Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 6 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-05-06
Quebec — Committees
(Quinze
heures trente et une minutes)
Le Président
(M. Montigny) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie
pour l'exercice financier 2025‑2026. Une enveloppe de 1 h 30 min a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements aujourd'hui?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est
remplacé par M. Poulin (Beauce-Sud).
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre
général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et les
réponses.
Alors,
voilà, je suis maintenant prêt, pour la première période, à reconnaître la
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le Président. Et chaque bloc,
c'est 15 minutes, 16... J'oublie à chaque fois. Ça change...
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons, donc, un bloc... comme je disais tout à l'heure, un bloc de
18 minutes.
Le Président (M.
Montigny) : Oui.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup. Bon, bien, bienvenue à tout le monde dans le salon rouge, le
côté gouvernemental. Rebonjour à certaines
personnes que je n'ai pas vues depuis une certaine couple de semaines. J'ai
hâte de retourner en commission pour le projet de loi n° 69, M. le
Président, tous ensemble. Ça va être bien intéressant de voir comment ça
termine les prochaines couples de semaines. Alors, bonjour, tout le monde. Et
merci beaucoup, les fonctionnaires de
l'État, du monde qui a travaillé fort sur le cahier des crédits. Je sais que
c'est un travail hyperimportant pour nous, comme les élus, de s'assurer que
toutes les dépenses du ministère sont bien comptées, puis on peut expliquer,
les citoyens, comment le gouvernement a dépensé leur argent. Alors, merci
beaucoup pour votre travail.
Mme la ministre, je
veux commencer notre échange sur question des blocs d'énergie, et plus
précisément sur le bloc d'énergie qui a été
accordé à Northvolt. Avez-vous une mise à jour pour nous? Est-ce que le
gouvernement a avancé dans ses
intentions de peut-être accorder ce bloc d'énergie à d'autres entreprises ou
est-ce que nous n'avons pas... Arrivé à ce stade-là, une mise à jour va
être très appréciée par le côté de l'opposition officielle. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Merci. Merci, M. le Président.
Bien, je voudrais saluer les collègues à mon tour, le député de Jacques-Cartier, le député de Maurice-Richard, et
remercier les équipes du ministère qui ont travaillé, effectivement, de manière
intense, soutenue au cours des dernières semaines, et j'oserais même dire
derniers mois, pour nous préparer l'ensemble de la documentation. Et merci
également à l'équipe du cabinet qui a travaillé fort et qui, voilà, a tenu à ce
qu'on arrive bien préparés aujourd'hui.
Alors, merci, M. le
député de Jacques-Cartier. Donc, en ce qui concerne Northvolt, donc, bien,
comme vous le savez, il y a un processus
juridique qui est en cours et qui va... au niveau de la maison mère et qui va
nous permettre d'en savoir davantage
sur l'avenir de l'entreprise du côté de la maison mère. Je n'ai pas de date ou
d'indication de date quant au moment où ça surviendra, cette conclusion
des travaux juridiques qui sont en cours, mais il sera important d'avoir cette information-là avant de définir la
suite pour Northvolt Amérique du Nord. Donc, de notre côté, ce que l'on entend, c'est que le projet Northvolt Amérique du
Nord continue à être d'importance. Et donc on attend de voir, du côté juridique, ce qu'il en adviendra avant de statuer
sur les blocs d'énergie parce qu'advenant que le projet suit son cours, eh
bien, ces blocs d'énergie seront requis.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la ministre. On va suivre ça avec beaucoup d'attention. Et,
j'imagine, il y a d'autres entreprises dans la région qui sont dans la
file d'attente pour l'énergie et, j'imagine, il y a certains projets qui sont sur votre bureau présentement. Alors,
quand... Et, regarde, je pense qu'on sait, tout le monde, que Northvolt va dans une certaine direction. On ne sait pas si
quelqu'un va l'acheter, l'entreprise, etc., mais ça semble que c'est
probablement la fin du projet. C'est
très possible. Mais, après ça, c'est quoi, le processus pour ces autres
entreprises? Est-ce qu'il y a
des autres... autres acteurs qui peuvent prendre cette énergie pas mal
rapidement?
Le Président (M.
Montigny) : Merci beaucoup, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Alors, il y a, M. le Président,
donc, plusieurs entreprises, effectivement, qui ont des projets, des
projets économiques qui requièrent des mégawatts. Si c'est moins de cinq
mégawatts qui sont requis, le projet va de l'avant sans qu'il y ait une analyse
soit de la part de notre ministère, MEIE, ou encore de la part d'Hydro-Québec.
Maintenant, si ça dépasse les cinq mégawatts, bien, il y a une première analyse
technique qui doit être menée par Hydro-Québec,
et puis, si l'analyse technique est positive, donc là, il y a une seconde
analyse qui doit être faite et qui porte, quant à elle, sur les impacts économiques, les impacts environnementaux
et les impacts sociaux du projet économique en question.
Donc,
on a un certain nombre de projets qui nous ont été soumis et qui ont été en
analyse, certains pour lesquels l'analyse est conclue, d'autres pour lesquels
l'analyse est en cours ou à venir. Alors, je vous dirais qu'au cours des
prochaines semaines on sera en mesure de
donner suite aux demandes pour... concernant des projets de plus de cinq
mégawatts qui nous ont été soumis il y a quelques mois. Donc, c'est au
cours des prochaines semaines qu'on va pouvoir annoncer, en ce sens-là, nos
couleurs.
Le Président
(M. Montigny) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président, et merci beaucoup, Mme la
ministre. C'est très, très intéressant,
votre réponse. Ça va en lien avec la
prochaine question que j'ai eue pour vous concernant les blocs d'énergie. Je
sais que vous savez que le P.D.G. des Forges de Sorel a déploré un petit
peu le manque de transparence dans le processus d'attribution des blocs d'énergie, et, après avoir fait une demande qui
a été refusée, la compagnie n'a pas eu la chance de consulter la grille
d'évaluation du projet. Je comprends qu'on n'a pas... de mettre ça sur l'espace
public, de rendre ça public, ce n'est
probablement pas une bonne chose. On ne veut pas que certaines entreprises
disent : Bien, vous avez été refusé pour telle raison, parce que ça peut
nuire à leur compétitivité. Mais, sur les questions de transparence, avec
une grille d'analyse, et comment les entreprises sont informées du fait qu'ils
n'ont pas reçu un bloc, est-ce qu'il y a eu des avancées de travail qui ont été
faites, sur ce côté-là, pour améliorer le processus, pour le bénéfice de toutes
les entreprises ici, au Québec?
Le Président
(M. Montigny) : Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez
la parole.
Mme Fréchette :
Alors, merci, M. le Président. Donc, bien, on retrouve un dossier qu'on a eu
l'habitude de discuter avec les députés du
Parti libéral, donc, concernant l'octroi des mégawatts, en fait, et, en
l'occurrence, là, je pense que le député de Jacques-Cartier fait
référence aux Forges de Sorel, mais je vais répondre de manière générale.
Donc, en général,
l'analyse, donc, qui est rendue est à la fois technique, ensuite sur les impacts
économiques, sociaux et environnementaux. Nous, on s'attend à ce que les
projets qui soient mis de l'avant et soutenus contribuent soit au développement économique, à la création de
bons emplois bien rémunérés et/ou à la décarbonation du Québec. Donc,
l'idéal, c'est, bien sûr, que ça puisse contribuer à ces deux grands objectifs
que l'on a, de décarbonation et de développement économique.
Maintenant, il y a
une décision qui avait été rendue dans le cas de l'entreprise à laquelle fait
référence le député de Jacques-Cartier, et
une lettre a été transmise. Et la procédure, c'est qu'un représentant
d'Hydro-Québec vient, normalement, rencontrer l'entreprise pour
expliquer la façon que ça a procédé, l'analyse qui a été rendue, et, s'il y a une volonté de la part de l'entreprise de
resoumettre une demande suite à cet échange, eh bien, c'est tout en son
possible. Chaque entreprise qui
reçoit une réponse, si elle s'avère négative et que l'entreprise veut quand
même avoir sa chance, tenter sa
chance à nouveau, il n'y a pas d'empêchement. Il peut y avoir une seconde
demande qui est soumise, dans la mesure où il y a des modifications, bien
sûr, qui ont été apportées, si on veut s'attendre à une réponse différente.
M. Kelley : Merci, Mme la ministre. Mais il n'y a pas comme
une grille d'analyse qui est fournie. C'est vraiment une rencontre avec
Hydro-Québec, peut-être avec un fonctionnaire de votre ministère ou un acteur d'Investissement
Québec. Il n'y a pas quelque chose
comme une vraie explication. Parce que, j'imagine, Mme la ministre, ça peut arriver qu'il y ait deux entreprises qui sont pas mal... ils
frappent tous... ils cochent toutes les boîtes, là, avec le fait... on va créer des jobs payantes, puis c'est
bon pour l'environnement, etc., mais il y a juste un manque d'énergie.
Alors, encore, est-ce qu'il y a comme une grille qui est fournie à ces
entreprises quand elles sont refusées ou c'est juste une explication technique
puis plus générale sur les principes : Le gouvernement, on veut ça, ça,
Le Président
(M. Montigny) : Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors, il
n'y a pas le fin détail de chacun des éléments qui est pris en considération,
mais les grands paramètres sont disponibles... sont disponibles sur le site
Internet, dans la
section intitulée Procédure pour obtenir une autorisation pour le raccordement
d'un projet d'une puissance de 5 MW et plus. Donc, vous avez, dans cette section-là du site Internet, les éléments
qui sont pris en considération pour l'analyse multicritère, donc, une
évaluation...
Les promoteurs, en
fait, doivent s'assurer que leur demande de mégawatts est la plus optimisée
possible, notamment en considérant une évaluation énergétique globale, des
mesures d'efficacité énergétique également, des équipements performants pour
un bouquet énergétique, donc, différentes
sources d'énergie, notamment solaire ou autre, biomasse, bioénergie, autoproduction. Également, on va valoriser les rejets thermiques,
récupération... la valorisation des rejets thermiques, pardon, la récupération de
la chaleur, et puis avec une estimation la plus précise possible de la demande
souhaitée en mégawatts. Donc, voilà, il y a des éléments, des grands paramètres
qui sont disponibles sur Internet.
M. Kelley : Merci
beaucoup, monsieur... Mme la ministre. M. le Président, je vais maintenant
poser une question encore en lien avec les
blocs d'énergie, mais dans un différent angle. Mme la ministre, vous étiez à
Londres, je crois, la semaine
dernière ou ça fait... récemment, une petite visite en Angleterre. Est-ce que
vous avez vanté notre électricité propre?
Et est-ce que vous avez peut-être eu des discussions avec des entreprises qui
ont des blocs d'énergie disponibles pour les entreprises étrangères?
Mme Fréchette :
Donc, si j'ai vanté... M. le Président,
si j'ai vanté l'énergie verte à Londres lors de mon séjour là-bas? Bien, vraiment, ça a été constant dans mes
interventions, le fait qu'on a de l'énergie verte, de l'énergie renouvelable, et que 99 % de la production énergétique au
Québec est verte. Parce qu'en fait il faut voir que le Québec, non seulement
on est membre, mais on est cofondateur d'un groupe qui s'appelle le BOGA,
Beyond Oil and Gas Alliance, et il s'avère qu'on a réuni ce groupe avec
plusieurs représentants, notamment de pays européens. J'avais le ministre de l'Énergie britannique qui était là. On avait un
commissaire européen, des représentants du Danemark, de la France, de l'Espagne, de pays latino-américains, donc, une
belle représentation. Et c'est sûr qu'à cette occasion-là j'ai vanté, en fait, l'approche
qu'on a adoptée au Québec depuis des décennies, de nombreuses décennies, et
puis l'apport qu'on peut avoir en termes de
décarbonation. Et il y a plusieurs rencontres, là, qui se sont tenues avec des
représentants gouvernementaux européens, pour lesquels, aussi, la mise
en valeur de notre énergie verte a été pleine et entière.
Bonjour,
M. le député de Jean-Talon. Et par ailleurs on a eu également un forum, un
forum sur l'avenir énergétique, et ça
a été un forum vraiment de très haut niveau, et, encore là, on a pu avoir des
discussions avec plusieurs représentants de pays étrangers sur la
contribution énergétique du Québec et les possibilités de partenariat.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Mme la ministre, vous savez que, quand même, M. Sabia a fait une
mise en garde au gouvernement que, l'octroi
de nos blocs d'énergie et comment on va accorder nos blocs d'énergie, il faut
avoir un meilleur équilibre entre les entreprises ici et les entreprises
qui viennent de l'étranger. C'est pourquoi je pose des questions. Est-ce que le gouvernement est toujours en train de vendre
nos blocs d'énergie quand il y a des entreprises ici qui attendent
toujours pour une réponse d'Hydro-Québec?
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette :
Oui, M. le Président. Merci.
Alors, bien, il faut voir que, quand on va en mission comme ça, c'est pour, notamment, faire valoir toute
l'expertise qui existe au Québec. Donc, oui, j'ai vanté l'énergie verte du
Québec puis le fait qu'on soit à
99 % dans de l'énergie renouvelable, mais on a ici des acteurs en très
grand nombre qui, sur le plan de l'expertise, du savoir-faire, de la
fabrication d'équipement dans le secteur énergétique, peuvent être mis à contribution dans le cadre de partenariats, dans
le cadre d'exportations vers les pays européens ou autres, parce qu'il faut voir
qu'il y avait des gens d'un peu partout.
Donc,
on a vanté nos talents, et également il y a des secteurs connexes pour lesquels
on a une contribution, une expertise à mettre de l'avant, notamment dans
les minéraux critiques et stratégiques. On le sait, que, dans le cadre de la transition énergétique, ces minéraux seront
requis en beaucoup plus grand volume, et il s'avère qu'on en a presque une trentaine,
de ces minéraux critiques et stratégiques. Donc, ça, ça peut être mis à
contribution.
je sais que ça interpelait les Européens quand je parlais de cette question-là
parce qu'ils veulent également réduire leur dépendance à la Chine en termes d'approvisionnement pour les minéraux
critiques et stratégiques. Donc, ça attire l'attention. Et puis ils étaient intéressés à voir s'il y avait
des possibilités de partenariat. Et puis tout ce qui a trait à l'intelligence artificielle, aux technologies quantiques, tout
ça peut être mis à contribution dans le cadre d'un développement énergétique.
