Institutions — 2 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2019-04-02
Quebec — Committees
(Dix heures quatre minutes)
Président (M. Bachand) :
Alors, bienvenue. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et vous
demande, comme vous le savez bien, à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de vos appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder aux consultations
particulières et audiences publiques sur le projet de loi n° 6,
Loi transférant au commissaire au
lobbyisme la responsabilité du registre des lobbyistes et donnant suite à
la recommandation de la Commission Charbonneau concernant le délai de
prescription applicable à la prise d'une poursuite pénale.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion) est remplacé par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
Président (M. Bachand) :
Parfait. Alors, ce matin, nous débuterons par les remarques préliminaires et, par la suite, nous entendrons l'Association québécoise des lobbyistes et la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante.
Donc, pour les remarques préliminaires, j'invite
la ministre de la Justice à faire ses remarques préliminaires. Mme la ministre,
vous disposez de 5 min 34 s.
Mme LeBel :
Alors, merci, M. le Président. Merci à tout le monde d'être ici ce matin. Je
dois vous avouer que je suis assez
excitée d'entrer dans ce processus-là qui, pour moi, en tant que juriste, est un processus très
privilégié, donc celui de légiférer,
si on veut, et celui qui nous est dévolu comme membres de l'Assemblée nationale. Et je dois avouer que c'est celui qui, à prime abord, m'attire beaucoup
parce que je pense qu'on a une très grande responsabilité qu'on partage
de façon commune. Et je sais, pour
l'avoir vécu un peu, de façon parcellaire, que le travail qui se fait ici, en commission parlementaire, est un travail sérieux, qui est pris au sérieux
par tous les membres de la commission, peu importe le côté de la table du
côté où on se trouve. Et, pour moi, je vais
vous avouer que c'est très excitant d'entrer avec vous ce matin et de faire mes
débuts, là, officiels dans ce type de processus. Alors, merci à tout le monde
d'être là.
On commence
ce processus-là sur la loi, on l'a dit, transférant au Commissaire au lobbyisme la responsabilité du registre et aussi adressant le délai de
prescription appliquant la prise de poursuite pénale. On priorise pour
l'instant... Notre gouvernement
entend prioriser ces deux modifications essentielles à la
Loi sur la
transparence et l'éthique en matière de lobbyisme parce qu'on pense que c'est une première étape à, peut-être,
une réforme qui sera faite. Mais, ce matin, il n'agit, donc, que de
transférer la responsabilité du registre et de modifier, si on veut, la
prescription aux poursuites pénales.
Ce sont deux modifications qui constituent,
comme vous le savez, et certains de mes collègues le savent encore mieux que moi, des demandes qui ont été exprimées
par le Commissaire au lobbyisme, de longue date, et je pense que c'est un premier pas essentiel vers une réforme, mais,
entre autres, vers une agilité, si on veut, du Registre des lobbyistes,
agilité et modifications qui ont été
demandées depuis longtemps. Vous le savez, le registre a été confié au
registraire, à l'époque, pour des
raisons pratiques, parce qu'il était... le conservateur avait déjà l'expertise
nécessaire pour tenir ce genre de registre. Mais, au fil des ans, on a
vu surgir certains problèmes reliés au partage des responsabilités, entre
autres, et peut-être à l'agilité qu'avaient
les lobbyistes à s'inscrire à tel registre. Et on espère que, par ce transfert,
on pourra justement arriver à la mise en place d'une nouvelle
plateforme, et c'est ce dont on pourra discuter également ce matin.
Quant au délai de prescription, je ne vous le
cacherai pas, que j'en ai une certaine connaissance. Il y a eu effectivement des discussions qui ont été faites
sur le fait que ce délai de prescription, compte tenu de la nature des
enquêtes et des infractions qui se trouvent
à la loi actuelle, que le délai d'un an qui était présent ou qui est présent
dans la loi actuelle n'est pas
suffisant pour permettre l'enquête et le dépôt d'accusations. Et il est
malheureux, là, qu'au Québec la justice ne suive pas son cours pour de
simples délais de prescription, surtout dans des matières où on sait que les
enquêtes sont plus longues et plus ardues à faire.
Donc,
on est conscients que plusieurs groupes viendront porter leur point de vue ce
matin et cet après-midi, c'est essentiel.
Nos discussions sont essentielles. Je sais que vous aurez... Certains auront
des points de vue qui seront proactifs pour
ce qu'on pourrait faire dans le futur dans cette réforme. Ça va nous faire
également plaisir de vous entendre sur ces points de vue là, mais il
faudra également restreindre et focusser peut-être nos débats sur l'objet du
projet de loi comme vous aurez, tous et chacun, l'occasion de vous exprimer en
temps et lieu sur une réforme éventuelle du registre ou de la
loi, si on veut, sur le lobbyisme comme telle. Donc, sur ce, je vais passer la
parole à mes collègues. Je vous remercie, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Mme la ministre.
J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition officielle, le député de
LaFontaine, à faire ses remarques préliminaires, pour une durée maximale de
3 min 43 s. M. le député.
M. Tanguay :
Merci, M. le Président. Alors, bonjour, bonjour à vous. Merci de présider nos
travaux. Puis, je dois vous le dire,
je vais le dire publiquement, M. le Président, je trouve que vous faites un
très bon travail. Alors, merci d'être là, et de présider nos travaux de
façon impartiale, puis de faire en sorte que les échanges aient lieu.
