Institutions — 1 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-05-01
Quebec — Committees
(Onze
heures cinquante minutes)
Le Président (M. Ferland) : Alors, à l'ordre! À l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte. Je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs téléphones cellulaires
mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 22, Loi modifiant la
Loi sur l'indemnisation des
victimes d'actes criminels.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Pelletier (Rimouski) remplace M.
Cardin (Sherbrooke); Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce)
remplace M. Marsan (Robert-Baldwin); et Mme Blais (Saint-Henri—Sainte-Anne) remplace M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys).
Le Président (M. Ferland) : Alors, merci, Mme la secrétaire. Alors, lors de
la dernière séance, nous en étions toujours à l'étude de l'article 3. Le
ministre avait présenté un amendement, et nous en avions commencé l'étude.
Alors, M. le ministre, la parole est donc à vous.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président. C'était un amendement qui ajoutait un
article 6.3
après l'article 6.2. Alors, voilà,
c'est un amendement qui vise essentiellement à couvrir plus large que le 6.2.
Le 6.2, vous l'avez compris, M. le Président, que nous avons adopté la
semaine dernière, vise les cas d'agression sexuelle et... de victimes d'agression
sexuelle, de victimes d'actes de violence
conjugale prévus à l'article 1974.1 du Code civil. Et, lorsque nous avons
fait les consultations particulières, on nous a dit : Oui, mais l'IVAC est
pratiquement plus généreuse dans ses politiques eu égard au paiement du
remboursement d'un loyer.
Alors,
pour répondre à cette demande de la Protectrice du citoyen, qui nous demandait
de codifier finalement dans la loi cette politique de l'IVAC, et pour
répondre en
partie à des représentations qui nous étaient faites par d'autres organismes, bien on a décidé de... j'ai proposé et
je propose l'amendement 6.3 qui vise à couvrir plus large que l'article
6.2 qui est limité à certains types de crimes et en application de l'article
1974.1. Donc, avec le 6.3, on va couvrir tout le monde, évidemment à la différence que, dans 6.2, le bail est résilié
automatiquement par le biais de 1974.1 pour les cas d'agression sexuelle
ou de violence conjugale, alors qu'ici le bail n'est pas résilié, mais il
permet à une victime d'un crime énoncé à
l'annexe I de la loi de se faire rembourser ses frais de loyer jusqu'à
concurrence de trois mois. Il n'y a pas de montant de prévu ici si la
victime doit assumer le coût d'un autre loyer, et la commission évalue dans
chaque cas si le déménagement de la victime
est nécessaire pour contribuer à sa réadaptation. Alors, c'est une codification
d'une des politiques de l'IVAC, et ça nous a été demandé en
consultations particulières.
Le Président (M. Ferland) : Alors, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
des commentaires? Du côté du député de Fabre et, après, la députée de l'Acadie
après. M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le Président. Alors, bonjour, bonjour tout le
monde… tout le monde. J'aurai quelques
commentaires ou quelques questions au ministre. Premièrement, et là c'est un...
On va commencer par un aspect plus facile, un peu technique. Je
comprends que le libellé proposé, lorsqu'on dit… le dernier membre de phrase de
l'article 6.3, «si la victime doit
également assumer le coût d'un autre loyer», est-ce que je comprends de ces
termes que nous ne visons que la
personne qui s'engage par bail auprès d'un autre propriétaire, ce qui fait
qu'on exclut la personne qui
s'achèterait une propriété, donc la victime de l'acte criminel qui doit
résilier son bail, mais que, plutôt que d'emménager dans un nouveau logement, achète un condominium,
par exemple? Parce que, tel que libellé, on ne tiendrait pas compte des
versements pour l'achat d'une propriété et uniquement un loyer. C'est ma
première question. Peut-être qu'on peut scinder…
si vous me permettez, M. le Président, qu'on scinde mon intervention pour
permettre au ministre de discuter de ce premier point.