Donc, ce n'est pas
que de l'énergie brute dont on parle quand on va dans ces missions. On y va
vraiment avec une perspective 360, de manière à pouvoir développer le plus
grand nombre de liens possible et puis attirer des investissements également, parce
que, bon, on l'a vu, avec les résultats d'Investissement Québec International,
là, qui ont été développés... présentés
hier, on a presque triplé les investissements étrangers. Par rapport au
précédent gouvernement, on est
passés, en fait, de 2,3 milliards de dollars en 2018 à
6,4 milliards de dollars cette année. Donc, les investissements sont
au rendez-vous. L'expertise est là, elle est en plein développement, et puis on
va la soutenir pour faire en sorte qu'elle se déploie à l'échelle
internationale également.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. M. le député.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Alors, c'est un des pitchs pour les investisseurs européens. C'est
que... Viens chez nous développer des mines,
des projets miniers, nous avons l'énergie pour vous autres, c'est disponible.
Il y a toujours cette option-là pour les entreprises qui pensent
investir ici, au Québec.
Président (M. Montigny) : Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette :
Oui. Merci, M. le Président. Alors,
écoutez, les développements miniers, les développements de projets miniers, ça met des années, des années
avant de se développer. On parle de 10 ans, 15 ans. Je sais que, dans
d'autres endroits, c'est même davantage. Donc, d'une part, c'est important pour
nous de développer le potentiel des minéraux
critiques et stratégiques, et de le faire en partenariat lorsque ça s'avère
intéressant. Il faut éviter de mettre tous nos oeufs dans un seul
panier, le seul panier américain.
Donc,
si on parle de développement de partenariats, oui, je pense qu'on peut
considérer de manière très positive des
partenariats avec les États-Unis, mais de ne s'en remettre qu'à des partenaires
américains, on le voit, ça peut générer des enjeux de vulnérabilité. Donc, moi, je crois fermement qu'il faille
également développer des partenariats avec des pays de l'Union
européenne ou d'autres régions du monde, avoir, sur la base de... des
partenaires dont il serait question, mais ce sont, voilà, des projets de moyen
terme, de long terme.
je pense qu'il faille non seulement extraire des minéraux critiques et
stratégiques, mais également s'assurer de les transformer. Ça, ça a été
constamment, je pense, l'élément qui n'était pas suffisamment mis de l'avant
dans l'histoire économique du Québec. Donc,
la transformation, ça doit faire
partie de ce qui sera fait au Québec. Ça, pour
moi, c'est une plus-value, une
contribution qui pourrait être générée à travers les minéraux critiques et
stratégiques, là, très, très importante.
Et puis il faut voir
aussi qu'Hydro-Québec a un plan de développement de la production énergétique.
Donc, l'énergie, c'est un atout essentiel,
puis Hydro-Québec s'assure de développer et de déployer davantage d'offre
énergétique. Et ça, ça va nous permettre de faire du développement
économique accru, qu'on a... On n'a qu'à penser à l'entente avec Churchill Falls... avec Terre-Neuve, je veux
dire, au sujet de Churchill Falls, Gull Island. Tout ça, ça va générer aussi du
développement, les parcs éoliens, les parcs solaires qu'on va pouvoir mettre en
place au cours des prochaines années. Donc, il y a un développement énergétique
qui est à survenir au Québec au cours des prochaines années.
Le Président (M.
Montigny) : Merci.
M. Kelley : Alors,
Mme la ministre, des blocs d'énergie sont toujours à vendre à des entreprises
étrangères présentement, oui ou non?
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. Mme la ministre.
Fréchette : ...M. le Président. Donc, c'est sur la base, en fait, de
l'impact que ça aura au Québec que chacun des projets de plus de cinq mégawatts
est analysé. Donc, est-ce que ça va créer des emplois au Québec de manière
intéressante, stratégique, dans des secteurs d'importance, des secteurs
d'avenir, à un niveau de rémunération suffisamment
élevé? Quel impact ça aura sur l'environnement? Est-ce que ça va contribuer à
la décarbonation? Tout ça, c'est pris
en compte et ça sert de base pour les décisions qui seront rendues. Donc, on ne
ferme pas la porte à des projets qui pourraient être mis en oeuvre avec
des partenaires investisseurs étrangers.
Le Président (M.
Montigny) : ...temps que nous avions pour cette partie. Maintenant,
nous sommes à la deuxième partie. C'est la
période de temps reconnue au deuxième groupe de l'opposition. Vous disposez
autour de 18 minutes.
M. Bouazzi : Merci,
M. le Président. Très heureux d'être ici pour échanger avec Mme la ministre.
vais commencer par parler de la situation qui entoure TES Canada. TES Canada
va, donc, déployer 133 éoliennes dans les MRC de Mékinac et des
Chenaux. C'est bien ça, Mme la ministre?
M. Bouazzi : Est-ce
qu'il y a eu un appel d'offres pour l'exploitation du vent sur ces deux MRC?
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Mme la ministre, quand vous serez prête.
Fréchette : Oui, M. le Président. Merci. Donc, bonjour au député.
Alors,
concernant TES Canada, il s'agit là d'autoproduction, donc, que l'entreprise produit de l'énergie pour ses propres
besoins. Donc, non, il n'y a pas eu d'appel d'offres dans le cas de TES Canada,
qui est un projet, en fait, d'énergie... hydrogène vert, qui est
essentiel pour l'atteinte de nos objectifs, là, de transition énergétique.
Le Président (M.
Montigny) : M. le député, vous avez la parole.
Bouazzi : C'est clair, il
n'y a pas eu d'appel d'offres, c'est simple, pour l'exploitation du vent, qui,
lui, est un bien commun. Je vais
déposer, juste en Chambre, pour que les gens aient une idée, une carte qui a
été faite par la société civile dans la MRC de Mékinac, où chacun des
points jaunes que vous voyez est une éolienne.
Le Président (M.
Montigny) : ...vous voulez déposer officiellement, un dépôt de
document?
M. Bouazzi : Oui.
Je vais en déposer vraiment beaucoup. Ça fait que je vous donne ça en facteur
et puis, au fur et à mesure, je vais déposer des documents.
Le Président (M.
Montigny) : Je vous écoute.
M. Bouazzi : Bien, pour que les gens qui nous écoutent aient
une idée, donc, chaque éolienne fait 200 mètres de haut, qui est la
hauteur du plus haut gratte-ciel de Montréal, et il va y en avoir, comme ça,
133 éparpillées sur le territoire.
Le Président (M. Montigny) : ...vous
signifier simplement que ce n'est pas un tableau didactique, mais que vous
allez déposer des documents. C'est parfait. Vous les mettrez à la disposition
de la commission.
M. Bouazzi : Excellent. Mme la ministre, M. Fitzgibbon,
aux crédits de l'année dernière, a déclaré, en parlant du projet, qu'ultimement
il va produire 60 000 tonnes d'hydrogène, que les deux tiers va
servir avec... pour faire du gaz de
synthèse, parce qu'ils vont prendre du CO 2 bioénergétique d'une compagnie que je ne nommerai
pas, là, c'est lui qui parle, qu'ils
vont amalgamer avec ça de l'hydrogène pour faire du gaz de synthèse qui va
rentrer dans le réseau d'Énergir. Donc,
on permet à Énergir de respecter 20 % à 25 % de leurs ambitions de
2030. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette déclaration?
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre, vous avez la parole.
Fréchette : Alors, M. le Président, moi, en termes de tonnes,
là, je pense qu'on n'est pas très loin. J'ai 70 000 tonnes
d'hydrogène vert par an destiné à la production de GSR pour injection dans le
réseau d'Énergir pour une part de deux tiers et un tiers pour le transport
lourd. Il faut voir que le transport lourd contribue grandement à l'émission
de gaz à effet de serre, qu'il est important
qu'on ait une approche, un plan, une politique pour décarboner le secteur du
transport lourd, qui ne peut être décarboné
suivant des formes plus classiques, plus traditionnelles. Donc, ce projet-là
pourra contribuer à la décarbonation du secteur des transports lourds.
Le Président (M.
Montigny) : Merci.
M. Bouazzi : C'est
clair. Évidemment, la tradition, M. le Président, c'est que les réponses soient
aussi... soient aussi longues que les questions.
Ça fait que, si vous pouvez me regarder... Donc, les deux tiers seraient pour
aller dans le réseau d'Énergir. Est-ce qu'il y a un contrat qui est signé entre
Énergir et TES Canada dont vous êtes au courant?
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Fréchette : M. le Président, je n'ai pas la réponse. On peut valider
cette question.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. Merci. M. le député, maintenant.
M. Bouazzi : Bien,
j'ai la réponse, ça tombe bien, parce que j'ai un échange écrit avec Énergir,
qui dit qu'il n'y a aucun contrat qui est signé entre les deux. Il y a une
entente de principe. Et, dans ce que m'a signifié Énergir, c'est que, si le méthane, le gaz qui est produit
par TES Canada, n'est pas compétitif, il ne compte pas en acheter. Il faut qu'il
soit compétitif.
J'ai ici une
recherche de deux chercheurs québécois qui ont évalué le coût de production du
gaz qui va sortir, donc de cet hydrogène
vert, et qui sera mélangé à du CO 2 pour faire du méthane de synthèse. Ce qu'on nous
dit, là, c'est que le gigajoule, pour du gaz fossile, est de trois à
sept gigajoules. Le gaz naturel renouvelable, le coût de production est de 20 $ à 25 $ le gigajoule. Et,
dans le cas de TES Canada, les études les plus optimistes donneraient 40 $
le gigajoule, et les moins donneraient 90 $, donc, un coût de
production entre 40 $ et 90 $ le gigajoule. Est-ce que vous avez une étude qui irait à l'encontre de ce que ces deux
chercheurs ont produit? Encore une fois, un document que je vais déposer, M.
le Président.
Le Président (M. Montigny) : Simplement
pour vous mentionner que, pour le dépôt, là, vous pourrez procéder par
courriel avant la fin de la séance. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Fréchette : Oui, M. le Président. En ce qui a trait aux coûts de
production, bien, en fait, il faudrait le demander à l'entreprise, là, quels
sont ses coûts de production. Je comprends que le député veuille s'en remettre
à une étude, mais je pense que le portrait
le plus juste que l'on pourrait avoir viendra de l'entreprise. Et je réitère,
en fait, que la décarbonation de ce secteur-là est une priorité. Dans le cadre
de la transition énergétique, si on passe à côté du transport lourd, on
va s'abstenir d'avoir une grande part de nos objectifs qui soient atteints.
Donc, je sais que
Québec solidaire met de l'avant beaucoup l'importance de la transition
énergétique. Le député lui-même, de Maurice-Richard, nous en a fait souvent
état. Alors, il faut trouver des moyens pour aller de l'avant. Alors, je ne sais pas ce que QS envisage comme moyens, mais
nous, on voit que, dans le transport lourd, il y a des mesures à mettre
en place, et le projet de TES Canada en fait partie.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Bouazzi : C'est très bien. Vous remarquerez, M. le
Président, que je ne parlais pas du transport lourd mais des deux tiers de
l'hydrogène qui serait transformé en gaz, en méthane. Et donc je comprends que
Mme la ministre n'a aucune étude qui contredirait l'étude de chercheurs
dont on ne peut pas nier l'expertise et qui parlent d'un coût de 40 $ à 90 $ le gigajoule, alors que le
gaz renouvelable est aujourd'hui produit entre 20 $ et 25 $ le
gigajoule. Est-ce que... Est-ce qu'il serait possible à TES Canada
d'exporter son gaz, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Pardon, j'ai manqué
la dernière phrase du député.
Le Président (M. Montigny) : M. le
député.
M. Bouazzi : Est-ce qu'il serait
possible à TES Canada d'exporter son gaz?
Mme Fréchette : Écoutez, il y a des
clauses qui sont associées à l'entente que l'on a avec TES Canada, et ce qui est prévu par ces ententes, c'est qu'il y ait
un deux tiers qui aille dans le réseau d'Énergir et qu'il y ait un tiers qui va
s'en aller pour le transport lourd. On parle de transport lourd au Québec.
Donc, je ne vois pas de possibilité pour l'entreprise d'exporter... d'exporter sa production dans le contexte où
on a mis des clauses sur les deux tiers et un tiers de la production.
Bouazzi : Mme la ministre, le prix du gigajoule en Allemagne
est de 51,03 $ du gigajoule, donc, qui ferait que la production de TES
Canada serait compétitive par rapport aux prix du marché allemand. Est-ce que
vous pensez qu'il y aurait une chance que TES puisse avoir, justement, un
«business case»? Je comprends que vous ne l'avez pas vu si vous n'êtes pas capable de me dire à quel coût
ils sont capables de produire pour exporter du gaz. On sait qu'il y a des
pipelines de gaz qui passent juste à côté de
Shawinigan et on sait qu'il y a des ports de liquéfaction dans le coin. Il y en
a plusieurs. Il y en a trois, dans le
coin de Boston, qui pourraient partir en Allemagne. Et donc je vous informe que
le gigajoule coûte plus que le double d'ici en Allemagne. Est-ce que
vous pensez que TES Canada voudrait peut-être exporter en Allemagne?
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre.
Mme Fréchette : M. le Président,
merci. Donc, bien, d'une part, c'est important de mentionner qu'il y a des discussions qui sont en cours entre Énergir et TES
Canada, et que le contrat qui va les lier est en cours de finalisation.
Une fois qu'il sera finalisé, là, il va être soumis à débat à la régie. Donc, à
partir du moment où ce débat-là sera fait, bien, les clauses qui entourent ce contrat-là seront établies. Et ce qui est
prévu, c'est qu'il y ait deux tiers pour le réseau Énergir et un tiers pour le réseau de transport lourd.
Donc, je ne vois pas de possibilité d'aller vendre en Allemagne la production dans les circonstances. Et le débat se fera à la
régie. Donc, il y a des suites à venir, mais, voilà, ça ne s'oriente pas
vraiment dans la voie que suggère le député.
M. Bouazzi : J'ai un échange, avec
TES Canada, qui date de deux ou trois semaines, si je ne me trompe pas, qui dit
qu'il y a un accord de principe, un accord d'intérêt qui a été signé entre les
deux, et qui dit aussi qu'Énergir n'achèterait
pas quelque chose qui n'est pas compétitif. Est-ce que vous avez plus
d'information que ce que je viens de dire?
Parce qu'à ma connaissance il n'y a pas de contrat qui est en train d'être
signé, autre qu'un accord de principe et le fait qu'Énergir n'est pas
prête à acheter quelque chose qui n'est pas compétitif.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Fréchette : Merci, M. le Président. Donc, bien, le gouvernement ne va pas s'immiscer, M. le Président, dans les discussions qui sont en cours, dans la négociation, en fait,
qui est en cours entre Énergir et TES Canada. Donc, c'est aux deux entités à tenir cet échange-là,
cette discussion-là. Et, de notre côté, on va voir, au final, ce qui est mis
sur la table et puis ce qui va faire l'objet d'une discussion à la
régie. Donc... Mais, pour nous, c'est sûr que de produire l'hydrogène, qui sera
consommé au Québec, aux fins de contribuer à la décarbonation, bien, ça, c'est
un objectif du gouvernement du Québec.
