House Proceedings — 31 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-05-31
Quebec — Debates (Hansard)
tous les membres de la famille Veilleux et à tous les employés d'Alimentation
Causap, une véritable institution, je vous souhaite un joyeux 35e anniversaire.
Félicitations pour votre bon travail et service et bonne continuité! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Matane-Matapédia. Maintenant, je suis prête à reconnaître M. le député
de Blainville pour sa déclaration d'aujourd'hui.
M. Laframboise : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux rendre hommage à un organisme
communautaire de premier plan de ma circonscription, La Popote à Roland.
Fondée en 1977 par le
curé Roland Dagenais, qui porte très bien ses 94 printemps, La Popote à Roland
a été accréditée en 1986 par la ville de Blainville
et a reçu, en 2010, le prix Hommage bénévolat-Québec. Sa mission est d'offrir
aux aînés des activités récréatives, des repas à partager, des sorties culturelles
à chaque mercredi. Faisant vivre à ses membres
des journées planifiées au cours de ces 40 ans d'implication, les quelques
centaines de bénévoles auront servi près de 40 000 repas à plus de
300 aînés en plus de les animer tout au long de ces 1 420 mercredis.
titre de député de Blainville, permettez-moi de féliciter toute l'équipe de La
Popote à Roland, plus particulièrement sa
présidente, Mme Josée Beauregard, qui accomplit un travail exceptionnel. À
Mmes Louise Charron, Rollande Dumoulin, Claire Labelle, Michèle
Laurin, Pierrette Dagenais et Nicole Bareil, merci pour plus de 30 ans
d'implication! Bon 40e anniversaire et longue vie à La Popote et à Roland!
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Blainville. Maintenant,
je cède la parole à M. le député de Sainte-Rose.
M. Habel :
Merci, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de souligner l'excellence du
Centre d'interprétation de l'eau, situé dans ma circonscription.
Le CIEAU
s'est démarqué lors du 15e congrès annuel de l'autorité canadienne des centres
des sciences. Chaque année, l'ACCS
effectue la remise des prix Cascade, qui récompensent des réalisations
exceptionnelles d'organisations dans l'ensemble du Canada. En effet, le
CIEAU a été sélectionné parmi les candidats dans les catégories Meilleure
exposition ou meilleur spectacle — petite institution et Meilleur
programme — petite
institution.
Félicitations à toute l'équipe du CIEAU! Vos
nominations mettent en lumière le travail exceptionnel de vos bénévoles et de
vos employés, qui sont la fierté de Sainte-Rose. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Sainte-Rose.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais prendre le
temps de souligner une troupe qui fait la fierté des gens de chez nous,
Le Théâtre du 450, qui célèbre cette année ses 10 ans d'existence.
Depuis le 8
mai 2007, cette entreprise d'économie sociale livre des pièces de théâtre accessibles, pétillantes et de
qualité. Les créations sont écrites et
jouées par des artistes québécois. Les productions du 450 permettent à des jeunes
de la relève de jouer devant public.
En plus de jouer sur scène, les artistes du 450
font le tour de la Rive-Sud pour faire vivre des saltimbanques présentés sous forme de théâtre de rue. Chaque
été, les citoyens de Saint-Hubert apportent leurs chaises pour voir
une pièce de théâtre jouée sur le parvis de l'église. Les artistes donnent vie
aux circuits patrimoniaux du chemin Chambly lors des Journées de la
culture. Six personnages sortis du passé présentent le mode de vie du XVIIe
siècle.
Merci à la famille Pascal ainsi qu'à tous les
collaborateurs du Théâtre du 450 pour ces 10 ans de spectacles!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée de Vachon. Et maintenant, toujours à la rubrique des déclarations de députés,
je cède la parole à Mme la députée de Chauveau.
Mme Tremblay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais souligner la Journée mondiale sans tabac, qui a lieu
à tous les 31 mai, une initiative de l'Organisation mondiale de la santé.
Des projets
majeurs ont été accomplis au cours de dernières décennies pour lutter contre le
tabagisme, mais nous voulons et nous
devons en faire encore plus. Rappelons que l'Assemblée nationale a adopté à
l'unanimité, en 2015, la Loi visant à
renforcer la lutte contre le tabagisme. Cette loi prévoit de nouvelles
interdictions de fumer dans plusieurs lieux publics extérieurs ou en présence d'un mineur de moins de
16 ans dans une voiture. Il est par ailleurs interdit de vendre du tabac
contenant des saveurs. La loi vise trois
objectifs principaux : protéger les non-fumeurs de la fumée secondaire,
prévenir l'initiation au tabac chez
les jeunes et favoriser la cessation tabagique. L'objectif est de faire baisser
de 10 % la proportion de fumeurs quotidiens ou occasionnels.
En cette
Journée mondiale sans tabac, envisageons un Québec sain pour les générations
actuelles et celles à venir. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de
Chauveau. Maintenant je cède la parole à M. le député de Groulx.
M. Surprenant :
Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est avec grand plaisir que je veux
souligner, devant l'Assemblée nationale, le 20e anniversaire du
Carrefour jeunesse-emploi Thérèse-De Blainville.
Le CJE Thérèse-De Blainville est
un organisme à but non lucratif qui a débuté ses activités en 1997 grâce à la
mobilisation de différents acteurs du milieu
afin de développer une offre de services pour tous les jeunes âgés de 16 à
35 ans de la MRC. Depuis 20 ans maintenant,
c'est plus de 23 000 jeunes qui ont profité de cet accompagnement, et
cette période de leur vie a été déterminante pour leur développement. En
effet, le CJE Thérèse-De Blainville offre aux jeunes différents services personnalisés visant le développement de
l'employabilité, la formation ainsi que plusieurs projets visant l'insertion socioprofessionnelle, et ce,
afin de leur permettre de contribuer aux progrès socioéconomiques du territoire.
tiens à souligner aujourd'hui le travail et les efforts de son dynamique
conseil d'administration ainsi que de son
équipe innovante et professionnelle. Fêtons fièrement les 20 années du
Carrefour jeunesse-emploi Thérèse-De Blainville et soulignons
20 ans de coeur pour les jeunes!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Groulx. Et, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la parole à Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Simard :
Merci, Mme la Présidente. Alors, La Table d'actions préventives jeunesse de la
Côte-de-Beaupré et de l'Île-d'Orléans
a tout récemment dévoilé son dernier projet pour contrer le phénomène de
l'intimidation chez les jeunes. Cette
initiative, réalisée en collaboration avec des organismes du milieu, prend la
forme d'un documentaire qui s'intitule
Briser le silence . Lancé officiellement à l'école secondaire du
Mont-Sainte-Anne, celui-ci traite des conséquences de l'intimidation verbale, physique et de la
cyberintimidation. Il propose également des solutions aux jeunes qui en sont
victimes ainsi qu'à leur entourage.
Ayant été adjointe
parlementaire du premier ministre pour les volets Jeunesse, Petite enfance et
Lutte contre l'intimidation, je suis d'autant plus sensible aux réalités que
vivent les jeunes, et donc à ce phénomène.
salue les membres de la Table d'actions préventives jeunesse de la
Côte-de-Beaupré et de l'Île-d'Orléans qui sont présents dans les tribunes aujourd'hui et j'en profite pour
rappeler aux victimes que l'important, c'est de briser le silence parce
que l'ignorance n'est jamais une solution. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée. Et nous vous souhaitons à vous aussi la bienvenue à l'Assemblée
nationale.
Maintenant, je me
tourne vers M. le député de Rimouski pour sa déclaration.
LeBel : Merci, Mme la Présidente. Le carrefour des 50 ans et plus
du Québec regroupe 150 clubs affiliés et compte plus de
25 000 membres dans les régions de l'Est du Québec.
clubs des 50 ans et plus suscitent la participation à la vie sociale et
communautaire tout en tissant des liens d'entraide et de partage afin de briser l'isolement des aînés. En plus
de partager de l'information susceptible de répondre à leurs besoins d'autonomie, le Carrefour des 50 +
consulte leurs membres sur les problématiques vécues par les aînés et
défend les enjeux qui les concernent.
cet effet, je veux féliciter particulièrement les organisateurs et organisatrices
qui ont orchestré tout dernièrement le
37e congrès du carrefour 50 ans et plus et qui ont fait de cet
événement un véritable succès. Ce congrès a été l'occasion de lancer une
épinglette avec une nouvelle image identifiant l'organisme, le phare, qui se
veut un outil démontrant l'appartenance et le lien rassembleur et dynamique
qu'est chez nous le Carrefour 50 +.
salue les représentants qui sont ici, à l'Assemblée nationale. Votre organisme
représente les personnes aînées depuis
45 ans et exerce un leadership essentiel tout en étant une ressource
indispensable pour les gens du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des
Îles-de-la-Madeleine. Merci d'être là! Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui. Merci beaucoup d'être là, ici, à l'Assemblée
nationale.
Alors,
ceci met un terme à la rubrique des déclarations de députés. Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 51)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci.
J'ai le plaisir de vous présenter, dans nos tribunes, le président de la
Chambre des députés de la République d'Haïti, M. Cholzer Chancy,
accompagné de députés et du consul de la République d'Haïti à Montréal.
Et j'ai aussi le
plaisir de souligner la présence du consul général de la République fédérale
d'Allemagne à Montréal, M. Walter Leuchs, à l'occasion de sa visite d'adieu.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes. Vous pouvez vous asseoir, M. le député de
Rimouski.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions présentées par le député de Jonquière le
27 avril 2017 et le député de La Peltrie le 27 avril aussi.
dépose également la réponse du gouvernement à la question
inscrite au feuilleton le 11 mai 2017 par le député de Granby.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose le rapport de la Commission de la représentation électorale
du Québec intitulé Rapport des dépenses reliées à la
délimitation des circonscriptions électorales — Carte électorale
2017 .
dépose également le rapport du Vérificateur général à l'Assemblée nationale
pour l'année 2017-2018, printemps 2017.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
des institutions et député de Chomedey.
M. Ouellette : Je dépose le rapport de la Commission des
institutions qui, le 30 mai 2017, a tenu des auditions publiques
dans le cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 138,
Loi modifiant le Code de procédure pénale et
la
Loi sur les tribunaux judiciaires afin de favoriser l'accès à la justice et
la réduction des délais en matière criminelle et pénale.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je voudrais, avant de déposer cette pétition, saluer la
présence d'un groupe d'ostéopathes du Québec et de son président, Marc
Gauthier, dans les tribunes avec nous.
Alors,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
18 430 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que l'ostéopathie n'est pas
réglementée par le système professionnel québécois;
«Considérant que des actions entreprises par des
ordres professionnels visant les activités d'un collège ayant formé la majorité des ostéopathes pratiquant au
Québec créent un climat d'incertitude quant à la pratique de l'ostéopathie;
«Considérant que de telles actions n'auraient
pas été possibles si l'ostéopathie était encadrée par un ordre professionnel;
«Considérant que l'Office des professions du
Québec mène depuis 2014 des travaux en vue de concrétiser l'encadrement de la
pratique de l'ostéopathie, travaux dont les conclusions sont ardemment
attendues;
«Considérant
qu'il se pratique quelque 2 millions de consultations ostéopathiques
annuellement au Québec et qu'il s'agit
d'une approche bénéfique pour la santé dans la mesure où celle-ci est pratiquée
par des professionnels compétents;
«Considérant que la création d'un ordre
professionnel des ostéopathes permettrait à la fois d'éviter le genre d'affrontement professionnel actuellement vécu, de
standardiser la formation et de définir clairement les exigences liées à
la pratique de l'ostéopathie afin de mieux protéger le public;
«Considérant
que le présent climat d'incertitude suscite de l'inquiétude chez les
ostéopathes ainsi que chez des milliers de Québécois qui bénéficient de
leurs traitements;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de confirmer sans attendre son
intention d'encadrer légalement la
profession d'ostéopathe et de s'engager à ce qu'un ordre professionnel distinct
pour les ostéopathes [du] Québec soit mis en place dans les plus brefs
délais.»
M. le Président, je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. Et je vous inviterais, M. le député de Mercier, de faire en sorte... parce qu'on vient de
m'indiquer que votre tenue... Merci beaucoup, M. le député de Mercier.
Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Je vous reviendrai, M. le député de Mercier, une fois que vous aurez
fini de faire en sorte de correspondre au règlement. Mme la députée de...
Massé : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale signée par 510 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, depuis sa création en 2006, le Conseil des appellations réservées et des
termes valorisants a engendré des déficits six années sur neuf;
«Considérant
que le sous-financement chronique au Conseil des appellations réservées — CARTV — et des termes valorisants a mené à la
démission de sa présidente en février dernier;
«Considérant que la présidente démissionnaire du
CARTV a déclaré que, selon le MAPAQ, "la
Loi sur les appellations ne
devait pas être coercitive";
«Considérant que le CARTV est un organisme
gouvernemental chargé de l'application de la
Loi sur les appellations réservées
et les termes valorisants et que son financement par l'État dépasse à peine
50 % [des besoins];
«Considérant que le financement gouvernemental
annuel de 500 000 $ au CARTV est stable depuis 2009;
«Considérant
[...] les tendances de consommation biologique sont en forte hausse et
l'affichage utilisant le terme biologique chez les détaillants en
alimentation est de plus en plus courant;
«Considérant que cet affichage n'est pas
toujours uniquement associé à des produits certifiés biologiques et [que] le
CARTV ne dispose que d'un seul inspecteur pour [l'ensemble du] Québec;
«Considérant
que l'ensemble des faits exposés diminuent la confiance des consommateurs
envers le label bio et nuisent aux
efforts des milliers de producteurs [et productrices bios] d'ici qui
travaillent d'arrache-pied pour produire des aliments de qualité, dans
le respect de l'environnement;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'ajouter 800 000 $
au budget annuel du CARTV afin qu'il puisse exercer pleinement sa
mission et faire respecter la loi.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Je
vais réinviter M. le député de Mercier à déposer sa pétition, mais
j'aimerais qu'on l'entende mieux. Merci.
