House Proceedings — 15 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-04-15
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Rousseau. Je
rappelle aux membres de cette Assemblée qu'une déclaration doit tenir
sur une minute, alors je demande votre collaboration.
Je vais maintenant
céder la parole à M. le député de Trois-Rivières pour sa déclaration du jour.
M. Girard : Merci, Mme la
Présidente. Il me fait plaisir aujourd'hui de prendre la parole pour souligner
la récente inauguration de la Zone entrepreneuriale du cégep de Trois-Rivières.
Cette initiative novatrice vise à mettre en commun les connaissances des gens d'affaires et
celles des professionnels de l'éducation dans le but de favoriser la relève entrepreneuriale auprès de nos jeunes. On
ne répétera jamais assez, les entrepreneurs et les PME qu'ils dirigent sont les principaux employeurs au Québec, ils sont
au coeur du développement économique de nos régions. Développer l'intérêt et le sens des affaires de la jeune génération
contribue donc directement au développement d'un Québec plus prospère.
L'originalité
de la Zone entrepreneuriale du cégep de Trois-Rivières est de créer une
proximité et un maillage entre nos entrepreneurs actuels et ceux de
demain. Il s'agit d'un modèle inspirant de collaboration entre le milieu des affaires et celui de l'éducation. Cette initiative
permettra donc à nos jeunes d'avoir un contact direct avec nos entrepreneurs
et de développer très tôt leur sens des
affaires, leur goût du risque et, par-dessus tout, leur goût de la réussite.
Bon succès à la Zone entrepreneuriale du cégep de Trois-Rivières.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Trois-Rivières. Mme la
députée d'Iberville, à votre tour de nous faire votre
déclaration.
Samson : Merci, Mme la Présidente. Ils soutiennent nos aînés, ils recueillent,
servent et distribuent de la nourriture,
ils assistent aux devoirs, ils prodiguent des conseils, qu'ils soient
financiers, juridiques ou autres, ils nettoient berges, lacs et forêts, ils encadrent les activités sportives, ils
brisent l'isolement de milliers de gens, ils collectent des fonds, ils offrent le transport aux personnes handicapées, ils éteignent les incendies et protègent nos
maisons, ils entretiennent et réparent les objets de notre quotidien.
m'arrête ici, Mme la Présidente, car
je crois que nous aurons tous compris que, sans le travail des milliers de
bénévoles du Québec, celui-ci ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. Juste
dans mon comté, les bénévoles du Centre d'action
bénévole d'Iberville ont réalisé 27 000 heures de bénévolat l'an dernier.
Je n'ose pas avancer de chiffre sur le montant
que l'État devrait débourser pour obtenir tous ces services. Je tiens donc
aujourd'hui à leur témoigner de toute mon admiration et de toute la
gratitude de notre communauté. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, Mme la députée
d'Iberville. Et, toujours à la rubrique des déclarations de députés, je
vais maintenant céder la parole à Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, Mme la
Présidente, nous célébrons le 25e anniversaire de
Loi sur le curateur public, qui est entrée en vigueur le 15 avril
1990. Cette loi a amené plusieurs changements importants dans la
protection des personnes inaptes, dont l'arrivée du mandat en prévision de
l'inaptitude et l'introduction de l'évaluation psychosociale.
Je tiens aussi à
souligner que, cette année, le Curateur public célèbre ses 70 ans de création.
C'est en effet le 21 juillet 1945 que la loi
mettant en place une curatelle publique est entrée en vigueur et a nommé un
Curateur public. Cet organisme, dont
je suis ministre responsable, est un acteur essentiel dans la protection des
personnes inaptes, des personnes
parmi les plus vulnérables de notre société ainsi que dans le soutien et
l'accompagnement de leurs familles et leurs proches. Le Curateur public du Québec,
monsieur... ou, je devrais dire, Me Normand Jutras, est d'ailleurs avec nous
aujourd'hui.
J'en
profite donc pour saluer et le remercier, de même que les 620 employés de
l'organisation pour leur travail dans
la protection des personnes inaptes. Et je vous rappelle, Mme la Présidente,
que ce n'est pas lui qui a 70 ans, mais l'organisation.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée, et, M. Jutras, bienvenue à l'Assemblée nationale.
pour la prochaine déclaration, je cède maintenant la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Je souhaite aujourd'hui mettre en lumière
la situation alarmante que vit l'organisme La Piaule dans la circonscription d'Abitibi-Est. En effet, depuis l'annonce du plan de lutte à l'itinérance, les tuiles ne cessent de tomber sur ce seul
organisme travaillant avec les populations en situation ou à risque d'itinérance dans cette
région.
Faute
de liquidités, La Piaule devra cesser, le 1er mai prochain, le service de repas
qu'elle assurait depuis 32 ans. 95
repas de moins pour les plus démunis de la région, c'est indécent. Ensuite, les
restrictions dans le programme AccèsLogis ont causé l'abandon de leur projet de 20 unités de logement pour les
plus vulnérables. De plus, le projet du centre de jour a dû cesser et
l'organisme n'a pu renouveler ni le poste d'intervenant de proximité, faute de
manque de ressources.
Je souhaite
donc prendre ce moment pour souligner leur excellent travail, reconnaître l'importance que jouent ces organismes
dans les différentes régions et espère que mes collègues en région feront le
travail nécessaire pour que cesse cette hémorragie qui
affecte les services de première ligne partout au Québec.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Et maintenant je me tourne vers le député de Huntingdon
pour sa déclaration du jour.
Billette : Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais profiter de cette tribune pour
souligner les 31 années de services de Mme Micheline Lemay, directrice
générale de la municipalité de Saint-Michel.
Mme Lemay a
apporté une contribution unique à la municipalité de Saint-Michel. Elle s'est
démarquée par son remarquable
dévouement envers les citoyens et citoyennes par son travail acharné et son
investissement soutenu à la vie municipale. Lorsque nous avions la
chance de côtoyer Mme Lemay, nous pouvions sentir à quel point elle aimait ses
citoyens et à quel point le bonheur était important pour elle.
Je tiens,
aujourd'hui, Mme Lemay, à vous féliciter pour l'ensemble de votre oeuvre. C'est
pour moi un honneur de compter sur
des gens comme vous dans ma circonscription. Mme Lemay, je vous souhaite une
excellente retraite bien méritée et
je vous souhaite de beaux moments et de bonheur avec vos proches et amis. Bonne
retraite et merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, M. le député de Huntingdon. Et, pour la prochaine
déclaration, je reconnais maintenant M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, Mme la
Présidente. Je salue et félicite chaleureusement deux organisations du comté
de Lévis qui ont reçu, mardi, le prix
Hommage bénévolat-Québec. Le mouvement les Aidants scolaires a pour mission
d'aider les écoles à structurer leur
bénévolat afin d'offrir à leur personnel deux bras de plus pour le bénéfice des
élèves. Initiative de Mme Lise
Allard, cette fondation se distingue du fait qu'elle vise à amasser du temps et
non de l'argent. On accumule donc des
petites demi-heures pour les enfants. Depuis sa création en 2007, la fondation
a réussi à accumuler 48 560
petites demi-heures pour accompagner de manière plus personnalisée certains
élèves. Chapeau à vous, Mme Allard, ainsi qu'à tous vos bénévoles.
Deuxième récipiendaire, Le Tremplin, un centre
pour personnes immigrantes et leurs familles. Le Tremplin oeuvre depuis huit ans à l'intégration des
personnes immigrantes, accueil, accompagnement, référence, atelier de
conversation, soutien dans les procédures administratives, et tout cela
avec le sourire, le plus chaleureux des sourires. Croyez-moi, Mme la Présidente, pour avoir rencontré les
familles qui ont décidé de faire du Québec, et particulièrement de Lévis, leur
nouveau chez-eux, les actions menées par les
bénévoles du Tremplin font toute la différence. Madame, monsieur, nous
sommes fiers de vous.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, M. le député de
Lévis. Et, pour la prochaine déclaration, je reconnais maintenant M. le
député de Saint-Laurent.
Fournier : Merci, Mme la Présidente. Le CARI St-Laurent tenait,
en 2014, son troisième marathon d'écriture. Le CARI est un centre d'accueil et de référence sociale et économique
pour immigrants. Dans son travail de francisation, le CARI tient des ateliers d'écriture encadrés par
des auteurs québécois natifs et immigrants. Je tiens aujourd'hui à rendre
hommage à tous ces nouveaux arrivants qui
vivent le déracinement et investissent leur énergie à s'adapter et à s'intégrer
à notre société d'accueil. Je tiens aussi à saluer les collaborateurs, employés
et bénévoles du CARI.
Aujourd'hui, je profite de cette
déclaration pour déposer officiellement le recueil de textes du marathon
d'écriture 2014, en espérant qu'il
pourra être consulté par tous mes collègues. Comme une bouteille à la mer, nos
nouveaux concitoyens nous écrivent
leurs espoirs et leurs difficultés. Dans notre débat public sur l'immigration
et sur l'intégration, on ne donne pas
assez la parole à ceux qui se joignent à nous pour vivre l'aventure québécoise.
J'invite mes collègues à saisir la poésie et la réalité quotidienne de
nos frères et soeurs, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député de
Saint-Laurent. Et, pour la poursuite de cette rubrique, je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est avec une
grande joie que je souligne aujourd'hui la présence de représentants de loisirs Saint-Sacrement, qui
célèbre son 50e anniversaire d'existence le 27 avril. Cet événement va
permettre de remonter dans le temps et d'y
faire d'émouvantes rencontres. Depuis 50 ans, loisirs Saint-Sacrement permet
à des jeunes d'acquérir la confiance en soi,
de se surpasser, d'être la fierté de leurs familles et de leurs proches.
Loisirs Saint-Sacrement a investi aussi dans
la concertation en mettant sur pied une table de quartier et en prenant le
relais de la popote roulante du
quartier, qu'on a failli perdre, mais ils ont été là. Le quartier est fier de
loisirs Saint-Sacrement, il l'aime comme au premier jour.
Merci
à tous ceux et celles qui ont contribué et qui continuent à contribuer
aujourd'hui, 50 ans plus tard, 50 ans, à se soucier du bien-être des jeunes et des résidents du quartier, et à
les considérer comme des citoyens à part entière, et à les accueillir
inconditionnellement, vous êtes une source d'inspiration. Bons 50 ans aux
loisirs Saint-Sacrement!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Alors,
merci, mesdames et messieurs, et bienvenue à l'Assemblée nationale.
Alors, je crois, M.
le député de Saint-Laurent, que vous vouliez nous faire le dépôt d'un document?
M. Fournier :
Oui. Tel qu'annoncé dans notre déclaration si vous permettez.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Dans votre déclaration. Alors, y
a-t-il consentement pour déposer ce document?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci beaucoup. Alors, c'est fait.
Alors,
ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés, et je vais suspendre
les travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 57)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
J'ai
remarqué puis j'ai le plaisir de souligner la présence de notre ancien collègue
de Drummond, M. Normand Jutras, qui est Curateur
public aujourd'hui. M. Normand Jutras.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles. À
la rubrique Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Le Président : À l'article a
du feuilleton, M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale présente le projet de loi n° 42, Loi
regroupant la Commission de l'équité salariale, la Commission des normes du travail et la Commission de la santé et de la sécurité du
travail et instituant le Tribunal administratif du travail. M. le ministre.
Hamad : Merci, M. le Président. C'est avec fierté... J'ai l'honneur aujourd'hui de déposer ce projet de loi. Ce projet de loi procède à une
réorganisation de certaines institutions du travail.
Plus particulièrement,
il institue d'abord le Tribunal administratif du travail, lequel assume
désormais les compétences de la Commission
des lésions professionnelles et de la Commission des relations du travail,
auxquelles il succède.
Le projet de loi
détermine la compétence de ce tribunal, prévoit les règles de procédure qui
s'appliquent aux affaires qu'il entend,
instaure l'encadrement applicable à ses membres, notamment en ce qui concerne
leur sélection et leur nomination, et établit les règles qui régissent
la conduite de ses affaires.
Également,
le projet de loi regroupe les activités de la Commission de l'équité salariale,
de la Commission des normes du
travail et de la Commission de la santé et de la sécurité du travail et modifie
le nom de cette dernière en celui de Commission des droits, de la santé
et de la sécurité du travail.
Le projet de loi
apporte des modifications de concordance à plusieurs lois pour tenir compte de
ces nouvelles institutions du travail et de leur organisation
prévoit aussi plusieurs dispositions transitoires permettant la continuation
des activités regroupées au sein de ces
institutions. Ainsi, il énonce notamment que celles-ci assument les obligations
des organismes regroupés et précise que les membres de la Commission des
relations du travail et de la Commission des lésions professionnelles
deviennent membres du nouveau
tribunal, à l'exception des membres patronaux et syndicaux de cette dernière,
dont le mandat prend fin dès la sanction de la loi et dont les fonctions
ne sont pas reprises au sein du Tribunal administratif du travail.
Finalement,
jusqu'à la mise en place du Tribunal administratif du travail et de la
Commission des droits, de la santé et
de la sécurité du travail, le projet de loi donne notamment au ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale un pouvoir temporaire
de directive à l'égard des organismes qui seront regroupés.
Président : Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie
de ce projet de loi? Mme la leader de l'opposition.
Maltais : Bien sûr, M. le Président, mais, bien, nous
aimerions avoir des consultations particulières sur cette loi.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. On aura certainement des
discussions pour établir la consultation particulière. J'en profite pour
vous dire que c'est une tendance qui est de plus en plus à la hausse, depuis la
réforme notamment, les consultations, et je
le dis simplement pour que vous l'ayez à l'attention lorsque vous porterez
attention à la lettre de la députée
de Pointe-aux-Trembles sur l'horaire de nos travaux. On fait beaucoup de
consultations, et c'est correct, mais il faut bien le savoir.
Le Président :
C'est tout à fait juste, et, un peu plus tard, je déposerai une autre lettre
que nous avons reçue.
Alors, je comprends
que c'est adopté?
Le Président :
Adopté. Alors, j'ai parlé du dépôt. Alors, Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais :
M. le Président, veuillez appeler l'article b, s'il vous plaît.
Président : Alors, à l'article b
du feuilleton, Mme la députée de Vachon présente le projet de loi n° 392, Loi
sur les véhicules automobiles à zéro émission de gaz à effet de serre. Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le Président. Donc, projet
de loi n° 392,
Loi sur les véhicules automobiles à zéro émission
de gaz à effet de serre.
projet de loi a pour objet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre du Québec en améliorant l'offre de véhicules branchables sur le marché québécois.
Il fixe des objectifs de vente de véhicules branchables aux
manufacturiers de véhicules automobiles neufs. Le projet de loi prévoit également
un suivi annuel de ces dispositions.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Alors, c'est adopté.
la rubrique Dépôt de documents, je dépose une lettre que m'a adressée M. le député des Chutes-de-la-Chaudière
à
titre de président de la Commission des relations avec les citoyens au sujet
des retards à l'horaire prévu des auditions publiques tenues immédiatement
après les affaires courantes. Ça se rapporte un petit peu au sujet que le leader
du gouvernement vient de soulever.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le président de la Commission des relations avec
les citoyens et député de Chutes-de-la-Chaudière, justement, à vous.
Picard : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission des relations avec les citoyens qui, le 9 février 2015, a tenu des auditions publiques dans le
cadre des consultations particulières concernant l'examen des rapports sur les activités du Fonds pour le
développement des jeunes enfants et sur celles de la société de gestion Avenir
d'enfants pour les exercices financiers
terminés les 31 mars 2011, 2012, 2013. La commission s'est également
réunie en séance de travail le 9 février 2015. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, j'ai reçu de la part de M. le député de Dubuc une demande de
dépôt d'une pétition qui est non conforme.
Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. Consentement, M. le député de
Dubuc, nous vous écoutons.
Simard : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 148
pétitionnaires : usagers du transport adapté de Saguenay.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que,
depuis 1984 et suite à plusieurs décrets gouvernementaux, le transport adapté
est reconnu comme un service essentiel pour l'intégration des personnes
handicapées;
«Considérant que
l'accessibilité des transports réguliers ne diminuera pas de façon
significative le nombre d'usagers utilisant actuellement le transport adapté,
vu la limitation importante de ceux-ci;
«Considérant qu'il
est de plus en plus difficile pour la municipalité et la Société de transport
de Saguenay de maintenir et développer des
services de transport adapté, et ce, malgré la bonne volonté, l'ouverture et
l'intérêt que ceux-ci manifestent à notre égard;
«Considérant que les
personnes handicapées ne veulent plus être des citoyens à part, mais bien des
citoyens à part entière qui participent au développement de la société;
«Considérant
que le transport adapté n'est pas seulement une dépense, mais aussi une
création d'emplois, donc un retour de taxes;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
les usagers du transport adapté, en appui avec la population, demandons au
ministre des Transports de donner à
notre corporation de transport la possibilité de maintenir et de développer les
services de transport adapté, en injectant les sommes nécessaires pour
le bon fonctionnement de notre transport.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
Nous allons revenir
rapidement au dépôt de documents. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je dépose les réponses du gouvernement aux questions
inscrites au feuilleton du 17 mars 2015 par la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve et adressées au premier ministre et à la ministre des
Relations internationales et de la
Francophonie, par la députée de Joliette et adressées à la ministre de la
Culture et des Communications, par le député
de Jonquière et adressées au ministre du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, par le
député de Matane-Matapédia et adressées à la ministre de la Sécurité publique,
par la députée de Vachon et adressées au ministre délégué aux Transports et à
l'Implantation de la stratégie maritime, par le député de Saint-Jérôme et
adressées au ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations.
Merci, M. le Président.
Le Président :
Bienvenue. Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
Merci, M. le Président. Le premier ministre a fait une déclaration tout à
l'heure dans l'affaire Hans Black. Il veut qu'on s'en tienne aux faits, nous
allons nous en tenir aux faits. Et je souhaite que ce soit le cas.
En ce qui concerne M. Black, une série d'événements sont troublants. D'abord, un client de
M. Black le poursuit pour 7 millions pour transfert et utilisation de fonds illégaux en février 2006. Novembre 2007,
l'AMF intente une mesure réglementaire contre Interinvest alléguant plusieurs
violations. Juillet 2008, poursuite de 2 millions déposée contre
Interinvest par un investisseur pour malversations et investissements illégaux.
Juillet 2008, un
article publié dans La Presse rapporte la poursuite de M. Black. Septembre 2009, poursuite de 6 millions d'une investisseuse pour investissements illégaux aux Bermudes. Amende de l'AMF, en
septembre 2008, de 26 000 $
contre Hans Black. Novembre 2009,
amende de 41 000 $ de l'AMF contre Interinvest. Novembre 2009,
reportage à l'émission Enquête de Radio-Canada sur Hans Black.
Mai 2010, poursuite de 4 millions d'un coadministrateur de M. Black.
Et j'en passe, M. le Président. Encore plus
important : en juillet 2011, Interinvest, donc la compagnie de M. Black,
se fait révoquer par l'AMF son permis pour vendre des produits
financiers au Québec, en juillet 2011.
premier ministre était président du conseil d'administration. Peut-il dire aux
Québécois pourquoi... Comment expliquer qu'il n'était pas au courant de
ces faits, un? Et comment peut-il justifier, comme président du conseil d'administration, d'avoir toléré pendant des années
comme membre du conseil d'administration mais surtout membre des principaux comités de direction, de vigilance
au niveau financier, au niveau des audits, M. Black comme administrateur
de ces...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je vais saluer le ton du collègue, parce
qu'effectivement il faut s'en tenir aux faits. Et ce que je voudrais exprimer encore une fois avec beaucoup de force,
c'est que les faits qui sont à l'origine de l'article que nous avons lu ce matin ne mettent en aucun cas
en cause mon intégrité, l'intégrité de la compagnie Amorfix, qui, en passant, est une compagnie de recherche fondée par
un grand homme de science canadien. Et les problèmes de M. Black sont les siens avec son fonds d'investissement et ses
clients. Le fait d'établir des liens entre les deux, à mon avis, est tout
à fait déplorable parce qu'il amène non seulement à faire des liens qui ne sont
pas exacts, mais à conclure des choses par association
qui sont non seulement inexactes, mais, à mon avis, répréhensibles, M. le
Président. Et je veux le dire de façon très ferme. Et je ne blâme pas
mon collègue pour ça, je relate mon impression à la lecture de l'article de ce
matin.
Maintenant,
il exprime la question suivante, qui est une bonne question. On voit maintenant
rétrospectivement, en 2015, tous ces éléments-là, mais, dans le contexte
de l'époque... Moi, j'ai été président du C.A. de 2010 à 2012. Je m'excuse, je ne passais pas mes journées à faire
des recherches sur mes collègues du conseil d'administration. M. Black
était là depuis 2006. C'était une personne
importante de la communauté montréalaise, siégeant au conseil d'administration
de l'OSM, intervenant à la télévision sur
les marchés financiers, présent,
donc, depuis la fondation de l'entreprise. Il n'a jamais divulgué à l'entreprise... et c'est son
devoir de le faire, divulguer à l'entreprise et au régulateur. Et je vois ce matin que le régulateur l'a sanctionné pour ne pas avoir
divulgué les poursuites dont il était l'objet. Mais, encore une fois, ces poursuites sont dans l'empire ou dans l'orbite M. Black et
ses clients d'investissement. Rien à voir avec moi, rien à voir avec Amorfix.
Le Président :
Première question complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Je rappelle au premier ministre qu'il était
membre du conseil d'administration en octobre 2009 et président du conseil
d'administration à partir d'août 2010. Or, les faits rapportés peuvent être
connus, effectivement, simplement en
«googlant». Mais le fait qu'en 2011 l'AMF a retiré le permis pour la compagnie
de M. Black de vendre des produits
financiers aurait dû alerter n'importe qui, même quelqu'un de pas prudent et
diligent. Sa responsabilité, il le sait, comme président du conseil
d'administration, c'est de protéger les actionnaires.
Comment peut-il, à ce moment-ci, avoir toléré M.
Black dans des postes névralgiques?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais être encore une fois très précis devant la question précise de mon
collègue. C'est certain qu'à l'époque, si nous avions connu ce fait, il
y aurait certainement eu des actions posées au conseil d'administration et
certainement des questions précises posées à notre collègue du conseil. Mais on
assume que nous connaissions ces faits. Et
malheureusement il n'y a pas de transmission proactive ou automatique de ces
renseignements entre l'AMF et la
Commission des valeurs mobilières de l'Ontario, qui est l'organisation qui gère
Amorfix, et non pas celle qui gère
Interinvest. Tout ça est un peu technique, mais finalement ça veut dire que
l'information ne se transmet pas.
Et je dis
effectivement, et comme lui, comme les gens qui nous écoutent, je me dis :
Avoir su ça à l'époque, on aurait certainement posé des gestes. Mais, à
l'époque, on n'avait ni indice ni raison de penser qu'il y avait de telles
irrégularités...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...pour les raisons
que j'ai mentionnées tantôt.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Je me permets de rappeler au premier ministre qu'en 2009, après qu'il ait eu
accès au conseil... il était membre
du conseil d'administration, M. Black a fait l'objet d'un reportage à Enquête ,
littéralement sur les actions qu'il posait et les accusations dont il
était l'objet.
Deuxième
chose, l'AMF a retiré son autorisation pour vendre des produits financiers.
C'était majeur. Il y a des gens au niveau du conseil d'administration et
lui-même...
Est-ce qu'il nous dit qu'à aucun moment il n'a
été conscient ou informé de ces...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais répondre de façon très précise que non, jamais le conseil
d'administration n'a connu
l'information sur le retrait du permis d'Interinvest. Et je vais le redire de
façon très ferme parce que c'est la vérité.
À une reprise, et je ne veux pas non plus rentrer dans les détails des débats
du conseil d'administration, pour des raisons
qu'il comprend, mais suite à un reportage de Radio-Canada sur une cliente des
Bermudes, il y a eu une discussion au conseil d'administration. On a
demandé à M. Black de nous expliquer la situation. Il a protesté avec force de
son innocence disant que c'étaient des
allégations sans fondement et que la chose serait réglée. Et il n'y a pas eu de
suite à ça.
Maintenant, est-ce qu'il aurait pu y avoir des
suites? Est-ce qu'il aurait pu y avoir une meilleure information? Peut-être, M. le Président, mais c'est le contexte
dans lequel nous étions, et je rappelle encore une fois l'ambiance ou le
contexte de régulation.
Le Président : En terminant.
Couillard : La compagnie
d'investissement a affaire avec l'AMF; Amorfix, avec la commission de
l'Ontario.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Le rôle
des membres d'un conseil d'administration, y incluant le président, c'est de
protéger les actionnaires et de s'assurer de la bonne gouvernance.
Dans
ce cas-ci, est-ce que le premier ministre ne pense-t-il pas que, sachant ces
faits en 2009, effectivement, qu'il faisait
l'objet d'accusations d'actions frauduleuses aux Bermudes, paradis fiscal,
qu'il aurait dû poser des questions plus précises sur l'ensemble des faits, d'assurer un suivi sur les actions de
M. Black et des conséquences que ça a eu pour des épargnants québécois?
Parce qu'à travers ça c'est des épargnants québécois qui ont perdu leur argent.
A-t-il manqué?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je ne connais pas les détails des plaintes des clients de M. Black, mais, essentiellement, ce qu'on semble lui reprocher,
c'est d'avoir pris des décisions d'investissement qui étaient contraires
aux volontés des investisseurs et de ne pas avoir divulgué certains éléments.
Mais il est
clair, M. le Président, je vais le répéter, là, tout, maintenant, semble très
clair en 2015, mais, à l'époque, cette
situation n'était pas si claire que ça. Quand quelqu'un est l'objet d'une
accusation, ou d'une perception, ou d'une possibilité d'accusation, il n'est pas reconnu coupable. Et il y a eu
cette discussion et, à ce moment-là, il n'y a pas eu de suite donnée, on n'a pas eu d'information par la
suite sur les suites à cette question-là, M. le Président. Et je veux répéter
qu'en tout temps les actionnaires ont été
protégés, que l'intégrité de l'entreprise n'est pas en jeu ici. C'est une
entreprise qu'il faut au contraire souhaiter voir...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...continuer ses
activités, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Verchères.
Bergeron : Hier, M.
le Président, j'ai interrogé le gouvernement sur le rôle qu'a joué le premier
ministre dans l'octroi d'un prêt de
100 millions de dollars à la société Canadian Royalties, sur le conseil
d'administration de laquelle il avait
siégé. Alors, le gouvernement a tenté d'esquiver la question en faisant
diversion, mais, par la suite, le ministre de l'Économie nous a finalement dit que le premier ministre n'a pas touché
au dossier et que c'est lui-même qui a sollicité une rencontre avec l'entreprise. Or, en faisant des vérifications de
base, on découvre que, lors de son passage en Chine, le premier ministre a affirmé lui-même qu'il
allait rencontrer les dirigeants de cette compagnie et que cette rencontre se
tenait à leur demande. Je cite un
article du
journal Les Affaires du 30 octobre dernier : «"Nous
rencontrons — les gens
de Jilin Jien Nickel — à leur demande" a indiqué le premier
ministre...» Le premier ministre a d'ailleurs confirmé en anglais, il y
a quelques instants, qu'il les a bel et bien rencontrés à leur demande.
Alors, qui dit vrai, M. le Président, le
ministre de l'Économie ou le premier ministre?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, bien sûr, je vais répondre à la question. Je regrette cependant
qu'elle ait été soulevée en mon absence hier à l'Assemblée. Je pense
qu'il aurait été préférable que ce soit fait aujourd'hui.
Ceci dit,
effectivement, M. le Président, on a rencontré... j'ai rencontré très
brièvement la compagnie à Pékin lors d'une
visite — c'est
normal qu'on le fasse, c'est un des investissements étrangers les plus
importants au Québec, c'est 350
emplois, c'est des nombreux sous-traitants en Abitibi-Témiscamingue — et j'ai été là très peu de temps. Tout ce
que je voulais savoir d'eux :
Est-ce qu'ils veulent rester au Québec? Est-ce qu'ils veulent investir au
Québec? Est-ce qu'ils veulent
protéger les emplois et les sous-traitants? Ayant eu une réponse à cette
question, il n'y a pas eu d'autre intervention de ma part et aucune
intervention, aucune intervention sur la décision d'Investissement Québec, qui
est une décision autonome, avec leurs fonds
propres, qui n'a pas à passer au Conseil des ministres. En fait, M. le
Président, j'ai appris la nouvelle de ce prêt dans le journal; je n'en
étais pas au courant auparavant.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Verchères.
Bergeron :
Alors, M. le Président, la question fondamentale demeure. Hier, le ministre de
l'Économie nous a dit en cette
Chambre qu'il avait rencontré les dirigeants de l'entreprise seul, à sa
demande; or, on apprend aujourd'hui que
le premier ministre les a rencontrés et que c'était à leur demande. Alors, il
semble y avoir une contradiction dans les versions.
Est-ce qu'on peut savoir finalement ce qui s'est
passé?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Daoust : Alors, M. le Président,
effectivement, c'était à la demande des Chinois. Pourquoi? Parce que le Plan Nord avait été mis en veilleuse pendant 18
mois, et, ayant été mis en veilleuse pendant 18 mois, ces gens-là, dans
la façon de transiger qu'ont les Chinois, si le gouvernement ne supporte pas
une industrie, ils n'investissent pas. On voulait
relancer le Plan Nord, alors on était là pour les rassurer. Notre premier
ministre les a salués d'entrée de jeu et il a quitté tout de suite après. Il a posé effectivement cette question-là,
mais l'entretien, l'entretien avec la société, c'est moi qui l'ai fait. C'était pour les rassurer et leur
dire : Oui, on est ouverts, on est prêts à faire des affaires avec vous,
on est prêts à vous accueillir chez nous. Venez investir, c'est important.
Le Président : En terminant.
M. Daoust : La discussion s'est
tenue sur ce sujet-là, et c'est moi qui l'ai tenue, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Verchères.
Bergeron :
M. le Président, la
loi sur le
lobbyisme stipule clairement que, pour qu'un membre du gouvernement rencontre, à leur demande, des
dirigeants d'une entreprise, ceux-ci doivent être inscrits au registre.
Comme il
appert que cette rencontre a bel et bien eu lieu à leur demande, doit-on
comprendre que le ministre de l'Économie et le premier ministre ont
enfreint la
loi sur le lobbyisme?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : Ce que je voulais à ce moment-là, c'était rassurer l'entreprise. C'était dans mon intérêt, ce n'était pas dans le leur. C'est nous qui voulions que ces
gens-là investissent chez nous et c'est ce que je voulais faire au terme
de cette rencontre-là. Et il faut
croire que j'ai réussi parce qu'ils
ont décidé d'investir et ils ont décidé d'investir de façon importante.
C'est quand même 1,5 milliard chez nous. Et, comme le disait notre premier
ministre tantôt, on parle de 350 bons emplois, on passera à 442 avec le nouvel
investissement qui a été fait.
Il faut se
rappeler aussi qu'eux aussi vont investir dans cette transaction-là, on n'est
pas les seuls à mettre des sous. Je suis — je soulignerai
aussi — rassuré
sur la qualité du travail qui a été fait par Investissement Québec...
Le Président : En terminant.
M. Daoust : ...mais c'était dans
notre intérêt à nous, M. le Président. Merci.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, dans son dernier budget,
le gouvernement libéral prévoit une très faible croissance économique au cours des quatre prochaines
années : 2 % en 2015,
2 % en 2016, 1,7 % en 2017 et 1,6 % en 2018. M. le Président, ce que ces prévisions confirment, c'est
que le plan économique du gouvernement ne fonctionnera pas. Même eux le disent dans leurs prévisions. Mais, M. le
Président, ce que ces chiffres, aussi, démontrent, c'est que ça sera impossible
mathématiquement à la fois de bien financer les services en santé et en
éducation et réduire de façon significative les impôts de la classe moyenne. D'ailleurs, M. le Président, dans le cadre
financier du Parti libéral, on dit clairement : Si on veut garantir le maintien des services en santé
puis en éducation, il faut augmenter le budget de 4 % par année en santé,
de 3,5 % par année en éducation.
Donc, est-ce
que le premier ministre peut reconnaître ce matin qu'avec une prévision
économique de croissance de
1,6 % pour la dernière année de son mandat il ne sera pas capable à la
fois de bien financer les services et réduire les impôts?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je remercie le collègue pour sa question. Les prévisions à plus long terme sont
basées sur les données, dont les données
démographiques du Québec, qu'il connaît très bien comme moi. Maintenant,
il aura vu également
que nous sommes prudents dans les prévisions, et c'est volontairement que nous
le sommes parce que plusieurs banques ont fait des prévisions
différentes. Desjardins a fait une prévision de croissance plus faible, mais la
CIBC annonce 2,4 % l'an prochain,
2,6 % l'année après. Mais on ne partira pas en peur, comme on dit chez
nous, on va rester dans des créneaux de prudence avec autour de 2 %
de croissance l'an prochain.
Maintenant, sur le
plan du fardeau fiscal, je vais lui répéter que nous avons annoncé une baisse
d'impôt de 2 milliards de dollars pour
les particuliers du Québec, et ça va être accompli, M. le Président. Sur le
plan de la croissance des
investissements annuels en santé et en éducation, qui est pour nous également
une priorité, il ne peut quand même pas
faire abstraction de quelque chose que lui et moi ne savions pas au moment
d'établir notre cadre financier, qui est une impasse de 7,3 milliards dans les finances publiques du Québec. Il
faut quand même tenir compte de cette réalité-là aussi.
Alors,
on en tient compte, on équilibre le budget, on relance l'économie du Québec. On
espère, bien sûr, et on fera en sorte
que la croissance soit plus élevée, mais il est normal d'avoir des prédictions
dans un budget de gouvernement qui sont plutôt conservatrices, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, prenons l'année 2018, la dernière
année de son mandat, une fois qu'on aura eu le plein effet libéral. Le
ministre des Finances prévoit une croissance de 1,6 %. Mathématiquement,
c'est impossible de financer les services et réduire les impôts de la classe
moyenne de façon significative.
Comment va-t-il faire
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, encore une fois, M. le Président, merci de me donner l'occasion
de répéter que nous avons annoncé, en
fait, une baisse du fardeau fiscal combinée — individus et entreprises — de 2,5 milliards :
2 milliards pour les
particuliers, surtout l'abolition de la taxe santé, et 500 millions pour
les entreprises, et ce sera réalisé, M. le Président.
bien sûr, on a un impact actuellement sur l'économie. De la même façon que je
demandais à mon collègue de ne pas
faire abstraction de l'impasse financière, qu'il connaît très bien, lui aussi,
il ne peut pas faire abstraction du fait qu'on sait maintenant qu'au cours des
trois premiers mois de 2015 60 % de la création d'emplois canadienne s'est
faite au Québec. Et on est à
57 000 emplois, il reste un mois à faire pour accomplir un an de
gouvernement. Je ne dis pas que c'est entièrement satisfaisant, on aimerait
plus d'emplois à temps plein...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...mais il y a certainement là un changement de tendance,
et on va continuer, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre est content que,
depuis un an, il se soit créé seulement 1 000 emplois à temps plein au Québec, alors qu'il s'en est
créé 150 000 dans le reste du Canada. Les emplois à temps partiel,
là, on ne fait pas de croissance économique avec ça.
Est-ce
qu'il peut nous expliquer, 1,6 %, comment il va faire pour respecter sa
promesse? Est-ce qu'il va couper dans les services ou il va renier sa
promesse de réduire les impôts?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : ...le fait de hausser la voix ne rend pas la question ni plus ni moins
intéressante, je voulais le dire de façon amicale à mon collègue. Mais
effectivement, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
Couillard : On est facétieux ce matin, M. le Président.
On est,
effectivement, dans la direction de soutenir nos services essentiels comme la
santé et l'éducation. On est conscients
que l'effort demandé cette année est encore difficile, ce sera une année
exigeante. Je lui rappelle cependant que, à moins que je fasse erreur, dans son cadre
financier il prévoyait, lui, je crois, 0,9 % d'augmentation des dépenses
en santé. C'est quand même quelque chose, il
faudra qu'il nous... Pour un an? Donc, il pense que, lui aussi, des fois, il
faut faire un effort pendant un an
puis, par la suite, reprendre un rythme plus important, ce qu'on fera. On le
fera parce que l'économie est en croissance. On le fera parce que
l'emploi revient.
Et, en passant, un
emploi à temps partiel, c'est un bon emploi aussi. C'est un emploi valable, ce
n'est pas une mauvaise nouvelle. Et on est dans la direction de la relance du
Québec, M. le Président, et on continue.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, le bien-être des aînés dans les CHSLD du
Québec est une question préoccupante. La
Coalition avenir Québec a mis la main sur une lettre officielle de l'agence de
la santé des Laurentides qui évoque
de nouveaux faits troublants. Des préposés aux bénéficiaires de certains
établissements de santé se font payer en
argent comptant et en dessous de la table par des aînés vulnérables pour qu'ils
obtiennent un deuxième bain ou une deuxième
douche. La commissaire régionale aux plaintes écrit à l'agence des Laurentides
qu'«il est d'autant plus étonnant — et je la cite — que les directeurs sont bien au fait de ces
pratiques et qu'ils endossent d'ailleurs la pratique, pour la plupart
d'entre eux».
le Président, ce n'est pas drôle, on parle d'un marché au noir de bains pour
nos aînés toléré par des directeurs d'établissement. Nos aînés méritent
mieux que ça. Cette situation est totalement inacceptable.
Est-ce que le ministre
de la Santé condamne fortement cette pratique?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, le député de Lévis nous
fait part de données qui n'ont pas été portées
à notre attention, je l'en remercie. Et certainement que nous ferons une mise
au point sur cette situation-là, et, s'il le faut, nous ferons une
enquête là-dessus. Maintenant, ce sont des données qui sont probablement d'un certain âge, là, parce que les agences... Il faudra qu'on
nous dépose la documentation. Alors, je l'invite d'ailleurs à le faire.
Maintenant,
dans les CHSLD, M. le Président, je pense qu'il est assez clair que notre
mission est d'offrir les services selon les paramètres qui ont été
établis pour le bien-être des aînés, et je comprends très bien, et je suis tout
à fait solidaire avec le député de Lévis
dans son intention de faire en sorte que les services que nos aînés sont en
droit de recevoir soient donnés et
soient reçus correctement. Maintenant, s'il y a des situations qui sont à être
portées à notre attention, j'invite le député de Lévis à nous déposer,
et on fera le point sur cette situation, et on y reviendra.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, je prends bonne note de la réponse. La lettre est toute
récente. La lettre dit que «le travail
en dessous de la table effectué par des préposés en vue d'offrir un deuxième
bain est inacceptable — évidemment — en raison des abus financiers, du travail au
noir, et que la qualité des services n'est pas assurée, les établissements doivent trouver des alternatives possibles à
l'offre de service pour les soins d'hygiène afin de répondre aux besoins
des résidents».
Je demande donc au
ministre de la Santé qu'il fasse parvenir dès maintenant une directive écrite à
tous les établissements pour que cette pratique cesse.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je comprends que le député de Lévis vient
de répéter sa question et son commentaire. Alors, ici, on est dans un domaine d'allégations, je n'ai pas de faits.
Le député de Lévis n'a même pas déposé son document, je l'invite à le déposer de façon à ce qu'on
puisse en prendre connaissance et qu'on puisse aller de l'avant et prendre les
informations appropriées.
Ceci
dit, M. le Président, dans nos CHSLD, il y a des règles de services et de
niveau de soins qui sont mises en application depuis des années, qui
sont très bien connues par le milieu et qui, à ma connaissance, sont
appliquées. Je rappellerai à tout le monde
qui nous écoute, M. le Président, qu'on fait des inspections régulièrement, et
que tous les CHSLD sont inspectés, et qu'à date...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Bien sûr, M. le Président, qu'on en parlera. D'ailleurs, la lettre est
datée du 19 mars, et nous échangerons l'information, M. le
ministre. On le sait que, globalement, personne n'accepterait ici que ses
parents hébergés dans un CHSLD paient au noir pour obtenir un deuxième bain.
Rappelons
qu'il n'existe actuellement aucune norme minimale en matière de bains dans les
CHSLD, et, en novembre dernier, j'ai
demandé au ministre de la Santé d'établir une norme officielle à ce sujet.
Pourquoi n'a-t-il pas encore établi cette norme minimale?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je tiens à informer cette Chambre et le
député de Lévis que, pour ce qui est des soins aux personnes âgées, il y
a ce que l'on appelle le plan de soins, qui est établi pour chaque patient, et
ça se fait localement, par patient. Ceci
dit, M. le Président, je vois que le député de Lévis rentre maintenant dans le
club du député de Verchères. Ça fait
maintenant... ça sera la troisième fois que je lui demande de déposer son
document, et il ne le fait pas. Cette Chambre ne sert pas à traiter
d'allégations, M. le Président...
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : Ce n'est pas le temps, ce n'est pas le temps de
porter des accusations, comme le ministre de la Santé le fait. Mon collègue est prêt, mon collègue est prêt à en
discuter avec le ministre de la Santé après la période de questions.
Qu'on soit un peu plus...
Le Président :
O.K. O.K. M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je n'ai pas insulté personne, j'ai
simplement dit une chose très simple. J'ai demandé deux fois, je le
demande une troisième fois : Déposez le document, puis on lui donnera
suite. C'est tout.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, lors du Sommet de Québec sur les
changements climatiques tenu hier devant les premiers ministres des autres provinces canadiennes, nous avons vu à
l'oeuvre toute l'incohérence du gouvernement libéral, qui a réaffirmé, la main sur le coeur, l'urgence d'agir dans
lutte contre les changements climatiques. Ce matin, le ministre de l'Environnement a essayé de
détourner les critiques de Paul Arcand quant à l'incohérence de la
cimenterie McInnis dans le grand
projet du gouvernement de réduire les émissions de gaz à effet de serre au
Québec. Le ministre a répété à plusieurs reprises qu'il est nécessaire
d'agir maintenant, dans l'immédiat, mais est incapable de justifier le projet
le plus polluant de l'histoire du Québec, tout comme le Parti québécois,
d'ailleurs, qui appuie ce projet.
M. le Président, s'il
est nécessaire d'agir maintenant, pourquoi le ministre ne soumet-il pas le
projet de cimenterie McInnis au processus du
BAPE? Reconnaît-il l'incohérence flagrante, M. le Président, entre son discours
tenu devant les représentants des
autres provinces hier et celui que tient son gouvernement en défendant le
projet de cimenterie McInnis?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Je rappellerais au député ainsi qu'à
cette Chambre qu'il y a eu une évaluation environnementale faite par le ministère de l'Environnement sur le projet
de la cimenterie McInnis et que, suite à cette évaluation environnementale,
le projet a été amélioré, à un tel point que, suite à une contestation
judiciaire sur la position du gouvernement sur cette question d'évaluation
environnementale, les groupes environnementaux se sont ralliés, ont retiré leur contestation judiciaire et,
aujourd'hui, travaillent avec la cimenterie McInnis pour améliorer davantage
le projet sur le point de vue environnemental. Ça, c'est ce qu'on appelle de la collaboration et travailler ensemble pour aller de l'avant sur un point de vue
environnemental.
surcroît, M. le Président, ce qui s'est passé hier à Québec
sous le leadership du premier
ministre, c'est, encore une
fois, un événement historique. Toutes les provinces canadiennes et territoires
se sont ralliés autour de la question fondamentale
de la lutte contre les changements
climatiques, ont déclaré unanimement
qu'il fallait agir, ont interpellé Ottawa de travailler avec les
provinces. Et, en plus de ça, M. le Président, la question du marché du carbone...
Le Président : En terminant.
Heurtel : ...a été mise de l'avant, et l'Ontario s'est rallié au Québec,
et ça aussi...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, j'invite le ministre de
l'Environnement à prendre
connaissance des journaux. Dans Le Soleil ce matin, les verts
dénoncent McInnis. Notamment, Environnement Vert-Plus, qui faisait
partie du désistement, maintenant, conteste le
règlement.
Malgré l'incohérence de sa propre politique environnementale, le
gouvernement libéral se permet de
sermonner le gouvernement fédéral, qui doit, lui aussi, améliorer son bilan
environnemental et faire preuve de leadership en la matière.
M. le Président, comment le ministre peut-il prétendre tout faire pour remplir son
mandat quant à la lutte contre les changements climatiques s'il ne soumet pas le projet le plus polluant de
l'histoire du Québec à une évaluation
environnementale indépendante faite par le BAPE?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Ce qui est
fascinant de la question du député de Borduas, c'est qu'il semble oublier, M. le Président, que le candidat de la CAQ
aux dernières élections générales dans Bonaventure, là où se trouve la cimenterie McInnis,
était pour le projet de la cimenterie, a appuyé le projet.
Alors
là, il faudrait savoir qu'est-ce qui se passe parce qu'encore une fois ce qui sous-tend, j'ai l'impression, un peu la question de la deuxième opposition, c'est,
encore une fois, cette espèce d'ambivalence devant des projets qui, dans
le fond, vont aider le développement
régional, vont relancer l'économie des régions. Et ça, c'est le fer de lance de
notre gouvernement, M. le Président.
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
...et on va le faire de façon environnementale parce que le marché du carbone
va...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, le ministre s'est habitué à répondre
la même chose chaque fois que quelqu'un le confronte au sujet du projet immensément polluant et non rentable que
représente la cimenterie McInnis pour le Québec.
Voici
une question simple pour le ministre qui se répond par oui ou par non. Si un
même projet de cimenterie, tout aussi
polluant, était proposé aujourd'hui par un autre promoteur, donc après la
modification réglementaire de 1996, est-ce que le ministre soumettrait
ledit projet à une évaluation environnementale indépendante par le BAPE?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Heurtel :
M. le Président, la question fondamentale, c'est qu'au Québec le développement
économique est une priorité pour notre gouvernement et, finalement, est une
question secondaire pour la deuxième opposition.
qu'on veut faire, c'est permettre un développement industriel responsable. Et
la façon qu'on a choisie de le faire,
c'est instaurer un marché du carbone, qui est un incitatif économique aux
grands émetteurs de gaz à effet de serre de trouver des solutions
alternatives pour moins émettre de gaz à effet de serre dans l'atmosphère...
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : À l'article 79. C'était une question fort simple
que mon collègue a posée. C'est une réponse par un oui ou par un non.
Est-ce que ce serait deux poids, deux mesures, si tout nouveau projet...
Le Président :
On ne répétera pas la question. M. le ministre, veuillez conclure.
Heurtel : M. le Président, le gouvernement du Québec a pris des mesures
sérieuses, responsables, rigoureuses, oui, oui, et cohérentes, et
intégrées sur la question...
Le Président :
En terminant.
Heurtel : ...des changements climatiques. Nous allons continuer
d'aller de l'avant et nous allons soumettre...
Président : Principale, M. le chef de l'opposition.
Bédard : M. le Président, je reviens sur l'affaire Black et
je remercie le premier ministre de répondre à nos questions. Un fait troublant demeure. Dans la
poursuite qui est intentée contre M. Black et contre Interinvest actuellement,
les actionnaires voulaient savoir si
M. Black avait reçu quelque compensation que ce soit par la compagnie dont il
était président du conseil
d'administration. Et, à la lumière des documents qui ont été déposés en cour,
il est mentionné que M. Black ne
recevait aucune compensation, donc il n'avait pas un intérêt particulier. Et je
dépose les deux documents qui
concernent les années 2009-2010... ou
2010, plutôt, 2011. Or, il appert que M. Black aurait reçu, contrairement
à ce qui est indiqué, une allocation ou un remboursement de près de
40 000 $, qui irait à l'encontre des informations qui ont été
transmises aux autorités des marchés financiers à Toronto.
Est-ce
que le premier ministre confirme ces faits? Est-ce qu'il pense qu'il aurait été
souhaitable — et par
souci de transparence, et par respect
pour les investisseurs, qui, maintenant, qu'on sait, ont perdu leur
argent — de
divulguer ces informations à l'autorité des marchés financiers à
Toronto?
Président : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt des documents? Consentement pour le dépôt des documents? Consentement. M. le premier
ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, merci pour la question. D'abord,
effectivement, M. Black n'a pas reçu de compensation d'Amorfix, il a reçu des remboursements de dépenses d'activités liées à la promotion de la compagnie, le
recrutement d'investisseurs, ce qu'on a souvent à faire dans des compagnies de
biotech, sur présentation de pièces justificatives.
Et il n'est pas exact de dire que ça n'a pas été divulgué parce que
ces montants figurent tous dans les rapports annuels mis sur le site
SEDAR, là, par la compagnie Amorfix. Dans la catégorie de la discussion... du
«management discussion and analysis», la discussion et l'analyse de la
direction de la compagnie, ces montants sont identifiés.
Maintenant, je veux quand
même rappeler que moi, j'ai quitté le conseil d'administration en
septembre 2012. Alors, je veux bien répondre pour entre 2010 puis
septembre 2012, et je pense que lui, il trouvera les réponses à ces questions
dans les documents que j'ai mentionnés tantôt. Mais, après septembre 2012,
il faut poser la question à d'autres personnes.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Ce que je veux dire au premier ministre, ce qui
lève des sérieux doutes, c'est qu'à partir de 2009 et même avant il y
avait des doutes plus que raisonnables, il y avait des faits parlants qui
disaient que M. Black était quelqu'un de
peu recommandable. Or, il est resté au conseil d'administration, et l'intérêt
qu'on y voit pour les actionnaires, les
membres du conseil d'administration, c'est de perdre leur principal
investisseur parce que, quand le principal investisseur, qui investit à hauteur de... cette compagnie
quitte la compagnie, bien, ça a un effet sur, évidemment, l'action de la
compagnie.
Est-ce que le premier
ministre croit...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : La réponse claire, c'est non. Et je vais répondre
ce que j'ai dit aux premières questions de mon collègue : Si nous avions connu tout ce qu'on connaît aujourd'hui,
certainement que la conduite aurait été différente, et je vais le
répéter encore une fois avec beaucoup de force.
Maintenant,
j'ai établi les faits, je reste devant les faits. Cette compagnie a existé
pendant neuf ans, elle existe encore,
d'ailleurs. Sur les neuf ans, j'ai été président du C.A. pendant deux ans.
M. Black est sur le C.A. depuis 2006, il a quitté en
novembre 2014. Il y a donc d'autres personnes qui pourraient être
questionnées là-dessus.
Maintenant,
je veux également rappeler que M. Black siégeait sur le conseil
d'administration d'une institution prestigieuse, l'Orchestre symphonique
de Montréal, faisait des interventions dans les grands réseaux sur le statut de
l'économie et du marché financier. C'était donc quelqu'un qui jouissait,
disons, d'une réputation établie.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Ceci dit, M. le Président, j'espère que cette
compagnie va pouvoir continuer ses activités parce que la science...
Le Président :
M. le chef de l'opposition, pour la deuxième complémentaire.
Bédard : Le fait de siéger à l'Orchestre symphonique, le
premier ministre le savait. Or, il ne savait pas le rapport de l'AMF, de l'Autorité des marchés financiers.
C'est plutôt étonnant. C'est étonnant qu'on sache que quelqu'un est sur l'Orchestre symphonique, mais qu'on ne sait pas
qu'on lui a retiré ses permis après avoir vu un reportage en 2009, et,
pendant des années, il a fait l'objet de poursuites.
qui est clair et ce qui apparaît pour les investisseurs actuellement, c'est que
les membres du conseil d'administration n'avaient pas intérêt à voir M. Black se faire retirer du conseil
d'administration parce que, justement, il y allait des intérêts
financiers de tout le monde qu'il y demeure.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je pense que — avec respect, là — il prête des intentions, ce n'est pas du
tout ça. L'importance du conseil d'administration est connue, le rôle du
conseil d'administration est connu. Je répète que l'ensemble des informations qu'on connaît aujourd'hui, en 2015, ce
n'était pas connu à cette époque. Je vais quand même lui dire une différence assez fondamentale. Je
pense qu'il peut s'attendre à ce que M. Black nous ait dit : Vous
savez, je suis sur le conseil
d'administration de l'Orchestre symphonique de Montréal, et il semble peu
probable qu'il nous ait dit : Bien,
vous savez, je viens de voir mon permis retiré par l'AMF. C'est deux choses
différentes, il ne faudrait pas les mélanger. Parce que, l'avoir su, M.
le Président, c'est certain qu'on aurait pris alors des actions.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, dans le budget déposé le 26 mars par
le ministre des Finances, on se rend compte que des choix ont été faits, car plus de la moitié de la hausse du budget
de la Santé ira en hausse de salaire aux médecins plutôt que pour les soins et les services aux
patients. Alors, imaginez, c'est 210 millions de dollars pour 10 000
médecins spécialistes contre
208 millions pour l'ensemble des Québécois. 210 pour les médecins
spécialistes, 208 millions pour l'ensemble
des 8 millions de Québécois. La disproportion est flagrante. Pour payer
les médecins spécialistes, on coupe dans les services directs aux
patients dans la première ligne.
Comment le ministre
de la Santé explique-t-il qu'en période d'austérité, au lieu de prioriser les
patients du Québec, il a choisi et priorisé une hausse de salaire pour ses
collègues spécialistes?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, manifestement, la députée de Taillon ne
suit pas l'actualité politique, puisqu'elle ne s'est pas rendu compte
que nous avons déposé et fait adopter...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Laissez... M. le ministre.
Le Président :
Il y a une personne qui a le droit de parole ici, là, c'est le ministre de la
Santé.
Barrette : Je n'irai pas jusqu'à dire que ça me fait de la peine de
faire de la peine à la députée de Taschereau, M. le Président...
Le Président : S'il vous
plaît!
Barrette : Ceci dit, dans la récente actualité politique, nous avons
passé une loi, la loi n° 10, qui est une loi d'organisation des soins pour le bénéfice des
patients, et nous sommes en train d'essayer de faire passer la loi n° 20,
qui est une loi d'accès aux soins.
Ceci dit, M.
le Président, je tiens à rappeler au Parti québécois que, lorsqu'il était au
pouvoir, il a, en dessous de l'écran radar, M. le Président, tenté
d'abolir l'accès à l'avortement dans les cliniques, un choix qui a été demandé
de longue date par les femmes du Québec,
sans l'annoncer, M. le Président. Je rappellerai au Parti québécois que,
lorsqu'ils étaient au pouvoir, le
chef de l'opposition officielle actuel, lorsqu'il était président du Conseil du
trésor, a accepté de déposer l'assurance autonomie sans crédits, et je
reviendrai, M. le Président, sur la performance du PQ.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, ce que les Québécois demandent, c'est que
la première ligne fonctionne mieux, le ministre démolit la première
ligne. Comment expliquer qu'il ait fait le choix de préserver autant d'argent
pour ses collègues et si peu pour tout le
reste du Québec? L'austérité sélective, c'est ça, la gestion libérale : on
paie des médecins spécialistes d'abord et on donne les restants à la
première ligne et aux patients ensuite.
Le ministre peut-il nous dire pourquoi il donne
si peu aux soins et services directs aux patients, aux soins à domicile, aux
organismes communautaires?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, tous les gens qui nous écoutent savent que
le projet de loi n° 20 est une loi d'accès, est une loi au bénéfice des patients, est une loi qui va améliorer
l'accès aux services de santé, M. le Président. Tous les citoyens qui ont suivi les débats sur la loi
n° 10 savent qu'on est le premier gouvernement à avoir protégé les budgets
pour les services communautaires, M.
le Président, que jamais le Parti québécois a essayé même de faire ça, M. le
Président.
Cette
semaine, tout ce que l'on entend du Parti québécois, M. le Président, c'est des
procès d'intention basés sur des affirmations qui sont elles-mêmes
fondées sur rien. C'est un spectacle de mauvaise qualité, M. le Président, qui
n'avance certainement pas...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...la cause des
citoyens.
Le Président : Mme la députée
de Taillon, en deuxième complémentaire.
Lamarre : 210 millions, 208 millions pour l'ensemble des
Québécois. Le gouvernement coupe en santé publique, ce sont des faits,
il coupe en prévention, il coupe le budget des établissements de santé, il
coupe les soins à domicile, et donc la
première ligne. Les collègues d'abord, les patients ensuite. Les Québécois en
ont assez, ils méritent mieux.
Comment expliquer qu'en période d'austérité le
ministre investisse autant dans les médecins spécialistes au détriment des
citoyens, qui sont désespérés d'avoir accès enfin à leur système de soins?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Voilà encore, M. le
Président, une affirmation digne du député de Verchères, M. le Président. Toujours des insinuations, toujours. M. le
Président, les faits sont clairs. Contrairement au Parti québécois dans la même
situation en 1997, nous ne coupons pas les budgets, nous ne coupons pas les
budgets, M. le Président...
Le Président : S'il vous plaît!
Que l'argument vous plaise ou pas, M. le député de Matane-Matapédia...
Matapédia-Matane, ça, c'est une question. Mais, pour l'instant, c'est le ministre
qui a la parole, et on va l'écouter.
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, la vérité est toujours difficile à supporter
lorsqu'on la répète. Mais, M. le Président, nous sommes dans une situation
de redressement budgétaire essentielle pour le maintien de notre système
de santé public et universel, M. le Président. Et c'est par ce redressement...
Le Président : En terminant.
Barrette : ...que nous
allons pouvoir maintenir ces services à la population et certainement pas en coupant comme l'ont fait le Parti québécois dans le
passé.
Le Président : Principale, Mme
la députée d'Iberville.
Samson : M. le Président, la semaine dernière, le
gouvernement libéral a annoncé qu'il
allait accorder une subvention de 30 millions de dollars pour la réalisation du projet du Théâtre Le
Diamant à Québec. C'est un investissement majeur, public,
pour le Québec. Loin de moi l'idée de questionner le talent de
M. Robert Lepage, mais, pour l'instant, le gouvernement se contente
d'espérer qu'il y ait 10 millions en dons privés pour appuyer le projet. De plus,
un tel projet dans un marché comme Québec
est questionnable. Nous n'avons aucune garantie que ce projet ne nuira pas aux
autres salles de spectacle dans la
région, d'autant plus que les dernières statistiques montrent que
l'assistance aux spectacles est en baisse au Québec. Qu'est-ce qui nous
garantit que ce théâtre va faire ses frais et qu'il ne sera pas vendu dans cinq
ans? Et, s'il était vendu dans cinq
ans, qu'adviendrait-il du 30 millions
des Québécois? Bref, on comprend mal l'empressement du gouvernement de
mettre de l'argent public dans ce dossier.
Est-ce que la ministre peut déposer une étude
d'impact et les paramètres d'affaires liés à cette entente?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : M. le Président, je remercie beaucoup la députée
d'Iberville de me permettre de parler de
ce projet qui a commencé le 30 mars 2012, sous le précédent gouvernement
libéral, mais qui s'est poursuivi sous le gouvernement du Parti québécois, qui est allé jusqu'à la signature
administrative d'une convention par le ministère de la Culture, qui était un véritable contrat de
financement. C'est important de préciser ça, ça va bien au-delà d'une entente
de principe, et ça a été fait sous le précédent gouvernement.
Nous arrivons
donc au pouvoir et nous regardons la situation. Et le premier ministre dit,
avec raison : Nous pouvons bonifier
ce projet. Ce projet doit avoir des partenaires financiers. La députée
d'Iberville pose la question sur les partenaires financiers. On n'a
jamais vu ça à Québec, un financement et un programme de philanthropie avec
deux présidents de grandes institutions
financières, soit Mme Monique Leroux et M. Jacques Ménard. Alors, l'argent va
être au rendez-vous. Ils sont au
rendez-vous, les deux présidents des institutions financières, et l'argent
devra être au rendez-vous pour que le projet puisse se faire. Et c'est
exactement ce qu'Ex Machina veut.
Maintenant, je peux parler de la bonification du
projet, parce que c'est très, très important...
Le Président : Mais en
terminant.
Mme David (Outremont) : Alors, j'en
parlerai tout à l'heure.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Samson : Alors, comme l'entente existe en bonne et due forme par un
document écrit, j'espère que nous pourrons y avoir accès.
La ministre
peut-elle confirmer ou nier l'information suivante, que son ministère considère
verser une subvention de plusieurs
millions au théâtre des Gros Becs de Québec pour que celui-ci se porte
acquéreur de la caserne, propriété de M. Lepage?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Autre question fort intéressante. Effectivement, il y
avait, dans ce projet depuis 2012, confirmé
par le précédant gouvernement du Parti québécois en 2014, un jeu qu'on appelle
de domino, parce qu'une fois qu'Ex Machina s'en allait dans le projet du
Diamant il y avait le théâtre des Gros Becs, qui est exceptionnel dans la diffusion du théâtre pour enfants, adolescents,
qui allait venir dans la caserne actuelle, où sont situés les locaux d'Ex
Machina. Alors, nous sommes en train
de regarder cette deuxième
partie du dossier, et ils sont en train de faire le
plan d'affaires initial avec le ministère de la Culture en toute bonne
collaboration, M. le Président. Et je reviendrai peut-être sur la bonification
du projet du Diamant, parce qu'elle est...
Le Président : En terminant.
David (Outremont) : ...exceptionnelle, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Samson : M. le Président, je pense que ce que la ministre hésite à
nous dire, c'est que, dans le fond, son gouvernement va accorder une subvention publique pour que le théâtre des
Gros Becs fasse l'acquisition de la caserne de Robert Lepage, qui est évaluée entre 8 et 12 millions de
dollars, ce qui correspond à peu près au financement public devant faire
partie du projet du théâtre du
Diamant. Alors, le projet du Diamant coûtera donc aux Québécois non pas 30 millions,
mais bien 40 millions de dollars.
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
David (Outremont) : Alors,
écoutez, la question du théâtre des Gros Becs qui s'en va à
Ex Machina, qui, lui, s'en va au
Diamant est une question de montage financier qui répondait à deux
objectifs très, très importants,
d'abord beaucoup mieux loger le théâtre pour enfants et
adolescents des Gros Becs, qui est une force exceptionnelle au Québec,
la force du théâtre pour enfants et
adolescents est connue mondialement. Ils ont besoin d'une mise à niveau, la
mise à niveau va se faire à travers
cet achat-là. Et la vente à Ex Machina de ce théâtre-là va permettre aussi
de financer Ex Machina. Donc, le
montage financier est intelligent, porteur et va faire rayonner la culture de
la ville de Québec et l'ensemble du Québec, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
Il y a, au Québec...
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : On vous
garde, on vous garde, c'est un marché captif. M. le député de Rosemont,
c'est à vous la parole.
Lisée : Il y a,
au Québec, M. le
Président, des milliers de personnes
qui sont à la fois prestataires de l'aide sociale et toxicomanes. 7 000
d'entre elles prennent une énorme décision : celle de se faire soigner
pour reprendre une vie normale. Ça
prend une volonté considérable.
Avant
les mesures d'austérité de ce gouvernement, le prestataire qui voulait faire ce
pas savait que, pendant le traitement,
il conserverait sa prestation et son logement. Mais, avec les mesures
d'austérité, confirmées hier par deux
ministres, le prestataire sait qu'il va perdre la majorité de sa prestation et
perdre son logement pendant le traitement. Un document du ministère,
d'ailleurs, de la Santé et des Services sociaux dit que cette mesure aura un
impact sur la décision d'effectuer ou non ce
traitement. Évidemment, M. le Président, évidemment, tous ont dit que cette
mesure était contre-productive et allait ériger un mur devant la
décision d'aller en traitement.
Alors,
pourquoi, pour des économies de bouts de chandelles, ce gouvernement érige-t-il
des obstacles aux gens qui veulent aller en traitement?
Le Président :
M. le ministre du Travail.
Hamad : Merci, M. le Président. Permettez très humblement de
corriger plusieurs énoncés par mon collègue ici, le député. Premièrement, le règlement qui a été adopté, M. le
Président, vise un objectif très important, c'est l'équité entre les prestataires et ceux qui travaillent à faibles
revenus, premier élément. Deuxième élément, M. le Président, vise aussi une justice sociale pour les prestataires.
Troisième élément, M. le Président, le règlement répond parfaitement aux
recommandations de la Protectrice du citoyen, lettre à lettre, mot à mot, M. le
Président. Donc, nous répondons aux préoccupations de la Protectrice du citoyen.
M. le
Président, parlons d'équité. Ce règlement-là vise le même traitement pour les
prestataires qui font appel à des
services de toxicomanie... on le met à même égalité que les personnes, par
exemple, qui ont besoin d'une évaluation psychiatrique, le même traitement pour les
personnes aux centres d'hébergement et de soins de longue durée, les mêmes
personnes qui ont besoin d'un centre de
réadaptation en déficience physique et intellectuelle, le même traitement pour
des personnes aux centres de réadaptation,
pour des mères en difficulté d'adaptation. M. le Président, l'équité, c'est
traiter tout le monde égal et c'est
les aider. En même temps, M. le Président, le double paiement, on arrête ça
pour une question d'équité, encore une fois.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes
reportés, nous allons passer à la rubrique
des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je
suis prête à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition et je cède
la parole à M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement
pour déposer la motion suivante conjointement avec la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de la décision du président du Conseil du trésor de créer
un conseil consultatif chargé de faire une réflexion sur l'avenir des
technologies de l'information au Québec;
«Qu'elle reconnaisse
que les nombreuses dérives de projets informatiques représentent un problème
grave [...] persistant dont l'ampleur exige de poser des gestes forts plutôt
que de créer des comités de réflexion;
«Qu'en
conséquence, elle demande au gouvernement de déclencher dans les plus brefs
délais une commission d'enquête sur
l'octroi [de] la gestion des contrats publics dans l'industrie des technologies
de l'information et des communications.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
La Peltrie. Y a-t-il consentement pour débattre? Il n'y a pas de consentement. Et nous allons passer à la
prochaine motion sans préavis, et je vais maintenant céder la parole à
M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée
d'Arthabaska et la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne qu'aujourd'hui, le 15 avril 2015 est
Yom Hashoah, soit la journée internationale de commémoration des
victimes de l'Holocauste;
«That the National Assembly recognizes
that today, April 15th 2015 is Yom Hashoah, the International Day of Commemoration for the victims of the Holocaust.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Alors, y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente, il y a consentement.
Nous proposons des interventions d'une durée de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : notre collègue
le député de D'Arcy-McGee, la collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, la collègue d'Arthabaska, et je n'ai
pas le nom de l'intervenant... Mme la députée de Gouin pour Québec solidaire.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. M. le député
de D'Arcy-McGee, la parole est à vous.
Birnbaum : Merci, Mme la Présidente. Nous soulignons aujourd'hui Yom
Hashoah, le jour commémoratif de l'Holocauste, avec chagrin et regret,
mais aussi avec détermination et espoir. Grâce aux efforts acharnés de mon prédécesseur, Lawrence Bergman, en 1999,
l'Assemblée nationale a adopté une loi proclamant officiellement ce jour.
Je suis fier, en tant que directeur général
du Congrès juif canadien, région du Québec, d'avoir pu offrir à l'époque un
soutien à ce geste remarquable. Oui, chagrin et regret, mais aussi
détermination et espoir.
Chagrin.
Plus de 6 millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont été assassinés
sous l'indicible terreur du régime nazi.
Ils ont été massacrés, comme l'ont été les Roms, les homosexuels et les
personnes handicapées, au nom de la haine et du pouvoir.
Regret. My dear friend and survivor Sydney
Zoltak has written about his own miraculous journey to freedom from the grips of the Warsaw Ghetto
and the price exacted, «Within one week — he writes — all
my friends were sent away to the death camp of
Treblinka. I see their faces, I see their eyes, but I cannot remember their
names.»
Détermination. Détermination à partager ces terribles leçons de mémoire,
d'honorer les survivants en s'assurant qu'une telle tragédie ne se
reproduira plus jamais.
Finalement, l'espoir. L'espoir fondé
sur la bonté humaine, le pouvoir de l'éducation et la force de la compassion
nécessaire pour surmonter la haine et l'indifférence.
Montréal
abrite la plus grande population de survivants après Israël et la ville de New
York. Leur nombre s'amenuise d'année en année, d'où l'urgence absolue de
transmettre le message, leur mémoire, leur espoir.
Hope, for me, is best exemplified by the
survivors I have been privileged to know. People like Sydney Zoltak and Michael Kutz, Mier and Anna Zalcman of blessed memory. Each of
them, despite the burden of bearing witness to unspeakable hardship and atrocity, built loving families, enriched their
communities and embraced the biblical calling of «tikkun olam», the responsibility of each of us to heal the
world.
If the survivors of this seminal
tragedy of our time can embody such courage, leadership, humanity, hope, then so must the rest of us.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
D'Arcy-McGee et je vais maintenant céder la parole à Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, Mme la Présidente. À l'instar de centaines de
milliers d'autres personnes partout dans le monde et dans plusieurs autres assemblées démocratiques, je souhaite
rendre hommage à tous ceux qui sont tombés aux mains des nazis. Aujourd'hui, en commémorant Yom Hashoah, la journée
internationale de commémoration des victimes de l'Holocauste, ici, à
l'Assemblée nationale, nous honorons la mémoire des gens qui ont péri et également de ceux qui ont survécu.
L'Holocauste,
un événement tragique dans l'histoire de l'humanité. Un seul petit mot si lourd
de sens, décrivant la souffrance et
la mort de 11 millions de personnes, dont 6 millions de Juifs. Il suffit d'entendre le témoignage d'une seule personne survivante de l'Holocauste pour
comprendre pourquoi nous devons continuellement nous souvenir de cette période noire de notre histoire, qui est d'une
gravité telle que jamais elle ne doit disparaître de nos mémoires.
Pour ces survivants, il nous faut
nous souvenir pour dire : Plus jamais. Il nous faut nous souvenir pour nous demander
comment une
partie de l'humanité a pu
sombrer dans une telle barbarie et comment faire en sorte constamment de
se prémunir contre de tels dérapages qui vont jusqu'à l'horreur.
premier ministre du Québec René
Lévesque, qui a été témoin en tant
que correspondant de guerre, rapportait ce qui suit à la suite de son entrée à Dachau : «Ce qu'on
découvrait, c'était en même temps l'antisémitisme, mais surtout jusqu'où
peut aller [une] chute dans la barbarie. Et [...] une chute organisée[...], c'est-à-dire pas un accident de parcours, mais quelque chose de systématique,
une organisation de la mort...»
Même
si cet événement atroce s'est passé loin de nous, il a été à la fois
proche de nous de différentes façons. C'est au Québec et dans la région
de Montréal, comme mon collègue l'a souligné, en particulier que, toutes
proportions gardées, sont venus se réfugier
le plus grand nombre de survivants de l'Holocauste. Il y en a
encore quelques-uns vivant à Montréal. Le Québec a été terre d'accueil pour ces survivants et
choisi comme telle. Pour ces survivants et pour tous les autres, il est
important que nous prenions la parole en cette Assemblée pour nous souvenir.
Évidemment,
le deuil n'est pas que québécois, il n'est pas européen. Il est planétaire et il
sera éternel. Il faut qu'il en soit ainsi, tellement la tragédie
est grave et incompréhensible.
Aujourd'hui, nous réitérons à la communauté juive et à toutes les victimes et
survivants de l'Holocauste notre profonde
sympathie et notre volonté d'être à leurs côtés pour se souvenir et pour
faire en sorte que plus jamais ça ne se reproduise.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Et maintenant la parole est à Mme la députée d'Arthabaska.
Roy (Arthabaska) : Mme la Présidente, le peuple juif est un peuple fier, à l'histoire riche, à la mémoire longue.
Aujourd'hui, c'est un jour à l'honneur des traits de ce
peuple, dont le passé regorge de grandeur mais de grandes tragédies
aussi.
Aujourd'hui est également un jour de souvenir, c'est un jour de
recueillement en souvenir de l'Holocauste. Nous avons tous, en tant que contemporains, le devoir de se souvenir de ces
grandes souffrances et horreurs de la Deuxième
Guerre mondiale. En France, à Paris aujourd'hui, 70 ans après que les camps de la mort ont été fermés, on lira à
compter de ce soir 35 000 noms parmi les
76 000 Juifs français disparus à l'époque. Il s'agit d'une grande
commémoration, une cérémonie
essentielle à notre époque. Et je dis bien «essentielle». Pourquoi? Parce que,
même si l'Holocauste a marqué l'histoire,
il ne s'incarnera pour les prochaines générations que si nous le faisons
résonner dans notre présent. Au Québec, notre devise est Je me
souviens , donc notre devoir de commémoration est encore plus grand.
veux aussi parler de ces personnes qui ont survécu, qui sont marquées à jamais,
qui vivent souvent parmi nous, qui,
d'après moi, y pensent chaque jour mais n'en parlent pas chaque jour, de ce
qu'ils vivent comme souffrance, comme mémoire, comme deuil. Je leur
envoie mes meilleures pensées.
Même
si le souvenir de cette tragédie est très pénible à bien des égards, c'est
quand même la meilleure garantie pour
l'avenir, nous avons cet engagement de ne pas répéter ces erreurs du passé, et,
pour ces raisons, c'est un honneur pour moi, au nom de ma formation
politique, de participer à cet effort collectif qui représente notre motion.
Je terminerai en disant comme disent les Juifs
qui refusent de vivre dans la peur : Plus jamais Massada.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée d'Arthabaska. Et je
cède maintenant la parole à Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : Merci, Mme la Présidente. L'Holocauste, la Shoah
demeure un événement absolument historique
et incontournable. Pourquoi? Bien, non seulement parce
que 6 millions de Juifs sont
morts dans les conditions qu'on
connaît, mais je voudrais rappeler que tout ça, ça s'est passé au terme de
10 années de préparation, de répression, d'intoxication des esprits, et tout ça sur fond, chez le peuple
allemand, d'humiliation, de désarroi, de difficultés économiques
non seulement dans ce peuple, mais au sein de d'autres peuples. Bref, on sait maintenant, et on ne peut plus se le cacher, qu'Hitler, qui avait fort bien planifié
tout ça avec ses lieutenants, ses hommes de main, pouvait compter — et
c'est peut-être ça qui est le plus
terrifiant — sur la
complicité plus ou moins silencieuse, plus ou moins agissante d'un certain nombre de ses compatriotes. Et ça s'est passé
aussi dans d'autres pays, on ne peut pas ignorer ce fait, d'autant que, depuis
l'Holocauste, d'autres génocides, d'autres massacres ont eu lieu dans des pays
avec des histoires un peu similaires.
Autrement
dit, ça devrait nous faire réfléchir, nous, aujourd'hui, parlementaires
québécois, sur ce que nous pouvons faire
pour éviter qu'au Québec, dans cette société que nous aimons, dans laquelle
nous vivons, des gestes de haine, des massacres — il ne faut jamais penser que l'histoire ne
peut pas se répéter — puissent
se produire. Nous portons donc une très lourde responsabilité. C'est celle de
présenter à la population des projets sociaux, politiques, culturels
rassembleurs. C'est celle d'unir
toute la population avec l'espoir d'un mieux-vivre. Mais ce n'est pas
suffisant, nous devons aussi nous servir
de l'éducation, de nos écoles publiques comme d'un terreau pour raffermir
l'unité de la jeunesse québécoise et du peuple québécois. Et enfin nous
devons nous assurer de continuer de travailler dans une démocratie qui implique
les citoyens et qui évite toute dérive
autoritaire. Si nous faisons cela, Mme la Présidente, je pense que ce sera la
meilleure façon de rendre hommage aux 6 millions de personnes
juives mortes durant la Deuxième Guerre mondiale. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la députée de Gouin.
Alors, cette motion
est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, j'aimerais vous inviter à
vous lever pour observer une minute de silence en mémoire des victimes.
• (11 h 23
h 24) •
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Vous
pouvez vous asseoir. Alors, nous allons poursuivre avec la rubrique des motions sans préavis, et je cède sans
plus tarder la parole à M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale confirme l'importance des forums jeunesse, véritable école à la
citoyenneté, oeuvrant depuis leur création à assurer un lieu d'engagement pour
les jeunes du Québec;
«Qu'elle
affirme son caractère essentiel au développement régional et qui permet à tous
les jeunes du Québec de contribuer au développement de la société
québécoise;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de s'engager à maintenir le
financement des forums jeunesse.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Saint-Jean.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Mme la Présidente, nous avons reçu le libellé très tardivement ce matin. Je n'ai
pas pu consulter le caucus, le caucus n'a
pas été saisi du dossier. Je demande de reporter, respectueusement, pour qu'on
puisse regarder plus attentivement cette motion.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il y a consentement pour
reporter cette motion à demain? Alors, merci.
Alors, merci beaucoup. Nous allons maintenant poursuivre avec Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député
de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la tenue du Symposium mondial sur l'uranium tenu à Québec,
du 14 au 16 avril 2015, qui
accueille des participants[, participantes] provenant d'une vingtaine de pays
et de tous les continents afin
d'échanger sur les enjeux du cycle du nucléaire, allant de l'extraction de
l'uranium à son utilisation à des fins civiles et militaires;
«Que l'Assemblée nationale prenne acte du message formulé par [...] Naoto
Kan, premier ministre du Japon lors de l'accident nucléaire de Fukushima, qui presse l'ensemble de la communauté
internationale à collaborer pour tourner le dos à l'énergie nucléaire et
développer des énergies alternatives vertes et sécuritaires;
«Que
l'Assemblée nationale salue la décision du gouvernement du Québec de
fermer la centrale de Gentilly II;
«Que l'Assemblée nationale presse le gouvernement du Québec de répondre
positivement à la demande formulée par la société civile d'entamer des
négociations avec l'Ontario en vue d'une entente de fourniture d'électricité à
long terme afin d'offrir son appui à cette
province pour mettre fin à sa dépendance à l'énergie nucléaire et ce, en
s'assurant un maximum de retombées économiques pour l'ensemble des Québécois
[et Québécoises];
«Que l'Assemblée nationale rappelle la motion,
adoptée unanimement le 30 octobre 2008, qui demandait au gouvernement d'interdire l'enfouissement sur le territoire du Québec
de déchets et de combustibles irradiés en provenance de l'extérieur du Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion? Il n'y a malheureusement pas de consentement, et ceci met fin à la rubrique des motions sans
préavis.
Et, aux avis touchant les travaux des commissions,
M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci,
Mme la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques, conformément à l'article 275 du règlement
de l'Assemblée nationale, poursuivra le débat sur le discours du budget aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle du conseil
législatif;
Que la Commission des institutions entreprendra les consultations particulières sur
le projet de règlement relatif au
règlement sur le changement de nom et d'autres qualités de l'état civil pour
les personnes transsexuelles ou transgenres aujourd'hui, après les affaires
courantes, pour une durée de 1 h 15 min et poursuivra de
15 heures à 19 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors,
merci. Alors, y a-t-il consentement pour déroger de l'article 143 du
règlement concernant l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Alors, pour ma part, je vous avise que la Commission
de l'administration publique se réunira à 15 heures, aujourd'hui, à la salle Louis-Joseph-Papineau afin de procéder à
l'élection de la vice-présidence provenant du deuxième groupe d'opposition. Cette même commission se
réunira par la suite en séance de travail de 15 heures à 18 heures à
la salle RC.171 de l'hôtel du
Parlement, et l'objet de cette séance est d'examiner les rapports annuels de
gestion des ministères et organismes et d'organiser les travaux de la
commission.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Alors,
puisqu'il n'y a pas d'intervention, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour, et je vais
céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui, merci, Mme la Présidente. Auriez-vous l'amabilité d'appeler
l'article 8 de notre feuilleton?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 8 du feuilleton,
l'Assemblée prend en considération le
rapport de la Commission des transports et de l'environnement sur le projet de
loi n° 32, Loi modifiant la Loi concernant des mesures de compensation pour la réalisation de projets affectant un
milieu humide ou hydrique afin d'en prolonger l'application. Alors, je suis prête à reconnaître le premier intervenant
et je cède la parole à M. le ministre de l'Environnement.
M. Heurtel :
Merci, Mme la Présidente. Je commencerai par remercier l'ensemble des collègues
qui ont participé à la commission parlementaire sur le projet de loi. Il
y a eu d'excellentes discussions, d'excellents échanges. Je tiens également à remercier l'ensemble des groupes qui
se sont présentés en commission parlementaire pour faire valoir leurs points de vue, et, je dois dire, l'ensemble des
interventions en commission parlementaire ont grandement fait évoluer la
discussion.
Je ne m'étendrai pas trop longuement sur la
genèse du projet de loi, nous l'avons déjà fait précédemment, simplement rappeler quelques faits principaux.
Nous sommes ici aujourd'hui pour parler de ce projet de loi suite à une décision de la Cour supérieure qui remonte à
2012, qui a invalidé un régime de compensation en matière de milieux humides
qui avait été mis en place par le ministère de l'Environnement. En réaction à ce jugement, le gouvernement de l'époque a choisi de
permettre la prolongation dudit régime de prolongation par une loi, la
loi n° 71, qui était munie d'une clause
crépusculaire datée du 24 avril 2015.
comme vous savez, Mme la Présidente, entre l'adoption de ce projet de loi à l'époque et le 24 avril 2015, qui approche à grands pas, il y a eu deux élections générales, deux changements de gouvernement, ce qui a eu grandement
pour effet de ralentir le processus
de développement d'un nouveau régime de protection de milieux
humides. Et il y a eu également une série d'autres événements auxquels
je ferai allusion un peu plus tard.
Cela dit,
malgré nos meilleurs efforts, force nous était de constater que, bien qu'il est
très important de s'assurer que nous ayons un régime
adéquat de protection de milieux humides au Québec et bien que nous précisons
encore davantage l'importance, surtout dans un contexte de lutte
contre les changements climatiques, de non
seulement protéger adéquatement
les milieux humides, mais de s'assurer que, lorsqu'il y a... d'éviter la
destruction le plus possible, mais également qu'on puisse non seulement s'assurer qu'ils
sont maintenus et même qu'ils soient développés davantage,
parce que les milieux humides font
partie de notre stratégie de lutte contre les changements climatiques, mais, dans ce contexte, force nous était de constater que le projet de loi que nous voulons déposer n'était pas prêt et ne serait pas prêt à temps
pour la date limite du 24 avril 2015. Il reste encore du travail à faire,
bien que je reconnais qu'il y a eu quand même beaucoup de travail qui a été fait, oui, sous l'ancien gouvernement mais qui... et il y a eu du travail qui a été fait dans la dernière année de notre gouvernement, Mme la Présidente. Cependant, nous devons nous assurer que le prochain régime
de protection de milieux humides au Québec soit le bon.
Donc, il nous reste un travail à faire pour
s'assurer que ce régime tienne compte du monde municipal, tienne compte du monde agricole, tienne compte du monde
des forêts et qu'on puisse bien intégrer également la réalité scientifique
toujours évoluante en matière de changements
climatiques pour être bien certains
qu'on pose les bons gestes. Donc, pour nous assurer qu'on puisse avoir
bien le temps de bien faire les choses, nous déposons le présent projet de loi
pour permettre la prolongation du régime actuel, bien qu'imparfait, nous le
reconnaissons, de deux années.
À l'origine, lorsque
nous avons déposé le projet de loi, il était assorti d'une prolongation de trois
ans. Nous avons échangé avec les groupes, nous avons échangé avec l'opposition
officielle ainsi que la deuxième opposition et, suite à la commission parlementaire, nous en sommes venus à une entente. Et je tiens
à remercier le député de Jonquière et le député
de Borduas pour leur collaboration. Et nous en sommes venus à une entente. Suite à la proposition du gouvernement, les
deux oppositions se sont ralliées à la proposition de réduire le délai de trois... la prolongation, plutôt, de trois ans,
de la réduire à deux années. Alors
là, on va se donner le temps non
seulement de faire un bon projet de
loi sur les milieux humides, mais aussi d'assortir ça dans une
séquence d'événements, Mme la Présidente.
Nous sommes présentement dans un processus de modernisation du régime d'autorisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Cette modernisation va avoir un impact important sur les milieux
humides. Nous croyons qu'il est d'abord important de moderniser le régime d'autorisation de la LQE,
qui n'a pas subi de réforme majeure depuis 43 ans, depuis l'entrée en vigueur de la LQE en 1972.
Donc, nous croyons qu'il faut d'abord s'attaquer à une modernisation du régime d'autorisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui va alimenter davantage la réflexion sur l'éventuel projet de loi
sur la protection des milieux humides.
Et également,
Mme la Présidente, nous devons tenir compte de l'importante réforme du monde municipal qu'a entamée mon collègue le ministre des Affaires municipales et de
l'Occupation du territoire. Et ce processus
de réforme va également
prendre quelques années. Et donc on doit s'assurer de bien arrimer
les deux processus, étant donné l'importance qu'ont les municipalités
dans la protection des milieux humides.
Alors,
conséquemment, lorsqu'on prend compte de l'ensemble du contexte, tant
passé qu'actuel, il est sage de se donner
le temps, bien que nous reconnaissons qu'il
faut agir rapidement,
de bien se donner le temps de terminer le travail entamé sur l'éventuel projet de loi de protection des milieux humides et faire un travail qui va nous
permettre d'arriver à
l'intérieur des deux ans. Parce que, comprenez bien, Mme la Présidente, que,
bien que le projet de loi indique une prolongation
de deux ans, si nous sommes capables de le faire plus rapidement,
nous le ferons. On se donne un maximum
de deux ans, mais nous comprenons également l'importance d'agir le plus rapidement
possible.
Mais, encore une fois, vu les facteurs et vu les considérations que j'ai énumérés tout à l'heure, je crois qu'il est important de nous donner les outils, de bien faire les
choses, et c'est notre intention, parce
que, comme je l'ai dit, Mme la Présidente, il
faut protéger les milieux humides. Il faut se donner les outils pour bien les protéger, il
faut se donner les outils pour les
développer davantage, mais il faut
travailler aussi en collaboration avec l'ensemble des acteurs du milieu,
que ce soient les groupes environnementaux,
que ce soient les municipalités, que ce soit le monde agricole, que ce soit le
monde des forêts, que ce soit le monde des
transports. Il y a beaucoup d'intervenants qui agissent et qui ont un impact
sur les milieux humides. Il faut s'assurer que cette fois-ci... Bien que ça
fait une dizaine d'années qu'on dit que le régime
de protection de milieux humides a besoin d'amélioration, on n'a jamais été
capable d'arriver et d'aboutir à un régime adéquat, bien qu'il y a
plusieurs efforts qui ont été faits.
Alors là, je
crois qu'on a l'ensemble des... comment je dirais, des éléments en main pour
bien travailler. Et, comme je vous
dis, Mme la Présidente, il y a plusieurs groupes qui sont intervenus, et je me
permettrai de prendre quelques minutes pour
citer quand même certaines interventions des groupes qui sont intervenus à
propos du projet de loi, notamment, bon, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation
du Québec. Je cite : «Ainsi, il nous apparaît sage de la part du
ministre d'avoir choisi de faire les choses correctement, en accordant le temps
nécessaire à la consultation. C'est pourquoi nous appuyons le projet de loi
n° 32.»
L'Union
des producteurs agricoles — je cite : «L'union accueille favorablement le
prolongement — à
l'époque — de
trois ans de la durée des dispositions
transitoires comme proposé par le projet de loi n° 32. Le travail à
accomplir pour convenir des règles
qui assureront une protection adéquate des milieux humides est considérable. Le
délai proposé nous apparaît donc justifié.»
Canards illimités — je cite : «...pour
Canards illimités, le report de la loi, ça nous semble nécessaire parce qu'il y a encore du travail à faire. Combien long?
On n'est pas ici pour porter [...] jugement, un an, deux ans, trois ans,
mais il y a du travail
de concertation, d'éducation face à ceux qui ont des milieux humides sur leur
propriété [et] qui font face à des présences de milieux humides sur leur site.
Donc, c'est important de prendre le temps[...], [le temps] qu'on se
comprenne.»
L'Association
des producteurs de canneberges du Québec — je cite : «L'Association des
producteurs de canneberges du Québec a accueilli favorablement votre
décision de prolonger la période d'étude et d'analyse des impacts avant de
déposer un projet de
loi sur la conservation des milieux humides et hydriques.»
Le Conseil
patronal de l'environnement du Québec — je cite : «Par ailleurs, le ministre
Heurtel annonçait également qu'il
prolonge de trois ans la Loi concernant des mesures de compensation pour la
réalisation de projets affectant un milieu humide ou hydrique, laquelle devait être remplacée par une nouvelle loi
dès cette année. Le CPEQ salue cette initiative et croit qu'il est préférable d'attendre que la
réforme de la LQE soit complétée avant d'aller de l'avant avec une nouvelle
loi.»
Finalement,
Mme la Présidente, la Fédération québécoise des municipalités : «Avec
l'annonce récente faite par le ministre du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques d'une révision majeure de la
Loi sur la qualité de
l'environnement et de la modernisation du régime d'autorisation, la FQM préfère
porter son attention sur les éléments de
réflexion qui seront proposés par le gouvernement en lien avec ce processus.»
Et je
pourrais continuer, Mme la Présidente, mais ça vous donne quand même une idée
qu'il y a un consensus assez répandu
sur la nécessité de se donner le temps de bien faire les choses. Nous
comprenons qu'il y a certains groupes, certains
intervenants qui voudraient qu'on aille un peu plus vite. Comme je vous l'ai
dit, Mme la Présidente, nous allons aller
le plus rapidement possible, mais nous voulons nous donner le temps de bien
faire les choses. Encore une fois, je vous
dirai que nous tentons d'agir aussi avec une certaine cohérence. Encore une
fois, il y a la question de modernisation du régime d'autorisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement et
la Stratégie gouvernementale de développement durable pour les cinq prochaines années, qui est en phase finale de
préparation, et le projet de
loi sur la protection des milieux humides.
Donc, nous
avançons ces trois fronts de façon cohérente
et nous voulons bien faire les choses, et donc c'est pour cela que nous allons nous donner un deux ans
supplémentaire. Puis, encore une
fois, je remercie l'opposition officielle, ainsi que la deuxième opposition, pour sa collaboration. Et, dans un esprit de compromis, nous avons pu
arriver à une entente et pour nous donner deux ans pour arriver à des
résultats satisfaisants. Merci, Mme la Présidente
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le ministre
du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques. Et je vais maintenant céder la parole à M. le député de Jonquière et porte-parole de l'opposition officielle en
matière de développement durable et d'environnement.
Gaudreault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, effectivement, c'est une intervention importante aujourd'hui
et qui va permettre de faire un état de la situation sur les consensus auxquels nous sommes arrivés en commission parlementaire sur l'étude du projet de loi n° 32,
Loi modifiant la Loi concernant des
mesures de compensation pour la réalisation de projets affectant un
milieu humide ou hydrique afin d'en prolonger l'application.
Mme la Présidente, je n'ai pas l'intention de revenir trop longuement sur le contexte ou l'état
de la situation qui nous
a conduits à avoir ce projet de loi devant nous, le ministre l'a fait avant moi. Simplement
pour rappeler quand même qu'au
mois de mai 2012, avec la loi n° 71, nous avions, comme parlementaires,
adopté un régime transitoire qui prolongeait...
ou qui établissait, à la suite d'un jugement, un délai de trois ans pour
arriver à une loi d'encadrement général sur la question des milieux
humides. Donc, dans cette loi transitoire ou dans ces mesures transitoires, il
y avait des mesures de compensation, et la
date de péremption de cette loi n° 71 est établie au 24 avril 2015, donc cette
année. Alors, le projet de loi n° 32, présenté par le ministre,
vient prolonger ce délai de trois ans au 24 avril, donc, 2018.
Nous avons
fait un travail sérieux en commission
parlementaire. Nous avons entendu plusieurs
groupes et plusieurs experts également
dans le dossier des milieux humides, de la protection de milieux humides. Nous
avons également entendu le Commissaire au développement durable. Vous le connaissez, Mme la Présidente, c'est quelqu'un qui fait un travail rigoureux et sérieux, évidemment en lien avec le bureau du Vérificateur général. Et nous avons constaté lors de ces auditions publiques que, sur huit groupes, quatre groupes étaient
favorables à proposer de ramener le délai de trois ans à un délai d'un an.
Trois groupes sur huit n'avaient pas nécessairement mentionné de délai, mais ils se montraient
ouverts et disposés à travailler sur
un délai également d'un an, et un groupe sur huit, l'association de propriétaires et de construction d'habitations, l'APCHQ, disait oui à un délai de trois ans. Alors, c'est
en gros le portrait que nous avions devant nous et qui faisait en sorte que
nous avions quand même plusieurs représentations
à l'effet de raccourcir le délai, parce que les milieux humides ne
peuvent plus attendre, Mme la Présidente.
Il y a eu
beaucoup de dommages qui ont été faits à différents milieux humides à travers
le Québec, d'ailleurs qui ont été
documentés et bien expliqués, entre autres, par deux rapports du Centre de la
science de la biodiversité du Québec, le
CSBQ, qui nous a également fait parvenir une communication à notre commission
dans laquelle il fait état de sa grande préoccupation engendrée par le projet de loi n° 32. Autrement
dit, le CSBQ, qui avait fait l'étude sur le terrain, deux rapports importants, n'a pas pu venir se présenter en
commission parlementaire en raison de délais trop rapides mais nous a quand
même envoyé un document dans lequel ils
s'inquiètent d'un maintien et d'une aggravation des problèmes en raison d'un
report de trois ans, tel que le proposait à
l'origine le ministre du Développement durable et de l'Environnement. Et je
cite ce rapport, ce texte envoyé par le CSBQ, qui nous dit : «Il est
réaliste de croire que les pertes et perturbations des milieux humides s'accentueront dans plusieurs régions
critiques du Québec et, pour la plupart, de façon irrémédiable.» Fin de la
citation. Donc, ils disaient : Si on prolonge de trois ans encore le
délai, tel qu'il avait déjà été élaboré dans le projet de loi n° 71, donc si on le prolonge de
trois ans supplémentaires, bien il pourrait y avoir des dommages irrémédiables
aux milieux humides. Évidemment, pour
nous, comme parlementaires, c'est préoccupant,
et on s'est penchés très sérieusement
là-dessus.
Vous savez, je comprends qu'il y a eu des changements de gouvernement, mais le ministre ne peut pas simplement s'en remettre à cela, parce que,
vous le savez, Mme la Présidente, même s'il
y a des changements de gouvernement, il reste qu'il y a une continuité de l'État. Les
travaux qui avaient été faits à partir de l'adoption de la loi n° 71
au printemps 2012 jusqu'à
aujourd'hui, malgré les changements de gouvernement, il y a une équipe, il y a
une administration publique au sein du ministère de l'Environnement, qui
fait en sorte que le travail peut se continuer. Et je veux vous rappeler aussi qu'il y avait eu quand même un consensus, un
groupe de travail en 2013 qui avait été mis sur pied par le prédécesseur
du ministre actuel, qui avait établi un
certain nombre de consensus quant à la protection des milieux humides. Il y a
eu également un forum organisé par
les organismes de bassin versant en décembre 2014 — on ne remonte pas à très loin — où il
y avait également eu un très grand nombre d'éléments consensuels qui avaient
été convenus par tous les participants qui
étaient là. C'étaient des participants de tous les milieux, autant
environnementaux, agricoles, etc., municipaux, et tout le monde s'était montré d'accord sur un certain
nombre d'éléments pour justement aller de l'avant avec une loi d'encadrement
général sur les milieux humides.
Ceci étant
dit, Mme la Présidente, et comme je l'avais dit lors de mon allocution sur
l'adoption de principe du projet de
loi n° 32, j'avais annoncé à ce moment-là que nous allions présenter
un amendement au projet de loi n° 32. Vous savez, ce n'est pas un projet de loi qui est long,
il n'y a que deux articles, mais j'avais dit à ce moment-là, à l'adoption
de principe, que je proposerais un
amendement pour raccourcir le délai de trois ans, annoncé par le ministre,
proposé par le ministre, à un délai
d'un an. Alors, nous l'avons faite, cette proposition, le député de Borduas
était d'accord avec moi sur cet
amendement. Il a été rejeté, l'amendement, c'est-à-dire, a été rejeté par le gouvernement.
Et, en discutant avec le gouvernement, nous nous sommes entendus pour
raccourcir effectivement le délai. Le gouvernement voulait avoir un petit peu
plus de temps que le un an que nous avons proposé comme amendement, donc on a
coupé la poire pas totalement en deux, parce
que ça aurait voulu dire un an et demi, on l'a coupée aux deux tiers, on a
coupé la poire aux deux tiers, on est
arrivés avec un délai de deux ans, finalement, au lieu d'un délai d'un an ou un
délai de trois ans tel que proposé initialement
par le ministre. Donc, on a eu un délai de deux ans qui a été accepté comme
amendement pour le projet de loi n° 32.
Alors, dans
le fond, en acceptant ce délai de deux ans, je pense que l'opposition
officielle, par le travail que nous avons
fait, par les questions que nous avons posées aux groupes intéressés, par les
réponses que nous avons eues de ces mêmes
groupes, par un travail également de compromis et de discussion, de négociation...
je crois que notre travail a porté fruit,
pas pour se péter les bretelles avec ça, Mme la Présidente, mais bien pour la
protection des milieux humides. Je pense que ce qui nous réunit ici, ce qui a toujours déterminé nos
interventions dans le cadre des travaux du projet de loi n° 32,
ce n'était que la protection des milieux
humides. Et, vous savez, protéger les milieux humides, ce n'est pas protéger
les milieux humides pour protéger les
milieux humides, là, c'est pour finalement protéger la biodiversité, hein, qui
découle de ces milieux humides, qui
agissent comme filtres dans la lutte aux changements climatiques, donc filtres
à la pollution, aux gaz à effet de
serre, mais aussi la biodiversité, la faune, la flore, qui est riche dans ces
milieux-là, et qui peuvent même être mises en valeur pour d'éventuelles
reconnaissances ou une protection de ces milieux naturels.
Bon. Alors,
c'est la seule chose qui nous préoccupait. Et maintenant, bien, je suis assez
content, même très content du travail
que nous avons fait. Évidemment, nous aurions aimé mieux avoir une loi
d'encadrement immédiatement. Nous reconnaissons
qu'on n'a pas pu y arriver. On aurait aimé mieux, face à ça, on aurait aimé
mieux avoir un délai d'un an. Le
ministre nous dit que ce n'était pas possible. Bon. Alors, plutôt que de se
retrouver puis de s'obstiner continuellement en commission
parlementaire, bien on a convenu d'avoir un délai de deux ans.
Vous savez,
quand j'étais prof au cégep, avant d'être député, j'expliquais souvent à mes
étudiants que le travail parlementaire
à l'Assemblée nationale, c'est faire preuve de compromis, hein, c'est... je
disais l'exemple : C'est comme si chacun de notre bord, de chaque
côté de l'Assemblée, on étire l'élastique au maximum — puis
là je vois le député de Côte-du-Sud, là, je
le prends un peu en exemple — mais, à un moment donné, on le lâche, l'élastique, puis là ça donne un résultat dans le milieu, mais il faut le lâcher en
même temps, sinon on le reçoit dans le front, mais on le lâche, puis là ça
donne un résultat dans le milieu. Donc, on étire l'élastique.
Nous autres,
on voulait avoir une loi immédiate sur la protection des milieux humides. Après
ça, on a lâché un petit peu en
disant : On pourrait avoir un an. Bien là, chacun de notre bord, on a
lâché l'élastique, puis ça a donné un résultat dans le milieu, puis on
va faire avec ça, mais c'est ça, notre travail, et c'est ça, notre
responsabilité. Alors, le résultat d'avoir
lâché l'élastique chacun de notre bord, c'est quoi? C'est un délai de deux ans
au lieu d'un délai de trois ans. Alors, qui va en profiter? C'est les milieux humides. Mais maintenant, Mme la
Présidente, il faut que le gouvernement se mette à l'ouvrage pour produire cette loi, pour produire
ce régime d'encadrement permanent sur les milieux humides pour ne pas qu'on se retrouve encore... parce que, là, ça ne
sera pas drôle. Là, je ne le lâcherai pas l'élastique. Si on se retrouve en
2016 puis que le ministre ou le gouvernement
nous dit : Ah! il faut encore prolonger... Non. Là, les milieux humides ne
pourront pas durer éternellement dans de
l'incertitude, là, entre deux chaises. Alors là, le gouvernement, il a du temps
devant lui, bien, j'espère qu'il est déjà à l'ouvrage pour être capable
d'arriver avec une loi.
Le ministre nous dit : Il faut qu'on tienne
compte de la réforme de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme proposée pas son collègue aux Affaires
municipales. Le ministre nous dit : On a aussi du travail à faire pour
revoir la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui n'est pas minime,
là, qui n'est pas petite, surtout sur les règles d'émission des certificats d'autorisation. Alors, c'est des
grosses lois, j'en conviens. Puis le ministre n'arrête pas de nous dire qu'il
faut être cohérents, responsables, intégrés
et... je ne sais plus lequel, là, il y a toujours quatre mots. Alors là, bien,
maintenant, O.K.,
on va le prendre au mot, c'est le cas de le dire, et il faut tout de suite se
mettre à l'ouvrage pour arriver, avant le délai qu'on va adopter, là, de 2017, le 24 avril 2017, à une
loi sur
l'encadrement des milieux humides pour protéger les milieux humides. Parce que l'autre chose que je tiens à
dire, et nous serons très, très attentifs là-dessus, Mme la Présidente, comme
députés, c'est que le ministre nous a
dit : Ce n'est pas parce qu'on va prolonger de deux ans, au
24 avril 2017, qu'on va attendre
le 23 avril 2017 pour déposer la loi. Il nous a dit : C'est un
délai qu'on se donne, supplémentaire, mais nous allons tout faire pour
arriver avec quelque chose avant. Donc, ce n'est pas parce que c'est le
24 avril qu'on va attendre le 24 avril 2017
pour déposer la future loi. Alors, si le ministre peut nous arriver avec, déjà,
un projet dans un an, bien, tant mieux!
Alors, on fera notre travail, nous, pour s'assurer de cela, de l'avancement des
travaux. On a d'autres forums dans cette
Assemblée nationale pour nous permettre de suivre l'évolution de ces travaux — ça
peut être à l'étude des crédits, ça
peut être à la période de questions — pour
demander au ministre : Vous en êtes rendus où sur l'avancement de la loi
sur les milieux humides dans le cadre du délai de deux ans qu'on se sera
accordé?
Donc, c'est
tout ça, Mme la Présidente, qui est derrière les travaux de la commission
parlementaire sur le projet de loi n° 32. Je tiens à remercier
évidemment les groupes qui se sont présentés devant nous, les huit groupes,
plus les organismes additionnels qui ont
envoyé des documents par la suite pour nous informer parce qu'ils n'avaient pas
pu venir en commission parlementaire.
Je tiens à les remercier. Je tiens à remercier évidemment les collègues
parlementaires des deux côtés de la Chambre et de l'opposition
officielle, plus près de moi, qui ont participé aux travaux sur le projet de loi n° 32. Je tiens également à remercier le
personnel de la Commission des transports et de l'environnement mais aussi,
évidemment, tout le personnel, les employés de la fonction publique au sein du
ministère de l'Environnement qui ont fait le
travail et qui ont accompagné le ministre. Et je tiens à remercier évidemment
Étienne Pomerleau-Landry et Antonin
Lacelle-Webster, stagiaires de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui ont
travaillé avec moi — Étienne
est un recherchiste de l'opposition
officielle — pour
m'accompagner dans le travail du projet de loi n° 32 en commission
parlementaire, travail extrêmement précieux, rigoureux, comme toujours.
Donc, Mme la
Présidente, voilà ce qui termine mon allocution en disant que nous sommes fiers
de notre travail, d'avoir ramené
l'élastique à deux ans au lieu de trois et qu'on va surveiller le ministre, et
on va continuer de collaborer dans le souci, évidemment, constant de
protéger les milieux humides. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le
député de Jonquière.
Et pour la poursuite de ce débat je vais maintenant céder la parole à M.
le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. À mon tour d'intervenir sur le projet de loi n° 32, Loi modifiant
la Loi concernant des mesures de
compensation pour la réalisation de projets affectant un milieu humide ou
hydrique afin d'en prolonger l'application.
Comme l'ont
souligné mes collègues précédemment, à la fois M. le ministre ainsi que le
député de Jonquière, qui ont dressé
l'historique de ce projet de loi et de la raison pour laquelle nous devions
nous pencher sur ce projet de loi, en fait, Mme la Présidente, c'est parce qu'il y avait une clause crépusculaire
dans le projet de loi n° 71, qui avait été déposé à l'époque par le ministre actuel des Ressources
naturelles, député de Mont-Royal, suite à un jugement de la Cour supérieure
qui avait invalidé la directive
administrative sur laquelle le ministère de l'Environnement, du Développement
durable et des Parcs... sur cette
procédure administrative là pour exiger des mesures de compensation au niveau
de la perte des milieux humides. Donc, concrètement, en 2012, la Cour
supérieure est venue souligner que ce régime n'était pas applicable. Bien entendu, vous savez que la Cour
d'appel est venue casser cette décision pour d'autres motifs, tel que je
l'avais expliqué lors de l'adoption de
principe. Mais ce qu'il faut dire entre-temps, Mme la Présidente, c'est que,
pour éviter un vide juridique, le
gouvernement de l'époque, de la 39e législature avait adopté, quelque peu
en urgence, un projet de loi
temporaire pour une période de trois années pour s'assurer qu'il n'y ait pas de
vide juridique au niveau des mesures de compensation qui pouvaient être
exigées par le ministère en matière de protection des milieux humides. Donc,
ça, Mme la Présidente, c'est la table qui nous attendait pour l'étude du projet
de loi n° 32, que nous avons étudié lors des dernières semaines.
Ce qu'il faut dire, Mme la Présidente, c'est
qu'effectivement, en commission parlementaire, nous avions pu constater les échanges entre le gouvernement et la
première opposition sur le fait que, de façon alternative, chacun des
deux partis avait été au pouvoi