M. Bouazzi : M. le Président,
j'ai ici en ma possession un document officiel, et vous excuserez mon allemand,
Niedersachsen, donc de la Basse-Saxe, en Allemagne, et donc c'est une
fédération. Et donc ça, c'est un document
officiel de l'État, l'équivalent de la province du Québec, mais en Allemagne,
de la Basse-Saxe, que nous allons absolument déposer, où il y a un
paragraphe, dont vous excuserez la traduction, qui se base sur de
l'intelligence artificielle, qui dit que, donc, le projet de méthane neutre en
carbone de Wilhelmshaven, l'entreprise Tree Energy Solution, donc TES, prévoit
de construire un terminal d'importation de méthane neutre en carbone à
Wilhelmshaven. Là-bas, de l'hydrogène sera
importé en utilisant du méthane synthétique. Plus précisément, la société
prévoit de produire de l'hydrogène à
l'aide de l'électricité provenant de l'hydroélectricité au Canada et de
l'énergie solaire en Asie de l'Ouest, puis
de le synthétiser en méthane en utilisant du dioxyde de carbone. Une fois le
méthane débarqué à Wilhelmshaven, le CO 2 sera séparé, etc.
Comment
est-ce que vous pouvez expliquer, Mme la ministre, qu'un document officiel
länder de la Basse-Saxe, de TES, parle d'importer du méthane fait à
partir d'énergie renouvelable canadienne de TES Canada?
Le Président (M. Montigny) :
Merci. M. le député, juste pour être certain, là, on doit présenter des
tableaux didactiques. On fait attention aux
documents qu'on présente. Merci. Et vos documents seront déposés d'ici la fin
de la séance. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Merci, M. le Président. Écoutez, je
rappelle que, de notre côté, il y a des clauses qui seront associées à
l'octroi de mégawatts, et ces clauses réfèrent au fait qu'il faut que ce soit à
deux tiers pour injection dans le réseau
d'Énergir, un tiers pour le transport lourd. Si le projet... S'il advenait
qu'il fasse l'objet de modifications, eh bien, il va falloir qu'il soit analysé à nouveau sous un nouvel angle. Donc, à
partir de là, les clauses devront être respectées pour qu'il y ait octroi de mégawatts. Si la nature de
l'entente change, bien, il va falloir à nouveau analyser avant d'octroyer des
mégawatts. Donc, ce n'est pas un chèque en blanc, l'octroi des mégawatts.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Bouazzi : Et ça, c'est avant ou après la construction de
133 éoliennes de 200 mètres de long, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, c'est l'entreprise qui évalue son niveau de risque. Nous, le gouvernement, on ne met pas de fonds publics dans
ce projet-là. Si l'entreprise juge qu'elle est franchement certaine et assurée que le projet va pouvoir aller de l'avant,
elle peut prendre le risque de développer sa propre production énergétique,
son autoproduction.
M. Bouazzi : Mme la ministre, le gouvernement débloque
150 mégawatts. C'est l'équivalent d'à peu près la moitié d'un des
quatre barrages de La Romaine. Est-ce que vous appelez ça pas de fonds publics?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le Président. Bien, je rappelle qu'on a
des conditions qui sont associées à l'octroi de mégawatts. Donc, si les
conditions ne sont pas remplies par l'entreprise, il n'y aura pas d'octroi de
mégawatts.
Par ailleurs,
il y a un BAPE qui se tiendra. Donc, ce processus-là va devoir également aller
de l'avant. Et la CPTAQ a également des conditions qui doivent être respectées,
donc, commission de protection des terres agricoles du Québec.
Donc, c'est des retombées importantes pour la
Mauricie. On parle de 4 milliards de dollars en termes de retombées, de création d'emplois, aussi,
importante. Mais, comme je disais, ça ne vient pas avec un chèque en blanc. Ce
sont une série de procédures, à la fois les clauses qui sont associées à
l'octroi de mégawatts, la tenue d'un BAPE et la CPTAQ, qui a ses exigences
également. Et le contrat devra par ailleurs être approuvé par la régie. Donc,
vraiment, il y a toute une série de clés à dénouer avant de pouvoir... afin de
voir ce projet-là prendre son envol.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député.
M. Bouazzi : Donc, on a un document
de chercheurs qui nous disent qu'il n'y a aucune chance que ce soit compétitif. On a un document de länder allemand
qui nous dit qu'ils vont importer du gaz liquide de TES Canada fait à partir d'énergie propre. On n'a aucun contrat
signé avec Énergir. Est-ce que vous pouvez, Mme la ministre, rendre publiques
les conditions que vous avez données à TES Canada?
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre.
Mme Fréchette : L'essentiel des
conditions, j'en ai tracé les grandes lignes tout à l'heure, ça réfère au fait qu'aux deux tiers la production devra servir pour
Énergir, dans le réseau d'Énergir, et à un tiers pour le secteur du transport
lourd, que l'on veut décarboner. Donc...
Bouazzi : ...Mme la ministre, ma question est claire :
Est-ce que vous pouvez rendre publiques les conditions que vous avez
données à TES Canada, oui ou non?
Mme Fréchette : On ne peut pas
donner le détail des ententes.
M. Bouazzi : C'est clair.
Mme Fréchette : J'ai donné les grandes
lignes.
Bouazzi : Est-ce que vous savez si, dans le Gmail de
M. Fitzgibbon, il y a des échanges avec la famille Desmarais
concernant le projet de TES Canada?
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
d'information à ce sujet-là.
Bouazzi : Donc, on ne le saura jamais. Est-ce que vous
savez, Mme la ministre, que le projet appartient à la famille Desmarais?
Est-ce que vous aimez la chasse au faisan, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) : Bon, au
niveau de la pertinence, vous savez, dans la période de crédits, c'est beaucoup plus large qu'en période normale. Par
contre, je vous invite à la prudence, à demeurer sur le thème que vous avez abordé. Et restez respectueux envers vos
collègues, M. le député. Il vous reste 10 secondes. Mme la ministre, vous
avez...
M. Bouazzi : Bien, je vais... je
vais faire le lien, M. le Président, le... la...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Malheureusement, il ne vous reste plus de temps. Je suis désolé. Nous revenons
à l'opposition officielle pour une période de 18 minutes.
Président (M. Montigny) : Je suis désolé, c'est calculé ici, à la table.
C'est bien, bien indiqué, M. le député. Vous avez la parole, M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
Président. Je veux poser une question, Mme la ministre, sur un élément qui était dans le budget que... Je pense, certains
producteurs de l'énergie renouvelable, peut-être aussi Hydro-Québec, et certaines communautés autochtones, et
municipalités qui font des coops, des... pour produire l'électricité
renouvelable sont... sont inquiets un
peu par le taux de la taxe sur les services publics. Je sais que, dans le
budget, il y a une exemption pour la
transportation et distribution, mais pas pour la production. Certains
producteurs d'énergie renouvelable trouvent que cette mesure qui est dans le budget peut nuire au développement des
projets, réduire l'intérêt dans les investissements, dans les projets de
l'énergie renouvelable. Je ne sais pas si, Mme la ministre, vous avez des
réactions à cette mesure qui est dans le
budget, qui va forcer certains acteurs à dépenser plus d'argent. Alors, je
laisse la ministre répondre à ma question.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, effectivement, dans le dernier budget, il y avait une mesure, là, TSP, taxe sur les services publics,
qui a été mise de l'avant. Je constate qu'il y a de la... des préoccupations
dans le domaine des entreprises, particulièrement celles qui voudront mettre de
l'avant ou qui, déjà, ont mis de l'avant un certain nombre de projets
dans le domaine de l'énergie éolienne. Donc, c'est quelque chose qui nous
préoccupe. Donc, on va voir comment ça
évolue, mais on reste à l'écoute des entreprises du secteur pour voir comment
ça se déroule.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Parfait. M. le député.
Kelley : Est-ce que... Mme la ministre, merci beaucoup.
Votre collègue le ministre des Finances, aujourd'hui, en crédits, avec
mon collègue le député de Marguerite-Bourgeoys, a dit que ça va avoir des
impacts minimaux pour Hydro-Québec. Mais
est-ce que vous savez c'est quoi, le coût pour Hydro-Québec, cette mesure de
TPS... TSP? Excusez-moi.
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre.
Fréchette : Merci, M. le Président. Bien, je n'ai pas le coût
qui est évalué, estimé par Hydro-Québec, mais je nous rappelle qu'on aura le
P.D.G. d'Hydro-Québec, là, tout à l'heure. Donc, ça pourrait être l'occasion de
lui poser la question et d'obtenir cette information.
M. Kelley : Merci. Puis je sais que
c'est dans leur budget pour cette année, mais toujours une possibilité de
peut-être reregarder cette mesure si ça nuit au développement des projets
d'énergie renouvelable partout au Québec.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, on aura ça à l'oeil, bien sûr. On veut faire en sorte que le secteur de l'énergie éolienne puisse se développer
avec le plein potentiel qu'on lui connaît. Donc, c'est quelque chose
qu'on aura à l'oeil, effectivement, puis on va surveiller comment ça évolue.
Kelley : Donc, c'est certain. Et on sait aussi, pour
l'autoproduction, la hausse de TSP est très problématique aussi. C'est
une taxe directe sur la production d'énergie. Alors, il faut mesurer ça,
particulièrement quand je regarde le plan d'action d'Hydro-Québec et les intentions du gouvernement,
d'être très, très prudents avec cette mesure-là, qu'on ne nuira pas au
développement de ce secteur important.
la ministre, j'ai une question qui... dans le cahier des crédits. C'est dans
les renseignements particuliers de l'opposition
officielle. C'est la question 89. Nous avons posé la question, un état de
la situation des dossiers des développements
hydroélectriques, éoliens, solaires et des biomasses impliquant des
négociations et/ou communications avec
les communautés autochtones, que ce soit pour un projet en cours ou encore un
nouveau projet précisé. Puis on laisse des différents objets de
négociation, consultation, le nom du projet, etc., et des différents critères
qu'on a posés en question. Puis la réponse de votre ministère, c'était :
«Aucune négociation et/ou consultation avec les communautés autochtones n'a été faite par le MEIE dans l'année
dans le cadre des dossiers et des développements hydroélectriques, éoliens, solaires et de biomasse.» Alors, je dois
bien comprendre que votre ministère n'a pas lancé aucune consultation, discussion
avec les communautés autochtones sur ces questions hyperimportantes.
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Fréchette : Oui. Merci, M. le Président. Donc, effectivement, aucune
négociation et/ou consultation avec les
communautés autochtones n'a été faite par le ministère de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie dans l'année dans le cadre de dossiers de développement hydroélectrique ou encore de
développement de projets éoliens ou encore solaires, tout comme des
projets à base de biomasse.
M. Kelley : Merci
beaucoup pour la précision, Mme la ministre, ou quand même pour la réponse à
quelque chose que je trouvais un peu surprenant, parce que je pense que ce
volet est hyperimportant pour la suite des choses. Je sais que les Premières
Nations et les Inuits sont consultés
dans le PGIRE, mais ça, c'était un élément... M. Sabia a été très clair
quand même, les communautés innues, quand ils ont fait l'annonce avec votre
prédécesseur et avec le ministre des
Affaires autochtones. Et M. Sabia a dit : C'est un départ, mais il
faut continuer des négociations et des discussions.
Alors,
j'espère que, peut-être, c'est quelque chose qui va changer. Je sais que
votre collègue est toujours en contact, et en négociation, et en discussion avec eux autres puis l'État du
Québec, et en négociation sur certaines ententes. Mais, bref, je trouve qu'avec la progression de
plusieurs projets au Québec d'apprendre qu'il n'y a eu aucune consultation ni négociation
est un petit peu surprenant. C'est tout, M. le Président.
veux maintenant, Mme la ministre, poser une question. On a... Il y a eu une
grosse rencontre à la Maison-Blanche aujourd'hui
entre le premier ministre du Canada puis aussi le président américain,
M. Trump. Malheureusement, je n'ai pas vraiment entendu un changement d'attitude des Américains envers les
tarifs. Le président semble convaincu qu'eux autres sont capables de
produire l'aluminium puis l'acier qui est nécessaire, le bois, etc. Est-ce que,
Mme la ministre, vous êtes en train de
peut-être reréviser? Parce que les États-Unis semblent être : États-Unis
d'abord, on va juste gérer nos affaires, on ne va pas faire des affaires
avec les autres nations. On sait que ce n'est pas nécessairement vrai, mais, bref, est-ce que vous êtes en train,
peut-être, de reregarder certains critères pour le contenu québécois dans nos
projets? Je pense particulièrement à l'éolien, ou quand même peut-être
des panneaux solaires, ou d'autres instances, mais... Peut-être, c'est une... le temps est maintenant de regarder et d'ajouter
certaines clauses pour vraiment acheter ici, au Québec, et je pense
vraiment au secteur éolien.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez
la parole.
Mme Fréchette :
Oui. Merci, M. le Président. Tout
d'abord, pour revenir sur la question antérieure et le dernier
commentaire qu'avait fait à ce sujet mon collègue, bien, je voulais simplement
mentionner que, des consultations, bien sûr, il y en aura dans le cadre du
PGIRE, hein, le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques. Donc, ce volet-là va nous permettre d'avoir les
consultations auxquelles... sur lesquelles posait des questions le député de
Jacques-Cartier.
En ce qui a trait au
contenu local, c'est sûr qu'on est dans un contexte vraiment très, très mouvant
au niveau géopolitique. Et, bon, c'est à
espérer que la rencontre entre le premier ministre Carney et Trudeau... pardon,
le premier ministre Carney et le
président Trump vont mener à, comment dire, un rétablissement des relations
plutôt normales entre le Canada et les États-Unis, tout comme à
l'établissement d'un cadre d'affaires stable et qui reflète une ouverture en
termes de libéralisation des échanges.
Je comprends que la
question du député, c'est de faire en sorte qu'on valorise davantage, donc, le
contenu québécois, et nous en sommes de
cette approche. C'est très important, comme gouvernement, que l'on puisse
valoriser, favoriser des entreprises performantes dans les secteurs pour
lesquels on a besoin d'approvisionnement. Il faut, par ailleurs, s'assurer qu'on ait quand même une agilité associée à des
bonnes retombées économiques pour le Québec. Donc, il y a parfois un équilibre
qui doit être trouvé. Donc, ça, c'est quelque chose qu'on aura à l'oeil. Mais
c'est clair que, pour nous, de soutenir les produits québécois, ça fait
partie du coeur de notre stratégie.