M. Khadir : Merci, M. le
Président. Je remarque également que votre tolérance a permis de montrer que
les colonnes du temple restent solides, malgré une mince dérogation aux
exigences réglementaires.
Alors,
je dépose, M. le Président, l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 117 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'avenir de notre nation suscite des préoccupations et que tous les
élus de l'Assemblée nationale
doivent se comporter, dans le dossier de la laïcité et du vivre-ensemble, en
gardiens du bien commun;
«Considérant qu'au lendemain de la fusillade du
29 janvier [2007] un puissant vent de solidarité envers les familles [de] victimes et des citoyens musulmans a
soufflé sur le Québec et que des milliers de Québécoises
et de Québécois ont participé aux vigiles, en hommage aux victimes
pour montrer leur attachement à la construction d'une société
accueillante, pacifique et ouverte;
«Considérant
que les partis de l'opposition ont fait l'effort d'avancer vers un consensus
autour des recommandations Bouchard-Taylor,
exprimant leur disposition à clore des années de débats et de déchirures qui
ont secoué le Québec sur les questions de la laïcité et du
vivre-ensemble;
«Considérant que les travaux de la Commission
spéciale sur la question de mourir dans la dignité s'étaient déroulés de manière non partisane et dans le
respect des convictions de chacun, et que l'effort des partis doit se
poursuivre dans le même esprit que cette commission;
«Considérant
que la paix sociale est nécessaire pour que notre société
puisse relever les défis de la justice sociale, de la solidarité et
mettre fin aux discriminations;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement et à l'Assemblée nationale du
Québec qu'un accord de collaboration non partisane favorisant un
consensus du "vivre-ensemble dans la dignité" intervienne entre les
partis représentés à l'Assemblée nationale.»
M. le Président, l'extrait de cette pétition est
conforme à l'original.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. Je vous remercie, M. le député de Mercier, d'avoir signalé
que je dois faire en sorte d'être le gardien du règlement et faire en sorte de
m'assurer, au nom de tous les membres, que tout le monde l'observe.
Alors, il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une violation de droit ou de privilège.
Je vous avise qu'après la période des questions
et réponses orales sera tenu le vote reporté sur la motion de M. le ministre du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques proposant que
le principe du projet de loi n° 132, Loi concernant la conservation des
milieux humides et hydriques, soit adopté.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, j'aurais aimé commencer aujourd'hui la période des questions
en parlant de l'impact des décisions budgétaires de ce gouvernement sur
nos enfants, sur la protection de la jeunesse, sur l'aide alimentaire. J'aurais aimé parler de d'autres sujets, de cette
austérité permanente, mais la parole du premier ministre a été mise en cause
ce matin, la parole du chef de gouvernement.
Il y a deux
mois jour pour jour, se présentant à un point de presse pour lequel il s'était
préparé soigneusement, le premier
ministre a eu la question suivante : Quand vous n'étiez plus en politique,
avez-vous eu des rapports avec Marc-Yvan
Côté? Le premier ministre a répondu : Je me souviens peut-être
de l'avoir croisé une fois, mais c'est tout, aucun autre rapport pendant
qu'il n'était plus en politique.
Ce matin, on
apprend que non seulement il avait eu des rapports, mais qu'au moment où
Marc-Yvan Côté était l'objet d'accusation nouvelle de fraude la réaction
du premier ministre n'était pas de dire que c'était scandaleux et qu'il ne voulait plus jamais avoir affaire à lui.
Sa réaction, ça a été de lui dire : Je suis ton ami et, si tu as le goût
d'en parler, appelle-moi, et si tu veux venir au lac relaxer, la porte
est ouverte. Le premier ministre a les amis qu'il veut...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, je vais commencer brièvement, avant d'en venir au corps de la question
de mon collègue qui a parlé des budgets en éducation, pour rappeler à la population
que le fait d'avoir des marges de
manoeuvre nous permet maintenant, avec des injections significatives de
fonds dans notre réseau d'éducation, d'engager plus de 1 500 personnes de
plus pour s'occuper de nos enfants dans les écoles. Ce n'est pas anodin. Ce
n'est pas anodin, M. le Président, et 1 500 personnes de plus,
ça va paraître dans chaque école.
Maintenant,
quant à la question, je vais répondre très, très clairement. Je n'ai pas
rencontré M. Côté à d'autres occasions
que celles que j'ai mentionnées. Est-ce qu'on parlait de rapport ou de
rencontre? Dans mon esprit, c'était de rencontre dont on parlait, et il n'y a pas eu
d'autre rencontre que celle à laquelle j'ai fait allusion et celle dont j'ai
parlé ici il y a quelques semaines, où j'ai demandé à M. Côté de ne pas se
mêler de la campagne au leadership que je faisais. D'ailleurs, tout le
monde qui a participé à cette campagne pourra vous confirmer que ça a été le
cas.
Maintenant,
effectivement, comme je connaissais M. Côté, je n'ai jamais fait d'ailleurs
mystère que je le connaissais, et que je
voyais la situation dans laquelle il était, c'est un message à caractère humain
que j'ai envoyé, de tendre la main à
quelqu'un qui, probablement, se sentait inquiet, et sa famille également. Je
pense que tout être humain qui se respecte aurait probablement fait
quelque chose du genre comme ça.
Maintenant,
je vais dire également que, suite à ces messages qu'on voit dans le journal ce
matin, il n'y a pas eu de rencontre.
Il n'a pas relevé cette invitation, il n'est pas venu me rencontrer. Et par la
suite on s'est vus lorsque je lui ai demandé
de ne pas se mêler de ma campagne au leadership, et, je répète, M. Côté ne
s'est pas mêlé de ma campagne au leadership.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Le premier ministre est responsable de ses amitiés : Arthur Porter, Hans
Black, son bénévole William Bartlett,
Marc-Yvan Côté. Ce qu'il doit au Québec, c'est la vérité. Et, lorsque le
journaliste lui a demandé s'il avait
eu des rapports, c'était pour savoir s'il était en contact avec lui d'une façon
ou d'une autre. Et la bonne réponse, c'était dire : Oui, c'est
tellement mon ami que je lui ai offert de venir à mon chalet.
Pourquoi ne l'a-t-il
pas dit?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je pense qu'il y a de l'exagération, en
tout respect, dans les propos de mon collègue. Effectivement, je n'ai pas
rencontré M. Côté. Pour moi, la question signifiait : Avez-vous rencontré M. Côté,
avez-vous conversé avec lui?
vais répéter que ce qu'on voit dans le journal ce matin... Je suis quand même,
quelque part, comme être humain, rassuré de voir qu'on peut éviter de déshumaniser
les gens qui sont dans des situations semblables. J'ai tendu la main, ce que je crois qu'il fallait faire comme
personne, comme être humain, à un autre être humain. Il n'y a pas eu de suite à
répète que la prochaine rencontre a eu lieu au début de ma campagne au
leadership, lorsque je lui ai demandé, à M. Côté, de ne pas s'en mêler,
ce qu'il a fait, et il n'y a aucun contact, bien sûr, avec M. Côté.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Face aux Québécois, aujourd'hui, qui sont troublés par
les contradictions dans les réponses du premier ministre, il a un autre choix. Il a le choix de dire qu'il s'excuse de
n'avoir pas fait état de ce rapport lorsque la question lui a été demandée. Il a le choix de dire aux
Québécois qu'il a manqué de jugement lorsqu'il ne leur a pas dit : Entre
autres choses, je l'ai appelé, je l'ai invité à ma résidence.
Est-ce qu'il peut
avoir le cran de s'excuser d'avoir finassé avec la vérité?
Le Président :
S'il vous plaît! Monsieur...
Président : Laissez-moi finir. M. le chef de l'opposition, je
vous invite à la prudence dans vos propos. M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je vais laisser, M. le Président, la population juger de cet
échange, mais je vais répéter que c'est la vérité que je dis et que j'ai
dite, et qu'il n'y a rien là-dedans qui est nouveau ce matin. Je n'ai pas
rencontré M. Côté, je ne l'ai pas fréquenté
assidûment non plus. Lorsqu'il était dans cette situation qui est décrite ce
matin, j'ai envoyé un signal en offrant de l'aide psychologique,
particulièrement, si c'était nécessaire. Il n'a pas relevé la suggestion, la rencontre n'a pas eu lieu, et par la suite on
s'est revus une fois, lorsque je lui ai demandé de ne pas s'impliquer dans ma
campagne à la direction. C'est tout. Il n'y
a rien de plus que ça. Il n'y a pas d'élément nouveau là-dedans, outre des
choses déjà bien connues. Je n'ai jamais caché le fait que je
connaissais M. Côté.
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, la hausse des cas de maltraitance chez les jeunes décrite
aujourd'hui dans La Presse est confirmée par les chiffres
du ministère. En 2016-2017, il y a eu 34 400 signalements retenus par
la DPJ, soit 94 par jour, une augmentation de 5,6 % en un an.
Pendant
ce temps, le nombre de dossiers de la protection de la jeunesse par intervenant
a augmenté de 27 % en un an. M. le Président, plus de dossiers par
intervenant, cela signifie moins de temps pour chaque jeune vulnérable.
Tout
le monde connaît le parti pris du gouvernement pour les médecins. Maintenant,
est-ce qu'on peut connaître le parti
pris du gouvernement pour aider nos jeunes vulnérables? Et, à ce sujet, M. le
Président, je dépose les chiffres qui confirment nos affirmations.
Le Président :
Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt du document?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Consentement. Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Alors, merci, M. le Président. Effectivement,
c'est une question qui est préoccupante, parce que l'avenir de nos enfants, certainement, pour l'ensemble des
parlementaires, et le développement de nos enfants à travers tout le Québec, est une question qui nous
préoccupe tous, et tout cas de violence ou de maltraitance est inacceptable
chez les enfants, M. le Président.
Il est clair que,
l'Observatoire des tout-petits, dont la fondation Chagnon préside, on tient
compte de leurs propos. D'ailleurs, mon
collègue le ministre de la Famille travaille avec cette fondation et cet
observatoire justement pour faire en sorte que nous ayons des mesures
qui sont appropriées.
Vous
vous souviendrez certainement, M. le Président... puis je pensais que c'était
là-dessus que le député voudrait aller
pour parler de ce que l'observatoire a relaté, notamment la maltraitance ou en
tout cas tout ce qui touche la maltraitance chez les enfants de moins de cinq ans, parce que c'est de ça qu'il était
beaucoup question dans les médias ce matin, et je veux vous dire que nous avons présenté une
politique gouvernementale de prévention en santé. Gouvernementale, pourquoi?
Parce que ça interpelle plusieurs
ministères. Et vous savez quoi? La bonne nouvelle, c'est que nous aurons un
plan d'action cette année, où seront inclus des gestes.
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
Je pourrai compléter à la complémentaire, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Pendant ce temps, M. le Président, dans les Laurentides, le nombre d'enfants
maltraités par intervenant a augmenté de
127 % uniquement cette année; au Saguenay—Lac-Saint-Jean, 56 %; sur la Côte-Nord, une
hausse de 42 % de dossiers de la
protection de la jeunesse par intervenant. Ce ne sont pas mes chiffres, c'est
les chiffres que nous avons déposés.
Pourquoi la ministre
a abandonné ces jeunes vulnérables?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, c'est bien mal me connaître,
pour faire une affirmation comme il vient d'être fait. Moi qui ai huit
petits-enfants, ce n'est certainement pas dans ma personnalité de laisser
tomber les enfants.
Ceci
étant dit, M. le Président, je viens de terminer ma première question... ma
première réponse à la question en
disant que, les médias, ce qu'ils nous parlent, c'est des signalements
d'enfants de moins de cinq ans qui ne sont pas mis à l'avant-plan parce qu'on n'arrive pas à les rejoindre. Ce que je
vous dis, c'est que nous préparons un plan d'action qui est en suite à la Politique gouvernementale de
prévention en santé pour arriver à rejoindre justement ces enfants de moins de cinq ans qui ne sont pas signalés. C'est
de ça dont il était question dans les médias et c'est ça qui me préoccupe
beaucoup...
Le Président : En terminant.
Charlebois : ...mais l'ensemble du bien-être des enfants au
Québec, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Moi, je suis sur la question que je pose
actuellement, et, dans Lanaudière, l'augmentation est de 68 % uniquement cette année; Mauricie—Centre-du-Québec, 30 %. Ce que nous avons
devant nous, c'est un gouvernement qui a coupé, c'est l'austérité
libérale, on voit les conséquences maintenant.
