Transportation and the Environment — 31 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2023-05-31
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 20, Loi instituant le Fonds bleu et modifiant
d'autres dispositions.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
et M. Grandmont (Taschereau), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire. Lors de la suspension de nos travaux hier, nous étions à
l'étude de l'article 5. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, est-ce que
vous voulez continuer votre intervention?
Mme McGraw : Merci, M. le Président,
et bonjour, les collègues. Alors, oui, justement, on avait posé une question à
la toute, toute fin de la session hier soir. On aimerait reprendre cette
discussion. Alors, nous, on voudrait parler des quantités et des volumes d'eau
ce matin. Moi, je ne suis pas très familière avec la manière dont les
estimations d'eau sont faites au Québec par des professionnels. On aimerait
savoir si le ministre ou le ministère pourrait nous en parler davantage. Est-ce
que le ministère pourrait nous éclairer sur la procédure? Qui, par exemple,
peut faire les estimations? Quelles sont les accréditations nécessaires? Est-ce
que les compagnies peuvent choisir leur estimateur? Entre autres, on a
plusieurs autres questions, mais on va commencer avec ces questions-là.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci à la collègue. C'est une question, effectivement, qui est
très, très importante. On peut résumer l'enjeu de différentes façons. Les
nouveaux projets, pour l'essentiel, doivent avoir un débitmètre, un compteur
d'eau. Pour ce qui est des projets existants... Et, quand je dis «nouveaux
projets», ça date quand même d'un certain temps, cette modification-là. Pour ce
qui est des projets qui ont eu leurs autorisations avant l'entrée de cette
nouvelle contrainte, il y a une évaluation qui doit être faite, et ce que l'on
va voir dans les projets de règlements qui ont été présentés il y a quelques
semaines, s'ils sont édictés, et c'est notre souhait, on va venir ajouter la
contrainte que je mentionnais hier en fin de séance. Si l'évaluation qui est
faite, elle est inexacte, c'est le montant maximal de l'autorisation qui va
tout simplement s'appliquer. Aussi, l'entreprise ou le préleveur d'eau ne
devait pas fournir sa consommation d'eau. Là aussi, c'est essentiellement le
montant maximal de l'autorisation qui sera reconnu et facturé au préleveur.
Donc, la réglementation qui est à l'étude
actuellement sera renforcée, mais il faut savoir que, pour les nouveaux projets, c'est un débitmètre qui
s'applique, et à savoir est-ce qu'on veut imposer aux projets existants de
passer au débitmètre automatique, je
vous dirais, à ce moment-ci, ce n'est pas l'intention, en toute transparence,
du gouvernement. Il y a déjà beaucoup de transformations qui sont en
opération actuellement. Puis on se le disait hier, on va réévaluer le tout dans
cinq ans. Est-ce que, dans cinq ans, tout se sera mis en place pour imposer un
débitmètre à tous? C'est quelque chose ou une réflexion, là, qu'on pourra avoir
à ce moment-là.
Mme McGraw : Donc, si je comprends
bien, est-ce qu'on... La date, avec l'entrée en force de ces nouveaux règlements
pour les nouveaux projets, c'était en quelle année?
Charette : Ça date de 2009. Donc, ça fait quelques années
déjà, là, depuis cette entrée en vigueur. Pour ce qui est des projets de
règlements qui sont à l'étude actuellement, nous, on vise une édiction, là,
dans les prochaines semaines. La
consultation se terminait il y a quelques jours. On attend, naturellement, les
derniers... C'est-à-dire, on a reçu les commentaires, mais on attend les
dernières évaluations de ces commentaires-là pour ensuite procéder à l'édiction,
mais le souhait serait de procéder, là, au cours des prochaines semaines, donc,
d'ici l'été.
Mme McGraw : Donc, bien, vous
l'avez... Donc, j'avais des questions sur un peu le processus d'estimation ou d'évaluation justement pour confirmer est-ce
qu'il y a de la place ou même beaucoup de place à... Comme vous avez dit...
