Transportation and the Environment — 30 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2023-05-30
Quebec — Committees
(Dix heures quatre minutes)
La Présidente ( Mme Gendron) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 20, Loi instituant le Fonds bleu et
modifiant d'autres dispositions.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Jacques (Mégantic) est remplacé par Mme Hébert (Saint-François) et M. Grandmont
(Taschereau), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
La Présidente (Mme Gendron) : Avant
de débuter, je dépose les mémoires qui ont été reçus depuis la fin des
consultations particulières.
Nous en
sommes aux remarques préliminaires, pour lesquelles chaque membre dispose de
20 minutes. J'invite donc le
ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de
la Faune et des Parcs à faire ses remarques préliminaires.
Charette : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous salue,
comme je salue chacune des personnes, là, qui travaillera avec nous à
l'étude de ce projet de loi là, et plutôt heureux de la réception qu'il a reçue
à travers les consultations, notamment. On a entendu tous les groupes nous
rappeler l'importance du projet de loi, à quel point c'était attendu depuis de
nombreuses années, donc convaincu qu'on pourra en discuter, là, au cours des
prochaines séances, pour travailler à le bonifier, si c'est nécessaire de le
faire. Donc, déjà, merci à chacun, chacune d'entre nous présents, présentes
aujourd'hui, et je ne prendrai pas plus de temps que ça à ce moment-ci.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
Donc, j'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et députée
de Notre-Dame-de-Grâce à faire ses remarques préliminaires.
McGraw : Merci, Mme la Présidente, et bonjour, collègues.
Bien, je vais prendre un peu plus de temps. Si vous me permettez, pour
commencer, je tiens à saluer le... à vous saluer, M. le ministre et Mme la
Présidente, et aussi le secrétariat
qui vous assiste et qui nous assiste dans nos travaux en commission. Je veux...
je veux évidemment saluer le ministre
de l'Environnement et la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune
et Parcs et les équipes qui l'accompagnent, les collègues des deux
autres oppositions, entre autres.
Alors, je
vais juste me... Donc, l'eau, notre or bleu, est l'une des plus grandes
richesses ici, au Québec. Elle suscite l'envie
à l'échelle planétaire et représente une source d'énergie propre et
renouvelable, idéale pour... contre les changements climatiques, entre autres. Et c'est l'ancien
premier ministre Robert Bourassa qui l'avait bien compris, et le Québec récolte
aujourd'hui les fruits de sa vision. Il faut mettre en valeur... l'eau en
valeur, la protéger et mieux l'utiliser, et nos priorités doivent être
d'en assurer la qualité pour la consommation humaine, mais aussi pour la
biodiversité, et de réduire son utilisation.
Pour que les... plus de... les Québécois en profitent, plus on valorise notre
eau, et plus on valorise notre eau, plus les Québécois vont pouvoir en
profiter.
Rappelons-nous que le territoire québécois
détient 3 % des réserves mondiales d'eau douce, et près de 40 % de cette eau se concentre dans le bassin...
pardon, hydrographique du fleuve Saint-Laurent. C'est le véritable moteur de
notre développement social, économique. Son importance est primordiale,
puisqu'elle draine... puisqu'il draine plus de
25 % des réserves mondiales d'eau douce. Et des millions de Québécois et
de Canadiens en dépendent pour leur vie quotidienne, tant sur l'eau
potable qui... pour l'eau potable qu'il fournit, pour les emplois qu'il crée.
L'un des impacts les plus concrets des
changements climatiques sur le Québec est la menace qui plane sur les berges du
Saint-Laurent. Il est important de redoubler d'ardeur dans nos efforts pour les
protéger, notamment en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. L'érosion des berges est un phénomène complexe qui peut avoir
plusieurs causes : la crue des
eaux, les glaces, les vagues causées par le vent ou le transport maritime et
les courants. Plus nous tarderons à intervenir,
plus les investissements nécessaires à leur protection seront importants, il
faut agir dès maintenant. La protection de
notre or bleu est impérative, c'est une
partie de notre idée... c'est une
partie de notre idée. C'est l'une des plus
grandes richesses du Québec, nous sommes une nation d'eau, ça fait
partie de
notre identité québécoise, notre or bleu.
Comme vous le savez,
Mme la Présidente, nous sommes pour le principe du projet de loi n° 20, et
je suis très heureuse de pouvoir contribuer à son étude détaillée. Toutefois,
nous voulons échanger avec le ministre pour voir comment mieux introduire des suggestions et recommandations très
pertinentes entendues en consultation particulière. Je profite
d'ailleurs de cette occasion pour remercier tous les groupes, les organismes et
les experts qui sont venus présenter leurs
remarques, leurs commentaires et surtout leurs recommandations. C'était
vraiment intéressant de les entendre et d'échanger avec tout le monde.
Il y avait différents types de groupes, comme le milieu municipal, le secteur
privé, les entreprises, les industries,
ainsi que le milieu environnemental, dont les experts en environnement et les
experts en matière d'eau.
Nous sommes pour une
meilleure gouvernance et évaluation, pour l'augmentation des redevances, pour
plus de transparence pour... concernant les
données, les prélèvements et évidemment pour le développement durable. On
propose ainsi une approche équilibrée et intégrée qui favorise la
protection de l'eau, l'écologie, et des communautés, c'est la société, tout en tenant compte des impacts
économiques. Et, entre autres, en termes d'économie, nous allons porter une attention
particulière aux petites et moyennes entreprises, aux PME, Mme la Présidente.
Et, fait important à noter, nous ne voulons pas imposer de redevances pour le
domaine agricole compte tenu de leur rôle primordial en santé humaine et survie
humaine. Nous appuyons donc l'exemption prévue pour ce secteur.
Au niveau des enjeux
à surveiller pour nous, on voit vraiment quatre grands thèmes, il y a la
gouvernance, le financement, mais aussi
l'impact sur les règlements, c'est-à-dire les redevances et les règlements
concernant les données, et la
transparence au niveau du partage et l'acquisition de ces données. Alors, pour
nous, il y a quatre thèmes, quatre mots à retenir de notre côté,
c'est : gouvernance, financement, redevances, transparence.
Au niveau du Fonds
bleu, c'est un concept qu'on trouve intéressant. C'est un fonds spécifiquement
consacré à l'eau, et à le financer en
partie par les redevances exigibles pour
l'utilisation de l'eau, et vise, comme on sait très bien, à permettre le
financement adéquat, prévisible et suffisant de toute mesure que le ministre
peut réaliser pour assurer la protection, la restauration, la mise en valeur et
la gestion des ressources en eau.
Cependant, au niveau
de la gouvernance, on veut s'assurer de la cohérence avec nos objectifs ici, au
Québec, en matière de lutte aux changements climatiques et aussi en matière de
biodiversité. Il faut aussi avoir une cohérence entre les fonds administrés par
le ministère de l'Environnement et aussi les autres ministères, donc une
approche intégrée, cohérente, transversale, intersectorielle, mais aussi une
gouvernance qui prend en considération... qui prend en considération les différents paliers de gouvernement, c'est-à-dire le
provincial, bien évidemment, les gouvernements de proximité, le fédéral,
pardon... le municipal, le fédéral et, bien entendu, le provincial, qui est
un... C'est ça. Il n'est pas clair à date
qui va prendre en charge l'administration du Fonds bleu, donc c'est un point
qu'on va surveiller. Durant les
consultations, on a entendu le ministre... d'insinuer peut-être la
participation du forum de l'eau dans les décisions, mais, à date,
c'est... si on comprend bien, ce n'est pas prévu dans les règlements ou la loi.
Donc, on espère pouvoir en discuter pendant l'étude détaillée. Il faut donc
porter une attention particulière au mécanisme décisionnel du fonds.
On veut aussi
s'assurer d'une bonne gouvernance cohérente, d'une reddition de comptes
transparente pour financer des projets qui ont vraiment... qui sont vraiment
importants pour la valorisation de l'eau au Québec. Et, le Fonds bleu est bien... est bien, mais on veut
s'assurer que les sommes que certains groupes considèrent comme pas suffisantes
servent vraiment à la protection de l'eau et la prévention aussi.
Pour
notre formation politique, les mesures encadrant la gouvernance du Fonds bleu
nous apparaissent, de prime abord, insuffisantes, puisqu'elles ne contiennent
qu'un audit annuel réalisé par la Vérificatrice générale, ce qui équivaut à la
gouvernance qui encadrait... encadrait jadis le Fonds vert, avant
l'instauration du Conseil de gestion du Fonds vert, et qui a ensuite été aboli
par la CAQ. Alors, il faudra être vigilant pour s'assurer que les sommes
utilisées le seront pour des projets qui répondent clairement aux objectifs du
fonds. Nous allons donc proposer de revoir le mécanisme décisionnel du Fonds bleu
non seulement au niveau transversal, mais aussi au niveau intersectoriel. Il n'est pas clair qui prendra en charge
l'administration du Fonds bleu. On ne veut pas une situation similaire au Fonds
vert. Durant les consultations...
c'est ça, on a parlé du forum. Nous, on veut aussi s'assurer de la cohérence
avec ses objectifs climatiques et de biodiversité et entre les fonds
administrés par le ministère de l'Environnement et les ministères.
Au niveau du financement,
Mme la Présidente, il faut préciser quels projets le fonds va financer, parce
que le projet de loi reste assez vague quant au financement des projets. Il
écrit, et je cite : «...vise, entre autres, à apporter un soutien financier aux municipalités et aux
organismes à but non lucratif...» Alors, nous aimerions apporter des précisions
à cet égard, soit en inscrivant une liste plus exhaustive, je devrais dire, ou
en ajoutant des cibles de financement pour chacun des angles. De plus, en
parlant de financement, il faut ajouter des gains monétaires obtenus par les
amendes et autres pénalités comme mode de financement du fonds. À
part les
redevances, bien entendu, le fonds devrait aussi être financé par les amendes perçues des infractions sur les milieux
hydriques et humides pour que l'argent soit investi dans la préservation
et la restauration de ceux-ci, comme prescrit par la loi n° 20.
Tarification
dynamique. Le projet de loi vient apporter des modifications à deux règlements,
comme on sait, dont les redevances. Durant
les consultations particulières, on a entendu que ça prend une modulation de la
redevance selon la situation critique
ou non de l'eau dans la région. Donc, il ne faut pas, par exemple, des
redevances universelles, selon nous,
ou mur à mur. On aimerait quand même que le gouvernement se penche sur cette
question de redevances et avec une
attention spécifique ou plus particulière, je devrais dire, vers la
tarification dynamique. On se rappelle, notamment, de la proposition de
Réseau Environnement avec ses trois paliers de redevance : de base,
ensuite augmentée pour des secteurs à risque, encore plus augmentée pour les
endroits où c'est déjà... la situation est déjà critique.
Nous voulons donc proposer
l'inclusion de plusieurs facteurs pour une tarification dynamique et
progressive. Alors, la tarification
dynamique pourrait être une alternative à l'inclusion de facteurs exclus du
présent projet. Par exemple, on pourrait peut-être prendre en
considération l'offre en eau par bassin versant ou par région. Nous proposons
aussi l'établissement d'un mécanisme qui
inclurait des acteurs impliqués dans le milieu pour étudier un mode de
tarification dynamique. Et on
voudrait que ce mécanisme soit une étude du gouvernement qui reviendrait à la
commission ou autre mécanisme qui se
penche, entre autres, sur ces questions-là, qu'on regarde l'usage, les
utilisateurs, la relation offre-demande de l'eau par bassin versant.
Donc, on suggère l'évaluation sur les redevances
aussi aux trois ans. L'évaluation de nouvelles dispositions réglementaires, présentement, est prévue, dans le
projet de loi, à tous les cinq ans. Toutefois, comme plusieurs groupes l'ont
également suggéré, on propose... une évaluation soit faite à tous les trois
ans, à l'intérieur d'un cycle politique et législatif. Alors, on veut évidemment insister sur l'imputabilité
gouvernementale et éviter des cycles et des cibles trop à long terme qui pourraient porter à la
complaisance, comme nous, on... on perçoit avec les cibles en matière de climat
et de biodiversité. Donc, il faut des
cibles et des cycles plus à court terme. On insiste sur l'imputabilité, et
l'action, et l'efficacité.
Au niveau des règlements sur les données, le
projet de loi prévoit des modifications pour favoriser un meilleur accès aux
renseignements qui concernent les prélèvements d'eau. Des groupes en
consultations particulières ont répété qu'on ne peut pas se fier à des
estimations et qu'il n'y a plus aucune place pour de l'estimation sur les
redevances de l'eau. C'est une question de transparence, également, et il est
important de mesurer pour pouvoir bien gérer notre eau et démontrer qu'il faut
aller plus loin. Il est donc clair qu'on ne peut pas laisser place à
l'estimation, Mme la Présidente.
Et finalement
nous aimerions assurer la transparence dans... l'acquisition et le partage des
données. Le nouveau seuil de
déclaration proposé par les prélèvements en eau, comme on le sait bien, est de
50 000 litres. D'autres données pourraient être incluses dans
le règlement. Le débitmètre n'est pas obligatoire, mais l'estimation par un
professionnel doit être faite. Nous
proposons donc l'installation de débitmètres obligatoire pour les secteurs
assujettis par le règlement de redevances. La transparence et la
publication des données sont alors de mise.
En conclusion, en conclusion, je suis contente
de pouvoir participer à l'étude détaillée du projet de loi n° 20. C'est
vraiment mon premier projet de loi en étude détaillée, selon mes dossiers. Nous
sommes ici dans un esprit de collaboration pour bonifier le projet de loi,
parce que, bien que ce soit un pas vers l'avant, puis on pense que c'est un pas
important vers l'avant, nous voulons nous assurer que ce sera le meilleur pas
vers l'avant que nous pouvons faire à ce moment.
On sait très bien que l'eau, c'est vraiment
notre or bleu. Ça fait
partie de notre identité québécoise, il faut le dire, ça fait
partie de notre identité, de notre
économie, de notre société. Je suis convaincue, Mme la Présidente, que le Québec peut vraiment devenir un chef de file non
seulement au Canada, mais au niveau mondial. On a toutes les ressources et les atouts et on est vraiment très bien
positionnés, Mme la Présidente. On a toute cette capacité, on a le
savoir-faire, on a les ressources. Il faut donc être ambitieux, il faut
être cohérent, il faut travailler fort. Je suis alors enthousiaste et j'ai hâte
de procéder. Alors, bref, ma formation politique et moi, nous allons nous
assurer que le niveau proposé des redevances est adéquat et promet une réelle
protection de nos eaux... de nos ressources en eau au Québec. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la députée. J'invite donc la porte-parole du deuxième groupe d'opposition,
la députée de Verdun, à faire ses remarques préliminaires.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je veux commencer par saluer M. le ministre, tous les collègues députés de la banquette
ministérielle, la députée de Notre-Dame-de-Grâce également. Et je suis contente également
d'être ici puis contribuer à cette étude du projet de loi n° 20 qui va
créer le Fonds bleu, un Fonds bleu si attendu par le milieu, par les acteurs.