À quand une action de
la part de la ministre pour régler ces cas pour les enfants vulnérables?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Bon, M. le Président, je ne referai pas un
cours de mathématiques 101. Non seulement nous n'avons pas réduit les
budgets, mais nous avons contrôlé la croissance des dépenses. Ça, ça veut dire
qu'on continue d'investir mais en contrôlant la croissance de la pente.
Ceci
étant dit, le député a dû manquer l'annonce de 12 millions que nous avons
faite en protection de la jeunesse justement
pour investir dans les services de proximité et les services spécialisés. Ça,
ça veut dire quoi, pour le député, M. le Président? Première ligne,
deuxième ligne. On investit pourquoi? Justement pour faire un meilleur service
de protection de la jeunesse. Et c'est
drôle, quand j'ai fait l'annonce, s'il avait été présent, il aurait pu voir que
l'ensemble des intervenants et des P.D.G...
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
...de centres intégrés de santé et services sociaux étaient grandement
satisfaits.
Le Président :
M. le chef du deuxième groupe d'opposition, en principale.
Legault : M. le Président, le système de justice, au Québec,
est actuellement dans une crise sans précédent. Il y a des accusés d'allégations criminelles qui sont actuellement
libérés sans subir leurs procès. Et le premier ministre ne peut pas dire que c'est la faute de quelqu'un
d'autre, là, ça fait 15 ans que les libéraux sont au pouvoir. Le gouvernement
libéral nous a dit dernièrement, là, qu'il a enfin compris le problème. Enfin,
il va ajouter des ressources. Sauf qu'entre-temps il y a des accusés qui
continuent d'être libérés puis il y a actuellement 900 requêtes sur la
table. 900.
le Président, la CAQ a fait ses devoirs, mon collègue a déposé un projet de loi
responsable pour utiliser la clause dérogatoire pour suspendre pendant
un an les effets de l'arrêt Jordan.
Est-ce
que le premier ministre peut enfin agir pour éviter une crise de confiance à
l'égard du système juridique au Québec? Est-ce qu'il peut s'élever puis
adopter le projet de loi de la CAQ, le projet de loi n° 890?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, merci pour la question. Puis tous les
Québécois, moi y compris, le chef de la deuxième
opposition, le chef de l'opposition officielle, les députés indépendants,
personne n'aime, n'accepte de voir des accusés de crimes graves être
libérés pour des raisons de délai. Je pense que là-dessus on est tous d'accord.
Il ne faut quand même pas minimiser les
gestes qui ont été posés, les ajouts de ressources, dont on commence d'ailleurs
à voir les résultats sur le terrain.
Maintenant,
le problème avec la proposition de la CAQ... Elle est légitime, sa proposition,
mais il y a un problème fondamental, je voudrais que le collègue m'écoute bien
pour qu'on puisse avoir un débat là-dessus. C'est que, si on adoptait
aujourd'hui cette clause, elle n'aurait aucun effet rétroactif sur les 900 ou
800 cas en attente. Impossible. Ça ne peut pas être rétroactif. Et, quant aux
nouveaux cas, chacun d'entre eux ferait l'objet d'une requête pour contester l'application de la suspension des droits sur le
cas particulier. Donc, on n'aurait pas réglé du tout le passé et plongé l'avenir dans l'engorgement.
Alors,
c'est la raison pour laquelle, M. le
Président, cette proposition, malgré son attrait — je comprends que les gens peuvent la
trouver intéressante — c'est
une fausse bonne idée.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, il y a des criminels qui sont en train d'être libérés. Il y a
des familles de victimes qui
regardent ça, là, puis qui sont inconsolables. Le premier ministre est pas mal
plus pressé pour aller consoler son ami de l'ombre que de consoler ces
victimes.
M. le Président, quand le premier ministre
va-t-il enfin agir?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je sais que le collègue a écouté ma réponse. Je vais lui rappeler ce que j'ai
dit. Les cas dont ils parlent ne
seraient en aucun cas affectés par l'application de la suggestion de la CAQ. Ce
n'est pas juste improbable, c'est impossible. L'application d'une clause
dérogatoire n'a pas, ne peut avoir d'effet rétroactif. Alors, on peut penser que ce serait le cas, mais ce n'est
pas le cas factuellement. Donc, on ne réglerait rien du passé, des causes
en suspens, et, pour les nouveaux cas,
chacun d'entre eux, chacun d'entre eux ferait l'objet d'une contestation
supplémentaire.
Alors, d'un
côté, on ne règle rien du passé puis, de l'autre côté, on augmente
l'engorgement du système judiciaire pour
l'avenir. C'est pour ça que la suggestion, même si elle est intéressante à
première vue, ne résiste pas à l'analyse. Il faut plutôt continuer
d'ajouter des ressources, continuer à insister auprès du gouvernement fédéral...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...que tous les juges
manquants de la Cour supérieure soient nommés.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre sait très bien que, si la prescription
n'est pas acquise, le projet de la CAQ
s'applique. C'est sa responsabilité, c'est une lourde responsabilité, mais il
est premier ministre du Québec. C'est son devoir d'agir. Ce n'est pas
une solution idéale qu'on propose, mais c'est mieux que de ne rien faire.
Donc, quand le premier ministre va-t-il enfin
agir?
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
le problème n'est pas que la solution proposée ne soit pas idéale. On a souvent
à prendre des décisions qui ne sont pas idéales dans ce Parlement pour des
enjeux de société plus ou moins complexes. Donc,
ce n'est pas nouveau. Ce n'est pas ça, l'enjeu. C'est que ça ne réglera rien.
Le collègue dit... bien, il dit : Ce n'est pas vrai. Bien, qu'il consulte des juristes, qu'il écoute la Procureur
général du Québec et il va se faire confirmer la chose encore, et
encore, et encore.
Alors, je lui
suggère de faire un nouvel examen de la question et de plutôt s'allier avec
nous, entre autres pour demander que
le gouvernement fédéral nomme toute la brochette de juges, à la Cour
supérieure, qui est demandée. Pas juste
quatre, tous les postes de juge, parce que nous, on a déjà financé les
ressources, le personnel de soutien, les salles d'audience pour que ces
juges, s'ils étaient nommés aujourd'hui...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...puissent
travailler.
Le Président : Principale, M.
le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. Le juge Gomery a écrit de Marc-Yvan Côté qu'il avait
déshonoré le Parti libéral. En
conséquence, Paul Martin et Jean Lapierre l'ont banni à vie en 2005. En 2012,
il récidive, éclaboussé par un
scandale de financement illégal. À ce moment-là, le premier ministre est
à quelques semaines d'annoncer sa candidature au leadership du Parti libéral. Que fait-il? Il lui envoie un courriel
sympathique, humanitaire dans lequel il dit : «...si tu as le goût
d'en parler avec un ami et de brainstormer, ne te gêne pas.»
quoi le futur chef du Parti libéral pouvait bien avoir envie de brainstormer avec
le déshonorant récidiviste Marc-Yvan Côté?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Je vais prendre la première question, parce que je trouve ça important
de répéter ce que j'ai dit tantôt.
Puis j'assume entièrement ce que j'ai dit et ce que je vais répéter. À l'époque
de cet échange, pour les raisons exactes qu'il a mentionnées, c'est un
geste qui est fait d'un être humain à un autre dans une circonstance particulière.
M. Couillard :
Oui. Puis je vois que les gens rigolent. Moi...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Président : M. le député de Sanguinet! M. le député de
Sanguinet, ça va? M. le premier ministre, à vous la parole.
M. Couillard : Ne jamais perdre cette capacité... ne pas perdre de vue l'être humain
au milieu de ces situations-là.
Maintenant,
à l'époque où ça s'est fait, je n'avais même pas idée que je reviendrais en
politique. Je n'étais pas en politique.
J'étais un citoyen privé comme ceux qui nous écoutent et celles qui nous
écoutent. Rien à voir avec la politique.
Cependant,
au moment où la décision devait être prise, au moment où j'ai annoncé ma candidature,
j'ai clairement indiqué à
M. Côté que je ne voulais pas qu'il s'implique dans la campagne de mon
leadership, ce qu'il a fait, ce qu'il a respecté. Et il y a bien des
gens qui peuvent le confirmer, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, on parle d'avril 2012. Le premier ministre était à
quelques semaines d'annoncer sa candidature au leadership. D'après moi,
la décision était pas mal prise.
Le Président :
S'il vous plaît!
Caire :
Et là, M. le Président...
Le Président :
Bon! S'il vous plaît!
Président : Est-ce
que vous avez l'intention de perdre encore beaucoup de temps? M. le député de La Peltrie,
c'est à vous la parole.
Caire : M. le Président, je répète : «...si tu as le goût d'en parler avec un ami — pas
une vague connaissance humanitaire, un ami — et de brainstormer...»
répète ma question. Elle est bien, bien simple : De quoi le futur chef du
Parti libéral pouvait bien avoir envie de brainstormer avec le
déshonorant récidiviste Marc-Yvan Côté?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
D'une part, le règlement nous rappelle — et c'est ma réponse — le règlement nous rappelle de prendre
les réponses et de ne pas mettre en doute la vérité qu'elles contiennent.
Ceci étant, notre collègue, dans son
début de question, montre bien l'idée qu'il y a derrière cette question-là. Il
essaie de faire un lien, M. le Président, avec une campagne. On est en train de
parler du mois d'avril. Il dit «quelques semaines»,
c'était en octobre. L'élection n'est pas arrivée encore, le gouvernement libéral
est au pouvoir, il exerce. Il y a évidemment, on se souvient, une crise,
il y a même des carrés rouges, il y a même le Parti québécois qui est déjà en convergence à ce moment-là. On est à cette
époque-là, M. le Président, et il n'y a absolument rien de prévu.
D'ailleurs, je sais bien que les oppositions de l'époque...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...pensaient que
nous aurions perdu, mais on a eu 50 députés, ce n'était quand même
pas si mal, M. le Président.
Le Président :
Principale ou complémentaire? Complémentaire, M. le chef du deuxième groupe.
Legault : M. le Président, Marc-Yvan Côté a été banni à vie du
Parti libéral du Canada. On choisit, dans la vie, ses amis. Le premier
ministre, après ça, l'a invité à la maison, au lac.
Est-ce qu'il ne peut
pas au moins admettre qu'il a manqué de jugement?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Je vais répéter la même chose, M. le Président, la même chose que j'ai
dite. D'abord, je n'ai jamais caché
le fait que je connaissais M. Côté. Il ne peut pas me reprocher ça, j'ai
toujours été très, très ouvert sur cette question-là.
Maintenant,
M. le Président, dans cette situation, dans la situation qu'il vivait, comme je
le connaissais, j'ai trouvé que
c'était correct de ma part, comme citoyen privé, pas politicien, aucune
fonction publique... Moi, je traite les gens de cette façon-là, je ne
mets pas les gens à la poubelle. Je ne mets pas les gens à la poubelle, je ne
les renie pas, je leur donne un droit de
parole et je veux les écouter. Maintenant, j'ai offert ça à M. Côté, je lui ai
offert : Écoute, viens me voir, on
va en parler, de comment tu vis ça, qu'est-ce que tu vois là-dedans. Il n'est
pas venu. Il n'est pas venu, il ne s'est pas déplacé...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...et je n'ai pas jugé bon de continuer la démarche.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : M. le Président, il y a quelques jours, la Régie de l'énergie
a confirmé qu'Hydro-Québec a enregistré un trop-perçu en 2016 de 36 millions de dollars. Cette somme
s'ajoute aux 1,4 milliard de dollars pigés dans les poches des consommateurs québécois au cours des dernières
années. Encore une fois, le gouvernement libéral a utilisé Hydro-Québec
pour percevoir une taxe déguisée.
Est-ce que le
gouvernement va rembourser les 36 millions aux clients d'Hydro-Québec?
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, ce n'est pas la première fois que je réponds à cette question,
alors je vais, encore une fois,
rappeler les faits. Depuis l'année 2008, au moment où nous avions eu une
crise sur le plan mondial sur le plan économique,
le gouvernement avait décidé, évidemment, que ce qu'on appelle les trop-perçus
allaient retourner, évidemment, dans
le budget gouvernemental afin d'assurer l'équilibre budgétaire. Et ce qu'on a
dit avec toute la transparence possible,
M. le Président, c'est que, lorsque nous aurions atteint l'équilibre
budgétaire, nous allions retourner ces trop-perçus aux consommateurs dans l'évaluation qui sera
faite, évidemment, par la Régie de l'énergie dans les futurs tarifs.
Alors,
encore une fois, M. le Président, la question, elle est bien simple, nous
avons, en 2017, atteint l'équilibre budgétaire,
nous constatons avoir atteint cet équilibre budgétaire, et il y a donc un
remboursement des trop-perçus qui va se faire sous forme, évidemment,
d'analyse de la Régie de l'énergie, et ça va se
refléter dans les tarifs futurs d'Hydro-Québec,
M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : M. le Président, le ministre essaie de faire accroire aux clients d'Hydro-Québec que le chèque est dans la
poste, mais ce n'est pas le cas. En réalité, c'est que le gouvernement libéral va conserver les 36 millions
de dollars qui appartiennent aux
clients d'Hydro-Québec. Quand le gouvernement va-t-il
rembourser l'argent qui ne lui appartient pas?