Vous avez parlé... C'est inexact, c'est une évaluation inexacte, et, justement,
pourquoi, on a... D'ailleurs, on a lu le rapport de l'ENAP, l'étude comparative
par rapport aux... l'étude qui a été faite en janvier cette année, l'étude comparative sur les redevances exigibles pour
l'utilisation de l'eau, et, justement, ils ont comparé le Québec avec
d'autres... pas toutes les provinces, mais d'autres provinces, certains États
aux États-Unis et certains pays en
Europe, on a trouvé ça très intéressant. Il y a des tableaux qui font un peu
le résumé, la comparaison. Puis on a regardé, entre autres, le Vermont, pour qui le débitmètre est obligatoire pour les entreprises.
Puis là je veux juste... On ne parle pas de résidences, on ne parle pas
de particuliers, on ne parle pas du secteur agricole, on parle vraiment des
entreprises, tous ceux qui... et toutes les entreprises et tous les acteurs qui
vont être assujettis à la nouvelle loi et aux règlements aussi.
Alors,
pourquoi... Donc, la question que je voudrais... Je suis contente d'entendre
qu'on va réfléchir là-dessus dans cinq ans, puis là on va revenir après
sur le cinq ans, mais pourquoi on ne se dote pas des meilleurs moyens tout de suite? M. le Président, c'est une question que
je pose au ministre : Pourquoi ne pas se doter... On... L'estimation, vous
l'avez confirmé que c'est inexact, ce n'est
pas précis. Et donc pourquoi pas en même temps? On comprend que c'est un
pas vers l'avant qui est très bien reçu,
mais pourquoi ne pas déjà regarder les meilleures pratiques, les bonnes
pratiques puis se doter des moyens d'être plus exacts dans nos... bien,
plus exacts, effectivement, plus efficaces?
M. Charette : ...meilleures
pratiques, peut-être se convaincre d'une chose aujourd'hui, avec et le projet
de loi et les projets de règlement, en
Amérique du Nord et à travers le monde, on sera exemplaires à bien des égards.
Et, des fois, on fait le calcul sur le simple taux de la redevance. Ce
serait une erreur de se limiter à cet indicateur-là, parce que ça dépend ce que l'on fait avec ces argents-là,
ça dépend quel type d'eau est prélevé. Par exemple, on se fait demander à
l'occasion... Je pense, c'est le Danemark qui est à 10 000 $ le
million de litres. Nous, on sera bien en deçà de ça. Mais le Danemark, deux choses à retenir, c'est uniquement pour les eaux
de surface, si je me souviens bien, et c'est aussi pour financer le
développement de leur réseau de traitement des eaux. Donc, il y a une
différence sur la nature de l'eau qui est
prélevée ou une nuance par rapport à la nature de l'eau qui est prélevée et la
finalité de la redevance. Nous, on se l'est dit encore hier, tout ce qui est
entretien du réseau d'aqueduc, tout ce qui est entretien du réseau de
traitement des eaux, ce n'est pas financé par la redevance. Donc, ça
peut expliquer déjà l'écart. Mais, de façon générale, et certainement en Amérique du Nord, avec les projets
de règlement, avec les rehaussements des redevances, on devient de loin,
là, un des meilleurs, sinon le meilleur élève du groupe.
Et, pour ce qui est pourquoi le cinq ans, il
faut savoir qu'il y a beaucoup, beaucoup de transformations qui sont en cause à
travers autant le projet de loi que le... les projets de règlement. On se
souvient, on diminue le seuil d'assujettissement. Donc, ça va concerner
beaucoup de nouvelles entreprises. Donc, il faut faire atterrir tout ça avant
d'ouvrir un nouveau chantier, par exemple. Mais je rassure la collègue, et
c'est bon de se le rappeler, pour les nouveaux projets, c'est un débitmètre qui
est nécessaire. Et, pour les entreprises, je le mentionnais hier et je le répétais tout à l'heure, l'entreprise qui ne
ferait pas de déclaration ou qui ferait volontairement une mauvaise déclaration,
elle serait sévèrement sanctionnée. C'est le montant maximal de l'autorisation
qui lui serait automatiquement chargé. Donc,
ce ne serait pas non plus dans son intérêt. Mais, au cours des prochaines
années... peut-être que, dans cinq ans, on se dira : On a bien fait atterrir ces réformes-là, on est prêts
pour ajouter une couche supplémentaire, qui serait, par exemple,
d'imposer un compteur d'eau même pour les anciennes autorisations.