Et notre approche puis l'approche que je vais mener pendant cette étude du
projet de loi, c'est bien sûr une approche de collaboration, de bonification,
faire en sorte qu'on répond à l'ensemble des demandes et des préoccupations qui
ont été exposées, surtout venant des groupes environnementaux et du milieu
municipal.
Je pense que ça vaut la peine de le redire à
quel point notre eau est une ressource inestimable, à quel point l'eau puis les
services hydriques écosystémiques qui viennent de nos ressources en eau sont
importants, autant, oui, pour préserver la
vie humaine, mais, bien sûr, la conservation de nos habitats par... en ce qui
concerne la biodiversité. Et, bien sûr, on a tout un... tout le côté
développement économique, c'est l'ensemble des bénéfices qu'on retire de ces
ressources hydriques. On... je le réitère, on a 3 % des ressources d'eau
douce de la planète, il est donc impératif, au Québec, de bien gérer cette
ressource et de se donner tous les moyens afin de conserver... de la préserver.
Si je peux résumer un peu les quatre enjeux puis
des bonifications qu'on souhaite mener lors de cette étude détaillée, le
principal, c'est d'entendre, d'abord et avant tout, les demandes des Premières
Nations. Je veux juste porter à notre
attention, à l'attention de la commission, que l'APNQL nous a envoyé une
lettre, au ministre, pour décrire les demandes et de souhaiter avoir une
meilleure meilleure collaboration puis des consultations en ce qui concerne
l'utilisation du Fonds bleu. Je pense qu'on doit se pencher sur cette
demande-là, car les Premiers Peuples, ce sont des peuples qui sont... ils ont
des droits ancestraux au Québec, mais pas seulement ça, c'est des peuples qui
ont cohabité, coévolué avec nos ressources hydriques, et c'est très, très
important de les entendre.
La...
le deuxième point que je souhaite aborder, c'est bien sûr qu'on parle de
comment ce Fonds bleu s'inscrit dans
une perspective de lutte et d'adaptation aux changements climatiques. La
question climatique ne peut pas être absente de ce projet de loi. On le
sait, on a eu plusieurs intervenants qui nous ont parlé de l'importance de
prendre en considération l'effet des changements climatiques sur l'ensemble des
services hydriques, donc pas seulement l'eau, mais
l'ensemble des services qui découlent de nos... de nos lacs et nos rivières, et
l'effet qu'il va y avoir, les changements climatiques à long terme sur
l'approvisionnement, le stress hydrique. Donc, on a devant nous une
opportunité, avec la création du Fonds bleu, pour se donner les moyens de
s'adapter aux changements climatiques et on espère avoir, comme résultat des
discussions, un ajout au projet de loi dans ce sens-là.
Le troisième point, c'est la question de la
cohérence, une cohérence qu'on doit continuer à avoir avec les autres outils qui s'offrent aux acteurs, en termes
de financement, dans la préservation et... de la ressource... des ressources
hydriques, mais aussi avec les outils de
planification au plan... au niveau des MRC, des municipalités, des organismes
de bassin versant. On croit que, là, on a un travail à faire ensemble, d'assurer
cette cohérence-là pour faire en sorte que les demandes des différents
groupes, en ce qui... en ce qui concerne les Plans régionaux de milieux humides
et hydriques, le plan directeur de l'eau,
des outils qui sont déjà en place et qui sont planifiés, que tous nos... tout
le milieu environnemental, le milieu municipal a déjà les connaissances,
et il manque, bien sûr, les moyens de les exercer.
Et le quatrième point que je peux... si je peux
résumer, ce serait de se pencher sur les demandes du milieu municipal. On va le
réitérer, les municipalités sont la ligne de front en ce qui concerne la lutte
aux changements climatiques, mais aussi dans
la gestion de la... de l'eau. Alors, on veut mener les différentes demandes
qu'on a en ce qui concerne le milieu municipal.
Je souhaite
alors avoir des discussions enrichissantes et de tout le monde ici, bonifier le
projet de loi pour lequel on a dit
qu'on est pour dans le principe. Je ne vais pas aller, lors de ma présentation,
puis peut-être moins dans les
discussions, sur les questions de tarification. On l'a dit, pour nous, on
aurait pu être plus ambitieux, aller un peu plus... des tarifs... des tarifications qui sont plus à la
hausse, comparées à d'autres pays en Europe, mais je vais me concentrer
sur les quatre points que j'ai détaillés tout à l'heure afin qu'on bonifie le
projet de loi n° 20. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres membres qui souhaitent faire des remarques préliminaires? Non. Donc,
avant de débuter l'étude
article par article, est-ce qu'il y a des motions
préliminaires?
Donc, je prends en considération
l'article 1. Si vous êtes prêt, M. le ministre, la parole est à vous.
Charette : Quel plaisir! Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Donc, c'est peut-être la petite méthodologie qu'on peut se donner, je
lirais l'article, je pourrais lire aussi une
partie de l'explication et ensuite
commencer les échanges, si ça convient aux membres.
La Présidente (Mme Gendron) : Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Gendron) : Ah!
parfait...
M. Charette : Oui, c'est bon.
Excellent. Donc, l'article 1, et peut-être juste pour votre information,
j'en ai informé les collègues précédemment, mais il y a quelques articles qui
ont déjà été présentés et déposés du côté du secrétariat. Donc, les collègues
qui veulent en prendre connaissance ont la possibilité de le faire. Sinon, à
l'article 1 lui-même, il se lit ainsi, donc :
L'article 15.4.38
de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs est modifié, dans le deuxième
alinéa :
1° par... dans... par l'insertion, pardon, dans
ce qui précède le paragraphe 1° et après «fonctions», de «et pour laquelle
aucun autre fonds sous la responsabilité du ministre ne prévoit de financement
ou ne dispose de fonds»;
2° par la suppression du paragraphe 8°.
Et l'explication. Cette modification clarifie le
fait que le Fonds de protection de l'environnement et du domaine hydrique de
l'État peut servir au financement de mesures prévues aux autres fonds, sous la
responsabilité du ministre, si leurs fonds sont insuffisants. Cet
article
apporte également une modification de concordance avec l'article 15.4.44,
proposé par l'article 4 du présent projet de loi, qui intègre la
gouvernance de l'eau dans les matières du Fonds bleu.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il des interventions?
McGraw : Mme la Présidente, donc, tel que prévu à
l'article 245 et conformément à notre jurisprudence, pour cette
étude détaillée, je demande à ce que les articles de ce projet de loi soient
étudiés non seulement
article par article,
mais alinéa par alinéa et paragraphe par paragraphe, là où c'est applicable, et
à ce que... à ce que chacun des articles qu'on propose de modifier ou
d'ajouter dans les lois existantes soit étudié séparément.
Présidente (Mme Gendron) : Consentement?
Des voix :
Consentement.
Présidente (Mme Gendron) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 1? Non. Donc, s'il
n'y a pas... Pardon, députée de... oui.
Mme McGraw : Alors,
on salue, comme l'AGRCQ, le fait... qu'il a fait dans son mémoire, justement,
que le Fonds bleu ne servira pas à financer des projets pour lesquels un financement
est déjà prévu. Cependant, on aimerait savoir :
Comment allez-vous... comment le ministère vont nous assurer que les fonds
gérés par le ministère financent des projets
cohérents et visant aux mêmes efforts? Alors, je pense notamment aux luttes contre
les changements climatiques et la préservation de la biodiversité et à
d'autres objectifs que le gouvernement s'est fixés encore dans la même veine. Mais là j'ai une couple d'autres questions, je ne
sais pas si je les pose toutes en même temps, Mme la Présidente, ou selon...
La Présidente (Mme
Gendron) : Selon... de la façon que vous préférez travailler.
Mme McGraw : Dans la même veine, donc, on voudrait savoir
comment le ministre, le ministère vont assurer la cohérence interministérielle des investissements faits par ce fonds
et par les autres fonds administrés par l'entièreté de l'appareil gouvernemental. Est-ce qu'il y a des
choses ou des initiatives qui seront abandonnées ou qui ont été financées
par deux fonds à la fois, par exemple?
Alors,
une dernière question, en début : Pourquoi ajouter le Fonds bleu et ne pas
bonifier le 15.4.38? Réponse... Donc, c'est ça, nous voulions un fonds à part
sur l'eau. Donc, c'est ça. Donc, voici les... mais peut-être les trois premières
questions. Je peux les répéter, au besoin.
M. Charette :
...après les articles qu'on va étudier ultérieurement, qui répondent avec plus
de précision à ces questions-là. Mais, notamment au niveau de la création
lui-même du fonds, on ne le voit pas dans le premier article, on le voit un petit peu plus loin. Mais pourquoi
créer un fonds distinct? C'est avec des objectifs qui seront aussi précisés
dans les prochains articles. On veut
réellement s'assurer que les redevances sur l'eau puissent répondre à des
objectifs bien précis. On les présente dans les articles subséquents.
Cependant, il existe
déjà des fonds, dont le Fonds de protection de l'environnement et du domaine
hydrique de l'État. C'est le fonds auquel on
fait référence dans l'article 1. Ce fonds-là va continuer à exister mais
pour des mandats différents. À
titre
d'exemple, il est celui qui reçoit les compensations lorsqu'il est question
d'altération des milieux humides, par exemple, et les fonds qui sont
recueillis à travers ce régime de compensation sont utilisés exclusivement pour
le rétablissement de milieux humides ou la création de nouveaux milieux
humides. Donc, ça, ça ne change pas. Mais on voulait
réellement avoir un fonds dédié, le Fonds
bleu, qui va s'attaquer ou qui va se
pencher, là, sur les objectifs qu'on va préciser dans les prochains
articles.
Et déjà peut-être une
petite précision. Pourquoi l'alinéa 8° est tout simplement retiré? C'est
que la question de la gouvernance sur l'eau
sera abordée dans un autre
article du projet de loi, et ce sera une des
finalités, là, du Fonds bleu, que de pouvoir aborder la question de la
gouvernance de l'eau.
Donc,
je résume par rapport aux différents points qui ont été soulevés par la
collègue, mais il y a réellement des articles spécifiques qui abordent
ces questions-là, des articles que l'on pourra traiter, là, une fois rendus à
ces... à ce moment-là.
Mme McGraw : Par
contre, j'ai... je l'ai peut-être manqué, mais, juste au niveau de la... Donc,
on comprend, un fonds séparé dédié. Parfait.
Mais il y a quand même la cohérence entre les ministres... les ministères, je
devrais dire, entre les secteurs, donc tout l'aspect... et aussi avec
nos engagements en changements climatiques et biodiversité. Donc, ce n'est pas clair pour nous que cette
cohérence est vraiment assurée. C'est moins clair, les détails, les modalités
de gouvernance, pour assurer la cohérence et aussi le respect des autres
engagements dans les domaines liés, donc.
M. Charette :
Je peux comprendre la question, mais en même temps, lorsque les objectifs
seront adoptés à travers le projet de loi,
ça va venir baliser ces possibilités. Ça va ajouter des limitations aussi. On
ne pourra pas financer tout à travers le Fonds bleu. C'est réellement
des balises, là, qui seront précisées dans les prochains articles, et ces balises-là sont en cohérence avec les autres fonds
qui peuvent être disponibles. Si on regarde celui que j'évoquais, là, le Fonds de protection de l'environnement et du
domaine hydrique de l'État, il a sa mission, il a ses... sa raison d'être qui est
différente de celle du futur Fonds bleu.
Donc, il n'y a pas de risque d'incohérence à ce niveau-là. Ça va tout simplement
financer des initiatives différentes.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il d'autres... Avez-vous d'autres
interventions? Pardon. Mme la députée de Verdun.
Zaga Mendez : Oui, merci. Tant qu'à avoir la discussion sur la
cohérence entre les fonds, j'en profite. Donc,
le ministre nous assure qui... le Fonds bleu va agir en complémentarité. Là, je
nomme, entre autres, le programme OASIS. On parlait d'un programme de
restauration des milieux humides. Est-ce qu'on parle en complémentarité? Parce que ce qu'on a entendu ici des groupes,
c'est : Qu'est-ce qu'on veut, c'est multiplier les sources de financement
et pas les restreindre. Donc, je pense qu'il
y a... il y a peut-être une crainte qu'on rentre dans une case,
puis après on ne peut pas aller chercher par la suite... d'un projet,
parce qu'on le sait, là, un projet, en termes de protection de l'eau, peut
prendre divers... peut restaurer un milieu humide, en même temps préserver.
Donc, je veux juste entendre un peu plus sur comment le ministre souhaite
multiplier les sources de financement plutôt que les restreindre.
M. Charette :
Actuellement, comme le projet de loi le prévoit, deux sources de
financement principales : les redevances elles-mêmes, avec ce qui sera
déterminé par règlement, les règlements qui seront, souhaitons-le, édictés le plus rapidement possible, et il
y a des crédits budgétaires également. Si on se souvient, le budget du
21 mars dernier, le Fonds bleu, il sera doté, au cours des
prochaines années, là, et c'est déjà dans le budget, de
500 millions de dollars. Dans le 500 millions, il y a des
crédits. Dans le 500 millions, il y a le fruit des redevances également.
Donc, il pourra y avoir plus d'une source de financement.
s'il est question de rétablir des milieux humides altérés, ce ne sera pas tant
le Fonds bleu qui sera la réponse ou la
voie possible pour les promoteurs, mais bien un fonds qui existe déjà, celui,
là, sur la protection de l'environnement et du domaine hydrique de
l'État. Donc, selon le besoin, ce sera un fonds plutôt qu'un autre, mais ce
n'est pas exclusif. À partir du moment où on a... et on pourra en parler sans
doute ultérieurement dans l'étude du projet de loi, mais, s'il est question,
par exemple, d'aider à contrecarrer des systèmes qui sont défaillants, des
systèmes individuels qui sont défaillants au
niveau du traitement des eaux usées, le Fonds bleu pourrait être là en partie,
mais il y a les Affaires municipales
aussi qui pourraient donner un petit coup de pouce. Donc, ce n'est pas... ce
n'est pas exclusif, là. Ça devient un outil supplémentaire mais qui
répond à des obligations, là, bien précises.
Mme Zaga Mendez :
...comme réponse.
La Présidente (Mme Gendron) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article n° 1 est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Adopté. Donc, j'invite M. le ministre à procéder à la
lecture de l'article 2.