St-Arnaud : Ce qu'on me dit, c'est que «frais de loyer», ça doit être
interprété largement, et c'est dans la mesure où il y a des frais… j'allais
dire reliés à l'habitation de la... Il y a des frais qu'elle doit... Tu sais,
évidemment, si elle va chez un parent ou un
proche parent, à ce moment-là, il n'y a pas de frais de loyer, mais, si elle
doit assumer des frais de loyer au
sens large, ces frais seraient remboursés. C'est ma compréhension. C'est ce
qu'on me dit, c'est que «frais de loyer» doit être interprété largement.
Ce n'est pas seulement un loyer, là, d'un logement, mais ce sont des frais qu'elle
doit assumer si elle décide de déménager.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Fabre. Après, on va laisser…
M. Ouimet (Fabre) : Est-ce qu'on peut juste régler cette petite
question puis, après ça, on pourra aborder l'autre question? Je ne veux
pas empêcher...
Le Président (M. Ferland) : Non, non, il n'y a pas de... C'est toujours le
porte-parole officiel, mais je peux aller... qui avait la parole. Donc,
si vous voulez, moi, je peux passer la parole à la députée d'Acadie qui avait
demandé... qui avait levé la main. Et ensuite il y avait la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Ouimet (Fabre) : En fait, ma question, M. le Président, c'était simplement… Parce que,
là, j'avais soulevé une petite
question, qu'on la règle avant d'aborder d'autres questions. Parce que je sais
que ma collègue a d'autres questions. Mais, M. le Président, en fait, en
réponse au ministre...
Le Président (M. Ferland) : Mais c'est ce que je venais de mentionner pour
que ça soit clair. Je laisse toujours terminer. Vous pouvez avoir trois,
quatre, cinq, six questions, je vais vous laisser terminer. Et après je vais
passer la parole à une de vos collègues ou
un de vos collègues. Mais, dans le cas qui nous occupe présentement, ça sera
sûrement une de vos collègues.
M. Ouimet (Fabre) : En fait, j'apprécie votre... l'approche que vous avez. Mais évidemment,
avec les collègues... les éminentes collègues qui m'accompagnent, je me
sens très à l'aise de...
Une voix :
Très bien entouré.
M. Ouimet
(Fabre) : Très bien entouré. Et je vais me faire plaisir de leur céder
la parole avant de compléter mon intervention.
Ceci
dit, sur la question de l'interprétation du mot «loyer», M. le ministre, je
suis un peu inquiet parce qu'il me semblait que, dans notre droit, le
terme «loyer» a un sens précis, et l'explication que vous me donniez
correspondrait davantage aux «frais de
logement» ou «frais pour se loger» qui auraient un sens plus large que le terme
«loyer». Alors, si, avant d'adopter l'amendement et le libellé précis,
on pouvait être absolument certains que légalement on est sur du terrain
solide.
M. St-Arnaud :
Alors, M. le Président, en réponse à la question précise du député, on est en
train de faire la vérification. Et, avant
d'adopter le 6.3, là, n'oubliez pas que... revenez-nous avec ça, on devrait
avoir l'explication. Et, s'il y a lieu, on fera un amendement de
précision.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député.
M. Ouimet
(Fabre) : M. le Président, j'ai d'autres questions à aborder, mais je
vais céder la parole à mes collègues, et on pourra revenir avec moi.
Le Président (M. Ferland) :
Merci. Alors, il y avait la députée de l'Acadie qui avait demandé la parole.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Alors, je vais saluer évidemment
tout le monde ici ce matin et aussi également les gens qui nous écoutent.
Moi aussi, c'est en lien avec cette question-là de
loyer. Vous allez faire des recherches, mais, si c'est un cas de... si c'est
une hypothèque, par exemple, et vous dites qu'il n'y a pas de montant... il n'y
a pas de montant maximal… — c'est-u comme ça qu'on dit? — maximum ou maximal, puis, si c'est une
hypothèque, puis que la personne est obligée de vendre la maison, et que, la maison, ça peut prendre plus
que trois mois pour vendre, là… Alors, j'essaie de voir un peu comment
on organise les choses.
Enfin, dans ma tête à
moi, «loyer», c'est un loyer. Les frais de logement, ce sont des frais de
logement ou des allocations de logement.