Et j'invite
d'ailleurs... et je le fais régulièrement, à chaque semaine où je donne des
conférences, j'invite les entreprises
également à québéciser, permettez le néologisme, leur chaîne
d'approvisionnement. Le gouvernement doit s'inscrire dans cette mouvance
également. J'en ai parlé également avec Hydro-Québec, de cette... pas cette
obligation, mais de cette nécessité,
je vous dirais, de valoriser et de s'approvisionner davantage auprès d'acteurs
québécois. Et toute grande instance gouvernementale ou
paragouvernementale, à mon sens, devrait adopter une telle approche. C'est en densifiant nos relations économiques entre nous
que l'on va pouvoir ressortir de cette crise plus forts, et que l'on fasse
le même mouvement également à l'échelle
canadienne. C'est un engagement que l'on a et auquel... pour lequel est actif
mon collègue Christopher Skeete.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la ministre. On va reregarder cette question-là avec le projet de
loi n° 69, mais je vais passer à une autre
question, Mme la ministre.
Le premier ministre,
l'autre jour, après l'élection du premier ministre Mark Carney, a dit qu'il
souhaite que Québec demeure... devient un
vrai leader dans l'intelligence artificielle. Mais, on sait, ça prend beaucoup
d'énergie pour les centres de données. Alors, c'est une question un petit peu
en lien avec l'intelligence artificielle mais aussi avec les centres de données au Québec. Est-ce que vous
souhaitez que les projets des centres de données québécois se concrétisent
pour pouvoir faire concurrence à des Amazon de ce monde, Mme la ministre?
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Fréchette : Oui. Merci, M. le Président. C'est clair que
l'intelligence artificielle, ça fait
partie de nos cordes fortes. C'est quelque chose qui nous est reconnu. D'ailleurs, il
y avait eu les superclusters, les supergrappes, là, qui étaient portés, comme programmes, par le
gouvernement fédéral, qui avait reconnu que c'était dans le Grand Montréal que devait être établi le supercluster canadien en termes d'intelligence
artificielle. On a le Mila qui est au coeur de cette expertise, Ivado, on a Yoshua Bengio, un grand
nombre de personnes renommées qui sont établies dans ce secteur-là. Et je pense que ça va être important de connecter,
justement, l'intelligence artificielle avec le plus grand nombre d'entreprises
possible. On me dit que, du côté des entreprises petites et moyennes,
l'adoption se fait plus lente. Donc, on travaille à faire en sorte qu'il y ait un rehaussement de l'adoption qui soit plus
rapide. Donc, l'intelligence artificielle, à mon sens, c'est quelque chose qu'on doit mettre de l'avant,
pousser, soutenir et connecter avec un ensemble de secteurs stratégiques.
Vient
ensuite la question des centres de données. Les centres de données, c'est sûr
que ce sont de grands consommateurs de mégawatts. Donc, ce n'est pas la
seule dimension de notre expertise en intelligence artificielle, mais ça reste que c'est une dimension qui est
souvent requise. Et ce que l'on peut voir, c'est qu'il y a des questionnements
qui sont liés au... à la règle américaine,
le CLOUD Act, qui pourrait permettre potentiellement une captation de données
dans des circonstances particulières. Donc, ça, c'est quelque chose qu'il faut
avoir à l'oeil, parce qu'il faut assurer la préservation, la sécurité de nos
données.
Alors, en ce sens-là,
je pense qu'il y a une nouvelle dimension qui s'invite dans la réflexion, à
savoir : À quel niveau sommes-nous à risque par rapport au CLOUD Act?
Est-ce que c'est un risque réel ou perçu, tout simplement, sans qu'il soit
réel? Et, suivant la réponse à cette analyse-là, il va falloir décider si on
met davantage d'efforts dans le développement de centres de données proprement
québécois pour éviter d'être soumis à des risques étrangers, qu'ils soient
américains ou autres. Donc, les centres de données, je dirais que c'est en
évaluation sur la base d'une grille qui, maintenant, est élargie, là.
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme la ministre. Je pense que ça
répond un petit peu à la question, si nous avons l'environnement d'affaires qui est propice, vraiment, pour les centres
de données. Parce que ce n'est pas nouveau, mais, quand même, ça prend
de l'ampleur.
Je sais que vous avez
probablement vu, quand vous avez voyagé un petit peu sur la planète dans vos fonctions, que, particulièrement aux États-Unis,
présentement, ça prend beaucoup d'énergie, des centres de données pour
l'intelligence artificielle. Ce n'était pas quelque chose qui était
nécessairement prévu. Et il faut, à un certain moment aussi, poser la question, si on veut être dans ce marché-là, parce qu'on
a besoin des centres de données, et si possible aussi pour les
entreprises d'ici qui produisent... qui utilisent leurs centres de données pour
les entreprises à Montréal, à Québec, dans le reste du Canada.
Mais il y a quelque
chose qui est arrivé, Mme la ministre, une décision de la Régie de l'énergie.
C'était à la demande d'Hydro-Québec. C'est d'augmenter à 37 $ le kilowatt
non utilisé, alors, jusqu'à concurrence de 60 % de la demande totale de
l'énergie. Est-ce que ce n'est pas un genre de taxe qui mine le modèle
d'affaires, pour les centres de données,
pour les entreprises d'ici? Donc, ça réduit un petit peu l'attractivité du
Québec pour cette industrie. Alors, c'est
vraiment cette question de forcer des centres de données de ne pas aller à
100 % de leur capacité, entre guillemets.
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre, vous avez la parole.
Fréchette : Juste un petit moment, M. le Président. J'aimerais
consulter.
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Merci. Merci. J'avais besoin de
situer le propos. Donc, voilà, ce qui a été annoncé, c'est que, dans le fond, il pourrait y avoir un coût pour des
mégawatts non utilisés. Donc, c'est sûr que, dans un contexte de resserrement de l'offre énergétique, c'est important
de bien valoriser les mégawatts qui sont octroyés. Alors, s'il advenait
que des entreprises se voient octroyer un grand lot de mégawatts, mais qu'ils
n'en utilisent qu'une faible proportion, eh bien, on se trouve à perdre la
possibilité d'utiliser ces mégawatts à d'autres fins. Donc, il y a une volonté
d'aller percevoir, en fait, une... capter un
frais pour des mégawatts qui ne seraient pas utilisés, tel que ça avait été
prévu. Je pense que c'est une mesure qui nous permet de gérer de manière
efficiente l'octroi des mégawatts.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Un autre élément. Je pense que certaines
entreprises, avec les centres de données...
de centres de données ont dit... Des fois, ils ont des contrats. Alors,
peut-être, aujourd'hui, ils sont à 50 %, 60 %, mais ils vont aller à
un autre niveau. Alors, je pense qu'il y a certaines craintes qu'ils sont comme
taxés pour une raison qui n'est pas juste. Mais, bref, je vais quand même poser
des questions à M. Sabia sur cet élément très précis.
Et c'est sûr
que, oui, on est dans un mode d'être plus prudents avec notre énergie, mais,
quand même, pour certaines entreprises d'ici qui ont déjà eu leurs
centres de données installés depuis des années, c'est un peu injuste que maintenant on change le jeu pour eux autres et
aussi pour créer la stabilité pour les autres projets d'avenir. Alors, je ne
pense pas qu'il n'y a aucune intention du
côté... le gouvernement de nuire à nos experts dans le domaine des centres de données
du Québec. Je ne sais pas si la ministre a des réponses.
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre.
Fréchette : Oui. Merci, M. le Président. Donc, bien, d'une
part, c'est sûr que, si les entreprises utilisent les mégawatts qu'elles
se sont vu octroyer, il n'y a pas d'enjeu, mais on est dans un contexte
renouvelé où, là, l'offre de mégawatts n'est
pas à la hauteur de l'ampleur de la demande à laquelle on fait face. Donc,
c'est important d'arriver avec des nouveaux
outils. Or, l'outil dont il est question, ce n'est pas une taxe. En fait, c'est
un incitatif à l'utilisation des mégawatts qui ont été octroyés.
Mais on est conscients des craintes, on est
conscients des préoccupations qu'il y a, et c'est pourquoi on est en analyse,
en fait, de cette perspective-là. Donc, ultimement, c'est la décision de la
régie qui guide ça.
Mais, voilà,
c'est un frais, on pourrait dire, de réservation des mégawatts qui ont été
demandés par l'entreprise. Parce qu'on peut bien comprendre que ça risque de
faire des jaloux si les mégawatts ne sont pas utilisés sur le moyen et
le long terme. Donc, c'est important de bien allouer, en fonction des
perspectives d'utilisation des mégawatts.
Le Président (M. Montigny) : 25 secondes
à peu près.
Kelley : Ah! 25 secondes. Ah mon Dieu! O.K. Merci
beaucoup, Mme la ministre, pour la question. J'espère que ça va rassurer
certaines gens qui nous écoutent dans le secteur, le domaine des centres de
données du Québec. Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Montigny) : Merci, M. le député. Merci, Mme la ministre. Ça
nous amène maintenant à l'autre bloc. Maintenant, c'est un bloc de
5 min 52 s à M. le député de Jean-Talon. Vous avez la parole.
M. Paradis : Bonjour.
Mme la ministre, dans sa décision la plus récente sur les tarifs d'électricité,
une décision qui concerne à peu près toutes les Québécoises et les
Québécois, la Régie de l'énergie a décidé que l'augmentation pour les tarifs
domestiques devrait être de 3,6 %. Vous avez par la suite adopté un décret
renversant cette décision et plafonnant à 3 % l'augmentation des tarifs.
Cependant, il y a trois composantes dans les tarifs d'électricité de tout le monde au Québec, les tarifs domestiques. Il y a
les frais d'accès au réseau, ensuite, le tarif pour les 40 premiers
kilowatts... les 40 premiers kilowattheures par jour et ensuite un tarif
pour les 40 kilowattheures par jour qui excèdent cette deuxième
tranche.
La régie,
elle, elle avait été chirurgicale dans sa décision. Elle avait décidé de geler
les frais d'accès au réseau, ce qui est une mesure, notamment, qui protège les
foyers les plus vulnérables, pour qui le frais de connexion occupe une part
plus importante de leur budget. Vous, vous avez décidé d'appliquer votre
augmentation de 3 % à ces frais-là. Est-ce que vous êtes consciente que, ce faisant, vous avez visé de
manière plus particulière les foyers les plus vulnérables, pour qui, en
fait, votre décision est une augmentation plus grande de leurs tarifs
d'électricité que celle qui avait été décrétée ou décidée par la régie?
Le Président (M. Montigny) : Tès
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M. le
Président. Donc... Bien, vous savez, on avait un engagement, en tant que
gouvernement, de plafonner à 3 % la hausse du tarif résidentiel. Tant que
le premier ministre François Legault sera premier
ministre, il en ira ainsi. Il y aura un plafond qui sera apposé pour éviter que
les gens n'aient des frais trop importants à assumer en termes de tarif d'électricité résidentiel. Donc, c'est
l'engagement que l'on avait fait et c'est la voie qui va être prise pour
la suite des choses.
Il y avait possibilité que ça puisse dépasser le
3 % si ce n'était pas adopté comme décret. Alors, on a pris action pour faire en sorte de respecter notre
engagement. Alors, à partir de là, voilà, on a adopté le décret visant à
limiter la hausse tarifaire d'électricité pour la clientèle
résidentielle à 3 % pour maintenir des tarifs abordables.
Et il faut
voir que nos tarifs, ici, sont parmi les plus bas en termes de coûts si on se
compare à l'ensemble de... au reste de l'Amérique du Nord. Donc, c'est
un tarif avantageux. Et par ailleurs je souligne qu'il peut y avoir des
ententes particulières.
Le Président (M. Montigny) : ...pour
M. le député. Vous avez la parole. Je veux juste m'assurer...
M. Paradis : Mme la ministre,
page 100 de la décision de la Régie de l'énergie, la régie décrète de
geler les frais d'accès au réseau au niveau du 1er avril 2004, gel pour
cette première composante du tarif. J'ai votre décret ici, devant
moi. Frais d'accès au réseau pour les tarifs D, DP, DM, DT, Flex D, etc., vous
les avez augmentés de 3 %, ce qui veut
dire que, pour les foyers les plus vulnérables du Québec, vous avez, avec votre
tarif, décrété une augmentation plus grande que ce que la régie
prévoyait. Est-ce que vous convenez ça... est-ce que vous convenez de ça?
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre, quand vous serez prête. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Merci, M. le
Président. Donc, en fait, on a réussi, grâce au décret que l'on a adopté, de faire passer le tarif résidentiel de 3,6 %
d'augmentation à 3 % d'augmentation pour l'ensemble des clients résidentiels.
Donc, c'est un gain important pour les Québécois. Je pense qu'il y a un contrat
social qui existe entre Hydro-Québec et les
Québécois, et on fait en sorte de respecter ce contrat, à savoir qu'on a accès,
comme Québécois, à de l'énergie verte à coût abordable. Donc, on a fait
passer de 3,6 % à 3 % le tarif résidentiel.
Maintenant, s'il y a des cas particuliers qui
requièrent une attention spéciale, Hydro-Québec a la possibilité de signer des
ententes avec des personnes vivant des situations plus difficiles ou
particulières. Donc, voilà, cette possibilité-là existe pour faire en sorte de bien soutenir
les gens qui ont de plus grandes difficultés sur le plan économique.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député.
M. Paradis : Ce sont des cas
exceptionnels, Mme la ministre, ceux qui vont prendre des ententes avec Hydro-Québec. Puis j'espère que vous ne dites pas
à tous les foyers les plus vulnérables du Québec d'écrire à Hydro-Québec
pour avoir un tarif particulier, parce que ce que vous avez fait, c'est défaire
la logique de la régie. La régie, elle était allée
de manière chirurgicale, ce qui faisait en sorte que sa décision favorisait les
foyers les plus vulnérables et, par contre, prévoyait qu'il y avait une augmentation de 3,6 %, notamment, pour
ceux qui consomment plus de 40 kilowattheures par jour.
Vous, vous
êtes allés puis vous avez décrété une augmentation additionnelle pour les
foyers les plus vulnérables, ceux pour qui les frais de connexion à
Hydro-Québec, les frais de base, occupent une portion plus importante de leur budget. Eux, la régie disait : On va vous
protéger, il n'y en aura pas, d'augmentation, gel de tarif. Vous, vous êtes
allés mur à mur avec votre décret
puis vous avez dit : 3 % pour tout le monde, ce qui veut dire que ça
désavantage les foyers les plus vulnérables. Puis, même, c'est à
l'avantage des foyers qui consomment le plus, parce qu'eux, ils ont eu une
augmentation plus limitée de leur consommation qui excède
40 kilowattheures par jour.