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : M. le
Président, vous savez, quand on dit
que ces trop-perçus-là doivent retourner aux consommateurs, il y a
bien des façons de le faire. Alors, la façon que le gouvernement a choisie, c'est, lorsqu'il va y avoir une évaluation qui sera faite par la Régie de l'énergie du dossier tarifaire, la régie va
tenir compte, évidemment, du trop-perçu d'une certaine année. Il
y a des années où les trop-perçus, ça
n'existe pas, Hydro-Québec est en déficit. Il y a d'autres années où il y a
des trop-perçus. Dans le cas des
trop-perçus, on a dit : Ça va retourner dans l'évaluation du dossier tarifaire, et, à
ce moment-là, les consommateurs, évidemment, vont en bénéficier, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : M. le Président, ça fait
huit ans que le gouvernement utilise Hydro-Québec comme percepteur d'impôt. Les clients devront attendre près de deux
ans avant de toucher à un sou de ce
qui leur appartient, c'est maintenant qu'ils en ont besoin, M. le
Président. Pourquoi ne pas devancer le partage des trop-perçus?
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : M. le
Président, sur ces questions-là, j'ai de la misère à suivre la Coalition avenir
Québec, M. le Président. Je regardais une
des campagnes électorales où le chef de la Coalition avenir Québec — et je cite l'article — il disait :
«[Les] gains d'efficacité — au niveau d'Hydro-Québec — ne rimeront pas avec [des] baisses de
tarifs.» Alors, la Coalition avenir
Québec était même prête à changer la Loi de la Régie de l'énergie pour ne pas
avoir à investir l'argent économisé au sein de la société d'État dans
des baisses de tarifs. C'était un
article lors d'une campagne électorale, M. le
Président.
Alors, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on a dit essentiellement,
M. le Président...
Le Président : En terminant.
Arcand : ...budget
atteint, il y aura, à ce moment-là, une...
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier : M. le
Président, à chaque jour, il y a
des milliers de jeunes au Québec qui n'ont pas la chance de manger trois
repas par jour et qui arrivent à l'école le ventre vide. Alors, pour régler le problème,
comme société, on s'est dotés d'un programme
d'aide alimentaire. Mais le problème, M.
le Président, c'est que le gouvernement a décidé de revoir les règles
de financement, de sorte qu'à la commission
scolaire des Samares, dans
Lanaudière, le budget est passé, en trois ans, de
190 000 $ à 7 000 $. Pour vous donner un exemple concret, à l'école Bermont de
Saint-Gabriel-de-Brandon, il y a 220 élèves. Sur les 220 élèves, il y en a
environ la moitié qui, à chaque matin, se présentent pour avoir accès à de
l'aide alimentaire. À partir de septembre prochain, M. le Président, zéro, aucun des élèves, absence du programme.
Alors, M. le Président, comment le ministre de
l'Éducation peut-il défendre de telles mesures et de telles réductions dans
l'aide alimentaire?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Merci, M. le Président.
Alors, je veux remercier le collègue pour sa question puis lui indiquer, l'informer que, d'abord, l'enveloppe qui concerne l'aide alimentaire, d'abord, n'a jamais
été réduite, elle est maintenue et indexée,
premièrement. Deuxièmement, M. le
Président, elle concerne nos écoles
les plus défavorisées. Et ça, ça n'a pas changé. Si les règles ont changé dans les
dernières années, c'était pour corriger des inégalités, en ce sens
que, dans certains milieux, M. le Président, il y avait des écoles favorisées qui recevaient de
l'aide alimentaire, alors qu'il faut la concentrer vers les milieux
défavorisés. Ça, c'est la première chose.
deuxième, M. le Président, c'est que cette mesure-là, elle est protégée,
elle ne peut pas être utilisée à autre chose. Ça, c'est une bataille que
j'ai faite de façon à ce qu'on puisse soutenir adéquatement nos écoles qui sont
en milieu de défavorisation 9 et 10. Le collègue va comprendre très bien ce que ça
veut dire, ça représente 20 % des écoles du Québec, M. le Président. Alors, dans le contexte actuel,
il y a, oui, des sommes qui seront dirigées vers d'autres écoles, mais les
plus défavorisées d'entre elles, M. le
Président, seront soutenues au quotidien. Les commissions scolaires n'ont pas
la possibilité de transférer ces sommes-là...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...vers d'autres écoles, mais elles ont d'autres mesures transférables pour
soutenir adéquatement leurs...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Vous irez dire ça aux élèves, là, qui avaient accès au
service d'aide alimentaire et qui, soudainement, n'y ont plus accès. Êtes-vous en train de dire que, pour toute la région
de l'Outaouais, à partir de 2017-2018, à partir de septembre prochain, pour toute la région de
l'Outaouais, zéro, M. le Président? Êtes-vous en train de dire qu'en Outaouais
il n'y a pas un jeune qui se présente le
ventre vide à l'école? Même chose pour la commission scolaire de
Rivière-du-Nord puis budget coupé de 85 % pour la Gaspésie, M. le
Président.
Comment le ministre,
qui nage dans les surplus budgétaires, peut-il justifier une telle mesure?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
M. le Président, les règles budgétaires pour 2017-2018 ont été rendues
publiques aux commissions scolaires
et à l'ensemble de la population hier, en fin de journée. Alors, ce matin,
d'avoir déjà des simulations pour chacune des écoles, M. le Président,
c'est pour le moins surprenant. Vous aurez compris que certains, effectivement,
font des représentations pour en avoir davantage.
que je veux dire à la population du Québec puis ce que je vais répondre et
répéter au collègue, c'est que les sommes, elles sont toujours au rendez-vous, elles sont là, protégées, et elles ne peuvent pas
être utilisées à autre chose.
que je veux répéter également, au Québec, c'est que 20 % des écoles, M. le Président, qui sont en situation de
défavorisation 9 et 10 vont continuer...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...à chaque jour de recevoir les mesures. Et ce que je vais répéter en plus, M.
le Président...
Le Président :
Complémentaire? Deuxième complémentaire, M. le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, le gouvernement s'est payé à
grands frais, avec l'argent des contribuables, des publicités pendant les séries éliminatoires, il
verse 800 millions cette année pour rehausser le salaire des médecins, et,
dans Lanaudière, c'est quatre écoles
secondaires, c'est des centaines de jeunes qui vont se rendre à l'école le
ventre vide.
M. le ministre, si
vous avez quelque chose dans le ventre...
M. Villeneuve :
Vous trouvez ça drôle, hein? Bien, on ne trouve pas ça drôle du tout chez nous.
Si vous avez quelque chose dans le...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le député de
Berthier, je vous demande de faire attention à vos propos, je vous demande de faire attention à vos
propos. Vous comprenez très bien ce que je veux dire. Est-ce que vous
avez une conclusion, M. le député de Berthier?
M. Villeneuve :
Alors, M. le ministre, faites ce qui doit être fait et soutenez les écoles,
soutenez nos jeunes, l'avenir de notre...
Président : Alors, je vous souligne encore une fois qu'on
s'adresse à la présidence. M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui. M. le Président, je ne veux pas manquer de respect au collègue de
Berthier, mais je ne m'adressais pas à lui. Je ne l'écoutais pas pendant
ce moment-là, je m'en excuse.
Alors,
dans le contexte actuel, ce que je vais lui dire puis ce que je vais vous dire
à vous, M. le Président, c'est que
les écoles défavorisées, nos écoles 9 et 10, vont être soutenues comme elles
l'ont toujours été. C'est une mesure que j'ai et que nous avons protégée, M. le Président. Il n'y en a pas des
tonnes, des mesures qui ne sont pas dédiées et qui ne peuvent pas être transférées, il n'y en a que
quelques-unes. Acheter des livres, combattre l'intimidation et les programmes
alimentaires sont protégés, M. le Président,
et, dans chacun des milieux, il y a la capacité financière de faire des
aménagements pour soutenir les écoles.
Ce qu'on faisait
jusqu'à tout récemment, M. le Président, de manière inégale...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...c'est aussi d'offrir de l'aide alimentaire à des écoles qui n'en avaient pas
besoin...
Le Président :
M. le député de Mercier, en principale.
M. Khadir :
M. le Président, voilà une réponse sincère et honnête. On peut ne pas être
d'accord, mais on peut le reconnaître.
y a des mots comme «mensonge» qui sont bannis du lexique parlementaire, alors
je vais faire attention. Mais tout le monde va comprendre, les...
Le Président :
M. le député de Mercier, vous ne me donnez pas beaucoup de chances.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le député de
Mercier, je vous demande, évidemment, de faire attention à vos propos à
l'avance.
M. Khadir :
En tout cas, les révélations que nous avons obtenues aujourd'hui à travers les
médias, que le premier ministre avait eu des rapports relativement
significatifs... C'est-à-dire alors que tout le monde connaît la réputation de ce monsieur, Marc-Yvan Côté. Plutôt
que de s'en éloigner, plutôt que de s'en éloigner — quelqu'un qui dit être en rupture avec
le passé du gouvernement Charest — il
s'en rapproche, il téléphone, il lui propose même de brainstormer.
Alors, c'est une sérieuse brèche, en tout cas, dans la parole du gouvernement,
de son premier ministre.
Qu'est-ce
que le premier ministre entend faire comme geste fort pour, vraiment,
qu'on cesse de conjuguer le passé au présent? Parce que, si lui continue
à faire ce qu'il fait, on continue de conjuguer.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : C'est sur le même
thème que les autres questions qui ont été soulevées, le premier ministre y a déjà répondu, M.
le Président, à quelques
reprises. Il a bien fait la différence, d'ailleurs, qu'il y avait
entre le mois d'avril et le moment où
il revient dans des charges et même des fonctions politiques,
où il a fait, justement, une distance. Donc, c'est deux éléments complètement différents. Je
pense que le député qui pose la question, essayant de dire qu'il y a
là-dedans une nouvelle ce matin... Il
n'y a pas de nouvelle ce matin. Il y
a un traitement média en première
page, je veux bien, mais d'une information qui est très connue. Et, à ce compte-là, M. le Président, je réfère le député aux
réponses que le premier
ministre a déjà données.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Blâmer le traitement média commence à ressembler
un peu à ce que notre voisin du Sud est en train de faire, là — je
parle de M. Trump. Donc, je ne pense pas que c'est la voie à suivre.
y a un bris de confiance. La parole du premier ministre est mise en cause. Le
premier ministre voudrait qu'on tourne la page, il y a des gestes forts
à poser. Je lui rappelle Jean-Louis Dufresne, je lui rappelle Pietro Perrino,
je lui rappelle son bras droit qui m'a
répondu, le leader, qui est impliqué dans le rapport Charbonneau le
18 septembre 2013, allez écouter.
Est-ce que le premier
ministre est capable de les mettre à côté...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
J'ai l'impression que la question s'adresse maintenant à moi, alors je vais
donc répondre personnellement. D'abord, pour
ce qui est du voisin du Sud, M. le Président, je laisse ça au chef de la
deuxième opposition, bien sûr, je ne veux pas aller dans cette
direction-là.
Ceci
étant, c'est, il me semble, assez factuel de dire que ce qu'il y a dans le
journal ce matin n'est pas de l'ordre d'une
nouvelle, plutôt de l'ordre du discours politique tenu dans un traitement en
première page assez grandeur maximale.
Bon,
alors, pour le reste, qu'est-ce que vous voulez, ils ont le droit, là, ça fait
partie de la liberté de presse, je n'ai aucun problème avec ça, mais on
ne peut pas y voir une nouvelle.
Vous
faites référence à la commission Charbonneau, je n'ai aucun problème avec ce
qui s'est passé là et je n'ai rien à me reprocher, on ne me reproche
rien.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
La commissaire Charbonneau dénonce les pratiques du gouvernement libéral dans
son rapport et elle réfère à un dépôt, à un témoignage de M. Sauvé, un
entrepreneur qui venait de perdre sa subvention, qui dit que Jean-Louis Dufresne, l'actuel chef de cabinet du premier ministre, demande... me demande... me donne la liste des activités et
d'organiser un cocktail de financement. Pour qui? Pour celui qui m'a répondu.
demande au premier ministre s'il est capable d'accepter aujourd'hui, pour tourner la page, de les mettre de côté, de les remercier?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
J'ai justement le livre de M. Sauvé. Justement, je réfère notre collègue à
aller voir le livre en question, il va trouver dans le livre que la subvention
en question avait été octroyée par le Parti québécois, disait-il à l'époque, qu'il avait payé 375 000 $ en financement au Parti québécois
pour avoir cette subvention-là. Lorsqu'on arrive au pouvoir, l'État du Québec s'était déjà lié par le Parti québécois
pour ce projet qui, par ailleurs, était un bon projet. Ceci étant, nous
l'avons financé en trouvant l'argent parce que, imaginez-vous, il n'y avait pas
de crédits non plus dans ce temps-là quand il y avait les engagements du PQ.
Le Président :
Principale, M. le député de Drummond.
