Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 11 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAPERN 2013-02-11
Quebec — Committees
( Treize heures cinquante-neuf minutes)
La Présidente (Mme Bouillé) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires, à défaut de quoi
je les garderai à côté de moi pour la durée de la séance, y compris le
mien.
La commission est
réunie cet après-midi pour procéder à l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires
du portefeuille Ressources naturelles pour l'exercice financier 2013-2014.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui. M. Billette (Huntingdon) est remplacé M. Bolduc (Mégantic);
M. Martel (Nicolet-Bécancour), par M. Bonnardel (Granby).
La Présidente (Mme
Bouillé) : Merci beaucoup. Nous allons donc débuter par les remarques
préliminaires, puis nous allons procéder à
une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant
les questions et lesréponses. La
mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin du temps qui est alloué à
l'étude de ce volet, soit demain, le 12 février. En terminant, je vous invite, aux
fins de l'exercice de l'étude des crédits, et c'est important, à poser de
courtes questions et incidemment
fournir des réponses tout aussi brèves, de façon à favoriser le plus grand
nombre d'échanges possible.
Nous
débutons donc avec les remarques préliminaires. Mme la ministre, bienvenue,
vous disposez de 15 minutes.
Mme Ouellet : 15 minutes, oui. Merci, Mme la Présidente. En premier lieu,
j'aimerais saluer les membres de la commission parlementaire, en
commençant par vous, Mme la Présidente, saluer aussi les députés représentant
l'aile parlementaire du gouvernement, le
député de Roberval, qui est également mon adjoint parlementaire pour le volet
de laforêt, le député de Repentigny
et le député de Saint-Maurice, les députés représentant l'opposition officielle,
donc je salue le député de Mégantic ainsi que le député de Brome-Missisquoi. Et
finalement je salue le député de Granby, représentant de la deuxième
opposition officielle.
J'aimerais
aussi présenter les collaborateurs qui m'accompagneront durant les travaux de
la commission : donc, le sous-ministre en
titre du ministère des
Ressources naturelles, M. Richard Savard; le sous-ministre associé au
secteur de l'énergie, M. Mario Gosselin,
ainsi que tous les membres de son équipe qui sont à l'arrière de moi; etMme Micheline Cliche, conseillère au
cabinet des Ressources naturelles; et M. Daniel Paquin, conseiller
également auministère des Ressources
naturelles. Et je voudrais aussi remercier et souligner le travail qui a été
réalisé par l'ensembledu ministère
des Ressources naturelles, tant les gens du secteur de l'énergie que les gens
du secteur Budget pour la préparation de ces crédits.
C'est avec plaisir que je suis aujourd'hui devant
vous pour vous présenter les crédits pour le secteur de l'énergie.L'énergie est un secteur névralgique pour le
Québec, il représente une force économique qui positionne favorablement le
Québec au niveau mondial en regard des énergies renouvelables.
Avant
de débuter, je voudrais rappeler aux membres de cette Assemblée, comme j'ai
déjà eu l'occasion de le faire lasemaine
dernière, qu'avec un déficit, l'héritage de la gestion laxiste et jovialiste du
précédent gouvernement libéral, leMRN
tout comme les autres ministères doivent faire leur part pour réussir à
absorber le déficit de 1,6 milliard qui nous a été laissé en
héritage.
Du côté des ressources naturelles, bien que dans
le budget on voit un effort de 22 %, plusieurs activités serontdorénavant financées par un apport provenant du
Fonds des ressources naturelles et d'un budget standard, particulièrement pour les feux de forêt, de sorte
que l'effort réel demandé au ministère des Ressources naturelles sera de37 millions de dollars, ce qui équivaut
à un 4 %. Lorsqu'on regarde l'ensemble de l'enveloppe du ministère des
Ressourcesnaturelles, nous avons un
volet qui est les crédits, mais il y a aussi deux fonds au ministère des
Ressources naturelles, leFonds des
ressources naturelles et le Fonds d'information du territoire, pour un budget
global de 964 millions de dollars.Donc, c'est un effort de 4 % que doit fournir le ministère des
Ressources naturelles, un effort qui est raisonnable et qui esttout à fait comparable aux autres ministères pour
essentiel pour une saine gestion gouvernementale.
Comme
je l'ai mentionné, le secteur de l'énergie est névralgique pour le Québec. Pour
2011, il représente 4,3 %du
produit intérieur brut pour une valeur de 11,2 milliards de dollars,
5,3 % de nos exportations, soit 3,6 milliards de dollars, et
1,5 % des emplois du Québec avec un total de près de
52 000 emplois.
Le territoire du Québec possède de nombreux
atouts en matière énergétique. Il est très clair qu'avec l'énorme potentiel hydroélectrique le Québec se classe
parmi les plus importants producteurs au monde d'énergie renouvelable.En fait, selon nos chiffres de 2009, en
pourcentage de production d'énergie à partir de sources renouvelables, le
Québec se situait au deuxième rang mondial, derrière l'Islande.
Ici,
j'aimerais faire peut-être un petit aparté, parce que le Québec est vraiment
différent du reste de l'Amérique du Nord. Ailleurs en Amérique du Nord, on produit
notre électricité surtout à partir de charbon et aussi à partir de gaz naturel, avec des centrales au gaz naturel
à cycle combiné. Au Québec, nous produisons notre électricité à 98 % à
partir de sources renouvelables, que ce soit
l'hydraulique ou l'éolien, ce qui fait en sorte qu'on a un portrait
complètementdifférent, au Québec,
d'ailleurs en Amérique du Nord, ce qui fait que des fois certaines affirmations
en Ontario ou aux États-Unis peuvent être vraies mais pas vraies au
Québec, étant donné que notre source d'énergie est renouvelable.