Saluer
Mme la ministre. Heureux d'être la personne avec laquelle, entre autres, mes
collègues autour de la table, elle
aura son baptême de projet de loi. Alors, très heureux. Et je ne sais pas si je
dois utiliser cette expression-là depuis le dépôt du projet de
loi sur
la laïcité, mais on me l'aura pardonné. Saluer les collègues également de la
banquette ministérielle, de l'opposition officielle et des groupes
d'opposition, et également le député indépendant, les députés indépendants, qui ont un rôle à jouer en ce
Parlement, et on aura l'occasion peut-être, dans d'autres contextes aussi,
de s'assurer qu'ils jouent ce rôle-là, qu'ils aient voix au chapitre.
le Président, moi, je ne vais pas m'éterniser sur l'objectif, aujourd'hui, qui
est d'entendre des gens qui ont à travailler
dans un contexte de lobbyisme. Et, aujourd'hui, le projet de loi n° 6 fait un peu écho, oui, de la recommandation 37, Charbonneau, oui, comme l'a bien dit Mme la
ministre, a, entre autres, comme objectif de modifier le délai de
prescription, de un, et, de deux, également
de confier au Commissaire au lobbyisme la gestion du registre. Sur le fond des
choses, nous croyons que ce sont là des avancées, et peut-être aussi
dans le contexte du projet de loi, le 12 juin 2015, dépôt du projet de loi
n° 56, qui ratissait beaucoup plus large, et, des fois, l'expression
populaire trouve sa validité dans nos travaux : Qui trop embrasse mal
étreint. Alors, faire un bout de chemin aujourd'hui, nous en sommes, nous y
serons.
Nous
aurons, j'en suis persuadé... Avec la ministre de la Justice, ça risque d'être
davantage Wimbledon que dans d'autres
commissions. Autrement dit, on parle deux minutes, on soulève une question
qu'on présume intelligente et fondée parce
qu'on a des sources; la balle, elle va nous la renvoyer. La balle, elle ne
roulera pas à fond de terrain, ce qui fait en sorte qu'on va passer du temps beaucoup plus efficace, et quand, face à
la solidité des arguments, on est capable de faire la part des choses et de faire avancer la
commission... Et ça, j'en suis convaincu, intimement convaincu que Mme la
ministre ait également... dans ce contexte-là, qu'elle s'inscrit dans cet état d'esprit
Alors, bons travaux,
chers collègues. Heureux d'être ici présent et heureux d'entendre nos invités.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci,
M. le député. J'invite maintenant
le porte-parole du troisième
groupe d'opposition et député de Rimouski à faire ses remarques
préliminaires pour une courte période de 56 secondes. M. le député, s'il
vous plaît.
M. LeBel :
Bonjour, tout le monde. Bon, bien, je suis content d'être ici, là, participer,
j'ai toujours aimé travailler en commission comme ça. Et pour avoir siégé ou
années, j'ai vu évoluer le Commissaire au lobbyisme, les besoins, j'ai vu
évoluer ça, et je suis très heureux de
participer avec vous, maintenant, à moderniser puis à améliorer encore le
service qu'on pourra donner. Le Commissaire au lobbyisme, c'est
important, ça fait qu'il faut y mettre du temps, et on va le faire, comme il
faut, comme on le fait d'habitude. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le député. J'invite maintenant
le député indépendant et député de Chomedey à faire ses remarques pour
une durée maximale de 50 secondes. M. le député.
M. Ouellette :
Il faut vraiment qu'on soit succinct, M. le Président. Mme la ministre, on est
très heureux de participer avec vous à votre
premier projet de loi. Vous allez voir que la Commission des institutions,
c'est celle qui siège le plus, pour
l'avoir présidée pendant de nombreuses années. Et parce qu'on parle des
institutions du Québec, que ce soit avec la
loi sur le lobbyisme, je
pense que ça va de soi, c'est une loi qui n'a pas été revue depuis 2002, c'est
une première étape. J'étais très heureux de
vous entendre dire que c'est une première étape. J'ai comme l'impression aussi
que plusieurs des gens qui sont ici
aujourd'hui vont venir nous dire : Oubliez-nous pas pour une seconde
étape. Et on espère tous que cette seconde
étape là, dépendant de la réflexion, oui, M. le commissaire, et où vous
êtes, Mme la ministre, se fera rapidement parce que je pense qu'on a besoin d'actualiser cette loi-là à 2019. On
se souviendra du contexte de la loi, en 2002, et je pense qu'on a besoin... les gens ont besoin d'être
rassurés parce qu'il y a tellement de monde... et on a tellement
galvaudé le terme «lobbyisme» que ça fait
peur à bien du monde. Ça fait que je pense qu'on va tous travailler la main
dans la main. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député. Nous allons débuter
nos auditions. Alors, je souhaite la
bienvenue aux représentants de l'Association québécoise des lobbyistes. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis, après, nous procéderons à la période d'échange avec
les membres de la commission. Encore une fois, bienvenue. Je vous invite
à vous présenter et à commencer votre exposé. À vous la parole.
M. Binette
(Michel) : Je vous remercie beaucoup, M. le
Président. Mon nom est
Michel Binette. Je préside les destinées
de l'association depuis 2017. Je suis aujourd'hui accompagné de deux vice-présidents, le premier vice-président, M. André Légaré, et M. Jonathan Gagnon. Mme la ministre, merci. M. le Président, merci, et chers membres élus, merci
d'avoir accepté de nous entendre ce matin.
Donc, nous
profiterons du fait que nous sommes les premiers à ouvrir ces consultations particulières aujourd'hui pour faire un peu d'éducation et de
sensibilisation. Et vous nous en excuserez, si ce que vous allez entendre ce
matin est quelque chose qui est
familier pour vous, mais on réalise beaucoup, à l'association, que, dans notre
mandat, nous avons ce mandat d'image,
de redorer l'image, nous avons ce mandat d'expliquer à la population ce qu'on
fait comme travail au quotidien, ce
que font les lobbyistes-conseils, les lobbyistes d'organisation, les lobbyistes
d'entreprise, comme travail, et ça va sûrement servir