M. Charette :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 2 :
L'article 15.4.40 de cette loi est modifié par l'insertion, à la fin du
paragraphe 10° du premier alinéa, de «ou au Fonds bleu».
Donc, c'est très,
très simple. C'est une petite modification qui est faite et c'est un élément de
concordance, essentiellement, avec l'article 15.4.46 proposé par
l'article 4 du projet de loi, lequel prévoit que seront versées, dans le Fonds bleu — pardon, j'ai la voix qui fait défaut ce matin — certaines
redevances prévues dans un règlement de la
Loi sur la qualité de
l'environnement, soit les sommes
provenant du Règlement sur la redevance exigible pour l'utilisation de
l'eau.
La Présidente (Mme
Gendron) : Avez-vous des interventions sur cet article? Allez-y, Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Donc, ce n'est pas pour des amendements
nécessairement, mais on pourrait... on va... On comprend qu'on va y revenir à l'article n° 4, mais il
me semble que nous pourrions quand même entamer la discussion sur les
sommes qui vont financer le Fonds bleu.
Alors,
une première question : Est-ce que, s'il y avait un remaniement des sommes,
l'institution du Fonds bleu... est-ce
que ça pourrait enlever des fonds à d'autres fonds pour la... par exemple,
je... notamment le Fonds de protection de l'environnement, du... les
fonds dans le domaine hydrique? Donc, ça, c'est une première question.
M. Charette :
Très bonne question. Tout à
l'heure, je faisais référence au budget du 21 mars dernier. Ce n'est que
de l'argent frais. On n'a pas dépouillé un fonds pour constituer celui-ci.
Donc, c'est 500 nouveaux millions de dollars à travers des crédits
budgétaires, oui, mais à travers également le fruit des redevances. C'est là où
on peut... on peut qualifier, là, cette
initiative-là de pas dans la bonne direction. C'est des sommes colossales et
c'est du nouvel argent. Donc, je rassure
la collègue, là, on ne vient pas provisionner ce fonds-là en prenant des
crédits ailleurs, là, tout simplement, ce sont de nouveaux crédits.
Mme McGraw : D'ailleurs,
vous avez parlé du budget de mars... le 21 mars, je crois, dernier, et
justement, si on comprend bien, à un moment
donné, c'était prévu un 650 millions, c'était un engagement du
gouvernement caquiste, et là on se
retrouve avec un 500 millions. Alors, pourquoi ce changement, surtout
qu'il y a des groupes qui trouvent que c'est des sommes insuffisantes?
Charette : C'est une autre très bonne question. Et ça demeure
un engagement. À chaque budget, vous allez voir, au cours des prochaines années, il y a des ajustements qui vont se
faire. Donc, c'est déjà une excellente nouvelle que, dès le premier budget du mandat, on a
provisionné 500 millions de dollars, mais, vous allez voir, au gré
des budgets, là, qui vont... qui vont
se succéder, il y a des bonifications qui pourront se faire. Mais c'est encore
l'objectif, là, de pourvoir ce fonds-là de 650 millions de
dollars.
McGraw : Donc, c'est prévu, dans les prochaines années,
d'aller au 650. Donc, l'engagement, ça demeure, mais pas pour la
première année.
M. Charette : C'est l'engagement,
exact. Et c'est très courant. Et d'ailleurs on aurait très bien pu voir, dans le budget du 21 mars dernier,
500 millions... c'est-à-dire 100 millions uniquement, et là je vous
aurais répondu : Bien, attendez le budget de l'année prochaine, le
subséquent, pour que ces sommes-là s'additionnent. Mais déjà, dès le premier budget du mandat, on était à hauteur de
500 millions. Donc, il restera un 150 millions de bonifications, là,
pour les prochaines années, mais c'est un engagement, là, qui est
réitéré, là, de la part du gouvernement.
Mme McGraw : Donc, si je comprends
bien, Mme la Présidente, M. le ministre nous confirme qu'on ne va pas aller piger dans d'autres fonds, c'est
vraiment des sommes fraîches, nouvelles, additionnelles, et on prévoit justement
plus de sommes dans les prochaines années
dans ce... à l'intérieur de ce mandat, un 650 millions et encore plus
élevé?
Charette : C'est le souhait. Et, comme je le mentionnais, là,
de budget en budget, on va pouvoir bonifier, là, les sommes qui sont
prévues.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'en
profite... Dans le cadre de cet article, je sens qu'on a une discussion sur le règlement et la tarification, peut-être je voulais
entendre un peu le ministre sur... dans le... Bien, dans le règlement, on le
sait que les sommes... bien, il va y avoir une indexation des redevances à
3 %, que ça va être revu dans cinq ans. Tout à l'heure, vous nous dites qu'il va avoir une... un
souhait de bonifier les sommes qui vont aller au Fonds bleu du côté plus
budgétaire, mais je veux entendre un peu le
ministre sur quel est son souhait par rapport à la tarification et les
redevances dans le long terme.
Charette : C'est aussi un cycle que l'on voulait casser. On
se souvient, à partir du moment où ces nouvelles redevances là vont
s'appliquer, ce sera une première fois depuis plus d'une dizaine d'années, on
veut éviter que les années passent sans qu'il
y ait de majoration des tarifs. Donc, c'est pour ça qu'on dit :
Minimalement, 3 % d'indexation à
chaque année. Et 3 % sur une majoration de 900 %, c'est très
conséquent, là, ça représente des sommes qui sont quand même
importantes. Et, en plus de tout ça, on dit : À chaque cinq ans, on
va revoir l'entièreté, un petit peu comme on le
fait présentement. Dans cinq ans, on va voir quel aura été le fruit de ces
redevances-là. Est-ce que c'est assez? Est-ce qu'on fait le bon travail
avec les outils que l'on a?
Donc, on veut non seulement éviter qu'il y ait
plusieurs années sans indexation, mais on veut aussi éviter qu'il y ait
plusieurs années avec un système qui n'est peut-être pas suffisamment
performant. Donc, annuellement et aux
cinq ans pour ce qui est d'une réévaluation. Et, pour le reste, ce sera de
voir, dans cinq ans, qu'est-ce qui peut être... qu'est-ce qui peut
être amendé, amendé, c'est-à-dire bonifié pour s'assurer que l'on obtienne les
objectifs.
Et je l'ai dit à plusieurs reprises pendant les
consultations, le but, ce n'est pas d'engranger de l'argent pour en engranger, on veut, à travers ça, changer des
comportements, faire en sorte que les 800 milliards de litres d'eau que
l'on utilise aujourd'hui deviennent moins importants en termes de volume.
Donc, dans cinq ans, on pourra se convaincre qu'on a pris les bonnes décisions ou, au contraire, qu'on doit apporter
des modifications, là, pour s'assurer, là, qu'on atteigne cet objectif
ultime là.
Mme Zaga Mendez : Merci. C'est plus
une invitation pour le ministre, parce que, tout à l'heure... bien, tout à l'heure, pardon, dans d'autres séances de la
commission, on a entendu différents groupes nous exposer l'ensemble des
besoins qu'on a... que ce soient les groupes environnementaux, on parlait aux
PME, on parlait de milieu agricole, on en
parlait milieu municipal, plan directeur de l'eau. Il y en a plusieurs, types
d'actions qu'on peut mener, je crois, avec le Fonds bleu, puis on va
discuter des objectifs plus tard, mais, pour mener ces actions-là, il faut
qu'on se donne les moyens. Donc, ce que le ministre sent... ou est-ce qu'il y a
un souhait, un engagement de donner plus de moyens à ce Fonds bleu dans les années à venir? Parce que, là, tout à l'heure, on va
avoir une discussion sûrement sur l'adaptation aux changements
climatiques, j'ai déjà annoncé, on parle de milliards de dollars en termes des
coûts à l'adaptation aux changements
climatiques, et là on est à 500 millions avec les deux sources de
financement. Donc, j'aimerais ça entendre le ministre un peu plus
là-dessus.
Charette : C'est certain que c'est beaucoup d'argent,
500 millions, mais, lorsque l'on parle de l'eau en général, ça peut
être considéré comme insuffisant aussi, donc ça dépend ce que l'on viendra
financer avec ces 500 millions de dollars
là. Puis, avec l'UMQ, on a eu l'échange qui s'est poursuivi aussi après la
consultation. Ce que je leur réitérais, c'est que tout ne passera pas par le Fonds bleu. S'il est question
d'adaptation aux changements climatiques, il va y avoir d'autres appuis. Donc,
le Fonds bleu, il ne faut pas le voir comme étant la réponse à toutes les
problématiques en lien avec l'eau.
C'est la raison pour laquelle on va venir préciser les objectifs du fonds dans
les articles subséquents. Mais il faut déjà
se convaincre d'une chose, 500 millions, c'est beaucoup, oui, mais ça ne
répondra pas à tous les besoins au niveau de l'eau. Mais je suis convaincu que ça va très
bien répondre aux objectifs du fonds lui-même. Mais le gouvernement, à
travers d'autres programmes et d'autres ministères dans certains cas, sera
aussi présent pour lorsqu'il est question du traitement des eaux usées.
Et ça, je l'ai répété
à plusieurs reprises, on ne financera pas les usines de traitement des eaux usées
à travers le Fonds bleu, parce qu'uniquement là les besoins sont nettement
excédant aux 500 millions de dollars et, surtout on a déjà un programme, au niveau du MAMH, qui est
doté de plusieurs milliards de dollars pour cet enjeu-là. Donc, si on s'attaque aux bons objectifs à travers le Fonds
bleu, ça va devenir un outil extrêmement performant, là, je suis convaincu.
La Présidente (Mme Gendron) : Y
a-t-il d'autres interventions? Donc, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'article 2 est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. M. le ministre, je vous invite à lire l'article n° 3.
M. Charette :
...c'est un des articles simples mais nécessaires du projet de loi. On
vient tout simplement abroger le 15.4.41. Donc, on l'enlève ni plus ni moins
parce qu'on va retrouver l'esprit de son contenu ailleurs dans le projet de
loi.
Donc, le commentaire
lui-même, là : C'est un
article qui vise à assurer la concordance avec le
paragraphe 6° de l'article 15.4.46
proposé par l'article 4 du présent projet de loi qui prévoit que les
sommes concernant des frais, des droits ou des redevances liés à
l'utilisation ou à la gestion de l'eau, notamment les sommes provenant des
redevances visées par le Règlement sur la redevance exigible pour l'utilisation
de l'eau, seront dorénavant versées au Fonds bleu plutôt qu'au Fonds de
protection de l'environnement et du domaine hydrique de l'État. C'est le fonds
dont je faisais allusion un petit peu plus tôt. Et l'affectation des sommes et
frais issus des redevances sur l'eau au financement de mesures visant la gouvernance de l'eau ou favorisant la protection et la
mise en valeur de l'eau est essentiellement reprise au premier alinéa du
nouvel
article 15.4.44 proposé par l'article 4 du présent projet de
loi.
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Y a-t-il des interventions? Donc, j'aimerais
mettre aux voix.
L'article n° 3 est-il adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Je vous invite à la lecture de l'article 4, M. le
ministre.
M. Charette : ...Mme la Présidente. Et, pour l'article 4, j'informe les
collègues qu'il y a déjà des propositions d'amendements qui ont été
présentées. Donc, j'y vais avec l'article original, et ensuite je pourrai faire
la lecture des amendements.
La Présidente (Mme
Gendron) : Je vous invite aussi à lire paragraphe par paragraphe,
alinéa par alinéa...
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Donc,
article introduit par
article introduit,
donc, pour le prochain article. Allez-y.
M. Charette :
En fait, je vais le lire, puis vous me direz quand je dois arrêter ma
lecture.
La Présidente (Mme
Gendron) : Sans problème.
M. Charette :
Donc : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 15.4.43, de la
section suivante :
«Section [11.4].»
en fait, II.4... 11.4?
M. Charette :
Et ça s'intitule : «Fonds bleu.» Donc :
«15.4.44. Est institué
le Fonds bleu.
fonds est affecté au financement de toute mesure que le ministre peut réaliser
en lien avec la protection, la restauration, la mise en valeur et la
gestion de l'eau, notamment quant aux matières suivantes :
«1° l'utilisation
durable, équitable et efficace des ressources en eau;
«2° le contrôle
et la prévention des inondations;
«3° la
conservation des écosystèmes aquatiques; et
«4° la
gouvernance de l'eau dans le respect du régime de gouvernance établi par la Loi
affirmant le caractère collectif des ressources en eau et favorisant une
meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés.
«Le fonds
sert notamment à financer des activités, des projets ou des programmes visant à
stimuler l'innovation technologique
et sociale, la recherche et le développement, l'acquisition de connaissances,
l'amélioration des performances ainsi que la mobilisation, la sensibilisation et
l'éducation de la population pour les matières mentionnées au deuxième
alinéa.
«Ce fonds vise, entre
autres, à apporter un soutien financier aux municipalités et aux organismes à
but non lucratif oeuvrant pour la protection, la restauration, la mise en
valeur et la gestion de l'eau.»
Si je comprends bien,
je m'arrête ici à ce moment-ci?
La Présidente (Mme
Gendron) : Exactement.
La Présidente (Mme
Gendron) : Donc, si vous voulez bien commenter sur la...
l'introduction de l'article.
M. Charette :
Parfait. Donc, le 15.4... En fait, c'est relativement simple, on vient
créer le Fonds bleu. C'est un petit peu paradoxal. On a adopté un article, un
petit peu plus tôt, qui faisait déjà référence au Fonds bleu, mais le Fonds bleu n'était pas encore institué, et là il
le serait avec l'adoption de l'article 4. Et on vient préciser, je le
mentionnais tout à l'heure, les
principales orientations, là, qui seront... qui seront possiblement financées à
travers le fonds qui sera constitué.
La Présidente (Mme Gendron) : Je
confirme la réception de l'amendement de la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Si vous voulez bien
nous en faire la lecture.
Mme McGraw : Merci,
Mme la Présidente. Comme vous l'avez dit, on a déjà déposé notre amendement.
Alors, on propose l'article... dans l'article 15.4.44 de la loi, tel que
proposé par l'article du projet de loi, modifié... soit modifié par
l'insertion, avant le paragraphe... le premier paragraphe du deuxième alinéa,
le paragraphe suivant :
«0.1° la lutte
et l'adaptation aux changements climatiques en matière d'eau;»
Donc, l'article, tel
que modifié, serait... se lirait ainsi. Donc :
«15.4.44. Est
institué le Fonds bleu.
«Ce fonds est affecté
au financement de toute mesure que le ministre peut réaliser en lien avec la
protection, la restauration, la mise en valeur et la gestion de l'eau,
notamment quant aux matières suivantes :
«0.1° — présentement,
on ajoute — la
lutte et l'adaptation aux changements climatiques en matière d'eau;», etc.
