Health and Social Services — 24 February 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2016-02-24
Quebec — Committees
(Onze heures quinze minutes)
Présidente (Mme Rotiroti) : Alors, bon matin à tous. À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum... Ah! désolée, je
n'ai pas vu le ministre partir. O.K. Désolée, on va suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 16)
Présidente (Mme Rotiroti) : Bien, rebonjour. Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare ouverte la séance de la Commission de la
santé et des services sociaux. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder aux
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 81, Loi visant à réduire le coût de
certains médicaments couverts par le régime général d'assurance
médicaments en permettant le recours à une procédure d'appel d'offres.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplaçants?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Tanguay (LaFontaine) est remplacé par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger).
Présidente (Mme Rotiroti) : Ce matin, nous allons débuter
avec des remarques préliminaires et par la suite nous recevrons
l'Association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec, suivie par
M. Paul Fernet.
Alors, sans
plus tarder, j'invite le ministre de bien vouloir faire les remarques
préliminaires. Vous disposez de six minutes. La parole est à vous,
M. le ministre.
M. Barrette :
Merci, Mme la Présidente. Alors, bienvenue aux gens, évidemment, que nous
accueillons ce matin et aux collègues, évidemment, là, pour cette
commission parlementaire sur le projet de loi n° 81.
Alors, Mme la
Présidente, juste pour simplement mettre les choses un peu en contexte, je pense
qu'il est démontré, reconnu et
accepté par tout le monde dans la société qu'au Québec et au Canada en général
nous payons nos médicaments au-delà de ce que nous devrions payer. En ce
qui nous concerne, je pense que les démonstrations ont été faites à plusieurs reprises à l'effet que ce que la société
paie, en termes de médicaments, incluant les médicaments génériques, est
nettement supérieur à ce qui devrait être, à mon avis, et je vais peser mes
mots, juste et raisonnable.
Ceci dit, il y a des raisons à ça, et la seule
façon de pouvoir s'y adresser, à notre avis, est de faire en sorte que nous ayons une approche, une mécanique, un levier
pour faire en sorte que nous puissions, dans un marché qui est le marché
que l'on connaît aujourd'hui, aller chercher le meilleur prix, tout en
garantissant, évidemment, un approvisionnement en médicaments de qualité
approprié pour le bénéfice de la population du Québec.
Le monde
pharmaceutique, parce qu'on parle ici du monde extrahospitalier, là, est un
monde qui, on va dire, est régi... ce
n'est peut-être pas le bon mot, mais c'est un monde dans lequel il y a
plusieurs joueurs. Alors, on pourra résumer la situation en notant qu'on
peut subdiviser ce monde-là en quatre groupes. Il y a, évidemment, les fabricants
de médicaments, il y a les grossistes, il y
a les bannières et il y a, évidemment, les pharmaciens propriétaires. C'est,
grosso modo, l'univers dans lequel on est.
Aujourd'hui,
dans quelques minutes, nous entendrons l'Association professionnelle des
pharmaciens salariés du Québec, qui sont dans cet environnement-là, mais
qui ne sont pas des agents négociateurs. À moins qu'on me dise le contraire tout à l'heure, là, ce ne sont pas des
gens qui participent à la gestion de cette offre de services ou de
produits en termes de négociation ou en
termes d'achat ou de vente, mais c'est quand même des joueurs qui sont
importants, et ça va être intéressant de les entendre.
Alors, la
commission parlementaire, j'ose espérer, Mme la Présidente, va nous permettre
de faire une certaine lumière et de
nous donner des indications sur d'éventuels ajustements que nous pourrions
apporter à notre projet de loi en fonction,
évidemment, de deux paramètres principaux majeurs ou peut-être trois, que sont
le coût, évidemment, et l'approvisionnement,
et la qualité des produits. Ce sont des éléments, là, qui sont connexes, mais
ils ont une hiérarchie.