Schneeberger : Merci, M. le Président. La direction de la
protection de la jeunesse a connu une hausse de 27 %, en moins de 10 ans, des signalements jugés fondés concernant
les enfants de cinq ans et moins. On note également une hausse de
30 % du nombre de signalements ayant nécessité une intervention de la DPJ.
Cela signifie que la population est de plus en plus alerte à dénoncer les cas
de maltraitance chez les enfants. Nous pouvons conclure un changement de culture au Québec. Ainsi, plus
d'enfants et de familles se retrouvent en besoin de protection et suivi de
la part de la DPJ.
Maintenant,
cette hausse de signalements et d'interventions présente un nouveau défi pour
celle-ci. Après un investissement de
12 millions ce printemps suite aux coupures drastiques de 20 millions
en 2014 par ce gouvernement, comment la ministre compte-t-elle répondre
aux besoins grandissants de la DPJ?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, j'ai déjà exposé certains
faits tantôt à la question du député de Saint-Jean. Je vais répéter pour notre collègue et je vais
dire que nous avons déjà investi 12 millions tout dernièrement, justement pour
améliorer les services de première ligne et deuxième ligne.
Qu'est-ce
que c'est, la première ligne, M. le Président? Bien, ce sont les services qui
sont de proximité, donc les CLSC,
etc., où on peut faire une meilleure prévention, une meilleure approche pour
des jeunes qui présentent déjà des... pas
un signalement, mais une vulnérabilité et, oui, peut-être un signalement qui ne
sera pas retenu. Il y a une portion du 12 millions
qui est affectée à cet axe-là, et l'autre portion du 12 millions, soit
7 millions, est pour les services complémentaires
ou spécialisés, qu'on appelle de deuxième ligne, soit les centres jeunesse,
pour ceux pour qui il y a des signalements retenus.
Alors,
ce que je disais, M. le Président, un peu plus tôt, c'est que ce
12 millions là va nous aider justement à, un, faire de la formation, mais, deux, à procéder à
l'engagement de personnel supplémentaire pour venir en aide à nos enfants
qui sont en situation de vulnérabilité. Et,
évidemment, vous comprenez, M. le Président, que ce n'est pas ce qu'on souhaite
au Québec. Ce qu'on souhaite, c'est que tous nos enfants...
Le Président :
En terminant.
Mme Charlebois :
...puissent s'épanouir de façon exemplaire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. M. le Président, je veux bien des explications, mais 20 millions
moins 12, là, ça fait 8 millions de manque à gagner, là, puis on constate
une augmentation de 27 % des signalements.
fille de huit ans, là, elle dirait : Papa, ça ne marche pas. O.K.? Puis je
peux dire ma fille parce que je pense qu'on parle ici d'enfants. Puis
c'est mathématique, ça ne marche pas, ses réponses, à la ministre.
Alors, moi,
j'aimerais savoir de la ministre : Que compte-t-elle faire dans les
prochains mois pour amener un rehaussement du financement puis amener du staff,
comme on dit, à la DPJ?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la réadaptation.
Mme Charlebois :
Bien, M. le Président, ce qu'il faut savoir, c'est que l'argent dont il parle,
depuis le temps... Puis pourtant on a expliqué ça aux crédits. Alors,
peut-être que sa fille de huit ans ne comprendrait pas, c'est parce qu'il lui
aurait peut-être mal expliqué, je reprends.
Le projet de loi
n° 10, que nous avons mis en place, que le ministre de la Santé a mis en
place...
Mme Charlebois :
Non, mais il se permet de me dire n'importe quoi, ça se peut qu'il ait une
réponse qui va avec. Alors, moi, ce
que je veux dire, M. le Président, c'est que, pour moi, les jeunes sont
importants. Quand on a fait la loi n° 10, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Mme Charlebois :
...ce qu'on a fait, c'est qu'on a réduit le pourcentage d'administration...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Drummond-Beauharnois.
M. Schneeberger :
...ses réponses, M. le Président, mais il va falloir qu'elle s'explique mieux
que ça, là. Puis tomber dans le bas de gamme, c'est assez ordinaire.
La réalité, là, c'est
qu'il y a plusieurs centres de jeunesse qui sont aux prises avec des taux
d'absentéisme inquiétants — congés de maladie, épuisement professionnel,
détresse, surcharge de travail — alors qu'on sait très bien que ce qui est essentiel pour les jeunes enfants
qui ont des interventions avec les intervenants, c'est le suivi avec les mêmes
personnes. C'est ça qui est important, et on change tout le temps.
Alors, moi, ce que je
veux savoir, c'est comment la ministre peut nous assurer qu'avec un manque
d'effectifs actuellement... comment ces signalements seront faits.
Président : Alors, vous avez compris que c'était Bois-Francs,
et non pas Beauharnois. Le député de Beauharnois aura compris. Mme la
ministre déléguée à la réadaptation.
Mme Charlebois :
M. le Président, ce que j'expliquais, c'est que le projet de loi n° 10 qui
a été adopté nous a permis de mettre ensemble la première ligne et la deuxième
ligne, les services de proximité et les services spécialisés. Qu'est-ce que ça a fait, ça, M. le Président? Ça a
fait en sorte qu'on a multiplié nos forces sans nécessairement avoir besoin d'autant
d'administration. L'administratif a été réduit.
Ceci étant dit, moi,
ce qui me préoccupait, c'est les services aux enfants, et c'est là-dessus qu'on
a misé, c'est là-dessus qu'on a investi, et
c'est la raison pour laquelle on a ajouté 12 millions tout dernièrement.
Ça fait à peu près un mois, un mois
et demi que j'ai annoncé ça. Et savez-vous quoi, M. le Président? Contrairement
aux deux députés qui m'ont posé des
questions, c'est donc drôle que tout le monde de la jeunesse était content
quand j'ai annoncé ça, et ils m'ont louangée.
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
Alors, il aurait fallu qu'ils soient présents à l'annonce. Tout ce qu'on vise à
faire, c'est améliorer nos services.
Le Président :
Principale...
Le Président :
S'il vous plaît! Mme la députée de Marie-Victorin, en principale.
Fournier : M. le Président, ce matin, le rapport de la Vérificatrice
générale dénonce que des conditions d'admissibilité trop restrictives
empêchent le fonds d'indemnisation des victimes de fraude financière de jouer pleinement son rôle. Cette situation entraîne des
conséquences dramatiques dans la vie de centaines de Québécois floués.
C'est
tellement restrictif qu'en 2014-2015 seulement trois demandes sur 26 ont été
acceptées. En 2015-2016, c'est une
sur 33. En plus de ça, M. le Président, pour traiter seulement 34 demandes, ça
a coûté 1,2 million en frais d'administration, 1,2 million
pour, finalement, n'accorder qu'une seule indemnité de 50 000 $.
ministre des Finances est au courant de cette problématique depuis 2015. Dans
son propre rapport, il proposait d'élargir
les conditions d'admissibilité. Ça fait deux ans que le ministre des Finances
promet et reporte le projet de
loi sur le secteur financier.
ministre peut-il se lever et expliquer aux victimes de fraude qu'elles sont
également victimes de son propre laxisme?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Finances.
Leitão : Bon, bonne question. Disons que la dernière phrase était un
peu étirée, mais, en tout cas, le sujet est très important, en effet.
d'ailleurs, dans notre budget, le budget 2016-2017, donc pas celui-là mais
l'autre d'avant, nous avions déjà indiqué qu'on a besoin de mettre en place des
mesures législatives pour changer, justement, le fonds d'indemnisation,
la façon dont il est administré. Il est très
restreint. On met beaucoup de pression sur les citoyens eux-mêmes, il faut
qu'ils soient au courant de tous les différents types de permis. Donc,
il faut changer ça.
demande des mesures législatives. Ça fait
partie de notre omnibus financier qui
devrait être déposé dans les plus brefs délais. Ça va être un projet de loi
très complexe, c'est pour ça que ça prend beaucoup de temps, j'en conviens
avec vous. Mais c'est un projet de loi qui
va toucher à sept ou huit lois des services financiers, quelque chose qui, au
Québec, n'a pas été fait depuis déjà une vingtaine d'années, nous allons
le faire très bientôt, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, les problèmes évoqués par ma
collègue sont bien réels. Ce sont les victimes, au Québec, qui sont
également victimes non seulement des fraudeurs, mais également de votre
laxisme. Vous avez une responsabilité à
l'égard des épargnants du Québec, vous avez une responsabilité à l'égard du
développement du secteur financier.
Ce sont plusieurs lois qui doivent être modernisées, vous avez tout entre vos
mains. M. le Président, il faut que le ministre agisse, il est
responsable de cette situation.
Le Président :
On s'adresse à la présidence. M. le ministre des Finances.
Leitão : Bien, bien sûr, M. le Président, la modernisation, la
modernisation de tout le corpus légal, législatif entourant le marché des services financiers, c'est
quelque chose, nous y travaillons depuis 2014. Et d'ailleurs une
partie de ce travail était déjà présente quand le
collègue était au ministère des Finances, c'est quelque chose sur quoi on travaille depuis assez longtemps au Québec.
Nous sommes sur le point, à la veille d'être capables de déposer un projet de loi que je vous... déjà, je
peux... sans faire outrage au Parlement, un projet de loi qui va contenir
au-delà de 1 000 articles.
C'est quelque chose d'important qu'on
est en train de faire. Ça ne peut pas s'improviser, ça ne peut pas se faire sur
un coin de table, il faut que ça soit bien réfléchi. Et nous sommes en
train de le faire, et ça va...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...être déposé très
bientôt, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Labelle.
M. Pagé : ...4 millions de Québécois utilisent leur vélo soit pour faire de l'exercice
ou encore pour aller travailler. Malheureusement, trop peu
d'automobilistes connaissent la nouvelle règle de garder un mètre de distance
en milieu urbain et 1,5 mètre en milieu
rural lorsqu'ils dépassent un cycliste. De toute évidence, cette obligation de partager la route n'est toujours pas
connue. Adopter un code de sécurité routière, c'est bien, M. le Président,
c'est une chose, mais sensibiliser les automobilistes, c'en est une autre.
Or, nous
constatons que les panneaux de signalisation indiquant les règles de distance
sont presque inexistants. Vous savez
combien il y en a dans la région de Québec? Un seul panneau pour
la région de Québec. L'homme d'affaires Louis Garneau a d'ailleurs demandé que davantage
de panneaux soient installés. Et vous savez ce qu'il se fait répondre
par le ministère des Transports? Non.
Alors, j'interpelle aujourd'hui le ministre des
Transports, qui est imputable des décisions de son ministère : Va-t-il
exiger d'installer davantage de panneaux afin de sécuriser les cyclistes?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Lessard : Merci,
M. le Président. Donc, concernant la
mesure de sécurité sur les vélos qu'avait introduite mon collègue des Transports dans la dernière législation
du projet de loi n° 100, qui comprenait une distance minimale lorsqu'on est,
donc, sur certaines voies publiques, dépendamment qu'on est plus de
50 kilomètres-heure ou moins, donc, c'est entré en vigueur, on doit faire de la publicité. D'ailleurs,
la Société d'assurance automobile a
lancé une campagne de publicité indiquant,
donc, de façon bien... donc, la distance séparatrice, donc, qu'on doit
maintenir lorsqu'on rencontre un véhicule pour protéger, donc, la
personne qui est la plus vulnérable sur la route. La campagne a été lancée
récemment.
Quant à la
démarche de M. Garneau, elle est bien reçue. La seule affaire, c'est qu'il
demandait d'avoir les mêmes panneaux que les panneaux jaunes. Bien
technique, il y a des normes. On ne peut pas le faire, mais on va essayer de le faire différemment. Parce qu'il faut augmenter
la signalisation sur l'ensemble du réseau, c'est l'engagement qu'on prend.
On salue les initiatives qui sont déposées,
comme celle de M. Garneau. Puisqu'il y a eu un petit travail technique à faire, tout
simplement... Mais la campagne de
publicité est lancée par la Société
d'assurance automobile.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et réponses orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques proposant que
le principe du projet de loi n° 132, Loi concernant la conservation des
milieux humides et hydriques, soit adopté.
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Blais
(Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão
(Robert-Baldwin), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Coiteux (Nelligan),
Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée
(Gatineau), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière), M. Drolet
(Jean-Lesage), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Charlebois (Soulanges), M. Moreau
(Châteauguay), M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal),
Mme Vien (Bellechasse), M. Billette (Huntingdon), M. Reid
(Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Bernier (Montmorency), M. Ouellette (Chomedey),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Ménard (Laporte), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. Girard (Trois-Rivières), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Auger (Champlain), Mme Vallières
(Richmond), M. Rousselle (Vimont), M. Iracà
(Papineau), M. Bolduc (Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte
(Portneuf), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava),
M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M. Giguère
(Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie),
Mme Montpetit (Crémazie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil), Mme Tremblay (Chauveau),
M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre), Mme Melançon (Verdun).
M. Lisée (Rosemont),
M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau
(Rousseau), M. LeBel (Rimouski),
Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron
(Verchères), M. Leclair (Beauharnois), Mme Richard (Duplessis), M. Rochon (Richelieu),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean),
M. Therrien (Sanguinet), M. Gaudreault (Jonquière), M. Pagé
(Labelle), M. Cousineau (Bertrand), M. Bourcier (Saint-Jérôme),
Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve
(Berthier), Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne),
M. Kotto (Bourget), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy
(Bonaventure).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Jolin-Barrette (Borduas),
M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise
(Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée
(Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis).
