que vous croyez qu'on prend une bonne
décision que de laisser ce pouvoir
réglementaire là aux municipalités plutôt que de faire un
article
dans la loi qui dit : On enlève tous
les lieux publics? Puis hier on avait les propriétaires d'édifices à logements
qui disaient : Bien, pas dans nos édifices à logement. Ça fait que
là je me dis : On légalise, mais, si on ne laisse plus de place pour
consommer, on fait quoi, là?
Beauchesne (Line) : Effectivement, ça se pose dans les États américains. C'est d'ailleurs
ce qui a amené beaucoup et rapidement le vapotage, parce que ça ne sent
pas. Alors, à moins que tu fouilles mon huile que j'ai mise pour savoir si c'est de l'huile pour le tabac ou
c'est de l'huile pour le cannabis... Alors, ça a accéléré beaucoup
le vapotage. Je pense que plus c'est harmonisé avec les lois sur le
tabac, plus ça simplifie la question, effectivement, parce que sinon, vous
allez vérifier qui a mis quoi dans sa pipe à vapoter. Alors, ça n'a pas de bon
sens. Je veux dire...
Donc,
ce n'est pas applicable. Alors, je pense qu'il faut rester en harmonie avec les
lois sur le tabac, et plus on fait des
restrictions, plus les gens, quand les produits comestibles vont arriver, vo