Mme McGraw : Parce qu'on comprend
que ça ne coûte pas cher. Je pense que c'est 1 000 $ à
2 000 $ pour les entreprises. Donc, l'investissement, ce n'est pas un
grand investissement pour les entreprises, ça pourrait nous donner des
meilleures données.
Une autre question. Avec la situation courante
présentement, avec... c'est-à-dire c'est... c'est l'estimation, je veux en savoir plus. Est-ce que c'est vérifié?
Est-ce qu'on a les études ou des données qui vont... qui puissent comparer
avec les débitmètres pour les nouveaux projets? J'imagine. Est-ce qu'il y a des
débitmètres qui ont été mis en place pour
les anciens projets par choix des entreprises? Est-ce qu'on a, donc, des données
sur les entreprises et la comparaison...
Mme McGraw : Je vais attendre.
M. Charette : Si jamais il y a
consentement, on a un très, très grand privilège, un
spécialiste, qui est au ministère, sur
ces questions-là. C'est sans doute une des plus grandes références au Québec. Donc, avec le consentement,
il pourrait nous faire un portrait de
situation, là, sur comment ça fonctionne, comment ça se vit concrètement, là.
Donc, avec consentement, on pourrait.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement?
McGraw : Je trouve, ça serait très intéressant. Peut-être
juste ajouter une petite question. Ça pourrait être pris en
considération lors de la présentation. Donc, un peu, là, l'état des choses
maintenant, puisque ça va être... si je comprends bien, pour les cinq
prochaines années, ça va continuer, ça va être le statu quo au niveau de
l'estimation pour les anciens projets, et, à
savoir : Est-ce qu'on a des données, des informations qui comparent un peu
avec ceux... les projets qui ont des débitmètres, c'est quoi, la
différence en termes de redevances, justement? Parce que ça pourrait peut-être
souligner l'importance, la valeur des débitmètres pour pouvoir faire des choix
éclairés lorsque... dans les prochaines années, basés sur les données, donc,
entre autres, mais ça... Pour moi, ça m'intéresse d'en savoir plus.
M. Charette : Oui. Bien, peut-être,
juste avant de céder la parole à notre expert en la matière, en 2009, le
changement qui est intervenu, ce n'était pas un projet de loi, c'était un
règlement. Donc, on ne prévoit pas dans les cinq
prochaines années, mais, si jamais on se dit : La réforme a bien atterri,
on peut aller plus rapidement, on pourrait faire ce type de changement
là avec le règlement qui avait été adopté, là, en 2009. Donc, ce n'est pas
forcément cinq ans. Cinq ans, c'est la période, là, qu'on
se donne pour réellement évaluer l'impact de ces mesures-là, mais, si on se
sent enclins et volontaires pour aller plus rapidement sur cette question-là,
le règlement nous permettrait de le faire aussi.
Mme McGraw : Merci de préciser.
C'est important comme précision.
M. Charette : Donc, avec votre
consentement, si vous voulez...
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Mme McGraw : Oui, il y a
consentement.
Président (M. Jacques) : Oui, il y a consentement. Je vais vous demander de
vous nommer et de nommer votre
titre aussi. Merci.
M. Ouellet (Michel) : Bonjour. Michel Ouellet. Je suis le chef de l'équipe Eaux
souterraines et eaux de surface à la Direction de l'eau potable, des eaux
souterraines et de surface au ministère de l'Environnement... de
l'En