La Présidente (Mme
Gendron) : Y a-t-il des interventions?
M. Charette :
Peut-être.
La Présidente (Mme
Gendron) : Oui, M. le ministre.
M. Charette :
Je comprends le pourquoi, mais ce n'est pas une bonne idée, pour éviter de
la confusion. Justement, on parlait de la
confusion possible avec les différents fonds. Il y a le Fonds d'électrification
et des changements climatiques qui a son volet d'adaptation aux
changements climatiques, donc... Mais je comprends l'importance de faire
référence à l'adaptation. C'est peut-être à travers un autre amendement ou à
travers un préambule, mais je n'en ferais
pas l'objet d'un financement possible, parce que c'est justement assuré par le
FECC et que ça couvrirait trop large, là.
On serait plus... On générerait plus de confusion qu'autre chose, là, en
l'inscrivant comme étant un objet potentiellement financé par le Fonds
bleu.
Mme McGraw : Alors,
je souligne... Merci, M. le ministre. Il y a plusieurs groupes qui se sont
penchés sur cette question-là et ils ont
fait la recommandation très précise, dont FQM, AGRCQ, la ville de Montréal et
bien d'autres l'ont mentionné en consultations, précisément cet
amendement à cet article, vraiment pour faire le lien entre les changements
climatiques et la conservation, protection de l'eau. Donc, on aimerait se
pencher là-dessus. Et, si la réponse est
non, comment on va s'assurer que le financement du projet est réellement bon
pour l'environnement? Est-ce que vous seriez ouvert à un amendement, par
exemple, proposé par l'UMQ, étant d'inclure l'approvisionnement en eau potable, etc.? Donc, peut-être avoir une
discussion. Il y a des commentaires sur les municipalités, en tout cas... Oui.
M. Charette :
Bien, je le mentionnais tout à l'heure à la question précédente ou à
l'article précédent, il y a déjà des sommes extrêmement importantes qui sont
prévues au niveau du traitement des eaux et l'approvisionnement en eau potable. Donc, on ne couvrira pas ça à
travers le Fonds bleu, je le réitère et sans en être gêné, parce que, justement,
le MAMH a des sommes colossales, là, qui
sont disponibles et qui peuvent être complétées par du financement fédéral
aussi. Donc, tout ce qui est traitement des eaux usées, ce n'est pas le Fonds
bleu qui va faire ça. Tout ce qui est de l'approvisionnement
en eau, ce n'est pas le Fonds bleu qui va faire ça. Donc, c'est la raison pour
laquelle je veux être bien certain qu'on se rejoigne tous, là, il faut limiter
la portée du Fonds bleu pour, justement, se convaincre qu'avec 500 et,
ultimement, 650 millions de dollars on pourra faire une différence
sur des objets bien, bien précis.
Et, pour ce qui est
des infrastructures en adaptation, j'invite la collègue à considérer le
deuxième élément lorsqu'il est question de
contrôle et la prévention des inondations. On est dans de l'adaptation, à ce
moment-là, dans bien des cas, mais je ne ferais pas un objet spécifique
à l'adaptation, là, pour ne pas générer de confusion sur la portée du Fonds
bleu.
McGraw : Donc, on va y revenir, sur ce point dans le... les articles à
venir. Merci.
M. Charette :
Ah! bien, c'est-à-dire sur ce qui ne sera pas financé, je vais le réitérer
à chacune des fois où la question va se
poser, on ne financera pas, justement, là, tout ce qui est traitement des eaux
usées et l'approvisionnement en eau potable à travers le Fonds bleu, là.
Ça, on pourra toujours en discuter, mais c'est catégorique, parce qu'il y a d'autres fonds qui sont disponibles pour ça et que
les besoins seraient énormes, ça pourrait devenir insuffisant pour ce
seul volet là. Et, pour nous, l'utilisation durable, équitable de l'eau, c'est
important. La conservation des écosystèmes aquatiques,
c'est important. La gouvernance de l'eau, c'est important. Donc, on ne veut pas
que le Fonds bleu devienne un fonds pour financer, là, des
infrastructures municipales.
La Présidente (Mme
Gendron) : Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je ne vous cacherai pas, M. le ministre, on allait
déposer un amendement très, très semblable, parce que, ma collègue l'a dit,
c'est d'une grande importance pour plusieurs acteurs, mais j'aimerais qu'on ait une discussion. Parce que je vous
entends nous dire à la fois que le Fonds bleu, il y a des mesures d'adaptation
qui peuvent être incluses dans le Fonds
bleu. Vous venez faire référence au contrôle puis la prévention des inondations,
mais on ne souhaite pas inscrire
l'adaptation telle quelle et la lutte aux changements climatiques. Juste pour
peut-être... Moi, je sens qu'on est rentrés trop vite dans ce sujet-là, je veux
juste prendre un pas de recul. Vous êtes d'accord avec moi sur le fait que les changements climatiques,
en ce moment et dans les prochaines années, vont avoir un grand impact en
ce qui concerne le stress hydrique puis l'approvisionnement en eau et ces
services?
M. Charette :
Tout à fait. En fait, ce que je mentionne, c'est qu'on pourra trouver
peut-être l'endroit dans le projet de loi où on pourra référer aux changements
climatiques et à la nécessaire adaptation. Et, ce que je mentionne, on ne veut pas en faire un objet du Fonds bleu
lui-même, mais réitérer qu'il y a effectivement, j'aime l'expression, un
stress sur le domaine hydrique en lien avec
les changements climatiques. On pourra peut-être trouver la... le bon endroit
pour le référer, mais là on est réellement, là, sur les utilisations possibles
du Fonds bleu, et c'est là où ce ne serait pas le bon endroit, là, pour le
mentionner.
Mme Zaga
Mendez : Bien, j'aime le fait qu'on est d'accord, là. C'est le fun
quand on est d'accord, on va le dire. On est
d'accord sur... quand le stress des changements climatiques... les changements
climatiques causent un stress hydrique,
je pense qu'on est... on a la même lecture de la situation. Donc, si je suis...
je me mets à la place d'un groupe, je
me mets à la place des municipalités, des MRC, des gens qui sont sur le terrain
puis qui voient l'effet des changements climatiques, puis ils vont venir
vous voir au Fonds bleu, puis ils vont présenter des projets qui sont... entre
vous et moi, là, c'est des projets d'adaptation et de lutte aux changements
climatiques, que ce soit... on a plusieurs exemples, ils sont... les différents acteurs nous l'ont dit, que ce soient des
solutions basées sur la nature, des infrastructures vertes, que ce soient des réaménagements des bandes
riveraines. Donc, on peut en sortir. On est dans des projets qui sont des
luttes et adaptations aux changements climatiques. Est-ce que ces types de
projets là sont admis au Fonds bleu tel quel?
M. Charette :
Bien, c'est-à-dire, c'est difficile d'y aller d'une réponse précise pour un
projet qui n'a pas été présenté, mais c'est
des objets qui sont certainement susceptibles d'être financés. Et moi, ce qui
me rassure pour la suite des choses,
c'est le Forum d'action sur l'eau, qui regroupe tous les acteurs sur l'eau,
qui, dans les prochaines semaines, les prochains mois, va venir nous
dire : Bien, voici les orientations que l'on souhaite voir retenir pour
l'utilisation du Fonds bleu. Donc, c'est les
acteurs de l'eau qui seront en mesure, là, de nous guider sur, justement, la
suite à y donner. Et on évoquait même, au moment des consultations, ce
même forum-là. On n'a pas l'intention de le dissoudre avec l'adoption du projet
de loi. C'est un forum qui pourra se voir octroyer des nouveaux mandats et peut-être
un mandat de suivi. Justement, une fois le fonds créé, une fois les
orientations identifiées, quel est... quel sera le... quel rôle ces acteurs-là
pourront... pourra... pourront jouer pour la suite des choses? C'est quelque
chose, là, qui est certainement envisageable et souhaité de la part du
gouvernement.
Mme Zaga
Mendez : O.K. Alors, juste pour revenir, là, on est... on continue
d'être d'accord sur le fait que les
changements climatiques vont créer un stress, ils vont pousser des groupes à
nous présenter des projets, des projets qui vont arriver sur la table du ministère et qui vont tous être...
Entre vous et moi, moi, j'ai travaillé aussi en adaptation aux changements climatiques en milieu forestier,
en milieu agricole, auprès des entreprises. Ce qui arrive souvent, c'est
que, quand on a un fonds devant nous, les
groupes vont essayer de cocher toutes les cases pour avoir les sous, mais ça
reste des projets en adaptation et lutte aux changements climatiques.
Donc, si on a la
reconnaissance de l'enjeu puis on va avoir les projets, là, je veux vous
entendre un peu plus, c'est là que je sens que peut-être on peut aller plus
loin, pourquoi ne pas nommer lutte et changements climatiques dans les intentions de financement si on reconnaît
le problème, et les solutions qui vont être proposées vont l'être dans ce
sens-là?
M. Charette :
En fait, comment... comment dire? Tous les groupes qui constituent le forum
d'action se sont donné un objectif, et je
les salue pour ça, c'est d'oublier leurs préoccupations propres pour parler
d'une seule voix, en quelque sorte.
Donc, lorsque l'UMQ vient nous voir en
consultation, elle nous parle naturellement des besoins de l'UMQ de façon générale. Mais, lorsque l'UMQ... je dis
l'UMQ, mais ça pourrait être l'UPA, ça pourrait être tous les groupes. Lorsque ces mêmes acteurs-là sont autour de la table du
forum d'action, ils ne pensent plus à leur seule réalité, mais à ce qui est
commun et nécessaire, là, pour la gouvernance de l'eau en général. Donc, ça va
être ça aussi, les mesures qui seront admissibles, là, pour le financement.
Mais je fais juste rassurer la collègue, là, si
on regarde bien l'article qui nous occupe présentement, on regarde les matières
qui seront admissibles pour du financement, mais ça demeure aussi assez
général, c'est des orientations, mais c'est
assez général à ce moment-ci. Lorsqu'on parlait de protéger les bornes... les
bornes... les bandes riveraines ou que ce soient les infrastructures
résilientes vertes, c'est... ça peut cadrer, là, et même dans un... dans plus
d'un de ces... de ces objectifs-là parce qu'il y a de la... il y a de la
science, il y a de la connaissance à travers ça. On peut parler ou évoquer la
prévention des inondations. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas très contraignant,
mais, en même temps, on ne veut pas y aller de façon générale
Si j'ajoute
un premier ou un cinquième picot sur... on peut financer l'adaptation aux
changements climatiques, c'est là où ça devient extrêmement, extrêmement
général, puis ce serait plus difficile à baliser à ce moment-ci. Mais il
y a de ces projets-là qui, par leur fonction, seront des façons d'être plus
résilients et même des projets d'adaptation.
Mme Zaga Mendez : Je... Il y a
quelque chose qui, pour moi, n'est pas encore clair, M. le ministre, c'est le
fait que, là, vous donnez l'exemple du forum des acteurs de l'eau, puis qu'ils
vont parler d'une seule voix. Et je suis d'accord,
il faut voir au-delà de qu'est-ce qui nous touche au niveau individuel ou comme
organisation et voir collectivement. Je vois mal comment la lutte aux
changements climatiques n'est pas la lutte la plus collective qu'on peut mener
ensemble, tous secteurs confondus. Quand on parle des intérêts collectifs,
c'est là que j'aimerais ça avoir la... avoir
le pouls du ministre parce qu'il... on a dit tantôt, là, que ça va être, ça
l'est, puis ça va continuer à être l'enjeu le plus important en ce qui concerne l'approvisionnement en eau, l'état
de la ressource, l'état des différents services, là. On a des...
Je ne vais pas utiliser toutes mes
20 minutes pour faire l'exposition de tout ça. On s'entend là-dessus, M.
le ministre. Et il n'y en a pas, une lutte
la plus collective. Puis moi, j'ai le goût de vous entendre sur le futur, parce
que, là, il y a eu... Bien sûr, on est en 2023, là, il faut qu'on pense
à qu'est-ce qui s'en vient. Et, si on est capables de créer un fonds pour
protéger la ressource en eau, peut-être ce projet de loi là, on ne va pas le
rouvrir dans cinq, 10 ans, mais peut-être, là, on a un tremplin pour
penser à l'adaptation aux changements climatiques, à la lutte aux changements climatiques. Sentez-vous qu'on a là une
opportunité devant nous, M. le ministre, qu'on n'aura pas peut-être dans cinq, 10 ans?
M. Charette : Dans cinq ans, il faudra
toujours, malheureusement, s'adapter.
Mme Zaga Mendez : Le règlement...
M. Charette : Dans cinq ans, on fera
toujours...
Mme Zaga Mendez : ...mais le projet
de loi?
M. Charette : Ah! bien, le projet de
loi... Moi, je veux dire, ceux et celles qui ont travaillé avec moi au cours
des dernières années se rappellent qu'on a même fait un omnibus législatif, ce
qui était du jamais-vu. C'était la première fois qu'on en faisait un au niveau
du ministère de l'Environnement. Donc, on ne s'est jamais refusé à moderniser
nos lois. Et il y aura vraisemblablement un autre omnibus législatif dans le
cadre du présent mandat.
Mais, peut-être pour rassurer la collègue, on
cherche, là... Là, vous voyez, là, ça travaille fort, fort, fort pour voir
comment intégrer cette référence-là aux changements climatiques et à
l'adaptation, mais ce ne sera pas à travers un
cinquième picot, pour ne pas que ça devienne un fourre-tout, quelque chose de
trop... de trop général. Mais on va vous proposer quelque chose, là,
dans les prochains instants, très certainement.
Mme Zaga Mendez : ...vu que c'est
son amendement. Moi, j'avais des questions spécifiques, mais je vais laisser la
collègue continuer.
La Présidente (Mme Gendron) : ...
Mme McGraw : Bien, c'est ça,
justement, c'est les préoccupations par rapport aux changements climatiques puis de faire un lien clair et étroit entre les
changements climatiques et l'impact sur notre eau. Ça va aller... Ça va devenir
encore de plus en plus sérieux. Donc, on aurait voulu... Justement, cet
amendement-là, ça vise de faire ce lien direct, un lien qui va devenir de plus en plus important. Et on trouve que c'est
vraiment le meilleur endroit pour souligner cet enjeu primordial pour l'eau.
Justement, on a parlé dans nos commentaires, en adoption de principe, dans les
remarques préliminaires, les liens étroits entre les changements
climatiques, l'eau, la biodiversité. Donc, on trouve qu'au début de ce projet de
loi ça ferait juste souligner cette importance-là puis renforcer le projet de
loi.
