Labour and the Economy — 14 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-05-14
Quebec — Committees
Projet de loi n° 42 : le transfert des responsabilités de la
Loi sur les normes vers la
Commission des droits, de la santé et
sécurité du travail, CDSST. Le projet de la CDSST est silencieux sur la
protection des missions des organismes fusionnés, nous ne retrouvons
aucune mention de différentes divisions qui viendraient assurer une étanchéité
des trois missions. L'ampleur de l'organisation CSST, comparée à celle de la
CNT ou de la CES, donne à penser que les missions
des actuelles CNT et CES seront noyées dans le lot. Or, ce sont les femmes qui
seront le plus touchées, car elles sont
plus souvent non syndiquées et victimes de discrimination systémique. C'est
pourquoi nous recommandons de créer trois divisions spécifiques et
étanches pour assurer le respect des missions de chacune des commissions
fusionnées.
Assurer la protection des droits des
non-syndiqués. Comme nous l'avons démontré, la Commission des normes a déjà
réduit ses services, et, sachant que bon nombre de salariés non syndiqués
trouvent complexe l'exercice de leurs droits
à la Commission des normes, c'est particulièrement le cas des personnes les
plus vulnérables et les plus à risque
d'infractions à la
Loi sur les normes. On peut parler, par exemple,
qu'actuellement le temps consacré à répondre aux demandes d'information
à la Commission des normes est très court, les préposés ne prennent pas
toujours le temps d'explorer tous les
recours possibles. Avec la fusion de trois organismes aux missions si
différentes, il faudra s'assurer que les
préposés au nouveau guichet unique accorderont tout le temps et l'attention
nécessaires aux personnes qui appellent pour leur fournir une
information claire et complète sur toutes les lois qui pourraient les
concerner.
Il faut aussi
protéger le droit à la représentation légale gratuite. Advenant la perte de
cette représentation légale, la plupart
des non-syndiqués, n'ayant pas les moyens de défrayer les coûts d'un avocat,
n'auront d'autre choix que de se représenter
eux-mêmes, de se désister de leur plainte ou d'accepter des ententes à rabais,
très loin de ce que la jurisprudence prévoit
comme réparation. Les employeurs, conscients de ce fait, seront moins enclins à
faire des offres dignes d'intérêt, ce qui augmente aussi le risque
d'infraction aux normes, parce que peu d'impact réel sur l'employeur.
De même, les salariés non syndiqués doivent
avoir accès à un avis juridique avant la médiation. Les ententes conclues en médiation viennent diminuer le recours
aux tribunaux, et donc les coûts de la justice, mais encore faut-il que les ententes améliorent le sort des personnes
lésées. C'est pourquoi nous recommandons que les travailleuses et
travailleurs non syndiqués retrouvent
l'accès à un avis juridique gratuit avant la médiation et que les travailleuses
et travailleurs non syndiqués conservent l'accès à une représentation
légale gratuite pour la poursuite de leurs recours. Je cède la parole à Nadine
Vermette.
Vermette (Nadine) : Alors, maintenant, au sujet de la gouvernance, on
ne voit pas dans le projet de loi actuel la place de la LNT au niveau de la vice-présidence tel qu'il est
proposé, là, pour la portion équité salariale. Donc, notre prochaine
recommandation serait de nommer une vice-présidence pour chaque mission de la
nouvelle CDSST.
Une autre de
nos préoccupations est au sujet du manque de transparence inquiétant et de la
concentration du pouvoir prévue à
l'article 260 du projet de loi. Je comprends que mardi soir il a été
question de ça et qu'il y a une correction, là, qui sera faite à ce niveau-là, mais, bon, tout de
même, dans notre mémoire, nous l'avons laissée, donc recommandation 5
que nous présentons : Que tout projet
de règlement en vertu de l'article 260 du présent projet de loi soit
soumis aux règles actuelles de publication et de consultation.
Ensuite, concernant la composition du conseil
d'administration de la CNT, actuellement il doit respecter la parité, l'équilibre entre le milieu des salariés
et celui des employeurs, selon l'article 8 de la présente LNT. Cet
article
sera aboli dans le projet de loi. Donc,
qu'en sera-t-il de la représentation spécifiquement des non-syndiqués auprès du
conseil d'administration?