Président (M. Montigny) : Très bien. M. le député, il ne reste plus de
temps, malheureusement. Nous sommes rendus au prochain bloc. C'est le bloc de
l'opposition officielle. Vous disposez donc de 18 minutes. M. le député.
Kelley : Je ne sais pas, M. le Président. Je vais laisser
le temps pour la ministre de répondre à mon collègue de Jean-Talon.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci. Merci, M. le
Président. Donc, bien, en fait, globalement parlant, j'aimerais rappeler que
notre mesure fait en sorte d'économiser, pour le tarif résidentiel,
globalement, 40 millions de dollars. Donc, c'est des sommes considérables que les clients
résidentiels d'Hydro-Québec vont pouvoir économiser du fait du décret que
l'on a adopté, qui reflète en tous points l'engagement que l'on avait mis de
l'avant auprès des Québécois. Merci.
Le Président (M. Montigny) : M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. Je vais poser certaines questions sur les crédits. Et j'ai une... j'ai une question pour la ministre, que
j'ai posée à votre collègue le ministre responsable pour la Lutte contre les changements
climatiques et la Transition énergétique, parce que, dans les dépenses du fonds
d'électrification et lutte contre les changements climatiques, il y a eu un
transfert de l'argent au ministère de l'Économie et de l'Énergie pour une étude. Je pense que c'était fait par Hydro-Québec. Je n'ai pas beaucoup de détails, mais c'était 2 millions de
dollars qui étaient dépensés pour
améliorer la gestion de la pointe. Alors, j'imagine, c'était pour une étude.
C'est dans le volet du Plan pour une économie verte 2030.
Alors, je ne
sais pas, Mme la ministre, si vous pouvez expliquer c'était quoi, cette dépense
de 2 millions de dollars. Est-ce
qu'une étude ou un rapport a été fait sur la question de l'amélioration de la
gestion de la pointe électrique? Et la raison, je pose la question,
c'est parce que votre collègue a suggéré que je pose la question à vous.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Comme on sait, là, la gestion de la pointe, c'est un des grands
défis que rencontre Hydro-Québec. Donc,
c'est normal que soient allouées des ressources pour faire en sorte de mieux
gérer cette pointe. Et je sais qu'il
y a des entreprises, d'ailleurs, qui se spécialisent dans cette... ce type
d'expertise pour aider les industriels à réduire leurs pointes de
consommation.
Maintenant, en ce qui a trait aux
2 millions de dollars en question, ça réfère à la priorité 2 du plan
d'action d'Hydro-Québec, donc, priorité
visant à améliorer la qualité du service et surtout, donc, à aider la clientèle
à faire une meilleure consommation de
l'énergie, c'est-à-dire à «faire preuve d'innovation pour encourager notre
clientèle à considérer l'électricité comme une ressource
précieuse qui mérite que tous et toutes collaborent avec nous pour mieux la
consommer». Donc, ça réfère à cette priorité-là.
J'entends
que le député de Jacques-Cartier voudrait savoir exactement le... la
déclinaison de l'utilisation de ces sommes. Alors, on va faire des recherches
de notre côté, mais je rappelle que M. Sabia va être avec nous dans
quelques minutes. Peut-être aura-t-il ce... cette réponse-là plus
rapidement. Mais, de notre côté, on va... on va vérifier.
M. Kelley : Merci beaucoup. Je vois encore, Mme la ministre...
C'est la question 111 dans les renseignements particuliers pour
l'opposition officielle. Nous avons demandé toutes les sommes dépensées par le
ministère et Hydro-Québec concernant le développement de la filière d'hydrogène
au Québec et ventilées par secteur d'activité. Je vois qu'il y a un déploiement pour une somme de 80 719
sous...dollars, excusez-moi, un déploiement de la stratégie de
communication et soutien à la Stratégie québécoise pour l'hydrogène vert et les
bioénergies. J'imagine que cette dépense,
c'était pour acheter des publicités et quand même certaines autres formes de
communication, mais je veux juste bien comprendre qu'est-ce qui a été
dépensé par le ministère pour ce déploiement de la stratégie de communication,
Mme la ministre.
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre.
Fréchette : Oui, M. le Président. Je vais aller aux informations au
sein... auprès du ministère pour... (panne de son) ...l'affectation.
Fréchette : ...le numéro de la question, ça va nous aider.
M. Kelley : Question 111.
Fréchette : 111. Merci.
M. Kelley : Je
ne sais pas la page, excusez-moi. 111, page... Je suis en PDF ici. Ça juste dit
«question 111».
Fréchette : D'accord. On va essayer de partir de là.
M. Kelley : Alors, si c'est possible de trouver pourquoi...
C'est quoi, exactement, cette stratégie? C'était quoi, les résultats? Ça va être intéressant pour nous,
comme une opposition, de savoir comment le ministère a dépensé l'argent
des contribuables.
Je vais aller
maintenant dans le cahier des renseignements généraux. J'ai des questions, des
dépenses que j'ai flaguées, Mme la ministre.
Je dois poser la question, parce qu'il y a beaucoup de monde qui pose des
questions, et c'est... C'est beaucoup
de «chatter», des fois, sur les médias sociaux. Mais vous avez, votre
ministère, dépensé 22 000 $ pour participer au World Economic Forum à Davos. Est-ce que vous pouvez
expliquer ou ventiler un petit peu ces coûts-là pour juste bien expliquer c'était quoi, les raisons pour cette
dépense-là, et qu'est-ce que vous avez utilisé cet argent pour,
exactement? Et ça, c'est dans la question n° 1, dans les renseignements
généraux.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Simplement pour valider un point important de la question précédente,
Mme la ministre, vous aviez dit que vous
alliez revenir avec des réponses. Est-ce que c'était un engagement de votre
part pour la question précédente? Vous avez dit...
Mme Fréchette :
Alors, en fait, pour la question
précédente, je voulais vous offrir maintenant une réponse, somme toute,
générale...
Le Président (M.
Montigny) : Ah! parfait. Je vous écoute.
Mme Fréchette :
...à l'effet que la filière
hydrogène, c'est une nouvelle filière au Québec, et elle a besoin d'être
mieux connue. Donc, il y a des activités de communication qui sont menées pour
expliquer ce en quoi elle consiste. Donc,
c'est des sommes versées pour des différents moyens de communication, pour
expliquer à la population ce qu'il en est, comme c'est nouveau.
Le Président (M.
Montigny) : Pour la question...
Fréchette : Pour la question antérieure, voilà.
Le Président (M.
Montigny) : Oui. Merci.
Fréchette : Ça, c'était pour le 80 000 $.
Le Président (M.
Montigny) : Parfait. Vous pouvez continuer pour...
Mme Fréchette : Pour
ce qui est du 22 000 $ à Davos, donc, on va pouvoir déposer le détail
de ces... cette somme. Est-ce que je l'ai ici? 22 000 $, c'est
bien ça, 22 000 $.
Mme Fréchette :
C'est le déplacement... c'est le
déplacement, à la fois le vol d'avion et l'hôtel, pour deux personnes, à
savoir moi-même et un conseiller politique.
M. Kelley : Parfait. Il n'y a pas des
frais de... je ne sais pas si c'est... billets, c'est une bonne question, mais
frais d'inscription pour participer
au World Economic Forum? C'est par invitation puis c'est payé par le World
Economic Forum?
Mme Fréchette :
C'est... Ce n'est pas dans ce...
c'est ça, c'est à part de ce montant-là. Et j'aimerais souligner que c'est non
seulement Davos, mais on est allés également en Allemagne, donc, dans le cadre
de la même mission. Donc, ça couvre
également notre séjour à Munich, séjour dans le cadre duquel j'ai rencontré
énormément d'entreprises. Et donc ça couvre à la fois Davos et Munich.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Ça répond à mes questions. Prochaine page, question n° 2, on a
un voyage qui a coûté environ
8 000 $ pour l'ouverture de la MSALABS, l'allocution au sommet de la
batterie du futur, de l'hydrogène vert,
tournée forestière. C'était un coût d'environ 8 000 $. Puis je vois
l'itinéraire, c'était Longueuil, Québec, Chibougamau, Amos, Val-d'Or,
Longueuil.
Alors,
juste de bien comprendre, première chose, cet acronyme, est-ce que quelqu'un
peut juste dire c'est quoi exactement? Et ces différentes visites, c'est
tout mis dans un package. Pour... C'est quoi, la raison qu'on... que le ministère a fait ça? C'était juste parce que ça a
marché dans l'horaire du ministre? C'est possible que ça, ça vient de l'ancien ministre,
mais quand même dans la... dans le cahier, M. le Président.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, pour la
réponse.
Fréchette : ...de repérer l'endroit où il y a ce fameux acronyme, là.
Est-ce que vous pouvez le répéter?
M. Kelley : ...S-A-L-A-B-S.
C'est le «ouverture de». Alors, pour moi, je veux savoir c'est quoi exactement,
M. le Président. Merci.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien.
Le Président (M.
Montigny) : Deuxième question, vous avez dit, M. le député, deuxième
question?
Le Président (M.
Montigny) : À la deuxième question.
Mme Fréchette :
Donc, c'est dans le cadre d'une
activité de mon prédécesseur au mois de... la, la, la, mai. Donc, c'est dans le
cadre d'une tournée forestière. C'était à la fois le ministre Fitzgibbon et une
conseillère qui se sont déplacés, les
16 et 17 mai derniers, pour l'ouverture de cet événement, donc, pour
l'allocution au sommet de la batterie du futur, hydrogène vert et d'une
tournée forestière. Donc, c'était un trois dans un au niveau des objectifs
recherchés.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien.
M. Kelley : Merci
beaucoup. J'ai une question maintenant, c'est question 11, et c'est sur la
façon de séparer, distincte, pour votre
cabinet et le bureau de circonscription, et c'est juste quelque chose
concernant les remboursements des frais de transport et le remboursement
des frais d'hébergement et repas. Ensemble... Et je sais que ça, ça inclut,
j'imagine, votre collègue le ministre délégué, mais, quand même, ces deux
montants ensemble sont pas mal rendus à 500 000 $ de dépenses pour
ces frais-là.
j'ai fait l'exercice avec votre collègue le ministre responsable des Ressources
naturelles, qui a un cabinet qui est presque la même grandeur que le vôtre, et
eux autres ont seulement dépensé, par exemple, dans le remboursement des frais d'hébergement et repas,
64 000 $. Je veux comprendre, entre les deux ministères et les deux
cabinets, pourquoi, de votre côté, ce montant est pas mal élevé dans les
dépenses pour l'État. Parce que 350... excusez-moi, 325 000 $, c'est
énorme, c'est beaucoup. Et, je comprends,
les gens doivent manger, voyager, loger, M. le Président, mais, dans les temps
où chaque dollar compte, de l'État, je veux
juste avoir les explications de la ministre pourquoi c'était pas mal élevé, ces
dépenses-là.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien, M. le député. Mme la ministre, pour la réponse.
Mme Fréchette : Merci.
Merci, M. le Président. Donc, je comprends l'élément de comparaison, là,
qu'apporte le député de
Jacques-Cartier, mais il faut voir qu'on... il faut voir, en fait, que le
cabinet auquel il nous compare, c'est un cabinet qui agit
essentiellement à l'échelle du Québec. Donc, il est beaucoup moins porté sur le
développement à l'international, comme l'est le ministère de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie. Donc, c'est sûr que ces sommes-là sont plus élevées que celles de l'autre... de l'autre cabinet,
mais ce sont des sommes qui sont associées, donc, aux nombreuses
missions qui ont eu lieu et qui ont été menées par des membres du cabinet.
M. Kelley : Merci beaucoup. Et je comprends, Mme la
ministre... Quand même, votre collègue, il y a beaucoup des voyages aussi du côté des Ressources
naturelles, particulièrement pour nos minéraux stratégiques, mais je comprends.
Mais peut-être juste une mise en garde pour le côté gouvernemental, que,
quand on regarde ces types de dépenses là, des
gens, des contribuables posent des questions présentement, comment on dépense
notre argent. C'est juste une mise en
garde. Parce que j'ai trouvé que c'était élevé. Ce n'est pas une critique que
vous n'avez pas bien géré ça mais juste quelque chose que j'ai mis de l'avant. Je pose des questions qui sont
dans le cahier des crédits puis j'ai remarqué que... j'ai trouvé que
c'était élevé. Et je comprends aussi que votre équipe voyage beaucoup. Alors,
merci pour ça.
Mais l'autre
question, Mme la ministre, une dépense que j'ai trouvée un peu intéressante,
c'était lié à un sondage. Et j'ai... Rendus à la question 43, nous avons
posé : Pour tout sondage ou enquête d'opinion réalisé par le ministère ou un organisme, indiquer les dépenses,
etc. C'était pour BIP Recherche inc. Vous avez réalisé des sondages auprès des entreprises québécoises dans le cadre
des évaluations des programmes... étaient réalisés, en 2024, par le MEIE.
C'était un contrat qui a été fait par les appels d'offres, mais le montant,
c'était de 89 000 $. Pour un sondage, c'est beaucoup d'argent. Est-ce que c'est possible d'avoir une copie de ce sondage
qui a été fait auprès de toutes les entreprises québécoises dans le
cadre de l'évaluation des programmes du MEIE? Je pense, c'est important que
tout le monde peut avoir accès à cette
information-là, particulièrement nous, dans l'opposition officielle. Et je
rappelle qu'une dépense à ce montant-là pour un sondage, c'est pas mal
élevé.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Fréchette : Merci, M. le
Président. D'une part, je voulais... je voulais revenir sur la question
antérieure, sur les frais, simplement
pour rappeler qu'on a quand même plusieurs secteurs économiques, stratégiques
qui sont connectés à la dynamique
internationale. Je pense, notamment, aux sciences de la vie, technologies de la
santé, à l'aéronautique, aérospatiale,
technologies propres, intelligence artificielle, les technologies quantiques.
Tout ça, ça fait partie, je dirais, de réseaux internationaux sur
lesquels il est important de se connecter. Donc, c'est sûr que, pour nous, ça
génère des obligations de déplacement plus importantes.
J'en
profite, d'ailleurs, pour saluer, souligner le fait que le collègue pose des
questions sur les crédits, vraiment, parce
que c'est ma troisième année de crédits, et je dois vous dire que ce n'est pas
arrivé souvent qu'il y a des questions sur les crédits. Alors,
félicitations! Merci pour ça.
Pour ce qui est du
sondage, donc, en fait, c'est un sondage qui est complexe et qui est mené pour
faire en sorte de bien connaître la perception des entreprises québécoises
quant à l'évaluation qu'ils font des programmes qui sont mis en place par le ministère. Donc, c'est un sondage qui a été
réalisé en 2024 et qui comprenait, en tout, 18 éléments — cinq
programmes, quatre plans d'action, six organismes d'aide à la recherche et à
l'innovation, trois interventions ad
hoc — donc,
quelque chose d'assez costaud. Donc, je comprends que le député veut qu'on
dépose une copie ou qu'on lui remette une copie de ce sondage.
M. Kelley : Si c'est possible, ça va être très, très, très
apprécié par nous et, j'imagine, mon collègue de Jean-Talon aussi, parce
qu'on veut savoir peut-être un petit peu qu'est-ce qui se passe. Alors, oui, la
réponse, c'est oui.
Le Président (M.
Montigny) : Pour la distribution...
Fréchette : O.K. On va déposer une synthèse du sondage, parce que vous
comprendrez que c'est...
Le Président (M.
Montigny) : C'est important, la nuance, le dépôt ou la distribution.
Ça dépend de vous.
Fréchette : Est-ce qu'on dépose ou on distribue?
Le Président (M.
Montigny) : Distribue, c'est sur Greffier.
Fréchette : On va déposer plus tard la synthèse du sondage.
Le Président (M. Montigny) : Parce
que, si vous faites un dépôt, vous devez le déposer avant la fin de la séance.
Mme Fréchette :
Ah! dans ce cas-là, on va... Dans
ce cas-là, on va opter pour la distribution, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Donc, ces documents seront distribués. Merci beaucoup. Il reste
2 min 28 s.
M. Kelley : Merci.
J'espère que la synthèse inclut beaucoup d'informations. Mme la ministre, je ne
fais aucune accusation, mais, la chose, avec un sondage, ça peut être
utilisé pour les fins politiques à un certain moment. Si le gouvernement
dépense pour avoir une idée, qu'est-ce qui se passe dans le monde des affaires
ou des entreprises, par exemple, c'est
quelque chose que le côté gouvernemental et le côté politique a eu en main. Ce
n'est pas une dépense que le Parti québécois ni le Parti libéral peut le
faire, honnêtement. Et on n'a pas des moyens comme ça. Alors, ça, c'est pourquoi cette question est posée à chaque
ministère. C'est juste de s'assurer que tout le monde peut avoir l'information.
Alors, j'apprécie énormément. Et je n'accuse
pas la ministre. J'ai juste dit : C'est important que cette information
est rendue disponible pour toutes les oppositions, qu'on peut avoir une
idée pourquoi on a dépensé... d'information. Alors, j'apprécie vraiment la
réponse de la ministre.
vais poser... Je pense, j'ai peut-être une question pour... peut-être le temps
pour une dernière question sur les crédits. C'est... Je reviens, question 06,
et c'est une ventilation de certains contrats qui étaient octroyés par le
ministère, et un était pour le
Pr Sylvain Audet. Je ne reproche pas lui du tout. C'était un contrat de
3 500 $ pour fournir des conseils stratégiques au ministère
concernant le concept de plan de gestion intégrée dans les ressources
énergétiques pour le Québec et préparer un
appel d'offres public en lien avec ce projet. Mme la ministre, pourquoi vous
avez choisi M. Audet et pas quelqu'un d'autre? Juste une question
sur ça, M. le Président. Merci.
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Il reste environ 50 secondes. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Merci. Simplement pour revenir
avec un petit mot de conclusion sur l'intervention précédente, de dire qu'en fait on mène cet exercice-là pour
être dans l'amélioration continue, pour faire en sorte de... bref, qu'on ait
des processus plus efficients puis des
programmes qui répondent pleinement aux besoins des entreprises, et qu'il y a
un résumé du rapport interne qui est mis en ligne également. Donc, bref, ça...
ça s'inscrit comme dans les bonnes pratiques de toute organisation qui
souhaite s'améliorer.
ce qui a trait au Pr Audet, donc, c'est une personne qui... dont les services
ont été requis parce qu'il s'avère être un expert...
Le Président (M.
Montigny) : En conclusion.
Fréchette : ...en réglementation.
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Malheureusement, il ne me restait plus de temps.
Avant de céder la
parole au gouvernement pour le dernier bloc, j'ai reçu deux documents transmis
par le député de Maurice-Richard, dont j'autorise le dépôt. Il y aura également deux documents qui seront
déposés... ajoutés, en réalité, sur Greffier.
Maintenant,
c'est le moment de la parole pour la
partie gouvernementale. Et je suis prêt à
céder la parole pour un bloc de 9 min 54 s. Je crois que
c'est au député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Oui. Bonjour, M. le Président. Bonjour,
évidemment, à mes collègues qui nous accompagnent, du gouvernement, des oppositions. Je salue,
évidemment, Mme la ministre et les différents professionnels qui l'accompagnent
aujourd'hui pour faire le point sur un
sujet, effectivement, qui est passionnant, qui est au coeur de l'actualité,
l'énergie. Et, lorsqu'on parle
d'énergie, on ne peut pas mettre totalement de côté un élément qui concerne des
millions et des millions de Québécois à tous les jours, et c'est,
évidemment, le prix de l'essence au Québec.
juin 2023, je me suis adressé au bureau fédéral de la concurrence
concernant les marges de profit qui étaient plus élevées chez nous, dans
ma circonscription. Et effectivement deux rapports de la Régie de l'énergie
sont venus nous confirmer que les marges de
profit, à Québec, en Chaudière-Appalaches, sur la Côte-Nord, dans le Bas-Saint-Laurent, avaient augmenté au cours des cinq dernières années. On parle de marges
qui pouvaient être autour de 0,04 $,
0,05 $, qui sont montées jusqu'à 0,12 $
annuellement, qui, évidemment, fait en sorte que ça a mis une pression sur les
consommateurs dans ces régions-là.
Et trompons-nous pas,
M. le Président. C'est important. Il y a encore de nombreux Québécois qui ont
un véhicule à essence et qui en auront dans les prochaines années, pour
différentes raisons que, selon moi, nous n'avons pas à juger, qui peut
concerner le prix d'un véhicule électrique, qui peut concerner le nombre de
kilomètres qu'ils ont à faire pour le travail, la famille. Il y a de multiples
raisons pourquoi les gens, par moments, ont encore un véhicule à essence et doivent se rendre faire le plein, M. le
Président, parfois à tous les jours ou aux deux jours, là. Il n'est pas rare, dans nos régions, je vois mon collègue de l'Abitibi-Témiscamingue, où les gens doivent faire une heure de route
pour aller travailler et une heure de
retour, c'est une réalité, et où il n'y a pas de transport en commun, M. le
Président. Alors, c'est une réalité qui est là au Québec, qui existe
depuis de nombreuses années.
toute la notion des marges de profit, bien, elle est importante, parce que,
chez nous en ce moment, il est à 1,57 $. C'est
un des endroits au Québec parmi les plus chers, M. le Président. Je suis plus
cher qu'à Québec, à certains endroits aujourd'hui. Alors, imaginez, le
citoyen, comment il peut se sentir lésé.
Et par la
suite nous avons mandaté Robert Clark, qui est rattaché à la fois à
l'université Queen's en Ontario et... je pense, Mme la ministre, vous
avez eu l'occasion de s'entretenir avec lui, moi aussi, de mon côté, où il est
venu à la fois, un, confirmer les éléments
que nous mettions de l'avant et recommander l'abolition du prix plancher sur
l'essence.
il faut se souvenir d'où ça vient. 1997, Guy Chevrette, à contrecoeur... Il
faut aller lire la revue de presse. Shirley Bishop, d'ailleurs, était une des
porte-parole à l'époque. Alors, je vous dis, quand on lit la revue de presse,
on s'aperçoit qu'il y a des gens assez extraordinaires qui faisaient de la
politique à l'époque au Québec et qui... À contrecoeur,
ils disaient : Bien, pour protéger les indépendants, on va mettre un prix
plancher. D'ailleurs, le prix plancher, M. le Président, c'est important de le
nommer, à
part le Québec... Il n'y en a pas en Ontario, il n'y en a pas en
Alberta, seulement en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Donc, objectif de protéger les indépendants, et
finalement, bien, on arrive à un
nombre de stations d'essence... Il y en avait 5 000 au Québec.
Aujourd'hui, 2 779. Alors, le libre marché, la libre concurrence doit revenir, parce que le prix plancher n'a pas
fait en sorte qu'on a sorti des stations d'essence du marché.
Avec le temps
également, le nombre de litres d'essence vendus a aussi augmenté. On était à
peu près à 7 000 litres d'essence
vendus. On était à 8 000 litres d'essence vendus dans les dernières
années. Également... soit 82 % de l'essence,
maintenant, au Québec, est gérée par un centre de prix, et 75 %, ce sont
les cinq plus grands joueurs qui vendent l'essence au Québec. Alors, le prix plancher, en fait, n'a pas empêché
le fait que nous avons concentré la vente de stations d'essence dans certaines bannières. Et la preuve,
c'est qu'en région, comme chez nous, à Saint-Georges, il y a plus de
14 stations d'essence, M. le Président, c'est beaucoup, et qui fait en
sorte que, lorsque nous les avons rencontrés, les essenceries, en décembre 2023, on nous disait : Bien, on n'est pas
rentables. Donc, il y a une tendance à maintenir les prix vers le haut, et ça, on sait que ce n'est pas
dans l'intérêt des consommateurs. Et ça, c'est important aussi d'en parler.
Et il y a eu, très,
très vite aussi, dans l'actualité récemment, avec l'arrivée du nouveau premier
ministre du Canada, dont nous avons très, très hâte de voir le budget
concernant la bourse carbone, l'enjeu des taxes. Mais il est important de dire que nous, en Beauce, on paie les
mêmes taxes qu'ailleurs et on paie quand même plus cher. Alors, il ne
faut pas mettre de côté le débat sur la marge de profit et le débat sur
l'abolition du prix plancher, où, d'ailleurs, les oppositions, M. le Président,
ne se sont pas encore commises. Nous, de notre côté, c'est clair, libre marché,
libre concurrence. Mais, du côté des
oppositions, on n'a pas encore eu une prise de position, donc, alors qu'on sait
que nous allons retourner en commission parlementaire prochainement.
c'est là-dessus que je souhaite entendre la ministre dans les prochaines
minutes, parce que, bon, la semaine prochaine,
nous sommes en circonscription. Nous allons faire le plein aussi dans nos...
dans notre circonscription. Et ensuite nous
allons revenir, et le projet de loi
n° 69 va reprendre, projet de
loi qui est dirigé, chapeauté par la ministre de l'Économie et de
l'Énergie. Alors, je souhaite l'entendre sur, évidemment, la suite des choses.
Puis
je conclurai... Parce que ça, c'est fondamental. Et c'est un chiffre qui n'a
pas été nommé par l'association énergétique du Québec. Ils se sont envoyé,
entre 2018 et 2023, plus de 4 787 mises en demeure parce qu'un
de leurs concurrents vendait l'essence pas
assez cher, ou trop près du prix plancher, ou au prix plancher. Alors, c'est
pour vous dire qu'à plus de 4 787 occasions nous avons eu
l'essence... nous avons eu la chance d'offrir l'essence aux Québécois
moins chère. Nous avons eu l'occasion d'avoir une concurrence, qui n'a pas été
servie.
je conclurai également en disant que, dans le domaine de l'épicerie, les
biscuits, le jus, il n'y en a pas, de prix plancher, M. le Président. Dans le
domaine du vêtement, il y a de la compétition au Québec, alors que, dans
l'essence, on a mis un prix plancher, dans un contexte très précis d'une
certaine époque, qui n'a pas servi. Alors, tout ça doit amener des amendements.
Évidemment, la... On ne peut pas dévoiler l'ensemble des détails ici, mais
j'aimerais tout de même pouvoir entendre la ministre sur la suite des choses,
sur ce dossier fort important qui concerne des millions de Québécois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, M. le député. Merci beaucoup. Pour environ 2 min 20 s, Mme
la ministre.
Fréchette : Merci. Merci, M. le Président. Bien, tout d'abord, je
voudrais dire combien je suis choyée d'avoir
mon collègue qui m'a appuyée dans ce dossier-là. Il a réalisé un travail de
fond, de longue haleine, hein, parce qu'il s'y est pris, déjà, il nous le
rappelait, il y a plusieurs années. Et vraiment je salue sa détermination et
son approche, comment dire,
intellectuellement très précise et connectée au terrain. Il est allé sonder à
la fois des consommateurs, à la fois
des essenceries, des distributeurs. Donc, il a vraiment fait le tour de la
question et le tour des individus et des acteurs qui sont au coeur de
cet... de cet enjeu. Donc, je veux saluer, voilà, son apport à cette
question-là.
C'est sûr que ce
travail de fond a posé les bases, les bases qu'il nous fallait pour prendre
action. Et j'ai, effectivement, rencontré le Pr Clark de mon côté également,
qui m'a fait part, en fait, des conclusions, des constats auxquels il en était
arrivé. J'en ai discuté également avec mon collègue. Donc, c'est à partir de là
qu'a été proposée, en fait, la levée du prix
plancher, donc, l'abolition du prix plancher, l'idée étant de faire en sorte
que les forces du marché s'exercent, s'exercent dans ce secteur-là,
comme il en est, d'ailleurs, dans les autres secteurs de l'économie, le plus
généralement parlant. Et on veut faire en sorte d'associer plus de transparence
au secteur également.
Donc,
il y a une volonté d'aller de l'avant pour que la régie diffuse en temps réel,
sur un site Internet, l'ensemble des
prix de chacun des détaillants, de telle sorte que les consommateurs pourront
avoir un portrait clair et complet, exhaustif de l'état de la situation quant au prix de l'essence. Et ça leur
permettra de faire les choix les plus éclairés. Donc, ça, c'est une démarche, vraiment, de transformation du
secteur. On va pouvoir détecter des pratiques douteuses assez rapidement si
certains tentaient d'en adopter. Alors,
voilà, je veux saluer l'apport de mon collègue. Puis également je pense que ça
fait le tour de l'essentiel de ce que l'on mettra de l'avant.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup. Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 17 h 10, où elle
entendra l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec, des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci.
(Suspension de la séance à
17 h 01)
Président (M. Montigny) : Alors, à l'ordre s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare donc la séance de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec, des
crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour
l'exercice 2025‑2026. Une enveloppe de deux heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud).
Président (M. Montigny) : Merci, Mme la secrétaire. Nous allons procéder à
une discussion d'ordre général par
blocs d'environ 18 minutes, incluant les questions et les réponses. La
mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur
est alloué, soit vers 19 h 10. Merci.