M. Charette : ...la même chose. On
est d'accord pour faire une référence. On trouve le moyen et l'endroit pour faire référence la plus... la plus appropriée
possible, mais ce ne sera pas dans un objet de financement directement. On veut... on veut que ça englobe tout l'esprit du
projet de loi, donc dans une perspective de changements climatiques et
d'adaptation. Mais on vous revient, on vous revient avec une proposition à ce
niveau-là.
McGraw : Donc, juste pour être claire, c'est justement ce qu'on
voulait que ce serait au début puis ce serait vraiment... ça englobe l'approche
en général, mais, si je... C'est ce qu'on aurait souhaité avec cet amendement. Mais, si je vous comprends bien, vous allez
revenir avec quelque chose d'autre à l'intérieur, plus loin, dans le projet de
loi. Est-ce que vous avez... On parle... Je
comprends qu'on est sur cet article-là, mais est-ce que vous avez... juste pour
avoir une idée des... Comment vous prévoyez répondre à cet enjeu-là au sein du
projet de loi? Est-ce que vous avez des pistes?
M. Charette :
Je ne suis pas juriste, mais j'ai le grand, grand privilège d'être très
bien entouré à ce niveau-là. Donc, on regarde justement comment retenir le
libellé le plus adéquat possible.
Ce que je pourrais
peut-être proposer aux collègues pour, justement, laisser les juristes ou les
spécialistes nous trouver la bonne formulation, on pourrait tout simplement
mettre de côté l'article 4 pendant un instant, le temps que l'on regarde ces enjeux-là, et on pourrait
passer aux articles subséquents dans l'intervalle pour nous permettre, là,
de leur laisser le temps de travailler.
Mme McGraw : ...puisqu'on
a proposé par... de procéder pas juste
article par article, mais alinéa par
alinéa et paragraphe... Parce que c'est
vraiment le coeur, selon nous,
article 4, c'est vraiment le coeur du
projet de loi, est-ce que ce serait
possible, mais, Mme la Présidente, de continuer avec l'article, mais de mettre
côté cet aspect-là de l'article et de revenir...
M. Charette :
Le problème, en fait... L'idée n'est pas mauvaise, mais le problème, c'est
qu'on regarde pour voir si ce n'est pas dans
un autre des alinéas de l'article 4 où cette modification-là serait faite.
Donc, ce serait difficile de dire : On passe à l'alinéa suivant,
alors que c'est peut-être dans l'alinéa suivant... Ou on peut... on peut suspendre
quelques instants, là, pour clarifier un petit peu la procédure à venir.
La Présidente (Mme
Gendron) : Je suspends donc les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 11)
La Présidente (Mme
Gendron) : Nous reprenons donc nos travaux, et, afin de vous situer,
là, nous sommes à l'amendement déposé par la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, l'article 15.4.44, introduit par
l'article 4. Avez-vous une intervention?
Mme McGraw : Bien, on aimerait... on a une... Premièrement,
merci beaucoup pour la belle collaboration entre les formations politiques, avec le gouvernement et groupe de deuxième
opposition... deuxième opposition, je devrais dire, donc une très belle
discussion et collaboration. On aimerait quand même poursuivre avec un vote sur
l'amendement.
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise
aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 15.4.44, introduit par
l'article 4, est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Pardon?
Mme Zaga
Mendez : ...appel nominal?
La Présidente (Mme
Gendron) : Certainement.
McGraw : Je n'ai pas demandé un vote nominal.
La Présidente (Mme
Gendron) : O.K. donc, adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Donc, l'amendement est rejeté. Donc, avez-vous une
intervention?
La Présidente (Mme Gendron) : Sur
l'article, oui, 15.4.44, introduit par l'article 4.
McGraw : C'est ça. Donc, on voudrait savoir, Mme la Présidente, que
pense le gouvernement, le ministre. On
voulait parler un peu d'accès aux plans d'eau. Et il y a certains groupes qui
ont proposé que... Dans le but de
valoriser l'eau, il y a certains qui pensent que les Québécois devraient avoir
un accès facilité aux plans d'eau. Il serait donc cohérent que le Fonds
bleu... si on suit la logique, que le Fonds bleu finance aussi les mesures de
facilitation à l'accès aux plans d'eau.
Donc, on voulait savoir comment ce gouvernement... comment le gouvernement
réagit à cette suggestion de certains groupes.
M. Charette :
...constaté, avec la pandémie, à quel point l'accès à la nature était de
plus en plus cher aux yeux des Québécois,
des Québécoises. On l'a vu, à travers les réseaux de la SEPAQ, et autres. On
sait qu'il y a un besoin, là, mais, en même temps, on le disait tout à
l'heure, 500 ou même 650 millions, c'est beaucoup, mais ce n'est pas suffisant
si on veut tout régler avec cette somme-là. Donc, l'accès à la nature comme
tel, ce n'est pas une finalité du Fonds bleu.
Je nous reporterai,
par contre, au Plan nature, qui, lui aussi, est pourvu, là, d'une somme
colossale. On parle de plusieurs centaines de millions. Et, dans le Plan
nature, il va y avoir un accès... un volet accès à la nature. C'est beaucoup
pour protéger la biodiversité, mais il va y avoir un volet accès à la nature.
Donc, ce n'est pas le Fonds bleu qui va
répondre à cette demande-là, mais davantage le Plan nature. Puis, dans
l'intervalle, je ne sais pas si vous avez suivi un petit peu, vendredi
dernier, dans la région de Lanaudière, il y a le premier ministre, avec
également les collègues de la région qui ont pu présenter un volet pour cette
région-là en particulier.
Donc, c'est, oui, une
priorité gouvernementale, mais ce n'est pas le Fonds bleu, là, qui va pouvoir
répondre à ces besoins-là. Parce qu'il y a
des municipalités qui nous demandaient : Est-ce que le Fonds bleu va
pouvoir, par exemple, financer la
construction d'un quai ou de... Non, ce n'est pas l'objet du Fonds bleu, mais
on sait qu'il y a une demande à ce niveau-là et on tentera d'y répondre,
là, à travers, notamment, le Plan nature.
Mme McGraw : Juste pour clarifier, à l'intérieur du Plan nature
et l'accès... l'aspect accès à la nature, on prévoit des provisions puis
des sommes, même, pour faciliter, pour promouvoir l'accès aussi aux plans
d'eau?
Mme McGraw : Donc,
à l'intérieur de la nature... plans d'eau.
M. Charette :
On se souvient, on avait évoqué trois grands principes, là, je vais essayer
de m'en souvenir. C'est, d'abord et avant
tout, la protection de la biodiversité, le Plan nature. C'est aussi
l'acquisition de... le développement d'aires
protégées. Ça, c'est le premier objectif. Il y a un deuxième objectif, qui est
l'accès à la nature, et le troisième, c'est d'encourager le leadership
autochtone. Donc, ce seront les trois grands principes qui vont guider le futur
Plan nature.
là aussi on est dans une période d'élaboration avec les régions. On a les
grands objectifs qui ont été identifiés. Là, on a des partenaires régionaux qui ont commencé à consulter les
milieux. Et là aussi, dans les prochains mois, vraisemblablement, on aura des orientations précises pour le Plan
nature, mais elles devront respecter ces trois grands principes là. Le
premier, qui est le plus important, là, c'est le développement du réseau
d'aires protégées, avec la protection de la biodiversité, mais on est très,
très conscients que, pour aimer la nature, il faut y avoir accès. C'est souvent en ayant accès à la nature qu'on comprend
son importance, qu'on comprend la nécessité de la protéger. Donc, il y a
un volet accès à la nature dans le Plan nature également.
Mme McGraw : Puis
on est très contents d'entendre ça, puis on est tout à fait d'accord, pour...
il faut avoir accès pour l'aimer, puis c'est interrelié, puis pour tous les
groupes, pas juste les groupes privilégiés aussi, hein? On comprend que
c'est... il faut que ça soit tous les Québécois qui ont accès.
Donc, si on comprend
bien, cet aspect-là, de financement pour l'accès aux plans d'eau, ça va faire
partie du Plan nature, et, deuxième priorité ou
section : accès nature.
Mme McGraw : Parfait.
Alors, merci d'avoir clarifié.
La Présidente (Mme
Gendron) : Y a-t-il d'autres interventions?
La Présidente (Mme
Gendron) : Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : J'en ai plusieurs,
questions, sur 15.4.44. Je vais aller
section par
section avec le ministre. Il
a déjà répondu tout à l'heure, on a déjà parlé des cohérences avec les fonds,
donc je ne reviendrai pas, même si j'avais...
L'UMQ nous avait fait une recommandation intéressante, un changement à faire,
mais j'ai été satisfaite avec la réponse tout à l'heure.
J'aimerais entendre le ministre sur le premier picot,
le 1°, en ce qui concerne l'utilisation durable, équitable
et efficace des ressources en eau. C'est des
beaux mots qui sont là. J'aimerais l'entendre sur qu'est-ce que ça veut dire,
l'utilisation durable. Quelle est la définition qu'on utilise d'«utilisation
durable» dans le cadre de ce projet de loi?
Charette : Si les collègues le veulent bien, on a le
privilège d'avoir la responsable du Forum d'action sur l'eau, donc, avec
le consentement, elle pourrait tout simplement donner, peut-être, des exemples
pour chacune de ces quatre priorités-là. Et la première, dans un premier temps,
de ce que je comprends...
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci. Donc, si j'ai
bien compris — je
suis désolée — j'étais
en train de répondre, si j'ai bien compris,
dans le fond, c'est l'article 15.4.44, où, là, on veut savoir quels sont
les exemples... des exemples concrets pour chacun...
Mme Zaga Mendez : La demande, en
fait, qu'on a eue en commission, c'était de baliser qu'est-ce que ça veut dire,
une utilisation durable. Donc, ma première question, c'est : Quelle est la
définition qui est mobilisée dans le cadre de ce projet de loi?
Mme Grondin : Effectivement, on a
différents éléments, puis je pense que ça va être intéressant d'avoir une
définition, on pourra aussi vérifier avec les experts du ministère. On a la
définition d'«utilisation durable» sur la question... quand on parle d'aires
protégées, hein, à des fins d'utilisation durable ou une aire protégée
d'utilisation durable. On a aussi une
définition qui est portée par les Affaires municipales, je crois, au niveau de
l'utilisation durable. Je pense qu'il y a différentes dimensions, et la
question va être posée aux membres du forum d'action.
Mme Zaga Mendez : O.K. Donc, merci
pour la réponse. Est-ce que je comprends que ça va être au forum d'action que le terme «utilisation durable» va
être défini? La question, c'est vraiment une question de compréhension,
parce que c'est des principes qui vont guider le financement. Tout à l'heure,
on a une discussion entre nous, là, pas ici, mais j'aimerais qu'on le dise au
micro, quelles sont les définitions, parce qu'elles vont guider l'application
du financement du Fonds bleu, je pense que c'est le coeur de ce projet de loi.
Donc, ce que je comprends, c'est que cette définition est en coconstruction
avec les acteurs ou est-ce qu'on a quelque chose de plus défini?
Mme Grondin : On a des exemples de
mesures... À moins que vous vouliez le faire, M. le ministre? On a des exemples de mesures, mais... et je vais
prendre le temps de les regarder, on a : acquisition de données sur l'état
des ressources en eau par le
développement des réseaux de suivi, la caractérisation et la modélisation des
systèmes aquifères et hydrologiques
des bassins versants. Ça, c'est un exemple de mesure où on peut encadrer ce que
veut dire l'utilisation durable, équitable, efficace des ressources en
eau; prévision des étiages en climat actuel et projections des débits et niveaux d'eau en climat futur. Donc là, on y voit
la notion de changements climatiques, d'adaptation aux changements climatiques, résilience. D'autres types
d'exemples, c'est : évaluation des quantités d'eau disponibles pour les
occupants du territoire, on parle de seuil critique, par exemple;
développement d'outils de soutien au processus d'analyse des demandes
d'autorisation ministérielle pour les prélèvements d'eau; développement d'un
mécanisme de conciliation des usages et de gestion des conflits;
sensibilisation de la population à la protection et à l'utilisation durable de
l'eau.
Donc, c'est pour ça que, tu sais, on peut avoir
une définition qui est théorique, on a déjà des exemples, puis je pense que
cette notion-là et cette dimension-là, de futur, d'adaptation en termes d'utilisation
durable, qu'est-ce que ça veut dire
aujourd'hui, en 2023, qu'est-ce que ça veut dire pour les partenaires ou les
utilisateurs de l'eau... C'est une chose
pour des associations de lacs, c'en est une autre pour une municipalité, c'en
est une autre pour un gouvernement. Donc,
je pense que ça peut être intéressant d'avoir une définition très claire, mais
ces exemples-là sont fondamentaux pour qu'on puisse la définir ensemble,
ce que ça veut dire, une utilisation durable, équitable de l'eau. Et je pense
que c'est là, le savoir-faire, qu'il va venir compléter.
Mme Zaga Mendez : Je comprends.
Merci. Je demeure avec des questions puis je ne veux pas m'éterniser sur ce principe-là. Je pense, c'est... Ce qu'on a
eu comme commentaire, entre autres, de l'Association des gestionnaires régionaux en cours d'eau, c'est que ça vaut la
peine de mettre des balises de... qu'est-ce qu'on entend lorsqu'on l'applique. Je suis tout à fait d'accord avec les
exemples que la députée d'Argenteuil nous a nommés, rien contre ça. C'est peut-être
mon esprit de chercheuse qui embarque dans l'utilisation des définitions qui
nous permettent d'encadrer un financement.
Tout à
l'heure, on a eu un débat très intéressant puis on va peut-être ramener sur
l'adaptation aux changements climatiques, mais... en utilisant, par
exemple, le principe d'équitabilité ou d'efficacité, quels sont les outils...
S'ils ne sont pas dans le projet de loi, ma
question, c'est : Quels sont les outils qui vont encadrer l'utilisation du
Fonds bleu en appliquant ce principe-là? Parce que je sens que, oui, il y a une
concertation, d'accord, qu'on a pu avoir des interprétations
différentes, mais j'invite le ministre et les collègues à avoir quand même un
outil, une définition des principes — qui sont peut-être définis
dans la loi, ailleurs — comment
ils vont être appliqués dans la gestion du Fonds bleu.
M. Charette : ...thèmes qui sont
définis dans la législation du ministère de l'Environnement à travers la Loi
sur la qualité de l'environnement. Dans d'autres cas, c'est des principes.
Lorsqu'on parle... Par exemple, là, on insistait, là, sur l'utilisation
durable, équitable et efficace des ressources, mais, si on regarde les points
subséquents, que ce soient le contrôle et la
prévention des inondations, que ce soit la conservation des écosystèmes
aquatiques, il n'y a pas toujours des
définitions précises dans le corps législatif, mais c'est des principes avec
lesquels le ministère est habitué de travailler.