Alors, nous,
notre recommandation 6 serait de réserver un poste pour une personne
représentative de la réalité des travailleuses et travailleurs non
syndiqués au sein du conseil d'administration de la CDSST et que cette personne
soit nommée par la
partie syndicale après
consultation avec les organismes de défense des droits des non-syndiqués. Il
faut que cette personne ait connaissance de
la situation terrain et de la
Loi sur les normes du travail, de ses recours et
de ses processus.
Enfin, sur un autre sujet, donc au niveau des
économies prévues de ce projet de loi, on se questionne sur les économies
réelles lorsqu'on pense à toute la formation du personnel qui sera nécessaire
pour bien connaître trois lois qui sont
aussi spécifiques et techniques que celles-là, les dépenses aussi au niveau de
la concordance des documents, des sites
Internet, les coûts liés à la compatibilité des systèmes informatiques, qui ont
tendance à exploser facilement. Alors, ce sont des exemples qui nous
amènent à questionner, disons, la véritable économie.
Ensuite, bien
sûr, le projet de loi ne met pas en doute la
Loi sur les normes comme telle,
mais l'application d'une loi comme
celle-ci est menacée, car une loi comme celle-là ne peut s'appliquer que
lorsqu'on lui donne les moyens et les ressources nécessaires pour le
faire. Et ainsi la diminution prévue du taux de cotisation des employeurs
annonce une réduction, en fait, de
l'enveloppe de la mission LNT de près de 8,5 millions, et le financement
de l'équité salariale, comme on le
sait, relèvera de la même enveloppe. Ça représente donc environ
17 millions de moins pour assumer les missions LNT et équité salariale. Considérant déjà les
services moins présents dont Carole vous a parlé plus tôt, il y a lieu, je
pense, de s'inquiéter à ce niveau-là. Donc,
nous recommandons l'annulation de la réduction des cotisations des employeurs
et l'augmentation, plutôt, des ressources
financières et humaines pour que la division normes du travail de la CDSST
assure une meilleure application de la loi et réponde aux réels besoins des
travailleuses et travailleurs non syndiqués.
Ensuite, en
ce qui concerne spécifiquement l'inclusion de la Commission de l'équité salariale
dans ce projet de fusion, Au bas de l'échelle, comme...
Le Président (M.
Cousineau) : Mme Vermette, le temps est terminé, mais je
vais vous permettre un autre deux minutes pour que les gens comprennent bien ce
que vous avez à nous dire.
Mme Vermette
(Nadine) : D'accord. Bien, en fait, sur l'équité salariale — merci, M. le Président — sur l'équité salariale, en fait, nous
appuyons les recommandations qui vous ont été présentées par le CIAFT mardi.
Mme Paquin (Ghislaine) : En ce qui
concerne le tribunal...
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Paquin, je crois.
Mme Paquin
(Ghislaine) : Oui, c'est beau. Mme Paquin. En ce qui concerne le
tribunal, ce qui nous inquiète, c'est
le manque d'étanchéité des divisions. Qu'en sera-t-il de la spécificité des
missions et des pratiques? Les commissaires provenant de la CLP
devront-ils entendre des plaintes de congédiement injuste?
Les objets
des lois concernées sont très différents. La CSST et la CLP gèrent leurs
plaintes un peu comme le fait une
compagnie d'assurance. De plus, la LATMP établit un régime sans faute. Alors,
d'un côté, on a la CRT qui doit décider si les employeurs se sont rendus
coupables d'une infraction à la LNT et, de l'autre côté, on a la CLP où on n'a
pas à prouver la faute de l'employeur. De plus, la CLP et la CRT n'ont pas les
mêmes pouvoirs de réparation. Donc, nous recommandons que les divisions prévues
pour le nouveau tribunal du travail soient étanches tant au niveau du budget
que des ressources.