M. Khadir (Mercier), Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Surprenant (Groulx), M. Lelièvre (Gaspé), Mme Ouellet (Vachon), M.
Sklavounos (Laurier-Dorion).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il des députés contre
cette motion? Des abstentions? Alors, M. le secrétaire général, pour le
résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 114
Contre :
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée. Et, en conséquence, le principe du projet de loi n° 132, Loi concernant
la conservation des milieux humides et hydriques, est adopté. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je
fais, conformément à l'article 243 du règlement, motion pour que ce projet de loi soit déféré à la Commission des
transports et de l'environnement pour étude détaillée.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Maintenant,
à la rubrique des motions sans préavis, selon nos règles et l'ordre de
présentation, je vais céder la parole à Mme la ministre déléguée à la
Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines
habitudes de vie.
Charlebois : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors,
je sollicite le consentement afin de présenter la motion suivante, et ce, conjointement avec le député de Saint-Jean,
la députée de Repentigny, le député de Mercier, le député de
Laurier-Dorion, la députée de Vachon, ainsi que le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la 21e édition de la Semaine québécoise des
personnes handicapées, qui se tient sous le thème Ensemble, bâtissons
une société plus inclusive ;
«Qu'elle
reconnaisse les personnes handicapées à travers tout leur potentiel et leur
apport au sein de notre société;
«Qu'elle
exprime sa solidarité envers les personnes handicapées ainsi que leur famille
qui font preuve de détermination et qui relèvent de nombreux défis;
«Qu'enfin, elle souligne l'engagement quotidien
de la communauté pour faire en sorte que notre société soit toujours plus
ouverte, plus respectueuse et plus inclusive envers les personnes vivant avec
un handicap.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, pour la
prochaine motion, je vais céder la parole à M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le ministre responsable des Relations canadiennes et de la
Francophonie canadienne, le député de
Borduas, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la députée de Vachon, le député
de Laurier-Dorion et le député de Groulx, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale affirme l'application de toutes les lois du Québec aux éventuels projets soutenus par la Banque d'infrastructure du Canada et que pour
refléter clairement cet état de droit, qu'elle exige des amendements au projet de loi C-44 présentement étudié à la Chambre des communes, afin de
démontrer que la Banque d'infrastructure du Canada est soumise aux lois
du Québec.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé : Mme la
Présidente, nous demandons le vote par appel nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Très bien. Alors, il y a une demande de vote par appel
nominal. Et, si tout le monde est
présent, nous pouvons déjà procéder à ce vote. Est-ce que vous voulez que je
relise la motion? Non? Ça va? Alors, très bien.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Lisée (Rosemont),
M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau
(Rousseau), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais (Taschereau),
Mme Lamarre (Taillon), M. Bergeron (Verchères), M. Leclair (Beauharnois), Mme Richard
(Duplessis), M. Rochon (Richelieu), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean),
M. Therrien (Sanguinet), M. Gaudreault (Jonquière), M. Pagé
(Labelle), M. Cousineau (Bertrand),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget),
M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão
(Robert-Baldwin), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière), M. Drolet (Jean-Lesage), M. Blanchette
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Charlebois (Soulanges), M. Moreau (Châteauguay),
M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Vien
(Bellechasse), M. Billette (Huntingdon), M. Reid (Orford),
M. Morin (Côte-du-Sud), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Bernier
(Montmorency), M. Ouellette (Chomedey),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
Mme Ménard (Laporte), M. Tanguay (LaFontaine), Mme Boulet
(Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière
(Chapleau), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. Girard (Trois-Rivières), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Auger (Champlain), Mme Vallières (Richmond), M. Rousselle
(Vimont), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic), M. Simard
(Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel
(Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie),
Mme Montpetit (Crémazie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil), Mme Tremblay (Chauveau), M. Busque
(Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre), Mme Melançon (Verdun).
M. Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby),
M. Caire (La Peltrie), M. Jolin-Barrette (Borduas),
M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy
(Montarville), Mme Samson (Iberville),
M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord),
M. Paradis (Lévis).
M. Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Surprenant (Groulx), M.
Lelièvre (Gaspé), Mme Ouellet (Vachon), M. Sklavounos
(Laurier-Dorion).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il
des députés contre cette motion ou des abstentions? Alors, pour le
résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 115
Contre :
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée. M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé : Merci, Mme
la Présidente. Nous aimerions que le
libellé de la motion soit envoyé au gouvernement
du Canada, au Sénat du Canada et à l'ensemble des députés fédéraux sur le territoire
du Québec.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, ce sera fait, M. le leader de l'opposition officielle.
Maintenant, pour la prochaine motion, je vais
reconnaître Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec le député de Richelieu, le député de Groulx et la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement
du Québec de rembourser directement aux clients d'Hydro-Québec les 36 millions
de dollars perçu en trop en 2016.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme
la députée. Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement.
Pour la prochaine motion, je vais céder la
parole à M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante conjointement avec le député de Sanguinet
et la députée de Vachon :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que l'augmentation des inégalités socioéconomiques constitue l'un
des plus grands problèmes du 21e siècle comme le mentionne le
rapport annuel du Forum économique mondial;
«Qu'elle constate
qu'entre 1998 et aujourd'hui, la rémunération moyenne des 100 PDG
canadiens les mieux payés est passée de 103 fois à 193 fois le
salaire moyen de nos concitoyens;
«Qu'elle
prenne acte de l'indignation populaire
face à l'indécence des rémunérations des dirigeants des grandes
entreprises, notamment celles ayant reçu une importante aide financière de la
part de l'État comme Bombardier;
«Qu'elle
s'engage [donc] à tenir une commission
parlementaire sur la question des
revenus des hauts dirigeants.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M.
le député de Mercier.
Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? Alors, il n'y a pas de consentement.
Alors, s'il n'y a
pas d'autre motion sans préavis, nous allons passer à la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions. Et je cède la parole à M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 122, Loi visant principalement à reconnaître
que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce
titre leur autonomie et leurs pouvoirs, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 113, Loi modifiant le Code
civil et d'autres dispositions législatives en matière d'adoption et de
communication de renseignements, aujourd'hui, de 17 heures à 18 heures,
à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May;
La Commission
de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 130, Loi modifiant certaines dispositions
relatives à l'organisation clinique et à la gestion des établissements de santé
et de services sociaux, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Et finalement, Mme la
Présidente, la Commission des transports et de l'environnement poursuivra...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant, M. le leader adjoint du
gouvernement. Je vais demander aux
membres de cette Assemblée de quitter en silence. C'est important, ce que M. le
leader adjoint a à nous transmettre. Vous pouvez poursuivre.
M. Tanguay :
Alors, Mme la Présidente, la Commission des transports et de l'environnement
poursuivra les consultations particulières à l'égard du projet de loi
n° 137, Loi concernant le Réseau électrique métropolitain, dès maintenant,
pour une durée d'une heure et de 15 heures à 17 heures, à la salle du
Conseil législatif.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le leader adjoint du
gouvernement.
À la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Je crois qu'il n'y a pas de demande
de renseignements.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et je recède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Je vous prierais d'appeler l'article 29.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 29 du
feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de la Commission des institutions sur le projet de loi
n° 98, Loi modifiant diverses lois concernant principalement
l'admission aux professions et la gouvernance du système professionnel, et sur
les amendements transmis en vertu de l'article 252 du règlement par Mme la
ministre de la Justice et par M. le député de Mercier.
Les amendements
présentés par la ministre de la Justice sont déclarés recevables.
L'amendement
transmis par M. le député de Mercier est irrecevable. En effet, cet amendement
propose l'ajout d'un
article 108.1 au projet de loi pour modifier
la
Loi sur les syndicats professionnels de manière à abolir certaines exigences relatives à la citoyenneté. Il s'agit
cependant d'un principe qui n'est pas abordé dans le projet de loi n° 98.
Notre règlement prévoit que les
amendements doivent se rapporter à l'objet du projet de loi, ne peuvent aller à
l'encontre de son principe ni en introduire de nouveaux.
ce sujet, notre jurisprudence parlementaire a déjà mentionné que la
modification par amendement d'une loi qui n'est pas modifiée dans le projet de
loi initial est un indice probant de l'introduction d'un nouveau principe. Par
ailleurs, je note que le sujet sur lequel porte l'amendement fait déjà
l'objet d'un projet de loi distinct, ce qui est également assez révélateur du fait que l'amendement peut faire
l'objet d'un projet de loi indépendant et autonome. Alors, l'amendement
proposé par M. le député de Mercier doit donc être déclaré irrecevable.
Et je suis prête à
reconnaître le premier intervenant, et c'est Mme la ministre de la Justice.
Vallée : Merci, Mme la Présidente. Alors, bien heureuse,
aujourd'hui, de prendre parole concernant notre projet de loi n° 98, projet de loi dont j'ai pu décrire en détail
les principaux objets lors de l'adoption de principe, il y a de ça quelques
mois, parce que c'est un projet de loi que nous avons déposé il y a plus d'un
C'est
un projet de loi que nous avons commencé à travailler à l'étude
article par
article en février dernier. C'est un projet de loi qui visait, dans un
premier temps, la modernisation du système professionnel, notamment en ce qui concerne la gouvernance des ordres professionnels,
la gouvernance de l'Office des professions, avec des conséquences sur
les structures des conseils d'administration, de l'exécutif et un renforcement
des pouvoirs de l'office, entre autres dispositions
nouvelles. À
titre d'exemple, dans ce volet de législation, le rôle du conseil
d'administration d'un ordre sera axé
sur la surveillance générale des affaires de l'ordre. Il devra maintenant veiller à la poursuite de la mission de l'organisation, à fournir des orientations stratégiques, à statuer sur les choix
stratégiques, à adopter des
prévisions budgétaires et, chose importante,
à se doter de politiques et de pratiques de gouvernance efficaces, efficientes
et transparentes. Chaque ordre professionnel devra adopter un code
d'éthique et de déontologie applicable aux membres du conseil d'administration de l'ordre, et ce, en tenant compte de la mission
de l'ordre, des valeurs qui sous-tendent son action et de ses principes
généraux de gestion.
Les rôles des
directeurs généraux et des présidences seront distingués et ces fonctions ne
seront plus cumulables. Ça, c'est une disposition qui s'applique
particulièrement à quatre ordres professionnels, puisque tous les autres ordres
comptent un directeur
général et une présidence qui sont distincts. Le nombre de mandats à la
présidence d'un ordre sera limité à trois, consécutifs ou pas; par
contre, la durée minimale de mandats sera portée à deux ans.
conseils d'administration des ordres seront formés d'un nombre plus restreint de
membres, suivant ainsi la tendance
actuelle en matière de saine gouvernance. On verra également à interdire le
cumul de fonctions d'administrateur d'un ordre avec celles de dirigeant
de structure à mission strictement associative.
système professionnel est là, et nous ne le rappellerons jamais assez, pour
voir à la protection du public. On l'a
vu encore à l'occasion de la commission Charbonneau, la vitesse de réaction
d'un ordre du système professionnel est cruciale. C'est donc pourquoi, lorsqu'une poursuite est intentée contre
un professionnel pour une infraction punissable de cinq ans d'emprisonnement ou plus, un syndic pourra
dorénavant requérir du conseil de discipline qu'il impose immédiatement à un professionnel, soit une
suspension, soit une limitation provisoire de son droit d'exercer des activités
professionnelles ou d'utiliser le
titre qui est réservé aux membres de l'ordre,
soit lui imposer des conditions suivant lesquelles
il pourrait continuer d'exercer la profession ou d'utiliser son
titre réservé.
Dans le droit fil des observations faites,
dans le système, depuis plusieurs années, la loi permettra aux syndics de se
parler entre eux, ce qui facilitera l'échange d'information entre les
ordres professionnels.
Enfin, pour permettre
une justice plus significative, plus dissuasive, nous augmenterons sensiblement
les amendes disciplinaires au pénal qui sont prévues au Code des professions.
projet de loi visait également à répondre aux recommandations de la commission
Charbonneau, notamment en ce qui
concerne l'immunité qui est accordée aux témoins repentis, la reddition de
comptes des ordres professionnels et
la formation en éthique et en déontologie des membres des ordres. Toujours dans
la perspective de répondre au souci de la
commission Charbonneau quant au pouvoir de l'office, ce dernier verra ses
outils de surveillance renforcés. De même, l'office n'aura plus besoin
d'autorisation ministérielle pour faire enquête sur un ordre professionnel
présentant des signes de défaillance
dans l'exercice de ses devoirs ou dont la situation financière mettra en
difficulté pour mener ses activités de protection du public.