Lorsqu'on est posté à l'étranger, on nous parle d'allocation de logement et non
pas de loyer. Alors, ça, je pense
qu'il faut absolument, absolument l'éclaircir. Et, je me demande, est-ce que
vous avez chiffré cette... Parce qu'il y a des incidences, évidemment,
il y a des incidences sur le plan financier. Est-ce que vous avez chiffré, sur
le plan financier, cet article?
St-Arnaud : Alors, deux choses...
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président. Bien, d'abord, sur l'expression, effectivement on
va le vérifier, là, ce que je dis au
député de Fabre, l'objectif étant effectivement, si une victime d'un acte
criminel énoncé à l'article 1 désire quitter, par exemple, dans un cas où elle est propriétaire de
sa maison, elle décide de se prendre quelque chose d'autre à côté, on lui paieson logement pendant ces... En fait, on lui
paie le... On lui paie trois mois probablement de paiements hypothécaires — moi, c'est ma compréhension, là — pour
lui laisser le temps de... Effectivement, si elle décide de vendre sa
résidence, on lui paie trois mois de paiements hypothécaires.
Sur la deuxième question, en fait, ce
qu'on me dit, c'est que c'est déjà... En fait, on codifie ici une politique
de l'IVAC. Donc, il n'y a pas de coût
supplémentaire par rapport au coût actuel parce qu'on ne fait que codifier, à
la demande notamment de la Protectrice du citoyen, la politique qui
était suivie par la CSST sur cette question-là.
St-Pierre : O.K. Donc, c'est déjà dans le 120 millions, là.
St-Arnaud : C'est déjà dans le 100 millions en indemnisations.
St-Pierre : 100 millions?
St-Arnaud : Puis il y a le 20 millions en aide, là. C'est deux
choses différentes.
Mme St-Pierre : Et lorsqu'on parle d'un «crime énoncé», c'est toute la liste qu'on a à
l'annexe, ce n'est pas ce qu'on a
adopté. Parce qu'en début de l'article 3 vous avez 6.1, 6.2, 6.3. Donc, on est
dans l'article 3 de votre projet de loi.
St-Arnaud : C'est ça.
Mme St-Pierre : On a longuement discuté sur les crimes qui étaient retenus, meurtres et
homicides. Et là est-ce qu'on touche toute la gamme des crimes qui sont
dans une même gamme… enfin, tous les crimes qui sont énoncés dans l'annexe?
St-Arnaud : Oui. À 6.2, on vise les cas...
St-Pierre : Les agressions sexuelles, la violence conjugale.
M. St-Arnaud : …agression sexuelle et violence conjugale qui sont prévues à 1974.1 du
Code civil. Et là l'idée, c'était :
Est-ce qu'on peut couvrir plus large et inclure tous les crimes à l'annexe? Ce
qu'on nous a dit en commission parlementaire,
c'est que ça se fait déjà. Mais la Protectrice du citoyen nous a
dit : Pourquoi vous ne le codifiez pas? Parce que ça permet trois
mois au lieu de deux, ça couvre tous les actes criminels, il n'y a pas
résiliation du bail.
Alors, pour répondre
à votre question, ça couvre tous les crimes. Ce qu'on me dit, là, c'est que la
politique présentement ne vaut que pour les baux. C'est ça?
St-Arnaud : O.K.
Alors, le cas visé par la députée ne serait pas visé. C'est-à-dire que c'est
une personne qui est propriétaire de
sa résidence, elle est victime d'un acte criminel, elle décide d'aller
occuper... d'assumer... de prendre un loyer,
de quitter sa résidence dont elle est propriétaire, présentement on n'assume
pas le coût de ses paiements hypothécaires. On paie le déménagement et
certains autres frais de réadaptation sociale, c'est dans le
1 175 000 $, là, dont on
parlait la semaine dernière, de réadaptation sociale, mais on ne couvre pas
le... Alors, c'est pour ça que «frais de loyer» serait vraiment des
loyers, O.K.
St-Pierre : Est-ce q