Et là, dans le cas présent, on est
encore à l'article qui va déterminer quels sont les sujets d'intérêt pour le
futur Fonds bleu. Et les sujets d'intérêt, c'est là où la priorisation
va se faire en collaboration avec le forum d'action, mais tout n'est pas une définition qui est soit dans le
projet de loi actuel ou dans une autre des lois, là, sous la responsabilité
du ministère de l'Environnement, mais c'est des concepts de développement
durable avec lesquels le ministère est habitué de travailler.
La Présidente (Mme
Gendron) : Avez-vous d'autres interventions?
Mme Zaga
Mendez : Oui. Est-ce qu'on continue...
La Présidente (Mme Gendron) : Bien,
en fait, la députée de Notre-Dame-de-Grâce a également des interventions.
Mme McGraw : Je
suis désolée, parce que j'avais plusieurs interventions et même des amendements
pour cet article-là. J'avais complété mon
premier point, mais je vous suis, Mme la Présidente. On avait... J'avais
complété un premier point, mais j'avais... j'ai quand même... et on a
déjà déposé, comme vous le savez, plusieurs amendements à cet article.
La Présidente (Mme
Gendron) : On traitait toujours de l'article 15.4.44?
Mme McGraw : Oui,
point 4. C'est ça, oui.
La Présidente (Mme Gendron) : O.K.
Parfait. Compte tenu de l'heure... il ne reste que 30 secondes, donc je propose
de suspendre les travaux et de se revoir cet après-midi.
(Suspension de la séance à
12 heures)
La Présidente (Mme Gendron) : Bon
après-midi à tous. Donc, la Commission des transports et de l'environnement
reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de la loi n° 20, Loi instituant le Fonds bleu et modifiant d'autres
dispositions.
Lors de la suspension
de nos travaux, cet avant-midi, nous étions à l'étude de l'article 15.4.44
introduit par l'article 4. Y a-t-il d'autres interventions sur cet
article? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, O.K.
Mme McGraw :
Donc, oui, justement, on avait plusieurs amendements à proposer, mais on
commencerait avec des questions. Donc, nous,
on a regardé de très près... Pendant les consultations particulières, il y a
des mémoires qui ont été soumis, évidemment, et il y avait des
propositions et des recommandations très concrètes de la part de plusieurs
organismes, dont le RNCRE, l'AGRCQ, en tout cas, entre autres.
Donc,
on voulait proposer, Mme la Présidente, plusieurs ajouts à consolider. Donc, ce
serait un autre amendement par
rapport aux sommes. Donc, plus précisément, on parle... Pardon. Alors, on
propose l'insertion, après la troisième... le troisième alinéa...
La Présidente (Mme
Gendron) : ...
Mme McGraw :
Je suis désolée.
La Présidente (Mme
Gendron) : Donc, vous proposez un amendement?
Mme McGraw : Oui.
Donc, on l'a déposé.
La Présidente (Mme
Gendron) : L'amendement a été déposé au secrétariat? Parfait. Merci.
Si vous voulez en faire la lecture.
Mme McGraw : Merci.
Puis désolée du...
La Présidente (Mme
Gendron) : Non, non, pas de problème.
Mme McGraw : Donc,
juste un peu comme un contexte, donc il y a quatre éléments. Donc, c'est
l'acquisition des données en matière de volume de consommation de l'eau en
milieu industriel et de la qualité d'eau; il y a aussi la mise en oeuvre des
plans régionaux des milieux humides et hydriques; troisièmement, l'élaboration
des plans d'infrastructures vertes relatives
à l'eau; et, quatrièmement, la lutte contre les espèces envahissantes nocives
aux milieux hydriques et humides, notamment de type exotique.
Alors, les
amendements vont dans ce sens-là. Et, plus spécifiquement, je pourrais... Écoutez,
je ne vais pas lire toutes les recommandations des groupes, mais, comme
je vous dis, je vous réfère aux recommandations 1 et 2 de... du mémoire et RNCRE. Je vous recommande aussi les
recommandations 3 et 4 du mémoire AGRCQ. Et finalement, en ce qui a trait
aux espèces envahissantes, je vous réfère au mémoire UMQ, recommandation n° 4. Alors, on veut vraiment faire des liens plus directs
avec les objectifs de protection de la biodiversité. Avec la proposition n° 1 de cet amendement, c'est vraiment dans le but
d'inscrire des mesures d'acquisition des données et plus de transparence. Donc,
on a parlé de ça justement lors de nos remarques préliminaires.
Donc, est-ce que vous
voulez que je lise l'amendement proposé?
La Présidente (Mme
Gendron) : Oui.
Mme McGraw : Alors, encore une fois, on vise à apporter un soutien financier aux
municipalités, aux organismes à but
non lucratif oeuvrant pour la protection, la restauration, la mise en valeur et
la gestion de l'eau. Donc, on ajouterait, et je cite :
«Ce fonds peut
également être affecté au financement des matières suivantes :
«1° L'acquisition de
données en matière de volumes de consommation de l'eau en milieu industriel et
de la qualité [d'eau];
«2° La mise en oeuvre
des plans régionaux des milieux humides et hydriques;
«3° L'élaboration de
plans d'infrastructures vertes relatives à l'eau; et
«4° La lutte contre
les espèces envahissantes nocives aux milieux hydriques et humides, notamment
de type exotique.»
La Présidente (Mme
Gendron) : Y a-t-il des Interventions? M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Bien, d'abord, merci à la collègue pour la
proposition. Et c'est notre premier projet de loi ensemble. Je réitère un petit
peu la façon dont j'aime procéder, très rapidement. On va mentionner, du côté gouvernemental, si l'amendement
est recevable ou il est susceptible d'être accepté pour être sûr qu'on puisse
se comprendre rapidement, ce qui n'empêche pas d'en discuter, par la suite,
d'aucune façon.
Mais on ne peut pas
accepter un amendement de cette nature-là pour des raisons assez simples. On
dit : «[Le] fonds peut également être
affecté», donc on vient créer, en quelque sorte, une liste où il pourrait y
avoir des exclusions par la suite.
Or, nous, on vient préciser des objectifs sans rentrer dans le détail sur le
type de projets, spécifiquement, qui peuvent être adoptés.
Là, c'est beaucoup trop spécifique. Mais, je
rassure la collègue, j'ai entendu les mêmes propos des intervenants au
niveau... les plans régionaux des milieux humides. Je sais qu'il y a une une
volonté de les mettre en vigueur, de se faire financer la réalisation de
ces plans-là. Au niveau des infrastructures vertes, on a une phraséologie ou un
libellé qui reprend essentiellement la même
possibilité. Les espèces exotiques envahissantes, on veut aussi s'y attarder.
Mais, si on y va avec trop de détails, c'est là où ça devient une
exclusion pour ce qui n'est pas mentionné. Mais, je rassure la collègue, tout
ça, là, c'est des éléments qui sont soit déjà couverts ou qui pourraient très
bien être financés.
Puis, au niveau de
l'acquisition de données, on veut, et on va en parler dans les prochains
articles, une transparence beaucoup plus grande que ce qui prévaut maintenant.
Donc, l'acquisition de données, on n'aura pas besoin de payer pour avoir ces
données-là, elles seront... elles seront naturellement disponibles et
publiques.
Et, au niveau de la
qualité de l'eau, bien, c'est la même chose, on a des rapports d'analyse qui
sont aussi publics. Donc, ce n'est pas
nécessaire de payer pour recueillir ces informations-là. Le ministère ne
retient pas d'informations. Il les rend publiques, et le plus facilement
possible, et dans l'esprit de la plus grande transparence possible.
Mme McGraw : Alors, si je comprends bien le ministre, ce n'est
pas le contenu, ce n'est pas les enjeux, c'est la spécificité et c'est
la crainte, peut-être, que ça soit trop détaillé ou trop spécifique. Alors...
Mais,
quand même, on a écouté les mêmes... les mêmes groupes, on a reçu les mêmes...
on a lu les mêmes mémoires. Donc, il y a des groupes... ce sont des experts
aussi qui se sont attardés sur ces questions-là. Ils ont fait des
recommandations assez précises. Donc, je me demande : Est-ce que ça serait
possible d'avoir une discussion? On pourrait
parler... Est-ce que ça pourrait aider, «ce fonds peut également, entre
autres», ou ça serait plutôt moins contraignant, plutôt comme des
suggestions?
je comprends bien aussi, ces enjeux-là sont... ils vont être traités aussi dans
d'autres... d'autres libellés, d'autres instruments, mais on n'est pas
contre le contenu, si je comprends bien.
Donc, deux choses.
Est-ce qu'on pourrait regarder un langage qui est plutôt suggestion ou «entre
autres», pour ne pas limiter, justement, pour ne pas limiter à ces enjeux-là,
mais quand même les souligner? Et, si ce n'est pas le cas, on ne peut pas les mentionner, donc il faudrait... On resouligne
notre point, pendant les remarques préliminaires, c'est la gouvernance,
c'est la transparence, c'est la cohérence, justement, parce qu'il y a d'autres
initiatives, il y a d'autres fonds, il y a
d'autres mécanismes pour s'assurer vraiment une cohérence et vraiment les liens
entre ces enjeux-là. Donc, il y a deux parties, ma réplique.
M. Charette :
L'exercice ou l'échange que nous avons est très pertinent. Lorsqu'on étudie
un projet de loi de loi adoptée, il n'est pas rare qu'on retourne aux échanges
au moment de l'adoption, et on va dire que c'est l'esprit du législateur
lorsque le projet de loi était... était à l'étude.
Nous
sommes des législateurs, donc ce que l'on dit maintenant pourra servir de base
interprétative, éventuellement, du projet de loi. Cependant, un projet
de loi, ce n'est jamais trop spécifique et avec des exemples trop précis.
Juste
un exemple bête. Là, on parle de plans régionaux des milieux humides et
hydriques. Si on l'écrit tel quel dans le projet de loi et que ces plans-là
devaient changer de nom éventuellement, ce serait... ce serait déjà problématique au niveau du texte de loi lui-même.
C'est pour ça qu'on est plus... on est... on ne fait, autant que possible,
pas référence, là, à ce degré de détail là.
Mais,
au niveau de l'interprétation du projet de loi, mis à part peut-être
l'acquisition de données, tel que libellé, parce que, comme je vous dis, on veut les rendre disponibles
gratuitement et de façon transparente, donc je ne vois pas pourquoi on
paierait pour obtenir ces données-là, les trois autres éléments font
partie de
réelles possibilités.
Puis le forum
d'action, j'y reviens, aura la possibilité aussi, parmi tous les éléments qui
seraient susceptibles d'être financés, de
les prioriser ultimement. Donc, ça, c'est un travail qui va se faire non pas
par le gouvernement seul de son côté, mais avec les acteurs eux-mêmes du
domaine de l'eau. Et, lorsqu'on regarde qui participe à ce Forum d'action sur l'eau, on voit qu'on couvre tous les
aspects, autant environnemental, des organismes à but non lucratif, que le milieu scientifique, le milieu municipal,
agricole, même le milieu des affaires est représenté. Donc, ce sont tous les
acteurs de l'eau, là, qui sont... qui sont autour de la table et qui nous
aideront à prioriser le domaine du possible, en quelque sorte.
Mme McGraw : Donc, encore une fois, le mécanisme décisionnel, ça va être encore plus important, le forum ou autres. Est ce que vous avez... Donc,
est-ce que vous précisez, justement, que ça va être le forum qui va... qui
va prendre...
M. Charette :
Qui va nous aider à identifier les priorités. Encore une fois, je ne sais
pas si la collègue d'Argenteuil veut résumer un petit peu l'esprit du travail
qui s'y fait, mais c'est un très beau groupe.
Mme McGraw :
C'est le conseil, mais la décision va se prendre...
M. Charette : Bien, c'est tout le temps
le gouvernement qui décide, c'est bien certain, mais c'est un groupe de
référence. Étant donné qu'on a publié leur rapport, leur premier rapport en
juin dernier, on sera tout aussi transparent pour les démarches à venir. Donc, on serait très mal avisé, comme
gouvernement, d'aller complètement à l'encontre de ce qui serait
recommandé, là, par les acteurs de l'eau eux-mêmes.
Mme McGraw : Ce n'est pas à moi de
demander à la collègue. Bien, j'ai comme interrompu. Je ne sais pas si
j'ai interrompu...
M. Charette : Non, bien, c'est... en
fait, c'est l'offre qui vous est faite. Si jamais vous souhaitez en savoir plus
sur le fonctionnement du forum, la collègue est la mieux placée, là, pour...
pour y répondre.
Mme Grondin :
Est-ce que vous souhaitez que j'intervienne?
La Présidente
(Mme Gendron) : Mme la députée d'Argenteuil.
Mme McGraw : Ça
serait bien apprécié, oui.
Mme Grondin :
Bien, en fait, effectivement, je pense que le ministre a très bien résumé,
c'est le mandat que les membres du comité... du Forum d'action sur l'eau ont.
C'est d'aller identifier les futures actions, les critères, les principes
directeurs qui vont encadrer les investissements possibles. Et siègent autour
de ce forum-là les mêmes organisations qui sont venues vous présenter... nous
présenter les priorités ou les éléments qui leur apparaissent importants. Je
pense que le ministre l'a bien dit ce matin, le grand défi, et ça se passe
très, très bien actuellement, c'est d'aller
susciter l'intelligence collective du groupe pour qu'on identifie les priorités
au Québec pour les prochaines années.
Donc, c'est l'exercice qui est en train de se faire. Et donc, évidemment, les
éléments qui ont été nommés à travers votre
proposition d'amendement, qui reflètent en fait les priorités que plusieurs
organisations ont identifiées, sont aussi des sujets qui sont discutés
dans le cadre des échanges dans le forum.
Mme McGraw :
Merci pour les précisions. Puis ça... ça me rassure, même si ce n'est pas
dans... On aurait souhaité avoir plus de précisions, même en forme de
suggestion, mais, si ce n'est pas possible, on va suivre ça, évidemment, de
très près, le forum, et comment les décisions vont être... ou les conseils vont
être menés vis-à-vis le gouvernement. Puis on espère voir, justement, ces
éléments qui, comme vous dites, ça... C'est vraiment les groupes, les experts
qui nous suggèrent ça, alors on reprend leurs propos.
La Présidente
(Mme Gendron) : Y a-t-il d'autres interventions en lien avec
l'amendement de la députée de Notre-Dame-de-Grâce?
Mme Zaga
Mendez : Moi, j'ai une question. Je profite de l'amendement juste pour
poser une question concernant le rôle des MRC. Je pense qu'elle a amené... On a
eu tantôt une discussion sur l'élaboration des plans d'infrastructures vertes
relatives à l'eau. Ce que j'ai entendu de la part du ministre, c'est qu'on ne
va pas inclure tel quel vu... par crainte, en tout cas, je veux juste comprendre, par crainte que cet outil-là puisse changer.