Au Québec, en
termes de production d'énergie globale, 40 % provient de l'électricité, de
notre énergie, ce qui est souvent plus qu'ailleurs, étant donné qu'au Québec on
a un tissu industriel qui est fort consommateur d'électricité, mais
qu'en plus, au Québec, là encore où on est différents, on chauffe à
l'électricité, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des autres États américains
ou des provinces canadiennes. Donc, 40 % de notre énergie provient de
l'électricité, 39 % du pétrole. Et, sur le pétrole, on le
sait très bien, la grosse utilisation, c'est le transport. Donc, du 39 %
de consommation de pétrole qu'on fait
sur notre consommation énergétique globale, il y en a 72 % qui vont aux
transports.Finalement, on a un
12 % de consommation de gaz naturel, un 7 % de biomasse et un très
faible 1 % de charbon, ce qui est complètement différent de ce
qu'on peut voir, par exemple, en Ontario, où, en Ontario, ils ont encore une
centrale au charbon, aux États-Unis, où ils
ont plusieurs centrales au charbon. Donc, c'est vraiment un portrait
complètement différent.
Et l'avantage
que nous avons, c'est que notre électricité, comme elle est à partir de sources
renouvelables, émettrès peu de gaz à
effet de serre. Nous avons vraiment, au Québec, une énergie verte qui fait
toute la différence. Et, danscette
perspective-là, j'ai le mandat de la première ministre de présenter une
nouvelle politique énergétique. Il y aura touteune démarche pour cette nouvelle politique énergétique là. Il va être
important que cette politique énergétique là se fasse en consultation. Nous
allons donc nous inspirer de la démarche qui s'est faite en 1994-1996
pour faire une démarche avec des
consultations de l'ensemble des régions du Québec à partir d'un document de
base. Et cette politique énergétique làs'appuiera sur une diminution des gaz à effet de serre. Nous avons
vraiment une volonté… Même si nous occupons déjàune bonne position, étant donné que nous avons une production d'énergie
verte à partir d'énergie renouvelable à cause denotre hydroélectricité et des éoliennes, mais nous souhaitons encore
améliorer notre bilan, et c'est possible de le faire. Donc, diminution
des gaz à effet de serre.
Et, si nous
avons besoin de produire, la priorité sera à, dans un premier temps,
l'efficacité énergétique, l'économied'énergie.
On le sait très bien, l'énergie qui a le moins d'impact ou pas d'impact du tout
est l'énergie que nous ne consommons
pas. Et ensuite, si nous avons des besoins, ce sera prioritairement l'énergie
renouvelable, donc l'hydraulique, l'éolien et les autres énergies renouvelables
alternatives.
Et ensuite ce que nous souhaitons, c'est de
diminuer notre consommation de combustibles fossiles, et on sait que,
pour diminuer la consommation de combustibles fossiles, ça va passer par deux
éléments : l'efficacité énergétique du côté du pétrole et du gaz, mais également l'électrification des
transports et plus de transport en commun. C'est ce qui va faire la
différence, étant donné que le combustible fossile est surtout du côté du
transport.
Mais nous
sommes tout à fait conscients que la transition ne se fera pas du jour au
lendemain et entre-temps nouspensons
qu'il serait intéressant d'exploiter le pétrole du Québec avec des achats à
l'importation de 12 milliards par année,ce qui représente à peu près la moitié du déficit de la balance
commerciale du Québec. Nous pensons qu'il serait beaucoupplus intéressant de le produire au Québec et que
tout cet argent-là reste au Québec au lieu de sortir du Québec avec des
achats en importation de pétrole.
Toutefois, pour faire de l'exploitation du
pétrole, nous souhaitons une exploitation qui soit responsable. Nous avons besoin de l'ensemble des informations, tant
des informations en termes de retombées économiques, des informationsen termes d'impacts environnementaux et quels sont
les moyens de mitigation possibles, les impacts sociaux, et nous allonsprendre une décision collective, savoir si nous
allons de l'avant ou non dans l'exploitation du pétrole, si et seulement si les
retombées économiques collectives sont suffisantes pour s'assurer d'une
exploitation du pétrole et en s'assurant que l'exploitation du pétrole se fera
de façon responsable.
Ensuite, je
voudrais revenir sur une décision que nous avons annoncée la semaine passée,
c'est-à-dire l'arrêt duprogramme des
minicentrales hydroélectriques. En fait, c'est une décision économique,
essentiellement économique, quenous
avons prise dans un contexte de surplus d'électricité, que nous connaissons
actuellement. Et, dans ce contexte-là, lesminicentrales génèrent des pertes annuelles de l'ordre de
24 millions de dollars chez Hydro-Québec pour des revenus d'unpetit moins de 6 millions, estimés à
6 millions pour les communautés. C'est donc de dire : Pour chaque
million que les communautés recevraient, Hydro-Québec perd
4 millions.
Donc, nous sommes conscients que les communautés
souhaitaient cet outil-là, en termes de développement économique, pour pouvoir avoir des revenus qui se génèrent d'année en
année. Toutefois, pour chaque million de revenus, générer
4 millions de pertes, ce n'est pas le bon outil pour générer du
développement économique responsable. Et c'est
pour ça que nous avons mis fin au programme et les six projets qui n'avaient
pas encore reçu leurs autorisations.
Toutefois,
nous souhaitons travailler avec le milieu pour deux volets, premier volet, avec
les promoteurs. Il esttrès clair que
les dépenses déjà réalisées seront indemnisées aux promoteurs qui ont présenté
des projets. Mais, plus que ça, on sait que les
communautés désiraient réaliser des projets structurants à partir des revenus
récurrents provenant de l'opération des
minicentrales hydroélectriques, et nous avons mis en place un comité de suivi
qui sera présidé par moncollègue
ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoi