CAT — 18 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2023-04-18
Quebec — Committees
(Dix heures deux minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
alors, à l'ordre! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je vous demanderais de bien vouloir
regarder vos téléphones cellulaires, que les sonneries soient bien arrêtées.
La commission est réunie aujourd'hui afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 16, Loi modifiant la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme et
d'autres dispositions.
Est-ce qu'il y a des remplacements, Mme la
secrétaire?
Secrétaire : Oui. M. Ciccone
(Marquette) est remplacé par Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey); M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Grandmont (Taschereau).
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, en avant-midi, nous allons
entendre l'Association des
professionnels de la construction et de l'habitation du Québec, la Fédération
québécoise des municipalités et l'Association
des directeurs généraux des municipalités du Québec. Est-ce... Bon. Là-dessus,
on n'a pas de retard, alors je vous souhaite maintenant la bienvenue, à
l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec, je vous rappelle que vous avez
10 minutes à disposition pour donner votre exposé. Par la suite, nous
allons procéder à un tour de questionnement avec les différents partis.
Alors, je vous laisse la parole. Bonjour à vous.
Mme Demers (Isabelle) : Alors,
merci, Mme la ministre, M. le Président, et membres de la commission, de nous
donner l'occasion de prendre part aux consultations menées par la Commission de
l'aménagement du territoire dans le cadre du PL n° 16 sur la loi modifiant
la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Je m'appelle Isabelle Demers. Je suis ici à
titre de vice-présidente de l'APCHQ. Notre organisation a pour mission de
répondre aux enjeux en matière de qualité de construction, de défis
environnementaux et de besoins en matière d'habitation en représentant ses
20 000 entreprises membres au Québec. Aussi, le projet de loi nous
importe particulièrement étant donné le
déficit actuel de logements, la crise de l'habitation qui s'ensuit. À notre
avis, le PL n° 16 a le potentiel de contribuer
favorablement à l'amélioration de l'accès au logement sur tout le territoire du
Québec.
Dans le
mémoire que nous vous avons soumis, là, vous verrez le détail de nos
recommandations, qui se résument essentiellement
à ces trois préoccupations centrales : la densification est nécessaire
pour répondre aux enjeux en habitation au Québec; la standardisation des
comités consultatifs d'urbanisme, les CCU, est primordiale pour assurer la prévisibilité des projets pour les promoteurs;
et un encadrement des redevances de développement est requis afin de faciliter la construction de nouveaux logements sans
effet inéquitable. Sur ce, je cède la parole à mon collègue François
Bernier, conseiller à l'industrie, pour présenter le détail de nos
recommandations. Merci.
M. Bernier
(François) : Bonjour. Merci, Isabelle. Bonjour, Mme la ministre
et tous les parlementaires. Merci de nous accueillir. Écoutez, c'est une belle
occasion, avec le projet de loi n° 16, de parler des règles de
fonctionnement de notre industrie. Ce n'est pas quelque chose qu'on a
l'occasion de faire souvent. C'est quelque chose, par contre, dont on a
grandement besoin, d'être plus performants. Et, dans le projet de loi,
évidemment, lorsqu'on a l'occasion de regarder les règles de fonctionnement de
notre industrie, il y a beaucoup d'éléments qui peuvent être très positifs.
On a... D'abord et avant tout, comme Isabelle
l'a souligné, on arrive ici dans un contexte, là, de crise du logement qui nous
interpelle énormément, comme organisation et comme industrie. Nous estimons, à
l'APCHQ, qu'il faut 100 000 logements de plus demain matin, immédiatement,
dans le marché, pour rétablir une certaine forme d'équilibre. Ça, c'est plus
que ce qu'on produit dans une année. Puis la SCHL nous dit : Non seulement
vous devriez faire ça pour un an, mais vous devriez faire ça pour plusieurs
années, pour rétablir une certaine santé dans notre marché de l'habitation.
Donc, le défi qu'on a devant nous, il est
colossal, comme industrie. Et donc le regard qu'on pose sur le projet de loi
n° 16, c'est de voir dans quelle mesure on a là-dedans des outils
additionnels, des éléments qui vont assouplir les règles de développement puis
qui vont vraiment nous aider à rencontrer cet objectif-là, immense, qu'on a
dans la société, qui n'est pas juste le nôtre, mais dans la société.
Le premier élément qui nous a intéressés, ce
sont les définitions même, là, de ce que c'est que la planification
territoriale, de ce que c'est que le contenu d'un plan d'urbanisme. On y trouve
plusieurs bons mots. Évidemment, il faut voir à bien identifier les besoins, à
utiliser nos infrastructures, mais la réflexion qui nous est venue, c'est qu'à
ce moment-ci, dans la société, est-ce qu'on peut... est-ce
qu'on peut accepter une planification qui ne viserait pas à pleinement faire
usage de nos infrastructures, celles qu'on a puis celles qu'on souhaite avoir?
Dorénavant, il me semble que la prochaine génération de plans d'aménagement
doit avoir cette ambition-là de nous permettre de pleinement utiliser nos infrastructures. Donc, c'est une question de
relief, d'importance à accorder à cette dimension-là, qu'on vous soumet, d'abord et avant tout, que
toute la planification territoriale s'inscrive dans... avec une intention
forte, là, de maximiser, d'optimiser les infrastructures qu'on a, et ça,
ça va colorer notre pensée pour la suite des choses.
Alors,
on a regardé le projet de loi, puis je vais m'arrêter sur un certain nombre
d'éléments... en me disant : Bien, écoute, est-ce que tout ça nous permet
d'atteindre les potentiels? Comment est-ce qu'on pourrait faire un petit peu
plus ici et là? Premier élément qu'on a
remarqué, c'est le zonage incitatif. On a trouvé intéressant que le projet de
loi l'aborde. Bon. En même temps qu'on a une ouverture pour accueillir
du zonage incitatif, on voit la porte se refermer un petit peu, alors qu'on dit : Bien, il va falloir
que, si on prend une entente avec quelqu'un, on la soumette au comité consultatif
d'urbanisme. On pense que ça devrait
simplement être optionnel, une chose semblable. Voilà un exemple de disposition,
peut-être, qui est... dont on n'a pas véritablement besoin. Laissons les villes
déterminer si elles veulent aller auprès du conseil consultatif d'urbanisme
pour un règlement de zonage incitatif, pour une entente de zonage incitatif. Ce
constat-là, là, de : on fait une
ouverture, puis, ensuite, on voit la porte se refermer, on l'a fait à plusieurs
endroits, ça fait que je vais continuer un peu sur cet élément-là.
Deuxième élément
qu'on a remarqué, c'est de la fiscalité, je dirais, positive. On a bien vu
que... Puis on salue le fait qu'on puisse passer à des programmes de
revitalisation, qui accorderaient des crédits de taxes pour, justement, la
revitalisation. C'est très bien, tant mieux. On a aussi vu un programme... la
possibilité de donner des crédits de taxes pour du logement accessoire, tu
sais, du logement d'habitation accessoire. C'est une excellente nouvelle, mais,
encore une fois, woup! la porte vient de se refermer. Il faudrait que la
personne qui va occuper le logement ait un lien de parenté. Vous savez, au
Québec, il y a plein de personnes seules, il y a des étudiants, il y a plein de
monde qui pourrait bénéficier de ces logements accessoires là, et on en a
grandement besoin. Si seulement 3 % des maisons au Québec incluaient du
logement comme ça, accessoire, ça ne défigurerait pas du tout le Québec, ça
n'aurait aucun impact non plus sur les infrastructures, mais ça ajouterait
50 000 logements dans le parc d'habitation au Québec. Je viens de
vous dire, en partant, qu'il en manque 100 000, donc c'est le genre de
mesure qu'on trouve excessivement intéressante, puis on pense qu'on devrait
généreusement l'appuyer, en termes de crédits, donc, de ne pas avoir une telle
contrainte.
Ensuite, on voit
qu'on aborde la question, un peu difficile, parfois, des référendums. Donc, à
l'article 106, on dit qu'on pourrait accepter des projets qui incorporent
un certain nombre de changements à des normes d'urbanisme de base, l'intention
étant aussi... l'intention, elle est de densifier un peu, mais certains
changements d'urbanisme de base pourraient être accueillis, acceptés sans
recours à l'égard... tu sais, sans qu'on ait la menace d'un référendum, disons.
Alors, on trouve ça excessivement intéressant, avec, en tête, bon, des cas de
figure. Qu'est-ce qui se passe, tu sais, quand tu arrives puis que tu veux
faire un troisième étage par-dessus un deux logements, que tu veux passer de
quatre à six? C'est des cas de figure qu'on vit dans la réalité, et là on se
demande : Est-ce que le projet de loi, les modalités qui sont présentées
là nous permettent d'accueillir ces changements-là facilement? Bien, la réponse
courte, c'est non, parce qu'on doit le faire à l'intérieur de seulement un
changement qui serait de l'ordre de 33 % des normes d'urbanisme de base.
Vous imaginez que, donc, 33 %, ça ne convient pas pour passer de deux à
trois étages ou de quatre à six. Donc, notre cas de figure, là, il n'est pas
rencontré à la hauteur de nos besoins puis de nos attentes, avec de telles
modalités.
Donc,
suggestion, en ayant en tête notre cas de figure, essayons d'accommoder tout ce
qui est de changements de règles d'urbanisme de base de 50 % et
couvrons bien les deux paragraphes, là, de l'article 113 qui en parlent,
parce que, bien que l'intention soit de permettre une densité, le seul
article
qui le mentionne, au fond, il n'est pas couvert, présentement, par le projet de
loi. Donc, il faut couvrir le paragraphe 3° et le paragraphe 5°, à
l'article 105, si on veut vraiment aller par là, mais l'important,
c'est : Allons-y à 50 %. Et on a pensé, dans notre cas de figure, justement,
qu'on risquait d'être à proximité de réseaux de transport important, donc lions
ça à la proximité, disons, de 750 mètres d'un réseau de transport
collectif. Puis là on pourrait arriver à faire des changements réels pour des
cas de figure qu'on rencontre assez souvent. C'est comme ça qu'on vous le
présente.
Cela étant dit, si
jamais on se rend compte qu'après avoir fait tous ces efforts-là on est encore
immensément loin des potentiels dans un secteur important, ce qu'on se dit,
c'est qu'il faut être prêt à aller au-delà de ça, il faut être prêt à autoriser
la ville de faire appel au potentiel qui est en jeu ici et d'accepter
dorénavant des changements aux normes d'urbanisme qui soient plus ambitieux, on
va dire ça comme ça, puisqu'on a en tête d'atteindre un potentiel et qu'on est
encore bien, bien loin. Donc, il faudrait accorder des possibilités
additionnelles aux municipalités pour aller encore plus loin que ce qu'on vient
de vous proposer, de base.
S'il faut encore des
changements ou s'il faut encore des référendums, on dépose différentes
propositions pour redéfinir la façon que ça se passe, l'idée étant qu'on a
présentement vraiment beaucoup trop de contrôle entre les mains d'un petit
groupe, malgré que les projets ont une importance sociale et économique qui
déborde souvent, mais de beaucoup la zone en question. Donc, il est temps qu'on
repense aux zones, il est temps qu'on repense au mode de calcul pour appeler des référendums, puis on dépose des
propositions dans ce sens-là. J'espère qu'on ne sera pas les seuls, parce qu'il y a peut-être d'autres
qui ont des bonnes idées pour revoir ça puis rendre ça un peu plus équilibré.
Concernant les CCU,
on l'a abordé brièvement tout à l'heure, ce qu'on recommande, en un mot, c'est
de les professionnaliser davantage avec un peu plus d'encadrement, un peu plus
de formation, permettre aux gens aussi de présenter
leurs projets. On pense que ces outils-là, additionnels, sont nécessaires à ce
moment-ci, cette communication-là doit être améliorée pour que les
projets cheminent plus facilement.
Dernier point, s'il me
reste un peu de temps, je veux vous parler des redevances de développement. J'ai
parlé de fiscalité positive, tout à l'heure, mais il y a de la fiscalité
négative qu'on traîne depuis qu'on a adopté un régime de redevances de développement. Alors, il y a trop peu de modalités
d'encadrement dans le régime actuel. Je regardais la loi de l'Ontario, je pense qu'elle dure
40 pages. Nous autres, on a de la misère à en faire une ou deux, là. Ça
fait que c'est... Il y a trop peu d'encadrement, dans le régime actuel, puis
c'est une occasion de le revoir avec le projet de loi n° 16.
Donc, ce qui nous revient toujours à l'esprit,
c'est qu'on n'a pas une très bonne description, une définition des types de dépenses qu'on peut y mettre, on n'a
pas idée de s'il faut que ces dépenses-là apparaissent dans un horizon de
temps raisonnable ou pas.
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Bernier (François) : Puis je
vais vous dire,
sommairement, on n'a pas idée de quand est-ce qu'on va faire la reddition de comptes auprès des
consommateurs. Alors, on a promis des choses, mais il n'y a aucune modalité pour
leur rendre compte de ça. Puis ça, c'est... il faut vraiment le corriger avec
reddition de comptes obligatoire à cinq ans. Ça fait que voilà les principales
recommandations.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant procéder à une période d'échange
avec... du côté gouvernemental. Alors, je laisse la parole à la ministre de
l'Habitation.
Mme Laforest : Oui, bonjour.
Ministre des Affaires municipales.
Le Président (M. Schneeberger) : Excusez-moi,
c'est vos anciens titres.
Mme Laforest : Bonjour à vous
tous. Bien, on parle beaucoup d'habitation, vous en parlez, d'ailleurs. Quand
vous parlez des projets, de professionnaliser les CCU, est-ce que c'est parce
que vous avez eu de mauvaises expériences,
et, si oui, quel genre d'expérience, en général? Quels problèmes que vous
rencontrez le plus souvent avec les CCU?
M. Bernier (François) : Je vais
laisser mes collègues...
Mme Robitaille (Mélanie) : Oui,
bien... Bonjour, Mme la ministre. En fait, en fait, ce que je dirais, c'est que
c'est inégal. Donc, les CCU, d'une part, il y a une problématique de roulement,
donc, tu sais, c'est très, très rare qu'on voie des gens qui siègent sur un CCU
pendant 25 ans. Des projets comme... des projets comme nous, on fait... moi, je travaille dans les quartiers centraux à
Montréal, c'est des projets d'envergure, qui peuvent durer parfois trois ans
de prédéveloppement, quatre ans de prédéveloppement, six à huit ans de
construction. Donc, on se retrouve à avoir des
gens sur le CCU qui bougent constamment. Le niveau d'expertise et de
connaissance diffère grandement entre les différents arrondissements,
Montréal et les différentes villes au Québec, donc, le but, ce serait vraiment
de créer un cadre professionnel pour être en
mesure d'avoir les meilleurs CCU possible et qui remplissent le mandat auquel
on s'attend.
Mme Laforest : OK,
merci. Je vais poser mes questions en rafale parce que mes collègues ont aussi
des questions. Vous parlez des permis qui sont octroyés dans les municipalités,
vous dites dans votre mémoire que vous aimeriez qu'on publie annuellement les cibles concernant les
délais de traitement des permis, sûrement parce que vous... On s'est déjà rencontrés,
vous dites que, parfois, les permis... souvent c'est très, très long, dans les
municipalités, mais qu'est-ce que ça
changerait de les publier? Est-ce qu'il y a des exemples que vous pouvez me
donner par rapport à ces publications-là, que vous avez déjà vus dans
d'autres... soit dans d'autres pays ou... Parce qu'on a parlé aussi de la construction des projets dans d'autres pays, mais,
au niveau de la publication des cibles, c'est sûrement pour accélérer le
traitement des permis dans les villes... dans les municipalités.
M. Bernier (François) : Bien,
si je peux me permettre...
Mme Robitaille (Mélanie) : Bien...
Oui.
M. Bernier (François) : Bien,
vas-y, mais... Au fond, je pense qu'on parle d'un état de situation où il n'y
en a pas, de cible, il n'y en a pas, ça fait
que de s'en donner puis, ensuite, de se commettre à faire un rapport sur
l'atteinte ou pas de nos cibles,
bien, c'est une prise de conscience. Alors, ce n'est pas nécessairement pour
être critique, mais, tu sais, si on
veut commencer à améliorer des choses, professionnaliser notre système de
développement, c'est qu'on se commet à des processus pour traiter les
dossiers à l'intérieur de certains délais. Bien, alors, est-ce qu'on les
respecte? C'est ce genre de rapport là qu'on se doit à tous pour s'ajuster en
cours de route.
Mme Laforest : OK. Merci.
M. Robitaille
(Mélanie) : Mme la ministre, si je peux me permettre, dans le
fond, ce qu'on croit, c'est qu'il y a des
municipalités au Québec, en ce moment, qui excellent au niveau des émissions de
permis, et on pense que ce n'est pas assez véhiculé. Moi, je pense que,
si j'étais la mairesse d'une ville qui voyait la ville voisine avec une cible extraordinaire de délais de traitement, d'émissions de
permis, j'aurais comme envie de trouver des solutions à ma problématique interne que je viens de comprendre
par la divulgation de ces pratiques-là. Ça fait que c'est vraiment de
prêcher par l'exemple. On pense que ça pourrait avoir un impact positif.
Mme Laforest : Quel exemple
d'une municipalité que vous pouvez me donner?
M. Robitaille (Mélanie) : Je
vais laisser François parce que moi, je travaille exclusivement à Montréal puis
je ne commenterai pas les délais de...
M. Bernier
(François) : Je pense que je vais jouer le ricochet, à mon
tour, je vais demander à Donald là-dessus.
Mme Laforest : On peut nommer
des noms si c'est des bons exemples. C'est important de les mentionner.
M. Bonsant (Donald) : Oui,
c'est des bons exemples. Écoutez, je crois que la ville de Trois-Rivières est
un excellent exemple, en termes de traitement de délais, de permis. Ils se sont
fait une structure interne qui facilite puis qui oriente les promoteurs de
façon très précise et avec une personne... un intervenant précis. Je ne
nommerai pas ceux que ça ne fonctionne pas, si vous permettez, moi aussi, je
travaille dans beaucoup de municipalités au Québec, mais il y a énormément
d'exemples, comme l'a dit Mne Robitaille, là, où ce n'est vraiment pas égal.
Mme Laforest : OK. Dernière
question, les...
Mme Demers (Isabelle) : Si je
peux me permettre...
Mme Demers (Isabelle) : Bien,
simplement que, dans le mémoire, on mentionne aussi l'exemple de la ville de Victoriaville, qui a été en mesure de créer
trois fois plus de logements au premier trimestre, en 2023, comparativement
à la même période l'année passée. Donc, c'est des exemples positifs aussi, là,
c'en est une autre, là... au moins d'en avoir un deuxième. Voilà.
Mme Laforest : C'est bon. Le
33 %... Non, je vais poser ma question plus sur les unités accessoires.
Vous dites qu'on devrait le permettre pour tout genre, tout genre de... toutes
les demandes, en fait, pas nécessairement pour des membres de la famille, mais il faut penser aussi que les unités
accessoires, si tous les quartiers le permettent, est-ce qu'on ne
défigure pas un quartier? Parce qu'on le sait, ça va demander plus de services,
la gestion des matières résiduelles, et ainsi de suite. Vous n'avez pas une
crainte, au niveau des municipalités, si on commence à construire des unités
accessoires dans tous les quartiers, sans précision, vous n'êtes pas inquiets?
M. Bernier (François) : Bien,
d'abord, à moins que ma lecture ne soit pas juste, là, c'est qu'on entend
accorder un crédit de taxe pour le logement accessoire, hein, c'est bien ça,
mais seulement s'il y a un lien de parenté?
M. Bernier (François) : Donc,
c'est ça qu'on voulait commenter. Et puis que le crédit de taxe soit octroyé,
donc, à d'autres utilisateurs potentiels, tu sais, ça... c'est ça qu'on voulait
souligner. Mais quant à la présence massive de logements accessoires qui
viendrait défigurer le Québec, moi, je n'y crois pas. Je n'y crois pas, parce
qu'il y a tellement de sensibilité là-dessus que les villes vont s'assurer que
le type de maisons qu'on va transformer, les quartiers où ça se passe, tout
ça... on va trouver des façons de faire ça de façon assez douce. Et, avec le
temps, comme je vous dis, le potentiel de ça, à mes yeux, c'est de l'ordre
de... mais vraiment un potentiel de 3 % des maisons. Puis là on parle de
se projeter dans plusieurs années. Que 3 % des maisons Québec, un jour, réussissent
à intégrer ça, ça ne va pas se passer vite, puis ça ne va pas paraître
beaucoup, puis ça ne va pas créer beaucoup de vidanges, puis ça ne va pas créer
beaucoup de pression sur les réseaux ni transformer le...
M. Bernier (François) : À mon
sens, là, c'est quelque chose qui va se faire de façon très, très douce.
Mme Laforest : OK. J'ai quand
même une dernière question. Pour le 33 % que vous parlez... que vous
parliez tout à l'heure, est-ce que vous, dans un... admettons, si c'était dans
l'optique d'augmenter à 50 % si c'est une nouvelle construction, suite à
une démolition... mais quand même garder un 33 % général partout au
Québec... Vous, c'est vraiment partout qu'il faudrait augmenter de 50 %,
et non... Parce que, si on se retrouve avec des édifices beaucoup plus hauts
que prévu, vous n'avez aucune crainte?
M. Bernier (François) : Non, on
a senti ça venir, là, puis on a dit que ce qu'on proposait, on proposait
d'abord et avant tout de le lier à une proximité avec certaines infrastructures
importantes de transport ou autre, hein? Quand on vous
dit qu'on peut bouger à 50 %, là, on l'a lié d'entrée de jeu à cette
condition-là pour rendre tout le monde confortable avec ça. Bien entendu, le
30 % peut peut-être être vécu ailleurs, mais essayons-nous, là, de réussir
des cas de figure, de passer de deux à trois
étages ou de quatre à six dans des milieux urbains proches d'infrastructures
importantes. C'est ce qu'on avance.
Mme Laforest : OK. C'est
intéressant, merci. Je vais laisser la parole à...
M. Bonsant (Donald) : Quand on
parle...
M. Bonsant (Donald) : Excusez.
Quand on parle de réseau structurant, on s'entend, là, il n'y a pas beaucoup de villes au Québec, présentement, qui en
possèdent, donc, c'est vraiment une minorité. Puis, si je peux juste me... vous
expliquer, quand on parle de
33 %, si j'ai un six logements, on se rend compte que je peux monter à
huit logements, mais, lorsque tu es à 250 mètres d'une station de
métro, tu ne viens pas vraiment d'augmenter de densité significative. C'est pour ça que le 50 %, on parle de...
mettons, un huit logements, on pourrait aller jusqu'à 12 logements, par
exemple. Donc, ça, c'est en vertu de
l'alinéa 3, que M. Bernier a discuté, qui ne fait pas
partie de la
loi présentement. On a juste été à l'article 123, au niveau...
l'alinéa 5, c'est-à-dire, qui parle de marges de recul, de volumétrie,
tout ça.
Mme Laforest : OK. C'est
intéressant.
M. Bonsant (Donald) : Donc,
c'est important à considérer parce que le nerf de la guerre est là, là, sans
aller avec les référendums, puis tout ça aussi,
là. Donc, je pense que c'est très important, cet aspect-là, qui n'a pas été...
qui ne fait pas
partie du projet de loi, actuellement, pour ce qui est
de l'alinéa 3, là, de l'article 113.
Mme Laforest : OK. Bien, pour
les référendums, on a quand même plusieurs groupes qui nous en parlent, là, des projets qui sont bloqués parfois à cause
des référendums. Ça fait que ça, je vais... j'ai entendu quand même plusieurs
groupes le mentionner. Je vais laisser les autres questions à mes collègues. Je
vous remercie encore une fois.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Nous allons maintenant du côté du député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bonjour,
messieurs. Bonjour, mesdames. Moi, je veux revenir sur l'émission des permis,
la question, là, des cibles au niveau de l'application des délais de traitement
des permis. On sait que, parfois, certaines
cibles peuvent devenir très contraignantes pour des municipalités, puis je ne
pense pas qu'on a répondu tout à l'heure, mais ce serait quoi, pour
vous, l'implication, s'il y aurait des cibles, pour une municipalité, de ne pas
les respecter?
M. Bernier (François) : Bien, écoutez,
je ne pense pas qu'on va aller en prison, personne, mais, quand on a au moins
le moyen de constater qu'on avait... qu'une municipalité s'était donné des
objectifs puis qu'elle ne les rencontre pas, c'est au moins une occasion de
voir pourquoi c'est arrivé, là. Alors, présentement, l'état de situation, c'est
qu'on peut accepter de ne pas en émettre pendant assez longtemps et qu'on ne le
fait pas, le point, là, on ne le fait pas,
le point, pourquoi ça ne sort pas? C'est peut-être un problème de ressources ou
d'autres problèmes, mais donc je pense que le premier pas à faire, c'est
de laisser à chacun le soin de déterminer ses propres objectifs.
Puis, encore une fois, je vais réitérer, là,
c'est important qu'il y en ait pour aller chercher leur plein potentiel de développement. Alors, s'ils s'alignent comme ça
puis ils se donnent des objectifs ambitieux, bien, périodiquement, c'est
le temps de voir si on est dans le champ ou bien, donc, si on avance vraiment,
si les ressources municipales sont données aux personnes pour que les projets
avancent ou elles ne sont pas données. C'est ça que ça permettrait.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Puis
vous avez des... Est-ce que vous détenez des statistiques...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...au
Québec, de municipalités que vous croyez qui ne respectent pas leur plein
potentiel de développement? Parce que, pour émettre ça, il faut quand même
avoir des données.
M. Bernier (François) : Je vous
dirais que le constat qu'on fait... puis ça, c'est ma lecture personnelle, mais
mes collègues ont la leur, là... je pense qu'il y a assez peu de municipalités
au Québec qui ont une idée de leur potentiel.
Ils n'ont juste pas d'idée, ils ne savent pas ce que peut supporter vraiment...
partout, leurs infrastructures, en tout cas. S'ils le savent, ils ne le
communiquent pas. Ils ne le communiquent pas, parce que, s'ils le faisaient
puis ils disaient : Bien, à tel
endroit, moi, j'imagine qu'on peut faire ceci ou faire cela, ça inviterait des
projets en conséquence.
Or, là, présentement, notre développement se
fait plus à tâtons : Viens, puis on va voir si on est capable, puis on
n'est peut-être pas capable, puis on va se reparler plus tard. Ça fait que, là,
il est maintenant temps de dire : On fait l'identification de nos
potentiels correctement, on se donne des objectifs pour le faire, on va donner
aussi bonne conscience qu'on a pleinement utilisé nos
infrastructures avant d'autoriser des ouvertures de rues ou quoi que ce soit,
alors... Mais mon constat, c'est que c'est assez rare qu'on a cette lecture-là.
M. Bonsant
(Donald) : Oui, puis, écoutez, si je peux juste me permettre...
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Oui.
M. Bonsant (Donald) : ...on
le voit beaucoup lorsqu'on arrive... Évidemment, moi, j'ai la chance de
travailler un petit peu partout au Québec, présentement, sur des projets
de redéveloppement, des projets de requalification, et, quand on dépose, par exemple, un projet avec possibilité de 3 000,
4 000 logements autour d'un centre d'achats, quelque chose comme ça, bien, les municipalités, des fois,
sont superdépassées parce qu'elles ne connaissent vraiment pas leur potentiel, c'est quoi, le niveau des
infrastructures, que faut-il mettre en place pour accueillir ce nouveau
développement là.
Donc, je pense que,
dans le plan d'urbanisme, ça a été comme spécifié, quand même, que les gens
vont devoir regarder leur potentiel puis leur... faire un ménage au niveau de
leurs infrastructures de façon à plus nous aiguiller. Parce qu'avant de
commencer à concevoir un projet comme Mme Robitaille peut faire à
Montréal, tout ça, il faut savoir un peu jusqu'où on peut aller en termes de
densification, en termes de... On veut tous... tout le monde veut faire de la densification, mais on ne sait
pas jusqu'où on peut aller. Donc, on est là, présentement, on... c'est qu'on
se fait buter, puis ça, bien, évidemment, ça retarde les processus, ça allonge
les délais au niveau de l'acceptation des brevets, ce qui est compréhensible
aussi. Ce n'est pas simple, là.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Juste comme ça, mais... C'est que je vous entends,
mais vous êtes un peu à deux niveaux, hein? Vous parlez d'installations de
3 000, 4 000 logements à un endroit. On sait que les grandes villes, c'est une chose, mais il reste que, quand
on tombe dans les... en région, les municipalités, les MRC, on a des très,
très bels exemples de MRC, quand vient le temps de faire les schémas
d'aménagement révisés, qui planifient leur développement sur le territoire.
Bien entendu, c'est la municipalité aussi qui a à faire appliquer toute la
question de règlement de zonage puis son propre développement, en respectant le
plan d'aménagement révisé de la MRC, mais je comprends qu'il y a deux enjeux,
là, à votre niveau, parce qu'on a des endroits au Québec que ça fonctionne
très, très bien, dans des régions, là, le développement, là... Je vais terminer
là-dessus parce que je pense que j'ai d'autres collègues aussi...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, j'ai d'autres collègues. Alors, merci, député de
Lac-Saint-Jean. Nous allons poursuivre du côté ministériel, toujours, avec la
députée de Labelle.
Mme Jeannotte :
...messieurs. Bien, j'aime beaucoup les recommandations que vous avez
faites. Ayant le rôle de
titre d'adjointe parlementaire en Habitation, voyons,
pardon, j'aurais une question au niveau des redevances en développement. Vous recommandez de baliser davantage le recours aux
redevances de développement. Vous proposez de déterminer les types de dépenses pouvant faire l'objet de redevances.
Plus précisément, quel genre de dépenses devraient, selon vous, pouvoir
être visées par une redevance et qu'est-ce qui ne devrait pas l'être, s'il vous
plaît?
M. Bernier (François) : Écoutez, la dernière fois qu'on s'est prononcé clairement
là-dessus, c'était à la commission parlementaire où elles sont nées, là,
quand on a fait ça, et on a référé à un projet de loi précédent qui avait été
considéré par le gouvernement du Québec, où, là, on s'était donné la peine de
dresser la liste des éléments à inclure aux
redevances. C'est un lien dans notre mémoire, puis on peut y retourner, mais,
au fond, c'est une liste assez simple : police, pompiers, certains
équipements municipaux, peut-être huit, 10 éléments qui peuvent être
couverts comme ça.
Je pense que, tu
sais, au fond, vous pouvez... les gens pourront analyser ça en rapport à cette
liste-là, et ça pourrait convenir. C'était un ensemble de six, huit éléments.
Ou vous pouvez aller regarder la loi ontarienne qui, elle, élabore en toutes
lettres, justement, quels sont les éléments à inclure, bien que les
responsabilités soient très, très différentes pour les villes ontariennes. Ça
fait qu'au fond c'est... Je ne peux pas les nommer toutes par coeur, mais elles
sont toutes écrites dans notre mémoire de l'époque, de 2016, là, quand ça a été
adopté, et on peut y référer, là, à nouveau.
Mme Jeannotte : Ah bon! On va aller là.
Donc, j'aimerais laisser la chance à mes collègues, également, là, de
poser des questions.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Députée de Rivière-du-Loup, oui.
Mme Dionne :
Une question concernant les élections référendaires. Donc, vous suggérez de
hausser de 50 % l'exemption
référendaire pour des modifications aux normes d'implantations des projets dans
des secteurs à proximité de réseaux de transport structurants. Moi, ma
question, c'est : Est-ce que vous ne craignez pas que des augmentations de
volumétrie trop drastiques pourraient... dans le fond, auraient lieu...
seraient trop drastiques avec un seuil pareil?
M. Bernier
(François) : Il y a peut-être des cas de figure où ce serait
inacceptable, j'en conviens, mais... c'est
possible, mais, en même temps, est-ce que moi, je peux accepter de perpétuer,
perpétuer, là, pour une génération encore, une sous-utilisation
d'infrastructures à proximité de métro, comme ça? Je suis bien mal... j'ai bien
du mal à vivre avec ça.
Puis, en tout respect
pour, bon, la position de citoyens que ça pourrait déranger, je pense qu'il est
temps d'avoir un petit peu plus de coudées franches, là, pour faire des
changements qui vont déranger quand même un peu, de cet ordre-là. Je ne pense
pas que ce soit si dramatique, comme changement. Pourtant, aujourd'hui, on peut
vivre une très vive opposition là-dessus. Ça fait qu'on est pris dans cette
espèce d'équilibre là : Qu'est-ce qu'on est prêts à faire pour arrêter de
gaspiller des infrastructures au Québec pour la prochaine génération puis quand
même être à l'écoute des citoyens? Ça fait qu'on a essayé de trouver ce juste
milieu là pour avancer un peu.
M. Bonsant (Donald) : Oui, puis
je tiens juste à vous rappeler que les municipalités disposent d'outils réglementaires intéressants qui vont quand même
être utilisés, là, on parle des règlements sur les PIIA, les PPCMOI...
Le Président (M. Schneeberger) : ...on
doit terminer là-dessus.
M. Bonsant (Donald) : ...tout
ça, donc, qui vont venir aider les municipalités.
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Nous allons maintenant du côté de
la première opposition, et je passe à la députée de Mille-Îles, qui va
prendre la parole, oui.
Mme Dufour : Oui, Mille-Îles.
Merci. Bonjour et merci d'être ici avec nous ce matin, même si c'est virtuel, c'est un plaisir de vous entendre. Vos positions
sont très intéressantes, particulièrement celle sur les CCU. Je vous dis... je
vais vous dire, vous êtes les seuls à avoir abordé le sujet des CCU. C'est un
sujet qui m'intéresse particulièrement, la
ministre le sait, je lui en ai parlé en privé aussi. J'ai déjà été présidente
de l'Association québécoise d'urbanisme, qui offre des formations, justement, aux membres de CCU, et c'est quelque
chose que j'avais noté, là, le manque de formation à certains égards. Donc, votre vision là-dessus,
ce serait quel genre de formation? Est-ce que vous avez une idée du temps
que les formations devraient durer? Juste
enligner un peu c'est quoi, votre vision de... quand vous parliez de formation
obligatoire.
M. Bonsant (Donald) : En
fait... Je peux y aller, François.
M. Bernier (François) : Oui,
vas-y.
M. Bonsant (Donald) : En fait,
par rapport aux formations de CCU, je peux parler en connaissance de cause,
j'en ai... j'ai eu l'opportunité et la chance d'en donner moi-même
personnellement, là, en tant que président sortant de l'Ordre des urbanistes puis aussi dans mon travail, qui m'amène à
faire ça. C'est... On ne parle pas de formation de quelques journées,
là, c'est des... bien souvent, c'est des formations aussi... ça peut être des
demi-journées, ça peut être une journée
complète, on peut parler d'éthique à l'intérieur de ça, on peut parler
peut-être de règles de fonctionnement de tous les dossiers, comment ça
fonctionne dans l'appareil municipal aussi, qui est différent d'un endroit à un
autre aussi, puis aussi du rôle, le rôle principal d'un membre de CCU, c'est
quoi, son rôle principal.
Ce n'est pas... Tu sais, des fois, on pense que
c'est... on va mettre cinq urbanistes dans un comité consultatif d'urbanisme,
puis tout va bien aller. Je vous assure que, non, ça n'ira pas bien. Ça prend
des gens de tout acabit, ça prend des gens de toute formation, avec... Dans le
fond, ce qu'on veut, on veut avoir l'avis des gens, un avis... puis il faut les
amener à ça. Donc, il faut leur donner des outils sur des... ça peut être sur
l'architecture, ça peut être sur la volumétrie, puis leur aider à comprendre
surtout qu'est-ce qu'ils appliquent comme réglementation puis sur quoi ils
doivent se positionner. Puis, bien souvent, ils sont... ils ne sont pas trop...
Ils ont beaucoup de bonne volonté, mais ils ne savent pas trop, donc, mais,
l'éthique, beaucoup aussi là-dedans, rentre en jeu.
Mme Dufour : Parfait.
Donc, une demi-journée, pour vous, là, ça paraîtrait une formation assez
complète, là?
M. Bonsant (Donald) : Ça
pourrait être peut-être plus que ça, mais ça pourrait être un module, je
dirais, plus générique, puis y aller peut-être en profondeur après, là.
Mélanie, tu veux...
Mme Robitaille (Mélanie) : Oui.
Mme la députée, moi, ce que je crois, personnellement, c'est qu'il faut des
guides. Il y a des outils réglementaires qui existent, il y a des membres de
CCU qui ne savent pas que ces outils réglementaires existent. Il y a une
question de rôles et responsabilités du CCU versus les fonctionnaires, versus
les élus. Ça fait que, peut-être, moi, si je devais devenir membre d'un CCU, je
souhaiterais qu'on m'accueille avec un cartable qui inclut de l'information, en
plus d'avoir une demie à une, deux journées de formation initiale. Puis,
ensuite, je pense que ça peut être pertinent, pour des membres qui demeurent
sur des CCU pendant de nombreuses années,
d'avoir une certaine formation continue aux deux ans, trois ans, une petite...
deux heures de formation pour toutes les mises à jour en loi... en lien
avec la loi ou en lien avec les différents changements, là.
Mme Dufour : Merci beaucoup. Je
vais vous amener ailleurs. Lorsque vous parlez, là, de retirer... justement, de ne pas obliger d'aller au CCU le zonage... pour
le zonage incitatif, ça, c'est un des éléments que vous avez amenés.
Puis vous avez aussi amené de laisser les municipalités déterminer, dans le
fond, le pourcentage, qu'elles pourraient aller
au-delà de 33 %, selon leur besoin de capacité. Bon. Moi, je suis députée
à Laval, je viens... j'ai été élue municipale à Laval, et ce n'est
pas... ça ne fait pas très longtemps, la commission Charbonneau et tout ce qui
s'est passé, notamment avec Gilles Vaillancourt. Alors,
je me demandais comment on peut, disons, rallier vos deux propositions avec
les... disons, les mesures éthiques qu'on a prises pour, justement, tenter que
des élus monnayent des éléments... disons, des ajouts à des projets, par
exemple, contre rétribution personnelle, etc. Comment on peut pallier vos
propositions avec cet enjeu éthique là?
M. Bernier
(François) : Je pense que, comme vous l'avez démontré, il y a
maintenant une très, très grande sensibilité de ne pas s'exposer à ça, là. Bon.
Est-ce que, pour autant, étant donné un risque potentiel, là, comme vous le
soulevez, que... Est-ce qu'on doit vraiment s'empêcher de brasser la cage, là?
À un moment donné, quand on voit qu'on va être en situation de sous-utilisation
de nos infrastructures, puis on condamne la prochaine génération à ça, puis on
accepte ça, bien, je pense que, une fois qu'on s'est dit clairement quels
étaient nos potentiels, ils sont documentés, ils sont publics, ils sont là, ils
sont connus, alors... et puis qu'on manifeste une volonté d'y aller, puis on
est appuyé, les consultations préalables sont faites, on a fait nos devoirs et
nos leçons, il faut, à un moment donné, autoriser des changements substantiels,
il faut le faire.
Sinon, bien, on
accepte des changements mineurs, puis c'est réglé pour la prochaine génération,
puis je serais triste qu'on le fasse parce qu'il y a une crainte de mauvais...
de mauvaises pratiques, là. Je voudrais que ce soit bien fait, par exemple,
évidemment, que l'effort de documentation des potentiels, ce soit réalisé de
façon impeccable, qu'on ait bien des bonnes consultations citoyennes pour
dire : Oui, ici, on voit un avenir. Puis qu'on consulte les citoyens à ce
niveau-là, mais, une fois que c'est... une fois qu'on s'est dit ça, on est prêt
à agir bien au-delà des petits changements de 50 %. C'est ça qu'on
souhaite.
Mme Demers
(Isabelle) : Si je peux me permettre, la pression, là, sur le
développement du territoire est là, est partout. Puis loger les gens, là, en
faisant attention à l'impact sur l'environnement, avec la densification, par exemple, en s'assurant que les besoins des
citoyens soient rencontrés, les besoins esthétiques aussi, ça a été mentionné,
l'impact, quel sera-t-il sur l'environnement visuel, maximiser l'utilisation
d'usage des infrastructures actuelles de façon... puis avec une saine
gouvernance. Pour nous, ça nous apparaît comme une évidence, il faut aller vers
ça, mais il faut avoir le courage d'aller vers ça aussi, parce qu'on a besoin
de loger des gens.
Mme Dufour : Bien,
j'essaie de comprendre en quoi de permettre... de faire en sorte que le...
qu'un projet de zonage incitatif soit soumis au CCU viendrait empêcher le
développement. C'est juste une certaine, je ne sais pas, ceinture de sécurité
qu'il n'y a pas eu manigance quelconque, etc., puis que c'est pour le bien
collectif, le projet. Donc, le CCU, comme
c'est un regroupement de plusieurs membres, c'est indépendant du conseil, ça
peut, il me semble, venir balancer, là. Donc, j'essaie de comprendre en
quoi de ne pas... votre... la recommandation de ne pas obliger d'aller au
CCU...
M. Bernier
(François) : Bien, c'est ça, c'est de ne pas obliger, hein?
C'est-à-dire que la ville peut bien décider
de le faire, comme il est mentionné qu'elle pourrait aller en consultations
publiques, elle peut aller en consultations publiques aussi. Elle peut
faire plein de choses. Alors, laissons-la... laissons-lui simplement cette
possibilité d'en référer au CCU et non cette obligation d'en référer au CCU.
Ils jugeront, ils jugeront, s'ils ont trop de sensibilité dans l'air, ils vont
l'envoyer au CCU, là.
Mme Demers (Isabelle) : Bien,
François, Mélanie avait un exemple peut-être aussi, ou je sentais que tu voulais
intervenir, là, sur l'impact de travailler avec le CCU ou pas.
Mme Robitaille
(Mélanie) : Je ne sais pas de quel exemple tu parles, Isabelle, mais,
dans les faits, je pense que le message qu'envoie l'APCHQ, puis, tu sais, je
suis très, très sensible, Mme la députée, à ce que vous dites, là, il faut
trouver une manière qu'il n'y ait pas de possibilité. Bien, dans le fond, on
essaie de limiter au maximum les étapes entre l'idée derrière un projet et la
livraison de ces unités d'habitation là. Ça fait que je pense que la volonté
derrière cette... de rendre ça facultatif, c'est de ne pas ajouter des étapes ou
des lourdeurs à un processus qui est déjà très, très lourd.
Maintenant, comment
solutionner le... ce que vous évoquez par rapport à Laval, notamment? Bien,
j'abonde dans le sens de François, il y a...
on sent une amélioration de la sensibilité. On sent que les choses se font bien
ces jours-ci. De quelle manière ça pourrait être encadré davantage?
C'est une excellente question. Maintenant, de quelle manière on peut accélérer? Bien, c'est en rendant certains
éléments plus facultatifs et de soumettre... Tu sais, le CCU voit déjà
le projet à une multitude de reprises, là, au niveau du PIIA, au niveau du...
tu sais, je... Donc, est-ce qu'on ne peut pas essayer d'intégrer ça dans une
même étape? Je ne sais pas jusqu'à quel point c'est nécessaire d'aller définitivement,
à toutes les fois, systématiquement, au CCU pour le zonage incitatif, puisque
le projet va être revu de toute façon, là.
Mme Dufour : OK. Oui, je comprends.
Vous avez mentionné le processus très lourd, et je dois vous le concéder, là,
pour avoir été huit ans, justement, dans un CCU, c'est très lourd, un
changement de zonage. Et ça m'étonne, d'ailleurs,
de ne pas avoir vu de recommandation à cet effet-là, de peut-être, justement,
le faciliter, l'améliorer. Il y a... Est-ce que c'est quelque chose que
vous avez envisagé, de proposer une... ou est-ce que vous voyez une façon
d'alléger le processus de changement de zonage?
M. Bonsant (Donald) : Et c'est
sûr qu'il y a beaucoup de choses à faire. Ce matin, on ne pourra pas discuter de tout ça, mais ce qu'on dit, en bref, puis ce
qui a été dit, c'est de... À partir du moment que les balises de développement
sont établies au plan d'urbanisme, pourquoi s'ajouter
beaucoup d'étapes pour accoucher d'un projet? C'est un petit peu ça qui est
dit, là, j'essaie de le vulgariser puis de le mettre... de le simplifier le
plus possible pour... sans rentrer... Parce qu'il va y avoir d'autres... il va
y avoir d'autres gens, là, les juristes, tout ça, vont être capables de
comprendre à quel endroit qu'on peut, mais, effectivement, c'est très complexe.
Tu sais, j'ai... moi,
j'ai été obligé... pour des projets de densification, des projets de personnes
âgées, on a été obligé de faire signer des renonciations de participation au
référendum, parce qu'on a eu 15 personnes qui ont signé, l'autre côté de
la rue, pour ne pas avoir un étage de plus puis couper la vue sur une montagne.
C'est tellement rendu loin, on... ça nous a
demandé, je ne sais pas combien, on a dû aller chercher, je pense,
500 signatures, 450 signatures pour renoncer. Ça a renoncé, mais
c'est un peu l'exemple de ça, mais là c'est tout... Vous comprenez que tout
était enchâssé, là, tout est mélangé là-dedans, là, mais c'est un...
Mme Robitaille
(Mélanie) : Bien, si je peux juste terminer l'intervention de Donald
avec une bonification, je pense que la volonté du mémoire, c'était de répondre
au projet de loi, donc, et non pas de... Le changement de zonage émane plus de responsabilité municipale. La
façon dont les gens interviennent, selon les municipalités, diffère. Ça
fait que, nous, dans le fond, nos recommandations sont vraiment en lien avec
comment on peut faire en sorte de sortir du
volume. Puis, tu sais, c'est pour ça, notamment, qu'on parle... Tu sais, là,
jusqu'à maintenant, personne n'a posé la question, là, mais les...
Mme Dufour :
Oui, bien, j'allais là.
Mme Robitaille
(Mélanie) : Oui, OK.
Mme Dufour :
La zone d'approbation référendaire restreinte, si vous pouvez en parler
brièvement, il nous reste 40 secondes.
Mme Robitaille
(Mélanie) : J'ai un exemple extraordinaire. Donc, moi, j'avais un
projet d'envergure dans l'est de Montréal,
1 000 logements, une CPE, 80 places, une clinique médicale, une
épicerie. J'avais, malheureusement, 250 personnes habiles à voter.
Donc, mes zones contiguës... je ne sais pas si tout le monde me suit, j'avais
seulement 250, donc mon projet d'envergure a été bloqué. J'avais... Il y avait
besoin de 49 signatures seulement, parce que je suis dans un ancien
quartier industriel. Et cette situation-là, elle se présente à une multitude de
reprises, du moins, à Montréal. Donc, si 49 personnes signaient
l'ouverture de registre, mon projet était mis sur la glace, et il y a eu ces
signatures-là. Est-ce que c'est normal que 49 personnes puissent décider
du sort d'un projet d'habitation de 1 000 personnes, avec toutes les
infrastructures collectives dont je viens de vous parler? Donc, ça, c'est un
problème que moi, j'ai rencontré. On nomme un autre exemple d'un de mes
collègues constructeurs, aussi à Montréal.
Le Président (M.
Schneeberger) : En terminant.
Mme Robitaille
(Mélanie) : Mais il y en a par dizaines, des problématiques comme ça.
Donc, d'élargir ces zones-là, donc de rendre
le droit au
chapitre à l'ensemble d'une communauté, plutôt qu'aux gens qui sont
directement devant le projet, qui, effectivement...
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci... Merci beaucoup.
Mme Robitaille
(Mélanie) : Pardon.
Président (M. Schneeberger) :
Nous allons maintenant de la... côté du deuxième opposition, avec le député
de Taschereau.
M. Grandmont :
Merci beaucoup pour votre présentation fort agréable et des recommandations
qui sont très intéressantes aussi, notamment en ce qui... en ce qui a trait à
la densification, là, que vous appelez à avoir davantage, là. Je... on reçoit ça, évidemment, très
positivement. Donc, le... je pense que... puis je sens un certain intérêt, là,
de tous les partis ici, là, sur
l'intérêt de permettre davantage... d'augmenter à 50 %, là, les zones non
soumises à des référendums quand on est à proximité du transport
collectif. Honnêtement, je pense que c'est une proposition qui est simple à
articuler, qui est très intéressante aussi et qui ne fera pas un gros
changement non plus, qui va être dans des endroits où on s'attend déjà à ça, à quelque part, aussi. Je ne reviendrai pas
sur les zones référendaires contiguës aussi. Je pense que c'est un enjeu qu'on perçoit, aussi, souvent,
là, comme problématique, là. Il y a beaucoup de phénomènes de «pas dans
ma cour», malheureusement, qui s'effectuent, et ça se fait au détriment de la
densification dont on a besoin.
J'aimerais
vous entendre, vous avez parlé, là, des logements accessoires, le fait
d'élargir à plus que simplement la parenté. Mme la ministre, tantôt, a posé la
question de quel impact ça aurait sur les services qu'on pourrait avoir.
En même temps, corrigez-moi si je me trompe, mais c'est un peu ça que vous
demandez, c'est-à-dire qu'on utilise mieux les infrastructures, mais aussi les
services qui sont déjà déployés par les municipalités, c'est un peu ça?
M. Bernier (François) : Bien,
encore une fois, ma compréhension, c'est que la plupart des... il y a... pas la
plupart, il y a beaucoup, beaucoup de municipalités qui s'intéressent aux
logements accessoires, et elles vont le faire. Et ça va
se faire, là. Ça se fait, ça va se faire. Ce que vient ajouter le projet de
loi, c'est l'encouragement, en plus, la mesure fiscale qui va donner de l'élan
à ça, mais qui porte uniquement sur un type d'occupant, un lien de parenté. On
se dit : Non, franchement, on passe un petit peu à côté d'une idée plus
grande, là. C'est d'introduire du logement accessoire alors qu'il y a tellement
de clientèles qui pourraient en avoir besoin au Québec. Laissons... tu sais,
cet élan-là est déjà parti, mais suivons-le dans toutes ses formes, accordons
le crédit de taxe à tout projet, au fond, d'inclusion de logements accessoires.
C'est ça qu'on veut atteindre, là, donc.
Mme Robitaille (Mélanie) : Puis,
sur une note plus, peut-être, personnelle, dans le fond, l'enjeu qu'on a, comme
société, ces prochaines années, on a le pire taux d'abordabilité, au niveau de
l'accession à la propriété, qu'on n'a pas eu
depuis 30 ans. Ça fait que, dans le fond, moi, le UHA, je trouve ça le
fun, je trouve ça sexy comme formule, mais, au-delà de ça, ça va
permettre à des jeunes, des jeunes couples qui ne peuvent accéder à la
propriété d'être en mesure de le faire, en ajoutant ces unités-là, parce que le
financement va être plus facile. Ça fait que, oui, c'est le fun si c'est ma mère, mais c'est aussi le fun si c'est
une copine. Tu sais, je veux dire, le principe, c'est de créer du logement
et de permettre à plus de jeunes de devenir propriétaires plus rapidement.
M. Grandmont : Parfait, merci.
Sur les redevances, vous nommez le cas de l'Ontario, là, qui est quand même
plus avancé que le Québec actuellement. Comment utiliser, dans le fond, le
système de redevances pour à la fois être peut-être plus clair, là, sur ce qui
peut être assujetti, mais aussi... pour mieux encadrer les municipalités, mais
aussi combiner ça avec une meilleure densification du territoire? Parce que
l'Ontario va quand même loin. Si vous l'avez étudié, vous savez qu'ils fixent
les redevances, qui peuvent être très élevées, en fonction de critères de
localisation par rapport au centre puis par rapport à la densification ou la
densité dans laquelle on inscrit des projets. Est-ce qu'on peut utiliser les
redevances pour maximiser l'utilisation des ressources existantes, des
infrastructures existantes et du territoire aussi?
M. Bernier (François) : Bien,
je... puis j'imagine que oui, mais ce n'est surtout pas ça qu'on observe
présentement. Présentement, on a des cas où les projets les plus densifiés font
l'objet de redevances encore plus grandes.
C'est comme ça que ça sort, les règlements, présentement. Là, là, on se
dit : Si c'est ça que ça donne comme résultat, que les gens qui se forcent pour faire de la densité reçoivent
des redevances supérieures, on voit qu'on a vraiment raté notre coup
avec les redevances au Québec, mais c'est ça qui commence à apparaître dans les
règlements actuels. C'est totalement
indésirable. Alors, il faut ramener des conditions qui vont faire que ce genre
d'aberration là n'arrive pas.
M. Grandmont : ...dire que les
redevances, actuellement, encouragent l'étalement urbain.
M. Bernier (François) : Bien,
tout à fait. On pénalise, on pénalise une densité, on...
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup.
M. Bernier (François) : Voilà.
Président (M. Schneeberger) :
On n'a plus de temps, malheureusement. Alors, merci pour votre généreuse contribution.
Alors, nous suspendons quelques instants pour permettre au prochain groupe de
venir prendre place.
(Suspension de la séance à 10 h 47)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons poursuivre. Alors, je souhaite la bienvenue aux gens de la
fédération des municipalités du Québec. Peut-être juste brièvement vous
présenter avant de commencer votre exposé,
vous avez 10 minutes. Et, par la suite, nous allons procéder à une période
d'échange avec les différents députés.
M. Demers (Jacques) : C'est la Fédération québécoise des municipalités, FQM, à
titre de porte-parole des régions, parce
que, dans le fond, on représente 1 000 membres, dont la totalité des
MRC. Puis c'est toujours... on s'est toujours pleinement engagés au
niveau des débats au niveau de l'aménagement du territoire. C'est notre rôle.
En 2019, la fédération a amorcé une démarche
d'aménagement sur laquelle ça a amené, au congrès de 2019, une résolution qui demande au gouvernement de
modifier la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme puis d'en énoncer les grands principes devant guider les
modifications. En décembre dernier, la FQM a publié un document d'orientation
sur la révision de la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme et la publication d'orientations gouvernementales en matière
d'aménagement. Ce document, qui appelait aussi à un réel changement d'attitude
de l'État envers les régions, à l'intégration de nouveaux enjeux de
planification sur nos territoires et à la modification... la mobilisation
directement des élus locaux... c'est nécessaire à la réussite d'une vision
proposée auprès de la ministre des Affaires municipales, ce qu'on a entendu en
juin 2022.
La FQM tient, d'ailleurs,
à réitérer son appui et son appréciation à la ministre à la suite de la
publication de sa politique nationale du 6 juin dernier. La ministre
démontre sa volonté de relancer le processus d'aménagement au Québec sur des
bases solides et respectueuses des diverses réalités des régions, de faire en
sorte que le gouvernement du Québec puisse
enfin développer une vision et des interventions cohérentes au profit de
l'ensemble des communautés.
La FQM remercie les membres de la Commission sur
l'aménagement du territoire de l'occasion qui lui est offerte de présenter ses
commentaires et recommandations quant aux orientations du projet de loi.
Considérant leur pouvoir en matière d'aménagement comme l'une de leurs
principales responsabilités et conscients des défis liés à l'environnement, les changements climatiques, à la
qualité de vie, la santé, l'activité économique de leurs communautés,
les élus souhaitent que cette modernisation du cadre d'aménagement puisse
mettre en place un réel partenariat en matière d'aménagement du territoire et
du respect des grands principes de la LAU.
M. Châteauvert
(Pierre) : Merci. La modernisation du cadre législatif
constitue une première étape importante dans la mise en oeuvre de la politique de Mme la ministre. La
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, adoptée en 1979, est le principal pilier sur lequel repose l'approche québécoise en
aménagement du territoire. Il apparaît, donc, essentiel que les modifications
proposées à la LAU par le projet de loi n° 16 traduisent les orientations
de la politique. Nous citerons...
nous ne citerons pas l'ensemble de nos 35 propositions, mais
permettez-nous de vous souligner les principales.
Le projet de loi propose l'introduction à la loi
d'un préambule et de principes afin, comme indiqué dans le mémoire déposé au Conseil
des ministres, d'affirmer les fondements de l'aménagement du territoire en
cohérence avec la vision formulée dans la politique. On félicite la ministre de
cette idée. La loi d'interprétation indique que le préambule d'une loi en fait
partie et sert à en expliquer l'objet et la portée. La FQM félicite la
ministre, je l'avais dit, de proposer et d'introduire un préambule. Et on
suggère aux membres de la commission des ajouts qui permettront d'affirmer sans
équivoque certains des grands principes sur lesquels repose la
Loi sur
l'aménagement.
D'abord, la politique nationale reconnaît que
l'aménagement est essentiellement un acte politique, renouant avec... ainsi
avec l'un des principes fondateurs de... sur lequel repose la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. Le schéma est, donc, le résultat de choix
politiques. Aussi, nous désirons être clairs : la reconnaissance formelle,
dans le préambule de la loi, de la responsabilité politique est une condition
essentielle à l'adhésion et la mobilisation des élus et, conséquemment, à
l'atteinte des objectifs visés par la politique de la ministre.
Aussi, la FQM recommande que l'article 1 du
projet de loi soit modifié par l'ajout, après le cinquième alinéa, de l'alinéa
suivant :
«Considérant
que l'aménagement du territoire est un acte politique sous la responsabilité
partagée du gouvernement, des municipalités régionales de comté et des
municipalités locales.»
Ensuite, chacun des territoires a une
personnalité propre qui le distingue. L'Assemblée nationale a, d'ailleurs, reconnu ce fait en 2012 par l'adoption de la loi
sur l'occupation et la vitalité des territoires. L'aménagement nécessite
une grande flexibilité et le respect des particularités des territoires. La
gestion de l'urbanisation, par exemple, ne peut s'appuyer sur les mêmes normes
en région métropolitaine et en milieu rural et de villégiature. C'est,
d'ailleurs, un des discours du gouvernement
actuellement. Et, aussi, afin d'assurer la vitalité et l'occupation dynamique
du territoire et de plusieurs municipalités rurales et le respect des
diversités des territoires, il est proposé que l'article 1 du projet de
loi soit modifié par l'ajout, avant le dernier alinéa, de celui... du
suivant : «Considérant que ces orientations doivent être modulées selon
les réalités respectives des territoires et des régions, en respectant la
loi sur
la... sur l'occupation et la vitalité des territoires.»
Par ailleurs,
considérant la volonté exprimée d'adopter rapidement de nouvelles orientations
gouvernementales en aménagement du
territoire, ce qui entraînera un vaste mouvement de révision des schémas
d'aménagement à travers le Québec, la
FQM réaffirme à nouveau la nécessité que l'approbation des schémas soit le
résultat d'échanges politiques directs
entre la ministre et les élus réunis au sein des conseils des MRC. Comme
mentionné dans notre document d'orientation, il est essentiel que le
projet de loi prévoie l'obligation de la tenue d'au moins une rencontre
préalable pour échanger sur les propositions majeures de modification à un
schéma avant toute approbation.
Aussi, on propose que l'article 56.14 de la
loi soit modifié par l'ajout de l'obligation de la tenue d'au moins une
rencontre entre la ministre, le préfet et des membres du conseil afin
d'échanger lors du processus de vérification et
de la conformité du schéma révisé avec les orientations gouvernementales.
Article 53.12, l'alinéa 7, de la loi, tel que proposé par
l'article 36 du projet de loi, prévoit que la ministre peut elle-même
édicter d'office un plan métropolitain, un schéma, un règlement de contrôle
intérimaire lorsque le conseil de l'organisme compétent fait défaut d'agir dans
le délai prévu à la demande. Nous
comprenons la volonté de la ministre de se doter de leviers d'intervention
exceptionnels pour les cas extrêmes où un organisme compétent ne
démontrerait aucune intention de respecter les orientations gouvernementales. Toutefois, il nous apparaît
important que ce pouvoir soit exercé en respectant la relation de confiance qui
doit exercer entre les différentes instances auxquelles revient la
responsabilité de l'aménagement du territoire.
La FQM, pour les principes déjà énoncés plus
haut, est d'avis que le pouvoir prévu au septième alinéa de
l'article 53.12 proposé par le projet de loi devrait, en conséquence, être
réservé au gouvernement par décret. Aussi, nous recommandons que
l'article 53.12 de la
Loi sur l'aménagement et sur... remplacé par la
section 36 du projet de loi soit modifié afin que le pouvoir prévu au
septième alinéa de cet
article soit réservé au gouvernement par décret tel que
le stipule l'article 56.16 de la loi actuelle.
Tous conviendront que l'application de ce
pouvoir d'intervention sera l'exception, qu'il ne peut devenir la règle, étant donné que cela marquerait la fin de
la décentralisation en matière d'aménagement, ce que personne ne veut. Aussi, pour que ce pouvoir demeure l'exception,
nous proposons qu'avant la recommandation de la ministre au gouvernement
d'utiliser ce pouvoir exceptionnel d'agir à la place de l'autorité régionale
cette recommandation soit obligatoirement précédée d'un échange formel dans le
cadre de la Table Québec-Municipalités, comme le prévoit l'article 21.1 de
la
Loi sur le ministère des Affaires municipales.
Le projet de loi propose de soustraire plusieurs
interventions gouvernementales du processus de conformité au schéma, qui est majeur, ce point-ci.
Considérant le rôle essentiel du schéma dans la planification du territoire et
les principes énoncés dans... cette modification est, pour nous,
préoccupante. Cette disposition, si elle est adoptée, aurait pour effet potentiel de vider de son sens le
chapitre sur les interventions gouvernementales de la loi, en plus d'écarter le
rôle prépondérant de la ministre pour assurer
la cohésion des interventions gouvernementales. Aussi, on veut une
modification.
Dans cette foulée, nous croyons fondamental que
le gouvernement réaffirme le rôle central de la ministre des Affaires municipales. Une des observations
fortes... les plus fortes développées dans le document d'orientation, qui est
en
annexe de notre mémoire, de la FQM, là,
de décembre dernier, est à l'effet qu'il n'existe pas d'instance gouvernementale
qui assure efficacement la cohérence des
interventions gouvernementales sur le territoire. En fait, tous s'entendent
pour dire que la gestion
gouvernementale s'est soldée par une gestion en silo de l'aménagement et que
c'est probablement là l'une des causes principales de nos problèmes en
ce domaine.
La FQM
considère également que ce rôle ne peut être assumé par... ne peut être
qu'assumé que par un ministre important siégeant au Conseil des
ministres et non par une nouvelle instance ou une communauté métropolitaine. Aussi, nous demandons de modifier les éléments du
projet de loi au profit d'une reconnaissance du rôle de la ministre des Affaires municipales comme responsable de la
cohérence de l'action gouvernementale et du respect des orientations
gouvernementales par l'ensemble du gouvernement du Québec.
Notre mémoire
contient 35 recommandations constructives visant la bonification de cet...
important projet de loi, excusez-moi, qu'on accueille très favorablement, et
nous sommes à votre disposition pour en discuter. Je vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant passer du côté ministériel avec Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. Vous pouvez
continuer, M. Demers.
M. Demers (Jacques) : Oui. Bien, c'est ça, on a essayé de faire de façon plus
brève possible, mais, si vous voulez vraiment consulter le mémoire, il y a
beaucoup, mais beaucoup d'ouvrages, il y a beaucoup de monde qui ont travaillé
autour... chaque élément, parce qu'on ne veut pas être une fédération ou un
groupe qui vient revendiquer puis revendiquer des choses, on veut essayer de
donner des réelles possibilités, des changements qui peuvent être concrets sur
le terrain, c'est vraiment notre but. Puis c'est un virage important qu'on
demande là. La fois que vous aurez le
temps... parce que je comprends que c'est... vous n'avez sûrement pas eu le
temps d'en faire le tour, personne, là, quand c'est envoyé une journée avant ou
deux, là. Il y a beaucoup d'ouvrages, à l'intérieur de ça, pour l'analyser.
Ce qui est
important, c'est le virage qu'on y fait, où est-ce qu'on demande que l'acte du
schéma d'aménagement devienne politique, c'est-à-dire qu'on ne fait plus
de mur-à-mur, qu'on accepte qu'il y ait des régions qui ont des besoins qui
sont différents, qu'on accepte que ces régions-là n'aient pas les mêmes besoins
que d'autres, que les orientations, à la
base, où est-ce qu'on veut s'en aller, en groupe, oui, c'est correct, mais,
après ça, chacune de ces régions-là devrait être capable... analyser sur son
territoire le besoin puis d'en discuter directement avec le gouvernement
qui en prendra, oui, la décision au bout de
la... dire : Heille! Ça a-tu du bon sens où est-ce qu'on s'en va?
Laissez-nous travailler, autrement dit, sur le territoire, amener ça à
un niveau réellement politique. Parce que, présentement, nos schémas
d'aménagement qu'on fait quatre, cinq fois, qu'on retourne au gouvernement
qui nous le retourne en disant : Bien non, ça ne correspond pas... On dit
qu'on fait des échanges, on dit qu'on est en train de travailler ensemble pour construire des schémas, pour s'apercevoir qu'en
bout de ligne, on travaille dans un seul sens, il y a une ligne qui est donnée,
qu'il y a des fonctionnaires qui ont un rôle à faire puis qu'ils l'appliquent,
puis ils font bien leur rôle de fonctionnaire parce qu'ils appliquent ce qui
est à l'intérieur de ça, mais il faut passer à d'autres choses, il faut être
capable, nous, de vous l'expliquer, nous, être capable de vous dire pourquoi
qu'on a la même orientation puis, sur notre territoire, qu'est-ce qu'on va
faire pour s'y rendre. Parce que, là, présentement, pourquoi que ça chemine,
puis c'est si long, puis que des schémas qui ont plus de 25 ans, c'est le
cas à peu près partout? Sinon, on les a transformés, là. C'est quelque chose
qui est vivant, un schéma. Mais, la refonte complète d'un schéma, quand vous
allez voir au Québec, il n'y en a pas beaucoup. Sinon, ils sont très, très
vieux. Merci.
Mme Laforest : Ma question...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : Ma
question portait sur les délais, les délais avec les schémas d'aménagement,
mais je pense que vous avez bien répondu. Puis, d'ailleurs, c'est bien
parce que je suis tout à fait à l'aise, je suis au courant, puis c'est pour ça, d'ailleurs, qu'avec le projet de
loi LAU on veut... on ne veut pas faire de mur-à-mur, on veut que chaque
région soit différente, chaque MRC réponde à ses besoins à elle. Donc, c'est
important de le mentionner, c'est pour ça
qu'il faut passer par le projet de loi LAU. Donc, évidemment, il n'y aura pas
de mur-à-mur, puis, avec les OGAT, on va y arriver. Ça fait que, ça, je
veux quand même vous rassurer.
Il y a... Je vais quand
même... parce que, le mémoire, je l'ai eu récemment, là, aussi, là, donc je
vais y aller avec des questions assez
rapides aussi. Quand il y a... Il y a l'article 128 que vous n'êtes pas
d'accord parce que vous dites que l'obtention des permis municipaux ne
devrait pas se donner par un ministre ou un mandataire de l'État quand ça concerne des interventions gouvernementales. Ça,
vous parlez des projets gouvernementaux, par exemple... J'aimerais ça
avoir plus d'information.
M. Châteauvert
(Pierre) : En fait... Merci pour la question, Mme la
ministre, pour nous permettre de préciser. En effet, ce qu'on craint,
c'est qu'actuellement il faut... et c'est l'incohérence, la gestion par silo.
Une intervention, ça va permettre... En
fait, la façon que c'est rédigé, et on pense que ce n'est pas la volonté, là,
du tout, là, mais on pense que la
façon... puis, ça, on a consulté beaucoup de conseillers juridiques, même des
anciens juges, et tout ça. L'interprétation qui nous est donnée, c'est
que ça va permettre à un ministère de s'adresser directement à la municipalité
pour réaliser un projet, faire une intervention sur le territoire, ce qui
échapperait complètement au processus d'aménagement qui comprend la ministre, en fait, la MRC, et tout ça. Donc, à ce moment-là,
une chose qu'on craint à long terme, peut-être pas sur les prochaines
années, mais, vous savez, il faut... ce projet de loi là, ça fait 40 ans
que... la loi, là, donc il faut voir sur le 10, 15, 20 ans, 30 ans,
c'est que ça va introduire dans le processus d'aménagement du territoire des
interventions directes qui va... qui va accentuer la gestion par silo. Et,
quand on a demandé une intervention de cohérence
plus forte de votre part, bien, ça va, à notre esprit, à l'encontre de ça.
C'est... il y a un problème de... En fait, il y a une discussion, je
pense, à y avoir sur la nécessité de la cohésion.
Mme Laforest : Bon. Au niveau
des seuils qu'on demande, les seuils de demandes citoyennes pour exiger la
tenue des assemblées publiques, vous dites que les seuils, évidemment,
présentement, ne sont pas acceptables. Puis on pose la question à plusieurs
groupes, mais il n'y a personne, il n'y a pas un groupe qui nous dit :
Nous, la logique serait un seuil de x nombre de... Oui, pour la consultation
publique.
M. Demers (Jacques) : Pour l'ouverture du registre, pour...
Mme Laforest : L'ouverture du
registre.
M. Demers (Jacques) : Ça, c'est vrai que ça devrait varier, parce qu'il y a des
zones où est-ce qu'il n'y a pas de monde. Ça
fait que, si la consultation... puis on dit... même avec les zones qui lui
touchent, on retrouve 15 personnes, là... Tu sais, on pourrait
montrer le dossier qu'on vient de régler la location à court terme. Pour ceux
qui l'ont fait, quand une petite municipalité, comme Sainte-Catherine, doit
faire 92 règlements avec la zone et toutes les zones qui y touchent, là, oui,
on trouve ça lourd, oui, on comprend. Puis, pourtant, la finalité, on la savait
déjà, les gens chez nous n'en voulaient pas. On l'a fait quand même, puis ça a
été long, puis ça a coûté cher. De quelle façon qu'on ramène ça? C'est qu'il y a des décisions qui devraient être vues d'une
façon plus globale, mais il ne faut pas empêcher le citoyen d'avoir le
droit de s'exprimer. On en a besoin plus que jamais.
Les interventions, puis on parle d'intimidation,
on parle de toutes sortes de choses, si on est trop drastique, je pense qu'on
n'aura rien réglé. C'est un échange qui doit aller des deux sens, et les
citoyens vers les élus et les élus vers les
citoyens. Il faut aussi les écouter plus que jamais. Mais il faut être
capable... voir un peu plus grand, parce que, si on reste trop local, c'est
toujours dans ma cour. Puis là on demande, voir, si on veut un édifice qui est
dans ma cour, bien, la réponse, il y a des chances qu'elle soit :
Non. J'aimerais mieux que vous faisiez un parc ou que vous laissiez ça en nature.
C'est normal, puis c'est juste l'humain. Ça fait que, oui, je pense qu'il y a
des éléments là-dessus qui devraient être vus plus largement.
M. Châteauvert
(Pierre) : Si vous me permettez, Mme la
ministre, effectivement, la question des secteurs, on en a déjà discuté, là,
avec les Airbnb, ça ne fonctionne pas, c'est... Qu'il y ait une municipalité de
5 000 qui a 70 secteurs, ça n'a pas... tu sais, qui pourrait avoir
70 référendums, il me semble qu'il n'y a pas de bon sens.
Mais il y a deux éléments qu'on aimerait
soumettre à votre attention, qui sont bien importants, c'est le dire... le
moment de poser son rapport. De la façon que c'est écrit, c'est de dire :
On vous demande que soit remplacé «lors de
la prochaine séance du conseil pour le dépôt du rapport», que «lors d'une
prochaine séance». Des fois, la consultation est la veille, donc les
personnes n'ont pas le temps de rédiger le rapport. Ça, c'est... il y a
comme... il y a comme un problème là.
La seconde, c'est la souplesse quant à la nature,
la forme du
sommaire de... Le
sommaire, il y a... Des fois, il y a un citoyen,
parce que sa déclaration n'est pas complètement reprise dans le
sommaire...
bien, ils ne disent pas ça, un
sommaire, tu
sais, il y a une forme de résumé. Donc, ici, des fois, il peut y avoir un
problème au niveau de la rédaction qu'il faudra... on pourra en
discuter.
Mme Laforest : ...je veux
juste... Je vais laisser mes collègues poser des questions, puis, le mémoire,
je vais le lire au complet, c'est certain. Mais, très, très rapidement, les
schémas d'aménagement, si on revient à ça, comment vous verriez qu'on pourrait
améliorer ça? Très, très rapidement, avez-vous en tête la manière que ça
devrait se faire?
M. Demers (Jacques) : Bien, pour moi, si ça devient politique, on va être
capable, le défendre directement avec du politique. Tu sais, il faudrait être
capable... Il y a des orientations, tu sais, on va parler d'étalement urbain,
on va parler des termes, là, qu'il n'y a à peu près pas de municipalité qui a
la même définition, puis il n'y a pas personne qui nous explique c'est quoi, la définition,
l'étalement urbain. Si l'étalement urbain dans un village, où est-ce qu'il y a
300 personnes, c'est d'y rajouter
quatre maisons en dehors du périmètre urbain, mais pourtant ce qui va
peut-être aider à garder l'école. Oh! on vient peut-être de faire de
l'étalement urbain, mais c'est une nécessité.
On veut, au Québec, occuper notre territoire, il
faut faire attention comment on le fait. En même temps, il faut peut-être s'assurer
qu'on n'est pas en train de rajouter des services, de rajouter des systèmes,
qu'il y a des coûts rapportés. Mais, si la route est déjà là, si, de toute
façon, dans cette municipalité-là, 100 % ont des puits puis des champs d'épuration, on ne vient pas de rajouter un
sou pour personne, mais on vient peut-être permettre aux services de
proximité de rester ouverts, parce que, là, il y a une masse critique
nécessaire.
C'est ces choses-là que je voudrais qu'on
débatte. Parce que la problématique qu'on a présentement, quand on est dans un
cadre, j'ose dire, de rôle de fonctionnaires, ils n'ont pas le droit de déroger
de ça, c'est ça qui est écrit. Bien, si on va à l'extérieur puis on est capable
d'expliquer ça, je pense qu'on se comprendrait.
Mme Laforest : C'est bon. Donc,
on va se comprendre avec les OGAT...
M. Demers (Jacques) : Oui.
Mme Laforest : ...on
répond à la demande avec les OGAT. Je vais laisser mes collègues, là, c'est sûr
qu'il y a plusieurs questions.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci, Mme la ministre. Alors, nous allons du côté
du député de Jonquière.
M. Gagnon : Merci. Fort
intéressant. J'ai peut-être une question qui pourrait s'amener en
sous-question. Mais, tout à l'heure, vous avez
parlé, justement, de laisser davantage la parole aux citoyens, puis tout le
processus, ça me parle énormément. Dans le projet de loi que propose Mme
la ministre, il y a plusieurs élargissements en lien aux exemptions référendaires, notamment, là, à des
fins de densification douce. Est-ce que ces exemptions-là vous paraissent pertinentes?
Est-ce que c'est solide pour vous?
M. Demers (Jacques) : Moi, je suis toujours un peu fragile. Puis on pourrait en
parler puis je vous dirais qu'il y a
beaucoup de municipalités qui vont dire : Wow! On en a besoin. En même
temps, faisons attention à notre relation qu'on a avec le citoyen. Quand
on se met à imposer des choses, je ne suis pas sûr que la relation est
meilleure. Il faut avoir cette ouverture-là. Puis il faut aussi, avec ça, avoir
l'outil qui fait qu'on est capable de l'expliquer, puis de là où est-ce que je
disais : Il faut souvent le regarder un peu plus large. C'est... Notre
problématique, peut être, de zonage, des fois, très petit... Parce que, Sainte-Catherine-de-Hatley,
qu'il y ait 95 zones, peut-être que c'est trop quand on est à peine
2 600 de population. Tu dis : Oh! ça n'en fait pas beaucoup par zone,
là, quand on les a divisés. Puis là il y a des
familles là-dessus, là. Ça fait qu'il ne reste pas beaucoup d'espace. Moi, je
pense, c'est ce côté-là qu'il faut regarder. Puis on ne peut pas modifier une
affaire comme ça, parce qu'il y a des endroits qui vont vous dire : C'est
essentiel qu'on ait une vue plus
globale, puis que la décision se prenne plus directement, mais il faut
s'assurer que le lien avec le citoyen et sa chance de s'exprimer est là
aussi, là.
M. Gagnon : Tout à fait. Puis
je peux me permettre une autre question, Mme la ministre? Vous avez parlé aussi
de global. Ça m'interpelle aussi. Pensez-vous que la loi qu'on tente... qu'on
avance tous ensemble aujourd'hui atteint un équilibre ou il faudrait aller plus
loin?
M. Demers (Jacques) : On s'approche, on s'approche de quelque chose. Tu sais,
dans le fond, ça fait tellement longtemps qu'elle n'a pas été revue que je
pense qu'il y a beaucoup de morceaux. Puis, si on s'accroche trop dans les
quelques-uns qui sont... Il ne faudrait pas, encore une fois, passer à côté
puis tout manquer. Moi, c'est toujours là, ma crainte, quand on regarde un
projet aussi important au niveau de l'aménagement. Pierre, qui l'a pensé
beaucoup.
M. Châteauvert
(Pierre) : En fait, la question est
excellente, merci, parce que nous, on est très contents de la démarche, on la
revendiquait, et tout ça. Parce que c'est... il y a le projet de loi, notre
mémoire, c'est pour bonifier, puis tout ça, puis entrer puis se coller sur le
document de la ministre, qu'on était très content, mais, la réalité des choses aussi, les OGAT vont être fondamentales.
C'est une question de culture. L'État québécois n'a pas publié d'orientations gouvernementales en aménagement du
territoire depuis 1994. Un gouvernement qui croit à l'aménagement
n'aurait pas agit ainsi, les différentes... Et là on relance le processus
pour... puis l'établir sur des bases plus solides et que c'est... on les
révise. Une MRC... Donc, tout ce qu'ils ont fait... Quand on révise, supposons,
en 2007, on lance la révision du schéma,
bien, sur quoi qu'on se base, tu sais? Donc, on ne sait pas ce que l'État veut
penser. C'est... Il y a des... Puis chaque ministère agit en silo, ce
qui fait que c'est très... extrêmement difficile pour un conseil de MRC d'essayer de définir une vision par rapport au
territoire, alors que ce schéma-là, ça devait être la rencontre entre l'État,
ses ministères et les élus de... et la
région puis les communautés, puis on écrit ensemble, dans un document, ce qu'on
veut faire avec ce territoire-là,
donc... Et, comme l'État a été... bien, pas muette, mais disons qu'il n'y a pas
eu d'orientation globale... tu sais, en aménagement, pendant... tu sais,
ça n'a pas de sens... bien, 20, 30 ans, en fait. Donc, le processus
actuel, il y a le projet de loi, il y a les OGAT, puis tout le reste. Puis ça,
ça fait quoi, deux, trois ans qu'on en parle? Bien,
nous autres, on est très contents de ça parce que c'est le principal outil des
élus. C'est la valorisation. Puis c'est ça, l'objectif,
c'est de valoriser la... puis de mobiliser le monde pour affronter les défis
qui sont là, là, les changements climatiques, etc., là, tu sais.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Nous allons voir du côté du Lac-Saint-Jean.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Il reste combien de temps?
Le Président (M.
Schneeberger) : Quatre minutes.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Ah! quatre minutes. Bien, vous parlez à un député
de région. Bonjour. Ça va bien? Oui.
Vraiment intéressant, là, quand vous parlez de l'élément de maintenir l'école
dans des endroits où est-ce que, des fois, tu n'as pas le service
d'aqueduc et d'égout, puis, tu sais, que ça ne dérange pas nécessairement, puis
que ce n'est pas nécessairement, tu sais, faire de l'étalement urbain. On
connaît tous des municipalités dans des secteurs qui ont vraiment un grand
besoin de ça. Puis ça me fait penser un peu, dans le temps... du temps que
j'étais maire, on avait travaillé toute la question de l'article 59, de la
zone agricole qui permettait, justement, la construction dans des endroits, des
îlots déstructurés qui étaient encore là et qu'il y a des MRC qui ont été très,
très proactives dans... C'est des beaux exemples, là, de travail.
Moi, je veux vous
emmener au niveau de la concordance parce que vous parlez, je pense, de rendre
facultatif le refus de se prononcer sur la
conformité d'un règlement d'un organisme en défaut de concordance, hein? Puis
je voudrais savoir un peu... Puis
vous savez comme moi que, tu sais, c'est tout à fait normal, là, les délais,
puis tout ça, c'est... Puis, je veux
savoir, pensez-vous que de rendre ça facultatif, ça va permettre, justement, à
la municipalité... ou d'aller... d'être plus... d'être
plus proactive ou de rentrer dans les délais raisonnables?
M. Châteauvert
(Pierre) : On y a beaucoup pensé, puis on
a discuté, parce que c'était «doit», puis on a déjà... j'avais déjà discuté,
bon, qu'est-ce qu'il faut faire, et tout, avec «doit». La crainte qu'on a,
c'est qu'on crée un problème plus important que l'intervention qui peut...
parce qu'à ce moment-là ça gèle l'ensemble du processus sur un territoire. Ça
peut être, tu sais, des... Parce qu'une municipalité, pour une question
peut-être pas nécessairement mineure, mais quand même pas majeure, peut être...
Effectivement, la MRC serait obligée de lui dire : Bon, bien, maintenant,
tu n'es pas conforme, tu refuses. Tu n'as plus le droit de ne rien faire. Tu
sais, tu n'as plus le choix de faire de
la... tu sais, tout gèle. On a... On craint. Puis ça, je pense que ça demande
une discussion et une réflexion, si le remède n'est pas trop fort, c'est
ça qu'on invite.
C'est pour ça qu'on a
mis «peut» au lieu de «doit» dans le processus et c'est... Il y a une
discussion, puis je pense qu'il y a des bons
débats à avoir autour de cette question-là parce que ce qu'on... On a regardé
ça avec l'ensemble de nos
conseillers. Nos conseillers juridiques sont formels là-dessus, ils nous
disent : Si on va... Si on laisse «doit», on risque de provoquer,
de démobiliser, de paralyser un territoire puis de... À ce moment-là, pour
combien de temps? C'est cette question-là,
c'est une question d'équilibre, la... C'est pour ça qu'on a... on s'est
dit : On va proposer «peut»... bien non, pas... «peut» plutôt que
«doit» dans le projet de loi.
M. Demers
(Jacques) : Et...
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Vous le voyez dans le projet... Ah! excusez.
Allez-y.
M. Demers
(Jacques) : Ah! j'étais pour dire, il y a
tout un cheminement aussi là-dessus puisque, quand on parle de mettre à
l'intérieur du schéma d'aménagement avant que la municipalité l'ait mis dans
ses règlements, bien, il y a les RCI qui existent aussi, là, tu sais. Quand on
sent qu'il y a des morceaux qui sont trop importants puis qu'on dit : Non,
non, on ne peut pas attendre que tout le monde arrive là, il faut le mettre en
place, le RCI fait souvent l'ouvrage de ce côté-là. Puis, des fois, le RCI est
en place pour tel schéma, il n'a pas été accepté encore par le gouvernement, ou de là on pourrait parler aussi de
l'importance que le ministère des Affaires municipales soit là pour
regrouper pour l'ensemble des ministères aussi parce que c'est... il y a
différentes places que ça peut accrocher dans le cheminement. Pourtant, des
fois, souvent qu'on va parler d'environnement, en particulier, qu'on dit :
Woups, il y a des choses qu'on veut faire tout le monde en même temps. Bien, le
RCI sert aussi à avancer, là.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
un règlement de contrôle intérimaire, mais, une fois qu'il a été fait, tout ça,
bien, par la suite, il est...
M. Demers
(Jacques) : Il est là tant que le
règlement n'est pas mis en place, ça fait qu'il n'y a pas de vide.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Exactement.
Puis... mais ça ne veut pas... Vous le voulez au niveau du projet de loi, mais pas... Au niveau des OGAT, il n'y a pas moyen
de le... de trouver une façon au niveau des OGAT, au niveau des...
M. Demers
(Jacques) : Oui, peut-être. Des
orientations. Bonne question.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Bon. OK.
Président (M. Schneeberger) :
...désolé. Alors, nous allons maintenant du côté de la première opposition, et
je cède la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Merci. Merci beaucoup d'être ici aujourd'hui. Puis vous avez effectivement
produit un mémoire fort exhaustif. Je vais
vous avouer que je n'ai pas pu le lire entièrement encore, vu le moment où on
l'a reçu, mais... mais, franchement,
juste le survol, là, il y a énormément de propositions très constructives,
alors je vous remercie d'avoir fait ce grand travail.
Je vais peut-être
vous amener... vous parler... je pense que la ministre en a parlé tout à
l'heure, l'acte du schéma d'aménagement, vous avez mentionné, ça... c'est un...
ça doit être un acte politique confirmé et qu'il ne doit pas y avoir de mur-à-mur. Et là vous sembliez
peut-être... en disant, «il n'y a pas de mur-à-mur», est-ce qu'actuellement
vous sentez qu'il y a des objectifs, par exemple, qui seraient du mur-à-mur et
qu'il y aurait lieu de revoir ça?
M. Demers
(Jacques) : Bien, je trouve... ne
serait-ce que dans la pensée générale. C'est pour ça que je prenais le mot
«étalement urbain» parce que je me dis, si on écrit «pas d'étalement urbain» ou
on ne rallonge pas un réseau... Parce que,
souvent, j'ose dire celui qui a à l'appliquer, le fonctionnaire, puis je dis
ça, ce n'est pas négatif, là, il a
vraiment une tâche ardue de voir nos affaires, puis de prendre ça, puis de
dire : Ça s'applique-tu ou ça ne s'applique pas? Puis, quand, dans
sa pensée, c'est de dire : Heille! On ne veut pas donner plus de services,
on ne veut pas que le gouvernement ait des coûts supplémentaires, on ne veut
pas qu'il y ait de risques au niveau sécurité, ou quoi que ce soit, parce que les policiers ne vont pas dans ce
coin-là, que les pompiers ne pourront pas s'y rendre, ou d'autres choses
du genre, mais ce n'est pas... Pourtant, dans notre vue locale, ce n'est pas du
tout ça, on se dit : Non, non, il y a déjà des maisons dans ce coin-là, il
y a déjà... Les pompiers doivent s'y rendre, les policiers sont là. On a déjà
de la vie à ces endroits-là, ce qu'on veut,
c'est la densifier. Puis, bien souvent, c'est... on veut aussi utiliser notre
territoire agricole, on veut nourrir
les gens, ça fait que ces territoires-là, ça prend du monde qui y travaille,
bien, il faut qu'ils y habitent aussi. C'est dans ce sens-là, là, qu'on fait...
Faisons attention parce que, certaines municipalités ou dans la métropole, les
besoins sont peut-être différents, puis
ce sera à eux de défendre leur chose. Mais je peux vous dire qu'à
Sainte-Catherine-de-Hatley on ne vit pas la même chose qu'à Montréal,
là, puis que les impacts ne seraient pas les mêmes, et que je n'augmente pas d'aucune façon mes coûts municipaux ou ceux du
gouvernement en mettant en place les endroits où est-ce que les gens
sont situés sur mon territoire.
Mme Dufour :
Merci. Merci. Les seuils de densité qu'actuellement on voit, est-ce que...
tu sais, des seuils minimaux de densité, est-ce que ça, ça devient un enjeu
pour certaines MRC, disons?
M. Demers
(Jacques) : Bien, je ne sais pas si... Je
serais curieux que quelqu'un sorte un chiffre. Tu sais, aussitôt que quelqu'un
mettra un chiffre de seuil minimal, il va falloir l'expliquer puis il va
falloir dire : OK, on fait quoi à ce moment-là? Tu sais, il n'y a pas de
seuil. Si, un territoire, on en a besoin, de... pour plein de raisons, qu'on va chercher du minerai, qu'on veut y faire de
l'agriculture, qu'on en a besoin pour toutes sortes de choses, est-ce qu'on
va dire : On ne développe plus dans ce coin-là? Déjà, on a de la
difficulté à certains endroits, là.
Malgré qu'on dit que les gens quittent les grands centres puis s'en vont en région, quand
on va regarder les chiffres, là, il y a bien de la place à plusieurs
endroits encore, là. Tu sais, cette problématique-là, là, je... Peut-être que,
Pierre, tu exprimerais mieux...
M. Châteauvert
(Pierre) : En fait, c'est... ça prend le
débat. Actuellement, il y a des gens qui disent qu'on devrait se limiter et ne
pas bouger les périmètres d'urbanisation. Ça, ça veut dire... tu sais, certains
villages qui sont déjà pleins, on... c'est la fin du village à terme, on le
sait. Il y a des services. Puis le village, lui, il sert à desservir notamment
l'activité agricole. Et là qu'est-ce qu'on fait? Alors que les gens les plus
avisés là-dedans, bon, vont dire que, le
long d'un rang, des fois, tu es capable de faire... ou tu n'es peut-être pas
obligé d'ouvrir le périmètre, mais tu peux travailler pour développer le
long d'un rang, où est-ce qu'il y a déjà des espaces, des services ou des... ou
une réalité, et tout ça.
Les seuils minimums
d'urbanisation, ça ne peut pas s'appliquer au Québec parce qu'on a un
territoire comme le nôtre. Il y a...
Ça, c'est une... Il y a des problématiques urbaines et il y a des
problématiques rurales, des problématiques régionales, et ça se définit
différemment selon chacun des territoires. C'est ça qu'on dit par rapport à
cette réalité-là. Et on sent qu'il y a une
certaine ouverture, mais, avant, c'était très, très formel, et ça... donc, ce
qui fait que tout ce que ça faisait,
c'est des conflits entre le central et la MRC. Puis donc réviser son schéma,
c'était un parcours du combattant.
Donc, la vision mur à
mur, puis on... La question des mines, c'en est une aussi, une démonstration
que ça ne peut pas fonctionner. L'assemblée des MRC de décembre a pris une
position, puis là, bon, il y a des discussions. On ne peut pas... et on en
traite dans nos documents. On ne peut pas continuer avec une vision mur à mur,
ça ne peut pas correspondre. Les mines, ce n'est pas la même chose dans
l'Abitibi que dans le coin de Montréal. C'est ça qu'on... Donc, c'est la même
chose avec les seuils.
Mme Dufour : Vous avez des MRC qui
sont assez rurales, mais qui font
partie de communauté métropolitaine,
là, CMM, CMQ. Et vous avez mentionné, d'ailleurs, dans votre mémoire, que
peut-être les conseils d'administration devraient
être révisés. Souvent, ceux-là, justement, adoptent des seuils de densité
minimaux qui s'appliquent à l'ensemble du
territoire. Donc, est-ce que vous croyez qu'une présence des préfets, comme
vous le suggérez, de ces MRC là, plus rurales, permettrait de peut-être
mieux balancer les seuils?
M. Demers
(Jacques) : Bien, c'est assez dur de dire
qu'au Québec que, les MRC, notre premier rôle, c'est l'aménagement du
territoire. Puis, voir qu'il y a des préfets qui, là où ça se décide, n'ont
même pas le droit de siéger, il y a une
incongruité, là, il y a quelque chose qui ne marche pas. On dit : On met
ça puis ça se passe dans la MRC, puis le
schéma, c'est le schéma de la MRC, mais, pourtant, il n'y a personne de cette
MRC là qui va siéger où est-ce que ça va se décider, ce qui va se passer chez lui. C'est cette idée-là qui est
dure à comprendre pour nous. Peut-être quelqu'un pourrait l'expliquer.
Mme Dufour : Quand vous dites
qu'ils n'ont pas le droit de siéger...
M. Demers (Jacques) : Il n'y a pas de place pour eux.
Mme Dufour : OK. C'est ça.
Bien, ils peuvent être le représentant, mais il y a un seul représentant pour
la région, par exemple, la rive nord de la CMM. Oui, c'est ça, il n'y a pas...
M. Demers (Jacques) : Bien, c'est ce que je dis, il n'y a personne de certaines
MRC qui sont là. Pourtant, c'est leur rôle, l'aménagement, ce qu'on en
comprend, là.
Mme Dufour : Oui, oui, oui.
M. Châteauvert
(Pierre) : Le leader qui porte le dossier,
c'est le préfet et il devrait être sur cette instance-là.
Mme Dufour : Je comprends. Excellent.
Bien, merci beaucoup. Je vais peut-être vous amener ailleurs. Vous avez parlé
des ressources à temps plein qui seraient nécessaires pour les MRC. Vous avez
parlé de deux ressources par MRC. Il n'y a pas... Et ce n'est pas au
volume, ce n'est pas selon la grosseur de la MRC, c'est deux, comme ça, par MRC
que vous avez suggéré.
Je me demandais, actuellement... Puis ça, ça,
c'est pour l'aménagement du territoire, là, pour pouvoir... Actuellement, il y
a des subventions. Est-ce que vous... Bien, est-ce que les MRC reçoivent des
subventions? Puis ça représente environ combien, là, de ressources à temps
plein?
M. Demers (Jacques) : Je n'ai pas le montant. Je ne sais pas... quoique je
voudrais... je pourrais vous induire en erreur, là, je ne peux pas aller...
Mme Dufour : Mais, en fait,
c'était ma question : Est-ce qu'il y en a?
M. Châteauvert
(Pierre) : Oui, il y a des... Eh bien, il
y a des ressources, il y a... Effectivement, on a accès, notamment suite au
pacte fiscal. Ça, s'est consolidé, ça s'était beaucoup amélioré, celui de 2019.
Oui, effectivement, il y a des ressources.
Mais ce qu'on dit, c'est qu'il y a énormément de nouvelles responsabilités. Il
y a toujours un principe que,
lorsqu'on transfère des responsabilités aux instances locales, aux MRC,
l'argent devrait venir avec, disons que ce n'est pas toujours le cas. Et
de plus en plus de ministères font appel à nous. On a eu l'expérience en
développement local, ça a donné des résultats extraordinaires. On est arrivé
avec le même modèle, on a la même demande. Dans le dernier budget, il y avait
une... il y avait un montant qui est, effectivement... qui s'en va. Puis là la
discussion, bon, c'est à partir du 1er avril 2024. On est d'accord, il n'y
a pas de problème, mais on va discuter, avec le gouvernement, sur la façon
de... effectivement, d'investir. Mais nous, on pense que le niveau MRC doit
être encore plus consolidé. Vous savez, il
n'y a pas de source de financement autonome au niveau de la MRC, et, ça, je
pense qu'à un moment donné c'est un
problème, il va falloir aller regarder, peut-être pas de leur donner des
sources de financement autonome, mais comment financer cette
fonction-là.
M. Demers
(Jacques) : Ne serait-ce pour refaire un schéma d'aménagement,
le temps que ça y prend, l'énergie qu'il
faut y mettre, là, si vraiment c'est là qu'on va aller. Et évidemment on pense
que c'est une... il va avoir de l'investissement à devoir faire de ce
côté-là. Puis, si on parlerait... On n'a pas parlé du tout, comme c'est là, du
côté environnemental qui est très important. Si c'est vrai qu'on veut aller
vers une protection de la biodiversité sur 30 % du territoire, j'espère
que tout le monde comprend très bien que la seule place de réussir ça, c'est à
l'intérieur d'un schéma d'aménagement.
Sinon, comment aménager notre territoire s'il y en a 30 % qui pourrait
être décidé par d'autres ou de différentes façons, ou que, du jour au
lendemain, on aura pensé notre territoire, puis là, la modification, faisons du
gruyère avec le territoire? Mais il y a une... il y a de l'ouvrage à faire
là-dessus, si on veut bien protéger. Puis c'est vrai qu'on veut des corridors
fauniques, c'est vrai qu'on veut protéger ce qui a besoin d'être protégé. La
seule place, vous allez réussir, c'est à
l'intérieur, directement, d'un schéma d'aménagement. Sinon, il y a
deux personnes ou deux groupes qui, en même temps, vont se
confronter de façon incroyable.
M. Châteauvert
(Pierre) : Un petit exemple, juste si vous
permettez, les milieux humides. C'est pendant que
M. Demers citait ses exemples que, moi, ça m'est venu, là. Les milieux
humides, c'est une... ça découle d'une loi, là, 2018 de l'Assemblée
nationale. Il y a eu un règlement, et tout ça. Les MRC sont en train de faire
une cartographie des milieux humides. Il y a des MRC qui ont deux,
trois personnes, et on n'a même pas eu 100 000 par MRC pour faire ça, là. Puis c'est une responsabilité puis
c'est... Tout le monde s'entend maintenant. C'est un... Il y a quelque chose
d'extraordinaire puis quelque chose de le fun qui se
promène là-dedans. Mais il y a des questions de responsabilité, tout ça, qui
découlent, mais, quand même, le financement, bien, c'est le local qui s'en
occupe, là.
Mme Dufour :
Oui, effectivement. Je vais vous parler peut-être du développement minier.
Vous l'avez bien établi, là, l'enjeu
présentement, avec, notamment, là, la ressource en eau qui pourrait être à
risque dans certains cas, mais vous
dites : «N'est pas ici souhaité d'interdire tout développement minier d'un
territoire mais bien concilier l'exploration et l'exploitation avec les
différentes facettes de l'aménagement», puis là vous parlez des milieux
naturels, ressources en eau, etc. Mais
est-ce qu'on... Est-ce que vous convenez qu'à certains endroits où, justement,
ces sources d'eau là sont essentielles il serait possible de ne pas...
qu'il n'y en ait pas, de développement minier?
M. Demers
(Jacques) : Absolument, c'est vraiment...
Puis on... sans prendre le cas de Rigaud ou d'autres, le Mont-Rigaud, à qui on a parlé beaucoup dans ce
dossier-là... Mais il y a des cas un peu partout aussi qu'il faut... il y a
des paysages aussi, au Québec, qui
sont protégés depuis plusieurs décennies, là, qu'on se dit : Non, non, on
ne touche pas, on ne développe pas, on le protège. On a mis ça dans le
schéma de 1998, mais qu'aujourd'hui on pourrait détruire, parce qu'on se
dit : Non, il y a de la belle pierre là-dedans, là. Si c'est une butte, il
y a de quoi dans la butte, là, tu sais. Ça se peut que ce soit de la pierre,
c'est pour ça qu'elle est restée comme ça. Mais on peut-tu s'entendre que, si
c'est quelque chose pour la survie humaine puis qu'on a besoin, on ira la chercher?
Mais, si c'est le produit qu'on est capable
de trouver à quelques kilomètres, il y a des choses qui doivent être protégées,
puis la première devrait être l'eau. Tu sais, c'est nos milieux, là.
Mme Dufour :
Parfait. Puis, peut-être juste valider avec vous, quand vous dites que de
ne pas interdire sur tout l'ensemble d'un territoire, vous parlez d'un
territoire d'une MRC...
M. Demers
(Jacques) : Oui, parce qu'on...
Mme Dufour :
...ou ça pourrait être le territoire, tu sais, d'une municipalité? C'est
ça, je me demande...
M. Demers
(Jacques) : Bien, dans les deux cas,
normalement, on est habitué, dans le schéma, d'avoir ces choses-là puis de
s'obliger à certains éléments. Puis c'est... Il faut que ça soit participatif.
Il faut que chacun des joueurs, si on est 17 ou 20, on travaille ensemble, puis
on ne permettra pas que, dans une municipalité, eux vont tout protéger et faire ce qu'ils veulent, et l'autre,
l'inverse, là. Tu sais, il faut être capable de regarder quand même, au niveau
des MRC, les opportunités, aussi bien quand on parle d'environnement qu'on
parle des mines, sur le même principe pour tout le monde.
Ça fait que, si c'est
à cet endroit-là que ça se trouve, bien, oui, ça peut être plus touché. Mais le
point de vue environnemental, s'il y a des endroits qui ont besoin d'être plus
protégés, ça se peut, que ce ne sera pas un ratio égal pour tout le monde, mais
tout le monde doit être... y participer.
Une voix : Merci
beaucoup. Je pense que mon temps est écoulé.
5 909
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Merci beaucoup.
Alors,
nous allons maintenant à la deuxième opposition, et je laisse le député de
Taschereau poser ses questions.
19 267
M. Grandmont : Merci, M. le Président.
Merci, M. Demers, M. Châteauvert, pour votre présentation. On prendra évidemment le temps de lire votre mémoire
avec attention. Quand même, votre présentation était claire, puis ce qu'on
a pu parcourir, là, rapidement nous a quand même éclairés à certains égards.
J'irais rapidement
sur la demande que vous faites d'abroger l'article 246, qui est quand même
importante, on vient juste d'en parler, en fait, là. Est-ce que vous diriez, en
fait, que le mécanisme de territoire incompatible avec l'activité minière
actuellement ne fonctionne pas du point de vue des municipalités?
M. Châteauvert
(Pierre) : Le problème, c'est la vision de
mur à mur, de la façon qu'il est conçu. 246 est une demande historique parce
que ça prévoit la préséance de la
Loi sur les mines, sur les schémas
d'aménagement. Et, au niveau de
l'exploration, notamment, c'est qu'il débarque quelque chose, là, il débarque
du monde, puis qui creusent des
trous. Ça... Les gens, ça n'appelle pas au ministère ou appelle... Ils
débarquent au conseil municipal ou au conseil de la MRC pour se
plaindre, et là ça part.
Donc, nous, notre
revendication... à l'assemblée des MRC, il a été décidé, en fait, de dire...
bon, toujours de maintenir, mais aussi de travailler beaucoup au niveau de
l'OGAT, en fait, là, on appelle ça l'OGAT-Mines, là, pour permettre que ça soit
dans le schéma, qu'on identifie les territoires puis la compatibilité entre
l'industrie minière et le territoire, donc,
et aussi les distances de protection. C'est incroyable, ce n'est pas la même
chose qu'autour d'un lac que dans un périmètre urbain.
Donc,
Il y a des discussions. Il y a des demandes très précises qui ont été faites,
qui datent de début décembre 2022, faites par l'assemblée, parce que la
conciliation, puis c'est M. Demers qui est président, entre les gens de
l'Abitibi, ils sont très habitués, puis
c'est quelque chose de fondamental, puis les gens de la région de Montréal,
puis qui avaient, des fois, des approches un peu plus directes, là, par
rapport à la gestion de l'activité minière, mais le consensus a été assez... très clair, c'est dans le schéma que ça
doit se trouver, ça, cette façon-là, puis d'essayer de concilier les intérêts
puis la réalité avec la population.
19 267
M. Grandmont :
Vous disiez, là, tout à l'heure, là, on a bien entendu, là : Pas de
mur-à-mur. On comprend bien, en même temps,
comment les municipalités, les MRC peuvent elles aussi participer aux efforts
de densification. On a parlé, là, de localisation à l'intérieur d'un
périmètre urbain. Je sais qu'il y a un mouvement assez fort aussi pour
redévelopper des noyaux villageois autour des rues principales. Est-ce qu'il
n'y a pas des efforts de densification qui pourraient être faits autour de ça?
Puis je vais aussi
rapidement sur ma... sur mon autre sous-question pour laisser... vous laisser
le temps, là, de bien l'exprimer, de bien vous exprimer là-dessus : Est-ce
qu'à travers la révision du pacte fiscal on aura aussi une façon de soulager
les municipalités en région de l'obligation d'attirer du nouveau monde? Parce
que je comprends qu'il y a attirer des gens
pour faire fonctionner les industries sur place, mais, d'autre part, il y a les
budgets de fonctionnement qui augmentent aussi avec le temps pour
combler, là, ce manque, ce déficit de financement pour les budgets d'opération. Est-ce que la révision du
pacte fiscal pourrait être une occasion de sortir, finalement, de ce régime-là,
de dépendance au foncier?
M. Demers (Jacques) : Je comprends votre question. C'est un... Ce qui est un peu embêtant à
l'intérieur de ça, c'est de voir... Il faudrait éviter de payer une
municipalité pour arrêter de se développer. Tu sais, si vous parlez souvent
avec une vision de périmètre urbain d'une
grande ville, c'est complètement différent. Ce que vous dites là, je me
dis : On doit adhérer. C'est évident qu'ils vont vouloir densifier, ils
vont vouloir aller en hauteur, ils vont... Mais, si on est en train de dire qu'il va falloir densifier dans
une municipalité, puis je vais prendre la mienne, celle que je connais le
mieux, Sainte-Catherine-de-Hatley, si vous arrivez dans le périmètre
urbain, vous passez dans le village, vous n'y trouverez pas 12 maisons dans ce village-là. Pourtant, à Sainte-Catherine-de-Hatley,
il y en a 1 500. Depuis 1978, on a plus que doublé la population,
passé...
5 909
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Demers
(Jacques) : ...grosso modo, de 1 400
à 2 800 de population. Où est-ce qu'ils sont, ce monde-là, s'il n'y a rien que 12 maisons? C'est que là
où est-ce qu'ils se sont situés, c'est à des endroits, oui, plus près des lacs,
dans les montagnes, à des endroits sans même toucher au périmètre
agricole, là.
5 909
Le Président (M. Schneeberger) : Je
vous remercie.
M. Demers
(Jacques) : Mais... OK. Excusez...
5 909
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
excusez. Oui, c'est le temps. Je suis obligé de faire le jugement du temps
là-dessus.
Alors,
merci à la Fédération québécoise des
municipalités, voilà, je me reprends,
pour votre précieuse collaboration.
Alors, on suspend
quelques instants pour permettre à l'autre groupe de venir s'installer.
(Suspension de la séance à
11 h 36)
Le Président (M.
Schneeberger) : Voilà. Alors, bienvenue à vous. Alors, nous allons
débuter. Nous accueillons l'Association des directeurs généraux des
municipalités du Québec. Alors, vous avez un 10 minutes pour faire vos exposés, et, par la suite, nous allons
faire un tour de table avec les questions des différents partis. Alors, la
parole est à vous.
M. Schryburt (Christian) : Merci
beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, bonjour, M. le Président, Mme la ministre et les membres de la commission.
L'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec, l'ADGMQ,
remercie la Commission de l'aménagement du territoire de l'occasion qui lui est
offerte aujourd'hui d'exprimer ses observations concernant le projet de loi
n° 16 modifiant notamment la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Fondée en 1935,
l'ADGMQ a pour mission de promouvoir l'amélioration des connaissances et le
statut de ses membres. Elle assure une
représentation auprès des instances gouvernementales et municipales et organise
des sessions de perfectionnement dans le but d'encourager la poursuite
de l'excellence dans la gestion municipale. L'association favorise également la coopération entre ses
membres et les autres associations et organismes. L'ADGMQ compte près de
250 membres, répartis dans quelque 200 municipalités au Québec. Elle
est constituée exclusivement de directeurs généraux,
de directeurs généraux adjoints et de directeurs d'arrondissements. Les
municipalités membres de l'association dans lesquelles oeuvrent les
hauts fonctionnaires municipaux représentent près de 85 % de la population
québécoise.
L'ADGMQ a été
impliquée dans de nombreuses démarches de consultation qui ont mené à
l'adoption de la Politique nationale de l'architecture et de l'aménagement du
territoire et dans celle concernant la mise en oeuvre de la politique dont le
projet de loi n° 16 est issu. Elle tient à souligner le travail, la
disponibilité, l'écoute et le souci de bien comprendre les arguments soulevés
tout au long du processus de consultation des représentants du MAMH.
Le projet de loi
n° 16, déposé le 21 mars dernier, est considéré comme un élément
important dans la mise en oeuvre de la Politique nationale de l'architecture et de
l'aménagement du territoire,
puisqu'il met principalement l'accent sur la priorité de l'aménagement
durable du territoire et la cohérence des actions pour y parvenir. Il confirme
la prépondérance du rôle des documents de planification, en révise le contenu
et renforce le contrôle en aménagement du
territoire par des pouvoirs accrus aux ministres et aux instances régionales.
De plus, il sème la... il sème, pardon, le germe d'une culture d'amélioration
continue par l'introduction de la mesure de l'efficacité des actions de planification
avec le monitoring et par l'ajout de mesures souples, agiles, tel que le zonage
incitatif.
Les changements introduits sont cohérents avec
la politique qui vise à accroître la préservation et la création des milieux de
vie conviviaux et de qualité pour la population. Il n'apparaît pas nécessaire
pour l'association, à cette étape, de
débattre si les changements proposés dans le projet de loi vont assez loin ou
non. L'ADGMQ souhaite plutôt reconnaître
qu'il s'agit d'une réalisation importante et souligner le pas en avant que cela
constitue. Elle met en évidence l'importance d'assurer
l'opérationnalisation des changements envisagés. C'est au regard de cette
préoccupation que vous sont partagés les
commentaires de l'association ainsi que les observations que les membres de
l'ADGMQ ont pu jusqu'à maintenant faire part dans le respect des délais
impartis.
Tout d'abord, l'ADGMQ salue les diverses
améliorations qu'apporte le projet de loi n° 16 à la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme, notamment :
Les dispositions ajoutées à la LAU pour mieux en
faire comprendre le but et la portée en y intégrant des principes de milieu de
vie de qualité, de lutte aux changements climatiques et de protection des
milieux naturels, entre autres. Cela permet notamment d'apporter un éclairage
nouveau à l'interprétation de la loi.
Les modifications au processus de consultation
publique et d'adoption des règlements d'urbanisme, qui sont globalement
positives et donnent plus de liberté aux municipalités.
Également, l'introduction des mesures de suivi
des plans métropolitains et des schémas d'aménagement, qui est pertinente. En gestion, il est important de
mesurer l'atteinte des objectifs poursuivis afin d'identifier les écarts et de prendre
les mesures requises pour les combler. Pour que les systèmes de mesure soient
efficaces, il importe qu'ils reposent sur des objectifs clairs, des cibles
réalistes et mesurables, ainsi que des données accessibles. Bien que les cibles
et les systèmes de suivi demeurent à définir, il s'agit d'un ajout important
pour un aménagement d'un territoire ambitieux.
La mise à jour des éléments susceptibles
d'approbation référendaire, qui permet de soustraire certains projets d'intérêt collectif au phénomène du «pas dans ma
cour»; aussi, il permet d'aménager des logements accessoires et des projets
de densification. Il s'agit d'un bel exemple d'une mesure concrète dans le
contexte d'une crise de logement et d'une flexibilité accrue accordée aux
municipalités.
L'utilisation des compensations financières
concernant les espaces de stationnement, qui est élargie avec justesse afin d'autoriser une municipalité à
utiliser les sommes recueillies pour financer, entre autres, des immobilisations
destinées à améliorer l'offre en matière de transport actif et collectif est
également soulignée.
L'association est également soucieuse du succès
de la mise en oeuvre des mesures prévues au projet de loi et désire contribuer
efficacement aux travaux de la commission en formulant ses commentaires
suivants.
Tout d'abord, au niveau de la... le milieu de
vie et... pardon, le milieu de vie de qualité, le projet de loi comporte
plusieurs articles introduisant le contexte de planification, notamment en
intégrant des principes directeurs concernant
les milieux de vie de qualité, la lutte aux changements climatiques ainsi que
le développement des protections des
milieux naturels. Ces principes directeurs sont, d'ailleurs, partagés par les
municipalités, qui sont nombreuses à les avoir déjà placées au coeur de leur outil urbanistique. Toutefois, plus
d'une municipalité désireuse d'adopter une réglementation audacieuse ou
de poser des gestes pour protéger les milieux naturels se heurte à des
décisions judiciaires décrétant une
expropriation déguisée et aux répercussions financières induites par des
décisions découlant de l'application de la
loi sur l'expropriation. Dans tous les cas, il en résulte d'une charge
financière publique importante qui freinera assurément les initiatives
collectivement avantageuses en matière de protection des milieux naturels et de
la qualité de vie.
L'ADGMQ recommande, donc, bien, croit que la
modification de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme doit déterminer les situations permettant aux municipalités d'introduire
des mesures axées sur la protection des milieux naturels sans crainte de
représailles juridiques indues. Quant à l'équilibre à maintenir entre les
intérêts individuels et collectifs, une modification de la loi en matière
d'expropriation devrait être envisagée pour déterminer la juste valeur à
consentir en contrepartie, le cas échéant.
Au niveau de la consultation publique, la
compréhension de l'association de la production d'un
sommaire de la
consultation est qu'un document public devra être produit. Actuellement, lors
des consultations, la pratique du personnel
présent consiste à prendre des notes succinctes concernant les commentaires
formulés afin de pouvoir y référer tout au long du processus d'adoption
réglementaire. Le document... La production, pardon, d'un document public suppose la rédaction d'un texte beaucoup plus
élaboré qui prend du temps sans rien ajouter à l'expression démocratique
de la population dans le cadre du processus réglementaire. Au surplus, il
allonge les délais pour la dispense des services directs à la population en
urbanisme, puisque le personnel doit plutôt rédiger un document.
Notre recommandation n° 2.
L'ADGMQ croit que le contenu du
sommaire devrait être limité à la liste des documents écrits produits par les participants de
la consultation, dont le contenu devrait être disponible sur le site Internet
de la municipalité et également la liste de participants présents à la
consultation et de l'objet général du commentaire formulée par ceux-ci.
Au niveau des
bilans, le ministre, la communauté métropolitaine et la MRC peuvent demander à
la municipalité locale de leur
communiquer des renseignements et de leur transmettre des documents pour la
production des bilans prévus au projet de loi. Selon l'information
requise, il peut devenir ardu pour une municipalité de les produire s'ils ne
sont pas habilement...
pardon, habituellement compilés. Il faut être conscient que toutes les données
ou tout autre document non existant à
produire engendrent une augmentation de la bureaucratie. Ainsi, selon la
disponibilité de la main-d'oeuvre, un impact sur le service à la population
peut être anticipé.
Notre
troisième recommandation. On croit que l'information à transmettre ne doit pas
obliger les municipalités à produire des données et des documents autres
que ceux normalement consignés ou produits dans le cours normal des opérations.
Des précisions en ce sens devraient être apportées au projet de loi.
En plus, il faut être prudent puis éviter de
reproduire les situations vécues dans les indicateurs de gestion en... à
Malgré les travaux préparatoires sur le
sujet, l'utilisation des indicateurs de gestion imposés aux municipalités a
souffert de carences dans l'analyse des
résultats en l'absence de la prise en compte de leurs facteurs d'influence. En
outre, des indicateurs tels que
publiés laissaient plutôt croire à un palmarès et ne tenaient compte ni de la
planification, ni des priorités, ni des particularités des municipalités
mesurées.
Nous recommandons, donc, qu'il faut utiliser les
enseignements de cette expérience afin d'introduire un système de mesure de l'atteinte des objectifs d'aménagement du
territoire qui soit souple, efficace et pérenne, sans oublier que le résultat issu de cette mesure sera aussi
conditionné par l'impact des diverses actions et décisions gouvernementales
sur les différents territoires du Québec. Le
système de mesure devra aussi prendre en compte les situations particulières
prévalentes. Cet outil permettra ensuite aux
municipalités locales d'établir un calendrier réaliste pour la mise en place
des mesures de redressement requises, le cas échéant.
Au niveau de la concordance, le projet de loi
prévoit une instance régionale... qu'une instance régionale serait obligée de
refuser de se prononcer sur un règlement d'urbanisme d'une... d'une
municipalité, pardon, lorsque celle-ci est
en défaut d'apporter une modification de concordance à son plan d'urbanisme ou
à un autre de ses règlements d'urbanisme. La compréhension de
l'association de cette exigence, bien qu'elle comporte une réserve concernant
certaines situations, est qu'elle peut créer une contrainte importante pour les
municipalités, par exemple, un projet de règlement quelconque indépendant de
celui qui, à défaut de concordance, serait inutilement bloqué. Pourtant, il est
plausible que les retards à modifier le règlement en défaut de concordance...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Schryburt
(Christian) : ...puissent être dus à des démarches plus
importantes que souhaité pour y parvenir.
Notre recommandation, c'est... plusieurs des
mesures du projet de loi...
Président (M. Schneeberger) : Désolé, je ne sais pas s'il vous en restait encore
longtemps, votre 10 minutes est écoulé. Alors, à moins que la ministre
accepte son... on irait à la période de questions.
M. Schryburt (Christian) : Bien,
écoutez, il m'en reste environ pour trois minutes.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y.
M. Schryburt (Christian) :
Merci. Excusez. J'ai fermé mon micro par inadvertance. Donc, je vais passer au
zonage incitatif. L'introduction de la possibilité d'adopter un zonage
incitatif comportant des normes particulières, sous réserve d'une entente avec les municipalités sur le contenu de leur
projet, est très pertinente. On pense que c'est un outil intéressant qui va accorder de la souplesse
aux municipalités et concrétiser des projets favorisant le développement...
le redéveloppement. Toutefois, on souligne
que l'exclusion qui est indiquée concernant les normes relatives aux usages peut
conduire à annuler l'assouplissement visé par le législateur, car les
structures de certains règlements en vigueur dans certaines municipalités font
en sorte que l'usage et la densité sont liés. Donc, on pourrait... ça pourrait
avoir des incidences si jamais on veut réaliser un projet à ce niveau-là.
Ce que nous recommandons, c'est qu'on croit
qu'il faut accorder une attention particulière à l'exclusion concernant les usages. Pour respecter la volonté
exprimée dans le projet de loi, il ne faudrait pas que l'exclusion concerne
les usages résidentiels, quelle soit la... que soit la typologie, pardon. Qu'il
subsiste l'intention d'appliquer une limite aux
usages résidentiels, il serait probablement plus pertinent pour nous de le
faire en appliquant plutôt une contrainte de densification maximum.
Je vais,
juste en conclusion, juste vous dire que, la dernière recommandation, il s'agit
du pouvoir de suspension d'émissions de permis, que nous saluons, mais on croit
qu'il serait pertinent de permettre au ministre, dès réception d'un
rapport sur la situation, de prolonger ce délai-là en fonction des différentes
situations. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, la parole à Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, merci. Juste
la dernière phrase, au niveau de l'émission des permis, qu'est-ce que vous
voulez... pouvez-vous m'expliquer, s'il vous plaît, pour l'émission des pe