Mais comment on inscrit le rôle des MRC dans la gouvernance de l'eau
puis le travail qu'ils font? Disons que j'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Charette :
Ce que je mentionnais tout à l'heure, c'était juste un exemple, là, qui est
très, très théorique. Si, éventuellement, ces plans-là devaient changer de nom,
si, dans une loi, c'est ce nom-là qui est utilisé, c'est la loi qui devrait éventuellement être mise à jour. Donc,
c'est la raison pour laquelle on n'entre pas dans ce type de détails là où on ne fait pas référence, autant que possible,
à des instances, ou des documents, ou des plans qui ne sont pas eux-mêmes
l'objet, là, d'articles de projet de loi
spécifiques. Sinon, les MRC comme les villes auront un rôle à jouer. Elles sont
déjà sur le Forum d'action sur l'eau.
Tout à l'heure, je
disais «le milieu municipal», mais c'est autant l'UMQ que la FQM. On sait, la
FQM fédère davantage les MRC. Donc, autant UMQ que FQM sont sur l'instance,
collaborent bien, et convaincues que les autres membres du forum leur reconnaissent un rôle propre à assumer. Puis on a
entendu les... autant les organismes de bassin versant que les gestionnaires de
l'eau se référer aux MRC. Donc, elles auront un rôle à jouer, là, très, très
certainement. Et moi, je trouve très
intéressante l'idée, par exemple, d'appuyer la mise en oeuvre des plans
régionaux. Et, à partir du moment où on se penche sur cette question-là, bien,
ça met... ça met directement en cause les municipalités et les MRC.
Mme Zaga Mendez : Ça répond en
partie à ma
question. J'y reviendrais plus tard juste pour conclure l'amendement.
La Présidente (Mme Gendron) : S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 15.4.44, introduit par
l'article 4, est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : L'amendement. Est-ce que l'amendement...
La Présidente (Mme
Gendron) : Rejeté.
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Donc, revenons à l'article 15.4.44. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 15.4.44 introduit par l'article 4?
Mme Zaga Mendez : Oui. J'aimerais continuer
sur la discussion qu'on avait eue tout juste avant de se quitter. Je ne sais pas s'il y a des ajouts à faire de la
part de la banquette ministérielle concernant l'utilisation durable, équitable,
efficace des ressources en eau en termes d'interprétation ou d'application
d'une définition. Je pense que...
La Présidente (Mme
Gendron) : Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin :
C'est une très belle question, Mme la députée de Verdun. Effectivement,
j'ai vérifié, là, auprès de l'équipe
d'experts, il y a déjà une réflexion qui s'est faite. La réflexion s'est
amorcée quand on a fait la
loi sur l'eau. Elle est introduite dans la
Loi sur la qualité de l'environnement, et c'est l'article 31.76, dans lequel,
déjà, on établit des grands principes
de ce que c'est, l'utilisation durable, équitable. Et là, vraiment, on
identifie certains éléments.
Mais, comme je disais
ce matin, c'est un concept qui est fondamental, qui, probablement, va évoluer
aussi avec tous les enjeux qui s'en viennent en matière d'adaptation aux
changements climatiques, mais déjà ce concept-là est assez bien introduit à cet
article-là.
Mme Zaga Mendez : ...comme réponse. Si je
continue, là, le point 2, ça va. On a parlé, tantôt, d'adaptation puis
on va en reparler.
Dans le point 3,
on parle de la conservation des écosystèmes aquatiques, puis j'aimerais juste
entendre le ministre ou les membres de la banquette ministérielle. Beaucoup des
groupes nous ont parlé du Fonds bleu comme une
opportunité dans la rétribution... ce qu'on appelle pour le service
écosystémique, c'est-à-dire de voir au-delà de la ressource, mais les
ensembles des services hydriques, biodiversité, régulation, climat, je peux
vous en nommer. Puis c'est quelque chose qui
se fait de plus en plus partout dans le monde, d'inclure ce concept-là dans les
lois de préservation.
Là, on parle de
conservation des écosystèmes aquatiques. On est très, très proches, là, déjà,
dans le concept des services écosystémiques. Donc, je voulais vous entendre.
Comment vous voyez le futur de l'application de ces concepts-là en prenant en
considération la valorisation des services écosystémiques?
M. Charette :
Est-ce que... Avec le
consentement des collègues, on a une autre sommité en la matière qui pourrait
nous aider à éclaircir la question.
La Présidente (Mme
Gendron) : S'il y a consentement.
Mme Zaga
Mendez : Consentement.
La Présidente (Mme Gendron) : Si
vous voulez bien vous nommer.
Constant (Jean-François) :
Oui, bonjour. Jean-François Constant, directeur général des politiques de l'eau.
En fait, c'était plus pour amener une précision, étant donné l'intervention
précédente concernant les plans régionaux de milieux humides et hydriques, dans
lequel le ministre disait : Si on est trop précis dans le cadre de la loi,
on peut se fermer des portes. Bien, justement, la formulation de la
conservation des écosystèmes aquatiques est suffisamment large qu'elle va
permettre, si les gouvernements le souhaitent, de soutenir la mise en oeuvre
des plans régionaux de milieux humides et hydriques parce que c'est de la
conservation des écosystèmes aquatiques. Voilà.
Mme Zaga Mendez : Merci. Ça me
satisfait pour la réponse... la question précédente, mais peut-être je vous la relance concernant l'application de la
rétribution, la valorisation des services écosystémiques dans le cadre des projets
qui seront financés par le Fonds bleu.
Mme Zaga Mendez : Ça me fait
plaisir.
Mme Grondin : En fait, quand on
regarde la
loi sur la conservation des milieux humides et hydriques, qui
oblige, finalement, les MRC à se doter d'un plan régional des milieux humides
et hydriques, quand on regarde les définitions, on a justement ces concepts-là
qui sont intégrés. Donc, si l'objectif est de soutenir la conservation des
écosystèmes aquatiques, dans lequel le directeur nous dit que c'est un exemple
où l'intérêt serait de soutenir des plans régionaux des milieux humides et
hydriques, mais à l'intérieur de cette loi-là, qui encadre l'élaboration, le
plan régional de milieux humides hydriques,
on réfère à ces concepts-là, des... écosystémiques, biens écologiques. C'est un
exemple, mais probablement que la réflexion se fait aussi à travers tout le
travail qui se fait au niveau des inondations, et de la prévention, et
du myriophylle à épis, par exemple, qui est un...
Donc, vous
l'avez bien dit, Mme la députée, de plus en plus, on y intègre cette notion-là,
de biens écologiques.
Mme Zaga Mendez : Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : D'autres
interventions?
Mme Zaga
Mendez : Bien, ça me
satisfait comme réponse. Puis je prends l'objectif d'avoir cette discussion-là.
Moi, je pense au futur puis à la modernisation des différents outils de
gestion en environnement. Vous savez, j'ai travaillé longtemps en politique
environnementale, en lien avec les services écosystémiques. Ça fait que chaque
fois qu'on a une opportunité de le mentionner puis de mettre cette
intention-là, c'est important parce que c'est là le futur. Puis c'est déjà, en fait. Pas le futur, c'est le
présent en termes de conservation au niveau international. On l'a vu, entre
autres, à la COP15 avec M. le ministre.
J'ai d'autres questions. Je peux continuer, vous
avez répondu. Là, je ne veux pas vous relancer, mais vous avez répondu sur le financement des plans
régionaux des milieux hydriques, là, quand on parlait... Quand on parle dans
le point 4° : «la gouvernance de l'eau [...] et favorisant une
meilleure gouvernance de l'eau et des milieux associés», peut-être vous
entendre un peu plus sur les rôles de ces milieux associés là. Est-ce qu'on
parle bien... peut-être, là, j'ignore un
peu, là, mais est-ce qu'on parle vraiment, ici, des municipalités, des régions,
des organismes sur le terrain? Peut-être juste avoir un peu plus
d'information sur ce concept.
M. Charette : ...qui vont venir
préciser notamment que les municipalités pourraient être bénéficiaires. Mais, si on parle à ce point-là en particulier, les
organismes de bassin versant pourraient très bien se voir octroyer un mandat
qui serait financé via... via le Fonds bleu. Ce serait tout à fait
envisageable, effectivement.
Mme Zaga Mendez : Ça me...
La Présidente (Mme Gendron) : Avez-vous
d'autres interventions?
Mme Zaga Mendez : J'en ai, mais je
veux voir si ma collègue...
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Mme Zaga Mendez : ...en a aussi
pour...
La Présidente (Mme Gendron) : Oui.
Mme McGraw : Oui, mais, si je
comprends, on a... bien là, O.K., bien, à la présidente de me...
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, allez-y.
McGraw : ...de me conseiller, parce que j'aurais un autre
amendement à suggérer au sein de l'article 15.44.4. Est-ce que ça
concerne les solutions basées sur la nature? Je ne sais pas si ça va dans une
autre...
La Présidente (Mme
Gendron) : L'amendement a été déposé au secrétariat?
Mme McGraw : C'est ça. Donc...
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Donc, si vous voulez bien faire la lecture de l'amendement, s'il vous plaît.
Mme McGraw : Parfait. Donc, je vous donne
un peu... Je commence avec la lecture ou je vous donne un peu de contexte?
Qu'est-ce que...
La Présidente (Mme Gendron) : La
lecture avant, s'il vous plaît.
Mme McGraw : La lecture. Parfait.
Donc, l'article 15.4.44 de la loi, tel que proposé par l'article 4 du
projet de loi, est modifié par... on propose
que ça soit modifié par... bien, l'insertion, dans son premier alinéa, après
les mots «mise en valeur et la gestion de l'eau», des mots «, en
privilégiant [des] solutions fondées sur la nature».
Alors, l'article, tel que modifié, se lirait
ainsi, alors :
«Ce fonds est
affecté au financement de toute mesure que le ministre peut réaliser en lien
avec la protection — etc. — quant
aux matières suivantes — et
donc on ajoute à la phrase :
«Ce fonds vise, entre autres, à apporter un
soutien financier aux municipalités et aux organismes à but non lucratif
oeuvrant pour la protection, la restauration, la mise en [oeuvre] et la gestion
de l'eau — et
on ajoute — en
privilégiant les solutions fondées sur la nature.»
Et on s'est basés, encore une fois, sur les
recommandations des experts, des groupes communautaires, entre autres des groupes environnementaux, les municipalités
et surtout le mémoire du Regroupement national des conseils régionaux en environnement du Québec. «Dans son
rapport intitulé Gestion des inondations et de l'érosion à l'échelle
du bassin versant : C onseils
pour aider les gouvernements à utiliser des solutions fondées sur la nature — alors — la
Canadian Standards Association recommande de développer des fonds d'aide
pour la gestion des risques d'érosion et d'inondation, car ces deux risques
sont reliés.
«Au Québec, bien que des financements existent
pour la gestion des risques d'inondation, le risque d'érosion n'est cité ni
dans les mandats du Fonds bleu, ni dans ceux du Fonds de protection de
l'Environnement et du Domaine hydrique de l'État, ni dans les mandats
pressentis pour le Fonds bleu.»
Alors,
recommandation n° 6, je poursuis, on «recommande que le financement
provenant du Fonds bleu priorise les solutions fondées sur la
nature dans la mise en oeuvre des actions financées.»
Alors, certains points clés à souligner, en
terminant, en termes de contexte pour cet amendement. Plusieurs organismes nous ont parlé de maladaptation et
qu'il fallait faire attention à ne pas financer des méthodes qui travaillent
justement contre... contre la protection de
l'eau. Plusieurs scientifiques se penchent sur les solutions axées sur la nature
parce que l'étude des écosystèmes nous apprend beaucoup sur comment la nature
trouve parfois des solutions à des problématiques environnementales. On peut aussi
observer des écosystèmes bénéficier de certaines caractéristiques que d'autres milieux n'ont pas. Puis on sait très
bien que, dans la lutte contre les changements climatiques, on prévoit
que peut-être la moitié, presque la moitié des solutions pourraient être des
solutions basées sur la nature.
Donc, ce sont
des solutions importantes, ce sont des enjeux importants, donc c'est... voici
le contexte dans lequel on propose cet amendement, cet ajout à
l'article.
La Présidente (Mme Gendron) : Des interventions?
M. le ministre.
Charette : Je reconnais tout à fait les propos tenus par
certaines des associations ou groupes que nous avons reçus, mais on ne
peut pas l'accepter, et je vous dis essentiellement pourquoi. Deux raisons,
dans les faits. Là, on fait référence aux
municipalités et aux groupes... aux organismes à but non lucratif, donc c'est
comme si c'étaient uniquement eux qui seraient concernés par cette
préférence accordée aux solutions nature. Donc, déjà, l'emplacement ne serait peut-être pas le plus optimal. Mais, de façon
générale, ça pourrait être intéressant de le mentionner si c'étaient uniquement
des solutions techniques. Si on avait, par exemple, une infrastructure à mettre
en place ou à développer, on pourrait se
rappeler : Il faut privilégier, effectivement, les solutions fondées sur
la nature. Mais, les fonds du Fonds
bleu vont tantôt servir aussi à de la
connaissance scientifique. Dans certains cas, c'est à changer des
comportements. Ça pourrait financer, on le disait, des associations
comme les organismes de bassin versant. Donc, si on finance des organismes, ce
n'est pas uniquement pour mettre en place
des infrastructures techniques. Donc, c'est là où, pour les deux raisons, là,
on ne pourrait pas aller de l'avant avec l'amendement en question.
Mais je reconnais que c'est quelque chose qui a
été souhaité par différents groupes. Mais, oui, lorsque ce sera technique, on
va toujours préférer des solutions, là, qui sont basées sur la nature.
Mme McGraw : Donc, je reconnais
l'ouverture du ministre. Et je me demande : Est-ce que... Je comprends le... votre... bien, la réponse du ministre, je
devrais dire, concernant l'emplacement. Est-ce que... Parce qu'on... Je pense
que tout le monde reconnaît l'importance de
ces solutions-là. Est-ce qu'on pourrait peut-être envisager un autre emplacement
qui ne limiterait pas OBNL et municipalités? Je sais... On serait très ouverts
à un emplacement qui est plutôt moins restreint.
Puis aussi peut-être un ajout technique ou prendre un peu de temps, je ne sais
pas. Parce que ça serait dommage de perdre l'idée. Je pense qu'on est d'accord sur
l'essentiel, puis, s'il y avait un autre emplacement que le gouvernement
pourrait envisager, ça pourrait être intéressant, je pense. Ça pourrait
renforcer la... le Fonds bleu, justement.