Alors, je
suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier,
la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
Président. Bonjour, M. Sabia, bienvenue dans le salon rouge, et bonjour et bienvenue à votre équipe. Juste rapidement dire
merci beaucoup à votre équipe. Je sais que vous avez travaillé pas mal fort pour produire les documents à toutes nos
questions des renseignements particuliers de l'opposition officielle et, quand
même, pour mes collègues des autres partis de l'opposition.
M. Sabia, j'ai une question pour vous
concernant la cote de crédit d'Hydro-Québec. On sait que ça a baissé. Est-ce
que vous pouvez expliquer c'est quoi, les impacts pour Hydro-Québec et pour la
suite des choses? Qu'est-ce qu'Hydro-Québec
doit faire, en conséquence, pour peut-être corriger cette cote de crédit? Si
vous pouvez expliquer ça pour nous mais aussi pour les gens qui nous
écoutent, ça va être bien apprécié.
Le Président (M. Montigny) : M. le
député de Jacques-Cartier, nous devons avoir le consentement avant de céder la
parole à un intervenant. Est-ce qu'il y a consentement?
Le Président (M. Montigny) : Il y a
consentement. Parfait. Merci. M. Sabia, je vous invite à vous présenter et
à répondre à la question. Merci.
M. Sabia (Michael) : O.K. Merci, M.
le Président. Je suis Michael Sabia, le P.D.G. d'Hydro-Québec, et je suis avec
certains collègues. Est-ce que nous devrions...
Le Président (M. Montigny) : ...pour
vous pour l'instant. Merci. Vous pouvez y aller.
M. Sabia
(Michael) : O.K. Donc, pour répondre à cette question, la
décote du gouvernement, évidemment, il y a un impact essentiellement
mécanique sur la cote de crédit d'Hydro-Québec. Ceci dit, selon nous et selon
l'ensemble des analyses que nous avons
faites, est-ce que c'est quelque chose qui aura un impact important sur le coût
de financement ou même sur la disponibilité du financement? Notre
réponse est non, pas vraiment. Et également nous avons cherché les perspectives des experts externes. Récemment,
la semaine dernière, nous avons... nous sommes allés au marché pour 750 millions et nous avons financé ce montant
à un taux de rendement extrêmement intéressant, 3,5 %. Donc, il n'y aura pas un impact. Est-ce qu'il y aura une augmentation
de nos coûts? Marginalement, oui, mais ce n'est pas quelque chose qui va
changer la mise en... la réalisation de nos plans d'action.
Kelley : ...Sabia. Et, cette augmentation marginale, est-ce
que vous avez un estimé à ce stade-ci ou c'est...
M. Sabia
(Michael) : Oui. Sur 10 ans, dans un contexte de, disons,
200 milliards de dollars, parce que ça, c'est le montant nécessaire pour notre plan d'action mais
également les installations, les développements à Terre-Neuve-et-Labrador, c'est
à peu près 200 milliards de dollars, donc, sur 10 ans, c'est une
augmentation de 150 millions sur 200 milliards de
dollars. Donc, c'est vraiment à la marge.
M. Kelley : Merci beaucoup. Et ici,
à l'Assemblée nationale, on a des discussions avec notre collègue le ministre des Finances, que la décote qui... la
baisse de la cote de Québec était un peu une mise en garde. Ce n'était pas
la fin du monde, mais le gouvernement doit être un peu prudent. À votre
connaissance, est-ce que cette décote de la part
d'Hydro-Québec est peut-être liée aussi à la dette brute de l'État du Québec?
Parce que, quand on regarde le budget, les
documents qui sont fournis pour le budget, on parle beaucoup de la dette brute
de l'État du Québec et on inclut Hydro-Québec
et les autres. Alors, est-ce qu'il y a comme un lien entre toutes les dépenses
de l'État du Québec en général, pas juste d'Hydro-Québec, ou vous n'avez
pas... vous avez d'autres opinions là-dessus?
M. Sabia (Michael) : Non, je ne suis pas
d'accord avec ça. Dans le document, la décision de Standard & Poor's, essentiellement, leur raisonnement, la
justification pour leur décision, essentiellement, n'a rien à voir avec
Hydro-Québec. Et, franchement, je
pense, aux yeux de Standard &
Poor's, la nature d'Hydro-Québec,
l'importance de nos installations, l'importance
de l'électrification, c'est quelque chose qui contribue à la stabilité de
l'économie québécoise mais également à
la stabilité du financement du gouvernement, donc, notre perspective... et,
comme tu disais, que c'est dans l'autre sens. Hydro-Québec, nos
activités, nos financements, nos investissements contribuent positivement au
niveau du risque du gouvernement du Québec.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Et encore aucune inquiétude que, si Hydro-Québec continue de lancer
des grands projets, si, un jour, un projet
de barrage en lien avec Churchill Falls ou Muskrat Falls, quoi que ce soit...
pas de risque, pas d'inquiet qu'on va
voir une baisse de la cote de crédit d'Hydro-Québec encore. Parce que,
malheureusement, je veux juste faire
le lien avec la politique, on parle ici souvent, pour les projets
d'infrastructure, de l'avenir. Il faut être prudent, côté gouvernemental, sur le côté des infrastructures, parce
qu'on ne peut pas avoir une autre baisse de notre cote de crédit.
M. Sabia (Michael) : Deux commentaires. J'ai
tant de préoccupations, j'ai une longue liste de préoccupations par rapport à toutes sortes de choses, et surtout,
la réalisation de nos plans, nous avons beaucoup de travail à faire. Mais
est-ce que la question du changement de la
perspective de S&P... est-ce que c'est quelque chose qui rend plus
difficiles nos activités? Ce n'est
pas parmi mes préoccupations. Mais, ceci dit, comme tu disais, j'ai pas mal de
préoccupations, mais ce n'est pas un élément.
Mais
je vais vous dire mon deuxième point. Étant donné les circonstances, et je
comprends bien l'importance et la valeur
de... la prudence du gouvernement face à cette décision de la part de Standard & Poor's, je pense, honnêtement, ça rend même plus
importante la réalisation de nos plans, parce que nous avons la capacité
d'investir, et d'investir de façon importante. Dans le contexte actuel, étant
donné les incertitudes dans le monde et les incertitudes dans la conjoncture
économique, c'est le moment d'investir. Mais, au secteur privé, à cause de ce
niveau d'incertitude, il y a, évidemment, un frein qui est en train de ralentir
le processus d'investissement, d'où vient le potentiel d'un ralentissement important
économique. Face à cette tendance, notre capacité, en tant que société d'État,
d'augmenter et d'accélérer — d'accélérer,
c'est le bon mot — d'accélérer
nos investissements, c'est quelque chose qui pourrait contribuer
positivement à une amélioration, une mitigation des impacts, ce niveau
d'incertitude qui est tellement évident dans le monde.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. Sabia. Et on partage ce
fait-là que l'instabilité, ça crée beaucoup d'incertitude sur les
marchés et quand même pour toute la population. J'ai une question en lien un
petit peu avec ça. On voit que certains coûts commencent à augmenter un petit
peu partout, un peu à cause de, oui, la guerre commerciale avec les Américains,
mais pas juste avec les Américains, la guerre que les Américains ont lancée
avec tout le monde. Est-ce qu'il y a eu un
changement dans les coûts pour votre plan, qui étaient, de mémoire, à
150 millions de dollars, à 180 millions de
dollars? Est-ce qu'il y a eu des changements majeurs ou pour l'instant ça
demeure toujours un chiffre qui est plus ou moins exact?
M. Sabia (Michael) : Non, c'est intéressant.
C'est une bonne question, et évidemment nous avons étudié cette
question. Mais le niveau de nos achats aux États-Unis, c'est très, très, très
bas. Et ce n'est pas une question de notre intention, c'est juste une question
de la production des transformateurs, des turbines éoliennes. Cette production
est substantiellement soit au Canada ou en Europe. Donc, en termes de nos
activités, nos investissements, moi... nous ne voyons pas un scénario où la situation qui existe actuellement,
situation difficile qui existe actuellement entre le Canada et les États-Unis, et les tarifs douaniers, et
tout ça... Ça ne devrait pas avoir un impact significatif sur la réalisation ou
la structure de nos coûts pour la réalisation de notre plan.
M. Kelley : Merci beaucoup. Et, avec, comme, l'ajout de
l'entente avec Churchill Falls, est-ce que le plan... le chiffre, pour l'instant, est-ce que ça a augmenté
à environ 200 milliards de dollars ou est-ce que ça demeure, pour
votre plan, toujours les chiffres que j'ai cités avant?
M. Sabia
(Michael) : Essentiellement inchangés, à 200 milliards.
M. Kelley : O.K.
Alors, ça a augmenté un peu, à cause de Churchill Falls, à 200 milliards.
M. Sabia
(Michael) : Oui, oui, c'est ça.
M. Kelley : O.K.
Parfait. Merci.
M. Sabia (Michael) : Oui, parce que
Gull est essentiellement à 20 milliards. Et donc il y aura également une intensification de la production, à Churchill, avec
une augmentation de... On va augmenter la production avec un changement des turbines,
mais également il y a un projet de construction juste à côté de Churchill. Si
on met les deux... les trois ensemble, ça représente à peu près
25 milliards.
M. Kelley : O.K. Merci beaucoup pour
la précision. Vous avez ouvert la porte sur votre liste des priorités, qui est longue. Alors, M. Sabia, est-ce qu'il est
possible d'avoir c'est quoi, votre... Présentement, je sais que vous avez beaucoup
de choses à faire, mais c'est quoi, votre priorité numéro un présentement,
comme P.D.G.? Puis après ça peut-être nous
fournir une liste de vos préoccupations. Ce n'est pas nécessaire d'être dans un
ordre énuméré, mais, au minimum, qu'est-ce que...
M. Sabia (Michael) : Vous devriez
m'appeler à 3 heures du matin.
Kelley : Bien, souvent, mon enfant... je suis levé avec mon
enfant à cette heure-là, alors... mes petits enfants, tu sais, alors
c'est possible, M. Sabia.
M. Sabia
(Michael) : Donc, mes préoccupations en ce qui concerne la
réalisation du plan, ça, c'est votre question?
M. Kelley : Bien, en général, c'est
quoi, votre priorité numéro un, oui.
M. Sabia (Michael) : Deux choses,
deux choses. Nous avons beaucoup de travail à faire avec les Premières Nations,
les communautés autochtones. Nous avons une stratégie basée sur l'idée de
partenariat. Et donc nous avons du travail à
faire parce que, franchement, et pour des bonnes raisons, les communautés
autochtones, le niveau de... il y a une
certaine méfiance envers Hydro-Québec et, parlons de façon très ouverte, envers
le gouvernement du Québec également. Donc, ça, c'est un enjeu. Je
travaille, et nous travaillons ensemble, notre équipe, constamment avec les
communautés autochtones. Nous faisons des
progrès. Les choses avancent. Nous avons des bonnes conversations, et je pense
que nous avons réduit un peu le niveau de méfiance. Mais cette question
représente une question primordialement importante. C'est un prérequis pour la
réalisation de nos plans. Donc, nous avons du travail à faire. Ça, c'est numéro
Et, numéro
deux, M. le Président, M. Kelley, c'est peut-être une perspective un peu
interne, mais, pour réaliser le plan, il faut continuer à rendre plus agile,
plus rapide, plus simple, moins hiérarchique... Il faut changer la culture
d'Hydro-Québec, une société d'État pleine de talents et des grandes
compétences, mais également, dans un monde où
le rythme du changement continue à accélérer, il faut accélérer nous-mêmes.
Face au défi de... l'ampleur du défi qui est devant nous, il faut nous adresser
à la question de continuer de renforcer la qualité des talents, continuer de
rendre notre organisation moins hiérarchique, plus agile, moins... Il y a une
tendance de... Selon moi, d'être en affaires, c'est une question de
gérer les risques. Ce n'est pas une question d'éviter des risques. Et donc il y
a une tendance, chez nous, de toujours
essayer d'éviter l'ensemble des risques, mais ce n'est pas quelque chose qui
fonctionne dans le monde d'affaires.
Donc, mes
deux préoccupations : communautés autochtones, continuer à bâtir un esprit
de partenariat; deuxième chose, continuer et accélérer le processus du
changement chez nous, à Hydro-Québec.
Kelley : Merci, M. Sabia. Peut-être qu'on va avoir une
discussion à 3 heures le matin, quand je suis en train de donner un
biberon à mon fils, mais, pour l'instant, je veux rester...
M. Sabia (Michael) : Je vais vous
donner mon portable.
M. Kelley : C'est parce qu'on
pense... on peut avoir une très longue discussion. Mais, sur cet élément de la réforme au sein d'Hydro-Québec, est-ce qu'il y a
quelque chose que le gouvernement peut faire pour vous aider? Et je parle vraiment pour s'assurer qu'on a une
Hydro-Québec moderne. Et je lance l'appel parce que nous sommes ici, des
fois aussi, pour aider vous autres, M. Sabia.
M. Sabia
(Michael) : Donc, simplification du processus d'approbation
des projets, des permis, simplification du processus de réglementation. Et, quand je vous dis ça, ce n'est pas
juste point de vue Hydro-Québec. Il y a une tendance importante, dans le monde et certainement
maintenant au Canada, étant donné le changement fondamental de nos relations
avec les États-Unis, il y a une tendance vers le développement des grands
projets, l'accélération des processus d'approbation. Et donc il est
important pour l'avenir du Québec d'ajuster dans le même sens, de trouver des
façons de simplifier le processus de réglementation.
Donc, les permis, la réglementation, ça, c'est, essentiellement, une chose qui
est primordialement importante. Ça, c'est numéro un.
Numéro deux, nous sommes en train de faire des
efforts significatifs pour nous adresser à la question de la méfiance des
Premières Nations et de créer, comme je disais, un esprit de partenariat. Le
gouvernement du Québec devrait faire la même chose.
M. Kelley : Merci beaucoup pour ça,
M. Sabia. Et je veux juste souligner que, dans le document que vous avez
produit pour nous, la question n° 3, on pose des
questions à certaines... l'état de situation des relations avec les autochtones, et vous avez nous référés au
ministère, puis malheureusement la réponse... Alors, ce n'est pas sur votre
côté, mais la réponse qui était dans
le cahier du gouvernement, c'est qu'aucune rencontre, ni consultation, ni
négociation n'a été faite par le
ministère de l'Énergie. C'est juste un élément, mais ça démontre que, du côté
gouvernemental, il y a beaucoup de travail à faire. Et je sais que ce n'est pas
facile. Je ne sais pas ni la ministre non plus... On a eu un bon échange
là-dessus. Mais merci de passer ce message que je pense qui est
hyperimportant...
M. Sabia
(Michael) : Mais juste...
M. Kelley : Mais...
Oui, vas-y, vas-y.
M. Sabia
(Michael) : M. le Président, juste pour clarifier, nous sommes très
actifs avec les communautés autochtones. Je
suis dans une communauté autochtone toutes les trois semaines à peu près. Donc,
nous sommes très présents, nos
équipes sont très présentes. Nous avons... Nous encourageons et chercher...
nous cherchons des occasions d'avoir des échanges ouverts avec les
Premières Nations. Donc, je pense, la présence d'Hydro-Québec, essentiellement,
représente une volonté, de la part du gouvernement et de nous-mêmes, de trouver
une façon de travailler ensemble. Et je
sais, parce que je parle souvent au premier ministre et également avec la
ministre sur l'importance de cette question, et il y a une volonté
d'améliorer des choses qui est, selon moi, une ouverture extrêmement importante
pour l'avenir.
M. Kelley : Merci
beaucoup.
Le Président (M.
Montigny) : ...
M. Kelley :
14 secondes. On n'a pas de question en 14 secondes.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème. Alors, merci. Nous allons passer au deuxième bloc. C'est le temps
de parole pour le deuxième groupe de l'opposition. Vous disposez d'environ
12 minutes, M. le député.
M. Bouazzi : Merci
beaucoup, M. le Président. Très heureux de vous recevoir à l'Assemblée
nationale, M. Sabia. Évidemment, il y a
une
partie ingrate de notre travail, c'est de ne pas revenir sur ce qui va bien
dans ce que vous faites, M. le
P.D.G., et il y a vraiment beaucoup de choses qui vont vraiment bien, et je
tiens à vous en remercier, y compris le fait qu'on ait un certain nombre
de documents et de visions qui sont mises sur papier, y compris le fait qu'il y
ait une volonté d'optimiser le... les différentes
consommations d'énergie. On a vu des nouveaux programmes apparaître dans
les dernières semaines. L'idée de
diversifier aussi les sources d'énergie, à travers ce que vous avez annoncé
aujourd'hui, fait que...
Malheureusement, je n'y reviendrai pas, mais je vous remercie pour tout le très
bon travail que vous faites avec, évidemment, les travailleuses et
travailleurs d'Hydro-Québec.
Mon questionnement...
Bien, peut-être une première question. Vous avez annoncé, il y a quelque temps,
j'oublie, là, mais que, d'ici 2035, il y
aurait 10 000 mégawatts de nouvelle énergie éolienne. Et ma première
question est une question de
clarification, simplement. Est-ce que ça incluait les 4 000 mégawatts
qui sont en cours ou dans les appels d'offres?
M. Sabia (Michael) :
La réponse est oui.
M. Bouazzi : Donc, dans les 10 000, il y a les 4 000
qui sont déjà en cours. O.K. Vous... vous le savez, M. le P.D.G., nous, à Québec
solidaire, on tient beaucoup à
l'aspect public de la production d'énergie d'Hydro-Québec, etc., et vous
avez ouvert une porte qui est intéressante sur la question de
l'endettement d'Hydro-Québec et puis du taux. Vous avez parlé de 3,5 %. Je ne sais pas si c'est sur 10 ans ou sur
20 ans, mais, bon, on s'entend que les taux d'intérêt qu'Hydro-Québec paie sont des taux terriblement préférentiels étant donné qu'ils sont
adossés, d'une manière ou d'une autre, évidemment, aux cotes du
gouvernement du Québec.
Aujourd'hui,
est-ce qu'il y a une étude, après les 20 dernières années, où toutes les
éoliennes ou presque ont été fait
faire par le privé, est-ce qu'il y a une étude qui comparerait le fait d'avoir
fait ces éoliennes-là, donc être propriétaire de ces infrastructures-là, par le
public, par Hydro-Québec plutôt que par le privé? Est-ce qu'il y a un
comparatif qui existe chez Hydro-Québec entre les deux?
M. Sabia
(Michael) : Et votre question...
M. Bouazzi : J'arrive
pour les taux. Je dois avouer que c'est vrai que ça manquait. Ma question sur
le taux, je peux vous la donner en prime,
là. C'est que, quand le privé va s'endetter pour la même éolienne, disons
qu'elle coûte 3 millions de dollars, pour prendre un chiffre, de
3 mégawatts... Vous le savez comme moi, le privé, quand il s'endette,
il s'endette à des taux qui doivent être
autour de 8 % sur une éolienne de 20 ans, sur une espérance de vie de
20 ans, alors qu'Hydro-Québec s'endette...
M. Sabia
(Michael) : Oui, mais...
M. Bouazzi : Donc,
ma question, c'est... On a fait faire toutes ces éoliennes-là par le privé.
Est-ce qu'il y a une étude, chez Hydro-Québec, qui, après ce recul-là, serait capable de dire : C'était une bonne
idée ou pas de ne pas être propriétaire de ces infrastructures-là?
Est-ce que ça nous coûte plus cher ou pas?
Sabia (Michael) : O.K. Donc, je vais partager quelques-unes de mes
réflexions sur cette question, mais, si mes collègues voudraient également intervenir... Nous avons beaucoup,
beaucoup changé la stratégie du développement d'éolien, les parcs éoliens.
Donc, maintenant, pour... Et je comprends d'où vient, je pense, votre question.
Nous mettons un accent, nous, Hydro-Québec, nous mettons un accent sur, maintenant, le développement des grands
parcs, qui contribuent de façon significative à l'ensemble de nos... à
l'ensemble de nos opérations pour plusieurs raisons. Mais, étant donné la
nature d'Hydro-Québec, notre avantage, disons, notre avantage compétitif, c'est
vraiment de faire des choses à la grande
échelle, donc les grands parcs. Et nous avons... pour la première fois, nous
avons dit qu'Hydro-Québec sera au centre de ces développements,
c'est-à-dire on va agir comme maître d'oeuvre. Parce que je partage votre
perspective implicite. Il est important, en
tant que société d'État, d'être présente et d'être en mesure, essentiellement,
de développer des grands parcs de
façon qu'ils rendent l'ensemble du système stable et cohérent. Et c'est la
raison pour laquelle une société d'État comme Hydro-Québec est bien
positionnée pour le faire.
Pour les très petits parcs, et c'est déjà fait
maintenant, pour les très petits parcs, ce n'est pas, essentiellement, la meilleure... selon nous, la meilleure
utilisation de nos compétences. Il y a des développeurs, toujours en
partenariat avec les communautés, avec les communautés locales et
également avec les Premières Nations. Donc, il y a toujours une idée de partenariat et une présence,
essentiellement, sociétale dans chacun de ces projets. Mais, pour nous,
maintenant, ce n'est pas, selon nous, la meilleure utilisation de notre
capital de changer quelque chose ou d'essayer d'acheter ces petits parcs.
Nous avons du
travail à faire nous-mêmes pour développer, comme je disais, nos projets à
200 milliards de dollars. Donc, pour l'instant, notre focus est la livraison, la réalisation de ce
plan, et donc de profiter, avec notre achat, de puissance qui vient des
plus petits parcs.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. Merci. M. le député.
M. Bouazzi : Très bien. Est-ce que,
donc, à terme, ces grands parcs dont vous parlez seraient la propriété d'Hydro-Québec?
M. Sabia (Michael) : Pardon?
M. Bouazzi : À terme, ces grands
parcs dont vous parlez seraient la propriété d'Hydro-Québec.
M. Sabia (Michael) : Oui, oui, en
partenariat.
M. Bouazzi : Juste pour...
M. Sabia (Michael) : Donc, encore
une fois, notre approche est de travailler avec les Premières Nations et avec une communauté. Et nous avons... Il y a des
exemples que nous... où nous avons déjà fait la même chose, à Chamouchouane, avec la communauté Essipit. Nous
avons récemment annoncé, avec le premier ministre, un partenariat. Donc,
nous sommes là. Nous sommes maîtres d'oeuvre. Nous avons toujours une position
très importante dans un tel partenariat, mais les intérêts locaux également
sont reflétés dans la structure du capital d'une telle opération.
M. Bouazzi : O.K. Donc, ils seraient
copropriétaires quand même de l'infrastructure
M. Sabia (Michael) : Oui, oui.
M. Bouazzi : Est-ce qu'ils
profiteraient des mêmes taux... taux d'intérêt d'Hydro-Québec ou ils
paieraient... Parce que, vous le savez comme moi, techniquement, ils paient au
moins le double, là, en taux d'intérêt.
M. Sabia
(Michael) : Donc, je vais... Donc, je vais passer... Maxime
Aucoin, qui est notre chef de la direction financière.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Nous avons toujours besoin du consentement pour le faire.
M. Bouazzi : Consentement. Et je
vous informe juste qu'il me reste juste trois minutes, quatre minutes.
Le Président (M. Montigny) : Quatre,
oui.
M. Bouazzi : Ça fait que, si... J'ai
encore d'autres questions. Allez-y.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
je vous invite à vous présenter, nom, titre, et y aller pour la réponse.
M. Aucoin
(Maxime) : Oui. Alors, bonsoir, tout le monde. Maxime Aucoin,
vice-président exécutif, chef de la direction financière chez Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) : Ça va.
Allez-y.
M. Aucoin
(Maxime) : À votre question, les parcs éoliens, le grand avantage
d'une infrastructure de la sorte, c'est
qu'une fois qu'elle est développée elle est dérisquée. Elle a un contrat
d'achat d'électricité avec Hydro-Québec pour 20 ans, 25 ans. Et donc, pour un
financier, de... les taux d'intérêt qu'ils vont offrir pour des projets comme
ceux-là ne sont pas le double du coût
de financement d'Hydro-Québec. En fait, ils sont quand même à crédit
relativement élevé, parce que ce sont des actifs qui sont très peu
risqués, puisqu'ils ont des contrats d'achat à long terme. Donc, en fait,
d'avoir des parcs éoliens qui sont financés non pas par le bilan d'Hydro-Québec
mais par le marché privé peut être fait à des taux très compétitifs.
M. Bouazzi : Est-ce que vous pouvez
me donner un exemple de taux très compétitif?
M. Aucoin (Maxime) : Écoutez, je
pourrais vous revenir. Je n'ai pas... je n'ai pas les taux exacts devant moi.
Je ne voudrais pas vous induire en erreur. Mais les parcs...
Bouazzi : Mais je serais... je serais curieux de les avoir,
parce qu'honnêtement j'ai eu des conversations très, très concrètes avec les gens qui ont développé les
parcs qui existent déjà, et, parmi eux, il y a, effectivement, des endettements à 8 %. Surtout, vous le savez comme
moi, ils créent, à chaque fois, un genre de coquille financière qui, elle, va
s'endetter, sans compter les actionnaires, qui, eux, ont un 25 %. Donc, il
y a 75 % de dettes et 25 % pour les actionnaires,
qui, eux, cherchent du 12 %. Ça fait que, sur 20 ans, les calculs que
nous, on a, c'est que... on n'est pas encore entrés dans la concurrence, c'est que ça coûte 36 % plus cher sur
20 ans, juste l'endettement, plus les actionnaires, que d'être
propriétaires de cette... de l'entièreté du financement, si on veut, par Hydro-Québec. Si vous avez des chiffres qui vont à l'inverse, on serait bien
curieux de les avoir.
Nous, on a...
on aurait du mal à penser, honnêtement, étant donné qu'Hydro-Québec a adossé sa sécurité... ses dettes sur l'État... En fait, c'est
l'État qui se porte garant derrière, en fin de compte, là, d'une manière ou
d'une autre, sans compter les
infrastructures. Mais évidemment que c'est moins compétitif que le privé, qui
va s'endetter, à moins que vous, vous vous portiez garants pour eux, là.
Ça, c'est possible. Mais ce n'est pas ça, ma compréhension.
Bon, j'ai une
autre question, parce que non seulement il y a la question de financement, il y
a ensuite la question de cet argent-là, il va où. Vous parlez des
communautés autochtones, c'est très bien, mais il y a, évidemment, les
compagnies privées qui se retrouvent, pour une bonne
partie d'entre elles, à
envoyer de l'argent dans des paradis fiscaux.
Ma question va être plus pour la ministre, là. Ça ne touche pas directement Hydro-Québec. J'ai l'exemple, ici, des
investissements... Prenons un exemple de Brookfield Corp., au Luxembourg, où il
y a... En actifs, il y a 15 milliards de dollars et, en revenus et pertes, entre 2010 et
2022, il y a un peu plus de... Il y a presque 4 milliards de revenus et 500 millions de dettes. Le Luxembourg, là,
c'est 600 000 habitants, là. C'est grand comme l'île de Montréal. Est-ce que, Mme la ministre,
vous avez un malaise avec tout l'argent qui est envoyé dans des paradis fiscaux
par des compagnies qui prennent des contrats du gouvernement?
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre, il reste moins de 50 secondes. Je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Merci. Merci, M. le
Président. J'aimerais saluer, tout d'abord, M. Sabia, le remercier de sa
présence, de même que toute l'équipe. Je sais qu'ils travaillent fort, et ils
ont travaillé fort également pour les crédits.
Donc, en ce qui a trait à la question du député
de Maurice-Richard, pour nous, dans la mesure où les gestes posés sur le plan fiscal sont légaux, il n'y a pas
d'enjeu qui est associé à notre perception de la chose. Donc, c'est sûr que,
s'il y a des gestes qui sont... qui tombent dans l'illégalité, là, il y aura un
malaise, et c'est ce qu'on va surveiller.
M. Bouazzi : Est-ce que vous êtes au
courant de ces méthodes d'évitement fiscal?
Mme Fréchette : Personnellement, je
n'ai pas eu d'information à proprement parler sur ces méthodes.
Président (M. Montigny) : Très bien. Merci. Comme il ne reste plus de temps
pour ce bloc, nous sommes maintenant, pour 18 minutes, à
l'opposition officielle. M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Merci beaucoup, M. le Président. M. Sabia, je
veux... reviens un petit peu avec la situation avec nos voisins, les Américains. De mémoire, sur les ondes
de... peut-être, c'était Cogeco, vous avez suggéré que nos ententes avec
les Américains, avec Massachusetts et New York, peut être utilisée comme une...
utile, peut-être, dans une négociation avec
les Américains. Est-ce que vous êtes toujours du même avis, particulièrement
après le fait que les Américains ont pris des actions concrètes contre
le Canada, et plus précisément contre le Québec?
M. Sabia
(Michael) : Donc, nous sommes... nous sommes en train
d'analyser, examiner l'ensemble de nos contrats ici, au Canada, avec... des contrats entre le Canada ou nous-mêmes
et les États-Unis. Donc, ça, c'est une question... un processus qui
continue. Nous continuons à faire des investissements pour la construction des
interconnexions qui sont nécessaires, mais, en fin du compte, ce n'est pas...
ce n'est pas pour Hydro-Québec.
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