Le premier
élément auquel on veut s'adresser, évidemment, par le fait même, par
définition, étant celui du coût. Alors,
c'est la raison pour laquelle, comme je l'ai dit il y a quelques instants,
ayant subdivisé ce monde-là en catégories, on comprendra que le projet
de loi, qui contient deux articles principaux et un
article qui est plutôt
administratif, les deux articles principaux visent à aller chercher le meilleur
coût dans deux des éléments qui sont majeurs dans le cheminement de l'univers du médicament, étant les grossistes et les
fabricants. Mais, les fabricants, on verra sans aucun doute dans la
commission parlementaire que c'est plus complexe que ça en a l'air.
Alors, je pense que la commission parlementaire
va être très intéressante en termes de compréhension de cet univers-là, avec
comme point de départ de notre réflexion législative le fait que, comme
société, il est de notre responsabilité,
comme gouvernement et, je dirais, comme parlementaires, de mettre en place des
leviers pour faire en sorte que
l'État... Et, comme je le dis toujours, et vais prendre un petit instant pour
le répéter encore une fois, l'État, ça n'a pas de compte de banque. L'État ne fait que gérer les sommes d'argent qui
proviennent des impôts, des taxes qui, elles, sont appliquées aux revenus des particuliers et des
entreprises. L'État a la responsabilité morale de s'assurer que nous
payons le juste prix, et il nous est apparu,
Mme la Présidente, qu'à cette étape-ci de l'évolution de notre société il était
essentiel de s'adresser à cela. Et voilà.
Tout à l'heure, nous commencerons nos auditions publiques, et ça va être, sans
aucun doute, très intéressant. Je termine là-dessus, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Rotiroti) : Parfait. Merci beaucoup, M. le
ministre. Alors, j'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de services sociaux, de protection de la jeunesse, de
soins à domicile, de santé publique et de prévention et évidemment député de
Rosemont pour faire des remarques préliminaires pour une durée maximale de
3 min 30 s. La parole est à vous.
M. Lisée :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre, mes collègues de la
majorité ministérielle, mes collègues de la CAQ, député de Lévis, très
heureux de vous voir, secrétaire de la commission, recherchistes.
Le ministre a
posé la bonne question. La bonne question, c'est : Ça coûte trop cher. Ça
coûte trop cher à cause du prix, ça coûte trop cher à cause des
prescriptions aussi, ça coûte trop cher à cause des protocoles, ça coûte trop
cher à cause de l'organisation de la liste.
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles ça coûte trop cher. Et je suis très
heureux d'entendre le ministre dire :
Bien, le but de cette commission, c'est de voir comment ça pourrait coûter
moins cher. Oui, je suis d'accord, moi aussi, je me suis préparé dans
cette perspective-là.
Maintenant,
ça ne veut pas nécessairement dire que les propositions qui sont incluses dans
le projet de loi sont les bonnes réponses à cette question. Mais je suis
content que le ministre n'ait pas dit : Le but de cette commission parlementaire, c'est de démontrer que ce projet de
loi en trois articles, c'est la bonne façon pour que ça moins cher.
Parce que ce n'est pas sûr que c'est la
bonne façon pour que ça coûte moins cher, ce n'est pas sûr du tout. On a lu les
mémoires qui sont arrivés, j'ai rencontré
beaucoup des acteurs de ce microcosme, effectivement, à quatre étages qui est
l'écologie des médicaments au Québec, et ce n'est pas comme d'acheter des pains
ou d'acheter des boulons où on fait un appel d'offres,
puis c'est la tarte aux pommes, évidemment. Comment est-ce qu'on peut être
contre un appel d'offres? Bien, dans la santé, ce n'est pas exactement
la même chose. Dans la santé, ce n'est pas la même chose.
Alors donc, on
va tester les hypothèses du ministre, mais j'espère qu'on va en tester d'autres
aussi. Et donc je suis très heureux
de cette ouverture d'esprit que le ministre manifeste en lançant la commission,
en disant : La question qu'on pose, ce n'est pas : Est-ce que
mes solutions sont les bonnes?, la question qu'on pose, c'est : Quelles
sont les bonnes solutions? Et là ça ouvre la
discussion, puis moi, je suis très heureux parce que je voulais qu'on ouvre
cette discussion.
Évidemment,
ce qui est mis au jeu, ce sont des propositions d'utiliser l'appel d'offres à
la fois sur le fabricant et à la fois sur le grossiste, qui sont deux
choses différentes et deux choses qui peuvent avoir des impacts positifs et
négatifs sur l'écologie, la disponibilité,
les ruptures de stock et même le prix. Il y a des gens qui vont venir nous
dire : Bien, ça aurait une
incidence à la baisse dans un premier temps puis à la hausse dans un deuxième
temps. Alors, il faut tout regarder ça. Il ne faut pas se tromper, il ne
faut pas se tromper. Et je pense qu'avec les consultations — et je
pense que tous les gens auxquels on voulait adresser une invitation ont
répondu — on
va avoir une bonne idée. Et moi, j'espère que la conséquence, c'est-à-dire qu'on va atterrir sur de bonnes solutions qui
ne seront pas nécessairement celles avec lesquelles on commence,
c'est-à-dire qui sont dans le projet de loi.
Alors, je salue l'ouverture d'esprit du
ministre. J'espère qu'elle se traduira par une volonté de changement, peut-être
substantiel, de ce qui est dans le projet de loi à la fin de ce processus.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci beaucoup, M. le député de Rosemont. Alors, j'invite maintenant le
porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de santé et services
sociaux et député de Lévis à faire des remarques préliminaires pour
2 min 30 s. La parole est à vous.
M. Paradis (Lévis) : Merci, Mme
la Présidente. Ah bien, je salue les collègues, évidemment, collègues de l'opposition, collègues ministériels, membres du
gouvernement, recherchistes participant à cette commission et je salue
également cette ouverture exprimée par le collègue de l'opposition,
c'est-à-dire d'avoir un objectif commun. On le comprend bien, hein? Je pense que c'est
relativement simple. Le projet de loi, qui vise globalement à réduire le coût
des médicaments génériques pour l'État et les consommateurs, c'est un objectif
louable en soi. Est-ce que les moyens pour
s'y rendre sont les bons? Nous aussi, on a des questionnements, des
questionnements qui nous ont été aussi relayés par plusieurs groupes,
plusieurs intervenants dans un système complexe, mais qui se questionnent aussi
sur les moyens pour atteindre la cible : Sont-ils les bons?
Je saluerai
également l'ouverture du ministre, c'est-à-dire que, si l'objectif est louable,
est-ce qu'il y a moyen de faire autrement? Est-ce que la solution
proposée ou les solutions proposées sont celles qui devront finalement nous
permettre d'arriver à l'objectif commun? Il y a bien des gens qui s'inquiètent,
Mme la Présidente, il y a beaucoup d'inquiétudes qui sont manifestées. Et, pour
employer un terme que l'on utilise, là, quand on parle de médicaments, bien, il y a plusieurs personnes qui craignent les
effets secondaires. Alors, on va tenter de faire en sorte qu'il y en ait
peu, qu'il n'y en ait pas.
Et, à travers
ce que l'on entendra, ce qu'on va faire ici, nous, à l'opposition, d'être
extrêmement attentifs et de permettre à ceux et celles qui viendront
donner aussi leur vision des choses, parce qu'ils sont
partie prenante de ces décisions-là, de faire en sorte aussi qu'on puisse
réfléchir sur d'autres moyens pour arriver à une cible puis un objectif
commun et, je le répète, qui est louable en soi sur son principe, sur sa vision,
mais qui, au
chapitre des moyens utilisés — en tout cas, de l'avi