M. Charette :
...honnêtement, je ne vois pas,
comme ça, où on pourrait le positionner. Peut-être qu'avec l'étude d'autres
articles on pourrait trouver une formule pour l'intégrer.
Mais, en même temps,
lorsqu'on travaille un projet de loi, on ne veut pas s'arrêter uniquement au...
Parce qu'encore là à partir du moment où on
dit : On privilégie ça, ça veut dire qu'on exclut d'autres choses. Et moi,
je ne voudrais pas privilégier les
solutions nature, fondées sur la nature, au détriment de changements de
comportement, par exemple, quand ce sont des changements de comportement
qui sont nécessaires.
Donc, les amendements
on va toujours les... les propositions d'amendements, on va toujours les
considérer avec beaucoup d'intérêt, mais on essaie de... on va essayer de
s'aider avec les amendements et non pas de se compliquer la vie. Moi, si je
dis : On privilégie quelque chose, c'est forcément au détriment de quelque
chose d'autre, et le quelque chose d'autre
peut être très valable aussi. Donc, par moment dans les libellés, c'est plus
avantageux de rester avec un esprit général, et après c'est la
réglementation, ensuite ce sont les programmes gouvernementaux qui vont venir,
en quelque sorte, établir une certaine priorisatiozn.
Mme McGraw : Alors,
je vais essayer une autre... encore une autre fois, mais peut-être de dire
est-ce que... Donc, pour avoir l'idée des solutions fondées sur la nature...
Puis on comprend très bien, c'est sûr qu'un changement de comportement, c'est
très important aussi, entre autres. Donc, peut-être, ça serait une suggestion
pour réfléchir si on dirait... on ne parlerait pas de privilégier mais de tenir
compte ou de prendre en considération, puis peut-être un autre emplacement qui
serait plus général. En tout cas, c'est peut-être... je vous dis ça comme ça,
mais peut-être c'est à réfléchir s'il y aurait moyen de tenir compte ou de
mentionner les fondations fondées sur la nature. Il me semblerait que ça pourrait vraiment renforcer le Fonds bleu.
Mais ce n'est peut-être pas de cette façon-ci, on comprend votre réponse,
peut-être qu'il y a une autre solution qui pourrait être envisageable.
M. Charette :
Ce que je nous proposerais, ce serait plutôt de le donner comme cadre de
référence au forum d'action dans la
priorisation des actions à poser. Mais, encore une fois, dans le projet de loi,
moi, je cherche la plus-value, et on n'ajouterait pas réellement de
valeur à l'esprit du projet de loi avec une référence aussi spécifique. Mais,
on s'entend, c'est important, les solutions
fondées sur la nature, le forum d'action nous le rappelle, mais je ne viendrais
pas alourdir le libellé... en fait,
les libellés du projet de loi, là, avec quelque chose qui n'aurait pas d'impact
supplémentaire.
Mme McGraw : Alors, juste pour comprendre, encore, puis c'est encore
une fois... le forum est assez nouveau, comment est-ce qu'on pourrait
peut-être... Juste pour mieux comprendre, si on enlève ça ou on ne le met pas
dans le projet loi, qu'est-ce qu'on pourrait envisager? Vous parlez de
l'encadrement ou cadre de référence au sein du forum. Je ne sais pas si
vous ou...
M. Charette :
Ce n'est pas à travers le projet de loi, parce que, tout à l'heure, je
disais que, souvent, on fait référence à des instances qui n'ont... qui ne sont
pas inscrites dans le cadre législatif. C'est le cas du Forum d'action sur
l'eau. Le Forum d'action sur l'eau n'existe pas à travers une loi, c'est
réellement le gouvernement, là, qui a réuni les acteurs. Donc, dans le projet
de loi, moi, je ne pourrais pas faire référence au forum d'action, un petit peu
comme les plans des... Il n'est pas dit que
le forum d'action va toujours exister, il n'est pas dit qu'il aura toujours le
même nom, donc je ne peux pas y faire référence dans le projet de loi.
C'est plutôt une direction que l'on donnerait à travers la responsable, la
présidente du forum d'action, de dire : Dans ce que vous allez prioriser,
essayez d'avoir une attention toute particulière, là, pour les solutions
fondées sur la nature. Mais, entre nous, c'est déjà le cas. Quand ce sera une
solution technique qui sera mise de l'avant, on va toujours privilégier une
solution, là, qui est fondée sur la nature.
Mme McGraw : Oui.
Puis je comprends qu'on ne va pas faire référence au forum. Mais, si on
dit : Ça ne peut pas être dans le projet de loi, donc on va peut-être
suggérer que ça va être dans, si je comprends bien, le cadre de référence au forum. Mais, si on ne fait pas
référence dans le projet de loi, c'est juste pour comprendre plus comment
ça pourrait être dans le cadre de référence du forum, donc c'est pour avoir des
informations là-dessus.
M. Charette :
Ce serait tout simplement une directive qui serait donnée au forum
d'action, étant donné qu'ils travaillent
actuellement à mettre en place, là, cette priorisation-là. Bien, ce sera de
leur rappeler : Essayez autant que possible de considérer les solutions
basées sur la nature.
Mme McGraw : Alors,
pour nous, c'est... les amendements... on n'a pas d'autres amendements à
suggérer par rapport à cet article, mais ça se peut qu'on revienne, à
l'intérieur de la discussion sur cet article, sur d'autres enjeux. Mais, pour
l'instant...
La Présidente (Mme
Gendron) : Oui. En fait, je vous ramène à l'amendement. S'il n'y a pas
d'autre intervention à l'amendement, en fait, on va le mettre aux voix. Donc,
est-ce que l'amendement déposé par la députée de Notre-Dame-de-Grâce à
l'article 15.4.44 introduit par l'article 4 est... Vas-y...
Allez-y, Mme la députée Verdun.
Mme Zaga Mendez : Il n'y a pas de
trouble. Bien, je profite de la discussion, parce qu'on a vraiment du temps
devant nous, par rapport aux solutions basées sur la nature. Je comprends, puis
on a eu la même réponse par rapport à la considération
des services écosystémiques, les solutions basées sur la nature s'inscrivent
dans cette perspective-là. Un des besoins
qui est ressorti, puis, en lisant mes notes, c'était le besoin de la formation
des professionnels en matière de
restauration des milieux humides justement pour qu'on... que ce soient les
solutions basées sur la nature, la première chose à laquelle on pense.
Je voulais entendre le ministre là-dessus, sur la question de la formation.
Est-ce que la formation pourrait être incluse et financée par le Fonds bleu?
M. Charette :
...formation pourrait très certainement. D'ailleurs, pour ce qui est de la
connaissance scientifique, je ne me souviens plus de l'article, mais on
l'évoque comme étant... c'est... Ah! voilà, on l'a juste un petit peu plus bas, ici. Voilà. Donc, le fonds
sert notamment à financer des activités, des projets ou des programmes visant
à stimuler l'innovation technologique et sociale, la recherche et le
développement, l'acquisition de connaissances, donc la formation, l'amélioration des performances. Donc, c'est
effectivement déjà envisagé, là, de permettre de financer des activités de cette nature-là qui
contribueraient au développement de la connaissance, donc, des activités de
formation.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Je reviendrai, d'ailleurs, là, si on a des petites
choses à détailler.
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Donc, s'il n'y a aucune autre intervention sur
l'amendement, nous allons procéder à la mise
aux voix. Donc, est-ce que l'amendement à l'article 15.4.44, introduit par
l'article 4, est adopté?
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Donc, continuons avec l'article 15.4.44. Donc,
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez :
Alors, tout à l'heure, la réponse du ministre par rapport au point 4°,
concernant la gouvernance, m'a inspiré un amendement, puis j'aimerais le
soumettre pour qu'on ait cette discussion concernant les rôles des OBV. Quand
vous avez répondu, tout à l'heure, des milieux associés, on a des organismes de
bassin versant reconnus par la loi. Ça fait
que je vais déposer l'amendement pour qu'on puisse discuter un peu plus sur le
rôle, entre autres, du plan directeur de l'eau. Je l'avais envoyé, je ne
sais pas... Pardon?
La Présidente (Mme
Gendron) : Oui, il y en a trois, en fait, là...
Mme Zaga
Mendez : Il y en a trois.
La Présidente (Mme
Gendron) : ...peut-être nous spécifier le libellé.
Mme Zaga
Mendez : Je vais le lire puis peut-être... Parce que, là, je ne sais
pas comment il a été identifié.
La Présidente (Mme
Gendron) : En fait, peut-être juste commencer la lecture, puis on va
vous suivre.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Merci. Donc, l'amendement qu'on dépose, c'est le
suivant :
L'article 15.4.44 de la
loi sur le ministère du
Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, tel qu'introduit par
l'article 4 du projet de loi, est modifié par l'ajout, à la fin du
quatrième paragraphe du deuxième alinéa, des mots suivants : «en prenant en considération le plan directeur de
l'eau ou le plan de gestion intégré des unités hydrographiques concernées».
Donc, si... avec
l'amendement, le picot n° 4°, on lirait :
«4° La gouvernance de
l'eau dans le respect des régimes de gouvernance établi par la Loi
affirmant le caractère collectif des
ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau et des
milieux associés en prenant en
considération le plan directeur de l'eau ou le plan de gestion intégrée des
unités hydrographiques concernées.»
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait.
M. Charette :
...partie discuté tout à l'heure, moi, j'aurais de la difficulté à intégrer un
nom qui n'est pas dans la loi. Puis ces
fameux plans là, on les appelle comme ça aujourd'hui, il n'est pas dit que ce
sera toujours le cas, mais c'est définitivement quelque chose, là, qui
serait admissible au financement. Même avec le libellé actuel de l'article tel que proposé, quand on regarde les quatre
éléments, là, qui seraient priorisés, moi... Parce que, bon, au niveau des
plans, on va parler du contrôle et de prévention des inondations, c'est
mentionné comme ça, au picot 2°, on va, dans ces plans-là, parler de la conservation
des écosystèmes aquatiques, c'est mentionné dans le libellé qui est proposé, on
va parler, dans ces plans-là, de l'utilisation durable, équitable des
ressources en eau, c'est aussi mentionné.
Donc, j'aime mieux
que ce soit tout possible sans référer à un type de document qui est plus
temporel. Mais le contenu de ces plans-là, il est décrit à travers les quatre
éléments, là, qui sont déjà dans l'article 15.4.44.
Mme Zaga Mendez : Alors, bien, tantôt, on
parlait des plans qui n'étaient pas inscrits dans la loi. Cependant, le plan
directeur de l'eau, dans la
loi sur l'eau, c'est inscrit tel quel, je pourrais
vous citer les articles. 13.4 de la
loi sur l'eau :
«Un plan directeur de l'eau ou un plan de gestion intégrée du Saint-Laurent se
réalise dans le cadre d'un processus de concertation régionale et
locale.» C'est d'ailleurs l'article qui donne le mandat aux OBV de faire des
plans de direction de l'eau.
Donc là je vais juste
présenter un peu l'amendement dans son esprit, puis on va avoir la discussion
sur si on peut ou pas l'inscrire. Parce que
le ROBVQ, quand il est venu nous exposer le fait qu'on a une
loi sur l'eau qui
donne le mandat à nos organismes de bassin versant de faire un travail
de concertation énorme, énorme, en ce qui concerne déjà les usages, les
facteurs de risque, les facteurs de stress... Si vous avez eu la chance de
visiter des organismes de bassin versant, ils déposent à chaque année des plans
directeurs de l'eau pour encore... et surtout dans des bassins versants critiques, là, que ce soit par tout type
de pollution, ponctuelle ou diffuse. L'enjeu, vous le savez autant que moi,
M. le ministre, c'est qu'on a... les plans
directeurs de l'eau, pour les opérationnaliser, il nous faut, bien sûr, des
ressources. Alors, en incluant, en
prenant en considération le plan directeur de l'eau, déjà un travail qui s'est
fait, un mandat qui est donné par la
loi sur l'eau, on a une cohérence
entre le financement que le Fonds bleu souhaite faire et le travail déjà
mandaté par la
loi sur l'eau. Donc je ne sais pas qu'est-ce que vous en pensez.
M. Charette : Bien, sans me répéter
dans le fin détail... Et je suis tout à fait d'accord, là, c'est un travail qui
est important. D'ailleurs, le gouvernement finance les OBV, déjà, en dehors du
Fonds bleu, et on va continuer à le faire, donc c'est un travail dont on
reconnaît l'importance, très certainement. Mais tout ce que vous venez de
décrire, c'est des éléments qui sont couverts par les quatre picots qui sont
là. Mais j'aurais de la difficulté à faire référence à un plan spécifique, ou à
un organisme, ou à un regroupement d'organismes en particulier, parce que, sans
dire que ça créerait de la jalousie, mais il n'y a pas que les OBV qui
aimeraient être cités de façon spécifique. Moi, j'aime mieux faire référence,
comme c'est le cas, aux municipalités et aux organismes de façon générale. On
le précise bien, là, que ce sont les
organismes à but non lucratif, là, qui pourraient être financés. Donc, on ne
les nomme pas spécifiquement, mais on comprend que ça en fait partie. Puis
c'est la même chose pour les municipalités, on ne mentionne pas une
ville en particulier, mais on dit : Les municipalités pourraient être
bénéficiaires, là, de cette aide financière là.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends le... Il y a une
partie qu'en fait je
souhaite comprendre. Dans l'amendement qu'on présente, je ne nomme pas
spécifiquement les organismes de bassin versant parce qu'on s'est limités à la
définition légale qui se trouve... Je pense, pour être cohérent avec qu'est-ce
que le ministre nous disait tout à l'heure, qu'on
ne souhaitait pas mettre des outils qui n'étaient pas nommés dans la loi, donc,
il y a un souhait, ici, d'une cohérence entre la
loi sur l'eau et le
Fonds bleu pour être capable de travailler tout ça main dans la main. Ce n'est
pas tant de privilégier... je pense que c'est moins d'aller... de privilégier
un organisme à un autre en termes d'accès à des fonds, mais plutôt d'arrimer des outils qui existent déjà. Je ne sais pas si
des juristes pourraient peut-être nous dire la recevabilité de ce type
d'amendement là.
Charette : Bien, d'un point de vue simplement légistique, on
pourrait très, très bien adopter cet amendement-là sans problème, mais
le problème que nous avons, c'est que ça vient réellement rétrécir, en quelque
sorte, le champ d'action, c'est un petit peu... Tout à l'heure, on avait le
même débat. Là, on dit «en considérant», c'est comme si on disait «en privilégiant».
Mais, oui, c'est considéré, c'est bien certain. Et, dans le projet de loi... Je
me répète un peu, mais je ne voudrais pas alourdir ou insister sur quelque
chose qui es