Est-ce qu'on va exiger que les nouveaux membres
du tribunal aient toutes les qualités requises et une expérience de 10 ans à l'exercice de toutes ces lois? Si cette
exigence de compétence a plutôt rapport à une seule division, alors que se passe-t-il si un membre d'une division
est affecté à une ou plusieurs divisions ou change carrément
d'affectation, temporairement ou définitivement?
En ce qui a trait à la nomination des
conciliatrices et conciliateurs, est-ce que ces personnes-là...
Le Président (M. Cousineau) :
En conclusion, Mme Paquin, en conclusion.
Mme Paquin
(Ghislaine) : En conclusion, donc, on aimerait que les exigences au
niveau de la connaissance et de l'expérience
que doivent avoir les membres du tribunal pour être embauchés s'appliquent à
chaque division, que ce soit pour un poste permanent, ou une affectation
temporaire, ou un changement d'affectation, et qu'il en soit de même pour les
conciliatrices et conciliateurs.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci. Merci, madame. Alors, M. le ministre, 16 min 30 s.
Hamad :
Parfait. Merci, M. le Président. Mme Paquin, Mme Vermette,
Mme Henry, merci d'être là. Puis je veux vous féliciter et remercier de votre travail pour les salariés non
syndiqués et surtout les gens qui en ont besoin, de défense, qui ont besoin de support. Puis
évidemment ces gens-là n'ont pas la vie facile, mais au moins c'est des gens
qui travaillent puis ils veulent partir le
matin, aller travailler puis gagner leur pain. Moi, je suis fier de ces
gens-là, je suis fier parce que ces
personnes-là font l'effort d'aller travailler. Évidemment, malheureusement, ils
n'ont pas les salaires qu'ils souhaitaient,
mais un jour je souhaite qu'ils atteignent leur objectif. Mais au moins il y a
des groupes comme vous qui sont généreux, qui sont là pour les défendre.
Et bravo! Merci.
Merci pour le
mémoire. Je trouve que votre mémoire, il est équilibré, il est... Il y a des
revendications tout à fait normales de votre part, puis il y a des
bonnes idées, puis il y a des choses qu'on va le faire, on va respecter, dans
vos demandes. Et, par exemple, trois
divisions spécifiques et étanches pour assurer le respect des missions de
chacune des commissions fusionnées,
en fait on l'a toujours dit, la mission est protégée, il n'y a pas de... ce
n'est pas une fusion de cultures,
c'est une fusion de structures, donc les cultures doivent demeurer. Alors,
étanche, on ne fera pas de mur étanche, les gens vont travailler
ensemble, mais les missions vont être étanches, les missions vont être protégées.
Mais vous comprendrez qu'on appelle ça, le
bon français, «back office», là. Ça, tout le monde peut le partager, puis c'est
normal. Donc, ça, c'est bon, et on répond à votre demande.
L'avis
juridique gratuit avant la médiation, vous parlez de la Commission des normes,
hein, la Commission des normes, que vous voulez avoir un avis juridique?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme Henry.
Mme Henry (Carole) : Ça n'existe
plus maintenant. Ce qu'on dit, c'est que...
Hamad : Oui, mais
la Commission des normes, vous parlez?
Mme Henry (Carole) : Oui.
Hamad : À la
Commission des normes, O.K.
Mme Henry
(Carole) : Oui. Avant, il y avait un avis juridique, donc la personne
pouvait connaître la valeur de son dossier puis ce qu'elle pouvait
négocier en médiation.
Hamad : Oui. Oui, oui.
Henry (Carole) : Depuis qu'il n'y a plus ça, bien, les ententes sont
moins bonnes, alors souvent les gens, ils
vont décider de poursuivre jusqu'à la prédécisionnelle de la CRT, donc ça coûte
beaucoup plus cher. Donc, s'il y avait de l'aide à ce niveau-là,
peut-être que les plaintes se régleraient.
Hamad : Mais juste... C'est une bonne idée, une bonne idée.
Juste, je vous dirai, là, moi, je ne suis pas avocat, mais un avocat ne vous garantit jamais ni la
victoire ni la défaite, hein, c'est 50-50. Ça fait que, si l'avis dit que vous
avez 50 % de chances de gagner, ce