Le troisième objectif
principal du projet de loi n° 98 vise à accroître l'équité, la
transparence et optimiser les processus
d'admission aux professions, dont l'important volet de la reconnaissance des
compétences des personnes formées hors Québec ou n'ayant pas le parcours
classique prévu par les règles actuelles. À ce sujet, nous avons apporté des adaptations en instituant le pôle de coordination
pour l'accès à la formation directement dans le Code des professions et en
élargissant le champ d'action du Commissaire
aux plaintes concernant les mécanismes de reconnaissance des compétences
professionnelles. Le Commissaire aux plaintes devient le Commissaire à
l'admission aux professions, non pas qu'il viendra superviser de façon hiérarchique les décisions des
ordres dans ce domaine, mais la loi va lui permettre désormais d'observer
l'ensemble des démarches qui concernent
l'admission et lui accordera notamment une fonction de recommandation à l'égard
des principaux intervenants.
L'admission
comporte plusieurs étapes, elle fait intervenir plusieurs acteurs. Parmi les
acteurs, il n'y a pas que les ordres
professionnels, il y a aussi les établissements d'enseignement, les ministères
et les organismes, le réseau de la santé et de l'éducation, ainsi que bien des acteurs du secteur privé. Pour les
candidats et les candidates, la démarche d'admission présente des risques, et complexes. Les méthodes
d'évaluation, l'accès à la formation, les délais, les coûts et l'efficacité
de la démarche sont autant de facteurs de
réussite ou d'échec. Ces risques sont encore plus grands pour les personnes qui
sont formées à l'étranger. Comme société d'accueil, si nous sélectionnons des
personnes pour participer à notre développement
social, économique, nous avons une obligation morale de ne pas les laisser
tomber. Nous devons porter un regard
critique sur nos dispositifs comme sur nos attitudes. Nous devons être
attentifs aux occasions d'amélioration et surtout nous devons les
saisir.
rejoint l'objectif du projet de loi, d'optimiser nos processus d'admission.
Devant la complexité inhérente à la démarche d'admission et la multiplicité des
acteurs, la présence d'un commissaire au regard élargi, indépendant et critique
sera un levier pour assurer l'amélioration des pratiques, la cohérence des
actions et la sensibilité des acteurs. Pour les candidates et les candidats, l'élargissement de la compétence du
commissaire à l'ensemble de la démarche d'admission et à l'ensemble des
acteurs offrira un recours en plaintes à toutes les étapes de la démarche.
matière d'admission, le problème de l'accès à la formation et aux stages est
connu, et c'est crucial. Il demande une
action spécifique. Lorsqu'un ordre professionnel exige valablement un
complément de formation pour qu'une personne
réponde aux besoins de la pratique au Québec, nous devons être plus efficaces
possible pour que cette formation lui
soit offerte et qu'elle puisse intégrer le marché du travail dans sa
profession. Pour offrir ces formations, il faut bien connaître les
besoins. Il faut aussi s'assurer qu'un financement adapté et une organisation
agile... Cela demande des interactions
soutenues entre le système professionnel, les réseaux de l'éducation et le
monde du travail. Le projet de loi apporte ce moyen en instituant un
pôle de coordination qui réunira les acteurs qui détiennent les clés d'une
offre de formation, de stages coordonnée,
pertinente et accessible. Le pôle de coordination, présidé par l'Office des
professions, aura les moyens de
connaître les problèmes et de susciter l'engagement des partenaires envers les
solutions. Il profitera également des constats du commissaire.
En matière d'admission,
l'objectif du projet de loi se moule sur l'ambition de notre société. Nous
voulons traiter les personnes équitablement,
leur offrir des recours en cas de difficulté, et leur donner les outils pour
réussir, et aussi, surtout, pour faire avancer le Québec.
Nous
savons que toutes les professions régies par le Code des professions ne sont
pas les seuls secteurs vers lesquels se
destinent les personnes immigrantes que nous sélectionnons. En fait, ça
représente 15 % des personnes immigrantes sélectionnées. Néanmoins, les professions réglementées sont des secteurs
stratégiques pour les individus et pour la société. Ils font office de symbole pour entraîner dans
tous les autres secteurs un changement durable et profond en faveur d'une
intégration efficace et réussie sur le marché du travail.
Le projet de loi n° 98 avait une
grande ambition qui se déclinait en quelques volets. Il a donc fait l'objet
d'une préparation de longue main.
Depuis plus de trois ans, nous avons multiplié les consultations, notamment
sous la forme de consultations particulières de la Commission des
institutions ou, plus récemment, des consultations en marge de l'étude
détaillée concernant d'importants amendements apportés à cette pièce
législative.
Un mot sur la
conjoncture générale de cette réforme. Le monde professionnel est amplement
réglementé : une loi-cadre, 26 lois
particulières de même que le quart de la réglementation du Québec. Tout ça pour
dire que ce milieu s'attend à être évalué, surtout sur son application
rigoureuse de cette multitude de règles. Voilà sans doute pourquoi, lorsqu'il s'agit de réformer substantiellement de
telles règles, le monde professionnel peut avoir une réaction prudente, voire réticente. Voilà également pourquoi nous
n'avons ménagé aucun effort, d'abord pour consulter, ensuite pour tenir compte de ce que nous avons appris des ordres
professionnels, du Conseil interprofessionnel du Québec ainsi que d'autres
institutions, telles la Protectrice du citoyen et bien d'autres.
Nous
avons échangé longuement avec les députés lors de l'étude détaillée terminée il
y a quelques jours. En fait, longuement,
c'est 23 séances, 80 heures, 112 articles adoptés,
77 amendements et sous-amendements d'adoptés, 51 amendements
et sous-amendements retirés, rejetés ou irrecevables. C'est de nombreuses
heures... qui met à exercice notre patience à certains moments. Mais bon...
Oui, on a eu du plaisir, Mme la Présidente, puis je dois le dire.
Donc,
tout ça pour dire, Mme la Présidente, que le résultat de ces longues heures de travail,
de ces échanges, il est riche. Il y a eu, en parallèle de tout ça, des
centaines d'heures investies par l'Office des professions, par les équipes de l'Office des professions, dans des conditions
qui n'étaient pas toujours simples, qui n'étaient pas toujours faciles et qui
les amenaient à arriver avec des réponses à
l'intérieur de délais très brefs, très rapetissés. Et ils étaient là pour
soutenir l'équipe de la commission,
pour me soutenir, pour évaluer aussi
la pertinence, la recevabilité des amendements qui étaient produits et, parfois, pour
proposer un amendement qui serait bonifié.
ils ont fait un travail incroyable, Mme
la Présidente, puis ça, je tiens
à réitérer : L'équipe présidée par Me Dutrisac, par Me Couture a été incroyable. Et c'est toujours
un plaisir de travailler avec ces gens-là; ce sont des professionnels,
ce sont des gens dévoués, ce sont des gens qui connaissent le milieu, et qui
sont aussi très créatifs. Donc, je tiens à les remercier parce que, tout au long de ce projet de loi là, sont survenues des idées, ont émergé des idées qui ont été validées
et qui, lorsque possible, ont été intégrées au projet de loi.
Alors,
vous savez, la moisson d'amendements, elle a été abondante, et je pense
qu'il est important de souligner certains de ces amendements-là, au-delà
des chiffres, au-delà des
statistiques. D'abord, il y a de nouvelles mesures pour favoriser l'accès aux professions
à des personnes qui sont formées à l'étranger; les sanctions plus sévères et un
encadrement pour les professionnels coupables d'inconduite sexuelle; et
l'imposition d'une formation adéquate pour les intervenants concernés. C'était une mesure qui s'est avérée...
qui est ressortie, pardon, l'automne dernier, lorsque nous étions dans les
consultations, et nous avons saisi la balle au bond pour intégrer et profiter de
l'opportunité que nous donnait le projet
de loi n° 98 pour venir sévir davantage, encadrer davantage la question
des inconduites sexuelles, assurer une meilleure protection du public.
C'est
d'ailleurs une mesure que nous avions annoncée lors du
lancement de la politique de notre collègue la ministre responsable
de la Condition féminine, qui
s'attaque aux violences sexuelles. Et je suis très fière que, suite à la collaboration évidemment de mes collègues,
ma collègue de Chicoutimi, le
collègue de Borduas, nous ayons pu profiter de l'étude du projet de loi
n° 98 pour intervenir en ce sens, et je pense que c'est dans le meilleur
intérêt de l'ensemble de la société québécoise.
y a également d'autres mesures qui ont fait l'objet d'amendements : nous
avons obligé les ordres professionnels à
adopter une déclaration de services à l'égard des gens qui demandent à faire
reconnaître leurs compétences; nous avons également adopté des mesures qui concernent les membres de l'office et
des conseils d'administration des ordres pour favoriser la participation
des jeunes de 35 ans et moins; la parité entre les hommes et les femmes — ça,
je le sais, Mme la Présidente, c'est une
cause qui vous tient à coeur tout particulièrement; la représentation des
diverses composantes de l'identité culturelle et de la société
québécoise.
Donc,
voici là un travail parlementaire qui a été attentif, consciencieux, où chacun
et chacune a gardé le cap sur trois choses, trois grands éléments :
la protection du public, le besoin d'une modernisation réelle, nécessaire de
notre système professionnel, et enfin, la cohérence des dispositions nouvelles
et de l'ensemble du droit professionnel.
Alors,
je tiens, encore une fois, Mme la Présidente, à remercier l'ensemble des
membres de la commission : la députée de Chicoutimi, qui en était à
sa première étude
article par
article d'un projet de loi, et que nous avons
appris à découvrir au long de ces longues
heures, alors que je remercie; la députée de Taillon, évidemment, qui arrivait
avec son expérience, son expertise du milieu professionnel et qui a apporté
également certains éclairages à nos travaux; le collègue le député de
Borduas, qui est devenu un... que je connais pas mal mieux parce que nous
travaillons en collaboration à la Commission
des institutions. Je pense que nous avons pris d'assaut la Commission des
institutions, le député de Borduas et
moi, et puis c'est devenu un petit peu notre deuxième chez-nous, et qui, au
cours de cette étude détaillée là, est devenu un fier papa. Donc, encore
une fois, nous le félicitons.
Donc,
mes collègues qui n'ont pas ménagé leur attention, ils n'ont pas ménagé leur
créativité, je dois vous le dire, pour
trouver des questions qui nous ont permis de bonifier le projet de loi et qui
nous amène aux résultats que nous avons devant nous. Alors, je
n'entrerai pas dans le détail de l'ensemble des amendements qui ont été adoptés,
mais je suis persuadée, Mme la Présidente, que vous êtes à même de constater l'ampleur du travail qui a été
accompli au cours des derniers mois,
l'énergie qui a été consacrée par les membres
de la Commission des institutions,
qui nous amène à un texte qui est considérablement enrichi et, j'ose
espérer, qui nous mènera sous peu à son adoption finale.
Alors, je vous remercie. Et, encore une fois, à
tous ceux et celles qui ont participé... Et j'oublie de souligner, et je m'en veux... En tout dernier lieu, je tiens
à souligner la participation active du CIQ parce que, tout au long de
nos consultations, tout au long de l'étude
article par
article, il y avait des représentants du CIQ, présents à l'Assemblée nationale,
qui ont suivi avec grand intérêt nos travaux. Et je pense qu'il est opportun de
souligner leur participation à ces échanges-là, souligner également
la participation de Me André Gariépy, le commissaire aux plaintes, qui
deviendra, suite à l'adoption du projet de loi, le commissaire aux
admissions.
Alors, à vous tous, un grand merci pour votre collaboration.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la ministre de la
Justice. Et, pour la prochaine intervention, je vais céder la parole à Mme la
députée de Chicoutimi.
Mme Jean : Merci, Mme
la Présidente. Alors, bonjour à tous.
Et, comme le mentionnait la ministre, effectivement
j'étais, lors de l'étude détaillée du projet de loi n° 98, à ma première expérience d'étude détaillée et
je suis aujourd'hui à ma première expérience de prise en considération.
Et c'est avec beaucoup de plaisir que je fais cet exercice ce matin.
Et voilà.
La ministre
a résumé assez généralement, effectivement, en quoi consistait le projet de loi n° 98. Donc, je passerai outre. Ce que je vais me permettre de faire ce
matin, c'est témoigner comment le processus a été fait et comment j'ai vécu
cette première expérience d'étude détaillée,
et ce, à travers quoi on a passé à travers. Je pense que ça va être intéressant pour l'ensemble de la
population de connaître un peu ce qui s'est passé.
Premièrement,
cette expérience, je dois l'avouer, a été particulièrement intéressante, très
instructive. J'ai appris énormément de choses, et j'ai pris beaucoup de
plaisir à le faire, et je l'ai fait aussi avec beaucoup de sérieux.
Je rappelle quand même que le projet n° 98
s'inscrivait et s'inscrit toujours dans l'intention de moderniser le Code des professions. On sait que le Code de
professions date déjà de 40 ans, il y a un besoin criant de modernisation,
que c'est un premier volet sur lequel on a
travaillé, premier volet qui touchait l'admission des professions, justement
faciliter l'admission des professions
pour les nouveaux arrivants et aussi corriger certaines lacunes qui touchent
cette admission aux professions pour différents individus, différentes
personnes, que ce soit à l'extérieur ou que ce soit au Québec, qu'ils peuvent rencontrer. Donc, un des objectifs
de ce projet de loi là est à ce niveau-là. Et naturellement l'autre objectif,
un autre objectif important, c'est d'améliorer
la gouvernance des systèmes professionnels. Donc, c'est à ce niveau-là qu'on
a travaillé.
Le projet de
loi s'inscrivait aussi dans la suite à donner aux recommandations de la
commission Charbonneau, très
importante. Je pense que c'est important de le souligner, et que ça a inspiré
plusieurs des articles qu'on retrouve dans le projet de loi, et qui
inspire aussi plusieurs des amendements qui ont été proposés.
Le projet de
loi s'inscrit aussi dans la suite des déboires de l'Ordre des ingénieurs. Donc,
des éléments qu'on va retrouver dans
la loi maintenant, qui étaient dans le projet de loi, visent à faire en sorte
que les événements qui se sont rencontrés à l'Ordre des ingénieurs ne
puissent pas se retrouver dans d'autres ordres professionnels. Il y avait aussi
la difficulté apparente pour des nouveaux
arrivants de faire reconnaître leurs diplômes et expériences qui permettent
d'accéder aux professions.
On sait que,
sur le terrain, il y a plusieurs personnes qui arrivent de l'extérieur, qui
arrivent au Québec avec des diplômes et rencontrent de sérieuses
difficultés d'accès aux professions, que ce soit parce que leurs diplômes ne
sont pas reconnus, que ce soit parce que
l'expérience n'est pas reconnue ou que ce soit encore... et ce qui a été soulevé
beaucoup, c'est que, dans le
processus des exigences qu'on ajoute aux nouveaux arrivants, par exemple, pour
les stages, il y a un manque de
stages criant ou il manque de formation parce que, parfois, on va demander de
la formation ou on va imposer de la formation
à ces personnes-là, et malheureusement la formation est déficiente pour ces
personnes-là qui ont à le suivre, naturellement.
Le début de l'étude détaillée du projet de loi,
je le qualifierais un peu de singulier. J'avoue que ça a été assez intéressant et rocambolesque comme début d'étude
du projet de loi. D'abord, pour une première expérience, on n'a pas
cessé de me dire : Mireille, c'est du jamais-vu, ce qu'on vit à l'étude
détaillée. Remarquez, depuis un an que je suis à l'Assemblée nationale, ça fait plusieurs fois qu'on me dit :
Mireille, c'est du jamais-vu. Donc,
je l'ai vécu aussi à ce début d'étude détaillée.
D'abord,
soulignons... Je rappellerais que, pour une étude détaillée d'un projet aussi
important et un projet complexe,
technique, qui touche le Code des professions, on se retrouvait au coeur de
l'absence... de la grève des juristes de
l'État, ce qui n'aidait pas la situation, on peut l'imaginer. Ce projet de loi là a été mis en oeuvre tout juste après, d'ailleurs, une sortie du
premier ministre, qui avait annoncé que le projet de loi n° 98
s'inscrivait dans la voie qui permettrait aux nouveaux arrivants d'avoir justement accès au milieu du travail. La
ministre l'a souligné tout à l'heure, malheureusement ou heureusement, c'est que seulement 15 % des
nouveaux arrivants se situent dans le niveau, justement, professionnel. Donc, il était un peu difficile d'imaginer que ce
projet de loi là permettrait de solutionner la problématique d'accès au
travail des nouveaux arrivants. Mais on parle quand même de ceux qui sont liés
aux lois professionnelles.
Dans ce même
esprit là, naturellement, le Parti québécois avait proposé, en parallèle avec
l'annonce du premier ministre,
20 mesures qui aideraient de façon globale l'accès du travail pour les nouveaux
arrivants. Dans ces 20 mesures là, certaines ont été proposées pour le projet de loi n° 98 et d'autres
vont être étudiées subséquemment dans d'autres projets de loi.
Donc, en
parlant du début, justement, de l'analyse détaillée du projet de loi, le
jour 1, j'annonce mon intention de proposer des amendements, dont certains qui toucheront l'accès aux
femmes aux postes de décision, donc aux conseils d'administration des
différents ordres professionnels. Donc, c'était mon intention.
au jour 1 ou 2, si je ne me trompe pas, une chose qu'on voit rarement,
peut-être pas du jamais-vu mais qu'on voit
très rarement, une députée du gouvernement a proposé un amendement dans cette
optique-là, donc un amendement qui
proposait justement de faciliter l'intégration des femmes sur les conseils
d'administration ou de favoriser l'atteinte de la parité sur les conseils d'administration de l'Office des professions
et aussi qui pourrait découler sur différents conseils d'administration.
Je vous avoue
qu'à cette période-là, si je me souviens bien, il y a eu énormément de
discussions sur ce sujet-là. La
ministre démontrait des ouvertures, ce qui était très intéressant. Mais il y a
eu beaucoup d'arrêts de l'étude détaillée parce qu'il y avait des travaux à faire en parallèle. Bref, il y a eu
beaucoup de minutes et, je dirais, peut-être des heures consacrées en arrêts et aux questions autour juste
de ce sujet-là, qui était vraiment au début et qui touchait, en fait, quelque
chose de parallèle au projet de loi en tant que tel, qui est la réforme du Code
des professions.
La ministre a
demandé dès le premier jour... Ah oui! Donc, ça, c'est pour le fameux
amendement qui a été proposé.
Dans le
résultat, on a quand même été un peu désappointés. On est heureux
qu'effectivement l'amendement ait été
approuvé, mais quand même un peu désappointés parce que nous, on a beaucoup...
j'ai beaucoup argumenté sur le fait
qu'il fallait imposer une parité dans la mesure du possible, lorsque c'était
possible, de l'imposer. Et malheureusement ce qu'on a préféré comme libellé, c'est le libellé suivant, c'est-à-dire
de tendre, plutôt, vers la parité. Donc, de tendre vers la parité, pour nous, semblait un peu faible.
C'est-à-dire c'est une bonne intention d'arriver à la parité plutôt que de
dire : Il faut que, dans la
mesure du possible, un conseil d'administration s'assure d'avoir la parité
hommes-femmes sur le conseil d'administration.
En même
temps, la chose intéressante, quand même, qui a été apportée en supplémentaire,
c'est qu'effectivement on a ajouté la
notion, pour la composition des conseils d'administration, dans le même
amendement, de tendre aussi vers la
représentation interculturelle du Québec. Donc, le tissu interculturel du
Québec ne sera pas une obligation mais une indication, pour les conseils d'administration, qu'ils devront faire des
efforts pour tendre vers cette représentation-là. Et ça, je pense que
c'est une avancée pour les ordres professionnels et c'est une avancée pour
l'ensemble de la population, ou l'ensemble
des niveaux décisionnels, ou l'ensemble des conseils d'administration qui se
tiennent ici, au Québec, pour qu'on
puisse en tenir compte, que c'est important que la représentation réaliste de
la population du Québec soit représentée lorsqu'on se retrouve dans des niveaux décisionnels importants. Donc, on
parle hommes-femmes, mais on parle aussi des autres composantes de la société
québécoise. Donc, un fait très intéressant qui a été discuté et, finalement,
approuvé lors d'un amendement.
Encore une
fois, au début, la ministre avait demandé un autre élément — je change de sujet — un autre élément avait été demandé.
La ministre avait demandé à revoir l'ordre des analyses détaillées qu'on devait
faire. Vous savez, il y a une liste
d'articles qui sont proposés, qui sont dans un ordre prédéterminé. Donc, la
ministre nous avait demandé si on
pouvait revoir cet ordre-là de manière à étudier une catégorie d'articles dans
un même groupe. Nous, on a montré une
ouverture à ce niveau-là, c'était intéressant de le faire, effectivement. Ça aurait pu
faciliter, mais on a demandé en même temps d'avoir les amendements qui
étaient prévus, qui touchaient ces articles-là, et malheureusement on n'a pas réussi à avoir les amendements. Donc, il a été
difficile pour nous d'accepter de revoir la liste ou la séquence des articles
révisés vu qu'on n'avait pas les
amendements. Donc, on a gardé le même... la lecture point par point, tel qu'il
était proposé dans le projet de loi, au lieu de regrouper tel qu'il était initialement demandé vu qu'on
n'avait pas eu les amendements. Donc, la demande a été rejetée.
Je soupçonne
d'ailleurs... Parce qu'au fil de
l'analyse détaillée du projet de loi on a, nous, demandé, à un moment donné, à regrouper certains articles ensemble, et
je nommerais ceux qui touchaient notamment la répartition des pouvoirs, qui était revue maintenant vu la création de... ou
l'obligation de la création d'un poste de directeur général, qui impliquait
un certain pouvoir : le poste du
président, où son pouvoir était revu, et le conseil d'administration de l'ordre
professionnel où aussi les pouvoirs étaient revus. Donc, on avait proposé que
les articles qui touchaient justement la répartition de pouvoirs dans ces trois postes-là soient étudiés
ensemble, demande qui a été refusée par la ministre, malheureusement, et
je soupçonne que c'est peut-être à cause du
fait qu'au début on avait dû refuser, justement, la même demande pour le
regroupement pour les études détaillées qu'elle avait demandé. Mais on a quand
même réussi à faire la fameuse analyse de
ces postes-là de façon cohérente, et c'était juste un peu plus lourd, et un peu
plus long, et un peu plus compliqué.
Si on parle
des amendements, on a effectivement, tout au long de l'étude détaillée du
projet de loi, proposé des amendements,
et c'est plutôt des amendements qui étaient prévus... Vous savez, il y a des...
le projet de loi a été déposé, et la ministre a des amendements qui
seront proposés parce qu'il y a des choses... le projet évolue, et il y a déjà
des amendements qui sont proposés par la
ministre. Pendant l'étude, surtout au début, je parlerais de la première moitié
de l'étude détaillée, de la période dans laquelle s'est étendue l'étude
détaillée, on a demandé régulièrement, justement, d'avoir à l'avance les fameux amendements qui étaient prévus par la
ministre, et systématiquement on avait un refus de pouvoir avoir accès à ces amendements-là. C'était
malheureux parce que, de les avoir à l'avance, nous, ça nous permettait d'en faire l'analyse, et d'être plus efficaces, et
d'être plus précis lorsqu'on avait à faire, justement, nos interventions lors
de la période de la commission, et de
ne pas l'avoir, ça nous empêchait peut-être de faire un certain travail encore
plus précis et plus profond et
vis-à-vis les amendements qui étaient proposés. Donc, de façon répétée, on a
demandé les amendements comme ça pour pouvoir les étudier de façon
préalable à leur étude.
À un moment
donné, je dirais que c'est à peu près à la moitié, ça s'est mis à arriver, on a
reçu les amendements par blocs. Et à
ce moment-là c'était très aidant pour... peut-être parce que je suis... C'était
ma première étude détaillée, mais ça
me permettait de pouvoir étudier d'avance ces amendements-là, et effectivement,
comme je disais tout à l'heure, d'être plus précise et pertinente par rapport
aux interventions, et aussi de permettre... faire en sorte que les
améliorations possibles et aussi les implications qui arrivaient avec...
qu'impliquaient... qui sont impliquées par un amendement... On était capables... J'étais capable de les
analyser et, à ce moment-là, d'être plus pertinente dans mes interventions lors
de la commission. Donc, on a eu, justement,
ces amendements-là par blocs, ce qui était vraiment très aidant, et j'ai
apprécié beaucoup que ce soit arrivé.
Quelquefois,
malheureusement, et ça, ça m'a surprise, c'est qu'on avait l'amendement en
main, mais, la journée de l'étude de
l'amendement, on avait un amendement qui modifiait l'amendement. Donc, on
revenait un peu au point de départ. C'est-à-dire que la réétude n'avait pas pu
se faire préalablement. Donc, je regrette un peu que ça, ce soit arrivé.
Idéalement, c'est d'avoir les amendements
préalables pour être capable de faire des échanges les plus pertinents possible
et les plus profonds possible par rapport
aux implications qui sont engendrées par les amendements et par le projet de
loi et les articles du projet de loi.
C'est
sûr que, là, en soi, j'ai l'air de dire que ça n'a pas bien été. Ça a bien été,
je dis juste qu'au début ça a été un petit
peu houleux... je ne dirais pas houleux mais chaotique, et des va-et-vient, et
un peu long, et qui était dû à toutes sortes de circonstances qui étaient en dehors de nos pouvoirs, en fait. Mais, à
un moment donné, la vitesse de croisière s'est prise, et j'avoue que c'est à ce moment-là que c'était
vraiment encore plus intéressant de pouvoir le faire. On avait nos amendements,
on était prêts, et tout le monde avançait à
une vitesse, je pense, que tout le monde appréciait, d'ailleurs. Ah! peut-être
aussi... Là, je ne me souviens pas,
c'est peut-être arrivé, cette vitesse-là ou cette erre de croisière là, avec le
retour des juristes au travail. Je
pense que ça a pu faire une différence, justement, sur les informations qu'on
avait et la qualité des éléments qu'on recevait.
général, l'étude détaillée que j'ai effectuée avec la ministre et l'ensemble de
mes collègues a été, je dirais, une approche
de collaboration et de collégialité. J'ai apprécié l'ouverture, et les
échanges, et ce qui se passait justement à la commission à ce moment-là.
Comme
membre de l'opposition officielle, j'ai eu le temps de poser mes questions.
Donc, le temps réparti était adéquat, et on me laissait le temps qu'il
me fallait pour poser une question et renchérir une deuxièm